Archive pour le Tag 'menacée'

Croissance allemande : menacée par la deuxième vague sanitaire

Croissance allemande : menacée par la deuxième vague sanitaire

Jusque-là on se félicitait en Allemagne du moindre impact de la crise sanitaire sur l’économie en particulier de la forte résistance des exportations. Il est clair cependant que les destinataires de ces exportations sont touchés par les effets du virus et ont donc tendance à réduire les commandes. Ce que constate la Bundesbank qui prévoit même que la croissance pourrait tomber dans le rouge au dernier trimestre. Il est fort probable que dans les jours à venir les institutions vont être conduites à nouveau a réviser  à la baisse les perspectives économiques de l’Allemagne mais aussi de l’ensemble de l’union économique.

“La performance économique globale pourrait stagner, voire décliner, après une croissance très vigoureuse cet été”, a déclaré la Buba dans son rapport mensuel.

La banque centrale allemande y souligne néanmoins qu’un ralentissement économique d’une ampleur similaire à celui du printemps était peu probable. Selon elle, les progrès réalisés dans le développement d’un vaccin contre le COVID-19 ont également renforcé les espoirs de trouver “bientôt” un équilibre entre le contrôle du virus et le maintien d’une activité économique.

La chancelière Angela Merkel et les dirigeants des Länder, censés se réunir dans la journée, envisagent un renforcement des mesures sanitaires afin de stopper la hausse des nouvelles infections au coronavirus, d’après un projet de document que Reuters a pu consulter.

Covid-19: l’Europe menacée par une nouvelle vague ?

Covid-19: l’Europe menacée par une nouvelle vague ?

 

«Le nombre de cas a augmenté en Europe la semaine dernière pour la première fois depuis des mois», a déclaré le Dr Hans Kluge, directeur de la branche européenne de l’OMS lors d’une conférence de presse, et «l’accélération est très significative dans certains pays». La région (qui pour l’organisation internationale regroupe 54 États, dont la Russie et Israël) déclare environ 20.000 nouveaux cas et 700 décès par jour.

L’alerte peut sembler paradoxale au moment où le continent profite d’une situation épidémique très favorable. Elle est ainsi, avec l’Australie, l’une des rares régions en vert sur la carte des prévisions de cas de Covid-19 développée par l’université de Genève. Aucun pays n’y connaît une croissance exponentielle des cas. «Après une très forte décrue liée aux mesures de confinement, l’épidémie a atteint ses sommets).

Municipales Lille : Aubry menacée ? ( sondage)

Municipales Lille : Aubry menacée ? ( sondage)

Un sondage Ifop pour le quotidien régional La Voix du Nord donne la maire sortante (PS) au coude à coude avec son concurrent écologiste, Stéphane Baly. Les deux candidats sont donnés respectivement à 39 et 37% des intentions de vote.

Martine Aubry avait déjà surpris fin mai en annonçant qu’il y aurait bien une triangulaire pour le second tour, prévu le 28 juin. Pour la première fois depuis 2001, les listes PS et EELV n’ont pas fusionné en vue du second tour brisant ainsi une alliance historique entre les socialistes et les Verts, remontant à 1977. En plus de la candidate LREM Violette Spillebout, Martine Aubry se retrouve donc face à Stéphane Baly. La candidate LREM est, elle, créditée de 24% des intentions de vote. Il s’agit d’«une incertitude jamais vue à Lille», a analysé Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop, pour La Voix du Nord.

L’Ifop a également interrogé les Lillois sur leur perception de la gestion de la crise sanitaire par Martine Aubry. 75 % estiment que la maire de Lille a «bien géré» cette période. «Le meilleur score de toutes les grandes villes de France que nous avons testées», a précisé Frédéric Dabi, interrogé par le quotidien régional. Une autre inconnue demeure: celle de la participation. Elle était particulièrement faible lors du premier tour le 15 mars, à 32,6% seulement.

L’enquête de l’Ifop a été menée au téléphone du 11 au 13 juin 2020. Un échantillon représentatif de 609 personnes âgées de 18 ans et plus et inscrites sur les listes électorales, a été consulté. Les enquêteurs ont utilisé la méthode des quotas.

La France aussi menacée par les catastrophes climatiques

 

jamais sans doute on a connu autant de périodes de sécheresse, de températures élevées , de tempêtes, de pluie  et de vent dune telle  ampleur. Encore ce jeudi après-midi avec des rafales atteignant parfois les 120-130 km/h sur le littoral, et s’est ensuite dirigée vers l’est de la France. Le temps ce jeudi était marqué par des pluies régulières et soutenues sur une grande partie du pays. Certains pensaient  peut-être que les catastrophes climatiques étaient  surtout réservées aux pays exotiques notamment au pays pauvres. Force est de constater que la France est aussi de plus en plus concernés par des phénomènes assez exceptionnels. La France est même classée parmi les pays à plus fort risque . D’après une étude menée par l’association German Watch et publiée pendant la COP 25, la France est l’un des pays les plus exposés au monde aux phénomènes climatiques extrêmes. L’Hexagone se place au 15ème rang de ce classement, en zone rouge. 

 

Cette mauvaise place de la France trouve ses racines dans plusieurs épisodes climatiques plus ou moins récents : les canicules de 2003, 2008 et 2018 qui ont fait à elles seules plus de 18.000 morts, mais aussi les grosses tempêtes, comme celle de 1999 qui avait fait 35 morts, ou encore Xynthia, responsable en 2010 de 53 décès, 500.000 sinistrés, et des dégâts considérables.

Sans oublier les récentes intempéries dans le Sud de la France qui ont inondé coup sur coup une partie du territoire. Et cela n’est pas prêt de s’arrêter, puisque selon les scientifiques il y aura 20% d’épisodes de pluies diluviennes en plus d’ici la fin du siècle.

Mais ce rapport montre aussi que, riche ou pauvre, aucun pays n’est épargné : le Japon, les Philippines ou l’Allemagne arrivent en tête des pays les plus touchés par ces catastrophes naturelles. L’organisation météorologique mondiale l’a encore rappelé lors de la COP25 à Madrid, 2019 devrait se placer au deuxième ou troisième rang des années les plus chaudes jamais enregistrées.

 

Coronavirus: reprise économique menacée (FMI)

Coronavirus: reprise économique menacée (FMI)

Comme toutes les autres autorités économiques et financières, le FMI est partagé entre la nécessité de rassurer les acteurs économiques et l’autre nécessité de prendre la mesure des conséquences graves du virus chinois pour relancer l’économie. D’où cette valse hésitation entre des propos rassurants et d’autres qui visent à se réveiller vis à vis  conséquences économiques du virus chinois. Le propos se veut désormais beaucoup plus grave même si la quantification des conséquences demeure très modeste voir assez fantaisiste. De toute manière, l’évaluation des perturbations économiques et financières est pratiquement impossible tant qu’on ne connaîtra pas exactement la gravité du virus, son mode de propagation et sa durée.

 

Il est clair que les conséquences seront différents selon qu’il sera mis un terme à cet ennemi pis démis en avril en juillet août fin 2020. Les conséquences pourraient être limitées comme l’indique la responsable du FMI si la situation sanitaire est maîtrisée d’ ici avril. Par contre si cela devait se prolonger, la Chine pourrait tomber à 5 % de croissance au lieu des 6% initialement prévus. La croissance internationale elle perdant aussi un point.

La directrice du Fonds monétaire international (FMI) a en tout cas affirmé dimanche que le coronavirus mettait « en péril » la reprise de l’économie mondiale lors d’une réunion du G20 à Ryad, qui s’est dit prêt à agir pour limiter les « risques » sur la croissance.

« Le virus Covid-19, une urgence sanitaire mondiale, a perturbé l’activité économique en Chine et pourrait mettre en péril la reprise », a déclaré Kristalina Georgieva devant les ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales des vingt premières économies dans la capitale saoudienne.

En janvier le FMI avait prédit une croissance globale de 3,3 % pour 2020, contre 2,9% en 2019. Lors du sommet à Ryad, Mme Georgieva a affirmé que l’impact du nouveau coronavirus sur la croissance serait d’environ 0,1 point.

« La reprise de l’économie prévue (…) est fragile », a ajouté la cheffe du FMI, citée dans un communiqué.

La croissance chinoise s’établirait à 5,6% en baisse de 0,4 point comparé aux estimations de janvier.

Le virus a fait 2.345 victimes en Chine, coupant les transports, perturbant les échanges commerciaux et attisant l’inquiétude des investisseurs, les entreprises étant obligées de suspendre leur activité. « J’ai informé le G20 que, même en cas d’endiguement rapide du virus, la croissance en Chine et dans le reste du monde serait touchée », a déclaré Mme Georgieva. « Le G20 est un forum important pour aider à mettre l’économie mondiale sur une base plus solide », a insisté la cheffe du FMI, exhortant les pays membres à coopérer pour contenir la propagation du virus.

Coronavirus : croissance mondiale menacée( FMI )

Coronavirus : croissance mondiale menacée ( FMI )

 

 Le Fonds monétaire international fait  moins dans la dentelle que l’organisation mondiale de la santé. L’OMS en effet ne cesse de reprendre à son compte des informations très douteuses relatives au virus chinois alors que vraisemblablement le nombre d’infectés et de décès est peut-être 10 fois supérieures au chiffre officiel annoncé par les chinois . Le pire , c’est que des interrogations subsistent quant à la nature même de ce virus et à son mode de propagation, donc au risques globaux de pandémie mondiale. Ce que dit clairement le fonds monétaire international : « Nous ne connaissons pas la nature exacte de ce virus, nous ne savons pas à quelle vitesse la Chine sera capable de le contenir et s’il va se répandre (davantage) dans le monde, ce que nous savons c’est que cela affectera les chaînes de valeurs à échelle mondiale » .

Alors que les évaluations sont particulièrement difficiles, certains projettent déjà que la Chine pourrait abandonner plus d’un point de croissance en 2020 passants ainsi de 6,1 à 5 %. Pour l’ensemble de l’économie mondiale, certains prévoient une baisse de 1 % sur les prévisions alors  que ces dernières prévisions du FMI avant le virus envisageaient une progression de 3,3 %. Il est clair que les  tentatives d’évaluation sont particulièrement sujettes à caution tant qu’ on ne sera pas en capacité de mesurer d’une part la durée de la pandémie d’autre part son extension géographique. Ce qui est d’ores et déjà certain, c’est que la quasi paralysie de nombre de secteurs en Chine va perturber fortement les chaînes d’approvisionnement et de distribution étrangères notamment américaines

Mercredi, Mme Georgieva  du FMI avait indiqué sur la chaîne de télévision américaine CNBC que le scénario le plus probable était une forte baisse des activités en Chine suivie d’une reprise rapide et d’un impact mondial in fine relativement limité, soulignant que cela avait le cas durant l’épidémie de Syndrome respiratoire aigu sévère (Sras), qui avait fait 299 morts en 2002-2003.

Si la Chine réussit à contenir l’épidémie,  »il pourrait y avoir une petite baisse et un rebond très rapide », a-t-elle réitéré dimanche, précisant cependant que le poids de la Chine dans l’économie mondiale était passé « de 8% lors du Sras à 19% aujourd’hui ».

Quant à la croissance de la Chine, elle ralentissait déjà naturellement, a déclaré Mme Georgieva, soulignant toutefois que  »la baisse des tensions commerciales » entre Washington et Pékin avec la signature en janvier d’un accord commercial préliminaire avait permis aux FMI de prévoir une amélioration de sa projection pour 2020.

Le FMI avait dévoilé le 20 janvier ses dernières prévisions pour l’économie mondiale, tablant alors sur une reprise (+3,3%, contre +2,9% en 2019) grâce à notamment une pause observée dans la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine.

Mais il avait alors prévenu que cette reprise était fragile et qu’un regain d’incertitude pourrait contrarier le rebond.

Epidémie Coronavirus: croissance mondiale menacée

Epidémie Coronavirus: croissance mondiale menacée

 

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Le 20 janvier, le FMI avait déjà revu en baisse les perspectives déjà faiblardes de l’économie mondiale. Des perspectives qui devront sans doute être revues encore en diminution du fait des conséquences du virus chinois. La croissance ne serait plus que de 3 % au lieu des 3,3 % pronostiqués par le fonds monétaire international. Mais un nouvelle révision pourrait bien intervenir car le virus chinois ne sera pas contenu avant des semaines, voire des mois. La croissance mondiale pourrait bien perdre jusqu’à 1 % avec évidemment des conséquences négatives sur les croissances internes de chaque pays.

Le FMI tablait  sur un rebond moins fort que prévu de la croissance mondiale en 2020 et 2021 en raison des « mauvaises surprises » dans les économies émergentes, à commencer par l’Inde, et de la persistance de risques notamment géopolitiques.  En dépit de l’accord entre la Chine et les États-Unis l’expansion s’essouffle. La croissance du PIB américain devait  ralentir à 2% (-0,1 point) après 2,3% l’an passé, les effets de la réforme fiscale s’estompant.

Pour autant, la première puissance au monde va continuer de faire la course en tête des pays avancés, bien loin des pays de la zone euro (+1,3%) et du Japon (+0,7%). Les pays émergents et en développement vont s’accroître, eux, de 4,4% après 3,7% en 2019. Le volume du commerce international, qui a porté la reprise après la récession mondiale, va se reprendre cette année (+2,9% contre 1% l’an passé). Mais l’augmentation sera inférieure à celle estimée en octobre et loin des 3,7% enregistrés en 2018.

Mais ces prévisions pourraient être bousculées par les conséquences du virus chinois. Avec la multiplication des mesures visant à endiguer la propagation du “coronavirus du Wuhan” – confinement de plusieurs grandes villes chinoises, restrictions sur les voyages et le commerce, isolement croissant de la Chine à l’international – les perturbations économiques pourraient prendre de l’ampleur en Chine et par conséquent affecter la croissance économique mondiale

.Même s’il est encore difficile d’anticiper le moment du pic épidémique et l’étendue maximale qu’atteindra la propagation du virus, les économistes de Barclays, JPMorgan et Morgan Stanley estiment que cette crise sanitaire pourrait amputer la croissance économique mondiale de jusqu’à 0,3 point en 2020.La banque Goldman Sachs table quant à elle sur un impact plus limité, entre -0,1 et -0,2 point, sous réserve que la Chine, ainsi que les autres pays, prennent des mesures suffisamment énergiques pour réduire drastiquement le taux de nouvelles infections d’ici fin mars.

Coronavirus: croissance mondiale menacée

Coronavirus: croissance mondiale menacée

 

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Le 20 janvier le FMI avait déjà revu en baisse les perspectives déjà faiblardes de l’économie mondiale. Des perspectives qui devront sans doute être revues encore en diminution du fait des conséquences du virus chinois. La croissance ne serait plus que de 3 % au lieu des 3,3 % pronostiqués par le fonds monétaire international

Le FMI tablait  sur un rebond moins fort que prévu de la croissance mondiale en 2020 et 2021 en raison des « mauvaises surprises » dans les économies émergentes, à commencer par l’Inde, et de la persistance de risques notamment géopolitiques.  En dépit de l’accord entre la Chine et les États-Unis l’expansion s’essouffle. La croissance du PIB américain devait  ralentir à 2% (-0,1 point) après 2,3% l’an passé, les effets de la réforme fiscale s’estompant.

Pour autant, la première puissance au monde va continuer de faire la course en tête des pays avancés, bien loin des pays de la zone euro (+1,3%) et du Japon (+0,7%). Les pays émergents et en développement vont s’accroître, eux, de 4,4% après 3,7% en 2019. Le volume du commerce international, qui a porté la reprise après la récession mondiale, va se reprendre cette année (+2,9% contre 1% l’an passé). Mais l’augmentation sera inférieure à celle estimée en octobre et loin des 3,7% enregistrés en 2018.

Mais ces prévisions pourraient être bousculées par les conséquences du virus chinois. Avec la multiplication des mesures visant à endiguer la propagation du “coronavirus du Wuhan” – confinement de plusieurs grandes villes chinoises, restrictions sur les voyages et le commerce, isolement croissant de la Chine à l’international – les perturbations économiques pourraient prendre de l’ampleur en Chine et par conséquent affecter la croissance économique mondiale

.Même s’il est encore difficile d’anticiper le moment du pic épidémique et l’étendue maximale qu’atteindra la propagation du virus, les économistes de Barclays, JPMorgan et Morgan Stanley estiment que cette crise sanitaire pourrait amputer la croissance économique mondiale de jusqu’à 0,3 point en 2020.La banque Goldman Sachs table quant à elle sur un impact plus limité, entre -0,1 et -0,2 point, sous réserve que la Chine, ainsi que les autres pays, prennent des mesures suffisamment énergiques pour réduire drastiquement le taux de nouvelles infections d’ici fin mars.

 

 

 

 

Intellectuels en France: espèce menacée ?

Intellectuels  en France: espèce menacée ?    

 

L’espèce des intellectuels est-elle menacée en France ? on peut légitimement se poser la question quand le haut du pavé est occupé par les technocrates, les marchands illusion, les sophistes et les nostalgiques révolutionnaires comme  réactionnaires.  En un demi-siècle, nous sommes passés de la quête des fins dernières et des philosophies de l’histoire, religieuses ou politiques, bref, d’une réflexion sur le sens de notre brève existence terrestre, à des préoccupations à court rayon d’action, le corps et ses humeurs. déplore le Pierre Vermeren, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris- I Panthéon-Sorbonne qui dans une tribune au Monde constate  l’affaiblissement intellectuel en France depuis au moins une trentaine d’années?

« Parmi les sujets de prédilection qui nourrissent nos échanges publics et privés, on relèvera «le charme discret de l’intestin», «les personnalités toxiques», la sexualité ou les origines ethniques de tout un chacun, mâtinés de considérations psychologiques. Émissions de radio et polémiques médiatiques, livres à succès, réseaux sociaux, articles des magazines et experts autoproclamés en témoignent, les préoccupations de nos contemporains sont descendues de quelques étages. »

En ces temps de troubles économiques, sociaux, politiques, les intellectuels font preuve d’une grande discrétion. Où sont aujourd’hui Bourdieu, Claude Levi Strauss, Sartre, Aron, Barthe, Michel Foucault  s’interrogent certains. Justement Michel Foucault avait pressenti le changement de statut de l’intellectuel en constatant la fin de l’intellectuel universel par l’intellectuel spécifique. Du fait de l’évolution de la démocratie et des techniques, le monde a connu sans doute en quelques dizaines d’années davantage de changements que pendant des siècles et des millénaires dans les domaines économiques, sociaux, politiques, environnementaux et culturels. Un seul exemple un salarié consacrait 70 % de son temps sous Napoléon Ier, aujourd’hui il n’en consacre que 10 %. En outre,  le processus d’évolution s’est encore accéléré au cours des 10 à 20 dernières années. Sur le plan économique,  les changements affectent à la fois la nature des biens mais aussi leur mode de production et de distribution. Témoin, l’évolution des populations actives. En 1800 l’agriculture occupait 75 % des Français, en 1900 autour de 40 %, en 1970, 10 %, aujourd’hui moins de 4 %. Pour l’industrie dans les années 50, le secteur occupait  environ 40 % de la population, aujourd’hui en France, c’est environ 10 %. Par contre,  les services se sont considérablement développés pour représenter à peu près 80 % des emplois aujourd’hui. Des mutations qui bouleversent évidemment les activités, les qualifications les emplois, aussi leur localisation. D’une certaine façon, l’économie s’est à la fois dématérialisée et internationalisée avec des processus de production et de distribution de plus en plus complexes ;  à telle enseigne qu’il est bien difficile de savoir quelles sont les produits réellement français tellement sont imbriqués les éléments des modes de production. L’autre facteur explicatif marquant, lié aux autres, est l’émergence des pays en développement dont beaucoup étaient condamnés à la quasi famine il y a une cinquantaine d’années et qui commencent à accéder à des niveaux de vie plus décents. Des pays qui deviennent parfois concurrents et qui contraignent les anciens pays occidentaux à se  spécialiser  sur des productions à plus forte valeur ajoutée. Des pays concurrents mais aussi clients qui achètent les biens de l’industrie aéronautique, spatiale, navale, automobile, ferroviaire, nucléaire ou encore du BTP et de l’armement. Progressivement , ces pays s’approprient aussi certaines techniques, ce qui contraint les pays occidentaux à de nouveaux progrès technologiques. Finalement ces échanges internationaux participent du progrès économique et social global sous réserve toutefois que les balances commerciales soient équilibrées, ce qui est loin d’être le cas pour la France dont la balance des échanges de biens est dramatiquement dans le rouge. Cela en raison des rigidités structurelles propres au pays. Notons aussi que la financiarisation des économies a largement déplacé les centres de décision et de répartition des richesses. Des mutations qui ont cependant permis un accès beaucoup plus large à des produits et services qui satisfont de nouveaux besoins (aussi un accès plus large à  l’information et à l’éducation).  Même si on peut –et-on doit- contester l’utilité de certaines productions ou leurs conditions de production et d’utilisation qui portent atteinte à la santé et à l’environnement.  Pour l’avenir 50 % des  emplois pourraient être supprimés ou transformés dans les 30 ans mais en même temps à peu près la moitié des nouveaux produits et services sont aujourd’hui inconnus. Face à toutes ces mutations, trois  grandes perspectives politiques émergent, soit le laisser aller qui laisse au seul marché le soin de réguler, soit le repli sur les frontières intérieures, soit une régulation qui prenne en compte la dynamique des marchés en même temps que l’intérêt général. Un dernier équilibre particulièrement difficile à trouver qui exige une grande compétence socio-économique, aussi du courage. Il faudrait évidemment développer de manière autrement plus complète les phénomènes décrits précédemment (comme l’accroissement des inégalités de concurrence et de revenus).  Des mutations qui affectent le champ économique, social, technologique environnemental et politique où les connaissances spécifiques se sont développées mais de manière le plus souvent éclatée de sorte qu’on a perdu la cohérence entre ces différentes dimensions. Il n’existe plus d’intellectuels susceptibles d’embrasser la totalité de ces connaissances pour les resituer avec pertinence dans une vision globale. Du coup faute de compréhension, les populations fragilisées se réfugient  dans les discours démagogiques, simplistes, nationalistes voire xénophobes ; Et les intellectuels dans leurs champs restreints en approfondissant considérablement leurs connaissances mais en les isolant de plus en plus des autres champs de recherche.

Intellectuels en France: une espèce menacée ?

Intellectuels   en France: une espèce menacée ?    

 

L’espèce des intellectuels est-elle menacée en France ? on peut légitimemenet se poser la question quand le haut du pavé est occupé par les théocrates, les marchands illusion, les sophistes et les nostalgiques révolutionnaires autant que réactionnaires.  En un demi-siècle, nous sommes passés de la quête des fins dernières et des philosophies de l’histoire, religieuses ou politiques, bref, d’une réflexion sur le sens de notre brève existence terrestre, à des préoccupations à court rayon d’action, le corps et ses humeurs. déplore le Pierre Vermeren, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris- I Panthéon-Sorbonne qui dans une tribune au Monde constate  l’affaiblissement intellectuel en France depuis au moins une trentaine d’années?

« Parmi les sujets de prédilection qui nourrissent nos échanges publics et privés, on relèvera «le charme discret de l’intestin», «les personnalités toxiques», la sexualité ou les origines ethniques de tout un chacun, mâtinés de considérations psychologiques. Émissions de radio et polémiques médiatiques, livres à succès, réseaux sociaux, articles des magazines et experts autoproclamés en témoignent, les préoccupations de nos contemporains sont descendues de quelques étages. »

En ces temps de troubles économiques, sociaux, politiques, les intellectuels font preuve d’une grande discrétion. Où sont aujourd’hui Bourdieu, Claude Levi Strauss, Sartre, Aron, Barthe, Michel Foucault  s’interrogent certains. Justement Michel Foucault avait pressenti le changement de statut de l’intellectuel en constatant la fin de l’intellectuel universel par l’intellectuel spécifique. Du fait de l’évolution de la démocratie et des techniques, le monde a connu sans doute en quelques dizaines d’années davantage de changements que pendant des siècles et des millénaires dans les domaines économiques, sociaux, politiques, environnementaux et culturels. Un seul exemple un salarié consacrait 70 % de son temps sous Napoléon Ier, aujourd’hui il n’en consacre que 10 %. En outre,  le processus d’évolution s’est encore accéléré au cours des 10 à 20 dernières années. Sur le plan économique,  les changements affectent à la fois la nature des biens mais aussi leur mode de production et de distribution. Témoin, l’évolution des populations actives. En 1800 l’agriculture occupait 75 % des Français, en 1900 autour de 40 %, en 1970, 10 %, aujourd’hui moins de 4 %. Pour l’industrie dans les années 50, le secteur occupait  environ 40 % de la population, aujourd’hui en France, c’est environ 10 %. Par contre,  les services se sont considérablement développés pour représenter à peu près 80 % des emplois aujourd’hui. Des mutations qui bouleversent évidemment les activités, les qualifications les emplois, aussi leur localisation. D’une certaine façon, l’économie s’est à la fois dématérialisée et internationalisée avec des processus de production et de distribution de plus en plus complexes ;  à telle enseigne qu’il est bien difficile de savoir quelles sont les produits réellement français tellement sont imbriqués les éléments des modes de production. L’autre facteur explicatif marquant, lié aux autres, est l’émergence des pays en développement dont beaucoup étaient condamnés à la quasi famine il y a une cinquantaine d’années et qui commencent à accéder à des niveaux de vie plus décents. Des pays qui deviennent parfois concurrents et qui contraignent les anciens pays occidentaux à se  spécialiser  sur des productions à plus forte valeur ajoutée. Des pays concurrents mais aussi clients qui achètent les biens de l’industrie aéronautique, spatiale, navale, automobile, ferroviaire, nucléaire ou encore du BTP et de l’armement. Progressivement , ces pays s’approprient aussi certaines techniques, ce qui contraint les pays occidentaux à de nouveaux progrès technologiques. Finalement ces échanges internationaux participent du progrès économique et social global sous réserve toutefois que les balances commerciales soient équilibrées, ce qui est loin d’être le cas pour la France dont la balance des échanges de biens est dramatiquement dans le rouge. Cela en raison des rigidités structurelles propres au pays. Notons aussi que la financiarisation des économies a largement déplacé les centres de décision et de répartition des richesses. Des mutations qui ont cependant permis un accès beaucoup plus large à des produits et services qui satisfont de nouveaux besoins. Même si on peut –et-on doit- contester l’utilité de certaines productions ou leurs conditions de production et d’utilisation qui portent atteinte à la santé et à l’environnement.  Pour l’avenir 50 % des  emplois pourraient être supprimés ou transformés dans les 30 ans mais en même temps à peu près la moitié des nouveaux produits et services sont aujourd’hui inconnus. Face à toutes ces mutations, trois  grandes perspectives politiques émergent, soit le laisser aller qui laisse au seul marché le soin de réguler, soit le repli sur les frontières intérieures, soit une régulation qui prenne en compte la dynamique des marchés en même temps que l’intérêt général. Un dernier équilibre particulièrement difficile à trouver qui exige une grande compétence socio-économique, aussi du courage. Il faudrait évidemment développer de manière autrement plus complète les phénomènes décrits précédemment (comme l’accroissement des inégalités de concurrence et de revenus).  Des mutations qui affectent le champ économique, social, technologique environnemental et politique où les connaissances spécifiques se sont développées mais de manière le plus souvent éclatée de sorte qu’on a perdu la cohérence entre ces différentes dimensions. Il n’existe plus d’intellectuels susceptibles d’embrasser la totalité de ces connaissances pour les resituer avec pertinence dans une vision globale. Du coup faute de compréhension, les populations fragilisées se réfugient  dans les discours démagogiques, simplistes, nationalistes voire xénophobes ; Et les intellectuels dans leurs champs restreints.

Le journal Le monde : indépendance menacée

Le journal Le monde : indépendance menacée

 

 

Le journal le Monde, comme la plupart des grands médias est désormais dans les mains des financiers. La plupart du temps, il ne s’agit pas d’un investissement à vocation économique mais plutôt d’une opération visant à contrôler l’information et à manipuler l’opinion. Du fait du nouveau changement d’actionnariat, les journalistes du Monde appuyés par une pétition de très nombreuses personnalités revendiquent le maintien de l’indépendance de la ligne éditoriale. Quelque cinq cents personnalités ont signé vendredi 13 septembre une tribune en soutien aux journalistes du Mondeinquiets pour l’indépendance de leur journal. Parmi les signataires figurent notamment l’actrice Isabelle Huppert, la chanteuse Christine and The Queens, le prix Nobel de la paix Lech Walesa, le lanceur d’alerte Edward Snowden, l’ancien footballeur Lilian Thuram, l’écrivain Salman Rushdie ou le philosophe Edgar Morin.

Les journalistes du Monde avaient déjà sommé mardi leur nouvel actionnaire, l’investisseur Daniel Kretinsky, cinquième fortune tchèque, de  »garantir leur indépendance » en leur donnant un droit de regard sur les changements de contrôle capitalistique du groupe, via la signature d’un droit d’agrément. C’est  »une pièce indispensable de ce modèle : elle permettra au pôle d’indépendance du groupe Le Monde (…) de se prononcer, à l’avenir, sur l’entrée au capital de tout nouvel actionnaire majeur », soulignent les auteurs de la tribune en soutien aux journalistes.

La société des lecteurs du Monde est, elle aussi, montée au créneau pour soutenir le pôle d’indépendance, regroupant les sociétés de journalistes, personnels, fondateurs et lecteurs. Un des deux actionnaires majoritaires, Xavier Niel, a signé ce droit de regard lundi. La quasi-totalité des journalistes du Monde demande désormais à l’autre actionnaire majoritaire, Matthieu Pigasse, et à son nouvel associé, Daniel Kretinsky, de « cosigner cet accord » avant mardi.

Matthieu Pigasse a tenté de calmer le jeu face aux craintes des salariés du quotidien pour l’indépendance de leur groupe. Mais il a cependant refusé que ceux-ci fixent toutes les conditions d’une éventuelle cession. L’investisseur, qui a cédé 49% de ses parts à Daniel Kretinsky, a souligné dans une lettre au pôle d’indépendance du Monde qu’il avait toujours été favorable, sous conditions, à un  »droit d’agrément » en cas d’entrée d’un nouvel actionnaire majoritaire. Mais il a prévenu qu’il refuserait un  »droit de répudiation » qui permettrait aux salariés de le choisir directement.

 

« La démocratie menacée au Royaume-Uni »

« La démocratie menacée au Royaume-Uni  »

 

La démocratie au Royaume-Uni se trouve menacée du fait du Brexit. En effet, le pays qui a vu naître la démocratie vient d’ouvrir la porte à l’autoritarisme en portant Boris Johnson à la tête du pays. Pauline Schnapper et Emmanuelle Avril, professeures de civilisation britannique, soulignent « l’absence de garde-fous efficaces pour contrer la dérive autoritaire du premier ministre ». (Tribune du monde–extrait)

« Après une folle semaine à Londres, qui a vu Boris Johnson faire passer en force une suspension du Parlement, se faire imposer une loi exigeant une demande d’extension de trois mois avant une sortie de l’Union européenne si aucun accord n’était trouvé à Bruxelles d’ici là, vingt et un parlementaires conservateurs modérés se faire exclure du parti et des démissions spectaculaires, dont celle du propre frère du premier ministre, Jo Johnson, l’incertitude sur ce qui pourrait se passer d’ici au 31 octobre reste entière. La tentative de coup de force du nouveau premier ministre, qui annonce vouloir sortir coûte que coûte, alors que le Parlement, divisé par ailleurs sur à peu près tout, a clairement fait savoir son opposition à une sortie sans accord, s’est en tout cas retournée contre lui.


Du côté de Bruxelles, la volonté proclamée de renégocier l’accord conclu en novembre 2018 avec le gouvernement de Theresa May se heurte à la réalité répétée par les Vingt-Sept : il n’y a pas de solution alternative au « backstop », qui prévoit le maintien du Royaume-Uni dans l’union douanière, le temps qu’un accord sur la relation future avec l’Union européenne soit conclu, pour empêcher le rétablissement d’une frontière en Irlande. Il n’y a donc à peu près aucune chance de percée significative à Bruxelles d’ici au prochain conseil européen le 17 octobre.

 

Dès lors, l’étau se resserre sur Boris Johnson, qui a essuyé six défaites à la Chambre des communes et n’a pas réussi à provoquer de nouvelles élections, faute de soutien de l’opposition (puisque depuis 2011 le Parlement ne peut être dissous avant terme que par une majorité des deux tiers des parlementaires). Les partis d’opposition veulent être certains qu’une éventuelle élection, devenue inévitable, aura bien lieu après le 31 octobre, ainsi qu’une nouvelle demande de report de la sortie de l’UE. Le Parti travailliste, par ailleurs, qui ne profite guère dans les sondages de la crise actuelle, aurait sans doute intérêt à éviter une campagne électorale qui se jouerait sur la seule question du Brexit….. »

 

 

Economie allemande : menacée de récession

Economie allemande : menacée  de récession

D’après une étude de Xerfi parue dans la Tribune, l’Allemagne est menacée de récession. En cause, la structure même de la croissance allemande qui traditionnellement s’appuie sur les exportations notamment d’automobiles. Or le marché automobile mondial est en pleine crise. .  Le consultant AlixPartners estime que le secteur va souffrir du tassement des ventes non seulement en Chine mais aussi aux États-Unis et en Europe. On s’interroge aussi sur l’effet de normes de plus en plus contraignantes notamment de la part l’Europe  vis-à-vis des émissions polluantes. Les restructurations du secteur seront justifiées par les évolutions technologiques (véhiculent unitairement plus économes en carburant, véhicules hybrides et véhicules électriques notamment). En attendant, on essaye de vendre à coups de rabais les surplus de production, ce qui ne favorise pas la profitabilité de l’activité à un moment où les investissements doivent être particulièrement importants pour les raisons évoquées précédemment. En attendant, l’industrie manufacturière allemande est en recul depuis le 4e trimestre 2018 et compte tenu de l’évolution de la production manufacturière et des carnets de commandes, indicateur avancé de l’activité industrielle, nul espoir d’amélioration à court terme.

Le retournement du cycle manufacturier mondial pèse de tout son poids notamment sur la demande de biens d’équipements adressée à l’Allemagne. Il y a donc une composante cyclique dans les déboires actuels de l’industrie allemande. Mais le mal est plus profond encore, car il touche aussi l’automobile dont la descente ne semble pas transitoire. Le nombre de véhicules qui sort des chaines de production outre-Rhin est inférieur de 17% à ses derniers pics de 2016-2017. Longtemps mis en avant, l’argument des difficultés spécifique des constructeurs allemands dans la mise en œuvre de nouvelles normes réglementaires ne tient pas. S’ils avaient été confrontés à un problème particulier, alors les constructeurs allemands auraient vu, au moins temporairement, chuter leurs parts de marché.

En fait, si leur production baisse, c’est que les immatriculations mondiales ont violemment décroché, notamment dans les pays émergents : c’est le cas de la Chine mais aussi depuis peu de l’Inde. Dans ces pays, la voiture est le marqueur de l’émergence de la classe moyenne, une classe moyenne dont l’essor est aujourd’hui bien plus chaotique qu’anticipé et sur laquelle les industriels allemands comptaient pourtant bien assoir leur croissance. Mais ce n’est pas beaucoup mieux du côté des États-Unis où les ventes automobiles plafonnent et où les industriels allemands sont, en plus, dans le collimateur de l’administration Trump. Quant à l’Europe, que ce soit dans la Zone euro ou au Royaume-Uni, les immatriculations reculent depuis plusieurs mois maintenant.

Géographiquement étendue, le malaise de l’auto, qui pèse un cinquième de l’industrie allemande, parait durable et la spécialisation internationale de l’Allemagne dans les biens d’équipement et l’automobile, notamment adaptée aux pays émergents, est devenue un handicap.

C’est donc la demande domestique qui tient encore la croissance, mais c’est un fil très fragile. D’abord parce que, côté revenu, la tendance de fond reste à la modération salariale, une anomalie soulignée par Rexecode : faiblesse de la hausse du coût du travail bloquée à 1,8% l’année dernière dans l’industrie et les services ce qui est peu dans une économie proche du plein emploi avec un taux de chômage descendu en dessous de 3,5%.

Ensuite, parce qu’une part croissante du budget des ménages prend la direction du logement et alimente ce qui s’apparente de plus en plus à une bulle. Depuis 2010, les prix de l’immobilier ont flambé de 65%, ce qui correspond à une progression de 5,7% en moyenne par an, alors qu’ils n’avaient quasiment pas bougé durant les années 2000. Les loyers ne sont pas en reste, avec un doublement en 10 ans à Berlin, par exemple, avec une nette accélération en fin de période. Cela grève bien évidemment le budget des ménages et ampute leur capacité à dépenser plus. C’est la fin de la pierre angulaire de la compétitivité allemande : la sagesse de l’immobilier comme contrepartie rendant acceptable les faibles revalorisations salariales.

Dernier sujet de préoccupation, l’amoncèlement de créances douteuses des banques allemandes, signe que les excédents ont été placés parfois de façons hasardeuses et font de moins en moins office de matelas de sécurité. La Deutsche-Bank, proche de la perdition, marque l’échec de l’industrie bancaire allemande.

Bloquée à l’international, très fragile à l’intérieur, la probabilité d’une Allemagne en récession est un risque à intégrer, concrétisant ce que l’on pressentait depuis longtemps : le pire ennemi de l’Allemagne, c’est son succès, l’incapacité à se remettre en cause, lorsque le système est à son apogée, mais proche de l’épuisement.

L’Allemagne : menacée de récession

L’Allemagne : menacée  de récession

D’après une étude de Xerfi parue dans la Tribune, l’Allemagne est menacée de récession. En cause, la structure même de la croissance allemande qui traditionnellement s’appuie sur les exportations notamment d’automobiles. Or le marché automobile mondial est en pleine crise. .  Le consultant AlixPartners estime que le secteur va souffrir du tassement des ventes non seulement en Chine mais aussi aux États-Unis et en Europe. On s’interroge aussi sur l’effet de normes de plus en plus contraignantes notamment de la part l’Europe  vis-à-vis des émissions polluantes. Les restructurations du secteur seront justifiées par les évolutions technologiques (véhiculent unitairement plus économes en carburant, véhicules hybrides et véhicules électriques notamment). En attendant, on essaye de vendre à coups de rabais les surplus de production, ce qui ne favorise pas la profitabilité de l’activité à un moment où les investissements doivent être particulièrement importants pour les raisons évoquées précédemment. En attendant, l’industrie manufacturière allemande est en recul depuis le 4e trimestre 2018 et compte tenu de l’évolution de la production manufacturière et des carnets de commandes, indicateur avancé de l’activité industrielle, nul espoir d’amélioration à court terme.

Le retournement du cycle manufacturier mondial pèse de tout son poids notamment sur la demande de biens d’équipements adressée à l’Allemagne. Il y a donc une composante cyclique dans les déboires actuels de l’industrie allemande. Mais le mal est plus profond encore, car il touche aussi l’automobile dont la descente ne semble pas transitoire. Le nombre de véhicules qui sort des chaines de production outre-Rhin est inférieur de 17% à ses derniers pics de 2016-2017. Longtemps mis en avant, l’argument des difficultés spécifique des constructeurs allemands dans la mise en œuvre de nouvelles normes réglementaires ne tient pas. S’ils avaient été confrontés à un problème particulier, alors les constructeurs allemands auraient vu, au moins temporairement, chuter leurs parts de marché.

En fait, si leur production baisse, c’est que les immatriculations mondiales ont violemment décroché, notamment dans les pays émergents : c’est le cas de la Chine mais aussi depuis peu de l’Inde. Dans ces pays, la voiture est le marqueur de l’émergence de la classe moyenne, une classe moyenne dont l’essor est aujourd’hui bien plus chaotique qu’anticipé et sur laquelle les industriels allemands comptaient pourtant bien assoir leur croissance. Mais ce n’est pas beaucoup mieux du côté des États-Unis où les ventes automobiles plafonnent et où les industriels allemands sont, en plus, dans le collimateur de l’administration Trump. Quant à l’Europe, que ce soit dans la Zone euro ou au Royaume-Uni, les immatriculations reculent depuis plusieurs mois maintenant.

Géographiquement étendue, le malaise de l’auto, qui pèse un cinquième de l’industrie allemande, parait durable et la spécialisation internationale de l’Allemagne dans les biens d’équipement et l’automobile, notamment adaptée aux pays émergents, est devenue un handicap.

C’est donc la demande domestique qui tient encore la croissance, mais c’est un fil très fragile. D’abord parce que, côté revenu, la tendance de fond reste à la modération salariale, une anomalie soulignée par Rexecode : faiblesse de la hausse du coût du travail bloquée à 1,8% l’année dernière dans l’industrie et les services ce qui est peu dans une économie proche du plein emploi avec un taux de chômage descendu en dessous de 3,5%.

Ensuite, parce qu’une part croissante du budget des ménages prend la direction du logement et alimente ce qui s’apparente de plus en plus à une bulle. Depuis 2010, les prix de l’immobilier ont flambé de 65%, ce qui correspond à une progression de 5,7% en moyenne par an, alors qu’ils n’avaient quasiment pas bougé durant les années 2000. Les loyers ne sont pas en reste, avec un doublement en 10 ans à Berlin, par exemple, avec une nette accélération en fin de période. Cela grève bien évidemment le budget des ménages et ampute leur capacité à dépenser plus. C’est la fin de la pierre angulaire de la compétitivité allemande : la sagesse de l’immobilier comme contrepartie rendant acceptable les faibles revalorisations salariales.

Dernier sujet de préoccupation, l’amoncèlement de créances douteuses des banques allemandes, signe que les excédents ont été placés parfois de façons hasardeuses et font de moins en moins office de matelas de sécurité. La Deutsche-Bank, proche de la perdition, marque l’échec de l’industrie bancaire allemande.

Bloquée à l’international, très fragile à l’intérieur, la probabilité d’une Allemagne en récession est un risque à intégrer, concrétisant ce que l’on pressentait depuis longtemps : le pire ennemi de l’Allemagne, c’est son succès, l’incapacité à se remettre en cause, lorsque le système est à son apogée, mais proche de l’épuisement.

Croissance menacée par le risque de récession ?

Croissance menacée par le risque de récession ?

 

 

Sur les marchés mondiaux, les bourses font du yo-yo partagées entre l’espérance d’une reprise des échanges internationaux notamment entre les États-Unis et la Chine et la crainte d’une récession du fait d’indicateurs très maussades. Les craintes pour la croissance mondiale ont été alimentées par des indices d’activité peu reluisants aux Etats-Unis mais aussi en Europe. L’activité des entreprises de la zone euro a ainsi été bien plus mauvaise qu’attendu en mars avec une contraction de celle du secteur manufacturier sans précédent depuis près de six ans, conséquence d’une forte baisse de la demande. En Allemagne, le secteur manufacturier s’est encore contracté en mars, alimentant les craintes d’un net ralentissement de la première économie européenne. Ce vif regain de l’aversion pour le risque résulte de l’annonce d’une nouvelle contraction de l’activité dans le secteur privé en mars en Allemagne comme en France; l’indice PMI “flash” manufacturier pour la zone euro, à 47,6, est tombé au plus bas depuis avril 2013.“Les risques baissiers sont principalement extérieurs: les tensions commerciales et le ralentissement mondial impulsé par la Chine par exemple”, ont commenté dans une note les économistes de Barclays, qui ajoutent que les difficultés de l’Italie et du Brexit demeurent non négligeables. La publication, peu après l’ouverture de Wall Street, d’un indice d’activité PMI Markit inférieur aux attentes aux Etats-Unis n’a fait qu’accentuer cette tendance baissière. “Aux Etats-Unis, le PMI a été inférieur aux attentes, ce qui a renforcé un momentum déjà baissier sur les taux avec les annonces très accommodantes de la Fed. Simultanément, il n’y aucun risque d’inflation”, a déclaré à Reuters Florence Barjou, responsable adjointe des investissements de Lyxor AM.L’enquête auprès des directeurs d’achat a fait ressortir une estimation flash du PMI à 54,8 dans les services, contre une prévision à 56,0, et à 52,5 dans le secteur manufacturier, contre 53,6 attendu. Les craintes sur la croissance mondiale pénalisent les cours du brut

Le Brent tourne autour de 67 dollars. Et les taux s’affaiblissent nettement.

Croissance menacée par des risques de guerre commerciale (Draghi)

Croissance menacée par des risques de guerre commerciale (Draghi)

 

Pour Draghi, 2017 pourrait bien n’être qu’une parenthèse dans la crise qui a débuté en 2008. Les résultats de 2017 ont souvent dépassé les espérances et du coup les prévisionnistes ont donné libre cours à leur optimisme pour les années suivantes. Mais 2018 pourraiat déjà connaître un coup d’arrêt pour cet optimisme excessif. Le premier semestre a déjà enregistré un tassement notable. Le second devrait être influencé par les prémices d’une guerre commerciales qui ne fait que commencer. Une guerre commerciale aussi imprévisible que lest le président Trump lui-même En fait on pourraiat s’inscrire dans une tendance sous les 2% annuels remettant en cause nombre d’équilibre financiers ou sociaux ;

Kim Jong et Trump. : rencontre menacée ?

Kim Jong et Trump. : rencontre menacée ?

 

Les deux chefs d’Etat étant complètement imprévisible, la rencontre pourrait être annulée après les propos contradictoire du leader de la Corée du nord sur son renoncement à l’armement nucléaire. La Corée du Nord a en effet menacé mercredi 16 mai d’annuler le sommet prévu le mois prochain entre Kim Jong Un et Donald Trump. Le motif ? Washington exige qu’elle renonce unilatéralement à son arsenal nucléaire.  Si l’administration du président américain « nous met au pied du mur et exige unilatéralement que nous renoncions à l’arme nucléaire, nous n’aurions plus d’intérêt pour des discussions et nous devrions reconsidérer la question de savoir s’il faut accepter le sommet à venir entre la Corée du Nord et les États-Unis », a déclaré le ministre adjoint des Affaires étrangères Kim Kye Gwan, cité par l’agence officielle KCNA. Des menaces qui jettent un froid sur ce sommet inédit, prévu le 12 juin prochain à Singapour.  »Nous allons tous deux essayer d’en faire un moment très important pour la Paix dans le Monde ! » avait écrit le président américain sur Twitter.

 

Journaliste, une profession menacée (Mamère)

Journaliste, une profession menacée (Mamère)

Noël Mamère analyse l’évolution des medias et évoque les menaces sur le métier de journalistes. Il reconnait que les réseaux sociaux comblent  le vide des medias classiques. (Interview France Info

Vous avez exercé deux métiers, journaliste et homme politique…
(Il coupe) Je n’ai fait qu’un seul métier, celui de journaliste. J’ai exercé pendant 25 ans des « fonctions » de député et de maire. Si je suis parti avant les échéances, c’est justement parce que je considère que la politique ne doit pas être un métier et que nous avons vu trop d’hommes s’accrocher désespérément à leurs fonctions, finir de manière pathétique et surtout bloquer le renouvellement politique et donc porter atteinte à la vitalité démocratique.

Vous sentez-vous encore journaliste?
Mais je me suis toujours senti journaliste malgré mes engagements politiques. Je suis journaliste, carte de presse 29.678!

 

Qu’est-ce qui a changé au sein de la profession depuis vos débuts?
D’abord, c’est la multiplicité des sources et des médias. A mon époque, c’était un peu la préhistoire avec deux puis trois chaînes seulement. Puis sont arrivées les chaînes privées, les télés d’informations en continu et enfin d’autres sources comme les réseaux sociaux. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une galaxie qui ne permet peut-être pas de se faire une opinion sur le monde, parce que la majorité des médias véhicule le même modèle dominant de la société. Si des médias dits indépendants se sont créés, sur de plus petits créneaux et moins de moyens que les grands médias, c’est justement parce qu’il y a un vide de ce côté. Aujourd’hui, les réseaux sociaux comblent le vide. De plus en plus de gens qui les utilisent croient être informés du monde mais ne font que se conforter dans leurs idées. De mon côté, je n’ai ni compte Facebook ni compte Twitter et je m’en porte bien. Mais on est dans un moment inquiétant de la vie démocratique.

On est donc plus informés, mais moins bien?
Je ne dis pas ça, car celui qui veut être bien informé peut l’être, mais le commun des mortels, ceux qui n’ont pas le niveau culturel ou d’éducation pour ça, ceux qui sont relégués dans des ghettos français vont aller instinctivement et mécaniquement sur des réseaux qui ne font que les conforter dans leurs opinions.

 

Le plan pour l’éducation aux médias du gouvernement vous satisfait-il?
C’est un plan qui va dans le bon sens. Mais passer d’un budget de 3 à 6 millions d’euros, c’est assez dérisoire. Il ne faut surtout pas croire que le journalisme est là pour se substituer aux carences du système éducatif ou de l’encadrement que l’on connaissait il y a plusieurs décennies avec les corps intermédiaires qu’étaient les syndicats, les partis politiques ou même l’Eglise. Pour former des citoyens actifs et capables de discernement, il faut mettre le paquet sur l’éducation. Tout commence à l’école et auprès des parents notamment. L’ignorance est la matrice de l’obscurantisme et de la démagogie.

 

Quel regard portez-vous sur la télévision, où vous avez travaillé?
Je regarde le journal télévisé de temps en temps mais pas régulièrement. Je ne suis pas addict à la télé. J’écris des projets de documentaires. Je me rends compte qu’avec des moyens beaucoup plus évolués aujourd’hui, les journaux sont les mêmes que ceux que nous faisions. Quand on changeait de directeur de la rédaction, la première chose qu’il faisait c’était changer de décor! Mais le journal restait le même.

 

Qu’est-ce que votre double carrière vous a appris sur les politiques et les journalistes? 
J’ai eu la chance d’arriver en politique précédé par ma notoriété dans les médias, au point que ce n’était pas facile, au début, de dire à ceux qui étaient en face de moi que je n’étais pas seulement l’icône de la télévision mais que j’étais devenu un homme politique. Le journalisme m’a appris à avoir un regard distancié sur les hommes et les femmes politiques, et donc de ne pas me prendre au sérieux, même si je portais des idées sérieuses. Quant à mon regard sur les journalistes, il n’a pas forcément changé. Il y a en a des compétents, d’autres moins. Certains sont condamnés à tenir le micro Salle des Quatre colonnes à l’Assemblée nationale pour récupérer 30 secondes de ce que je vais dire alors qu’à coté il y a peut-être un député qui a plus de choses à raconter mais n’a pas le code d’accès. Le journalisme est une des plus belles professions, mais elle est aujourd’hui menacée.

Que pensez-vous des attaques dont les médias font régulièrement l’objet dans le milieu politique?
Ce n’est rien d’autre que du populisme. On peut critiquer les médias mais ils participent à la construction de la démocratie, aident les citoyens à être perspicaces, à ne pas se laisser abuser par des marchands de vérité et d’illusions. Quand Mélenchon et les autres tapent sur le parti médiatique, c’est un langage que j’exècre et qui sent le populisme à plein nez. C’est extrêmement dangereux.

 

Certains estiment que les milieux politiques et médiatiques 
Pendant longtemps, journalistes et personnalités politiques ont entretenu une trop grande proximité, une forme de promiscuité même. Il faut s’en débarrasser, mais c’est aux journalistes comme aux politiques de se rendre respectable.

Comment analysez-vous le rapport qu’entretient Emmanuel Macron avec les médias?
Il a besoin des journalistes et il s’en sert. Le sociologue François Bourricaud avait mis en place la théorie des « associés rivaux ». Emmanuel Macron a besoin des médias et en vit, mais il en est aussi rival. Alors de temps en temps, il se permet de rappeler à l’ordre les journalistes dont il a tant besoin et avec lesquels il fait tant de mises en scène.

 

Votre aventure au sein du Média est-elle définitivement terminée?
Je ne veux pas revenir là-dessus. J’ai pu exercer pendant deux mois, faire mes interviews en toute liberté sans aucune censure ni recommandation. Mais j’en suis parti pour des raisons qui sont faciles à comprendre : la brutalité de l’éviction d’Aude Rossigneux et ce traitement de la Syrie. Mon interview se faisait dans le cadre d’un journal et je me sentais donc engagé par ce qu’il s’y disait. Pour moi, Le Média, c’est le média de la France insoumise et je n’en suis pas membre.

La croissance menacée par la dette privée (OCDE)

La croissance menacée par la dette privée (OCDE)

 

« Si le crédit est nécessaire pour soutenir l’activité économique et l’innovation, il peut augmenter les risques, réduire la croissance et accroître les inégalités », a affirmé la cheffe économiste de l’OCDE, Catherine Mann lors de la présentation des perspectives de croissance de son institution. Extrait de son interview dans les échos :

 

 

Vous relevez, ce mardi, vos prévisions pour cette année et 2018. Sommes-nous sur la voie d’une croissance mondiale forte dans les deux prochaines années ?

Nous avons effectivement relevé d’un dixième de point nos prévisions pour 2017 et 2018, à 3,6 % et 3,7 % respectivement. Mais, en l’état, le renforcement de la conjoncture n’est pas durable. C’est pourquoi nous avons abaissé d’autant notre pronostic pour 2019 à 3,6 %. En particulier, le rythme d’investissements privés nécessaires à l’amélioration de la productivité et à la hausse des salaires réels est trop peu élevé.

 

Quels sont les ressorts de la croissance actuelle et à venir en Europe ?

Pour l’heure, nous avons une croissance du commerce et aussi, dans une certaine mesure, des investissements. La consommation se tient bien et nous avons un soutien des politiques budgétaire et monétaire. Cette configuration est très positive pour la zone euro cette année. Mais, tous ces éléments vont commencer à s’estomper en 2018 et en 2019.

 

Que voulez-vous dire par s’estomper ?

La politique monétaire sera moins accommodante, le soutien des politiques budgétaires va se réduire et le commerce s’amoindrir du fait d’un ralentissement chinois à venir. J’ajoute surtout que les gouvernements ont eu tendance, durant cette période de croissance propice, à ralentir le rythme des réformes structurelles. Les Européens doivent réformer leur secteur des services pour améliorer la concurrence, achever la réforme bancaire en résolvant notamment le problème des créances douteuses et aborder de manière commune le cas des faillites de banques. Sur le marché du travail, quelques réformes ont eu lieu. Mais le mouvement doit se poursuivre. La situation sur certains marchés immobiliers où les prix ont grimpé entrave la mobilité des travailleurs.

 

Vous craignez une bulle immobilière en Europe ?

Nous préférons évoquer des fragilités financières en Europe. Elles sont de différentes natures selon les pays. Dans certains, nous voyons une migration du secteur bancaire très régulé vers un système parallèle, le « shadow banking », bien moins régulé. Il existe aussi des risques d’insolvabilité des emprunteurs dans le secteur immobilier. Si la dette des ménages reste peu élevée en Allemagne, en Autriche, la situation s’est dégradée en Italie, en France et en Finlande.

 

Des analystes soulignent le risque d’éclatement de bulle sur les marchés des dettes privées et publiques. Êtes-vous inquiète vous aussi ?

La nature des fragilités financières est plus fragmentée aujourd’hui. Nous sommes préoccupés par l’endettement des entreprises privées et des ménages. De même, la valorisation des marchés boursiers semble être élevée par rapport à la croissance anticipée. La bonne nouvelle est qu’il existe différentes sortes de fragilités. La mauvaise est que beaucoup de marchés sont concernés. Si un ou plusieurs d’entre eux venaient à subir un choc, cela pourrait précipiter un recul plus important de la richesse financière globale.

 

La crise serait-elle alors pire qu’en 2008 ?

La nature diverse des risques financiers d’aujourd’hui constitue en quelque sorte une force de résistance. Mais, les autorités politiques feraient preuve de complaisance en restant assis sans s’inquiéter.

 

N’est-il pas temps pour les banques centrales de relever les taux d’intérêt et de mettre fin à leurs politiques d’achat de titres de dettes au regard de la croissance actuelle ?

La Réserve fédérale américaine a déjà commencé à relever ses taux et à modifier sa politique d’achat d’actifs. La Banque centrale européenne a diminué l’ampleur de ses propres achats. Une modification de ses taux n’est pas attendue avant 2018. La Banque du Japon n’a rien indiqué quant à un quelconque changement de direction de sa propre politique. Ces différentes approches sont appropriées en fonction de la croissance de leurs zones. Le seul point commun des banques centrales, c’est qu’elles font face aux fragilités financières et qu’elles n’ont pas atteint leurs objectifs en termes d’inflation. Même si une croissance plus forte nécessiterait, de leur part, de relever les taux d’intérêt.

 

Comment expliquez-vous cette faible inflation ?

Les prix n’ont pas augmenté malgré le fait que dans certains pays la demande est supérieure à l’offre. C’est un peu mystérieux. Il y a plusieurs explications avancées. L’une veut que les salaires n’ont pas augmenté en raison d’une faible participation au marché du travail. C’est le cas en particulier aux Etats-Unis et en Europe où le chômage des jeunes est élevé. Au Japon, bon nombre de femmes pourraient aller travailler si elles le souhaitaient. Une autre raison est que, dans les pays où les partenaires sociaux sont puissants, ces derniers préfèrent, lors des négociations collectives, concentrer leurs revendications sur la sécurité de l’emploi plutôt que sur la croissance des salaires. Nous le voyons en Allemagne, au Japon, en Suède. Ce qui conduit à mettre une chappe sur la croissance des salaires. De leur côté, les entreprises ont été plutôt réticentes à relever leurs prix pour des raisons concurrentielles. Elles ne veulent pas perdre de marchés et continuent à se livrer à une concurrence féroce entre elles.

 

Que pensez-vous des premières réformes entreprises en France par le nouveau gouvernement ?

A la différence des autres pays européens, nous voyons la conjoncture française se maintenir. Nous anticipons une croissance de 1,8 % cette année et 1,7 % en 2019. Les réformes du marché du travail sont positives. Compte tenu de la meilleure conjoncture économique, elles ont été mieux acceptées par la population que par le passé.

Croissance Europe : menacée par le Brexit (FMI)

Croissance Europe : menacée par le Brexit (FMI)

 

Jusque là, la croissance européenne semblait s’inscrire dans une  tendance haussière et on espérait 2.4% pour 2017. Pour 2018 la prévision est moins optimisme : seulement 2.1%. Mais cette dernière prévision pourraiat bien être impacté par des négociations du Brexit qui n’avancent  toujours pas et qui évoluent  entre un Brexit dur, c’est à dire une  rupture unilatérale du Royaume uni avec l’Union économique et un compromis avec période de transition. Face à ces incertitudes des investissements sont actuellement en stand-by.  Le FMI se veut cependant optimiste, il espère accord assorti d‘une période de transition soit conclu. Les économistes du Fonds, qui n‘ont réalisé aucun modèle n‘intégrant pas d‘accord, estiment cependant qu‘un Brexit dur risque d‘avoir un impact négatif. “Dans de telles circonstances, notre préoccupation est que la croissance économique souffrira, en particulier au Royaume-Uni, mais aussi dans la zone euro”, a-t-il déclaré. “Nous envisageons alors une croissance sensiblement plus faible que ce que nous projetons actuellement.”Le FMI soutient  la proposition de transformer le Mécanisme européen de stabilité (MES) en un organisme de prêt du type du FMI en cas de crise. “Avec une structure de gouvernance appropriée et un mandat de surveillance fort, un FME (Fonds monétaire européen) pourrait réellement renforcer la prévention et la gestion des crises”, dit le FMI qui ajoute : » La capacité à prendre des décisions rapides et cruciales sera la clé. La zone euro a souvent été à la peine lors de ses différentes crises car elle devait obtenir l‘aval des parlements nationaux sur de nombreuses mesures ».

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