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Environnement : un traitement trop marginal par les médias est un manque de solutions concrètes

Environnement : un traitement trop marginal par les médias est un manque de solutions concrètes

 

Selon une enquête réalisée dans le cadre des Assises du journalisme, une majorité de citoyens rejette le catastrophisme et souhaite que la question environnementale soit davantage traitée, au contraire de la crise sanitaire dont ils sont rassasiés. Ils veulent aussi des solutions concrètes.

 

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La problématique environnementale est encore insuffisamment évoquée dans les médias et demeure surtout une préoccupation un sondage Viavoice .

Jérôme Bouvier, le président de l’association Journalisme et Citoyenneté, qui organise les Assises internationales du journalisme cette semaine, résume ici les résultats d’un sondage Viavoice commandé pour cet événement par Le Journal du Dimanche, France Médias Monde, France Télévisions et Radio France (voir la méthodologie en fin d’article).

 

 Lorsde la 14e édition des Assises du journalisme,)du 29 septembre au 2 octobre, des dizaines de débats avec des journalistes, experts et personnalités sont prévus. La thématique : urgence climatique et responsabilités journalistiques. « On avait lancé ce sujet, il y a deux ans et demi, mais le Covid a bouleversé nos plans, se souvient Jérôme Bouvier.

 

Covid-19 : le traitement est jugé excessif et anxiogène 

Interrogés sur la façon dont la pandémie a été traitée par les médias, les Français placent les adjectifs suivants en tête : excessive (45%), anxiogène (45%), catastrophiste (33%). Suivent les mots émotionnelle et mensongère, avant qu’arrivent, enfin, des notions plus positives, notamment utile et concrète. « C’est un des grands enseignements, qu’on observait déjà l’an passé mais il a augmenté au fur et à mesure que l’épidémie a été maîtrisée : les Français ont de plus en plus jugé le traitement catastrophiste avec une hausse de 5 points en un an. »

Covid-19 : la télé en tête

Pour s’informer sur le Covid, les Français ont privilégié les journaux télévisés (56%, – 5 points par rapport à octobre 2020), devant les chaînes d’info en continu (34%, – 1 point), les titres de presse écrite – en papier ou en numérique (30%, moins 2 points). Les journaux radios (29%, – 2 points), les médias numériques (24%, – 3 points) et les réseaux sociaux proposés par la communauté (11%, – 9 points, la plus grosse chute) suivent.  

Covid-19 : une information trop aanxiogène

40%, dans une autre question, pensent que le travail des journalistes a alimenté la peur de la pandémie, 34% que cette peur a été utilisée pour faire de l’audience et seulement 14% que les médias les ont aidés à maîtriser et à combattre cette peur.

Ainsi 60% des Français estiment que la place accordée à la pandémie par les médias a été trop importante (même score qu’il y a un an). Cette proportion est plus importante chez les 25-65 ans que chez les moins de 24 ans et les plus de 65 ans. 

Changement climatique : une insuffisance de traitement

A contrario 53% trouvent que la question du changement climatique et de l’environnement n’est pas assez présente dans les médias. Ce chiffre est en hausse de 5 points par rapport à février 2020, signe de la prise en compte du sujet par les Français. 30% pensent que la place accordée est la bonne et 13% qu’elle est trop importante.

Climat : le traitement est jugé anxiogène et catastrophiste

Pour qualifier son traitement, les adjectifs anxiogène (35%), catastrophiste (33%), moralisante (25%) arrivent en tête.

61% se disent tout à fait ou plutôt suffisamment informés sur ce sujet. « Mais si l’on regarde dans le détail, il y a 50% des Français qui répondent seulement ‘Oui, plutôt’ ; la couverture de ce sujet est donc perfectible », décryptent Adrien Broche et Stewart Chau, de l’institut Viavoice.

 Climat et Covid : les Français veulent des solutions

« Pour rendre compte de ces deux crises différentes, les Français ont un même souhait : ils veulent en priorité un traitement positif, constructif, qui leur apporte des solutions, à la fois dans les actions au quotidien mais aussi dans leur compréhension du sujet via le fact-checking, détaillent Adrien Broche et Stewart Chau, de l’institut Viavoice. Les médias doivent aussi se positionner en partenaires de l’action. »

Ce constat est partagé par le climatologue Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS : « Il n’y a pas besoin de passer par le catastrophisme pour informer sur la crise climatique parce que le factuel est déjà assez alarmant. » « On ne peut plus seulement traiter les phénomènes climatiques avec des images impressionnantes en disant à chaque fois ‘waouh, c’est inédit’, poursuit-il. Parce que tout ça s’inscrit dans une continuité. »

Coauteur du rapport du Giec publié le 9 août, il juge que les médias s’en sont « plutôt bien emparés sur le moment » : « Mais, très vite, on est passé à autre chose alors qu’il faut une stratégie à long terme ; et que la question du climat ne soit pas cantonnée à la rubrique environnement des médias. Les journalistes qui traitent de politique ou d’économie notamment doivent traiter de la question climatique. »

Les Français sont assez durs avec les journalistes, puisque 35% seulement pensent que les journalistes sont suffisamment outillés, que leur culture scientifique est suffisante pour répondre à la nécessité de fournir des informations vérifiées et fiables scientifiquement.

Concernant les experts, une grande majorité pensent qu’ils ont été utiles pour comprendre la situation de la pandémie et ses enjeux. Il en est de même concernant la question climatique. 

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Environnement : un traitement trop marginal par les médias et un manque de solutions concrètes

Environnement : un traitement trop marginal par les médias et un manque de solutions concrètes

 

Selon une enquête réalisée dans le cadre des Assises du journalisme, une majorité de citoyens rejette le catastrophisme et souhaite que la question environnementale soit davantage traitée, au contraire de la crise sanitaire dont ils sont rassasiés. Ils veulent aussi des solutions concrètes.

 

La problématique environnementale est encore insuffisamment évoquée dans les médias et demeure surtout une préoccupation un sondage Viavoice .

Jérôme Bouvier, le président de l’association Journalisme et Citoyenneté, qui organise les Assises internationales du journalisme cette semaine, résume ici les résultats d’un sondage Viavoice commandé pour cet événement par Le Journal du Dimanche, France Médias Monde, France Télévisions et Radio France

 

Lors de la 14e édition des Assises du journalisme,)du 29 septembre au 2 octobre, des dizaines de débats avec des journalistes, experts et personnalités sont prévus. La thématique : urgence climatique et responsabilités journalistiques. « On avait lancé ce sujet, il y a deux ans et demi, mais le Covid a bouleversé nos plans, se souvient Jérôme Bouvier.

Interrogés sur la façon dont la pandémie a été traitée par les médias, les Français placent les adjectifs suivants en tête : excessive (45%), anxiogène (45%), catastrophiste (33%). Suivent les mots émotionnelle et mensongère, avant qu’arrivent, enfin, des notions plus positives, notamment utile et concrète. « C’est un des grands enseignements, qu’on observait déjà l’an passé mais il a augmenté au fur et à mesure que l’épidémie a été maîtrisée : les Français ont de plus en plus jugé le traitement catastrophiste avec une hausse de 5 points en un an. »

Pour s’informer sur le Covid, les Français ont privilégié les journaux télévisés (56%, – 5 points par rapport à octobre 2020), devant les chaînes d’info en continu (34%, – 1 point), les titres de presse écrite – en papier ou en numérique (30%, moins 2 points). Les journaux radios (29%, – 2 points), les médias numériques (24%, – 3 points) et les réseaux sociaux proposés par la communauté (11%, – 9 points, la plus grosse chute) suivent.

Covid-19 : une information trop anxiogène

40%, dans une autre question, pensent que le travail des journalistes a alimenté la peur de la pandémie, 34% que cette peur a été utilisée pour faire de l’audience et seulement 14% que les médias les ont aidés à maîtriser et à combattre cette peur.

Ainsi 60% des Français estiment que la place accordée à la pandémie par les médias a été trop importante (même score qu’il y a un an). Cette proportion est plus importante chez les 25-65 ans que chez les moins de 24 ans et les plus de 65 ans.

A contrario 53% trouvent que la question du changement climatique et de l’environnement n’est pas assez présente dans les médias. Ce chiffre est en hausse de 5 points par rapport à février 2020, signe de la prise en compte du sujet par les Français. 30% pensent que la place accordée est la bonne et 13% qu’elle est trop importante.

Climat : le traitement est jugé anxiogène et catastrophiste

Pour qualifier son traitement, les adjectifs anxiogène (35%), catastrophiste (33%), moralisante (25%) arrivent en tête.

61% se disent tout à fait ou plutôt suffisamment informés sur ce sujet. « Mais si l’on regarde dans le détail, il y a 50% des Français qui répondent seulement ‘Oui, plutôt’ ; la couverture de ce sujet est donc perfectible », décryptent Adrien Broche et Stewart Chau, de l’institut Viavoice.

 Climat : les Français veulent des solutions

« Pour rendre compte de ces deux crises différentes, les Français ont un même souhait : ils veulent en priorité un traitement positif, constructif, qui leur apporte des solutions, à la fois dans les actions au quotidien mais aussi dans leur compréhension du sujet via le fact-checking, détaillent Adrien Broche et Stewart Chau, de l’institut Viavoice. Les médias doivent aussi se positionner en partenaires de l’action. »

Ce constat est partagé par le climatologue Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS : « Il n’y a pas besoin de passer par le catastrophisme pour informer sur la crise climatique parce que le factuel est déjà assez alarmant. » « On ne peut plus seulement traiter les phénomènes climatiques avec des images impressionnantes en disant à chaque fois ‘waouh, c’est inédit’, poursuit-il. Parce que tout ça s’inscrit dans une continuité. »

Coauteur du rapport du Giec publié le 9 août, il juge que les médias s’en sont « plutôt bien emparés sur le moment » : « Mais, très vite, on est passé à autre chose alors qu’il faut une stratégie à long terme ; et que la question du climat ne soit pas cantonnée à la rubrique environnement des médias. Les journalistes qui traitent de politique ou d’économie notamment doivent traiter de la question climatique. »

Les Français sont assez durs avec les journalistes, puisque 35% seulement pensent que les journalistes sont suffisamment outillés, que leur culture scientifique est suffisante pour répondre à la nécessité de fournir des informations vérifiées et fiables scientifiquement.

Concernant les experts, une grande majorité pensent qu’ils ont été utiles pour comprendre la situation de la pandémie et ses enjeux. Il en est de même concernant la question climatique. Par

École : le sport trop marginalisé

École : le sport trop marginalisé

 

Personne n’a à s’arroger la responsabilité ultime des médailles olympiques, estime Jean Lafontan, professeur d’éducation physique et sportive,président de l’association Centre EPS et société,  pour qui les oppositions factices entre l’école et les clubs conduisent à ce qu’aucun ne remplisse pleinement sa mission.( Le Monde, extrait)

Tribune.

 

Circule une interrogation persistante dans la presse et les réseaux sociaux sur le rôle de notre service public d’éducation dans la production de nos différentes élites. De façon opportuniste, le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, feint de laisser croire que nos médaillés olympiques sont le produit de l’école… il a raison. Aussitôt, diverses objections ont surgi soit dévalorisant la part de l’école, soit valorisant les fédérations et clubs sportifs. Ils, elles ont raison… aussi.

Tous les Nobel et non-Nobel français ont été produits par notre école ; tous nos médaillés et non-médaillés sportifs l’ont été aussi ! En nombre suffisant ? La réponse est ouverte. On doit penser que c’est la densification de l’apprentissage scolaire en culture sportive tout au long de la scolarité qui forme les dispositions, en chacun et chacune, d’un développement ultérieur de spécialisations sportives.

Le sport scolaire, les options, enseignements de spécialité, seront autant d’occasions supplémentaires de travailler la quantité et la qualité du travail nécessaires pour inscrire les jeunes dans un processus que le mouvement sportif complétera largement, et conduire, éventuellement, à nos meilleurs résultats internationaux. Personne n’a à s’arroger la responsabilité ultime des médailles ; elles sont le produit de notre système social.

En période de crise, les faiblesses révélées par les effets de loupe des grands championnats mondiaux ont toujours conduit nos responsables politiques à jeter dans le débat public des appâts n’ayant que la vocation de dissoudre leurs responsabilités. Nous avons connu les détections précoces, les commandos, les centres d’élite… mais jamais l’appel à des dispositifs élargis de pratique à l’école : des horaires renforcés, des équipements densifiés, des programmes au contenu sportif exigeant, des recrutements et de la formation continue des personnels développée. Tout cela semble de bon sens. Cependant, voyons les programmes.

Les responsables politiques, administratifs et pédagogiques n’ont eu comme seul souci que d’en éviter le contenu sportif, d’écarter l’apprentissage des sports collectifs au nom du refus de la culture d’opposition (!) et de ne fixer aucun objectif de réalisation ; une école sans vérification des acquis, tant et si bien que la Cour des comptes, en 2019, s’en est elle-même inquiétée ! M. Blanquer n’en dit mot.

Il semble même ignorer cette situation et promeut allègrement un « gigotage » de 30 minutes alors même que l’heure quotidienne est unanimement reconnue par les instances internationales. Donc, cinq jours d’école, cinq heures d’éducation physique et sportive (EPS). Pour avoir raison dans son débat contre ses contradicteurs, la feuille de route de M. Blanquer est alors tracée.

Taxation des multinationales: 15 % c’est trop bas ! (J.Stieglitz)

 

Taxation des multinationales: 15 % c’est trop bas ! (J.Stieglitz)

Le prix Nobel d’économie américain Joseph Stiglitz considère que le taux retenu par l’OCDE à 15 % est trop bas, l’économiste se prononce en faveur d’un taux minimal de 25% pour la taxation des multinationales

«Le système d’imposition des multinationales a plus de cent ans et n’est plus adapté à l’économie mondialisée du XXIe siècle, c’est un système qui est ouvert aux abus. Le taux d’imposition effectif est nettement plus bas que le taux officiel», a fait valoir Joseph Stiglitz. «Le nivellement par le bas dans lequel le Luxembourg et l’Irlande ont joué un rôle a sapé la solidarité mondiale et le système économique mondial, il fait partie du côté obscur de la mondialisation», a-t-il poursuivi.

Les écolos trop confinés à gauche d’après Corinne Lepage

Les écolos trop confinés à gauche d’après Corinne Lepage

 

Corinne Lepage animatrice d’un courant écologiste plutôt centriste, Cap 21, dénonce la dérive gauchiste d’Europe Écologie les Verts .

« Pourquoi la famille écologiste française n’est-elle pas capable, à l’exemple allemand, de donner confiance dans sa capacité à conduire notre pays et a minima à y prendre une part majeure? Certains candidats pourraient y prétendre mais le mouvement politique est à contre-courant », s’interroge la présidente de Cap 21, formation écartée en juillet du pôle écologiste et de sa primaire en septembre.

Elle dénonce en particulier le rapprochement entre un rappel écologie les Verts avec LFI et au-delà à toute la tendance intersectionnaliste ».

Corinne Lepage dénonce aussi l’idéologie antiéconomique d’Europe écologie les Verts :

  »il ne peut y avoir d’avenir pour l’humanité sans une transformation radicale de notre modèle économique. Mais il ne peut y avoir de transformation radicale de notre modèle économique sans une adhésion de nos concitoyens. Lorsque les écologistes arrêteront de parler aux seuls écologistes et s’adresseront enfin à tous, alors peut-être serons-nous devenus matures, capables de constituer un parti vert à la française, en capacité de séduire une majorité de nos concitoyens. »

Passe sanitaire : un contrôle trop souvent symbolique

Passe  sanitaire : un contrôle trop souvent symbolique

 

Dans nombre de commerces et de restaurants le contrôle des passes sanitaires  demeure relativement symbolique. Certes pour la forme, la présence du sésame est réclamée. Mais le contrôle se limite avec coup d’œil sur le QR code .

Seul le grand commerce utilise des machines pour vérifier la preuve de la vaccination. De toute manière, il n’y a pas de contrôle d’identité. Les commerçants d’une certaine manière en le cul entre deux chaises : il leur faut en effet demeurer attractif pour compenser des baisses provenant de la crise sanitaire et en même temps faire la police. Une  posture bien peu commerciale qui explique que le plus souvent le contrôle demeure symbolique.

Société-Trop de sondages manipulent la démocratie

Société-Trop de sondages manipulent la démocratie

« Les sondages ne font certes pas l’élection mais ils l’influencent forcément »Estime  Maxime Sbaihi  de Génération libre

Tribune le Monde ,extrait  

Le mauvais scénario entretenu par une flopée de sondages s’est dégonflé comme baudruche sous le soleil marseillais. La région Paca a tourné le dos au Rassemblement National et sera présidée par Renaud Muselier après sa victoire haut la main face à Thierry Mariani au second tour des élections régionales. Les sondeurs se sont (encore) trompés, surestimant aussi le score du RN en Ile-de-France où Jordan Bardella a dû se contenter d’un ridicule 11 % au premier tour.

Vouloir jauger et prédire les comportements électoraux relève davantage de la voyance que de la science. Les sondages ont souvent tort, ce n’est pas nouveau. Souvenons-nous de la présidentielle de 1995, de celle 2002 et bien sûr du Brexit en 2016. Ce qui est nouveau, c’est leur rythme de publication. En France, les sondages présidentiels ont été multipliés par trois en l’espace de quinze ans. La Commission des sondages en a recensé 193 pour l’élection présidentielle de 2002, 293 pour celle de 2007, 409 en 2012 et 560 en 2017. Une tendance quasi-exponentielle qui risque de battre un nouveau record pour 2022 et promet de nous bombarder de centaines d’enquêtes à venir sur nos (prétendues) intentions de vote.

Au lendemain des élections régionales, les mêmes journalistes ayant dénoncé les égarements des sondeurs se sont d’ailleurs empressés de commenter les nouveaux sondages présidentiels fraîchement sortis. Ils peuvent être légitimement considérés comme une information utile, quoique méthodologiquement fragile, sur l’état de l’opinion publique mais ils sont bien plus que sa simple photographie. Mis côte à côte, ils se déplient dans un album photo qui raconte une histoire, écrit le narratif journalistique d’une élection et oriente le débat public. Les sondages ne font certes pas l’élection mais ils l’influencent forcément.

«Les sondages, c’est pour que les gens sachent ce qu’ils pensent», ironisait Coluche

Boulimie médiatique. 

 

Trop de sondages nuisent-ils à la démocratie ? Face à leur boulimie médiatique, on est en droit de se poser la question. En plus de pirater le débat d’idées, rejouer toutes les semaines un match Macron-Le Pen ne risque-t-il pas de lasser l’électeur jusqu’à le dégoûter ? Cette fatigue citoyenne est un danger bien réel que beaucoup de pays prennent au sérieux en imposant une période dite de « black-out » interdisant la publication de sondages en amont de l’élection. Une étude menée en 2017 sur 133 pays révèle ainsi que 60 % d’entre eux imposent une période de silence aux sondeurs avant une élection. Les deux tiers des pays européens le font, à l’image du Luxembourg et de l’Italie où elle dure respectivement une et deux semaines.

En France, ce genre d’interdiction existe aussi mais depuis 1977 elle ne dure que quelques heures, de la veille à la clôture du scrutin. Pourquoi ne pas l’élargir à quelques jours, voire semaines ? « Les sondages, c’est pour que les gens sachent ce qu’ils pensent », ironisait Coluche. Laissons-les savoir ce qu’ils veulent sans être pourchassés de spéculations quotidiennes sur qui va peut-être voter quoi. A l’approche du scrutin, accordons aux électeurs le silence propice à la prise de décision. Offrons-nous un court répit pour pouvoir exercer notre liberté d’expression dans les urnes sans être harcelés jusqu’à l’isoloir par celle des sondeurs. Les bénéfices de ce suspense républicain pourraient même convaincre certains abstentionnistes de se réapproprier l’élection. Qui sait ?

Maxime Sbaihi est directeur général du think tank libéral GénérationLibre.

Trop de sondages manipulent la démocratie

Trop de sondages manipulent la démocratie

« Les sondages ne font certes pas l’élection mais ils l’influencent forcément »Estime  Maxime Sbaihi  de Génération libre

Tribune le Monde extrait  

Le mauvais scénario entretenu par une flopée de sondages s’est dégonflé comme baudruche sous le soleil marseillais. La région Paca a tourné le dos au Rassemblement National et sera présidée par Renaud Muselier après sa victoire haut la main face à Thierry Mariani au second tour des élections régionales. Les sondeurs se sont (encore) trompés, surestimant aussi le score du RN en Ile-de-France où Jordan Bardella a dû se contenter d’un ridicule 11 % au premier tour.

Vouloir jauger et prédire les comportements électoraux relève davantage de la voyance que de la science. Les sondages ont souvent tort, ce n’est pas nouveau. Souvenons-nous de la présidentielle de 1995, de celle 2002 et bien sûr du Brexit en 2016. Ce qui est nouveau, c’est leur rythme de publication. En France, les sondages présidentiels ont été multipliés par trois en l’espace de quinze ans. La Commission des sondages en a recensé 193 pour l’élection présidentielle de 2002, 293 pour celle de 2007, 409 en 2012 et 560 en 2017. Une tendance quasi-exponentielle qui risque de battre un nouveau record pour 2022 et promet de nous bombarder de centaines d’enquêtes à venir sur nos (prétendues) intentions de vote.

Au lendemain des élections régionales, les mêmes journalistes ayant dénoncé les égarements des sondeurs se sont d’ailleurs empressés de commenter les nouveaux sondages présidentiels fraîchement sortis. Ils peuvent être légitimement considérés comme une information utile, quoique méthodologiquement fragile, sur l’état de l’opinion publique mais ils sont bien plus que sa simple photographie. Mis côte à côte, ils se déplient dans un album photo qui raconte une histoire, écrit le narratif journalistique d’une élection et oriente le débat public. Les sondages ne font certes pas l’élection mais ils l’influencent forcément.

«Les sondages, c’est pour que les gens sachent ce qu’ils pensent», ironisait Coluche

Boulimie médiatique. 

 

Trop de sondages nuisent-ils à la démocratie ? Face à leur boulimie médiatique, on est en droit de se poser la question. En plus de pirater le débat d’idées, rejouer toutes les semaines un match Macron-Le Pen ne risque-t-il pas de lasser l’électeur jusqu’à le dégoûter ? Cette fatigue citoyenne est un danger bien réel que beaucoup de pays prennent au sérieux en imposant une période dite de « black-out » interdisant la publication de sondages en amont de l’élection. Une étude menée en 2017 sur 133 pays révèle ainsi que 60 % d’entre eux imposent une période de silence aux sondeurs avant une élection. Les deux tiers des pays européens le font, à l’image du Luxembourg et de l’Italie où elle dure respectivement une et deux semaines.

En France, ce genre d’interdiction existe aussi mais depuis 1977 elle ne dure que quelques heures, de la veille à la clôture du scrutin. Pourquoi ne pas l’élargir à quelques jours, voire semaines ? « Les sondages, c’est pour que les gens sachent ce qu’ils pensent », ironisait Coluche. Laissons-les savoir ce qu’ils veulent sans être pourchassés de spéculations quotidiennes sur qui va peut-être voter quoi. A l’approche du scrutin, accordons aux électeurs le silence propice à la prise de décision. Offrons-nous un court répit pour pouvoir exercer notre liberté d’expression dans les urnes sans être harcelés jusqu’à l’isoloir par celle des sondeurs. Les bénéfices de ce suspense républicain pourraient même convaincre certains abstentionnistes de se réapproprier l’élection. Qui sait ?

Maxime Sbaihi est directeur général du think tank libéral GénérationLibre.

La relance économique française trop timide, injuste et pas assez mobilisatrice

La relance économique française trop timide, injuste et pas assez mobilisatrice

 

 

Les chiffres nous annoncent un effondrement de l’économie française supérieure à celle de nos voisins européens (pendant la période de la Covid-19). La question sera d’en faire l’analyse pour en tirer des conclusions et des leçons afin de permettre une reprise forte.

La vie reprenant ses droits, nous savons tous qu’au bout du tunnel, il y aura la lumière. Il est cependant hasardeux d’affirmer qu’un retour à ladite “normale” soit possible et il est probable que cette expérience que nous venons de vivre collectivement nous conduise à reconsidérer ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas, ce que nous pouvons accepter et que nous devons refuser. Puisqu’il était question de lumière au bout du tunnel, nous y verrons sans doute plus clair.

 

Sortie du tunnel avions-nous dit? Le gouvernement a augmenté de 70 milliards les impôts des Français en mettant le surcroît de la dette publique dans la caisse d’amortissement de la dette sociale qui sera payée par un prélèvement de 0,5% sur tous les revenus de tous les Français, quel que soit le niveau du salaire –petit ou gros-, cela représente 10 ans de prolongement de la dette sociale donc 70 milliards d’impôts en plus pour tous les Français. On risque d’avoir la mauvaise sensation de ramer et de voir l’horizon reculer…

Le nouveau monde décrit comme “semi-normal” engendrera concrètement au niveau de la micro-économie trois grandes modifications majeures: le télétravail subsistera partiellement, le paiement sans contact devenu le système de règlement des achats s’imposera, et enfin l’accélération du digital pour le commerce et le service se confirmera. À nous de nous questionner et de rêver le monde que nous voulons voir apparaître, nous sommes acteurs, nous sommes responsables et nous avons du pouvoir.

 

Au niveau macroéconomique, ce serait une erreur de désenclencher trop vite les systèmes d’aides, erreurs commises en 2008 pour d’autres raisons. Il faut maintenir les injections financières d’État, soutenir plus de 2 millions de personnes à sortir de l’activité partielle et cela malgré les prévisions très optimistes d’une reprise totale de l’économie cet été.

Le Conseil d’État a suspendu la réforme chômage et nous ne pouvons que nous en réjouir. La peur qu’elle soit dans le domaine de la santé ou dans le domaine social, dans n’importe quel domaine d’ailleurs, n’engendre pas l’énergie nécessaire pour agir efficacement. L’argument pour cette réforme était une recherche d’économies budgétaires, nous préférerions parler de bienveillance à l’égard des citoyens.

Dans le cadre de la réforme, 800.000 chômeurs indemnisés (40% du nombre total des chômeurs indemnisés) vont voir leur allocation chômage baisser de 20% en moyenne. C’est énorme. Pour exemple une personne employée 8 mois au Smic et qui touche une indemnité de 940 euros par mois touchera 680 euros. Pas de commentaire si ce n’est que cela représentera un frein à la future reprise. Et accentuera les clivages sociaux. Et ce n’est pas un acte bienveillant.

Après 18 mois de crise cela est inexplicable économiquement.

Serions-nous dans une caricature du monde d’avant qui tente de reprendre ses droits? En pire?

Cette réforme devrait permettre 1 à 1,5 milliards d’euros d’économie. D’un côté on nous dit très maladroitement que de l’argent, on en a suffisamment pour combler les fractures de la crise de la covid-19, mais il est urgent de récupérer 1,5 milliards sur les chômeurs. Quoi que l’on fasse, fin 2022, la dette du régime d’assurance chômage sera de 80 milliards d’euros.

Une reprise bien spéciale avec une augmentation de 70 milliards d’impôts et une réforme de l’allocation chômage, de quoi relancer les peurs de déclassement, de tension sociale et la pauvreté alors que nous souhaitons une belle relance économique et de l’optimisme après cette crise qui a ébranlé l’économie française.

Afghanistan : Est-il trop tard pour agir ?

Afghanistan : Est-il trop tard pour agir ?

Un collectif de personnalités politiques et d’intellectuels appelle dans le Monde  la France et l’Europe à ne pas se cantonner dans une attitude de retrait et d’agir pour la paix en  Afghanistan . La question est de savoir s’il n’est pas trop tard.

Tribune

 

 

 La situation s’est récemment aggravée en Afghanistan. Alors que le retrait des forces américaines et de l’OTAN approche de son terme, les talibans, délaissant la table des négociations, ont lancé des offensives dans de nombreuses régions d’Afghanistan et pris le contrôle d’un certain nombre de districts ruraux. La capacité de l’armée afghane à garder le contrôle de la majeure partie du territoire rural, voire de plusieurs grandes villes, est incertaine.

La population afghane vit dans l’angoisse. Les attentats contre des cibles civiles se sont multipliés, visant des écoliers, des journalistes, des fonctionnaires, des femmes, des artistes. Des Afghans demandent l’asile à l’étranger, d’autres doivent abandonner leur domicile, d’autres enfin prennent les armes. Beaucoup en effet refusent l’avènement d’un régime qui, sous couvert d’une application rigoriste de règles religieuses, serait un régime dictatorial, refusant des élections libres, réalisant la suprématie d’un groupe sur les autres, ne permettant pas aux femmes de vivre librement et dignement.


Toute la population afghane aspire à la paix. Beaucoup ont espéré que les négociations entamées à Doha aboutiraient à une solution acceptable par la majorité. Hélas, la rigidité des talibans, leur jusqu’au-boutisme, les maladresses américaines, l’absence de concertation avec les autres acteurs de la région et la mise à l’écart du gouvernement afghan n’ont pas permis aux négociations d’avancer.

Le centenaire des relations entre l’Afghanistan et la France

L’Afghanistan est à présent doté d’un réseau médiatique performant. Les zones rurales les plus reculées reçoivent la télévision. Les Afghans savent ce qui se passe dans le monde et beaucoup ne sont pas prêts à accepter les conditions de vie que leur imposeront les talibans s’ils venaient à prendre le pouvoir.

La communauté internationale se trouve donc à présent devant une alternative. Ou bien elle contraint les talibans à une véritable négociation (pendant laquelle toute action militaire devrait cesser) ou bien l’Afghanistan sombre de nouveau, comme dans les années 1990, dans une guerre civile dévastatrice.

Nous ne pouvons pas accepter cette seconde hypothèse, lourde de conséquences pour les Afghans mais aussi pour la stabilité de la région et la sécurité mondiale.


Alors que se profile le centenaire des relations diplomatiques, économiques et culturelles entre l’Afghanistan et la France, alors que les deux pays sont liés par un traité d’amitié et de coopération signé en 2012 par un président et ratifié par son successeur, alors que l’Union européenne et ses Etats membres ont conclu en 2019 avec l’Afghanistan un accord de coopération en matière de partenariat et de développement et au moment où la France prend la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU, nous demandons instamment au gouvernement français et aux instances européennes de ne pas se cantonner dans une attitude de retrait et d’agir pour la paix.

Le système de formation en France trop faible par rapport à l’Allemagne

 

Un papier du Monde souligne la faiblesse de la formation en France qui pèse sur les performances de l’économie

(extrait)

 

C’est une obsession française, frisant parfois l’absurde. C’est plus fort que nous : chaque fois qu’un nouvel indicateur économique est publié, nous comparons presque systématiquement nos performances à celles de nos voisins allemands. Au premier trimestre, le produit intérieur brut (PIB) outre-Rhin a reculé de 1,8 % en raison des restrictions sanitaires prolongées, soit plus que le nôtre (– 0,1 %). En 2021, il devrait enregistrer une croissance plus faible, de 3,3 % contre 5,8 % chez nous, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

A la lecture de ces chiffres, quelques Français peinent à réprouver une once de Schadenfreude, ce mot allemand désignant la joie coupable ressentie devant la mauvaise fortune d’autrui. Paris rebondira plus fort que Berlin ! Ce serait oublier qu’en 2020, la récession a été bien plus violente en France (– 8,2 %, contre – 5,3 % outre-Rhin). Et que nous faisons beaucoup moins bien que l’Allemagne en matière de chômage (7,3 % contre 4,4 % en avril), de déficit (9,2 % du PIB contre 4,2 %), de dette publique (115,7 % contre 69,8 %).

Le modèle allemand n’est peut-être pas parfait, il fabrique aussi de la précarité et des travailleurs pauvres, mais il a généré plus de revenus par tête

Surtout, l’économie allemande affiche de bien meilleures performances depuis vingt ans. Un chiffre le résume : en 2000, le PIB par habitant était similaire dans nos deux pays, autour de 28 900 euros. Mais en 2020, il était de 34 110 euros en Allemagne contre 30 690 euros chez nous. Le modèle allemand n’est peut-être pas parfait, il fabrique aussi de la précarité et des travailleurs pauvres, mais il a généré plus de revenus par tête.

Cela signifie-t-il que la divergence entre les deux rives du Rhin continuera de se creuser après la crise du Covid-19 ? Rien n’est moins sûr. D’une certaine façon, la pandémie a rebattu les cartes en accélérant les transitions écologique et numérique, tout comme les velléités de relocalisation des usines. Nos deux pays devront fournir un effort d’investissement considérable pour convertir leur appareil de production aux enjeux de demain. Les incertitudes sont nombreuses, et le chemin économique que suivra l’Allemagne pour y parvenir dépendra en partie du résultat des élections fédérales de septembre.

Présidentielles : Zemmour trop limité (le politologue Jérôme Sainte-Marie)

Présidentielles : Zemmour trop limité (le politologue Jérôme Sainte-Marie)

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Jérôme Sainte-Marie est politologue, président de l’institut PollingVox, et auteur de l’essai Bloc contre bloc  analyse des hypothèses sur les présidentielles de 2022.

Marine Le Pen est-elle la grande perdante des régionales ?

Il faut distinguer les faits et leurs conséquences. Si on prend en compte les faits, c’est-à-dire les scores, c’est La République en marche qui essuie la plus lourde défaite car la fraction de l’électorat qui s’est déplacée avait un profil tout à fait en correspondance avec le parti d’Emmanuel Macron, alors que la sociologie de l’abstention handicapait, elle, naturellement Marine Le Pen. Si on prend en compte les conséquences, c’est-à-dire la dynamique politique dans la perspective de la présidentielle, on peut, oui, considérer que la présidente du RN a connu un échec plus grave. Il est cependant probable qu’au premier tour de la présidentielle, elle retrouvera les électeurs qui votent habituellement pour elle et ne se sont pas déplacés lors des régionales : l’électorat ouvrier, les jeunes…, bref, ceux qui sont en attente de protection, voire de changement politique important pour le pays et pour eux-mêmes et qui ont considéré qu’un scrutin local ne l’apporterait pas. Au fond, leur abstention a été très rationnelle. En revanche, Marine Le Pen a besoin pour crédibiliser sa capacité présidentielle d’attirer à elle des compétences, des cadres, des fractions de l’élite. Plus que le prétendu plafond de verre ou ses valeurs, sa crédibilité comme force de gouvernement est son principal handicap. C’est en le comblant qu’elle pourra se désenclaver. Or, le mauvais score du RN aux régionales ne va pas inciter ceux parmi les élites qui auraient pu la rejoindre à le faire. Même si, dans le futur, des sondages la placent toujours en tête en vue de 2022, ces enquêtes vont susciter de la méfiance et Marine Le Pen ne retrouvera pas tout de suite la dynamique nécessaire pour attirer des compétences.

Quelles conclusions doit-elle en tirer ?

Cela rappelle que mobiliser avant tout son propre électorat constitue une priorité pour tout candidat. Dans le contexte actuel, il n’y a plus d’électorat acquis, l’acte de voter a perdu de sa solennité et la déstructuration du système partisan permet de varier son choix suivant les scrutins. Jean-Luc Mélenchon l’a déjà expérimenté à son détriment, une bonne moitié de ses électeurs de 2017 l’ayant abandonné. Marine Le Pen peut mobiliser les catégories populaires, c’est-à-dire s’adresser aux Français qui ont voté non en 2005, soutenu les Gilets jaunes en 2018. Dans certains sondages, son score parmi les ouvriers et les employés tangentait ces derniers mois les 50 % dès le premier tour. Certes, ce n’est pas suffisant pour elle pour conquérir le pouvoir, mais c’est indispensable pour atteindre une masse critique dans les sondages puis dans les urnes. Telle est la condition de sa qualification pour le second tour. Son crédit dans les milieux populaires a été sa garantie principale de succès depuis son élection à la tête du FN en 2011. Or, il a manqué à la présidente du RN durant cette campagne, des messages s’adressant à l’identité sociale de son électorat. Le contraste est puissant avec les européennes de 2019. Marine Le Pen et Jordan Bardella avaient réussi à détourner le sens de ces élections en les transformant en référendum anti-Macron. Etait-ce possible aux régionales ? Ce n’est pas certain, le contexte social est atone et l’on ne parlait guère des réformes envisagées. Du coup l’accent a été mis sur les compétences des régions et sur la bonne gestion de celles-ci, débat dans lequel le RN est naturellement handicapé et qui visiblement n’intéresse guère les électeurs.

Le Rassemblement national exerce parfois la fonction tribunitienne attribuée autrefois au Parti communiste, mais il manque de relais syndicaux ou associatifs pour pleinement représenter les catégories populaires

Où est passé le bloc populaire ?

Un bloc, notion dérivée du bloc historique théorisé par Antonio Gramsci, se constitue par la rencontre d’un projet et d’une sociologie. Le bloc élitaire existe indubitablement, car le projet d’Emmanuel Macron est idéologiquement cohérent, bien adapté à nos institutions et a trouvé son public. Le bloc populaire est lui bien plus problématique. Le Rassemblement national exerce parfois la fonction tribunitienne attribuée autrefois au Parti communiste, mais il manque de relais syndicaux ou associatifs pour pleinement représenter les catégories populaires. Reste qu’aujourd’hui les clivages sociaux sont présents comme jamais. Lors de la présidentielle, on peut donc penser qu’une polarisation aura lieu, avec un effet de miroir idéologique entre Macron et Le Pen qui a son pendant sociologique.

Ces élections ont-elles vraiment signifié le retour de la droite ?

La victoire de la droite est en trompe-l’œil. Dans le cadre d’une élection, où seul s’est déplacé un tiers des inscrits, la composition de sa sociologie électorale constitue un avantage décisif. Dans cette élection, ce sont d’abord les retraités, les « bien installés » qui sont allés voter. Ils sont surreprésentés chez Les Républicains, même si Emmanuel Macron a récupéré les cadres supérieurs. Il y a donc eu un formidable effet d’aubaine pour la droite. Mais elle ne doit pas en tirer pour autant des conclusions pour la suite. La gauche, malgré son état au niveau national, a vu également tous ses sortants reconduits. La prudence devrait être de mise.

Xavier Bertrand est-il bien parti pour s’imposer comme le candidat de LR ?

Il est incontestablement sorti très conforté des régionales. Il a des atouts réels pour la suite. Il a été réélu à la tête de la région la plus pauvre de France, ce qui est un symbole utile. Il l’a emportée à deux reprises, et la deuxième très franchement, sur le RN. Il incarne le Français moyen, ce n’est pas ici péjoratif, et contrairement à d’autres leaders de la droite, il n’apparaît pas comme une simple solution de substitution à Emmanuel Macron, mais représente une formule originale. Une des expressions fétiches de Xavier Bertrand est « Je sais où se trouve le point d’équilibre de la société français ». S’il parvient à l’incarner, son offre électorale aura du potentiel.

Même si dans les sondages actuels, Eric Zemmour semble prendre pour l’instant à Nicolas Dupont-Aignan et au candidat LR, il n’apportera pas de nouvelles fractions d’électorat à la candidate du RN lors d’un second tour. En revanche, il facilitera la tâche d’Emmanuel Macron

Que peut changer une candidature d’Eric Zemmour en 2022 ?

Elle ne peut faire qu’un seul gagnant : Emmanuel Macron. Eric Zemmour manifeste un grand talent mais est devenu une figure extraordinairement clivante dont la capacité à rallier une majorité paraît illusoire au vu des sondages. Lorsque l’on parle de son potentiel électoral qu’il soit de 13 % ou 18 %, il faut rappeler qu’il est mesuré sans que soient mentionnés ses concurrents ni précisé s’il s’agit du premier ou du second tour de la présidentielle. A ce jeu-là, la plupart des personnalités politiques un peu connues obtiennent un résultat supérieur. Sur l’immigration, la sécurité, l’indépendance nationale, Marine Le Pen et Eric Zemmour sont très proches (l’Islam est une revanche une différence). Celui-ci ne pourra se distinguer qu’en faisant une campagne disqualifiant la personne de Marine Le Pen. Et même si dans les sondages actuels, il semble prendre pour l’instant à Nicolas Dupont-Aignan et au candidat LR, il n’apportera pas de nouvelles fractions d’électorat à la candidate du RN lors d’un second tour. En revanche, il facilitera la tâche d’Emmanuel Macron.

Parle-t-il au bloc populaire ?

Pour l’instant, pas du tout. Ce n’est pas son projet, d’ailleurs. Son emprise sur les milieux populaires est très faible. Il ne peut intéresser que des gens qui votent d’abord en fonction des questions migratoires, identitaires et sécuritaires. Lui-même ne prend jamais en compte les demandes sociales de l’électorat populaire, qu’il assimile curieusement aux programmes de gauche. On devine qu’il proposerait une solution libérale-identitaire qui ne peut parler qu’à des gens très motivés. En revanche, il se heurte au scepticisme, voire à l’inquiétude d’une bonne partie de l’opinion. Si l’on raisonne sur un plan strictement électoral, il a les handicaps de Marine Le Pen sans les atouts. La ferveur que cette hypothèse rencontre dans certains milieux aisés dit beaucoup de choses sur leurs conceptions de la nation et du peuple, mais pas forcément ce qu’ils aimeraient entendre.

Plan de relance européen: Trop peu trop tard

Plan de relance européen: Trop peu trop tard 

Selon Mathieu Plane, économiste, Ce plan est intéressant mais c’est trop peu et sans doute aussi trop tard car c’est maintenant que l’économie a besoin de relance et non dans 5 ou 10 ans

Interview dans France Info

 

Pourquoi la validation de ce plan de relance a-t-elle pris autant de temps ?

Mathieu Plane : C’est sûr que l’argent promis arrive après la bataille, car les Etats membres en auraient eu besoin immédiatement après le début de la crise sanitaire. Mais pour pouvoir verser cet argent, il a fallu que le plan soit accepté à l’unanimité par les pays et les divergences étaient nombreuses.

La particularité de ce plan réside dans le fait que les Etats ne vont pas recevoir des sommes proportionnelles au montant de leur produit intérieur brut (PIB), mais proportionnelles à leurs besoins. Par exemple, l’Espagne va percevoir plus d’argent que l’Allemagne. L’Allemagne a une situation économique qui lui permet très bien de faire ses investissements sans l’Europe, ce qui n’est pas le cas de l’Espagne et de l’Italie, pays pour lesquels il est plus compliqué de contracter une dette. En somme, ce plan de relance est un transfert d’argent des pays du Nord vers les pays du Sud.

Les pays frugaux ont été très réticents à aller plus loin, parce qu’ils versent une large contribution au plan de relance et accusent les pays du Sud de ne pas respecter les normes européennes en termes de dette et de déficit.

De plus, il y a de l’euroscepticisme dans plusieurs pays, ce qui pousse certains à s’opposer à toute solidarité avec les membres les plus en difficulté. Il n’y a pas d’Europe politique sur la question budgétaire, tout est une affaire de consensus. Etonnamment, l’Allemagne, qui est plutôt le pays tenant de l’orthodoxie budgétaire, a été leader dans les négociations.

Que va-t-il se passer, maintenant que le plan de relance est validé ?

La totalité de la somme promise aux Etats de l’UE, soit 750 milliards d’euros, va être débloquée progressivement pour financer les budgets nationaux. Un premier volet va être versé le mois prochain et les financements vont monter en charge progressivement, sur plusieurs années.

Pour pouvoir toucher cet argent, chaque Etat membre de l’UE devait rendre un rapport à la Commission européenne, pour expliquer comment ce budget serait dépensé. Celle-ci devait ensuite le valider. Le dossier de la France contenait pas moins de 800 pages. En contrepartie, chacun reçoit un financement direct, qui vient compléter les budgets nationaux alloués à la relance.

Comment le plan de relance va-t-il se traduire concrètement ?

Pour le moment, on voit les effets du plan de relance français, mais pas celui du plan de relance européen. Car dans l’enveloppe de 100 milliards d’euros que la France a dédiée à la relance économique, l’Union européenne va contribuer à hauteur de 40 milliards d’euros. Les 60 milliards restants sont financés par le budget français.

Le gouvernement a déjà commencé à dépenser cette somme, principalement pour trois mesures : la baisse des impôts de production qui a été décidée dès le début d’année, le soutien à l’activité partielle de longue durée et l’aide à l’embauche des jeunes.

Pour ce qui est de la partie financée par le plan de relance européen, l’exigence est de dépenser cet argent dans la transition climatique et la transition numérique. Cela demande une transformation de l’économie en profondeur. Rénovation thermique des bâtiments, construction d’une filière industrielle dans l’hydrogène… Tout cela va nécessiter du temps, déjà d’un point de vue administratif, car il faut lancer des appels d’offres. Une fois cette étape passée, le déclenchement des travaux va créer de l’emploi et donc de l’activité économique à moyen terme.

Ce plan sera-t-il suffisant pour soutenir les Etats membres ?

Il faut souligner que ce plan est une bonne nouvelle, car il crée une solidarité européenne, mais on aurait pu aller beaucoup plus loin. Si l’on compare le plan de relance de l’Union européenne à celui des Etats-Unis, on voit qu’on n’y consacre que deux points de PIB européen, contre huit points aux Etats-Unis. Pourtant, la taille de l’UE est comparable à celle de ce pays.

Même en Chine, les montants investis dans le secteur de l’énergie sont astronomiques. Nous aussi, on aurait pu aller plus loin pour construire un leadership économique dans ce domaine et garantir la souveraineté énergétique des pays.

Ce plan européen révèle aussi les failles de l’Europe sur le plan fiscal, car on a réussi à avancer l’argent, mais les conditions de financement et de remboursement restent encore vagues. Ce n’est pas un problème pour le moment, mais en toute logique, il faudrait créer une taxation européenne pour le faire

L’Europe trop passive

L’Europe trop passive

« La réalité que l’on s’est cachée toutes ces dernières années, c’est que la multipolarité appelée de nos vœux ne veut pas forcément dire un monde apaisé »

 

Interview du politologue Thibault Muzergues dans l’Opinion.

 

 

Politologue, Thibault Muzergues est directeur du programme Europe du think-tank américain International Republican Institute (IRI). Son dernier ouvrage Europe, champ de bataille. De la guerre impossible à une paix impossible (Editions Le bord de l’eau, 312 pages, 27 euros) sortira le 4 juin.

A vous lire, tout concourt à ce que l’Europe connaisse prochainement une guerre…

Il n’y a pas de fatalité et il ne faut pas tomber dans le surpessimisme. Ce que j’essaie de dire, c’est qu’il y a de vrais risques. La réalité que l’on s’est cachée toutes ces dernières années, c’est que le monde est redevenu dangereux et que la multipolarité appelée de nos vœux ne veut pas forcément dire un monde apaisé. Bien au contraire ! Nous payons des contradictions que nous avons ouvertement ignorées ces vingt dernières années. Nous entrons dans une zone de danger, mais cela ne veut pas dire non plus qu’une guerre est inévitable. Le risque a toujours existé, seulement nous ne nous en rendions pas compte. La question, aujourd’hui, est de savoir comment faire pour limiter ce risque.

De tous les nuages que vous pointez, quels sont les plus dangereux ?

On ne peut pas le savoir avec certitude. Si vous posez la question à des gens de droite, à un Espagnol ou à un Italien, ils vous répondront que c’est l’immigration, donc sous-entendu l’islam, voire les minorités. Pour d’autres, comme les Lituaniens ou les Lettons, ce sera la Russie qui s’est lancée clairement dans une politique révisionniste de ses frontières. Nous avons une géographie qui fait que nous sommes cernés par des menaces potentielles. Si on veut que l’on nous laisse tranquille, il faut construire des protections à tous les niveaux. Nous avons aussi un problème à l’intérieur de nos sociétés archipélisées à qui il faut redonner de la cohérence. Il faut trouver un bon mix entre identité nationale et identité européenne. Il faut se muscler et créer des anticorps pour pouvoir faire face à toutes ces menaces. L’adage latin « Si tu veux la paix, prépare la guerre » est toujours d’actualité. On l’a oublié.

Quelles formes pourraient prendre ces menaces ?

La possibilité d’une guerre interétatique est réelle comme on l’a vu, l’été dernier, en Méditerranée orientale entre la Grèce et la France d’un côté, et la Turquie de l’autre. Néanmoins, le scénario le plus probable en Europe verrait l’intervention d’acteurs locaux dans une fausse guerre civile ou dans une guerre civile complète. Aujourd’hui, on peut faire la guerre à moindre coût comme on le voit en Ukraine où la Russie impose une guerre de « basse intensité », sans engager ses chars ou ses avions de combat.

« La seule solution, c’est la réforme pour retrouver de la cohésion dans la société, même si, comme le disait Tocqueville, “le moment le plus dangereux pour un gouvernement en difficulté, c’est le moment où il se réforme” »

Où pourrait se dérouler la prochaine guerre ?

Plutôt dans les Balkans où les dirigeants recommencent à jouer avec le feu, en évoquant un redécoupage des frontières. La France n’est pas immune non plus. Il y a de telles tensions au sein de l’Hexagone que l’on pourrait voir des gens armés prêts à en découdre. Pas seulement dans les banlieues, mais aussi chez les militaires retraités ou d’active comme on l’a vu, récemment, dans les lettres ouvertes parues dans Valeurs Actuelles. Il y a un climat qui peut facilement dégénérer en guerre civile larvée.

Que faut-il faire ?

Ne rien toucher aujourd’hui, c’est assurément aller vers une guerre à terme. Si on ne fait rien en France comme en Europe, nous aurons une société sclérosée qui va continuer à se faire marcher sur les pieds par d’autres puissances comme on l’a vu avec le piratage par le Bélarus d’un avion européen. Et au final, ce sera la guerre assurée. La seule solution, c’est la réforme pour retrouver de la cohésion dans la société, même si, comme le disait Tocqueville, « le moment le plus dangereux pour un gouvernement en difficulté, c’est le moment où il se réforme ». Quitte à choisir, autant prendre le risque d’une réforme, en ayant conscience des risques. Il faut réformer aussi l’Alliance Atlantique. Car il ne peut pas y avoir de paix durable en Europe si les Américains ne sont pas impliqués. Il faut, enfin, effectuer un saut fédéral européen. Je n’entends pas, par là, un pouvoir central fort à Bruxelles, mais une fédération d’Etats nations.

Sur quel modèle ?

Il y a la Suisse, les Etats-Unis ou l’Autriche-Hongrie avec le modèle réformé imaginé par les élites viennoises dans les années 1900-1910 avant qu’il ne soit réduit à néant par l’assassinat de Sarajevo. Très bien pensé, le plan de fédéralisation de l’empire ne remettait pas en cause l’ensemble habsbourgeois. Il sanctuarisait même territorialement les nationalités. On peut apprendre aussi de ce qui se passe en Inde.

Vous allez faire hurler les souverainistes !

Quand j’entends Marine Le Pen dire qu’elle veut avoir de bonnes relations avec la Russie qui passe son temps à vouloir détruire l’Union européenne, je ne sais pas vraiment de quel côté sont les souverainistes. Car, la France et les autres pays européens ne pourront être vraiment souverains que s’ils se mettent ensemble pour exister ensemble dans un monde violent d’Etats-continents comme les Etats-Unis, la Chine et l’Inde. Pour survivre dans ce cadre-là, on a besoin de l’Europe. Vendre la souveraineté de son pays au plus offrant comme le fait le Hongrois Viktor Orban aux intérêts chinois n’est pas le meilleur exemple.

Cela passe aussi par un réarmement comme le demandent les Etats-Unis ?

C’est un débat récurrent. On a une vraie fenêtre pour créer une armée européenne sachant qu’il y a des vraies synergies au sein de l’Otan. Les moments dangereux sont ceux qui sont pleins d’opportunités. Or, nous sommes dans un moment dangereux où tout peut basculer.

« On a tendance à prendre nos voisins pour des ennemis absolus ou pour des alliés objectifs. Or, ils ne sont ni l’un, ni l’autre. Ils sont à la fois des partenaires et des rivaux »

D’où doit venir l’impulsion ?

La réalité, aujourd’hui et depuis des années, c’est qu’il y a un leader incontesté en Europe, l’Allemagne. La France est numéro deux. Elle peut donner des impulsions, mais il faut convaincre l’Allemagne, dans le cadre d’une vraie coopération comme cela s’est fait depuis l’après-guerre. Quand Paris essaie d’agir seul, cela se termine à chaque fois avec les intérêts allemands qui priment. En revanche, quand la France s’allie avec des pays comme l’Italie pour faire pression sur l’Allemagne, cette dernière cède comme cela s’est vu avec le « recovery fund ». Paris doit jouer un rôle de pivot entre l’Europe du sud et l’Europe du nord.

Que fait-on avec le Royaume-Uni post-Brexit ?

Ce serait une terrible erreur de ne pas garder les Britanniques dans l’architecture sécuritaire de l’Union européenne. Sans le Royaume-Uni, on se retrouverait avec une menace sur notre flanc nord-ouest alors que nous sommes déjà menacés au sud, à l’est et au sud-est. Il faut donc trouver de nouvelles pistes de coopération. Et, malgré les tensions comme dans les îles anglo-normandes, en l’Irlande du Nord, voire en l’Ecosse, les Anglais sont demandeurs. Seulement, il va falloir mener un gros travail diplomatique. Car si le Royaume-Uni affiche des taux de croissance beaucoup plus élevés que l’UE, il estimera que sa stratégie était la bonne et pourrait avoir la tentation de jouer sur le long terme la division entre Européens. S’il devient inamical, il faudra lui répondre.

De manière globale, quelle attitude adopter vis-à-vis des voisins de l’Union européenne ?

Il ne faut pas être angélique. On a tendance à prendre nos voisins pour des ennemis absolus ou pour des alliés objectifs. Or, ils ne sont ni l’un, ni l’autre. Ils sont à la fois des partenaires et des rivaux. Il faut donc adapter son comportement en fonction de l’humeur. Vladimir Poutine est clairement dans une logique de confrontation avec l’UE. Il faut pouvoir relever le gant et avoir une logique de confrontation avec lui. On a vu ces dernières années que dialoguer avec la Russie sans demander de contreparties était inefficace. La France et l’Europe n’ont absolument rien obtenu en retour et cela a permis à Poutine de respirer. On doit trouver l’équilibre entre les intérêts commerciaux et l’intérêt supérieur de l’Europe. Pour s’assurer qu’un avion de ligne européen ne puisse être piraté, il faut travailler sur le renseignement et imposer de véritables sanctions. Quand on est confronté à des actes de non-paix — car ce ne sont pas des actes de guerre —, il faut y répondre par des actes de non-paix. Il y a une symétrie à avoir. Or, l’Europe a trop longtemps répondu par la passivité complète.

Malgré la Covid, Paris encore trop pollué

Malgré la Covid, Paris encore trop pollué

100 000 habitants sont encore exposésà des niveaux de NO2, oxydes d’azote, dépassant la limite réglementaire française de 40µg/m3 en moyenne annuelle, identique pour ce polluant aux recommandations de l’OMS.

En revanche, les particules PM10 et particules fines PM2,5, dont les émissions sont moins directement liées au trafic routier mais dues également au chauffage au bois, ont seulement légèrement baissé en 2020. Les limites réglementaires françaises sont respectées, mais ce n’est pas le cas pour les seuils recommandés par l’OMS, plus stricts. Pour les PM2,5, la recommandation journalière de l’OMS est dépassée sur la quasi-totalité de l’Île-de-France en 2020 (95% de la population), et pour un Francilien sur deux pour les PM10, selon Airparif.

Quant à l’ozone, les niveaux de pollution ont augmenté en 2020 dans la région parisienne, en continuité avec les années précédentes. Pour ce polluant secondaire associé aux pics de chaleur, les recommandations de l’OMS (100µg/m3 sur 8 heures) et le seuil réglementaire (120µg/m3) sont «toujours largement dépassés en tout point de la région». L’été 2020 n’ayant pas été concerné par le confinement, l’impact des restrictions sur la pollution à l’ozone n’a pas pu être évalué.

Trop d’antibiotiques affaiblissent la résistance

Trop d’antibiotiques affaiblissent la résistance

D’après l’OMS de précédents travaux de recherche ont montré qu’administrer des doses plus fortes d’antibiotiques peut ralentir la capacité des bactéries à devenir résistantes au traitement, mais l’impact de cette stratégie sur l’état de santé général des microbes a peu été étudié.

 

Des chercheurs de plusieurs pays européens ont analysé la réaction de bactéries E. coli face à différentes concentrations de trois antibiotiques couramment utilisés. Si des doses élevées ralentissent le rythme auquel les bactéries deviennent résistantes, elles débouchent aussi sur des microbes «en meilleure forme», avec un taux de reproduction plus rapide, conclut leur étude, publiée dans la revue Royal Society Biology Letters.

 

Ces résultats «ajoutent une dimension supplémentaire au problème du dosage optimal des antibiotiques», écrivent les chercheurs.

« Sécurité globale » : Une loi trop sécuritaire !

 

« Sécurité globale » : Une loi trop sécuritaire !

Sarah Massoud, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature, liste et critique, dans une tribune au « Monde », tous les reculs démocratiques majeurs que contient la nouvelle proposition de loi sur la sécurité.

 

Tribune. 

 

La proposition de loi relative à la sécurité globale a été adoptée à la suite d’un examen parlementaire accéléré, sans étude d’impact et sans avis du Conseil d’Etat, sous état d’urgence, sans grand débat politique, et malgré les multiples alertes d’organisations et institutions internes et internationales de défense des libertés fondamentales.

Ce texte a ceci de particulier qu’il marque un tournant significatif dans l’histoire pénale, en sublimant le combo pouvoirs policiers/surveillance technologique de masse/privatisation de la sécurité, sans toutefois constituer un basculement nouveau dans la construction de l’édifice sécuritaire puisque celui-ci a été profondément densifié depuis de nombreuses années. Au fond, cette loi symbolise la quintessence du continuum sécuritaire, et non pas de sécurité, comme le présentent ses concepteurs.

Sauf qu’à force de lois qui s’accumulent, se complètent, s’entremêlent, égratignant à chaque fois un peu plus telle ou telle garantie juridique, protection individuelle ou liberté essentielle, il arrive un moment où se pose sérieusement la question de la sauvegarde du noyau dur qu’est l’Etat de droit. Ce droit, manié quotidiennement par l’autorité judiciaire, qui n’a pourtant pas été incarné par le garde des sceaux, absent des débats parlementaires sur ce texte alors que la justice, tout comme les forces de l’ordre, est en première ligne question sécurité et libertés individuelles.

Avec ce vote, ce qui est clair aujourd’hui, c’est que le recul des libertés est assumé – même franchement à lire le nouvel intitulé ubuesque de cette loi « pour un nouveau pacte de sécurité préservant les libertés », comme si un contrat social pouvait être irrespectueux des libertés – et que l’Etat de police est acté, sur fond de safe city, d’accoutumance technologique et d’impératif de vigilance.

Avec sang-froid, d’un point de vue légistique et juridique, il est en effet permis de parler d’un Etat de police, lequel s’avère en l’occurrence avoir été réclamé par la hiérarchie et des syndicats policiers, mais au préjudice de tous.

 

Roger Frey (1913-1997), ancien président du Conseil constitutionnel, rappelait en 1977 que ses anciennes fonctions de ministre de l’intérieur lui avaient permis de « constater que l’administration a toujours dans ses cartons d’innombrables textes de circonstances qui, en fait, ne servent à rien et dont l’adoption serait lourde de dangers. Il n’y a pas de mois où l’on ne propose à un ministre de l’intérieur un texte limitant la liberté au motif qu’il faciliterait l’action de la police ». Sauf que certains, moins scrupuleux, n’hésitent pas à les sortir des cartons.

Climat : 2050, c’est trop tard

Climat : 2050, c’est trop tard

Pour le PDG de Metron, Vincent Sciandra , société française spécialisée dans l’optimisation énergétique, les promesses pour 2050, c’est trop tard.

 

(Tribune dans l’Opinion)

 

Rien ne se fera en 2050 : réalisons la transition énergétique ici et maintenant ! Les investissements en faveur de cette transition ont battu en 2020 tous les records, et c’est en soi une excellente nouvelle. La question n’est donc plus de savoir si elle doit avoir lieu, mais grâce à quels acteurs, à quelle échéance et selon quelles priorités. C’est sur ces points que l’image se brouille et qu’il faut l’éclaircir.

Quels acteurs pour cette transition ? En ces temps de plans de relance massifs, on semble tout attendre de la puissance publique, sur les plans réglementaire ou financier. L’idée d’une taxe carbone est notamment invoquée comme électrochoc, mais son acceptabilité économique et sociale est problématique.

C’est oublier que les acteurs économiques ont déjà de nombreux leviers entre leurs mains : pour répondre aux attentes des marchés, pour rester compétitives et innovantes, les entreprises inventent déjà un monde post-carbone et devancent bien souvent la réglementation. Il faut faire connaître ces myriades d’initiatives, issues d’intérêts bien compris et d’une synergie vertueuse entre la dynamique du marché et les espoirs de la société.

C’est l’objectif de L’Observatoire du verdissement de l’économie lancé par Metron, dont la première édition vient de paraître. Dans tous les secteurs, plus d’une dizaine d’acteurs majeurs de l’économie y exposent les solutions déjà mises en œuvre.

Quelle échéance ensuite ? 2040, 2050 ? En agitant ces chiffres ronds, nous supposons que nous aurions le temps d’attendre une rupture technologique et alimentons une certaine procrastination. Le progrès scientifique doit bien sûr être encouragé, mais le défi devant nous est urgent et mondial. Toute révolution technologique est aléatoire, très inégalement diffusée et accessible. Dans aucun secteur, nous ne pourrons tout remplacer par une solution up to date. Nous devons dès aujourd’hui travailler sur le parc industriel, les bâtiments et les infrastructures existants, par une optimisation des consommations.

Les solutions sont là, elles peuvent certes inspirer les réglementations et bénéficier d’aides publiques, mais elles doivent surtout faire école et mobiliser les acteurs du marché. C’est dès aujourd’hui qu’il faut former massivement les jeunes aux métiers de la transition énergétique. C’est dès aujourd’hui qu’il faut optimiser les infrastructures industrielles. C’est dès aujourd’hui que la finance doit accorder des prêts verts à long terme aux entreprises les plus vertueuses. Nous devons travailler sur les usages et raisonner à technologies constantes.

Le digital permet déjà aux industriels de modéliser et d’évaluer leurs consommations énergétiques, aux financeurs de mieux évaluer les entreprises à impact positif à aider en priorité, aux fabricants de relocaliser et de personnaliser leur production, et donc d’économiser sur les coûts de transport et de production. Dans les transports, la numérisation encourage l’optimisation des flottes par une mobilité partagée. Enfin l’écologie industrielle offre d’ores et déjà l’exemple d’entreprises en symbiose énergétique avec leurs territoires.

Quelles priorités, enfin ? L’essentiel des investissements actuels vise en réalité à produire toujours plus d’énergie, et toujours plus d’électricité. La production globale augmente, mais reste dominée à plus de 80% par les énergies fossiles. L’électricité reste produite aux deux tiers par les mêmes sources. Éolien et solaire ne représentent toujours que quelques pourcents de notre consommation, et leur croissance est de plus en plus coûteuse en métaux rares et en espace. Verdir ne peut donc se réduire à produire plus.

Or l’essentiel de la baisse des émissions de gaz à effet de serre de l’énergie réalisée ces dernières années a été le fait de l’efficacité énergétique, qui doit être considérée comme une source d’énergie à part entière. Elle suppose une connaissance fine de nos consommations, grâce au digital, qui doit nous éviter une fuite en avant dans toujours plus de capacités de production. Alignons celles-ci sur nos besoins revisités, et non l’inverse !

En privilégiant l’efficience et la sobriété énergétiques, nous redécouvrirons que le kWh que l’on ne consomme pas reste le plus vert de tous… Les petites boîtes noires remplies de capteurs et d’algorithmes incarnent déjà bien mieux le futur de l’énergie que les pales géantes des éoliennes.

Le climat n’attendra pas 2050. Donnons-nous toujours l’année en cours comme horizon. C’est dans ce temps réel que nous gagnerons le compte à rebours.

Vincent Sciandra est le fondateur de Metron, jeune société française spécialisée dans l’optimisation énergétique des entreprises.

Anticor : Encore trop dépendant du gouvernement

Anticor : Encore trop dépendant du  gouvernement

 

Les membres de l’Observatoire de l’éthique publique, des juristes et des élus politiques proposent, dans une tribune au « Monde », de confier la procédure d’agrément, de renouvellement et de suspension des associations anticorruption à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

 

Tribune.

 Le renouvellement de l’agrément par le gouvernement de l’association Anticor a défrayé la chronique ces dernières semaines. Il est indispensable de réformer la procédure d’agrément des associations anticorruption pour l’avenir. La loi pour la confiance dans l’institution judiciaire, prochainement en discussion au Parlement, en offre l’occasion.

Anticor dispose de deux agréments qui lui permettent de mener à bien ses missions statutaires de lutte contre la corruption.

Le premier, délivré par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), lui permet de saisir cette autorité administrative indépendante d’une violation de la loi du 11 octobre 2013 sur la transparence de la vie publique concernant les élus (manquements à leurs obligations de déclaration, conflits d’intérêts, etc.).

Une avancée incontestable

Le second, lourd de conséquences juridiques, est délivré par le garde des sceaux et lui permet, depuis 2015, de saisir les tribunaux en tant que partie civile dans les affaires de corruption, de trafic d’influence, de recel ou encore de blanchiment. Ce précieux sésame, délivré seulement à trois associations en France (Anticor, Sherpa et Transparency France) pour une durée de trois ans renouvelables, leur permet de déclencher directement l’instruction pour ces infractions (le cas échéant en passant outre un classement sans suite par le parquet, comme dans l’affaire des sondages de l’Elysée).


Une telle habilitation, créée par la loi du 6 décembre 2013, constitue une avancée incontestable dans la lutte contre les conflits d’intérêts puisqu’elle limite le risque d’enterrement politique des affaires de corruption, particulièrement lorsqu’elles concernent la majorité au pouvoir.

Or l’agrément et son renouvellement dépendent du garde des sceaux, conformément au décret de 2014 qui crée cette procédure. Alors que Nicole Belloubet, en 2018, avait aisément renouvelé une première fois l’agrément d’Anticor, la situation s’annonçait d’emblée différente pour ce deuxième renouvellement fin 2020 puisque le nouveau garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti, faisait l’objet d’une plainte pour prise illégale d’intérêt… déposée par Anticor le 9 octobre 2020. Le ministre n’avait donc d’autre choix que de se déporter sur le dossier, en le confiant au premier ministre.

Le conflit d’intérêts n’a néanmoins pu être évité qu’en apparence, puisque l’instruction du dossier continuait à être effectuée par les services du ministère de la justice et qu’il existe une solidarité politique entre le premier ministre et les membres de son gouvernement.

Norme euro 7 automobile : trop contraignant pour les constructeurs et le ministre de l’économie

Norme euro 7 automobile : trop contraignant pour les constructeurs et le ministre de l’économie

La norme Euro 7 va au-delà des simples règles de la physique! » Selon Carlos Tavares d’Atlantis.

« Elle rendrait tout simplement impossible la poursuite de la fabrication de voitures thermiques. Il faut donc rétablir un dialogue constructif et respectueux », poursuit Carlos Tavares rejoins sur ce point par le ministre de l’économie.

« Le temps où bon nombre de règles européennes ont été élaborées sans échange avec l’industrie – qui a ainsi payé le prix du problème qu’a posé un seul de nos concurrents – est je l’espère révolu », ajoute-t-il par allusion à Volkswagen et au scandale du dieselgate de 2015.

L’Europe durcit régulièrement les normes d’émission de CO2 et de polluants des véhicules.

La prochaine norme limitant les émissions d’oxydes d’azote et de monoxyde de carbone, Euro 7, doit entrer en vigueur en 2025. En renchérissant encore le coût de la dépollution, elle est susceptible d’accélérer la baisse des motorisations thermiques et profiter par ricochet aux voitures électriques.

L’Association allemande des constructeurs (VDA) a déjà estimé que cette nouvelle norme allait trop loin.

 

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