Archive pour le Tag 'éphémère'

Emploi: Une amélioration éphémère

Emploi: Une amélioration éphémère

Dans la conjoncture actuelle, le choc inflationniste non-anticipé qui frappe les économies des Etats-Unis et de la zone euro conduit à une amélioration de l’emploi. Mais au regard de l’évolution du marché du travail, celle-ci ne peut être qu’éphémère car résultant d’une illusion monétaire, comme l’avait bien analysé le prix Nobel d’économie Milton Friedman. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC.( dans la Tribune)

 

Si l’inflation ravage l’économie mondiale et détruit à petit feu le pouvoir d’achat, les adeptes de la relance par la dépense publique continuent de marteler que l’objectif de plein emploi a été atteint précisément grâce aux dépenses sans limite engagées lors de la crise du covid. La totale déconnexion des décisions de relance avec les réalités budgétaires est particulièrement incarnée par les chèques de 1.000 dollars signés par l’administration Biden ou encore par la « nationalisation des emplois » tout droit sortie du Métavers dans lequel vivait Emmanuel Macron en 2020. Les docteurs Diafoirus de cette hallucination collective ont eux-mêmes baptisés leur mouvement « Théorie Monétaire Moderne ». De notre point de vue, ce mouvement est essentiellement basé sur des postulats sans logique interne, avec comme affirmation centrale que le gouvernement américain était en mesure d’augmenter la dette indéfiniment puisque la banque centrale pouvait acheter cette dette, sans aucune contrepartie.

Cette revendication est abusive. Si la relance par la demande a pu stabiliser la chute de l’emploi en 2020 le temps que les stocks se vident, la situation actuelle est différente. La production et les perspectives d’augmentation de celle-ci sont largement compromises partout dans le monde. Dans le même temps, le marché du travail continue à se tendre. En effet, le nombre d’emplois vacants atteint des records, dans tous les secteurs et à tous les niveaux de qualification. Le taux d’emplois vacants atteint les 3,1% en zone euro au premier trimestre 2022 et 7% aux Etats-Unis en avril 2022. L’explication préférée des keynésiens pour cette situation serait le rétrécissement de l’offre de travail sur un fonds de « grande démission » des travailleurs affectés psychologiquement par le Covid-19.

La réalité est que l’inflation actuelle a pris par surprise, tant par son ampleur que par sa persistance dans le temps, presque tout le monde. En 2020, le peu d’économistes ou gérants financiers qui avaient évoqué un possible retour de l’inflation ont été moqués avec condescendance par leurs confrères comme des paléo-monétaristes ringards, n’ayant pas compris la disparition définitive de leur espèce et, avec elle, de l’inflation. Fin 2020, les prévisionnistes professionnels indiquaient avec la certitude de l’âne des taux d’inflation inférieurs à 2% pour 2022, et le marché financier leur emboitait le pas avec des taux de couverture du risque d’inflation ridiculement bas. Aujourd’hui, c’est le temps des « mea culpa », et des excuses présentées officiellement par les dirigeants des principales banques centrale comme Jerome Powel ou Christine Lagarde, pour avoir sous-évalué le risque inflationniste.

Si la hausse de prix est très forte depuis plusieurs mois, et s’est accéléré après la guerre en Ukraine, les salaires n’ont pas suivi, ni aux Etats-Unis, ni dans la zone euro. Le coût horaire du travail, rapporté au prix qu’une entreprise peut pratiquer, vient de diminuer, notamment dans les secteurs où la concurrence est faible. Selon un indicateur publié par la Fed de Saint Louis, aux Etats-Unis, le salaire réel hebdomadaire a diminué de 7,8% entre un maximum au premier trimestre 2020 et le quatrième trimestre 2022. Dans la zone euro, la croissance des salaires sur un an au premier trimestre 2022 est de seulement 2,7% face à une inflation de 8%. Cette baisse de la rémunération relative du travail incite les entreprises à recruter de la main d’œuvre, plutôt que délocaliser ou investir dans des machines à même d’augmenter la productivité d’un effectif existant. Malgré la crise économique qui se profile, malgré une demande de biens qui s’affaiblit inévitablement avec l’érosion du pouvoir d’achat par l’inflation, la baisse du salaire réel favorise le recours à plus d’heures de travail.

Cette explication à laquelle nous souscrivons n’est pas la nôtre mais est clairement exposée dans le discours de Prix Nobel de Milton Friedman en 1976, et dans les écrits de Robert Lucas en 1973, autre lauréat du Prix Nobel en Economie. Dans leur analyse, un choc inflationniste non-anticipé conduit à une amélioration de l’emploi, mais celle-ci ne peut être qu’éphémère, le temps que les anticipations-prix des employés s’alignent sur la nouvelle évolution des prix, et renforcent leurs revendications salariales. Aujourd’hui, nous sommes exactement dans ce cadre, au début du processus décrit par ces auteurs.

Il nous apparait que la leçon à tirer est que la seule solution pour lutter contre le chômage de masse qui frappe le sud de l’Europe a toujours été de baser l’évolution des salaires sur l’évolution de la productivité et la réduction de la fiscalité sur le travail. Si notre diagnostic est correct, l’embellie actuelle sur le marché du travail ne peut être que de courte durée – un an, maximum deux, car la modération salariale actuelle résulte d’une illusion monétaire sur le point de se dissiper. En effet, les indicateurs révèlent des anticipations d’inflation en forte hausse, aux Etats-Unis mais aussi dans la zone euro.

En France, aucun politicien n’a eu le courage de réformer le marché du travail pour plus de flexibilité salariale, si ce n’est modestement Nicolas Sarkozy avec la défiscalisation des heures supplémentaires, François Hollande avec ses différentes usines à gaz et Emmanuel Macron avec l’encadrement de l’indemnité pour licenciement abusif. Il est à craindre que la dégradation que nous sentons venir du marché du travail attise la propension des populistes de tous bords à resservir les potions miracles de dépenses publiques façon quoi qu’il en coûte, blocage des prix, contrôle des licenciements ou baisse du temps de travail. Aucune de ces mesures n’a jamais créé la moindre valeur nouvelle. En revanche, elles peuvent aggraver la désorganisation, le chômage et les déséquilibres. Mais l’équilibre n’a jamais été un objectif pour les populistes.

Une amélioration de l’emploi éphémère

Une amélioration de l’emploi éphémère 

 

Dans la conjoncture actuelle, le choc inflationniste non-anticipé qui frappe les économies des Etats-Unis et de la zone euro conduit à une amélioration de l’emploi. Mais au regard de l’évolution du marché du travail, celle-ci ne peut être qu’éphémère car résultant d’une illusion monétaire, comme l’avait bien analysé le prix Nobel d’économie Milton Friedman. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC.( dans la Tribune)

 

Si l’inflation ravage l’économie mondiale et détruit à petit feu le pouvoir d’achat, les adeptes de la relance par la dépense publique continuent de marteler que l’objectif de plein emploi a été atteint précisément grâce aux dépenses sans limite engagées lors de la crise du covid. La totale déconnexion des décisions de relance avec les réalités budgétaires est particulièrement incarnée par les chèques de 1.000 dollars signés par l’administration Biden ou encore par la « nationalisation des emplois » tout droit sortie du Métavers dans lequel vivait Emmanuel Macron en 2020. Les docteurs Diafoirus de cette hallucination collective ont eux-mêmes baptisés leur mouvement « Théorie Monétaire Moderne ». De notre point de vue, ce mouvement est essentiellement basé sur des postulats sans logique interne, avec comme affirmation centrale que le gouvernement américain était en mesure d’augmenter la dette indéfiniment puisque la banque centrale pouvait acheter cette dette, sans aucune contrepartie.

Cette revendication est abusive. Si la relance par la demande a pu stabiliser la chute de l’emploi en 2020 le temps que les stocks se vident, la situation actuelle est différente. La production et les perspectives d’augmentation de celle-ci sont largement compromises partout dans le monde. Dans le même temps, le marché du travail continue à se tendre. En effet, le nombre d’emplois vacants atteint des records, dans tous les secteurs et à tous les niveaux de qualification. Le taux d’emplois vacants atteint les 3,1% en zone euro au premier trimestre 2022 et 7% aux Etats-Unis en avril 2022. L’explication préférée des keynésiens pour cette situation serait le rétrécissement de l’offre de travail sur un fonds de « grande démission » des travailleurs affectés psychologiquement par le Covid-19.

La réalité est que l’inflation actuelle a pris par surprise, tant par son ampleur que par sa persistance dans le temps, presque tout le monde. En 2020, le peu d’économistes ou gérants financiers qui avaient évoqué un possible retour de l’inflation ont été moqués avec condescendance par leurs confrères comme des paléo-monétaristes ringards, n’ayant pas compris la disparition définitive de leur espèce et, avec elle, de l’inflation. Fin 2020, les prévisionnistes professionnels indiquaient avec la certitude de l’âne des taux d’inflation inférieurs à 2% pour 2022, et le marché financier leur emboitait le pas avec des taux de couverture du risque d’inflation ridiculement bas. Aujourd’hui, c’est le temps des « mea culpa », et des excuses présentées officiellement par les dirigeants des principales banques centrale comme Jerome Powel ou Christine Lagarde, pour avoir sous-évalué le risque inflationniste.

Si la hausse de prix est très forte depuis plusieurs mois, et s’est accéléré après la guerre en Ukraine, les salaires n’ont pas suivi, ni aux Etats-Unis, ni dans la zone euro. Le coût horaire du travail, rapporté au prix qu’une entreprise peut pratiquer, vient de diminuer, notamment dans les secteurs où la concurrence est faible. Selon un indicateur publié par la Fed de Saint Louis, aux Etats-Unis, le salaire réel hebdomadaire a diminué de 7,8% entre un maximum au premier trimestre 2020 et le quatrième trimestre 2022. Dans la zone euro, la croissance des salaires sur un an au premier trimestre 2022 est de seulement 2,7% face à une inflation de 8%. Cette baisse de la rémunération relative du travail incite les entreprises à recruter de la main d’œuvre, plutôt que délocaliser ou investir dans des machines à même d’augmenter la productivité d’un effectif existant. Malgré la crise économique qui se profile, malgré une demande de biens qui s’affaiblit inévitablement avec l’érosion du pouvoir d’achat par l’inflation, la baisse du salaire réel favorise le recours à plus d’heures de travail.

Cette explication à laquelle nous souscrivons n’est pas la nôtre mais est clairement exposée dans le discours de Prix Nobel de Milton Friedman en 1976, et dans les écrits de Robert Lucas en 1973, autre lauréat du Prix Nobel en Economie. Dans leur analyse, un choc inflationniste non-anticipé conduit à une amélioration de l’emploi, mais celle-ci ne peut être qu’éphémère, le temps que les anticipations-prix des employés s’alignent sur la nouvelle évolution des prix, et renforcent leurs revendications salariales. Aujourd’hui, nous sommes exactement dans ce cadre, au début du processus décrit par ces auteurs.

Il nous apparait que la leçon à tirer est que la seule solution pour lutter contre le chômage de masse qui frappe le sud de l’Europe a toujours été de baser l’évolution des salaires sur l’évolution de la productivité et la réduction de la fiscalité sur le travail. Si notre diagnostic est correct, l’embellie actuelle sur le marché du travail ne peut être que de courte durée – un an, maximum deux, car la modération salariale actuelle résulte d’une illusion monétaire sur le point de se dissiper. En effet, les indicateurs révèlent des anticipations d’inflation en forte hausse, aux Etats-Unis mais aussi dans la zone euro.

En France, aucun politicien n’a eu le courage de réformer le marché du travail pour plus de flexibilité salariale, si ce n’est modestement Nicolas Sarkozy avec la défiscalisation des heures supplémentaires, François Hollande avec ses différentes usines à gaz et Emmanuel Macron avec l’encadrement de l’indemnité pour licenciement abusif. Il est à craindre que la dégradation que nous sentons venir du marché du travail attise la propension des populistes de tous bords à resservir les potions miracles de dépenses publiques façon quoi qu’il en coûte, blocage des prix, contrôle des licenciements ou baisse du temps de travail. Aucune de ces mesures n’a jamais créé la moindre valeur nouvelle. En revanche, elles peuvent aggraver la désorganisation, le chômage et les déséquilibres. Mais l’équilibre n’a jamais été un objectif pour les populistes.

Autoentrepreneurs : une vie éphémère pour la très grande majorité

Autoentrepreneurs : une vie éphémère pour la très grande majorité

Même si les chiffres s’améliorent  un tout petit peu la vie des sociétés au statut d’entrepreneur demeure aléatoire puisque 36% des autoentrepreneurs enregistrés en 2014 sont encore actifs trois ans après le début de leur activité contre 63% chez les entrepreneurs classiques selon une récente étude de l’Insee. Par ailleurs le chiffre d’affaires demeure modeste en moyenne autour de 10 000 € en 2016, il y a bien  entendu des écarts autour de cette moyenne puisque 34 % des autoentrepreneurs ne déclarent aucun chiffre d’affaires. Pourtant  Le nombre d’immatriculations de microentreprises a augmenté de 27 % en un an  Selon les chiffres de l’Insee de décembre, les créations d’entreprises ont augmenté de 16,9 % en un an en France, passant de 591 267 à 691 283. Plus de 44 %, au dernier trimestre, étaient des microentreprises. Et le nombre d’immatriculations sous ce statut a augmenté de 27 % en un an : de 241 786, en 2017, à 308 311, en 2018.

Ils étaient 300 000 dès 2009, ils sont désormais 1,3 million d’autoentrepreneurs dans l’Hexagone. Leur place sur le marché du travail s’est accentuée avec l’émergence des plates-formes numériques et le phénomène « d’ubérisation ». Après un essoufflement en 2014 et 2015, la création de microentreprises est repartie à la hausse dès 2016, avec 70 000 immatriculations de plus. La tendance se poursuit encore aujourd’hui.

La plupart du temps, il s’agit de revenus complémentaires. Le régime plafonne le chiffre d’affaires annuel. « Il ne faut pas l’augmenter, pense Grégoire Leclercq, président de la Fédération des autoentrepreneurs (80 000 adhérents). Quand vous arrivez à 50 000 euros de chiffre d’affaires, il faut être cohérent, ne pas rester sous ce statut pour développer sa boîte. » La pérennité des microentreprises dépend beaucoup du secteur d’activité. Elle est la plus élevée dans la santé humaine et l’action sociale (60%) et dans l’enseignement (48%), et plus faible dans la construction (36%), les activités spécialisées, scientifiques et techniques (36%) ou le commerce (28%).Enfin, elle est très réduite (16%) dans le secteur des transports et de l’entreposage. Ces écarts entre les secteurs peuvent s’expliquer en partie par une propension au démarrage plus forte dans la santé ou l’action sociale (83%), l’enseignement (79%), les activités scientifiques et techniques (71%) ou le commerce (54%).




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