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Politique monétaire : politique accommodante confirmée

Politique monétaire : politique accommodante confirmée

Exit les perspectives de redressement des taux d’abord parce que la conjoncture économique est beaucoup plus mauvaise en Europe que précédemment, d’autre part parce que la BCE est bien contrainte de suivre  les orientations de la banque centrale des États-Unis. En gros on a jeté aux orties toute éventualité de remontée des taux. En fait on va attendre le mois de juin pour constater les dégâts de la croissance et prendre éventuellement de nouvelles mesures comme le suggère d’ailleurs le fonds monétaire international qui s’inquiète de la faiblesse de l’activité de la zone euro dans un contexte mondial déjà faiblard.

Le président de la BCE, Mario Draghi, a confirmé que les responsables monétaires étudiaient des mesures permettant de moduler l’impact de son taux de dépôt négatif sur les banques ainsi que les conditions d’octroi des refinancements à long terme ciblés dont le principe a été annoncé, tout en ajoutant qu’il était trop tôt pour en décider.“Nous avons besoin de plus amples informations qui nous parviendront entre maintenant et le mois de juin”, a dit Draghi.“Cette conditionnalité donne sans doute quelque marge de manoeuvre au cas où les données (économiques) ou de marché surprendraient dans un sens ou dans l’autre et nécessiteraient une réponse en termes de politique monétaire à court terme”, a commenté Anna Stupnystska, économiste chez Fidelity International. L’euro est tombé à un plus bas en séance à 1,1235 dollar et le rendement de l’emprunt d’Etat allemand à dix ans a accentué son recul après ces déclarations tandis que l’indice des valeurs bancaires de la zone euro est passé en territoire négatif. Face au ralentissement de la croissance au sein de la zone euro et aux craintes de récession y compris en Allemagne, la BCE a déjà renoncé à ses plans de normalisation mais ne semble pas souhaiter aller plus loin pour l’instant, les causes du problème – la faiblesse de la demande mondiale et les incertitudes politiques – étant largement hors de sa portée. Au cours de la traditionnelle conférence de presse donnée à l’issue de la réunion de politique monétaire, Mario Draghi n’a guère donné de détails sur les mesures de stimulation envisagées mais a souligné les risques baissiers supplémentaires liés aux tensions commerciales et à d’autres incertitudes. “Les dernières données disponibles demeurent faibles, en particulier dans le secteur manufacturier (…) La dynamique de croissance plus faible devrait se poursuivre dans le courant de l’année”, a-t-il dit. Le président de la BCE a toutefois ajouté que l’affaiblissement de l’inflation devrait probablement atteindre un point bas en septembre et que les membres du Conseil des gouverneurs avaient pris acte de la solidité sous-jacente de l’économie.

“Les probabilités estimées d’une récession restent faibles”, a-t-il conclu quant aux risques entourant la conjoncture de la zone euro.

Les limites d’une politique monétaire (Mathieu Mucherie, économiste de marché)

Les limites d’une politique monétaire (Mathieu Mucherie, économiste de marché)

 

Extrait d’une interview dans Atlantico à propos du rôle de la politique monétaire dans la redistribution des richesses.

Comment résoudre une telle situation et obtenir un résultat plus satisfaisant dans la distribution des revenus et du patrimoine, pour ce qui relève de la politique monétaire ?

« …..nous vivons dans un pays où les décideurs n’ont pas la moindre idée de ce qui se passera après juin prochain, qui ne savent même pas s’ils doivent être rawlsiens ou nozickiens ou autre chose quand ils prétendent agir au nom de la « justice sociale », qui n’ont pas la moindre méthode pour savoir où se situent dans les inégalités nées de la révolution numérique les inégalités justes et/ou incitatives et où se situent les inégalités génératrices de rentes injustes (voilà qu’ils taxent les GAFA au pifomètre et… sur leur chiffre d’affaires !!), qui veulent le « plein emploi » dans le cadre d’un régime monétaire qui singe l’étalon-or (le système monétaire le plus adapté à la maximisation des écarts de richesse, puisqu’il entrave l’apurement des créances et favorise la rente, et le statu quo), et le tout avec des mécanismes d’intervention qui mixent joyeusement la redistribution au moment du prélèvement des impôts et la redistribution (parfois aux mêmes) au moment de la dépense publique (bravo la transparence), avec bien entendu cinq strates administratives pour rajouter un peu de fumée et quelques doublons, et saint Piketty en lecture pour tous. Un travail d’amateur dans une boite noire en double aveugle, en toute bonne conscience !! Avec le risque de voir tous ces « efforts » de redistribution annihilés par trois réunions de la BCE, par un nouveau dégazage bancaire ou une nouvelle provoc’ déflationniste de l’axe franco-allemand du mal.

La politique monétaire ne peut pas trop différencier si une dispersion des revenus est juste ou injuste, elle n’est pas l’instrument DE 1er rang pour lutter contre, le cas échéant, c’est simplement l’instrument AU premier rang, chronologiquement, pour éviter que la déflation ne s’installe avec son cortège de malheurs, de dettes qui s’accumulent et de chômeurs conjoncturels qui deviennent structurels. Le QE peut faire office de pare-feux et de facilitateur, ce n’est pas un outil de redistribution dans un sens ou dans un autre, à moins de prouver qu’il ne transite que par les effets richesse (en zone euro, bon courage) ou qu’à l’inverse il pourrait chambouler l‘ordre social bourgeois par une inflation à 10% (re-bon courage).

La politique monétaire en zone euro ne peut hélas rentrer dans les détails : elle est homogène, au mieux elle peut être un peu mieux orientée vers les maillons les plus faibles du Sud, et mieux orientée en direction de la prévention des crises de la demande agrégée, mais elle ne peut pas (et ne doit pas) rentrer dans les secteurs, les firmes, les ménages. La plus jolie fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a : même un néo-monétariste comme moi, très attaché à la notion de surpuissance de la politique monétaire, doit reconnaitre que le banquier central ne peut directement s’occuper ni de l’éducation, ni de l’aménagement du territoire, ni de l’immigration, ni de la libération du foncier, ni des statuts, ni de la fiscalité, c’est-à-dire des sources parmi les plus essentielles des inégalités concrètes. L’entrée de mexicains dans les Etats du Sud des USA dans les années 70, 80 et 90 n’est pas pour rien dans l’élargissement du spectre des salaires : oui, mais que pouvait y faire Alan Greenspan ?

En zone euro, la BCE a déjà un job à temps plein : son rôle est crucial pour les taux de changes, les taux d’intérêt, la survie supervision de 128 grandes banques, et une partie des marchés via les règles de collatéral notamment : ça fait déjà beaucoup pour un acteur non-élu, et pas toujours compétent, qui passe déjà trop de temps sur des missions annexes ou illégales (régulation des bonus des traders, symposiums sur les réformes structurelles pour tout le monde sauf pour lui, chantages vis-à-vis de certains gouvernements en pleine crise, et pendant les vacances : organisation de bank run et de corralito en Grèce ou à Chypre). Et maintenant les inégalités ? et demain le trafic aérien, et après demain la relance de la natalité en Europe ? Attention au surmenage, au syndrome « Gosbank », et aux conflits d’intérêts… »

 

Politique monétaire BCE : effets contrastés (Euractiv)

Politique monétaire BCE : effets contrastés (Euractiv)

 

Dans son rapport annuel pour 2017, publié le 9 avril, la Banque centrale européenne (BCE) a admis l’impact négatif des mesures extraordinaires adoptées depuis 2014. Celles-ci incluent l’abaissement des taux d’intérêt, les taux négatifs et les programmes de rachat d’obligations. Le rapport précise cependant que « les aspects négatifs ont, à ce jour, généralement été contrebalancés par les effets positifs d’une expansion économique large et solide sur la profitabilité des banques ». Le document insiste sur le fait que l’impact général final des mesures de politique monétaire sur la profitabilité a été « limité » sur l’ensemble de la zone, avec des différences par pays. Pour les banques italiennes, le rendement des actifs a légèrement augmenté, principalement grâce à l’amélioration de la qualité du crédit. En France, les mesures prises n’ont pas eu d’effet notoire. En Allemagne et en Espagne par contre, les conséquences des politiques ont été négatives. La BCE note que les faibles taux d’intérêts  ont réduit les marges des banques, alors que le taux négatif de sa facilité de dépôt a pénalisé la surliquidité dans la région. Tout cela été largement neutralisé par la chute des coûts de provisionnement des banques, étant donné que la reprise a amélioré les conditions pour les emprunteurs. En outre, l’amélioration de la situation économique a alimenté les volumes de prêts et les plus-values résultant de la hausse des prix des actifs, et donc plus de bénéfices pour les prêteurs. Cette conclusion est un peu différente de celle qui avait été formulée par la BCE dans son rapport sur ses activités de surveillances, publié fin mars. Dans celui-ci, le risque principal identifié pour les banques de la zone euro était l’environnement à faible taux d’intérêt et son impact sur la profitabilité des banques. La profitabilité est « le défi numéro un pour les banques de la zone euro », a indiqué la présidente du conseil de supervision de la BCE, Danièle Nouy. Vítor Constâncio, vice-président de l’institution, a présenté le rapport annuel aux eurodéputés. Il leur a expliqué que les faibles taux d’intérêt ne suffisent pas à expliquer les différences de profitabilité entre pays. Hors de la zone euro, il cite l’exemple de la Suède. Malgré les taux négatifs, la rentabilité des capitaux propres des banques suédoises (12 %) a dépassé la moyenne européenne (7 %). Dans certains pays, les prêts non productifs ont aussi joué un rôle important dans certains pays, alors que dans d’autres, comme l’Allemagne, ça a été le cas du ratio de rentabilité. Malgré les conséquences positives de son stimulus monétaire, la BCE admet que les perspectives des banques de la zone euro sont peu enviables, comme l’illustre leur valeur sur les marchés. Les raisons principales de cette situation sont les défis structurels auxquels est confronté le secteur financier. Ceux-ci incluent l’essor de startups offrant des services financiers (fintech) et la multiplication des branches dans certains pays. La BCE recommande donc que les groupes du secteur bancaire continuent à consolider et à numériser leurs activités. L’institution encourage également les fusions et acquisitions internationales. En ce qui concerne les prêts non productifs, elle plaide pour une « plateforme de transaction », afin d’accélérer leur élimination. La Commission européenne a récemment proposé de créer un marché secondaire pour l’échange de créances douteuses. Malgré les inquiétudes planant sur les banques italiennes ou des géants comme la Deutsche Bank, Vítor Constâncio reste généralement positif sur l’état actuel des choses. Il a assuré aux eurodéputés que la résistance moyenne des banques s’était améliorée ces dernières années. Leur position de solvabilité a ainsi atteint 14,5 % de ratio de capitaux propres au troisième trimestre de 2017, contre 7 % en 2007.

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Par Jorge Valero, Euractiv.com (traduit par Manon Flausch)

(Article publié le mardi 10 avril 2018 à 11:51)

Un mini fonds monétaire européen et une mini réforme (Bruxelles)

Un mini fonds monétaire européen et une mini réforme  (Bruxelles)

Une nouvelle fois la France est renvoyée dans ses baskets concernant la réforme de l’Europe. Macron voulait un vrai budget de plusieurs centaines de milliards, un plan de relance de l’investissement, un vrai ministre de l’économie, un vrai fonds monétaire européen.  Il n’aura rien de tout cela. Il n’y aura pas de vrai budget mais «  une ligne budgétaire », pas de plan de relance de l’investissement, pas de vrai ministre de l’économie mais un ministre aux attributions légèrement élargies et l’actuel MES se transformera en fonds monétaire européen. Pour l’essentiel Bruxelles propose de transformer le Mécanisme européen de stabilité (MES), organe intergouvernemental de gestion de crise, créé par les 19 États membres de la zone euro en fonds monétaire européen. Et même sur les propositions minimales de la commission européennes, il n’est pas sûr que l’Europe se mette d’accord.   . Les Allemands ont d’ailleurs d’ores et déjà prévenu qu’ils seraient vigilants sur les réformes notamment celle concernant les  compétences qui seraient attribuées au ministre de l’économie. Pas question non plus de permettre à l’EU de lever des fonds pour relancer des investissements. .Voilà des mois pourtant que le chef de l’Etat défend le principe d’un « vrai budget de la zone euro », doté de plusieurs centaines de milliards d’euros. Mais la Commission européenne, qui a dévoilé mercredi une série de propositions pour approfondir l’Union économique et monétaire, ne l’entend pas de cette oreille. Pourquoi prévoir de nouvelles structures, alors que la zone euro, qui compte aujourd’hui 19 membres, est appelée à se confondre toujours davantage avec l’Union européenne, dont elle représente déjà quelque 85 % du PIB ? Et pourquoi faire des réformes tant  que l’Allemagne n’aura pas réglé son problème politique ?

 

Zone euro: l’économie a encore besoin de soutien monétaire (BCE)

Zone euro: l’économie a encore besoin de soutien monétaire (BCE)

 

 

D’après Peter Praet, le chef économiste de la BCE, l’économie européenne ne peut se passer encore de mesures de soutien. Un soutien officiellement justifié par une inflation encore loin de son objectif de 2 %. Derrière cette préoccupation du niveau de l’inflation  se pose évidemment la question de la croissance. Une croissance encore trop faible un durcissement monétaire. D’ici la fin de l’année il ne faut donc guère s’attendre à une remontée des taux  mais seulement à une réduction très progressive de la taille du bilan. En clair on réduira progressivement les rachats d’actifs.  “Un soutien conséquent est encore nécessaire”, dit-il dans un entretien publié au cours du week-end par le journal belge De Tijd. “Tout le monde est d‘accord pour dire que nous devons nous assurer que la diminution des mesures de soutien intervienne de manière ordonnée, sans chocs excessifs.”La BCE devrait se prononcer dans les prochaines semaines sur l‘avenir de son programme de rachats d‘actifs. Des sources ont déclaré à Reuters que les responsables de l‘institut de Francfort s’étaient entendus la semaine dernière pour le réduire à partir de l‘an prochain. Ils sont aussi convenus que, même avec la réduction de sers rachats d‘actifs, la politique monétaire de la BCE resterait encore longtemps accommodante et que sa normalisation serait progressive. Peter Praet ajoute que si l‘inflation devient “trop élevée, nous réagirons avec la même vigueur que celle avec laquelle nous essayons de la remettre sur la bonne voie.”

Réforme zone euro : Macron veut un budget, un ministre et un fonds monétaire européen

Réforme zone euro : Macron veut un budget, un ministre et un fonds monétaire européen

 

 

Une nouvelle fois Emmanuel Macron s’est prononce pour une réforme d’ampleur de l’union européenne. En fait, il privilégie l’évolution de la zone euro en réclamant notamment un budget, un ministre et la création d’un fonds monétaire européen. Le président de la république française milite aussi pour un parlement spécifique à la zone euro. Sur la question d’un fonds monétaire spécifique à l’Europe, Macon il a le soutien de l’Allemagne,  notamment du  ministre des finances Schaüble. Pour le reste Merkel n’est pas en désaccord mais restera à définir l’ampleur et la nature budget européen ainsi que les prérogatives du ministre des finances. On voit mal d’un coup un budget européen se substituait  totalement aux budgets des Etats. Si l’idée est retenue, il faudra notamment l’appui des Allemands. Ce ministère européen  aura nécessairement un champ de compétence et des moyens réduits par rapport à ceux  des Etats. Il ne faudrait pas pour contenter Macon que  la zone euros se satisfasse d’un ministère  gadget. Mieux vaudrait sans doute encourager les coopérations volontaires sur le financement de projets économiques stratégiques. Des coopérations à géométrie variable. L’exemple d’Airbus est là pour montrer  qu’il est possible d’avancer dans certains domaines avec quelques pays seulement.  Emmanuel Macron a donc  jeudi à Athènes pour une réforme ambitieuse de la zone euro qui établirait davantage de solidarité entre ses membres et mettrait fin à une forme de “guerre civile”. Le président français a répété qu‘il souhaitait la création d’“un vrai budget de la zone euro”, avec un ministre des Finances permanent et un contrôle démocratique. Sur ce dernier aspect l’idée paraît intéressante mais ce Parlement va s’ajouter à celui de l’union européenne qui vraisemblablement va continuer d’exister. En clair mieux vaut quelques coopérations sur des projets précis et stratégiques que de rajouter supplémentaire au millefeuille politique Emmanuel Macron précisera ses propositions après les législatives allemandes du 24 septembre, pour lesquelles la chancelière Angela Merkel est favorite. Il prévoit de le faire suffisamment tôt pour qu‘elles soient prises en compte dans les négociations d‘une future coalition gouvernementale à Berlin. Il a souhaité que ce futur budget représente plusieurs centaines de milliards d‘euros et s‘accompagne d‘une capacité de lever de la dette en commun sur les marchés, dans un entretien publié la semaine dernière. Pas sûr que sur ce dernier point ils tiennent un vrai soutien des Allemands qui ont toujours refusé tout concept de mutualisation des dettes quelques soit sa forme.  Emmanuel Macron a évoqué la  proposition du ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, à laquelle Angela Merkel a apporté son soutien, pour élargir le rôle du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage de la zone

Politique monétaire : la BCE dans le potage

Politique monétaire : la BCE dans le potage

 

Si l’on s’en tient à sa dernière déclaration du chef économiste,  la BCE est un peu dans le potage quant à l’orientation à donner à a politique monétaire.

« Il faut être attentif à la possibilité d’effets secondaires défavorables de par un environnement de taux d’intérêt bas et la prendre en compte dans l’étalonnage des outils de notre politique monétaire de façon à préserver le degré très significatif de soutien monétaire », a-t-il déclaré, lors d’une manifestation à New York.

En clair on commence à s’interroger sur l’efficacité de la politique monétaire incapable de soutenir l’inflation et de relancer la croissance. En effet la politique des taux bas constitue un frein à l’évolution des prix mais aussi des salaires sur lesquels on compte pourtant pour relancer les demandes intérieures. En fait on mesure bien toute les limites voir les contradictions d’une politique monétaire qui ne peut à elle seule redynamiser l’activité. En attendant le programme de rachat d’actifs va continuer à peu près dans les mêmes proportions (environ 80 milliards par mois) mais là aussi on s’interroge sur la pertinence de ces rachats. Notons que la banque centrale a récemment resserré les conditions de rachat de certaines obligations. Le Conseil des gouverneurs a observé que l’inflation sous-jacente, de laquelle on retranche les éléments les plus volatils comme l’énergie et qui est parfois considérée comme un meilleur étalon de la santé de l’économie, « ne montrait toujours pas de signe convaincant d’une accélération soutenue ». Les risques baissiers pour la croissance et l’inflation ont été une nouvelle fois mis en exergue, en particulier la décision de la Grande-Bretagne de quitter l’Union européenne (UE), et certains responsables ont noté que les prévisions avaient été par trop optimistes par le passé. Dans ce contexte, les responsables de la BCE ont réaffirmé leur volonté d’amener l’inflation vers l’objectif d’un petit peu moins de 2% « sans retard indû » et « en employant tous les outils ». Le président Mario Draghi avait dit, après la réunion de septembre, que la banque centrale étudierait les moyens d’assurer la poursuite harmonieuse des rachats d’actifs. Un discours relativement flou qui témoigne des interrogations de la politique monétaire.

(Avec Reuters)

Les limites d’une politique monétaire (Marie-Hélène Duprat )

Les limites d’une politique monétaire (Marie-Hélène Duprat )

 

Dans un article du monde Marie-Hélène Duprat, conseillère auprès du chef économiste de la Société Générale, souligne les limites de la politique monétaire

 

« Huit ans après l’éclatement de la crise financière, les économies occidentales sont toujours placées sous perfusion monétaire. Lorsque la crise a éclaté, les grandes banques centrales ont abaissé leurs taux directeurs à zéro ou quasiment zéro, avant de se tourner vers des outils de moins en moins conventionnels, tels que l’assouplissement quantitatif et les taux d’intérêt négatifs. Les taux négatifs – ultime avatar des mesures monétaires non orthodoxes – sont aujourd’hui pratiqués par les banques centrales du Danemark, de la Suède, de la Suisse, du Japon et de la zone euro. Quel bilan peut-on aujourd’hui tirer de l’action des autorités monétaires? Un bilan en vérité mitigé : la politique monétaire a réussi à stabiliser le crédit, mais elle a échoué à véritablement favoriser la croissance et à relancer l’inflation. Si les politiques monétaires ultra-accommodantes mises en oeuvre par les grandes banques centrales se sont révélées indispensables pour freiner la contraction de l’activité économique et éviter une spirale déflationniste, elles n’en sont pas moins clairement insuffisantes. Insuffisantes, car, dans une économie excessivement endettée, même un taux d’intérêt nul ne suffit pas à relancer l’emprunt et les dépenses, les agents économiques étant plus soucieux d’apurer leurs dettes. D’où un déficit chronique de la demande dans l’économie. Pour corriger une insuffisance de la demande, le remède habituellement déployé est une baisse des taux directeurs de la banque centrale. Le problème, c’est que les taux d’intérêt nominaux ne peuvent pas être réduits substantiellement en dessous de zéro car le public peut bénéficier d’un taux de rendement nul en détenant des encaisses monétaires.  Lorsque les taux directeurs sont à leur valeur plancher (zéro ou légèrement en dessous de zéro), la monnaie créée est épongée par la thésaurisation au lieu d’être dépensée ou investie : l’économie est alors dans la « trappe à liquidité » théorisée par Keynes. Depuis 2008, la majorité des économies développées ont basculé dans la trappe à liquidité. Dans une telle situation, l’économie a besoin, soit de taux d’intérêt nominaux très nettement négatifs, ce qui n’est pas possible, compte tenu de la borne inférieure des taux, soit d’anticipations d’inflation nettement plus élevées, ce que les banques centrales ont jusqu’alors échoué à créer. Il est vrai que faire remonter les anticipations d’inflation dans une économie très endettée piégée dans une trappe à liquidité relève de la gageure. La réalité est que la politique monétaire ne peut pas, à elle seule, tout régler. Et aujourd’hui, il existe un risque réel que, si la politique monétaire seule continue de supporter tout le poids de la relance, les coûts marginaux l’emportent sur les bénéfices marginaux attendus. Car l’hyperrelance monétaire a des coûts : prise excessive de risques par des investisseurs en quête de rendements (d’où le risque de bulles spéculatives), érosion des marges bancaires, baisse des revenus de l’épargne, pour n’en citer que les principaux. Les travaux théoriques suggèrent qu’une fois la borne inférieure zéro sur les taux atteinte, l’intervention politique la plus efficace est une politique budgétaire expansionniste pour créer un choc de demande positif. Aussi, outre les nécessaires réformes structurelles, une relance de l’investissement public (dans les infrastructures et l’éducation notamment) pourrait être aujourd’hui judicieuse pour remédier à court terme à l’insuffisance de la demande privée, tout en contribuant à une croissance potentielle à long terme plus forte sans laquelle il serait illusoire d’imaginer que les dettes accumulées seront honorées. Des investissements publics financés par la création monétaire (la « monnaie-hélicoptère ») seraient contraires au Traité européen, mais qu’importe lorsque les Etats peuvent emprunter à long terme à des taux dérisoires, voire négatifs. »

Politique monétaire : risque de bulle

Politique monétaire : risque de bulle

Pour la banque des règlements internationaux, c’est la stabilité financière mondiale qui est menacée avec le déversement de liquidités qui n’ont pas leur contrepartie en termes de richesse notamment d’investissement. En clair un risque de bulle. La Banque des règlements internationaux (BRI) a averti des effets pervers de la mise à disposition de liquidités en abondance. Et critiqué le « comportement stratégique » des chefs d’entreprise, qui ont profité de l’argent bon marché, mais pas pour investir dans leur activité: « C’est clairement un signal que quelque chose ne va pas. »  « Nous percevons un risque que la politique monétaire menée actuellement puisse constituer un danger pour la stabilité financière globale. » Ainsi, Claudio Borio, l’économiste en chef de la Banque des règlements internationaux (BRI), « une organisation internationale qui œuvre à la coopération monétaire et financière  internationale et fait office de banque des banques centrales », a prévenu des effets négatifs qui pourraient résulter des politiques monétaires ultra-accommodantes menées par les banques centrales, dans une interview au quotidien allemand Die Welt, lundi 20 octobre. L’économiste en chef a en outre dénoncé un effet négatif sur les marchés de la politique monétaire ultra-accommodante menée par les grandes banques centrales du monde: « Sur les marchés financiers, les investisseurs ont désespérément cherché du rendement, ce qui a conduit à des primes de risque très faibles sur les actions, et à une volatilité historiquement basse. » Autre sujet d’inquiétude, le comportement stratégique des chefs d’entreprises: Ils ont « préféré utiliser l’argent bon marché pour des acquisitions ou des rachats d’actions plutôt que d’investir dans leurs activités, c’est clairement un signal que quelque chose ne va pas ».

 

Pour une autre politique monétaire en Europe (Manuel Valls)

Pour une autre politique monétaire en Europe (Manuel Valls)

 

A la vielle des élections européennes, on aperçoit enfin des dégâts de la politique monétaire caractérisé par un euro fort qui implique l’austérité. Cette fois c’est manuel Valls qui critique le caractère conservateur des autorités européennes. Manuel Valls a en effet appelé samedi de ses voeux une autre politique monétaire en Europe, plus favorable à la croissance, et souhaité pour cela l’avènement d’une majorité de gauche au Parlement européen lors des élections européennes du 25 mai. Le président français, François Hollande, prendra des initiatives en faveur d’une telle réorientation de la politique monétaire de la zone euro après ce scrutin, a-t-il réaffirmé. Le Premier ministre concluait un rassemblement de jeunes militants de gauche européens à l’initiative du Mouvement des jeunes socialistes français, à Nogent-sur-Marne, près de Paris. Les « politiques conservatrices » conduites, selon lui, ces dernières années par l’Union européenne ont « nui à la croissance et à l’emploi », a-t-il déclaré. « L’élection du 25 mai est donc fondamentale », a-t-il poursuivi. « Avec une majorité de gauche au Parlement, nous aurons les moyens de réorienter, de changer le projet européen, car l’Europe ne peut pas se résumer à la seule surveillance des Etats membres ou à une simple coordination des politiques nationales. » « Il nous faut changer son logiciel », a-t-il ajouté. « Le rôle de l’Europe, c’est d’accompagner les efforts des nations et d’agir en complément du sérieux budgétaire des Etats (…), c’est de créer les conditions de la croissance, de l’emploi, de relancer ainsi l’économie. » Il a ainsi estimé que les décisions des Etats devaient être « accompagnées par des évolutions de la politique monétaire » de la zone euro. L’euro est certes une « chance » et il faut en convaincre ceux qui en doutent et pourraient être tentés d’entendre le message de ceux qui veulent « détruire » la monnaie commune – allusion notamment au Front national – a fait valoir Manuel Valls.

Etats-Unis : réduction de la politique monétaire accommodante

Etats-Unis : réduction de la politique monétaire accommodante

 

Du fait d’une croissance retrouvée et d’un chômage en baisse, la FED va maintenant progressivement diminuer de 10 milliards par mois ses rachats d’actifs. La Réserve fédérale (Fed) a en effet annoncé mercredi une réduction de son programme de rachats mensuels d’actifs mais a compensé cette mesure attendue de longue date en laissant entendre qu’elle maintiendrait ses taux directeurs à un bas niveau pour une période plus longue encore qu’elle ne s’y était engagée. La banque centrale américaine a dit qu’elle allait réduire ses achats d’actifs de 10 milliards de dollars par mois à 75 milliards, la baisse concernant dans les mêmes proportions les titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) et les bons du Trésor. La Fed a qualifié de « modeste » cette réduction de son programme d’assouplissement quantitatif dans un communiqué publié à l’issue de son comité de politique monétaire qui s’est déroulé sur deux jours. Elle a surtout souligné qu’il « serait vraisemblablement » approprié » de maintenir les taux directeurs proches de zéro « bien après » que le passage du taux chômage en dessous de 6,5%. Elle s’était auparavant engagée à maintenir les taux directeurs à un niveau proche de zéro seulement jusqu’à ce que le taux de chômage atteigne ce seuil. Le taux de chômage est revenu à 7% au mois de novembre, au plus bas depuis cinq ans.

Allemagne: Schäuble reste ministre des Finances ou le maintien de l’orthodoxie monétaire

Allemagne: Schäuble reste ministre des Finances ou le maintien de l’orthodoxie monétaire

La reconduction de Schäuble comme ministre des finances, c’est l’assurance d’un maintien de l’orthodoxie monétaire. Finalement une mauvaise nouvelle pour l’Europe car l’objectif sera de maintenir cet euro fort qui profite surtout à l’Allemagne et enfonce les autres. Certes l’euro fort protège le pouvoir d’achat mais il détruit les emplois dans la mesure où les productions nationales ne sont pas compétitives. L’euro fort est une monnaie pour les pays exportateurs comme l’Allemagne pas comme les France dont la croissance repose surtout sur la consommation. Autant dire que la BCE prendre encore moins de risques pour relancer l’économie et que l’Europe politique risque d’être en panne pour des années encore. La chancelière conservatrice (CDU), qui va entamer mardi son troisième mandat à la tête de la première économie européenne, a également annoncé que Ursula von der Leyen, ancienne ministre de l’Emploi et mère de sept enfants, deviendra la première femme à occuper le poste de ministre de la Défense dans un gouvernement allemand.  La nomination de M. Schäuble (CDU) était attendue depuis plusieurs jours après des fuites en ce sens dans la presse. Mme Merkel a souligné qu’elle se réjouissait de la poursuite de (leur) coopération.  Le nom de « Wolfgang Schäuble est associé à la stabilité de l’euro et à la politique qui l’accompagne et à tout ce qui est important en Europe », a affirmé Mme Merkel.  S’ils n’ont pas toujours été sur la même longueur d’onde, une complicité s’est forgée entre eux depuis 2009 –date à laquelle M. Schäuble a pris ce poste–, au fil de la crise de l’euro qui a placé l’Allemagne sur le devant de la scène en Europe.  Au sujet de Mme von der Leyen, la chancelière a souligné au sujet de cette femme présentée comme sa dauphine potentielle, qu’elle s’était « toujours intéressée aux questions internationales ». Le ministère de la Défense est « une tâche stimulante, c’est également une tâche extrêmement exigeante, mais je lui fais confiance pour réussir tout cela très bien », a-t-elle ajouté.  Parmi les autres portefeuilles attribués dimanche soir, l’ancien ministre de la Défense, Thomas de Maizière, également très proche de Mme Merkel, passe à l’Intérieur, un poste qu’il a déjà occupé, qu’il connaît bien et qu’il apprécie.  Hermann Gröhe, l’ancien secrétaire général de la CDU, va prendre en charge le ministère de la Santé, alors que Joanna Wanka reste ministre de l’Education.  Peter Altmaier, remplacé par une sociale-démocrate à l’Environnement, devient ministre en charge de la Chancellerie.  Quelques minutes plus tôt, le parti frère bavarois de la CDU, la CSU, avait annoncé que son secrétaire général Alexander Dobrindt prenait la tête d’un ministère des Transports et des Infrastructures numériques.  Hans-Peter Friedrich (CSU), ministre de l’Intérieur sortant, prendra l’Agriculture.  Le SPD avait annoncé en début d’après-midi que son chef, Sigmar Gabriel, prenait en charge un grand ministère de l’Economie et de l’Energie, alors que Frank-Walter Steinmeier retrouvait le poste de ministre des Affaires étrangères qu’il avait occupé dans le premier gouvernement Merkel (2005-2009), déjà issu d’une grande coalition.  Andrea Nahles (SPD) sera ministre du Travail et donc chargée de mettre en application la création d’un salaire minimum généralisé en Allemagne, principale revendication de son parti figurant au programme de gouvernement de la coalition.

 

Etats-Unis : réduction de la politique monétaire accommandante

Etats-Unis : réduction de la politique monétaire accommandante

Les économistes sont toujours d’avis que la Réserve fédérale américaine ne diminuera pas l’ampleur de son programme de soutien à l’économie avant le mois de mars, même s’ils sont plus nombreux que précédemment à ne pas exclure cette possibilité dès janvier, voire ce mois-ci, montre une enquête Reuters publiée lundi. Après les chiffres de l’emploi pour le mois de novembre, publiés vendredi, meilleurs que prévu, nombre d’intervenants de marché ont dit que cela augmentait le risque de voir la Fed réduire plus rapidement que prévu son programme d’assouplissement quantitatif troisième du nom (« QE3″). Sur 63 économistes interrogés, 29 pensent qu’une première baisse du QE3 pourrait intervenir d’ici moins de 10 jours, après la réunion des 17 et 18 décembre, ou en janvier, soit avant que Janet Yellen, plutôt partisane du QE3, ne prenne la tête de la Fed à la place de Ben Bernanke. Lors d’une enquête similaire menée il y a deux semaines, ils n’étaient que 19 sur 62 à évoquer une telle possibilité. Ceci étant dit, une courte majorité des économistes sondés – 33 – pensent qu’il faudra attendre mars avant un début de dénouement du « QE3″. Ce programme, qui passe actuellement par 85 milliards de dollars de rachats d’actifs obligataires par mois, est le principal facteur de hausse de Wall Street depuis le début de l’année. L’élan du marché boursier américain avait été interrompu en mai lorsque Ben Bernanke avait dit qu’une diminution du « QE3″ pouvait intervenir avant la fin de l’année. Les intervenants de marché, qui ne cessent depuis de spéculer sur le calendrier de la Fed, avaient alors estimé qu’une première réduction du « QE3″ serait annoncée en septembre. Mais la Fed avait surpris les investisseurs en maintenant en l’état sa politique monétaire ce mois-là, décision qui a propulsé Wall Street vers de nouveaux sommets dans les semaines qui ont suivi.

G20: encore une G « vain » sur l’évasion fiscale et la politique monétaire

G20: encore une G « vain » sur l’évasion fiscale et la politique monétaire

Pas grand chose à attendre de ce nouveau G 20 qui parlera une nouvelle fois  d’évasion fiscale et aussi de politique monétaire. Les ministres des Finances et les dirigeants des banques centrales du G20 se retrouvent, vendredi 19 et samedi 20 juillet, à Moscou. Leurs adjoints leur ont élaboré un texte destiné à ne surtout pas surprendre les marchés financiers. Le G20 n’entend pas contrarier les opérateurs de marché qui souhaitent que les robinets des banques centrales restent grands ouverts.  Un responsable français présent à Moscou prévient qu’il va falloir faire preuve de « précaution pour que les signaux envoyés samedi ne soient pas mal interprétés par les marchés ». Pour cette source officielle, il est « prématuré » d’évoquer une sortie des stratégies de politique monétaire non conventionnelle. Le ministre des Finances russe, Anton Silouanov, considère que si les Etats-Unis mettent fin à leur assouplissement quantitatif, cela peut se « traduire par une nervosité excessive sur les marchés, avec une fuite des capitaux placés dans les pays émergents ». Cette opinion, la Corée du Sud l’a également exprimée, en assurant qu’il en va de la stabilité de l’économie mondiale.  Pourtant, en avril, le G20 indiquait dans un communiqué qu’il serait tenu compte des effets négatifs imprévus de ces politiques monétaires ultra-accommodantes. Autrement dit, qu’il n’était pas interdit de réfléchir. Trois mois plus tard, on renvoie la réflexion à des jours meilleurs. Christine Lagarde, directrice générale du Fonds Monétaire International, veut quand même croire en l’efficacité d’une programmation soigneuse du démantèlement de ces mesures monétaires. Ensuite, d’après Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, pour que cela fonctionne, une communication claire s’impose. Et cela, le G20 n’y semble pas prêt.

 

Japon : assouplissement monétaire payant

Japon : assouplissement monétaire payant

 

Le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ) Haruhiko Kuroda a estimé jeudi que la politique monétaire ultra-accommodante adoptée par la banque centrale japonaise commençait à porter ses fruits, au vu de la reprise de l’économie et des signes d’une hausse des anticipations d’inflation. S’exprimant à l’occasion de la réunion trimestrielle des directeurs d’agence de la Banque du Japon, il a réaffirmé l’engagement de la BoJ à ne pas durcir sa politique tant que son objectif d’une hausse des prix à la consommation de 2% l’an ne sera pas atteint de manière durable. Début avril, la BoJ a annoncé une refonte de sa politique monétaire qui, via le rachat de plus de 7.000 milliards de yens (53,8 milliards d’euros) d’obligations souveraines à long terme par mois, vise à porter le taux d’inflation à 2% en 2015. « L’économie japonaise prend résolument le chemin de la reprise depuis que nous avons adopté notre assouplissement monétaire quantitatif et qualitatif en avril. Nous voyons l’effet de notre politique, à l’instar des indicateurs suggérant une hausse des anticipations d’inflation », a déclaré Haruhiko Kuroda. Les prix à la consommation ont cessé de baisser en mai pour la première fois en sept mois au Japon, selon des données officielles publiées la semaine dernière. Il y a plus d’un mois, les chiffres du produit intérieur brut (PIB) du premier trimestre avaient montré que le Japon avait connu sur cette période une croissance plus forte que les Etats-Unis pour le deuxième trimestre consécutif. Comme le mois dernier, la Banque du Japon ne devrait pas modifier sa politique monétaire lors de sa réunion de la semaine prochaine. Elle est en revanche susceptible de revoir à la hausse son appréciation de la conjoncture de la troisième puissance économique mondiale.

Japon: reprise économique grâce à la politique monétaire ultra-accommodante

Japon: reprise économique grâce à la  politique monétaire ultra-accommodante

Après deux jours de réunion, le comité de politique monétaire de la banque centrale (BoJ) a déclaré qu’elle allait poursuivre sa politique consistant à élever la base monétaire de 60 à 70.000 milliards de yens chaque année (455 à 530 milliards d’euros).  Son objectif: doubler en deux ans la base monétaire, essentiellement la masse d’argent liquide en circulation et les réserves obligatoires des banques, en procédant à des achats massifs d’actifs (notamment des obligations d’Etat), afin de parvenir à une inflation annuelle de 2% d’ici deux ans et sortir l’archipel de la déflation qui plombe son dynamisme depuis une quinzaine d’années.   »L’économie japonaise a commencé à rebondir », s’est félicitée la BoJ dans un communiqué, quelques jours après la publication de chiffres encourageants pour la croissance du Japon, dont le produit intérieur brut a grimpé de 0,9% au premier trimestre par rapport au précédent.  Exportations, investissements privés et publics, consommation des ménages, production industrielle, conditions financières, la BoJ dirigée depuis deux mois par Haruhiko Kuroda a jugé que tous les voyants s’approchaient du vert, en partie grâce à ses propres mesures d’assouplissement monétaire.  Et si elle a concédé que les prix à la consommation « devraient continuer de baisser pour le moment », après un nouveau repli de 0,9% en mars sur un an (tous produits confondus) elle a assuré qu’ils « devraient ensuite peu à peu augmenter ».  Lors de sa réunion précédente, la BoJ avait élevé ses prévisions d’inflation, attendue désormais à 0,7% pendant l’année budgétaire d’avril 2013 à mars 2014, à 3,4% en 2014/2015 (grâce aussi à un coup de pouce de deux points de pourcentage dû à l’augmentation prévue en avril 2014 de la taxe sur la consommation) et à 1,9% en 2015/2016.  Mercredi, l’institut a prévenu qu’il continuerait « sa politique d’assouplissement quantitatif et qualitatif autant que nécessaire » pour atteindre son objectif de 2% d’inflation par an.  Un des neuf membres du comité, Takahide Kiuchi, a toutefois proposé que la BoJ ne vise ces 2% qu’à moyen ou long terme (et non d’ici deux ans), et considère les mesures actuelles comme des dispositions intensives pour une période limitée d’environ deux ans.  Dans son communiqué, la BoJ n’a pas fait mention de la hausse du taux des obligations d’Etat du Japon, qui sont montés ces derniers jours au-dessus de 0,9% pour l’échéance dix ans, au plus haut depuis plus d’un an, ces titres étant jugés moins lucratifs que les actions à la Bourse de Tokyo.  En augmentant considérablement la base monétaire, la BoJ veut faciliter la baisse des taux d’intérêt et créer un contexte monétaire qui facilite les prêts aux particuliers et entreprises afin de les inciter à investir pour dynamiser l’activité.  La BoJ avait pris sa décision marquante d’assouplissement le 4 avril, lors de la première réunion de politique monétaire dirigée par Haruhiko Kuroda, fraîchement choisi par le Premier ministre conservateur Shinzo Abe.  Arrivé au pouvoir en décembre, M. Abe a fait de la relance de la troisième puissance économique mondiale sa priorité.  L’assouplissement de la politique monétaire de la BoJ, statutairement indépendante, constitue l’un des trois moyens mis en oeuvre pour y parvenir, aux côtés de dépenses budgétaires étatiques (notamment des grands travaux) et d’une « dérégulation » censée favoriser les investissements, dont M. Abe doit encore préciser les contours.  Le niveau du yen, qui avait chuté après les décisions du 4 avril, n’a pas été fortement affecté par les déclarations de mercredi.

 

La guerre monétaire va créer de l’inflation

La guerre monétaire va créer de l’inflation

La guerre monétaire est engagée, elle se traduit par le fait que les planches à billets tournent à bloc (Etats-Unis, Chine, Japon à un degré moindre pour l’Europe car l’Allemagne freine). Les masses monétaires deviennent beaucoup plus importantes que les richesses qu’elles sont supposées représenter, il y a donc une dévaluation de fait ; avec des conséquences en terme d’inflation ; En fait les dettes sont remboursées avec de la monnaie de signe et l’inflation est supportée par les consommateurs et les petits épargnants. Une inflation qui est passée sous silence car les méthodologies sont obsolètes (exemple en France  on ne compte pads l’augmentation des impôts qui flambent pourtant), on est aussi incapable d’intégrer évolution de la structure des dépenses, une structure très volatile qui s’adapte à la crise (on consomme autrement, autre chose ; exemple le prix des voitures baissent dans ‘indice des prix mais on en achète beaucoup moins )). L’inflation réelle est bien supérieure à l’inflation officielle calculée par les gouvernements et les banques centrales puisqu’ils utilisent tous l’arme de la planche à billets. En effet, mieux vaut pour eux tout contrôler ! L’inflation réelle atteint ainsi 6% en France et 9% aux Etats-Unis où la Réserve fédérale a déjà imprimé quelque 3 000 milliards de dollars de papier monnaie pour “boucher les trous”… Et ce n’est pas fini, le rythme d’impression continuant à la vitesse de 85 milliards de dollars par mois. Bien entendu, les Américains ne sont pas les seuls à utiliser l’arme monétaire pour “dissoudre” des dettes qu’ils ne pourront jamais rembourser ; les Européens, les Chinois et les Japonais font de même pour des sommes énormes. La conséquence en est que nous entrons dans un nouveau cycle économique où les taux d’inflation de 1% à 2% ne sont plus qu’un lointain souvenir. Ils laissent place à une véritable guerre monétaire où chaque banque centrale va veiller à imprimer le plus de monnaie possible pour en faire baisser le cours et ainsi “voler” des parts de marché aux autres à l’exportation — une discipline qui se nomme la “dévaluation compétitive”. En effet, mieux vaut posséder une monnaie faible pour être moins cher si l’on veut exporter, le problème étant que la Banque centrale européenne est déjà celle qui imprime le moins (les Allemands ont déjà eu du mal de s’y mettre car ils n’aiment pas l’inflation qui leur rappelle de mauvais souvenirs !…) Cela nous soucie beaucoup pour la France et l’Europe qui vont servir de support à la croissance des autres au niveau international. Voilà pourquoi l’euro monte en ce moment beaucoup contre les autres monnaies, ce qui n’est pas favorable à nos entreprises face à la concurrence mondiale (un problème de plus). Dès lors, la masse monétaire sur notre planète devient énorme, la valeur des billets de banque placés dans votre porte-monnaie perd sans cesse de sa valeur. Ceux qui vont réellement payer la crise sont les personnes qui placent 100 000 euros à un taux de 3% dans une inflation à 6% ce qui leur génère une perte annuelle de 3 000 euros… L’endettement des Etats, ainsi, va se résorber tout seul, sur de nombreuses années, ce qui est extrêmement astucieux ! Par contre, les grands gagnants de la période actuelle sont les chefs d’entreprises et les particuliers qui empruntent massivement pour développer leurs sociétés ou se constituer un important patrimoine immobilier. En effet, l’inflation actuelle et à venir va littéralement dissoudre la valeur de leurs crédits là où les loyers et la valeur des actifs immobiliers bien sélectionnés ont toujours tendance à suivre celle de l’érosion monétaire et à se réévaluer. Prenons l’exemple d’un crédit d’un million d’euros. Au bout de trois ans, avec un taux d’inflation de 6%, il aura perdu 180 000 euros de sa valeur pour ne plus valoir que 820 000 euros en euros constants ! Il y a les intérêts bancaires à payer, nous direz-vous, ce qui est parfaitement exact… mais dans d’excellents montages immobiliers, le niveau des loyers, des plus-values, des réductions d’impôts et les éventuelles récupérations de TVA sont très souvent à des niveaux bien supérieurs ! (avec Chronique Agora).

 

FMI : pour un assouplissement monétaire en Europe

FMI : pour un assouplissement monétaire en Europe

Christine Lagarde  sait parler pour ne rien dire   »Nous avons stoppé la chute, nous devons éviter la rechute et ce n’est pas le moment de se relâcher (…) Il y a encore beaucoup à faire ». Traduction ? La croissance s’est plantée en 2012 et pourrait continuer en 2013. Par contre une critique diplomatiquement formulée sur la raideur de la politique monétaire européenne. La directrice du Fonds a relevé des signes « d’amélioration » et de « détérioration » sur l’emploi, notamment des jeunes, rappelant que 200 millions de personnes étaient sans travail à travers le globe.   »Nous avons besoin de croissance pour l’emploi et d’emplois pour la croissance », a-t-elle estimé.  S’attardant sur la zone euro, épicentre de la crise de la dette, Mme Lagarde a relevé que les fonds de secours mis en place (MES, rachat d’obligations par la BCE) n’avaient encore montré qu’ils étaient « opérationnels ». « Des progrès doivent être faits en termes d’union bancaire », a-t-elle notamment ajouté.  Tout en saluant l’action de la BCE, Mme Lagarde a jugé qu’un nouveau cycle d’assouplissement monétaire dans l’Union européenne « serait approprié » pour soutenir l’économie.  Concernant les Etats-Unis, la patronne du Fonds a appelé toutes les parties à faire front commun pour éviter une « erreur politique » sur le plafond de la dette qui a atteint sa limite légale, mais que les républicains refusent actuellement de relever.  Plus de quatre ans après le début de la crise, Mme Lagarde a également appelé à « achever » la refonte du système financier mais s’est inquiétée de la tendance du secteur bancaire à « freiner » toute régulation, notamment la réforme internationale dite de Bâle III .   »Ca fait partie du jeu. C’est une approche constante du secteur d’appuyer sur la pédale de frein parce que c’est plus confortable de pas être soumis à une régulation », a-t-elle déclaré.   »Je suis peut-être un peu directe mais c’est ce que j’ai appris de mon expérience en tant qu’ancienne ministre de la Finance, en ayant observé la profession de près », a-t-elle ajouté.  Interrogée sur la volonté du Japon de contrer l’appréciation de sa monnaie, la patronne du Fonds a par ailleurs affirmé sa ferme opposition à toute « guerre des monnaies » et autres dévaluations compétitives.   »Si seulement les risques de représailles pouvaient dissuader quiconque de s’engager dans ce genre de politiques monétaires… », a glissé Mme Lagarde




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