Archive pour le Tag 'banques'

Remboursement des prêts garantis par l’État: le doute des banques

Remboursement des prêts garantis par l’État: le doute des banques

 

Il est clair que nombre de remboursements des prêts garantis par l’État ne pourront être honorés et les banques commencent à s’en inquiéter. Certes 80 % sont garantis par l’État. Reste 20 % qui pourraient faire grossir les créances douteuses et pour parler plus vulgairement les actifs pourris.

 

Il y a bien entendu les secteurs dont  l’activité est pratiquement interdite depuis environ un an mais aussi nombre d’entreprises d’autres secteurs qui ont été sous perfusion financière mais dont le chiffre d’affaires et le résultat sont tellement dramatiques qu’ils vont mettre en cause l’existence même des sociétés.

 

Selon la Fédération bancaire française, les banques avaient prévu de revenir vers leurs clients deux à quatre mois avant la date anniversaire de la souscription du PGE. D’où les relances actuelles. «Les demandes de remboursement du PGE ne font que commencer. Or beaucoup de chefs d’entreprise ont consommé leur prêt, dans les loyers notamment. Ils sont très inquiets», confie Francis Palombi, président de la Confédération

Banques : 130 milliards de prêts garantis aux entreprises

Banques : 130 milliards de prêts garantis aux entreprises

 

Les banques ont consenti 130 milliards de prêts garantis à 630 000 entreprises dont près de 90 % très petites.

Il s’agissait à l’occasion du confinement de fournir des liquidités aux entreprises, dans la limite de 25 % du chiffre d’affaires annuel, avec un montant garanti à 90 % par l’Etat. On laisse  la possibilité aux entreprises de ne pas rembourser le capital la première année, puis d’étaler les échéances sur cinq ans maximum.

Le risque est évidemment pour les banques même si le montant est garanti à 90 % par l’État. Il faut en effet s’attendre en dépit de ces prêts à une vague de faillites courant 2021. Des faillites qui vont surtout concerner les petites et moyennes entreprises. On s’attend mécaniquement à une vague de environ 1 million de licenciements en 2021 après autour de 800 000 ans de 2020.

Heureusement toutes les entreprises ne seront pas touchées de la même manière et Bercy indique que 60 % de ces prêts reçus par les entreprises n’ont pas été dépensés par les dites entreprises. Parmi les 40 % qui restent, certains  vont s’en sortir mais dans plusieurs secteurs en particulier la restauration-hôtellerie mais aussi la construction par exemple les faillites seront nombreuses. Dans la seule  de restauration 25 % des établissements pourraient fermer définitivement.

Les dommages seront aussi évidemment pour les banques qui vont accumuler ce qu’on appelle pudiquement les créances douteuses et qui vont se transformer en actifs pourris. La banque centrale européenne a d’ores et déjà prévus les conséquences financières et annoncer un soutien aux banques.

Frais de gestion excessif de plusieurs banques

Frais de gestion excessif de plusieurs banques

 

Pour la première fois la direction générale de la concurrence a sanctionné plusieurs banques aux frais de gestion excessif et les a condamnés à des amendes.. Les établissements visés sont les suivants : BNP Paribas (1,494 million d’euros d’amende), la Banque Postale (1,168 million d’euros), la Banque populaire du Grand Ouest (74.446 euros), la banque Afone (58.200 euros), la Caisse régionale Crédit agricole Normandie (48.276 euros) et enfin la Caisse fédérale du Crédit mutuel Maine Anjou Basse-Normandie (35.600 euros).

Les banques face à une montagne d’actifs pourris

Les banques face à une montagne d’actifs pourris

 

 

 

La commission européenne est consciente que les banques vont se retrouver face à une montagne d’actifs pourris appelés pudiquement les prêts non performants (PNP); ce sont des prêts pour lesquels il y a un retard de remboursement ou qui sont peu susceptibles d’être remboursés par exemple car l’emprunteur est confronté à des difficultés financières.

Selon la Commission européenne, une augmentation du volume de ces créances douteuses est attendue dans l’ensemble de l’UE, sans que l’on sache « dans quels délais ni dans quelles proportions », ce qui pourrait entraîner une détérioration de « la capacité » des banques « à prêter ».

Bruxelles suggère aussi de « soutenir au niveau de l’UE la création de sociétés nationales de gestion de portefeuille (SGP) » pour venir en aide aux banques en difficulté en leur permettant d’éliminer les PNP de leur bilan. Notons cependant que la même problématique se pose pour les Etats mêmes si ces dernier ne peuvent théoriquement faire faillite.

Autre piste avancée: une réforme de la législation de l’UE en matière d’insolvabilité et de recouvrement des créances des entreprises, pour aider à faire converger les différents cadres existant dans l’UE.

Le plan de la Commission s’appuie sur un ensemble de mesures déjà mises en place en 2017. À la fin du deuxième trimestre de 2020, le ratio de prêts non performants pour l’ensemble des banques de l’UE s’est établi à 2,8%.

Dividendes banques : positions contradictoires de la BCE

Dividendes banques : positions contradictoires de la BCE

 

Les pays de la zone euro, en pleine deuxième vague épidémique, s’attendent à une augmentation des impayés dans les prochains mois à mesure que des mécanismes étatiques de soutien aux entreprises et aux foyers seront abandonnés. Du coup,  les banques risquent d’être affrontées à une montagne d’actifs pourris. Ce qui a justifié récemment une aide de la BCE aux banques en difficulté.

Mais contrairement aux recommandations précédentes, la BCE autorise maintenant l’augmentation des dividendes avec des indications prudentes mais peu contraignantes.

Dividendes et rachats d’actions devront rester inférieurs à 15% des bénéfices cumulés sur les exercices 2019 et 2020 et/ou ne devront pas représenter plus de 20 points de base du ratio de fonds propres CET1 (Common Equity Tier 1) – la limite la plus basse s’imposera.

Ces nouvelles mesures s’appliqueront jusqu’en septembre 2021.

« En révisant sa recommandation, la BCE reconnaît une réduction de l’incertitude dans les projections macroéconomiques », écrit la Banque centrale. « Cette recommandation révisée vise à préserver la capacité des banques à absorber des pertes et à prêter pour soutenir l’économie. »

La BCE projette une reprise de 3,9% du PIB de la zone euro l’année prochaine, en décélération par rapport aux 5% de ses précédentes estimations, en septembre, mais plus soutenue en 2022 (+4,2% contre 3,2% précédemment).

La BCE augmente ses achats de 500 milliards pour soutenir les banques

La BCE augmente ses achats de 500 milliards pour soutenir les banques

La banque centrale européenne a décidé d’être encore plus accommodante en augmentant le volume d’achat d’actifs. Il s’agit notamment de soutenir les Etats . Les banques qui vont être affectées par la perspective d’une contraction de la croissance au quatrième trimestre seront également davantage soutenues. Cette baisse de croissance devrait accroître encore les difficultés des entreprises à rembourser leurs prêts. Du coup,  le volume d’actifs douteux pourrait progresser dans le bilan des banques..

Son Conseil des gouverneurs a augmenté de 500 milliards d’euros, à 1.850 milliards, l’enveloppe du programme d’achats d’urgence face la pandémie, le PEPP, devenu depuis mars le principal instrument de sa politique visant à faire baisser les coûts de financement des Etats et des entreprises. La durée du PEPP est en outre prolongée de neuf mois, jusqu’à mars 2022.

Le PEPP (Pandemic Emergency Purchase Programme ou Programme de rachat d’urgence face à la pandémie – PRUP) désigne le QE « exceptionnel » de la BCE. Ce nouvel outil vient s’ajouter au QE « traditionnel » qu’est le programme d’achat de titres du secteur public (PSPP – Public Sector Purchase Programme) .

“L’incertitude reste forte, notamment en ce qui concerne la dynamique de la pandémie et le calendrier du déploiement des vaccins”, explique l’institution dans un communiqué. “Nous continuerons également de surveiller les évolutions du cours de change en lien avec leurs implications éventuelles pour les perspectives de stabilité des prix à moyen terme.”

La BCE a également annoncé que les conditions très favorables de ses opérations de refinancement à plus long terme ciblées (TLTRO), destinées à alimenter les banques en liquidités, s’appliqueraient pendant une année supplémentaire, soit jusqu’en juin 2022.

Comme attendu, le taux de refinancement de la BCE reste fixé à zéro, son plus bas niveau historique, le taux de la facilité de dépôt à -0,5% et celui de la facilité de prêt marginal à 0,25%.

La politique monétaire pourrait s’inscrire dans la même stratégie tant que l’inflation n’aura pas atteint 2 %.

« La santé des banques mise en cause ? « 

« La santé des banques mise en cause ? « 

Denis Alexandre ,consultant fintech et risque, fondateur de DAAdvisor, estime dans une interview à l’Opinion que la mise en cause de la santé des banques peut être discutée.

 

 

La crise du Covid-19 nous fait découvrir sans cesse de nouveaux « spécialistes » en épidémiologie ou en santé publique, qui annoncent tout et son contraire. On dirait que cette cacophonie des experts s’est propagée à la sphère financière : chaque jour des « spécialistes » expriment leur diagnostic et leurs remèdes pour sauver les banques. La seule différence est qu’ils le font non pas sur les chaînes d’information en continu mais dans de prestigieuses revues académiques, journaux ou sites professionnels. Extraits.

« Les banques françaises ne sont pas loin de la faillite »

Le teasing est le suivant : attention, les banques françaises ne sont pas loin de la faillite ! Si un crédit sur cinq n’était pas remboursé, elles ne pourraient pas absorber leurs pertes et seraient défaillantes. Cette hypothèse est fortement contestable. Nous vivons certes dans une crise exceptionnelle, mais on n’a jamais encore observé une incidence de 20 % des défaillances d’entreprises au cours des crises précédentes, où le niveau de défaillance n’a jamais dépassé les 10 %.

Mais surtout, quand un client fait défaut, la perte pour la banque n’atteint jamais le montant total de la créance car elle fait jouer les garanties dont elle dispose et récupère une bonne partie du crédit. Les données issues des crises précédentes montrent qu‘un niveau de défaillance de 10 % engendre globalement seulement 4 % de perte, très loin du chiffre de 20 % évoqué par certains spécialistes, comme Jézabel Couppey-Soubeyran. La marge d’erreur est plutôt grossière, un peu comme si les « experts » Covid parlaient d’un taux de mortalité de 20 % au lieu de 4 %…

« La régulation est toujours insuffisante »

Suite à la crise financière de 2008, les autorités de régulation ont forcé les banques à se recapitaliser et elles sont donc plus sûres. Nos spécialistes le reconnaissent mais soulignent que les modèles de risque réglementaire qu’utilisent les banques françaises seraient complexes, manipulables et ne refléteraient donc pas le « vrai » risque. Cette remarque n’est pas surprenante de la part de notre spécialiste qui « modélise » une défaillance comme une perte de 100 % sur le crédit…
Plus sérieusement, les modèles réglementaires relèvent d’un process de validation très dur, tant en interne qu’avec le régulateur. Un modèle trop simpliste aurait comme conséquence de limiter très fortement, pour de mauvaises raisons, la capacité des banques à financer l’économie réelle.

A titre de comparaison avec la Covid, cela reviendrait à utiliser des tests si sensibles qu’ils donneraient un nombre très important de faux positifs… juste pour éviter qu’aucune contamination ne passe à travers les mailles du filet.

Nos experts reprochent aussi au régulateur d’avoir allégé certaines contraintes réglementaires suite à la crise sur la Covid, mettant le système en danger pour faire « plaisir » aux banques. Or ce n’est en rien un « cadeau ». La BCE se montre au contraire pragmatique. Si elle incite les banques à constituer un matelas pendant une période « calme », elle leur donne la possibilité de l’utiliser lors d’une crise. C’est cela qui permet de financer les entreprises et les ménages sans risquer de rentrer dans un cycle récessif comme pendant la crise de 1929. L’interdire serait comme empêcher les Français qui ont augmenté leur épargne de précaution depuis le début de la crise de dépenser leurs liquidités.

« Les banques ne servent plus à rien »

Dangereuses, pas rentables et incapables de financer l’économie réelle… Autant d’arguments qui remettent en cause ni plus ni moins que l’utilité, voire la raison d’être des établissements de crédit. Certains experts, comme Mme Couppey-Soubeyran, proposent que les banques centrales financent directement les acteurs économiques ; plus surprenant, d’autres, comme Patrick Artus, que les dépôts bancaires soient remplacés par un « crypto euro », lui-même émis par la BCE.
La connaissance du client ne leur semble plus du tout nécessaire à l’octroi de crédit. C’est oublier que les Prêts Garantis par l’Etat, qui ont sauvé au moins à court terme de multiples emplois, auraient été inenvisageables, d’une part sans l’analyse de terrain permettant de faire la part entre le bon grain et l’ivraie, d’autre part sans les moyens informatiques des banques indispensables à la production de ces prêts. Quant au crypto euro, il verra certainement le jour bientôt, mais pour des cas d’usage autres que ceux concernant les dépôts bancaires de la clientèle particulière.

« Mourir en bonne santé »

Un diagnostic fait consensus ​: le problème de rentabilité des banques européenne et la faiblesse boursière qui en découle. Ce manque de rentabilité est essentiellement dû à une courbe de taux plate et proche de zéro et à des taux de marge bien inférieurs à celui du marché américain tant dans le domaine de la banque d’investissement que de la banque de détail.

Si disposer de banques domestiques puissantes semble bien être une priorité nationale (au moins autant que la production de paracétamol), privilégions des mesures pragmatiques comme celles de la BCE pour éviter que nos banques meurent en bonne santé, plutôt que de suivre nos experts dont les recommandations accéléreraient le phénomène.

Denis Alexandre est consultant fintech et risque, fondateur de DAAdvisor.

Une réforme du MES pour renforcer les banques européennes

Une réforme du MES pour renforcer les banques européennes

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Cet modification de l’accord MES ( mécanisme européen de stabilité) vise à permettre le soutien éventuel aux banques en difficulté. Au-delà,  il doit rendre possible le renforcement du système financier. Pas vraiment encore une véritable union bancaire mais un petit pas.

Bloqué depuis l’an dernier, rendra la zone euro plus stable et plus apte à résister aux crises futures, a ajouté le ministre allemand, dont le pays assure la présidence tournante de l’UE.

“Il y a des décisions, notamment au niveau de l’UE, qui semblent si techniques qu’il est difficile de reconnaître à première vue leur impact politique”, a-t-il dit.

“L’accord de ce jour sur la réforme du fonds européens de sauvetage fait partie de ces décisions: la réforme du Mécanisme européen de stabilité renforce l’euro et tout le secteur bancaire européen. Parce que nous rendons la zone euro encore résistantes aux attaques des spéculateurs”, a-t-il ajouté.

Pour son collègue français, Bruno Le Maire, cet accord constitue “Un nouveau pas pour l’Europe”.

“Ce soir, ajoute-t-il sur son compte Twitter, les ministres des Finances de la zone euro se sont entendus sur le renforcement du Mécanisme européen de stabilité et de l’Union bancaire.” Il y voit “deux avancées pour encore mieux protéger les Européens et l’économie de la zone euro”.

Banques alimentaires : « urgence sociale », selon Pascal Brice

Banques alimentaires : « urgence sociale », selon Pascal Brice

Les Français sont de plus en plus nombreux à ne pas manger à leur faim. Si bien qu’aujourd’hui, huit millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire pour vivre. « C’est une réalité que nous constatons dans nos associations », affirme Pascal Brice, le président de la Fédération des acteurs de la solidarité qui appelle à la solidarité. Ce dernier constate notamment une précarité croissante chez les jeunes et appelle à ce que des aides soient étendues. Les personnes en précarité sont « dans le maquis de la bureaucratie, en marge de la société », déplore-t-il, militant notamment pour l’extension du RSA aux jeunes de moins de 25 ans et à la généralisation de la garantie jeunes.

Face à ce fléau, Pascal Brice évoque la perte du lien social, et regrette que la solidarité ne soit pas toujours au rendez-vous. « La solidarité est là, mais nous avons affaire à une évolution de long date d’une société plus individualiste », explique-t-il, évoquant notamment la classe moyenne qui paie les conséquences de cette évolution et qui, de ce fait, « s’interroge sur la solidarité qui est souvent assimilée à de l’assistanat ».

Près de 200.000 personnes sont actuellement dans des hébergements d’urgence, et de nombreuses demandes ne sont pas pourvues, alerte Pascal Brice qui appelle à « amplifier le mouvement ».

 

La crise menace les banques

La crise menace les banques

On s’inquiète à juste titre d’une crise qui pourrait concerner les banques du fait du manque de solvabilité de nombre d’emprunteurs. Jamais les entreprises, comme les Etats d’ailleurs, n’ont été aussi endetté (300 à 400%du PIB mondial) mais jamais leur seuil de solvabilité n’a été autant dépassé. En clair, les banques pourraient se retrouver avec des montagnes d’actifs pourris si les Etats n’apportent pas leur soutien financier à des entreprises menacées de faire défaut.

Les agences de notation financière restent prudentes voire inquiètes sur le secteur bancaire. « Cette année a été difficile pour les banques et l’année prochaine pourra l’être plus encore », prévient ainsi une étude sectorielle de S&P Global Ratings, publiée mardi. Pour mémoire, environ un tiers des notations des banques sont sous perspective négative.

L’étude souligne quatre risques-clés qui pourraient peser sur le secteur, au niveau mondial, l’année prochaine : une prolongation des effets de la pandémie sur l’économie, des effets négatifs sur les emprunteurs qui ne bénéficieront plus des mesures de soutien de l’État et des moratoires accordés par les banques, une hausse des défauts de paiement et, enfin, une dégradation du marché immobilier.

Dans certains pays, dont la France, le retour au niveau « d’avant crise » pourrait ainsi attendre 2023. « La crise n’a pas fini d’impacter les banques »

« Les banques sont menacées financièrement »

« Les banques sont menacées financièrement »

 

Alexandre Birry (S&P Global Ratings) estime que les banques traditionnelles européennes risquent d’être très menacées financièrement.

 

(Interview de l’Opinion)

Depuis le début de la pandémie, S&P Global Ratings a pris 236 mesures de notation négatives – principalement des révisions de perspectives – sur les banques dans le monde. L’agence estime que de nombreux systèmes bancaires ne retrouveront pas leur solidité financière pré-pandémie avant 2023 ou au-delà. Alexandre Birry est responsable mondial des études sur les institutions financières chez S&P Global Ratings.

Selon vous, 2021 pourrait être l’année la plus difficile pour les banques depuis 2009. Pour quelles raisons ?

Nous prévenons que la partie n’est pas encore gagnée. En 2020, les banques ont fait face à un choc sans précédent. Elles ont prouvé qu’elles étaient mieux préparées qu’en 2009 mais elles ont aussi bénéficié d’un soutien à l’économie sans précédent. Leurs résultats du troisième trimestre ont parfois été meilleurs qu’attendu, ce qui a créé un parfum d’optimisme. Mais l’arrêt progressif des « perfusions ​» de soutien l’an prochain donnera une image plus vraie de la qualité des actifs bancaires. On verra plus nettement les séquelles de la crise. Et on se préoccupera à nouveau de l’impact à long terme des bas taux d’intérêt sur la rentabilité des banques.

Le secteur profitera tout de même de la reprise économique ?

C’est le paradoxe. Nous tablons sur une reprise assez marquée l’an prochain, mais on observe souvent un décalage temporel entre le cycle économique et la performance bancaire. A cela s’ajoute le fait qu’une confirmation de la reprise justifiera le retrait progressif des aides qui masquent la réalité économique. Pour les banques européennes et américaines, on peut parler de reprise « ​aigre-douce ​».

« La profitabilité, la génération de revenus des banques et leur modèle opérationnel sont menacés par l’environnement de bas taux d’intérêt »

Les difficultés que vous redoutez rendront-elles nécessaires des recapitalisations bancaires ?

Nous ne prévoyons pas de recapitalisation en masse. En dépit d’un quasi-doublement prévu des provisions cette année et l’année prochaine par rapport au rythme de provisionnement de 2019 (augmentation totale d’environ 100 milliards d’euros en Europe en 2020 et 2021), on anticipe une érosion légère de la capitalisation des banques européennes. Cela ne changera pas substantiellement notre vision de leur qualité. C’est en cela que notre scénario est fondamentalement différent de 2009. Les banques ont renforcé leur bilan depuis dix ans, et s’ajoute à cela le fait que les régulateurs ont momentanément assoupli certaines de leurs exigences réglementaires pour donner plus de flexibilité au secteur. Cela ne change rien au fait que la situation reste difficile sur le long terme. La profitabilité, la génération de revenus des banques et leur modèle opérationnel sont menacés par l’environnement de bas taux d’intérêt.

Quid des dividendes, que certaines banques aimeraient distribuer à nouveau ?

C’est une question délicate. La réponse des autorités à la crise a été un fort soutien à l’économie et à la liquidité du système bancaire, en contrepartie d’une suspension des dividendes. Cela a représenté environ 30 milliards d’euros économisés par les banques européennes au titre de 2019, c’est autant d’argent qui leur a permis de soutenir l’économie en préservant leur capital. Depuis les bons résultats du troisième trimestre, les banques commencent à faire plus de bruit sur le sujet. Il faut dire que l’arrêt des dividendes a fait chuter leur cours de Bourse, ce qui limite leur capacité à lever du capital en cas de besoin. Des mesures qui s’éternisent finissent toujours par avoir des effets néfastes, mais il faut conserver un certain degré de réalisme. Le stress économique n’est pas derrière nous.

« On assistera sans doute à une amplification de la consolidation du secteur. Faute d’union bancaire aboutie, les fusions-acquisitions seront en priorité domestiques »

Les banques vont donc rester faiblement valorisées par la Bourse, c’est un vrai handicap…

Le « ​price to book ​» de nombreuses banques européennes est aujourd’hui inférieur à 0,5 fois, cela veut dire que le marché les valorise moins de la moitié de leurs fonds propres. Ce n’est pas nouveau même si la suspension des dividendes a amplifié cette décote. Il n’y a pas de fatalisme sur le sujet ​: l’espagnol BBVA vient de céder sa filiale aux Etats-Unis sur une valorisation nettement plus élevée. La faiblesse des valorisations en Europe a plusieurs explications (niveau particulièrement bas des taux d’intérêt, nombre parfois excessif de banques, réformes structurelles insuffisantes, Union bancaire toujours inachevée). Cela changera peut-être lorsqu’elles pourront enfin tirer les bénéfices d’un marché européen plus unifié.

Les banques se restructurent avec la crise. Attendez-vous une vague de fusions-acquisitions en Europe ?

Le confinement est un accélérateur de tendance ​: les attentes des clients ont évolué, ce qui permet aux banques de réviser leurs coûts à la baisse. On assistera sans doute à une amplification de la consolidation du secteur, mais cela se fera sur la durée. Faute d’Union bancaire aboutie, elles seront en priorité domestiques, c’est déjà le cas en Espagne, en Italie, et – même si plus discrètement – en Allemagne.

Immobilier: durcissement des banques

Immobilier: durcissement des banques

 

Depuis janvier, les établissements bancaires suivent à la lettre les recommandations du Haut Conseil à la stabilité financière (HCSF). Les banques doivent limiter la durée de l’emprunt à 25 ans et les échéances de prêt à 33 % des revenus de l’acheteur. Ces recommandations, prises en décembre 2019 à un moment où les pouvoirs publics craignaient la surchauffe, n’ont pas bougé depuis. Et pour cause puisque ce qui est en jeu aujourd’hui c’est la question de la solvabilité de nombre d’emprunteurs du fait de la fragilité de leur emploi. Nombre de dossiers sont refusés par les banques lorsqu’ils ne remplissent pas les critères évoqués.

 

Banques : 2.000 milliards d’argent sale, ou quand l’argent n’a pas d’odeur

Banques : 2.000 milliards d’argent sale, ou quand l’argent n’a pas d’odeur

 

 

D’une certaine manière l’argent n’a pas d’odeur, ce qui est bien connu. Une fois dans les tuyaux bancaires l’argent sale-notamment celui de la drogue– est en quelque sorte légalisé et peut se recycler dans des investissements propres  notamment l’immobilier. L’évaluation du business de la drogue est forcément approximatif il se situerait entre 300 et 500 milliards par an. En France l’INSEE avait évalué ce trafic à environ 3 milliards.

 

Au total au moins 2.000 milliards de dollars de transactions suspectes aurait été réalisées entre 2000 et 2017 par les grandes banques mondiales, selon des documents bancaires obtenus par le média en ligne BuzzFeed News et qui ont fait l’objet d’une enquête au sein de l’ICIJ (Consortium international des journalistes d’investigation) dévoilée dimanche. Déjà à l’origine des « Panama Papers », l’ICIJ a constitué une équipe de plus de 400 journalistes travaillant pour 110 organes de presse dans 88 pays, dont la cellule investigation de Radio France et Le Monde.

L’enquête repose sur des « suspicious activity reports » (SAR, rapports d’activités suspectes) envoyés par les banques américaines lorsqu’elles détectent des transferts de fonds douteux. Les SAR sont destinés au service de renseignement financier américain FinCEN (Financial Crimes Enforcement Network), au cœur du système mondial de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

« Les ‘FinCEN Files’ montrent le rôle central des grandes banques systémiques dans la circulation des flux d’argent sale liés à la fraude, la corruption, le crime organisé et le terrorisme », explique de son côté Le Monde https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/09/20/fincen-files-comment-les-grandes-banques-mondiales-ferment-les-yeux-sur-les-mouvements-d-argent-sale_6052950_4355770.html, qui cite également les banques HSBC, Standard Chartered Bank et Bank of New York Mellon.

 

Banques : 2.000 milliards d’argent sale, ou quand l’argent n’a pas d’odeur

Banques : 2.000 milliards d’argent sale, ou quand l’argent n’a pas d’odeur

 

 

D’une certaine manière l’argent n’a pas d’odeur, ce qui est bien connu,. Une fois dans les tuyaux bancaires l’argent sale-notamment celui de la drogue– est en quelque sorte légalisé et peut se recycler dans des investissements propres  notamment l’immobilier. Au moins 2.000 milliards de dollars de transactions suspectes ont été réalisées entre 2000 et 2017 par les grandes banques mondiales, selon des documents bancaires obtenus par le média en ligne BuzzFeed News et qui ont fait l’objet d’une enquête au sein de l’ICIJ (Consortium international des journalistes d’investigation) dévoilée dimanche. Déjà à l’origine des « Panama Papers », l’ICIJ a constitué une équipe de plus de 400 journalistes travaillant pour 110 organes de presse dans 88 pays, dont la cellule investigation de Radio France et Le Monde.

L’enquête repose sur des « suspicious activity reports » (SAR, rapports d’activités suspectes) envoyés par les banques américaines lorsqu’elles détectent des transferts de fonds douteux. Les SAR sont destinés au service de renseignement financier américain FinCEN (Financial Crimes Enforcement Network), au cœur du système mondial de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

« Les ‘FinCEN Files’ montrent le rôle central des grandes banques systémiques dans la circulation des flux d’argent sale liés à la fraude, la corruption, le crime organisé et le terrorisme », explique de son côté Le Monde https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/09/20/fincen-files-comment-les-grandes-banques-mondiales-ferment-les-yeux-sur-les-mouvements-d-argent-sale_6052950_4355770.html, qui cite également les banques HSBC, Standard Chartered Bank et Bank of New York Mellon.

 

Banques : 2.000 milliards d’argent sale

Banques : 2.000 milliards d’argent sale

Au moins 2.000 milliards de dollars de transactions suspectes ont été réalisées entre 2000 et 2017 par les grandes banques mondiales, selon des documents bancaires obtenus par le média en ligne BuzzFeed News et qui ont fait l’objet d’une enquête au sein de l’ICIJ (Consortium international des journalistes d’investigation) dévoilée dimanche. Déjà à l’origine des « Panama Papers », l’ICIJ a constitué une équipe de plus de 400 journalistes travaillant pour 110 organes de presse dans 88 pays, dont la cellule investigation de Radio France et Le Monde.

L’enquête repose sur des « suspicious activity reports » (SAR, rapports d’activités suspectes) envoyés par les banques américaines lorsqu’elles détectent des transferts de fonds douteux. Les SAR sont destinés au service de renseignement financier américain FinCEN (Financial Crimes Enforcement Network), au cœur du système mondial de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

« Les ‘FinCEN Files’ montrent le rôle central des grandes banques systémiques dans la circulation des flux d’argent sale liés à la fraude, la corruption, le crime organisé et le terrorisme », explique de son côté Le Monde https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/09/20/fincen-files-comment-les-grandes-banques-mondiales-ferment-les-yeux-sur-les-mouvements-d-argent-sale_6052950_4355770.html, qui cite également les banques HSBC, Standard Chartered Bank et Bank of New York Mellon.

Crise économique: Les banques centrales sont perdues

 Crise économique: Les banques centrales sont perdues

 

 

Par Michel Santi, économiste (*) qui considère que les banques centrales ont utilisé la plupart de leurs armes et se trouvent même aujourd’hui démuni face à la crise. (Chronique dans la Tribune.)

 

 

Les banques centrales sont perdues, et les banquiers centraux avouent aujourd’hui à mots couverts que leurs outils et autres instruments de politique monétaire utilisés depuis des décennies pour rectifier les cycles économiques ne fonctionnent plus !

Eh oui: elles ont perdu leur touche magique, ces banques centrales qui ne sont plus omnipotentes, y compris la plus puissante d’entre elles, à savoir la Réserve fédérale US.

Elles qui jouissent -et qui sont, à juste titre, fières et jalouses- de leur indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques et de la bureaucratie des États, elles qui ont bénéficié pendant longtemps du pouvoir quasi-miraculeux et privilégié de régulation des cycles de l’activité économique, elles qui ont longtemps assumé les décisions – parfois impopulaires et souvent controversées – en matière de taux d’intérêts tout en affichant ostensiblement leur indifférence aux pressions exercées par les politiques, ce sont elles désormais qui plaident pour que les dépenses publique, pour que la politique budgétaire et pour que la fiscalité viennent à la rescousse – ce qui, en soi, est une reconnaissance implicite de leur faiblesse.

Est-ce à dire que le paradigme sur lequel elles ont été édifiées, et qui consistait à stabiliser le système suite aux paniques bancaires du 19e et du début du 20e siècles, est devenu dépassé, périmé ? Elles qui, après Bretton Woods et après l’instauration des taux de change flottants, étaient les gardiennes de cette sacro-sainte stabilité des prix théorisée par Milton Friedman.

Elles ont hélas concentré tous leurs efforts sur la surveillance du palier quasi-dogmatique des 2% d’inflation qui était le seuil critique à ne surtout pas dépasser afin que ce système puisse prospérer.

Elles ont tout sacrifié à l’aune de ce repoussoir des 2%, y compris la préservation du plein emploi et la promotion de la croissance reléguées loin, très loin, derrière la protection des épargnants et des rentiers.

Ironie du sort, il serait tentant, aujourd’hui, de les féliciter. N’ont-elles pas remporté de haute main cette lutte contre l’inflation qui est désormais une denrée extraordinairement rare ? En fait, la combinaison de leur obsession vis-à-vis de l’inflation, de leur concentration sur cette seule et unique priorité, et de la prolifération de ce palier des 2% à travers toutes les banques centrales du monde (qui en cela ont suivi la Fed et la BCE après la Bundesbank) a engendré une sorte de suicide collectif car nul ne sait plus actuellement de quelle manière faire resurgir un tout petit peu d’inflation.

Mais ne jetons pas la pierre aux seuls banquiers centraux car c’est, en réalité, la globalité de la corporation des économistes traditionnels, orthodoxes, «mainstream» qui est désormais sur un siège éjectable pour n’avoir voulu admettre que le capitalisme est fondamentalement vecteur d’instabilité, et pour n’avoir pas voulu intégrer les composantes essentielles – comme la dette et comme l’argent – dans leurs modèles économiques.

Il suffisait pourtant de s’intéresser aux travaux et à l’hypothèse de l’instabilité financière de Hyman Minsky pour se départir – ou au moins pour questionner – leurs certitudes quant à l’équilibre des marchés et de l’économie auquel s’accroche toujours un certain nombre d’entre eux ! Pourtant, les crises sont inévitables, les bulles spéculatives humaines, comme sont intenables certains niveaux d’endettement du secteur privé générateurs de déséquilibres profonds qui nécessitent des ajustements violents à intervalles réguliers.

L’expérience des Hommes montre qu’il leur est très ardu de remettre en question les schémas intellectuels dans lesquels ils sont confortablement installés, qu’il leur est quasiment impossible d’en adopter d’autres qui soient plus radicaux. Déplorant le manque d’enthousiasme de ses contemporains pour ses découvertes pourtant géniales sur l’électromagnétisme, le physicien Max Planck notait que la science n’avance qu’«un enterrement à la fois». Il en va de même pour l’économie et pour les marchés financiers – il est vrai – familiers des hécatombes.

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(*) Michel Santi est macro économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.

Il vient de publier «Fauteuil 37» préfacé par Edgar Morin

La Fed : les banques trop fragiles.

La Fed : les banques trop fragiles.

La banque fédérale américaine a effectué un certain nombre de tests qui montrent des fragilités bancaires dans certains établissements. Les pertes pourraient même monter jusqu’à 700 milliards de dollars. C’est pourquoi la banque fédérale américaine a décidé de resserrer critères de gestion en matière de fonds propres et de recommander la limitation du versement de dividendes. Elle recommande aussi aux entreprises de ne pas racheter leurs propres actions( Pour limiter une forme de rémunération des actionnaires).  Ces “stress tests”, qui ont concerné certaines des plus grandes banques des Etats-Unis comme Goldman Sachs ou JPMorgan & Chase, montrent que les 34 établissements pourraient subir jusqu’à 700 milliards de dollars (624 milliards d’euros) de pertes sur créances dans le pire scénario d’une reprise en “W” après la crise.

La Fed estime que les banques devraient pouvoir faire face à une récession sévère et prolongée mais que plusieurs d’entre elles se retrouveraient proches des exigences minimales de fonds propres.

En conséquence, la banque centrale a annoncé qu’elle plafonnait le montant des dividendes que les établissements financiers pourront verser au titre du troisième trimestre, qui ne pourront être supérieurs à ceux du deuxième trimestre. Au maximum, le dividende ne pourra excéder la moyenne du bénéfice net au cours des quatre derniers trimestres.

La Fed a également décidé d’interdire les rachats d’actions, autre moyen de rémunération des actionnaires, au moins durant le troisième trimestre.

Les banques remboursent 214 milliards d’euros!

Les banques remboursent 214 milliards d’euros!

Pour profiter de meilleurs conditions par anticipation- et surtout par intérêt- les banques vont rembourser 214 milliards à la BCE afin de bénéficier de conditions de prêts encore plus avantageuses , d’ayant que la croissance interne va  surtout reposer sur la demande interne que le commerce international qui, lui, devrait dans le même temps diminue pour l’année de l’ordre de 20 % et que les investissements sont plutôt sur une pente glissante de -15 %. Il convient donc de soutenir d’urgence l’existant – avec des taux encore plus intéressants- et se préparer à une reprise dont l’échéance n’est pas prévue avant 2021. Voire au-delà.

La BCE lancera en effet le 18 juin de nouveaux prêts à trois ans dans le cadre de ses opérations de refinancement à plus long terme ciblées (TLTRO), à un taux de -1% à condition que les banques prêtent effectivement les liquidités empruntées aux entreprises et aux ménages.

 

Les marchés s’attendent à ce que ces “TLTRO III” suscitent une demande estimée autour de 1.400 milliards d’euros, a déclaré cette semaine Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE. Un tel montant ferait de cette opération la plus importante jamais réalisée en une seule fois par l’institution de Francfort. Notons cependant qu’une grande partie de cette opération financière correspondra à des refinancements de banque attirée par les conditions de prêt plus avantageuse encore

Protéger la santé, l’économie….et maintenant les banques

Protéger la santé, l’économie….et maintenant les banques

Renforcement du capital, structure de défaisance, bad Banks autant de solutions qui sont envisagées actuellement pour l’union européenne afin de soutenir le système bancaire qui va être affronté à une vague de créances douteuses et même pourries. L’idée serait d’isoler les créances potentiellement irrécouvrables pour ne pas détériorer le bilan des banques.

Certes pour l’instant les plus grandes banques disposent des réserves nécessaires pour faire face à ses créances douteuses. Restent cependant des banques au bilan plus réduit ou de pays fragiles qui pourraient n’être pas en capacité de faire face à l’absence de recouvrement de dettes de particuliers, d’entreprises voir même d’État .

“Cela pourrait se faire sous la forme d’une recapitalisation de précaution sur le modèle du TARP. Et là, le fonds de relance de l’UE pourrait jouer un rôle”, a-t-il ajouté, suggérant que l’aide concerne les banques qui disposent de fondamentaux solides mais se trouvent handicapés par l’épidémie.

Pendant la crise financière de 2007-2009, les Etats-Unis avaient créé le Troubled Asset Relief Program (TARP) qui avait permis d’injecter des dizaines de milliards de dollars dans le système bancaire américain.

Les banques européennes disposent de plus de 430 milliards d’euros de réserves de fonds propres, selon l’ABE, ce qui devrait être plus que suffisant pour couvrir les pertes liées à la montée attendue des créances irrécouvrables, dans des secteurs comme le tourisme et la restauration entre autres.

Mais certaines, particulièrement dans des pays très durement touchés par la pandémie comme l’Italie ou l’Espagne, sont plus vulnérables que d’autres.

Si l’Allemagne a assoupli sa position sur les emprunts à l’échelle de l’UE et plus seulement au niveau de chacun des Etats membres, étendre le bénéfice du fonds de reprise aux banques risquerait de se heurter à une opposition ferme.

“Je m’attends à une vague de NPL (non performing loans, les créances irrécouvrables) au cours des deux ou trois prochains trimestres”, a dit José Manuel Campa. “De quelle ampleur, c’est difficile à dire.”

Le président de l’ABE était secrétariat d’Etat à l’économie dans le gouvernement espagnol au début de la crise financière qui a conduit Madrid à solliciter une aide internationale puis à créer une “bad bank”, une structure de défaisance dans laquelle ont été cantonnées des créances douteuses afin d’assainir les bilans des banques.

“L’utilisation de ‘bad banks’ pour isoler des prêts non-performants s’est révélée utile”, a-t-il dit. “L’Allemagne a eu des ‘bad banks’ tandis que des pays comme l’Irlande ont eu recours à des structures de gestion d’actifs de la même manière. On pourrait y recourir de nouveau.”

“Les banques sont résilientes et plus fortes qu’avant la dernière crise”, a-t-il ajouté. “Mais nous ne savons pas comment la crise va évoluer. Mieux vaut agir trop tôt que trop tard.”

La bonne santé des banques françaises : pourquoi ?

Une analyse Xerfi canal sur les facteurs explicatifs de la bonne santé des banques françaises.

 

Sur le papier, l’année s’annonçait sombre. Les taux à 10 ans sur les obligations d’État se sont affaissés tout au long de l’année. Et dans leur sillage, les taux accordés sur le crédit à l’immobilier ou aux entreprises n’ont pas pu inaugurer le mouvement de normalisation tant espéré par le secteur en 2018. A l’inverse, la BCE a contribué à compliquer l’équation des banques en abaissant encore un peu plus les taux déjà nettement négatifs sur les dépôts bancaires auprès de la banque centrale, de -0,4 à -0,5%.

Sur leur cœur de métier, qui consiste à produire une marge d’intérêt entre ressources liquides et prêts, les banques semblaient donc prises toujours plus en étau. Si l’on ajoute à cela la sortie graduelle et inexorable du stock de prêts ou d’actifs anciens, plus rémunérateurs, on pouvait en effet s’inquiéter de la profitabilité du secteur pour 2019 et 2020. Et faisant écho à cette inquiétude, les acteurs européens phares du secteur ont multiplié les annonces de réduction de leurs effectifs et la fermeture de certaines activités au cours de l’année : Société Générale, BNP Paribas, Barclays, HSBC, Deutsch Bank et Commerzbank, Santander, etc. Indiquant que les conditions financières et de concurrence des fintech mettaient toujours plus sous pression les coûts d’exploitation.

Même s’il est toujours délicat de tenir un propos transversal sur l’ensemble des acteurs bancaires, la clé d’explication de la résilience de la profitabilité bancaire réside 1) dans les volumes et 2) dans la diversification des métiers de la banque. Dans le contexte très particulier des taux zéro, les intermédiaires financiers sont à la recherche de rendements.

Ils les trouvent aujourd’hui : sur les activités de conseil, d’intermédiation, d’exécution concernant les opérations de haut de bilan (émissions de dette, fusions/acquisitions notamment), autrement dit sur leurs activités de banque d’investissement et sur les commissions ayant trait à la gestion de patrimoine.

Cela est manifeste pour les deux premiers groupes bancaires français. Prenons par exemple le cas du groupe Crédit Agricole :

  • La première source de revenus du groupe aujourd’hui, ce sont les activités de gestion de l’épargne et l’assurance. C’est Amundi, le 9e gestionnaire d’actifs au monde, c’est Indosuez Wealth Management, c’est Crédit Agricole Assurances.
  • La seconde source de revenus, c’est ce que la banque dénomme l’activité « grande clientèle », autrement dit de banque d’investissement, banque conseil.
  • Ce sont ensuite les activités de banque stricto sensu en France et à l’international, puis les activités spécialisées de leasing, de financement de la consommation.

Et les principales sources de progression du profit sont sur la composante gestion d’actifs et assurance, la banque d’investissement et les activités spécialisées, notamment le leasing… Bref, la banque vit de commissions, de réalisations de plus-values latentes, de remontées de dividendes de ses activités de marché… Et cela la sauve. Idem pour la BNP qui voit sa performance tirée par sa banque d’investissement en 2019.

Ce constat conforte le modèle français de banque universelle en première analyse. Mais il ne faut pas se leurrer. Faire du volume, créer et susciter des besoins du côté des acteurs privés en matière de gestion d’actifs, en matière d’opérations en capital — notamment d’acquisitions, de levées de dettes, etc. — c’est aussi cela qui crée les déséquilibres et qui transforme les acteurs financiers en pousse-au-crime, au détriment de ceux qui endossent véritablement les risques, c’est-à-dire les ménages et les entreprises.

 

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