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« Il faut davantage de diversification dans les forêts françaises »

« Il faut davantage de diversification  dans les forêts françaises »

Alors que la filière forêt-bois s’apprête à recevoir 200 millions d’euros du plan de relance, un collectif d’une quarantaine de chercheurs estime, dans une tribune au « Monde », que les arbitrages doivent s’appuyer sur la science. Il insiste sur la nécessité de valoriser la diversité des plantations.

Al’instar de la forêt amazonienne, qualifiée par Emmanuel Macron de « bien commun pour l’humanité » devant être protégé, la forêt française métropolitaine suscite le débat entre enjeux carbone, maintien de la biodiversité et menace du changement climatique.

Pour tenir les engagements de l’accord de Paris, c’est-à-dire limiter l’augmentation de la température moyenne annuelle à un maximum de 2 °C, le Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a récemment rappelé qu’il nous reste seulement dix ans pour agir. Au-delà, les « points de bascule » écologiques pourraient ouvrir la voie à un emballement climatique irréversible.

Parce qu’elle fixe environ 20 % de nos émissions annuelles de carbone, la forêt française contribue à limiter le changement climatique. Cependant, les dépérissements d’arbres en Europe sont alarmants et questionnent la pérennité du puits de carbone forestier.

Mais comment préserver les forêts de ces changements tout en favorisant leur rôle de puits de carbone ? Alors que les réflexions avancent à l’échelle européenne, en particulier avec le Green Deal 2020, deux mesures principales sont prioritairement discutées en France : d’une part l’augmentation forte des coupes et la promotion du bois énergie, d’autre part le recours massif aux plantations.

Ces mesures sont supposées augmenter la fixation de carbone dans les forêts et les « produits bois » qui en sont extraits, et éviter l’émission de carbone d’origine fossile en remplaçant charbon, pétrole ou gaz par du bois. Pourtant, de tels choix ne font pas l’objet d’un consensus scientifique, voire sont en désaccord avec les résultats les plus récents.

En tant que chercheurs étudiant la réponse des forêts au changement climatique, nous voudrions rappeler certains points essentiels sur les connaissances actuelles, en espérant qu’ils éclairent les décisions à venir.

Est-ce que couper et planter plus pour stocker plus (de carbone) est compatible avec l’accord de Paris ? Les choses ne sont en fait pas si simples. En effet, d’après plusieurs études et rapports récents qui ont comparé l’effet de différents scénarios de gestion forestière sur le bilan de carbone forestier français métropolitain, intensifier fortement les coupes réduit la fixation de carbone du secteur forêt-bois dans les prochaines décennies.

De plus, pendant les années voire les décennies qui suivent les coupes à blanc, les forêts sont émettrices nettes de carbone, du fait du relargage de carbone du sol. Un argument pourtant souvent avancé est qu’une forêt « jeune » fixerait plus de carbone qu’une forêt « âgée ». Or, les études scientifiques récentes ont montré que des forêts matures continuent de fixer du carbone à des taux similaires ou supérieurs à ceux des forêts très jeunes.

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Défendre aussi les forêts de plantations

Défendre aussi les forêts de plantations

D’après Hervé Jactel, directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, les forêts créées et gérées par l’homme ne sont pas aussi riches en biodiversité que les forêts primaires, mais seront toujours plus propices au maintien des espèces sauvages qu’un champ cultivé, explique Hervé Jactel, docteur en écologie forestière.

 

Tribune.

 

Autant je suis très admiratif des travaux du botaniste Francis Hallé sur l’architecture des arbres, autant je ne comprends ni ne partage sa diatribe contre les forêts de plantations, publiée dans le journal Le Monde du 16 août (« Ne prenons plus les plantations d’arbres pour des forêts »), car la plupart de ses affirmations vont à l’encontre des derniers travaux scientifiques.

Certes, les forêts de plantations sont créées et gérées par l’homme, mais elles possèdent la plupart des attributs des forêts dites naturelles, avec une forte diversité génétique entre les arbres qui les composent (en France, seules les peupleraies peuvent être des plantations monoclonales), une disparité de leur forme et de leur hauteur qui permet un étagement de mousses, plantes herbacées et arbustes en sous-bois, ainsi que des interactions riches et complexes avec la faune et la flore.

Certes, les forêts de plantations ne sont pas aussi riches en biodiversité que les forêts primaires, mais elles sont loin d’être des déserts biologiques et resteront toujours plus propices au maintien des espèces sauvages qu’un champ de maïs ou de betteraves.

Pour ne reprendre que l’exemple des forêts de plantations de pin maritime dans les Landes, cité par Francis Hallé, plus de trois cents espèces de coléoptères se développant dans le bois y ont été recensées (soit environ 10 % de la faune française et 50 % de plus que dans les forêts boréales).

Certes les forêts de plantations bénéficient d’intrants pour améliorer leur productivité, mais ce sont essentiellement des engrais (la quasi-totalité des herbicides et pesticides de synthèse sont interdits d’usage dans les forêts françaises, y compris dans les plantations).

Ces engrais ne sont épandus qu’une seule fois, au moment de l’installation des plants, soit tous les quarante à quatre-vingts ans selon les essences de production, donc bien moins souvent que les applications annuelles après labour dans les plaines agricoles (ou les dizaines de traitements insecticides et fongicides appliqués chaque année dans les vergers de pommiers).

Caricature manichéenne

Certes, les forêts de plantations sont exploitées assez jeunes (mais là encore rarement avant quarante ou cinquante ans) et leurs arbres coupés, mais c’est pour produire le bois de construction des maisons (et au passage permettre la reconstruction de la charpente de Notre-Dame de Paris), ou le papier dont on a besoin pour imprimer les livres et les journaux (dont, en tant que lecteur quotidien du Monde, j’aurais bien du mal à me passer).

«Sauver d’urgence nos forêts».

«Sauver d’urgence nos forêts».

David Caillouel président du Syndicat des exploitants de la filière bois (SEFB) attire l’attention sur le danger de mort d’une partie de la forêt française menacée par un coléoptère xylophage.

« Alors que la France se trouve confrontée à la pandémie du Covid, les forêts françaises voient se propager de manière galopante, sous l’effet du réchauffement climatique, une épidémie de scolytes, un coléoptère xylophage qui, en s’attaquant à l’écorce des épicéas, empêche la circulation de la sève et entraîne leur mort. Dévastant, de manière alarmante, nos massifs sylvestres et entraînant la disparition de pans entiers. Commencé, il y a deux ans, dans le Grand Est et la Bourgogne-Franche Comté, ce drame sanitaire touchait fin juin 25 000 hectares et faisait passer, en six mois, les bois contaminés de 5 millions à 9 millions de m3.

En l’absence de traitement prophylactique efficace, l’abattage des bois dévorés par ces insectes mortifères puis leur évacuation des sous-bois constituent la seule façon de préserver les bois encore sains et de freiner la contamination. La capacité d’absorption par les transformateurs français (fabricants de panneaux agglomérés ou de pellets, papetiers, etc.) des résineux malades se limitant actuellement à 6 500 000 m3, l’exportation hors d’Europe en container du surplus d’épicéas scolytés reste le seul débouché. Avant tout pragmatiques, les Allemands ont, avec l’aide financière de leur gouvernement, expédié, depuis le 1er janvier, 2 258 000 m3 en Asie (contre 155 000 pour la France).

Pour avoir contribué, après les tempêtes Lothar et Martin en 1999 et Klaus en 2009, au renouvellement de nos forêts en évacuant et en exportant hors d’Europe les chablis, les exploitants forestiers sont aujourd’hui les mieux placés pour agir.

« L’Anses a autorisé depuis décembre 2019 une solution chimique pour laquelle le Ministère de l’Agriculture refuse toujours la délivrance de certificats phytosanitaires, sans donner d’explications crédibles »

Sens des responsabilités. Alors que les autorités chinoises acceptent un traitement phytosanitaire chimique, les autorités françaises imposent pour l’export un traitement thermique au prix exorbitant de 15 euros le m3, le plus souvent supérieur au coût d’achat des épicéas abattus. Pourtant, l’Anses, l’autorité en charge de l’évaluation des produits phytosanitaires, a autorisé depuis décembre 2019 une solution chimique (le Forester par brumisation en container et en zone portuaire protégée) pour laquelle le Ministère de l’Agriculture refuse toujours la délivrance de certificats phytosanitaires, sans donner d’explications crédibles. En divisant par cinq les frais phytosanitaires (de 3 euros par m3), le recours à ce traitement non-CMR (cancérogène, mutagène, reprotoxique) et non-toxique rendrait pourtant l’exportation de nos épicéas malades compétitive, endiguerait la progression géométrique galopante des scolytes et assurerait aux propriétaires privés les revenus nécessaires au reboisement, tout en permettant de réduire d’autant les aides étatiques.

Plus grave, alors que les exploitants forestiers sont le principal rempart contre la propagation du scolyte, le SEFB, leur syndicat majoritaire, est actuellement écarté par le Ministère de l’Agriculture de la cellule de crise chargée de gérer cette pandémie, dont il a pourtant été le premier a demandé la création.

On ne peut à la fois vouloir s’opposer à un fléau sanitaire dramatique et refuser de se donner les moyens d’y mettre fin. A l’instar de la mobilisation générale contre le Covid et du sens des responsabilités prôné par le Président de la République, l’avenir de nos forêts et de la filière bois nécessite de faire appel au bon sens et à la raison et, pour ce faire, d’intégrer d’urgence tous les acteurs de l’amont de la filière bois dans une cellule de crise interministérielle (à commencer par les exploitants forestiers et les experts forestiers qui en sont exclus) et de mettre en œuvre toutes les réponses (y compris phytosanitaires) susceptibles d’endiguer cette épidémie dévastatrice. Au nouveau Ministre de l’Agriculture, M. Julien Denormandie, qui a été saisi de ces graves dysfonctionnements, de prendre ses responsabilités.

Jean-François Guégan : « En supprimant les forêts primaires, nous sommes en train de débusquer des monstres »

Jean-François Guégan : « En supprimant les forêts primaires, nous sommes en train de débusquer des monstres »

Le directeur de recherche à l’Inrae travaille sur les relations entre santé et environnement. Dans un entretien au « Monde », il estime que l’épidémie de Covid-19 doit nous obliger à repenser notre relation au monde vivant.

Ancien membre du Haut Conseil de la santé publique (HCSP), Jean-François Guégan a fait partie du comité d’experts qui a conseillé la ministre de la santé Roselyne Bachelot lors de l’épidémie de grippe A(H1N1), en 2009. Directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et professeur à l’Ecole des hautes études en santé publique, il estime que l’épidémie de Covid-19 doit nous obliger à repenser notre relation aux systèmes naturels, car l’émergence de nouvelles maladies infectieuses est étroitement liée à l’impact des sociétés humaines sur l’environnement et la biodiversité.

Vous avez fait partie des experts qui ont conseillé d’acheter des masques et des vaccins en grand nombre lors de la pandémie provoquée par le virus H1N1. Comment analysez-vous la situation en France, dix ans plus tard ?

Comme beaucoup de mes collègues, j’ai été très surpris de l’état d’impréparation de la France à l’épidémie de Covid-19. Les expériences passées avaient pourtant mis en évidence la nécessité d’anticiper et de préparer l’arrivée de pandémies. Au sein du HCSP, nous avions préconisé l’achat des fameux vaccins, mais aussi la constitution d’une réserve de près de 1 milliard de masques, pour protéger la population française en cas de risque majeur, à renouveler régulièrement car ils se périment vite. Nous avions alors réussi à sensibiliser les décideurs de plusieurs ministères sur cette nécessaire anticipation. Je pensais que nous étions prêts. Au ministère de la santé, Xavier Bertrand a reconduit l’achat des masques, mais, ensuite, il y a eu un changement de stratégie. Il semble que l’économétrie ait prévalu sur la santé publique.

Comment expliquer cette difficulté à cultiver, sur le long terme, une approche préventive ?

Les départements affectés aux maladies infectieuses ont été, ces dernières années, désinvestis, car beaucoup, y compris dans le milieu médical, estimaient que ces maladies étaient vaincues. Et c’est vrai que le nombre de décès qu’elles occasionnent a diminué dans les sociétés développées. En revanche, elles sont toujours responsables de plus de 40 % des décès dans les pays les plus démunis, et on observe aussi une augmentation de la fréquence des épidémies ces trente dernières années.

Nous n’avons cessé d’alerter sur leur retour en force depuis quinze ans, sans succès. On a vu les crédits attribués à la médecine tropicale s’effondrer, des connaissances se perdre, faute d’être enseignées, même si elles perdurent encore chez les médecins du service de santé des armées, dans les services d’infectiologie et les grandes ONG humanitaires.

Les puits de carbone des forêts : pour combien de temps encore ?

 Les  puits de carbone des forêts  : pour combien de temps encore ?

un article intéressant de la Fédération nationale de l’environnement

 

 

 

« Prairies et forêts ont une capacité équivalente pour stocker le carbone dans les sols. En revanche, la biomasse aérienne des forêts est bien plus développée que celle des prairies. Elle représente ainsi près de 70% du flux annuel de carbone des forêts.

En Europe, l’effet bénéfique du puits biologique de carbone assuré par les prairies et forêts est annulé par les émissions de méthane et de protoxyde d’azote liées à l’activité agricole. Avec une agriculture relativement intensive, la France représente ainsi l’un des premiers pays émetteurs de protoxyde d’azote.

Grâce au puits de carbone forestier, le bilan atmosphérique européen des principaux gaz à effet de serre est globalement neutre, mais uniquement dans la mesure où une fraction de la croissance biologique est exploitée. En intensifiant l’exploitation forestière, la forêt risque donc d’être à l’origine d’une source significative de gaz à effet de serre.

En favorisant l’utilisation accrue du bois à des fins énergétiques, le carbone stocké est relargué dans l’atmosphère à très court terme. On risque ainsi de compromettre le bilan carbone des forêts, et par là même le bilan atmosphérique de l’ensemble de la biosphère terrestre européenne.

Il apparaît donc urgent de gérer les espaces européens pour maintenir le puits de carbone forestier.

Dans cette perspective, FNE souligne que la sous-exploitation de la ressource forestière française fréquemment évoquée doit être prise avec réserve. Une mobilisation accrue de cette ressource doit donc envisager l’ensemble des variables, en particulier les enjeux climatiques. Privilégier les usages durables du bois tels que le bois construction reste la meilleure alternative pour concilier production accrue et maintien du rôle de puits de carbone des forêts.

Pour FNE, la production de bois énergie doit rester clairement encadrée. En aucun cas les espaces forestiers ne doivent être dédiés exclusivement à cette production, qui doit rester limitée aux terres agricoles. De plus, l’utilisation des rémanents d’exploitation, éléments essentiels au maintien du fonctionnement des sols et de l’écosystème forestier, ne constitue pas une alternative durable. Au final, la combustion du bois transformé en fin de vie et des déchets de transformation reste la meilleure formule de valorisation énergétique.

 

PLUS VERT ET PLUS FEUILLU

Sans tenir compte du rythme auquel la photosynthèse a augmenté, les scientifiques s’accordent à dire que l’excédent de carbone agit comme un engrais pour les plantes en favorisant leur croissance.

« Il existe des preuves d’un feuillage des arbres plus abondant et d’une présence de bois plus importante, » explique Cernusak. « Le bois est en fait la partie qui absorbe le plus de carbone dans la masse totale de la plante. »

Les scientifiques du laboratoire national d’Oak Ridge ont remarqué que lorsqu’une plante est exposée à des niveaux en CO2 croissants, la taille des pores de ses feuilles augmente.

Dans le cadre de l’une de ses recherches expérimentales, Sendall a exposé des plantes à une concentration en CO2 égale au double de leur exposition habituelle.

Dans ces conditions, avec une augmentation drastique de leur exposition au CO2, « la composition des tissus de leurs feuilles était légèrement différente, » dit-elle. « Ce qui les rendait plus difficiles à manger pour les herbivores et moins accueillantes pour la croissance des larves. »

 

POINT DE BASCULE

Les niveaux atmosphériques de CO2 augmentent et on suppose que les plantes finiront par ne plus pouvoir tenir le rythme.

« La réponse du puits de carbone à une augmentation du CO2 atmosphérique reste à ce jour la plus grande inconnue à l’échelle mondiale dans les modélisations du cycle carbone, ce qui contribue grandement à l’incertitude qui règne dans les prévisions du changement climatique, » peut-on lire sur le site Web du laboratoire national d’Oak Ride.

Le défrichement des terres pour l’élevage ou l’agriculture et les émissions des carburants fossiles sont les facteurs les plus influents sur le cycle du carbone. Si ces deux éléments ne sont pas considérablement freinés, les scientifiques affirment que l’on atteindra inévitablement un point de bascule.

« Une plus grande partie du CO2 que nous émettons restera dans l’air, les concentrations en CO2 augmenteront donc rapidement et le changement climatique s’accélérera, » explique Danielle Way, écophysiologue à l’université de Western Ontario, au Canada.

 

Les scientifiques de l’université d’Illinois et du ministère de l’Agriculture des États-Unis ont mené des expériences visant à modifier génétiquement les plantes pour qu’elles puissent stocker plus de carbone. Une enzyme appelée rubsico est responsable de la captation du CO2 par photosynthèse et les scientifiques souhaitent accroître son efficacité.

Récemment, des essais de semences modifiées ont montré que le renforcement du rubisco augmentait l’efficacité de la plante d’environ 40 %. L’utilisation à grande échelle commerciale de cette enzyme végétale modifiée pourrait toutefois prendre plus de dix ans à mettre en place. Pour l’instant, les tests n’ont été réalisés qu’avec les cultures les plus communes comme le tabac et on ne connaît pas précisément les effets du rubisco sur les arbres qui occupent un rôle prépondérant dans la captation du carbone.

En septembre 2018, des groupes environnementaux se sont réunis à San Francisco pour élaborer un programme de sauvegarde des forêts, un élément naturel qui, selon eux, est la « solution climatique oubliée. »

« Je pense que les décideurs politiques devraient réagir à nos résultats en prenant conscience que la biosphère terrestre agit pour le moment comme un puits de carbone efficace, » conclut Cernusak. « Il faut prendre des mesures immédiates pour protéger les forêts afin qu’elles puissent continuer à agir de cette façon et, parallèlement, fournir les efforts nécessaires à la décarbonisation de notre production d’énergie. »

 

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

 

Les forêts tropicales risquent de produire plus de CO2 qu’elles n’en absorbent

Les forêts tropicales risquent de produire plus de CO2 qu’elles n’en absorbent  

 

Actuellement, ces forêts représentent 50% des capacités mondiales de séquestration de carbone, mais elles atteignent rapidement la saturation. Début mars 2020, des chercheurs ont même averti que bientôt (dans 15 ans environ pour la forêt amazonienne), les forêts tropicales produiraient plus de carbone qu’elles n’en captent.

 

Les arbres diminuent la quantité de CO2 dans l’atmosphère, quand la quantité de carbone qu’ils absorbent à travers la photosynthèse dépasse le CO2 émis à leur mort, dans un incendie, après une sécheresse ou à cause de la déforestation. Cette capacité de captation chute plus vite en Amazonie que dans les forêts d’Afrique subsaharienne.

Une équipe d’une douzaine de chercheurs, en Europe et en Afrique, a suivi la croissance des arbres et leur mortalité sur une période de cinquante ans dans des forêts africaines. Ils ont ensuite comparé ces données à des informations similaires sur la forêt amazonienne.

Conclusion, si certaines forêts ont grandi plus vite, dopées par le dioxyde de carbone dans l’atmosphère, ces maigres gains sont effacés par les arbres tués par les feux, les sécheresses et les pics de température. En extrapolant ces données sur les 20 prochaines années, leur étude, publiée dans le journal scientifique Nature, estime que la capacité des forêts africaines à absorber le carbone va décliner de 14% d’ici à 2030, et que celle de l’Amazonie va atteindre zéro avant 2035.

« Cette baisse est en avance de dizaines d’années sur les prédictions les plus pessimistes« , souligne Wannes Hubau, un expert des écosystèmes forestiers au Musée royal de l’Afrique centrale, à Bruxelles. « La mortalité est une étape naturelle du cycle de la vie des arbres de forêt. Mais en injectant autant de CO2 dans l’air, nous avons accéléré ce cycle« , a-t-il déclaré à l’AFP.

 

Des forêts urbaines à Paris ou des bosquets ?

Des forêts urbaines à Paris ou des bosquets ?

 

 

Comme la plupart des responsables politiques, Anne Hidalgo, maire de Paris, sacrifie aussi à la mode écolo en annonçant la création de quatre forêts urbaines à Paris. Compte tenu de l’espace disponible on pourrait plutôt parler bosquets à moins de raser un arrondissement et de le reboiser totalement. Ce discours de végétalisation des de l’espace public des métropoles qui ne cesse de grandir laisse en effet perplexe. Il serait sans doute plus rationnel et plus naturel de développer l’urbanisme de manière plus équilibrée  entre les zones très denses et les zones moins densifiées. On parle  le même de la perspective d’une agriculture urbaine sur les toits! Bref de transférer la Beauce à Paris. Bien entendu chacun ne peut que se satisfaire d’un effort pour améliorer le cadre de vie urbain mais de là à y transférer la campagne il y a un pas que n’ont franchi que les humoristes.

Des forêts de plus en plus menacées dans le monde

Des forêts de plus en plus menacées dans le monde

 

 

En vingt-cinq ans, leur superficie a diminué d’une surface équivalente à deux fois la France d’après un article du Figaro. . Les forêts jouent pourtant un rôle fondamental dans la lutte contre la pauvreté rurale, le réchauffement climatique et le maintien de la biodiversité. Le recul de la forêt se poursuit sur le globe mais à un rythme deux fois moins soutenu qu’il y a un quart de siècle. «Au cours des vingt-cinq dernières années, le taux de déforestation net mondial a ralenti de plus de 50%», indique un rapport très complet sur le sujet de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur le sujet publié à l’occasion du Congrès forestier mondial qui se tient cette semaine à Durban, en Afrique du Sud, avec 234 pays participants. Il est passé de 0,18% dans les années 1990 à 0,08% au cours de la période 2010-2015. Alors qu’en 1990, les forêts représentaient près de 4,13 milliards d’hectares soit 31,6% de la superficie mondiale des terres, en 2015 elles n’en représentent plus que 30,6%, soit une perte d’un peu moins de 130 millions d’hectares. Cela correspond à l’équivalent de la disparition d’un pays grand comme deux fois la France. Deux facteurs majeurs expliquent le recul des massifs forestiers. Tout d’abord, l’augmentation de la population mondiale entraîne la disparition de la forêt primaire, comme par exemple en Amazonie, au profit de gigantesques parcelles agricoles. En outre, plus de la moitié des habitants de la planète se concentre désormais dans les villes. Cette urbanisation croissante provoque la conquête de nouveaux espaces sur les massifs forestiers notamment destinés à construire des logements et les infrastructures qui les accompagnent. La route transamazonienne, longue de 4.223 km et qui relie le Pérou à l’Atlantique, en est la plus emblématique illustration. Les forêts jouent pourtant un rôle fondamental dans la lutte contre la pauvreté rurale en assurant la sécurité alimentaire et en fournissant aux habitants des moyens de subsistance. «Elles offrent aussi des services environnementaux vitaux comme l’air pur et la purification de l’eau tout en participant à la conservation de la biodiversité et à la lutte contre le changement climatique en diminuant les émissions de carbone», ajoute-t-il. Géographiquement, les plus grandes pertes de la superficie forestière du monde se situent dans l’hémisphère sud, des régions où la démographie est forte. C’est en Afrique et en Amérique du Sud que l’on enregistre le recul le plus fort de la forêt au cours des cinq dernières années avec respectivement 2,8 millions et 2 millions d’hectares. En revanche, la forêt a progressé dans de nombreux pays au monde et non des moindres. Les trois premiers où elle a crû le plus vite sont, par ordre d’importance, la Chine (+1,5 milliard d’hectares), l’Australie et le Chili. La France se classe 10ème avec un gain de 113.000 hectares par an.

 




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