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Covid: La France au huitième rang des pays les plus touchés

Covid: La France au huitième rang des pays les plus touchés

 

100 000 morts du Covid, selon les derniers chiffres hospitaliers du ministère de la Santé,

La France a le huitième plus grand nombre de morts de COVID-19 au monde. Les États-Unis sont le pays le plus touché en termes de décès par COVID, avec 564 759, suivis du Brésil, de la Russie et du Mexique, selon un décompte de Reuters.

Dans le monde, le nombre de morts s’élève à plus de trois millions.

Les décès de coronavirus en France ont maintenant presque doublé, passant d’un peu plus de 52000 à la fin de son deuxième verrouillage fin novembre.

Au cours des 30 derniers jours, la France a enregistré en moyenne un peu plus de 300 nouveaux décès par COVID-19 par jour, soit 9 000 par mois, contre près de 16 000 par mois lors du deuxième verrouillage.

Les données du ministère de la Santé ont également montré que 5 924 personnes se trouvaient dans des unités de soins intensifs jeudi, contre 5 902 un jour plus tôt.

Il y a eu 38 045 nouveaux cas de coronavirus jeudi contre 43 505 mercredi, portant le total à 5,18 millions. En moyenne on tourne actuellement autour de 40 000 par jour

Rééquilibrage du système économique pour les pays pauvres (Thomas Piketty)

Rééquilibrage du  système économique pour les pays pauvres (Thomas Piketty)

 

Par Thomas Piketty, Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris. Tribune dans le Monde.

 

En refusant de lever les brevets sur les vaccins contre le Covid-19, les Occidentaux ont montré leur incapacité à prendre en compte les besoins des pays du Sud. Les pays riches doivent sortir des mécanismes internationaux reposant sur un fonctionnement néocolonial et permettre aux autres de se développer par leurs propres moyens, estime l’économiste dans sa chronique au « Monde ».

La crise du Covid-19, la plus grave crise sanitaire mondiale depuis un siècle, oblige à repenser fondamentalement la notion de solidarité internationale. Au-delà du droit à produire des vaccins et du matériel médical, c’est toute la question du droit des pays pauvres à se développer et à percevoir une partie des recettes fiscales des multinationales et des milliardaires de la planète qui doit être posée. Il faut sortir de la notion néocoloniale d’aide internationale, versée au bon vouloir des pays riches, sous leur contrôle, et passer enfin à une logique de droits.

 

Commençons par les vaccins. Certains avancent (imprudemment) que cela ne servirait à rien de lever les droits de propriété sur les brevets, car les pays pauvres seraient incapables de produire les précieuses doses. C’est faux. L’Inde et l’Afrique du Sud ont des capacités importantes de production de vaccins, qui pourraient être étendues, et le matériel médical peut être produit un peu partout. Ce n’est pas pour passer le temps que ces deux pays ont pris la tête d’une coalition d’une centaine de pays pour réclamer à l’OMC [l’Organisation mondiale du commerce] la levée exceptionnelle de ces droits de propriété. En s’y opposant, les pays riches n’ont pas seulement laissé le champ libre à la Chine et à la Russie : ils ont raté une belle occasion de changer d’époque et de montrer que leur conception du multilatéralisme n’allait pas dans un seul sens. Espérons qu’ils fassent très vite machine arrière.

La France et l’Europe complètement dépassées

Mais au-delà de ce droit à produire, c’est l’ensemble du système économique international qui doit être repensé en termes de droits pour les pays pauvres à se développer et à ne plus se laisser piller par les plus riches. En particulier, le débat sur la réforme de la fiscalité internationale ne peut pas se réduire à une discussion entre pays riches visant à se partager les profits actuellement localisés dans les paradis fiscaux. C’est tout le problème des projets discutés à l’OCDE [l’Organisation de coopération et de développement économiques]. On envisage que les multinationales fassent une déclaration unique de leurs profits au niveau mondial, ce qui est en soi est une excellente chose. Mais au moment de répartir cette base fiscale entre pays, on prévoit d’utiliser un mélange de critères (masses salariales et ventes réalisées dans les différents territoires) qui en pratique aboutira à attribuer aux pays riches plus de 95 % des profits réalloués, et à ne laisser que des miettes aux pays pauvres. La seule façon d’éviter ce désastre annoncé est d’inclure enfin les pays pauvres autour de la table et de répartir les profits en question en fonction de la population (au moins en partie).

Pays pauvres : Les pièges de la dette chinoise

Pays pauvres : Les pièges de la dette chinoise

 

Un rapport rendu public fin mars livre des éclaircissements sur les conditions d’emprunt exigées par le premier pays créancier au monde envers des pays à bas revenus, relève dans sa chronique Julien Bouissou, journaliste au « Monde ».

 

 

Chronique.

Des chercheurs américains et allemands viennent de mettre la main sur un trésor. Ils ont déniché, dans les tréfonds d’Internet et des archives des administrations publiques, une centaine d’accords de prêts passés entre la Chine et vingt-quatre pays à bas revenus, entre 2000 et 2020, pour un total de 36,6 milliards de dollars (31 milliards d’euros). Ces documents valent de l’or car on ne sait pas grand-chose sur les conditions d’emprunt exigées par le premier pays créancier au monde, lesquelles ont fait l’objet de nombreuses études, ou plutôt, il faut bien l’admettre, de nombreuses spéculations.

Les uns soutiennent que la dette chinoise est un piège destiné à obtenir des concessions géostratégiques dans des pays en faillite, les autres qu’elle donne de l’oxygène à des pays pauvres désertés par les créanciers. Le rapport rédigé par quatre centres de recherche, dont le laboratoire AidData du collège américain William & Mary, le Center for Global Development et le Peterson Institute for International Economics, tous deux basés à Washington, et le Kiel Institute for the World Economy d’Allemagne, devrait alimenter les discussions entre pays membres du G20. Ils se réunissent justement cette semaine pour aborder notamment la question de la dette des pays pauvres, qui a dangereusement augmenté depuis le début de la crise économique liée à la pandémie du Covid-19.


Non seulement les conditions d’emprunt doivent rester confidentielles, mais les montants des prêts aussi

Selon le rapport intitulé « How China Lends » (« Comment la Chine prête ») et rendu public fin mars, les créanciers chinois rédigent des clauses de confidentialité qui dépassent de loin les exigences généralement formulées par les pays créanciers ou les banques de développement. Non seulement les conditions d’emprunt doivent rester confidentielles, mais les montants des prêts aussi. Une confidentialité qui pose de sérieux problèmes de transparence, puisque les gouvernements doivent cacher à leurs contribuables les sommes que ces derniers devront rembourser tôt ou tard. Cette opacité complique aussi les procédures de restructuration collective de dette. Comment les créanciers d’un pays au bord du défaut de paiement peuvent-ils évaluer sa solvabilité ou ses capacités de remboursement s’il leur manque une partie des informations ?

Demandes inhabituelles

A l’abri du regard des autres créanciers, Pékin formule d’autres demandes inhabituelles. Les trois quarts de leurs contrats comportent ainsi une clause de non-participation aux restructurations de dette menées par le Club de Paris. Or, ce club des grandes nations créancières avait patiemment mis au point, au fil des ans, un ensemble de règles pour coordonner les plans de restructuration ou d’annulation de dette, dont l’une consiste à ne pas favoriser un créancier plutôt qu’un autre. La Chine a dynamité ce principe d’équité, ce qui lui permet d’exiger de ses débiteurs d’être remboursée en priorité en cas de problème.

Covid : un besoin de 12 milliards pour les pays pauvres d’Afrique

Covid  : un besoin de 12 milliards pour les pays pauvres

L’Afrique aura besoin de 12 milliards de dollars pour s’approvisionner et distribuer les doses de vaccins nécessaires à l’interruption de la circulation du nouveau coronavirus, montre un rapport établi par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

Ce document plaide notamment pour une prolongation du moratoire accordé par les pays du G20 sur le remboursement du service de la dette des pays africains et souligne les besoins de ces derniers en terme de liquidités.

« La dette insoutenable des pays pauvres »

« La dette insoutenable des pays pauvres »

La Plate-forme française dette & développement (PFDD) qui regroupe une trentaine d’organisations de la société civile appelle, dans une tribune au « Monde », la France à défendre un cadre universel de traitement des dettes et demande une réforme en profondeur de l’architecture internationale de la dette des pays pauvres.

Tribune.

 

Les chefs d’Etat du monde entier sont invités, lundi 29 mars, à se réunir à l’ONU pour discuter de la réforme de l’architecture internationale de la dette. La communauté internationale a aujourd’hui la possibilité d’enfin apporter des réponses structurelles, alors que la crise économique mondiale déclenchée par la pandémie de Covid-19 sévit depuis plus d’un an, et plonge les pays pauvres dans une situation chaque jour plus critique, plombée par des niveaux de dette insoutenables.

Si la communauté internationale saisit cette opportunité et engage cette nécessaire réforme de l’architecture internationale de la dette, elle peut contribuer à sauver les objectifs du développement durable, et lutter contre la pauvreté et les inégalités mondiales. Si elle ne le fait pas, elle condamne les populations des pays en développement à une nouvelle décennie perdue.

Les pays pauvres sont gravement touchés par la crise. Les impacts socio-économiques de la pandémie pourraient perdurer des années, voire des décennies. Un demi-milliard de personnes pourraient tomber dans la pauvreté, entraînant une augmentation des inégalités sociales, économiques et de genre.

Les niveaux d’endettement de ces pays, qui atteignaient déjà des niveaux record avant la pandémie (deux fois plus élevés qu’à la veille de la crise financière de 2008), sont devenus complètement insoutenables dans le contexte de crise actuel. Beaucoup consacrent déjà une plus grande part de leurs maigres ressources au remboursement de leur dette qu’à la santé ou à l’éducation.

Le Ghana, par exemple, dépense 11 fois plus pour honorer le service de sa dette que pour ses dépenses de santé. Si des mesures ambitieuses ne sont pas adoptées, des ressources publiques vitales vont continuer d’être dépensées pour rembourser les créanciers de ces pays (pays riches, banques multilatérales, banques privées et fonds d’investissement) au détriment des besoins sociaux, économiques ou de santé des populations.

En avril 2020, Emmanuel Macron plaidait pour des annulations massives de la dette africaine. Sous l’impulsion de la France, le Groupe des vingt pays les plus riches (G20) a lancé une initiative de suspension du service de la dette (ISSD) puis adopté un cadre commun de traitement des dettes des pays pauvres.

Hélas, ces deux mécanismes sont très loin d’apporter des réponses réelles à la crise. Pensés par et pour ces pays créanciers, ils sont destinés à simplement reporter et rééchelonner les paiements de dettes d’un nombre limité de pays pauvres, et ne prévoient aucun moyen de contraindre les créanciers privés et multilatéraux à participer.

Déforestation : le prix aussi de la pauvreté dans les pays en développement

Déforestation : le prix aussi de la pauvreté dans les pays en développement

C’est la précarité rurale qui conduit les agriculteurs à convertir les forêts en terres agricoles et qui est à l’origine des zoonoses, expliquent dans une tribune au « Monde » les chercheurs en écologie Jean-Marc Roda et Jacques Tassin, Chercheurs au Cirad

Tribune.

 

 Assurément, les forêts se portent mal. Une étude récente conduite par le Joint Research Centre (JRC), publiée dans la revue Science Advances le 5 mars, révélait des données accablantes. Les forêts tropicales humides ont reculé de 220 millions d’hectares dans les trente dernières années, et la déforestation en zone intertropicale a été sous-estimée d’environ 30 % sur le seul continent africain. Les forêts tropicales humides, qui abritent la moitié des espèces de plantes et d’animaux connues, couvrent moins de 10 % des terres émergées. Les services écologiques que rendent ces forêts s’évanouissent avec elles.

Pourtant, les causes premières de la déforestation mondiale ne sont toujours pas regardées en face. Or, les forêts tropicales disparaissent principalement sous le fer et le feu d’agriculteurs en quête de terres. La précarité rurale et l’insécurité foncière sont les origines premières de ce phénomène mondial. Au Brésil, il s’est longtemps agi de donner aux paysans sans terres des terres sans paysans, cela en convertissant les forêts en terres agricoles.

En Afrique, les paysans en situation de dénuement foncier, privés de tout titre de propriété, n’ont d’autre choix que de défricher pour disposer d’un lopin de terre. La précarité des populations rurales, vouées de surcroît à devoir prélever dans les formations boisées le bois de cuisson ou de chauffe dont leur survie dépend, représente le maillon originel de cette chaîne dévastatrice.

La peste naît de l’insalubrité rurale

Or, c’est cette même précarité rurale que l’on retrouve à la source des zoonoses. C’est d’elle que résultent en effet, en grande partie, les épidémies susceptibles de s’étendre à une échelle mondiale. Nous savons que depuis 1347, la peste naît et renaît de l’insalubrité rurale. Le virus Ebola s’est propagé à la suite de la consommation de viande prélevée sur des animaux malades par des braconniers en situation de survie. Il en est vraisemblablement de même du virus du sida, apparu au Cameroun au début du XXe siècle à la faveur de la consommation de chimpanzés infectés.

La fièvre de Lassa se propage elle-même dans les foyers ruraux les plus pauvres. Les zoonoses proviennent de mises en contact d’animaux infectés avec des populations souffrant de dénutrition et pénalisées par une santé déjà déficiente. Elles ne sont donc pas le produit direct de la déforestation, comme on le prétend parfois. S’il est un lien entre cette dernière et les zoonoses, c’est celui de leur origine commune.

G7: quelques vaccins pour les pays pauvres

G7: quelques vaccins pour les pays pauvres

 

Le G7 aura l’occasion de parler de la délicate question du partage du vaccin et notamment de l’attribution aux pays pauvres. Pour résumer pour l’instant on a surtout parlé de solidarité internationale dans beaucoup de pays développés mais dans la pratique seulement quelques pour cent des vaccins devraient être attribués aux pays pauvres.

La nomination de Biden comme président des États-Unis pourraient un peu changer la donnent. Ce dernier a en effet déclaré qu’il entendait «se concentrer sur la réponse internationale à la pandémie de Covid, y compris la coordination de la production, distribution et livraisons de vaccins»,

théoriquement il existe un outil de mutualisation de la vaccination de l’ONU intitulée Covax, fondé par plusieurs organisations internationales, dont l’OMS, et que Washington a promis de rejoindre. Joe Biden promettra d’ailleurs vendredi, à l’occasion de cette réunion du G7, quatre milliards de dollars pour le dispositif Covax, a indiqué jeudi la Maison Blanche.

En France le président de la république français a fait part de sa proposition de réserver trois à 5 % des vaccins des pays riches en direction de l’Afrique. Boris Johnson,  qui lui a relativement bien réussi sa campagne de vaccination ( après son échec de la gestion sanitaire) propose aussi d’expédier dans les pays en développement les surplus de vaccins.

Le problème est que comme d’habitude le G7 constitue un outil diplomatique assez formel qui n’a pas pour objet de prendre des décisions très précises. Si le relais des intentions formulées au G7 n’est pas pris par une institution internationale forte, les déclarations ne serviront alors à rien.

Vaccins : les pays pauvres défavorisés

Vaccins : les pays pauvres défavorisés

 

Malgré les proclamations d’Emmanuel Macron, d’Angela Merkel ou d’Ursula von der Leyen, la politique menée par l’UE empêche un accès rapide des pays pauvres au vaccin contre le Covid-19, estime l’économiste Lucas Chancel dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Comment s’assurer que l’ensemble de la population mondiale ait accès aux vaccins contre le Covid-19 ? Dans une tribune parue dans Le Monde du 3 février, signée notamment par Emmanuel Macron, Angela Merkel, Ursula von der Leyen et Charles Michel, les dirigeants européens déclarent, main sur le cœur, tout faire pour diffuser l’accès aux tests, aux traitements et aux vaccins à l’ensemble de la planète. Pour atteindre cet objectif, les auteurs affirment encourager « la libre circulation des données entre les partenaires et l’octroi volontaire de licences en matière de propriété intellectuelle ».

Un tel cynisme interpelle. L’Union européenne (UE) bloque en effet depuis plusieurs mois toute demande relative à la levée des droits de propriété intellectuelle sur les vaccins. En octobre dernier, l’Inde et l’Afrique du Sud, soutenues par une centaine de pays émergents et à bas revenus, déposent une demande devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Face à la pandémie, elles réclament la levée temporaire des droits de propriété sur le développement, la fabrication et la distribution des vaccins et du matériel essentiel à la lutte contre le Covid-19 afin de garantir la diffusion à bas coût et en temps voulu des vaccins et du matériel médical, qui manquent encore cruellement dans les pays pauvres. Cette mesure prendrait fin une fois le virus maîtrisé.

La demande est stoppée net par les pays riches. La position européenne repose sur trois arguments. Premièrement, il serait déjà possible d’assouplir certaines règles relatives aux brevets, dans le cadre de l’accord dit « Trips » sur les droits de propriété intellectuelle, issu des négociations à l’OMC de Doha en 2001. Deuxièmement, les droits de propriété intellectuelle ne constitueraient pas un facteur limitant la vaccination, au contraire. Ils seraient nécessaires pour permettre aux laboratoires de s’adapter et d’investir face à un virus mutant. Par conséquent et troisièmement, l’UE estime qu’il faut agir par le mécanisme Covax de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce mécanisme vise principalement à récolter des fonds afin de distribuer deux milliards de doses de vaccins d’ici à la fin de l’année dans les pays pauvres et émergents.

Etudions ces arguments un à un. Le cadre réglementaire existant permettrait-il de diffuser les connaissances sur les vaccins et de répartir la production mondiale ? Non seulement cela est remis en question par la quasi-totalité des pays pauvres et émergents à l’OMC, mais également par les faits. Selon The Economist, la plupart des habitants des pays africains ne seront pas vaccinés avant 2023, et il faudra attendre avant mi-2022 pour la plupart de ceux des pays émergents. Jugeons aussi de la qualité de cet argument par les chiffres : la firme Pfizer annonce 15 milliards de dollars (12,36 milliards d’euros) de chiffre d’affaires lié au vaccin en 2021. C’est bien parce que les droits de propriété sur les vaccins sont particulièrement bien gardés qu’ils s’avèrent aussi rentables.

Vaccin : les pays pauvres défavorisés pourraient faire accroître la pandémie

Vaccin : les pays pauvres défavorisés pourraient faire accroître la pandémie

 

Le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a ainsi fustigé l’attitude « égoïste » des pays riches. Il a vivement critiqué les fabricants de vaccins qui recherchent l’approbation réglementaire dans les États riches plutôt que de soumettre leurs données à l’OMS pour obtenir un feu vert à l’échelle mondiale pour l’utilisation du vaccin.

Des mécanismes de solidarité internationale avaient pourtant été prévus. Dès l’automne 2020, l’OMS et l’Alliance pour les vaccins (Gavi) ont mis en place Covax, un mécanisme financé par les pays développés ainsi que la Fondation Gates, notamment, pour distribuer des vaccins contre le Covid-19 aux pays défavorisés. C’était la réponse directe à l’ambition de « bien public mondial ». Dans ce pot commun, l’Union européenne a déjà versé plus de 850 millions d’euros. L’objectif de ce mécanisme était de rendre disponible, partout, suffisamment de doses pour vacciner 20% de la population de chaque pays.

Mais le mécanisme n’a pas montré son efficacité, voire frôle l’échec, estime Nathalie Ernoult, de Médecins sans frontières. « 

Si la pandémie continue de se propager dans les pays les plus pauvres, tandis que les pays à hauts revenus sont protégés, le virus peut continuer à muter et à se répandre, et il est possible qu’on se retrouve avec une souche que les vaccins actuels ne couvrent pas.

Brexit: le retour à un pays souverain… mais pauvre !

Brexit: le retour à un pays souverain… mais pauvre !

En refusant de se soumettre aux exigences européennes sur certaines questions de législation et de politique, le gouvernement de Boris Johnson a réaffirmé que la démocratie n’a pas de sens sans la souveraineté, estime l’historien britannique Robert Tombs dans une tribune au « Monde ». Un historien qui fait cependant l’impasse sur la dégradation économique, sociale et sanitaire du pays. Certes le Royaume-Uni redevient un pays souverain mais il a les plus grandes chances de devenir aussi un pays plus pauvre.(Tribune dans le Monde)

Tribune.

 

 Depuis le début des relations entre le Royaume-Uni et les Communautés européennes, dans les années 1960, toutes les tensions ont tourné autour de la souveraineté. Ceux qui, à l’époque, étaient favorables à l’adhésion du Royaume-Uni à la Communauté économique européenne (CEE) et ceux qui, aujourd’hui, regrettent son départ de l’Union européenne (UE) rejettent la souveraineté comme une notion dépassée dans un monde d’interconnexion. Les événements des quatre dernières années, et peut-être même plus encore, ceux de ces derniers mois, auraient dû les faire réfléchir à nouveau.

La question de la pêche a eu le mérite de rendre la souveraineté concrète et compréhensible. C’est pourquoi elle est devenue soudainement si cruciale. On peut décider de donner ou de prêter certains droits ou pouvoirs à d’autres. Mais qui prend cette décision ? Qui a le pouvoir de l’exécuter ? Qui peut la changer ? Voilà la souveraineté, aussi fondamentale aujourd’hui que jamais.

Respecter la décision des électeurs

Lorsque les Britanniques ont voté au référendum de 2016 pour quitter l’UE, il n’était pas évident de déterminer si le Royaume-Uni était toujours réellement un pays souverain. Son Parlement et ses lois étaient subordonnés à l’autorité législative et judiciaire de l’UE. Certes, le vote lui-même était un acte de souveraineté. Cependant, la véritable question n’était pas celle de la théorie constitutionnelle, mais celle de la volonté politique : la décision de l’électorat serait-elle effectivement respectée et appliquée ?

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Brexit : « Le Royaume-Uni et l’Union européenne vont devoir trouver un équilibre entre compétition et coopération »

Si le Royaume-Uni avait cédé aux pressions et voté à nouveau pour revenir sur sa décision – comme l’Irlande (en 2001 et 2008) et la Grèce (en 2015) –, il aurait cessé pour un avenir indéfini d’être en réalité un Etat souverain. La souveraineté qui ne peut être exercée est une souveraineté perdue. Selon ce critère, les Etats membres de l’UE, où les votes populaires ont été annulés ou ignorés, ont certainement mis leur souveraineté en doute. Un « Etat membre » est autre chose qu’un Etat souverain. Le président Macron parle souvent d’une « Europe souveraine ». Il a peut-être raison. Le président de la Cour de justice de l’UE, Koen Lenaerts, a écrit il y a trente ans qu’« il n’y a tout simplement pas un noyau de souveraineté que les Etats membres peuvent invoquer, en tant que tel, contre la Communauté ».

Coronavirus pays pauvres : 1 milliard pour les vaccins

Coronavirus pays pauvres : 1 milliard pour les vaccins

 

Une centaine de pays en développement devrait être bénéficiaire de la distribution d’environ 1 milliard de vaccins collectés à l’initiative du Royaume-Uni. Notons que dans le même temps la France, elle, organise une réunion internationale sur l’environnement. Une problématique sans doute essentielle pour l’avenir de la planète mais qui n’apparaît pas comme l’urgence du moment. D’autant que cette réunion internationale ne va pas porter grand chose de nouveau. De toute évidence, la France  a un problème pour hiérarchiser ses priorités.

 

Le Royaume-Uni a collecté auprès de ses alliés un milliard de dollars (820 millions d’euros) pour aider les « pays vulnérables » à accéder aux vaccins contre le Covid-19, a annoncé dimanche le ministère des Affaires étrangères en amont d’une visite virtuelle du chef de l’ONU à Londres.

Cette somme récoltée notamment auprès du Canada, de l’Allemagne et du Japon, ajoutée aux 548 millions de livres (608 millions d’euros) de Londres – qui avait promis de verser une livre tous les 4 dollars récoltés-, « permettra de distribuer cette année un milliard de doses de vaccins contre le coronavirus dans 92 pays en développement », a précisé le ministère dans un communiqué.

« Nous ne serons à l’abri de ce virus que lorsque nous serons tous à l’abri – c’est pourquoi nous nous concentrons sur une solution mondiale à un problème mondial », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab.

« Il est tout naturel qu’à l’occasion du 75e anniversaire des Nations unies, le Royaume-Uni ait pris l’initiative auprès de ses alliés pour mettre un milliard de doses de vaccin contre le coronavirus à la disposition des pays vulnérables », a-t-il ajouté.

États-Unis : la France condamne les violences comme pour un pays en développement !

États-Unis : la France condamne les violences comme pour un pays en développement !

 

D’ordinaire, les remontrances de la France s’adressent à des pays en développement quand une minorité battue se livre à des violences pour contester le scrutin. C’est d’ordinaire aussi le rôle des États-Unis. Mais cette fois ce sont les États-Unis eux-mêmes qui donnent le spectacle lamentable d’une minorité qui bafoue la démocratie. Le spectacle de l’envahissement du congrès au Capitole par les troupes de Trump  porte une grave atteinte à l’image démocratique des États-Unis.

Les violences contre les institutions américaines sont une atteinte grave contre la démocratie, a déploré mercredi le ministre français des Affaires étrangères.

“Je les condamne. La volonté et le vote du peuple américain doivent être respectés”, a-t-il écrit sur Twitter.

Espérance de vie : 63 à 85 ans selon les pays

Espérance de vie : 63 à 85 ans selon les pays

L’espérance de vie moyenne varie de manière assez considérable selon les pays de 63 ans à 85 ans. La France est l’un des pays où l’on vit le mieux avec en moyenne près de 86 ans.

 

Pays

Espérance de vie à la naissance

Taux de mortalité (en ‰)

Taux de mortalité infantile  (en ‰)

Femmes (en femmes années)

Hommes (en années)

Europe
Allemagne

84,1

79,6

11,7

2

Autriche

84,2

79,9

10,0

2

Belgique

84,3

80,0

9,8

2

Bulgarie

79,1

72,1

15,6

5

Danemark

83,3

79,5

10,0

3

Espagne

86,7

81,3

9,5

2

Estonie

83,1

75,0

12,2

2

Finlande

85,1

79,8

10,1

1

France

85,7

79,9

9,0

3

Grèce

85,1

80,5

11,4

2

Hongrie

80,7

73,8

13,0

3

Irlande

84,3

81,3

6,5

2

Italie

86,0

81,9

10,9

2

Lettonie

80,4

70,8

15,0

3

Lituanie

81,7

71,0

14,4

4

Norvège

84,8

81,1

7,9

2

Pays-Bas

84,4

81,2

9,2

2

Pologne

83,0

75,5

10,7

3

Portugal

85,3

79,8

11,1

2

Rép. tchèque

82,4

77,3

10,9

2

Roumanie

79,9

73,1

13,4

6

Royaume-Uni

83,3

80,2

9,5

3

Russie

78,2

67,6

13,1

5

Slovaquie

81,4

74,6

10,4

4

Suède

85,0

81,7

9,1

2

Suisse

86,0

82,4

8,2

3

Afrique
Afrique du Sud

68,4

61,5

9,4

24

Congo (République démocratique du)

63,2

60,0

8,8

60

Égypte

75,0

70,2

5,7

13

Kenya

69,9

65,0

5,3

31

Nigeria

56,8

54,8

11,0

55

Soudan

68,0

64,2

6,9

38

Tanzanie

68,3

64,5

5,9

34

Amérique
Argentine

80,4

73,8

7,6

9

Brésil

80,1

73,0

6,8

11

Canada

84,7

81,2

7,9

4

Colombie

80,5

75,2

5,9

11

États-Unis

81,7

76,6

9,2

5

Mexique

78,2

72,6

6,3

13

Asie
Bangladesh

75,6

71,8

5,5

22

Chine

79,7

75,4

7,8

8

Inde

71,8

69,2

7,4

27

Indonésie

74,6

70,1

6,8

16

Japon

88,1

81,9

11,5

2

Pakistan

68,9

66,8

6,7

56

Philippines

75,9

67,7

6,2

18

Oceanie
Australie

85,8

82,1

6,7

3

Coronavirus: les pays en développement attendront jusqu’en 2024

Coronavirus: les pays en développement attendront jusqu’en 2024

Piloté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’alliance pour les vaccins Gavi, le projet COVAX vise à fournir au moins 2 milliards de doses d’ici fin 2021 pour vacciner 20% des personnes les plus vulnérables dans 91 pays pauvres et à revenu intermédiaire, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Dans un document confidentiel de Gavi, les partisans du projet affirment que l’initiative pourrait ne pas atteindre son objectif en raison d’un manque de fonds, des risques liés à l’approvisionnement et des conditions contractuelles compliquées.

“Le risque d’échec du programme COVAX est très élevé”, lit-on dans un rapport interne de Gavi. Cela en raison des difficultés à réunir les fonds nécessaires.

Un tel échec pourrait priver les populations des pays pauvres d’un accès aux vaccins contre le COVID-19 jusqu’en 2024, explique l’un des documents.

Pour vacciner au moins 20% des personnes dans les pays pauvres l’année prochaine, COVAX dit avoir besoin de 4,9 milliards de dollars (4,02 milliards d’euros) en plus des 2,1 milliards que le projet a déjà collecté. Selon une étude de Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health, une personne sur quatre n’aura pas accès au vaccin contre le coronavirus avant au moins 2022.

« L’impossible trilogie politique-religion-développement des pays musulmans « 

« L’impossible trilogie politique-religion-développement des pays musulmans « 

L’économiste Taha Oudghiri analyse dans une tribune au « Monde » ce que sont les principes d’une gouvernance économique islamique, et ce qui pourrait en advenir (extraits)

Tribune. 

 

Qu’elles soient au pouvoir ou dans l’opposition, les familles politiques islamiques occupent continûment, discrètement ou ostensiblement, le champ politique et l’espace public dans les pays musulmans. Ce faisant, elles influencent l’élaboration et l’application de certaines politiques publiques, quand elles n’en sont pas les initiatrices.

Conquérantes, elles conduisent à s’interroger sur ce qu’elles peuvent apporter, en termes de développement économique et social, aux pays qu’elles conquièrent ou qu’elles convoitent.

Que peuvent-elles trouver, sur le plan économique, dans leur référentiel exclusif qu’est l’islam, dans leur corpus religieux coranique et doctrinal : la sunna (les dires et les actes du prophète Mahomet) formant la loi islamique ? Des orientations économiques certainement, mais aussi et surtout, des interdictions et des injonctions.

Impôt et « zakat »

Le Coran et la sunna insistent sur une organisation économique inclusive, sur l’engagement d’une croisade permanente contre la pauvreté. Ils écartent cependant, et, plus encore, interdisent, totalement ou très significativement, des instruments majeurs de politique économique : l’intérêt pour la politique monétaire, et l’impôt pour la politique budgétaire.

L’impôt est interdit au-delà de la prescription relative à la zakat, qui est le troisième pilier de l’islam. La zakat est un impôt et non pas de l’aumône, comme le pensent la plupart des musulmans. C’est un impôt de 2,5 % dont l’assiette, le patrimoine, est très volatile par-delà les difficultés liées à son évaluation annuelle.

Dans des situations exceptionnelles, les capacités contributives peuvent être sollicitées par un impôt progressif. Cependant, aucun système fiscal ne peut être définitivement établi. Une interdiction – un péché même – décrétée par le prophète, même s’il insistait sur la redistribution pour la réduction des inégalités. Ses instructions sur les formes de redistribution étaient lapidaires, et donc lacunaires.

Ces interdictions sont transgressées allègrement, sans que personne trouve à en redire dans ces familles politiques et en dehors d’elles. Ces transgressions appellent, par leur ampleur, l’établissement d’un constat atterrant : autant de grand écarts, d’accommodements à l’islam en matière économique et autant de crispations, d’exacerbations lorsqu’il s’agit de tolérance, de flexibilisation politique et sociale, sont terriblement déroutants. Les dirigeants islamiques seraient-ils alors sortis de cette atemporalité religieuse en matière économique tout en se cramponnant, en figeant les autres aspects sociopolitiques de l’islam ?

L’appel 14 pays pour la protection des océans

L’appel 14 pays pour la protection des océans

Soutenue par l’ONU, l’initiative internationale Ocean Panel exhorte l’ensemble des dirigeants de la planète à un objectif de protection de 30 % des océans d’ici à dix ans. Avec, à la clé, des avantages substantiels, notamment économiques, à tirer de la conservation des eaux de la planète.

Investir dans des océans en bonne santé peut rapporter gros. L’Ocean Panel veut en persuader les états du monde entier. Cette initiative internationale montée il y a deux ans par quatorze pays côtiers, parmi lesquels le Portugal, la Norvège, l’Australie, le Canada, le Japon ou l’Indonésie, présente ce mercredi une série d’actions pour développer une « économie durable de l’océan ».

Pour leur près de 40 millions de kilomètres carrés d’eaux nationales – l’équivalent de l’Afrique -, ces pays prônent une gestion marine « qui équilibre la protection, la production et la prospérité ». Dix ans pour « traiter » l’océan différemment, donc, alors que les mers du monde sont de plus en plus menacées par la pollution, la surexploitation des ressources et le dérèglement climatique. Pourtant, au quotidien, plus de trois milliards de personnes en dépendent pour se nourrir et quelque 90 % des marchandises y sont transportées.

 

Trump : l’image d’une démocratie d’un pays sous-développé

Trump :  l’image d’une démocratie d’un pays sous-développé

Du fait de l’attitude de Trump, les États-Unis donnent l’image d’une démocratie type pays sous-développé où l’ancienne élu s’accroche désespérément pouvoir alors qu’il a été battu dans les urnes. Lâché par nombre de cadres républicains et par les grands patrons ,Trump fait quelques pas en arrière. Cependant il fait toujours de la résistance pour reconnaître sa défaite.

 

Une posture qui peut assurer ses supporters mais qui ne servira pas l’image de ce président fantasque et irresponsable. Trump a donc ouvert l’idée à une transition mais avec des réserves : «Ce sera quelque chose de très difficile à accepter, parce que nous savons qu’il y a eu une fraude massive», a-t-il répondu. Quittera-t-il alors la Maison Blanche le 20 janvier, jour de la prestation de serment du prochain président des États-Unis ? «Bien sûr que je le ferai. Et vous le savez», a-t-il répondu du bout des lèvres. «Je pense qu’il va se passer beaucoup de choses d’ici le 20» janvier, a tenu aussi à avancer le président sortant.

Ces mots, dans la bouche de Donald Trump, ont de l’importance, car son refus d’admettre la victoire de son adversaire est unique dans l’histoire du pays. Même si le passage de relais entre lui et Joe Biden au début de l’an prochain ne faisait déjà plus guère de doute. Le collège des grands électeurs se réunira le 14 décembre pour désigner officiellement le vainqueur de l’élection, en entérinant le résultat issu du scrutin populaire du 3 novembre. Ce devrait être une formalité. Donald Trump a en revanche refusé de dire s’il assisterait à l’inauguration de son rival démocrate.

« La France premier pays sécuritaire de l’Union européenne » ?

 « La France premier pays sécuritaire de l’Union européenne » ?

Le docteur en droit Yves Jeanclos constate dans le monde que derrière l’article 24, le texte prévoit des « dispositions poliçophiles susceptibles de renforcer l’aspect sécuritaire de la société, au détriment des libertés publiques ».

Tribune.

 Le regard des médias et des politiques, actuellement braqué sur l’interdiction de la diffusion et sur le floutage des visages des forces de l’ordre en intervention, laisse dans l’ombre les dispositions « poliçophiles » de la proposition de loi relative à la sécurité globale, susceptibles de renforcer l’aspect sécuritaire de la société, au détriment des libertés publiques.

Les polices municipales placées sous l’autorité politique des maires se voient reconnaître des pouvoirs et des missions de plus en plus proches de ceux de la police nationale. Elles seront compétentes pour les vérifications d’identité et la constatation de délits de basse intensité. Elles disposeront de la capacité à infliger des contraventions (vente à la sauvette, graffitis : code pénal, 446-1, 322-1). Pour ce faire, leurs responsables seront placés « sous la direction du procureur de la République » et bénéficieront d’une « habilitation » judiciaire accordée par le procureur général, générant une véritable révolution dans l’opérationnalité des forces de sécurité intérieure.

 

Les polices municipales seront chargées des délits relevant du code de la route, de la saisie et de l’immobilisation de véhicules, voire de biens détenus en infraction sur la voie publique. Elles relaieront l’activité de contrôle et de répression de la police nationale, lors de manifestations sportives, culturelles et récréatives. Elles libéreront utilement la police nationale pour ses missions de maintien de l‘ordre.

Sociétés privées de sécurité

Plus avant dans la révolution de la culture policière, la police nationale et les polices municipales devront participer au « continuum de sécurité », en impliquant les sociétés privées de sécurité à des activités de sécurité publique. Elles seront satisfaites de voir confier à des sociétés privées l’utilisation de drones contrôlant des manifestations de rue ou portant atteinte à l’intimité des citoyens. En revanche, elles devraient s’inquiéter du droit de contrôle social et économique conféré à des sociétés privées pour des missions relevant des pouvoirs régaliens de l’Etat.

En additionnant les 30 000 policiers municipaux aux 150 000 fonctionnaires de la police nationale et aux 170 000 employés des sociétés privées de sécurité, l’Etat pourrait disposer d’environ 350 000 membres des forces de maintien de l’ordre et de sécurité intérieure, sans compter les 99 000 militaires de la gendarmerie nationale. Grâce à la loi « sécurité globale », l’Etat pourrait avoir à sa disposition répressive, au quotidien, pas loin d’un demi million d’agents du maintien de l’ordre et de la sécurité intérieure, soit un potentiel ratio d’environ un fonctionnaire des forces intérieures pour 150 habitants (contre un pour 281 en 2018), la France devenant le premier pays sécuritaire de l’Union européenne.

Trump fait toujours de la résistance: l’image d’une démocratie d’un pays sous-développé

Trump fait toujours de la résistance:  l’image d’une démocratie d’un pays sous-développé

u fait de l’attitude de Trump, les États-Unis donnent l’image d’une démocratie type pays sous-développé où l’ancienne élu s’accroche désespérément pouvoir alors qu’il a été battu dans les urnes. Lâché par nombre de cadres républicains et par les grands patrons ,Trump fait quelques pas en arrière. Cependant il fait toujours de la résistance pour reconnaître sa défaite.

 

Une posture qui peut assurer ses supporters mais qui ne servira pas l’image de ce président fantasque et irresponsable. Trump a donc ouvert l’idée à une transition mais avec des réserves : «Ce sera quelque chose de très difficile à accepter, parce que nous savons qu’il y a eu une fraude massive», a-t-il répondu. Quittera-t-il alors la Maison Blanche le 20 janvier, jour de la prestation de serment du prochain président des États-Unis ? «Bien sûr que je le ferai. Et vous le savez», a-t-il répondu du bout des lèvres. «Je pense qu’il va se passer beaucoup de choses d’ici le 20» janvier, a tenu aussi à avancer le président sortant.

Ces mots, dans la bouche de Donald Trump, ont de l’importance, car son refus d’admettre la victoire de son adversaire est unique dans l’histoire du pays. Même si le passage de relais entre lui et Joe Biden au début de l’an prochain ne faisait déjà plus guère de doute. Le collège des grands électeurs se réunira le 14 décembre pour désigner officiellement le vainqueur de l’élection, en entérinant le résultat issu du scrutin populaire du 3 novembre. Ce devrait être une formalité. Donald Trump a en revanche refusé de dire s’il assisterait à l’inauguration de son rival démocrate.

Ouïgours :  » les colères sélectives de certains pays musulmans « 

Ouïgours : «  les colères sélectives de certains pays musulmans « 

La sociologue Dilnur Reyhan dénonce, dans une tribune au « Monde », la colère sélective de certains pays musulmans qui appellent à boycotter les produits français après l’affaire des caricatures, mais restent silencieux quant au sort réservé aux

Tribune.

Ces dernières semaines, dans certains pays musulmans, on a pu voir des mouvements de boycott des produits français. La raison de cette grande mobilisation est liée à l’affaire des caricatures du Prophète qui ont été republiées en France après la mort de Samuel Paty, décapité par un terroriste au nom de l’islam, mais aussi aux propos d’Emmanuel Macron promettant de pas « renoncer » aux caricatures. En tant que musulmane, je trouve que la réaction de la grande majorité des musulmans français est digne, car ces derniers condamnent sévèrement cette barbarie et demandent de ne pas lier ce terroriste à l’islam. Etant moi-même musulmane et humaniste de gauche, je vis très mal l’ambiance de haine et les déclarations à tout-va dans les médias incriminant l’ensemble des musulmans juste parce que le terroriste se réclame de notre religion.

Mais les réactions en dehors de France, dans les pays musulmans, sont surprenantes d’hypocrisie. En tant qu’Ouïgoure, membre d’un peuple majoritairement musulman victime d’un génocide mené par la Chine depuis quatre ans dans l’indifférence totale du monde, et notamment des pays musulmans, je n’ai pu m’empêcher de m’étonner de cette « colère » sélective.

Si la Chine continue de construire et d’agrandir impunément ses camps de concentration pour musulmans malgré toutes les pressions internationales, c’est surtout grâce au soutien sans faille de ses amis musulmans : n’oublions pas la liste de la honte de 50 pays, dont la moitié sont musulmans, qui ont soutenu la politique génocidaire de la Chine tandis que 23 autres, majoritairement occidentaux, la condamnaient et demandaient la fermeture des camps de concentration destinés aux millions de musulmans turciques.

En Turquie, par exemple, qui compte la plus grande diaspora ouïgoure hors d’Asie centrale, la société civile a toujours soutenu la cause de mon peuple. Malgré ce soutien fort et la pression populaire, le pays a signé, en 2017, un accord avec la Chine qui autorise l’extradition des Ouïgours de nationalité chinoise. Ainsi, en août 2019, une jeune mère a-t-elle été déportée avec ses deux enfants via le Tadjikistan.

En 2020, des étudiants ouïgours ont essayé de manifester silencieusement à Istanbul en portant des tee-shirts sur lesquels étaient imprimées des photos de leurs parents enfermés dans les camps chinois. La police turque les a obligés à les retourner et fait effacer les captations photos et vidéos prises lors de l’événement. Quelque temps plus tard, lorsque des Ouïgours ont organisé une conférence de presse à Ankara, les témoins venus d’Istanbul se sont vus contraints par la police à faire demi-tour.

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