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L’or valeur refuge face aux risques de récession ?

L’or valeur refuge face aux risques de récession ?

 

Un article intéressant d Capital qui rappelle l’évolution de l’or.

« L’or est un placement millénaire, qui a fait ses preuves sur la durée. Traditionnelle valeur refuge en période de stress sur les marchés d’actions, il présente l’avantage d’être un actif tangible, qui n’est la dette de personne (contrairement aux obligations d’Etat). Il permet aussi d’éviter de subir la dévalorisation tendancielle des monnaies et tend à absorber l’inflation sur la durée. A cet égard, “un éleveur a indiqué qu’il achetait une vache pour la même quantité d’or qu’il y a 40 ans, même si son prix exprimé en euros ou en francs français n’est plus du tout le même”, rapporte ainsi Christophe Charve, collaborateur du livre Le Franc, les monnaies et directeur produit or investissement chez Or en Cash.

“L’or constitue un rempart historique face à l’inflation”, renchérit François de Lassus (CPoR Devises). Contrairement à des devises comme le dollar, l’euro ou le yen, manipulées par les banques centrales (planche à billets…), « l’or bénéficie de sa relative rareté, n’est adossé à aucune institution et préserve sa valeur et son pouvoir d’achat sur longue période », souligne l’expert… Depuis 1900, toutes les grandes devises ont vu leur valeur s’effondrer face à l’or. Reste que “s’il est généralement considéré comme une couverture contre l’inflation, le cours de l’or a surtout suivi les rendements réels (les taux d’intérêt réels, c’est-à-dire les taux d’intérêt moins l’inflation, NDLR) au cours de la dernière décennie. Si ceux-ci chutent, le prix de l’or a, quant à lui, tendance à augmenter”, souligne Johannes Muller, responsable de la recherche macroéconomique chez le géant allemand de la gestion d’actifs DWS.

 

Et cela n’a rien d’étonnant. En effet, l’or est un placement qui ne génère pas de revenus (seule la hausse de son cours est source d’enrichissement pour l’investisseur), ce qui présente pour l’investisseur un coût d’opportunité quand les taux d’intérêt réels sont élevés. L’or bénéficie ainsi logiquement d’un phénomène d’arbitrages favorables quand les taux d’intérêt réels diminuent… “Comme l’or ne rapporte pas d’intérêts ni de dividendes, les investisseurs gardent toujours un œil sur les coûts d’opportunité de la détention d’or, c’est-à-dire la perte de revenu régulier qui aurait été générée par un investissement dans d’autres placements”, relève à cet égard Johannes Muller.

Pour ce faire, on peut simplement se référer au rendement des obligations du gouvernement américain. Généralement, plus le taux d’intérêt est bas, plus l’or devient attractif, toutes choses égales par ailleurs. Dans l’illustration ci-dessous, DWS montre que “si l’on divise le rendement nominal américain en deux composantes, le rendement réel et les attentes d’inflation, il devient évident qu’historiquement, du moins depuis le début de la crise financière, les rendements réels ont montré une évolution parallèle (avec une échelle inversée, NDLR) avec le prix de l’or”.

Depuis la crise financière de 2008-2009 et celle de la zone euro de 2011-2012, les grandes banques centrales ont mené une politique monétaire ultra-accommodante, avec des taux d’intérêt très bas. Une politique qui “contribue de manière significative à l’attractivité de l’or”, relève Johannes Muller, pour qui l’influence des banques centrales sur les marchés ne devrait pas diminuer de sitôt. “La récente remontée du prix de l’or à plus de 1.500 dollars l’once s’est accompagnée d’une prise de conscience croissante des investisseurs qu’ils ne devraient pas compter pour l’instant sur les hausses de taux d’intérêt des grandes banques centrales. Ce n’est pas une coïncidence”, estime l’expert.

Les banques centrales – et celles des pays émergents en particulier (RussieChine, Pologne, Kazakhstan…) – soutiennent aussi le cours de l’or en en achetant massivement. Elles comptent parmi les plus gros acheteurs sur le marché de l’or depuis la crise financière. “En 2018, elles ont acheté 651,5 tonnes, soit plus qu’à tout autre moment depuis au moins 1971, année où les États-Unis ont mis fin à l’ancrage du dollar à l’or”, rapporte Johannes Muller. Et dernièrement, la banque centrale de Pologne en a acheté pour 100 tonnes d’un coup. En définitive, les banques centrales tendent à influencer le prix de l’or par plusieurs biais… »

BCE : face aux incertitudes…on attend !

BCE : face aux incertitudes…on attend !

 

C’était la dernière réunion de la BCE que présidait Mario Draghi. Sans doute pour laisser la meilleure image possible, il a décidé de ne rien décider. Pourtant la période n’a jamais été aussi chargée d’autant d’incertitudes. Alors que la plupart des experts ont  tenté de se rassurer en espérant un rebond économique au second semestre mais les perspectives de croissance sont encore en baisse. Par exemple,  des pays comme l’Allemagne vont frôler la récession.

“Les perspectives ne cessent d’empirer”, a pourtant déclaré Mario Draghi, lors de sa traditionnelle conférence de presse, ajoutant que le rebond un temps espéré au second semestre était “moins probable.” Face au risque la BCE a seulement promis pour plus tard une politique plus accommodante. En faite, on attend sans doute les décisions de la Fed la parenthèse banque centrale des États-Unis pour suivre la tendance. Et on reprendra le rachat d’actifs le moment venu. La vérité sans doute c’est que la banque centrale européenne comme d’ailleurs les autres banques centrales sont prisonnières financiers portées à bout de bras par la machine à billets. Un resserrement de la politique monétaire serait susceptible de faire exploser plusieurs bulles. Il n’y a donc d’autres solutions que la fuite en avant.

La promesse de plus en plus explicite de nouvelles mesures de stimulation monétaire vise à soutenir la confiance dans une économie de la zone euro embourbée dans une récession manufacturière qui menace de remettre en cause les fragiles acquis des années d’assouplissement massif.

Si la confiance des ménages, le marché de l’emploi et le crédit au secteur privé résistent, plusieurs indicateurs récents sur le climat des affaires dans l’industrie dressent un tableau particulièrement sombre et font craindre que la faiblesse de la demande extérieure, en partie liée aux tensions commerciales, se propage aux marchés intérieurs.

La faiblesse des indicateurs conjoncturels, en particulier dans les secteurs manufacturier et exportateur, moteurs de la reprise au sein de la zone euro, plaide pour une nouvelle stimulation monétaire.

L’indicateur Ifo du climat des affaires en Allemagne pour le mois de juillet, publié dans la matinée de jeudi, a enregistré une dégradation plus forte qu’attendu et alimenté les craintes de récession du secteur manufacturier de la première économie européenne.

“Il n’y a de près ou de loin aucun signe d’une reprise au second semestre qui était espérée dans de nombreux endroits”, a dit Jörg Krämer, économiste de Commerzbank. “L’Allemagne est dans une zone grise entre un ralentissement marqué et une récession.”

A trois mois de la fin de son mandat de huit ans à la tête de la BCE, Mario drag I n’a pas pris de décision est en quelque sorte à repasser le bébé à Christine Lagarde dont les marges de manœuvre seront très étroites d’autant plus que la conjoncture se sera encore dégradée la fin d’année

Trump propose une rencontre à Kim Jong: pour sauver la face

Trump propose une rencontre  à Kim Jong: pour sauver la face

Inutile de tourner autour du pot, la politique de Trump vis-à-vis de la Corée du nord a tourné au fiasco. Trump  devait obtenir des assurances sur le contrôle des armements y compris nucléaires de la Corée du Nord. En fait il n’a strictement rien obtenu et le pire c’est que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a organisé une réception du chef d’État chinois à grand renfort de trompettes. Trump avait promis comme d’habitude monts et merveilles vis-à-vis des nouvelles relations entre les États-Unis et la Corée du Nord mais sa maladresse autant que la mauvaise foi de ses interlocuteurs ont abouti un échec total. Pour donner l’illusion à son électorat, trump en est réduit à proposer au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un de lui serrer la main dans la zone démilitarisée et cela sans aucune contrepartie. La vérité c’est que Trump est déjà en campagne électorale et que vis-à-vis de son électorat il convient de faire semblant d’avoir obtenu un succès en Corée du nord.

Aucune rencontre avec le numéro un du régime nord-coréen ne figure au programme de son déplacement en Corée du Sud, mais Trump a créé la surprise en tweetant samedi depuis Osaka. “Quand je serai là-bas, si le dirigeant nord-coréen Kim voit cela, je le rencontrerai à la frontière/DMZ juste pour lui serrer la main et dire bonjour (?)”.Trump et Kim se sont rencontrés à deux reprises déjà, à Singapour le 12 juin 2018 pour un sommet historique, puis à Hanoï fin février – une rencontre qui s’est achevée sur un constat d’échec.

Face à la crise et à Macron : où sont les intellectuels ?

Face à la crise et à Macron : où sont les intellectuels ?

En ces temps de troubles économiques, sociaux, politiques, les intellectuels font preuve d’une grande discrétion. Ou sont aujourd’hui Bourdieu, Claude Levi Strauss, Sartre, Aron, Barthe, Michel Foucault  s’interrogent certains. Justement Michel Foucault avait pressenti le changement de statut de l’intellectuel en constatant la fin de l’intellectuel universel par l’intellectuel spécifique du fait de l’évolution de la démocratie et des techniques. Le monde a connu sans doute en quelques dizaines d’années davantage de changements que pendant des siècles et des millénaires dans les domaines économiques, sociaux, politiques, environnementaux et culturels. Un seul exemple un salarié consacrait 70 % de son temps sous Napoléon Ier, aujourd’hui il n’en consacre que 10 %. En outre,  le processus d’évolution s’est encore accéléré au cours des 10 à 20 dernières années. Sur le plan économique,  les changements affectent à la fois la nature des biens mais aussi leur mode de production et de distribution. Témoin, l’évolution des populations actives. En 1800 l’agriculture occupée 75 % des Français, en 1900 autour de 40 %, en 1970, 10 %, aujourd’hui moins de 4 %. Pour l’industrie dans les années 50, le secteur occupait  environ 40 % de la population, aujourd’hui en France c’est environ 10 %. Par contre les services se sont considérablement développés pour représenter à peu près 80 % des emplois aujourd’hui. Des mutations qui bouleversent évidemment les activités, les qualifications les emplois, aussi leur localisation.- D’une certaine façon, l’économie s’est à la fois dématérialisée et internationalisée avec des processus de production et de distribution de plus en plus complexes ;  à telle enseigne qu’il est bien difficile de savoir quelles sont les produits réellement français tellement sont imbriquées les éléments des modes de production. L’autre facteur explicatif marquant, lié aux autres, est l’émergence des pays en développement dont beaucoup étaient condamnés à la quasi famine il y a une cinquantaine d’années et qui commencent à accéder à des niveaux de vie plus décents. Des pays qui deviennent parfois concurrents et qui contraignent les anciens pays occidentaux à se  spécialiser  sur des productions à plus forte valeur ajoutée. Des pays concurrents mais aussi clients qui achètent les biens de l’industrie aéronautique, spatiale, navale, automobile, ferroviaire, nucléaire ou encore du BTP et de l’armement. Progressivement ces pays s’approprient aussi certaines techniques, ce qui contraint les pays occidentaux à de nouveaux progrès technologiques. Finalement ces échanges internationaux participent du progrès économique et social global sous réserve toutefois que les balances commerciales soient équilibrées, ce qui est loin d’être le cas pour la France dont la balance des échanges de biens est dramatiquement dans le rouge. Cela en raison des rigidités structurelles propres au pays. Notons aussi que la financiarisation des économies a largement déplacé les centres de décision et de répartition des richesses. Des mutations qui ont cependant permis un accès beaucoup plus large à des produits et services qui satisfont de nouveaux besoins. Même si on peut –et-on doit- contester l’utilité de certaines productions ou leurs conditions de production et d’utilisation qui portent atteinte à la santé et à l’environnement.  Pour l’avenir 50 % des  emplois pourraient être supprimés ou transformés dans les 30 ans mais en même temps à peu près la moitié des nouveaux produits et services sont aujourd’hui inconnus. Face à toutes ces mutations, trois  grandes perspectives politiques émergent, soit le laisser aller qui laisse au seul marché le soin de réguler, soit le repli sur les frontières intérieures, soit une régulation qui prenne en compte la dynamique des marchés en même temps que l’intérêt général. Un dernier équilibre particulièrement difficile à trouver qui exige une grande compétence socio-économique, aussi du courage. Il faudrait évidemment développer de manière autrement plus complète les phénomènes décrits précédemment (comme l’accroissement des inégalités de concurrence et de revenus).  Des mutations qui affectent le champ économique, social, technologique environnemental et politique où les connaissances spécifiques se sont développées mais de manière le plus souvent éclatée de sorte qu’on a perdu la cohérence entre ces différentes dimensions. Il n’existe plus d’intellectuels susceptibles d’embrasser la totalité de ces connaissances pour les resituer avec pertinence dans une vision globale. Du coup faute de compréhension, les populations fragilisées se réfugient  dans les discours démagogiques, simplistes, nationalistes voire xénophobes ; Et les intellectuels dans le confort de leurs champs restreints.

Brexit : Theresa May face à une motion de censure qui ne sera pas adoptée !

Brexit : Theresa May face à une motion de censure qui ne sera pas adoptée !

 

 

 

 

 

La Grande-Bretagne va encore être le théâtre d’une contradiction supplémentaire. En effet que la chambre des communes vient de rejeter l’accord conclu avec l’union économique pour organiser la transition du Brexit ;  il est clair que cela constitue pour le gouvernement. La logique voudrait qu’un vote intervienne pour renouveler ou non la confiance à Theresa May. Or une motion de censure a été déposée par les travaillistes. Mais elle a peu de sens d’être votée par les conservateurs qui de façon majoritaire contestent Theresa May mais veulent cependant continuer à détenir le pouvoir. En effet il y a de grandes chances qu’ils le perdraient en cas d’élection législative.  À la chambre des Communes, le traité conclu par la dirigeante conservatrice n’a obtenu que 202 voix contre 432, la plus lourde défaite essuyée par un dirigeant britannique depuis les années 1920. Ce vote historique a plongé le Royaume-Uni dans le flou concernant son avenir, à deux mois et demi du Brexit, prévu le 29 mars. Sitôt le résultat connu, le chef de l’opposition travailliste, Jeremy Corbyn, a présenté une motion de censure contre le gouvernement, qualifiant ce résultat de « catastrophique ». Son initiative a peu de chances d’aboutir. Le Parti conservateur de Theresa May et son allié, le petit parti ultraconservateur nord-irlandais DUP, qui ont mené la charge contre l’accord de Brexit, n’ont en effet aucune envie de se voir supplanter par les travaillistes aux rênes du pays. Dès mardi soir, le DUP et plusieurs députés rebelles conservateurs ont annoncé qu’ils soutiendraient Theresa May. Le vote de la motion de censure est prévu à 19H00 GMT. Si elle est adoptée, un nouvel exécutif doit être formé et recevoir la confiance du Parlement dans les 14 jours. En cas d’échec, de nouvelles élections législatives sont convoquées.

Sébastien Lecornu constesté sur le terrain perd ses nerfs face à des «gilets jaunes»

Sébastien Lecornu constesté sur le terrain perd ses nerfs face à des «gilets jaunes»

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On peut se demander si certains dans le gouvernement ne manifestent pas trop souvent une tendance à perdre leurs nerfs. On l’a vu d’abord avec le président de la république qui en plusieurs circonstances a utilisé des expressions inadéquates, provocatrices voire injurieuses. C’est vrai aussi du ministre de l’intérieur Castaner, coutumier du fait et qui vient de traiter les gilets jaunes d’imbéciles leur attribuant la neutralisation des radars. C’est vrai aussi de Griveaux,  le porte-parole du gouvernement, lui aussi habitué d’utiliser des formules à l’emporte-pièce, méprisantes et également injurieuses (se souvenir notamment de la peste brune pour  qualifier les gilets jaunes) cette fois c’est le jeune ministre Sébastien Lecornu,   chargé des Collectivités territoriales, qui perd les pédales et son sang-froid.il    a été interpellé dans les rues de L’Argentière-la-Bessée (Hautes-Alpes) par une quinzaine de manifestants. Le ton est rapidement monté. Pas étonnant ce jeune ministre qui n’a pratiquement jamais travaillé en dehors de la politique   qui fera sans doute une très longue carrière avant de finir au Sénat le moment venu car il entretient  avec les réalités sociales q des relations approximatives. Il est vrai que les propos des gilets jaunes n’étaient pas forcément très pertinents pour autant un ministre doit savoir montrer une certaine maîtrise face à des excès de langage qui se nourrissent surtout de l’injustice sociale. Une «gilet jaune» dénonçait face à lui la présence de «CRS matraqueurs, gazeurs, frappeurs, tueurs» «embauchés par le président». «Je suis désolé madame, je ne vous laisserai pas dire que les CRS sont des tueurs», l’a rapidement coupé le ministre. Agacé, Sébastien Lecornu rappelle qu’il s’agissait «de la même police et des mêmes gendarmes de la République» qui étaient «applaudis après les attentats», citant notamment le colonel Beltrame tué lors des attentats de Trèbes en mars 2018. Sébastien le cornu procède par un amalgame assez douteux car si on peut se féliciter de l’action des forces de l’ordre contre les terroristes cela n’interdit pas de critiquer ces mêmes forces de l’ordre vis-à-vis de la répression de certaines manifestations, étant entendu que des gilets jaunes sont aussi manipulés par des extrémistes pour rendre le climat très tendu avec parfois des violences.

« Gilets jaunes » : face à une « colère juste »…..l’ordre injuste (Macron)

« Gilets jaunes » : face à une « colère juste »…..l’ordre injuste  (Macron)

 

 

Pour le pouvoir et pour Macron en particulier, la récréation est finie pour les gilets jaunes. C’est le retour à l’ordre. Certes Macron continue son acte de contrition en considérant que la colère des gilets jaunes est juste et même en donnant raison à l’initiatrice de la pétition concernant la fiscalité sur le carburant. De toute évidence le ton a changé chez Macron mais l’invitation au retour à l’ordre ne doit pas faire illusion. Certes il s’agit de condamner légitimement les violences mais ce dont parle Macron c’est surtout de retour à l’ordre économique et social injuste. Cet ordre dont il est le représentant. Évidemment Macron se trompe une nouvelle fois car le compte n’y est pas contrairement à ce qu’il affirme. Lors d’une conférence de presse au côté du président tchadien Idriss Déby, le président de la République a défendu « une réponse pleinement assumée, que j’ai voulue, à ce que j’ai considéré être la demande juste, la colère juste du peuple français« ... « Notre pays a besoin de ça, il a besoin de concorde, d’unité d’un engagement sincère pour des causes collectives fortes et il faut apaiser les divisions », a-t-il poursuivi. Sur la question sociale pour la majorité des Français, le problème du pouvoir d’achat n’a pas été réglé, par exemple la prime exceptionnelle ne touchera que de l’ordre de 10 % des salariés et la prime de travail du smicard ne sera touchée que par la moitié des intéressés. Au-delà se pose bien d’autres questions sociales. Des questions économiques aussi car la stratégie de Macron a tué la croissance depuis le début de l’année du fait de la pression fiscale. Enfin plus largement sont en cause des questions démocratiques car il est clair que ni Macron ni les petits députés en marche qui sorte des instituts politiques ne sont représentatifs de la sociologie française. On objectera que c’est aussi dans d’autres partis mais là chez Macron les députés  sont clairement presque tous des CSP plus. Des CSP plus qui consciemment ou inconsciemment sont au service d’une économie financiarisée à l’échelle internationale et qui croient naïvement à l’efficacité d’un principe du ruissellement qui n’a d’ailleurs jamais été théorisé par aucun économiste.

Face au mouvement Gilets jaunes : le roi Macron est nu !

Face au  mouvement Gilets jaunes : le roi Macron est nu !

La France se trouve dans une situation un peu surréaliste. D’un côté le gouvernement qualifie les violences de quasi état de guerre mais de l’autre il se tait. Il faut dire que jusqu’alors, à chaque fois qu’il s’est exprimé après les premières manifestations, le propos a été aussitôt oublié ; pire, le soutien de l’opinion publique au mouvement des gilets jaunes s’est encore renforcé. Du coup après les graves incidents de la dernière manifestation, Macron et son gouvernement ont choisi le silence. Pour toute réponse,  il propose de rencontrer les organisations politiques dont précisément les gilets jaunes se méfient. Certes le gouvernement maintenant accepte de rencontrer les gilets jaunes, c’est une avancée puisque pendant longtemps non seulement on a minimisé le mouvement mais on a refusé de recevoir ces couches populaires qui cassent les codes de la politique classique. Il est clair que cette concertation ne va pas servir à grand-chose tant que le gouvernement n’aura pas manifesté son esprit d’ouverture en prenant quelques mesures symboliques sur la  fiscalité et une mesure pour faciliter la hausse du pouvoir d’achat des ménages. Alors pourrait s’engager peut-être une concertation. Peut-être, car la problématique dépasse de loin maintenant la seule question de la  fiscalité sur le carburant. Elle porte globalement sur la politique économique et sociale et sur la démocratie. Face à cette situation, Macon le petit roi est nu. En outre, il est entouré  essentiellement de bras cassés comme de Rugy, Castaner ou Lemaire, sans parler des petits marquis arrivistes étiquetés en marche au Parlement. Le problème c’est que la parole de Macron n’est plus crédible. La crise est évidemment sociale, elle est économique mais elle est devenue politique. Certes l’hypothèse d’un pourrissement des gilets jaunes n’est pas à écarter mais Macron en subira les conséquences  plus tard lors des élections européennes. Aujourd’hui il ne peut guère espérer plus de 15 % à l’occasion de cette échéance. Avec un tel résultat sa légitimité politique sera alors encore reposée. Et son baratin, type oral de l’ENA, qui plaît tellement aux « élites » apparaîtra encore davantage obsolète qu’aujourd’hui. D’une manière ou d’une autre, il devra le moment venu d’abord changer de gouvernement, ensuite sans doute s’il veut se maintenir organiser des élections législatives anticipées. Sinon sa fin de mandat risque d’être pathétique voire dramatique pour lui et le pays. .

 

Face aux gilets jaunes, Macron met un gilet de sauvetage sur le Charles De Gaulle

Face aux gilets jaunes, Macron met un gilet de sauvetage sur le Charles De Gaulle

Une bien curieuse idée pour Macron d’aller se réfugier quelques heures sur le porte-avions Charles-de-Gaulle, enfin réparé ! Cela pour prononcer  un discours de défense en prévision de l’attaque des gilets jaunes prévus à partir de samedi 17 novembre. Macron qui se voulait le maître des horloges et qui entendait gouverner de manière jupitérienne la start-up nation est en  faite condamné à assurer la défense d’une politique qui est en train de couler sur le plan économique comme sur le terrain social. Et comme d’habitude dans l’argumentaire de Macron,  la responsabilité de ce climat délétère en revient aux opposants qui ne comprennent rien, pire qu’ils sont même incapables de se rendre compte qu’ils sont manipulés. Autrement dit que ce sont des abrutis. “Il y a beaucoup de gens qui sont dans l’addition des colères et l’addition des blocages, ça ne fait pas un projet pour le pays”. Adit Macron. Visant des partis de gauche et de droite dont les demandes sont selon lui incohérentes, il a mis en garde les Français : “Quand vous avez ensemble des gens qui veulent plus d’emplois publics et des gens qui veulent moins d’impôts, je dis juste aux Français : on est en train de vous mentir et de vous manipuler”. Lui, Macron, évidemment ne manipule pas quand il massacre la compétitivité et le pouvoir d’achat avec une fiscalité qui ne vise qu’à combler les cadeaux accordés sans contrepartie et sans discernement aux plus nantis. Macron évidemment ne manipule pas quand il a quand il prévoit la suppression de la taxe d’habitation plus que récupérée par les hausse de fiscalité

Quelle régulation face à l’énorme enjeu du numérique (Sébastien Soriano)

Quelle  régulation face à l’énorme enjeu du numérique (Sébastien Soriano)

Sébastien Soriano,) Président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), le régulateur des télécoms, propose de renforcer la régulation face à l’énorme enjeu des télécoms. Dans une interview de la Tribune.

 

Outre les télécoms, vos déclarations concernent très souvent la puissance et l’essor des géants du Net. Est-ce parce que les enjeux du numérique sont devenus beaucoup plus essentiels et posent des questions de souveraineté ?

SÉBASTIEN SORIANO - Effectivement. L’Arcep étant de plus en plus immergée dans le bain du numérique - notamment à travers son nouveau rôle de gardien de la neutralité du Net -, elle voit ce qui se passe. Elle voit intimement l’évolution des marchés et la montée en puissance des géants du Net. Or, cela relativise quelque peu le pouvoir des opérateurs que nous régulons. D’où la nécessité d’avoir une vision beaucoup plus large et moins centrée sur les télécoms. Autrement dit, je me sentirais mal à l’aise d’être le gardien de la neutralité du Net, qui impose aux opérateurs des contraintes et garantit à tous les acteurs du Net un accès à leurs infrastructures, sans évoquer, en parallèle, le problème de la domination des « big tech ». Il y a, à ce sujet, de nouvelles régulations à inventer.

La domination des Gafa en Europe doit-elle vous conduire à vous montrer plus agressif envers eux ? Ou, en d’autres termes, à aider les grands opérateurs à davantage tirer leur épingle du jeu ?

Je n’irai pas jusque-là. D’ailleurs, la neutralité du Net tend à limiter la capacité de négociation des opérateurs vis-à-vis des géants du Net. Elle leur retire un pouvoir de chantage, du type : « Si vous me traitez mal, j’abîme vos services sur le réseau. »Mon rôle n’est pas de donner un coup de main aux opérateurs. En revanche, j’estime que nous devons réfléchir à la manière dont on peut challenger ces acteurs du Net. Aujourd’hui, ils ont un pouvoir immense et sont soumis à un contrôle extrêmement limité. Il manque, à mes yeux, une régulation de type infrastructure, un peu comme dans les télécoms, le rail ou l’énergie, mais en prenant en compte les particularités nouvelles. Voilà pourquoi je me félicite que Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État au Numérique, ait récemment lancé des états généraux pour réfléchir aux nouvelles régulations à l’heure du digital. C’est peut être le signe d’une prise de conscience qu’il y a un problème systémique avec les géants du Net. Aujourd’hui, ils écrasent tout sur leur passage.

À l’issue de ces états généraux, l’Arcep pourrait-elle se voir investir de nouveaux pouvoirs ?

Nous faisons à l’Arcep une proposition ciblée, issue d’un travail approfondi : réguler les terminaux, qu’il s’agisse des smartphones et autres objets connectés (les enceintes, les téléviseurs ou les voitures). Nous proposons une extension de la régulation des télécoms, qui se situe dans le prolongement de notre rôle de gardien de la neutralité du Net. Pourquoi ? Parce que c’est que c’est bien beau d’avoir la neutralité des tuyaux, mais à quoi sert-elle si on ne s’intéresse pas aux robinets que sont les terminaux en bout de ligne ? Or, à ce niveau, de nouveaux intermédiaires, très puissants, ont pris le pouvoir et imposent de nombreuses restrictions aux consommateurs [c'est le cas, par exemple, d'Apple, qui décide, à travers son Apple Store, quelles applications ses clients peuvent - ou non - utiliser, ndlr]. J’ai présenté le problème au gouvernement. C’est maintenant au politique de se l’approprier, et de prendre une décision.

Beaucoup s’interrogent sur la viabilité d’un marché français à quatre opérateurs et se demandent si une consolidation n’est pas nécessaire. Après les difficultés de Bouygues Telecom il y a deux ans, celles de SFR l’an dernier, c’est maintenant Free qui perd des clients. En d’autres termes, depuis l’arrivée de Free Mobile en 2012, il y a toujours un « homme malade » sur le marché français des télécoms. Qu’en pensez-vous ?

Je voudrais commencer par rebondir sur les propos de Stéphane Richard, le Pdg d’Orange, qui a récemment jugé « inéluctable » [« inévitable », en fait] une consolidation sur le marché français. Je ne suis pas d’accord avec lui. Structurellement, le secteur peut fonctionner à quatre. Il n’y a aucune impossibilité. Ce qui tend le marché aujourd’hui, c’est une guerre des prix. Mais cette bataille, c’est bien les opérateurs qui l’ont choisie… C’est leur décision. Et c’est cette situation qui leur fait dire, maintenant, que les investissements que le gouvernement et l’Arcep les poussent à faire ne sont plus soutenables ! Or, depuis mon arrivée, nous ne leur avons jamais dit que leurs prix étaient trop élevés.

Mais c’est pourtant bien pour faire baisser les prix que le gouvernement a permis l’arrivée de Free, en 2012, en tant que quatrième opérateur…

Oui, mais il y a une différence entre faire baisser les prix pour réduire une rente et une guerre de prix qui peut casser le marché. On peut, en outre, s’interroger : est-ce que cette guerre des prix ne vise pas à faire trébucher un maillon faible pour pousser à une consolidation ? Il y a un aspect potentiellement stratégique dans ce que nous observons sur ce marché, avec un effet possiblement autoréalisateur. Et je partage l’opinion des secrétaires d’État Delphine Gény-Stephann et Mounir Mahjoubi, qui estiment que les pouvoirs publics n’ont pas à désirer une consolidation.

Vous avez pourtant, lors d’une conférence de presse au mois de mai, jugé que l’Arcep n’était plus opposée à un retour à trois opérateurs…

Si j’ai entrouvert la porte à une consolidation, c’est parce que je ne peux pas, vis-à-vis du secteur, exiger le beurre et l’argent du beurre. Quand j’ai pris la présidence de l’Arcep, j’ai demandé aux opérateurs d’investir massivement dans la fibre, dans la 4G. À mes yeux, il était temps qu’ils se recentrent sur leur métier plutôt que de se regarder le nombril pour savoir qui va croquer qui. Ils ont répondu de manière très forte à mon appel, puisque leurs investissements ont augmenté de 37% en trois ans. Dans ce contexte, je ne pouvais plus être fermé, par principe, à une consolidation. Pour autant, cela ne veut certainement pas dire que j’y suis favorable, et encore moins demandeur. Ne comptez pas sur moi pour applaudir n’importe quel projet de consolidation qui pourrait surgir… Une réduction du nombre d’acteurs, cela peut être néfaste. C’est pourquoi une telle opération nécessite toujours l’aval de l’Autorité de la concurrence. L’Arcep, en tant que régulateur du secteur, entend jouer un rôle d’autorité morale pour apprécier ce qui pourrait se passer. Mais nous n’apporterons notre caution qu’à un projet qui serait gagnant pour le pays et pour les Français. Nous ne voulons pas d’un simple partage de gâteau entre milliardaires.

Certains jugent que la fin de votre opposition à une consolidation vise, en réalité, à sauver Free, qui est le « bébé » de l’Arcep. Qu’en dites-vous ?

Je me suis exprimé indépendamment de la situation de cet opérateur. Je rappelle que cette conférence de presse, qui intervient chaque année à la même date, vise d’abord à dévoiler le montant annuel des investissements du secteur, qui sont un peu le totem de mon action dans les télécoms. Un autre élément : j’estime avoir prouvé que l’Arcep savait être ferme avec tous les acteurs, et qu’elle n’hésitait pas, au besoin, à les contrarier. Souvenez-vous de notre action pour mettre progressivement un terme au contrat d’itinérance entre Free et Orange [qui permet au premier d'utiliser le réseau mobile du second]… Je me souviens aussi d’un « ça suffit, l’Arcep ! » de Martin Bouygues après une mise en demeure sur la couverture 4G de Bouygues Telecom. Ou encore d’un « c’est complètement débile ! » de Stéphane Richard, en réaction à ma volonté de s’attaquer aux derniers bastions de monopole d’Orange. Michel Combes [l'ancien patron de SFR] n’était pas non plus particulièrement content et élogieux vis-à-vis de l’Arcep quand il a été sommé d’arrêter de vendre du câble en utilisant le mot « fibre ». Je revendique haut et fort que l’Arcep est un arbitre neutre qui agit dans l’intérêt des Français de manière constante. À chacun de se faire son opinion.

Aujourd’hui, vous présentez un rapport du Berec, l’organe des régulateurs européens, qui a passé au crible des consolidations en Allemagne, en Autriche et en Irlande. Quelles sont ses conclusions ?

En premier lieu, je tiens à préciser ce qui a motivé cette étude. Depuis le début des années 2010, nous entendons une petite musique à Bruxelles. Certains affirment que si le secteur des télécoms européennes est faible, c’est parce qu’il est trop éclaté. Il y aurait beaucoup trop d’acteurs, ce qui pèserait, in fine, sur les investissements. Pour relancer le marché, il n’y aurait ainsi d’autre choix que de le consolider. Ceux qui défendent cette ligne brandissent le cas des États-Unis. Ils arguent qu’il n’y aurait que trois ou quatre opérateurs - ce qui est faux car il y a de très nombreux acteurs locaux -, et que l’on y consacre plus d’argent aux infrastructures. Mais s’il est vrai que le Vieux Continent dépense moins d’argent pour déployer les réseaux, beaucoup d’études montrent que l’investissement américain est inefficace parce qu’il y a des duplications d’infrastructures de manière massive. Alors qu’a contrario le modèle européen pousse les opérateurs à partager les investissements et les infrastructures quand c’est possible. Au Berec, que je présidais l’an dernier, nous étions un peu échaudés par ces raisonnements simplistes. Voilà pourquoi, nous avons voulu étudier, de manière sérieuse et objective, l’impact de différentes fusions.

Qu’en est-il ?

Ce rapport démontre qu’à court terme les fusions ont généralement des effets négatifs. Les prix montent et la qualité de service se dégrade souvent. Pourquoi ? Parce qu’au moment de la fusion il peut y avoir un peu de flottement dans la conduite des entreprises. En France, c’est ce qu’on a connu lors de la vente de SFR en 2014 [l'opérateur au carré rouge a un temps cessé d'investir, ce qui a dégradé le réseau]. En revanche, à moyen terme, les situations sont plus contrastées. Nous constatons parfois des baisses de prix. Et dans certains cas, les augmentations de prix initiales peuvent disparaître, notamment avec des remèdes de type MVNO [c'est-à-dire le lancement d'opérateurs qui ne disposent pas de leurs propres réseaux]. L’investissement peut aussi gagner en efficience et doper la qualité de service : comme il y a moins d’acteurs, chaque euro dépensé a plus d’effet car il y a moins de redondance. Mais en clair, il n’y a pas de recette miracle : tout dépend de la situation de marché et des contreparties consenties par les acteurs concernés… C’est du cas par cas !

En France, quel serait le projet gagnant ? Ces derniers mois, le marché évoque souvent la possibilité d’un rapprochement entre SFR et Bouygues…

Je ne veux pas me prononcer à ce sujet. Surtout, je pense que les opérateurs français pourraient avoir une responsabilité plus forte dans l’écosystème numérique national. Il existe de nombreux modèles d’engagement. Il y a, par exemple, le modèle de Softbank, le géant japonais des télécoms et des nouvelles technologies. Son objectif est de maîtriser, grâce à des investissements ciblés (dans les microprocesseurs, des processeurs graphiques ou encore des constellations de satellites), l’ensemble des briques de la révolution numérique. Un autre modèle, qu’on voit se dessiner aux États-Unis, est lié à l’arrivée de la 5G, la prochaine génération de communication mobile. De fait, la 5G va accoucher d’un changement de business model chez les opérateurs. Il ne s’agira plus seulement de vendre des forfaits aux particuliers, mais d’apporter aussi des briques de connectivité sur mesure aux acteurs de la ville intelligente, de l’industrie 4.0 ou de la voiture autonome. C’est ce type d’immersion, plus profonde, des opérateurs dans l’écosystème numérique qui peut nécessiter, pour aller plus vite, la recherche d’une masse critique.

Ces derniers mois, pour sortir des difficultés, Free n’a pas hésité à augmenter ses prix. Ne craignez-vous pas que le « maverick » se normalise et devienne un opérateur comme les autres ?

Il m’est difficile d’entrer dans le commentaire de la stratégie d’un acteur. On peut penser qu’Iliad a plutôt apporté une correction à une situation particulière que remis en cause son modèle.

Est-il nécessaire d’avoir toujours un acteur qui joue ce rôle de « maverick » ?

Je ne veux pas être déterministe là-dessus. Mais il y a une étude intéressante de l’Ofcom, le régulateur britannique, à ce sujet. Elle montre qu’il y a un bénéfice évident pour le marché à avoir un acteur un peu franc-tireur.

La France et l’Europe ont longtemps pâti d’un retard dans la 4G. En matière de 5G, sommes-nous, une fois encore, en retard ?

Il est trop tôt pour le dire. Aujourd’hui, il n’y a pas de service qui tourne en 5G autrement que de manière expérimentale. Mais on peut se demander si l’Europe est bien préparée pour la lancer lorsque la technologie sera disponible. Je dois dire que, à ce sujet, je suis impressionné par la mobilisation très forte de la Chine et des États-Unis, qui misent sur la 5G pour entraîner une numérisation massive de leurs pays. Dans l’Union européenne, il y a eu une vraie prise de conscience politique par le commissaire [à l'économie et à la société numérique] Günther Oettinger au début de son mandat, en 2015. Ensuite, nous sommes un peu retombés dans les travers de l’Union européenne. Au bout du compte, le code européen des télécoms, cette grande réforme qui a été adoptée l’année dernière, est un texte de compromis. S’il pose les échéances du développement de la 5G, le consensus européen n’a pas voulu entamer la souveraineté des États pour organiser les attributions des nouvelles fréquences [essentielles pour le déploiement de toute technologie mobile]. Résultat, les approches sont très contrastées au sein de l’Union européenne. Il est regrettable qu’il n’y ait pas de front uni sur la 5G.

N’y a-t-il pas, alors, une contradiction entre la volonté de Bruxelles de rattraper les États-Unis dans le numérique et son manque d’efforts pour faire l’Europe de la 5G ?

L’avenir le dira. La 5G sera un saut technologique. Il est certain que ce sera un facteur de compétitivité essentiel pour l’attractivité des capitaux, des talents… Pour l’Europe, il y a donc, à mes yeux, un risque évident de déclassement.

En France, serons-nous au rendez-vous ?

Je me félicite d’abord que le gouvernement ait adopté récemment, avec l’Arcep, une feuille de route sur la 5G. Cela nous permet de nous inscrire dans le calendrier européen. De notre côté, nous allons lancer une consultation au mois d’octobre pour définir les modalités d’attribution des fréquences 5G aux opérateurs. L’appel d’offres pourrait avoir lieu dans environ un an, à la mi-2019. La France, de ce point de vue-là, se situerait dans un calendrier proche de celui de ses voisins européens.

Cherchez-vous, en nous précisant cette échéance de mi-2019, à mettre la pression sur les opérateurs ?

Ce qui m’importe, c’est d’abord de donner de la visibilité aux acteurs. Ce n’est pas le calendrier des opérateurs qui s’imposera aux pouvoirs publics. Peut-être que certains d’entre eux ne sont pas très pressés de lancer la 5G… Mais ça, c’est leur problème, c’est leur stratégie. Le pays, lui, doit se doter d’infrastructures car il y a des enjeux de compétitivité majeurs. J’invite donc les opérateurs à se mobiliser pour être au rendez-vous de la 5G. Aujourd’hui, certains n’ont d’yeux que pour la consolidation… Or le bon chiffre dont il faut discuter, ce n’est pas trois ou quatre, mais cinq, comme 5G !

Il y a peu, vous avez indirectement relancé le débat sur une possible fusion entre l’Arcep et le Conseil supérieur de l’audiovisuel [le CSA, qui régule les contenus] en pointant l’essor de la télévision par IP, à travers les box des opérateurs, aux dépens de la TNT…

Mon intervention ne visait certainement pas à critiquer le modèle de régulation de l’audiovisuel. Sur le fond, je pose une question : comment faire en sorte que le modèle français de l’exception culturelle puisse perdurer dans le grand bain du numérique  ? Sous ce prisme, j’ai alerté sur les limites d’une vision qui serait uniquement centrée sur la TNT, en perte de vitesse et qui pourrait ne plus être utilisée à horizon de quinze ans. Il faut trouver de nouvelles voies. C’est pourquoi, cette semaine, j’ai fait part à Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, de la proposition de l’Arcep d’étendre sa régulation aux écrans connectés pour garantir la diffusion numérique des chaînes. Voilà tout. Mais je sais qu’à partir du moment où je parle certains imaginent que c’est le grand ogre des télécoms qui veut manger l’audiovisuel… Ce n’est pas mon propos.

Mais êtes-vous pour ou contre une fusion entre l’Arcep et le CSA ?

À l’heure où la révolution numérique rebat les cartes dans tous les domaines, il ne faut évidemment pas être fermé. Je ne dis donc pas qu’il faut impérativement garder les institutions telles qu’elles sont, et que toute fusion n’a pas de sens. Je ne serai pas dans cette position conservatrice. Maintenant, c’est au politique de définir les objectifs poursuivis. S’il y a un projet, je m’exprimerai en tant que président de l’Arcep. Je dirai si cela me semble une bonne ou une mauvaise idée, et comment procéder au mieux le cas échéant. Mais, j’insiste, ce n’est pas à moi de promouvoir un modèle, et de plaider pour une fusion des régulateurs des télécoms et des contenus.

 

Macron : il n’a rien en face

Macron : il n’a rien en face  

 

Selon l’enquête Selon  l’enquête mensuelle BVA-La Tribune-Orange-RTL, c’est moins la pertinence de la politique de Macron qui assure sa légitimité que le fait qu’il aucun candidat sérieux en face de lui.  C’est le grand désert et Macron, faute de mieux est considéré comme celui qui fait le moins mal. Si les Français s’interrogent sur l’orientation et l’efficacité́ de la politique gouvernementale, force est de constater que l’opposition peine toujours à profiter de ce contexte et à apparaitre comme une alternative crédible. Ainsi, aucun des partis testés n’est jugé capable par une majorité de Français de faire mieux que le gouvernement actuel s’il était au pouvoir. Seuls 22% des Français pensent que la France insoumise ferait mieux que le gouvernement si elle était au pouvoir, tandis que 48% pensent même qu’elle ferait moins bien : ce parti reste encore très clivant, à l’image de son leader, Jean-Luc Mélenchon, dont la côte d’influence n’évolue guère (24%; +2 point) et qui ne parvient pas à élargir son socle au-delà des sympathisants de partis de gauche non socialiste. Le Parti socialiste peine aussi à convaincre les Français : seuls 16% pensent qu’il ferait mieux que le gouvernement actuel, et 44% qu’il ferait moins bien. A droite, les Républicains apparaissent au mieux comme un parti dont l’action ne serait « ni mieux ni moins bien » que celle du président (45%), tandis que 37% pensent que ce serait pire s’ils étaient au pouvoir et seuls 16% que ce serait mieux. La côte d’influence de Laurent Wauquiez reste par ailleurs stable (19% auprès de l’ensemble des Français, 63%; +1 point auprès des sympathisants LR). Enfin, le Rassemblement national est rejeté par une majorité de Français, qui considèrent que son action serait pire que celle de la majorité actuelle (54%) tandis que seuls 21% pensent qu’il ferait mieux.

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 Méthodologie

Enquête réalisée auprès d’un échantillon de Français recrutés par téléphone puis interrogés par Internet du 18 au 19 juillet 2018. Echantillon de 1003 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliqués aux variables suivantes : sexe, âge, profession de la personne de référence du ménage et de la personne interrogée, région et catégorie d’agglomération.

La méthode de Macron face à Trump : le fiasco

La méthode de Macron face à Trump : le fiasco

Sans doute persuadé de sa très haute intelligence,  Macron pensait  mettre Trump dans sa poche ;  pour cela il a même consenti à étaler des marques d’amitié et d’affection à la fois superficielles et ridicules. Cette stratégie de la séduction a complètement échoué car sur aucun dossier Macron n’a pu obtenir la moindre concession qu’il s’agisse du climat, de l’Iran, des taxes douanières américaines encore du conflit palestinien. “On a un retournement complet dans les relations personnelles entre Emmanuel Macron et Donald Trump”, estime Laurence Nardon, chercheuse et responsable du programme Amérique du Nord de l’Ifri. “Macron, qui bénéficiait d’une conjoncture favorable, avait fait le pari de devenir un allié proche de Trump avec l’arrière-pensée que ça lui permettrait de le faire bouger sur un certain nombre de gros dossiers”. Le pari, “c’était de jouer sur la psychologie de Trump et de lui tendre la main au milieu des alliés européens plus hostiles, comme (la chancelière allemande Angela) Merkel. Ce qu’on voit aujourd’hui, c’est que ça n’a pas marché”, ajoute-t-elle. “Pourtant c’était un pari intelligent, cela aurait été idiot de ne pas tenter le coup, Trump étant imprévisible. Mais en définitive, le président américain ne fait que peu de cas des avis de ses alliés, y compris le seul allié qui semble être son ami sur la scène internationale”. Depuis leur première poignée de mains en marge du sommet de l’Otan il y a un an, les deux dirigeants ont alterné gestes et déclarations d’amitié – notamment lors de la visite en grande pompe à Paris de Donald Trump – et divergences assumées, sur le climat, l’Iran, la question palestinienne ou encore le commerce. Sur ce dernier point, le sommet du G7 a donné lieu à des échanges vifs par tweet et prises de paroles interposées. Avant l’ouverture du sommet, les deux dirigeants ont toutefois affiché leur “bonne relation” lors d’un tête-à-tête “cordial”. En vain. Quelques heures après l’annonce d’un communiqué commun, le président américain se fendait d’un tweet dans lequel il rejetait les termes de la déclaration finale obtenue après de longues tractations. Une volte-face accueillie froidement par les autres membres du G7, au premier rang desquels la France qui a dénoncé une forme d’’”incohérence” et d’”inconsistance” et appelé à être “sérieux”. “Chaque fois qu’on veut traiter Donald Trump comme s’il était un président ‘normal’, capable d’être raisonné, on se trompe, on le voit et sur ce plan là le ‘wishful thionine’ (prendre ses rêves pour la réalité-NDLR) de Macron a été pris en défaut”, estime le géopoliticien Dominique Moïsi. “Le retrait de Trump du communiqué final n’est pas surprenant, c’est plutôt le fait qu’il se soit laissé aller à le signer qui l’est”. “Il y a eu une forme d’excès d’optimisme de la part d’Emmanuel Macron mais également des autres chefs d’Etat qui avaient tellement envie qu’il y ait accord et que le G7 continue avec les Etats-Unis”, dit-il. “Ça n’a rien à voir avec Emmanuel Macron, c’est la personnalité particulière de Trump, il joue une partie de poker menteur, il fait du marketing auprès de ses électeurs et le reste est très secondaire pour lui”. Il y a eu une erreur de diagnostic, abonde Bertrand Badie, spécialiste des relations internationales. “Trump ne fait pas de diplomatie mondiale mais de la diplomatie électorale, son objectif ce n’est pas d’améliorer la situation internationale mais de plaire à son électorat.” “On a perdu un an à s’acharner à plaire à Trump, à tenter de le réorienter vers des choses plus positives alors qu’on aurait pu utiliser ce temps pour marquer l’unité et la résolution de l’Europe et le refus de cette dérive”, ajoute-t-il. “A chaque fois on lui a expliqué qu’on pourrait trouver un meilleur accord, notamment sur l’Iran ou encore aménager sa politique commerciale et ça a conduit à ancrer Trump dans sa conviction”.

Iran : maintenant un face à face Etats-Unis –Europe ?

Iran : maintenant un face à face Etats-Unis –Europe ?

 

 

En fait la décision de Trump de se retirer de l’accord nucléaire iranien va bien sûr frapper l’Iran mais ses principaux partenaires économiques et en particulier l’Europe. L’Europe qui en fonction du rétablissement des sanctions américaines pourraient être contraintes de stopper se investissements en Iran et de limiter ses échanges internationaux.-En effet, les Etats-Unis vont rétablir une large palette de sanctions concernant l’Iran à l’issue de périodes transitoires de 90 à 180 jours, qui viseront notamment le secteur pétrolier iranien ainsi que les transactions en dollar avec la banque centrale du pays, a annoncé mardi le département du Trésor américain. D’autres sanctions enfin imposant la solidarité de fait de l’Europe.   Mais pour l’instant l’Europe et l’Iran ont décidé de maintenir l’accord, donc de maintenir aussi les relations commerciales. La Chine et la Russie oshitenet également le maintien de l’accord. Du coup certaines sanctions américaines pourraient se retourner contre l’Europe.  Reste à savoir si l’Europe va se coucher ou au contraire résister à la pression américaine. De son coté, Hassan Rohani a assuré que Téhéran n’entendait pas se retirer de l’accord, auquel les Iraniens restent attachés. “J’ai donné pour consigne au ministère des Affaires étrangères de négocier avec les pays européens, la Chine et la Russie dans les semaines à venir. Si, au bout de cette courte période, nous concluons que nous pouvons pleinement bénéficier de l’accord avec la coopération de tous les pays, l’accord restera en vigueur”, a-t-il déclaré. () Londres, Paris et Berlin ont exprimé dans un communiqué commun leur “préoccupation” après la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien et ont appelé toutes les parties signataires à la “responsabilité”.

Face à Trump, comme Macron , Merkel, n’obtient rien

Face à Trump, comme Macron , Merkel, n’obtient rien

Finalement la rencontre de Merkel a donné le même résultat que celle avec Macron : rien. Trump n’a fait aucune concession en particulier concernant  l’économie, l’Iran,  la défense et bien sûr le climat qui a été à peine été abordé. La seule différence entre les deux rencontres, c’est le cirque des « zamours »  Macron-Trump en moins. Un cirque destiné à usage interne pour les deux protagonistes qui se font la courte échelle pour conforter leur image dans leurs opinions publiques.  Les grands médias auront surtout retenu le décorum et les bisous de la rencontre Macron-Trump mais en fait il n’a rien obtenu de différent par rapport à Merkel ; encore une fois à peu près rien. Trump avait de raisons supplémentaires pour ne pas faire de concessions, il n’apprécie pas le très fort déséquilibre des échanges extérieurs au profit de l’Allemagne ; Merkel avait aussi des divergences supplémentaires, elle veut absolument conserver l’accord avec l’Iran. S’y ajoutent le critiques récurrente de Trump vis-à-vis du manque d’engagement de l’Europe et en particulier de l’Allemagne vis-à-vis des dépenses de l’ »OTAN.  Donald Trump estime que ses partenaires de l’Otan n’en font décidemment pas assez : « Nous portons un fardeau beaucoup plus lourd que nous le devrions. Les autres pays devraient payer plus. Je ne dis pas seulement l’Allemagne, d’autres pays aussi doivent payer plus. Nous protégeons l’Europe et nous dépensons plus que n’importe qui d’autre. L’Otan est formidable mais aide l’Europe plus qu’elle ne nous aide. Pourquoi payons-nous la vaste majorité des coûts ? ». Angela Merkel a tenté de rassurer le président américain : « Nous avons beaucoup fait au cours des dernières années, sans doute pas assez rapidement du point de vue du président américain. Mais en tant que chancelière allemande, je dirais que nous avons fait des pas importants dans la bonne direction et nous allons poursuivre cet effort. Si un conflit survient à nos portes nous ne pouvons pas nous reposer sur les autres sans apporter notre contribution. Et cette contribution va augmenter au cours des années à venir ». Le part du produit intérieur brut consacré par l’Allemagne à ses dépenses militaires devrait atteindre 1,3% en 2019. Un chiffre en augmentation, mais nettement inférieur à l’objectif de 2% fixé par l’Otan.

Macron face au vide sidéral de l’opposition

Macron face au vide sidéral de l’opposition

 

 

Ce qui caractérise le contexte politique actuellement c’est le vide sidéral de l’opposition.  Avec Wauquiez, Mélenchon ou Le Pen,  Macron n’a en face de lui que des postures caricaturales tellement ridicules qu’elles ne peuvent qu’apporter du crédit au chef de l’État.  Notons d’ailleurs que les positions des intéressés  ne sont pas aussi éloignées que cela en matière de nationalisme, de populisme et d’étatisme. Un des hauts faits médiatique  aura sans doute été en début de législature la provocation Mélenchon voulant expliquer au brillant mathématicien Villani,  membre du gouvernemenet, ce qu’était un contrat de travail ! De quoi sourire si ce n’était pas pitoyable puisque Mélenchon n’a pratiquement jamais travaillé et a vécu essentiellement de la politique ignorant sans doute ce qu’est un contrat de travail ou une actualisation à Pôle emploi. Du coup, faute d’opposition Macron  confirme sa remontée dans l’opinion. Plusieurs facteurs explicatifs à cette remontée. Il y a d’abord une certaine amélioration de l’environnement économique avec une croissance qui pourrait tutoyer les 2 % en 2017. Du coup,  le moral des ménages s’améliore aussi comme celui des investisseurs mêmes si cette progression de l’activité est encore insuffisante pour diminuer le  nombre de chômeurs, en  tout cas de manière significative. Second élément, le faite que Macron soigne son image à l’international en profitant pour l’instant de la grande discrétion de Merkel engluée dans le problème de la constitution de son gouvernement. En outre,  Macron se sert largement de la question environnementale même si concrètement les différentes réunions sur le sujet ne débouchent pas sur des décisions à la hauteur des enjeux. Dernier élément surtout, le fait que l’opposition à Macron se caractérise par une grande nullité voire une quasi absence. Les socialistes ont quasiment disparu du paysage, ils ont vendu leur siège, ils vont sans doute aussi vendre leur marque puisqu’à l’assemblée ils  sont inscrits sous l’étiquette nouvelle gauche. À droite,  la prise de pouvoir de Wauquiez chez les républicains constitue du pain béni pour Macron car le nouveau président ne rassemble, comme Fillon d’ailleurs, que la frange la plus ratatinée, la plus réac au surplus anti européenne voire antilibérale. Les extrêmes sont également en crise. Mélenchon a totalement échoué dans sa tentative d’instrumentaliser le mouvement social, il est grandement responsable de son échec. Certes les shows du grand tribun sont appréciés mais sans  aucun impact réellement populaire. En outre, Mélenchon est aussi accusé d’avoir profité du système à titre personnel, finalement il a fait comme les autres en dépit de son discours  révolutionnaire. Au Front National, Marine Le Pen ne se remet pas de sa lamentable prestation face à Macron. Il se confirme qu’elle a atteint les limites de ses compétences et sa légitimité à représenter le Front National est  posée. Cela d’autant plus que le départ de Philippot la prive de capacités d’analyse et de propositions. Face à un tel vide sidéral l’opinion reconnaît une certaine stature à Macron et une certaine cohérence dans ses propositions même si sa politique présente aussi certaines incohérences (importance de la fiscalité par exemple et poids de la dépense publique)) et se positionne plutôt au centre- droit. La cote de confiance d’Emmanuel Macron est encore en  hausse en décembre (+6), tandis que celle du Premier Ministre, Édouard Philippe, augmente très légèrement (+1), selon un sondage Harris Interactive publié vendredi. Désormais, une majorité des Français interrogés (52%) fait confiance à Emmanuel Macron en tant que chef de l’État. 47 % sont d’un avis contraire.

Popularité : face au vide Macron remonte

Popularité : face au vide Macron remonte

 

Après sa chute de l’été Macon remonte d’après le baromètre JDD Ifop. La question est de savoir cette  hausse provient de l’efficacité de sa politique ou du vide sidéral de l’opposition. Sans doute un peu des deux même s’il faut convenir que pour l’instant les résultats concrets des orientations de Macon sont encore peu palpables. De ce point de vue,  les Français seraient plutôt dans une position d’attente. Mais l’élément déterminant est sans doute la comparaison que peuvent faire les Français entre eux Macron et les autres responsables de l’opposition. De ce point de vue, il faut bien convenir que Macon a réussi à déstabiliser toutes les formations d’opposition. Pire ces  organisations connaissent une véritable crise de d’incarnation. Tous leurs leaders sont particulièrement contestés à gauche évidemment pour l’instant c’est le néant total,  on ne voit même pas une personnalité émerger pour reprendre le  flambeau de ce qui restera du parti socialiste. À droite,  Wauquiez a réussi à s’imposer mais au prix du départ ou d’un éloignement des responsables les plus crédibles. Wauquiez est affecté aux yeux de l’opinion d’un manque de compétence et d’un manque de charisme, il fait même peur. Au Front National,  c’est sans doute la fin d’un règne avec une Marine Le Pen complètement hors sol depuis le départ de Philippot. Elle a clairement montré les limites de sa compétence. Pour éviter d’être sanctionnée par l’électorat, elle a même refusé de prendre la tête de liste aux européennes. Le Front National est en recherche d’un projet et d’un leader. Mais comme Marine Le Pen ne lâchera pas l le FN, une affaire familiale, le déclin risque de durer longtemps.  Mélenchon qui se voulait le seul parti le seul leader d’opposition n’échappe pas à la règle d’une part du  fait de certaines dérives verbales de son entourage mais aussi de son incapacité à mobiliser. Pire l’échec de la mobilisation contre le code du travail lui sans doute imputable avec ses  tentatives d’instrumentalisation des syndicats. Mélenchon est même attaqué sur son patrimoine. Face à ce vide  Macron regagne  6 points par rapport à novembre dans notre baromètre Ifop-JDD, pour se situer à 52% de satisfaits – soit une hausse de 10 points en deux mois. « Aucun de ses prédécesseurs n’était parvenu à sortir des abîmes de l’impopularité », relève Frédéric Dabi, le directeur général-adjoint de l’Ifop. Edouard Philippe profite du même élan, à 54% de satisfaits. Lui aussi est majoritaire aussi bien dans l’électorat de En Marche (91%, +3), que dans celui de LR (63%, +7) et du PS (59%, +13).

France face au Japon : un vrai match nul, la honte

France face au Japon : un vrai match nul, la honte

 

 

Inutile de tourner autour du pot, le match de rugby contre le Japon signe l’acte de décès des bleus en tant que grande nation du rugby. On avait honte à regarder ce match avec des Japonais beaucoup plus mobiles, beaucoup plus inventifs, plus déterminées aussi qui ont failli battre les Bleus. Un vrai match nul pour la France. La France qui a voulu copier le rugby de l’hémisphère sud avec des joueurs lourdauds, sans inspiration et sans grande motivation aussi. Tout évidemment est à revoir. La France a abandonné ce qui faisait son originalité sa vitesse et  sa créativité. Le rugby français n’a pas compris que l’ordre du jour était à la vitesse quand nous demis  mettent  des minutes avant de transmettre la balle à un partenaire déjà marqué. Le mal est profond car il n’est n’affecte pas uniquement l’équipe de France mais le championnat caractérisé par un rythme ralenti et où on s’ennuie de plus en plus. De ce point de vue,  le rugby rejoint l’ennui qu’on ressent souvent dans le football lors de certains matchs. Bref le rugby français roupille, il bégaie, il y a il a oublié ce qui faisait les fondamentaux de la France. Les Français passent leur temps à aller s’empaler en vain sur la défense adverse en comptant sur des joueurs de plus en plus lourds mais de plus en plus lents. Or comme le montraient les Japonais l’avenir de rugby appartiendra à la vitesse et à la créativité. À l’envie aussi ! Les Bleus, incapables de dominer les Japonais, se sont ridiculisés. Un match nul 23-23 qui appelle des mesures fortes. Pour enrayer une chute incessante. Quand les joueurs français seront se servir de leurs pieds, de leurs mains, de leur cerveau et courir vite on aura résolu une grande partie du problème. Le XV de France peut tomber plus bas. Toujours plus bas.

Euro : baisse face au dollar

Euro : baisse face au dollar

L’euro baissait face au dollar jeudi dans un marché focalisé sur l’escalade des tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord qui poussait les cambistes à privilégier les valeurs refuge. Vers 09H10 GMT (11H10 à Paris), l’euro valait 1,1714 dollar contre 1,1759 dollar mercredi vers 21H00 GMT. La monnaie européenne poursuivait son repli face à la devise nippone, à 128,78 yens pour un euro contre 129,45 yens la veille.

 

Macron intransigeant face à May sur le Brexit

Macron intransigeant face à May sur le Brexit

Les relations entre la France et le Royaume-Uni ne se sont guère réchauffées lors du G7. On a même vu que Le président français Emmanuel Macron éviter la proximité avec la première ministre britannique. En cause une divergence très importante : le Royaume uni veut d’abord discuter des futures relations commerciales et en fait un préalable tendis que que Macron, lui, veut discuter en premier d des conditions de départ  du Royaume-Uni Lors de la première réunion bilatérale vendredi entre les deux dirigeants, en marge du G7, Mme May a répété qu’elle souhaitait que des négociations sur un futur accord commercial entre le Royaume-Uni et l’Europe démarrent dès le début des négociations sur la sortie de son pays de l’Union européenne. Et ce, sans attendre que soient réglées les questions délicates de la facture financière du Brexit et des droits des expatriés. « Pour le Brexit, je redis clairement qu’aux termes du traité européen nous disposons de deux ans pour négocier la sortie et les relations futures avec l’UE. Et quand nous sortirons, il est important que nous sachions non seulement les termes de la sortie mais ce que sera cette relation future y compris commerciale », a-t-elle dit devant la presse. Elle a aussi « réaffirmé son souhait de clarifier très tôt le statut des citoyens européens dans le Royaume-Uni et vice versa », a indiqué la délégation britannique. Mais de son côté, M. Macron s’est borné à indiquer que « l’UE sera unie dans la négociation du Brexit », ce qui signifie, a précisé la délégation française, que la France restera sur la position que partagent les autres pays européens, à savoir d’abord le Brexit, puis après seulement les négociations sur les relations futures entre l’UE et le Royaume-Uni. »Mais la France et le Royaume-Uni continueront d’entretenir des liens étroits dans tous les domaines de coopération économiques, sécuritaires et diplomatiques entre nos deux pays », a ajouté le président français. L’activation, le 29 mars par le gouvernement britannique de l’article 50 du traité de Lisbonne, a officiellement lancé le divorce avec l’UE, ouvrant la voie à deux années de négociations de sortie. En avril, les 27 dirigeants de l’UE ont adopté à l’unanimité les grands principes directeurs qui guideront les négociateurs européens du Brexit au cours des deux prochaines années, illustrant ainsi leur unité revendiquée face au Royaume-Uni. Début mai, le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, avait prévenu que le Brexit ne se ferait pas « rapidement et sans douleur », alors que Londres et Bruxelles se crispent en particulier autour de la facture du départ.

 

 

L’euro grimpe encore face au dollar

L’euro grimpe encore face au dollar

 

La valeur de l’euro a progressé de 6 % depuis le début de l’année, un phénomène dû en partie à l’élection de Macron. En cause,  les incertitudes concernant la politique économique des États-Unis voir même l’éventualité d’une destitution de Trump. Aussi un regain de confiance en Europe avec une légère reprise économique. On attend aussi des effets positifs d’une relance européenne sous l’impulsion de Macron et de Merkel. De fait, la hausse de l’euro se traduit mécaniquement par une croissance du pouvoir d’achat  notamment sur produits importés même si cela peut handicaper pour partie les exportations. Pour partie seulement car les intrants (matières premières notamment) bénéficieront aussi de ce changement de parité. À 1,07 dollar la veille du premier tour, la devise européenne s’échange aujourd’hui au-dessus de 1,11 dollar. Des niveaux que l’on avait plus observés depuis novembre et l’élection de Donald Trump.  Après la victoire du candidat républicain, l’euro s’était en effet mis à céder du terrain par rapport au billet vert. De novembre à janvier dernier, il avait progressé de 7% face à l’euro, qui avait fini par atteindre son plus bas niveau depuis 15 ans (1,034 dollar). Mais, clairement, depuis la présidentielle française, la donne a changé sur les marchés. L’arrivée d’un pro-européen à l’Elysée a rassuré les investisseurs, aux yeux desquels la monnaie unique redevient une valeur sûre. « Les investisseurs sont très clairement acheteurs de l’euro face au dollar. Ceci est dû, d’une part, à l’abaissement du risque politique en Europe liée à la présidentielle française et, d’autre part, à l’espoir d’un couple franco-allemand de nouveau fort », explique Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Bank, qui voit également dans cette poussée de l’euro, un facteur purement macroéconomique. « La zone euro affiche un excédent de ses comptes courants (40 milliards d’euros), c’est-à-dire qu’il y a davantage de flux de capitaux qui y entrent qui n’en sortent. Et mécaniquement, cela renforce l’euro face au dollar ».

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