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Plan de relance européen : au rythme d’escargot

Plan de relance européen : au rythme d’escargot

 

L’avancée du plan de relance européen se fait au rythme d’escargot. La première raison est la nécessité de faire avaliser ce plan par tous les Etats. Ensuite la complexité même des soutiens économiques envisagés enfin évidemment la lourdeur de la bureaucratie européenne. En faite, l’Europe devrait dégager un plan de 800 milliards mais sur cinq ans à comparer bien sûr aux plusieurs milliards mis à disposition de leur économie par les États-Unis. Très récemment  1900 milliards au service du développement socio-économique et de  2000 milliards pour la modernisation des infrastructures.

 

La Commission européenne vient laborieusement de préciser mercredi, les moyens par lesquels elle entendait financer le plan de relance décidé par les chefs d’Etat et de gouvernement au mois de juillet 2020 . Au menu : la levée de 800 milliards d’euros (en valeur actuelle) entre la mi-2021 et la fin 2026.

Un véritable « changement d’échelle sur les marchés de capitaux », a affirmé mercredi le commissaire chargé du Budget, Johannes Hahn, lors d’une conférence de presse. Un changement qui porte en germes, notamment, la création d’un actif sûr européen susceptible de venir concurrencer le roi dollar dans cette catégorie. Et qui pourrait donc appuyer l’objectif des Européens de faire de leur devise un outil de leur autonomie stratégique, via son internationalisation progressive. Une espérance autant qu’une utopie car d’une part les chiffres ne sont pas la hauteur de l’enjeu, la France a d’ailleurs réclamé un second plan, d’autre part l’utilisation majoritaire de l’euro dans les échanges internationaux demeure marginale.

EDF : maintien du plan Hercule , mais sans dire le nom

EDF : maintien du plan Hercule , mais sans dire le nom

Le dernier document dont ont eu connaissances les syndicats ne parlent plus du plan, Hercule mais maintient les notations. L’objectif est de permettre l’augmentation du prix de l’énergie nucléaire financée à la fois l’avenir de la filière et les énergies alternatives. Pour cela EDF comprendrait deux pôles un pôle de production et un autre pôle de distribution qui lui serait concurrencée par des entreprises privées.

La société tête de groupe resterait EDF SA. Elle détiendrait les activités nucléaires et hydrauliques (celles-ci isolées au sein d’une quasi-régie directement contrôlée par l’État), le gestionnaire du réseau haute tension RTE, ainsi que les services support. Privatisée à hauteur d’environ 15% aujourd’hui, cette entité d’environ 70 000 personnes serait nationalisée à 100%. Bruno Le Maire a indiqué mardi devant les syndicats que cette opération pourrait coûter environ 10 milliards d’euros à l’État. Mais ce rachat serait en partie financé par la privatisation partielle d’une nouvelle filiale axée sur les énergies renouvelables (ENR).

Nouvelle filiale

«Très majoritairement détenue par EDF SA», et donc par l’État, cette entité est baptisée à cette heure EDF Énergies Nouvelles et Réseau. Des garanties seraient données quant à son statut public, «notamment sur un seuil de détention minimal par EDF SA», précise la note gouvernementale. Outre les ENR, on y retrouverait Enedis (gestionnaire des réseaux électriques locaux), la «fourniture d’énergie», dont Dalkia, «ainsi que les autres filiales et participations internationales».

Surtout, «cette entité resterait intégrée sur les plans humain, stratégique, financier, comptable et juridique au sein du Groupe EDF», insiste le gouvernement dans sa note.

 

Mais du côté de Bruxelles on souhaite une séparation juridique totale entre EDF production et EDF distribution.

Une des difficultés de la réorganisation concerne aussi le futur statut des personnels notamment dans EDF distribution dans le capital seraient ouverts au privé. Bref le projet est encore loin d’être finalisé et les perspectives d’organisation ne sont pas forcément de nature à assurer de façon pérenne la question difficile du financement de DF tant pour la filière nucléaire que pour le renouvelable.

Un plan bidon de rétablissement des finances en cinq ans

Un plan bidon de rétablissement des finances en cinq ans

 

Un plan de rétablissement des finances en cinq ans visant en particulier à ramener le déficit public à 3 % du PIB a été élaboré par le ministère de l’économie. En réalité,  peu de médias ont repris une information essentiellement destinée à faire semblant de rassurer la commission européenne de Bruxelles.

 

On voit mal comment la France pourrait ramener ce déficit public sous la barre des 3 % en 2027 en sachant qu’à partir de 2023 les prévisions de croissance annuelle vont reprendre leur rythme antérieur à la crise sanitaire à savoir une évolution de plus de 1,5 % PIB par an  . Non seulement on ne peut guère espérer une amélioration des déséquilibres financiers mais on peut craindre au contraire une dégradation dans la mesure où les moyens budgétaires actuellement prévus paraissent insuffisants y compris au Fonds monétaire international (FMI)  pour que des pays comme la France retrouve une dynamique de croissance satisfaisante pour développer l’activité et l’emploi.

 

Pourtant , l a semaine prochaine, la France doit présenter officiellement à la Commission européenne son programme budgétaire. Le ministère des Finances a partagé ses projections au Haut conseil des finances publiques. Une fois la crise passée, le gouvernement se donne ainsi cinq ans pour rétablir les finances publiques. L’objectif est de faire passer le déficit sous la barre des 3% en 2027, conformément aux règles budgétaires européennes d’avant-crise. Du propre aveu du ministère, ce plan « ambitieux mais crédible » passera par des « efforts importants » mais pas d’austérité.

Avec la crise sanitaire du Covid-19, l’économie française a été mise à rude épreuve. Le déficit public en 2020 s’élève au taux record de 9,2%, un chiffre qui est la conséquence des moyens mobilisés pour mettre en place diverses mesures de soutien. En 2020, le pays a connu une récession historique avec une contraction de 8,2% de son PIB, tandis que le ratio d’endettement public a flambé pour atteindre 115,7% du PIB. Les dépenses devraient se poursuivre tant que l’épidémie sévira toujours, elles doivent notamment permettre d’alimenter le fonds de solidarité, l’activité partielle ou encore venir en aide aux hôpitaux.

Le ministère de l’Economie espère voir le pays renouer avec la croissance, avec un retour de l’activité à son niveau d’avant crise d’ici la fin 2022. Selon les projections du ministère des Finances, la croissance pourrait atteindre 4% en 2022 et 5% cette année. Pour cela, la bonne application du plan de relance sera primordiale : le ministère table sur une stabilisation de la croissance à 1,4% par an à partir de 2025.

 Il ne faut guère espérer sur la croissance et sur les recettes fiscales améliorer les équilibres financiers. Du coup revient dans l’actualité la question de la maîtrise des dépenses publiques. Or ce plan de la France n’a jamais été capable de les réduire puisqu’elles ont augmenté hors inflation en moyenne de 1,5 par an. Il faudrait diviser par deux au moins cette tendance.

Les espérances de réformes structurelles paraissent assez limitées. Bruno Le Maire semble compter sur la poursuite de certaines réformes mises en sommeil par la crise sanitaire. Ainsi, la réforme des retraites tout comme celle de l’assurance-chômage devraient retrouver une place de choix dans l’agenda gouvernemental. Mais compte tenu du calendrier politique, ce n’est sans doute pas avant 2023 que d’éventuelles réformes pourraient commencer à donner quelques résultats surtout pour les retraites dont les effets significatifs ne sont pas attendre avant une bonne dizaine d’années.

Pour un plan d’assainissement de l’air dans les lieux publics

 

par Isabella Annesi-Maesano, Directrice de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médical (Inserm), directrice adjointe de l’Institut Desbrest d’épidémiologie et santé publique, Inserm-université de Montpellier

Le SARS-CoV-2 a été retrouvé en suspension dans l’air pendant plusieurs heures, rappelle l’épidémiologiste Isabella Annesi-Maesano. Pour empêcher la transmission aéroportée du virus, il faut mettre en œuvre un plan d’assainissement de l’air intérieur dans les lieux publics.

 

 

Tribune.

 En 2020, j’ai fait partie du groupe de 239 chercheurs qui ont publié une lettre d’alerte sur l’importance de la contamination par le SARS-CoV-2 en suspension dans l’air à l’intérieur des locaux. Cet appel est resté lettre morte ! Plusieurs mesures sont proposées pour contenir la transmission du virus, mais paradoxalement, on oublie d’agir là où la transmission est la plus dangereuse.

Nous savons maintenant que le SARS-CoV-2 se transmet principalement par aérosol, terme utilisé pour indiquer tout mélange de particules de taille inférieure à 5 micromètres, solides ou liquides, de nature chimique (métaux, diesel…) ou biologique (spores de moisissures, bactéries, virus…).

70-130 nanomètres

Plus ces particules sont petites, plus elles sont légères et restent facilement dans l’air en s’agrégeant sous la forme d’aérosols. C’est le cas du SARS-CoV-2 qui est très petit (70-130 nanomètres) et qui a été retrouvé en suspension dans l’air pendant plusieurs heures (jusqu’à 3 heures) après avoir été émis par des sujets porteurs, même asymptomatiques, qui parlaient, chantaient, exhalaient de l’air.


C’est ce qui explique la contamination, par une personne présentant des symptômes bénins de Covid-19, des chanteurs d’une chorale dans le comté de Skagit (Etats-Unis), qui initialement avaient respecté les mesures barrières, masques, gel hydroalcoolique, plusieurs mètres de distanciation, mais qui avaient enlevé le masque pour chanter. A la suite de la répétition, plus de cinquante personnes avaient contracté la maladie et deux étaient décédées dans les semaines suivantes.

Ou encore plus spectaculaire, les clients d’un restaurant à Wuhan (Chine), contaminés par un individu porteur du virus assis à des étages de distance, par le biais d’un système de ventilation mal adapté.

Désormais, la contamination par le SARS-CoV-2 en suspension à l’intérieur des locaux, accrue s’ils sont de petite dimension et mal ventilés, ne fait plus de doute.

Le dioxyde de carbone indicateur

En France, l’étude ComCor de l’Institut Pasteur montre que, dans le cas des contaminations extra-domiciliaires, 80 % des contacts avaient lieu à l’intérieur des locaux, fenêtres fermées, et cela en dépit du respect des gestes barrière. Aussi, l’OMS a reconnu que la transmission aéroportée était possible dans les espaces bondés, fermés ou mal ventilés. La récupération d’aérosols émis a démontré la présence de virions infectieux et réplicatifs, qui étaient intacts et ainsi capables d’infecter.


Ainsi, il paraît évident que pour endiguer efficacement la propagation du SARS-CoV-2, il faut compléter les mesures actuellement adoptées (hygiène, port du masque, distanciation interindividuelle, confinement) par des mesures de prévention de la transmission des aérosols à l’intérieur des locaux. L’enjeu est de taille car, dans les pays industrialisés, les individus passent jusqu’à 90 % de leurs temps à l’intérieur.

États-Unis : un plan de 2000 milliards stratégique pour les infrastructures et l’emploi

États-Unis : un plan de 2000 milliards stratégique pour les infrastructures et l’emploi

 

 

Pour l’économiste John Plassard, le plan Biden est l’occasion de reconstruire le pays, de créer de l’emploi et de ramener la croissance (interview dans l’Opinion)

 

Le plan pour les infrastructures et l’emploi que le président américain Joe Biden devait présenter mercredi comporte des dispositions visant à réduire la dépendance des Etats-Unis aux énergies fossiles et à contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. D’un montant d’environ 2 000 milliards de dollars, son objectif est de rénover les infrastructures et de soutenir l’emploi aux Etats-Unis pendant huit ans.

John Plassard est spécialiste des investissements pour le groupe bancaire et financier Mirabaud.

Les Etats-Unis ont-ils besoin d’un méga-plan d’investissement dans les infrastructures comme celui présenté par Joe Biden ?

Oui, car elles sont dans un état catastrophique. Chaque année, la société américaine du génie civile, l’American Society of Civil Engineers (ASCE), dresse l’état des lieux des infrastructures nationales. Ses notes vont de A à F. Or, depuis 1998, la note moyenne ne dépasse pas le D. Aucun secteur n’a jamais eu de A aux Etats-Unis. C’est un vrai problème structurel. La meilleure note du dernier rapport a été accordée au transport ferroviaire et cela a été un B. Globalement, les réseaux routiers et électriques, l’eau, les aéroports, les établissements scolaires etc. sont dans un état déplorable. Dans la foulée de sa grande réforme fiscale, Donald Trump avait essayé de faire voter un plan d’investissement de 1 000 milliards de dollars qui n’était pas aussi « vert » et aussi tourné vers les énergies renouvelables que celui de Joe Biden. Mais entretemps, Trump a perdu les élections de mi-mandat de 2018 et ne disposait donc plus de majorité au Congrès. L’ambition, aujourd’hui, est de refaire les routes, de mettre en place des réseaux électriques intelligents, de généraliser la 5G et d’installer des bornes pour les véhicules électriques, quasiment inexistantes actuellement. Il faut vraiment le faire. C’est l’occasion de reconstruire le pays, de créer de l’emploi et de ramener la croissance.

Quel en sera l’impact ?

C’est un champ énorme qui répond au programme électoral de Joe Biden. C’est aussi un moyen assez « facile » de faire revenir la croissance, même si ce n’est pas pour demain, vu les délais d’application que cela va nécessiter. Mais pour les entreprises, les carnets de commandes qui se remplissent sont un facteur très important. Sachant que politiquement, l’administration actuelle doit faire voter ce paquet avant les élections de mi-mandat de 2022 qu’elle risque de perdre. Ce sera sans doute plus compliqué si le parti républicain reprend le contrôle du Sénat ou de la Chambre des représentants, même s’il est d’accord sur quelques points du plan.

« Si le mot “impôt” n’est pas prononcé, le plan a des chances de passer, car tout le monde est d’accord sur la nécessité de moderniser les infrastructures »

Le débat va porter sur le financement avec notamment l’idée de relever l’impôt sur les sociétés…

Il y a la piste de partenariat public-privé ou l’introduction en Bourse de certains actifs comme des aéroports… Le plus simple serait d’augmenter les impôts sur les entreprises et d’effacer les réductions de 28 % à 21 % réalisées par Donald Trump. Certains à gauche, comme Bernie Sanders, poussent Joe Biden à utiliser cette arme. Mais ce serait mal venu dans une période de récession et de graves difficultés. S’il y a une quatrième vague pandémique malgré la campagne de vaccination, cela pourrait être dramatique, tant politiquement qu’économiquement. Cela peut se faire dans un deuxième temps quand la situation se sera améliorée et qu’il faudra rembourser les dettes. On peut envisager d’ailleurs deux paquets. Dans un premier temps, un plan classique portant sur les infrastructures classiques et, dans un second temps, un plan dit d’infrastructure humaine d’un même montant de 2 000 milliards de dollars visant les étudiants ainsi que tous les travailleurs et chômeurs durement touchés par la crise. Il y a quand même une dizaine de millions d’Américains qui ont perdu leur emploi du fait de la Covid. C’est là qu’il serait possible d’évoquer des hausses d’impôt si les démocrates conservaient la majorité des sièges dans les deux chambres du Congrès.

Le premier volet a-t-il des chances d’être adopté durant cette législature ?

Cela va se négocier en sous-main avec les républicains. Ce sera du donnant-donnant sur des sujets n’ayant pas forcément à voir avec le plan. Si le mot « impôt » n’est pas prononcé, il a des chances de passer, car tout le monde est d’accord sur la nécessité de moderniser les infrastructures. C’est la promesse de créations d’emploi et d’un retour à un taux de croissance autour de 3 % à 4 %, histoire de pouvoir concurrencer la Chine.

N’y a-t-il pas un risque supplémentaire de réveiller l’inflation ?

Non. C’est une menace déjà évoquée après l’adoption du dernier plan de relance de 1 900 milliards de dollars. Or, je n’y crois pas du tout. Car sur cette somme, 405 milliards sont destinés à abonder les chèques envoyés aux ménages américains. Or, très peu de cette enveloppe sera dévolue à la consommation réelle. On l’a vu avec le précédent chèque envoyé par l’administration Trump. Une bonne partie ira au remboursement des dettes et une autre à l’épargne. Ce qui est compréhensible tant que la confiance ne sera pas totalement rétablie et le retour à la normale acquis. Et l’inflation est surtout entraînée par la hausse des salaires, ce qui n’est pas le cas actuellement aux Etats-Unis. On pourrait éventuellement assister à une baisse du dollar du fait d’un nouveau dérapage des déficits publics, mais cela n’ira pas au-delà.

Plan de relance européen. La cour suprême allemande s’y oppose

Plan de relance européen. La cour suprême allemande s’y oppose

Bizarrerie juridique la cour constitutionnelle allemande a toujours le pouvoir de s’opposer à des décisions notamment financières de l’Europe y compris lorsqu’elles sont adoptées par le Parlement d’outre-Rhin.

Il s’agit pour cet organisme très orthodoxe de s’opposer au plan de relance de 750 milliards pourtant adopté par les autorités européennes et allemandes. En fait, il s’agit peut-être non pas d’empêcher un plan de relance qui a reçu la bénédiction de toutes les institutions démocratiques mais peut-être de s’opposer aux velléités dépensières de pays du Sud et de la France. En effet hier macron a lancé l’idée d’un plan supplémentaire pour soutenir l’économie.  

Un appel considéré comme très laxiste par les orthodoxes allemands qui oublient cependant que les liquidités largement distribuées par la banque centrale européenne et par l’union européenne soutiennent la demande des pays européens à l’Allemagne. La cour constitutionnelle allemande critique la globalité du plan de 750 milliards mais surtout la partie qui sera versée sous forme de subventions, à peu près la moitié.

Covid: Macron pour un nouveau plan de relance économique européen

Covid: Macron pour un nouveau plan de relance économique  européen

 

Il est clair que le plan de relance des États-Unis fait saliver nombre de responsables européens en particulier en France . Récemment Biden a lancé un nouveau plan de près de 3000 milliards pour soutenir l’économie, le pouvoir d’achat des plus pauvres et moderniser les infrastructures. À comparer aux 750 milliards décidés en Europe. Ce n’est d’ailleurs pas le premier plan américain car depuis le début de la crise c’est de l’art de 5000 milliards qui ont été engagés. Et un autre plan est aussi prévu d’ici la fin de l’année aux États-Unis.

 

L’Europe  a évidemment sous-estimé non seulement l’ampleur de la crise sanitaire mais aussi ses conséquences sur l’économie. En fait ,on espérait un taux de croissance de l’ordre de 4 % environ en moyenne pour l’union européenne. Avec la reprise de la pandémie, on aura bien du mal à l’atteindre. En outre on est encore loin d’avoir mesuré tous les dégâts structurels de la crise.

 

D’une certaine manière , Macron prend date et ouvre le débat pour un nouveau soutien à une économie européenne qui flanche par rapport aux États-Unis où on attend 6à 8 % de croissance en 2021 «C’est un des enseignements de la crise pour l’Europe comme pour la France: il nous faut simplifier drastiquement nos réponses. Nous sommes trop lents, nous sommes trop complexes, nous sommes trop engoncés dans nos propres bureaucraties», a ajouté le chef d’Etat devant la presse à l’issue du sommet européen qui s’est tenu en visioconférence.

 

Résumant les discussions entre les 26 autres dirigeants de l’UE, Emmanuel Macron a souligné que la sortie de la crise passait «par un maintien des mesures de soutien budgétaire aussi longtemps que durera la crise sanitaire et la mise en oeuvre rapide du plan de relance européen» de 750 milliards d’euros qui avait été adopté en juillet. Avec cet engagement «extrêmement fort», l’UE «a apporté une réponse à la hauteur» à la suite de la première vague de l’épidémie du printemps 2020. «Mais, suite aux 2ème et 3ème vague (…), il nous faudra sans doute compléter cette réponse», a-t-il ajouté.

États-Unis : un plan de rénovation des infrastructures

États-Unis : un plan de rénovation des infrastructures

 

Dans le plan de près de 3000 milliards décidé par Biden pour soutenir l’économie figure en bonne place la rénovation des infrastructures dont il faut dire qu’elles sont parfois dans un état assez lamentable. La proposition, sur laquelle les principaux conseillers du président délibèrent depuis des semaines, serait articulée en deux parties distinctes, la première partie du plan sera axée sur les infrastructures et l’énergie propre, et la seconde sur «l’économie des soins» avec un accent mis sur les principaux problèmes économiques, selon CNN.

L’Allemagne aussi de ce côté entend soutenir son économie avec également un plan de remise à niveau des les infrastructures. En France par contre, ce n’est pas à l’ordre du jour. Certes les infrastructures sont globalement en meilleur état que dans les pays cités mais les besoins sont importants aussi bien dans le transport, que dans l’énergie,  la rénovation des bâtiments ou encore la recherche.

Veolia propose un nouveau plan de dépeçage de Suez

Veolia propose un nouveau plan de dépeçage de Suez

La folie de dépeçage de Suez voulue par Veolia continue. Ainsi le mécano capitalistique de Veolia vis-à-vis de Suez propose maintenant de séparer l’international du national. Et en plus de confier l’activité de l’eau au fond Méridian . Sur le fond, c’est toujours la même volonté de Veolia de dépecer Suez pour vendre des actifs réduisant en même temps la concurrence nationale. Un plan évidemment démoniaque, irrationnel et irresponsable qui à terme pourrait porter d’ailleurs un grave préjudice aux deux sociétés dont l’image devient de plus en plus trouble à l’étranger mais y compris à l’intérieur du pays.

Il s’agit évidemment d’une énième manipulation du patron de Veolia qui en fait une affaire personnelle. Le pire c’est que le patron de Veolia assure qu’il maintiendrait la totalité de l’emploi chez Suez qu’il veut vendre à d’autres. Comme si ce genre de promesse avait été une fois tenue dans le milieu économique et financier.. Veolia propose en effet à Suez le maintien de l’ensemble de ses activités en France au sein d’un même groupe, qui serait repris par le fonds Meridiam.

Ce dernier, qui avait déjà accepté dès le mois d’août de reprendre Suez Eau France, ajouterait donc à son acquisition les activités de Suez dans les déchets, que Veolia, dans son projet initial, comptait acquérir, mais dont une bonne moitié aurait dû être cédée à des tiers pour respecter les exigences antitrust de la fusion. Le périmètre ainsi repris par Meridiam correspondrait donc à à des effectifs de plus de 25.000 salariés, ainsi qu’à un chiffre d’affaires de 5 milliards d’euros: presqu’un tiers du chiffre d’affaires total du groupe, de 17 milliards en 2020, souligne Antoine Frérot.

Il serait temps que le gouvernement siffle la fin d’une partie complètement irresponsable car ce qui est en cause c’est un marché public entièrement financé par l’usager. Un marché qui pourrait être déstabilisé tant sur le plan de la qualité que des prix.

Plan européen pour les semi-conducteurs

Plan européen pour les semi-conducteurs

 

La France est pratiquement complètement dépendante de l’étranger en particulier de la Chine et des États-Unis. Plus largement l’Europe également. Du coup, la présidente de la commission lance un plan de développement des semi-conducteurs en Europe. L’Union européenne ambitionne de produire 20% des semi-conducteurs dans le monde, soit un doublement de sa part actuelle, mais aussi de fabriquer son premier ordinateur quantique d’ici à 2030, selon une feuille de route publiée aujourd’hui.

Le plan vise à renforcer la puissance de l’Europe dans le numérique et à assurer sa souveraineté technologique face à la Chine et aux Etats-Unis.

« La production de semi-conducteurs de pointe et durables en Europe, notamment les processeurs, devrait représenter au moins 20% de la production mondiale en valeur, soit le double de la part de 10% atteinte en 2020″, affirme le document présenté par la vice-présidente de la Commission européenne Margrethe Vestager et le commissaire au Marché intérieur Thierry Breton.

L’UE veut disposer à la fin de la décennie de 20 millions de spécialistes des technologies de l’information, contre 7,8 millions en 2019. Au moins 80% de la population adulte devra en outre avoir des compétences numériques de base. Environ 150 millions d’euros seront consacrés sur trois ans ou semi-conducteurs

Réchauffement climatique : le plan mondial de Bill Gates

Réchauffement climatique : le plan mondial de Bill Gates

Pour Les Echos Planète, le cofondateur de Microsoft présente son plan d’action pour réduire à zéro les émissions de carbone du secteur énergétique mondial.

Bill Gates, cofondateur et conseiller technologique de Microsoft Corporation, est coprésident de la Fondation Bill & Melinda Gates. 

 

Voilà environ six ans que Bill Gates a décidé de s’investir activement pour lutter contre le réchauffement climatique, un engagement renforcé par la pandémie actuelle de Covid-19. Désormais persuadé qu’il faut convaincre et agir vite, et qu’il peut y contribuer, il publie chez Flammarion un livre entièrement dédié à la cause : Climat : comment éviter un désastre – Les solutions actuelles, les innovations nécessaires. L’objectif du cofondateur de Microsoft sonne comme un défi vertigineux : parvenir au zéro carbone alors que les émissions de gaz à effet de serre de la planète sont de l’ordre de 51 milliards de tonnes par an. L’ingénieur de formation concentre ses efforts sur le sujet au cœur de toutes les problématiques : l’énergie. Transformer le secteur énergétique de la planète pour le rendre propre et permettre à chacun d’en bénéficier pour continuer à se développer est devenu sa nouvelle bataille. La plus grosse partie de l’ouvrage est ainsi dédiée aux technologies existantes, et balbutiantes, dont le développement et la diffusion constituent des solutions prometteuses. Bill Gates en appelle à une mobilisation des esprits, des financements et de la volonté politique, allant jusqu’à proposer un plan concret pour atteindre l’objectif.
Il livre ses pistes de réflexion et ses espoirs dans un entretien avec Connie Hedegaard, ex-commissaire européenne à l’action pour le climat, dont nous publions en exclusivité la traduction française.

Connie Hedegaard : Permettez-moi de débuter par un aveu de ma part : pendant des années, j’ai pensé que vous ne vous intéressiez pas particulièrement au changement climatique. J’ai le souvenir très clair d’une session de Davos à huis clos, il y a quelques années. La discussion avait porté sur le changement climatique, plutôt que sur d’autres problématiques de durabilité, et vous aviez quitté la salle.

« Il est encore difficile pour de nombreuses personnes d’accepter qu’une simple réduction des émissions, sans trajectoire en direction du zéro émission, ne suffira pas.

Aujourd’hui, vous insistez avec force et gravité sur l’urgence de l’action climatique. Vous commencez votre livre en décrivant cette évolution. Initialement, il vous était « difficile d’admettre que tant que les êtres humains émettr[aient] des gaz à effet de serre, les températures continuer[aient] d’augmenter ». Ce n’est qu’après avoir consulté un groupe de scientifiques du climat « à plusieurs reprises autour de questions de suivi » que vous avez finalement « intégré » la problématique. Comment expliquez-vous ce scepticisme initial, et comment votre expérience peut-elle servir à rallier d’autres acteurs ?

Bill Gates : Le monde est aujourd’hui très différent de ce qu’il était lorsque j’ai commencé à étudier le changement climatique. Nous en savons plus désormais, et avons davantage bâti un consensus autour du problème. Mais il est encore difficile pour de nombreuses personnes d’accepter qu’une simple réduction des émissions, sans trajectoire en direction du zéro émission, ne suffira pas. Il est également difficile d’intégrer l’ampleur des innovations qui seront nécessaires pour atteindre ce chiffre zéro – pour refaçonner fondamentalement l’industrie énergétique, premier secteur d’activité mondial. Dans mon livre, j’explique ce qui m’a convaincu, et ce qui je l’espère convaincra les autres. Je souhaite que les défenseurs du climat continuent de viser l’objectif zéro émission, à travers une réduction des émissions qui nous oriente dans cette direction.

CH : Dans vos comparaisons et métaphores très imagées, vous prenez soin de rendre concrets et accessibles certains concepts abstraits ou complexes. Pensez-vous que cette approche soit essentielle pour faire enfin évoluer les mentalités de ceux qui, malgré les données et preuves scientifiques, semblent continuer de croire que nous pouvons poursuivre le cours normal des affaires ? Des approches similaires vous ont-elles aidé dans votre travail à repousser les frontières technologiques chez Microsoft, ou à promouvoir la santé et le développement au niveau mondial au sein de la Fondation Bill & Melinda Gates ?

BG : Bien que ce livre ne s’adresse pas spécifiquement aux climatosceptiques, j’espère évidemment qu’il les persuadera de la nécessité d’investir sérieusement dans les énergies propres. Les pays qui fourniront le plus d’efforts pour alimenter l’innovation dans ce domaine accueilleront la prochaine génération de sociétés de rupture – ainsi que tous les emplois et toute l’activité économique qui les accompagneront. C’est la raison pour laquelle ces investissements constituent le bon choix, même pour ceux qui ne croient pas à cette réalité pourtant incontestable dans laquelle les êtres humains provoquent des changements climatiques qui auront des conséquences dramatiques si personne ne s’attaque au problème.

L’idée s’effondre selon laquelle le fait de moins voyager en avion ou en voiture pourrait suffire. »

CH : La pandémie de Covid-19 souligne non seulement le prix à payer lorsque nous ignorons la science, mais démontre également qu’un changement de comportement rapide à grande échelle est bel et bien possible, de même que les dirigeants déterminés à résoudre les difficultés peuvent gagner en respect. Comme vous le soulignez toutefois également, la pandémie fournit un autre enseignement majeur : la diminution relativement faible (10 %) des émissions de gaz à effet de serre, conséquence positive des confinements à travers le monde, démontre que les changements de comportements, tels que la baisse du trafic aérien et routier, sont très loin de suffire. La pandémie a-t-elle produit d’autres enseignements qui s’appliquent au changement climatique ? Comment les appliquer idéalement à l’action climatique ?

Des avions cloués au sol aux Etats-Unis lors du premier confinement. Credit:Jassen Todorov/Solent/SIPA

BG : Parmi les leçons observables, l’idée s’effondre selon laquelle le fait de moins voyager en avion ou en voiture pourrait suffire : nous avons besoin d’une innovation massive permettant aux individus de continuer de prendre l’avion, de conduire leur véhicule, et de participer à l’économie moderne, sans pour autant générer d’émissions. C’est là un défi plus difficile encore que le développement et la distribution de vaccins contre le Covid-19 (la plus grande campagne de santé publique de l’histoire).

Cette même forme de coopération étroite entre les gouvernements sera nécessaire à tous les niveaux, ainsi qu’avec le secteur privé. Par ailleurs, de la même manière que nous avons tous un rôle à jouer en respectant le port du masque et la distanciation, les individus doivent chacun jouer un rôle dans la réduction des émissions. Chacun peut défendre les politiques d’accélération de la transition vers le zéro émission, et réduire la prime verte en achetant des produits à empreinte carbone faible voire nulle, de type véhicules électriques ou viande végétale. Cela permettra d’attirer davantage de concurrence dans ces domaines, et en fin de compte de réduire le prix des produits écologiques.

CH : Tout comme l’éradication de la pandémie, affirmez-vous, la lutte contre le changement climatique repose essentiellement sur les sciences et l’innovation. Dans l’ensemble, vous vous dites « optimiste quant à notre capacité à inventer [les outils nécessaires], à les déployer et, si nous agissons suffisamment rapidement, à éviter le désastre climatique ». Quelles expériences ou leçons vous confèrent cet optimisme ?

BG : J’ai personnellement constaté combien les investissements en R&D pouvaient changer le monde. Les recherches soutenues par le gouvernement des Etats-Unis et par les entreprises américaines ont rendu possibles les microprocesseurs et internet, qui ont libéré une quantité phénoménale d’énergie entrepreneuriale autour de la création de l’industrie des ordinateurs personnels. De même, les efforts fournis par le gouvernement américain autour du séquençage du génome humain ont conduit à des avancées majeures dans le traitement des cancers et autres maladies mortelles.

En ce qui concerne le zéro émission, j’observe moi-même de formidables avancées. Breakthrough Energy Ventures, le fonds privé que j’ai mis en place avec plusieurs partenaires, a investi dans plus d’une vingtaine d’entreprises qui travaillent sur des procédés à empreinte carbone faible voire nulle, pour la fabrication de ciment et d’acier, la production et le stockage d’importants volumes d’électricité verte, l’horticulture et l’élevage, le transport des personnes et des marchandises à travers le monde, ou encore le chauffage et la climatisation des immeubles. Beaucoup de ces idées ne verront pas le jour. Mais celles qui y parviennent pourraient bien changer le monde.

CH : Vous écrivez toutefois : « L’innovation n’est pas qu’une question de conception de nouveaux appareils, mais également d’élaboration de nouvelles politiques permettant de présenter et de déployer ces inventions sur le marché le plus rapidement possible ». L’Union européenne, comme désormais la Chine, commence à entreprendre cette forme d’innovation politique.

Dans un effort de rectification d’une structure d’incitation défaillante, qui échoue à prendre en compte ce que vous appelez les « primes vertes », de nombreux pays européens ont mis en place des mécanismes de taxation des émissions de CO2, du gaspillage de ressources, ainsi que de la pollution. Ces mesures politiques réorientent-elles significativement la structure incitative dans la bonne direction ? Un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières permettrait-il de favoriser cette avancée ?

Nous avons besoin d’innovations politiques au même titre que technologiques. »

BG : La tarification du carbone compte parmi les mesures qui produiront une différence, dans le cadre d’une approche globale visant l’augmentation à la fois de l’offre et de la demande relatives aux avancées en matière d’énergies propres. J’évoque bien d’autres idées dans mon livre. Pour développer l’offre d’innovation, les gouvernements pourraient par exemple accroître substantiellement (multiplier par cinq, selon moi) leurs investissements dans la R&D autour des énergies propres. Du côté de la demande, outre le prix du carbone, je pense par exemple à des normes sur la quantité d’électricité ou de carburant issue des sources zéro carbone.

« Il nous faut désormais axer le quotient intellectuel politique et technologique mondial sur l’élimination des émissions. »

Nous avons besoin d’innovations politiques au même titre que technologiques. Nous savons que les mesures politiques et les technologies peuvent ensemble résoudre les plus grands défis. Comme je le décris dans mon livre, la pollution de l’air est en le parfait exemple ; le Clean Air Act américain a formidablement permis d’éliminer certains gaz toxiques de l’air. D’autres solutions politiques incroyablement efficaces ont été mises en place aux Etats-Unis, parmi lesquelles l’électrification des campagnes, l’amélioration de la sécurité énergétique, ou encore la relance économique après la Grande Récession de 2008. Il nous faut désormais axer le quotient intellectuel politique et technologique mondial sur l’élimination des émissions. Mon équipe au sein de Breakthrough Energy, réseau d’initiatives que j’ai créé pour accélérer la transition vers des énergies propres, travaille intensément pour élaborer et promouvoir des mesures politiques audacieuses sur la voie des objectifs climatiques mondiaux.

CH : Comme vous le soulignez, les gouvernements tentent souvent d’utiliser des règles relatives à d’autres problèmes pour réduire les émissions – une approche qui équivaut à tenter de « créer une intelligence artificielle en utilisant un ordinateur central des années 1960 ».

L’introduction de nouvelles législations majeures est toutefois difficile, notamment parce que les producteurs établis s’opposent à des normes plus strictes et autres changements coûteux. Vous qui vous êtes situé du côté « réglementé » dans l’équation réglementaire, quelles solutions ou idées envisagez-vous pour résoudre le problème du retard des politiques ?

BG : Il est nécessaire que les gouvernements agissent pour résoudre ce problème – il s’agit d’opérer une transition du système énergétique mondial tout entier, à une vitesse sans précédent. Les investissements du secteur privé ne pourront aboutir sans des conditions de marché qui récompensent l’innovation et permettent la concurrence des technologies propres, un environnement que les gouvernements doivent contribuer à instaurer, en agissant de manière ciblée, fiable et prévisible.

C’est aussi pour cela que je parle d’innovation non seulement technologique, mais également sur le plan des politiques et des marchés. Les dirigeants politiques doivent réfléchir avec créativité aux meilleurs moyens d’encourager l’innovation en matière d’énergies propres, d’équilibrer les règles du jeu, et d’accélérer la transition énergétique. Mon équipe chez Breakthrough Energy travaille avec plusieurs responsables publics pour développer et promouvoir les politiques nécessaires en direction de l’objectif zéro émissions nettes.

CH : Au-delà des mesures politiques, vous appelez les gouvernements à se montrer plus audacieux dans leurs investissements en recherche et développement autour du climat. Quel rôle doivent ici jouer les universités, à la fois en termes de recherche et de transmission des connaissances nécessaires pour façonner les mesures politiques ?

BG : Les universités offrent un environnement propice aux idées et au développement de technologies propres. La science, la recherche et l’ingénierie au sein des universités à travers le monde comptent parmi les facteurs les plus importants sur la voie du zéro émission nette. Bien entendu, les découvertes doivent s’extraire du seul monde universitaire, pour éclairer des politiques nouvelles et façonner le marché. Certaines institutions académiques fournissent des efforts concertés pour aider leurs professeurs à communiquer plus efficacement, à rendre leurs recherches plus attractives aux yeux des dirigeants politiques, ainsi que pour propulser leurs découvertes technologiques en direction des entreprises et des marchés. Ces aspects sont cruciaux pour éviter un désastre climatique.

CH : Vous insistez pour dire que l’impératif moral de l’action climatique est aussi fort que l’impératif économique, dans la mesure où le changement climatique affecte de manière disproportionnée les plus pauvres de la planète. Mais l’action climatique présente également des implications en termes de répartition. Comme vous le reconnaissez, même la très faible prime verte, destinée à la décarbonation du système d’électricité américain tout entier, risque d’être trop élevée pour les ménages à faibles revenus, et les pays en voie de développement sont beaucoup moins en capacité d’opérer une telle transformation. Comment surmonter ces défis ? Vos travaux sur le déploiement d’autres technologies dans des environnements à revenus faibles produisent-ils des enseignements utiles sur ce point ?

Le dirigeant d’un pays riche devrait se demander ce que fait son gouvernement, ou sa société dans le cas d’un chef d’entreprise, pour rendre la transition écologique accessible dans le monde entier. »

BG : C’est un sujet extrêmement important. Les pays à revenu faible et à revenu intermédiaire consommeront davantage d’énergie au cours des prochaines décennies, à mesure qu’ils s’extrairont de la pauvreté. Nous aspirons tous à des énergies propres, mais ces pays ne les adopteront que si elles sont aussi peu coûteuses que les combustibles fossiles aujourd’hui.

Le dirigeant d’un pays riche devrait se demander ce que fait son gouvernement, ou sa société dans le cas d’un chef d’entreprise, pour rendre la transition écologique accessible dans le monde entier – y compris pour les pays à revenu intermédiaire et à revenu faible. L’accroissement des investissements dans la R&D et dans les mesures politiques nouvelles doit être axé sur cet objectif. Nombre des sociétés dans lesquelles j’investis travaillent sur des idées abordables pour les pays à revenu faible.

CH : Vous comptez parmi les chefs d’entreprise qui aujourd’hui reconnaissent publiquement le rôle indispensable de l’Etat dans la résolution des grandes problématiques. Même parmi ces problématiques, le changement climatique se démarque. La résolution de ce défi nécessitera-t-elle un rôle du secteur public – de manière générale ou dans un domaine particulier – plus grand encore que celui auquel sont habitués même les plus favorables à l’action de l’Etat ?

BG : La transition vers des énergies propres devra être menée de concert par les gouvernements et le secteur privé – comme l’a été la révolution de l’informatique.

Cela signifiera un plus grand rôle de l’Etat, mais seulement parce que son rôle était relativement limité jusqu’à présent. Prenez la nécessaire multiplication par cinq des investissements publics en R&D, que j’ai évoquée précédemment. Cette augmentation placerait la recherche sur les énergies propres au même niveau que la recherche médicale aux Etats-Unis. De la même manière que nous pouvons compter sur les Instituts nationaux de santé pour superviser et coordonner ce travail, nous devrions créer des Instituts nationaux d’innovation énergétique (les NIEI) pour éviter les redondances et veiller à l’utilisation optimale des ressources. Un Institut de décarbonation des transports pourrait quant à lui travailler sur des carburants à faible empreinte carbone. D’autres instituts pourraient se voir conférer une autorité et des responsabilités similaires dans la recherche sur le stockage des énergies, sur les énergies renouvelables, etc.

Les NIEI pourraient également être en charge de la coordination avec le secteur privé. L’objectif consisterait à voir les recherches émerger des laboratoires nationaux, puis conduire à des produits innovants, qu’il s’agirait ensuite de déployer sur le marché à très grande échelle. Nous avons besoin de politiques qui accélèrent l’ensemble du pipeline d’innovation, de la recherche initiale jusqu’au déploiement de masse.  Au-delà des moyens nouveaux de concevoir des matériaux zéro émission, nous pouvons tout simplement utiliser moins de choses.  »

CH : Dans un passage du livre, vous écrivez : « Au-delà des moyens nouveaux de concevoir des matériaux zéro émission, nous pouvons tout simplement utiliser moins de choses. » Certains vous répondraient que le capitalisme repose sur la consommation – plus elle est élevée, mieux c’est. Une solution réelle à la crise climatique dépend-elle d’une nouvelle vision du capitalisme pour le XXIe siècle ? Une conception disons plus qualitative de la « croissance » pourrait-elle constituer le pilier d’un tel système ?

BG : J’estime que les individus du monde riche peuvent et doivent réduire une partie de leurs émissions. Comme je l’explique dans mon livre, je prends moi-même certaines mesures pour réduire et compenser mes propres émissions. La consommation énergétique au niveau mondial est vouée à doubler d’ici 2050, en raison d’une importante croissance des pays à revenu faible et à revenu intermédiaire. La croissance est une bonne chose en ce sens qu’elle permet aux individus de vivre une existence plus productive, en meilleure santé. Nous devons cependant y parvenir sans rendre le problème climatique encore plus difficile à résoudre. C’est pourquoi nous avons besoin d’innovations qui rendent l’élimination des émissions suffisamment abordable pour chacun à travers le monde.

CH : « Ce livre évoque ce qu’il nous faut accomplir [pour éviter un désastre], et pourquoi je pense que nous pouvons y parvenir », écrivez-vous. En votre âme et conscience, pensez-vous réellement que nous y parviendrons tous ensemble à temps ?

BG : Oui, je le pense. Comme je l’écris à la fin de mon livre, je suis fondamentalement optimiste, car j’observe ce que la technologie peut accomplir, et ce que les êtres humains sont capables de réaliser. Ce qu’il nous faut, c’est consacrer les dix prochaines années à l’élaboration et à la mise en place des bonnes politiques, technologies et structures de marché, afin que le monde puisse atteindre l’objectif zéro émission d’ici 2050. Nous n’avons pas de temps à perdre.

États-Unis : Plan de relance américain de près de 2000 milliards voté

  • États-Unis : Plan de relance américain de près de 2000 milliards voté

L’énorme soutien budgétaire américain ainsi que l’aide inconditionnelle de la banque centrale devrait favoriser le redémarrage économique aux États-Unis. On espère ainsi un taux de croissance de 8 % en 2021 (pour à peine 4 % en Europe). D’ores et déjà des signes de reprise ce manifeste.

 

Le Sénat américain a donc finalement approuvé samedi le plan de 1.900 milliards de dollars relancer la première économie mondiale.

Ce sera le troisième plan d’aides exceptionnelles approuvé par le Congrès pendant la pandémie. 

Le plan de relance, qui inclut le financement des vaccins et des fournitures médicales, étend l’aide au chômage et fournit une nouvelle série d’aides financières d’urgence aux ménages, aux petites entreprises et aux autorités locales, bénéficie selon les sondages d’opinion d’un large soutien. Le plan des démocrates prévoit notamment des chèques de 1.400 dollars pour des millions d’Américains, ainsi que 350 milliards de dollars d’aide aux Etats et aux collectivités locales. Le texte prévoit aussi des milliards de dollars pour lutter contre la pandémie, dont 49 milliards pour le dépistage et la recherche, en plus de 14 milliards pour la distribution du vaccin.

 

La reprise économique semble s’amorcer mais elle pourrait s’amplifier nettement avec le plan de 1900 milliards. Aux États-Unis on espère une hausse de la croissance de l’ordre de 8 % en 2021 à comparer à 4 % à peine pour l’Europe. L’emploi commence aussi à se redresser. En février, 379.000 emplois ont été créés, près de trois fois plus qu’en janvier. Mais il faudra encore du temps pour retrouver le niveau d’avant la pandémie: 18 millions d’Américains touchent toujours une allocation, après avoir perdu leur emploi ou vu leurs revenus plonger.

Réchauffement climatique : le plan mondial de Bill Gates

Réchauffement climatique : le plan mondial de Bill Gates

Pour Les Echos Planète, le cofondateur de Microsoft présente son plan d’action pour réduire à zéro les émissions de carbone du secteur énergétique mondial.

Bill Gates, cofondateur et conseiller technologique de Microsoft Corporation, est coprésident de la Fondation Bill & Melinda Gates. 

 

Voilà environ six ans que Bill Gates a décidé de s’investir activement pour lutter contre le réchauffement climatique, un engagement renforcé par la pandémie actuelle de Covid-19. Désormais persuadé qu’il faut convaincre et agir vite, et qu’il peut y contribuer, il publie chez Flammarion un livre entièrement dédié à la cause : Climat : comment éviter un désastre – Les solutions actuelles, les innovations nécessaires. L’objectif du cofondateur de Microsoft sonne comme un défi vertigineux : parvenir au zéro carbone alors que les émissions de gaz à effet de serre de la planète sont de l’ordre de 51 milliards de tonnes par an. L’ingénieur de formation concentre ses efforts sur le sujet au cœur de toutes les problématiques : l’énergie. Transformer le secteur énergétique de la planète pour le rendre propre et permettre à chacun d’en bénéficier pour continuer à se développer est devenu sa nouvelle bataille. La plus grosse partie de l’ouvrage est ainsi dédiée aux technologies existantes, et balbutiantes, dont le développement et la diffusion constituent des solutions prometteuses. Bill Gates en appelle à une mobilisation des esprits, des financements et de la volonté politique, allant jusqu’à proposer un plan concret pour atteindre l’objectif.
Il livre ses pistes de réflexion et ses espoirs dans un entretien avec Connie Hedegaard, ex-commissaire européenne à l’action pour le climat, dont nous publions en exclusivité la traduction française.

Connie Hedegaard : Permettez-moi de débuter par un aveu de ma part : pendant des années, j’ai pensé que vous ne vous intéressiez pas particulièrement au changement climatique. J’ai le souvenir très clair d’une session de Davos à huis clos, il y a quelques années. La discussion avait porté sur le changement climatique, plutôt que sur d’autres problématiques de durabilité, et vous aviez quitté la salle.

« Il est encore difficile pour de nombreuses personnes d’accepter qu’une simple réduction des émissions, sans trajectoire en direction du zéro émission, ne suffira pas.

Aujourd’hui, vous insistez avec force et gravité sur l’urgence de l’action climatique. Vous commencez votre livre en décrivant cette évolution. Initialement, il vous était « difficile d’admettre que tant que les êtres humains émettr[aient] des gaz à effet de serre, les températures continuer[aient] d’augmenter ». Ce n’est qu’après avoir consulté un groupe de scientifiques du climat « à plusieurs reprises autour de questions de suivi » que vous avez finalement « intégré » la problématique. Comment expliquez-vous ce scepticisme initial, et comment votre expérience peut-elle servir à rallier d’autres acteurs ?

Bill Gates : Le monde est aujourd’hui très différent de ce qu’il était lorsque j’ai commencé à étudier le changement climatique. Nous en savons plus désormais, et avons davantage bâti un consensus autour du problème. Mais il est encore difficile pour de nombreuses personnes d’accepter qu’une simple réduction des émissions, sans trajectoire en direction du zéro émission, ne suffira pas. Il est également difficile d’intégrer l’ampleur des innovations qui seront nécessaires pour atteindre ce chiffre zéro – pour refaçonner fondamentalement l’industrie énergétique, premier secteur d’activité mondial. Dans mon livre, j’explique ce qui m’a convaincu, et ce qui je l’espère convaincra les autres. Je souhaite que les défenseurs du climat continuent de viser l’objectif zéro émission, à travers une réduction des émissions qui nous oriente dans cette direction.

CH : Dans vos comparaisons et métaphores très imagées, vous prenez soin de rendre concrets et accessibles certains concepts abstraits ou complexes. Pensez-vous que cette approche soit essentielle pour faire enfin évoluer les mentalités de ceux qui, malgré les données et preuves scientifiques, semblent continuer de croire que nous pouvons poursuivre le cours normal des affaires ? Des approches similaires vous ont-elles aidé dans votre travail à repousser les frontières technologiques chez Microsoft, ou à promouvoir la santé et le développement au niveau mondial au sein de la Fondation Bill & Melinda Gates ?

BG : Bien que ce livre ne s’adresse pas spécifiquement aux climatosceptiques, j’espère évidemment qu’il les persuadera de la nécessité d’investir sérieusement dans les énergies propres. Les pays qui fourniront le plus d’efforts pour alimenter l’innovation dans ce domaine accueilleront la prochaine génération de sociétés de rupture – ainsi que tous les emplois et toute l’activité économique qui les accompagneront. C’est la raison pour laquelle ces investissements constituent le bon choix, même pour ceux qui ne croient pas à cette réalité pourtant incontestable dans laquelle les êtres humains provoquent des changements climatiques qui auront des conséquences dramatiques si personne ne s’attaque au problème.

L’idée s’effondre selon laquelle le fait de moins voyager en avion ou en voiture pourrait suffire. »

CH : La pandémie de Covid-19 souligne non seulement le prix à payer lorsque nous ignorons la science, mais démontre également qu’un changement de comportement rapide à grande échelle est bel et bien possible, de même que les dirigeants déterminés à résoudre les difficultés peuvent gagner en respect. Comme vous le soulignez toutefois également, la pandémie fournit un autre enseignement majeur : la diminution relativement faible (10 %) des émissions de gaz à effet de serre, conséquence positive des confinements à travers le monde, démontre que les changements de comportements, tels que la baisse du trafic aérien et routier, sont très loin de suffire. La pandémie a-t-elle produit d’autres enseignements qui s’appliquent au changement climatique ? Comment les appliquer idéalement à l’action climatique ?

Des avions cloués au sol aux Etats-Unis lors du premier confinement. Credit:Jassen Todorov/Solent/SIPA

BG : Parmi les leçons observables, l’idée s’effondre selon laquelle le fait de moins voyager en avion ou en voiture pourrait suffire : nous avons besoin d’une innovation massive permettant aux individus de continuer de prendre l’avion, de conduire leur véhicule, et de participer à l’économie moderne, sans pour autant générer d’émissions. C’est là un défi plus difficile encore que le développement et la distribution de vaccins contre le Covid-19 (la plus grande campagne de santé publique de l’histoire).

Cette même forme de coopération étroite entre les gouvernements sera nécessaire à tous les niveaux, ainsi qu’avec le secteur privé. Par ailleurs, de la même manière que nous avons tous un rôle à jouer en respectant le port du masque et la distanciation, les individus doivent chacun jouer un rôle dans la réduction des émissions. Chacun peut défendre les politiques d’accélération de la transition vers le zéro émission, et réduire la prime verte en achetant des produits à empreinte carbone faible voire nulle, de type véhicules électriques ou viande végétale. Cela permettra d’attirer davantage de concurrence dans ces domaines, et en fin de compte de réduire le prix des produits écologiques.

CH : Tout comme l’éradication de la pandémie, affirmez-vous, la lutte contre le changement climatique repose essentiellement sur les sciences et l’innovation. Dans l’ensemble, vous vous dites « optimiste quant à notre capacité à inventer [les outils nécessaires], à les déployer et, si nous agissons suffisamment rapidement, à éviter le désastre climatique ». Quelles expériences ou leçons vous confèrent cet optimisme ?

BG : J’ai personnellement constaté combien les investissements en R&D pouvaient changer le monde. Les recherches soutenues par le gouvernement des Etats-Unis et par les entreprises américaines ont rendu possibles les microprocesseurs et internet, qui ont libéré une quantité phénoménale d’énergie entrepreneuriale autour de la création de l’industrie des ordinateurs personnels. De même, les efforts fournis par le gouvernement américain autour du séquençage du génome humain ont conduit à des avancées majeures dans le traitement des cancers et autres maladies mortelles.

En ce qui concerne le zéro émission, j’observe moi-même de formidables avancées. Breakthrough Energy Ventures, le fonds privé que j’ai mis en place avec plusieurs partenaires, a investi dans plus d’une vingtaine d’entreprises qui travaillent sur des procédés à empreinte carbone faible voire nulle, pour la fabrication de ciment et d’acier, la production et le stockage d’importants volumes d’électricité verte, l’horticulture et l’élevage, le transport des personnes et des marchandises à travers le monde, ou encore le chauffage et la climatisation des immeubles. Beaucoup de ces idées ne verront pas le jour. Mais celles qui y parviennent pourraient bien changer le monde.

CH : Vous écrivez toutefois : « L’innovation n’est pas qu’une question de conception de nouveaux appareils, mais également d’élaboration de nouvelles politiques permettant de présenter et de déployer ces inventions sur le marché le plus rapidement possible ». L’Union européenne, comme désormais la Chine, commence à entreprendre cette forme d’innovation politique.

Dans un effort de rectification d’une structure d’incitation défaillante, qui échoue à prendre en compte ce que vous appelez les « primes vertes », de nombreux pays européens ont mis en place des mécanismes de taxation des émissions de CO2, du gaspillage de ressources, ainsi que de la pollution. Ces mesures politiques réorientent-elles significativement la structure incitative dans la bonne direction ? Un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières permettrait-il de favoriser cette avancée ?

Nous avons besoin d’innovations politiques au même titre que technologiques. »

BG : La tarification du carbone compte parmi les mesures qui produiront une différence, dans le cadre d’une approche globale visant l’augmentation à la fois de l’offre et de la demande relatives aux avancées en matière d’énergies propres. J’évoque bien d’autres idées dans mon livre. Pour développer l’offre d’innovation, les gouvernements pourraient par exemple accroître substantiellement (multiplier par cinq, selon moi) leurs investissements dans la R&D autour des énergies propres. Du côté de la demande, outre le prix du carbone, je pense par exemple à des normes sur la quantité d’électricité ou de carburant issue des sources zéro carbone.

« Il nous faut désormais axer le quotient intellectuel politique et technologique mondial sur l’élimination des émissions. »

Nous avons besoin d’innovations politiques au même titre que technologiques. Nous savons que les mesures politiques et les technologies peuvent ensemble résoudre les plus grands défis. Comme je le décris dans mon livre, la pollution de l’air est en le parfait exemple ; le Clean Air Act américain a formidablement permis d’éliminer certains gaz toxiques de l’air. D’autres solutions politiques incroyablement efficaces ont été mises en place aux Etats-Unis, parmi lesquelles l’électrification des campagnes, l’amélioration de la sécurité énergétique, ou encore la relance économique après la Grande Récession de 2008. Il nous faut désormais axer le quotient intellectuel politique et technologique mondial sur l’élimination des émissions. Mon équipe au sein de Breakthrough Energy, réseau d’initiatives que j’ai créé pour accélérer la transition vers des énergies propres, travaille intensément pour élaborer et promouvoir des mesures politiques audacieuses sur la voie des objectifs climatiques mondiaux.

CH : Comme vous le soulignez, les gouvernements tentent souvent d’utiliser des règles relatives à d’autres problèmes pour réduire les émissions – une approche qui équivaut à tenter de « créer une intelligence artificielle en utilisant un ordinateur central des années 1960 ».

L’introduction de nouvelles législations majeures est toutefois difficile, notamment parce que les producteurs établis s’opposent à des normes plus strictes et autres changements coûteux. Vous qui vous êtes situé du côté « réglementé » dans l’équation réglementaire, quelles solutions ou idées envisagez-vous pour résoudre le problème du retard des politiques ?

BG : Il est nécessaire que les gouvernements agissent pour résoudre ce problème – il s’agit d’opérer une transition du système énergétique mondial tout entier, à une vitesse sans précédent. Les investissements du secteur privé ne pourront aboutir sans des conditions de marché qui récompensent l’innovation et permettent la concurrence des technologies propres, un environnement que les gouvernements doivent contribuer à instaurer, en agissant de manière ciblée, fiable et prévisible.

C’est aussi pour cela que je parle d’innovation non seulement technologique, mais également sur le plan des politiques et des marchés. Les dirigeants politiques doivent réfléchir avec créativité aux meilleurs moyens d’encourager l’innovation en matière d’énergies propres, d’équilibrer les règles du jeu, et d’accélérer la transition énergétique. Mon équipe chez Breakthrough Energy travaille avec plusieurs responsables publics pour développer et promouvoir les politiques nécessaires en direction de l’objectif zéro émissions nettes.

CH : Au-delà des mesures politiques, vous appelez les gouvernements à se montrer plus audacieux dans leurs investissements en recherche et développement autour du climat. Quel rôle doivent ici jouer les universités, à la fois en termes de recherche et de transmission des connaissances nécessaires pour façonner les mesures politiques ?

BG : Les universités offrent un environnement propice aux idées et au développement de technologies propres. La science, la recherche et l’ingénierie au sein des universités à travers le monde comptent parmi les facteurs les plus importants sur la voie du zéro émission nette. Bien entendu, les découvertes doivent s’extraire du seul monde universitaire, pour éclairer des politiques nouvelles et façonner le marché. Certaines institutions académiques fournissent des efforts concertés pour aider leurs professeurs à communiquer plus efficacement, à rendre leurs recherches plus attractives aux yeux des dirigeants politiques, ainsi que pour propulser leurs découvertes technologiques en direction des entreprises et des marchés. Ces aspects sont cruciaux pour éviter un désastre climatique.

CH : Vous insistez pour dire que l’impératif moral de l’action climatique est aussi fort que l’impératif économique, dans la mesure où le changement climatique affecte de manière disproportionnée les plus pauvres de la planète. Mais l’action climatique présente également des implications en termes de répartition. Comme vous le reconnaissez, même la très faible prime verte, destinée à la décarbonation du système d’électricité américain tout entier, risque d’être trop élevée pour les ménages à faibles revenus, et les pays en voie de développement sont beaucoup moins en capacité d’opérer une telle transformation. Comment surmonter ces défis ? Vos travaux sur le déploiement d’autres technologies dans des environnements à revenus faibles produisent-ils des enseignements utiles sur ce point ?

Le dirigeant d’un pays riche devrait se demander ce que fait son gouvernement, ou sa société dans le cas d’un chef d’entreprise, pour rendre la transition écologique accessible dans le monde entier. »

BG : C’est un sujet extrêmement important. Les pays à revenu faible et à revenu intermédiaire consommeront davantage d’énergie au cours des prochaines décennies, à mesure qu’ils s’extrairont de la pauvreté. Nous aspirons tous à des énergies propres, mais ces pays ne les adopteront que si elles sont aussi peu coûteuses que les combustibles fossiles aujourd’hui.

Le dirigeant d’un pays riche devrait se demander ce que fait son gouvernement, ou sa société dans le cas d’un chef d’entreprise, pour rendre la transition écologique accessible dans le monde entier – y compris pour les pays à revenu intermédiaire et à revenu faible. L’accroissement des investissements dans la R&D et dans les mesures politiques nouvelles doit être axé sur cet objectif. Nombre des sociétés dans lesquelles j’investis travaillent sur des idées abordables pour les pays à revenu faible.

CH : Vous comptez parmi les chefs d’entreprise qui aujourd’hui reconnaissent publiquement le rôle indispensable de l’Etat dans la résolution des grandes problématiques. Même parmi ces problématiques, le changement climatique se démarque. La résolution de ce défi nécessitera-t-elle un rôle du secteur public – de manière générale ou dans un domaine particulier – plus grand encore que celui auquel sont habitués même les plus favorables à l’action de l’Etat ?

BG : La transition vers des énergies propres devra être menée de concert par les gouvernements et le secteur privé – comme l’a été la révolution de l’informatique.

Cela signifiera un plus grand rôle de l’Etat, mais seulement parce que son rôle était relativement limité jusqu’à présent. Prenez la nécessaire multiplication par cinq des investissements publics en R&D, que j’ai évoquée précédemment. Cette augmentation placerait la recherche sur les énergies propres au même niveau que la recherche médicale aux Etats-Unis. De la même manière que nous pouvons compter sur les Instituts nationaux de santé pour superviser et coordonner ce travail, nous devrions créer des Instituts nationaux d’innovation énergétique (les NIEI) pour éviter les redondances et veiller à l’utilisation optimale des ressources. Un Institut de décarbonation des transports pourrait quant à lui travailler sur des carburants à faible empreinte carbone. D’autres instituts pourraient se voir conférer une autorité et des responsabilités similaires dans la recherche sur le stockage des énergies, sur les énergies renouvelables, etc.

Les NIEI pourraient également être en charge de la coordination avec le secteur privé. L’objectif consisterait à voir les recherches émerger des laboratoires nationaux, puis conduire à des produits innovants, qu’il s’agirait ensuite de déployer sur le marché à très grande échelle. Nous avons besoin de politiques qui accélèrent l’ensemble du pipeline d’innovation, de la recherche initiale jusqu’au déploiement de masse.  Au-delà des moyens nouveaux de concevoir des matériaux zéro émission, nous pouvons tout simplement utiliser moins de choses.  »

CH : Dans un passage du livre, vous écrivez : « Au-delà des moyens nouveaux de concevoir des matériaux zéro émission, nous pouvons tout simplement utiliser moins de choses. » Certains vous répondraient que le capitalisme repose sur la consommation – plus elle est élevée, mieux c’est. Une solution réelle à la crise climatique dépend-elle d’une nouvelle vision du capitalisme pour le XXIe siècle ? Une conception disons plus qualitative de la « croissance » pourrait-elle constituer le pilier d’un tel système ?

BG : J’estime que les individus du monde riche peuvent et doivent réduire une partie de leurs émissions. Comme je l’explique dans mon livre, je prends moi-même certaines mesures pour réduire et compenser mes propres émissions. La consommation énergétique au niveau mondial est vouée à doubler d’ici 2050, en raison d’une importante croissance des pays à revenu faible et à revenu intermédiaire. La croissance est une bonne chose en ce sens qu’elle permet aux individus de vivre une existence plus productive, en meilleure santé. Nous devons cependant y parvenir sans rendre le problème climatique encore plus difficile à résoudre. C’est pourquoi nous avons besoin d’innovations qui rendent l’élimination des émissions suffisamment abordable pour chacun à travers le monde.

CH : « Ce livre évoque ce qu’il nous faut accomplir [pour éviter un désastre], et pourquoi je pense que nous pouvons y parvenir », écrivez-vous. En votre âme et conscience, pensez-vous réellement que nous y parviendrons tous ensemble à temps ?

BG : Oui, je le pense. Comme je l’écris à la fin de mon livre, je suis fondamentalement optimiste, car j’observe ce que la technologie peut accomplir, et ce que les êtres humains sont capables de réaliser. Ce qu’il nous faut, c’est consacrer les dix prochaines années à l’élaboration et à la mise en place des bonnes politiques, technologies et structures de marché, afin que le monde puisse atteindre l’objectif zéro émission d’ici 2050. Nous n’avons pas de temps à perdre.

Un plan européen de recherche enfin à la hauteur ?

Un  plan européen de recherche enfin à la hauteur ?

 

Le plan européen de recherche est enfin à la hauteur estiment  Mariya Gabriel, commissaire européenne à l’Innovation, à la Recherche, à la Culture, à l’Education et à la Jeunesse, et François-Xavier Bellamy, président de la délégation française du Groupe PPE au Parlement européen, et membre de la commission de l’Energie, de l’Industrie et de la Recherche .( Chronique dans la tribune).

 

 

La situation difficile que nos pays traversent actuellement nous rappelle qu’au-delà de leur contribution évidente à la vie de nos sociétés, les efforts de recherche et d’innovation sont essentiels pour faire face aux crises. La recherche a ainsi été l’un des tout premiers domaines sollicités et soutenus au plan européen pour apporter une réponse globale à la crise du coronavirus – un milliard d’euros a été mobilisé pour soutenir le développement de nouvelles méthodes de test, de nouveaux traitements et de nouveaux vaccins… Cette même recherche doit rester une priorité, pour préparer nos pays aux crises qui ne manqueront pas de survenir encore, et dont la nature n’est pas toujours prévisible. Il ne fait aucun doute que, dans les mois et les années à venir, notre réponse commune aux défis sanitaires, sociaux, économiques ou géopolitiques s’appuiera de manière décisive sur les moyens que nous aurons su allouer au monde scientifique aujourd’hui.

C’est cette conviction qui a amené l’Europe à doter Horizon Europe d’un budget de 95,5 milliards d’euros et d’un ensemble d’instruments modernes, faisant de celui-ci le programme de recherche et d’innovation le plus puissant au monde. Ce programme doit apporter jusqu’à 11 euros de gains de PIB pour chaque euro investi et suppose la création jusqu’à 100.000 emplois dans la recherche et l’innovation avant la fin de 2027. Il continuera de soutenir la recherche exploratoire par l’intermédiaire du Conseil européen de la recherche, en plus d’inciter davantage de jeunes à se lancer dans la recherche grâce au programme de subventions « Actions Marie Skłodowska-Curie ». L’objectif est double : investir dans des infrastructures de recherche d’envergure mondiale et attirer les talents du monde entier.

Les six pôles du programme couvrent tous les domaines de recherche fondamentale et d’innovation, ainsi que, pour la première fois, les secteurs de la culture et de la création, et la contribution de ces secteurs à l’innovation européenne. Afin de préserver et de promouvoir la richesse culturelle de l’Europe, la création d’un espace de collaboration numérique en matière de patrimoine culturel est par ailleurs à l’étude. Le programme soutient également l’innovation structurelle nécessaire dans les chaînes de valeur clés, contribuant ainsi à renforcer la souveraineté technologique des pays d’Europe dans des domaines essentiels, de la santé à l’industrie en passant par l’agriculture, la mobilité ou encore la sécurité. Lutte contre le cancer, neutralité-climat dans au moins cent villes européennes, lutte contre la pollution des eaux, des mers et des sols, accroissement des capacités de résiliences de nos régions face aux changements climatiques : une part majeure des objectifs poursuivis vise en outre la préservation de l’environnement, des conditions mêmes de la vie. Dans les domaines stratégiques de l’énergie, des transports, de la biodiversité, de la santé, de l’alimentation ou de l’économie circulaire, les partenariats européens avec les secteurs privé et public seront davantage en phase avec les investissements des États membres et des entreprises.

 

Pour la première fois, le programme comprend un pilier distinct d’actions en faveur des innovations de rupture – le Conseil européen de l’innovation devant être amené à soutenir les innovations les plus avancées et radicales en vue de leur mise sur le marché. Enfin, l’accès à l’Espace européen de la recherche sera élargi pour mieux exploiter le potentiel national au sein de chaque État-membre. Il a été proposé que le programme consacre 3,3 % de son budget global à cet objectif, ce qui représente une augmentation significative par rapport au précédent programme Horizon.

Les défis qui succéderont à la sortie de la crise actuelle seront colossaux, et ne pourront être relevés qu’en alliant, à une saine mobilisation des institutions européennes, les retombées d’avancées scientifiques qu’elles auront contribué à soutenir. Au-delà d’un soutien à un secteur-clé pourvoyeur d’emplois, c’est aussi un service rendu aux pays d’Europe qui, ouverts sur le monde, ont conscience de la nécessité d’assurer leur autonomie stratégique

«Covid: Pour une stratégie coordonnée au plan européen

«Covid: Pour une stratégie coordonnée au plan européen

« A l’heure où partout en Europe, des mesures plus strictes sont prises pour tenter d’endiguer la propagation du virus et de ses nouveaux variants, il est fondamental que les pays européens continuent à coordonner leurs mesures ​»(Manfred Weber est député allemand). (Papier dans l’Opinion)

 

Il y a un an, les images de la mise sous cloche de la région de Wuhan nous parvenaient de Chine et nous découvrions, dans un mélange de curiosité et de perplexité, cette nouvelle maladie qui nous paraissait bien exotique et bien lointaine.

Rien ne pouvait laisser présager l’ampleur de la crise qui allait arriver. En un an, la pandémie de coronavirus aura profondément endeuillé nos pays, chamboulé nos vies, durement touché nos économies et transformé nos sociétés.

La crise nous aura aussi une nouvelle fois apporté la preuve que dans le monde actuel, l’appartenance à l’Union européenne est notre assurance-vie : en finançant la recherche médicale, l’UE a rendu possible le développement des vaccins contre le coronavirus ; en investissant dans différents vaccins avant même que ceux-ci n’existent, elle a anticipé la course aux vaccins et augmenté les chances pour les Européens d’obtenir des vaccins rapidement ; en privilégiant l’approche collective, elle a pu garantir un approvisionnement en vaccins suffisant pour tous les Européens. Enfin, en décidant d’un plan de relance d’une ampleur inédite, les Vingt-sept ont fait preuve de solidarité pour atténuer les effets de la crise sur l’économie.

Trois volets. A l’heure où partout en Europe, des mesures plus strictes sont prises pour tenter d’endiguer la propagation du virus et de ses nouveaux variants, il est fondamental que les pays européens continuent à coordonner leurs mesures et qu’ils s’accordent sur une stratégie commune en trois volets : les restrictions de voyage, le recours systématique aux tests et l’intensification des efforts de vaccination.

Pour les voyages, les gouvernements des Vingt-sept doivent résister à la tentation de fermer complètement leurs frontières intra-européennes. Si les voyages non essentiels doivent être réduits au maximum, les travailleurs essentiels pour le secteur des soins de santé, par exemple, ou encore les transporteurs de marchandises devraient garder la possibilité de circuler. Les contrôles aux frontières doivent en revanche être nettement renforcés. J’appelle donc les Vingt-sept à se mettre d’accord sur un régime de tests standardisés aux frontières.

Afin d’éviter la multiplication des documents et des formats, j’appelle à la mise en place d’un système européen commun de certificats de vaccination

Nous devons par ailleurs intensifier nos efforts pour vacciner, au plus vite, le plus grand nombre de personnes possible. A ce titre, l’Union européenne a un rôle essentiel à jouer pour rappeler les laboratoires à leurs engagements en matière d’approvisionnement.

Dans le même temps enfin, et même si cette perspective paraît encore lointaine, les Etats européens doivent préparer l’avenir, dès maintenant.

A moyen terme, nous devons ouvrir la possibilité pour les personnes vaccinées de retrouver leur liberté de circulation en Europe. Afin d’éviter la multiplication des documents et des formats, j’appelle à la mise en place, dans les meilleurs délais, d’un système européen commun de certificats de vaccination qui soient reconnus dans tous les Etats membres et permettent aux personnes vaccinées de voyager. Ainsi nous donnerons aux Européens une perspective et un espoir : celui d’un retour, pas si lointain finalement, à une vie quasi « normale ​».

Manfred Weber est député allemand au Parlement européen, président du groupe Parti populaire européen (PPE). Retrouvez sa chronique le dimanche sur lopinion.fr et le lundi dans l’Opinion, en alternance avec celle de Dacian Ciolos, président du groupe Renew Europe.

Plan Vaccination : réduction à 8 millions de Français fin mars

Plan Vaccination : réduction à 8 millions de Français fin mars

 

C’est sans doute la plus grande contradiction du discours sur TF1 du président de la république , à savoir la réduction des objectifs du plan de vaccination ramenée à 8 millions d’ici fin mars. Alors qu’on prévoyait 10 millions ce qui de toute façon était très insuffisant pour envisager une vaccination générale possible de tous les Français d’ici l’été comme promis au départ et même d’ici l’automne.

 

Ou alors il faudrait passer à un rythme supérieur. Actuellement la France a enregistré seulement environ 1,5 millions de vaccinées pour un mois. Il faudrait passer la  surmultipliée et envisager 5à 6 millions par mois pour respecter les nouvelles promesses.

 

Fin mars, le gouvernement table sur un potentiel de 8 millions de personnes vaccinées contre le Covid-19, au vu des doses espérées. C’est 2 millions de moins que ce qu’il prévoyait le 20 janvier, après l’annonce d’une baisse passagère des livraisons de Pfizer, mais avant que Moderna et surtout AstraZeneca ne déclarent à leur tour des volumes en baisse . En ce début de campagne vaccinale, les promesses d’approvisionnement font le yo-yo, dans un contexte où la pénurie de vaccins est une menace permanente sur le bon déroulement des opérations.

A la fin du semestre, le potentiel vaccinal serait de 41 millions de personnes, au lieu de 45 millions. Il y aurait alors 5 vaccins distribués en France, sous réserve d’approbation par l’Agence européenne du médicament et, bien sûr, de capacités industrielles à la hauteur des promesses.

Mais depuis le début de la campagne vaccinale on a annoncé les chiffres les plus contradictoires et visiblement les autorités sont un peu fâché avec les règles de calcul de base autant qu’avec la réalité. Ainsi nombre de centres de vaccination ont tout simplement été fermés faute de vaccins et cela sur l’ensemble du pays.

 

Banlieue : un mini plan électoraliste

Banlieue : un mini plan électoraliste

 

On se souvient évidemment que le plan Borloo a été balayé d’un revers de main- en public en plus- par Emmanuel Macron. Une claque sévère pour l’intéressé et surtout pour son rapport qui abordait de manière assez complète la problématique.

En cause évidemment, le souci de Macron d’éliminer un candidat potentiel à l’élection présidentielle. Précisément, c’est dans la perspective maintenant des élections présidentielles que se situe l’essentiel des orientations de l’Élysée. Il faut en effet un peu brosser  dans le sens du poil des populations délaissées mais qui ont assuré pour une part ( celle qui vote,) la victoire de Macron en 2017. Du coup , on va saupoudrer un peu plus de 3 milliards comme d’habitude pour surtout faire de la rénovation urbaine.

Certes la rénovation urbaine n’est pas inutile mais elle est très insuffisante pour redonner un sens économique, social et républicain à ces  quartiers complètement minés par la pauvreté, la drogue et l’extrémisme. “ La rénovation urbaine ne suffira pas, pas davantage le rétablissement de police de proximité même si c’est également nécessaire. Le problème est de redonner un dynamisme économique et social, au-delà un espoir à cette population condamnée pour beaucoup aux expédients du chômage et de la drogue. Finalement comme avec 3 milliards ne peut pas faire grand-chose on reprend les vieilles recettes. Comme par exemple vous les vacances subventionnées

Jean Castex doit annoncer la reconduction des programmes “vacances apprenantes” et “quartiers d’été” pour accompagner les jeunes qui ne partent pas en vacances. Selon Matignon, un million de jeunes de trois à 18 ans en ont bénéficié l’été dernier. Au chapitre logement, outre le programme de rénovation urbaine, le gouvernement souhaite limiter la concentration de logements à destination des ménages les plus modestes dans les quelque 170 communes qui comptent en leur sein plus de 40% de logements sociaux.

“Notre objectif est de pousser à la diversification de l’habitat et d’éviter de susciter un mouvement où on continuerait à concentrer des populations pauvres dans des quartiers qui sont déjà pauvres”, explique-t-on au ministère du Logement. L’objectif est noble mais ce n’est pas avec 3 milliards et avec des objectifs aussi réduits qu’on y parviendra.

Banques : hécatombe de l’emploi au plan mondial

Banques : hécatombe de l’emploi au plan mondial

En France mais partout dans le monde le secteur bancaire fait succéder les plans de réduction d’effectifs au motif d’une part que les postes  des activités d’investissement doivent se réduire en raison de la crise mais que les activités générales, sont affectés d’une part par le traitement numérique des données, les habitudes des consommateurs mais aussi par la moindre rentabilité des banques du fait de la faiblesse des taux d’intérêt.

D’une certaine manière le secteur bancaire connaît à peu près le même phénomène de transformation que l’industrie automobile par exemple.

. En 2020, le secteur, touché par la crise sanitaire, a supprimé plus de 80.000 postes à travers la planète. Soit un tout petit peu plus qu’en 2019, année déjà noire. Une fois encore, l’Europe paie le plus lourd tribut, concentrant 80% des réductions d’effectifs selon Bloomberg. Santander, la première banque espagnole, prévoit, elle, de supprimer 4000 emplois, soit davantage que les néerlandaises ABN Amro (2500) et ING (1000). Plus marquant, HSBC, qui est en pleine réorganisation, s’apprête à réduire la voilure en supprimant 35.000 postes en trois ans à l’échelle mondiale.

 

 

En Allemagne, Deutsche Bank prévoit donc de fermer 20% de ses agences en Allemagne “aussi rapidement que possible” pour tirer parti des changements d’habitude de ses clients pendant la crise du coronavirus, au-delà de ses efforts de réduction des coûts, a dit

Ces fermetures sont décidées alors que Deutsche Bank est déjà engagée depuis 2019 dans une vaste réorganisation de ses activités internationales après des années de pertes.

Les banques en Allemagne disposent traditionnellement de plus d’agences que dans d’autres pays d’Europe comme les Pays-Bas ou la Grande-Bretagne, où la clientèle est moins réticente à l’utilisation des outils numériques pour la gestion de leurs comptes. Avec la crise du coronavirus et les confinements de population, les banques à travers l’Europe ont engagé une réflexion sur leur présence géographique avec les agences.

Commerzbank, deuxième banque d’Allemagne derrière Deutsche Bank, a récemment annoncé la fermeture de 200 de son millier d’agences. Elle a prévenu qu’elle pourrait en fermer des centaines d’autres.“Le coronavirus a accentué l’évolution de la demande envers les services de conseil et l’activité de détail”, a dit Deutsche Bank.

“Même les clients qui auparavant n’étaient pas très à l’aise avec la banque en ligne effectuent désormais beaucoup de transactions bancaires de base de chez eux, sur leur ordinateur ou leur iPad”, a-t-il ajouté.

Le phénomène est mondial il est à la fois conjoncturelle du fait de la crise sanitaire mais surtout structurel  compte tenu de la transformation des relations entre les structures bancaires traditionnelles et le consommateur.

Sciences-Un plan quantique de 1,8 milliard

Sciences-Un plan quantique de 1,8 milliard

La France fixe un objectif très ambitieux de mettre au point le premier ordinateur quantique. Doté de 1,8 milliard d’euros sur cinq ans dont 1 milliard directement financé par l’Etat,. Des chiffres qui dépassent les attentes

. « J’ai rarement vu une stratégie d’Etat sur une technologie aussi précise, complète, bien ficelée et bien financée. Honnêtement, je suis aux anges« , confie à La Tribune Elie Girard, le directeur général du groupe d’informatique Atos, l’un des pionniers mondiaux du quantique.

En exploitant les propriétés de la matière à l’échelle de l’infiniment petit (atome, ion, photon, électron…), les technologies quantiques portent la promesse d’ordinateurs qui ridiculiseront les plus puissants des supercalculateurs actuels. Cela signifie que le quantique est promis à briser de nombreux verrous et devrait permettre de s’attaquer enfin à des défis aujourd’hui insolubles.

Un plan quantique de 1,8 milliard

Un plan quantique de 1,8 milliard

La France fixe un objectif très ambitieux de mettre au point le premier ordinateur quantique. Doté de 1,8 milliard d’euros sur cinq ans dont 1 milliard directement financé par l’Etat,. Des chiffres qui dépassent les attentes

. « J’ai rarement vu une stratégie d’Etat sur une technologie aussi précise, complète, bien ficelée et bien financée. Honnêtement, je suis aux anges« , confie à La Tribune Elie Girard, le directeur général du groupe d’informatique Atos, l’un des pionniers mondiaux du quantique.

En exploitant les propriétés de la matière à l’échelle de l’infiniment petit (atome, ion, photon, électron…), les technologies quantiques portent la promesse d’ordinateurs qui ridiculiseront les plus puissants des supercalculateurs actuels. Cela signifie que le quantique est promis à briser de nombreux verrous et devrait permettre de s’attaquer enfin à des défis aujourd’hui insolubles.

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