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BCE: une inflation pour quoi faire ?

BCE: une inflation pour quoi faire ?

Il est pour le moins curieux qu’un des membres du conseil des gouverneurs de la BCE, Olli Rehn, propose que la Banque centrale européenne laisse filer l’inflation comme l’envisage la Fed. Il conviendrait pour le moins d’expliquer cette stratégie, ce qu’ évite de faire cet responsable politique qui a occupé à peu près tous les postes en Finlande et en Europe.

L’inflation peut en effet être spontanée et découler tout simplement d’un déséquilibre de l’offre par rapport à la demande. Aujourd’hui inflation est proche de zéro alors que l’objectif de la banque centrale européenne vise toujours 2 %. Pour inverser la tendance, il faudrait déverser des milliards supplémentaires, sans doute des centaines voire des milliers, ce qui inévitablement provoquerait une dévalorisation de la monnaie est une réaction en hausse des prix. Ce qui se produira sans doute naturellement un jour quand l’économie repartira.

Il n’y aura pas d’autres manières de faire face à l’énorme montagne de dettes. Les victimes seront évidemment les épargnants et les consommateurs. On voit que le brillant économiste n’a exercé ses fonctions que dans l’université et la politique car il mesure mal les bulles que cela pourrait faire éclater.

Ce que propose intéressé, c’est un processus de dévalorisation de la monnaie en accroissant encore l’écart entre la masse monétaire et la richesse réelle. Bref, créer un choc monétaire pour amortir la dette quitte à menacer le système financier.

Des propos qui caractérisent le trouble de certains responsables au plus haut niveau qui semblent vraiment désarmés devant la nature et l’ampleur de la crise.

La Fed a dévoilé fin août une nouvelle stratégie visant à autoriser l’inflation à dépasser par périodes son objectif de 2% afin de soutenir l’emploi, en particulier celui des salariés aux revenus les plus faibles.

Les réalités économiques qui ont guidé la Fed s’appliquent également à l’Europe et le fait qu’un chômage bas ne s’accompagne plus d’une accélération de l’inflation devrait inciter la BCE à imiter la banque centrale américaine, selon Olli Rehn.

“Si tel est le cas, du point de vue du bien-être économique et social, cela fait du sens d’accepter une certaine période (d’inflation) au-dessus de la cible en prenant en compte l’historique en dessous de la cible”, a dit le gouverneur de la Banque de Finlande.

Olli Rehn est l’un des premiers responsables de la BCE à évoquer aussi clairement les implications sociales de la politique de l’institution, dont le mandat se borne à assurer la stabilité des prix tandis que celui de la Fed inclut également un objectif de plein emploi.

Il s’éloigne ainsi de l’un des principes guidant la politique monétaire moderne selon lequel l’inflation accélère quand le chômage chute et les banques centrales doivent éviter toute surchauffe du marché de l’emploi.

Ce principe est désormais remis en cause, notamment dans la zone euro, qui a créé environ 10 millions d’emplois dans les sept années précédant la crise du coronavirus, ce qui n’a pas empêché l’inflation de rester largement en dessous de l’objectif de la BCE d’une hausse des prix légèrement inférieure à 2% par an, en dépit de mesures de stimulation massives.

La BCE devrait étudier les mérites d’une compensation des périodes d’inflation inférieure à l’objectif par des périodes de surinflation, autrement dit d’un objectif d’inflation moyenne, à l’image de ce que vient de décider la Fed, a précisé Olli Rehn. Il y a cependant une différence de taille entre le dollar et l’euro à savoir que la monnaie américaine est aussi la monnaie d’échange international de référence, ce que n’est pas l’euro beaucoup plus sensible aux évolutions conjoncturelles, bref plus fragile.

“Viser un objectif de prix comme le suggère Ben Bernanke (un ancien président de la Fed, ndlr) ou viser une inflation moyenne est sujet à la critique du point de vue de la communication mais mérite d’être exploré en profondeur dans ce contexte”, a-t-il dit.

Dans le cadre de la nouvelle stratégie qu’elle est en train d’élaborer, la BCE devrait se fixer un objectif d’inflation fixe qui pourrait être dépassé temporairement et renoncer à la formule actuelle qui définit comme objectif une inflation “inférieure à mais proche de” 2% sur un an, a-t-il ajouté.

La BCE s’est engagée, sous la présidence de Christine Lagarde, dans une revue de sa stratégie qui pourrait conduire à une reformulation de ses objectifs à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine

Crise économique : attention à une rupture brutale de l’aide publique (BCE)

Crise économique : attention à une rupture brutale de l’aide publique (BCE)

 

À juste titre, la présidente de la BCE craint les conséquences brutales et dramatiques d’un arrêt des aides publiques consenties par les Etats pour mettre l’économie sous oxygène pendant la crise sanitaire. La plupart de ces mesures devraient en effet s’arrêter à la fin de l’année.

Il est évident que compte tenu de la propagation du virus et de l’absence corrélative d’une véritable reprise, les aides devraient être prolongées en 2021 pour éviter un véritable cataclysme en matière de faillite et l’emploi. La transition en douceur s’impose donc estime Christine Lagarde. «Ma première préoccupation à ce stade est que la conduite des politiques permette d’éviter l’effet de falaise», c’est-à-dire «le fait que certaines des politiques mises en place pendant la pandémie (…) soient arrêtées brutalement», a déclaré Mme Lagarde lors d’une intervention dans le cadre d’une conférence organisée par le FMI.

«Nous espérons que les décideurs comprendront et agiront de sorte que ces soutiens soient prolongés pendant un certain temps, pour que la reprise s’installe, et même si la pandémie s’éteint progressivement», a-t-elle souhaité.

Croissance : tassement en Europe et en France (BCE)

Croissance : tassement en Europe et en France (BCE)

“Les indicateurs suggèrent que (l’économie, ndlr) est en train de perdre de son élan”, a  dit dans un entretien réalisé par l’Institute for International Finance (IIF) le vice-président de la BCE, Luis de Guindos

“Notre réaction sera cohérente avec l’évolution de la situation”, a-t-il ajouté. “Nous aurons de nouvelles prévisions en décembre et nous évaluerons de quelle manière les mesures sont adaptées aux nouvelles prévisions mais nous n’avons pas de date concrète (…) et nous faisons cela en continu”, a-t-il expliqué.

Les indicateurs Markit avait déjà constaté que contrairement aux attentes du mois d’août, la reprise n’était pas au rendez-vous au niveau attendu en septembre et que le dernier trimestre risquait d’être mauvais. Après cette publication des indicateurs  Markit concernant les perspectives économiques de toute l’Europe y compris la France, l’INSEE a repris  à son compte la tendance baissière signalée en septembre et qui pourrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année. En clair, la croissance du quatrième trimestre pourrait être de zéro voire négative Contrairement à ce qui était affirmé au mois d’août il n’y a pas de véritable reprise et l’ensemble de l’année devrait accuser pour la France une baisse du PIB de 9 à 10 %. Le problème c’est que l’INSEE attribue quasi exclusivement cette inversion de tendance à la crise sanitaire

Comme depuis le début de la crise sanitaire, c’est l’évolution de l’épidémie qui devrait en grande partie conditionner celle de l’activité économique des tout prochains mois”, indique l’Institut national de la statistique dans sa note de conjoncture du mois d’octobre publiée mardi.

Or la crise sanitaire indiscutable n’est pas le seul facteur explicatif. Il y a d’une manière générale, en France surtout, un manque de confiance générale qui se traduit par un attentisme des consommateurs mais aussi en matière d’investissements dans les entreprises. Pour preuve,  comment expliquer que la baisse de la croissance de la France en 2020 sera à peu près le double de celle de l’Allemagne alors que dans le même temps jamais l’épargne n’aura connue un tel niveau. Environ 100 milliards auront été mis de côté par des épargnants qui diffèrent ou annulent leurs prévisions de dépenses notamment en matière d’équipement.

De leur côté les entreprises françaises ne distinguent pas clairement les objectifs du plan de relance dont on aura d’ailleurs beaucoup de mal à solliciter la totalité de l’enveloppe. En outre les effets immédiats de ce plan de relance seront très marginaux et il faudra attendre mi 2021 pour commencer à mesurer son influence..

Les enquêtes de conjoncture signalent une activité en retrait et certains autres indicateurs, comme les montants agrégés de transactions par carte bancaire, suggèrent un ralentissement de la consommation des ménages le mois dernier, signale l’INSEE.

“Dans un scénario où, au quatrième trimestre, les services les plus affectés (hôtellerie-restauration, services de transport, activités récréatives et de loisirs) reviendraient, après une embellie durant l’été, à leur niveau d’activité de juin dernier et où l’investissement resterait, par attentisme, à un niveau proche de celui du troisième trimestre, la croissance serait nulle en fin d’année”, estime l’Insee.

L’institut prévient toutefois qu’un “durcissement durable” des restrictions sanitaires pourrait provoquer une nouvelle contraction du PIB au quatrième trimestre.“Inversement, si la situation sanitaire se stabilisait, l’évolution du PIB pourrait être positive en fin d’année”, ajoute l’Insee.

L’institut prévoit un rebond de 16% du PIB au troisième trimestre après une chute de 13,8% au deuxième et un repli de 5,9% au premier.

Pour l’ensemble de l’année, sa prévision est inchangée avec une contraction attendue du PIB de l’ordre de 9%.

BCE : l’Allemagne ne veut pas d’un nouvel assouplissement

BCE : l’Allemagne ne veut pas d’un nouvel assouplissement

 

Se fondant sans doute sur la dynamique de sa croissance notamment dans le secteur manufacturier, l’Allemagne par la voix du gouverneur de la Bundesbank, la banque centrale nationale allemande,  conteste par avance toute initiative de la BCE visant à assouplir encore la politique monétaire. Il faut noter que l’Allemagne qui a bien maîtrisé sa situation militaire enregistrera une baisse de sa croissance de 4 à 5 % quand la France verra le PIB diminuer de 9 à 10 % en 2020.

D’après l’Allemagne, les prévisions mêmes de la banque centrale européenne pourraient être améliorées ; des prévisions qui espèrent une croissance de 3,2% et une inflation de 1,3% en 2022, en soulignant que celles-ci n’intégraient pas l’impact du plan de 750 milliards d’euros de l’Union européenne ou le plan de relance de 100 milliards présenté le mois dernier par la France.

En fait,  le gouverneur de la Bundesbank s’oppose un nouveau plan de rachat d’actifs qui découlerait de l’incitation à un endettement supplémentaire pour les pays les plus endettés. De la même manière,  l’Allemagne refuse que la banque centrale fixe des objectifs de rendement obligataire.

On pourrait faire observer à l’Allemagne que le fameux plan de 750 milliards comme d’ailleurs les plans nationaux sont encore loin d’être opérationnels. En outre, ils ont surtout des objectifs à moyen et long terme et ne sont pas forcément adaptés à la situation immédiate qui va se traduire par une vague de faillites et de suppressions de postes fins 2020 début 2021.

Comme d’habitude les Allemands craignent par-dessus tout une envolée d’inflation et sont donc opposés à un laxisme dans ce domaine.

Crise : divergence à la BCE

Crise : divergence à la BCE

Alors que la banque fédérale américaine s’apprête à déverser toutes les liquidités qu’il faudra pour soutenir l’économie et l’emploi, les états d’âme au sein de la banque centrale européenne menacent la politique monétaire. Face aux résultats relativement décevants de la reprise économique en septembre la BCE s’apprêtait en effet à engager des mesures supplémentaires de soutien à la croissance.

 

Or les orthodoxes font à nouveau parler d’eux et d’une certaine manière risque de paralyser Christine Lagarde dont l’action est surtout régulée par le consensus. Hors ce consensus est menacé. On retrouve la le vieux clivage connu pendant le mandat de Mario Draghi entre les partisans de la rigueur et ceux  considérés comme plus laxistes.  Les orthodoxes reprochent en particulier à la banque centrale européenne l’ampleur des rachats d’actifs qui finalement permettent aux Etats d’emprunter indirectement à la BCE. Pour justifier la position des un et des autres, on  utilise selon les cas l’excès d’optimisme au contraire l’excès de pessimisme concernant la croissance de la BCE. Le pessimisme permet en effet de justifier une politique plus accommodante.

Ces arguments ont été rejetés par le chef économiste de la banque centrale, Philip Lane, sur lequel se concentrent de nombreuses critiques, toujours selon les sources approchées par Reuters.

La BCE n’a pas modifié sa politique au terme de cette réunion, Christine Lagarde se contentant de dire que l’institution surveillait de près l’évolution de l’euro et restait prête à prendre de nouvelles mesures pour sortir la zone euro de la récession.

Fabio Panetta, qui siège au directoire de l’institution, est également contesté par les “faucons” pour avoir dit que la BCE risquait moins à en faire trop que pas assez, selon les sources.

Reprise économique : optimisme de façade de la BCE

Reprise économique : optimisme de façade de la BCE

 

 

Christine Lagarde rejoint l’optimisme de façade générale qui relativise la portée de la crise générale pour convaincre du redémarrage économique. Du coup, on bricole un peu les prévisions en réduisant la chute de la croissance de 8,7 à 8 %. Comme si une telle précision pouvait avoir la moindre pertinence. Ce que font d’ailleurs la plupart des Etats et notamment en France pour donner l’impression que la situation sera un tout petit peu moins grave qu’annoncé. Évidemment,  on n’en sait strictement rien et les premières tendances du  troisième trimestre sont malheureusement pas à la hauteur des espérances. En France par exemple, la croissance du dernier trimestre pourrait même être limitée à 1 %. En clair la dégringolade du PIB  atteindra 10 % au moins en 2020. De toute façon les propos et le changement à la marge des prévisions de la BCE ne change rien à sa politique monétaire

Les  grands argentiers européens ont en effet décidé de ne pas modifier leur politique monétaire dans l’immédiat la déflation menace alors que L’injection de liquidités via le programme de rachats d’actifs exceptionnel lié à la pandémie (PEPP) va se poursuivre, probablement jusqu’à l’épuisement de l’enveloppe de 1 350 milliards d’euros prévue. Elle doit se prolonger au moins jusqu’à la mi-2021 ou plus tard si la pandémie n’est pas terminée. Les taux d’intérêt restent inchangés.

« Un important soutien monétaire reste nécessaire pour soutenir la reprise économique et préserver la stabilité des prix à moyen terme », justifie Christine Lagarde. Cette politique a jusqu’ici échoué à réveiller l’inflation, qui « devrait rester négative dans les mois à venir avant de devenir positive début 2021 ». La faiblesse de la demande, la pression sur les salaires et la hausse de l’euro contribuent à ce phénomène. La BCE prévoit un taux d’inflation à 0,3 % à la fin de cette année, 1 % l’an prochain et 1,3 % en 2022 – loin de son objectif « proche mais en deçà » de 2 %. En revanche, les gouverneurs de la BCE ne voient pas de « risque déflationniste » …….dans l’immédiat.

En parallèle, Christine Lagarde « surveille attentivement » l’appréciation de l’euro, qui a encore gagné du terrain face au dollar après ses propos. Si l’évolution des taux de change ne fait pas partie du mandat stricto sensu de la BCE, elle a un impact sur les prix.

« Nous ne pouvons nous empêcher de penser que la BCE vient de manquer une opportunité d’anticiper les transformations en cours. Les chiffres de l’inflation le mois prochain pourraient faire monter la pression pour la faire changer de direction rapidement », analyse Frédérik Ducrozet, économiste chez Pictet.

Croissance zone euro : révision en baisse des prévisions du troisième trimestre ( BCE)

Croissance zone euro : révision en baisse des prévisions du troisième trimestre ( BCE)

 

 

Contrairement à ce qui avait été envisagé, la croissance de la zone euro ne se redresse pas aussi vite que prévu. En cause, des dommages collatéraux sous-estimés qui ne sont pas seulement conjoncturels mais qui seront durables. Ainsi nombres d’entreprises ont dû réduire la voilure voir même disparaître dans le commerce, l’artisanat et les PME en général. Globalement la demande des ménages est trop faiblarde alors que les croissances internes reposent essentiellement dessus puisque les investissements sont plutôt en berne comme les exportations.

Les résultats de l’enquête d’IHS Markit auprès des directeurs d’achat, suggèrent que la reprise montre des signes de faiblesse et que la zone euro pourrait ne pas atteindre les objectifs de la BCE pour le troisième trimestre.

“Il me semble que nous sommes en accord avec le scénario de base de la BCE”, a déclaré néanmoins Peter Kazimir à Reuters en marge d’une conférence de presse. “Nous avons de la marge pour attendre des données concrètes, qui sont fiables.”

La BCE table sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 8,3% au troisième trimestre, un chiffre qu’elle pourrait réviser lors de la prochaine réunion de politique monétaire prévue le 10 septembre.

La BCE a mis en place des mesures sans précédent face à la crise du coronavirus, rachetant des montants records d’obligations sur les marchés pour maintenir les coûts d’emprunt à un faible niveau, par le biais notamment du Programme d’achats d’urgence pandémique (PEPP) qui lui permet d’acheter pour 1.350 milliards d’euros d’actifs.

Plan européen : on peut faire mieux ! Lagarde (BCE)

Plan européen : on peut faire mieux ! Lagarde  (BCE)

 

C’est bien mais on peut faire mieux a déclaré Christine Lagarde la présidente de la banque centrale européenne à propos du plan européen de relance- Au terme d’un sommet exceptionnel de plus de quatre jours, les dirigeants de l’Union européenne ont validé mardi un fonds de relance massif de 750 milliards d’euros réparti entre 390 milliards d’euros de subventions et 360 milliards d’euros de prêts.

Une réaction qui peut surprendre. Christine Lagarde estime que l’Europe a quand même fait preuve d’ambition mais elle semble regretter qu’on n’ait  pas osé aller plus loin. Sans doute pour rappeler que la BCE, elle, ne mesure pas ses efforts. surtout à travers le rachat d’obligations, d’autre part à travers l’offre de prêt sans intérêt aux banques. Très grossièrement les rachats d’obligations pourraient atteindre pour 1000 milliards d’euros après les différentes phases LTRO. Quant à l’offre de prêt aux banques l’enveloppe pourrait situer entre 1000 et 500 milliards d’euros. Christine Lagarde sans doute veut démontrer l’action réactive et d’ampleur de la banque centrale qui n’a pas commencé hier mais s’est nettement amplifiée depuis la crise unitaire. Christine Lagarde estime que le plan européen aurait pu être plus généreux en manière de subventions par rapport à l’enveloppe de prêts.

En creux cela peut peut-être signifier que la BCE aurait pu être impliquée davantage et peut-être directement concernant les prêts et que l’union européenne devrait se concentrer sur les vrais dépenses de soutien assurées d’être financées par les subventions. Le vrai  soutien de l’union européenne c’est celui de l’enveloppe de 390 milliards de subventions. Un effort budgétaire peut-être pas tout à fait à la hauteur des enjeux une fois répartie dans l’ensemble des états constituant l’union européenne ( en moyenne une dizaine de milliards par pays avec évidemment des écarts autour de cette moyenne.

BCE : une politique aussi accommodante que celle de la banque fédérale américaine ?

BCE : une politique aussi accommodante que celle de la banque fédérale américaine ?

Très récemment la banque fédérale américaine (FED) a déclaré qu’elle conduirait une politique aussi accommodante que possible pour soutenir l’économie. Il a même été précisé que toutes les liquidités seraient accordées et que par exemple il n’y aurait aucune limitation au rachat d’obligations. En clair que la banque fédérale ferait tourner autant que nécessaire la planche à billets. En réponse la banque centrale européenne par la voie François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs de l’institution reprend à peu près le même discours en affirmant que la politique de la banque centrale européenne serait tout aussi accommodante et même qu’elle est prête à innover davantage avec ses outils de politique monétaire si nécessaire, a déclaré jeudi François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs de l’institution. D’une certaine manière c’est un peu une compétition qui s’installe entre les grandes banques centrales en matière de gestion très accommodant des liquidités. Il est clair cependant que le moment venu des ajustements ce produiront via les parités, l’inflation via  l’éclatement de bulles ( exemple soutien à certains secteurs structurellement défaillants qui ne pourront jamais rembourser leurs dettes )

« La BCE et la croissance  » Emmanuel Sales

«La BCE  et la croissance  » Emmanuel Sales

 

 « La BCE est la seule institution qui peut permettre de donner des perspectives claires aux entrepreneurs, aux ménages, aux jeunes diplômés en s’engageant dans une politique monétaire favorable à la croissance » estime Emmanuel Sales , président de la Financière de la Cité dans un tribu du monde.

 

Emmanuel Sales.

Metternich, l’artisan de l’équilibre européen après les guerres napoléoniennes, était hostile au Zollverein dans lequel il voyait, à juste titre, un risque d’emprise de la Prusse sur les petits Etats allemands. De même l’euro, en bloquant les variables de change, a créé un déséquilibre au profit du plus fort. Comme dans les unions monétaires de la fin du XIXe siècle, capitaux, industries et savoir-faire affluent dans les pays créditeurs.

L’Allemagne se retrouve ainsi en situation de profiter d’excédents qu’elle doit moins à sa « vertu » qu’aux politiques de contraction de la demande interne qu’elle a menées à l’abri de la monnaie unique en profitant des marchés extérieurs. La crise du Covid-19 est pour elle une occasion de rompre avec cette stratégie mercantiliste en restituant aux autres membres de la zone euro les excédents constitués à leur détriment.

Mais la relance allemande ne suffira pas à tirer l’Europe de l’ornière. Les entreprises du Mittelstand sont dépendantes de la Chine, qui ralentit, et des Etats-Unis, qui cherchent à protéger leur industrie. Le modèle allemand, fondé sur des énergies et des technologies anciennes, semble peu adapté aux enjeux du « monde d’après ».

Par ailleurs, le plan de relance européen peine à convaincre et les politiques d’encadrement croissant des activités financières menées depuis la crise de 2008 ont réduit le montant et la mobilité des avoirs financiers monétisables. Ainsi, malgré les dernières injections massives de liquidités de la BCE, les indicateurs d’inflation à long terme et les taux d’intérêt demeurent historiquement bas.

«“La croissance n’est pas une stratégie”, ont récemment affirmé les magistrats de la Cour des comptes, se faisant l’écho de l’opinion publique qui assimile faussement budget national et familial»

Ajustement interne. La vérité est que les marchés ne croient pas encore à un virage « friedmanien » de la BCE. Nourries au lait de la désinflation compétitive, nos élites continuent de privilégier l’ajustement interne par les prix et les salaires. « La croissance n’est pas une stratégie », ont récemment affirmé les magistrats de la Cour des comptes, se faisant l’écho de l’opinion publique qui assimile faussement budget national et familial. En 1950, c’est la pression américaine et l’engagement de Schuman qui avaient permis de concilier les exigences de redressement de l’Allemagne et les revendications françaises.

Les circonstances, à nouveau, pourraient conduire l’Europe à bouger alors que les Américains ne souhaitent plus seuls assumer le fardeau monétaire. Comme en 2014, lors du lancement des premières opérations d’expansion réelle du bilan de la BCE, ils exercent une forte pression sur les autorités de la zone euro pour orienter la politique monétaire vers une meilleure prise en compte des objectifs de croissance et d’emploi. L’issue des travaux menés par la BCE sur l’évaluation de la politique monétaire est donc essentielle pour éviter à l’Europe une nouvelle décennie perdue. En déclarant vouloir « donner du contenu à la stabilité des prix », Christine Lagarde a discrètement montré le chemin.

La monnaie, en effet, est une « réalité sociale » (Simiand), et pas une simple unité de compte plaquée sur l’organisme économique. La grande transformation qu’appelle de ses vœux l’opinion sera rendue beaucoup plus aisée par une inflation de croissance… qui allège graduellement les dettes. La BCE est la seule institution qui peut permettre de donner des perspectives claires aux entrepreneurs, aux ménages, aux jeunes diplômés en s’engageant dans une politique monétaire favorable à la croissance.

Emmanuel Sales est président de la Financière de la Cité.

La BCE : va augmenter encore son plan de relance

La BCE : va augmenter encore son plan de relance

interrogé devant le Parlement européen, Christine Lagarde ,s’était défendue avec un certain talent pour défendre la politique très accommodante de la banque centrale européenne. Elle avait même indiqué qu’elle était prête à apporter toutes les assurances voulues à la très contestataire Bundesbank. Mais l’opposition entre ces deux institutions n’est sans doute pas terminée dans la mesure où la BCE va sans doute encore accroître son volume d’intervention. L’objectif est de limiter le plus possible une baisse de croissance qui devrait être d’environ 8 % pour l’ensemble de l’union européenne; une baisse qui aura forcément de graves conséquences économiques notamment en termes de défaillance mais aussi en terme social avec des vagues inédites de licenciement qui vont  peser sur la demande., donc sur la croissance

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L’enquête réalisée par Reuters entre le 8 et 11 juin, donc après la levée des mesures de confinement dans la majorité des pays de la zone euro, montre que les trois quarts (31 sur 41) des économistes pensent que la banque centrale ne s’arrêtera pas là.

La BCE devrait encore gonfler son programme de rachats de dette d’ici la fin de l’année, d’après 23 économistes, dont neuf prévoient une telle annonce entre juillet et septembre.

D’autres estiment que la BCE pourrait étendre ses achats à des obligations d’entreprises tombées en catégorie spéculative pendant la pandémie, ajuster les paramètres de la modulation du taux de dépôt négatif ou octroyer des prêts aux banques commerciales à des taux encore plus bas qu’aujourd’hui.

“Nous pensons que le PEPP sera maintenu pendant encore très longtemps, ce qui est crucial car les Etats émettront davantage (de dette) pour soutenir leurs économies. La BCE devra donc en acheter davantage”, a déclaré Marco Valli, responsable de la recherche macro chez UniCredit.

“Nous nous attendons à un rebond économique assez fort au second semestre après un très mauvais premier semestre. La plupart des gens sous-estiment probablement l’ampleur de la contraction au deuxième trimestre”, a ajouté Marco Valli.

La contraction du produit intérieur brut (PIB) des 19 pays ayant adopté la monnaie unique est attendue à 12,5% au deuxième trimestre selon l’enquête de Reuters, contre une précédente prévision de -11,3%.

Le PIB devrait ensuite rebondir de 7,9% au troisième trimestre puis de 3,1% au quatrième.

Sur l’ensemble de l’année, le PIB de la zone euro devrait ressortir en baisse de 8,1% d’après l’enquête réalisée auprès de 90 économistes, avant un rebond de 5,4% en 2021. Une projection par ailleurs tout à fête approximative car elle reposera surtout sur la confiance des investisseurs, des entreprises et des ménages. À ce degré de précision rebond de 5,4 % en 202, on tutoie le calcul de coin de table mais cela donne au moins l’impression d’évaluation scientifique sérieuse

Rehn (BCE) favorable à la création d’une institution d’actifs pourris

Rehn (BCE) favorable à la création d’une institution d’actifs pourris

Un pas important a été franchi par un représentant du camp des durs du conseil des gouverneurs de la banque centrale européenne qui admet aujourd’hui la possibilité pour la BCE de créer une institution qui recueillerait les actifs pourris(‘high yield’ en langage techno). – Ce changement de position tient au fait de la prise de conscience du danger que représenteraient ces actifs dangereux qui pourraient mettre en péril des banques classiques fragilisées. Tout dépend en définitive de l’importance de la dépression économique et de ses conséquences en termes de défaillance entraînant de fait la croissance d’actifs très dangereux ( bulle immobilière par exemple). Olli Rehn, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, dit avoir un esprit ouvert concernant la possibilité pour l’institution d’étendre ses achats à des obligations d’entreprises récemment tombées en catégorie spéculative.

“En ce qui concerne la possibilité d’acheter des obligations ‘high yield’, c’est quelque chose que l’on peut envisager et je regarde les différentes options avec un esprit ouvert”, a déclaré mardi le gouverneur de la Banque de Finlande.

“Mais nous n’avons pas eu de discussion sérieuse là-dessus et je préfère attendre une première discussion en interne avant de me prononcer publiquement sur le sujet”, a-t-il ajouté.

La BCE a reconnu que les dégradations d’obligations d’entreprise qui se profilent présentaient un risque pour le marché du crédit et pour la stabilité financière, le marché du “high yield”, relativement petit, pouvant avoir du mal à absorber un flot important de nouveaux venus. Le risque serait celui d’une contagion à des banques dont les fondamentaux sont aujourd’hui satisfaisants mais qui pourraient être menacées par des achats excessifs d’actifs douteux.

 

La BCE: un chèque anticrise de 1350 milliards !

La BCE: un chèque anticrise de 1350 milliards !

 

Une nouvelle mesure chaque prise par la BCE qui d’un coup  a décidé d’augmenter de 600 milliards d’euros son plan , pour le porter à 1.350 milliards, le montant du “Programme d’achats d’urgence pandémique” (PEPP), un plan d’achats de dettes sur les marchés visant à faire baisser les coûts de financement des Etats, des entreprises et des ménages.

Les achats dans le cadre du PEPP seront en outre prolongés

“Les mesures d’assouplissement d’aujourd’hui sont une nouvelle illustration du fait que la BCE ne plaisante pas et qu’elle est prête à faire tout ce qu’il faudra pour aider la zone euro à sortir vivante et entière de la crise du coronavirus. La BCE jouera son rôle et elle espère que les gouvernements joueront le leur”, commentent les analystes de la banque Nordea dans une note.

La BCE s’attend désormais à une contraction de 8,7% de l’économie de la zone euro cette année, alors qu’elle tablait en mars sur une croissance de 0,8%.

Elle anticipe un rebond de 5,2% en 2021 et de 3,3% en 2022 mais Christine Lagarde a reconnu que la reprise était pour l’instant “laborieuse” et que les risques entourant son scénario de base penchaient à la baisse: l’hypothèse la plus sombre envisagée par la banque centrale est celle d’une contraction allant jusqu’à 12,6%.

La présidente de l’institution s’est par ailleurs dite confiante dans la possibilité d’une “bonne solution” au casse-tête juridique et politique que constitue la décision rendue début mai par la Cour constitutionnelle allemande, qui oblige la Bundesbank, la banque centrale nationale, à justifier d’ici début août les achats d’emprunts d’Etat.

Ces achats visent entre autres à faciliter la tâche des gouvernements de la zone euro, confrontés à l’envolée du chômage et des déficits budgétaires et contraints d’accroître fortement leurs emprunts sur les marchés financiers au risque d’une hausse de leurs coûts de financement.

Christine Lagarde a par ailleurs salué le projet ambitieux de la Commission européenne visant à compléter le budget de 1.100 milliards d’euros de l’Union pour la période 2021-2027 par un plan de relance de 750 milliards.

Sans surprise, la BCE n’a pas modifié ses taux d’intérêt : son taux de dépôt reste fixé à -0,5%, le taux de refinancement à zéro et le taux de la facilité de prêt marginal à 0,25.

Le fait que le taux de dépôt soit négatif signifie que les banques qui choisissent de déposer leurs liquidités excédentaires à la BCE plutôt que de les prêter doivent payer des intérêts à la banque centrale.

L’euro en hausse grâce à la BCE

L’euro en hausse grâce à la BCE

 

 

D’une certaine manière la BCE a prit le pouvoir en Europe; en tout cas elle anticipe les décisions prises tant par l’union européenne que par les Etats eux-mêmes. ( Il faudra cependant être attentif aux réactions généralement négatives de la Bundesbank) L’euro grimpe à un plus haut de trois mois après les annonces de la Banque centrale européenne (BCE) sur une nouvelle augmentation de son soutien à l’économie de la zone euro face au choc provoqué par la pandémie de coronavirus. Les marchés ont pris en compte la décision de la BCE d’augmenter de 600 milliards d’euros, pour le porter à 1.350 milliards, le montant du “Programme d’achats d’urgence pandémique” (PEPP), un plan d’achats de dettes sur les marchés visant à faire baisser les coûts de financement des Etats, des entreprises et des ménages.

La BCE n’a ainsi pas déçu les fortes attentes des investisseurs, au contraire. “Les marchés s’attendaient à une augmentation de 500 milliards”, a déclaré à Reuters Valentin Bissat, économiste senior chez Mirabaud. “On vit une situation extraordinaire (…) qui appelle une réponse exceptionnelle à la fois de la BCE et des gouvernements européens et c’est ce à quoi s’attelle la banque centrale actuellement. Les marchés d’actions sont bien soutenus, même s’ils marquent un peu le pas aujourd’hui, mais ce programme de rachats d’actifs va dans la bonne direction.”

De son côté, le gouvernement allemand a annoncé que les partis membres de la coalition avaient conclu un accord sur un plan de relance de 130 milliards d’euros, qui prévoit entre autres une baisse temporaire de la TVA sur de nombreux produits.

100% des nouveaux emprunts italiens achetés par la BCE

100% des nouveaux emprunts italiens achetés par la BCE

 

Ce n’est pas un pied de nez à la Bundesbank mais cela y ressemble. En effet la BCE a racheté une cinquantaine de milliards des nouveaux emprunts italiens en contradiction d’ailleurs avec les règles de répartition qui s’appuient sur l’importance de  la population et la puissance économique de chaque membre de l’union économique. Bref la solidarité européenne a été mise en place et officialise en quelque sorte le nouveau rôle de la banque centrale européenne dans l’organisation de la mutualisation financière.

Le rendement des titres italiens à dix ans n’a reculé que de quatre points de base sur la période pour revenir vendrets italiens achetés par la BCEdi à 1,491%.

Les statistiques de la BCE montrent aussi que celle-ci a mis ses règles internes entre parenthèses face à l’urgence créée par la pandémie de coronavirus, en achetant beaucoup plus d’obligations italiennes que ne le lui permettait la règle de répartition fondée sur la population et le poids économique de chaque pays.

Cet écart pourrait être critiqué par l’Allemagne, dont la part dans les achats a été inférieure à son quota, alors que la décision de la Cour constitutionnelle allemande sur les programmes d’assouplissement quantitatif de la BCE est déjà source de tension avec la Bundesbank.

La BCE et la Banque d’Italie ont acheté pour 37,4 milliards d’euros d’obligations italiennes dans le cadre du Programme d’achats d’urgence pandémique (PEPP), soit 21,6% du total des achats d’avril-mai, alors que la part théorique de l’Italie n’est que de 17%.

L’écart est encore plus large pour les opérations réalisées dans le cadre du Programme d’achats du secteur public (PSPP), avec 26,5% des achats pour l’Italie et 13,9% seulement pour l’Allemagne selon les calculs de Reuters.

 

BCE: Rachats d’actifs dès juin

BCE: Rachats d’actifs dès juin

 

En clair, la BCE va continuer et amplifier ses rachats d’actifs y compris des actifs douteux voire pourris pour redonner de l’oxygène aux Etats et à leur politique budgétaire. Une politique par ailleurs très critiquée par les orthodoxes de Berlin qui estiment  que la banque centrale européenne outrepasse ses responsabilités. Il est vrai qu’il s’agit ni plus ni moins que de faire tourner la planche à billets mais c’est ce que font à peu près toutes les banques centrales. Le moment venu le gonflement des bilans et leur  fragilité opéreront  un réajustement monétaire avec l’inflation qui l’accompagne. Pour le moment, la demande est trop faible pour déclencher un phénomène inflationniste significatif mais le réajustement se produira nécessairement le moment venu. Le Conseil des gouverneurs est “totalement préparé à augmenter la taille du PEPP et à ajuster sa composition, et éventuellement ses autres instruments, si, à la lumière des informations qui lui parviendront avant sa réunion de juin, il juge l’ampleur de la stimulation mise en œuvre inférieure à ce qui serait nécessaire”, lit-on dans ces “minutes” publiées vendredi.

La BCE n’a modifié qu’à la marge lors de sa réunion du 30 avril les moyens mis en œuvre face à la crise sans précédent déclenchée par la pandémie de coronavirus mais elle n’a pas exclu d’en faire davantage.

De nombreux observateurs s’attendent à ce qu’elle annonce à l’issue de sa réunion du 4 juin une augmentation de 500 milliards d’euros de ses achats dans le cadre du PEPP, initialement fixés à 750 milliards.

Relance budgétaire : Lagarde (BCE) soutient le plan franco allemand

Relance budgétaire : Lagarde (BCE) soutient le plan franco allemand

 

Christine Lagarde, directrice de la banque centrale européenne sou tient le plan d’aide budgétaire proposé par Macron et Merkel. “Les propositions franco-allemandes sont ambitieuses, ciblées et bienvenues. Elles ouvrent la voie à un emprunt à long terme effectué par la Commission européenne, et surtout, elles permettent l’attribution d’aides budgétaires directes conséquentes en faveur des Etats membres les plus touchés par la crise”, estime-t-elle dans cette interview également accordée au quotidien italien Corriere della Sera, au quotidien allemand Handelsblatt et au journal espagnol El Mundo.

Observons cependant que les qualificatifs employés par Christine Lagarde sont peut-être un peu excessifs. Pas sûr en effet que les propositions soient suffisamment ambitieuses, elles ne sont pas non plus très ciblées. Sans parler des réticences inévitables de certains pays qui ne voudront pas être solidaires pour des prêts consentis à des pays considérés comme trop laxistes.

“Cela témoigne de l’esprit de solidarité et de responsabilité évoqués par la chancelière (Angela Merkel) la semaine dernière. Il ne peut y avoir de renforcement de la solidarité financière sans une plus grande coordination de décisions au niveau européen”, poursuit Christine Lagarde.

La France et l’Allemagne ont proposé lundi que le plan de relance européen, actuellement en préparation à Bruxelles, soit doté de 500 milliards d’euros en dépenses budgétaires pour les pays du bloc les plus touchés par l’épidémie de coronavirus qui a quasiment paralysé l’activité économique du continent.

Cette proposition constitue cependant un tournant dans la position de l’Allemagne qui était jusqu’à présent ouvertement opposée à l’idée de l’émission d’une dette commune.

Remarquons toutefois que ce plan ne prévoit pas de relance commune sur des secteurs stratégiques. Pour l’instant il s’agit surtout d’un plan de sauvetage des secteurs les plus en difficulté. Rappelant que le choc économique provoqué par la pandémie est “considérable” et “inégalé en temps de paix” et que les scénarios de Francfort vont d’une récession de 5 à 12% pour la zone euro cette année, avec une hypothèse centrale à 8%, la présidente de la BCE ajoute que la Banque centrale européenne reverra ses projections le 4 juin

“Mais nous anticipons, dans le scénario le plus sévère, une chute du produit intérieur brut de 15% sur le seul deuxième trimestre”, indique-t-elle.

Christine Lagarde estime par ailleurs que “cette crise est une bonne occasion de moderniser les modalités du Pacte de stabilité et de croissance, aujourd’hui suspendu”.

“Pour évaluer la soutenabilité de la dette, il ne faut pas se focaliser sur le niveau de dette sur PIB. Il faut prendre en compte le niveau de croissance, et les taux d’intérêt en vigueur. Ces deux éléments sont déterminants.”

“Je crois, ajoute-t-elle, que les termes du Pacte de stabilité et de croissance devront être revus et simplifiés avant que l’on songe à le réinstaurer, lorsque nous serons sortis de cette crise.” De quoi faire sortir de leurs gonds certains pays adhérents de l’orthodoxie financière

La BCE pour une solidarité des taux d’intérêt ?

La BCE pour une solidarité des taux d’intérêt ?

 

D’une certaine manière,  le gouverneur de la Banque de France réaffirme la nécessité d’une solidarité  européenne pour éviter une trop forte dispersion des taux d’intérêt qui pourrait jusqu’à mettre en défaut certains pays et au-delà bousculer la monnaie européenne. Certes il existe des mécanismes de prêt aux pays à des conditions d’intérêt avantageux mais les enveloppes notamment celle du MES paraissent encore sous- dimensionnées  par rapport aux enjeux. Inévitablement certains Etats, voire la plupart devront encore faire appel au marché financier. Pour certains dont les équilibres financiers sont déjà très fragiles, la facture des taux d’intérêt risque d’être difficilement supportable. En l’état actuel des choses, pour l’instant l’Allemagne se refuse à toute forme de mutualisation des dettes et emprunts.

La cour suprême allemande conteste même la légalité de la politique monétaire de la BCE notamment en matière de prêt et de rachat d’actifs. Pour assurer ces marché s, le gouverneur de la Banque de France également membre de la BCE réaffirme certains principes européens : “Nous ne permettrons pas à une dynamique de marché défavorable de conduire à des hausses de taux d’intérêt injustifiées dans certains pays, ce qui pourrait menacer la transmission fluide de notre politique monétaire commune”, a dit le gouverneur de la Banque de France dans un discours à l’université Bocconi de Milan.

“Pour dire les choses simplement, les rendements et les spreads ont de l’importance, même si nous ne visons pas des niveaux fixes”, a-t-il ajouté. Les rendements des emprunts d’Etat italiens sont sous tension depuis plusieurs semaines en raison de la montée des dépenses publiques liées à l’épidémie de coronavirus et des interrogations sur la politique de la BCE et la cohésion de la zone euro.

La BCE pour une solidarité des taux d’intérêt ?

La BCE pour une solidarité des taux d’intérêt ?

 

D’une certaine manière,  le gouverneur de la Banque de France réaffirme la nécessité d’une solidarité  européenne pour éviter une trop forte dispersion des taux d’intérêt qui pourrait jusqu’à mettre en défaut certains pays et au-delà bousculer la monnaie européenne. Certes il existe des mécanismes de prêt aux pays à des conditions d’intérêt avantageux mais les enveloppes notamment celle du MES paraissent encore sous- dimensionnées  par rapport aux enjeux. Inévitablement certains Etats, voire la plupart devront encore faire appel au marché financier. Pour certains dont les équilibres financiers sont déjà très fragiles, la facture des taux d’intérêt risque d’être difficilement supportable. En l’état actuel des choses, pour l’instant l’Allemagne se refuse à toute forme de mutualisation des dettes et emprunts. La cour suprême allemande conteste même la légalité de la politique monétaire de la BCE notamment en matière de prêt et de rachat d’actifs. Pour assurer ces marché s, le gouverneur de la Banque de France également membre de la BCE réaffirme certains principes européens : “Nous ne permettrons pas à une dynamique de marché défavorable de conduire à des hausses de taux d’intérêt injustifiées dans certains pays, ce qui pourrait menacer la transmission fluide de notre politique monétaire commune”, a dit le gouverneur de la Banque de France dans un discours à l’université Bocconi de Milan.

“Pour dire les choses simplement, les rendements et les spreads ont de l’importance, même si nous ne visons pas des niveaux fixes”, a-t-il ajouté. Les rendements des emprunts d’Etat italiens sont sous tension depuis plusieurs semaines en raison de la montée des dépenses publiques liées à l’épidémie de coronavirus et des interrogations sur la politique de la BCE et la cohésion de la zone euro.

La Cour suprême allemande attaque encore la BCE

La Cour suprême allemande attaque encore la BCE

Alors que Merkel avait tenté d’apporter du calme  dans le conflit qui oppose la cour suprême allemande et la BCE, la plus haute institution financière allemande remet le couvert et attaque la banque centrale européenne. La banque centrale européenne avait aussi reçu le soutien de la cour de justice européenne et réaffirmé le principe de son indépendance de la BCE. La Cour constitutionnelle allemande continue de régler ses comptes mercredi avec les institutions européennes qui l’ont attaquée pour avoir critiqué l’action de la Banque centrale européenne (BCE) dans un arrêt retentissant.

« Notre message à la BCE est carrément homéopathique », s’est défendu Peter Huber, juge au sein de la plus haute juridiction allemande, dans une interview publiée par la Süddeutsche Zeitung, en réponse à la polémique.

« Elle ne doit pas se considérer comme le +Maître de l’Univers+ », assène-t-il, alors que la BCE, soutenue en cela par la Commission européenne, a rappelé qu’elle répondait seulement devant la justice européenne et non nationale.

« Nous demandons seulement à la BCE d’assumer sa responsabilité face aux citoyens et de justifier » sa politique, « y compris auprès des personnes qui sont désavantagées par ses mesures », ajoute le magistrat, un des huit juges du collège qui a rendu son arrêt à une majorité de 7 voix contre une.

La Cour constitutionnelle allemande a lancé la semaine dernière un ultimatum à l’institut chargé de piloter la politique monétaire en zone euro, en lui demandant de justifier ses décisions dans un délai de trois mois.

Elle vise les rachats massifs de dette publique et privée par la BCE destinés à soulager l’économie en réinjectant de l’argent frais dans le circuit. Un outil à nouveau largement utilisé face à l’impact de l’épidémie de nouveau coronavirus.

Cette politique a aussi pour effet de maintenir les taux d’intérêt à leur plus bas niveaux historique, au grand dam des épargnants qui voient leurs rentes plafonner ou fondre.

Ce sujet est majeur en Allemagne, un des plus grands pays d’épargnants au monde, et au cœur de la décision historique prise par la justice allemande la semaine passée.

Dans cette « guerre des juges », la BCE a obtenu aussi le soutien de la Commission européenne. Cette dernière a même évoqué ce week-end une procédure en infraction contre l’Allemagne pour non respect des traités européens, qui garantissent la primauté du droit européen dans les domaines relevant de la compétence de l’UE, comme la BCE.

Une telle procédure lancée par l’exécutif bruxellois « aggraverait la situation sans que le gouvernement (allemand) ne soit en mesure d’intervenir adéquatement », compte tenu de l’indépendance de la Cour, a toutefois prévenu M. Huber.

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