Archive pour le Tag 'société'

Economie, politique, société: les plus lus (9 août 2022 – 6h15)

Economie, politique, société: les plus lus (8 août 2022 – 6h50)

Société- Sauver l’humain de lui-même ?

Société- Sauver l’humain de lui-même ?

Pour Sébastien Bohler,  , Neurobiologiste, rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho , l’humanité est devenue l’espèce la plus dangereuse de la planète. Il est donc temps de l’installer confortablement sur un divan pour une consultation de psychiatrie. Le diagnostic est noir… mais il permet d’esquisser quelques pistes de traitement ! ( dans Science et Vie)

Sébastien Bohler:

C’est un clin d’œil à l’“American Psycho” de Bret Easton Ellis, un roman qui traite de psychopathie. Je m’intéresse à notre espèce, une espèce invasive qui a recouvert la surface de la planète et développé un réseau de connexions très dense, grâce aux moyens de transport bien sûr, mais surtout, dernièrement, grâce aux nouvelles technologies de communication. Je considère l’humanité comme un super-organisme auto-organisé, qui a beaucoup de points communs avec un cerveau, ou un essaim d’abeilles : ses propriétés et sa dynamique se distinguent de celles des individus qui le composent.

 Quelle est l’origine de cette psychopathie ?

Elle semble émerger spontanément de la constitution des sociétés humaines. Les individus sont doués d’empathie, beaucoup de gens veulent changer leur impact sur l’environnement. Mais quand on quitte l’échelle individuelle, on entre dans un comportement de prédateur. Pourquoi ? Sans doute, comme le théorisait le psychologue américain Stanley Milgram, est-ce dû à une propension à se soumettre à l’autorité dans un système hiérarchique.Et aussi parce qu’on a dressé une frontière entre l’humain et le non-humain, par un discours religieux, puis cartésien, qui place notre espèce au-dessus des autres. Notre empathie n’est plus réservée qu’à nos semblables, elle n’atteint plus ni les animaux, ni la nature.

Le but de mon diagnostic, c’est de produire un électrochoc. Une fois qu’on a accepté cette idée gênante que les individus ne sont pas aux commandes, qu’ils ne contrôlent pas les actions de l’humanité, que fait-on ? Les vrais psychopathes, on les enferme et on les isole de leurs victimes.

On ne sait pas les soigner. Dans notre cas, il existe la possibilité théorique que nous, les constituants de Human psycho, décidions de recâbler l’humanité par notre action interne.

Je suis allé jusqu’au bout du raisonnement. En reprenant les symptômes psychopathologiques, et en voyant comment les contrer, un par un. Et cela donne des pistes de guérison. Nous devons arrêter de déclamer nos discours délirants sur la supériorité humaine. Pour donner une vision plus réaliste du rôle désastreux joué par notre espèce. Face à ses pulsions de manipulation, Human psycho peut apprendre à considérer la nature, la terre, les rivières non plus comme des outils mais comme des partenaires. On peut augmenter son empathie en repensant l’organisation pyramidale des sociétés et des entreprises ; lutter contre son impulsivité en envisageant systématiquement les conséquences à long terme de ses décisions. En réorganisant la société, en proposant d’autres discours sur l’humanité, on peut sonner la révolte des humains contre le super-organisme.

Société-Les révolutionnaires sans cravate !

Société-Les révolutionnaires sans cravate !

 

Cet accessoire, longtemps « associé à l’honorabilité », est peu à peu délaissé par les catégories socioprofessionnelles supérieures, qui s’approprient les codes des patrons de la tech, explique, dans une tribune au « Monde », le conseiller en communication Anthony Gibert.

 

On a les révolutions qu’on peut ! Aujourd’hui c’est la révolution contre la cravate, celle des grands patrons qui veulent se donner un air démocratique ou celle des politiques qui tentent désespérément de ressembler à leurs électeurs, en tout cas à certains. L’habit ne fait pas le moine. La  cravate ne fait pas l’honorabilité, son abandon non plus. Les premiers révolutionnaires français étaient sans-culottes, les plus récents sont moins ambitieux et plus pudiques:  ils enlèvent simplement la cravate ! NDLR

 

La formule nietzschéenne qualifiant la pensée grecque s’applique parfaitement au débat sur le port de la cravate : il est superficiel par profondeur. Ce vêtement, qui n’a pas d’utilité purement fonctionnelle, a fait débat à l’Assemblée nationale quand Eric Ciotti (Les Républicains), questeur de l’Assemblée, a proposé, le 21 juillet, d’imposer son port au sein de l’Hémicycle. Quelques semaines auparavant, l’arrivée massive de députés du Rassemblement national, tous cravatés, avait déjà fait beaucoup parler. Analysée comme une stratégie de communication visant à traduire le professionnalisme et la respectabilité du parti d’extrême droite, l’opération avait été unanimement considérée comme réussie.

La cravate est ainsi, depuis plusieurs siècles, associée à l’honorabilité et souvent synonyme d’accession à une certaine fonction sociale. Pourtant, ce simple accessoire est aujourd’hui de plus en plus considéré comme dépassé voire discriminant. Fait surprenant, le délaissement de ce symbole est le plus souvent le fait des classes dirigeantes et des catégories socioprofessionnelles supérieures. Un affranchissement qui en dit davantage sur la communication de ces dirigeants que sur leur réelle transformation.

Le cabinet Segalen et Associés [conseil indépendant spécialisé dans la recherche de dirigeants, d’administrateurs] notait ainsi, dans une étude d’image publiée en mars, que près d’un directeur général du CAC 40 sur deux avait délaissé la cravate au moment de sa photographie institutionnelle. Cet abandon ne s’accompagne pourtant pas de changements dans les profils de ces dirigeants – et de leurs proches –, dont les parcours restent semblables à ceux de leurs illustres prédécesseurs. Marqueur fort du caractère ­illusoire de cette transformation, l’immense majorité des cadres dirigeants de ces entreprises continue de porter quotidiennement la cravate. Comment interpréter ce privilège de happy few ? Ne pas porter de cravate est devenu le signe de celui qui n’a plus de problème d’acceptabilité. C’est également le signe d’une appropriation des codes des dirigeants de la tech, qui furent les premiers à abandonner la cravate.

Mark Zuckerberg avait ainsi défrayé la chronique – et encouru les foudres des analystes – en arborant il y a dix ans un sweat à capuche lors de ses rencontres avec des investisseurs peu de temps avant l’introduction en Bourse de Facebook. Un débat qui, force est de constater, apparaît aujourd’hui totalement désuet tant le monde de la tech a réussi à casser les codes du traditionnel costume cravate. L’agilité de ces personnalités de la tech suscite la convoitise des dirigeants traditionnels, qui cherchent à emprunter ces nouveaux codes. Cette agilité vestimentaire, qui semble influencer aujourd’hui jusqu’au sommet de l’Etat, a pourtant des limites nettement définies.

Economie, politique, société: les plus lus (7 août 2022 – 7h30)

Economie, politique, société: les plus lus (6 août 2022 – 7h05)

Société-Surréalisme: « l’hiver approche installez-vous en Russie ! »

Société-Surréalisme: « l’hiver approche installez-vous en Russie ! »

 

 

Un clip en anglais diffusé en Espagne par la Russie invite la population espagnole à venir s’installer en Russie en prévision de l’hiver et donc d’un manque d’énergie dans la péninsule Ibérique. Et de vanter la beauté des femmes, la culture, le christianisme. De quoi se demander si les responsables de la propagande russe n’ont pas 50 ans voir plus de retard en matière de communication.

 

Sans doute le type de propagande qui peut mordre éventuellement sur la population russe mais certainement pas dans un pays démocratique trop attaché à la liberté et à la pertinence de l’information pour se laisser prendre par des propos grossiers sur la forme comme sur le fond.

Pour attirer des occidentaux en Russie il faudrait sans doute d’autres arguments. Sans parler des conditions de vie et surtout de l’absence totale de démocratie. Il est clair que cette propagande s’inspire directement de l’esprit du KGB qui a fait du mensonge et même du crime son mode d’action privilégiée.

 Ce clip fera sourire  tellement il est caricatural et tellement il témoigne de l’ambiance archaïque et dictatoriale de Poutine. Le mensonge, l’intoxication peuvent avoir un impact dans une population privée de tout moyen d’information démocratique. Cependant cette communication hors du temps qui rappelle les années 50 convainc de moins en moins les populations jeunes en Russie dont une grande partie est opposée à la guerre en Ukraine.

 Ce clic témoigne aussi de l’univers mental de Poutine et de son entourage. Ces gens-là ont culturellement un  siècle de retard.

Economie, politique, société: les plus lus (6 août 2022 – 6h40)