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Pesticides: une distance minimale ridicule vis-à-vis des habitations

Pesticides: une distance minimale ridicule vis-à-vis des  habitations

 Le gouvernement n’a sans doute pas peur du ridicule en prenant un arrêté qui impose une distance de 5 à 10 m entre les champs traités et les habitations. On sait que certains maires réclamaient une distance de 100 à 150 m. On peut voir dans cette de décision toute la contradiction qu’il y a entre les discours grandiloquents du gouvernement sur l’environnement et les mesures concrètes prises. La puissance d’émission des pour les pesticides et autres produits chimiques contamine forcément les espaces voisins jusqu’à des dizaines de mètres. Il suffit pour s’en rendre compte de résider par exemple à proximité de vignes ou de pommiers, les cultures qui subissent le plus de traitements,  pour savoir que cette distance de 5  à 10 m est inefficace. 

Dans un décret  en vigueur au 1er janvier 2020, l’exécutif a donc décidé de fixer une distance minimale nationale entre les champs sous pesticides et les habitations ou les écoles. Elle sera de 5 mètres pour ceux de culture basse (légumes) et de 10 mètres pour ceux de culture haute (céréales, arbres fruitiers…). Le gouvernement dit s’appuyer sur les recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).Le militant écologiste Yann Arthus-Bertrand, fondateur et président de la fondation « GoodPlanet », a violemment réagi sur  BFM à l’annonce de la publication de ce décret: 

« J’ai l’impression que c’est un poisson d’avril. Je ne peux pas croire qu’aujourd’hui les lobbies soient plus forts que la santé de la population et que la santé publique. C’est même insultant pour les gens qui se battent depuis si longtemps contre les pesticides. Je n’en reviens pas. Je suis atterré par ce que j’entends. Après avoir entendu ce qu’a dit le président Macron sur les conséquences sur la santé de l’épandage des pesticides et voir qu’il prend ces arrêtés, je n’y crois pas ». 

Le photographe de 73 ans a également souligné que « la France est l’un des plus gros consommateurs de pesticides en Europe ».

« Emmanuel Macron est en train de passer à côté de quelque chose de très important pour devenir un grand président. C’est ridicule! », a-t-il ajouté.

Les «gilets jaunes» : jusqu’au bout de l’épuisement total des troupes

Les «gilets jaunes» : jusqu’au bout de l’épuisement total des troupes

 En dépit de l’écroulement de la participation, les gilets jaunes continuent d’épuiser les quelques forces qui leur restent. Cette gestion du mouvement est assez pathétique puisqu’on est passé d’une participation de plusieurs centaines de milliers de manifestants à quelques milliers au point qu’il n’y a même pas une ligne dans la plupart des médias pour rendre compte de manifestations de plus en plus anecdotiques. En cause, évidemment l’incapacité totale à structurer le mouvement par des leaders gauchistes et populistes complètement irresponsables. Une évolution bien connue dans les mouvements sociaux traditionnels. Plus la participation diminue et plus les mots d’ordre gauchiste durcissent  l’action jusqu’à l’épuisement total. On voudrait discréditer l’action qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Il est à craindre cependant que les leaders gauchistes s’enferment un peu plus chaque samedi dans leur entêtement mortifère et le mouvement des gilets jaunes finira  avec quelques centaines de protestataires. D’une certaine manière,  l’étiolement de la participation rend service pouvoir qui peut d’autant mieux critiquer un mouvement qui au départ avait un certain  un sens mais qui de dérive en dérive a perdu toute notion d’objectif et de stratégie. Pour parler clair, on est passé de la contestation sociale à la protestation politique sans la moindre perspective d’aboutir. L’objectif annoncé des «gilets jaunes»: obtenir «un septembre noir» traduit bien le ridicule et l’inconséquence des leaders gauchistes.

Mais ce mouvement imprévisible, qui a bien longtemps pris de court le pouvoir et qui a surpris par son ampleur, reste sous étroite surveillance. «Même si on n’est pas aujourd’hui sur des niveaux de mobilisation importants, ces rassemblements peuvent être l’occasion de voir s’agréger les mouvances radicales d’ultragauche, lesquelles souhaitent que tout bascule dans la violence», signale un expert.

«Cela va repartir de plus belle», assure un manifestant qui mise sur une rentrée sociale difficile pour de nouveau faire descendre les Français dans la rue. Les quelques figures historiques du mouvement, qui jouent encore un rôle de mobilisation, vont aussi tout faire pour maintenir la pression. De nouveau condamné, mercredi, pour avoir précédemment manifesté avec une matraque, Éric Drouet a ainsi annoncé sa présence ce samedi à Paris. Comme d’autres, celui-ci invite les manifestants à ne plus revêtir le gilet jaune. Afin de ne pas être repéré par la police… bref mouvement des gilets jaunes va se terminer sans gilet et sans manifestant. L’irresponsabilité aura tué un mouvement qui aurait pu avoir du sens de manière durable.

Vraie réforme des Retraites : deux Français sur trois n’y croient pas (sondage)

Vraie réforme des Retraites : deux Français sur trois n’y croient pas (sondage)

Deux Français sur trois estiment que le gouvernement ne parviendra pas à mener une réforme d’envergure, selon un sondage Odoxa-Dentsu consulting pour « Le Figaro » et franceinfo publié jeudi 5 septembre 2019.

Les Français ne semblent donc pas faire confiance au gouvernement pour réformer le système des retraites, et ce bien qu’ils décrient le système actuel. Ce dernier ne permet pas de bénéficier d’une retraite correcte selon une grande majorité des personnes sondées (72%). Ce système est jugé injuste (79%), pas viable (79%), trop complexe (68%), mal adapté aux parcours professionnels actuels (74%). Dans le détail, 83% des sondés qui jugent le système injuste perçoivent moins de 1 500 euros par mois. Du côté des retraités en revanche, qui sont les concernés du moment, 41% des sondés expriment un jugement positif sur le système.

Le gouvernement va lancer dès le mois de septembre une consultation citoyenne sur le rapport Delevoye, sur le modèle du grand débat, avant de proposer le projet de loi. Pour 61% des sondés, cette grande concertation est surtout une stratégie politique pour désamorcer les contestations.

 

 

Ce sondage Odoxa-dentsu consulting pour Le Figaro et franceinfo a été réalisé les 4 et 5 septembre 2019 sur internet, auprès d’un échantillon de 1 005 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

 

Confiance: Macron en hausse d’après un sondage bidon des Echos

Confiance: Macron en hausse d’après un sondage bidon des Echos

 

Le journal des Échos (journal sérieux mais très proche des grands intérêts financiers) titre que Macron enregistre une hausse de confiance en s’appuyant en plus sur un sondage bidon en tout cas manipulé « Avec un total de 33% des personnes interrogées qui lui font confiance pour affronter les problèmes du pays, le chef de l’État bénéficie d’une cote à son plus haut niveau depuis septembre 2018, soit avant la crise des gilets jaunes. » Indique les Échos. Un sondage réellement douteux dans la mesure où BFM s’appuyant sur une étude d’Elabe dit le contraire.

« L’institut a voulu jauger la perception de la politique entreprise par l’exécutif, et a pour cela demandé au panel d’évaluer le bien-fondé ou l’efficacité de différents aspects de celle-ci. Il en ressort que 75% des Français estiment que les orientations définies par le président de la République et le gouvernement sont injustes, car elles ne répartissent pas équitablement les efforts selon les capacités de chacun. Un taux en chute de trois points par rapport à la précédente mesure établie le 14 juin. Dans le détail, 83% des classes populaires, groupant les salariés et les ouvriers, pointent cette injustice.

Nos concitoyens sont ensuite 76%, là encore en baisse de trois points, à estimer que la politique actuelle est inefficace pour réduire les inégalités entre les territoires. Pour améliorer le pouvoir d’achat alors? Pas davantage, pour 75% de nos compatriotes malgré une décote de deux points. 78% des inactifs, dont les retraités, fustigent d’ailleurs ce manque d’emprise sur la courbe du pouvoir d’achat. »

On sait que la très grosse partie de la presse est désormais dans les mains des financiers et des grandes entreprises d’où la tentation permanente de bricoler les sondages et/ou de es  interpréter  au service du pouvoir politique et économique.

Des substances cancérigènes présentes chez tous les Français

Des substances cancérigènes présentes chez tous les Français

Alimentation, cosmétiques, environnement autant de facteurs responsables de substances polluantes, dont certaines sont cancérigènes ou classées parmi les perturbateurs endocriniens, sont présentes dans l’organisme de tous les Français, à des niveaux particulièrement élevés chez les enfants, selon une vaste enquête publiée mardi. Les Français en moyenne seraient porteurs au moins cinq perturbateurs endocrinien !

Dans son étude, une première de ce genre en France, Santé Publique France s’est intéressé à six familles de produits aux effets sanitaires encore mal connus – les bisphénols, les phtalates, les éthers de glycols, les retardateurs de flamme dits bromés et les composés perfluorés.

“Ces polluants sont présents dans l’organisme de l’ensemble des adultes et des enfants”, écrit dans un communiqué l’organisme public, rattaché au ministère de la Santé.

Les substances décelées sont pour certaines des perturbateurs endocriniens – c’est le cas du bisphénol A mais aussi des bisphénols F et S selon certaines études scientifiques – ou des cancérigènes avérés ou suspectés, souligne Santé Publique France, qui a mené son enquête sur un échantillon de 2.503 adultes et 1.104 enfants.

Ces derniers affichent des “niveaux d’imprégnation” plus élevés que la moyenne, peut-être en raison de leur tendance à porter des objets à la bouche ou de leur poids plus faible par rapport à leurs apports alimentaires quotidiens.

L’alimentation n’est pas la source unique d’exposition aux polluants du quotidien, toujours selon Santé Publique France, qui cite également l’utilisation de produits cosmétiques contenant des parabènes et des éthers de glycol.

L’aération des logements permet en outre de limiter l’exposition aux perfluorés et aux retardateurs de flamme bromés.

“L’idée n’est pas de faire peur à la population parce que, en réalité, on ne connaît pas la signification d’un certain nombre de ces toxiques aux seuils auxquels ils sont trouvés”, a déclaré à des journalistes la ministre de la Santé, Agnès Buzyn.

Selon elle, l’étude “marque en fait un vrai tournant dans les politiques publiques” puisqu’elle offre des données solides et permet de mesurer l’impact des mesures prises en la matière.

La publication de ces travaux coïncide avec la signature, mardi, de la deuxième stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, qui remplace une première version rédigée en 2014.

Ce plan a pour but, entre autres, d’établir une liste de perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques omniprésentes dans la vie de tous les jours, de mieux informer le grand public sur les risques potentiels, et d’accélérer la recherche sur ces sujets.

L’étude dévoilée mardi sera suivie, précise Santé Publique France, de deux autres volets, concernant cette fois l’exposition des Français au pesticides et aux métaux lourds.

Les salaires des cadres : en hausse

Les salaires des cadres : en hausse

.Augmentation générale des salaires surtout pour les cadres en 2018 et ça devrait continuer en 2020. (Sauf crise !).   Selon l’étude annuelle menée par le cabinet Deloitte, en 2020, dans une entreprise française sur deux, les augmentations générales et individuelles accordées aux salariés dépasseront 2,1%. Un niveau légèrement inférieur à celui de l’année en cours.

 

Une fois déflaté le pouvoir d’achat de care pourrait augmenter de 1.5% en 2018. (Environ  Selon la dernière étude annuelle % pour les non cadres. du cabinet Deloitte parue ce lundi 2 septembre, les augmentations pour les cadres ont bondi de 2,8% et de 2,4% pour les non-cadres en 2019. Le coup de pouce des entreprises est ainsi supérieur à celui de 2018. Dans son précédent baromètre, le cabinet avait expliqué que les hausses étaient de 2,5% pour les cadres et 2,2% pour les non-cadres.

Les augmentations les plus marquées concernent les cadres (4,1%) et les cadres supérieurs du troisième quartile (3,9%). Les cadres et cadres supérieurs du premier quartile ont connu quant à eux une hausse de 1,7%. La pénurie de main d’œuvre qualifiée dans certains secteurs oblige les entreprises à revaloriser leurs augmentations notamment les hausses individuelles pour fidéliser leurs salariés.

Sur le panel d’entreprises interrogées par Deloitte, 60% d’entre elles affirment avoir versé des primes défiscalisées après les annonces d’Emmanuel Macron.

« Cette prime du pouvoir d’achat n’a pas eu d’impact à la baisse sur les augmentations, puisque nous constatons une légère hausse de celle-ci. Ainsi une majorité d’entreprise a souhaité jouer le jeu afin d’accroître le pouvoir d’achat des salariés dans ce cadre fiscalement incitatif « , expliquent les auteurs de l’étude. Outre les hausses salariales et la prime « Macron », l’inflation relativement contenue (1,3% cette année contre 1,7% en 2018) devrait profiter au pouvoir d’achat des cadres.

En revanche, le cabinet indique que la part variable individuelle, c’est-à-dire les bonus, les commissions ou les primes exceptionnelles, sont en baisse de 6 à 10% cette année.

Méthode : l’étude de rémunération de Deloitte s’appuie sur l’analyse de plus d’un million de données individuelles au sein de plus de 400 entreprises au sein de tous les secteurs d’activité, taille d’entreprise et localisation géographique

Réforme des Retraites : Les Français pour ou contre ?

Réforme des Retraites : Les Français pour ou contre  ? 

 

S’appuyant sur un sondage de l’IFOP, le très macroniste  journal du JDD titre que les Français sont  favorables à la réforme. Pourtant le même sondage montre que 66 % des Français ne font pas confiance au gouvernement dans ce domaine. Cependant ils sont également 66 % à se prononcer pour l’harmonisation des régimes. De là à dire que les Français sont favorables à toute la réforme il y a un pas que le JDD franchit un peu vite !

 

Selon ce sondage, 36% des Français considèrent qu’il faut allonger la durée de cotisation des actifs, le levier traditionnellement utilisé par les politiques en la matière. Parmi les autres options proposées, 16% des Français optent pour une augmentation des cotisations des actifs et 7% pour une baisse des pensions des retraités, selon ce sondage. Seulement 2% des retraités sont favorables à cette dernière option.

Plus engageant pour le gouvernement, les deux tiers des Français (66%) sont favorables à une harmonisation des différents régimes « au nom de l’égalité entre les cotisants », alors que 34% des Français veulent conserver des régimes de retraites différents compte tenu des spécificités de certains métiers ou professeurs, selon ce sondage.

*Enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 29 au 30 août 2019 auprès d’un échantillon de 1.010 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération. La marge d’erreur pour ce sondage est +/- 1,4 point pour un résultat de 5 ou 95% ; +/- 1,8 point pour un résultat de 10 ou 90% ; +/- 2,5 points pour un résultat de 20 ou 80% ; +/- 2,8 points pour un résultat de 30 ou 70% ; +/- 3 points pour un résultat de 40 ou 60% ; +/- 3,1 points pour un résultat de 50%.

 

Des chinois rachètent un constructeur ferroviaire allemand !

  • Des chinois rachètent un constructeur ferroviaire allemand !
  •  La  stratégie invasive de la Chine se développe partout dans le monde y compris en Europe. Cette fois, c’est le constructeur allemand de locomotives qui est rachetée par le numéro un chinois du secteur CRRC. On sait que les Chinois ont une longue expérience dans ce secteur d’activité, qu’ils sont technologiquement au point, Et bien sûr très compétitifs. Le paradoxe c’est que la commission européenne avait refusé au début de l’année la fusion des activités ferroviaires entre Alstom et l’allemand Siemens. Une fusion qui justement été destiné à mieux affronter cette concurrence chinoise. Bruno Le Maire, lors de l’émission Le Grand Rendez-vous d’Europe 1-CNews-Les Echos, a prévenu que la France, avec certains partenaires européens, demanderait à la prochaine Commission européenne qui prendra ses fonctions le 1er novembre une révision des règles de concurrence. Il n’a en outre pas écarté l’idée de voir la candidate française Sylvie Goulard briguer la succession de la commissaire chargée du dossier, Margrethe Vestager: «On ne peut pas écarter d’emblée l’idée que la France pourrait s’intéresser à la concurrence, nous avons des idées sur ce sujet», a-t-il affirmé, sans plus s’étendre. C’est Margrethe Vestager qui avait rejeté début février dernier le projet de fusion des activités ferroviaires du français Alstom et de l’allemand Siemens, justifiée à l’époque par la nécessité de contrer les ambitions du numéro un mondial, le chinois CRRC. Or lundi, le groupe allemand d’infrastructures ferroviaires Vossloh a annoncé sa volonté de céder son activité de construction de locomotives à une filiale de CRRC. «Il y a des mois que nous répétons, avec Peter Altmaier, le ministre de l’Economie allemand (…) qu’il faut nous armer face à la concurrence chinoise», a remarqué Bruno Le Maire. «Et la commission n’a cessé de nous dire: ‘c’est faux, ça n’arrivera jamais, ne vous inquiétez pas, dormez sur vos deux oreilles bonnes gens’. Qu’est-ce qui se passe? CRRC entre en Europe, veut acheter des entreprises, et commence à construire des lignes ferroviaires», a poursuivi le ministre.

 

Hong Kong : toujours des manifs contre la dictature communiste

Hong Kong : toujours des manifs contre la dictature communiste

 

Jusque-là les mesures de répression n’ont pas entamé l’enthousiasme des manifestants de Hong Kong qui refusent les méthodes dictatoriales du régime chinois. Non seulement les manifestations ne cessent pas mais elles amplifient. Pourtant, Pékin a déployé d’importantes forces armées autour de Hong Kong. La question se pose de savoir si Pékin va s’engager dans une opération de répression type Tienanmen et faire à nouveau des milliers de morts. Une perspective qui pourrait sans doute réveiller les idéaux  démocratiques des pays modernes et conduire, il faut l’espérer, à des mesures de rétorsion économique, le seul terrain sur lequel Pékin  est sensible. Des milliers de manifestants antigouvernementaux ont donc marché samedi dans les rues de Hong Kong malgré l’interdiction. La police a tiré des cartouches de gaz lacrymogène et brièvement utilisé des canons à eau contre des protestataires rassemblés près du siège local de l’Armée populaire de libération.

La police a tiré des cartouches de gaz lacrymogène et brièvement utilisé des canons à eau contre des protestataires rassemblés près du siège local de l’Armée populaire de libération.

Des manifestants ont répliqué en jetant des briques et des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre.

Faute d’autorisation, le Front civique des droits de l’homme, à l’origine des grandes manifestations du mois de juin qui ont réuni plusieurs millions de personnes, a annulé son appel à manifester pour marquer le cinquième anniversaire de la décision par Pékin de limiter les réformes démocratiques dans l’ancienne colonie britannique.

Vendredi, plusieurs activistes ont été arrêtés, parmi lesquels Joshua Wong, figure du Mouvement des parapluies qui avait paralysé l’ancienne colonie britannique en 2014. Il a été inculpé d’organisation de manifestation illégale avant d’être libéré sous caution.

Né en avril du rejet d’un projet de loi qui aurait permis l’extradition de suspects vers la Chine continentale, le mouvement de contestation s’est élargi à des revendications plus larges, dont la protection des libertés et de l’autonomie dont jouit la “région administrative spéciale”.

Nombre de Hongkongais estiment que ce régime particulier, résumé par la formule “un pays, deux systèmes”, est aujourd’hui menacé par l’emprise croissante qu’exerce le gouvernement central chinois.

La presse officielle chinoise a prévenu vendredi que les soldats chinois stationnés dans la région administrative spéciale n’avaient pas une présence seulement symbolique et n’auraient “aucune raison de rester les bras croisés” si la situation venait à empirer.

Climat: Une montée catastrophique des océans d’ici 2100

Climat: Une montée catastrophique des océans d’ici 2100

 

Conséquence des émissions des gaz à effet de serre provenant notamment de l’activité humaine, la montée des eaux va engloutir nombre de territoires est perturber encore un peu plus le climat. La fonte des calottes polaires et des glaciers conjuguée à la dilatation thermique de l’eau fait monter le niveau des océans. Une hausse de plus de 40 cm environ est attendue d’ici à 2100 dans le scénario optimiste où le réchauffement global ne dépasserait pas 2 °C (nous sommes plutôt sur une trajectoire de 3 °C à 4 °C qui provoquerait une hausse deux fois plus importante). Et ce ne sera qu’un début. L’élévation du niveau des mers se poursuivra au rythme de «plusieurs centimètres» chaque année (contre quelques millimètres à l’heure actuelle). Cela conduirait au déplacement de 280 millions de personnes dans le monde, anticipent les experts.

 

«Quand vous observez l’instabilité politique déclenchée par des migrations de faible ampleur, je tremble en pensant à un monde où des dizaines de millions de personnes devraient quitter leurs terres avalées par l’océan», s’inquiète Ben Strauss, président-directeur de Climate Central, un institut de recherches basé aux États-Unis.

Comme le niveau des mers sera plus haut, les cyclones risquent par ailleurs de provoquer des inondations plus facilement, potentiellement tous les ans à partir de 2050 dans de nombreuses mégalopoles proches des côtes et de petites nations insulaires, préviennent les chercheurs. Rappelons par ailleurs que les cyclones sont d’autant plus puissants que les eaux de surface qui les alimentent sont chaudes, ce qui n’incite guère à l’optimisme…

Autre source d’inquiétude: la fonte attendue d’une grande partie (entre 30 % et 99 % d’ici à 2100!) du permafrost, des sols qui restent en principe gelés toute l’année. Comme ces terres piègent de grandes quantités de CO2 et de méthane, leur «décongélation» va libérer une «bombe carbone» qui promet d’accentuer très nettement le réchauffement, craignent les spécialistes.

 

La fonte des glaciers de montagne va par ailleurs donner trop d’eau douce, puis trop peu, à deux milliards de personnes qui en dépendent, pointe le rapport. Les glaciers situés à basse altitude, comme en Europe centrale, dans le Caucase, l’Asie du Nord et la Scandinavie, devraient perdre plus de 80 % de leur volume d’ici à 2100. Les glaciers et le permafrost contiendraient par ailleurs près de 800.000 tonnes de mercure qui seront libérées dans les eaux potables.

 

Le CO2, qui se dissout dans l’eau en grandes quantités, provoque par ailleurs une acidification des océans. Celle-ci est catastrophique pour les organismes calcificateurs, notamment les mollusques et les coraux. Ces derniers pourraient bien ne pas survivre à un réchauffement de 2 °C. Ce qui constituerait une catastrophe écologique majeure et mettrait en grand danger le demi-milliard de personnes qui dépendent de ces écosystèmes extrêmement riches pour leur nourriture et leur protection.

Réforme des retraites : reporteé aux calendes ?

Réforme des retraites : reportée aux calendes

 

 

Certains se demandaient pourquoi le Medef avait piqué une petite colère vis-à-vis de Macron à propos du rythme des réformes. Sans doute l’organisation patronale avait-elle été prévenue que le pouvoir avait décidé de décaler dans le temps la principale réforme que constitue celle des retraites. À écouter les uns et les autres, on note un certain nombre de contradictions entre Macron, Darmanin une part et Édouard Philippe d’autre part. Macron -comme Darmanin- semble bien envisager un report d’environ un an c’est-à-dire largement après les municipales.  Édouard Philippe Porte une ligne plus brutale et souhaite un délai plus rapide. Le risque en effet c’est que les perspectives de l’évolution du système des retraites s’enlisent dans le sable des campagnes électorales. Avec les délais avancés par Darmanin,  la réforme pourrait à l’ordre du jour qu’en  septembre 2020 au motif de la nécessité d’une large concertation. Le problème c’est que dès la fins 2020 la campagne électorale pour les présidentielles va s’intensifier et que l’heure ne sera plus à des orientations susceptibles de contrarier certains électeurs. De là à penser que la réforme des retraites pourrait n’être effectuée qu’après 2022 il n’y a qu’un pas. La raison principale de ce report tient dans le fait que la réforme fera peu de bénéficiaires mais énormément de mécontents. Pour l’essentiel,  il s’agira de reporter l’âge de la retraite et en même temps de diminuer le montant des pensions. Tout le reste est littérature. Chacun presque s’accorde à penser que cette réforme est incontournable. En réalité, ce n’est pas si sûr car l’équilibre des retraites, principal enjeu de la réforme, dépend  du rapport actif retraité, de la croissance et de la productivité. De ce point de vue, il serait sans doute plus urgent de supprimer les 35 heures qui ont été fatales à l’économie française. Les Français ne travaillent  peut-être pas assez longtemps quand ils prennent leur retraite mais surtout ils ne travaillent pas assez longtemps toute leur carrière, enfin certains ne travaillent pas du tout ; voir à cet égard le  déplorable rapport entre ce qui travaillent  et les actifs potentiels. Le dernier argument qui plaide en faveur d’un report voir un enterrement de la réforme, c’est sa complexité qu’avait complètement sous-estimé le gouvernement. Jusque-là on se contentait de slogans comme » régime universel, un euro de cotisation égal un euro, cotisation retraite par points etc. ». Autant d’éléments de langage – Edouard Philippe a promis vendredi de prochaines annonces sur le calendrier de la délicate réforme des retraites, potentiellement chamboulé par la future “concertation citoyenne” aux contours encore inconnus à laquelle s’attellera bientôt le gouvernement.

Une montée catastrophique des océans d’ici 2100

Une montée catastrophique des océans d’ici 2100

 

Conséquence des émissions des gaz à effet de serre provenant notamment de l’activité humaine, la montée des eaux va engloutir nombre de territoires est perturber encore un peu plus le climat. La fonte des calottes polaires et des glaciers conjuguée à la dilatation thermique de l’eau fait monter le niveau des océans. Une hausse de plus de 40 cm environ est attendue d’ici à 2100 dans le scénario optimiste où le réchauffement global ne dépasserait pas 2 °C (nous sommes plutôt sur une trajectoire de 3 °C à 4 °C qui provoquerait une hausse deux fois plus importante). Et ce ne sera qu’un début. L’élévation du niveau des mers se poursuivra au rythme de «plusieurs centimètres» chaque année (contre quelques millimètres à l’heure actuelle). Cela conduirait au déplacement de 280 millions de personnes dans le monde, anticipent les experts.

 

«Quand vous observez l’instabilité politique déclenchée par des migrations de faible ampleur, je tremble en pensant à un monde où des dizaines de millions de personnes devraient quitter leurs terres avalées par l’océan», s’inquiète Ben Strauss, président-directeur de Climate Central, un institut de recherches basé aux États-Unis.

Comme le niveau des mers sera plus haut, les cyclones risquent par ailleurs de provoquer des inondations plus facilement, potentiellement tous les ans à partir de 2050 dans de nombreuses mégalopoles proches des côtes et de petites nations insulaires, préviennent les chercheurs. Rappelons par ailleurs que les cyclones sont d’autant plus puissants que les eaux de surface qui les alimentent sont chaudes, ce qui n’incite guère à l’optimisme…

Autre source d’inquiétude: la fonte attendue d’une grande partie (entre 30 % et 99 % d’ici à 2100!) du permafrost, des sols qui restent en principe gelés toute l’année. Comme ces terres piègent de grandes quantités de CO2 et de méthane, leur «décongélation» va libérer une «bombe carbone» qui promet d’accentuer très nettement le réchauffement, craignent les spécialistes.

 

La fonte des glaciers de montagne va par ailleurs donner trop d’eau douce, puis trop peu, à deux milliards de personnes qui en dépendent, pointe le rapport. Les glaciers situés à basse altitude, comme en Europe centrale, dans le Caucase, l’Asie du Nord et la Scandinavie, devraient perdre plus de 80 % de leur volume d’ici à 2100. Les glaciers et le permafrost contiendraient par ailleurs près de 800.000 tonnes de mercure qui seront libérées dans les eaux potables.

 

Le CO2, qui se dissout dans l’eau en grandes quantités, provoque par ailleurs une acidification des océans. Celle-ci est catastrophique pour les organismes calcificateurs, notamment les mollusques et les coraux. Ces derniers pourraient bien ne pas survivre à un réchauffement de 2 °C. Ce qui constituerait une catastrophe écologique majeure et mettrait en grand danger le demi-milliard de personnes qui dépendent de ces écosystèmes extrêmement riches pour leur nourriture et leur protection.

Boycott des produits brésiliens ?

Boycott des produits  brésiliens ?

 

Il se pourrait bien qu’un boycott de produits brésiliens soit organisé du fait de l’attitude complètement irresponsable du président Bolsonaro.  Cela va d’abord commencer par la suspension des achats de cuir brésilien de la part de Timberland. D’autres acheteurs pourraient suivre y compris pour d’autres produits. À plus long terme,  l’accord Mercosur, accord commercial notamment avec le Brésil pourrait ne pas être ratifié tant que ce pays  se livre délibérément à la destruction de la forêt afin  de la convertir pour  l’industrie agricole. Pour l’immédiat, VF Corp, propriétaire entre autres des marques Vans, Timberland ou encore Eastpak, a annoncé jeudi qu’il n’achèterait plus de cuir brésilien en raison de ses doutes sur le respect de l’environnement en Amazonie, en proie depuis des semaines à des milliers d’incendies.

Le groupe américain a déclaré qu’il reprendrait l’achat de cuir au Brésil quand il aurait “la conviction et l’assurance que les matériaux utilisés dans (ses) produits ne contribuent pas à la dégradation de l’environnement dans le pays”.

La décision prise par VF Corp est l’un des premiers signes montrant un impact économique de ces feux de forêt, l’élevage bovin étant l’un des principaux secteurs d’activité du Brésil.

Même si le président brésilien Jair Bolsonaro assure qu’ils sont maîtrisés, ces incendies dans l’une des plus grandes forêts du monde suscitent une émotion internationale et beaucoup ont été provoqués par des éleveurs de bétail ou des agriculteurs en défrichant des terres.

Une enquête publiée en juillet dans des médias brésiliens a montré que JBS SA, numéro un mondial de la viande transformée et premier producteur de cuir au monde, achetait du bétail à des éleveurs utilisant des terres pourtant interdites au pâturage. JBS conteste ces accusations.

Dans un communiqué transmis à Reuters, VF Corp déclare: “Au regard de cet examen minutieux, nous ne sommes plus en mesure de nous assurer de manière satisfaisante que notre (…) cuir acheté auprès de fournisseurs brésiliens respecte cet engagement.”

Climat des affaires : le moral sans changement et bas

Climat des affaires : le moral sans changement et bas  

.Au mois d’août, le climat des affaires s’est stabilisé à 105 au même niveau que celui du mois de juillet. L’économie française a progressé de 0,3% pour les deux premiers trimestres. Dans leur dernière note de conjoncture, les économistes de l’Insee anticipent une activité à un rythme similaire pour les deux derniers trimestres de l’année. Au total, le produit intérieur brut augmenterait de 1,3% selon les dernières estimations. Le responsable de la conjoncture, Julien Pouget, avait néanmoins des doutes sur la consommation des Français lors d’un point presse au début de l’été.

« Comment les gains de pouvoir d’achat vont se transmettre à la consommation plutôt que vers l’épargne ? En France, les mesures d’urgence ont contribué à faire progresser le pouvoir d’achat. C’est une progression assez vive avec la deuxième tranche de réduction de la taxe d’habitation qui a lieu en fin d’année. L’inflation reste contenue. Le pouvoir d’achat progresserait de 2,3% sur l’année, cela représente 1,8% par unité de consommation. C’est le chiffre le plus élevé depuis douze ans (2007). La transmission de ces gains de pouvoir d’achat à la consommation pourraient prendre plusieurs trimestres. »

La France transforme légèrement son modèle de croissance. « La confirmation de déterminants de la croissance française évoluent : plus de construction, moins d’auto, moins d’alimentation et moins d’export. Mais pas de décollage de la croissance à atteindre : les ménages préfèrent épargner», précise Stéphane Colliac, économiste chez Euler Hermes.

Par secteur, l’indicateur du climat des affaires dans le commerce de détail s’est détérioré pour passer de 105 à 101 entre juillet et août. Il se stabilise dans les services, le bâtiment et s’améliore légèrement dans l’industrie passant de 101 à 102. Dans ce dernier secteur, les perspectives sont loin d’être réjouissantes. Pour cette année, les chefs d’industrie prévoient d’augmenter leurs investissements de 6%,« un rythme relativement soutenu ».

En revanche, ils revoient à la baisse leurs projections d’investissement de 5 points par rapport aux chiffres du mois d’avril. « Cette révision à la baisse est plus marquée qu’en moyenne à cette période de l’année  [...] Pour le second semestre 2019, les chefs d’entreprises sont au contraire plus nombreux à prévoir une baisse qu’une hausse, » explique l’organisme public.

Le climat de l’emploi se dégrade

Sur le front de l’emploi, les derniers chiffres ne sont pas optimistes. Au mois d’août, le climat de l’emploi perd 2 points pour se situer à 104, soit son niveau le plus bas depuis septembre 2016. « Cette détérioration est essentiellement le fait de la forte baisse du solde d’opinion relatif à l’emploi passé dans le commerce de détail », soulignent les statisticiens. Si les derniers chiffres du chômage illustrent une baisse, le coup de frein de l’activité pourrait ralentir le rythme de cette décrue.

Réforme des retraites: la durée de cotisation à la place de l’âge

Réforme des retraites: la durée à la place de l’âge

Profitant de sa présence à la télé pour rendre compte du G7 Macron à évoqué aussi l’épineuse question de la réforme des retraites. Après les protestations relatives à l’ambiguïté du réel départ à la retraite, le chef de l’État semble désormais privilégier le concept de durée de cotisation.

 

« Si on fait une réforme comme d’habitude, on repousse l’âge de départ à la retraite, a expliqué le président. Si on décale l’âge légal, c’est pas clair. Le régime qu’on est en train de créer doit être équilibré, mais je souhaite qu’il y ait un accord sur la durée de cotisation, plutôt que sur l’âge. »

Le président avoue cependant que rien n’est tranché et qu’il conviendra encore de débattre. Ce dossier des retraites est en effet explosif,  il est aussi très complexe. D’où l’extrême prudence de Macron concernant par exemple l’évolution des retraites de certaines catégories sensibles.

D’abord, le président a assuré que rien n’était tranché. Notamment en ce qui concerne l’âge pivot, l’âge en deçà duquel les actifs qui voudraient partir à la retraite verraient leur pension subir une décote. « Ce n’est pas décidé », a ainsi précisé Emmanuel Macron. Pour autant, le président ne souhaite pas toucher à l’âge légal de 62 ans.

« Si on fait une réforme comme d’habitude, on repousse l’âge de départ à la retraite, a expliqué le président. Si on décale l’âge légal, c’est pas clair. Le régime qu’on est en train de créer doit être équilibré, mais je souhaite qu’il y ait un accord sur la durée de cotisation, plutôt que sur l’âge. »

Emmanuel Macron a par ailleurs salué le « travail remarquable qui a été fait par Jean-Paul Delevoye » qui porte un projet de réforme en profondeur.

« On doit refonder notre système de retraites, compromis d’après-guerre, mais la solidarité entre les générations, ça on le maintient. Ce système-là, on l’a progressivement transformé, abîmé et rendu injuste, on a créé une quarantaine de régimes, ce n’est pas vraiment juste », a expliqué le président qui souhaite un régime de retraites universels.

Sur la méthode, le président a rappelé qu’il tenait à la concertation. « Le Premier ministre, va commencer la semaine prochaine des consultations avec tous les partenaires sociaux, on va la construire tous ensemble cette réforme », a rappelé Emmanuel Macron qui a réaffirmé les objectifs d’un système qui soit « équilibré en 2025 et juste en terme de cotisations ». Notons que ce n’est sans doute pas un hasard si les décisions définitives concernant la réforme ont été reportée après les municipales de 2020. !

«Remise en cause des théories économiques ?» (Alain Minc)

«Remise en cause des théories économiques ?» (Alain Minc)

 

Alain Minc, essayiste et conseiller des princes (‘ il  favorisé l’élection de Macron) cherche un homme (comme Diogène), un économiste moderne pour remplacer les grands anciens comme Friedman ou Keynes. Il n’a peut-être pas tort tellement la situation économique et financière est aujourd’hui complexe. Il n’est pas difficile de rendre hommage à Alain Minc  sur certaines interrogations puisque ce dernier aura tout dit et son contraire. Derrière son interrogation sur la remise en cause des théories économiques appliquées au contexte actuel se dissimule en fait l’idée  que les dérèglements actuels pourraient constituer à l’avenir la normalité. Comme par exemple le pseudo plein-emploi assuré surtout avec la précarité et les petits salaires, l’absence d’inflation avec le plein-emploi en oubliant de préciser que c’est le fruit des disparités des conditions de production sociale, sanitaire, fiscal et environnemental au plan mondial ;; comme le déficit budgétaire, financé par les banques centrales en oubliant qu’on reporte à plus tard inflation et poids de la dette. Il est vrai qu’en dépit de la crise les profits n’ont jamais été aussi importants surtout en France ou encore 50 milliards de dividendes ont été distribués au cours d’un seul trimestre. Dès lors  pourquoi changer les tendances et imaginer une régulation plus juste et plus respectueuse socialement et d’un point de vue environnemental.  –«  Nous avons cru en des lois économiques qui se trouvent aujourd’hui invalidées par les faits. » Une affirmation de Minc  un peu rapide car la validation scientifique des faits doit prendre une période suffisamment longue et notamment la perspective d’une croissance zéro voire d’une récession en 2021. Aussi avons-nous besoin de grands penseurs à la hauteur de ces bouleversements, alerte l’essayiste.

 

Nous avons depuis cinquante ans été formés à respecter des tables de la loi économiques peu nombreuses mais très strictes: le plein-emploi crée l’inflation et celle-ci pousse les taux d’intérêt à la hausse. Le financement de l’État par une banque centrale est un anathème car facteur d’inflation. La création monétaire doit demeurer dans des limites raisonnables sous peine, là aussi, de nourrir l’inflation. Et enfin, plus globalement, une révolution technologique engendre des progrès de productivité qui constituent le meilleur adjuvant de la croissance. Les dix dernières années viennent de nous démontrer que ces principes fondateurs n’ont plus lieu d’être et nous sommes, dès lors, désemparés car privés de boussole macroéconomique. Nombre de pays occidentaux vivent, depuis quatre ou cinq ans, en plein-emploi – États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne en particulier.  L’avantage de Minc  que c’est que dans un an ou deux, il pourra dire exactement le contraire avec la même conviction pour  que ses nouveaux propos soient conformes à la réalité.

Environnement – « Réduire la vitesse des navires marchands »: le gadget de Macron

Environnement – « Réduire la vitesse des navires marchands »: le gadget de Macron

 

Encore une parole forte mais creuse de Macron concernant l’environnement quand il affirme qu’il faut réduire la vitesse des navires de fret : « De manière très solennelle, pour la première fois, nous allons nous engager avec les transporteurs maritimes pour réduire la vitesse [des navires de fret]« , a déclaré Emmanuel Macron, avant l’ouverture du sommet du G7, à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), samedi 24 août. Selon le chef de l’Etat, « c’est un des moyens les plus efficaces » pour réduire les émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial et cette mesure constituerait « un vrai changement ». Il s’agit évidemment d’un gadget car la vraie question n’est pas vraiment la vitesse des navires mais le volume des transports. La réalité c’est que le commerce encourage  le développement inconsidéré des flux de marchandises. Par  ’exemple un transport de container de Hong Kong à Rotterdam coûtera autour de 1000 $, à peu près le même prix que le transport du même container de Paris à Marseille. Pour des marchandises d’un peu de valeur ajoutée le prix du transport ne représente à peu près rien. Ce qu’il faut réduire ce n’est pas la vitesse des navires mais le nombre de dessertes qui découlent de l’encouragement du commerce international nuisible à l’environnement et à la santé. Avec le même raisonnement pourrait aussi réduire la vitesse des avions. Il est vrai qu’on a bien réduit la vitesse des automobiles avec quelques résultats sur les rémissions polluantes mais on ne peut pas dire qu’on ait  agi de manière significative sur le volume des flux qui constitue le principal ennemi de l’environnement. Pour cela il conviendrait de remettre en cause les conditions du commerce international notamment d’arrêter ces accords commerciaux qui vont créer encore un peu plus d’anarchie en matière d’échange. Par exemple le CETA,  à accord commercial avec le Canada qui va favoriser la venue de produits agricoles en provenance bien sûr du Canada mais aussi le Mercosur (accord commercial avec le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay) sera en application. C’est tout le paradoxe de la relation de Macron à l’environnement qui consiste à donner des petits coups de peinture verte ici ou là mais qui refuse de s’attaquer aux facteurs explicatifs fondamentaux.

Ce n’est pas la première fois que l’idée est évoquée. La France l’a déjà proposée à l’Organisation maritime internationale (OMI) en avril 2019. Après la déclaration d’Emmanuel Macron, l’ancien ministre de l’Ecologie François de Rugy s’est d’ailleurs réjoui, sur Twitter, de cet engagement. « Heureux d’y avoir travaillé avec les acteurs du transport maritime français », a-t-il commenté.

 

Les cargos et les porte-conteneurs utilisent l’un des carburants les plus sales au monde, comme l’expliquait le journal suisse Le Temps en 2016. Un fioul épais, visqueux, difficile à brûler, plein de résidus de métal, de cendre et surtout de soufre. On l’appelle aussi « pétrole bunker ». Dans certaines zones du globe (dans le nord de l’Europe et sur les côtes nord-américaines), les navires ont l’obligation de consommer un carburant à la teneur en soufre abaissée à 0,1%. Ailleurs, cette teneur peut dépasser les 3%, explique Le Monde.

Toujours selon le quotidien, « les émissions de CO2 de l’industrie maritime représentent environ un milliard de tonnes par an, soit environ 3% de l’ensemble des émissions mondiales », tout en déplaçant beaucoup plus de marchandises que les transports routiers et aériens, « à pollution égale ».

Un danger de crise financière mondiale (Roland Pérez, Professeur des universités)

Un danger de  crise financière mondiale (Roland Pérez Professeur des universités)

Pour Roland Pérez Professeur des universités (e.r.), Montpellier une nouvelle crise financière mondiale est possible ((la Tribune)

« Chaque année, la traditionnelle coupure estivale s’accompagne de commentaires plus ou moins pertinents des observateurs économiques d’astreinte sur la situation prévisible à la rentrée de septembre et sur la conjoncture prévue pour le dernier trimestre de l’année. Pour cet exercice, qui relève parfois du marronnier, les analystes scrutent les signaux faibles qui pourraient constituer autant d’indices pour étayer leurs pronostics. Cette année 2019, ils n’auront pas besoin de procéder à une telle collecte de détails signifiants, tant les événements, faits et informations observables ces dernières semaines sont nombreux et suffisamment concordants pour permettre une analyse documentée.

Les plus nombreux sont liés au flux ininterrompu de tweets du président des États-Unis Donald Trump qui, de semaine en semaine, s’en prend à tout ce qui lui parait entraver son slogan « America first » ; après l’Iran, le Mexique, le Venezuela, l’Union européenne et tant d’autres pays, il s’en prend maintenant à nouveau à la Chine, pays vis-à-vis duquel il souhaite réduire le déficit commercial structurel, via le moyen classique des taxes à l’importation. Mais la Chine n’est pas le Venezuela et elle a commencé à riposter, d’une part en réduisant une partie de ses importations en provenance des États-Unis, d’autre part en laissant filer sa monnaie sur les marchés des changes.

Ces deux événements ont de quoi inquiéter, car ils expriment les prémisses d’une guerre commerciale, via les instruments classiques que constituent la tarification douanière et le taux de change. Si on sait comment un tel conflit commence, personne ne peut préjuger ni de son ampleur, ni de son issue. S’agissant d’une confrontation entre les deux géants de l’économie mondiale, on ne peut exclure un résultat perdant-perdant pour les deux parties, avec d’importants dommages collatéraux pour le reste du monde.

Climat préélectoral aux États-Unis

Dans ce même contexte, on doit situer les événements propres aux politiques monétaires à travers les comportements des banques centrales. Depuis une douzaine d’années – pour l’essentiel pour faire face à la crise financière mondiale de 2008 – ces banques centrales (Japon, puis États-Unis et UE) ont mis en œuvre des politiques financières dites « accommodantes », se traduisant par une baisse durable des taux directeurs – allant vers des taux proches de zéro, voire négatifs – et un rachat quasi sans limites des créances bancaires (« quantitative easing »).

La bonne santé de l’économie américaine ces dernières années avait permis aux responsables de la Réserve fédérale (Fed) de commencer à revenir à une situation plus classique, se traduisant par une remontée progressive des taux directeurs. C’était sans compter avec le comportement du président Trump réclamant une nouvelle baisse de ces taux.

Cette confrontation interne s’est traduite, à ce jour, par une mini baisse (un quart de point) du principal taux, concession de l’actuel responsable de la Fed accompagnée, par ailleurs, d’une mise en garde solennelle des quatre anciens responsables exprimant leur inquiétude sur l’indépendance de cette banque centrale par rapport au pouvoir politique. Nul ne peut, à ce jour, prédire comment les positions des uns et des autres vont se traduire concrètement dans les prochains mois, surtout dans le climat préélectoral dans lequel est entré le pays concerné.

Les marchés financiers, qui exècrent ce type d’incertitudes, ont commencé à s’affoler. Les principaux indices ont perdu en quelques séances d’août une partie substantielle des gains obtenus depuis le début de la présente année. Celle-ci se situant elle-même dans une série haussière quasi ininterrompue depuis la crise financière de 2008, la véritable question que se posent les analystes est de savoir si ces récents soubresauts expriment le début d’un retournement durable d’un cycle haussier des marchés financiers ou un accident lié aux incertitudes actuelles relatives aux politiques publiques.

Trésoreries pléthoriques

Pour tenter d’y répondre sans a priori, il convient d’examiner la situation actuelle des sociétés cotées sur ces marchés. Plusieurs observations s’imposent :

  • Tout d’abord, la plupart de ces grandes firmes cotées ont largement bénéficié des politiques monétaires accommodantes leur assurant des financements (crédits bancaires ou obligations) quasiment sans restriction et à un coût très faible, diminuant leur coût moyen du capital et modifiant leurs structures de financement.
  • Pour autant, les investissements productifs effectués ces dernières années par les grandes firmes concernées n’ont pas été exceptionnels, se situant dans la fourchette moyenne des années précédentes. De ce fait, maints entreprises et groupes disposent d’une trésorerie pléthorique en attente d’investissements.
  • En revanche, on observe une montée significative des rachats d’actions de sociétés cotées par elles-mêmes, surtout aux États-Unis où ce type d’opération est moins contrôlé qu’autrefois ; ce qui se traduit par un soutien des cours boursiers et une accentuation de l’effet de levier, voire à un double effet de levier lorsque ces rachats d’actions ont été financés par le recours à un endettement supplémentaire.
  • Les facilités de financement, s’ajoutant aux largesses fiscales dispensées notamment par l’actuelle administration américaine, ont permis d’excellents résultats nets, boostant d’autant les cours en bourse.
  • Ces différents éléments se conjuguent et peuvent aboutir à un profil de grande société cotée, avec de bonnes performances comptables et boursières, et un bilan comprenant à la fois une trésorerie surabondante à l’actif et un endettement considérable au passif.

Cette situation, dont maintes firmes dans le monde se contenteraient, nous paraît préoccupante quant à la signification de ce type de situation, sa qualité intrinsèque et sa pérennité. Les performances comptables et a fortiori boursières ne sont pas directement liées au modèle économique suivi, mais aux opérations financières effectuées (recours à la dette, rachats d’actions, etc.) ; rien n’assure que ces effets favorables se retrouveront à l’avenir sauf à en prévoir le maintien, via les politiques monétaires (pour le coût de la dette) ou les manipulations du titre (pour les rachats d’actions).

Signes avant-coureurs d’une récession

Cette analyse sommaire, qu’il conviendrait évidemment d’affiner par types d’entreprises et secteurs d’activités, nous amène – s’il faut donner notre propre diagnostic – à considérer que l’économie américaine et ses marchés financiers sont bien à la fin d’un cycle haussier qui a commencé avec les mesures de sauvetage mises en œuvre après la crise de 2007-2008 pour permettre de faire face à cette crise majeure.

Des signaux à interpréter comme prémisses du retournement de la conjoncture économique mondiale et de sa traduction sur les marchés sont apparus d’une manière concordante :

  • Sur le plan de la conjoncture, si les indicateurs de l’activité économique américaine restent au vert, des inquiétudes se font jour, liées aux conséquences de la guerre commerciale entamée avec la Chine. Inquiétudes qui ont amené le président Trump, dans une volte-face dont il est coutumier, à différer de plusieurs mois les nouvelles mesures de taxation douanière qu’il avait annoncées, notamment pour protéger le consommateur inquiet d’une hausse des prix au moment de Noël… Dans le reste du monde, la situation économique est plus préoccupante, les indicateurs étant déjà dégradés (Allemagne) ou en voie de l’être (Royaume-Uni).
  • Au niveau des taux, on a assisté à « l’inversion des taux » entre les bons du trésor américain à court et long terme, signal que les analystes interprètent comme avant-coureur d’une récession.
  • Au niveau des marchés boursiers, à plusieurs reprises, sur les grandes places financières américaines, ce sont les entreprises elles-mêmes par leurs rachats d’actions qui ont constitué la contrepartie aux autres catégories d’agents (personnes, fonds d’investissement) qui étaient « net vendeurs ».

Les fonds d’investissement semblent conscients de cette situation préoccupante et, pour nombre d’entre eux, jouent l’attentisme, à l’image de l’emblématique fonds de Warren Buffett qui dispose de plus de 120 milliards de dollars de liquidités en attente d’investissement.

Ces différents effets se conjuguent, certains d’entre eux – comme cet attentisme des fonds d’investissement – étant à la fois une conséquence des autres éléments repérés et un facteur d’aggravation.

Les responsables des institutions en charge des politiques économiques et financières sont conscients de ce risque de retournement, mais ont peu de marges de manœuvre. Les banques centrales sont engluées dans leurs politiques d’assouplissement quantitatif et tarifaire qui, selon l’expression du consultant Jacques Ninet dans son essai de 2017, est un peu le « trou noir du capitalisme financier ». Le président Trump en est également conscient, mais fera tout pour qu’une nouvelle crise financière ne se déclenche pas avant les prochaines échéances politiques ou, si une telle crise survenait, pour en faire porter la responsabilité aux autres (La Fed, la Chine, etc.) et s’en exonérer.

La prochaine réunion du G7, prévue du 24 au 26 août à Biarritz, ne pourra éluder un échange, probablement « musclé » entre ces responsables. Le président de la République Emmanuel Macron qui accueillera ce sommet au nom de la France tentera certainement d’esquisser une solution qui permette aux partenaires concernés une solution acceptable a minima.

Il devrait pouvoir compter sur quelques membres du G7 et sur les nouvelles responsables nommées, avec son appui, à la tête de la Banque centrale européenne (BCE), et du Fonds monétaire international (FMI). Ce n’est pas gagné, car dans le domaine financier plus que tout autre, une confiance partagée entre les acteurs en responsabilité pour mener un programme d’actions est essentielle à la réussite de ces actions.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Interdiction des pesticides à moins de 150 m des habitations (Daniel Cueff, maire de Langouët)

Interdiction des pesticides à moins de 150 m des habitations (Daniel Cueff, maire de Langouët)

 

 

 

Daniel Cueff, maire de Langouët) qui a interdit par arrêté municipal l’usage de pesticides à moins de 150 m des habitations se justifie dans une interview à France Info avant d’être convoqué par la justice à Rennes. Il  invite tous ses collègues de France à prendre la même disposition « (interview)

 

Comment interprétez-vous la réaction du chef de l’État ?

Daniel Cueff : Ce qu’a dit le président c’est que j’ai en même temps raison et en même temps tort. Il a indiqué deux choses qui sont extrêmement importantes. D’abord, il a dépêché madame la préfète pour trouver des solutions sur ma commune. Deuxième bonne nouvelle, il a dit qu’il voulait aller très vite. Je pense que la seule solution pour aller très vite, c’est que le tribunal administratif de Rennes constate que j’ai pris un arrêté qui n’est pas illégal et qui est dû à une carence de l’État à agir en la circonstance.

Depuis 2009, le Parlement européen à l’unanimité des membres de l’Union européenne a voté une directive glyphosate et pesticide demandant à ce que, dans chaque législation nationale, soit retranscrit le droit européen. La France ne le fait pas. Ce que je défends, c’est que face à une carence manifeste de l’État, je suis obligé de respecter la Constitution française et je prends en lieu et place les arrêtés qu’auraient dû prendre l’État. Le principe de précaution est inscrit dans la Constitution française et s’applique dans la commune. Dans notre village, les gens ont pris conscience qu’ils respiraient malgré eux, des pesticides de synthèse et ils ne sont plus d’accord.

Votre combat est-il sur la bonne voix ?

J’invite vraiment tous les maires de France à prendre le même arrêté. Il y a une sorte d’urgence à prendre des décisions au niveau du gouvernement et comme le président de la République a dit lui-même qu’il fallait faire vite, nous allons l’aider par nos actions sur le terrain à aller très vite. Je n’ai aucune raison de mettre en doute ses intentions. Il faut créer des zones de distance pour épandre les pesticides parce que les gens respirent ces produits qui se retrouvent dans leurs organismes.

Les élus locaux peuvent être en avance sur les lois qui régissent le pays ?

On est au courant de toutes ces victimes de pesticides, y compris parmi les agriculteurs. Leur sécurité sociale, la MSA, reconnaît aujourd’hui comme maladies professionnelles, les cancers dus aux pesticides. Je suis très content de l’intervention de monsieur Macron quand il a dit qu’il avait donné des consignes à madame la préfète pour qu’on expérimente un certain nombre de choses sur ma commune. Avec les agriculteurs, nous allons trouver des solutions pour cultiver sur les 150 mètres autour des habitations. C’est ce qu’on appelle une distance d’éloignement des pesticides. Je n’ai pas compétence à interdire les pesticides dans ma commune, mais j’ai une compétence fondamentale donnée par la Constitution et par les lois européennes, qui est de protéger les habitants de ma commune contre les pesticides de synthèse.

Un risque de crise financière mondiale (Roland Pérez Professeur des universités)

Un risque de crise financière mondiale (Roland Pérez Professeur des universités)

Pour Roland Pérez Professeur des universités (e.r.), Montpellier une nouvelle cise financière mondiale est possible ((la Tribune)

« Chaque année, la traditionnelle coupure estivale s’accompagne de commentaires plus ou moins pertinents des observateurs économiques d’astreinte sur la situation prévisible à la rentrée de septembre et sur la conjoncture prévue pour le dernier trimestre de l’année. Pour cet exercice, qui relève parfois du marronnier, les analystes scrutent les signaux faibles qui pourraient constituer autant d’indices pour étayer leurs pronostics. Cette année 2019, ils n’auront pas besoin de procéder à une telle collecte de détails signifiants, tant les événements, faits et informations observables ces dernières semaines sont nombreux et suffisamment concordants pour permettre une analyse documentée.

Les plus nombreux sont liés au flux ininterrompu de tweets du président des États-Unis Donald Trump qui, de semaine en semaine, s’en prend à tout ce qui lui parait entraver son slogan « America first » ; après l’Iran, le Mexique, le Venezuela, l’Union européenne et tant d’autres pays, il s’en prend maintenant à nouveau à la Chine, pays vis-à-vis duquel il souhaite réduire le déficit commercial structurel, via le moyen classique des taxes à l’importation. Mais la Chine n’est pas le Venezuela et elle a commencé à riposter, d’une part en réduisant une partie de ses importations en provenance des États-Unis, d’autre part en laissant filer sa monnaie sur les marchés des changes.

Ces deux événements ont de quoi inquiéter, car ils expriment les prémisses d’une guerre commerciale, via les instruments classiques que constituent la tarification douanière et le taux de change. Si on sait comment un tel conflit commence, personne ne peut préjuger ni de son ampleur, ni de son issue. S’agissant d’une confrontation entre les deux géants de l’économie mondiale, on ne peut exclure un résultat perdant-perdant pour les deux parties, avec d’importants dommages collatéraux pour le reste du monde.

Climat préélectoral aux États-Unis

Dans ce même contexte, on doit situer les événements propres aux politiques monétaires à travers les comportements des banques centrales. Depuis une douzaine d’années – pour l’essentiel pour faire face à la crise financière mondiale de 2008 – ces banques centrales (Japon, puis États-Unis et UE) ont mis en œuvre des politiques financières dites « accommodantes », se traduisant par une baisse durable des taux directeurs – allant vers des taux proches de zéro, voire négatifs – et un rachat quasi sans limites des créances bancaires (« quantitative easing »).

La bonne santé de l’économie américaine ces dernières années avait permis aux responsables de la Réserve fédérale (Fed) de commencer à revenir à une situation plus classique, se traduisant par une remontée progressive des taux directeurs. C’était sans compter avec le comportement du président Trump réclamant une nouvelle baisse de ces taux.

Cette confrontation interne s’est traduite, à ce jour, par une mini baisse (un quart de point) du principal taux, concession de l’actuel responsable de la Fed accompagnée, par ailleurs, d’une mise en garde solennelle des quatre anciens responsables exprimant leur inquiétude sur l’indépendance de cette banque centrale par rapport au pouvoir politique. Nul ne peut, à ce jour, prédire comment les positions des uns et des autres vont se traduire concrètement dans les prochains mois, surtout dans le climat préélectoral dans lequel est entré le pays concerné.

Les marchés financiers, qui exècrent ce type d’incertitudes, ont commencé à s’affoler. Les principaux indices ont perdu en quelques séances d’août une partie substantielle des gains obtenus depuis le début de la présente année. Celle-ci se situant elle-même dans une série haussière quasi ininterrompue depuis la crise financière de 2008, la véritable question que se posent les analystes est de savoir si ces récents soubresauts expriment le début d’un retournement durable d’un cycle haussier des marchés financiers ou un accident lié aux incertitudes actuelles relatives aux politiques publiques.

Trésoreries pléthoriques

Pour tenter d’y répondre sans a priori, il convient d’examiner la situation actuelle des sociétés cotées sur ces marchés. Plusieurs observations s’imposent :

  • Tout d’abord, la plupart de ces grandes firmes cotées ont largement bénéficié des politiques monétaires accommodantes leur assurant des financements (crédits bancaires ou obligations) quasiment sans restriction et à un coût très faible, diminuant leur coût moyen du capital et modifiant leurs structures de financement.
  • Pour autant, les investissements productifs effectués ces dernières années par les grandes firmes concernées n’ont pas été exceptionnels, se situant dans la fourchette moyenne des années précédentes. De ce fait, maints entreprises et groupes disposent d’une trésorerie pléthorique en attente d’investissements.
  • En revanche, on observe une montée significative des rachats d’actions de sociétés cotées par elles-mêmes, surtout aux États-Unis où ce type d’opération est moins contrôlé qu’autrefois ; ce qui se traduit par un soutien des cours boursiers et une accentuation de l’effet de levier, voire à un double effet de levier lorsque ces rachats d’actions ont été financés par le recours à un endettement supplémentaire.
  • Les facilités de financement, s’ajoutant aux largesses fiscales dispensées notamment par l’actuelle administration américaine, ont permis d’excellents résultats nets, boostant d’autant les cours en bourse.
  • Ces différents éléments se conjuguent et peuvent aboutir à un profil de grande société cotée, avec de bonnes performances comptables et boursières, et un bilan comprenant à la fois une trésorerie surabondante à l’actif et un endettement considérable au passif.

Cette situation, dont maintes firmes dans le monde se contenteraient, nous paraît préoccupante quant à la signification de ce type de situation, sa qualité intrinsèque et sa pérennité. Les performances comptables et a fortiori boursières ne sont pas directement liées au modèle économique suivi, mais aux opérations financières effectuées (recours à la dette, rachats d’actions, etc.) ; rien n’assure que ces effets favorables se retrouveront à l’avenir sauf à en prévoir le maintien, via les politiques monétaires (pour le coût de la dette) ou les manipulations du titre (pour les rachats d’actions).

Signes avant-coureurs d’une récession

Cette analyse sommaire, qu’il conviendrait évidemment d’affiner par types d’entreprises et secteurs d’activités, nous amène – s’il faut donner notre propre diagnostic – à considérer que l’économie américaine et ses marchés financiers sont bien à la fin d’un cycle haussier qui a commencé avec les mesures de sauvetage mises en œuvre après la crise de 2007-2008 pour permettre de faire face à cette crise majeure.

Des signaux à interpréter comme prémisses du retournement de la conjoncture économique mondiale et de sa traduction sur les marchés sont apparus d’une manière concordante :

  • Sur le plan de la conjoncture, si les indicateurs de l’activité économique américaine restent au vert, des inquiétudes se font jour, liées aux conséquences de la guerre commerciale entamée avec la Chine. Inquiétudes qui ont amené le président Trump, dans une volte-face dont il est coutumier, à différer de plusieurs mois les nouvelles mesures de taxation douanière qu’il avait annoncées, notamment pour protéger le consommateur inquiet d’une hausse des prix au moment de Noël… Dans le reste du monde, la situation économique est plus préoccupante, les indicateurs étant déjà dégradés (Allemagne) ou en voie de l’être (Royaume-Uni).
  • Au niveau des taux, on a assisté à « l’inversion des taux » entre les bons du trésor américain à court et long terme, signal que les analystes interprètent comme avant-coureur d’une récession.
  • Au niveau des marchés boursiers, à plusieurs reprises, sur les grandes places financières américaines, ce sont les entreprises elles-mêmes par leurs rachats d’actions qui ont constitué la contrepartie aux autres catégories d’agents (personnes, fonds d’investissement) qui étaient « net vendeurs ».

Les fonds d’investissement semblent conscients de cette situation préoccupante et, pour nombre d’entre eux, jouent l’attentisme, à l’image de l’emblématique fonds de Warren Buffett qui dispose de plus de 120 milliards de dollars de liquidités en attente d’investissement.

Ces différents effets se conjuguent, certains d’entre eux – comme cet attentisme des fonds d’investissement – étant à la fois une conséquence des autres éléments repérés et un facteur d’aggravation.

Les responsables des institutions en charge des politiques économiques et financières sont conscients de ce risque de retournement, mais ont peu de marges de manœuvre. Les banques centrales sont engluées dans leurs politiques d’assouplissement quantitatif et tarifaire qui, selon l’expression du consultant Jacques Ninet dans son essai de 2017, est un peu le « trou noir du capitalisme financier ». Le président Trump en est également conscient, mais fera tout pour qu’une nouvelle crise financière ne se déclenche pas avant les prochaines échéances politiques ou, si une telle crise survenait, pour en faire porter la responsabilité aux autres (La Fed, la Chine, etc.) et s’en exonérer.

La prochaine réunion du G7, prévue du 24 au 26 août à Biarritz, ne pourra éluder un échange, probablement « musclé » entre ces responsables. Le président de la République Emmanuel Macron qui accueillera ce sommet au nom de la France tentera certainement d’esquisser une solution qui permette aux partenaires concernés une solution acceptable a minima.

Il devrait pouvoir compter sur quelques membres du G7 et sur les nouvelles responsables nommées, avec son appui, à la tête de la Banque centrale européenne (BCE), et du Fonds monétaire international (FMI). Ce n’est pas gagné, car dans le domaine financier plus que tout autre, une confiance partagée entre les acteurs en responsabilité pour mener un programme d’actions est essentielle à la réussite de ces actions.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 

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