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Covid Guadeloupe : une situation socio-économique surtout dégradée

Covid  Guadeloupe : une situation socio-économique surtout dégradée

Selon le géographe Laurent CHALARD, le fort taux de chômage et les limites des services publics de l’archipel figurent parmi les causes de cette crise.

 

- Sur fond de crise sanitaire, la colère des habitants de la Guadeloupe s’exprime. Qu’est-ce qui en est à l’origine ?

Laurent CHALARD. -

 

 L’obligation vaccinale pour les soignants, énième mesure coercitive mise en place par l’État central en Guadeloupe face à la crise sanitaire du Covid-19 constitue la petite goutte qui a fait déborder le vase, à l’origine du mouvement de contestation des derniers jours dans ce territoire de la France périphérique qui connaît une situation socio-économique particulièrement dégradée sur le modèle de ce qui s’est passé en Guyane en 2017, même si les motifs de mécontentement ne sont pas totalement identiques.

En effet, après plusieurs décennies de départementalisation, le niveau de vie de la Guadeloupe demeure sensiblement inférieur à la France métropolitaine et les secteurs d’activité dominants connaissent une crise certaine. D’un côté, l’agriculture et l’agro-alimentaire (cultures de la banane, de la canne à sucre et leurs dérivés) déclinent au fur et à mesure du temps, se maintenant principalement grâce aux subventions de l’État et de l’Union européenne, la production n’étant pas concurrentielle sur le marché mondial. D’un autre côté, le tourisme (et son corollaire le BTP) qui se portait plutôt bien avant la crise sanitaire, la fréquentation étant en hausse, est touché de plein fouet par les mesures internationales de limitation des déplacements, la clientèle étrangère, en particulier nord-américaine, n’étant plus au rendez-vous.

L’emploi public est le principal employeur départemental avec le tourisme.

En conséquence, du fait de l’absence de diversification du tissu économique, l’industrie étant marginale (7 % de la population active travaille dans le secteur en 2018 selon l’Insee, mais essentiellement dans l’agro-alimentaire), l’emploi public est le principal employeur départemental avec le tourisme. Il s’est consécutivement développé un système économique pervers, les revenus issus de l’emploi public ou du tourisme alimentant une consommation de produits importés aux prix élevés, étant donné l’éloignement des grands pôles fournisseurs, sans développement d’une production endogène, l’argent n’étant pas réinvesti localement. D’une certaine manière, la Guadeloupe fait penser aux pays rentiers du Moyen-Orient, à la différence que la rente n’est pas liée aux hydrocarbures mais à l’emploi public.

Cette situation entraîne une interrogation sur la remise en cause du modèle de développement de l’Outre-Mer français, qui n’apparaît pas soutenable à long terme, ce que nos dirigeants se doivent de prendre en compte.

Comment expliquer le fort tôt de chômage sur ce territoire ? Quelles en sont les conséquences ?

Le fort taux de chômage en Guadeloupe, de 21 % au sens du BIT en 2021 mais de 28,8 % selon les chiffres du recensement de l’Insee en 2018, plus fiables car reposant sur le déclaratif, s’explique simplement par le décalage entre le nombre d’emplois et le nombre d’actifs présents sur le territoire. En effet, le département n’offre que 126 201 emplois en 2018 alors que la population active est de 171 980 personnes, d’où un nombre de chômeurs conséquent, de près de 50 000 personnes. Le taux d’actifs occupés n’est d’ailleurs que de 50 % de la population contre près de 65 % en France métropolitaine. C’est essentiellement le produit d’une situation héritée, la légère progression de l’emploi entre 2008 et 2018 ayant été très largement insuffisante pour résorber le chômage de masse, malgré la baisse de la population active.

Il s’ensuit que l’émigration des Guadeloupéens vers la France métropolitaine, qui s’était tassée dans les années 1990, est repartie fortement à la hausse dans les années 2010, avec, par exemple, un déficit migratoire estimé par l’Insee à -1,1 % par an entre 2013 et 2018, retrouvant un taux constaté dans les années 1970. C’est le témoignage de l’ampleur de la dégradation de l’économie locale, les jeunes actifs n’ayant aucune perspective d’avenir. À l’arrivée, la population de la Guadeloupe a diminué depuis 2013 de près de 15 000 habitants, soit un déclin conséquent, mettant fin à des décennies de croissance. Or, rappelons qu’à l’échelle départementale en France, une perte de population est, en règle générale, synonyme d’un déclin économique marqué.

Comment expliquer que dans un territoire français le chômage et l’illettrisme culminent à 20%, quand les hôpitaux sont submergés et que les habitants subissent des coupures d’eau ?

Le faible niveau de qualification et d’instruction d’une partie de la population guadeloupéenne s’explique par deux principales raisons.

La première tient au profil d’émigration de l’archipel. En l’absence de grandes écoles et d’universités réputées, ce sont d’abord les jeunes les plus diplômés qui quittent le territoire, étant condamnés à poursuivre leurs études en France métropolitaine pour y trouver ensuite un emploi correspondant à leur niveau de qualification, comme ce que l’on constate dans la France périphérique. Ce processus sous-entend que les personnes les moins diplômées issues des familles les plus paupérisées, qui maîtrisent le moins bien la langue française, restent plus souvent sur place que les autres catégories de la population.

Si la Guadeloupe apparaît comme pauvre vue de métropole, par contre, pour les populations issues des États les moins argentés des Caraïbes, elle est perçue comme une oasis de richesse, d’où un mouvement d’immigration.

La seconde raison relève aussi de la question migratoire, mais cette fois-ci concerne l’immigration. Si la Guadeloupe apparaît comme pauvre vue de métropole, par contre, pour les populations issues des États les moins argentés des Caraïbes, elle est perçue comme une oasis de richesse, d’où un mouvement d’immigration depuis plusieurs décennies. En conséquence, la Guadeloupe abrite une communauté immigrée haïtienne arrivée récemment, constituée de plusieurs dizaines de milliers de personnes si l’on comprend leurs descendants, qui est mal insérée dans la société guadeloupéenne et dont le niveau éducatif et de maîtrise de la langue française est très bas.

Les services publics font-ils défaut ? Est-ce comparable avec la situation dans les territoires périphériques de la métropole ?

Au niveau des services publics, aussi paradoxal que cela puisse paraître alors que les revenus de l’archipel dépendent en premier lieu de l’emploi public, ils sont loin d’être la hauteur, d’autant que l’État a eu, comme ailleurs en France, tendance à se désengager dans le domaine ces dernières années. Aujourd’hui, il existe deux principales défaillances en Guadeloupe : la santé et l’assainissement des eaux.

Concernant la santé, le département est l’un des principaux déserts médicaux français selon une étude de la Drees parue en 2020, avec la Guyane et la Martinique, ce qui est problématique dans un contexte de vieillissement de la population, qui n’a pas été anticipé par les autorités. Pendant longtemps, l’archipel s’est caractérisé par une structure par âge très jeune, donc il n’y avait pas de réels besoins de s’occuper des plus anciens. Or, aujourd’hui, dans un contexte de réduction de la fécondité, d’augmentation de l’espérance de vie et d’émigration des jeunes, le vieillissement s’accentue fortement. Les plus de 60 ans représentent 25,6 % de la population en 2018, soit une hausse de 40 % de leurs effectifs depuis 2008, alors que la population totale diminuait. Cette population âgée étant la plus susceptible d’avoir recours au système de santé, il apparaît donc logique que les hôpitaux aient du mal à s’adapter à cette nouvelle donne, la crise sanitaire mettant très facilement le système à bout.

Concernant l’assainissement et l’approvisionnement en eau potable, ce sont des services publics qui reposent sur des infrastructures lourdes (châteaux d’eau, stations d’épuration, canalisations…) qui nécessitent d’être entretenues régulièrement. Or, ces dernières n’ont pas toujours suivi la croissance démographique, qui a été intense par le passé, d’autant que certains quartiers d’habitat plus ou moins insalubre subsistent.

La situation des services publics en Guadeloupe est donc partiellement comparable à celle de la France périphérique métropolitaine. Cependant, touchant des territoires à l’histoire différente, la logique n’est pas la même. Dans la France périphérique métropolitaine, les services publics déclinent, tandis qu’en Guadeloupe ils n’ont jamais été à la hauteur des enjeux.

Grèce : à nouveau dégradée par Standard and Poor’s

Grèce :  à nouveau dégradée par Standard and Poor’s

 

Encore une  dégradation de la note de la Grèce suite à enlisement des discussion avec la commission européenne ; Du coup  la Grèce qui empruntait déjà à des taux de plus de 10% ( alors que les autres pays empruntaient entre 0 et 1%) va payer encore très cher ses éventuels emprunts. On va approcher les 15% d’autant que la note pourrait encore être déscendue. Encore faudrait-il trouver un préteur car les risques de défaut de la Grèce vont refroidir nombre de banques. Hier la Grèce  s’est dite « prête à discuter » de nouvelles concessions sur le plan budgétaire afin de parvenir à un accord avec ses créanciers sur le déboursement d’une aide financière vitale, a indiqué mercredi une source gouvernementale grecque à Bruxelles.  « Nous sommes prêts à discuter de l’excédent budgétaire », a affirmé cette source, alors que des désaccords sont apparus sur ce point sensible lors des dernières négociations avec la Commission européenne.   »Nous cherchons un objectif commun sur l’excédent budgétaire », a insisté cette source, espérant « être plus près d’un accord » jeudi à l’issue du sommet entre l’Union européenne et les pays d’Amérique latine et des Caraïbes. « Il est très difficile pour la partie grecque de faire plus de concessions, mais nous sommes disposés à discuter pour trouver une solution. Il n’y a pas d’accord pour un excédent à 1% mais on discute, la question est sur la table », a-t-elle ajouté. Un désaccord est apparu entre Athènes et ses créanciers sur les cibles budgétaires que doit atteindre le pays.  Alors qu’ »un accord sur l’excédent budgétaire primaire semblait acquis » autour de l’objectif voulu par les créanciers de 1% du PIB en 2015, Athènes a proposé un solde de 0,75%, dans la proposition transmise dans la nuit de lundi à mardi, a expliqué un responsable européen. Or, ce chiffre est capital car il conditionne le montant des économies à réaliser par la Grèce. Malgré une rencontre entre Tsipras, Merkel et Hollande aucun accord n’a encore été trouvé hier. Ce qui a notamment conduit  l’agence de notation Standard and Poor’s a abaissé encore davantage mercredi la note de la Grèce à « CCC », au lieu de CCC+ précédemment, soulignant que sans accord avec ses créanciers, Athènes devrait faire défaut sur sa dette dans les douze mois. La perspective de la note est négative ce qui implique que S&P pourrait l’abaisser encore davantage si aucun progrès n’est enregistré dans les négociations en cours entre le gouvernement grec et ses créanciers de l’Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI).

La France dégradée par Fitch

La France dégradée par Fitch

 

 

C’est surtout le manque de croissance en France  ( prévion de qui a été sanctionné par l’agence de notation  Fitch car ce manque de croissance (seulement 1% % en 2015 et 1.5% en 2016) ne  permettra pas d’atteindre les objectifs de rééquilibrage des comptes.  Fitch Ratings a donc baissé vendredi la note souveraine de la France d’un cran à « AA » contre « AA+ » auparavant en l’assortissant d’une perspective stable. Fitch ajoute que la faiblesse de l’économie française met en péril les perspectives à la fois de consolidation budgétaire et de stabilisation du ratio d’endettement public. L’agence de notation avait placé la note à long terme « AA+ » de la France en « rating watch negative » le 14 octobre. Dans une note diffusée vendredi matin, les économistes de Société générale estimaient que l’impact sur le marché d’une éventuelle dégradation « devrait être limité ». L’agence Moody’s a quant à elle maintenu le 19 septembre la perspective négative sur la note « Aa1″ qu’elle donne à la France, soit la deuxième meilleure note. Standard and Poor’s a pour sa part baissé la note de la France une première fois en janvier 2012 et une deuxième fois en novembre 2013, à « AA ». L’agence a révisé la perspective de stable à négative le 10 octobre.

 

La France n’est pas dégradée par Moody’s

La France n’est pas dégradée par Moody’s

 

Les taux relativement bas devraient continuer pour la France (et une grande partie de l’Europe) Moody’s vient de décider de maintenir la note de la France. Moody’s justifie sa décision en expliquant que, bien que soumise à des pressions défavorables, la France conserve des avantages importants, parmi lesquels « des taux de financement très bas, qui traduisent un socle d’investisseurs solide et diversifié et un contexte de rendements bas très favorable, qui ne devrait se dissiper que très progressivement au fil du temps ». L’agence ajoute avoir également pris en compte « l’engagement renouvelé du gouvernement à accélérer le rythme des réformes structurelles ». Elle estime que « les niveaux de popularité historiquement faibles du gouvernement reflètent les pressions auxquelles il est soumis » mais note que « le récent vote de confiance parlementaire a réaffirmé son mandat législatif pour mettre en œuvre une série de réformes susceptibles de favoriser la croissance. » Pour Moody’s, le maintien de la perspective négative traduit entre autres les risques de voir la situation économique et budgétaire de la France continuer de décliner pour tomber à un niveau incompatible avec le maintien de la note Aa1. Ses analystes prévoient une croissance de 0,4% seulement cette année et 0,9% en 2015, avant une accélération qui la porterait à 1,4% d’ici 2018. Ils jugent que le déclin continu de la croissance française depuis la crise financière « reflète en partie une perte progressive de compétitivité ». Moody’s avait retiré à la France sa note Aaa le 19 novembre 2012. Standard and Poor’s a quant à elle baissé la note de la France une première fois en janvier 2012 et une deuxième fois en novembre 2013, à AA, tout en l’assortissant d’une perspective stable.

France dégradée : une catastrophe pour Hollande ( Alexis Brézet)

France dégradée : une catastrophe pour Hollande ( Alexis Brézet)

 

Pour Alexis Brézet, la dégradation de la note de la France par Standard & Poor’s est la sanction d’une faillite économique mais aussi politique. Pierre Moscovici s’est montré rassurant, expliquant que la nouvelle notation de la France, AA, « demeure parmi les plus élevées« . Arnaud Montebourg s’est voulu combatif, déclarant sur Europe 1 qu’il n’accorde « aucun crédit aux agences de notation qui dissimulent un certain nombre de cadavres dans leur placard ». C’est la même chanson que la droite avait entonnée en janvier 2012 lorsque la France avait perdu son AAA. Mais la dégradation de la note française par l’agence de notation Standard & Poor’s, vendredi 8 novembre, est une condamnation absolue et sans appel de la politique économique suivie depuis 18 mois. L’agence dit la même chose que la Commission européenne et la Cour des comptes : la politique menée par François Hollande, qui consiste à augmenter tous les impôts sans véritable réforme ni économie, est un échec total. Les impôts étouffent la croissance, le laisser-aller budgétaire nourrit les déficits. La conjonction d’une croissance faible et des déficits forts interdit tout espoir d’infléchir la courbe du chômage. C’est la sanction d’une faillite économique mais aussi d’une faillite politique. Les deux sont liées : l’agence ne se contente pas de dire que notre politique économique est un échec mais évoque « le mécontentement grandissant de l’opinion publique » et « l’absence de soutien populaire aux réformes ». En clair, elle dit que François Hollande est coincé, que le ras-le-bol fiscal lui interdit d’augmenter les impôts  et qu’il est trop affaibli pour imposer des économies. S&P estime donc que, dans ces conditions, les déficits et la dette vont continuer à progresser. Autant qu’une erreur économique, l’agence sanctionne une crise d’autorité.




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