Archive pour le Tag 'structurelle'

Economie : d’une inflation  » transitoire  » à une inflation structurelle ( Jerome Powell )

Economie : d’une inflation  » transitoire  » à une inflation structurelle ( Jerome Powell )

Le patron de la banque centrale américaine contredit nombre des experts qui tentaient  de faire croire que l’inflation actuelle ne pouvait avoir qu’un rôle transitoire. Jerome Powell a arrêté de parler d’une inflation « transitoire ». A force de repousser l’horizon d’une accalmie de la hausse des prix, le président de la Réserve fédérale a convenu mardi, lors d’une audition au Sénat, qu’il était temps de remiser l’expression. « Clairement, le risque d’une inflation persistante a grandi », a reconnu le banquier central, faisant chuter les indices boursiers à New York, dans des marchés financiers déjà inquiets du variant Omicron.

Les prix à la consommation affichent une hausse de 6,2 % sur un an, et si la Réserve fédérale privilégie un autre indicateur (PCE), il suit la même tendance, avec un bond de 5 % sur douze mois (+4,1 % hors alimentation et énergie). « Les facteurs poussant l’inflation à la hausse se maintiendront pendant une bonne partie de l’année prochaine », avait indiqué en préambule de son audition Jerome Powell – le premier semestre 2022, a-t-il précisé devant les sénateurs.

Jérôme Powell : d’une inflation  » transitoire  » à une inflation structurelle

Jérôme Powell : d’une inflation  » transitoire  » à une inflation structurelle

Le patron de la banque centrale américaine contredit nombre des experts qui tentaient  de faire croire que l’inflation actuelle ne pouvait avoir qu’un rôle transitoire. Jerome Powell a arrêté de parler d’une inflation « transitoire ». A force de repousser l’horizon d’une accalmie de la hausse des prix, le président de la Réserve fédérale a convenu mardi, lors d’une audition au Sénat, qu’il était temps de remiser l’expression. « Clairement, le risque d’une inflation persistante a grandi », a reconnu le banquier central, faisant chuter les indices boursiers à New York, dans des marchés financiers déjà inquiets du variant Omicron.

Les prix à la consommation affichent une hausse de 6,2 % sur un an, et si la Réserve fédérale privilégie un autre indicateur (PCE), il suit la même tendance, avec un bond de 5 % sur douze mois (+4,1 % hors alimentation et énergie). « Les facteurs poussant l’inflation à la hausse se maintiendront pendant une bonne partie de l’année prochaine », avait indiqué en préambule de son audition Jerome Powell – le premier semestre 2022, a-t-il précisé devant les sénateurs.

Union économique : la réforme structurelle manquée lors du brexit

Union économique : la réforme structurelle manquée lors du brexit

 

Le juriste Aurélien Antoine, Professeur de droit public à l’université Jean-Monnet (Saint Etienne) et l’université de Lyon, directeur de l’Observatoire du Brexit,  s’interroge, dans une tribune au « Monde », sur la capacité de l’Union européenne à affronter les contradictions apparues à la faveur du Brexit, au-delà du « succès » diplomatique qu’elle revendique face à Boris Johnson ( extrait)

 

 

Tribune.
Les informations diffusées par les médias européens au moment de dresser un premier bilan à moyen terme du Brexit depuis le référendum du 23 juin 2016 ont légitimement salué la façon dont les négociations du Brexit ont été menées par la task force de la Commission européenne et son chef, Michel Barnier. 

L’unité et la rigueur juridique de l’Union ont tranché face à la légèreté des négociateurs britanniques. L’accord du Vendredi saint relatif à la paix en Irlande du Nord a été préservé par un protocole signé entre les deux parties qui évite le rétablissement d’une frontière dure entre le nord et le sud de l’île – même si l’incertitude a accentué les tensions en Irlande du Nord au début de l’année.

Il faut également insister sur le positionnement strict de l’Union européenne (UE) à l’égard de la City, qui voit désormais son leadership financier en Europe contesté par les places de Francfort et d’Amsterdam. De façon générale, l’UE a su faire preuve d’inventivité afin de préserver le marché commun en préservant les conditions d’une concurrence équitable entre les deux parties.

Absence de sursaut politique de l’UE après le référendum

Ces points positifs ne sauraient dissimuler le revers de la médaille : l’appel à un sursaut politique de l’Union européenne après les résultats du référendum n’a pas été entendu. Si, du côté britannique, la stratégie de « Global Britain » ou le mantra du « Take back control » sont, pour l’heure, des faux-semblants, le Brexit apparaît pour l’UE comme une occasion manquée de provoquer une réforme structurelle lui permettant de relever les défis contemporains au premier rang desquels figurent la préservation de l’environnement et la réduction des inégalités.

À cette critique générale s’en ajoutent trois autres plus circonscrites à la façon dont l’UE a géré et continue d’appréhender sa relation avec le Royaume-Uni. Tout d’abord, le fait que la qualité des négociations conduites par Michel Barnier ait finalement pris le pas sur ce que la crise du Brexit signifie pour l’UE est un révélateur des travers de cette dernière : dès lors que le fonctionnement technocratique de la gouvernance communautaire aboutit à des résultats, la faiblesse du projet politique européen lui-même est éclipsé.

 


 

Ensuite, l’issue ordonnée du Brexit doit susciter la prudence. Les deux textes qui l’encadrent (l’accord qui a régi le retrait du Royaume-Uni, puis le traité de commerce et de coopération qui détermine la nature des relations économiques et diplomatiques entre les deux parties) atteignent déjà leurs limites. Le traité de commerce et de coopération n’est qu’une base juridique incomplète qui a eu pour finalité première de rassurer les milieux économiques, ce qui n’est pas négligeable.

Zone euro : l’inflation autour de 2 %, conjoncturelle ou structurelle ?

Zone euro : l’inflation autour de 2 %, conjoncturelle ou structurelle ?

 

Le taux d’inflation atteint 1,9% en juin, après avoir touché en mai un plus haut depuis octobre 2018 à 2%. Une inflation qui nourrit des inquiétudes quant à une éventuelle remontée des taux d’intérêt. La plupart des économistes ce val optimiste et considère que cette inflation est de nature conjoncturelle. La question bête et méchant est de savoir si cette inflation provisoire va durer longtemps. En effet on a rarement vu une inflation reculer de manière significative avec le retour de la croissance. Une croissance surtout–d’une part par les États-Unis et par la Chine qui absorbe l’essentiel des ressources rares et des matières premières.Il faut ajouter à cela les dérèglements climatiques qui pèsent sur les prix de certains aliments sans parler des dysfonctionnements logistiques d’approvisionnement qui renchérissent  les coûts de transport

En juin, l’inflation a de nouveau été tirée par l’énergie (+12,5%, contre 13,1% en mai). Les tarifs des biens industriels hors énergie ont augmenté de 1,2% sur un an, après +0,7% en mai. Enfin, la composante de l’inflation pour le secteur alimentation, alcool et tabac a atteint 0,6%, après 0,5% en mai.

Les experts se valent cependant optimistes : »Autant en Europe qu’aux États-Unis, ce phénomène est lié à des effets conjoncturels, notamment la reprise des économies après le choc du coronavirus, une montée des prix de l’énergie, ou encore les pénuries sur les chaînes d’approvisionnement, bouleversées par la crise sanitaire. ». Toutefois « La légère baisse de l’inflation globale en juin n’est pas si pertinente. Ce qui est plus important, c’est la poussée imminente de l’inflation des biens et services », estime toutefois Bert Colijn, économiste pour ING, selon qui les chiffres de juin offrent seulement un court répit aux banquiers centraux.

« Pour l’instant, la plupart des éléments indiquent qu’il s’agit d’un phénomène temporaire, mais les risques de hausse des perspectives d’inflation n’ont pas été aussi importants depuis des années et devraient tenir la BCE en haleine », a-t-il commenté.

 

Foot : une crise financière structurelle

Foot : une crise financière structurelle 

 

 

La pandémie de Covid-19 a mis fin à une période de croissance des revenus des clubs. Les questions du partage des recettes et de la gouvernance de ce secteur se posent dans des termes nouveaux, soulignent, dans une tribune au « Monde », Franck Bancel et Henri Philippe, spécialistes de la finance dans le sport.

 

La crise du Covid-19 est une crise majeure pour le football. Depuis plus d’un an, les recettes des clubs européens ont été significativement affectées par l’absence de spectateurs dans les stades et des audiences télévisuelles plus faibles. En France, le retrait du diffuseur Médiapro, qui détenait les droits de la Ligue 1 et de la Ligue 2, a privé les clubs d’une part significative de leurs recettes. Pour faire face, les équipes européennes se sont massivement endettées et leur capacité à rembourser cette dette demeure incertaine. Plus profondément, la valeur du football et son attractivité font aujourd’hui débat dans un contexte où les stades auront été désertés pendant quinze mois. 

Dans la décennie qui a précédé cette crise, le football a connu une croissance très importante de ses revenus. Dans les cinq grands championnats européens, les droits audiovisuels ont augmenté au gré des appels d’offres et représentent aujourd’hui la plus grande partie des recettes. Les autres revenus, comme le sponsoring et la billetterie, se sont également accrus, mais de manière moins importante et ont surtout bénéficié aux grands clubs européens.

Le premier paradoxe est que cette croissance des revenus ne s’est pas traduite par un accroissement significatif des performances financières des clubs de football. La raison tient notamment à la nécessité, pour eux, de gérer en priorité le risque sportif. Bénéficier de la croissance future des revenus suppose en effet de rester compétitif pour ne pas descendre en division inférieure. Cela nécessite de recruter les meilleurs joueurs (qui sont, par définition, des actifs rares) et d’assumer des frais de transferts et des salaires plus élevés. Au moins à court terme, les recettes nouvelles ne permettent pas de compenser les charges.

Dans cette « course à l’armement » qui dure depuis deux décennies, les joueurs et les agents ont capturé l’essentiel de la rente sectorielle. Dans ce contexte, certains clubs ont su tirer leur épingle du jeu en réalisant d’importantes plus-values de cession. Mais ces plus-values dépendent des performances sportives du club et sont également liées à la capacité des équipes les plus riches à acheter des joueurs. Or, du fait de la crise du Covid-19, ces clubs risquent de ne plus être acheteurs ou de se concentrer sur les jeunes joueurs les plus talentueux.

Structurellement, les clubs de football ne génèrent pas ou peu de cash-flows et leurs fonds propres sont limités. Au mieux, comme cela était le cas avant la pandémie, les équipes les mieux gérées ne font pas (ou peu) de pertes. Cela n’exclut pas la possibilité de créer de la valeur pour les investisseurs, mais cela suppose alors que les revenus du secteur soient croissants. Si les recettes des clubs progressent, un investisseur peut penser qu’à terme, une part de cette croissance lui reviendra ou qu’il sera en mesure de bénéficier d’une plus grande médiatisation du football, même si l’essentiel de la valeur est capté par les joueurs.

Modification structurelle de la consommation ?

Modification structurelle de la consommation ?

 

La consommation a bien évidemment été très largement influencée par l’environnement de la crise sanitaire. Mais une crise qui a duré suffisamment longtemps pour engager aussi une transformation plus structurelle de la manière de consommer.Une consommation davantage centré sur l’essentiel et moins sur le superficiel

 

D’après une étude* du cabinet AlixPartners présentée mardi 1er juin dont rend compte le Figaro, 50% des Français estiment que leurs « habitudes de consommation ont changé de manière permanente » depuis le début de la pandémie.

 

Avec les confinements successifs et la fermeture répétée des cinémas, les Français se sont mis par exemple à regarder davantage de films en ligne. Si la consommation de vidéos en streaming était déjà en hausse en 2019, la pandémie a accentué cette tendance de fond. Globalement, d’après le sondage, les divertissements à domicile ont aussi la cote. «11% déclarent vouloir voir plus de films au cinéma, contre 30% « à la maison », et 22% pour regarder plus de sport à la maison, contre 16% au stade».

Avec la crise, les consommateurs français sont devenus plus attentifs à l’écologie, aux circuits courts, à une consommation plus responsable.

 

Dans le détail, les consommateurs Français sont 76% à déclarer que la pandémie a augmenté leurs préoccupations environnementales, et la moitié d’entre eux (38%) reconnaît que cela a eu un impact sur leurs décisions d’achats.

 

Autre tendance confirmée par ce sondage : les touristes français ont redécouvert la France et y ont pris goût. Ils seraient 24% à privilégier un séjour local ou régional contre 10% pour la longue distance. «

 

Malgré le boom de l’e-commerce en 2020, les consommateurs sont de retour dans les points de vente, selon ce sondage. «La vente en ligne sort bien renforcée, mais son essor dans l’alimentaire doit être relativisé», souligne l’étude. Par exemple, la part des consommateurs qui veulent acheter « plus en ligne » est de 21% pour les produits de beauté contre 16% « plus en magasin ». Elle est de 28% pour les vêtements et chaussures (contre 18% en ligne). Pour l’alimentaire, les Français veulent au contraire acheter plus en magasin : 17% contre 20%.

*Ce sondage a été réalisé du 11 au 30 janvier auprès d’un échantillon de 7164 adultes représentatifs de la population de neuf pays (France, Allemagne, Italie, Suisse Royaume-Uni, Chine, Japon, États-Unis, Arabie saoudite).

Presse-écrite papier : une crise conjoncturelle ou structurelle ?

Presse-écrite papier : une crise conjoncturelle ou structurelle ?

 

 

Il est clair que la presse écrite a connu une crise sans précédent en particulier du fait de la fermeture des points de vente depuis le début de la crise. Tous les titres sont touchés. On constate un certain report sur les versions numériques. Les consultations d’information sur le net auraient augmenté de leur de 30 %.

Les chiffres 2020 de fréquentation de sites de presse compilés par l’ACPM confirment cet effet booster du Covid : 2,7 milliards de visites en moyenne par mois en 2020 versus 2 milliards en 2019, soit une progression de 33 %, avec un pic en mars de 3,8 milliards lors du premier confinement.

La hausse des fréquentations des sites d’infos via le net provient notamment des préoccupations de l’opinion vis-à-vis de la crise sanitaire.

La question se pose de savoir si la presse écrite sous forme de papier va remonter la pente ou non après la crise sanitaire. Sans doute pas car ce type d’infos s’inscrit dans une tendance baissière depuis des années. Certes l’info par le Web se développe mais le problème c’est qu’elle est grandement accessible et ce qu’on ne trouve pas sur un site on le retrouve sur un autre.

Se pose donc la question de la rentabilité des grands titres par voie numérique. Pas sûr que les lecteurs soient décidés à payer pour obtenir une info par ailleurs disponible gratuitement ailleurs et souvent davantage documenté, plus objective aussi plus rapide. Pour s’en convaincre il suffit de vérifier la Une numérique des grands titres qui reste souvent figée pendant plusieurs jours.

Certes les abonnés numériques vont sans doute progresser mais ils ne viendront pas compenser la perte de lecteurs sur  supports traditionnels d’autant que la crise de la presse repose aussi sur la crédibilité de ligne éditoriale aujourd’hui en grande majorité dans les mains de financiers .

Economie française : prévoir une guérison plus structurelle

Economie française : prévoir une guérison plus structurelle

Matthieu Courtecuisse et Olivier Marchal dans l’Opinion évoque la problématique de remise sur pied structurel de l’économie française.

Matthieu Courtecuisse est président de Syntec Conseil et PDG de Sia Partner. Olivier Marchal est administrateur de Syntec Conseil et président de Bain & Company en France.

La crise du coronavirus a montré l’importance d’avoir en France des entreprises fortes et productives. Si la France veut redevenir durablement une terre de production, et pas seulement d’importation, il faut établir dès maintenant le bon diagnostic, puis envisager le bon remède. Après avoir interrogé 300 dirigeants ou décideurs d’entreprise avec l’Ifop, nous proposons quelques pistes.

Le diagnostic d’abord. La crise a frappé la France en février dernier alors que la situation s’améliorait enfin avec 10 000 emplois industriels créés en 2019 après deux décennies de désindustrialisation, le recul du déficit commercial et du chômage, grâce notamment à des réformes de compétitivité : trajectoire de baisse de l’impôt sur les sociétés, allégement du Code du travail, transformation du CICE [crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi] en baisse de charges, réforme de l’apprentissage.

Les premiers résultats étaient bien là, et, s’ils n’étaient pas aussi importants qu’espérés, c’est parce que la France revient de trop loin. Rappelons qu’en dépit des réformes fiscales, le pays reste classé 141e sur 141 par la Banque Mondiale pour le poids de la fiscalité. Les entreprises françaises sont toujours privées chaque année de 61 % de leur résultat commercial par diverses taxes et cotisations, contre 40 % en moyenne pour leurs rivales européennes. Autant d’argent en moins pour investir, innover et créer des emplois en temps normal. En temps de crise, autant de réserves en moins pour résister et se relancer.

La crise liée à la Covid-19 n’invalidera pas les règles élémentaires de l’économie, au contraire : au-delà de la gestion de l’épidémie, on constate aujourd’hui que les pays qui redémarrent le plus vite et qui retrouveront rapidement leur richesse d’avant crise sont ceux qui affichent la meilleure compétitivité

Freins à la compétitivité. Le mal profond est donc clairement identifié, et la Covid ne l’a pas changé. Les dirigeants d’entreprise interrogés ce mois-ci par l’Ifop pour Syntec Conseil sont unanimes : ils placent toujours le coût de la main-d’œuvre et la fiscalité sur les entreprises en tête des freins à leur compétitivité, devant les contraintes réglementaires.

Le remède ensuite. A court terme, avec une récession de plus de 9 % en 2020 et une activité à l’arrêt dans certains secteurs, des mesures conjoncturelles de soutien sont indispensables pour ranimer l’économie. A cet égard, le plan de relance présenté par le gouvernement va globalement dans le bon sens et est bien perçu par les dirigeants en entreprise : une grande majorité d’entre eux le trouve satisfaisant.

Mais pour un rebond durable, il sera nécessaire de faire émerger une compétitivité nouvelle, et pour cela de continuer à traiter les faiblesses structurelles de notre économie.

La crise liée à la Covid-19 n’invalidera pas les règles élémentaires de l’économie, au contraire : au-delà de la gestion de l’épidémie, on constate aujourd’hui que les pays qui redémarrent le plus vite et qui retrouveront rapidement leur richesse d’avant crise sont ceux qui affichent la meilleure compétitivité. La récession cette année en Allemagne a été deux fois moins grave qu’en France, et nos voisins tablent sur un retour à l’équilibre budgétaire et à un taux de chômage à 5,5 % en 2022, sans compter les excédents commerciaux records.

A défaut de réforme en faveur de la compétitivité, le décrochage avec nos voisins risque de s’accentuer et de durer. Sans réforme, les discours sur les relocalisations resteront des incantations : ils ne seront pas suivis d’effets. Réciproquement, les délocalisations continueront, en particulier celles des emplois d’encadrement et de conception, en raison de charges sociales prohibitives pour ces salariés et des nouveaux horizons ouverts par le télétravail.

Dépenses publiques. Les sceptiques répondront que le gouvernement a les mains liées par un déficit abyssal, qu’un rétablissement de la compétitivité française est impossible. Ce serait oublier un grand enseignement de cette crise : chaque Français a pu constater qu’à dépenses publiques et niveaux d’impositions inférieurs, de nombreux pays bénéficiaient de meilleurs services publics et d’une organisation administrative plus efficace.

Dans les hôpitaux par exemple, le pourcentage de personnel administratif est de 34 % en France, contre 26 % en Allemagne, ce qui représente des milliards d’euros en moins pour s’équiper en matériel ou mieux payer les soignants, et des milliards de plus en taxes…

Pour quelle raison ? Certainement pas faute de dévouement et de professionnalisme des agents : soignants de l’hôpital public, policiers et autres font un travail exemplaire et sont applaudis des Français. Le problème est organisationnel : trop d’argent se perd dans le millefeuille administratif et social, trop peu arrive in fine sur le terrain. Dans les hôpitaux par exemple, le pourcentage de personnel administratif est de 34 % en France, contre 26 % en Allemagne, ce qui représente des milliards d’euros en moins pour s’équiper en matériel ou mieux payer les soignants, et des milliards de plus en taxes…

Idem dans l’éducation, où les personnels administratifs sont deux fois plus nombreux que chez nos voisins, pour des enseignants moins bien payés et des résultats moins bons. Les exemples de complexité administrative, de doublons de compétence, de gâchis, d’établissements publics et de dispositifs sociaux multipliés au gré des circonstances sont légion.

Les réformes structurelles sont donc possibles, à condition de revoir en profondeur les dépenses publiques. Les dirigeants en entreprise, en proie avec ces enjeux de « bonne gestion » au quotidien, ne s’y trompent pas : ils sont 85 % à se dire favorables à une revue des dépenses publiques une fois la crise de la Covid-19 terminée, et même 40 % à souhaiter une baisse drastique !

Pour produire de nouveau, se réindustrialiser, notre économie doit guérir : de la crise liée à la Covid-19, mais aussi et surtout du déficit structurel de compétitivité que le gouvernement avait commencé à traiter avec succès. Ce renouveau productif ne pourra advenir véritablement que si la sphère publique se réorganise et apprend à faire plus avec moins. C’est la condition nécessaire du rétablissement durable de la compétitivité. La bonne nouvelle est que tout le monde sait désormais cet objectif à notre portée !

Matthieu Courtecuisse est président de Syntec Conseil et PDG de Sia Partner. Olivier Marchal est administrateur de Syntec Conseil et président de Bain & Company en France.

 

Santé : « où est la réforme structurelle »

Santé : « où est la réforme structurelle »

 

Alexis Dussol, Président de la société de conseil et de formation Adexsol estime que la réforme structurelle est grandement absente , tribune au « Monde »

 

 

Tribune. Pour le président de la République, le Ségur de la santé était le troisième rendez-vous avec l’hôpital après « Santé 2022 » et le plan d’urgence de novembre 2019. Aucun des deux précédents rendez-vous n’était venu à bout du malaise de l’hôpital. Le premier en raison d’un horizon trop éloigné et le second en décalage avec les préoccupations du quotidien des personnels.

Cette fois-ci, l’effort financier est « historique », pour reprendre l’expression du premier ministre Jean Castex. 8,2 milliards pour les salaires et 19 milliards pour l’investissement, le Ségur de la Santé marque incontestablement, un tournant dans la politique hospitalière comme le note Le Monde dans son éditorial du 22 juillet. C’est même le contre-pied des années d’austérité budgétaire qui a prévalu pendant tant d’années !

S’il faut, bien entendu, s’en féliciter, ces milliards en eux-mêmes ne suffiront sans doute pas à répondre au malaise de l’hôpital éreinté par la série de réformes passées – 35 heures, T2A, nouvelle gouvernance, loi Hôpital, ­patients, santé et territoires (HPST). La rupture se devait d’être structurelle. Avant le démarrage de l’épidémie, nous avions dit que le système de santé français allait tenir. Ceux qui le connaissent bien savent ses faiblesses mais connaissent également ses forces au premier rang desquels la compétence et l’engagement de ses soignants.

Nous avions raison. Au plus fort de l’épidémie, les soignants ont tenu la barre. Il était normal que la nation récompense ses héros d’aujourd’hui. Certes, on peut toujours estimer comme la CGT que le compte n’y est pas, on doit quand même convenir qu’une revalorisation de 180 euros net mensuels des salaires des personnels non médicaux du secteur public, ce n’est pas rien dans un contexte durable de dégradation des comptes publics.

Il n’est d’ailleurs pas exclu que le Ségur de la santé ne donne des idées à d’autres secteurs d’activité et augure d’une rentrée sociale agitée. Tout le monde fait l’impasse aujourd’hui sur la question de savoir comment ces milliards seront financés dans le futur. Les règles de discipline budgétaire de l’Union Européenne (UE) ne sont pour le moment que suspendues et il faudra tôt ou tard revenir à la raison budgétaire.

Faire croire que le Covid à libérer par magie les cordons de la bourse est à la fois dangereux et irresponsable vis-à-vis des générations futures. On a aussi souvent dit aussi que la réussite d’une réforme ne se mesurait pas au nombre de milliards mis sur la table. Il fallait surtout préparer l’hôpital au monde d’après. L’épidémie du Covid devait être l’occasion de remettre tout à plat avec un nouveau logiciel. Il fallait renverser la table. Ce ne sera malheureusement pas le cas. Le temps et surtout l’ambition auront manqué. On est probablement passé à côté, pour le coup, d’une vraie occasion historique ! »

 

 

Mobilités : croissance exponentielle et rupture structurelle attendue jusqu’en 2030

Mobilités : croissance exponentielle et  rupture structurelle attendue jusqu’en 2030

Dans un environnement de croissance exponentielle de la mobilité on pourrait bien assister aussi à une rupture structurelle de la demande et de l’offre. En clair, la mobilité assurée par une voiture personnelle pourrait bien diminuer au profit d’une demande beaucoup plus diversifiée et dont l’offre serait mutualisée.  Dans sa septième édition de son Digital Auto Report, le cabinet américain confirme ce que tout le monde soupçonnait depuis longtemps: le rapport à la mobilité est à la veille d’une rupture conceptuelle majeure.

  »70% des clients automobiles souhaitent recevoir des offres de mobilité personnalisées et il en va de même pour les millennials -près de la moitié de la population mondiale- qui semblent être indifférents à la performance des véhicules ou encore à leur marque », d’après François Jaumain, associé en charge du secteur automobile chez PwC. L’étude constate ainsi que la proportion de consommateurs qui aux Etats-Unis et en Europe sont attachés à la propriété automobile va passer de 4 sur 5 à tout juste la moitié dans un horizon de temps de cinq à dix ans. 47% des Européens sont prêts à abandonner leur voiture individuelle au profit d’une solution dite de « robotaxi ». Il s’agit d’un véhicule 100% autonome (donc sans chauffeur) et qui serait utilisé plus intensivement (donc plus vite amorti). Les experts estiment que le robotaxi va rapporter le coût de la mobilité à un prix si bas, que le coût d’une voiture individuelle deviendra comparativement prohibitif.

Bien entendu, ce marché est tributaire de l’avancée de la voiture autonome et l’accomplissement du level 5, celui qui permet de supprimer le volant et donc le chauffeur. Or, ce niveau d’autonomie n’est pas attendu avant 2030.

Société Générale : 2500 suppressions de postes, une tendance structurelle dans les banques

Société Générale : 2500 suppressions de postes, une tendance structurelle dans les banques

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Au plan mondial 600 000 emplois ont déjà été supprimé dans les banques depuis la crise de 2009. Au plan national on s’attend à une réduction de près de la moitié des effectifs d’ici 10 ans. La suppression de 2500 emplois d’ici 2020 par la Société Générale s’inscrit dans cette tendance générale. Société Générale a annoncé mercredi 9 mars au soir envisager de supprimer 550 postes supplémentaires en France sur 5 ans, avec la fermeture de six sites de traitement des opérations clients, s’ajoutant à la suppression annoncée fin décembre de 2.000 emplois d’ici 2020 dans son réseau d’agences. « Dans le cadre du plan de transformation du réseau lancé en 2015, Société Générale a présenté aujourd’hui aux organisations syndicales un projet d’évolution de ses plateformes de traitements des opérations clients en France. Cette évolution passerait par la concentration progressive d’ici 2020 de l’activité sur 14 sites en France au lieu de 20 actuellement, avec une spécialisation des plateformes et une digitalisation des processus », écrit la banque dans un communiqué. Les sites français de traitement des opérations clients concernés sont ceux de « Caen, Grenoble, Nice, Rouen, Nancy et Paris intra-muros », a détaillé le groupe bancaire, interrogé par l’AFP. Ce projet « entraînerait la suppression d’environ 550 postes sur 5 ans, sans licenciement économique ni départ contraint », assure Société Générale qui « s’engage à accompagner chaque collaborateur individuellement dans son évolution, tant en matière de formation que de parcours professionnel ».  »La mise en place d’un dispositif d’accompagnement adapté fera lui aussi l’objet de discussions avec les organisations syndicales », souligne la banque. Société Générale emploie plus de 148.000

(Avec AFP)




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