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Banques: La concurrence va changer la donne

Banques: La concurrence va changer la donne

 

Les deux experts bancaires Julien Briot et Gilles Hilary expliquent, dans une tribune au « Monde » (extrait), qu’avec les nouvelles technologies numériques et le recours aux algorithmes, les banques vont profondément évoluer

Julien Briot, Responsable compliance et expert contre le blanchiment d’argent (LCB) et le financement du terrorisme

Gilles Hilary, Professeur de comptabilité, Georgetown University

 

Tribune.

 

L’évolution de la technologie bancaire peut sembler être un sujet aussi technique qu’aride. Pourtant, si on n’y prête pas assez d’attention, cela pourrait représenter un sujet de préoccupation important pour les citoyens. L’émergence actuelle des algorithmes pour l’accès au crédit ou la reconnaissance faciale automatique pour les paiements et les retraits d’argent pose déjà des questions éthiques importantes. Mais des évolutions plus structurelles apparaissent sous la pression économique.

Les banques de détail, celles du quotidien, sont concurrencées sur leurs quatre fonctions traditionnelles.

 

– En ce qui concerne l’offre des moyens de paiement, de nombreux nouveaux moyens alternatifs émergent. Si les particuliers sont familiers avec des services tels que PayPal ou ApplePay, de nouvelles solutions plus radicales apparaissent.

Par exemple, les « stable coins » [cryptomonnaie stable] sont les monnaies électroniques adossées aux banques centrales qui ne requièrent plus nécessairement d’intermédiaires bancaires. La Banque centrale chinoise a déjà déposé de nombreux brevets sur ce sujet et régule des milliards d’euros de transactions.

– L’offre de crédit demeure, elle, la partie la plus protégée pour les banques car elle est fortement réglementée. Tout au plus le consommateur peut-il espérer à court terme un peu de transparence avec des plates-formes de comparaison en ligne. On note cependant des exemples d’intégration aux Etats-Unis entre des plates-formes immobilières en ligne et l’offre de crédit.

– Pour l’offre des produits d’épargne, les prix des produits financiers sont très élevés en France. Par comparaison, leur achat, leur vente et leur gestion sont essentiellement gratuits pour les clients des leaders américains de la gestion d’épargne en ligne. La concurrence américaine a amené le prix au coût marginal induit par la technologie : zéro. Ces entreprises réalisent leurs profits en prêtant des titres sur les marchés financiers.

– Enfin, en ce qui concerne l’offre de conseil, il existe de plus en plus d’offres en ligne automatisées pour les besoins de base (les « robo-advisors »). Leur introduction est trop récente pour qu’on puisse complètement comprendre leurs avantages et leurs inconvénients, mais les premiers résultats de la recherche académique suggèrent qu’ils créent de la valeur pour les utilisateurs. Naturellement, ces outils peuvent être offerts par les banques dans le cadre d’une offre globale de service mais cela n’a rien d’automatique.

Epargne-Livret A : les épargnants encore punis ….par les banques

Livret A : les épargnants encore punis ..par les banques ?

Au deuxième trimestre, les grandes banques françaises ont toutes publié des résultats record , faisant presque oublier la crise sanitaire qui avait plombé leurs comptes il y a tout juste un an. Une fois n’est pas coutume, les métiers de banque de détail, pourtant mal en point depuis plusieurs années, ont largement participé à ce rebond.

Selon le décompte fait par DBRS Morningstar, les revenus agrégés en banque de détail de BNP Paribas, Crédit Agricole, BPCE et Société Générale ont grimpé de 9,8 % par rapport à la même période l’an dernier. Tous métiers confondus, le produit net bancaire des quatre groupes a augmenté de 11,3 %, à 33,7 milliards d’euros, et les bénéfices ont plus que triplé. La tendance est similaire chez Crédit Mutuel et La Banque Postale .

 

Alors que l’inflation reprend , les épargnants du livret, eux  à seront encore punis puisque les Pouvoirs publics n’envisagent pas de relèvement de la rémunération du livret au 1er août. Conclusion il y aura une perte nette pouvoir d’achat des épargnants puisque officiellement l’inflation sur un an constatée en juin a atteint 1,5 % alors que le taux de rémunération est toujours limité à 0,5 %.

 En fait,  les pouvoirs publics ont écouté les revendications des banques et de la Banque de France qui conseillent depuis longtemps de bloquer la rémunération voire même de la diminuer. Il n’est donc pas étonnant que nombre de petits épargnants préfère laisser leurs économies sur les comptes courants. « Depuis le début de la crise sanitaire (mars 2020), la collecte du Livret A a atteint 37,75 milliards d’euros faisant de ce produit le principal réceptacle de l’épargne Covid juste derrière les dépôts à vue (50 milliards d’euros) », observe Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne.

Notons cependant que la mesure de l’inflation est devenue largement obsolète avec la crise sanitaire qui a modifié la structure de consommation des ménages. Le coût de certaines dépenses et notoirement sont  sous-évaluées voire ignorées comme celle du logement.

Le danger des cryptomonnaies pour les banques

Le danger des cryptomonnaies   pour les banques

 

Par Charles Cuvelliez, Ecole Polytechnique de Bruxelles, ULB, et Jean-Jacques Quisquater, Ecole Polytechnique de Bâle estime que les banques devront courir les risques des des cryptomonnaies.

 

Tribune

Si les banques proposent des cryptomonnaies, elles devront couvrir les risques de manière à n’en faire courir aucun à leurs clients. C’est la lecture qu’on peut faire de la proposition du comité de Bâle sur le contrôle bancaire – un forum composé des représentants de 27 banques centrales principales et autres autorités prudentielles  – pour enfin réguler les cryptomonnaies. Le comité de Bâle, sorte d’Onu des banques centrales, donne le ton pour le reste du monde quand il s’agit d’obligations prudentielles.

Ces dernières définissent la manière dont les banques couvriront les risques des cryptomonnaies qu’elles intégreraient dans leur offre. Toutes les cryptomonnaies ne seront pas équivalentes. Le bitcoin fera partie du groupe 2, c’est-à-dire un « actif »  dont la valeur ne repose sur rien… d’autre que  le (des)équilibre entre l’offre et la demande. Il ne vaut mieux pas appartenir à ce groupe 2.

Principe de jeton

Le groupe 1, par opposition au groupe 2, inclura les cryptomonnaies moins dangereuses avec un  mécanisme qui stabilise leur valeur autrement que par l’offre et la demande ou qui ont des actifs sous-jacents. Soit c’est un panier de devises traditionnelles qui fixe sa valeur (comme le Libra de Facebook désormais renommé Diem), soit la cryptomonnaie prend la forme d’un jeton virtuel dans le blockchain qui prouve la possession d’un actif traditionnel comme une obligation par exemple. Ce principe de jeton connait aujourd’hui un grand succès avec les NFT qui attestent qu’on est propriétaire d’une œuvre d’art numérique (et en tant que telle aisément copiable).

Il faut prouver que la cryptomonnaie que la banque souhait inclure dans son offre appartient au groupe 1 sur base de ces critères. L’autorité prudentielle qui supervise la banque devra approuver ou non la démonstration. Il ne s’agit pas de faire une auto-évaluation sinon une banque pourra estimer qu’une même cryptomonnaie appartient au groupe 1 tandis qu’une autre ne s’y risquerait pas. Cependant, une cryptomonnaie n’ayant pas de frontière, comment gérer le cas d’une autorité prudentielle d’un pays qui accepte que cette cryptomonnaie appartient au groupe 1 tandis qu’une autre pas, avec, au final, le consommateur de ce pays qui prendra donc des risques.

Les principes de la supervision

Quand une cryptomonnaie appartient au groupe 1, le comité de Bâle propose aux autorités prudentielles de la réguler sur base de 3 principes:

-        Même risque, même activité, même traitement : comme les cryptomonnaies du groupe 1 ont des actifs derrière elles qui définissent leur « vraie » valeur, les risques à couvrir seront ceux des  valeurs sous-jacentes.  C’est logique.

-        Simplicité : inutile de déployer une régulation sophistiquée pour une classe d’actifs, les cryptomonnaies, qui n’est pas encore importante. En faisant simple au début, on ne devra pas détricoter quelque chose pour reconstruire autre chose au fur et à mesure de l’évolution technologique des cryptomonnaies.

-        Minimalisme : les États ont la possibilité de réguler au-delà des recommandations du comité de Bâle. C’est d’ailleurs déjà  le cas de la Chine qui a banni en 2013 les bitcoins ou de la Belgique qui en interdit la commercialisation active depuis 2014.

Les banques devront avoir mis en place une organisation ad hoc pour adresser les risques liés aux cryptomonnaies. On ne s’improvise pas spécialiste en crypto-risques : Il faudra avoir mis en place  toute une organisation avec une gouvernance, compétence, expertise adéquates.

Quels fonds propres posséder pour couvrir le risque des cryptomonnaies du groupe 1 ? Les mêmes que  leurs actifs sous-jacents. Et de donner des exemples : si la cryptomonnaie est un jeton qui « prouve »  la possession d’une obligation ou d’une action, ce seront les fonds propres qui leur sont associés mais à la condition que rien ne doit empêcher la banque qui agit pour son client d’échanger le jeton contre l’action ou l’obligation en toute circonstance. Quant aux cryptomonnaies liées à un panier de devises traditionnelles, elles doivent être exigibles immédiatement. Pas question, dit le comité de Bâle, de passer par une transformation préalable intermédiaire en des actifs traditionnels convertibles ensuite en devises.

 

Quant aux bitcoins, c’est bien simple, c’est le risque zéro: pour chaque euro exposé en bitcoin, la banque provisionnera un euro au minimum.

Les risques non prudentiels

Les banques devront aussi surveiller les risques purement technologiques des cryptomonnaies comme la stabilité du réseau et du blockchain qui le sous-tend, la fiabilité des nœuds du blockchain pour éviter leur manipulation, la protection adéquate des clés de celui qui possède la cryptomonnaie…. : Tout ceci demande une fameuse montée en compétences et une expertise crypto pour le chef des banques.

Si la banque n’arrive pas à évaluer correctement les risques des cryptomonnaies, les autorités prudentielles devront durcir les stress tests exigés des banques, demander des provisions supplémentaires ou tout simplement limiter l’activité crypto des banques.

Bien évidemment, les monnaies digitales des banques centrales comme l’Euro digital tombent en dehors de cette proposition du comité de Bâle. Ce serait comme se réguler soi-même.

Les propositions du comité sont pour l’instant soumises à consultation. Il est temps de toute façon. Aux Etats-Unis, des fonds commencent à proposer d’investir une partie de son plan de pension en bitcoin. La Chine fait la chasse aux fermes qui minent des bitcoins dans des provinces qui sont obligées de rouvrir des mines à charbon pour faire face à la demande d’électricité qui en résulte.  Finalement, le dindon de la farce sera le consommateur le moins informé qui investira trop tard en bitcoin et perdra tout.

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Pour en savoir plus: Prudential treatment of cryptoasset exposures, June 21, Basel Committee on Banking supervision, Issued for comment by 10 September 2021

Taux du livret A bloqué mais profit historique pour les banques

Taux du livret A bloqué mais profit historique pour les banques

 

C’est le paradoxe, alors que les experts à la botte des banques ont largement milité pour empêcher un relèvement du taux du livret A, les résultats des banques se révèlent historiques. On se souvient que depuis plus d’un an la banque de France, des experts proches du milieu financier, les banques elles mêmes  ne cesse de crier au loup du fait des conséquences d’une éventuelle hausse du taux du livret A. Or la rémunération est déjà dérisoire puisqu’elle est bloquée à 0,5 % alors que l’inflation officielle est de 1,5 %. Conclusion l’argent des épargnants perd de sa valeur sur les livrets.

Or  après la publication par BNP Paribas, la semaine dernière, d’un résultat au second trimestre le plus élevé jamais affiché par une banque européenne, c’est au tour de Société générale d’annoncer son « meilleur » résultat trimestriel jamais enregistré depuis 2016. Mêmes causes, mêmes effets : les deux banques ont à la fois profité d’un effet de ciseaux positif, dans tous les métiers, y compris la banque de détail, avec une forte hausse des revenus et une baisse des charges, et d’un coût du risque relativement faible.

Au total, sur le semestre, BNP Paribas affiche 4,67 milliards d’euros de résultat net, soit une meilleure performance qu’en 2019 (+6,7%), et Société générale dégage, sur la période, un résultat net de 2,25 milliards d’euros, en hausse de 13,5 % par rapport au premier semestre 2019 (et contre une perte de 1,6 milliard un an plus tôt). « Société générale a tourné la page de la crise », s’est ainsi félicité Frédéric Oudéa, directeur général du groupe bancaire, lors d’un point de presse.

Crypto-monnaies : une menace pour les banques

Crypto-monnaies : une menace pour les banques

 

C’est la question que pose Aurore Galves-Orjol, présidente de l’association Crypto Lyon, dans une tribune publiée en amont du Forum Finance Lyon organisé par La Tribune .

Ce sont les contributions scientifiques de plusieurs chercheurs qui ont permis de résoudre le problème de double dépense rencontré lors des précédentes tentatives de développement de « cash numérique ». Grâce au premier protocole à blockchain nous pouvons supprimer les intermédiaires dans nos process de paiement, mais également de financement. En effet, nous pouvons directement opérer des transactions de personnes à personnes.

Aujourd’hui, nous envoyons des devises hors des frontières de notre pays de résidence ; avec Bitcoin, fini les virements SWIFT ou Western Union, plus besoin de passer par une banque car l’échange est décentralisé, plus rapide, plus sûr et moins coûteux.

De même que pour financer l’innovation, les investisseurs ont désormais la possibilité de s’adresser directement aux porteurs de projets sans passer par des plateformes intermédiaires comme Leetchi, Kickstarter ou Ulule.

Bien qu’il capitalise plus de 50% du marché, Bitcoin n’est pas seul. Plus de 2 000 crypto-monnaies sont référencées sur coinmarketcap.com. Elles n’utilisent pas toutes les mêmes technologies et ne répondent pas au même cas d’usage.

Nombre de ces projets se sont financés par des levées de fonds, appelées ICO (initial coin offering). A mi-chemin entre l’émission de titres (IPO) et le crowdfunding, elles comportent deux atouts majeurs : les porteurs de projet ne vendent pas de parts de leur société mais seulement des jetons (droit de vote, droit d’usage,…) et ils sont en relation directe avec les investisseurs.

Ces dernières années, de nombreuses levées de fonds, ouvertes aux particuliers et petits porteurs, ont eu lieu afin de financer des projets « Blockchain ». On assiste donc à un changement de paradigme car les banques ne sont plus les seules à soutenir l’innovation. Revers de la médaille : ces technologies naissantes n’ont pas encore fait leurs preuves – ces placements financiers restent donc très risqués.

Aujourd’hui, nous avons une solution technique pour le faire mais restons réalistes. Est-ce que notre monde peut-il réellement se passer de banques ? Elles qui sont capables de financer l’économie par la dette, d’accompagner leurs clients lors de démarches juridico-financières et de fournir du conseil – ce qui constitue leur plus grande valeur ajoutée. Ce qui ne les empêche pas de s’intéresser aux crypto-monnaies : elles sont nombreuses à s’être regroupées autour du projet Ripple ou d’Ethereum par exemple. HSBC utilise un protocole à Blockchain privée afin d’accélérer ses transactions inter-filiales et JP Morgan, dont le CEO est connu pour critiquer Bitcoin sur les réseaux sociaux, investit tout de même largement sur ce marché.

Quant à savoir si les crypto-monnaies peuvent remplacer l’euro et les monnaies fiduciaires… il va falloir s’armer de patience. Le principal défi reste l’adoption utilisateur qui était jusque là freinée par l’incapacité de Bitcoin à engendrer un volume de transaction suffisant.

Avec l’apparition de Lightning network, une surcouche du réseau Bitcoin, les transactions sont désormais instantanées. Il reste encore à développer le réseau d’acteurs économiques acceptant ce mode de paiement, encore trop restreint. Par ailleurs, le gouvernement français n’accepte pas la dénomination « crypto-monnaie » ne voulant pas de concurrence à l’usage de l’euro, il préfère parler de « crypto-actif » pour soutenir le financement de l’innovation.

Les consommateurs vont-ils changer de moyen de paiement ?

Impossible de prédire l’avenir, mais nous voyons déjà les consommateurs changer leurs habitudes. Ils se tournent vers les néo-banques (Revolut, N26, Nickel…) ainsi que vers le paiement par smartphone (Google pay, Apple pay, Wechat).

Les crypto-monnaies, à l’instar des néo-banques, vont pousser les acteurs traditionnels à se ré-inventer et refondre leurs services afin de s’adapter aux besoins leurs clients. Aucun doute à avoir sur la capacité des banques à les intégrer dans le mix des placements déjà proposés afin de diversifier leur offre, il s’agit juste d’une question de temps pour ces acteurs institutionnels précautionneux.

Finances-Fiscalité mondiale: pas pour les banques ?

Finances-Fiscalité mondiale:  pas pour les banques ?

 

Boris Johnson n’est pas une contradiction près. Il est très content de recevoir le G7 qui va notamment officialiser la nouvelle fiscalité mondiale d’au moins 15 % concernant les multinationales aux sièges sociaux nomades.

Boris Johnson comme d’ailleurs la plupart des autres responsables mondiaux se sont félicité de ce progrès. Reste évidemment à mettre en œuvre le nouvelle impôt et surtout à vérifier que l’ingénierie fiscale dans rendra pas possible des évitements fiscaux comme ceux qui consistent à internaliser dans les pays à forte fiscalité les coûts et par contre à externaliser les bénéfices dans les pays à faible fiscalité. Tout cela par le jeu des filiales.

Mais les banques britanniques n’approuvent guère cette fiscalité internationale nouvelle et voudrait bien que les services financiers – activité centrale au Royaume-Uni–soit épargnée par la nouvelle taxation.

Ainsi, Rishi Sunak, le ministre britannique des Finances, hôte de la réunion du G7 samedi dernier, défend, selon le Financial Times et Bloomberg une exemption de cette taxe mondiale pour les services financiers et les banques. Un soutien bien compris aux intérêts de la City.

Inégalités: Nouveau sujet des banques centrales ?

Inégalités: Nouveau sujet des banques centrales ? 

 

La pandémie de Covid-19 a amplifié un peu plus encore la hausse des inégalités déjà à l’œuvre avant la crise. Si les banques centrales ne peuvent pas freiner cette tendance, elles peuvent néanmoins contribuer à l’atténuer, explique dans le Monde  Luiz Awazu Pereira da Silva, directeur général adjoint de la Banque des règlements internationaux. Mardi 29 juin, l’institution a publié son rapport annuel, dans lequel elle s’inquiète également de l’hétérogénéité de la reprise.

Quelles séquelles la récession engendrée par la pandémie de Covid-19 laissera-t-elle sur nos économies ?

Cette crise a été très grave, mais un peu moins qu’on aurait pu le craindre, grâce à l’action coordonnée des banques centrales et des politiques budgétaires visant à en limiter les effets. Elle laissera néanmoins de sérieuses séquelles en matière d’emploi, d’inégalités, et sur les secteurs les plus touchés.

Les incertitudes sont nombreuses : comment les ménages utiliseront-ils l’épargne accumulée ces derniers mois ? Dans quelles mesures certains services basculeront-ils vers le numérique, avec un contenu en emploi différent ? La reprise se fera-t-elle avec la même empreinte carbone ? Cette crise offre la possibilité de rebâtir une croissance plus verte, mais aussi de penser une réponse coordonnée au niveau mondial dans la lutte contre les pandémies.

Comment cette crise va-t-elle creuser les inégalités ?

Elle a accentué les tendances déjà à l’œuvre ces dernières années. A savoir l’augmentation des inégalités de revenus et de patrimoine, dans le sillage de la révolution technologique et de la mondialisation, qui ont toutes deux fragilisé les moins qualifiés. Réduire ces inégalités passera par des politiques structurelles complexes, notamment en matière de formation et de qualification.

Les politiques monétaires expansionnistes ont-elles contribué à creuser ces inégalités ?

Comme nous l’indiquons dans le rapport, ces dernières années, les inégalités sont devenues un sujet de préoccupation qui retient de plus en plus l’attention de la communauté des banques centrales. Ces dernières reconnaissent qu’il est important de les étudier afin de mieux comprendre comment elles peuvent influer sur l’efficacité de leurs mesures.

Fiscalité mondiale: oui mais pas pour les banques ?

 

Fiscalité mondiale: oui mais pas pour les banques ?

 

Boris Johnson n’est pas une contradiction près. Il est très content de recevoir le G7 qui va notamment officialiser la nouvelle fiscalité mondiale d’au moins 15 % concernant les multinationales aux sièges sociaux nomades.

Boris Johnson comme d’ailleurs la plupart des autres responsables mondiaux se sont félicité de ce progrès. Reste évidemment à mettre en œuvre le nouvelle impôt et surtout à vérifier que l’ingénierie fiscale dans rendra pas possible des évitements fiscaux comme ceux qui consistent à internaliser dans les pays à forte fiscalité les coûts et par contre à externaliser les bénéfices dans les pays à faible fiscalité. Tout cela par le jeu des filiales.

Mais les banques britanniques n’approuvent guère cette fiscalité internationale nouvelle et voudrait bien que les services financiers – activité centrale au Royaume-Uni–soit épargnée par la nouvelle taxation.

Ainsi, Rishi Sunak, le ministre britannique des Finances, hôte de la réunion du G7 samedi dernier, défend, selon le Financial Times et Bloomberg une exemption de cette taxe mondiale pour les services financiers et les banques. Un soutien bien compris aux intérêts de la City.

« Digital first »: la mort des grandes banques ?

Digital first: la mort des grandes banques

Henri Wajsblat, responsable des solutions pour les services financiers chez Anaplan vante dans la Tribune la mutation numérique des banques qui permet notamment la suppression de nombre d’établissements et de guichets. Le seul problème est que des opérateurs économiques puissants (GAFA, Télécom etc.) sont mieux placés que les banques pour une numérisation totale de l’activité bancaire. Le Digital first pourrait bien annoncer à terme la mort des banques classiques. 

Tribune

 

A mesure que les banques de détail investissaient dans des offres numériques pour offrir une meilleure expérience à leurs clients, la fréquentation physique de leurs succursales a constamment décliné au cours des vingt dernières années. Aujourd’hui, la mise en œuvre d’une stratégie «  » est la priorité, que ce soit pour la vente de produits ou la fourniture de services.

Par ailleurs, l’environnement marqué par des taux d’intérêt toujours très bas met les marges d’intérêt des banques sous pression tandis que leur niveau élevé de charges d’exploitation continue de grever leur profitabilité. Si l’on y ajoute l’augmentation des pertes liées aux défauts de remboursement de prêts durant la pandémie, une détérioration des coefficients d’exploitation bancaire est à prévoir (charges d’exploitation divisées par le produit net bancaire). Or, en développant leurs canaux numériques, les banques de détail peuvent adapter leur modèle de gestion des effectifs et de la masse salariale de façon à réduire les coûts et préserver leurs profits.

L’adoption des stratégies digitales

Enfin, l’innovation numérique permet aux banques de détail de diversifier leurs services non bancaires et de trouver d’autres sources de chiffre d’affaires que les seuls revenus d’intérêt. À Singapour, DBS propose Marketplace, un panel de services qui positionne la banque comme le partenaire de tous les jours auprès de ses clients. L’offre de services recouvre à la fois la recherche d’un bien immobilier, l’entretien de la voiture, la réservation de voyages, la gestion des fournisseurs de services énergétiques ou de télécommunications, ou encore l’achat de biens on-line.

Au cœur de cette transformation bancaire numérique accélérée, on trouve donc la réduction des coûts et l’amélioration de l’expérience client. Cependant, les moyens et stratégies mis en œuvre varient fortement d’une banque à l’autre. Certaines banques vont rechercher la réduction ou la différentiation de leurs succursales pour mieux répondre aux demandes de leurs clients. À titre d’exemple, HSBC a diminué la taille de son réseau de succursales de 60% au cours des vingt dernières années et a décidé de remanier le design des succursales restantes selon quatre différents formats.

D’autres vont rechercher la fusion des réseaux pour optimiser la stratégie de localisation, générer des synergies et éliminer les succursales en doublon. En France, la fusion entre les réseaux Société Générale and Crédit du Nord doit permettre à horizon de cinq ans la réduction à hauteur de 30% de la taille du nouvel ensemble de succursales. Pareillement, aux États-Unis, les banques Huntington et TCF ont identifié des doublons de succursales dans un rayon de cinq kilomètres pour 17% du nouvel ensemble, une fois la fusion réalisée.

Enfin, des banques peuvent coupler une offre numérique à un large réseau de succursales offrant un maillage territorial très complet en dehors des grandes métropoles, pour des services de proximité. C’est le cas en France des réseaux mutualistes de BPCE, Crédit Agricole et Crédit Mutuel.

L’évolution de la taille du réseau de succursales de banque de détail doit répondre à un besoin d’équilibre entre services présentiels et numériques. La recherche de cet équilibre induit la transformation d’autres fonctions de la banque.

Par exemple, il est à prévoir un basculement significatif d’effectifs actuellement en succursales vers les centres de contact ou vers les équipes numériques ( Qu’on peut joindre  éventuellement au bout d’un bon quart d’heure ou pas du tout ! NDLR).

Planifier les effectifs et les rôles de demain sera un des facteurs-clés de succès de la transformation du modèle de distribution.

De plus, l’adoption des technologies d’intelligence artificielle et de machine learning va permettre aux banques de créer des centres de compétence technologique pour mieux servir les clients de la banque de détail, à l’image de l’initiative AI Factory pilotée par BBVA en Espagne. En tout état de cause, les succursales ne sont pas vouées à disparaître et resteront le lieu dédié à des opérations spécifiques nécessitant l’interaction humaine entre un client et son conseiller financier, en qui il accorde sa confiance.

Que cela passe par le redesign des succursales, la refonte de la stratégie de localisation, ou par l’adaptation des canaux de distribution pour appréhender au mieux les besoins des clients, les banques continueront de s’appuyer sur l’innovation numérique pour mener leur transformation dans les années à venir. Les outils de modélisation agile, de prévisions et de scénario d’analyse permettront aux banques de piloter ces plans de transformation en mode pluriannuels et les adapter en fonction de l’évolution des conditions de marché.  La modélisation de scenarii et de prévisions constituera ainsi des outils précieux pour mettre en place une démarche prospective et permettre de réaliser la transformation des réseaux de banque de détail de manière agile et avec la visibilité nécessaire.

Henri Wajsblat (*)

L’argent des banques centrales profite-t-il à l’économie ?

L’argent des banques centrales profite-t-il à l’économie ? 

 

 

L’économiste,Jézabel Couppey-Soubeyran doute, dans sa chronique au « Monde », des vertus écologiques et économiques des achats massifs de titres par les banques centrales, qui bénéficient essentiellement à la sphère financière.

 

Chronique.

 

 Les banques centrales du monde entier ont répondu à la pandémie en amplifiant leurs programmes d’achats de titres mis en place depuis la crise financière de 2007-2008. Ces opérations ont pris une place prépondérante dans la politique monétaire. Pour l’Eurosystème – c’est-à-dire la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales de la zone euro –, les titres détenus à des fins de politique monétaire représentent désormais plus de la moitié du bilan consolidé (53 % à fin avril 2020) contre… rien vingt ans plus tôt ! Les 4 000 milliards d’euros environ correspondants constituent un portefeuille de titres plus épais que celui du plus important fonds de pension du monde, le fonds japonais GPIF.


La BCE peut-elle au moins se targuer, comme le font aujourd’hui de plus en plus de fonds d’investissement, d’appliquer les critères de gestion responsable à la mode, les critères ESG (E pour environnement, S pour social, G pour gouvernance) ? Toujours pas, et les ONG comme Reclaim Finance ou Oxfam et Les Amis de la Terre dénoncent régulièrement le problème : tant que la BCE ne tiendra pas compte du bilan carbone des émetteurs de titres qu’elle achète, elle contribuera au réchauffement de la planète et entravera la transition écologique. En avril, la Banque centrale de Belgique a ainsi été attaquée en justice par l’ONG ClientEarth pour atteinte au climat.

Cela pourrait changer. Dans un rapport récent, le Network for Greening the Financial System (NGFS), réseau de huit banques centrales et de superviseurs créé en 2017 pour travailler au verdissement du secteur financier, le laisse entendre (« Adapting central bank operations to a hotter world. Reviewing some options », mars 2021). Ce sera sans doute le cas pour les banques centrales de l’Eurosystème à l’issue de la révision stratégique de la BCE, dont les résultats devraient être connus d’ici à l’été. C’est bien engagé aussi du côté de la Banque d’Angleterre, la première à avoir communiqué, en 2020, ses expositions au risque climatique. De quoi donner le « la » aux marchés financiers.


Cela étant, on rappellera qu’une banque centrale n’est pas un fonds d’investissement, mais une institution au service du bien commun. Et il ne lui suffira pas de trier les actifs qu’elle achète pour contribuer à la transition écologique. D’une part, la logique de la « responsabilité sociale » et du « développement durable » n’a, pour le moment, pas fait des miracles pour verdir la finance – faute d’adeptes et question de temps, diront les optimistes. D’autre part, les titres privés ne sont qu’une petite fraction du portefeuille des banques centrales, l’essentiel étant des titres publics, et c’est plutôt par ce biais-là qu’elles devraient agir. Mais c’est une autre paire de manches, et le rapport du NGFS ne s’y aventure pas, comme le relève l’Institut Veblen. Faudrait-il en effet que la banque centrale disqualifie les titres des Etats les moins vertueux sur le plan écologique ? C’est peu envisageable, et potentiellement contre-productif pour les pays concernés, qui auraient encore plus de mal à engager leur transition une fois sanctionnés par les marchés. Ou devrait-elle se coordonner en amont avec les Etats pour que les titres de leurs emprunts éligibles aux rachats d’actifs servent à financer un volet suffisant de dépenses écologiques ? Mais de tels accords entailleraient la sacro-sainte indépendance des banques centrales…

Cryptomonnaies : les banques menacées ?

Cryptomonnaies : les banques menacées ?

 C’est la question que pose Aurore Galves-Orjol, présidente de l’association Crypto Lyon, dans une tribune publiée en amont du Forum Finance Lyon organisé par La Tribune le 20 mai prochain à l’UCLy.

Tribune

Ce sont les contributions scientifiques de plusieurs chercheurs qui ont permis de résoudre le problème de double dépense rencontré lors des précédentes tentatives de développement de « cash numérique ». Grâce au premier protocole à Blockchain nous pouvons supprimer les intermédiaires dans nos process de paiement, mais également de financement. En effet, nous pouvons directement opérer des transactions de personnes à personnes.

Aujourd’hui, nous envoyons des devises hors des frontières de notre pays de résidence ; avec Bitcoin, fini les virements SWIFT ou Western Union, plus besoin de passer par une banque car l’échange est décentralisé, plus rapide, plus sûr et moins coûteux.

De même que pour financer l’innovation, les investisseurs ont désormais la possibilité de s’adresser directement aux porteurs de projets sans passer par des plateformes intermédiaires comme Leetchi, Kickstarter ou Ulule.

Financer l’innovation par des nouvelles formes de levées de fonds

Bien qu’il capitalise plus de 50% du marché, Bitcoin n’est pas seul. Plus de 2 000 crypto-monnaies sont référencées sur coinmarketcap.com. Elles n’utilisent pas toutes les mêmes technologies et ne répondent pas au même cas d’usage.

Nombre de ces projets se sont financés par des levées de fonds, appelées ICO (initial coin offering). A mi-chemin entre l’émission de titres (IPO) et le crowdfunding, elles comportent deux atouts majeurs : les porteurs de projet ne vendent pas de parts de leur société mais seulement des jetons (droit de vote, droit d’usage,…) et ils sont en relation directe avec les investisseurs.

 

Ces dernières années, de nombreuses levées de fonds, ouvertes aux particuliers et petits porteurs, ont eu lieu afin de financer des projets « Blockchain ». On assiste donc à un changement de paradigme car les banques ne sont plus les seules à soutenir l’innovation. Revers de la médaille : ces technologies naissantes n’ont pas encore fait leurs preuves – ces placements financiers restent donc très risqués.

Peut-on véritablement remplacer les banques ?

Aujourd’hui, nous avons une solution technique pour le faire mais restons réalistes. Est-ce que notre monde peut-il réellement se passer de banques ? Elles qui sont capables de financer l’économie par la dette, d’accompagner leurs clients lors de démarches juridico-financières et de fournir du conseil – ce qui constitue leur plus grande valeur ajoutée. Ce qui ne les empêche pas de s’intéresser aux crypto-monnaies : elles sont nombreuses à s’être regroupées autour du projet Ripple ou d’Ethereum par exemple. HSBC utilise un protocole à Blockchain privée afin d’accélérer ses transactions inter-filiales et JP Morgan, dont le CEO est connu pour critiquer Bitcoin sur les réseaux sociaux, investit tout de même largement sur ce marché.

Quant à savoir si les crypto-monnaies peuvent remplacer l’euro et les monnaies fiduciaires… il va falloir s’armer de patience. Le principal défi reste l’adoption utilisateur qui était jusque là freinée par l’incapacité de Bitcoin à engendrer un volume de transaction suffisant.

Avec l’apparition de Lightning network, une surcouche du réseau Bitcoin, les transactions sont désormais instantanées. Il reste encore à développer le réseau d’acteurs économiques acceptant ce mode de paiement, encore trop restreint. Par ailleurs, le gouvernement français n’accepte pas la dénomination « crypto-monnaie » ne voulant pas de concurrence à l’usage de l’euro, il préfère parler de « crypto-actif » pour soutenir le financement de l’innovation.

Les consommateurs vont-ils changer de moyen de paiement ?

Impossible de prédire l’avenir, mais nous voyons déjà les consommateurs changer leurs habitudes. Ils se tournent vers les néo-banques (Revolut, N26, Nickel…) ainsi que vers le paiement par smartphone (Google pay, Apple pay, Wechat).

Les cryptomonnaies, à l’instar des néo-banques, vont pousser les acteurs traditionnels à se réinventer et refondre leurs services afin de s’adapter aux besoins leurs clients. Aucun doute à avoir sur la capacité des banques à les intégrer dans le mix des placements déjà proposés afin de diversifier leur offre, il s’agit juste d’une question de temps pour ces acteurs institutionnels précautionneux.

 

Brexit banques: au moins 1.000 milliards d’actifs britanniques déménagent vers l’Union économique

Brexit banques: au moins 1.000 milliards d’actifs britanniques déménagent vers l’Union économique

 

au moins 1000 milliards d’actifs britanniques des banques, soit 10 % du total, vont être transférés vers l’union économique d’après New Financial.

Au total, 440 sociétés financières ont délocalisé une partie de leurs activités, déplacé des emplois ou établi des nouvelles entités dans l’UE.

Il s’agit d’un chiffre bien plus élevé que l’estimation de mars 2019 quand New Financial avait identifié 269 entreprises concernées par le Brexit.

 

L’étude de New Financial  montre que Dublin est le principal gagnant, puisque 135 sociétés ont choisi la capitale irlandaise, devant Paris (102), Luxembourg (93), Francfort (62) et Amsterdam (48).

Mais sur le plus long terme, New Financial estime que Francfort sortira gagnant pour la taille des actifs déplacés, et Paris pour les emplois.

Certains groupes financiers ont pu en outre délocaliser des activités dans plusieurs villes.

Dublin attire beaucoup de gérants d’actifs, les banques vont plus vers Francfort, et Amsterdam séduit les plateformes boursières et les courtiers.

New Financial estime par ailleurs que le Brexit a entraîné à ce jour la création de 7.400 emplois dans l’UE, soit en raison de délocalisations du Royaume-Uni ou grâce à des embauches pour renforcer les équipes.

Le pays le principal bénéficiaire de ces transferts est néerlandais.

 

Ces bulles alimentées par les milliards de liquidités des banques centrales

Ces bulles alimentées par les milliards de liquidités des banques centrales

 

 

Les milliards de liquidités déversées généreusement par les banques centrales de la plupart des zones économiques ont surtout pour objet évidemment de soutenir l’économie et particulièrement la croissance. Ceci étant,  cet argent gratuit est également de façon assez massive pour soutenir de manière artificielle les cours de la bourse. En effet les fondamentaux des entreprises à savoir notamment les chiffres d’affaires et la rentabilité ne justifient pas l’envolée des cours. Une partie de l’argent disponible va donc se placer dans les produits financiers boursiers et participe à la création de bulles.

 

La vérité c’est qu’une partie des facilités monétaires accordés aux banques servent à la spéculation mondiale. On voit mal par exemple en France qui pourrait justifier de la hausse du CAC  40 de plus de 60 % en un an. De la même manière, on voit mal aussi comment expliquer l’envolée extraordinaire et irresponsable de certaines cryptomonnaies  comme le bitcoin. Il y a aussi les bulles obligataires et les bulles immobilières. Cette dernière en particulier qui exclut désormais compte tenu de la folie des prix tost les ménages moyens. À Paris par exemple il faut un minimum de revenus de 7 à 8000 € pour prétendre acheter un logement de taille modeste.

 

autant dire que dans certaines grandes villes, l’immobilier est devenu un objet de spéculation qui n’a plus rien à voir avec le logement De l’Europe à l’Asie en passant par les États-Unis, les indices boursiers semblent immunisés contre ces mauvaises nouvelles. Les plans de soutien massifs déployés par les gouvernements et les banques centrales pour contrer les effets néfastes de la crise sanitaire ont galvanisé les investisseurs. adobe stock

«La déconnexion entre Wall Street et Main Street (l’économie réelle) ne pose pas de problème tant que les banques centrales interviennent», expliquaient récemment les spécialistes de l’agence de notation Fitch. «Les valorisations sont élevées» sur les marchés, mais «cela fait partie des effets secondaires du traitement de choc de la crise» abondaient les analystes d’Axa IM.  Des analystes qui toutefois oublient l’éventualité d’une remontée des taux d’intérêt et de l’inflation qui ne sont pas le seul produit de l’action des banques centrales.

Banques alimentaires: la moitié sont des nouveaux bénéficiaires

Banques alimentaires: la moitié sont des nouveaux bénéficiaires

 

La crise économique et sanitaire provoque une amplification de la misère sociale. Un constat qui s’appuie notamment sur le fait  que la moitié de ceux qui ont recours aux banques alimentaires sont pour moitié de nouveaux bénéficiaires depuis moins d’un an ( pratiquement le début de la crise du Coronavirus). Le profil majoritaire des bénéficiaires est celui de personnes sans emploi, d’un revenus moyens autour de 800 €. En moyenne l’apport des banques alimentaires représente un peu moins de 100 € par mois pour les intéressés

«Dans le contexte actuel les banques alimentaires sont de plus en plus sollicitées et voient le profil des bénéficiaires évoluer (travailleurs pauvres, personnes diplômées)», selon cette étude réalisée tous les deux ans par l’institut CSA pour les banques alimentaires. «Si la perte d’emploi, la maladie et la séparation sont toujours les trois premières raisons de l’aggravation de la situation financière des bénéficiaires, l’impact de la crise sanitaire est palpable», indique l’étude. Ainsi, 12% des répondants disent que leurs difficultés financières se sont aggravées à la suite de la crise sanitaire du Covid-19.

 

Plus de 2,1 millions de personnes bénéficient de l’aide alimentaire en ce début d’année 2021, selon les banques alimentaires. Une importante augmentation du nombre de bénéficiaires, d’environ 25%, avait été enregistrée en mars 2020, mois marqué par le premier confinement. Menée du 30 septembre au 10 novembre sur près de 1.000 bénéficiaires, l’étude permet de «mesurer l’impact de la crise sanitaire sur la précarité alimentaire», soulignent les banques alimentaires dans un communiqué. Plus de la moitié (51%) des personnes aidées ont déclaré avoir recours à l’aide alimentaire depuis moins d’un an. Parmi elles, 21% y ont eu recours pour la première fois il y a moins de 3 mois et 14% entre il y a 3 mois et il y a six mois.

Plus de la moitié des bénéficiaires (52%) se rendent à l’association d’aide alimentaire au moins une fois par semaine. Les personnes aidées ont en moyenne 48 ans et 70% sont des femmes. Plus de 80% sont de nationalité française. Par ailleurs, près d’un quart des bénéficiaires ont au minimum le niveau bac. En moyenne, les ressources des bénéficiaires s’élèvent à 839 euros. 80% n’ont pas d’emploi: parmi eux, plus d’un quart (27%) des bénéficiaires sont chômeurs, 17% sont retraités. Plus de 85% d’entre eux ont un logement stable. L’aide alimentaire représente pour ces personnes une économie de 92 euros par mois en moyenne.

Enfin, 66% des bénéficiaires disent souhaiter être accompagnés par des associations. «Il apparaît difficile de penser que l’aide alimentaire puisse être dématérialisée et/ou soustraite au lien humain nécessaire aux personnes en situation de précarité», estiment les banques alimentaires dans leur communiqué, alors que le gouvernement pourrait distribuer prochainement des chèques alimentaires.

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Banques : hécatombe de l’emploi au plan mondial

Banques : hécatombe de l’emploi au plan mondial

En France mais partout dans le monde le secteur bancaire fait succéder les plans de réduction d’effectifs au motif d’une part que les postes  des activités d’investissement doivent se réduire en raison de la crise mais que les activités générales, sont affectés d’une part par le traitement numérique des données, les habitudes des consommateurs mais aussi par la moindre rentabilité des banques du fait de la faiblesse des taux d’intérêt.

D’une certaine manière le secteur bancaire connaît à peu près le même phénomène de transformation que l’industrie automobile par exemple.

. En 2020, le secteur, touché par la crise sanitaire, a supprimé plus de 80.000 postes à travers la planète. Soit un tout petit peu plus qu’en 2019, année déjà noire. Une fois encore, l’Europe paie le plus lourd tribut, concentrant 80% des réductions d’effectifs selon Bloomberg. Santander, la première banque espagnole, prévoit, elle, de supprimer 4000 emplois, soit davantage que les néerlandaises ABN Amro (2500) et ING (1000). Plus marquant, HSBC, qui est en pleine réorganisation, s’apprête à réduire la voilure en supprimant 35.000 postes en trois ans à l’échelle mondiale.

 

 

En Allemagne, Deutsche Bank prévoit donc de fermer 20% de ses agences en Allemagne “aussi rapidement que possible” pour tirer parti des changements d’habitude de ses clients pendant la crise du coronavirus, au-delà de ses efforts de réduction des coûts, a dit

Ces fermetures sont décidées alors que Deutsche Bank est déjà engagée depuis 2019 dans une vaste réorganisation de ses activités internationales après des années de pertes.

Les banques en Allemagne disposent traditionnellement de plus d’agences que dans d’autres pays d’Europe comme les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne, où la clientèle est moins réticente à l’utilisation des outils numériques pour la gestion de leurs comptes. Avec la crise du coronavirus et les confinements de population, les banques à travers l’Europe ont engagé une réflexion sur leur présence géographique avec les agences.

Commerzbank, deuxième banque d’Allemagne derrière Deutsche Bank, a récemment annoncé la fermeture de 200 de son millier d’agences. Elle a prévenu qu’elle pourrait en fermer des centaines d’autres.“Le coronavirus a accentué l’évolution de la demande envers les services de conseil et l’activité de détail”, a dit Deutsche Bank.

“Même les clients qui auparavant n’étaient pas très à l’aise avec la banque en ligne effectuent désormais beaucoup de transactions bancaires de base de chez eux, sur leur ordinateur ou leur iPad”, a-t-il ajouté.

Le phénomène est mondial il est à la fois conjoncturelle du fait de la crise sanitaire mais surtout structurel  compte tenu de la transformation des relations entre les structures bancaires traditionnelles et le consommateur.

États-Unis : les banques en bonne santé mais pas l’économie

États-Unis : les banques en bonne santé mais pas l’économie

 

 

C’est sans doute le paradoxe à savoir que le déversement presque sans limite de liquidités de la banque centrale n’a guère profité à l’économie réelle. Les banques ont été les principaux destinataires de cette politique accommodante. Pour autant elles ne se sont guère montrées très généreuses en matière de prêts aux entreprises et aux particuliers.

 

Les banques ont peut-être trop bien tiré les leçons de la dernière crise. Après avoir été renfloués avec de l’argent public et imposés avec une surveillance stricte, ils ont peu de raisons de prêter à des emprunteurs qui pourraient ne pas rembourser. Pendant ce temps, de nombreux propriétaires d’entreprise ne souhaitent pas emprunter aux conditions que les banques sont prêtes à offrir. La Réserve fédérale a constaté que même avant Covid-19, moins de la moitié des petites entreprises avaient utilisé une banque pour lever des fonds au cours des cinq dernières années. Parmi ceux qui ont demandé un financement, environ la moitié ont obtenu ce qu’ils demandaient.

Pour le président entrant Joe Biden et sa secrétaire au Trésor, choisissez Janet Yellen, cela présente un problème et une opportunité. Les banques sont en bonne santé, mais l’économie ne l’est pas. Si l’un veut aider l’autre, quelque chose devra donner.

 

 

JPMorgan est un exemple. Vendredi, le PDG Jamie Dimon a annoncé des revenus et des bénéfices records pour sa banque de 430 milliards de dollars, avec une augmentation de 34% des revenus de négociation par rapport à 2020. Sa banque a aidé ses clients à lever plus de 2 billions de dollars de capital. Et Dimon a des fonds qui lui sortent des oreilles. Les dépôts de détail de JPMorgan ont augmenté d’un tiers à près de 1 billion de dollars, et le capital est bien au-dessus des minimums réglementaires. Dimon fait souvent référence à son «bilan de forteresse», et le terme est de plus en plus approprié.

Pourtant, le portefeuille de prêts de Dimon, un gigantesque 985 milliards de dollars, n’a pas augmenté. L’augmentation nette de 19,2 milliards de dollars des prêts aux consommateurs et aux petites entreprises en 2020 peut être entièrement expliquée par des prêts dans le cadre du Programme de protection des paiements. Ces prêts de secours Covid-19 sont essentiellement soutenus par le gouvernement et ne absorbent pas le capital réglementaire. Sur une augmentation de 39 milliards de dollars des prêts non consentis aux consommateurs, plus de la moitié est allée à des clients de la division de la gestion de patrimoine.

JPMorgan est le plus grand prêteur américain à déclarer des bénéfices jusqu’à présent, mais ce n’est pas le seul à garder sa poudre sèche lorsqu’il s’agit de Main Street. Les prêts de Citigroup aux petites entreprises et aux consommateurs ont à peine augmenté. Wells Fargo a augmenté ses prêts aux petites entreprises d’environ 8 milliards de dollars au cours de l’année – bien qu’il ait également déclaré avoir financé environ 10,5 milliards de dollars de prêts PPP.

Remboursement des prêts garantis par l’État: le doute des banques

Remboursement des prêts garantis par l’État: le doute des banques

 

Il est clair que nombre de remboursements des prêts garantis par l’État ne pourront être honorés et les banques commencent à s’en inquiéter. Certes 80 % sont garantis par l’État. Reste 20 % qui pourraient faire grossir les créances douteuses et pour parler plus vulgairement les actifs pourris.

 

Il y a bien entendu les secteurs dont  l’activité est pratiquement interdite depuis environ un an mais aussi nombre d’entreprises d’autres secteurs qui ont été sous perfusion financière mais dont le chiffre d’affaires et le résultat sont tellement dramatiques qu’ils vont mettre en cause l’existence même des sociétés.

 

Selon la Fédération bancaire française, les banques avaient prévu de revenir vers leurs clients deux à quatre mois avant la date anniversaire de la souscription du PGE. D’où les relances actuelles. «Les demandes de remboursement du PGE ne font que commencer. Or beaucoup de chefs d’entreprise ont consommé leur prêt, dans les loyers notamment. Ils sont très inquiets», confie Francis Palombi, président de la Confédération

Banques : 130 milliards de prêts garantis aux entreprises

Banques : 130 milliards de prêts garantis aux entreprises

 

Les banques ont consenti 130 milliards de prêts garantis à 630 000 entreprises dont près de 90 % très petites.

Il s’agissait à l’occasion du confinement de fournir des liquidités aux entreprises, dans la limite de 25 % du chiffre d’affaires annuel, avec un montant garanti à 90 % par l’Etat. On laisse  la possibilité aux entreprises de ne pas rembourser le capital la première année, puis d’étaler les échéances sur cinq ans maximum.

Le risque est évidemment pour les banques même si le montant est garanti à 90 % par l’État. Il faut en effet s’attendre en dépit de ces prêts à une vague de faillites courant 2021. Des faillites qui vont surtout concerner les petites et moyennes entreprises. On s’attend mécaniquement à une vague de environ 1 million de licenciements en 2021 après autour de 800 000 ans de 2020.

Heureusement toutes les entreprises ne seront pas touchées de la même manière et Bercy indique que 60 % de ces prêts reçus par les entreprises n’ont pas été dépensés par les dites entreprises. Parmi les 40 % qui restent, certains  vont s’en sortir mais dans plusieurs secteurs en particulier la restauration-hôtellerie mais aussi la construction par exemple les faillites seront nombreuses. Dans la seule  de restauration 25 % des établissements pourraient fermer définitivement.

Les dommages seront aussi évidemment pour les banques qui vont accumuler ce qu’on appelle pudiquement les créances douteuses et qui vont se transformer en actifs pourris. La banque centrale européenne a d’ores et déjà prévus les conséquences financières et annoncer un soutien aux banques.

Frais de gestion excessif de plusieurs banques

Frais de gestion excessif de plusieurs banques

 

Pour la première fois la direction générale de la concurrence a sanctionné plusieurs banques aux frais de gestion excessif et les a condamnés à des amendes.. Les établissements visés sont les suivants : BNP Paribas (1,494 million d’euros d’amende), la Banque Postale (1,168 million d’euros), la Banque populaire du Grand Ouest (74.446 euros), la banque Afone (58.200 euros), la Caisse régionale Crédit agricole Normandie (48.276 euros) et enfin la Caisse fédérale du Crédit mutuel Maine Anjou Basse-Normandie (35.600 euros).

Les banques face à une montagne d’actifs pourris

Les banques face à une montagne d’actifs pourris

 

 

 

La commission européenne est consciente que les banques vont se retrouver face à une montagne d’actifs pourris appelés pudiquement les prêts non performants (PNP); ce sont des prêts pour lesquels il y a un retard de remboursement ou qui sont peu susceptibles d’être remboursés par exemple car l’emprunteur est confronté à des difficultés financières.

Selon la Commission européenne, une augmentation du volume de ces créances douteuses est attendue dans l’ensemble de l’UE, sans que l’on sache « dans quels délais ni dans quelles proportions », ce qui pourrait entraîner une détérioration de « la capacité » des banques « à prêter ».

Bruxelles suggère aussi de « soutenir au niveau de l’UE la création de sociétés nationales de gestion de portefeuille (SGP) » pour venir en aide aux banques en difficulté en leur permettant d’éliminer les PNP de leur bilan. Notons cependant que la même problématique se pose pour les Etats mêmes si ces dernier ne peuvent théoriquement faire faillite.

Autre piste avancée: une réforme de la législation de l’UE en matière d’insolvabilité et de recouvrement des créances des entreprises, pour aider à faire converger les différents cadres existant dans l’UE.

Le plan de la Commission s’appuie sur un ensemble de mesures déjà mises en place en 2017. À la fin du deuxième trimestre de 2020, le ratio de prêts non performants pour l’ensemble des banques de l’UE s’est établi à 2,8%.

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