Archive pour le Tag 'trop'

 » Fainéant » : le mot de trop (Berger, CFDT)

 » Fainéant » : le mot de trop (Berger, CFDT)

 

Fainéant le mot de trop aussi pour Laurent Berger, leader pourtant modéré de la CFDT. Laurent berger n’apprécie surtout pas qu’on stigmatise  publiquement certaines catégories et qu’on gère des problématiques de réforme de manière caricaturale en priorité dans les médias. Laurent berger fait en particulier référence à la volonté du chef de l’État de remettre en cause certain régimes spéciaux notamment de retraite de a SNCF (et d’autres secteurs). Il reconnaît volontiers que la situation de la SNCF mérite une réforme mais regrette qu’on installe cette problématique par des voies médiatiques de manière simpliste voire provocante. « Qu’il y ait nécessité de discuter de la situation de la SNCF oui (…), mais pas à coup de communication », a estimé Laurent Berger. « J’en ai un peu assez (….) que les questions fondamentales pour les salariés, fondamentales pour les citoyens se passent à coup de slogans ou à coup d’arguments un peu réducteurs », a-t-il conclu. Dans un entretien avec des agents SNCF, publié dans la revue interne du groupe, Emmanuel Macron défend un projet de transformation profonde de la SNCF passant par une suppression rapide des régimes spéciaux de retraite. En échange, il propose que l’Etat reprenne la dette de la SNCF et accentue les investissements publics vers l’entretien des lignes. La SNCF ploie sous une dette de 44,9 milliards d’euros pour SNCF Réseau et 7,9 milliards pour SNCF Mobilités. Laurent berger répondant à Emmanuel Macon qui avait déclaré   »Je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes », a lancé le chef de l’Etat ». Un chef de l’État qui hypothéqué déjà sur l’échec probable de la mobilisation tant de la CGT le 12 que de Mélenchon le 23. Mais pour désamorcer un peu cette sortie un peu provocatrice de macro, l’entourage du chef de l’Etat a expliqué qu’il visait « tous les conservatismes qui ont empêché la France de se réformer ». Laurent Berger a pour sa part répondu que la CFDT, tout en refusant de se joindre à la journée de mobilisation organisée mardi prochain par la CGT, garderait pour sa « liberté de ton » et « sa liberté d’action ». « Nous ne nous ferons instrumentaliser ni par ceux qui voudraient faire de nous des alliés faciles ni par ceux qui voudraient instrumentaliser le monde du travail à des fins politiques », a ajouté le dirigeant de la CFDT, une double critique d’une part en direction de Mélenchon qui veut détourner le mécontentement social à des fins politiques, d’autre part en direction du gouvernement en recherche d’alliés syndicaux dociles pour équilibrer la contestation de la CGT.  

Voiture électrique : encore trop cher et trop peu autonome

Voiture électrique : encore trop cher et trop peu autonome

 

Si le marché électrique demeure un marché de niches c’est à raison de plusieurs facteurs explicatifs. Le premier facteur est le prix relativement bas du pétrole qui rend la voiture électrique peut compétitive. Le second élément tient au manque d’autonomie. Exemple la nouvelle voiture de Nissan qui sera en vente au Japon à partir du 2 octobre, et dans les autres pays en janvier 2018, a une autonomie de 150 milles (240 km) selon les estimations de l‘autorité américaine de régulation de l‘environnement, grâce à une batterie plus puissante de 40 kWh. Le précédent modèle disposait d‘une autonomie de 170 km environ. Dernier élément le prix qui tourne en général au moins autour de 30 000 €. Or d’après les analystes pour que la voiture électrique connaisse un véritable développement il conviendrait que le prix ne dépasse pas 25 000 € et que l’autonomie atteigne 400 km. Certes des progrès sont réalisés concernant ces deux aspects mais à petite vitesse car les constructeurs craignent de ne pas dégager autant de profits que sur les véhicules à essence et gasoil dont le renouvellement est forcément plus rapide que sera celui des véhicules électriques.

 

 » Le bio trop cher dans la grande distribution ? ! »

 » Le bio trop cher dans la grande distribution ? ! »

Une étude de l’UFC que choisir affirme que les produits bios vendus dans la grande distribution sont en moyenne 170 % plus chers que les produits non bios. Des conclusions très réfutées  par la grande distribution qui conteste que les marges sur ces produits soient plus importantes que sur d’autres mais la vraie question n’est peut-être pas celle  des marges. Il est clair que de toute façon la production bio est forcément moins compétitive que ce qui provient de cultures intensives dopées à l’engrais, insecticides et aux autres  pesticides. En outre, ces cultures exigent davantage de main-d’œuvre. Il est donc normal que les prix du bio soient plus importants que ceux d’autres productions. La vraie question n’est peut-être pas celle mais plutôt de savoir ce qui est bio et ce qui ne l’est pas. En effet environ 80 % des produits bios sont apportées. Il n’est pas certain qu’ils répondent tous aux critères bios français.  Le vrai scandale, c’est  l’insuffisance de l’offre française. Difficile d’affirmer qu’un produit est totalement bio car il faudrait maîtriser tous les éléments de production de la nature de la terre, de la manière de la travailler en passant par la nature des semences et des éléments de nutrition sans parler de l’eau en provenance des sous-sols du ciel qui peuvent eux aussi être porteur de certaines chimiques. Tout ce qu’on peut dire sans doute c’est que  certains produits sont plus bios que d’autres mais sans doute pas 100 % bio. Certes la question des prix n’est pas négligeable mais il s’agit surtout de savoir qu’on achète réellement Évidemment, cette étude suscite des réactions très négatives de la grande distribution.

«Les entreprise intermédiaires trop faibles en France»

 «Les entreprise intermédiaires trop faibles en France»

Trois experts soulignent la faiblesse  des entreprises de taille intermédiaire en France contrairement à l’Allemagne.  Robin Rivaton, Alban Neveux et Alexandre Mironesco* s’expriment dans uen contribution à la Tribune

 

« Trop peu de Mittelstand en France, malgré une épargne considérable. Les investisseurs sont trop peu orientés vers les ETI (entreprises de taille intermédiaire) de croissance, et l’écosystème boursier n’aide pas, faute d’investisseurs suffisants sur ce segment. Il faut tirer la sonnette d’alarme à l’aube de la nouvelle révolution industrielle en cours ! La France a mal su jusqu’ici faire éclore des ETI « small & midcaps » capables, en restant françaises, d’intégrer le CAC40 et de devenir des leaders mondiaux. Il s’agit d’un problème majeur que le Président Emmanuel Macron avait bien identifié dans Révolution : «Il faut, ensuite, un financement qui permette à nos entreprises de lever des capitaux rapidement et massivement. C’est indispensable dans une économie de la connaissance. Le problème, c’est bien l’accès rapide et massif aux fonds propres en France». Paradoxe : la France dispose d’une épargne institutionnelle considérable de 2 500 milliards d’euros, dont une bien trop faible part aide nos entreprises à grandir. D’où le faible nombre d’ETI, alors qu’elles sont trois fois plus nombreuses en Allemagne et deux fois plus en Italie et au Royaume-Uni. Penchons-nous sur l’histoire du capitalisme en France sur les quarante dernières années. Il a été façonné par de nombreuses holdings cotées d’origine familiale, entrepreneuriale ou bancaire : Wendel, Bolloré, Pinault, Arnault, Lazard, Paribas, Navigation Mixte, Suez, qui ont donné naissance à des leaders dans leur secteur, aujourd’hui membres du CAC40. Deux exemples frappants : la formation de Capgemini (une «start-up» !) avec l’aide de Wendel, et celle de Schneider à partir d’un empire industriel en faillite, grâce à Paribas et AXA. Représentant par essence du capital permanent, ces investisseurs apportaient à leurs participations l’accès rapide et massif aux fonds propres et l’accompagnement de leur développement sur le long terme. Mais ils ont été emportés par les évolutions réglementaires ayant affecté banques, assurances, gestionnaires d’actifs et marchés financiers. La France doit absolument aujourd’hui se donner les moyens de financer ses ETI, notamment celles issues de la «troisième révolution industrielle», connue sous le terme d’«uberisation». La digitalisation entraîne non seulement le développement rapide de start-up, mais aussi une réinvention des industries traditionnelles qui touchera nombre de PME-ETI, qui auront également recours au marché de capitaux longs. La formule «winner-takes-all» implique que pour la plupart de ces modèles, l’accès au financement rapide et massif est un vrai avantage concurrentiel, dans un contexte de guerre économique mondiale. Si la France a su créer les conditions d’un écosystème dense qui adresse très bien les débuts du cycle de vie des entreprises (Fonds Venture, Bpifrance, Station F), elle a encore beaucoup à faire pour les ETI, notamment les plus prometteuses, dans l’antichambre du CAC40. Le problème est qu’il n’existe que trop peu de passerelles entre notre «vivier de licornes» et l’indice de référence. Récemment, Xavier Niel rappelait qu’il n’existe aucune société du CAC 40 plus jeune que Sanofi (1973) et affirmait, à juste titre : « On a besoin de créer le CAC 40 du prochain siècle ». L’accès au CAC40 demande du temps, des financements sans horizon de temps défini, de la persévérance et du talent. Et pourtant, ce n’est pas le talent qui manque en France, dont la qualité notamment des ingénieurs est reconnue mondialement ! Plus de 20 milliards d’euros ont été levés sur Euronext Paris depuis 2011 par les valeurs moyennes lors d’IPO. Une étude des introductions en Bourse des sociétés françaises cotées à Paris sur cette période illustre l’un des risques inhérents aux IPO ‎: près d’une société sur deux se retrouve aujourd’hui en dessous de son cours d’introduction ! Certaines succombent à la tentation de choisir une valorisation agressive, synonyme de promesses hardies susceptibles d’être déçues par la suite. D’autant plus que les acheteurs naturels d’actions, les fonds «small & midcap» sont peu présents sur les capitalisations boursières inférieures à 1 milliard d’euros. Chez certains gérants d’actifs, la frontière «midcap» avoisine désormais les 6 milliards d’euros ! Il existe certes des acteurs de niche «microcaps», mais insuffisants pour fournir flottant et liquidité aux valeurs inférieures à 1 milliard d’euros. Il peut en résulter une faiblesse du cours de Bourse qui peut couper les sociétés de l’accès aux fonds propres dont leur essor, voire survie, dépend si cruellement. En même temps, l’accélération depuis un an de la taille et du rythme des levées de fonds en France, dessine une génération prometteuse de futures GAFA [Google, Apple, Facebook, Amazon]. Les fonds propres qui seront dédiés à leur croissance sont la condition sine qua non de leur succès. Toutefois, la question de leur pérennité en tant que sociétés françaises indépendantes est posée. Quand il est possible d’avoir accès à des financements plus importants à l’étranger, il en va de la souveraineté nationale et de la création d’emplois en France. C’est peut-être en revenant à l’esprit des holdings que l’on pourra amorcer l’«ascenseur social pour ETI» à même de renouveler notre CAC40. Il faut réfléchir à des solutions hybrides, qui combinent certaines techniques d’investissement du Private Equity et de la gestion de sociétés cotées. De nouvelles structures juridiques et formes de financement bénéficiant de capital permanent, qui s’inspirent du passé en étant soucieuses du long terme et concentrées sur l’accompagnement des entrepreneurs. »

  • ·         Robin Rivaton est économiste et essayiste, Alban Neveux est directeur général de Advention Business Partners et Alexandre Mironesco est fondateur de IÉNA Capital.

Macron trop seul pour convaincre

Macron trop seul pour convaincre

 

La baisse brutale de popularité de Macron et le doute d’une majorité quant à sa capacité à réformer réellement le code du travail pose la question de l’isolement du président de la république. En effet depuis son élection la parole du président n’est pas relayée suffisamment ni au gouvernement, ni au Parlement encore moins dans un parti qui ressemble davantage un club de supporters. Bref la posture jupitérienne du président de la république le met sérieusement en difficulté. Certes le président de la république a souhaité davantage de dynamisme de la part de ses ministres mais en même temps il les cadenasse tellement que ces derniers ne peuvent livrer que des propos assez convenus. Aucun ministre ne parvient pour  l’instant à s’imposer réellement dans l’opinion et la plupart sont inconnus des Français. On considère en général que nombre de ministres possèdent  des profils de techniciens qui maîtrisent bien leur portefeuille. Des ministres qui par ailleurs ne manquent sans doute pas de personnalité. Encore faudrait-il qu’ils ne craignent pas de se faire sèchement rabrouer par le staff de technocrates qui entourent le président de la république à l’Élysée. Ce n’est pas forcément le fond qui est en cause mais la pédagogie et l’absence de relais auprès de l’opinion publique. Quant au parti en marche,  il est localement inexistant. Les structures locales n’ont pratiquement aucun rôle dans le parti et aucune fonction pour porter publiquement aussi bien les orientations nationales que les orientations locales. Il faut espérer que grâce à la croissance retrouvée, Macron pourra utiliser des marges de manœuvre financières pour rééquilibrer les efforts qu’il demande aux Français. Sinon il risque de porter seule la responsabilité de l’enlisement économique et social. C’est le danger quand un président incarne à lui seul la force politique, qu’il est le seul à la porter. La tâche est immense car trop de français n’ont aucune connaissance approximative des enjeux économiques, technologiques voir même environnementaux. Trop nourris de l’étatisme et du corporatisme, ils ont un peu de mal à comprendre les enjeux du moment et à adhérer aux réformes justifiées par la modernisation du pays.

BCE : abandonner les taux « trop bas » (Schäuble)

BCE : abandonner les taux « trop bas » (Schäuble)

 

Vraiment incorrigible par son orthodoxie monétaire Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, qui a encore critiqué la BCE et souhaité l’abandon rapide des taux bas. En plus avec des motifs complètement fallacieux puisqu’il considère que cette politique monétaire nuit à l’économie allemande. L’Allemagne qui  a largement bénéficié de cette politique monétaire puisque en 2016 elle a dégagé un bénéfice de leur de 300 milliards sur ces échanges extérieurs tandis que la France, elle, a enregistré 50 milliards de déficits. Pour 2017, les résultats dans ce domaine devraient être du même ordre. Le ministre des finances allemand se plaint du niveau de l’euro qui handicaperait l’économie allemande pourtant les résultats le contraire. En outre une remontée des taux serait de nature à soutenir encore un peu plus le niveau de l’euro. Le message contradictoire du ministre des finances allemand et destiné bien sûrs à la banque centrale européenne qu’il n’a jamais appréciée mais aussi à Merkel qui pourrait être tenté de répondre favorablement à la demande de certains partenaires européens d’accepter une politique monétaire et surtout budgétaire un peu plus accommodante. Schäuble  a donc de nouveau critiqué lundi la faiblesse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE), ajoutant espérer que celle-ci y mette fin prochainement. « Elle ne me satisfait pas », a-t-il dit en référence à la politique de taux bas de la BCE. « Et j’espère qu’elle s’achèvera bientôt. » « Il y a des signes qui montrent que la situation s’améliore progressivement », a-t-il dit par la suite à propos de la fin de cette politique. « Personne ne met sérieusement en cause le fait que les taux d’intérêt sont trop bas pour la vigueur de l’économie allemande et le taux de change de l’euro, qui est en train d’augmenter », a-t-il estimé. Il a ajouté que la majorité des observateurs s’attendaient à ce que la BCE franchisse, lors de sa réunion de septembre, une étape supplémentaire vers la sortie de sa politique monétaire très expansionniste. Pourtant rien n’est sûr dans ce domaine et il se pourrait bien que la banque centrale européenne poursuive sa politique à commandant en matière de taux comme d’ailleurs s’apprête aussi à le faire la FED, banque centrale américaine  en raison notamment de la fragilité de la croissance.

Ports français : trop d’exemptions pour l’union économique

Ports français : trop d’exemptions pour l’union économique

 

L’Union économique rappelle à l’ordre la France mais aussi la Belgique concernant les allégements fiscaux dans les ports. Reste que la fiscalité demeurant de la responsabilité des Etats,  la France risque de s’opposer aux volontés européennes. Cela d’autant plus que les ports français souffrent en général d’un manque de compétitivité et qu’ils sont très concurrencés par les ports du Nord  mais aussi du Sud « La Belgique et la France ont jusqu’à la fin de 2017 pour prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à l’exemption fiscale de manière à assurer que, à partir du 1er janvier 2018, tous les ports soient soumis aux mêmes règles d’imposition des entreprises que toutes les autres sociétés », a dit l’exécutif européen dans un communiqué. La Commission européenne considère que les exemptions de l’impôt sur les sociétés accordées aux ports belges et français leur procurent un avantage concurrentiel, en violation avec les règles de l’UE sur les aides d’État. En Belgique,  les ports ne sont pas assujettis, selon le droit belge, au régime général d’imposition des sociétés, et sont imposés selon un autre régime, fondé sur une assiette et des taux différents. Des ports maritimes et fluviaux sont dans le collimateur de cette mesure ; notamment les ports d’Anvers, de Bruges, de Bruxelles, de Charleroi, de Gand, de Liège, de Namur et d’Ostende, ainsi que les ports situés le long des canaux de la province du Hainaut et de Flandre. Ces ports sont imposés selon un autre régime, fondé sur une assiette et des taux différents. Il s’ensuit que le taux d’imposition appliqué aux ports belges est globalement inférieur à celui des autres entreprises qui exercent leurs activités en Belgique. La plupart des ports français, notamment les 11 « grands ports maritimes » (les ports de Bordeaux, Dunkerque, La Rochelle, Le Havre, Marseille, Nantes-Saint-Nazaire et Rouen, ainsi que la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et La Réunion), le « port autonome de Paris » et les ports exploités par des chambres de commerce et d’industrie, sont totalement exonérés, selon le droit français, de l’impôt sur les sociétés, a précisé également la Commission.

Retraites : beaucoup trop de régimes différents (Antoine Bozio)

Retraites : beaucoup trop de régimes différents (Antoine Bozio)

Dans une interview à la Tribune Antoine Bozio, 39 ans, professeur à la Paris School of Economics et directeur de l’Institut des politiques publiques, analyse les efforts d’économies que  veut réaliser le gouvernement.

Le gouvernement vient d’annoncer un effort d’économies de 13 milliards d’euros pour les collectivités locales d’ici à 2022. Est-ce leur demander beaucoup?

Antoine Bozio:  »Si on prend du recul on voit que sur les dernières 20 années on a eu une très forte hausse des dépenses publiques et que l’essentiel de ces hausses ne vient pas de l’État mais de la Sécurité sociale et des collectivités locales. Dans cette optique je ne trouve pas cette idée aberrante. Si on veut considérer l’efficacité de la dépense publique et la réduire de plusieurs points de PIB, on ne pourra pas mettre à contribution uniquement l’État. Et sur l’ensemble du quinquennat, l’effort de 13 milliards ou 0,6 point de PIB est assez proportionnel à la baisse globale de la dépense publique visée (de trois points du PIB, NDLR). L’ordre de grandeur de l’effort demandé n’est donc pas spécialement grand. »

Il y a-t-il des sources d’économies évidentes pour ces collectivités?

 

« Non. On ne les connaît pas très bien parce que ce sont des choses assez peu étudiées. L’ensemble des suivis d’évaluation des politiques publiques est concentré au niveau national. Du coup on s’est retrouvé à avoir une part plus importante des dépenses publiques au niveau des collectivités locales sans avoir consacré autant d’efforts à leur évaluation et à leur suivi. Nous n’avons ainsi pas une vision claire sur ces dépenses locales et nous avons du mal à identifier les sous-jacents de leur augmentation. »

Pensez-vous que l’exonération de la taxe d’habitation les prive d’un levier important?

« De fait, les marges de manœuvre qui existaient pour jouer sur la taxe d’habitation étaient quand même très faibles pour les collectivités. On ne peut pas dire qu’il y ait une énorme perte de souveraineté en matière locale avec ce retrait-là. Je ne suis pas tellement choqué par cela. Et d’un point de vue économique, il est faux de penser qu’il va y avoir des pertes d’efficacité. En revanche, quand vous avez 10 milliards d’euros de baisses de prélèvements à faire, il faut se demander quelle mesure est la plus efficace. Et pour le coup je ne suis pas sûr que l’exonération de la taxe d’habitation créée beaucoup d’effet sur l’activité et l’emploi. Si j’avais à baisser la fiscalité c’est plutôt sur les taxes sur la production et les cotisations sociales employeur que j’agirais. C’est là où il y a plus d’efficacité générale. »

Est-ce que la réforme du capital voulue par l’exécutif (transformation de l’ISF, prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital) peut avoir des impacts importants ?

« C’est une grande question qui est assez peu consensuelle. Mon point de vue est qu’on part d’une situation où il y a eu un important micmac fiscal lors du quinquennat précédent sur la taxation du capital.  Ainsi, essayer de redonner de la clarté et de la transparence à ce système avec un taux forfaitaire, je ne suis pas contre. Mais il paraît risqué de le faire en même temps que la baisse de l’ISF. À la fin, les seuls gains de cette réforme seront pour les 1% les plus riches et le gouvernement risque de ne pas être capable de justifier cette mesure économiquement. Car je pense que les effets en termes d’activité vont être faibles. Les travaux qui existent pour essayer de montrer l’impact de la fiscalité du capital sur la croissance et l’innovation n’ont pas réussi à mettre en évidence un lien de façon très forte. »

Il n’y a donc aucun bénéfice évident?

« Après, il peut y avoir un effet positif sur l’image de la France à l’étranger et auprès des investisseurs qui serait véhiculé par ce type de réforme. Mais il faudrait que cet effet soit suffisamment fort pour bénéficier aux 99% qui ne vont pas être touchés par ces baisses d’impôts. Si vous faites cela et qu’à la fin vous demandez des efforts qui ne profitent qu’aux 1% des plus riches, c’est difficile à justifier ».

Le gouvernement veut tenter à la fois de baisser les dépenses et les impôts? Cela vous semble-t-il être la bonne stratégie?

« J’y suis plutôt favorable. Le problème c’est que l’idée de faire des économies au sens où l’on fait la même chose 10% moins cher est en grande partie fausse. Le véritable choix c’est d’arrêter de faire des choses avec la dépense publique. Et cela demande d’assumer politiquement ces choix d’arrêter totalement des dépenses inefficaces. La question est donc de savoir comment arriver à réduire les dépenses publiques de façon structurelle. Cela prend du temps et nécessite de la mise en place. Et là il y a un problème avec le timing budgétaire. Si vous dites ‘je tiens à ce timing et à mes baisses d’impôts » et qu’en parallèle vos réductions de dépenses vont prendre plus de temps, vous êtes coincés. C’est pour cela que je pense que ce qui était la première réaction d’Édouard Philippe qui était de reporter un peu plus tard les baisses d’impôts était plutôt la bonne. Là on va probablement faire des coupes budgétaires pas durables et pas très efficaces mais qui permettront de donner le gage du redressement des finances publiques. »

En parlant de choix, vous êtes l’inspiration principale d’Emmanuel Macron pour sa future réforme des retraites

« J’ai été contacté par ses conseillers et leur ai parlé de la réforme que j’avais présentée il y a quelques années. C’est une réforme structurelle du système de retraite vers une réforme de type comptes notionnels et qui avait été mise en place en Suède dans les années 90. Nous avons eu des échanges puis je l’ai présentée à Emmanuel Macron et ils l’ont ensuite intégrée. »

Il s’agit donc d’un système par points?

« Si on veut. C’est un système d’euros crédités sur votre compte individuel et qui est converti en pension ou annuités au moment du départ. Ce système s’ajuste explicitement en fonction des évolutions démographiques, comme l’espérance de vie par génération. »

Mais du coup il semble donner peu de visibilité aux futurs retraités?

« Au contraire, avec ce système, quel que soit le taux de croissance ou l’évolution de la démographie, on peut vous garantir le taux de remplacement (le pourcentage de revenu qu’un salarié a lorsqu’il fait valoir ses droits à la retraite, NDLR). À l’heure actuelle, le système et son équilibre sont dépendants des évolutions économiques, c’est-à-dire la croissance, et démographiques. Avec ce système, on ne peut connaître le taux de remplacement car il faut savoir quelle sera la croissance des 30 prochaines années ce qu’absolument personne ne peut vous dire. Et çà c’est un problème que nous nous sommes nous-mêmes créés. Là, le calcul de votre pension va dépendre de façon explicite de ce que l’on peut vous promettre dans un système par répartition. Toutes les évolutions seront prises en compte pour calculer vos droits. Et cette réforme a un gain important: là le gouvernement pourra allez voir Bruxelles et leur dire ‘maintenant le système est à l’équilibre quelles que soient les conditions économiques’. »

Cela suppose quand même d’ajuster le niveau des cotisations…

« Là les cotisations deviennent l’instrument de politique. On va vous dire ‘voilà ce que vous devez cotiser pour avoir tel taux de remplacement dans un système à l’équilibre’. Si vous voulez plus de retraite, il faut cotiser plus. Mais là dans le système actuel on choisit de vous dire par défaut combien on peut vous offrir avec un petit astérisque qui dit « je ne peux le garantir, cela va nous faire du déficit ». Avec la réforme, il y a un choix politique de visibilité. »

Pourquoi ne pas l’avoir dès lors déjà mis en place?

« Le problème est qu’il faut convertir les droits passés dans le nouveau système en comptes notionnels. Vous pouvez ne mettre dans ce système que les gens qui rentrent sur le marché du travail mais à ce moment-là la transition est extrêmement longue, de l’ordre de 45 ans. Il faut arriver à la raccourcir en touchant les gens à 5 ans de la retraite pour convertir leurs cotisations passées et déterminer leurs droits. Il faut ainsi convertir chaque régime dans le nouveau système. Or la difficulté en France est que l’on a de nombreux régimes différents. Mais c’est aussi ce qui fait un autre intérêt de ce type de réforme. À la fois c’est plus compliqué mais c’est une raison supplémentaire pour aller dans ce sens-là. Il est très difficile de justifier d’avoir 35 régimes différents avec des types de droits différents. C’est quelque chose de perçu comme étant très inégalitaires alors qu’il n’est l’est pas tant que cela. Par exemple les primes dans le public ne sont pas prises en compte dans le calcul de la pension. Mais on a quand même le sentiment que les autres sont mieux traités. »

Mais les dernières prévisions du COR (conseil d’orientation des retraites) avec un équilibre d’ici les années 2040 et non plus 2020, n’appellent-elles pas à une réforme plus urgente et plus rapide à mettre en place?

« Sur les prévisions du COR, je trouve qu’on en fait trop sur chaque révision, dans un côté comme de l’autre. Les dernières prévisions étaient plus optimistes que les précédentes on a alors dit ‘il n’y a plus de problèmes’. Là on a un petit changement. En vérité on a aucune idée de ce qu’il en sera de ses chiffres en 2050, il y a plus que l’épaisseur du trait sur l’incertitude de ces projections. »

Il s’agit d’une réforme structurelle, une autre que veut mettre en œuvre le gouvernement est celle du marché du travail. Quels effets peut-elle produire?

« La réforme du marché du travail reste quelque chose de très compliqué, notamment parce qu’il y a énormément d’incertitudes autour du contenu de la réforme elle-même. Néanmoins, beaucoup d’analyses montrent que quand vous augmentez la flexibilité sur le marché du travail, à court terme cela fait monter le chômage et l’effet positif prend lui plus de temps. Il peut être fort donc, mais à long terme. C’est-à-dire autour de cinq ans. Mais quand on a un taux de chômage élevé on sait qu’à court terme, les effets seront négatifs. Même si le gouvernement peut peut-être tabler sur le fait que la conjoncture va aller mieux pour diminuer ces effets. »

Est-ce que vous n’avez pas parfois l’impression que la France est irréformable?

« Je ne crois pas à une quelconque explication culturaliste sur ce sujet. Je crois que les gens sont tout à fait capables de défendre ce qu’ils pensent être bon pour eux ou leur pays. Les Français seraient pour les réformes s’ils pensaient qu’elles étaient une bonne chose. Le problème est que l’on a du mal à faire émerger un consensus sur ces sujets économiques. En France on a tendance à penser qu’il suffit de convaincre une centaine d’énarques pour savoir quelle est la bonne politique à faire et qu’ensuite tout le monde doit être au garde-à-vous pour que cela marche. Or il faut que les gens bougent d’une façon plus large dans le grand public, dans les syndicats, les entreprises, que tout le monde soit convaincu que la politique c’est la bonne voie pour arriver à régler les problèmes. Personne ne pense que le chômage est une bonne chose. »

De plus en plus de jeunes chercheurs en économie partent aux États-Unis. Qu’est-ce qui explique cet exode?

« Ils partent aussi en Angleterre voire en Suisse et aux Pays-Bas. Même s’il est vrai que dans la recherche économique, il y a une domination très forte des États-Unis. Il y a aussi des raisons qui les motivent pour l’intérêt de leurs recherches: ils ont des assistants et sont dans des universités où ils sont aux côtés de trente des meilleurs spécialistes d’un domaine. Ce qui leur permet d’améliorer alors leur carrière et leurs travaux. C’est une bonne chose que nos chercheurs partent voir ce qu’il se fait dans les meilleurs endroits du monde en recherche. Ce serait dramatique s’ils ne le faisaient pas. Cela dit, les Français ont plutôt tendance à revenir. À la Paris School of Economics, nous essayons de nous mettre à niveau. Mais la concurrence avec les meilleures universités américaines est très difficile car elles ont des moyens qui sont colossaux. Et il ne s’agit pas seulement des États-Unis: la Chine investit des milliards dans ses universités pour le classer au meilleur niveau mondial. »

Armée : trop de gabegie (Yvan Stefanovitch)

Armée : trop de gabegie (Yvan Stefanovitch)

Dans un livre enquête « Défense française, le devoir d’inventaire »  le journaliste Yvan Stefanovitch pointe  les faiblesses de l’équipement de l’armée mais aussi les gaspillages de l’État. Il réitère se critiques dans une interview à BFM.

BFM Business: L’armée française est-elle sous-équipée comme le disent tous les experts du secteur?

 

Yvan Stefanovitch: C’est plus compliqué que ça. Elle dispose de matériels très sophistiqués et coûteux. Les missiles qu’on lance depuis nos avions et nos hélicoptères valent par exemple entre 250.000 et un million d’euros l’unité. L’armée française dispose de sommes astronomiques pour faire la guerre à des gens en sandales. Ces équipements coûtent cher mais du coup on n’a pas l’argent pour les maintenir en l’état: faire voler tous nos hélicoptères Tigre, par exemple, n’est tout bonnement pas possible. Ils ont un système électronique complexe et surtout coûteux à réparer quand il tombe en panne. Idem pour les vieux blindés qui ne sont pas à jour. Or les frais d’entretien représentent un coût phénoménal. Nous avons 200 chars Leclerc mais seulement une trentaine en état de marche.

BFM Business: Donc vous comprenez la crainte des militaires?

Y.S.: Oui bien sûr, il faut les comprendre, ils veulent le meilleur matériel. Et une fois qu’ils l’ont, il faut bien l’entretenir sinon il finit par être inutilisable. En ce sens on peut dire que 2% du PIB c’est un minimum pour l’armée. Mais le problème tient à la philosophie de notre défense: a-t-on besoin de tout cela? La force nucléaire aéroportée, par exemple, coûte extrêmement cher car il faut sans cesse perfectionner les missiles. Nous avons une grande quantité de chasseurs coûteux, comme le Rafale, ou une flotte de sous-marins parmi les meilleurs du monde… Bref, nous avons un système d’arme hyper-performant pour écraser une mouche. Et dans le même temps nous n’avons pas d’avions à hélices et pas assez de drones pourtant très utiles pour les opérations menées par l’armée française. Il y a clairement des crédits qu’on peut réadapter mais pour cela il faut changer notre philosophie héritée de l’époque du Pacte de Varsovie où l’on se préparait à l’arrivée des chars soviétiques.

BFM Business: Et quid des effectifs, sont-ils trop nombreux?

Y.S.: Là encore c’est une question de philosophie. Nous avons par exemple 10.000 soldats en permanence dehors pour faire de la garde statique ou rassurer la population dans les gares et les aéroports. Or cette fonction ne relève pas des compétences de l’armée mais de la police. Mais comme la police est en sous-effectif, on fait appel aux militaires qui avec 70.000 soldats dans la seule armée de terre serait, normalement, en sureffectif.

BFM Business: Le lobby industriel joue-t-il un rôle dans cette philosophie du « suréquipement »?

Y.S.: Oui, évidemment on peut penser que les militaires sont esclaves de l’industrie militaire mais mais c’est un secteur important aussi pour la France puisqu’elle emploie 170.000 personnes. Les choses sont bel et bien complexes. On commence certes à exporter des armes comme le Rafale, des sous-marins et des hélicoptères, ce qui est une bonne chose pour cette industrie. Mais ça reste encore trop peu.

 

Dollar : encore trop haut

Dollar : encore trop haut

 

 

 

 

L’euro encore en hausse  valait 1,1467 dollar samedi  et devrait encore se renforcer d’après l’indice Big Mac.  En cause, une meilleure santé économique européenne et surtout un bon équilibre de la balance commerciale surtout grâce à l’Allemagne (300 milliards d’excédents annuels pour l’Allemagne et malheureusement 50 milliards de déficits pour la France). En cause aussi les perspectives de resserrement monétaire de la part de la BCE.  De son côté, David Madden, analyste chez CMC Markets, attribuait le regain de vigueur de l’euro « à des données robustes sur l’industrie italienne ». (Mais les indicateurs se redressent aussi dans d’autres pays).  La production industrielle en Italie a augmenté de 0,7% en mai sur un mois, après une baisse de 0,5% en avril, a indiqué mardi l’Institut national des statistiques (Istat). « Dans l’ensemble, avec le basculement des attentes sur la BCE, nous prévoyons à moyen et long terme une hausse de l’euro et une faiblesse du dollar », a estimé Eric Viloria.  Ce que confirme  Le fameux indice Big Mac calculé par le très sérieux hebdomadaire britannique The Economist constitue le moyen le plus sûr de savoir si une monnaie est surévaluée ou sous-valorisée par rapport au dollar. La dernière livraison de cet indice montre que le billet vert est aujourd’hui surévalué par rapport à presque toutes les grandes devises mondiales, exception faite du franc suisse, ainsi que des couronnes norvégienne et danoise. Cet indicateur est basé sur l’idée que, sur le long terme, les niveaux des échanges de devises devraient s’ajuster de sorte que le prix d’un panier constitué des mêmes marchandises tende vers la même valeur. The Economist retient, depuis trente et un ans, le Big Mac, le fameux sandwich, considéré comme le produit universel par excellence. Un Big Mac coûte actuellement 5,30 dollars aux États-Unis mais juste 380 yens (3,36 dollars) au Japon. Le Yen japonais est ainsi, selon cette logique, sous-estimée de 37 % par rapport au dollar. Un Big Mac coûte 3,19 livres en Grande-Bretagne et 3,91 euros dans la zone euro. Cela implique que ces deux monnaies sont sous-évaluées respectivement de 22 et 16 %. . Si l’on se fie à cet indicateur, la baisse du dollar qui se fait sentir depuis le début de l’année n’est pas terminée. La perte de confiance dans la capacité de Donald Trump à faire passer ses réformes économiques aux États-Unis devrait continuer de faire des ravages. L’indice Big Mac suggère en effet que le billet vert pourrait encore baisser de 16 % par rapport à l’euro.

Voiture électrique : encore beaucoup trop chère

Voiture électrique : encore beaucoup trop chère

 

La décision du gouvernement exprimé par Nicolas Hulot d’interdire aussi bien la voiture à essence que la voiture diesel à partir de 2040 constitue à l’évidence une bonne mesure de régulation qui ne se limite pas comme trop souvent à des hausses de fiscalité. Reste qu’il conviendra de prévoir la conversion de l’appareil de production chez les constructeurs automobiles. Aussi de faire des progrès en matière de batteries électriques pour effectuer au-delà des 200 km réels qu’on peut faire avec un véhicule électrique.  des évolutions qui sont sans doute possible à échéance de 2040.  se posent cependant le problème plus délicat de l’accessibilité économique à ces nouveaux véhicules. Des véhicules aujourd’hui d’un prix de l’ordre de 40 000 € soient à peu près le double d’une voiture classique. la part consacrée au transport par les ménages est déjà considérable : autour de 15 % du revenu, c’est le deuxième poste après le logement. L’objectif devrait donc pour les industriels de l’automobile de mettre au point un véhicule dont le coût ne dépasse pas 20 000 €. Il faudra aussi prévoir un réseau de bornes de rechargement en particulier dans les grandes villes. L’automobile européenne devra être encouragée dans la mesure où les Chinois ont pris une certaine avance dans ce domaine à la fois en termes de technologie et de diffusion. Notamment grâce à un soutien des pouvoirs publics

Discours Macron : trop long, trop général et ennuyeux

Discours Macron : trop long, trop général et ennuyeux

 

 

On attendait évidemment Macron qu’il redonne du souffle  à la nécessaire modernisation du pays en particulier dans le domaine économique. Au lieu de cela à part des annonces déjà connues sur les institutions Macron a délivré un discours interminable sur de grands principes et des généralités vis-à-vis desquels personne ne pouvait être en désaccord. Mais rien de très précis, de très concret. Uniquement quelques propositions vis-à-vis des institutions. Un propos de bon niveau intellectuel amis  beaucoup trop long et qui manquait de charisme. Un mélange de satisfaction, de circonspection et d’ironie a accueilli lundi le discours de Versailles d’Emmanuel Macron, qui a présenté aux parlementaires sa vision d’une action dictée par « l’impatience d’agir » et l’ »amour de la patrie ». Dans son intervention d’une heure trente sagement applaudie à la fin et précédée par une minute de silence à la mémoire de l’ancienne ministre Simone Veil, décédée vendredi, le chef de l’Etat a prôné la réduction d’un tiers du nombre de parlementaires et la nécessité de « retrouver le souffle premier » de l’engagement européen. A Versailles comme sur les réseaux sociaux, des élus ont déploré le ton de cette allocution riche en principes mais pauvre en annonces, dans l’attente du discours de politique générale du Premier ministre, mardi à l’Assemblée. Invitant son auditoire à « une transformation résolue et profonde » des pratiques politiques, Emmanuel Macron n’a pas épargné ses prédécesseurs, prônant la rupture avec « les années immobiles » de François Hollande et « les années agitées » de Nicolas Sarkozy, « toutes aux résultats également décevants ». Une façon de justifier la posture régalienne adoptée par le nouveau chef d’Etat de 39 ans, qui séduit autant qu’elle agace. Il faudra évidemment autre chose pour convaincre de la nécessité des réformes mêmes si macro a appelé chaque Français à prendre sa part du changement. Le seul domaine où macro a donné des précisions concernées la réduction du nombre de députés, la suppression du conseil supérieur de la cour de justice de l’État (juridiction d’exception pour les ministres,), la réforme du conseil économique et social et le recours éventuel au référendum et l’indépendance de la justice. Les seules orientations un peu concrète concernant les institutions sont sans doute nécessaire mais reste à savoir si elle constitue vraiment la priorité du moment.

Compétitivité : temps de travail trop faible en France

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  • Au moins l’équivalent d’un mois de congés en plus pour la France par rapport à ses principaux concurrents. Avec 4 jours de congés en plus, les Français devraient encore améliorer leur record de faible temps de travail. Il y a  en effet en 2017 six week-ends de trois jours.  La Fête du travail (1er mai), le 8 mai, la Fête nationale (14 juillet), et le jour de Noël tombent, en effet, soit un lundi, soit un vendredi. Au total, avec le lundi de Pâques (17 avril), celui de Pentecôte (5 juin) et le jeudi de l’Ascension (25 mai), on dénombre ainsi six week-ends de trois jours, et, éventuellement, deux week-ends de quatre jours avec l’Assomption qui tombe un mardi. La France va donc demeurer le pays où l’on travaille le moins en Europe.  Un sujet presque tabou : la durée réelle de travail des français, la plus faible d’Europe. Ce qui explique notamment l’insuffisance de compétitivité, la faiblesse de la croissance, le taux de chômage et le haut niveau des dépenses de protection sociale même si d’autres facteurs explicatifs sont à prendre en compte comme le poids et le coût de l’administration Les salariés français à temps complet ont en moyenne travaillé en 2015 moins que leurs collègues européens selon une étude de l’institut Coe-Rexecode publiée mercredi 15 juin. La durée effective annuelle moyenne de travail des salariés à temps complet en France (déduction faites des congés, RTT, arrêts maladie indemnisés…) était en 2015 de 1.646 heures, en recul de 14 heures par rapport en 2013, écrit la société de recherches économiques proche du patronat, en effectuant son propre calcul sur la base de données fournies par l’office européen de statistiques Eurostat. Cette moyenne est « la plus faible des 28 pays de l’Union européenne », la France passant en 2015 derrière la Finlande. Le pays où les salariés à temps complet travaillent le plus est la Roumanie (2.080 heures). L’écart est de 199 heures avec l’Allemagne et de 228 heures avec le Royaume-Uni. Avec nos voisins latins, Italie et Espagne, il est respectivement de 130 et 165 heures. Avec l’Allemagne, le fossé s’est creusé de 13 heures en deux ans, essentiellement en raison d’absences pour congés annuels et RTT plus élevées, alors qu’il s’était resserré entre 2010 et 2013, explique Coe-Rexecode. A l’échelle de la France, les durées annuelles effectives de travail varient selon les secteurs: industrie (1.649 heures), construction (1.665), services marchands (1.718 heures). Dans les services non marchands (administration publique notamment, santé humaine et action sociale), elle est sensiblement plus faible (1.569 heures). Du coup les informations données par le ministère du travail relatives à la seule durée hebdomadaire sont à relativiser. Les salariés à temps complet travaillaient en moyenne 39,1 heures par semaine en 2015, selon les données du ministère du Travail. Ils dépassaient donc la durée légale hebdomadaire, fixée depuis 2002 à 35 heures, pour retrouver le niveau des années 2005-2006, en reflux par rapport aux 39,5 heures atteintes en 2011 à l’apogée du dispositif de défiscalisation des heures sup.

Compétitivité : temps de travail trop faible en France

Compétitivité : temps de travail trop faible en France

 

Au moins l’équivalent d’un mois de congés en plus pour la France par rapport à ses principaux concurrents. Avec 4 jours de congés en plus, les Français devraient encore améliorer leur record de faible temps de travail. Il y a  en effet en 2017 six week-ends de trois jours.  La Fête du travail (1er mai), le 8 mai, la Fête nationale (14 juillet), et le jour de Noël tombent, en effet, soit un lundi, soit un vendredi. Au total, avec le lundi de Pâques (17 avril), celui de Pentecôte (5 juin) et le jeudi de l’Ascension (25 mai), on dénombre ainsi six week-ends de trois jours, et, éventuellement, deux week-ends de quatre jours avec l’Assomption qui tombe un mardi. La France va donc demeurer le pays où l’on travaille le moins en Europe.  Un sujet presque tabou : la durée réelle de travail des français, la plus faible d’Europe. Ce qui explique notamment l’insuffisance de compétitivité, la faiblesse de la croissance, le taux de chômage et le haut niveau des dépenses de protection sociale même si d’autres facteurs explicatifs sont à prendre en compte comme le poids et le coût de l’administration Les salariés français à temps complet ont en moyenne travaillé en 2015 moins que leurs collègues européens selon une étude de l’institut Coe-Rexecode publiée mercredi 15 juin. La durée effective annuelle moyenne de travail des salariés à temps complet en France (déduction faites des congés, RTT, arrêts maladie indemnisés…) était en 2015 de 1.646 heures, en recul de 14 heures par rapport en 2013, écrit la société de recherches économiques proche du patronat, en effectuant son propre calcul sur la base de données fournies par l’office européen de statistiques Eurostat. Cette moyenne est « la plus faible des 28 pays de l’Union européenne », la France passant en 2015 derrière la Finlande. Le pays où les salariés à temps complet travaillent le plus est la Roumanie (2.080 heures). L’écart est de 199 heures avec l’Allemagne et de 228 heures avec le Royaume-Uni. Avec nos voisins latins, Italie et Espagne, il est respectivement de 130 et 165 heures. Avec l’Allemagne, le fossé s’est creusé de 13 heures en deux ans, essentiellement en raison d’absences pour congés annuels et RTT plus élevées, alors qu’il s’était resserré entre 2010 et 2013, explique Coe-Rexecode. A l’échelle de la France, les durées annuelles effectives de travail varient selon les secteurs: industrie (1.649 heures), construction (1.665), services marchands (1.718 heures). Dans les services non marchands (administration publique notamment, santé humaine et action sociale), elle est sensiblement plus faible (1.569 heures). Du coup les informations données par le ministère du travail relatives à la seule durée hebdomadaire sont à relativiser. Les salariés à temps complet travaillaient en moyenne 39,1 heures par semaine en 2015, selon les données du ministère du Travail. Ils dépassaient donc la durée légale hebdomadaire, fixée depuis 2002 à 35 heures, pour retrouver le niveau des années 2005-2006, en reflux par rapport aux 39,5 heures atteintes en 2011 à l’apogée du dispositif de défiscalisation des heures sup.

 

Sondage législative : trop de députés pour en marche !

Sondage législative : trop de députés pour en marche !

Les Français sont-ils versatiles ? Sans doute avant le premier tour des législatives, ils souhaitaient  une majorité pour Macron mais depuis ils craignent que la marée d’En Marche soit excessive. Une manière sans doute de signifier que les Français sont pour des réformes mais pas trop. Bref la France éternelle. Selon le sondage Elabe  52% des Français se déclarent mécontents du résultat de la première phase de scrutin. Au sein de cette majorité du panel, 22% des personnes interrogées affirment même être « très mécontents ». Pour se faire une idée plus précise et concrète de ces insatisfaits, il faut signaler qu’on en retrouve une bonne part chez les personnes âgées (56% des 65 ans et plus témoignent de leur mécontentement) et les catégories populaires (57%). Parmi les 47% de sondés faisant part de leur satisfaction, dont 14% confiant être « très satisfaits », on trouve un nombre non négligeable de cadres (61% approuvent la tournure des événements) et les jeunes dont l’âge est compris entre 18 et 24 ans, avec 59% de satisfaits.  Les avis des Français sur cette question divergent aussi en fonction des sympathies politiques. Une large majorité des partisans de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle (76%), de Jean-Luc Mélenchon (67%), et de Benoît Hamon (71%) s’inscrivent parmi les mécontents, tandis que les électeurs d’Emmanuel Macron trouvent leur compte dans les derniers résultats (91%). Les anciens soutiens de François Fillon sont plus mitigés (55% d’entre eux sont tout de même mécontents). Au sein du conséquent peloton d’abstentionnistes de dimanche dernier, le rapport de forces est plus ténu encore: 49% d’entre eux se disent mécontents et 47% satisfaits.

Echantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 13 et 14 juin 2017.

Inégalités : croissance mondiale trop faible

Inégalités : croissance mondiale trop faible

 

 

Croissance mondiale insuffisante pour réduire les « inégalités persistantes », a prévenu mercredi l’OCDE qui appelle les États à lancer des réformes pour y remédier. « Nous avons besoin d’une mondialisation qui inclut tout le monde, qui soit fondée sur des règles et au service de tous, qui soit axée sur le bien-être des populations », a affirmé le secrétaire général Angel Gurria lors de la présentation des perspectives économiques de l’organisation basée à Paris. L’organisation internationale a relevé de 3,3% à 3,5% ses prévisions pour la croissance mondiale cette année, par rapport à sa dernière publication en février, se félicitant de la reprise du commerce mondial l’année dernière, même s’il reste à des niveaux inférieurs à ceux de la crise. Elle a maintenu sans changement la prévision de croissance pour 2018 à 3,6%. « Cette amélioration cyclique, qui demeure modeste, n’est toujours pas assez robuste pour permettre une amélioration durable de la croissance ou pour réduire les inégalités persistantes », a estimé Catherine Mann, la cheffe économiste de l’OCDE. Le Premier ministre danois, Lars Rasmussen, qui préside cette année la réunion ministérielle de l’OCDE, a également lancé un appel pour que les États prennent en compte les victimes de la mondialisation. « Nous devons nous rendre compte que les défis de la mondialisation ont besoin d’une réponse à l’échelon national, non pas pour faire du protectionnisme, mais pour effectuer des réformes », a-t-il affirmé, plaidant notamment pour une meilleure formation professionnelle. « Il faut lancer des initiatives pour créer des emplois plutôt que de les préserver », a estimé Lars Rasmussen, qui a rappelé que « les entreprises au Danemark peuvent facilement embaucher et licencier des salariés », ce qui permet, à ses yeux, une meilleure adaptation aux besoins de l’économie.

Dirigeants d’entreprises trop payés, la révolte des actionnaires ? (Proxinvest)

Dirigeants d’entreprises trop payés, la révolte des actionnaires ?  (Proxinvest)

 

Il faut s’attendre à la révolte des actionnaires car certains dirigeants d’entreprises sont trop payés d’après l’interview sur BFM  de  Loïc Dessaint, directeur général de Proxinvest . 

 

 

 

Quelles entreprises ont du souci à se faire à propos du vote de la rémunération de leurs dirigeants aux AG 2017?

Loïc Dessaint: Nous trouvons que la rémunération a un peu trop augmenté chez Total. Avec plus de 6 millions d’euros, Patrick Pouyanné a dépassé le niveau de rémunération de son défunt prédécesseur, Christophe de Margerie. Cette hausse nous ennuie parce que, si on regarde la performance du groupe sur 4-5 ans, la chute de l’activité est phénoménale, ses bénéfices ont plongé. L’argument de la direction est que Total a mieux performé que ses concurrents sur 2016. Mais pour nous, des bénéfices qui chutent moins vite que ceux du secteur ne justifient pas une telle augmentation.

Nous sommes aussi déçus de constater que la rémunération de Carlos Ghosn chez Renault bouge à peine, en dépit de la défiance des actionnaires exprimée l’année dernière. Ce niveau de rémunération reste trop élevé à notre avis, parce qu’il a deux jobs, un chez Nissan, un chez Renault. Donc il ne consacre pas tout son temps à la marque française, mais touche quand même le double de ce que gagnent les patrons les mieux payés du CAC 40.

Et surtout, nous sommes extrêmement choqués par ce qui se passe chez Solocal, l’ex-Pages jaunes. L’entreprise avait une dette énorme, elle a dû être restructurée, les actionnaires ont versé presque 400 millions d’euros pour la recapitaliser, et il en reste autant à rembourser. L’année dernière, la rémunération du dirigeant a été rejetée. Et cette année, elle accorde un plan d’action gratuite sur 6% du capital pour les cadres et dirigeants. Pour nous, c’est presque de l’abus de bien social. En tout cas un manque de décence inouïe, qu’on ne comprend pas.

Votre cabinet conseille ce vendredi aux actionnaires de Valeo de voter contre la rémunération de son PDG, Jacques Aschenbroich, en dépit de ses résultats excellents. Pourquoi?

Ses performances sont exceptionnelles, et la transparence de ses rémunérations est bonne, deux critères qui justifient à nos yeux que le dirigeant obtienne un bonus maximal. Ce qui nous dérange, c’est le montant de sa rémunération comparé à la taille de l’entreprise. Nous considérons que la rémunération fixe du dirigeant ne doit pas excéder la médiane du CAC 40, qui est de 1 million d’euros par an -c’est le cas pour Valeo- et que la part variable ne doit pas dépasser 150% du fixe, donc 1,5 million. Ici, Jacques Aschenbroich a obtenu un peu plus de 160%.

Alors ce n’est pas beaucoup plus, mais s’y ajoute une rémunération sous forme d’actions gratuites de 2,7 millions. C’est plus que le double de 2015 (1,2 million). C’est énorme. Au total, sa rémunération augmente de 59% sur un an. Du coup, le PDG de Valeo va devenir le 2e patron le mieux payé du CAC 40, alors que son entreprise n’est que la 34e capitalisation de l’indice parisien, en queue de peloton. Voilà pourquoi on conseille contre sa rémunération, presque à contrecœur, parce qu’on n’aime pas voter contre quelqu’un qui est bon. D’ailleurs on dit bien que ce n’est pas le PDG qui est à blâmer, mais plutôt les membres du comité de rémunération de Valeo. Son président, Georges Pauget, nous avait d’ailleurs laissé un mauvais souvenir quand il dirigeait le Crédit Agricole.

Comment fixez-vous ces politiques de vote, ces plafonds très précis… Comment se passe la cuisine interne chez Proxinvest?

Ici à Paris, nous sommes une quinzaine d’analystes à passer notre année à éplucher les documents de référence des entreprises, des pavés de 500 à 900 pages. Depuis 20 ans maintenant, on fait un rapport annuel sur la rémunération des dirigeants français, on observe les montants, les comportements depuis la fin des années 90. Nous calculons des médianes, des moyennes. Bref, nous sommes devenus des experts pour identifier les meilleures pratiques, celles qu’on va mettre en avant auprès de nos clients investisseurs.

Justement, on en discute avec ces derniers, ces sociétés de gestion, ces caisses de retraite, des mastodontes qui gèrent jusqu’à plusieurs centaines de milliards d’investissement. On débat avec eux. Ensuite, nos principes sont examinés par notre comité d’orientation. Il compte une douzaine de membres: des investisseurs clients ou non de Proxinvest, un ancien de l’Autorité des marchés financiers, des représentants de sociétés cotées, des opérateurs d’indices boursiers, des professeurs de droit, et un actionnaire de société familiale. Ils nous apportent beaucoup, grâce à leur recul et leur expérience. Proxinvest rencontre en outre une soixantaine de sociétés cotées pour leur présenter notre politique de vote, et on ajuste en fonction de nos échanges. Enfin, notre conseil de surveillance a le dernier mot.

« Les Français dépensent mal et trop » ( Jean-Claude Juncker)

« Les Français dépensent mal et trop » ( Jean-Claude Juncker)

D’une  certaine faon Juncker, le président de la commission européenne a raison, la France dépense trop et mal. Trop en dépenses publiques de fonctionnement et pas assez en dépenses d’avenir (investissement, recherche, innovation, formation.). Du coup en dépit d’un record mondial de fiscalité,  la bulle de la dette ne cesse de grossir (en moyenne 33 000 euros par Français).   »Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d’argent et ils dépensent au mauvais endroit », a déclaré lundi 8 mai, depuis Berlin (Allemagne) Jean-Claude Juncker, au lendemain même de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence française. « Les Français consacrent entre 53% et 57% de leur Produit intérieur brut à leurs budgets publics, compte tenu du niveau relativement élevé de la dette, cela ne peut pas fonctionner dans la durée », a ajouté le président de la Commission européenne.   Il estime que le futur chef de l’État français ne pourra pas compter à sens unique sur la mansuétude de ses partenaires européens sur ces questions. « Il appartient aussi aux Français de faire un geste en direction des autres » en faisant les réformes nécessaires, a-t-il souligné.   Ces propos surviennent alors que la Commission doit publier en fin de semaine ses prévisions économiques de printemps pour les pays de l’Union européenne, suivies le 17 mai de recommandations. Or la France est sous pression pour respecter enfin les règles européennes, selon lesquelles les déficits publics doivent être en-dessous des 3% du PIB. Le président élu français a prévu dans son programme une réduction des dépenses publiques de 60 milliards d’euros en cinq ans, passant entre autres par la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires. Mais il a dans le même temps appelé l’Europe à se réformer et entend promouvoir des investissements au sein de l’Union européenne. Les conservateurs et sociaux-démocrates au sein du gouvernement de coalition de la chancelière Angela Merkel paraissent divisés sur l’attitude à adopter face aux projets européens du président élu français. Le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel, un social-démocrate, milite pour qu’Angela Merkel et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble mettent en sourdine leur orthodoxie budgétaire afin de donner une marge de manoeuvre à Emmanuel Macron. Il a concrètement plaidé pour la création d’un Fonds d’investissement franco-allemand en faveur de la croissance, dont il entend donner les contours « dans les prochains jours ».  « Nous devons à présent tout faire pour que la politique d’Emmanuel Macron réussisse en France et en Europe, car si ce n’est pas le cas Marine Le Pen est assez jeune pour se représenter dans cinq ans », a-t-il encore mis en garde lundi à Berlin. « J’ai demandé un jour à la chancelière ce qui était plus coûteux, un déficit de 0,5% plus élevé que prévu en France ou Madame Le Pen » présidente, a-t-il dit.

Macron : trop à gauche ou trop à droite ?

Macron : trop à gauche ou trop à droite ?

 

De toute évidence, les experts politiques et les éditorialistes sont très désorientés par la candidature de Macon qualifiée par les uns de trop à gauche, par les autres de trop à droite.  il est clair que Macon désarçonne beaucoup de spécialistes habitués à utiliser la grille de lecture conventionnelle de la politique française. En  gros il y aurait ceux qui privilégient  la politique de l’offre et la compétitivité (à droite) et ceux qui font de la redistribution sans s’occuper de la richesse nationale (la gauche). Un clivage aujourd’hui obsolète puisque cette redistribution de nature étatiste est préconisée aussi bien par le candidat du parti socialiste, le frondeur Benoît Hamont, que par Mélenchon ou Marine Le Pen. Macon, lui, veut  dépasser les vieux clivages en se référant certes au libéralisme économique mais sans renoncer à une régulation qui permet une juste redistribution de la richesse nationale. Il s’efforce de concilier la vertu budgétaire, garante de la crédibilité de la France en Europe, et mesures de soutien à l’emploi et la croissance, tout en affichant des objectifs moins spectaculaires que les autres candidats. La réduction de trois points de la part des dépenses publiques dans le PIB, qu’il vise en 2022, soit un effort de 60 milliards d’euros, est loin des 100 milliards d’économie promis par le candidat de la droite, François Fillon. Quant aux 50 milliards d’investissement public promis sur le quinquennat pour moderniser l’économie et l’Etat ou former les Français éloignés de l’emploi, ils n’ont rien à voir avec les dépenses envisagées, à gauche, par le socialiste Benoît Hamon pour financer son revenu universel, ou par Jean-Luc Mélenchon. Il affiche la même prudence en matière de prévisions macro-économiques et fonde son projet sur des hypothèses de croissance oscillant entre 1,4% en 2018 et 1,8% en 2022. Comme François Hollande, dont il a été conseiller, puis ministre, il s’efforce également de concilier compétitivité des entreprises et pouvoir d’achat des ménages, par un mélange de baisses de charges et de réductions d’impôt. Il prolonge ainsi la logique du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), qu’il promet de transformer en baisse de charges pérenne, mais aussi de la loi travail, en renforçant le rôle du dialogue social dans les entreprise et les branches ou en plafonnant les indemnités prud’homales pour licenciement abusif. Mais s’il refuse de promettre du sang et des larmes (pas de hausse de TVA, ni d’économies sur les retraites ou la politique familiale, ni de modification des paramètres d’indemnisation du chômage), il s’abstient également d’annoncer des lendemains qui chantent dès les premiers mois de son quinquennat. Il précise ainsi qu’il n’y aura « ni cadeau ni rigueur supplémentaire » cet été, s’il est élu, la mise en oeuvre du plan d’investissement public et de l’exonération de taxe d’habitation étant renvoyée à 2018 pour ne pas aggraver le déficit public. « Le sérieux, ce n’est ni la purge ni les cadeaux (…) Ce n’est pas non plus le côté illusionniste du projet porté, par exemple, par Benoît Hamon », a-t-il dit à la presse. Une analyse que n’est pas loin de partager l’économiste Emmanuel Jessua, directeur des études de l’institut COE-Rexecode pourtant réputé proche du patronat et libéral. »Dans l’ensemble, ses propositions consistent à approfondir et accélérer la politique de l’offre qui a été amorcée sous le quinquennat actuel », a-t-il déclaré à Reuters. « Même s’il y a beaucoup de zones d’ombres à lever, il propose des réformes qui répondent à certains grands défis de l’économie française, tout en évitant un ajustement trop brutal sur la dépense publique », a-t-il ajouté. Dans l’entourage de l’ancien ministre de l’Economie, on admet une « proximité d’inspiration » entre certains pans de son projet et les positions défendues par le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. « C’est un interlocuteur de Jean Pisani-Ferry et d’Emmanuel Macron », précise-t-on de même source.

Economie : trop pauvre en France, trop riche en Allemagne (UE)

Economie : trop pauvre en France, trop riche en Allemagne (UE)

 

La France trop endettée, faiblement compétitive ; l’Allemagne au contraire qui dégage trop d’excédent et dont l’économie est florissante ;  c’est le constat de l’union européenne qui fait un diagnostic des pays dont les déséquilibres sont excessifs dans un sens ou dans un autre. La Commission européenne fera savoir à la France mercredi que son économie va mieux mais aussi qu’elle entretient toujours des déséquilibres excessifs, tout en morigénant l’Allemagne pour son compte courant débordant et avertissant l’Italie qu’elle doit réduire sa dette, a déclaré un responsable européen. L’exécutif européen doit publier un examen approfondi de la situation économique de plusieurs pays présentant des « déséquilibres » ou des « déséquilibres excessifs », tels qu’un gros déficit budgétaire, une dette qui gonfle ou à l’inverse des excédents commerciaux trop copieux. Les pays en question sont l’Allemagne, la Bulgarie, la Croatie, Chypre, l’Espagne, la Finlande, la France, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovénie et la Suède. La Commission européenne (CE) avait dit en novembre que le principal déséquilibre économique de la France était l’augmentation de sa dette publique dans un contexte de moindre croissance de la productivité et de faible compétitivité. La France, dont l’élection présidentielle aura lieu en avril et en mai, verra sa dette atteindre 97% du Produit intérieur brut (PIB) en 2018 contre 96,7% prévus cette année, projetait la CE la semaine dernière. La situation économique de la France s’est améliorée dans la mesure où les réformes passées commencent à produire leurs fruits mais c’est insuffisant, a dit le responsable européen, au fait des conclusions de l’exécutif européen. La CE exhortera l’Allemagne, première économie d’Europe, à réduire son excédent des comptes courants, qui a atteint le pourcentage sans précédent de 8,7% du PIB en 2016 contre 8,5% en 2015, et à investir davantage pour alimenter la croissance dans le temps. La CE avait prévu la semaine dernière que l’investissement en Allemagne, qui enregistre des excédents budgétaires depuis 2014, fléchirait à 2,1% du PIB cette année contre 2,5% en 2016. L’Italie subit elle un gonflement de sa dette qui par ailleurs enfreint les règles communautaires. C’est le principal souci de ce pays, avait dit l’exécutif européen en novembre, avec un secteur bancaire éreinté par ses créances douteuses dans un contexte de faible croissance de la productivité. La dette de l’Italie atteindrait 133,3% du PIB cette année après 132,8% en 2016, projetait la Commission la semaine dernière, alors que, suivant le droit communautaire, la dette est censée se réduire de 3,65 points. La CE prendra des mesures disciplinaires contre l’Italie si celle-ci ne tient pas son engagement pris en février de réduire son déficit budgétaire structurel de 0,2% du PIB d’ici la fin avril, ont observé des hauts fonctionnaires européens. L’Espagne, quatrième économie de la zone euro, ne présenterait pas de problèmes particuliers: son taux de chômage, élevé, tomberait à 17,7% cette année contre 19,6% l’an passé et à 16% en 2018.

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