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Rééquilibrage du système économique pour les pays pauvres (Thomas Piketty)

Rééquilibrage du  système économique pour les pays pauvres (Thomas Piketty)

 

Par Thomas Piketty, Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris. Tribune dans le Monde.

 

En refusant de lever les brevets sur les vaccins contre le Covid-19, les Occidentaux ont montré leur incapacité à prendre en compte les besoins des pays du Sud. Les pays riches doivent sortir des mécanismes internationaux reposant sur un fonctionnement néocolonial et permettre aux autres de se développer par leurs propres moyens, estime l’économiste dans sa chronique au « Monde ».

La crise du Covid-19, la plus grave crise sanitaire mondiale depuis un siècle, oblige à repenser fondamentalement la notion de solidarité internationale. Au-delà du droit à produire des vaccins et du matériel médical, c’est toute la question du droit des pays pauvres à se développer et à percevoir une partie des recettes fiscales des multinationales et des milliardaires de la planète qui doit être posée. Il faut sortir de la notion néocoloniale d’aide internationale, versée au bon vouloir des pays riches, sous leur contrôle, et passer enfin à une logique de droits.

 

Commençons par les vaccins. Certains avancent (imprudemment) que cela ne servirait à rien de lever les droits de propriété sur les brevets, car les pays pauvres seraient incapables de produire les précieuses doses. C’est faux. L’Inde et l’Afrique du Sud ont des capacités importantes de production de vaccins, qui pourraient être étendues, et le matériel médical peut être produit un peu partout. Ce n’est pas pour passer le temps que ces deux pays ont pris la tête d’une coalition d’une centaine de pays pour réclamer à l’OMC [l’Organisation mondiale du commerce] la levée exceptionnelle de ces droits de propriété. En s’y opposant, les pays riches n’ont pas seulement laissé le champ libre à la Chine et à la Russie : ils ont raté une belle occasion de changer d’époque et de montrer que leur conception du multilatéralisme n’allait pas dans un seul sens. Espérons qu’ils fassent très vite machine arrière.

La France et l’Europe complètement dépassées

Mais au-delà de ce droit à produire, c’est l’ensemble du système économique international qui doit être repensé en termes de droits pour les pays pauvres à se développer et à ne plus se laisser piller par les plus riches. En particulier, le débat sur la réforme de la fiscalité internationale ne peut pas se réduire à une discussion entre pays riches visant à se partager les profits actuellement localisés dans les paradis fiscaux. C’est tout le problème des projets discutés à l’OCDE [l’Organisation de coopération et de développement économiques]. On envisage que les multinationales fassent une déclaration unique de leurs profits au niveau mondial, ce qui est en soi est une excellente chose. Mais au moment de répartir cette base fiscale entre pays, on prévoit d’utiliser un mélange de critères (masses salariales et ventes réalisées dans les différents territoires) qui en pratique aboutira à attribuer aux pays riches plus de 95 % des profits réalloués, et à ne laisser que des miettes aux pays pauvres. La seule façon d’éviter ce désastre annoncé est d’inclure enfin les pays pauvres autour de la table et de répartir les profits en question en fonction de la population (au moins en partie).

Pays pauvres : Les pièges de la dette chinoise

Pays pauvres : Les pièges de la dette chinoise

 

Un rapport rendu public fin mars livre des éclaircissements sur les conditions d’emprunt exigées par le premier pays créancier au monde envers des pays à bas revenus, relève dans sa chronique Julien Bouissou, journaliste au « Monde ».

 

 

Chronique.

Des chercheurs américains et allemands viennent de mettre la main sur un trésor. Ils ont déniché, dans les tréfonds d’Internet et des archives des administrations publiques, une centaine d’accords de prêts passés entre la Chine et vingt-quatre pays à bas revenus, entre 2000 et 2020, pour un total de 36,6 milliards de dollars (31 milliards d’euros). Ces documents valent de l’or car on ne sait pas grand-chose sur les conditions d’emprunt exigées par le premier pays créancier au monde, lesquelles ont fait l’objet de nombreuses études, ou plutôt, il faut bien l’admettre, de nombreuses spéculations.

Les uns soutiennent que la dette chinoise est un piège destiné à obtenir des concessions géostratégiques dans des pays en faillite, les autres qu’elle donne de l’oxygène à des pays pauvres désertés par les créanciers. Le rapport rédigé par quatre centres de recherche, dont le laboratoire AidData du collège américain William & Mary, le Center for Global Development et le Peterson Institute for International Economics, tous deux basés à Washington, et le Kiel Institute for the World Economy d’Allemagne, devrait alimenter les discussions entre pays membres du G20. Ils se réunissent justement cette semaine pour aborder notamment la question de la dette des pays pauvres, qui a dangereusement augmenté depuis le début de la crise économique liée à la pandémie du Covid-19.


Non seulement les conditions d’emprunt doivent rester confidentielles, mais les montants des prêts aussi

Selon le rapport intitulé « How China Lends » (« Comment la Chine prête ») et rendu public fin mars, les créanciers chinois rédigent des clauses de confidentialité qui dépassent de loin les exigences généralement formulées par les pays créanciers ou les banques de développement. Non seulement les conditions d’emprunt doivent rester confidentielles, mais les montants des prêts aussi. Une confidentialité qui pose de sérieux problèmes de transparence, puisque les gouvernements doivent cacher à leurs contribuables les sommes que ces derniers devront rembourser tôt ou tard. Cette opacité complique aussi les procédures de restructuration collective de dette. Comment les créanciers d’un pays au bord du défaut de paiement peuvent-ils évaluer sa solvabilité ou ses capacités de remboursement s’il leur manque une partie des informations ?

Demandes inhabituelles

A l’abri du regard des autres créanciers, Pékin formule d’autres demandes inhabituelles. Les trois quarts de leurs contrats comportent ainsi une clause de non-participation aux restructurations de dette menées par le Club de Paris. Or, ce club des grandes nations créancières avait patiemment mis au point, au fil des ans, un ensemble de règles pour coordonner les plans de restructuration ou d’annulation de dette, dont l’une consiste à ne pas favoriser un créancier plutôt qu’un autre. La Chine a dynamité ce principe d’équité, ce qui lui permet d’exiger de ses débiteurs d’être remboursée en priorité en cas de problème.

Covid : un besoin de 12 milliards pour les pays pauvres d’Afrique

Covid  : un besoin de 12 milliards pour les pays pauvres

L’Afrique aura besoin de 12 milliards de dollars pour s’approvisionner et distribuer les doses de vaccins nécessaires à l’interruption de la circulation du nouveau coronavirus, montre un rapport établi par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

Ce document plaide notamment pour une prolongation du moratoire accordé par les pays du G20 sur le remboursement du service de la dette des pays africains et souligne les besoins de ces derniers en terme de liquidités.

« La dette insoutenable des pays pauvres »

« La dette insoutenable des pays pauvres »

La Plate-forme française dette & développement (PFDD) qui regroupe une trentaine d’organisations de la société civile appelle, dans une tribune au « Monde », la France à défendre un cadre universel de traitement des dettes et demande une réforme en profondeur de l’architecture internationale de la dette des pays pauvres.

Tribune.

 

Les chefs d’Etat du monde entier sont invités, lundi 29 mars, à se réunir à l’ONU pour discuter de la réforme de l’architecture internationale de la dette. La communauté internationale a aujourd’hui la possibilité d’enfin apporter des réponses structurelles, alors que la crise économique mondiale déclenchée par la pandémie de Covid-19 sévit depuis plus d’un an, et plonge les pays pauvres dans une situation chaque jour plus critique, plombée par des niveaux de dette insoutenables.

Si la communauté internationale saisit cette opportunité et engage cette nécessaire réforme de l’architecture internationale de la dette, elle peut contribuer à sauver les objectifs du développement durable, et lutter contre la pauvreté et les inégalités mondiales. Si elle ne le fait pas, elle condamne les populations des pays en développement à une nouvelle décennie perdue.

Les pays pauvres sont gravement touchés par la crise. Les impacts socio-économiques de la pandémie pourraient perdurer des années, voire des décennies. Un demi-milliard de personnes pourraient tomber dans la pauvreté, entraînant une augmentation des inégalités sociales, économiques et de genre.

Les niveaux d’endettement de ces pays, qui atteignaient déjà des niveaux record avant la pandémie (deux fois plus élevés qu’à la veille de la crise financière de 2008), sont devenus complètement insoutenables dans le contexte de crise actuel. Beaucoup consacrent déjà une plus grande part de leurs maigres ressources au remboursement de leur dette qu’à la santé ou à l’éducation.

Le Ghana, par exemple, dépense 11 fois plus pour honorer le service de sa dette que pour ses dépenses de santé. Si des mesures ambitieuses ne sont pas adoptées, des ressources publiques vitales vont continuer d’être dépensées pour rembourser les créanciers de ces pays (pays riches, banques multilatérales, banques privées et fonds d’investissement) au détriment des besoins sociaux, économiques ou de santé des populations.

En avril 2020, Emmanuel Macron plaidait pour des annulations massives de la dette africaine. Sous l’impulsion de la France, le Groupe des vingt pays les plus riches (G20) a lancé une initiative de suspension du service de la dette (ISSD) puis adopté un cadre commun de traitement des dettes des pays pauvres.

Hélas, ces deux mécanismes sont très loin d’apporter des réponses réelles à la crise. Pensés par et pour ces pays créanciers, ils sont destinés à simplement reporter et rééchelonner les paiements de dettes d’un nombre limité de pays pauvres, et ne prévoient aucun moyen de contraindre les créanciers privés et multilatéraux à participer.

ENA : l’entourloupe de Macron avec l’entrée de quelques pauvres pour justifier l’institution

ENA : l’entourloupe de Macron avec l’entrée de quelques pauvres pour justifier l’institution

 

L’entourloupe de Macron et grossière mais pourtant elle passe puisque pratiquement peu de médias se scandalisent de ce changement total de position vis-à-vis de l’ENA. Le président de la république avait pourtant prit l’engagement de supprimer cette institution de technocrates qui ont envahi toutes les institutions publiques et privées et même la politique. Brusquement pour la justifier Macron sort de  son chapeau la possibilité de faire entrer quelques pauvres donnant ainsi un vernis démocratique a un outil obsolète qui pollue la vie politique, économique et administrative.  D’une certaine manière c’est une manœuvre dilatoire car la vraie question de l’ENA n’est pas celle de sa sociologie mais des liens consanguins entre les anciens élèves qui ne cessent de se renvoyer l’ascenseur pour coloniser la plus grande partie de la vie économique et politique du pays.

 

En matière de politique à peu près tous les partis de gouvernement sont sous influence de l’ENA. Dans les entreprises le recrutement d’énarques est incontournable afin qu’ils mettent à disposition de l’entreprise leur carnet d’adresses. Dans l’administration aussi évidemment l’ENA domine et s’accapare les plus hauts postes dans l’Etat. Le tout avec des allers-retours plus que discutable entre la sphère politique, économique et administrative.

La France est le seul pays développé doté d’une école de formation des hauts fonctionnaires avec entrée directe à vie dans les grands corps et les administrations centrales, comme l’ENA. A minima, une solution aurait été de supprimer le fameux classement de sortie. Le rapport Thiriet qui était censé préfigurer l’organisation de la suppression de l’ENA proposait d’ailleurs de lui préférer des entretiens d’embauche entre les jeunes diplômés et les administrations et un accès aux grands corps seulement accessible au bout de trois ans.

 

 

G7: quelques vaccins pour les pays pauvres

G7: quelques vaccins pour les pays pauvres

 

Le G7 aura l’occasion de parler de la délicate question du partage du vaccin et notamment de l’attribution aux pays pauvres. Pour résumer pour l’instant on a surtout parlé de solidarité internationale dans beaucoup de pays développés mais dans la pratique seulement quelques pour cent des vaccins devraient être attribués aux pays pauvres.

La nomination de Biden comme président des États-Unis pourraient un peu changer la donnent. Ce dernier a en effet déclaré qu’il entendait «se concentrer sur la réponse internationale à la pandémie de Covid, y compris la coordination de la production, distribution et livraisons de vaccins»,

théoriquement il existe un outil de mutualisation de la vaccination de l’ONU intitulée Covax, fondé par plusieurs organisations internationales, dont l’OMS, et que Washington a promis de rejoindre. Joe Biden promettra d’ailleurs vendredi, à l’occasion de cette réunion du G7, quatre milliards de dollars pour le dispositif Covax, a indiqué jeudi la Maison Blanche.

En France le président de la république français a fait part de sa proposition de réserver trois à 5 % des vaccins des pays riches en direction de l’Afrique. Boris Johnson,  qui lui a relativement bien réussi sa campagne de vaccination ( après son échec de la gestion sanitaire) propose aussi d’expédier dans les pays en développement les surplus de vaccins.

Le problème est que comme d’habitude le G7 constitue un outil diplomatique assez formel qui n’a pas pour objet de prendre des décisions très précises. Si le relais des intentions formulées au G7 n’est pas pris par une institution internationale forte, les déclarations ne serviront alors à rien.

Travailleurs pauvres: L’aide de 900 € prolongés de trois mois

Travailleurs pauvres:  L’aide de 900 € prolongés de trois mois

 

Il est clair que la situation sanitaire a particulièrement porté atteinte à la situation sociale des salariés en contrat précaire. L’intérim par exemple s’est complètement écroulé. Du coup, les pouvoirs publics ont décidé de prolonger L’aide exceptionnelle créée en novembre pour garantir un revenu mensuel de 900 euros net a.

 

Cette aide, qui a déjà bénéficié à 400.000 personnes, permet à toutes celles qui ont travaillé au moins 138 jours en CDD ou en intérim (soit plus de 60% du temps de travail annuel) en 2019, mais qui n’ont pas pu travailler suffisamment en 2020 pour recharger leurs droits à l’assurance-chômage du fait de la crise liée à l’épidémie de Covid-19, de bénéficier d’une garantie de revenu minimum de 900 euros par mois.

Cette aide initialement prévue pour couvrir les mois de novembre, décembre, janvier et février est prolongée pour les mois de mars, avril et mai.

« Plus de 400.000 personnes en ont d’ores et déjà bénéficié au titre des mois de novembre et décembre parmi lesquelles 165.000 jeunes de moins de 30 ans », indique le ministère.

Elle est versée automatiquement par Pôle emploi aux demandeurs d’emploi qui remplissent les critères fixés par un décret du 30 décembre.

Vaccins : les pays pauvres défavorisés

Vaccins : les pays pauvres défavorisés

 

Malgré les proclamations d’Emmanuel Macron, d’Angela Merkel ou d’Ursula von der Leyen, la politique menée par l’UE empêche un accès rapide des pays pauvres au vaccin contre le Covid-19, estime l’économiste Lucas Chancel dans une tribune au « Monde ».

Tribune. Comment s’assurer que l’ensemble de la population mondiale ait accès aux vaccins contre le Covid-19 ? Dans une tribune parue dans Le Monde du 3 février, signée notamment par Emmanuel Macron, Angela Merkel, Ursula von der Leyen et Charles Michel, les dirigeants européens déclarent, main sur le cœur, tout faire pour diffuser l’accès aux tests, aux traitements et aux vaccins à l’ensemble de la planète. Pour atteindre cet objectif, les auteurs affirment encourager « la libre circulation des données entre les partenaires et l’octroi volontaire de licences en matière de propriété intellectuelle ».

Un tel cynisme interpelle. L’Union européenne (UE) bloque en effet depuis plusieurs mois toute demande relative à la levée des droits de propriété intellectuelle sur les vaccins. En octobre dernier, l’Inde et l’Afrique du Sud, soutenues par une centaine de pays émergents et à bas revenus, déposent une demande devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Face à la pandémie, elles réclament la levée temporaire des droits de propriété sur le développement, la fabrication et la distribution des vaccins et du matériel essentiel à la lutte contre le Covid-19 afin de garantir la diffusion à bas coût et en temps voulu des vaccins et du matériel médical, qui manquent encore cruellement dans les pays pauvres. Cette mesure prendrait fin une fois le virus maîtrisé.

La demande est stoppée net par les pays riches. La position européenne repose sur trois arguments. Premièrement, il serait déjà possible d’assouplir certaines règles relatives aux brevets, dans le cadre de l’accord dit « Trips » sur les droits de propriété intellectuelle, issu des négociations à l’OMC de Doha en 2001. Deuxièmement, les droits de propriété intellectuelle ne constitueraient pas un facteur limitant la vaccination, au contraire. Ils seraient nécessaires pour permettre aux laboratoires de s’adapter et d’investir face à un virus mutant. Par conséquent et troisièmement, l’UE estime qu’il faut agir par le mécanisme Covax de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce mécanisme vise principalement à récolter des fonds afin de distribuer deux milliards de doses de vaccins d’ici à la fin de l’année dans les pays pauvres et émergents.

Etudions ces arguments un à un. Le cadre réglementaire existant permettrait-il de diffuser les connaissances sur les vaccins et de répartir la production mondiale ? Non seulement cela est remis en question par la quasi-totalité des pays pauvres et émergents à l’OMC, mais également par les faits. Selon The Economist, la plupart des habitants des pays africains ne seront pas vaccinés avant 2023, et il faudra attendre avant mi-2022 pour la plupart de ceux des pays émergents. Jugeons aussi de la qualité de cet argument par les chiffres : la firme Pfizer annonce 15 milliards de dollars (12,36 milliards d’euros) de chiffre d’affaires lié au vaccin en 2021. C’est bien parce que les droits de propriété sur les vaccins sont particulièrement bien gardés qu’ils s’avèrent aussi rentables.

Vaccin : les pays pauvres défavorisés pourraient faire accroître la pandémie

Vaccin : les pays pauvres défavorisés pourraient faire accroître la pandémie

 

Le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a ainsi fustigé l’attitude « égoïste » des pays riches. Il a vivement critiqué les fabricants de vaccins qui recherchent l’approbation réglementaire dans les États riches plutôt que de soumettre leurs données à l’OMS pour obtenir un feu vert à l’échelle mondiale pour l’utilisation du vaccin.

Des mécanismes de solidarité internationale avaient pourtant été prévus. Dès l’automne 2020, l’OMS et l’Alliance pour les vaccins (Gavi) ont mis en place Covax, un mécanisme financé par les pays développés ainsi que la Fondation Gates, notamment, pour distribuer des vaccins contre le Covid-19 aux pays défavorisés. C’était la réponse directe à l’ambition de « bien public mondial ». Dans ce pot commun, l’Union européenne a déjà versé plus de 850 millions d’euros. L’objectif de ce mécanisme était de rendre disponible, partout, suffisamment de doses pour vacciner 20% de la population de chaque pays.

Mais le mécanisme n’a pas montré son efficacité, voire frôle l’échec, estime Nathalie Ernoult, de Médecins sans frontières. « 

Si la pandémie continue de se propager dans les pays les plus pauvres, tandis que les pays à hauts revenus sont protégés, le virus peut continuer à muter et à se répandre, et il est possible qu’on se retrouve avec une souche que les vaccins actuels ne couvrent pas.

Coronavirus pays pauvres : 1 milliard pour les vaccins

Coronavirus pays pauvres : 1 milliard pour les vaccins

 

Une centaine de pays en développement devrait être bénéficiaire de la distribution d’environ 1 milliard de vaccins collectés à l’initiative du Royaume-Uni. Notons que dans le même temps la France, elle, organise une réunion internationale sur l’environnement. Une problématique sans doute essentielle pour l’avenir de la planète mais qui n’apparaît pas comme l’urgence du moment. D’autant que cette réunion internationale ne va pas porter grand chose de nouveau. De toute évidence, la France  a un problème pour hiérarchiser ses priorités.

 

Le Royaume-Uni a collecté auprès de ses alliés un milliard de dollars (820 millions d’euros) pour aider les « pays vulnérables » à accéder aux vaccins contre le Covid-19, a annoncé dimanche le ministère des Affaires étrangères en amont d’une visite virtuelle du chef de l’ONU à Londres.

Cette somme récoltée notamment auprès du Canada, de l’Allemagne et du Japon, ajoutée aux 548 millions de livres (608 millions d’euros) de Londres – qui avait promis de verser une livre tous les 4 dollars récoltés-, « permettra de distribuer cette année un milliard de doses de vaccins contre le coronavirus dans 92 pays en développement », a précisé le ministère dans un communiqué.

« Nous ne serons à l’abri de ce virus que lorsque nous serons tous à l’abri – c’est pourquoi nous nous concentrons sur une solution mondiale à un problème mondial », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Dominic Raab.

« Il est tout naturel qu’à l’occasion du 75e anniversaire des Nations unies, le Royaume-Uni ait pris l’initiative auprès de ses alliés pour mettre un milliard de doses de vaccin contre le coronavirus à la disposition des pays vulnérables », a-t-il ajouté.

Coronavirus : 1 million de pauvres supplémentaires

Coronavirus : 1 million de pauvres supplémentaires

 

Déléguée interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté,

Jeantet , Déléguée interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté, tente de répondre à la montée de la pauvreté en France analyse les nouvelles politiques sociales : aller vers ceux qui n’osent pas frapper aux portes.

Les associations parlent d’un million de pauvres supplémentaires en raison de la crise. Validez-vous ce chiffre ?

Personne ne peut le valider, pas même les associations. Il s’agit d’un ordre de grandeur. On sait que la pauvreté va augmenter. Pour l’heure, le seul élément tangible est la hausse du revenu de solidarité active : entre octobre 2019 et octobre 2020, le nombre d’allocataires a progressé de 8,5 % pour s’établir à 2,1 millions. Cette hausse s’explique principalement par l’absence de sorties du RSA. Contrairement à des idées reçues, le RSA est un dispositif qui respire.

Quels sont les profils les plus menacés par la montée de la pauvreté ?

Nous n’avons pas d’outils pour analyser ces phénomènes en temps réel, mais nous constatons l’arrivée d’indépendants, de commerçants, par exemple, qui font faillite et n’ont pas droit au chômage. Leur seul recours, c’est le RSA. Les agents des CAF notent que ces personnes sont désemparées face à des demandes qu’elles doivent remplir pour la première fois et éprouvent un sentiment de déclassement très fort. Je crains que ces phénomènes s’accentuent en 2021.

Diriez-vous que, pour l’heure, les choses sont contenues ?

Pour le moment, l’aide alimentaire n’explose pas, alors que pour le premier confinement, elle avait augmenté de 30 % à 40 %. Il n’y a pas d’envolée des impayés de loyer, non plus. Durant le premier confinement, leur paiement, dans le parc social, a été perturbé pour une raison pratique : certains sont acquittés en espèces et les gens ne pouvaient pas se déplacer. Les situations se sont régularisées ensuite.

Les jeunes sont aussi un public fragile…

Leur insertion professionnelle est déjà difficile en temps normal. Aujourd’hui, même ceux qui ne connaissent pas de problème particulier ont du mal à trouver des stages, des contrats. Les Crous se sont mobilisés pour mettre en place des aides sociales ; on a créé des postes de tuteurs dans les universités, des étudiants qui en aident d’autres ; 80 psychologues vont être recrutés. Il faut noter que certains étudiants n’ont pas suivi de cours en présentiel depuis le mois de mars. Certains restaurants universitaires ont mis en place des repas à un euro, mais comme ils ont fermé, ils proposent des paquets repas.

«Les jeunes précaires se méfient des institutions. Il faut aller les chercher. Nous allons créer des maraudes numériques: faire la promotion des dispositifs sur Instagram, Snapchat»

Le gouvernement a institué de nombreuses aides. Que manque-t-il encore ?

Il faut d’abord mettre en œuvre ce qui a été décidé. Au-delà, nous développons la notion « d’aller vers », un courant de pensée de plus en plus utilisé en matière de politiques sociales. Jusqu’à présent, nous pratiquions une logique de guichets. Elle entraîne un taux élevé de non-recours : beaucoup de gens n’osent pas frapper aux portes, il y a une forme de désespérance, de lâcher-prise. Alors nous « allons vers » les publics.

Par quels moyens ?

Nous avons mis en place des équipes mobiles de prévention des expulsions locatives pour aller au-devant des personnes qui ne peuvent plus payer leur loyer. Ou encore des équipes mobiles de psychologues à l’intention des publics précaires. Nous avons utilisé un tel système dans les centres d’hébergement pour vérifier que leurs occupants avaient demandé l’ouverture de leurs droits en matière de santé, au lieu d’attendre qu’ils se dirigent vers les caisses primaires d’assurance-maladie. Dans ce même esprit, nous allons traiter de la question des jeunes très précaires en 2021. Ils se méfient souvent des institutions. Il faut aller les chercher au pied des immeubles et sur les réseaux sociaux. Nous allons créer des « maraudes numériques » : faire la promotion de la garantie jeunes et autres dispositifs qui leur sont destinés sur Instagram, Snapchat et les réseaux qu’ils fréquentent. L’action en direction des jeunes, c’est l’ADN de notre stratégie de lutte contre la pauvreté.

Justement, qu’en reste-t-il du fait de la crise sanitaire ?

Le grand sujet de 2021 sera la mise en place du service public de l’insertion et de l’emploi [pour accompagner les bénéficiaires du RSA et toutes les personnes en insertion]. Mais nous n’allons pas créer un jardin à la française avec des solutions identiques pour tous. Dans un premier temps, en 2021, nous lançons un appel à projets auprès de 30 conseils départementaux, avec Pôle emploi et les CAF. A eux d’imaginer les formats concrets adaptés à leurs besoins locaux.

Autre élément majeur de la stratégie de lutte contre la pauvreté, la réforme des minima sociaux, elle, semble abandonnée ?

Le Premier ministre a dit que les travaux techniques en vue de la création du revenu universel d’activité [ce RUA doit naître de la fusion d’une dizaine de prestations sociales existantes] continuent. L’objectif est de les mener à bien d’ici à l’automne 2021 et de faire des simulations. Mais il n’y aura pas de loi RUA avant la présidentielle de 2022, ce sera le sujet d’un éventuel prochain quinquennat. Toutefois, il est judicieux de continuer les études tant le sujet est complexe, car il y aura des gagnants et des perdants. Il faut bien peser les avantages et les inconvénients de chaque scénario.

30 milliards d’euros pour les pauvres (l’Institut Montaigne)

30 milliards d’euros pour les pauvres (l’Institut Montaigne)

 

L’Institut Montaigne, think tank d’obédience libérale , propose dans le JDD un plan de 30 milliards destinés aux populations les plus pauvres et les plus fragiles, 7 millions dé ménages bénéficieraient de ces mesures. L’institut Montaigne Suggère d’en débourser 30 de plus, dès le début de l’année 2021, afin de soutenir les plus fragiles. « C’est un électrochoc de consommation », résume Julien Damon, coauteur et professeur à Sciences-Po.

 

D’après l’Insee, les 10% des ménages les plus pauvres ressentent deux fois plus fortement la dégradation de leur situation financière que les 10% les plus aisés, qui eux, ont conservé leur capacité à épargner. « Alors que l’économie ne fonctionne qu’à 90%, il n’y a pas d’autre solution que de soutenir la demande, poursuit Julien Damon. Ne rien faire, c’est prendre le risque de voir s’accroître les difficultés des plus modestes, l’activité stagner et l’endettement s’accumuler. »

Trois mesures ciblées

Pour redonner du pouvoir d’achat à ceux qui en ont perdu du fait du chômage partiel, de la chute de l’intérim et de la hausse des licenciements, l’Institut défend trois mesures ciblées.

  • D’abord, 12 milliards d’euros de chèques consommation pour les allocataires des aides au logement. Soit, en moyenne, près de 450 euros par trimestre, versés pendant un an aux 6,6 millions de ménages ­bénéficiaires. Les dépenses seront ciblées sur des secteurs affectés par le ralentissement conjoncturel, ou dont le redémarrage est essentiel : l’hôtellerie-restauration, la culture, les transports, l’énergie, le bâtiment, l’alimentation… ­
  • Deuxième idée : octroyer 17,4 milliards d’euros de prêts jeunes garantis par l’État. Actuellement, l’État ne soutient que les emprunts des étudiants, dans la limite de 15.000 euros. Or, la crise affecte tous les jeunes, et notamment ceux qui ne sont ni en formation, ni en études, ni en emploi. L’institut propose donc d’élargir le dispositif, en 2021 et en 2022, à tous les moins de 25 ans et de porter le plafond à 50.000 euros. Les remboursements n’interviendront qu’une fois la situation professionnelle stabilisée.
  • Troisième mesure préconisée par l’Institut Montaigne : accorder 500 millions d’euros d’aides de secours aux centres d’action sociale, qui s’adressent à un public plus large que les seuls titulaires de minima sociaux.

Sept millions de ménages bénéficieraient de ces mesures

Au total, ce programme massue toucherait sept millions de ménages, soit 25% des foyers français : ceux dont le revenu annuel disponible oscille entre 18.000 et 20.000 euros. « Distribuer de l’argent à ceux qui ont épargné n’a aucun sens, souligne Éric Chaney, ancien chef économiste d’Axa et conseiller économique de l’Institut. Il est préférable de le concentrer sur ceux dont on sait qu’ils le consommeront. »

Ce package aurait un financeur unique, « le déficit public, ce qui ne pose pas un grand problème vu notre position sur les marchés financiers », poursuit Éric Chaney. Le pari des deux experts épouse celui du gouvernement : doper la croissance. Ces 30 milliards d’euros permettraient d’accroître de 1,2% le niveau d’activité dès l’année prochaine.

Bientôt 10 millions de pauvres

Bientôt 10 millions de pauvres

 

Comme souvent les statistiques de l’INSEE ont toujours un train de retard. Ainsi INSEE constate avec une certaine satisfaction que le nombre de pauvres a diminué en 2019 pour concerner environ 9 millions de personnes. Le problème c’est qu’avec la crise sanitaire nombre de spécialistes anticipent que ce nombre de pauvres devrait dépasser largement les 10 millions en 2020 du fait notamment de la crise sanitaire.

Selon une estimation avancée de l’Insee rendue publique ce mercredi 18 novembre, le taux de pauvreté en 2019 diminuerait de 0,3 point en 2019 pour atteindre 14,5% de la population.  En 2018, ce ratio avait atteint un pic à 14,8% avec une hausse importante par rapport à 2017 de 0,7 point alors que ce taux s’était stabilisé autour de 14% depuis 2014 après avoir grimpé en flèche à la suite des crises de 2008 et 2012. Au total, 9,1 millions de personnes étaient en situation de pauvreté avant l’arrivée de la pandémie sur le territoire français.

Du côté des inégalités, les indicateurs communiqués par l’organisme public illustrent une légère inflexion mais là encore la propagation du virus dans la population pourrait avoir des effets dévastateurs.  »Ces indicateurs sont à prendre avec prudence mais ils montrent une dynamique positive. Cette estimation montre que la pauvreté a baissé et les inégalités ont légèrement diminué. Ce concept de pauvreté monétaire ne prend pas en compte toutes les situations. Ce taux de pauvreté donne une indication. Il ne faut pas occulter l’année 2020″ explique-t-on dans l’entourage du ministre de l’Economie Bruno Le Maire.

Il y a effectivement des raisons de ne pas occulter l’année 2020 qui va apporter au moins 1 million de pauvres supplémentaires.

Manifestations anti France : de pauvres populations manipulées

Manifestations anti France : de pauvres populations manipulées

 

Il faut sans doute relativiser l’importance des manifestations anti France dans le monde musulman. En réalité,  elles émanent surtout de pays autoritaires souvent sous-développés qui peuvent faire avaler n’importe quel discours radical pour réveiller le nationalisme.

Ces manifestations ont eu lieu au Bangladesh, en Malaisie, au Pakistan au Liban, en Palestine, en Somalie, en Iran, en Inde ou encore au Maghreb. Pas forcément des manifestations majoritairement soutenues mais impulsées par les plus radicaux de pays malheureusement économiquement, socialement et même culturellement dans une dramatique situation de crise.

Nombreux d’autres pays très important comme l’Arabie Saoudite, l’Égypte et bien d’autres ont condamné cette violence. Il ne faut pas confondre cette agitation des plus extrémistes avec les positions politiques officielles de nombre de pays musulmans. De la même manière sans doute qu’il ne faut pas confondre les radicaux islamistes de France avec l’ensemble des musulmans sinon ce serait la terreur partout.

“Si nous sommes attaqués, une fois encore, c’est pour les valeurs qui sont les nôtres, pour notre goût de la liberté, pour cette possibilité sur notre sol de croire librement et de ne céder à aucun esprit de terreur”, a insisté le président français.

Emmanuel Macron avait déjà provoqué la colère d’une partie du monde musulman en promettant lors de l’hommage national à Samuel Paty, décapité par un réfugié tchétchène après avoir montré des caricatures de Mahomet dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression, que la France ne renoncerait jamais à ces caricatures.

La France, qui abrite la plus grande communauté musulmane d’Europe, est engagée dans une guerre contre une “idéologie islamiste”, a déclaré pour sa part le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, estimant que de nouveaux attentats sur le sol français étaient probables.

Pays pauvres: moratoire prolongé de six mois

Pays pauvres: moratoire prolongé de six mois

Le G20 a prolongé mercredi de six mois, jusqu’au 30 juin 2021, le moratoire sur la dette des pays les plus pauvres durement affectés par la pandémie de Covid-19, une mesure jugée insuffisante par des ONG. Les 20 pays les plus riches du monde s’étaient engagés en avril à suspendre le service de la dette des pays les plus vulnérables à la crise sanitaire jusqu’à la fin de l’année. La prolongation du moratoire a été annoncée par les ministres des Finances et chefs des Banques centrales du G20 à l’issue d’une réunion virtuelle organisée par l’actuel président du groupe, l’Arabie saoudite.

Coronavirus : les pauvres davantage victimes

Coronavirus : les pauvres davantage victimes

D’après une très vaste enquête menée  par l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), menée sur plus de 130.000 personnes  les pauvres notamment urbains sont les principales victimes du Coronavirus.

 

Les personnes habitant une commune très densément peuplée (au moins 1.500 habitants par km2 avec un minimum de 50.000 habitants) ont ainsi été deux fois plus nombreuses à avoir été positives.

Les personnes vivant dans les logements surpeuplés ou avec des conditions de vie difficiles sont nettement plus contaminées. D’après les données de l’enquête, les personnes habitant un logement de moins de 18 m2 par personne (pour celles qui partagent un logement) sont 2,5 fois plus nombreuses à avoir été positives.

Les habitants de Seine-Saint-Denis, département très densément peuplé et où les conditions de logement sont souvent difficiles, ont ainsi été particulièrement touchés.

Le Covid-19 a été contracté par 14% des employés non qualifiés, 16% des ouvriers qualifiés et 17% des ouvriers non qualifiés. A l’inverse, seulement 5% des cadres et professions intellectuelles supérieures l’ont eu.

Quel niveau de vie minimum pour les plus pauvres

Quel  niveau de vie minimum pour les plus pauvres 

Pour juguler la pauvreté, la gauche doit abandonner son idée de revenu universel et promouvoir celle d’un revenu qui garantit un minimum à chacun selon ses ressources, explique Noam Leandri, président de l’Observatoire des inégalités, dans une tribune au « Monde ».

Tribune. La prochaine mutation du virus sera une crise sociale de grande ampleur. La « gauche d’après », qui se réunit à Blois (Loir-et-Cher) ce week-end, doit à nouveau s’intéresser aux classes modestes et laborieuses au lieu de se noyer dans un débat sur le revenu universel qui bénéficiera aux riches.

La crise sanitaire a conduit à une baisse des revenus des ménages et à la perte d’emploi de nombreux travailleurs précaires. Les effets en chaîne risquent de prolonger cette situation pendant plusieurs années, comme toutes les précédentes crises économiques. La France pourrait ainsi compter 1 million de pauvres en plus d’ici à cinq ans, comme cela s’est produit après la crise financière de 2008. De premiers signaux sont passés au rouge, il est temps de tirer la sonnette d’alarme.

La pauvreté a déjà augmenté très rapidement. Le nombre de foyers allocataires du revenu de solidarité active (RSA) a crû de 2 % dès fin mars 2020, après deux ans de stagnation. L’impact du confinement est donc déjà là, même si nous ne pouvons pas encore le traduire en chiffres précis.

De plus, 20 % des adultes ont perdu du revenu, selon les estimations de l’Observatoire des inégalités : chômage partiel, perte d’emploi précaire, baisse d’activité des indépendants. Ce sont souvent les moins qualifiés et les jeunes qui en font les frais. Donc, ceux les plus à risque de basculer dans la pauvreté.

Troisièmement, la hausse du chômage conduit systématiquement à une hausse de la pauvreté. Or, le nombre d’inscrits à Pôle emploi a bondi de près d’un million après le confinement et l’organisme prévoit d’accueillir un nouveau million de chômeurs dans les prochains mois. Les jeunes sont particulièrement pénalisés dans leur entrée sur le marché du travail, mais les conséquences seront encore plus ancrées pour les seniors qui, lorsqu’ils perdent leur emploi, ont moins de chance d’en retrouver un nouveau.

Il n’est pas trop tard pour éradiquer la pauvreté, comme le promettait d’ailleurs le président de la République en 2018. Notre système social, très avancé, n’est plus qu’à un doigt d’y parvenir. Pour cela, il faut mettre en place non pas un revenu universel, mais un revenu minimum unique qui garantit un minimum à chacun selon ses ressources.

Donner de l’argent aux riches comme aux pauvres, sans distinction, une folie… ou une usine à gaz, car il faudrait reprendre d’une main, par le biais de l’impôt, ce que l’on a versé de l’autre

Alors qu’un plan de relance de 100 milliards d’euros doit être dévoilé la semaine prochaine, un dixième seulement de cette enveloppe pourrait augmenter les revenus des pauvres au niveau du « seuil de pauvreté à 50 % », soit 900 euros par mois. Cela représente un complément de revenu de 150 euros par mois en moyenne. Cinq millions de personnes verraient leur niveau de vie augmenter et le taux de pauvreté serait ramené à zéro.

Les jeunes seront les principaux bénéficiaires d’une telle mesure progressiste puisqu’ils sont aujourd’hui pour la plupart exclus du RSA avant leurs 25 ans. Mais pas seulement, car les minima sociaux font vivre sous le seuil de pauvreté un chômeur en fin de droits ou une mère isolée sans ressources.

Malheureusement, la gauche et les écologistes préfèrent débattre du revenu « universel » ou « de base », qui pollue le débat des idées depuis plusieurs décennies. Donner de l’argent aux riches comme aux pauvres, sans distinction, une folie… ou une usine à gaz, car il faudrait reprendre d’une main, par le biais de l’impôt, ce que l’on a versé de l’autre. La véritable urgence est de débattre du niveau de vie minimum que la société compte proposer aux plus pauvres. Cessons la charité, instaurons une garantie antipauvreté.

L’Observatoire des inégalités lance une campagne de financement participatif pour éditer son second rapport sur la pauvreté en France, à paraître à l’automne.

Noam Leandri(Président de l’Observatoire des inégalités)

Le problème du vaccin pour les pays pauvres

Le problème du vaccin pour les pays pauvres

 

Dès maintenant se pose la questions de l’approvisionnement des vaccins pour les pays pauvres. En effet les pays développés sont engagés dans une course qui ressemble à une compétition douteuse pour pouvoir disposer d’un nombre de doses suffisantes à coup de milliards promis aux différentes industries pharmaceutiques. Cette course renchérit forcément le prix potentiel du vaccin et va écarter encore un peu plus les conditions d’accès des pays pauvres. Parmi les grands pays, Etats-Unis, Union européenne, Royaume-Uni, Canada, Japon ont commandé pour leurs populations un total d’au moins 3,1 milliards de doses, selon un comptage de l’AFP. Donald Trump détient le record de commandes puisque son gouvernement a signé des contrats garantissant au moins 800 millions de doses auprès de six fabricants, pour 330 millions d’habitants, à livrer dès la fin de l’année pour une partie. «Les Etats-Unis sont potentiellement en situation d’avoir trop de vaccins si tous les projets dans lesquels ils ont investi réussissent», dit Richard Hatchett directeur général de la Coalition pour l’innovation en matière de préparation aux épidémies (Cepi), depuis Londres dans une interview à l’AFP. ses doses avec d’autres pays.

Un dispositif a bien été élaboré par l’organisation mondiale de la santé permettre un approvisionnement équitable d’un vaccin mais les États-Unis ont refusé de s’y soumettre, ce qui évidemment va peser sur la demande et la répartition. L’OMS souhaiterait que les fournitures de vaccins soient accessibles à 20 % de la population dans chaque pays. Pour éviter les surenchères de prix l’organisation mondiale de la santé préconise des achats groupés dans le cadre qu’elle a mis en place. Le problème c’est que la plupart des pays adhèrent à la fois à ce dispositif commun de l’OMS mais commandent aussi en parallèle les doses qui leur paraissent nécessaires avec chacun des laboratoires potentiellement susceptibles de fournir un jour un vaccin.

Coronavirus : 100 millions de très pauvres en plus

Coronavirus : 100 millions de très pauvres  en plus

le président de la Banque Mondiale,  David Malpass, estime que 70 à 100 millions de personnes pourraient tomber dans l’extrême pauvreté, et «ce nombre pourrait augmenter» si la pandémie s’aggrave ou dure, a-t-il dit. Une précédente estimation faisait état de 60 millions de personnes. Cela rend «impératif», pour les créanciers, de réduire la dette des pays pauvres, a déclaré David Malpass, allant ainsi plus loin que les appels à prolonger le moratoire sur la dette des pays les plus pauvres. Pour autant, les pays concernés seront plus nombreux à devoir restructurer leur dette. «Les vulnérabilités liées aux dettes sont élevées, et il est impératif (pour les pays endettés) de voir la lumière au bout du tunnel afin que de nouveaux investisseurs puissent venir», a ajouté le président de la Banque mondiale.

Les pays du G20 ont décidé en avril de suspendre jusqu’à la fin 2020 les remboursements de la dette des pays les plus pauvres. Des ONG mais aussi la Banque mondiale appellent à prolonger jusqu’en 2021 ce moratoire, qui concerne 76 pays.

En 2015, estimation la plus récente donnée sur le site de la Banque mondiale, quelque 734 millions d’habitants vivaient déjà dans l’extrême pauvreté, soit environ 10% de la population mondiale. Mais l’extrême pauvreté, c’est-à-dire vivre avec moins de 1,90 dollar par jour, continue d’augmenter depuis le début de la pandémie. Cette détérioration est due à la combinaison des destructions d’emplois pendant la pandémie ainsi qu’à des difficultés approvisionnement, qui complique l’accès à la nourriture. 

Grâce à la chloroquine moins de cas dans les pays pauvres ( Pr Raoult )

Grâce à la chloroquine moins de cas dans les pays pauvres ( Pr Raoult   )

Aux yeux du microbiologiste, il existe une « cassure dans le monde »: « Le monde des pauvres, des moins riches du Sud qui ont utilisé la chloroquine, ensuite l’hydroxychloroquine, et l’azithromycine, comme on a fait nous ( à Marseille NDLR), d’une manière massive, et qui ont des taux de mortalité très bas. »

« C’est spectaculaire, c’est la première fois que dans les pays les plus riche, il y a la plus forte mortalité. On est les seuls à ne pas avoir traité. Les autres ont détecté, traité. Tous ceux qui on traité ont une mortalité inférieure à la notre. »

Ce dernier fait notamment référence à plusieurs pays d’Afrique, qui se servent déjà de la chloroquine contre le paludisme. Pour lutter contre le coronavirus, des dérivés de l’hydroxychloroquine sont depuis utilisés au Bénin, au Cameroun, au Burkina Faso, ou au Sénégal, rappelle France Info. L’Inde, premier producteur mondial de chloroquine, ou le Brésil donc, sont également en faveur de ce traitement.

Pour autant, les effets bénéfiques de la choloroquine et de l’hydroxychloroquine n’ont « pas encore été démontrés », indiquait encore récemment l’Agence européenne des Médicaments (EMA). Cette dernière soulignait également des « effets secondaires graves et dans certains cas fatals », notamment sur le rythme cardiaque.

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