Archive pour le Tag 'guerre'

Sondage : les craintes de guerre avec la Chine et la Russie

  1. L’éclatement du multilatéralisme et la perte d’efficience des organismes de régulation (ONU, OMC etc) font monter les craintes d’une guerre -pour l’instant froide- avec la Chine et la Russie.

Il faut noter qu’il y a une différence d’appréciation chez les sondés entre les craintes globales vis-à-vis d’une guerre froide et l’implication du du pays d’origine. Bref globalement un pourcentage non négligeable considèrent que les risques de guerre sont réels mais ne concerneront pas leur propre pays en tout cas moins. Une curieuse vision qui consiste à considérer que le risque est pour les autres. Pas étonnant qu’en Europe en particulier on éprouve les pires difficultés à envisager une politique de défense un peu efficace.

Un sondage du Conseil européen des relations internationales (ECFR) commandé par Lena, l’alliance des principaux quotidiens européens 59 % des sondés craigne une guerre froide avec la Chine et autant avec la Russie.

  1. , Vis à vis  de la Russie 25% y sont seulement 25 % à penser à une guerre impliquant leur pays ,une minorité donc à l’exception de la Pologne (44%), la plus inquiète, et de la France (35%) .
  2. Vis à vis  de la Chine 31% des interrogés pensent que la guerre froide entre l’Union européenne et la Chine est d’actualité, ils sont seulement 15% en moyenne à penser que c’est le cas entre leur propre pays et la dictature communiste.

La Corée du Nord dont la population est affamée propose la fin de la guerre

La Corée du Nord dont la population est affamée propose la fin de la guerre

 

La fin de la guerre proposée par la voix de Kim Yo Jong, soeur du dirigeant Kim Jong Un, constitue en fait une sorte d’appel à l’aide déguisé. Compte tenu des folies du dirigeant, l’un des pays les plus pauvres du monde est de plus en plus affamé.

Pour s’en sortir , la dictature ressort la carte de la paix retrouvée avec la très riche Corée du Sud. Pour brouiller son appel de détresse, Pyongyang a annoncé qu’il était prêt à discuter des conditions d’un sommet inter-coréen. Kim Yo Jong a indiqué que cette proposition ne serait possible qu’à condition de garantir un respect mutuel entre les deux pays. En fait, il y a longtemps que la Corée du Sud respecte une Corée du Nord qui, elle ,multiplie les actions d’hostilité théâtrale.

« Selon la sœur du dictateur, en faite la numéro deux de la dictature,

Il  est possible de mettre un termes à un conflit qui dure depuis la partition de la Corée après la guerre de 1950-1953. Pour rappel, cette guerre s’était achevée sans traité de paix. Ainsi, les deux Corées sont officiellement toujours en guerre. Et Washington stationne toujours des troupes le long de la frontière, côté Corée du Sud. Selon la soeur de Kim Jong Un, un sommet bilatéral permettrait « le rétablissement du bureau de liaison inter-coréen et du sommet inter-coréen, sans parler d’une déclaration mettant fin à la guerre ». Et surtout de permettre l’arrivée de sacs de riz dont la population nord-coréenne est dramatiquement privée ne vivant que sur l’aide de la Chine conduite avec parcimonie pour maintenir la Corée d’une nord  en laisse.

Société– Terrorisme : la nouvelle guerre

Société– Terrorisme : la nouvelle guerre

Après avoir retracé son évolution depuis deux siècles, l’historien américain John Albert Lynn II distingue dans son ouvrage les différentes formes du terrorisme. ( Le Monde, extrait)

Sur un sujet aussi vaste et complexe que le terrorisme, il n’existera jamais de livre définitif. Mais certains, rares, s’en approchent. C’est le cas d’Une autre guerre. Histoire et nature du terrorisme, de John A. Lynn II. L’auteur, un des plus grands historiens de la guerre, travaille sur le sujet depuis 2003 et explique, dès l’introduction de son grand œuvre, que celui-ci est « né du choc des événements du 11 septembre 2001 ».

En France, où le sujet est plus ancien – en raison de la vague de terrorisme palestinien, iranien et gauchiste des années 1980, suivie, une décennie plus tard, en 1994-1996, des premiers attentats djihadistes en Occident, liés à la guerre civile algérienne –, mais le traumatisme plus récent – après les attentats de 2015 et des années qui ont suivi –, le terrorisme est devenu synonyme de djihadisme.

Discuté dans les médias et sur la scène politique, le sujet est souvent maltraité, comme si sa capacité à frapper le plus grand nombre autorisait à dire tout et n’importe quoi. A commencer par un ancien premier ministre qui a pu estimer que « comprendre, c’est justifier ». Comment combattre quelque chose que l’on ne comprend pas, que l’on se refuse même à comprendre ?

Là où règne la confusion, l’ouvrage de John A. Lynn II pose des bases théoriques après avoir exposé les différents points de vue, y compris ceux qu’il ne partage pas, donne des exemples historiques, argumente, étaye. Il fait preuve de pédagogie et de pondération là où il importe de garder la tête froide et se présente comme un « exercice d’éducation civique, et, en un sens, d’autodéfense ».

Le livre échappe au piège de la définition du terrorisme au profit d’une description qui offre plus de souplesse analytique. Il propose ainsi six caractéristiques : faire usage de la violence ou de menaces de violence ; s’attaquer aux personnes et aux biens ; frapper des victimes sans défense assimilées à des non-combattants ; chercher à instiller la peur ou provoquer l’indignation au sein du grand public ; faire usage de la violence et de son impact psychologique pour promouvoir des objectifs politiques, sociaux ou culturels.

Là où nombre de spécialistes expliquent que le terrorisme n’est pas une idéologie, mais une méthode, John A. Lynn II adopte une position plus nuancée : certes, le terrorisme est un procédé destiné à obtenir un effet maximal avec peu de moyens, mais c’est aussi une croyance dans cette méthode. Cette mystique – ce qui a fait du terrorisme un « isme » à l’instar de l’anarchisme, du communisme, du fascisme ou du nationalisme – remonte, selon lui, à l’échec des révolutions de 1848 en Europe.

Terrorisme : la nouvelle guerre

Terrorisme : la nouvelle guerre

Après avoir retracé son évolution depuis deux siècles, l’historien américain John Albert Lynn II distingue dans son ouvrage les différentes formes du terrorisme. ( Le Monde, extrait)

Sur un sujet aussi vaste et complexe que le terrorisme, il n’existera jamais de livre définitif. Mais certains, rares, s’en approchent. C’est le cas d’Une autre guerre. Histoire et nature du terrorisme, de John A. Lynn II. L’auteur, un des plus grands historiens de la guerre, travaille sur le sujet depuis 2003 et explique, dès l’introduction de son grand œuvre, que celui-ci est « né du choc des événements du 11 septembre 2001 ».

En France, où le sujet est plus ancien – en raison de la vague de terrorisme palestinien, iranien et gauchiste des années 1980, suivie, une décennie plus tard, en 1994-1996, des premiers attentats djihadistes en Occident, liés à la guerre civile algérienne –, mais le traumatisme plus récent – après les attentats de 2015 et des années qui ont suivi –, le terrorisme est devenu synonyme de djihadisme.

Discuté dans les médias et sur la scène politique, le sujet est souvent maltraité, comme si sa capacité à frapper le plus grand nombre autorisait à dire tout et n’importe quoi. A commencer par un ancien premier ministre qui a pu estimer que « comprendre, c’est justifier ». Comment combattre quelque chose que l’on ne comprend pas, que l’on se refuse même à comprendre ?

Là où règne la confusion, l’ouvrage de John A. Lynn II pose des bases théoriques après avoir exposé les différents points de vue, y compris ceux qu’il ne partage pas, donne des exemples historiques, argumente, étaye. Il fait preuve de pédagogie et de pondération là où il importe de garder la tête froide et se présente comme un « exercice d’éducation civique, et, en un sens, d’autodéfense ».

Le livre échappe au piège de la définition du terrorisme au profit d’une description qui offre plus de souplesse analytique. Il propose ainsi six caractéristiques : faire usage de la violence ou de menaces de violence ; s’attaquer aux personnes et aux biens ; frapper des victimes sans défense assimilées à des non-combattants ; chercher à instiller la peur ou provoquer l’indignation au sein du grand public ; faire usage de la violence et de son impact psychologique pour promouvoir des objectifs politiques, sociaux ou culturels.

Là où nombre de spécialistes expliquent que le terrorisme n’est pas une idéologie, mais une méthode, John A. Lynn II adopte une position plus nuancée : certes, le terrorisme est un procédé destiné à obtenir un effet maximal avec peu de moyens, mais c’est aussi une croyance dans cette méthode. Cette mystique – ce qui a fait du terrorisme un « isme » à l’instar de l’anarchisme, du communisme, du fascisme ou du nationalisme – remonte, selon lui, à l’échec des révolutions de 1848 en Europe.

Société–« Le codéveloppement ou la guerre ? (Thomas Piketty)

Société–« Le codéveloppement ou la guerre ? (Thomas Piketty)

Par Thomas Piketty, Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris

Pour sortir véritablement du 11-Septembre, une nouvelle lecture du monde est nécessaire, plaide l’économiste dans sa chronique du Monde (extrait).

 

Tribune

 

 Il y a vingt ans, les tours du World Trade Center étaient abattues par des avions. Le pire attentat de l’histoire allait conduire les Etats-Unis et une partie de leurs alliés à se lancer dans la guerre mondiale contre le terrorisme et l’« axe du mal ». Pour les néoconservateurs états-uniens, l’attentat apportait la preuve des thèses avancées par Samuel Huntington en 1996 : le « clash des civilisations » devenait la nouvelle grille de lecture du monde. L’ouvrage fut leur livre de chevet, de même que les opus publiés par Milton Friedman dans les années 1960-1970 furent ceux des reaganiens des années 1980.

Malheureusement, on sait maintenant que le désir de vengeance des Etats-Unis n’a fait qu’exacerber les conflits identitaires. L’invasion de l’Irak en 2003, à grands coups de mensonges d’Etat sur les armes de destruction massive, ne fit que saper la crédibilité des « démocraties ». Avec les images des soldats états-uniens tenant en laisse les prisonniers d’Abou Ghraïb, plus besoin d’agents recruteurs pour les djihadistes. L’usage sans retenue de la force, l’arrogance de l’US Army et les énormes pertes civiles au sein de la population irakienne (au moins 100 000 morts reconnus) firent le reste et contribuèrent puissamment à la décomposition du territoire irako-syrien et à la montée de l’Etat islamique. Le terrible échec en Afghanistan, avec le retour des talibans au pouvoir en août 2021, au terme de vingt ans d’occupation occidentale, conclut symboliquement cette triste séquence.

Pour sortir véritablement du 11-Septembre, une nouvelle lecture du monde est nécessaire : il est temps d’abandonner la notion de « guerre des civilisations » et de la remplacer par celles de codéveloppement et de justice globale. Cela passe par des objectifs explicites et vérifiables de prospérité partagée et par la définition d’un nouveau modèle économique, durable et équitable, dans lequel chaque région de la planète peut trouver sa place. Chacun en convient maintenant : l’occupation militaire d’un pays ne fait que renforcer les segments les plus radicaux et les plus réactionnaires et ne peut rien apporter de bon. Le risque est que la vision militaro-autoritaire soit remplacée par une forme de repli isolationniste et d’illusion économique : la libre circulation des biens et des capitaux suffira pour diffuser la richesse. Ce serait oublier le caractère hautement hiérarchique du système économique mondial et le fait que chaque pays ne lutte pas à armes égales.

Afghanistan : la guerre continue pour les États-Unis

Afghanistan : la guerre continue pour les États-Unis

Alexandra de Hoop Scheffer est politologue, directrice à Paris du think tank transatlantique German Marshall Fund of the United States,  estime que les États-Unis ne sont pas sortis de la guerre en Afghanistan..(Dans l’Opinion, extrait)

 

Vingt ans après le 11 septembre 2001, l’Amérique ne s’est toujours pas remise du traumatisme causé par les attentats. Les échecs des interventions en Irak et en Afghanistan et le sentiment de déclin de l’influence des Etats-Unis face à la réémergence de la Chine suscitent chez les Américains une crise de confiance dans l’exceptionnalisme de leur pays et dans l’establishment politique perçu comme incompétent. L’ancienne secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice rappelait en 2008 que les deux priorités de la politique américaine post 11-Septembre étaient de « gagner la guerre contre le terrorisme » et de « promouvoir la liberté comme alternative à la tyrannie ».

La reprise du pouvoir par les talibans en Afghanistan et la résurgence de l’Etat islamique en Irak et en Syrie, signent un double échec pour les Etats-Unis et leurs alliés : la menace terroriste s’est adaptée et renforcée depuis 2001 et la promotion de la démocratie est durablement entachée et ne suscite plus l’adhésion des citoyens américains, ni d’une bonne partie de la classe politique, avant tout préoccupée par l’état de la démocratie américaine. Washington contemple dorénavant tout engagement militaire comme un risque d’engrenage sans fin dans des guerres civiles et recentre sa politique étrangère sur la compétition avec la Chine. Cela ne veut pas dire que la « guerre contre le terrorisme » est terminée. Le retour d’expérience de ces deux dernières décennies nous impose un exercice de réflexion sur les modalités d’interventions militaires et de clarification de leurs objectifs stratégiques.

« Dès janvier 2005, les services de renseignement américains estimaient que l’Irak était devenu un “aimant” pour une nouvelle génération de terroristes jihadistes, et anticipaient l’émergence de l’Etat islamique »

« Intérêts vitaux ». L’union sacrée qui prédomine aux Etats-Unis juste après le 11 septembre 2001, fait rapidement place à des divisions au sein de la société et de la classe politique américaines. La classe ouvrière américaine notamment, qui a porté le plus lourd fardeau humain de la « guerre contre le terrorisme », reproche aux administrations successives une politique interventionniste excessive, décorrélée des « intérêts vitaux » du pays (en premier lieu protéger les emplois américains) et du bien-être des citoyens. Il n’est pas surprenant dès lors que « l’Amérique d’abord » ait résonné avec autant de force pendant la campagne présidentielle de 2016. Il n’est pas surprenant non plus que le président Joe Biden conçoive sa politique étrangère « pour la classe moyenne américaine » et que son prédécesseur démocrate Barack Obama appelait au « nation-building at home ». Le retrait militaire d’Afghanistan et la fin des missions de combat en Irak d’ici décembre, sont soutenus par une majorité d’Américains, préoccupés avant tout par l’emploi et les inégalités socio-économiques qui se sont encore plus accentuées depuis la crise de la Covid-19.

Les revers politiques et stratégiques de ces vingt années d’opérations de contre-terrorisme et contre-insurrection sont colossaux, bien que l’administration Biden soit aujourd’hui dans le déni. Dès janvier 2005, les services de renseignement américains estimaient que l’Irak était devenu un « aimant » pour une nouvelle génération de terroristes jihadistes, et anticipaient l’émergence de l’Etat islamique. En Afghanistan, les talibans n’ont pas rompu leurs liens avec Al-Qaïda et le réseau Haqqani, dont deux représentants sont aujourd’hui intégrés au gouvernement intérimaire taliban. Le secrétaire à la Défense américain, le général Austin, estime qu’Al-Qaïda pourra se reconstituer en Afghanistan en deux ans — une perspective temporelle qui paraît bien optimiste.

L’ingérence américaine dans la transition politique post-talibans et post-Saddam Hussein a abouti à des résultats contraires à ceux souhaités par les Etats-Unis : les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan et le pouvoir irakien est sous l’emprise des milices chiites pro-iraniennes. En juillet 2010, Joe Biden, alors vice-président, disait que les Etats-Unis n’étaient pas en Afghanistan pour « transformer le pays en démocratie jeffersonienne ». Le discours autour de la démocratie, les élections « free and fair », les droits des femmes, ont servi avant tout à justifier la présence militaire et à créer l’adhésion des opinions publiques occidentales à une mission mal définie dès le départ. L’intervention en Irak a signé l’acte de décès de la « democracy promotion » et, avec l’échec afghan, a profondément changé le rapport des administrations post George W. Bush à l’usage de la force militaire, dorénavant employée de manière plus sélective et prudente, avec une revue à la baisse des objectifs stratégiques et des moyens déployés : le « leading from behind » d’Obama en Libye découle des leçons tirées de l’Irak et de l’Afghanistan, et la non-intervention en Syrie découle des leçons tirées de la Libye.

«  Ce n’est pas la première fois que le shérif américain revoit ses priorités stratégiques après une période d’interventionnisme : du président George W. Bush au président Biden, ils se sont tous accordés à dire que les Etats-Unis ne devaient plus être le “gendarme du monde” »

Ce n’est pas la première fois que le shérif américain revoit ses priorités stratégiques après une période d’interventionnisme : du président George W. Bush au président Biden, ils se sont tous accordés à dire que les Etats-Unis ne devaient plus être le « gendarme du monde » pour se concentrer sur la compétition avec la Chine. Mais chaque président a, dans les faits, étendu la « guerre contre le terrorisme » (par l’usage de drones armés en Somalie, au Yémen, en Irak, en Syrie, la présence des forces spéciales dans plus de soixante-quinze pays, des opérations cyberoffensives), confortant les Etats-Unis dans leur rôle de gendarme du monde, malgré la volonté affichée par les différentes administrations de s’en défaire.

En France, l’objectif fixé par le président Hollande après les attentats de novembre 2015 était alors non pas de « contenir » mais de « détruire » l’Etat islamique. Mais la « guerre contre le terrorisme » nous place en réalité dans une logique d’endiguement sans fin de la menace terroriste, et donc d’une guerre perpétuelle. Le retrait d’Afghanistan ne veut pas dire que la guerre est terminée : il s’accompagne d’une révision de la politique américaine de contre-terrorisme, avec un recentrage sur la guerre à distance. Les frappes américaines en Irak, en Syrie, en Somalie en juillet et en Afghanistan fin août contre l’Etat islamique, confirment cette tendance.

Alexandra de Hoop Scheffer est politologue, directrice à Paris du think tank transatlantique German Marshall Fund of the United States.

« Le codéveloppement ou la guerre ? (Thomas Piketty)

 « Le codéveloppement ou la guerre ? (Thomas Piketty)

Par Thomas Piketty, Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris

Pour sortir véritablement du 11-Septembre, une nouvelle lecture du monde est nécessaire, plaide l’économiste dans sa chronique du Monde (extrait).

 

Tribune

 

 Il y a vingt ans, les tours du World Trade Center étaient abattues par des avions. Le pire attentat de l’histoire allait conduire les Etats-Unis et une partie de leurs alliés à se lancer dans la guerre mondiale contre le terrorisme et l’« axe du mal ». Pour les néoconservateurs états-uniens, l’attentat apportait la preuve des thèses avancées par Samuel Huntington en 1996 : le « clash des civilisations » devenait la nouvelle grille de lecture du monde. L’ouvrage fut leur livre de chevet, de même que les opus publiés par Milton Friedman dans les années 1960-1970 furent ceux des reaganiens des années 1980.

Malheureusement, on sait maintenant que le désir de vengeance des Etats-Unis n’a fait qu’exacerber les conflits identitaires. L’invasion de l’Irak en 2003, à grands coups de mensonges d’Etat sur les armes de destruction massive, ne fit que saper la crédibilité des « démocraties ». Avec les images des soldats états-uniens tenant en laisse les prisonniers d’Abou Ghraïb, plus besoin d’agents recruteurs pour les djihadistes. L’usage sans retenue de la force, l’arrogance de l’US Army et les énormes pertes civiles au sein de la population irakienne (au moins 100 000 morts reconnus) firent le reste et contribuèrent puissamment à la décomposition du territoire irako-syrien et à la montée de l’Etat islamique. Le terrible échec en Afghanistan, avec le retour des talibans au pouvoir en août 2021, au terme de vingt ans d’occupation occidentale, conclut symboliquement cette triste séquence.

Pour sortir véritablement du 11-Septembre, une nouvelle lecture du monde est nécessaire : il est temps d’abandonner la notion de « guerre des civilisations » et de la remplacer par celles de codéveloppement et de justice globale. Cela passe par des objectifs explicites et vérifiables de prospérité partagée et par la définition d’un nouveau modèle économique, durable et équitable, dans lequel chaque région de la planète peut trouver sa place. Chacun en convient maintenant : l’occupation militaire d’un pays ne fait que renforcer les segments les plus radicaux et les plus réactionnaires et ne peut rien apporter de bon. Le risque est que la vision militaro-autoritaire soit remplacée par une forme de repli isolationniste et d’illusion économique : la libre circulation des biens et des capitaux suffira pour diffuser la richesse. Ce serait oublier le caractère hautement hiérarchique du système économique mondial et le fait que chaque pays ne lutte pas à armes égales.

Une vraie guerre au terrorisme ?

Une vraie guerre au terrorisme ?

 

La guerre simplifie la représentation du monde entre « amis » et « ennemis » or l’éradication du terrorisme appelle au contraire des réponses plurielles souligne dans une tribune au « Monde » le chercheur Julien Fragnon

Tribune. Alors que les Etats-Unis s’apprêtent à commémorer les 20 ans des attentats du 11 septembre 2001, en France, débute le procès des attentats du 13 novembre 2015. L’actualité nous offre un écho singulier entre deux attentats qui ont fait réapparaître la « guerre » dans les mémoires collectives respectives.

Alors qu’en septembre 2001, ni le président de la République, Jacques Chirac, ni le premier ministre, Lionel Jospin, n’avaient employé ce terme pour désigner la lutte contre le terrorisme, en 2015, la prudence sémantique n’a pas survécu à la tragédie. La « guerre » est devenue la clé d’interprétation et l’argument principal de la réponse du gouvernement français.

 

Jusqu’alors, cette lutte se caractérisait par sa judiciarisation et le refus de toute forme d’approche militaire. Mais en 2015, l’ampleur du bilan, les images du carnage, les armes utilisées, le type de blessures occasionnées, tout concourt à justifier cette représentation. Politiquement aussi, l’usage du mot guerre prend tout son sens.

Une guerre appelle une réponse militaire. Au Mali dès 2013, puis dans l’ensemble du Sahel aujourd’hui, en Irak ou en Syrie hier, l’armée française mène des actions antiterroristes. En France, plusieurs milliers de soldats de l’opération « Sentinelle » sont déployés dans les rues. Une guerre appelle une mobilisation nationale.

L’union nationale, bien que de plus en plus précaire, est revendiquée après chaque attentat par l’ensemble des partis. Une guerre rogne les libertés individuelles. L’état d’urgence a contribué à une limitation des libertés qui fondent notre démocratie : domination de l’autorité administrative sur le pouvoir judiciaire, restriction de la liberté de circulation ou de réunion, etc.

 

Le recours au lexique guerrier constitue une tentative de réinstaurer de la ritualisation. Pour éviter que le désordre de l’attentat n’entraîne une désaffection des citoyens par la révélation de son impuissance, l’Etat répond par une revendication d’ordre. Si la « guerre » demeure largement métaphorique, dans le sens où elle participe d’une stratégie de dramatisation des visées traditionnelles du discours antiterroriste (unité nationale, fermeté), la rupture sémantique des discours de 2015 justifie une rupture politique.

Cette stratégie de l’exceptionnalité légitime ainsi le recours à des mesures exceptionnelles comme l’état d’urgence. Ce sont ces différentes opportunités que l’emploi du mot guerre offre au pouvoir politique. Toutefois, cet usage comporte aussi des faiblesses, puisqu’il tend à masquer plutôt qu’à révéler la complexité de la situation actuelle. Le problème n’est pas tant dans l’usage du mot guerre que dans la caractérisation précise du type de guerre auquel on doit faire face depuis plusieurs années maintenant.

« La Guerre civile », mal universel

« La Guerre civile »,  mal universel

L’essayiste et philosophe Guillaume Barrera convoque notamment Platon, Aristote, Cicéron, Machiavel, Tocqueville ou Marx pour raconter ce que la pensée grecque classique qualifiait déjà de « pire des maux ».(papier du Monde)

 

Livre.

 

De la Syrie à l’Ukraine en passant par l’Afghanistan ou l’Ethiopie, la quasi-totalité des conflits qui aujourd’hui ensanglantent le monde sont intra-étatiques, c’est-à-dire internes aux Etats, pour des raisons politiques, sociales, ethniques ou religieuses. Mal universel, la guerre civile est aussi un mal ancien. Pour la pensée grecque classique, déjà, elle était le « pire des maux » selon la formule que reprendront des siècles plus tard aussi bien Thomas Hobbes que Blaise Pascal. La « stasis », la guerre civile, différente de la « polémos », la guerre avec l’ennemi extérieur, n’a cessé depuis l’Antiquité de hanter les philosophes car elle déchire la vie en commun jusqu’à mettre le corps politique en péril. Certains, certes, l’ont vue comme un moindre mal face au risque de la tyrannie. D’autres, tel Karl Marx, l’ont saluée comme une occasion de changer la société.

« Les corps politiques se succèdent, naissent, meurent ou se transforment sous des régimes et des formes distinctes ; mais toujours la guerre civile ressurgit » souligne Guillaume Barrera, dans un livre dense – parfois trop – au carrefour de la philosophie, de la politique et de l’histoire. Depuis la polis grecque jusqu’aux sociétés contemporaines en passant par la Rome antique, les cités italiennes, les guerres de religion, la Révolution française, les printemps des peuples du XIXsiècle, le grand rêve révolutionnaire marxiste, etc., le philosophe analyse le phénomène, dressant « non pas une histoire universelle des guerres civiles mais une histoire des guerres civiles à caractère universel ». Le pari est tenu en convoquant aussi bien Platon qu’Aristote, Cicéron, Machiavel, Hobbes, Hume, Tocqueville, Marx ou Carl Schmitt.

L’effroi face à la violence du tous contre tous, et donc la peur de la guerre civile sont à la base de la légitimation de l’Etat, le Leviathan – ce « dieu mortel » selon le mot de Hobbes – qui exige la soumission et s’octroie le droit exclusif de donner la mort en échange de la protection. Cette vision absolutiste fut combattue par Spinoza puis par les penseurs des Lumières, Montesquieu, Rousseau, Kant, au nom d’un droit naturel à la liberté. Le libéralisme se voudra au XIXe siècle comme l’autre réponse à la guerre civile, tentant de la domestiquer sans nier la réalité des conflits qui la portent.

 

Aux yeux de l’auteur, la guerre d’Espagne a été l’archétype de la guerre civile totale, à la fois affrontement idéologique et ébauche du second conflit mondial, apogée d’une guerre civile européenne et mondiale. Philosophe du politique avant tout, Guillaume Barrera rappelle que la violence reste au cœur de toutes les sociétés humaines, insupportable vérité refoulée mais immuable. Il en est convaincu : « La guerre civile n’est jamais très loin et jamais ne disparaît sans retour. »

Afghanistan : Le fils de Massoud prône le dialogue et les talibans pour la guerre

Afghanistan : Le fils de Massoud prône le dialogue et les talibans pour la guerre

 

 

 

Forts de leur succès surprise les talibans ont annoncé qu’ils envoyaient des milliers d’hommes pour combattre les poches encore rebelles et notamment celle du fils du commandant Massoud. Ce dernier au contraire est partisan de la négociation avec les talibans

« Nous ne voulons pas qu’une guerre éclate », a-t-il ajouté lors d’un entretien téléphonique à Reuters, indiquant toutefois que ses combattants étaient disposés à se battre si les taliban, qui se sont jusqu’à présents tenus éloignés du Panshir, essayaient d’envahir la zone. « Ils veulent résister à tout régime totalitaire », a dit Ahmad Massoud.

Il a par ailleurs appelé à la formation d’un gouvernement inclusif où l’ensemble des différents groupes ethniques du pays seraient représentés, soulignant qu’un « régime totalitaire » ne devait pas être reconnu par la communauté internationale.

Brésil: Bolsonaro en guerre contre la justice !

Brésil: Bolsonaro en guerre contre la justice !

Paradoxalement Bolsonaro  qui a instrumentalisé la justice pendant longtemps pour empêcher toute concurrence et même mettre son principal rival Lola en prison est aujourd’hui en guerre contre cette même justice. Comme Trump, Bolsonaro  au met en cause par avance les résultats de l’élection présidentielle pour laquelle  les sondages ne lui donnent aucune chance . De ce faite, le président brésilien remet en cause- sans aucune preuve - la fiabilité du vote électronique, en vigueur depuis 1996, et exige le retour à une forme de bulletin papier. Sa fureur s’est intensifiée jeudi dernier quand un juge de la Cour suprême, Alexandre de Moraes, a ordonné l’ouverture d’une enquête pour diffusion de «fausses informations» sur le système de vote. La Cour suprême devra vérifier si le président Bolsonaro est coupable, entre autres, d’«injure, diffamation et dénonciation calomnieuse». Jair Bolsonaro a accusé le magistrat d’«intimidation» et l’a menacé, de manière énigmatique mais pleine de sous-entendus: «Son heure va arriver.»

La cyber pourrait déclencher une guerre ?

La cyber qui pourrait déclencher une guerre      

De plus en plus d’experts s’inquiètent des conséquences d’une cyberguerre sur la vie économique et sociale mais aussi sur la possibilité qu’elle entraîne un véritable conflit armé.

Pour déstabiliser un pays, il suffira en effet de paralyser les systèmes informatisés des grandes fonctions économiques et sociales ( énergie, transports, santé, communication ou encore banques). Ce qui est en cause, c’est un modèle de société fragilisée par sa cyberdépendance. Il n’y a pratiquement plus d’activité qui ne soit pas sous tutelle des technologies de gestion de l’information. Et des pannes géantes volontairement causées ne sont pas à exclure car les mesures de protection ne sont pas à la hauteur des risques.

Plus généralement, les sociétés développées devraient s’interroger sur leur niveau de dépendance à la cyber économie. Certes les nouvelles technologies permettent des progrès considérables pour la gestion de l’information dans tous les domaines cependant des systèmes alternatifs devraient être envisagés systématiquement en cas d’accident majeur volontaire ou non. Notons que les cyberattaques viennent surtout de Chine ou de Russie, qu’elles sont souvent dirigées sur des objectifs civils sans doute pour tester une capacité de nuisance technologique voire pour affaiblir le potentiel de défense d’un pays.

Géopolitique–La cyber qui pourrait déclencher une guerre

Géopolitique–La cyber qui pourrait déclencher une guerre      

De plus en plus d’experts s’inquiètent des conséquences d’une cyberguerre sur la vie économique et sociale mais aussi sur la possibilité qu’elle entraîne un véritable conflit armé.

Pour déstabiliser un pays, il suffira en effet de paralyser les systèmes informatisés des grandes fonctions économiques et sociales ( énergie, transports, santé, communication ou encore banques). Ce qui est en cause, c’est un modèle de société fragilisée par sa cyberdépendance. Il n’y a pratiquement plus d’activité qui ne soit pas sous tutelle des technologies de gestion de l’information. Et des pannes géantes volontairement causées ne sont pas à exclure car les mesures de protection ne sont pas à la hauteur des risques.

Plus généralement, les sociétés développées devraient s’interroger sur leur niveau de dépendance à la cyber économie. Certes les nouvelles technologies permettent des progrès considérables pour la gestion de l’information dans tous les domaines cependant des systèmes alternatifs devraient être envisagés systématiquement en cas d’accident majeur volontaire ou non. Notons que les cyberattaques viennent surtout de Chine ou de Russie, qu’elles sont souvent dirigées sur des objectifs civils sans doute pour tester une capacité de nuisance technologique voire pour affaiblir le potentiel de défense d’un pays.

La cyber qui pourrait déclencher une guerre

La cyber qui pourrait déclencher une guerre      

De plus en plus d’experts s’inquiètent des conséquences d’une cyberguerre sur la vie économique et sociale mais aussi sur la possibilité qu’elle entraîne un véritable conflit armé.

Pour déstabiliser un pays, il suffira en effet de paralyser les systèmes informatisés des grandes fonctions économiques et sociales ( énergie, transports, santé, communication ou encore banques). Ce qui est en cause, c’est un modèle de société fragilisée par sa cyberdépendance. Il n’y a pratiquement plus d’activité qui ne soit pas sous tutelle des technologies de gestion de l’information. Et des pannes géantes volontairement causées ne sont pas à exclure car les mesures de protection ne sont pas à la hauteur des risques.

Plus généralement, les sociétés développées devraient s’interroger sur leur niveau de dépendance à la cyber économie. Certes les nouvelles technologies permettent des progrès considérables pour la gestion de l’information dans tous les domaines cependant des systèmes alternatifs devraient être envisagés systématiquement en cas d’accident majeur volontaire ou non. Notons que les cyberattaques viennent surtout de Chine ou de Russie, qu’elles sont souvent dirigées sur des objectifs civils sans doute pour tester une capacité de nuisance technologique voire pour affaiblir le potentiel de défense d’un pays.

Défense : La guerre soumise au code du travail ?

Défense : La guerre soumise au code du travail ?

 

Le temps de service d’un militaire prend fin quand la mission est accomplie, rappellent huit écrivains de marine dans une tribune au « Monde » appelant le chef de l’Etat à refuser l’arrêt de la Cour de justice européenne sur les horaires de travail dans l’armée

 

Tribune.

Nous, écrivains de marine qui nous sommes engagés à défendre la vocation maritime de la France, nous nous adressons à vous publiquement, Monsieur le Président de la République, sur un sujet aussi grave que précis, mais trop peu connu de nos concitoyens soucieux de leur liberté et de celle de leur pays – c’est-à-dire du maintien opérationnel de notre outil de défense nationale dans un monde de plus en plus incertain, volatil et dangereux.

La Cour de justice de l’Union européenne vient, le 15 juillet, d’intimer à la France d’appliquer à nos armées la directive européenne sur le temps de travail contre laquelle vous vous étiez jusqu’à présent opposé à juste titre. Nous vous exhortons à tout faire pour refuser ce diktat contraire aux intérêts de la nation. Cette directive représente à coup sûr un progrès pour les travailleurs de l’Union en élargissant leurs droits individuels. Cependant, elle porterait un coup mortel à notre défense si elle venait à être mise en œuvre chez ceux qui ont en charge la protection de notre démocratie au péril de leur vie.

 

Elle assimile en effet nos soldats, aviateurs et marins à des travailleurs « comme les autres » en tirant un trait sur leur spécificité exceptionnelle. Elle veut les astreindre, sans qu’ils aient rien demandé, à préférer leur intérêt personnel à la mission collective à laquelle ils se vouent corps et âme – et sans compter. Cette assimilation suscite leur incompréhension et heurte leurs convictions les plus profondes.

Les soldats continuent de considérer que le sens de leur engagement est d’assurer avant toute chose le bien commun de leurs concitoyens et l’intérêt général de leur pays malgré les dangers, les vicissitudes et les obligations rencontrées. Ils se voient mal combattre avec un temps de travail limité à 48 heures hebdomadaire, un repos minimal de 48 heures consécutives par semaine, un repos quotidien de 11 heures entre deux séances de travail.

Absurdité de la production incessante de normes par nos institutions qui refusent de tenir compte de la vérité du monde. Aux yeux de ceux qui sont la muraille de notre civilisation, le temps de service prend fin quand la mission est achevée. Telle est la règle. Grandeur et servitude du métier militaire.

 

Monsieur le Président, permettez que nous rappelions ici à nos concitoyens quelques éléments de compréhension. Dans un pays comme le nôtre, démocratique et pacifique, le métier des armes oblige, plus qu’ailleurs, à un double consentement : donner la mort comme la recevoir, dans le seul but de défendre la nation, c’est-à-dire quelque chose de plus grand que soi.

La guerre des syndicats de magistrats contre Dupond-Moretti

La guerre des syndicats de magistrats contre Dupond-Moretti 

 

Le professeur de droit Olivier Beaud estime que la mise en examen du garde des sceaux met en lumière « la volonté quasi-impérialiste des magistrats de contrôler la vertu des gouvernants »(Le Monde extrait).

 

Tribune. 

 

Sans surprise, Eric Dupond-Moretti, actuel garde des sceaux, a été mis en examen, vendredi 16 juillet, par la Cour de justice de la République (CJR) pour prise illégale d’intérêts du fait d’actes commis dans l’exercice de ses fonctions. Les médias ont plutôt tendance à présenter l’affaire comme si l’actuel ministre était le « méchant » gouvernant qui s’acharnerait sur les « bons » magistrats en faisant mener sur eux – c’est-à-dire des membres du Parquet national financier (PNF) – des enquêtes administratives, ou en diligentant des poursuites disciplinaires afin d’assouvir une sorte de vengeance personnelle. Selon cette version commune, l’actuel ministre se trouverait pris dans un conflit d’intérêts, dont la traduction pénale serait la prise illégale d’intérêts. Cette thèse vient d’être avalisée par la commission d’instruction de la CJR.


En réalité, on peut lire les faits de façon opposée, ce qu’on va faire ici. Alors qu’il était encore avocat, M. Dupond-Moretti a fait l’objet d’un « espionnage » de la part du PNF pour la seule raison qu’il était le collègue et l’ami de l’avocat de Nicolas Sarkozy. Obsédé par l’idée de trouver la « taupe » qui aurait informé l’ancien président de la République qu’il était écouté dans l’affaire « Bismuth », les magistrats du PNF ont décidé de rechercher les coups de téléphone (au moyen des fadettes) que donnaient tous les amis ou collègues avocats de Me Herzog.

Les avocats ont bel et bien été « espionnés » pour une affaire à laquelle ils étaient totalement étrangers. Le rapport de l’inspection générale de la justice n’a certes pas conclu à l’illégalité de la procédure envers ces avocats, mais a énuméré une série impressionnante de dysfonctionnements de la part du PNF dont l’image ne ressort pas grandie d’un tel rapport.

Faut-il rappeler que, dans un Etat de droit, même si on est un magistrat, on n’espionne pas des avocats, sauf exceptions très précises ? Ce mépris des droits des avocats par certains magistrats en dit long sur la situation faite en France aux droits de la défense et à la profession d’avocat.

Il ressort d’une telle lecture des faits que M. Dupond-Moretti, ainsi que tous les autres avocats, a été la victime d’un zèle excessif de certains magistrats. Mais, à la différence des autres avocats, il a osé porter plainte contre de tels agissements. C’est seulement plus tard qu’il a été nommé ministre. On ne voit pas pourquoi il aurait refusé d’être garde des sceaux au seul motif de ce différend avec le Parquet national financier ni pourquoi un avocat ne pourrait pas devenir le garde des sceaux. Robert Badinter l’a été, pourquoi pas M. Dupond-Moretti ?

Chine : se préparer à une troisième guerre mondiale ?

Chine : se préparer à une troisième guerre mondiale ? 

Comment faire face à l’irrédentisme chinois ? Si la nouvelle administration américaine assume le défi, Paris et Berlin veulent éviter la confrontation et restent dans le déni, s’inquiète, dans une tribune au « Monde », le sinologue Jean-Yves Heurtebise.

 

Le premier dirigeant étranger invité par Joe Biden à la Maison Blanche après son élection fut le premier ministre japonais, Yoshihide Suga ; le second fut le président sud-coréen, Moon Jae-in. En juin, Joe Biden rencontra les dirigeants du G7 mais aussi ceux du D10 (G7 plus Australie, Corée du Sud, Inde), puis ceux des 30 pays membres de l’OTAN. Toute cette activité diplomatique tourna autour d’une question centrale : « Comment faire face à la Chine ? ».

Plus exactement, comment faire face à cette Chine dirigée par ce Parti communiste qui vient de fêter en grande pompe ses 100 ans d’existence en promettant de « fracasser la tête et répandre le sang » (selon les termes fleuris de Xi Jinping) de tous ceux qui voudraient « l’intimider » ? Comment faire face à cette puissance économique, premier émetteur de COau monde (27 % des émissions pour 18 % de la population), dont les pressions irrédentistes, sur terre ou en mer, inquiètent les pays riverains (Inde, Vietnam, Indonésie, etc.) et dont le modèle sociopolitique se dit seul aller dans le sens de l’histoire face à un « Occident en déclin » ?


Quand les Etats-Unis et le Japon d’un côté et la Russie et la Chine de l’autre conduisent des exercices militaires communs dans l’Indo-Pacifique, l’Europe de la chancelière Angela Merkel veut, fin décembre 2020, ratifier un accord d’investissement avec la Chine, sans inviter ni l’Italie ni l’Espagne, et envisage, fin juin 2021, une rencontre avec Poutine, irritant pays baltes, Suède et Pays-Bas. On pourrait se demander si l’Allemagne, avec sa dépendance au gaz russe renforcée par la fermeture de ses centrales nucléaires et l’inféodation de son industrie automobile au marché chinois, n’est pas l’homme diplomatique malade de l’Europe.

La Chine, une menace pour l’OTAN ?

Quant à la France, elle reçoit les félicitations de Pékin pour sa quête d’une « indépendance stratégique » et répond à l’appel de Biden par le mantra : « Surtout pas de confrontation. » A la volonté de l’OTAN de qualifier la Chine de menace pour l’Organisation, le président Emmanuel Macron rétorque en soulignant que celle-ci est loin de l’Atlantique Nord. Cette position interroge : Vladivostok est bien plus à l’est que Shanghaï ; quant à la cyberguerre, elle ne connaît pas de frontières. De fait, la participation de sous-marins français à des exercices de liberté de navigation loin des côtes nationales, en mer de Chine du Sud, souligne la projection stratégique nécessaire.

Nouvelles technologies–La nouvelle guerre entre Apple et Microsoft

Nouvelles technologies–La nouvelle guerre entre Apple et Microsoft

par Tim Higgins  Dans le Wall Street Journal

 

Un nouveau choc des titans de la tech se profile, alors qu’Apple et Microsoft sont en train de raviver une querelle qui remonte aux premiers jours de l’ère des ordinateurs personnels.

Les cofondateurs des deux entreprises, Steve Jobs chez Apple et Bill Gates chez Microsoft, se sont affrontés au début de leur histoire, avant d’enterrer la hache de guerre. Ces derniers mois, les deux sociétés ont ressorti les armes, lors d’une escarmouche qui a mis en émoi leurs clients et d’autres entreprises de la tech.

Apple, lors de son conflit juridique avec Epic Games, a accusé Microsoft de tirer les ficelles dans l’affaire impliquant le développeur de jeux vidéo. Epic Games a attaqué le fabricant de l’iPhone pour pratiques anticoncurrentielles, alors que Microsoft reprochait à ce dernier de restreindre ses possibilités d’atteindre des clients via son propre service dédié aux jeux vidéo.

Jeudi, lors du lancement de Windows 11, le président-directeur général de Microsoft, Satya Nadella, a fait ce qui a largement été perçu comme une pique à Apple et au contrôle qu’il exerce sur l’App Store de son iPhone, sans toutefois mentionner directement son rival. Les deux entreprises placent actuellement leurs pions en vue de la bataille imminente qui se prépare sur le marché de la réalité augmentée et virtuelle, considérée comme la prochaine évolution majeure de l’informatique.

« Le monde a besoin d’une plateforme plus ouverte, qui permette aux applications de devenir des plateformes à part entière », a asséné M. Nadella jeudi dernier lors de l’événement qui se tenait sous forme virtuelle.

Apple justifie le contrôle strict qu’il exerce sur son App Store en affirmant qu’il offre à ses utilisateurs une meilleure protection de leur vie privée et une cybersécurité accrue. D’autres entreprises, dont Facebook et Epic Games, affirment que la société exerce de manière inéquitable son pouvoir de contrôle sur un accès à plus d’un milliard d’utilisateurs d’iPhone.

M. Nadella présente Microsoft comme le défenseur des développeurs et un bon partenaire pour eux. La société s’est par exemple associée à Amazon, pour proposer aux utilisateurs de Windows 11 de télécharger les versions Android (le système de Google) des applications du géant du commerce électronique, alors qu’Apple a renforcé le verrouillage de ses appareils et de ses applications.

Il s’agit d’une certaine manière d’une inversion des rôles. Dans le passé, Apple était considéré comme le petit chouchou des créateurs de contenu, qui luttait contre un monopole aux méthodes musclées.

Fondés au milieu des années 1970, Apple et Microsoft sont les plus anciens géants de la tech moderne. Jeunes, MM. Jobs et Gates se sont disputés pendant des années. A une époque, M. Jobs a accusé Microsoft de voler les idées d’Apple et de proposer un produit mal conçu. Ils ont publiquement conclu une trêve aux alentours de 1997, peu après le retour de M. Jobs à la tête de l’entreprise qu’il avait contribué à créer. Cette année-là, M. Gates a investi 150 millions de dollars dans Apple, ce qui a permis d’injecter les liquidités dont M. Jobs avait cruellement besoin pour écrire son deuxième acte à la tête de la société.

Depuis, les passes d’armes entre les deux entreprises se sont, à l’occasion, poursuivies. Apple a par exemple diffusé des spots télévisés se moquant des utilisateurs de PC, ce qui a poussé Microsoft à lancer une contre-campagne.

A un moment, M. Jobs a estimé que cette rivalité était devenue malsaine. « Si le jeu était un jeu à somme nulle, où pour qu’Apple gagne, Microsoft devait perdre, alors Apple allait perdre », analysait-il ainsi au cours d’une interview conjointe avec M. Gates lors d’une conférence du Wall Street Journal en 2009, à une époque où le géant des logiciels était beaucoup plus important. « Nous avons essayé d’arranger les choses », déclarait alors M. Jobs.

Jusqu’à récemment, la nouvelle génération de dirigeants des deux entreprises semblait désireuse de préserver publiquement la paix. Tim Cook a succédé à M. Jobs chez Apple en 2011, et M. Nadella est devenu le PDG de Microsoft en 2014. L’une des premières grandes mesures prises publiquement par M. Nadella a été d’intégrer les applications de bureautique Office développées par son entreprise sur l’iPad, la tablette d’Apple.

« Microsoft et Apple sont souvent passés d’ennemis acharnés à meilleurs ennemis, il y a eu une succession de hauts et de bas », détaille Patrick Moorhead, président de la société technologique Moor Insights & Strategy. « Désormais, ils sont à nouveau ennemis. »

Aujourd’hui, les deux adversaires sont devenus les deux grandes superpuissances du monde des affaires aux Etats-Unis. Elles sont les deux seules sociétés américaines à être évaluées à au moins 2 000 milliards de dollars. Elles emploient toutes deux plus de 140 000 personnes et leur chiffre d’affaires annuel combiné dépasse les 400 milliards de dollars.

Le pouvoir de contrôle qu’Apple exerce sur ce qui est mis sur l’iPhone et par qui est au cœur du conflit actuel. Microsoft n’hésite pas à critiquer ces restrictions, qu’il considère comme un obstacle à la croissance de ses activités dans les jeux vidéo, en plein essor.

Cette année, Microsoft a soutenu le créateur de jeux vidéo Epic Games lorsqu’il a intenté un procès à Apple pour pratiques anticoncurrentielles. Des allégations que la société de Cupertino (Californie) réfute. Apple prélève jusqu’à 30 % sur les transactions réalisées sur les applications lorsqu’elles sont téléchargées via l’App Store.

Epic Games a demandé la comparution de Lori Wright, vice-présidente du développement commercial de Microsoft pour les jeux, les médias et le divertissement, afin qu’elle décrive sa tentative avortée d’introduire sur l’App Store d’Apple un service de streaming comportant un bouquet de jeux vidéo appelé Game Pass Ultimate. Selon elle, Apple a traité ce produit Microsoft différemment des services de streaming fournis par d’autres sociétés, par exemple Netflix.

Dans un mémoire déposé devant les tribunaux, Apple a tenté de discréditer le témoignage de Lori Wright, et de semer le doute sur les motivations d’autres témoins cités par Epic, laissant entendre que Microsoft tirait les ficelles de cette action en justice.

« Un observateur raisonnable pourrait se demander si Epic ne sert pas de cheval de Troie à Microsoft », a ainsi indiqué Apple dans un document transmis au tribunal. « Pourtant, Microsoft s’est protégé de toute exposition significative dans ce litige en n’apparaissant pas comme une partie ou en n’envoyant pas de représentant de l’entreprise pour témoigner. »

Un juge devrait se prononcer sur l’ensemble de l’affaire dans les semaines à venir.

Si Microsoft a indiqué réduire la commission qu’il prélevait sur le contenu vendu sur sa nouvelle boutique d’applications, la société continuera à prendre 30 % sur les jeux achetés sur sa console Xbox.

Apple et Microsoft sont tous deux en conflit avec d’autres entreprises. Apple est en désaccord avec Facebook sur le suivi des données des utilisateurs, tandis que Microsoft est en conflit avec le service cloud d’Amazon et des sociétés telles que Zoom et Slack.

Mais aucun de ces litiges n’a la même résonance historique.

Les choses s’accélèrent également car Apple et Microsoft se préparent à conquérir le marché encore émergent de la réalité augmentée, qui consiste à superposer des informations numériques au monde réel. Microsoft vend déjà son casque HoloLens, et Apple devrait dévoiler son dispositif dès l’année prochaine.

« Nous partons du principe que [ce marché] sera ouvert », déclare Alex Kipman, Microsoft Technical Fellow. « Ce ne sera pas : “vous devez passer par notre magasin d’applications et payer une taxe”, a-t-il affirmé le mois dernier dans le cadre du festival The Future of Everything organisé par The Wall Street Journal.

Les responsables du secteur s’attendent à ce qu’Apple transpose les règles de son App Store dans le monde virtuel. Apple n’a pas fait de commentaires sur ses projets.

« C’est définitivement en train de chauffer », résume Gene Munster, un observateur expérimenté des deux entreprises, qui est directeur associé de Loup Ventures, une société de capital-risque spécialisée dans la recherche technologique. « La réalité augmentée est vraiment importante, et c’est la prochaine opportunité pour Microsoft de repasser en mode croissance… et Apple, lui, veut évidemment défendre son territoire dans le domaine du mobile. »

Traduit à partir de la version originale en anglais

Contestation de la guerre à la drogue

Contestation de la  guerre à la drogue

Le psychologue clinicien Jean-Pierre Couteron, spécialiste de l’addictologie, déplore une « dramatisation guerrière du sujet », au détriment de la prévention et de la prise en charge des personnes dépendantes dans le Monde. (Observons cependant que le refus de la guerre à la drogue pourra s’appliquer demain à la cocaïne, à l’héroïne et à d’autres NDLR)

 

 

Jean-Pierre Couteron est psychologue clinicien, coauteur de l’Aide-mémoire Addictologie (Dunod, 2019 pour la 3e édition) et exerçant au centre de soins d’accompagnement et de prévention d’addictologie Le Trait d’union Oppelia, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). 

 

Que pensez-vous des structures thérapeutiques collectives et de leur fonctionnement ?

Ce sont des lieux qui accompagnent le sevrage et où se pratique une clinique de l’abstinence. Elles ont comme autre spécificité de privilégier le groupe, avec l’idée qu’entre usagers confrontés aux mêmes problématiques on ne peut pas se tromper, il y a une entraide collective qui se met en place. Elles complètent le dispositif dit de « soin résidentiel collectif », comprenant aussi les centres thérapeutiques résidentiels et les soins de suite et de réadaptation addictologique. Il n’en existe qu’une quinzaine en tout en France, ce qui n’est pas énorme.

Quel est le modèle français de gestion de la dépendance ?

En France, le modèle Minnesota [qui vise à prendre en charge la personne dépendante aussi bien physiquement que mentalement] et les communautés thérapeutiques ont longtemps souffert de l’expérience du Patriarche [association d’aide aux personnes toxicomanes, fondée en 1974 par Lucien Engelmajer], qui était devenue une secte, et d’un référentiel dominant, principalement psychanalytique, privilégiant un abord très individuel du problème et oubliant bien des enjeux des usages. La psychiatrie institutionnelle, marquée par l’expérience de la seconde guerre mondiale, restait, elle, très soucieuse de l’autonomie de la personne.

Puis, dans les années 1980, est arrivée la stratégie de réduction des risques, rejetée, elle aussi, à ses débuts. C’est l’épidémie du sida qui l’a imposée, au début moins pour soigner autrement les toxicomanes que pour limiter les contaminations. Cela a permis un pas en avant énorme d’un point de vue sanitaire – la baisse des overdoses et le recul du VIH – mais aussi de toucher tout un public que ne rencontraient pas les soignants sur le seul axe du sevrage. A l’époque, la réduction des risques a dû batailler contre les défenseurs du dogme de l’abstinence. De nombreux acteurs pensent qu’il faut sortir de cette opposition : l’abstinence est une indispensable solution à des usagers, la réduction des risques reste l’axe central d’un accompagnement diversifié.

Covid-19 : pour une économie de guerre (ONU)

Covid-19 : pour une économie de guerre (ONU)

 

Il est évident que si nombre de pays ont utilisé les termes de guerre contre le virus, les moyens ne sont pas à la hauteur de l’enjeu; pour preuve la pénurie de vaccins. Sur la tendance certains pays ne pourront vacciner toute leur population que dans deux ou trois ans. Pourtant« Nous sommes en guerre contre un virus. Nous avons besoin de la logique et de l’urgence d’une économie de guerre », a déclaré Antonio Guterres. Le chef de l’ONU a appelé le monde à aller au-delà de la solidarité face à la pandémie de coronavirus, à l’ouverture de l’Assemblée mondiale de la Santé lundi 24 mai à Genève (Suisse).

Outre le bilan sanitaire, « quelque 500 millions d’emplois ont été détruits, des milliers de milliards de dollars ont été soustraits des bilans d’entreprises », a souligné Antonio Guterres. « Les plus vulnérables sont ceux qui souffrent le plus, et je crains que ce soit loin d’être terminé. » Le chef de l’ONU a demandé au G20 d’installer un groupe de travail des acteurs clés pour les vaccins, avertissant que de nouvelles flambées épidémiques pourraient « ralentir la reprise économique mondiale ».

 

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