Archive pour le Tag 'pas'

« Pas d’excuses pour le complotisme »

« Pas d’excuses pour le complotisme »

En ruinant toute possibilité d’un « monde commun », d’une réalité factuelle autour de laquelle peut s’organiser la confrontation d’opinions contradictoires, le complotisme met la démocratie en péril, souligne Rudy Reichstadt, directeur du site Conspiracy Watch.(Interview dans le Monde)

Rudy Reichstadt, créateur et directeur du site Conspiracy Watch. Yann Legendre

Directeur du site Conspiracy Watch (L’Observatoire du conspirationnisme) qu’il a créé en 2007, membre de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès, Rudy Reichstadt est l’auteur de L’Opium des imbéciles (Grasset, 2019), un essai sur la question complotiste.

Le succès massif et foudroyant du pseudo-documentaire « Hold-up », concentré d’irrationalité et de conspirationnisme, vous a-t-il surpris ?

Pas vraiment. C’est un produit qui répond à une demande sociale de conspirationnisme dont il est difficile de ne pas voir qu’elle est croissante. Avec quelques-uns, nous nous époumonons à le dire depuis des années : l’imaginaire du complot influence nos représentations collectives, plus qu’il ne l’a jamais fait dans notre histoire récente. Les théories du complot ne sont pas nouvelles. Mais la technologie leur a offert une chance historique, en démultipliant leurs possibilités de se diffuser à grande échelle.

Le succès d’audience de ce film, devenu sujet médiatique et politique de premier plan, tient à ce qu’il entre en résonance avec une attente sociale formée par des mois de désinformation sur la pandémie de Covid-19. Il montre que la désinformation est loin d’être un objet abstrait : on en voit aujourd’hui les ravages dans une partie du public.

 

Livret d’épargne : un tassement en octobre qui ne remet pas en cause la tendance

Livret d’épargne : un tassement en octobre qui ne remet pas en cause la tendance

En dépit du tassement en octobre,  entre janvier et octobre inclus, les ménages ont déposé 31,73 milliards d’euros sur ces deux produits, dont 24,82 milliards d’euros sur le seul livret A. Cette collecte cumulée est historique, atteignant près du double de celle enregistrée sur la même période en 2019 (16,77 milliards d’euros seulement). Et ce, alors que le taux de rendement du livret A n’a jamais été aussi bas, depuis le 1er février, s’élevant désormais à 0,5%.

Dans le détail, la collecte du livret A a enregistré une décrue de 940 millions d’euros, en octobre, quand celle du LDDS a reculé de 80 millions d’euros. La décollecte dépasse donc légèrement le milliard d’euros pour les deux produits cumulés. Cette décollecte n’est pas en soi une surprise, la fin d’année étant souvent une période où les Français piochent dans leur épargne.

Pour l’avenir demeurent des incertitudes tant qu’une plus grande maîtrise de la crise sanitaire ne sera pas assurée et surtout tant  que l’horizon ne sera pas éclairci par rapport à la croissance et à l’emploi. De ce point de vue,  la succession de plans de licenciement dans les grandes entreprises mais d’une façon générale dans toute l’économie inquiète évidemment et n’encourage pas les ménages à la consommation. Sur le plan du chômage on aura enregistré une augmentation 700 000 à 1 million de personnes en plus fin 2020.

Les journalistes protestent contre la loi de sécurité globale mais pas sur la censure permanente de leurs médias

Les journalistes protestent contre la loi de sécurité globale mais pas sur la censure permanente de leurs médias

 

Les journalistes, soutenus par la quasi-totalité des organisations de gauche et d’extrême gauche,  ont appelé à protester contre la loi de sécurité en particulier les dispositions qui visent à protéger la vie privée des policiers. On comprend que les médias veuillent agir en toute indépendance, ce droit de protestation fait partie des libertés démocratiques. Notons quand même que le petit monde  d’extrême-gauche a trouvé là une occasion de se refaire une santé en réunissant des  milliers de manifestants partout en France.

Encore une fois, cette manifestation fait partie des droits fondamentaux. Ceci étant,  les journalistes devrait s’interroger sur leurs rapports à la censure permanente qu’on constate dans la plupart de leurs médias voire leur rapport à l’autocensure. La plupart de ces grands médias sont en effet détenu par des financiers, par des chefs d’entreprise qui n’ont rien à voir avec le journalisme. Il suffit pour s’en persuader d’observer avec un tout petit peu d’attention les lignes éditoriales de ces grands médias, tous assez marqués à droite mais teintées de populisme pour mieux dissimuler qu’ils sont au service des puissants et tromper les naïfs et autres beaufs C’est le cas de la plupart des télés d’information. Des télés en général, de la presse écrite nationale comme locale.

Un journalisme qui se réduit à pas grand-chose sinon à la reprise brute de brut des dépêches d’agence, des communiqués du gouvernement, des grandes entreprises et des institutions. La même politique éditoriale se retrouve au plan local où la une est essentiellement faite des déclarations des barons locaux. Pour preuve, les Français se désintéressent de plus en plus de ces médias nationaux en perte de l’audience permanente et qui servent la soupe à tous les pouvoirs, politiques mais aussi économiques. On se demande à quoi font références les journalistes quand ils parlent de liberté d’expression !

 

Accord de Paris : un retour des Etats-Unis pas forcément favorable au climat

Accord de Paris : un retour des Etats-Unis pas forcément favorable au climat

François Gemenne, chercheur en science politique, spécialiste du climat et des migrations, à l’université de Liège explique dans le JDD pourquoi le retour des Etats-Unis dans l’Accord de Paris sur le climat pourrait aussi compliquer la donne.

 

Tribune :

En juin 2017, Donald Trump annonçait la sortie des Etats-Unis de l’Accord de Paris. La nouvelle, attendue par la plupart des observateurs, inaugurait une longue liste de processus multilatéraux dont Washington allait progressivement se retirer. Le 4 novembre 2020, au terme du délai légal de trois ans nécessaire à leur sortie, les Etats-Unis se retiraient formellement de l’Accord. Dès le lendemain, Joe Biden annonçait que sa première décision en tant que président serait d’y faire revenir son pays.

La nouvelle était accueillie avec enthousiasme partout dans le monde – l’ancienne secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur le Changement climatique (CCNUCC), Christiana Figueres, en fonction au moment de la signature de l’Accord de Paris, se filmait même en train de faire des bonds de joie dans son salon.

L’élection de Joe Biden est indéniablement une excellente nouvelle pour la coopération internationale contre le changement climatique. Sous Barack Obama, les Etats-Unis s’étaient engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28% sous leur niveau de 2005 d’ici 2025 : la présidence de Donald Trump, marquée par quatre années de déni du changement climatique et de soutien aux énergies fossiles, les a considérablement éloignés de cet objectif, qui semble aujourd’hui hors d’atteinte.

Joe Biden a quant à lui proposé un plan de 2.000 milliards de dollars d’investissements dans les énergies renouvelables et les infrastructures peu carbonées, avec un objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Au-delà des actions engagées sur le plan domestique, on peut également s’attendre à un soutien financier renouvelé à la recherche sur le climat, que ce soit à la NASA ou au GIEC, dont les financements avaient été sérieusement amputés par l’administration Trump.

Et la décision de revenir dans l’Accord de Paris au premier jour de la présidence de Joe Biden, qui pourrait prendre effet dès le 20 février 2021, serait évidemment un signal très fort en faveur du multilatéralisme, qui avait été balayé par le précédent président. Le retour des Etats-Unis permettrait à l’Accord de Paris de retrouver son caractère universel, qui constituait la pierre angulaire de celui-ci – seuls les Etats-Unis, sur les quelque 200 pays qui avaient signé l’Accord, s’en étaient retirés.

Surtout, on peut imaginer que le retour américain incite d’autres pays à revoir à la hausse leurs ambitions dans la lutte pour le changement climatique : la COP26 – qui doit se tenir à Glasgow en novembre 2021 suite à un report d’un an en raison de la pandémie de Covid-19 – devra précisément enregistrer de nouveaux engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2030, et seuls 14 pays ont annoncé de tels engagements à ce jour.

Un retour pas forcément gagnant

Mais l’enthousiasme général déclenché par la victoire de Joe Biden nous rend aussi aveugles à des risques liés au retour des Etats-Unis dans l’Accord de Paris. Ce sont ces risques que je voudrais mettre en lumière ici.

Rappelons tout d’abord que le but principal de l’Accord de Paris est de fixer un cadre clair et durable à la coopération internationale dans la lutte contre le changement climatique. C’est aussi un signal clair de stabilité qui est envoyé aux marchés et aux entreprises. Les atermoiements liés à la mise en œuvre du protocole de Kyoto, entre 1997 et 2005, avaient considérablement atteint la crédibilité de celui-ci, et retardé les investissements dans l’économie à bas carbone. Il est donc essentiel que l’Accord de Paris bénéficie de la stabilité et de la crédibilité qui avaient tant manqué au protocole de Kyoto.

Avant que Donald Trump ne mette à exécution sa menace de sortir de l’Accord de Paris, une centaine de chefs d’entreprises américaines, y compris certaines parmi les plus polluantes comme Exxon Mobil ou DuPont, avaient écrit au président pour l’exhorter d’y rester : ce que ces entreprises craignaient encore davantage que la contrainte de réduire leurs émissions, c’était l’incertitude et l’instabilité qu’une sortie américaine de l’Accord allait immanquablement générer. C’est ainsi qu’un retour des Etats-Unis, paradoxalement, pourrait aussi affaiblir l’Accord de Paris, en accréditant l’idée que la participation du deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre dépend du résultat de ses élections présidentielles. Une telle dépendance du processus de coopération internationale aux aléas de la politique américaine serait un signal désastreux envoyé aux marchés et aux entreprises.

Ensuite, il est important de souligner que la participation à l’Accord de Paris n’est en rien nécessaire pour décarboner son économie. Aux Etats-Unis, de très nombreux leviers de la lutte contre le changement climatique se trouvent d’ailleurs dans les mains des maires et des gouverneurs – les villes et les Etats fédérés avaient d’ailleurs redoublé d’efforts pour compenser le déficit d’action climatique sous la présidence Trump. Il ne faudrait pas qu’un retour américain dans la coopération internationale soit un trompe-l’œil pour camoufler les faiblesses de l’action fédérale, ce qui risque d’être le cas si les républicains conservent la majorité au Sénat ; d’autant plus que l’Accord de Paris ne prévoit aucune obligation contraignante de réduction des émissions.

 

Il faut enfin rappeler, au risque de passer pour un rabat-joie, que les Etats-Unis n’ont jamais été un moteur des négociations internationales sur le climat – ils n’ont jamais accueilli aucune conférence des parties (COP), par exemple.

Pis encore, l’administration américaine – qu’elle soit démocrate ou républicaine – a souvent tenté de réduire la voilure de l’ambition collective. Ce sont les Etats-Unis, sous administration Clinton, qui ont imposé dans le protocole de Kyoto les mécanismes de marché dont personne ne voulait. Ce sont encore les Etats-Unis, sous administration Obama, qui ont pris la tête du groupe de pays qui ont poussé pour que l’Accord de Paris ne contienne aucune obligation substantielle pour les Etats signataires.

 

La COP26 de Glasgow devra faire montre d’une ambition décuplée pour aligner les engagements des différents pays avec les objectifs de l’Accord de Paris. En septembre de cette année, la Chine a surpris tous les observateurs avec l’annonce unilatérale d’une ambition renouvelée, qui verrait ses émissions de gaz à effet de serre atteindre leur pic en 2030 au plus tard, pour atteindre la neutralité carbone en 2060. Le relèvement des ambitions sera au cœur des négociations pour les prochains mois. Un retour des États-Unis à la table des négociations pourrait brider ces ambitions, une fois dissipé l’enthousiasme de l’élection de Joe Biden.

Il sera difficile, en tout cas, de faire comme si rien ne s’était passé au cours des quatre dernières années.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 

Apologie du terrorisme d’une lycéenne, l’ avocat saisit l’ONU , pourquoi pas le pape !

Apologie du terrorisme d’une lycéenne, l’ avocat saisit l’ONU , pourquoi pas le pape !

L’heure de l’hommage en milieu scolaire à Samuel Paty on a constaté pas moins de 400 infractions, sorte de protestation contre cette cérémonie. Un avocat n’a pas trouvé mieux que de saisir l’ONU pour assurer la défense d’une jeune lycéenne qui avait refusé de participer à la cérémonie d’hommage.

De quoi sourire si l’affaire n’était pas aussi grave ou la déviation du système de défense des libertés de ceux  qui contestent  cette liberté avec l’islamisme. Sept heures de garde à vue pour « apologie du terrorisme », et une convocation devant le juge des enfants en vue d’une mise en examen pour une lycéenne, qui apparaissent aux yeux de Me Boudi comme une « dérive », une « réponse pénale inadaptée » quant au traitement pénal des mineurs lorsqu’il s’agit d’anti-terrorisme. On se demande en quoi une mise en examen d’une mineure serait inadaptée à un acte de contestation de l’antiterrorisme islamique.

Et de saisir l’ONU !

 

2022: Après Macron, Le Pen , Mélenchon, le retour aussi de Sarkozy, Hollande….. et pourquoi pas Giscard !

2022: Après Macron, Le Pen , Mélenchon, le retour aussi de Sarkozy, Hollande….. et pourquoi pas Giscard  !

Il ne s’agit sans doute pas de glorifier la jeunesse comme facteur essentiel de crédibilité et de pertinence politique mais force est de constater que la classe politique française est toujours composée de vieilles barbes qu’on retrouve régulièrement lors des grandes rencontres électorales.

 

Ainsi il est probable 2022 on aura encore Macron, Marine Le Pen , Mélenchon mais peut-être aussi Hollande qui se réveille comme futur sauveur de la gauche socialiste, Sarkozy peut-être quand il sera débarrassé de ses casseroles juridiques et pourquoi pas pendant qu’on y est Giscard d’Estaing ?

 

Encore une fois le propos n’est pas de militer pour un personnage ou un courant politique sorti  de nulle part type Macron ou gilets jaunes mais simplement de constater qu’il y a les pires difficultés à renouveler le tissu politique. Pas étonnant en France en particulier, la fonction d’élu a été appropriée par certaines couches sociologiques, la plupart qui sorte des inutiles instituts de politique, qui s’approprient  le pouvoir dans toutes les organisations de la droite comme de la gauche.

 

La politique est devenue un métier qu’on commence à la sortie des les études universitaires et qu’on continue bien au-delà de la normale de la retraite le plus souvent par une confortable fauteuil  au Sénat avec les avantages matériels y afférant.

 

Cette fois encore en France risque d’être particulièrement ambiguë aux élections présidentielles. Une fois encore la question ne sera pas de voter pour quelqu’un mais contre l’autre, celui qu’on ne veut pas. Du coup, l’élu va croire qu’il est mandaté pour appliquer les orientations qu’il a proposées alors qu’il est vainqueur uniquement sur un refus des propositions adverses.

 

L’exemple typique est évidemment celui de Macon élu avec nombre de voix socialistes et qui pratique une politique opportuniste au service d’un libéralisme mal maîtrisé. Rarement dans la vie politique un président de la république aura été aussi impopulaire. Le résultat d’un bais démocratique qui nourrit une ambiguïté fondamentale quant à la légitimité des orientations.

Ce confinement ne tue pas l’économie ( Pr Olivier Joannes-Boyau)

Ce confinement ne tue pas l’économie  ( Pr Olivier Joannes-Boyau)

 

Le professeur Olivier Joannes-Boyau , chef du service de réanimation de l’hôpital Magellan au CHU de Bordeaux défend le confinement dans les Échos et estime que « laisser filer l’épidémie serait bien pire ».

 

Le Pr Olivier Joannes-Boyau est réanimateur du CHU de Bordeaux et il préside le comité réanimation de la société française d’anesthésie-réanimation.

« La deuxième vague de l’épidémie n’est pas une utopie . Elle est bien là et elle est plus compliquée à gérer que la première car nous souhaitons préserver le plus longtemps possible les soins des patients atteints d’autres pathologies que le coronavirus.

En Nouvelle-Aquitaine, qui n’est pas la région la plus touchée, le CHU de Bordeaux a vu son nombre de patients Covid doubler en quelques jours. Ils sont déjà 40 en réanimation sur les 150 places habituellement disponibles.

Covid ou non Covid , tous nos lits de « réa » sont occupés. Chaque jour, nous nous livrons à un jeu de chaises musicales pour trouver des lits. Nous essayons de soulager les hôpitaux d’ Auvergne-Rhône-Alpes en accueillant des patients de Chambéry.

Il ne faut pas se leurrer : pour y arriver, on va transformer les unités de surveillance continue en « réa » et on a déjà gagné des lits sur la réanimation chirurgicale en annulant des opérations.

Ce week-end, nous avons quand même réussi à faire une greffe de foie sur un patient atteint de cancer. Et j’espère que nous arriverons à maintenir cette filière le plus longtemps possible car toutes les greffes sont urgentes. Pour le moment, nous déprogrammons les opérations les moins urgentes en essayant que personne n’ait de perte de chance.

Mais dans d’autres régions, ils n’en sont plus là. Comme président du comité réanimation de la Société française d’anesthésie-réanimation (SFAR), je sais qu’en Auvergne-Rhône-Alpes et en Paca, ils doivent déprogrammer des chirurgies plus importantes pour faire face à l’afflux de patients Covid en réanimation.

Alors quand j’entends des gens dire que le confinement tue l’économie, j’ai envie de leur répondre que si on laisse filer l’épidémie, ce sera bien pire. Car le système hospitalier sera dépassé, il y aura beaucoup de morts et pas que chez les personnes âgées.

Il faut savoir qu’une personne jeune atteinte de Covid peut garder pendant de longs mois une fatigue et des difficultés respiratoires qui l’empêchent de travailler. Nous avons aussi des cas de fibrose, où la fonction respiratoire est définitivement diminuée.

Ces incapacités durables sont non seulement dommageables pour les gens atteints, mais aussi pour leur activité économique. »

 

Il n’y a pas que le témoignage de Takieddine dans l’affaire Sarkozy (PNF)

Il n’y a pas que le témoignage de Takieddine dans l’affaire Sarkozy (PNF)

 

La bataille est sans doute autant médiatique que judiciaire. Pour preuve Sarkozy a immédiatement sauté sur l’occasion de la dernière déclaration de Takieddine  pour considérer qu’il était donc innocenté.  En même temps il a fait usage d’une curieuse demande juridique de démise en examen. Une pratique qui pourrait être utilisée par tous les inculpés dont  la plupart se considèrent  injustement mis en examen.

En fait, ce que demande Sarkozy c’est que les juges remettent en question leur inculpation. Du coup le parquet national financier se lance aussi dans la bataille médiatique en indiquant que le dossier du financement libyen ne comprend pas seulement les déclarations de Takieddine. Il y a aussi d’autres témoignages et notamment un transfert financier de 440 000 € sur le compte d’un proche de Sarkozy. Sans parler des nombreux voyages effectués par les très proches de Sarkozy en Libye. Des voyages que Sarkozy juge maintenant inopportuns ! Bref fait le porter le chapeau à son entourage.

Dans un communiqué publié jeudi, le procureur de la République financier, Jean-François Bohnert, souligne cependant que “les mises en examen intervenues dans ce dossier s’appuient (…) sur des indices graves ou concordants qui ne se limitent pas aux déclarations d’une seule personne”.

Face aux “accusations” de Ziad Takieddine, qui affirme que le juge Serge Tournaire lui “a fait dire des propos qui sont contraires” à ses déclarations, le procureur rappelle que l’intermédiaire a formulé ses accusations contre Nicolas Sarkozy devant plusieurs juges, en présence de son avocat et sans formuler le moindre commentaire au moment de signer les procès-verbaux.

“les accusations portées à l’encontre de M. Serge Tournaire , ayant procédé à des interrogatoires de M. Ziad Takieddine, sont dépourvues de tout fondement”, déclare Jean-François Bohnert.

Notons que l’affaire n’est pas seulement juridique et médiatique, elle est aussi très politique dans la mesure où ce jour à travers Sarkozy l’avenir du parti républicain qui attend avec impatience que Sarkozy se débarrasse de cette casserole enfin désignait son candidat, se rallier à Macon ou disparaître. En attendant Sarkozy reste mis en examen pour cette affaire mais d’autres encore.

Joe Biden : Marine Le Pen ne reconnaît «absolument pas» la victoire

Joe Biden : Marine Le Pen ne reconnaît «absolument pas» la victoire

 

«Je fais partie de ceux qui ne félicitent pas le futur président des États-Unis, parce que je ne considère pas que le match est joué tant qu’on n’a pas terminé les prolongations», a déclaré à la presse la députée du Pas-de-Calais, en marge de la cérémonie du 11-Novembre à Hénin-Beaumont.

Interrogée sur les accusations de fraude lors du scrutin, lancées par Donald Trump, Mme Le Pen a dit «attendre de savoir ce que la justice américaine dira.» «Ce que je note, c’est qu’un certain nombre de décomptes ont été effectués et que des décomptes donnent, pour ceux qui sont terminés, des résultats qui sont différents de ceux qui avaient été annoncés», a-t-elle poursuivi.

Interrogée sur CNews mercredi 4 novembre, la présidente du Rassemblement national a soutenu la réélection de Donald Trump, «meilleure pour la France» selon elle. Elle s’est félicitée d’un «retour des nations» durant son mandat.

Iconoclasme: pas une exclusivité musulmane , encore moins une raison de tuer

Iconoclasme: pas une exclusivité musulmane , encore moins une raison de tuer

 

Encore récemment dans plusieurs journaux certains musulmans expliquaient  que leur religion interdisait la représentation du prophète est évidemment des caricatures. Le problème c’est que les que l’iconoclasme n’est pas l’exclusivité musulmane et ne constitue donc pas un argument pour considérer que le dessin ou plus généralement la représentation constitue une injure spécifique à la religion musulmane. C’est oublier  évidemment que d’autres religions ont longtemps aussi interdit -et interdisent encore– les représentations de Dieu et a fortiori leurs caricatures. Un extrait de Wikipédia sur le sujet :

 

 La main de Dieu est représentée plusieurs fois dans des anciennes synagogues accompagnée de décorations diverses, comme dans la synagogue de Doura Europos au milieu du iiie siècle. Cette représentation de la main de Dieu dans l’art juif a sans doute été reprise par les premiers chrétiens dans l’art paléochrétien. Il est ainsi commun d’avoir dans l’Antiquité tardive tant occidentale qu’orientale des représentations des actions de Dieu représentées par la main et ceci jusqu’à la fin de l’art romain.

Historiquement, Dieu le Père se manifeste beaucoup plus fréquemment dans l’Ancien Testament et Dieu le Fils se manifeste surtout dans le Nouveau Testament. Cependant certains artistes représentent Dieu le Père à travers la représentation traditionnelle de Jésus-Christ1, notamment pour représenter Dieu le Père dans le récit d’Adam et Eve, où certains artistes utilisant la figure de Jésus-Christ pour représenter Dieu marchant dans le jardin (Livre de la Genèse 3,8).

Le récit de la Genèse affirme que la création du monde a la figure unique de Dieu, généralement créditée à Dieu le Père. Toutefois, ce même récit parle à la première personne du pluriel pour décrire l’œuvre créatrice de Dieu : « Dieu dit, faisons l’homme à notre image et notre ressemblance » (Livre de la Genèse 1, 26 ). Le Nouveau Testament mentionne à deux reprises l’œuvre créatrice de Jésus-Christ (Jean 1, 3 et Épître aux Colossiens 1,15), ce qui conduisit certains chrétiens à associer la Création au Verbe, ou à Dieu le Fils. Ces interprétations ont été en partie confirmées par le symbole de Nicée, en 325 après Jésus-Christ, affirmant la consubstantialité de Dieu.

C’est une habitude d’avoir des représentations de Jésus-Christ comme Verbe prenant la place de Dieu le Père en créant le monde seul, ou commandant à Noé de construire l’arche, ou même parlant à Moïse dans le Buisson ardent2. Au cours du ive siècle c’est une période où les représentations des trois personnes de la trinité sont similaires, comme le Dogmatic Sarcophagus en est l’un des exemples au Vatican.

D’autres cas isolés dans l’iconographie tout au long du Moyen Âge montrent des images similaires de la Trinité, comme le montre la peinture d’Enguerrand Quarton lors du couronnement de la Sainte Vierge.

L’utilisation d’images de Dieu continuait à augmenter tout au long du viie siècle, jusqu’à ce que l’empereur byzantin Justinien II, mis une image de Dieu dans les pièces en or. Cependant le développement des images de Dieu n’incluait pas les représentations de Dieu le Père. Le concile in Trullo en 692 ne condamne pas spécifiquement les images de Dieu le Père mais suggère que les représentations de Jésus-Christ soient préférées dans les représentations de l’Ancien Testament.

Le début du viiie siècle marque le début de la crise iconoclaste. L’empereur Leon III (717-741) supprima l’utilisation et la représentation de Dieu à travers des icônes par un décret impérial au sein de l’Empire byzantin. Les arguments théologiques affirmaient qu’il était impossible de représenter la nature divine et humaine de Jésus dans le même temps. Toutes les représentations de Dieu étaient alors suspectes et on n’observa aucune représentation de Dieu pendant près de deux siècles au sein de l’Empire byzantin.

Le deuxième concile de Nicée en 787 met fin à la première période de l’iconoclasme byzantin et restaure la dévotion aux icônes et aux représentations de Dieu. Cependant la fin de la condamnation des représentations de Dieu ne se traduit pas par un développement des représentations de Dieu le Père. Même les partisans des représentations de Dieu, comme Jean Damascène, continuent à faire une distinction entre les représentations de Dieu le Père et de Jésus-Christ. Dans son traité Traités contre ceux qui décrient les saintes images Jean Damascène affirme que Dieu le Père ne s’étant pas incarné comme Jésus-Christ conduit à l’impossibilité de le représenter par des images.

L’iconoclasme existe depuis l’Antiquité. Dans l’Égypte pharaonique, il n’était pas rare de voir les statues des pharaons divinisés détruites par leurs successeurs (ex. : destruction de statues de Hatchepsout par son successeur Thoutmôsis III).

L’interdit de la représentation est présent dans le monothéisme juif bien avant l’ère chrétienne. Cet interdit sera repris lors de l’apparition des autres monothéismes, chrétien puis musulman……..

La question théologique de la représentation du divin traverse les trois monothéismes. Tous trois attribuent à la divinité la propriété de transcendance, qui la situe au-delà de l’humanité telle qu’on la représente.

Dans le judaïsme comme dans le christianisme, l’interdiction de représenter une figure divine vient formellement du second commandement de Dieu qui est le suivant dans la Bible :

« Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punit l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fait miséricorde jusqu’à mille générations à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements. »

— Exode 20:4-6

« Petits enfants, gardez-vous des idoles. »

— 1 Jean 5:21

Pourtant, le christianisme produisit assez tôt des images. Il ne s’agit pas d’idoles mais d’icônes, associées au culte du Dieu unique. Dès avant la crise iconoclaste, l’Église formule des avis sur le statut des images : c’est la théologie de l’icône, qui règle le culte et vise à éviter les dérives idolâtriques.

La Torah met clairement en garde contre toute forme de représentation.

L’iconoclasme caractérisera aussi particulièrement la Réforme protestante.

 

«On ne peut pas blesser sciemment et gravement des fidèles d’autres confessions » Jean-Marc Sauvé encore un catho qui lâche !

«On ne peut pas blesser sciemment et gravement des fidèles d’autres confessions » Jean-Marc Sauvé  encore un catho qui lâche !

 

 

Encore un intellectuel Catho qui lâche  sur le concept de laïcité et sur la liberté de caricature en France. En effet, l’’ancien vice-président du Conseil d’Etat, qui a été secrétaire général du gouvernement sous Jacques Chirac, président  aujourd’hui la commission d’enquête sur les abus sexuels dans l’Eglise catholique critique la liberté de caricature. .( Interview dans l’Opinion)

La laïcité française est-elle un mystère à l’étranger ?

Elle est mal comprise, c’est un fait. Et pourtant elle est simple : elle implique la neutralité absolue de l’Etat et de toutes les personnes publiques à l’égard des cultes. Rien à voir, par exemple, avec les constitutions irlandaise, polonaise ou hongroise qui se réfèrent à Dieu et au catholicisme, avec la constitution grecque qui reconnaît la primauté de l’Eglise orthodoxe, ni avec le Royaume-Uni où la reine est chef de l’Eglise anglicane, ni même avec l’Allemagne où, par le Kirchensteuer, l’Etat lève l’impôt pour les Eglises. Sans oublier les Etats-Unis où un président, quel qu’il soit, ne peut omettre de parler de Dieu dans ses discours. Jean Lacouture écrivait en 1968 à propos de De Gaulle : « Il est peu question de Dieu dans le discours gaullien. Moins souvent en tout cas que chez Lyndon Johnson, à peine plus souvent que chez Nikita Khrouchtchev ». Et son chapitre « De Dieu » à propos du Général tient en deux pages !

Comment expliquer cette tradition laïque à un public étranger ?

Par la pédagogie. En 2007, nous avons reçu la Cour suprême des Etats-Unis au Conseil d’Etat. Nos collègues américains s’intéressaient à la question de la liberté religieuse en France, car le concept de laïcité (intraduisible en anglais, sauf par secularism) et notre réputation de fermeté dans la lutte contre les sectes nous créaient en Amérique une réputation d’intolérance religieuse, alimentée notamment par l’Eglise de la Scientologie et certains groupes évangéliques. Nous avons expliqué comment la liberté de conscience et de culte était garantie dans notre pays.

Avec nos voisins européens, nos traditions ne sont en réalité pas si éloignées ; leurs systèmes juridiques consacrent aussi la liberté d’opinion et d’expression religieuse. Et le principe de non-discrimination les oblige à respecter l’égalité entre les cultes, même si un seul d’entre eux est inscrit dans leur Constitution. Nous ne sommes pas identiques, mais compatibles. L’universalisme républicain nous distingue, mais il n’est pas en opposition avec le reste du monde.

Avons-nous, depuis 1905, rigidifié la notion de laïcité ?

Le principe de laïcité – c’est-à-dire de liberté de conscience, de religion et de culte – est interprété à tort comme prohibant toute expression publique de sa foi. C’est un contresens que l’on commet en France comme à l’étranger. La laïcité ne conduit pas à interdire l’exercice public des cultes. Dès 1909, par l’arrêt Abbé Olivier, le Conseil d’Etat a annulé un arrêté du maire de Sens qui interdisait les processions sur la voie publique lors des obsèques. Un souvenir personnel, au passage : élève de l’école publique, j’étais aussi enfant de chœur. Quand il avait besoin de mes services pour des enterrements, le curé demandait une autorisation de sortie à l’instituteur qui la lui donnait bien volontiers. Un arrangement typique de la laïcité à la française. Il ne peut être porté atteinte à la liberté de culte que dans les strictes limites de l’ordre public. Il y a eu des controverses sur les processions, les sonneries de cloches des églises et, récemment, les crèches de Noël, mais la jurisprudence reste sur cette ligne.

«Il ne s’agit pas d’en rabattre sur notre liberté d’expression, mais est-il besoin d’afficher les caricatures de Mahomet sur les façades des mairies ?»

N’est-ce pas la confrontation avec l’islam qui renforce les partisans d’une « laïcité de combat » ?

Que l’islam provoque des crispations, et parfois des dérives, est une réalité. Mais qui ne peut conduire à confondre laïcité avec lutte antireligieuse. On ne peut ainsi mettre en cause la présence de rayons halal ou casher dans les supermarchés. Pas plus que la laïcité n’a jamais imposé de manger gras dans les cantines scolaires le vendredi ! Certains ont tendance à rejouer aujourd’hui le combat du début du XXe siècle en pensant que Combes l’avait emporté sur Briand : c’est le contraire qui s’est passé. Briand a très justement insisté sur le fait que le principe de la loi de séparation était la liberté et que les restrictions étaient l’exception. La laïcité, ce n’est pas que le droit de pratiquer sa religion dans la sphère privée. Ce n’est pas non plus l’interdiction par principe des signes religieux extérieurs, comme le voile ou du burkini.

Mais la burqa a été interdite dans l’espace public…

Le législateur a trouvé une position d’équilibre, avec un argument de sécurité publique et l’idée que notre vie sociale implique que l’on soit à visage découvert dans l’espace public. Cette position a été validée par la CEDH.

Comment réagissez-vous aux propos de Mgr Le Gall, archevêque de Toulouse, qui a assuré, après l’assassinat de Samuel Paty : « On ne se moque pas impunément des religions » ?

Je ne partage en aucun cas le terme « impunément ». La liberté d’expression comprend le droit de faire des caricatures. Y a-t-il pour autant un « droit au blasphème » ? Non. Le blasphème n’est pas un délit et il y a un droit à la liberté d’expression qui peut conduire à des paroles ou dessins qui, pour d’autres, sont des blasphèmes. Après Charlie Hebdo et l’assassinat de Samuel Paty, il est extrêmement difficile de tenir un discours « audible », mais je suis convaincu qu’on ne peut pas blesser sciemment et gravement des fidèles d’autres confessions. Il ne s’agit pas d’en rabattre sur notre liberté d’expression, mais est-il besoin d’afficher les caricatures de Mahomet sur les façades des mairies ? Indépendamment de la religion, nous ne cessons pas dans la vie sociale de nous abstenir de comportements licites, mais qui pourraient choquer inutilement des personnes ou des groupes sociaux. Il faut juste faire la même chose en matière religieuse, ni plus, ni moins.

Pour les tenants d’une stricte laïcité, tenir compte des sensibilités des croyants, c’est déjà renoncer à la liberté d’expression…

Dans le contexte actuel, je suis sensible aux arguments du courant laïc mais on ne peut pas vivre ensemble dans un climat de provocations perpétuelles. Ne tombons pas dans ce panneau ! Il nous faut absolument éviter de donner au monde une image d’intolérance religieuse. A vouloir surinterpréter la laïcité, on ne cesse de se fourvoyer. Et, croyez-moi, il ne s’agit nullement de déroger de manière un peu honteuse au principe de laïcité, ni d’ouvrir la voie à des « accommodements raisonnables », ni de soustraire certains de nos compatriotes à l’application de la loi commune. Là-dessus, il faut être très ferme.

« On ne peut pas opposer la liberté à la terreur »

« On ne peut pas opposer la liberté à la terreur »

Après le choc provoqué par les attentats, on a assisté à des « glissements » problématiques, comme l’idée d’empêcher l’expression d’un point de vue critique sur la publication de caricatures de la religion, s’inquiètent les juristes Manon Altwegg-Boussac et Patricia Rrapi, dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 Le choc provoqué par l’attentat est celui d’une société confrontée à un acte de terreur : la décapitation d’un enseignant. Le temps de la douleur n’est pas celui des subtilités quand face à l’horreur, amplifiée par l’attentat de Nice, chacun retrouve quelque sens dans les lieux, l’école, les principes, la liberté, l’action. Après le silence de l’émotion, quelques glissements dans la précipitation politico-médiatique nous ont paru suffisamment problématiques pour en dire quelques mots.

On oppose la liberté à la terreur

Le premier concerne la manière dont la liberté est présentée en réaction à la terreur. La liberté que l’on oppose à la terreur ne peut être placée qu’à un niveau très fondamental, celui du principe même de la liberté. La terreur n’a que faire du débat politico-juridique autour des limites de la liberté d’expression. Qu’un acte de violence extrême soit revendiqué par son auteur comme la conséquence de la présentation des caricatures du prophète Mahomet ne change rien à sa nature : l’atrocité physique neutralise toute rationalité.

Un glissement, parfois invisible, doit être évacué : celui qui pourrait laisser entendre qu’un tel acte, la décapitation, découle d’un point de vue sur les limites à la liberté d’expression, alors même que, comme toute terreur, il anéantit, par l’instigation de la peur, toute discussion. Le registre n’est pas le même.

Les notions juridiques, vecteurs de valeurs

Le deuxième concerne le débat politico-juridique autour de la liberté d’expression. La société démocratique discute en permanence des contenus et des limites de l’expression devant les instances politiques, devant les juges, les médias, dans la presse, dans les classes et amphithéâtres, et ce jusque dans le cercle familial et amical. La publication dans la presse des caricatures de la religion, tout comme la possibilité de leur critique, fait partie de cette discussion. Le choix de principe d’une société démocratique, qui est celui de la liberté d’expression, a pour idéal d’éviter d’ériger en valeur absolue des contenus. Que nous soyons convaincus que telle ou telle limite est absolue ou que tel ou tel contenu est l’essence même d’une expression libre n’y change rien. Les notions juridiques ne sont pas immuables, elles sont les vecteurs de choix politiques et de valeurs.

La chasse autorisée mais pas le sport de plein air !

La chasse autorisée mais pas le sport de plein air  !

 

On peut se réjouir pour les chasseurs de l’autorisation qui va leur être donnée pour poursuivre leur activité. Des chasses pourront donc être organisées, sous le contrôle des préfets, pour « éviter un accroissement des dégâts faits aux cultures, aux forêts et aux biens par une prolifération des populations de grand gibier ».

 

En fait, cette régulation des populations du grand gibier autorise en réalité la poursuite de l’activité habituelle. Mais pourquoi autoriser cette activité de plein air et pas d’autres comme certains sports qui n’exigent pas de promiscuité.

 

Des chasses pourront donc être organisées, sous le contrôle des préfets, à destination des espèces  »susceptibles d’occasionner des dégâts aux cultures et aux forêts, et dont la population doit être régulée », peut-on lire dans le communiqué. Cela concerne le sanglier et le chevreuil. En faite c’est 80 % du gibier chassé actuellement. À l’issue de ces consultations, « les préfets saisiront les présidents de Fédérations Départementales de la Chasse pour fixer dans chaque département les objectifs de prélèvements devant être réalisés ».

 

VACCINS GRIPPE: PAS DE PÉNURIE ! LE MENSONGE DU GOUVERNEMENT

VACCINS GRIPPE: PAS DE PÉNURIE !  LE MENSONGE DU GOUVERNEMENT

 

Encore un énorme mensonge du gouvernement à propos du manque de vaccins contre la grippe classique. En fait,  le syndicat des pharmaciens affirme que 90 % des pharmacies sont en rupture de stock comme les fournisseurs d’ailleurs. Il existe bien des stocks de vaccins anti-grippe, malgré des « situations de tension » dans les officines, a répliqué ce mardi la ministre déléguée chargée de l’autonomie, Brigitte Bourguignon, à l’Assemblée nationale. Pour elle, 16% seulement des officines pharmaceutiques y sont confrontées », a-t-elle admis. « Une affirmation  complètement fantaisiste qui rappelle un peu l’affaire des masques et des tests.

 

Coronavirus :  » le couvre-feu ne suffit pas »

Coronavirus :  » le couvre-feu ne suffit pas »

 

La situation se dégrade très rapidement et même plus vite que leurs de la première vague. Témoins les chiffres, sur la période récente le nombre cumulé de cas de Covid  19/ pour 100 000 habitants.  Au 20 octobre, ils atteignent  905 en République tchèque, 829 en Belgique, 553 aux Pays-Bas, 427 en France, 379 en Slovénie , 343 en Espagne, 315 en Slovaquie, 253 en Irlande ,233 en Pologne 213  en Roumanie, 213 Portugal 200 Croatie et 188 en Autriche. La France figure presque en tête des pays européens.

 

« On va rentrer dans un tunnel et on n’en voit pas, pour le moment, la sortie. » Déclare Rémi Salomon, le président de la Commission médicale d’établissement de l’APHPsur ‘Europe 1, samedi midi

 

Dans beaucoup de régions, le taux d’occupation des services de réanimation « dépasse les 50% », selon Rémi Salomon.  »

Difficile d’apprécier l’efficacité du récent couvre-feu ? « Une semaine, c’est un peu court pour savoir. Mais nous avons des indicateurs qui nous inquiètent, un peu en amont de l’hospitalisation », explique Rémi Salomon, citant notamment « les appels au Samu » et « les pourcentages de tests PCR », qui « augmentent très forts ces 3-4 derniers jours ». « Donc, ces indicateurs nous font penser que probablement, le couvre-feu ne suffit pas. »

 

Pas d’imposture du « tout électrique »( Olivier Durin)

Pas d’imposture du « tout électrique »( Olivier Durin)

 

Parce qu’elle remet en cause la place des énergies fossiles, la nouvelle réglementation dérange certains acteurs, qui dénoncent une imposture « tout électrique ». La RE 2020 n’a pourtant pour autre ambition que celle de faire émerger une filière plus résiliente et respectueuse de l’environnement. Par Olivier Durin, rédacteur en chef du site « Le Monde de l’énergie ». 

chronique dans la Tribune

C’est une révolution attendue de longue date : après plusieurs reports, la réglementation environnementale 2020, plus connue sous le nom de RE 2020, devrait prendre effet en juillet 2021. Fruit d’une réflexion collective menée par les acteurs de la filière construction et le gouvernement, le nouveau texte de référence nourrit d’immenses espoirs, alors que le changement climatique nous rappelle chaque jour qu’il est temps d’agir.

En France, le bâtiment pèse très lourd dans la balance carbone. À lui seul, il représente près de la moitié (45 %) de l’énergie consommée et 30% des émissions de gaz à effet de serre. Pour atteindre les objectifs environnementaux fixés par l’accord de Paris, le secteur doit, comme celui des transports et de l’industrie, impérativement se réformer. Les choix que nous ferons seront déterminants pour l’avenir : une construction sortie de terre aujourd’hui aura un impact énergétique et environnemental durant les 50 prochaines années. Pour placer le bâtiment dans une trajectoire de sobriété, il était urgent de repenser nos modes de construction ainsi que nos usages énergétiques pour des logements plus durables et plus confortables. Ce changement de paradigme a donné naissance à la RE 2020.

Lire aussi : Rénovation énergétique des bâtiments : oui… mais pas n’importe comment !

Cette dernière va au-delà des simples considérations thermiques et énergétiques, telles que retenues dans les précédentes réglementations. Elle considère le bâtiment dans tout son cycle de vie, et prend en compte l’indispensable critère carbone. Une dimension totalement absente de la RT 2012 en vigueur aujourd’hui. D’où l’évolution de sémantique : il n’est plus simplement question d’une réglementation « thermique », mais bien d’une réglementation « environnementale ».

Comme c’est généralement le cas de toute innovation, la RE 2020 a suscité bon nombre de résistances et de controverses. Quoi de plus normal, après tout, tant elle remet en cause les pratiques en vigueur, celles-là même qui ont fait du bâtiment un des secteurs les plus polluants à ce jour. En cause, notamment, l’utilisation d’énergies fossiles (gaz et fioul) pour la fabrication des matériaux et surtout l’alimentation des systèmes de chauffage, qui mobilise plus de 80 % des émissions de CO2 des bâtiments résidentiels et tertiaires.

L’adaptation à l’urgence climatique, la véritable ambition de la RE 2020

Se sentant menacées, certaines voix s’élèvent et tentent de peser de tout leur poids pour freiner une dynamique bel et bien engagée. Et de dénoncer l’électrification à tout va du bâtiment. Car l’un des bénéficiaires notoires de la RE 2020 n’est autre que l’électricité, largement décarbonée en France. L’explication est alors toute trouvée : c’est un coup du vilain lobby du nucléaire, qui veut assurer son avenir.

Emprunter ces « lunettes » revient à complètement passer à côté de la véritable ambition de cette réglementation, qui pourrait faire de l’Hexagone un des pays les plus avancés en matière de modes de construction durables. Après le Royaume-Uni peut-être, qui a tout bonnement interdit le gaz dans les logements neufs à partir de 2025. Rappelons donc que la RE 2020 priorise aussi l’emploi de matériaux bio-sourcés, le recours au bois, aux réseaux de chaleur et à l’électricité renouvelable et décarbonée, la mise en place de techniques d’isolation performantes et de systèmes de récupération et de stockage d’énergie, etc. Elle répond à la problématique de réchauffement climatique, en mettant au premier plan le concept de confort d’été, pour éviter la surchauffe des logements en périodes de canicule.

Au-delà des querelles de clocher et des combats idéologiques, ne perdons pas non plus de vue que l’instauration de la RE 2020 va aussi de pair avec un effort global d’efficacité énergétique. Une préoccupation partagée par les entreprises comme les citoyens. Un nombre croissant d’outils est désormais à la portée de tous, pour une meilleure maîtrise des consommations d’énergie. Citons par exemple les systèmes de chauffage/climatisation performants de type pompes à chaleur, les compteurs intelligents, les offres d’autoconsommation individuelles et collectives ou encore les contrats de performance énergétique. C’est en combinant la RE 2020 à ces usages innovants que des progrès tangibles pourront être obtenus et que nous serons au rendez-vous des objectifs climatiques que nous nous sommes engagés à atteindre.

 

42 % des élèves musulmans « pas concernés »

42 % des élèves musulmans « pas concernés »

 

 

Dans l’Opinion, Jean-François Mignot (CNRS) rend compte d’une vaste étude sur le rapport qu’entretiennent les élèves à l’égard des attentats

 

 » L’assassinat d’un enseignant d’histoire-géographie le 16 octobre pour avoir présenté à ses élèves des dessins de Mahomet survient dans un contexte où des proportions non négligeables de musulmans — et singulièrement les plus jeunes générations — tendent à exprimer des valeurs qui sont en contradiction frontale avec les valeurs libérales de la plupart des autres Français. C’est ce qu’un groupe de chercheurs a pu observer en étudiant, en 2016, les attitudes et valeurs politiques et religieuses de près de 7 000 élèves de seconde, dans 23 lycées publics de 4 académies de métropole.

L’ouvrage issu de cette recherche, La Tentation radicale. Enquête auprès des lycéens, étudie notamment les réactions des lycéens à l’attentat de janvier 2015 contre Charlie Hebdo. Nous avons d’abord interrogé ces lycéens sur leur opinion à propos des auteurs de l’attentat de janvier 2015 : « Quand tu penses aux auteurs de ces attentats, quelle est ta réaction ? » Dans leurs réponses, il apparaissait que 17 % des élèves chrétiens et 14 % des élèves sans religion ne condamnaient pas totalement les auteurs de cet attentat, contre 45 % des élèves musulmans. Nous avons ensuite posé une seconde question, sur le degré d’implication émotionnelle dans la minute de silence organisée en hommage aux victimes : « A la suite de ces événements, une minute de silence a été organisée dans les écoles. T’es-tu senti(e) concerné(e) ? » Alors que 17 % des élèves chrétiens ou sans religion déclaraient ne pas s’être sentis concernés par la minute de silence, c’était le cas de 42 % des élèves musulmans.

« La tâche à accomplir pour préserver en France la liberté d’expression, et notamment la liberté de blasphème, est immense. Et seule l’école peut remplir cette mission »

« Abusé ». Au cours de la cinquantaine d’entretiens (sans que soit alors demandée l’éventuelle appartenance religieuse) que nous avons menés, l’expression des élèves la plus récurrente à propos des dessinateurs de Charlie Hebdo était qu’ils « l’ont cherché », « l’ont un peu cherché », « l’ont bien cherché », « ont provoqué » ou « ont abusé ». De fait, ces élèves condamnent moralement la publication des dessins de Mahomet comme une forme d’irrespect, un « manque de respect » envers la religion musulmane, mais aussi envers les croyants, leur identité et leur sensibilité. Dans cette optique, critiquer la religion ou se montrer irrévérencieux à son égard « c’est comme si on s’attaquait à nous. A notre personnalité ». « Juger une religion », nous disait un élève, « c’est comme se moquer du physique de quelqu’un en fait ». Un autre élève déclarait ainsi : « J’aime pas les gens qui se moquent de la religion. Les humoristes. C’est même pas des hommes. C’est rien. »

La tâche à accomplir pour préserver en France la liberté d’expression, et notamment la liberté de blasphème, est immense. Et seule l’école peut remplir cette mission. Il faut donc que les professeurs soient ardemment soutenus, par l’institution scolaire mais aussi par le corps social tout entier. Dans un pays libre, les dogmes religieux n’engagent que ceux qui y croient.

 

Jean-François Mignot est démographe, chercheur au CNRS.

« Viande végétale », un abus de langage pas anodin

« Viande végétale », un abus de langage pas anodin

Les fausses viandes soulèvent un débat sur le mensonge : celui que l’on accepte, celui que l’on transmet, celui qui modifie votre rapport à la réalité, donc aussi à la société. Le mot « viande » définit la chair d’un animal tué pour le manger. La viande est par essence ce passage du vivant au mort. Les termes « viande végétale ou « viande cultivée » sont des abus de langage qui n’ont rien d’anodin.

Parler « d’agriculture cellulaire » est un oxymore. Il n’y a pas d’agriculture sans champ, sans paysan. La justice tranchera cette escroquerie

Outre l’insulte aux paysans et aux métiers de bouche, cela participe de l’altération du réel. Comme parler « d’agriculture cellulaire » est un oxymore. Il n’y a pas d’agriculture sans champ, sans paysan. La justice tranchera cette escroquerie. Pour comprendre à qui profite cette désinformation, revenons à la fable qui nous est servie. Le monde merveilleux des algorithmes va satisfaire la demande croissante mondiale en viande sans impacter l’environnement et sans maltraitance des animaux.

 

 

Climat et économie pas contradictoire (Jean Pisani-Ferry )

Climat et économie pas contradictoire (Jean Pisani-Ferry  )

 

L’économiste, Jean Pisani-Ferry  observe, dans une  chronique au monde, que la transition vers un modèle économique soutenable ne pourra se faire sans un investissement massif dans les technologies et l’amélioration de la productivité

 

Tribune

 

Qualifier d’« amish » les opposants à la 5G, comme l’a fait Emmanuel Macron, n’était ni judicieux ni habile. S’interroger sur les innovations techniques est en effet légitime, aussi prometteuses qu’elles paraissent. Mais la saillie présidentielle a eu le mérite de poser la question des voies de la transition écologique : sortirons-nous d’un modèle de développement insoutenable avec, ou contre, l’innovation et la « tech » ? Avec, ou contre, la croissance ? Débat urgent, fondamental et terriblement mal posé.

La pensée écologiste s’est construite contre la croissance et contre le capitalisme. C’est d’abord autour d’une opposition à la frénésie quantitative des « trente glorieuses » que se sont unis des militants venus d’horizons intellectuels et politiques hétéroclites. Très vite, cependant, cette opposition s’est doublée d’une hostilité au capitalisme, avec l’émergence d’une écologie politique.

En France, l’acte de naissance de cette dernière est sans doute un texte acéré et prescient, publié en 1974 par André Gorz. Dans cet article (« Leur écologie et la nôtre », republié par Le Monde diplomatique en avril 2010), Gorz avertissait que le capitalisme intégrerait la contrainte écologique comme il a intégré toutes les autres, et qu’il transformerait les consommations polluantes en biens de luxe. C’est contre cette logique inégalitaire qu’il appelait à s’élever parce que, concluait-il, « nous pouvons être plus heureux avec moins d’opulence, car, dans une société sans privilèges, il n’y a pas de pauvres ».

 

Près de cinquante ans plus tard, défiance envers le capitalisme et aversion à l’égard de la croissance persistent. Chaque épisode de greenwashing et chaque arbitrage gouvernemental en faveur de telle ou telle catégorie de producteurs renforcent la conviction de ceux dont la priorité est l’avenir de la planète : décidément, ce n’est pas comme cela qu’on va en sortir. Et, pourtant, on ne répondra à l’urgence climatique qu’en y enrôlant le capitalisme ; et on ne la rendra socialement tolérable qu’en misant sur la productivité – c’est-à-dire sur la croissance. 

Commençons par le capitalisme. Il est aujourd’hui divisé entre deux fractions, brune et verte, dont les intérêts divergent de plus en plus. D’un côté, on trouve les entreprises qui, comme Exxon, veulent perpétuer l’existant ; de l’autre, celles, comme Tesla, qui misent sur sa transformation. Comme jadis avec la lutte entre intérêts agraires et industriels, l’issue de l’affrontement entre ces deux capitalismes va définir notre avenir.

Les ministres enquêtés par la cour de justice ne risquent pas grand chose

Les ministres enquêtés par la cour de justice ne risquent pas grand chose

 

  • Les membres du gouvernement enquêtés à propos de la crise sanitaire par la cour de justice ne risquent  pas grand-chose devant la très spéciale cour de justice de la république (CJR). En effet, cette cour a été spécialement créée pour juger les affaires des membres du gouvernement, ce qui constitue  déjà une inégalité de traitement par rapport aux autres citoyens. Mais surtout cette cour est essentiellement composée d’élus qui évidemment n’ont pas trop intérêt à sanctionner leurs collègues pour peu qu’ils soient eux-mêmes un jour impliqués dans des affaires du même type. Cette curiosité juridique a été crée en 1993 aux fins précisément de mettre les membres du gouvernement à l’abri des sanctions applicables aux citoyens ordinaires. Pour preuve jusqu’alors, la cour de justice n’a prononcé que des peines accessoires. Témoin encore la récente décision concernant l’ancien ministre de la justice qui vient d’écoper seulement un mois de prison avec sursis pour avoir communiqué à un collègue politique l’état de son dossier juridique concernant des fraudes fiscales.
  •  Ce que dit wikipédia :
  • La  Cour de justice de la République (CJR) est la juridiction française d’exception compétente pour juger les crimes ou délits commis par les membres du gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions. Pour les faits commis en dehors de leurs fonctions, les juridictions de droit commun classiques sont compétentes.
  • La Cour de justice de la République est créée en 1993. Le statut de la Cour de justice de la République et ses attributions sont fixés par la Constitution ; la Cour de justice de la République comprend quinze juges dans sa formation de jugement : douze parlementaires (dont six députés et six sénateurs) et trois magistrats du siège de la Cour de cassation, dont l’un est président de la Cour. Les parlementaires sont élus par l’Assemblée nationale et par le Sénat après chaque renouvellement général ou partiel de ces assemblées. Les magistrats sont élus par la Cour de cassation. Chaque juge a un suppléant élu dans les mêmes conditions. »

 

En conclusion les retombées de la crise sanitaire seront davantage médiatiques que judiciaires.

12345...53



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol