Archive pour le Tag 'pauvres'

Vaccination Covid : l’abandon des pays pauvres

Vaccination Covid  : l’abandon des pays pauvres

 

Alors que les pays développés vont bientôt atteindre un taux de vaccination de 80 90 %, les pays pauvres doivent encore se contenter de 10 à 20 % et pour longtemps. De quoi évidemment provoquer de nouvelles évolutions de la maladie avec de nouveaux variants. Sans parler évidemment de la question morale qui confirme que les pays développés se moquent à peu près totalement du développement des pays pauvres.

 

L’ONG Amnesty international a accusé mercredi 22 septembre les groupes pharmaceutiques qui produisent les vaccins contre le Covid-19 d’alimenter une «crise des droits humains sans précédent», réclamant l’octroi de deux milliards de doses aux pays pauvres.

Sur 5,76 milliards de doses administrées, seules 0,3% l’ont été dans des pays à «faibles» revenus, 79% allant dans des pays aux revenus «moyens supérieurs» et «élevés», souligne l’ONG.

 

Pfizer, BioNTech et Moderna prévoient de dégager au total 130 milliards de dollars de profits d’ici à fin 2022, selon Amnesty, pour qui «les bénéfices ne devraient jamais passer avant les vies». Si la plupart des groupes ont reçu «des milliards de dollars de financements gouvernementaux, les développeurs de vaccins ont monopolisé la propriété intellectuelle, bloqué les transferts de technologie et limité de manière agressive les mesures qui permettraient d’étendre la fabrication dans le monde de ces vaccins», accuse Amnesty.

Vaccins covid : l’abandon des pays pauvres

Vaccins covid  : l’abandon des pays pauvres

 

Alors que les pays développés vont bientôt atteindre un taux de vaccination de 80 90 %, les pays pauvres doivent encore se contenter de 10 à 20 % et pour longtemps. De quoi évidemment provoquer de nouvelles évolutions de la maladie avec de nouveaux variants. Sans parler évidemment de la question morale qui confirme que les pays développés se moquent à peu près totalement du développement des pays pauvres.

 

L’ONG Amnesty international a accusé mercredi 22 septembre les groupes pharmaceutiques qui produisent les vaccins contre le Covid-19 d’alimenter une «crise des droits humains sans précédent», réclamant l’octroi de deux milliards de doses aux pays pauvres.

Sur 5,76 milliards de doses administrées, seules 0,3% l’ont été dans des pays à «faibles» revenus, 79% allant dans des pays aux revenus «moyens supérieurs» et «élevés», souligne l’ONG.

 

Pfizer, BioNTech et Moderna prévoient de dégager au total 130 milliards de dollars de profits d’ici à fin 2022, selon Amnesty, pour qui «les bénéfices ne devraient jamais passer avant les vies». Si la plupart des groupes ont reçu «des milliards de dollars de financements gouvernementaux, les développeurs de vaccins ont monopolisé la propriété intellectuelle, bloqué les transferts de technologie et limité de manière agressive les mesures qui permettraient d’étendre la fabrication dans le monde de ces vaccins», accuse Amnesty.

Plus de 9 millions de pauvres vivent avec moins de 1063 € par mois

Plus de 9 millions de pauvres vivent avec moins de 1063 € par mois

 

 

Un rapport du Sénat sera publié aujourd’hui mercredi 15 septembre et présentera une centaine de mesures pour s’attaquer au problème de la pauvreté en France. Le constat est en effet à prendre au sérieux puisque 9,3 millions de pauvres soit 15 % de la population vivent avec moins de 1063 € par mois (60 % médians). En moyenne les charges fixes représentent près de 50 %, il ne reste donc plus qu’environ 500 € pour faire face aux dépenses variables. La situation ne s’est guère améliorée depuis la grande crise de 2008.

Vaccination: Seulement 20% de la population des pays pauvres d’ici la fin de l’année

Vaccination: Seulement 20% de la population des pays pauvres d’ici la fin de l’année

l’Alliance du vaccin (Gavi) et l’Organisation mondiale de la santé, est censé permettre à 92 États et territoires défavorisés de recevoir gratuitement des vaccins financés par des nations plus prospères.

Mais Gavi et l’OMS dénoncent régulièrement l’inégalité criante dans l’accès à la vaccination entre les populations des pays pauvres et des pays riches. Dans un communiqué conjoint, ils ont souligné que l’inégalité d’accès reste «inacceptable», avec seulement 20% des habitants des pays à revenu faible et moyen inférieur qui ont reçu une première dose de vaccin, contre 80% dans les pays à revenu élevé et moyen supérieur.

Vaccins Covid : des milliards d’euros pour les labos mais la pénurie pour les pays pauvres

  • Vaccins Covid: des milliards d’euros pour les labos mais la pénurie pour les pays pauvres

Le vaccin a rapporté à Pfizer 10,8 milliards de dollars (environ 9,2 milliards d’euros) de revenus au premier semestre 2021, période à partir de laquelle il a commencé à encaisser l’essentiel des ventes de ce traitement. De son côté, BioNTech a enregistré 7,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires au premier semestre. Pour tout 2021, il estime que ses ventes de vaccins anti-Covid 19 représenteront 15,9 milliards d’euros. De même, Moderna anticipe 20 milliards de dollars de revenus grâce à son vaccin. AstraZeneca et Johnson & Johnson restent loin derrière avec, respectivement 1,17 milliard de dollars (un milliard d’euros) de revenus tirés du vaccin au premier semestre et 264 millions de dollars (225 millions d’euros).

Notons que le prix du vaccin va encore augmenter de 15 à 20 € ce qui le rendra encore moins accessible aux pays pauvres notamment d’Afrique où seulement 2 % de la population ont été vaccinés

Vaccins : des milliards d’euros pour les labos mais la pénurie pour les pays pauvres

  • Vaccins : des milliards d’euros pour les labos mais la pénurie pour les pays pauvres

Le vaccin a rapporté à Pfizer 10,8 milliards de dollars (environ 9,2 milliards d’euros) de revenus au premier semestre 2021, période à partir de laquelle il a commencé à encaisser l’essentiel des ventes de ce traitement. De son côté, BioNTech a enregistré 7,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires au premier semestre. Pour tout 2021, il estime que ses ventes de vaccins anti-Covid 19 représenteront 15,9 milliards d’euros. De même, Moderna anticipe 20 milliards de dollars de revenus grâce à son vaccin. AstraZeneca et Johnson & Johnson restent loin derrière avec, respectivement 1,17 milliard de dollars (un milliard d’euros) de revenus tirés du vaccin au premier semestre et 264 millions de dollars (225 millions d’euros).

Notons que le prix du vaccin va encore augmenter de 15 à 20 € ce qui le rendra encore moins accessible aux pays pauvres notamment d’Afrique où seulement 2 % de la population ont été vaccinés

FMI : Une innovation pour les pays pauvres qui ne change rien

 FMI : Une innovation pour les pays pauvres qui ne change rien

Le FMI a  approuvé une allocation de droits de tirages spéciaux (DTS) de 650 milliards de dollars. Des droits de tirage qui peuvent se transformer le moment venu en prêt à taux zéro. Bref ,toujours des prêts.Un dispositif normalement destiné à aider les pays pauvres surtout l’occasion de la crise sanitaire

Les pays émergents et les pays en développement, y compris ceux à faible revenu, recevront 275 milliards de dollars de la nouvelle allocation, et les pays les plus pauvres, seulement 4 % du total (26 milliards de dollars), alors que ce sont eux qui en ont le plus besoin.

L’Afrique recevra seulement 33 milliards de dollars de l’allocation de DTS, alors qle FMIE estime que 285 milliards de dollars seront nécessaires d’ici à 2025 pour répondre à la pandémie sur ce continent.

Paradoxalement,, les États-Unis obtiendront 113 milliards de dollars, la France 27 milliards.

Pour surmonter ce paradoxe, il serait envisagé de  de créer un nouveau fonds qui prêterait à taux bas et à très long terme sur des sujets spécifiques comme l’écologie, l’éducation et la santé. La France est pour, les États-Unis sont favorables, mais d’autres pays au G7 et au G20 attendent de voir en détail les propositions du FMI afin notamment de neutraliser le coût pour les prêteurs que sont en fait les pays riches.

De toute manière, tous les dispositifs nouveaux envisagés se limitent à des prêts que nombre de pays pauvres ne pourront rembourser.

 

Foot : les paris sportif, nouvelles drogues des pauvres

Foot : les paris, nouvelles drogues des pauvres

 

 Dans une tribune pour « Le Monde », la présidente de l’Autorité nationale des jeux s’inquiète de cette envolée et des enjeux de santé publique qui en découlent.

 

 

Tribune. 
Le 5 juillet dernier, l’équipe de France est sortie de l’Euro de football en huitièmes de finale. Et pourtant, les Français ont continué de parier. Certes, les sommets de mises enregistrées pour France-Suisse – 28 millions d’euros – ne seront probablement pas atteints, mais le championnat d’Europe devrait, au total, susciter environ 600 millions d’euros de mises auprès des opérateurs en ligne agréés sur le marché français. Parier est devenu un sport national ! Face à cette évolution, des voix s’élèvent pour dénoncer les dangers pour les jeunes, en particulier ceux des quartiers, qui seraient les premières cibles des opérateurs. Que faut-il en penser ? 

Il est clair que le marché des paris sportifs en ligne est devenu un eldorado, en progression constante depuis plusieurs années : 700 000 joueurs en 2010, presque 4 millions aujourd’hui. Cette tendance de long terme s’est accélérée récemment, pour deux raisons principales : la numérisation des pratiques de jeux, notamment pendant la crise sanitaire, et la tenue d’événements sportifs très attractifs. Au premier trimestre 2021, ce marché a connu une croissance des mises de 79 %.

Promesse d’argent facile

Les parieurs sportifs sont en grande majorité des hommes de moins de 35 ans, dont un tiers est âgé de 18 à 24 ans. Cette appétence s’explique par les différents attributs associés au pari sportif : une pratique numérique depuis un smartphone, y compris en live, un sentiment d’appartenance à une communauté, une référence appuyée aux figures héroïques des footballeurs, une valorisation de l’ego avec une scénographie de la victoire et, enfin, une utilisation des codes urbains dans les campagnes de publicité. Le pari sportif s’inscrit donc pleinement dans la culture des générations Y [nés entre 1980 et 1995] ou Z [nés entre 1995 et 2010].

Ce ciblage a été identifié depuis de nombreux mois par l’Autorité nationale des jeux [ANJ] comme problématique. Pourquoi ? Par ce que les jeunes sont plus vulnérables aux émotions et à la promesse de l’argent facile. Selon une étude Harris Interactive pour l’ANJ, portant sur le deuxième confinement, les jeunes semblent bien plus touchés par une perte de maîtrise du jeu. Ce sentiment est encore plus flagrant chez les « nouveaux » joueurs, qui étaient plus de 400 000 en 2020.

 


 

L’Euro de football vient souligner ces tendances et questionner de façon éclatante le modèle de régulation mis en place depuis dix ans. En 2010, lors de l’ouverture à la concurrence du marché des jeux en ligne, la France a en effet choisi un encadrement strict. Les paris sont en principe interdits, sauf exception dans un cadre contrôlé par le régulateur afin que le jeu reste récréatif.

Vaccination covid : 1 % dans les pays pauvres contre 60 à 70 % dans les pays riches !

Vaccination covid : 1 % dans les pays pauvres contre 60 à 70 % dans les pays riches !

 

 

 

Dans sa chronique Philippe Bernard, éditorialiste au « Monde », souligne la nécessité pour l’UE de se montrer solidaire avec les pays du continent africain, notamment en leur donnant les moyens d’acquérir des vaccins.

 

 

Il suffit de constater la propension de certains chefs d’Etat africains à se faire hospitaliser en Europe au moindre problème de santé sérieux pour avoir une idée de l’état des hôpitaux et du système sanitaire (ainsi que du peu de cas qui est fait des populations) en bien des points du continent. Autant dire que l’Afrique, qui compte 1,5 lit d’hôpital pour 1 000 habitants, contre 5 pour 1 000 dans l’Union européenne (UE), n’est pas plus préparée à affronter la pandémie de Covid-19 qu’elle ne l’était pour faire face au sida dans les années 1980. 

Avec moins de 150 000 morts déclarés pour 1,3 milliard d’habitants – moins de 4 % des morts, pour 17 % de la population de la planète –, le continent a longtemps paru relativement épargné par le Covid-19. Jeunesse de sa population ? Climat ? Habitude de la fièvre et de la maladie ? Faiblesse des tests et de la collecte des statistiques (en particulier celles de la mortalité) ? L’heure n’est plus – ou pas encore – à ces questions, car l’urgence prévaut désormais en Afrique, où la troisième vague a commencé. Elle « risque d’être la pire », a averti la directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Matshidiso Moeti.

 

L’Afrique du Sud, pays le plus touché du continent, est marquée par une « croissance exponentielle » du nombre de cas. Le variant Delta y est désormais dominant, et seulement 5 % de la population est vaccinée.

Alors que l’Afrique de l’Ouest semble encore relativement épargnée, l’Afrique australe, peut-être parce qu’elle entre dans l’hiver, ne l’est plus. En Ouganda, les hôpitaux sont saturés et l’oxygène manque. Au Kenya, le taux de positivité équivaut au dernier pic de la pandémie en Europe, tandis que la République démocratique du Congo, où trente-deux des 600 députés ont succombé au Covid-19, affronte, elle aussi, sa troisième vague. Celle-ci frappe au total vingt-trois pays du continent, selon John Nkengasong, directeur du centre de contrôle et de prévention des maladies de l’Union africaine (UA).

Nationalisme vaccinal

Au moment même où les pays développés envisagent la sortie du tunnel grâce à la vaccination, la menace d’une explosion du Covid-19 dans les pays les plus pauvres de la planète se fait plus sérieuse, ravivant la crainte d’une pandémie de longue durée et reléguant à l’état de mirage l’espoir d’une Europe et d’une Amérique du Nord désormais « tirées d’affaire ».

Un chiffre simple parle de lui-même : à peine 1 % des Africains ont été vaccinés, là où près de 50 % des Américains et près de 40 % des Européens le sont. Tandis que les pays riches ont assuré l’approvisionnement de doses couvrant plus de quatre fois et demie leur population, l’Afrique ne s’en est procuré que pour 10 % de la sienne. Et sur les 2,1 milliards d’injections réalisées dans le monde, 1 % seulement ont bénéficié à des Africains.

L’urgence d’un soutien à l’éducation dans les pays pauvres

L’urgence d’un soutien à l’éducation dans les pays pauvres 

 

 

Du fait de la pandémie de Covid-19, dans le monde, des millions d’enfants ont été privés d’école, les filles étant les plus touchées et risquant de ne jamais y retourner. Nous devons agir, et la France doit montrer l’exemple, souligne, dans une tribune au « Monde », un collectif d’enseignants.

 

Tribune.

La pandémie de Covid-19 a affecté l’éducation dans le monde entier. En avril 2021, au plus fort de la crise, 1,6 milliard d’enfants dans le monde ont été contraints de quitter les bancs de l’école. Nous, enseignants et enseignantes des cycles primaires, secondaires et supérieurs, en avons été les premiers témoins (« L’impact du Covid-19 sur l’éducation », Unesco). Nous avons tout tenté pour continuer à exercer notre métier dans les meilleures conditions possibles, car nous savons à quel point chaque journée passée à l’école est cruciale pour l’apprentissage de nos élèves.

Alors que la situation revient petit à petit à la normale en France, que nous nous apprêtons à corriger nos dernières copies et que nos élèves ont déjà la tête aux grandes vacances d’été, nous souhaitons alerter sur la situation dans les pays où la crise éducative mondiale aggravée par la pandémie a fait le plus de dégâts.


Prenons les enfants qui ont eu ou auront 10 ans cette année.

L’âge de 10 ans est une étape-clé de l’apprentissage dans la vie d’un enfant : c’est le moment où il cesse d’apprendre à lire, et commence à lire pour apprendre.

A cause à la fois de la pandémie de Covid-19 et du manque de financement chronique des systèmes éducatifs dans les pays pauvres, l’ONG One estime qu’environ 70 000 000 d’enfants – soit l’équivalent de la population de la France – vont rater cette étape cruciale de leur apprentissage pour leur garantir un avenir meilleur.

 

Les filles ont encore été les plus touchées. Privées des bancs de l’école, c’est non seulement leur avenir scolaire et professionnel qui est menacé, mais elles courent davantage de risques d’être forcées à se marier, de subir des mutilations génitales ou d’être exposées à des violences sexistes et sexuelles.

D’ici la fin de la crise, ce sont 20 millions d’entre elles qui risquent de ne jamais retourner à l’école. Si on ne réagit pas de toute urgence, la pandémie laissera derrière elle des millions de filles supplémentaires à qui on aura volé le droit et la chance d’apprendre à lire, et donc d’étudier pour devenir les infirmières, chercheuses, enseignantes, journalistes, cheffes d’orchestre, médecins, et même ministres ou astronautes de demain. Nous devons agir, et la France doit montrer l’exemple.

Epreuve de rattrapage

Cet été doit avoir lieu la conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation. C’est le plus grand fonds au monde consacré à l’éducation dans les pays pauvres, et il s’est donné pour objectif de scolariser 88 millions d’enfants supplémentaires sur les cinq prochaines années.

Le G7 et vaccin : une aumône d’un milliard de vaccins aux pauvres !

Le G7 et vaccin : une aumône d’un milliard de vaccins aux pauvres !

La démarche paraît particulièrement généreuse de la part des pays développés. En effet dans le cadre de l’organisation G7 qui réunit les pays riches, il a été décidé d’attribuer généreusement 1 milliard de vaccins aux pauvres quand il en faudrait 10 fois plus. En réalité une aumône. En effet il faut savoir que la population mondiale comprend 7,5 milliards d’habitants. Assez rapidement, il faudrait vacciner de l’ordre de 5 milliards d’habitants dans la plupart se trouve dans les pays pauvres. Cela nécessiterait de fournir 10 milliards de vaccins. Il faut en effet 2 doses pour assurer une certaine protection vaccinale. En outre va se poser des la rentrées le problème de la troisième dose pour ceux qui ont déjà été vaccinés. La plupart des laboratoires estime en effet que la vaccination va demeurer annuelle . Dernier élément et non des moindres la distribution de ces vaccins aux pauvres  sera étalée au moins jusqu’à l’été 2022.

Pourtant, alors que les pays européens allègent leurs restrictions, l’OMS les a appelé à ne pas baisser la garde. «La couverture vaccinale est loin d’être suffisante pour protéger la région d’une résurgence», a prévenu jeudi le directeur Europe de l’OMS, Hans Kluge. «Le chemin à parcourir pour atteindre une couverture d’au moins 80% de la population adulte est encore considérable», a-t-il souligné. «Nous sommes loin d’être hors de danger».

Chaudières au fioul: Bientôt interdites pour les pauvres

 

Chaudières au fioul: Bientôt interdites pour les pauvres

Généreusement, l’exécutif a décidé de reculer pour donner plus de temps aux trois millions de particuliers qui se chauffent au fioul en France. Le plus souvent des pauvres et qui résident dans des zones économiquement et socialement sous-développées. Un peu la même logique que celle qui consiste à interdire les voitures les plus anciennes à Paris. On vise surtout les pauvres pour permettre aux riches d’utiliser l’espace disponible avec des voitures électriques de 40 à 100 000 €. Même chose pour le chauffage. La fin des chaudières au fioul a été reportée à la mi-2022 pour l’ensemble des constructions, a indiqué Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique. Initialement, la sortie était prévue pour le 1er juillet 2021 pour les logements neufs et le 1er janvier 2022 pour les logements anciens. Un décret sera transmis en ce sens au Conseil d’État, indique Le Figaro.

 

« [Le texte] prévoit des possibilités de dérogations pour certains cas puisqu’il peut arriver qu’il y ait des difficultés, des impossibilités techniques ou des coûts excessifs », a précisé Barbara Pompili, auditionnée jeudi 3 juin à l’Assemblée nationale. De plus, le décret « n’interdira pas les réparations des installations existantes ».

Le gouvernement souhaite que les particuliers utilisant encore le chauffage au fioul l’abandonnent peu à peu, une fois qu’ils souhaiteront changer leurs installations. En guise d’incitation, l’exécutif table sur le prix important d’une chaudière à fioul comparé à celui d’une pompe à chaleur, d’un chauffage au gaz ou d’une chaudière à granulés.

Une situation qui pourrait bien inquiéter les utilisateurs situés en milieu rural, lorsque le chauffage au gaz de ville n’est pas possible et où le débit électrique peut être faible, excluant l’utilisation de pompes à chaleur. Il sera alors possible de se rabattre sur les pompes à chaleur hybrides ou les chaudières à bûches ou granulés. En cas d’impossibilité, l’interdiction ne sera « pas applicable », a précisé, Emmanuelle Wargon, ministre chargée du Logement.

Vaccination pays pauvres : Le G20 toujours assez flou

Vaccination pays pauvres : Le G20 toujours assez flou

.Hier, le premier sommet mondial sur la santé s’est tenu à Rome, sous la double présidence de l’Italie à la tête du G20 et de l’Europe. Il n’en est pas ressorti d’engagement très concret et très précis vis-à-vis des pays pauvres. Plutôt des les intentions.

 

Mario Draghi a reconnu que « les différences dans les taux de vaccination sont stupéfiantes. Si près de 1,5 milliard de doses de vaccins ont été administrées, 85 % l’ont été dans les pays riches, et pas plus de 0,3 % dans des pays à faible revenu. Ces disparités sont non seulement inacceptables. Elles sont aussi une ­menace. »

 

Des pays notamment dans l’union européenne se sont engagés à donner encore plus de doses en voie de développement mais la réunion n’a pas permis d’aboutir sur la levée des brevets . Et les engagements des pays riches demeurent assez diversifiés et flous vis-à-vis des pays pauvres.

 

La Covid-19 accroît les inégalités entre pays riches et pays pauvres

La Covid-19 accroît les inégalités entre pays riches et pays pauvres

Un article de Joe Parkinson  dans le Wall Street Journal 

Si, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Chine, le redémarrage est fulgurant, la plupart des pays pauvres sont à la peine et des décennies d’efforts pour réduire la pauvreté sont réduites à néant

 

En Amérique latine, après quinze ans d’une croissance propulsée par des exportations de matières premières qui avaient permis à des millions de personnes de sortir de la pauvreté, l’économie s’est contractée de 7,4 % en 2020, son pire repli depuis 1821, année des guerres d’indépendance,

 

En dopant la croissance des premiers et en plombant le PIB des seconds, la Covid-19 est en train de rouvrir le fossé qui sépare pays riches et pays pauvres.

Aux Etats-Unis, les économistes tablent sur des taux de croissance dignes des années folles. En Chine, le PIB a bondi de 18,3 % au premier trimestre. Au Royaume-Uni, la croissance flirte avec les taux d’après-guerre.

A l’inverse, dans les pays en développement, où la vaccination avance très lentement et les Etats n’ont pas les moyens de fournir un soutien durable, le marasme économique se confirme et l’activité peine à se relever de la contraction de l’an passé.

Moteur de progrès économique, scolaire et politique, la classe moyenne de ces pays se réduit comme peau de chagrin, ce qui n’est pas le cas aux Etats-Unis et en Chine, selon le Pew Research Center. Si l’économie américaine a rapidement renoué avec la croissance, dans les pays moins favorisés, il faudra des années pour retrouver les niveaux de 2019.

Le Fonds monétaire international (FMI), qui a baptisé ce phénomène « la Grande divergence », craint que « la plupart des pays en développement risquent […] de rester plongés dans un marasme économique au cours des prochaines années ».

« Ce virus est devenu le virus des inégalités, déplore Amina Mohammed, vice-Secrétaire générale des Nations unies. La divergence mondiale vers laquelle nous nous dirigeons est une catastrophe. »

Jusqu’à ce que le coronavirus provoque confinement et choc économique, le XXIe siècle avait été marqué par un rattrapage des pays en développement, qui réduisaient peu à peu leur retard en termes de santé, d’éducation, de santé et de stabilité.

Selon la Banque mondiale, ce sont jusqu’à 150 millions de personnes qui ont été précipitées dans une pauvreté extrême par la Covid-19. Et, d’après le Programme alimentaire mondial, la famine menace 34 millions de personnes, soit une hausse de 35 % en un an

En Amérique latine, après quinze ans d’une croissance propulsée par des exportations de matières premières qui avaient permis à des millions de personnes de sortir de la pauvreté, l’économie s’est contractée de 7,4 % en 2020, son pire repli depuis 1821, année des guerres d’indépendance, indiquait la Banque interaméricaine de développement (BID) dans son rapport annuel publié en mars.

En Afrique centrale et occidentale, à court d’argent, les Etats peinent à contenir la résurgence de maladies telles que la rougeole et le paludisme, qui ont fait des milliers de morts ces derniers mois, de jeunes enfants pour la plupart. En Amérique latine, plus d’un enfant sur deux (c’est-à-dire plus de 100 millions d’écoliers) est déscolarisé. Nombreux sont ceux qui ne retourneront jamais sur les bancs de l’école : c’est une génération tout entière qui risque de ne pas profiter des bienfaits de l’éducation.

Selon la Banque mondiale, ce sont jusqu’à 150 millions de personnes qui ont été précipitées dans une pauvreté extrême par la Covid-19. Et, d’après le Programme alimentaire mondial (PAM), la famine menace 34 millions de personnes, soit une hausse de 35 % en un an. De la Colombie au Soudan, la colère que suscite l’envolée des prix des produits alimentaires (terreau de changement politique, comme en témoignent la Révolution française ou le Printemps arabe) commence à gronder dans les rues.

La situation en Inde, où le nombre de nouveaux cas quotidiens atteint les 400 000, un record mondial, et où la pandémie ferait officiellement 4 000 morts par jour, fait craindre une catastrophe dans les autres pays non vaccinés. Du Népal à l’Iran, en passant par le Pérou et l’Argentine, les systèmes de santé vacillent devant des hordes de patients pour lesquels les lits et l’oxygène manquent. Les crématoriums fonctionnent à plein régime et les nouveaux variants progressent plus vite que les capacités des laboratoires à les suivre.

Depuis le début de l’année, plus de 1,5 million de décès dus à la Covid-19 ont été recensés à travers le monde, le virus s’étant propagé en Amérique latine et dans certaines régions d’Asie. Selon des données recueillies par l’université d’Oxford, la barre des 1,8 million de morts (enregistrés en 2020) sera franchie d’ici quelques semaines. Ces derniers mois, les statistiques se sont inversées : alors que l’Europe et l’Amérique représentaient 73 % des décès quotidiens en début d’année, ce sont désormais l’Amérique latine, l’Asie et l’Afrique qui déplorent 72 % des morts dues à la pandémie.

« La situation doit nous alerter et alerter les autres régions du monde qui ont des difficultés d’accès au vaccin », souligne John Nkengasong, directeur des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique). Le continent compte 1,5 milliard d’habitants, dont seulement 0,4 % sont vaccinés.

Depuis que la campagne de vaccination a commencé en fin d’année dernière, l’écart entre pays riches et pays pauvres n’a jamais été aussi abyssal, selon la banque d’investissement UBS. En Europe et en Amérique du Nord, entre 30 % et 50 % de la population est vaccinée.

En outre, dans beaucoup de pays en développement, les salaires et les emplois dépendent de secteurs particulièrement touchés par la pandémie, notamment le tourisme, et les finances publiques ne sont pas assez solides pour verser des aides.

Quand la pandémie a frappé, l’essentiel de ces pays affichaient une dette externe très importante. Si les taux au jour le jour sont nuls ou négatifs dans les économies avancées, ils dépassent généralement les 4 % dans les économies émergentes, qui empruntent sur des durées plus longues (car elles investissent dans les infrastructures et l’éducation, beaucoup plus coûteuses). Un certain nombre de pays, dont la Zambie, l’Argentine et le Liban, ont d’ailleurs déjà fait défaut sur leur dette.

Des responsables politiques estiment aussi que l’endettement pourrait forcer certains Etats à opter pour l’austérité budgétaire, minant davantage la reprise. Dans un certain nombre de pays en développement, les prix de l’alimentation s’envolent, ce qui pousse les banques centrales à durcir leur politique pour enrayer l’inflation.

« Les dégâts sont réels et sous-estimés », déplore Kenneth Rogoff, ancien chef économiste du FMI désormais en poste à Harvard.

Du cuivre à l’étain, en passant par le bois, l’explosion de la demande provoquée par le redémarrage de la Chine et des Etats-Unis a fait flamber les cours des matières premières, ce qui pourrait aider les pays producteurs d’Afrique et d’Amérique latine à repartir et remettre leurs finances publiques sur pied

A l’époque où il travaillait au FMI, au début des années 2000, sous l’effet de la mondialisation, l’essor économique de l’Occident avait permis aux marchés émergents de connaître deux décennies de croissance historiquement forte, Chine en tête. Certains affirmaient alors qu’il était possible de créer une économie mondiale dans laquelle l’harmonisation des règles commerciales et migratoires tirerait tous les pays vers le haut et doperait le niveau de vie des pays en développement.

Les choses ne sont pas tout à fait aussi homogènes aujourd’hui. Dans les pays où l’activité est plus diversifiée et où les gouvernements ont pris rapidement des mesures, les séquelles de la pandémie sont moindres, même si de bons élèves tels que le Vietnam ou la Thaïlande ont constaté une envolée des cas ces dernières semaines.

Du cuivre à l’étain, en passant par le bois, l’explosion de la demande provoquée par le redémarrage de la Chine et des Etats-Unis a fait flamber les cours des matières premières, ce qui pourrait aider les pays producteurs d’Afrique et d’Amérique latine à repartir et remettre leurs finances publiques sur pied.

Pendant dix ans, Andrew Nsamba a fait prospérer son entreprise, la Najjera Progressive Private School, installée près de Kampala, capitale de l’Ouganda. Surfant sur une expansion économique alimentée par la cherté des matières premières et les emprunts étrangers, l’établissement a rapidement dépassé les 1 000 inscrits et ouvert une liste d’attente pour les familles de la nouvelle classe moyenne désireuses d’investir dans l’avenir de leurs rejetons.

Mais aujourd’hui, privée de revenus par les confinements et l’absence d’inscriptions (beaucoup de parents ayant perdu leur emploi), l’école a dû fermer ses portes. Ses 70 salariés sont au chômage et Andrew Nsamba peine à rembourser ses emprunts bancaires. « Le coronavirus n’a pas seulement tué l’école : il a détruit toute l’infrastructure économique de la communauté, soupire-t-il. Ses répercussions sont omniprésentes. »

Selon World Data Lab, une entreprise spécialisée dans les statistiques, la classe moyenne d’Afrique subsaharienne (environ 180 millions de personnes, sur 1,3 milliard d’habitants) s’est réduite de 11 % en 2020 et pourrait subir le même sort cette année car, selon le FMI, l’Afrique subsaharienne sera la région du monde où la croissance sera la plus faible en 2021.

En Amérique latine, la croissance devrait atteindre 4,1 % cette année, un chiffre nettement inférieur aux économies développées, selon la BID.

« En 2019, la région réussissait à voler malgré un moteur en panne, mais en 2020, le deuxième moteur a lui aussi lâché, résume Eric Parrado, économiste en chef, dans le rapport. Nous allons sortir de cette crise plus pauvres, plus endettés et avec des économies très différentes du point de vue des structures productives. »

En Amérique latine, en raison de confinements particulièrement stricts, les enfants ont raté plus de jours de classe que dans le reste du monde, selon les Nations Unies. Depuis mars 2020, les écoles de la région ont été fermées entre 40 et 50 semaines, contre une moyenne mondiale de 26 semaines.

Seuls six pays ont entièrement rouvert les établissements scolaires : ce sont donc 124 millions d’enfants qui sont encore privés de cours en présentiel. Pour l’Unicef, il s’agit d’une « catastrophe pour toute une génération ».

Pour les parents de Virgen de la Candelaria, un quartier défavorisé de Lima, capitale du Pérou, la fermeture des écoles prive leurs enfants de leur meilleure chance d’échapper à la pauvreté.

Dans la plupart des pays en développement, faute de réseau wifi et d’argent pour payer un abonnement, l’enseignement en distanciel n’est pas possible.

En Amérique latine, avant même la crise sanitaire, l’une des pires crises alimentaires au monde sévissait au Venezuela, où l’insécurité alimentaire progresse. Au Brésil, 19 millions de personnes, soit 1 habitant sur 11, ont faim : c’est deux fois plus qu’en 2018

Miriam Salcera, 27 ans, est mère de Brianna, huit ans. Elle raconte que sa fille et elle ont du mal à comprendre les consignes envoyées par les enseignants, des messages vocaux WhatsApp qu’elles ne peuvent écouter que si elles achètent un forfait adéquat. A la maison, Brianna a du mal à se concentrer et sa mère redoute que la prochaine année scolaire soit elle aussi problématique (au Pérou, les enfants vont à l’école de mars à décembre).

« Je suis vraiment inquiète, soupire-t-elle. Il faut que ça se termine et que les enfants retournent à l’école. »

Dans les pays pauvres, plus de 800 millions d’élèves et étudiants n’ont pas accès à un ordinateur, selon les Nations unies. Et ces millions de jeunes qui ont plus souvent décroché que ceux des pays riches ne retourneront probablement jamais à l’école.

Le PAM, Prix Nobel de la paix en 2020 pour son action dans les zones de conflit, a prévenu que la pandémie risquait de provoquer « de nombreuses famines généralisées et de proportions bibliques ».

L’organisation a précisé qu’au Nigéria, les perturbations subies par les chaînes logistiques pourraient engendrer une famine dans le pays le plus peuplé d’Afrique, qui n’en avait plus connu depuis un demi-siècle. A Madagascar, où les confinements ont aggravé les dégâts provoqués par des années de sécheresse et de maigres récoltes, des centaines de milliers de personnes doivent se nourrir de roseaux et d’écorces d’arbre pour ne pas mourir de faim.

En Amérique latine, avant même la crise sanitaire, l’une des pires crises alimentaires au monde sévissait au Venezuela, où l’insécurité alimentaire progresse. Au Brésil, 19 millions de personnes, soit 1 habitant sur 11, ont faim : c’est deux fois plus qu’en 2018. Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), au niveau mondial, les prix alimentaires augmentent plus vite que l’inflation.

A Cali, troisième ville de Colombie, des manifestations ont eu lieu pour dénoncer une pauvreté et des difficultés exacerbées par la pandémie. Elles ont agité la ville, perturbé l’approvisionnement en denrées alimentaires et envoyé un signal fort aux dirigeants politiques : la détresse générée par la pandémie pourrait semer un chaos difficilement maîtrisable.

« Les gens se sentent laissés pour compte, et tout ce qu’ils peuvent faire, c’est manifester, résume Richard Cardona, qui patiente dans une longue file devant une station-service de Cali. Il faut faire la révolution pour être entendu. »

Ryan Dube à Lima (Pérou), Nicholas Bariyo à Kampala (Ouganda) et Kejal Vyas à Bogota (Colombie) ont contribué à cet article

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Marion Issard)

Covid – Pays pauvres: envoi de 500 000 doses par la France

Covid-  Pays pauvres: envoi de 500 000 doses par la France

 

 

En Europe près de 20 % de la population sont maintenant vaccinés  tandis que par exemple en Afrique seulement 1 % de la population a reçu un vaccin. Face à cette inégalité qui par ailleurs favorise le développement de variants, nombre de pays vont accroître leur fourniture de vaccins au pays pour notamment l’Afrique.

 

Piloté par l’OMS, l’Alliance du vaccin (Gavi) et la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (Cepi), le mécanisme COVAX a pour objectif de collecter et distribuer deux milliards de doses de vaccins aux pays pauvres d’ici la fin de l’année. Jusqu’à présent, plus de 40 millions de doses de vaccins ont déjà été distribuées.

 

La France va intensifier les livraisons de vaccins contre le Covid-19 dans le cadre de c eprogramme COVAX. Vendredi 23 avril, Emmanuel Macron a annoncé l’envoi dans les prochains mois de 500 000 doses aux pays pauvres ciblés par l’initiative.. Le chef de l’État a par ailleurs indiqué que les premiers vaccins promis étaient en route vers l’Afrique de l’Ouest.

Emmanuel Macron a qualifié d’« inacceptable » l’avancée inégale des campagnes vaccinales dans le monde, ajoutant qu’une personne sur six a reçu au moins une dose de vaccin en Europe, contre moins d’une sur cent en Afrique.

 

Rééquilibrage du système économique pour les pays pauvres (Thomas Piketty)

Rééquilibrage du  système économique pour les pays pauvres (Thomas Piketty)

 

Par Thomas Piketty, Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris. Tribune dans le Monde.

 

En refusant de lever les brevets sur les vaccins contre le Covid-19, les Occidentaux ont montré leur incapacité à prendre en compte les besoins des pays du Sud. Les pays riches doivent sortir des mécanismes internationaux reposant sur un fonctionnement néocolonial et permettre aux autres de se développer par leurs propres moyens, estime l’économiste dans sa chronique au « Monde ».

La crise du Covid-19, la plus grave crise sanitaire mondiale depuis un siècle, oblige à repenser fondamentalement la notion de solidarité internationale. Au-delà du droit à produire des vaccins et du matériel médical, c’est toute la question du droit des pays pauvres à se développer et à percevoir une partie des recettes fiscales des multinationales et des milliardaires de la planète qui doit être posée. Il faut sortir de la notion néocoloniale d’aide internationale, versée au bon vouloir des pays riches, sous leur contrôle, et passer enfin à une logique de droits.

 

Commençons par les vaccins. Certains avancent (imprudemment) que cela ne servirait à rien de lever les droits de propriété sur les brevets, car les pays pauvres seraient incapables de produire les précieuses doses. C’est faux. L’Inde et l’Afrique du Sud ont des capacités importantes de production de vaccins, qui pourraient être étendues, et le matériel médical peut être produit un peu partout. Ce n’est pas pour passer le temps que ces deux pays ont pris la tête d’une coalition d’une centaine de pays pour réclamer à l’OMC [l’Organisation mondiale du commerce] la levée exceptionnelle de ces droits de propriété. En s’y opposant, les pays riches n’ont pas seulement laissé le champ libre à la Chine et à la Russie : ils ont raté une belle occasion de changer d’époque et de montrer que leur conception du multilatéralisme n’allait pas dans un seul sens. Espérons qu’ils fassent très vite machine arrière.

La France et l’Europe complètement dépassées

Mais au-delà de ce droit à produire, c’est l’ensemble du système économique international qui doit être repensé en termes de droits pour les pays pauvres à se développer et à ne plus se laisser piller par les plus riches. En particulier, le débat sur la réforme de la fiscalité internationale ne peut pas se réduire à une discussion entre pays riches visant à se partager les profits actuellement localisés dans les paradis fiscaux. C’est tout le problème des projets discutés à l’OCDE [l’Organisation de coopération et de développement économiques]. On envisage que les multinationales fassent une déclaration unique de leurs profits au niveau mondial, ce qui est en soi est une excellente chose. Mais au moment de répartir cette base fiscale entre pays, on prévoit d’utiliser un mélange de critères (masses salariales et ventes réalisées dans les différents territoires) qui en pratique aboutira à attribuer aux pays riches plus de 95 % des profits réalloués, et à ne laisser que des miettes aux pays pauvres. La seule façon d’éviter ce désastre annoncé est d’inclure enfin les pays pauvres autour de la table et de répartir les profits en question en fonction de la population (au moins en partie).

Pays pauvres : Les pièges de la dette chinoise

Pays pauvres : Les pièges de la dette chinoise

 

Un rapport rendu public fin mars livre des éclaircissements sur les conditions d’emprunt exigées par le premier pays créancier au monde envers des pays à bas revenus, relève dans sa chronique Julien Bouissou, journaliste au « Monde ».

 

 

Chronique.

Des chercheurs américains et allemands viennent de mettre la main sur un trésor. Ils ont déniché, dans les tréfonds d’Internet et des archives des administrations publiques, une centaine d’accords de prêts passés entre la Chine et vingt-quatre pays à bas revenus, entre 2000 et 2020, pour un total de 36,6 milliards de dollars (31 milliards d’euros). Ces documents valent de l’or car on ne sait pas grand-chose sur les conditions d’emprunt exigées par le premier pays créancier au monde, lesquelles ont fait l’objet de nombreuses études, ou plutôt, il faut bien l’admettre, de nombreuses spéculations.

Les uns soutiennent que la dette chinoise est un piège destiné à obtenir des concessions géostratégiques dans des pays en faillite, les autres qu’elle donne de l’oxygène à des pays pauvres désertés par les créanciers. Le rapport rédigé par quatre centres de recherche, dont le laboratoire AidData du collège américain William & Mary, le Center for Global Development et le Peterson Institute for International Economics, tous deux basés à Washington, et le Kiel Institute for the World Economy d’Allemagne, devrait alimenter les discussions entre pays membres du G20. Ils se réunissent justement cette semaine pour aborder notamment la question de la dette des pays pauvres, qui a dangereusement augmenté depuis le début de la crise économique liée à la pandémie du Covid-19.


Non seulement les conditions d’emprunt doivent rester confidentielles, mais les montants des prêts aussi

Selon le rapport intitulé « How China Lends » (« Comment la Chine prête ») et rendu public fin mars, les créanciers chinois rédigent des clauses de confidentialité qui dépassent de loin les exigences généralement formulées par les pays créanciers ou les banques de développement. Non seulement les conditions d’emprunt doivent rester confidentielles, mais les montants des prêts aussi. Une confidentialité qui pose de sérieux problèmes de transparence, puisque les gouvernements doivent cacher à leurs contribuables les sommes que ces derniers devront rembourser tôt ou tard. Cette opacité complique aussi les procédures de restructuration collective de dette. Comment les créanciers d’un pays au bord du défaut de paiement peuvent-ils évaluer sa solvabilité ou ses capacités de remboursement s’il leur manque une partie des informations ?

Demandes inhabituelles

A l’abri du regard des autres créanciers, Pékin formule d’autres demandes inhabituelles. Les trois quarts de leurs contrats comportent ainsi une clause de non-participation aux restructurations de dette menées par le Club de Paris. Or, ce club des grandes nations créancières avait patiemment mis au point, au fil des ans, un ensemble de règles pour coordonner les plans de restructuration ou d’annulation de dette, dont l’une consiste à ne pas favoriser un créancier plutôt qu’un autre. La Chine a dynamité ce principe d’équité, ce qui lui permet d’exiger de ses débiteurs d’être remboursée en priorité en cas de problème.

Covid : un besoin de 12 milliards pour les pays pauvres d’Afrique

Covid  : un besoin de 12 milliards pour les pays pauvres

L’Afrique aura besoin de 12 milliards de dollars pour s’approvisionner et distribuer les doses de vaccins nécessaires à l’interruption de la circulation du nouveau coronavirus, montre un rapport établi par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

Ce document plaide notamment pour une prolongation du moratoire accordé par les pays du G20 sur le remboursement du service de la dette des pays africains et souligne les besoins de ces derniers en terme de liquidités.

« La dette insoutenable des pays pauvres »

« La dette insoutenable des pays pauvres »

La Plate-forme française dette & développement (PFDD) qui regroupe une trentaine d’organisations de la société civile appelle, dans une tribune au « Monde », la France à défendre un cadre universel de traitement des dettes et demande une réforme en profondeur de l’architecture internationale de la dette des pays pauvres.

Tribune.

 

Les chefs d’Etat du monde entier sont invités, lundi 29 mars, à se réunir à l’ONU pour discuter de la réforme de l’architecture internationale de la dette. La communauté internationale a aujourd’hui la possibilité d’enfin apporter des réponses structurelles, alors que la crise économique mondiale déclenchée par la pandémie de Covid-19 sévit depuis plus d’un an, et plonge les pays pauvres dans une situation chaque jour plus critique, plombée par des niveaux de dette insoutenables.

Si la communauté internationale saisit cette opportunité et engage cette nécessaire réforme de l’architecture internationale de la dette, elle peut contribuer à sauver les objectifs du développement durable, et lutter contre la pauvreté et les inégalités mondiales. Si elle ne le fait pas, elle condamne les populations des pays en développement à une nouvelle décennie perdue.

Les pays pauvres sont gravement touchés par la crise. Les impacts socio-économiques de la pandémie pourraient perdurer des années, voire des décennies. Un demi-milliard de personnes pourraient tomber dans la pauvreté, entraînant une augmentation des inégalités sociales, économiques et de genre.

Les niveaux d’endettement de ces pays, qui atteignaient déjà des niveaux record avant la pandémie (deux fois plus élevés qu’à la veille de la crise financière de 2008), sont devenus complètement insoutenables dans le contexte de crise actuel. Beaucoup consacrent déjà une plus grande part de leurs maigres ressources au remboursement de leur dette qu’à la santé ou à l’éducation.

Le Ghana, par exemple, dépense 11 fois plus pour honorer le service de sa dette que pour ses dépenses de santé. Si des mesures ambitieuses ne sont pas adoptées, des ressources publiques vitales vont continuer d’être dépensées pour rembourser les créanciers de ces pays (pays riches, banques multilatérales, banques privées et fonds d’investissement) au détriment des besoins sociaux, économiques ou de santé des populations.

En avril 2020, Emmanuel Macron plaidait pour des annulations massives de la dette africaine. Sous l’impulsion de la France, le Groupe des vingt pays les plus riches (G20) a lancé une initiative de suspension du service de la dette (ISSD) puis adopté un cadre commun de traitement des dettes des pays pauvres.

Hélas, ces deux mécanismes sont très loin d’apporter des réponses réelles à la crise. Pensés par et pour ces pays créanciers, ils sont destinés à simplement reporter et rééchelonner les paiements de dettes d’un nombre limité de pays pauvres, et ne prévoient aucun moyen de contraindre les créanciers privés et multilatéraux à participer.

ENA : l’entourloupe de Macron avec l’entrée de quelques pauvres pour justifier l’institution

ENA : l’entourloupe de Macron avec l’entrée de quelques pauvres pour justifier l’institution

 

L’entourloupe de Macron et grossière mais pourtant elle passe puisque pratiquement peu de médias se scandalisent de ce changement total de position vis-à-vis de l’ENA. Le président de la république avait pourtant prit l’engagement de supprimer cette institution de technocrates qui ont envahi toutes les institutions publiques et privées et même la politique. Brusquement pour la justifier Macron sort de  son chapeau la possibilité de faire entrer quelques pauvres donnant ainsi un vernis démocratique a un outil obsolète qui pollue la vie politique, économique et administrative.  D’une certaine manière c’est une manœuvre dilatoire car la vraie question de l’ENA n’est pas celle de sa sociologie mais des liens consanguins entre les anciens élèves qui ne cessent de se renvoyer l’ascenseur pour coloniser la plus grande partie de la vie économique et politique du pays.

 

En matière de politique à peu près tous les partis de gouvernement sont sous influence de l’ENA. Dans les entreprises le recrutement d’énarques est incontournable afin qu’ils mettent à disposition de l’entreprise leur carnet d’adresses. Dans l’administration aussi évidemment l’ENA domine et s’accapare les plus hauts postes dans l’Etat. Le tout avec des allers-retours plus que discutable entre la sphère politique, économique et administrative.

La France est le seul pays développé doté d’une école de formation des hauts fonctionnaires avec entrée directe à vie dans les grands corps et les administrations centrales, comme l’ENA. A minima, une solution aurait été de supprimer le fameux classement de sortie. Le rapport Thiriet qui était censé préfigurer l’organisation de la suppression de l’ENA proposait d’ailleurs de lui préférer des entretiens d’embauche entre les jeunes diplômés et les administrations et un accès aux grands corps seulement accessible au bout de trois ans.

 

 

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