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Pour un plan d’urgence dans l’industrie et la santé

Pour un plan d’urgence dans l’industrie et la santé

 
Aéronautique, automobile… La pénurie de composants électroniques ou de matières premières continue d’impacter tous les fleurons industriels européens deux ans après le début de la crise sanitaire. C’est aussi le cas pour le secteur de la santé qui peine à confirmer les belles promesses du Segur. Par Carlos Jaime, DG Ascom France & Spain ( dans la Tribune)

Sur le marché de la santé, la crise sanitaire a généré une prise de conscience des pouvoirs publics sur les besoins du secteur. Lors du Ségur de la santé à l’été 2021, des moyens économiques considérables ont été annoncés : une enveloppe de 19 milliards d’euros pour soutenir le système de santé partout en France, avec l’ambition affichée de faire de la France le leader de l’e-santé.

Cet appel d’air économique vaut pour la France et ses voisins : par exemple, l’Espagne et le Portugal bénéficient également d’un soutien de la Commission européenne avec des investissements « bazooka ». Une aubaine pour les acteurs technologiques de la santé en Europe, qui ont senti le vent souffler fort dans leur dos. Et les planètes se sont alignées : le travail accompli sur le plan Ma Santé 2022 avec Laura Letourneau et Dominique Pon a été incroyable. Là où nous avions 10 ans de retard en santé numérique, nous avons dorénavant 10 ans d’avance.

Problème : la crise ne s’arrête pas. Elle change de forme. Le défi industriel succède au défi sanitaire avec une pénurie de composants électroniques très importante en raison de la congestion des ports en Asie et aux Etats-Unis. Et c’est toute la modernisation et l’accélération de la transformation de notre système de santé qui se retrouvent freinée. L’équation est insoluble : avec la fin de la pandémie et le retour à la consommation, la demande explose mais l’approvisionnement se raréfie. Les installations dans les établissements de santé tels que les infrastructures hardware (sur lesquels reposent la communication, les dispositifs médicaux ou les outils de monitoring des soignants par exemple) sont retardés, du fait du manque d’équipements. Un comble alors que les marchés de la santé et de la silver economy enregistrent une croissance à deux chiffres. Pourtant, nous continuons d’attendre certains serveurs depuis 4 ou 5 mois.

Au secours de l’humain car le système de santé est malade

L’imbroglio n’est pas seulement économique. Le comble, c’est aussi de ne pouvoir répondre à l’urgence concernant la souffrance des soignants. De ne pas pouvoir leur donner les moyens d’assurer leur mission première : soigner. Leurs maux sont autant physiques que psychiques. Physique parce que les allers-retours incessants entre les chambres et le poste de contrôle à la moindre alarme entrainent une dépense physique intense, parce que les journées sont plus longues et les pauses raccourcis ou parce que l’afflux de patients (le nombre d’admis aux urgences a doublé en 20 ans par exemple) amène une surcharge de travail.

Ensuite morale parce que les alarmes sonnent toute la journée (dans une unité de soins intensifs, on peut en compter 2.000 par jour et par patient !) et créent un phénomène de fatigue mentale, parce que les tâches administratives à répétition empêchent les soignants de prendre en charge correctement les patients (on parle de 50% du temps phagocyté par l’administratif) ou parce que la pression journalière est démotivante au regard des moyens à disposition ou conditions de travail comme la rémunération qui ne sont pas à la hauteur des enjeux. Pour toutes ces raisons, et bien plus encore, les soignants souffrent et méritent un soutien technologique sans faille, de qualité, leur permettant d’assurer plus sereinement leur métier. Et par répercussion, d’améliorer la prise en charge des patients.

Notre modèle court-termiste court à sa perte

Nous touchons du doigt les limites de notre modèle industriel mondialisé et des choix stratégiques court-termistes de ces 20 dernières années. Actuellement, pour une entreprise comme Ascom, le coût du transport pour les composants venus de Chine a drastiquement augmenté, parfois 10 fois supérieur au coût d’avant-crise. D’autant plus que, dans le cas de matériel de pointe au marquage CE médical, haut de gamme, il est difficile de changer de fournisseur de composants électroniques sans en altérer la qualité et la fiabilité. Et si l’Europe est freinée dans le développement du numérique pour la santé par une rareté des composants, on peut également parler d’une rareté des compétences, lesquelles sont également externalisées.

La réponse adéquate, notre résilience, c’est de sortir de notre inertie et d’organiser dès maintenant une vision long-termiste de nos stratégies industrielles et d’éducation. Car depuis des années nous avons « découragé » nos jeunes d’aller vers des métiers industriels et techniques, ce qui nous a conduit à chercher ces compétences de pointe ailleurs. Coté santé aussi, le numerus clausus a eu pour effet de fermer des portes pour les étudiants Français en médecine et l’obligation pour les autorités de santé de chercher des médecins venus d’autres pays, souvent en dehors des l’Europe.

Vers une souveraineté européenne des matières premières et des compétences

Mais nous avons des raisons d’espérer ! Ces compétences sont rares oui, mais nous en avons tout de même avec des équipes de recherches académiques incroyables ! En France, avec le CNRS, avec l’INRIA, avec le CEA, l’INSERM et bien d’autres ! Ou l’Université Paris-Saclay évaluée comme la première université au monde sur les compétences en data science. Nous avons en Europe des ressources et chaque pays possède ses spécialités. Nous devons nous appuyer sur toutes ces forces vives existantes et les coordonner pour nous réindustrialiser et regagner notre souveraineté. Pour une Europe moins vulnérable aux aléas énergétiques, politiques et sanitaires. C’est une démarche vertueuse à l’heure où nous cherchons de plus en plus de sens dans nos actions.

Mais même si nous décidions de réindustrialiser la France demain, cela ne se fera pas en un claquement de doigts. Des décisions ont été prises mais les autorités actuelles doivent avoir le courage d’assumer des orientations pour les 20, 30 ou 40 prochaines années afin de préserver l’excellence de nos industries. Il faut un Plan Marshall de l’industrie et de la santé pour espérer créer une situation plus responsable aux niveaux économique mais aussi écologique, éthique et social. Et, avec cette souveraineté industrielle et de la donnée, protéger notre modèle de société.

Pour un vaste plan écologique et social de l’Europe

Pour un vaste plan écologique et social de l’Europe

 

Dans une tribune au « Monde », un collectif d’économistes, dont Lucas Chancel, Anne-Laure Delatte et Thomas Piketty, forme le vœu de créer un vaste plan européen pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles et soutenir le pouvoir d’achat des ménages.

 

La guerre en Ukraine met cruellement en lumière la dépendance énergétique des Européens. Depuis le début du conflit, l’Union européenne (UE) a importé 39 milliards d’euros d’énergies fossiles de la Russie. La flambée des prix du pétrole et du gaz, atteignant des niveaux que l’on n’avait plus connus depuis la crise pétrolière de 1973, menace de causer des tensions sociales majeures. Les mesures prises dans l’urgence par les Etats européens au cours des derniers mois apparaissent à la fois trop lentes, trop faibles et trop peu coordonnées.

Mettre fin aux importations de gaz et de pétrole russe, tout en soutenant le pouvoir d’achat des ménages dans le cadre d’une trajectoire planifiée de décarbonation de nos économies est certes une équation compliquée, mais cela est à la fois indispensable et à notre portée.

Le Green Deal porté par l’Union européenne constitue un premier signal, mais ses objectifs et ses moyens actuels ne permettront pas de répondre adéquatement à l’urgence climatique et à ses conséquences sociales, surtout dans un contexte de tensions accrues sur les marchés de l’énergie. La présidence française du Conseil de l’UE devrait, sans délai, remettre sur la table la proposition d’adopter un nouveau traité européen autour des enjeux de la transition énergétique, avancée naguère par Jacques Delors. Ce traité devrait être articulé autour de trois piliers, et coordonné selon une méthode commune.

Premier pilier : un plan massif d’investissement. Les moyens dégagés par le Green Deal et le fonds de relance et de résilience sont totalement insuffisants. Décarboner nos économies et nos sociétés, et nous libérer du même coup de notre dépendance énergétique à l’égard des pays producteurs d’énergies fossiles, suppose d’isoler massivement les bâtiments publics et les logements, d’électrifier l’ensemble de la production industrielle et agricole, de développer massivement les transports ferroviaires et fluviaux, tant pour le transport des personnes que le fret, et d’atteindre 100 % d’énergie renouvelable. Cela suppose des investissements verts supplémentaires de 1,5 % à 2 % du PIB européen chaque année, selon la Commission.

Deuxième pilier : une véritable stratégie de transition professionnelle. La transition énergétique fera émerger de nombreux emplois nouveaux, mais elle affectera aussi des millions de travailleurs actifs dans les secteurs actuels des économies carbonées (automobile, transport maritime et aérien, extraction et raffinage des énergies fossiles, logistique…). A l’instar de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), le nouveau traité doit comporter un volet de soutien à la transition professionnelle des travailleurs affectés par cette transition, ainsi qu’un fonds de soutien aux classes moyennes et populaires pour faire face aux aléas des prix de l’énergie. Le fonds « transition juste » existant représente seulement 0,02 % du PIB européen, ce qui est totalement insuffisant par rapport aux besoins des ménages et aux entreprises vulnérables.

Crise énergétique : un micro plan de résilience du gouvernement

Crise énergétique : un micro plan de résilience du gouvernement

 

 

 

L’annonce la plus significative consiste à faire prendre en charge la moitié de la hausse de l’énergie pour les entreprises fortement dépendantes. (Plus de 3 % du chiffre d’affaires). Une condition toutefois : les entreprises devront démontrer que leur facture de gaz ou d’électricité a augmenté de plus de 40% depuis le début de la crise ukrainienne et qu’elles réalisent une perte d’exploitation, a précisé Bruno Le Maire, qui a évalué cette mesure à 3 milliards d’euros .

 

Les pêcheurs vont aussi bénéficier d’une «aide financière exceptionnelle, équivalente à 35 centimes par litre de gazole de pêche», dès «demain matin» et jusqu’en juillet, a annoncé Jean Castex. Les agriculteurs et éleveurs, quant à eux, bénéficieront aussi, pendant quatre mois, d’aides s’élevant à «400 millions d’euros» pour compenser les pertes dues à «l’envolée du coût de l’alimentation animale». Autre mesure, un acompte «de 25% du remboursement de la TICPE sur le gazole non routier» leur sera versé rapidement.

Par contre pour l’instant le gouvernement se limite à la réduction de 0,15 € du carburant pour les entreprises de transport «Les quinze centimes doivent bénéficier aux entreprises de transport», affirme Jean Castex, qui précise que Jean-Baptiste Djebbari, ministre des Transports, doit recevoir les acteurs du secteur pour mieux les accompagner dans cette période de hausse des prix. Le gouvernement entend d’ores et déjà faciliter le remboursement de la taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques (TICPE), qui a normalement lieu à un rythme trimestriel, mais qui pourra désormais être réclamée de manière mensuelle.

Par ailleurs, remise de 15 centimes par litre touchant les prix des carburants va être étendue «au gaz naturel véhicule (GNV) et au gaz de pétrole liquéfié (GPL)».

Toujours dans l’optique de rendre la France moins dépendante du gaz étranger, Barbara Pompili a annoncé un renforcement de «MaPrimeRénov’», afin d’accompagner les ménages dans l’acquisition de «solutions de chauffage renouvelable». Les aides attribuées seront augmentées de 1000 euros, du 15 avril à la fin de l’année 2022.

Le premier ministre a également annoncé des aides spécifiques pour les entreprises exportant une partie de leur production à l’étranger.

Un «appel à projet» va être lancé pour «subventionner, jusqu’à la fin d’année», les projets des acteurs souhaitant se dégager de leur dépendance vis-à-vis des intrants russes. Ces subventions atteindront «15% pour les grands groupes et 35% pour les petites entreprises», a précisé Bruno Le Maire. En outre, les ministres doivent faire remonter des propositions à Jean Castex pour développer des «sources d’approvisionnement alternatives» pour les produits agroalimentaires et intrants critiques, comme le nickel, cuivre, aluminium et titane.

Rappelant l’objectif européen de se dégager du pétrole et du gaz russes d’ici 2027, Jean Castex a notamment plaidé pour un renforcement des capacités d’importations de gaz naturel liquéfié (GNL) et pour augmenter les capacités de production de biogaz. En outre, les stocks de gaz devront être remplis «dès cet été», a affirmé la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. Des «mesures de simplification» seront présentées pour accélérer le développement des énergies renouvelables, également.

Enfin, d’autres secteurs ont aussi été mentionnés. Bruno Le Maire a notamment détaillé certaines mesures pour le BTP, en demandant l’inclusion de «clauses de révision des prix dans les contrats publics» et en appelant les parties des contrats privés à amender les contrats pour «intégrer les hausses massives de coût».

 

Globalement le micro plan n’est sans doute pas à la hauteur des enjeux surtout si le baril continu de flirter avec les 100 $ et même bien au-dessus. La principale faiblesse réside dans la modestie de la ristourne de 0,15 € sur le carburant alors que le prix de l’essence risque d’augmenter de 50 % sur l’année. De quoi affecter grandement le pouvoir d’achat, donc la consommation et la croissance.

Plan de résilience : quelles mesures pour le carburant

Plan de résilience : quelles mesures pour le carburant

 

Alors que le baril de pétrole de Brent va toucher les 120 $ et que le litre de carburant à la pompe s’approche dangereusement des 2 euros le litre, le gouvernement évoque des mesures spécifiques s’inscrivant dans le plan de résilience économique et sociale annoncée par Macron.

 

Cependant le gouvernement déjà prévenu que toutes les conséquences économiques de la guerre en Ukraine ne pourront être prises en charge par l’État. En clair l’usager et l’automobiliste devront payer la facture du renchérissement de l’énergie en général et du carburant en particulier. Normalement c’est le premier ministre qui doit annoncer les mesures. Le signe sans doute que les orientations ne seront pas révolutionnaires puisqu’on les confie un premier ministre dont la mission est surtout d’essuyer les plâtres. Il se pourrait que le gouvernement abandonne quelques centimes sur la fiscalité concernant le carburant. Une fiscalité qui représente environ 60 % du prix.

Du côté des ménages, le prix de l’énergie devrait considérablement grimper.  »Une hausse de +30% de la facture énergétique est à prévoir en 2022 en Europe », indiquent les économistes d’Euler Hermes. Ainsi,  »la facture énergétique annuelle des ménages atteindra 3.400 euros en Allemagne (+500 euros par rapport aux estimations d’avant-crise), 3.000 euros au Royaume-Uni (+400 euros), 2.800 euros en France (+400 euros) et 2.000 euros en Italie (+300 euros) et en Espagne (+400 euros), ajoutent-ils.

Un plan financier d’urgence pour l’Afrique

  Un plan financier d’urgence pour l’Afrique 

 

Le banquier Jean-Claude Meyer appelle, dans une tribune au « Monde », à un allègement massif de la dette des pays africains, dont la stabilité économique, déjà mise à mal par la pandémie, va subir le choc de l’inflation et de la hausse des taux d’intérêt

 

Tribune. 

 

Le fossé entre les pays développés et les pays en voie de développement et émergents s’est creusé avec la pandémie. Il va certainement s’amplifier, à cause de nos deux « virus » que nous allons exporter chez eux : l’inflation et la hausse des taux d’intérêt. Notre inflation va naturellement réduire le pouvoir d’achat des pays les plus pauvres (en particulier à cause de la hausse des denrées alimentaires) et l’épargne des classes moyennes.

L’inflation est un accélérateur de pauvreté, et l’on sait que, contrairement à ce que les banquiers centraux ont dit pour nous « endormir » ou par manque de lucidité, elle ne sera pas transitoire, mais durable. En même temps, la hausse des taux, déjà amorcée sur les bons du Trésor à 10 ans, va durement frapper ces pays, grevés pour la plupart par leurs déficits budgétaires et le risque de surendettement.

 

Même si les taux d’intérêt réels resteront faibles, cette hausse, annoncée en mars par la Réserve fédérale américaine et sans doute bientôt par la Banque centrale européenne, rendra plus difficile et plus onéreux leur appel aux marchés internationaux pour se refinancer, boucler leur budget, et financer leurs projets de développement.

Elle accroîtra la volatilité et l’incertitude de leurs flux de capitaux ; le dollar se renforçant, leurs monnaies vont être dévaluées, entraînant de sorties massives de capitaux : déjà 50 milliards de dollars viennent de sortir du Chili, 15 milliards de dollars du Pérou. « En 2022, les pays les plus pauvres devront payer 80 milliards de dollars au titre du service de leur dette. Compte tenu de cette charge, les pays vulnérables auront plus de mal à affecter des ressources à la santé, à l’éducation, à la protection sociale et au climat », s’est inquiété David Malpass, président de la Banque mondiale, dans son dernier rapport (janvier 2022).

 

En outre, le « gap d’infrastructures » est estimé à 100 milliards de dollars par an en Afrique ; en Côte d’Ivoire, le plan national de développement 2021-2025 requiert près de 90 milliards d’euros d’investissement, dont deux tiers sont attendus du secteur privé. Depuis mars 2020, le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé une aide totale de 170 milliards de dollars à 90 pays, outre des droits de tirage spéciaux (DTS) de 21 milliards.

 

L’initiative de suspension de la dette (ISSD) lancée par le G20 et le Club de Paris a permis à 48 pays les plus fragiles de suspendre le remboursement de 13 milliards de dollars, mais il a pris fin en décembre 2020. Le Sri Lanka, le Ghana, le Salvador et la Tunisie sont au bord du défaut de paiement ; l’Argentine vient de restructurer avec le FMI sa dette de 44,5 milliards de dollars ; le Tchad, l’Ethiopie et la Zambie sont engagés dans une restructuration de leur dette au sein du cadre commun mis en place par le G20.

Composants électroniques :Un plan de 50 milliards de l’Union européenne

Composants électroniques : Un plan de 50 milliards de l’union européenne

L’union européenne se lance enfin lance un plan très ambitieux de près de 50 milliards d’euros. Elle se dote également d’un instrument de réciprocité équivalent au Defense Production Act (DPA) américain pour préserver ses intérêts stratégiques dans certains domaines critiques, dont les puces

Un plan de 50 milliards d’euros d’ici à 2030 pour réduire ses dépendances en matière de semi-conducteurs et retrouver une autonomie stratégique, a annoncé vendredi Thierry Breton, commissaire européen en charge du marché intérieur lors d’un briefing. Soit 12 milliards d’euros, dont 6 milliards financés par la Commission, sur le volet recherche ; près de 30 milliards d’euros de la part des États membres, via le plan de relance européen, pour la construction notamment de trois à cinq très grandes usines (Mégafab) ; et, enfin, la création par la Banque européenne d’investissement (BEI) d’un fonds de plus de 5 milliards d’euros pour financer cette filière. Un plan d’ampleur sensiblement équivalente à celui des Etats-Unis (52 milliards de dollars).

Ce plan financier s’accompagne d’un volet réglementaire (« Chips european Act »), crucial pour sécuriser les approvisionnements critiques de l’Europe dans certains domaines, dont les puces. La commission européenne va se doter d’un instrument de réciprocité équivalent au Defense Production Act (DPA) américain, qui permet au président d’exiger des entreprises sur le sol américain de produire exclusivement pour les Etats-Unis. Ce qu’ont récemment fait Donald Trump puis Joe Biden pour lutter contre la pandémie de la Covid-19. Le « Chips european Act » « rétablit un rapport de force dans la géostratégie de la chaîne de valeur, a expliqué Thierry Breton. Cet instrument va exister mais nous préférerons toujours favoriser le dialogue ». Cette initiative est clairement une étape importante dans l’évolution vers une Europe puissance, qui s’éloigne d’une Europe ouverte aux quatre vents.

Enfin, la Commission souhaite s’assurer de la sécurité d’approvisionnement et établir des règles pour les entreprises étrangères souhaitant investir dans des installations de production de MegaFab en Europe. « Nous avons appris de la crise des vaccins. Nous adaptons notre marché unique aux nouvelles réalités de la géopolitique des chaînes d’approvisionnement », a fait valoir Thierry Breton.

Nouveau plan de soutien aux entreprises

Nouveau plan de soutien aux entreprises

 

Suite aux récentes mesures sanitaires plus restrictives qui sont susceptibles de bouleverser l’économie, le gouvernement a décidé de renforcer le soutien aux entreprises.

L’activité partielle sera ainsi remboursée à 100% sans reste à charge pour les entreprises qui ont perdu 65% de leur chiffre d’affaires (contre 80% auparavant). Toutes les entreprises qui font l’objet de restrictions sanitaires auront en outre accès à cette activité partielle prise en charge «par exemple un bar qui ne peut plus servir ses clients debout, et a fortiori les discothèques», a précisé le ministre de l’Économie.

Deuxième dispositif: la prise en charge des coûts fixes, puisque le seuil d’accès sera baissé à 50% de pertes de chiffre d’affaires, contre 65% auparavant. Le bénéfice de ce dispositif sera élargi puisqu’il concernait alors l’événementiel, les traiteurs et les loisirs indoor. Seront désormais concernées toutes les activités liées au tourisme (hôtels, agences de voyages…) avec une procédure de remboursement accélérée pour les sommes inférieures à 50.000 euros. Un délai qui se comptera «en jours et non plus en semaines», précise Bruno Le Maire.

Par ailleurs, les  échéances des prêts garantis par l’État seront en outre réexaminées «dans les heures qui viennent».

Plan pollinisation: l’oubli des pesticides

Plan pollinisation: l’oubli des pesticides  

Malgré quelques avancées notables, notamment dans la volonté de mieux connaître les pollinisateurs, le nouveau plan visant à les protéger ne contient aucun objectif chiffré de réduction ni d’arrêt d’usage des pesticides, ni de la recherche de solution alternative, s’indigne dans une tribune au « Monde » un collectif de chercheurs réunis au sein du groupement de recherche Pollinéco.

Tribune.

 

 La conservation des insectes pollinisateurs est centrale pour l’humanité, non seulement pour la conservation de la biodiversité, mais aussi pour notre santé, notre alimentation, notre cadre de vie et notre éducation à l’environnement. La Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) a rappelé en 2016 l’importance cruciale de la pollinisation en alertant sur le déclin alarmant des pollinisateurs.

Pour sa part, la France a déployé un plan national d’actions (PNA, 2016-2020) « France, terre de pollinisateurs », porté par le seul ministère de l’environnement et faiblement doté. Au moment de renouveler ce PNA, le gouvernement a préféré élaborer un plan « pollinisateurs » (2022-2026) en le faisant coporter par les ministères de l’environnement et de l’agriculture.

 

Lors du congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui s’est tenu à Marseille du 3 au 11 septembre 2021, le président de la République a souligné sa volonté d’une sortie accélérée des pesticides et d’un soutien sur les alternatives à leur usage dans les cinq prochaines années. L’avenir semblait donc prometteur. 

Cependant, malgré plusieurs avancées notables, ce plan « pollinisateurs » est plus que décevant sur la question des pesticides. Nous sommes un groupement fédéré de recherche qui rassemble la quasi-totalité des chercheurs français et francophones spécialistes de la pollinisation et des pollinisateurs (près de 200 chercheurs et [post-]doctorants).

Nous sommes unanimes pour constater le rôle central des pesticides dans la disparition des pollinisateurs. Si certains aspects de ce nouveau plan « pollinisateurs » sont très positifs, nous sommes indignés par son absence d’ambition de réduction/arrêt des pesticides. D’une part, ce plan montre des avancées : jamais en France, la connaissance et la conservation des pollinisateurs n’avaient reçu autant de soutien (nos voisins européens se sont déjà mobilisés depuis plusieurs années).

Hôpital : pour un plan d’urgence de recrutement et de formation

Hôpital : pour un plan d’urgence de recrutement et de formation

 

 

Le Ségur de la santé a acté 9 milliards d’euros d’investissement sur dix ans, mais le retard est tel que cette somme étalée dans le temps ne pourra répondre à l’urgence systémique, s’inquiètent, dans une tribune au « Monde », des leaders syndicaux de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), Luc Farré et Yann Le Baron.

Un appel évidemment justifié mais qui n’est pas forcément contradictoire aussi avec une rationalisation de l’organisation des hôpitaux médicalement très performants mais qui ressemblent souvent des usines sans direction. NDLR

 

Tribune. 

 

Le secteur hospitalier est en crise depuis longtemps, bien avant la crise du Covid. Celle-ci a été un révélateur du malaise des personnels hospitaliers. Le Ségur de la santé, négocié et signé par l’UNSA-Santé et sociaux public et privé et par l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), est une première réponse. La signature de cet accord a permis des améliorations immédiates et importantes des rémunérations. Toucher 183 euros net par mois, soit plus 2 196 euros par an avec une amélioration des grilles de rémunération, est un réel effort de la société.

Alors même que tous les personnels s’impliquent pour être au service des Français usagers dans une période de pandémie sanitaire qui perdure dans le temps, nous ne pouvons que regretter qu’à ce jour certains agents publics de la fonction publique hospitalière ne bénéficient toujours pas du complément de traitement indiciaire, et déplorer que la transposition des mesures salariales ne soit pas effective de façon homogène dans les secteurs sanitaires, sociaux et médico-sociaux du privé.

Conditions de travail

Pourtant, partout, les conditions de travail et le manque d’effectifs se posent cruellement.

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Les revalorisations salariales sont certes un levier nécessaire à l’attractivité des métiers du secteur de la santé, il n’en demeure pas moins qu’elles ne sauraient suffire à répondre, à elles seules, à l’enjeu de la sauvegarde de notre système de santé.

Dans les faits, les conditions de vie au travail sont des axes qu’il faut maintenant rendre prioritaires. Les conditions de travail doivent redevenir décentes dans les hôpitaux et établissements publics et privés, dans l’intérêt tant des personnels que des usagers.

Pour exemple et sans être exhaustif, nous constatons un manque de brancards, un manque de lits, du matériel vieillissant, un immobilier souvent vétuste… Ce sont des réalités qui impactent le travail au quotidien.

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Même si le Ségur de la santé a acté 9 milliards d’euros d’investissement sur dix ans, le retard est tel que nous craignons que cette somme étalée dans le temps ne puisse répondre à l’urgence systémique et se révèle insuffisante.

Fatigue et lassitude

En outre, nos métiers n’attirent plus, et la crise sanitaire aura même provoqué l’accélération de la fuite de trop nombreuses compétences. Le non-respect des congés, les changements d’organisation incessants contribuent à une fatigue et à une lassitude grandissantes des personnels.

Il devient impératif de mettre en œuvre un grand plan Marshall du recrutement et de la formation. Il doit être la source d’un nouvel intérêt durable pour les métiers de la santé et générateur de nouvelles « vocations ».

Plan France 2030: on a oublié le volet formation

Plan France 2030: on a oublié le volet formation

Le plan annoncé par le président de la République est voué à l’échec s’il omet le problème d’un système éducatif ne parvenant plus à former pour la science et l’industrie, souligne, dans une tribune au « Monde », Maroun Eddé, normalien et auteur d’un rapport sur l’éducation.

Tribune.

 

Pour répondre à la dépendance de la France aux économies étrangères, Emmanuel Macron lance un plan de 30 milliards d’euros pour réindustrialiser le pays. Mais le cœur du problème se situe en amont : un système éducatif qui ne parvient plus à former pour la science et l’industrie.

En 2004, la France, leader du nucléaire civil, lançait la construction du premier réacteur EPR au monde, à Flamanville (Manche). Mais, dix-sept ans plus tard, le chantier, qui devait durer huit ans, n’est toujours pas terminé. Entre-temps, la Chine a inauguré un réacteur EPR, construit en neuf ans seulement. Face à l’échec de Flamanville, EDF déplore « les pertes de compétences » liées aux départs à la retraite et à la disparition progressive des masters spécialisés en énergie nucléaire. A ce rythme, le nouveau plan nucléaire du président de la République risque de rejoindre Flamanville dans le palmarès des projets avortés faute d’équipes pour les mener à bien.

 

Cette perte de compétences ne se limite pas aux industries de pointe. Plombiers, charpentiers, ingénieurs en bâtiment, chefs de projet informatique : en octobre 2021, on compte 70 000 postes non pourvus dans l’industrie, et de 15 000 à 80 000 dans les métiers du numérique. Aucune politique industrielle ne peut fonctionner sans suffisamment d’ingénieurs et de techniciens.

Or le système universitaire français n’en forme plus assez. Selon les chiffres du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, les mathématiques, la physique et la biologie font partie des cursus les moins demandés à l’université, avec dix fois moins de candidatures que la psychologie, les langues ou le droit. D’où l’incapacité croissante à recruter des enseignants en sciences et le déclin de la recherche française, dont les financements s’amenuisent.

Les grandes écoles ne corrigent pas ce déséquilibre. Les écoles de commerce n’ont cessé de se multiplier, passant de 10 000 étudiants, en 1960, à 200 000 aujourd’hui, tandis que les écoles d’ingénieurs multiplient les cursus de finance et de management. Derrière l’inflation de diplômes aux consonances anglo-américaines (MS, MSc, bachelor) se cachent des formations de moins en moins spécialisées.

Dans ces conditions, où trouver les ingénieurs dont l’industrie a besoin ? Les centaines de milliers de jeunes formés pour devenir des manageurs n’auront bientôt plus personne à manager. Pour justifier une explosion des frais de scolarité, les grandes écoles doivent vendre du rêve. Mais on ne peut bâtir l’avenir industriel à coups de soft skills [« compétences comportementales »] et de marketing.

Hôpitaux: Le plan blanc généralisé

Hôpitaux: Le plan blanc généralisé

 

Après six régions, , «le plan blanc sera probablement national d’ici quelques jours puisque chaque région le déclenche l’une après l’autre », a déclaré le ministre de la Santé, Olivier Véran, ce jeudi sur France 2. Un dispositif permettant notamment de déprogrammer des opérations et de réaffecter des personnels vers les services de soins critiques. «Tous les territoires sont touchés, un malade rentre en réanimation toutes les six minutes dans notre pays. (…) Majoritairement des malades non vaccinés, ou immunodéprimés, ou avec des maladies chroniques», a-t-il expliqué.

Hôpitaux : Le plan blanc

 

Hôpitaux : Le plan blanc

La saturation est proche pour les hôpitaux qui vont progressivement déclencher le plan blanc. Les Agences régionales de santé (ARS) d’Île-de-France, d’Occitanie, de Bourgogne-Franche-Comté et des Pays de la Loire ont annoncé mercredi le déclenchement du «plan blanc», permettant une déprogrammation des opérations moins prioritaires afin de libérer des lits pour les patients Covid de plus en plus nombreux.

Un plan européen pour l’autonomie en semi-conducteurs

Un plan européen pour l’autonomie en semi-conducteurs

L’union européenne a décidé de doubler sa production de semi-conducteurs à horizon de 2030.

Ces puces – qui contrôlent le flux de courant dans l’électronique – sont désormais au cœur de la fabrication de nombreux nœuds technologiques essentiels à la production d’une voiture, tant l’informatique embarquée et l’électronique n’ont cessé de s’inviter dans l’habitacle et la motorisation (système d’info-divertissement, sécurité assistée, vitres, sièges électriques).

Or elles sont conçues à partir de métaux stratégiques, notamment le silicium, le germanium, le gallium, l’indium ainsi que d’autres éléments purs.

Aujourd’hui, l’Europe et les Etats-Unis ne représentent plus à eux deux que 18 % de la production mondiale de semi-conducteurs, contre environ 60 % il y a 30 ans. La production étant désormais concentrée en Asie – 50 % de l’offre mondiale pour la seule île de Taïwan – « En contrepartie de ce soutien public, nous instaurerons un mécanisme de préférence européenne en cas de crise ». Les détails de ce mécanisme n’ont pas été dévoilés pour le moment, mais il s’agit vraisemblablement de la possibilité pour l’Europe de limiter les exportations de semi-conducteurs en cas de pénurie pour privilégier l’approvisionnement des industries locales.

Le commissaire européen a ainsi fait le parallèle avec la politique américaine sur les vaccins contre la Covid-19 : « C’est, je le rappelle, ce que les Américains ont fait à propos des vaccins produits sur leur sol. Nous devons retenir la leçon. Les semi-conducteurs sont aussi un enjeu d’équilibre des pouvoirs. Ce n’est pas du protectionnisme mais de la souveraineté géopolitique. »

Paris: un nouveau plan local d’urbanisme , modèle de verbiage

Paris: un nouveau plan local d’urbanisme , modèle de verbiage

 

 

Alors que la Mairie de Paris vient de rendre public le document programmatique qui fixe l’orientation générale de son PLU, le géographe Guy Burgel regrette, dans une tribune au « Monde », que la Ville se contente d’énoncer des vœux pieux plutôt que de se confronter à la réalité.

 

Tribune.

 

En appui de son nouveau plan local d’urbanisme (PLU) « bioclimatique », en cours d’élaboration, la Mairie de Paris vient de rendre public son document programmatique, le projet d’aménagement et de développement durable (PADD). Il s’agit d’un modèle du genre à ne pas suivre dans les écoles d’urbanisme. J’ai pu, pendant des décennies, enseigner en quelques instants le plan directeur de l’agglomération parisienne de Paul Delouvrier (1965), avec un schéma simple : deux axes Sud-Est Nord-Ouest, encadrant la vallée de la Seine, limités par les cinq villes nouvelles, contrôlaient et ordonnaient la croissance parisienne.

Je serais bien en mal de le faire pour les orientations produites actuellement par l’Hôtel de ville. Si une politique urbaine se définit par l’articulation logique et chronologique entre ses enjeux stratégiques et l’issue possible de leurs contradictions, loin d’illustrer cette vertu, le texte apparaît souvent comme un inventaire de propositions légitimes, mais difficilement compatibles entre elles. Que l’on en juge.

Qui serait contre une « ville inclusive et solidaire », « durable et vertueuse »« attractive et productive », offrant « un logement de qualité pour toutes et tous » (entendons couches moyennes et populaires), permettant au surplus le développement d’une « agriculture urbaine », le tout dans une densification maîtrisée, maintenant ou restaurant des « respirations » nécessaires dans le tissu des quartiers ? Quand on sait par le document lui-même que la capitale a gagné environ 3 millions de mètres carrés construits de 2006 à 2020, tout en perdant quelques dizaines de milliers d’habitants, et que le renchérissement des prix immobiliers n’a pourtant cessé de s’affirmer, on ne comprend pas par quel coup de baguette magique, ces objectifs idéaux deviendraient soudain accessibles.

 

Il en est de même pour l’autre grand chantier de la ville : la transformation du boulevard périphérique en « boulevard urbain, pacifié, habité et végétalisé ». Là encore, qui serait opposé à la suppression de cette nuisance respiratoire, acoustique et visuelle, subie quotidiennement par des dizaines de milliers de Parisiens ? Mais on ne dit mot du problème politique majeur que pose la frontière durable – depuis 1860 ! – entre Paris et sa banlieue, et surtout des moyens de substitution à la fonctionnalité circulatoire majeure d’une artère vitale, dans l’état actuel, pour la mobilité des habitants et le transport des marchandises. Toujours la vertu proposée en lieu et place de la réalité.

Annonces Gouvernement : Un nouveau plan de 2 milliards chaque semaine

Gouvernement : Un nouveau plan de 2 milliards chaque semaine

 

Dernière annonce en date, celle du Premier ministre qui ne veut sans doute pas être en reste par rapport au président de la république. Ce n’est pas le dernier sans doute . Le dernier  annoncé par le gouvernement concerne le développement du tourisme. Le président de la république lui-même la semaine dernière a annoncé un plan de 2 milliards pour l’hydrogène. Un plan qui s’ajoute évidemment au plan santé, au plan nucléaire, au plan industrie, au plan formation et aux multiples autres plans qui affectent les domaines sociaux, économiques ou sociétaux. Un plan aussi pour les abeilles  ( Comme s’il était possible de les distinguer d’autres insectes également utiles !). 

 

En réalité, il s’agit moins de plans que de promesses électorales puisque ces orientations doivent largement enjamber l’élection présidentielle de 2022 et donc être concrétisées dans les futurs budgets. Naîtront vraisemblablement de nombreux autres plans : pour les pêcheurs à la ligne, pour les cueilleurs de champignons, pour les chasseurs, pour les joueurs de bilboquet ou encore pour les collectionneurs de timbres.

 

À raison d’un ou deux plans par semaine, le gouvernement pourra annoncer une cinquantaine de plans d’ici les présidentielles

Plan nucléaire : un coût de l’ordre de 50 milliards pour 6 EPR

Plan nucléaire : un coût de l’ordre de 50 milliards pour 6 EPR


Après l’annonce présidentielle relative à la relance du nucléaire se pose évidemment la question du coût et de son financement. Normalement il s’agit de six réacteurs EPR 2 d’un cout de 8 milliards l’unité à mettre évidemment en comparaison avec un réacteur classique de 900 MW. Ces nouveaux EPR 2 auraient une puissance minimale de 1650 MW. La question de la durée de vie des centrales nucléaires devrait à nouveau être posée.

Normalement les anciennes centrales étaient prévues pour une durée de vie de l’ordre de 40 ans. Cependant suite à Fukushima, une vaste opération appelée Grand carénage  renforce considérablement la sécurité et permet d’espérer un allongement à 60 ans minimum. C’est la durée de vie prévue aux États-Unis. La durée de vie des EPR pourrait donc être envisagée pour une durée minimale de 50 à 60 ans sans problème. De quoi en même temps étaler l’amortissement de ses installations coûteuses. En clair, il faudrait prévoir un besoin de financement d’une centaine de milliards mais sur 50 ans.

Certes la situation d’EDF n’est pas mirobolante mais d’une part les prix de l’électricité vont continuer d’évoluer à la hausse sous l’effet de la tendance mondiale, d’autre part EDF fera comme précédemment appel à l’emprunt. Et c’est précisément en ce moment qu’il faut rapidement se décider avant que les taux d’intérêt ne redémarrent pendant plusieurs années. Le financement de ce nouveau plan nucléaire sera également assurée par l’augmentation du prix de l’électricité d’après  des experts pensent qu’il augmentera de 6 % par an, soit un doublement du prix en dix ans.

Etats-Unis : le plan infrastructure de 1200 milliards adopté

Etats-Unis : le plan infrastructure de 1200 milliards adopté

Après le Sénat en août, la Chambre des représentants a voté en faveur de ce programme de construction et de rénovation d’infrastructures, pesant 1.200 milliards de dollars destinés aux routes, aux ponts, aux transports publics, aux réseaux d’eau potable. Par contre le volet social et environnemental a été rejeté pour l’instant

 

En effet, Biden a échoué sur son autre gigantesque plan d’investissements dans les domaines social et écologique. Il s’agit d’un vaste programme de refonte du système de protection sociale et de lutte contre le réchauffement climatique d’un montant de 1.750 milliards de dollars. Baptisé « Build Back Better », il prévoit notamment l’école maternelle pour tous, une profonde amélioration de la couverture maladie et des investissements significatifs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Son coût total a déjà été divisé par deux, puisqu’il représentait initialement 3.500 milliards de dollars. En effet, face aux difficiles négociations politiques, le président américain avait dû faire de lourdes concessions pour espérer arracher un accord sur le volet social du plan.

Plan énergie 2050 : la décarbonatation par l’électricité nucléaire

Plan énergie 2050 : la décarbonatation par l’électricité nucléaire

 

Dans l’étude de RTE « Futurs énergétiques 2050″ , on envisage plusieurs scénarios sans doute pour satisfaire les différentes sensibilités. Ceci étant, c’est surtout sur le nucléaire que reposera l’avenir énergétique du pays. Un nucléaire moins coûteux et plus efficace que des renouvelables complémentaires, utiles mais aléatoires.

Le scénario central de RTE sera sans doute combattu par les écolos bobos car il repose d’abord sur une demande d’électricité en augmentation de leurs deux 35 %. On voit mal comment il pourrait en être autrement avec l’électrification de l’économie en général et de la voiture et du chauffage en  particulier.  Oualors  faudrait accepter une diminution drastique de la croissance en même temps  de la richesse et de l’emploi.

RTE indique d’ailleurs très clairement que si par hypothèse souhaitable la France parvenait à se réindustrialiser,   la demande pourrait alors augmenter non pas de 35 % mais du double.

Dans tous les cas pour des carbonées réellement la demande d’électricité augmentera dans tous les scénarios sauf si évidemment on acceptait   la décroissance, à la baisse de l’emploi et de la richesse. Compte tenu du vieillissement du parc nucléaire actuel ( dans la durée de vie sera cependant prolongée d’au moins une vingtaine d’années avec le grand carénage), ce ne sont pas6 EPR  qu’il faudrait envisager mes 14.

Le débat surréaliste entre nucléaire et éolienne va sans doute continuer. Pourtant une éolienne a une capacité de production très théorique de 2 à 4 MW, pour 900 dans un réacteur classique et 1650 dans un EPR. Bref il faudrait des milliers et des milliers d’éoliennes pour remplacer une centrale entière ( avec en plus des centrales thermiques de secours pour faire face à l’intermittence).

Plan de relance : les trois erreurs fondamentales

Plan de relance : les trois erreurs fondamentales

L’économiste Gabriel Colletis détaille, dans une tribune au « Monde », les trois erreurs fondamentales du plan de relance français, malgré ses intentions louables en matière de renaissance industrielle.

Tribune. 

 

Deux plans, France relance, en septembre 2020, et France 2030, en octobre 2021, au risque d’une certaine illisibilité, ont été annoncés et des dizaines de milliards d’euros engagés pour soutenir la réindustrialisation et préparer le monde de demain.

S’il ne fait aucun doute que nombre de mesures annoncées vont dans le bon sens, ces deux plans sont-ils de nature à permettre la renaissance nécessaire de l’industrie française et, en même temps, à répondre à la priorité absolue que constitue la transition écologique ? Trois erreurs ou illusions pourraient obérer le changement de monde que les mesures adoptées sont supposées engendrer.

La première erreur des plans présentés, qui peut aussi être considérée comme une illusion, est celle du « tout-technologie » : faire de la France la première puissance européenne de la tech, un objectif très difficile vu la très forte contraction de la part de l’industrie française depuis plus de vingt ans. Une très grande part des mesures annoncées mettent en leur centre les innovations dites de rupture. L’industrie du futur devrait être incarnée par les nouvelles technologies, le numérique, l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les biotechnologies, l’hydrogène vert, les énergies renouvelables.

Ces nouvelles technologies devront être visibles sous la forme d’objets industriels concrets, comme l’avion décarboné, les véhicules électriques, les batteries, les mini-centrales nucléaires mais aussi dans la santé et l’agriculture de demain, qui doivent s’appuyer sur les technologies industrielles les plus avancées.

Or, si les nouvelles technologies comptent, la « fée technologie », elle, n’existe pas, ou si elle existe, sa baguette magique doit être attentive à deux risques : les effets rebonds et un couplage insuffisant avec les compétences de ceux qui, par leur travail, donnent un sens aux nouvelles technologies.

La myopie des marchés

Les effets rebonds sont ceux qui dérivent directement de l’augmentation de l’efficacité des nouvelles technologies. Les innovations produites dégagent des économies permettant de consommer plus de produits ou de services. Loin de réduire la consommation, ces innovations génèrent une augmentation ou une diversification des usages, allant à l’encontre d’un développement durable basé sur une réduction ou une moindre hausse des volumes consommés.

Les nouvelles technologies, à l’instar de l’informatique hier, ne se traduiront dans les statistiques de la productivité, de la croissance et du commerce extérieur que si ceux qui travaillent s’en emparent pleinement. Cela devra prendre la forme, à l’avenir, d’un très important effort de formation et de requalification si l’on ne veut pas que des centaines de milliers de Français, voire des millions, se sentent légitimement exclus des emplois de demain, sans accès à des conditions d’une vie décente.

Plan d’épargne retraite : Des coûts trop élevés

Plan d’épargne retraite : Des coûts trop élevés

 

Sébastien d’Ornano , président de Yomoni, une société de gestion de type robo-advisor estime dans l’Opinion  que les coûts du plan d’épargne retraitent sont trop élevés du fait en particulier du manque de concurrence

 

Le Plan d’épargne retraite vient de fêter son deuxième anniversaire. Le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire s’est félicité du grand succès remporté par cette enveloppe, l’objectif de 3 millions de plans ouverts en 2022 étant déjà largement dépassé, avec 3,8 millions de détenteurs !

Mais quelques semaines après la remise d’un rapport du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) ,qu’il avait lui-même commandité, le ministre n’a pas pu ignorer ce qui vient quelque peu gâcher la fête, l’éléphant au milieu du couloir : le niveau trop élevé des frais.

Au-delà de la critique objective d’une pratique commerciale excessive, il faut surtout craindre la désillusion de ces premiers volontaires qui acceptent de prendre en main une partie de leur retraite à venir.

Un avantage considérable pour les distributeurs au détriment des épargnants

Certes, Bruno Le Maire a reconnu l’importance du sujet en déclarant récemment qu’il allait « prendre les mesures nécessaires pour que les frais soient moins élevés ». Mais la voie qu’il envisage pour trouver une solution laisse perplexe : « un travail de place avec les banques et les assurances », autrement dit avec les responsables directs de ces frais trop élevés.

Le rapport du CCSF, très pédagogique, est pourtant édifiant. Si le CCSF a trouvé sur le marché 34 PER assurantiels, il n’en a déniché que deux au format compte-titres. Et pourtant, 12 des PER assurantiels analysés émanent de banques à réseaux, qui auraient pu choisir l’autre formule… mais ces banques ont elles aussi des activités d’assurance et ont préféré cette enveloppe bien mieux margée pour promouvoir leur solution.

C’est l’éternel recommencement des produits disposant d’un avantage fiscal à l’entrée, avantage qui profite trop largement au distributeur du produit plutôt qu’au bénéficiaire théorique

Les frais sur versements ressurgissent également de plus belle sur les PER. C’est l’éternel recommencement des produits disposant d’un avantage fiscal à l’entrée, avantage qui profite trop largement au distributeur du produit plutôt qu’au bénéficiaire théorique.

D’autres acteurs existent

Monsieur le ministre, le rapport du CCSF vous apporte tous les éléments d’appréciation pour faire bouger les lignes. En réunissant banquiers et assureurs autour d’une table, vous n’aurez en fait que des acteurs très similaires, qui auront bien du mal à promouvoir des solutions innovantes et performantes.

Pourquoi ne pas mettre tout simplement en avant des acteurs déjà existants, sachant parler à une clientèle de particuliers, et qui ont démontré sur le marché leur capacité à faire la chasse aux frais ?

Le rapport met clairement en évidence que les PER proposés par des courtiers en ligne affichent systématiquement une gratuité des frais sur versements et qu’ils sont aussi les mieux placés en matière de frais de gestion des contrats sur la partie “unités de compte”.

C’est tout sauf une surprise : cela fait maintenant près de vingt ans que le monde de la distribution en ligne est l’aiguillon concurrentiel qui fait chuter les coûts d’accès à l’épargne du plus grand nombre.

La seule solution pour faire baisser les frais : favoriser une concurrence saine

La Loi Pacte a créé le PER “compte-titre” pour favoriser la création de PER par les sociétés de gestion et impliquer ainsi ces acteurs spécialistes de la gestion de l’épargne directement dans la problématique des retraites. Là encore, beaucoup de chemin reste à faire puisque, deux ans après, un seul PER émanant d’une société de gestion a vu le jour.

Il est temps de tirer les leçons de cette réalité. Les assureurs ont beau jeu de mettre en avant l’avantage de leurs produits en matière de droits successoraux par rapport aux PER bancaires. On s’étonne ici que le législateur ait omis d’aligner parfaitement les règles du jeu entre des produits reposant sur des enveloppes différentes, mais ayant le même nom. Remédier à cette incohérence est un premier pas si l’on veut voir le potentiel du PER compte-titres se matérialiser pleinement.

Saluons l’initiative récente des sénateurs pragmatiques Albéric de Montgolfier et Jean-François Husson qui ont décidé de prendre le taureau par les cornes en élargissant à l’assurance-vie en général le sujet du coût de la gestion de l’épargne avec 17 propositions concrètes.

Pour faire baisser les frais sur les produits d’épargne vie ou retraite, il n’y a qu’une seule solution : favoriser une saine et dynamique concurrence. Il convient de ne pas céder au mirage d’un accord de place qui se négocierait au sein d’un oligopole de banquiers et d’assureurs. C’est bien l’ensemble de la chaîne de valeur autour de l’épargne des Français qu’il faut convier à la table des négociations. Cela inclut à la fois les sociétés de gestion, cœur du réacteur en matière d’épargne, et les acteurs de la distribution numérique, qui ont prouvé leur capacité à faire bouger les lignes et tomber les prix.

Sébastien d’Ornano est président de la société Yomoni.

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