Archive pour le Tag 'sans'

RER en province : Une annonce sans moyens financiers !

RER en province : Une annonce sans moyens financiers !

OPINION. Les Sénateurs Hervé Maurey et Stéphane Sautarel, rapporteurs spéciaux de la commission des finances du Sénat en charge des crédits des transports terrestres et maritimes et auteurs en mars 2022 d’un rapport sur la situation financière du système ferroviaire français et de la SNCF, réagissent aux annonces du Président de la République relatives au développement du transport ferroviaire du quotidien de type RER dans dix métropoles françaises afin de favoriser la transition écologique.( la Tribune)

« Pour tenir notre ambition écologique, je veux qu’on se dote d’une grande ambition nationale : qu’il y ait dans dix grandes agglomérations, dix grandes métropoles françaises, un réseau de RER, de trains urbains (…) Là où il y a thromboses, où il y a trop de circulation, où les déplacements sont compliqués, on doit se doter d’une vraie stratégie de transports urbains et c’est un super objectif pour l’écologie, l’économie, la qualité de vie », a exposé ce dimanche le Président de la République dans une séquence postée sur YouTube.

Si nous ne pouvons tous que partager l’idée que le RER n’est pas que pour Paris, et que les grandes métropoles françaises, aujourd’hui congestionnées, doivent engager une démarche de décarbonation grâce à des RER métropolitains, nous ne pouvons ignorer que ces annonces s’inscrivent en totale opposition avec les actes du gouvernement depuis des mois, des années, malgré les semonces que nous lui avons adressées.

Tous les acteurs du secteur : Régions, Métropoles, Parlementaires, SNCF, Fédérations de transports et Associations d’usagers… tous ont découvert ce projet, ou plutôt ces annonces ! Alors même que par ailleurs SNCF Réseau est en panne de financement !

Si nous sommes favorables au développement des transports en commun, de tous les modes de transports, et pour tous les territoires, urbains comme ruraux, si nous ne pouvons que souscrire à un « new deal » ferroviaire pour notre pays, que nous avons même sollicité, nous ne pouvons accepter cette posture descendante et ces effets d’annonce déconnectés de toute réalité, qui font perdre à nos concitoyens toute confiance dans la parole publique.

De qui se moque-t-on ?

Alors que nous nous apprêtons à examiner cette fin de semaine au Sénat les budgets transports de la mission « Écologie, développement et mobilité durables » dans le cadre du PLF 2023, les faits, les moyens, sont bien loin de l’ambition affichée :
o investissements dans la régénération notoirement insuffisants : 1 milliard de plus par an a minima sont nécessaires pour seulement remettre à niveau et interrompre la trajectoire de dégradation du réseau,
o un contrat de performance de SNCF réseau que nous avons requalifié de contrat de « contre-performance » puisqu’il ne répond en rien aux enjeux ni de régénération, ni de modernisation, des travaux que le Gouvernement n’entend à ce jour pas achever d’ici 2050 dans l’hypothèse la plus optimiste,
• un renvoi au Conseil d’orientation des infrastructures (COI) dont on sait déjà qu’il ne peut répondre aux enjeux au regard du grand nombre de projets à financer (ferroviaires et routiers),
• un contexte d’inflation qui se traduit par des surcoûts de l’ordre de 500 millions d’euros pour SNCF réseau qui ne connaitrait donc, en fait, aucune hausse de ses moyens mais bien au contraire une baisse de sa capacité d’investissement,
• zéro euro pour la modernisation dans ce budget (comme dans le contrat) alors que les besoins pour la commande centralisée du réseau est de 15 milliards et que ceux pour l’ERTMS sont de 20 milliards.
Après l’annonce des nouvelles lignes LGV dans le sud et le sud-ouest, l’année dernière, toujours sans moyens et en contradiction avec les engagements du début du quinquennat de mettre fin aux investissements sur les lignes à grande vitesse pour se concentrer sur le transport du quotidien, cette nouvelle annonce sur les RER métropolitains (pour 10 métropoles, lesquelles ?), n’est ni concertée, ni financée une fois de plus. Pour le seul RER lyonnais par exemple, les besoins sont estimés à minima à 6 milliards d’euros.
Alors un peu de sérieux, nos concitoyens, sans parler de leurs représentants, nécessitent davantage de considération !
Oui nous avons besoin, enfin, d’investissements sur nos réseaux, faute de quoi non seulement nos lignes d’aménagement du territoire mais toutes nos lignes sous 10 ans, sur tous nos réseaux, vont être en panne.

Nous les avions estimés, comme le Président Farandou après nous, à environ 100 milliards d’euros. Ils sont avec le RER, encore bien supérieurs. Les besoins sont conséquents et nécessitent des engagements forts et concrets dans trois domaines :
• des crédits complémentaires, a minima 1milliard de plus par an, et désormais avec l’inflation, la nécessité d’avancer sur la modernisation et le financement des annonces nouvelles, sans doute plus du double,
• des capacités techniques à faire des travaux, puisque non seulement ceux-ci sont insuffisants, mais pire en 2022 l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (l’AFIT-France) n’est pas arrivée à les consommer,
• des études sérieuses, notamment sur le plan juridique, pour imaginer des montages innovants, du type de la Société du Grand paris (SGP) par exemple, permettant une débudgétisation, une pluriannualité, la remise en cause de notre système de péages, une mobilisation de crédits européens et de fonds verts, des moyens affectés, un partenariat public privé renforcé… avec un examen sérieux de la question de l’indépendance de SNCF Réseau pour bénéficier de moyens publics conséquents.
Mais tout cela ne se décide pas un dimanche soir à l’Élysée devant la chaine Youtube ! On ne peut se moquer ainsi des Français. Cela se construit avec le Parlement, avec les partenaires, pour répondre au double objectif que nous poursuivons :

• la décarbonation de la mobilité, et le maillage intermodal,
• le soutien au pouvoir d’achat par un vrai travail sur l’offre de mobilité pour tous, à des tarifs soutenables et lisibles pour chacun.

Muselier, en attente sans doute d’un portefeuille, rejoint  » Renaissance »

Comme d’autres, Renaud Muselier entretient avec les convictions politiques des relations assez confuses et molles. Jusque-là il appartenait au parti des « Républicains » mais s’était prononcé à plusieurs reprises pour Emmanuel Macron.

Comme d’autres encore, l’intéressé rejoint le parti au pouvoir dans l’espérance sans doute d’un Marocain. Pourtant ceux qui observent bien la politique en Provence Côte d’Azur ne lui reconnaissent pas une grande compétence et un grand charisme.Il n’est pas interdit de penser que Muselier pourrait encore changer ultérieurement après la fin du mandat de Macron pour rejoindre par exemple le parti d’Édouard Philippe. Bref, comme disait Edgar ce n’est pas la girouette qui tourne mais le vent !

«Je rejoindrai début décembre le parti Renaissance», a-t-il déclaré à l’AFP, ajoutant qu’il ferait partie du bureau exécutif de cette formation. «Je m’étais donné le temps de prendre une décision d’ici la fin de l’année sur un positionnement national», a poursuivi M. Muselier, en assurant qu’il ne se «retrouve pas dans les propos des trois candidats» à la présidence des Républicains.
À lire aussiRenaud Muselier: «L’avenir de la droite passe par le rassemblement et l’addition».

En octobre, Renaud Muselier avait dénoncé «une course vers l’extrême droite» de son ancien parti LR et avait critiqué ouvertement le candidat à la présidence du parti Éric Ciotti, soutenant qu’il avait instauré un «système politique de pressions et de menaces» dans les Alpes-Maritimes. «Le mot traître a un nouveau synonyme : Muselier. Les dictionnaires l’intégreront très prochainement. Méprisable et ridicule…», a d’ailleurs tweeté mardi M. Ciotti, en réaction à la décision de M. Muselier.

Foot- Coupe du monde Qatar : un premier match vraiment sans intérêt

Foot- Coupe du monde Qatar : un premier match vraiment sans intérêt

Le premier match entre le Qatar et l’Équateur a été relativement insipide. En tout cas pas un match digne d’une coupe du monde. Cela a surtout confirmé que le Qatar n’est pas une terre de football et aussi que les conditions atmosphériques ne sont guère compatibles avec l’exercice sportif.

De toute évidence, il n’existe pas de culture football au Qatar. Pour preuve environ la moitié des spectateurs locaux ont quitté le stade bien avant la fin de la partie.

Sur le plan strictement footballistique, le Qatar a été dominé sur tous les plans et le score aurait pu facilement atteindre 5 à 0 avec un peu de chance. Finalement, l’Équateur a gagné par deux à zéro.

Sur le plan physique, l’équipe du Qatar toujours en retard n’a pas résisté à l’engagement des joueurs équatoriens. Le pire est sans doute le plan technique. Trop de passes approximatives, de déchets, des manques évidents d’expérience internationale de la part du Qatar.

Un match à vite oublier. Pour les prochains matchs, le score risque d’être beaucoup plus sanglant quand le Qatar va affronter le Sénégal ou encore les Pays-Bas.

Cela confirme que le choix du Qatar été surtout politique et non sportif. Cela ne grandit pas la fédération internationale de football qui entretient des liens de plus en plus troubles avec les milliards. La corruption a pris des proportions invraisemblables dans cette fédération où « tout le monde mange ».

Politique-Pour une écologie sans idéologie

Politique-Pour une écologie sans idéologie

par d’Emmanuel Blézès, Charles Mazé et Alexandre Simon

Emmanuel Blézès et Charles Mazé sont diplômés de HEC, Alexandre Simon est diplômé de l’Ecole Centrale Paris. Charles Mazé est l’auteur de La force de l’Union : ces raisons d’aimer l’Europe (2019).( dans l’Opinion)

La conscience environnementale progresse. Selon un sondage BVA d’août 2022, 87 % des Français se disent concernés par la crise climatique et reconnaissent la responsabilité de l’homme dans ce changement. Les vagues de chaleur, la sécheresse et les incendies de l’été dernier lui ont donné un caractère charnel, immédiat, faisant de la crise climatique l’une des premières préoccupations des Français, en particulier chez les jeunes, qui en vivront toutes les conséquences, et chez qui le sentiment d’urgence tourne parfois à l’angoisse.
De ce réveil collectif découlent deux enseignements sur le plan politique. Le premier est qu’il ne peut y avoir de projet politique crédible dont l’écologie ne soit pas un élément central. Les implications du dérèglement climatique affectent l’économie, nos façons de vivre, de consommer, de nous déplacer, de penser. C’est à ce titre un fait social total, au sens donné par Marcel Mauss. Le second enseignement, qui procède du premier, est que tout projet politique superficiel sur ce sujet sera d’office disqualifié par les citoyens, même s’il est abouti sur les autres aspects. Parler immigration ou chômage sans réflexion sérieuse sur la question climatique, ce sera assurément prêcher dans le désert.

Pourtant, l’essentiel des partis qui structurent la vie politique française sont disqualifiés, soit par la versatilité de leurs opinions sur le sujet – pour ou contre le nucléaire au gré des événements par exemple – soit par la légèreté de leur offre écologiste. Il y a une distorsion entre, d’une part, le caractère vital de l’enjeu et la prise de conscience collective et, d’autre part, la mue trop lente des partis politiques, qui peinent à mettre à jour leurs référentiels.

Tant et si bien que le parti écologiste ainsi quelesdits « Insoumis » peuvent se prévaloir du monopole de l’offre écologique totale, laissant orpheline une large frange de la population, tout aussi convaincue de la nécessité d’agir résolument, mais ne se reconnaissant ni dans leur postulat décroissantiste, ni dans leurs accommodements avec les valeurs de la République.
En refusant d’avoir recours au nucléaire, une énergie abondante, contrôlable et décarbonée, EELV et les Insoumis réduisent la quantité d’énergie disponible à l’avenir. Ce faisant, ils limitent notre capacité future à créer des richesses (ce qui conduirait à un affaissement majeur de notre niveau de vie), sans proposer de modèle économique et social adapté. Ce changement radical, l’essentiel des Français n’en veulent pas.

Le développement des énergies renouvelables est nécessaire, mais il ne suffira pas, ne serait-ce que pour des raisons techniques. L’accroissement de notre capacité de production d’électricité nucléaire est donc incontournable

Pour engager enfin, dans un cadre démocratique, tous les citoyens autour de la transition écologique, une offre politique alternative doit émerger : pragmatique, fondée sur la science, résolument tournée vers l’efficacité de la lutte contre le dérèglement climatique, sans sacrifier la prospérité, la stabilité sociale et le progrès. Elle pourrait reposer sur quelques grands principes.
D’abord, réaffirmer que l’objectif premier de la politique environnementale est la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et donc la baisse drastique de l’usage des énergies carbonées (pétrole, gaz et charbon). Cet objectif ne pourra être atteint sans l’électrification de nos modes de production et de consommation, et donc sans l’accroissement de notre capacité de production d’électricité. Se pose la question du mix énergétique : le développement des énergies renouvelables est nécessaire, mais il ne suffira pas, ne serait-ce que pour des raisons techniques. L’accroissement de notre capacité de production d’électricité nucléaire est donc incontournable.

Ensuite, rappeler que l’Etat a un rôle central à jouer, compte tenu de l’ampleur des changements nécessaires, mais qu’il n’est pas omnipotent. L’action de l’Etat doit prendre au moins trois formes : intégrer l’impératif climatique dans les mécanismes de marché par la régulation, financer les grandes infrastructures et assurer le caractère socialement soutenable de cette transition. Mais gardons-nous de la tentation très française de confier à l’Etat, dont on connaît les inefficiences et les rigidités, l’entièreté de la transition. Aucune transition n’est possible sans la mobilisation active des acteurs privés, individus et entreprises.

Les sénateurs pulvérisent le projet de loi sur l’accélération des énergies renouvelables
Enfin, reposer la question du financement de la transition. Etant donné le niveau des prélèvements obligatoires en France, il n’est pas raisonnable de financer la transition écologique par une nouvelle augmentation de la pression fiscale, qui appauvrirait le pays. Un effort sur l’efficacité de la dépense publique est donc requis. Se pose aussi la question du partage du financement entre les générations : les jeunes sont au cœur de la transition, car ils en sont les acteurs et sont les premiers concernés par les effets du changement climatique. Mais il n’est pas juste qu’ils supportent seuls le coût de cette transition.

Au-delà de ces considérations nationales, la France et l’Europe doivent utiliser le levier de la diplomatie écologique pour promouvoir la lutte contre le changement climatique auprès des principaux émetteurs et pour accompagner les pays moins développés sur le chemin d’une croissance verte.

Emmanuel Blézès et Charles Mazé sont diplômés de HEC, Alexandre Simon est diplômé de l’Ecole Centrale Paris. Charles Mazé est l’auteur de La force de l’Union : ces raisons d’aimer l’Europe (2019).

Sociétal-Pour une écologie sans idéologie

Sociétal-Pour une écologie sans idéologie

par d’Emmanuel Blézès, Charles Mazé et Alexandre Simon

Emmanuel Blézès et Charles Mazé sont diplômés de HEC, Alexandre Simon est diplômé de l’Ecole Centrale Paris. Charles Mazé est l’auteur de La force de l’Union : ces raisons d’aimer l’Europe (2019).( dans l’Opinion)

La conscience environnementale progresse. Selon un sondage BVA d’août 2022, 87 % des Français se disent concernés par la crise climatique et reconnaissent la responsabilité de l’homme dans ce changement. Les vagues de chaleur, la sécheresse et les incendies de l’été dernier lui ont donné un caractère charnel, immédiat, faisant de la crise climatique l’une des premières préoccupations des Français, en particulier chez les jeunes, qui en vivront toutes les conséquences, et chez qui le sentiment d’urgence tourne parfois à l’angoisse.
De ce réveil collectif découlent deux enseignements sur le plan politique. Le premier est qu’il ne peut y avoir de projet politique crédible dont l’écologie ne soit pas un élément central. Les implications du dérèglement climatique affectent l’économie, nos façons de vivre, de consommer, de nous déplacer, de penser. C’est à ce titre un fait social total, au sens donné par Marcel Mauss. Le second enseignement, qui procède du premier, est que tout projet politique superficiel sur ce sujet sera d’office disqualifié par les citoyens, même s’il est abouti sur les autres aspects. Parler immigration ou chômage sans réflexion sérieuse sur la question climatique, ce sera assurément prêcher dans le désert.

Pourtant, l’essentiel des partis qui structurent la vie politique française sont disqualifiés, soit par la versatilité de leurs opinions sur le sujet – pour ou contre le nucléaire au gré des événements par exemple – soit par la légèreté de leur offre écologiste. Il y a une distorsion entre, d’une part, le caractère vital de l’enjeu et la prise de conscience collective et, d’autre part, la mue trop lente des partis politiques, qui peinent à mettre à jour leurs référentiels.

Tant et si bien que le parti écologiste ainsi quelesdits « Insoumis » peuvent se prévaloir du monopole de l’offre écologique totale, laissant orpheline une large frange de la population, tout aussi convaincue de la nécessité d’agir résolument, mais ne se reconnaissant ni dans leur postulat décroissantiste, ni dans leurs accommodements avec les valeurs de la République.
En refusant d’avoir recours au nucléaire, une énergie abondante, contrôlable et décarbonée, EELV et les Insoumis réduisent la quantité d’énergie disponible à l’avenir. Ce faisant, ils limitent notre capacité future à créer des richesses (ce qui conduirait à un affaissement majeur de notre niveau de vie), sans proposer de modèle économique et social adapté. Ce changement radical, l’essentiel des Français n’en veulent pas.

Le développement des énergies renouvelables est nécessaire, mais il ne suffira pas, ne serait-ce que pour des raisons techniques. L’accroissement de notre capacité de production d’électricité nucléaire est donc incontournable

Pour engager enfin, dans un cadre démocratique, tous les citoyens autour de la transition écologique, une offre politique alternative doit émerger : pragmatique, fondée sur la science, résolument tournée vers l’efficacité de la lutte contre le dérèglement climatique, sans sacrifier la prospérité, la stabilité sociale et le progrès. Elle pourrait reposer sur quelques grands principes.
D’abord, réaffirmer que l’objectif premier de la politique environnementale est la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et donc la baisse drastique de l’usage des énergies carbonées (pétrole, gaz et charbon). Cet objectif ne pourra être atteint sans l’électrification de nos modes de production et de consommation, et donc sans l’accroissement de notre capacité de production d’électricité. Se pose la question du mix énergétique : le développement des énergies renouvelables est nécessaire, mais il ne suffira pas, ne serait-ce que pour des raisons techniques. L’accroissement de notre capacité de production d’électricité nucléaire est donc incontournable.

Ensuite, rappeler que l’Etat a un rôle central à jouer, compte tenu de l’ampleur des changements nécessaires, mais qu’il n’est pas omnipotent. L’action de l’Etat doit prendre au moins trois formes : intégrer l’impératif climatique dans les mécanismes de marché par la régulation, financer les grandes infrastructures et assurer le caractère socialement soutenable de cette transition. Mais gardons-nous de la tentation très française de confier à l’Etat, dont on connaît les inefficiences et les rigidités, l’entièreté de la transition. Aucune transition n’est possible sans la mobilisation active des acteurs privés, individus et entreprises.

Les sénateurs pulvérisent le projet de loi sur l’accélération des énergies renouvelables
Enfin, reposer la question du financement de la transition. Etant donné le niveau des prélèvements obligatoires en France, il n’est pas raisonnable de financer la transition écologique par une nouvelle augmentation de la pression fiscale, qui appauvrirait le pays. Un effort sur l’efficacité de la dépense publique est donc requis. Se pose aussi la question du partage du financement entre les générations : les jeunes sont au cœur de la transition, car ils en sont les acteurs et sont les premiers concernés par les effets du changement climatique. Mais il n’est pas juste qu’ils supportent seuls le coût de cette transition.

Au-delà de ces considérations nationales, la France et l’Europe doivent utiliser le levier de la diplomatie écologique pour promouvoir la lutte contre le changement climatique auprès des principaux émetteurs et pour accompagner les pays moins développés sur le chemin d’une croissance verte.

Emmanuel Blézès et Charles Mazé sont diplômés de HEC, Alexandre Simon est diplômé de l’Ecole Centrale Paris. Charles Mazé est l’auteur de La force de l’Union : ces raisons d’aimer l’Europe (2019).

Société–Pour une écologie sans idéologie

Société–Pour une écologie sans idéologie

par d’Emmanuel Blézès, Charles Mazé et Alexandre Simon

Emmanuel Blézès et Charles Mazé sont diplômés de HEC, Alexandre Simon est diplômé de l’Ecole Centrale Paris. Charles Mazé est l’auteur de La force de l’Union : ces raisons d’aimer l’Europe (2019).( dans l’Opinion)

La conscience environnementale progresse. Selon un sondage BVA d’août 2022, 87 % des Français se disent concernés par la crise climatique et reconnaissent la responsabilité de l’homme dans ce changement. Les vagues de chaleur, la sécheresse et les incendies de l’été dernier lui ont donné un caractère charnel, immédiat, faisant de la crise climatique l’une des premières préoccupations des Français, en particulier chez les jeunes, qui en vivront toutes les conséquences, et chez qui le sentiment d’urgence tourne parfois à l’angoisse.
De ce réveil collectif découlent deux enseignements sur le plan politique. Le premier est qu’il ne peut y avoir de projet politique crédible dont l’écologie ne soit pas un élément central. Les implications du dérèglement climatique affectent l’économie, nos façons de vivre, de consommer, de nous déplacer, de penser. C’est à ce titre un fait social total, au sens donné par Marcel Mauss. Le second enseignement, qui procède du premier, est que tout projet politique superficiel sur ce sujet sera d’office disqualifié par les citoyens, même s’il est abouti sur les autres aspects. Parler immigration ou chômage sans réflexion sérieuse sur la question climatique, ce sera assurément prêcher dans le désert.

Pourtant, l’essentiel des partis qui structurent la vie politique française sont disqualifiés, soit par la versatilité de leurs opinions sur le sujet – pour ou contre le nucléaire au gré des événements par exemple – soit par la légèreté de leur offre écologiste. Il y a une distorsion entre, d’une part, le caractère vital de l’enjeu et la prise de conscience collective et, d’autre part, la mue trop lente des partis politiques, qui peinent à mettre à jour leurs référentiels.

Tant et si bien que le parti écologiste ainsi quelesdits « Insoumis » peuvent se prévaloir du monopole de l’offre écologique totale, laissant orpheline une large frange de la population, tout aussi convaincue de la nécessité d’agir résolument, mais ne se reconnaissant ni dans leur postulat décroissantiste, ni dans leurs accommodements avec les valeurs de la République.
En refusant d’avoir recours au nucléaire, une énergie abondante, contrôlable et décarbonée, EELV et les Insoumis réduisent la quantité d’énergie disponible à l’avenir. Ce faisant, ils limitent notre capacité future à créer des richesses (ce qui conduirait à un affaissement majeur de notre niveau de vie), sans proposer de modèle économique et social adapté. Ce changement radical, l’essentiel des Français n’en veulent pas.

Le développement des énergies renouvelables est nécessaire, mais il ne suffira pas, ne serait-ce que pour des raisons techniques. L’accroissement de notre capacité de production d’électricité nucléaire est donc incontournable

Pour engager enfin, dans un cadre démocratique, tous les citoyens autour de la transition écologique, une offre politique alternative doit émerger : pragmatique, fondée sur la science, résolument tournée vers l’efficacité de la lutte contre le dérèglement climatique, sans sacrifier la prospérité, la stabilité sociale et le progrès. Elle pourrait reposer sur quelques grands principes.
D’abord, réaffirmer que l’objectif premier de la politique environnementale est la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et donc la baisse drastique de l’usage des énergies carbonées (pétrole, gaz et charbon). Cet objectif ne pourra être atteint sans l’électrification de nos modes de production et de consommation, et donc sans l’accroissement de notre capacité de production d’électricité. Se pose la question du mix énergétique : le développement des énergies renouvelables est nécessaire, mais il ne suffira pas, ne serait-ce que pour des raisons techniques. L’accroissement de notre capacité de production d’électricité nucléaire est donc incontournable.

Ensuite, rappeler que l’Etat a un rôle central à jouer, compte tenu de l’ampleur des changements nécessaires, mais qu’il n’est pas omnipotent. L’action de l’Etat doit prendre au moins trois formes : intégrer l’impératif climatique dans les mécanismes de marché par la régulation, financer les grandes infrastructures et assurer le caractère socialement soutenable de cette transition. Mais gardons-nous de la tentation très française de confier à l’Etat, dont on connaît les inefficiences et les rigidités, l’entièreté de la transition. Aucune transition n’est possible sans la mobilisation active des acteurs privés, individus et entreprises.

Les sénateurs pulvérisent le projet de loi sur l’accélération des énergies renouvelables
Enfin, reposer la question du financement de la transition. Etant donné le niveau des prélèvements obligatoires en France, il n’est pas raisonnable de financer la transition écologique par une nouvelle augmentation de la pression fiscale, qui appauvrirait le pays. Un effort sur l’efficacité de la dépense publique est donc requis. Se pose aussi la question du partage du financement entre les générations : les jeunes sont au cœur de la transition, car ils en sont les acteurs et sont les premiers concernés par les effets du changement climatique. Mais il n’est pas juste qu’ils supportent seuls le coût de cette transition.

Au-delà de ces considérations nationales, la France et l’Europe doivent utiliser le levier de la diplomatie écologique pour promouvoir la lutte contre le changement climatique auprès des principaux émetteurs et pour accompagner les pays moins développés sur le chemin d’une croissance verte.

Emmanuel Blézès et Charles Mazé sont diplômés de HEC, Alexandre Simon est diplômé de l’Ecole Centrale Paris. Charles Mazé est l’auteur de La force de l’Union : ces raisons d’aimer l’Europe (2019).

Pour une écologie sans idéologie

Pour une écologie sans idéologie

par d’Emmanuel Blézès, Charles Mazé et Alexandre Simon

Emmanuel Blézès et Charles Mazé sont diplômés de HEC, Alexandre Simon est diplômé de l’Ecole Centrale Paris. Charles Mazé est l’auteur de La force de l’Union : ces raisons d’aimer l’Europe (2019).( dans l’Opinion)

La conscience environnementale progresse. Selon un sondage BVA d’août 2022, 87 % des Français se disent concernés par la crise climatique et reconnaissent la responsabilité de l’homme dans ce changement. Les vagues de chaleur, la sécheresse et les incendies de l’été dernier lui ont donné un caractère charnel, immédiat, faisant de la crise climatique l’une des premières préoccupations des Français, en particulier chez les jeunes, qui en vivront toutes les conséquences, et chez qui le sentiment d’urgence tourne parfois à l’angoisse.
De ce réveil collectif découlent deux enseignements sur le plan politique. Le premier est qu’il ne peut y avoir de projet politique crédible dont l’écologie ne soit pas un élément central. Les implications du dérèglement climatique affectent l’économie, nos façons de vivre, de consommer, de nous déplacer, de penser. C’est à ce titre un fait social total, au sens donné par Marcel Mauss. Le second enseignement, qui procède du premier, est que tout projet politique superficiel sur ce sujet sera d’office disqualifié par les citoyens, même s’il est abouti sur les autres aspects. Parler immigration ou chômage sans réflexion sérieuse sur la question climatique, ce sera assurément prêcher dans le désert.

Pourtant, l’essentiel des partis qui structurent la vie politique française sont disqualifiés, soit par la versatilité de leurs opinions sur le sujet – pour ou contre le nucléaire au gré des événements par exemple – soit par la légèreté de leur offre écologiste. Il y a une distorsion entre, d’une part, le caractère vital de l’enjeu et la prise de conscience collective et, d’autre part, la mue trop lente des partis politiques, qui peinent à mettre à jour leurs référentiels.

Tant et si bien que le parti écologiste ainsi quelesdits « Insoumis » peuvent se prévaloir du monopole de l’offre écologique totale, laissant orpheline une large frange de la population, tout aussi convaincue de la nécessité d’agir résolument, mais ne se reconnaissant ni dans leur postulat décroissantiste, ni dans leurs accommodements avec les valeurs de la République.
En refusant d’avoir recours au nucléaire, une énergie abondante, contrôlable et décarbonée, EELV et les Insoumis réduisent la quantité d’énergie disponible à l’avenir. Ce faisant, ils limitent notre capacité future à créer des richesses (ce qui conduirait à un affaissement majeur de notre niveau de vie), sans proposer de modèle économique et social adapté. Ce changement radical, l’essentiel des Français n’en veulent pas.

Le développement des énergies renouvelables est nécessaire, mais il ne suffira pas, ne serait-ce que pour des raisons techniques. L’accroissement de notre capacité de production d’électricité nucléaire est donc incontournable

Pour engager enfin, dans un cadre démocratique, tous les citoyens autour de la transition écologique, une offre politique alternative doit émerger : pragmatique, fondée sur la science, résolument tournée vers l’efficacité de la lutte contre le dérèglement climatique, sans sacrifier la prospérité, la stabilité sociale et le progrès. Elle pourrait reposer sur quelques grands principes.
D’abord, réaffirmer que l’objectif premier de la politique environnementale est la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et donc la baisse drastique de l’usage des énergies carbonées (pétrole, gaz et charbon). Cet objectif ne pourra être atteint sans l’électrification de nos modes de production et de consommation, et donc sans l’accroissement de notre capacité de production d’électricité. Se pose la question du mix énergétique : le développement des énergies renouvelables est nécessaire, mais il ne suffira pas, ne serait-ce que pour des raisons techniques. L’accroissement de notre capacité de production d’électricité nucléaire est donc incontournable.

Ensuite, rappeler que l’Etat a un rôle central à jouer, compte tenu de l’ampleur des changements nécessaires, mais qu’il n’est pas omnipotent. L’action de l’Etat doit prendre au moins trois formes : intégrer l’impératif climatique dans les mécanismes de marché par la régulation, financer les grandes infrastructures et assurer le caractère socialement soutenable de cette transition. Mais gardons-nous de la tentation très française de confier à l’Etat, dont on connaît les inefficiences et les rigidités, l’entièreté de la transition. Aucune transition n’est possible sans la mobilisation active des acteurs privés, individus et entreprises.

Les sénateurs pulvérisent le projet de loi sur l’accélération des énergies renouvelables
Enfin, reposer la question du financement de la transition. Etant donné le niveau des prélèvements obligatoires en France, il n’est pas raisonnable de financer la transition écologique par une nouvelle augmentation de la pression fiscale, qui appauvrirait le pays. Un effort sur l’efficacité de la dépense publique est donc requis. Se pose aussi la question du partage du financement entre les générations : les jeunes sont au cœur de la transition, car ils en sont les acteurs et sont les premiers concernés par les effets du changement climatique. Mais il n’est pas juste qu’ils supportent seuls le coût de cette transition.

Au-delà de ces considérations nationales, la France et l’Europe doivent utiliser le levier de la diplomatie écologique pour promouvoir la lutte contre le changement climatique auprès des principaux émetteurs et pour accompagner les pays moins développés sur le chemin d’une croissance verte.

Emmanuel Blézès et Charles Mazé sont diplômés de HEC, Alexandre Simon est diplômé de l’Ecole Centrale Paris. Charles Mazé est l’auteur de La force de l’Union : ces raisons d’aimer l’Europe (2019).

Politique-Macron à la télé : Un discours plat et sans vision

Politique-Macron à la télé : Un discours plat et sans vision

Le discours de Macron ne marquera sans doute pas l’histoire politique de la France. Le propos du chef de l’État a surtout été caractérisé par des approches à courte vue témoignant de la gestion au jour le jour du pays dans beaucoup de domaines.On a aussi observé un manque de sérénité c’est le président de plus en plus agacé par le faite qu’il ne maîtrise pas la situation depuis l’instauration d’une majorité relative à l’Assemblée nationale.

Le chef de l’État a renouvelé son intention d’engager une réforme mais au lieu de parler de 65 ans il se replie sur l’âge de 64 ans ! Avec toutefois une évolution sur le nombre obligatoire de trimestres de cotisation.

«On devra décaler l’âge légal de départ de quatre mois par an», a-t-il déclaré, tout en confirmant son calendrier : 63 ans en 2025, 64 ans en 2028 et 65 ans en 2031. Mais le chef de l’État s’est dit «ouvert» à un report de l’âge de départ à 64 ans, et non 65 ans, «en contrepartie» d’un allongement de la durée de cotisation. Macron ne parle plus de régime universel et même de supprimer les régimes spéciaux, Il aimait simplement le souhait de les réformer !

Concernant le débat sur la question brûlante du pouvoir d’achat, le président s’est défaussé considérant que ce n’est pas à l’État de définir les salaires. Mais de proposer quand même que se déroule un vague débat dans le cadre du conseil de la Refondation « sur le partage de la valeur ». Emmanuel Macron a confirmé que le bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité sera prolongé mais amoindri l’année prochaine. «Il y aura une hausse de 15% (des prix) sur les premiers mois de l’année», a déclaré le chef de l’État. «C’est beaucoup. Mais si on laissait les choses se passer, ça devrait être des hausses de plus de 100%», a-t-il souligné. «On a déjà amorti, on va continuer d’amortir».

Sur le plan politique, le chef de l’État a adressé des critiques acerbes à l’opposition qui d’après lui paralyse les travaux de l’Assemblée nationale
Le chef de l’État a donc justifié le recours controversé au 49-3 pour adopter le budget sans vote à l’Assemblée nationale, le 19 octobre dernier. «Le gouvernement a eu raison de faire voter ce budget, y compris face à toutes les oppositions qui étaient parfois dans la démagogie», a-t-il déclaré.

«Ce qui me met en colère, c’est le cynisme et le désordre», s’est insurgé Emmanuel Macron

Pour aider les entreprises et les collectivités, Emmanuel Macron veut «garantir un prix raisonnable» de l’électricité. Les petites et moyennes entreprises (PME), ainsi que les collectivités, bénéficieront d’un «mécanisme» d’amortissement qui sera présenté vendredi par la première ministre Élisabeth Borne. Il inclura aussi les très petites entreprises «très consommatrices d’énergie». S’agissant des entreprises de taille intermédiaire et des grands groupes, un «guichet d’aide» sera ouvert, avec un système d’acomptes et des critères d’accès «simplifiés».
Une «grande conférence sur le partage de la valeur» plutôt qu’une taxation des superprofits

Le président a annoncé une «grande conférence sur le partage de la valeur», menée dans le cadre du Conseil national de la refondation. Un «travail nécessaire», à l’entendre, préféré à une taxation des «superprofits» proposée par la gauche. À ce sujet, Emmanuel Macron a rappelé son soutien à un mécanisme de «contribution temporaire» au niveau européen, qui permet de «financer les mécanismes d’aide» face à l’inflation.

Concernant l’insécurité, Macron ne voit pas de lien «existentiel» entre immigration et sécurité mais «la moitié au moins des faits de délinquance» viennent «de personnes qui sont des étrangers soit en situation irrégulière, soit en attente de titres». L’objectif d’Emmanuel Macron : expulser «100%» des étrangers en situation irrégulière «les plus dangereux». ( actuellement 10%)

Bref un discours qui confirme que le président gère à courte vue, en opérant des slaloms voir des renoncements et qui témoigne d’une certaine incapacité à agir du pouvoir.

Macron: Un discours sans flamme et sans vision

Macron: Un discours sans flamme et sans vision

Le discours de Macron ne marquera sans doute pas l’histoire politique de la France. Le propos du chef de l’État a surtout été caractérisé par des approches à courte vue témoignant de la gestion au jour le jour du pays dans beaucoup de domaines.

Le chef de l’État a renouvelé son intention d’engager une réforme mais au lieu de parler de 65 ans il se replie sur l’âge de 64 ans ! Avec toutefois une évolution sur le nombre obligatoire de trimestres de cotisation.

«On devra décaler l’âge légal de départ de quatre mois par an», a-t-il déclaré, tout en confirmant son calendrier : 63 ans en 2025, 64 ans en 2028 et 65 ans en 2031. Mais le chef de l’État s’est dit «ouvert» à un report de l’âge de départ à 64 ans, et non 65 ans, «en contrepartie» d’un allongement de la durée de cotisation. Macron ne parle plus de régime universel et même de supprimer les régimes spéciaux, Il aimait simplement le souhait de les réformer !

Concernant le débat sur la question brûlante du pouvoir d’achat, le président s’est défaussé considérant que ce n’est pas à l’État de définir les salaires. Mais de proposer quand même que se déroule un vague débat dans le cadre du conseil de la Refondation « sur le partage de la valeur ». Emmanuel Macron a confirmé que le bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité sera prolongé mais amoindri l’année prochaine. «Il y aura une hausse de 15% (des prix) sur les premiers mois de l’année», a déclaré le chef de l’État. «C’est beaucoup. Mais si on laissait les choses se passer, ça devrait être des hausses de plus de 100%», a-t-il souligné. «On a déjà amorti, on va continuer d’amortir».

Sur le plan politique, le chef de l’État a adressé des critiques acerbes à l’opposition qui d’après lui paralyse les travaux de l’Assemblée nationale
Le chef de l’État a donc justifié le recours controversé au 49-3 pour adopter le budget sans vote à l’Assemblée nationale, le 19 octobre dernier. «Le gouvernement a eu raison de faire voter ce budget, y compris face à toutes les oppositions qui étaient parfois dans la démagogie», a-t-il déclaré.

«Ce qui me met en colère, c’est le cynisme et le désordre», s’est insurgé Emmanuel Macron

Pour aider les entreprises et les collectivités, Emmanuel Macron veut «garantir un prix raisonnable» de l’électricité. Les petites et moyennes entreprises (PME), ainsi que les collectivités, bénéficieront d’un «mécanisme» d’amortissement qui sera présenté vendredi par la première ministre Élisabeth Borne. Il inclura aussi les très petites entreprises «très consommatrices d’énergie». S’agissant des entreprises de taille intermédiaire et des grands groupes, un «guichet d’aide» sera ouvert, avec un système d’acomptes et des critères d’accès «simplifiés».
Une «grande conférence sur le partage de la valeur» plutôt qu’une taxation des superprofits

Le président a annoncé une «grande conférence sur le partage de la valeur», menée dans le cadre du Conseil national de la refondation. Un «travail nécessaire», à l’entendre, préféré à une taxation des «superprofits» proposée par la gauche. À ce sujet, Emmanuel Macron a rappelé son soutien à un mécanisme de «contribution temporaire» au niveau européen, qui permet de «financer les mécanismes d’aide» face à l’inflation.

Concernant l’insécurité, Macron ne voit pas de lien «existentiel» entre immigration et sécurité mais «la moitié au moins des faits de délinquance» viennent «de personnes qui sont des étrangers soit en situation irrégulière, soit en attente de titres». L’objectif d’Emmanuel Macron : expulser «100%» des étrangers en situation irrégulière «les plus dangereux». ( actuellement 10%)

Bref un discours qui confirme que le président gère à courte vue, en opérant des slaloms voir des renoncements et qui témoigne d’une certaine incapacité à agir du pouvoir.

Un gouvernement technocratique sans idéal

Un gouvernement technocratique sans idéal

«Ce gouvernement technocratique n’a aucun idéal. Il dirige le pays comme un manager une entreprise, en faisant reposer la pérennité de celle-ci sur la rentabilité» Par Alain Houpert, Sénateur LR. ( dans l’Opinion)

 

 

Il y a quelques jours, le président de la République appelait les Français au sacrifice au nom de la liberté. Ce 24 août, le chef de l’Etat est allé plus loin, annonçant la fin d’une insouciance, d’une époque, de l’abondance. En résumé, la fin de l’espoir pour les générations futures. Par ces propos martiaux, le chef de l’Etat cherche surtout à préparer les esprits à l’échec cuisant de sa politique libérale, antisociale et menée avec violence à l’égard des Français.

Derrière cette injonction à oublier le monde d’avant pour un monde d’après, fait de sacrifices et de désespoir, Emmanuel Macron révèle l’anéantissement de la pensée politique au profit d’une pensée froide analytique qui, si elle est apte à compter, est inapte à proposer un idéal et des solutions. 
Derrière cette posture, qu’il souhaiterait être celle d’un homme d’Etat, n’hésitant pas à utiliser le pays au service de sa gloire et de sa postérité, demeure un comportement dangereux pour la nation et l’esprit même des Français. La nation, disait Renan, ce sont des êtres différents conduits vers un même idéal. Dans la France macroniste, l’idéal n’a plus de pilote.

Déjà en mars 2020, le chef de l’Etat, face à une épidémie qu’il avait appelé une guerre, avait exhorté les Français à la peur. Aujourd’hui, il les enjoint de nouveau à craindre l’avenir. Jamais, durant ces deux années, Emmanuel Macron n’a appelé au courage des Français, comme le firent ceux dont il semble rêver le destin : Winston Churchill, le général de Gaulle… Pourquoi ?

Parce qu’à la différence des grands hommes qui conduisirent la France plongée dans de grands tourments, ce gouvernement technocratique n’a aucun idéal. Il dirige le pays comme un manager une entreprise, en faisant reposer la pérennité de celle-ci sur la rentabilité. Sans jamais se soucier du long terme, sans jamais se poser la question de la condition humaine.

Il y a quelques jours, Olivier Dussopt, ministre du Travail, enterrait la sociale démocratie, appelant au progressisme, soit la sujétion de l’homme aux ambitions économiques du pays. Aujourd’hui, le chef de l’Etat appelle à enterrer la France, à oublier le modèle démocratique au profit du pragmatisme, l’idéal humaniste au profit de la gestion comptable du pays.

« Devant l’échec de sa politique sur un plan diplomatique, économique, social, Emmanuel Macron accusait hier l’Europe. Aujourd’hui, il accuse le climat mondial »

Ces propos sont-ils audibles de la part d’un président de la République garant des institutions et, de fait, d’un modèle républicain construit depuis des décennies par la volonté des Français.

Ces propos sont-ils dignes de la part d’un homme qui se voudrait d’Etat ou d’un homme qui se rêve politique ? Quel est le but de tous ces discours belliqueux à l’égard des pays étrangers, des affronts aux dirigeants d’Afrique ? Quel avenir offrir à la France dans un monde où notre modèle démocratique subit depuis cinq ans les attaques incessantes de ceux censés le défendre ?  Les Français ne veulent pas s’isoler sur la scène internationale. Les Français ne veulent pas de cette guerre à laquelle le président de la République semble rêver le matin en se rasant, allant jusqu’à supprimer, en plein chaos international, le corps diplomatique, une fierté nationale, qui est la seule clef viable d’une négociation entre dirigeants.

Les Français ne veulent pas d’un pays administré le plus souvent contre leurs intérêts, mais rêvent d’une nation guidée.

Devant l’échec de sa politique sur un plan diplomatique, économique, social, Emmanuel Macron accusait hier l’Europe. Aujourd’hui, il accuse le climat mondial. Au final, derrière toutes ces excuses ne demeure qu’une seule réalité : après avoir entaché la souveraineté de la France, le président de la République enterre un modèle qui fut la lumière de l’Europe durant des siècles, reléguant les discours francophiles à des postures nationalistes.

Aujourd’hui, Emmanuel Macron tente de nous faire croire qu’aimer la France, c’est être déconnecté des enjeux du monde parce que dans ce monde globalisé, lui et son gouvernement ont été incapables de défendre le modèle français. Aimer la France, ce n’est pas haïr l’autre. Aimer la France, c’est la rêver prestigieuse dans la grande marche du monde et certainement pas demander à son peuple de la sacrifier au profit d’un nouvel ordre mondial qui serait inévitable.

Alain Houpert est sénateur LR de la Côte-d’Or, membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.

Pas de démocratie sans évaluation des politiques publiques

Pas de démocratie sans évaluation des  politiques publiques 

Les études visant à mesurer l’impact réel d’une loi à partir de données et de méthodes scientifiques sont toujours plus fréquentes, relève le politiste Adam Baïz, Economiste (PhD) et enseignant à Sciences Po, qui souligne, dans une tribune au « Monde », leur importance pour le débat démocratique.

 

Un point de vue intéressant sur un sujet médiatiquement très peu abordé pourtant essentiel pour la démocratie. Reste qu’il manque le deuxième volet important : l’évaluation d’une politique publique après sa mise en œuvre  voire out au long de son application. L’absence d’évaluation ouvre en effet la porte à toutes les démagogies. NDLR

Evaluer une politique publique, c’est porter une appréciation sur son impact, à partir de données et de méthodes scientifiques. Il peut s’agir d’évaluer l’impact d’une campagne de vaccination sur la santé publique, l’impact d’une réforme fiscale sur le pouvoir d’achat, ou encore l’impact du dédoublement des classes sur le niveau scolaire des élèves.

L’évaluation des politiques publiques a véritablement démarré en France dans les années 2000, soit quarante ans après les Etats-Unis. Elle se développe rapidement. Mais sert-elle vraiment à éclairer la décision politique ?

Afin d’en juger, nous avons étudié (« Quelles évaluations des politiques publiques pour quelles utilisations ? », Adam Baïz et al., France Stratégie, juin 2022) 262 lois votées entre 2008 et 2020, dans des domaines aussi variés que la santé, l’éducation, les finances ou encore la sécurité. Et nous avons cherché à savoir si le Parlement et le gouvernement mobilisent vraiment les évaluations de politique publique en amont et en aval du vote de la loi

En amont du vote de la loi, le Parlement et dans une moindre mesure le gouvernement mobilisent bel et bien un nombre croissant d’évaluations de politique publique. Pour chaque loi, ils citent huit évaluations en 2008, et près de 25 en 2020. Il s’agit pour l’essentiel de rapports d’institutions publiques (Insee, ministères, Cour des comptes, etc.), de rapports parlementaires et de rapports d’experts et de chercheurs.

Ces rapports éclairent diversement les débats parlementaires, en fournissant de l’expertise sur des politiques comparables, des retours du terrain ou encore des expériences internationales. Rares sont les lois pour lesquelles aucune évaluation n’est citée ; à l’inverse pour certaines lois, comme la loi d’orientation des mobilités de 2019, plus de 100 évaluations sont citées dans les débats parlementaires.

Société-Les révolutionnaires sans cravate !

Société-Les révolutionnaires sans cravate !

 

Cet accessoire, longtemps « associé à l’honorabilité », est peu à peu délaissé par les catégories socioprofessionnelles supérieures, qui s’approprient les codes des patrons de la tech, explique, dans une tribune au « Monde », le conseiller en communication Anthony Gibert.

 

On a les révolutions qu’on peut ! Aujourd’hui c’est la révolution contre la cravate, celle des grands patrons qui veulent se donner un air démocratique ou celle des politiques qui tentent désespérément de ressembler à leurs électeurs, en tout cas à certains. L’habit ne fait pas le moine. La  cravate ne fait pas l’honorabilité, son abandon non plus. Les premiers révolutionnaires français étaient sans-culottes, les plus récents sont moins ambitieux et plus pudiques:  ils enlèvent simplement la cravate ! NDLR

 

La formule nietzschéenne qualifiant la pensée grecque s’applique parfaitement au débat sur le port de la cravate : il est superficiel par profondeur. Ce vêtement, qui n’a pas d’utilité purement fonctionnelle, a fait débat à l’Assemblée nationale quand Eric Ciotti (Les Républicains), questeur de l’Assemblée, a proposé, le 21 juillet, d’imposer son port au sein de l’Hémicycle. Quelques semaines auparavant, l’arrivée massive de députés du Rassemblement national, tous cravatés, avait déjà fait beaucoup parler. Analysée comme une stratégie de communication visant à traduire le professionnalisme et la respectabilité du parti d’extrême droite, l’opération avait été unanimement considérée comme réussie.

La cravate est ainsi, depuis plusieurs siècles, associée à l’honorabilité et souvent synonyme d’accession à une certaine fonction sociale. Pourtant, ce simple accessoire est aujourd’hui de plus en plus considéré comme dépassé voire discriminant. Fait surprenant, le délaissement de ce symbole est le plus souvent le fait des classes dirigeantes et des catégories socioprofessionnelles supérieures. Un affranchissement qui en dit davantage sur la communication de ces dirigeants que sur leur réelle transformation.

Le cabinet Segalen et Associés [conseil indépendant spécialisé dans la recherche de dirigeants, d’administrateurs] notait ainsi, dans une étude d’image publiée en mars, que près d’un directeur général du CAC 40 sur deux avait délaissé la cravate au moment de sa photographie institutionnelle. Cet abandon ne s’accompagne pourtant pas de changements dans les profils de ces dirigeants – et de leurs proches –, dont les parcours restent semblables à ceux de leurs illustres prédécesseurs. Marqueur fort du caractère ­illusoire de cette transformation, l’immense majorité des cadres dirigeants de ces entreprises continue de porter quotidiennement la cravate. Comment interpréter ce privilège de happy few ? Ne pas porter de cravate est devenu le signe de celui qui n’a plus de problème d’acceptabilité. C’est également le signe d’une appropriation des codes des dirigeants de la tech, qui furent les premiers à abandonner la cravate.

Mark Zuckerberg avait ainsi défrayé la chronique – et encouru les foudres des analystes – en arborant il y a dix ans un sweat à capuche lors de ses rencontres avec des investisseurs peu de temps avant l’introduction en Bourse de Facebook. Un débat qui, force est de constater, apparaît aujourd’hui totalement désuet tant le monde de la tech a réussi à casser les codes du traditionnel costume cravate. L’agilité de ces personnalités de la tech suscite la convoitise des dirigeants traditionnels, qui cherchent à emprunter ces nouveaux codes. Cette agilité vestimentaire, qui semble influencer aujourd’hui jusqu’au sommet de l’Etat, a pourtant des limites nettement définies.

Politique-Les révolutionnaires sans cravate !

Politique-Les révolutionnaires sans cravate !

 

Cet accessoire, longtemps « associé à l’honorabilité », est peu à peu délaissé par les catégories socioprofessionnelles supérieures, qui s’approprient les codes des patrons de la tech, explique, dans une tribune au « Monde », le conseiller en communication Anthony Gibert.

 

On a les révolutions qu’on peut ! Aujourd’hui c’est la révolution contre la cravate, celle des grands patrons qui veulent se donner un air démocratique ou celle des politiques qui tentent désespérément de ressembler à leurs électeurs, en tout cas à certains. L’habit ne fait pas le moine. La  cravate ne fait pas l’honorabilité, son abandon non plus. Les premiers révolutionnaires français étaient sans-culottes, les plus récents sont moins ambitieux et plus pudiques ils enlèvent simplement la cravate ! NDLR

 

La formule nietzschéenne qualifiant la pensée grecque s’applique parfaitement au débat sur le port de la cravate : il est superficiel par profondeur. Ce vêtement, qui n’a pas d’utilité purement fonctionnelle, a fait débat à l’Assemblée nationale quand Eric Ciotti (Les Républicains), questeur de l’Assemblée, a proposé, le 21 juillet, d’imposer son port au sein de l’Hémicycle. Quelques semaines auparavant, l’arrivée massive de députés du Rassemblement national, tous cravatés, avait déjà fait beaucoup parler. Analysée comme une stratégie de communication visant à traduire le professionnalisme et la respectabilité du parti d’extrême droite, l’opération avait été unanimement considérée comme réussie.

La cravate est ainsi, depuis plusieurs siècles, associée à l’honorabilité et souvent synonyme d’accession à une certaine fonction sociale. Pourtant, ce simple accessoire est aujourd’hui de plus en plus considéré comme dépassé voire discriminant. Fait surprenant, le délaissement de ce symbole est le plus souvent le fait des classes dirigeantes et des catégories socioprofessionnelles supérieures. Un affranchissement qui en dit davantage sur la communication de ces dirigeants que sur leur réelle transformation.

Le cabinet Segalen et Associés [conseil indépendant spécialisé dans la recherche de dirigeants, d’administrateurs] notait ainsi, dans une étude d’image publiée en mars, que près d’un directeur général du CAC 40 sur deux avait délaissé la cravate au moment de sa photographie institutionnelle. Cet abandon ne s’accompagne pourtant pas de changements dans les profils de ces dirigeants – et de leurs proches –, dont les parcours restent semblables à ceux de leurs illustres prédécesseurs. Marqueur fort du caractère ­illusoire de cette transformation, l’immense majorité des cadres dirigeants de ces entreprises continue de porter quotidiennement la cravate. Comment interpréter ce privilège de happy few ? Ne pas porter de cravate est devenu le signe de celui qui n’a plus de problème d’acceptabilité. C’est également le signe d’une appropriation des codes des dirigeants de la tech, qui furent les premiers à abandonner la cravate.

Mark Zuckerberg avait ainsi défrayé la chronique – et encouru les foudres des analystes – en arborant il y a dix ans un sweat à capuche lors de ses rencontres avec des investisseurs peu de temps avant l’introduction en Bourse de Facebook. Un débat qui, force est de constater, apparaît aujourd’hui totalement désuet tant le monde de la tech a réussi à casser les codes du traditionnel costume cravate. L’agilité de ces personnalités de la tech suscite la convoitise des dirigeants traditionnels, qui cherchent à emprunter ces nouveaux codes. Cette agilité vestimentaire, qui semble influencer aujourd’hui jusqu’au sommet de l’Etat, a pourtant des limites nettement définies.

Les révolutionnaires sans cravate !

Les révolutionnaires sans cravate !

 

Cet accessoire, longtemps « associé à l’honorabilité », est peu à peu délaissé par les catégories socioprofessionnelles supérieures, qui s’approprient les codes des patrons de la tech, explique, dans une tribune au « Monde », le conseiller en communication Anthony Gibert.

 

On a les révolutions qu’on peut ! Aujourd’hui c’est la révolution contre la cravate, celle des grands patrons qui veulent se donner un air démocratique ou celle des politiques qui tentent désespérément de ressembler à leurs électeurs, en tout cas à certains. L’habit ne fait pas le moine. La  cravate ne fait pas l’honorabilité, son abandon non plus.  NDLR

 

La formule nietzschéenne qualifiant la pensée grecque s’applique parfaitement au débat sur le port de la cravate : il est superficiel par profondeur. Ce vêtement, qui n’a pas d’utilité purement fonctionnelle, a fait débat à l’Assemblée nationale quand Eric Ciotti (Les Républicains), questeur de l’Assemblée, a proposé, le 21 juillet, d’imposer son port au sein de l’Hémicycle. Quelques semaines auparavant, l’arrivée massive de députés du Rassemblement national, tous cravatés, avait déjà fait beaucoup parler. Analysée comme une stratégie de communication visant à traduire le professionnalisme et la respectabilité du parti d’extrême droite, l’opération avait été unanimement considérée comme réussie.

La cravate est ainsi, depuis plusieurs siècles, associée à l’honorabilité et souvent synonyme d’accession à une certaine fonction sociale. Pourtant, ce simple accessoire est aujourd’hui de plus en plus considéré comme dépassé voire discriminant. Fait surprenant, le délaissement de ce symbole est le plus souvent le fait des classes dirigeantes et des catégories socioprofessionnelles supérieures. Un affranchissement qui en dit davantage sur la communication de ces dirigeants que sur leur réelle transformation.

Le cabinet Segalen et Associés [conseil indépendant spécialisé dans la recherche de dirigeants, d’administrateurs] notait ainsi, dans une étude d’image publiée en mars, que près d’un directeur général du CAC 40 sur deux avait délaissé la cravate au moment de sa photographie institutionnelle. Cet abandon ne s’accompagne pourtant pas de changements dans les profils de ces dirigeants – et de leurs proches –, dont les parcours restent semblables à ceux de leurs illustres prédécesseurs. Marqueur fort du caractère ­illusoire de cette transformation, l’immense majorité des cadres dirigeants de ces entreprises continue de porter quotidiennement la cravate. Comment interpréter ce privilège de happy few ? Ne pas porter de cravate est devenu le signe de celui qui n’a plus de problème d’acceptabilité. C’est également le signe d’une appropriation des codes des dirigeants de la tech, qui furent les premiers à abandonner la cravate.

Mark Zuckerberg avait ainsi défrayé la chronique – et encouru les foudres des analystes – en arborant il y a dix ans un sweat à capuche lors de ses rencontres avec des investisseurs peu de temps avant l’introduction en Bourse de Facebook. Un débat qui, force est de constater, apparaît aujourd’hui totalement désuet tant le monde de la tech a réussi à casser les codes du traditionnel costume cravate. L’agilité de ces personnalités de la tech suscite la convoitise des dirigeants traditionnels, qui cherchent à emprunter ces nouveaux codes. Cette agilité vestimentaire, qui semble influencer aujourd’hui jusqu’au sommet de l’Etat, a pourtant des limites nettement définies.

Remaniement : un gouvernement sans vision et sans souffle ( Le Monde)

Un  gouvernement sans vision et sans souffle ( Le Monde)

 

La nouvelle équipe dirigée par Elisabeth Borne comporte 41 membres, dont une majorité d’hommes, souvent issus de la droite, aux postes les plus importants. Centré sur les alliés connus d’Emmanuel Macron, ce gouvernement semble manquer de vision à l’aube d’une législature qui s’annonce compliquée.  (éditorial Le Monde)

 

Tout était baroque dans l’annonce du deuxième gouvernement Borne, qui s’apprête à essuyer sa première motion de censure, mercredi 6 juillet, à l’issue de la déclaration de politique générale de la première ministre. Des noms ont été divulgués bien avant la publication du communiqué final ; le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, s’est senti libre d’annoncer sa propre reconduction à Bercy sur une radio ; le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, n’était, en revanche, pas présent sur le perron de l’Elysée, lundi 4 juillet, pour égrener la liste des nommés comme il est de coutume. L’exécutif aurait voulu banaliser la portée de ce remaniement, il ne s’y serait pas pris autrement.

La vision d’ensemble laisse de fait perplexe. La nouvelle équipe choisie pour manœuvrer par gros temps comporte quarante et un membres. Elle est à la fois pléthorique et dénuée de toute prise politique d’envergure. La parité n’y est approximativement respectée que si on inclut les dix secrétariats d’Etat, qui ont été presque exclusivement attribués à des femmes. Aux postes plus importants de ministre ou de ministre délégué, les hommes sont en position de force. Le ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires, qui occupait jusqu’à présent la cinquième place dans l’ordre protocolaire, se trouve relégué à la dixième. Ce ne sont peut-être que des symboles, mais ils en disent long sur le manque de vision et de souffle que dégage le nouveau gouvernement.

Le changement d’équipe visait d’abord à faire sortir trois ministres battues aux élections législatives – Amélie de Montchalin, Brigitte Bourguignon, Justine Benin – et à remplacer aux outre-mer Yaël Braun-Pivet, élue présidente de l’Assemblée nationale. Il avait aussi pour but de réduire au maximum les sources d’ennuis, alors que le gouvernement, privé de majorité absolue, se trouve en situation de grande vulnérabilité. Le cas de Damien Abad, ancien président du groupe Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale, faisait partie des problèmes à régler. Depuis son entrée au gouvernement, le ministre des solidarités, de l’autonomie et des personnes handicapées était accusé par plusieurs femmes de viol et tentative de viol, une enquête ayant été ouverte par la justice la semaine dernière. L’Elysée invoquait la présomption d’innocence pour le défendre, mais la première ministre a eu gain de cause. Elle ne pouvait s’offrir le luxe d’un feuilleton à répétition, à rebours d’une cause qu’elle entend défendre.

Parmi les ministres maintenus, ceux de droite confortent leur position. Chez les entrants, les macronistes se taillent la part du lion, qu’il s’agisse de fidèles de la première heure, comme Clément Beaune, nommé aux transports, de convertis venus de la gauche, comme Olivier Klein (ville et logement), ou d’élus anciennement de droite, comme Caroline Cayeux (collectivités territoriales). Les alliés ne sont pas négligés : Edouard Philippe compte désormais deux fidèles au gouvernement, François Bayrou, quatre. Le reste des nominations vise à poursuivre l’ouverture à la société civile tout en faisant primer l’expérience politique aux postes sensibles de porte-parole du gouvernement (Olivier Véran) et de ministre chargé des relations avec le Parlement (Franck Riester).

Repliée sur son pré carré, trop isolée pour oser réclamer un vote de confiance à l’Assemblée nationale, la nouvelle équipe n’a désormais qu’un mot à la bouche, l’« action », pour tenter de contenir le jeu très politique des oppositions. Rarement, sous la VRépublique, un gouvernement n’est apparu aussi désarmé à l’aube d’une nouvelle législature.

Elisabeth Borne: Un discours pâle et sans saveur

Elisabeth Borne:  Un discours pâle  et sans saveur

La Première ministre est à la politique ce que McDo est à la gastronomie, il ne faut donc pas s’attendre un discours goûteux qui marquera l’histoire. Celle que l’on considère comme une techno va se limiter au minimum syndical en égrenant quelques mesures pas trop clivantes. L’idée sera de s’en tenir à des généralités pour ne pas contrarier une assemblée nationale dans laquelle elle n’a pas la majorité. Elle appellera en outre au rassemblement dans une sorte d’homélie du type curé de campagne.

En fait,  elle parlera un peu de tout et de rien mais sans réel approfondissement et orientation précise ( surtout sur les retraites). Une sorte de discours plat avec beaucoup de creux et de banalités enveloppées dans du papier techno plus exactement du papier scientiste.

Difficile pour l’intéressée de tenir des propos à la hauteur de l’enjeu. Elle ne dispose pas en effet de la moindre légitimité politique. Elle a tout juste  été capable de se faire élire difficilement dans une circonscription en béton.

Faible ou ne pas dire insignifiante politiquement,  elle cumule un autre défaut, son manque de charisme auquel elle ajoute en plus un côté psychorigide assez méprisant vis-à-vis de ses interlocuteurs.

D’avance elle a prévenu qu’elle ne solliciterait pas la confiance de l’assemblée nationale. Son objectif sera surtout comme d’habitude de ne pas déplaire au président en reprenant à peu près mot pour mot les propos de Macron mais de façon plus terne. À sa décharge,  une problématique politique particulièrement complexe avec notamment la question de l’inflation qui s’envole, le pouvoir d’achat, la déliquescence de l’hôpital, l’environnement géopolitique dangereux, la crise de l’énergie et en plus maintenant la reprise de la crise sanitaire.

Finances-Actif sans risque : une utopie

Finances-Actif sans risque : une utopie

Le monétaire n’est pas un actif sans risque. Pas plus que l’obligataire. Ni même l’obligation indexée perpétuelle fantasmée par la recherche académique. En fait, il semblerait bien que l’actif sans risque soit une utopie. Par Karl Eychenne, stratégiste et économiste.

Les crises ont une vertu : elles donnent un grand coup de pieds dans la fourmilière des idées reçues. Par exemple, où placer son argent lorsque tout baisse comme aujourd’hui? En actif sans risque évidemment. Le seul actif capable de vous donner ce qu’il vous a promis, alors que le monde s’écroule. Sauf que l’actif sans risque ne signifie pas exactement la même chose pour tout le monde. En fait, il semblerait même que l’actif sans risque soit un concept assez nébuleux, qui ne signifie pas grand-chose.

Il s’agit là d’un problème très sérieux puisque toute la finance repose sur cette nuance : soit vous avez affaire à un actif risqué, soit il s’agit d’un actif sans risque (principe du tiers exclu du petit financier). Une nuance décisive et bien pratique puisqu’elle évite le problème de la définition : on ne définit pas un actif sans risque ou un actif risqué, on déduit l’un de l’autre. Ainsi, un actif sera dit sans risque, s’il est avéré qu’il n’est pas risqué… très sérieux. Il s’agit d’un genre de preuve par l’absurde de la finance :

  • vous vous retrouvez avec un actif dans le portefeuille ;
  • vous ne savez pas s’il s’agit d’un actif sans risque ou d’un actif risqué ;
  • vous faites l’hypothèse qu’il s’agit d’un actif risqué ;
  • si vous obtenez une absurdité, par exemple l’actif prend de la valeur quand tout part en sucette ;
  • alors c’est que vous avez affaire à un actif sans risque.

L’actif sans risque serait donc une forme de négation de l’actif risqué. Mais en suivant ce raisonnement, on arrive vite à dire des âneries. Considérez les performances des marchés financiers depuis le début de l’année. Tout baisse, sauf le dollar, les prix de l’énergie, et le rouble russe (et quelques autres actifs exotiques). Certes, on pourra convenir que le dollar passe pour une forme d’actif refuge lorsque tout part en sucette. Mais concernant les prix de l’énergie et le rouble, le statut d’actif sans risque est plus dur à avaler.

Alors on a essayé d’être un peu plus précis. « Un actif sans risque est un actif qui propose un rendement certain pour une durée définie… » nous dit la formule. Mais plus on est précis, et plus on est équivoque. Avec une telle définition, l’actif sans risque vous assure bien un rendement au bout d’une période donnée, mais pas que ce rendement soit suffisant pour couvrir vos besoins. Un exemple bien contemporain : si je veux être certain d’obtenir un rendement de 0,5 % au bout d’un an, alors un bon du Trésor à 1 an fait l’affaire. Mais si par ailleurs l’inflation accélère à 10 %, quel est l’intérêt d’avoir un tel actif sans risque ? Certes, il est bien sans risque, mais au sens où vous êtes assuré d’être déçu du rendement.

Sensible à l’argument, on s’intéressa alors à l’obligation indexée sur l’inflation, capable de vous protéger longtemps contre l’inflation galopante. Cet actif vous propose de recevoir un rendement fixe pour 10 ans par exemple, et surtout un rendement qui s’ajuste au rythme de l’inflation. Pour faire simple, si l’inflation est à 10 %, vous toucherez ces 10 % auquel vous ajouterez une forme rendement réel qui lui reste fixe. Déjà mieux, mais toujours pas suffisant. En effet, que se passe t’il si l’investisseur perd son travail au beau milieu du gué ? Il pourrait être alors obligé de vendre son titre pour palier aux dépenses courantes. Et il vendra son titre aux conditions de marché, qui sont évidemment inconnues à l’avance. Un tel actif sans risque couvre bien contre le risque inflationniste, mais pas contre le risque de perdre son emploi.

La finance qui pense a considéré le problème avec sérieux, et a cherché la moins mauvaise des solutions. Comme souvent dans les sciences dures, c’est à la limite qu’on entrevoit la lumière. Ainsi, la recherche académique a imaginé un investisseur vivant infiniment et d’une aversion au risque maximale. La solution optimale du problème est alors la suivante : « l’investisseur choisira une obligation indexée d’une maturité infinie (perpétuelle), qui le couvre contre l’inflation pour l’éternité, et l’assure ainsi de pouvoir financer sa consommation » (« Who should buy long term bonds ? », John Y Campbell & Luis M. Viceira). Deux problèmes : cet actif n’existe pas, et le risque de perdre son emploi est toujours là. Mais on avance.

Finalement, le vrai le seul actif sans risque serait une forme d’actif qui traverse tous les cycles et toutes les crises, et compense toujours justement l’investisseur contre le risque qu’il ne souhaite pas supporter. Une forme d’assurance All inclusive, qui ne garantit pas un rendement fixe pour une durée définie, mais un rendement qui s’ajuste en fonction des besoins de l’investisseur pour l’éternité. On peut rêver. Pas si débile en vérité. Robert C. Merton avait déjà eu cette idée féconde dans les années 70, dans un article climatérique (« An Intertemporal Asset Pricing Model »). Sauf que Merton ne parlait pas de l’actif sans risque, mais de l’actif risqué… En vérité, Merton proposait que certaines combinaisons d’actifs risqués puissent servir de formes d’assurances pour l’investisseur particulièrement averse à tel ou tel risque : le risque de récession, le risque de liquidité… Une grande partie de l’industrie des ETF est aujourd’hui basée là – dessus : Factor Investing. C’est beau. Mais finalement, on obtient une forme d’ânerie consistant à dire que le seul véritable actif sans risque, ce serait un actif risqué ? Pas sûr.

Et si l’idée d’une coupure décisive entre le monde de l’actif sans risque et celui de l’actif risqué était douteuse ? Fumeuse ? Plutôt que d’envisager l’existence de l’un en opposition à l’existence de l’autre, l’idée serait de considérer leur coexistence. Il n’existerait pas deux actifs, mais un seul actif hybride. Un genre de couple « je t’aime, moi non plus » entre les deux actifs, qui n’ont plus rien à se dire, mais qui assurent chacun une partie des taches ménagères pour tenir au propre le portefeuille de l’épargnant : « aujourd’hui, tu t’occupes de la préférence pour la présent, et moi de l’aversion pour le risque, et tous les deux nous assurons au mieux la couverture de l’épargnant contre des variations indésirables du cycle économique ». En vérité, la finance théorique fait déjà un peu cela, mais se laisse emporter dans son élan : elle veut absolument opposer l’actif sans risque à l’actif risqué, elle préfère le divorce au mariage de raison.

L’investisseur qui préfère les actifs risqués a le goût du risque. L’investisseur qui préfère l’actif sans risque a le goût du fade, un genre de dégoût du risque. Le fade n’est ni bon, ni mauvais, le fade a le goût du neutre. A priori pas très sexy comme argument de vente, le fade n’est pas ce que l’on recherche dans un plat, ni dans la vie. Mais il existe une éloge de la fadeur, qui nous vient de Chine, et du philosophe sinologue François Jullien (« Eloge de la fadeur »). Là – bas, le fade y est défini comme une vertu de l’Homme sage qui souhaite se détacher du monde pour mieux le penser. Il ne semble pas que l’investisseur en soit arrivé à ce genre de Nirvana.

Métavers : Une collecte de données sans précédent !

Métavers : Une collecte de données sans précédent !

 

Métavers est encore un concept assez fumeux hormis l’accès aux jeux. Par contre, il pourra permettre une collecte sans précédent des données utiles aux marchands du temple. NDLR

Qui n’a pas encore entendu parler du métavers ? Cette notion a récemment pris de l’importance dans les médias qui nous la présentent tout en essayant de comprendre sa signification et d’interpréter son influence sur notre avenir. Qu’il s’agisse de fréquenter des amis, de faire des achats, ou encore de créer son entreprise, tout cela pourrait avoir lieu dans un nouvel environnement qui ne fait pas la distinction entre la entre la réalité et le virtuel. Par Ola Mohty, Juriste et experte RGPD chez Data Legal drive.

L’expression « métavers » n’est pas nouvelle. Elle est apparue il y a 30 ans dans le roman de science-fiction « Snow Crash » de Neal Stephenson. Cette notion vague fait référence à un nouvel espace. Il ne s’agit en effet pas d’un site de commerce classique ou encore d’une plateforme web de mise en contact. Ce concept innovant s’appuie sur un objectif d’immersion des utilisateurs d’une part et une interaction entre plusieurs personnes se trouvant dans différents lieux d’autre part.

Bien que pas encore pleinement abouti, plusieurs entreprises commencent à s’approprier ce concept dont notamment Facebook qui s’appelle désormais « Meta ». Ce géant du web précise vouloir « construire un avenir où les gens ont plus de moyens de jouer et de se connecter »[1]. Cette invention suscite toutefois de nombreuses inquiétudes en matière de protection des données personnelles. Il convient ainsi de s’interroger sur ses enjeux juridiques et sur la règlementation applicable.

 

Une des principales questions qui se posent au sujet des métavers concerne les données et leur protection. Se présentant comme une réalité virtuelle avec des avatars contrôlés par l’utilisateur, cette nouvelle technologie est susceptible d’entraîner la naissance de nouvelles catégories de données personnelles d’une part et une augmentation du nombre des données personnelles collectées d’autre part.

Or, ces données sont-elles vraiment des données à caractère personnel ? Bien que des avatars y circulent, les données pouvant être collectées permettent de révéler de nombreuses informations sur les utilisateurs. Ces derniers sont représentés par des personnages fictifs et ceux-ci constituent une version fidèle de la personne. Il ne fait, dès lors, aucun doute que les données collectées permettent de remonter aux individus concernés. Plus encore, il semble que ces données aideront à mieux comprendre les processus de pensée des clients.

En effet, les applications mobiles et les sites web permettent aujourd’hui aux entreprises de comprendre comment les individus se déplacent sur internet ou encore comment ils naviguent via une application. Demain, avec les plateformes métaverses, il serait possible de suivre les individus de manière beaucoup plus intime. L’utilisation du métavers impliquera alors une collecte de données sans précédent. Il pourrait s’agir d’expressions faciales, de gestes ou encore d’autres types de réactions qu’un avatar pourrait produire lors de ses interactions dans le métavers. Ces informations permettront aux entreprises de mieux comprendre le comportement des utilisateurs et d’adapter les campagnes publicitaires de manière très ciblée.

La collecte des données ne se fera toutefois pas de manière directe. La personne n’aura pas à fournir de manière proactive des données personnelles en accédant à une page web ou à une application. Les données seront recueillies en temps réel lorsque les utilisateurs se trouvent dans leur métavers, interagissant par l’intermédiaire de leurs avatars. Ceci pourra être à l’origine de divers risques puisque l’utilisateur ne sera pas forcément conscient des données qu’il émet.

 

Les règles de droit permettant d’encadrer ce nouvel espace existent-elles déjà ? La mise en place de nouvelles règles ou encore d’un nouveau règlement européen est-elle nécessaire pour règlementer cet univers ?

Le RGPD régit le traitement des données à caractère personnel appartenant à des personnes au sein de l’Union. Pour assurer une protection optimale de ces personnes, il définit les données personnelles de manière large. Est considérée comme une donnée personnelle toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable[2]. Il suffit donc de pouvoir remonter à la personne, quoique de manière indirecte, pour admettre le caractère personnel de la donnée. Ainsi, le terme « donnée personnelle » peut comprendre un large panel d’informations allant du prénom de la personne à un simple numéro de référence. Les données auxquelles l’utilisation du métavers donnera naissance entrera dans cette catégorie dès lors qu’elles révèlent des renseignements sur une personne. Tel est le cas de tout geste ou encore de toute réaction élaborés par un avatar.

Le champ d’application territorial du RGPD est également très large. Deux critères principaux doivent être pris en compte, le critère d’ «établissement » et le critère de « ciblage ». Ainsi, du moment où une entreprise cible des personnes se trouvant sur le territoire de l’Union, les activités de traitements concernées doivent être soumises au RGPD. Par conséquent, pour déterminer si le RGPD s’applique ou pas, il faudrait identifier notamment le lieu où se trouve la personne à laquelle appartiennent les données. Or, dans le cadre du métavers, les utilisateurs sont représentés par des personnalités virtuelles qui peuvent se trouver dans des endroits différents. Faudrait-il alors se baser sur la localisation de la personne qui fait fonctionner l’avatar ou il serait plus approprié de se baser sur l’avatar lui-même ?

Le caractère sans frontières du métavers avec des avatars qui y naviguent rendent en effet les choses complexes. Supposons que c’est la règlementation du lieu où se trouve la personne qui s’applique et donc le RGPD dans le cas où l’individu se trouve dans l’Union européenne, d’autres interrogations peuvent prendre naissance portant sur les principes de transfert des données. A partir de quel moment doit-on considérer qu’il s’agit d’un transfert de données ? Serait-il suffisant de se contenter de se baser sur les garanties de transfert actuelles pour valider la licéité d’un transfert de données ? Ces évolutions technologiques ne nécessitent-elles pas de repenser les outils juridiques applicables ? La nécessité d’assurer une protection optimale des données semble pencher vers cette alternative.

Des règles à renforcer

Spécifier quelle entité doit déterminer comment et pourquoi les données personnelles seront traitées et quelle entité traite les données pour le compte de quelle entité, pourrait s’avérer difficile dans le métavers. Pour ce faire, il faudrait sans doute décrypter un ensemble de relations complexes et il n’est pas certain que des réponses claires et évidentes puissent être trouvées. L’identification du responsable de traitement pourrait ainsi être à l’origine de plusieurs difficultés. Elle est toutefois nécessaire dans le cadre de la répartition des responsabilités et des obligations vis-à-vis des utilisateurs.

Plusieurs autres questions peuvent se poser. Y aura-t-il un administrateur principal du métavers qui collectera toutes les données personnelles fournies dans le métavers et qui déterminera comment ces données personnelles seront traitées et partagées ? Ou bien plusieurs entités collecteront ces données par le biais du métavers et chaque entité déterminera ses propres objectifs ? Comment le consentement des utilisateurs doit-il être recueilli ? Comment les différentes entités doivent-elles chacune afficher sa propre politique de confidentialité ?

La CNIL attire l’attention sur la nécessité d’assurer une information renforcée des personnes et de respecter les principes relatifs au consentement. Or, il n’est pas certain que l’utilisateur puisse profiter pleinement de ce dispositif dans le cas où il refuse de donner son consentement. Celui-ci ne serait dès lors pas collecté de manière libre. Il faudrait ainsi s’assurer que la modalité de collecte du consentement dans le métavers doit être identique à celle pratiquée dans le « monde réel » ou s’il faudrait recourir à d’autres modalités qui tiennent compte des particularités de cet univers.

De même, le RGPD exige que les informations obligatoires soient transmises à la personne concernée au moment de la collecte des données pour lui permettre de prendre une décision en connaissance de cause. Cette contrainte semble difficile à respecter dans le métavers où l’échange de données se fait de manière très rapide et implique un grand nombre de participants.

Face à ce constat, il serait difficile d’échapper à une revue des lois actuelles. Assurer une protection optimale des données personnelles dans ce nouveau monde semble toutefois être un défi. La quantité et le type de données que ce dispositif permet de collecter sont inédits. La possibilité d’enregistrer les moindres réactions des personnes permettront en effet d’ouvrir la voie à un profilage d’une finesse exceptionnelle. Ceci pourrait renforcer le pouvoir des détenteurs de ces données, rendant ainsi en quelque sorte obsolètes les règles actuelles sur la protection des données.

______

[1] https://fr-fr.facebook.com/MetaFrance/
[2] Règlement (UE) 2016/679 du parlement européen et du conseil du 27 avril 2016, article 4 1).

Problématique environnementale : un sujet très ancien sans réponse

Problématique environnementale : un sujet très ancien sans réponse

 

L’historien Christophe Bonneuil rappelle, dans une tribune au « Monde », que la réduction du poids des combustibles fossiles et de leurs effets néfastes sur le climat a été inscrite à l’agenda politique international dès 1972.

 

Il y a cinquante ans, le 16 juin 1972, se clôturait à Stockholm la Conférence des Nations unies sur l’environnement humain, premier sommet onusien de la Terre, avant celui de Rio, en 1992. Alors que les questions environnementales n’étaient guère mentionnées dans la Charte des Nations unies de 1945, l’« environnement » et la possibilité que les modèles de développement humain altèrent l’habitabilité de la planète se voyaient érigés en enjeu global.

Que se passe-t-il à l’approche de la conférence de Stockholm pour que « l’environnement global » soit dans toutes les bouches et que l’écologie mette des millions de personnes dans les rues (20 millions en avril 1970 lors du premier « Jour de la Terre ») ? Avec un PIB mondial multiplié par 2,5 et des échanges mondiaux quadruplant entre 1950 et 1970, la transformation massive des armements et des modes de production, d’échange et de consommation malmène déjà l’habitat terrestre. La guerre froide a déjà généré des dizaines de milliers de mètres cubes de déchets nucléaires. Le basculement vers un système énergétique à dominante pétrolière a multiplié la consommation d’énergie par 16 au XXe siècle et favorisé l’urbanisation, le règne de l’automobile, une agriculture motorisée et chimiquement perfusée. Les polluants menacent les équilibres des forêts, des océans, des zones humides et altèrent le cadre de vie et la santé des urbains. Surtout, dans un contexte de détente Est-Ouest, d’anti-impérialisme (guerre du Vietnam, luttes postcoloniales, mouvement des droits civiques) et de radicalisation de la jeunesse, les aspirations des sociétés et les horizons des diplomates ont changé.

 

Quatre synthèses majeures participent à la visibilité croissante des enjeux écologiques : le livre Printemps silencieux (1962), de la biologiste américaine Rachel Carson (1907-1964) ; le rapport « Restaurer la qualité de notre environnement » remis en 1965 à la Maison Blanche ; le rapport Meadows sur les « limites à la croissance » de 1972 ; le livre Only One Earth (« une seule Terre »), commandé par l’ONU à Barbara Ward et René Dubos, pour poser les bases du sommet de Stockholm.

Deux des 109 recommandations finales du sommet de Stockholm prônent une vigilance sur les « activités pour lesquelles il existe un risque appréciable d’effets sur le climat ». Si le réchauffement climatique n’est encore qu’un des nombreux problèmes, avec les pollutions, les marées noires, l’urbanisation incontrôlée, les déchets, les limites des ressources, les dégâts des pesticides, qui s’agrègent pour former le concept d’« environnement global », il n’en est pas moins présent. Le rôle des produits de combustion dans l’effet de serre est connu depuis le début du XXe siècle, mais il faut attendre le milieu des années 1950 pour que la teneur croissante de l’atmosphère en CO2 soit surveillée. Les services géologiques des Etats-Unis annoncent, à la fin des années 1950, une montée des océans déjà en cours. En 1967, les premiers modèles 3D du climat prévoient un net réchauffement planétaire : + 0,5 °C entre 1970 et l’an 2000, puis entre + 2 et + 4 °C au cours du XXIe siècle.

Législatives 2022 : Un Parlement sans majorité souhaitable ?

Législatives 2022 :  Un Parlement sans majorité souhaitable ? 

 

La perspective d’une Assemblée nationale dépourvue de majorité « n’est plus de l’ordre de la politique-fiction », explique dans une tribune au « Monde » le polytechnicien et chercheur François Hublet. Pour lui, la nécessité de former des coalitions postélectorales ou de compromis ne peut que renforcer le jeu démocratique.

Une vision évidemment très optimiste car il n’y a guère de points communs idéologiques entre les trois blocs, le bloc néolibéral, le bloc nationaliste et le bloc communiste. Le plus vraisemblable en cas de faiblesse de la majorité c’est qu’on parvienne à un Parlement ingérable. Compte tenu par ailleurs de la crise très grave qui s’annonce sur le plan économique, du climat et de ressources alimentaires, on peut d’ores et déjà faire l’hypothèse que ce gouvernement- comme même l’assemblée nationale- ne pourra pas tenir 5 ans . NDLR

 

Le scénario a longtemps été ignoré des analystes. Trop invraisemblable, trop insolite, trop hypothétique dans un système politique français si longtemps coutumier de la bipolarisation. Et pourtant. Après la publication, ces derniers jours, d’une série de sondages rendant cette issue plausible, la perspective d’une Assemblée nationale dépourvue de majorité n’est plus de l’ordre de la politique-fiction.

La situation, très rare dans l’histoire de la Ve République, mérite qu’on s’y arrête. Les élections législatives des 12 et 19 juin pourraient ne déboucher ni sur une majorité du parti présidentiel ni sur une cohabitation, mais sur un Parlement divisé en quatre blocs dont aucun ne disposerait à lui seul de la majorité des sièges. Ainsi, alors que la majorité s’élève à 289 sièges, une enquête publiée le 1er juin [sondage Elabe pour BFM-TV, L’Express et SFR] permet d’envisager un scénario dans lequel l’alliance présidentielle Ensemble ! obtiendrait 275 élus, contre 180 au mieux pour la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) et environ une centaine au total pour la droite et l’extrême droite.

Il va de soi que le Parlement acquerrait, dans ce contexte, un rôle bien plus considérable que lors des législatures passées, y compris celles marquées par une cohabitation. A défaut d’accords politiques structurés, un gouvernement d’une seule force politique s’exposerait à tout instant à la motion de censure d’une opposition supérieure par le nombre. Toute réforme visant à supprimer cette instabilité échouerait probablement pour la même raison. Une dissolution serait hasardeuse, car potentiellement nuisible au parti présidentiel – l’exemple chiraquien le prouve – ou susceptible de reproduire le statu quo. La promesse du chaos ?

En réalité, les Parlements sans majorité « naturelle » sont la norme dans les démocraties européennes. Dans l’Union européenne (UE), seuls six Etats sur vingt-sept (la France, la Grèce, la Hongrie, Malte, la Pologne et le Portugal) voient une unique alliance électorale disposer, à elle seule, d’une majorité parlementaire. Les vingt et un autres Etats membres connaissent des gouvernements de coalition formés sur la base d’accords postélectoraux, voire, pour sept d’entre eux, des gouvernements minoritaires. Dans ce dernier cas, le gouvernement s’appuie sur la tolérance d’une partie de l’opposition parlementaire et noue des alliances ad hoc pour chacun de ses projets de réforme.

Or, une telle concertation interpartisane apparaît plus que jamais nécessaire. Alors que le président français, même largement réélu au second tour, ne dispose pas d’une majorité dans l’opinion pour mener ses réformes – 64 % des personnes interrogées se disaient, à la suite de sa réélection, opposées à la réforme des retraites [sondage Elabe publié le 27 avril], et seules 35 % souhaitent qu’Emmanuel Macron obtienne une majorité parlementaire [sondage BVA du 3 juin] –, la société ne donne carte blanche à aucune force politique. En conséquence, faute d’imposer des compromis, le fait majoritaire peine à produire des décisions disposant d’une base solide dans la population. En plaçant les gouvernants face à la nécessité de la négociation, l’élection d’un Parlement sans majorité viendrait briser cette logique, sans nécessiter pour cela une révision de la Constitution ou du système électoral.

12345...15



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol