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Climat des affaires en baisse

 

 

Climat des affaires en baisse

Séquence directe de l’inflation, le climat des affaires s’est assombri en juin, selon l’Insee. Une dégradation qui s’explique avant tout par un moindre optimisme dans les secteurs du commerce de détail, des services et du bâtiment. A l’inverse, les chefs d’entreprise dans l’industrie sont un peu plus optimistes.

Selon l’Insee en effet, « le climat des affaires en France s’assombrit quelque peu » au mois de juin. L’indicateur calculé par les statisticiens publics pour synthétiser ce climat cède deux points. Et se retrouve à un niveau qui est proche de celui qui était le sien un an plus tôt. Le climat de l’emploi, lui, se dégrade encore pour le troisième mois consécutif.

Le détail des données publiées par l’Insee ce jeudi fait apparaître aussi que pour l’heure, l’impact de la crise internationale qui touche l’Hexagone n’est pas ressenti de la même manière par tous les chefs d’entreprise. Il coupe la France en deux : la relative confiance en l’avenir des patrons de l’industrie contraste en effet avec la morosité affichée de leurs confrères du commerce de détail, des services et aussi, dans une certaine mesure, de ceux du bâtiment.

Dans l’industrie, « tous les soldes d’opinion relatifs à la production (…) sont en hausse en juin », résume l’Insee . Et même les tensions inflationnistes semblent relativement moins pesantes :  le solde d’opinion sur l’évolution prévue des prix de vente qui avait atteint un niveau jugé « inédit » le mois précédent se replie un peu. Mais il « demeure très élevé », souligne l’Insee.

La situation est très différente dans les autres secteurs d’activité. C’est notamment dans le commerce de détail que les patrons broient du noir. « L’opinion des détaillants sur les perspectives d’activité pour les trois prochains mois se détériore : le solde relatif aux perspectives générales d’activité du secteur diminue et passe au-dessous de son niveau moyen. Les soldes d’opinion sur les intentions de commandes et les ventes prévues diminuent nettement eux aussi et s’éloignent de leur moyenne », explique l’Insee.

Côté prix, peu de changement en vue alors que l’inflation atteint ces derniers mois des niveaux inconnus depuis les années 1980 . Le solde d’opinion des chefs d’entreprises sur l’évolution des prix prévus « se replie légèrement mais reste à un très haut niveau », explique l’Insee. Ce qui risque bien de continuer à freiner la consommation, alors que les soldes d’été viennent de démarrer .

Climat : vague de chaleur sans précédent

Climat : vague de chaleur sans précédent

 

Une vague de chaleur sans précédent va toucher la France après l’Espagne cette semaine. Des températures complètement hors de saison qui pourront dépasser 40° dans certains cas. En cause évidemment des phénomènes conjoncturels qui se combinent avec des éléments plus structurels liés au réchauffement global de la planète. S’ajoutent à cela et se combinent des périodes de sécheresse qui vont notamment lourdement peser sur les productions agricoles et même provoquer des crises de la faim dans les pays en développement.

Une vague de chaleur a touché l’Espagne, lundi 13 juin, avant de gagner la France mardi. Cet épisode, qui survient quelques jours après le mois de mai le plus chaud depuis au moins 100 ans en Espagne, se traduit par « des températures extrêmes », selon le porte-parole de l’agence météorologique espagnole (Aemet). Il « pourrait durer jusqu’à la fin de la semaine », a-t-il ajouté. « Cette chaleur extrême, à ce moment du printemps, n’est pas normale » et est due au  »réchauffement climatique », a-t-il souligné.

Selon l’Aemet, les températures dépasseront les 40 °C dans le centre et le sud de l’Espagne durant la semaine. Elles pourraient même grimper jusqu’à 43 °C en Andalousie, notamment à Cordoue et Séville. La nuit, le mercure ne descendra pas sous les 20 ou 25 °C dans ces régions d’Espagne.

Cette vague de chaleur est provoquée par une dépression localisée entre les Açores et Madère, qui ramène progressivement sur l’Europe occidentale de l’air très chaud en provenance du Maghreb. Elle va toucher la France à partir de mardi, avec des températures qui atteindront là aussi les 40 °C, notamment dans le Sud-Ouest.

Climat : des pointes de chaleur plus fréquentes

Climat : des pointes de chaleur plus fréquentes

 

Des pointes de chaleur pourraien t atteindre et même dépasser 40° alors que le pays n’est pas encore en été d’après BFM. Un épisode de chaleur qui a commencé depuis début mai. Un climat qui se caractérise par la précocité des pics de température et par leur intensité. Le résultat sans doute de circonstances conjoncturelles mais surtout structurelles en raison partout dans le monde du réchauffement climatique.

Une masse d’air très chaud provenant tout droit de la péninsule ibérique est en train de gagner l’ensemble du pays et s’y installer jusqu’à la fin de la semaine au moins. À partir de mercredi on pourra même parler de canicule dans certains départements où les températures sont supérieures à 30-35°C le jour et à 18-20°C la nuit pendant plusieurs jours consécutifs.

Ce ne sont pas moins de 43 vagues de chaleur qui ont été détectées depuis 1947, selon Météo France, qui note qu’il y a eu trois fois plus de vagues de chaleur ces 30 dernières années que durant les 42 années précédentes. Et les températures attendues cette semaine devraient correspondre au scénario jugé le plus probable par Météo-France.

« L’épisode que s’apprête à connaître le pays cette semaine devrait s’ajouter aux 43 autres épisodes déjà recensés, depuis 1947″, prévient d’ores et déjà l’agence météorologique.

Un phénomène plus si inédit que ça donc, sauf de par sa précocité. Météo-France estime en effet qu’il s’agirait là de la vague de chaleur la plus précoce pour un mois de juin à l’échelle nationale depuis 1947.

Christophe Cassou, climatologue et directeur de recherche au CNRS juge « extrêmement probable » que l’activité humaine soit « le principal facteur contribuant à l’augmentation observée de l’intensité et de la fréquence des extrêmes chauds »

« L’intensité et la précocité de cette vague de chaleur en sont un nouvel exemple. Le déni de gravité n’est plus une option. Ne pas être à la hauteur est aujourd’hui irresponsable, explique-t-il sur Twitter.

 

Climat : Des technologies mortelles

Climat : Des technologies mortelles

 

 

Le fait que les techniques de géo-ingénierie soient mises à l’agenda des réflexions de la nouvelle Commission mondiale sur la gouvernance des risques liés au dépassement climatique devrait susciter une profonde inquiétude, alerte le journaliste Stéphane Foucart dans le « Monde ».

 

Sur le front du climat, l’information la plus frappante de ces derniers jours n’est ni la sécheresse qui s’installe en France, ni la succession des canicules qui ont mis plusieurs semaines durant des dizaines de millions d’Indiens et de Pakistanais au seuil de l’invivable. Non : l’actualité climatique la plus inquiétante de ces dernières semaines est la création, au sein du Forum de Paris sur la paix, de la Commission mondiale sur la gouvernance des risques liés au dépassement climatique. Le lancement de ses travaux, le 17 mai, est passé inaperçu en France, où seul Le Monde, sous la plume d’Audrey Garric, en a rendu compte. Son mandat devrait pourtant retenir toute notre attention.

 

La quinzaine de membres de cette commission – anciens commissaires européens, chefs d’Etat ou ministres de pays du Nord et du Sud, diplomates de haut niveau, etc. – se pencheront sur des problématiques qui n’ont jusqu’ici jamais été examinées à un tel niveau. Cette fois, il est officiellement question de réfléchir aux conditions de déploiement de techniques de géo-ingénierie – c’est-à-dire des méthodes de modification climatique à grande échelle –, non seulement sur leur faisabilité, leurs bénéfices et leurs risques, mais aussi leur gouvernance.

Le simple fait que ces techniques soient aujourd’hui officiellement mises à l’agenda devrait susciter une profonde inquiétude. Cela signifie d’abord que l’espoir s’estompe de voir le climat terrestre préservé d’une dérive catastrophique. Ensuite, la radicalité de certaines solutions envisagées pour maintenir l’habitabilité d’une Terre surchauffée donne à comprendre la gravité de la situation. Certaines de ces technologies relèvent d’un cauchemar dystopique inimaginable il y a seulement quelques années. Elles sont désormais sur la table – pas encore celle de la diplomatie de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, mais au moins dans son antichambre.

« Si la réduction considérable et rapide des émissions doit être l’objectif central de toute politique climatique, l’action collective contre le [réchauffement] doit prendre en compte l’ensemble des réponses possibles pour réduire activement les risques, explique ainsi la nouvelle commission dans sa présentation. Ces options comprennent des mesures d’adaptation considérablement élargies pour réduire la vulnérabilité climatique, l’élimination du carbone pour retirer le dioxyde de carbone de l’atmosphère, et éventuellement la géo-ingénierie solaire pour refroidir la planète en réduisant le rayonnement solaire entrant. »

Climat : des technologies en cause

Climat : des  technologies en cause 

 

Le fait que les techniques de géo-ingénierie soient aujourd’hui officiellement mises à l’agenda des réflexions de la nouvelle Commission mondiale sur la gouvernance des risques liés au dépassement climatique devrait susciter une profonde inquiétude, alerte dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».

 

Sur le front du climat, l’information la plus frappante de ces derniers jours n’est ni la sécheresse qui s’installe en France, ni la succession des canicules qui ont mis plusieurs semaines durant des dizaines de millions d’Indiens et de Pakistanais au seuil de l’invivable. Non : l’actualité climatique la plus inquiétante de ces dernières semaines est la création, au sein du Forum de Paris sur la paix, de la Commission mondiale sur la gouvernance des risques liés au dépassement climatique. Le lancement de ses travaux, le 17 mai, est passé inaperçu en France, où seul Le Monde, sous la plume d’Audrey Garric, en a rendu compte. Son mandat devrait pourtant retenir toute notre attention.

 

La quinzaine de membres de cette commission – anciens commissaires européens, chefs d’Etat ou ministres de pays du Nord et du Sud, diplomates de haut niveau, etc. – se pencheront sur des problématiques qui n’ont jusqu’ici jamais été examinées à un tel niveau. Cette fois, il est officiellement question de réfléchir aux conditions de déploiement de techniques de géo-ingénierie – c’est-à-dire des méthodes de modification climatique à grande échelle –, non seulement sur leur faisabilité, leurs bénéfices et leurs risques, mais aussi leur gouvernance.

Le simple fait que ces techniques soient aujourd’hui officiellement mises à l’agenda devrait susciter une profonde inquiétude. Cela signifie d’abord que l’espoir s’estompe de voir le climat terrestre préservé d’une dérive catastrophique. Ensuite, la radicalité de certaines solutions envisagées pour maintenir l’habitabilité d’une Terre surchauffée donne à comprendre la gravité de la situation. Certaines de ces technologies relèvent d’un cauchemar dystopique inimaginable il y a seulement quelques années. Elles sont désormais sur la table – pas encore celle de la diplomatie de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, mais au moins dans son antichambre.

 

« Si la réduction considérable et rapide des émissions doit être l’objectif central de toute politique climatique, l’action collective contre le [réchauffement] doit prendre en compte l’ensemble des réponses possibles pour réduire activement les risques, explique ainsi la nouvelle commission dans sa présentation. Ces options comprennent des mesures d’adaptation considérablement élargies pour réduire la vulnérabilité climatique, l’élimination du carbone pour retirer le dioxyde de carbone de l’atmosphère, et éventuellement la géo-ingénierie solaire pour refroidir la planète en réduisant le rayonnement solaire entrant. »

Retour d’un climat de guerre ?

 

 

Un monde se disloque et le nouveau tarde à naître. Comprendre ces crises multiples – économiques, sanitaires, climatiques – et le retour de la guerre implique de penser l’interrègne, expliquent Gilles Gressani et Mathéo Malik, le directeur et le rédacteur en chef de la revue « Le Grand Continent ».

 

L’actualité qui traverse nos écrans est faite d’images monstrueuses, étrangement familières. Il y a un mois : un chat sale rôde dans les rues du charnier à ciel ouvert de Boutcha, en Ukraine. Il y a deux mois : le patriarche de Moscou et de toutes les Russies engage une puissance nucléaire dans une guerre sainte – il n’y a pas de pardon pour ceux qui organisent des Gay Prides [le 6 mars, le patriarche Kirill a situé le conflit ukrainien au cœur d’une guerre civilisationnelle dont l’homosexualité serait un enjeu]. Il y a neuf mois : des corps agrippés à un avion qui décolle s’écrasent sur le tarmac de l’aéroport de Kaboul, en Afghanistan. Il y a deux ans : au pic de la pandémie, le président des Etats-Unis annonce que la Bourse vient d’atteindre son record historique. Cette semaine : il fait plus de 50 °C au Pakistan.

Ces nouvelles sont trop fréquentes pour être emblématiques, trop puissantes pour ne pas laisser de trace. Elles impriment chez nous une impression profonde : nous vivons dans une crise qui a des formes innombrables et qui semble inévitable. Nous agitons beaucoup de mots pour la décrire : la fin, le désordre, l’effondrement, le chaos parasitent notre vision. Le temps, on le sait – c’est même sûr – est sorti de ses gonds.

Ces impressions sont justifiées car nous traversons des « crises-mondes » : tout bascule à cause de l’économie, du terrorisme, de la pandémie, de la guerre – tout est en train de basculer dans l’urgence climatique. Chacune différente de l’autre, de rupture en rupture, ces transformations soudaines nous étourdissent. Sur les plateaux de télévision, dans les grands journaux, les économistes avaient été remplacés par des épidémiologistes. Aujourd’hui, l’invasion de l’Ukraine les remplace par des généraux. Comment avoir prise dans ce vertige ?

Depuis presque trois mois, la guerre a provoqué un nouveau séisme. Elle a ranimé des spectres, elle a brutalement redéployé des coordonnées qui nous avaient fait vivre dans l’illusion que nous étions en train de tourner la page et de trouver un équilibre postpandémique. Dans cette accélération de l’histoire, fait-on du surplace ou sommes-nous en train de tomber ?

 

Pour prendre du recul, une nouvelle méthode s’impose : nous faisons face aux symptômes d’un phénomène plus profond. Ces secousses impressionnantes, ces changements telluriques sont l’effet de la dislocation d’un monde. Nous vivons un moment de profonde transition car nous sommes collectivement, de manière désordonnée et conflictuelle, à la recherche d’un nouveau point d’équilibre. A toutes les échelles géographiques, de l’espace de la métropole unique à celui des grands continents, des forces politiques anciennes affrontent de nouvelles technologies et industries. Les Etats s’entrechoquent pour trouver leur place. Dans nos années 2020, nous vivons le retour d’un entre-deux-guerres. Marchons-nous vers le précipice d’une deuxième guerre froide ou d’une troisième guerre mondiale ?

 

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Climat: Les limites de la tarification carbone

Climat: Les limites de la tarification carbone 

 

Deux anciens patrons, Pierre-André de Chalendar et Louis Gallois, signent pour la Fabrique de l’industrie une tribune au « Monde » demandant au gouvernement des choix politiques clairs, pour affranchir l’industrie française des dépendances énergétiques et technologiques dont elle pâtit.

 

…..Si l’augmentation progressive du prix du carbone semble être une solution efficace, là encore il s’agit d’être prudent. Ainsi que nous venons de le montrer dans une étude tout juste parue, une augmentation du tarif des émissions de CO2 jusqu’à 250 euros la tonne – ordre de grandeur considéré comme tout juste suffisant par les spécialistes du climat – sera à la fois de nature à peser lourdement sur les ménages (entre 20 et 25 milliards par an simplement pour la consommation de biens et de services, hors fiscalité spécifique), mais aussi à plonger dans de lourdes difficultés des filières entières telles que le transport aérien et l’aéronautique, la sidérurgie, les matériaux de base, etc. (étude « La tarification du carbone et ses répercussions. Exposition sectorielle au surcoût carbone », Olivier Sautel, Caroline Mini, Hugo Bailly et Rokhaya Dieye, La Fabrique de l’industrie et Deloitte, Presse des Mines, 2022).

Une erreur courante consiste à penser que la France et ses partenaires européens se sont couverts contre ce risque depuis qu’ils se sont dotés, à raison, d’un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières. La Fabrique de l’industrie l’a bien montré : ce mécanisme, encore très partiel et qu’il faudra parvenir à étendre en dépit de sa technicité, protège du dumping environnemental extra-européen, mais pas des baisses de la demande domestique induites par un prix croissant du carbone, qu’il faut donc anticiper et accompagner.

Dans ce contexte, il est urgent pour la France de réfléchir à ses dépendances, énergétiques pour commencer. En dépit des questions qu’il soulève, il apparaît évident que son parc électronucléaire est un actif précieux, aux vertus multiples : électricité compétitive et peu carbonée, autonomie énergétique, etc. La crise ukrainienne montre de manière particulièrement claire la nécessité de réduire les dépendances énergétiques.

Climat : un coup de peinture verte ne suffira pas

Climat : un coup de peinture verte  ne suffira pas

 

Du premier sommet de la Terre aux réunions internationales, la lutte contre le réchauffement climatique est devenue un totem pour les dirigeants mondiaux. Voire même plutôt une Arlésienne dont le refrain est connu d’avance  « Il faut que rien ne change pour que tout change ». Ceci même après les Accords de Paris où l’on répétait en cœur qu’il fallait sauver la planète sans en comprendre le sens et les efforts induits. On l’aura compris, ce n’est donc plus « la maison qui brûle » mais bien la planète. Par Vincent Auriac, PDG de AXYLIA, maison de finance responsable.( « la Tribune »).

 

 

Pour preuve, le 6e rapport du GIEC nous montre que nous sommes encore loin de la trajectoire qui nous permettrait d’atteindre les objectifs fixés par la science. Les climatosceptiques ont beau douter, si nous ne parvenons pas à réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre avant 2030, le réchauffement planétaire dépassera les 1,5 °C, entraînant avec lui son lot de conséquences désastreuses. Aussi et comme le dit très bien Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et éthologue dans son dernier ouvrage Des âmes et des saisons où il est question de psychoécologie, « notre culture a perdu la boussole, nous naviguons à vue, bousculés par les événements, errant là où le vent nous porte. Pourtant, il nous faut reprendre le cap car l’homme n’est pas au-dessus de la nature ni supérieur aux animaux. Il est dans la nature« .

Neutralité planétaire

Raison de plus pour tendre vers un monde bas carboné où l’écologie, l’économie et le social sont notre boussole. Plus que le développement durable défini par la Commission Brundtland en 1987, c’est bien la société de la sobriété qu’il faut faire advenir. C’est dire si nous avons collectivement tiré sur la corde et que le point de non-retour est proche. En effet, comme le précise le GIEC, il faut adopter un autre mode de vie qui nous permettrait de réduire nos émissions de 40% à 70% d’ici 2050. Ce levier essentiel demande des engagements sociétaux et politiques. Le Président Macron a promis de nommer un Premier ministre qui sera en même temps, le « super ministre » de l’Écologie. Nous verrons.

En tout cas, pour atteindre la neutralité carbone planétaire, un changement de paradigme doit nous conduire à nous débarrasser des énergies fossiles, mais aussi de faire un meilleur usage des terres et des forêts par exemple. Les métropoles et mégalopoles, sources d’émissions importantes, ont un rôle évident à jouer dans cette contribution à la neutralité, notamment dans l’usage des infrastructures de transports. Bien sûr, il ne s’agit pas de déclarer le temps de l’écologie punitive ou celui du score social. La société bas carbone ne peut se concevoir qu’à la condition de lui adjoindre l’équité et la justice sociale. Elles renforcent la participation citoyenne et génèrent une bien plus grande motivation à atténuer le changement climatique. Au lieu d’oppositions, elles suscitent des compromis plus viables et vivables.

La finance peut stopper la dérive climatique

De son côté, la finance, accusée injustement de tous les maux, sera nécessaire pour accompagner et financer cette transition. Il est vrai que ce secteur tarde à entamer une réelle transition. Elle attend trop des entreprises sans prendre d’engagements à la hauteur des enjeux. Donnons-lui donc sa chance d’assumer ses responsabilités et participer à la lutte contre le  changement climatique. Particulièrement dans l’accompagnement des investisseurs en mobilisant des capitaux, largement disponibles, encore mal alloués et qui participent parfois, inconsciemment, à la dérive climatique.

Face aux Cassandre, il faudra bien admettre et constater pourtant que les contraintes sociales et environnementales ne sont pas des freins à l’investissement, mais des moyens de bonne gouvernance. Elles permettent de sécuriser les performances, mieux que les placements traditionnels. Pour l’instant, les entreprises et surtout les gestionnaires financiers parlent encore trop d’acronymes et d’émissions de CO2 selon des méthodes de calcul et des critères d’analyse qui ne sont pas toujours standardisés. Ce qui est source de confusion chez les Français, investisseurs ou épargnants, qui ne s’y retrouvent pas parmi les multiples labels promus par l’État. Pour clarifier la situation, le Score Carbone® tient compte des efforts fournis par une entreprise pour réduire ses émissions de CO2 ; ce qui permet aux acteurs du secteur financier et aux particuliers de prendre les bonnes décisions.  Cet outil est la preuve que des solutions existent pour éclairer les épargnants sur les entreprises engagées et celles qui, en 2025, seront à la remorque du nécessaire changement.

Plus globalement, comme on le dit d’un nouveau développement en agriculture, il nous faudra aussi pratiquer la résilience en de nombreux autres secteurs comme l’alimentation, avec une consommation moins carnée, des logements mieux isolés, l’accroissement du télétravail dans les métropoles et des mobilités plus douces. Mais attention, il ne s’agit pas d’une décroissance déguisée. Simplement, la modération de nos besoins et de nos désirs pour rompre avec notre propre autodestruction. Cela implique de remettre les Hommes, les entreprises et la nature au cœur de nos préoccupations et de redonner à notre monde un peu plus d’oxygène, de légèreté et de saveur… Chiche !?

Vincent Auriac

Climat: La politique du gouvernement dans le brouillard

Climat: La politique  du gouvernement dans le brouillard  

 

Par Irène Inchauspé dans  » l’Opinion »

La complexité des dispositifs et instances chargés du climat rend illisible la politique menée dans ce domaine   .

Le gouvernement a répondu avec retard au Conseil d’Etat qui l’avait sommé de réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Saisi par Grande-Synthe, commune du littoral du Nord qui s’estime menacée par la montée du niveau de la mer, le Conseil d’Etat avait donné en juillet 2021 neuf mois au gouvernement pour « prendre toutes mesures utiles » afin de ramener les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, à un niveau compatible avec les objectifs de la France en la matière, soit une baisse de 40% d’ici 2030 par rapport à 1990. Le gouvernement n’a pas respecté l’ultimatum fixé au 31 mars, dix jours avant le premier tour de l’élection présidentielle. L’exécutif n’a transmis sa réponse à la plus haute juridiction administrative que mercredi 4 mai. Le document récapitule l’ensemble des textes adoptés depuis 2017 pour « décarboner » la France et rappelle tous les dispositifs et instances mises en place pour cela. Un ensemble si touffu qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits

Petit exemple de cette complexité : le gouvernement a lancé le 11 octobre 2021 les travaux d’élaboration de la future Stratégie française sur l’énergie et le Climat (SFEC), nouvelle feuille de route vers la décarbonation à l’horizon 2050. Cette stratégie, précise le ministère de la Transition écologique, sera constituée de la toute première loi de programmation sur l’énergie et le climat (LPEC), de la troisième Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC3 ), du troisième Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3), et de la troisième PPE (PPE 2023-2033)… Le futur Premier ministre en charge de la planification écologique aura déjà fort à faire avec ce chantier.

 Pour l’instant, nous en sommes à la deuxième Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC2). Pour améliorer le pilotage de cette stratégie, le ministère de la Transition écologique explique que « le gouvernement a souhaité doter la France d’un ensemble complet d’outils… qui constituent un cadre pionnier au niveau mondial ». Il l’a peut-être souhaité, mais il n’y est pas encore parvenu. Premier rouage du dispositif : leHaut Conseil pour le Climat. Il dispose de très peu de moyens : un secrétariat permanent composé de six personnes et un budget annuel de fonctionnement de 500 000 euros. La comparaison est cruelle avec le Climate Change Committee (CCC) anglais, considéré aujourd’hui dans le monde comme l’exemple de la meilleure pratique d’expertise indépendante au service de la gouvernance climat. Avec plus de six ans d’existence, il dispose d’un budget de 3 à 4 millions d’euros, compte neuf experts et 35 salariés. Preuve aussi que le reste du monde ne nous a pas attendus pour mettre en place ce type d’organes.

La France a également porté la mise en place d’un « HCC européen »… On espère qu’il fonctionnera mieux.   A côté de cela, nous avons aussi un Conseil de défense écologique, qui « permet de faire trancher au plus au niveau les décisions nécessaires pour inscrire la transition écologiquedans les politiques menées dans chaque ministère ». D’une efficacité contestable aussi. « Les plans climat demandés en mai dernier par Matignon doivent sortir très rapidement des ministères, sachant qu’à ce jour seulement trois sur dix ont rendu leur copie », a ainsi taclé le HCC en décembre dernier. Non seulement ces instances ne sont pas efficaces, mais en plus, elles se tirent dans les pattes. Présidé parEmmanuel Macron, le Conseil de défense écologique doit se réunir une fois par an, « ce qui n’a pas été le cas en 2021 », ajoute le HCC. Le président de la République a déclaré vouloir changer de méthode ? Une bonne chose serait de rendre visible et compréhensible la politique climatique en la simplifiant.

Climat : un coup de peinture du gouvernement ne suffira pas

Climat : un coup de peinture du gouvernement ne suffira pas

 

Du premier sommet de la Terre aux réunions internationales, la lutte contre le réchauffement climatique est devenue un totem pour les dirigeants mondiaux. Voire même plutôt une Arlésienne dont le refrain est connu d’avance  « Il faut que rien ne change pour que tout change ». Ceci même après les Accords de Paris où l’on répétait en cœur qu’il fallait sauver la planète sans en comprendre le sens et les efforts induits. On l’aura compris, ce n’est donc plus « la maison qui brûle » mais bien la planète. Par Vincent Auriac, PDG de AXYLIA, maison de finance responsable.( « la Tribune »).

 

 

Pour preuve, le 6e rapport du GIEC nous montre que nous sommes encore loin de la trajectoire qui nous permettrait d’atteindre les objectifs fixés par la science. Les climatosceptiques ont beau douter, si nous ne parvenons pas à réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre avant 2030, le réchauffement planétaire dépassera les 1,5 °C, entraînant avec lui son lot de conséquences désastreuses. Aussi et comme le dit très bien Boris Cyrulnik, neuropsychiatre et éthologue dans son dernier ouvrage Des âmes et des saisons où il est question de psychoécologie, « notre culture a perdu la boussole, nous naviguons à vue, bousculés par les événements, errant là où le vent nous porte. Pourtant, il nous faut reprendre le cap car l’homme n’est pas au-dessus de la nature ni supérieur aux animaux. Il est dans la nature« .

Neutralité planétaire

Raison de plus pour tendre vers un monde bas carboné où l’écologie, l’économie et le social sont notre boussole. Plus que le développement durable défini par la Commission Brundtland en 1987, c’est bien la société de la sobriété qu’il faut faire advenir. C’est dire si nous avons collectivement tiré sur la corde et que le point de non-retour est proche. En effet, comme le précise le GIEC, il faut adopter un autre mode de vie qui nous permettrait de réduire nos émissions de 40% à 70% d’ici 2050. Ce levier essentiel demande des engagements sociétaux et politiques. Le Président Macron a promis de nommer un Premier ministre qui sera en même temps, le « super ministre » de l’Écologie. Nous verrons.

En tout cas, pour atteindre la neutralité carbone planétaire, un changement de paradigme doit nous conduire à nous débarrasser des énergies fossiles, mais aussi de faire un meilleur usage des terres et des forêts par exemple. Les métropoles et mégalopoles, sources d’émissions importantes, ont un rôle évident à jouer dans cette contribution à la neutralité, notamment dans l’usage des infrastructures de transports. Bien sûr, il ne s’agit pas de déclarer le temps de l’écologie punitive ou celui du score social. La société bas carbone ne peut se concevoir qu’à la condition de lui adjoindre l’équité et la justice sociale. Elles renforcent la participation citoyenne et génèrent une bien plus grande motivation à atténuer le changement climatique. Au lieu d’oppositions, elles suscitent des compromis plus viables et vivables.

La finance peut stopper la dérive climatique

De son côté, la finance, accusée injustement de tous les maux, sera nécessaire pour accompagner et financer cette transition. Il est vrai que ce secteur tarde à entamer une réelle transition. Elle attend trop des entreprises sans prendre d’engagements à la hauteur des enjeux. Donnons-lui donc sa chance d’assumer ses responsabilités et participer à la lutte contre le  changement climatique. Particulièrement dans l’accompagnement des investisseurs en mobilisant des capitaux, largement disponibles, encore mal alloués et qui participent parfois, inconsciemment, à la dérive climatique.

Face aux Cassandre, il faudra bien admettre et constater pourtant que les contraintes sociales et environnementales ne sont pas des freins à l’investissement, mais des moyens de bonne gouvernance. Elles permettent de sécuriser les performances, mieux que les placements traditionnels. Pour l’instant, les entreprises et surtout les gestionnaires financiers parlent encore trop d’acronymes et d’émissions de CO2 selon des méthodes de calcul et des critères d’analyse qui ne sont pas toujours standardisés. Ce qui est source de confusion chez les Français, investisseurs ou épargnants, qui ne s’y retrouvent pas parmi les multiples labels promus par l’État. Pour clarifier la situation, le Score Carbone® tient compte des efforts fournis par une entreprise pour réduire ses émissions de CO2 ; ce qui permet aux acteurs du secteur financier et aux particuliers de prendre les bonnes décisions.  Cet outil est la preuve que des solutions existent pour éclairer les épargnants sur les entreprises engagées et celles qui, en 2025, seront à la remorque du nécessaire changement.

Plus globalement, comme on le dit d’un nouveau développement en agriculture, il nous faudra aussi pratiquer la résilience en de nombreux autres secteurs comme l’alimentation, avec une consommation moins carnée, des logements mieux isolés, l’accroissement du télétravail dans les métropoles et des mobilités plus douces. Mais attention, il ne s’agit pas d’une décroissance déguisée. Simplement, la modération de nos besoins et de nos désirs pour rompre avec notre propre autodestruction. Cela implique de remettre les Hommes, les entreprises et la nature au cœur de nos préoccupations et de redonner à notre monde un peu plus d’oxygène, de légèreté et de saveur… Chiche !?

Vincent Auriac

Climat : crise dramatique en Inde

Climat : crise dramatique en Inde

 

L’Inde et le Pakistan sont en proie à des vagues de chaleur exceptionnelles cette année, avec des pointes à 50°C par endroits, ce qui entraîne des pénuries d’eau et des coupures d’électricité. Des écoles ont également dû fermer, et les services médicaux et anti-incendies sont sur le pied de guerre.

Des températures record de 35,9°C à 37,78°C ont été relevées dans le nord-ouest et le centre de l’Inde, a précisé à des journalistes Mrutyunjay Mohapatra, directeur général du département de météorologie. Il s’agit des températures les plus élevées jamais enregistrées depuis que le département a commencé à effectuer des relevés, il y a 122 ans de cela.`

 

Une vague de chaleur record s’est abattue sur l’Inde et le Pakistan, provoquant des coupures d’électricité et des pénuries d’eau pour des millions d’habitants qui devraient subir cette fournaise de plus en plus fréquemment à l’avenir, selon des experts du changement climatique.

La température à Delhi approchait jeudi les 46 degrés Celsius. Et cette vague de chaleur extrême devrait sévir encore pendant cinq jours dans le nord-ouest et le centre de l’Inde et jusqu’à la fin de la semaine dans l’est, selon le département météorologique indien.

« C’est la première fois que je vois une telle chaleur en avril », s’est exclamé Dara Singh, 65 ans, qui tient une petite boutique de rue à Delhi depuis 1978. « Les feuilles de bétel que j’utilise pour vendre le paan (tabac à chiquer, NDLR) se gâtent plus vite que d’habitude. Habituellement, cela se produit vers le mois de mai, au pic de l’été ».

Le nord-ouest du Rajasthan indien, l’ouest du Gujarat et le sud de l’Andhra Pradesh, ont imposé des coupures de courant aux usines pour réduire leur consommation. Selon des informations presse, les principales centrales électriques sont confrontées à des pénuries de charbon.

Plusieurs régions de ce pays de 1,4 milliard d’habitants signalaient une baisse de l’approvisionnement en eau qui ne fera que s’aggraver jusqu’aux pluies annuelles de la mousson en juin et juillet.

En mars, Delhi a connu un maximum de 40,1 degrés, la plus chaude température jamais enregistrée pour ce mois depuis 1946.

Les vagues de chaleur ont tué plus de 6.500 personnes en Inde depuis 2010. Les scientifiques affirment qu’en raison du changement climatique, elles sont plus fréquentes, mais aussi plus sévères.

« Le changement climatique rend les températures élevées en Inde plus probable », a affirmé le Dr Mariam Zachariah du Grantham Institute, à l’Imperial College de Londres.

« Avant que les activités humaines n’accroissent les températures mondiales, une chaleur comme celle qui a frappé l’Inde au début du mois n’aurait été observée qu’environ une fois tous les 50 ans », a ajouté l’experte.

« Nous pouvons désormais nous attendre à des températures aussi élevées, environ une fois tous les quatre ans », prévient-elle.

Pour sa consoeur, le Dr Friederike Otto, maître de conférences en Science du Climat, au Grantham Institute, « les vagues de chaleur en Inde et ailleurs continueront de devenir plus chaudes et plus dangereuses, jusqu’à la fin des émissions nettes de gaz à effet de serre ».

« Les températures augmentent rapidement dans le pays, et augmentent beaucoup plus tôt que d’habitude », avait souligné le Premier ministre Narendra Modi mercredi, au lendemain d’un l’incendie survenu sur la montagne d’ordures de Bhalswa (haute de 60 mètres), dans le nord de Delhi.

Jeudi, selon un responsable des pompiers de la capitale, les pompiers luttaient encore contre le feu, dont l’épaisse fumée s’ajoutait à la pollution atmosphérique, espérant le maîtriser d’ici vendredi.

Trois autres incendies se sont déclarés en moins d’un mois dans la plus grande décharge de la capitale, Ghazipur, gigantesque montagne de déchets haute de 65 mètres.

La mégapole de plus de 20 millions d’habitants manque d’infrastructures modernes pour traiter les 12.000 tonnes de déchets qu’elle produit quotidiennement. Selon Pradeep Khandelwal, ex-chef du département de la gestion des déchets de Delhi, tous ces incendies sont probablement provoqués par les températures extrêmement élevées qui accélèrent la décomposition des déchets organiques.

 

Le Pakistan voisin subissait aussi jeudi cette chaleur extrême qui devrait se prolonger la semaine prochaine. Les températures devraient dépasser de 8 degrés la normale dans certaines parties du pays, pour culminer à 48 degrés dans certaines zones du Sind rural mercredi, selon la Société météorologique pakistanaise.

Les agriculteurs devront gérer judicieusement l’approvisionnement en eau, dans ce pays où l’agriculture, pilier de l’économie, emploie environ 40% de la main-d’œuvre totale.

« La santé publique et l’agriculture du pays seront confrontées à de sérieuses menaces en raison des températures extrêmes de cette année », a déclaré Sherry Rehman ministre du Changement climatique.

Le mois de mars a été le plus chaud jamais enregistré depuis 1961, selon le bureau météorologique du Pakistan.

Des coupures d’électricité en Inde et au Pakistan ont aggravé vendredi les conditions de vie de millions d’habitants, déjà accablés par cette vague de chaleur record. Des mois de mars et d’avril exceptionnellement chauds ont fait grimper la demande énergétique en Inde, et plus particulièrement au Pakistan, si bien que les centrales électriques manquent à présent de charbon pour répondre à la demande.

Plusieurs villes pakistanaises ont ainsi subi jusqu’à huit heures de coupure de courant par jour la semaine dernière, tandis que des zones rurales enregistraient des délestages la moitié de la journée.

« Il y a une crise de l’électricité et des délestages dans tout le pays », a déclaré le ministre de l’Énergie, Khurram Dastgir Khan, évoquant les pénuries et des « défaillances techniques ».

Or, les températures devraient dépasser de 8 degrés la normale saisonnière dans certaines parties du Pakistan, pour culminer à 48 degrés dans certaines zones du Sind rural mercredi, selon la Société météorologique pakistanaise.

Dans la mégalopole indienne de New Delhi, où la température a atteint 43,5°C vendredi, les autorités estiment qu’il reste « moins d’un jour de charbon » en stock dans de nombreuses centrales électriques. « La situation dans toute l’Inde est désastreuse », selon Arvind Kejriwal, ministre en chef de Delhi, qui a mis en garde contre de possibles coupures dans les hôpitaux et le métro de la capitale.

L’Inde a même annulé certains trains de voyageurs pour accélérer l’acheminement du charbon vers les centrales électriques, selon Bloomberg News. Les réserves de charbon des centrales indiennes ont en effet diminué de près de 17% depuis début avril, tombant à à peine un tiers des niveaux requis, selon la même source.

À Calcutta, dans l’est de l’Inde, après des malaises en série dans les transports en commun, de l’eau sucrée a été distribuée aux passagers.

« Sans pluie depuis plus de 57 jours, Calcutta est en proie à la plus longue période de sécheresse de ce millénaire », affirme Sanjit Bandyopadhyay du Centre météorologique régional.

À cette époque de l’année, dans les régions d’altitude de l’État de l’Himachal Pradesh, la pluie, de la grêle et même de la neige tombent normalement, mais depuis deux mois, pas une goutte d’eau et les températures battent des records. Conséquence, des centaines d’incendies ont réduit des forêts de pins en cendres, notamment autour de Dharamsala, la ville où réside le Dalaï-Lama.

« La plupart de ces incendies sont des feux de terre qui se propagent dans les forêts de pins, les plus vulnérables aux incendies », explique à l’AFP le chef des forêts de l’État, Ajay Srivastava.

« Des équipes de pompiers travaillent d’arrache-pied pour éteindre ces feux et aussi pour sauver les animaux sauvages », a-t-il ajouté, en précisant que les secours ont dû demander l’aide des riverains.

(avec l’AFP, Bloomberg et Reuters)

Climat de guerre : 40 pays réunis en Allemagne par les États-Unis

Climat de guerre : 40 pays réunis en Allemagne par les États-Unis

Une sorte de climat de guerre s’installe dans le monde suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Un climat d’autant plus inquiétant que la Russie n’exclut pas forcément le recours à l’arme nucléaire et reconnaît que le conflit en Ukraine pourrait prendre une dimension mondiale.

Les incertitudes concernant l’évolution du conflit en Ukraine sont grandes d’autant que Poutine qui durcit de plus en plus son régime à l’intérieur pourrait être pressé d’obtenir des victoires significatives du fait d’une santé personnelle qui pourrait être détériorée au vu de ses dernières apparitions publiques.Poutine pourrait être amené affaire un coup de force pour laisser son nom dans l’histoire russe.Difficile d’expliquer autrement la précipitation russe vis-à-vis d’une opération en Ukraine visiblement mal préparée.Difficile aussi de prévoir les réactions d’un dictateur affaibli en interne par ses déconvenues en Ukraine. En attendant une quarantaine de pays se réunissent ce mardi en Allemagne, à l’invitation des Etats-Unis, pour renforcer la défense de l’Ukraine qui, selon le ministre américain de la Défense Lloyd Austin « peut gagner » face à la Russie, si on lui en donne les moyens.

Au moment où la Russie vise le contrôle total du sud de l’Ukraine et de la région du Donbass, cette réunion organisée sur la base aérienne américaine de Ramstein, dans l’ouest de l’Allemagne, est destinée à « générer des capacités supplémentaires pour les forces ukrainiennes », a déclaré ce lundi Lloyd Austin, au retour d’une visite à Kiev.

« Ils peuvent gagner s’ils ont les bons équipements, le bon soutien », a-t-il souligné après ce déplacement au cours duquel il a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en compagnie du secrétaire d’Etat Antony Blinken.

La Russie met en garde contre un danger « réel » d’une Troisième guerre mondiale

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a assuré ce lundi que Russie va poursuivre les négociations de paix avec l’Ukraine. Pour autant, il a mis en garde contre un danger « réel » d’une Troisième guerre mondiale.

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4:15

Zelensky estime que le destin de la sécurité mondiale se joue désormais en Ukraine

« Tout le monde dans le monde s’accorde désormais à dire que c’est en Ukraine que se joue le destin de l’Europe, le destin de la sécurité mondiale », déclare Volodymyr Zelensky un discours publié sur les réseaux sociaux ce lundi. Il ajoute que l’Ukraine « accélère autant que possible son mouvement vers l’Union européenne ».

Climat : alerte de l’ONU

Climat : alerte de  l’ONU

 

Dans un rapport, le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes souligne que ces dernières se multiplient rapidement dans le monde en raison du changement climatique.

L’action de l’Homme sur le climat contribue à un nombre croissant de catastrophes dans le monde, a alerté mardi 26 avril l’ONU, appelant à enrayer cette «spirale d’autodestruction» à laquelle l’humanité fait face. Dans un nouveau rapport, le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes souligne que ces dernières se multiplient rapidement dans le monde en raison du changement climatique, qui est provoqué par l’action de l’Homme, et d’une gestion inadéquate des risques.

Le rapport révèle qu’entre 350 et 500 catastrophes de moyenne et grande ampleur ont eu lieu chaque année au cours des deux dernières décennies. Le coût de ces catastrophes s’est élevé en moyenne à environ 170 milliards de dollars par an au cours de la dernière décennie. Épisodes de sécheresse, températures extrêmes, inondations… le nombre des catastrophes devrait s’élever à 560 par an – soit 1,5 par jour – d’ici à 2030 (contre 400 en 2015), et mettre en danger des millions de vies.

«Le monde doit faire davantage pour intégrer le risque de catastrophe dans notre façon de vivre, de construire et d’investir», a souligné la vice-secrétaire générale des Nations unies, Amina Mohammed, dans la présentation du rapport. Elle a appelé la communauté internationale à désengager l’humanité de cette «spirale d’autodestruction»«Nous devons transformer notre complaisance collective en action. Ensemble, nous pouvons ralentir le rythme des désastres qui sont évitables», a-t-elle ajouté.

Le rapport déplore que le monde ait une perception erronée des risques liés aux catastrophes naturelles, et l’attribue à une «sous-estimation» des risques et à des sentiments d’«optimisme» et d’«invincibilité». Le rapport indique que l’ampleur et l’intensité des catastrophes sont en augmentation, le nombre de personnes tuées ou touchées par des catastrophes ayant été plus élevé au cours des cinq dernières années qu’au cours des cinq précédentes.

Les catastrophes ont un impact disproportionné sur les pays en développement, qui perdent en moyenne 1% de leur PIB par an à cause des catastrophes, contre 0,1 à 0,3% dans les pays développés. Le coût le plus élevé est supporté par la région Asie-Pacifique. Depuis 1980, seuls 40% des pertes liées aux catastrophes ont été assurés, et les taux de couverture dans les pays en développement sont souvent inférieurs à 10% – parfois même proches de zéro, ce qui aggrave les conséquences à long terme de ces désastres.

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Climat : l’incompréhension des politiques

Climat : l’incompréhension des politiques

 

Un papier de la Tribune fait le constat de l’incompréhension des politiques vis-à-vis de la problématique climatique. Reste que certaines analyses d’experts demeurent elles aussi assez partisanes et trop partielles.

 

Très peu abordée dans les médias pendant la campagne électorale, la question climatique est largement sous estimée par la plupart des candidats. Elle semble aussi être mal comprise. Les rares débats sur la transition écologique et énergétique se sont focalisés sur la place du nucléaire dans notre mix électrique, alors que la marge de manœuvre pour décarboner davantage notre économie se situe ailleurs. 

Alors que l’urgence climatique n’a jamais été aussi prégnante, la thématique demeure parfaitement invisible à seulement quatre jours du premier tour de l’élection présidentielle. Début février, pourtant, quelque 1.400 chercheurs de différentes disciplines tiraient déjà la sonnette d’alarme. Dans une tribune, ils s’inquiétaient de l’absence de débats démocratiques portant sur le climat, la biodiversité ou encore les pollutions et pressaient les candidats à s’exprimer sur ces sujets cruciaux.

Efforts vains. Le message n’a pas été entendu. Au plus fort de la campagne, le climat n’a représenté que 5% du temps médiatique, selon le baromètre de l’institut Onclusive (ex-Kantar), publié à la demande des quatre ONG de l’Affaire du Siècle.

Cette absence flagrante de débat autour de la transition écologique pendant la campagne électorale est d’autant plus déconcertante que le dernier rapport des experts du climat de l’ONU (GIEC), publié lundi 4 avril, exhorte justement à agir immédiatement. Le message est très clair : l’humanité dispose de moins de trois années pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre (GES), principales responsables du changement climatique, si elle veut conserver un monde vivable.

Ce texte, le troisième opus d’une publication initiée l’été dernier, est sans doute le plus politique car il se penche sur les stratégies et mesures concrètes à mettre en place pour transformer la société et l’économie. Il porte ainsi sur la transformation de nos modes de consommation, de production et de nos infrastructures.

Des programmes pas à la hauteur

Cet enjeu crucial, très peu de candidats à l’élection présidentielle s’en sont emparés.

« Seuls deux candidats, Yannick Jadot [Les écologistes, ndlr] et Jean-Luc Mélenchon [La France insoumise, ndlr], présentent des plans d’action détaillés et complets permettant une lutte efficace sur le changement climatique », estime Anne Bringault, coordinatrice en France des programmes de l’ONG environnementale Réseau Action Climat (RAC), qui a épluché les programmes des différents candidats à l’aune du climat.

« Dans le programme de Marine Le Pen, le mot climat n’apparaît qu’une seule fois. La candidate d’extrême droite propose même des mesures qui contribueront à augmenter les émissions de GES, comme rehausser la limitation de vitesse sur les routes », ajoute Anne Bringault.

Le groupe de réflexion The Shift Project est encore plus sévère que l’ONG. Selon son analyse (basée cette fois-ci sur la description, en quelques pages, par les candidats de leurs principales propositions pour décarboner la France), aucun d’entre eux ne propose une stratégie à la hauteur du danger de la crise climatique. Le think tank, présidé par le consultant pro-nucléaire Jean-Marc Jancovici, est catégorique : aucun aspirant n’expose une approche systémique, articulée, précise et chiffrée nécessaire à la transition écologique et énergétique. Transition encore plus cruciale à l’heure où la guerre en Ukraine souligne notre grande dépendance aux énergies fossiles, qui financent le régime de Vladimir Poutine.

Seuls Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon et Valérie Pécresse (LR) présentent une approche assez précise de certains enjeux majeurs, reconnaît néanmoins le centre de réflexion. La présentation d’Emmanuel Macron, envoyée hors délai, n’a pas été prise en compte dans le décryptage du Shift Project. Quant à son programme, l’association RAC dénonce sa pauvreté en la matière. « Il n’y a que quelques mesures très symboliques, mais qui ne sont pas du tout suffisantes pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre », estime Anne Bringault. Dans son programme, le président-candidat explique vouloir « planifier la transition écologique » et propose notamment la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires« une offre abordable de voitures électriques pour tous grâce à une filière 100% française » ou encore de rénover 700.000 logements par an.

De rares débats monopolisés par le nucléaire

Non seulement le climat est le grand oublié de cette campagne, mais c’est aussi un sujet mal compris de la plupart des candidats. En effet, les rares fois où les aspirants débattent de la question climatique, ces derniers se concentrent quasi exclusivement sur le nucléaire et la place qu’il pourrait occuper. Or, le nucléaire représente moins de 20% de l’énergie finale utilisée par les Français. Dans sa dernière publication, RTE (le gestionnaire du réseau de transport électrique) rappelle aussi que « maintenir durablement un grand parc nucléaire permet de décarboner massivement, mais est loin de suffire pour atteindre la neutralité carbone ».

« Philippe Poutou, par exemple, propose de sortir du nucléaire dans dix ans, mais pas des énergies fossiles. Cela montre bien le fort prisme du nucléaire », pointe Nicolas Goldberg, expert énergie chez Columbus Consulting.

Au-delà du clivage idéologique autour de l’atome, de nombreux professionnels regrettent que les discussions se focalisent sur la production électrique alors qu’elle est déjà très décarbonée (92% de la production électrique dans l’Hexagone est bas carbone, grâce au nucléaire, en grande partie, aux barrages hydrauliques et, dans une moindre mesure, aux parcs éoliens et solaires).

En revanche, la chaleur, utilisée dans le résidentiel et les process industriels, est très carbonée. 70% de sa production est réalisée à partir d’énergies fossiles. Elle représente 45% de notre consommation d’énergie finale, contre seulement 25% pour l’électricité

« Aujourd’hui, dans les débats, les candidats n’ont pas perçu l’importance de la chaleur ou encore celle des transports, qui fonctionnent à 90% à partir d’énergies fossiles. Ce sont des secteurs que l’on va pouvoir électrifier mais il y aura besoin de toutes les solutions », observe Alexandre Roesch, directeur général du Syndicat des énergies renouvelables (SER).

Les énergies renouvelables instrumentalisées

Et Anne Bringault, du Réseau action climat, de renchérir :

« Il y a une grande méconnaissance des [personnalités, ndlr] politiques sur l’origine des gaz à effet de serre et des actions à mener ».

Autre illustration de cette méconnaissance : les énergies renouvelables.  »Elles sont évoquées par les candidats dans leurs discours, mais souvent en mal », soulève Nicolas Goldberg. Or, le dernier rapport du Giec est sans équivoque : les technologies solaires et éoliennes seront efficaces et peu chères pour décarboner, leur coût ayant chuté de 85% depuis 2010.

« Le moratoire sur l’éolien était réservé à Marine Le Pen en 2017. Désormais, l’extrême droite souhaite carrément démanteler les éoliennes existantes et Marine Le Pen franchit un cap en proposant un moratoire sur le solaire. On voit très bien à quel point l’énergie peut correspondre à un positionnement plus politique que climatique », observe le consultant.

La sobriété encore trop taboue

Dernière lacune dans les rares discours sur le climat : la question de la sobriété énergétique. « Certains politiques ont commencé à prononcer ce mot alors qu’il était complètement tabou il y a encore peu de temps », note la militante écologiste.

Selon Nicolas Goldberg, historiquement, l’énergie a toujours été pensée sous le prisme de la sécurité de l’approvisionnement énergétique, avec pour principal objectif la diversification des sources d’approvisionnement. Désormais,  »la meilleure sécurité d’approvisionnement du système énergétique, c’est d’en avoir moins besoin, explique-t-il. La sobriété est un mot très amish, mais nous ne pouvons pas résumer la sobriété à des actes moraux et individuels. Il faut une offre publique de sobriété », poursuit-il.

Cette politique publique de sobriété correspond au développement des transports en commun, à l’aménagement du territoire, au plan vélo, à l’obligation d’utiliser des thermostats ou encore à l’interdiction des terrasses chauffées. Elle est au cœur du troisième volet du rapport du Giec.

« Sur la question des véhicules, par exemple, il est extrêmement frappant lorsqu’on entre chez un concessionnaire automobile de constater qu’il est impossible de trouver une voiture neuve légère. Les rendements des moteurs thermiques s’améliorent, mais le poids des véhicules augmente. Il y a un manque de régulation pour diminuer leur poids », regrette Nicolas Goldberg.

« Jusqu’à présent, les politiques se sont concentrées sur des incitations, parfois peu lisibles, mais utilisent très peu la contrainte. À un moment donné, il faut avoir la carotte et le bâton », abonde l’expert en énergie. Selon lui, il est urgent « de jouer sur la demande », comme le recommande le dernier rapport du Giec,  »tout en préservant des cadres de vie souhaitables ». Un défi complexe auquel les politiques n’ont plus le choix que de s’y confronter.

Juliette Raynal

Climat : une remise en cause de fait de la taxation du carbone

Climat : une remise en cause de fait de la taxation du carbone 

Les deux économistes Cédric Durand et Etienne Espagne plaident, dans une tribune au « Monde », en faveur d’une planification écologique, alors que les gouvernements font tous face à une augmentation massive des prix de l’énergie.

 

De fait la taxation du carbone a montré ses limites puisque les prix des énergies se sont envolés bien au-delà de la taxe carbone sans que cela modifie les comportements. La preuve sans doute que la question de la régulation du carbone est complexe et ne peut se réduire à une histoire de taxation NDLR

 

Tribune.

 

La campagne électorale qui s’achève aura au moins permis une clarification importante. En reprenant le concept de planification écologique défendu par Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron a pu surprendre. Et pour cause, au moment où le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) confirme ses prévisions alarmantes dans son 6e rapport, le président, qui se représente, constate par cette déclaration inattendue l’impasse de la stratégie suivie jusqu’alors en matière de politique climatique. La volonté de confier au marché le soin de coordonner la transition énergétique n’a pas permis de faire bifurquer nos systèmes de production et de consommation. Les réactions économiques en chaîne de la guerre en Ukraine donnent une occasion tragique de mieux en comprendre les raisons.

L’augmentation massive des prix de l’énergie qui a suivi l’attaque sur l’Ukraine a instauré une taxe carbone de fait. Et le montant de celle-ci pourrait être encore accru si des mesures supplémentaires étaient prises d’un côté ou de l’autre pour réduire les importations d’hydrocarbures russes. Or, quel est l’effet de ce choc de prix ? Loin d’accélérer la transition, celui-ci l’a au contraire ralentie, ouvrant la perspective catastrophique d’une décennie perdue pour le climat. La Commission européenne, qui s’apprêtait à déployer les différentes composantes de son pacte vert (Green Deal), est aujourd’hui occupée à accroître les livraisons de gaz de schiste en provenance des Etats-Unis. De leur côté, les gouvernements nationaux multiplient les subventions pour amortir la hausse des carburants, tandis que l’on envisage le redémarrage de centrales à charbon. Les pays en développement voient leur capacité d’action climatique réduite en cendres par le double impact de la crise due au Covid et des effets indirects de la crise ukrainienne. Minimiser à tout prix les conséquences de la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières devient le nouveau mantra. Pour le prix du carbone, la guerre en Ukraine est un enterrement qui ne dit pas son nom.

Fixer un prix au carbone pour régler le problème du changement climatique. Cette idée est un lieu commun parmi les économistes et la principale politique défendue en la matière. Ainsi, en 2021, 64 instruments de tarification du carbone sont déployés dans le monde, couvrant plus du cinquième des émissions. Certes, la grande majorité d’entre eux se situent à des niveaux très faibles, de sorte qu’ils ne modifient substantiellement ni les investissements des entreprises ni le comportement des consommateurs. Mais lorsque le prix atteint des niveaux significatifs – et donc qu’ils produisent des effets économiques tangibles –, les processus d’ajustement sont si violents qu’ils sont le plus souvent inacceptables.

Climat : nouvelle alerte du GIEC

Climat : nouvelle alerte du GIEC

Un nouveau rapport sur les mesures concrètes à mettre en place pour atténuer le réchauffement climatique et ses effets les plus graves. Energie, transports, alimentation… Les experts appellent à changer en profondeur nos modes de consommation et de production.  opérées au plus vite, sinon l’objectif de contenir le réchauffement à 1,5°C sera hors de portée, alertent-ils d’après la Tribune.

Les  prochaines années seront critiques pour augmenter nos chances de changer la trajectoire des émissions. « Si nous n’atteignons pas un pic des émissions des GES avant 2025 au plus tard, nous ne pourrons pas atteindre l’objectif des 1,5°C », précise Céline Guivarch, directrice de recherche au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired) et autrice du rapport. Par ailleurs, pour contenir le réchauffement climatique à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, les émissions de CO2 doivent également diminuer de 43% d’ici 2030.

Le secteur de l’énergie est particulièrement visé. « L’ensemble des centrales électriques fonctionnant au fioul, au charbon ou au gaz, d’ores et déjà installées ou en phase de projet avancé, émet plus de GES que le budget carbone dont nous disposons pour atteindre l’objectif de 1,5°C. Tenir cet objectif suppose donc de fermer de façon prématurée toutes ces centrales », explique Céline Guivarch. Le rapport estime par ailleurs qu’éliminer les subventions aux énergies fossiles pourrait faire baisser les émissions de 10%.

Plus largement, les experts du climat préconisent une diminution drastique de la consommation des énergies fossiles, une électrification massive des usages, des progrès en termes d’efficacité énergétique et le développement de carburants alternatifs, comme l’hydrogène propre. Des recommandations dans la lignée de celle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

« La majorité des études montre qu’une réduction des GES entraîne un ralentissement, modeste, de la croissance économique », pointe Yves Lecoq, directeur du Cired et auteur du rapport.

L’expert cite également les impacts sociaux, avec la disparition d’emplois dans les secteurs les plus émetteurs. « Les impacts économiques et sociaux dépendent du détail des politiques publiques et de la façon dont elles sont mises en œuvre« , nuance-t-il.

A l’inverse, ces options de réduction des émissions de GES ont aussi des externalités positives en dehors du climat. L’exemple le plus évident étant celui de la santé, la diminution des émissions améliorant significativement la qualité de l’air.

Le rapport rappelle enfin que malgré l’ensemble des efforts attendus, des émissions de GES résiduelles persisteront dans les secteurs les plus difficiles à décarboner, notamment dans l’industrie lourde et l’aviation. Pour venir les contrebalancer et parvenir à la neutralité carbone, les solutions d’émissions négatives sont indispensables. Deux grandes catégories se distinguent : celles naturelles qui consistent à séquestrer les émissions  dans la biomasse, en plantant des arbres par exemple, déjà testées à grande échelle. Et toutes les autres, comme l’extraction du CO2 de l’atmosphère, qui sont à des stades beaucoup plus embryonnaires.  »Mais ces solutions là, ne sont pas une substitution à la réduction des émissions », alertent les auteurs de l’étude.

 

La « chasse au gaspi » pour la paix et pour le climat

La « chasse au gaspi » pour la paix et pour le climat

La guerre en Ukraine illustre une nouvelle fois le danger de la dépendance aux énergies fossiles. Les Européens doivent saisir l’occasion pour réduire fortement leur consommation d’énergie.(papier du  « Monde »)

Analyse. 

 

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les Occidentaux mettent tout en œuvre pour tenter d’asphyxier tous les secteurs de l’économie russe. Tous ? L’un résiste aux assauts des sanctions européennes : les énergies fossiles. Le pétrole, le gaz et le charbon sont aussi vitaux pour l’économie russe que pour les pays d’Europe continentale. Dans l’arsenal des sanctions financières, il a fallu préserver deux banques russes – dont celle affiliée au géant gazier Gazprom – qui continuent de pouvoir utiliser le réseau international Swift. Dans les jours qui ont suivi l’attaque russe, les Européens ont continué d’acheter pour 700 millions d’euros par jour de produits énergétiques russes, selon l’agence Bloomberg.

 « Plus personne ne peut se bercer d’illusions », résume Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), « la Russie utilise le gaz comme une arme politique et économique ». Tous les pays européens ne sont pas dépendants de la même manière : la France n’importe que 20 % de son gaz de Russie, l’Allemagne 55 %, et plusieurs pays d’Europe centrale et orientale, comme la Hongrie ou la République tchèque, 100 % . Mais le moindre soubresaut sur les livraisons de gaz russe fait flamber les prix pour tous : ils ont été multipliés par deux au lendemain de l’offensive.

Il est très difficile pour les Européens de se libérer de cette tutelle gazière à brève échéance : la production mondiale n’est pas extensible, et il n’est pas possible de remplacer dans les mêmes volumes la Russie par d’autres fournisseurs. Cette dépendance est utilisée par Vladimir Poutine pour déstabiliser les économies européennes. Dès le déclenchement des premières sanctions, l’ancien président russe Dmitri Medvedev a tweeté « Bienvenue dans le nouveau monde où les Européens paieront 2 000 euros pour 1 000 mètres cubes de gaz » – un tarif très largement supérieur à celui payé habituellement par les Européens.

Cette augmentation va avoir des conséquences massives en Europe. D’abord pour les particuliers chauffés au gaz et les industries qui l’utilisent. Plus grave encore, elle va pousser à la hausse les prix de l’électricité, souvent tirés par les prix du gaz qui est très utilisé pour faire tourner les centrales électriques. Plus le gaz est cher, plus le prix de l’électricité va augmenter. Quel dirigeant européen sera prêt à assumer une multiplication par trois ou quatre des prix de l’électricité par solidarité avec l’Ukraine ? Ou un arrêt de certaines usines qui cesseraient d’être rentables avec un prix de l’énergie aussi élevé ?

Climat: Encore une alerte du GIEC

Le second volet du sixième rapport d’évaluation du Giec a été dévoilé ce 28 février. Traitant du thème «  impacts, adaptation et vulnérabilité  », il confirme les prédictions des précédents travaux du groupe d’experts sur l’évolution du climat. Explications avec Wolfgang Cramer, qui en a coordonné l’un des chapitres. ( Source CNRS)

Le second volet du sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) vient d’être publié.  Quelles en sont les principales conclusions ?


W. C. Par des moyens scientifiques d’attribution formelle, nous montrons que les impacts du changement climatique sont manifestes dans la plupart des écosystèmes, des hydrosystèmes et des sociétés humaines. Nous avions déjà constaté beaucoup d’impacts lors du précédent volet, mais nous avons maintenant encore plus de certitudes et d’observations pour appuyer nos déclarations. Nous voyons cela notamment à travers les événements extrêmes, comme les canicules, les sécheresses ou les tempêtes.

Les efforts d’adaptation au réchauffement climatique restent insuffisants, notamment à cause des coûts qui augmentent en même temps que les températures.

Les progrès de la science depuis le dernier rapport du Giec, il y a sept ans, nous ont permis de démontrer que ces catastrophes sont de plus en plus courantes et que cette hausse est due, dans un grand nombre de cas, à l’activité humaine. Nous montrons également que la plupart des tendances et les projections des précédents rapports du Giec se sont confirmées, ou ont été en dessous de la réalité : la situation s’est significativement aggravée.

Je constate par exemple que la hausse du niveau de la Méditerranée s’accélère et provoque des changements du littoral plus violents que prévu lors du dernier rapport. La vulnérabilité du littoral méditerranéen, pour ses écosystèmes comme pour les installations humaines et le patrimoine, est particulièrement importante car, jusqu’ici, la mer ne montrait que de faibles marées et rarement de grosses tempêtes touchant les côtes. Le niveau pourrait monter d’un mètre d’ici à la fin du siècle, comme partout dans le monde, ce qui serait catastrophique car les villes n’ont absolument pas été conçues pour y faire face. On pense bien sûr à Venise (Italie), mais la plupart des cités côtières sont en fait menacées, et en particulier Alexandrie (Égypte) et ses cinq millions d’habitants.

Les efforts d’adaptation au réchauffement climatique restent insuffisants, notamment à cause des coûts qui augmentent en même temps que les températures. Pour changer les choses, nous avons besoin de davantage d’efforts financiers et technologiques, impliquant le soutien des pays du Nord, responsables de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Quels sont vos thèmes de recherche et comment êtes-vous impliqué dans le Giec ?
W. C. Je travaille depuis longtemps sur l’évaluation des impacts, présents et futurs, du réchauffement climatique sur les écosystèmes. Comme on ne peut pas connaître les conditions exactes du climat du futur, qui seront impactées par les différentes politiques de la transition écologique, provoquant des différences au niveau des émissions de GES, il faut prendre en compte plusieurs alternatives en fonction de l’intensité du réchauffement. Nous utilisons ainsi différents scénarios, établis par des modèles des climatologues et présentant plusieurs options à la fois, dans des simulations numériques pour estimer les impacts écologiques.

Pour changer les choses, nous avons besoin de davantage d’efforts financiers et technologiques, impliquant le soutien des pays du Nord, responsables de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre.

J’ai commencé ce pan de mes travaux dans les années 2000, sur des modèles simples de la dynamique des forêts. Le développement de ces modèles a d’ailleurs bénéficié d’une longue continuité de recherche, remontant à avant ma génération, car les forestiers ont toujours eu besoin d’anticiper la productivité future de leurs essences de bois. Avant même l’arrivée des ordinateurs, ils disposaient déjà de tableaux qui indiquaient le comportement des espèces d’arbres en fonction des lieux, du climat et de la gestion des forêts. Avec des experts du terrain et des observations satellites, nous avons développé ces modèles dynamiques des écosystèmes pendant 25 ans. En partant des arbres, nous avons généralisé ces outils numériques à d’autres plantes, comme les herbes et les arbustes.

C’est grâce à ces travaux que j’ai eu la possibilité de contribuer au groupe deux du Giec, dès le second rapport publié en 1995. La participation est toujours basée sur une candidature. Une sélection s’opère ensuite par le bureau international du Giec sur les compétences scientifiques, mais aussi sur différents critères pour garantir un équilibre entre les disciplines, entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les pays du Nord et du Sud.

Y a-t-il des changements dans la forme des rapports du Giec ?
W. C. En général, les rapports suivent un schéma bien établi, et chaque fois validé par les parties prenantes. Il intègre des différents chapitres thématiques et également un résumé pour les décideurs, fortement recommandé pour en rendre la lecture de tout le monde. Cette année, il y a une nouveauté : les cross-chapter papers. Il s’agit de plus petits chapitres portant sur des thématiques qui étaient jusqu’alors divisées et séparées dans différentes parties du rapport. J’ai ainsi coordonné, avec ma collègue égyptienne Elham Ali, le cross-chapter paper sur le bassin méditerranéen, qui n’était auparavant pas considéré comme un ensemble, mais était dispatché en fonction des continents. Si on a toujours disposé de belles analyses pour la partie européenne de la Méditerranée, les côtés africains et asiatiques restaient bien moins traités. Le Giec m’a sollicité sur la base de mon travail au MedECC2. Depuis sa mise en place en 2015, je coordonne ce réseau d’experts sur la Méditerranée avec Joël Guiot, directeur de recherche CNRS émérite au Centre européen de recherche et d’enseignement de géosciences de l’environnement3. Nous avons mis en place des évaluations des risques environnementaux et établi un rapport qui nous a valu de recevoir le prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe en 2021.

Je voudrais souligner que le MedECC a pu être instauré par Joël Guiot et moi-même, grâce à une certaine liberté dans nos projets accordée par le CNRS, et également par le soutien du programme Mistrals. Nous avons été rejoints par de nombreux collègues en provenance de France, mais surtout aussi d’autres pays, avec actuellement environ 200 collègues internationaux autour de la Méditerranée. Même si le soutien vient désormais de plusieurs instances, le CNRS a de quoi être fier de cette initiative hors les murs.

 
Comment se déroulent les dernières semaines avant la publication d’un nouveau volet ?
W. C. Chaque volet est composé d’un rapport complet, d’un résumé technique et d’un résumé à l’intention des décideurs. Les deux premières parties sont déjà terminées et closes. Les sessions plénières, cette année en visioconférence d’une durée de deux semaines, concernent les chapitres du résumé aux décideurs. Tous les représentants des gouvernements membres du Giec, c’est-à-dire presque l’intégralité des États de la planète, se réunissent ainsi pour étudier, phrase par phrase, le brouillon rédigé par les chercheurs. C’est une procédure bien formelle, qui suit les règles de la diplomatie internationale au niveau des prises de parole et de la recherche du consensus. Les représentants nous bombardent de questions sur l’emploi de tel mot, ou pour avoir les preuves de telle affirmation. Nous nous assurons que chaque expression est suffisamment claire pour éviter les malentendus, et pointons les éléments factuels rassemblés dans le rapport complet. Les chercheurs ont ainsi le dernier mot. La science n’est pas négociée, nous ne modifions absolument pas le contenu scientifique lors de ces discussions. Tout reste sous le contrôle d’un bureau scientifique et nous travaillons à obtenir un maximum de clarté dans chaque phrase. C’est un processus très long, mais il faut tenir jusqu’au bout.

Une fois toutes les questions posées, les gouvernements doivent atteindre un consensus pour accepter, ou non, les résultats des discussions. Il n’y a alors que deux possibilités. Soit tous les gouvernements signent le résumé aux décideurs et donnent leur accord, soit, si même un seul pays refuse, le résumé aux décideurs disparaît et tout aura été fait pour rien. Cela est un processus coûteux et fatigant, mais, pour moi, il est très important car il nous permet ensuite de débattre à un niveau plus élevé sur les solutions et les politiques climatiques avec les instances gouvernementales. Après avoir signé le résumé, les différentes instances des États du monde entier ne peuvent plus ne pas nous prendre au sérieux ou balayer des arguments qu’ils ont précédemment validés. C’est pour cela que ces deux semaines de discussions, parfois seize heures par jour et avec des horaires tournants pour accommoder les différents pays, sont cruciales. C’est un défi physique et mental, mais je suis convaincu qu’il en vaut la peine. Je trouve ça passionnant, le rapport est un moyen formidable de communiquer des résultats scientifiques aux décideurs et au grand public. ♦

Pour consulter le rapport (en anglais) : https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg2/

 

Notes 

  • 1.Directeur de recherche au CNRS, à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE, unité CNRS/Aix-Marseille Université/Avignon Université/IRD).
  • 2.Mediterranean experts on climate and environmental change, https://www.medecc.org/.
  • 3.Cerege (CNRS/Aix-Marseille Université/IRD/Inrae).

Climat : nouvelle alerte du GIEC

 

Le second volet du sixième rapport d’évaluation du Giec a été dévoilé ce 28 février. Traitant du thème «  impacts, adaptation et vulnérabilité  », il confirme les prédictions des précédents travaux du groupe d’experts sur l’évolution du climat. Explications avec Wolfgang Cramer, qui en a coordonné l’un des chapitres. ( Source CNRS)

Le second volet du sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) vient d’être publié.  Quelles en sont les principales conclusions ?


W. C. Par des moyens scientifiques d’attribution formelle, nous montrons que les impacts du changement climatique sont manifestes dans la plupart des écosystèmes, des hydrosystèmes et des sociétés humaines. Nous avions déjà constaté beaucoup d’impacts lors du précédent volet, mais nous avons maintenant encore plus de certitudes et d’observations pour appuyer nos déclarations. Nous voyons cela notamment à travers les événements extrêmes, comme les canicules, les sécheresses ou les tempêtes.

Les efforts d’adaptation au réchauffement climatique restent insuffisants, notamment à cause des coûts qui augmentent en même temps que les températures.

Les progrès de la science depuis le dernier rapport du Giec, il y a sept ans, nous ont permis de démontrer que ces catastrophes sont de plus en plus courantes et que cette hausse est due, dans un grand nombre de cas, à l’activité humaine. Nous montrons également que la plupart des tendances et les projections des précédents rapports du Giec se sont confirmées, ou ont été en dessous de la réalité : la situation s’est significativement aggravée.

Je constate par exemple que la hausse du niveau de la Méditerranée s’accélère et provoque des changements du littoral plus violents que prévu lors du dernier rapport. La vulnérabilité du littoral méditerranéen, pour ses écosystèmes comme pour les installations humaines et le patrimoine, est particulièrement importante car, jusqu’ici, la mer ne montrait que de faibles marées et rarement de grosses tempêtes touchant les côtes. Le niveau pourrait monter d’un mètre d’ici à la fin du siècle, comme partout dans le monde, ce qui serait catastrophique car les villes n’ont absolument pas été conçues pour y faire face. On pense bien sûr à Venise (Italie), mais la plupart des cités côtières sont en fait menacées, et en particulier Alexandrie (Égypte) et ses cinq millions d’habitants.

Les efforts d’adaptation au réchauffement climatique restent insuffisants, notamment à cause des coûts qui augmentent en même temps que les températures. Pour changer les choses, nous avons besoin de davantage d’efforts financiers et technologiques, impliquant le soutien des pays du Nord, responsables de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Quels sont vos thèmes de recherche et comment êtes-vous impliqué dans le Giec ?
W. C. Je travaille depuis longtemps sur l’évaluation des impacts, présents et futurs, du réchauffement climatique sur les écosystèmes. Comme on ne peut pas connaître les conditions exactes du climat du futur, qui seront impactées par les différentes politiques de la transition écologique, provoquant des différences au niveau des émissions de GES, il faut prendre en compte plusieurs alternatives en fonction de l’intensité du réchauffement. Nous utilisons ainsi différents scénarios, établis par des modèles des climatologues et présentant plusieurs options à la fois, dans des simulations numériques pour estimer les impacts écologiques.

Pour changer les choses, nous avons besoin de davantage d’efforts financiers et technologiques, impliquant le soutien des pays du Nord, responsables de la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre.

J’ai commencé ce pan de mes travaux dans les années 2000, sur des modèles simples de la dynamique des forêts. Le développement de ces modèles a d’ailleurs bénéficié d’une longue continuité de recherche, remontant à avant ma génération, car les forestiers ont toujours eu besoin d’anticiper la productivité future de leurs essences de bois. Avant même l’arrivée des ordinateurs, ils disposaient déjà de tableaux qui indiquaient le comportement des espèces d’arbres en fonction des lieux, du climat et de la gestion des forêts. Avec des experts du terrain et des observations satellites, nous avons développé ces modèles dynamiques des écosystèmes pendant 25 ans. En partant des arbres, nous avons généralisé ces outils numériques à d’autres plantes, comme les herbes et les arbustes.

C’est grâce à ces travaux que j’ai eu la possibilité de contribuer au groupe deux du Giec, dès le second rapport publié en 1995. La participation est toujours basée sur une candidature. Une sélection s’opère ensuite par le bureau international du Giec sur les compétences scientifiques, mais aussi sur différents critères pour garantir un équilibre entre les disciplines, entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les pays du Nord et du Sud.

Y a-t-il des changements dans la forme des rapports du Giec ?
W. C. En général, les rapports suivent un schéma bien établi, et chaque fois validé par les parties prenantes. Il intègre des différents chapitres thématiques et également un résumé pour les décideurs, fortement recommandé pour en rendre la lecture de tout le monde. Cette année, il y a une nouveauté : les cross-chapter papers. Il s’agit de plus petits chapitres portant sur des thématiques qui étaient jusqu’alors divisées et séparées dans différentes parties du rapport. J’ai ainsi coordonné, avec ma collègue égyptienne Elham Ali, le cross-chapter paper sur le bassin méditerranéen, qui n’était auparavant pas considéré comme un ensemble, mais était dispatché en fonction des continents. Si on a toujours disposé de belles analyses pour la partie européenne de la Méditerranée, les côtés africains et asiatiques restaient bien moins traités. Le Giec m’a sollicité sur la base de mon travail au MedECC2. Depuis sa mise en place en 2015, je coordonne ce réseau d’experts sur la Méditerranée avec Joël Guiot, directeur de recherche CNRS émérite au Centre européen de recherche et d’enseignement de géosciences de l’environnement3. Nous avons mis en place des évaluations des risques environnementaux et établi un rapport qui nous a valu de recevoir le prix Nord-Sud du Conseil de l’Europe en 2021.

Je voudrais souligner que le MedECC a pu être instauré par Joël Guiot et moi-même, grâce à une certaine liberté dans nos projets accordée par le CNRS, et également par le soutien du programme Mistrals. Nous avons été rejoints par de nombreux collègues en provenance de France, mais surtout aussi d’autres pays, avec actuellement environ 200 collègues internationaux autour de la Méditerranée. Même si le soutien vient désormais de plusieurs instances, le CNRS a de quoi être fier de cette initiative hors les murs.

 
Comment se déroulent les dernières semaines avant la publication d’un nouveau volet ?
W. C. Chaque volet est composé d’un rapport complet, d’un résumé technique et d’un résumé à l’intention des décideurs. Les deux premières parties sont déjà terminées et closes. Les sessions plénières, cette année en visioconférence d’une durée de deux semaines, concernent les chapitres du résumé aux décideurs. Tous les représentants des gouvernements membres du Giec, c’est-à-dire presque l’intégralité des États de la planète, se réunissent ainsi pour étudier, phrase par phrase, le brouillon rédigé par les chercheurs. C’est une procédure bien formelle, qui suit les règles de la diplomatie internationale au niveau des prises de parole et de la recherche du consensus. Les représentants nous bombardent de questions sur l’emploi de tel mot, ou pour avoir les preuves de telle affirmation. Nous nous assurons que chaque expression est suffisamment claire pour éviter les malentendus, et pointons les éléments factuels rassemblés dans le rapport complet. Les chercheurs ont ainsi le dernier mot. La science n’est pas négociée, nous ne modifions absolument pas le contenu scientifique lors de ces discussions. Tout reste sous le contrôle d’un bureau scientifique et nous travaillons à obtenir un maximum de clarté dans chaque phrase. C’est un processus très long, mais il faut tenir jusqu’au bout.

Une fois toutes les questions posées, les gouvernements doivent atteindre un consensus pour accepter, ou non, les résultats des discussions. Il n’y a alors que deux possibilités. Soit tous les gouvernements signent le résumé aux décideurs et donnent leur accord, soit, si même un seul pays refuse, le résumé aux décideurs disparaît et tout aura été fait pour rien. Cela est un processus coûteux et fatigant, mais, pour moi, il est très important car il nous permet ensuite de débattre à un niveau plus élevé sur les solutions et les politiques climatiques avec les instances gouvernementales. Après avoir signé le résumé, les différentes instances des États du monde entier ne peuvent plus ne pas nous prendre au sérieux ou balayer des arguments qu’ils ont précédemment validés. C’est pour cela que ces deux semaines de discussions, parfois seize heures par jour et avec des horaires tournants pour accommoder les différents pays, sont cruciales. C’est un défi physique et mental, mais je suis convaincu qu’il en vaut la peine. Je trouve ça passionnant, le rapport est un moyen formidable de communiquer des résultats scientifiques aux décideurs et au grand public. ♦

Pour consulter le rapport (en anglais) : https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg2/

 

Notes

  • 1.Directeur de recherche au CNRS, à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE, unité CNRS/Aix-Marseille Université/Avignon Université/IRD).
  • 2.Mediterranean experts on climate and environmental change, https://www.medecc.org/.
  • 3.Cerege (CNRS/Aix-Marseille Université/IRD/Inrae).

Climat : Trop absent de la campagne électorale ?

Climat : Trop absent de la campagne électorale ?

 

« L’affaire du siècle » – une initiative soutenue par une centaine de personnalités et d’organisations – dénonce l’inaction de l’Etat dans la lutte contre le changement climatique et exige que cette question soit centrale dans le débat présidentiel.( Le Monde)

Une tribune intéressante mais au caractère un peu trop général et trop peu concret NDLR

Tribune.

La météorite climatique est visible à qui veut bien lever le regard. Et, à vrai dire, son impact fait déjà sentir ses effets. La crise écologique s’accélère partout dans le monde, y compris en France. Les rapports scientifiques s’accumulent, précisant chaque fois davantage les perspectives dramatiques qui nous attendent sans un sursaut des responsables politiques et économiques.

Dans une action menée par « L’affaire du siècle », la France a été doublement condamnée en 2021 par la justice pour son inaction climatique, notamment par le Conseil d’Etat, la plus haute instance administrative de notre pays. Juridique, l’événement est aussi social. La mobilisation exceptionnelle de 2,3 millions de citoyens en faveur de cette action en justice et les marches pour le climat, rassemblant plusieurs centaines de milliers d’entre nous, auront été des faits particulièrement marquants de ce quinquennat.

Pourtant, à quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle, l’urgence climatique et l’effondrement de la biodiversité sont largement absents du débat médiatique et politique. Trop de candidats à la magistrature suprême esquivent le sujet. Trop de fois ce thème est absent des discours et des interviews. Où sont leurs réponses ? Comment peut-on prétendre défendre l’Etat de droit sans dire comment l’on compte sortir la France de l’illégalité climatique ?

Pas de climat, pas de mandat !

Rédactions et journalistes doivent prendre leur responsabilité et exiger des réponses concrètes, sans reléguer le climat en fin d’interview ou de débat. Après tout, il ne s’agit rien de moins que de notre quotidien – d’aujourd’hui et de demain –, de nos factures énergétiques, de nos emplois, de nos récoltes, de notre alimentation, de notre préparation aux canicules ou aux catastrophes naturelles.

En somme, de notre possibilité de vivre une vie digne et enthousiasmante dans la France des prochaines décennies. Quelles mesures les candidats et candidates souhaitent-ils mettre en place pour conjuguer urgence climatique et justice sociale ? L’essentiel du débat présidentiel est encore devant nous. Il n’y a pas de fatalité à vivre une campagne électorale que deux tiers des Françaises et Français estiment déconnectée des vrais problèmes et qui relègue au second plan l’urgence climatique.

L’ensemble des candidats doivent dire aux citoyens comment ils et elles comptent sortir la France de l’illégalité et comment ils comptent lutter contre la crise climatique. Ensemble, nous avons le pouvoir de replacer le climat au cœur du débat pour l’élection présidentielle. Ensemble nous affirmons : Pas de climat, pas de mandat !

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