Archive pour le Tag 'encore'

Signe du pessimisme : Le Livret A encore en hausse

Signe du pessimisme : Le Livret A encore en hausse

un nouveau record pour le livret A ( et équivalent). En tout autour de 500 milliards d’euros stockés là essentiellement du fait de l’incertitude qui règne parmi les épargnants quant à l’évolution future de la situation économique et sociale. Le pire c’est que ce placement ne rapporte pratiquement rien puisque le rendement a été ramené à 0,5 % bien en dessous de l’inflation réelle. Il s’agit moins d’une épargne de précaution d’une épargne d’attente en attendant que le ciel économique s’éclaircisse. Théoriquement , ces  fonds doivent participer à l’économie sociale et solidaire notamment pour le logement social. Mais les sommes recueillies sont bien au-dessus des besoins. Du coup, le gouvernement pourrait envisager d’utiliser cette collecte à d’autres fins., Investissements notamment. La question est de savoir si ces fonds seront toujours aussi disponibles pour les épargnants. En effet en cas d’évolution des parités monétaires et de l’inflation qui l’accompagne, les épargnants pourraient perdre une partie de la valeur des fonds placés en euros constants. À peu près la même somme est pratiquement gelée sur les comptes courants. La preuve que les Français sont lucides sur les conséquences probables du tsunami économique et social qui se prépare.

À Fin avril, l’encours total d’épargne placée sur les deux produits atteignait 428,2 milliards d’euros.

C’est « un niveau jamais atteint depuis la précédente crise (…) trois fois plus qu’au mois d’avril 2019″, a affirmé mercredi matin Éric Lombard, directeur général de la Caisse des dépôts, lors d’une audition devant des commissions sénatoriales. Cette embellie n’est pas le résultat d’une rémunération attractive : le taux de rémunération du Livret A et du LDDS a été abaissé en février de 0,75% à 0,5%, soit son plus bas niveau historique. Le directeur de la Caisse des dépôts rejoint ainsi les propos tenus à la mi-avril par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui souhaitait de l’investissement et non de l’épargne pour relancer l’économie.

« Le mois d’avril restera dans les annales de l’épargne française. (…) Malgré leur faible rendement, le Livret A et le LDDS sont les grands gagnants de cette période très particulière d’épargne subie », a réagi dans une note Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, cabinet de réflexion sur l’épargne et sa réglementation.

De façon plus générale, « l’augmentation de l’épargne de précaution a été constatée lors de chaque crise depuis 1973″, relève cet analyste.

L’or encore en hausse: signe d’incertitudes

L’or encore en hausse: signe d’incertitudes

L’écrasement des taux d’intérêts réels pousse les investisseurs vers l’or, alors que le président de la Fed a prévenu que la crise pourrait durer jusqu’à fin 2021. Le métal jaune a atteint les 1.765,43 dollars l’once, son plus haut niveau depuis octobre 2012.

Merkel et Macron pour un plan encore flou de 500 milliards

Merkel et Macron pour un plan encore flou de 500 milliards d’euros en dépenses budgétaires

La proposition de Merkel et de Macron concernant un fond de 500 milliards d’euros pour des dépenses budgétaires  européennes constitue indéniablement un fait politique et médiatique indiscutable. Remarquons évidemment qu’il ne s’agit que d’une proposition et qu’il faudra se mettre d’accord avec les 27 constituants de  l’union européenne. La partie n’est pas gagnée d’avance

. Ensuite il faudra aussi préciser les conditions d’attribution et de financement de cette enveloppe. De ce point de vue, les commentaires d’Emmanuel Macon sont relativement encore flous sur ces deux questions. L’enjeu va notamment tourner autour de ce qui est remboursable et ce qui ne l’est pas (pour simplifier prêts ou subventions).

Cette initiative commune, qui doit encore être endossée par la Commission européenne et l’ensemble des Vingt-sept, constitue une “étape majeure” et un “changement de philosophie”, s’est félicité Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse à l’issue d’une visioconférence avec la chancelière allemande Angela Merkel.

“Pour la première fois, ce que nous proposons ensemble, Allemagne et France, c’est de décider tous ensemble d’aller lever une dette commune sur les marchés et d’utiliser ces 500 milliards d’euros, dette qui aura vocation à être remboursée, pour apporter des financements qui seront fléchés en priorité sur les secteurs les plus touchés et pour les régions les plus impactées et donc d’accepter de vrais transferts, une vraie stratégie commune”, a-t-il souligné.

“Ces 500 milliards ne seront pas remboursés par les bénéficiaires de ceux qui utiliseront cet argent, ils pourront soit être remboursés par les Etats membres par une clef de répartition qui dépend de votre poids dans le budget, par des contributions que nous aurons vocation à décider ensuite ou par d’autres mécanismes”, a-t-il précisé.

Invité en début de soirée sur LCI, le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a indiqué que la France pourrait recourir à ce plan pour “rénover” l’hôpital.

“La Commission va emprunter à un taux d’intérêt faible et ensuite payer des dépenses dans les Etats qui en auront le plus besoin. Quand nous aurons besoin par exemple de rénover notre hôpital, nous pourrons nous appuyer sur ce soutien de la Commission européenne et sur un financement de la Commission européenne”, a-t-il souligné, ajoutant que ce financement direct de la Commission européenne financé par de la dette commune pourrait aussi être mobilisé pour soutenir le tourisme, l’automobile ou le secteur de l’aéronautique.

De Berlin, lors de la conférence de presse commune, la chancelière allemande a parlé d’un “pas en avant” important à dix jours de la présentation par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen des détails du programme de relance économique.

“Au départ, nous avions des conceptions extrêmement différentes autant en terme de volume des aides à apporter que sur les moyens techniques”, a déclaré Angela Merkel. “Nous avons réussi à trouver une ébauche de solution entre la France et l’Allemagne et nous avons rapproché nos positions. Nous pensons que nous avons fait un pas en avant très important pour pouvoir arriver à une proposition de la Commission qui satisfera les 27.”

A Bruxelles, Ursula von der Leyen a salué cette proposition qu’elle a jugée “constructive”, estimant qu’elle reconnaissait “l’ampleur du défi économique auquel l’Europe est confrontée, et met à juste titre l’accent sur la nécessité de trouver une solution qui maintienne le budget au coeur de ses priorités”.

“Cette proposition va dans le sens de celle préparée par la Commission, laquelle tiendra également compte des points de vue de tous les États membres et du Parlement européen”, a déclaré la présidente de la Commission européenne dans un communiqué.

Un accord franco-allemand ne veut pas dire pour autant accord des Vingt-Sept, et si le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, s’est félicité de l’initiative franco-allemande – “C’est un premier pas dans la bonne direction”, a-t-il commenté -, opter pour des subventions ou transfert budgétaires (non remboursables) au lieu de prêts (remboursables) ne sera pas facile à faire accepter par certains Etats membres comme les Pays-Bas, la Finlande ou l’Autriche.

“Notre position demeure inchangée”, a ainsi prévenu le chancelier autrichien Sebastian Kurz. “Nous sommes prêts à aider les pays les plus touchés par des prêts. Nous attendons que le prochain (cadre budgétaire pluriannuel de l’UE) reflète les nouvelles priorités et non qu’il relève le plafond.”

Sur  le plan de l’environnement, les deux pays appellent à accélérer le “pacte vert” (“Green Deal”) -encore très flou- pour l’Europe en vue de la neutralité carbone d’ici à 2050.

Coronavirus France : encore 483 décès

Coronavirus France : encore 483 décès

 

483 morts dans les dernières 24 heures, selon le bilan diffusé dimanche soir par le ministère de la Santé. Ce bilan quotidien est le plus important de ces dernières semaines et est essentiellement dû aux décès en Ehpad et autres établissements médico-sociaux (+429 par rapport à samedi, contre +54 à l’hôpital), portant le total des morts à 28.108.

Sollicitée par l’AFP, la Direction générale de la Santé (DGS) n’a pas été en mesure de donner de raison à cette hausse importante, en indiquant seulement que tous les bilans quotidiens procédaient d’une « actualisation des données transmises par les ARS (agences régionales de santé) à Santé publique France », l’agence sanitaire nationale. Ces derniers jours, les chiffres des Ehpad avaient fait l’objet de plusieurs corrections a posteriori, témoignant de la difficulté à collecter et faire remonter ces données.

En revanche, les hospitalisations et les admissions en réanimation continuent de baisser.

La Cour suprême allemande attaque encore la BCE

La Cour suprême allemande attaque encore la BCE

Alors que Merkel avait tenté d’apporter du calme  dans le conflit qui oppose la cour suprême allemande et la BCE, la plus haute institution financière allemande remet le couvert et attaque la banque centrale européenne. La banque centrale européenne avait aussi reçu le soutien de la cour de justice européenne et réaffirmé le principe de son indépendance de la BCE. La Cour constitutionnelle allemande continue de régler ses comptes mercredi avec les institutions européennes qui l’ont attaquée pour avoir critiqué l’action de la Banque centrale européenne (BCE) dans un arrêt retentissant.

« Notre message à la BCE est carrément homéopathique », s’est défendu Peter Huber, juge au sein de la plus haute juridiction allemande, dans une interview publiée par la Süddeutsche Zeitung, en réponse à la polémique.

« Elle ne doit pas se considérer comme le +Maître de l’Univers+ », assène-t-il, alors que la BCE, soutenue en cela par la Commission européenne, a rappelé qu’elle répondait seulement devant la justice européenne et non nationale.

« Nous demandons seulement à la BCE d’assumer sa responsabilité face aux citoyens et de justifier » sa politique, « y compris auprès des personnes qui sont désavantagées par ses mesures », ajoute le magistrat, un des huit juges du collège qui a rendu son arrêt à une majorité de 7 voix contre une.

La Cour constitutionnelle allemande a lancé la semaine dernière un ultimatum à l’institut chargé de piloter la politique monétaire en zone euro, en lui demandant de justifier ses décisions dans un délai de trois mois.

Elle vise les rachats massifs de dette publique et privée par la BCE destinés à soulager l’économie en réinjectant de l’argent frais dans le circuit. Un outil à nouveau largement utilisé face à l’impact de l’épidémie de nouveau coronavirus.

Cette politique a aussi pour effet de maintenir les taux d’intérêt à leur plus bas niveaux historique, au grand dam des épargnants qui voient leurs rentes plafonner ou fondre.

Ce sujet est majeur en Allemagne, un des plus grands pays d’épargnants au monde, et au cœur de la décision historique prise par la justice allemande la semaine passée.

Dans cette « guerre des juges », la BCE a obtenu aussi le soutien de la Commission européenne. Cette dernière a même évoqué ce week-end une procédure en infraction contre l’Allemagne pour non respect des traités européens, qui garantissent la primauté du droit européen dans les domaines relevant de la compétence de l’UE, comme la BCE.

Une telle procédure lancée par l’exécutif bruxellois « aggraverait la situation sans que le gouvernement (allemand) ne soit en mesure d’intervenir adéquatement », compte tenu de l’indépendance de la Cour, a toutefois prévenu M. Huber.

Le prix du pétrole encore en recul

Le prix du pétrole encore en recul

Malgré la décision saoudienne de réduire sa production d’un million de barils par jour supplémentaires à partir de juin afin de soutenir les cours. Le baril de Brent de la mer du Nord a fini en baisse de 3,5 %, celui de WTI a perdu 2,4 %.

BCE : un achat encore plus important d’actifs pourris

BCE : un achat encore plus important d’actifs pourris

En termes techno, la Banque centrale européenne (BCE) a demandé d’étudier  la possibilité pour l’institut d’émission d’acheter des obligations d’entreprises à haut rendement dans le cadre de ses efforts pour protéger les économies de la zone euro des dégâts provoqués par la pandémie de coronavirus, a appris Reuters auprès de quatre sources. En clair ,il s’agit d’acheter davantage d’actifs pourris qui relèvent de la catégorie spéculative.

Ajouter de la dette d’entreprises récemment dégradées en catégorie spéculative par les agences de notation à ses achats, dont le montant atteint déjà 1.100 milliards euros pour cette année, aiderait la BCE à baisser les coûts de financement pour les entreprises les plus touchées par la crise sanitaire.

Mais cela augmenterait également le risque de pertes en cas de défauts des émetteurs et pourrait valoir de nouvelles critiques à l’institution de Francfort, dont un programme d’achat de dette souveraine vient d’être jugé partiellement anticonstitutionnel par un tribunal allemand.

Des membres des équipes de la BCE ont été chargés d’étudier le pour et le contre d’éventuels achats de dette privée à haut rendement et de présenter leurs conclusions aux décideurs monétaires de la banque centrale, ont précisé les sources.

De nombreux décideurs de la BCE sont réticents mais une majorité pourrait se dégager sous la pression grandissante des marchés après la récente décision de la Réserve fédérale américaine, selon les sources.

La Fed a en effet annoncé le mois dernier qu’elle achèterait de la dette d’émetteurs ayant récemment quitté la catégorie investissement (“investment grade”) pour atterrir dans l’univers du “high yield”.

L’un des arguments en faveur d’achat de “high yield” par la BCE est le fait que le stock des obligations “investment grade”, que la banque centrale peut déjà acheter dans le cadre de programmes existants, est appelé à se réduire, la récession pesant sur le bilan des entreprises, notamment dans des pays comme l’Italie. Le problème évidemment et c’est que cela risque avec les autres mesures d’augmenter considérablement la taille du bilan de la banque centrale et à terme de créer des inquiétudes sur la parité de l’euro.

États-Unis : Le déficit commercial encore en hausse

États-Unis : Le déficit commercial encore en hausse

 

Le département du Commerce a fait état d’un déficit commercial de 44,4 milliards de dollars (40,8 milliards d’euros) après celui de 39,8 milliards de dollars enregistré en février selon les données révisées, soit une hausse de 11,6%, la plus marquée enregistrée depuis décembre 2018.

Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un déficit de 44,0 milliards en mars après 39,9 milliards annoncé initialement pour février.

Les exportations américaines ont diminué de 9,6% d’un mois sur l’autre à 187,7 milliards de dollars, leur plus bas niveau depuis novembre 2016.

Les ventes à l’étranger de biens d’équipement sont tombées au plus bas depuis novembre 2016 et celles du secteur automobile au plus bas depuis novembre 2011. Quant aux exportations de services, elles sont revenues à leur plus bas niveau depuis novembre 2013, ce qui s’explique entre autres par la baisse du tourisme et des voyages.

Parallèlement, les importations américaines ont baissé de 6,2% à 232,2 milliards de dollars, pour revenir à leur niveau de novembre 2016. Il s’agit de leur plus forte baisse en pourcentage depuis janvier 2009.

Ecoles : Macron ajoute encore du flou à la rentrée

Ecoles : Macron ajoute encore du flou à la rentrée

Comme c’était prévisible, Macron ajoute du flou au flou concernant la rentrée scolaire. Certes, elle pourrait avoir lieu comme annoncé par le Premier ministre mais de façon très diversifiée et très progressive de telle sorte que l’école ne deviendrait plus obligatoire bien sûr et ne concernerait que quelques élèves volontaires. La reprise des cours pourrait même ne pas avoir lieu si les conditions sanitaires ne sont pas remplies. En mal dans les sondages ( il baisse encore dans les dernières consultations), Macron a choisi comme méthode de communication de contredire son premier ministre montrant ainsi qu’il est moins technocratique que lui. Le résultat de ces contradictions c’est d’ajouter du flou à ce qui n’était déjà pas très clair. Témoin ces déclarations assez alambiquées du chef de l’État :

“Mon objectif, ce n’est pas combien d’écoles, c’est que tous les enfants qui ont besoin de revenir à l’école parce qu’ils sont décrocheurs (….) ou parce que les parents doivent retravailler, puissent trouver une école ouverte”, a déclaré le président de la République dans une interview à TF1 et France 2 en marge d’une visite dans une école primaire à Poissy (Yvelines).

“Je veux plutôt une bonne rentrée qu’une rentrée en nombre”, a-t-il ajouté. A la question de savoir si des mesures de contraintes étaient envisagées pour les maires ou les enseignants qui refuseraient de rouvrir certaines écoles, il a répondu : “Non, pas du tout, ce n’est pas la philosophie.”

“Les maires, je comprends leur angoisse, leurs questions, leurs inquiétudes. Ils veulent bien faire donc il faut leur laisser le temps et la souplesse”, a poursuivi Emmanuel Macron deux jours après la publication d’une tribune de plus de 300 maires d’Ile-de-France appelant à un report de la réouverture des écoles.

Quant au corps enseignant, a-t-il poursuivi, “on ne dira jamais à un enseignant pour qui les conditions (de sécurité sanitaire) ne sont pas remplies ‘vous devez aller travailler’”.

“On ne doit pas donner le sentiment dans cette période où on demande aux citoyens d’être responsables qu’il y aurait une amnistie pour les élus”, a abondé mardi Emmanuel Macron. “Par contre je pense qu’il nous faut peut-être préciser par la loi, bien cadrer les choses.”

“Je ne veux pas que les maires faisant leurs devoirs soient menacés ou inquiétés au-delà de ce qui est leur stricte responsabilité”, a-t-il ajouté.

Conclusion pas de quoi vraiment rassurer les maires, ni les parents !

Union européenne : un plan de relance encore très flou et très insuffisant

Union européenne : un plan de relance encore très flou et très insuffisant

L’union européenne semble maintenant admettre le principe d’un plan de relance intégré au budget européen pour la période 2021–2027. Cela pour constituer un fonds d’urgence d’environ 1000 milliards de dollars. Notons cependant que ce montant n’est sans doute pas à la hauteur de l’enjeu puisque cela représente environ 150 milliards par an. Alors que  la perte de croissance pourrait se situer entre 800 et 2500 milliards par an selon les scénarios de baisse du PIB.

En outre, de nombreuses divergences demeurent quant aux manières de l’alimenter et de l’utiliser.

 » Il y a des désaccords qui demeurent sur les mécanismes”, a quant lui observé Emmanuel Macron, évoquant le débat entre les partisans des subventions et ceux des prêts.

“Je le dis sincèrement: si l’Europe contracte des emprunts pour les transférer à d’autres, cela ne sera pas à la hauteur de la réponse dont nous avons besoin”, a estimé le chef de l’Etat français.

Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a quant à elle déclaré aux “27” que la pandémie pourrait réduire la production européenne de 5% à 15%, selon des diplomates et des responsables européens.

Le PIB de la zone euro devrait se contracter de 5,4% en 2020, ce qui serait sans précédent depuis l’introduction de la monnaie unique en 1999, selon les analystes interrogés par Reuters. Le Fonds monétaire international table, lui, sur une contraction de 7,5%.

Après des semaines de débats, les chefs d’Etat et de gouvernement ont approuvé un plan de sauvetage de 500 milliards d’euros immédiatement mobilisables pour protéger les emplois, les entreprises et offrir des crédits bon marché aux gouvernements.

L’Italie et l’Espagne ayant été frappées beaucoup plus durement que l’Allemagne, de vieilles rancœurs ont toutefois refait surface. Il y a deux semaines, les ministres des Finances de la zone euro ont eu toutes les peines du monde à s’entendre et les Pays-Bas se sont opposés à la demande italienne de mutualisation de la dette.

Guiseppe Conte a souhaité que le fonds de relance soit porté 1.500 milliards d’euros et qu’il soit assorti de subventions pour éviter l’effondrement des pays les plus affectés, ce qui mettrait le marché intérieur en péril.

“Les subventions sont essentielles”, a-t-il souligne, selon des diplomates ayant assisté à la visioconférence. “L’urgence sanitaire est rapidement devenue une urgence sociale. Mais nous sommes maintenant également confrontés à une urgence politique.”

L’Autriche est prête à faire preuve de solidarité, mais “nous devons le faire par le biais de prêts”, a rétorqué sur Twitter le chancelier Sebastian Kurz.

Vienne consultera les “pays ayant des points de vue similaires”, poursuit-il, évoquant les pays du Nord tels que le Danemark, la Suède, la Finlande et les Pays-Bas, qui ne veulent pas payer pour les pays du Sud jugés moins disciplinés sur le plan budgétaire.

L’Espagne, l’un des pays les plus touchés au monde, milite aux côté l’Italie en faveur des subventions plutôt que des prêts. La France, elle, plaide pour la création d’un fonds qui pourrait d’émettre une dette commune. “Il nous faudra une capacité commune d’endettement pour financer cette réponse”, a estimé Emmanuel Macron.

Angela Merkel s’est voulue conciliante en appelant elle aussi à la constitution d’un fonds de relance majeur après le sommet. “Il était clair pour tout le monde que nous avions besoin d’un tel fonds de relance”, a-t-elle déclaré à la presse.

“Je veux dire très clairement qu’une telle solution commune est dans l’intérêt de l’Allemagne, parce que les choses ne peuvent aller bien pour l’Allemagne que si elles vont bien pour l’Europe”.

“Nous n’étions pas toujours d’accord, par exemple pour déterminer si cela devait se faire sous forme de subventions ou de prêts, ou sur les modalité de mise en œuvre, mais nous avons tous convenu que ce fonds de relance devait être étroitement lié au prochain financement à moyen terme”, a poursuivi la chancelière.

Les 27 ont ainsi chargé la Commission européenne de présenter des propositions détaillées d’ici le 6 mai, selon des diplomates.

Selon la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, les plans mis en oeuvre par les Etats-membres représentent un montant de 1.800 milliards et le nouveau fonds européen de relance serait de l’ordre de 1.000 milliards.

“Nos estimations actuelles des besoins nous amènent à penser qu’un plafond de ressources propres d’environ 2% du RNB (revenu national brut) pour deux ou trois ans plutôt que de 1,2% sera nécessaire”, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse, évoquant la part du budget européen géré par la commission.

“Nous nous dirigeons lentement vers une forme de dette commune. Nous ne l’appellerons jamais ‘coronabonds’ ou ‘eurobonds’ et elle sera levée par la Commission plutôt que par les Etats membres ensemble”, avait auparavant prédit un diplomate européen impliqué dans la préparation du sommet.

Union européenne : Macron plaide encore pour la solidarité financière

Union européenne : Macron plaide encore pour la solidarité financière

 

 

Macron rhabille  son idée d’Eurobonds  et de solidarité financière européenne. Il propose à peu près la même chose en demandant des transferts financiers entre pays et en fonction des secteurs. Bref, il demande que les pays riches financent une partie des dépenses des pays en difficulté pour relancer l’économie. Rien de très nouveau schéma sous sans doute que Macon est de plus en plus inquiet pour la France elle-même qui se rapproche dangereusement des pays les plus fragiles  dans du point de vue sanitaire que du point de vue financier.

Il n’est pas sûr que les pays du Nord de l’Europe soient très sensibles à ce discours de solidarité européenne. En effet si la crise sanitaire a  aggravé la situation de nombre de pays, il n’empêche que les pays du Sud comme l’Italie et l’Espagne aussi la France connaissaient déjà une dérive de leurs grands équilibres avant la venue du Coronavirus. En outre, la manière de présenter et de légitimer la demande de macron n’est pas nécessairement la plus pédagogique. Il y a même un peu de brutalité dans les propositions du président de la république français qui parle non seulement de solidarité européenne, c’est-à-dire de mutualisation en matière de dette mais aussi de transferts financiers non remboursables.

“Il y a un consensus sur la nécessité d’une réponse rapide et forte. C’est une avancée, personne ne conteste qu’on a un besoin de réponse entre 5 et 10 points de notre PIB. Il y a des désaccords qui demeurent sur les mécanismes”, a souligné le chef de l’Etat. “Il nous faudra une capacité commune d’endettement pour financer cette réponse” des Européens sur les phases à venir de “résistance” et de “relance” après la crise sanitaire, a-t-il poursuivi.

Appelant à “un changement complet des capacités budgétaires européennes”, il a rappelé que le budget européen représentait actuellement 1% environ du revenu national brut de l’UE. “Il n’est plus à la bonne taille.”

Le président français, invoquant la solidarité et un risque d’asymétrie entre les Etats-membres qui ne présentent pas tous la même solidité financière sur les marchés, a surtout plaidé pour des “transferts budgétaires, réels, économiques, pas simplement des prêts” vers les régions et les secteurs les plus touchés.

C’est sur cet équilibre entre transferts (ou subventions) et prêts que se focalise le débat.

“Nous avons des désaccords sur la nature des transferts qui seront faits”, a-t-il dit. “Dans le moment que nous vivons, je crois que ces transferts doivent être des transferts par subsides, des vrais transferts budgétaires”.

Insistant sur les “convergences nouvelles” entre les Vingt-Sept, notamment en matière de souveraineté européenne, et sur le “consensus” existant autour de la nécessité d’une réponse rapide et forte, le président français a estimé que l’option des prêts, ne ferait qu’aggraver la situation des pays déjà fragilisés. “Ils auront simplement un prêt de plus, pas avec le marché mais avec l’Europe.”

“Des plans d’urgence ont été mis en œuvre dès le début avec la mobilisation de sommes massives. C’est vrai de la plupart des pays européens. Néanmoins ces réponses sont asymétriques. Cette asymétrie va continuer à s’aggraver si nous ne la corrigerons pas et pourrait mettre à l’épreuve la cohésion de la zone euro et l’unité du marché unique. Il nous faut donc être très vigilant à la solidité, l’unité de l’UE”.

“Ce virus est un choc exceptionnel pour nos sociétés, pour nos pays, il implique donc une réponse exceptionnelle”, a-t-il ajouté lors d’une intervention télévisée.

Coronavirus: Encore 500 morts mais baisse des cas graves

Coronavirus: Encore 500 morts mais baisse des cas graves

 

544 morts supplémentaires au cours des dernières 24 heures en France, où le bilan de l’épidémie s’élève

Sur ce bilan total, 13.236 personnes sont mortes dans des hôpitaux et 8.104 dans des établissements sociaux et médico-sociaux, essentiellement des Ehpad, a précisé Jérôme Salomon.

Le nombre de personnes hospitalisées a toutefois encore baissé, en particulier dans les services de réanimation, qui traitent 5.218 patients en état grave en raison de leur contamination par le coronavirus, soit 215 de moins que la veille.

Ce nombre est en baisse depuis deux semaines, a dit Jérôme Salomon, tout en rappelant que plus de 2.000 malades étaient hospitalisés en réanimation pour d’autres raisons que le COVID-19, laissant ainsi le système hospitalier français sous “pression”.

Près de 85.000 personnes ont été hospitalisées depuis le début de l’épidémie et 29.741 l’étaient encore mercredi, soit 365 de moins que la veille.

Jérôme Salomon a fait état d’une mortalité au niveau national, toutes causes confondues, “supérieure aux années précédentes, semaine après semaine” depuis la mi-mars. L’excès de mortalité a ainsi été de 61% dans la semaine du 30 mars au 5 avril puis de 48% la semaine suivante.

Coronavirus: le porte-avions Charles de Gaulle encore davantage ridiculisé

Coronavirus: le porte-avions Charles de Gaulle encore davantage ridiculisé

Le Coronavirus aura  ridiculisé encore un peu plus le porte-avions Charles-de-Gaulle. En effet, disposer d’un seul porte -avion- n’a aucun sens sur le plan de la stratégie militaire puisque ce dernier est régulièrement immobilisé pendant six mois pour des opérations d’entretien. Pendant ce temps, il faut espérer que les ennemis potentiels de la France mettent entre parenthèses leurs velléités guerrières. Il est clair que depuis longtemps se pose la question évidente d’un second porte-avions pour combler le vide laissé par les opérations d’entretien. En outre lors de son audition à l’Assemblée nationale ce vendredi après-midi, la ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé que 1081 marins avaient été testés positifs au Covid-19 sur le porte-avions Charles de Gaulle. Parmi eux, 545 présentent des symptômes, 24 ont été hospitalisés et l’un d’entre eux se trouve actuellement en réanimation. Au total, 2010 tests ont été effectués. Cela signifie qu’une simple épidémie peut en plus neutraliser ce porte-avions qui n’est déjà utilisable qu’à mi-temps. Il y a de quoi s’inquiéter sur le sérieux des mesures de sécurité sanitaire et de sécurité tout court concernant notre défense.

« Crise sanitaire : encore davantage d’inégalités sociales » (Lucas Chancel, économiste)

« Crise sanitaire : encore davantage d’inégalités sociales » (Lucas Chancel, économiste)

 

Ce que craint  Lucas Chancel économiste dans une interview à la Tribune.

 

LA TRIBUNE – Quelles pourraient être les conséquences du coronavirus sur les inégalités ?

LUCAS CHANCEL - Cette crise peut avoir des répercussions sur les inégalités sociales de santé et sur les inégalités économiques. Ce type de pandémie touche toutes les catégories sociales. Les représentants politiques n’ont pas été épargnés. Boris Johnson a récemment été admis en soins intensifs. Certaines catégories sont cependant plus exposées que d’autres. Beaucoup de travailleurs sont obligés de se rendre sur leur lieu de travail. Il y a évidemment tout le personnel soignant et d’autres métiers très exposés qui n’ont pas le niveau de protection des soignants. Je pense à certaines professions comme le personnel des caisses, tous les métiers de la manutention, les salariés dans les entrepôts d’Amazon. Les syndicats ont tiré la sonnette d’alarme en indiquant que le niveau de protection nécessaire n’était pas à la hauteur. Les personnes les plus pauvres sont surreprésentées dans ces catégories qui doivent aller travailler. Elles ont un parcours de vie plus chahuté, un système immunitaire plus fragile car elles ont été davantage exposées à des situations de stress et de pénibilité au travail. Leur organisme est moins armé pour faire face ces situations. La combinaison de tous ces facteurs produit un cumul de risques sur les plus pauvres. Il y a donc une exacerbation des inégalités sociales de santé déjà existantes.

A la suite de cette pandémie, les inégalités pourraient-elles s’accroître ?

Suite à une crise, il est difficile de savoir si les inégalités économiques vont augmenter. Tout dépend des politiques publiques mises en œuvre, le futur est entre nos mains. A très court terme, les chocs boursiers majeurs détruisent le patrimoine des plus riches. Mais souvent, les très hauts patrimoines voient leur fortune se reconstruire très vite pour parfois dépasser des niveaux d’avant crise. C’est le cas notamment pour le top 1% américain ou le top 1% des patrimoines en Europe après la crise de 2007. Au bout de quelques années, ces catégories peuvent dépasser leurs revenus d’avant crise alors que pour les plus modestes, il n’y a pas de reconstitution des revenus comparable. Aux Etats-Unis, 50% des plus pauvres le sont encore plus aujourd’hui qu’en 2007, avant l’explosion de la bulle des subprimes.

En 1929, il y a eu des conséquences sur le haut et le bas de la distribution. Des millions de travailleurs ont perdu leur emploi, leur réseau social et professionnel et se sont retrouvés à la rue. Mais la mise en place du New Deal aux Etats-Unis va déboucher sur une nouvelle organisation du marché et des nouvelles règles entre l’action publique et le marché plus favorable aux classes populaires. Les marchés sont plus encadrés et le choc de la Seconde guerre mondiale va contribuer à une baisse de inégalités durant une grande partie de la seconde moitié du 20ème siècle, contrairement à ce que l’on observe suite à la crise de 2008.

Aux Etats-Unis, Donald Trump a encore assoupli les règles environnementales. En Europe, les compagnies aériennes réclament une baisse des taxes sur les billets d’avion. Avec cette crise, n’y a-t-il pas un risque d’un retour à la normale ?

Il faut utiliser cette fenêtre d’opportunité ouverte par cet événement dramatique pour essayer de transformer notre relation à l’environnement. Dans le même temps, il y a de vrais risques à court terme. L’effondrement de l’économie pourrait entraîner des conséquences humaines, sociales et donc politiques dramatiques. Les Etats-Unis n’ont pas de système de protection sociale permettant dans les mois à venir de décider, par exemple, de laisser s’effondrer le secteur aérien ou les secteurs très polluants et aider les victimes collatérales. Je ne parle pas des détenteurs du capital mais des salariés. Si ces entreprises s’effondrent, est-on capable d’offrir un niveau de vie décent, de formation leur permettant de retrouver un emploi très rapidement ? A ce stade, ce n’est pas le cas. Par conséquent, il faut être extrêmement prudent sur les appels à choisir certains secteurs plutôt que d’autres. En tant qu’économiste convaincu qu’il faut préserver le climat et que les crises climatiques risquent d’être plus dramatiques que la crise économique actuelle, je pourrai affirmer qu’il va falloir choisir. Le problème est qu’aujourd’hui, le système de protection sociale n’est pas capable d’absorber de telles décisions.

Comment faire pour éviter toute cette catastrophe sociale ?

Il va falloir dans un premier temps venir en aide à des secteurs qui n’auraient pas forcément leur place dans le monde d’après, dans les décennies à venir. C’est en quelque sorte le prix à payer pour ne pas avoir réussi à développer un système de protection sociale qui protège vraiment les personnes. Cela ne veut pas dire qu’il faut laisser un blanc-seing à des entreprises qui détruisent la planète, ne respectent pas les normes environnementales ou sanitaires. Si les Etats et les contribuables aident ces entreprises pendant la crise, il faut passer par des nationalisations partielles. La sphère publique doit avoir un droit de regard sur les orientations stratégiques de ces entreprises. Voilà une solution pour réconcilier le court et le moyen terme. A très court terme, il faut empêcher le chômage de masse, les drames humains, sociaux, politiques, sur la base d’un contrat social très contesté et très fragile.

 

Lucas Chancel, économiste au laboratoire des inégalités mondiales. Crédits : DR.

La chute du prix du pétrole ne risque-t-elle pas d’inciter les entreprises à favoriser à nouveau les investissements dans les énergies fossiles ?

Les entreprises ne vont tout simplement pas investir car elles n’ont plus de carnets de commande. Elles ne vont pas se mettre à investir massivement alors que l’économie est complètement atone. Le prix du pétrole n’est pas l’unique critère de décision des investisseurs. Notons que dans cette crise du pétrole, il y a un possible anéantissement de la production américaine. Le pétrole de schiste est bien plus cher à produire. Les petits acteurs se sont beaucoup endettés pour produire ce pétrole. Si à court terme, ces entreprises n’arrivent pas à vendre leur pétrole alors qu’elles sont très endettées, le risque est d’assister à un effondrement du secteur. Compte tenu de son importance aux Etats-Unis, l’administration publique pourrait venir amplifier son soutien. A propos de la tension entre économie et environnement, le risque est de revenir à l’échec de Copenhague en 2009. Une partie de l’opinion publique et des dirigeants s’est mise à opposer l’argument du coût de la transition écologique dans un contexte de crise sociale. Le risque est d’opposer une nouvelle fois « fin du monde et fin du mois ».

Lire aussi : Le pétrole à 20 dollars: Donald Trump joue les médiateurs… pour sauver le schiste américain

Cette pandémie a montré la limite de la gestion de certains secteurs par les marchés. Quelles réponses proposez-vous pour faire face à cette crise ?

Le marché peut être utile sur beaucoup de choses et parfois aveugle sur des secteurs absolument essentiels comme la santé publique. La mise en place d’un marché concurrentiel international  sur des secteurs tels que les médicaments apparaît totalement décalé. Le libre-marché sur le secteur de l’immobilier a créé de vrais problèmes pour les classes moyennes en Europe et aux Etats-Unis. Sur l’environnement, le marché a créé une immense externalité avec le changement climatique. Les marchés n’arrivent pas à prendre en compte certains coûts. Il y a une mondialisation économique sans mondialisation politique, c’est-à-dire sans gouvernance mondiale. Par conséquent, le système est déséquilibré : les Etats-nations restent souverains pour fermer d’un moment à l’autre leurs frontières par exemple.

La question est donc : comment remettre le marché à sa place ? Il s’agit de savoir comment les Etats peuvent mettre de meilleures régulations au sein des entreprises mais aussi des régulations pour le respect de l’environnement. En un mois, on est passé à une situation inimaginable pour certains sur le plan technique ou politique avec des politiques de rationnement, de fixation des prix, de planification de certaines productions essentielles. Les arguments techniques et politiques d’hier volent en éclat. Il y a une intervention très forte de la sphère publique sur les marchés.  Des conséquences de cette intervention peuvent survenir sur les marchés mais n’oublions pas que ces mesures sont là pour empêcher un décrochage de la production qui aurait été encore plus important si les gouvernements avaient laissé faire. Cette intervention permet de limiter la baisse du PIB.

Parmi les options sur la table, les Etats peuvent par exemple contrôler le prix de certains secteurs jugés essentiels comme la santé, la protection de la biodiversité ou l’énergie. On peut désormais élargir la boîte à outils des décideurs publics qui vont devoir à gérer d’autres crises, peut être encore plus grandes que celle du coronavirus. L’objectif est de faire ces propositions avec beaucoup de précautions, de transparence et des systèmes de contre-pouvoir.

Quel peut être le rôle de la politique fiscale ?

L’un des grands enseignements de cette crise est qu’il ne faut pas uniquement s’en remettre aux marchés pour certains services publics comme la santé, l’énergie, des transports et de manière plus large tout ce qui englobe le service public de la transition énergétique. Il va falloir un investissement plus fort de l’Etat. Cela ne passe pas nécessairement par une hausse des dépenses. Cela peut passer par plus de régulations et d’interventions. Dans certains secteurs comme l’hôpital public ou l’éducation, il faudra cependant accroître les dépenses. Le sentiment chez les Français de payer trop d’impôts peut évoluer à l’aune de ces nouvelles données : le coronavirus peut susciter le besoin d’une plus forte action de l’Etat.

La bonne nouvelle est qu’il existe des outils fiscaux comme l’impôt progressif qui permet d’augmenter le volume global d’impôt tout en garantissant le fait qu’une majorité ne voit pas ses prélèvements augmenter. Il peut être intéressant de le mettre en oeuvre dans ce contexte pour plusieurs raisons. Les gagnants de la mondialisation, qui sont souvent les plus hauts revenus, ont réussi depuis une vingtaine d’années, grâce à des traités fiscaux entre Etats, à faire circuler leurs capitaux tout en faisant du chantage à la délocalisation. Ces groupes d’actionnaires et propriétaires de multinationales ont réussi à se soustraire à l’impôt dans un contexte où la pression sur les services publics augmentait.

En parallèle, les Etats ont augmenté les niveaux d’impôts sur certaines catégories et ont essayé de réorganiser les services publics pour faire mieux avec moins, sans grand succès. Dans ce contexte, les Etats européens ont réussi à devenir de plus en plus riches mais cette croissance a été disproportionnellement captée par les plus aisés. C’est une question de rééquilibrage. Il faut que ces contribuables paient des impôts à la hauteur de leurs gains.

Comment faire pour susciter l’adhésion des catégories populaires alors qu’une partie pourrait perdre leur emploi dans les prochains mois ?

Si on augmente les impôts sur les catégories populaires et classes moyennes, il existe un risque de mécontentement très important. Cette crise touche tout le monde mais de manière inégalitaire. Il faut que chacun prenne sa part à l’effort. Les catégories populaires prennent déjà leur part, parfois sans protection. Il faut montrer que la collectivité nationale dans son ensemble est capable de prendre sa part à l’effort.

Avec un impôt assez modeste sur le patrimoine (entre 1% et 3%) pendant dix ans sur les revenus supérieurs à deux millions d’euros, c’est-à-dire le top 1% des Français, l’Etat pourrait financer cette année un déficit public de 10% environ. Cela permettrait de financer des plans de relance. Pour l’instant, les mesures annoncées sont bien en deçà des besoins. Le gouvernement a initialement annoncé 45 milliards d’euros de mesures au total. Si l’on enlève le report des charges fiscales et sociales, il ne reste plus que 10 milliards d’euros. Les mesures sont en deçà d’un point de PIB alors qu’il faudrait environ 10 points de PIB. Avec l’impôt exceptionnel sur le patrimoine que je décris, cela signifie que 99% des Français n’auraient pas besoin de dépenser un euro en impôt pour venir en aide à l’économie.

Lire aussi : Covid-19 : la sortie de crise ne passera pas par « une augmentation d’impôts », promet Darmanin

Faut-il mettre en place une fiscalité spécifique sur les entreprises ?

Du côté des entreprises, il faut également un impôt sur les multinationales en augmentant l’impôt sur les bénéfices des sociétés. A terme, l’objectif serait de revenir à un taux en vigueur de 45-50% dans les pays européens durant les années 90. L’Etat peut augmenter l’impôt sur les sociétés sans craindre les délocalisations en taxant la part des ventes mondiales réalisées en France. Les entreprises mondiales souhaitent accéder aux consommateurs français, voilà notre arme.

En résumé, l’outil fiscal apparaît essentiel aux besoins de renflouement de l’économie et d’investissements dans les secteurs publics essentiels. Il existe des outils pour faire peser l’effort sur les plus hauts revenus sans augmenter les impôts sur les autres catégories. Contrairement à certaines idées reçues, les individus qui ont dû mal à finir leur fin de mois paient des impôts à travers diverses cotisations sociales ou des impôts sur la consommation. En outre, il est nécessaire d’avoir une transition progressive pour éviter un drame social.

Quel regard portez vous sur les propositions de « green new deal » aux Etats-Unis et les ambitions affichées par la Commission européenne en matière de politique environnementale ?

Le green new deal aux Etats-Unis va dans le bon sens. Les discours précédents sur les questions climatiques étaient déconnectées des stratégies industrielles, des modes de financement et des comportements de consommation. Le green new deal permet d’englober tous ces paramètres dans un paquet. A ce stade, il est encore à l’état de discours politique. Il manque des précisions dans les mesures annoncées.

En Europe, la Commission a repris les thèmes du green new deal. Comme l’Europe veut se positionner comme un acteur central sur les questions environnementales, il aurait été difficile qu’elle ne le fasse pas. Cependant, la Commission européenne n’a pas affiché des moyens à la hauteur des enjeux. C’est encore une question de financement. Le budget européen ne représente que 1% du PIB. Des plans de 100 milliards d’euros sont annoncés mais en réalité, les sommes sont souvent déjà existantes. Il n’y a pas assez d’investissements pour transformer l’économie européenne en économie bas carbone.

La théorie monétaire moderne (MMT) peut-elle favoriser cette transition ?

Cette théorie peut faire partie de la solution. Le bilan de la Banque centrale européenne est passé de 10% à 40 % du PIB européen en 10 ans. C’est l’équivalent d’une création monétaire de 3% du PIB chaque année. Cette création monétaire est fléchée aux organismes bancaires et aux institutions financières. Les petites entreprises ont subi des décennies de croissance faible en Europe et les ménages viennent de connaître deux crises majeures en peu de temps. Si la BCE continue de faire de la création monétaire, il faut donner de l’argent directement aux ménages. Cependant, tout ne peut pas être financé par la BCE. Il existe un risque d’inflation à terme et la Banque centrale reste une institution très technocratique et opaque. L’ensemble du financement ne peut pas reposer sur une telle institution. Les États ne peuvent dépendre d’une institution non démocratique pour financer les services publics. C’est pourquoi il faut des impôts justes pour financer cette transition.

 

Coronavirus : confinement encore pendant un mois !

Coronavirus : confinement encore pendant un mois !

A un   mois de confinement déjà effectué pourrait s’ajouter un nouvel épisode d’un mois également. Ce devrait être le cœur de l’intervention de Macron lundi. Cela sans doute avec des accommodements pour certains secteurs de production qui sont essentielles à l’économie et à la vie des Français de tous les jours.  Le propos de Macron devrait cependant continuer d’être ambigu avec une orientation de prolongement du confinement et en même temps une invitation à travailler davantage pour les secteurs autorisés. Le problème c’est que Macon est d’une certaine manière coincée entre les préconisations scientifiques qui invitent à la prolongation du confinement et les craintes de  l’écroulement de l’économie ; derrière le chômage et bien sûr la misère sociale.

Le président a eu «deux messages: ce n’est pas le moment de baisser la garde car le confinement reste le moyen de faire décroître l’épidémie. Et il faut réfléchir au déconfinement même si, à l’évidence, on n’en est pas là», a déclaré Yves Veyrier (FO). «Tout le monde s’est félicité de la qualité du dialogue entre l’exécutif et les partenaires sociaux», a pour sa part souligné François Asselin (CPME), alors que le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a proposé que soient définis des «critères obligatoires» dans «chaque entreprise» en matière sanitaire.

L’exécutif veut aussi montrer qu’il est «à l’écoute» des forces politiques. Vendredi, après avoir fait le point avec l’ensemble des ministres dans la matinée, Édouard Philippe s’est entretenu en visioconférence avec les présidents des groupes parlementaires et des deux assemblées, Richard Ferrand (LREM) et Gérard Larcher (LR). Avant des contacts téléphoniques avec les chefs de partis tout au long du week-end, selon Matignon.

Le premier ministre a «exposé l’état des réflexions du gouvernement» mais donné «peu d’éléments de réponse», selon Damien Abad, patron des Républicains à l’Assemblée.

Droite comme gauche demandent qu’Emmanuel Macron adresse lundi un message «clair» et «concret», en particulier sur les questions qui font débat: port du masque, tests, traitements, traçage numérique, conditions du déconfinement ou encore contrôle des frontières…

Zone euro : un plan de soutien de 500 milliards encore très vague

Zone euro : un plan de soutien de 500 milliards encore très vague

Après de très nombreux affrontements, un accord a été trouvé en zone euro sur un plan de 500 milliards de soutien à l’économie. Reste que des affectations sont encore floues. Contrairement à ce que souhaitaient certains pays du Sud notamment l’Italie il n’y aura pas de mutualisation des prêts qui seront consentis dans le cadre de ces 500 milliards. Ces milliards seront essentiellement des prêts consentis par la banque européenne d’investissement et par le MES. Il s’agira cependant de près à faible taux mais qui devront être remboursés par les Etats et non supportés par l’ensemble de la zone euro.  Mais l’accord ne mentionne pas la création de “Coronabonds”, des obligations mutualisées qui permettraient de financer une relance de l’activité économique par de la dette commune – une mesure à laquelle l’Italie, la France et l’Espagne étaient favorables mais qui se heurtait à un non ferme de la part de l’Allemagne, pour qui il s’agit d’une ligne rouge, des Pays-Bas, de la Finlande et de l’Autriche.

Il est seulement dit qu’il appartient aux chefs d’Etat et de gouvernement européens de décider si des “instruments financiers novateurs” doivent être utilisés. Le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a déclaré que l’Europe avait conclu le plus important plan économique de son histoire.“Tout le monde avait en tête que c’était soit un accord soit le risque d’une dislocation européenne”, a-t-il dit lors d’une téléconférence avec des journalistes. “C’est un plan efficace, c’est un plan massif”, a-t-il poursuivi.

Plus tôt dans la journée, le président du Conseil italien Giuseppe Conte avait prévenu que l’existence tout entière de l’UE serait menacée si celle-ci ne parvenait pas à s’unir pour lutter contre la pandémie. Tandis que Bruno Le Maire a dit jeudi que l’accord ouvrait la voie à de la dette commune, son homologue néerlandais Wopke Hoekstra a souligné le contraire.“Nous sommes et resteront opposés aux ‘Coronabonds’. Ce concept n’aidera ni l’Europe ni les Pays-Bas sur le long-terme”, a dit le ministre néerlandais de l’Economie à l’issue des pourparlers.

France: Le plan d’urgence passe à 100 milliards mais encore très insuffisants

France: Le plan d’urgence passe à 100 milliards mais encore très insuffisants

 

L’annonce de l’augmentation du plan d’urgence risque de ne pas être la dernière. Le gouvernement annonce pour l’instant le doublement de l’enveloppe qui passe ainsi à 100 milliards au lieu de 45. Le problème c’est que ce n’est pas du tout à hauteur de l’enjeu. Il y aura d’abord une perte de recettes d’environ 75 milliards par mois du fait de l’écroulement de la croissance ( autour de 40 % depuis le confinement). À cela il faudra ajouter les dépenses supplémentaires des motifs sanitaires, économiques et sociaux. Au total une facture de l’ordre de 150 milliards. Le plan d’urgence du gouvernement est donc très largement sous-dimensionné car c’est une enveloppe de 1000 à 2000 milliards qu’il faudra envisager le moment venu

Dans un entretien au quotidien Les Echos, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire qui navigue forcément à vue se félicite cependant et a annoncé que ce plan de soutien serait porté à 100 milliards d’euros, soit plus de 4% du produit intérieur brut (PIB), contre 45 milliards initialement prévus, en additionnant la totalité des mesures budgétaires et de trésorerie en faveur des entreprises.

“Ces chiffres pourront encore évoluer car la situation économique et le besoin de soutien des entreprises changent rapidement. Nous mettons tout en œuvre pour sauver nos entreprises”, a souligné Bruno Le Maire.

Le gouvernement va examiner mercredi en conseil des ministres un projet de loi de finances rectificative qui repose sur une hypothèse de contraction de 6% du PIB cette année, la plus violente depuis la Seconde Guerre mondiale, en raison de l’épidémie de coronavirus.

Alors que des pans entiers de l’économie sont à l’arrêt et que les dépenses publiques s’envolent, le déficit public devrait atteindre 7,6% du PIB cette année, précise dans la même interview le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin. Un chiffre tout à fait approximatif et aussi sous-estimé qu’on considère que chaque mois de confinement provoque une baisse de 3 % du PIB annuel. La baisse totale sera sans doute pas 7,6 % (on se demande pourquoi cette précision après la virgule ! ) Mais plutôt de 15 à 20 %.

Sortie de crise: encore un discours de Macron !

Sortie de crise: encore un discours de Macron !

 

En peu de temps Macon va encore solliciter les chaînes d’information tentée de persuader l’opinion de la pertinence de sa politique non seulement dans le domaine sanitaire mais aussi économique. Jusque-là en effet, le président de la république n’a guère réussi à convaincre du bien-fondé de ses orientations. Pire,  une grande partie des Français pensent  que les pouvoirs publics ont menti notamment à propos des masques  et en raison en particulier des nombreuses contradictions de la stratégie sanitaire.

Macron après ses déboires concernant les différentes réformes engagées, réformes toute suspendues et sans doute pour la plupart annulées, s’était recentré sur le Coronavirus en espérant un phénomène d’unité nationale. Il escomptait surtout un peu d’oxygène vis-à-vis de sa cote de popularité qui demeure toujours au plus bas. Du coup, il multiplie les interventions. Chaque jour ou presque il prend prétexte d’un déplacement pour convoquer les caméras. Cette fois il s’agira d’une intervention encore plus officielle mais qui à la longue risque de lasser encore un peu plus. La vérité c’est que le président de la république ne peut annoncer de stratégie convaincante  dans la mesure où depuis le début il navigue à vue et ne cesse de se contredire. Pour résumer, on peut s’attendre à ce qu’ils défendent surtout la poursuite du confinement pendant encore des semaines. Des semaines qui pourraient durer des mois. Les milieux scientifiques pensent en effet que la gestion de la crise du virus pourrait désormais s’étaler sur 18 mois voir deux à trois ans. De quoi bouleverser totalement l’économie et entraîner des conséquences sociales redoutables en particulier concernant le niveau du chômage qui  pourrait atteindre 20 % au lieu de 8 % avant la crise. De toute façon les annonces de Macron risquent d’être contredites par les faits dans les semaines et les mois à venir.

«Il va évoquer un peu “l’après” mais il ne veut pas donner le sentiment que nous sommes déjà sortis de la crise, prévient-on dans son entourage.  en réalité Macon va surtout s’expliquer sur ce qui lui est reproché concernant la gestion des masques et des tests. . Emmanuel Macron veut être «très au clair» sur ces deux sujets alors que les polémiques perdurent. Après le manque de masques de protection dénoncé par les opposants du chef de l’État, ce sont les réquisitions de masques qui sont critiquées. Macon va parler du déconfinement mais dans des termes tellement flous et tellement contradictoires qu’on en saura encore moins après son intervention qu’avant.

Brexit: encore un report ?

Brexit: encore un report ?

 

Il était déjà assez probable que les discussions actuellement menées par le Royaume-Uni et l’union européenne se traduisent par un report du brexit  avant la pandémie compte tenu notamment de la complexité du dossier. Avec le Coronavirus, ce report paraît d’autant plus inévitable d’une part parce que les négociations sont très ralenties d’autre part comment parce qu’on ne sait pas comment intégrer des dispositions sanitaires relatives à l’épidémie surtout pour une période temporaire. Le problème est juridique et politique. Boris Johnson a  brandi le totem du 31 décembre de cette année comme date limite. Il lui faut donc trouver un prétexte pour expliquer qu’il n’est pas incapacité d’honorer sa promesse.

Mais Boris Johnson n’est pas un revirement près. Il vient  d’ailleurs de le démontrer à propos du Coron virus qu’il a d’abord sous-estimé puis qu’il a été contraint de prendre en compte de la même manière que les autres pays avec des mesures très strictes de confinement.L’Union européenne s’attend à ce que la Grande-Bretagne demande donc une prolongation de la période de transition post-Brexit censée s’achever à la fin de l’année, en raison de la crise du coronavirus qui a entraîné l’interruption des négociations, a-t-on appris lundi de sources diplomatiques.

Cette période de transition doit permettre de définir le cadre des futures relations commerciales entre les deux parties, mais aucune discussion n’a eu lieu depuis l’échange des projets, à la mi-mars, du fait de l’épidémie.

Le négociateur européen Michel Barnier a contracté le coronavirus, tout comme le Premier ministre britannique Boris Johnson et son ministre de la Santé, Matt Hancock. Son conseiller Dominic Cummings, l’un des principaux artisans de la sortie de l’Union, présente quand à lui des symptômes et s’est placé à l’isolement.

“La pandémie de coronavirus complique un programme déjà très ambitieux”, a déploré l’eurodéputé allemand David McAllister, qui préside le groupe parlementaire chargé du Brexit.

“L’UE a toujours été disposée à prolonger la période de transition. La balle est désormais clairement dans le camp britannique (…) Jusqu’à présent, le gouvernement britannique s’est toujours opposé à cette éventualité. Dans les circonstances actuelles, Londres devrait à nouveau réfléchir attentivement à une prolongation”, a-t-il ajouté.

Le gouvernement britannique devrait en faire la demande en mai ou en juin, dit-on de source diplomatique.

Boris Johnson a jusqu’ici exclu de prolonger la période de transition et se dit prêt à une rupture sans accord si les deux parties ne peuvent s’entendre avant la fin de l’année. Son porte-parole a répété lundi que la date limite fixée au 31 décembre était “inscrite dans la loi”.

“Nous avons échangé des textes juridiques et ils font l’objet de discussions informelles avec la Commission européenne (…) Je m’attends à ce que ce genre de conversations se poursuive cette semaine. La structure des négociations a changé en raison de la situation actuelle due au coronavirus, des discussions continues ont donc lieu à la place des cycles initialement prévus”, a-t-il déclaré à la presse.

A Bruxelles, on assure qu’aucune discussion officielle n’a eu lieu depuis l’échange de projets, ce qui n’a pas empêché des négociateurs d’échanger sur certains des points qu’ils abordent.

“Il est de plus en plus évident que la période de transition devra être prolongée”, a commenté un diplomate européen. “C’est une question de timing politique. (Il faut) que les choses aillent vraiment mal en Grande-Bretagne pour que Johnson puisse faire volte-face et dise qu’il reporte le Brexit, la priorité étant de sauver des vies”, a-t-il ajouté.

Coronavirus et chloroquine : le gouvernement change encore de position

Coronavirus et  chloroquine : le gouvernement change encore de position

 

Il n’y a pas 24 heures, le gouvernement et nombre de chapeaux à plumes du monde médical très complaisants vis-à-vis du pouvoir et surtout jaloux du Pr Didier Raoult de Marseille ne cessaient de critiquer l’utilisation de la chloroquine. Sous couvert de méthodologi,e les pouvoirs publics et ces sommités très courtisanes interdisaient même l’utilisation de la  chloroquine (nivaquine)  tant que des résultats scientifiquement mieux prouvés ne seraient pas disponibles. La vérité c’est que nous sommes sans doute dans une situation de quasi guerre qui implique de rompre avec les procédures habituelles. En effet pour le Coronavirus on ne dispose d’aucun traitement. On soigne,  heureusement souvent avec succès, certaines conséquences  notamment pulmonaires mais encore une fois, il n’y a aucun traitement qui s’attaque directement aux Coronavirus. Or le professeur Le Pr Didier Raoult , lui, recommande l’utilisation de la chloroquine, pire il utilise. En outre, il fait ce que condamne aussi le gouvernement; à savoir, il pratique un dépistage massif. Heureusement dans dans le monde médical tout le monde ne rejoint pas le corporatisme des chapeaux à plumes et l’ignorance du gouvernement. Face à la pression de certains praticiens et aussi de l’opinion publique le gouvernement vient de se contredire. 

Olivier Véran, le ministre de la Santé est revenu sur sa position, la prescription de la chloroquine est donc possible à l’hôpital, si le médecin le juge utile, sans attendre les résultats des essais cliniques en cours. C’est ce qu’indique le décret publié jeudi au Journal officiel. Il précise que «l’hydroxychloroquine et l’association lopinavir/ritonavir peuvent être prescrits, dispensés et administrés sous la responsabilité d’un médecin aux patients atteints par le Covid-19, dans les établissements de santé qui les prennent en charge, ainsi que pour la poursuite de leur traitement si leur état le permet et sur autorisation du prescripteur initial, à domicile».

Mais à quel moment de la maladie faudrait-il administrer la chloroquine? En début de traitement, ou quand la maladie devient grave? Le Pr Didier Raoult qui défend à l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection un protocole basé sur cette molécule, a posé la question dans une vidéo publiée le 25 mars. «Sur le plan thérapeutique, explique-t-il, ce que l’on est en train de voir c’est que les malades au moment où ils ont une infection respiratoire, où ils entrent en réanimation, ils n’ont presque plus de virus et souvent on n’arrive même plus à le cultiver, c’est donc trop tard pour traiter le germe par des antiviraux.» Une façon polie de prédire l’échec du vaste essai européen Discovery qui va, entre autres, tester la chloroquine, puisque cet essai s’adresse à des patients gravement atteints. La méthode scientifique n’en est pas moins défendue par les plus hautes autorités scientifiques morales du pays.


Dans un communiqué commun publié le même jour intitulé «Primum non nocere» (Avant tout ne pas nuire), l’Académie de médecine, qui a constitué un groupe Covid, et l’Académie des sciences, prenaient elles aussi position après avoir rappelé que «face à la pandémie de Covid-19 dont la progression rapide entraîne une morbidité et une mortalité élevée nous ne disposons pas à ce jour de traitement médicamenteux avéré de l’infection.» Pour les deux académies, «dans ce contexte, il est nécessaire de rappeler que l’utilisation d’un nouveau traitement, fût-il fondé sur une molécule déjà employée en médecine depuis plus de 70 ans, doit se conformer à une méthodologie scientifiquement établie qui fait appel à des règles codifiées.»

La difficulté pour réaliser un essai clinique concernant des malades infectés mais qui ne sont pas dans un état grave vient de la faible proportion de patients qui sont destinés à s’aggraver. Pour démontrer un effet statistiquement significatif, il faut donc beaucoup de participants au départ pour avoir à la fin de l’étude un groupe suffisant de malades gravement atteints. Un essai chinois qui vient d’être publié dans le Journal of Zhejiang University l’illustre bien. Il ne portait que sur 30 patients avec un Covid-19 confirmé et n’a pas pu démontrer d’intérêt de l’hydroxychloroquine par rapport au placebo, car tous ont eu une évolution favorable.

Pourtant, la proposition du Pr Raoult de tester la chloroquine assez tôt dans la maladie repose sur un rationnel. «La première ligne de défense, l’immunité innée, repose sur les cellules agressées, capables non seulement d’alerter le système immunitaire pour qu’il orchestre sa réponse globale, mais, de plus, un groupe de cellules immunitaires particulières (cellules dendritiques) produisent de l’interféron aux propriétés antivirales avérées», explique le Pr Éric Vivier, professeur d’immunologie et coordinateur du cluster Marseille Immunopole. Selon le Pr Raoult, c’est à ce moment-là que la chloroquine pourrait être utile, comme d’ailleurs les antiviraux testés dans les essais. «Dans un deuxième temps seulement se produit une réponse immunitaire plus puissante, explique le Pr Vivier. Au bout d’une semaine environ on voit apparaître des anticorps neutralisants qui permettent de confirmer l’infection.»

12345...27



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol