Archive pour le Tag 'par'

Industrie: Particulièrement plombée par les coûts de l’énergie

Industrie:  Particulièrement plombée par les coûts de l’énergie

 

« Des pans entiers de l’industrie pourraient être menacés, il faut un bouclier tarifaire pour les protéger », alerte Eric Trappier, le président de l’UIMM (Union des industries et des métiers de la métallurgie). Main d’œuvre, matières premières et coûts de l’énergie : de passage à Bordeaux pour visiter les sites de formation de la Maison de l’industrie, le patron de Dassault Aviation revient sur les tensions qui menacent le mouvement de réindustrialisation du territoire.( dans la Tribune, extrait)

 

 Quel est votre degré d’inquiétude quant à la capacité de résistance des entreprises de l’industrie et de la métallurgie ?

Eric TRAPPIER - 

La flambée des prix de l’énergie place les entreprises industrielles face à des surcoûts impossibles à surmonter. C’est le sujet numéro un de préoccupation de nos PME partout en France et les remontées du terrain traduisent beaucoup d’inquiétude des entreprises.

Qu’en est-il pour les sous-traitants tout au long de la supply chain aéronautique ?

Nous avons des outils pour nous serrer les coudes et nous soutenir. On a conservé la watch tower, la cellule de vigilance, créée pendant le Covid pour vérifier qu’il n’y a pas d’écroulement de la chaîne de sous-traitant. Par ailleurs, le fonds de soutien de près d’un milliard d’euros mis sur pied pendant le Covid nous permet aussi de pouvoir mobiliser au total deux milliards d’euros pour soutenir les entreprises qui ont le plus de difficulté, y compris par un apport en fonds propres si nécessaire. L’aéronautique est donc bien outillée mais ça peut être plus difficile pour d’autres filières industrielles. En réalité, il y a des pans entiers de l’industrie qui pourraient être menacés, il faut un bouclier tarifaire pour les protéger sinon il y a un vrai risque de casser la dynamique de réindustrialisation.

Concernant les prix de l’énergie, quelles sont les solutions envisagées ?

Il faut trouver la bonne mécanique au niveau européen. Le Medef s’est exprimé sur le sujet et nous sommes assez en phase avec cette proposition de caper le prix du gaz, surtout le gaz qui sert à produire de l’électricité, comme cela a été fait en Espagne et au Portugal. J’ai le sentiment que la Commission européenne et le gouvernement ont bien compris les enjeux, il faut maintenant trouver la bonne formule sans décider d’un plafond qui empêche d’acheter du gaz à d’autres fournisseurs, notamment de GNL qui coûte plus cher.

Avez-vous pu quantifier l’ampleur des arrêts ou baisses de production dans les secteurs industriels les plus électro-intensifs ?

Non, pas encore précisément. Dans les fonderies, les forges, les verreries, les tuileries on sait qu’il y a des entreprises qui ne sont pas loin de mettre la clef sous la porte ou, en tous cas, qui stoppent leur production le temps que les prix de l’énergie baissent. Cela a des conséquences en cascade sur le reste de la chaîne de production.

Chez Dassault Aviation, avez-vous pu sécuriser vos approvisionnements pour alimenter votre montée en cadence ?

On a sécurisé la chaîne d’approvisionnement, notamment le titane, mais c’est une sécurité qui est en réalité toute relative puisqu’on parle d’un ou deux ans. Mais pour l’instant ça tient et nous avons réussi à augmenter la cadence de production des Falcon et à tripler la cadence de fabrication des Rafale. On était en 2020 en capacité de construire un Rafale par mois et nous sommes aujourd’hui à trois par mois. Donc, c’est aussi la preuve que nous savons répondre à la demande d’une économie de guerre.

Qu’en est-il de l’attractivité de la filière pour attirer suffisamment de nouveaux salariés dans l’industrie ?

Tout le monde est en tension sur ce sujet ! Mais les plus grandes entreprises, comme Dassault Aviation, Airbus, Safran, Thales, restent attractives parce que ce n’est pas la mine et qu’il y a beaucoup d’avantages ! Dans la supply chain, en revanche, c’est souvent plus compliqué parce qu’il y a moins d’avantages et souvent des salaires inférieurs. Et c’est un sujet pour nous puisque nous sommes en bout de chaîne et nous subissons donc les retards s’il y en a. Il faut donc continuer à former les jeunes en apprentissage et les demandeurs d’emplois et à attirer davantage de femmes dans nos métiers.

Notre industrie est encore à risque dans la compétition mondiale. Il y a une vraie prise de conscience de l’importance de l’industrie, il faut mesurer cet effort dans la durée. On a de vrais atouts : une bonne main d’œuvre et des savoir-faire anciens et modernisés dans des secteurs qui fonctionnent bien tels que l’aéronautique, l’automobile, l’électronique. On a aussi le meilleur système social du monde mais aussi le plus cher donc il faut pouvoir se le payer en gagnant en compétitivité. Pour cela il faut amplifier le soutien à l’innovation et la baisse de la fiscalité de production.

 

Liquidation de Camaïeu : 2600 salariés concernés par cette erreur de gestion

Liquidation de Camaïeu : 2600 salariés concernés par cette erreur de gestion

 

 

Sur  franceinfo Olivier Guivarch, secrétaire général de la fédération des services CFDT, après l’annonce du placement en liquidation judiciaire de l’enseigne Camaïeu. Selon lui, les salariés qui « sont en souffrance » subissent avec cette liquidation les « mauvais choix de gestion » de l’entreprise.

Comment a été reçue cette annonce par les salariés de Camaïeu présents avec vous au tribunal de commerce ?

Olivier Guivarch : Derrière les chiffres, on parle de 2 600 salariés. Des femmes, beaucoup, des hommes, qui sont en souffrance, parce qu’ils subissent de mauvais choix de gestion. Ils défendaient la marque Camaïeu pour certains depuis plusieurs dizaines d’années, avec des salaires faibles, ceux du commerce de l’habillement. Ils vont perdre leur emploi dans les jours à venir. Donc derrière les chiffres ce sont des histoires d’hommes et de femmes qui sont en grande difficulté.

La fermeture doit intervenir sous trois jours, avec des stocks à vider d’ici samedi. Peut-on parler d’une situation particulièrement brutale ?

C’est un monde qui s’effondre, j’espère que les consommateurs vont avoir un peu de gratitude envers les vendeuses et les vendeurs. J’espère qu’ils vont se comporter correctement, parce qu’il ne faut pas rajouter ça aux salariés.

« Maintenant on va rentrer dans une période très dure qui va se poursuivre, les salariés vont devoir faire le deuil de leur emploi. » Ils vont devoir rester en contact avec leurs collègues et surtout les représentants syndicaux pour avoir des informations fiables sur la liquidation judiciaire. Et puis on doit mobiliser le service public de l’emploi. »

Est-ce que cette catastrophe était évitable ?

Si le tribunal de commerce a jugé que le plan de continuation de l’actionnaire n’était pas viable, si Bercy explique qu’on ne peut pas effacer les dettes comme ça, je pense qu’il faut d’abord se tourner vers les choix de gestion de l’actionnaire, pas forcément sur l’État. Ce qui est sûr, c’est que le commerce de détail de l’habillement subit une crise depuis 15 ans. Il y a des changements d’habitude des consommateurs, il y a des modifications profondes dans les processus de distribution et de consommation. Et c’est très dur pour les salariés parce qu’on a du mal à anticiper avec les employeurs ces processus. On a besoin de former les salariés à de nouveaux métiers, on a besoin d’investissements dans les entreprises pour diversifier les manières de vendre.

Est-ce qu’il faut mener une réflexion plus générale sur la filière et sur la région des Hauts-de-France, encore une fois frappée par cette situation ?

Oui, les Hauts-de-France sont très touchés. La région a aussi une capacité de résilience. Il y a des emplois dans la région, des tensions sur certains secteurs. Le plus difficile c’est d’accompagner les salariés avec le service public de l’emploi, pôle emploi, les missions locales pour les plus jeunes, parce que les salariés ont besoin d’être aidés dans cette période.

Santé : la formation des internes dans les déserts médicaux contestée par la confédération des syndicats médicaux français !

Santé : la formation des internes dans les déserts médicaux contestée par la confédération des syndicats médicaux français !

 

Le gouvernement envisage que la dernière année de formation des internes s’exerce dans les déserts médicaux. Il faut noter qu’immédiatement la confédération des syndicats médicaux français a pris une position très corporatiste pour contester cette proposition

 

« Si cela devait déboucher sur envoyer des internes, dans des zones où il n’y a personne, ils arrêteront médecine« , a alerté samedi 24 septembre sur franceinfo Luc Duquesnel, médecin généraliste en Mayenne et président des généralistes de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), alors que le gouvernement souhaite mettre en place une quatrième année d’internat supplémentaire pour les étudiants de médecine générale en les incitant à la réaliser dans des déserts médicaux.

franceinfo : Que pensez-vous de cette idée avancée par le ministre de la Santé ?

Luc Duquesnel : Une quatrième année d’internat, entre autres pour les médecins généralistes, mais aussi pour les autres spécialités médicales, cela doit être une année professionnalisante. Cela veut donc dire que l’on ne va pas envoyer ces médecins là où il n’y a plus médecins depuis deux ou trois ans dans les déserts médicaux. C’est une année de formation. Ils sont toujours internes. Dans des zones avec une faible démographie médicale, ils devront être accueillis dans des maisons médicales, dans des maisons de santé pluri-professionnelles. C’est indispensable. Quand j’étais interne, si on m’avait lâché tout seul dans une campagne, j’aurais choisi un autre métier où j’aurais été médecin salarié ou médecin hospitalier. Il ne s’agit pas de les mettre en danger. On a besoin d’être entouré par d’autres collègues. Je tiens à rappeler que les déserts médicaux, ce ne sont pas que les zones rurales. Paris est un désert médical en médecins généralistes. Donc ce sont aussi les zones urbaines.( !)

Donc est-ce que cette quatrième année est une bonne idée ?

Non. Je pense que c’est mal présenté. Et la façon dont certains élus en parlent, ils ont l’impression que dans leur village, où il n’y a plus de médecins depuis trois ans, on va avoir tout d’un coup un interne en quatrième année qui va débarquer chez eux. Non, cela ne doit pas être ça, très clairement. Par contre, il y a des zones où l’on manque énormément de médecins. Durant cette année professionnalisante, ils doivent être entourés d’un ou deux médecins. C’est aussi permettre aux territoires de s’organiser. Mais si cela devait déboucher sur envoyer des internes, qui ne sont pas encore médecins, dans des zones où il n’y a personne, ils arrêteront médecine.

Que faut-il faire pour trouver une solution à ces déserts médicaux ?

La situation démographique d’aujourd’hui est le fruit de décisions qui sont prises depuis 35 ou 40 ans par des hommes politiques. Ce sont les mêmes qui, aujourd’hui, veulent de la coercition, qui nous ont amenés dans la situation où l’on est aujourd’hui. D’un autre côté, la situation n’est pas acceptable en termes d’accès aux soins. Ces internes, beaucoup d’entre eux n’ont travaillé qu’à l’hôpital. Il faut leur montrer ce que c’est que d’être médecin en ambulatoire, la médecine libérale. Donc cette quatrième année doit permettre de travailler avec d’autres médecins dans des zones à faible démographie médicale et de découvrir ce qu’est l’exercice libéral. Après ça, il y a plein d’autres solutions. C’est aussi travailler avec d’autres professionnels de santé, avec des infirmières de pratiques avancées, embaucher des assistants médicaux. On sait très bien que pour les dix ou treize ans à venir, le nombre de médecins va encore continuer à diminuer. Donc, cela veut dire modifier nos organisations professionnelles pour prendre en charge plus de patients, parce que la situation actuelle en termes d’accès aux soins n’est plus acceptable

Enquête sur le financement de Partis politiques par de grandes firmes financières ou par des pays étrangers

Enquête sur le financement de Partis politiques par de grandes firmes financières ou par des pays étrangers

 

Des  députés de Renaissance veulent une enquête sur d’éventuels financements russes au sein de partis français. Parallèlement, le parti de Marine Lepen demande une enquête sur les liens entre les géants américains et le parti du pouvoir en France

Pour la majorité il s’agit de « savoir si des partis politiques avaient bénéficié de financements russes » et ils ont notamment pointé « des prises de position en faveur de la Russie de plusieurs dirigeants politiques français de premier plan ». D’après ces  députés, « la gravité des faits » impose une enquête. Une autre de leurs accusations porte sur « des prêts contractés pour financer des campagnes électorales et dont les sommes sont toujours dues bien des années plus tard ». Ils visent ici le Rassemblement national .

Le parti de Marine Le Pen avait de son côté annoncé ce vendredi qu’il allait bientôt déposer une résolution afin de créer une commission d’enquête à l’Assemblée qui aurait pour rôle d’éluder les rapports de la majorité avec différentes puissances étrangères. Ils espèrent que cette commission pourra « préciser la nature des liens entre certains élus de la majorité présidentielle et le Qatar » et « enquêter sur ce qui s’apparente à une véritable coproduction législative entre le parti présidentiel et les géants américains Amazon, Microsoft, Google ou encore Uber ». De possibles liens entre la Chine et la majorité sont aussi évoqués par le Rassemblement national.

Mémoire de la guerre d’Algérie : soutiens à l’article censuré par le « Monde »

Mémoire de la guerre d’Algérie : soutiens à l’article censuré par le « Monde »

 

Un collectif d’universitaires réagit, dans une tribune au « Monde », à la dépublication par le quotidien de son texte qui analysait l’évolution du discours d’Emmanuel Macron sur les mémoires de la guerre d’Algérie.

 

Le 1er septembre, Paul Max Morin, docteur en science politique et auteur du livre Les Jeunes et la guerre d’Algérie. Une nouvelle génération face à son histoire (PUF, 430 pages, 22 euros), publiait une tribune dans le journal Le Monde, offrant une analyse critique de l’évolution du discours d’Emmanuel Macron sur les mémoires de la guerre d’Algérie. Quelques heures plus tard, la version en ligne de ce texte était retirée par le quotidien. Cette dépublication, qui nous semble inédite dans la vie du journal, était accompagnée d’un court texte présentant les « excuses » du journal à ses lecteurs et lectrices et… au président de la République !

Le motif de la dépublication était, selon cette première explication et des déclarations suivantes, la conséquence d’une « erreur » commise par Paul Max Morin, qui aurait affirmé à tort que la phrase du chef de l’Etat récemment prononcée en Algérie (« Une histoire d’amour qui a sa part de tragique ») qualifiait la colonisation alors qu’il fallait l’entendre comme renvoyant aux « relations franco-algériennes ».

Face à cette situation, nous tenons à affirmer plusieurs points.

Tout d’abord, Paul Max Morin n’a commis aucune « erreur » dans la tribune qu’il propose aux lecteurs du journal Le Monde. Lorsque Emmanuel Macron, qui faisait mine il y a peu de s’interroger sur l’existence d’une nation algérienne avant sa colonisation par la France, parle d’une « histoire d’amour qui a sa part de tragique », il tient des propos qu’il est loisible à un chercheur (et à tout autre citoyen) d’analyser pour peu qu’il présente des arguments à l’appui de sa démonstration.

Or, dans un tchat ouvert mardi 13 septembre pour s’expliquer devant ses lecteurs et lectrices, le quotidien écrit ceci : « Si vous reprenez les propos d’Emmanuel Macron, il est très clair que l’expression “histoire d’amour” évoque les relations franco-algériennes dans leur ensemble, la “part (…) tragique” de cette histoire désignant plus spécialement la part coloniale. La tribune de Paul Max Morin nous semble tordre ces déclarations dans un sens qui ne correspond pas à ces propos. »

Cette réponse mérite que l’on s’y attarde.

A rebours de l’affirmation du quotidien, rien n’indique de façon définitive qu’« il est très clair que l’expression “histoire d’amour” évoque les relations franco-algériennes ». En effet, l’expression « relations franco-algériennes » n’est prononcée ni par le journaliste qui pose la question, ni par le président de la République qui y répond. Au-delà, les propos prononcés par des chefs d’Etat sont fréquemment décortiqués, analysés, soupesés, commentés. La tribune de Paul Max Morin ne déroge à cet égard à aucune règle habituelle de l’exercice de la tribune.

Le social abandonné par la gauche ?

Le social abandonné par la gauche ?

 

 

La gauche est souvent plus mobilisée sur les questions sociétales que sur les problématiques sociales, déplore Philippe Bernard, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique.

 

Existe-t-il un danger politique plus grand pour la France que l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir ? Or comment l’empêcher si les électeurs des classes populaires continuent de se tourner de plus en plus vers les Le Pen – 17 % des ouvriers en 1988, 39 % en 2017 et 42 % en 2022 au premier tour de la présidentielle ? Ces questions se posent au pouvoir en place et renvoient à la condescendance, voire au mépris, qu’a souvent manifesté Emmanuel Macron. Le grand mérite du député La France insoumise de la Somme, François Ruffin, est d’oser affirmer qu’elles concernent en premier lieu et de façon vitale la gauche.

La force de son petit livre Je vous écris du front de la Somme (Les Liens qui libèrent, 144 pages, 10 euros) est de reposer sur une réalité vécue : la petite musique des « Je ne peux pas voter pour la gauche, je suis pour le travail » et la hargne répétée contre « ceux qui “ne se lèvent pas le matin (…), touchent des aides” pendant que “nous, on n’a droit à rien” », entendues lors de porte-à-porte dans sa circonscription, entre Amiens et Abbeville.

A partir d’un double constat – le succès de Jean-Luc Mélenchon chez les bourgeois de centre-ville et parmi les habitants de banlieue issus de l’immigration, et son échec face à Marine Le Pen dans les zones pavillonnaires et rurales –, l’élu de la Somme appelle à réconcilier ces deux électorats, condition sine qua non des victoires passées et futures de la gauche et d’un affaiblissement de l’extrême droite. La gauche, devenue aux yeux de bien des électeurs le « camp des assistés », doit, dit-il, redevenir celui du travail justement rémunéré et de la fierté qu’il procure.

Dérobée par l’extrême droite à l’instar de la laïcité ou du patriotisme, la « valeur travail » – également mise en avant par Fabien Roussel, le secrétaire national du Parti communiste français – doit être défendue et reliée à l’impératif de la lutte contre le changement climatique, elle-même pourvoyeuse d’emplois et d’espoir collectif. Sous le « parfum d’abandon » de la France des périphéries que ressent François Ruffin, sous sa plaidoirie en faveur de droits sociaux universels « sans obligation de misère », se devine la critique d’une gauche plus mobilisée sur les questions sociétales que sociales, plus encline à magnifier les particularismes que l’universalisme.

De fait, comment espérer détourner les électeurs populaires du vote Le Pen lorsque certains, à gauche, dépensent l’essentiel de leur énergie dans des polémiques qui les hérissent, attisent l’anxiété et les peurs sans proposer de solution et exacerbent inutilement les clivages ? Avec sa défense des burkinis dans les piscines, le maire (EELV) de Grenoble, Eric Piolle, n’a probablement fait que conforter les préjugés sur une supposée complaisance de la gauche à l’égard de l’islam radical.

Marchés financiers : plombés aussi par la hausse des taux

Marchés financiers  : plombés aussi par la hausse des taux

. La fin des politiques monétaires accommodantes, confirmée par le nouveau relèvement de taux de la BCE annoncé le 8 septembre, devrait continuer à peser sur les cours dans les prochains mois. Par Amaury Goguel, SKEMA Business School

 

Jeudi 8 septembre, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une hausse de ses trois taux d’intérêt de 75 points de base, faisant passer son taux de refinancement au-dessus de 1 %. Il s’agit de la deuxième hausse depuis le début de l’année après avoir opéré son premier relèvement en 11 ans le 21 juillet dernier.

Cette hausse des taux directeurs renchérit le coût du refinancement pour les banques commerciales (BNP Paribas, Société générale, etc.), dissuadant ou renchérissant les crédits à la consommation ou à l’investissement. L’objectif de la BCE est donc là de ralentir une économie jugée en surchauffe, au risque de précipiter une récession. Si la BCE a décidé de frapper fort, c’est qu’elle s’attend en effet à une inflation de 8,1 % en 2022, contre 6,8 % en rythme annuel en juin dernier. Toujours selon le grand argentier européen, la hausse des prix ne devrait ralentir qu’à partir de 2023.

Cette annonce n’est pas une bonne nouvelle pour les marchés financiers qui, s’ils ont semblé plutôt insensibles aux crises de ces dernières années, connaîtront très probablement une année 2022 morose en raison du changement de cap amorcé dans la politique monétaire des banques centrales ces derniers mois.

Depuis la crise des subprimes en 2008, les marchés financiers semblaient très calmes, sorte de remake de la « great moderation » observée entre 1982-2007. L’inflation était inexistante, la volatilité moyenne faible et les mesures de soutien, qui se sont amplifiées pendant la crise du Covid-19, omniprésentes. Jusqu’à la fin d’année 2021, rien ne semblait pouvoir ébranler les marchés financiers. L’élection de Donald Trump aux États-Unis en 2016 n’avait pas créé de torpeur financière durable, ni les attentats à répétition, ni le Brexit (deux jours de baisse seulement), ni la crise sanitaire, etc.

Cependant, cette période de calme relatif touche aujourd’hui à sa fin. Depuis le début de l’année, les principaux indices dans le monde sont tous orientés à la baisse. Sur un an, le CAC 40 a perdu plus de 16 % de sa valeur, plus de 20 % pour le Dax en Allemagne, le Dow Jones 15 % et le Nasdaq plus de 27 % aux États-Unis. Des baisses qui n’avaient pas été observées depuis la période de stagflation des années 1970.

Dans le même temps, les obligations d’État ont également dans l’ensemble plongé, perdant par exemple presque 10 % de leur valeur aux États-Unis au premier semestre 2022, soit la pire performance depuis 1788, juste avant que George Washington ne devienne le premier président !

Il est rare que la performance des actions et des obligations converge conjointement à la baisse un même trimestre ou un semestre. Ce premier semestre 2022 fait donc exception. Cela a rendu très complexe allocation d’actifs puisque la plupart des classes d’actifs ont grandement souffert, y compris les nouveaux actifs digitaux comme le bitcoin qui a perdu près de la moitié de sa valeur ses six derniers mois.

Plus qu’aux crises de ces derniers mois, les marchés semblent avoir réagi aux hausses de taux décidées pas les banques centrales. Début 2022, le forte reprise économique post-Covid et la persistance de l’inflation sous l’effet des crises énergétiques et alimentaires liées au conflit en Ukraine les ont placées dos du mur, dans l’impossibilité de poursuivre leur politique monétaire accommodante avec des taux directeurs au plancher.

Au 25 juillet, la Réserve fédérale américaine (Fed) avait ainsi déjà révisé trois fois ses taux à la hausse depuis janvier, passant de 0,25 % à 1,75 %, tandis que la Bank of England (BoE) a enchaîné cinq hausses depuis mi-décembre, pour passer de 0 % à 1,25 %. Quant à la BCE, elle avait déjà frappé plus fort que prévu lors de son premier relèvement de juillet dernier avant de confirmer le cap lors de sa deuxième annonce du 8 septembre.

Au début de l’été, on pouvait donc s’attendre à une poursuite des baisses boursières sous le double effet de l’inflation généralisée dans la plupart des pays et son corollaire, les hausses induites des taux d’intérêt directeurs par les banques centrales. Or, aux États-Unis comme en Europe, les résultats d’entreprises du deuxième trimestre 2022 ont été historiquement hauts

Cette bonne nouvelle a constitué un fort moteur des cours au mois de juillet, dont la dynamique a été portée par des facteurs microéconomiques. Au niveau macroéconomique, les taux d’intérêt notamment immobiliers en Europe ont en outre baissé en juillet, en dépit de l’inflation, et la BCE n’a appliqué sa hausse des taux que plusieurs semaines après l’avoir annoncé, début juin. Cette conjonction étonnante d’évènements a pu également porter les cours boursiers sur le mois de juillet.

Au mois d’août, les index sont repartis à la baisse, sans toutefois invalider une dynamique assez positive sur l’ensemble de l’été. Les scénarios les plus noirs, avec les craintes sur l’énergie notamment cet hiver, semblent en effet désormais intégrés dans les prix de marché. Toute amélioration éventuelle de la situation énergétique ou inflationniste pourrait donc être accueillie avec des hausses des cours. En revanche, la politique monétaire et les hausses des taux encore à venir resteront un fort vent contraire.

En somme, la fin d’année a peu de chance d’être excellente et ne pourra donc sans doute pas effacer les pertes du premier semestre.

Certes, de nombreux signaux suggèrent que le pic d’inflation est passé aux États-Unis (baisse significative des coûts logistiques, du fret, etc.). Par ailleurs, les canaux de transmission de la politique monétaire traditionnelle mettent empiriquement entre six à neuf mois à se transmettre dans l’économie réelle. Les effets des hausses des taux directeurs du début d’année en Amérique du Nord ou encore au Royaume-Uni en matière de ralentissement de la hausse des prix devraient donc se concrétiser dans les prochains mois.

Mais les banques centrales affichent aujourd’hui leur volonté de poursuivre leurs politiques de relèvement des taux, comme l’a encore prouvé l’annonce de la BCE du 8 septembre. Ainsi, le président de la Fed, Jerome Powell, rappelait fin août, lors du meeting annuel des banquiers centraux à Jackson Hole aux États-Unis, que l’inflation, historiquement, ne s’est jamais tarie simplement à la suite de hausses ponctuelles des taux mais plutôt après une série de hausses successives et durables. Son discours avait d’ailleurs aussitôt entraîné les marchés financiers à la baisse.

En effet, la politique de relèvement des taux doit être mise en balance avec les risques de saper la croissance économique. Les alertes à la récession se multiplient aujourd’hui dans les grandes zones de l’économie mondiale avec notamment une consommation qui marque le pas après des mois de forte demande post-Covid. Une situation qui pèsera forcément sur les entreprises et les marchés.

_____

Par Amaury Goguel, Economist & Academic Dean of the MSc Financial Markets & Investments. Co-author of the book « Managing Country Risk in an Age of Globalization », SKEMA Business School

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Hypersonique : La France écartée par l’Europe

Hypersonique : La France écartée par l’Europe

 

 

Le groupe de réflexions Mars regrette fortement le choix pour le programme européen HYDEF (hypersonique) du consortium emmené par le groupe espagnol Sener par la direction générale de l’industrie de la défense et de l’espace, qui est sous la responsabilité du commissaire européen Thierry Breton. Il estime qu’en matière régalienne, « la Commission ne doit pas pouvoir décider seule ». Par le groupe de réflexions Mars.( dans la Tribune)

 

A l’issue de l’évaluation (secrète) des offres par les experts (anonymes) choisis par la DG DEFIS, la direction générale de l’industrie de la défense et de l’espace, (la Commission n’étant pas liée dans sa décision à l’avis des experts), les financements européens au titre du projet EU HYDEF (European hypersonic defense interceptor), plafonnés à 100 millions d’euros sur trois ans (soit le montant le plus important du FEDEF 2021), iront au consortium représenté par SENER, un industriel espagnol du BTP dont une filiale réalise un chiffre d’affaires annuel de 99 millions d’euros dans l’aérospatial. La compétence technique du consortium est en réalité portée par Diehl, le missilier allemand soutenu par les pouvoirs publics allemands contre MBDA Deutschland, comme l’illustre le cas du missile choisi (dérivé du Spike israélien) par la Bundeswehr pour équiper ses futurs hélicoptères d’attaque, contre l’Akeron LP (ex-MMP HT) développé par MBDA.

MBDA, parti favori de la compétition en raison de sa compétence unique en Europe dans l’hypersonique (en particulier autour de la composante nucléaire aéroportée et du développement de l’ASN4G), ne pourra donc pas compter sur le FEDEF pour financer le développement de briques technologiques du programme déjà lancé avec le projet d’intercepteur spatial, soutenu par l’Allemagne et la France depuis 2019 dans le cadre de la CSP/PESCO et de l’expression d’un besoin opérationnel intitulé TWISTER (Timely Warning and Interception with Space-based Theater surveillance), sans budget propre ni programme. L’offre de MBDA avec le projet Aquila, conçue en liaison avec les armées, constitue une réponse optimale à ce besoin. Le projet HYDEF aurait dû y contribuer ; ce ne sera pas le cas.

Trois causes possibles de l’échec sont évoquées.

1. Une offre de MBDA insuffisante

Cette raison est crédible à plusieurs titres

  • MBDA, «pure player » de l’industrie de défense, n’aurait pas bénéficié de l’expérience d’un Thales en matière de programmes européens de recherche civile du type « Life » ou « Horizon » dont la procédure FED s’inspire.
  • Se sachant seul candidat crédible techniquement, MBDA n’aurait pas fait l’effort de rédiger une offre suffisamment conforme aux attentes de la Commission sur les points non-techniques de l’appel à proposition.

Cela rappelle le précédent de Galileo en 2010, quand un nouvel entrant quasi-inconnu dans le spatial (l’équipementier allemand OHB) raflait l’essentiel des contrats de construction des satellites du programme Galileo contre le grand favori Astrium Satellites (aujourd’hui dans Airbus Defence & Space). Pourtant, une différence majeure existe entre le cas des satellites pour Galileo et le domaine de la défense : dans le spatial civil, le marché est mondial et les débouchés multiples. L’échec pour Astrium Satellites pouvait être compensé sur d’autres marchés sans mettre en péril sa pérennité. Cela n’est pas le cas pour la défense, en particulier dans le domaine sensible de la défense aérienne élargie, technologie de souveraineté par excellence.

2. La loi d’airain du « juste retour »

La France étant déjà la première nation en nombre de participations aux projets sélectionnés, il aurait été jugé nécessaire de rééquilibrer les résultats en valeur de cette première vague FEDEF. La Commission aurait ainsi réalisé une « péréquation » de manière à minorer la pondération de l’offre technique de MBDA afin de survaloriser les critères non-techniques au profit du consortium conduit par SENER. Coïncidence ou non, la « part France » en valeur dans les projets FEDEF 2021 correspond exactement à la contribution française aux financements UE (18%).

S’agirait-il de la part de la Commission d’une volonté de diversifier les coordinateurs de consortiums ? Il est vrai qu’un autre consortium conduit par MBDA France a été sélectionné par la Commission au titre du projet MARSEUS (Modular ARchitecture Solution for EU States), financé par le FEDEF à hauteur de 25 millions d’euros sur trois ans. Mais SENER coordonne également un autre consortium sélectionné pour un projet (COMMANDS), qui sera subventionné à la même hauteur. L’argument est donc d’autant moins recevable qu’une autre entité (Thales) coordonne trois consortiums sélectionnés, pour un total de financements FEDEF de près de 150 millions d’euros. Il est vrai qu’il s’agit de trois filiales différentes du groupe.

 

La sélection du consortium SENER-Diehl pour le projet EU-HYDEF ne va pas dans le sens d’une consolidation de l’industrie de défense européenne préconisée par la Commission mais plutôt dans celui de la duplication des compétences. La crainte d’un saupoudrage des crédits au lieu d’une politique industrielle visant au renforcement de « champions européens », crainte exprimée dès le lancement des programmes précurseurs par de nombreux experts et relayée notamment par certains parlementaires, semble se concrétiser. A terme, en subventionnant les concurrents du « best athlete » européen, le FEDEF risque d’affaiblir la BITDE au lieu de la renforcer.

3. Une volonté délibérée de « tuer le projet »

Cette hypothèse, beaucoup plus subtile, est impossible à démontrer. Mais l’expérience montre qu’elle ne manque pas de crédibilité.

L’éviction de MBDA résulterait ainsi à la fois

  • d’une proposition technique intentionnellement minimale de la part de MBDA, afin de ne pas risquer de perdre son avantage technologique dans le cadre d’un processus de sélection dont la confidentialité est sujette à caution;
  • et d’une offre technique SENER-Diehl rédigée de manière intentionnellement trop audacieuse et optimiste, afin de conduire en fin de projet à un échec technique démontrant la nécessité d’acheter finalement sur étagère (c’est-à-dire américain) au nom de l’impératif capacitaire et de l’interopérabilité.

L’approche allemande en matière de lanceurs spatiaux (volonté d’entraver l’autonomie européenne pour acheter des lancements à SpaceX) semble conforter cette hypothèse. Cette approche ne résulte en aucun cas d’une quelconque « trahison » du projet européen de la part de l’Allemagne, mais de la simple et froide réalité de la seule vocation de l’UE : un démultiplicateur de puissance commerciale. Afin de préserver ses excédents commerciaux avec les Etats-Unis (70 milliards d’euros), l’Allemagne a besoin d’acheter américain, de préférence dans les secteurs d’excellence de ses partenaires européens (France et Italie en matière spatiale et de défense antimissiles par exemple). L’UE, ou la guerre en dentelle au XXIe siècle…

En termes géopolitiques (ce qui intéresse les rapports de force sur un territoire), l’Allemagne n’a de surcroît aucun intérêt à soutenir l’ambition française de vouloir maintenir son rang de membre du P5. Le projet HYDEF aurait pu en effet concourir au rattrapage de la France dans les technologies hypersoniques, où son retard sur la Russie, la Chine et les États-Unis n’est pas irrattrapable compte tenu de compétences déjà robustes à la fois dans les missiles et les lanceurs spatiaux.

Après avoir révélé en janvier 2019 le projet de démonstrateur de planeur hypersonique V-max (Véhicule Manœuvrant Expérimental) confié à ArianeGroup, la ministre Florence Parly déclarait en septembre 2020 vouloir « poursuivre notre investissement dans les technologies de rupture : les planeurs hypersoniques capables de parcourir 100 kilomètres en une seule minute ». Par ailleurs, dans le cadre du programme franco-britannique FMAN-FMC (qui a survécu au Brexit), MBDA développe un successeur de l’Exocet à partir de technologies hypersoniques.

Manœuvrant et doté d’une vitesse d’attaque d’un nautique par seconde, donc difficile à repérer et impossible à intercepter, il s’agit en effet d’une arme de rupture comparable aux missiles balistiques apparus concomitamment à la conquête spatiale. Les armées qui en seront dotées bénéficieront d’un avantage tactique certain ; les autres seront déclassées. La France n’y renoncera donc pas. Dans le cadre de l’OTAN où ses officiers les plus brillants font leur carrière, l’Allemagne n’a cependant aucun intérêt à soutenir une autre puissance militaire que les Etats-Unis.

Le contribuable français devra assumer seul les développements de notre souveraineté… en même temps qu’il contribuera à financer un projet concurrent à l’échelle européenne, projet qui ne servira pas la souveraineté européenne de défense. Il va donc payer deux fois, et pour des solutions concurrentes qui aboutiront peut-être finalement à renoncer à être souverain sur un sujet aussi essentiel… Belle manœuvre, Mon général !

Une réalité d’autant plus choquante que la Commission européenne va de nouveau poursuivre les États pour dépenses publiques excessives dès que la guerre en Ukraine sera terminée. On pourra ainsi recommencer à se déchirer entre Français, entre «ennemis politiques », entre ceux qui privilégieront la souveraineté et ceux qui ont d’autres priorités. Comme si la défense n’était qu’un centre de coûts…

Le choix d’une procédure compétitive et l’exigence de « juste retour » a pour conséquence le saupoudrage des financements et la duplication des compétences ; cela illustre le maintien pour l’UE de la prévalence de la politique de la concurrence sur la politique industrielle. En dépit de l’article 346 TFUE, l’UE ne consent pas d’exception au profit de l’industrie de défense. D’ailleurs, simultanément, le projet de taxonomie excluant l’industrie de défense des critères de l’investissement responsable poursuit son chemin.

Le fait que, par son choix, la Commission ait fait prévaloir la prolifération des acteurs industriels au lieu de l’autonomie stratégique européenne, sur un marché de niche très éloigné du grand public, est révélateur du manque d’ambition réelle du FEDEF. La Commission aurait dû prendre en compte cette dimension pour éviter une dispersion des efforts dans ce domaine, avec le risque de ne pas avoir d’offre de la BITDE au bout du compte, quelles que soient les insuffisances supposées de l’offre MBDA.

Face à cette réalité, les États devraient chercher à s’entendre en amont de la sélection afin de « faciliter » l’obtention du « juste retour », et non se le voir imposer par la Commission. Il y a là un enjeu de pouvoir au sein des institutions de l’UE. Mais après avoir conquis de haute lutte une compétence en matière de défense que les traités lui refusent, il est improbable que la Commission accepte de jouer le jeu.

L’absence de transparence dans la sélection des offres ne facilite pas la confiance dans l’intégrité du processus. Le médiateur européen considère pour sa part que cette opacité est nécessaire pour préserver la liberté d’action de la Commission contre toutes pressions éventuelles de la part des États. Aucun changement d’attitude n’est donc à attendre de la part de la Commission sur ce point. Cela est préoccupant en matière de défense, car la confidentialité des informations n’est pas garantie. C’est un point de vulnérabilité majeur du FEDEF.

La Commission peut-elle revenir sur ses éventuelles erreurs en matière de sélection ? En théorie, c’est impossible, sauf à encourir des recours contentieux. En pratique, tout est possible, surtout si plusieurs États interviennent dans le même sens. Mais il faudrait pour cela une erreur manifeste de la part de la DG DEFIS. Par ailleurs, un candidat évincé peut toujours revenir dans le projet comme sous-traitant, mais à un rang modeste, non en tant que membre à part entière du consortium. Il ne semble pas que les programmes précurseurs aient révélé à ce jour de tels cas ; mais cela ne peut être exclu pour l’avenir.

Souhaitons qu’à la suite de ce ratage en tout point désastreux, la Commission européenne mette en œuvre le FED en prenant davantage en considération les objectifs de l’autonomie européenne qui est le fondement même d’une BITDE compétitive. A tout le moins, ce que révèle le « cas HYDEF », c’est la nécessité pour la France de mieux s’organiser et de mettre en œuvre une stratégie d’influence plus efficace.

Faut-il déjà aller plus loin et exiger de modifier le règlement du FED de 2021 à la suite du retex (retour d’expérience) HYDEF ? L’article 11 du règlement permet l’attribution directe de subvention sans mise en concurrence. Le programme Eurodrone en a d’ailleurs bénéficié au titre du programme précurseur PEDID. Il est vrai qu’il sera motorisé par une technologie américaine…

En matière régalienne, la Commission ne doit pas pouvoir décider seule. Son intervention intempestive est non seulement funeste, mais aussi illégale. Pour en revenir à la lettre comme à l’esprit des traités, il conviendrait d’en revenir à la méthode intergouvernementale ou au moins d’instaurer un système de minorité de blocage sur les projets du FEDEF. Puisque la Commission n’a pas voulu utiliser les procédures de coopération entre États à sa disposition et qu’elle est libre (mais non souveraine) dans la sélection des projets, proposons que les États puissent bloquer si le processus déraille. Histoire de rappeler que l’exécutif de l’UE n’est qu’un exécutant.

————————————————-

* Le groupe Mars, constitué d’une trentaine de personnalités françaises issues d’horizons différents, des secteurs public et privé et du monde universitaire, se mobilise pour produire des analyses relatives aux enjeux concernant les intérêts stratégiques relatifs à l’industrie de défense et de sécurité et les choix technologiques et industriels qui sont à la base de la souveraineté de la France.

————————————————-

Le groupe de réflexions Mars (*)

Relance du programme nucléaire: Hypothéquée par les contradictions du pouvoir et la question financière

 Relance du programme nucléaire: Hypothéquée par les contradictions du pouvoir et la question financière

 

Face à l’embargo russe sur le gaz, l’entreprise doit retrouver son excellence perdue pour construire les nouveaux réacteurs EPR, estime dans sa chronique Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».

 

On souhaite bien du courage – sinon du plaisir – au futur directeur général d’Electricité de France (EDF), qui sera sans doute Luc Rémont. Le responsable des activités internationales de Schneider Electric devrait prendre les rênes d’un groupe stratégique dont l’Etat actionnaire à 84 % va reprendre le contrôle total pour lancer la construction de six à quatorze réacteurs EPR. Du courage, oui, car il lui faudra composer avec une tutelle exigeant de lui, entre autres défis, d’exécuter ce programme nucléaire en évitant la ruineuse dérive du calendrier et des coûts constatée à Flamanville (Manche). Et sans regimber, comme son prédécesseur Jean-Bernard Lévy, pour ne pas s’exposer aux foudres jupitériennes d’Emmanuel Macron.

Le nouveau patron l’apprendra vite, s’il ne le sait déjà : EDF n’est pas une entreprise comme les autres. Quelle autre société publique cotée en Bourse le gouvernement aurait-il pu priver de 10 milliards d’euros de résultat d’exploitation pour fiancer le plafonnement à 4 % de la hausse des factures d’électricité des Français, alors qu’elle supporte une dette nette de 43 milliards d’euros et prévoit des dizaines de milliards d’investissements dans un proche avenir ?

M. Lévy a dû s’exécuter. Non sans adresser à l’Etat un recours gracieux pour qu’il revienne sur sa décision ; puis, faute de réponse, de saisir le Conseil d’Etat et réclamer 8,3 milliards d’indemnisation. Sans plus de succès. Sa récente passe d’armes avec M. Macron instruira le nouveau PDG. Un dirigeant d’entreprise publique, c’est comme un ministre, « ça ferme sa gueule ou ça démissionne », selon la formule de Jean-Pierre Chevènement.

Le gouvernement ayant décidé d’avancer son départ de six mois, M. Lévy s’est lâché, fin août, imputant notamment l’arrêt de 30 réacteurs sur 56 au projet de l’Etat de fermer douze « tranches », après les deux de Fessenheim. « On n’a pas embauché des gens pour en construire douze, on en a embauchés pour en fermer douze », a-t-il déploré.

« Absolument inacceptable », a cinglé M. Macron, persuadé d’avoir « redonné de la visibilité à la filière » dès 2018 en repoussant l’arrêt progressif de 2025 à 2035, puis en supprimant cette date butoir. L’exploitation et la maintenance sont du ressort d’EDF, et leur défaillance est à mettre au débit du patron sortant.

Mais la visibilité – et donc la planification de nouvelles centrales nécessaires à une industrie du temps long – est de la responsabilité de l’Etat. Et au plus haut niveau, tant les enjeux de financement, de sécurité d’approvisionnement et de sûreté des réacteurs sont lourds. L’annonce des nouveaux EPR s’est fait attendre jusqu’en février 2022, à la veille du scrutin présidentiel.

Technologie – : La révolution économique par les drones ?

Technologie – : La révolution économique par les drones ?

 

 Parmi toutes les technologies qui ont émergé ces dernières décennies, celle du drone va avoir le plus important impact. Bien qu’encore à leurs balbutiements par rapport à d’autres technologies émergentes, les véhicules aériens sans pilote (UAV) vont trouver rapidement une utilisation dans la construction, la photographie, l’agriculture, la défense et de nombreuses autres industries. Par Xavier Dalloz, consultant spécialisé dans les nouvelles technologies.(dans la Tribune).

Un article intéressant à lire mais sans doute un peu optimiste et très excessif quant à la révolution économique produite par les drones. D’autres technologies comme l’intelligence artificielle en particulier sont autrement structurantes. Se pose aussi pour le transport par drones la question très complexe de la gestion de l’espace. C’est d’ailleurs la même problématique pour une éventuelle explosion du transport de personnes par le mode aérien individuel ou collectif. NDLR

La distribution de médicaments par drone aidera le NHS Scotland à fournir une meilleure assistance aux résidents ruraux. L’objectif est de transporter des échantillons de laboratoire, de produits sanguins, de chimiothérapie et d’accélérer le diagnostic et le traitement des problèmes médicaux. (Crédits : Reuters)

La France doit jouer le rôle de leader du marché des drones qui devrait atteindre 100 milliards de dollars avant 10 ans.

Par exemple :

  • Agriculture : les drones augmentent le rendement des cultures en fournissant une surveillance et une lutte antiparasitaire ciblées avec précision
  • Exploitation minière : intégrée à toutes les facettes des opérations, de la cartographie aux inspections de l’équipement et des routes, en passant par l’analyse des explosions et les évaluations des stocks
  • Infrastructure critique : fournissant une surveillance périmétrique et des inspections des installations en temps réel, ainsi qu’une détection précoce des dangers tels que les fuites de gaz.
  • Le fait de pouvoir voir une maison à une hauteur de 100 mètres donne aux acheteurs une perspective supplémentaire et, dans de nombreux cas, cette valeur ajoutée amène davantage d’acheteurs potentiels à visiter la maison. Il existe de nombreux autres exemples de marchés émergents comme celui-ci, notamment la livraison de produits médicaux.
  • Des travaux dangereux, en particulier des inspections d’infrastructures, sont effectués par des drones commerciaux utilisant une imagerie haute résolution intégrant de l’intelligence artificielle permettant de détecter les problèmes de loin.
  • Les compagnies d’assurance utilisent des drones pour collecter des images et des données sur les sites de sinistres sans envoyer des experts sur les lieux.

Un bon exemple, la livraison des colis

Le meilleur exemple de l’utilisation de drones est la livraison des colis. Cette livraison par drone va réduire d’une façon significative les coûts de livraison, n’ayant pas de frais de chauffeur ou de camion, éliminant les coûts de congestion, ayant moins de livraisons manquées en raison du délai très court, environ 30 minutes entre l’expédition et la livraison de l’article. Ce marché dépassera 30 milliards d’euros d’ici 2027.

La livraison par drone va donc être au cœur de la prochaine étape de la transformation du commerce.

On peut résumer ces étapes de la façon suivante :

  • La Poste
    • La Poste a permis l’émergence des catalogues papiers dans les campagnes
  • Le chemin de fer
    • Le chemin de fer a permis l’émergence des grands magasins à proximité des gares
  • La voiture
    • La voiture et son coffre ont permis l’émergence des hypermarchés avec leurs parkings (no parking, no business)
  • L’Internet
    • Internet a permis l’émergence du commerce électronique
  • Le smartphone
    • Le smartphone a permis l’émergence du commerce ATAWAD
  • LUAV (notamment les drones).
    • L’UAV (véhicule aérien sans pilote) va donner naissance au commerce qui vient à moi là où je le souhaite. C’est un commerce qui répondra à des attentes latentes basées sur le résultat.

Voici quelques avantages concurrentiels de ce nouveau commerce :

  • Les drones aident les entreprises à se concentrer sur la personnalisation en tenant compte des exigences de chaque client et à améliorer le niveau de service client en livrant le bon produit au bon endroit au bon moment.
  • Le nombre et la taille des entrepôts sera les technologies permettant un accès plus facile aux clients et des méthodes de prévision de la demande plus efficaces..
  • L’utilisation des imprimantes 3D va augmenter, et l’accessibilité de ces systèmes sera plus facile. Chaque maison avec ces appareils sera une petite usine. Les gens peuvent produire certains des produits dont ils ont besoin chez eux en fonction de leurs besoins spécifiques.
  • Étant donné que la production devient plus facile et que le transport s’accélère, le besoin d’entrepôts sera considérablement réduit.
  • Les recherches montrent que 30 % de la consommation d’énergie d’un entrepôt consiste en l’éclairage. Les implications des technologies robotiques dans l’entreposage et la production, il y aura moins besoin pour les systèmes d’éclairage et de chauffage/refroidissement.

 

L’innovation de rupture la plus intéressante est celle des autoroutes pour drones, des taxis volants et des vertiports. Par exemple :

  • Le projet Skyway, 164 miles (265 km) d’autoroutes de drones, reliera des villes et des villages, dont Cambridge et Reading. Les lois actuelles exigent que les drones soient pilotés par un pilote humain, cependant, Skyway utilisera une nouvelle technologie pour permettre aux drones automatisés « sans pilote » de voler au-delà de la ligne de visée visuelle (BVLOS). Tout fabricant de drones pourra connecter les systèmes de guidage et de communication d’un drone à un système d’autoroute virtuelle qui gère le guidage en toute sécurité des drones vers leurs destinations via l’intégration logicielle. Skyway sera équipé de capteurs au sol et de matériel de communication qui se coordonnent avec les capteurs de drones embarqués pour transmettre les données de contrôle du trafic aérien aux aéronefs autonomes pendant leur vol.
  • La distribution de médicaments par drone aidera le NHS Scotland à fournir une meilleure assistance aux résidents ruraux. L’objectif est de transporter des échantillons de laboratoire, de produits sanguins, de chimiothérapie et d’accélérer le diagnostic et le traitement des problèmes médicaux.
  • Des services de taxi aérien qui transporteront des personnes et des marchandises. Ils auront besoin d’aires d’atterrissage aussi grandes qu’un petit aéroport. Hyundai prévoit de construire 200 aéroports urbains de ce type au cours des cinq prochaines années.
  • Une prolifération de drones de livraison va faire émerger de nouveaux centres logistiques, conçus comme des hubs en forme de ruche, comme celui proposé par Amazon.

 

L’un des problèmes les plus évidents est la confidentialité, car les drones enregistrent et capturent souvent des images. Les trajectoires de vol des drones devront donc être construites autour des hubs de transport, des corridors ferroviaires et des aéroports existants.

L’aérospatiale est une culture axée sur la sécurité, mais le transfert et l’atterrissage de la livraison de fret par drone comportent un risque beaucoup plus élevé de collision avec des objets, des bâtiments, des structures ou des personnes à basse altitude.

David Menga, dans le livre « The Internet of Augmented Me, Empowering Innovation for a new Sustainable Future », met en avant l’importance de créer des infrastructures intelligentes pour produire de la richesse après une période de crise, en suivant des patterns adaptés à l’innovation dans un monde numérique durable.

L’infrastructure intelligente est l’équivalent des autoroutes interétatiques réalisées par Eisenhower après la Deuxième guerre mondiale, en y ajoutant le GPS, l’internet et une plateforme logicielle s’appuyant sur un jumeau numérique dynamique et un OS adapté.

Dans le cas des drones, l’infrastructure d’accueil et de gestion s’appelle un aérodrone et se présente comme un aérodrome, son équivalent avions, automatisé et autonome.  Un aérodrone gère des missions pour le compte d’opérateurs logistiques, impliquant la coordination de multiples robots souvent autonomes de type terrestre, marins et drone.  Pour accomplir des missions complexes , l’OS qui gère les missions dispose d’instruments de simulation à base de jumeaux numériques de territoires et de robots.  Son rôle est d’orchestrer le travail de multiples robots autonomes et de valoriser les données fournis par les capteurs des robots contrôlés en les mettant à disposition, moyennant rétribution, à des fournisseurs d’apps robots.

Pour faire face à toute type de situation critique, l’aérodrone est autonome, produit et gère son énergie comme sa connectivité, en s’appuyant sur les technologies 5G.

La firme anglaise Unmanned Life fournit un tel OS.

Enfin, l’aérodrone gère son propre chiffre d’affaires, sous la forme d’une DAO ou organisation décentralisée. Ainsi, il sera possible à des particuliers de participer au financement des aérodrones et de profiter de la richesse produite, tout en favorisant le désenclavement des territoires.

L’aérodrone du futur,  c’est un Roissy décentralisé, autonome à l’ère du Web

« La Provence » : encore un journal racheté par un industriel, pour quoi faire ?

« La Provence » : encore un journal racheté par un industriel, pour quoi faire ?

 

 

CMA CGM s’empare de La Provence après un accord avec Xavier Niel; La grande presse est déjà détenue à 80 % par des financiers et des industriels. De quoi s’interroger sur le fonctionnement de la démocratie en France dans la mesure où les lignes éditoriales sont forcément influencées par les intérêts des propriétaires de journaux. Cette fois ,c’est la Provence, ancien journal de Tapie qui passe dans les mains de l’armateur CMA–CGM.

L’armateur basé à Marseille CMA-CGM va pouvoir racheter 100% du groupe de presse régionale La Provence. Après des mois de conflit judiciaire avec son concurrent au rachat, Xavier Niel, le géant des mers s’est accordé avec l’entrepreneur qui lui vend ses 11% du capital de La Provence. Agacée jusqu’ici par l’entêtement judiciaire de Xavier Niel, La Provence a immédiatement partagé son « soulagement ».

 

C’est la fin d’un feuilleton qui aura tenu en haleine les Marseillais et les Provençaux pendant un an. CMA CGM s’est officiellement mis d’accord ce mardi avec NJJ, la holding du fondateur de Free Xavier Niel. L’armateur lui rachète ses 11% de parts dans le groupe de presse La Provence, qui possède d’autres titres que le quotidien marseillais notamment Corse-Matin. Cela ouvre la porte à un rachat définitif et total de La Provence par CMA CGM qui en deviendrait l’unique propriétaire.

L’offre du géant mondial du transport maritime, également basé à Marseille, est désormais seule en lice pour reprendre les 89% à vendre de La Provence, jusqu’ici propriété de Groupe Bernard Tapie (GBT), holding en liquidation de l’ancien patron et président de l’Olympique de Marseille mort en octobre dernier.

Peu de monde s’étonne de cette mainmise de la finance sur les grands médias et pour cause on voit mal ces médias appartenant à des financiers critiquer le processus d’appropriation de la démocratie par des intérêts économiques.Quand on voit ce que Bolloré par exemple fait des  médias acquis, il y a de sérieuses raisons de s’interroger sur l’objectivité de la presse

Taïwan : Mélenchon félicité officiellement par la dictature chinoise !

Taïwan : Mélenchon félicité officiellement par la dictature chinoise  !

 

Une nouvelle fois Jean-Luc Mélenchon s’est rangé du côté des dictateurs avec l’affaire de Taiwan puisqu’il a soutenu la position de la Chine. Cette posture de soutien aux dictatures est constante chez Mélenchon, elle vaut pour la Chine mais aussi pour Poutine , les dictatures et autres autocraties d’Amérique du Sud.

Une position qui a quand même du mal à être avalée par les autres sensibilités de la NUPES notamment les écologistes et les socialistes

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est rapidement démarqué de ses alliés au sein de la Nupes. Tout en critiquant l’initiative de Nancy Pelosi, qu’il a qualifiée de « discutable » sur Twitter, il a relevé que « la volonté des Taïwanais de vivre en démocratie ne l’est pas ».

La critique a été plus vive encore du côté de Julien Bayou : « Mélenchon parlait de “provocation” quand l’Ukraine démocrate se défendait au Donbass face à la Russie autoritaire. Et parle de “provocation” de Taïwan quand… ce pays agit librement face à la Chine. Un pays démocrate, c’est forcément une “provocation” pour une dictature », a considéré, lui aussi sur Twitter, le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Dans la foulée, le parti a dénoncé les manœuvres militaires de la Chine à Taïwan. « EELV condamne l’intimidation militaire de la Chine et appelle à la désescalade. Nous apportons notre soutien au peuple taïwanais, à la démocratie taïwanaise », est-il écrit dans un communiqué.

  Yannick Jadot, l’ancien candidat du parti à l’Elysée, a ajouté sa voix au concert des critiques écologistes, en assurant sur Twitter, sans citer son ancien rival, que « le nationalisme chinois est un outil de propagande pour justifier la barbarie ». A ses yeux, « une seule Chine », c’est d’abord « une seule dictature ».

 

Politique-Marx noyé dans le Coca-Cola par l’extrême gauche française

Politique-Marx noyé dans le Coca-Cola par l’extrême gauche française

 

 Abandonnant la tradition universaliste et le monde ouvrier, l’extrême gauche française a absorbé les idées d’outre-Atlantique. Si elle a tourné le dos à son antiaméricanisme, elle reste cependant fidèle à la méthode des purges soviétiques, estime l’Ancienne élève de l’École normale supérieure, Anne-Sophie Letac qui enseigne la géopolitique en classes préparatoires au lycée Lavoisier, à Paris dans le Figaro (extrait)

L’antiaméricanisme a servi de plus petit dénominateur commun à la gauche française depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après les revendications «US go home» pour expulser les bases de l’OTAN, le gauchisme anticapitaliste de la fin des années soixante, l’extrême gauche a prédit la chute de l’empire américain, fustigé la mondialisation libérale impulsée par Reagan, accusé les Gafam de la plupart de nos malheurs.

Le système de valeurs américain a longtemps été perçu par la gauche française comme étranger à notre mode de vie, ultra-consumériste, obsédé par une transparence et un moralisme puritains.

Alors que la démocratie américaine se dissout à grande vitesse dans de puissants acides, débilité inéduquée des masses, sécession efficace des élites à travers les puissants réseaux d’alumni des grandes universités, sidérant recul des droits individuels et en particulier de ceux des femmes, revendications religieuses cherchant à saper la laïcité, Alt-Right contre Black Lives Matter , la gauche radicale française, longtemps hostile à tout ce qui venait d’outre-Atlantique, a adopté en bloc les mots d’ordre et les problématiques sociétales des États-Unis.

La gauche universaliste, en théorie plus proche des idéaux démocratiques américains, s’est progressivement fait dévorer par une extrême gauche qui a abandonné au Rassemblement national le monde ouvrier, sa culture et ses luttes pour se tourner vers les «quartiers populaires», les ghettos selon une expression et une réalité américaines, et pour défendre non plus une classe sociale avec ses valeurs, mais les victimes racisées d’un système, idée étrangère à la tradition de gauche française. C’est cette extrême gauche qui réussit le tour de force de porter un bon nombre de députés à l’Assemblée Nationale grâce à la plateforme Nupes (151 députés), et qui a désormais le pouvoir d’infléchir les débats et de voter des lois.

Comme si cette gauche s’était mondialisée et américanisée sans même s’en apercevoir et qu’elle se comportait comme une Internationale sur le modèle communiste, mais tournée vers une grande lumière à l’Ouest.

L’extrême gauche française calque dans une magistrale inversion de ses valeurs son modèle sur un pays qui a de moins en moins à voir avec le modèle français, ce qui change la tonalité du débat politique.

Il y a quelques semaines, la présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, Aurore Bergé, prend la pose de la statue de la Liberté et demande l’inscription de l’IVG dans la Constitution parce qu’elle est talonnée par une extrême gauche mobilisée après l’arrêt de la Cour Suprême des États-Unis sur l’avortement. On peine à comprendre en quoi cet arrêt concerne la France, en tout cas pas plus que la déscolarisation des filles en Afghanistan qui menace réellement les banlieues françaises travaillées par l’islamisme radical.

Cette gauche s’est donc inscrite directement dans les luttes américaines, abandonnant tout esprit critique et plongeant dans un anachronisme et un anhistorisme débridés. La pensée d’extrême gauche s’aligne littéralement sur celle de la gauche universitaire américaine, réussissant ce que les États-Unis avaient échoué à faire durant la guerre froide, noyer Marx dans le Coca-Cola, comme si cette gauche s’était mondialisée et américanisée sans même s’en apercevoir et qu’elle se comportait comme une Internationale sur le modèle communiste, mais tournée vers une grande lumière à l’Ouest.

Mais la déconstruction déconstruisant in fine les déconstructeurs, un marxiste-léniniste restant fidèle à lui-même, des comités politiques internes et des commissions opaques fleurissent pour s’auto-juger et se purger mutuellement. Rassurons-nous, la méthode soviétique a de beaux restes chez l’extrême gauche noyée dans le soda.

Taïwan : Mélenchon remercié officiellement par la dictature chinoise !

Taïwan : Mélenchon remercié officiellement par la dictature chinoise  !

 

Une nouvelle fois Jean-Luc Mélenchon s’est rangé du côté des dictateurs avec l’affaire de Taiwan puisqu’il a soutenu la position de la Chine. Cette posture de soutien aux dictatures est constante chez Mélenchon, elle vaut pour la Chine mais aussi pour Poutine , les dictatures et autres autocraties d’Amérique du Sud.

Une position qui a quand même du mal à être avalée par les autres sensibilités de la NUPES notamment les écologistes et les socialistes

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est rapidement démarqué de ses alliés au sein de la Nupes. Tout en critiquant l’initiative de Nancy Pelosi, qu’il a qualifiée de « discutable » sur Twitter, il a relevé que « la volonté des Taïwanais de vivre en démocratie ne l’est pas ».

La critique a été plus vive encore du côté de Julien Bayou : « Mélenchon parlait de “provocation” quand l’Ukraine démocrate se défendait au Donbass face à la Russie autoritaire. Et parle de “provocation” de Taïwan quand… ce pays agit librement face à la Chine. Un pays démocrate, c’est forcément une “provocation” pour une dictature », a considéré, lui aussi sur Twitter, le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Dans la foulée, le parti a dénoncé les manœuvres militaires de la Chine à Taïwan. « EELV condamne l’intimidation militaire de la Chine et appelle à la désescalade. Nous apportons notre soutien au peuple taïwanais, à la démocratie taïwanaise », est-il écrit dans un communiqué.

  Yannick Jadot, l’ancien candidat du parti à l’Elysée, a ajouté sa voix au concert des critiques écologistes, en assurant sur Twitter, sans citer son ancien rival, que « le nationalisme chinois est un outil de propagande pour justifier la barbarie ». A ses yeux, « une seule Chine », c’est d’abord « une seule dictature ».

 

La sobriété énergétique passe par des investissements et l’IA

La sobriété énergétique passe par des investissements et l’IA

Il  faudra  d’importants investissements et recourir aux outils de pilotage basés sur l’intelligence artificielle pour que cette sobriété soit réellement efficiente estimenet dans La Tribune José Iván García, PDG de Substrate AI, et Christopher Dembik, économiste et membre du conseil d’administration de Substrate AI.

 

Quelles sont les dépenses les plus énergivores pour un ménage et pour une entreprise ? En haut de la liste, on retrouve en général le triptyque chauffage, ventilation et climatisation (ou CVC, dans le jargon).

Prenons le cas des salles de cinéma. La France en compte environ plus de 2.000 réparties sur tout le territoire. Selon un rapport du Centre national du cinéma et de l’image animée rendu public le 8 juin dernier, le chauffage, la ventilation et la climatisation comptent pour 69 % des dépenses énergétiques. C’est énorme. L’ampleur est tout aussi importante dans de nombreux autres secteurs d’activité. Au moment où les prix énergétiques ne cessent de grimper (la semaine dernière, le prix de l’électricité en France a atteint un niveau record à 495 euros le MWh pour une livraison dans un an), beaucoup d’entreprises sont dans l’urgence de réduire leur facture énergétique.

S’ajoutent à cela les impératifs de la transition énergétique. Plusieurs décrets ces dernières années incitent les entreprises à adopter une trajectoire de réduction de la consommation énergétique. Par exemple, le décret « tertiaire » de 2019 oblige les bâtiments à usage tertiaire et dont la surface d’exploitation est supérieure ou égale à 1.000 m2 à atteindre 40 % d’économies d’énergie d’ici 2030. C’est demain. Une grande partie du parc français de salles de cinéma est concernée. Mais d’autres activités aussi.

Comment faire des économies d’énergie ? La sobriété énergétique est la réponse immédiate. Vous allez entendre cette expression quasiment quotidiennement dans les médias dans les mois à venir. Cela consiste à consommer moins, consommer autrement, comme l’indique en toutes lettres le plan sobriété énergétique du gouvernement présenté le 8 juillet dernier. Concrètement, cela implique trois types d’actions :

1° Travailler sur le regroupement des besoins. Il s’agit, par exemple, de travailler avec les municipalités et les associations pour qu’elles aient des créneaux horaires qui soient regroupés sur des périodes plus restreintes afin de ne pas distiller le chauffage ou encore travailler avec les entreprises du tertiaire afin que le télétravail se massifie et ainsi réduire les températures de consignes ces jours-là (c’est ce que prévoit le plan d’efficience énergétique espagnol présenté en mai dernier pour les administrations publiques)

2° Les écogestes. Les possibilités sont presque infinies : baisser d’un degré la température dans les bâtiments, réduire les horaires d’ouverture des piscines municipales, ne pas recharger son ordinateur portable pendant les heures de pointe sur le réseau électrique mais la nuit (les performances des nouvelles puces M1 et M2 d’Apple sont extraordinaires en termes de consommation), ne plus porter de cravate comme le préconise le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, ou encore demander à son fournisseur d’énergie un double tarif avec heure pleine/heure creuse afin de consommer intelligemment. Il faudra parfois mettre en concurrence les fournisseurs pour y parvenir. Tout cela suppose, au préalable, une campagne de sensibilisation du gouvernement à destination du grand public.

3° Prévoir des équipements et/ou des travaux afin d’économiser l’énergie. Plusieurs options sont possibles : installer des capteurs et objets connectés qui permettent de réguler l’énergie des sites en prenant en compte les périodes où il n’y a personne ou encore opter pour le relamping qui consiste à remplacer l’éclairage ancien par des luminaires LED. Simple mais efficace.

Les deux premiers types d’action n’ont un effet positif réel sur la consommation énergétique qu’à condition qu’il y ait une prise de conscience collective. C’est incertain. En revanche, certaines actions peuvent entraîner des conséquences positives immédiates et impressionnantes, comme le relamping qui peut diminuer la consommation électrique parfois jusqu’à 80 % ! Ce sont des actions rapides et impactantes. Elles peuvent être mises en œuvre dès aujourd’hui. Mais il faut aussi prévoir de s’inscrire dans le temps long, afin de baisser encore plus et durablement la consommation.

L’intelligence artificielle (IA) est une des solutions possibles. Cela peut induire d’opter pour des sources d’énergies renouvelables (comme la récupération de chaleur) couplées avec des outils de pilotage se basant sur l’IA. C’est ce que propose Dalkia, spécialiste français de la transition énergétique des industriels, avec Dalkia Analytics, par exemple. En Espagne, le groupe d’ingénierie SENER (un géant local) a révolutionné l’énergivore segment du CVC grâce à une technologie adossée à de l’IA. Sa technologie Respira s’intègre dans une couche supérieure du système SCADA (Système de contrôle et d’acquisitions de données en temps réel) en utilisant tous les systèmes d’infrastructure existant sans investissements importants (système Plug & Play). C’est un point important. Beaucoup d’entreprises sont disposées à fournir des efforts dans le domaine de la transition énergétique mais le contexte est peu favorable à des investissements immédiats coûteux. A ce système s’ajoute une brique technologique IA qui, par exemple, s’assure d’un niveau minimal de qualité de l’air ou détermine automatiquement et en temps réel le degré de confort des utilisateurs à l’intérieur des installations. Il n’y a plus besoin d’intervention humaine. Un système de maintenance prédictive permet également de détecter de manière précoce les pannes éventuelles. Les résultats sont impressionnants. Dans le métro de Barcelone (128 stations souterraines, 324 ventilateurs, plus d’un million d’usagers par jour), cela a permis de réduire de 25,1% la consommation énergétique moyenne, de diminuer la température de 1,3°C en moyenne et d’augmenter la satisfaction des usagers de plus de 10%.

Si la Russie décide de couper définitivement l’approvisionnement en gaz à l’Europe (ce qui n’est pas exclu), il faudra s’attendre à un rationnement de l’énergie cet hiver (voire dans certains cas à un blackout – c’est lorsque la puissance appelé par les consommateurs ne peut plus être produite par les usines d’électricité, incapables de fournir toute la puissance demandée). La sobriété énergétique est une priorité de politique publique. Les écogestes sont une solution de court terme. Il n’est pas certain pour autant que cela permette d’éviter un rationnement. En revanche, nous pouvons éviter dès à présent de mettre en péril les objectifs de réduction de la consommation dans le cadre de la transition énergétique. Cela suppose d’investir dès maintenant dans les nouvelles technologies qui vont permettre de réduire significativement et sur le très long terme la consommation. C’est en particulier l’IA.

Marx noyé dans le Coca-Cola par l’extrême gauche française

 Marx noyé dans le Coca-Cola par l’extrême gauche française

 

 Abandonnant la tradition universaliste et le monde ouvrier, l’extrême gauche française a absorbé les idées d’outre-Atlantique. Si elle a tourné le dos à son antiaméricanisme, elle reste cependant fidèle à la méthode des purges soviétiques, estime l’Ancienne élève de l’École normale supérieure, Anne-Sophie Letac qui enseigne la géopolitique en classes préparatoires au lycée Lavoisier, à Paris dans le Figaro (extrait)

L’antiaméricanisme a servi de plus petit dénominateur commun à la gauche française depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Après les revendications «US go home» pour expulser les bases de l’OTAN, le gauchisme anticapitaliste de la fin des années soixante, l’extrême gauche a prédit la chute de l’empire américain, fustigé la mondialisation libérale impulsée par Reagan, accusé les Gafam de la plupart de nos malheurs.

Le système de valeurs américain a longtemps été perçu par la gauche française comme étranger à notre mode de vie, ultra-consumériste, obsédé par une transparence et un moralisme puritains.

Alors que la démocratie américaine se dissout à grande vitesse dans de puissants acides, débilité inéduquée des masses, sécession efficace des élites à travers les puissants réseaux d’alumni des grandes universités, sidérant recul des droits individuels et en particulier de ceux des femmes, revendications religieuses cherchant à saper la laïcité, Alt-Right contre Black Lives Matter , la gauche radicale française, longtemps hostile à tout ce qui venait d’outre-Atlantique, a adopté en bloc les mots d’ordre et les problématiques sociétales des États-Unis.

La gauche universaliste, en théorie plus proche des idéaux démocratiques américains, s’est progressivement fait dévorer par une extrême gauche qui a abandonné au Rassemblement national le monde ouvrier, sa culture et ses luttes pour se tourner vers les «quartiers populaires», les ghettos selon une expression et une réalité américaines, et pour défendre non plus une classe sociale avec ses valeurs, mais les victimes racisées d’un système, idée étrangère à la tradition de gauche française. C’est cette extrême gauche qui réussit le tour de force de porter un bon nombre de députés à l’Assemblée Nationale grâce à la plateforme Nupes (151 députés), et qui a désormais le pouvoir d’infléchir les débats et de voter des lois.

Comme si cette gauche s’était mondialisée et américanisée sans même s’en apercevoir et qu’elle se comportait comme une Internationale sur le modèle communiste, mais tournée vers une grande lumière à l’Ouest.

L’extrême gauche française calque dans une magistrale inversion de ses valeurs son modèle sur un pays qui a de moins en moins à voir avec le modèle français, ce qui change la tonalité du débat politique.

Il y a quelques semaines, la présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale, Aurore Bergé, prend la pose de la statue de la Liberté et demande l’inscription de l’IVG dans la Constitution parce qu’elle est talonnée par une extrême gauche mobilisée après l’arrêt de la Cour Suprême des États-Unis sur l’avortement. On peine à comprendre en quoi cet arrêt concerne la France, en tout cas pas plus que la déscolarisation des filles en Afghanistan qui menace réellement les banlieues françaises travaillées par l’islamisme radical.

Cette gauche s’est donc inscrite directement dans les luttes américaines, abandonnant tout esprit critique et plongeant dans un anachronisme et un anhistorisme débridés. La pensée d’extrême gauche s’aligne littéralement sur celle de la gauche universitaire américaine, réussissant ce que les États-Unis avaient échoué à faire durant la guerre froide, noyer Marx dans le Coca-Cola, comme si cette gauche s’était mondialisée et américanisée sans même s’en apercevoir et qu’elle se comportait comme une Internationale sur le modèle communiste, mais tournée vers une grande lumière à l’Ouest.

Mais la déconstruction déconstruisant in fine les déconstructeurs, un marxiste-léniniste restant fidèle à lui-même, des comités politiques internes et des commissions opaques fleurissent pour s’auto-juger et se purger mutuellement. Rassurons-nous, la méthode soviétique a de beaux restes chez l’extrême gauche noyée dans le soda.


EDF: À 450 000 € par an on ne trouve que des incompétents comme PDG ?

EDF: À 450 000 € par an on ne trouve que des incompétents  comme PDG ?

 

 

Un curieux papier de la « Tribune » estime qu’il sera pratiquement impossible de trouver un PDG compétent pour EDF avec une limitation du salaire à 450 000 € par an. Ou quand le fric devient la seule motivation des serviteurs de l’entreprise publique. Un bel aveu d’évolution des valeurs pour un journal économique qualifié de gauche ! Une sorte de plaidoyer pour justifier des salaires de plus en plus démentiels de très grands patrons qui en plus de leur folle rémunération se gavent d’actions de leur entreprise dans des conditions fort discutables Ou alors l’aveu de l’insignifiance de la formation de nos plus grandes écoles incapables de fournir les managers et techniciens face aux enjeux actuels. Il paraît pour le moins incompréhensible que parmi les milliers et les milliers de dirigeants potentiels français on ne puisse pas trouver un futur PDG animé seulement par le désir de servir les intérêts du pays et disposant des compétences techniques et les qualités de gestionnaire nécessaire. NDLR

 

 

le papier de la Tribune

Alors que l’Etat recherche un nouveau PDG pour EDF, la question d’un déplafonnement de la rémunération du poste est aujourd’hui posée. Fixée à 450.000 euros par an comme pour toutes les entreprises publiques, cette rémunération, largement en dessous des niveaux observés dans les entreprises privées, peut constituer un obstacle de taille au recrutement du futur patron de l’énergéticien. D’autant plus que la tâche qui attend ce dernier est colossale.

 

 
De quoi créer une belle polémique entre le gouvernement et ses opposants. Pour trouver un nouveau PDG à EDF, l’exécutif risque fort en effet, comme l’ont dévoilé les Echos, de devoir déplafonner la rémunération assortie au poste, aujourd’hui fixée à 450.000 euros, un montant décidé en 2012 par décret par François Hollande pour l’ensemble des patrons des entreprises publiques (RATP, SNCF, ADP…). Dans une France où le salaire moyen s’élève à 2.340 euros net par mois et à l’heure où l’inflation galopante rogne le pouvoir d’achat des Français, il est clair que l’opinion aura légitimement du mal à comprendre une telle augmentation pour rémunérer le patron d’une entreprise publique qui multiplie les déboires industriels et financiers. Encore moins l’argument affirmant que ces 450.000 euros sont insuffisants pour attirer un grand patron. C’est pourtant, hélas, une réalité au regard des rémunérations en vigueur dans les grandes entreprises du CAC 40. Sans aucune fonction exécutive, des présidents de conseil d’administration de certaines entreprises de plus petite taille qu’EDF gagnent déjà autant que le PDG d’EDF. Quant à ceux qui occupent à la fois les fonctions de président et de directeur général, leur niveau de rémunération est largement plus élevé. A titre d’exemple, Patrick Pouyanné, le PDG de TotalEnergies a gagné près de 6 millions d’euros l’an dernier.Comment donc convaincre un industriel de prendre les rênes d’EDF quand il gagne aujourd’hui 10 fois plus, voire davantage, dans son entreprise ? Et ce, alors qu’il devra diriger l’une des entreprises les plus stratégiques du pays avec une feuille de route extrêmement complexe à exécuter, le tout avec l’État comme seul actionnaire en permanence sur le dos.

Le futur patron d’EDF aura en effet pour mission de reprendre en main la production d’électricité à court terme et de réussir à plus long terme la relance de l’atome tricolore, qui passe par la construction d’ici à 20 ans de 6 nouveaux EPR. Autrement dit, mener à bien le plus gros programme nucléaire civil jamais observé dans le monde occidental depuis 40 ans. Certes, œuvrer pour l’indépendance énergétique de la France est assurément un défi excitant à relever, mais pas sûr que le sens de l’Etat soit un argument suffisant pour convaincre les plus indécis. « On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre », confie un connaisseur du dossier.

Tout le monde n’est pas Jean-Bernard Lévy, le patron actuel d’EDF, qui avait accepté, lors de sa nomination en 2014, de réduire de moitié la rémunération qu’il percevait chez Thales. Cette question du niveau de la rémunération est cruciale pour l’avenir des entreprises publiques. Même si Air France-KLM est un groupe privé, l’exemple de la rémunération du directeur général actuel, Ben Smith, en témoigne. En 2018, quand l’Etat, actionnaire à 14,6% à l’époque, a cherché un successeur à Jean-Marc Janaillac, il a dû accepter que le groupe quadruple la rémunération du nouveau dirigeant canadien, à 4 millions d’euros. Et encore, à ce prix, Air France-KLM n’a pu recruter que le numéro 2 d’Air Canada, une entreprise de taille inférieure à celle de KLM. Les numéros 1 des entreprises comparables, comme Lufthansa ou IAG, étaient payés beaucoup plus cher.

L’éloge néolibéral de la mondialisation par Pascal Lamy

L’éloge néolibéral de la mondialisation par Pascal Lamy

 

On peut être évidemment plus ou moins un accord avec l’éloge de la mondialisation chère à Pascal Lamy qui a grandement facilité l’internationalisation de l’économie notamment lorsqu’il était directeur général de l’organisation mondiale du commerce ( aujourd’hui un peu mise entre parenthèses). Mais cette interview de Pascal Lamy mérite lecture dans la mesure où l’intéressé incarne le phénomène de globalisation connue jusque-là et qui d’après lui continuera mais avec des formes différentes.(dans la Tribune)

La vision d’un « socialiste » en fait très néolibérale, proche de celle de Macron qui fait du « business » la valeur centrale de la société en abordant de manière très anecdotique les questions sociales, environnementales et sociétales et de manière un peu légère les questions géopolitiques

Dans une longue interview accordée à La Tribune, Pascal Lamy, ancien commissaire européen pour le commerce de 1999 à 2004 et ancien directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de 2005 à 2013, analyse en profondeur les conséquences géoéconomiques et géopolitiques du choc provoqué par la guerre en Ukraine et des sanctions occidentales qui l’ont accompagnée. Pour lui, le monde n’est pas entré dans une phase de démondialisation ou de mondialisation fragmentée. « Les facteurs de globalisation sont en effet supérieurs aux facteurs de fragmentation ». Et la Russie, du point de vue du commerce international et de la globalisation, reste un « épiphénomène ». Plus que la globalisation, la Russie ou la place de la Chine, les enjeux prioritaires de l’Europe sont doubles : accélérer l’intégration de l’Union européenne et faire en sorte que l’Afrique gagne absolument son combat contre la démographie dans les vingt ans qui viennent. A ce titre, « l’Afrique est le problème numéro 1 pour l’Europe », estime-t-il.

 

Pascal Lamy a été commissaire européen pour le commerce de 1999 à 2004 et directeur général de l’Organisation mondiale du commerce du 1ᵉʳ septembre 2005 au 31 août 2013. (Crédits : DR)

LA TRIBUNE- Certains voient dans la guerre en Ukraine le début d’une « démondialisation », d’autres d’une « fragmentation de la mondialisation » avec l’émergence de blocs de pays constitués sur des considérations géopolitiques, échangeant peu ou pas du tout entre eux. Quelle est votre analyse ?

PASCAL LAMY- Après la chute du mur de Berlin en 1989 on a pu penser que la géoéconomie allait l’emporter sur  la géopolitique. Depuis la crise de 2008, nous assistons à une évolution inverse comme peuvent le laisser penser plusieurs événements comme l’arrivée de Donald Trump à la présidence américaine, le Brexit, la montée des populismes un peu partout dans le monde, la montée des tensions sino-américaines et in fine l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Avons-nous pour autant changé de paradigme au point d’affirmer que la géopolitique va dominer la géoéconomie au cours des prochaines décennies et fracturer ce monde? Je ne le crois pas. Si je reconnais qu’il y a des changements importants, je pense que les facteurs de globalisation restent, dans l’ensemble, supérieurs aux facteurs de fragmentation. Et ce, même si la tendance générale à la globalisation sera moins forte que par le passé  -c’est ce qu’on appelle la « slowbalisation »- et que la globalisation de demain aura des formes différentes de celle d’aujourd’hui. La réduction actuelle du ratio entre l’augmentation en volume du commerce international et la croissance, est un signe de ralentissement de la globalisation, pas de régression.

En quoi cette mondialisation sera-t-elle différente ?

Elle sera différente dans son développement et ses flux, lesquels ont toujours obéi aux progrès de la technologie et à la contraction du temps qu’elle permet. La technologie modifie la distance. Le temps de l’échange, qui l’a longtemps freiné, est en train de se contracter. Davantage d’ailleurs dans les services que dans les biens. La digitalisation, surtout quand on la couple à la servicification des économies, est aujourd’hui un puissant moteur d’échange international. Au cours des vingt ans qui viennent par exemple, 50 millions de médecins indiens vont entrer dans le marché global du télédiagnostic. La technologie et la servicification de l’économie continueront donc de pousser en faveur de la globalisation. En face, il y a aussi des facteurs de déglobalisation ou de réduction des interdépendances, à commencer par la rivalité sino-américaine, qui restera le fond de tableau de la géopolitique et de la géoéconomie mondiale des 50 ans qui viennent.

Janet Yellen, la secrétaire d’Etat américain au Trésor mais aussi Christine Lagarde, la patronne de la BCE, parlent de « friend-shoring », friend-sharing », et de friend-shopping », un système qui viserait à sécuriser les chaînes de production en les organisant entre pays « amis ».  Qu’en pensez-vous ?

La crise du Covid a fait apparaître la fragilité de certaines chaînes de production. On l’avait déjà vu d’ailleurs lors de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima en 2011 ou au moment d’inondations en Asie du sud-est à la fin des années 90, mais c’est la première fois qu’on observe ce phénomène de cette ampleur. Certes, il y a une partie de « reshoring », de « safe-shoring »,  un peu de « friend-shoring », versions plurielles de diverses relocalisations de la production. Mais il y a d’autres moyens de remédier à la fragilité des chaînes de production, à commencer par la diversification des approvisionnements, laquelle augmente d’ailleurs l’échange international. Si vous passez d’un fournisseur chinois, à trois fournisseurs, un chinois, un vietnamien et un bangladais, vous contribuez à la globalisation.

La modification des flux n’est-elle pas un facteur de mutation de la mondialisation ?

Certes, mais la géographie des flux a toujours changé. Quand le salaire minimum chinois augmente de 15% par an, ou si le prix du carbone passe à 100 euros, cela change la géographie des flux. Mais ce n’est pas de la déglobalisation. C’est une globalisation avec des reliefs différents. Cela dépend des secteurs, des changements des prix relatifs, des parcours de décarbonation des uns et des autres, des évolutions des réglementations

Faut-il néanmoins s’attendre à des relocalisations en Europe ?

Un peu. Pas beaucoup, parce que le coût est élevé pour les entreprises. Bien sûr qu’il y a des éléments de « reshoring » dans l’industrie. L’impression 3D, par exemple, va, dans certains secteurs, favoriser des relocalisations. Il y a également des métiers qui, au regard de l’augmentation des salaires en Chine et dans quelques années au Vietnam et au Bangladesh, préfèreront relocaliser. Mais ce n’est pas la tendance principale, ne serait-ce qu’en raison de la géographie des marchés en croissance la plus rapide, là où il faut être, et d’abord sur le pourtour du Pacifique. Quant aux éléments de « friend-shoring », il y en a. Mais cela reste marginal, car cela coûte cher. Les rabais amicaux sont rares.

La multiplication des sources d’approvisionnement ne coûte-t-elle pas cher également ?

Pas forcément. Si vous prenez les fournisseurs du sud est Asiatique, ils ont de la place pour rogner sur leurs marges d’exportateurs.

Les critères ESG se développent très fort en Europe. Ne peuvent-ils pas contribuer à relocaliser ?

Oui, cela va jouer, un temps. Mais les autres suivront, et tant mieux. Et l’amélioration de la qualité ESG des chaînes de valeur ne signifie pas toujours qu’elles vont raccourcir. C’est la globalisation qui va servir de vecteur à la normalisation de certaines chaînes de valeur sous la pression des syndicats ou des consommateurs. Cela passera par la vérification de ce qui se passe en amont du point de vue du respect des droits de l’Homme, des régimes sociaux, des contraintes environnementales, des normes sanitaires et phytosanitaires.

La guerre en Ukraine provoque une onde de choc sur l’économie mondiale, notamment en Europe. Quel est l’impact à court et long terme sur le commerce international de cette guerre et des sanctions qui l’accompagnent ?

La Russie, du point de vue du commerce international et de la globalisation, est un épiphénomène. Ce qui se passe ne chamboule pas la globalisation. L’Europe aura moins de gaz russe, mais on ira chercher du gaz américain ou qatari. Ce n’est pas une contribution à la déglobalisation. C’est juste un changement de la carte des flux. La Russie est un cas intéressant, car c’est l’économie la moins globalisée qui soit à l’exportation. Elle pratique ce que les économistes appellent le commerce « fatal ». C’est-à-dire du commerce de surplus. Qu’exportent les Russes ? Des énergies fossiles, des minerais, des combinaisons de deux, acier ou aluminium, de l’agriculture et des armes. Ce n’est donc pas une économie globalisée au sens où elle ne crée pas des interdépendances qui naissent d’une division intelligente du travail international, au sens de l’intérêt qu’ont les pays à échanger des produits qu’ils font mieux que les autres contre des produits qu’ils font moins bien. Un intérêt qui pousse d’ailleurs à la paix. Les Russes ne sont pas dans ce jeu-là. Ils exportent ce qu’ils produisent en trop et sont obligés d’exporter. Et l’Europe importe, pour un court moment encore, du gaz russe parce qu’elle en a besoin, que son transport par gazoduc est moins cher, et son empreinte carbone moins mauvaise que celle du GNL américain.

Qui de l’Europe ou de la Russie sera la plus impactée au cours des prochaines années ?

A court terme, l’Europe souffrira et devra faire preuve de solidarité. On est en train de découvrir que l’autonomie stratégique a un prix. Politiquement ce n’est pas un hasard si en Allemagne et en France, on ne dit mot sur les rationnements d’énergie qui vont arriver à l’hiver 2023/2024. A long terme, c’est évidemment la Russie, qui est en train d’être éviscérée de tout ce qui l’avait modernisée depuis 30 ans : des investissements étrangers, des transferts de technologie, du savoir-faire occidental, des cerveaux russes qui partent.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie reprend elle aussi l’idée de commercer avec des pays amis. Les dirigeants russes et chinois n’ont d’ailleurs de cesse d’étaler au grand jour leur amitié et de montrer leur volonté de coopérer étroitement à l’avenir. Ne va-t-on pas vers la constitution d’un bloc sino-chinois sachant que la Chine pourrait facilement remplacer les Européens en Russie ?

Je n’y crois pas beaucoup. Il y a un bloc chinois, américain, un bloc européen. Ce n’est pas nouveau. Je ne pense pas que la Chine aura comme politique d’aider sérieusement la Russie au risque de sanctions. L’alliance sino-russe est plutôt une alliance narrative anti occidentale qui trouve un écho important dans le monde. La Chine fera en sorte de profiter de l’évolution de la situation. Ils ont désormais une taille, une masse, un niveau de sophistication, y compris technologique, des réseaux qui en font un acteur incontournable.

Même chose pour l’Inde ?

Probablement, à leur manière, qui n’est pas la même que celle de la Chine avec laquelle ils ont des différends, y compris territoriaux. J’ai de bonnes raisons de penser qu’ils vont se distancier des Chinois, avec qui ils ont un problème de frontières. L’Inde peut rester intelligemment neutre. Sur le plan intérieur, Narendra Modi a pris un virage anti-musulmans et pro-Hindous, qui ne va pas forcément trouver un écho favorable en Asie du Sud Est. De même, je pense que même si la Chine est en train d’essayer d’intégrer la zone du sud-est asiatique sous son influence, les pays de l’Asean vont résister. On voit comment l’Asean se renforce, c’est le seul processus d’intégration régionale, avec l’Union Européenne, qui ait progressé en permanence depuis 50 ans, pour la simple raison qu’ils ne veulent pas mettre tous leurs œufs dans le panier chinois.

La Chine est-elle une menace ?

Je pense que la Chine est une menace dans certains domaines, mais aussi qu’une Chine autarcisée est plus menaçante qu’une Chine globalisée. Aux Etats-Unis, on pense l’inverse. Par ailleurs l’idée européenne, française et américaine, sous une forme différente, d’une politique indo pacifique plus musclée fait du sens.

Vous ne croyez pas une « fragmentation » de la mondialisation pour les produits manufacturés. Qu’en est-il pour l’économie digitalisée ?

Elle sera globalisée de manière différente que la « vieille » économie. Dans certains cas davantage : les business modèles sont les mêmes partout, les plateformes, les réseaux sociaux se ressemblent, prennent du pouvoir de marché partout, et posent les mêmes problèmes de concurrence et de contenus. Mais aussi moins dans d’autres car la matière première, la donnée, n’est pas idéologiquement neutre et obéit à des préférences collectives différentes en termes de protection, de circulation, de stockage, de sécurité, de contrôle politique. Des reliefs qui n’ont rien à voir avec le monde philosophiquement plat des chemises, des voitures, des smartphones. D’où des écosystèmes différents, des principes de régulation plus variés, et donc une certaine fragmentation.

En combien de blocs ?

A mon avis ce sera en trois : Etats-Unis, Europe, Chine. Qui devront aménager convergences ici et coexistence là pour garder les bénéfices de l’ouverture et des économies d’échelle tout en satisfaisant des nécessités de sécurité. Une globalisation avec des pare-feux, en quelque sorte.

La poussée du protectionnisme observée ces dernières années un peu partout dans le monde n’est-elle pas une menace pour la globalisation ?

Le passage du protectionnisme au précautionnisme reste la grande inconnue. Le protectionnisme consiste à protéger ses producteurs de la concurrence étrangère. Cela existe depuis 22 siècles et on sait, avec des quotas, des droits de douane, des subventions pourquoi et comment faire ou, de plus en plus, ne pas faire. Le précautionnisme consiste à protéger les populations de certains risques environnementaux, sanitaires, sécuritaires au moyen de normes, de régulations et de contrôles. C’est donc une tout autre approche parce que l’on crée des obstacles à l’échange international pour ceux qui veulent exporter sur plusieurs marchés qui ne viennent pas, comme dans le cas du protectionnisme, des mesures destinées à protéger les producteurs des pays importateurs, mais des différences de régulation entre les pays où l’on veut exporter. Par exemple, un exportateur rwandais de roses peut rencontrer de gros problèmes à exporter au Japon, aux Etats-Unis ou en Europe, non pas parce qu’il est confronté à des obstacles protectionnistes de la part de ces pays, mais parce que la régulation sur les pesticides est différente dans chacun de ces pays. Ce qui l’oblige à séparer trois champs pour cultiver ses roses de manière différente pour tenir compte des trois réglementations. Le précautionnisme, dont la montée est inéluctable, crée des frottements à l’échange international. Il est la manifestation de l’augmentation du prix du risque. C’est un dénivellement du champ concurrentiel. Si on regarde par exemple où l’on peut ouvrir davantage l’échange transatlantique, ce n’est pas dans les droits de douane, sauf de manière marginale dans l’agriculture, c’est dans le domaine réglementaire, les normes, les standards, les modes de certification. D’ailleurs, où constate-t-on la montée la plus rapide  de l’influence chinoise ? C’est dans les organismes de standardisation internationale.

Une éventuelle réélection de Donald Trump serait-il un coup frein à la globalisation ?

Non. Parce que l’expérience Trump a beaucoup vacciné. Un échec annoncé. Aujourd’hui avec l’inflation, les Américains se rendent compte qu’il faut retirer les droits de douane, lesquels ont fait augmenter les prix d’un certain nombre de biens de consommation de 30%. La leçon de Trump, c’est l’échec le plus complet du protectionnisme le plus brutal et le plus inculte, consistant à penser que les droits de douane sont payés par l’exportateur. Non, ils le sont par le consommateur. Les Républicains et Démocrates partagent le même point de vue. Certes, ils veulent découpler l’économie européenne de l’économie chinoise dans les secteurs de la Tech. Mais ça, ce n’est pas d’abord une affaire de politique commerciale mais plutôt de politique industrielle, de recherche, d’innovation de formation, de qualité des systèmes sociaux.

La transition écologique peut-elle influencer la carte de la globalisation ?

La transition écologique, en ce qu’elle modifie les prix relatifs, va bien sûr affecter la carte de la globalisation, mais ce sera toujours de la globalisation. S’il y a un facteur qui résume les évolutions, c’est le « repricing », la réévaluation du risque, et d’abord du risque le plus menaçant, le risque environnemental. Mais qui est perçu de manière très différente entre L’Europe et la Chine d’un côté et les Etats Unis de l’autre. D’où un autre risque de frottements.

Quand on sait qu’une grande partie des métaux stratégiques ou du raffinage sont en Chine ou en Russie, n’y a-t-il pas un risque sur la transition écologique des pays occidentaux ?

Il peut y avoir des raisons de la freiner à court terme, mais aussi de bonnes raisons de l’accélérer. On le voit bien avec l’impact de l’invasion de l’Ukraine sur le système énergétique européen. Une partie des pays se tournent vers le charbon tandis que d’autres veulent accélérer le développement des énergies renouvelables. L’un dans l’autre, le résultat va être une accélération de la décarbonation de l’énergie européenne. En matière agricole, cela est un peu différent. Des pressions s’exercent à Bruxelles pour alléger à moyen long terme les contraintes environnementales qui vont s’appliquer à notre système agroalimentaire auxquelles il serait infondé de céder, de mon point de vue. Je n’assimile pas, contrairement à d’autres opinions, la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire.

Quelle sera la place de l’Europe demain ?

Avant l’invasion de l’Ukraine, je pensais qu’elle était entrée dans une nouvelle phase d’intégration dynamique autour du « pacte vert », de l’autonomie stratégique, du rattrapage digital. Depuis, j’en suis moins sûr parce que cette guerre est arrivée trop tôt du point de vue de de l’Europe de la défense. Poutine nous a inévitablement jetés dans les bras américains de l’OTAN et les Américains ont jeté Poutine dans ceux des Chinois. Les dés roulent. Et je ne sais pas très bien de quel côté ils vont tomber.

Certains observateurs disent pourtant que la crise, dans la capacité qu’ont eu les pays membres à pratiquer des sanctions communes à l’égard de la Russie, a renforcé l’Europe.

Ce n’est pas faux, à court terme. Il y a eu trois grandes étapes d’intégration européenne ces derniers temps, qui ont toujours résulté de crises extérieures auxquelles l’Union européenne a réagi en faisant riper l’ancre allemande : En 2008, où nous n’avons pas tenu compte du traité de Maastricht, pendant la crise du Covid avec un endettement commun, et aujourd’hui avec les sanctions contre la Russie et la décision de financer l’envoi d’armes à l’Ukraine au niveau européen.

Pour autant, cinq mois après le début de la guerre, je crois qu’il serait prématuré de considérer que la guerre en Ukraine a renforcé l’Europe. Je suis mal à l’aise quand j’entends à Washington, Londres, Pékin, Moscou, présenter ce conflit comme une affaire entre l’Ouest et le reste du monde qui considère, lui, que cette guerre n’est pas son affaire. Ce n’est pas bon signe, y compris pour l’Europe, dont j’ai toujours pensé qu’elle devait avoir son individualité. On fait partie du monde libre et c’est très bien. Mais quand j’entends certains responsables britanniques affirmer que le G7 c’est l’OTAN de l’économie, je me souviens de Trump au G7 et je frémis pour l’union des européens.

Plus que l’Occident contre le reste du monde, n’est-ce pas davantage les démocraties contre les régimes autoritaires ?

Non. Pour moi, l’Inde est une démocratie acceptable et elle n’est pas de notre côté, tandis que Singapour, qui n’en est pas une, est avec nous.

Que doit donc faire l’Europe ?

Accélérer son intégration tous azimuts. En 2050, l’UE comportera 35 membres.

Même si la dernière grande phase d’élargissement de l’Europe aux pays de l’Est en 2004 n’a pas été une réussite.

Le désir à l’époque était tellement fort, c’était impossible de faire autrement. Cela a conduit à certains raccourcis dans notre pensée de l’Europe centrale et orientale dont, on est en train de payer le prix maintenant. Pour autant, je ne suis pas d’accord pour dire que l’élargissement était précipité. Ces pays sont entrés dans l’UE une quinzaine d’années après la chute du mur de Berlin en 1989. Je rappelle que l’Espagne et le Portugal ont attendu douze ans après la fin de la dictature. A cette aune, une adhésion de l’Ukraine en dix ans serait une performance !

Pour vous l’entrée de l’Ukraine dans l’UE est donc une certitude  ?

Une forte probabilité, quand elle sera reconstruite. On est en train d’organiser deux parcours parallèles qui sont le parcours d’ajustement de l’Ukraine aux normes européennes et le parcours de reconstruction de ce pays. Reste à trouver les 500 milliards nécessaires, une addition qui va sans doute augmenter dans les mois qui viennent. L’invasion russe a rendu inévitable l’accession de l’Ukraine à l’UE, mais pas forcément à l’OTAN dans le même temps.

J’ai bien connu l’Ukraine. J’ai travaillé pour l’aider à faire entrer dans l’OMC un pays gangréné par la corruption à l’époque. Je découvre aujourd’hui un pays différent, avec une armée qui a été formée pendant 10 ans par l’OTAN. Cela n’a pas échappé aux Russes. Le fait que l’UE ait commencé, récemment il est vrai, à réfléchir à son indépendance énergétique à l’égard de la Russie et que l’Ukraine se soit renforcée a pu jouer dans la décision de lancer l’invasion le 24 février dernier.

Quand on voit les différentes oppositions entre la Commission européenne et la Pologne et la Hongrie, ou encore les liens étroits de Varsovie avec Washington qui se traduit souvent par des contrats industriels passés aux entreprises américaines plutôt qu’européennes, notamment dans la défense, ces deux pays ne sont-ils pas opposés à l’intégration européenne ?

Ces deux pays ne sont pas du tout opposés à l’intégration européenne. Ils la souhaitent, mais à leur manière, avec une idéologie politique qui n’est pas en ligne avec les règles européennes et de manière plus prononcée en Hongrie qu’en Pologne. L’illibéralisme est allé plus loin en Hongrie. Donald Tusk a une chance de gagner les prochaines élections en Pologne. Et puis, Vladimir Poutine a fait de la Pologne une telle priorité géopolitique aujourd’hui qu’on ne peut plus raisonner tout à fait de la même manière. Les conséquences du choc de l’invasion de l’Ukraine obligent à réviser la carte géopolitique de l’Europe. Les pays d’Europe Centrale et Orientale vont peser davantage dans l’espace européen.

Beaucoup en Pologne pensent que les Etats-Unis les protégeront en cas d’attaque russe. Partagez-vous cette analyse ?

Probable, oui, et les européens aussi, s’ils parviennent à s’organiser pour cela.

Craignez-vous une accentuation de la fracture Nord-Sud ?

L’augmentation de la fracture Nord-Sud est un phénomène qui m’inquiète davantage que la déglobalisation. L’apartheid vaccinal COVID que nous avons laissé s’installer aura laissé des traces durables dans le monde en développement et notamment en Afrique. La COP de Glasgow a également endommagé les relations Nord-Sud puisque le Nord a demandé au Sud de sortir rapidement des énergies fossiles sans s’engager vraiment à soutenir les investissements nécessaires. Une bonne partie de ces frustrations nourrit la réaction, qui a pu nous étonner, de beaucoup de pays à l’invasion de l’Ukraine. Pour l’Europe, l’Afrique est le problème numéro 1. Je conçois que les Etats-Unis et la Chine sont des questions géopolitiques et géoéconomiques importantes pour l’Europe, mais la vérité, dans la vie de tous les jours, est que si l’Afrique ne gagne pas la course de l’économie contre la démographie dans les vingt ans à venir, nous aurons un gros problème.

Peut-on envisager un changement du système monétaire international ?

Je ne crois pas à une modification à court terme du système monétaire international. On peut mesurer les forces respectives des monnaies par la facturation, ou leur part dans les réserves des banques centrales, mais la mesure ultime, c’est le stock d’actifs disponibles pour les investisseurs. Et ce n’est pas demain la veille que les stocks en euros ou en yuans vont dépasser les stocks en dollars. Le vrai facteur limitant, il est là. Tant que les Chinois n’auront pas changé de position sur le fait qu’un change ouvert, c’est bon pour l’économie, cela ne changera pas. C’est d’ailleurs curieux qu’on puisse être membre du FMI et ne pas avoir un change ouvert. Mais c’est le cas.

Dans les pays occidentaux, en Europe et France notamment, il y a une certaine remise en cause de la mondialisation par une partie de la population, pensez-vous qu’elle peut encore de l’ampleur ?

J’ai toujours pensé et dit que la mondialisation est à la fois efficace et douloureuse je crois aujourd’hui que et que la démondialisation est inefficace et douloureuse. Il y a eu une période où les antimondialistes disaient que la globalisation serait nuisible pour les pays en développement. La réalité a démontré le contraire. L’impact pour les pays développés a été inégal, mais d’autant plus ressenti négativement que les systèmes sociaux ont moins bien pris en charge l’insécurité sociale des changements rapides dans l’emploi qui sont intervenus, et qui proviennent pour à 85% de la technologie, et à 15% de la globalisation. Et ces 15% ont mordu dans les pays où les systèmes sociaux étaient les plus médiocres comme aux Etats-Unis et en partie en Angleterre, qui après la crise de 2008 a subi un programme d’austérité nettement plus sévère que sur le continent. D’où le Brexit, ou l’élection de Trump. Il y a effectivement une partie de l’opinion occidentale qui considère que la globalisation est négative pour l’emploi, mais ce n’est pas le cas partout. Ce n’est pas le cas dans les petits pays, un peu en France, pas beaucoup en Allemagne, ni en Italie ni en Espagne.

Comment l’expliquez-vous en France ?

La France a toujours été une exception, un angle mort du commerce international. C’est l’une de nos constantes culturelles. Il y a eu seulement une brève période de vrai libéralisme économique et commercial en France, sous Napoléon III. Avant il y avait Colbert, après il y a eu Méline. L’une des raisons pour lesquelles les Anglais sont restés libres échangistes et les Français sont devenus protectionnistes, tient à la structure foncière. En Angleterre, de grands domaines agricoles ont été conservés. Quand le prix du blé s’est effondré sur le commerce transatlantique au 19ème siècle, l’État a refusé de mettre des droits de douane pour éviter de faire monter le prix du pain et protéger les pauvres. Cette décision allait à l’encontre des landlords. En France, parce que la révolution française avait morcelé les propriétés foncières, il fallait bien protéger les petits paysans et pour éviter qu’ils soient en difficulté, l’Etat a mis des droits de douane. Dans nos mentalités collectives, la terre fermée compte plus que la mer ouverte.

Les résultats du RN et de LFI montrent que le discours anti-mondialisation a une forte résonance en France

Si on regarde les sondages en France, l’opinion est à près de 60% en faveur de la globalisation. Mais chez LFI et RN, 80% sont contre. C’est très polarisé. De mon point de vue, les économies ouvertes se développent mieux que les économies fermées. Mais je n’ai jamais été un inconditionnel de l’ouverture des échanges. Il y a simplement beaucoup plus de cas où cela donne de bons résultats que l’inverse. Mais c’est l’un parmi beaucoup d’autres instruments de politiques publiques destinées à améliorer la croissance et la qualité de vie et à réduire les inégalités. Si l’on compare les réussites et les échecs des pays dans le monde depuis cinquante ans, l’ouverture des échanges compte, mais l’éducation, la formation, le niveau des connaissances, l’innovation, la cohésion sociale, viennent loin devant.

L’Afrique manipulée par la Russie

L’Afrique manipulée par la Russie

 
Un papier du Monde évoque la modification du climat qui règne dans les relations entre certains pays africains et la France. Il évoque notamment l’intervention croissante de la Russie dans les pays les plus fragiles du point de vue démocratique.Des pays qui ne sont pas indifférents au régime politique russe qui permet de substituer à la démocratie un régime de terreur où les oligarques peuvent en toute tranquillité se partager les richesses.

Emmanuel Macron n’a pas attendu son voyage au Cameroun, au Bénin et en Guinée-Bissau, qui s’achève jeudi 28 juillet, pour faire du « renouvellement » des relations entre la France et l’Afrique l’un des credo de sa politique étrangère. Le chef de l’Etat s’est engagé dans cette voie dès le début de son premier mandat, alors que la France s’employait militairement au Mali dans la lutte contre le terrorisme.

Cette visite, la première en dehors d’Europe depuis sa réélection, vise à montrer que l’influence de la France n’entend pas se limiter au Sahel et que l’Afrique centrale se situe également au cœur de sa stratégie. Il s’agit de valider l’approche choisie par Emmanuel Macron, quitte à en tester les limites.

D’une certaine façon, ce voyage devait permettre de tourner la page de l’intervention au Mali – le retrait sera Des pays qui ne sont pas non indifférents au modèle politique russe qui substitue à la démocratie un régime de dictature ou les oligarques peuvent se partager en toute tranquillité les richesses localesdéfinitif d’ici à la fin de l’été – pour se projeter sur la vision que le chef de l’Etat cherche désormais à promouvoir : les échanges économiques et le dialogue avec la société civile (souvent bâillonnée dans ces pays) viennent compléter les coopérations militaires et politiques avec des dirigeants qui s’accrochent au pouvoir. Le tout est accompagné par un travail indispensable sur le passé colonial ou postcolonial, par le biais d’initiatives mémorielles au long cours. Celle lancée mardi au Cameroun fait écho aux efforts du même type déployés, pendant le premier mandat, concernant l’Algérie et le génocide des Tutsi au Rwanda.

En cinq ans, le contexte a beaucoup évolué, souvent au détriment de l’influence française. S’il était partisan de réduire la présence française au Mali, M. Macron a dû le faire sous la contrainte, après le double putsch militaire qui a suspendu la transition démocratique dans ce pays du Sahel en proie à une rébellion djihadiste toujours menaçante. La junte a rompu avec la France après l’arrivée à Bamako de mercenaires russes déployés par le Groupe Wagner. En un mot, la Russie a pris pied sur ce territoire, attisant un sentiment antifrançais de plus en plus fort.

En dépit de la fin de l’opération « Barkhane », lancée par son prédécesseur, François Hollande, la France va maintenir dans la région quelque 2 500 soldats, dans les Etats qui restent sous la menace terroriste. Le Niger devrait devenir la tête de pont du dispositif français dans le Sahel, tandis que Paris redéfinit les termes de son engagement antiterroriste : un appui aux pays qui le demandent sur le plan du renseignement, des équipements et de la formation, mais plus de déploiements spectaculaires de troupes, sauf opération spéciale ponctuelle. C’est du moins ce que le chef de l’Etat a proposé à son homologue béninois, Patrice Talon, mercredi, lors d’un rapide passage à Cotonou.

Cependant, la guerre en Ukraine est venue compliquer encore la donne. Car une bonne partie du continent, à commencer par les partenaires les plus anciens de Paris, comme le Cameroun ou le Sénégal, n’entend pas choisir son camp entre la Russie et les Occidentaux. Ces pays souffrent d’ores et déjà des conséquences du conflit engagé par Vladimir Poutine, mais ne veulent pas rompre les liens tissés du temps de la guerre froide, ou après l’éclatement de l’Union soviétique. Une relation que Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, est venu consolider cette semaine en effectuant lui aussi une tournée sur le continent.

M. Macron l’a bien compris : à Cotonou, mercredi, comme la veille à Yaoundé, il a multiplié les mises en garde à ses partenaires africains contre la « guerre mondiale hybride » menée par la Russie, qu’il a qualifiée de « dernière puissance coloniale ». Le constat est sans doute lucide. Le discours sera-t-il entendu ? Les moyens déployés par la France suffiront-ils à inverser la tendance ? Il est permis d’en douter.

Croissance mondiale : Nouvelle révision en baisse par le FMI

 

 

Croissance mondiale : Nouvelle révision en baisse par le FMI

L’économie internationale s’approche dangereusement d’une récession selon le FMI.  Dans la dernière mise à jour de ses perspectives mondiales dévoilées ce mardi 26 juillet, le FMI a révisé à la baisse ses chiffres de croissance du PIB mondial pour 2022 à 3,2% contre 3,6% en avril dernier (-0,4 point). Pour 2023, l’activité devrait accélérer à 2,9% contre 3,6% auparavant (-0,7 point).

« Il se peut que nous soyons à la veille d’une récession mondiale deux ans seulement après la dernière », a averti l’économiste en chef de l’institution Pierre-Olivier Gourinchas lors d’un point presse. « Les principales économies au monde connaissent un fort ralentissement », a ajouté l’économiste français.

Aux  Etats-Uni, la  croissance de l’activité pourrait ainsi passer de 5,7% en 2021 à 2,3% en 2022 et à 1% en 2023. Pour 2022 (-1,4%) et 2023 (-1,3%), il s’agit de la plus grande révision à la baisse du Fonds par rapport aux projections du printemps dernier.

En Chine, le  FMI table sur une hausse du PIB de 3,3% en 2022 (-1,1% par rapport à avril) et 4,6% en 2023 (-0,5% par rapport à avril). Le premier semestre 2022 a été marqué par de nombreuses mesures de restrictions anti-Covid en Chine qui ont fortement perturbé l’activité notamment manufacturière du pays, et par ricochet, l’activité mondiale. Une nouvelle flambée épidémique, accompagnée de la politique zéro-Covid du gouvernement chinois, pourrait provoquer un enlisement du ralentissement économique en Chine, entraînant « d’importantes répercussions à l’échelle mondiale », selon le FMI qui évoque aussi un risque lié à la crise du secteur immobilier chinois.

 En Russie, la guerre a précipité l’économie vers une récession brutale estimée à – 6% cette année. et les effets devraient se faire sentir plus que prévu en 2023, année pour laquelle le FMI anticipe une récession de l’économie russe de 3,5%, soit 1,2 point de moins que ses prévisions précédentes.

 En Europe ,  après avoir bondi à 5,4% en 2021, la croissance du PIB pourrait augmenter de 2,6% cette année contre 2,8% au printemps. Surtout, l’institution basée à Washington a revu fortement ses chiffres pour 2023 à seulement 1,2% contre 2,3% en avril (-1,1%).

En Allemagne, la croissance du PIB pourrait ainsi passer de 2,9% en 2021 à 1,2% en 2022 et 0,8% en 2023. Dans le contexte du conflit en Ukraine, le FMI a brutalement révisé ses chiffres pour 2022 (-0,9%) et 2023 (-1,9%). L’industrie allemande, fortement dépendante du gaz russe, traverse une violente zone de turbulences depuis le printemps. A cela s’ajoutent les difficultés d’approvisionnement en provenance de Chine et d’Asie. Compte tenu du poids de l’industrie dans l’économie outre-Rhin, l’activité globale est fortement pénalisée.

En France, la croissance pourrait bien retomber à 2,3% en 2022 contre 2,9% prévu au printemps. Après un fort rebond à 6,8% en 2021, les moteurs de l’activité s’essoufflent dans l’Hexagone. La consommation des ménages a reculé au premier trimestre, plombée par les effets de l’inflation.

En Italie, Après une croissance à 6,6% en 2021, l’activité devrait freiner à 3% en 2022 et 0,7% en 2023. La récente démission du président du Conseil, Mario Draghi, après plusieurs revers au Parlement risque de déstabiliser la situation politique à Rome, alors que de nouvelles élections sont prévues à l’automne.

Le récent durcissement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) a ravivé le souvenir de la crise des dettes souveraines en 2012, en zone euro, où l’Italie avait particulièrement souffert. Quant à l’Espagne, la croissance devrait également s’essouffler en passant de 5,1% en 2021 à 4% en 2022 et 2% en 2023. La fin de l’année s’annonce particulièrement difficile sur le Vieux continent.

12345...63



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol