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Economie -Inflation : l’hypocrisie des banques centrales

Economie -Inflation : l’hypocrisie des banques centrales

 

Les banquiers centraux multiplient les effets de manche afin de justifier la lutte contre l’inflation. Sauf que les taux d’intérêt proposés ne collent pas au danger annoncé. Par Karl Eychenne, stratégiste et économiste.

En clair, les banquiers centraux communiquent beaucoup sur les perspectives de relèvement des taux d’intérêt pour réguler l’inflation mais en vérité utilisent  cette inflation pour amortir les dettes et les énormes générosités monétaires pendant la crise sanitaire. Ils ne souhaitent pas non plus casser la fragile croissance avec un arrêt brutal de la politique monétaire accommodante . Finalement la manière classique qui consiste à utiliser l’inflation pour amortir les excès de la planche à billets.Ou le transfert de l’amortissement de l’endettement sur le consommateur. Un consommateur qui va subir avec l’inflation une dévaluation de fait de son pouvoir d’achat de l’ordre de 5 % en 2022 en moyenne. NDLR 

« L’inflation risque de tout raser sur son passage, il faut agir vite et fort. »

Voilà un condensé de ce qui a pu être dit par les membres des banques centrales américaine (Fed) et européenne (BCE) au cours des dernières semaines. Agir vite et fort, mais pas trop vite quand même, précise Christine Lagarde dans son dernier discours. Globalement, on a quand même bien compris le message. Les banquiers centraux ourdissent des politiques monétaires plus restrictives.

Pourtant, quelque chose ne colle pas. Il y a un décalage étonnant entre les mots et les taux. Les mots employés pour parler du danger inflationniste ne se retrouvent pas dans les taux qui sont proposés pour juguler ce risque. En vérité, on est bien loin d’une politique monétaire qui deviendrait restrictive. Il conviendrait plutôt de parler de politique monétaire moins accommodante.

Le cas américain en est la plus parfaite illustration. Aujourd’hui, le taux d’intérêt directeur de la Fed s’établit dans une fourchette allant de 0,25 à 0,5%, alors que l’inflation est en orbite à 8,5%. Le coût de l’argent (taux) est donc bien inférieur au coût de la vie (inflation). On pourrait anticiper alors que la volonté de la Fed de lutter contre l’inflation se traduise par une remontée des taux significative. Oui, la hausse sera significative, de 0,5 à près de 2% fin 2022 si l’on en croit les anticipations. Mais ce coût de l’argent restera bien inférieur au coût de la vie qui devrait décélérer de 8,5% à près de 5%. Même à son acmé en 2023, le coût de l’argent ne parviendrait qu’à revenir au même niveau que l’inflation : 3%. Pas vraiment l’impression d’une politique qui se donne les moyens de lutter contre l’inflation galopante.

En vérité, la lecture devient plus troublante encore si l’on adopte une approche plus fine. En effet, les initiés ont pour habitude de consulter un éventail de règles de politiques monétaires proposées par la recherche académique. Ces règles leur permettent de calibrer un niveau adéquat de taux d’intérêt directeur en fonction des fondamentaux économiques, un niveau qu’ils confrontent alors au taux d’intérêt directeur en vigueur. Si le taux requis par la règle est supérieur au taux en vigueur, on dira alors que la politique monétaire est trop accommodante : la Fed devrait donc remonter ses taux. On peut même se projeter en comparant le taux prévu au taux requis en fonction de différents scénario économiques.

Le constat est sans appel. Sur 21 cas retenus (7 règles et 3 scénarios), 19 justifieraient un taux d’intérêt directeur supérieur aux niveaux actuels de 0,5% aujourd’hui même. A horizon 1 an, 17 cas sur 18 justifieraient un taux directeur supérieur au 2% qui sont prévus. Enfin à horizon 2 ans, 13 cas sur 14 justifieraient un taux directeur supérieur à 3%. Clairement, la politique monétaire n’est pas, ne deviendrait pas restrictive, si les taux prévus par les membres de la Fed ou les marchés sont ceux qui seront appliqués. La Fed restera très accommodante, certes un peu moins.

La BCE n’est pas en reste. Certes son niveau d’inflation est un peu en dessous de celui des Etats-Unis à 7,4%. Mais la BCE ne prévoit pas de remonter ses taux aussi fort et aussi vite que la Fed. Seule une hausse des taux de 0 à 0,25% serait envisagée par la majorité des membres d’ici la fin de l’année. On est bien loin des 2% de la Fed. On peut alors procéder au même type d’analyse que pour la Fed ci-dessus. Le résultat sera du même acabit : la BCE ne pratiquera pas de politique monétaire restrictive ni en 2022 ni en 2023, mais une politique légèrement moins accommodante.

Mais alors pourquoi une telle agressivité verbale des banquiers centraux, pour une politique monétaire tout juste moins accommodante ? La première explication qui vient à l’esprit, c’est qu’ils ne croient pas à ce qu’ils disent. Le risque inflationniste est survendu. Personne ne croit vraiment que cette inflation galopante, dopée par les confinements à répétition et le conflit Ukrainien, ne tisonne un jour les salaires. Personne ne croit vraiment aux effets de second tour sur l’ensemble des prix des biens et services. D’ailleurs, même les marchés obligataires n’y croient pas. Franchement, avec des taux d’intérêt à 10 ans à près de 3% aux Etats-Unis et 1% en Allemagne, alors que l’inflation est à 8,5 et 7,4%, peut – on parler de Krach obligataire ? La hausse des taux depuis le début de l’année est impressionnante, vive et rapide, sans nul doute. Mais on est plus proche de l’allegretto que de l’allegro. Certes, l’histoire n’est pas terminée.

Plus vraisemblablement, les banquiers centraux ne reconnaissent toujours pas le risque inflationniste. En leur for intérieur, ils restent convaincus que l’inflation va retomber comme un soufflet, et qu’il faut éviter à tout prix de pratiquer une politique monétaire restrictive. L’activité économique n’y résisterait pas, et les marchés n’y survivraient pas. Depuis 15 ans les crises successives (Subprime, dette souveraine, Covid) ont rendu la performance économique et financière bien trop dépendante d’une politique monétaire qui devint ultra – accommodante sans jamais motiver de tensions indésirables sur les prix. Un constat que l’on peut faire dans toutes les économies dites développées.

Convaincus que cette période fut marquée par le sceau de l’excellence en matière de politique monétaire, les banquier centraux se refusent de croire qu’elle peut se terminer aussi bêtement. Ils tentent alors de donner le change avec des mots plutôt qu’avec des taux. Ils exagèrent le verbe plutôt que le geste. En art aussi on connût ce genre de pratique au XVIe siècle: on appela cela le maniérisme. L’expression d’un courant qui cherchait sa voix après que les artistes phares de l’époque (XVIe siècle) eurent tutoyé la perfection. Plutôt que de se risquer à quitter l’ivresse du génie, on préféra seulement s’en éloigner un peu, en exagérant les traits, les figures, les motifs. Bref, de l’exubérance plutôt que de l’errance diagnostique.

Inflation :Mensonge et hypocrisie des banques centrales

Inflation :Mensonge et hypocrisie des banques centrales

Politique monétaire et inflation : la fausse lutte des banquiers centraux !

Les banquiers centraux multiplient les effets de manche afin de justifier la lutte contre l’inflation. Sauf que les taux d’intérêt proposés ne collent pas au danger annoncé. Par Karl Eychenne, stratégiste et économiste.

En clair, les banquiers centraux communiquent beaucoup sur les perspectives de relèvement des taux d’intérêt pour réguler l’inflation mais en vérité utilisent  cette inflation pour amortir les dettes et les énormes générosités monétaires pendant la crise sanitaire. Ils ne souhaitent pas non plus casser la fragile croissance avec un arrêt brutal de la politique monétaire accommodante . Finalement la manière classique qui consiste à utiliser l’inflation pour amortir les excès de la planche à billets.Ou le transfert de l’amortissement de l’endettement sur le consommateur. Un consommateur qui va subir avec l’inflation une dévaluation de fait de son pouvoir d’achat de l’ordre de 5 % en 2022 en moyenne. NDLR 

« L’inflation risque de tout raser sur son passage, il faut agir vite et fort. »

Voilà un condensé de ce qui a pu être dit par les membres des banques centrales américaine (Fed) et européenne (BCE) au cours des dernières semaines. Agir vite et fort, mais pas trop vite quand même, précise Christine Lagarde dans son dernier discours. Globalement, on a quand même bien compris le message. Les banquiers centraux ourdissent des politiques monétaires plus restrictives.

Pourtant, quelque chose ne colle pas. Il y a un décalage étonnant entre les mots et les taux. Les mots employés pour parler du danger inflationniste ne se retrouvent pas dans les taux qui sont proposés pour juguler ce risque. En vérité, on est bien loin d’une politique monétaire qui deviendrait restrictive. Il conviendrait plutôt de parler de politique monétaire moins accommodante.

Le cas américain en est la plus parfaite illustration. Aujourd’hui, le taux d’intérêt directeur de la Fed s’établit dans une fourchette allant de 0,25 à 0,5%, alors que l’inflation est en orbite à 8,5%. Le coût de l’argent (taux) est donc bien inférieur au coût de la vie (inflation). On pourrait anticiper alors que la volonté de la Fed de lutter contre l’inflation se traduise par une remontée des taux significative. Oui, la hausse sera significative, de 0,5 à près de 2% fin 2022 si l’on en croit les anticipations. Mais ce coût de l’argent restera bien inférieur au coût de la vie qui devrait décélérer de 8,5% à près de 5%. Même à son acmé en 2023, le coût de l’argent ne parviendrait qu’à revenir au même niveau que l’inflation : 3%. Pas vraiment l’impression d’une politique qui se donne les moyens de lutter contre l’inflation galopante.

En vérité, la lecture devient plus troublante encore si l’on adopte une approche plus fine. En effet, les initiés ont pour habitude de consulter un éventail de règles de politiques monétaires proposées par la recherche académique. Ces règles leur permettent de calibrer un niveau adéquat de taux d’intérêt directeur en fonction des fondamentaux économiques, un niveau qu’ils confrontent alors au taux d’intérêt directeur en vigueur. Si le taux requis par la règle est supérieur au taux en vigueur, on dira alors que la politique monétaire est trop accommodante : la Fed devrait donc remonter ses taux. On peut même se projeter en comparant le taux prévu au taux requis en fonction de différents scénario économiques.

Le constat est sans appel. Sur 21 cas retenus (7 règles et 3 scénarios), 19 justifieraient un taux d’intérêt directeur supérieur aux niveaux actuels de 0,5% aujourd’hui même. A horizon 1 an, 17 cas sur 18 justifieraient un taux directeur supérieur au 2% qui sont prévus. Enfin à horizon 2 ans, 13 cas sur 14 justifieraient un taux directeur supérieur à 3%. Clairement, la politique monétaire n’est pas, ne deviendrait pas restrictive, si les taux prévus par les membres de la Fed ou les marchés sont ceux qui seront appliqués. La Fed restera très accommodante, certes un peu moins.

La BCE n’est pas en reste. Certes son niveau d’inflation est un peu en dessous de celui des Etats-Unis à 7,4%. Mais la BCE ne prévoit pas de remonter ses taux aussi fort et aussi vite que la Fed. Seule une hausse des taux de 0 à 0,25% serait envisagée par la majorité des membres d’ici la fin de l’année. On est bien loin des 2% de la Fed. On peut alors procéder au même type d’analyse que pour la Fed ci-dessus. Le résultat sera du même acabit : la BCE ne pratiquera pas de politique monétaire restrictive ni en 2022 ni en 2023, mais une politique légèrement moins accommodante.

Mais alors pourquoi une telle agressivité verbale des banquiers centraux, pour une politique monétaire tout juste moins accommodante ? La première explication qui vient à l’esprit, c’est qu’ils ne croient pas à ce qu’ils disent. Le risque inflationniste est survendu. Personne ne croit vraiment que cette inflation galopante, dopée par les confinements à répétition et le conflit Ukrainien, ne tisonne un jour les salaires. Personne ne croit vraiment aux effets de second tour sur l’ensemble des prix des biens et services. D’ailleurs, même les marchés obligataires n’y croient pas. Franchement, avec des taux d’intérêt à 10 ans à près de 3% aux Etats-Unis et 1% en Allemagne, alors que l’inflation est à 8,5 et 7,4%, peut – on parler de Krach obligataire ? La hausse des taux depuis le début de l’année est impressionnante, vive et rapide, sans nul doute. Mais on est plus proche de l’allegretto que de l’allegro. Certes, l’histoire n’est pas terminée.

Plus vraisemblablement, les banquiers centraux ne reconnaissent toujours pas le risque inflationniste. En leur for intérieur, ils restent convaincus que l’inflation va retomber comme un soufflet, et qu’il faut éviter à tout prix de pratiquer une politique monétaire restrictive. L’activité économique n’y résisterait pas, et les marchés n’y survivraient pas. Depuis 15 ans les crises successives (Subprime, dette souveraine, Covid) ont rendu la performance économique et financière bien trop dépendante d’une politique monétaire qui devint ultra – accommodante sans jamais motiver de tensions indésirables sur les prix. Un constat que l’on peut faire dans toutes les économies dites développées.

Convaincus que cette période fut marquée par le sceau de l’excellence en matière de politique monétaire, les banquier centraux se refusent de croire qu’elle peut se terminer aussi bêtement. Ils tentent alors de donner le change avec des mots plutôt qu’avec des taux. Ils exagèrent le verbe plutôt que le geste. En art aussi on connût ce genre de pratique au XVIe siècle: on appela cela le maniérisme. L’expression d’un courant qui cherchait sa voix après que les artistes phares de l’époque (XVIe siècle) eurent tutoyé la perfection. Plutôt que de se risquer à quitter l’ivresse du génie, on préféra seulement s’en éloigner un peu, en exagérant les traits, les figures, les motifs. Bref, de l’exubérance plutôt que de l’errance diagnostique.

Inflation : l’hypocrisie des banques centrales

Inflation : l’hypocrisie des banques centrales

Politique monétaire et inflation : la fausse lutte des banquiers centraux !

Les banquiers centraux multiplient les effets de manche afin de justifier la lutte contre l’inflation. Sauf que les taux d’intérêt proposés ne collent pas au danger annoncé. Par Karl Eychenne, stratégiste et économiste.

En clair, les banquiers centraux communiquent beaucoup sur les perspectives de relèvement des taux d’intérêt pour réguler l’inflation mais en vérité utilisent  cette inflation pour amortir les dettes et les énormes générosités monétaires pendant la crise sanitaire. Ils ne souhaitent pas non plus casser la fragile croissance avec un arrêt brutal de la politique monétaire accommodante . Finalement la manière classique qui consiste à utiliser l’inflation pour amortir les excès de la planche à billets.Ou le transfert de l’amortissement de l’endettement sur le consommateur. Un consommateur qui va subir avec l’inflation une dévaluation de fait de son pouvoir d’achat de l’ordre de 5 % en 2022 en moyenne. NDLR 

« L’inflation risque de tout raser sur son passage, il faut agir vite et fort. »

Voilà un condensé de ce qui a pu être dit par les membres des banques centrales américaine (Fed) et européenne (BCE) au cours des dernières semaines. Agir vite et fort, mais pas trop vite quand même, précise Christine Lagarde dans son dernier discours. Globalement, on a quand même bien compris le message. Les banquiers centraux ourdissent des politiques monétaires plus restrictives.

Pourtant, quelque chose ne colle pas. Il y a un décalage étonnant entre les mots et les taux. Les mots employés pour parler du danger inflationniste ne se retrouvent pas dans les taux qui sont proposés pour juguler ce risque. En vérité, on est bien loin d’une politique monétaire qui deviendrait restrictive. Il conviendrait plutôt de parler de politique monétaire moins accommodante.

Le cas américain en est la plus parfaite illustration. Aujourd’hui, le taux d’intérêt directeur de la Fed s’établit dans une fourchette allant de 0,25 à 0,5%, alors que l’inflation est en orbite à 8,5%. Le coût de l’argent (taux) est donc bien inférieur au coût de la vie (inflation). On pourrait anticiper alors que la volonté de la Fed de lutter contre l’inflation se traduise par une remontée des taux significative. Oui, la hausse sera significative, de 0,5 à près de 2% fin 2022 si l’on en croit les anticipations. Mais ce coût de l’argent restera bien inférieur au coût de la vie qui devrait décélérer de 8,5% à près de 5%. Même à son acmé en 2023, le coût de l’argent ne parviendrait qu’à revenir au même niveau que l’inflation : 3%. Pas vraiment l’impression d’une politique qui se donne les moyens de lutter contre l’inflation galopante.

En vérité, la lecture devient plus troublante encore si l’on adopte une approche plus fine. En effet, les initiés ont pour habitude de consulter un éventail de règles de politiques monétaires proposées par la recherche académique. Ces règles leur permettent de calibrer un niveau adéquat de taux d’intérêt directeur en fonction des fondamentaux économiques, un niveau qu’ils confrontent alors au taux d’intérêt directeur en vigueur. Si le taux requis par la règle est supérieur au taux en vigueur, on dira alors que la politique monétaire est trop accommodante : la Fed devrait donc remonter ses taux. On peut même se projeter en comparant le taux prévu au taux requis en fonction de différents scénario économiques.

Le constat est sans appel. Sur 21 cas retenus (7 règles et 3 scénarios), 19 justifieraient un taux d’intérêt directeur supérieur aux niveaux actuels de 0,5% aujourd’hui même. A horizon 1 an, 17 cas sur 18 justifieraient un taux directeur supérieur au 2% qui sont prévus. Enfin à horizon 2 ans, 13 cas sur 14 justifieraient un taux directeur supérieur à 3%. Clairement, la politique monétaire n’est pas, ne deviendrait pas restrictive, si les taux prévus par les membres de la Fed ou les marchés sont ceux qui seront appliqués. La Fed restera très accommodante, certes un peu moins.

La BCE n’est pas en reste. Certes son niveau d’inflation est un peu en dessous de celui des Etats-Unis à 7,4%. Mais la BCE ne prévoit pas de remonter ses taux aussi fort et aussi vite que la Fed. Seule une hausse des taux de 0 à 0,25% serait envisagée par la majorité des membres d’ici la fin de l’année. On est bien loin des 2% de la Fed. On peut alors procéder au même type d’analyse que pour la Fed ci-dessus. Le résultat sera du même acabit : la BCE ne pratiquera pas de politique monétaire restrictive ni en 2022 ni en 2023, mais une politique légèrement moins accommodante.

Mais alors pourquoi une telle agressivité verbale des banquiers centraux, pour une politique monétaire tout juste moins accommodante ? La première explication qui vient à l’esprit, c’est qu’ils ne croient pas à ce qu’ils disent. Le risque inflationniste est survendu. Personne ne croit vraiment que cette inflation galopante, dopée par les confinements à répétition et le conflit Ukrainien, ne tisonne un jour les salaires. Personne ne croit vraiment aux effets de second tour sur l’ensemble des prix des biens et services. D’ailleurs, même les marchés obligataires n’y croient pas. Franchement, avec des taux d’intérêt à 10 ans à près de 3% aux Etats-Unis et 1% en Allemagne, alors que l’inflation est à 8,5 et 7,4%, peut – on parler de Krach obligataire ? La hausse des taux depuis le début de l’année est impressionnante, vive et rapide, sans nul doute. Mais on est plus proche de l’allegretto que de l’allegro. Certes, l’histoire n’est pas terminée.

Plus vraisemblablement, les banquiers centraux ne reconnaissent toujours pas le risque inflationniste. En leur for intérieur, ils restent convaincus que l’inflation va retomber comme un soufflet, et qu’il faut éviter à tout prix de pratiquer une politique monétaire restrictive. L’activité économique n’y résisterait pas, et les marchés n’y survivraient pas. Depuis 15 ans les crises successives (Subprime, dette souveraine, Covid) ont rendu la performance économique et financière bien trop dépendante d’une politique monétaire qui devint ultra – accommodante sans jamais motiver de tensions indésirables sur les prix. Un constat que l’on peut faire dans toutes les économies dites développées.

Convaincus que cette période fut marquée par le sceau de l’excellence en matière de politique monétaire, les banquier centraux se refusent de croire qu’elle peut se terminer aussi bêtement. Ils tentent alors de donner le change avec des mots plutôt qu’avec des taux. Ils exagèrent le verbe plutôt que le geste. En art aussi on connût ce genre de pratique au XVIe siècle: on appela cela le maniérisme. L’expression d’un courant qui cherchait sa voix après que les artistes phares de l’époque (XVIe siècle) eurent tutoyé la perfection. Plutôt que de se risquer à quitter l’ivresse du génie, on préféra seulement s’en éloigner un peu, en exagérant les traits, les figures, les motifs. Bref, de l’exubérance plutôt que de l’errance diagnostique.

Les banques centrales vont-elles tuer la croissance ?

Les banques centrales vont-elles tuer la croissance ?

Ils n’ont rien appris, rien oublié. Les banquiers centraux risquent de commettre une erreur historique en resserrant leur politique monétaire trop tôt dans le cycle économique, fragilisant davantage l’occident dans une confrontation historique avec la Russie.

 

Tribune de Emmanuel Sales est président de la Financière de la Cité. dans « l’Opinion ».

 

L’inflation que nous connaissons est liée aux tensions sur les chaînes de production et à la hausse du prix des matières premières. Il n’y a chez nous aucun signe d’une boucle « prix-salaires » qui pourrait justifier un durcissement de la politique monétaire. La hausse des salaires négociés en zone euro s’élève à 1,6 % sur un an. L’inflation sous-jacente, qui mesure l’évolution des prix hors énergie, est à moins de 2 % hors effet rattrapage post Covid-19. Nous ne sommes plus dans la situation des années 1970. L’absence de mécanismes d’indexation limite le risque de spirale inflationniste. Remonter les taux d’intérêt dans ces conditions, c’est accentuer les difficultés des entreprises et des ménages alors que l’économie européenne est encore loin d’avoir rattrapé sa tendance d’avant crise.

Depuis une vingtaine d’années, l’Europe souffre d’un réglage monétaire trop étroit consécutif à la mise en place de l’euro, accentué par les politiques de contraction de la demande menées à la suite de la crise financière. Nous subissons aujourd’hui les conséquences de ces choix. L’Europe est plus dépendante de l’extérieur pour ses débouchés et pour ses approvisionnements. L’invasion de l’Ukraine a mis au jour les périls de cette stratégie mercantiliste. Le commerce n’adoucit pas les mœurs. Sans armée crédible, le système bismarckien caressé par les élites allemandes de réassurance avec la Russie ne mène nulle part.

La situation américaine est différente. Là-bas, les mesures de soutien à la demande ont créé une dynamique de croissance comparable à celle des années 1950. La Fed peut se permettre une erreur de politique monétaire, la BCE, non

Agenda de croissance. Face aux autocraties, l’Europe devrait donc adopter un agenda de croissance interne fondé sur des politiques monétaires et budgétaires ambitieuses. La situation américaine est différente. Là-bas, les mesures de soutien à la demande ont créé une dynamique de croissance comparable à celle des années 1950. La Fed peut se permettre une erreur de politique monétaire, la BCE, non.

Le moment semble favorable. Le résultat des élections présidentiellesdonne un nouvel élan aux idées françaises. L’Italie, l’Espagne, les pays au contact avec la Russie, l’Angleterre enfin, se retrouvent dans nos choix. La France a une capacité de frappe nucléaire tous azimuts, une armée digne de ce nom, une industrie agro-alimentaire puissante, un mix énergétique adapté, un fort potentiel de croissance. Tout ce dont nos voisins sont privés. Dans les prochaines années, sa population active devrait dépasser celle de l’Allemagne.

Dans cette logique, la question de la dette publique va passer au second plan. Le retour d’une croissance soutenue par la demande interne favorisera la réduction de l’endettement de façon plus sûre et durable que les « réformes structurelles ». La mise en place d’outils communs de financement à la suite de la crise du Covid-19 constitue un tournant stratégique majeur.

L’emprise idéologique que l’Allemagne continue d’exercer sur la BCE devra donc se desserrer. Dans la situation actuelle, la BCE ne peut plus gérer l’euro comme l’étalon-or, en faisant fi des méfaits économiques et sociaux des politiques déflationnistes. Le « modèle allemand », si cher aux élites françaises, a vécu. L’Europe n’est pas encore une puissance au sens classique du terme, mais elle n’a pas d’autre choix que de le devenir.

Emmanuel Sales est président de la Financière de la Cité.

Les banques Françaises : 32 milliards de profits !

Les banques Françaises : 32 milliards de profits !

Environ 32 milliards d’euros de profits. Soit le double que l’an passé et en hausse de 27% par rapport aux résultats de 2019, avant la crise sanitaire.

Ces résultats reposent sur une même dynamique, indépendamment du mix des métiers, à savoir un effet de ciseaux positif entre des revenus en nette hausse et des charges d’exploitation qui progressent moins vite. L’année 2021 marque notamment le retour en force de la banque de détail, avec des ménages qui épargnent et consomment, et des entreprises qui investissent. Globalement, les revenus de la banque de détail en France, comme les encours de crédits et d’épargne, progressent au même rythme que la croissance du PIB, soit autour de 6%. Certaines banques ont cependant poussé les feux sur certains segments, comme BPCE sur le crédit immobilier (+7,6%) ou Crédit Mutuel Alliance Fédérale sur l’assurance.

Reste que les banques mutualistes font toujours la différence en termes d’efficacité opérationnelle, avec des coefficients d’exploitation (charges d’exploitation sur chiffre d’affaires) inférieurs à ceux des banques commerciales.

Il est clair qu’il vaut mieux un système financier en bonne santé que le contraire. Pour autant, l’ampleur des profits paraît un peu démesuré par rapport au développement de l’activité.

En cause notamment la politique très accommodante de la banque centrale qui a distribué de l’argent sans intérêt au banques. Un argent qui n’a pas été entièrement orienté vers l’économie productive mais qui a aussi servi à la spéculation. En outre grâce à cet argent gratuit reçu de la banque centrale, les banques se sont gavées puisque dans le même temps elles ont plutôt eu tendance aussi à maintenir et même faire croître le cout de leurs activités financières sur le dos des entreprises et des titulaires de comptes. Parallèlement elles ont continué de réduire le nombre de guichets pour leurs activités de banque de dépôt. De ce point de vue l’obligation de disposer d’un compte bancaire- qu’on comprend pour des questions de commodités- constitue une sorte de rente de situation pour les banques.

Politique : Macron drogué à la logique financière des banques

Politique : Macron drogué à la logique financière des banques

 

Audrey Tonnelier du Monde développe l’idée que Macron est davantage convaincu de l’efficacité de l’allègement de la fiscalité sur le capital que par des politiques industrielles impulsées par l’État. Finalement Macron reste imprégné de la philosophie des banques (d’affaires) . NDLR 

 

Chronique.  

Officiellement, il n’est pas encore dans la course. Même si, comme il l’a confié aux lecteurs du Parisien, le 4 janvier, « il n’y a pas de faux suspense » : « J’ai envie. » Emmanuel Macron se retrouve, à moins de trois mois du scrutin, dernier candidat non déclaré à la présidence de la République. Il n’a pas encore de programme détaillé, contrairement à la plupart de ses concurrents.

Dans le domaine économique, comme ailleurs (sécurité, Europe), le chef de l’Etat s’en tient à sa méthode : évoquer quelques sujets – refonte des droits de succession, revenu universel d’activité – et défendre son bilan. Même chose pour son ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui a longuement détaillé, lors de ses vœux à la presse, ses ambitions de baisses d’impôt supplémentaires pour les entreprises et d’allègement de cotisations sur les hauts salaires. Mais rien qui ne ressemble, pour le moment, à des propositions en bonne et due forme.

Il faut dire que, en cinq ans et deux crises majeures, celles des « gilets jaunes » et de l’interminable pandémie de Covid-19, le débat s’est déplacé. En 2017, côté économie, la campagne était focalisée sur l’inversion de la courbe du chômage, à laquelle François Hollande avait malencontreusement lié sa candidature. La réduction de la dette à droite – François Fillon avait dû se défendre de prôner « du sang et des larmes » – ou la sortie de l’euro (La France insoumise, Rassemblement national) occupaient aussi les débats. En ce début 2022, on parle davantage inflation et pouvoir d’achat, relocalisations, assouplissement des règles budgétaires et investissements.

Pour le chef de l’Etat, un fil rouge demeure toutefois : celui des entreprises et de l’emploi. Une « politique de l’offre » qu’Emmanuel Macron a toujours prônée – privilégier l’investissement de long terme et le soutien aux entreprises en espérant in fine créer de la croissance et des emplois – et qu’il a encore vantée en début de semaine face aux patrons étrangers, dans le cadre de l’opération de séduction annuelle Choose France.

Pour l’exécutif, la chose est entendue : c’est la politique de l’offre et son corollaire, la baisse de la fiscalité sur le capital et la suppression de l’ISF, qui ont permis de relancer la machine économique tricolore, notamment en dopant son attractivité. Qu’importe que la dynamique ait été enclenchée dès la fin du quinquennat Hollande, avec la mise en place du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, et que les rapports successifs d’économistes peinent à mettre en lumière une relation quantifiable entre la vigueur retrouvée de l’économie et telle ou telle mesure du gouvernement. Les symboles sont aussi importants en économie qu’en politique, et les signaux envoyés aux investisseurs et aux grands patrons depuis cinq ans ont, assurément, joué en faveur de la France. Mais cela méritait-il les sommes dépensées ? Impossible à dire précisément.

 

Politique économique : Macron drogué à la logique financière des banques

Politique économique : Macron drogué à la logique financière des banques

 

Audrey Tonnelier du Monde développe l’idée que Macron est davantage convaincu de l’efficacité de l’allègement de la fiscalité sur le capital que par des politiques industrielles impulsées par l’État. Finalement Macron reste imprégné de la philosophie des banques (d’affaires) . NDLR 

 

Chronique.  

Officiellement, il n’est pas encore dans la course. Même si, comme il l’a confié aux lecteurs du Parisien, le 4 janvier, « il n’y a pas de faux suspense » : « J’ai envie. » Emmanuel Macron se retrouve, à moins de trois mois du scrutin, dernier candidat non déclaré à la présidence de la République. Il n’a pas encore de programme détaillé, contrairement à la plupart de ses concurrents.

Dans le domaine économique, comme ailleurs (sécurité, Europe), le chef de l’Etat s’en tient à sa méthode : évoquer quelques sujets – refonte des droits de succession, revenu universel d’activité – et défendre son bilan. Même chose pour son ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui a longuement détaillé, lors de ses vœux à la presse, ses ambitions de baisses d’impôt supplémentaires pour les entreprises et d’allègement de cotisations sur les hauts salaires. Mais rien qui ne ressemble, pour le moment, à des propositions en bonne et due forme.

Il faut dire que, en cinq ans et deux crises majeures, celles des « gilets jaunes » et de l’interminable pandémie de Covid-19, le débat s’est déplacé. En 2017, côté économie, la campagne était focalisée sur l’inversion de la courbe du chômage, à laquelle François Hollande avait malencontreusement lié sa candidature. La réduction de la dette à droite – François Fillon avait dû se défendre de prôner « du sang et des larmes » – ou la sortie de l’euro (La France insoumise, Rassemblement national) occupaient aussi les débats. En ce début 2022, on parle davantage inflation et pouvoir d’achat, relocalisations, assouplissement des règles budgétaires et investissements.

Pour le chef de l’Etat, un fil rouge demeure toutefois : celui des entreprises et de l’emploi. Une « politique de l’offre » qu’Emmanuel Macron a toujours prônée – privilégier l’investissement de long terme et le soutien aux entreprises en espérant in fine créer de la croissance et des emplois – et qu’il a encore vantée en début de semaine face aux patrons étrangers, dans le cadre de l’opération de séduction annuelle Choose France.

Pour l’exécutif, la chose est entendue : c’est la politique de l’offre et son corollaire, la baisse de la fiscalité sur le capital et la suppression de l’ISF, qui ont permis de relancer la machine économique tricolore, notamment en dopant son attractivité. Qu’importe que la dynamique ait été enclenchée dès la fin du quinquennat Hollande, avec la mise en place du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, et que les rapports successifs d’économistes peinent à mettre en lumière une relation quantifiable entre la vigueur retrouvée de l’économie et telle ou telle mesure du gouvernement. Les symboles sont aussi importants en économie qu’en politique, et les signaux envoyés aux investisseurs et aux grands patrons depuis cinq ans ont, assurément, joué en faveur de la France. Mais cela méritait-il les sommes dépensées ? Impossible à dire précisément.

 

Macron drogué à la logique financière des banques

Macron drogué à la logique financière des banques

 

Audrey Tonnelier du Monde développe l’idée que Macron est davantage convaincu de l’efficacité de l’allègement de la fiscalité sur le capital que par des politiques industrielles impulsées par l’État. Finalement Macron reste imprégné de la philosophie des banques (d’affaires) . NDLR 

 

Chronique.  

Officiellement, il n’est pas encore dans la course. Même si, comme il l’a confié aux lecteurs du Parisien, le 4 janvier, « il n’y a pas de faux suspense » : « J’ai envie. » Emmanuel Macron se retrouve, à moins de trois mois du scrutin, dernier candidat non déclaré à la présidence de la République. Il n’a pas encore de programme détaillé, contrairement à la plupart de ses concurrents.

Dans le domaine économique, comme ailleurs (sécurité, Europe), le chef de l’Etat s’en tient à sa méthode : évoquer quelques sujets – refonte des droits de succession, revenu universel d’activité – et défendre son bilan. Même chose pour son ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui a longuement détaillé, lors de ses vœux à la presse, ses ambitions de baisses d’impôt supplémentaires pour les entreprises et d’allègement de cotisations sur les hauts salaires. Mais rien qui ne ressemble, pour le moment, à des propositions en bonne et due forme.

Il faut dire que, en cinq ans et deux crises majeures, celles des « gilets jaunes » et de l’interminable pandémie de Covid-19, le débat s’est déplacé. En 2017, côté économie, la campagne était focalisée sur l’inversion de la courbe du chômage, à laquelle François Hollande avait malencontreusement lié sa candidature. La réduction de la dette à droite – François Fillon avait dû se défendre de prôner « du sang et des larmes » – ou la sortie de l’euro (La France insoumise, Rassemblement national) occupaient aussi les débats. En ce début 2022, on parle davantage inflation et pouvoir d’achat, relocalisations, assouplissement des règles budgétaires et investissements.

Pour le chef de l’Etat, un fil rouge demeure toutefois : celui des entreprises et de l’emploi. Une « politique de l’offre » qu’Emmanuel Macron a toujours prônée – privilégier l’investissement de long terme et le soutien aux entreprises en espérant in fine créer de la croissance et des emplois – et qu’il a encore vantée en début de semaine face aux patrons étrangers, dans le cadre de l’opération de séduction annuelle Choose France.

Pour l’exécutif, la chose est entendue : c’est la politique de l’offre et son corollaire, la baisse de la fiscalité sur le capital et la suppression de l’ISF, qui ont permis de relancer la machine économique tricolore, notamment en dopant son attractivité. Qu’importe que la dynamique ait été enclenchée dès la fin du quinquennat Hollande, avec la mise en place du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, et que les rapports successifs d’économistes peinent à mettre en lumière une relation quantifiable entre la vigueur retrouvée de l’économie et telle ou telle mesure du gouvernement. Les symboles sont aussi importants en économie qu’en politique, et les signaux envoyés aux investisseurs et aux grands patrons depuis cinq ans ont, assurément, joué en faveur de la France. Mais cela méritait-il les sommes dépensées ? Impossible à dire précisément.

 

Finances- Dividendes mondiaux record à 2.000 milliards, merci les banques centrales !

Finances- Dividendes mondiaux record à 2.000 milliards, merci les banques centrales !

La crise est un concept sans doute relatif, dramatique pour certains mais très rentable pour d’autres. Pour preuve, la pandémie n’a pas du tout affecté le retour financier de ceux qui ont investi dans la bourse. Ainsi par exemple on connaîtra un records de dividendes  en 2022 : plus de 2.000 milliards de dollars au niveau mondial, à en croire l’étude du cabinet de recherche IHS Markit.

La crise est de toute évidence déjà loin. Alimentés par les profits records des grandes entreprises l’année dernière, les dividendes versés en 2022 devraient dépasser de 18 % leur niveau d’avant-crise à 2.094 milliards de dollars, après avoir déjà fortement rebondi en 2021 . Bref pour certains la crise n’a pas existé bien au contraire. Un résultat qui n’est pas sans rapport heureusement avec la performance des entreprises mais qui découle surtout des énormes liquidités déversées gratuitement par la banque centrale dans une très grande partie n’a pas été orientée vers l’économie réelle mais dans la spéculation. Pour preuve en dépit de la pandémie la très bonne santé des trésoreries. Beaucoup d’entreprises n’ont même pas utilisé à des fins d’investissement ou même de soutien à l’exploitation les prêts obtenus auprès des banques et des gouvernements.

Évidemment cette politique accommodante des banques centrales  a eu  des effets positifs en évitant que la fragilité de certains ne se traduise en dépôt de bilan. On a soutenu les entreprises en même temps que les emplois. Reste qu’une très grande partie des liquidités s’est trouvée orientée vers des placements financiers spéculatifs. À titre d’exemple il suffit de voir ce nombre de grandes entreprises en très bonne santé financière grâce à la crise et qui ont racheté inutilement leurs propres actions pour faire monter les cours. Or spéculation, la rentabilité des entreprises n’aurait jamais atteint une progression de 18 % en deux ans.

Le problème de cette politique accommodante dont certains aspects étaient nécessaires, c’est qui va falloir maintenant payer la facture. Et comme d’habitude cette facture sera sans doute payée par une inflation qui va à bas bruit (peut-être) amputer les revenus du travail et de l’épargne.

Les bénéfiicaires  peuvent dire merci aux banques centrales et aux futures victimes de l’inflation.

Finances- Dividendes mondiaux record à 2.000 milliards, merci les banques centrales

Finances-Dividendes mondiaux record à 2.000 milliards, merci les banques centrales

la crise est un concept sans doute relatif, dramatique pour certains mais très rentable pour d’autres. Pour preuve, la pandémie n’a pas du tout affecté le retour financier de ceux qui ont investi dans la bourse. Ainsi par exemple on connaîtra un records de dividendesr en 2022 : plus de 2.000 milliards de dollars au niveau mondial, à en croire l’étude du cabinet de recherche IHS Markit.

La crise est de toute évidence déjà loin. Alimentés par les profits records des grandes entreprises l’année dernière, les dividendes versés en 2022 devraient dépasser de 18 % leur niveau d’avant-crise à 2.094 milliards de dollars, après avoir déjà fortement rebondi en 2021 . Bref pour certains la crise n’a pas existé bien au contraire. Un résultat qui n’est pas sans rapport heureusement avec la performance des entreprises mais qui découle surtout des énormes liquidités déversées gratuitement par la banque centrale dans une très grande partie n’a pas été orientée vers l’économie réelle mais dans la spéculation. Pour preuve en dépit de la pandémie la très bonne santé des trésoreries. Beaucoup d’entreprises n’ont même pas utilisé à des fins d’investissement ou même de soutien à l’exploitation les prêts obtenus auprès des banques et des gouvernements.

Évidemment cette politique accommodante des banques centrales  a eu  des effets positifs en évitant que la fragilité de certains ne se traduise en dépôt de bilan. On a soutenu les entreprises en même temps que les emplois. Reste qu’une très grande partie des liquidités s’est trouvée orientée vers des placements financiers spéculatifs. À titre d’exemple il suffit de voir ce nombre de grandes entreprises en très bonne santé financière grâce à la crise et qui ont racheté inutilement leurs propres actions pour faire monter les cours. Or spéculation, la rentabilité des entreprises n’aurait jamais atteint une progression de 18 % en deux ans.

Le problème de cette politique accommodante dont certains aspects étaient nécessaires, c’est qui va falloir maintenant payer la facture. Et comme d’habitude cette facture sera sans doute payée par une inflation qui va à bas bruit (peut-être) amputer les revenus du travail et de l’épargne.

Les épargnants peuvent dire merci aux banques centrales et aux futures victimes de l’inflation.

Dividendes mondiaux record à 2.000 milliards, merci les banques centrales

Dividendes mondiaux record à 2.000 milliards, merci les banques centrales

la crise est un concept sans doute relatif, dramatique pour certains mais très rentable pour d’autres. Pour preuve, la pandémie n’a pas du tout affecté le retour financier de ceux qui ont investi dans la bourse. Ainsi par exemple on connaîtra un records de dividendesr en 2022 : plus de 2.000 milliards de dollars au niveau mondial, à en croire l’étude du cabinet de recherche IHS Markit.

La crise est de toute évidence déjà loin. Alimentés par les profits records des grandes entreprises l’année dernière, les dividendes versés en 2022 devraient dépasser de 18 % leur niveau d’avant-crise à 2.094 milliards de dollars, après avoir déjà fortement rebondi en 2021 . Bref pour certains la crise n’a pas existé bien au contraire. Un résultat qui n’est pas sans rapport heureusement avec la performance des entreprises mais qui découle surtout des énormes liquidités déversées gratuitement par la banque centrale dans une très grande partie n’a pas été orientée vers l’économie réelle mais dans la spéculation. Pour preuve en dépit de la pandémie la très bonne santé des trésoreries. Beaucoup d’entreprises n’ont même pas utilisé à des fins d’investissement ou même de soutien à l’exploitation les prêts obtenus auprès des banques et des gouvernements.

Évidemment cette politique accommodante des banques centrales  a eu  des effets positifs en évitant que la fragilité de certains ne se traduise en dépôt de bilan. On a soutenu les entreprises en même temps que les emplois. Reste qu’une très grande partie des liquidités s’est trouvée orientée vers des placements financiers spéculatifs. À titre d’exemple il suffit de voir ce nombre de grandes entreprises en très bonne santé financière grâce à la crise et qui ont racheté inutilement leurs propres actions pour faire monter les cours. Or spéculation, la rentabilité des entreprises n’aurait jamais atteint une progression de 18 % en deux ans.

Le problème de cette politique accommodante dont certains aspects étaient nécessaires, c’est qui va falloir maintenant payer la facture. Et comme d’habitude cette facture sera sans doute payée par une inflation qui va à bas bruit (peut-être) amputer les revenus du travail et de l’épargne.

Les épargnants peuvent dire merci aux banques centrales et aux futures victimes de l’inflation.

Remise en cause des objectifs d’ inflation par les banques centrales

Remise en cause des objectifs d’ inflation par les banques centrales

OPINION. L’épuisement de la capacité fiscale peut conduire à un scénario de « dominance budgétaire » dans lequel la politique monétaire ajuste ses objectifs d’inflation pour préserver la solvabilité des États. Par Éric Mengus, HEC Paris Business School et Guillaume Plantin, Sciences Po. Bref une certaine remise en cause des objectifs d’inflation

 

Depuis 2008, les gouvernements ont émis des quantités importantes de dette publique – l’encours de la dette est désormais égal à 125 % du PIB aux États-Unis et a dépassé cet été la barre des 100 % dans la zone euro. Une part importante de cette dette a été rachetée par les banques centrales qui ont émis en contrepartie des réserves – plus de 30 % du PIB à la Réserve fédérale américaine (Fed) et 60 % à la Banque centrale européenne (BCE).

Jusqu’à présent, les taux d’intérêt bas ont permis un refinancement aisé des dettes publiques. En outre, l’inflation basse justifiait des opérations de soutien monétaire des banques centrales.

Cependant, cette situation risque de prendre fin avec la récente remontée de l’inflation des deux côtés de l’Atlantique. Certains observateurs, en particulier aux États-Unis comme l’économiste John Cochrane, ou encore Larry Summers, ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton, s’inquiètent aujourd’hui de la capacité des banques centrales à augmenter les taux d’intérêt ou à réduire leurs réserves lorsque cela s’avèrera nécessaire pour atteindre leur objectif de stabilité des prix (un taux d’inflation proche de 2 % pour la Fed et la BCE).

Dans le contexte d’endettement actuel, les États pourraient en effet tirer profit d’une politique monétaire accommodante menant à un niveau élevé d’inflation. La hausse des prix éroderait la valeur réelle des dettes publiques et donc les rendrait plus supportables. Ils auraient ainsi intérêt à entraver tout resserrement entrepris par les banques centrales.

De telles inquiétudes mettent en évidence un risque de basculement de la « dominance monétaire », dans laquelle la banque centrale n’est confrontée à aucun obstacle budgétaire pour atteindre son objectif de stabilité des prix, à une « dominance budgétaire », dans laquelle la politique monétaire cherche d’abord à fixer l’inflation pour assurer la solvabilité de l’autorité fiscale.

Avec un tel passage à la dominance budgétaire, l’inflation, qui est actuellement considérée comme transitoire, pourrait bien devenir plus persistante et, surtout, plus difficile à combattre. Ce risque de dominance budgétaire est d’ailleurs l’objet de dissensions, notamment au sein de l’Eurosystème.

Habituellement, lorsque la banque centrale resserre sa politique monétaire, la hausse des taux d’intérêt augmente la charge de la dette du gouvernement, qui doit alors procéder à une consolidation budgétaire sous forme de hausses d’impôt ou de réduction des dépenses publiques. Étant donné leur endettement massif, les gouvernements pourraient au contraire être tentés de ne pas réduire leurs déficits, voire d’augmenter leur endettement, pour forcer la banque centrale à revenir sur son resserrement monétaire.

Faut-il croire aujourd’hui à un tel scénario ? Dans nos récents travaux de recherche, nous analysons les incitations d’un gouvernement à pousser à la dominance budgétaire ou, au contraire, à se conformer à la dominance monétaire.

Dans le premier cas, ce jeu a été décrit comme un « jeu de la poule mouillée » entre le gouvernement et la banque centrale par l’économiste américain Neil Wallace à la suite de ses travaux avec son Thomas Sargent, prix Nobel d’économie en 2011.

Ce jeu est celui où deux pilotes lancent leurs voitures l’une contre l’autre, le perdant étant le premier qui dévie de sa trajectoire pour éviter la collision : le gouvernement accumule ainsi les déficits alors que la banque centrale maintient sa politique monétaire restrictive jusqu’au moment où l’un cède, soit par consolidation fiscale du côté du gouvernement, soit par de l’inflation du côté de la banque centrale. Le scénario du crash dans lequel personne ne cède correspond ici au défaut souverain.

Ce que nous montrons, tout d’abord, est que la dominance budgétaire dans ce jeu de la poule mouillée nécessite que le gouvernement épuise sa capacité fiscale et rende un défaut crédible : il ne doit plus avoir de marges de financement, ni en termes de réduction de dépenses ni en termes de taxes supplémentaires. En effet, tant que le gouvernement dispose de marges d’ajustement, la politique monétaire peut le forcer à la consolidation fiscale afin d’éviter un défaut.

Comment un gouvernement peut-elle se retrouver dans une telle situation d’épuisement de sa capacité fiscale ? Des chocs comme des récessions ou des crises peuvent l’y mener via la baisse des recettes fiscales ou l’augmentation des dépenses pour le soutien à l’économie.

Nous montrons de plus que l’autorité fiscale peut également épuiser sa capacité fiscale de manière délibérée. En lieu et place d’une consolidation, le gouvernement peut décider d’enregistrer d’importants déficits et d’inonder le marché obligataire.

L’important stock de dette qui en résulte forcera ainsi la banque centrale à augmenter l’inflation à l’avenir pour éroder la valeur de la dette et éviter le défaut souverain. Cela se produira d’autant plus que la dette publique est initialement élevée, que les taux d’intérêt sont bas et peu sensibles à l’émission de dette publique, ou encore que les marges futures d’ajustement fiscal sont faibles.

Le paradoxe de l’inflation préventive

La banque centrale a-t-elle alors le pouvoir de faire pencher la balance vers la dominance monétaire ou, au moins, de réduire le coût inflationniste imposé par la dominance fiscale ?

Paradoxalement, la banque centrale peut avoir intérêt à s’engager dans une inflation préventive. En augmentant l’inflation actuelle, la banque centrale diminue la valeur réelle des passifs passés et ainsi rend la dette à nouveau soutenable pour le gouvernement. Ainsi, cette inflation rend coûteux et inutile une stratégie de victoire à la Pyrrhus d’émission incontrôlée de dette publique.

Le choix pour les banques centrales est donc entre deux options : ou bien laisser un peu filer l’inflation pour desserrer l’étau budgétaire, ou bien l’orthodoxie monétaire au risque de voir les gouvernements réagir violemment en contrecarrant leur action par des émissions massives de dette publique servant à repayer la dette passée. Cette stratégie d’inflation préemptive n’est pas sans risques : en particulier, la banque centrale peut donner l’impression de renier son objectif de stabilité des prix.

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Par Éric Mengus, Professeur associé en économie et sciences de la décision, HEC Paris Business School et Guillaume Plantin, Professor, Research and Faculty Dean , Sciences Po

Banques: Nouvelle purge des agences et des effectifs

Banques: Nouvelle purge des agences et des effectifs

Les grandes banques ne cessent de fermer progressivement les agences et les effectifs qui les accompagnent. Un exemple dans le Maine-et-Loire, certains clients éloignés devaient déjà effectuer 20 km pour rejoindre l’agence locale de Baugé . Une agence brusquement fermée et dont les dossiers ont été transférés dans un autre département, la Sarthe, à 20 km de là à la Flèche. Bilan pour le client , il faudra effectuer 80 km aller-retour pour la moindre démarche bancaire. À quand le transfert de la Flèche à Guernesey ou en Tasmanie.

Quel est vraiment l’intérêt aujourd’hui de rester dans une grande banque qui n’apporte aucune valeur ajoutée par rapport aux banques virtuelles totalement numérisées ? La réduction de l’offre bancaire se traduira inévitablement un jour par une réduction d’autant d’une demande insatisfaite. Selon une étude du cabinet Sia Partners, relayée par Les Echos, le réseau va cependant  continuer à se réduire dans l’Hexagone dans les années à venir, sous l’effet des stratégies d’optimisation des banques

                                                                         

La dématérialisation croissante des services bancaires a entraîné ces dernières années une baisse de la fréquentation des agences physiques. Au point que d’ici 2024, près de 15% d’entre elles pourraient fermer en France malgré la reprise économique, selon une étude du cabinet Sia Partners, relayée par Les Echos. Le nombre total de points de vente dans l’Hexagone passerait ainsi de 32 276 fin 2020 à 27 578, soit 4 700 de moins.

Le phénomène n’est certes pas nouveau, puisque sur la période 2016-2020, le réseau a diminué de 13,4 %, rappellent Les Échos, mais il tend à s’accélérer. Les applications et services bancaires en ligne se sont imposées dans le quotidien des Français, et les confinements successifs ont ancré ces nouvelles habitudes. Même si les banques sont restées ouvertes durant ces périodes, contrairement aux commerces non essentiels, les clients ont privilégié les interactions numériques. Face à ce constat, les banques cherchent désormais à se réorganiser pour optimiser leurs réseaux de distribution.

Autre facteur, soulignent Les Echos, les rapprochements de réseaux, à l’image du l’opération en cours entre la Société Générale et Crédit du Nord, entraînent de fait des fermetures d’agences. En l’occurrence, dans le cadre de cette fusion, 650 points de vente baisseront le rideau d’ici 2025. La France reste toutefois au-dessus de ses voisins en termes de densité de réseau, puisqu’elle concentre 481 agences pour un millions d’habitants quand la moyenne européenne s’établit à 320 agences.Un détail toutefois, la structure démographique entre les pays n’est guère comparable.

Politique monétaire banques centrales : la baisse du rachat d’actifs avant la baisse des taux

Politique monétaire banques centrales  : la baisse du rachat d’actifs avant la baisse des taux

 

 

La banque centrale américaine donne le ton des orientation des institutions monétaires. Il n’est pas question pour l’instant de rompre brutalement avec la politique accommodante. On commencera par réduire le programme de rachat d’actifs et ce n’est sans doute que vers le milieu ou la fin de 2022 que la question de l’augmentation des taux sera clairement posée. Une politique qui devrait être suivie par les autres banques centrales y comprit la banque centrale européenne. Cela d’autant plus que la croissance–réelle– en Europe est beaucoup moins dynamique qu’outre-Atlantique .

 Concernant la banque centrale européenne en outre la diminution des rachats d’actifs sera d’autant plus aisée que les critères budgétaires européens en vigueur jusque-là sont mis entre parenthèses. Une augmentation des taux prématurés aurait des effets très négatifs sur l’inflation et surtout la croissance :

 «Alors que le moment est proche de réduire nos achats d’actifs, il serait prématuré de resserrer la politique en augmentant les taux maintenant», car cela aurait pour effet «de ralentir la croissance de l’emploi», a déclaré Powell, lors d’une conférence virtuelle. «Nous sommes sur la bonne voie pour commencer à réduire progressivement nos achats d’actifs qui, si l’économie évolue globalement comme prévu, seront achevés d’ici le milieu de l’année prochaine», a-t-il de nouveau indiqué.

Les achats d’actifs, l’un des outils anti-crise de la Fed, s’élèvent à 120 milliards de dollars par mois. L’institution veut, maintenant que la reprise économique est lancée, les ramener progressivement à zéro.

Banques: La concurrence va changer la donne

Banques: La concurrence va changer la donne

 

Les deux experts bancaires Julien Briot et Gilles Hilary expliquent, dans une tribune au « Monde » (extrait), qu’avec les nouvelles technologies numériques et le recours aux algorithmes, les banques vont profondément évoluer

Julien Briot, Responsable compliance et expert contre le blanchiment d’argent (LCB) et le financement du terrorisme

Gilles Hilary, Professeur de comptabilité, Georgetown University

 

Tribune.

 

L’évolution de la technologie bancaire peut sembler être un sujet aussi technique qu’aride. Pourtant, si on n’y prête pas assez d’attention, cela pourrait représenter un sujet de préoccupation important pour les citoyens. L’émergence actuelle des algorithmes pour l’accès au crédit ou la reconnaissance faciale automatique pour les paiements et les retraits d’argent pose déjà des questions éthiques importantes. Mais des évolutions plus structurelles apparaissent sous la pression économique.

Les banques de détail, celles du quotidien, sont concurrencées sur leurs quatre fonctions traditionnelles.

 

– En ce qui concerne l’offre des moyens de paiement, de nombreux nouveaux moyens alternatifs émergent. Si les particuliers sont familiers avec des services tels que PayPal ou ApplePay, de nouvelles solutions plus radicales apparaissent.

Par exemple, les « stable coins » [cryptomonnaie stable] sont les monnaies électroniques adossées aux banques centrales qui ne requièrent plus nécessairement d’intermédiaires bancaires. La Banque centrale chinoise a déjà déposé de nombreux brevets sur ce sujet et régule des milliards d’euros de transactions.

– L’offre de crédit demeure, elle, la partie la plus protégée pour les banques car elle est fortement réglementée. Tout au plus le consommateur peut-il espérer à court terme un peu de transparence avec des plates-formes de comparaison en ligne. On note cependant des exemples d’intégration aux Etats-Unis entre des plates-formes immobilières en ligne et l’offre de crédit.

– Pour l’offre des produits d’épargne, les prix des produits financiers sont très élevés en France. Par comparaison, leur achat, leur vente et leur gestion sont essentiellement gratuits pour les clients des leaders américains de la gestion d’épargne en ligne. La concurrence américaine a amené le prix au coût marginal induit par la technologie : zéro. Ces entreprises réalisent leurs profits en prêtant des titres sur les marchés financiers.

– Enfin, en ce qui concerne l’offre de conseil, il existe de plus en plus d’offres en ligne automatisées pour les besoins de base (les « robo-advisors »). Leur introduction est trop récente pour qu’on puisse complètement comprendre leurs avantages et leurs inconvénients, mais les premiers résultats de la recherche académique suggèrent qu’ils créent de la valeur pour les utilisateurs. Naturellement, ces outils peuvent être offerts par les banques dans le cadre d’une offre globale de service mais cela n’a rien d’automatique.

Epargne-Livret A : les épargnants encore punis ….par les banques

Livret A : les épargnants encore punis ..par les banques ?

Au deuxième trimestre, les grandes banques françaises ont toutes publié des résultats record , faisant presque oublier la crise sanitaire qui avait plombé leurs comptes il y a tout juste un an. Une fois n’est pas coutume, les métiers de banque de détail, pourtant mal en point depuis plusieurs années, ont largement participé à ce rebond.

Selon le décompte fait par DBRS Morningstar, les revenus agrégés en banque de détail de BNP Paribas, Crédit Agricole, BPCE et Société Générale ont grimpé de 9,8 % par rapport à la même période l’an dernier. Tous métiers confondus, le produit net bancaire des quatre groupes a augmenté de 11,3 %, à 33,7 milliards d’euros, et les bénéfices ont plus que triplé. La tendance est similaire chez Crédit Mutuel et La Banque Postale .

 

Alors que l’inflation reprend , les épargnants du livret, eux  à seront encore punis puisque les Pouvoirs publics n’envisagent pas de relèvement de la rémunération du livret au 1er août. Conclusion il y aura une perte nette pouvoir d’achat des épargnants puisque officiellement l’inflation sur un an constatée en juin a atteint 1,5 % alors que le taux de rémunération est toujours limité à 0,5 %.

 En fait,  les pouvoirs publics ont écouté les revendications des banques et de la Banque de France qui conseillent depuis longtemps de bloquer la rémunération voire même de la diminuer. Il n’est donc pas étonnant que nombre de petits épargnants préfère laisser leurs économies sur les comptes courants. « Depuis le début de la crise sanitaire (mars 2020), la collecte du Livret A a atteint 37,75 milliards d’euros faisant de ce produit le principal réceptacle de l’épargne Covid juste derrière les dépôts à vue (50 milliards d’euros) », observe Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne.

Notons cependant que la mesure de l’inflation est devenue largement obsolète avec la crise sanitaire qui a modifié la structure de consommation des ménages. Le coût de certaines dépenses et notoirement sont  sous-évaluées voire ignorées comme celle du logement.

Le danger des cryptomonnaies pour les banques

Le danger des cryptomonnaies   pour les banques

 

Par Charles Cuvelliez, Ecole Polytechnique de Bruxelles, ULB, et Jean-Jacques Quisquater, Ecole Polytechnique de Bâle estime que les banques devront courir les risques des des cryptomonnaies.

 

Tribune

Si les banques proposent des cryptomonnaies, elles devront couvrir les risques de manière à n’en faire courir aucun à leurs clients. C’est la lecture qu’on peut faire de la proposition du comité de Bâle sur le contrôle bancaire – un forum composé des représentants de 27 banques centrales principales et autres autorités prudentielles  – pour enfin réguler les cryptomonnaies. Le comité de Bâle, sorte d’Onu des banques centrales, donne le ton pour le reste du monde quand il s’agit d’obligations prudentielles.

Ces dernières définissent la manière dont les banques couvriront les risques des cryptomonnaies qu’elles intégreraient dans leur offre. Toutes les cryptomonnaies ne seront pas équivalentes. Le bitcoin fera partie du groupe 2, c’est-à-dire un « actif »  dont la valeur ne repose sur rien… d’autre que  le (des)équilibre entre l’offre et la demande. Il ne vaut mieux pas appartenir à ce groupe 2.

Principe de jeton

Le groupe 1, par opposition au groupe 2, inclura les cryptomonnaies moins dangereuses avec un  mécanisme qui stabilise leur valeur autrement que par l’offre et la demande ou qui ont des actifs sous-jacents. Soit c’est un panier de devises traditionnelles qui fixe sa valeur (comme le Libra de Facebook désormais renommé Diem), soit la cryptomonnaie prend la forme d’un jeton virtuel dans le blockchain qui prouve la possession d’un actif traditionnel comme une obligation par exemple. Ce principe de jeton connait aujourd’hui un grand succès avec les NFT qui attestent qu’on est propriétaire d’une œuvre d’art numérique (et en tant que telle aisément copiable).

Il faut prouver que la cryptomonnaie que la banque souhait inclure dans son offre appartient au groupe 1 sur base de ces critères. L’autorité prudentielle qui supervise la banque devra approuver ou non la démonstration. Il ne s’agit pas de faire une auto-évaluation sinon une banque pourra estimer qu’une même cryptomonnaie appartient au groupe 1 tandis qu’une autre ne s’y risquerait pas. Cependant, une cryptomonnaie n’ayant pas de frontière, comment gérer le cas d’une autorité prudentielle d’un pays qui accepte que cette cryptomonnaie appartient au groupe 1 tandis qu’une autre pas, avec, au final, le consommateur de ce pays qui prendra donc des risques.

Les principes de la supervision

Quand une cryptomonnaie appartient au groupe 1, le comité de Bâle propose aux autorités prudentielles de la réguler sur base de 3 principes:

-        Même risque, même activité, même traitement : comme les cryptomonnaies du groupe 1 ont des actifs derrière elles qui définissent leur « vraie » valeur, les risques à couvrir seront ceux des  valeurs sous-jacentes.  C’est logique.

-        Simplicité : inutile de déployer une régulation sophistiquée pour une classe d’actifs, les cryptomonnaies, qui n’est pas encore importante. En faisant simple au début, on ne devra pas détricoter quelque chose pour reconstruire autre chose au fur et à mesure de l’évolution technologique des cryptomonnaies.

-        Minimalisme : les États ont la possibilité de réguler au-delà des recommandations du comité de Bâle. C’est d’ailleurs déjà  le cas de la Chine qui a banni en 2013 les bitcoins ou de la Belgique qui en interdit la commercialisation active depuis 2014.

Les banques devront avoir mis en place une organisation ad hoc pour adresser les risques liés aux cryptomonnaies. On ne s’improvise pas spécialiste en crypto-risques : Il faudra avoir mis en place  toute une organisation avec une gouvernance, compétence, expertise adéquates.

Quels fonds propres posséder pour couvrir le risque des cryptomonnaies du groupe 1 ? Les mêmes que  leurs actifs sous-jacents. Et de donner des exemples : si la cryptomonnaie est un jeton qui « prouve »  la possession d’une obligation ou d’une action, ce seront les fonds propres qui leur sont associés mais à la condition que rien ne doit empêcher la banque qui agit pour son client d’échanger le jeton contre l’action ou l’obligation en toute circonstance. Quant aux cryptomonnaies liées à un panier de devises traditionnelles, elles doivent être exigibles immédiatement. Pas question, dit le comité de Bâle, de passer par une transformation préalable intermédiaire en des actifs traditionnels convertibles ensuite en devises.

 

Quant aux bitcoins, c’est bien simple, c’est le risque zéro: pour chaque euro exposé en bitcoin, la banque provisionnera un euro au minimum.

Les risques non prudentiels

Les banques devront aussi surveiller les risques purement technologiques des cryptomonnaies comme la stabilité du réseau et du blockchain qui le sous-tend, la fiabilité des nœuds du blockchain pour éviter leur manipulation, la protection adéquate des clés de celui qui possède la cryptomonnaie…. : Tout ceci demande une fameuse montée en compétences et une expertise crypto pour le chef des banques.

Si la banque n’arrive pas à évaluer correctement les risques des cryptomonnaies, les autorités prudentielles devront durcir les stress tests exigés des banques, demander des provisions supplémentaires ou tout simplement limiter l’activité crypto des banques.

Bien évidemment, les monnaies digitales des banques centrales comme l’Euro digital tombent en dehors de cette proposition du comité de Bâle. Ce serait comme se réguler soi-même.

Les propositions du comité sont pour l’instant soumises à consultation. Il est temps de toute façon. Aux Etats-Unis, des fonds commencent à proposer d’investir une partie de son plan de pension en bitcoin. La Chine fait la chasse aux fermes qui minent des bitcoins dans des provinces qui sont obligées de rouvrir des mines à charbon pour faire face à la demande d’électricité qui en résulte.  Finalement, le dindon de la farce sera le consommateur le moins informé qui investira trop tard en bitcoin et perdra tout.

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Pour en savoir plus: Prudential treatment of cryptoasset exposures, June 21, Basel Committee on Banking supervision, Issued for comment by 10 September 2021

Taux du livret A bloqué mais profit historique pour les banques

Taux du livret A bloqué mais profit historique pour les banques

 

C’est le paradoxe, alors que les experts à la botte des banques ont largement milité pour empêcher un relèvement du taux du livret A, les résultats des banques se révèlent historiques. On se souvient que depuis plus d’un an la banque de France, des experts proches du milieu financier, les banques elles mêmes  ne cesse de crier au loup du fait des conséquences d’une éventuelle hausse du taux du livret A. Or la rémunération est déjà dérisoire puisqu’elle est bloquée à 0,5 % alors que l’inflation officielle est de 1,5 %. Conclusion l’argent des épargnants perd de sa valeur sur les livrets.

Or  après la publication par BNP Paribas, la semaine dernière, d’un résultat au second trimestre le plus élevé jamais affiché par une banque européenne, c’est au tour de Société générale d’annoncer son « meilleur » résultat trimestriel jamais enregistré depuis 2016. Mêmes causes, mêmes effets : les deux banques ont à la fois profité d’un effet de ciseaux positif, dans tous les métiers, y compris la banque de détail, avec une forte hausse des revenus et une baisse des charges, et d’un coût du risque relativement faible.

Au total, sur le semestre, BNP Paribas affiche 4,67 milliards d’euros de résultat net, soit une meilleure performance qu’en 2019 (+6,7%), et Société générale dégage, sur la période, un résultat net de 2,25 milliards d’euros, en hausse de 13,5 % par rapport au premier semestre 2019 (et contre une perte de 1,6 milliard un an plus tôt). « Société générale a tourné la page de la crise », s’est ainsi félicité Frédéric Oudéa, directeur général du groupe bancaire, lors d’un point de presse.

Crypto-monnaies : une menace pour les banques

Crypto-monnaies : une menace pour les banques

 

C’est la question que pose Aurore Galves-Orjol, présidente de l’association Crypto Lyon, dans une tribune publiée en amont du Forum Finance Lyon organisé par La Tribune .

Ce sont les contributions scientifiques de plusieurs chercheurs qui ont permis de résoudre le problème de double dépense rencontré lors des précédentes tentatives de développement de « cash numérique ». Grâce au premier protocole à blockchain nous pouvons supprimer les intermédiaires dans nos process de paiement, mais également de financement. En effet, nous pouvons directement opérer des transactions de personnes à personnes.

Aujourd’hui, nous envoyons des devises hors des frontières de notre pays de résidence ; avec Bitcoin, fini les virements SWIFT ou Western Union, plus besoin de passer par une banque car l’échange est décentralisé, plus rapide, plus sûr et moins coûteux.

De même que pour financer l’innovation, les investisseurs ont désormais la possibilité de s’adresser directement aux porteurs de projets sans passer par des plateformes intermédiaires comme Leetchi, Kickstarter ou Ulule.

Bien qu’il capitalise plus de 50% du marché, Bitcoin n’est pas seul. Plus de 2 000 crypto-monnaies sont référencées sur coinmarketcap.com. Elles n’utilisent pas toutes les mêmes technologies et ne répondent pas au même cas d’usage.

Nombre de ces projets se sont financés par des levées de fonds, appelées ICO (initial coin offering). A mi-chemin entre l’émission de titres (IPO) et le crowdfunding, elles comportent deux atouts majeurs : les porteurs de projet ne vendent pas de parts de leur société mais seulement des jetons (droit de vote, droit d’usage,…) et ils sont en relation directe avec les investisseurs.

Ces dernières années, de nombreuses levées de fonds, ouvertes aux particuliers et petits porteurs, ont eu lieu afin de financer des projets « Blockchain ». On assiste donc à un changement de paradigme car les banques ne sont plus les seules à soutenir l’innovation. Revers de la médaille : ces technologies naissantes n’ont pas encore fait leurs preuves – ces placements financiers restent donc très risqués.

Aujourd’hui, nous avons une solution technique pour le faire mais restons réalistes. Est-ce que notre monde peut-il réellement se passer de banques ? Elles qui sont capables de financer l’économie par la dette, d’accompagner leurs clients lors de démarches juridico-financières et de fournir du conseil – ce qui constitue leur plus grande valeur ajoutée. Ce qui ne les empêche pas de s’intéresser aux crypto-monnaies : elles sont nombreuses à s’être regroupées autour du projet Ripple ou d’Ethereum par exemple. HSBC utilise un protocole à Blockchain privée afin d’accélérer ses transactions inter-filiales et JP Morgan, dont le CEO est connu pour critiquer Bitcoin sur les réseaux sociaux, investit tout de même largement sur ce marché.

Quant à savoir si les crypto-monnaies peuvent remplacer l’euro et les monnaies fiduciaires… il va falloir s’armer de patience. Le principal défi reste l’adoption utilisateur qui était jusque là freinée par l’incapacité de Bitcoin à engendrer un volume de transaction suffisant.

Avec l’apparition de Lightning network, une surcouche du réseau Bitcoin, les transactions sont désormais instantanées. Il reste encore à développer le réseau d’acteurs économiques acceptant ce mode de paiement, encore trop restreint. Par ailleurs, le gouvernement français n’accepte pas la dénomination « crypto-monnaie » ne voulant pas de concurrence à l’usage de l’euro, il préfère parler de « crypto-actif » pour soutenir le financement de l’innovation.

Les consommateurs vont-ils changer de moyen de paiement ?

Impossible de prédire l’avenir, mais nous voyons déjà les consommateurs changer leurs habitudes. Ils se tournent vers les néo-banques (Revolut, N26, Nickel…) ainsi que vers le paiement par smartphone (Google pay, Apple pay, Wechat).

Les crypto-monnaies, à l’instar des néo-banques, vont pousser les acteurs traditionnels à se ré-inventer et refondre leurs services afin de s’adapter aux besoins leurs clients. Aucun doute à avoir sur la capacité des banques à les intégrer dans le mix des placements déjà proposés afin de diversifier leur offre, il s’agit juste d’une question de temps pour ces acteurs institutionnels précautionneux.

Finances-Fiscalité mondiale: pas pour les banques ?

Finances-Fiscalité mondiale:  pas pour les banques ?

 

Boris Johnson n’est pas une contradiction près. Il est très content de recevoir le G7 qui va notamment officialiser la nouvelle fiscalité mondiale d’au moins 15 % concernant les multinationales aux sièges sociaux nomades.

Boris Johnson comme d’ailleurs la plupart des autres responsables mondiaux se sont félicité de ce progrès. Reste évidemment à mettre en œuvre le nouvelle impôt et surtout à vérifier que l’ingénierie fiscale dans rendra pas possible des évitements fiscaux comme ceux qui consistent à internaliser dans les pays à forte fiscalité les coûts et par contre à externaliser les bénéfices dans les pays à faible fiscalité. Tout cela par le jeu des filiales.

Mais les banques britanniques n’approuvent guère cette fiscalité internationale nouvelle et voudrait bien que les services financiers – activité centrale au Royaume-Uni–soit épargnée par la nouvelle taxation.

Ainsi, Rishi Sunak, le ministre britannique des Finances, hôte de la réunion du G7 samedi dernier, défend, selon le Financial Times et Bloomberg une exemption de cette taxe mondiale pour les services financiers et les banques. Un soutien bien compris aux intérêts de la City.

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