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Trump : nouvelle mesure contre les investissements américains en Chine

Trump : nouvelle mesure contre les investissements américains en Chine

 

Les investisseurs américains devront avoir complètement cédé leurs avoirs en titres de sociétés désignées par le ministère de la Défense comme détenues ou contrôlées par l’armée chinoise.

Le changement élargit la portée de l’ordonnance exécutive initiale de novembre, qui n’interdisait initialement qu’aux investisseurs américains d’acheter ces titres à cette date. Reuters avait précédemment signalé que le changement était à l’étude.

« Le décret exécutif d’aujourd’hui garantit que les États-Unis conservent un outil clé pour protéger les investisseurs américains du financement de la modernisation militaire chinoise », a déclaré à Reuters un haut responsable de l’administration.

Le décret fait partie de la tentative de Trump de consolider son héritage dur envers la Chine dans les derniers jours de sa présidence. Il a également cherché à donner du mordant à une loi de 1999 qui chargeait le Département de la Défense de rédiger une liste des entreprises chinoises qui, selon lui, appartenaient ou étaient contrôlées par l’armée chinoise.

Coronavirus Allemagne : une nouvelle souche découverte

Coronavirus Allemagne : une nouvelle souche découverte

La nouvelle souche de coronavirus détectée au Royaume-Uni a pour la première fois été repérée en Allemagne, chez une femme arrivée par avion de Londres, ont annoncé les autorités sanitaires allemandes jeudi 24

«C’est le premier cas connu en Allemagne», a indiqué le ministère régional de la Santé du Bade-Wurtemberg dans un communiqué. Cette femme était arrivée à l’aéroport de Francfort le 20 décembre en provenance de l’aéroport Heathrow de Londres.

Elle a été ensuite emmenée en voiture par des proches à Freudenstadt, dans le Bade-Wurtemberg (sud-ouest), et s’est mise en quarantaine après avoir été testée positive au Covid-19 à sa descente d’avion.

Le lendemain, elle a commencé à développer des symptômes et un second test s’est avéré lui aussi positif. «Aujourd’hui la variante du virus B.1.1.7 a été détectée», a ajouté le ministère régional.

L’Allemagne a prolongé mardi et jusqu’au 6 janvier la suspension des vols en provenance du Royaume-Uni et d’Afrique du Sud après l’apparition d’une nouvelle souche jugée par les autorités britanniques plus contagieuse.

La nouvelle problématique économique, environnementale et sociale

 La nouvelle problématique économique, environnementale et sociale

 Bertrand Badré, PDG de la société d’investissement Blue Like an Orange Sustainable Capital, et Camille Putois, PDG de la coalition Business for Inclusive Growth explique dans les Échos la nécessité de prendre en compte les nouveaux défis environnementaux et sociaux

PARIS – La crise due au Covid-19 montre à quel point tous nos grands défis sont imbriqués. La perte de biodiversité et la montée des inégalités contribuent à une catastrophe sanitaire mondiale et à la pire crise économique depuis presque un siècle.

Comme cela arrive souvent dans de tels moments, les gens acceptent alors des changements qu’ils auraient rejetés d’emblée auparavant. Ainsi un changement majeur est en cours dans le monde des affaires : de nombreux dirigeants et investisseurs sont maintenant favorables à des pratiques et des modèles plus durables et plus responsables.

Il faut maintenant agir pour que ce nouvel état d’esprit devienne lui-même viral. Comment faire pour que toutes les entreprises y adhèrent, étant donné qu’elles restent dépendantes des exigences et des intérêts des actionnaires et des investisseurs ? On pense immédiatement aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance ou critères ESG. Mais ils ne constituent qu’une partie de la solution. C’est précisément parce que ce domaine est en plein essor qu’il est devenu encombré et confus, ce qui conduit à une certaine lassitude à l’égard des rapports de durabilité.

Un souci de clarté et de cohérence

Heureusement, il y a eu une récemment une avancée : deux grands organismes de normalisation des critères ESG, la Global Reporting Initiative et le Sustainability Accounting Standards Board, ayant annoncé qu’ils vont collaborer. Leur objectif n’est pas tant de créer une norme unique que « d’aider les parties prenantes à mieux comprendre comment les normes peuvent être utilisées simultanément ».

De même, pour faciliter les comparaisons et dans un souci de clarté et de cohérence, l’International Business Council du Forum économique mondial a récemment publié des « Paramètres du capitalisme au bénéfice de toutes les parties prenantes » destinés à accélérer la convergence entre les principaux organismes privés de normalisation. De son côté, l’Union européenne a lancé une révision de sa directive sur le reporting non financier qui oblige les grandes entreprises à divulguer des informations sur leur mode de fonctionnement et de gestion face aux défis sociaux et environnementaux.

Le secteur du financement ESG connaît une croissance rapide qui est appelée à se prolonger, car les entreprises connues pour leurs pratiques éthiques et durables résistent mieux que les autres à la crise suscitée par le Covid-19. Tout cela est bien beau, mais ce progrès pourrait être compromis si les investisseurs ont des difficultés pour comparer entre eux les rapports des différentes entreprises quant à leur respect des critères ESG.

Il faudrait parvenir à un ensemble de critères ESG internationaux, évalués de la même manière avec des normes de publication communes. Pour autant, cela n’exige pas l’existence d’un ensemble de normes unique. Certaines normes de reporting comporteront plus d’informations que d’autres, d’autres concerneront essentiellement des éléments cruciaux pour la création de valeur de l’entreprise ou encore l’impact d’une entreprise sur l’environnement. Il pourra y avoir différentes manières de faire un reporting ESG, toutes reposant cependant sur la même base.

Un reporting ESG clair ne constitue qu’une partie de la solution. Les entreprises devront compléter les informations sur les risques ESG par l’évaluation quantifiée de leur impact sur l’environnement et la société, tant en termes d’externalités négatives que positives. Autrement dit, les entreprises devront passer d’une culture de déclarations et d’intentions à une culture de résultats concrets, basée sur des évaluations d’impact.

Au-delà du court terme, la mesure au sens large de l’impact ESG des entreprises est la première étape vers un modèle de comptabilité des entreprises plus complet. Cela encouragera leurs dirigeants à intégrer des objectifs d’impact dans leur stratégie, accélérant l’orientation des flux de capitaux vers des investissements responsables. Cela permettra également aux États d’ajuster leurs décisions affectant les entreprises

Un capitalisme au bénéfice de toutes les parties prenantes

Ce modèle de comptabilité constitue le meilleur moyen de créer des conditions équitables nécessaires au fonctionnement d’un capitalisme au bénéfice de toutes les parties prenantes. Il intègre les décisions liées aux préoccupations climatiques et à la protection de la biodiversité. Il tient aussi compte de préoccupations sociales telles que l’égalité salariale, les avantages sociaux, l’avancement professionnel, ainsi que la santé et la sécurité au travail. Il encourage les entreprises à promouvoir des pratiques durables tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement, ce qui peut être rentable car elles sont alors plus résistantes aux crises inattendues. Enfin, des mesures d’impact faciles à comprendre sont essentielles pour établir des liens de confiance avec les clients, la population et les autres parties prenantes.

Crédit : iStock

Bien entendu, toutes les entreprises n’ont pas un impact positif sur le monde. Les mesures d’impact seront systématiquement négatives dans certains secteurs. Il s’agit de faire la distinction entre les entreprises qui s’engagent réellement à diminuer leur impact négatif et celles qui ne font que de l’écoblanchiment. Lorsque davantage d’entreprises produiront des données d’impact rigoureuses, vérifiées et transparentes aux investisseurs qui répondent aux demandes des clients en matière d’investissements responsables, les flux de capitaux s’adapteront en conséquence. Les effets seront positifs pour tout le monde.

Une dernière question est de savoir si cette nouvelle comptabilité peut s’adjoindre à la comptabilité financière. Les mesures d’impact sont complexes et semblent reposer sur des hypothèses qui peuvent facilement être remises en question. Néanmoins, comme l’a fait remarquer John Maynard Keynes, « Il vaut mieux avoir à peu près raison que précisément tort. » En outre, les méthodes de comptabilité financière établies de longue date ne sont pas parfaites, elles aussi ne font qu’estimer des réalités économiques sous-jacentes. Nous ne devrions pas hésiter à poursuivre le même type d’approximation en ce qui concerne l’impact social et environnemental des entreprises.

Une politique d’évaluation et de monétisation de cet impact a été lancée il y a quelque temps à partir d’un petit ensemble de mesures simples élaborées par l’OCDE (sur la base des travaux de l’initiative Business for Well-Being). Depuis, des projets plus avancés ont émergé et continuent de se développer. Grâce à la prise en compte de l’impact des opérations directes des entreprises et des chaînes d’approvisionnement, ainsi que de l’évaluation environnementale et sociale de la production de biens et services, les États peuvent élaborer des politiques en faveur d’un comportement responsable des entreprises et de l’augmentation du coût de leurs externalités négatives telles que les émissions de gaz à effet de serre.

Les enjeux sont importants, aussi les entreprises et les États doivent-ils unir leur force pour généraliser un modèle de comptabilité intégrant l’impact ESG des entreprises. Une feuille de route internationale pourrait couvrir des questions clés telles que la transparence et la communication des informations ESG. Cela permettrait de progresser plus rapidement vers des normes et une méthodologie communes et conduirait à la convergence des intérêts des entreprises, des investisseurs et des États face aux grands défis de notre époque. Une nouvelle définition de l’entreprise responsable se dessine.

Par Bertrand Badré, PDG de la société d’investissement Blue Like an Orange Sustainable Capital, et Camille Putois, PDG de la coalition Business for Inclusive Growth.

Coronavirus Afrique du Sud : une nouvelle variante très contaminante

Coronavirus  Afrique du Sud : une nouvelle variante très contaminante

La nouvelle variante du Corona virus qui circule au Royaume-Uni provient d’Afrique du Sud et provoque dans ce dernier pays une très forte accélération des contaminations. Tulio de Oliveira, directeur de l’institut de recherche KRISP, adossé à l’Université du Kwazulu-Natal a  déclaré:

«Nous n’avions jamais vu une seule lignée dominer ainsi», ni «se répandre aussi vite», note-t-il. Jusque-là, «normalement», entre 20 et 30 variantes circulaient en même temps, selon plusieurs séquences. «Ce que nous savons, sur cette nouvelle variante baptisée 501.V2, c’est qu’elle a probablement émergé dans la région de Nelson Mandela Bay», autour de Port Elizabeth (sud-sud-est). Puis «elle s’est étendue vers Le Cap, région la plus touristique du pays», vers l’ouest, mais aussi vers le nord en direction de Durban, détaille le chercheur.

. Dans la soirée, le ministre de la Santé sud-africain a annoncé plus de 14.000 nouveaux cas recensés en 24 heures, alors que ces chiffres oscillaient ente 8000 et 10.000 nouvelles infections quotidiennes ces derniers jours.

Black bloc : la nouvelle expression de l’extrémisme

Black bloc : la nouvelle expression de l’extrémisme

 

La composition sociale du black bloc est en mutation, dit dans une tribune au « Monde » l’historien spécialiste de l’anarchisme et de l’extrême gauche Sylvain Boulouque. Plus précaires, plus nihilistes, les nouveaux profils reflètent la crise sociale et l’augmentation des violences policières.

Tribune. 

 

Contrairement à ce qui est généralement affirmé, le black bloc n’est pas un mouvement politique, mais une pratique manifestante, apparue d’abord dans la mouvance autonome allemande et qui s’est depuis développée dans la gauche émeutière européenne. L’un des premiers Schwarzer Blocks est apparu à Frankfurt, le 1er mai 1980. Il s’agissait d’un groupe anarchiste manifestant le visage découvert.

L’expression est ensuite reprise par la police allemande pour désigner les autonomes tentant d’empêcher les expulsions des squats. Elle connaît une réappropriation positive dans les années 1990 et se dessine sous sa forme actuelle. Le black bloc est aujourd’hui une pratique manifestante internationale qui se retrouve aussi bien à Hongkong, à Barcelone, à Santiago…

Les émeutiers ne se revendiquent pas forcément de cette mouvance. Cette pratique prend une tonalité particulière en France parce qu’elle s’inscrit dans la continuité de deux siècles d’émeutes urbaines depuis la Révolution française. En France, actuellement, de l’observation du phénomène black bloc, quelques constantes se dégagent.

Une force capable de défier l’Etat

Le bloc se constitue en avant ou dans le cortège au début ou au cours des manifestations. Pour se développer, il doit bénéficier d’un effet de surprise, d’un terrain et d’un milieu favorables. Le bloc se forme au sein d’une foule plutôt bienveillante, parfois appelée, en fonction de sa place dans la manifestation, « cortège de tête ». Il lui sert de zone de protection et de refuge. Ses participants s’habillent de noir pour rester dans l’anonymat et éviter toute personnalisation, par refus du principe du chef et parfois même par romantisme révolutionnaire.

Les émeutiers se pensent et se constituent comme une force capable de défier l’Etat. Ses membres affirment une forme de désobéissance civile. Ils rejettent les manifestations imposées par les pouvoirs publics et s’inscrivent dans une logique révolutionnaire visant à rompre avec les pratiques dites réformistes des manifestations pacifiques. Le recours à la violence est une de ses expressions possibles. Il est l’affaire de choix individuels ; tous les manifestants physiquement présents au sein du bloc ne participent pas à l’émeute ou à des actions violentes, mais se montrent solidaires ou refusent de condamner les choix des autres.

Force est de constater que les actions du black bloc ne sont médiatisées que lorsque certains de ses participants ont recours à la violence. Ainsi, peu de commentateurs ont fait état de l’existence d’un « pink bloc » lors de la manifestation féministe du 23 novembre 2019 à Paris ; personne, ou presque, n’a relevé qu’à Hambourg, le 6 décembre dernier, un black bloc de plus de 3 000 personnes a manifesté pacifiquement pour afficher sa solidarité avec cinq manifestants incarcérés lors de précédentes manifestations pour des actions violentes.

 

NOUVELLE SOUCHE DE CORONAVIRUS

NOUVELLE SOUCHE DE CORONAVIRUS

Une nouvelle souche a été découverte en Grande-Bretagne, elle là surtout pour particularité de contaminer à grande vitesse d’où la  Crise particulièrement inquiétante pour les Britanniques étant  entendu que le vaccin mettra des mois pour immuniser la plus grande partie de la population.

La nouvelle variante contient 23 mutations, un « nombre inhabituellement grand », beaucoup étant « associées aux changements dans la protéine que le virus fabrique ».

Ces changements interviennent notamment dans la manière dont le virus s’attache aux cellules et entre dans les cellules.

La semaine dernière, le variant a été observé chez plus de 1000 personnes dans le sud et dans l’est de l’Angleterre, selon l’agence Public Health England (PHE) rattachée au ministère de la Santé britannique, rapporte le Guardian.

Cette nouvelle souche est aujourd’hui à l’origine de 62% des contaminations enregistrées à Londres, de 43% dans le sud-est de l’Angleterre et de 59% dans l’est. Des chiffres bien plus élevés qu’à la mi-novembre.

Les autorités britanniques estiment que le nouveau variant semble se transmettre beaucoup plus facilement et rapidement. Il devient, selon le conseiller scientifique du gouvernement, la forme « dominante » du virus.

« Rien n’indique qu’il est plus mortel ou qu’il cause une forme plus sévère de la maladie » ou qu’il réduit l’efficacité des vaccins, a toutefois assuré le Premier ministre anglais lors de la conférence de presse.

« Le vaccin est dirigé contre la protéine Spike, qui permet au coronavirus de pénétrer dans les cellules humaines. Les mutations observées actuellement, y compris dans ce nouveau variant, vont toucher de toutes petites parties de cette protéine Spike. Elles ne remettent pas en cause le cocktail d’anticorps que va générer le vaccin quand il va nous être inoculé », a expliqué Mylène Ogliastro, virologue et vice-présidente de la Société Française de Virologie, ce samedi soir sur BFMTV.

Mais d’autres estiment que l’apparition d’une nouvelle variante dans la population pourrait, en théorie, mettre en péril l’efficacité d’un vaccin, même s’il ne s’agit pas là de l’hypothèse la plus probable. Pour en avoir le cœur net, il faudra mieux connaître le génome de la variante identifiée. Certains virus, comme celui de la grippe, mutent considérablement d’une année sur l’autre et contournent ainsi l’efficacité des vaccins. Mais d’autres, comme la rougeole, évoluent avec le temps sans déjouer l’efficacité du vaccin. Reste à savoir dans quelle catégorie se situe le Sars-CoV-2.

 

 

Économie Chine : nouvelle mainmise du parti

Économie Chine : nouvelle mainmise du parti 

Selon un article paru dans le Wall Street journal et repris dans l’Opinion, le parti veut mettre un peu plus la main sur l’économie.

Le dirigeant chinois le plus puissant de sa génération, Xi Jinping,  veut encore renforcer l’emprise de l’Etat sur des sociétés qui, grandes ou petites, vont devoir suivre le mouvement. Pour ce faire, le gouvernement de la deuxième économie mondiale place des responsables du Parti communiste au sein des entreprises privées, en prive certaines de crédits et exige de leurs dirigeants qu’ils adaptent l’activité pour qu’elle serve les objectifs du pouvoir.

Celles qui sont considérées comme indisciplinées sont parfois même absorbées par des entreprises publiques.

Cette offensive s’explique par l’intime conviction des dirigeants chinois : même s’ils sont importants pour l’essor de la Chine, les marchés et entrepreneurs privés sont imprévisibles et Pékin ne doit pas réellement leur faire confiance. Dans un pays qui, cette année, a tout misé sur les directives de l’Etat pour assurer une reprise en V après le choc de la Covid-19, l’idée que la planification nationale est la meilleure solution pour gérer une économie complexe a fait de nouveaux adeptes.

Ces derniers mois, Xi Jinping n’a pas fait de mystère sur ses priorités. En septembre, le parti a publié de nouvelles règles applicables aux entreprises privées, leur rappelant qu’elles doivent servir l’Etat et promettant de recourir à l’éducation et à d’autres outils pour « renforcer encore et toujours l’idée que les entreprises privées sont placées sous la direction du parti ».

Quelques semaines plus tard, Xi Jinping intervenait lui-même pour empêcher l’introduction en Bourse d’Ant Group, une opération à 34 milliards de dollars. La raison ? L’entreprise donnait la priorité aux bénéfices, au détriment de l’objectif national de maîtrise des risques financiers.

Le message n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd : les patrons cherchent à réorienter leur activité pour apaiser Pékin ou renoncent purement et simplement à l’entrepreneuriat privé.

« Les petites entreprises comme nous n’ont pas le choix, il faut suivre le parti, déplore Li Jun, propriétaire d’un élevage de poissons dans la province du Jiangsu. Et même comme ça, on ne profite pas du tout des mesures publiques. »

A 50 ans, il a décidé de fermer son atelier de transformation de fruits de mer parce qu’il ne parvenait pas à obtenir de prêts bancaires, un problème récurrent pour les sociétés privées même si Pékin promet régulièrement de débloquer des crédits en leur faveur.

Mais cette vision implacable des prérogatives de l’Etat risque fort de miner l’innovation, l’esprit de compétition et l’énergie frénétique qui ont porté l’incroyable croissance qu’a connue la Chine ces dernières décennies. Les politiques économiques qui ont permis au géant du e-commerce Alibaba, au conglomérat technologique Tencent et à d’autres grands noms de voir le jour semblent sur le point de disparaître, préviennent des économistes en Chine et à l’étranger. Selon eux, les entreprises chinoises vont cesser de ressembler à leurs homologues américaines, portées par les forces du marché et dépendantes de l’innovation privée et de la consommation des ménages.

Le bureau de l’information du Conseil des affaires d’Etat, le gouvernement central, n’a pas souhaité répondre aux questions qui lui avaient été soumises pour le présent article.

Après avoir progressé pendant des décennies, le pourcentage d’investissement réalisé par les entreprises privées dans le secteur manufacturier et les infrastructures a amorcé un repli à partir de 2015 (il représentait alors plus de la moitié de la formation brute de capital fixe) et n’a cessé de reculer depuis lors.

C’est l’efficience de l’économie chinoise qui en a pâti. La quantité de capital nécessaire pour générer une unité de croissance économique a quasiment doublé depuis 2012, date de l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir, selon le China Dashboard, un projet statistique qui réunit la société d’études de marché Rhodium et le think tank Asia Society Policy Institute. Cela s’explique en partie par le fait que les entreprises publiques chinoises, dont la taille a explosé, sont souvent moins productives que les sociétés privées, révèlent des statistiques officielles.

De leur côté, les responsables du parti voient la démarche comme un moyen d’enrayer les excès (de risque, de dette et d’argent) qui ont accompagné l’envol des entreprises privées. Mélange de marchés et d’interventionnisme musclé, le capitalisme d’Etat à la sauce Xi Jinping a survécu à une guerre commerciale avec les Etats-Unis et, si l’on se fie aux taux de croissance, surclassé les économies ouvertes.

Signe de la direction que prend désormais la Chine, de plus en plus d’entreprises publiques absorbent des sociétés privées, donnant un nouveau sens à la « réforme de l’actionnariat mixte » du gouvernement. L’idée originale, née à la fin des années 1990, était d’attirer les capitaux privés vers les sociétés publiques pour leur insuffler un dynamisme qui manquait souvent aux pachydermes étatiques.

Aujourd’hui, sous l’égide de Xi Jinping, les choses vont souvent dans l’autre sens : les géants publics mettent la main sur des sociétés privées de taille plus modeste pour les aider à avancer et modifient leurs stratégies pour qu’elles soient au service de l’Etat.

L’an passé, selon les données des entreprises cotées, le montant des opérations de rachat de firmes privées par des sociétés publiques a dépassé les 20 milliards de dollars, soit plus du double du niveau de 2012, dans des secteurs allant des services financiers à la pharmacie en passant par la technologie.

« Les entreprises publiques doivent jouer un rôle de premier plan et avoir une influence importante sur le bon développement des sociétés privées », résume un plan d’action publique pour les trois prochaines années, qui appelle également à davantage de fusions.

Beijing OriginWater Technology, prestataire de services de traitement des eaux usées qui figure parmi les concurrents de General Electric, en a fait les frais. L’entreprise a été créée en 2001 par Wen Jianping, un ingénieur qui avait fait ses études en Australie. Son ambition : traiter les eaux polluées de Chine et profiter de l’ouverture progressive de l’économie de son pays.

La demande augmentant, l’entreprise a prospéré et Wen Jianping est devenu milliardaire le jour de l’introduction en Bourse, en 2010. En 2018, il faisait son entrée dans le classement Forbes des Chinois les plus riches, avec une fortune dépassant 1,1 milliard de dollars.

Avec le temps, Wen Jianping a pris plus de risque, gageant sa participation pour emprunter plus et financer des projets plus ambitieux. La campagne de « désendettement » lancée par Xi Jinping pour enrayer la prise de risque excessive a forcé les entreprises à réduire leur dette et plombé les marchés actions, minant la valeur des titres de Wen Jianping. Ses créanciers ont commencé à demander le remboursement des prêts.

Pour couronner le tout, en 2018, l’Etat est en partie revenu sur une initiative qui permettait aux investisseurs privés de s’associer aux collectivités locales pour des projets d’infrastructure de grande ampleur, expliquant qu’il redoutait une explosion des dépenses. Les entreprises comme celles de Wen Jianping se sont retrouvées avec des projets inachevés et une dette à rembourser rapidement.

Une filiale de China Communications Construction, géant public de la construction chargé des projets d’infrastructure chinois à l’étranger, est venue à sa rescousse et a pris le contrôle de Beijing OriginWater pour plus de 440 millions de dollars. La participation de Wen Jianping est, elle, passée de 23 % à 10 %.

Désormais, plutôt que viser le marché local, Beijing OriginWater affirme vouloir appuyer le projet des Nouvelles routes de la soie, un gigantesque programme d’infrastructures défendu par Xi Jinping pour mettre les pays d’Asie, d’Europe et d’Afrique dans l’orbite de la Chine.

Plusieurs membres historiques du conseil d’administration ont été remplacés par des représentants nommés par la Commission d’administration et de supervision des actifs publics, à la fois autorité de réglementation et actionnaire majoritaire de grandes entreprises publiques, dont China Communications Construction.

Une offre de poste publiée en fin d’année dernière, au moment où la filiale de China Communications Construction rachetait Beijing OriginWater, détaillait les prérequis pour des postes de chefs de projet. Les candidats devaient notamment préciser leur sensibilité politique et posséder « un esprit de combativité sans faille ».

Interrogée, China Communications Construction a déclaré que l’acquisition de Beijing OriginWater était « une alliance des plus fortes ». Wen Jianping n’a pas souhaité commenter.

Lors d’un entretien accordé à l’hebdomadaire China Times l’an passé, il avait comparé les entreprises publiques à des arbres et les sociétés privées à des arbrisseaux. « A l’avenir, les arbres vont grandir et auront besoin de plus de terre, plus d’eau et plus de lumière, avait-il déclaré. Les arbrisseaux, eux, deviendront soit des branches de ces arbres soit de l’herbe, et l’herbe ne survivra pas. »

L’an passé, Zhuji Water Group, distributeur d’eau à gestion municipale de la province du Zhejiang, a dépensé 147 millions de dollars pour prendre 28 % du capital de Zhejiang Great Southeast, une société cotée qui fabrique des emballages en plastique et peinait à honorer ses dettes.

L’objectif, pour les dirigeants, était de faire de Zhuji Water un conglomérat possédant des hôtels, des biens immobiliers et toutes sortes d’autres actifs. L’acquisition de Great Southeast lui permettait également d’être cotée, a précisé l’un de ses dirigeants.

Mais, bien souvent, les responsables publics veulent surtout veiller à ce que les grandes entreprises privées suivent les objectifs et les politiques de Pékin. Pour y parvenir, l’Etat installe de plus en plus de comités du Parti communiste au sein des entreprises et les incite à peser dans les décisions.

Sanyue Industrial, fabricant de matériel électronique de Dongguan, a institué en octobre dernier le premier comité du parti de son entreprise, créée il y a onze ans. Une idée, raconte son patron Huang Shengying, qui lui a été soufflée par l’Etat.

Le comité, qui se compose de cinq membres du parti qui étaient déjà salariés de l’entreprise (dont deux issus du management), entend se réunir régulièrement pour « étudier l’esprit » des politiques publiques et des discours de Xi Jinping, précise Huang Shengying. « Pour survivre, il faut qu’on comprenne mieux l’orientation politique, déclare-t-il. Et on nous a dit que le renforcement du parti était bon pour le développement des entreprises. »

Trois autres entreprises privées de Dongguan (un fabricant d’électronique, un équipementier automobile et un chimiste) ont elles aussi récemment mis en place des comités du parti. Zhao Zhijia, responsable politique de Dongguan, explique que ces comités sont des « stations de rechargement rouge » et que « les entreprises intégreront l’essor du parti à leur culture ». « Tout le monde y gagnera », résume-t-il.

Pourtant, dans les faits, ces comités perturbent souvent les décisions des dirigeants et des conseils d’administration. Ces deux dernières années, selon des documents officiels, la cellule du parti de Baowu Steel Group, entreprise publique et premier aciériste de Chine, a organisé 55 réunions et examiné 137 propositions soumises par la direction. Elle en a modifié 16, qu’elle a ensuite envoyées au conseil d’administration de Baowu.

Et en a refusé d’autres, notamment un projet de levée de fonds pour une des filiales, estimant que le besoin de capitaux supplémentaires n’était pas clair, selon un article publié sur le site web de Baowu.

Sa préconisation : mettre davantage d’argent de côté pour aider les pauvres, quand bien même les bénéfices de la filiale cotée de Baowu avaient fondu de 42 % l’année précédente. L’éradication de la pauvreté est l’un des objectifs phares de Xi Jinping.

Les responsables chinois affirment que Xi Jinping ne veut pas miner l’entrepreneuriat ni éliminer les forces de marché. Il a promis de soutenir le secteur privé, qui génère la moitié des recettes fiscales de l’Etat et emploie 80 % de la main-d’œuvre urbaine.

Contrairement à ses prédécesseurs, qui avaient soutenu l’expansion du secteur privé, Xi Jinping entend surtout ramener les entrepreneurs dans le giron du parti.

Dans les hautes sphères du pouvoir, on explique que sa vision des choses a été influencée par les excès qui sont apparus pendant les mandats de Jiang Zemin et Hu Jintao, lors desquels la corruption et les dommages environnementaux étaient monnaie courante, ainsi que par les turbulences boursières qui ont marqué ses premières années de pouvoir.

Au départ, Xi Jinping était en effet ouvert à l’idée de poursuivre la réforme des marchés amorcée dans les années 1980 par Deng Xiaoping. Fin 2013, il s’était d’ailleurs engagé à donner « un rôle décisif » aux forces du marché. Il avait donné sa bénédiction à des régulateurs qui prônaient l’investissement en actions et avaient assoupli le contrôle des taux de change. Son administration avait même envisagé de nommer des professionnels de la gestion à la tête des entreprises publiques plutôt que des apparatchiks du parti.

Mais, les unes après les autres, ces idées ont mené au chaos. A l’été 2015, un krach boursier a plombé les marchés et mis Xi Jinping dans l’embarras. La décision de la banque centrale de laisser le yuan fluctuer plus librement n’a fait qu’amplifier l’agacement du grand public.

Lors de réunions à huis clos avec ses subalternes, le Président n’a pas caché son mécontentement, racontent des responsables proches du plus haut sommet de l’Etat, et a décidé d’utiliser la force publique pour résoudre ce qu’il considérait comme les problèmes du marché.

De hauts responsables du secteur public ont réussi à convaincre le gouvernement de renoncer à sa volonté de placer des gestionnaires plus libéraux à la tête des entreprises d’État.

Désormais, Pékin supervise directement 128 entreprises publiques. Même si elles étaient 140 en 2012, leur taille a beaucoup augmenté et, dans un contexte de consolidation menée par l’Etat pour créer des groupes d’envergure nationale, elles empiètent sur le secteur privé. Les collectivités locales gèrent, elles, des milliers d’autres sociétés.

Jusqu’à l’an passé, Xu Zhong était à la tête du département de recherche de la banque centrale chinoise. Il a publiquement critiqué la manière dont Pékin a géré l’allocation du crédit (qui a privé les entreprises non étatiques de financements), estimant qu’elle était la cause des problèmes de gouvernance et de distorsion du marché.

« Le principal problème institutionnel qui mène au chaos financier est le flou qui entoure la frontière entre Etat et marché », a-t-il écrit dans un article publié en décembre 2017. Lors d’un forum économique en février 2019, il a appelé à une plus grande responsabilité du gouvernement en matière de réforme des marchés.

Peu après, il a été muté à un poste dans une association réunissant des spécialistes du courtage.

« Le camp réformiste a disparu, souffle un économiste qui conseille le gouvernement. Aujourd’hui, il n’est pas particulièrement difficile de savoir ce qu’il veut comme réforme. »

En septembre, le changement de cap ne faisait plus aucun doute. Liu He, conseiller économique en chef connu pour son soutien aux réformes du marché, a résumé les projets de Pékin pour les trois prochaines années.

« Les entreprises publiques, a-t-il affirmé, doivent devenir le noyau concurrentiel du marché. »

Traduit à partir de la version originale en anglais

Coronavirus : Une nouvelle variante en Angleterre

Coronavirus : Une nouvelle variante en Angleterre

“Nous avons identifié une nouvelle variante du coronavirus, qui pourrait être associée à une diffusion plus rapide dans le sud-est de l’Angleterre”, a dit Matt Hancock , le ministre de la santé, devant la Chambre des communes. “Les premières analyses suggèrent que cette variante se propage plus vite que les variantes existantes.”

“Je dois souligner à ce stade que rien n’indique que cette variante augmente les probabilités de cas graves et la dernière évaluation clinique dit qu’il est hautement improbable que cette mutation ne puisse répondre à un vaccin”, a-t-il ajouté.

En Chine : nouvelle mainmise du parti sur l’économie

En Chine : nouvelle mainmise du parti sur l’économie

Selon un article paru dans le Wall Street journal et repris dans l’Opinion, le parti veut mettre un peu plus la main sur l’économie.

Le dirigeant chinois le plus puissant de sa génération, Xi Jinping,  veut encore renforcer l’emprise de l’Etat sur des sociétés qui, grandes ou petites, vont devoir suivre le mouvement. Pour ce faire, le gouvernement de la deuxième économie mondiale place des responsables du Parti communiste au sein des entreprises privées, en prive certaines de crédits et exige de leurs dirigeants qu’ils adaptent l’activité pour qu’elle serve les objectifs du pouvoir.

Celles qui sont considérées comme indisciplinées sont parfois même absorbées par des entreprises publiques.

Cette offensive s’explique par l’intime conviction des dirigeants chinois : même s’ils sont importants pour l’essor de la Chine, les marchés et entrepreneurs privés sont imprévisibles et Pékin ne doit pas réellement leur faire confiance. Dans un pays qui, cette année, a tout misé sur les directives de l’Etat pour assurer une reprise en V après le choc de la Covid-19, l’idée que la planification nationale est la meilleure solution pour gérer une économie complexe a fait de nouveaux adeptes.

Ces derniers mois, Xi Jinping n’a pas fait de mystère sur ses priorités. En septembre, le parti a publié de nouvelles règles applicables aux entreprises privées, leur rappelant qu’elles doivent servir l’Etat et promettant de recourir à l’éducation et à d’autres outils pour « renforcer encore et toujours l’idée que les entreprises privées sont placées sous la direction du parti ».

Quelques semaines plus tard, Xi Jinping intervenait lui-même pour empêcher l’introduction en Bourse d’Ant Group, une opération à 34 milliards de dollars. La raison ? L’entreprise donnait la priorité aux bénéfices, au détriment de l’objectif national de maîtrise des risques financiers.

Le message n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd : les patrons cherchent à réorienter leur activité pour apaiser Pékin ou renoncent purement et simplement à l’entrepreneuriat privé.

« Les petites entreprises comme nous n’ont pas le choix, il faut suivre le parti, déplore Li Jun, propriétaire d’un élevage de poissons dans la province du Jiangsu. Et même comme ça, on ne profite pas du tout des mesures publiques. »

A 50 ans, il a décidé de fermer son atelier de transformation de fruits de mer parce qu’il ne parvenait pas à obtenir de prêts bancaires, un problème récurrent pour les sociétés privées même si Pékin promet régulièrement de débloquer des crédits en leur faveur.

Mais cette vision implacable des prérogatives de l’Etat risque fort de miner l’innovation, l’esprit de compétition et l’énergie frénétique qui ont porté l’incroyable croissance qu’a connue la Chine ces dernières décennies. Les politiques économiques qui ont permis au géant du e-commerce Alibaba, au conglomérat technologique Tencent et à d’autres grands noms de voir le jour semblent sur le point de disparaître, préviennent des économistes en Chine et à l’étranger. Selon eux, les entreprises chinoises vont cesser de ressembler à leurs homologues américaines, portées par les forces du marché et dépendantes de l’innovation privée et de la consommation des ménages.

Le bureau de l’information du Conseil des affaires d’Etat, le gouvernement central, n’a pas souhaité répondre aux questions qui lui avaient été soumises pour le présent article.

Après avoir progressé pendant des décennies, le pourcentage d’investissement réalisé par les entreprises privées dans le secteur manufacturier et les infrastructures a amorcé un repli à partir de 2015 (il représentait alors plus de la moitié de la formation brute de capital fixe) et n’a cessé de reculer depuis lors.

C’est l’efficience de l’économie chinoise qui en a pâti. La quantité de capital nécessaire pour générer une unité de croissance économique a quasiment doublé depuis 2012, date de l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir, selon le China Dashboard, un projet statistique qui réunit la société d’études de marché Rhodium et le think tank Asia Society Policy Institute. Cela s’explique en partie par le fait que les entreprises publiques chinoises, dont la taille a explosé, sont souvent moins productives que les sociétés privées, révèlent des statistiques officielles.

De leur côté, les responsables du parti voient la démarche comme un moyen d’enrayer les excès (de risque, de dette et d’argent) qui ont accompagné l’envol des entreprises privées. Mélange de marchés et d’interventionnisme musclé, le capitalisme d’Etat à la sauce Xi Jinping a survécu à une guerre commerciale avec les Etats-Unis et, si l’on se fie aux taux de croissance, surclassé les économies ouvertes.

Signe de la direction que prend désormais la Chine, de plus en plus d’entreprises publiques absorbent des sociétés privées, donnant un nouveau sens à la « réforme de l’actionnariat mixte » du gouvernement. L’idée originale, née à la fin des années 1990, était d’attirer les capitaux privés vers les sociétés publiques pour leur insuffler un dynamisme qui manquait souvent aux pachydermes étatiques.

Aujourd’hui, sous l’égide de Xi Jinping, les choses vont souvent dans l’autre sens : les géants publics mettent la main sur des sociétés privées de taille plus modeste pour les aider à avancer et modifient leurs stratégies pour qu’elles soient au service de l’Etat.

L’an passé, selon les données des entreprises cotées, le montant des opérations de rachat de firmes privées par des sociétés publiques a dépassé les 20 milliards de dollars, soit plus du double du niveau de 2012, dans des secteurs allant des services financiers à la pharmacie en passant par la technologie.

« Les entreprises publiques doivent jouer un rôle de premier plan et avoir une influence importante sur le bon développement des sociétés privées », résume un plan d’action publique pour les trois prochaines années, qui appelle également à davantage de fusions.

Beijing OriginWater Technology, prestataire de services de traitement des eaux usées qui figure parmi les concurrents de General Electric, en a fait les frais. L’entreprise a été créée en 2001 par Wen Jianping, un ingénieur qui avait fait ses études en Australie. Son ambition : traiter les eaux polluées de Chine et profiter de l’ouverture progressive de l’économie de son pays.

La demande augmentant, l’entreprise a prospéré et Wen Jianping est devenu milliardaire le jour de l’introduction en Bourse, en 2010. En 2018, il faisait son entrée dans le classement Forbes des Chinois les plus riches, avec une fortune dépassant 1,1 milliard de dollars.

Avec le temps, Wen Jianping a pris plus de risque, gageant sa participation pour emprunter plus et financer des projets plus ambitieux. La campagne de « désendettement » lancée par Xi Jinping pour enrayer la prise de risque excessive a forcé les entreprises à réduire leur dette et plombé les marchés actions, minant la valeur des titres de Wen Jianping. Ses créanciers ont commencé à demander le remboursement des prêts.

Pour couronner le tout, en 2018, l’Etat est en partie revenu sur une initiative qui permettait aux investisseurs privés de s’associer aux collectivités locales pour des projets d’infrastructure de grande ampleur, expliquant qu’il redoutait une explosion des dépenses. Les entreprises comme celles de Wen Jianping se sont retrouvées avec des projets inachevés et une dette à rembourser rapidement.

Une filiale de China Communications Construction, géant public de la construction chargé des projets d’infrastructure chinois à l’étranger, est venue à sa rescousse et a pris le contrôle de Beijing OriginWater pour plus de 440 millions de dollars. La participation de Wen Jianping est, elle, passée de 23 % à 10 %.

Désormais, plutôt que viser le marché local, Beijing OriginWater affirme vouloir appuyer le projet des Nouvelles routes de la soie, un gigantesque programme d’infrastructures défendu par Xi Jinping pour mettre les pays d’Asie, d’Europe et d’Afrique dans l’orbite de la Chine.

Plusieurs membres historiques du conseil d’administration ont été remplacés par des représentants nommés par la Commission d’administration et de supervision des actifs publics, à la fois autorité de réglementation et actionnaire majoritaire de grandes entreprises publiques, dont China Communications Construction.

Une offre de poste publiée en fin d’année dernière, au moment où la filiale de China Communications Construction rachetait Beijing OriginWater, détaillait les prérequis pour des postes de chefs de projet. Les candidats devaient notamment préciser leur sensibilité politique et posséder « un esprit de combativité sans faille ».

Interrogée, China Communications Construction a déclaré que l’acquisition de Beijing OriginWater était « une alliance des plus fortes ». Wen Jianping n’a pas souhaité commenter.

Lors d’un entretien accordé à l’hebdomadaire China Times l’an passé, il avait comparé les entreprises publiques à des arbres et les sociétés privées à des arbrisseaux. « A l’avenir, les arbres vont grandir et auront besoin de plus de terre, plus d’eau et plus de lumière, avait-il déclaré. Les arbrisseaux, eux, deviendront soit des branches de ces arbres soit de l’herbe, et l’herbe ne survivra pas. »

L’an passé, Zhuji Water Group, distributeur d’eau à gestion municipale de la province du Zhejiang, a dépensé 147 millions de dollars pour prendre 28 % du capital de Zhejiang Great Southeast, une société cotée qui fabrique des emballages en plastique et peinait à honorer ses dettes.

L’objectif, pour les dirigeants, était de faire de Zhuji Water un conglomérat possédant des hôtels, des biens immobiliers et toutes sortes d’autres actifs. L’acquisition de Great Southeast lui permettait également d’être cotée, a précisé l’un de ses dirigeants.

Mais, bien souvent, les responsables publics veulent surtout veiller à ce que les grandes entreprises privées suivent les objectifs et les politiques de Pékin. Pour y parvenir, l’Etat installe de plus en plus de comités du Parti communiste au sein des entreprises et les incite à peser dans les décisions.

Sanyue Industrial, fabricant de matériel électronique de Dongguan, a institué en octobre dernier le premier comité du parti de son entreprise, créée il y a onze ans. Une idée, raconte son patron Huang Shengying, qui lui a été soufflée par l’Etat.

Le comité, qui se compose de cinq membres du parti qui étaient déjà salariés de l’entreprise (dont deux issus du management), entend se réunir régulièrement pour « étudier l’esprit » des politiques publiques et des discours de Xi Jinping, précise Huang Shengying. « Pour survivre, il faut qu’on comprenne mieux l’orientation politique, déclare-t-il. Et on nous a dit que le renforcement du parti était bon pour le développement des entreprises. »

Trois autres entreprises privées de Dongguan (un fabricant d’électronique, un équipementier automobile et un chimiste) ont elles aussi récemment mis en place des comités du parti. Zhao Zhijia, responsable politique de Dongguan, explique que ces comités sont des « stations de rechargement rouge » et que « les entreprises intégreront l’essor du parti à leur culture ». « Tout le monde y gagnera », résume-t-il.

Pourtant, dans les faits, ces comités perturbent souvent les décisions des dirigeants et des conseils d’administration. Ces deux dernières années, selon des documents officiels, la cellule du parti de Baowu Steel Group, entreprise publique et premier aciériste de Chine, a organisé 55 réunions et examiné 137 propositions soumises par la direction. Elle en a modifié 16, qu’elle a ensuite envoyées au conseil d’administration de Baowu.

Et en a refusé d’autres, notamment un projet de levée de fonds pour une des filiales, estimant que le besoin de capitaux supplémentaires n’était pas clair, selon un article publié sur le site web de Baowu.

Sa préconisation : mettre davantage d’argent de côté pour aider les pauvres, quand bien même les bénéfices de la filiale cotée de Baowu avaient fondu de 42 % l’année précédente. L’éradication de la pauvreté est l’un des objectifs phares de Xi Jinping.

Les responsables chinois affirment que Xi Jinping ne veut pas miner l’entrepreneuriat ni éliminer les forces de marché. Il a promis de soutenir le secteur privé, qui génère la moitié des recettes fiscales de l’Etat et emploie 80 % de la main-d’œuvre urbaine.

Contrairement à ses prédécesseurs, qui avaient soutenu l’expansion du secteur privé, Xi Jinping entend surtout ramener les entrepreneurs dans le giron du parti.

Dans les hautes sphères du pouvoir, on explique que sa vision des choses a été influencée par les excès qui sont apparus pendant les mandats de Jiang Zemin et Hu Jintao, lors desquels la corruption et les dommages environnementaux étaient monnaie courante, ainsi que par les turbulences boursières qui ont marqué ses premières années de pouvoir.

Au départ, Xi Jinping était en effet ouvert à l’idée de poursuivre la réforme des marchés amorcée dans les années 1980 par Deng Xiaoping. Fin 2013, il s’était d’ailleurs engagé à donner « un rôle décisif » aux forces du marché. Il avait donné sa bénédiction à des régulateurs qui prônaient l’investissement en actions et avaient assoupli le contrôle des taux de change. Son administration avait même envisagé de nommer des professionnels de la gestion à la tête des entreprises publiques plutôt que des apparatchiks du parti.

Mais, les unes après les autres, ces idées ont mené au chaos. A l’été 2015, un krach boursier a plombé les marchés et mis Xi Jinping dans l’embarras. La décision de la banque centrale de laisser le yuan fluctuer plus librement n’a fait qu’amplifier l’agacement du grand public.

Lors de réunions à huis clos avec ses subalternes, le Président n’a pas caché son mécontentement, racontent des responsables proches du plus haut sommet de l’Etat, et a décidé d’utiliser la force publique pour résoudre ce qu’il considérait comme les problèmes du marché.

De hauts responsables du secteur public ont réussi à convaincre le gouvernement de renoncer à sa volonté de placer des gestionnaires plus libéraux à la tête des entreprises d’État.

Désormais, Pékin supervise directement 128 entreprises publiques. Même si elles étaient 140 en 2012, leur taille a beaucoup augmenté et, dans un contexte de consolidation menée par l’Etat pour créer des groupes d’envergure nationale, elles empiètent sur le secteur privé. Les collectivités locales gèrent, elles, des milliers d’autres sociétés.

Jusqu’à l’an passé, Xu Zhong était à la tête du département de recherche de la banque centrale chinoise. Il a publiquement critiqué la manière dont Pékin a géré l’allocation du crédit (qui a privé les entreprises non étatiques de financements), estimant qu’elle était la cause des problèmes de gouvernance et de distorsion du marché.

« Le principal problème institutionnel qui mène au chaos financier est le flou qui entoure la frontière entre Etat et marché », a-t-il écrit dans un article publié en décembre 2017. Lors d’un forum économique en février 2019, il a appelé à une plus grande responsabilité du gouvernement en matière de réforme des marchés.

Peu après, il a été muté à un poste dans une association réunissant des spécialistes du courtage.

« Le camp réformiste a disparu, souffle un économiste qui conseille le gouvernement. Aujourd’hui, il n’est pas particulièrement difficile de savoir ce qu’il veut comme réforme. »

En septembre, le changement de cap ne faisait plus aucun doute. Liu He, conseiller économique en chef connu pour son soutien aux réformes du marché, a résumé les projets de Pékin pour les trois prochaines années.

« Les entreprises publiques, a-t-il affirmé, doivent devenir le noyau concurrentiel du marché. »

Traduit à partir de la version originale en anglais

Nucléaire : nouvelle aide à Areva

Nucléaire : nouvelle aide à Areva

 

Face aux difficultés chroniques d’Areva SA, l’ancien holding du champion du nucléaire devenu sa structure de défaisance chargée d’achever la construction du réacteur EPR vendu au finlandais TVO, l’Etat t a validé le principe du rachat d’une partie des titres qu’Areva SA détient au capital d’Orano pour lui éviter d’entrer en cessation de paiements dès le printemps prochain. L’État va apporter 600 à 800 millions.

Brexit-nouvelle prolongation des discussions ?

Brexit-nouvelle prolongation des discussions ?

C’est l’une des hypothèses les plus vraisemblables dans la mesure où les différends persistent sur trois sujets majeurs à savoir la concurrence, les moyens de contrôle de cette concurrence et la pêche.

Jusque-là, on a assisté à une partie de poker chaque camp affirmant ses positions et même les durcissant tout en prenant des précautions oratoires pour ne pas porter le chapeau d’une éventuelle rupture.

De toute évidence un accord ne sera pas possible avant le 31 décembre. Reste alors  que l’hypothèse d’une rupture ou d’une prolongation des négociations. Jusque-là Boris Johnson a toujours exclu de repousser encore la date du brexit mais il pourrait s’y résoudre pour des questions politiques et économiques.

Publiquement, chaque camp défend ses positions, réclame de l’autre des concessions et se dit prêt à une sortie de la Grande-Bretagne de l’UE sans accord, une perspective pourtant redoutée par les milieux économiques qui craignent de nombreuses perturbations dans leurs activités.

Clément Beaune, le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, a répété mardi sur RMC que la France n’hésiterait pas à opposer son veto à un projet d’accord, notamment si elle n’est pas satisfaite des propositions concernant la pêche.

Une « nouvelle aide exceptionnelle » de 150 € pour les jeunes

Une « nouvelle aide exceptionnelle » de 150 € pour les jeunes

Dans le cadre de son intervention au média en ligne Brut, le président a annoncé une aide exceptionnelle supplémentaire aux jeunes..

 

Il s’agirait de nouveau d’une aide de 150 euros comme celles qui ont déjà été versées, a-t-il dit faisant référence aux aides à destination des jeunes bénéficiant des aides au logement ainsi qu’aux étudiants boursiers.

Souvent déprimés par les deux confinements, privés de petits boulots et de lien social ou en difficulté dans des études à distance, 53% des 18-30 ans se sentent « révoltés ou résignés » et seulement 22% « confiants ou enthousiastes »selon un sondage de l’IFOP pour La Tribune.

OPEP : un accord pour une nouvelle réduction de production

OPEP : un accord pour une nouvelle réduction de production

 

Les pays exportateurs de pétrole vont peut-être se mettre d’accord pour une moindre réduction de la production en 2021 compte tenu des perspectives de redressement économique. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, Russie en tête, devaient initialement prolonger la réduction de 7,7 millions de barils par jour (bpj) de leur production, qui équivaut à environ 8% de la demande mondiale.

Mais la forte remontée des cours du brut en novembre favorisée par l’espoir de voir rapidement déployés un ou plusieurs vaccins contre le COVID-19, a conduit plusieurs pays à remettre en cause cette stratégie, défendue entre autres par l’Arabie saoudite mais qui réduit les recettes pétrolières des pays concernés.

Plusieurs sources au sein de l’Opep+ ont rapporté que la Russie, l’Irak, le Nigeria et les Emirats arabes unis avaient exprimé leur volonté d’augmenter l’offre pétrolière en 2021.

« La situation évolue vers un compromis », a dit un délégué de l’Opep.

La réunion officielle en ligne des responsables de l’Opep+ devait débuter à 14h00 GMT, ont dit deux sources au sein du groupe.

Les options envisagées, expliquent des sources, sont celle d’une prolongation de la politique actuelle d’encadrement de la production et celle d’une augmentation des pompages de 500.000 à un million de bpj par mois à partir de janvier.

Deux personnes ont dit à Reuters que l’option privilégiée prévoyait une reconduction du plafonnement de la production en janvier puis une hausse de 500.000 bpj par mois en février, mars, avril et mai.

JP Morgan estime qu’une augmentation de la production globale de deux millions de bpj coûterait 55 milliards de dollars de revenus (45,2 milliards d’euros) à l’Opep+ en 2021 car l’impact de la baisse du prix du baril qu’elle provoquerait serait supérieure à celui de la hausse des volumes.

Croissance France: nouvelle chute du PIB de 4,5 % au 4T

Croissance France: nouvelle chute du PIB de 4,5 % au 4T

 

Comme c’était prévisible, le PIB  retombe nettement dans le rouge en cette fin d’année. En cause, notamment les très mauvais résultats de novembre imputables pour partie à la crise sanitaire. Au total pour l’ensemble de l’année 2020, l’ INSEE prévoit une baisse de croissance de 9 %. Pour l’avenir le PIB pourrait enregistrer une augmentation de environ 6 % en 2021 et 3 % en 2022. En clair il faudra attendre 2023 au moins pour retrouver le niveau de fin 2019.

“Après un vif rebond en partie mécanique au troisième trimestre, l’activité économique française chuterait à nouveau lors d’un quatrième trimestre en partie confiné”, écrit l’Insee dans sa note de conjoncture de décembre.

L’Insee y rappelle que le produit intérieur brut (PIB) a rebondi de 18,7% au troisième trimestre après un plongeon historique de 13,8% sur la période avril-juin.

L’impact du deuxième confinement, instauré en France le 30 octobre, devrait ainsi être nettement moins brutal que le premier, qui avait duré deux mois, de mi-mars à fin mai.

“Ce dernier [confinement] diffère du confinement du printemps quant à son périmètre et sa durée, ce d’autant plus en considérant l’apprentissage induit par l’expérience du printemps. Ainsi, l’écart d’activité avec le niveau d’avant-crise se serait certes creusé à nouveau en novembre, à –12%, mais de façon moindre qu’en avril (–30% environ)”, précise l’institut, en s’appuyant sur les enquêtes de conjoncture et des données à haute fréquence.

Pour l’ensemble de l’année, l’Insee table sur un recul d’environ 9% du PIB.

Le gouvernement, pour sa part, prévoit une contraction de 11% mais le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a suggéré il y a deux semaines que la baisse définitive pourrait être moindre.

Avec la levée par paliers des mesures de confinement, la situation économique devrait s’éclaircir prudemment en cette fin d’année, avec notamment une reprise progressive de la consommation, estime l’Insee.

La “perte” de consommation par rapport au niveau d’avant-crise devrait être limitée à 6% en décembre contre -14% en novembre.

Alors que la consommation des ménages a subi une chute de 11,4% lors du deuxième trimestre, elle ne reculerait que de 6% sur l’ensemble du quatrième trimestre, du fait du “caractère un peu moins contraignant du deuxième confinement, mais aussi avec la poursuite de la forte dynamique des ventes en ligne observée dès l’entrée en confinement”.

EDF–Projet Hercule: menace d’une nouvelle grève le 10 décembre

EDF–Projet Hercule: menace d’une nouvelle grève le 10 décembre

Après la journée de mobilisation assez suivie du 26 novembre , les syndicats menacent d’un nouveau mouvement le 10 décembre. Il s’agit pour eux de protester contre la réorganisation envisagée par la direction et le  gouvernement dans le projet Hercule. Un projet qui prévoit de séparer la fonction de production et les fonctions de distribution. Des fonctions de distribution qui seraient par ailleurs davantage libéralisées donc en plus grande concurrence.

Les syndicats souhaitent une rencontre plus rapidement possible avec le premier ministre. « Dans cette perspective et afin de porter toute la puissance de la mobilisation des salariés à exiger le retrait d’Hercule, l’intersyndicale demande une nouvelle fois au Premier ministre de la recevoir en urgence. Une proposition de rencontre de sa part est attendue avant le 7 décembre à 17 heures, sans quoi une nouvelle journée de mobilisation s’organisera le 10 décembre 2020 », écrivent dans un communiqué la CGT, la CFE-CGC Énergies, la FCE-CFDT et FO Énergie et Mines.

Parisot, Arthuis, Touraine… et une nouvelle commission pour sauver les finances publiques !

Parisot, Arthuis, Touraine… et une nouvelle commission pour sauver les finances publiques !

 

Comme à chaque problème, le gouvernement complètement empêtré dans sa gestion approximative convoque une commission. Cette fois sur le sujet particulièrement complexe et stratégique de l’endettement. On sait que cet endettement devait initialement atteindre 100 % du PIB fin 2020. Compte tenu du soutien économique et social lié à la crise sanitaire la dette va enfler pour atteindre 120 % du PIB en 2020.

Une vraie dérive qui peut s’expliquer voir se comprendre mais qui ne change rien aux fait  qu’une dette;  et une dette et qu’il conviendra un jour de l’amortir d’une manière ou d’une autre. La France ne manque pas d’organismes très spécialisés et très pointus pour gérer les finances par exemple à Bercy ou encore à la Cour des Comptes. Pourtant, le gouvernement convoque une mission qui comprendra notamment Laurence Parisot, Marizol le Touraine, ou encore Jean Arthuis. Une commission composée de « profils expérimentés » considèrent le gouvernement. Plutôt une commission assez composite avec d’ailleurs une mission très vague type ENA qui consiste à : « reconstruire une trajectoire des finances publiques en sortie de crise, notamment la gestion de la dette Covid. »

 

On peut d’ores et déjà prévoir les recommandations qui viseront à amortir la dette sur 20 ou 30 ans à moins évidemment que le système financier ne vienne à éclater sous la pression des actifs pourris, d’une montée brutale de l’inflation, d’une flambée des taux d’intérêt et d’une dévaluation de fait.

Annoncée début novembre par le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt, cette commission sera composée d’une dizaine de personnes, « aux profils variés et très expérimentés », a indiqué mardi le ministère des Comptes publics à l’AFP.

Si sa composition n’est pas encore finalisée, en feront notamment partie Laurence Parisot, l’ancienne présidente du Medef, la socialiste Marisol Touraine, ancienne ministre des Affaires sociales et de la santé sous François Hollande ou encore le centriste Jean Arthuis, ex-ministre de l’Économie sous Jacques Chirac.

Ont également été choisis le PDG d’Aéroport de Paris Augustin de Romanet, le directeur général de l’Insee Jean-Luc Tavernier et l’économiste italo-suisse Beatrice Weder di Mauro, qui a notamment conseillé les chanceliers allemands Gerhard Schroeder et Angela Merkel.

L’idée du gouvernement est de cantonner la dette Coronavirus pour la distinguer de la dette plus structurelle afin de faire mieux passer la pilule auprès de la soupçonneuse union économique. Pas sûr que la pilule passe auprès des rigoureux pays du nord de l’Europe.

 

Afghanistan: une nouvelle tragédie

Afghanistan: une nouvelle tragédie  

 Ce que pense Sune Engel Rasmussen dans le Wall Street Journal

Même si le retrait des troupes américaines annoncé par Donald Trump n’est pas encore effectif, des signes prouvent que le gouvernement afghan est débordé.

A la nuit tombée, les rues des abords de la capitale se vident et les forces de sécurité se préparent à affronter une vague de meurtres. Les insurgés talibans ont placardé des avertissements sur les vitrines des magasins, affirmant que l’Emirat islamique (nom qu’ils ont donné à leur organisation) va venir arrêter et exécuter les kidnappeurs, les vandales et les voleurs.

« Quand les forces américaines auront quitté l’Afghanistan, les talibans appliqueront notre loi, par le dialogue ou la force », affirme Azizi, un jeune combattant taliban qui a quitté sa maison à l’extérieur de la ville pour cet entretien. Du troisième étage d’un immeuble, il regarde le quartier environnant, qui abrite des classes moyennes, des étudiants et des cafés. « A Kaboul, nous instaurerons les règles de charia comme nous le faisons dans les autres provinces », affirme-t-il.

Les Afghans se demandent depuis des années à quoi ressemblera leur pays après le départ de la coalition militaire dirigée par les Etats-Unis. Pour le meilleur ou pour le pire, ils seront bientôt fixés.

Cette semaine, le Pentagone a fait part de son intention de réduire le nombre de soldats américains stationnés en Afghanistan à environ 2 500 d’ici à la prise de fonction de Joe Biden en janvier. En février dernier, ils étaient environ 12 000, contre 100 000 il y a dix ans. Le président Trump a émis l’ordre quelques jours après avoir limogé Mark Esper, le secrétaire à la Défense.

Joe Biden, élu début novembre, a déclaré qu’il voulait retirer la totalité des troupes américaines d’Afghanistan avant la fin de son premier mandat. L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) s’est engagée à financer l’armée afghane jusqu’en 2024 (quelque 7 500 soldats non américains sont actuellement dans le pays), mais il est peu probable que les partenaires de la coalition conservent leurs effectifs après le départ des Américains.

Sur place, l’angoisse monte depuis que les talibans ont conclu, en février dernier, un accord avec l’administration Trump. En échange du retrait progressif des soldats américains, les militants se sont engagés à empêcher Al-Qaïda et d’autres groupes terroristes internationaux d’opérer en Afghanistan et à mener des pourparlers pacifiques avec le gouvernement afghan. Entamés en septembre, ils sont actuellement au point mort.

Dans une déclaration publiée après la présidentielle américaine, les talibans ont indiqué qu’ils espéraient que Joe Biden respecterait l’accord conclu en février et l’ont menacé de déclencher une « tornade guerrière » dans le cas contraire.

L’accord de février ne comprend pas de cessez-le-feu, mais les responsables américains expliquent s’être entendus avec les talibans pour que la violence baisse de façon significative.

Les insurgés semblent pourtant profiter de ce qu’ils considèrent comme leur avantage sur le terrain. Ils se sont ainsi servis d’une suspension des frappes aériennes américaines pour lancer une offensive de grande ampleur dans la province de Helmand, prenant le contrôle des autoroutes et encerclant des bâtiments publics. Depuis février, ils ont mené plus de 13 000 attaques dans le pays, faisant de ces derniers mois les plus violents de toute la guerre, selon une analyse du gouvernement afghan que The Wall Street Journal a pu consulter. Ses conclusions ont été corroborées par des experts occidentaux en sécurité.

Désormais, les talibans ne sont plus seulement présents dans les villages et les banlieues. Les militants et les sympathisants se sont infiltrés dans les villes afghanes et les jeunes combattants fréquentent les universités de la capitale. Les classes moyennes ont, elles, fui les bombardements et les assassinats pour se réfugier dans des immeubles nouvellement construits en bordure des villes. La capitale est devenue si dangereuse que, pour parcourir les trois kilomètres qui séparent l’aéroport de l’ambassade, les diplomates américains se déplacent en hélicoptère.

L’essentiel des alliés des Américains en Afghanistan, qui avaient parié sur le fait qu’une présence américaine durable favoriserait le progrès social et la prospérité, redoutent un départ précipité.

« S’ils sont venus pour combattre les talibans, ils ne doivent pas rendre [le pays] aux talibans, résume Fahim Hashimy, entrepreneur à la tête d’un conglomérat qui gère la logistique des bases américaines et une chaîne de télévision. Les jeunes qui ont découvert un nouveau mode de vie, les femmes qui ont pris de nouvelles habitudes, on ne peut pas simplement les donner à quelqu’un d’autre. »

Les combattants islamistes avaient déjà pris le contrôle de l’Afghanistan par le passé, avec des conséquences tragiques pour les Etats-Unis.

Au tout début des années 2000, le gouvernement taliban avait laissé Oussama Ben Laden fomenter les attentats du 11 septembre sur son sol. Les attaques contre les tours du World Trade Center et le Pentagone avaient fait près de 3 000 morts. En réaction, une coalition militaire menée par les Etats-Unis avait envahi l’Afghanistan, chassé les talibans du pouvoir et repoussé Ben Laden et ses acolytes dans les massifs montagneux qui marquent la frontière avec le Pakistan.

Pourtant, Américains et Afghans estiment que, malgré leurs promesses, les talibans continuent de protéger des membres d’Al-Qaïda. En juin, un rapport des Nations unies indiquait qu’à la faveur d’une amitié réciproque, de combats communs, de proximité idéologique et de mariages, les deux groupes restaient proches. Les talibans ont ainsi consulté Al-Qaïda au moment des négociations avec les Etats-Unis, affirme le rapport.

En octobre, les forces spéciales afghanes ont tué un dignitaire d’Al-Qaïda dans la province de Ghazni, où il vivait sous la protection des talibans, selon les services de renseignements afghans.

Selon l’Onu, des centaines de combattants d’Al-Qaïda vivent en Afghanistan. L’Etat islamique, qui a revendiqué les attaques récemment perpétrées à Kaboul (dont une à l’université, où un kamikaze s’est fait exploser et des tireurs ont abattu des étudiants début novembre), compterait plusieurs centaines d’hommes armés dans l’est du pays.

Pour les talibans, le départ des troupes américaines est une victoire.

Celui qui se fait appeler Muslim Afghan a été jeté en prison en 2014 en raison de son activité au sein du réseau Haqqani, qui fait partie de la frange dure des talibans. Il était toujours derrière les barreaux en février quand, avec ses codétenus, ils ont regardé à la télévision qatarie la cérémonie de signature de l’accord de retrait des troupes américaines. Ils ont exulté et salué l’événement par des salves de « Dieu est grand ! », raconte-t-il.

Quelques semaines plus tard, il a découvert qu’il faisait partie des 5 000 prisonniers dont la libération avait été exigée par les talibans dans le cadre de l’accord. En mai, c’est en homme libre qu’il a retrouvé les rangs talibans.

« C’était un jour historique, a-t-il déclaré en octobre d’un entretien avec un membre du réseau Haqqani. Nous avons battu l’occupant, qui a accepté de quitter le pays. »

Mais alors que les talibans accentuent la pression sur le gouvernement afghan, le départ des Américains risque de rappeler d’autres sorties ratées, des derniers hélicoptères quittant Saïgon pendant la guerre du Vietnam aux blindés s’éloignant de Syrie l’an passé en abandonnant les alliés kurdes qui avaient contribué à la victoire sur l’Etat islamique.

Quelque 7 500 soldats américains ont quitté le pays depuis février. Des sociétés privées américaines ont été mandatées pour démanteler la gigantesque base militaire de Kandahar et retirer les biens et les équipements de l’aérodrome de Bagram. Des travailleurs afghans ont récupéré certains éléments et de la ferraille, qu’ils revendent sur les marchés locaux, racontent les marchands des bazars.

Dans une économie qui repose sur les centaines de millions de dollars que rapporte chaque année le trafic de stupéfiants issus des champs de pavot, selon l’ONU et des responsables américains, les talibans ont jeté les bases d’un Etat parallèle. Dans les zones qu’ils contrôlent, ils ont instauré leur propre système judiciaire, qui fonctionne en partie grâce aux revenus de l’extraction de minéraux et de pierres précieuses et une fiscalité ciblée.

Les troupes américaines ne sont désormais plus en première ligne, mais continuent d’apporter un soutien aérien aux forces afghanes. En octobre, par exemple, elles ont participé à la lutte contre l’offensive des talibans dans la capitale de la province de Helmand. Avec ses alliés de l’Otan, Washington assure également la formation et le conseil de l’armée afghane.

Beaucoup d’Afghans redoutent que les talibans ne profitent du retrait américain pour obtenir une influence politique démesurée ou qu’ils lancent une offensive armée s’ils n’y parviennent pas.

Les forces de sécurité afghane comptent des centaines de milliers de soldats et de policiers, les missions les plus ardues étant assurées par des commandos armés, qui comptent quelque 20 000 membres parfaitement entraînés. Il est peu probable qu’un soulèvement taliban les anéantisse totalement, mais elles se sont révélées, par le passé, incapables de défendre les centres urbains sans l’aide aérienne des Américains. Moins d’un tiers des quelque 400 districts que compte l’Afghanistan sont entièrement sous le contrôle du gouvernement, selon des experts occidentaux en sécurité.

Sans le soutien militaire des Américains, la situation pourrait se dégrader au point de provoquer une guerre civile qui opposerait hommes forts du pays et militants islamistes, préviennent des dirigeants afghans.

« Les gens ont peur du retour des talibans et cherchent des moyens de s’armer pour se protéger », confie Hamdullah Mohib, responsable de la sécurité et conseiller national à la sécurité, lors d’un entretien. Les talibans « sont persuadés que, une fois les Américains partis, ils réussiront à renverser le gouvernement et conquérir les provinces en un mois », ajoute-t-il.

Dans la province de Wardak, dans les montagnes du centre de l’Afghanistan, Abdul Ghani Alipoor, vétéran de 52 ans, consolide sa milice. Il dirige un groupe d’hommes armés jusqu’aux dents. Des Hazaras, une minorité chiite persécutée pendant le règne des talibans, d’obédience sunnite. Les talibans, qui considèrent les Hazaras comme des hérétiques, ont pris leurs terres, emprisonné leurs leaders et les ont pourchassés lors de campagnes sanglantes. Ils ont aussi détruit deux colossales statues de Bouddha taillées dans la roche de la ville de Bamiyan.

Abdul Ghani Alipoor et sa milice hétéroclite contrôlent les routes et les villages de la zone. Le gouvernement accuse ses hommes de meurtres, d’intimidation et d’extorsion à l’encontre des Pachtounes, l’ethnie dont sont issus la plupart des talibans. Abdul Ghani Alipoor dément.

Selon des experts occidentaux, les effectifs de la milice ont doublé ces derniers mois. Elle comprend actuellement environ 500 hommes armés, mais le commandant peut mobiliser 5 000 réservistes « d’un coup de téléphone ».

Un matin, il y a peu, des centaines de combattants et d’habitants de la zone se sont rassemblés pour les obsèques d’une dizaine d’hommes tués lors d’affrontements avec les talibans. Les prêches ont appelé à la résistance contre les talibans et un imprimeur local a distribué des avis de recrutement dans les villages.

« Si les Américains partent, les Hazaras n’auront pas d’autres choix que prendre les armes, affirme Abdul Daneshiyar, un chef civil local, depuis l’estrade. Nous devons soutenir le commandant Alipoor. »

Les collines qui entourent le plateau étaient constellées de pick-up et de combattants faisant le guet, le visage dissimulé par un foulard et les doigts crevassés par le maniement des armes dans un froid polaire. Certains étaient équipés de fusils d’assaut à vision nocturne, d’autres de lance-roquettes.

Dans son entretien, Abdul Ghani Alipoor a accusé les forces étrangères d’avoir apporté en Afghanistan un faux espoir de paix. « Quand les Américains sont venus en Afghanistan, ils auraient dû apporter la sécurité, soupire-t-il. S’ils partent, c’est une tragédie qui nous attend. »

Même si les Etats-Unis n’ont pas réussi à vaincre les talibans sur le plan militaire, les faire sortir du gouvernement a provoqué une transformation radicale de la société.

Les minorités religieuses sont désormais protégées par la constitution. Les femmes ont le droit d’étudier et de travailler. Les divertissements ne sont plus interdits et les palais des sports, centres commerciaux et autres salles de bowling de Kaboul ne désemplissent pas.

La levée des sanctions prises contre le pays lorsqu’il était dirigé par les talibans a dopé l’économie.

Fahim Hashimy, l’entrepreneur qui avait commencé sa carrière comme interprète pour les forces américaines, a profité de ce nouvel ordre politique pour faire fortune. En 2010, il a créé 1TV, une chaîne de télévision très regardée, avant de se diversifier dans les mines, les routes et même le transport aérien.

« Pendant un moment, tout le monde travaillait très dur et faisait des sacrifices, du côté afghan comme du côté américain, pour parvenir à la démocratie et à la liberté, se souvient cet homme de 40 ans au visage marqué par une cicatrice près de l’œil gauche, souvenir d’un accident de Humvee. La paix est bonne pour l’investissement. Nous laisser seuls, avec l’ennemi contre lequel [les Américains] ont lutté, ça n’est pas juste pour les Afghans. »

S’engouffrant dans un café de Kaboul, Farahnaz Forotan plaisante avec ses amis, éclate d’un rire franc et leur assène de solides tapes dans le dos. A 28 ans, elle fait partie des journalistes et des activistes les plus en vue du pays. Pour elle, le gouvernement américain abandonne le pays et les femmes qui, comme elle, ont conquis une liberté nouvelle.

« L’impression que ça me fait, c’est qu’ils ont emballé tout le pays dans un carton et qu’ils l’ont expédié aux talibans, s’agace-t-elle. Ça ne fait pas l’ombre d’un doute : si les talibans reviennent, ils s’en prendront aux droits des femmes, ils n’ont pas changé. »

Azizi, le combattant, est né un an avant les attentats du 11 septembre et a rejoint les talibans quand il avait 13 ans. Pour lui, les Afghans doivent s’attendre à un durcissement du ton si le groupe reprend le pouvoir : les voleurs doivent avoir la main coupée pour l’exemple, les femmes peuvent étudier et travailler, mais séparées des hommes, et doivent porter des vêtements amples, qui couvrent tout le corps sauf le visage. Hors de question de revêtir un jean ou ces foulards à la mode qui découvrent une partie de la tête.

« Les talibans ne l’accepteront jamais, affirme-t-il. Ça fait vingt ans que l’on se bat contre ça. »

Traduit à partir de la version originale en anglais;  dans l’Opinion.

Un ion européenne : «Une  vision stratégique commune». (Dacian Ciolos)

 

Dacian Ciolos est député européen, président du groupe centriste et libéral Renew Europe va évidemment à l’encontre du souverainisme ambiant en souhaitant une vision stratégique commune dans l’union européenne. ( Tribune dans l’Opinion )

Guatemala: nouvelle manif pour le départ du président

Guatemala: nouvelle manif pour le départ du président

 

Une nouvelle manifestation Guatemala pour demander le départ du président  conservateur Alejandro Giammattei, auquel il reproche notamment de consacrer trop peu de ressources étatiques à la lutte contre la pauvreté et les inégalités. «Je préfère mourir en tant que rebelle plutôt que vivre en tant qu’esclave» et «Giammattei, dehors», pouvait-on lire sur des banderoles de manifestants, réunis sur la place centrale, en face de l’ancien siège du gouvernement, dans le centre historique de la capitale. Les protestataires réclament le départ du président Giammattei, un médecin de 64 ans, au pouvoir depuis janvier, en rejetant le budget 2021.

Le Congrès, composé pour la plupart de membres du parti au pouvoir et de formations apparentées, a adopté cette semaine un budget pour 2021 de près de 12,8 milliards de dollars, supérieur de 25% à celui de 2020. Cependant, la majorité des fonds sont destinés à des chantiers d’infrastructures confiés au secteur privé et le budget ne prévoit pas d’augmenter les crédits alloués à la santé et à l’éducation, ni à la lutte contre la pauvreté et la malnutrition infantile, qui touche près de la moitié des enfants de moins de cinq ans.

Pérou: la chienlit avec une nouvelle démission d’un président

Pérou: la chienlit avec une nouvelle démission d’un président

La chienlit continue au Pérou,  un pays qui se caractérise par une corruption généralisée chez une majorité de députés et de candidats à la présidence. Depuis 30 ans, tous les présidents successifs ont été destitués pour corruption. Ce fut encore le cas pour le dernier régulièrement élu Martin Vizcarra.

 Martín Vizcarra, vient à son tour de quitter la Maison de Pizarro à Lima : lundi, le Congrès a voté sa destitution en l’accusant d’avoir reçu des dessous-de-table en 2014, quand il était gouverneur d’un département. Mais le cas de Vizcarra n’est pas comparable à ceux de ses prédécesseurs : c’est sa croisade anticorruption qui lui vaut l’acharnement des députés, dont 69 sur 130 font l’objet de poursuites judiciaires. Depuis lundi, les mobilisations se multiplient dans le pays, en défense d’un président au taux de popularité record. Les manifestants dénoncent le «congrès putschiste» et dénient toute légitimité au chef de l’Etat par intérim, le président du Parlement, Manuel Merino, qui prend les rênes du gouvernement jusqu’à la prochaine présidentielle, prévue en avril.

Mais ce président par intérim du Pérou, Manuel Merino, a démissionné dimanche, moins d’une semaine après avoir pris ses fonctions, après des manifestations hostiles qui ont provoqué la mort de deux personnes et fait des dizaines de blessés au cours d’une des plus graves crises politiques que le pays ait connue depuis une vingtaine d’années.

Sarkozy : la nouvelle Jeanne d’Arc ou Edmond Dantès ?

  • Sarkozy : la nouvelle Jeanne d’Arc ou Edmond Dantès ?

 

  • Il est clair que l’ancien avocat Sarkozy a choisi un système de défense victimaire pour faire valoir sa cause. En fait, il serait la cible d’une sorte de pouvoir occulte et de toute la superstructure judiciaire qui veut porter atteinte à son honneur. Le nouveau procès qui lui est intenté à propos du financement Libyen est une ignominie et Sarkozy est évidemment l’agneau blanc qu’on sacrifie sur l’autel d’une justice manipulée. Bref ,Sarkozy serait une sorte de nouvelle Jeanne d’Arc qu’on voudrait brûler en place de Grèves ou un  nouveaux Edmond Dantès lancé dans un processus de réhabilitation contre le déni de justice à son égard- Pour le spécialiste en communication Arnaud Benedetti, tel Edmond Dantès, le célèbre personnage d’Alexandre Dumas, il a réussi sa contre-offensive en transformant son procès en celui des juges.
  • Arnaud Benedetti est professeur associé à l’Université Paris-Sorbonne. Il est rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire. Il a publié Le coup de com’ permanent (éd. du Cerf, 2018) dans lequel il détaille les stratégies de communication d’Emmanuel Macron, ainsi que La Fin de la com’ (éd. du Cerf, 2017).(Chronique du Figaro)
  • Sarkozy était de retour. Et chacun sait qu’il existe des retours qui viennent de loin: des retours dont on mesure qu’ils portent la charge de blessures profondes, qu’ils disent une revanche qui a peut-être côtoyé les arêtes du découragement, qu’ils sont nourris par la force de l’indignation de celui qui s’est senti assigné au statut de l’indignité.
  • «Que l’on m’aime ou que l’on ne m’aime pas» a répété à plusieurs reprises l’ancien Président, comme si en appelant à l’impartialité des Français, il créditait celle-ci d’une transcendance bien supérieure à celle de juges subitement pris à revers par les déclarations de leur pièce maîtresse, le principal accusateur Ziad Takieddine.
  • C’est un homme scarifié par le soupçon qui s’est ainsi présenté à la télévision et dont la performance in fine ne doit rien à la communication mais tout à l’implacable énergie de celui qui se bat pour réparer ce qu’il vit comme une injustice. La plaidoirie n’a de chances de convaincre que si elle repose sur la matérialité des preuves et sur la sincérité du plaideur. Pour la circonstance la première a nécessairement généré la seconde, insufflant une détermination qui renverse le sort à l’image d’un Edmond Dantès, sans doute trop vite «enterré» dans le cachot d’une mise en examen infamante. C’est à l’aune de cette dernière, d’une exceptionnelle gravité pour un ex-chef de l’État, qu’a réagi Nicolas Sarkozy.
  • L’ancien Président a ainsi instruit le procès d’un État qui aurait oublié les principes fondamentaux de son bon fonctionnement.
  • Tour à tour en colère, bouillonnant, argumentant, toujours révulsé, ce dernier a déployé une défense totale. Au gré d’une «punchline» en continu, il a détricoté une fake news qui ne doit rien, elle, aux réseaux sociaux mais tout à l’alignement de suspicions aussi friables que délétères. La contre-offensive a pointé d’abord les entrepreneurs de la dénonciation: le fantôme du khadafisme, Mediapart et le juge Tournaire, triangle des Bermudes d’une accusation qui semble s’être subitement auto-dissoute par manque de combustibles. Le storytelling médiatico-judiciaire fracassé, l’ex-président a reconverti sa défense en réquisitoire, portraiturant un parquet national financier surmobilisé à traquer des preuves impossibles dans l’incessante poursuite d’une sorte de scandale fantasmé. Ce faisant, il a implicitement incité chacun d’entre nous à s’interroger sur les mobiles d’une mécanique qui abonde l’idée d’une justice plus soucieuse de ses névroses institutionnelles ou idéologiques que de l’administration du juste et de la recherche de la vérité.
  • Par delà la forme qui réactive le mythe sarkozyste et qui comme tous les mythes a pour fonctionnalité de se perpétuer, l’ancien Président a ainsi instruit le procès d’un État qui aurait oublié les principes fondamentaux de son bon fonctionnement. C’est aussi au dévoilement de cette mutation du scandale qu’a opéré non sans succès Nicolas Sarkozy, renversant le paradigme accusateur pour en souligner la logique intrinsèquement inquisitoriale. Dès lors, c’est une toute autre affaire qui paraît commencer…
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