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Environnement -agriculture: Pour une PAC durable mais aussi créatrice de valeur

  • Environnement -agriculture: Pour une PAC durable mais aussi créatrice de valeur
  • La tribune de 164 parlementaires
    • Alors que notre pays traverse une crise inédite, l’agriculture française — et singulièrement sa production de grandes cultures — doit disposer de moyens adaptés pour répondre pleinement aux objectifs qui sont les siens : produire de manière durable une alimentation de qualité ; contribuer à la lutte contre le changement climatique ; participer pleinement à la relance économique grâce à des filières ancrées dans les territoires.
    • Toutefois, les producteurs de grandes cultures connaissent depuis plus de huit ans une chute très forte de leurs revenus, dont le niveau est l’un des plus faibles de notre pays. Leur rémunération moyenne s’établit sur cette période à moins d’un smic par an dans des conditions inédites de distorsion de concurrence et d’érosion de leur compétitivité par rapport aux autres producteurs européens et, a fortiori, de pays tiers. Ceci s’explique notamment par une baisse drastique des aides qu’ils percevaient au titre du premier pilier de la Politique agricole commune (PAC) au fur et à mesure des différentes réformes de la PAC. Force est de constater qu’à chaque fois, il leur est toujours demandé plus d’efforts et d’engagements, sans pour autant leur accorder de véritable contrepartie économique.
    • «Vision équilibrée ». Nous, élus, sommes résolument à leurs côtés pour que le gouvernement tienne pleinement compte, dans les orientations qui seront arrêtées dans la future PAC, de ces réalités ainsi que des équilibres entre les filières de production et entre les territoires. La durabilité ne peut pas se limiter aux seules dimensions environnementales : elle suppose une réelle prise en compte de la dimension économique de l’activité agricole. Les transitions ne pourront être conduites qu’à travers une vision équilibrée entre l’environnement, l’économie et le social, notamment pour assurer l’indispensable renouvellement de générations en agriculture.
    • Il est, dès lors, impératif que la future PAC soit à la hauteur des défis à relever par les producteurs de grandes cultures. Elle doit résolument s’inscrire dans une logique de croissance et de création de valeur, ainsi que de reconnaissance des efforts (carbone, biodiversité…) déjà réalisés et à réaliser, impliquant une rémunération adéquate. Parallèlement et face à la multiplication des aléas économiques et climatiques, nos producteurs doivent être accompagnés par un système assurantiel plus incitatif pour améliorer la résilience des exploitations.
    • Assurer le maintien de ces exploitations sur nos territoires, c’est assurer la durabilité d’un secteur structuré qui génère plus de 460 000 emplois, c’est assurer une activité économique en milieu rural, c’est assurer l’équilibre de notre balance commerciale, c’est assurer la souveraineté alimentaire de notre pays.
    • Guillaume Kasbarian, député de l’Eure-et-Loir, Julien Dive, député de l’Aisne, Philippe Vigier, député de l’Eure-et-Loir, Luc Lamirault, député de l’Eure-et-Loir, Pierre Cuypers, sénateur de la Seine-et-Marne, Stéphane Demilly, sénateur de la Somme, Marie Évrard, Sénatrice de l’Yonne.
    • Cosignataires : Damien Adam, député de la Seine-Maritime, Pascal Allizard, sénateur du Calvados, Serge Babary, sénateur d’Indre-et-Loire, Philippe Bas, sénateur de la Manche, Jérôme Bascher, sénateur de l’Oise, Stéphane Baudu, député du Loir-et-Cher, Thibault Bazin, député de Meurthe-et-Moselle, Valérie Bazin-Malgras, députée de l’Aube, Valérie Beauvais, députée de la Marne, Bruno Belin, Sénateur de la Vienne, Nadine Bellurot, Sénatrice de l’Indre, Aurore Bergé, députée des Yvelines, Philippe Berta, député du Gard, Grégory Besson-Moreau, député de l’Aube, Annick Billon, sénatrice de la Vendée, Christophe Blanchet, député du Calvados, Pascal Bois, député de l’Oise, François Bonneau, sénateur de la Charente, Jean-Yves Bony, député du Cantal, Gilbert Bouchet, sénateur de la Drôme, Jean-Claude Bouchet, député du Vaucluse, Sylvie Bouchet-Bellecourt, députée de Seine-et-Marne, Bernard Bouley, député de l’Essonne, Yves Bouloux, sénateur de la Vienne, Jean-Luc Bourgeaux, député d’Ille-et-Vilaine, Toine Bourrat, sénatrice des Yvelines, Jean-Marc Boyer, sénateur du Puy-de-Dôme, Valérie Boyer, sénatrice des Bouches-du-Rhône, Jean-Louis Bricout, député de l’Aisne, Danielle Brulebois, députée du Jura, Carole Bureau-Bonnard, députée de l’Oise, Vincent Capo-Canellas, sénateur de la Seine-Saint-Denis, Danièle Cazarian, députée du Rhône, Anne Chain-Larché, sénatrice de la Seine-et-Marne, Philippe Chalumeau, député d’Indre-et-Loire, Alain Chatillon, sénateur de la Haute-Garonne, Guillaume Chevrollier, sénateur de la Mayenne, Paul Christophe, député du Nord, Dino Cinieri, député de la Loiret, Fabienne Colboc, députée de l’Indre-et-Loire, François Cormier-Bouligeon, député du Cher, Jean-Pierre Cubertafon, député de Dordogne, Olivier Damaisin, député du Lot-et-Garonne, Sonia De La Provoté, sénatrice du Calvados, Dominique de Legge, sénateur d’Ille-et-Vilaine, Albéric De Montgolfier, sénateur de l’Eure-et-Loir, Louis-Jean de Nicolay, sénateur de la Sarthe, Marguerite Deprez-Audebert, députée du Pas-de-Calais, Chantal Deseyne, sénatrice d’Eure-et-Loir, Yves Détraigne, sénateur de la Marne, Nassimah Dindar, sénatrice de la Réunion, Elisabeth Doineau, sénatrice de la Mayenne, Jean-Pierre Door, député du Loiret, Pierre-Henri Dumont, député du Pas-de-Calais, Nicole Duranton, sénatrice de l’Eure, Nadia Essayan, députée du Cher, Gilbert Favreau, sénateur des Deux-Sèvres, Françoise Férat, sénateur de la Marne, Agnès Firmin Le Bodo, députée de Seine-Maritime, Pascale Fontenel-Personne, députée de la Sarthe, Nicolas Forissier, député de l’Indre, Françoise Gatel, sénatrice d’Ille-et-Vilaine, Laurence Gayte, députée des Pyrénées-Orientales, Annie Genevard, députée du Doubs, Séverine Gipson, députée de l’Eure, Carole Grandjean, députée de Meurthe-et-Moselle, Jean-Charles Grelier, député de la Sarthe, Pascale Gruny, sénatrice de l’Aisne, Charles Guéné, sénateur de la Haute-Marne, Daniel Guéret, sénateur d’Eure-et-Loir, Jocelyne Guidez, sénatrice de l’Essonne, Yves Hemedinger, député du Haut-Rhin, Olivier Henno, sénateur du Nord, Michel Herbillon, député du Val-de-Marne, Antoine Herth, député du Bas-Rhin, Loïc Hervé, sénateur de la Haute-Savoie, Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, Jean-Raymond Hugonet, sénateur de l’Essonne, Jean-François Husson, sénateur de la Meurthe-et-Moselle, Christian Jacob, député de Seine-et-Marne, Annick Jacquemet, sénatrice du Doubs, Caroline Janvier, députée du Loiret, Bruno Joncour, député des Côtes d’Armor, Sandrine Josso, députée de Loire-Atlantique, Claude Kern, sénateur du Bas-Rhin, Loïc Kervran, député du Cher, Christian Klinger, sénateur du Haut-Rhin, Jacques Krabal, député de l’Aisne, Daniel Labaronne, député d’Indre-et-Loire, Jean-Luc Lagleize, député de Haute-Garonne, Marc Laménie, sénateur des Ardennes, Michel Laugier, sénateur des Yvelines, Daniel Laurent, sénateur de la Charente-Maritime, Jacques Le Nay, sénateur du Morbihan, Jean-Claude Leclabart, député de la Somme, Antoine Lefèvre, sénateur de l’Aisne, Valérie Létard, sénatrice du Nord, Pierre-Antoine Lévi, sénateur du Tarn-et-Garonne, Richard Lioger, député de la Moselle, Patrick Loiseau, député de Vendée, Anne-Catherine Loisier, sénatrice de Côte d’Or, Jean-François Longeot, sénateur du Doubs, Gérard Longuet, sénateur de la Meuse, Véronique Louwagie, députée de l’Orne, Lise Magnier, députée de la Marne, Sylvain Maillard, député de Paris, Emmanuel Maquet, député de la Somme, Olivier Marleix, député de l’Eure-et-Loir, Hervé Maurey, sénateur de l’Eure, Franck Menonville, sénateur de la Meuse, Gérard Menuel, député de l’Aube, Sébastien Meurant, sénateur du Val-d’Oise, Maxime Minot, député de l’Oise, Jean-Pierre Moga, sénateur du Lot-et-Garonne, Adrien Morenas, député du Vaucluse, Catherine Morin-Desailly, sénatrice de la Seine-Maritime, Philippe Mouiller, sénateur des Deux-Sèvres, Claire O’petit, députée de l’Eure, Olivier Paccaud, sénateur de l’Oise, Vanina Paoli-Gagin, sénatrice de l’Aube, Guillaume Peltier, député du Loir-et-Cher, Philippe Pemezec, sénateur des Hauts-de-Seine, Patrice Perrot, député de la Nièvre, Bernard Perrut, député du Rhône, Stéphane Piednoir, sénateur du Maine-et-Loire, Kristina Pluchet, sénatrice de l’Eure, Rémy Pointereau, sénateur du Cher, Bérengère Poletti, députée des Ardennes, Sophie Primas, sénatrice des Yvelines, Didier Quentin, député de Charente-Maritime, Richard Ramos, député du Loiret, Jean-François Rapin, sénateur du Pas-de-Calais, Julien Ravier, député des Bouches-du-Rhône, Robin Reda, député de l’Essonne, Jean-Luc Reitzer, député du Haut-Rhin, Olivier Rietmann, sénateur de la Haute-Saône, Stéphanie Rist, députée du Loiret, Laurianne Rossi, députée des Hauts-de-Seine, Martial Saddier, député de Haute-Savoie, Denise Saint-Pé, sénatrice des Pyrénées-Atlantiques, Hugues Saury, sénateur du Loiret, René-Paul Savary, sénateur de la Marne, Antoine Savignat, député du Val-d’Oise, Raphaël Schellenberger, député du Haut-Rhin, Patricia Schillinger, sénatrice du Haut-Rhin, Vincent Ségouin, sénateur de l’Orne, Nathalie Serre, députée du Rhône, Bruno Sido, sénateur de la Haute-Marne, Laurent Somon, sénateur de la Somme, Vincent Thiébaut, député du Bas-Rhin, Jean-Louis Thiériot, député de Seine-et-Marne, Sabine Thillaye, députée de l’Indre-et-Loire, Claudine Thomas, sénatrice de la Seine-et-Marne, Frédérique Tuffnell, députée de Charente-Maritime, Jean-Pierre Vigier, député de Haute-Loire, Stéphane Viry, député des Vosges, Sylvain Waserman, député du Bas-Rhin

Environnement– L’enjeu du prix de l’eau

Environnement– L’enjeu du prix de l’eau

 

Un article du Wall Street Journal met l’accent sur l’enjeu stratégique de l’eau et de son prix

 

Le trading de contrats qui parient sur le prix futur de l’eau en Californie a été lancé sur la Bourse de CME Group l’année dernière. Si, jusqu’à présent, les volumes d’échanges de contrats à terme ont été faibles, les investisseurs et les analystes spécialistes de l’or bleu estiment que ces actifs peuvent devenir un instrument précieux avec la raréfaction de cette ressource sur la planète.

Les contrats à terme sur l’eau peuvent aider les agriculteurs et les investisseurs à sécuriser des prix stables, même s’ils n’incluent pas de fourniture d’eau. Cela signifie qu’ils sont susceptibles de devenir un outil supplémentaire au sein d’un éventail toujours plus large de produits susceptibles d’être conclus par les consommateurs pour gérer les risques de pénurie.

Selon Cora Kammeyer, analyste senior au Pacific Institute, un think tank spécialisé dans cette ressource, la nécessité d’une répartition plus efficace de l’eau entraînera également le besoin de produits de trading sophistiqués à l’avenir, et notamment davantage de mécanismes pour négocier de l’eau bien réelle entre acteurs régionaux et locaux.

Les entreprises se fixent de plus en plus d’objectifs de durabilité pour compenser leur consommation de cette ressource, tout comme elles le font pour les émissions de gaz à effet de serre. Les investisseurs peuvent déjà négocier des contrats à terme sur les prix de la compensation carbone. Selon Mme Kammeyer, la nécessité de fixer des objectifs de durabilité similaires pour l’eau pourrait déboucher sur un marché de contrats de compensation similaires dans le cadre de projets destinés à reconstituer des ressources en eau.

« Si les consommateurs peuvent monétiser leurs économies [d’eau], cela peut les aider à en utiliser moins, dit-elle. Dans cinq à dix ans, nous pourrions voir émerger un marché plus important [pour ces compensations]. »

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Grégoire Arnould)

Environnement– L’eau, «problème écologique le plus concret»

Environnement– L’eau, «problème écologique le plus concret»

 

 À juste titre cette fois sans doute, Mélenchon considère que le problème de l’eau constitue un enjeu stratégique dominant pour la planète.

 

Le candidat de La France insoumise à la présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon, a consacré ce samedi un meeting virtuel au thème de l’eau, qui abondera sa campagne parce qu’il rend «le problème écologique concret». Le leader Insoumis a discouru près d’une heure et demie dans un environnement de réalité virtuelle en trois dimensions où rivières, barrages ou encore centrales nucléaires alternaient pour appuyer sa démonstration.

Il a expliqué pourquoi l’eau constitue un thème clé de son programme : elle est «une incitation à inventer un monde futur, elle rend le problème de l’écologie le plus concret». Elle est exemplaire de la formule qu’il entend désormais employer à propos de l’écologie: «L’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature». Il prône en effet une «concordance» entre «le cycle du prélèvement humain et le cycle du renouvellement des ressources par la nature». Or, selon lui, l’eau comme ressource est menacée au niveau mondial et il appartient à la France d’œuvrer à son échelle de «deuxième puissance maritime du monde».

«La France est située à tous les points du cycle de l’eau», a-t-il déclaré. Elle doit militer pour un droit international des grands fonds, la préservation des pôles contre l’exploitation minière, contre les traités de libre-échange favorisant l’agriculture intensive. À l’échelle nationale, le «cycle de l’eau est perturbé», a indiqué Jean-Luc Mélenchon, citant l’assèchement de plusieurs cours d’eau, comme le Doubs, ou encore l’appauvrissement des sols en forêt dû à la monoculture de certains arbres et aux coupes rases, qu’il veut interdire.

Le président du groupe des députés LFI a pointé du doigt le capitalisme et la course au profit, «incompatibles» selon lui avec la sauvegarde de l’eau. Souhaitant l’arrêt des privatisations de barrages, il a proposé «la collectivisation de l’eau», c’est-à-dire sa gestion par les collectivités locales au moyen d’une «planification par bassins versants».

Côté usager, il a préconisé la réparation des réseaux de distribution vétustes, la gratuité des premiers mètres cubes d’eau et des tarifs différents en fonction de l’usage – remplir sa piscine devrait être plus cher qu’utiliser cette ressource pour se doucher ou boire. Jean-Luc Mélenchon a appelé à voter en ligne pour la votation citoyenne sur l’eau organisée par LFI et d’autres organisations, afin d’atteindre 300.000 signatures avant la clôture, le 13 avril.

Environnement France : comment piloter réellement l’action climatique ?

Environnement France : comment piloter réellement l’action climatique ?

En lien avec la loi Climat et résilience, le député MoDem Erwan Balanant et 45 autres parlementaires réclament, dans une tribune au « Monde », une évaluation systématique de l’impact climatique des politiques publiques. 

Tribune.

 

Face à l’urgence climatique, le Parlement a adopté plusieurs lois majeures pour permettre à la France de jouer pleinement son rôle dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial, et de protéger nos concitoyens des conséquences du réchauffement climatique. En 2019, la loi Energie climat a déclaré l’urgence climatique et réaffirmé l’objectif de neutralité carbone en 2050. Notre pays s’inscrit dans un mouvement global, qui voit nombre de nations prendre conscience de l’enjeu vital de lutter contre les dérèglements climatiques et de sauvegarder notre diversité biologique.

A partir des accords de la COP21 à Paris, la France a connu des avancées significatives en matière de pilotage des politiques publiques au regard de leur impact environnemental, notamment avec la création, en 2019, du Haut Conseil pour le climat (HCC) et la mise en place, fin 2020, d’un nouvel outil d’analyse de l’impact environnemental du budget, le Budget vert. Il est aujourd’hui vital de poursuivre dans le sens d’une évaluation climatique plus efficace des politiques publiques.

 

La représentation nationale examine le projet de loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets, et ainsi prend le relais du formidable travail des 150 citoyens tirés au sort dans le cadre de la convention citoyenne pour le climat. Même si cette loi est une avancée pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés par la signature de l’accord de Paris en 2015, nombreuses sont les voix pour alerter sur la nécessité d’aller encore plus loin et sur le non-respect complet des objectifs. 

Nous avons affirmé que l’objectif de neutralité carbone devait être une boussole de nos politiques publiques. Pour tracer plus précisément ce cap, l’Union européenne a récemment décidé de rehausser son objectif pour 2030 à – 55 % par rapport au niveau d’émissions de 1990.

Dans son avis publié le 23 février sur le projet de loi Climat et résilience, le HCC a examiné le texte par rapport à l’objectif de neutralité carbone. Analysant également l’étude d’impact du projet de loi, le HCC a regretté que l’évaluation réalisée ne permette pas de véritablement estimer l’impact des mesures proposées sur la trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Déjà esquissé par le HCC dans ses précédents rapports de juin et décembre 2019, le constat d’une inaptitude de la France à piloter efficacement son action climatique apparaît aujourd’hui avéré. De plus, dès juin 2019, le HCC pointait les insuffisances de la France en matière de pilotage vers l’objectif de neutralité carbone.

ENVIRONNEMENT: 3% DE L’ÉCOSYSTÈME MONDIAL DEMEURENT INTACTS

ENVIRONNEMENT: 3% DE L’ÉCOSYSTÈME MONDIAL DEMEURENT INTACTS

 

D’après des chercheurs qui ont publié leurs travaux dans la revue Frontiers in Forests and Global Change , « pas plus de 2,9 % de la surface terrestre ne peut être considérée comme intacte » du point de vue de la faune.

 

Selon les auteurs de l’étude, hormis l’Antarctique, qui n’a pas été prise en compte, les seuls écosystèmes terrestres – c’est-à-dire l’ensemble des êtres vivants qui interagissent entre eux au sein d’un milieu spécifique et avec cet environnement – à ne pas avoir été touchés par l’activité humaine se trouvent au cœur des forêts tropicales de l’Amazonie et du Congo, dans le désert du Sahara et dans les forêts et toundras de l’Est de la Sibérie et du nord du Canada.

Si de précédentes études, basées principalement sur des images satellites, mentionnaient 20 à 40% de la surface terrestre comme n’étant pas affectée par l’activité humaine, les chercheurs expliquent que, vues du ciel, les savanes et toundras peuvent paraître intactes alors même que des espèces importantes disparaissent.

« Une grande partie de ce qu’on considère comme un habitat intact est dépourvue de nombreuses espèces, qui disparaissent après avoir été chassées par l’Homme, ou après l’apparition de nouvelles espèces envahissantes ou de maladies », a expliqué à nos confrères britanniques le Dr Andrew Plumptre, de l’université britannique Cambridge, et auteur principal de cette nouvelle étude.

D’après les chercheurs, la réintroduction d’espèces importantes dans certains lieux impactés pourrait remettre jusqu’à 20% des terres mondiales à leur état d’origine. Les éléphants et les loups sont notamment cités, les premiers pour leur capacité à aménager des clairières, essentielles dans les forêts, et à transporter des graines, et les seconds pour réguler les populations de Cervidés?

Environnement–Pollution de l’air : 40.000 morts par an entre 2016 et 2019

Environnement–Pollution de l’air : 40.000 morts par an entre 2016 et 2019

 

Malgré l’amélioration de la qualité de l’air en raison des confinements liés à la crise sanitaire, 40.000 décès par an sont encore attribués à l’exposition aux particules fines. Selon Santé publique France, on ne pas se satisfaire d’un léger mieux dans le bilan des victimes de cette pollution. Sébastien Denys, un responsable de l’agence explique qu’il faut « poursuivre, voire renforcer les efforts visant à réduire ce fardeau ».

Selon les chiffres publiés mercredi 14 avril, le premier confinement du printemps 2020 a permis d’éviter plus de 2.000 décès liés à la pollution de l’air. En 2016, Santé publique France s’était basé sur la période 2007-2008 et avait estimé à 48.000 le nombre de décès prématurés par an liés aux concentrations de particules fines PM2,5 (inférieures à 2,5 microns). Ces matières microscopiques en suspension dans l’air pénètrent dans les ramifications des voies respiratoires et dans le sang.

« Une tendance à la baisse

Selon la nouvelle estimation de Santé publique France il y a « une tendance à la baisse » concernant les décès liés à la pollution. Près de 40.000 décès sont liés à une trop forte exposition aux particules fines entre 2016 et 2019, soit 7% de la mortalité totale sur cette période, contre 9% en 2007-2008. L’exposition à ces particules, peuvent provoquer des cancers, de l’asthme, des allergies ou des maladies cardio-vasculaires, réduisant ainsi de huit mois l’espérance de vie d’un adulte à partir de 30 ans.

Environnement–transport aérien: Du bio kérosène ? Un contresens écologique !

Environnement–transport aérien: Du bio kérosène ? Un contresens écologique !

 

Total ou Boeing annonce la venue du bio kérosène, un vrai contresens énergétique et environnemental. La réalité, c’est que les avions se proposent de voler avec du biocarburant qui bien souvent est contre productif par rapport à la problématique écologique.

En effet si toute la flotte aérienne mondiale devait utiliser les bio carburants cela ne ferait qu’encourager la production massive et industrielle de carburant qui bouleverse totalement la biodiversité.

Cette annonce de l’utilisation de biocarburants par le transport aérien n’est pas très rassurante. Certes la production de biocarburants à partir de déchets agricoles notamment mérite d’être encouragée mais cette production doit être distinguée de celle qui résulte d’une industrialisation de la filière à partir de plantes spécialement cultivées pour produire des huîles, du pétrole et du carburant ou pour recycler des vieilles huiles  comme l’une des frites par exemple !

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“C’est le défi de notre époque”, a déclaré à Reuters le directeur de la stratégie du développement durable de Boeing, Sean Newsum. L’aviation commerciale représente actuellement environ 2% des émissions mondiales de dioxyde de carbone et environ 12% des émissions du secteur des transports, selon les données de l’ATAG (Air Transport Action Group), groupement d’experts du secteur aéronautique.

Boeing n’a concrètement qu’une décennie pour atteindre cet objectif car les avions de ligne qui entreront en service en 2030 devraient continuer à voler jusqu’en 2050.En 2018, l’avionneur américain a inauguré le premier vol d’un appareil utilisant 100% de biocarburants. Il s’agissait d’un cargo 777 utilisé par la société de messagerie FedEx.Jusqu’à présent, les biocarburants peuvent être mélangés à du kérosène jusqu’à un niveau maximal de 50%, a précisé Boeing.Les annonces de Total dans ce domaine sont tout aussi illusoires. Notons que sur le strict plan énergétique pour produire 1 l de carburant il faut aussi entre . 0,3 et 0,6 l de pétrole (il faut un litre  de pétrole pour fabriquer 1 kg d’engrais azotés par exemple)

Environnement–Les prix du carbone : trop bas pour être efficaces (OCDE)

Environnement–Les prix du carbone : trop bas pour être efficaces (OCDE)

Le  prix est trop bas et l’évolution est trop lente. C’est ce qu’a mis en évidence l’OCDE en examinant les prix effectifs du carbone en 2018 dans 44 pays membres et du G20 – responsables d’environ 80% des émissions dans le monde – et en étudiant l’écart avec une valeur cible de 60 euros la tonne. Il faudrait sans doute plus que doubler le prix du carbone et en espérant que cette augmentation répercutée dans les entreprises et chez les particuliers incitera à une consommation plus réduite. Le problème c’est que cette taxation du carbone ne résoudra pas les inégalités fiscales et la concurrence faussée.

Cette valeur de 60 euros est considérée comme une « estimation moyenne du coût réel des émissions de CO2 pour 2020 et une estimation basse pour 2030″. Il s’agit d’un chiffre « compatible avec un scénario de décarbonation lente d’ici 2060″, précise l’OCDE.

Résultat: seules 19% des émissions de carbone se voyaient appliquer une tarification de 60 euros la tonne ou plus.

« Les progrès varient considérablement selon les secteurs économiques, le prix du carbone étant généralement le plus élevé dans le transport routier », précise le rapport. Il est au contraire « très faible » dans les secteurs de l’électricité et de l’industrie, sauf dans quelques pays.

L’OCDE estime qu’une augmentation du prix de 1 euro par tonne de CO2 conduit en moyenne à une réduction de 0,73% des émissions dans la durée.

Dans un rapport séparé, l’OCDE constate aussi une hausse de 5% en 2019 du soutien public aux combustibles fossiles dans 50 pays de l’OCDE, du G20 et du Partenariat oriental de l’UE, pour un total de 178 milliards de dollars.

Cette hausse des subventions vient inverser une tendance à la baisse de cinq ans. Selon le rapport, le soutien direct et indirect à la production en particulier a bondi de 30%, marquée notamment « dans les pays de l’OCDE, sous l’impulsion de l’Amérique du Nord ».

Environnement: Ces écolos bobos qui vont tuer la prise de conscience environnementale

Environnement: Ces écolos bobos qui vont tuer la prise de conscience environnementale

 

 

 

Le radicalisme dans toutes les matières conduits assez souvent à l’inverse de l’objectif recherché. Ainsi par exemple la doctrine marxiste qui visait à rendre le régime communiste plus égalitaire a surtout conduit à créer des régimes de dictature au profit d’oligarchies. Ainsi le prosélytisme très militant de certaines religions se fondant sur l’amour a-t-elle provoqué d’immenses guerres et de crimes contre l’humanité.

 

Il en est de même avec la cause environnementale. En effet cette cause est surtout servie de manière caricaturale autant que sectaire par des militants qui veulent d’un coup changé les usages mais aussi les valeurs de la société. Ce radicalisme va provoquer forcément une sorte de boomerang chez ceux qui prennent aussi en compte la problématique économique et sociale.

 

La plupart des écolos bobos méprisent  en effet la dimension économique et sociale pour la simple raison que pour la plupart ils viennent sur des métiers financés par l’État ou les organisations internationales. Environ 80 % des élus écolo  d’EELV sont en quelque sorte des fonctionnaires ou assimilés ; ils n’ont  guère eu à se préoccuper des contraintes économiques et de leurs conséquences sociales. Du coup les exigences des écolos bobos risquent de provoquer un dernier coup fatal à la fois à une industrie française en pleine obsolescence et à l’industrie agricole, elle aussi en crise

 

. Certes des changements sont nécessaires et même incontournables là et dans d’autres secteurs. Mais des changements progressifs, négociés et réalistes. Pas vraiment ce que proposent les nouveaux maires élus un peu par hasard lors des  municipales par ailleurs  complètement délaissées par les électeurs. Or la prise de conscience environnementale est indispensable. Tout ne peut en effet posséder de décision ou de régulation étatique.

 

Une part non négligeable dépend du comportement des usagers et des citoyens. D’une certaine manière, les écolos bobos sectaires se comportent comme ces anciens militants communistes qui voulaient faire le bonheur de la société contre la volonté des dés intéressés. Il y a de ce point de vue une certaine similitude entre les deux systèmes de pensée puisque pour une bonne part les écolos bobos sont surtout des gauchistes reconvertis dans l’environnement à la suite du dépérissement voire de la disparition de la gauche et de l’extrême gauche politique. Le même discours prophétique, le même sectarisme, la même volonté de changer la nature de l’homme sans son assentiment et sa participation.

Environnement : Sortir de la drogue de l’abondance

Environnement : Sortir de la drogue de l’abondance

 

D’un côté, tout va bien et l’humanité n’a jamais été aussi prospère. Et ce malgré le Covid-19. De l’autre, tout va mal : l’anthropocène est au bord de l’autodestruction. Comment répondre à cela sans sombrer dans la décroissance ? En révisant notre doctrine libérale, écrit Gaspard Koenig, philosophe, chroniqueur aux « Echos »

 

Décrivant la grande peste de 1585 qui ravage dans le Périgord, Montaigne fait ce constat mélancolique : « Généralement, chacun renonçait au soin de la vie. Les raisons demeurèrent suspendues aux vignes. » Faute de travailleurs dans les champs, on sait ce qui accompagne les épidémies au XVIe siècle : la famine. Maire de Bordeaux, à cette époque, Montaigne fuit la ville, laissant l’ordre public à vau-l’eau. Peste, pillage et famine se donnent la main en une danse macabre.

Malgré toutes les tragédies provoquées par le Covid-19, la situation actuelle est loin d’être aussi chaotique. Les raisins sont toujours vendangés et le maire de Bordeaux vient d’annoncer un renforcement de la présence policière. Les pénuries de farine et de papier toilette craintes lors de la première vague ne sont jamais advenues, les chaînes d’approvisionnement mondiales ayant résisté au choc. Les salaires continuent en grande partie d’être versés grâce à une création monétaire sans précédent . En d’autres termes, on peut mettre une société à l’arrêt… tout en continuant à assurer ses besoins fondamentaux. Dans le monde

Environnement: collapsologie ou hystérie

Environnement: collapsologie ou hystérie 

 

La collapsologie n’est pas réellement nouvelle mais elle est d’une certaine manière réhabilitée pour discréditer les écologistes et les experts de l’environnement. Certains climat- sceptiques hystérisent  ce qu’ils considèrent  comme des dérives des protecteurs de l’environnement en qualifiant les écolos de collapsolgues  voire de prophètes du malheur. Il conteste évidemment l’idée selon laquelle la civilisation est en péril. En fait, deux  idéologies s’affrontent : celle des partisans du productivisme sans limite et celle  de la décroissance ou en tout cas pour un  autre contenu de la croissance (calculée aujourd’hui uniquement sur l’addition des valeurs ajoutées, donc des valeurs marchandes). Les antis collapsologues agitent  évidemment le chiffon rouge du chômage pour démolir  les thèses économiques et sociales détendues par certains écologistes radicaux. Il est clair que la question n’est pas simple, qu’on ne changera pas brutalement la société et une transition écologique soit doit s’inscrire dans le temps pour progressivement faire évoluer les modes de production, d’échange, de consommation et de comportement. Le problème, c’est qu’il y a une certaine urgence avec le dérèglement climatique qui s’accélère et qui se traduit notamment par une augmentation des températures, un déplacement du climat, la raréfaction de l’eau en certains endroits, des inondations dans d’autres, une augmentation des tempêtes et autres typhons, d’une manière générale la fonte des glaces et la montée des eaux. Sur la tendance, il est évident que les objectifs de l’accord de Paris ne seront pas tenus et que la température aura augmenté d’au moins 2° ici la fin du siècle sinon davantage. Sur la tendance on sera même proche de 3 degrés. Il y a sûrement un chemin pour concilier la nécessité d’un développement économique et social avec  le respect et la protection de l’environnement. Encore faudrait-il sortir du clivage caricatural entre écologistes, considérés comme des collapsologues apocalyptiques et des productivistes irresponsables qui nient l’impact de l’activité humaine sur le climat et plus généralement sur l’environnement. Mais ce chemin n’est certainement celui qui consiste à faire des discours très volontaristes mais à ne rien changer concrètement. 

Développement et environnement

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Associé d’Initiatives et Finance, François-Xavier Oliveau accompagne les entreprises dans leur transition écologique.Il évoque la compatibilité entre le développement et l’environnement.

Les sociétés occidentales n’ont jamais aussi bien vécu et pourtant les crises se multiplient. Vous en identifiez trois : la crise environnementale, celle de l’argent et celle du travail. Avons-nous des problèmes de riches ?

Oui, en quelque sorte. La richesse crée paradoxalement des difficultés. Nous avons accédé, grâce au progrès technique, à une richesse inouïe, utopique pour nos ancêtres. Mais cette richesse provoque aussi de graves crises. La consommation d’énergie et de produits dégrade nos écosystèmes et réchauffe notre planète. L’abondance d’un argent désormais gratuit fait exploser la dette et creuse les inégalités. Machines, robots et logiciels omniprésents libèrent notre temps mais concurrencent notre travail et remettent en cause notre rôle social.

Le libéralisme est-il en tort ?

Non, je ne crois pas. Le libéralisme a joué un rôle essentiel pour créer cette abondance qui nous a sortis de la misère. L’innovation fait baisser les coûts puis la concurrence et le marché transmettent cette baisse dans les prix. La principale faiblesse du libéralisme est la gratuité des externalités négatives, qui aboutit à une exploitation excessive de la nature. Inversement, des fonctions actuelles de l’économie associées au libéralisme sont en réalité très anti-libérales, comme la façon dont nous fabriquons l’argent.

Pour remédier à la crise écologique, vous proposez de taxer la pollution. Cette idée a donné lieu aux mouvements des Bonnets rouges et des Gilets jaunes. Comment la rendre acceptable ?

Il existe en réalité déjà de nombreuses taxes vertes mais elles taxent la pollution de façon très hétérogène et avec une grande incohérence. En outre, la fiscalité environnementale ne représente qu’à peine 5% des 1 200 milliards annuels de recettes publiques françaises. Il s’agit donc de substituer ces nouvelles taxes à d’autres qui ponctionnent le travail ou le capital, et non pas de les ajouter comme on l’a fait maladroitement. Une fiscalité intelligente rendrait les biens et les services polluants plus chers et le capital et le travail moins chers, en évitant de détériorer le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises. Pourquoi ne pas taxer une pollution nuisible en réduisant la fiscalité sur le capital et le travail, utiles ?

«Nous avons tous envie et besoin de contribuer socialement. Les “inactifs” travaillent presque toujours bénévolement. En revanche, l’économie aura de moins en moins la capacité de rémunérer un travail concurrencé par la machine, les robots ou l’intelligence artificielle»

À l’ère de l’argent gratuit et abondant, les banques centrales devraient, selon, vous donner de l’argent aux citoyens et non plus s’endetter. N’est-ce pas contre-intuitif ?

Très contre-intuitif et même choquant pour beaucoup d’entre nous ! C’est pourtant logique. Nous créons toujours plus de richesse, ce qui exige de créer de la monnaie en quantité équivalente pour stabiliser les prix. Les banques centrales stimulent donc la création monétaire. En revanche, il est absurde de le faire par la dette, une monnaie temporaire qui disparaît quand on la rembourse. Nous tentons d’équilibrer une création permanente de richesse par une monnaie temporaire : c’est une mission impossible ! C’est ce qui explique la baisse continue et structurelle des taux d’intérêt depuis quarante ans et l’endettement astronomique des Etats, devenus « emprunteurs en dernier ressort ». Il serait en réalité bien plus logique de créer une monnaie définitive, distribuée aux agents économiques. Je propose de la flécher vers les citoyens, sur la base d’un montant unique par personne, qui évoluerait en fonction de l’inflation. Ce « ​dividende monétaire ​» aurait de nombreux bénéfices. Il recentrerait la dette sur son objectif principal : financer l’économie et non stabiliser les prix. Il ôterait à la banque centrale un pouvoir discrétionnaire aujourd’hui très excessif pour un organe non-élu. Il permettrait enfin d’exiger des Etats un engagement d’équilibre budgétaire, puisque le soutien à l’économie serait opéré par l’injection directe vers les ménages. Contrairement à l’approche dangereuse de la « théorie monétaire moderne » qui pousse l’Etat à un emprunt infini, celle que je préconise lui impose au contraire de rembourser ses dettes, comme tout agent économique.

Quel serait le montant actuel de ce dividende monétaire ?

En 2019, j’avais estimé le montant du dividende monétaire entre 50 et 100 euros par personne. Aujourd’hui, les pressions déflationnistes sont telles que les montants à injecter se situeraient vraisemblablement autour de 150 à 200 euros par personne. Ils diminueraient avec la reprise économique, quitte à s’annuler en cas d’inflation au-dessus de la cible de 2%.

À ce dispositif monétaire, vous ajouteriez un dispositif social : le revenu universel. Cela ne fait-il pas beaucoup ?

Le dividende monétaire et la fiscalité environnementale sont des priorités pour rétablir un équilibre macroéconomique et écologique. Le revenu universel s’inscrit dans une logique de plus long terme. L’abondance résulte aussi d’une hausse de la part du capital dans la production, au détriment du travail. Depuis 200 ans, nous avons ainsi gagné du temps libre. Grâce aux études longues, aux congés, à la retraite, nous travaillons aujourd’hui 12% de notre vie éveillée, contre 70% au début du XIXe siècle. Mais je ne crois pas à la fin du travail, car nous avons tous envie et besoin de contribuer socialement. Les « inactifs » travaillent d’ailleurs presque toujours bénévolement dans le cadre familial ou associatif. En revanche, l’économie aura de moins en moins la capacité de rémunérer un travail concurrencé par la machine, les robots ou l’intelligence artificielle. Le revenu universel accompagne cette divergence entre travail et revenu.

Comment alimenter ce revenu ?

Nous devons partir de la situation actuelle sans chercher à accentuer la redistribution. Toute personne dans la précarité touche aujourd’hui en France, par l’intermédiaire de multiples dispositifs (RSA, réductions de cotisations, emplois aidés, etc.), un montant de l’ordre de 500 euros. Le revenu universel permet avant tout de restructurer ces différents flux en les simplifiant et en réduisant leur coût pour l’Etat. Le revenu universel tel que je le propose ne résulte donc pas en gain de pouvoir d’achat mais plutôt en gain de simplicité. Il supprime des trappes à inactivité liées à la complexité du système. Tout le monde y aurait droit, mais les personnes avec des revenus plus élevés le repaieraient par l’impôt.

L’abondance représenterait selon vous une troisième voie dans l’opposition entre croissance productiviste et décroissance mortifère. De quelle manière ?

L’abondance se manifeste par trois effets : la croissance, la diminution continue du temps de travail, enfin la baisse des prix. Nous devons donc apprendre à maîtriser ces trois effets plutôt que de se focaliser sur la seule croissance, ce qui aboutit à des politiques keynésiennes financées par une dette qui augmente à l’infini et concentre les pouvoirs entre les mains de l’Etat. Le schéma que je propose permet au contraire à chacun d’arbitrer librement entre plus de richesse, plus de temps ou plus d’épargne, tout en incitant par le prix à une réduction des impacts négatifs sur le bien commun. L’ère de l’abondance, c’est la liberté.

L’ère de l’abondance ne concerne pour l’instant que les économies occidentales. Quelles relations imaginer avec les pays toujours en croissance ?

Même dans les pays pauvres, la qualité de la vie en matière de santé, d’accès à l’eau ou de nutrition s’améliore chaque année. Aujourd’hui, l’espérance de vie d’un enfant qui naît en RDC est largement supérieure à celle d’un enfant né à Paris en 1900. Il reste évidemment énormément à faire, mais je ne vois pas d’obstacle structurel à une abondance universelle : nous avons la force de travail, le capital et les ressources nécessaires. Il faut probablement repenser l’aide internationale et la faire évoluer vers un système de don plus que de prêt. L’endettement est une barrière au développement. On peut privilégier une logique de transfert monétaire sans contrepartie. Tant qu’on arrive à maintenir une inflation raisonnable, il est possible d’injecter de l’argent pour développer les infrastructures essentielles ou même en distribuer directement aux citoyens.

Environnement « Macron va perdre le référendum !»

Environnement « Macron va perdre le référendum !»

 

 

Le député LR du Vaucluse, Julien Aubert , explique pourquoi il a décidé, avec ses collègues, de s’abstenir sur le projet de loi inscrivant le climat à l’article 1er de la Constitution

La semaine dernière s’est discuté à l’Assemblée nationale le projet de loi portant réforme constitutionnelle afin de modifier l’article premier de la Constitution en y inscrivant que la France « garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique ».

Une telle formulation est inutile, car la charte de l’environnement annexée à la Constitution a déjà hissé dans notre « bloc de constitutionnalité » les préceptes environnementaux. Certes, la lutte contre le réchauffement climatique n’y est pas explicitement mentionnée mais une adjonction à la charte suffirait. C’est d’ailleurs ce qui a été proposé en séance… mais rejeté par la majorité !

Cette formulation est surtout potentiellement dangereuse. En effet, le Conseil d’Etat a spécifié dans son avis sur le texte que le mot « garantir » induisait une responsabilité de l’Etat sur l’atteinte des objectifs, la porte ouverte à une judiciarisation supplémentaire de la société, sur le modèle de l’« affaire du Siècle ». Le ministre de la Justice a dit « assumer » ces dix-sept mots supplémentaires, car il revendique la nécessité de graver dans le marbre une « quasi » obligation de résultat.

En réalité, toute la subtilité est dans le « quasi » car par sa formulation, le gouvernement s’est bien gardé de garantir une baisse des émissions de Co: la garantie ne porte que sur la préservation environnementale, la partie « réchauffement » n’étant concernée que par une obligation de moyens (la France « lutte contre le dérèglement climatique »). Emmanuel Macron prend donc pour des imbéciles tous ceux qui croient qu’il y aura un grand pas en avant vers des résultats. Il n’y aura au contraire qu’une augmentation des contentieux portés par des groupes de pression qui pourront jouer sur l’ambiguïté de la formulation requise.

«Notre choix est clair: nous ne nous mettrons pas entre le peuple et ce texte, en faisant dérailler le processus référendaire, ce qui permettrait au Président de sortir de cette affaire comme Ponce Pilate»

Fort cyniquement, le gouvernement a refusé d’amender son texte – rejetant les 400 amendements présentés – au motif qu’il fallait respecter « l’engagement » pris à l’égard des 150 « conventionnels du climat ». Eux-aussi sont pris pour des imbéciles car dès 2019, un projet de loi constitutionnelle prévoyait cette modification de l’article 1er, quasiment dans les mêmes termes. La seule différence entre 2019 et 2021 est le verbe « garantir », dont on a vu les limites juridiques. Les 150 citoyens ont donc avalisé ce que le gouvernement avait déjà rédigé, une preuve éclatante de la manipulation de cette instance ad hoc.

Piège. Emmanuel Macron espère à bon compte se verdir avec une réforme mal calibrée et ceux qui pointeraient la faiblesse juridique du texte seraient ainsi caricaturés en adversaires de la lutte contre le réchauffement climatique. Nous ne tomberons pas dans ce piège. Même si nous sommes convaincus que ce texte est mauvais, la question est de savoir qui doit trancher : le Parlement ou le peuple. Notre choix est clair : nous ne nous mettrons pas entre le peuple et ce texte, en faisant dérailler le processus référendaire, ce qui permettrait au Président de sortir de cette affaire comme Ponce Pilate.

En nous abstenant, nous ne bloquerons donc pas ce texte et le laisserons aller au référendum, si le Sénat l’accepte également. En revanche, si référendum il y a, nous ferons ardemment campagne pour le « non » en dénonçant ces manœuvres politiciennes qui instrumentalisent la cause environnementale.

Président Macron, vous qui aimez « garantir », irez-vous jusqu’à engager votre responsabilité sur ce texte, en cas d’échec référendaire ?

Julien Aubert est député LR du Vaucluse. Cette tribune est cosignée par Emmanuelle Anthoine, députée LR de la Drôme, Jean Bacci, sénateur LR du Var, Thibault Bazin, député LR de Meurthe-et-Moselle, Valérie Bazin-Malgras, députée LR de l’Aube, Bernard Bouley, député LR de l’Essonne, Valérie Boyer, sénatrice LR des Bouches-du-Rhône, Jacques Cattin, député LR du Haut-Rhin, Dino Cinieri, député LR de la Loire, Pierre Cordier, député LR des Ardennes, Bernard Deflesselles, député LR des Bouches-du-Rhône, Pierre-Henri Dumont, député LR du Pas-de-Calais, Yves Hemedinger, député LR du Haut-Rhin, Else Joseph, sénatrice LR des Ardennes, Henri Leroy, sénateur LR des Alpes-Maritimes, Emmanuel Maquet, député LR de la Somme, Gérard Menuel, député LR de l’Aube, Sébastien Meurant, sénateur LR du Val-d’Oise, Louis-Jean de Nicolaÿ, sénateur LR de la Sarthe, Bérengère Poletti, députée LR des Ardennes, Didier Quentin, député LR de Charente-Maritime, Stéphane Sautarel, sénateur LR du Cantal, Laurence Trastour-Isnart, députée LR des Alpes-Maritimes et Arnaud Viala, député LR de l’Aveyron.

Environnement : attention aux lobbys

Environnement : attention aux lobbys

Un collectif de chercheurs et de scientifiques appelle les pouvoirs publics, dans une tribune au « Monde » , à être plus vigilants face aux lobbys, après la diffusion, à la télévision, de programmes proposant une vision « simpliste et trompeuse » d’enjeux environnementaux.

Tribune.

 

La science est fréquemment invoquée pour éclairer le débat public sur des enjeux de société, notamment ceux liés à l’agriculture, à l’alimentation et à l’environnement. Sur ces sujets, nombre des résultats académiques récents mettent en évidence la nécessité de transitions radicales pour répondre à des défis environnementaux, énergétiques, agronomiques, sanitaires, sociaux et de bien-être animal pressants et interreliés. Ils s’appuient sur des connaissances, des méthodes et des données soumises à un processus exigeant qui en détermine le champ de validité. Mais ces transitions se heurtent à de multiples résistances d’acteurs diversifiés, dont certains scientifiques.

 

Ainsi, la recherche est souvent soumise à des pressions qui en sapent les fondements. Des travaux en histoire, sociologie et philosophie des sciences ont montré comment les doutes intrinsèques à la science sont instrumentalisés par les grandes industries pour ralentir et biaiser la production et le partage des connaissances qui pourraient leur nuire. Ce phénomène a été clairement exposé dans le documentaire La Fabrique de l’ignorance, récemment diffusé sur Arte. Les méthodes employées pour entretenir le doute ou faire diversion sont variées. Parmi les exemples avérés de l’application de cette stratégie, figurent le tabac, les pesticides, les OGM, le dérèglement climatique, le déclin des abeilles ou certains cancers environnementaux ou professionnels. 

Les recherches touchant ces secteurs sont, de ce fait, la cible des marchands de doute. Or, les organismes de recherche en France restent mal armés pour prendre en compte cet enjeu. Il suffit de constater comment l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) a mis en avant dans sa communication des émissions télévisées qui présentent toutes les caractéristiques des dispositifs de fabrique de l’ignorance.

L’émission récente « E = M6 » sur l’agriculture en fournit un bel exemple. Le présentateur, ingénieur agronome de formation, est président d’une société de production qui a pour clients de grands industriels de l’agroalimentaire. L’émission prétend comparer scientifiquement différentes formes d’agriculture pour informer sur leurs atouts et impacts et, ainsi, défendre la profession agricole, ce qui est louable. En réalité, il ne s’agit pas d’une démarche scientifique, malgré l’utilisation d’appareils dernier cri. De nombreuses omissions introduisent un biais sur les atouts et les limites des agricultures présentées. Ainsi, les pratiques agroécologiques (diversification des cultures et des paysages, rotations, intercultures, mélanges d’espèces, articulation culture-élevage, agroforesterie), dont la science a montré la pertinence pour répondre aux enjeux actuels, sont ignorées. La place excessive des productions animales n’est pas mentionnée. De telles approches, ne retenant que certaines dimensions, ne sont pas acceptables.

Environnement : changer la pensée managériale

Environnement : changer la pensée managériale 

Pour faire advenir un monde réellement écologique, il faut prendre en compte ce qu’est fondamentalement le travail pour l’homme, affirment les chercheurs Laurent Falque et François Henry dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 

Quel est le lien entre les « océans de plastique » et le travail ? Les déchets n’ont pas été produits le soir, pendant le week-end ou les vacances, mais dans le cadre officiel du travail. Il y a donc bien un lien entre travail et pollution. A l’heure où le développement se veut « durable », c’est-à-dire à réintroduire une notion du temps dans l’économie, la notion de travail écologique amène à penser le travail « dans le temps ». Désormais, comment travailler ?

A l’heure de la disruption de notre façon de produire, il s’agit de retrouver le goût du travail bien fait et qui dure. Comparer entre eux les ordres de grandeur des différentes durées que sont la durée de production, la durée d’usage et la durée d’existence au monde de ce que l’on produit dit beaucoup du sens du travail.

Comparons deux ratios concernant deux objets, par exemple un gobelet en plastique jetable et une belle armoire réalisée par un artisan. D’abord, le ratio entre la durée de production et la durée d’usage : le gobelet en plastique est certes produit infiniment plus rapidement que l’armoire par l’artisan, mais en moyenne il est utilisé pendant quelques instants seulement, contre des décennies pour l’armoire. Ensuite, le ratio entre la durée d’usage et la durée d’existence au monde. La durée d’existence au monde est équivalente pour les deux objets, l’un comme l’autre pouvant « exister » pendant des décennies, voire des siècles. Mais ils n’existeront pas dans les mêmes conditions : le gobelet en plastique jetable pourra exister dans la nature ou au milieu de l’océan sans être utilisé, tandis que l’armoire pourra être utilisée tout au long de son existence. Du point de vue écologique, tous ces ratios sont favorables à l’armoire, même si sa fabrication a été bien plus « lente » et longue que celle du gobelet en plastique.

Lorsqu’on parle de développement durable, il convient de distinguer d’une part le processus de production, d’autre part le produit en lui-même. Or, il peut être tentant d’utiliser le concept de développement durable pour se concentrer davantage sur le processus de production plutôt que sur le produit en lui-même, car il est dans l’absolu possible de produire pendant longtemps de manière durable des produits… qui eux ne sont pas durables.

En plus d’être pleine d’humour, l’histoire de l’Américain et du Mexicain, souvent présentée au début des cours d’économie du développement, est à ce titre instructive. L’Américain et le Mexicain ont le même but : mener une vie simple et paisible avec leurs proches. L’Américain va vivre cet idéal de vie à sa retraite, après avoir géré une carrière très dense. Pour mener son idéal de vie, l’Américain fait donc « un détour » par une vie bien remplie, tandis que le Mexicain la met tout de suite en place. Le détour peut être illustré par une autre histoire : celle de cet étudiant doué et généreux, dont la stratégie consiste dans un premier temps à devenir tradeur pour se mettre à l’abri du besoin, avant, dans un deuxième temps, une fois libéré de toute contrainte financière, de s’adonner enfin au projet qui lui tient vraiment à cœur : donner l’accès à l’eau aux populations qui en sont démunies. En somme, il existe des éléments et des habitudes qui, objectivement, empêchent de réaliser « ici et maintenant » le travail et le mode de vie que l’on souhaite pratiquer.

Environnement–Loi climat : très insuffisant pour le Haut conseil du climat

Environnement–Loi climat : très insuffisant pour le Haut conseil du climat

Une nouvelle instance qui considère que la loi climat et finalement assez anecdotique. Pas vraiment une condamnation totale mais ça y ressemble. En fait on reproche à cette loi de n’avoir pas intégré beaucoup de propositions notamment de la Convention citoyenne et d’en avoir affaibli le contenu en en limitant la portée et les conditions d’application.

 

La critique est faite en termes diplomatiques mais la condamnation est évidente. Si les articles «vont dans le bon sens», le projet de loi «n’offre pas suffisamment de portée stratégique», a estimé la climatologue qui préside cette instance consultative créée en 2018 par le chef de l’État.

 

«Une proportion élevée (des mesures du projet de loi) voit sa portée réduite par un périmètre d’application limité, voire ponctuel, des délais de mise en œuvre allongés ou encore de nombreuses conditions associées à leur application», rappelle le Haut Conseil pour le climat.

Environnement-Pour une finance durable et sociale

Environnement-Pour une finance durable et sociale

 

Philippe Zaouati ,directeur général de la société de gestion Mirova ,milite pour une finance durable et sociale dans une tribune à l’Opinion.

 

 

Tribune

 

Après une année 2020 marquée par une crise sanitaire aussi inattendue que violente, il est assez aisé de comprendre l’adhésion croissante à la philosophie et aux sujets de la finance durable.

Pourtant, en se concentrant au cours des dernières années sur le thème de la préservation de l’environnement et de la biodiversité, la finance durable n’a-t-elle pas mis au second plan le rôle des entreprises sur la question des fractures sociales, fiscales et probablement des fractures politiques et démocratiques ? Je suis convaincu que le traitement des inégalités sera dans les prochaines années un déterminant essentiel de la finance durable.

La crise sanitaire a montré que l’entreprise n’était pas une île, à distance du tumulte ambiant. Les questions sociales sont évidemment de son ressort. Loin de l’insularité, l’entreprise se trouve au cœur de la mêlée sociale. C’est d’ailleurs sur les actions des entreprises, autant que sur celles des gouvernements, que se concentrent les débats : précarisation des employés, voire recours à des indépendants non-salariés, creusement des écarts de revenus, inégalités entre les femmes et les hommes, discriminations raciales et sociales, évasion ou optimisation fiscales… Il est clair que la société en attend davantage des entreprises, et à raison.

Dans un contexte où les entreprises bénéficient d’un pouvoir plus important que jamais, face à des Etats limités dans leur capacité d’action, elles doivent prendre leur part de responsabilité. D’autant plus que l’accentuation des inégalités dans les pays développés est directement liée à une concentration de la valeur boursière aux mains d’un très petit nombre d’entreprises. Faut-il rappeler qu’à la fin de l’année 2020, cinq entreprises américaines représentaient à elles seules un quart de la capitalisation du S&P500 ?

Des entreprises de plus en plus puissantes, ayant des impacts de plus en plus grands sur nos modes de vie et notre cohésion sociale, ne peuvent pas s’écarter de l’intérêt général en réduisant leur contribution collective

Pacte démocratique. Cette polarisation sociale est un sujet que la finance durable ne peut plus mettre au second plan. La pandémie que nous traversons a permis une prise de conscience sur des problématiques portées depuis longtemps par les acteurs de l’investissement durable : lien entre économie et santé publique, gestion des infrastructures et des services publics, maîtrise des chaînes d’approvisionnement et risques induits par leur fragmentation, dégradation rapide de la biodiversité et déforestation… L’accroissement des inégalités, les fractures sociales et territoriales, les ruptures du pacte démocratique qui s’ensuivent, restent quant à elles, pour le moment, insuffisamment prises en compte. Pourtant, la crise sanitaire de 2020 n’a fait qu’aggraver une situation déjà explosive.

Cette fracture sociale peut sembler loin des questions économiques. C’est tout l’inverse. La baisse tendancielle de la taxation des grandes entreprises est, je crois, au cœur de cette problématique. Des entreprises de plus en plus puissantes, ayant des impacts de plus en plus grands sur nos modes de vie et notre cohésion sociale, ne peuvent pas s’écarter de l’intérêt général en réduisant leur contribution collective.

C’est un enjeu difficile pour la finance durable qui doit se préoccuper de la question sociale, la lutte contre les inégalités et l’évasion fiscale. Pour reconnecter création de valeur financière et traitement de ces fractures, il faudra « convaincre » les marchés que les entreprises performantes sont celles qui contribuent à l’intérêt général.

Philippe Zaouati est directeur général de Mirova.

Environnement- Pour le respect de la Biodiversité

Environnement- Pour le respect de la Biodiversité

Le président du Muséum national d’Histoire naturelle  déclare que le respect de la biodiversité est incontournable sur RTL.

. Bruno David, président du Muséum national d’Histoire naturelle, publie À l’aube de la sixième extinction chez Grasset, un plaidoyer pour le vivant sous toutes ses formes et un guide pratique, à hauteur d’homme, pour éviter le naufrage, posant ainsi les jalons d’une éthique pour la planète, sans moralisme ni culpabilisation.

« Avec la pandémie (du Covid-19), on prend conscience que la santé des environnements est également importante, que la manière dont on se comporte avec la faune sauvage a de l’importance, explique Bruno David dans L’Interview inattendue. C’est le concept de One Health (mouvement créé au début des années 20001 qui promeut une approche unifiée de la santé publique) : une « seule santé », une seule santé pour la planète. Santé humaine, santé animale, santé environnementale sont étroitement imbriquées. »

« Pourquoi les humains n’ont pas conscience qu’ils peuvent être touchés par une extinction de masse ? Selon le naturaliste, c’est parce que « l’espèce humaine est fondamentalement optimiste ». « On refuse de voir les problèmes qui se dressent devant nous, ajoute Bruno David. Il faut que l’on change nos comportements. La biodiversité est très résiliante, il y a de l’espoir. »   »On fait des choses extraordinaires mais on n’est pas capables de gérer la vie, poursuit le président du Muséum national d’Histoire naturelle. Parce que la vie va changer sans arrêt. On le voit avec le virus. C’est un tout petit virus, et il nous fabrique des variants anglais, brésilien, sud-africain. Cette chose insignifiante, on n’est pas capable de la maîtriser à l’échelle mondiale. »

Environnement biodiversité: Conserver la naturalité des forêts

Environnement biodiversité: Conserver la naturalité des forêts 

 

Les écologues François Ramade et Annik Schnitzler dressent, dans une tribune au « Monde », un portrait accablant de la gestion des bois et forêts périurbains par l’Office national des forêts, qui privilégie une productivité à court terme au détriment de la biodiversité.

Tribune.

 

En dépit des déclarations répétées de l’Office national des forêts (ONF) sur sa prise en compte des impératifs de préservation des écosystèmes forestiers, force est de noter que cet organisme public n’a pas changé de stratégie depuis des décennies. Les constats effectués dans les habitats forestiers français, en particulier dans les bois et forêts périurbains comme ceux d’Île-de-France, démontrent que l’ONF persiste dans une gestion « productiviste » et à courte vue des forêts, fondée sur la seule exploitation des ressources en bois commercialisable (vente de bois d’ameublement, de construction et de chauffe).

Pour répondre aux demandes de l’Etat et aux objectifs financiers qui lui sont fixés par les ministères de l’agriculture et des finances, il continue à considérer les forêts comme des champs d’arbres, à l’image des champs de maïs. Il persévère dans la recherche exclusive des rendements maximum à l’hectare, quels qu’en soient les conséquences biologiques et les effets à long terme – la responsabilité de l’Etat se trouvant ainsi engagée.


Les bois et forêts périurbains, poumons vitaux des villes, qui permettent des échappées de plus en plus nécessaires aux citadins, tant sur le plan des loisirs que sanitaire, sont le signe peut-être le plus alarmant du désastre en cours. Pour prendre un exemple, si les coupes rases d’arbres dans la forêt domaniale de la Malmaison/bois de Saint-Cucufa (Hauts-de-Seine), sous l’égide de l’ONF, peuvent être jugées peu significatives en raison de leur surface encore limitée (3 ha, sur 6 annoncés), elles soulèvent en fait des problèmes majeurs. En effet, des chênes parfois centenaires, en parfaite santé, y sont abattus au prétexte que certains châtaigniers sont atteints par la maladie de l’encre, et d’énormes engins, qui tassent les sols de façon irréversible, rasent sur leur passage tous types de troncs.

Ces abattages qui ignorent les obligations mises par le législateur à un développement durable (en particulier la loi 1086 de 2016) et sont effectués discrètement, à grande vitesse (parfois sous-traités à des sociétés non professionnelles de droit étranger), peuvent légitimement conduire les Franciliens et futurs habitants du Grand Paris à s’alarmer.

Durant des décennies, l’ONF a pratiqué le remplacement quasi systématique d’arbres feuillus par des résineux. Ont été ainsi détruits de magnifiques boisements au profit de conifères dont la croissance est rapide et donc la productivité nettement plus élevée à l’hectare. Ces résineux, qui ne sont pas à leur place du point de vue écologique, sont fragiles, sensibles aux attaques parasitaires, et leur litière est facilement inflammable, acidifiée, tandis que sa faune est moins diverse que celle des forêts feuillues originelles.

 

Environnement–Ecocide : transformé en délit…. et demain en contravention ?

Environnement–Ecocide : transformé en délit…. et demain  en contravention ?

 

Le concept d’Ecocide est en train de ce ratatiner et pourrait même ce transformer en simple délit. Au départ l’écocide  devait être considéré comme une sorte de crime. Le problème c’est que toute activité humaine nécessairement porte atteinte à l’environnement. D’où les reculs successifs du pouvoir sur le champ d’application de cet Ecocide, son contrôle et ses sanctions.

 

 

L’Ecocide devient donc un délit général de pollution, aggravé car commis de manière intentionnelle et donc assorti de sanctions plus lourdes (10 ans d’emprisonnement et 4,5 millions d’euros d’amende).

 

Le délit de pollution figure donc aussi dans le texte et se définit par la « violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité » et entrainant des « effets nuisibles graves et durables sur la santé, la flore, la faune ». 

 

Il est clair que cela limite la dimension de l’Ecocide car il faudra trouver le caractère de la violation délibérée. L’Ecocide  est ramené un délit de simple pollution

La plupart des membres de la Convention dite citoyenne sont donc furieux de la transformation du concept de crime en simple délit.

 

D’où vient ce peu d’ambition ? Pour certains parlementaires, le responsable est vite trouvé. « On nous a fait des annonces en grandes pompes pour finalement, sur l’une des mesures les plus importantes du texte, réduire notre ambition. Ça donne l’impression qu’on cède au patronat – et à un peu plus d’un an de la présidentielle, ce n’est pas forcément le bon message à envoyer », souligne un député de l’aile gauche de la majorité. « Ce n’est pas le premier recul, on voit bien le lobby que peut faire le patronat et le Medef  là-dessus, et relayé par Bercy. Mais ils se plantent complètement.

 

Avec ces réactions conservatrices, ils font fausse route », avance encore Guillaume Gontard, président du groupe écologiste au Sénat.  Selon le Journal du Dimanche, les organisations patronales ont réussi à peser dans les négociations, durant lesquelles « un bras de fer s’est mené ». Dans une note du 16 décembre remise au gouvernement, le Medef s’inquiète : « Surajouter un tel dispositif répressif serait une source d’insécurité juridique majeure et constituerait un signal contraire à la volonté de relance de l’économie. » Ainsi, le secteur industriel craint que ne s’accumulent les procédures judiciaires à son encontre. « Il existe aujourd’hui toutes les mesures qui permettent aux autorités de s’assurer que les industriels travaillent dans la bonne direction », assurait même mardi 12 janvier Pierre-André de Chalendar, PDG de Saint-Gobain, lui aussi réfractaire.

 

« Il n’y a pas de délit sans responsabilité personnelle, sans intention », avait aussi réagi le sénateur LR Gérard Longuet, ancien ministre de l’Industrie, auprès de Public Sénat« Dans le cadre d’une entreprise, qui va être responsable ? L’entreprise ? Je ne savais pas qu’elle pouvait commettre des crimes. Dans le droit pénal, c’est la responsabilité de quelqu’un qui, en toute conscience et de façon volontaire, veut commettre un délit. C’est possible. Mais on ouvre un système qui est paralysant pour la société. »

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