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Crise climat : les maladies tropicales menacent la France

Crise climat : les maladies tropicales menacent la France

La hausse des températures et la destruction de milieux naturels pourraient représenter une véritable menace pour la santé humaine dans le futur. La propagation de certaines maladies, comme celles transmises par le moustique tigre, est déjà en train de s’accélérer partout dans le monde, y compris en France.

En cause, la hausse des températures et la fragilisation des écosystèmes par des pratiques agricoles intensives, la monoculture et les déforestations. Il y a un lien évident entre la perte de la biodiversité et les maladies infectieuses en recrudescence aujourd’hui. «

En temps normal, la circulation d’un agent pathogène est contenue en se diluant au sein des populations animales dites « réservoirs ». Mais dès lors que leur environnement est dégradé, certains animaux peuvent sortir de ces « sanctuaires » pour trouver des espaces plus viables. Ils se rapprochent alors d’autres espèces dont ils étaient jusque-là éloignés et les contaminent : au moins 15 000 transmissions virales entre espèces devraient survenir d’ici à 2070, a révélé une étude américaine publiée fin avril dans la revue scientifique Nature . Ce qui augmente le risque, in fine, que les espèces animales viennent aussi au contact des populations humaines et les infectent également.

Ces maladies transmises de l’animal à l’homme, appelées « zoonoses », peuvent rapidement être à l’origine d’épidémie, en raison de la faible réponse immunitaire des humains. « À l’heure actuelle, ce sont déjà 75 % des maladies infectieuses chez l’homme qui ont une origine animale », relève,la chercheuse Anna-Bella Failloux.

Les infections au virus du chikungunya, de la dengue et du zika, transmis par le moustique tigre, sont particulièrement à la hausse, et pas seulement dans les pays chauds des zones intertropicales d’où elles sont originaires, mais aussi dans les régions tempérées, y compris en France. « Le moustique est un animal à sang froid, il ne peut pas réguler sa température interne, donc dès que les températures augmentent, il va essayer de trouver un environnement compatible à sa survie, se déplacer et ainsi étendre son aire de distribution », détaille Anna-Bella Failloux, spécialiste de cette espèce.

Si bien qu’aujourd’hui, cet insecte a colonisé à une vitesse éclair de nouvelles régions : arrivé en 1990 en Europe depuis l’Asie, le moustique tigre remonte désormais jusqu’à l’Île-de-France. Fin 2021, il était présent dans 67 départements métropolitains sur 96, contre 58 l’année précédente. Quant à la période d’activité des moustiques, elle déborde désormais de l’été et s’étire de mai à novembre dans l’Hexagone. « Par ailleurs, plus le thermomètre grimpe, plus la durée de développement du moustique va se raccourcir : le passage de l’œuf à l’adulte prendra 7 à 10 jours, contre 15 en temps normal », note la chercheuse. « Les moustiques seront donc plus nombreux sur une même période, et vont aussi devenir infectieux beaucoup plus rapidement. »

Autant de facteurs qui débouchent sur l’apparition de cas autochtones en France, c’est-à-dire d’infections de personnes qui n’ont pas quitté le territoire mais contaminées par un moustique ayant piqué un voyageur revenant d’un pays chaud. C’est le cas depuis 2010 pour la dengue et le chikungunya, ainsi que le zika depuis 2019. « On ne peut pas encore parler d’épidémie, mais au vu de la densité croissante des moustiques tigres, le cocktail pour l’émergence d’une telle dynamique est bien là », alerte Anna-Bella Failloux.

Ces contaminations surviennent en particulier à la période estivale, au moment des retours de vacances. « Plus largement, depuis 1965, la mondialisation des épidémies est parfaitement corrélée à l’augmentation du trafic aérien », note Serge Morand, qui décrit une dangereuse « spirale ». « Tout est lié : le transport international aggrave le changement climatique, et comme lui, il favorise la mobilité des vecteurs voire des pathogènes, débouchant potentiellement sur des maladies infectieuses », décortique-t-il. Désormais, aucune région du monde n’est épargnée par le risque épidémique.

Pour tenter de le freiner, les spécialistes insistent sur la nécessité de modifier nos modes de vie et de culture, en vue de limiter les effets du changement climatique. « Il faut des systèmes de santé publique efficaces, résilients, mais aussi veiller à la santé animale », préconise Serge Morand. Reste que ces risques sont particulièrement difficiles à anticiper et à contrer.

Nous sommes une population très vulnérable, qui ne sera jamais préparée à une pandémie

Les aléas climatiques sont délicats à prévoir, et certaines attitudes se révèlent même contre-productives. Parmi elles, le stockage d’eau en période de sécheresse, particulièrement propice au développement des moustiques tigres, relève Anna-Bella Failloux, qui plaide surtout pour une meilleure prévention et la « sensibilisation aux bons réflexes ». D’autant qu’une fois installé, il est impossible pour l’heure de déloger cet insecte.

La façon dont l’épidémie de Covid-19 a pris de court les gouvernements et les systèmes de santé internationaux semble à ce propos de mauvais augure.

Climat et budget : du pipeau

Climat et budget : du pipeau

Il est clair que les 7 milliards prévus pour l’action climat dans le budget ne sont pas du tout à la hauteur des enjeux. Un montant finalement assez anecdotique mais…. pour calmer l’activisme des écolos

Pourtant les experts et climatologues poussent les États à redoubler d’efforts pour accélérer leurs financements dans la transition. Lors de la présentation du budget 2024 au début de l’automne, le gouvernement a notamment mis l’accent sur le budget vert et les investissements de l’État supplémentaires de l’ordre de 7 milliards d’euros. Le ministre du Budget, Thomas Cazenave, avait dévoilé en avant-première pour La Tribune les grands axes de ce budget vert pour 2024.

« Quand on compare cette somme aux dépenses favorables ou défavorables à l’environnement, on est un peu effrayé. L’augmentation des crédits de 7 milliards d’euros du budget de l’Etat, c’est presque rien », a Déclarer Xavier Timbeau de l’ OFCE.

l’économiste Jean Pisani-Ferry et l’inspectrice des finances Selma Mahfouz ont planché pendant des mois, avant de remettre leur rapport à la Première ministre, Élisabeth Borne, le 22 mai. Premier choc : le coût – considérable – de la transition écologique est chiffré par les auteurs à quelque 66 milliards d’euros par an jusqu’en 2030, dont la moitié environ (soit 33 milliards) devrait être portée par les finances publiques. Selon eux, une telle somme se révèle indispensable pour faire face aux investissements nécessaires (électrification des transports, isolation les bâtiments, décarbonation de l’industrie…), espérer atteindre les objectifs de réduction de 55 % de nos émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et ainsi construire une nouvelle économie verte.

Climat : Une facture de 100 à 200 milliards d’euros par an à partir de 2030 ?

Climat : Une facture de 100 à 200 milliards d’euros par an à partir de 2030 ?


À l’occasion des « rendez-vous de Bercy » qui réunissait de nombreuses personnalités mondiales, on a chiffré le coût de la facture de la transition énergétique de 100 à 200 milliards d’euros par an à partir de 2030. Des coûts résultant de la perte de certaines productions, des dégâts à l’environnement et à la santé.

Cependant un chiffrage tout à fait approximatif car on est très loin de mesurer avec précision les conséquences négatives mais aussi positives de la mutation écologique de la vie économique et sociale.

Il s’agit aussi vraisemblablement pour le ministre de l’économie de reverdir un peu son image un peu affectée par les nouvelles orientations du très prochain budget de 2025 finalement assez peu écologiques.

Il faut sans doute aussi préparer les esprits à une plus grande rigueur budgétaire et donc un nouvel accroissement de la fiscalité.

« L’écologie n’est pas un choix politique. C’est une obligation humaine [...] Elle peut contrarier notre liberté et contrevient parfois nos habitudes. C’est pourtant avec ces habitudes de consommation et de production qu’il faut rompre. L’écologie amène nécessairement une rupture », a-t-il poursuivi dans le centre de conférences Pierre Mendès France, qui pour l’occasion était bondé.

Lors de son discours, il a fustigé « le déni » sur l’accélération du dérèglement climatique. Mais aussi « le catastrophisme qui confine souvent à l’inaction ». Le locataire de Bercy a plaidé pour « le volontarisme ». Responsable du budget du pays, Bruno Le Maire a également évoqué « les coûts » de cette rupture pour « les finances publiques », « les intérêts privés » et « les ménages ».

Actuellement sous la surveillance des agences de notation, l’exécutif ne cesse de vouloir donner des gages de « sérieux budgétaire ». Mais sa stratégie de rétablissement des finances publiques pourrait bien buter sur les besoins vertigineux d’investissements dans la transition écologique.

L’économiste Jean Pisani-Ferry s’est dit « optimiste » sur les coûts.

« Il n’y a pas de raison de penser que le coût des énergies renouvelables sur le long terme sera plus élevé que le coût des énergies fossiles », a-t-il déclaré. « Comme on est très en retard, il va falloir faire beaucoup d’investissement en très peu de temps », a-t-il prévenu. L’ancien conseiller d’Emmanuel Macron n’a pas écarté les difficultés à court terme. « Il va y a voir des pertes en capacités de production et en capital ».

Outre les destructions d’emplois et les fermetures d’usines, l’expert a également tiré la sonnette d’alarme sur « le capital naturel ».

Les dommages d’un réchauffement planétaire à +3°C sur la France pourraient faire grimper la facture à un niveau stratosphérique. Les économistes de Bercy évoquent notamment un coût de 8 points de produit intérieur brut (PIB), soit plus de 210 milliards d’euros dans un scénario noir.

Les experts, qui citent le Network of Central Banks and Supervisors (un réseau de banques centrales et de superviseurs financiers à l’échelle mondiale), prennent en compte les destructions de capital liées aux événements climatiques extrêmes et les pertes de productivité relatives aux fortes chaleurs.

A cela s’ajoutent les coûts en termes de santé humaine encore difficilement chiffrables. «

Mais d’une manière générale ce sont toutes les conséquences positives comme négatives qui sont difficilement chiffrables. Et cet exercice d’évaluation monétaire est tout à fait hypothétique.

Climat: L’accord de Paris déjà obsolète

Climat: L’accord de Paris déjà obsolète

L’objectif de l’Accord de Paris de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels est désormais inatteignable. C’est ce qui ressort d’une étude de l’équipe scientifique du Global Carbon Project publiée mardi 5 décembre. Alors que la COP28 se tient actuellement à Dubaï, aux Emirats arabes unis, « il semble désormais inévitable que nous dépassions l’objectif de 1,5°C de l’Accord de Paris » signé en 2015 lors de la COP21, estime le professeur Pierre Friedlingstein, du Global Systems Institute d’Exeter, qui a dirigé l’étude.

« Les dirigeants réunis à la COP28 devront se mettre d’accord sur des réductions rapides des émissions de combustibles fossiles, même pour maintenir l’objectif de 2°C », alerte Pierre Friedlingstein. Le rapport note que les émissions de dioxyde de carbone (CO2) fossile ont encore augmenté globalement en 2023. Elles s’élèvent à 36,8 milliards de tonnes en 2023, en hausse de 1,1 % par rapport à 2022. Toutefois, dans certaines régions, notamment en Europe et aux États-Unis, les émissions de CO2 fossile diminuent, de 7,4 % en Union européenne, et de 3 % aux États-Unis. A l’inverse, elles sont en hausse de 8,2 % en Inde et de 4 % en Chine.

Les scientifiques expliquent que l’action mondiale visant à réduire les combustibles Le rapport estime qu’au total, les émissions mondiales totales de CO2 (fossiles et changement d’usage des terres) atteindront 40,9 milliards de tonnes en 2023, soit qu’à peu près le même niveau qu’en 2022.

L’Accord de Paris signé en 2015 a fixé comme objectif de maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale « bien en dessous de 2°C au-dessus des niveaux préindustriels » et de poursuivre les efforts « pour limiter l’augmentation de la température à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels ». Pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, les émissions de gaz à effet de serre doivent culminer avant 2025 au plus tard et diminuer de 43 % d’ici 2030.

Climat : Le président de la COP 28 conteste le rôle du pétrole

Climat : Le président de la COP 28 conteste le rôle du pétrole

« aucune étude scientifique, aucun scénario, ne dit que la sortie des énergies fossiles nous permettra d’atteindre 1,5°C » déclaré le président de la cape 28. Ce qui n’a pas manqué d’agacer Sultan al-Jaber. La question d’une réduction ou d’une sortie des fossiles est un des sujets les plus tendus de la 28e conférence de l’ONU pour le climat, qui se tient jusqu’au 12 décembre à Dubaï.

Le quotidien britannique The Guardian, a rapporté des propos tenus par l’Emirati lors d’un échange en ligne le 21 novembre, avec Mary Robinson, présidente du « groupe des Sages » (de hauts responsables, militants pour la paix et défenseurs des droits humains).

« Aucune étude scientifique, aucun scénario, ne dit que la sortie des énergies fossiles nous permettra d’atteindre 1,5°C. 1,5°C est mon étoile du Nord. Et une réduction et une sortie des énergies fossiles sont, selon moi, inévitables. C’est essentiel. Mais il faut être sérieux et pragmatique », avait-il déclaré.

« Nous sommes ici parce que nous croyons et nous respectons la science », a-t-il martelé lors d’une conférence de presse, à laquelle il avait convié Jim Skea, le président du Giec, le groupe d’experts climatiques mandatés par l’ONU. Et d’ajouter : « Tout le travail de la présidence est focalisé et centré sur la science ».

« La science dit qu’il faut atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et qu’il faut réduire les émissions de 43% d’ici 2030 » pour limiter le réchauffement à +1,5°C, but fixé par l’accord de Paris, a encore rappelé celui qui est également patron de la compagnie pétrolière émiratie Adnoc. « J’ai dit et redit que la réduction et la sortie des énergies fossiles étaient inévitables ».Le seul problème c’est quand

Les jeux positions tourne autour des mots réductions ou suppression. Il est clair que les producteurs de pétrole sont surtout favorables au concept de réduction progressive pour continuer d’engranger la manne financière des énergies fossiles. À l’inverse des pays plus écolos qui souhaitent qu’une date soit fixée pour la fin notamment du pétrole.
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D’un côté, les nations insulaires et plusieurs pays d’Amérique latine (Colombie, Pérou, Chili,…) défendent avec force de viser l’objectif de 1,5°C plutôt que 2°C. Et pour cela de sortir au plus vite des énergies fossiles, suivis par l’Union européenne. De l’autre, des pays développés, producteurs d’hydrocarbures (États-Unis, Canada, Australie, Norvège), sont aussi favorables à cette sortie, mais avec moins d’ambition dès la décennie en cours. Quand la plupart des pays africains sont, eux aussi, en faveur d’une sortie des énergies fossiles, mais à condition de bénéficier d’un délai bien plus long que les pays déjà développés.

Ln autre observateur. Avec en mémoire, l’exemple de la COP26 de Glasgow, en 2021. En effet, si le texte final faisait bien mention de l’énergie fossile la plus polluante de toutes, le charbon, cet ajout avait subi des modifications sémantiques de dernière minute pour amoindrir largement la portée des ambitions.

Climat COP 28: Le renouvelable, cache-sexe du pétrole

Climat COP 28: Le renouvelable, cache-sexe du pétrole

Compte tenu des grandes divergences qui caractérisent les pays en matière de recours aux énergies fossiles, il est peu vraisemblable que la nouvelle réunion mondiale sur le climat décide une date pour la fin notamment du pétrole. Plus vraisemblablement, on va se rabattre sur le cache-sexe de la politique énergétique pour théoriquement en tripler la puissance d’ici une dizaine d’années.

Le problème évidemment c’est que parallèlement le pétrole et les énergies fossiles en général conservent leur place dans la politique énergétique et continue de bénéficier de très gros investissements alors que les énergies renouvelables courent après leur rentabilité et leur financement.

Sans parler des questions relatives à leur fiabilité et à leur intermittence. Le président critiqué de la COP28, espère en faire un succès diplomatique grâce à l’obtention d’un accord sur le triplement des capacités mondiales des énergies renouvelables d’ici à 2030. Mais la vérité c’est que l’objectif n’est pas du tout certain d’être atteint tant que le pétrole constituera la source principale de l’énergie mondiale et que se développeront les investissements relatifs aux énergies fossiles.

Le triplement des capacités des énergies renouvelables correspond notamment aux recommandations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui estime que cela permettrait d’éviter l’émission de 7 milliards de tonnes de CO2 d’ici à 2030.

Concrètement, « cela signifie que la planète doit installer environ 7.000 gigawatts (GW) de nouvelles capacités en sept ans », pointe le think tank britannique Ember, afin de passer de 3.600 GW de capacités à fin 2022 à 11.000 GW en 2030. Cela nécessite d’atteindre un rythme d’au moins 1.500 GW de capacités additionnelles annuelles à l’horizon 2030, contre 500 GW de nouvelles capacités installées en 2023, estime le think tank dans une note, soit un taux de croissance annuel de 17%.

Surtout, un accord sur les énergies renouvelables pourrait détourner l’attention d’un enjeu crucial pour endiguer le réchauffement climatique à 1,5°C : mettre fin aux nouveaux investissements dans les énergies fossiles, alors que 80% du mix énergétique mondial repose encore sur le charbon, le gaz et le pétrole. Un pourcentage qui n’a faibli que d’un seul point depuis 20 ans, malgré les investissements colossaux dans les champs solaires et éoliens. Et pour cause : les subventions aux énergies fossiles restent faramineuses. « En 2022, les fossiles ont bénéficié de 1.000 milliards de dollars de subventions, 85% de plus qu’en 2021 », déplore Rana Adib.

« On parle du triplement des capacités, mais pas de la place des énergies renouvelables dans le bouquet énergétique. Or, nous avons des pays comme la Chine, qui augmentent à la fois ses capacités en énergies renouvelables de manière unique au monde, avec une augmentation de 230 GW en 2023, mais qui continue aussi à délivrer des autorisations pour construire des centrales thermiques au charbon, avec 152 GW autorisés depuis 2022 », constate un expert.

le français TotalEnergies, et son patron Patrick Pouyanné ont ainsi largement soutenu l’objectif de triplement des énergies renouvelables d’ici à 2030, en invoquant « l’urgence (…) de construire un système décarboné ». Mais selon lui, l’arrêt des investissements dans les fossiles ne doit intervenir que bien plus tard.

Climat, un problème urgent et immédiat et non pour la fin du siècle ! 

Climat, un problème urgent et immédiat et non pour la fin du siècle ! 

Les événements météorologiques extrêmes illustrent la violence du dérèglement climatique déjà en cours et démontrent l’urgence d’une refonte de nos sociétés et de nos modes de vie, alertent, dans une tribune au « Monde », le philosophe Dominique Bourg, la climatologue Marie-Antoinette Mélières et l’écologiste Franck Pupunat.

Le cyclone Otis, qui a ravagé fin octobre Acapulco, est passé en vingt-quatre heures de la catégorie 3 à la catégorie 5. Début novembre, la tempête Ciaran a dévasté une part des côtes françaises et a étendu ses dégâts bien au-delà, à l’intérieur des terres. Même si les tempêtes n’augmentent pas en nombre, ces événements nous rappellent la violence du dérèglement climatique. Non seulement, absorbés que nous sommes par les conflits en cours, nous avons la tête ailleurs, mais, en outre, notre façon de communiquer sur le climat contribue à détourner notre attention.

Continuer à parler d’objectifs pour la fin du siècle, alors que nous sommes d’ores et déjà entrés dans le dur des événements extrêmes, est inadéquat. Le climat est une question immédiate, et non pour la fin du siècle ! Les signaux d’un nouveau système climatique sont manifestes. L’objectif du 1,5 °C de réchauffement n’a plus de sens. Les températures globales moyennes actuelles sur dix ans montrent que le 1,2 °C est déjà atteint.

Fin octobre, les températures moyennes de l’année en cours étaient déjà supérieures de plus de 1,34 °C à la moyenne des températures du XXe siècle, et de 1,54 °C par rapport au XIXe siècle, selon la National Oceanic and Atmospheric Administration, l’agence américaine qui étudie notamment les cyclones. Les 2 °C pour le milieu du siècle sont dans les tuyaux. Et, comme nous allons le voir, les expressions du dérèglement climatique sont déjà hautement destructrices. Or, elles n’augmenteront pas de façon linéaire. Quel est leur état actuel ?

Concernant l’ensemble des océans qui s’étendent entre les latitudes de 60° sud et 60° nord, la température moyenne de surface s’est élevée de près de 0,25 °C par rapport à l’année précédente, à partir d’avril, alors que l’inertie thermique des océans est plus grande que celle des continents 

COP 28 : quel sujet ? Le climat ou le business

COP 28 : quel sujet ? Le climat ou le business

La prochaine réunion internationale sur le climat à Dubaï, certains argumentent sur le fait que choisir un pays producteur de pétrole peut permettre une avancée justement pour amorcer sérieusement la baisse de consommation de ce produit. Le problème, c’est que le président de cette réunion internationale en profiterait pour faire du business… de pétrole!

Beaucoup d’autres considèrent qu’il ne faut pas attendre grand-chose de cette COP 28 compte tenu notamment des positions très divergentes des participants notamment des pays producteurs de pétrole.

Un autre élément vient brouiller les perspectives de cette grande réunion habituée des grandes déclarations qui ne changent rien sur le terrain car le climat ne cesse évidemment de ce détériorer. Mais cette fois il s’agit d’une accusation contre le président de cette COP 28 qui en profiterait pour faire du business de pétrole avec les représentants nombreux des pays participants.

La BBC, publiée ce lundi, révèle que le président émirati de la COP28 aurait utilisé sa fonction pour tenter de négocier des contrats pétroliers et gaziers avec plusieurs représentants de gouvernement. A trois jours à peine de la conférence à Dubaï, ces révélations jettent un nouveau doute sur la capacité des Emirats, grands producteurs de pétrole, à trouver un accord ambitieux sur le climat.

Dirigeant de la compagnie nationale de pétroles des Emirats arabes unis, Sultan Al Jaber est régulièrement accusé par les ONG de ne pas être crédible dans son rôle de président de la COP28.

« Je ne peux pas croire que ce soit vrai ». C’est ce qu’a déclaré naïvement comme d’habitude ce lundi le bavard secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres suite à une révélation embarrassante sur le président de la COP28 et patron de la compagnie émiratie de pétrole et de gaz. réduire autant que possible leur empreinte carbone globale. Les informations révélées par la BBC sont d’autant plus détonantes qu’en vertu des règles fixées par l’ONU, les présidences de COP ont l’obligation d’agir avec impartialité et transparence.

Dans le détail, la BBC qui dénonce l’affaire a mis la main sur une compilation de 150 pages de briefings en vue de rencontres entre le président de la COP28 et au moins 27 représentants de gouvernement, entre juillet et octobre 2023. Des « points de discussion » sont évoqués avec différents représentants de pays. Notamment un à l’intention de la Chine selon lequel la compagnie pétrolière nationale des Emirats (Adnoc) est « disposée à évaluer conjointement les opportunités internationales de GNL [gaz naturel liquéfié] » au Mozambique, au Canada et en Australie.

On trouve aussi les noms des pays suivants: le Royaume-Uni, les États-Unis, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Brésil, la Chine, l’Arabie saoudite, l’Égypte ou encore le Kenya.

Paix et climat sont liés

Paix et climat sont liés

L’approche de la COP28 organisée à Dubaï à la fin du mois, nous amène à faire un constat alarmant : les conflits violents relatifs à l’accès à l’eau ont décuplé depuis les années 2000. Par Inge Brees, Responsable principale du plaidoyer Search for Common Ground et Harriet Mackaill-Hill, Conseiller en plaidoyer pour le climat et la paix, International ( dans La Tribune)

À l’instar des promesses, faites lors des accords de Paris, tel que le maintien de l’augmentation de la température globale en dessous de 1,5 degré, un aspect important du combat climatique était absent des débats, la sensibilisation aux conflits et l’approche réactive à la paix.

En tant qu’organisations dédiées à la résolution des conflits et à la consolidation de la paix, nous faisons quotidiennement face aux nombreuses tensions qui découlent des conséquences du dérèglement climatique et qui se muent souvent en conflits violents : la crise de l’accès à l’eau au Yémen, aux litiges relatifs à la propriété foncière au Kirghizstan, ou encore, aux violations répétées des droits des humains durant les opérations minières en RD Congo. Au cours du siècle dernier, les défis liés à la dégradation de l’environnement et à l’épuisement des ressources naturelles sont devenus de puissants catalyseurs de l’insécurité mondiale et des conflits violents.

Le lien entre le changement climatique et les conflits n’est plus à démontrer, mais les débats politiques autour des solutions potentielles manquent d’ambitions. Cependant, pour la première fois dans l’histoire des sommets sur le climat, la paix est prise en considération avec l’organisation d’une journée dédiée, le 3 décembre 2023. Cette initiative survient à un moment critique et opportun. Au cours des prochaines décennies, des milliards de dollars vont être dépensés pour remédier aux dégâts occasionnés par les dérèglements climatiques, toutefois, avec une répartition inégale des financements, en laissant à l’abandon les communautés les plus vulnérables face à ses dégâts climatiques, en particulier celles qui résident dans les zones conflictuelles.

Ce constat aliène les perspectives innovantes d’avancements et de collaboration entre les gouvernements, les institutions et les sociétés civiles, indispensables pour alerter sur les risques analogues à la sécurité du climat. Il est indéniable que le succès des politiques climatiques a des portées non seulement sur la réduction des émissions, mais avant tout, sur l’émergence de la paix. De ce fait, les interventions menées doivent s’adapter aux contextes spécifiques et aux dynamiques des conflits pour éviter des conséquences désastreuses pour les populations.

L’exemple de la ruée vers les matières premières est pertinent
La transition indispensable vers une société faible en émissions de carbone a entraîné une demande croissante de minéraux essentiels à la production de panneaux solaires, d’énergie éolienne, de voitures électriques, etc. Malheureusement, l’exploitation minière nécessaire pour répondre à cette demande a souvent des conséquences désastreuses sur l’environnement et les populations locales : l’exploitation humaine, le défrichement des terres, les conflits entre les acteurs à grande et à petite échelle, etc. La majorité de la réserve mondiale de cette matière première est localisée dans des régions du monde à haut risque de basculer dans des conflits. Pourtant, cette réalité ne doit pas constituer un argument pour rester dans le statu quo d’un mode de fonctionnement qui accentue la pollution.

Sortir progressivement des combustibles fossiles est la seule voie acceptable, mais pas à n’importe quel prix. Il est impératif de trouver des alternatives aux processus d’extractions actuels, et d’y prioriser le respect des personnes et de la planète. La transition verte doit inclure la sensibilisation aux conflits, et ainsi prévenir l’ avènement d’ autres conflits.

L’annonce du Fonds pour les Pertes et Dommages lors de la COP27 à Sharm El-Sheikh a été saluée comme une victoire dans la lutte pour la justice climatique. Ce fonds vise à indemniser les populations gravement touchées par la crise climatique et à mettre les grands pollueurs face à leurs responsabilités. Cependant, des compromis sur des aspects cruciaux du fonds doivent encore être trouvés, tels que la localisation, la structure, les sources de financement, et les bénéficiaires. De plus, ces mécanismes de financement devraient prioritairement profiter aux populations les plus affectées par le changement climatique, en se concentrant sur les zones vulnérables et sujettes aux conflits.

Inclure une journée thématique consacrée à la paix lors de la COP28 préfigure d’une dynamique indispensable. Néanmoins, ce geste doit représenter l’amorce d’ un dialogue, et non pas une fin en soi. L’importance de la sensibilisation aux conflits dans le renforcement de l’action climatique, dans les zones conflictuelles, doit faire partie des discussions, et intégrée dans les accords et programmes promulgués. Les gouvernements, les ONG, les bailleurs doivent collectivement procurer un support financier aux luttes climatiques qui intègrent la sensibilisation aux conflits. Il est important que ces efforts soient menés en étroite collaboration avec les communautés locales qui ont une connaissance approfondie du contexte et des solutions adaptées. En effet, si le changement climatique peut être un facteur de conflit, il représente également une opportunité de rassembler les populations au-delà des clivages en relevant ce défi existentiel commun. Ce faisant, il favorise la consolidation de la paix. En fin de compte, c’est une situation gagnant-gagnant, n’est-ce pas ?

Climat- COP 28: Un échec programmé ?

Climat- COP 28: Un échec programmé ?

C’est le pronostic de Gordon Brown, ancien premier ministre britannique : « La COP28 restera dans l’histoire soit comme un moment charnière, soit comme l’occasion manquée d’un tournant majeur ».

Alors que nous approchons de la très importante conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP28) qui doit se dérouler à Dubaï du 30 novembre au 12 décembre, la France est sur le point de jouer un rôle central. Forte de son expérience dans la conduite des négociations autour de l’accord de Paris sur le climat, en 2015, ainsi que dans l’organisation du Sommet pour un nouveau pacte financier mondial (également appelé « sommet Macron-Mottley ») à Paris cet été, les 22 et 23 juin, la France est le pays le mieux placé pour faciliter un accord de partage de la charge, visant à financer l’adaptation et l’atténuation du changement climatique dans les pays du Sud.

S’il aboutissait, cet accord permettrait de surmonter l’impasse qui conduit à tant de sommets peu productifs et peu concluants. Sans accord, en revanche, le ressentiment des pays en voie de développement ira crescendo, après un été de sécheresses, d’inondations, d’incendies et autres catastrophes liées au climat.

Il y a quatorze ans, lors du sommet de Londres, en avril 2009, les dirigeants du G20 avaient relevé le défi de la crise financière mondiale, en engageant 1 000 milliards de dollars (917 milliards d’euros) de fonds supplémentaires pour contrer la grande récession qui avait éclaté l’année précédente. Aujourd’hui, pour faire face à une crise climatique qui s’aggrave et qui devient de plus en plus une menace existentielle, la communauté internationale doit mobiliser des montants plus élevés encore : 1 000 milliards de dollars par an de flux publics et privés en direction du Sud global pour financer sa transition écologique, selon Mari Elka Pangestu, l’ancienne directrice générale de la Banque mondiale pour les politiques de développement et les partenariats.

Aucune avancée ne pourra cependant avoir lieu sans un accord entre pays développés sur la question de savoir qui en supportera les coûts. Le doute règne d’ores et déjà quant à la capacité des Etats-Unis à respecter leur contribution au fonds climatique de 100 milliards de dollars, convenue durant la COP15 de Copenhague en 2009, bien que le pays ait réaffirmé son engagement cet été à Paris.

Par ailleurs, les appels en faveur du transfert de 100 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux inutilisés (l’actif de réserve du Fonds monétaire international) par les pays à revenu élevé en direction des pays les plus vulnérables face au climat – un élément-clé de l’Agenda de Bridgetown de la première ministre de la Barbade, Mia Mottley – sont pour l’essentiel restés sans réponse. Quant au fonds « pertes et dommages » créé en 2022 lors de la COP27 en Egypte, il ne mobilise pas encore de grands donateurs à ce jour.

Climat : Réchauffement jusqu’à 3 % d’ici la fin du siècle

Climat : Réchauffement jusqu’à 3 % d’ici la fin du siècle

Il est de plus en plus clair que les objectifs visant à ne pas dépasser 1,5° suite à l’accord de Paris sont complètement obsolètes. La plupart des experts y compris de l’ONU prévoit en effet que la perspective serait plus proche des 3°.

La perspective des 1,3° suite à l’accord de Paris paraissent désormais illusoires à la plupart des observateurs. En effet la planète sur une trajectoire de réchauffement bien plus élevée, allant jusqu’à 2,9°C au cours de ce siècle, a alerté lundi l’ONU.

Dans 6 ans, la barre du 1,5°C de réchauffement pourrait être franchie.

Ce rapport de l’ONU intervient alors qu’une nouvelle étude publiée récemment confirmait qu’il reste moins de temps que prévu pour limiter les émissions et le réchauffement climatique. Selon cette analyse parue dans Nature Climate Change, au rythme actuel des émissions de carbone — environ 40 milliards de tonnes (Gt) chaque année — il reste en effet environ 6 ans avant que la barre de 1,5°C de réchauffement ne soit franchie.

Depuis l’ère industrielle, la planète s’est déjà réchauffée de 1,2°C en moyenne. Et les dernières estimations de l’observatoire européen Copernicus montrent que +1,5 °C pourrait intervenir d’ici à 2034, et non au milieu du siècle comme le prévoient les politiques climatiques à travers le monde. D’où des conséquences dramatiqued en cascade comme la fonte des calottes glaciaires, le dépérissement des forêts, l’extinction des coraux etc.

pendant ce temps là, les émissions mondiales de dioxyde de carbone, essentiellement dues à la combustion des énergies fossiles et à l’origine du réchauffement de la planète, devraient augmenter d’environ 1% pour atteindre un nouveau record en 2023, ont annoncé des scientifiques dans une étude préliminaire.

Climat : où sont passés les 100 milliards de dollars d’aide

Climat : où sont passés les 100 milliards de dollars d’aide

L’OCDE affirme que les pays riches ont sans doute atteint l’aide de 100 milliards par an pour lutter contre les conséquences du changement climatique. Reste cependant à savoir si cette aide qui doit être prolongé même amplifier ira effectivement en direction d’une politique de maîtrise des conséquences du changement de climat.

Si l’on se réfère à l’aide au développement, force est de constater qu’une partie des contributions financières finit dans les sables, dans les cathédrales administratifs des grandes organisations ou directement dans la poche des dirigeants de pays bénéficiaires. Or nombre de pays potentiellement bénéficiaires souhaitent une aide directe sans intermédiaire. Les pays donateurs de leur côté préfèrent non pas une nouvelle institution pour gérer ces aides considérables mais la médiation de la Banque mondiale qui a le mérite d’exister.

Indiscutablement les pays en développement méritent d’être soutenus non seulement pour des questions climatiques mais aussi pour aider au développement économique et freiner l’émigration sauvage.

Malheureusement dans beaucoup de pays en développement, la gouvernance est catastrophique et c’est tout un système de corruption qui profite aux cercles du pouvoir et dans la population voit difficilement la réalité par exemple dans la réfection des infrastructures de transport, la santé ou l’éducation et plus généralement dans le développement socio-économique..

« D’ici 2025, on estime que les pays en développement auront besoin d’environ 1.000 milliards de dollars par an pour les investissements climatiques, ce chiffre passant à environ 2.400 milliards chaque année entre 2026 et 2030 », rappelle Matthias Cormann, secrétaire général de l’OCDE.
« D’ici 2025, on estime que les pays en développement auront besoin d’environ 1.000 milliards de dollars par an pour les investissements climatiques, ce chiffre passant à environ 2.400 milliards chaque année entre 2026 et 2030 », rappelle Matthias Cormann, secrétaire général de l’OCDE.

Pour rappel, sous l’égide de la Convention des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique (CNUCC), les pays riches, principaux responsables historiques des émissions de gaz à effet de serre, s’étaient engagés à porter à 100 milliards de dollars par an leur aide climatique d’ici 2020. Mais les choses ont pris plus de temps que prévu. Le retard pris pour honorer cette promesse est devenu un motif de tension majeur, voire de blocage, dans les négociations climatiques internationales. Or celles-ci culmineront cette année lors de la COP28 du 30 novembre au 12 décembre à Dubaï.

Dans son dernier rapport annuel sur le financement de l’adaptation climatique publié le 2 novembre dernier, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) affirme que le financement des pays en développement a reculé de 15% en 2021 sur un an, signe que la lutte contre le changement climatique « patine », a déploré son secrétaire général Antonio Guterres. Il estime que certains de ces pays exigeraient même des financements jusqu’à 18 fois supérieurs aux montants actuels. Au total, le rapport souligne que « le déficit de financement se creuse, désormais compris entre 194 et 366 milliards de dollars par an », en dépit de l’accélération du réchauffement climatique.

« La présidence de la COP28 et le commissaire européen ont souligné l’importance de rendre opérationnels le fonds de financement des « pertes et dommages » lors de la COP28 et l’importance des promesses de dons initiales », affirme la déclaration Wopke Hoekstra, co-écrite avec le président émirati de la COP28, Sultan Al Jaber. « La COP28 est une occasion déterminante de faire preuve d’unité et de restaurer la foi dans le multilatéralisme dans un monde polarisé », affirment les deux auteurs.

Climat : record de chaleur aussi en octobre dans le monde

Climat : record de chaleur aussi en octobre dans le monde

Le mois d’octobre 2023 a été le plus chaud jamais enregistré sur Terre et l’année 2023 aura également battu des records. Avec 15,3°C en moyenne, il a fait 0,85°C de plus que lors d’un mois d’octobre normal (calculé sur la moyenne des températures d’octobre de 1991 à 2020). C’est, de loin, la plus importante anomalie positive mesurée pour un mois d’octobre (un bond de +0,4°C par rapport à la détentrice du record en octobre 2019) et la deuxième anomalie la plus importante jamais mesurée tous mois confondus, après septembre 2023 (+0,9°C).

C’est surtout le cinquième mois d’affilée à battre le record de chaleur pour sa saison. Le mois de juillet 2023 avait même battu le record absolu du mois le plus chaud sur Terre. Depuis, la température moyenne sur la planète est quasiment chaque jour au-dessus du record pour la date. Octobre 2023 était même 1,7°C plus chaud qu’un mois d’octobre à l’ère préindustrielle (1850-1900), avant que les émissions de gaz à effets de serre produits par l’activité humaine et responsables du réchauffement climatique ne s’emballent.

La température moyenne de la surface de la mer n’a, elle aussi, jamais été aussi élevée qu’en ce mois d’octobre, avec 20,79°C. Quant à la banquise de l’Antarctique, elle est 11% moins étendue que la normale à cette période de l’année ; -12% pour l’Arctique.

Dégradation du climat : Les Français conscients

Dégradation du climat : Les Français conscients

Une étude Axa sur les conséquences de la dégradation du climat qui démontre que les Français sont de plus en plus conscients de l’enjeu. Seulement 15 % de la population active pense aujourd’hui que l’activité humaine n’est pas responsable du réchauffement climatique, et 81 % a conscience que nous allons devoir changer nos modes de vie radicalement afin de relever ce défi.. Les scientifiques d’AXA Climate ont construit 15 indicateurs d’impact concret du changement climatique, sur l’ensemble du territoire français. L’institut Act For Now a mené une étude d’opinion auprès des Français afin de mesurer leur prise de conscience.

En termes d’adaptation climatique, les moyennes nationales ne veulent pas dire grand-chose, souligne Antoine Denoix, PDG d’AXA Climate. L’évaluation doit être locale, à quelques kilomètres, comme la météo du jour ». Forts de cette conviction, les scientifiques d’AXA Climate (météorologues, agronomes, climatologues…) ont choisi de décrypter 15 exemples locaux et concrets des conséquences du changement climatique. En voici une sélection.

Deauville, la station balnéaire de Normandie, est célèbre pour sa promenade de planches du bord de sa plage. Vers 2050, à cause de la montée du niveau de la mer, cette promenade ne sera plus praticable toute l’année. En considérant le scénario climatique actuellement le plus probable, la côte d’opale fera en effet face à une élévation du niveau marin entre 20 et 25 cm en 2050. La promenade se trouve à 20 cm en dessous de la ligne de marée haute qui pourrait être atteinte, avec les combinaisons d’élévation du niveau de la mer, de grandes marées et d’ondes de tempête.

Autre station balnéaire de renom encore plus fortement impactée : Lacanau, sur l’océan Atlantique, près de Bordeaux. En 2050, la montée du niveau de la mer et l’érosion du littoral menacent 40 % de la station balnéaire (1 200 logements), la majorité des activités commerciales de la commune, une centaine de locaux professionnels et diverses infrastructures publiques.

En 2050, 48 % du territoire français métropolitain – représentant près de 10,4 millions de maisons individuelles construites aujourd’hui – est susceptible d’être impacté par des fissures et dégâts allant jusqu’à des risques d’effondrement, liés à des sécheresses devenant plus fréquentes.

En 2050, la saison propice aux incendies sera trois fois plus longue qu’aujourd’hui dans les Landes. Elle s’étendra sur environ 70 jours en moyenne contre 20 actuellement.
En 2050, à Montpellier, le nombre de jours justifiant la mise en route de la climatisation dans les bureaux et commerces sera d’environ 120 jours (4 mois) – soit une augmentation de 77 %. A l’inverse, à Strasbourg, le nombre de jours nécessitant du chauffage va diminuer de 26 %, passant d’environ 120 jours en moyenne, à 90.

Face à ces réalités locales, Act For Now a interrogé les Français pour AXA Climate. Les résultats de l’étude révèlent que près de 56 % des Français actifs de 18 à 60 ans ont une vision assez juste des conséquences du changement climatique en France en 2050. Concrètement, près de 6 Français sur 10 ont obtenu une majorité de bonnes réponses à nos questions portant sur les 15 indicateurs d’impact. « C’est une bonne surprise pour nous qui sondons régulièrement les Français sur ces sujets : la culture climatique a nettement progressé en l’espace d’une année », commente Jean-Christophe Beau, co-fondateur d’Act For Now.

Preuve en est également que seul 15 % de la population active pense aujourd’hui que l’activité humaine n’est pas responsable du réchauffement climatique, et 81 % a conscience que nous allons devoir changer nos modes de vie radicalement afin de relever ce défi.

Assez logiquement, certains groupes, tels que les éco-anxieux (ceux qui disent éprouver de l’anxiété face au dérèglement climatique), ont un taux de bonnes réponses supérieur. Ces derniers s’informent davantage et cela leur permet d’avoir une fine connaissance de ces enjeux. En revanche, de façon plus surprenante, le niveau d’études ou l’âge ne permettent pas de différenciation. « C’est bien le signe que, face au changement climatique, la prise de conscience s’est généralisée », analyse Jean-Christophe Beau.

On pourrait se réjouir de cette montée en connaissance collective des Français. Mais l’étude d’AXA Climate révèle un début de fracture dans la population. Deux visions s’opposent. 33 % des répondants qui ont une minorité de réponses justes anticipent des conséquences pires que les simulations réalisées par les scientifiques. Nous les appellerons les « pessimistes ». De l’autre côté, nous retrouvons ceux que nous désignons comme les « optimistes » et qui sont 30 % à anticiper des conséquences moins importantes.

A noter : une surreprésentation des éco-anxieux chez les « pessimistes », et une surreprésentation des techno-solutionnistes chez les optimistes. Les « pessimistes » pensent probablement qu’il est trop tard pour agir, quand les « optimistes » semblent attendre patiemment de la technologie qu’elle soit la solution.

Le risque est qu’une augmentation des discours trop catastrophistes ou pas suffisamment scientifiques renforce cette fracture, alertent Antoine Denoix et Jean-Christophe Beau. D’autant qu’un Français sur 2 pense qu’il est déjà trop tard pour éviter une catastrophe climatique pour l’humanité. Pour créer une dynamique collective consensuelle, il devient donc important de rassembler les Français avec une vision partagée réaliste et surtout locale, proche de chez eux, des conséquences du changement climatique.

Climat et environnement : la vie sur terre menacée

Climat et environnement : la vie sur terre menacée

C’est un véritable cri d’alarme que lance de grands scientifiques qui considèrent qu’en l’état du rythme de dégradation de l’environnement de la planète et notamment du climat, la vie sur Terre pourrait tout simplement être menacée. Le changement climatique constitue une « menace existentielle » pour la vie sur Terre, avertit donc un groupe de scientifiques. Leur étude, publiée dans la revue BioScience, a examiné 35 « signes vitaux » planétaires. Or 20 de ces indicateurs ont atteint un niveau record en 2023.

Le changement climatique constitue une « menace existentielle » pour la vie sur Terre, a averti, mardi 24 octobre, un groupe d’éminents scientifiques dans un rapport analysant les phénomènes météorologiques extrêmes en 2023 et le déficit d’action de l’humanité. L’étude, publiée dans la revue BioScience, a examiné 35 « signes vitaux » planétaires, dont la pollution par le CO2, la consommation d’énergie et de viande par habitant, la déforestation par le feu ou les jours de chaleur extrême. Or 20 de ces indicateurs ont atteint un niveau record en 2023, conclut cette coalition scientifique internationale.

« En vérité, nous sommes choqués par la férocité des phénomènes météorologiques extrêmes en 2023. Nous sommes entrés dans un territoire inconnue qui nous effraie », écrivent-ils. Alors que 2023 est en voie de devenir l’année la plus chaude jamais enregistrée, des régions entières ont subi des vagues de chaleur meurtrières, des tempêtes, des inondations, enchaînant parfois une catastrophe après l’autre.

Côté océans, les températures « sont complètement hors normes » depuis des mois, sans que les scientifiques parviennent encore à l’expliquer pleinement, souligne Johan Rockström, directeur de l’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact climatique (PIK). Pour ces scientifiques, le constat est sans appel : « la vie sur la planète Terre est en état de siège ».

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