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Déficit ou pas des retraites: la vraie question !

 

 Déficit ou pas des retraites: la vraie question !

 

 

Selon les années et les majorités, le évaluation du  comité des retraites évolue. Après la réforme de 2010, on avait annoncé l’équilibre. Un équilibre repoussé  2036 et maintenant à 2042. Et comme par hasard le déficit s’emballe ces prochaines années. – Le besoin de financement du régime de retraites s’établirait entre 0,3% et 0,7% du PIB en 2025, soit entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros, selon un rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR). Justement ce que veut démontrer le gouvernement avec  sa réforme des retraites qui bien entendu ne vise pas tellement à davantage de justice mais à rogner sur les pensions; car il faudrait raisonner en termes de métier et de conditions de travail de  chaque pensionné au lieu d’appliquer le même régime pour l’ensemble d’un secteur (  ouvrier, technicien, cadre). Ce que réclame notamment Le médecin Pierre Gallois  dans une tribune au Monde ( voir ci-dessous) . Pourtant il y a une différence de vie d’environ 10  ans entre ouvriers et celle des cadres. Pourquoi de telles approximations concernant les régimes de retraite. On a évidemment des idées sur l’évolution démographique mais beaucoup moins voire pas du tout sur le niveau de croissance sur lesquels sont assises les cotisations retraites des salariés. Personne ne peut dire que la croissance sera de 1 % de 3 % en 2040.

Les évaluations du comité d’orientation des retraites ont souvent fluctué compte tenu de la nature même de ce comité. Une sorte de comité de chapeaux à plumes qui dépend du premier ministre et dont la plupart des membres sont bienveillants à l’égard du pouvoir en place.« Le Conseil est composé de trente-neuf membres. Il réunit sous la présidence de Pierre-Louis Bras, inspecteur général des Affaires sociales (IGAS), des élus, des représentants des organisations représentatives des employeurs, des travailleurs indépendants et des salariés des secteurs privé et public, des représentants des familles et des personnes âgées, les directeurs des administrations centrales principalement concernées par les questions de retraite, ainsi que des personnalités choisies pour leur expérience et leur compétence. »

 

Bref pas vraiment un organisme statistique indépendant et compétent. En mettant en avant l’importance du déficit des régimes de retraite des 2025, le comité d’orientation donne donc une légitimité au gouvernement pour prendre des mesures surtout budgétaires lors  de sa réforme des retraites qui s’enlise dans les contradictions vis-à-vis de l’objectif d’universalité. Pour parler clair, ce rapport prépare l’allongement de la durée de cotisation et la non réévaluation des retraites pendant longtemps. En clair une diminution des pensions par rapport à l’inflation. Ce rapport avait été commandé par le Premier ministre pour servir de base de réflexion pour d’éventuelles mesures permettant de ramener le régime à l’équilibre d’ici 2025, date probable d’entrée en vigueur du système universel.

Cette idée est toutefois fortement décriée par les partenaires sociaux. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui soutient l’idée d’un régime universel en points, avait menacé en juillet de se mobiliser si des mesures paramétriques étaient adoptées d’ici 2025. Plusieurs pistes sont évoquées par le COR pour parvenir à l’objectif d’équilibre. La première consiste à reculer l’âge de départ à la retraite de 2,5 mois à 5,4 mois par an à partir de la génération 1959 et jusqu’à la génération 1963, première génération concernée par le système universel.

L’âge de départ légal de la génération 1963 se situerait ainsi entre 63 ans et 64,3 ans, contre 62 ans, selon les règles actuelles. Les chiffres présentés dépendent de la méthode de calcul et des scénarios de croissance retenus, précise le COR. Si le gouvernement ne souhaitait pas toucher à l’âge d’ouverture des droits, il pourrait augmenter de cinq à dix mois la durée de cotisation de chaque génération. La durée légale d’assurance pour la génération 1963 se situerait ainsi entre 44,1 ans et 46,3 ans, contre 42 ans aujourd’hui. L’exécutif pourrait encore décider de mettre en place un âge minimal de taux plein assorti d’une décote et surcote, une option déjà retenue par le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, pour le système universel. Selon le COR, cet âge minimal du taux plein devrait se situer entre 63,1 et 64,3 ans pour la génération 1963, après une montée en charge à partir de la génération 1959. Jean-Paul Delevoye propose de fixer cet âge à 64 ans dans le régime universel.

 

Le médecin Pierre Gallois rappelait, dans une tribune au « Monde », qu’il serait juste que l’âge de départ en retraite soit fixé à partir des données socio-économiques dont dispose l’Etat.

Tribune. 

 

A l’heure où le problème de la retraite est un sujet d’actualité, je suis étonné que les inégalités d’espérance de vie entre catégories socioprofessionnelles ne soient pas prises en compte dans le débat, alors que l’on dispose de données scientifiques solides dans ce domaine.

L’espérance de vie des Français va en croissant régulièrement et c’est cette augmentation qui accroît le coût de retraites et justifie les demandes de politiques et d’économistes de retarder l’âge de départ en retraite. Mais cet allongement de la durée de vie n’est qu’une donnée statistique moyenne, et il est trop souvent méconnu qu’il existe des variations importantes selon les facteurs socio-économiques.

 

 

 

Conduit depuis de nombreuses années à suivre régulièrement la littérature de santé française et internationale, de par mes responsabilités au sein de la formation continue des médecins et de la Société française de documentation et de recherche en médecine générale (SFDRMG), j’ai été frappé par les résultats d’une importante étude française de l’Institut national d’études démographiques (INED) montrant les différences d’espérance de vie, avec et sans incapacités, et en fonction des activités professionnelles (E. Cambois, C. Laborde, J.-M. Robine. « La “double peine” des ouvriers : plus d’incapacité au sein d’une vie plus courte », Institut national d’études démographiques (INED), in Population et sociétés, n° 41, 2008) et j’ai été surpris que cet aspect ne soit pas pris en compte dans la définition de l’âge de la retraite, et donc du coût de celle-ci pour chaque catégorie professionnelle.

 

Selon cette étude, en 2003, l’espérance de vie totale à 35 ans était de 42,8 ans chez les hommes et de 48,8 chez les femmes et à 60 ans de 20,7 ans chez les hommes et de 24,9 chez les femmes. Mais si on tient compte des données socio-économiques, à 35 ans les hommes cadres supérieurs ont une espérance de vie de 47 ans, soit quatre années de plus que la moyenne et six de plus que les ouvriers. Et ils vivront trente-quatre de ces quarante-sept années indemnes de toute incapacité (soit 73 % de leur espérance de vie totale), alors que les ouvriers, sur leurs quarante et une années d’espérance de vie, n’en auront que vingt-quatre sans incapacité (60 % de leur espérance de vie).

Et globalement le taux d’incapacité est plus élevé chez les ouvriers que chez les cadres. Chez les femmes, l’écart d’espérance de vie entre cadres et ouvrières est un peu moins important (environ deux ans), mais la différence d’espérance de vie sans incapacité est similaire à celle des hommes. On retrouve des données intermédiaires dans les autres catégories professionnelles (professions intermédiaires, agriculteurs exploitants, professions indépendantes, employés), qui ont toutes des chiffres moins bons que les cadres supérieurs et meilleurs que les ouvriers ».

 

Neutralité carbone : pas une question de compensation

 Neutralité carbone : pas une question de compensation

 

Tribune collective dans le Monde de spécialistes de l’environnement 

 

« Promesses de « neutralité carbone », annonces de « compensation des émissions » des entreprises : il devient de plus en plus difficile de démêler le vrai du faux, l’honnête de l’abusif, l’exemplaire de l’anecdotique.

D’emblée, quelque chose dans ces déclarations heurte la raison. Comment cette entreprise-ci peut-elle se revendiquer « neutre en carbone » alors que ses émissions augmentent ? Comment celle-là peut-elle « annuler ses émissions » alors que son cœur d’activité participe directement à l’aggravation du problème climatique ?

« Au fond, ce qui pose problème, c’est peut-être que l’on puisse revendiquer un impact nul dans un monde qui ne cesse de se dégrader »

Ces annonces sont souvent accompagnées d’excellentes justifications techniques (« notre neutralité s’applique à un périmètre restreint de nos émissions… ») ou sémantiques (« notre neutralité n’est qu’une étape vers l’atteinte du net zéro… »). Malgré cela, la défiance de l’opinion publique ne cesse légitimement de grandir et vient questionner la réelle ambition de ces entreprises. Au fond, ce qui pose problème, c’est peut-être que l’on puisse revendiquer un impact nul dans un monde qui ne cesse de se dégrader.

Etats, collectivités territoriales, entreprises, individus, notre objectif commun est d’atteindre avant 2050 le « net zéro » (c’est-à-dire l’équilibre entre les émissions et les puits de carbone mondiaux) à l’échelle de la planète, de manière à limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C. Cet objectif de neutralité globale est rigoureusement défini par la science climatique et gravé dans le marbre de l’accord de Paris.

Or, nous pensons que la traduction du concept de neutralité dans le monde de l’entreprise a échoué, probablement du fait d’une interprétation trop simpliste.

Malgré de bonnes intentions, trop d’organisations ont notamment l’illusion de pouvoir annuler le problème climatique, principalement à grand renfort de « compensation carbone », avec les conséquences que l’on connaît : triomphe du court-termisme, angoisses du management sur la manière d’y arriver et de communiquer, démobilisation des collaborateurs (« à quoi bon agir, si le travail est fait par d’autres ? »), opacité des efforts de réduction des émissions (« à quoi bon réduire, puisque le total fait de toute façon zéro ? »).

Nous appelons à un changement radical de paradigme dans la définition des concepts et l’utilisation des mots. »

 

 

 

 

 

Déficit ou pas des retraites: la question récurrente !

Déficit ou pas des retraites: la question récurrente !

 

 

Selon les années et les majorités, le évaluation du  comité des retraites évolue. Après la réforme de 2010, on avait annoncé l’équilibre. Un équilibre repoussé  2036 et maintenant à 2042. Et comme par hasard le déficit s’emballe ces prochaines années. – Le besoin de financement du régime de retraites s’établirait entre 0,3% et 0,7% du PIB en 2025, soit entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros, selon un rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR. Justement ce que veut démontrer le gouvernement avec  sa réforme des retraites qui bien entendu ne visse pas tellement à davantage de justice mais à rogner sur les pensions; car il faudrait raisonner en termes de métier et de conditions de travail de  chaque pensionné au lieu d’appliquer le même régime pour l’ensemble d’un secteur (  ouvrier, technicien, cadre). Ce que réclame notamment Le médecin Pierre Gallois  dans une tribune au Monde ( voir ci-dessous) . Pourtant il y a une différence de vie d’au moins 6 à 7 ans entre ouvriers et celle des cadres. Pourquoi de telles approximations concernant les régimes de retraite. On a évidemment des idées sur l’évolution démographique mais beaucoup moins voire pas du tout sur le niveau de croissance sur lesquels sont assises les cotisations retraites des salariés. Personne ne peut dire que la croissance sera de 1 % de 3 % en 2040.

Les évaluations du comité d’orientation des retraites ont souvent fluctué compte tenu de la nature même de ce comité. Une sorte de comité de chapeaux à plumes qui dépend du premier ministre et dont la plupart des membres sont bienveillants à l’égard du pouvoir en place.« Le Conseil est composé de trente-neuf membres. Il réunit sous la présidence de Pierre-Louis Bras, inspecteur général des Affaires sociales (IGAS), des élus, des représentants des organisations représentatives des employeurs, des travailleurs indépendants et des salariés des secteurs privé et public, des représentants des familles et des personnes âgées, les directeurs des administrations centrales principalement concernées par les questions de retraite, ainsi que des personnalités choisies pour leur expérience et leur compétence. »

 

Bref pas vraiment un organisme statistique indépendant et compétent. En mettant en avant l’importance du déficit des régimes de retraite des 2025, le comité d’orientation donne donc une légitimité au gouvernement pour prendre des mesures surtout budgétaires lors  de sa réforme des retraites qui s’enlise dans les contradictions vis-à-vis de l’objectif d’universalité. Pour parler clair, ce rapport prépare l’allongement de la durée de cotisation et la non réévaluation des retraites pendant longtemps. En clair une diminution des pensions par rapport à l’inflation. Ce rapport avait été commandé par le Premier ministre pour servir de base de réflexion pour d’éventuelles mesures permettant de ramener le régime à l’équilibre d’ici 2025, date probable d’entrée en vigueur du système universel.

Cette idée est toutefois fortement décriée par les partenaires sociaux. Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui soutient l’idée d’un régime universel en points, avait menacé en juillet de se mobiliser si des mesures paramétriques étaient adoptées d’ici 2025. Plusieurs pistes sont évoquées par le COR pour parvenir à l’objectif d’équilibre. La première consiste à reculer l’âge de départ à la retraite de 2,5 mois à 5,4 mois par an à partir de la génération 1959 et jusqu’à la génération 1963, première génération concernée par le système universel.

L’âge de départ légal de la génération 1963 se situerait ainsi entre 63 ans et 64,3 ans, contre 62 ans, selon les règles actuelles. Les chiffres présentés dépendent de la méthode de calcul et des scénarios de croissance retenus, précise le COR. Si le gouvernement ne souhaitait pas toucher à l’âge d’ouverture des droits, il pourrait augmenter de cinq à dix mois la durée de cotisation de chaque génération. La durée légale d’assurance pour la génération 1963 se situerait ainsi entre 44,1 ans et 46,3 ans, contre 42 ans aujourd’hui. L’exécutif pourrait encore décider de mettre en place un âge minimal de taux plein assorti d’une décote et surcote, une option déjà retenue par le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, pour le système universel. Selon le COR, cet âge minimal du taux plein devrait se situer entre 63,1 et 64,3 ans pour la génération 1963, après une montée en charge à partir de la génération 1959. Jean-Paul Delevoye propose de fixer cet âge à 64 ans dans le régime universel.

 

Le médecin Pierre Gallois rappelait, dans une tribune au « Monde », qu’il serait juste que l’âge de départ en retraite soit fixé à partir des données socio-économiques dont dispose l’Etat.

Tribune. 

 

A l’heure où le problème de la retraite est un sujet d’actualité, je suis étonné que les inégalités d’espérance de vie entre catégories socioprofessionnelles ne soient pas prises en compte dans le débat, alors que l’on dispose de données scientifiques solides dans ce domaine.

L’espérance de vie des Français va en croissant régulièrement et c’est cette augmentation qui accroît le coût de retraites et justifie les demandes de politiques et d’économistes de retarder l’âge de départ en retraite. Mais cet allongement de la durée de vie n’est qu’une donnée statistique moyenne, et il est trop souvent méconnu qu’il existe des variations importantes selon les facteurs socio-économiques.

 

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Pourquoi l’espérance de vie des Français plafonne 

Conduit depuis de nombreuses années à suivre régulièrement la littérature de santé française et internationale, de par mes responsabilités au sein de la formation continue des médecins et de la Société française de documentation et de recherche en médecine générale (SFDRMG), j’ai été frappé par les résultats d’une importante étude française de l’Institut national d’études démographiques (INED) montrant les différences d’espérance de vie, avec et sans incapacités, et en fonction des activités professionnelles (E. Cambois, C. Laborde, J.-M. Robine. « La “double peine” des ouvriers : plus d’incapacité au sein d’une vie plus courte », Institut national d’études démographiques (INED), in Population et sociétés, n° 41, 2008) et j’ai été surpris que cet aspect ne soit pas pris en compte dans la définition de l’âge de la retraite, et donc du coût de celle-ci pour chaque catégorie professionnelle.

Espérance de vie en bonne santé

Selon cette étude, en 2003, l’espérance de vie totale à 35 ans était de 42,8 ans chez les hommes et de 48,8 chez les femmes et à 60 ans de 20,7 ans chez les hommes et de 24,9 chez les femmes. Mais si on tient compte des données socio-économiques, à 35 ans les hommes cadres supérieurs ont une espérance de vie de 47 ans, soit quatre années de plus que la moyenne et six de plus que les ouvriers. Et ils vivront trente-quatre de ces quarante-sept années indemnes de toute incapacité (soit 73 % de leur espérance de vie totale), alors que les ouvriers, sur leurs quarante et une années d’espérance de vie, n’en auront que vingt-quatre sans incapacité (60 % de leur espérance de vie).

 


 

Et globalement le taux d’incapacité est plus élevé chez les ouvriers que chez les cadres. Chez les femmes, l’écart d’espérance de vie entre cadres et ouvrières est un peu moins important (environ deux ans), mais la différence d’espérance de vie sans incapacité est similaire à celle des hommes. On retrouve des données intermédiaires dans les autres catégories professionnelles (professions intermédiaires, agriculteurs exploitants, professions indépendantes, employés), qui ont toutes des chiffres moins bons que les cadres supérieurs et meilleurs que les ouvriers ».

Violences urbaines: l’autorité remise en question partout

Violences urbaines: l’autorité remise en question partout

 

De nombreux facteurs explicatifs peuvent évidemment expliquer la montée des violences urbaines. Il y a nécessairement interaction entre des aspects économiques, sociaux, sociétaux et culturels. Ces violences se déroulent souvent dans des quartiers relativement défavorisés, caractérisés par un très fort taux de chômage, la désertion de nombre de services publics et le développement du trafic de drogue comme mode de régulation économique et sociale. On ne saurait cependant attribuer l’ampleur et la nature des violences au seul fait du misérabilisme de ces quartiers. En effet, d’autres violences se déroulent ailleurs dans la plupart des villes et même des villages. Des dégradations de biens publics ou privés de la part d’enfants ou de sauvageons comme dirait Chevènement. L’environnement économique et social peut permettre de comprendre-sinon d’admettre- la montée d’une partie de cette délinquance. Pour autant, une partie non négligeable de la responsabilité incombe à la société tout entière. D’abord peut-être aux parents dont certains ont adopté la pédagogie de l’enfant roi. L’enfant gâté, pourri, autorisé à s’affranchir de toute règle de vie collective y compris familiale. Dans certains cas,  on comprendra que dans certaines familles monoparentales, le parent -souvent la mère qui travaille– ait des difficultés à encadrer sa progéniture. Mais le phénomène affecte un très grand nombre d’autres familles de tous les milieux, de toutes les zones géographiques. Cette perte d’autorité se nourrit d’un individualisme mortifère pour  les relations collectives. Un seul exemple,  combien d’adultes disent encore bonjour en pénétrant dans une boulangerie ou chez le médecin ? Il est loin le temps où en zone rurale un enfant se devait de saluer chaque adulte rencontré. L’urbanisation à outrance, l’amollissement de l’éducation, le laisser-aller général autorisent désormais enfants et adolescents à toutes les dérives. La société, c’est-à-dire l’État, l’école, la justice ou encore la police sont aussi responsables. La délinquance est finalement largement tolérée; les auteurs ne sont soumis qu’à des peines symboliques et la prévention, comme la sanction sont anecdotiques. On devrait évidemment sanctuariser l’autorité des représentants locaux de la république. Une seule question : pourquoi était-il possible d’obtenir le respect et l’attention d’un instituteur dans une classe 50 élèves en 1950 quand les enseignants actuels sont débordés avec 25 .  La réponse est assez simple, on a abandonné les règles et les valeurs qui existaient  en France dans les années 50 . En 1950, on trouvait peu de  parents pour venir protester contre les notations de leurs enfants voire les punitions dont ils étaient l’objet. Encore une fois les dérives ne concernent pas seulement les quartiers sensibles même si là,  elles prennent des formes très spectaculaires et même parfois criminelles. Les actes de délinquance se généralisent  dans toutes les situations géographiques. Si des facteurs socio-économiques sont à prendre en compte, la dimension culturelle et civilisationnelle doit aussi être intégrée. Les civilisations ne meurent pas seulement en raison des mutations de l’environnement mais aussi de la déliquescence des valeurs qui  font société.

 

Les théories économiques et monétaires mises en question ?

Les   théories économiques et monétaires mises en question ?

Olivier Passet, Xerfi   dans la Tribune estime que nombre de théories économiques sont  remises en question par les réalités. Un questionnement intéressant mais qui n’évacue pas l’hypothèse cependant d’un éclatement de bulle financière à moins  d’imaginer l’obsolescence totale de la théorie ;  un pari intellectuel (et financier) qu’il vaut mieux ne pas prendre.

«  La déroute paraît totale. C’est tout l’appareillage théorique des économistes qui sombre tel le Titanic après l’impact de la crise de 2007-2008. L’orchestre des experts continue à jouer durant le naufrage. Mais quel que soit le marché vers lequel on se tourne, les anomalies, les paradoxes s’accumulent. Un à un, chacun de ces phénomènes peut trouver éventuellement une explication a posteriori. Mais mises bout à bout, ces explications partielles forment un puzzle qui défie les cohérences doctrinales habituelles.

En numéro un des bizarreries : les taux longs négatifs. Ce régime de taux très bas dans lequel s’installent les économies développées bouscule bien des préconçus. Il se produit alors même que l’endettement des États a bondi avec la crise. Il s’amplifie en France au moment même où le gouvernement annonce une nouvelle dérive du déficit. Au moment même aussi où a volé en éclat l’idée selon laquelle les États étaient à l’abri du risque de défaut. Où est donc cette fameuse remontée des taux que pronostiquaient tant d’économistes, la pointant comme un risque majeur en sortie de crise. Un retour à la normale inévitable, puisque l’économie a vocation à revenir sur ses valeurs centrales à long terme. Une vision de la normalité qui oublie au passage qu’historiquement des taux d’intérêt inférieurs au taux de croissance nominale sont la normalité. Et que la fameuse règle d’or, qui veut qu’à l’équilibre le taux d’intérêt s’égalise au taux de croissance, n’est qu’un mythe.

Ces taux historiquement faibles ne seraient que le reflet d’un déséquilibre plus profond entre l’épargne mondiale et le besoin d’investissement. La loi de l’offre et de la demande vient toujours à la rescousse des économistes. Et les raisons d’imaginer les sources d’un tel déséquilibre ne manquent pas. Ben Bernanke les a énumérées dans son célèbre discours global saving glut de 2005, pointant notamment la prégnance du vieillissement et du ralentissement démographique.

Certes, mais comment se fait-il que le régime devienne permanent. La baisse des taux aurait dû modérer la propension à épargner des agents. Rétablissant l’équilibre à terme. Sauf à imaginer que le rendement du capital productif est tellement faible en face, que la baisse des taux ne crée aucune opportunité d’investissement. Panne du progrès technique, baisse de la productivité marginale du capital, ce sont les tentatives d’explications avancées par les tenants de la stagnation séculaire. Mais, il y a deux gros hic à cette version des choses. Si tel est le cas, comment se fait-il que le rendement moyen du capital soit aussi élevé ? Autrement dit, les bénéfices rapportés aux immobilisations des entreprises ? Comment expliquer aussi le ralentissement de la productivité, alors même que la robotisation et la digitalisation créent tant d’opportunités d’automatisation.

Face à cela, les tombereaux de monnaie injectés par les banques centrales n’ont réanimé ni la croissance ni l’inflation. L’équation de Fisher et la doxa monétariste sont à ranger au magasin des antiquités. Trappe à liquidité nous répondent les keynésiens. L’activisme des banques centrales a fait baisser les taux à un plancher. À ce niveau, plus personne ne prend le risque de s’exposer sur des titres dont la valeur dégringolera inévitablement dès que les taux remonteront. L’interprétation est séduisante. Et la préférence pour les encaisses liquides est forte aujourd’hui. À cela près que cette liquidité n’est pas thésaurisée. Elle alimente les marchés d’actifs, mobiliers et immobiliers, sur lesquels les perspectives de plus-values demeurent l’aiguillon de l’activisme des acteurs financiers. Et au final, l’environnement de taux zéro produit un rendement des actifs financiers et mobiliers élevé, par le truchement des plus-values. Bref, les bribes d’explication sont soit non démontrables, soit partiellement convaincantes.

Sur le marché du travail, même constat. La courbe de Phillips est à l’agonie. Les salaires restent étrangement inertes. Les tensions sont elles-mêmes de plus en plus difficilement identifiables, tout comme le concept de plein emploi. Les taux de chômage refluent, enfoncent leurs planchers dans certains pays, sans explication convaincante. Les taux d’emplois battent des records, au moment même où se déploie tout le discours sur la fin du travail. La productivité tendancielle ralentit, ce qui devrait augmenter le taux de chômage d’équilibre de long terme, selon les approches les plus orthodoxes… Mais rien de tel n’est observé.

Que dire encore de l’approche ricardienne du commerce international. De ce credo si largement partagé selon lequel l’ouverture des échanges ne peut que déboucher sur un jeu gagnant-gagnant pour toutes les nations. Le credo commençait à être sévèrement écorné avec la prise en compte des phénomènes d’agglomération industrielle. Avec le constat de l’impact des échanges sur les inégalités.

Mais voici que les États passent à l’acte. Un acte de défiance, à la hauteur de la crise de crédibilité des économistes, et du défi qui les attend pour refonder leur science.

 

Grand débat : la question du financement absente !

 

 

L’expérience des réunions autour du grand débat démontre souvent que l’exercice relève un peu du fourre- tout ou à alors au  meeting politique. Dans un cas, on aborde finalement à peu près tous les sujets sociaux, économiques, environnementaux, sociétaux et technologiques. Forcément de façon très superficielle. Dans un autre le débat est souvent très cadré et sert surtout de justification à la politique conduite. Il faut cependant observer une grande absence dans ce débat : la question des dépenses et du financement. Une espèce de mal récurrent en France où on consacre beaucoup de temps à l’analyse et à la définition des objectifs mais sans parler de leurs coûts et de leur financement. Pourtant c’est l’une des questions centrales puisque par exemple le mouvement des gilets jaunes a surtout été au départ alimenté par un profond ras-le-bol fiscal. Une colère contre l’impôt considéré comme trop élevé. Or si la France détient le triste record du monde des prélèvements obligatoires, c’est précisément en raison de dépenses particulièrement incontrôlées. L’absence d’évaluation conduit donc souvent à la création de fiscalité nouvelle, à la perte de compétitivité pour l’économie, au chômage et à l’amputation du pouvoir d’achat. De ce point de vue,  les deux grandes décisions sociales de la gauche à savoir la retraite à 60 ans de Mitterrand et les 35 heures de Martine Aubry ont constitué une véritable catastrophe pour l’économie et les grands équilibres. Certes on peut comprendre que dans certains métiers pénibles la durée du temps de travail soit réduite, c’est même une absolue nécessité ; par contre ; c’est sa  généralisation constitue une erreur stratégique majeure qu’aucun autre pays n’a commis. Du coup la France est bien contrainte petite à petit mais dans la douleur de revenir sur ses deux orientations. Il faudrait aussi évaluer régulièrement par exemple  le coût de toutes les activités couvertes par le vocable très général de service public qui en fait ne correspond pas toujours loin s’en faut à des tâches régaliennes. Cela du fait de la grande confusion entre les missions d’intérêt général, les institutions et organisations chargées de les effectuer enfin les statuts des personnels. Tous les champs d’activité méritent cette évaluation sur le plan financier.

 

 

 

Énergies renouvelables : la question du recyclage et du social

Énergies renouvelables : la question du recyclage et du social

L’Ademe commence à s’interroger sur la prise en compte de l’acceptation sociale des énergies renouvelables aussi sur leur rapport à l’environnement concernant le recyclage et l’impact sur la bio diversité. S’y ajoute en plus la préoccupation de privilégier les techniques présentant le meilleur rendement énergétique. Le mouvement des gilets jaunes est passé par là de même que la critique qui monte à peu près partout concernant le développement de l’éolien. Il est clair que jusque-là l’Ademe a surtout répondu aux préoccupations des écolos bobos et n’a pas suffisamment tenu compte des conséquences sociales d’une politique énergétique trop brutale notamment lorsqu’elle entraîne des hausses de fiscalité qui mettent fortement en cause le pouvoir d’achat. Commence à émerger aussi la question du recyclage de certaines énergies renouvelables comme le solaire et encore davantage l’éolien pour lequel aucune disposition n’est encore prévue notamment en termes de responsabilité puisque les exploitants se déchargent sur les propriétaires de terrains pour le démantèlement qui représente quand même de l’ordre  de 500 000 € par éolienne ! En fait il y a de fortes chances que les descendants des propriétaires de terrains renonceront à l’héritage et que c’est la collectivité qui devra en supporter le coût.  La polémique actuelle sur les éoliennes offshore en Allemagne en est un exemple. Autre impact des EnR fréquemment invoqué et sur lequel l’Ademe entend se pencher de près : celui sur la biodiversité, avec « l’apparition de nouveaux enjeux, dont le risque de conflit d’usage des sols avec l’agriculture et l’élevage, et la nécessité de revoir certaines doctrines établies par le passé. »

Les emplois de la transition énergétique sont un autre cheval de bataille pour Arnaud Leroy, qui estime que « l’on paie aujourd’hui le prix de déclarations passées sur le sujet ». En effet pour le solaire comme pour l’éolien par exemple les matériels proviennent majoritairement de l’étranger

 

Brexit : frontière ou pas frontière en Irlande, c’est la question

Brexit : frontière ou pas frontière en Irlande, c’est la question

 

La clause de « backstop  est sans doute le point qui oppose le plus l’union européenne aux partisans britanniques du break site. En fait, on semble d’accord sur les mesures transitoires relatives à cette clause mais l’union économique s’oppose à ce  qu’elle devienne définitive. En clair l’union européen considère évidemment que l’Irlande du Sud est partie intégrante de l’union économique et que les règles internes du marché européen doivent s’y appliquer mais sans frontière physique avec l’Irlande du Nord qui serait soumise comme l’ensemble de la Grande-Bretagne un accord d’union douanière. Or la Grande-Bretagne estime que cette absence de frontière risque de fête de soumettre l’ensemble de son pays aux règles de l’union européenne.  Michel Barnier refuse toujours de revenir sur le « backstop » irlandais (ou filet de sécurité), prévu dans l’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne afin d’éviter le retour d’une frontière en Irlande du Nord. Dans un entretien au Monde ce jeudi 24 janvier, le négociateur en chef de l’UE sur le Brexit a déclaré que le filet de sécurité ne peut être limité dans le temps, car cela contreviendrait à son objectif qui est de garantir l’absence de frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. « Ce filet de sécurité fait partie du traité de retrait. C’est une assurance pour préserver la paix et la stabilité de l’île d’Irlande (…) Le « backstop » dont nous parlons aujourd’hui [l'Irlande du Nord resterait alignée sur les règles du marché intérieur et le Royaume-Uni dans son ensemble serait maintenu dans une union douanière], c’est le Brexit qui nous l’impose. Et c’est celui qu’a choisi le Royaume-Uni », explique t-il dans les colonnes du Monde. Ces propos battent en brèche l’espoir qu’ont certains, à Londres, de voir le gouvernement britannique faire entériner l’accord par les députés en fixant une limite dans le temps à l’application de la clause de « backstop ». En effet, les partisans d’un divorce net avec l’UE voient cette clause comme un « piège », qui arrimerait leur pays indéfiniment à l’Union malgré le Brexit. Le négociateur européen, qui doit s’entretenir ce jeudi à Berlin avec la chancelière Angela Merkel, a estimé en outre qu’une autre possibilité envisagée par Londres, celle de conclure un accord bilatéral avec Dublin, était elle aussi impossible, car la frontière de l’Irlande est amenée à devenir la frontière de l’UE et du marché intérieur après le Brexit. À ses yeux, l’accord qui a été négocié avec les Britanniques – mais qui a été nettement rejeté par les députés de la Chambre des communes le 15 janvier -, est le meilleur qui existe, si l’on tient compte des « fameuses lignes rouges » fixées par le Royaume-Uni. D’autres options seront possibles si ces lignes rouges évoluent, a cependant relativisé Michel Barnier. L’Irish Independent écrit ce jeudi qu’en cas de Brexit dur, 600 agents de police pourraient être déployés aux quelque 300 postes-frontières échelonnés le long des 500 km de frontière entre l’Irlande et l’Ulster. Le journal irlandais cite des sources au fait d’une réunion qui s’est tenue mercredi entre un haut responsable de la police irlandaise, Drew Harris, et ses collaborateurs. Si Michel Barnier exclut de renégocier l’accord, il ne ferme pas la porte à un possible report de la date du retrait du Royaume-Uni de l’UE, prévu en principe le 29 mars prochain à 23h00 GMT. Mais il pose des conditions : un tel report devra être justifié, limité dans le temps et ne devra pas perturber les élections européennes qui se tiendront entre le 23 et le 26 mai 2019.

 

La question de la compétence des « experts »

La question de la compétence des « experts »

 

Il ne se passe pas une journée sans que des dizaines d’experts viennent s’exprimer pour expliquer des événements sociaux, politiques, environnementaux ou sociétaux. De ce point de vue,  la France dispose d’une armée très imposante d’experts très divers notamment des historiens, des spécialistes en politique ou en mon opinion, des sociologues, psychologues, des économistes, des urbanistes. La liste est longue et le nombre de spécialités ne cesse de se développer. De ce point de vue la France est un des pays qui forment le plus d experts en sciences sociales en particulier des psychologues et des économistes. Des experts qui ont bien d’ailleurs du mal à trouver un emploi et qu’on retrouve le plus souvent dans les administrations. Parallèlement, la France manque cruellement d’ingénieurs et de techniciens. Des catégories qu’on entend beaucoup moins car les mains dans le réel quand dans d’autres passent leur temps à décrypter leur faiblesse et leur travail. La présence régulière pour ne pas dire l’envahissement de ces experts dans tous les médias s’explique aussi par la crise économique de ces médias. Des médias pour la plupart dans le rouge, d’ailleurs été rachetés par des financiers non  pas par intérêt économique mais pour orienter et contrôler l’information. Cette masse d’experts ressemble à une sorte d’auberge espagnole. On y trouve le meilleur et le pire souvent du  médiocre asservi aux intérêts financiers (la plupart des économistes). Parfois les éclairages sont intéressants mais la plupart du temps se caractérisent  par une certaine parcellisation de l’analyse. Or qui caractérise la période, c’est sa complexité et le caractère systémique des différents facteurs de changement. Le concept de généraliste n’existe pas. Les tentatives d’analyse partent  un peu dans tous les sens en fonction de la spécialité de chacun, de sa personnalité. Aussi de ses affinités philosophiques et politiques. Personne ne peut prétendre à la neutralité et à l’indépendance, encore moins à l’objectivité. C’est tellement vrai que les grands événements de la société ont rarement été prévus par ces experts notamment par la plus grande partie des économistes. Conclusion l’apport de certains experts peut-être mais il faut en relativiser le caractère d’objectivité notamment prédictive.

 

Migrations : une question globale (Macron)

Migrations : une question globale (Macron)

Macron en réponse au nouveau gouvernement italien qui veut bloquer toute immigration illégale réplique que la question est globale et qu’elle ne peut être réglée qu’au niveau de l’Europe. Reste que jusqu’à maintenant cette Europe a laissé l’Italie (et la Grèce) se dépatouiller seule de cette question qui a largemenet facilité la montée des populismes en Italie (et ailleurs). Finalement, la France qui bloque les immigrés notamment à Vintimille est mal placée pour donner des leçons de coopération sur la question migratoire. Le sempiternel discours de Macron sur le sujet n’est guère convaincant ; il reste très théorique  “Le sujet des grandes migrations ne se traitera que si ensemble nous nous engageons pour lutter d’abord contre ses causes, que si ensemble nous nous engageons pour lutter contre l’insécurité, le terrorisme et les trafics dans la bande sahélo-saharienne”, a réagi le chef de l’Etat français interrogé sur les déclarations italiennes. “Nous ne parviendrons à régler ce sujet qu’en œuvrant ensemble à la protection des frontières de l’Europe, au rapprochement de nos droits d’asile et de nos règles, et que dans la coopération au sein de l’UE et de l’espace Schengen”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’Elysée. Le problème c’est que l’Italie est devenue la principale route des migrants économiques et demandeurs d’asile qui tentent de rejoindre l’UE, après la quasi-fermeture de la route de la Turquie et de la Grèce, par laquelle plus d’un million de personnes ont transité jusqu’en 2016. La Ligue estime que la grande majorité des migrants en Italie n’ont pas droit au statut de réfugié et que l’Italie n’a pas les moyens de les aider.

Remettre en question la pensée économique classique (Harold James)

Remettre en question la pensée économique classique (Harold James)

A la lumière des grandes crises passées,  Harold James, professeur d’Histoire et de relations internationales à l’Université de Princeton, évoque les nouveaux risques et perspectives notamment : le réchauffement climatique, l’intelligence artificielle, la révolution monétaire ;  tribune dans  le Figaro (*).

 

 

« Alors que le monde est confronté au risque d’une guerre commerciale et que l’Occident est au risque d’une véritable guerre, le moment est venu de reconsidérer les leçons de l’entre-deux-guerres.

On attribue souvent les désordres économiques et sécuritaires d’aujourd’hui à la crise financière mondiale de 2008 qui a mis en lumière les défauts de la politique économique conventionnelle. Elle a aussi accéléré le rééquilibrage entre les régions Atlantique et Asie-Pacifique, alimenté le mécontentement politique et la montée des mouvements anti-établissement en Occident.

De la même manière, on explique généralement que la Grande dépression des années 1930 a bouleversé la pensée politique et que, ayant juré de ne pas répéter les erreurs qui ont conduit à la crise, les dirigeants de l’époque ont adopté des mesures inédites pour surmonter les difficultés prolongées de leurs économies.

On attribue souvent le cadre économique conceptuel et institutionnel qui a suivi à une personnalité marquante : l’économiste britannique Keynes, auteur de la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie publié en 1936, et l’un des principaux protagonistes de la Conférence de Bretton Woods en 1944. C’est cette conférence qui est à l’origine de la création de la Banque mondiale, du FMI et de l’ordre monétaire mondial de l’après-guerre.

Selon Roy Harrod, le biographe et collaborateur de Keynes, ce dernier fut considéré comme un demi-dieu lors de cette conférence. Mais d’autres contemporains de Keynes, notamment l’économiste britannique Robinson, ont contesté le crédit qui lui a été accordé dans l’avènement d’un nouvel ordre économique.

La prééminence de la pensée keynésienne tient en réalité à sa méthode de calcul de la consommation, de l’investissement et de l’épargne agrégés qui a eu un rôle irremplaçable dans la planification militaire des Américains et des Britanniques lors de la Deuxième Guerre mondiale. Grâce à une comptabilité nationale bien conçue, les différents États ont amélioré l’utilisation de leurs ressources, réorienté la production vers des objectifs militaires et diminué la pression inflationniste, maintenant ainsi le niveau de consommation et écartant le risque de troubles au sein de la population civile.

La même méthode s’est révélée efficace pour réorienter l’économie vers une hausse de la consommation des ménages. Mais cette révolution de la pensée économique et le miracle économique de l’après-guerre sont une retombée des calculs réalisés en temps de guerre, et non d’une réflexion menée en temps de paix. Les préoccupations sécuritaires de toute première urgence et la nécessité de maintenir la stabilité tant sur le plan intérieur qu’international ont fait qu’à ce moment-là les responsables politiques étaient prêts à remettre en question une orthodoxie économique enracinée de longue date.

Nous pouvons tirer de cette époque une leçon capitale. Actuellement, nombre d’économistes regrettent que la crise financière n’ait pas suscité une remise en question de la pensée économique classique. Il n’existe pas aujourd’hui d’équivalent de Keynes, tandis que les problèmes financiers et économiques sont fréquemment discutés sans grande ouverture d’esprit par des spécialistes qui n’attachent guère d’importance aux questions de sécurité ou aux relations entre objectifs nationaux et internationaux.

Pourtant, comme dans l’entre-deux-guerres, les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la sécurité conduiront presque inéluctablement à une remise en question des bases de l’économie. Force est de constater que si la crise financière n’a pas entraîné une remise en question intellectuelle globale, trois défis de grande ampleur posés à l’ordre international libéral dominant depuis 2016 la rendront inévitable :

1) La menace existentielle posée par le réchauffement climatique. Ce réchauffement a d’énormes conséquences géopolitiques, notamment dans les zones qui souffrent déjà d’une pénurie d’eau, ainsi que dans les régions tropicales et les villes côtières déjà confrontées à la montée du niveau de la mer. Il est vrai que certaines régions sont provisoirement gagnantes, en raison de l’allongement de la saison de croissance de la végétation et d’un accès facilité aux minéraux, aux hydrocarbures et aux autres ressources dans les régions polaires.

La réduction du volume des émissions de gaz à effet de serre va dans le sens de l’intérêt général. Mais en l’absence d’un mécanisme international d’aide aux pays les plus exposés au réchauffement, chaque pays va décider tout seul de son effort de réduction de ces émissions.

2) L’intelligence artificielle qui va probablement désorganiser le marché du travail. Elle menace non seulement l’emploi, mais aussi la sécurité, car elle rendra obsolète nombre de moyens de défense et de dissuasion utilisés par les différents Etats. Il n’est pas étonnant que de grandes puissances comme les USA et la Chine soient déjà en compétition pour le leadership dans le domaine de l’intelligence artificielle, ainsi que dans celui des big data. Continuant sur cette voie, ils joueront à un jeu de plus en plus périlleux dans lequel chaque avancée technologique sera susceptible de transformer fondamentalement les relations internationales en rendant obsolète les anciens systèmes de défense.

3) La révolution monétaire. Elle a été déclenchée par les technologies de registre distribué telles que la blockchain qui ouvre la voie à la création de monnaie non étatique. Depuis Bretton Woods, la domination monétaire est une forme de pouvoir, en particulier pour les USA. Les monnaies alternatives offriront tant aux Etats qu’aux acteurs non étatiques un nouvel outil pour asseoir leur pouvoir ou pour court-circuiter les structures de pouvoir en place. Les cryptomonnaies tels que le Bitcoin perturbent déjà les marchés et pourraient un jour modifier les relations financières sur lesquelles reposent les sociétés industrielles modernes.

Dans le nouveau contexte géopolitique, la Chine, la Russie, l’Inde et d’autres puissances prennent chacun de ces défis comme l’occasion pour elles de dessiner le futur de la mondialisation à leur propre avantage. Elles envisagent un modèle très différent de celui de la fin du 20° siècle. La Chine par exemple voit dans l’intelligence artificielle un outil pour organiser une surveillance de masse et contrôler la diffusion des idées ; substituant le collectivisme à l’individualisme, elle pourrait pousser à l’émergence de systèmes profondément illibéraux au niveau de la planète.

Il existe heureusement des alternatives. En repensant l’économie et la sécurité, nous devrons adopter une stratégie qui encourage l’innovation dans le cadre de discussions coordonnées portant sur l’avenir social et politique de la planète. Nous devons appliquer l’imagination et la créativité non seulement au développement de nouvelles techniques, mais aussi aux systèmes qui vont régir ces nouvelles techniques.

Il faut éviter que les États et les multinationales puissent contrôler l’ensemble de l’information. Le défi est de parvenir à des solutions acceptables basées sur la coopération, plutôt que sur l’élimination de toute divergence d’opinions. »

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(*) Harold James est professeur d’Histoire et de relations internationales à l’université de Princeton, et membre du Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale (CIGI).

80 km/h,…. heu…Collomb évite la question !

80 km/h,…. heu…Collomb évite la question !

Preuve que les 80 km-km heure constitue une sacrée épine dans le pied pour la popularité du gouvernement, Gérard Collomb n’a m^me pas voulu répondre à uen question posée sur ce sujet lors d’une réunion publique ; Joker a-t-il dit ! Ce qui démontre à l’évidence que cette question vis-à-vis de la laquelle Macron et Philippe sont assez divisés met les ministres dans l’embarras. Cela d’autant plus que la mesure est très mal ressentie par les automobilistes en particulier en milieu non urbain ou la quasi-totalité des infrastructures est concernée. Cette mesure a été entièrement voulue et aussi exclusivement voulue par Philippe qui avait besoin d’un marqueur existentiel face à Macron qui occupe tous les champs économiques, sociaux et politiques. Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb n’a donc  pas souhaité répondre ce jeudi soir lors d’une réunion publique portant sur la limitation de vitesse à 80 km/h, mesure très controversée prévue par le gouvernement pour juillet, préférant utiliser « un joker ». »Sur les 80km/h, j’aimerais avoir votre position », a demandé un participant de la réunion publique à laquelle participait Gérard Collomb à Rungis (Val-de-Marne) dans le cadre de l’opération de communication pour le premier anniversaire du gouvernement.  »Je prends un joker sur la question », a répondu le ministre de l’Intérieur, enchaînant sur la question suivante sous les rires d’une salle d’environ 150 personnes plutôt favorable à la politique du gouvernement. Devant l’impopularité de la mesure, Macron a bien reprécisé qu’il s’agissait seulement d’une expérience pendant deux ans et qui pourrait être annulée en cas de résultats insuffisants en matière de sécurité.

La dette, question centrale du conflit SNCF

La dette, question centrale du conflit SNCF

Le cœur de la réforme tourne autour de la reprise de la dette (ce qui a été fait en Allemagne) car depuis des dizaines et des dizaines d’années toutes les réformes ont mis cette question sous le tapis. Or aucune société ne peut partir avec un handicap de 55 milliards de dettes ou même de la moitié. Or il semble bien que le gouvernement ne veut pas s’engager sur ce terrain et préfère parler du statut. Au total, la dette annuelle de la SNCF s’élève à près de 55 milliards d’euros et c’est SNCF Réseau, selon le rapport Spinetta sur l’avenir du transport ferroviaire, qui en concentre l’essentiel avec une ardoise de près de 46 milliards d’euros en 2017. SNCF Mobilités affiche, de son côté, une dette commerciale de 7,9 milliards d’euros rapporte Le Monde, qui s’explique notamment par les pertes causées par l’ouverture du fret à la concurrence. Il faut ajouter des frais financiers de 1,5 milliard d’euros en 2017 qui correspondent au remboursement de cette même dette. La dette est ancienne, elle a pratiquement toujours existé car le fer n’est pas rentable sauf sur une ou deux lignes. Du coup la dette ne cesse de gonfler pour équilibrer les déficits d’exploitation, pour l’investissement et pour entretien d’un réseau qui en a bien besoins. Du coup c’est 1.5 milliards de frais financiers par an (et sans remboursement du capital). L’entreprise doit rembourser une dette toujours plus grande et, donc, de nouveaux intérêts liés à l’augmentation des emprunts.  Il n’y a pas d’autre issue » que la reprise de la dette par l’Etat  »parce que ce n’était pas la dette des cheminots, ni celle des usagers », a déclaré de son côté Laurent Berger de la CFDT.  De son côté, l’exécutif reste flou sur la question. Interrogée vendredi sur franceinfo, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a refusé de prendre un engagement clair, estimant qu’« on ne peut pas s’occuper de la dette aujourd’hui et qu’elle se reconstitue demain ». La ministre a également laissé entendre que l’Etat, s’il devait reprendre la dette, n’en reprendrait qu’une partie. Autant dire que le gouvernement se prépare à une demi réforme qui reproduira les m^me effets d’ici 10 ans. Faute de reprise totale de la dette la réforme juridique de l’entreprise n’aura aucun sens car l’entreprise sera bien contrainte d’avoir recours à l’emprunt pour boucler budget d’exploitation et investissement. Au total on peut attendre à une demi réforme, avec une demi reprise (ou moins à) de la dette et à un demi échec de la reforme.

Pourquoi la question constitutionnelle reste ouverte avec la seule Corse

Pourquoi la  question constitutionnelle reste ouverte avec la seule  Corse

 

Le gouvernement reste ouvert sur la question constitutionnelle corse. On se demande bien pourquoi il faudrait une référence à la Corse dans la constitution d’autant que précisément l’objectif de certains indépendantistes comme Talamoni est  de quitter la France et sa constitution. Si l’on devait modifier la constitution, on voit mal pourquoi il ne serait pas fait allusion aux autres régions. En effet ce qui ce pose en Corse, c’est-à-dire une plus grande autonomie, que pose tout autant sinon davantage les autres régions françaises. La France est un des rares pays hyper centralisé ;  tout dépend de l’Etat même si une certaine décentralisation s’est réalisée mais une décentralisation qui n’a fait que rajouter des couches au millefeuille administratif et politique sans donner de vrais pouvoirs territoriaux. D’une certaine manière en France,  la totalité des collectivités locales sont sous tutelle des préfets et de leurs services même la plus petite des communes. Les administrations centrales présentes localement font d’ailleurs double emploi avec les administrations territoriales qui ont augmenté leurs effectifs d’environ 50 % en une vingtaine d’années. Il n’y a toujours pas de véritable politique économique régionale. La meilleure preuve c’est que l’État tout dernièrement  envisage m^me de rapatrier au niveau national la question de l’apprentissage. Le poids de l’État est encore essentiel dans nombre de champs économiques et sociaux. Ce pose la problématique d’un État fédéral en France comme il en existe ailleurs notamment en Allemagne ou en Espagne. C’est le rapport de l’État aux régions, la reconnaissance des régions qui peuvent figurer dans la constitution et non seulement la Corse.  En charge du dossier Corse, Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, n’a pas exclu jeudi 11 janvier qu’il y ait une référence explicite à la Corse dans le cadre d’une réforme de la Constitution, lors de l’émission Questions d’info LCP-Franceinfo-Le Monde-AFP. À la question : « Symboliquement, est-ce que vous accepteriez qu’il y ait une référence à la Corse dans la Constitution ? », Jacqueline Gourault a répondu : « On verra ! ». « Il faut discuter sur les souhaits de ceux qui sont en face de nous et voir quelles sont leur volonté de dialogue, leur volonté d’être reconnus par la Constitution », a poursuivi l’ancienne vice-présidente du Sénat. La ministre a ajouté : « Ce que l’on veut, le droit à la différenciation, c’est, au fond, reconnaître la spécificité des territoires et être capables d’admettre que l’on applique de façon différente les règlements d’une loi qui a été votée » pour tous, a précisé la ministre auprès de Gérard Collomb. La France « reste une et indivisible, mais sa richesse c’est sa diversité », a martelé cette proche de François Bayrou. ont estimé lundi les dirigeants corses à l‘issue d‘une réunion

SNCF- Pepy: pas question de porter seul le chapeau !

SNCF- Pepy: pas question de porter seul le chapeau !   

 

Convoqué en grandes pompes chez la ministre du transport, Pepy n ‘entend pas porter seul le chapeau des dysfonctionnements de la SNCF. Pepy n’a guère apprécié d’être convoqué de manière  médiatique par la ministre des transports. L’intéressé n’est pas naïf,  il sait que cette rencontre annoncée à grands coups de tambours et de trompettes vise surtout à lui faire porter seul le chapeau des derniers dysfonctionnements de la SNCF. Le plus gratiné dans l’affaire, c’est que ce ministre a aussi été dirigeante de la SNCF mais se garde bien de le rappeler en évoquant seulement son passé à la RATP. En évoquant, la possibilité de son départ Pepy rappelle qu’il a été mis en place dans des conditions ingérables. Des conditions qui existaient bien avant son arrivée. En fait, on a contraint l’entreprise à financer elle-même des investissements notamment de TGV pour lesquels elle n’avait pas le premier sou au détriment de l’entretien du réseau classique d’où les pannes à répétition et pas seulement celle très médiatisée de Paris. Du coup,  la SNCF se retrouve avec une dette de l’ordre de 45 milliards. Bref Pepy n’apprécie pas que la ministre des transports fasse son  cirque, il menace de renoncer à son poste comme d’ailleurs il l’a fait à plusieurs reprises. Il faut dire qu’on lui sait gré de manœuvrer habilement pour éviter les grands conflits sociaux qui pourrissent le climat social en France. Pour cela Pepy  fait beaucoup de communication, trop sans doute en regard de son action,  en direction des usagers, des pouvoirs publics mais aussi des syndicats. En substance le patron de la SNCF dit à sa ministre si quelqu’un veut la place, bon courage !  “Mon mandat est à la disposition du gouvernement”, dit Guillaume Pepy dans Le Parisien. “Mon boulot, avec Patrick Jeantet, c‘est de trouver des solutions. Le temps n‘est pas aux états d’âme.”  “La question ne se pose pas pour un seul homme”, a réagi sur BFM TV Christophe Castaner, secrétaire d‘Etat aux Relations avec le Parlement. Guillaume Pepy “a dit que son mandat est évidemment en jeu si la ministre le jugeait nécessaire, ça c‘est une discussion qu‘ils auront tous les deux”, a poursuivi le délégué général de La République en Marche. “Une chose est sûre, c‘est que la responsabilité de tel ou tel incident ne pèse pas sur un seul homme. Elle pèse sur des choix stratégiques qu‘a faits notre pays avec la SNCF, celui de privilégier les grandes infrastructures qui quelquefois se font à 15 ans, 20 ans, 30 ans, et de négliger les trains du quotidien”, a-t-il déclaré. “Si les usagers paient un billet de train, ils ont droit à un service de bonne qualité. La ministre souhaite le rappeler à Guillaume Pepy.” “Ce sont des causes différentes qui provoquent des conséquences différentes”, a plaidé le directeur général adjoint de l‘entreprise, Mathias Vicherat, vendredi matin sur Europe 1, tout en soulignant l‘impact du plan de rénovation du réseau, qui représente cinq milliards d‘euros par an sur dix ans.  “Ces gigantesques travaux, en pleine exploitation, comportent des risques de bugs, d‘incidents électriques, des risques de travaux qui ne sont pas suffisamment préparés”, déclare pour sa part Guillaume Pepy dans Le Parisien. Dans la lettre qu‘elle leur a adressée mercredi, Elisabeth Borne somme Guillaume Pepy et Patrick Jeantet de présenter des “analyses” et les “actions engagées”.

 

Le nouveau FN mettra la question de l’euro sous le tapis

Le nouveau FN mettra la question de l’euro sous le tapis

 

 

Pour éviter d’avoir à trancher sur l’épineuse question du rapport à l’Europe et à l’euro, le Front National pourrait bien mettre cette question sous le tapis. Certes on affirmera la nécessité de la souveraineté monétaire mais son éventuelle mise en œuvre serait reportée en fin de mandat pour le cas où le Front National accéderait au pouvoir. Ce serait une manière d’éviter l’affrontement frontal entre les identitaires très droitiers qui veulent minimiser les enjeux économiques au profit des enjeux sociétaux et les eurosecptiques du courant de Philippot. Derrière cette bataille d’options stratégiques se cache aussi la volonté des identitaires radicaux d’éjecter Florian Philippot. . Objet d’un intense débat interne qui a conduit à la fragilisation de Florian Philippot, la position sur l’euro est tenu pour responsable des déceptions électorales frontistes. Le secrétaire général du parti Nicolas Bay a lui-même tenu à marquer sa différence en faisant circuler vendredi une contribution personnelle, qui dessine une ligne plus centrée sur les questions identitaire que sur le retour au franc. Mais la menace du vice-président en charge de la stratégie de quitter le parti, si ce projet était abandonné par Marine Le Pen, plane toujours. Le séminaire aura tenté de proposer une synthèse de conciliation: donner la priorité à «la maitrise des frontières migratoires et commerciales», et garder la souveraineté monétaire.

Loi travail : pas une question de pédagogie mais de légitimité politique

Loi travail : pas une question de pédagogie mais de légitimité politique

 

C’est ce que pense sans doute à juste titre Anton Molina (Vice-président d’Havas Paris) dans un article du monde.

« L’emploi de la notion de pédagogie par de nombreux responsables publics n’est pas neutre. Bien au contraire. Il trahit la vision qu’ils peuvent avoir de la communication avec les citoyens et du débat public en général. Qu’il s’agisse de la Loi travail ou du Brexit, l’opinion n’aurait rien compris du tout et les citoyens mériteraient une mauvaise note pour n’avoir pas bien suivi les cours qui, eux, daignent-ils à reconnaître, n’ont pas été assez intensifs. Il suffirait donc de mieux préparer les cours et le programme pédagogique envers l’opinion qui penserait enfin justement, et les citoyens voteraient correctement. Laissons la pédagogie aux pédagogues, professeurs, enseignants, instituteurs, éducateurs, précepteurs, voire aux médias et aux factcheckeurs (vérificateurs de faits) même. Elle sera bien gardée. La pédagogie ne s’improvise pas et ne se décrète pas. Un contrat pédagogique lie l’enseignant et l’enseigné. L’enseignement ne peut produire ses fruits que s’il y a accord et reconnaissance réciproque entre l’enseigné et l’enseignant sur les objectifs mêmes de la formation. En clair, si l’enseigné reconnaît légitime l’enseignant. Et c’est là que le bas blesse. Il n’y a pas défaut de pédagogie, mais bien défaut de légitimité. Ce n’est pas nouveau, tant le constat du fossé entre les élites et les citoyens est criant. Pour Emile Durkheim, « La pédagogie, l’éducation est l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale ». Sûrs d’avoir raison, d’avoir tout compris, vivant dans un « splendide isolement » les apprentis pédagogues en mal d’éducation des citoyens-enfants sont illisibles et inaudibles tant ils sont suspects d’être intéressés à prodiguer leurs enseignements. En voulant enseigner « leurs vérités » à des citoyens en réalité adultes qui ne leur reconnaissent pas légitime ce rôle, ces apprentis pédagogues abandonnent sans s’en rendre compte le champ de bataille du débat public aux démagogues. C’est en réalité une véritable désertion à laquelle nous assistons à travers cette posture. Les citoyens dans nos démocraties matures nous le disent, alors entendons-les : ils n’attendent pas de leçons de la part des acteurs du débat public, ni qu’on leur enseigne une vérité révélée, mais attendent d’être à la fois écoutés et convaincus, voire enthousiasmés. Ils méritent des acteurs du débat public engagés qui leur donne envie de s’engager à leur tour. Ils méritent des responsables publics qui se rendent audibles en intégrant leurs préoccupations et qui n’ont pas l’air de défendre tel ou tel corporatisme ou rente de situation en les prenant de haut. Ils méritent bien mieux que des « pédagogues » intéressés : des démocrates enfin intéressants ! »


Dette grecque : on reverra la question après les élections allemandes

Dette grecque : on reverra la question après les élections allemandes

 

Pour cause d’élections allemandes, le plan d’allégement de la dette grecque est reporté en 2018. Merkel et le ministre des finances allemand Schäuble ne souhaitent  pas engager un débat polémique avec le Parlement allemand avant les prochaines élections. Ils ne souhaitent surtout pas se prononcer sur les propositions du FMI qui vise à étaler le remboursement de la dette grecque jusqu’en 2080 et à supprimer les intérêts jusqu’en 2040. Le gouvernement allemand considère que d’éventuelles mesures d’allègement de la dette grecque n’auront donc lieu qu’à partir de 2018, une fois le programme d’aide actuel achevé, mais surtout après les élections législatives en Allemagne.  »A l’été dernier, l’Eurogroupe avait expliqué être prêt, si nécessaire, à envisager des mesures supplémentaires pour maintenir à un niveau supportable les besoins en financement de la Grèce », rappelle un document du ministère allemand des Finances. « Ces mesures auraient lieu sous condition d’une complète mise en œuvre du programme (d’aide) en 2018″, ajoute ce compte-rendu de la dernière réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles le 9 mai, présenté à une commission parlementaire et que l’AFP a pu consulter. En insistant sur le fait que tout allègement de la dette grecque ne peut avoir lieu avant la fin complète du programme d’aide en cours, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble « est bien décidé (…) à éviter tout vote parlementaire avant les élections législatives » en Allemagne prévues à l’automne 2017, a commenté le quotidien économique Handelsblatt.

(Lu dans Challenges avec AFP)

Notre-Dame-des-Landes : un référendum qui pose question

Notre-Dame-des-Landes : un référendum qui pose question

 

François Hollande a donc décidé d’organiser un référendum local sur le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes près de Nantes. On comprend évidemment la manœuvre politique, il s’agissait surtout de donner des gages aux écologistes entrés dans le gouvernement. En même temps, il s’agit d’une porte de sortie dans la mesure où les positions sont très tranchées au sein même du gouvernement. Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls soutiennent fermement la création d’un nouvel aéroport tandis que Ségolène Royal et les écologistes entrés au gouvernement le dénonçaient. Cette décision de François Hollande pose peut-être davantage de questions qu’elle n’en résout. A priori on peut se féliciter du recours à l’opinion sur un dossier particulièrement clivant. Mais d’une certaine manière on oppose la démocratie directe à la démocratie représentative. En effet, ce référendum prend un peu à contre-pied la quasi-totalité des élus qui eux s’étaient prononcés en faveur du nouvel équipement aéroportuaire. Deuxième question posée et non des moindres : peut-on réduire la consultation à la seule région de Nantes ? S’il s’agissait d’un projet d’infrastructure à intérêt purement local on comprendrait qu’on puisse ne consulter que la population locale. Mais il s’agit d’un projet d’intérêt national d’autant plus qu’on envisage de faire de Notre-Dame des Landes un grand pôle de desserte internationale. C’est un peu comme si par exemple pour la création d’une ligne TGV on décidait de ne consulter qu’une des villes desservies. Pour un aéroport d’intérêt national et international, la décision doit relever du niveau national. Du coup la consultation devrait elle aussi être nationale par exemple dans le cadre du schéma d’infrastructure pour ne pas limiter la question au seul aéroport nantais. Il faut aussi s’attendre à de nombreuses contestations d’ordre juridique précisément pour les raisons évoquées ci-dessus. De nombreux recours vont tenter de contester la légitimité du référendum. Des recours surtout de ceux  qui sont favorables à la réalisation de l’aéroport mais paradoxalement des recours qui vont encore retarder la réalisation. Ce référendum va encore complexifier la problématique de Notre-Dame des Landes. Un projet déjà économiquement contestable, politiquement douteux (il s’agit surtout d’une opération urbanistique) et juridiquement bancal. Un référendum qui pourrait en outre faire jurisprudence et d’une certaine manière remettre en cause la démocratie représentative. Une démocratie représentative très critiquable tellement l’écart est grand entre les promesses et les résultats. De ce point de vue le recours à la consultation de l’opinion publique est susceptible de redonner un peu de dynamisme à une démocratie qui s’essouffle. Pour autant encore faut-il que l’objet du référendum et son champ présente une légitimité politique.

Syrie: départ d’Assad en question mais plus tard

Syrie: départ d’Assad en question mais  plus tard

 

En fait la rencontre internationale qui va réunir les principaux Etats protagonistes va peut- être avancer concernant la lutte contre l’Etat islamique  mais la question concernant le départ d’Assad va demeurer un peu surréaliste. Car les oppositions sur ce dernier sujet vont perdurer . D’autant que les positions des Etats-Unis et de l‘Allemagne par exemple évoluent dans ce domaine. Le départ d’Adda pourquoi pas …mais plus tard et peut être même après des élections. Pour la forme, les Etats-Unis ont réaffirmé jeudi leur volonté de voir le président syrien, Bachar al Assad, quitter le pouvoir, avant des discussions à Vienne auxquelles participera pour la première fois l’Iran, l’un des principaux alliés de Damas avec la Russie.  Depuis le début, en 2011, de la guerre civile syrienne, qui a fait plus de 250.000 morts et plus de 10 millions de déplacés, l’Iran, soutien indéfectible de Damas, a été tenu à l’écart des négociations internationales sur le conflit, qui se sont toutes soldées par un échec.  Mais quatre semaines après le début des bombardements russes visant les ennemis d’Assad, les pays qui exigent que ce dernier quitte le pouvoir, parmi lesquels figurent les Etats-Unis, les Etats de l’Union européenne et l’Arabie saoudite, ont accepté d’offrir un siège à l’Iran à la table des discussions.   »Ceux qui ont tenté de résoudre la crise syrienne sont parvenus à la conclusion que, sans la présence de l’Iran, il n’y aura pas moyen de parvenir à une solution raisonnable à la crise », a déclaré jeudi à son arrivée à Vienne le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. Il s’est ensuite entretenu avec le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, pour évoquer d’autres dossiers, dont l’accord conclu en juillet sur le programme nucléaire de Téhéran.  John Kerry a également rencontré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, et les ministres saoudien et turc des Affaires étrangères. A Washington, Tom Shannon, conseiller du département d’Etat, a déclaré que Kerry entendait profiter de la conférence pour déterminer si l’Iran et la Russie étaient prêts à accepter un changement de régime à Damas, mais également pour tester leur détermination à combattre l’organisation Etat islamique (EI). John Kerry, a dit Tom Shannon, veut savoir dans quelle mesure l’Iran et la Russie « sont prêts à travailler ensemble avec la communauté internationale pour convaincre M. Assad que, au cours du processus de transition politique, il devra partir ». Moscou et Téhéran se sont jusqu’à présent opposés à tous les appels américains, européens et en provenance du Moyen-Orient à un départ de Bachar al Assad du pouvoir dans le cadre d’un accord de paix.  La campagne aérienne lancée il y a quatre semaines par l’armée russe en Syrie, conjuguée à une offensive terrestre appuyée par l’Iran, semble avoir éloigné un peu plus la perspective d’un départ forcé du président syrien.  Prenant acte de cette nouvelle donne, certains responsables occidentaux ont évoqué récemment l’idée d’accords temporaires dans le cadre desquels Assad pourrait rester temporairement au pouvoir.

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