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Un risque de contagion mondiale des crises ?

Un risque de  contagion mondiale des crises   ?

 

L’hyper globalisation nous rend irrémédiablement dépendants les uns des autres, et ce à l’échelon universel  estime  Michel Santi, économiste  (dans la Tribune)  (*)

 

Tant et si bien que des sanctions punitives dirigées contre un pays de taille moyenne affectent désormais les chaînes de production à l’autre bout de la planète pour se retourner in fine contre ceux qui les décrètent.

La campagne de Russie se déroule à l’évidence au plus mal pour cette nation. Si ce n’est que la Russie est toujours puissante -non pas tant de son arme nucléaire – que de la dépendance d’elle de la part du reste du monde. Une cinquantaine de pays disséminés à travers le globe consomment ainsi le blé russe et ukrainien, dont certains de manière critique comme l’Egypte ou la Turquie qui importent près de 65% de leurs besoins de ces deux belligérants. On a donc bien compris aujourd’hui que la Russie, que l’Ukraine mais également que la Biélorussie sont essentielles pour notre approvisionnement alimentaire et que des perturbations durables auront à l’évidence des conséquences désastreuses. Une famine mondiale n’est pas exclue car le pire effet des sanctions contre la Russie n’est même encore perçu – sur nous et par nous.

En effet, la pénurie de fertilisants est la menace suprême qui pèse dans un contexte général où ces sanctions commencent à peine à affecter les chaînes d’approvisionnent. Pour la toute première fois dans l’Histoire moderne, c’est la totalité des fermiers et producteurs autour du monde qui commencent à durement ressentir, au niveau de leurs récoltes menacées de dévastation, la pénurie naissante des fertilisants d’origine chimique dont les prix sont déjà en augmentation de 75% sur une année. Les exploitations de café au Costa Rica, de soja au Brésil, de pommes de terre au Pérou sont en passe d’être décimées de l’ordre des 30 à 50% en l’absence de ces fertilisants. C’est l’ensemble du continent africain qui est sur le point de subir des récoltes de riz et de maïs en chute de près de 40% également, et le monde entier des augmentations de prix sans précédent sur toute une série de denrées allant des produits laitiers à la viande. Et ne nous y trompons pas, car cette insécurité et ce stress alimentaires – ainsi que le choc hyper inflationniste qui les accompagne – sont là pour durer, et ce même si la guerre en Ukraine s’arrêtait aujourd’hui comme par enchantement.

C’est en effet pas moins de 3 milliards 300 millions d’individus qui sont dépendants – pour se nourrir – de fertilisants d’origine chimique. C’est donc l’Humanité qui risque fort de sombrer dans ce qui menace d’être la pire famine de l’Histoire du monde. Est-il nécessaire de décrire les effets à court terme d’une telle malnutrition qui se déclineront en mouvements sociaux violents lesquels dégénèreront en émeutes et en morts ? Il faut renvoyer dos à dos ces économistes prétendant que l’implosion de l’économie russe n’aura qu’un impact provisoire sur nos existences sous prétexte que son PIB atteint à peine celui de la Hollande et de la Belgique réunies. Ces calculs et prévisions fallacieux ne tenant compte que de la taille d’une économie en valeur absolue rappellent ceux qui avaient sous-estimé les ravages de la chute de Lehman Brothers qui n’était en soi pas un établissement très important. Ces experts – de ce passé et de ce jour – négligent les effets dominos de la faillite de banques, et à plus forte raison de la chute de nations, dans un environnement de globalisation et d’interdépendance intenses.

Après une pandémie dont certains pays ne sont pas encore sortis et qui aura traumatisé notre génération, il est peut-être temps de nous rendre compte que la solution optimale au problème russo-ukrainien n’est pas de ce monde, qu’une guerre n’est jamais totalement gagnée, que l’émotion au niveau géopolitique est rarement bonne conseillère, qu’il est enfin temps de ramener tout ce monde à la raison.
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(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.
Il vient de publier « Fauteuil 37 » préfacé par Edgar Morin. Il est également l’auteur d’un nouvel ouvrage : « Le testament d’un économiste désabusé ».
Sa page Facebook et son fil Twitter.

Crise Covid: un révélateur de crise mondiale ( Adam Tooze)

 

 Crise Covid: un révélateur de  crise mondiale ( Adam Tooze)

Dans son nouveau livre, « L’Arrêt » (1) (éd. Les Belles Lettres), l’historien de l’université de Columbia (Etats-Unis) signe la suite de son best-seller « Crashed », qui analysait les conséquences de la crise de 2008. Il n’aura fallu qu’une mutation marginale d’un virus dans une ville du centre de la Chine pour achever de remettre en cause un système économique basé sur le néolibéralisme, considère l’historien. ( le « Monde »)

 

Son nouvel ouvrage, « L’Arrêt. Comment le Covid a ébranlé l’économie mondiale » (1), dont la traduction paraît aux éditions Les Belles Lettres, apparaît comme la suite logique de « Crashed », avec toujours la capacité de cet historien – ce qui fait l’attrait de sa recherche – à identifier et synthétiser à travers le flux massif d’informations quotidiennes les tendances lourdes de la marche du monde qu’il reconstitue en un récit vivant et captivant, fourmillant de détails.

Entre 2014 et 2018, l’accumulation de crises avait ébranlé le monde: l’Ukraine, déjà là avec l’annexion de la Crimée par la Russie, la plongée du prix des matières premières, notamment celui du pétrole, la crise des réfugiés syriens, la crise de la dette de la Grèce, celle de la finance en Chine, le Brexit, la victoire de Trump ou encore le surgissement des Gilets jaunes en France. Or, même si, rétrospectivement, certains spécialistes avaient bien alerté sur le risque potentiel d’une pandémie, la propagation du Covid-19 en 2020 a plongé l’auteur comme la majorité de la population mondiale dans « l’incrédulité ».

Qui aurait pu imaginer que durant ces quelques semaines de mars l’économie mondiale allait se retrouver quasiment à l’arrêt, le PIB mondial se contractant de 20%, avec la mise hors service dans la plupart des pays de l’appareil productif et des services, notamment le transport, et le confinement de la majorité de la population mondiale. Outre ses conséquences économiques, le bilan de cette pandémie est lourd. Quelque 6,27 millions de personnes sont mortes, selon le décompte du site Our World in Data.

L’un des premiers enseignements de cette pandémie pour Adam Tooze est que « l’année 2020 a mis en lumière l’extrême dépendance de l’activité économique à la stabilité de son environnement naturel », autrement dit l’anthropocène, cette « transformation de la planète due à la croissance économique capitaliste et qui met en question la séparation de la nature et l’histoire de l’humanité », qui n’est pas seulement un concept mais bien une réalité à prendre en compte. Il a suffi d’une mutation virale marginale dans un microbe à Wuhan, une ville située dans le centre de la Chine, pour stopper net la « mondialisation ». Une perspective qui paraissait proprement inconcevable, tant elle s’était imposée comme un horizon indépassable. Désormais, pour Adam Tooze, cette mondialisation façonnée par « des cadres de pensée de l’âge du néolibéralisme » a vécu, marquant la fin d’une trajectoire dont l’origine remonte aux années 1970. »

Car ce que nous a appris cette pandémie, remarque-t-il, est « que le système monétaire et financier pouvait être réorienté, in extremis, vers le soutien aux marchés et aux ménages, ce qui imposait de poser la question de qui était aidé et comment ». Tout à coup, l’argent n’était plus un problème, « quoi qu’il en coûte », selon la formule d’Emmanuel Macron, car cette crise aura exhibé aux yeux de tous « l’impréparation institutionnelle et l’irresponsabilité organisée des élites économiques et politiques des pays riches », découlant, selon l’auteur, des « interactions entre l’organisation sociale, les intérêts politiques, les lobbies d’affaires et la politique économique (qui) peuvent avoir des conséquences humaines dévastatrices, des services d’urgence aux travailleurs migrants sans droits ».

Si l’impéritie politique est montrée du doigt, Adam Tooze pointe également une sous-estimation quant aux solutions à envisager : « En raison même des limites de nos capacités d’adaptation politiques, sociales et culturelles, nous dépendons en définitive de solutions techno-scientifiques. » Aussi, contrairement au concert de louanges qui a entouré l’apparition de vaccins contre le Covid-19 en à peine un an, il estime que les sommes investies dans la recherche, la production et la distribution – notamment vers les pays qui n’en disposaient pas – des vaccins n’ont représenté qu’une part infime du total que les Etats ont consacré à la lutte contre la crise, alors que c’était pourtant la réponse appropriée et urgente qu’il fallait massivement financer.

Pour l’avenir, il plaide d’ailleurs en faveur de l’augmentation de l’investissement dans la recherche et le développement dans des technologies dans le but de bâtir des économies et des sociétés plus durables et plus résilientes, de façon à pouvoir faire face à des « crises imprévisibles et mobiles » ou alors « nous prendrons de plein fouet le retour de bâton de notre milieu naturel ». Autrement dit, il s’agit « de faire précisément ce qui est habituellement qualifié d’irréaliste et balayé avec mépris d’un revers de la main » par les décideurs politiques.

Car au delà des perturbations des chaînes logistiques, qui ont focalisé l’attention lors de la la reprise économique de 2021, l’historien montre que cette crise a révélé les conséquences des « politiques de démolition des services publics menées depuis des dizaines d’années au nom de la performance et de l’efficacité, qu’il s’agisse des systèmes de santé, de l’école et des services sociaux ». Ces politiques qui étaient créatrices d’inégalités, déjà mises en évidence en 2008 et qui n’avaient toujours pas été réglées en 2021, malgré « les efforts faits par les élites mondiales pour contenir la crise », ironise l’auteur.

Pourtant l’élection aux Etats-Unis de Joe Biden qui disait vouloir « unir et mobiliser le pays pour répondre aux grands défis de notre temps: la crise climatique et les ambitions d’une Chine autocratique » en promettant des plans de relance keynésiens de centaines de milliards de dollars d’argent public ciblant les infrastructures et le soutien des ménages modestes et à la classe moyenne américaine lui semblaient aller dans le bon sens. Mais ils arrivent trop tard, juge Adam Tooze. « Le Green New Deal était brillamment d’actualité. Mais il partait de l’idée que la menace la plus urgente de l’anthropocène était le climat. Et il a été, lui aussi, dépassé, débordé par la pandémie. Ces révisions n’impliquent pas l’absence de tout principe directeur intellectuel ou politique. Elles sont seulement une ouverture à la mesure des temps dans lesquels nous vivions », écrit-il.

Non pas que la pandémie ait favorisé un repli sur le cadre national, comme on a pu le penser avec le retour sur le devant de la scène d’un besoin de souveraineté, en réalité du protectionnisme et de la fermeture des frontières pour certains politiques. L’auteur montre au contraire combien la crise sanitaire et sa gestion ont mis en évidence l’imbrication de chaque pays dans le système des relations internationales et de la circulation des biens et des individus. En revanche, ce qui n’existe plus, c’est un monde unipolaire dominé par les Etats-Unis auquel l’ascension de la Chine avait déjà mis un terme. « Le nouvel âge de la globalisation produit une multipolarité centrifuge », avec une prolifération de grandes puissances régionales qui multiplient les alliances ou les oppositions de façon mouvante. A l’exemple du Moyen-Orient, où s’affrontent deux camps, l’un soutenu par l’Arabie Saoudite et l’autre par l’Iran, où la Turquie joue sa propre partition. Ou bien encore dans la remise en cause par Pékin de l’accord global sur les investissements (AGI) signé au bout de 7 ans de négociations entre la Chine et l’Union européenne, en raison de la critique par des eurodéputés du traitement à l’égard de la minorité des Ouïghours. Toutefois, l’imbrication entre l’UE et la Chine est trop avancée, selon l’historien, pour en rester là, d’autant que la Chine « joue un rôle central dans les nouvelles technologies de la transition énergétique ». En 2020, la Chine était la première destination des investissements internationaux, rappelle-t-il.

Quant aux Etats-Unis, même si leur rôle dominant a été remis en cause, ils occupent une place centrale dans l’économie de la planète. « L’équilibre de l’économie mondiale dépend du quadrilatère qui relie le marché du travail américain, le marché obligataire américain, la politique budgétaire du gouvernement américain et les interventions de la Fed », souligne Adam Tooze. La banque centrale est d’ailleurs l’institution qui prend de plus en plus de poids dans nos économies modernes. « Ces interventions massives ont été motivées par la fragilité et les inégalités d’une dynamique de croissance alimentée par la dette. Ce qui a donné une place centrale aux banquiers centraux dans le combat contre la crise, c’est le vide créé par la démolition des syndicats, par l’absence de pression inflationniste et, plus généralement, par l’absence de tout défi anti-systématique. »

Toutefois, les banquiers centraux du XXIe siècle ne sont pas comme des keynésiens de l’après-guerre mais plutôt comme des conservateurs bismarckiens du XIXe siècle pour qui « tout doit changer pour que rien ne change », ironise l’auteur qui rappelle que « le 27 janvier 2021, quand on lui demanda, dans une conférence de presse, s’il pensait qu’il y avait un risque d’inflation, Jay Powell (président de la Fed) eut cette réponse remarquable : »Franchement, nous aimerions une inflation légèrement supérieure (…) L’inflation problématique avec laquelle des gens comme moi ont grandi ensemble semble loin de nous et assez improbable dans le contexte extérieur et extérieur dans lequel nous sommes depuis déjà longtemps. » »

A peine un an plus tard, cette prophétie a été démentie rappelant à Jay Powell ses années de jeunesse. Le taux d’inflation qui est au plus haut depuis 40 ans, obligeant la Fed à remonter ses taux ce qui ne va pas être sans conséquence pour « les marchés émergents (qui) sont devenus des noyaux centraux du système globalisé de la finance dollarisée », et pour l’économie mondiale plus largement.

Cette montée inflationniste qui se répand à travers la planète à laquelle s’ajoute la guerre en Ukraine et la transformation de la Russie en État paria, au moins aux yeux des Occidentaux, représente des risques que Tooze ne traite pas dans son ouvrage, achevé avant. Mais la leçon de « L’Arrêt » reste d’actualité : « Que nous le fassions ou non, pour le meilleur et pour le pire, il ne nous sera pas possible d’échapper au fait que « des choses énormes » vont arriver. La continuation du statu quo est la seule option que nous n’ayons pas », alerte-t-il.

L’auteur suggère pour s’y préparer de se mettre à l’écoute d’autres voix pour comprendre ces crises qui arrivent. Par exemple, celle de Chen Yixin, proche conseiller de Xi Jinping, dont la théorie des « six effets » sur les convergences des crises est bien plus pertinente et plus éclairante selon lui que « le concept de polycrise de l’Union européenne ou l’obsession solipsiste des Etats-Unis pour leur propre de récit national ».

Dans un texte de 2019, Chen Yixin proposait en effet une approche dite des « six effets » pour répondre aux questions suivantes : « comment les risques se conjuguent-ils? Comment les risques économiques et financiers se transforment-ils en risques politiques et sociaux? Comment les « risques du cyber-espace » finissent-ils par se traduire par des « risques sociaux réels »? Comment des risques intérieurs deviennent-ils intérieurs? »

On ignore si la gestion des futures crises pourra trouver une solution dans cette théorie de ces « six effets ». Pour le moment, le conseiller de Xi Jinping, secrétaire général de la Commission des Affaires politiques et légales, s’est surtout fait remarquer par sa « campagne de rectification » visant à purger l’appareil du parti communiste chinois des éléments qui mettent en doute la ligne du président à vie.

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(1) Adam Tooze « L’Arrêt. Comment le Covid a ébranlé l’économie mondiale », éditions Les Belles Lettres, 2022 (2021), traduit de l’anglais par Christophe Jacquet, 410 pages.

(2) Adam Tooze « Crashed. Comment une décennie de crise financière a changé le monde », éditions Les Belles Lettres, 2018, traduit de l’anglais par Leslie Talaga et Raymond Clarinard, 766 pages, 25,90 euros.

Crise sanitaire Covid: révélateur de crise mondiale ( Adam Tooze)

 Crise sanitaire Covid: révélateur de  crise mondiale ( Adam Tooze)

Dans son nouveau livre, « L’Arrêt » (1) (éd. Les Belles Lettres), l’historien de l’université de Columbia (Etats-Unis) signe la suite de son best-seller « Crashed », qui analysait les conséquences de la crise de 2008. Il n’aura fallu qu’une mutation marginale d’un virus dans une ville du centre de la Chine pour achever de remettre en cause un système économique basé sur le néolibéralisme, considère l’historien. ( le « Monde »)

 

Son nouvel ouvrage, « L’Arrêt. Comment le Covid a ébranlé l’économie mondiale » (1), dont la traduction paraît aux éditions Les Belles Lettres, apparaît comme la suite logique de « Crashed », avec toujours la capacité de cet historien – ce qui fait l’attrait de sa recherche – à identifier et synthétiser à travers le flux massif d’informations quotidiennes les tendances lourdes de la marche du monde qu’il reconstitue en un récit vivant et captivant, fourmillant de détails.

Entre 2014 et 2018, l’accumulation de crises avait ébranlé le monde: l’Ukraine, déjà là avec l’annexion de la Crimée par la Russie, la plongée du prix des matières premières, notamment celui du pétrole, la crise des réfugiés syriens, la crise de la dette de la Grèce, celle de la finance en Chine, le Brexit, la victoire de Trump ou encore le surgissement des Gilets jaunes en France. Or, même si, rétrospectivement, certains spécialistes avaient bien alerté sur le risque potentiel d’une pandémie, la propagation du Covid-19 en 2020 a plongé l’auteur comme la majorité de la population mondiale dans « l’incrédulité ».

Qui aurait pu imaginer que durant ces quelques semaines de mars l’économie mondiale allait se retrouver quasiment à l’arrêt, le PIB mondial se contractant de 20%, avec la mise hors service dans la plupart des pays de l’appareil productif et des services, notamment le transport, et le confinement de la majorité de la population mondiale. Outre ses conséquences économiques, le bilan de cette pandémie est lourd. Quelque 6,27 millions de personnes sont mortes, selon le décompte du site Our World in Data.

L’un des premiers enseignements de cette pandémie pour Adam Tooze est que « l’année 2020 a mis en lumière l’extrême dépendance de l’activité économique à la stabilité de son environnement naturel », autrement dit l’anthropocène, cette « transformation de la planète due à la croissance économique capitaliste et qui met en question la séparation de la nature et l’histoire de l’humanité », qui n’est pas seulement un concept mais bien une réalité à prendre en compte. Il a suffi d’une mutation virale marginale dans un microbe à Wuhan, une ville située dans le centre de la Chine, pour stopper net la « mondialisation ». Une perspective qui paraissait proprement inconcevable, tant elle s’était imposée comme un horizon indépassable. Désormais, pour Adam Tooze, cette mondialisation façonnée par « des cadres de pensée de l’âge du néolibéralisme » a vécu, marquant la fin d’une trajectoire dont l’origine remonte aux années 1970. »

Car ce que nous a appris cette pandémie, remarque-t-il, est « que le système monétaire et financier pouvait être réorienté, in extremis, vers le soutien aux marchés et aux ménages, ce qui imposait de poser la question de qui était aidé et comment ». Tout à coup, l’argent n’était plus un problème, « quoi qu’il en coûte », selon la formule d’Emmanuel Macron, car cette crise aura exhibé aux yeux de tous « l’impréparation institutionnelle et l’irresponsabilité organisée des élites économiques et politiques des pays riches », découlant, selon l’auteur, des « interactions entre l’organisation sociale, les intérêts politiques, les lobbies d’affaires et la politique économique (qui) peuvent avoir des conséquences humaines dévastatrices, des services d’urgence aux travailleurs migrants sans droits ».

Si l’impéritie politique est montrée du doigt, Adam Tooze pointe également une sous-estimation quant aux solutions à envisager : « En raison même des limites de nos capacités d’adaptation politiques, sociales et culturelles, nous dépendons en définitive de solutions techno-scientifiques. » Aussi, contrairement au concert de louanges qui a entouré l’apparition de vaccins contre le Covid-19 en à peine un an, il estime que les sommes investies dans la recherche, la production et la distribution – notamment vers les pays qui n’en disposaient pas – des vaccins n’ont représenté qu’une part infime du total que les Etats ont consacré à la lutte contre la crise, alors que c’était pourtant la réponse appropriée et urgente qu’il fallait massivement financer.

Pour l’avenir, il plaide d’ailleurs en faveur de l’augmentation de l’investissement dans la recherche et le développement dans des technologies dans le but de bâtir des économies et des sociétés plus durables et plus résilientes, de façon à pouvoir faire face à des « crises imprévisibles et mobiles » ou alors « nous prendrons de plein fouet le retour de bâton de notre milieu naturel ». Autrement dit, il s’agit « de faire précisément ce qui est habituellement qualifié d’irréaliste et balayé avec mépris d’un revers de la main » par les décideurs politiques.

Car au delà des perturbations des chaînes logistiques, qui ont focalisé l’attention lors de la la reprise économique de 2021, l’historien montre que cette crise a révélé les conséquences des « politiques de démolition des services publics menées depuis des dizaines d’années au nom de la performance et de l’efficacité, qu’il s’agisse des systèmes de santé, de l’école et des services sociaux ». Ces politiques qui étaient créatrices d’inégalités, déjà mises en évidence en 2008 et qui n’avaient toujours pas été réglées en 2021, malgré « les efforts faits par les élites mondiales pour contenir la crise », ironise l’auteur.

Pourtant l’élection aux Etats-Unis de Joe Biden qui disait vouloir « unir et mobiliser le pays pour répondre aux grands défis de notre temps: la crise climatique et les ambitions d’une Chine autocratique » en promettant des plans de relance keynésiens de centaines de milliards de dollars d’argent public ciblant les infrastructures et le soutien des ménages modestes et à la classe moyenne américaine lui semblaient aller dans le bon sens. Mais ils arrivent trop tard, juge Adam Tooze. « Le Green New Deal était brillamment d’actualité. Mais il partait de l’idée que la menace la plus urgente de l’anthropocène était le climat. Et il a été, lui aussi, dépassé, débordé par la pandémie. Ces révisions n’impliquent pas l’absence de tout principe directeur intellectuel ou politique. Elles sont seulement une ouverture à la mesure des temps dans lesquels nous vivions », écrit-il.

Non pas que la pandémie ait favorisé un repli sur le cadre national, comme on a pu le penser avec le retour sur le devant de la scène d’un besoin de souveraineté, en réalité du protectionnisme et de la fermeture des frontières pour certains politiques. L’auteur montre au contraire combien la crise sanitaire et sa gestion ont mis en évidence l’imbrication de chaque pays dans le système des relations internationales et de la circulation des biens et des individus. En revanche, ce qui n’existe plus, c’est un monde unipolaire dominé par les Etats-Unis auquel l’ascension de la Chine avait déjà mis un terme. « Le nouvel âge de la globalisation produit une multipolarité centrifuge », avec une prolifération de grandes puissances régionales qui multiplient les alliances ou les oppositions de façon mouvante. A l’exemple du Moyen-Orient, où s’affrontent deux camps, l’un soutenu par l’Arabie Saoudite et l’autre par l’Iran, où la Turquie joue sa propre partition. Ou bien encore dans la remise en cause par Pékin de l’accord global sur les investissements (AGI) signé au bout de 7 ans de négociations entre la Chine et l’Union européenne, en raison de la critique par des eurodéputés du traitement à l’égard de la minorité des Ouïghours. Toutefois, l’imbrication entre l’UE et la Chine est trop avancée, selon l’historien, pour en rester là, d’autant que la Chine « joue un rôle central dans les nouvelles technologies de la transition énergétique ». En 2020, la Chine était la première destination des investissements internationaux, rappelle-t-il.

Quant aux Etats-Unis, même si leur rôle dominant a été remis en cause, ils occupent une place centrale dans l’économie de la planète. « L’équilibre de l’économie mondiale dépend du quadrilatère qui relie le marché du travail américain, le marché obligataire américain, la politique budgétaire du gouvernement américain et les interventions de la Fed », souligne Adam Tooze. La banque centrale est d’ailleurs l’institution qui prend de plus en plus de poids dans nos économies modernes. « Ces interventions massives ont été motivées par la fragilité et les inégalités d’une dynamique de croissance alimentée par la dette. Ce qui a donné une place centrale aux banquiers centraux dans le combat contre la crise, c’est le vide créé par la démolition des syndicats, par l’absence de pression inflationniste et, plus généralement, par l’absence de tout défi anti-systématique. »

Toutefois, les banquiers centraux du XXIe siècle ne sont pas comme des keynésiens de l’après-guerre mais plutôt comme des conservateurs bismarckiens du XIXe siècle pour qui « tout doit changer pour que rien ne change », ironise l’auteur qui rappelle que « le 27 janvier 2021, quand on lui demanda, dans une conférence de presse, s’il pensait qu’il y avait un risque d’inflation, Jay Powell (président de la Fed) eut cette réponse remarquable : »Franchement, nous aimerions une inflation légèrement supérieure (…) L’inflation problématique avec laquelle des gens comme moi ont grandi ensemble semble loin de nous et assez improbable dans le contexte extérieur et extérieur dans lequel nous sommes depuis déjà longtemps. » »

A peine un an plus tard, cette prophétie a été démentie rappelant à Jay Powell ses années de jeunesse. Le taux d’inflation qui est au plus haut depuis 40 ans, obligeant la Fed à remonter ses taux ce qui ne va pas être sans conséquence pour « les marchés émergents (qui) sont devenus des noyaux centraux du système globalisé de la finance dollarisée », et pour l’économie mondiale plus largement.

Cette montée inflationniste qui se répand à travers la planète à laquelle s’ajoute la guerre en Ukraine et la transformation de la Russie en État paria, au moins aux yeux des Occidentaux, représente des risques que Tooze ne traite pas dans son ouvrage, achevé avant. Mais la leçon de « L’Arrêt » reste d’actualité : « Que nous le fassions ou non, pour le meilleur et pour le pire, il ne nous sera pas possible d’échapper au fait que « des choses énormes » vont arriver. La continuation du statu quo est la seule option que nous n’ayons pas », alerte-t-il.

L’auteur suggère pour s’y préparer de se mettre à l’écoute d’autres voix pour comprendre ces crises qui arrivent. Par exemple, celle de Chen Yixin, proche conseiller de Xi Jinping, dont la théorie des « six effets » sur les convergences des crises est bien plus pertinente et plus éclairante selon lui que « le concept de polycrise de l’Union européenne ou l’obsession solipsiste des Etats-Unis pour leur propre de récit national ».

Dans un texte de 2019, Chen Yixin proposait en effet une approche dite des « six effets » pour répondre aux questions suivantes : « comment les risques se conjuguent-ils? Comment les risques économiques et financiers se transforment-ils en risques politiques et sociaux? Comment les « risques du cyber-espace » finissent-ils par se traduire par des « risques sociaux réels »? Comment des risques intérieurs deviennent-ils intérieurs? »

On ignore si la gestion des futures crises pourra trouver une solution dans cette théorie de ces « six effets ». Pour le moment, le conseiller de Xi Jinping, secrétaire général de la Commission des Affaires politiques et légales, s’est surtout fait remarquer par sa « campagne de rectification » visant à purger l’appareil du parti communiste chinois des éléments qui mettent en doute la ligne du président à vie.

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(1) Adam Tooze « L’Arrêt. Comment le Covid a ébranlé l’économie mondiale », éditions Les Belles Lettres, 2022 (2021), traduit de l’anglais par Christophe Jacquet, 410 pages.

(2) Adam Tooze « Crashed. Comment une décennie de crise financière a changé le monde », éditions Les Belles Lettres, 2018, traduit de l’anglais par Leslie Talaga et Raymond Clarinard, 766 pages, 25,90 euros.

Les 10 facteurs explicatifs qui menacent la santé mondiale

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 Le professeur de microbiologie Raúl Rivas González explique comment guerre, déforestation ou trafic illégal d’espèces protégées, par exemple, mettent en danger la santé mondiale.

 

 

Épidémies et pandémies ne sont, malheureusement, pas nouvelles. Un simple coup d’œil à l’histoire de l’humanité suffit à montrer que la lutte de notre espèce contre les maladies infectieuses a été constante. Sans parler du récent Covid-19 , la peste noire, le choléra, la tuberculose, la grippe, la typhoïde ou la variole ne sont que quelques exemples de celles qui ont laissé des traces indélébiles… Chaque maladie nécessite une action spécifique et la mise en œuvre de différents mécanismes de prévention, de réponse et de traitement. C’est pourquoi il est essentiel d’identifier les origines et les modes d’apparition des agents pathogènes.

À cet égard, environ 60 % des maladies infectieuses émergentes signalées dans le monde sont des zoonoses  (qui sont transmises entre les animaux et les humains). On estime qu’environ un milliard de personnes dans le monde tombent malades et que des millions meurent chaque année à la suite d’événements zoonotiques. Et sur plus de 30 nouveaux agents pathogènes humains détectés au cours des dernières décennies, 75 % ont pour origine des animaux .

L’émergence récente de plusieurs zoonoses – grippe aviaire H5N1, grippe aviaire H7N9, VIH, Zika, virus du Nil occidental, syndrome respiratoire aigu sévère (SARS), syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), Ebola ou Covid-19 (SARS-CoV-2) enter autres – a fait peser de graves menaces sur la santé humaine et le développement économique mondial.

Elles sont généralement imprévisibles, car beaucoup ont pour origine des animaux et sont causées par de nouveaux virus qui ne sont détectés qu’après coup. Cependant, il existe au moins dix facteurs dont nous savons déjà avec certitude qu’ils sont liés à l’émergence d’une future épidémie ou pandémie. Les voici réunis et expliqués ci-dessous.

1 – Les guerres et famines

Les préjudices causés par la guerre sont évidemment nombreux et complexes : les morts, les blessures et les déplacements massifs de populations pour fuir les combats sont les plus évidents. Mais l’émergence d’épidémies infectieuses est également étroitement liée aux conflits.

En 2006, des épidémies de choléra  ont été signalées dans 33 pays africains, dont 88 % dans des pays touchés par des conflits. Ces dernières années, plusieurs pays du Moyen-Orient et d’Afrique ont connu des épidémies infectieuses comme conséquence directe de la guerre, exacerbées par les pénuries de nourriture et d’eau, les déplacements et les dommages causés aux infrastructures et aux services de santé .

2 – Le changement d’affectation des terres

Le changement d’affectation des sols est une modification majeure de l’écosystème directement induite par les populations humaines. Les conséquences sont très larges.

Ces altérations peuvent en effet affecter la diversité, l’abondance et la distribution des animaux sauvages et les rendre plus sensibles aux infections par des agents pathogènes. En outre, en créant de nouvelles possibilités de contact, ils facilitent la circulation et la propagation des pathogènes entre les espèces , ce qui peut au final conduire à une infection humaine.

3 – La déforestation

Par la déforestation et la fragmentation des forêts, nous favorisons l’extinction des espèces spécialistes de ces habitats et le développement, l’installation d’espèces plus généralistes. Certaines espèces sauvages qui sont les hôtes d’agents pathogènes , en particulier les chauves-souris et d’autres espèces de mammifères comme les rongeurs, sont relativement plus abondantes dans les paysages ainsi transformés, tels que les écosystèmes agricoles et les zones urbaines, que dans les sites adjacents non perturbés.

L’établissement de pâturages, de plantations ou d’exploitations d’élevage intensif à proximité des lisières forestières peut également accroître le flux d’agents pathogènes de la faune sauvage vers l’homme .

4 – L’urbanisation et la croissance démographique incontrôlées

L’évolution de la taille et de la densité de la population par l’urbanisation affecte là encore la dynamique des maladies infectieuses . Par exemple, la grippe tend à présenter des épidémies qui persistent davantage dans les régions urbaines plus peuplées et plus denses .

5 – Le changement climatique

Le changement climatique augmente le risque de transmission virale inter-espèces . De nombreuses espèces de virus sont encore inconnues, mais sont susceptibles d’avoir la capacité d’infecter notre espèce. Heureusement, la grande majorité d’entre elles circulent actuellement de manière silencieuse chez les mammifères sauvages.

Toutefois, la hausse des températures attendue avec le changement climatique entraînera des migrations massives d’animaux à la recherche de conditions environnementales plus douces, ce qui facilitera l’émergence de « points chauds de biodiversité » (zone biogéographique menacée comptant au minimum 1 500 espèces végétales et animales endémiques). S’ils atteignent des zones à forte densité de population humaine, principalement en Asie et en Afrique, de nouvelles possibilités de propagation zoonotique à l’homme apparaîtront.

Selon des prévisions récentes fondées sur des scénarios de changement climatique, d’ici 2070, la transmission de virus entre espèces sera multipliée par 4 000 environ .

6 – La mondialisation

La mondialisation a facilité la propagation de nombreux agents infectieux aux quatre coins du monde.

La transmission des maladies infectieuses est le meilleur exemple de la porosité croissante des frontières. La mondialisation et la connectivité accrue accélèrent l’émergence potentielle d’une pandémie , et sa diffusion rapide, en raison du mouvement constant des micro-organismes par le biais du commerce et des transports internationaux .

7 – La chasse, le commerce et la consommation de viande de brousse

La transmission des zoonoses peut se produire à n’importe quel point de la chaîne d’approvisionnement en viande de brousse, de la chasse en forêt au lieu de consommation. Les pathogènes qui ont été transmis à l’humain à partir de la viande de brousse sont nombreux et comprennent, entre autres, le VIH, le virus Ebola, le virus simien spumeux et le virus de la variole du singe …

8 – Le trafic illégal d’espèces et les marchés d’animaux sauvages

Un écosystème présentant une grande richesse en espèces réduit le taux de rencontre entre les individus sensibles et infectieux, ce qui diminue la probabilité de transmission des agents pathogènes. À l’inverse, les marchés d’animaux vivants et autres enclos cachés du commerce illégal sont des lieux où les espèces les plus diverses sont entassées dans des cages surpeuplées.

Dans ces conditions, non seulement ils partagent le même espace malsain et contre nature, mais aussi les ectoparasites et les endoparasites vecteurs de maladies. Les animaux saignent, bavent, défèquent et urinent les uns sur les autres : ce qui entraîne l’échange de micro-organismes pathogènes et de parasites, forçant ainsi des interactions entre espèces qui n’auraient jamais dû se produire .

9 – L’évolution microbienne

Les micro-organismes évoluent constamment, naturellement et en réponse aux pressions de sélection directes et indirectes de leur environnement. Un exemple bien établi est celui des virus de la grippe A, dont le réservoir ancestral est le gibier d’eau, à partir duquel ils ont réussi à infecter d’autres types d’animaux.

Le développement mondial de nombreux types de résistance aux antimicrobiens chez les agents pathogènes humains courants  est une démonstration claire de l’énorme capacité des micro-organismes à s’adapter rapidement.

10 – L’effondrement des systèmes de santé publique

Au cours des dernières décennies, dans de nombreux pays, on a assisté à un retrait progressif du soutien financier aux systèmes de santé publique.

Cela a décimé l’infrastructure essentielle nécessaire pour faire face aux épidémies soudaines. L’émergence récente et rapide de nouvelles menaces de maladies infectieuses, telles que le Covid-19, associée à la résurgence de maladies plus anciennes, comme la rougeole et la tuberculose, a des implications importantes pour les systèmes de santé publique mondiaux .

Nous devons être conscients que la préparation à d’éventuelles épidémies et pandémies futures nécessite une étude approfondie et consciencieuse des facteurs potentiels qui facilitent l’émergence des maladies infectieuses. Une analyse minutieuse et critique permettra de concevoir de futures stratégies de prévision et de prévention.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Crises: Contagion mondiale ?

Crises: Contagion mondiale  ?

 

L’hyper globalisation nous a tuer ! Elle nous rend irrémédiablement dépendants les uns des autres, et ce à l’échelon universel. Par Michel Santi, économiste (dans la Tribune)  (*)

 

Tant et si bien que des sanctions punitives dirigées contre un pays de taille moyenne affectent désormais les chaînes de production à l’autre bout de la planète pour se retourner in fine contre ceux qui les décrètent.

La campagne de Russie se déroule à l’évidence au plus mal pour cette nation. Si ce n’est que la Russie est toujours puissante -non pas tant de son arme nucléaire – que de la dépendance d’elle de la part du reste du monde. Une cinquantaine de pays disséminés à travers le globe consomment ainsi le blé russe et ukrainien, dont certains de manière critique comme l’Egypte ou la Turquie qui importent près de 65% de leurs besoins de ces deux belligérants. On a donc bien compris aujourd’hui que la Russie, que l’Ukraine mais également que la Biélorussie sont essentielles pour notre approvisionnement alimentaire et que des perturbations durables auront à l’évidence des conséquences désastreuses. Une famine mondiale n’est pas exclue car le pire effet des sanctions contre la Russie n’est même encore perçu – sur nous et par nous.

En effet, la pénurie de fertilisants est la menace suprême qui pèse dans un contexte général où ces sanctions commencent à peine à affecter les chaînes d’approvisionnent. Pour la toute première fois dans l’Histoire moderne, c’est la totalité des fermiers et producteurs autour du monde qui commencent à durement ressentir, au niveau de leurs récoltes menacées de dévastation, la pénurie naissante des fertilisants d’origine chimique dont les prix sont déjà en augmentation de 75% sur une année. Les exploitations de café au Costa Rica, de soja au Brésil, de pommes de terre au Pérou sont en passe d’être décimées de l’ordre des 30 à 50% en l’absence de ces fertilisants. C’est l’ensemble du continent africain qui est sur le point de subir des récoltes de riz et de maïs en chute de près de 40% également, et le monde entier des augmentations de prix sans précédent sur toute une série de denrées allant des produits laitiers à la viande. Et ne nous y trompons pas, car cette insécurité et ce stress alimentaires – ainsi que le choc hyper inflationniste qui les accompagne – sont là pour durer, et ce même si la guerre en Ukraine s’arrêtait aujourd’hui comme par enchantement.

C’est en effet pas moins de 3 milliards 300 millions d’individus qui sont dépendants – pour se nourrir – de fertilisants d’origine chimique. C’est donc l’Humanité qui risque fort de sombrer dans ce qui menace d’être la pire famine de l’Histoire du monde. Est-il nécessaire de décrire les effets à court terme d’une telle malnutrition qui se déclineront en mouvements sociaux violents lesquels dégénèreront en émeutes et en morts ? Il faut renvoyer dos à dos ces économistes prétendant que l’implosion de l’économie russe n’aura qu’un impact provisoire sur nos existences sous prétexte que son PIB atteint à peine celui de la Hollande et de la Belgique réunies. Ces calculs et prévisions fallacieux ne tenant compte que de la taille d’une économie en valeur absolue rappellent ceux qui avaient sous-estimé les ravages de la chute de Lehman Brothers qui n’était en soi pas un établissement très important. Ces experts – de ce passé et de ce jour – négligent les effets dominos de la faillite de banques, et à plus forte raison de la chute de nations, dans un environnement de globalisation et d’interdépendance intenses.

Après une pandémie dont certains pays ne sont pas encore sortis et qui aura traumatisé notre génération, il est peut-être temps de nous rendre compte que la solution optimale au problème russo-ukrainien n’est pas de ce monde, qu’une guerre n’est jamais totalement gagnée, que l’émotion au niveau géopolitique est rarement bonne conseillère, qu’il est enfin temps de ramener tout ce monde à la raison.
______

(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.
Il vient de publier « Fauteuil 37 » préfacé par Edgar Morin. Il est également l’auteur d’un nouvel ouvrage : « Le testament d’un économiste désabusé ».
Sa page Facebook et son fil Twitter.

Contagion mondiale de la crise ?

Contagion mondiale de la crise ?

 

L’hyper globalisation nous a tuer ! Elle nous rend irrémédiablement dépendants les uns des autres, et ce à l’échelon universel. Par Michel Santi, économiste (dans la Tribune)  (*)

 

Tant et si bien que des sanctions punitives dirigées contre un pays de taille moyenne affectent désormais les chaînes de production à l’autre bout de la planète pour se retourner in fine contre ceux qui les décrètent.

La campagne de Russie se déroule à l’évidence au plus mal pour cette nation. Si ce n’est que la Russie est toujours puissante -non pas tant de son arme nucléaire – que de la dépendance d’elle de la part du reste du monde. Une cinquantaine de pays disséminés à travers le globe consomment ainsi le blé russe et ukrainien, dont certains de manière critique comme l’Egypte ou la Turquie qui importent près de 65% de leurs besoins de ces deux belligérants. On a donc bien compris aujourd’hui que la Russie, que l’Ukraine mais également que la Biélorussie sont essentielles pour notre approvisionnement alimentaire et que des perturbations durables auront à l’évidence des conséquences désastreuses. Une famine mondiale n’est pas exclue car le pire effet des sanctions contre la Russie n’est même encore perçu – sur nous et par nous.

En effet, la pénurie de fertilisants est la menace suprême qui pèse dans un contexte général où ces sanctions commencent à peine à affecter les chaînes d’approvisionnent. Pour la toute première fois dans l’Histoire moderne, c’est la totalité des fermiers et producteurs autour du monde qui commencent à durement ressentir, au niveau de leurs récoltes menacées de dévastation, la pénurie naissante des fertilisants d’origine chimique dont les prix sont déjà en augmentation de 75% sur une année. Les exploitations de café au Costa Rica, de soja au Brésil, de pommes de terre au Pérou sont en passe d’être décimées de l’ordre des 30 à 50% en l’absence de ces fertilisants. C’est l’ensemble du continent africain qui est sur le point de subir des récoltes de riz et de maïs en chute de près de 40% également, et le monde entier des augmentations de prix sans précédent sur toute une série de denrées allant des produits laitiers à la viande. Et ne nous y trompons pas, car cette insécurité et ce stress alimentaires – ainsi que le choc hyper inflationniste qui les accompagne – sont là pour durer, et ce même si la guerre en Ukraine s’arrêtait aujourd’hui comme par enchantement.

C’est en effet pas moins de 3 milliards 300 millions d’individus qui sont dépendants – pour se nourrir – de fertilisants d’origine chimique. C’est donc l’Humanité qui risque fort de sombrer dans ce qui menace d’être la pire famine de l’Histoire du monde. Est-il nécessaire de décrire les effets à court terme d’une telle malnutrition qui se déclineront en mouvements sociaux violents lesquels dégénèreront en émeutes et en morts ? Il faut renvoyer dos à dos ces économistes prétendant que l’implosion de l’économie russe n’aura qu’un impact provisoire sur nos existences sous prétexte que son PIB atteint à peine celui de la Hollande et de la Belgique réunies. Ces calculs et prévisions fallacieux ne tenant compte que de la taille d’une économie en valeur absolue rappellent ceux qui avaient sous-estimé les ravages de la chute de Lehman Brothers qui n’était en soi pas un établissement très important. Ces experts – de ce passé et de ce jour – négligent les effets dominos de la faillite de banques, et à plus forte raison de la chute de nations, dans un environnement de globalisation et d’interdépendance intenses.

Après une pandémie dont certains pays ne sont pas encore sortis et qui aura traumatisé notre génération, il est peut-être temps de nous rendre compte que la solution optimale au problème russo-ukrainien n’est pas de ce monde, qu’une guerre n’est jamais totalement gagnée, que l’émotion au niveau géopolitique est rarement bonne conseillère, qu’il est enfin temps de ramener tout ce monde à la raison.
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(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.
Il vient de publier « Fauteuil 37 » préfacé par Edgar Morin. Il est également l’auteur d’un nouvel ouvrage : « Le testament d’un économiste désabusé ».
Sa page Facebook et son fil Twitter.

Conjoncture: Risque de famine et de crise mondiale

Conjoncture: Risque de famine et de crise mondiale

L’hyper globalisation nous a tuer ! Elle nous rend irrémédiablement dépendants les uns des autres, et ce à l’échelon universel. Par Michel Santi, économiste (dans la Tribune)  (*)

 

Tant et si bien que des sanctions punitives dirigées contre un pays de taille moyenne affectent désormais les chaînes de production à l’autre bout de la planète pour se retourner in fine contre ceux qui les décrètent.

La campagne de Russie se déroule à l’évidence au plus mal pour cette nation. Si ce n’est que la Russie est toujours puissante -non pas tant de son arme nucléaire – que de la dépendance d’elle de la part du reste du monde. Une cinquantaine de pays disséminés à travers le globe consomment ainsi le blé russe et ukrainien, dont certains de manière critique comme l’Egypte ou la Turquie qui importent près de 65% de leurs besoins de ces deux belligérants. On a donc bien compris aujourd’hui que la Russie, que l’Ukraine mais également que la Biélorussie sont essentielles pour notre approvisionnement alimentaire et que des perturbations durables auront à l’évidence des conséquences désastreuses. Une famine mondiale n’est pas exclue car le pire effet des sanctions contre la Russie n’est même encore perçu – sur nous et par nous.

En effet, la pénurie de fertilisants est la menace suprême qui pèse dans un contexte général où ces sanctions commencent à peine à affecter les chaînes d’approvisionnent. Pour la toute première fois dans l’Histoire moderne, c’est la totalité des fermiers et producteurs autour du monde qui commencent à durement ressentir, au niveau de leurs récoltes menacées de dévastation, la pénurie naissante des fertilisants d’origine chimique dont les prix sont déjà en augmentation de 75% sur une année. Les exploitations de café au Costa Rica, de soja au Brésil, de pommes de terre au Pérou sont en passe d’être décimées de l’ordre des 30 à 50% en l’absence de ces fertilisants. C’est l’ensemble du continent africain qui est sur le point de subir des récoltes de riz et de maïs en chute de près de 40% également, et le monde entier des augmentations de prix sans précédent sur toute une série de denrées allant des produits laitiers à la viande. Et ne nous y trompons pas, car cette insécurité et ce stress alimentaires – ainsi que le choc hyper inflationniste qui les accompagne – sont là pour durer, et ce même si la guerre en Ukraine s’arrêtait aujourd’hui comme par enchantement.

C’est en effet pas moins de 3 milliards 300 millions d’individus qui sont dépendants – pour se nourrir – de fertilisants d’origine chimique. C’est donc l’Humanité qui risque fort de sombrer dans ce qui menace d’être la pire famine de l’Histoire du monde. Est-il nécessaire de décrire les effets à court terme d’une telle malnutrition qui se déclineront en mouvements sociaux violents lesquels dégénèreront en émeutes et en morts ? Il faut renvoyer dos à dos ces économistes prétendant que l’implosion de l’économie russe n’aura qu’un impact provisoire sur nos existences sous prétexte que son PIB atteint à peine celui de la Hollande et de la Belgique réunies. Ces calculs et prévisions fallacieux ne tenant compte que de la taille d’une économie en valeur absolue rappellent ceux qui avaient sous-estimé les ravages de la chute de Lehman Brothers qui n’était en soi pas un établissement très important. Ces experts – de ce passé et de ce jour – négligent les effets dominos de la faillite de banques, et à plus forte raison de la chute de nations, dans un environnement de globalisation et d’interdépendance intenses.

Après une pandémie dont certains pays ne sont pas encore sortis et qui aura traumatisé notre génération, il est peut-être temps de nous rendre compte que la solution optimale au problème russo-ukrainien n’est pas de ce monde, qu’une guerre n’est jamais totalement gagnée, que l’émotion au niveau géopolitique est rarement bonne conseillère, qu’il est enfin temps de ramener tout ce monde à la raison.
______

(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales. Il est fondateur et directeur général d’Art Trading & Finance.
Il vient de publier « Fauteuil 37 » préfacé par Edgar Morin. Il est également l’auteur d’un nouvel ouvrage : « Le testament d’un économiste désabusé ».
Sa page Facebook et son fil Twitter.

 

Ukraine et risque de famine mondiale

Ukraine et risque de famine mondiale

 

La faim guette dans de nombreux endroits du monde dépendant du blé ukrainien avertissent Galia Ackerman et Philippe de Lara, deux spécialistes qui appellent les pays occidentaux à protéger les cargos céréaliers. Au bout de la chaîne ce sont surtout les populations et les pays pauvres qui vont payer la facture des produits qu’elles importent en grande partie.

 

La barbarie destructrice de la Russie tente de rayer l’Ukraine de la carte, mais elle frappe aussi le monde entier. Les pénuries et la récession qui ont commencé ne sont rien à côté des famines à venir : selon le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le conflit pourrait entraîner un « effondrement du système alimentaire mondial », « un ouragan de famine ».

La guerre empêche en effet l’Ukraine d’exporter les céréales et autres denrées qui débordent dans les silos, tandis que les exportations russes sont entravées par divers problèmes internes et par la volonté de la Russie d’augmenter ses stocks, au détriment de ses voisins du Caucase qu’elle fournissait habituellement et, a fortiori, de tous les pays dépendant de ses exportations. Or, l’Ukraine et la Russie pèsent ensemble 29 % du commerce mondial du blé. L’Ukraine fournit à elle seule près de la moitié de l’approvisionnement en blé du Programme alimentaire mondial. En temps normal, l’Ukraine produit suffisamment pour nourrir 400 millions de personnes dans le monde.

 

L’ONU a supplié la Russie de lever le blocus des ports ukrainiens pour permettre d’acheminer les céréales vers les pays qui en ont un besoin vital. La Russie n’a même pas répondu. Or, le président russe, Vladimir Poutine, sait parfaitement les désastres qui se produiront, dès l’automne et plus encore en 2023, si l’Ukraine ne peut pas exporter ses céréales et semer pour la prochaine récolte. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), « de huit à treize millions de personnes supplémentaires pourraient souffrir de sous-nutrition à travers le monde en 2022-2023. La progression de la malnutrition sera particulièrement marquée dans les régions d’Asie-Pacifique et d’Afrique subsaharienne ». Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a ajouté, dans un communiqué, que « l’Egypte, la Turquie, le Bangladesh et l’Iran, qui sont les plus grands importateurs de blé, achètent plus de 60 % de leur blé à l’Ukraine et à la Russie, et en importent des quantités très importantes. Le Liban, la Tunisie, le Yémen, la Libye et le Pakistan sont eux aussi fortement dépendants de ces deux pays pour leur approvisionnement en blé ».

Le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Michael Fakhri, a exhorté Moscou à « arrêter immédiatement les attaques militaires contre l’Ukraine, avant qu’il n’y ait de profondes conséquences mondiales et à long terme sur la sécurité alimentaire de chacun ». Il estime que « la nourriture ne devrait jamais être militarisée et aucun pays au monde ne devrait être poussé à la famine et au désespoir » et redoute également que cette guerre ne provoque des taux d’insécurité alimentaire importants en Ukraine, et augmente la sous-nutrition en Russie. « Même si la guerre fait rage, la communauté internationale doit accorder une attention particulière au soutien des exploitations agricoles familiales et des petits agriculteurs en Ukraine, [car] les exploitations familiales et les petits agriculteurs se révèlent être les plus adaptables et les plus résilients en temps de crise. »

Numérique, pensée et discours

Numérique, pensée et discours 

par David Lacombled est président de la Villa numéris.

 

 

L’oral précède l’écrit. Tel un fleuve, il permet d’irriguer tous les canaux de communication que le numérique a démultiplié. Désormais, les discours se regardent aussi en télévision ou sur des chaînes YouTube, en direct ou en replay. Saucissonnée en punchlines, la parole se retrouve servie à l’envie sur les réseaux sociaux ou les messageries instantanées. Telle une cuisine de restes, rien ne doit se perdre.

Au-delà, la parole agit sans doute comme une des meilleures thérapies de groupe. A condition qu’elle ne soit pas uniquement descendante et que chacun puisse s’exprimer ou pour le moins être représenté. C’était l’intuition du président de la République quand il a initié le Grand débat national pour contribuer à mettre un terme à la crise des Gilets jaunes. Les Français ont besoin de s’exprimer et d’être écoutés. Et cette parole ne saurait être contenue dans le seul geste de déposer un bulletin dans une urne.

Il s’agit d’inventer de nouvelles agoras pour que chacun puisse s’y exprimer selon des méthodes d’intelligence collective qui ont fait leur preuve pour aboutir à des consensus

C’est tout le défi qui se présente aux décideurs publics pour renouer les fils distendus entre les citoyens eux-mêmes, d’une Nation qui ne s’aime plus, pour se parler, s’écouter, s’apprécier. Ce devra être le prélude à l’écriture d’un nouveau destin commun. Dans un monde où globalement tout va mieux, chaque injustice ou déclassement devient insupportable. Les réseaux sociaux en particulier, par leur effet de masse et d’entraînement, par leur réactivité et leur proximité – le téléphone sur le cœur, convoquent les émotions avant la raison. En cela l’esprit critique doit être encouragé. Par chance, la France a hérité de celui des Lumières.

Hâbleurs, aussi parfois, les Français ont besoin de se raconter. Le succès de la série «En thérapie» sur Arte leur offre le miroir d’eux-mêmes en quelque sorte. Ses audiences en témoignent. Plus d’un million de téléspectateurs se rassemblent devant le canapé du Docteur Philippe Dayan, acteur permanent du programme diffusé en linéaire sur la chaîne de télévision le jeudi soir. Les épisodes de la saison 2, intégralement diffusés en ligne, ont déjà été vus plus de 20 millions de fois en un mois. Comme quoi le « binge-watching », qui consiste à avaler les épisodes d’une série sans s’arrêter, n’est pas réservé au seul Netflix. La parole y convoque les faits de société. Exprimée – libérée, pour reprendre un vocable plus militant – elle guérit.

Que les Français donnent de la voix est une bonne nouvelle pour notre avenir. Si le comptoir des cafés a longtemps été le parlement du peuple, pour faire référence à Honoré de Balzac, force est de constater que beaucoup de communes se sont éteintes au fur et à mesure que leurs commerces les plus essentiels disparaissaient et que les liaisons ferroviaires se faisaient plus rares. Il s’agit d’inventer de nouvelles agoras pour que chacun puisse s’y exprimer selon des méthodes d’intelligence collective qui ont fait leur preuve pour aboutir à des consensus. Sans cela, l’opinion, chauffée à blanc par quelques irresponsables, ne pourra qu’être éruptive.

David Lacombled est président de la Villa numéris.

Risque de famine mondiale

Risque de famine mondiale

 

La faim guette dans de nombreux endroits du monde dépendant du blé ukrainien avertissent Galia Ackerman et Philippe de Lara, deux spécialistes qui appellent les pays occidentaux à protéger les cargos céréaliers.

 

La barbarie destructrice de la Russie tente de rayer l’Ukraine de la carte, mais elle frappe aussi le monde entier. Les pénuries et la récession qui ont commencé ne sont rien à côté des famines à venir : selon le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le conflit pourrait entraîner un « effondrement du système alimentaire mondial », « un ouragan de famine ».

La guerre empêche en effet l’Ukraine d’exporter les céréales et autres denrées qui débordent dans les silos, tandis que les exportations russes sont entravées par divers problèmes internes et par la volonté de la Russie d’augmenter ses stocks, au détriment de ses voisins du Caucase qu’elle fournissait habituellement et, a fortiori, de tous les pays dépendant de ses exportations. Or, l’Ukraine et la Russie pèsent ensemble 29 % du commerce mondial du blé. L’Ukraine fournit à elle seule près de la moitié de l’approvisionnement en blé du Programme alimentaire mondial. En temps normal, l’Ukraine produit suffisamment pour nourrir 400 millions de personnes dans le monde.

 

L’ONU a supplié la Russie de lever le blocus des ports ukrainiens pour permettre d’acheminer les céréales vers les pays qui en ont un besoin vital. La Russie n’a même pas répondu. Or, le président russe, Vladimir Poutine, sait parfaitement les désastres qui se produiront, dès l’automne et plus encore en 2023, si l’Ukraine ne peut pas exporter ses céréales et semer pour la prochaine récolte. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), « de huit à treize millions de personnes supplémentaires pourraient souffrir de sous-nutrition à travers le monde en 2022-2023. La progression de la malnutrition sera particulièrement marquée dans les régions d’Asie-Pacifique et d’Afrique subsaharienne ». Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a ajouté, dans un communiqué, que « l’Egypte, la Turquie, le Bangladesh et l’Iran, qui sont les plus grands importateurs de blé, achètent plus de 60 % de leur blé à l’Ukraine et à la Russie, et en importent des quantités très importantes. Le Liban, la Tunisie, le Yémen, la Libye et le Pakistan sont eux aussi fortement dépendants de ces deux pays pour leur approvisionnement en blé ».

Le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation, Michael Fakhri, a exhorté Moscou à « arrêter immédiatement les attaques militaires contre l’Ukraine, avant qu’il n’y ait de profondes conséquences mondiales et à long terme sur la sécurité alimentaire de chacun ». Il estime que « la nourriture ne devrait jamais être militarisée et aucun pays au monde ne devrait être poussé à la famine et au désespoir » et redoute également que cette guerre ne provoque des taux d’insécurité alimentaire importants en Ukraine, et augmente la sous-nutrition en Russie. « Même si la guerre fait rage, la communauté internationale doit accorder une attention particulière au soutien des exploitations agricoles familiales et des petits agriculteurs en Ukraine, [car] les exploitations familiales et les petits agriculteurs se révèlent être les plus adaptables et les plus résilients en temps de crise. »

Environnement : Conférence Mondiale biodiversité menacée?

Environnement : Conférence Mondiale biodiversité menacée?

Le grand rendez-vous mondial visant à freiner l’effondrement du vivant doit se tenir en Chine à la fin de l’été. Mais sa préparation s’avère complexe, et le pays hôte, peu impliqué, n’en a toujours pas confirmé la tenue.

 

Analyse.

 

La COP15 n’est pas sur les bons rails. La COP… 15 ? Non, il n’y a pas d’erreur de chiffre : en novembre 2021, c’est bien la 26e conférence mondiale sur le climat qui s’est tenue à Glasgow, en Ecosse. Mais, en parallèle des négociations climatiques, une autre Convention-cadre des Nations unies, la Convention sur la diversité biologique, créée en 1992, organise tous les deux ans d’autres « Conférences des parties » (COP), portant cette fois sur la biodiversité.(le « Monde »)

Moins connus, ces rendez-vous n’en sont pas moins importants. L’enjeu de cette COP15, annoncée jusqu’ici pour la fin de l’été à Kunming, en Chine, est même vital : il s’agit d’adopter un nouveau cadre mondial pour mettre un terme à l’érosion de la biodiversité d’ici à 2030. Les accords d’Aichi, signés en 2010, prévoyaient déjà d’atteindre cet objectif en… 2020, mais ils ont échoué quasiment sur toute la ligne. Beaucoup espèrent que l’accord de Kunming sera, pour la nature, l’équivalent de ce que l’accord de Paris a été pour le climat, en matière de prise de conscience et d’engagements.

Fin mars, une session de négociations s’est donc tenue à Genève, en Suisse, pour préparer cette COP, et notamment le projet de cadre mondial. Hélas, les progrès ont été bien plus limités qu’espéré. Un symbole résume, à lui seul, la lenteur avec laquelle ont progressé les discussions : les crochets. Dès qu’une délégation n’est pas d’accord avec l’un des termes proposés, celui-ci est mis entre crochets. A Genève, le projet d’accord, construit autour de vingt et un objectifs concrets pour 2030, s’est ainsi rempli de crochets au point de ressembler, selon les mots des organisateurs, à un arbre de Noël auquel chacun aurait accroché sa guirlande de propositions.

Bien sûr, cette étape où les textes « gonflent » pour prendre en compte l’ensemble des points de vue est indispensable et inhérente au processus de négociation. Encore faut-il qu’ils puissent « dégonfler » à temps, au fur et à mesure qu’émergent des consensus. Le processus peine à avancer. L’agenda des quinze jours de travail, au cours desquels trois discussions ont été menées en parallèle (sur les aspects scientifiques et techniques, sur la mise en œuvre et sur le texte qui sera finalement adopté), était extrêmement chargé. Les 2 000 délégués de 151 pays se rencontraient aussi pour la première fois après deux années de discussions à distance : il faut du temps pour renouer le contact et bâtir la confiance.

Mais, malgré l’implication de la majorité des représentants et des avancées manifestes sur l’objectif de protéger 30 % des terres et des mers d’ici à 2030, ou sur l’inclusion des peuples indigènes, par exemple, le travail qu’il reste à mener pour espérer un succès de la COP est colossal. Sur l’enjeu-clé du financement, le clivage entre pays développés et en développement s’est durci en Suisse et ne sera pas facilement résolu.

Cryptomonnaies : la BCE pour une régulation mondiale

Cryptomonnaies : la BCE pour une régulation mondiale

 

Pour la BCE,  la régulation des cryptomonnaies est nécessaire pour éviter que la croissance de ce secteur ne crée un risque systémique.

La Banque centrale européenne (BCE) a appelé lundi à réglementer les crypto-actifs, dont la dynamique est telle qu’ils atteignent une taille de marché désormais supérieure à celle des prêts hypothécaires à risque à l’origine de la dernière grande crise financière. «Nous devons déployer des efforts coordonnés au niveau mondial pour faire entrer les crypto-actifs dans le champ de la réglementation», a déclaré Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, dans un discours prononcé à New York.

Cet appel fait écho à celui de la Banque d’Angleterre (BoE) qui a estimé en mars que la régulation des cryptomonnaies devait être accrue pour éviter que la croissance de ce secteur ne crée un risque systémique. La demande croissante pour les actifs numériques et les paiements instantanés a fait émerger un écosystème avec des «mineurs» qui créent des cryptomonnaies et une kyrielle d’intermédiaires. Autour du bitcoin, la plus célèbre des cryptomonnaies, la taille du marché des crypto-actifs «est désormais plus importante que ne l’était le marché des prêts hypothécaires à risque» lorsque ce dernier «a déclenché la crise financière mondiale (de 2008) avec une valeur de 1.300 milliards de dollars», a souligné Fabio Panetta.

Ces actifs «engendrent instabilité et insécurité», a critiqué le banquier italien. C’est pourquoi «nous devons veiller à ce (que ces actifs) soient soumis à des normes conformes à celles appliquées au système financier», a argué Fabio Panetta. Pour cela les régulateurs sur la planète doivent «progresser plus rapidement» pour s’assurer que les crypto-actifs «ne déclenchent pas une frénésie de prise de risque anarchique», synonyme de «bulle». Mais réguler ne suffit pas: «si le secteur officiel -pouvoirs publics et intermédiaires- ne satisfait pas» la demande forte en crypto, «d’autres interviendront», a prévenu Fabio Panetta. Il a ainsi plaidé pour que les banques centrales s’engagent dans l’innovation numérique, à l’image de la BCE qui a lancé son chantier d’euro numérique. Cette innovation doit permettre aux citoyens d’utiliser la monnaie unique pour effectuer des paiements partout dans la zone euro.

 

Russie en Ukraine : Une menace contre la paix mondiale

 Russie en Ukraine : Une menace contre la paix mondiale

 

Le recours à la menace nucléaire constitue le marqueur le plus inquiétant de ce conflit, estime la juriste Françoise Bouchet-Saulnier dans une tribune au « Monde », relevant la nécessité d’établir les responsabilités de l’Etat russe, et donc de son président, pour le déclenchement de la guerre et celles des auteurs des crimes.

Tribune.

 Le conflit en Ukraine, qui avait débuté en 2014 comme un conflit armé non international entre Kiev et les rebelles séparatistes de l’est soutenus par Moscou, a propulsé le monde dans une ère nouvelle avec l’entrée en guerre de la Russie, le 24 février. Sur le plan humanitaire, cette guerre n’a malheureusement rien de spécifique. Les victimes ukrainiennes appartiennent à la même humanité et ont besoin des mêmes secours que celles de Tchétchénie, de Syrie, d’Afghanistan ou d’ailleurs. Mais cette guerre se démarque de la longue liste de ces conflits non internationaux. Il s’agit cette fois d’une guerre directe entre deux Etats souverains. Au-delà des destructions et des souffrances subies par la population ukrainienne, cette guerre menace l’existence même du cadre politique et juridique de sécurité collective internationale établi après la seconde guerre mondiale.

 

En invoquant le génocide pour justifier une intervention militaire unilatérale et en utilisant la menace nucléaire dans un conflit armé international, la Russie viole les règles de coexistence pacifique entre Etats garanties par la charte des Nations unies sous la responsabilité des puissances nucléaires membres permanents du Conseil de sécurité. Le Kremlin espère également opposer sa propagande à la réalité matériellement prouvée. Certes, les nouvelles technologies accélèrent la propagation des fausses informations mais après les crimes commis à Boutcha on découvre aussi que le secret, l’anonymat ou le mensonge d’Etat ne résistent pas à la multiplicité des sources d’information ouvertes permises par les satellites de communication et les réseaux sociaux.

L’établissement de la responsabilité russe exige un double niveau d’examen. Le premier concerne la responsabilité de l’Etat russe au titre du déclenchement de la guerre – jus ad bellum, « le droit à la guerre » –, le deuxième engage la responsabilité individuelle des auteurs de crimes commis pendant la guerre – jus in bello, « le droit dans la guerre ».

Concernant le jus ad bellum, la Cour internationale de justice, qui juge les Etats, est saisie depuis le 26 février de la légalité des motifs de la guerre lancée par la Russie contre l’Ukraine. En effet, la charte des Nations unies interdit le recours à la force armée entre les Etats sauf dans les cas de légitime défense étatique ou de décision du Conseil de sécurité de l’ONU concernant des menaces à la paix et à la sécurité internationale. Même s’ils ont parfois menti et abusé de ce cadre juridique international, les Etats-Unis, comme les autres membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU, s’y étaient, jusque-là, formellement soumis.

Economie: L’inflation menace la croissance mondiale ( FMI)

Economie: L’inflation  menace la croissance mondiale ( FMI)

 

« Les perspectives économiques mondiales se sont considérablement détériorées », principalement en raison de la « guerre en Ukraine, qui provoque une crise humanitaire majeure en Europe de l’Est, et des sanctions prises contre la Russie visant à faire pression pour stopper les hostilités », note en préambule le chef économiste du Fonds monétaire international, le Français Pierre-Olivier Gourinchas. D’autant que le conflit déclenché par la Russie a frappé une planète encore en convalescence après deux années de pandémie.S’ajoute maintenant à cela l’inquiétante situation sanitaire en Chine qui conduit à l’immobilisation d’environ un quart de la population. De quoi freiner un peu plus l’évolution de la production et de la consommation mondiale.

 Alors qu’en janvier, les experts de Washington tablaient sur une croissance mondiale de 4,4 % en 2022, la prévision est désormais de 3,6 %.

En France notamment  choc énergétique pourrait déboucher sur une activité proche de zéro dans les prochains mois selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.( La Tribune).

 L’Insee vient de confirmer sa première estimation d’inflation en mars à 4,5%. Etes-vous surpris par cette hausse ?

PHILIPPE WAECHTER- Non, cette hausse est commune à beaucoup de pays européens. En zone euro, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ont également enregistré une accélération significative de l’inflation au mois de mars. Cette accélération résulte en grande partie de la hausse très marquée des prix de l’énergie. Dans le détail, on voit que le prix de l’énergie a encore fortement progressé en mars. La France est néanmoins légèrement en retrait par rapport aux autres pays en raison du bouclier énergétique du gouvernement qui protège.

Selon l’Insee, ce bouclier permet de limiter l’inflation d’environ 1,5%. C’est un facteur qui à court terme joue favorablement. Il joue moins sur l’essence que sur le gaz ou l’électricité. Depuis l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, les prix de l’énergie ont fortement progressé. Les chiffres du mois de mars marquent une hausse entre 60% et 100% par rapport à la moyenne de 2021. C’est une hausse assez brutale.

À quoi peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ?

On ne peut pas faire l’hypothèse que les prix de l’énergie vont se réduire spontanément.  À l’échelle de la zone euro, si le prix du baril est maintenu à 102 euros comme au mois de mars tout au long de l’année 2022, la contribution de l’énergie à l’inflation sera très forte au cours des prochains mois.

Sur la zone euro, la contribution de l’énergie en fin d’année serait de l’ordre de 2%. Il reste beaucoup d’incertitudes sur le plan diplomatique et la stratégie de l’Europe sur le gaz russe.

Le choc sur les prix de l’énergie peut-il entraîner une récession en Europe et en France ?

Si on replace le choc énergétique actuel dans une perspective historique, le prix du baril de pétrole est à un niveau très élevé. Le prix du baril en euros constants est bien plus élevé que lors des deux chocs pétroliers des années 70. Lorsqu’il y a un choc énergétique liée à une accélération brutale du prix de l’énergie, il y a une récession généralement derrière. Ce choc énergétique oblige tous les acteurs économiques à arbitrer dans leurs dépenses. Les ménages doivent faire des choix entre les carburants et d’autres biens. Ceux qui dépendent de la voiture vont être pénalisés dans leur consommation. Les entreprises sont contraintes de payer leur énergie plus cher. Cela les oblige à faire des choix. Cette situation modifie l’allocation des ressources. C’est un facteur de déstabilisation de la conjoncture.

Par ailleurs, quand il y a une telle hausse des prix de l’énergie, les factures énergétiques s’accroissent de manière significative. Il y a un transfert de revenus vers les pays producteurs de pétrole. Ces revenus ne vont pas revenir spontanément. Les Européens sont obligés d’ajuster leur budget à cette facture pétrolière. La demande adressée aux entreprises est forcément plus réduite.

La probabilité de récession en 2022 est loin d’être négligeable en Europe et en France. Cela ne veut pas dire que l’activité va s’effondrer rapidement. La probabilité d’une activité proche de zéro en Europe et en France est loin d’être nulle. Le choc énergétique peut avoir un caractère systématique.

L’horizon économique considérablement assombri avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie complique la tâche de la BCE. Quelles sont les marges de manoeuvre de sa présidente Christine Lagarde ?

La Banque centrale européenne n’a pas beaucoup de marges de manoeuvre. Le principal objectif de la BCE reste l’inflation. Elle est actuellement à 7,5% au mois de mars en zone euro. Lorsque l’on examine les contributions des différents postes, l’énergie et l’alimentation contribuent à hauteur de 5,5%. La contribution de l’énergie et de l’alimentaire est bien supérieure à celles des biens et services. La BCE ne peut pas contrôler la production de pétrole ou de gaz. Cette situation est contraignante pour la BCE. Aux Etats-Unis, la contribution des biens et services à l’inflation est très élevée par rapport à celle de l’énergie. La Réserve fédérale peut agir plus facilement.

En Europe, agir sur les comportements, c’est prendre un risque d’agir sur l’activité sans peser sur l’inflation. Christine Lagarde veut peser sur l’inflation. La BCE va probablement monter ses taux en septembre et en décembre. Pour l’instant, son discours tend à montrer que l’inflation actuelle ne doit pas s’inscrire dans l’esprit de tous les acteurs de l’économie et que chacun n’intègre pas l’idée que l’inflation soit persistante. Elle doit durcir le ton pour éviter la persistance de l’inflation. Dans le même temps, elle a demandé aux gouvernements d’avoir des politiques accommodantes pour que la demande soit soutenue. Le plus grand drame pour les banques centrales est la persistance de l’inflation.

L’inflation menace la croissance mondiale ( FMI)

L’inflation  menace la croissance mondiale ( FMI)

 

« Les perspectives économiques mondiales se sont considérablement détériorées », principalement en raison de la « guerre en Ukraine, qui provoque une crise humanitaire majeure en Europe de l’Est, et des sanctions prises contre la Russie visant à faire pression pour stopper les hostilités », note en préambule le chef économiste du Fonds monétaire international, le Français Pierre-Olivier Gourinchas. D’autant que le conflit déclenché par la Russie a frappé une planète encore en convalescence après deux années de pandémie.

 Alors qu’en janvier, les experts de Washington tablaient sur une croissance mondiale de 4,4 % en 2022, la prévision est désormais de 3,6 %.

En France notamment  choc énergétique pourrait déboucher sur une activité proche de zéro dans les prochains mois selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.( La Tribune).

 L’Insee vient de confirmer sa première estimation d’inflation en mars à 4,5%. Etes-vous surpris par cette hausse ?

PHILIPPE WAECHTER- Non, cette hausse est commune à beaucoup de pays européens. En zone euro, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ont également enregistré une accélération significative de l’inflation au mois de mars. Cette accélération résulte en grande partie de la hausse très marquée des prix de l’énergie. Dans le détail, on voit que le prix de l’énergie a encore fortement progressé en mars. La France est néanmoins légèrement en retrait par rapport aux autres pays en raison du bouclier énergétique du gouvernement qui protège.

Selon l’Insee, ce bouclier permet de limiter l’inflation d’environ 1,5%. C’est un facteur qui à court terme joue favorablement. Il joue moins sur l’essence que sur le gaz ou l’électricité. Depuis l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, les prix de l’énergie ont fortement progressé. Les chiffres du mois de mars marquent une hausse entre 60% et 100% par rapport à la moyenne de 2021. C’est une hausse assez brutale.

À quoi peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ?

On ne peut pas faire l’hypothèse que les prix de l’énergie vont se réduire spontanément.  À l’échelle de la zone euro, si le prix du baril est maintenu à 102 euros comme au mois de mars tout au long de l’année 2022, la contribution de l’énergie à l’inflation sera très forte au cours des prochains mois.

Sur la zone euro, la contribution de l’énergie en fin d’année serait de l’ordre de 2%. Il reste beaucoup d’incertitudes sur le plan diplomatique et la stratégie de l’Europe sur le gaz russe.

Le choc sur les prix de l’énergie peut-il entraîner une récession en Europe et en France ?

Si on replace le choc énergétique actuel dans une perspective historique, le prix du baril de pétrole est à un niveau très élevé. Le prix du baril en euros constants est bien plus élevé que lors des deux chocs pétroliers des années 70. Lorsqu’il y a un choc énergétique liée à une accélération brutale du prix de l’énergie, il y a une récession généralement derrière. Ce choc énergétique oblige tous les acteurs économiques à arbitrer dans leurs dépenses. Les ménages doivent faire des choix entre les carburants et d’autres biens. Ceux qui dépendent de la voiture vont être pénalisés dans leur consommation. Les entreprises sont contraintes de payer leur énergie plus cher. Cela les oblige à faire des choix. Cette situation modifie l’allocation des ressources. C’est un facteur de déstabilisation de la conjoncture.

Par ailleurs, quand il y a une telle hausse des prix de l’énergie, les factures énergétiques s’accroissent de manière significative. Il y a un transfert de revenus vers les pays producteurs de pétrole. Ces revenus ne vont pas revenir spontanément. Les Européens sont obligés d’ajuster leur budget à cette facture pétrolière. La demande adressée aux entreprises est forcément plus réduite.

La probabilité de récession en 2022 est loin d’être négligeable en Europe et en France. Cela ne veut pas dire que l’activité va s’effondrer rapidement. La probabilité d’une activité proche de zéro en Europe et en France est loin d’être nulle. Le choc énergétique peut avoir un caractère systématique.

L’horizon économique considérablement assombri avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie complique la tâche de la BCE. Quelles sont les marges de manoeuvre de sa présidente Christine Lagarde ?

La Banque centrale européenne n’a pas beaucoup de marges de manoeuvre. Le principal objectif de la BCE reste l’inflation. Elle est actuellement à 7,5% au mois de mars en zone euro. Lorsque l’on examine les contributions des différents postes, l’énergie et l’alimentation contribuent à hauteur de 5,5%. La contribution de l’énergie et de l’alimentaire est bien supérieure à celles des biens et services. La BCE ne peut pas contrôler la production de pétrole ou de gaz. Cette situation est contraignante pour la BCE. Aux Etats-Unis, la contribution des biens et services à l’inflation est très élevée par rapport à celle de l’énergie. La Réserve fédérale peut agir plus facilement.

En Europe, agir sur les comportements, c’est prendre un risque d’agir sur l’activité sans peser sur l’inflation. Christine Lagarde veut peser sur l’inflation. La BCE va probablement monter ses taux en septembre et en décembre. Pour l’instant, son discours tend à montrer que l’inflation actuelle ne doit pas s’inscrire dans l’esprit de tous les acteurs de l’économie et que chacun n’intègre pas l’idée que l’inflation soit persistante. Elle doit durcir le ton pour éviter la persistance de l’inflation. Dans le même temps, elle a demandé aux gouvernements d’avoir des politiques accommodantes pour que la demande soit soutenue. Le plus grand drame pour les banques centrales est la persistance de l’inflation.

Economie: L’inflation va plomber la croissance mondiale( FMI)

Economie: L’inflation va plomber la croissance mondiale( FMI)

 

« Les perspectives économiques mondiales se sont considérablement détériorées », principalement en raison de la « guerre en Ukraine, qui provoque une crise humanitaire majeure en Europe de l’Est, et des sanctions prises contre la Russie visant à faire pression pour stopper les hostilités », note en préambule le chef économiste du Fonds monétaire international, le Français Pierre-Olivier Gourinchas. D’autant que le conflit déclenché par la Russie a frappé une planète encore en convalescence après deux années de pandémie.

 Alors qu’en janvier, les experts de Washington tablaient sur une croissance mondiale de 4,4 % en 2022, la prévision est désormais de 3,6 %.

En France notamment  choc énergétique pourrait déboucher sur une activité proche de zéro dans les prochains mois selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.( La Tribune).

 L’Insee vient de confirmer sa première estimation d’inflation en mars à 4,5%. Etes-vous surpris par cette hausse ?

PHILIPPE WAECHTER- Non, cette hausse est commune à beaucoup de pays européens. En zone euro, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ont également enregistré une accélération significative de l’inflation au mois de mars. Cette accélération résulte en grande partie de la hausse très marquée des prix de l’énergie. Dans le détail, on voit que le prix de l’énergie a encore fortement progressé en mars. La France est néanmoins légèrement en retrait par rapport aux autres pays en raison du bouclier énergétique du gouvernement qui protège.

Selon l’Insee, ce bouclier permet de limiter l’inflation d’environ 1,5%. C’est un facteur qui à court terme joue favorablement. Il joue moins sur l’essence que sur le gaz ou l’électricité. Depuis l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, les prix de l’énergie ont fortement progressé. Les chiffres du mois de mars marquent une hausse entre 60% et 100% par rapport à la moyenne de 2021. C’est une hausse assez brutale.

À quoi peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ?

On ne peut pas faire l’hypothèse que les prix de l’énergie vont se réduire spontanément.  À l’échelle de la zone euro, si le prix du baril est maintenu à 102 euros comme au mois de mars tout au long de l’année 2022, la contribution de l’énergie à l’inflation sera très forte au cours des prochains mois.

Sur la zone euro, la contribution de l’énergie en fin d’année serait de l’ordre de 2%. Il reste beaucoup d’incertitudes sur le plan diplomatique et la stratégie de l’Europe sur le gaz russe.

Le choc sur les prix de l’énergie peut-il entraîner une récession en Europe et en France ?

Si on replace le choc énergétique actuel dans une perspective historique, le prix du baril de pétrole est à un niveau très élevé. Le prix du baril en euros constants est bien plus élevé que lors des deux chocs pétroliers des années 70. Lorsqu’il y a un choc énergétique liée à une accélération brutale du prix de l’énergie, il y a une récession généralement derrière. Ce choc énergétique oblige tous les acteurs économiques à arbitrer dans leurs dépenses. Les ménages doivent faire des choix entre les carburants et d’autres biens. Ceux qui dépendent de la voiture vont être pénalisés dans leur consommation. Les entreprises sont contraintes de payer leur énergie plus cher. Cela les oblige à faire des choix. Cette situation modifie l’allocation des ressources. C’est un facteur de déstabilisation de la conjoncture.

Par ailleurs, quand il y a une telle hausse des prix de l’énergie, les factures énergétiques s’accroissent de manière significative. Il y a un transfert de revenus vers les pays producteurs de pétrole. Ces revenus ne vont pas revenir spontanément. Les Européens sont obligés d’ajuster leur budget à cette facture pétrolière. La demande adressée aux entreprises est forcément plus réduite.

La probabilité de récession en 2022 est loin d’être négligeable en Europe et en France. Cela ne veut pas dire que l’activité va s’effondrer rapidement. La probabilité d’une activité proche de zéro en Europe et en France est loin d’être nulle. Le choc énergétique peut avoir un caractère systématique.

L’horizon économique considérablement assombri avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie complique la tâche de la BCE. Quelles sont les marges de manoeuvre de sa présidente Christine Lagarde ?

La Banque centrale européenne n’a pas beaucoup de marges de manoeuvre. Le principal objectif de la BCE reste l’inflation. Elle est actuellement à 7,5% au mois de mars en zone euro. Lorsque l’on examine les contributions des différents postes, l’énergie et l’alimentation contribuent à hauteur de 5,5%. La contribution de l’énergie et de l’alimentaire est bien supérieure à celles des biens et services. La BCE ne peut pas contrôler la production de pétrole ou de gaz. Cette situation est contraignante pour la BCE. Aux Etats-Unis, la contribution des biens et services à l’inflation est très élevée par rapport à celle de l’énergie. La Réserve fédérale peut agir plus facilement.

En Europe, agir sur les comportements, c’est prendre un risque d’agir sur l’activité sans peser sur l’inflation. Christine Lagarde veut peser sur l’inflation. La BCE va probablement monter ses taux en septembre et en décembre. Pour l’instant, son discours tend à montrer que l’inflation actuelle ne doit pas s’inscrire dans l’esprit de tous les acteurs de l’économie et que chacun n’intègre pas l’idée que l’inflation soit persistante. Elle doit durcir le ton pour éviter la persistance de l’inflation. Dans le même temps, elle a demandé aux gouvernements d’avoir des politiques accommodantes pour que la demande soit soutenue. Le plus grand drame pour les banques centrales est la persistance de l’inflation.

L’inflation va plomber la croissance mondiale( FMI)

L’inflation va plomber la croissance mondiale( FMI)

 

« Les perspectives économiques mondiales se sont considérablement détériorées », principalement en raison de la « guerre en Ukraine, qui provoque une crise humanitaire majeure en Europe de l’Est, et des sanctions prises contre la Russie visant à faire pression pour stopper les hostilités », note en préambule le chef économiste du Fonds monétaire international, le Français Pierre-Olivier Gourinchas. D’autant que le conflit déclenché par la Russie a frappé une planète encore en convalescence après deux années de pandémie.

 Alors qu’en janvier, les experts de Washington tablaient sur une croissance mondiale de 4,4 % en 2022, la prévision est désormais de 3,6 %.

En France notamment  choc énergétique pourrait déboucher sur une activité proche de zéro dans les prochains mois selon Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.( La Tribune).

 L’Insee vient de confirmer sa première estimation d’inflation en mars à 4,5%. Etes-vous surpris par cette hausse ?

PHILIPPE WAECHTER- Non, cette hausse est commune à beaucoup de pays européens. En zone euro, l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ont également enregistré une accélération significative de l’inflation au mois de mars. Cette accélération résulte en grande partie de la hausse très marquée des prix de l’énergie. Dans le détail, on voit que le prix de l’énergie a encore fortement progressé en mars. La France est néanmoins légèrement en retrait par rapport aux autres pays en raison du bouclier énergétique du gouvernement qui protège.

Selon l’Insee, ce bouclier permet de limiter l’inflation d’environ 1,5%. C’est un facteur qui à court terme joue favorablement. Il joue moins sur l’essence que sur le gaz ou l’électricité. Depuis l’entrée en guerre de la Russie en Ukraine, les prix de l’énergie ont fortement progressé. Les chiffres du mois de mars marquent une hausse entre 60% et 100% par rapport à la moyenne de 2021. C’est une hausse assez brutale.

À quoi peut-on s’attendre dans les prochaines semaines ?

On ne peut pas faire l’hypothèse que les prix de l’énergie vont se réduire spontanément.  À l’échelle de la zone euro, si le prix du baril est maintenu à 102 euros comme au mois de mars tout au long de l’année 2022, la contribution de l’énergie à l’inflation sera très forte au cours des prochains mois.

Sur la zone euro, la contribution de l’énergie en fin d’année serait de l’ordre de 2%. Il reste beaucoup d’incertitudes sur le plan diplomatique et la stratégie de l’Europe sur le gaz russe.

Le choc sur les prix de l’énergie peut-il entraîner une récession en Europe et en France ?

Si on replace le choc énergétique actuel dans une perspective historique, le prix du baril de pétrole est à un niveau très élevé. Le prix du baril en euros constants est bien plus élevé que lors des deux chocs pétroliers des années 70. Lorsqu’il y a un choc énergétique liée à une accélération brutale du prix de l’énergie, il y a une récession généralement derrière. Ce choc énergétique oblige tous les acteurs économiques à arbitrer dans leurs dépenses. Les ménages doivent faire des choix entre les carburants et d’autres biens. Ceux qui dépendent de la voiture vont être pénalisés dans leur consommation. Les entreprises sont contraintes de payer leur énergie plus cher. Cela les oblige à faire des choix. Cette situation modifie l’allocation des ressources. C’est un facteur de déstabilisation de la conjoncture.

Par ailleurs, quand il y a une telle hausse des prix de l’énergie, les factures énergétiques s’accroissent de manière significative. Il y a un transfert de revenus vers les pays producteurs de pétrole. Ces revenus ne vont pas revenir spontanément. Les Européens sont obligés d’ajuster leur budget à cette facture pétrolière. La demande adressée aux entreprises est forcément plus réduite.

La probabilité de récession en 2022 est loin d’être négligeable en Europe et en France. Cela ne veut pas dire que l’activité va s’effondrer rapidement. La probabilité d’une activité proche de zéro en Europe et en France est loin d’être nulle. Le choc énergétique peut avoir un caractère systématique.

L’horizon économique considérablement assombri avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie complique la tâche de la BCE. Quelles sont les marges de manoeuvre de sa présidente Christine Lagarde ?

La Banque centrale européenne n’a pas beaucoup de marges de manoeuvre. Le principal objectif de la BCE reste l’inflation. Elle est actuellement à 7,5% au mois de mars en zone euro. Lorsque l’on examine les contributions des différents postes, l’énergie et l’alimentation contribuent à hauteur de 5,5%. La contribution de l’énergie et de l’alimentaire est bien supérieure à celles des biens et services. La BCE ne peut pas contrôler la production de pétrole ou de gaz. Cette situation est contraignante pour la BCE. Aux Etats-Unis, la contribution des biens et services à l’inflation est très élevée par rapport à celle de l’énergie. La Réserve fédérale peut agir plus facilement.

En Europe, agir sur les comportements, c’est prendre un risque d’agir sur l’activité sans peser sur l’inflation. Christine Lagarde veut peser sur l’inflation. La BCE va probablement monter ses taux en septembre et en décembre. Pour l’instant, son discours tend à montrer que l’inflation actuelle ne doit pas s’inscrire dans l’esprit de tous les acteurs de l’économie et que chacun n’intègre pas l’idée que l’inflation soit persistante. Elle doit durcir le ton pour éviter la persistance de l’inflation. Dans le même temps, elle a demandé aux gouvernements d’avoir des politiques accommodantes pour que la demande soit soutenue. Le plus grand drame pour les banques centrales est la persistance de l’inflation.

Croissance mondiale: Très affaiblie par la guerre en Ukraine

Croissance  mondiale:   Très affaiblie par la guerre en Ukraine

 

Il faut sans doute s’attendre à une diminution de l’activité mondiale divisée par deux en raison de la croissance exceptionnelle de l’inflation. Une inflation en particulier nourrie et renforcée par la hausse de l’énergie, des matières premières et des denrées alimentaires. L’inflation va fortement peser sur le pouvoir d’achat des ménages donc sur la consommation et la croissance. Pour la France par exemple la croissance théorique était prévue à 4 %, elle pourrait n’atteindre que 2 %.

Selon une étude de l’OMC la crise devrait ramener la croissance du PIB mondial à un niveau compris entre 3,1 et 3,7% cette année, tandis que celle du commerce mondial devrait s’établir entre 2,4% et 3%. En octobre, l’OMC tablait sur une hausse de 4,7%. La guerre en Ukraine a non seulement créé une crise humanitaire d’une immense ampleur, mais a également fortement ébranlé l’économie mondiale. «Le gros des souffrances et des destructions est ressenti par le peuple ukrainien, mais les coûts en termes de réduction des échanges et de production seront probablement ressentis par les populations du monde entier en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie et de la réduction de la disponibilité des marchandises exportées par la Russie et l’Ukraine», note le secrétariat de l’OMC.

«Les pays les plus pauvres sont fortement menacés par la guerre, car ils ont tendance à consacrer une fraction plus importante de leurs revenus aux denrées alimentaires par rapport aux pays plus riches», poursuit le rapport, qui estime que «cela pourrait avoir un impact sur la stabilité politique». Si les parts de la Russie et de l’Ukraine dans l’ensemble de la production et du commerce mondial sont relativement faibles, ces deux pays sont d’importants fournisseurs de produits essentiels, notamment de produits alimentaires et d’énergie. Selon l’OMC, les deux pays ont distribué en 2019 environ 25% du blé mondial, 15% de l’orge et 45% du tournesol. A elle seule, la Russie représente 9,4% du commerce mondial des carburants, une part qui s’élève à 20% pour le gaz naturel.


Vers une crise alimentaire mondiale

Vers une  crise alimentaire mondiale 

 

Les institutions officielles notamment gouvernementales se veulent rassurantes sur les conséquences de la crise en n’Ukraine. Pour l’Europe par exemple  on prévoyait une croissance de environ 4 %. La crise ukrainienne pourrait diviser par 2, certains sont même encore plus optimistes pour considérer que la crise ukrainienne ne fera baisser le PIB  que de 1 %.

Évidemment personne n’en sait rien exactement. En cause, le fait qu’on ne sait pas quelle ampleur et quelle durée sera cette guerre de la Russie en Ukraine voire ailleurs).

Parmi les connaissances connues figurent la hausse supplémentaire des céréales qui pourraient créer une crise mondiale affectant en particulier les pays pauvres. Dans les pays riches le pouvoir d’achat sera amputé avec par exemple en Europe une inflation entre cinq et 7 %. Dans les pays pauvres la hausse des produits alimentaires sera bien plus grave que l’essentiel des budgets est consacré à la nourriture. La tension sur les prix davantage ressentis dans les pays pauvres va aussi se répercuter sur les pays riches et réciproquement.

Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont atteint en mars leurs « plus hauts niveaux jamais enregistrés » en raison de la guerre en Ukraine, a annoncé ce vendredi 8 avril l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

L’indice FAO des prix alimentaires, qui suit la variation mensuelle des cours internationaux d’un panier de produits alimentaires de base, avait déjà battu en février son record depuis sa création en 1990, et enregistre en mars une nouvelle hausse de 12,6%, indique l’organisation dans un communiqué.

Cette augmentation est principalement imputable à l’indice FAO des prix des céréales, qui a « enregistré une hausse de 17,1% par rapport à février, sous l’effet de fortes hausses des prix du blé et de toutes les céréales secondaires, principalement dues à la guerre en Ukraine ». Les prix alimentaires sont également tirés vers le haut par les huiles végétales, dont l’indice FAO « a bondi de 23,2%, porté par la hausse des cours de l’huile de tournesol, dont le premier exportateur mondial est l’Ukraine ». Dans le même temps, les prix des huiles de palme, de soja et de colza progressent aussi nettement, « sous l’effet d’une hausse de la demande mondiale à l’importation due à des ruptures d’approvisionnement en huile de tournesol ».

La Banque a constaté qu’un « afflux régulier de fonds » se produisait sur les comptes en banque et qu’un « ralentissement notable des taux de croissance actuels des prix, notamment en raison de la dynamique du taux de change du rouble » se produisait.

.Battant des records d’accélération en début de mois, ils ont néanmoins ralenti la dernière semaine de mars. Le rouble, qui s’était effondré à des niveaux sans précédent en février et mars, a largement retrouvé son niveau d’avant l’entrée des troupes russes en Ukraine.

La Banque centrale a laissé entendre qu’une nouvelle baisse pourrait avoir lieu lors de la prochaine réunion, prévue le 29 avril. La Banque centrale semble « confiante sur le fait que la phase la plus aiguë de la crise économique est passée », assurent les analystes de Capital economics dans une note. Les mesures prises rapidement par la Banque en février et mars ont « empêché une ruée bancaire majeure et déstabilisatrice ».

Guerre en Ukraine: une crise alimentaire mondiale sans précédent ?

 

Guerre en Ukraine: une crise alimentaire mondiale sans précédent ?

Sur un an,  certains prix de produits alimentaires de base ont doublé notamment le blé, céréales le plus consommé avec le riz qui a atteint jusqu’à 400 € la tonne. Or le conflit en Ukraine va bouleverser le marché dans la mesure où il ne faudra plus guère compter sur les importations de blé d’Ukraine et de Russie qui représentent pourtant environ 30 % des exportations mondiales.

 

 

Les principales victimes seront dans les pays en développement dont le pouvoir d’achat est déjà sous dimensionné pour faire face aux dépenses de nourriture quotidienne. Beaucoup de pays pour ont abandonné leur culture locale pour le blé et le riz et se trouve désormais dépendant de l’évolution des marchés mondiaux. Parmi les pays les plus concernés figurent notamment l’Afrique qu’on a rendu dépendant de céréales importées.

 

Les écolos bobos s’opposent à un vague plan d’augmentation de la production agricole dans les pays développés comme la France au motif que cela rendra toujours dépendant les pays pauvres. Un raisonnement qu’on peut entendre mais on ne procède pas à des mutations agricoles fondamentales en une saison et il faudra concilier sans doute un plan d’urgence avec une stratégie à plus long terme incluant des révolutions des modes de production de leur lieu et des modes de consommation.

 

Dans plusieurs pays , En particulier en Afrique,la crise alimentaire risque d’être tellement grave qu’elle pourrait entraîner des mouvements sociaux et même politiques déstabilisants.Ailleurs la conséquence immédiate sera une augmentation supplémentaire d’une inflation en train de grignoter le pouvoir d’achat et de remettre en cause la croissance.

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