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La BCE n’exclut pas un risque de récession

La BCE n’exclut pas un risque de récession

La BCE a longtemps a contesté le caractère durable de l’inflation. Devant les réalités, elle consent aujourd’hui à reconnaître un phénomène auquel il faut s’adapter notamment par exemple face  une hausse brutale  du coût de l’argent. De la même manière, la Banque centrale européenne prévoit toujours une croissance en 2023 mais recommande cependant d’étudier le scénario de récession. La BCE invite notamment  les banques de la zone euro à intégrer dans leurs prévisions  un « scénario récessionniste ». La  BCE Évoque également le risque d’une crise du crédit à cause d’une remontée brutale des taux d’intérêt.

La  présidente de la BCE Christine Lagarde disait s’attendre à une croissance de 2,8% en 2022 et 2,1% en 2023. Toutefois, la BCE prend en compte une possible dégradation de l’environnement économique, sur fond d’inflation, de crise énergétique et de guerre en Ukraine.

L’institution basée à Francfort n’exclut pas un arrêt de l’approvisionnement de l’Europe de l’Ouest en gaz russe, sur fond de poursuite voire d’escalade de la guerre en Ukraine. Ce qui mènerait la zone euro à la récession en 2023 dans le plus noir des scénarios. La BCE souhaite que les banques intègrent ces perspectives négatives à leurs prévisions.

Autre grand risque qui plane sur la croissance européenne : la remontée des taux d’intérêt prévue par la BCE,  en théorie bénéfique pour les établissements de crédit, mais qu’une hausse brutale et désordonnée du coût du crédit constituerait un risque potentiel, notamment pour les clients très endettés.

Ne pas faire payer à l’Afrique le conflit en Ukraine

Ne pas faire payer à l’Afrique le conflit en Ukraine

 

Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires Martin Griffiths  s’inquiète pour le Mali et la Corne de l’Afrique, où les programmes d’aide peinent à être financés.

D’une manière générale toute l’Afrique subit le contrecoup de la guerre en Ukraine qui accélère la croissance de l’inflation. En cause la trop grande dépendance de l’Afrique aux importations. 

 

« Ne pas être les victimes collatérales d’une guerre qui ne nous concerne que de loin », c’est en substance le message relayé par les dirigeants africains qui s’alarment des risques de pénuries de céréales et d’engrais induites par le conflit en Ukraine. En effet, le continent subit de plein fouet le blocus des exportations en provenance de Russie et d’Ukraine. Martin Griffiths, le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, est l’un de ceux qui tentent de débloquer cette situation.

L’Afrique s’inquiète des conséquences de la guerre en Ukraine, notamment les pénuries de céréales, d’engrais et l’inflation des prix alimentaires. Que peuvent faire les Nations unies dans ce contexte ?

Le secrétaire général [Antonio Guterres] s’est rendu fin avril à Moscou et à Kiev, où il a discuté de ces questions avec les présidents Poutine et Zelensky. A son retour, il a demandé à Rebecca Greenspan, la secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), de travailler à lever les obstacles aux exportations de céréales et d’engrais russes, qui ne font pas l’objet de sanctions. Un certain nombre de blocages concernent par exemple les transactions bancaires, les polices d’assurance ou le transport.

Le secrétaire général m’a également sollicité pour trouver un accord afin que les navires transportant les céréales ukrainiennes puissent quitter Odessa et les autres ports du pays en toute sécurité. L’Ukraine a environ 20 millions de tonnes de céréales prêtes à être exportées et nous devons les faire sortir avant la nouvelle récolte pour libérer de l’espace dans les entrepôts.

Jusqu’à présent, la réponse au travail de Rebecca Greenspan a été très constructive. L’Union européenne et les Etats-Unis sont favorables à la levée des obstacles pour que tout le monde puisse bénéficier des céréales et des engrais russes. J’ai aussi eu des négociations très positives avec les deux parties et j’espère pouvoir convoquer une réunion à Istanbul d’ici trois semaines pour finaliser un accord sur les exportations ukrainiennes. D’autant que ce n’est pas seulement un problème africain, c’est un problème mondial.


Environnement : ne pas se soumettre aux normes américaines

Environnement : ne pas se soumettre aux normes américaines

 

Dans une tribune au « Monde », les spécialistes du changement climatique Alain Grandjean, Jean-Marc Jancovici et Laurent Morel estiment que notre pays ne doit pas renoncer à son avantage stratégique en matière de normes environnementales en adoptant les standards que dicteraient les Américains.

 

L’Elysée a lancé, le 3 juin, la création d’un comité directeur sur les données liées au climat, pour les rendre transparentes et normées. Cette initiative est portée simultanément par Michael Bloomberg, envoyé spécial des Nations unies pour l’ambition et les solutions en faveur du climat. La production et la mise à disposition d’informations permettant aux acteurs économiques et financiers de comprendre « à quelle distance ils sont du problème » sont indispensables pour permettre une action pertinente contre le changement climatique en cours.

Cette initiative n’a cependant aucune chance d’aboutir à des résultats tangibles. Elle va même ralentir la progression du secteur financier vers sa décarbonation, et conduira la France à se faire dicter la norme par des acteurs dominants qui sont tous non européens, alors que notre pays est en avance sur ces derniers ! L’Elysée indique que « le manque de données accessibles et normalisées limite la capacité des marchés et du grand public à lutter contre le changement climatique ». Cette affirmation est fausse.

Pour les entreprises qui font déjà l’effort de calculer leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), elles sont disponibles dans leurs documents de référence (en France, c’est obligatoire pour les entreprises cotées). Si les investisseurs ou les banquiers veulent les connaître, il leur suffit de lire ces documents ou d’exiger de les voir. Produire ces informations est d’un coût marginal par rapport à celui des informations financières. D’autre part, la réduction des émissions de GES des entreprises n’est pas déterminée par la communication de ces émissions, mais par les contraintes que la puissance publique, les clients ou salariés, va leur imposer.

L’Elysée écrit aussi que « la mise à disposition d’informations plus pertinentes et accessibles à tous contribuera à faciliter et à accélérer la transition vers une économie mondiale “zéro émission nette” ». Contribuera oui, mais l’essentiel est ailleurs. L’existence d’une nouvelle plate-forme – même transparente – ne garantit pas que les entreprises vont élaborer des informations de meilleure qualité. Quel intérêt y trouveraient-elles ? Pourquoi seraient-elles enclines à les publier sur cette plate-forme ? Pourquoi, pour disposer d’informations environnementales sur les entreprises européennes, les acteurs européens – financiers, ONG, clients, puissance publique – feraient-ils confiance à une plate-forme lancée par des acteurs américains ?

L’annonce fait mention d’une plate-forme publique de données ouvertes. Une information publique, gratuite d’accès et d’usage, contournerait la barrière de données payantes d’accès, qui pénaliserait les parties prenantes – dont les ONG – dans leur travail critique. Mais cette idée ne résiste pas à l’analyse. La production des informations demandées aura un coût pour l’entreprise. Qui doit le payer ? Le secteur public ? Des mécènes ? Le développement et l’utilisation d’une plate-forme demandent aussi des moyens. Qui les fournira et avec quelle contrepartie ? Dans les conditions actuelles d’obligations réglementaires des acteurs, une plate-forme gratuite et publique ne sera pas alimentée.

Campagne législatives : Elisabeth Borne, pas à la hauteur

Campagne législatives : Elisabeth Borne, pas à la hauteur 

  • Pascal Perrineau, politologue, estime qu’ Élisabeth Bernard pas été à la hauteur lors  de la campagne électorale des législatives .  Elisabeth Borne n’a pas joué son rôle de chef de la majorité durant la campagne. Par ailleurs, il relativise les résultats dans l’Opinion. 
Le bloc majoritaire a perdu environ trois points, les composantes de la Nupes ont gagné deux ou trois points. Au fond, on assiste à une assez grande stabilité de ces blocs même si, avec la Nupes, une gauche radicale est de retour. »

On évoque beaucoup une « résurrection de la gauche » mais la Nupes dépasse tout juste un quart des voix. « Ce n’est pas un score fabuleux, juge le professeur émérite à Sciences Po. Comparé à ce que des candidats comme Yannick Jadot ou Jean-Luc Mélenchon ont su attirer au premier tour, c’est même une érosion. 25% à 26% pour un bloc de gauche, en France, ce n’est pas grand-chose. »

Toujours est-il que le résultat reste une déception pour le camp macroniste. « Les forces qui constituent Ensemble! ne sont jamais devenues de vrais partis locaux, analyse Pascal Perrineau. Or une élection législative, c’est aussi une élection locale. Même les députés sortants de la macronie sont souvent inconnus au bataillon ». En outre, « la campagne a été indigente : programme extrêmement tardif, extrêmement flou, manque d’énergie… Et Elisabeth Borne n’a pas joué son rôle de chef de la majorité durant la campagne. »

Si Emmanuel Macron devait décrocher moins de 289 députés à l’issue du second tour, la situation serait-elle comparable à ce qu’a connu François Mitterrand en 1988 ? « Elle serait proche, car en 1988, Mitterrand ne dispose pas de la majorité. Mais il ne lui manque que quelques unités pour atteindre la barre des 289 et le gouvernement de Michel Rocard va de temps en temps s’appuyer sur les élus d’Outre-Mer, sur les centristes et les modérés, de temps en temps les communistes… Et il y avait l’article 49.3 qui a été utilisé 28 fois, ce qui n’est plus possible aujourd’hui. Ça sera plus difficile, surtout s’il manque une vingtaine de députés (…). Ça apprendra à Emmanuel Macron un peu de culture parlementaire ! On se mettra autour d’une table, on discutera, on cherchera des compromis… Je vis ça plutôt comme une qualité que comme un défaut. »

Pour Pascal Perrineau, « l’électorat est de plus en plus exaspéré qu’on lui dise de voter contre la droite radicale, contre la gauche radicale… Les électeurs ont envie qu’on leur donne de bonnes raisons pour voter. Un projet, une ambition pour le pays et il faut bien reconnaître que ce n’était pas le cas pour ces législatives. »

Environnement : pas de transition pacifique ?

Environnement : pas de transition pacifique ?

Dans une tribune au « Monde », les historiens François Jarrige et Charles-François Mathis voient les changements de système énergétique non pas comme des processus linéaires et naturels, mais comme le résultat de rapports de force.

 

Envolée des prix de l’essence, tensions sur l’approvisionnement en gaz, précarité énergétique croissante, réchauffement climatique… Au moment où la sortie des combustibles fossiles s’impose comme remède à ces maux, l’histoire nous rappelle comment se sont installées nos dépendances énergétiques et pourquoi la réponse ne saurait être seulement technique, en confiant aux ingénieurs la fameuse « transition ».

Toute société possède un système énergétique qui modèle son écologie comme ses structures sociales, par lequel elle transforme des sources primaires (rayonnement solaire, bois, eau, charbon, etc.) en énergie utile (force musculaire, chaleur, mouvement mécanique, électricité, etc.) et/ou appropriable (manèges de chevaux, roues hydrauliques, machines à vapeur ou à explosion, cellules photovoltaïques).

L’adoption et l’évolution de ces systèmes énergétiques ne se sont pas faites via de pacifiques transitions, mais à travers de vifs débats et tensions, aboutissant aujourd’hui à l’accroissement incessant de toutes les consommations : nous n’avons jamais autant consommé de bois, de charbon, de pétrole et de ressources dites renouvelables. Si les systèmes énergétiques furent d’abord étudiés de façon linéaire comme le résultat des progrès de l’inventivité humaine, la question énergétique est aujourd’hui pensée comme le fruit des rapports sociaux, des imaginaires et des choix politiques de chaque société.

Les travaux d’histoire environnementale rappellent d’abord combien nos sociétés sont extraordinairement énergivores, sans commune mesure avec celles qui les ont précédées : entre 1820 et 2000, la consommation mondiale d’énergie aurait été multipliée au moins par 25 (World Energy Consumption. A DatabasePaolo Malanima, 2022). Et encore est-ce une moyenne qui cache d’énormes disparités : en 2015, un Nord-Américain consommait 282 gigajoules par an contre 4,5 pour un habitant du Malawi. Les sociétés contemporaines se sont largement appuyées sur cette capacité à mobiliser de l’énergie en très grande quantité pour façonner leur environnement et accroître leur puissance.

Inflation :Un phénomène qu’on n’a pas vu venir

Inflation :Un phénomène qu’on n’a pas vu venir

 

L’économiste Jean-Marc Siroën revient, dans une tribune au « Monde », sur les raisons qui ont conduit la majeure partie des banquiers centraux et ministres de l’économie à ne pas vouloir voir venir l’inflation, qui s’est imposée comme un phénomène planétaire.

 

La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a déclaré, le 1er juin, sur CNN : « Je me suis trompée à l’époque sur la trajectoire que prendrait l’inflation. » Si on se reporte au début de la pandémie, l’erreur de la majorité des économistes et des banquiers centraux a été bien plus grave qu’une erreur de trajectoire. Le risque d’inflation a d’abord été nié, puis, une fois la hausse des prix avérée, elle a été relativisée.

Comme elle ne concernait que certains produits, il ne s’agissait pas vraiment d’inflation mais simplement d’un ajustement des prix relatifs. Puis l’inflation finit par être reconnue mais du bout des lèvres, sans affolement. Elle ne serait que limitée, à peine au-dessus des 2 % c’est-à-dire justement la cible des banques centrales. Elle serait d’ailleurs transitoire, juste le temps de résorber le choc. Le fait est pourtant qu’elle bat aujourd’hui des records, qu’une boucle prix-salaires se met en place et que personne n’ose plus en prédire la fin.

Pourtant, dès le début de la pandémie, le risque d’inflation était évident tellement les données étaient, pour une fois, excessivement simples. Les confinements allaient provoquer une chute de la production plus importante que celle de la demande et il n’est nullement nécessaire d’être docteur en économie pour comprendre qu’il s’agit là de ce que les experts appellent un écart inflationniste.

Une définition imparfaite de l’inflation

Certes, dans un premier temps, les confinements ont conduit à un autorationnement qui masquait le déséquilibre entre l’offre et la demande mais au prix d’une accumulation explosive d’épargne forcée par les contraintes sanitaires. Lorsque celle-ci sortirait, comme elle sort après les guerres, la demande exploserait avant même que la production ait retrouvé ses pleines capacités.

Cette erreur a plusieurs origines. La première est la définition même de l’inflation retenue par les banquiers centraux et les économistes : la hausse de l’indice des prix à la consommation. Comme depuis trente ans, il était à peu près stable, souvent même en dessous de la hausse annuelle des sacro-saints 2 %, l’inflation pouvait être considérée comme enterrée. Elle ne renaîtrait jamais de ses cendres.

Si une inquiétude persistait, elle concernait la déflation, pire encore pour l’économie que l’inflation vaincue depuis les années 1980. Pourtant, les biens de consommation ne sont pas les seuls à afficher des prix. Quid des actifs (actions, immobilier…) ? Eux, ils n’ont pas oublié l’inflation. Mais comme ils avaient le bon goût d’absorber l’excès de liquidités dû à une épargne surabondante et aux largesses des banques centrales, on n’allait pas en faire un drame !

Ukraine – « Ne pas humilier Poutine » : la phrase irresponsable

Ukraine – « Ne pas humilier Poutine » : la phrase irresponsable 

Macron a osé prononcer et répéter cette phrase complètement irresponsable et à tout le moins prématurée : il ne faut pas humilier la Russie et Poutine. Comme si quelqu’un avait pris l’initiative de heurter la sensibilité de l’intéressé. Comme si quelqu’un d’autre que lui était responsable de cette guerre forcément meurtrière et stupide y compris pour la Russie. Le pire, c’est que Macron est parfois appuyé par de vieux experts toujours atteints par le syndrome de Munich et qui seraient prêts à vendre une partie des territoires voisins contre notre propre liberté voire contre  quelques tonnes de blé. On peut comprendre que certains pays africains et d’autres pays pauvres montrent une certaine bienveillance à l’égard de Poutine content tenu de leur dépendance énergétique et alimentaire vis-à-vis des acteurs de cette guerre. La Russie est en effet un des principaux fournisseurs d’énergie et assurent de l’ordre  de 30 % avec l’Ukraine des besoins de céréales. Certains de ces pays pauvres en outre aux démocraties très relatives craignent en plus que la crise de la fin ne vienne balayer des régimes caractérisés par l’autocratie et la corruption.

Il est clair que le jeune Macron n’a jamais eu la moindre expérience politique avant d’accéder directement à la présidence de la république, qu’il  n’est pas non plus un gestionnaire expérimenté des situations géopolitiques complexes ( voir par exemple la débandade française de la force Barkhane ) . Surtout sa politique étrangère repose sur l’idée qu’il se fait de la posture historique qu’il veut laisser de son passage. De ce point de vue, ses entretiens nombreux avec Poutine sont aussi inefficaces que ridicules. Macron n’a tristement rien compris à la stratégie du dictateur complètement étranger aux réflexions rationnelles. Il y a déjà 20 ans que Poutine écrase sur son passage et fonde sa philosophie sur le mensonge permanent et  sur le crime pour s’opposer à toute contradiction à l’intérieur ou à l’extérieur de ses frontières. Il est clair que Macron dans le champ intérieur autant qu’à l’international manque sérieusement de maturité. Il veut jouer au Machiavel de papier mâché face à vieux routier du KGB pour qui tuer aussi bien ses adversaires internes qu’externes fait partie de sa logique personnelle pouvoir. Certes la Russie sera toujours la Russie d’un point de vue géographique mais les occidentaux la France en premier n’a pas à se coucher devant un dictateur qui en réalité au mieux considère la France comme la mouche du coche inoffensive voire l’idiot  utile.

Macron: « Ne pas humilier Poutine » : la phrase irresponsable

Macron: « Ne pas humilier Poutine » : la phrase irresponsable 

Macron a osé prononcer et répéter cette phrase complètement irresponsable et à tout le moins prématurée : il ne faut pas humilier la Russie et Poutine. Comme si quelqu’un avait pris l’initiative de heurter la sensibilité de l’intéressé. Comme si quelqu’un d’autre que lui était responsable de cette guerre forcément meurtrière et stupide y compris pour la Russie. Le pire, c’est que Macron est parfois appuyé par de vieux experts toujours atteints par le syndrome de Munich et qui seraient prêts à vendre une partie des territoires voisins contre notre propre liberté voire contre  quelques tonnes de blé. On peut comprendre que certains pays africains et d’autres pays pauvres montrent une certaine bienveillance à l’égard de Poutine content tenu de leur dépendance énergétique et alimentaire vis-à-vis des acteurs de cette guerre. La Russie est en effet un des principaux fournisseurs d’énergie et assurent de l’ordre  de 30 % avec l’Ukraine des besoins de céréales. Certains de ces pays pauvres en outre aux démocraties très relatives craignent en plus que la crise de la fin ne vienne balayer des régimes caractérisés par l’autocratie et la corruption.

Il est clair que le jeune Macron n’a jamais eu la moindre expérience politique avant d’accéder directement à la présidence de la république, qu’il  n’est pas non plus un gestionnaire expérimenté des situations géopolitiques complexes ( voir par exemple la débandade française de la force Barkhane ) . Surtout sa politique étrangère repose sur l’idée qu’il se fait de la posture historique qu’il veut laisser de son passage. De ce point de vue, ses entretiens nombreux avec Poutine sont aussi inefficaces que ridicules. Macron n’a tristement rien compris à la stratégie du dictateur complètement étranger aux réflexions rationnelles. Il y a déjà 20 ans que Poutine écrase sur son passage et fonde sa philosophie sur le mensonge permanent et  sur le crime pour s’opposer à toute contradiction à l’intérieur ou à l’extérieur de ses frontières. Il est clair que Macron dans le champ intérieur autant qu’à l’international manque sérieusement de maturité. Il veut jouer au Machiavel de papier mâché face à vieux routier du KGB pour qui tuer aussi bien ses adversaires internes qu’externes fait partie de sa logique personnelle pouvoir. Certes la Russie sera toujours la Russie d’un point de vue géographique mais les occidentaux la France en premier n’a pas à se coucher devant un dictateur qui en réalité au mieux considère la France comme la mouche du coche inoffensive voire l’idiot  utile.

L’Afrique ne se prononce pas sur l’Ukraine

L’Afrique ne se prononce pas sur l’Ukraine

 

 

Président en exercice de l’Union africaine (UA), Macky Sall explique que l’Afrique ne se prononce pas sur l’Ukraine par peur légitime sans doute des conséquences économiques et sociales pour le continent.(Le Monde)

Reste cependant que cette position n’est pas glorieuse et que l’Europe  aurait dû depuis longtemps envisagé un plan massif de soutien alimentaire aux pays pauvres de l’Afrique qui vont être les plus touchés NDLR

Lors de cet échange, Macky Sall a demandé le déblocage des céréales et des engrais d’Ukraine et de Russie qui ne parviennent plus sur le continent depuis le début de la guerre en février et menacent la sécurité alimentaire de millions d’Africains.

Vous vous êtes dit rassuré par votre rencontre avec Vladimir Poutine. Quelles assurances avez-vous reçues de sa part ?

Ce qui me rassure tout d’abord, c’est que l’on a pu expliquer longuement les attentes du continent africain. Celles qui relèvent de la Russie et celles qui relèvent des autres parties telles que l’Union européenne (UE) ou les Etats-Unis, qui ont imposé des sanctions ayant entraîné des difficultés d’approvisionnement. Ce que m’a dit Vladimir Poutine, c’est qu’en fonction des disponibilités dans le port d’Odessa et à condition que l’Ukraine enlève les mines qu’elle a posées, la Russie est disposée à ne pas intervenir dans cette région pendant ces opérations [de transport de céréales] qui se feraient avec le concours des Nations unies ou d’autres partenaires.

Pour vous, ce sont les sanctions occidentales qui sont responsables de ce blocage ou, comme le dit le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, le Kremlin qui entretient volontairement l’insécurité alimentaire ?

Nous subissons les deux maux. Il y a d’abord les conséquences de la guerre en Ukraine. Mais les sanctions qui ont frappé la Russie, avec notamment le blocage du système de paiement Swift, ont handicapé des pays comme les nôtres pour accéder aux produits russes. Pour le paiement du gaz, un mécanisme a pu être trouvé.

Nous demandons donc qu’il en aille de même pour les difficultés logistiques dans les ports et permettre le paiement des céréales et des engrais avec lesquels nous cultivons. Nous produisons en moyenne avec 17 kg d’engrais par hectare quand en Europe, 100 kg par hectare sont utilisés. Notre agriculture est déjà peu productive. Mais s’il n’y a plus d’engrais ou que le prix est multiplié par trois, il y aura véritablement un risque de famine dans les prochains mois.

« Ne pas humilier Poutine » : la phrase irresponsable de Macron

« Ne pas humilier Poutine » : la phrase irresponsable de Macron

Macron a osé prononcer et répéter cette phrase complètement irresponsable et à tout le moins prématurée : il ne faut pas humilier la Russie et Poutine. Comme si quelqu’un avait pris l’initiative de heurter la sensibilité de l’intéressé. Comme si quelqu’un d’autre que lui était responsable de cette guerre forcément meurtrière et stupide y compris pour la Russie. Le pire, c’est que Macron est parfois appuyé par de vieux experts toujours atteints par le syndrome de Munich et qui seraient prêts à vendre une partie des territoires voisins contre notre propre liberté voire contre  quelques tonnes de blé. On peut comprendre que certains pays africains et d’autres pays pauvres montrent une certaine bienveillance à l’égard de Poutine content tenu de leur dépendance énergétique et alimentaire vis-à-vis des acteurs de cette guerre. La Russie est en effet un des principaux fournisseurs d’énergie et assurent de l’ordre  de 30 % avec l’Ukraine des besoins de céréales. Certains de ces pays pauvres en outre aux démocraties très relatives craignent en plus que la crise de la fin ne vienne balayer des régimes caractérisés par l’autocratie et la corruption.

Il est clair que le jeune Macron n’a jamais eu la moindre expérience politique avant d’accéder directement à la présidence de la république, qu’il  n’est pas non plus un gestionnaire expérimenté des situations géopolitiques complexes ( voir par exemple la débandade française de la force Barkhane ) . Surtout sa politique étrangère repose sur l’idée qu’il se fait de la posture historique qu’il veut laisser de son passage. De ce point de vue, ses entretiens nombreux avec Poutine sont aussi inefficaces que ridicules. Macron n’a tristement rien compris à la stratégie du dictateur complètement étranger aux réflexions rationnelles. Il y a déjà 20 ans que Poutine écrase sur son passage et fonde sa philosophie sur le mensonge permanent et  sur le crime pour s’opposer à toute contradiction à l’intérieur ou à l’extérieur de ses frontières. Il est clair que Macron dans le champ intérieur autant qu’à l’international manque sérieusement de maturité. Il veut jouer au Machiavel de papier mâché face à vieux routier du KGB pour qui tuer aussi bien ses adversaires internes qu’externes fait partie de sa logique personnelle pouvoir. Certes la Russie sera toujours la Russie d’un point de vue géographique mais les occidentaux la France en premier n’a pas à se coucher devant un dictateur qui en réalité au mieux considère la France comme la mouche du coche inoffensive voire l’idiot  utile.

Contrairement à ce qu’affirme Bruno Le Maire, l’inflation Ne va pas ralentir mais accélérer (Nicolas Baverez)

Contrairement à ce qu’affirme Bruno Le Maire, l’inflation Ne va pas ralentir mais accélérer (Nicolas Baverez)

« Je crois que c’est la fin de cette étrange campagne électorale  qui a été fondée sur une espèce de vide, de silence, du côté de la majorité, analyse Nicolas Baverez, avocat et essayiste. A l’inverse de l’activisme de Jean-Luc Mélenchon et de la Nupes qui porte ses fruits. La réponse, comme souvent, est une réponse par la dépense publique ! Il est clair que l’élection va être beaucoup plus incertaine mais incontestablement, dans cette campagne, celui qui a marqué des points, c’est Jean-Luc Mélenchon. La dynamique est de son côté. »

Emmanuel Macron parviendra-t-il à obtenir une majorité pour gouverner et lancer des réformes impopulaires ? « Il ne fait pas de doute qu’obtenir une majorité à l’Assemblée est quelque chose de très important, note l’essayiste. C’est quelque chose d’autant plus important que nous sommes dans des temps extrêmement agités. L’autre grand paradoxe, c’est que notre pays, en dehors de la dépense publique, est à l’arrêt depuis six mois alors que le monde bascule. On a une structure stagflationniste qui se met en place, des taux d’intérêt qui remontent… »

Cette semaine, Bruno Le Maire affirmait que la France se trouvait dorénavant « au pic de l’inflation ». Une analyse que Nicolas Baverez ne partage pas : « Je ne crois pas du tout que ce soit exact. Je pense que la France, pour l’instant, est plutôt en retard sur l’inflation. D’abord par les mesures prises par le gouvernement, comme le bouclier énergie, et parce que sur le secteur privé, il n’y a pas eu de boucle avec les salaires. C’est une situation qui ne va pas pouvoir durer. Je pense qu’on va plutôt vers une accélération. »

Au sujet du Conseil national de la refondation souhaité par Emmanuel Macron, Nicolas Baverez, qui préconise dans son ouvrage Reconstruction la mise en place d’un nouveau « contrat économique et social », explique : « Le CNR, sur le fond, est assez convergent avec cette idée. Le problème désormais, c’est de trouver la méthode adaptée. Une méthode très centralisée, autoritaire, comme lors du premier quinquennat, ne fonctionne plus. Le précédent de la Convention citoyenne sur le climat n’est pas bon. Si la démarche va dans le bon sens, il faut l’expliciter. On ne peut mettre de côté ni les forces politiques, ni les partenaires sociaux. »

 

Environnement: Pas seulement une affaire de puissance publique

Environnement: Pas seulement une affaire de puissance publique 

 

Si aujourd’hui la planification écologique s’impose dans le débat public, les deux conseillers en stratégie Thibaut Cournarie et François-Régis de Guenyveau précisent, dans une tribune au « Monde » ses conditions de mise en œuvre et plaident pour une approche globale qui associe citoyens, entreprises et pouvoirs publics

 

L’écologie a gagné la bataille des idées. Elle n’a pas encore remporté celle de l’engagement. Aussi assiste-t-on, depuis quelques semaines, à l’apparition d’un nouveau concept dans le débat public : la planification écologique. Victoire sémantique de Jean-Luc Mélenchon et de son centralisme jacobin, cette planification s’incarne dans le gouvernement Borne par la création de deux ministères [transition écologique et cohésion des territoires, confié à Amélie de Montchalin, transition énergétique, dirigé par Agnès Pannier-Runacher] et d’un tout récent secrétariat général.

L’intention est louable : puisque nous soutenons collectivement la transition mais que nous ne parvenons pas à nous y plier individuellement, déléguons à l’Etat la construction d’un plan. Outre ses vertus d’ordonnancement, celui-ci aura le mérite de nous offrir un cap, ingrédient précieux pour une époque qui se cherche, tiraillée entre les crises et les revirements permanents.

L’idée a pourtant fait polémique. Qui fixe le plan ? Qui distribue les bons points ? Plus globalement, que fait-on des leçons du XXe siècle, joyeusetés bureaucratiques en tête ? Comme toute politique centralisatrice, la planification écologique péchera par sa rigidité. Entre chiffres à répétition et réglementations à rallonge, les effets de bord sont déjà connus. Ils se doublent d’une difficulté propre au sujet environnemental : quel intérêt de planifier en France s’il n’y a pas d’alignement à l’échelle mondiale ? Eternel dilemme du prisonnier…

En réalité, la question n’est pas de savoir s’il faut ou non planifier. Il le faut. Sans quoi le marché continuera d’innover dans des technologies sales, même avec des rendements décroissants, phénomène de « dépendance au sentier » bien décrit par Philippe Aghion dans ses cours au Collège de France. La question est de savoir comment compléter la planification écologique par d’autres méthodes moins dirigistes, susceptibles de créer les conditions d’une mobilisation collective de masse.

 

I

Taux BCE: Un petit pas pour ne pas casser la croissance

Taux BCE: Un petit pas pour ne pas casser la croissance

Jeudi la BCE devrait procéder à un relèvement des taux de 25 points de base dès le mois prochain.

Les taux de la BCE vont augmenter d’un quart de point  début juillet soit 25 % autant dire pas grand-chose quand on sait que l’inflation a atteint plus de 8 % sur un an en mai.

La vérité c’est que la banque centrale est  contrainte de relever ses taux du faie du resserrement monétaire opéré par la banque centrale américaine.

Plus que jamais sans doute la gestion des taux se révèle particulièrement délicate voire dangereuse. Certes l’inflation assez exceptionnelle pourrait  justifier un relèvement du coût de l’argent. En même temps ,  nous sommes désormais inscrits dans une tendance de croissance quasi nulle. Et le relèvement significatif des taux pourrait contribuer encore à accentuer la dépression et nous conduire même vers la stagflation.

« Nous nous attendons à ce que la BCE annonce la fin de son programme d’achats d’actifs nets et s’engage à augmenter ses taux de 25 points de base en juillet, sa première hausse en 11 ans. Pendant ce temps, tous les yeux seront rivés sur le recalibrage des orientations prospectives de la BCE en matière de normalisation de sa politique monétaire, y compris sur le rythme envisagé et sur l’objectif de taux », indique Katharina Utermöhl, économiste chez Allianz Trade.

La BCE reste l’une des rares banques centrales à ne pas avoir enclenché une hausse des taux. « Avec des pressions inflationnistes qui continuent de se renforcer et un contexte

Calcul de l’inflation : l’indice des prix à la consommation ne prend pas en compte l’immobilier

Calcul de l’inflation : l’indice des prix à la consommation ne prend pas en compte l’immobilier

 

Pour nombre de ménages les charges de prêts à l’acquisition d’un logement représentent et de loin le premier poste de dépenses. Pourtant, cette dépense n’est pas intégrée dans l’indice des prix à la consommation de l’INSEE ! L’indice des prix à la consommation sous-estime donc l’inflation, car son calcul ne prend pas en compte les prix de l’immobilier, l’achat d’un logement étant considéré par l’Insee comme un investissement, et non comme un bien de consommation. Toutefois, la Banque centrale européenne pourrait revoir cette définition.

Depuis des années, nos dirigeants assurent que les prix n’augmentent pas. À peine 1,4% en 2019. Et pourtant, le ressenti des Français est bien différent. Il faut dire qu’un élément capital, essentiel même, n’est pas pris en compte dans le calcul des prix : l’immobilier. Et pourtant, en 20 ans, les prix de l’immobilier ont doublé, voire triplé dans les grandes villes. Soit une augmentation de plus de 200%. C’est ce que l’on appelle une inflation galopante.

L’Insee ne tient pas compte de l’immobilier dans l’indice des prix, parce qu’elle calcule l’indice des prix « à la consommation ». Tout est question de définition. Acheter un appartement ne fait pas partie de la consommation. On ne consomme pas un appartement, il s’agit d’un investissement qui garde toute sa valeur, et que son propriétaire pourra transmettre à ses enfants.

 

L’Insee prend simplement en compte les loyers dans son calcul de l’indice des prix. Et même s’ils augmentent, ils ne pèsent que pour 6% dans cet indice;  Une sous-estimation indiscutable. Et pourtant, le logement est devenu l’un des premiers sujets de préoccupation des Français. Il absorbe plus de 25% du budget des ménages.

 

Politique: Macron ne pourra pas tenir 5 ans

Politique: Macron ne pourra pas tenir  5 ans

« Auréolé d’une seconde victoire, Emmanuel Macron aurait dû être l’homme fort de la séquence, déjà quasiment aux portes de l’histoire. Il est au contraire, observe l’essayiste, celui qui voit son pouvoir déjà contesté par des membres de sa propre majorité » ( dans l’Opinion »)

 

 

Les conditions de nomination du nouveau gouvernement ont été abondamment commentées, notamment au regard du temps inhabituellement long qu’aura mis le président de la République à composer sa nouvelle équipe, entre tergiversation réelle et temporisation tactique, à quelques semaines des élections législatives. Il est en outre un secret de polichinelle qui n’aura pas tardé à être connu de tous : deux jours avant que le choix d’Emmanuel Macron ne se porte finalement sur Elisabeth Borne, c’est en réalité Catherine Vautrin qui tenait la corde pour s’installer rue de Varenne.

Si cet événement a été fort justement présenté comme une énième illustration de l’absolue plasticité du macronisme – à quelques jours d’intervalle, Matignon pouvant échoir, de façon interchangeable, à une ancienne ministre de Jacques Chirac ou à une ancienne collaboratrice de Lionel Jospin, adversaires politiques dans le « monde d’avant » –, il est surtout révélateur d’une autre réalité politique, bien plus préoccupante et pourtant de peu d’écho dans les analyses : la grande faiblesse du président de la République.

Auréolé d’une seconde victoire qu’aucun de ses prédécesseurs n’était, toutes choses égales par ailleurs, parvenu à remporter, il aurait dû être l’homme fort de la séquence, déjà quasiment aux portes de l’histoire avec ce doublé inédit. Il est au contraire celui qui, quelques jours seulement après sa réélection, voit son pouvoir contesté par des membres de sa propre majorité, au point d’être empêché de nommer la Première ministre qu’il souhaitait.

Si un contexte politique peut s’imposer à un président de la République dans le choix du locataire de Matignon – ainsi avec Chirac en 1986, Rocard en 1988 ou Jospin en 1997 –, on n’avait jusqu’alors jamais vu un chef du pouvoir exécutif contraint de reculer face à la fronde de son entourage dans ce qui constitue pourtant sa prérogative suprême, la désignation du chef du gouvernement.

. Cet épisode s’inscrit en outre dans le procès en illégitimité plus globalement instruit par les opposants d’Emmanuel Macron dès avant la victoire de ce dernier. C’est l’un des paradoxes du « vote utile » qui frappe pour la troisième fois ce scrutin en vingt ans, compte tenu de la présence de l’extrême droite au second tour. Loin d’être vu comme un vote « intelligent » et responsable, qui conduit chacun à voter non pas seulement en fonction de ses goûts, de ses humeurs ou de ses intérêts, mais d’un contexte collectif interdisant tout « individualisme électoral », ce vote utile est désormais vu comme un acte civique dégradé.

A la clé, des présidents de la République élus avec des scores très supérieurs à la moyenne du scrutin – y compris les 67% et 58% d’Emmanuel Macron en 2017 et 2022, quoiqu’en net recul par rapport aux 82% de Chirac en 2002 –, mais considérés néanmoins comme « mal » élus, du fait de leur base de premier tour, prétendument étroite et fragilisée par une abstention croissante. Une sorte d’élection au rabais en somme. Avait-on pourtant considéré la victoire de François Mitterrand en 1981 comme illégitime, lui qui n’avait réalisé que 25% au premier tour, nettement derrière VGE, et avec une victoire à l’arraché au second ?

Ont fait défaut à tous nos Présidents sans exception après De Gaulle, les deux dimensions qui fondent justement la réalité du pouvoir : la confiance de l’opinion et la longévité

Cela nous confronte à ce qui constitue peut-être le paradoxe central de la vie politique française sous la Ve République. Notre architecture institutionnelle fait en effet du président français l’un des chefs d’Etat (démocratiquement élus) les plus puissants de la planète, si ce n’est même celui qui dispose des plus larges pouvoirs constitutionnels. Et pourtant, en dépit de cette prééminence institutionnelle, le chef de l’exécutif voit chez nous son pouvoir effectif, entendu comme sa capacité à agir – et encore plus à réformer –, sévèrement contraint.

Pourquoi ? Parce qu’ont fait défaut à tous nos présidents sans exception après De Gaulle, les deux dimensions qui fondent justement la réalité du pouvoir : d’abord la confiance de l’opinion, sans l’adhésion de laquelle la gestion des affaires publiques vire au casse-tête ou à l’enlisement, ensuite la longévité, second manquement qui découle de cette défiance très forte.

Ainsi pointe-t-on souvent la montée de l’abstention comme indice suprême de notre crise démocratique, mais plus révélatrice nous semble la tentation dégagiste qui s’est exprimée de façon systématique sous la Ve République, voyant tous les présidents en même temps à la tête d’une majorité gouvernementale et parlementaire (c’est-à-dire non pris dans un exercice de cohabitation) se faire invariablement sortir.

Emmanuel Macron est ainsi le premier à déjouer cette malédiction du pouvoir en disposant, à ce stade, de la longévité qui a fait défaut à tous ses prédécesseurs, se voyant aujourd’hui en situation de mener les affaires du pays pendant une décennie entière. Une première. Mais que vaut la longévité sans la confiance ? Elle peut devenir source des pires difficultés, si ce n’est du plus grand chaos.

A cet égard, au-delà du feuilleton de la non-nomination de Catherine Vautrin, les alertes pour les mois à venir ne manquent pas. D’abord, la situation économique et sociale et les inquiétudes nourries par le contexte géopolitique peuvent récréer un climat inflammable à court terme ; ensuite, la majorité parlementaire pourrait se révéler plus courte mais surtout bien plus frondeuse que par le passé, dans un contexte inédit marqué tout à la fois par l’interdiction faite au Président de se représenter en 2027 et par la limitation du recours au 49.3 dans sa gouvernance ; enfin, la ligne d’opposition frontale d’une gauche réunifiée, « radicalisée » et potentiellement nettement renforcée au Parlement devrait donner du fil à retordre à un exécutif qui y a été peu habitué au cours des cinq années passées. Tout ceci dessine les contours d’une situation potentiellement explosive.

Si tout gouvernant est questionné dans son rapport au pouvoir et à l’histoire, que pourrait-il arriver de pire à notre président fraîchement réélu que de se trouver confronté à une forme de chaos social et politique permanent, au point de voir son mandat perturbé, voire interrompu ou se solder, cette fois, par une victoire de l’extrême droite ?

Se faire élire en 2017 tenait déjà d’une forme d’effraction démocratique. Se faire réélire en 2022, à l’issue d’un quinquennat de crises ininterrompues, aura relevé d’une forme d’exploit. Tenir jusqu’en 2027 en évitant un crash démocratique fatal pourrait bien constituer un défi plus grand encore.

Mathieu Souquière est consultant et essayiste, coauteur avec Damien Fleurot de 2022, la flambée populiste (Plon).

Calcul de l’Inflation : l’indice des prix à la consommation ne prend pas en compte l’immobilier

Calcul de l’Inflation : l’indice des prix à la consommation ne prend pas en compte l’immobilier

 

Pour nombre de ménages les charges de prêts à l’acquisition d’un logement représentent et de loin le premier poste de dépenses. Pourtant, cette dépense n’est pas intégrée dans l’indice des prix à la consommation de l’INSEE ! L’indice des prix à la consommation sous-estime donc l’inflation, car son calcul ne prend pas en compte les prix de l’immobilier, l’achat d’un logement étant considéré par l’Insee comme un investissement, et non comme un bien de consommation. Toutefois, la Banque centrale européenne pourrait revoir cette définition.

Depuis des années, nos dirigeants assurent que les prix n’augmentent pas. À peine 1,4% en 2019. Et pourtant, le ressenti des Français est bien différent. Il faut dire qu’un élément capital, essentiel même, n’est pas pris en compte dans le calcul des prix : l’immobilier. Et pourtant, en 20 ans, les prix de l’immobilier ont doublé, voire triplé dans les grandes villes. Soit une augmentation de plus de 200%. C’est ce que l’on appelle une inflation galopante.

L’Insee ne tient pas compte de l’immobilier dans l’indice des prix, parce qu’elle calcule l’indice des prix « à la consommation ». Tout est question de définition. Acheter un appartement ne fait pas partie de la consommation. On ne consomme pas un appartement, il s’agit d’un investissement qui garde toute sa valeur, et que son propriétaire pourra transmettre à ses enfants.

 

L’Insee prend simplement en compte les loyers dans son calcul de l’indice des prix. Et même s’ils augmentent, ils ne pèsent que pour 6% dans cet indice;  Une sous-estimation indiscutable. Et pourtant, le logement est devenu l’un des premiers sujets de préoccupation des Français. Il absorbe plus de 25% du budget des ménages.

Agriculture : » La guerre entre « tout bio » et « productivisme » n’est pas réaliste »

Agriculture : »  La guerre entre « tout bio » et « productivisme » n’est pas réaliste »

Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’agriculture bio qui, en France, est pour la première fois confrontée à une régression du marché, est aussi questionnée sur sa capacité à nourrir la planète. Yves Le Morvan, responsable « filières et marchés » au think tank Agridées, et auteur d’une étude parue en 2018 sur « La résilience des filières bio », en analyse les forces et les faiblesses.

 

Il faut soutenir l’agriculture bio, mais se donner un objectif chiffré n’a pas de sens, estime Yves Le Morvan. (Interview dans la Tribune)

 Dans le contexte du risque de pénuries alimentaires engendré par la guerre en Ukraine, le patron de l’agro-chimiste suisse Syngenta, lors d’une interview au quotidien suisse Neue Zürcher Zeitung, a récemment pointé du doigt l’agriculture biologique et ses trop faibles rendements. Que pensez-vous de cette prise de position?

YVES LE MORVAN - Je n’ai pas lu cette interview en entier. Mais ses propos, tels que rapportés en France, semblent relever d’une volonté de clivage dans les discours sur l’agriculture et l’alimentation, que je déplore. On oppose un modèle de « tout bio » à une agriculture « productiviste ». Or, cela ne correspond ni à la réalité économique et sociale ni à ce qu’est l’agriculture en Occident. En France, notamment, l’agriculture est très plurielle : derrière ce qu’on appelle « agriculture productiviste » ou « conventionnelle », il y a une richesse de pratiques agricoles assez fantastique.

Les difficultés que traverse l’agriculture bio aujourd’hui viennent d’ailleurs aussi du fait qu’elle a elle-même surfé sur cette rivalité. C’est aussi pour cela que le consommateur aujourd’hui doute parfois des vertus qu’elle a jusqu’à présent mises en avant. Une telle approche peut fonctionner tant qu’on ne représente qu’une niche mais, dès qu’on occupe un vrai segment de marché, elle suscite inévitablement des interrogations. Puisque, à un tel stade, le prix devient essentiel, cela génère de la concurrence, notamment de la part d’autres formes d’agriculture qui répondent à des préoccupations de plus en plus précises des consommateurs (bien-être animal, véganisme, localisme, etc.) et réduisent le clivage par rapport à l’agriculture conventionnelle.

Il est néanmoins vrai que, comme l’affirme le patron de Syngenta, les rendements de l’agriculture bio sont inférieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle. Dans le cas du blé tendre, céréale clé en termes de sécurité alimentaire, cet écart peut atteindre 50%. Mais a-t-on demandé à l’agriculture bio de devenir dominante en surfaces et de répondre aux enjeux globaux de sécurité alimentaire? Il y a certes des représentants de la bio qui voudraient que demain l’agriculture soit bio à 100%. Mais cela constitue à mes yeux une profonde erreur économique car, au moment où l’on devient dominant, on perd de la valeur, avec le risque que les agriculteurs bio soient en conséquence mal rémunérés.

L’agriculture bio fait d’ailleurs courir des risques plus importants aux producteurs, puisqu’ils disposent de moyens de défense moins radicaux contre les aléas climatiques et les invasions d’insectes. Elle demande un véritable engagement technique, et non seulement financier. Certes, elle est moins dépendante d’intrants, qui aujourd’hui deviennent très chers, mais cette forme de résilience ne permet pas encore aux agriculteurs de compenser les écarts de rendements et de prix. De tels éléments ne peuvent pas être négligés par rapport aux perspectives de développement de cette agriculture. Donc, il faut soutenir le développement des filières bio.

 

Concrètement, l’objectif que se donne l’Union européenne de 25% d’agriculture biologique en 2030 représente-t-il un danger pour la sécurité alimentaire mondiale?

Je pense que s’imposer un objectif aussi élevé dans un timing aussi court n’est pas utile car on sait qu’il ne pourra pas être atteint. Le Parlement européen d’ailleurs, tout en ayant adopté une résolution favorable à l’agriculture bio, n’a pas repris ce chiffre. Il peut certes représenter une orientation politique, mais il ne correspond pas à la réalité de la production ni du marché. Il y a en outre d’autres formes d’agriculture, telles que celle de conservation des sols ou à haute valeur environnementale, qui méritent d’être développées, en raison de leur qualité environnementale mais aussi de leurs rendements proches de ceux de l’agriculture conventionnelle - c’est d’ailleurs ce que prévoit la future politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne. Comme en matière d’énergie, j’estime qu’il serait préférable de soutenir un bouquet de solutions.

Cependant, aujourd’hui, les céréales, qui constituent le produit essentiel pour la sécurité alimentaire mondiale, ne sont pas destinées seulement à l’alimentation humaine: elles sont aussi utilisées pour l’alimentation animale et pour la fabrication d’agro-carburants. Lorsque la situation sur les marchés devient tendue à cause de prix très élevés, ce ne peut donc pas être qu’à cause de l’agriculture bio. D’autres facteurs entrent d’ailleurs aussi en jeu: les conditions météorologiques, qui affectent certaines productions, et l’augmentation de la consommation liée à la croissance démographique.

Des réductions du gaspillage alimentaire et de la consommation de viande pourraient-elles compenser les rendements plus faibles de l’agriculture bio?

Le problème principal est que l’échelle de temps n’est pas la même. Les rendements de l’agriculture bio sont immédiatement plus faibles, alors que la lutte contre le gaspillage alimentaire relève de politiques publiques à moyen-long terme. L’écueil est le même pour une réduction de la consommation de viande qui, pourtant, représente un véritable gisement potentiel: même si la tendance est là, on ne peut pas l’imposer à la population, cela passe par la pédagogie.

Quant au changement des usages, certains types de céréales ne sont pas toujours substituables. Le maïs par exemple, qui aux Etats-Unis est la céréale reine en termes de surfaces cultivées, est dans la culture occidentale plutôt destinée à l’alimentation animale. Les éventuelles réaffectations dépendent aussi des sols et des conditions climatiques.

Face aux problèmes de sécurité alimentaire – notion mieux définie internationalement et à connotation moins politique voire protectionniste que celle de « souveraineté alimentaire » -, la première question de politique publique qui se pose est plutôt celle de l’absence de stocks de sécurité. Elle est suivie par la question politique de l’utilisation des céréales à des fins énergétiques, aggravée par la crise énergétique engendrée par la guerre en Ukraine. Quant au développement de productions locales dans d’autres régions du monde, il serait possible et devrait être soutenu par des formes de transfert de technologies et des financements dédiés. Mais les exportations vers des pays dont les conditions des sols et climatiques ne permettent pas la production suffisante de certaines denrées restent nécessaires.

Quels moyens existent-ils aujourd’hui pour améliorer les rendements de l’agriculture bio? Quel est leur potentiel?

Il faudrait sans doute développer davantage la recherche scientifique autour de la génétique conventionnelle et des variétés végétales. Une voie de recherche importante est aussi celle portant sur l’alliance entre différentes cultures. Cela permettrait probablement d’obtenir de meilleurs rendements. Mais c’est un travail sur le long terme.

Quel avenir imaginez-vous donc pour l’agriculture bio qui, aujourd’hui en France, traverse des difficultés ?

Je pense que le grand enjeu auquel elle doit faire face aujourd’hui, c’est la remise en cause de la réponse globale qu’elle fournissait jusqu’à présent à l’ensemble des préoccupations des consommateurs. Je crois donc que son avenir ne consiste pas tellement dans la massification, qui implique de s’adresser à des consommateurs volatils, mais plutôt dans l’approfondissement de ses valeurs et vertus originales pour garder la confiance des consommateurs plus engagés. Je crois notamment au potentiel de labels bio « régionalisés », prévus dans le nouveau règlement européen. En tout état de cause, il y a un avenir pour les produits bio, par exemple en restauration collective et hors foyer.

 

Macron ne pourra pas tenir 5 ans

Macron ne pourra pas tenir  5 ans

« Auréolé d’une seconde victoire, Emmanuel Macron aurait dû être l’homme fort de la séquence, déjà quasiment aux portes de l’histoire. Il est au contraire, observe l’essayiste, celui qui voit son pouvoir déjà contesté par des membres de sa propre majorité » ( dans l’Opinion »)

 

 

Les conditions de nomination du nouveau gouvernement ont été abondamment commentées, notamment au regard du temps inhabituellement long qu’aura mis le président de la République à composer sa nouvelle équipe, entre tergiversation réelle et temporisation tactique, à quelques semaines des élections législatives. Il est en outre un secret de polichinelle qui n’aura pas tardé à être connu de tous : deux jours avant que le choix d’Emmanuel Macron ne se porte finalement sur Elisabeth Borne, c’est en réalité Catherine Vautrin qui tenait la corde pour s’installer rue de Varenne.

Si cet événement a été fort justement présenté comme une énième illustration de l’absolue plasticité du macronisme – à quelques jours d’intervalle, Matignon pouvant échoir, de façon interchangeable, à une ancienne ministre de Jacques Chirac ou à une ancienne collaboratrice de Lionel Jospin, adversaires politiques dans le « monde d’avant » –, il est surtout révélateur d’une autre réalité politique, bien plus préoccupante et pourtant de peu d’écho dans les analyses : la grande faiblesse du président de la République.

Auréolé d’une seconde victoire qu’aucun de ses prédécesseurs n’était, toutes choses égales par ailleurs, parvenu à remporter, il aurait dû être l’homme fort de la séquence, déjà quasiment aux portes de l’histoire avec ce doublé inédit. Il est au contraire celui qui, quelques jours seulement après sa réélection, voit son pouvoir contesté par des membres de sa propre majorité, au point d’être empêché de nommer la Première ministre qu’il souhaitait.

Si un contexte politique peut s’imposer à un président de la République dans le choix du locataire de Matignon – ainsi avec Chirac en 1986, Rocard en 1988 ou Jospin en 1997 –, on n’avait jusqu’alors jamais vu un chef du pouvoir exécutif contraint de reculer face à la fronde de son entourage dans ce qui constitue pourtant sa prérogative suprême, la désignation du chef du gouvernement.

. Cet épisode s’inscrit en outre dans le procès en illégitimité plus globalement instruit par les opposants d’Emmanuel Macron dès avant la victoire de ce dernier. C’est l’un des paradoxes du « vote utile » qui frappe pour la troisième fois ce scrutin en vingt ans, compte tenu de la présence de l’extrême droite au second tour. Loin d’être vu comme un vote « intelligent » et responsable, qui conduit chacun à voter non pas seulement en fonction de ses goûts, de ses humeurs ou de ses intérêts, mais d’un contexte collectif interdisant tout « individualisme électoral », ce vote utile est désormais vu comme un acte civique dégradé.

A la clé, des présidents de la République élus avec des scores très supérieurs à la moyenne du scrutin – y compris les 67% et 58% d’Emmanuel Macron en 2017 et 2022, quoiqu’en net recul par rapport aux 82% de Chirac en 2002 –, mais considérés néanmoins comme « mal » élus, du fait de leur base de premier tour, prétendument étroite et fragilisée par une abstention croissante. Une sorte d’élection au rabais en somme. Avait-on pourtant considéré la victoire de François Mitterrand en 1981 comme illégitime, lui qui n’avait réalisé que 25% au premier tour, nettement derrière VGE, et avec une victoire à l’arraché au second ?

Ont fait défaut à tous nos Présidents sans exception après De Gaulle, les deux dimensions qui fondent justement la réalité du pouvoir : la confiance de l’opinion et la longévité

Cela nous confronte à ce qui constitue peut-être le paradoxe central de la vie politique française sous la Ve République. Notre architecture institutionnelle fait en effet du président français l’un des chefs d’Etat (démocratiquement élus) les plus puissants de la planète, si ce n’est même celui qui dispose des plus larges pouvoirs constitutionnels. Et pourtant, en dépit de cette prééminence institutionnelle, le chef de l’exécutif voit chez nous son pouvoir effectif, entendu comme sa capacité à agir – et encore plus à réformer –, sévèrement contraint.

Pourquoi ? Parce qu’ont fait défaut à tous nos présidents sans exception après De Gaulle, les deux dimensions qui fondent justement la réalité du pouvoir : d’abord la confiance de l’opinion, sans l’adhésion de laquelle la gestion des affaires publiques vire au casse-tête ou à l’enlisement, ensuite la longévité, second manquement qui découle de cette défiance très forte.

Ainsi pointe-t-on souvent la montée de l’abstention comme indice suprême de notre crise démocratique, mais plus révélatrice nous semble la tentation dégagiste qui s’est exprimée de façon systématique sous la Ve République, voyant tous les présidents en même temps à la tête d’une majorité gouvernementale et parlementaire (c’est-à-dire non pris dans un exercice de cohabitation) se faire invariablement sortir.

Emmanuel Macron est ainsi le premier à déjouer cette malédiction du pouvoir en disposant, à ce stade, de la longévité qui a fait défaut à tous ses prédécesseurs, se voyant aujourd’hui en situation de mener les affaires du pays pendant une décennie entière. Une première. Mais que vaut la longévité sans la confiance ? Elle peut devenir source des pires difficultés, si ce n’est du plus grand chaos.

A cet égard, au-delà du feuilleton de la non-nomination de Catherine Vautrin, les alertes pour les mois à venir ne manquent pas. D’abord, la situation économique et sociale et les inquiétudes nourries par le contexte géopolitique peuvent récréer un climat inflammable à court terme ; ensuite, la majorité parlementaire pourrait se révéler plus courte mais surtout bien plus frondeuse que par le passé, dans un contexte inédit marqué tout à la fois par l’interdiction faite au Président de se représenter en 2027 et par la limitation du recours au 49.3 dans sa gouvernance ; enfin, la ligne d’opposition frontale d’une gauche réunifiée, « radicalisée » et potentiellement nettement renforcée au Parlement devrait donner du fil à retordre à un exécutif qui y a été peu habitué au cours des cinq années passées. Tout ceci dessine les contours d’une situation potentiellement explosive.

Si tout gouvernant est questionné dans son rapport au pouvoir et à l’histoire, que pourrait-il arriver de pire à notre président fraîchement réélu que de se trouver confronté à une forme de chaos social et politique permanent, au point de voir son mandat perturbé, voire interrompu ou se solder, cette fois, par une victoire de l’extrême droite ?

Se faire élire en 2017 tenait déjà d’une forme d’effraction démocratique. Se faire réélire en 2022, à l’issue d’un quinquennat de crises ininterrompues, aura relevé d’une forme d’exploit. Tenir jusqu’en 2027 en évitant un crash démocratique fatal pourrait bien constituer un défi plus grand encore.

Mathieu Souquière est consultant et essayiste, coauteur avec Damien Fleurot de 2022, la flambée populiste (Plon).

Inflation : l’indice des prix à la consommation ne prend pas en compte l’immobilier

Inflation : l’indice des prix à la consommation ne prend pas en compte l’immobilier

 

Pour nombre de ménages les charges de prêts à l’acquisition d’un logement représentent et de loin le premier poste de dépenses. Pourtant, cette dépense n’est pas intégrée dans l’indice des prix à la consommation de l’INSEE ! L’indice des prix à la consommation sous-estime donc l’inflation, car son calcul ne prend pas en compte les prix de l’immobilier, l’achat d’un logement étant considéré par l’Insee comme un investissement, et non comme un bien de consommation. Toutefois, la Banque centrale européenne pourrait revoir cette définition.

Depuis des années, nos dirigeants assurent que les prix n’augmentent pas. À peine 1,4% en 2019. Et pourtant, le ressenti des Français est bien différent. Il faut dire qu’un élément capital, essentiel même, n’est pas pris en compte dans le calcul des prix : l’immobilier. Et pourtant, en 20 ans, les prix de l’immobilier ont doublé, voire triplé dans les grandes villes. Soit une augmentation de plus de 200%. C’est ce que l’on appelle une inflation galopante.

L’Insee ne tient pas compte de l’immobilier dans l’indice des prix, parce qu’elle calcule l’indice des prix « à la consommation ». Tout est question de définition. Acheter un appartement ne fait pas partie de la consommation. On ne consomme pas un appartement, il s’agit d’un investissement qui garde toute sa valeur, et que son propriétaire pourra transmettre à ses enfants.

 

L’Insee prend simplement en compte les loyers dans son calcul de l’indice des prix. Et même s’ils augmentent, ils ne pèsent que pour 6% dans cet indice;  Une sous-estimation indiscutable. Et pourtant, le logement est devenu l’un des premiers sujets de préoccupation des Français. Il absorbe plus de 25% du budget des ménages.

 

Réforme des retraites : ne pas encourager la culture du jeunisme

Réforme des retraites : ne pas encourager la culture du jeunisme 

 

Pierre-Yves Gomez, professeur à l’EM Lyon, explique, dans sa chronique, que pour assurer la pérennité du système des retraites, il faudra se demander jusqu’à quel point il est soutenable pour l’ensemble de la collectivité que ses membres concentrent leur activité professionnelle sur la génération des 25-54 ans ( dans le Monde).

 

 

Le nouveau quinquennat promet une réforme de l’âge de départ à la retraite. Le bon sens affirme que si la durée de vie a fortement augmenté, il est naturel que l’âge légal de départ soit retardé d’autant, par exemple jusqu’à 65 ans. Une telle approche néglige néanmoins que l’enjeu véritable est de replacer la retraite dans la manière globale de considérer le travail dans notre société. Prenons trois illustrations.

Les statisticiens Olivier Marchand et Claude Minni ont montré que, depuis des années, la France a fait un choix à l’égard du travail en concentrant l’activité économique sur une génération, celle des 25-54 ans (« Economie et statistique », 2019). La durée de carrière professionnelle a été écourtée non seulement par un âge légal de départ à la retraite plus précoce que dans d’autres pays, mais aussi par une entrée plus tardive des jeunes du fait de l’allongement des études.

Cette dernière évolution est à mettre en relation avec la dégradation de l’image des métiers manuels et de l’apprentissage dans notre pays. Pour assurer la pérennité du système des retraites, il faudra donc s’interroger sur les deux bouts de la chaîne et se demander jusqu’à quel point il est soutenable pour l’ensemble de la collectivité que ses membres concentrent leur activité professionnelle sur trente années.

Le choix français a conduit à une intensification du travail sur la tranche 25-54 ans pour obtenir une productivité relativement forte si on compare à d’autres pays développés. Il en a résulté une culture du jeunisme dans les entreprises, considérant qu’au-delà d’un certain âge un collaborateur est à la fois trop coûteux et trop peu adaptable. En 2020, la moitié des plus de 60 ans ne sont pas en activité mais pris en charge soit par l’assurance-chômage, soit par l’Assurance-maladie.

L’allongement de l’âge de départ à la retraite obligera à revoir cette conception de la performance individuelle : d’une part, les entreprises devront maintenir et créer de nouveaux emplois pour les seniors ; d’autre part, il faudra reconsidérer les postes et les rythmes de travail pour les adapter à une population de collaborateurs plus âgés ; enfin, il faudra accepter que les évolutions de carrière soient plus lentes, les plus anciens quittant plus tard l’entreprise. Un changement radical du logiciel managérial va s’imposer.

Si on considère le rôle économique que jouent les retraités dans la société, on doit aussi anticiper ce que modifiera un décalage de l’âge de départ.

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