Archive pour le Tag 'société'

Société- Intelligence artificielle : quelle éthique ?

Société- Intelligence artificielle : quelle éthique ?

 Pour Laetitia Pouliquen, directrice du think tank «NBIC Ethics», si la généralisation de l’IA et des algorithmes ne s’accompagne pas d’une réflexion sur la nature de l’homme, la société risque de sombrer dans des dérives dystopiques et transhumanistes. Interview dans le Figaro
Laetitia Pouliquen est directrice de «NBIC Ethics», un think tank traitant de l’éthique des technologies auprès des institutions européennes. Elle est également l’auteur de Femme 2.0: Féminisme et transhumanisme: quel avenir pour la femme? (éd. Saint-Léger, 2016).
Pour beaucoup, la généralisation de l’intelligence artificielle dans notre quotidien va profondément transformer notre mode de vie. Pensez-vous que le monopole des GAFAM dans ce domaine laisse suffisamment de place à une réflexion éthique quant à ces changements ?
Laetitia POULIQUEN. – Il est évident que notre quotidien va être profondément transformé, que ce soit dans notre rapport au réel ou à l’autre, par l’immission de la machine, de l’IA, et des algorithmes dans nos vies journalières. Le social, le sociétal, et même l’anthropologie sont en train de se refaçonner. La digitalisation de notre quotidien nous fait perdre de vue une certaine vision de l’homme. Face à ces changements, une réflexion morale est nécessaire pour établir un cadre légal, pour ne pas oublier ce qu’est l’homme et en quoi se différencie-t-il de la machine.

Cette réflexion éthique dans le domaine de l’I.A est tout à fait possible, notamment dans le cadre de l’Union européenne. Nous, européens, sommes pris entre deux feux, d’une part les GAFAM américaines, et d’autre part les BATX chinoises (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi), et nous restons limités en termes d’investissement, de recherche et de développement. Cependant, notre approche qui est plus axée sur l’éthique que sur l’investissement, nous confère un rôle tout particulier dans le développement des nouvelles technologies. L’Europe est historiquement le premier foyer de réflexion philosophique et morale, et doit continuer de l’être dans les secteurs de pointe.

L’approche morale de l’Union européenne vis-à-vis de l’IA, notamment avec son «Guide éthique de l’intelligence artificielle», est-elle toujours pertinente ?

Toute réflexion morale, que ce soit dans le domaine de la robotique ou autre, s’appuie sur une certaine conception de l’homme et du monde, qui peut être parfois totalement déconnectée. Ainsi, bien qu’elle se veuille «éthique», l’approche de l’Union européenne n’est pas nécessairement bonne, tout dépend des fondements anthropologiques sur lesquels elle s’appuie.

Nous sommes, en occident, perdus dans une errance morale sans fin. Il faut réinvestir la philosophie et les humanités dans le domaine de l’I.A.

En 2017, par exemple, le rapport Delvaux présenté auprès de la Commission européenne a provoqué beaucoup de débats. Dans ce rapport législatif, la député européenne luxembourgeoise Maddy Delvaux, proposait certaines mesures très idéalisées et idéologisées quant à la défense des robots. Certains articles présentaient l’augmentation de l’homme comme quelque chose d’essentiellement positif, d’autres établissaient la notion de personnalité morale pour les robots, afin de les faire sujets de droits… La version originale voulait même permettre aux robots d’avoir un patrimoine assurantiel et d’investir en Bourse, afin de pouvoir financer leur propre évolution, on nageait en plein délire dystopique. Ce texte s’appuyait sur une conception de l’homme et de la machine totalement déconnectée de la réalité, qui ne différenciait plus le vivant du mécanique.

Nous avons donc rédigé une lettre ouverte à la Commission européenne, avec le soutien de 300 signataires européens, afin d’alerter sur les dangers de ce projet. Et parmi ces 300 personnes, il n’y avait pas que des représentants du secteur technologique, mais aussi des philosophes, des anthropologues, des psychiatres, et même des théologiens, pour bien rappeler ce qu’est l’homme, et sa différence avec la machine. Il est nécessaire de remettre les penseurs au centre de la réflexion sur l’intelligence artificielle, et de les intégrer aux groupes d’experts de la Commission européenne. Cependant, malgré quelques modifications et une large médiatisation de notre lettre ouverte, le rapport Delvaux a fini par être adopté.

Comment l’État et l’Union européenne peuvent-ils mettre en place une éthique de l’intelligence artificielle, alors qu’ils se proclament neutre et refusent d’imposer des normes morales à l’individu ?

C’est le principal problème de notre époque. Légiférer sur des questions morales à propos de l’IA est devenu presque impossible aujourd’hui, du fait du relativisme de notre société. Il n’y a plus de socle commun, de principes universels sur lesquels s’appuyer. Quand on ne sait plus dire ce qu’est l’homme, on ne sait plus dire ce qu’est la machine. L’individu moderne ne supporte plus d’autre ordre moral et naturel que son propre désir. Le «je» est devenu la mesure de l’humanité. Et la déconnexion du réel, liée au numérique, renforce ce relativisme. Nous sommes, en occident, perdus dans une errance morale sans fin. Il faut réinvestir la philosophie et les humanités dans ce domaine.

Les comités censés être «éthiques», ont donc tendance à s’appuyer non pas sur la morale mais sur une logique capitalistique, car les bénéfices, eux, ne sont pas relatifs. Et on a vu cela très clairement dans le «Guide d’éthique de la Commission européenne» sur l’intelligence artificielle, qui a fait suite au rapport Delvaux. Parmi les 53 experts qui ont participé à ce guide, 90% d’entre eux étaient dans le business technologique, experts, ou représentants de groupes de consommateurs, mais il n’y avait presque aucun philosophe, anthropologue, ou psychiatre… L’approche n’était absolument pas humaine, mais économique. Si l’on ne se pose pas la question de ce qu’est l’homme, les guides d’éthique sur l’IA risquent de se transformer en véritables projets dystopiques et transhumanistes.
Que conseillez-vous pour encadrer l’utilisation de l’IA et répondre aux problèmes d’éthique ?

J’avais proposé plusieurs éléments lors de la rédaction du «Guide d’éthique sur l’I.A» à l’Union européenne. Une des propositions portait sur la liberté de l’individu. L’idée était de permettre à l’utilisateur, s’il ne veut pas passer par un algorithme, que ce soit pour un contrat d’assurance, un prêt ou autre, de demander une interaction humaine. Je recommandais donc une graduation, une notation, qui permet de voir si on a affaire à un service «entièrement I.A», «IA avec supervision humaine», ou «entièrement humain». Quand on parle de justice, de banque, de gestion du patrimoine, et surtout des droits de l’homme, il est essentiel de savoir à qui on a affaire, un humain ou une I.A. Mais ça n’a pas été repris, l’approche de ce guide d’éthique est restée bien plus juridique qu’éthique.

J’avais également tenté de mettre en place un label pour les algorithmes, qui s’appelait «Ethic inside», et qui garantirait le respect des règles éthiques européennes. Mais il est presque impossible de suivre le chemin par lequel un algorithme en est arrivé à telle ou telle décision, et donc de dire s’il est éthique ou non, s’il respecte les règles. Il y a également la question de la responsabilité qui complique les choses. Qui est responsable des décisions d’un algorithme : l’entreprise, le développeur, l’utilisateur, ou l’IA elle-même ? Comment objectiver le caractère moral d’un algorithme si on ne peut même pas répondre à cette question ? Les développeurs ne peuvent pas être jugés responsables d’algorithmes tellement complexes qu’ils ne les maîtrisent plus totalement. Par sa nature même, l’I.A échappe en partie à notre contrôle, et on ne va pas pour autant lui donner une personnalité morale… C’est un vrai casse-tête. Il est donc extrêmement compliqué de mettre en place des points de contrôle pour des algorithmes aussi complexes, surtout quand ils sont mondialisés sur internet.

Economie, politique, société: les plus lus 21 mai 2024

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Economie, politique, société: les plus lus 20 mai 2024

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Société: Le Conseil constitutionnel contre le délit d’ « outrage en ligne » !

Société: Le Conseil constitutionnel contre  le délit d’ »outrage en ligne » !

Le Conseil constitutionnel a censuré sur le fond, vendredi 17 mai, une des mesures les plus controversées du projet de loi pour sécuriser internet (SREN), celle créant un délit d’outrage en ligne pouvant être sanctionné d’une amende forfaitaire. Notons par ailleurs que le même délit par écrit est, lui, susceptible d’être sanctionné !

Le texte adopté définitivement le 10 avril prévoyait la création d’un délit d’outrage en ligne, afin de sanctionner tout contenu qui « porte atteinte à la dignité d’une personne ou présente à son égard un caractère injurieux, dégradant ou humiliant » ou « crée à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante » dans l’espace numérique. Mais le Conseil constitutionnel a considéré que ce délit portait une « atteinte à l’exercice de la liberté d’expression et de communication qui n’est pas nécessaire, adaptée et proportionnée ».!!!

Le délire sur les réseaux sociaux va donc pouvoir continuer !

Société-Barbarie et faible niveau culturel : les deux facteurs explicatifs de la violence

 

La violence a toujours été consubstantiel à l’existence de sociétés mais au cours de l’histoire elle a évolué dans sa nature, sa forme et son intensité prenant parfois la forme de barbarie. C’est-à-dire une forme de violence qui ne respecte plus aucun principe.

Des violences qui se manifestent à l’occasion d’intérêts divergents de pays, de populations ou même à l’intérieur d’un même pays.

Ces violences diffèrent dans leur nature mais se ressemblent par leur négation totale de tout concept d’humanité. Bref, la vie ne compte pour rien.

Ce qui se confirme bien sûr dans certains conflits internationaux mais aussi à l’intérieur des frontières y compris de la France. On peut évidemment tenter d’inventorier certains facteurs explicatifs qui concernent plus spécifiquement le pays.

En France, ce qui caractérise la situation c’est la crise générale des autorités, celle de la famille assez souvent, celle des pouvoirs publics et plus généralement de la société. La médiocrité actuelle du personnel politique favorise tous les débordements puisque les repères et leur modèle de gestion explosent dans tous les sens.

La justice en particulier adapte une position hors-sol qui indique aux délinquants potentiels la disparition de ces repères.

Pour preuve de la crise de l’appareil d’État et des autorités, cette révolte des quartiers qui n’a même pas pu faire l’objet d’une analyse officielle de la part du gouvernement et en particulier du chef de l’État. Comme d’habitude, on a promis de la peinture sur les murs de la révolte.

Cette violence qui est une crise des repères et des valeurs est largement générée par un très grand affaiblissement du niveau moyen culturel. Témoin, cette enquête de l’éducation nationale qui montre que la moitié des élèves en quatrième sont tout juste capables de faire une lecture correcte. Bien entendu, il ne s’agit que d’une moyenne car cela n’est pas contradictoire avec une certaine élite étudiante.

Bref, le déclassement intellectuel et culturel de la France crée un terrain favorable aux violences et à la barbarie. Le facteur explicatifs dominant est en effet l’insuffisance de connaissances dans tous les domaines et l’adhésion à des principes sectaires, simplistes et sauvages. De ce point de vue, c’est aussi une crise de civilisation.

Economie, politique, société: les plus lus 19 mai 2024

Economie, politique, société: les plus lus 19 mai  2024

 

 

 

Economie, politique, société: les plus lus 18 mai 2024

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Société-Barbarie et faible niveau culturel : deux facteurs explicatifs de la violence

Barbarie et faible niveau culturel : les deux mamelles de la violence

La violence a toujours été consubstantiel à l’existence de sociétés mais au cours de l’histoire elle a évolué dans sa nature, sa forme et son intensité prenant parfois la forme de barbarie. C’est-à-dire une forme de violence qui ne respecte plus aucun principe.

Des violences qui se manifestent à l’occasion d’intérêts divergents de pays, de populations ou même à l’intérieur d’un même pays.

Ces violences diffèrent dans leur nature mais se ressemblent par leur négation totale de tout concept d’humanité. Bref, la vie ne compte pour rien.

Ce qui se confirme bien sûr dans certains conflits internationaux mais aussi à l’intérieur des frontières y compris de la France. On peut évidemment tenter d’inventorier certains facteurs explicatifs qui concernent plus spécifiquement le pays.

En France, ce qui caractérise la situation c’est la crise générale des autorités, celle de la famille assez souvent, celle des pouvoirs publics et plus généralement de la société. La médiocrité actuelle du personnel politique favorise tous les débordements puisque les repères et leur modèle de gestion explosent dans tous les sens.

La justice en particulier adapte une position hors-sol qui indique aux délinquants potentiels la disparition de ces repères.

Pour preuve de la crise de l’appareil d’État et des autorités, cette révolte des quartiers qui n’a même pas pu faire l’objet d’une analyse officielle de la part du gouvernement et en particulier du chef de l’État. Comme d’habitude, on a promis de la peinture sur les murs de la révolte.

Cette violence qui est une crise des repères et des valeurs est largement générée par un très grand affaiblissement du niveau moyen culturel. Témoin, cette enquête de l’éducation nationale qui montre que la moitié des élèves en quatrième sont tout juste capables de faire une lecture correcte. Bien entendu, il ne s’agit que d’une moyenne car cela n’est pas contradictoire avec une certaine élite étudiante.

Bref, le déclassement intellectuel et culturel de la France crée un terrain favorable aux violences et à la barbarie. Le facteur explicatifs dominant est en effet l’insuffisance de connaissances dans tous les domaines et l’adhésion à des principes sectaires, simplistes et sauvages. De ce point de vue, c’est aussi une crise de civilisation.

Economie, politique, société: les plus lus 17 mai 2024

Economie, politique, société: les plus lus 17 mai  2024

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Société- des signe de déconsommation

Société- des signe de déconsommation
Les Français se serrent toujours la ceinture. Alors que l’inflation poursuit sa baisse, les consommateurs n’ont pas renoncé à la sobriété dans les grandes surfaces. C’est ce que constate Dominique Schelcher, le patron de Système U, qui était invité ce mardi sur BFMTV-RMC.

« Il y a des signes de déconsommation, clairement, assure-t-il. La crise inflationniste est derrière nous mais il reste un problème de pouvoir d’achat. Cette tension depuis des mois, pèse sur le choix des gens, ils arbitrent. »

En 2024, le nombre de produits achetés a encore reculé de 2% sur un an, soit un total de 800 millions de références en moins passées par les caisses des supermarchés. Une déconsommation que le patron de Système U juge multifactorielle.

 

« Cette baisse est là depuis la fin des années 2010, une tendance de fond dans les magasins avec une baisse des volumes des produits grande consommation, rappelle-t-il. Les gens ont envie d’acheter un peu moins, différemment, il y a la pression environnementale. Ça s’est un peu accru ces derniers temps sous l’effet de l’inflation. »
Mais depuis la crise inflationniste c’est surtout le non-alimentaire qui pâtit des arbitrages des consommateurs.

« Le non-alimentaire, par exemple les salons de jardin c’est complètement boudé cette année, explique-t-il. Le textile c’est pareil, le short on va le garder une saison de plus. Ensuite il y a les produits de beauté qui sont devenus très chers. Au-delà de 3 euros, les produits se vendent moins. »
Sur l’alimentaire, c’est la viande qui continue de faire les frais des choix des consommateurs. Là encore, derrière cette déconsommation de viande, le patron de Système U décèle plusieurs phénomènes.

« Le flexitarisme (NDLR. manger moins de viande) s’est installé depuis plusieurs années, la filière viande le prône même, rappelle-t-il. Mais ce qui a donné un coup ces derniers mois c’est clairement le pouvoir d’achat qui a coupé les achats d’un certain nombre de Français. Par contre, ce week-end de l’Ascension a été extraordinaire dans les magasins. Le rayon boucherie a explosé car les Français veulent aussi se faire plaisir ponctuellement. »

Economie, politique, société: les plus lus 16 mai 2024

Economie, politique, société: les plus lus 16 mai  2024