Archive pour le Tag 'bidon'

France Travail : Une réforme bidon

France Travail : Une réforme bidon

La transformation de Pôle emploi l’emploi en France travail se révèle de plus en plus comme une réforme bidon. Le ministre du travail Olivier Dussopt a même reconnu devant le Parlement que la réforme était loin d’être aboutie.

Encore une nouvelle institution complètement bidon avec » France travail » supposé organiser des synergies entre les acteurs pour faciliter la réinsertion des chômeurs.

La vérité c’est qu’il s’agit simplement d’un coup de peinture sur « pôle emploi » qui a largement démontré son incapacité à offrir de manière significative des emplois aux chômeurs« La création de France Travail suppose une transformation de Pôle emploi et de tous les acteurs du service public de l’emploi, ainsi qu’une mise en commun des compétences de l’Etat, des collectivités locales et de l’ensemble des acteurs économiques et associatifs pertinents, en lien notamment avec les partenaires sociaux », peut-on lire dans la lettre de mission à laquelle « Les Echos » ont eu accès.

Début juillet, lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, Elisabeth Borne avait donné le la. « Notre organisation est trop complexe. Son efficacité en pâtit. Nous ne pouvons plus continuer à avoir, d’un côté, l’Etat qui accompagne les demandeurs d’emploi, de l’autre, les régions qui s’occupent de leur formation et les départements en charge de l’insertion des bénéficiaires du RSA », avait déclaré la Première ministre, nourrie de son expérience d’ex-ministre du Travail.

Avec France Travail, il y aura un pilote dans l’avion dans chaque bassin d’emploi, qui sera jugé sur l’amélioration des taux d’insertion professionnelle », décrypte-t-on dans la majorité.Si l’ambition fait consensus, Thibaut Guilluy sait qu’il avance en terrain quelque peu miné. Les régions, qui partagent la formation des chômeurs avec Pôle emploi, ou les partenaires sociaux, jaloux de leurs prérogatives sur l’assurance-chômage , redoutent une mainmise de l’Etat qui ne dirait pas son nom. « Une attention particulière sera apportée à l’acceptabilité par le corps social des impacts du projet », demande d’ailleurs Olivier Dussopt dans la lettre de mission, soucieux d’éviter trop de vagues.

Futur bras armé de l’insertion et de l’emploi en France, peine à se lever. Une réunion orchestrée par Thibaut Guilluy, en charge de la mission de préfiguration de cette promesse présidentielle, et Olivier Dussopt, le ministre du Travail, était programmée ce mardi avec toutes les parties prenantes du dossier pour dévoiler les premières pistes retenues par le gouvernement, après quasiment deux mois de discussion. «Mais tout a été bousculé et les agendas ne collaient plus», souffle-t-on rue de Grenelle. La réunion prévue a donc été reportée à janvier, sans plus de précision quant à la date.
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Cop 27-Climat : des objectifs bidon !

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En substance, c’est ce que dit Frans Timmermans (Commission européenne) quand il indique «Des objectifs climat sans plans concrets ne sont que des tigres de papier»

Le vice-président exécutif de la Commission de Bruxelles en charge du Pacte vert répond aux critiques dont fait l’objet la gestion européenne de la crise énergétique et met la pression sur les plus grands émetteurs de CO2, dans un entretien exclusif accordé à l’Opinion à l‘aube de la COP 27 de Charm el-Cheikh


Quels résultats attendez-vous de la COP 27 ?

L’année dernière, à Glasgow, tout le monde s’est engagé à viser l’objectif de 1,5° C de réchauffement. Tous les pays doivent donc démontrer comment ils réaliseront les réductions d’émissions requises. Des objectifs sans plans concrets ne sont que des tigres de papier. Parallèlement, il faut progresser dans le financement et l’adaptation, ainsi que sur la manière dont nous traitons les « pertes et dommages » causés par la crise climatique. Chaque pays devrait recevoir le soutien nécessaire pour répondre aux impacts déjà existants. La réduction des émissions est toutefois indispensable : aucun financement ne suffira à couvrir les conséquences si nous consentons à un réchauffement planétaire de 3° C ou 4° C. Regardez ce qui se passe déjà avec une augmentation de température de « seulement » 1,2° C.

L’Union européenne peine à trouver une réponse commune et forte à la crise énergétique, principalement en raison du poids des intérêts nationaux. Son unité à la COP 27 est-elle menacée ?
Non. Nous disposons d’un mandat fort pour les négociations, qui a été adopté à l’unanimité des Etats membres. En ce qui concerne la crise énergétique, il existe bien sûr des visions différentes sur les réponses à apporter aux prix excessivement élevés de l’énergie. Mais aucun pays membre ne conteste nos objectifs climatiques, et personne ne doute que la transition verte est, en fait, la solution. Et voyons également ce qui a déjà été réalisé : les stocks de gaz sont pleins à près de 95 %, nous travaillons à des achats groupés afin d’utiliser davantage notre pouvoir de négociation collectif, nous avons accéléré les économies de gaz et d’électricité, et nous disposons d’un cadre afin de limiter les tarifs pour les consommateurs et d’exiger une contribution solidaire des entreprises du secteur des combustibles fossiles — des acteurs qui ont vu leurs bénéfices s’accroître de façon extraordinaire. L’Europe augmente aussi très rapidement sa capacité de production d’énergies renouvelables (ENR), notamment solaire. Notre objectif est d’atteindre une souveraineté énergétique, ce qui est possible à travers les ENR.

A cause de la crise, les Etats membres doivent relancer des centrales au charbon et investir dans des infrastructures de gaz naturel liquéfié (GNL). Dans ce contexte, est-il encore possible de demander des efforts supplémentaires en matière de climat au reste du monde ?
Certes, il y a des malentendus et des doutes concernant l’utilisation du charbon et les investissements dans le GNL que vous mentionnez. Ces derniers mois, nous avons dû expliquer davantage le fonctionnement de la loi sur le climat et ce que nous faisons au sein de l’UE pour son exécution. Un pays comme la Russie est bien sûr très intéressé à promouvoir l’idée que l’UE fait marche arrière. Mais, jusqu’à présent, j’ai pu assurer à mes collègues que l’UE maintenait son ambition et ses engagements. L’accord atteint sur l’élimination des émissions de CO2 issues des voitures en 2035 — un objectif bien soutenu par l’industrie automobile — en est une preuve solide. Et nous sommes toujours sur la bonne voie pour faire aboutir les autres textes qui font partie du paquet « Fit for 55 » d’ici à la fin de l’année. L’UE reste donc pleinement engagée dans ses objectifs climatiques.
« Avec le Green Deal, l’UE a montré la voie et nous continuerons à le faire, notamment en réalisant chez nous ce que nous avons promis »

La communauté internationale devrait-elle créer un fonds pour réparer les « pertes et les dommages » causés aux pays du Sud par le changement climatique ?
Nous sommes tous d’accord sur le fait que la crise climatique a des impacts qui dépassent la capacité de certains pays à y faire face. Les pertes et dommages sont une question clé de cette COP et l’UE a soutenu les demandes visant à l’inclure dans l’agenda officiel. Nous sommes prêts à parler de différentes solutions, mais cette discussion doit être fondée sur les besoins des pays vulnérables. Le soutien est nécessaire et les besoins sont réels, mais aussi très hétérogènes. Pour certains pays, la question est celle d’une dette excessive, pour d’autres, les problèmes proviennent de la montée du niveau de la mer ou de tempêtes plus extrêmes et plus fréquentes. Nous devons donc trouver les meilleures mesures pour fournir l’aide nécessaire. Il n’existe pas de solution miracle, même avec un fonds, car, au final, il est question d’un véritable « shift » de milliers de milliards d’argent public et privé vers les pays vulnérables. Cela demandera une réforme plus vaste de notre système financier international. A court terme, nous pouvons déjà repenser la manière dont nous utilisons les instruments existants. Le FMI a déjà pris de bonnes mesures en ce sens.

Faut-il compter sur le leadership de l’UE pour amener la Chine et les Etats-Unis à prendre de nouveaux engagements forts ?
Les pays du G20 émettent environ 80 % des gaz à effet de serre et ils ont donc une responsabilité particulière. Mais, depuis la dernière COP, certains des principaux émetteurs mondiaux ont montré des signes inquiétants concernant leur volonté de mettre en œuvre les mesures nécessaires. C’est pourquoi l’UE continue à insister sur l’importance de l’atténuation des émissions. Tous les pays, et les principaux émetteurs de manière plus urgente, doivent mettre en œuvre des politiques de réduction. Avec le Green Deal, l’UE a montré la voie et nous continuerons à le faire, notamment en réalisant chez nous ce que nous avons promis. Si nous continuons à remplir nos obligations, nous aurons une position de négociation beaucoup plus forte. La récente loi américaine sur la réduction de l’inflation montre que les Etats-Unis sont également prêts à passer des paroles aux actes. Certaines dispositions du texte sont discriminatoires à l’égard des fabricants non-américains, et nous sommes en discussion avec les Américains à ce sujet. Mais, du point de vue climatique, l’adoption de telles lois renforce le message à destination du monde entier que l’économie du futur sera bien une économie verte. En ce qui concerne la Chine, nous espérons également voir des mesures démontrant son engagement envers ce qui a été convenu à Glasgow.

Climat- Cop 27 : des objectifs bidon !

Climat- Cop 27 : des objectifs bidon !

Les quelque 200 pays présents à la COP27 doivent s’accorder sur une déclaration finale qui ne marque pas un recul par rapport aux accords précédents.
Rien n’est acquis. A commencer par le maintien des engagements pris l’an passé à Glasgow, lors de la COP26, de limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

Le vice-président exécutif de la Commission de Bruxelles en charge du Pacte vert répond aux critiques dont fait l’objet la gestion européenne de la crise énergétique et met la pression sur les plus grands émetteurs de CO2, dans un entretien exclusif accordé à l’Opinion à l‘aube de la COP 27 de Charm el-Cheikh


Quels résultats attendez-vous de la COP 27 ?

L’année dernière, à Glasgow, tout le monde s’est engagé à viser l’objectif de 1,5° C de réchauffement. Tous les pays doivent donc démontrer comment ils réaliseront les réductions d’émissions requises. Des objectifs sans plans concrets ne sont que des tigres de papier. Parallèlement, il faut progresser dans le financement et l’adaptation, ainsi que sur la manière dont nous traitons les « pertes et dommages » causés par la crise climatique. Chaque pays devrait recevoir le soutien nécessaire pour répondre aux impacts déjà existants. La réduction des émissions est toutefois indispensable : aucun financement ne suffira à couvrir les conséquences si nous consentons à un réchauffement planétaire de 3° C ou 4° C. Regardez ce qui se passe déjà avec une augmentation de température de « seulement » 1,2° C.

L’Union européenne peine à trouver une réponse commune et forte à la crise énergétique, principalement en raison du poids des intérêts nationaux. Son unité à la COP 27 est-elle menacée ?
Non. Nous disposons d’un mandat fort pour les négociations, qui a été adopté à l’unanimité des Etats membres. En ce qui concerne la crise énergétique, il existe bien sûr des visions différentes sur les réponses à apporter aux prix excessivement élevés de l’énergie. Mais aucun pays membre ne conteste nos objectifs climatiques, et personne ne doute que la transition verte est, en fait, la solution. Et voyons également ce qui a déjà été réalisé : les stocks de gaz sont pleins à près de 95 %, nous travaillons à des achats groupés afin d’utiliser davantage notre pouvoir de négociation collectif, nous avons accéléré les économies de gaz et d’électricité, et nous disposons d’un cadre afin de limiter les tarifs pour les consommateurs et d’exiger une contribution solidaire des entreprises du secteur des combustibles fossiles — des acteurs qui ont vu leurs bénéfices s’accroître de façon extraordinaire. L’Europe augmente aussi très rapidement sa capacité de production d’énergies renouvelables (ENR), notamment solaire. Notre objectif est d’atteindre une souveraineté énergétique, ce qui est possible à travers les ENR.

A cause de la crise, les Etats membres doivent relancer des centrales au charbon et investir dans des infrastructures de gaz naturel liquéfié (GNL). Dans ce contexte, est-il encore possible de demander des efforts supplémentaires en matière de climat au reste du monde ?
Certes, il y a des malentendus et des doutes concernant l’utilisation du charbon et les investissements dans le GNL que vous mentionnez. Ces derniers mois, nous avons dû expliquer davantage le fonctionnement de la loi sur le climat et ce que nous faisons au sein de l’UE pour son exécution. Un pays comme la Russie est bien sûr très intéressé à promouvoir l’idée que l’UE fait marche arrière. Mais, jusqu’à présent, j’ai pu assurer à mes collègues que l’UE maintenait son ambition et ses engagements. L’accord atteint sur l’élimination des émissions de CO2 issues des voitures en 2035 — un objectif bien soutenu par l’industrie automobile — en est une preuve solide. Et nous sommes toujours sur la bonne voie pour faire aboutir les autres textes qui font partie du paquet « Fit for 55 » d’ici à la fin de l’année. L’UE reste donc pleinement engagée dans ses objectifs climatiques.
« Avec le Green Deal, l’UE a montré la voie et nous continuerons à le faire, notamment en réalisant chez nous ce que nous avons promis »

La communauté internationale devrait-elle créer un fonds pour réparer les « pertes et les dommages » causés aux pays du Sud par le changement climatique ?
Nous sommes tous d’accord sur le fait que la crise climatique a des impacts qui dépassent la capacité de certains pays à y faire face. Les pertes et dommages sont une question clé de cette COP et l’UE a soutenu les demandes visant à l’inclure dans l’agenda officiel. Nous sommes prêts à parler de différentes solutions, mais cette discussion doit être fondée sur les besoins des pays vulnérables. Le soutien est nécessaire et les besoins sont réels, mais aussi très hétérogènes. Pour certains pays, la question est celle d’une dette excessive, pour d’autres, les problèmes proviennent de la montée du niveau de la mer ou de tempêtes plus extrêmes et plus fréquentes. Nous devons donc trouver les meilleures mesures pour fournir l’aide nécessaire. Il n’existe pas de solution miracle, même avec un fonds, car, au final, il est question d’un véritable « shift » de milliers de milliards d’argent public et privé vers les pays vulnérables. Cela demandera une réforme plus vaste de notre système financier international. A court terme, nous pouvons déjà repenser la manière dont nous utilisons les instruments existants. Le FMI a déjà pris de bonnes mesures en ce sens.

Faut-il compter sur le leadership de l’UE pour amener la Chine et les Etats-Unis à prendre de nouveaux engagements forts ?
Les pays du G20 émettent environ 80 % des gaz à effet de serre et ils ont donc une responsabilité particulière. Mais, depuis la dernière COP, certains des principaux émetteurs mondiaux ont montré des signes inquiétants concernant leur volonté de mettre en œuvre les mesures nécessaires. C’est pourquoi l’UE continue à insister sur l’importance de l’atténuation des émissions. Tous les pays, et les principaux émetteurs de manière plus urgente, doivent mettre en œuvre des politiques de réduction. Avec le Green Deal, l’UE a montré la voie et nous continuerons à le faire, notamment en réalisant chez nous ce que nous avons promis. Si nous continuons à remplir nos obligations, nous aurons une position de négociation beaucoup plus forte. La récente loi américaine sur la réduction de l’inflation montre que les Etats-Unis sont également prêts à passer des paroles aux actes. Certaines dispositions du texte sont discriminatoires à l’égard des fabricants non-américains, et nous sommes en discussion avec les Américains à ce sujet. Mais, du point de vue climatique, l’adoption de telles lois renforce le message à destination du monde entier que l’économie du futur sera bien une économie verte. En ce qui concerne la Chine, nous espérons également voir des mesures démontrant son engagement envers ce qui a été convenu à Glasgow.

Cop 27 : des objectifs bidon

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Les quelque 200 pays présents à la COP27 doivent s’accorder sur une déclaration finale qui ne marque pas un recul par rapport aux accords précédents.
Rien n’est acquis. A commencer par le maintien des engagements pris l’an passé à Glasgow, lors de la COP26, de limiter le réchauffement à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

Le vice-président exécutif de la Commission de Bruxelles en charge du Pacte vert répond aux critiques dont fait l’objet la gestion européenne de la crise énergétique et met la pression sur les plus grands émetteurs de CO2, dans un entretien exclusif accordé à l’Opinion à l‘aube de la COP 27 de Charm el-Cheikh


Quels résultats attendez-vous de la COP 27 ?

L’année dernière, à Glasgow, tout le monde s’est engagé à viser l’objectif de 1,5° C de réchauffement. Tous les pays doivent donc démontrer comment ils réaliseront les réductions d’émissions requises. Des objectifs sans plans concrets ne sont que des tigres de papier. Parallèlement, il faut progresser dans le financement et l’adaptation, ainsi que sur la manière dont nous traitons les « pertes et dommages » causés par la crise climatique. Chaque pays devrait recevoir le soutien nécessaire pour répondre aux impacts déjà existants. La réduction des émissions est toutefois indispensable : aucun financement ne suffira à couvrir les conséquences si nous consentons à un réchauffement planétaire de 3° C ou 4° C. Regardez ce qui se passe déjà avec une augmentation de température de « seulement » 1,2° C.

L’Union européenne peine à trouver une réponse commune et forte à la crise énergétique, principalement en raison du poids des intérêts nationaux. Son unité à la COP 27 est-elle menacée ?
Non. Nous disposons d’un mandat fort pour les négociations, qui a été adopté à l’unanimité des Etats membres. En ce qui concerne la crise énergétique, il existe bien sûr des visions différentes sur les réponses à apporter aux prix excessivement élevés de l’énergie. Mais aucun pays membre ne conteste nos objectifs climatiques, et personne ne doute que la transition verte est, en fait, la solution. Et voyons également ce qui a déjà été réalisé : les stocks de gaz sont pleins à près de 95 %, nous travaillons à des achats groupés afin d’utiliser davantage notre pouvoir de négociation collectif, nous avons accéléré les économies de gaz et d’électricité, et nous disposons d’un cadre afin de limiter les tarifs pour les consommateurs et d’exiger une contribution solidaire des entreprises du secteur des combustibles fossiles — des acteurs qui ont vu leurs bénéfices s’accroître de façon extraordinaire. L’Europe augmente aussi très rapidement sa capacité de production d’énergies renouvelables (ENR), notamment solaire. Notre objectif est d’atteindre une souveraineté énergétique, ce qui est possible à travers les ENR.

A cause de la crise, les Etats membres doivent relancer des centrales au charbon et investir dans des infrastructures de gaz naturel liquéfié (GNL). Dans ce contexte, est-il encore possible de demander des efforts supplémentaires en matière de climat au reste du monde ?
Certes, il y a des malentendus et des doutes concernant l’utilisation du charbon et les investissements dans le GNL que vous mentionnez. Ces derniers mois, nous avons dû expliquer davantage le fonctionnement de la loi sur le climat et ce que nous faisons au sein de l’UE pour son exécution. Un pays comme la Russie est bien sûr très intéressé à promouvoir l’idée que l’UE fait marche arrière. Mais, jusqu’à présent, j’ai pu assurer à mes collègues que l’UE maintenait son ambition et ses engagements. L’accord atteint sur l’élimination des émissions de CO2 issues des voitures en 2035 — un objectif bien soutenu par l’industrie automobile — en est une preuve solide. Et nous sommes toujours sur la bonne voie pour faire aboutir les autres textes qui font partie du paquet « Fit for 55 » d’ici à la fin de l’année. L’UE reste donc pleinement engagée dans ses objectifs climatiques.
« Avec le Green Deal, l’UE a montré la voie et nous continuerons à le faire, notamment en réalisant chez nous ce que nous avons promis »

La communauté internationale devrait-elle créer un fonds pour réparer les « pertes et les dommages » causés aux pays du Sud par le changement climatique ?
Nous sommes tous d’accord sur le fait que la crise climatique a des impacts qui dépassent la capacité de certains pays à y faire face. Les pertes et dommages sont une question clé de cette COP et l’UE a soutenu les demandes visant à l’inclure dans l’agenda officiel. Nous sommes prêts à parler de différentes solutions, mais cette discussion doit être fondée sur les besoins des pays vulnérables. Le soutien est nécessaire et les besoins sont réels, mais aussi très hétérogènes. Pour certains pays, la question est celle d’une dette excessive, pour d’autres, les problèmes proviennent de la montée du niveau de la mer ou de tempêtes plus extrêmes et plus fréquentes. Nous devons donc trouver les meilleures mesures pour fournir l’aide nécessaire. Il n’existe pas de solution miracle, même avec un fonds, car, au final, il est question d’un véritable « shift » de milliers de milliards d’argent public et privé vers les pays vulnérables. Cela demandera une réforme plus vaste de notre système financier international. A court terme, nous pouvons déjà repenser la manière dont nous utilisons les instruments existants. Le FMI a déjà pris de bonnes mesures en ce sens.

Faut-il compter sur le leadership de l’UE pour amener la Chine et les Etats-Unis à prendre de nouveaux engagements forts ?
Les pays du G20 émettent environ 80 % des gaz à effet de serre et ils ont donc une responsabilité particulière. Mais, depuis la dernière COP, certains des principaux émetteurs mondiaux ont montré des signes inquiétants concernant leur volonté de mettre en œuvre les mesures nécessaires. C’est pourquoi l’UE continue à insister sur l’importance de l’atténuation des émissions. Tous les pays, et les principaux émetteurs de manière plus urgente, doivent mettre en œuvre des politiques de réduction. Avec le Green Deal, l’UE a montré la voie et nous continuerons à le faire, notamment en réalisant chez nous ce que nous avons promis. Si nous continuons à remplir nos obligations, nous aurons une position de négociation beaucoup plus forte. La récente loi américaine sur la réduction de l’inflation montre que les Etats-Unis sont également prêts à passer des paroles aux actes. Certaines dispositions du texte sont discriminatoires à l’égard des fabricants non-américains, et nous sommes en discussion avec les Américains à ce sujet. Mais, du point de vue climatique, l’adoption de telles lois renforce le message à destination du monde entier que l’économie du futur sera bien une économie verte. En ce qui concerne la Chine, nous espérons également voir des mesures démontrant son engagement envers ce qui a été convenu à Glasgow.

Evolution du Climat : des objectifs bidon !

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En substance, c’est ce que dit Frans Timmermans (Commission européenne) quand il indique «Des objectifs climat sans plans concrets ne sont que des tigres de papier»

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Quels résultats attendez-vous de la COP 27 ?

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L’Union européenne peine à trouver une réponse commune et forte à la crise énergétique, principalement en raison du poids des intérêts nationaux. Son unité à la COP 27 est-elle menacée ?
Non. Nous disposons d’un mandat fort pour les négociations, qui a été adopté à l’unanimité des Etats membres. En ce qui concerne la crise énergétique, il existe bien sûr des visions différentes sur les réponses à apporter aux prix excessivement élevés de l’énergie. Mais aucun pays membre ne conteste nos objectifs climatiques, et personne ne doute que la transition verte est, en fait, la solution. Et voyons également ce qui a déjà été réalisé : les stocks de gaz sont pleins à près de 95 %, nous travaillons à des achats groupés afin d’utiliser davantage notre pouvoir de négociation collectif, nous avons accéléré les économies de gaz et d’électricité, et nous disposons d’un cadre afin de limiter les tarifs pour les consommateurs et d’exiger une contribution solidaire des entreprises du secteur des combustibles fossiles — des acteurs qui ont vu leurs bénéfices s’accroître de façon extraordinaire. L’Europe augmente aussi très rapidement sa capacité de production d’énergies renouvelables (ENR), notamment solaire. Notre objectif est d’atteindre une souveraineté énergétique, ce qui est possible à travers les ENR.

A cause de la crise, les Etats membres doivent relancer des centrales au charbon et investir dans des infrastructures de gaz naturel liquéfié (GNL). Dans ce contexte, est-il encore possible de demander des efforts supplémentaires en matière de climat au reste du monde ?
Certes, il y a des malentendus et des doutes concernant l’utilisation du charbon et les investissements dans le GNL que vous mentionnez. Ces derniers mois, nous avons dû expliquer davantage le fonctionnement de la loi sur le climat et ce que nous faisons au sein de l’UE pour son exécution. Un pays comme la Russie est bien sûr très intéressé à promouvoir l’idée que l’UE fait marche arrière. Mais, jusqu’à présent, j’ai pu assurer à mes collègues que l’UE maintenait son ambition et ses engagements. L’accord atteint sur l’élimination des émissions de CO2 issues des voitures en 2035 — un objectif bien soutenu par l’industrie automobile — en est une preuve solide. Et nous sommes toujours sur la bonne voie pour faire aboutir les autres textes qui font partie du paquet « Fit for 55 » d’ici à la fin de l’année. L’UE reste donc pleinement engagée dans ses objectifs climatiques.
« Avec le Green Deal, l’UE a montré la voie et nous continuerons à le faire, notamment en réalisant chez nous ce que nous avons promis »

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Nous sommes tous d’accord sur le fait que la crise climatique a des impacts qui dépassent la capacité de certains pays à y faire face. Les pertes et dommages sont une question clé de cette COP et l’UE a soutenu les demandes visant à l’inclure dans l’agenda officiel. Nous sommes prêts à parler de différentes solutions, mais cette discussion doit être fondée sur les besoins des pays vulnérables. Le soutien est nécessaire et les besoins sont réels, mais aussi très hétérogènes. Pour certains pays, la question est celle d’une dette excessive, pour d’autres, les problèmes proviennent de la montée du niveau de la mer ou de tempêtes plus extrêmes et plus fréquentes. Nous devons donc trouver les meilleures mesures pour fournir l’aide nécessaire. Il n’existe pas de solution miracle, même avec un fonds, car, au final, il est question d’un véritable « shift » de milliers de milliards d’argent public et privé vers les pays vulnérables. Cela demandera une réforme plus vaste de notre système financier international. A court terme, nous pouvons déjà repenser la manière dont nous utilisons les instruments existants. Le FMI a déjà pris de bonnes mesures en ce sens.

Faut-il compter sur le leadership de l’UE pour amener la Chine et les Etats-Unis à prendre de nouveaux engagements forts ?
Les pays du G20 émettent environ 80 % des gaz à effet de serre et ils ont donc une responsabilité particulière. Mais, depuis la dernière COP, certains des principaux émetteurs mondiaux ont montré des signes inquiétants concernant leur volonté de mettre en œuvre les mesures nécessaires. C’est pourquoi l’UE continue à insister sur l’importance de l’atténuation des émissions. Tous les pays, et les principaux émetteurs de manière plus urgente, doivent mettre en œuvre des politiques de réduction. Avec le Green Deal, l’UE a montré la voie et nous continuerons à le faire, notamment en réalisant chez nous ce que nous avons promis. Si nous continuons à remplir nos obligations, nous aurons une position de négociation beaucoup plus forte. La récente loi américaine sur la réduction de l’inflation montre que les Etats-Unis sont également prêts à passer des paroles aux actes. Certaines dispositions du texte sont discriminatoires à l’égard des fabricants non-américains, et nous sommes en discussion avec les Américains à ce sujet. Mais, du point de vue climatique, l’adoption de telles lois renforce le message à destination du monde entier que l’économie du futur sera bien une économie verte. En ce qui concerne la Chine, nous espérons également voir des mesures démontrant son engagement envers ce qui a été convenu à Glasgow.

Partage de la valeur »: Réflexion bidon du gouvernement pour freiner les salaires

« Partage de la valeur »: Réflexion bidon du gouvernement pour freiner les salaires

Il est clair que jusqu’à maintenant le gouvernement s’est toujours opposé à toute taxation des super profits considérant qu’il ne fallait pas alourdir la fiscalité sur les entreprises.
Parallèlement, le même gouvernement considère que le rattrapage des salaires sur l’inflation n’est pas souhaitable pour des motifs macro-économiques en raison du risque de la spiral salaire prix.Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire , reprend maintenant à son compte le concept de dividende salarié : « le dividende salarié, c’est le profit, pour tous ».

Plus précisément, cette mesure vise à instaurer au sein d’une entreprise une plus juste répartition des profits entre ses actionnaires et ses salariés. L’idée a même séduit Emmanuel Macron , qui l’a inscrite dans son programme de campagne lors de la dernière élection présidentielle, puis l’a remise sur la table lors de son passage sur France 2, il y a deux semaines.

Le problème c’est qu’il ne s’agit que d’une réflexion qui d’ailleurs a peu de chances d’aboutir. La vérité, c’est que le gouvernement cherche un prétexte pour ne pas opérer un trop fort rattrapage des salaires sur l’inflation. Sa proposition est donc relativement conjoncturelle. Pour empêcher une trop forte augmentation des salaires, le gouvernement agite la perspective de primes sur les très gros bénéfices réalisés par certaines entreprises: le dividende salarié évoqué par Macron et le ministre des finances

Cette proposition rencontre des oppositions aussi bien du patronat que des syndicats. Les syndicats ne souhaitent absolument pas qu’on substitue des primes à la revalorisation des salaires. Et du côté patronal, on est également plus que réticent. Il faut dire qu’une façon générale patronat français n’est pas très progressiste pour associer les salariés aux résultats de l’entreprise. De ce point de vue, la participation financière demeure encore très minoritaire.

Ne parlons pas évidemment de la participation aux décisions, véritable tabou en France tandis qu’en Allemagne on pratique au bénéfice de tous la cogestion. La différence c’est qu’en France les conflits ne cessent de se multiplier quand en Allemagne la négociation constitue le moyen de régulation d’intérêt parfois divergents.

Pour contrer les effets de l’inflation, le gouvernement fait le pari du « dividende salarié ». « Quand il y a une augmentation du dividende chez les actionnaires, il doit y avoir la même chose pour les salariés », a résumé le président de la République, fin octobre, lors de sa participation à l’émission « L’Evènement » sur France 2. Lors de la campagne électorale, en 2020, Emmanuel Macron préconisait déjà (PDF) un dispositif obligatoire « de partage des profits dans les entreprises qui versent des dividendes ». Sans réussir, jusqu’ici, à susciter l’enthousiasme des partenaires sociaux.

La participation, mécanisme de redistribution des bénéfices, est déjà obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. Elle accorde des primes dont le montant est fixé par un accord et ne peut dépasser 30 852 euros. L’intéressement, quant à lui, est un plan d’épargne salariale, qui dépend des résultats de l’entreprise et n’est pas obligatoire. Enfin, la prime de partage de la valeur (communément appelée « prime Macron ») permet à l’employeur de verser une prime défiscalisée à ses salariés.

Mais le patronat voit aujourd’hui d’un mauvais œil cette proposition, dénonçant un mélange des genres. « C’est une très mauvaise expression qui entretient la confusion entre capital et travail », s’oppose Eric Chevée, vice-président à la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), dans les colonnes du Parisien. « Les dividendes viennent rémunérer une prise de risque. Et le concept fait fi de la réalité d’une PME. » Toujours dans le quotidien francilien, le Medef dénonce « une confusion sur la nature de la contribution et de la prise de risque des salariés et des actionnaires dans la création de valeur par l’entreprise ».

Politique et Climat : des objectifs bidon !

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Le vice-président exécutif de la Commission de Bruxelles en charge du Pacte vert répond aux critiques dont fait l’objet la gestion européenne de la crise énergétique et met la pression sur les plus grands émetteurs de CO2, dans un entretien exclusif accordé à l’Opinion à l‘aube de la COP 27 de Charm el-Cheikh


Quels résultats attendez-vous de la COP 27 ?

L’année dernière, à Glasgow, tout le monde s’est engagé à viser l’objectif de 1,5° C de réchauffement. Tous les pays doivent donc démontrer comment ils réaliseront les réductions d’émissions requises. Des objectifs sans plans concrets ne sont que des tigres de papier. Parallèlement, il faut progresser dans le financement et l’adaptation, ainsi que sur la manière dont nous traitons les « pertes et dommages » causés par la crise climatique. Chaque pays devrait recevoir le soutien nécessaire pour répondre aux impacts déjà existants. La réduction des émissions est toutefois indispensable : aucun financement ne suffira à couvrir les conséquences si nous consentons à un réchauffement planétaire de 3° C ou 4° C. Regardez ce qui se passe déjà avec une augmentation de température de « seulement » 1,2° C.

L’Union européenne peine à trouver une réponse commune et forte à la crise énergétique, principalement en raison du poids des intérêts nationaux. Son unité à la COP 27 est-elle menacée ?
Non. Nous disposons d’un mandat fort pour les négociations, qui a été adopté à l’unanimité des Etats membres. En ce qui concerne la crise énergétique, il existe bien sûr des visions différentes sur les réponses à apporter aux prix excessivement élevés de l’énergie. Mais aucun pays membre ne conteste nos objectifs climatiques, et personne ne doute que la transition verte est, en fait, la solution. Et voyons également ce qui a déjà été réalisé : les stocks de gaz sont pleins à près de 95 %, nous travaillons à des achats groupés afin d’utiliser davantage notre pouvoir de négociation collectif, nous avons accéléré les économies de gaz et d’électricité, et nous disposons d’un cadre afin de limiter les tarifs pour les consommateurs et d’exiger une contribution solidaire des entreprises du secteur des combustibles fossiles — des acteurs qui ont vu leurs bénéfices s’accroître de façon extraordinaire. L’Europe augmente aussi très rapidement sa capacité de production d’énergies renouvelables (ENR), notamment solaire. Notre objectif est d’atteindre une souveraineté énergétique, ce qui est possible à travers les ENR.

A cause de la crise, les Etats membres doivent relancer des centrales au charbon et investir dans des infrastructures de gaz naturel liquéfié (GNL). Dans ce contexte, est-il encore possible de demander des efforts supplémentaires en matière de climat au reste du monde ?
Certes, il y a des malentendus et des doutes concernant l’utilisation du charbon et les investissements dans le GNL que vous mentionnez. Ces derniers mois, nous avons dû expliquer davantage le fonctionnement de la loi sur le climat et ce que nous faisons au sein de l’UE pour son exécution. Un pays comme la Russie est bien sûr très intéressé à promouvoir l’idée que l’UE fait marche arrière. Mais, jusqu’à présent, j’ai pu assurer à mes collègues que l’UE maintenait son ambition et ses engagements. L’accord atteint sur l’élimination des émissions de CO2 issues des voitures en 2035 — un objectif bien soutenu par l’industrie automobile — en est une preuve solide. Et nous sommes toujours sur la bonne voie pour faire aboutir les autres textes qui font partie du paquet « Fit for 55 » d’ici à la fin de l’année. L’UE reste donc pleinement engagée dans ses objectifs climatiques.
« Avec le Green Deal, l’UE a montré la voie et nous continuerons à le faire, notamment en réalisant chez nous ce que nous avons promis »

La communauté internationale devrait-elle créer un fonds pour réparer les « pertes et les dommages » causés aux pays du Sud par le changement climatique ?
Nous sommes tous d’accord sur le fait que la crise climatique a des impacts qui dépassent la capacité de certains pays à y faire face. Les pertes et dommages sont une question clé de cette COP et l’UE a soutenu les demandes visant à l’inclure dans l’agenda officiel. Nous sommes prêts à parler de différentes solutions, mais cette discussion doit être fondée sur les besoins des pays vulnérables. Le soutien est nécessaire et les besoins sont réels, mais aussi très hétérogènes. Pour certains pays, la question est celle d’une dette excessive, pour d’autres, les problèmes proviennent de la montée du niveau de la mer ou de tempêtes plus extrêmes et plus fréquentes. Nous devons donc trouver les meilleures mesures pour fournir l’aide nécessaire. Il n’existe pas de solution miracle, même avec un fonds, car, au final, il est question d’un véritable « shift » de milliers de milliards d’argent public et privé vers les pays vulnérables. Cela demandera une réforme plus vaste de notre système financier international. A court terme, nous pouvons déjà repenser la manière dont nous utilisons les instruments existants. Le FMI a déjà pris de bonnes mesures en ce sens.

Faut-il compter sur le leadership de l’UE pour amener la Chine et les Etats-Unis à prendre de nouveaux engagements forts ?
Les pays du G20 émettent environ 80 % des gaz à effet de serre et ils ont donc une responsabilité particulière. Mais, depuis la dernière COP, certains des principaux émetteurs mondiaux ont montré des signes inquiétants concernant leur volonté de mettre en œuvre les mesures nécessaires. C’est pourquoi l’UE continue à insister sur l’importance de l’atténuation des émissions. Tous les pays, et les principaux émetteurs de manière plus urgente, doivent mettre en œuvre des politiques de réduction. Avec le Green Deal, l’UE a montré la voie et nous continuerons à le faire, notamment en réalisant chez nous ce que nous avons promis. Si nous continuons à remplir nos obligations, nous aurons une position de négociation beaucoup plus forte. La récente loi américaine sur la réduction de l’inflation montre que les Etats-Unis sont également prêts à passer des paroles aux actes. Certaines dispositions du texte sont discriminatoires à l’égard des fabricants non-américains, et nous sommes en discussion avec les Américains à ce sujet. Mais, du point de vue climatique, l’adoption de telles lois renforce le message à destination du monde entier que l’économie du futur sera bien une économie verte. En ce qui concerne la Chine, nous espérons également voir des mesures démontrant son engagement envers ce qui a été convenu à Glasgow.

Climat : des objectifs bidon !

Climat : des objectifs bidon !

En substance, c’est ce que dit Frans Timmermans (Commission européenne) quand il indique «Des objectifs climat sans plans concrets ne sont que des tigres de papier»

Le vice-président exécutif de la Commission de Bruxelles en charge du Pacte vert répond aux critiques dont fait l’objet la gestion européenne de la crise énergétique et met la pression sur les plus grands émetteurs de CO2, dans un entretien exclusif accordé à l’Opinion à l‘aube de la COP 27 de Charm el-Cheikh


Quels résultats attendez-vous de la COP 27 ?

L’année dernière, à Glasgow, tout le monde s’est engagé à viser l’objectif de 1,5° C de réchauffement. Tous les pays doivent donc démontrer comment ils réaliseront les réductions d’émissions requises. Des objectifs sans plans concrets ne sont que des tigres de papier. Parallèlement, il faut progresser dans le financement et l’adaptation, ainsi que sur la manière dont nous traitons les « pertes et dommages » causés par la crise climatique. Chaque pays devrait recevoir le soutien nécessaire pour répondre aux impacts déjà existants. La réduction des émissions est toutefois indispensable : aucun financement ne suffira à couvrir les conséquences si nous consentons à un réchauffement planétaire de 3° C ou 4° C. Regardez ce qui se passe déjà avec une augmentation de température de « seulement » 1,2° C.

L’Union européenne peine à trouver une réponse commune et forte à la crise énergétique, principalement en raison du poids des intérêts nationaux. Son unité à la COP 27 est-elle menacée ?
Non. Nous disposons d’un mandat fort pour les négociations, qui a été adopté à l’unanimité des Etats membres. En ce qui concerne la crise énergétique, il existe bien sûr des visions différentes sur les réponses à apporter aux prix excessivement élevés de l’énergie. Mais aucun pays membre ne conteste nos objectifs climatiques, et personne ne doute que la transition verte est, en fait, la solution. Et voyons également ce qui a déjà été réalisé : les stocks de gaz sont pleins à près de 95 %, nous travaillons à des achats groupés afin d’utiliser davantage notre pouvoir de négociation collectif, nous avons accéléré les économies de gaz et d’électricité, et nous disposons d’un cadre afin de limiter les tarifs pour les consommateurs et d’exiger une contribution solidaire des entreprises du secteur des combustibles fossiles — des acteurs qui ont vu leurs bénéfices s’accroître de façon extraordinaire. L’Europe augmente aussi très rapidement sa capacité de production d’énergies renouvelables (ENR), notamment solaire. Notre objectif est d’atteindre une souveraineté énergétique, ce qui est possible à travers les ENR.

A cause de la crise, les Etats membres doivent relancer des centrales au charbon et investir dans des infrastructures de gaz naturel liquéfié (GNL). Dans ce contexte, est-il encore possible de demander des efforts supplémentaires en matière de climat au reste du monde ?
Certes, il y a des malentendus et des doutes concernant l’utilisation du charbon et les investissements dans le GNL que vous mentionnez. Ces derniers mois, nous avons dû expliquer davantage le fonctionnement de la loi sur le climat et ce que nous faisons au sein de l’UE pour son exécution. Un pays comme la Russie est bien sûr très intéressé à promouvoir l’idée que l’UE fait marche arrière. Mais, jusqu’à présent, j’ai pu assurer à mes collègues que l’UE maintenait son ambition et ses engagements. L’accord atteint sur l’élimination des émissions de CO2 issues des voitures en 2035 — un objectif bien soutenu par l’industrie automobile — en est une preuve solide. Et nous sommes toujours sur la bonne voie pour faire aboutir les autres textes qui font partie du paquet « Fit for 55 » d’ici à la fin de l’année. L’UE reste donc pleinement engagée dans ses objectifs climatiques.
« Avec le Green Deal, l’UE a montré la voie et nous continuerons à le faire, notamment en réalisant chez nous ce que nous avons promis »

La communauté internationale devrait-elle créer un fonds pour réparer les « pertes et les dommages » causés aux pays du Sud par le changement climatique ?
Nous sommes tous d’accord sur le fait que la crise climatique a des impacts qui dépassent la capacité de certains pays à y faire face. Les pertes et dommages sont une question clé de cette COP et l’UE a soutenu les demandes visant à l’inclure dans l’agenda officiel. Nous sommes prêts à parler de différentes solutions, mais cette discussion doit être fondée sur les besoins des pays vulnérables. Le soutien est nécessaire et les besoins sont réels, mais aussi très hétérogènes. Pour certains pays, la question est celle d’une dette excessive, pour d’autres, les problèmes proviennent de la montée du niveau de la mer ou de tempêtes plus extrêmes et plus fréquentes. Nous devons donc trouver les meilleures mesures pour fournir l’aide nécessaire. Il n’existe pas de solution miracle, même avec un fonds, car, au final, il est question d’un véritable « shift » de milliers de milliards d’argent public et privé vers les pays vulnérables. Cela demandera une réforme plus vaste de notre système financier international. A court terme, nous pouvons déjà repenser la manière dont nous utilisons les instruments existants. Le FMI a déjà pris de bonnes mesures en ce sens.

Faut-il compter sur le leadership de l’UE pour amener la Chine et les Etats-Unis à prendre de nouveaux engagements forts ?
Les pays du G20 émettent environ 80 % des gaz à effet de serre et ils ont donc une responsabilité particulière. Mais, depuis la dernière COP, certains des principaux émetteurs mondiaux ont montré des signes inquiétants concernant leur volonté de mettre en œuvre les mesures nécessaires. C’est pourquoi l’UE continue à insister sur l’importance de l’atténuation des émissions. Tous les pays, et les principaux émetteurs de manière plus urgente, doivent mettre en œuvre des politiques de réduction. Avec le Green Deal, l’UE a montré la voie et nous continuerons à le faire, notamment en réalisant chez nous ce que nous avons promis. Si nous continuons à remplir nos obligations, nous aurons une position de négociation beaucoup plus forte. La récente loi américaine sur la réduction de l’inflation montre que les Etats-Unis sont également prêts à passer des paroles aux actes. Certaines dispositions du texte sont discriminatoires à l’égard des fabricants non-américains, et nous sommes en discussion avec les Américains à ce sujet. Mais, du point de vue climatique, l’adoption de telles lois renforce le message à destination du monde entier que l’économie du futur sera bien une économie verte. En ce qui concerne la Chine, nous espérons également voir des mesures démontrant son engagement envers ce qui a été convenu à Glasgow.

Enquête d’utilité publique : une procédure bidon

Enquête d’utilité publique : une procédure bidon

« Inutilité publique » : un essai éclairant et implacable sur une « fiction politique »
L’historien de l’environnement Frédéric Graber dans un ouvrage fait l’ historique des enquêtes d’utilité publique et constate qu’elles sont devenues complètement inutiles et fictives.

La plupart du temps en effet la consultation est complètement formelle. Le texte en cause reprend intégralement les orientations des pouvoirs publics. On désigne en général un expert retraité très favorable au projet et qui se contente de relater de façon très discrète voire pas du tout les positions des opposants.

De toute manière, cette enquête d’utilité publique ne concerne nullement l’ensemble des citoyens mais seulement quelques individus d’associations et ou motivées par la question. En général quelques pour cent à peine de la population.

Une participation infime dont de toute façon il n’est pas tenu compte dans le rapport final. Dans la quasi-totalité des cas l’expert conclut en faveur du projet. C’est à peine d’ailleurs s’il écoute les voies divergentes renvoyées dans les annexes.

Il est évident que cette procédure est complètement obsolète. Il ne s’agit nullement d’une procédure de concertation démocratique mais juste d’une formalité pour satisfaire aux obligations de la loi.

En éclairant l’origine et les objectifs de ces outils « conçus pour l’intensification de l’exploitation de la nature », l’ouvrage dresse le constat argumenté d’une mécanique obsolète et invite à repenser notre conception de la concertation sur les projets d’aménagement, pour en faire un véritable espace de débat et un outil contraignant.

« Inutilité publique. Histoire d’une culture politique française », de Frédéric Graber, Amsterdam, 208 pages, 18 euros.

Reporting climatique : souvent du bidon

Reporting climatique : souvent du bidon 

 

Walid Ben Amar,Professeur à l’Ecole de gestion Telfer, université d’Ottawa, Isabelle Martinez, Professeur à Toulouse School of Management, université Toulouse-Capitole plaident, dans une tribune au « Monde », pour une normalisation rapide, permettant des comparaisons au niveau international, des mesures prises par les entreprises pour limiter leur empreinte carbone, sous peine d’inefficacité.

 

Après un été 2022 marqué par une série d’événements météorologiques extrêmes et la crise énergétique de cette rentrée, l’urgence climatique est au cœur des préoccupations. Tous appellent à des efforts importants et, en premier lieu, les entreprises sont invitées à maîtriser, voire à limiter, leur empreinte carbone.

Mais les engagements qu’elles prennent en faveur du climat sont-ils réellement crédibles et cohérents avec l’objectif de neutralité carbone à échéance 2050, fixé par les accords de Paris [de 2015] ?

Dans une étude récente, (« Intégration des enjeux climatiques dans les états financiers », par Walid Ben Amar et Isabelle Martinez, rapport d’étude pour l’Autorité des normes comptables, 2022), réalisée ​ sur la période 2019-2021 sur un échantillon de 199 entreprises européennes cotées, appartenant à l’indice Stoxx Europe 600 [qui regroupe 600 grandes valeurs européennes], réparties dans dix-sept pays et six secteurs climatiquement sensibles, nous montrons que, de fait, l’intégration des enjeux climatiques dans les états financiers et les rapports d’audit reste pour l’instant très marginale.

En moyenne, seulement 5 % du total des informations qui seraient susceptibles d’être rendues publiques sur le sujet se retrouvent dans les comptes des entreprises. Les rapports annuels mentionnent par exemple assez souvent l’impact des risques climatiques sur le modèle d’affaires à travers l’analyse de différents scénarios ou la mesure de la performance climatique.

En revanche, l’incidence du changement climatique est peu prise en compte au niveau comptable et financier, alors que les entreprises devraient ajuster par exemple la durée d’utilisation de leurs immobilisations en fonction du dérèglement en cours, ou inscrire des provisions et des passifs éventuels pour les amendes et pénalités en cas de non-respect des objectifs liés au climat.

Véhicule Tesla : une autonomie bidon

Véhicule Tesla : une autonomie bidon

 

Il est de plus en plus clair que le concept d’autonomie des véhicules est une illusion sur une infrastructure banalisée utilisée par d’autres usages. Le concept d’autonomie vise surtout à soutenir le cours de la valorisation boursière de Tesla complètement surestimé. Le concept de véhicules autonomes ne peut trouver d’application réelle que sur une infrastructure dédiée ( cas de certaines navettes, circuits complètement fermés à d’autres usages et surtout évidemment du transport ferroviaire urbain ou interurbain) . 

 

Ces véhicules dits autonomes, en effet, ont été impliqués dans 273 accidents aux États-Unis, selon un rapport publié en juin par l’Agence américaine de la sécurité routière (NHTSA), qui enquête sur le système d’assistance à la conduite du constructeur américain. Son rapport porte sur les véhicules équipés d’un logiciel dit de niveau 2, c’est-à-dire qui peut faire accélérer ou décélérer la voiture et tourner le volant si nécessaire, mais nécessite un conducteur attentif, prêt à reprendre le contrôle à tout moment. Au total, les modèles Tesla ont fait l’objet de près de 70% des signalements sur les 392 accidents répertoriés dans cette catégorie, pour la presque totalité entre juillet 2021 et mi-mai 2022, selon la NHTSA.

L’agence en charge des véhicules à moteur en Californie (DMV) a déposé plusieurs plaintes l’accusant de mentir aux consommateurs sur le système de conduite autonome, selon le Los Angeles Times. Une victoire de l’autorité californienne pourrait avoir des conséquences sévères, allant jusqu’à la révocation des licences autorisant Tesla à fabriquer ou vendre ses voitures en Californie.

 

 

 

 

 

 

Le DMV reproche à Tesla un langage publicitaire qui donne aux systèmes de conduite autonome des performance plus larges qu’ils n’en ont réellement. (Crédits : Tyrone Siu)

C’est un coup dur pour Tesla. Le constructeur de voiture électrique pourrait bien devoir revoir son discours publicitaire ventant les mérites d’une conduite autonome à bord de ses véhicules. L’agence en charge des véhicules à moteur en Californie (DMV) l’accuse de mentir aux consommateurs sur cette technologie, et a déposé des plaintes auprès d’un tribunal administratif de l’Etat, selon des informations de presse publiées ce vendredi. Conséquence de cette action en justice, l’action de Tesla était en fort recul à la clôture de la Bourse de New York vendredi, cédant 6,63%, à 864,51 dollars.

Selon les plaintes déposées le 28 juillet par le DMV, Tesla « a fait ou diffusé des déclarations fausses ou trompeuses, et non fondées sur des faits », rapporte, selon le Los Angeles Times. Les voitures Tesla n’ont jamais pu, « et ne peuvent aujourd’hui pas, fonctionner comme des véhicules autonomes », selon le document cité par le journal californien. Le DMV reproche à Tesla un langage publicitaire qui donne à ces systèmes des performance plus larges qu’ils n’en ont réellement. Contacté par l’AFP, le DMV n’avait pas répondu dans l’immédiat.

Lire aussiPassée du rêve à la déception, la voiture autonome se réinvente un avenir

En juin, le patron de Tesla, Elon Musk, avait, d’ailleurs, souligné l’importance de la conduite entièrement autonome pour l’entreprise, ajoutant que sans cela, la valeur de son entreprise serait « proche de zéro ».

Une victoire de l’autorité californienne face au constructeur de véhicules électriques pourrait avoir des conséquences sévères, allant jusqu’à la révocation des licences autorisant Tesla à fabriquer ou vendre ses voitures en Californie, indique encore le LA Times. Le journal précise que les mesures envisagées concernent plutôt la précision des informations que le fabricant devra fournir à ses clients.

273 accidents aux Etats-Unis

Ce n’est pas la première fois que les véhicules équipés du logiciel de conduite autonome sont pointés du doigt. Ils ont, en effet, été impliqués dans 273 accidents aux États-Unis, selon un rapport publié en juin par l’Agence américaine de la sécurité routière (NHTSA), qui enquête sur le système d’assistance à la conduite du constructeur américain. Son rapport porte sur les véhicules équipés d’un logiciel dit de niveau 2, c’est-à-dire qui peut faire accélérer ou décélérer la voiture et tourner le volant si nécessaire, mais nécessite un conducteur attentif, prêt à reprendre le contrôle à tout moment. Au total, les modèles Tesla ont fait l’objet de près de 70% des signalements sur les 392 accidents répertoriés dans cette catégorie, pour la presque totalité entre juillet 2021 et mi-mai 2022, selon la NHTSA.

Rattrapé par les difficultés d’approvisionnement qui plombe le secteur automobile, ajouté à la crise sanitaire, Tesla a affiché une moins bonne performance au second trimestre qu’au précédent. Avec 254.695 voitures livrées entre avril et juin, les livraisons du constructeur étaient en baisse de 18%. Si cela reste mieux que sur la même période un an auparavant (+27%), selon les résultats publiés début juillet, les analystes tablaient eux sur 264.000 livraisons.

Prison : une réinsertion bidon

Prison : une réinsertion bidon 

 

La crise du Covid, qui a vu la surpopulation carcérale refluer, démontre que la régulation n’a rien d’impossible, estime dans une tribune au « Monde » Georges Loss, vice-président de l’Association nationale des visiteurs de prison. La régulation passe, selon lui, par une concertation des principaux acteurs de la chaîne pénale.

 

Une opinion que je partage en tant qu’ancien visiteur à Fresnes (Gaston René Bessay)

 

Le 30 juin, Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, visitait de manière impromptue la prison de Gradignan (Gironde), près de Bordeaux. Avec un taux d’occupation de 230 %, elle n’a pu que constater des conditions d’incarcération particulièrement indignes et dégradantes, aggravées par la canicule, au point d’adresser des « recommandations d’urgence » à l’administration.

Gradignan n’est que la partie émergée de l’iceberg. Nos mille bénévoles qui rencontrent régulièrement des détenus voient bien les effets délétères de cette situation. Or, malgré un parc immobilier qui s’accroît en permanence, le nombre d’incarcérations augmente plus vite encore, générant une surpopulation chronique et croissante.

Que l’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas seulement le « confort de vie » des détenus qui est en jeu : la promiscuité, l’insalubrité, l’oisiveté, combinées avec des personnels fatigués et énervés, génèrent une configuration de chaudron, que la moindre étincelle peut faire exploser.

Sans parler des effets délétères à long terme sur le comportement des détenus : la pénurie aggravée de travail, de formations, et d’activités en général, obère les chances de réinsertion de nombreux détenus et augmente les risques de récidive contre laquelle l’administration investit par ailleurs des moyens significatifs.

Pourtant, pendant que nous incarcérons de plus en plus (plus 9,7 % sur un an, selon les chiffres du ministère de la justice), les pays voisins, notamment l’Allemagne et les Pays-Bas, réduisent le nombre de détenus et ferment des prisons. Les différents gouvernements qui se sont succédé depuis une quinzaine d’années ont pourtant bien essayé de mettre fin au « tout carcéral » en développant, entre autres, les peines alternatives (notamment la contrainte pénale, promue par Christiane Taubira).

En dépit de programmes massifs de construction, les magistrats ont continué à enfermer et l’administration à gérer des prisons de plus en plus saturées. Les raisons précises pour lesquelles nous ne parvenons pas en France à endiguer cette surpopulation croissante restent à analyser.

Faute de quoi nous continuerons à construire de plus en plus de prisons qui continueront à se remplir et à générer de plus en plus de récidives (de 65 % à 70 % de récidive après cinq ans !). Saturant ainsi très vite les constructions nouvelles. Ainsi, en l’absence d’une politique volontariste novatrice, la déflation carcérale, pourtant indispensable, n’est pas pour demain.

Fiscalité et présidentielle : des promesses bidon

Fiscalité et présidentielle : des promesses bidon

 

Les fiscalistes Philippe Bruneau et Jean-Yves Mercier examinent, dans une tribune au « Monde », une série de propositions en matière fiscale faites par les candidats à l’élection présidentielle et constatent que leur faisabilité juridique se heurte aux règles constitutionnelles françaises.

 

Tribune.

 

Comme il est d’usage, les candidats à l’élection présidentielle marquent leur empreinte et leurs différences par leurs propositions en matière fiscale. Les programmes de ce printemps 2022 se signalent par une série de mesures dont l’examen interpelle sous l’angle de leur faisabilité juridique. Voici quelques exemples de questionnements d’ordre constitutionnel.

Marine Le Pen (Rassemblement national) promet d’exonérer d’impôt sur le revenu tous les jeunes jusqu’à 30 ans. Un moyen, souligne-t-elle, de renforcer l’attractivité du territoire et d’aider les nouveaux arrivants sur le marché du travail à démarrer dans la vie.

S’il était saisi de l’examen de la conformité de cette exonération au principe constitutionnel d’égalité devant l’impôt ou les charges publiques, le Conseil constitutionnel vérifierait que son objectif est rationnel. Tel est bien le cas, nous semble-t-il, car il est légitime de favoriser l’insertion des jeunes dans leur vie professionnelle. Mais le Conseil n’en resterait pas là. Il étendrait son contrôle aux précautions prises par la loi pour atteindre l’objectif qu’elle poursuit sans le dépasser.

Or, telle qu’elle est présentée, la mesure conférerait à l’ensemble de la classe d’âge un avantage appelé à bénéficier de la façon la plus marquante aux titulaires des revenus les plus élevés, ceux qui précisément sont les moins exposés aux difficultés d’insertion auxquelles la mesure entend parer. Pour le moins, le montant du revenu exonéré devrait donc être plafonné.

De surcroît, l’exonération devrait être écartée pour les jeunes qui disposent déjà d’une certaine autonomie financière grâce à leur patrimoine ou à l’appoint des revenus d’un conjoint âgé de plus de 30 ans. On voit immédiatement la difficulté pratique qu’appellerait l’élaboration d’un dispositif prenant en compte cet ensemble de données.

Eric Zemmour (Reconquête !) prône une réduction drastique de la contribution sociale généralisée (CSG) en faveur des travailleurs modestes du public et du privé ainsi que des indépendants, pour leur permettre de toucher l’équivalent d’un 13e mois, mesure appelée à s’appliquer de manière dégressive pour tous les salaires allant du smic au salaire médian. Le gouvernement Jospin avait fait voter en 2001 une ristourne de CSG et de contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) en faveur des personnes percevant des revenus d’activité inférieurs à 1,3 fois le smic.

Le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition. Le principe d’égalité devant l’impôt exige de prendre en compte l’ensemble des éléments qui déterminent la capacité contributive d’un redevable. Or, en l’espèce, il n’était tenu compte, défaut qui se retrouve dans la proposition du candidat, ni des revenus du contribuable autres que ceux tirés d’une activité, ni des revenus des autres membres du foyer.

De Pole emploi à France travail : une réforme bidon

De Pole emploi à France travail : une réforme bidon 

Une nouvelle fois on va changer le nom de l’institution en charge de la gestion des chômeurs. Un changement de vitrine qui ne va pas modifier le fond à savoir l’ incompétence d’une institution à réinsérer des personnes privées de travail. Et pour cause la quasi-totalité des personnels chargés de cette mission n’ont jamais mis les pieds dans l’économie réelle puisque ce sont des fonctionnaires.

La seconde raison est liée au fait il faut une conjoncture favorable pour faciliter l’insertion professionnelle. Quand il n’y a pas d’emploi on ne peut pas faire des miracles. Dernier élément les entreprises recourent très rarement à pôle emploi pour recruter mais préfèrent s’adresser à des agences d’intérim beaucoup plus performante pour définir les profils recherchés et adapter la à la demande.

Renommer Pôle emploi en France Travail. C’est l’une des propositions de campagne dévoilée, ce jeudi, par Emmanuel Macron. Au-delà du changement de nom, «l’idée est que France Travail rapproche des acteurs de l’emploi, de l’insertion et de la formation et qu’ils travaillent ensemble pour répondre à un objectif de plein-emploi», explique une source de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron. En réalité le choix du changement de nom viendrait d’une société de conseil politique ! Bref surtout de la pub!

 

 

Uber et autres : des statuts de travailleur indépendant bidon

Uber et autres : des statuts  de travailleur indépendant bidon

Un peu partout dans le monde, y compris en Chine, le pseudo statut de travailleur indépendant de Uber et autres services de transport est remis en cause. Dans nombre de pays, on réclame une amélioration des conditions de travail mais dans la plupart des vcas  on ouvre  la voie vers une requalification des contrats en salariés avance.

 

Juridiquement , c’est le niveau de dépendance économique qui détermine ou non le statut d’un salarié ou d’un travailleur indépendant. Or pour Uber et autres  la dépendance est quasi totale, elle va même jusqu’à contraindre à porter un uniforme.

Bruxelles a dévoilé en décembre des critères à l’échelle de l’Union européenne pour déterminer si les travailleurs des plateformes devaient être considérés comme des salariés. Parmi ces critères, le fait qu’une plateforme fixe les niveaux de rémunération ne permet pas à ses employés de refuser des missions ou impose le port d’uniforme.

Le projet doit encore être approuvé par les États et les eurodéputés.

La Cour de cassation a reconnu en mars 2020 l’existence d’un lien de subordination entre Uber et un de ses chauffeurs, jugeant que le statut d’indépendant était « fictif » et qu’il devait être considéré comme salarié.

En septembre dernier, la cour d’appel de Paris a considéré que la relation de travail entre un chauffeur et Uber pouvait « s’analyser comme un contrat de travail » et non comme une relation commerciale.

De son côté, la plateforme de livraison Foodora, qui a cessé son activité en France en 2018, a été condamnée en janvier pour travail dissimulé par le Conseil de prud’hommes de Paris, qui a reconnu l’existence d’un contrat de travail pour deux de ses anciens livreurs.

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