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Les « zamours » de Macron-Trump : ils en font trop !

Les « zamours » de Macron-Trump : ils en font trop !

 

De toute évidence Macron et Trump en font des tonnes pour marquer leur amitié, sans doute pour compenser leurs divergences sur l’essentiel (le multilatéralisme, le libre échange, l’Iran ou le climat). Chacun se sert aussi de l’autre pour valoriser sa propre image. Sr les réseaux sociaux, on se moque de cet excès d’amour.  Pour le JDD, le synergologue Stephen Bunard, conférencier spécialisé dans la communication non verbale*, décrypte ces gestes un peu excessifs pour ne pas dire indécents

 

 

« Dans la gestuelle des politiques, il y a à la fois ce qui est conscient et ce qui relève de l’inconscient. Que Donald Trump et Emmanuel Macron se livrent à ce petit jeu de ‘touche-touche’ est quelque chose de complètement intégré chez eux. Ils jouent à qui est le plus dominant. Notre héritage primatologique est ainsi : à quoi reconnaît-on le mâle dominant dans un groupe? Il s’agit de celui qui touche plus les autres que les autres ne le touchent. Ce qui échappe à Trump et Macron est peut-être le degré d’intensité de ces gestes. Une tape dans le dos, ou la répétition de tapes dans le dos, ou la hauteur à laquelle on tape dans le dos… Tout cela a son importance. Prenons l’aspect de la hauteur : plus on monte, plus on veut marquer son caractère dominant. Prendre quelqu’un par l’épaule est donc quelque chose de fort, par exemple. Disons donc que ce jeu de la domination est caractérisé par ce touché semi-conscient. Attention toutefois à ne pas trop en faire, sans quoi ceux qui regarderont ce jeu y décèleraient quelque chose de factice. Or, quand cela est trop voyant, il y a quelque part un problème. Pourquoi mettre à ce point en avant une telle proximité? Sans doute parce qu’ils craignent de ne pas la montrer assez… En l’espèce, si les images de Trump et Macron ont provoqué cet amusement, c’est qu’il y a sans doute eu ce côté ‘Ils en font trop’. Certains évoquaient sur les réseaux sociaux une pub Tinder [une application de rencontre]. Il y a un côté Feux de l’amour aussi. La photo de Donald Trump emmenant par la main Emmanuel Macron est d’ailleurs assez drôle. Mais il le tient par la main gauche, ce qui n’est pas un geste de domination pour le coup. Au-delà de ce rapport de forces perpétuel, il faut noter quelque chose de positif dans cette familiarité : les deux se reconnaissent mutuellement. Ils se jaugent, ils s’évaluent. Un peu comme deux lions. S’évaluer, c’est aller vérifier que l’autre est à mon niveau. ‘A quel rang dois-je le mettre? Mérite-t-il mon estime?’ Là-dessus, il me semble qu’il y a une reconnaissance mutuelle entre Trump et Macron. Quand le président américain tente de ramener son homologue vers lui, par exemple, il y a un côté ‘je te ramène dans ma sphère, dans mon intimité, car tu le mérites’. Trump aime bien Macron. Avec Angela Merkel ou ceux qu’ils n’aiment pas, il n’a pas cette gestuelle. On aurait tort de ne le juger que comme un grossier personnage. C’est sa façon à lui de vérifier que l’autre est à son niveau. En réalité, Donald Trump  est beaucoup sur cet instinct grégaire. Il s’amuse. Il n’a pas de filtre, il agit de façon assez enfantine. Il est boudeur avec Merkel, il est joueur avec Macron… Il a un côté saltimbanque. Et en face de lui, Macron est de bonne composition, il n’a pas vraiment l’air déstabilisé. D’ailleurs, si l’on s’arrête sur cette scène où Donald Trump retire des pellicules à Emmanuel Macron, qui cela dessert-il le plus? Je ne pense pas que ce soit le président français… Il y a ici de la part du dirigeant américain un geste paternaliste, cauteleux, c’est-à-dire avec une arrière-pensée un peu moqueuse. Mais cette image assez cocasse ne montre pas un Trump si dominant que cela. La lecture à avoir serait inverse. Revenons au monde animal : Trump a un geste d’épouillage. Et qui épouille qui chez les grands singes? Plutôt celui qui est soumis. Macron serait donc ici le dominant, il a les mains croisées et son interlocuteur vient à lui. Typiquement, ici, nous avons un exemple de cette manifestation de l’inconscient. Autrement dit : ce que je veux consciemment montrer n’est pas forcément ce qui pourra être inconsciemment perçu à grande échelle. »

 

 

Premier anniversaire du gouvernement : trop de réformes à la va vite et manque d’équilibre

Premier anniversaire du gouvernement : trop de réformes à la va vite et manque d’équilibre

Le gouvernement va fêter son premier anniversaire et le bilan qu’on peut tirer de son action est assez mitigé. Certes on peut noter une vraie volonté réformatrice mais c’est devenu autant un slogan qu’une volonté politique. En effet, certaines reformes sont conduites avec sérieux, elles sont nécessaires ; d’autres le sont aussi mais il faudra y consacrer davantage de temps avec de vraies négociations avec les acteurs concernés. Le Macron justifie cette déferlante réformatrice par sa légitimité. Il faut  rappeler que Macron n’a recueilli au premier tour qu’un score assez médiocre et que pour l’essentiel c’est le rejet de Marine Le Pen qui l’a fait élire et non l’adhésion à son programme. Du coup, cela devrait l’obliger à solliciter largement la négociation pour obtenir uen adhésion plus active au changement. Le problème c’est qu’après avoir balayé l’opposition politique, Macron veut aussi balayer toute intermédiation qu’il s’agisse des partenaires sociaux ou associatifs ou même du parlement. Un parlement composé essentiellement de godillots choisis par Macron par petites annonces sans expérience sociale ou politique, sans originalité et sans charisme. Bref des petits technos aux ordres. C’est surtout la méthode Macron qui est en cause ; Un Macron qui a adopté une posture de monarque républicain et qui impose une sorte de démocratie étatique de type impérial. Certes la conjoncture économique se porte mieux mais on ne peut cependant pas parler de miracle quand la croissance du PIB se limite à 2%. C’est mieux qu’avant mais bien insuffisant pour faire baiser de manière significative le chômage. L’économie se porte mieux c’est certain mais c’est aussi du à la conjoncture internationale. En outre, la politique de Macron manque sérieusement d’équilibre et les plus aisés sont notoirement avantagés par rapport aux efforts demandés aux autres. Pas étonnant que 64% des français soient mécontents de la politique économique est sociale. Dernier élément du bilan, la posture un peu trop professorale voire condescendante de Macron qui a du mal à aire preuve de compassion et de compréhension vis-à-vis des moins favorisés. A son crédit évidemment son culot et son dynamisme mais un peu de modestie et d’écoute seraient bienvenus. Finalement un bilan assez mitigé qui ne garantit pas l’avenir

L’Unedic : un milliard d’euros de trop versés !

L’Unedic :  un milliard d’euros de trop versés !

 

Un milliard versé en trop par l’Unedic en 2017 pour insuffisance de mise à jour des dossiers. C’est beaucoup évidemment et cela s’explique par la complexité administrative relative à la délivrance des prestations chômage notamment pour ceux qui exercent  une activité à temps partiel. La complexité vaut autant pour l’ouverture des prestations que pour leur cessation. Il faut mettre ce chiffre d’excédent versé en rapport avec notamment le budget, une quarantaine de milliards et le déficit (autour de 4 milliards). .Le déficit de l’assurance chômage se montait à 4,3 milliards l’an dernier. il serait  de 3,8 milliards en 2017, puis de 3,25 milliards l’année suivante. De 30 milliards d’euros l’an dernier, la dette de l’assurance chômage serait de 33,8 milliards cette année, et de 37,1 milliards en 2018. L’Unedic note néanmoins que la dette fin 2018 aurait pu être plus élevée de 600 millions, si les changements impulsés dans le cadre de la nouvelle convention sur l’assurance chômage signée au printemps. Pour le trop perçu, il a augmenté de 36% en trois ans. L’année dernière, 2,3 millions d’indus ont ainsi été notifiés, concernant essentiellement des demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite.  Près de neuf indus sur dix (87%) sont consécutifs à la reprise d’une activité salariée, selon la note de l’Unedic. Dans la plupart de ces cas (62%), l’allocataire a bien déclaré à Pôle emploi avoir travaillé, mais il n’a pas « déclaré » ou « justifié » tous les salaires perçus. Dans les autres cas (38%), l’allocataire a travaillé, mais ne l’a pas déclaré

 

SNCF : « le train est trop cher » (Bussereau)

SNCF : « le train est trop cher »   (Bussereau)

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Dominique Bussereau ancien Ministre de transports justifie la nécessité d’uen réforme SNCF en appuyant sur l’objectif central de la baisse des couts. En clair pour lu,  le train est trop cher, ce qui est incontestable pour le TGV en général  ( les TER, eux, sont largemenet subventionnés par les régions).  (Interview France Info)

 

Elisabeth Borne, la ministre des Transports, dit ne pas comprendre la grève annoncée à la SNCF, vous la comprenez ?

Dominique Bussereau : Elle est dans son rôle. J’ai été cinq ans à la fois avec Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, au ministère des Transports. Je suis fils et petit-fils de cheminot. Je ne peux pas imaginer que cette réforme importante, nécessaire et utile se fasse sans qu’il y ait une réaction du corps social. La ministre est dans son rôle, mais la réaction du corps social, n’est pas une surprise non plus.

 

Le gouvernement demande à la SNCF d’aligner ses coûts sur les standards européens, puisque « faire rouler un train en France coûte 30% plus cher qu’ailleurs », selon le Premier ministre. Est-ce une bonne nouvelle pour les usagers ?

 

Les Länder [régions] allemands ont depuis longtemps régionalisé leur trafic, l’équivalent de nos TER, et ils l’ont fait selon les länder et selon les entreprises qui sont choisie. On a vu aussi, comment en Italie sur la liaison nord-sud, entre Turin, Milan et Rome et le sud de l’Italie, un concurrent des chemins de fer italiens, dont la SNCF a été au capital dans une première période, a fait baisser les coûts et augmenter en même temps le trafic et améliorer la qualité. Après c’est au consommateur de faire son choix. Il y a 20 ans personne ne prenait l’avion en France sinon une petite minorité. L’arrivée des low cost, l’ouverture de la concurrence, y compris sur la desserte de l’Outre-Mer a complètement modifié la fréquentation dans le transport aérien dans notre pays.

Les usagers britanniques de leur côté se plaignent beaucoup des tarifs prohibitifs, des retards, des dysfonctionnements. Pour vous il n’y a aucune inquiétude à avoir sur l’ouverture à la concurrence ?

 

Ce n’est pas le cas du tout en Angleterre. En effet sur certaines lignes régionales, il y a des problèmes, mais sur les grandes liaisons, toutes les liaisons d’aménagement du territoire, le trafic a explosé, le trafic de fret progresse en Grande-Bretagne alors qu’il régresse chez nous. Après une période compliquée et difficile, la Grande-Bretagne offre aujourd’hui, les meilleurs services, les meilleures fréquences, le meilleur confort. C’est vrai que c’est plus cher, mais les Britanniques, à la différence des Français ne subventionnent pas autant.

 

Agriculture : trop de bureaucratie (Virginie Calmels)

Agriculture : trop de bureaucratie (Virginie Calmels) 

Virginie Calmels, la première vice-présidente des Républicains n’est en politique que depuis 3 ans mais elle a compris la musique et brosse dans le sens du  poil les agriculteurs ; Elle apprend vite et sait s’adapter au contexte politique puisqu’elle est passée de Juppé à Fillon puis à Vauquiez ; la libérale rappelle à juste titre la bureaucratie qui frappe les agriculteurs mais est très ambigüe sur la formation des prix et sur le modèle agricole « qui doit être composite ». En clair elle soutient nettement les gros producteurs intensifs. Sans condamner l’approche écolo des plus petits. Bref elle ira loin avec son sens du slalom et pourrait constituer une éventuelle remplaçante à Vauquiez trop caricatural et trop brutal.

 

Tribune dans le JDD.

« L’exploitant agricole est sans aucun doute un véritable entrepreneur du vivant : il cultive et élève, soigne et répare, compte et prévoit. Peu de métiers demandent autant de polyvalence. Certains se risquent avec parfois beaucoup de talent sur les marchés à terme. Une partie prépare, tels des champions, des bêtes d’exception pour communiquer et briller sur les foires et expositions. D’autres maîtrisent leur production de la fourche à la fourchette, transformant et vendant des produits uniques. De par la richesse de nos productions, la diversité de nos terroirs, et par des comportements singuliers, chaque agriculteur est différent, mais tous créent et entreprennent. Pour autant, un certain nombre de carcans viennent entraver l’harmonie naturelle de la Ferme France… L’agriculteur français est victime de la surcharge administrative. Il consacre en moyenne près de 10 heures par semaine pour réaliser des démarches obligatoires, à l’image des procédures MSA, de la saisie de la TVA, des déclarations PAC ou des obligations comptables et fiscales. Ce cadre contraignant prive ainsi l’exploitant de passer davantage de temps pour travailler sur son exploitation, ou pour vivre sa vie de famille. N’oublions pas qu’un agriculteur travaille en moyenne 54 heures par semaine, bien loin du temps de travail moyen du reste de la population. Les démarches administratives doivent donc être simplifiées, notamment en mutualisant l’action de nombreux interlocuteurs. Après la simplification, vient l’allègement. Pour mieux vivre de son métier, une baisse des charges fiscales et sociales est elle aussi nécessaire. Nous ne pouvons pas tolérer que l’agriculteur soit obligé d’investir, pour baisser son résultat et ainsi sa base de prélèvements obligatoires. Ce n’est pas l’augmentation de la CSG qui redonnera des couleurs à des trésoreries impactées par une série d’aléas météorologiques, conjoncturels ou sanitaires. La liberté ne s’acquiert pas que par la réduction des cotisations, elle passe aussi par la réduction des normes, pour cesser d’empoisonner le quotidien des exploitants. La réglementation doit nécessairement contribuer à la protection de l’environnement, au bien-être animal ou à la sécurité sanitaire. Mais gardons-nous de tout excès de zèle, en cultivant une liste à la Prévert pour mieux aliéner l’exploitant! Cessons également les contrôles phytosanitaires ou de certification biologique inopinés, causant stress et désillusion dans nos campagnes. De même, l’administration sait-elle mieux que l’agriculteur si un fossé doit être curé ou non, et si le vent est trop fort pour traiter sa parcelle ? N’oublions pas que la France se classe 115e sur 140 pays pour sa complexité administrative. La réglementation impacte clairement la compétitivité de notre agriculture, notamment pour les projets de construction ou d’extension de bâtiments d’élevage. Face à ces mécanismes rouillés, notre agriculture doit renouer avec le chemin de la liberté. Si les Etats généraux de l’Alimentation ont le mérite de mettre l’agriculture au cœur des débats de société, peut-on réellement parler de politique novatrice, quand le Gouvernement s’empare et dépoussière d’anciennes politiques planificatrices? Stéphane Travert annonce notamment que les prix agricoles seraient fixés selon les coûts de production des exploitants. Par ce mécanisme, les prix français s’éloigneraient des cours mondiaux, affectant considérablement notre compétitivité internationale. N’oublions pas qu’en 2016, les exportations de produits agricoles ont dégagé un excédent commercial proche de 6 milliards d’euros, et que la France reste le premier exportateur européen. Mais en rémunérant les agriculteurs par ces prix préalablement fixés, ces derniers seront-ils encouragés à maîtriser leurs coûts de production? Cette mesure phare du projet de loi alimentation ressemble fortement à un retour aux prix garantis, abolis par la réforme de la PAC de 1992. Jusqu’alors, l’Europe fixait des prix supérieurs aux cours mondiaux, entraînant une véritable surproduction. Le contribuable payait ensuite les coûts de stockage, d’exportation à bas coût vers des pays tiers, ou de destruction de ces excédents. De même, Emmanuel Macron souhaite créer une ‘pré-retraite agricole’ pour financer et encourager le renouvellement des générations. Attention à ne pas créer une dépense de plus, devant être supportée par un système de financement des retraites agricoles aux abois, avec une MSA reposant sur 2,5 fois moins de cotisants que de bénéficiaires. Cette vaste consultation citoyenne aurait dû faire preuve d’innovation pour promouvoir une agriculture libérée du joug administratif et réglementaire pesant sur les exploitants. Face à un air de déjà-vu, encourageons notamment les initiatives individuelles provenant des nouvelles technologies. Ces dernières permettent ainsi de partager du capital, des savoirs ou des données techniques, à l’image des applications de cofarming, faisant de l’agriculteur connecté un agriculteur libéré. A l’issue des Etats généraux de l’Alimentation, le gouvernement souhaite dessiner une politique agricole de la qualité et de l’excellence environnementale.  Cette volonté va dans le bon sens, toutefois, sachons reconnaître la diversité de la Ferme France, et traçons les contours d’un modèle libre et composite, sans imposer un modèle agricole unique. N’opposons pas l’agriculture bio ou les appellations de qualité avec les modes de production conventionnels. Devant une demande multiforme, traçons les sillons d’une agriculture complémentaire. »

 

« Quand on veut tout faire trop vite, on risque de faire des conneries » (Mailly, FO)

« Quand on veut tout faire trop vite,  on risque de faire des conneries » (Mailly, FO)

L’activisme réformateur du gouvernemenet  inquiète Mailly le  patron de FO.  « Trop d’ordonnances ça peut tuer le malade », a ironisé M. Mailly sur Franceinfo, pointant « à la fois un problème de méthode et un problème de fond ». » « Quand on veut tout faire trop vite,  on risque de faire des conneries ;  « On ne nous a jamais parlé d’ordonnances sur la SNCF », a-t-il affirmé, estimant que le gouvernement a la « tentation de vouloir passer en force et de confondre vitesse et précipitation ». « Sur un dossier comme celui-là, il pourrait prendre le temps d’une véritable consultation », a-t-il ajouté, rappelant qu’ »il y a des lignes rouges », notamment la question du statut des cheminots.  Le statut n’est pas à l’origine de « tous les pépins qu’il y a régulièrement gare Montparnasse ou ailleurs », a-t-il relevé. FO, non représentatif à la SNCF, a appelé à une journée de manifestation le 22 mars, aux côtés de la CGT et de SUD rail.

Johnny Hallyday : ou le déchirement trop classique dans certains héritages

Johnny Hallyday : ou le déchirement trop classique dans certains héritages

François de Singly, sociologue de la famille, chercheur au Centre de recherche sur les liens sociaux (Cerlis) tente d’expliquer ces déchirements par le lien affectif, élément sans doute mais qui ne peut dominer la cupidité grandissante avec l’âge de certains héritiers (en moyenne vers la soixantaine compte tenu de l’allongement de la durée de vie). Interview France info

 

Franceinfo : Pourquoi l’héritage occupe une place centrale dans nos familles ?

François de Singly : Dans les familles contemporaines, l’héritage a une place importante, mais pas forcément centrale. Historiquement, il était primordial car il signifiait l’accès au travail. Si mon père était boulanger, j’attendais qu’il meure pour hériter de sa boulangerie et travailler à mon compte. De la même façon, jusqu’à la fin du XIXe siècle, les parents se mariaient sans amour. Dans les familles bourgeoises, les enfants étaient élevés par les bonnes, les employés. L’héritage des parents était économique.

Depuis le début du XXe siècle, les familles transmettent via l’héritage leurs biens, mais aussi leur amour. Avec l’allongement de l’espérance de vie, les individus héritent plus tard, vers 50-60 ans, ils n’ont généralement plus autant d’attentes matérielles et le curseur se déplace sur l’affectif. La mort, c’est comme dans une séparation de couple. On fait un bilan. On se remémore ce que le défunt nous a donné durant son vivant, ce qu’on lui a partagé et puis finalement on découvre ce qu’il nous lègue. Cela peut être très violent.

Le droit français stipule pourtant que les enfants reçoivent l’intégralité des biens du défunt, sous réserve des droits de l’époux (se) survivant(e) ?

Oui, en France, depuis la Révolution française, le lien de filiation est central, bien plus que le lien conjugal. Les enfants héritent de façon égale de leurs parents. C’est pour ça que le cas de Johnny Hallyday surprend car l’épouse est en position « supérieure » par rapport aux enfants.

Pour de nombreuses familles, le droit français évite au moins les conflits liés aux questions financières. Cependant, imaginez trois enfants dont les parents vieillissent et l’un d’eux s’occupe plus de son père et sa mère. Au moment du décès, tout le monde touche la même somme. La personne qui aura passé cinq ans de sa vie à s’occuper de ses parents n’aura légalement pas le droit de demander plus, mais cela peut être vécu comme une injustice. C’est pour ça que certains écrivent des testaments, pour anticiper ces arbitrages et distinguer leurs héritiers. Il ne faut pas oublier non plus que ces règlements se font souvent dans des moments où les personnes sont déstabilisées par la mort de leur proche, et cela peut exacerber les tensions.

Pourquoi accorde-t-on autant d’importance aux objets ?

Tous les objets que nous possédons ont un symbole, une histoire. Le père de mon épouse était un grand joueur d’accordéon, réputé. Lorsqu’il est mort, les frères et sœurs voulaient tous avoir l’instrument parce qu’il représentait la passion de leur père et l’image qu’ils avaient de lui.

On ne veut pas seulement un objet qui a appartenu à quelqu’un, on veut sa dimension affective. Il y a pleins d’objets, vieux vêtements et meubles, dont les héritiers ne veulent pas et qui finissent à Emmaüs. Si votre père tondait la pelouse par obligation, vous n’allez pas vous battre pour avoir la tondeuse. Mais si c’était un passionné de fleurs, peut-être qu’avoir le sécateur qu’il utilisait tous les jours sera un enjeu. Si on en revient à David Hallyday et Laura Smet, leur demande va dans ce sens. David Hallyday demande une guitare ayant appartenu à son père et Laura Smet a regretté de ne pas avoir hérité d’un disque dédicacé de la chanson Laura, écrite pour elle.

D’ailleurs, les héritiers ne veulent pas tous les mêmes objets. Ils veulent ceux qui correspondent à la relation et l’image qu’ils avaient du défunt. Je crois que la majorité des personnes ne sont pas obsédées par le montant de l’héritage mais par les symboles associés.

Les enjeux de la transmission sont donc à la fois économiques et affectifs…

Et identitaires. Il faut que l’objet dont on hérite corresponde à notre identité actuelle. Je pourrais être très proche de ma mère fervente catholique, mais si je suis très éloigné de la religion et qu’elle me lègue son chapelet, je ne vais pas forcément le garder. Cela va me mettre mal à l’aise, il faut que l’objet soit conforme à ce que j’ai envie d’être aujourd’hui. De la même façon, un objet transmis entre deux générations sera peut-être complètement obsolète pour la troisième. Ce que ma mère va me laisser, ma fille n’en voudra peut-être pas ensuite, et le mettra en vente sur Ebay. Aujourd’hui, l’héritage se transmet encore beaucoup par des logiques de genre. Hériter des bijoux d’une mère pour des filles et perçu comme « normal » mais moins pour les fils. L’héritage suit toujours des logiques de normes sociales.

Les familles aisées sont-elles plus concernées par ces conflits ?

Non, toutes les familles, mêmes les plus modestes, possèdent des objets. On se bagarrera peut-être davantage pour l’héritage économique, mais l’affectif compte tout autant. Vivre avec ses disparus, garder un symbole des défunts, concerne tout le monde.

Au-delà de la répartition économique, pourquoi les héritiers peuvent-ils être en conflit ?

Dans certaines familles, il y a des enjeux de pouvoir qui étaient autrefois régulés par le droit. Il était normal à l’époque que les garçons héritent plus que les filles. Maintenant, celui ou celle qui hérite d’un bien, d’un objet très distinctif, ou à forte valeur, pourra être perçu comme supérieur(e).

L’enfant qui hérite de la propriété familiale sera perçu comme le ou la cheffe de famille, symbolisera la continuité des défunts et quelque part la lignée de la famille. C’est ce qu’on appelle « l’héritier affectif ». Ce statut peut provoquer des querelles.

Pourquoi est-ce souvent plus difficile dans les familles recomposées ?

On questionne dans ces familles la légitimité des héritiers. Est-ce que les enfants d’un premier mariage sont plus légitimes que ceux d’un second ? Si je n’hérite pas, suis-je toujours légitime ? Ai-je donc été aimé comme les autres ? Dans le cas des Hallyday, j’imagine que le sentiment de Laura Smet, en dehors du leg économique, est peut-être d’avoir été oubliée par son père. Pour David Hallyday, il cherche sans doute à rappeler qu’il est vraiment le fils de Johnny Hallyday, même si ce dernier l’a peu éduqué. Ce sont des jugements moraux plus que légaux mais extrêmement lourds dans la construction de soi.

 

 

Réforme SNCF : un rapport trop partiel et un peu bâclé

Réforme SNCF : un rapport trop partiel et un peu bâclé

 

 

 

Rapport intéressant mais trop partiel et pour tout dire en peu bâclé même si globalement la problématique est abordée mais un peu simplifiée.   Une quarantaine de mesures sont proposées par Jean Cyrille Spinetta, qui a dirigé avec un certain brio Air France. Pourtant ce rapport apparaît trop partiel car Spinetta a rendu un rapport avec trois mois d’avance en se contentant  de ramasser toutes les évidences voire les banalités, aussi les remèdes bateaux dont certains pertinents d’autres très discutables et même contradictoires. . Il ne fait pas le lien avec la politique globale des transports, le développement durable ou encore l’aménagement du territoire. Ce caractère trop partiel est souvent inévitable quand on centre un rapport sur la seule gestion d’une entreprise alors  qu’il s’agit de redéfinir le rôle du rail (et pas seulement de la SNCF) en rapport aux autres modes de transport, à la solidarité territoriale  et aux enjeux écologiques. . Le fait d’attirer l’attention sur l’importance de la dette SNCF ne crédibilise pas pour autant l’analyse ou les solutions. En effet cette affaire de dette traîne depuis de 50 ans. Elle est  surtout liée au mode de financement du mode et à l’imputation des charges d’infrastructure. Il y a longtemps que l’État aurait du remettre les choses à plat, ce qu’on fait les Allemands en reprenant la totalité de la dette mais en imposant ensuite des critères de qualité et de gestion. La SNCF n’est certainement pas un modèle de gestion cependant elle ne saurait être tenue pour responsable d’un endettement qui découle surtout de décisions  du pouvoir politique concernant les grands investissements notamment les TGV (demain la mobilité urbaine)  La perspective de fermer les petites lignes non rentables n’est pas non plus une solution très nouvelle. Depuis notamment 1938,  elle a été largement pratiquée au point que le rail a disparu de la plupart des cantons en France,  on pourrait sans doute imaginer d’autres solutions que la suppression avec notamment d’autres modes de gestion passant par exemple par la privatisation et de nouveaux modes d’exploitation. . La proposition de supprimer le statut de cheminot est plus difficilement contestable surtout quand cette perspective n’est envisagée que pour les nouveaux entrants. De ce point de vue,  il ne faut pas confondre le concept de service public avec le statut de l’entreprise et la nature des conditions sociales des personnels. Un rapport qui met le doigt sur les fragilités bien connues de l’entreprise dans certaines solutions mérite d’être retenues  et discutées  mais dont  d’autres paraissent s inscrire dans le  strict intérêt financier de l’entreprise. Il paraît clair que Jean Cyrille Spinetta, très habile négociateur à Air France, s’y serait pris d’une autre façon s’il avait été en charge des négociations avec les syndicats. Mais en tant qu’expert largemenet inspiré par le gouvernemenet,  il n’a pas pris de pincettes se laissant même aller à quelques provocations. Pour résumer,  L‘ancien PDG d‘Air France, Jean-Cyril Spinetta fait 43 recommandations pour l‘avenir du transport ferroviaire, fragilisé financièrement et confronté à d‘importants défis avant l‘ouverture à la concurrence. “Trois milliards d‘euros de déficit de financement chaque année, c‘est un problème extrêmement concret et extrêmement lourd, qui appelle à l’évidence des décisions urgentes”, a-t-il dit lors d‘une conférence de presse. “Le rapport démontre sans ambiguïté la nécessité et l’urgence d’engager sans tarder une refondation de notre système ferroviaire”. Le rapport recommande d‘examiner la pertinence de maintenir des lignes peu utilisées, d‘envisager de ne plus embaucher sous le statut de cheminot et d‘enrayer l‘expansion des lignes TGV. Il suggère d‘autoriser la SNCF à recourir à des plans de départs volontaires, qui pourraient concerner 5.000 personnes. Il recommande de redresser les finances par des mesures de compétitivité et des ajustements des péages, redevances et dividendes. Une transformation qui passerait par la transformation de SNCF Réseau en société nationale à capitaux publics, associée à une garantie qu‘elle reste 100% publique. Pour donner de l‘air à SNCF Réseau, il propose de transférer à l‘Etat une partie de sa dette, qui s’élève à 46 milliards d‘euros, soit plus de deux points de produit intérieur brut. Il souligne cependant que ce transfert, qu‘il soit fait d‘un coup ou sur plusieurs années, s‘ajouterait en totalité au déficit public l‘année de cette décision, une gageure alors que la France vient de revenir sous la limite européenne de 3%. Concernant la mise en concurrence, qui doit commencer en 2019 et s‘achever au plus tard en 2023 pour les lignes subventionnées, selon un accord conclu au niveau européen, le rapport se penche sur la délicate question du transfert des personnels vers les nouveaux opérateurs. Il propose de garantir le maintien de leur rémunération nette, de leur ancienneté et de droits spécifiques concernant la retraite, la garantie d‘emploi et les facilités de circulation. Les arbitrages du gouvernement seront intégrés au projet de loi mobilités, prévu pour avril, qui comportera d‘autres chapitres importants comme les grands projets d‘infrastructure.

Edouard Philippe a précisé qu‘il recevrait la semaine prochaine la direction de la SNCF, les organisations syndicales représentatives, les régions, les usagers, l’établissement public de sécurité ferroviaire et l’autorité de régulation. “Le gouvernement présentera ensuite les thèmes qui seront abordés et la méthode de concertation qui sera suivie”, poursuit-il dans un communiqué. Il promet qu‘aucune décision sur le réseau ne sera prise sans “discussion étroite” avec les régions et les territoires.

Niveau SMIC : trop haut, trop bas ou manque de productivité ?

Niveau  SMIC : trop haut, trop bas ou manque de productivité ?

 

Le gouvernement a décidé  d’augmenter le SMIC  de 1,24% au 1er janvier 2018”. Soit concrètement un peu plus de 10 € nets pour le salarié. On se souvient que le groupe d’experts en charge d’éclairer le gouvernement sur les augmentations du SMIC avait déconseillé ce réajustement considérant qu’il pouvait affecter la compétitivité. Ces  économistes ont en effet recommandé au gouvernement de s‘abstenir de tout “coup de pouce” au smic le 1er janvier 2018, pour tenir compte des “fragilités” de l’économie française, et de supprimer à l‘avenir toute règle d‘indexation obligatoire. La ministre du Travail Muriel Pénicaud a décrit ce rapport comme “une contribution utile” et souligné que le gouvernement prendrait le temps de la réflexion sur l’évolution du smic, “pierre angulaire de notre modèle social français”. Le ministre de l‘Economie et des Finances Bruno Le Maire a quant à lui exclu l‘hypothèse d‘une désindexation. Le dernier “coup de pouce” au smic remonte au 1er juillet 2012, juste après l‘arrivée de François Hollande à l‘Elysée. Le smic avait alors été revalorisé de 2% dont 0,6% de “coup de pouce”. En fait la question posée est celle de l’influence du SMIC sur la compétitivité. Il faut d’abord distinguer le SMIC brut du SMIC net. Actuellement le SMIC net est de 1139 € et le SMIC brut de 1480 € ;  ce qui représente une charge totale d’au moins 2000 € pour le patron (en fonction des dispositions de branche et d’entreprise). De fait le niveau de coût est forcément important pour la compétitivité. Reste à savoir si c’est le  niveau de coûts qui est en cause ou l’insuffisance de productivité. Un salaire net d’un peu moins de 1200 € ne constitue pas un scandale pour permettre d’atteindre un niveau de vie satisfaisant. C’est même un minimum surtout dans les ménages qui ne comprennent qu’un seul salaire. Ceci étant,  ce salaire rémunère une durée du travail de 35 heures qui, elle, plombe vraiment la compétitivité et qui en outre introduit un changement du rapport à la valeur travail. Ce qui est posé encore bien davantage que le niveau du SMIC,  c’est la quantité et la qualité du travail au regard des standards internationaux. Un problème qui explique en partie la détérioration de notre commerce extérieur qui va encore accuser environ de 50 milliards pour l’année tandis que les Allemands dégageront un excédent de 200 milliards.

 

Tableau de l’évolution du SMIC

Ci-dessous, les 15 dernières variations du SMIC jusqu’à aujourd’hui.

SMIC horaire

SMIC mensuel

1 Janvier 2017

9,76 €

1 480,27 €

1 Janvier 2016

9,67 €

1 466,62 €

1 Janvier 2015

9,61 €

1 457,52 €

1 Janvier 2014

9,53 €

1 445,38 €

1 Janvier 2013

9,43 €

1 430,22 €

1 Juillet 2012

9,40 €

1 425,67 €

1 Janvier 2012

9,22 €

1 398,37 €

1 Décembre 2011

9,19 €

1 393,82 €

1 Janvier 2011

9,00 €

1 365,00 €

1 Janvier 2010

8,86 €

1 343,77 €

1 Juillet 2009

8,82 €

1 337,70 €

1 Juillet 2008

8,71 €

1 321,02 €

1 Mai 2008

8,63 €

1 308,88 €

1 Juillet 2007

8,44 €

1 280,07 €

Source : Insee

 

Marlène Schiappa et Françoise Nyssen : trop bavardes !

Marlène Schiappa et Françoise Nyssen : trop bavardes !

Sur Europe 1, Hervé Gattegno, revient l’excès de bavardage  de Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes, et Françoise Nyssen, la ministre de la Culture.

 

Vous revenez sur les déclarations controversées de deux ministres : Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes, à propos de l’affaire du meurtre d’Alexia Daval ; et Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, qui avait demandé la tête du PDG de Radio France. Question simple : est-ce que vous trouvez qu’elles ont eu tort de s’exprimer comme elles l’ont fait?
Je dirais que ces deux ministres ont eu des paroles malheureuses ; mais si elles ne sont pas malheureuses d’avoir parlé – parce qu’en réalité, elles ont dit ce qu’elles pensaient. Françoise Nyssen pense réellement qu’on ne peut pas diriger une chaîne de radio publique quand on a été condamné pour favoritisme, même si on a fait appel et que donc la condamnation n’est pas définitive. Et Marlène Schiappa pense sincèrement que l’avocat du mari d’Alexia Daval a une défense scandaleuse quand il justifie le crime par l’attitude de la victime. Le problème, c’est d’abord que ce sont des prises de positions qui, sur le fond sont très discutables ; et ensuite, que la parole d’un ministre engage forcément le gouvernement, ce qui crée des polémiques sur des sujets qui deviennent embarrassants. Chevènement disait : « Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne. » Là, on a un peu l’impression que c’est : « Un ministre, ça ouvre sa gueule et ça déraisonne… »

Sur le fond, ça veut dire que vous êtes en désaccord avec les deux ministres en question? Vous leur donnez tort non seulement pour avoir parlé, mais pour ce qu’elles ont dit…
Les deux cas sont différents. Mme Schiappa est très active, très ardente, très sincère, et elle a raison parce qu’elle défend une cause très légitime : la lutte contre les violences sexistes. Mais quand elle reproche à un avocat de défendre son client comme il veut, elle se fourvoie complètement – c’est à l’avocat d’en juger, et à lui seul (et à mon avis, le bâtonnier qui l’a critiqué se trompe autant que la secrétaire d’Etat). Pour ce qui est de Mme Nyssen, je peux comprendre qu’elle trouve que Mathieu Gallet, dans sa situation judiciaire, est en partie discrédité et que la radio publique peut difficilement se le permettre. Mais tactiquement, sa déclaration a donné le sentiment que c’est le gouvernement qui voulait la tête du PDG de Radio France alors qu’en théorie – je dis bien en théorie – c’est le CSA qui décide en toute indépendance. Le résultat, c’est que Mathieu Gallet sera peut-être innocenté un jour par la justice ; mais le CSA, lui, plus personne ne pense qu’il est indépendant.

 

Dans ces deux épisodes, on peut aussi avoir le sentiment que les ministres bafouent la présomption d’innocence. C’est aussi ce que vous pensez?
Evidemment. Mais la réalité, c’est que la présomption d’innocence est bafouée sans arrêt, y compris par nous les journalistes. Chaque fois qu’on parle d’un « assassin présumé » ou d’un « terroriste présumé », si les mots ont un sens, ça veut dire qu’on présente quelqu’un comme un présumé coupable. La présomption d’innocence, ce n’est pas tant une question de mots, de langage, que de préservation des droits : c’est ce qui fait, depuis la Révolution française, qu’un suspect ou un accusé ont des droits ; qu’on n’est plus au temps de l’Inquisition, qu’ils ont le droit de se défendre. L’autorité politique, elle, le ministre ou l’élu, ils doivent respecter ce principe, mais il arrive qu’ils doivent aussi marquer des convictions et assumer leurs responsabilités. C’est à eux de le faire avec, en quelque sorte, une présomption de bienséance. Sinon, c’est la règle de Pierre Dac qui s’applique : « Parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs de ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l’ouvrir. » Ça peut, parfois, s’appliquer aux ministres.

 

Macron et Rihanna : la com. de trop !

Macron et Rihanna : la com. de trop !

 

 

 

Comme la plupart des stars de la chanson ou du cinéma, Rihanna participe à une organisation caritative. Une manière pour ces vedettes du  star système de montrer les liens qui les unissent encore avec les plus défavorisés qui sont aussi souvent des fans. Des engagements parfois sérieux mais souvent aussi qui participent de la publicité de la vedette. Bref de la com. Cette fois,  la chanteuse a participé avec Macron à la conférence mondiale sur l’éducation à Dakar. Elle n’a pas manqué aussi de s’afficher avec Macron lequel paraissait aussi satisfait de cette mise en scène qui n’était pas obligatoire. Ce qui pose pour le président de la république la question du contenu de sa politique de communication. En même du rapport entre ses discours et sa pratique. Sur ce dernier aspect, la France n’a pas à se glorifier de son aide au développement ni conforme aux objectifs et même tendanciellement en régression. Pourtant, on ne cesse d’affirmer que l’immigration économique ne pourra être ralentie sans un développement volontariste en Afrique (préoccupation de Macron  encore affirmée la veille en Tunisie). Macron multiplie les visites en Afrique mais pas les moyens de financement. L’Allemagne plus discrète tient ses engagements financiers dans ce domaine. Ce n’est pas l’affichage de Macron  avec Rihanna qui changera la situation. En outre, la question se pose de savoir quelle est la posture médiatique que souhaiterait Macron : celle de François Hollande ? Ou celle  du général De Gaulle ? Celle du président copain, en tout cas cool ou celle de a la restauration de la dignité de la fonction. Pour Macron, c’est en même temps,  c’est-à-dire un excès de sacralisation pouvoir à certains moments et des rencontres incongrues à d’autres. Macron devra choisir pas forcément entre ces deux extrêmes. Il devrait  opter une posture plus équilibrée de la même manière qu’il devra rechercher aussi une plus grande cohérence entre ses discours et sa pratique Concernant Rihanna ; ils  s’étaient rencontrés pour la première fois l’été dernier lors de la venue de la chanteuse à l’Elysée pour évoquer l’accès à l’éducation des enfants. Cette dernière avait provoqué cet entretien en interpellant quelques semaines plus tôt le président de la République sur Twitter. Cette fois, c’est au Sénégal qu’Emmanuel Macron a pu échanger à nouveau avec la célèbre chanteuse barbadienne. Ce vendredi 2 février, le chef de l’Etat coprésidait avec le président sénégalais Macky Sall la conférence du Partenariat mondial pour l’éducation (PME) près de Dakar. Ambassadrice de ce partenariat, la star de 29 ans a assisté à ce rendez-vous, suivant le débat avec attention, et suscitant forcément une ruée des photographes à son arrivée. Elle a salué les « progrès énormes » réalisés lors de cette réunion, avant de saluer, parfois en les embrassant, les chefs d’Etat réunis à la tribune de la salle de conférence. Elle s’est également exprimée à la tribune.

 

Agriculture : les États généraux de l’alimentation trop théoriques !

Agriculture : les États généraux de l’alimentation  trop théoriques !

 

 

Macron a confirmé une loi pour la régulation des prix des productions agricoles. Une loi qui risque de demeurer théorique comme la charte sortie, elle, aussi des états généraux “Les bruits que j‘entends ne sont pas encourageants”, a dit Emmanuel Macron, annonçant une réunion dès la semaine prochaine de l‘ensemble des acteurs avec les ministres de l‘Agriculture et de l‘Economie pour rappeler les règles à respecter. À l’issue de cinq mois de débats force est de constater que ces états généraux n’ont servi à rien ou à pas grand-chose sinon à permettre des échanges entre les acteurs du secteur. En effet,  les décisions du gouvernement ne sont pas à la hauteur des enjeux. On va se contenter d’une disposition législative qui veut  interdire la vente à perte et contraindre les cantines scolaires à se fournir pour au moins 50 % en produits bio.  Théoriquement la mesure qui interdira la vente à perte dans la distribution alimentaire paraît de nature à assurer un minimum de rémunération aux producteurs. Ceci étant en l’état,  le texte est assez ambigu puisqu’il contraindra la distribution  revendre au minimum tout produit alimentaire au prix acheté majoré de 10%. Ce seuil sera accompagné d’un encadrement des promotions commerciales qui ne pourront plus être supérieures à 34% du prix normal et à 25% du volume annuel vendu et de mesures permettant de baser les contrats commerciaux sur les coûts de revient des agriculteurs. Le problème est de savoir cependant qu’elle sera le prix d’achat imposé au producteur. En effet ce prix d’achat est rarement fondé sur les coûts de production mais sur des prix que les distributeurs en situation oligopolistique imposent. De toute manière,  il paraît assez difficile sinon impossible de réglementer dans ce domaine à moins d’imposer une réglementation des prix qui serait refusée par Bruxelles (une sorte de tarification obligatoire). Les prix sont évidemment régulés par les rapports de force entre producteurs et distributeurs et cela à l’échelle internationale pour nombre de produits. De ce point de vue,  la balle est largement dans le camp des producteurs afin qu’ils structurent mieux leur réseau de commercialisation et qu’ils valorisent  davantage leurs productions auprès des consommateurs. Cependant rien n’est prévu encourager la structuration des réseaux commerciaux agricoles ou celle de la filière bio. Et pour cause concernant ce dernier aspect puisque Nicolas Hulot était absent !  Le chef du gouvernement avait  cependant annoncé un «nouveau programme en faveur de l’agriculture biologique». Il avait  ainsi affirmé que la part du bio, qui occupe actuellement 6,5% de la surface agricole du pays, passera à 15% en 2022, puis à 30% en 2030 mais sans préciser les moyens pour y parvenir.

Popularité Macron : en baisse car trop de « en même temps »

 Popularité Macron :  en baisse car trop de « en même temps »

 

Macro bénéficie sans doute d’une image de président jeune, dynamique et innovante ; pour autant,  cette image semble devoir être affectée par un excès de « en même temps ». Un « en même temps » qui  dissimule certains renoncements comme l’indépendance nationale, le refus d’un vrai service national, l’indépendance de la justice ou encore l’équilibre de sa politique d’immigration sans parler de la première préoccupation actuelle des Français concernant le pouvoir d’achat. Du coup la cote de popularité d‘Emmanuel Macron, qui avait connu un rebond à la fin de l‘année 2017, a baissé de deux points de pourcentage en janvier, selon un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche (JDD). Selon cette enquête menée du 12 au 20 janvier, 50% des personnes interrogées se disent satisfaites d‘Emmanuel Macron comme président de la République. En décembre, cette proportion était de 52%. C‘est la première fois que la popularité du chef de l‘Etat recommence à baisser dans les sondages depuis octobre. François Hollande affichait une cote de popularité de 38% neuf mois après sa prise de fonction en 2012 et Nicolas Sarkozy, de 47% à la même période après son élection en 2007. La popularité du Premier ministre, Edouard Philippe, a baissé de cinq points en janvier, passant de 54% à 49%.

Vœux Macron : trop long, trop froid et trop de « je »

Vœux  Macron : trop long, trop froid et trop de « je »

 

 Il faut toujours du temps aux grands médias réagir aux déclarations des responsables politiques. Cela d’autant plus quand la plupart des journalistes observent  la trêve des confiseurs et ne reprendront réellement leur travail que ce mardi. Il suffit pour s’en persuader d’examiner les Unes des grands médias sur Internet. Elles n’ont pratiquement pas bougé depuis une semaine. Du coup, on se contente de reprendre textuellement les infos des agences. On a quand même remarqué la longueur de la prestation de Macon lors de ses vœux 2018. Une longueur excessive à telle enseigne que Macron a été contraint de faire une deuxième version limitée à deux minutes sur Internet ;  une version par ailleurs nettement plus réussie et plus naturelle. Ce qui a également caractérisé cette allocution, c’est son manque de chaleur. Pas vraiment de quoi s’enthousiasmer avec ce discours cohérent mais relativement froid. Un discours à la mode des responsables de la république en marche souvent pertinent mais manquant sérieusement d’humanité, de simplicité et de vraie empathie. Bref des discours technos. Dernier élément assez insupportables : l’emploi du  je à presque toutes les phrases. Une soixantaine de fois lors de ce discours « j’ai besoin de vous ». Non ce n’est pas Macon qui a besoin des Français, c’est la France qui a besoin de citoyen lucide et motivé pour servir l’intérêt du pays et non celui du président de la république même si les deux peuvent parfois être liés. Macron a une fâcheuse tendance à retomber dans la posture monarchique. Il confond grandeur de la fonction et sacralisation quasi religieuse du pouvoir ;  ce Je  permanent est insupportable. Les Français savent bien que leur président est jeune, compétent, dynamique, une majorité approuve son action même s’ils sont  surtout dans une situation d’attente par rapport aux résultats. Il n’est nul besoin que Macron tombe dans l’inflation égotiste pour souligner des vertus qu’on lui reconnaît.

 

Bercy : des fonctionnaires trop payés

Bercy : des fonctionnaires trop payés

 

 

D’après la Cour des Comptes,  les hauts fonctionnaires de Bercy sont trop payés en regard des salaires des autres dirigeants d’administration. Des salaires qui pour les dirigeants tournent autour de 15 à 20 000 € par mois. Le scandale est peut-être moins dans le niveau du salaire (des salaires pourraient toucher dans le privé) que dans le fait que Bercy se veut le porte drapeau de la rigueur à imposer aux Français. Une rigueur qu’ils  ne s’imposent pas à eux-mêmes. La Cour des comptes pointe donc à nouveau du doigt, dans un référé rendu public mercredi, les distorsions de rémunération pratiquées à Bercy entre les différentes directions, et en particulier le sort avantageux réservé aux hauts fonctionnaires du fisc. Preuve à l’appui: en 2015, 104 des 150 plus hautes rémunérations de Bercy étaient perçues par ces hauts fonctionnaires, rattachés à la Direction générale des finances publiques (DGFIP). Un administrateur général des finances publiques «de classe exceptionnelle» touchait ainsi en moyenne 202.000 euros par an, contre 175.000 euros pour les hauts fonctionnaires en charge du contrôle budgétaire. «De même, la rémunération annuelle d’un directeur régional des finances publiques est supérieure en moyenne d’environ 35.000 euros à celle d’un directeur d’administration centrale, et encore de près de 8000 euros à celle d’un directeur général», notent les magistrats de la Rue Cambon. Ces niveaux élevés de rémunération au sein de la DGFIP sont hérités des anciens trésoriers-payeurs généraux, dont la responsabilité pécuniaire personnelle était engagée devant le juge des comptes. Le risque financier supporté aujourd’hui par ces agents a été largement encadré. D’où la recommandation de la Cour des comptes de «mettre fin à (cette) surrémunération relative». «En dépit d’une nette amélioration depuis sa précédente enquête», la Cour «constate la persistance de pratiques indemnitaires irrégulières, notamment des dispositifs de rémunération sans base juridique».

 

 

 

SMIC : trop haut ou trop bas ?

SMIC : trop haut ou trop bas ?

La question du bon niveau du SMIC fait  depuis longtemps débat en France. Il y a ceux qui considèrent que ce niveau représente une charge insupportable pour les entreprises, inversement ceux qui estiment que le montant du SMIC ne permet pas de satisfaire de façon convenable les dépenses des salariés ;  d’une certaine manière ces deux points de vue ne sont pas totalement contradictoires. En effet pour une entreprise embaucher une personne supplémentaire au SMIC représente une charge de l’ordre de 2000 € une charge qu’il faut évidemment amortir par une rentabilité. Du coup compte tenu des incertitudes de cette rentabilité, on voit se développer les contrats davantage précaires comme le recours à l’intérim, les temps partiels et les CDD. Pour amortir une charge salariale de 2000 € il faudra générer un chiffre d’affaires d’un minimum de 6000 € en moyenne (avec beaucoup de dispersion selon la nature des activités, la structure et le niveau des coûts). Un challenge qui n’est pas gagné d’avance. Mais il est vrai qu’un salarié qui gagne un peu plus de 1100 € en net se situe tout près du seuil de pauvreté et qu’il est très difficile de vivre dans un ménage avec ce seul  salaire. Le gouvernement vient de décider d’augmenter le SMIC  de 1,24% au 1er janvier 2018”. Soit concrètement un peu plus de 10 € nets pour le salarié. On se souvient que le groupe d’experts en charge d’éclairer le gouvernement sur les augmentations du SMIC avait déconseillé ce réajustement considérant qu’il pouvait affecter la compétitivité. Dans un rapport remis la semaine dernière, des économistes ont en effet recommandé au gouvernement de s‘abstenir de tout “coup de pouce” au smic le 1er janvier 2018, pour tenir compte des “fragilités” de l’économie française, et de supprimer à l‘avenir toute règle d‘indexation obligatoire. La ministre du Travail Muriel Pénicaud a décrit ce rapport comme “une contribution utile” et souligné que le gouvernement prendrait le temps de la réflexion sur l’évolution du smic, “pierre angulaire de notre modèle social français”. Le ministre de l‘Economie et des Finances Bruno Le Maire a quant à lui exclu l‘hypothèse d‘une désindexation. Le dernier “coup de pouce” au smic remonte au 1er juillet 2012, juste après l‘arrivée de François Hollande à l‘Elysée. Le smic avait alors été revalorisé de 2% dont 0,6% de “coup de pouce”. En fait la question posée est celle de l’influence du SMIC sur la compétitivité. Il faut d’abord distinguer le SMIC brut du SMIC net. Actuellement le SMIC net est de 1139 € et le SMIC brut de 1480 € ;  ce qui représente une charge totale d’au moins 2000 € pour le patron (en fonction des dispositions de branche et d’entreprise). De fait le niveau de coût est forcément important pour la compétitivité. Reste à savoir si c’est le  niveau de coûts qui est en cause ou l’insuffisance de productivité. Un salaire net d’un peu moins de 1200 € ne constitue pas un scandale pour permettre d’atteindre un niveau de vie satisfaisant. C’est même un minimum surtout dans les ménages qui ne comprennent qu’un seul salaire. Ceci étant,  ce salaire rémunère une durée du travail de 35 heures qui, elle, plombe vraiment la compétitivité et qui en outre introduit un changement du rapport à la valeur travail. Ce qui est posé encore bien davantage que le niveau du SMIC,  c’est la quantité et la qualité du travail au regard des standards internationaux. Un problème qui explique en partie la détérioration de notre commerce extérieur qui va encore accuser environ de 50 milliards pour l’année tandis que les Allemands dégageront un excédent de 200 milliards.

 

Tableau de l’évolution du SMIC

Ci-dessous, les 15 dernières variations du SMIC jusqu’à aujourd’hui.

SMIC horaire

SMIC mensuel

1 Janvier 2017

9,76 €

1 480,27 €

1 Janvier 2016

9,67 €

1 466,62 €

1 Janvier 2015

9,61 €

1 457,52 €

1 Janvier 2014

9,53 €

1 445,38 €

1 Janvier 2013

9,43 €

1 430,22 €

1 Juillet 2012

9,40 €

1 425,67 €

1 Janvier 2012

9,22 €

1 398,37 €

1 Décembre 2011

9,19 €

1 393,82 €

1 Janvier 2011

9,00 €

1 365,00 €

1 Janvier 2010

8,86 €

1 343,77 €

1 Juillet 2009

8,82 €

1 337,70 €

1 Juillet 2008

8,71 €

1 321,02 €

1 Mai 2008

8,63 €

1 308,88 €

1 Juillet 2007

8,44 €

1 280,07 €

Source : Insee

SMIC : trop haut ou manque de productivité ?

 SMIC : trop haut ou manque de productivité ?

 

Le gouvernement vient de décider d’augmenter le SMIC  de 1,24% au 1er janvier 2018”. Soit concrètement un peu plus de 10 € nets pour le salarié. On se souvient que le groupe d’experts en charge d’éclairer le gouvernement sur les augmentations du SMIC avait déconseillé ce réajustement considérant qu’il pouvait affecter la compétitivité. Dans un rapport remis la semaine dernière, des économistes ont en effet recommandé au gouvernement de s‘abstenir de tout “coup de pouce” au smic le 1er janvier 2018, pour tenir compte des “fragilités” de l’économie française, et de supprimer à l‘avenir toute règle d‘indexation obligatoire. La ministre du Travail Muriel Pénicaud a décrit ce rapport comme “une contribution utile” et souligné que le gouvernement prendrait le temps de la réflexion sur l’évolution du smic, “pierre angulaire de notre modèle social français”. Le ministre de l‘Economie et des Finances Bruno Le Maire a quant à lui exclu l‘hypothèse d‘une désindexation. Le dernier “coup de pouce” au smic remonte au 1er juillet 2012, juste après l‘arrivée de François Hollande à l‘Elysée. Le smic avait alors été revalorisé de 2% dont 0,6% de “coup de pouce”. En fait la question posée est celle de l’influence du SMIC sur la compétitivité. Il faut d’abord distinguer le SMIC brut du SMIC net. Actuellement le SMIC net est de 1139 € et le SMIC brut de 1480 € ;  ce qui représente une charge totale d’au moins 2000 € pour le patron (en fonction des dispositions de branche et d’entreprise). De fait le niveau de coût est forcément important pour la compétitivité. Reste à savoir si c’est le  niveau de coûts qui est en cause ou l’insuffisance de productivité. Un salaire net d’un peu moins de 1200 € ne constitue pas un scandale pour permettre d’atteindre un niveau de vie satisfaisant. C’est même un minimum surtout dans les ménages qui ne comprennent qu’un seul salaire. Ceci étant,  ce salaire rémunère une durée du travail de 35 heures qui, elle, plombe vraiment la compétitivité et qui en outre introduit un changement du rapport à la valeur travail. Ce qui est posé encore bien davantage que le niveau du SMIC,  c’est la quantité et la qualité du travail au regard des standards internationaux. Un problème qui explique en partie la détérioration de notre commerce extérieur qui va encore accuser environ de 50 milliards pour l’année tandis que les Allemands dégageront un excédent de 200 milliards.

 

Tableau de l’évolution du SMIC

Ci-dessous, les 15 dernières variations du SMIC jusqu’à aujourd’hui.

SMIC horaire

SMIC mensuel

1 Janvier 2017

9,76 €

1 480,27 €

1 Janvier 2016

9,67 €

1 466,62 €

1 Janvier 2015

9,61 €

1 457,52 €

1 Janvier 2014

9,53 €

1 445,38 €

1 Janvier 2013

9,43 €

1 430,22 €

1 Juillet 2012

9,40 €

1 425,67 €

1 Janvier 2012

9,22 €

1 398,37 €

1 Décembre 2011

9,19 €

1 393,82 €

1 Janvier 2011

9,00 €

1 365,00 €

1 Janvier 2010

8,86 €

1 343,77 €

1 Juillet 2009

8,82 €

1 337,70 €

1 Juillet 2008

8,71 €

1 321,02 €

1 Mai 2008

8,63 €

1 308,88 €

1 Juillet 2007

8,44 €

1 280,07 €

Source : Insee

LREM : les militants trop abandonnés (Castaner)

LREM : les militants trop abandonnés (Castaner)

C’est en substance ce qu’a reconnu Christophe Castaner à l’occasion de son élection comme délégué général de la république en marche. De fait,  la dynamique qui partait du bas avant l’élection de Macron  s’est inversée  désormais les adhérents ont l’impression de ne servir à rien. Castaner  qui lui a une véritable expérience politique est bien obligé d’en convenir, il va falloir sérieusement rectifier le tir. Le risque est en effet double d’abord que les militants soient comme actuellement privés totalement de parole au profit des oligarques et technos responsables autoproclamés de la république en marche et qu’ils se mettent  en sommeil comme la plupart  d’entre eux. Second risque, celui d’avoir un gouvernement un peu hors-sol sans appui, sans relais sur le terrain et donc à la merci des les aléas de la cote de popularité d’Emmanuel Macron. Castaner  devra changer de choses et sans doute d’abord se montrer moins condescendant voire moins méprisant à l’égard de la base de la république en marche.  “Ces derniers mois, nous avons commis des erreurs”, admet le secrétaire d‘Etat aux Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement. “On a désincarné le mouvement, on a donné l’impression d‘abandonner les militants. Nous sommes tous passés à autre chose : Emmanuel Macron est devenu président, les personnalités emblématiques sont devenues ministre ou député. Trop de choses ont été laissées de côté”, explique-t-il. Selon lui, LREM “aurait dû être un meilleur relais de l‘action gouvernementale” et n‘a pas été “assez en soutien” de ses adhérents. “Ma première priorité, c‘est donc de retrouver l‘ADN du mouvement : ouvert, libre, bienveillant, proche des territoires et utile aux citoyens.” Pour être utile, le mouvement doit s‘emparer de quelques grandes causes à définir et les accompagner, comme l’égalité entre femmes et hommes, la préservation de l‘environnement sur un territoire donné ou une cause médicale, estime-t-il. Castaner a sans doute raison de souligner ces thèmes qui paraissent cependant limiter l’action politique de base aux questions sociétales comme si les autres problématiques relevaient  uniquement de la décision d’élus nationaux. La vraie question est de savoir si la république en marche veut se transformer en véritable parti politique démocratique ou se limiter à un mouvement de fans de Macon

Salaires du FMI : trop excessifs pour les Etats-Unis

Salaires du FMI : trop excessifs pour les Etats-Unis

 

 

Les États-Unis appellent une nouvelle fois à faire le ménage dans les institutions internationales et en particulier à se montrer beaucoup plus rigoureuse dans les moyens dont elles disposent. L’objectif est évidemment politique ;  on sait en effet que Trump est très critique vis-à-vis de certaines organisations internationales qui mettent en cause la souveraineté des États-Unis ou trop conciliante vis-à-vis de certaines dérives. En quittant très récemment l’Unesco les États-Unis ont confirmé leurs doutes vis-à-vis de certains organismes. Au-delà de cet aspect politique, les critiques américaines ne sont toutefois pas infondées en matière de gestion de ses institutions. Faut-il rappeler par exemple que la directrice du FMI bénéficie d’un salaire d’environ 100 000 € n’en imposable et que les collaborateurs sont grassement payés. Pour les États-Unis,  le FMI gardien de l’orthodoxie financière dans le monde devrait d’abord donner l’exemple par sa propre gestion. Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a appelé samedi le FMI à faire preuve d’une « discipline budgétaire exemplaire » et à faire des « choix difficiles » pour baisser les salaires de sa direction et de ses employés. « En tant qu’institution publique, comme tous les membres qu’il supervise et qu’il conseille, le FMI doit faire preuve d’une discipline budgétaire exemplaire et être efficace dans l’utilisation de ses ressources limitées », a-t-il affirmé lors de la réunion annuelle à Washington du FMI et de la Banque mondiale. « Atteindre cet objectif entraîne nécessairement des choix difficiles, notamment sur les salaires et les prestations dont bénéficient la direction et les salariés », a souligné tout particulièrement M. Mnuchin, lors de son intervention devant le comité monétaire et financier (CMFI), organe de direction du Fonds monétaire international (FMI). « Le Fonds est très conscient des coûts et, de fait, nous avons opéré avec un budget constant pendant six années consécutives », a répondu une porte-parole du FMI, interrogée par l’AFP sur les déclarations du secrétaire au Trésor. « Notre direction revoit les salaires et les prestations de manière régulière », a-t-elle ajouté. A la Banque mondiale, Mnuchin a rejeté l’augmentation de capital souhaitée par son président Jim Yong Kim, l’appelant également à faire preuve d’une plus grande discipline budgétaire. « Davantage de capital n’est pas la solution quand le capital existant n’est pas alloué de manière efficace », affirme M. Mnuchin dans son intervention au Comité de développement de la Banque mondiale. « Nous voyons de la marge pour davantage de discipline budgétaire », a-t-il estimé. En revanche, le ministre allemand pour le Développement économique, Gerd Müller, a jugé que cette augmentation de capital était « urgente ».

 

 » Fainéant » : le mot de trop (Berger, CFDT)

 » Fainéant » : le mot de trop (Berger, CFDT)

 

Fainéant le mot de trop aussi pour Laurent Berger, leader pourtant modéré de la CFDT. Laurent berger n’apprécie surtout pas qu’on stigmatise  publiquement certaines catégories et qu’on gère des problématiques de réforme de manière caricaturale en priorité dans les médias. Laurent berger fait en particulier référence à la volonté du chef de l’État de remettre en cause certain régimes spéciaux notamment de retraite de a SNCF (et d’autres secteurs). Il reconnaît volontiers que la situation de la SNCF mérite une réforme mais regrette qu’on installe cette problématique par des voies médiatiques de manière simpliste voire provocante. « Qu’il y ait nécessité de discuter de la situation de la SNCF oui (…), mais pas à coup de communication », a estimé Laurent Berger. « J’en ai un peu assez (….) que les questions fondamentales pour les salariés, fondamentales pour les citoyens se passent à coup de slogans ou à coup d’arguments un peu réducteurs », a-t-il conclu. Dans un entretien avec des agents SNCF, publié dans la revue interne du groupe, Emmanuel Macron défend un projet de transformation profonde de la SNCF passant par une suppression rapide des régimes spéciaux de retraite. En échange, il propose que l’Etat reprenne la dette de la SNCF et accentue les investissements publics vers l’entretien des lignes. La SNCF ploie sous une dette de 44,9 milliards d’euros pour SNCF Réseau et 7,9 milliards pour SNCF Mobilités. Laurent berger répondant à Emmanuel Macon qui avait déclaré   »Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes », a lancé le chef de l’Etat ». Un chef de l’État qui hypothéqué déjà sur l’échec probable de la mobilisation tant de la CGT le 12 que de Mélenchon le 23. Mais pour désamorcer un peu cette sortie un peu provocatrice de macro, l’entourage du chef de l’Etat a expliqué qu’il visait « tous les conservatismes qui ont empêché la France de se réformer ». Laurent Berger a pour sa part répondu que la CFDT, tout en refusant de se joindre à la journée de mobilisation organisée mardi prochain par la CGT, garderait pour sa « liberté de ton » et « sa liberté d’action ». « Nous ne nous ferons instrumentaliser ni par ceux qui voudraient faire de nous des alliés faciles ni par ceux qui voudraient instrumentaliser le monde du travail à des fins politiques », a ajouté le dirigeant de la CFDT, une double critique d’une part en direction de Mélenchon qui veut détourner le mécontentement social à des fins politiques, d’autre part en direction du gouvernement en recherche d’alliés syndicaux dociles pour équilibrer la contestation de la CGT.  

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