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États-Unis :un plan anti-inflation et de transition écologique

États-Unis :un  plan anti-inflation et de transition écologique

 

Le professeur Robert Bell, Brooklyn College, City University de New-York,  explique dans une tribune au « Monde », pourquoi selon lui la loi votée au mois d’août aux Etats-Unis révolutionne l’approche de la lutte contre le réchauffement climatique.

 

Bien que l’existence d’une crise climatique soit de plus en plus reconnue, les solutions largement débattues pour y faire face – taxes sur le carbone et marché du carbone – n’ont tout simplement pas réussi à s’imposer à une échelle permettant de résoudre le problème.

L’Inflation Reduction Act (IRA), la loi sur la réduction de l’inflation signée par le président américain Joe Biden le 16 août, promeut une transformation verte selon une approche totalement inverse à celles qui ont échoué. Si cette approche était suivie par d’autres pays, le monde pourrait peut-être échapper au pire du réchauffement climatique ! Voici pourquoi.

Premièrement, cette loi est votée… alors que le marché carbone et la taxe sur le carbone n’ont jamais été adoptés au niveau national aux Etats-Unis. Certes elle est passée de justesse au Sénat, 51 voix contre 50, le 7 août. Mais le vote de la Chambre des représentants, le 12 août, était couru d’avance.

En signant la loi quatre jours plus tard, Joe Biden a lancé le plus gros investissement dans la transformation verte de l’histoire des Etats-Unis : 369 milliards de dollars sur dix ans, soit suffisamment longtemps pour rendre la transformation énergétique irréversible. Les chercheurs de Princeton ont estimé que cette somme d’argent fédéral engendrerait 3 500 milliards de dollars (environ autant en euros) d’investissements dans les infrastructures énergétiques d’ici à 2032 (« Preliminary Report : The Climate and Energy Impact of the Inflation Reduction Act of 2022 », août 2022, Princeton University Zero Lab).

États-Unis : risque de récession

États-Unis : risque de récession

 

Il y a «un risque» de récession aux États-Unis en raison des mesures prises pour ralentir l’inflation, qui vont nécessairement peser sur l’activité économique, mais il est possible d’y échapper, a déclaré dimanche 11 septembre la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen.

Il y a forcément un risque de récession au États-Unis du fait  d’une remontée trop brutale des taux d’intérêt. Le problème étend que les banques centrales procèdent à des relèvements nouveaux sans avoir tenu compte des conséquences  des hausses précédentes sur la croissance. Bref, les banques centrales naviguent à vue avec le danger potentiel de la récession . 

Une récession aux États-Unis est «un risque lorsque la Fed, la banque centrale américaine, resserre sa politique monétaire face à l’inflation», a confirmé  la ministre de l’Économie et des Finances de Joe Biden, sur la chaîne CNN. «C’est donc évidemment un risque que nous surveillons, a-t-elle ajouté, mais nous avons un marché du travail solide, et je cEt ailleurs, il y a forcément un risque de récession au États-Unis du faîte d’une remontée trop brutale des taux d’intérêt. Le problème étend que les banques centrales procèdent à des relèvements nouveaux sans avoir tenu compte des ces faits des hausses précédentes sur la voie sans. Bref, les banques centrales naviguent à vue avec le danger potentiel de la récession NDLRrois qu’il est possible de le maintenir ainsi».

Face à une inflation qui avait atteint en juin son plus haut niveau en 40 ans, avant de ralentir un peu en juillet (8,5%), la banque centrale relève progressivement ses taux directeurs, afin de ralentir l’activité économique et desserrer la pression sur les prix.

Ces taux directeurs donnent le ton aux banques commerciales pour les taux d’intérêt des prêts qu’elles proposent à leurs clients particuliers et entreprises. Des taux plus élevés réduisent donc mécaniquement la consommation et l’investissement. «L’inflation est beaucoup trop élevée et il est essentiel de la réduire», a martelé Janet Yellen.

La Fed espère un «atterrissage en douceur», c’est-à-dire ramener l’inflation à son objectif de 2%, sans faire plonger l’économie dans la récession, ce qui provoquerait une poussée du chômage. «Je crois qu’il y a un chemin pour y parvenir. À plus long terme, nous ne pouvons pas avoir un marché du travail solide sans une inflation sous contrôle», a déclaré la ministre.

Alors que le PIB de la première économie du monde s’est contracté aux deux premiers trimestres de 2022, ce qui correspond à la définition classique de la récession, elle a de nouveau affirmé que ce n’était pas le cas. «Nous ne sommes pas en récession. Le marché du travail est exceptionnellement vigoureux. (…) Il y a près de deux postes vacants pour chaque travailleur à la recherche d’un emploi», a assuré Janet Yellen.

Le marché de l’emploi reste en effet très tendu avec une importante pénurie de main-d’œuvre. Le taux de chômage a cependant augmenté un peu en août, à 3,7%, notamment car le taux de participation a augmenté, signe que de nombreux travailleurs restés sur le côté de la route à cause du Covid, reviennent sur le marché.

Contre l’inflation aux Etats-Unis : Une politique efficace ?

Contre l’inflation aux Etats-Unis : Une politique efficace ?

Dans sa chronique, Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, constate que les Américains, contrairement aux Européens, ont engagé plus vite la lutte contre l’inflation. Avec un début de succès.

 

Un article intéressant mais qui passe cependant sous silence le faite que les États-Unis sont autosuffisants en matière d’énergie, ce qui structurellement n’est pas sans incidence sur l’inflation NDLR

 

En finance, la règle fondamentale est de regarder devant et de ne pas atermoyer. C’est aussi ce qu’il convient de faire sur le front de l’inflation. Et l’évidence s’impose : les Américains font le job. Certes, il y eut beaucoup d’erreurs : d’abord, la Fed, la banque centrale, a cru que l’inflation n’était que passagère et a attendu le mois de mars pour commencer à relever ses taux. Surtout, Joe Biden a jeté de l’essence sur le feu avec son plan de relance inutile de mars 2021, alors que l’économie rebondissait. Mais, depuis, chacun fait son travail. La Fed, qui n’avait jamais sombré dans l’absurdité européenne des taux négatifs, a fait passer ses taux à court terme de zéro à 2,25 % en quelques mois.

Le gouvernement fédéral serre la vis budgétaire, à la différence des Européens, qui multiplient les mesures de soutien au pouvoir d’achat de leur population, et le déficit public est en chute libre. Il devrait baisser à 4 % du produit intérieur brut pour l’exercice clos en septembre 2022, après 15 % en 2020 (sous la présidence Trump) et 12,4 % en 2021 (sous Biden). Ce reflux massif s’explique par la fin des aides liées au Covid-19 et les bonnes rentrées fiscales dues à l’envolée de Wall Street. Joe Biden se vante de son orthodoxie : le propos peut faire sourire, cette vertu s’expliquant en partie par son incapacité à faire adopter des plans d’investissement et sociaux aussi massifs qu’espérés. Il n’empêche, la Fed et le Trésor mènent de facto une politique concertée, rude budgétairement, moins stricte monétairement, qui devrait porter ses fruits.

L’administration Biden tente de mettre fin aux goulets qui entravent l’économie, avec des subventions massives à l’industrie des microprocesseurs, l’augmentation du trafic dans les ports californiens et les aides aux infrastructures. La Fed ne se ment pas en prétendant que l’inflation est uniquement due à des problèmes d’offre ou d’inflation importée contre laquelle la hausse des taux serait impuissante – une étude réalisée par quatre économistes de la Fed de New York, d’Harvard et de l’université de Maryland montre que l’inflation aurait été, fin 2021, de 6 % au lieu de 9 % sans les goulots d’étranglement, ce qui laisse quand même une contribution de 60 % à la demande excessive.

 

Résultat, l’inflation aux Etats-Unis semble avoir atteint son pic cet été, avec une hausse des prix annuelle retombée de 9,1 % en juin à 8,5 % en juillet. Le prix du gallon d’essence, qui avait dépassé les 5 dollars (5 euros) au printemps, a reflué autour de 3,80 dollars, et quand l’automobiliste va, tout va.

Microprocesseurs : L’Europe marginalisée par les États-Unis?

 Microprocesseurs : L’Europe marginalisée par les États-Unis ?

Un papier de la Tribune souligne  grande faiblesse industrielle de l’Europe dans la bataille pour la souveraineté dans les microprocesseurs. Dans les faits, les États-Unis ont gardé la haute main sur les logiciels de conception, la technologie substrat, et surtout sur les machines de fabrication. Et la bataille se joue en Asie où les Etats-Unis organisent début septembre un « Chip 4 » avec le Japon, Taïwan et la Corée du Sud, pour faire face à la montée des tensions avec la Chine.

Aux Etats-Unis, Joe Biden vient de signer le « Chips and Science Act », qui vise à relancer la production des semi-conducteurs aux Etats-Unis à partir d’une première enveloppe de 52,7 milliards de dollars (51,7 milliards d’euros) de subventions.

Dans le jargon des communicants, c’est ce qu’on appelle un « effet d’annonce ». Début juillet, Emmanuel Macron se rendait à Crolles dans l’Isère, peu de temps après le sommet « Choose France », réunissant des investisseurs internationaux à Versailles. L’occasion pour le président français d’annoncer au grand public une nouvelle extension de l’usine de puces électroniques de STMicroelectronics présente dans l’agglomération grenobloise. Ce nouveau projet (qui correspond à un investissement total de 5,7 milliards d’euros, constitué en partie par des fonds publics) est en fait porté par le groupe franco-italien ST et l’Américain GlobalFoundries et vise à fournir à l’industrie automobile européenne les puces qui lui sont désormais nécessaires sur le marché des voitures « intelligentes » et électriques.

Inflation États-Unis : tassement du rythme

Inflation États-Unis : tassement du rythme

 

L’indice des prix à la consommation (CPI) a stagné le mois dernier après une hausse de 1,3% en juin par rapport à mai, a annoncé ce mercredi le département du Travail. Sur un an, il affiche un bond de 8,5%, après +9,1% le mois précédent.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient un ralentissement moins marqué, avec en moyenne une augmentation de 0,2% d’un mois sur l’autre et de 8,7% en rythme annuel. Il s’agit de la plus forte décélération de l’inflation d’un mois sur l’autre depuis 1973.

La tendance s’explique d’abord par la baisse d’environ 20% des prix de l’essence. Les prix à la pompe se sont envolés au premier semestre en raison de la guerre en Ukraine, atteignant un niveau record à plus de 5 dollars le gallon (un gallon = 3,78 litres environ) à la mi-juin, selon l’association d’automobilistes AAA.

La montée en flèche des prix ces derniers mois s’explique également par le blocage des chaînes d’approvisionnement mondiales et les mesures de relance massives prises par le gouvernement au début de la pandémie de COVID-19.

L’indice d’inflation de base (« core CPI »), qui exclut l’énergie et les produits alimentaires, a lui augmenté de 0,3% le mois dernier et sur un an, il est en hausse de 5,9%, comme en juin. Le consensus le donnait en hausse de 0,5% d’un mois sur l’autre et de 6,1% en rythme annuel.

« Avec un indice CPI à 8,5% et une inflation de base à 5,9%, ce n’est pas encore la baisse significative que la Fed recherche. Mais c’est un début et nous nous attendons à voir des signes plus importants de réduction des pressions sur les prix au cours des prochains mois », a déclaré Paul Ashworth, économiste en chef chez Capital Economics.

 

 

La « Grande Démission »aux Etats-Unis

La « Grande Démission »aux Etats-Unis

Le chiffre des démissions  a atteint un plus haut historique dans les annales du département de l’Emploi. En août, 4,3 millions de personnes ont démissionné de leur poste aux Etats-Unis, faisant grimper le taux de turn-over parmi la population employée à 2,9 %. Un taux un demi-point au-dessus de son niveau d’avant-pandémie, et qui a bondi beaucoup plus rapidement que lors de la sortie de crise précédente. Papier de la Tribune (extrait)

Le phénomène donne déjà lieu à une formule : « The Great Resignation » - La Grande Démission. Elle illustre ce que beaucoup perçoivent déjà comme un tournant majeur dans le monde du travail : des salariés qui, avec la pandémie, ont modifié leur rapport au travail.

Les témoignages abondent dans la tech, mais pas seulement. A New York, un banquier se souvient d’une semaine où six salariés ont démissionné en deux jours : deux pour reprendre des études, un pour aller chez un concurrent, un autre pour changer de secteur… Dans une étude interne, 5 % de ses équipes disent envisager un changement de vie professionnelle, contre à peine 1 % avant la crise. Toujours sur la côte Est, une entreprise pharmaceutique doit proposer 100.000 dollars annuels pour espérer attirer un profil de technicien qualifié, bien au-delà de ce qui se faisait il y a encore deux ans.

Plusieurs phénomènes se conjuguent et s’amplifient. Avec la pandémie, la population adulte (plus de seize ans) hors du marché du travail (ni en emploi, ni en recherche d’emploi) aux Etats-Unis a gonflé de 5 millions de personnes, à 100 millions (sur 330 millions d’habitants). Et le plus surprenant est que ce chiffre est resté stable depuis l’été 2020 , malgré la forte reprise et les mois de croissance de l’économie américaine.

A l’examen, ce sont surtout les jeunes et les plus âgés qui sont sortis du marché du travail. Les premiers pour, peut-être, reprendre des études, les seconds pour partir… en retraite. Les aides aux ménages sous forme de chèques ont pu donner de l’air à ceux qui voulaient faire une pause. Les performances de la Bourse ont aussi permis à certains de gonfler leur patrimoine. Selon une étude de la Réserve fédérale de Saint-Louis (Missouri), ils sont ainsi plus de 3 millions à avoir anticipé leur départ en retraite.

Cela amplifie un problème structurel ancien aux Etats-Unis : le taux de participation au marché du travail (ceux en emploi ou en cherchant un) a chuté de près de 2 points en dix-huit mois, à 61,6 %, en septembre. Et les crises créent des effets de palier : le taux de participation était de 66 % aux Etats-Unis avant la « Grande Récession » de 2008…

Cette sortie d’actifs, conjuguée à la reprise et au changement de nature de certains postes, crée des pénuries qui accélèrent le flux des démissions. Car la loi de l’offre et de la demande est particulièrement élastique aux Etats-Unis : les employeurs peuvent licencier sans préavis leurs salariés… qui peuvent aussi les quitter d’un jour à l’autre.

Sur les routes de Pennsylvanie, les offres d’emploi s’affichent en grand sur les panneaux publicitaires. RHI Magnesita, un industriel de York, offre même 3.000 dollars de bonus à l’embauche. Et beaucoup de grandes chaînes ont relevé leur salaire minimum à 15 dollars de l’heure, contre parfois 10 à 12 dollars précédemment.

De quoi motiver des démissions en masse dans les métiers de services mal payés, qui connaissent des taux de démission record : 6,8 % dans l’hôtellerie et l’alimentation. La vente de détail a elle aussi connu en août un taux de départ plus élevé que la moyenne. Le taux de démission dans la finance ou l’immobilier reste finalement beaucoup plus limité, à 1,3 % en août selon les statistiques du BLS . Par régions, c’est dans le sud et le Midwest que les taux de départ sont les plus élevés.

Le mouvement pourrait se tempérer avec la hausse des salaires intervenue ces derniers mois. Le niveau des bas salaires a bondi de 6 % au troisième trimestre, selon Goldman Sachs, après une hausse déjà forte le trimestre précédent. La fin des aides exceptionnelles aux demandeurs d’emploi, la réouverture des écoles en présentiel et une croissance plus limitée devaient détendre le marché du travail cet automne. Des prévisions qui restent à confirmer.

 

Inflation : toujours plus haut aux États-Unis

Inflation : toujours plus haut aux États-Unis…et en France

Toujours plus haut pour l’inflation aux États-Unis. Conséquence,  il faudra s’attendre un relèvement encore plus important des taux par la FED. En France, la tendance à la hausse est également confirmée avec près de 6 % sur un an en juin, (+5.8%). Et la banque centrale européenne sera bien contrainte, elle aussi, de procéder à une hausse des taux notamment pour éviter un nouvel affaiblissement de l’Euro.

L’augmentation des prix à la consommation a encore accéléré en juin, de 9,1% contre 8,6% en mai, et se trouve désormais au plus haut depuis novembre 1981. Sur un mois, la hausse des prix s’élève à 1,3%, contre 1,0% en main, selon l’indice des prix à la consommation (CPI) publié mercredi par le département du Travail.

La hausse est supérieure aux attentes des économistes interrogés par Reuters qui s’attendaient à une augmentation de 8,8% et de 1,1% sur l’année un mois pour juin. Dans la foulée, les Bourses européennes vacillent après l’inflation américaine: Paris, Francfort et Milan perdent autour de 2%.

Cette progression de grande ampleur pourrait inciter la banque centrale américaine (Réserve fédérale, Fed) à relever davantage ses taux directeurs après les avoir déjà rehaussés de trois quarts de points de pourcentage en juin, sa plus forte augmentation depuis 1994. Selon l’Agence américaine de l’Energie (EIA), le prix moyen de l’essence aux Etats-Unis a dépassé le mois dernier les 5 dollars le gallon (environ 3,8 litres), du jamais-vu dans le pays

Transfert de données aux États-Unis : l’ Irlande dit non

Transfert de données aux États-Unis : Irlande dit non

 

Rien est toujours complètement réglé entre les États-Unis et l’Europe concernant le transfert des données outre-Atlantique. En attendant, la Cnil irlandaise a pris la décision de bloquer les transferts des données européennes de Meta outre-Atlantique.

Désormais, les autres régulateurs européens, à l’instar de la Cnil en France, vont devoir donner leur avis sur le blocage des données des utilisateurs européens de Meta. Selon un porte-parole de l’IDPC, cité par Politico, ils disposent d’un mois pour le faire. Ensuite, le couperet pourrait définitivement tomber, et potentiellement mener à un arrêt des services de Meta (dont Facebook et Instagram) en Europe.

Cependant Meta se tirerait une balle dans le pied. L’Europe est son principal marché à l’export, et lui rapporte 19,68 dollars en moyenne par utilisateur, contre 4,89 dollars par utilisateur de la région Asie-Pacifique.

Etats-Unis: La folie des armes

 Etats-Unis: La folie des armes 

Après un long silence, une loi fédérale et une décision de la Cour suprême reviennent, aux Etats-Unis, sur le sujet du port d’armes à feu. Elles constituent un double test pour le système étatsunien, estime la juriste Anne Deysine, dans une tribune au « Monde ».

 

Avec 4 % de la population mondiale, les Américains possèdent 50 % des armes à feu en circulation dans le monde et l’on compte 50 fois plus d’accidents causés par les armes à feu aux Etats-Unis qu’en Allemagne et 250 fois plus qu’au Japon. 45 222 personnes ont trouvé la mort par arme à feu en 2020, soit 123 chaque jour et, parmi elles, 54 % se sont suicidées. Il y a eu, en 2022, plus de 200 fusillades de masse (impliquant quatre personnes ou plus, selon la définition du groupe Gun Violence Archive) qui ne représentent pourtant que moins des 5 % des morts violentes.

En conséquence, même si ce sont ces attaques qui choquent, surtout lorsque de jeunes enfants trouvent la mort, ou lorsqu’elles sont perpétrées par des suprémacistes blancs, interdire les armes d’assaut avant 21 ans ou en totalité ne saurait être la seule solution. Pourtant, quand la majorité des dernières tueries ont été perpétrées par des jeunes âgés de 18 à 22 ans (qui ont acheté ces armes de guerre du type AR-15 ou AK-47 parfois le jour même du massacre), le bon sens pèse pour un âge minimal de 21 ans, comme pour acheter de l’alcool ou un revolver.

 

Alors que la cause principale de ces nombreux décès est l’accès généralisé et facilité aux divers types d’armes à feu, aucune loi n’a pu être adoptée depuis la loi Brady en 1994, et la moindre réforme de bon sens est bloquée au Congrès. Pourtant, les raisons ont évolué : ce fut longtemps la pression multifacette (notation des élus, publicités négatives, lobbying) de la National Rifle Association (NRA). Aujourd’hui, le port d’armes est au centre d’une guerre culturelle sans merci entre républicains et démocrates, les premiers accusant les seconds de vouloir la mort du deuxième amendement et instrumentalisant la peur de leurs électeurs en martelant que les démocrates veulent leur confisquer leurs armes.

Généralement, après une tuerie, les élus partisans du port d’armes se contentent d’attendre que le choc et la colère s’atténuent et quand, par hasard, ils proposent des mesures, il n’est pas question d’interdire les armes de guerre, même pas pour les jeunes de moins de 21 ans. Même améliorer le système de contrôle des antécédents pose problème et les mesures acceptables sont toujours à la marge : bunkériser les écoles (quid des supermarchés et des hôpitaux, qui sont aussi visés ?), armer les enseignants (ce que beaucoup refusent) et cibler la santé mentale, qui est l’un des éléments à prendre en compte. Mais ces mêmes élus républicains votent systématiquement contre les budgets alloués à la santé ; et les Etats où la violence par armes à feu est la plus élevée, comme le Texas, refusent d’adhérer à la disposition de la loi santé d’Obama, l’Affordable Care Act, qui permettrait à leurs électeurs de bénéficier du Medicaid et de la prise en charge de soins psychiatriques.

La Cour suprême porte un coup à la démocratie aux États-Unis

La Cour suprême porte un coup à la démocratie aux États-Unis

 

Les deux arrêts, l’un sur les armes, l’autre sur le droit à l’avortement, rendus le 23 et le 24 juin par la plus haute instance judiciaire du pays, contrôlée par des juges proches de la droite religieuse, accentuent les fractures de la société américaine. ( papier du Monde)

 

Le grillage de protection qui enserre aujourd’hui à Washington le siège immaculé de la plus haute instance judiciaire des Etats-Unis d’Amérique dit bien le péril qui la menace : celui de se couper du pays par pure dérive idéologique. En deux arrêts rendus le 23 et le 24 juin, les juges conservateurs de la Cour suprême, qui compte neuf membres, ont en effet sacrifié à deux totems de la droite religieuse : la défense intraitable des armes à feu au nom d’une liberté qui ne doit souffrir aucune limite ; et la lutte inlassable contre le droit des femmes à disposer de leur propre corps.

 

Ces deux obsessions ont beau n’être partagées que par une minorité de leurs concitoyens, ces juges ont passé outre au sage conseil du constitutionnaliste John Freund selon lequel ils devraient ne jamais être influencés « par la météo du jour », mais tenir compte en revanche « du climat de l’époque ». Ils sont en effet revenus à la fois sur une loi restreignant le port d’arme en vigueur dans l’Etat de New York depuis plus d’un siècle, et sur le célèbre arrêt Roe v. Wade, réaffirmé en 1992, qui sanctuarisait le droit à l’avortement depuis 1973.

En confiant aux Etats le pouvoir de légiférer en la matière (en dépit de la vaine réserve du président, également conservateur, de la Cour suprême, le chief justice John Roberts), tout en les corsetant lorsqu’il s’agit d’encadrer le port d’arme, ces juges revendiquent sans vergogne d’être en mission pour un camp et que cette loyauté-là l’emporte sur toute autre considération. L’un d’eux, Clarence Thomas, a encore alimenté l’inquiétude en s’interrogeant sur la protection constitutionnelle dont bénéficient la contraception, les relations sexuelles entre personnes du même sexe et le mariage gay, au nom d’un ordre moral d’un autre âge.

Cet épilogue dévastateur pour l’image des Etats-Unis est le produit de la tyrannie d’une minorité permise par un système électoral outrageusement favorable aux Etats les plus conservateurs. Il a fait qu’un président largement battu dans le vote populaire, Donald Trump, désigne trois juges sélectionnés par un lobby, et que ces derniers soient ensuite confirmés par un Sénat qui est un reflet déformé du pays.

Que penser du rédacteur de l’arrêt contre l’avortement, Samuel Alito, lorsqu’il justifie ce revirement de jurisprudence au nom de celui qui avait mis fin à la ségrégation raciale ? L’arrêt du 24 juin ne consacre pas un droit nouveau, il en supprime un. On y relève une assertion selon laquelle l’avortement n’est pas « profondément enraciné dans l’histoire et les traditions de la nation ». Notons aussi le fait que deux des juges nommés par Donald Trump avaient assuré avant leur confirmation par le Sénat, pour passer l’obstacle, qu’ils considéraient Roe v. Wade comme acquis…

La Cour suprême aurait dû se tenir à distance de la polarisation mortifère qui divise de plus en plus profondément les Etats-Unis, pour préserver une légitimité essentielle. Le consentement des concitoyens la protège bien plus sûrement que l’inamovibilité de juges nommés à vie. En manquant à ce devoir de réserve, elle attise les passions. Ses membres sont déjà sous protection policière après qu’un homme armé venu pour tuer l’un des conservateurs après une fuite de la première mouture de l’arrêt contre l’avortement s’était rendu préventivement à la police.

 

Au cœur de la capitale fédérale, face à un Congrès assailli le 6 janvier 2021 par une horde contestant le résultat de la présidentielle, cette Cour suprême en état de siège est désormais une triste allégorie, celle de l’affaissement démocratique américain.

États-Unis : Trump toujours très présent !

États-Unis : Trump toujours très présent !

 

Le sursaut politique créé par les auditions de la commission parlementaire sur les émeutes au Capitole du 6 janvier 2021 est menacé par un risque d’affaiblissement des démocrates aux élections de mi-mandat et par la révolution conservatrice de la Cour suprême, expliqueAlain Salles,  du « Monde ».

 

 

La mise en scène par le Congrès américain des auditions sur la tragédie du 6 janvier 2021, quand des émeutiers, chauffés à blanc par l’encore président Donald Trump, ont pris d’assaut le Capitole, est à la fois spectaculaire et surannée. Derrière ce rite solennel, on assiste à une survivance d’une espèce menacée : l’espace démocratique, où la raison essaie de saisir ce moment de folie qui a saisi l’Amérique, pour l’acmé des années Trump.

La Commission refait défiler ces moments et de ces images, cent fois montrées, mais en leur apportant un éclairage cru pour établir la responsabilité du milliardaire et l’impuissance (et l’aveuglement) de son entourage. La commission a enquêté pendant plus d’un an, prenant le temps de convaincre les témoins de parler, pour essayer d’établir une chronologie minutieuse de l’engrenage politique et meurtrier du 6 janvier. L’état d’esprit est très différent des deux procédures d’impeachment lancées sans succès contre l’ancien président, où les élus étaient pressés par le temps et davantage soucieux de l’affichage politique que du résultat.

Le premier procès en 2019 – éclairé d’une étrange lumière rétrospective depuis l’invasion de la Russie par l’Ukraine – concernait les pressions présumées de Donald Trump sur le tout nouveau président Volodymyr Zelensky pour mettre en cause le fils de Joe Biden, Hunter, qui avait fait des affaires dans la région. Mais la proximité des primaires démocrates, puis des élections de novembre, et la résistance des républicains empêchaient la sérénité des débats.

 

Ce fut encore plus flagrant avec la seconde procédure pour incitation à la rébellion, une semaine après le 6 janvier 2021, dont l’objectif était d’agir avant la fin officielle du mandat du président battu, pour l’empêcher de se représenter. La justice, même parlementaire, ne se rend pas dans l’immédiateté.

Ce qui apparaît aujourd’hui au Congrès, c’est précisément le lent travail de fourmi de la commission qui a pu interroger à l’abri des regards publics une grande partie des protagonistes. La grande force de la restitution des deux premiers jours, les 9 et 13 juin, tient à la variété de ces personnalités qui ont soutenu Donald Trump et accepté de témoigner.

Pendant quatre ans, ils ont avalé sans broncher de nombreuses couleuvres, mais ont calé devant celle qui faisait vaciller la démocratie américaine : la mise en cause du résultat des élections et l’organisation de ce qui est qualifié de « sédition », avec de fortes présomptions pour penser qu’elle était l’œuvre de celui qui avait juré, en 2017, de respecter la Constitution.

Etats-Unis : l’inflation s’envole à plus 8,6% sur un an

Etats-Unis : l’inflation s’envole à plus 8,6% sur un an

 

L’indice des prix à la consommation (IPC) aux Etats-Unis a augmenté de 8,6% en mai par rapport au même mois il y a un an, selon le Bureau des statistiques et du travail américain (BLS). En avril, elle s’était affichée à 8,3% en avril, et en mars à 8,5%. Elle reste au plus haut depuis 40 ans. Ce chiffre est supérieur au consensus des analystes interrogés par Bloomberg qui tablait sur 8,3%.

 

Notons que l’union européenne n’est mieux lotie en matière d’évolution des prixLe taux d’inflation annuel de la zone euro est estimé à 8,1% en mai 2022, contre 7,4% en avril selon une estimation rapide publiée par Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne

Sur une base mensuelle, l’IPC a augmenté de 1 % en mai par rapport à avril qui avait enregistré une hausse de 0,3 % par rapport à mars.

Selon le BLS, cette hausse des prix touche tous les produits. Ainsi, l’inflation sous-jacente (sans les prix de l’alimentation et de l’énergie) progresse en mai de 6% sur un an (0,6% sur un mois). Les prix de l’alimentation augmentent de 10,1% sur un an (1,2% sur un mois) tandis que les prix de l’énergie ont bondi de 34,6% en un an (3,9% sur un mois).

Ces majorations qui entament le pouvoir d’achat des ménages américains et nourrissent le mécontentement pourraient bien faire perdre la majorité aux démocrates au Congrès lors des élections de mi-mandat en novembre prochain. Cette échéance électorale est cruciale, car une large partie des élus est renouvelée.

 

 

Croissance États-Unis : net tassement

Croissance États-Unis : net tassement

Le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis s’est, au premier trimestre, contracté un peu plus que ce qui avait été initialement annoncé, reculant de 1,5% en rythme annualisé. Cette contraction s’explique en raison d’un déficit commercial record et d’un léger ralentissement de la constitution des stocks, selon la deuxième estimation officielle publiée jeudi. L’indice des prix de base dit « core PCE », très surveillé par la Réserve fédérale, est ressorti en hausse de 5,1% en rythme annuel après une progression de 5,2% sur le trimestre précédent et un consensus attendu à 5,2%.

Il ne s’agit pour autant pas d’une récession, puisqu’il faut au moins deux trimestres consécutifs de contraction du PIB pour que ce soit le cas. Cette révision à la baisse est liée à certains investissements qui ont été plus faibles que calculé lors de la première estimation, et n’ont été que partiellement compensés par des dépenses de consommation, lesquelles ont été plus importantes qu’initialement annoncé, détaille le département du Commerce.

Lutte contre l’Inflation aux États-Unis : trop tard !

Lutte contre l’Inflation aux  États-Unis : trop tard !

 

Le président de la Réserve fédérale américaine espère encore pouvoir lutter contre la hausse des prix à doses homéopathiques. Mais n’est-ce pas déjà trop peu, trop tard ? s’interroge Arnaud Leparmentier, correspondant du « Monde » à New York, dans sa chronique.

 

Les marchés financiers aiment les conférences de presse du président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell, sa modestie sincère, ses réponses rassurantes et son optimisme tempéré, qui conduisent à un feu d’artifice à Wall Street, comme ce fut le cas, mercredi 4 mai, après que la Fed a augmenté d’un demi-point ses taux directeurs, une première depuis l’an 2000, mais exclu une hausse de 0,75 point.

Et puis, la nuit portant conseil, une partie des opérateurs a réfléchi, se demandant s’ils ne s’étaient pas fait intoxiquer pas le président de la banque centrale. C’est ainsi qu’après la fête est venue la dégelée sur les marchés financiers, la pire depuis les soubresauts du Covid-19. Jerome Powell trompe-t-il son monde en laissant espérer un atterrissage en douceur de l’économie américaine, alors que l’inflation est à 8,5 %, son plus haut niveau depuis 1981 ? Moins que le président démocrate, Joe Biden, qui attribue l’inflation à Vladimir Poutine et au cartel des entreprises, sans dire un mot sur son plan de relance excessif voté à contretemps, en avril 2021, qui a inondé les Américains de liquidités.

Mais M. Powell veut croire à un miracle, qui permettrait à l’inflation de se résorber d’elle-même. Il y a déjà cru à l’automne 2021, ne réagissant pas tant qu’il était temps, alors que l’emploi était revenu et que persistaient des goulets d’étranglement dans l’économie. Les tergiversations politiques de Joe Biden pour le renommer pour un second mandat n’y sont sans doute pas étrangères et ont fait perdre de précieuses semaines.

Un retour à la normale est possible, mais loin d’être certain. D’abord, les taux d’intérêt réels sont beaucoup trop bas pour refroidir l’économie : 3,1 % à dix ans avec une inflation deux fois supérieure, c’est une dose homéopathique, un placebo. Ensuite, la crise n’est pas finie : le prix des matières premières connaît un répit, mais c’est parce que la Chine est fermée pour cause de Covid-19. D’ici six mois, elle va mettre les bouchées doubles pour repartir, et Patrick Artus, conseiller économique à la banque Natixis, prévoit une nouvelle bouffée inflationniste.

Dans ce contexte, la Fed s’adapte et laisse filtrer, réunion après réunion, une politique de plus en plus stricte, mais progressivement. Faut-il annoncer brutalement la couleur, quitte à provoquer une récession, comme le fit Paul Volcker à partir de 1979 pour terrasser la stagflation consécutive aux deux chocs pétroliers, ou couper la queue du chat par petits bouts pour préparer les esprits ?

Croissance : les États-Unis aussi vers la récession

Croissance : les États-Unis aussi vers la récession

Par Alex Domash, Harvard Kennedy School et Lawrence H. Summers, Harvard Kennedy School.( dans la Tribune, extrait)

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Le président de la Fed, Jerome Powell a estimé qu’il y avait de « bonnes chances » de parvenir à un « atterrissage en douceur » de l’économie américaine. Selon lui, ce relèvement des taux ne devrait pas conduire à une récession ou à une aggravation du chômage si « les conditions économiques et financières évoluent de manière cohérente » avec les attentes de la banque centrale.

 

Nos recherches récentes suggèrent toutefois que cet « atterrissage en douceur » reste hautement improbable et qu’il existe bel et bien une forte probabilité de récession dans un avenir proche.

En effet, une inflation élevée et un faible taux de chômage constituent deux puissants prédicteurs de futures récessions. Depuis les années 1950, chaque fois que l’inflation a dépassé 4 % et que le taux de chômage a été inférieur à 5 %, l’économie américaine a connu une récession dans les deux ans.

Or, l’inflation est aujourd’hui de 8,5 % sur un an et le taux de chômage de 3,6 %, ce qui laisse penser qu’une récession sera très difficile à éviter.

L’inflation reste fondamentalement causée par un excès d’argent par rapport aux biens disponibles à l’achat. Or, à court terme, l’offre de biens dans l’économie demeure plus ou moins fixe – la politique budgétaire ou monétaire ne peut rien y changer. Le travail de la Fed consiste donc à gérer la demande totale dans l’économie afin qu’elle s’équilibre avec l’offre disponible.

Lorsque la demande dépasse trop l’offre, l’économie commence à surchauffer et les prix augmentent fortement. Selon notre évaluation, les mesures de cette surchauffe, telles que la forte croissance de la demande, la diminution des stocks et la hausse des salaires - ont commencé à se manifester dans l’économie tout au long de l’année 2021. Mais le nouveau cadre opérationnel que la Fed a adopté en août 2020 l’a empêchée d’agir jusqu’à ce qu’une inflation soutenue soit déjà apparente.

Par conséquent, la banque centrale américaine apparaît aujourd’hui très en retard dans sa réponse à la surchauffe de l’économie.

 

Néanmoins, l’histoire des « atterrissages en douceur » n’incite pas à l’optimisme. En effet, nous avons constaté que, chaque fois que la Fed avait freiné suffisamment fort pour enrayer l’inflation de manière significative, l’économie était entrée en récession. Bien que certains aient affirmé qu’il y a déjà eu plusieurs exemples d’atterrissage en douceur au cours des 60 dernières années, notamment en 1965, 1984 et 1994, nous montrons dans notre analyse que ces périodes ne ressemblent guère au moment actuel.

Dans ces trois épisodes, la Fed opérait en effet dans une économie où le chômage était nettement plus élevé, la hausse des prix moindre et la croissance des salaires plus faible. Dans ces exemples historiques, la banque centrale avait également augmenté les taux d’intérêt bien au-delà du taux d’inflation – contrairement à aujourd’hui, où l’inflation est de 8,5 % alors que les taux d’intérêt devraient rester inférieurs à 3 % jusqu’en 2023.

En conséquence, il y a peu de raisons d’être optimiste quant à la possibilité de ralentir l’inflation pour atteindre la fourchette de 2 % visée par la Fed. Selon notre analyse, la croissance actuelle des salaires implique une inflation supérieure à 5 %. L’histoire montre également que la croissance des salaires ne ralentit pas sans une augmentation significative du chômage et une récession.

L’économie américaine reste en outre confrontée à des pressions inflationnistes supplémentaires dues à la hausse des prix des céréales et de l’énergie en raison de la guerre en Ukraine et à de nouvelles perturbations de la chaîne d’approvisionnement, le Covid-19 imposant de nouveaux blocages en Chine. Ces facteurs menacent d’exacerber encore plus l’inflation au cours de l’année à venir.

Selon notre évaluation, ce problème d’inflation apparaît donc peu susceptible d’être résolu sans un ralentissement économique significatif. Dans l’ensemble, la combinaison d’une économie en surchauffe, de la hausse des salaires, du retard de la politique de la Fed et des récents chocs d’offre signifie qu’une récession dans les deux prochaines années est certainement plus probable qu’improbable.

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Par Alex Domash, Research Fellow, Harvard Kennedy School et Lawrence H. Summers, Charles W. Eliot University Professor, Harvard Kennedy School

La version originale de cet article a été publiée en anglais.

Alex Domash et Lawrence H. Summers,

Climat de guerre : 40 pays réunis en Allemagne par les États-Unis

Climat de guerre : 40 pays réunis en Allemagne par les États-Unis

Une sorte de climat de guerre s’installe dans le monde suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Un climat d’autant plus inquiétant que la Russie n’exclut pas forcément le recours à l’arme nucléaire et reconnaît que le conflit en Ukraine pourrait prendre une dimension mondiale.

Les incertitudes concernant l’évolution du conflit en Ukraine sont grandes d’autant que Poutine qui durcit de plus en plus son régime à l’intérieur pourrait être pressé d’obtenir des victoires significatives du fait d’une santé personnelle qui pourrait être détériorée au vu de ses dernières apparitions publiques.Poutine pourrait être amené affaire un coup de force pour laisser son nom dans l’histoire russe.Difficile d’expliquer autrement la précipitation russe vis-à-vis d’une opération en Ukraine visiblement mal préparée.Difficile aussi de prévoir les réactions d’un dictateur affaibli en interne par ses déconvenues en Ukraine. En attendant une quarantaine de pays se réunissent ce mardi en Allemagne, à l’invitation des Etats-Unis, pour renforcer la défense de l’Ukraine qui, selon le ministre américain de la Défense Lloyd Austin « peut gagner » face à la Russie, si on lui en donne les moyens.

Au moment où la Russie vise le contrôle total du sud de l’Ukraine et de la région du Donbass, cette réunion organisée sur la base aérienne américaine de Ramstein, dans l’ouest de l’Allemagne, est destinée à « générer des capacités supplémentaires pour les forces ukrainiennes », a déclaré ce lundi Lloyd Austin, au retour d’une visite à Kiev.

« Ils peuvent gagner s’ils ont les bons équipements, le bon soutien », a-t-il souligné après ce déplacement au cours duquel il a rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en compagnie du secrétaire d’Etat Antony Blinken.

La Russie met en garde contre un danger « réel » d’une Troisième guerre mondiale

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a assuré ce lundi que Russie va poursuivre les négociations de paix avec l’Ukraine. Pour autant, il a mis en garde contre un danger « réel » d’une Troisième guerre mondiale.

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4:15

Zelensky estime que le destin de la sécurité mondiale se joue désormais en Ukraine

« Tout le monde dans le monde s’accorde désormais à dire que c’est en Ukraine que se joue le destin de l’Europe, le destin de la sécurité mondiale », déclare Volodymyr Zelensky un discours publié sur les réseaux sociaux ce lundi. Il ajoute que l’Ukraine « accélère autant que possible son mouvement vers l’Union européenne ».

L’inquiétante montée de l’inflation aux États-Unis

  • L’inquiétante montée de l’inflation aux États-Unis 

 

Une inflation inquiétante et qui pourrait être contagieuse notamment via là hausse des taux d’intérêt dans le monde. L’inflation vient d’atteindre 8,5% sur un an en mars, son plus haut niveau depuis 1981, contre 7,9% en février (déjà un record depuis 1982) selon l’indice des prix à la consommation (CPI) publié mardi par le département du Travail.

En mars 6e mois  d’affilée à enregistrer une hausse des prix supérieure à 6% d’après la banque fédérale (FED)

Pour autant, l’inflation va encore augmenter souligne la Fed qui anticipe un pic en mai, autour de 9%, puis un lent recul, pour « terminer l’année toujours au-dessus de 5% », mais en évitant le spectre d’une inflation à deux chiffres.

L’institution a commencé mi-mars à relever ses taux directeurs, pour accroître le coût du crédit et ainsi ralentir la consommation et l’investissement. Elle a aussi averti qu’elle allait continuer à resserrer sa politique monétaire dans les mois à venir.

Les taux, qui se trouvaient dans une fourchette de 0 à 0,25%, sont désormais compris entre 0,25 et 0,50%.

Mais parce que c’est le sixième mois consécutif d’inflation supérieure à 6% aux Etats-Unis, la Réserve fédérale pourrait accélérer le relèvement de ses taux d’intérêt le mois prochain: les marchés anticipent déjà une hausse d’un demi-point du taux des fonds fédéraux (« fed funds ») le 4 mai, après celle d’un quart de point décidée en mars, la première depuis plus de trois ans.

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Données personnelles: sous la tutelle des Etats-Unis ?

Données personnelles: sous la tutelle des Etats-Unis ?  

Fondateur d’une start-up informatique, Alain Garnier s’inquiète, dans une tribune au « Monde », d’un accord passé en catimini entre Bruxelles et Washington sur le transfert de données entre les deux continents, craignant un troc « données contre gaz ».(le Monde)

 

Tribune.

 

Vendredi 25 mars, dans une relative indifférence, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Joe Biden, président des Etats-Unis, annonçaient qu’ils étaient parvenus à un accord portant sur un nouveau cadre pour le transfert des données personnelles entre les deux continents.

Une annonce dont les contours doivent encore être précisés, mais qui pourrait ruiner des années d’efforts pour instaurer notre souveraineté numérique. Reste un espoir, celui que cet accord ne soit en réalité qu’un leurre pour profiter du gaz américain le temps que la crise ukrainienne s’apaise et avant que la Commission européenne, une fois encore, ne le retoque.

Car le transfert de données personnelles entre l’Europe et les Etats-Unis n’a jamais vraiment été une évidence. Le Safe Harbor mis en place par l’Union européenne en l’an 2000, autorisait ce transfert vers les Etats-Unis, considérant que la législation américaine offrait des garanties suffisantes quant à la protection de la vie privée.

Annulé par un arrêt de la Cour de justice européenne en 2015, cet accord renaissait tel le phénix un an plus tard sous le nom de Privacy Shield. Mais, nouveau coup de tonnerre en 2020, ce dernier était à son tour déclaré caduque, car incompatible avec l’article 5 du réglement général sur la protection des données (RGPD).

Ces revirements successifs font écho à la politique américaine qui n’a cessé d’assouplir ses lois sur la surveillance des données personnelles depuis vingt ans. Chaque évolution – Patriot Act en 2001, Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) en 2008 et Cloud Act en 2018 – a donné toujours plus de nouveaux pouvoirs aux instances juridiques et gouvernementales sur les données personnelles hébergées par les entreprises américaines, que leurs serveurs soient situés dans le pays ou ailleurs dans le monde. Une vision incompatible avec les règles européennes strictes en matière de protection des données.

La fin du Privacy Shield avait durement secoué les géants américains du numérique. Et les premiers effets commençaient tout juste à se faire sentir. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) avait ainsi appelé en 2021 le gouvernement à écarter le choix de Microsoft Azure pour l’hébergement des données de santé de son fameux Health Data Hub.

Plus récemment, elle mettait en garde les établissements d’enseignement supérieur quant à l’utilisation des suites collaboratives proposées par les éditeurs américains. Enfin, début février, elle mettait en demeure un éditeur de site Web utilisant Google Analytics, considérant le transfert de ces données vers les Etats-Unis comme illégal.

Dette : amortissement par l’inflation et la baisse de l’euro

Dette : amortissement par l’inflation et la baisse de l’euro

Comme c’était prévisible, la dette va progressivement s’amortir en Europe par l’inflation et la baisse de l’euro. En effet, l’euro s’est de nouveau replié vendredi 1er avril face au dollar américain.

Les deux phénomènes conjoints constitue de fait une sorte de fiscalité qui vient pomper le pouvoir d’achat des ménages, des entreprises et des épargnants.

Précédemment avant l’euro les crises financières ce régulaient surtout par des processus de désolation. Avec l’euro, les dettes des membres de l’union européenne sont mutualisées et se régulent par les taux de change et l’inflation

Vers 21H00 en France, la monnaie unique abandonnait 0,17% face au «greenback», à 1,1048 dollar pour un euro. Le dollar gagnait aussi du terrain sur le franc suisse, le yen ou la livre sterling. 

L’euro n’a, lui, pas profité de la publication d’un indicateur d’inflation en zone euro, qui s’est inscrit à 7,5% en mars, sur un an, un record. «L’inflation élevée va encore augmenter la pression sur la BCE (Banque centrale européenne) pour qu’elle intervienne et monte ses taux», a réagi, dans une note, Joe Manimbo, de Western Union, «mais les prévisions de croissance en zone euro sont en train de mal tourner avec la guerre en Ukraine.»

Un syndicat chez Amazon aux États-Unis: Biden approuve

Un syndicat chez Amazon aux États-Unis: Biden approuve

 

Ce n’est pas en France où les syndicats sont plutôt marginalisés pour ne pas dire discrédités non seulement par certaines directions entreprises mais tout autant par pouvoir politique, les médias, les technocrates voir les intellos. ( À leur décharge certains syndicats par leur radicalité et leur simplisme ont aussi contribué à la baisse de leur audience ). Non, c’est curieusement aux États-Unis que le président américain se félicite de la première création d’un syndicat chez Amazon. Le président américain Joe Biden est «heureux» de la création du tout premier syndicat chez Amazon aux Etats-Unis, a dit vendredi 1er avril sa porte-parole Jen Psaki. Le démocrate, qui ne manque jamais une occasion de louer l’action des organisations syndicales dans le pays, est «heureux que des salariés s’assurent d’être entendus pour les décisions importantes» qui les concernent, a-t-elle déclaré.

En France on reparle parfois du concept de participation gaulliste mais souvent réduite à l’accord d’une petite prime financière loin de la participation réelle à l’allemande par exemple. On voit mal Macron compte tenu de ses orientations politiques se féliciter de la création d’un syndicat,  lui qui a plutôt tendance à shunter toutes les organisations intermédiaires. Notons que précédemment des socialistes avec Mitterrand et la suite n’ont guère manifesté d’intérêt pour la fonction syndicale.

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