Affaire Fillon : pas un assassinat, un suicide

Affaire Fillon : pas un assassinat,  un suicide

 

François Fillon fait une nouvelle faute, sémantique celle-là,  quand il parle d’assassinat politique. En fait,  il ne s’agit pas d’un assassinat mais d’un véritable suicide politique. En cause évidemment,  d’abord les faits accablants  mais aussi son système de défense. Les faits  sont injustifiables puisqu’il s’agit de détournements de fonds publics, de fraude et d’abus de biens sociaux. La première faute consiste à avoir choisi la posture de l’homme de rigueur pour s’imposer aux primaires reprochant au passage à Sarkozy et Juppé leur passé judiciaire. Une contradiction fondamentale qui a tué dans l’œuf la crédibilité de sa candidature. Par la suite, Fillon a accumulé les contradictions dans sa ligne de défense. Il a ensuite accumulé les erreurs de stratégie en matière de défense. Il a d’abord réfuté le droit de la justice de le poursuivre mettant en cause le rôle du parquet national financier. Il a ensuite réclamé, comme Le Pen, d’ailleurs le respect d’une hypothétique trêve judiciaire. Une trêve judiciaire qui si elle était appliquée lui permettrait en cas d’élection d’enterrer l’affaire puisqu’elle ne pourrait être jugée avant 5 ou 10 ans. Politiquement il s’est suicidé en affirmant dans un premier temps qu’il renoncerait à sa candidature s’il était mis en examen. « Imagine-t-on le général De Gaulle mis en examen ? » Avait-il déclaré pour appuyer sa posture. Finalement hier il se contredisait encore en indiquant qu’il irait jusqu’au bout même s’il était mis en examen. Une tactique de défense inaudible qui constitue un véritable suicide politique. Les arguties judiciaires et politiques qu’il emploie ne sont plus crédibles. L’ancien Premier ministre, qui répondra aux juges, a en effet fait valoir que sa convocation intervenait deux jours avant la date-limite de dépôt des parrainages d’élus. « Par le choix de ce calendrier, ce n’est pas moi seulement qu’on assassine. C’est l’élection présidentielle. C’est le vote des électeurs de la droite et du centre qui est fauché », a-t-il lancé lors d’une déclaration solennelle à son QG de campagne. « C’est au peuple français que je m’en remets, parce que seul le suffrage, et non une procédure menée à charge, peut décider qui sera le prochain président de la République française », a poursuivi François Fillon, persistant à se poser en victime. Et de marteler : « Je ne céderai pas. Je ne me rendrai pas. Je ne me retirerai pas. » Invoquant le « respect de la parole donnée », Bruno Le Maire a annoncé démissionner de ses fonctions de conseiller pour les affaires internationales et européennes auprès du candidat. Une défection saluée par plusieurs de ses soutiens : Arnaud Robinet, Franck Riester, Yves Jégo, Laure de La Raudière. Dans des rangs déjà ébranlés par la tournure des événements, les velléités frondeuses ont resurgi, et non des moindres. L’UDI, parti centriste allié à François Fillon, a décidé de « suspendre » sa participation à la campagne dans l’attente d’une décision définitive la semaine prochaine. La tentation d’un ralliement à Emmanuel Macron grandirait en son sein. La « sarkozyste » Catherine Vautrin, vice-présidente LR de l’Assemblée, juge dans le journal L’Union qu’ »il est grand temps que nous puissions avoir un autre candidat », tandis qu’un autre « sarkozyste », le député LR Pierre Lellouche, a demandé le retrait de François Fillon et la saisine du Conseil constitutionnel en vue du report de la présidentielle.

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