Archive pour le Tag 'environnement'

«Environnement : faire le bon choix de l’investissement».

«Environnement : faire le bon choix de l’investissement».

 

Nicolas Mazzucchi, chercheur, milite pour des choix fondés sur la pertinence notamment la performance.( l’Opinion)

Dans le domaine de la sauvegarde de l’environnement, deux philosophies opposées s’affrontent. D’un côté les chantres de la décroissance qui voudraient que la seule solution soit dans le moins (moins de déplacements, de consommation, de confort, etc.). Cette philosophie de la frugalité pose le principe que les activités humaines sont dans le fond délétère et cache mal un nouveau malthusianisme sur fond de multiplication des interdictions. Face à elle, de manière bien plus réaliste, se pose la volonté de penser l’avenir de l’Homme sur un autre mode, celui du mieux.

Des transitions réalistes ne peuvent être en l’état – où que ce soit sur la planète d’ailleurs – que des transitions liées à l’efficience et à la performance. La crise des Gilets jaunes, entre autres, nous a montré que la population est tout à fait disposée à faire des efforts et à modifier ses modes de consommation, à la condition expresse de conserver son niveau de confort. Cette demande qui est tout à fait normale, ne pourra être satisfaite que si dès maintenant les politiques et les stratégies sont orientées vers des transitions liées justement à l’efficience et à la performance. Pour arriver à ce résultat, il n’y a qu’une seule voie qui puisse fonctionner : celle de l’investissement.

Que ce soit dans le changement dans la promotion de nouvelles technologies, dans le changement des systèmes productifs, dans la mise en place de nouvelles filières, seuls des investissements pérennes, ciblés et efficients pourront permettre d’aboutir à l’harmonie recherchée entre l’Homme et son environnement.

Trop souvent par ailleurs, ces investissements ont été saupoudrés et mal orientés. Il s’agit maintenant de faire un état des lieux clair et sans concessions qui soit à même d’identifier les leviers de croissance réels sur lesquels la France et l’Europe peuvent s’appuyer. S’agissant de notre pays, deux secteurs industriels sont depuis longtemps des pôles d’excellence qu’il convient de mieux structurer et accompagner, au risque de perdre les quelques avantages compétitifs restants et, avec eux, des emplois par milliers.

Plutôt que de vouer le secteur nucléaire aux gémonies, il est temps de lui redonner toute sa place comme pôle d’excellence et porteur d’innovations dans la limitation des émissions de gaz à effet de serre

Energie. Le premier d’entre eux est l’énergie. Le secteur qui est le premier contributeur aux émissions de gaz à effet de serre dans le monde, est aussi le plus prometteur en termes d’innovations. Toutefois il ne faut pas se tromper de combat. Les Britanniques qui ont dès 2009 fait le choix d’une transition qui soit à la fois sur le nucléaire et l’éolien offshore – pour des raisons géographiques – nous démontrent, au contraire des Allemands qu’une transition réussie est une transition réaliste.

Plutôt que de vouer le secteur nucléaire aux gémonies, il est temps de lui redonner toute sa place comme pôle d’excellence et porteur d’innovations dans la limitation des émissions de gaz à effet de serre. Identiquement la course aux batteries lithium-ion est d’ores et déjà perdue et il appartient de se focaliser sur d’autres technologies de stockage. Au sein de celles-ci l’hydrogène apparaît comme le nouveau pilier des transitions un peu partout dans le monde. Là aussi il s’agit de ne pas se tromper de combat et d’arrêter de promouvoir tout un panel de solutions contradictoires entre elles pour faire le choix de technologies compatibles avec le savoir-faire et les ambitions de la France.

Vient ensuite le secteur eau-environnement qui est, depuis de nombreuses décennies un pôle où la France excelle. Les deux plus grandes entreprises mondiales du domaine sont françaises (Suez et Veolia) or elles peinent à se faire une place dans un paysage industriel national fragmenté. Pourtant ce secteur est porteur lui aussi de nombreuses potentialités dans le cadre des transitions. Sur l’eau tout d’abord, il est évident que la rationalisation de certains aspects du secteur est possible que ce soit sur la mise en place de réseaux intelligents mais également d’une amélioration de la réutilisation des eaux usées. Dans la vision d’une économie la plus circulaire possible, la mise en place d’une filière de valorisation à grande échelle des boues d’épuration serait idéale pour le développement du biogaz et de la filière biomasse dans son ensemble.

Dans le domaine de l’environnement de manière plus large, la valorisation des déchets est là aussi un axe industriel majeur d’investissement pour la France

Valorisation des échets. Dans le domaine de l’environnement de manière plus large, la valorisation des déchets est là aussi un axe industriel majeur d’investissement pour la France. S’agissant des déchets organiques – ménagers ou non – plusieurs débouchés sont envisageables : biogaz (pour le transport, le chauffage, la production d’hydrogène), biocarburants, etc. En outre le recyclage doit également être fortement promu s’agissant des déchets industriels, en particulier pour la récupération et la valorisation des métaux stratégiques. Au-delà de l’amélioration des processus de fabrication, la séparation des composants électroniques et leur valorisation – dans la vision de la « mine urbaine » – est un axe fondamental de la réduction de la dépendance stratégique de la France à des fournisseurs extérieurs, tout autant que dans la préservation de l’environnement en limitant les nouvelles mines.

Le point commun de toutes ces solutions technologiques, c’est leur besoin d’investissements. Celui-ci se conçoit à la fois dans la nécessité de financer la recherche et l’industrialisation, mais également d’être le premier à proposer des solutions commercialement viables, pour ne pas être le perdant systématique de la compétition internationale. Les transitions demandent principalement une orientation et une focalisation des investissements ; en un mot une stratégie.

Dr Nicolas Mazzucchi, chargé de recherches à la Fondation pour la Recherche Stratégique – Auteur de Énergie, ressources, technologies et enjeux de pouvoir, Paris, Armand Colin, 2017.

Sondage environnement : une aspiration à changer de modèle de développement.

Sondage environnement : une aspiration (77%)à changer de modèle de développement. 

 

l’expression « transition écologique » évoque « quelque chose de positif » pour une majorité de plus en plus large de Français – 77% d’entre eux. Soit 15 points de plus que lors de notre enquête de novembre 2018 (62%)! Et nos concitoyens veulent que cette transformation se fasse dans les années à venir : ils sont 56% à préférer « un pays qui va faire le choix d’un autre modèle de développement avec comme objectif la préservation des ressources naturelles », plutôt qu’une priorité donnée à plus de croissance et à la création d’emplois.

« Le clivage social sur cette question est en train de disparaître, ajoute Pierre Giacometti, président de No Com, cabinet de conseil en stratégie de communication. Il y a une dizaine d’années, cette nécessité de la transition écologique était plus présente chez les catégories socioprofessionnelles supérieures. Aujourd’hui, la prise de conscience est présente même chez les plus défavorisés. »

 

Cette aspiration à « un autre modèle de transformation de la France que celui conduit actuellement » a été dopée par la crise du coronavirus : 86% le souhaitent aujourd’hui, contre 75% en décembre.

Pour autant, quand est posée la question des priorités d’un autre modèle de transformation pour la France, l’accélération de la transition écologique n’apparaît qu’en cinquième position (26%), loin derrière la relocalisation d’usines (47%), citée en premier. « Si la prise de conscience est là, on peut s’interroger sur la capacité des Français à la traduire en actes », note Giacometti. Lequel doute alors de leur adhésion aux proposition de la convention citoyenne pour le climat

Si la prise de conscience est là, on peut s’interroger sur la capacité des Français à la traduire en actes

« C’est toute la difficulté pour Emmanuel Macron, estime le spécialiste. Sa volonté réformatrice est freinée par de la gestion de crise, pas forcément compatible avec la vision de long terme de la convention climat. »

Cette appétence pour les relocalisations s’explique par une tendance de fond observée dans nos tableaux de bord de la transformation : un « réflexe de reprise de contrôle sur le cours des événements », explique Giacometti, probablement renforcé par la crise sanitaire. D’où le rejet de la mondialisation – 71% des Français la jugent « négative », la vision majoritairement positive des nationalisations (55%), le souhait du maintien (36%) voire du renforcement (35%) du rôle de l’Etat dans l’économie.

Cette tendance s’accompagne d’une appétence renforcée pour la « protection », retrouvée partout : en tête des expressions évoquant le plus quelque chose de positif, dans la nécessité de freiner les licenciements (qui gagne 7 points par rapport à juin 2017), ou la perte de vitesse de la priorité accordée à réduire la dette « même si cela conduit à baisser certaines aides sociales » – 52% contre 58% en juin 2018.

Enquête Ifop pour No Com menée par questionnaire auto-administré en ligne du 3 au 8 juin 2020 auprès d’un échantillon de 1.501 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération.

« Démocratisation de l’entreprise et environnement »

« Démocratisation de l’entreprise et environnement »

Huit chercheuses en sciences sociales rejointes par 3 000 de leurs collègues, appellent dans le Monde à un nouveau partage du pouvoir au sein des entreprises, condition d’une véritable transition écologique.

Tribune. Que nous apprend cette crise ? En premier lieu que les humains au travail ne peuvent être réduits à des « ressources ». Les caissiers, les livreurs, les infirmiers, les pharmaciens, les docteurs, toutes celles et ceux qui nous permettent de continuer à vivre dans cette période de confinement en sont la démonstration vivante. Cette pandémie nous montre aussi que le travail lui-même ne peut être réduit à une marchandise. Les soins de santé, la prise en charge et l’accompagnement des plus vulnérables sont autant d’activités qui doivent être protégées des seules lois du marché, sans quoi nous risquons d’accroître toujours plus les inégalités, jusqu’à sacrifier les plus faibles et les plus démunis.

Pour éviter un tel scénario, que faut-il faire ? Démocratiser l’entreprise – c’est-à-dire permettre aux employés de participer aux décisions. Et démarchandiser le travail – c’est-à-dire que la collectivité garantisse un emploi utile à toutes et tous.

Au moment où nous faisons face à la fois au risque pandémique et à celui d’un effondrement climatique, ces deux changements stratégiques nous permettront non seulement d’assurer la dignité de chacun, mais aussi d’agir collectivement pour dépolluer la planète et la sauver.

Ceux, et singulièrement celles, qui font partie des personnels essentiels – particulièrement les personnes racisées, migrantes et les travailleurs de l’économie informelle – se lèvent chaque matin pour aller servir les autres, pendant que tous ceux qui le peuvent restent confinés. ces personnes témoignent de la dignité du travail et de l’absence de banalité de leur fonction. Et elles démontrent le fait-clé que le capitalisme a toujours cherché à rendre invisible, cherchant à transformer les humains en « ressource » : il n’y a ni production ni service sans investisseurs en travail. De leur côté, les confinés – et singulièrement les confinées – mobilisent tout ce qu’ils peuvent pour assurer la poursuite des missions de leur organisation depuis leur domicile. Ils et elles démontrent massivement que ceux qui supposent que le grand enjeu de l’employeur est de garder sous ses yeux le travailleur indigne de confiance pour mieux le contrôler se fourvoient. Les travailleurs démontrent chaque jour qu’ils ne sont pas une simple « partie prenante » de l’entreprise parmi d’autres. Ils sont la partie constituante, pourtant toujours trop souvent exclue du droit de participer au gouvernement de l’entreprise, monopolisé par les apporteurs de capitaux.

Environnement-inégalités :Tirer les leçons du coronavirus ( Jean Tyrol)

Environnement-inégalités :Tirer les leçons du coronavirus ( Jean Tyrol)

 

Le Prix Nobel d’économie 2014, dans une tribune au « Monde », appelle à tirer les leçons du Corona virus sur d’autres champs que la santé comme le réchauffement climatique et  les inégalités.

 

Tribune. 

 

Qu’elles soient civiles, interétatiques ou sanitaires, les guerres laissent leur marque dans la société. Les recherches en sciences sociales montrent qu’elles réduisent les tendances individualistes et augmentent l’empathie. Les individus se comportent de manière plus coopérative et altruiste ; ils sont plus enclins à rejoindre des groupes sociaux. Avec des différences selon le type de guerre : contrairement aux guerres civiles, les guerres entre Etats génèrent des intérêts communs qui comblent les écarts entre les groupes.

Bien sûr, une grande partie de ce nouvel altruisme s’exprime envers son propre groupe, l’« endogroupe », comme par exemple les concitoyens dans une guerre contre un ennemi extérieur. Une guerre sanitaire contre le Covid-19 a cet avantage que le groupe s’étend, au-delà de ses concitoyens, à toute l’humanité et qu’il n’y a pas d’« exogroupe » autre que le virus… à condition que l’on n’appelle pas le virus « maladie chinoise », comme l’a fait le président américain, et que ne prévale pas le réflexe « chaque pays pour lui-même ».

Si cette crise génère un tel rapprochement entre nos compatriotes et entre Européens, cela pourrait être une bonne nouvelle, étant donné la tendance récente au populisme, au nationalisme, à l’intolérance ethnique et religieuse. De ce point de vue, la reformulation par le président Macron de la lutte contre le coronavirus comme une « guerre » pourrait avoir été judicieuse.

Si l’on peut être raisonnablement optimiste à cet égard, il est moins probable que l’élaboration des politiques publiques adopte une perspective à plus long terme. Allons-nous enfin apprendre notre leçon ? Nous sous-investissons dans l’éducation et la formation continue ; nous négligeons le combat contre le changement climatique et diverses autres politiques qui limiteraient les dommages causés à la prochaine génération par le climat, l’intelligence artificielle, la dette, l’inégalité et autres défis imminents.

Le Covid-19 nous rappelle notre vulnérabilité globale dans le domaine de la santé. Nous devons investir dans des systèmes de santé efficaces et promouvoir la recherche, qui nous permettra de répondre rapidement aux menaces émergentes. Nous étions déjà conscients du manque de recherche sur les antibiotiques, compte tenu de l’augmentation de l’antibiorésistance. Nous étions préoccupés par la guerre biologique. Nous tremblons de peur face à la fonte du pergélisol qui, en plus d’émettre des volumes importants de gaz à effet de serre, va libérer d’anciens virus et bactéries, avec des conséquences imprévisibles. Nous réalisons maintenant que le problème est encore plus large. Les crises sanitaires mondiales ne sont plus des « événements rares ».

 

Environnement et Coronavirus : un signe pour habiter autrement le monde (Corine Pelluchon)

Environnement et Coronavirus : un signe pour habiter  autrement le monde  (Corine Pelluchon)

Pour  la philosophe Corine Pelluchon ,  le défi consiste à « faire de cette crise l’occasion d’une transformation individuelle et collective » pour « réparer le monde ».Interview du Monde

Corine Pelluchon est professeure de philosophie à l’université Gustave-Eiffel (Loire-Atlantique) et membre du conseil scientifique de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme. Elle a notamment écrit Ethique de la considération (Seuil, 2018) et publie bientôt Réparons le monde. Humains, animaux, nature (Rivages poche, 288 pages, 8,80 euros).

Frontières fermées, services de santé débordés, économies à l’arrêt… Face à la propagation du coronavirus, notre société mondialisée se découvre profondément fragile. Que peut nous apprendre cette vulnérabilité ?

L’épidémie de Covid-19 peut nous enseigner beaucoup sur nous-mêmes et sur notre civilisation. Elle nous rappelle, en premier lieu, la profonde vulnérabilité humaine dans un monde qui a tout fait pour l’oublier. Nos modes de vie et tout notre système économique sont fondés sur une forme de démesure, de toute-puissance, consécutive à l’oubli de notre corporéité. Celle-ci n’est pas seulement le fait d’avoir un corps et d’être mortel, mais elle désigne la prise en compte de la matérialité de notre existence et de notre dépendance à l’égard des conditions biologiques, environnementales et sociales de notre existence : la santé est la condition de notre liberté.

Nous qui nous pensions définis surtout par notre volonté et nos choix, nous sommes arrêtés par cette passivité essentielle, par notre vulnérabilité (de vulnus, qui signifie « blessure » en latin), c’est-à-dire par l’altération possible du corps, par son exposition aux maladies et son besoin de soin et des autres.

Que peut nous apporter la prise de conscience de cette dépendance ?

Cela peut sembler paradoxal, mais la conscience de cette vulnérabilité est une force. La vulnérabilité est une fragilité, mais reconnaître que nous sommes dépendants les uns des autres conditionne aussi notre responsabilité. Seule l’expérience de nos limites, de notre vulnérabilité et de notre interdépendance peut nous conduire à nous sentir concernés par ce qui arrive à autrui, et donc responsables du monde dans lequel nous vivons.

Un être qui se croit invulnérable ne peut pas se sentir responsable ni agir en conséquence. L’autonomie, ce n’est pas le fantasme d’une indépendance absolue, hors sol, mais reconfigurée à la lumière de la vulnérabilité, elle devient la résolution de prendre sa part dans les épreuves communes.

En nous rappelant brutalement notre fragilité, cette crise est aussi l’occasion de se poser la question de sa responsabilité. Il est devenu impératif de modifier les modes de production, de consommation et d’échanges, bref d’opérer la transition vers un autre modèle de développement et de réorganiser la société. Chacun est-il prêt à se réformer pour faire sa part dans cette œuvre commune qui n’est pas forcément un fardeau, mais peut être un projet stimulant ?

 

 

Environnement : Après le Coronavirus, : « Nous devons tout repenser »

Environnement : Après le Coronavirus,  : « Nous devons tout repenser »

L a sociologue et philosophe Dominique Méda espère de la crise du Covid-19 qu’elle serve de « déclencheur pour la grande bifurcation qu’exige l’imminence de la crise écologique ».(Interview dans la tribune

 

 

Ce moment si particulier de début de confinement, comment l’éprouvez-vous intimement, comment l’interprétez-vous intellectuellement ?

Je le vis comme le prélude à d’autres crises et d’autres confinements, toujours plus graves, toujours plus surprenants, et pourtant prévisibles. Je veux dire que nous savons plus ou moins toutes et tous aujourd’hui que nous ne pouvons plus vivre comme avant, que nous avons forcé et dépassé un certain nombre de limites.

J’envisage cette crise comme un coup de semonce qui met en lumière notre aveuglement et notre impréparation. J’espère qu’elle va nous servir de déclencheur pour la grande bifurcation qu’exige l’imminence de la crise écologique.

C’est, par son ampleur et sa diffusion, une crise inconnue, une crise plurielle – économique, sociale, financière – et tentaculaire, une crise d’une soudaineté terrifiante, c’est en premier lieu une crise qui frappe et interroge « toute » la société et « toute » la planète. Vit-on un moment inédit de « crise holistique » ?

Hier, je parlais par Skype avec une Américaine installée au fin fond des Etats-Unis. Elle me racontait exactement la même situation que celle dans laquelle je me trouvais moi. Les écoles fermées, le confinement, les morts, les hôpitaux submergés, l’impuissance.

Cette internationalisation des événements, la simultanéité des expériences, ou encore la diversité des réponses et l’incapacité de former un « nous » alors que nous vivons la même chose et que nous sommes en quelque sorte constitués en une humanité unie par cet événement, forment quelque chose de tout à fait extraordinaire. Si cela nous permettait justement de prendre conscience de l’identité des défis auxquels nous sommes confrontés, ce serait magnifique. Plus encore si nous en profitions pour façonner des réponses communes.

Nous devons absolument reprendre la main et sur la finance et sur la production, revenir sur la liberté de circulation des capitaux et sur l’actuelle division internationale du travail.

Comment la globalisation du monde doit-elle être questionnée par cette crise ?

A l’évidence, elle a été beaucoup trop loin et elle n’a pas été contrôlée. A cet égard, le fameux article de Rawi Abdelal, (« Le consensus de Paris : la France et les règles de la finance mondiale« ) qui montre comment les Français ont promu la libéralisation complète de la finance en croyant pouvoir la maîtriser, est important. Car comme l’admet désormais le FMI, c’est un échec.

Et accepter la désindustrialisation et la dépendance que cela a provoqué est insensé. Nous devons absolument reprendre la main et sur la finance et sur la production, revenir sur la liberté de circulation des capitaux et sur l’actuelle division internationale du travail.

Le fonctionnement de cette globalisation, que l’on dit communément inégalitaire, égoïste, compartimenté, mercantile, peut-il à terme mais aussi dès maintenant profiter de cet indicible pour se réinventer ? L’urgence sanitaire mondialisée semble faire naître des desseins de ce type. En revanche, de l’Europe aux Etats-Unis, la cartographie géopolitique n’est guère encourageante…

Certes, mais la prise de conscience est brutale et intense. Il va falloir reconstruire très vite un programme politique de rechange exactement comme pendant la Seconde Guerre mondiale avec Beveridge et Keynes. Il nous faudra profiter de cette situation pour engager une véritable reconversion. Nous devons tout repenser, y compris et d’abord nos représentations des rapports entre humains et Nature, ce qu’est la vocation humaine, réapprendre le sens des limites, trier dans ce que la Modernité nous a apporté.

L’histoire est, à ce titre, un éternel recommencement : c’est dans l’exploitation des peurs que fermente le succès populaire et électoral des thèses isolationnistes, nationalistes, xénophobes. L’incontestable succès des candidats RN sortants ne doit-il pas être lu à cette aune ? Au-delà, et notamment au sein des pays d’Europe mais aussi aux Etats-Unis engagés dans la bataille des Présidentielles, ce spectre est-il inéluctable ?

Beaucoup de recherches ont mis en évidence le lien étroit entre délocalisations, automatisation, chômage et vote pour les extrêmes. Dans la reconversion écologique que je propose, nous devons mettre au centre l’impératif de justice sociale. Bien pensée, celle-ci peut permettre de recréer des emplois, de renouer avec le sens du travail, tout en sauvegardant des « conditions de vie véritablement humaines ».

Une « autre » réalité de nos existences est concrètement frappée : le travail, « l’exercice du travail ». Les premières mesures de l’Etat vous satisfont-elles ? Quels dangers, à plus long terme, cette déflagration fait-elle peser sur cet exercice du travail ?

Ce moment devrait nous permettre d’une part de faire le tri entre les métiers vraiment utiles et ce que Graeber appelle les « bullshits jobs », d’autre part de reconsidérer la rémunération relative des métiers. Il faut être aveugle pour ne pas voir quels sont aujourd’hui les métiers sans lesquels la société ne peut pas vivre.

Peut-on dès maintenant « tirer profit » de ce moment de crise pour questionner l’organisation, les réglementations, les conditions futures de cet « exercice du travail » ?

Oui, il nous faut préparer l’après dès aujourd’hui. A tous points de vue, nous devons renouer avec le réel et atterrir. La société de demain doit se préparer à faire face à des catastrophes climatiques et sanitaires. Nous devons nous organiser pour y faire face.

………………………………………………………………………………………………………………………..

Dominique Méda est professeur de sociologie à l’Université Paris Dauphine, et titulaire de la Chaire « Reconversion écologique, travail, emploi, politiques sociales » à la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FSMH).

 

Environnement: l’innovation végétale comme réponse à la transition alimentaire ?

Environnement: l’innovation végétale comme réponse à la transition alimentaire  ?

Une curieuse contribution du lobby agricole pour favoriser l’innovation végétale et remettre en cause notamment les réglementations en particulier concernant les jeux OGM. Pour justifier cette demande,  les contributeurs font cependant  apparaître plusieurs contradictions comme objectifs: l’amélioration de la qualité des produits, le développement de la productivité et de la quantité, la réponse au réchauffement climatique , la dimension internationale des marchés. Autant d’objectifs qui ne sont pas totalement cohérents. En outre, le développement du localisme  s’oppose évidemment à cette ambition d’un pays qui voudrait contribuer à nourrir 2 milliards d’habitants supplémentaires dans le monde. Le caractère de lobbying de cette contribution est d’autant plus évident que les contributeurs n’ont même pas pris la précaution de s’entourer du moindre scientifique et du moindre expert  indépendant. Il y a sans doute matière à encourager l’innovation végétale mais pas sur cette problématique.

 

Tribune dans le monde

 

 

« Répondre aux nouvelles attentes des consommateurs-citoyens, tout en tenant compte des impacts d’une instabilité climatique croissante, suppose de faire évoluer les systèmes de production vers plus d’agroécologie. Cette transition, tous les acteurs de la chaîne alimentaire y prennent d’ores et déjà part activement grâce à l’innovation.

Sans innovation, comment développer des plantes qui résistent aux nouveaux prédateurs, aux nouvelles maladies et s’adaptent aux soubresauts climatiques ? Sans innovation, comment répondre aux attentes individuelles de consommateurs en quête de qualité, de diversité, de produits locaux, durables et savoureux ? Sans innovation, comment envisager que l’agriculture puisse nourrir les 2 milliards d’habitants supplémentaires d’ici 2050 avec des ressources naturelles et des espaces agricoles en diminution ?

Faire le pari de l’innovation en agriculture, c’est bien entendu investir sur le temps long dans les équipements modernes, les objets connectés, des méthodes de protection des végétaux qui utilisent des mécanismes naturels… C’est aussi s’appuyer sur le savoir-faire français en matière d’innovation végétale et de génétique des plantes.

La sélection végétale a permis aux agriculteurs, depuis les années 1970, de multiplier par deux les rendements du maïs, de la betterave sucrière et du blé, le tout en avec moins d’intrants, en réduisant le besoin en eau et en proposant des variétés ne sursollicitant pas les sols. Les semenciers développent également des variétés adaptées à la demande en qualité des acteurs agroalimentaires. C’est le cas avec les orges de brasserie, des blés spécifiques à la meunerie ou encore des variétés de tournesol à haute teneur en acide oléique et dont les qualités nutritionnelles sont reconnues. Enfin, attachés aux attentes nutritives et organoleptiques des consommateurs, les semenciers améliorent les qualités gustatives des fruits et légumes du quotidien.

L’innovation végétale est donc essentielle pour l’avenir de notre agriculture et de nos filières alimentaires. Elle manque pourtant cruellement d’un soutien politique à la fois constant et volontariste comme vient de le prouver l’actualité récente.

Nous avons besoin de courage politique et de dialogue sociétal. Dans une décision rendue le 7 février dernier, le Conseil d’État vient en effet d’entériner l’interprétation apportée par la Cour de justice de l’Union européenne en 2018 : toutes les techniques de sélection développées depuis 2001 produisent in fine des OGM. La juridiction a également estimé que certaines techniques antérieures à 2001, dont est issu un nombre important de plantes, peuvent aussi entrer dans le champ d’application de la directive européenne 2001/18 sur les organismes génétiquement modifiés.

«En fonction de ce que le gouvernement décidera, il pourra mettre un coup d’arrêt brutal à l’innovation»

L’impact profond que cette décision aura sur l’avenir de la sélection variétale et sa capacité à apporter des solutions concrètes face aux défis de la transition agro-écologique ne saurait être sous-estimé. En fonction de ce que le gouvernement décidera, il pourra mettre un coup d’arrêt brutal à l’innovation.

Au mieux, les semenciers hexagonaux vont se retrouver confrontés à de longues et coûteuses démarches d’homologation pour les variétés obtenues de cette manière, ce qui ne manquera pas d’affecter en profondeur la compétitivité de la France face aux régions du monde qui ont une approche plus pragmatique. Au pire, des variétés de plantes développées en toute légalité depuis bientôt vingt ans vont se retrouver menacées d’interdit, sans alternatives pour les agriculteurs, alors qu’aucune urgence sanitaire ou environnementale ne le justifie !

Héritée des siècles précédents, la sélection végétale se heurte ainsi à des obstacles juridiques inédits, exigeant une prise de position politique au plus haut niveau. À court terme, la question se pose en effet d’une nécessaire adaptation de la réglementation européenne en la matière. Vieille de près de vingt ans, la directive OGM a fait preuve de son obsolescence et doit être ajustée à l’état actuel de la science. En lançant deux études d’impact sur le sujet, la Commission européenne a d’ailleurs implicitement reconnu l’existence d’un débat et le besoin de faire bouger certaines lignes.

C’est pour cette raison que 29 organisations représentant toute la filière agricole et alimentaire française demandent à la France de rejoindre l’initiative de 12 États membres en faveur d’une adaptation de la directive OGM, ce débat dépassant de très loin le strict cénacle franco-français.

Afin de permettre à tous les acteurs de la chaîne alimentaire française de développer leurs activités dans un cadre légal prévisible et approprié, nous, signataires, souhaitons nous engager avec les pouvoirs publics pour accompagner cette évolution réglementaire. Pour cela, il faut du courage politique et la volonté de dialoguer. De ce courage, nous ne voulons pas douter. »

AFCA CIAL (compléments alimentaires animaux) : Michel Layus, président. AGPB (blé) : Éric Thirouin, président. AGPM (maïs) : Daniel Peyraube, Président. AIBS (Betterave et sucre) : Jean-Phillippe Garnot, président. ANAMSO (semences oléagineuses) : Laurent Bourdil, président. ARVALIS (recherche agronomique) : Anne-Claire Vial, présidente. Centre français du riz : Bernard Mazel, président. CGB (betterave) : Franck Sander, président. CSFL (fruits et légumes) : Stéphane Lacroix, président. CSIF (importations de fruits et légumes) : Philippe Pons, président. CTIFL (institut technique des fruits et légumes) : Jacques Rouchasse, président. FEDEPOM (négociants de pomme de terre) : Marc Morellato, président. FNA (négoce agricole) : Antoine Pissier, président. FNAMS (agriculteurs multiplicateurs de semences) : Thomas Bourgeois, président. FNPHP (producteurs horticoles) : François Felix, président. FNPSMS (semences de maïs) : Pierre Pages, président. FN3PT (producteurs de plants de pomme de terre) : Éric Fallou, président. FNSEA : Christiane Lambert, présidente. FOP (oléoprotéagineux) : Arnaud Rousseau, président. GNIS (interprofession semencière) : François Desprez, président. INTERCEREALES : Jean-François Loiseau, président. IPTA (première transformation agricole) : Marie-Laure Empinet, présidente. JA : Samuel Vandaele, président. LA COOPERATION AGRICOLE : Dominique Charge, président. SNIA (alimentation animale) : François Cholat, président. SYNDICAT DES RIZICULTEURS DE FRANCE ET FILIÈRE : Bernard Mazel, président. TERRES INOVIA (institut technique des huiles et protéines végétales) : Sébastien Windsor, président. TERRES UNIVIA (huiles et protéines végétales) : Antoine Henrion, président. UFS (semenciers) : Claude Tabel, président.

Bourse : coronavirus ou environnement spéculatif

Bourse : coronavirus ou environnement spéculatif

Le Coronavirus serait responsable des chutes brutales et significatives  des bourses du monde entier. Le virus a bon dos dans la mesure où tous les fondamentaux pouvaient permettre de penser qu’un jour ou l’autre on assisterait à une très grande prise de bénéfice et que les cotations s’écroulaient. Il y a d’abord une situation économique qui s’inscrit dans une tendance baissière très inquiétante avec des croissances qui vont à peine atteindre 1 %. Une activité économique en Chine qui va baisser d’au moins un point, de même qu’aux États-Unis. Ensuite, il y a la conjoncture financière avec un endettement particulièrement dangereux qui a maintenu en vie de nombreuses d’entreprises structurellement particulièrement fragiles.

Même le système financier est en cause, il a prêté à tour de bras de manière irresponsable. L’immobilier pourrait bien être une nouvelle fois l’étincelle qui provoque l’incendie. Le Coronavirus a joué le rôle de cette étincelle en réveillant les investisseurs sur le fait que les indices ne peuvent pas monter au ciel. Alors dans la période récente et notamment au cours de l’année passée, les bourses ont complètement ignoré les fondamentaux et ont participé au renforcement d’une énorme dynamique spéculative. Encore une fois, les exceptionnels rendements étant complètement décalés non seulement de l’activité économique mais aussi des résultats des entreprises. Sans parler des perspectives très grises pour 2020 voire 2021.

L’épidémie de coronavirus est venue troubler la sérénité de marchés financiers trop longtemps habitués à voir les banques centrales voler à leur secours, souligne Nick Clay, gérant actions mondiales chez Newton Investment Management (BNY Mellon IM). L’épidémie de coronavirus est venue troubler la sérénité de marchés financiers trop longtemps habitués à voir les banques centrales voler à leur secours, souligne Nick Clay, gérant actions mondiales chez Newton Investment Management (BNY Mellon IM).

Après avoir réagi modérément pendant des semaines aux nouvelles venues de Chine, les indices boursiers piquent du nez un peu partout depuis plusieurs séances, s’approchant dangereusement de la correction, à savoir un repli de plus de 10% par rapport à leurs récents plus hauts – souvent des records absolus.

“Le marché s’était mis dans une situation dans laquelle il ignorait toutes les mauvaises nouvelles en misant sur le fait que les banques centrales allaient continuer pour toujours de baisser les taux et d’imprimer de l’argent si nécessaire”, déclare Nick Clay, gérant actions mondiales chez Newton Investment Management (BNY Mellon IM)  à Reuters. “Il a longtemps considéré le coronavirus de cette manière jusqu’à ce qu’il mette à se propager plus vite que prévu hors de Chine.”

Les investisseurs ont également pris conscience du fait que les fermetures d’usines en Chine auraient un impact non négligeable sur les chaînes d’approvisionnement à l’échelle mondiale, un phénomène qu’ils avaient sous-estimé dans un premier temps, ajoute le gérant.

“C’est un signal d’alarme qui enterre la promesse d’une accélération de la croissance économique, dont le marché a besoin pour justifier des valorisations extrêmement tendues”, dit-il.“Ce que l’on voit aussi souvent avec de genre de phénomène, c’est que les entreprises s’en servent comme de l’excuse parfaite pour abaisser leurs prévisions de bénéfice”, ajoute-t-il.

Les attentes des investisseurs étant fortes en raison des niveaux de valorisation, la capacité du marché à encaisser de mauvaises nouvelles du côté des résultats et des prévisions est assez limitée, souligne le gérant.

“Ce n’est pas surprenant dans ces conditions de voir des mouvements assez violents sur les indices boursiers”, dit-il.

La suite dépendra naturellement de la durée de l’épidémie et de l’ampleur de sa propagation, avec en outre un amortissement possible du choc sur les marchés grâce à la réactivité des banques centrales, mais seulement à court terme, estime le gérant.

“Après 10 ans d’assouplissement quantitatif, un marché aveuglé en était arrivé à penser que les largesses des banques centrales n’avaient d’autre but que de soutenir la valorisation des actifs risqués”, argumente Nick Clay.

“Mais un message assez clair commence à se faire entendre de la part de la classe politique, que ce soit des démocrates aux Etats-Unis ou même des conservateurs au Royaume-Uni, qui dit que la prochaine vague d’assouplissement qualitatif ne sera pas pour le marché mais pour l’économie réelle, pour les gens”, dit-il.

Le marché va devoir, selon lui, s’habituer au fait que la fiscalité sur les entreprises va augmenter, de même que le coût de leur dette, et que la politique monétaire servira en priorité à financer les dépenses budgétaires des gouvernements.

“Quand les valorisations sont aussi tendues, ce n’est pas bon de voir une pression sur les marges. C’est quelque chose que le marché n’a pas correctement intégré”, fait valoir le gérant.

“C’est pourquoi nous nous dirigeons certainement vers une forme de rotation et probablement une correction, avec le retour de la volatilité et une remise à niveau du prix des actifs”, dit-il.

Cette rotation devrait pénaliser en premier lieu les valeurs de croissance pure, à commencer par les géants de la technologie, au profit des valeurs de croissance plus cycliques et exposées à la consommation comme le luxe et la distribution, estime Nick Clay.

“Les techs seront en première ligne si l’attitude des gouvernements change à leur égard et si la fiscalité qui leur est imposée devient plus forte”, dit-il.

Or ces valeurs, dont les stars s’appellent Apple, Microsoft ou encore Alphabet, pèsent de tout leur poids sur les indices et génèrent des flux considérables par le biais de la gestion indicielle.

“Cela pourrait jouer un rôle d’amplification dans l’éventualité d’une correction”, dit le gérant. “Apple est pratiquement dans tous les ETF et sera particulièrement vulnérable si les flux s’inversent”.

Environnement-Pesticides agricoles : échec des politiques ( Cour des Comptes)

Environnement-Pesticides agricoles : échec des politiques ( Cour des Comptes)

L’utilisation des pesticides dans l’agriculture française n’a pas baissé, au contraire, malgré les politiques publiques liées aux plans Ecophyto, censées réduire leur usage. « En dépit de ces actions et de la mobilisation de fonds publics pouvant être estimés, pour 2018, à environ 400 millions d’euros (dont 71 millions prélevés sur la redevance pour pollutions diffuses), plusieurs travaux d’évaluation ont dressé un bilan réservé de l’action menée. La Cour constate, pour sa part, que les effets des plans Écophyto demeurent très en deçà des objectifs fixés », selon le référé publié de la Cour des Comptes ce mardi.

« L’objectif initial de diminution du recours aux produits phytopharmaceutiques de 50 % en dix ans, reporté en 2016 à l’échéance 2025 et confirmé en avril 2019, assorti d’un objectif intermédiaire de -25 % en 2020, est loin d’être atteint: l’utilisation des produits mesurée par l’indicateur NODU (nombre de doses unités, NDLR) a, au contraire, progressé de 12 % entre 2009 et 2016, ce qui reflète la lente évolution du modèle agricole national » constate froidement la Cour.

 

Environnement – Economie circulaire: Le grand gaspillage des ressources continue

Environnement – Economie circulaire: Le grand gaspillage des ressources continue

La majorité (52,6 milliards de tonnes) des matériaux consommés annuellement au monde sont en effet utilisés pour des produits (énergie ou biens de consommation) qui atteignent leur fin de vie en une année, note le rapport de  l’ONG Circle Economy.  En 2017, les ressources consommées par l’économie mondiale ont encore grimpé, dénonce cette ONG dans un rapport présenté à Davos. 42% sont ensuite dispersées dans la nature, 28% sont rejetées sous forme de gaz à effet de serre et 30% deviennent des déchets. 48 milliards de tonnes de matériaux sont en outre stockées sous la forme de bâtiments, infrastructures et biens d’équipement: de plus en plus chaque année, en raison de l’augmentation de la population mondiale.

 

 Globalement, « ce rapport montre qu’aucun pays ne répond aux besoins fondamentaux de ses citoyens tout en opérant dans les limites physiques de notre planète », résume son auteur principal, Marc de Wit. 100 milliards de tonnes de matériaux sont consommées chaque année par l’humanité. Un record pour l’économie mondiale et une mauvaise nouvelle pour la planète. Car l’organisation révèle dans un nouveau rapport publié le 21 janvier que la proportion de matériaux réutilisés, du sable au pétrole en passant par les métaux, s’est réduite, passant de 9,1 % il y a deux ans à 8,6 % aujourd’hui.

« La tendance négative globale s’explique par trois tendances sous-jacentes : des taux d’extraction élevés, une reconstitution des stocks et de faibles niveaux de traitement et de recyclage en fin de vie », expliquent les auteurs de l’étude. « Ces tendances sont profondément ancrées dans la tradition d’une production de déchets s’inscrivant dans une économie linéaire », estiment-ils.

« Nous risquons une catastrophe mondiale si nous continuons à traiter les ressources mondiales comme si elles étaient illimitées », a déclaré au Guardian Harald Friedl, directeur général de Circle Economy.  »Les gouvernements doivent adopter de toute urgence des solutions d’économie circulaire si nous voulons atteindre une qualité de vie élevée pour près de 10 milliards de personnes d’ici le milieu du siècle sans déstabiliser les processus planétaires critiques. »

 

Environnement et économie circulaire: Le grand gaspillage des ressources continue

Environnement et économie circulaire: Le grand gaspillage des ressources continue

Finalement, il y a les discours sur l’économie circulaire qui invitent  à la consommation locale , au recyclage des ressources et les tendances économiques qui confirment l’accélération du gaspillages des ressources mondiales. La majorité (52,6 milliards de tonnes) des matériaux consommés annuellement au monde sont en effet utilisés pour des produits (énergie ou biens de consommation) qui atteignent leur fin de vie en une année, note le rapport. 42% sont ensuite dispersées dans la nature, 28% sont rejetées sous forme de gaz à effet de serre et 30% deviennent des déchets. 48 milliards de tonnes de matériaux sont en outre stockées sous la forme de bâtiments, infrastructures et biens d’équipement: de plus en plus chaque année, en raison de l’augmentation de la population mondiale.

 

 Globalement, « ce rapport montre qu’aucun pays ne répond aux besoins fondamentaux de ses citoyens tout en opérant dans les limites physiques de notre planète », résume son auteur principal, Marc de Wit. 100 milliards de tonnes de matériaux sont consommées chaque année par l’humanité. Un record pour l’économie mondiale et une mauvaise nouvelle pour la planète. Car l’organisation révèle dans un nouveau rapport publié le 21 janvier que la proportion de matériaux réutilisés, du sable au pétrole en passant par les métaux, s’est réduite, passant de 9,1 % il y a deux ans à 8,6 % aujourd’hui.

« La tendance négative globale s’explique par trois tendances sous-jacentes : des taux d’extraction élevés, une reconstitution des stocks et de faibles niveaux de traitement et de recyclage en fin de vie », expliquent les auteurs de l’étude. « Ces tendances sont profondément ancrées dans la tradition d’une production de déchets s’inscrivant dans une économie linéaire », estiment-ils.

« Nous risquons une catastrophe mondiale si nous continuons à traiter les ressources mondiales comme si elles étaient illimitées », a déclaré au Guardian Harald Friedl, directeur général de Circle Economy.  »Les gouvernements doivent adopter de toute urgence des solutions d’économie circulaire si nous voulons atteindre une qualité de vie élevée pour près de 10 milliards de personnes d’ici le milieu du siècle sans déstabiliser les processus planétaires critiques. »

 

Environnement -Des catastrophes climatiques de plus en plus nombreuses et de plus en plus coûteuses

Environnement -Des catastrophes climatiques de plus en plus nombreuses et de plus en plus coûteuses

 

Ce qui caractérise les catastrophes climatiques, c’est la croissance de leur nombre et l’ampleur de leurs conséquences. Des conséquences très difficiles à évaluer en effet certains effets peuvent être spectaculaires quand d’autres sont à long terme ;  par exemple à propos des maladies et des exodes. La plupart de ces catastrophes sont liés à l’activité humaine du fait  du réchauffement climatique. « Des phénomènes météo extrêmes, alimentés par le changement climatique, ont frappé tous les continents peuplés en 2019, entraînant dans la mort et déplaçant des millions de personnes et causant des milliards de dollars de dégâts », souligne l’ONG britannique Christian Aid dans une étude.

 

Sept des plus grandes  catastrophes ont même causé des dégâts évalués à plus de 10 milliards de dollars (9 milliards d’euros): les inondations dans le nord de l’Inde et le typhon Lekima en Chine (10 milliards chacun); l’ouragan Dorian en Amérique du Nord (11,4 milliards); les inondations de juin à août en Chine (12 milliards); les inondations dans le Midwest et le sud des Etats-Unis (12,5 milliards); le typhon Hagibis en octobre au Japon (15 milliards) et les feux de forêt en Californie d’octobre-novembre (25 milliards).sans parler de l’Australie.

« Chacun de ces désastres a un lien avec le changement climatique », relèvent les auteurs.

Ainsi, en Argentine et en Uruguay, où des inondations ont causé pour 2,5 milliards de dégâts en janvier, les zones affectées ont connu des précipitations cinq fois plus importantes que la moyenne, un an après avoir connu une grave sécheresse. Des variations qui s’accentuent avec le changement climatique, et des sols rendus plus secs qui aggravent les conséquences en cas de fortes pluies.

Autre exemple, le cyclone Idai, qui a dévasté la deuxième ville du Mozambique en mars, a été selon des scientifiques renforcé par le réchauffement de la température de l’océan Indien, alors que la montée du niveau des eaux a aggravé les inondations qui l’ont suivi. Mêmes phénomènes à l’oeuvre pour le cyclone Fani en Inde et au Bangladesh en mai, avec des dégâts évalués à plus de huit milliards de dollars.

Christian Aid souligne toutefois qu’ »en aucune façon les chiffres financiers ne donnent une vison globale » de l’étendue de ces catastrophes, notamment en conséquences pour les populations.

Prenant en compte les vies humaines perdues, l’ONG souligne que « l’immense majorité des décès a été causée par deux événements seulement » (les inondations dans le nord de l’Inde, 1.900 morts, et Idai au Mozambique, 1.300 morts), rappelant que les populations les plus pauvres paient le prix le plus élevé des conséquences du changement climatique.

« Par contraste, les coûts financiers sont plus élevés dans les pays riches et le Japon et les Etats-Unis ont connu les trois événements les plus coûteux », selon le rapport.

Mi-décembre, le réassureur suisse Swiss Re avait dans une première estimation annuelle évalué à 140 milliards de dollars les pertes économiques liées aux catastrophes naturelles et aux désastres humains en 2019, contre 176 milliards en 2018.

 

 

Environnement- Convention climat: une discussion de bistrot

Environnement- Convention climat: une discussion de bistrot

 

De manière très furtive, comme pour donner un rapide coup de peinture verte à des vœux sans beaucoup de couleurs, Macron lors  de sa dernière intervention a évoqué la convention nationale pour le climat. Une convention très formelle et dont  les travaux sont d’une grande nullité si l’on en juge par ce qui figure sur son site officiel qui ne parle en réalité que de méthode et de calendrier. Rien sur le fond ! Pas étonnant sur France Info un des participants interrogé a eu bien du mal à dégager une seule idée, un seul axe qui pourrait ressortir de cette commission bidon. Finalement l’intéressé  a déclaré : » écoutez personnellement je n’ai plus participé aux travaux depuis novembre et je ne peux pas vous en dire plus mais il y a des experts dans cette convention.! » .. Une convention citoyenne composée de 150 citoyens tirés au sort bien encadrés par des experts et surtout des politiques. On voit mal ce qui pourrait sortir d’une réunion aussi composite ou évidemment on pourra facilement manipuler les participants. Cette espèce de démocratie directe est évidemment illusoire car les problèmes étudiés sont généralement complexes exigent à la fois connaissance et expérience. Or la convention citoyenne va ressembler à la discussion d’un super bistrot. Cette démarche s’inscrit dans la volonté d’écarter les corps intermédiaires et les organisations compétents sur le sujet. Le dialogue direct voulu par Macron relève tout simplement d’une méthode théocratique.

Composée de 150 citoyens tirés au sort, cette convention sera chargée de “redessiner toutes les mesures concrètes d’aides aux citoyens sur la transition climatique dans le domaine des transports, de la rénovation des logements”. Le chef de l’Etat s’est engagé à ce que ses conclusions soient soumises “sans filtre”, au vote du Parlement, soit à référendum, soit à une application réglementaire directe. Soit même à rien du tout car l’environnement n’est pas la priorité de Macron qui n’a rien dit à ce propos dans sa campagne électorale. Quant au ministère de l’environnement, il est pratiquement condamné au silence depuis que la techno Élisabeth Borne à récupéré le ministère en plus des transports.

Environnement- L’océan ( la flore et la faune) est menacé par une baisse d’oxygène

Environnement- L’océan ( la flore et la faune) est menacé par  une baisse d’oxygène

L’océan ( la flore et la faune) est menacé par  une baisse d’oxygène selon un rapport de  l’Union internationale pour la conservation de la nature, l’UICN, dont a rendu compte le Monde. Les chercheurs avaient déjà montré que les océans s’étaient acidifiés, à cause des émissions de CO2 liées aux activités humaines, ils pointent cette fois du doigt, les effets néfastes du manque d’oxygène  sur les poissons notamment.

Le rapport, basé sur les travaux de 67 experts et présenté comme le plus important à ce jour sur ce sujet, se penche sur ce phénomène mal connu. Il en ressort que cette perte d’oxygène « constitue une menace croissante pour la pêche et certains groupes d’espèces comme les thons, les marlins et les requins », avertit l’UICN, qui fait référence pour les espèces menacées avec sa « liste rouge ».  « Au fur et à mesure que les océans perdent leur oxygène, en se réchauffant, l’équilibre délicat de la vie marine se fragilise », avertit Grethel Aguilar, directrice générale par intérim de l’UICN.  

Pour limiter la perte d’oxygène dans les océans, parallèlement aux autres effets dramatiques des changements climatiques, les dirigeants mondiaux devraient donc, selon les experts, s’engager à réduire immédiatement et de manière substantielle leurs émissions. Le Chili, qui préside cette réunion délocalisée en Espagne, a promis de mettre l’accent sur les océans.  

La désoxygénation s’explique principalement par deux phénomènes : 

- l’eutrophisation (prolifération de certains végétaux, en général des algues) due au ruissellement des nutriments provenant des continents et aux dépôts d’azote provenant de l’utilisation de combustibles fossiles

- le réchauffement des eaux océaniques dû au changement climatique, alors que les océans absorbent en partie les émissions de gaz à effet de serre générées par les humains.  

A l’échelle mondiale, le taux d’oxygène dans les océans a diminué d’environ 2% entre 1960 et 2010, selon le rapport.  Ils pourraient encore perdre 3 à 4% de leurs stocks d’oxygène d’ici à 2100 si les émissions continuent à croître au rythme actuel, « la majeure partie de cette perte se concentrant dans les premiers 1.000 mètres de la colonne d’eau, où la richesse et l’abondance des espèces sont les plus élevées », avertit le rapport.   

Environ 700 sites à travers le globe, souvent sur des côtes et dans des mers semi-fermées, souffrent de faible teneur en oxygène, contre 45 dans les années 1960. 

« Au cours de la même période, le volume des eaux anoxiques dans les océans mondiaux, c’est-à-dire des zones complètement vides d’oxygène, a quadruplé », selon le rapport.  Cette diminution de la teneur en oxygène des océans a déjà commencé à modifier l’équilibre de la vie marine, favorisant les espèces tolérantes à l’hypoxie (les microbes, les méduses et certains calmars) au détriment d’espèces sensibles à l’hypoxie (comme de nombreuses espèces marines, dont la plupart des poissons).

Certaines zones océaniques très riches en poissons consommés par l’homme doivent leur existence à des courants océaniques riches en nutriments mais sont pour autant pauvres en oxygène, ce qui les rend « particulièrement vulnérables aux changements, même minimes », selon les auteurs.   

Certaines espèces cruciales pour la pêche, comme les thons, les marlins et les requins, sont également particulièrement sensibles à une faible teneur en oxygène en raison de leur grande taille et de leurs besoins énergétiques élevés. Elles risquent de se retrouver acculées dans des couches de surface de plus en plus fines d’eau riche en oxygène et être ainsi encore plus exposées à la surpêche.  

D’autres espèces, comme celles vivant au fond des eaux, les varechs, les macroalgues, les coraux, les herbiers marins, les mangroves, les poissons, le plancton, les mammifères marins sont aussi concernées, énumère l’UICN, même s’il est parfois difficile de mesurer les impacts.  

La santé des océans sera le sujet numéro 1 du congrès mondial de l’UICN, en juin prochain à Marseille.  Les chercheurs attendent des décisions fortes de la part des Etats pour protéger les ressources marines. Les océans perdent leur oxygène à un rythme sans précédent, signale un rapport publié lors de la COP25 à Madrid. En une cinquantaine d’années, les niveaux d’oxygène ont diminué d’environ 2% et les zones mortes – où l’oxygène est totalement absent – ont quadruplé.

Les poissons ne sont pas seulement menacés par la surpêche et la pollution plastique, ils peinent aussi à respirer. Les océans souffrent d’une importante perte en oxygène, selon une étude publiée samedi par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

 

Conséquences de l’huile de palme sur l’environnement (Alain Rival)

Conséquences de l’huile de palme  sur l’environnement  (Alain Rival)

 

 

En douce, certains députés de « la république en marche »  ont tenté une manœuvre délictueuse pour réhabiliter l’huile de palme .  Alain Rival, correspondant pour la filière palmier à huile au Cirad. (Organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes) rappelle le lien entre huile de palme et environnement

 

 

Quelles sont les conséquences de la culture du palmier à huile sur l’environnement ?

A. R. : Le palmier à huile est la plante oléagineuse la plus productrice, avec des rendements moyens de l’ordre de 6 tonnes d’huile/hectare/an dans de bonnes conditions écologiques (jusqu’à 12 T/ha dans les meilleurs essais génétiques actuels). La productivité moyenne mondiale d’huile de palme est de 3,8 T/an. Pour que s’exprime le potentiel des meilleures semences, l’utilisation de fertilisants est indispensable. Il y a donc un risque réel de pollution, notamment des nappes phréatiques, lorsque ces intrants sont utilisés en excès et/ou au mauvais moment. Les engrais constituent aujourd’hui 60 % des coûts d’exploitation d’une plantation et sont de plus en plus remplacés par des apports de compost issu du recyclage des effluents, qui permettent d’économiser jusqu’à 15% de la facture globale de fertilisants.

Quelle est à l’heure actuelle la part d’huile de palme utilisée pour faire des agrocarburants ?

A.   R. : Aujourd’hui, environ 5 % de la production mondiale d’huile de palme est utilisée comme agrocarburant, directement utilisé ou transformé en diester. Au Sud, plus de 90 % des utilisations de cette huile sont alimentaires. Il n’y a donc pas de concurrence directe entre les utilisations énergétiques et alimentaires. Toutefois, les possibilités d’utilisation des huiles végétales comme biocarburants ont installé une tension durable sur les cours mondiaux. En Europe (EU27), ils consomment environ 20 % des 5.4 millions de tonnes d’huile de palme importées chaque année. En outre, les cours des huiles végétales dépendent plus directement des cours du pétrole que des aléas climatiques, malgré l’interchangeabilité totale des huiles végétales (James Fry, in Corley) : une tendance qui se confirme depuis ces dernières années.

 

Les coupes de forêt primaire sont-elles directement liées aux plantations de palmiers à huile ?

 

Alain Rival : En Indonésie, ce sont les plantations d’essences forestières à croissance rapide (fast wood) qui sont les premiers moteurs de la déforestation, l’exploitation minière joue également un rôle considérable (Abood et al, 2015). Sur les 21 millions d’hectares de forêt primaire qui ont disparu en Indonésie entre 1990 et 2005, seulement 3 millions correspondent à la création de palmeraies. Lorsqu’elles ne sont pas replantées, les surfaces déforestées sont laissées en friche jusqu’à ce qu’elles deviennent des savanes dégradées qui seront, ou non, reconverties pour des activités agricoles. Au cours des dernières années, la déforestation s’est accélérée et concentrée sur des foyers de biodiversité comme Bornéo, l’Amazonie ou le bassin du Congo, qui demandent aujourd’hui une vigilance accrue des gouvernements, des ONG et des sociétés de plantation.

 

Comment éviter de détruire de précieux réservoirs de biodiversité ?

A. R. : Si une forêt primaire est transformée en palmeraie, la perte de biodiversité s’élève à 85 %, comme pour toute monoculture intensive, sous les tropiques comme ailleurs. Pour éviter les extensions de palmeraies dans les zones limitrophes de forêt primaire, dites à haut stock de carbone ou à haute valeur de conservation, il convient de fournir un revenu équivalent à celui issu de la coupe du bois et de déplacer le projet de création de palmeraie vers une savane dégradée ou une zone agricole à reconvertir. Il existe en outre des initiatives comme la Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO) qui visent la certification des plantations durables de palmier à huile. Il s’agit d’une démarche consensuelle liant les principaux acteurs de la filière décidés volontairement à s’entendre sur un socle de principes et critères partagés, régulièrement redéfinis en fonction des demandes des membres de la Table ronde.

Quelles sont les solutions concrètes pour concilier la préservation de la biodiversité et un développement agricole indispensable aux populations du Sud ?

 

A. R. : Tout d’abord, la planification du paysage qui consiste à identifier des forêts à « haute valeur de conservation » ou à stock élevé de carbone et à les entourer de zones tampons. Dans ces zones, des agroforêts, installées à côté des plantations, permettent une activité humaine raisonnée : cultures vivrières, fruitiers, caoutchouc, plantes médicinales ou même écotourisme. Cette pratique permet d’éviter une réduction drastique de la biodiversité consécutive à l’ouverture d’espaces agricoles en limite directe de forêt primaire. La culture du palmier à huile est alors intégrée à une planification du paysage en concertation avec les populations locales (Koh et al, 2009). Par ailleurs, dans les zones dédiées à la monoculture du palmier à huile, il s’agit aujourd’hui de produire plus et mieux sur la base des caractéristiques naturelles exceptionnelles du palmier à huile, tout en limitant les recours aux intrants et aux pratiques non durables. Cette intensification écologique passe par la mise à disposition de tous les planteurs, familiaux ou industriels, de matériel végétal amélioré issu des programmes de sélection, par l’optimisation de l’utilisation des engrais par la valorisation de la biomasse et le recyclage des effluents d’huileries et de plantation (Rival, 2013).

Enfin, dans chaque pays producteur, les petits planteurs constituent une mosaïque hétérogène d’acteurs plus ou moins organisés. Il convient de comprendre puis d’anticiper leurs trajectoires et de les associer aux efforts en cours de certification de la durabilité de la filière. Pour cela, il s’agit de mieux connaître les systèmes de production qu’ils adoptent, leurs relations avec les pouvoirs publics, les plantations industrielles avoisinantes et les usiniers.

Environnement : Prendre en compte l’impact global du transport

Environnement : Prendre en compte l’impact global du transport

Ce que propose Olivier Appert, Conseiller au centre Energie de l’Institut français des relations internationales (IFRI) et membre de l’Académie des technologies. Olivier Appert estime à juste titre qu’il convient de prendre en compte l’impact global du transport y compris notamment la construction et pas seulement les polluants émis lors de l’utilisation des véhicules.

.

Tribune.

 

« La réduction des émissions de CO₂ devient une nécessité absolue, notamment dans le secteur des transports, qui reste à l’origine de près de 30 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Pourtant, la réglementation européenne ne prend que partiellement en compte les émissions de CO₂ des automobiles puisqu’elle ne concerne que les émissions en sortie du pot d’échappement, approche dite « tank to wheel ».

Etonnamment, les émissions liées à la production du véhicule, sa fin de vie, et celles liées à la production de la source d’énergie, qu’il s’agisse des produits pétroliers, de l’électricité ou du gaz, sont exclues de la méthode retenue par Bruxelles.

 

Ainsi, la réglementation considère de la même façon les émissions d’un véhicule électrique en France où le mix électrique basé sur le nucléaire émet très peu de CO₂ et en Allemagne ou en Pologne dont une part majeure de l’électricité est produite par des centrales charbon très émettrices de CO₂. Dès 2021, les constructeurs devront respecter le seuil maximum de 95 grammes de CO₂ par kilomètre sous peine d’amendes de plusieurs centaines de millions d’euros. Un mode de calcul qui favorise de facto les véhicules électriques. 

Avec le développement des carburants alternatifs au pétrole, cette réglementation n’est plus adaptée. Il ne s’agit plus seulement de mesurer les rejets de CO₂ à l’instant T, en sortie du pot d’échappement. Il faut estimer les rejets en intégrant, au-delà de la seule combustion du carburant, la production du véhicule, leur fin de vie, la production du carburant, approche dite « well to wheel ». Il est donc indispensable de retenir la méthode dite en analyse du cycle de vie (ACV) qui s’impose de plus en plus dans les analyses de l’impact environnemental. »

Cette approche est illustrée par une étude rendue publique récemment par IFP Energies nouvelles (Ifpen), organisme public reconnu et indépendant : elle analyse l’empreinte carbone en cycle de vie complet des véhicules bioGNV (gaz naturel pour véhicule) comparativement aux véhicules diesel, essence et électrique. L’étude montre que, même avec une électricité bas carbone comme c’est le cas en France, dans tous les cas examinés, les véhicules bioGNV émettent, en ACV, moins de CO₂ que les véhicules électriques alimentés. Que dire d’un véhicule électrique roulant à Munich ?

Environnement- « Consigne pour recyclage: une fausse bonne idée». La honteuse tribune de sénateurs

Environnement- « Consigne pour recyclage: une fausse bonne idée». La honteuse tribune  de sénateurs

 

 

Le Sénat, refuge de politiques recyclés qui ont transformé la fonction d’élu en métier (la plupart font de la politique depuis des dizaines d’années) vient de refuser la consigne sur les emballages plastiques notamment les bouteilles. En fait, il encourage ainsi la production et le recyclage des emballages plastiques. Pire, un collectif de sénateurs justifie la position des lobbys avec des arguments économiques et environnementaux particulièrement habiles mais  spécieux dans la Tribune en soutenant que la destruction et donc la production à usage unique est plus écologique que la réutilisation. On imagine quelle aurait été la position du sénat si on avait interdit totalement l’usage du plastique pour l’eau !

 

« Le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et l’économie circulaire transpose l’initiative européenne de Paquet économie circulaire de 2018, visant à lutter utilement contre les plastiques et le gaspillage. Il s’agit de la transposition d’une volonté politique partagée par tous. L’article 8 du projet de loi prévoit la création du dispositif de la consigne pour recyclage, un concept a priori séduisant. Mais ne s’agit-il pas là en réalité d’une fausse bonne idée ?

La volonté européenne de lutte contre le plastique a été nettement affirmée au cours des dernières années avec l’adoption de plusieurs directives, dont la dernière en date est relative à la réduction de l’incidence de certains produits en plastique sur l’environnement (2 019). Alors même que l’Europe réfléchit à réduire l’utilisation du plastique, la mise en place d’une consigne semble de manière contradictoire pérenniser son utilisation. Le cas allemand nous montre qu’elle a même entraîné outre-Rhin une hausse de la commercialisation de bouteilles à usage unique.

Outre l’Allemagne, c’est en Espagne que la Chaire Unesco sur le cycle de vie et le changement climatique a souligné en 2017 l’inadéquation de la consigne avec les objectifs sociaux, environnementaux et économiques du pays. L’étude insistait sur le fait que « la grande majorité des ressources économiques et humaines qu’exigerait ce changement serait mieux consacrée à l’amélioration du système existant et au traitement d’autres types de déchets plus abondants et plus problématiques sur le plan environnemental ».

 La consigne pérennise en réalité la production et la consommation de plastique et ne permet pas de penser la fin de notre dépendance au plastique. L’ambition de la France devrait être de positionner un leadership fort en Europe sur les enjeux climatiques. En ce sens, la consigne pour recyclage rate la cible de faire de la France le leader européen dans la lutte contre le plastique.

Un coup au portefeuille. Outre la redéfinition de l’ambition vis-à-vis du plastique, la consigne soulève d’autres problématiques fortes pour les collectivités locales et leurs administrés. Les collectivités locales assurent aujourd’hui la collecte des bouteilles en plastique, jouant le rôle d’intermédiaire entre le tri et les entreprises de recyclage à qui elles revendent les déchets. Le principe même de la consigne pour les bouteilles en plastique et les canettes supprime ce rôle de collecteur et donc de revendeur des collectivités. Le manque à gagner s’élèverait ainsi à 200 millions d’euros, dans un contexte de contraintes budgétaires déjà fortes. Il s’agit d’une source de revenus importante permettant de financer diverses initiatives au niveau local. La perte de ces revenus risquerait d’entraîner une hausse de la fiscalité locale.

Mettre en place ce type de consigne pour recyclage remettrait également en question les recommandations de tri à destination du citoyen. Après 20 ans de campagnes de communication et de sensibilisation sur le tri des déchets avec le système de la « poubelle jaune », l’introduction de la consigne pour recyclage viendrait balayer l’intégralité des efforts mis en place et des investissements réalisés dans ce sens.

Enfin, la consigne nécessitera une avance de trésorerie par les Français de 120 millions d’euros (sur la base d’une quinzaine de centimes par bouteille), à laquelle viendra s’ajouter une perte nette de pouvoir d’achat de 250 millions d’euros par an correspondant à l’estimation de 10 % des bouteilles et canettes qui ne seront pas déconsignées. Ce dispositif n’est pas sans soulever de réelles interrogations dans le contexte social tendu que nous connaissons.

Améliorer le système de recyclage, enjeu premier. Plus que la collecte, le véritable enjeu lorsque l’on parle de bouteilles en plastique est celui de l’orientation vers la filière du recyclage. Alors que la nouvelle directive européenne sur les plastiques à usage unique fixe un objectif de 90 % de taux de collecte des bouteilles en plastique d’ici 2030, la France atteint déjà 99 % de taux de collecte aujourd’hui ! Cependant, seulement 57 % sont actuellement recyclés. Le problème en France est l’orientation des emballages plastique vers la « poubelle jaune » et le recyclage des emballages plastique hors foyer (poubelles de rue, gares, parcs…) qu’il faut améliorer, moins celui de la collecte qui est déjà excellent.

La consigne pour recyclage ne concerne de surcroît que 6 % des déchets plastiques (les bouteilles en plastique) et ne prend pas en compte les autres (barquettes, pots de yaourts etc.) qui ne sont, eux, recyclés qu’à 4 %, éloignant ainsi la perspective d’atteindre l’objectif du Président de la République d’arriver à 100 % de plastique recyclé d’ici à 2 025. La consigne pour recyclage des bouteilles en plastique créerait ainsi un nouveau dispositif n’adressant que 6 % des besoins, pourtant déjà particulièrement bien couverts en France.

Ne nous trompons pas de combat. Nous partageons les préoccupations environnementales et écologiques de nos concitoyens et leur volonté d’agir au quotidien. Nous partageons aussi cette volonté de la France d’être à l’avant-garde dans la lutte contre le changement climatique. Le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et l’économie circulaire se fait l’écho d’enjeux forts pour le climat. C’est à ce titre qu’il nous semble fondamental de souligner que l’ambition portée par l’article 8 doit être de répondre réellement à la question de la lutte contre le changement climatique et du développement en France comme en Europe d’une grande politique en faveur du recyclage. Notre objectif est de porter un projet de société sans plastique plutôt que de risquer d’en pérenniser l’utilisation. »

Claude Kern (UDI), Dominique Vérien (UDI)Sonia de la Provôté (UDI)Michelle Vullien (UDI), Jean-Marie Bockel (UDI), Vincent Delahaye (UDI), Anne-Catherine Loisier (UDI), Alain Duran (PS)Eric Jeansannetas (PS), Henri Cabanel (PS)Nelly Tocqueville (PS), Joël Labbé (EE-LV)Nicole Duranton (LR), Guy-Dominique Kennel (LR), Antoine Leèvre (LR), André Reichardt (LR), Esther Sittler (LR), René-Paul Savary (LR), Jean-Pierre Vogel (LR), Louis-Jean de Nicolaÿ (LR), René Danesi (LR), Gilles Boucher (LR), Sébastien Meurant (LR), Catherine Troendlé (LR), Jacky Deromedi (LR), Françoise Ramond (LR), Brigitte Micouleau (LR), Jean-Pierre Corbisez​ (RDSE).

Environnement – « Réduire la vitesse des navires marchands »: le gadget de Macron

Environnement – « Réduire la vitesse des navires marchands »: le gadget de Macron

 

Encore une parole forte mais creuse de Macron concernant l’environnement quand il affirme qu’il faut réduire la vitesse des navires de fret : « De manière très solennelle, pour la première fois, nous allons nous engager avec les transporteurs maritimes pour réduire la vitesse [des navires de fret]« , a déclaré Emmanuel Macron, avant l’ouverture du sommet du G7, à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), samedi 24 août. Selon le chef de l’Etat, « c’est un des moyens les plus efficaces » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial et cette mesure constituerait « un vrai changement ». Il s’agit évidemment d’un gadget car la vraie question n’est pas vraiment la vitesse des navires mais le volume des transports. La réalité c’est que le commerce encourage  le développement inconsidéré des flux de marchandises. Par  ’exemple un transport de container de Hong Kong à Rotterdam coûtera autour de 1000 $, à peu près le même prix que le transport du même container de Paris à Marseille. Pour des marchandises d’un peu de valeur ajoutée le prix du transport ne représente à peu près rien. Ce qu’il faut réduire ce n’est pas la vitesse des navires mais le nombre de dessertes qui découlent de l’encouragement du commerce international nuisible à l’environnement et à la santé. Avec le même raisonnement pourrait aussi réduire la vitesse des avions. Il est vrai qu’on a bien réduit la vitesse des automobiles avec quelques résultats sur les rémissions polluantes mais on ne peut pas dire qu’on ait  agi de manière significative sur le volume des flux qui constitue le principal ennemi de l’environnement. Pour cela il conviendrait de remettre en cause les conditions du commerce international notamment d’arrêter ces accords commerciaux qui vont créer encore un peu plus d’anarchie en matière d’échange. Par exemple le CETA,  à accord commercial avec le Canada qui va favoriser la venue de produits agricoles en provenance bien sûr du Canada mais aussi le Mercosur (accord commercial avec le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay) sera en application. C’est tout le paradoxe de la relation de Macron à l’environnement qui consiste à donner des petits coups de peinture verte ici ou là mais qui refuse de s’attaquer aux facteurs explicatifs fondamentaux.

Ce n’est pas la première fois que l’idée est évoquée. La France l’a déjà proposée à l’Organisation maritime internationale (OMI) en avril 2019. Après la déclaration d’Emmanuel Macron, l’ancien ministre de l’Ecologie François de Rugy s’est d’ailleurs réjoui, sur Twitter, de cet engagement. « Heureux d’y avoir travaillé avec les acteurs du transport maritime français », a-t-il commenté.

 

Les cargos et les porte-conteneurs utilisent l’un des carburants les plus sales au monde, comme l’expliquait le journal suisse Le Temps en 2016. Un fioul épais, visqueux, difficile à brûler, plein de résidus de métal, de cendre et surtout de soufre. On l’appelle aussi « pétrole bunker ». Dans certaines zones du globe (dans le nord de l’Europe et sur les côtes nord-américaines), les navires ont l’obligation de consommer un carburant à la teneur en soufre abaissée à 0,1%. Ailleurs, cette teneur peut dépasser les 3%, explique Le Monde.

Toujours selon le quotidien, « les émissions de CO2 de l’industrie maritime représentent environ un milliard de tonnes par an, soit environ 3% de l’ensemble des émissions mondiales », tout en déplaçant beaucoup plus de marchandises que les transports routiers et aériens, « à pollution égale ».

Profits, environnement un changement chez les patrons américains ?

Profits, environnement un changement chez les patrons américains ?

 

 Julie Battilana, Professeure titulaire de chaires de gestion et d’innovation sociale à  Harvard se félicite de « changement de discours » de patrons américains après la tribune publiée le 19 août dans le « New York Times » annonçant l’abandon de la priorité donnée aux actionnaires et la prise en compte de l’environnement. Reste que comme l’indique l’intéressé encore faudrait-il que cela se traduise par des actes. (Extrait de la tribune dans le monde)

« Il aura donc fallu attendre plus de dix ans après la crise financière de 2007 pour que les chefs d’entreprises américains remettent en cause le principe de la poursuite de la maximisation de la valeur pour les seuls actionnaires, et prennent position en faveur d’un changement de paradigme.

Les dirigeants et dirigeantes membres de la puissante Business Roundtable, qui regroupe 193 des plus grandes entreprises américaines, employant à elles seules plus de 15 millions de personnes, ont cosigné un nouveau texte sur le rôle et la mission des entreprises, publié dans le New York Times du 19 août, affirmant que ces dernières doivent servir non seulement les intérêts de leurs actionnaires sur le long terme, mais aussi ceux de leurs employés, de leurs fournisseurs, et plus globalement de la société (« Statement on the Purpose of a Corporation », voir lien PDF). Les 181 PDG signataires déclarent partager un « engagement fort auprès de toutes les parties prenantes de leurs entreprises », assumant ainsi la rupture par rapport au système jusqu’ici dominant.

 

Voilà en effet maintenant près d’un demi-siècle que le monde des affaires américain est organisé autour du principe de maximisation de la valeur pour les actionnaires. L’un des nombreux porte-drapeaux de cette approche, l’économiste Milton Friedman [1912-2006], avait contribué à justifier l’inéluctabilité de cette logique en clamant que la responsabilité sociale des entreprises était de maximiser leurs profits. Mais les économistes adeptes de Friedman sont loin d’être les seuls à avoir favorisé l’avènement de ce principe : les membres de la Business Roundtable ont eux aussi par le passé joué un rôle important dans son maintien.L’annonce a eu l’effet d’un coup de tonnerre et suscité deux types de réactions très opposées.

Les uns célèbrent déjà l’avènement d’un nouveau système économique plus juste, humain, et respectueux de l’environnement, tandis que d’autres fustigent une nouvelle tentative d’amélioration de l’image des grandes entreprises, qui prétendent vouloir changer leur approche, mais continuent de poursuivre au quotidien leur quête effrénée du profit.

Un tel manichéisme est stérile au moment où se joue l’avenir de notre système économique et social. S’il faut se réjouir de ce changement de discours, qui ouvre la porte à une possible refonte du modèle capitaliste et du rôle des entreprises dans la société, deux questions doivent néanmoins être posées : pourquoi un tel changement maintenant ? Et sera-t-il suivi d’actions ?….. »

Protéger la santé et l’environnement : Manger moins de viande et produire autrement

Protéger la santé et l’environnement : Manger moins de viande et produire autrement

 

 

 

C’est pour des motifs environnementaux mais aussi sanitaires que les experts dont ceux du GIEC recommandent une diminution de la consommation de viande. Une consommation de viande qui mobilise d’immenses surfaces agricoles et contribue aux dérèglements climatiques et plus généralement écologiques. Cette consommation de viande est par ailleurs en général très excessive dans les pays développés d’un point de vue sanitaire. C’est la recommandation du groupe international GIEC  sur le climat. Pour des raisons environnementales, le GIEC  recommande de consommer beaucoup moins de viande. Un conseil qui rejoint l’avis des experts sanitaires. Par ailleurs,  un mode de production agricole différent plus respectueux des équilibres de la bio diversité, moins d’utilisateur d’espace et de produits chimiques. A défaut, la sécurité alimentaire, la santé et la biodiversité seront menacés.

Ce rapport spécial porte sur les liens entre les dérèglements climatiques, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des terres et la sécurité alimentaire.

Le document d’une soixantaine de pages observe que la croissance démographique mondiale couplée à des mutations des habitudes alimentaires font peser une pression inédite sur les terres arables et les réserves d’eau.

Le rapport note aussi qu’un quart des terres émergées, libres de glace, sont dégradées du fait de l’activité humaine. “Le changement climatique exacerbe la dégradation des terres, notamment dans les zones côtières de faible altitude, les deltas fluviaux, les zones désertiques et les zones de permafrost”, peut-on lire.

Les experts du GIEC ne préconisent pas l’arrêt, mais une réduction de la consommation de viande et une modification des régimes alimentaires.

“Retarder le passage à l’action pourrait avoir pour conséquence des effets irréversibles sur certains écosystèmes, avec à long terme le risque de conduire à une augmentation considérable des émissions (de gaz à effet de serre) qui accélérerait le réchauffement climatique”, écrivent-ils.

L’agriculture, l’exploitation forestière et d’autres activités liées à l’utilisation de la terre représentent, sur la période 2007-2016, quelque 23% des émissions nets de gaz à effet de serre liées à l’activité humaine.

En y ajoutant les industries de transformation des aliments, cette part monte à 37%.

“C’est un enchaînement désastreux: des terres limitées, une population humaine en expansion, le tout enveloppé dans la couverture suffocante de l’urgence climatique”, commente Dave Reay, professeur spécialisé dans les techniques de gestion du carbone à l’université d’Edimbourg.

Le rapport du GIEC publié jeudi s’inscrit dans la préparation de la prochaine conférence sur le changement climatique qui se tiendra en décembre au Chili. La COP-25 est censée aboutir sur des moyens d’appliquer l’accord de Paris sur le climat de décembre 2015.

Il souligne que le réchauffement de la température de surface est deux fois plus rapide au-dessus des terres émergées que pour le globe dans sa totalité (+1,53°C par rapport à la période préindustrielle contre +0,87°C pour la température moyenne de la planète).

Canicules, sécheresses ou précipitations intenses, dégradation et désertification: ce réchauffement risque de perturber la production agricole, de réduire les rendements et d’augmenter les cours. D’ici 2050, le prix des céréales devrait connaître une augmentation médiane de 7,6%, avec des conséquences immédiates sur la sécurité alimentaire des populations les plus pauvres.

A l’échelle de la planète, la production d’huiles végétales et de viande per capita a plus que doublé depuis 1961. Avec des écarts d’alimentation considérables selon les pays et des effets variables sur les populations: la planète compte 2 milliards de personnes en surpoids ou obèses mais aussi 821 millions de personnes victimes de sous-nutrition.

Par ailleurs, 25 à 30% de la production agricole est perdue ou gâchée.

“C’est une crise dont nous sommes responsables mais c’est aussi une crise que nous pouvons résoudre si nous agissons maintenant”, a déclaré Reyes Tirado, scientifique rattaché au laboratoire de recherche de l’ONG Greenpeace à l’université d’Exeter.

“Notre impact sans précédent sur les terres agricoles est dû en grande partie à l’expansion de l’agriculture industrielle et de la production de viande”, poursuit-il. Pour sortir de cette “surconsommation”, il appelle à réduire de 50% la consommation de viande dans nos alimentations “avec des baisses encore plus drastiques de l’ordre de 70 à 90% dans certains pays d’Europe de l’Ouest ou d’Amérique du Nord”.

Cette transformation des productions agricoles permettrait également d’accroître la superficie des forêts, qui sont autant de “pièges” à carbone.

1234



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol