Archive pour le Tag 'publiques'

France Finances publiques : encore dégradée mais pas encore mortelle !

France Finances publiques : encore dégradée mais pas encore mortelle !

L’agence de notation Fitch a décidé d’une nouvelle dégradation de la dette publique de la France qui passe ainsi de A+ à A. Conséquence directe une augmentation des taux d’intérêt comme les taux à 10 ans par exemple. Ces taux d’intérêts tournent autour de 3,50 % et passent au-dessus de ceux de l’Italie pourtant davantage endettée mais en net redressement.

La conséquence directe pour les entreprises comme pour les consommateurs sera une évolution en hausse du coût de l’argent. Notons cependant que ces taux n’ont pas encore contaminé l’inflation et qu’il convient d’en relativiser les effets immédiats. L’inflation se maintient pour l’instant en dessous de 1 %. En cause, la modeste croissance de 0,8 % sur un an qui traduit en particulier le tassement de la consommation et des investissements. Cette dégradation n’est pas évidemment une bonne nouvelle pour la France, elle traduit la dérive de la gestion financière de l’État depuis 40 à 50 ans. La vérité sans doute c’est que la puissance publique -au plan national comme local -ne maîtrise plus grand-chose.

La banqueroute est encore lointaine mais sur la tendance elle pourrait bien venir avec notamment les déficits du budget de l’État et de la sécurité sociale mais aussi le gonflement des dépenses du millefeuille administratif local ( communes, communes regroupées, communauté de communes, départements, régions et bien sûres État). La situation n’est donc pas dramatique mais elle deviendra à échéance d’une vingtaine d’années. Pour l’instant les déséquilibres sont à relativiser compte tenu de la richesse réelle de la France. En effet l’épargne des Français est considérable et il convient aussi de la mettre en regard des déficits publics. L’épargne totale des Français est de 6300 milliards. Le taux d’épargne des Français est de 18,2 % de leurs revenus disponibles en moyenne selon l’INSEE. Un taux qui ne cesse d’augmenter ( pour ceux qui évidemment peuvent épargner, c’est-à-dire près de 50 % de la population) du fait des incertitudes actuelles.

Le plus grave dans cette affaire c’est le sentiment de déclassement de la France même s’il n’est pas toujours justifié. Ainsi le tassement des investissements de capacité mais surtout d’innovation constitue une hypothèque pour le devenir du pays. Cela d’autant plus que nous souffrons d’un déficit déjà de production et de compétitivité. Pour parler simple, on ne produit pas assez (notamment parce qu’on ne travaille pas assez) et la France est en retard technologique global) Elle doit parallèlement revoir son rapport au travail et le contenu de sa formation

Bayrou avait raison de tirer la sonnette d’alarme surtout sur les conséquences très néfastes pour les générations à venir. Cependant il a eu tort de dramatiser et surtout de faire tout seul sa petite tambouille personnelle avec quelques conseillers sachant que la stratégie impose d’impliquer dès le départ- y compris celui de l’analyse- les acteurs économiques et organisations intermédiaires. On ne peut mobiliser sans une analyse partagée. Mais l’objectif n’était pas là pour Bayrou, il s’agissait pour lui de tenter de partir dignement avant d’être mis à la porte. Une situation que pourrait bien connaître le nouveau premier ministre Lecornu s’il ne change pas réellement sur le fond et la forme et s’en tient à des éléments de langage flous.

Finances publiques : la France sous tutelle du FMI ?

Finances publiques : la France sous tutelle du FMI ?

L’hypothèse d’une mise sous tutelle de la France compte tenu du dérapage de sa dépense publique n’est plus totalement exclue par les experts à moyen ou long terme.(BFM)

Les alertes sur l’état des finances publiques françaises se suivent et se ressemblent. Pour la énième fois en février, la Cour des comptes a mis en garde le gouvernement contre une dépense publique « en roue libre » plaçant la France « au pied du mur ». Ce jeudi, c’est le Fonds monétaire international qui est revenu à la charge en insistant sur la nécessité de prendre des « décisions difficiles » pour redresser les comptes de l’État.

Le gouvernement promet pourtant de revenir sur la voie du sérieux budgétaire en ramenant le déficit public sous les fameux 3% en 2029, contre 5,8% en 2024. Le problème, c’est que personne n’y croit. Ni la Commission européenne, ni la Cour des comptes qui jugent l’exécutif trop « optimiste ». Ni même le FMI qui estime que sans nouvelles mesures « significatives », le déficit resterait autour des 6% du PIB et que la dette publique augmenterait jusqu’en 2030.

Mais la France peut-elle se payer le luxe de laisser ses comptes dériver encore longtemps ? Si oui, elle pourrait alors être un jour placé sous la tutelle du fonds monétaire international qui ,lui ,imposerait d’autorité les mesures de redressement financier drastiques que les responsables politiques actuels n’osent pas prendre par incompétence manque de courage.

Economie-Finances publiques : la France sous tutelle du FMI ?

Economie-Finances publiques : la France sous tutelle du FMI ?

L’hypothèse d’une mise sous tutelle de la France compte tenu du dérapage de sa dépense publique n’est plus totalement exclue par les experts à moyen ou long terme.(BFM)

Les alertes sur l’état des finances publiques françaises se suivent et se ressemblent. Pour la énième fois en février, la Cour des comptes a mis en garde le gouvernement contre une dépense publique « en roue libre » plaçant la France « au pied du mur ». Ce jeudi, c’est le Fonds monétaire international qui est revenu à la charge en insistant sur la nécessité de prendre des « décisions difficiles » pour redresser les comptes de l’État.

Le gouvernement promet pourtant de revenir sur la voie du sérieux budgétaire en ramenant le déficit public sous les fameux 3% en 2029, contre 5,8% en 2024. Le problème, c’est que personne n’y croit. Ni la Commission européenne, ni la Cour des comptes qui jugent l’exécutif trop « optimiste ». Ni même le FMI qui estime que sans nouvelles mesures « significatives », le déficit resterait autour des 6% du PIB et que la dette publique augmenterait jusqu’en 2030.

Mais la France peut-elle se payer le luxe de laisser ses comptes dériver encore longtemps ? Si oui, elle pourrait alors être un jour placé sous la tutelle du fonds monétaire international qui ,lui ,imposerait d’autorité les mesures de redressement financier drastiques que les responsables politiques actuels n’osent pas prendre par incompétence manque de courage.

Finances publiques : la France sous tutelle du FMI ?

Finances publiques : la France sous tutelle du FMI ?

L’hypothèse d’une mise sous tutelle de la France compte tenu du dérapage de sa dépense publique n’est plus totalement exclue par les experts à moyen ou long terme.(BFM)

Les alertes sur l’état des finances publiques françaises se suivent et se ressemblent. Pour la énième fois en février, la Cour des comptes a mis en garde le gouvernement contre une dépense publique « en roue libre » plaçant la France « au pied du mur ». Ce jeudi, c’est le Fonds monétaire internationaI qui est revenu à la charge en insistant sur la nécessité de prendre des « décisions difficiles » pour redresser les comptes de l’État.

Le gouvernement promet pourtant de revenir sur la voie du sérieux budgétaire en ramenant le déficit public sous les fameux 3% en 2029, contre 5,8% en 2024. Le problème, c’est que personne n’y croit. Ni la Commission européenne, ni la Cour des comptes qui jugent l’exécutif trop « optimiste ». Ni même le FMI qui estime que sans nouvelles mesures « significatives », le déficit resterait autour des 6% du PIB et que la dette publique augmenterait jusqu’en 2030.

Mais la France peut-elle se payer le luxe de laisser ses comptes dériver encore longtemps?

« Dès que les investisseurs arrivent à la conclusion que le contrôle du budget n’est pas évident, ils se disent: on ne va peut-être pas être payés. Ils demandent alors une augmentation des taux d’intérêts », ce qui peut déclencher un mouvement de panique sur les marchés, avait mis en garde sur BFM Business Olivier Blanchard, ancien chef économiste du FMI.

L’ancien ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, agitait déjà ce spectre en 2024 en faisant planer la menace d’une possible « mise sous tutelle » de la France en cas d’arrivée au pouvoir du RN ou du NFP dont il jugeait les programmes trop dispendieux.

Politique: Sondage référendums : 67 % en faveur de référendums sur les finances publiques et l’immigration

Politique: Sondage référendums : 67 % en faveur de référendums sur les finances publiques et l’immigration

Le président de la République devrait annoncer mardi prochain, à l’occasion d’une émission exceptionnelle à 20h10 sur TF1, l’organisation de plusieurs référendums le même jour, avec deux voire trois sujets soumis aux électeurs.

Une idée pour deux tiers (67%) des Français, selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro, qui fait consensus du RN jusqu’à LFI, en passant par le bloc central.

Cependant, ils sont 60% à penser que le président de la République n’ira pas jusqu’au bout de la démarche et n’organisera pas ces référendums.

En cause sans doute les risques politiques mais aussi la complexité de la problématique des questions.

Sondage référendum: 67 % en faveur référendum sur les finances publiques et l’immigration

Sondage : 67 % en faveur référendum sur les finances publiques et l’immigration

Le président de la République devrait annoncer mardi prochain, à l’occasion d’une émission exceptionnelle à 20h10 sur TF1, l’organisation de plusieurs référendums le même jour, avec deux voire trois sujets soumis aux électeurs.

Une idée pour deux tiers (67%) des Français, selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro, qui fait consensus du RN jusqu’à LFI, en passant par le bloc central.

Cependant, ils sont 60% à penser que le président de la République n’ira pas jusqu’au bout de la démarche et n’organisera pas ces référendums.

En cause sans doute les risques politiques mais aussi la complexité de la problématique des questions.

Sondage : 67 % en faveur référendum sur les finances publiques et l’immigration

Sondage : 67 % en faveur référendum sur les finances publiques et l’immigration

Le président de la République devrait annoncer mardi prochain, à l’occasion d’une émission exceptionnelle à 20h10 sur TF1, l’organisation de plusieurs référendums le même jour, avec deux voire trois sujets soumis aux électeurs.

Une idée pour deux tiers (67%) des Français, selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro, qui fait consensus du RN jusqu’à LFI, en passant par le bloc central.

Cependant, ils sont 60% à penser que le président de la République n’ira pas jusqu’au bout de la démarche et n’organisera pas ces référendums.

En cause sans doute les risques politiques mais aussi la complexité de la problématique des questions.

Finances publiques « Un référendum pour éviter le désastre ? »

Finances publiques « Un référendum pour éviter le désastre ? »

La France, souvent perçue comme réfractaire aux réformes, fait face à une crise financière grandissante. Entre la crainte de perdre des acquis sociaux et des difficultés politiques internes, les gouvernements successifs peinent à trouver un consensus pour redresser la situation économique. Face à une Assemblée nationale divisée, la proposition de François Bayrou d’un référendum populaire pourrait offrir une issue à cette impasse. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC dans La Tribune

La France est réputée irréformable, ou du moins cette crainte hante nos courageux dirigeants. Certes, les Français tiennent à leurs acquis sociaux, qu’il s’agisse des RTT, des 35 heures ou des jours fériés. Par ailleurs, tout droit obtenu dans un contexte difficile est considéré comme acquis, et ce, bien longtemps après la disparition des conditions défavorables qui ont justifié l’aide publique. En 2021, le rapport de la commission Blanchard-Tirole, à l’initiative du chef de l’État, avait souligné la difficulté de faire passer des réformes en France, indépendamment de leur caractère urgent ou simplement nécessaire. Selon ce rapport, le blocage des réformes venait d’un manque d’explication compréhensible, couplé avec un certain déficit de connaissances économiques, et accentué par une redistribution mal gérée, incapable de compenser les éventuels perdants de manière équitable.

Depuis 2021, la situation budgétaire française s’est encore dégradée. Déficit public abyssal, croissance en berne et taux d’intérêt élevé constituent un cocktail destructeur. Sans effort majeur de rééquilibrage par une politique d’austérité assumée, combinant hausse d’impôts et réduction des dépenses publiques, une crise financière peut se déclencher à tout moment, à l’image de la crise qui a touché la Grèce en 2012 et a conduit ce pays au défaut souverain. Une crise d’illiquidité ne s’installe pas progressivement. Elle débute par une fuite brutale des investisseurs. Une fois le processus enclenché, chacun cherche à se débarrasser des obligations de l’État en difficulté avant les autres, ce qui entraîne une chute du prix de ces titres. Les banques doivent alors réévaluer leurs actifs à la baisse, le crédit se contracte, et un cercle vicieux s’enclenche. Comme pour la Grèce, une crise financière de grande ampleur va imposer d’elle-même des décisions d’urgence, dictées par les garants de la stabilité financière en Europe : Commission Européenne, BCE, FMI et indirectement, l’Allemagne.

Malheureusement, depuis la désastreuse dissolution de l’Assemblée nationale, les deux gouvernements successifs n’ont plus de ligne claire d’action. Tant l’éphémère gouvernement Barnier que le gouvernement Bayrou se confrontent à la difficulté de mettre en place un ensemble de mesures cohérentes conjuguant baisse des dépenses publiques et hausse des recettes fiscales. Cette difficulté résulte de l’absence de majorité à la chambre. Le gouvernement — exposé en permanence à la censure — est incapable de réunir une majorité sur des sujets politiquement sensibles dans un contexte de compte à rebours avant la prochaine élection législative. Outre ce contexte électoral, la France n’a pas l’expérience de la négociation parlementaire capable de produire une combinaison de hausses d’impôts et de réductions des dépenses susceptible de recueillir le soutien à la fois du centre gauche et du centre droit. Chacun, par ailleurs, fait un point d’honneur à refuser les initiatives de l’autre. À ce jour, toutes les tentatives d’accord sur le budget 2026 semblent vouées à l’échec.

Pour sortir de l’ornière, François Bayrou semble vouloir faire appel aux Français : exposer la gravité de la situation aux électeurs, puis leur proposer un programme de réformes global et synchronisé, assorti d’un calendrier clair et d’objectifs précis, soumis à l’approbation des Français par référendum. Il y a longtemps, J. M. Keynes remarquait que les individus sont essentiellement préoccupés par la comparaison avec les autres ; un programme de réformes imposant des coûts à tous, sans exception, et permettant de contenir le risque de crise, pourrait ainsi être accepté. Cette stratégie politique permettrait en effet de contourner le blocage d’une Assemblée nationale divisée. En termes de théorie des jeux, la solution non coopérative serait remplacée par une solution coopérative, dans le cadre d’une négociation directe entre le gouvernement et les Français.

L’idée du Premier ministre a du sens et mérite d’être expérimentée. Les députés LFI sont bien sûr outrés, dans la mesure où ils n’existent que par leur force de blocage. Il n’est pas sûr que les autres partis approuvent l’idée pour des raisons évidentes de perte de visibilité.

En revanche, rien ne garantit que le gouvernement soit en mesure de proposer des réformes véritablement équitables. Traditionnellement, les gouvernements précédents ont ménagé les catégories de la population disposant d’un fort pouvoir de blocage, tout en faisant les poches des catégories sans défense. Un programme cohérent devrait proposer des mesures à large spectre, garantissant une répartition équitable des coûts sur l’ensemble de la société. Mais une forte incertitude subsiste quant à la définition même de l’équité fiscale, et des débats persistent sur les moyens de l’atteindre. Les propositions du chapitre sur la fiscalité du rapport Blanchard-Tirole pourraient constituer une bonne base de départ. On y apprend, par exemple, « qu’un impôt proportionnel, voire légèrement régressif comme la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pourrait accroître la progressivité générale du système d’imposition et de transfert s’il sert à financer des dépenses ciblant précisément les personnes à faible revenu. Un impôt donné, considéré isolément, ne dit pas grand-chose de la progressivité et de la régressivité du système ou de l’impact économique. »

Nous souhaitons bonne chance au gouvernement pour réussir à convaincre nos concitoyens que cette fois-ci l’effort qu’il propose sera partagé par tout le monde, et que cet effort permettra de remettre l’économie française sur un chemin de croissance. C’est notre dernière chance.

Finances publiques : : un tiers des agences supprimées d’ici fin 2025

Finances publiques : : un tiers des agences supprimées d’ici fin 2025

La ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a annoncé dimanche que, «d’ici la fin de l’année», «un tiers des agences et des opérateurs» de l’État «qui ne sont pas des universités» allaient être «fusionnés ou supprimés». «C’est 2 à 3 milliards d’économies à la clé», a-t-elle indiqué sur CNews/Europe 1, avec notamment «moins d’emplois publics à la clé».

Interrogée sur la façon dont les suppressions «d’emplois publics» pourraient se faire, Amélie de Montchalin a répondu : «Vous avez des gens qui partent à la retraite, vous avez des gens que vous pouvez mettre ensemble, on a plein de moyens sans faire dans la casse sociale.» «Je serai auditionnée» par une commission du Sénat «mi-mai, je ferai des annonces à ce moment-là», a ajouté Amélie de Montchalin.

Finances publiques : comment économiser des milliards d’euros »

En 2025 d’après le projet de lois de finance, les besoins de financement de l’État sont de 306,7 milliards d’euros. Avec des notations financières qui se dégradent, une politique monétaire qui expose la France à des taux plus élevés, ne faut-il pas repenser le paradigme de nos finances publiques ? Par Gabriel Gaspard, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière.( Dans La Tribune)

Depuis la promulgation par le Président G. Pompidou de la loi n°73-7 du 3 janvier 1973, l’État français ne peut plus emprunter à sa propre Banque Nationale. Cette dette est passée de 15% du PIB en 1974 à 110,6% du PIB fin 2023 (3 101,2 milliards d’euros). À la fin du deuxième trimestre 2024, la dette publique s’établit à 3 228,4 milliards d’euros d’après l’INSEE, soit 112% du PIB. Le gouvernement retient 109,7% pour 2024.

La dette française est principalement financée par des obligations assimilables du trésor OAT, émises par l’État français via l’AFT l’Agence France trésor. La majorité des OAT sont émises à taux fixe et sont remboursées à maturité en numéraire, c.-à-d. elles ne sont pas convertibles ou remboursables en d’autres titres. La valeur nominale est de 1 euro, la durée est de 2 à 50 ans. Les émissions des OAT sont assurées par la Banque de France. L’AFT lance un premier emprunt qui sera le réservoir et qui définira le taux d’intérêt et les conditions de versement. Les autres émissions viendront s’ajouter sur des réservoirs existants. Aujourd’hui les OAT constituent la forme unique du financement à moyen et long terme de l’État. Il existe deux autres OAT. Les OATi et OATei dont le nominal est indexé sur l’inflation France depuis 1998 ou zone euro depuis 2001. L’indexation est pratiquée lors de chaque échéance de paiement du coupon. Pour le court terme, moins d’un an, l’État se finance par les bons du Trésor à taux fixe et à intérêt précompté ou payable d’avance… (BTF).

Bien que ce soit principalement les sociétés de gestion, les banques et les fonds d’investissement qui vont acheter des OAT français, il est techniquement possible pour un particulier d’acheter des OAT sur le marché secondaire via un courtier. Il est inutile de préciser que la fiscalité des valeurs du trésor est un labyrinthe inaccessible aux PME ainsi qu’aux ménages français.

 « la normalisation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne amorcée depuis 2022 expose la France à un environnement de taux d’intérêt de long terme structurellement plus élevés ».

 

En effet, le taux de rendement de l’obligation – France 10 ans est au 10 janvier 2025 à 3,41% et la prime de risque frôle les 90 points. Le taux moyen pondéré sur 2024 est de 2,91%, l’encours de la dette négociable de l’État au 30 novembre 2024 atteint 2 605,20 milliards d’euros. Le mouvement s’inscrit dans un contexte de remontée des taux. Les principales raisons pour cette envolée des taux d’intérêt : la nouvelle politique financière des États-Unis avec une prévision de forte inflation, un dollar qui décolle face à l’euro, la Banque centrale européenne BCE en retard dans la politique monétaire et son arrêt de rachat des dettes des États membres au 1er janvier 2025.

 «La charge d’intérêt pèsera bientôt plus lourd que le budget de l’Éducation nationale», a alerté le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

D’après le projet du budget 2025, avec une dette publique avoisinant les 3 228 milliards d’euros et une charge d’intérêts prévue autour de 55 milliards, le taux moyen s’établit à environ 1,83%. Si on considère que l’inflation prévue en 2025 est estimée à 1,5%, le taux d’intérêt réel moyen corrigé de l’inflation devient 0,33%. Ce taux réel n’est plus négatif comme certaines années précédentes. En 2025, en empruntant 306,7 milliards à un taux moyen de 3,5% au lieu de 2,91%, la charge d’intérêts réelle supplémentaire sera d’environ 11 milliards d’euros. En plus avec la nouvelle pression de la BCE, la France doit trouver des investisseurs privés pour acquérir le montant record de 306,7 milliards d’euros dont plus de 58% seraient des étrangers.

Avec des taux d’intérêt qui remontent pour l’État, c’est une très mauvaise nouvelle pour la croissance. Plusieurs économistes proposent d’utiliser l’épargne des ménages pour contribuer au financement de l’investissement de l’État, des administrations publiques et des entreprises.

Les Français adorent épargner et adorent les Livrets réglementés. Le plus connu des livrets réglementés est le Livret A (anciennement Livret de Caisse d’Épargne). Il a été créé le 22 mai 1818, à la fin des guerres napoléoniennes, à l’initiative de Benjamin Delessert, industriel et banquier. Dès son origine la Caisse d’Épargne avait pour mission d’être au service des plus démunis. En 1837, les Caisses d’Épargne confient la gestion des fonds du Livret A à la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Mais le Livret A n’est pas parvenu à protéger l’épargne des ménages face à l’inflation pendant 205 ans.

En 2017, le taux du Livret A est gelé à 0.75% jusqu’en janvier 2020. Une mauvaise nouvelle pour les petits épargnants, car l’inflation en 2017 a atteint 1%, en 2018 1,8% et en 2019 1,1%. Il a atteint son taux le plus bas à 0,5% en février 2020, à la veille de la crise de la Covid-19. La formule de calcul du taux a été changée le 14 juin 2018 et mise à jour par l’arrêté du 27 janvier 2021.

Début 2023, le taux du Livret A était à 2%, il sera à un taux de 3% au 1er février 2023 avec une inflation de 4,9%. Encore une très mauvaise nouvelle pour les épargnants qui seront rémunérés à un taux réel de -1,9% par rapport à l’inflation. Le taux passera à 2,4% au 15 février 2025. De nouveau c’est une mauvaise nouvelle pour les épargnants et une bonne nouvelle pour les Banques. Les banques ont prêté aux PME en 2024 à un taux supérieur à 4% (4,67% en septembre 2024).

Dans le sillage du Livret A,  on trouve le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le Livret jeune qui seront également rémunérés à 2,4% au 1er février 2025. Le Livret d’Épargne populaire (LEP) avec un nouveau taux à 3,5% est réservé aux ménages les plus modestes. Le taux du plan épargne logement tombe à 1,75%, etc.

Avant 2009, le Livret A n’était disponible que dans trois établissements bancaires. Il a servi à financer le logement social et la politique de la ville. Les montants collectés étaient centralisés à 100% à la Caisse des dépôts et des consignations (CDC). En échange, ces banques recevaient une commission qui était en 2008 de 1,12% en moyenne. La loi de Modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008 a modifié les règles régissant la collecte et la centralisation des fonds du livret A. Les fonds seront collectés par toutes les banques qui centralisent une partie dans le fonds d’épargne de la CDC, une autre partie sera utilisée pour prêter aux PME. La CDC va utiliser uniquement une partie de cette épargne pour le logement social et la politique de la ville, etc. L’autre partie sera placée en actifs financiers.

 «Les emplois du fonds d’épargne sont fixés par le ministre chargé de l’économie… La Caisse des dépôts et consignations, après accord de sa commission de surveillance et après autorisation du ministre chargé de l’économie, peut émettre des titres de créances au bénéfice du fonds. »

 Ceci peut expliquer aujourd’hui le manque de logements sociaux, etc. Pour l’ancien directeur de la CDC et actuel ministre de l’Économie et des Finances :

 « pour financer les nouvelles centrales nucléaires voulues par le gouvernement, il serait « logique » d’utiliser l’encours des Livrets A des Français ».

L’épargne privée est énorme et l’investissement est faible, ce qui implique une faiblesse chronique de la demande et un recours massif à l’emprunt d’État. Deux propositions peuvent être mises en place rapidement pour réduire l’endettement extérieur de la France.

La première, comme avant 1990, le gouvernement actuel doit permettre l’émission des bons du Trésor à court et moyen terme (1 à 5 ans) à un taux fixe et intérêts annuels avantageux, renouvelables, gérés par le Trésor public. Leurs revenus devraient être exonérés de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux et garantis par l’Europe.

La seconde, une meilleure affectation de l’épargne actuelle comme le Plan d’Épargne Logement PEL. Le PEL n’a plus de sens, il faut le remplacer. Le PEL est un produit financier proposé par des établissements bancaires ou des institutions financières sous la réglementation en vigueur en France. L’argent placé sur l’ensemble des plans d’épargne logement est donc prêté à ceux qui souhaitent bénéficier d’un prêt immobilier ou pas suivant les critères des banques émettrices des crédits. Depuis plus de 30 ans, le taux d’épargne du PEL n’a cessé de diminuer… Le taux du PEL au 1er janvier 2025 tombe à 1,75%, son montant maximal est de 61 200 euros. Depuis 2018, les intérêts perçus du PEL sont soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux (FLAT TAX de 30%), ce qui donne un taux réel (déduction faite du taux de l’inflation) à – 0,27%. Le PEL est bloqué pendant 4 ans. Le montant du prêt ne peut dépasser 92 000 euros et le taux de prêt est fixé à 2,95%. II faut comparer ce taux au meilleur taux au 1er janvier 2025 de 3,2%, avec la BCE qui anticipe une politique moins restrictive.

L’encours du PEL au 31 décembre 2023 représente 253 milliards d’euros. Une somme très importante, les Français doivent pouvoir sortir de leur PEL sans pénalités et les transférer à de nouveaux livrets réglementés.

Dans une période de faible croissance, il est préférable pour l’État de disposer d’argent nécessaire pour investir ; sans emprunter sur le marché financier ; sans créer de la monnaie additionnelle, mais diminuer plutôt la quantité de liquidité pour lutter contre l’augmentation des prix. Avec la BCE qui ne rachète plus massivement sur les marchés la dette de la France dans le cadre de sa politique d’assouplissement quantitatif, il est préférable que la dette de la France soit détenue en majorité par les Français. Dans ce cas, la France peut faire appel au surplus des dépôts à vue des Français et à une grande partie de l’encours du PEL. La rémunération doit être très attractive (par exemple 2,91%, le taux pondéré moyen 2024 des OAT), exonérée d’impôts et des prélèvements sociaux. Ainsi les Français seront attirés à investir dans des activités fortement créatrices d’emplois, hautement productives et plus respectueuses de l’environnement. Les rémunérations des livrets seront payées par l’État avec une commission de 0,20% pour des caisses de crédit publiques.

Avec ces livrets, l’État doit mieux investir au service de la croissance et la réduction du déficit. Avec une croissance plus élevée, l’État pourra réduire sa dette et les prélèvements obligatoires et augmenter ses dépenses. Il n’y aura plus de discussion autour de la retraite et de la santé. Les Français n’auront plus le sentiment de baisse du pouvoir d’achat et l’impression de léguer à leurs enfants une charge qui pourra obérer leur niveau de vie. Les Français pourront consommer plus.

À titre d’exemple, pour un investissement de 1% du PIB soit 285 milliards d’euros (PIB 2024 estimé à 2 853 milliards d’euros) le multiplicateur budgétaire est évalué à 1% sur 1 an (OFCE). Le PIB sera dynamisé de 285 milliards d’euros. Dans une économie comme la France, caractérisée par une pression fiscale de 43,2%, la recette fiscale additionnelle serait de 123,12 milliards d’euros en 2025.

Les recettes fiscales totales en 2025 seraient de 125,82 milliards d’euros (123,12 milliards d’euros + 11 milliards d’euros – 8,30 milliards d’euros rémunération versée) à comparer au total des charges budgétaires des dettes en 2024 et 2025 de 104,8 milliards d’euros.

Finances publiques : vote sur le budget lundi

Finances publiques : vote sur le budget lundi

François Bayrou aura recours à lundi à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter à l’Assemblée nationale le projet de loi de finances (PLF) 2025. 

 

« Maintenant, il faut passer sans tarder à l’adoption. Un pays comme le nôtre ne peut pas rester sans budget. Le seul moyen, c’est d’engager la responsabilité du gouvernement. Ce sera fait ce lundi », a déclaré le Premier ministre au quotidien.

François Bayrou entend aussi engager la responsabilité de son gouvernement sur ce texte « sans retard », en raison d’un « devoir d’urgence ».

« Si tout va bien, dans dix jours, la France aura enfin les budgets indispensables à la vie de la nation », affirme-t-il à la Tribune dimanche.

A la question de savoir s’il craint une censure de son gouvernement en réaction, le Premier ministre met en avant « la colère » prévisible des Français.

Le chef du gouvernement a par ailleurs réitéré sa promesse d’un déficit en 2025 de 5,4%.

Finances publiques : un budget bidon mais moins coûteux qu’une censure

Finances publiques  : un budget bidon mais moins coûteux qu’une censure

Il se pourrait bien que le budget prévu par le gouvernement ne tienne pas ses promesses surtout en matière de déficit, de rentrées fiscales et de croissance. Ce pourrait être donc un budget bidon avec un déficit beaucoup plus important que prévu et à l’inverse  avec une croissance proche de la stagnation. Mieux vaut sans doute ce budget bidon que pas de budget du tout car la situation actuelle paralyse totalement l’activité de l’État et d’une partie de l’économie. C’est sans doute ce qu’a retenu aussi l’union européenne qui s’est montrée une fois encore bienveillante vis-à-vis de la France en tenant compte des risques économiques pour la France mais aussi pour l’Europe.

. La nouvelle trajectoire pluriannuelle des finances publiques de la France a donc été validée par la Commission et les ministres européens. Malgré une prévision de déficit en 2025 désormais à 5,4 % du PIB, contre 5 % auparavant, et une croissance plus faible, les partenaires européens ont maintenu leur confiance dans la capacité de la France à redresser progressivement la barre.

Comme dans les précédentes trajectoires émises par le gouvernement, l’objectif est d’atteindre 3 %, voire 2,9 %, de déficit en 2029. « L’effort est exigeant mais nécessaire », affirme Éric Lombard, permettant d’espérer une sortie prochaine de la procédure de déficit excessif. Conformément à ce qu’avait annoncé François Bayrou, la prévision de croissance pour 2025 est maintenue à 0,9 %, un niveau assez irréaliste d’après nombre d’experts. De la même manière la dérive du budget pourrait encore atteindre de l’ordre de 6 % en 2025.

À la décharge du gouvernement, il est impossible d’engager des mesures structurelles permettant réellement d’assainir les finances faute de majorité suffisante. L’absence de budget que provoquerait  une motion de censure serait encore pire car elle pourrait générer alors une crise économique et financière beaucoup plus coûteuse notamment en termes de taux d’intérêt mais aussi de croissance d’emploi et de déficit.

Finances publiques : un budget bidon ?

Finances publiques  : un budget bidon ?

Il se pourrait bien que le budget prévu par le gouvernement ne tienne pas ses promesses surtout en matière de déficit, de rentrées fiscales et de croissance. Ce pourrait être donc un budget bidon avec un déficit beaucoup plus important que prévu et à l’inverse  avec une croissance proche de la stagnation. Mieux vaut sans doute ce budget bidon que pas de budget du tout car la situation actuelle paralyse totalement l’activité de l’État et d’une partie de l’économie. C’est sans doute ce qu’a retenu aussi l’union européenne qui s’est montrée une fois encore bienveillante vis-à-vis de la France en tenant compte des risques économiques pour la France mais aussi pour l’Europe.

. La nouvelle trajectoire pluriannuelle des finances publiques de la France a donc été validée par la Commission et les ministres européens. Malgré une prévision de déficit en 2025 désormais à 5,4 % du PIB, contre 5 % auparavant, et une croissance plus faible, les partenaires européens ont maintenu leur confiance dans la capacité de la France à redresser progressivement la barre.

Comme dans les précédentes trajectoires émises par le gouvernement, l’objectif est d’atteindre 3 %, voire 2,9 %, de déficit en 2029. « L’effort est exigeant mais nécessaire », affirme Éric Lombard, permettant d’espérer une sortie prochaine de la procédure de déficit excessif. Conformément à ce qu’avait annoncé François Bayrou, la prévision de croissance pour 2025 est maintenue à 0,9 %, un niveau assez irréaliste d’après nombre d’experts. De la même manière la dérive du budget pourrait encore atteindre de l’ordre de 6 % en 2025.

Contrôler les aides publiques aux entreprises

Contrôler les  aides publiques aux entreprises

 Le nouveau gouvernement nommé fin décembre commence les discussions sur le budget 2025. Dans ce cadre, le sujet des aides publiques à l’investissement va très vite se poser : quelles aides renouveler, créer, supprimer ? Pour y répondre, il est fondamental de changer la manière de penser les aides publiques et d’y intégrer la notion de mesure des résultats et d’assurance croissance. La France ne peut plus se permettre de « raser gratis ». Par Isabelle Saladin, Présidente d’I&S Adviser (*) -dans « la Tribune »-

Face au niveau abyssal de la dette publique et au contexte socioéconomique de ce début 2025, le maintien sans condition de toutes les aides publiques aux entreprises devient insoutenable. Dans l’interview qu’il a donnée à la Tribune Dimanche le 29 décembre, Éric Lombard, ministre de l’Économie et des finances depuis le 23 décembre 2024, évoquait l’enjeu de la compétitivité ; il arguait qu’elle passe « par la formation, l’innovation et l’investissement », la mission de son ministère étant de soutenir les entreprises françaises « à se développer et à investir, dans un cadre européen ».

Un fait demeure indiscutable : notre pays a besoin de faire grandir ses PME pour qu’elles deviennent des ETI durables. Or une entreprise viable à long terme est une entreprise qui génère suffisamment de chiffre d’affaires et de résultat pour subvenir à ses besoins – salaires, investissements, charges fiscales, dépenses courantes, etc. Elle doit non pas compter sur les subsides de l’État pour assurer son développement, mais utiliser sa capacité budgétaire et ses perspectives de croissance, aussi modestes soient-elles compte tenu des incertitudes économiques, pour assurer son activité tout en préparant l’avenir.

De son côté, l’État pourrait légitimement exiger des entreprises privées qui bénéficient de son soutien, un suivi et des preuves quant à l’atteinte des résultats définis conjointement. C’est ni plus ni moins que ce que fait une banque quand elle demande des garanties à un ménage, par exemple en posant une hypothèque ou en exigeant une caution avant d’accorder un prêt. À défaut, une part des subventions versées (qui reste à définir) pourraient devoir être remboursées.

Ce principe serait facile à comprendre pour les chefs d’entreprise dans la mesure où, dans leur très grande majorité, ce n’est pas de l’argent qu’ils attendent de l’État, mais de la visibilité sur l’environnement économique, c.-à-d. qu’il soit juridiquement et fiscalement stable et sans taxes qui freinent les investissements et l’emploi.

Certains sujets prioritaires nécessitent des investissements très conséquents et l’appui financier de l’État pour acquérir la force de frappe requise à l’échelle mondiale. C’est notamment le cas des filières qui servent la souveraineté économique française, retenues pour France 2030 : l’IA, la cybersécurité, le cloud, le quantique, l’énergie, l’hydrogène, l’aérospatial, les télécommunications du futur, les biotechnologies, l’agriculture du futur, etc., a fortiori face aux États-Unis et à la Chine qui n’hésitent pas à investir massivement dans leur recherche et leur innovation et à adopter des stratégies protectionnistes pour sécuriser leurs positions.

Face à cette situation, il est crucial pour la France de régulièrement ré-établir ses priorités stratégiques et d’inscrire son action et son soutien dans le temps. Une volonté politique forte et une mobilisation collective des entreprises sont indispensables à ce changement en profondeur. C’est la condition non seulement pour sécuriser l’indépendance économique du pays, mais aussi pour saisir les opportunités de demain.

Pour que cette politique porte ses fruits, il est fondamental qu’elle soit menée dans une perspective à long terme et orientée business visant à rivaliser avec les géants mondiaux. Cela implique entre autres de mesurer les retours sur investissement générés par les financements publics accordés. Un accompagnement opérationnel des dirigeants par des professionnels expérimentés du développement d’entreprise (« operating partners », etc.), eux-mêmes engagés sur des résultats et rendant régulièrement des comptes, complèterait le dispositif. Ainsi les investissements dans l’innovation, la science et les technologies de rupture ne se limiteraient pas à des financements ponctuels ou ne relèveraient plus d’une logique d’assistanat.

Nous sommes à un carrefour : les choix qui seront faits détermineront la position de notre pays dans le monde de demain. Les enjeux soulevés sont cruciaux pour l’avenir économique et stratégique de la France. Mais ces choix doivent aussi être faits en n’oubliant pas que nous sommes Français et non Américains… Le libéralisme économique à l’anglo-saxonne est certes efficace, mais il a des conséquences sociales parfois dramatiques. Il serait risqué de le copier sans prendre en compte les spécificités sociales et culturelles de la France. Prenons le meilleur pour en faire nôtre et n’essayons pas de faire un copier-coller de façade.

L’histoire montre que des grandes nations peuvent renaître de leurs cendres grâce à des réformes radicales. S’il semble difficile de rattraper le retard de création de valeur technologique et industriel face à des nations qui avancent très vite, il est encore temps d’agir. Cela passera par un choc de modernisation radicale dans les domaines économiques et sociaux.

La question n’est donc plus de savoir si nous pouvons encore le faire, mais bien de savoir si nous avons le courage de prendre les décisions qui s’imposent, de changer de « mindset » et de réformer en profondeur. Difficile, mais pas impossible – à condition d’agir maintenant.

______

(*) Isabelle Saladin est Présidente fondatrice d’I&S Adviser. Serial entrepreneuse ayant vécu et travaillé de nombreuses années aux États-Unis, elle crée Art-DV dans les années 2000, l’une des premières marketplaces françaises. En 2015, elle lance I&S Adviser, entreprise française d’operating partners

Finances publiques-Dérapage du déficit : « c’est pas moi », (Le Maire, Borne, Attal etc)

Finances publiques-Dérapage du déficit : « c’est pas moi », (Le Maire, Borne, Attal etc)

Élisabeth Borne ancienne première ministre, a été particulièrement secouée lors de son audition au Sénat sur la responsabilité relative à la dérive du déficit du budget. Comme Bruno Le Maire, Attal et d’autres, elle a affirmé qu’elle n’était pas responsable et que la question des recettes ne relevait pas de la responsabilité du gouvernement ! Le même raisonnement que Bruno Le Maire ou une drôle de conception de la gestion ! Un peu comme si dans une entreprise ou un ménage on décidait d’ignorer les ressources  pour décider des dépenses.

 

« . Je n’ai pas eu d’alerte avant décembre 2023. Il est inhabituel de piloter des incertitudes sur les recettes. Cela ne relève pas de la responsabilité du gouvernement d’anticiper d’hypothétiques risques sur les recettes calculées par les services », a-t-elle déclaré devant les sénateurs.

Interrogée sur les notes d’alerte envoyées par Bercy, la désormais députée à l’Assemblée nationale a balayé d’un revers de main les arguments du duo de choc du palais du Luxembourg. « Les alertes de la mi-décembre ont porté sur les objectifs de recettes. Ce n’est pas habituel d’avoir des écarts de cet ordre là. Jusqu’à mi-décembre, je n’ai pas eu d’alerte pour mesurer l’ampleur du montant », a déclaré Elisabeth Borne.

S’agissant des prévisions de croissance du projet de loi de finances 2024 (1,4%) jugées optimistes par beaucoup d’économistes à l’époque, elle a estimé que « ce n’est pas le rôle du Premier ministre de challenger les hypothèses de croissance de son ministre de l’Economie. Il n’y a pas de services auprès du Premier ministre en mesure de challenger le ministre de l’Economie. Si le budget avait été construit sur des hypothèses erronées, le Haut conseil des finances publiques (HCFP) l’aurait signalé ».

Là encore, la défense de l’élue semble bien fragile. Le HCFP présidé par Pierre Moscovici, dans son avis remis au moment de la présentation du budget 2024 montre que, « les recettes semblent un peu surestimées. Elles sont tirées vers le haut par la prévision de croissance élevée de l’activité et, au-delà, par des hypothèses favorables sur le rendement de certains impôt».

12345...8



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol