Archive pour le Tag 'Poutine'

La peur d’une démocratie ukrainienne pour Poutine

La peur d’une démocratie ukrainienne pour  Poutine

Kenneth Roth est le directeur exécutif de Human Rights Watch (HRW). L’ONG publie, jeudi 13 janvier, son rapport annuel sur la situation des droits humains dans les 110 pays où elle est active. Il revient sur la situation dans les Etats de l’ex-Union soviétique (URSS), trente ans après sa chute.

Comment interprétez-vous les récentes émeutes au Kazakhstan et la répression orchestrée par le président Kassym-Jomart Tokaïev avec le soutien de la Russie de Vladimir Poutine ?

Ces événements s’inscrivent dans deux dynamiques différentes. D’abord, un soulèvement populaire en réaction à l’augmentation des prix du carburant. Cette protestation a très vite exprimé un mécontentement plus large contre le régime autocratique au pouvoir dans ce pays. Puis, en quelques jours, ce phénomène s’est accompagné d’une lutte pour le pouvoir entre les proches du président Tokaïev et ceux de l’ancien dirigeant Noursoultan Nazarbaïev.

Il n’est pas surprenant que le Kremlin se soit montré très attentif à la situation pour éviter toute possibilité de déstabilisation, comme cela a été le cas ailleurs dans la région ces dernières années face à des « révolutions de couleur ». Ainsi, les trois pays de la région qui concentrent les efforts de l’armée russe sont des Etats qui ont connu une sorte de poussée démocratique. Le Kazakhstan entre dans cette catégorie, tout comme la Biélorussie, où le président Alexandre Loukachenko a probablement perdu les élections de 2020 avant de réprimer de façon violente son opposition.

Seule l’Ukraine a pu réaliser son ambition démocratique. A mon avis, c’est d’ailleurs la proximité de la démocratie ukrainienne qui fait peur à Vladimir Poutine, beaucoup plus que la menace de voir un jour ce pays rejoindre l’OTAN. Le durcissement de Moscou s’explique par la crainte de toute forme de changements démocratiques chez elle et chez ses voisins.

A propos de la Biélorussie, que pensez-vous de la tentative, en 2021, d’instrumentaliser les migrants en les faisant venir sur la frontière polonaise ?

Il s’agissait, pour Alexandre Loukachenko, de protester contre les sanctions prises à son encontre par l’Union européenne (UE), mais ce calcul cynique n’a pas fonctionné. Il a dû y renoncer, car les migrants massés sur la frontière n’ont pas pu passer vers la Pologne. Le gouvernement polonais a saisi l’occasion pour tenter de détourner l’attention suscitée en Europe par ses propres dérives, comme la réforme contestée de la justice, en brandissant un discours xénophobe.

Dans cette affaire, l’UE a d’ailleurs agi de façon misérable lorsque Varsovie a décidé de refouler ces personnes. Elle a fermé les yeux, un peu comme cela se passe aussi en Grèce. C’est une façon de violer les conventions internationales sur l’asile.

 

Comme en Chine, le dictateur Poutine réécrit l’histoire du pays.

 

 

Comme en Chine, le dictateur Poutine réécrit l’histoire du pays.

 

Après la liquidation deL’ONG russe Memorial , Poutine va continuer de réécrire l’histoire de son pays pour donner une légitimité à sa dictature.( un papier du Monde, extrait)

 

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La boucle est bouclée. Née à la fin des années 1980, au sein de la société civile, à la faveur de l’ouverture tentée par le dernier numéro un soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, l’association russe de défense des droits de l’homme Memorial a été dissoute mardi 28 décembre à Moscou par une Cour suprême aux ordres du Kremlin et de Vladimir Poutine. Plus qu’un symbole, c’est un tournant dans l’histoire de la Russie post-soviétique.

L’itinéraire de Memorial, de l’espoir démocratique au bannissement, illustre l’évolution politique de la Russie de ces trois dernières décennies. Créée à l’origine pour faire la lumière sur la répression politique à travers l’histoire de l’URSS et promouvoir la réhabilitation de ses victimes, Memorial comptait parmi ses fondateurs un authentique démocrate, l’académicien et Prix Nobel de la paix Andreï Sakharov, mort en décembre 1989. Après la chute de l’Union soviétique en décembre 1991, Memorial est passée du statut d’organisation dissidente à celui d’association publiquement reconnue.

L’environnement est devenu plus difficile dans les années 2000, après l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine. Memorial avait étendu son champ d’activité à la défense des droits de l’homme. En 2009, l’une de ses enquêtrices en Tchétchénie, Natalia Estemirova, a été enlevée et assassinée. Pour les archivistes et les chercheurs, collaborer avec Memorial est devenu dangereux.

Mais, surtout, le travail scientifique de Memorial est entré en concurrence avec la volonté de Vladimir Poutine de contrôler le récit historique national. Le président russe a lancé un mouvement en profondeur visant à repolitiser l’histoire de l’Union soviétique, quitte à la réécrire, en glorifiant le rôle de Staline pendant la seconde guerre mondiale. En 2016, l’ONG Memorial a été décrétée « agent de l’étranger », comme toutes les associations bénéficiant de subventions de l’extérieur. La même année, l’un des historiens les plus acharnés de Memorial, Iouri Dmitriev, 65 ans, a été arrêté et accusé d’abus sexuels. Lundi, il a vu sa peine alourdie à quinze ans de prison.

Devant la Cour suprême, le procureur a reproché à Memorial d’avoir « créé une image mensongère de l’URSS comme Etat terroriste » et d’avoir noirci la mémoire du pays pendant la « Grande Guerre patriotique ». Formellement, la décision de dissolution a été justifiée par l’omission de l’ONG de s’identifier comme « agent de l’étranger » dans certains documents.

Ces trois décennies post-URSS ressemblaient de plus en plus à une parenthèse, dont on voyait la fermeture se rapprocher inexorablement. La Russie est aujourd’hui verrouillée : même la mémoire doit y être contrôlée par un pouvoir nostalgique d’une illusoire grandeur passée.

 

Mali : là aussi, Poutine joue les mouches à merde

Mali : là aussi, Poutine joue les mouches à merde 

Il est clair que la Russie n’est plus la grande puissance que représentait l’union soviétique. Poutine cultive c ependant la nostalgie du passé avec une politique internationale qui multiplie des interventions un peu partout y compris de manière marginale mais toujours nuisible.

 C’est aussi le cas au Sahel ou Poutine est particulièrement heureux d’alimenter l’opinion anti française. Il y a de ce point de vue une grande différence entre la politique chinoise et la politique russe. Les Chinois s’intéressent essentiellement à l’économie et prennent des participations où s’attribunte purement et simplement les richesses de pays en voie de développement alors que les Russes ne sont là que pour ajouter du désordre au désordre sans vraiment de perspectives géostratégiques claires.

Bref le dictateur Poutine joue surtout les mouches à merde un peu partout.

Les mercenaires russes de la sulfureuse société paramilitaire Wagner ont entamé leur déploiement au Mali, avec l’aide de Moscou, dénoncent jeudi 23 décembre une quinzaine de puissances occidentales impliquées dans la lutte antidjihadiste dans ce pays, dans un communiqué commun.

«Nous (…) condamnons fermement le déploiement de mercenaires sur le territoire malien», soulignent d’une voix ces pays dont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et le Canada, en dénonçant «l’implication du gouvernement de la Fédération de Russie dans la fourniture d’un soutien matériel au déploiement du groupe Wagner au Mali».

Ukraine: le réel danger Poutine

Ukraine: le réel danger Poutine

Les inquiétantes gesticulations militaires russes le long de l’Est ukrainien doivent être appréciées à l’aune des convictions affichées par le président de la Russie, observe dans sa chronique Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ». (extraits )

 

L’Ukraine reviendra à la Russie, un jour. Vladimir Poutine en est convaincu. Le président russe ne supporte pas l’indépendance de son grand voisin du sud. Dans un article publié en juillet, il écrit : « Russie, Ukraine, un même peuple. » Les inquiétantes gesticulations militaires russes le long de l’Est ukrainien doivent être appréciées à l’aune des convictions ainsi affichées. Et pas autrement.

Poutine a marqué des points. Le déploiement de ses forces en bordure de la région ukrainienne du Donbass, que contrôlent des sécessionnistes affidés à Moscou, a payé. Joe Biden a concédé à son homologue russe l’ouverture d’un débat sur ses griefs concernant l’Ukraine. Le président américain propose qu’on en parle entre les Etats-Unis et quatre autres pays de l’OTAN, d’un côté, la Russie, de l’autre. La position de départ du Kremlin est connue : la non-appartenance de l’Ukraine à l’OTAN doit faire l’objet de « garanties » écrites et contraignantes. C’est une « ligne rouge » que Poutine veut en noir sur blanc.

Dans un « mémorandum » adopté à Bucarest en 2008, l’OTAN reconnaît la vocation de la Géorgie et de l’Ukraine à appartenir un jour à l’organisation. Elle ne fixe cependant aucun calendrier ni n’a ouvert, depuis, la moindre procédure d’adhésion. L’Allemagne et la France sont opposées à cet élargissement et les décisions se prennent à l’unanimité. Mais le Kremlin accuse l’OTAN, notamment les Etats-Unis et la Turquie, de surarmer l’Ukraine de façon menaçante pour la Russie. Il y aurait « otanisation » rampante.

Poutine est fidèle à la démarche stratégique qu’il poursuit depuis 2000. Il entend revenir sur ce que les Russes ont concédé aux Occidentaux au lendemain de la guerre froide, « quand nous étions faibles », dit-il en substance. A tout le moins, il s’agit d’empêcher une extension de l’Alliance atlantique à l’Ukraine, ce pays intimement proche de la Russie par l’histoire, la religion, la culture, la langue et tant de liens familiaux. En jargon « kremlinien », on parle d’arrêter « la tentative d’endiguement de la Russie par le collectif occidental » – lequel « collectif » est accusé d’avoir renié sa promesse post-guerre froide de ne pas élargir l’OTAN.

Le problème avec ce récit est qu’il est pour le moins contestable. Fin mai 1990, alors que ni l’URSS ni son alliance militaire, le pacte de Varsovie, ne sont encore dissoutes, le président Mikhaïl Gorbatchev est en visite d’Etat aux Etats-Unis. Son hôte, George H. W. Bush, défend l’idée que l’Allemagne, alors en voie de réunification, doit rester dans l’OTAN. L’Américain se réfère aux principes arrêtés lors des accords d’Helsinki en 1975 qui codifiaient les relations entre l’Est et l’Ouest : un pays est libre du choix de ses alliances. Le lendemain, lors d’une conférence de presse commune avec Gorbatchev, Bush déclare : « Nous sommes pleinement en accord l’un et l’autre pour dire que, conformément à l’Acte final d’Helsinki, la question des alliances [de l’Allemagne] relève des Allemands. » Qui veulent rester dans l’OTAN.

 

Poutine veut renforcer son emprise sur l’Ukraine

« L’Union européenne sous-estime depuis trop longtemps les implications de la grave crise qui couve à l’Est »

 

Poutine veut renforcer son emprise sur l’Ukraine  

 

Poutine veut renforcer son emprise sur l’Ukraine avertit l’analyste politique Piotr Buras dans une tribune au « Monde ».

Tribune.

 

Le casse-tête géopolitique de l’Europe orientale est à nouveau sous les projecteurs. Depuis 2015, date à laquelle la guerre dans le Donbass a été placée dans le « congélateur politique » baptisé « format Normandie » [destiné à encadrer les discussions entre la Russie, l’Ukraine, la France et l’Allemagne], les tensions récurrentes entre Moscou et les membres orientaux de l’Union européenne (UE) ont rarement inquiété au-delà des limites de la région.

Les manifestations démocratiques de 2020 en Biélorussie ont suscité une large sympathie en Europe. Leur violente répression par Alexandre Loukachenko a été suivie de quatre séries de sanctions limitées contre le régime – après quoi les Européens se sont tournés vers des problèmes plus urgents.

Mais ce que beaucoup considéraient comme une impasse gérable n’était qu’un statu quo extrêmement fragile. Aujourd’hui, ses fondations se délitent et l’Union européenne (UE) doit y porter toute son attention. Les enjeux ne sauraient en effet être plus sérieux : il s’agit de la sécurité de l’UE, de ses valeurs et de sa capacité à agir.

Répression du mouvement démocratique

A la frontière orientale de la Pologne, plusieurs milliers de migrants désespérés, bernés et trahis par le dictateur biélorusse, tentent d’entrer dans l’UE. Loukachenko est en quête d’une reconnaissance que l’Occident lui refuse en raison de sa répression du mouvement démocratique et de l’emprisonnement de centaines de ses opposants politiques.

Dans le même temps, quelque 100 000 soldats russes lourdement armés se massent à la frontière avec l’Ukraine. Cela constitue un rappel déroutant : Vladimir Poutine n’a jamais renoncé à mener à terme son objectif qui consiste à mettre Kiev au pas.

La crise migratoire pourrait aider Poutine à détourner l’attention des Européens, en vue d’une éventuelle agression de l’Ukraine. Poutine et Loukachenko, comme chacun sait, ne sont pas les meilleurs amis du monde, mais ils jouent dans la même équipe. Tandis que Loukachenko menace de couper les exportations de gaz vers l’UE, Poutine joue d’une ambiguïté soigneusement calibrée. Des avions militaires russes survolent ostensiblement – sur demande biélorusse – la région frontalière jouxtant la Pologne. Et les médias russes comme biélorusses multiplient les campagnes de propagande émaillées de menaces contre l’intégrité territoriale de la Pologne et de l’Ukraine.

Dictateurs cruels, bluff, chantage, désinformation et pièges de la connectivité – tels sont les ingrédients d’un nouveau type de conflit qui met aujourd’hui à l’épreuve la résilience et la détermination de l’UE. Les frontières entre guerre classique et affrontement non militaire sont brouillées. Il est en outre difficile de discerner les intentions qui se dissimulent derrière les provocations. L’Europe orientale se trouve confrontée à sa crise peut-être la plus grave depuis des années, une crise qui menace de bousculer sa fragile stabilité.

Poutine se sert de la Biélorussie

Poutine se sert de la Biélorussie

 

Un papier explique que Poutine se sert de la Biélorussie Pour deux raisons. D’une part, il tente indirectement de déstabiliser l’union européenne et au-delà le camp occidental, d’autre part il défend la dictature biélorusse pour protéger la sienne.

La tactique russe est éprouvée. Les principaux incendies ont été la guerre en Géorgie en 2008, l’annexion de la Crimée et l’intervention au Donbass pour déstabiliser l’Ukraine en 2014, et la participation militaire aux offensives de Bachar Al-Assad pour écraser les populations civiles en Syrie et les pousser à fuir vers l’Europe. La dramatique crise de 2015-2016 a convaincu le Kremlin que la menace des migrations venant du Moyen-Orient lui fournissait une arme de choix, particulièrement dans une Europe sous le choc d’attaques terroristes, comme la France le 13 novembre 2015.

Depuis septembre 2021, le Kremlin soutient l’opération spéciale « migrants » déclenchée par Alexandre Loukachenko. Le dictateur biélorusse orchestre l’arrivée à Minsk de milliers de Syriens, de Kurdes d’Irak, de Yéménites, pour les pousser ensuite vers la frontière de l’Union européenne, en Lituanie et en Pologne. L’instrumentalisation de personnes fuyant l’insécurité, pour en faire le combustible d’un foyer d’insécurité en Europe, est d’une perversité inouïe. Le but est de diviser les Européens et de les engager à discuter avec Minsk.

 

Le régime russe tient à bout de bras Alexandre Loukachenko dans ses entreprises criminelles : manipulation électorale, répression avec usage de la torture, assassinats, détournement, en mai 2021, d’un avion Ryanair assurant la liaison Athènes-Vilnius pour capturer un dissident biélorusse en exil.

Alexandre Loukachenko est un homme obsédé par sa survie personnelle. Il a été rejeté par les électeurs biélorusses et n’est plus président. Il fait usage du monopole de la violence illégitime et capture les ressources du pays. Sans le soutien de la Russie, il aurait dû fuir Minsk et l’ire populaire à la fin de l’été 2020. Tout comme, en 2012, Assad n’aurait pas pu se maintenir à Damas sans le soutien indéfectible de Moscou. Loukachenko est l’agent provocateur du Kremlin, aussi délicat à manier qu’un baril de poudre. Un homme acculé, prêt à toutes les extrémités. Et pourtant, Vladimir Poutine a choisi d’utiliser Loukachenko tant que ce dernier s’accroche au pouvoir. Ils se tiennent l’un l’autre.

Le chef russe défend son camarade biélorusse, car il craint la chute du « dernier dictateur d’Europe », qui lui sert à la fois de bouclier et de fer de lance. Le pouvoir poutinien se trouve dans une situation difficile en Russie même ; il fait face à une crise économique et sociale durable, à des accusations de corruption et à la montée du mécontentement populaire. Il a recours à la force – répression brutale, saisie de biens, interventions armées – car il manque de moyens non violents d’influence et de puissance. Même le chantage au pétrole et au gaz ne fonctionne pas, car la Russie a grand besoin de vendre ses hydrocarbures à son principal acheteur, l’Europe. Le 13 novembre, Vladimir Poutine a personnellement démenti les propos d’Alexandre Loukachenko qui menaçait de bloquer le transit du gaz russe par la Biélorussie contre de nouvelles sanctions européennes. Celles-ci ont été votées le 15 novembre.

Elections Russie : Le parti de Poutine avec 40 % des voix dans une élection sans candidats d’opposition

Elections  Russie : Le parti de Poutine avec 40 % des voix dans une élection sans candidats d’opposition

 

Le parti de Poutine a récolté 43,39% des voix dans une élection où tous les candidats opposés officiellement à Poutine ont été interdits, selon des résultats préliminaires portant sur 21% des bureaux de vote. « 

Le parti du Kremlin devance les communistes du KPRF (22,82%) et semble assuré de conserver une large majorité à la Douma, la chambre basse du Parlement, même si ces résultats préliminaires témoignent d’une baisse par rapport à 2016. Russie Unie avait alors obtenu 54,2% des voix et les communistes 13,3%.

Le Kremlin a  écarté tous les concurrents les plus dangereux pour assurer à son parti, Russie unie, la majorité des sièges à la Douma. Les partisans de l’opposant emprisonné Alexeï Navalny ont en réaction appelé à voter pour les candidats les mieux placés pour battre ceux de Russie Unie, bien souvent des communistes.

Poutine instrumentalise la justice des pays démocratiques

Poutine instrumentalise la justice des pays démocratiques

 

Poursuivi pour diffamation par la chaîne RT (ex-Russia Today), le politiste Nicolas Tenzer demande, dans une tribune au « Monde », que la France se dote d’une législation contre les « procédures de musellement » de la part d’Etats étrangers, alors que son affaire doit être jugée à Paris, le 30 septembre.(extrait)

 

Tribune.

 

Est-il possible qu’un Etat étranger utilise la justice française pour faire taire ceux qui le critiquent ? C’est l’un des sujets qui sera posé devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris le 30 septembre. J’aurai à y répondre de deux tweets critiques à l’encontre de la chaîne de télévision RT [anciennement Russia Today]. D’autres procédures similaires ont été lancées contre des agents publics, intellectuels et personnalités politiques. Déjà, cette chaîne a été déboutée de certaines plaintes pour irrecevabilité.

Il s’agit d’une affaire d’Etat en un double sens : la plainte provient d’un Etat et c’est l’institution première de l’Etat de droit, la justice, qui est instrumentalisée dans cette tentative de grande ampleur.

Je ne développerai pas mes arguments d’espèce que je réserve à la justice en laquelle j’ai toujours eu une confiance totale. Dans un cas précédent – une plainte émise par un blogueur indulgent pour les régimes de Bachar Al-Assad et de Vladimir Poutine –, en 2019, celle-ci m’avait relaxé et accordé des dommages et intérêts. Par coïncidence, l’avocat du plaignant était le même que celui de Russia Today.

Le cas est de portée générale : ces plaintes se multiplient en France et ailleurs et, si un coup d’arrêt n’est pas porté par la loi, indépendamment du résultat des procédures en cours, elles continueront de prospérer. Au Royaume-Uni, la journaliste d’investigation Catherine Belton, autrice de Putin’s People (William Collins, 2020, non traduit) – un ouvrage exceptionnel et unanimement loué par la critique sur le régime russe –, et son éditeur sont poursuivis par quatre oligarques et une société russes. Le Parlement européen et la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe ont alerté sur les procédures bâillons, mieux connues par leur acronyme anglais de Slapp (strategic lawsuits against public participation). Celles engagées par des Etats étrangers ou leurs relais, des entreprises et des personnalités, sont assurément encore plus préoccupantes.

 

Quant à Russia Today, que Twitter désormais identifie comme « média affilié à un Etat, la Russie », le président de la République Emmanuel Macron, le 29 mai 2017, la qualifiait d’« organe d’influence et de propagande ». Russia Today – à l’instar de [l’agence russe d’information] Sputnik – appartient à une agence gouvernementale et reçoit l’ensemble de ses financements de l’Etat russe. Elle a des antennes dans plusieurs pays – certains ne lui ont pas accordé l’autorisation d’émettre –, et étend ses ramifications sur les réseaux sociaux où son audience est la plus forte.

Google : Poutine impose le retrait de deux applications de l’opposition russe

L’opposition russe a accusé vendredi les deux géants des technologies de «censure» pour avoir cédé à la pression du gouvernement en retirant ce programme créé par le mouvement de l’opposant emprisonné Alexeï Navalny. La décision intervient après des mois de répression qui ont écarté les détracteurs du président Vladimir Poutine du scrutin.

Apple aurait fait face aussi de son côté «à des tactiques de harcèlement et des menaces d’arrestation».

Leonid Volkov, responsable exilé de l’opposition, a accusé Apple et Google de «censure» et de «céder au chantage du Kremlin» en supprimant le logiciel de leurs boutiques. «Cette application est illégale dans notre pays», a répliqué le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

 

L’application Google de l’opposition permettait de savoir pour quel concurrent voter dans chaque circonscription des législatives ce week-end, mais aussi lors de dizaines d’élections locales et régionales.

Le champagne français débaptisé par Poutine !

 Le champagne français débaptisé par Poutine !

 

C’est le lot de tous les dictateurs à savoir de profiter du pouvoir absolu pour s’autoriser d’intervenir dans tous les champs de la vie économique, sociale et sociétale. Cette fois, Poutine s’autorise même à débaptiser le champagne dans le nom sera réservée au vin russe. Le vrai champagne français lui prendra l’appellation de vin pétillant. De quoi sourire évidemment mais cette décision est significative du délire de Poutine qui non seulement pille son pays mais s’arroge le droit de se transformer en un oenologue international. Il est clair que Poutine tutoie depuis longtemps la folie d’abord pour affamer son peuple, ensuite pour créer partout où il le peut des déstabilisations dans les pays fragiles ensuite pour provoquer de façon assez idiote l’opinion internationale. Conséquence , le  géant LVMH, qui produit les célèbres marques Dom Pérignon, Veuve Clicquot ou Moët & Chandon, a en effet prévenu ses distributeurs locaux qu’il suspendait ses livraisons en Russie en raison de cette nouvelle loi. «Je peux confirmer avoir reçu un courrier de ce type, et c’est justifié», a déclaré à l’AFP Leonid Rafailov, directeur général d’AST, l’un des principaux distributeurs de vins et spiritueux en Russie. appropriée.

Pour consommer leur champagne préféré, les oligarques russes devront donc peut-être venir directement en France. Ce qui ne changera pas beaucoup leurs habitudes, la Côte d’Azur étant une de leurs destinations prisées pendant l’été.

En Russie : Poutine débaptise le champagne !

En Russie : Poutine débaptise le champagne !

 

C’est le lot de tous les dictateurs à savoir de profiter du pouvoir absolu pour s’autoriser d’intervenir dans tous les champs de la vie économique, sociale et sociétale. Cette fois Poutine s’autorise même à débaptiser le champagne dans le nom sera réservée au vin russe. Le vrai champagne français lui prendra l’appellation de vin pétillant. De quoi sourire évidemment mais cette décision est significative du délire de Poutine qui non seulement pille son pays mais s’arroge le droit de se transformer en un oenologue international. Il est clair que Poutine tutoie depuis longtemps la folie d’abord pour affamer son peuple, ensuite pour créer partout où il le peut des déstabilisations dans les pays fragiles ensuite pour provoquer de façon assez idiote l’opinion internationale. Conséquence , le  géant LVMH, qui produit les célèbres marques Dom Pérignon, Veuve Clicquot ou Moët & Chandon, a en effet prévenu ses distributeurs locaux qu’il suspendait ses livraisons en Russie en raison de cette nouvelle loi. «Je peux confirmer avoir reçu un courrier de ce type, et c’est justifié», a déclaré à l’AFP Leonid Rafailov, directeur général d’AST, l’un des principaux distributeurs de vins et spiritueux en Russie. appropriée.

Pour consommer leur champagne préféré, les oligarques russes devront donc peut-être venir directement en France. Ce qui ne changera pas beaucoup leurs habitudes, la Côte d’Azur étant une de leurs destinations prisées pendant l’été.

Politique-Poutine embauche Fillon !

Politique-Poutine embauche Fillon !

 

Poutine continue d’étendre sa toile d’influence heures en Europe et là il vient de pêcher Fillon, un gros poisson toujours très attiré par les accessoires de rémunération.  L’ancien premier ministre François Fillon devrait rejoindre le conseil d’administration de Zaroubejneft, un groupe pétrolier détenu à 100 % par l’État russe. L’offre lui a été faite par un décret du gouvernement russe, signé par le premier ministre Mikhaïl Michoustine. À quand le recrutement de Sarkozy qui ne crache pas non plus sur les jetons de présence !

Jusque-là, le Kremlin, pour acheter de l’influence politique, pêchait surtout dans les eaux autrichiennes et allemandes. L’Autriche est le pays qui fournit le plus grand nombre d’anciens hauts responsables aux projets économiques et politiques de la Russie. L’ancien chancelier (2000-2007) conservateur Wolfgang Schüssel a rejoint en 2019 le conseil des directeurs de Lukoil, le plus grand groupe pétrolier russe. Alfred Gusenbauer, ancien chancelier social-démocrate (2007-2008) est membre du «Dialogue des civilisations», une organisation fondée par un proche de Vladimir Poutine, l’ancien officier du KGB Vladimir Iakounine, pour pousser les intérêts

Poutine embauche Fillon !

Poutine embauche Fillon !

 

Poutine continue d’étendre sa toile d’influence heures en Europe et là il vient de pêcher Fillon, un gros poisson toujours très attiré par les accessoires de rémunération.  L’ancien premier ministre François Fillon devrait rejoindre le conseil d’administration de Zaroubejneft, un groupe pétrolier détenu à 100 % par l’État russe. L’offre lui a été faite par un décret du gouvernement russe, signé par le premier ministre Mikhaïl Michoustine. À quand le recrutement de Sarkozy qui ne crache pas non plus sur les jetons de présence !

Jusque-là, le Kremlin, pour acheter de l’influence politique, pêchait surtout dans les eaux autrichiennes et allemandes. L’Autriche est le pays qui fournit le plus grand nombre d’anciens hauts responsables aux projets économiques et politiques de la Russie. L’ancien chancelier (2000-2007) conservateur Wolfgang Schüssel a rejoint en 2019 le conseil des directeurs de Lukoil, le plus grand groupe pétrolier russe. Alfred Gusenbauer, ancien chancelier social-démocrate (2007-2008) est membre du «Dialogue des civilisations», une organisation fondée par un proche de Vladimir Poutine, l’ancien officier du KGB Vladimir Iakounine, pour pousser les intérêts

Poutine complice de la Biélorussie

Poutine complice de la Biélorussie

En solidarité avec la Biélorussie et suite aux sanctions de l’union européenne, Poutine a fait annuler un  second vol d’Air France; faute de feu vert de la Russie à de nouveaux trajets évitant la Biélorussie.

Le syndicat des pilotes français SNPL a confirmé jeudi que les compagnies devaient, «pour pouvoir continuer à [assurer] certains vols, construire des routes alternatives à celles passant par l’espace aérien du Bélarus initialement prévues et autorisées». Ces compagnies «ont demandé, selon une procédure classique habituelle, des modifications de plans de vol notamment aux autorités russes pour pouvoir assurer les vols entre la France et la Russie», a-t-il expliqué.

Vaccins Spoutnik V : campagne de pub en Europe par Poutine

Vaccins Spoutnik V : campagne de pub en Europe par Poutine

De nombreux internautes notamment Français s’étonnent en effet d’être la cible de publicités à la gloire du vaccin russe, qui n’est toujours pas autorisé par l’Agence européenne des médicaments.

Les médicaments qui font l’objet d’une publicité doivent pourtant, selon le code de la Santé publique, figurer sur une liste établie par arrêté du ministère de la santé. Dans sa politique de publicité pour le Covid-19, Twitter explique permettre «aux clients et partenaires de publier du contenu contenant une référence implicite ou explicite au Covid-19», sous réserve du respect d’un certain nombre de conditions: «la mention de vaccins, de traitements et de kits de test est autorisée, uniquement sous forme d’informations.»

 

Entre les jeux-concours et les photos de vaccinés tout sourire, le ton des différents sites se fait autrement offensif, n’hésitant pas à s’en prendre aux «lobbies de la Big Pharma» et aux «bureaucrates anti-russes.»

 

Le Wall Street journal affirme que les agences de renseignements russes plancheraient à décrédibiliser les vaccins Pfizer et Moderna, quand Politico évoque une «vaste campagne de désinformation» pour «semer la division».

Vladimir Poutine tsar dictateur qu’à 85 ans !

Vladimir Poutine tsar dictateur qu’à 85 ans

 

 

 

Il faut évidemment une sacrée dose de mépris de tout concept démocratique à Poutine pour avoir organisé une pseudo modification institutionnelle  qui va lui permettre de demeurer le tsar dictateur de Moscou jusqu’à 85 ans. L’intéressé a en effet 68 ans actuellement et les nouvelles dispositions lui permettent de rester au pouvoir jusqu’en 2036. Normalement son mandat réduit s’achevait en 2024. Le problème est que la Russie n’a jamais connu vraiment la démocratie et que la culture du KGB de Poutine l’autorise à tous les excès anti démocratique. Par ailleurs comme il a muselé complètement toute opposition, que la presse d’opinion n’existe pas, le peuple russe est maintenu dans un état de sous-culture politique dramatique. Ainsi le seul opposant à savoir Navalny d’abord victime d’une tentative d’empoisonnement et est maintenant maintenu en prison dans des conditions qui d’ailleurs menacent à nouveau sa vie.

 

Poutine n’a cure des observations et reproches des occidentaux quant à son rapport à la démocratie, un concept qu’il récuse. Pas étonnant profitant de ses 20 ans de pouvoir Kremlin il a déjà accumulé une immense fortune qui lui a permis de construire un palais démentiel justement révélé par navalny tandis que son peuple vit les conditions d’un pays en développement. Pire Poutine s’évertue en plus à organiser le désordre chaque fois qu’il le peut dans les théâtres de lutte internationale. Par exemple quand il soutient la Syrie ou encore récemment les dictateurs de Birmanie.

Vladimir Poutine: le dictateur prolonge son mandat jusqu’en 2036 !

Vladimir Poutine: le dictateur prolonge son mandat jusqu’en  2036 !

 

Grâce au décret qu’il  vient de signer, Vladimir Poutine pourra se vanter d’avoir régné sans partage sur la Russie pendant près de 36 ans.

Le président russe Vladimir Poutine a 68 ans,. Il pourra donc continuer de diriger la Russie jusqu’à 85 ans ! Tout cela avec la bénédiction du Parlement complètement soumis au pouvoir. En plus avec une pseudo démocratie via un référendum sans opposition. L’un des rares opposants , à savoir Navalny ,ayant été mis en prison après une tentative d’empoisonnement. Bref le produit du KGB s’assoit délibérément sur la constitution qui normalement aurait dû limiter sa responsabilité de président a demanda.

 

Sorte de démocratie remake  des plus mauvaises caricatures africaines et qui finira sans doute aussi mal un jour ou l’autre. En effet la Russie enregistre non seulement un échec total en matière économique et sociale et reste au rang des pays en voie de développement. En outre , la démocratie est complètement muselée par la dictature d’un seul homme et de ses acolytes.

Cerise sur le gâteau, Poutine a fait introduire dans la constitution une immunité avis pour tous les anciens présidents russes y compris lui-même. Une manière de se protéger contre les énormes détournements des biens de l’État récemment dénoncés par Navalny au profit de Poutine.

Vaccin Spoutnik : Merkel et Macron discutent avec Poutine

Vaccin Spoutnik : Merkel et Macron discutent avec Poutine

 

Face à la faillite de la campagne de vaccination organisée par l’union européenne Merkel et Macron se retournent  vers Poutine pour envisager les conditions d’une collaboration afin d’utiliser le vaccin russe en complément des autres. Pour faire bonne figure. Merkel et Macron ont évoqué la question de la détention de l’opposant Navalny , de la situation en Ukraine, en Syrie et en Libye ainsi que le dossier nucléaire iranien. Des questions pas forcément liées mais qui visent à montrer que les occidentaux ne se rendent pas à Moscou à genoux pour sauver la campagne de vaccination.

 

La détérioration de la santé de Navalny : Poutine veut tuer l’opposant actuellement en prison

  • La détérioration de la santé de Navalny : Poutine veut tuer l’opposant actuellement en prison
  • Rien évidemment ne justifie que le principal opposant à Poutine à savoir Navalny  ne soit détenu dans l’une des prisons les plus dures de Russie sinon la volonté de le tuer. Ce qui serait une seconde tentative après l’échec de son empoisonnement. Le pire, c’est que Navalny  a été condamné à deux ans et demi de prison pour avoir dérogé à son contrôle judiciaire. Or ce contrôle judiciaire n’a pas pu être respecté puisque l’intéressé était en Allemagne et luttait  contre la mort après la tentative d’empoisonnement par les services secrets de Poutine. 
  • Jusque-là les occidentaux ont protesté mais de façon assez formelle et on sait que Poutine ne connaît que la force et la brutalité!  lui,  le produit du KGB. La mollesse de la protestation occidentale vient largement de la position ambiguë de l’Allemagne vis-à-vis de la Russie. L’Allemagne en effet attend avec impatience le gaz russe dont les infrastructures sont en phase terminale. Poutine ne pardonne pas navalny d’avoir dévoilé qu’il était propriétaire d’un immense palais aux frais d’un peuple qu’il maintient dans un état de pauvreté lamentable.  Olga Mikhaïlova, l’une des avocates du principal détracteur du Kremlin, a indiqué à l’AFP que Alexeï Navalny se plaignait depuis peu de «fortes douleurs au dos», ajoutant qu’il avait commencé à ne plus sentir l’une de ses jambes mardi. L’opposant a pu voir un neurologue mais celui-ci ne lui a pas dit son diagnostic, se contentant de lui donner des cachets d’Ibuprofen, un médicament anti-inflammatoire.
  • Militant anticorruption et principal opposant au président Vladimir Poutine, Alexeï Navalny, 44 ans, a survécu l’année dernière à un empoisonnement au Novitchok, agent innervant développé à l’époque soviétique à des fins militaires, qui l’avait plongé dans le coma. Revenu en Russie en janvier dernier d’une convalescence en Allemagne, il a été immédiatement arrêté et condamné dans une affaire de fraude datant de 2014, qu’il dénonce comme politiquement motivée. Depuis son arrivée au camp de Pokrov, Alexeï Navalny a pu décrire sur les réseaux sociaux à deux reprises ses conditions de détention, affirmant que sa vie quotidienne de prisonnier est comparable à celle d’un «Stormtrooper» dans le «remake russe de La Guerre des étoiles» à cause de la rigide discipline en place. Il a comparé sa colonie pénitentiaire à un «camp de concentration».

Poutine déstabilisé par Navalny ?

Poutine déstabilisé par Navalny ? 

 

Nicolas Tenzer, Sciences Po (*) évoque l’impact de l’affaire Navalny sur la Russie et les politiques thématiques dans une chronique à la Tribune.

Il est parfois soutenu que l’affaire Navalny – son empoisonnement par le FSB, son arrestation à son retour à Moscou, puis sa condamnation à plus de deux ans et demi en colonie pénitentiaire – aurait été l’occasion d’une prise de conscience, chez certains dirigeants occidentaux, de la réalité du régime de Vladimir Poutine. Nous pouvons en partie en douter.

Cette affaire fut peut-être, plus exactement, la goutte de thé qui a fait monter la sonorité de l’indignation verbale après une multitude d’autres actes, avec le risque paradoxal qu’elle devienne l’arbre portant son ombre sur la forêt – celle de la nature criminelle du régime lui-même.

Tout semble se passer comme s’il n’y avait pas eu la Tchétchénie, vite sortie du terrain de l’indignation. Comme s’il n’y avait pas eu la Géorgie dont 20 % du territoire sont toujours occupés de facto par Moscou, et où, comme l’a encore jugé récemment la Cour européenne des droits de l’homme, la Russie aurait commis des crimes de guerre pendant le conflit de 2008.

Comme si l’Ukraine n’avait pas été envahie et une partie de son territoire, la Crimée, annexée, donnant certes lieu à deux régimes européens de sanctions, mais quand même bien limitées, à l’instar d’ailleurs des sanctions américaines.

Comme si Moscou n’avait pas commis des tentatives d’assassinat, couronnées de succès ou non, sur le sol européen, ce qui avait d’ailleurs suscité des réponses incroyablement mesurées des pays concernés. Comme si, en Russie même, de nombreux adversaires du régime n’avaient pas été expulsés, embastillés, voire éliminés. »

Comme si, surtout et finalement d’abord, il n’y avait pas eu la Syrie, le soutien total à un régime coupable de crimes contre l’humanité et de 700 000 morts, et les crimes de guerre en masse commis par les forces russes contre les civils syriens. Le régime de Poutine, ne l’oublions jamais, en a assassiné plus que Daech. Or, quel dirigeant occidental aurait osé serrer la main d’Abou Bakr al-Baghdadi ?

Comme si, en somme, on faisait semblant d’ignorer le lien direct entre Poutine et ses services et le crime organisé pur et simple, un lien remarquablement mis en lumière par le livre indispensable de Catherine Belton. Comme si l’illibéralisme de Poutine n’était qu’une idéologie verbale et non l’instrument d’une légitimation de ses crimes.

En somme, déclarer comme Josep Borrell, après le fiasco de sa visite à Moscou, que l’Europe et la Russie prennent des chemins divergents et que la dernière ne souhaite pas un dialogue est un constat aussi juste que tardif : cela fait quand même plusieurs années, sinon plus d’une décennie, que telle est la réalité.

Donc, pourquoi Navalny ? Pas à cause des multiples mensonges, à peine dissimulés, du régime russe : on les a déjà vus à l’œuvre après la destruction en vol du MH17, mais aussi à propos de l’usage des gaz chimiques en Syrie, de l’invasion de l’Ukraine ou de la tentative d’assassinat de Sergeï Skripal.

Pas à cause de la tentative d’assassinat en elle-même : BabourovaMarkelovPolitkovskaïaEstemirovaMagnitskyNemtsov n’ont pas eu droit au dixième des réactions suscitées par Navalny. Pas en raison de la parodie de justice, si commune et ancienne pour frapper les dissidents.

Mais parce que Navalny a su rallier des millions de Russes à son combat contre la corruption et que, s’il est incapable de faire tomber Poutine, il fut capable de le faire chanceler et de le ridiculiser en public. Peut-être certains dirigeants occidentaux ont-ils enfin pris conscience du fait que Poutine n’incarnait pas la Russie.

D’abord, ne nous faisons pas d’illusions : l’ampleur du système répressif poutinien et son verrouillage total du processus électoral ne laissent guère entrevoir une chute de Poutine sous la pression de la rue malgré la baisse de son taux de popularité. Les dernières manifestations ont été réprimées avec une intensité sans précédent, à la fois en termes de violence et de condamnations par une justice aux ordres. Poutine dispose des moyens sécuritaires pour continuer sans aucune limite.

Il en va de même pour l’argument de la démographie et de la fuite des cerveaux qui font l’objet de scénarios sombres, de l’économie en difficulté et de la catastrophe sociale qu’illustrent notamment la grande pauvreté croissante en Russie et le délabrement du système de soins. Tout cela n’empêchera pas Poutine de se maintenir au pouvoir, s’il en a les capacités physiques, jusqu’en 2036.

Enfin, il est extrêmement difficile pour un tel régime d’évoluer vers un système démocratique et transparent. Le nombre de personnes, à tous les niveaux et d’abord au sommet, qui ont un intérêt personnel au maintien du système est trop fort. Ces mêmes personnes ont tout à perdre à une justice indépendante qui ferait la lumière sur leurs agissements tant en termes de répression que d’enrichissement illicite.

C’est pourtant là, au-delà d’un soutien opérationnel à l’Ukraine et au peuple du Bélarus, que se trouve le levier possible de l’Occident s’il entend accompagner un changement de régime. D’abord, sanctionner les proches de Poutine de manière beaucoup plus complète qu’aujourd’hui est leur envoyer un signal : ils pourront l’abandonner d’autant plus aisément que son maintien au pouvoir nuit à leurs intérêts.

Ensuite, il nous faudra accompagner une transition de manière pragmatique, y compris sans doute, moyennant une restitution de biens, en garantissant un effacement partiel des délits passés. Enfin, nous devrons accompagner, de manière moins dogmatique que lors des années Eltsine, la transition vers une économie prospère et libre tout en renforçant le filet de protection sociale, plus urgent que jamais pour le peuple russe.

Mais sommes-nous vraiment prêts pour engager cette action pacifique vers l’après ?

Pour autant, devons-nous attendre un changement majeur et décisif de la part des pays occidentaux ? Peut-être faut-il, une seconde, revenir à la Syrie. Que les dirigeants démocratiques n’aient pas saisi, au moins en raison de ses actes en Syrie, la nature du régime de Poutine laisse perplexe. L’invasion d’une partie du Donbass ukrainien et l’annexion de la Crimée étaient certes des événements inquiétants. Mais l’intervention des forces russes en Syrie à compter de l’automne 2015 marquait autre chose : l’affirmation qu’une puissance membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pouvait commettre, de manière massive, des crimes de guerre, susceptibles d’entraîner la poursuite de leurs responsables devant la Cour pénale internationale, sans ni désignation, ni condamnation directe par les démocraties.

De même, par ses 16 vetos, le plus souvent avec le soutien de la Chine, la Russie a à la fois empêché l’acheminement d’une aide humanitaire indépendante aux réfugiés et la condamnation des crimes contre l’humanité du régime Assad. Elle a, par là, érodé la notion même de ces crimes dans l’esprit des dirigeants et des opinions de l’Ouest alors qu’ils sont le fondement de notre conscience historique.

 

Que vaudrait une alarme nouvelle à propos de Navalny qui ne ferait pas un examen sans complaisance de notre faute passée ? Si nous devenons plus fermes désormais sans comprendre en quoi nous avons failli, en particulier sur la Syrie, nous n’aurons accompli qu’un trop court chemin.

Pour l’instant, nous restons au milieu du gué. Il n’est guère de différences entre les condamnations et les sanctions plus anciennes, en particulier sur l’Ukraine ou l’affaire Skripal, et les déclarations actuelles et notamment les sanctions, mesurées, dont le principe a été décidé par le Conseil Affaires étrangères de l’Union européenne le 22 février 2021. Certes, certains remarquent que c’est la première fois que l’Union fait usage de son nouveau régime de sanctions dit « Magnitsky », et c’est un précédent bienvenu.

D’autres considèrent que les propos de Josep Borrell, contrecoup de son humiliation publique lors de son déplacement du 5 février à Moscou, insistant sur la position de confrontation cherchée par le Kremlin, vont plus loin que les précédentes déclarations des responsables européens.

De son côté, Joe Biden a reconnu dans les termes les plus clairs le danger global que représentait le régime du Kremlin, même si les premières sanctions personnelles décidées restent encore assez restreintes. D’autres pourraient toutefois suivre.

Or, les résultats sont comptés en termes d’action : l’Allemagne n’a pas renoncé à Nordstream 2 dont chacun reconnaît à la fois le danger pour l’Union européenne et l’Ukraine et l’avantage stratégique que sa mise en service donnerait à Moscou, lui octroyant aussi des ressources supplémentaires pour financer ses actions d’agression et de propagande extérieures. Avec une majorité écrasante, le Parlement européen a ainsi demandé l’arrêt du projet. Or, le reste de l’UE ne s’est pas uni pour y contraindre l’Allemagne et, à ce jour, certains s’alarment d’une position moins ferme de Washington en termes de sanctions.

L’Union n’a pas mis en place non plus un mécanisme pour geler ou même saisir les biens et avoirs des oligarques russes et autres personnalités du premier cercle de Poutine dont une liste circonstanciée avait été proposée par Vladimir Achourkov, directeur de la Fondation anti-corruption créée par Navalny. On pourrait ajouter une certaine mansuétude dans plusieurs pays européens envers les relais du Kremlin et la quasi-absence d’enquête sur les réseaux de corruption qu’il entretient.

Il est dès lors difficile de ne pas accréditer l’hypothèse d’une conscience imparfaite de la nature de la menace et de la profondeur de sa pénétration au sein d’une partie des élites européennes qui expliquerait la frilosité de l’action.

Trois raisons peuvent expliquer ce caractère timoré de la réaction occidentale.

La première est une forme de corruption de l’esprit de certains milieux proches des cercles du pouvoir dans certains pays européens. Cette corruption n’est pas toujours légalement punissable : travailler pour une société russe, même lorsqu’on est un ancien haut responsable politique comme Gerhard Schröder, n’est pas nécessairement illégal. Recevoir une rémunération pour des actions d’influence de la part de sociétés proches du pouvoir russe ne l’est pas toujours non plus si l’on n’est pas, ou plus, un agent public. Même en droit français, la frontière est parfois malaisée à appréhender entre le lobbying, le conseil et le trafic d’influence.

Dans la plupart des pays européens, les centres de recherche privés ou fondations par exemple peuvent aussi, en toute légalité, recevoir de l’argent d’une puissance étrangère sans être, à ce jour, tenues de la révéler. Si les journalistes européens sont en général soumis à un code de déontologie qui prohibe de recevoir cet argent sans en révéler l’origine, il n’est pas toujours aisé de le faire appliquer. Or, jusqu’à présent, la plupart des pays européens semblent rechigner à durcir leur législation, à exiger une transparence totale, voire à diligenter des enquêtes. Cela rend les milieux politiques potentiellement soumis à ce type d’actions des régimes autoritaires étrangers. Un renforcement d’ampleur de l’arsenal juridique anti-corruption, comme certains le proposent, doit être la priorité absolue.

La deuxième raison tient au manque de connaissance directe de la nature du régime russe de la part des conseillers des dirigeants - l’administration Biden étant une exception notable. Cela conduit à des récits inadaptés, fondés notamment sur une appréhension romantique de la Russie à partir de données historiques, géographiques et culturelles, et non d’une analyse politique. Il n’est pas fortuit que certains propagandistes doux cherchent à vendre ces vieilles lubies géopolitiques pour justifier un nouvel engagement avec le Kremlin. Cette inintelligence du régime a conduit à des tentatives de réengagement aventureuses et vouées à l’échec dont le résultat premier est d’ailleurs d’affaiblir, de diviser et donc de menacer l’Europe. Les mêmes conseillers ne semblent aucunement formés à la manière dont les récits malencontreux peuvent nourrir la propagande.

Une troisième raison illustre ce point : une pratique diplomatique courante conduit certains responsables à séparer les sujets. On en retrouve la trace dans les propos récents de Josep Borrell qui peut dire dans une même phrase qu’on peut être ferme envers la Russie sur ses atteintes aux droits fondamentaux et ses menaces à l’encontre de l’Europe et, en même temps, poursuivre des coopérations sur, par exemple, l’environnement et la santé. Ce discours est aussi fréquent envers la Chine. Or, lorsqu’il concerne un régime dictatorial habitué à la propagande, il lui offre des armes. Il conduit à diminuer dans l’opinion l’intensité et la portée de ses crimes en même temps qu’il nous place dans une situation de dépendance.

Espérons qu’une nouvelle épreuve plus terrible ne nous oblige pas à un apprentissage trop tardif.

_______

(*) Par Nicolas Tenzer, Chargé d’enseignement International Public Affairs, Sciences Po

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