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5G: avec ou sans Huawei en Europe ?

5G: avec ou sans  Huawei en Europe ?

 

Pas vraiment un boycott de l’union économique vis-à-vis du chinois Huawei mais pour l’instant une recommandation:   »prendre en considération le régime politique dans lequel évoluent les fournisseurs originaires de pays tiers » afin d’atténuer les risques sur la sécurité liés au développement de la 5G en Europe.

Réunis à Bruxelles, les ministres européens des Télécommunications, ou leurs représentants, ne désignent aucun pays dans leur déclaration commune, mais la Chine et son géant des télécoms Huawei, pionnier dans la technologie 5G, étaient présents dans tous les esprits. Le problème c’est que l’Allemagne est assez écartelée sur ce dossier. Elle ne veut pas déplaire aux chinois pour ne pas handicaper les exportations allemandes mais elle doit être attentive à ne pas froisser Trump  et pénaliser ses ventes de voitures vers les États-Unis.

Alors que les États-Unis ont exclu Huawei du déploiement de la 5G sur leur sol, invoquant des risques d’espionnage pour le compte de Pékin et tentent de convaincre leurs alliés d’en faire autant, les Européens ont fait jusqu’à présent la sourde oreille aux demandes américaines, tandis que Huawei rejettent les accusations le concernant.

Au sein de l’UE, Huawei est en concurrence avec deux équipementiers européens: le suédois Ericsson et le finlandais Nokia, qui a racheté le franco-américain Alcatel-Lucent. Le nouveau commissaire européen au Marché intérieur et au Numérique, le Français Thierry Breton, a d’ailleurs mis en exergue le savoir-faire européen lors d’une conférence de presse.

 

« L’Europe n’est pas en retard en matière de 5G, contrairement à ce que l’on peut dire ici ou là, l’Europe dispose de grands acteurs industriels et, à travers eux, du plus large portefeuille en termes de brevets: plus de 55% de brevets de la 5G sont d’origine européenne », a-t-il plaidé.

Thierry Breton a également insisté sur la garantie d’une concurrence « juste et loyale » sur le territoire européen de la part de fournisseurs de pays tiers. « Nous avons des règles Il faut regarder évidemment les problèmes de réciprocité, de subsides », a observé le nouveau commissaire européen. Là encore, il s’agit d’une allusion à peine voilée à Huawei et au marché chinois, critiqué pour son manque criant d’ouverture aux compagnies étrangères.

Avec le triomphe du Franglais: le français au rang de dialecte local ?

Avec le triomphe du Franglais:  le français au rang de dialecte local ?

A juste titre, l’académie française lance un cri d’alarme vis-à-vis de l’invasion du franglais. Sur la tendance, le français pourrait bien devenir une sorte dialecte locale pratiqué en privé. Dans le monde politique ou dans les médias, le franglais est instrumentalisé pour conférer  un caractère plus pertinent aux propos; D’ une certaine façon, c’est ainsi que procédaient les médecins de Molière pour donner l’illusion du caractère scientifique de leur diagnostic et de leur potion magique. On comprend que dans certaines disciplines des expressions d’origine anglaise puisse être utilisées quand il s’agit de caractériser des mots très nouveaux qui n’ont pas eu encore le temps d’être francisées. Par contre,  truffer un discours de locution anglaise pour faire sérieux relève d’une tartuferie linguistique. L’exemple le plus caractéristique est sans doute le mot de start-up nation ou start-up City. Esthétiquement, le mot est brillant mais on a bien du mal à en donner une définition. Exemple ce que dit Macron :

«  Une start-up nation est une nation où chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une. » . Lors de la  campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait plaidé pour une économie tournée vers l’entrepreneuriat et l’innovation.

Traduit de l’anglais, le terme « start-up » vient de « startup company » et signifie société qui démarre. Il peut être défini plus précisément comme une jeune entreprise innovante – ou jeune pousse – dans le secteur des nouvelles technologies. Si le concept n’a pas de définition stricte, il suppose, outre l’utilisation de technologie nouvelle, une forte croissance potentielle, le besoin de financement élevé et un marché mouvant où les risques sont difficiles à évaluer. Bref tout simplement le monde entrepreneurial . En plus, avec un détournement sémantique quand il s’agit de smart city visant simplement à numériser des services publics.

On pourrait citer d’autres exemples d’utilisation de ce nouveau latin de messe qui permet aux technocrates de se donner à bon compte un vernis scientifique. De ce point de vue, Macron ne fait pas exception à la règle , c’est même le prophète de cette tartuferie sémantique.

 

L’Académie française a donc demandé, jeudi 21 novembre, aux pouvoirs publics de mieux respecter la loi Toubon de 1994 sur la défense de la langue.

Les violations répétées de la loi Toubon dénaturent notre langue, autant par l’invasion des termes anglo-saxons que par la détérioration qu’ils entraînent de sa syntaxe. L’Académie française dans un communiqué adressé à l’AFP

« Fidèle à la mission qui lui a été confiée de veiller sur la langue française et de la défendre, l’Académie alerte solennellement les pouvoirs publics et les invite en premier lieu à respecter eux-mêmes la loi », a souligné l’Académie.

Si ceux-ci ne réagissent pas vigoureusement, si l’opinion ne prend pas la mesure du danger qui le menace, le français cessera d’être la langue vivante et populaire que nous aimons. L’Académie française dans un communiqué adressé à l’AFP

 

Dernière femme accueillie à l’Académie française, la philologue Barbara Cassin avait profité de son discours inaugural sous la Coupole pour fustiger en octobre pour fustiger le « global English » et plaider pour le plurilinguisme. « Nous voulons contribuer à fabriquer une Europe résistante, qui refuse de s’en tenir à cette non-langue de pure communication qu’est le global English », avait déclaré l’académicienne. « Nous refusons que nos langues, celles que nous parlons, le français, l’anglais lui-même (celui de Shakespeare, d’Emily Dickinson ou de Churchill), deviennent de simples dialectes, à parler chez soi », avait-elle ajouté.

 

« La croissance incompatible avec l’ écologique »

« La  croissance incompatible avec l’ écologique »

 

Dans une tribune au « Monde », trois chercheurs, François Briens, Timothée Parrique et Vincent Liegey, expliquent qu’il faut en finir avec le mythe de la croissance verte, car les études scientifiques montrent que l’on ne peut à la fois faire croître le PIB et baisser l’empreinte écologique.

Tribune. Les manifestations pour le climat, les protestations, voire les poursuites judiciaires, contre l’inaction de l’Etat : face à la dégradation continue de notre milieu de vie, les politiques environnementales ne convainquent pas, et à juste titre. Les partisans de la « croissance verte » nous promettent pourtant que l’innovation technique, le développement et le déploiement massif de technologies « vertes » ou « intelligentes » par des mécanismes de marché, ainsi que la dématérialisation de l’économie ou le recyclage résoudront ces problèmes.

Cette stratégie de croissance verte repose fondamentalement sur le concept de « découplage » entre croissance et impacts environnementaux, c’est-à-dire l’hypothèse selon laquelle il serait possible de faire croître continuellement le produit intérieur brut (PIB) tout en réduisant de manière généralisée l’empreinte écologique liée aux activités économiques. Il s’agit donc d’un pari, dont les enjeux considérables devraient nous inviter à examiner prudemment et rationnellement les possibilités de succès.

L’hypothèse d’un découplage a-t-elle déjà été validée ? C’est précisément ce qu’a fait une équipe pluridisciplinaire d’universitaires dans une étude dont le rapport scientifique (« Decoupling debunked. Evidence and arguments against green growth as a sole strategy for sustainability », voir lien PDF) a été récemment publié par le Bureau environnemental européen.

Les auteurs – dont deux sont signataires de cette tribune – y expliquent d’abord qu’une stratégie de croissance verte ne saurait être en mesure de répondre aux défis environnementaux qu’à la stricte condition de garantir un découplage absolu, global (à l’échelle planétaire), d’ampleur suffisante, mais aussi continuel – c’est-à-dire aussi longtemps que la croissance économique serait poursuivie.

 

Le miracle des emplois avec seulement 1% de croissance ?

Le miracle des emplois avec seulement 1% de croissance ?

 

 

D’une certaine façon, c’est  un peu une sorte de miracle en tout cas  une forte interrogation. Comment la France peut-elle créer des emplois ( autour de 200 000 par an ) avec une croissance aussi faible. Une croissance qui tourne autour de 1 %. On peut relativiser cette création d’emplois si on considère qu’il y a en France environ 30 millions de salariés et 6 à 7 millions de chômeurs. Pour autant,  il y a création d’emplois. Avant la crise de 2008, il fallait atteindre une hausse du PIB  de 3 % pour déclencher des progressions de l’emploi; depuis quelques années, on considérait que le seuil nécessaire était de 1,5 %. Maintenant même avec une hausse du PIB  à peine supérieure à 1 %, le nombre de créations d’emplois  progresse. Une explication viendrait de la faiblesse des gains de productivité limitée à 1 %. Il y a sans doute aussi un changement de structure de la nature des emplois et des conditions sociales.

 

Pour Éric Heuyer, économiste à l’OFCE il y a une explication structurelle: celle d’une croissance faible, riche en emplois peu qualifiés et à temps partiel. «Un même taux de croissance ne crée plus les mêmes emplois, estime-t-il. Il n’y a aucune autre explication que celle de la baisse de la durée du travail par tête.» Selon le baromètre Adecco, les entreprises françaises devraient embaucher 3,7 millions de personnes d’ici juin 2020. Une embellie qui s’explique principalement par la stagnation des gains de productivité. 

.Cela ne veut pas dire que le chômage va baisser d’autant. Le baromètre ne comptabilise que les embauches et ne tient pas compte des destructions d’emplois et des licenciements sur la période. Mais au final les embauches devraient être supérieures aux destructions d’emplois puisqu’Adecco estime que le chômage devrait tomber à 8% courant 2020 contre 8,4% aujourd’hui.

 

Et il s’agira d’emplois plutôt pérennes. La part des CDI dans ces embauches devrait atteindre 41% soit 2 points de plus que dans le précédent baromètre. La part des CDD va elle légèrement reculer à 29% et l’intérim devrait rester stable à 22%. Et toutes les régions sont concernées:  si ce sont l’Ile-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes qui vont le plus embaucher parce que ce sont les régions les plus peuplées, c’est dans les Hauts-de-France que les embauches seront les plus dynamiques avec une croissance des recrutements de 10% en 2020.

 

Le gouvernement y est-il pour quelque chose dans cette embellie? S’il est toujours difficile de mesurer avec précision l’impact de telle ou telle mesure sur l’emploi, les économistes sont globalement d’accord pour dire que la baisse des cotisations salariales, la reprise de l’investissement, l’accent mis sur l’apprentissage ou le plafonnement des indemnités prud’homales y ont contribué. Cela a mis de l’huile dans les rouages mais ça n’explique pas tout.

 

Il y a un phénomène nouveau dans l’économie: on crée des emplois même avec une croissance assez faible. Il y a 20 ans il fallait près de 3% de croissance pour créer des emplois. Aujourd’hui 1% suffit.

Pourquoi? Parce que les gains de productivité sont très faibles aujourd’hui de l’ordre de 1%. Malgré les technologies numériques, la robotique et autres technologies de la communication, un salarié ne produit chaque année que 1% de plus. Et lorsque le carnet de commande progresse de 1,2% il faut donc embaucher.

 

En tout cas, si cette stagnation de la productivité est positive pour l’emploi, elle est en revanche négative pour le pouvoir d’achat. C’est la hausse de la quantité produite par salarié qui permet les hausses de salaire.

 

Or aujourd’hui, les entreprises embauchent principalement de la main d’œuvre peu qualifiée et les salaires ont tendance à stagner. La crise des gilets jaunes d’il y a un an avait bien mis en lumière ce phénomène. Bref, tant que les technologies ne permettront pas de produire plus, le chômage continuera à baisser… et les salaires risquent eux de continuer à stagner.

 

Croissance Chine: victime des tensions avec les Etats-Unis

Croissance Chine: victime des tensions avec les Etats-Unis

 

Difficile de savoir exactement quelle est l’ampleur de l’affaiblissement économique de la Chine car les chiffres officiels chinois présentent un caractère très politique . Ce qu’on sait, c’est que l’industrie manufacturière est dans le rouge depuis plusieurs mois et que cela a forcément des incidences sur l’industrie tout entière. En cause le ralentissement mondial et le conflit sur les droits commerciaux avec les États-Unis. D’après les données du Bureau national de la statistique (BNS), les commandes à l’exportation ont poursuivent déclin depuis maintenant presque un an et demi.

 

La Chine a enregistré en octobre un ralentissement plus important qu’attendu de sa production industrielle, alors que se sont accentuées sur l’économie du pays les pressions provoquées par le ralentissement de la demande mondiale et domestique sur fond de guerre commerciale prolongée avec les Etats-Unis.

Les statistiques officielles publiées jeudi montrent aussi que d’autres secteurs s’essoufflent, avec des indicateurs inférieurs au consensus, la croissance des ventes au détail étant revenue à un creux de 16 ans et l’investissement en actifs immobilisés ayant chuté à un plus bas inédit.

Cette situation pourrait pousser Pékin à engager des mesures de soutien à l’économie supplémentaires alors que la croissance de la Chine est tombée au troisième trimestre à un plus bas de près de 30 ans.

D’autres données publiées plus tôt ce mois-ci ont mis en évidence la faiblesse de l’activité du secteur manufacturier chinois. Les prix à la production ont reculé en octobre à un plus bas de plus de trois ans et l’indice PMI manufacturier officiel s’est contracté pour un sixième mois consécutif.

La production industrielle a progressé de 4,7% en octobre en rythme annuel, alors que les économistes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne une hausse de 5,4%, montrent les statistiques gouvernementales communiquées jeudi.

“L’optimisme entourant la phase Un de l’accord commercial sino-américain pourrait certes stimuler les investissements en capital à court terme”, a commenté Martin Lynge Rasmussen, économiste chez Capital Economics.

“Mais même si un accord mineur venait à être conclu dans les prochains mois”, a-t-il poursuivi, “cela ne ferait que focaliser l’attention sur des questions inextricables qui selon nous mèneront au bout du compte à l’échec des discussions commerciales”.

“Les arguments en faveur d’un nouvel assouplissement monétaire restent intacts”, a-t-il ajouté.

La guerre commerciale prolongée avec les Etats-Unis, marquée par l’imposition de plusieurs séries de droits de douane réciproques, a affecté la demande mondiale et les chaînes d’approvisionnement.

Si les signes récents d’avancées dans les négociations entre Washington et Pékin ont réjoui les investisseurs, les représentants des deux plus grandes puissances économiques mondiales se sont jusqu’à présent gardé d’annoncer des engagements mettant fin à leur conflit commercial.

Cette incertitude continue de peser sur les producteurs et leurs carnets de commandes.

Selon les statistiques publiées jeudi, les ventes au détail ont augmenté de 7,2% en rythme annuel en octobre, ratant le consensus qui ressortait à 7,9% pour s’établir au même niveau qu’avril dernier, soit un plus bas de plus de 16 ans.

La croissance des investissements en actifs immobilisés a ralenti à 5,2% sur les dix premiers mois de l’année alors que les économistes s’attendaient à une hausse de 5,4%. Il s’agit de leur niveau le plus bas depuis que Reuters a commencé à les répertorier, en 1996.

Dans le secteur privé, qui concentre environ 60% de l’investissement total, ils ont progressé de seulement 4,4% sur la période janvier-octobre. (avec Stella Qiu; Jean Terzian pour le service français)

 

Comment la France crée des emplois avec seulement 1% de croissance ?

Comment la France crée des emplois avec seulement 1% de croissance ?

 

 

D’une certaine façon, c’est  un peu une sorte de miracle en tout cas  une forte interrogation. Comment la France peut-elle créer des emplois ( autour de 200 000 par an ) avec une croissance aussi faible. Une croissance qui tourne autour de 1 %. On peut relativiser cette création d’emplois si on considère qu’il y a en France environ 30 millions de salariés et 6 à 7 millions de chômeurs. Pour autant,  il y a création d’emplois. Avant la crise de 2008, il fallait atteindre une hausse du PIB  de 3 % pour déclencher des progressions de l’emploi; depuis quelques années on considérait que le seuil nécessaire était de 1,5 %. Maintenant même avec une hausse du PIB  à peine supérieure à 1 % le nombre de créations d’emplois  progresse.une explication viendrait de la faiblesse des gains de productivité limitée à 1 %. Il y a sans doute aussi un changement de structure de la nature des emplois et des conditions sociales.

Pour Éric Heyer, économiste à l’OFCE il y a une explication structurelle: celle d’une croissance faible, riche en emplois peu qualifiés et à temps partiel. «Un même taux de croissance ne crée plus les mêmes emplois, estime-t-il. Il n’y a aucune autre explication que celle de la baisse de la durée du travail par tête.» Selon le baromètre Adecco, les entreprises françaises devraient embaucher 3,7 millions de personnes d’ici juin 2020. Une embellie qui s’explique principalement par la stagnation des gains de productivité. 

.Cela ne veut pas dire que le chômage va baisser d’autant. Le baromètre ne comptabilise que les embauches et ne tient pas compte des destructions d’emplois et des licenciements sur la période. Mais au final les embauches devraient être supérieures aux destructions d’emplois puisqu’Adecco estime que le chômage devrait tomber à 8% courant 2020 contre 8,4% aujourd’hui.

Et il s’agira d’emplois plutôt pérennes. La part des CDI dans ces embauches devrait atteindre 41% soit 2 points de plus que dans le précédent baromètre. La part des CDD va elle légèrement reculer à 29% et l’intérim devrait rester stable à 22%. Et toutes les régions sont concernées:  si ce sont l’Ile-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes qui vont le plus embaucher parce que ce sont les régions les plus peuplées, c’est dans les Hauts-de-France que les embauches seront les plus dynamiques avec une croissance des recrutements de 10% en 2020.

Le gouvernement y est-il pour quelque chose dans cette embellie? S’il est toujours difficile de mesurer avec précision l’impact de telle ou telle mesure sur l’emploi, les économistes sont globalement d’accord pour dire que la baisse des cotisations salariales, la reprise de l’investissement, l’accent mis sur l’apprentissage ou le plafonnement des indemnités prud’homales y ont contribué. Cela a mis de l’huile dans les rouages mais ça n’explique pas tout.

Il y a un phénomène nouveau dans l’économie: on crée des emplois même avec une croissance assez faible. Il y a 20 ans il fallait près de 3% de croissance pour créer des emplois. Aujourd’hui 1% suffit.

Pourquoi? Parce que les gains de productivité sont très faibles aujourd’hui de l’ordre de 1%. Malgré les technologies numériques, la robotique et autres technologies de la communication, un salarié ne produit chaque année que 1% de plus. Et lorsque le carnet de commande progresse de 1,2% il faut donc embaucher.

En tout cas, si cette stagnation de la productivité est positive pour l’emploi, elle est en revanche négative pour le pouvoir d’achat. C’est la hausse de la quantité produite par salarié qui permet les hausses de salaire.

Or aujourd’hui, les entreprises embauchent principalement de la main d’œuvre peu qualifiée et les salaires ont tendance à stagner. La crise des gilets jaunes d’il y a un an avait bien mis en lumière ce phénomène. Bref, tant que les technologies ne permettront pas de produire plus, le chômage continuera à baisser… et les salaires risquent eux de continuer à stagner.

« L’effondrement de la vie avec la fin des insectes » ?

« L’effondrement de la vie avec la fin des insectes » ?

 

On connait le rôle des insecte pour la biodiversité, il assurent notamment la pollinisation aussi le recyclage des végétaux et autres déchets entretiennent la vie des sols . Un article du monde souligne l’enjeu de ce massacre.

Selon une étude publiée fin octobre, la biomasse d’arthropodes a chuté de 67 % au cours de la dernière décennie, relève Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».

« La probabilité est forte que l’information la plus importante de la semaine écoulée vous ait échappé. On cherche en vain sa trace dans la conversation publique : elle en est complètement absente. Et pour cause, en France, à peu près aucun média, ni audiovisuel, ni imprimé, ni électronique, n’en a rendu compte (à l’exception du Monde). Elle a pourtant été publiée dans l’édition du 31 octobre de la revue Nature, la plus prestigieuse des revues scientifiques, mais l’attention médiatique était alors, semble-t-il, ailleurs.

La revue britannique publiait ce jour-là l’étude la plus ambitieuse et la plus précise conduite à ce jour sur le déclin des insectes (et des arthropodes en général) ; elle montre, au-delà du doute raisonnable, que le crash en cours des populations d’invertébrés terrestres est plus rapide encore que les estimations publiées jusqu’à présent. Ses résultats sont à vous glacer le sang.

Les auteurs – une vingtaine de chercheurs appartenant à une dizaine d’institutions scientifiques d’Allemagne, de Suisse et d’Autriche – ont analysé l’évolution des captures d’arthropodes sur 300 sites (en prairie ou en forêt) de trois régions allemandes, entre 2008 et 2017.

Le travail qu’ils ont accompli est considérable. Les chercheurs ont analysé un million d’individus capturés au cours de cette décennie, et ont recensé les quelque 2 700 espèces auxquelles ils appartiennent. Ils ont ensuite estimé l’évolution de ces populations grâce à plusieurs indicateurs : le nombre d’individus capturés, leur biomasse et la diversité des espèces représentées. Quelle que soit la métrique considérée, le désastre est à peu près total, les chiffres sidérants.

Au cours de la dernière décennie, sur l’échantillon de 150 prairies analysées par Wolfgang Weisser, Sebastian Seibold (Université technique de Munich, Allemagne) et leurs collègues, la biomasse d’arthropodes a chuté de 67 %. Le nombre d’individus capturés s’est effondré de 78 % et leur diversité a chuté d’un tiers. En moyenne, dans les milieux forestiers, la biomasse de ces bestioles volantes et rampantes a perdu 41 % et la diversité des individus capturés a décliné de 36 %.

« Il y a vingt ans, je n’aurais pas cru qu’un tel effondrement fût possible, dit le professeur Wolfgang Weisser. Je pensais que la plus grande part du déclin des insectes avait eu lieu dans les années 1950-1960, avec la grande période de transformation de l’agriculture européenne. »

 

 

France : la désertification économique avec le massacre de l’industrie

France : la désertification économique avec le  massacre de l’industrie

 

En fait,  la France a connu un véritable massacre de son industrie confirme   une note de la Fabrique de l’industrie publiée lundi 4 novembre. En même temps, cet écroulement de l’industrie a vidé nombre de territoires de leur substance économique. Une sorte de processus irréversible de désaménagement du territoire. Le résultat d’un manque général de compétitivité, d’une insuffisance de l’offre technique aussi des visions illusoires de certains experts qui pensaient que la France se transformerait complètement dans des activités de services commercialisant des productions fabriquées à l’étranger. Le problème, c’est que ces productions ont bien été délocalisées mais que les pays de production se sont réappropriés la commercialisation et la valeur ajoutée tout en progressant en technicité. Dans le même temps, la France perdait certaines compétences techniques et certaines qualifications. 4/5 des zones d’emploi que compte la France ont subi des destructions d’emploi dans le secteur industriel entre 2009 et 2015. Le déclin industriel français ne date pas d’hier. Au niveau national, la part de l’industrie dans la valeur ajoutée entre 1980 et 2018  a clairement chuté pour passer de 29% à 16% selon de récentes données de la Banque mondiale. En parallèle, l’industrie a détruit près de 2,2 million d’emplois, réduisant ces effectifs de 43% sur la même période, selon de récents chiffres cités par l’Observatoire français des conjonctures économiques dans l’ouvrage consacrée à  »L’économie française en 2020″. En outre, le poids de l’emploi industriel dans l’emploi marchand est passé de 29,2% en 1980 à 14,6% en 2018.

Résultat, en 2017, le niveau de production de l’industrie manufacturière française est inférieur de 13% à son pic de la fin 2000. Pire, il est inférieur de 12% à celui du début des années 90, il y près de 30 ans ! Il a fallu tout ce temps pour que l’on prenne conscience de l’exigence d’une politique de l’offre.

 

L’appareil industriel a ainsi connu « sa pire chute d’activité depuis la Seconde Guerre mondiale, perdant près de 10% de sa valeur ajoutée au cours des années 2008-2009″, ajoutent les économistes de l’observatoire rattaché à Sciences-Po Paris. Outre les délocalisations massives vers des pays à bas coût, de nombreux industriels ont  externalisé une partie de leurs services chez des sous-traitants implantés dans le tertiaire. La branche des services aux entreprises a connu une expansion majeure depuis le début des années 1980.

 

« Les activités scientifiques, et techniques, services administratifs et de soutiens ont crée de plus de 2,8 millions d’emplois, soit une hausse de 181%, sous l’effet notamment du recentrage des activités industrielles sur leur coeur de métier », soulignent les auteurs de l’ouvrage précité.

 

L’un des enseignements important de cette étude est que la variation de l’emploi industriel est d’abord déterminée par des conditions macroéconomiques favorables. La composante nationale explique environ 52% des variations locales de l’emploi dans l’industrie. Les chercheurs citent entre autres la productivité dans l’industrie, la concurrence internationale ou les structures de dépenses des consommateurs.

En outre, les conditions locales peuvent également être des facteurs déterminants pour la santé de l’emploi dans des territoires fortement industrialisés. La qualité des infrastructures de transport, le prix du foncier, la disponibilité de la main d’oeuvre, le climat, la géographie, la présence d’établissements d’enseignement supérieur ou de centres de recherche sont cités par les économistes. L’effet local comme la forte spécialisation sectorielle explique des variations d’emploi dans 122 zones d’emploi (environ 40% de l’échantillon ).  »Les zones à effet local positif se retrouvent le plus souvent à l’ouest, dans le sud et en Rhône-Alpes, tandis que celles qui présentent un effet local négatif sont majoritairement localisées dans le nord et le centre de la France » expliquent les auteurs de la note.

Le gouvernement a lancé en novembre 2018 le dispositif des 144 territoires d’industrie bénéficiant d’un appui spécifique de l’Etat et des collectivités locales. Sous la coupole du Grand Palais, le Premier ministre Edouard Philippe, accompagné de plusieurs ministres, avait lancé en grande pompe cette initiative au moment du salon de l’industrie du futur devant un parterre de chefs d’entreprise et de décideurs.

Un an après, la conjoncture s’est fortement dégradée. La plupart des grandes économies de la zone euro frôlent les récessions techniques dans le secteur industriel. Et si la France tente de résister en raison justement d’un poids plus faible de l’industrie et d’une moindre exposition au ralentissement du commerce mondial, les dernières enquêtes de conjoncture n’annoncent pas de perspectives vraiment optimistes. La plupart des instituts de statistiques ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance de l’économie française pour 2020.

Grève SNCF: pour en finir avec le naufrage du service public ferroviaire

Grève SNCF: pour en finir avec le naufrage du service public ferroviaire

 

Jean-Louis Chambon président d’honneur, fondateur du Cercle Turgot propose d’en finir avec le naufrage de la SNCF. Certes, le représentant du Turgot peut être contesté pour sa philosophie très libérale en général mais là certains de ses  propos (pas tous) peuvent  être partagés par d’autres courants inquiets du suicide d’une entreprise organisé par les gauchistes de sud et de la CGT.

« 

« La SNCF ressemble un peu plus chaque jour à un bateau ivre, totalement hors de contrôle. Sa direction s’évertue à panser les plaies ouvertes par quelques saboteurs jusqu’au-boutistes, hors-sol, qui se prétendent gardiens de la sécurité alors qu’ils protègent jalousement leurs privilèges. Les syndicats affichent leur impuissance et sont délégitimés par la base et les autres partenaires. Quant au ministère, quasiment paralysé, il paraît vouloir s’en remettre une nouvelle fois à la providence et au temps pour résoudre un problème récurrent qui appellerait pour sa résolution – enfin ! – de la fermeté et un changement du paradigme.

Il est urgent en effet de prendre acte de l’illusion d’un pseudo-dialogue social qui, en réalité, entretient le pouvoir de nuisances des minorités, le rapport de force et les privilèges des cheminots. Trop c’est trop ! Il faut maintenant faire respecter l’ordre public et privilégier l’intérêt général par des actions déterminées de l’exécutif :

- à court terme, dans l’urgence et dans le cadre de ce que permet la loi, utiliser tous les moyens répressifs face à ces abus, c’est-à-dire dépôt de plaintes, sanctions professionnelles, pénalisations financières…

- et pour le long terme, toute reforme structurante pour sortir de cette anarchie, comme de la confusion des droits et devoirs, nécessite de passer par une réforme constitutionnelle qui, seule, pourrait inscrire clairement l’ordre des priorités entre droits individuels et intérêt général.

Car sacraliser constitutionnellement les droits des Français, de propriété, de grève, l’égalité des femmes et des hommes, etc. relève d’une obsession largement partagée par nos chefs d’Etat. Mais, par-delà les bonnes intentions, l’égalitarisme s’est substitué progressivement à l’égalité, et les droits aux devoirs.

Le statut des fonctionnaires (et autres statuts du public ou privé), en charge d’une délégation de service public, en est la parfaite illustration : à sa naissance en 1946, il répondait aux obligations (contraintes) faites aux fonctionnaires « de se rendre disponibles aux besoins du service public ». On voit aujourd’hui, avec l’installation de la « gréviculture », ce qu’il en reste : uniquement des droits…

Aussi, concilier la continuité (et la qualité) du service public est devenu en France un véritable casse-tête. Les actions conduites par « des cheminots qui ne cheminent plus » en sont la douloureuse illustration. Certes, le politique avait cru trouver, en 2007, « la bonne réponse », en instituant le principe du service minimum dans les transports, pensant équilibrer ainsi l’intérêt général et les droits individuels. Force est de constater que ce fut une parfaite imposture. Les tourments pathétiques dans lesquels sont plongés des millions d’usagers du ferroviaire par la volonté manifeste de maximisation des nuisances par les syndicats, pour des causes périphériques – la retraite notamment.

Pourtant, l’exigence d’une continuité de service public s’impose aux personnes publiques et privées, chargées de la gestion d’un service public. Par conséquent, tout service public – le ferroviaire en est un – doit fonctionner de manière régulière car il a pour finalité l’intérêt général, dont l’Etat est le garant.

De plus, les juges justifient de façon constante, lorsqu’ils ont à en débattre, des limites au droit de grève aux agents qui en abusent. Le pouvoir de réquisition est d’ailleurs aux mains des préfets et de l’administration. La «gréviculture», en préalable à tout dialogue social, a un coût induit exorbitant pour l’économie nationale et le moral de nos concitoyens : au total, le coût, direct et indirect, est estimé entre 0,10 et 0,15 point de PIB par an (toutes les études convergent, voir notamment le Journal of transportation and statistics).

Tout ceci n’est tout simplement plus supportable ! Il est temps d’adresser à la société civile un signe clair en affirmant que, désormais et sans doute dans le cadre de la révision constitutionnelle (en éternelle préparation !), les droits de l’usager-contribuable et de l’intérêt collectif devront l’emporter sur ceux d’une minorité agissante. Cette révolution, à portée de main, nécessiterait de passer par deux axes :

1Reconstruire le cadre légal en rendant incompatible le statut et la mission de service publique avec le droit de grève (étendu à l’ensemble des délégataires de service public, fonctionnaires compris), avec l’obligation d’assurer le service public, en donnant simultanément aux directions les moyens d’atteindre cet objectif par un pouvoir d’astreinte sur leurs agents, surpassant les choix et autres caprices individuels. En Allemagne, les agents du ferroviaire n’ont pas le droit de grève, dans les pays nordiques c’est un honneur et un devoir d’assurer le service en toutes circonstances ; en France, agents hospitaliers, militaires, pompiers, etc. sont déjà dans cette même obligation de fait.

2/ Responsabiliser les acteurs en considérant que tout acte délibéré susceptible de créer un dysfonctionnement dans le service public est constitutif d’une « faute lourde » qui doit être sanctionnée puisque contraire, par nature, à la mission centrale que reçoit chaque fonctionnaire par son « contrat de travail », dont il est le comptable devant chaque citoyen (dans le secteur privé, ce type d’acte est sanctionné par un licenciement). D’autre part, les directions des administrations devraient être prioritairement appréciées (notation, prime variable) par la mesure de leur efficacité, pour permettre à leur organisation d’atteindre le service public maximum. Enfin, les organisations qui appelleraient aux dysfonctionnements des services publics verraient légalement leur responsabilité engagée et mise en cause par les usagers qui en subissent les préjudices – à commencer par la suppression des subventions étatiques qui nourrissent in fine des bataillons de permanents syndicaux.

Ainsi, par le courage politique, l’intérêt général pourrait retrouver sa juste place à côté des intérêts corporatistes ou syndicaux, en rappelant les uns et les autres à leurs devoirs et à une obligation de résultat de qualité de service public. Contrairement à ce que redoutent de nombreux hommes politiques, l’opinion qui ne supporte plus ces nuisances pourrait d’ailleurs saluer ces évolutions radicales.

On ne peut espérer refonder une organisation sociale dont les fondations fissurées remontent à 1945, ni ramener à la raison les « partenaires sociaux », sans adapter les règles du jeu des missions du service public. C’est le cap que le président Emmanuel Macron devrait pouvoir donner à la prochaine révision constitutionnelle, en marquant ainsi vraiment l’histoire de sa vision du nouveau monde. »

En finir avec la politique monétaire manipulatrice de la BCE ? ( François de Saint-Pierre )

En finir avec la  politique monétaire manipulatrice de la BCE ? ( François de Saint-Pierre )

Pour  François de Saint-Pierre, président  du Cercle Jean-Baptiste Say, Associé-gérant chez  Lazard, les taux négatifs de la BCE vont à l’encontre de la croissance économique (la Tribune)

 

« Ces taux d’intérêts négatifs sont contraires au bon sens car ils sont la négation de la croissance : le principe du taux d’intérêt est que demain vaudra plus qu’aujourd’hui parce que celui qui emprunte fera mieux avec cet argent que celui qui le garderait sans rien en faire. De la Parabole des talents à l’esprit des Lumières, c’est bien la philosophie du progrès qui soutient l’existence des taux d’intérêt.

En prêtant son argent, le créancier prend le risque de ne pas être remboursé. Ce risque est rémunéré par le taux d’intérêt qui protègera aussi normalement le prêteur de l’inflation. Installer et maintenir des taux négatifs, c’est nier la croissance, le risque et l’inflation. C’est contrevenir à ce qui permet et accompagne la prospérité telle que nous la partageons depuis plus de deux siècles. Cette quête de prospérité repose sur l’ambition de progresser de son vivant et d’offrir l’opportunité aux générations suivantes de poursuivre le mouvement.

Certes, la croissance de la zone euro est faible, mais est-ce en raison de difficultés de financements ? La croissance annuelle des crédits s’établit à plus de 3,5% et la masse monétaire progresse beaucoup plus vite (autour de 5% sur un an) que le PIB (+1.2%) en 2019. Cette faible croissance économique doit plutôt être analysée comme le résultat de nos faibles gains de productivité. Eux-mêmes renvoient au manque d’investissements et à la contraction durable du secteur manufacturier, à une innovation insuffisante qui renvoie à son tour au recul éducatif. En outre, les réglementations toujours plus nombreuses et les besoins d’une sécurité toujours plus élevée dévorent les gains réalisés, anéantis par une coûteuse complexité.

L’inflation est faible, elle aussi (autour de 1.2%), mais reste proche de sa moyenne depuis la création de l’euro dans les grands pays « core ». La déflation, qui se traduit par la baisse du niveau général des prix et des revenus, n’est pas une menace. L’objectif d’une inflation cible à 2% semble être devenu un dogme qui dissimule l’inflation d’actifs – immobilier, obligations, private equity, actions cotées, or, art contemporain etc.- qui, eux, connaissent des hausses de prix que les fondamentaux n’expliquent pas toujours. Car tout est achetable à crédit, puisqu’il est possible de financer gratuitement ce qui ne rapporte rien…

Les taux négatifs permettent en outre de maintenir ou de développer des projets et des entreprises sans rentabilité en leur accordant la possibilité de se (re)financer à un coût n’ayant rien à voir avec une exigence normale de profitabilité. Ni donc avec le risque qui l’accompagne !  Ce sont ces fameux business models « disruptifs » qui ne créent pas de valeur mais qui détruisent celle produite par les acteurs ayant des contraintes financières normales. En pesant artificiellement sur les prix et en mettant sous pression les marges de concurrents aux modèles de croissance plus lents mais plus solides.

Les taux négatifs viennent ainsi bouleverser la hiérarchie efficiente des valeurs. Demain valant moins qu’aujourd’hui, l’épargne de précaution augmente en Allemagne comme en France -alors que le chômage baisse et a rejoint son plus bas niveau dans la zone euro depuis 2007- sans pour autant venir financer aucun projet de prospérité ! Le livret A atteint des niveaux record à plus de 300 milliards malgré une rémunération ne couvrant pas la moitié de l’inflation.

Enfin, cette politique rend gratuite la drogue aux déficits issus de dépenses publiques excessives qui pèsent sur la création de valeur collective. L’État impécunieux est rémunéré en lieu et place de l’épargnant précautionneux ! Par ailleurs, les jeunes et primo-accédants voient la propriété immobilière inaccessible et les loyers monter, ce qui ajoute au ressentiment social que provoque l’obésité de l’Etat providence.

Enfin, autre conséquence maintes fois commentée, et qui s’aggrave avec le temps, est la fragilisation périlleuse des assureurs et l’affaiblissement des banques européennes (650.000 suppressions d’emplois en 10 ans) face à leurs concurrentes américaines, notamment. Pas de quoi renforcer la confiance…

Il est donc temps de mettre un terme à cette manipulation monétaire qui s’ajoute aux manipulations budgétaires encore amples et nombreuses dans la zone euro. Car la politique de taux négatifs, qui outrepasse une politique de taux bas, porte en elle la déflation et la stagnation qu’elle prétend combattre. Madame Lagarde doit remettre le bon sens à la direction de la BCE pour que l’Europe retrouve confiance dans l’avenir et la croissance, sans craindre la mauvaise humeur des « marchés ». Plus sera retardé le retour du bon sens, plus les effets délétères des taux négatifs feront de dégâts. »

 

Gilets jaunes: avec un an de retard demande de rendez-vous à Macron !

 Gilets jaunes: avec un an de retard demande de rendez-vous à Macron !

 

 

Au nom de principes anarcho-populistes , les gilets jaunes avaient jusque là toujours refusé  de se structurer et de désigner des responsables pour les représenter. Quand des responsables autos désignées ont tenté de représenter le mouvement, ils ont aussitôt été dénoncés pour avoir trahi l’esprit des gilets jaunes. Curieusement, c’est au moment les gilets jaunes ne pèsent  pratiquement plus rien que les figures historiques de la protestation demandent maintenant à être reçues par le président de la république. Une curieuse conception de la conduite des luttes sociales plus  proches de l’action politique que du caractère social. On pourra dire que les gilets jaunes ont massacré le même leur propre mouvement, il y a peu d’exemples de protestation sociale qui est ait été  conduite avec autant d’irresponsabilité. Ils ne sont plus guère que quelques centaines à se rassembler chaque samedi et leurs manifestations fait maintenant rarement deux lignes dans les médias. Finalement devant l’échec patent du mouvement, certains leaders se raccrochent désormais au mouvement sociaux animés par les syndicats. Des syndicats qu’ils ont complètement snobés quand la mobilisation était au zénith, des syndicats qui ont même été hués. L’objectif de cette demande de rendez-vous à Macron vise sans doute à tenter de redonner un peu de dynamisme un à mouvement pratiquement mort. Cela démontre qu’à l’ évidence on ne s’improvise pas soudainement leader national d’un mouvement social. Le cocktail–anarchiste–populiste aura explosé sous le poids de ses contradictions. Pour en sortir,  quatre figures du mouvement des Gilets jaunes ont demandé un rendez-vous à Emmanuel Macron pour évoquer les “violences policières” et lui soumettre des revendications des protestataires non satisfaites, selon eux.

“Depuis bientôt un an, au sein du mouvement des Gilets jaunes, nous sommes en lutte contre les inégalités sociales et fiscales, contre toute forme de discrimination et pour une transition écologique socialement juste”, écrivent les auteurs dans cette lettre ouverte notamment signée par Priscillia Ludosky et Jérôme Rodrigues. Ils demandent à rencontrer le président avant le 16 novembre, veille du premier anniversaire du mouvement des Gilets jaunes entamé le 17 novembre 2018.

Des manifestations, organisées via les réseaux sociaux, sont prévues dans toute la France pour marquer ce moment, que certains considèrent comme une étape vers la journée de grève contre la réforme des retraites prévue le 5 décembre à l’appel de plusieurs syndicats. Dans leur lettre à Emmanuel Macron, les auteurs évoquent “les multiples dérives en matière de maintien de l’ordre et d’application des lois”, et disent vouloir remettre en mains propres au président une plate-forme de 59 propositions ayant reçu selon eux un million de votes en 33 jours.

Cependant il n’est pas certain que le pouvoir en place mais aussi les organisations traditionnelles comme les partis politiques ou les syndicats aient très envie de remettre en selle un mouvement qui certes était porteur au début d’un mécontentement réel en particulier dans les zones périphériques et rurales mais qui progressivement a complètement dérivé en se montrant incapable de la moindre structuration et tout aussi incapable d’assurer la sécurité des manifestations.

 

Contre le port du voile : 71% d’accord avec Blanquer (Sondage)

Contre le port du voile : 71% d’accord avec Blanquer (Sondage)

 

 

Le voile n’est évidemment pas contesté pour des motifs religieux mais parce qu’il est souvent utilisé comme symbole d’un communautarisme militant voire d’un radicalisme anti républicain. Notons que dans les années 60,  le port du voile (sous toutes ses formes) était presqu’inexistant en France mais aussi dans les pays arables où parfois il fut même interdit. Sous l’influence du salafisme (dont la doctrine a alimenté le terrorisme),  le voile est redevenu le signe de ralliement communautariste qui en fait refuse certains principes républicains mais plus généralement la culture nationale.  Selon une enquête Elabe réalisée pour BFMTV, diffusée ce mercredi, 71% des personnes interrogées sont d’accord avec la phrase prononcée dimanche par le ministre de l’Éducation nationale : À savoir, que « le voile en soi n’est pas souhaitable dans notre société ».

Cette large majorité recèle un clivage générationnel. En effet, plus des trois quarts des personnes âgées de 50 ans et plus à avoir été sondées disent partager l’opinion de Jean-Michel Blanquer. Inversement, plus de la moitié des 18-24 ans expriment leur désaccord. Le locataire de la rue de Grenelle est par ailleurs soutenu par une écrasante majorité (8 sur 10) d’électeurs de Marine Le Pen et de François Fillon à la dernière présidentielle.

Le thème plus global du vivre-ensemble, s’il ne suscite pas d’unanimité, demeure clivant. Selon l’institut Elabe, 55% des Français portent un regard négatif sur le vivre-ensemble en France (8% « la population vit très mal ensemble », 47% « assez mal ») et 45% un regard positif (3% « très bien », 42% « assez bien »). Les 18-24 se distinguent en étant une majorité assez large à porter un regard positif (59%) sur le vivre-ensemble.

 

Sondage effectué par Internet, les 15 et 16 octobre, sur un échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.

 

Sondage port du voile : 71% d’accord avec Blanquer

Sondage port du voile : 71% d’accord avec Blanquer

 

 

Selon une enquête Elabe réalisée pour BFMTV et diffusée ce mercredi, 71% des personnes interrogées sont d’accord avec la phrase prononcée dimanche par le ministre de l’Éducation nationale sur notre antenne. À savoir, que « le voile en soi n’est pas souhaitable dans notre société ».

Cette large majorité recèle un clivage générationnel. En effet, plus des trois quarts des personnes âgées de 50 ans et plus à avoir été sondées disent partager l’opinion de Jean-Michel Blanquer. Inversement, plus de la moitié des 18-24 ans expriment leur désaccord. Le locataire de la rue de Grenelle est par ailleurs soutenu par une écrasante majorité (8 sur 10) d’électeurs de Marine Le Pen et de François Fillon à la dernière présidentielle.

Le thème plus global du vivre-ensemble, s’il ne suscite pas d’unanimité, demeure clivant. Selon l’institut Elabe, 55% des Français portent un regard négatif sur le vivre-ensemble en France (8% « la population vit très mal ensemble », 47% « assez mal ») et 45% un regard positif (3% « très bien », 42% « assez bien »). Les 18-24 se distinguent en étant une majorité assez large à porter un regard positif (59%) sur le vivre-ensemble.

 

Sondage effectué par Internet, les 15 et 16 octobre, sur un échantillon de 1002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Emploi des seniors : la contradiction avec l’âge de la retraite

Emploi des seniors : la contradiction avec l’âge de la retraite

 

Théoriquement la retraite peut être prise à partir de 62 ans. Dans les faits,  l’âge moyen de départ et de 62 ans et demi. On s’apprête à repousser la à 64 ans pour une retraite pleine or le problème est qu’une partie non négligeable des salariés âgés sont déjà au chômage avant. Les seniors sont en effet particulièrement frappés par le chômage de longue durée (au delà d’un an). En 2018, 37,8% des demandeurs d’emploi ayant plus de 50 ans étaient inscrits à Pôle emploi depuis plus de deux ans contre 22,3% pour l’ensemble des inscrits. Plus l’âge avance et plus de 50 ans rencontrent de grandes difficultés pour sortir du chômage.

Ainsi, 60,2% des plus de 55 ans étaient au chômage depuis plus d’un an en 2018 contre 41,8% pour l’ensemble des chômeurs de 15 à 64 ans.

Comment dès lors  envisager d’un point de vue social la compatibilité avec un report de l’âge de la retraite. Il est vraisemblable qu’en attendant la fatidique date, nombre d’intéressés iront rejoindre le halo du chômage, c’est-à-dire ce qui n’ont plus droit à rien en matière d’indemnités et qui ne recherchent plus de travail à Pôle emploi. Un report éventuel de l’âge  de la retraite (qui devrait être ciblé en fonction de la nature des métiers et de leur pénibilité) n’est donc socialement acceptable que s’il est accompagné d’une politique de réinsertion professionnelle de ces salariés âgés en utilisant d’une part les moyens de la formation, d’autre part en créant des dispositions légales contractuelles pour aménager leur temps et autres conditions de travail

Fiscalité locale : tour de passe-passe de l’État avec les communes et les départements

Fiscalité locale : tour de passe-passe de l’État avec les communes et les départements

 

Du fait de la suppression de la taxe d’habitation, les pouvoirs publics ont été conduits à faire un tour de passe-passe en supprimant les revenus de la taxe foncière au département afin de les attribuer aux communes. Des communes très mécontentes de l’insuffisance de compensation de la taxe d’habitation. Du fait de la suppression de la ressource de la taxe foncière, une partie de TVA pourrait être attribuée départements mais le problème est de savoir quelle sera le montant de cette part attribuée.

Pour l’heure, pour compenser ce qui représente, en moyenne, 20% des recettes annuelles des conseils départementaux, le gouvernement a prévu de leur attribuer une fraction de TVA.

« Nous discutons avec les cabinets ministériels et Bercy, mais nous ne voyons rien venir », a regretté Dominique Bussereau, président de la Charente-Maritime. « A ce jour, rien n’est inscrit sur la compensation. »

Outre la taxe foncière, le budget des départements est, notamment, alimenté par une cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE, ex-taxe professionnelle, Ndlr), que les intercommunalités et métropoles auraient aimé récupérer… Mais aussi des dotations de l’Etat ou encore de l’emprunt. Ce qui fait dire au patron de l’ADF qu’il a « de vraies inquiétudes sur [leur] autonomie financière ».

Selon les calculs de l’assemblée des départements de France, la suppression de la taxe foncière va engendrer un manque à gagner global de 14,5 milliards d’euros.

« Si une crise économique survient, les recettes liées à TVA diminuent alors que le recours au RSA augmente », estime Dominique Bussereau. « Et que fait-on si deux collèges flambent ? Ou après une crise climatique ? Nous n’avons pas de réponses… »

Sondage : Chirac considéré meilleur président de la Ve République avec de Gaulle !

Sondage : Chirac considéré meilleur président de la Ve République avec de Gaulle !

 

 

On ne sait pas si le sondage du très fantaisiste journal le JDD est à imputer au contenu de sa politique ou à la surexploitation médiatique quotidienne de l’image de Chirac dans la série de Canal+, les guignols. En tout cas curieusement,  Jacques Chirac, dont le bilan est pourtant particulièrement maigre, (pour sa défense il n’est pas le seul) est considéré par les Français comme le meilleur président de la Ve République, à égalité avec Charles de Gaulle, selon un sondage Ifop* publié dans Le Journal du dimanche.

Jacques Chirac, mort jeudi à 86 ans, est considéré par les Français comme le meilleur président de la Ve République, à égalité avec Charles de Gaulle, selon un sondage Ifop* publié dans Le Journal du dimanche.

Il recueille la préférence de 30% des sondés, en hausse de 20 points par rapport à un sondage Ifop similaire en novembre 2013. François Mitterrand, lui, dégringole de 28 à 17%.

Ce sont les sympathisants de La France insoumise (39%) et du Rassemblement national (32%) qui plébiscitent le plus Jacques Chirac, loin devant Les Républicains (25%), qui lui préfèrent Charles de Gaulle (48%).

Jacques Chirac est davantage choisi par les moins de 35 ans (47%) – singulièrement les 25-34 ans (50%) – que par les 35 ans et plus (23%), dont 33% optent pour De Gaulle.

« Un personnage sympathique qui aimait la vie » pour 31% des sondés

Dans les actes les plus marquants de sa présidence, l’opposition à la guerre en Irak est de très loin la plus citée (71%), devant la suppression du service militaire (41%) ou encore le discours sur l’écologie et « notre maison qui brûle » à Johannesburg en 2002 (33%).

Interrogés sur l’image qu’ils garderont de l’ancien chef de l’Etat, ils sont 31% à choisir « Un personnage sympathique qui aimait la vie », devant « Un élu de terrain proche des Français » (27%), « Un grand homme d’Etat » (18%), « Un président qui a fait peu de réformes » (7%), « Un politique professionnel qui a souvent changé d’avis » (7%), « Un homme de droite sans compromission avec le Front national » (6%) et « Un combattant politique impitoyable » (4%).

*Sondage réalisé par questionnaire auto-administré en ligne le 27 septembre auprès d’un échantillon de 1.015 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ou plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

Climat : 500 000 personnes à Montréal avec Greta Thunberg

Climat : 500 000 personnes à Montréal avec Greta Thunberg

Le week-end dernier la participation aux manifestations concernant le climat a été massif dans nombre de pays du monde. Si en Allemagne par exemple, les manifestants ont été particulièrement nombreux avec environ 1 million de personnes dans les rues, par contre la participation en France s’est révélée relativement modeste avec des chiffres entre 15 000 et 30 000 pour tout le pays. En cause le fait que nombre de dirigeants politiques, de journalistes, de personnalité et de pseudos experts adhèrent clairement au camp des climato- sceptiques. Certes le président de la république et le gouvernement délivrent  des messages tonitruants sur la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique mais dans la pratique les mesures sont insignifiantes voir même contradictoires avec l’objectif. Témoin encore la prochaine décision de refuser la consigne pour les bouteilles plastiques. En clair va favoriser le recyclage qui signifie qu’on va continuer de produire cet emballage dangereux et le détruire. Une manière aussi de faire de la croissance bien peu vertueuse. Pour preuve de l’insuffisante prise de conscience en France, la place donnée aux critiques voire  aux injures inadmissibles concernant Greta Berg après son discours à l’ONU. Des critiques qui sont même venues maintenant du gouvernement. Du coup, on peut se réjouir de la récente mobilisation au Canada Près de 500 000 personnes ont défilé à Montréal avec la militante suédoise Greta Thunberg, vendredi 27 septembre, dans le cadre d’une nouvelle « grève mondiale pour le climat », ont annoncé les organisateurs de la manifestation. C’est « la plus grosse manifestation de l’histoire du Québec », a annoncé à la foule François Geoffroy, du collectif La Planète s’invite au Parlement. La police n’a pas donné de chiffres officiels mais elle a salué une mobilisation « historique » qui s’est déroulée sans incidents majeurs.

 

« Vous pouvez être fiers de vous ! », s’est félicitée la jeune Suédoise face à la foule rassemblée à proximité du siège de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), à l’issue de la marche. « Il y a urgence et nous ne resterons pas les bras croisés », a déclaré la militante de 16 ans, avant de proclamer : « Nous sommes le changement et le changement arrive ».

« Cette semaine les leaders du monde entier se sont réunis à New York. Ils nous ont déçus une fois de plus avec leurs paroles creuses et leurs plans insuffisants », a-t-elle déploré, en évoquant le sommet de l’ONU sur le climat au début de la semaine à New York. Elle a répété que c’était un  »devoir moral » de « continuer à se battre pour la planète et pour notre avenir » afin d’être capables  »lorsque nous serons plus vieux de regarder nos enfants dans les yeux et de leur dire que nous avons fait tout notre possible ».

 

Greta Thunberg a affirmé que la mobilisation du vendredi 20 septembre, lors de la précédente « grève pour le climat », avait réuni « plus de 6,6 millions de personnes » dans le monde, selon les derniers chiffres disponibles. Les organisateurs parlaient jusqu’à présent de plus de quatre millions de personnes pour ce « vendredi pour le futur ».  »Nous continuerons à le faire jusqu’à ce qu’ils nous écoutent », a prévenu la militante écologiste sous les ovations.

 

SNCF: avec Jean-Pierre Farandou, enfin un vrai patron ?

 

 SNCF: avec Jean-Pierre Farandou,  enfin un vrai patron ?

La plupart du temps la SNCF a dû se contenter d’un patron à profil relativement politique ayant surtout pour vocation de se taire devant les contradictions de la politique des transports et de faire le dos rond face à certaines organisations syndicales. Du coup,  l’entreprise s’est enfoncée dans le déclin économique et surtout financier. Or la question de la succession de Guillaume Pepy se posait. Il était  souhaitable évidemment qu’on ne nomme pas un nouveau technocrate surtout occupé de communication c’est-à-dire davantage dans l’apparence que dans l’action. Bref, il faut enfin un vrai patron à l’entreprise,  un patron qui prenne en compte les deux champs prioritaires à savoir d’abord le commercial ensuite les ressources humaines. Il s’agit de transformer la SNCF en véritable entreprise pour éviter qu’elle ne disparaisse. Le choix du gouvernemenet s’est porté sur cde Jean-Pierre Farandou, actuel président de Keolis, groupe spécialiste des transports publics et filiale de la SNCF à 70 %. L’hypothèse d’un binôme entre Jean Castex, ex-secrétaire général adjoint à la présidence de la République de Nicolas Sarkozy, actuellement délégué interministériel aux grands événements sportifs, et Rachel Picard, directrice de Voyages SNCF a sérieusement tenu la corde, mais a finalement achoppé.

« Il y avait plusieurs inconvénients. D’abord, Jean Castex ne connaît pas du tout le secteur des transports. Or, la SNCF est en pleine transformation et l’on ne peut pas se permettre d’attendre trois ans que le nouveau patron s’acclimate. Rachel Picard, elle, maîtrise bien l’entreprise, elle y travaille depuis 2004. Et c’est une “Pepy girl”. Mais elle incarne vraiment le TGV, dans l’entreprise, à un moment où la priorité est de retisser des liens avec les régions. Et surtout, un exécutif à deux têtes n’incarne pas forcément l’image d’une entreprise réformée et prête à affronter la concurrence », commente un cadre de premier plan. Jean-Pierre Farandou semble avoir le profil qu’il faut, il connait le groupe SNCF et a un profil de manager. Reste à connaitre  les espaces de manoeuvre que lui laissera le gouvernement. .

Etats-Unis : alerte sur la croissance avec la baisse de l’activité manufacturière

Etats-Unis : alerte sur la croissance avec  la baisse de l’activité  manufacturière

 

 

Du fait de l’atonie du commerce international, à peu près tous les pays sont confrontés aux mêmes problèmes à savoir la diminution de l’activité manufacturière. C’est vrai depuis des mois pour la Chine par exemple, c’est vrai l’Allemagne et c’est vrai depuis août pour les États-Unis. Chaque pays espère donc que la consommation et les investissements prendront le relais de l’insuffisance des exportations. Rien n’est sûr dans ce domaine compte tenu de l’incertitude qui nourrit l’avenir économique. Phénomène nouveau, la croissance de l’activité manufacturière aux Etats-Unis s’est contractée en août pour la première fois depuis 2016, dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale et de montée des tensions commerciales. Nombre d’experts envisage la récession pour les États-Unis en 2021. Une récession forcément contagieuse compte tenu déjà des croissances actuelles insignifiantes.

Ces chiffres américains tranchent avec ceux publiés la semaine dernière sur la consommation des ménages, qui suggéraient que l’économie, certes en ralentissement, résistait plutôt bien à l’impact des tensions commerciales avec la Chine. “Avec l’industrie manufacturière qui commence maintenant à se contracter, il est d’autant plus important que les ménages continuent de dépenser”, résume Joel Naroff, chef économiste de Naroff Economic Advisors.

L’indice ISM du secteur manufacturier est ressorti en baisse à 49,1 pour août, son plus bas niveau depuis janvier 2016, contre 51,2 en juillet. Les économistes interrogés par Reuters attendaient un léger recul à 51,1.

En recul pour le cinquième mois consécutif, l’indice passe pour la première fois depuis août 2016 sous le seuil de 50, marquant une contraction dans le secteur manufacturier, qui représente environ 12% de l’économie américaine.

L’ISM évoque “une baisse notable de la confiance des entreprises”, ajoutant que “le commerce international reste le problème le plus important, comme le montre la forte contraction des nouvelles commandes à l’export”.

Le sous-indice des commandes nouvelles dans leur ensemble a reculé à 47,2 en août, au plus bas depuis juin 2012, contre 50,8 en juillet.

Celui de l’emploi a baissé à 47,4 en août, à son plus bas niveau depuis mars 2016, contre 51,7 en juillet, un chiffre qui fait craindre une diminution des effectifs du secteur industriel en août.

En juillet, les entreprises manufacturières ont déjà réduit les horaires de travail, faisant tomber l’horaire hebdomadaire moyen à son plus bas niveau depuis novembre 2011, et elles ont diminué les volumes d’heures supplémentaires.

Le rapport mensuel sur l’emploi du département du Travail doit être publié vendredi.

“L’enquête (de l’ISM) constitue un avertissement sur le fait que l’incertitude autour des droits de douane et du commerce international continue de peser sur l’activité manufacturière et que cette incertitude est un risque de plus en plus important pour la croissance”, souligne John Ryding, chef économiste de RDQ Economics.

Développement de l’Afrique : surtout avec les femmes

Développement de l’Afrique : surtout avec  les femmes

Rima Le Coguic, directrice Afrique de l’Agence française de développement fort courageusement mais le doigt sur la question centrale des femmes dans le développement de l’Afrique (tribune du Monde). Un papier intéressant et très lucide  qui pourrait être encore plus radical dans la mesure où bien souvent malheureusement dans les familles c’est souvent la seule femme qui travaille et  subvient aux besoins de la famille. D’où sans doute aussi une capacité de gestion financière des femmes bien supérieure à celle des hommes. Mais il s’agit là d’une sorte de tabou, dommage car c’est sans doute une des conditions centrales du développement. Le problème c’est que la plupart des plans de développement sont essentiellement discuté avec des hommes !

 

 

« Aujourd’hui, l’Afrique est le continent où les femmes sont les plus actives sur le plan économique. C’est le continent où la participation des femmes au marché du travail est la plus élevée (plus de 60%, supérieure aux taux des pays européens et occidentaux) et où l’entrepreneuriat féminin est le plus développé (24% d’entre elles ont créé leur entreprise, contre 6% en Asie et 12% en Amérique). Porteuses d’un véritable dynamisme économique, elles sont en particulier présentes dans les secteurs de l’agriculture et de l’éducation, et se tournent davantage vers les nouvelles technologies et le digital.

Cette réalité parfois méconnue n’empêche pas que les femmes en Afrique font face à des obstacles encore plus grands qu’ailleurs. Elles ont un accès plus limité que les hommes au crédit bancaire et autres outils de financement. Selon la Banque africaine de Développement (BAD), elles sont propriétaires de 48% des entreprises en Afrique mais elles ne représentent que 20% de la population ayant accès à un compte bancaire. En définitive, l’organisation estime que les besoins en financement non couverts pour les femmes entrepreneures s’élèvent à 42 milliards de dollars.

Par ailleurs, les conditions de travail des femmes, notamment dans le secteur informel, sont moins bonnes que pour les hommes. Ainsi, les femmes en Afrique perçoivent des revenus inférieurs à celui des hommes -jusqu’à 30% de moins dans le seul secteur agricole où elles sont très présentes. À ces activités économiques nécessaires à leur autonomie financière et pour subvenir aux besoins de leur famille, s’ajoute la lourde charge des tâches domestiques qu’elles assurent en grande partie. Ainsi, l’Afrique est le continent où les femmes passent le plus de temps à s’occuper de tâches domestiques non rémunérées. Un écart constaté dès leur plus jeune âge et qui alimente largement le décrochage scolaire.

Le président Emmanuel Macron l’a clairement exprimé dans son discours à Ouagadougou en novembre 2017 et l’a réaffirmé lors de la conférence G7 Développement & Éducation en juillet dernier : l’égalité femmes-hommes est la grande cause de son quinquennat, en France et à l’international.

L’Agence française de développement (AFD) s’engage ainsi sur le terrain pour améliorer le quotidien des femmes entrepreneures en finançant des lignes de crédit à des institutions locales, comme l’Agence de Développement des Micros, Petites et Moyennes Entreprises (MSMEDA) en Egypte ou l’Industrial Development Corporation(IDC) en Afrique du Sud.

Dans les deux cas, l’objectif est le même : encourager les institutions locales à proposer davantage de financements aux femmes entrepreneures tout en les accompagnant dans leurs démarches de financements.

L’accompagnement des femmes issues des quartiers défavorisés est un autre levier pour les aider dans leurs projets. Au Tchad, 350 porteuses de projets sont déjà accompagnées par l’AFD. En Egypte, un nouveau projet vise à amener 1.500 femmes de Louxor et du Grand Caire vers l’emploi salarié ou entrepreneurial, alors que l’Afrique du Nord se distingue du reste du continent en matière d’accès à l’emploi des femmes.

La réduction des inégalités de genre est ainsi un enjeu prioritaire dans l’objectif d’éradiquer la pauvreté et de réaliser les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030. Selon l’OIT, réduire les inégalités de genre permettrait d’augmenter le PIB du continent de plus de 4% d’ici 2025. C’est aussi un enjeu social majeur car les femmes utilisent la quasi-totalité de leurs revenus pour leurs enfants, soutenant ainsi le développement des communautés. Convaincue qu’il est vain de penser le développement sur le continent sans miser sur les femmes, l’AFD prévoit que 50% de ses engagements annuels soient dédiés à des projets liés aux questions de genre d’ici 2022 en Afrique.

En s’affirmant comme des agents du développement économique et social à part entière, les femmes africaines travaillent autant à leur autonomisation qu’elles contribuent au développement inclusif de l’Afrique. »

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