Archive pour le Tag 'BCE'

Taux d’intérêt : les cadeaux de la BCE aux banques

Taux d’intérêt : les cadeaux de la BCE aux banques

Malgré la hausse des taux, les banques peuvent réaliser d’importants gains grâce à la BCE. Les taux négatifs auxquels la banque centrale a accordé certains prêts jusqu’en juin 2022 constituent une forme de subventions aux banques pour qu’elles empruntent auprès de l’Eurosystème. Par Eric Dor, IÉSEG School of Management

 

De septembre 2019 à décembre 2021, la Banque centrale européenne (BCE), par le biais des banques centrales nationales, a octroyé aux banques 10 séries de prêts dits TLTRO 3 (Targeted Longer-Term Refinancing Operations, ou opérations ciblées de refinancement de long terme) pour un montant total de 2339 milliards d’euros.

Ce sont des séries de prêts à 3 ans dont la maturité s’échelonne de septembre 2022 à décembre 2024. Si elles le souhaitent, les banques ont la possibilité, tous les 3 mois, de procéder à des remboursements précoces, mais elles ont très peu utilisé cette possibilité jusqu’à présent. L’encours total est encore de 2263 milliards d’euros.

Le taux à payer par les banques sur ces emprunts à l’Eurosystème, qui regroupe la BCE et les banques centrales nationales des États membres de la zone euro, est fonction de la quantité de prêts éligibles qu’elles octroient au secteur privé. Jusqu’au 23 juin 2022, le meilleur taux possible sur les TLTRO 3, pour les banques qui maintiennent leur quantité de prêts au-dessus d’une certaine limite, a été de -1 %.

Ce meilleur taux négatif possible représentait ainsi une énorme subvention aux banques, payées pour emprunter à l’Eurosystème. Tout récemment, il impliquait une recette maximum mensuelle de 1832 millions d’euros pour les banques de la zone euro, sous l’hypothèse que toutes peuvent bénéficier du meilleur taux. Cette recette excédait le coût mensuel estimé à 1499 millions d’euros, pour les banques de la zone euro, du taux négatif de -0,5 % sur la facilité de dépôt et leurs réserves excédentaires en compte courant, après déduction par le système de « tiering » de l’excédent de liquidité non soumis au taux négatif. Il y avait ainsi un gain net pour les banques.

À partir du 24 juin 2022, le meilleur taux possible sur les prêts TLTRO 3 est la moyenne du taux de la facilité de dépôt, c’est-à-dire le taux d’intérêt fixé par la banque centrale auquel elle rémunère les dépôts des banques et établissements financiers placés chez elle, depuis leur émission jusqu’à leur maturité. Ce taux est différent pour chacune des 10 séries puisque leurs dates d’émission et de maturité diffèrent.

Ce meilleur taux est donc encore inconnu puisque, s’il est partiellement fonction du taux passé déjà connu de la facilité de dépôt, il va dépendre aussi de son évolution future. Pour chaque série de prêts TLTRO 3, il convient donc d’estimer le meilleur taux possible sur base d’hypothèses sur la trajectoire que la BCE va décider pour le taux de la facilité de dépôt.

Nos simulations considèrent d’une part un scénario de resserrement léger de la politique monétaire, et d’autre part un scénario de resserrement fort.

Le scénario de resserrement léger suppose des décisions d’augmentations successives du taux de la facilité de dépôt à partir de la réunion de juillet 2022, pour arriver à 0,75 % en décembre 2022, et rester là jusqu’en décembre 2024. Le 21 juillet, un premier palier a été franchi avec une hausse, supérieure aux attentes, de 0,5 point.

Le scénario de resserrement fort suppose qu’ensuite la BCE déciderait encore d’augmentations supplémentaires successives du taux de la facilité de dépôt lors des réunions suivantes, pour arriver à 2 % en juin 2023, et rester là jusqu’en décembre 2024.

Nos simulations montrent que, quel que soit le scénario, pour chaque série de prêts TLTRO, le meilleur taux possible à payer, entre juillet 2022 et la date de maturité, reste inférieur à la moyenne du taux de la facilité de dépôt sur la même période. Les banques de la zone euro ont donc intérêt à garder leurs emprunts TLTRO 3 jusqu’à leur maturité, et les investir simplement sur la facilité de dépôt de la BCE, pour bénéficier d’un gain net certain.

Les simulations permettent de calculer les résultats d’une telle stratégie.

Sous les hypothèses du scénario de resserrement léger, la différence entre le meilleur taux possible sur les TLTRO 3 et la moyenne du taux de la facilité de dépôt, entre juillet 2022 et la maturité, excède 0,6 % pour certaines séries. Au total, pour toutes les séries, de juillet 2022 à décembre 2024, les banques de la zone euro pourraient dégager un gain net maximum de 14,661 milliards d’euros.

Sous les hypothèses du scénario de resserrement fort, la différence entre le meilleur taux possible sur les TLTRO 3 et la moyenne du taux de la facilité de dépôt, entre juillet 2022 et la maturité, excède 0,8 % pour certaines séries. Au total, pour toutes les séries, de juillet 2022 à décembre 2024, les banques pourraient dégager un gain net maximum de 21,064 milliards d’euros.

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Par Eric Dor, Director of Economic Studies, IÉSEG School of Management.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Politique monétaire de la BCE : Hausse des taux d’intérêt pour contrer l’inflation ou l’amplifier ?

Politique monétaire de la BCE : Hausse des taux d’intérêt pour contrer l’inflation ou l’amplifier ?

 

Pour justifier le relèvement d’un coût de 50 points de base des taux d’intérêt , la BCE fait référence à la lutte contre l’inflation. Le seul problème qui se pose est de savoir si cette décision est de nature à faire baisser la hausse des prix ou au contraire à la gonfler. Notons par ailleurs il ne s’agit que d’une première mesure qui sera suivie d’autres. En effet,l’inflation en Europe a atteint 8,6 % en juin sur un an. En réalité il s’agit aussi de combattre la faiblesse de l’euro en particulier par rapport au dollar où la parité est à peu près atteinte.

Il n’est pas du tout certain que cette augmentation des taux d’intérêt soit bénéfique à l’économie y compris à l’inflation à court et moyen terme ( à plus long terme évidemment si on tue la croissance, la baisse de la demande fera baisser l’inflation mais quand ?). Dans de nombreux domaines,  l’inflation de certains produits est en  effet structurelle et sera peut influencée par les taux d’intérêt.

Les journaux financiers se félicitent de cette hausse des taux d’intérêt qui permettrait de mieux rémunérer l’épargne. Le problème c’est que les taux d’intérêt de l’épargne très en dessous du niveau de l’inflation. Il y a donc une perte sèche pour les épargnants ( comme d’ailleurs pour les salariés)

Le principal risque de ce processus de relèvement des taux d’intérêt est de refroidir nettement la croissance voire de favoriser un chemin vers la récession. L’argent plus cher va nécessairement peser sur la compétitivité des produits. Sans parler de l’effet sur le cout de la dette  ( publique et privée. ).  La première conséquence sera sans doute un sérieux coup de froid sur l’immobilier qui pourrait même provoquer une crise grave.

Les incertitudes sur l’approvisionnement de gaz en provenance de Russie risquent par ailleurs de faire plonger la zone euro en récession en cas d’arrêt brutal des livraisons par Moscou. Une hausse trop rapide des taux ne pourrait qu’aggraver la situation.

La BCE, avec ce renchérissement du coût du crédit, ne fait que suivre l’exemple de la banque centrale américaine (FED) qui augmente ses taux d’intérêt depuis mars. Fin juillet, ils pourraient même être relevés de 75 points de base.

A noter que le Japon a laisse inchangée sa politique monétaire ultra-accommodante, conformément aux attentes de la plupart des économistes, tout en relevant sensiblement ses prévisions d’inflation pour le pays.

BCE: Hausse des taux d’intérêt pour contrer l’inflation ou l’amplifier ?

BCE: Hausse des taux d’intérêt pour contrer l’inflation ou l’amplifier ?

 

Pour justifier le relèvement d’un coût de 50 points de base des taux d’intérêt , la BCE fait référence à la lutte contre l’inflation. Le seul problème qui se pose est de savoir si cette décision est de nature à faire baisser la hausse des prix ou au contraire à la gonfler. Notons par ailleurs il ne s’agit que d’une première mesure qui sera suivie d’autres. En effet,l’inflation en Europe a atteint 8,6 % en juin sur un an. En réalité il s’agit aussi de combattre la faiblesse de l’euro en particulier par rapport au dollar où la parité est à peu près atteinte.

Il n’est pas du tout certain que cette augmentation des taux d’intérêt soit bénéfique à l’économie y compris à l’inflation à court et moyen terme ( à plus long terme évidemment si on tue la croissance, la baisse de la demande fera baisser l’inflation mais quand ?). Dans de nombreux domaines,  l’inflation de certains produits est en  effet structurelle et sera peut influencée par les taux d’intérêt.

Les journaux financiers se félicitent de cette hausse des taux d’intérêt qui permettrait de mieux rémunérer l’épargne. Le problème c’est que les taux d’intérêt de l’épargne très en dessous du niveau de l’inflation. Il y a donc une perte sèche pour les épargnants ( comme d’ailleurs pour les salariés)

Le principal risque de ce processus de relèvement des taux d’intérêt est de refroidir nettement la croissance voire de favoriser un chemin vers la récession. L’argent plus cher va nécessairement peser sur la compétitivité des produits. Sans parler de l’effet sur le cout de la dette  ( publique et privée. ).  La première conséquence sera sans doute un sérieux coup de froid sur l’immobilier qui pourrait même provoquer une crise grave.

Les incertitudes sur l’approvisionnement de gaz en provenance de Russie risquent par ailleurs de faire plonger la zone euro en récession en cas d’arrêt brutal des livraisons par Moscou. Une hausse trop rapide des taux ne pourrait qu’aggraver la situation.

La BCE, avec ce renchérissement du coût du crédit, ne fait que suivre l’exemple de la banque centrale américaine (FED) qui augmente ses taux d’intérêt depuis mars. Fin juillet, ils pourraient même être relevés de 75 points de base.

A noter que le Japon a laisse inchangée sa politique monétaire ultra-accommodante, conformément aux attentes de la plupart des économistes, tout en relevant sensiblement ses prévisions d’inflation pour le pays.

 

La BCE n’exclut pas un risque de récession

La BCE n’exclut pas un risque de récession

La BCE a longtemps a contesté le caractère durable de l’inflation. Devant les réalités, elle consent aujourd’hui à reconnaître un phénomène auquel il faut s’adapter notamment par exemple face  une hausse brutale  du coût de l’argent. De la même manière, la Banque centrale européenne prévoit toujours une croissance en 2023 mais recommande cependant d’étudier le scénario de récession. La BCE invite notamment  les banques de la zone euro à intégrer dans leurs prévisions  un « scénario récessionniste ». La  BCE Évoque également le risque d’une crise du crédit à cause d’une remontée brutale des taux d’intérêt.

La  présidente de la BCE Christine Lagarde disait s’attendre à une croissance de 2,8% en 2022 et 2,1% en 2023. Toutefois, la BCE prend en compte une possible dégradation de l’environnement économique, sur fond d’inflation, de crise énergétique et de guerre en Ukraine.

L’institution basée à Francfort n’exclut pas un arrêt de l’approvisionnement de l’Europe de l’Ouest en gaz russe, sur fond de poursuite voire d’escalade de la guerre en Ukraine. Ce qui mènerait la zone euro à la récession en 2023 dans le plus noir des scénarios. La BCE souhaite que les banques intègrent ces perspectives négatives à leurs prévisions.

Autre grand risque qui plane sur la croissance européenne : la remontée des taux d’intérêt prévue par la BCE,  en théorie bénéfique pour les établissements de crédit, mais qu’une hausse brutale et désordonnée du coût du crédit constituerait un risque potentiel, notamment pour les clients très endettés.

BCE : comment éviter une crise de l’euro ?

BCE : comment éviter une crise de l’euro ?

 Pour éviter une nouvelle crise de l’euro quelles seraient les options possibles ? Par Gabriel Gaspard, Chef d’entreprise à la retraite, spécialiste en économie financière. ( Dans la Tribune, extraits)

 

 

Fermer les yeux. En forte hausse en Europe, l’inflation annuelle dans l’Union européenne atteint 8,1% en avril 2022. En mars 2020, avant la pandémie le taux était en baisse à 0,7%. Jusqu’à présent, la position de la BCE a été de prendre du recul et d’affirmer que cette inflation est « temporaire » pour éviter la « fragmentation » de la zone euro.

Pour gérer l’inflation, le taux d’intérêt directeur est le principal outil utilisé par les Banques centrales. Quand la BCE augmente son taux directeur, les taux des prêts sur le marché grimpent et la capacité d’emprunt est abaissée. Les dépenses sont diminuées et la pression sur les chaînes de production est réduite.

Depuis quelques mois, alors que les taux directeurs de la Banque centrale européenne restent stables, les taux d’intérêt des prêts immobiliers augmentent et suivent la tendance de l’inflation et sont moins influencés par les taux directeurs. L’argent perd de sa valeur et les banques commerciales rehaussent leurs taux d’intérêt pour continuer à gagner de l’argent. De même au fur et à mesure que l’éventualité d’une hausse des taux directeurs se confirme, l’écart entre les coûts d’emprunts de l’Allemagne et les autres pays européens se creuse. Les détenteurs des obligations anticipent cette hausse et mettent en vente leurs anciennes obligations moins avantageuses. Cette vente surprend les décideurs économiques qui ne pensaient pas que les conditions actuelles équivalaient à une « fragmentation ». La BCE ne peut plus fermer les yeux mais les moyens disponibles sont limités.

 

Dans le cas où un accroissement des écarts des coûts d’emprunts devient alarmant, la BCE pourrait tout simplement reprendre son principal outil de soutien au crédit et à l’économie depuis la crise de la dette dans la zone euro qui est le l’assouplissement quantitative. Cette décision estelle probable étant donné que la BCE vient de mettre fin à l’achat d’obligations ? Il y a un précédent lorsque l’épidémie de COVID19 a brièvement fait passer les spreads (l’écart qui existe entre deux taux) obligataires italiens/allemands audessus de 300 points de base. La Banque d’Italie a alors intensifié ses achats d’obligations pour le compte de la BCE. Plus tard la BCE a lancé son programme d’urgence PEPP (programme d’achats d’urgence face à la pandémie). En réalité, la BCE n’envisage pas une éventuelle réduction de son bilan qui a atteint 8.700 milliards d’euros en mars 2022, mais de le maintenir constant. Dans ce contexte comment créer un nouveau programme d’achat des actifs sans augmenter son bilan ?

 

Pour garder son bilan stable, lorsqu’une obligation arrive à échéance ou maturité, la BCE va acheter une autre obligation sur le marché secondaire avec l’argent perçu au moment du remboursement. Dans ce cas, la BCE prolonge les effets de son programme en gardant la même liquidité sur les marchés. Avec une inflation forte et la fin du programme PEPP, la BCE s’est engagée à acheter des obligations des pays les plus faibles, Italie et Grèce, pour éviter la « fragmentation ». Mais réinvestir les achats acquis pendant la période de pandémie estelle suffisante pour empêcher les divergences des coûts d’emprunt dans la zone euros ? « Nous sommes frappés par le poids que la BCE accorde au canal de réinvestissement comme moyen d’empêcher la fragmentation, car nous pensons qu’il s’agit du canal le plus faible de soutien des flux (d’assouplissement quantitatif)« , a déclaré Rohan Khanna, stratégiste d’UBS. Cette approche n’est pas suffisante il faut réinventer un nouveau système.

 

Un prêt direct de la BCE aux États est interdit par les traités européens relatifs à la Banque centrale. Avec un euro numérique, l’idée serait de reprendre partiellement une pratique établie avant les années 70 en Europe.

« En 1974, on a eu une loi stupéfiante [...]. On a obligé l’État à aller se financer sur le marché financier privé à 4% ou 5%, et, du coup, notre dette est maintenant à 90% du produit national brut. » Michel Rocard, Europe 1, 22 décembre 2012.

Si la BCE ne peut pas financer directement les dettes publiques des États membres de la zone euro, alors elle le fait indirectement avec les programmes de rachats d’actifs. La BCE rachète sur le marché secondaire les obligations souveraines des États de la zone euro. Avec l’euro numérique ne seraitil pas souhaitable d’autoriser chaque européen à détenir des euros numériques sur des comptes ouverts directement à la BCE ? Une partie des économies des ménages européens se retrouvera automatiquement au passif du bilan de cette banque et réduirait son bilan. Avec ces dépôts, il n’y a pas de création de liquidités, pas d’inflation. La Banque centrale européenne pourra financer directement les dettes publiques des États les plus faibles de l’Union économique et monétaire.

D’après le traité de Rome, il n’est pas possible de forcer l’épargne privée à financer directement la croissance des dettes publiques. Mais voilà, avec la pandémie, la France a déjà dévié ces règles. « L’ensemble constitué des banques commerciales et de la Banque centrale a donc recyclé l’épargne des ménages pour prêter à l’État« , explique Agnès BénassyQuéré, Chef économiste de la DG trésor. Cependant, un tel écart par rapport à « l’orthodoxie monétaire » pourrait s’avérer un point de conflit, en particulier de la part de la Cour constitutionnelle allemande.

 

Après le NextGenerationEU, qui a été accepté par la Cour constitutionnelle Allemande, ce plan sera bien plus qu’une relance : un plan de croissance pour éviter la stagflation (croissance faible et forte inflation). C’est un nouvel endettement commun des VingtSept et une nouvelle création de liquidité. C’est une seconde occasion pour l’Europe d’établir une autre perspective des règles de gouvernances et de transformer les économies des pays les plus faibles. Il s’agit d’accélérer la reprise tout en participant à la reconstruction de l’Ukraine. Il est urgent de rendre l’Europe plus homogène et d’investir massivement dans une économie verte.

 

L’inflation actuelle est en grande partie liée à des phénomènes extérieurs comme les prix de l’énergie, la guerre en Ukraine. Les taux directeurs de la BCE ont peu d’influence sur le niveau des prix des événements extérieurs.

Autrement dit, si l’offre du bien peut toujours répondre à la demande, il n’y aura pas de place pour l’inflation. Cela signifie une production plus élevée pour un coût et des prix inférieurs. Il faut des investissements rapides pour ralentir l’inflation en poussant la croissance à la hausse, tout en rendant les budgets européens plus homogènes.

 

La BCE dispose d’autres outils comme le programme d’opérations monétaires sur titres (OMT). Conçu au plus fort de la crise de la dette dans la zone euro, ce programme permet à la Banque centrale d’acheter directement de la dette souveraine d’un pays donné sans aucune limite. Mais la Banque centrale européenne n’envisage pas de recourir à ce programme, pourquoi ?

 

Suspendu pour cause de pandémie, le pacte de stabilité budgétaire sera de nouveau en vigueur en 2024 au lieu de mars 2023. Alors d’ici fin 2023, estil possible d’éviter une « fragmentation » sans règles strictes entre tous les pays Européens. Tous les pays de la zone euro présentent des taux d’endettement, d’inflation, de croissance, etc. tous différents. Ceci confirme que les niveaux de développement sont éloignés, les dynamiques économiques sont divergentes et la régulation des marchés du travail nationaux discordante. La Présidente de la BCE admet que l’Europe pourrait davantage agir sur « les modalités d’interprétation » des règles qui reviendront en 2024 au lieu de 2023, mais « ce ne seront certainement pas les mêmes règles« .

La situation actuelle estelle comparable à celle des années 1970 ? Les mêmes causes sont présentes : des perturbations persistantes de l’offre qui alimentent l’inflation à cause de la pandémie, précédées d’une période prolongée de politique monétaire très accommodante et une faible croissance, etc.

Dans les années 70, il n’y avait pas de guerre aux portes de l’Europe, pourtant « à l’époque, peu d’économistes comprennent que ces indices annoncent l’entrée des pays industrialisés dans une crise économique qui durera plus de vingt ans » .

Inflation et BCE : Une politique des taux inutile

Inflation et BCE : Une politique des taux inutile

 

Grégory Claeys, co-auteur d’une note du think tank Bruegel  explique dans la Tribune que la politique des taux de la BCE est inutile car les causes de l’inflation sont essentiellement exogènes.

 

Grégory Claeys est chercheur au sein du think tank bruxellois Bruegel et professeur associé au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

La semaine dernière, la BCE a tenu en urgence une réunion, justifiée par une forte hausse des taux la veille, notamment italiens et espagnols. Selon vous, a-t-elle cédé à la panique?

GRÉGORY CLAEYS - Non, cette réunion était nécessaire car les taux italiens s’écartaient des taux allemands à des niveaux inédits depuis 2018, augmentant le risque de fragmentation. Mais à l’époque, la situation était différente. Il y avait de fortes tensions entre le gouvernement formé par la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles et les autres États-membres européens. Les marchés financiers voyaient un risque de sortie de l’Italie de la zone euro. Cela n’a rien à voir avec le gouvernement pro-européen de Mario Draghi.

Mais la réunion a plutôt été maladroite en termes de communication,  pour deux raisons. Tout d’abord, les membres du Conseil de la BCE auraient dû discuter de ce sujet lors de leur dernière réunion qui s’était tenue la semaine précédente. Ils savaient que les marchés s’inquiétaient d’un risque de fragmentation après l’annonce de la fin du programme de rachats d’obligations et du cycle de hausse des taux. Ensuite, ils ont indiqué, à la suite de leur réunion d’urgence, qu’ils n’avaient pas encore pris de décision et qu’ils chargeaient les comités de l’Eurosystème d’une réflexion sur une solution pratique, en ajoutant qu’à court terme, la BCE pourrait réinvestir l’argent des titres d’obligations qui arrivaient à échéance dans les prochains mois dans l’achat des dettes des pays qui subissaient une trop forte hausse des taux.

Dimanche, le président Emmanuel Macron a perdu sa majorité au parlement. Est-ce de nature à exercer une tension sur les taux français?

Visiblement, non. L’écart entre les taux allemand et français a à peine bougé. Sur le plan politique, cela redonne un véritable rôle au Parlement par rapport à celui du président, ce qui s’inscrit pour les marchés internationaux dans la norme. En Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas, il n’y a pas de majorité absolue au parlement ! Cela ne paraît exceptionnel qu’en France, en raison de la Constitution de la Ve République.

Quel outil anti-fragmentation pourrait choisir la BCE ? Les mécanismes actuels ne suffisent-ils pas?

La BCE dispose déjà d’outils anti-fragmentation, avec en premier lieu l’OMT (Outright Monetary Transactions). Il a été créé en 2012 par Mario Draghi lorsqu’il avait annoncé, au plus fort de la crise de la zone euro, qu’il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour sauver la zone euro. Concrètement, la BCE était prête à acheter de façon illimitée les obligations d’un pays, à condition que celui-ci se soumette à un programme défini par le Mécanisme européen de stabilité (MES), ce qui impliquait des changements de politique économique. Autrement dit, cela revenait à une mise sous tutelle partielle du pays par les institutions européennes. Or, on a pu constater que, durant la crise du Covid-19, aucun pays n’a demandé un prêt auprès du MES.

Ce n’est d’ailleurs pas aujourd’hui le meilleur outil car nous ne sommes pas confrontés à une crise de la dette, mais à une réaction des marchés qui s’inquiètent de l’impact d’une hausse des taux sur le coût de la dette, qui en Italie est supérieure à 150% de son PIB. Or, la valeur de cette dette va mécaniquement baisser ces prochaines années en raison de l’inflation. Donc, la BCE doit créer un nouvel instrument anti-fragmentation qui ne soit plus conditionné à l’octroi d’un prêt du MES et à l’imposition d’un programme d’ajustement économique. Pour cela, il faut décider que telle ou telle dette est soutenable, ce qui est une décision politique qui sort du champ des compétences de la BCE.

Dans notre note de travail, nous proposons que la Commission et le Conseil européens définissent un tel critère qui soit validé par les États-membres. À ce moment-là, la BCE pourra décider d’acheter des dettes sans avoir l’air d’être politisée, pour éviter ce qui s’est passée en 2015 avec la Grèce. À l’époque, elle avait refusé que la dette grecque soit utilisée comme garantie dans les opérations de la BCE en raison de la politique menée par le gouvernement de Syriza, ce qui avait conduit à l’explosion du taux grec. La BCE était apparue comme prenant fait et cause contre le gouvernement. Une telle situation n’est pas souhaitable. Aujourd’hui, la BCE devrait pouvoir acheter la dette publique d’un pays lorsque les taux ne sont pas compatibles avec la réalité des fondamentaux de son économie.

Je pense que, face à la hausse des taux aujourd’hui de l’Italie, de l’Espagne et de la Grèce, une intervention de la BCE est souhaitable mais, je le répète, cette décision ne relève pas d’elle seule. C’est une décision politique, et ce n’est pas aux technocrates non élus qui composent le Conseil des gouverneurs de l’institution monétaire de prendre ces décisions, mais à des institutions légitimes comme la Commission européenne et le Conseil européen. Il faut donc rapidement créer un outil qui ne dépend pas d’un prêt du MES ni de la mise en place d’un programme d’ajustement du type de ceux qui sont mis en place par le FMI depuis 70 ans.

L’emploi de la notion de « fragmentation » utilisée par la BCE est plutôt récente. Quelle est sa signification? N’acte-t-elle pas le fait que les politiques de convergence n’ont pas eu le résultat escompté?

Le terme était déjà utilisé par la BCE, au moins depuis la mise en place d’un premier programme en 2010, le SMP (Securities Markets Program), puis de celui de l’OMT en 2012. L’objectif est le même : comment éviter que la politique monétaire commune transmise à tous les pays produise des écarts divergents de taux. En 2012, lorsque la BCE a baissé ses taux de 25 points de base, les taux longs allemands ont aussi baissé, ce qui a rendu plus attractives les conditions d’emprunt pour les entreprises et les ménages en Allemagne. En revanche, en Italie, les taux longs italiens ne baissant pas, les ménages, les entreprises et l’Etat ne voyaient pas les conditions de crédit changer. La politique monétaire accommodante de la BCE s’était transmise en Allemagne mais pas en Italie. C’est en ce sens qu’il y avait une fragmentation. C’est aussi le cas aujourd’hui. Quand la BCE va monter ses taux de 25 points de base au mois de juillet, cela va se traduire pour les entreprises et les ménages par une hausse des taux allemands proportionnelle à celle de la BCE, alors que la hausse sera bien plus forte en Italie, ce qui peut avoir un effet récessif. Or, cela ne se justifie pas par rapport à la situation économique du pays. Une même politique monétaire n’a pas les mêmes effets partout, et il est nécessaire de les corriger.

La solution est-elle de remettre un « quantitative easing«  ad hoc pour certains pays?

Exactement. La politique d’assouplissement monétaire du QE, avec ses achats d’actifs en proportion du poids de chaque pays qui ont été menés entre 2015 et 2022, visait à avoir le même effet dans tous les pays. A l’époque, le but était de lutter contre les conséquences négatives de la déflation. La BCE achetait donc plus d’obligations allemandes que d’obligations italiennes et espagnoles, plus que d’obligations portugaises, etc. C’était censé avoir un effet symétrique dans tous les pays.

Or, aujourd’hui, face à l’inflation, il faut faire l’inverse. Car le but n’est pas de faire baisser les taux à 5 ans ou à 10 ans de tous les pays mais de faire monter les taux courts pour que les taux longs augmentent un peu. Mais on constate que les taux longs augmentent trop rapidement dans certains pays, notamment en Italie. L’idée serait de pouvoir ramener les taux des pays pénalisés par cette hausse à un niveau compatible avec leurs fondamentaux économiques et leur éviter de subir les effets d’une panique des marchés.

Au-delà de la solution de l’outil anti-fragmentation, vous préconisez à plus long terme un budget européen intégré?

Oui, mais il s’agit là d’une solution à long terme car elle implique une réforme des traités européens et changerait fondamentalement la façon dont serait gouvernée la zone euro. C’est le système à l’œuvre dans les fédérations, aux États-Unis ou en Suisse. Dans ces pays fédéraux qui ont différents cantons ou différents États, il y a une seule politique monétaire, une banque centrale unique et un Trésor unique pour l’ensemble du pays. Or la zone euro a une banque centrale pour 19 pays, bientôt 20, mais on a 19 gouvernements avec 19 Trésors, qui émettent chacun leurs dettes. Un système fédéral permettrait à la banque centrale d’acquérir de la dette sans se demander si elle est soutenable et comment les autres pays vont réagir. Dans ce cas, ce serait de la dette de la zone euro qui serait achetée.

Un autre débat européen est en cours portant sur les fameuses règles budgétaires qui ont été suspendues en raison de la pandémie. Que faudrait-il changer?

Je fais partie de ceux qui considèrent que les règles qui avaient été mises en place, notamment en 2011 pendant la crise, n’étaient pas bonnes en pratique. En théorie, elles semblaient flexibles et semblaient reposer sur des indicateurs mieux définis, etc. On s’est rendu compte dès 2016 qu’elles n’étaient pas satisfaisantes car elles avaient mené la Commission européenne à prendre de mauvaises décisions. Il faut donc les changer. Leur suspension depuis 2020 donne l’occasion de les revoir. Mais j’ai l’impression que le dossier n’avance pas. Il est vrai qu’il y a eu des sujets plus urgents à traiter comme le Covid-19 et aujourd’hui la guerre en Ukraine.

Au plan académique, dans les think tank ou même au sein de la Commission, il y a quand même un consensus sur une proposition qui préconisait de mettre une limite maximale à l’augmentation de la dépense publique d’un pays durant les booms économiques.

Car les pays ont souvent tendance à augmenter leur dépenses imprudemment lors des booms, comme le montre l’exemple de l’Espagne qui, durant les années 2000 avec le boom immobilier, a dépensé un grande partie de ses excédents budgétaires au lieu de les mettre de côté, ce qui lui aurait permis de mieux gérer les conséquences de l’éclatement de la bulle immobilière.

En outre, déterminer une hausse maximale des dépenses est plus facile à évaluer que des règles qui dépendent par exemple du déficit structurel qui n’est pas observable. Par exemple, si le taux de croissance potentielle de la France est de 2% et l’inflation de 2%, le niveau de dépenses publiques ne devrait pas dépasser 4%. Si la croissance potentielle était plus forte, 3% par exemple, et l’économie plus dynamique, elle pourrait augmenter ses dépenses publiques de 5%.

L’idée est d’avoir un mécanisme simple. Aujourd’hui, lorsque les parlementaires votent la loi de Finances, ils ne comprennent pas toujours les recommandations de la Commission européenne sur le déficit structurel, dont les règles de calcul sont complexes. C’est problématique. Mais, pour l’instant, s’il existe un consensus parmi les experts, il n’y a pas encore de consensus entre pays sur les changements à adopter concernant ces règles budgétaires. Néanmoins, il leur reste encore plus d’un an pour y réfléchir et s’accorder.

Pour relancer l’économie, avec la sortie de la pandémie, la Commission européenne et les Etats ont adopté un plan ambitieux de plus de 800 milliards d’euros, intitulé NextGenerationEU. Bruxelles veut impulser un nouveau développement industriel à travers la transition énergétique et numérique. La guerre en Ukraine la pousse à proposer une politique commune d’achat d’hydrocarbures et une augmentation de dépenses militaires pour renforcer son indépendance. Mais, mener une telle politique économique inflationniste avec un nouveau cycle de hausse des taux, n’est-ce pas contradictoire?

En fait, l’origine de l’inflation durant la pandémie ne se trouve pas dans un excès de demande. Les exportations en provenance de Chine ont énormément ralenti et cela a été accentué par la politique zéro Covid du gouvernement chinois qui entraîne une fermeture des entreprises et la désorganisation de toutes les chaînes de production mises en place depuis les années 1990.

Si la BCE augmente ses taux, cela ne changera rien, car c’est une cause exogène. Son action ne fera pas baisser le prix du pétrole ni ne fera rouvrir les usines en Chine, ni arrêter la guerre en Ukraine.

En revanche, une politique budgétaire expansionniste fait sens parce qu’elle limite finalement les effets de l’inflation pour les consommateurs. Si l’on compare les différences entre les politiques italienne, belge et française menées par rapport à l’inflation, on constate que le bouclier sur l’énergie mis en place en France lui a permis d’avoir un taux d’inflation deux fois moins important qu’en Belgique et en Italie, et quatre fois moins important qu’en Estonie.

En France, on se plaint que le niveau des prix a augmenté de 5% mais en Estonie c’est 20%. Et c’est le résultat de la mise en place des mesures pour aider les ménages les moins favorisés. Évidemment, cela a un coût.

Quand, par exemple, le gouvernement impose à EDF de vendre à ses concurrents à prix fixe et non à ceux du marché, cela fait moins de revenus pour EDF, et donc pour l’Etat, actionnaire majoritaire de l’électricien. Mais cette politique budgétaire qui vise à diminuer l’inflation est selon moi une bonne réponse.

En effet, lorsque la BCE va augmenter ses taux, c’est d’abord pour rester crédible aux yeux des décideurs économiques et des marchés, car elle ne peut pas rester sans rien faire lorsque les taux d’inflation montent à 10% voire 20%. Mais son action est avant tout psychologique. Elle agit graduellement pour s’assurer qu’il n’y ait pas un dérapage dans ce qu’on appelle les « anticipations d’inflation », pour éviter que les entreprises n’augmentent leurs prix de façon répétée et que les employés ne demandent des hausses de salaire trop importantes parce que tous sont persuadés que l’inflation va augmenter de 10% chaque année. Utiliser la politique budgétaire peut sembler coûter cher mais, en réalité, elle a du sens d’autant plus que si le stock des dettes est aujourd’hui très important, son coût est très faible.

En 1995, le taux d’intérêt payé sur la dette était en France de 7% environ, il est aujourd’hui inférieur à 2%. Étant donné la faiblesse des taux, les pays en ont profité pour augmenter la maturité de leurs dettes à 10, 20 voire 30 ans. Aussi, la hausse du coût moyen de cette dette sera beaucoup plus graduelle que celle des taux de la BCE.

 

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(1) « A new European tool to deal with unjustified rising spreads« , par Grégory Claes et Maria Demertzis (Bruegel). Il s’agit d’une version abrégée d’un rapport préparé à la demande de la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen : « Fragmentation risk in the euro area: no easy way out for the European Central Bank »

La BCE risque de casser la croissance

La BCE risque de casser la croissance

par Emmanuel Sales  président de la Financière de la Cité ( dans l’Opinion)

Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que le resserrement monétaire commence à produire ses effets. Les taux d’intérêt remontent, les crédits hypothécaires sont plus chers, les primes de crédit avec l’Italie et l’Espagne frisent des niveaux critiques. Dix ans après la crise de la zone euro, l’Europe avait-elle besoin d’une nouvelle crise auto-infligée ? L’inflation en zone euro est due à la guerre en Ukraine et aux tensions sur les chaînes de production.

Cette « mauvaise inflation » n’a rien à voir avec une « bonne inflation » tirée par la croissance et la hausse des salaires : en zone euro, à la différence des Etats-Unis, l’activité est fragile et nous ne sommes pas en situation de plein-emploi. L’Europe pénalise ainsi sa demande interne et ses investissements au moment même où elle cherche à affirmer sa « souveraineté » face aux grands empires.

Cet engrenage navrant, où des personnalités estimables nous entraînent de bonne foi, s’explique pour trois raisons :la reprise en main de la BCE par l’Allemagne, l’alignement classique de Paris sur Berlin concernant la gestion de l’euro et le poids du conservatisme monétaire.

Comme l’a remarqué récemment l’économiste Nicolas Goetzmann, la décision de la BCE marque d’abord un retournement des équilibres politiques au sein de l’institution. Pendant l’ère Draghi et son « whatever it takes », le directoire avait pris l’ascendant sur les banques centrales nationales. Avec la nomination d’un profil politique comme Christine Lagarde, les Allemands ont souhaité retrouver un fonctionnement « collégial » de la BCE, reflétant l’équilibre effectif des pouvoirs au sein de l’institution où les pays, à la différence de ce qui se passe à la Fed, ont le dessus sur les membres du board. La majorité a ainsi changé de camp.

Classiquement, la France vote dans le sens de l’Allemagne, comme un vieil époux espérant un retour de flamme d’une épouse aigrie

Projet politique. En deuxième lieu, l’euro est un projet politique et non économique. L’union monétaire a été conçue pour éviter que l’Allemagne ne suive un chemin solitaire. Classiquement, la France vote dans le sens de l’Allemagne, comme un vieil époux espérant un retour de flamme d’une épouse aigrie. Cela n’a pas empêché l’Allemagne de privilégier ses intérêts propres au cours des dix dernières années. Mais à Paris, les élites françaises regardent depuis longtemps « la grave Allemagne » avec les yeux de Madame de Staël

Enfin, pour le meilleur et pour le pire,les mânes de Rueffcontinuent d’inspirer la culture monétaire française. Si les manipulations monétaires n’ont jamais fait peur à Berlin, la France, à la différence des Anglo-saxons, s’est toujours refusée à faire de la monnaie une simple variable d’ajustement. Nous avons été les derniers à quitter l’étalon-or dans les années 1930, et avant l’avènement de l’euro, chaque dévaluation était vécue comme une forme de dégradation morale. Cet inconscient monétaire continue d’agir sur le pays.

Pour l’Europe, cela ne promet rien de bon. Il y a dix ans, les politiques de déflation interne imposées à la Grèce et à l’Italie ont permis à la Chine de racheter le Pirée et de prendre pied dans les ports italiens. Que va exiger l’Allemagne cette fois-ci ? Les Iles Eoliennes ? Un grand musée d’art italien à Berlin ? Face au regain des grands empires, l’Europe devrait renforcer ses investissements et son marché intérieur. En cassant délibérément la dynamique de croissance post-Covid, la BCE et ses mandants prennent une responsabilité historique.

Emmanuel Sales est président de la Financière de la Cité.

Finances-Taux de la BCE : l’Italie sur le chemin de la Grèce ?

Finances-Taux de la BCE : l’Italie sur le chemin de la Grèce ?

 

Alors que les taux en Allemagne tournent autour 2 % brusquement ils ont monté à 4 % en l’Italie. Et ce n’est sans doute qu’un début. D’où le risque de voir un éclatement des taux au sein de l’union européenne et des menaces pour l’euro. D’une certaine manière, l’Italie pourrait prendre le chemin de la Grèce. Pour empêcher un tel phénomène qui sera difficile d’éviter une sorte de mutualisation des emprunts que redoutent particulièrement l’Allemagne.

L ‘Italie est condamnée à emprunter massivement ne serait-ce que pour rembourser sa dette souveraine qui atteint 151 % du PIB.

Mardi, le  taux d’emprunt italien à 10 ans a bondi au-dessus des 4%, une première depuis 2014, traduisant une perte de confiance des marchés quant à la stabilité économique du pays.  Du coup, la  semaine passée, l’institution s’est réunie en urgence mercredi. Une session exceptionnelle à l’issue de laquelle elle a promis une nouvelle stratégie pour limiter les écarts de taux entre les pays européens, restant toutefois évasive sur les contours de ce dispositif.

En effet il y a une contradiction entre l’orientation de la banque centrale à réduire son programme d’achats d’actifs classiques et la possibilité de mutualiser les emprunts de membres de l’Union pour limiter la hausse des taux. En faite la banque centrale européenne est partagée entre son souci de lutter contre l’inflation et la nécessité de ne pas tuer la croissance par des hausses offre des taux.

Taux de la BCE : l’Italie sur le chemin de la Grèce ?

Taux de la BCE : l’Italie sur le chemin de la Grèce ?

 

Alors que les taux en Allemagne tournent autour 2 % brusquement ils ont monté à 4 % en l’Italie. Et ce n’est sans doute qu’un début. D’où le risque de voir un éclatement des taux au sein de l’union européenne et des menaces pour l’euro. D’une certaine manière, l’Italie pourrait prendre le chemin de la Grèce. Pour empêcher un tel phénomène qui sera difficile d’éviter une sorte de mutualisation des emprunts que redoutent particulièrement l’Allemagne.

L ‘Italie est condamnée à emprunter massivement ne serait-ce que pour rembourser sa dette souveraine qui atteint 151 % du PIB.

Mardi, le  taux d’emprunt italien à 10 ans a bondi au-dessus des 4%, une première depuis 2014, traduisant une perte de confiance des marchés quant à la stabilité économique du pays.  Du coup, la  semaine passée, l’institution s’est réunie en urgence mercredi. Une session exceptionnelle à l’issue de laquelle elle a promis une nouvelle stratégie pour limiter les écarts de taux entre les pays européens, restant toutefois évasive sur les contours de ce dispositif.

En effet il y a une contradiction entre l’orientation de la banque centrale à réduire son programme d’achats d’actifs classiques et la possibilité de mutualiser les emprunts de membres de l’Union pour limiter la hausse des taux. En faite la banque centrale européenne est partagée entre son souci de lutter contre l’inflation et la nécessité de ne pas tuer la croissance par des hausses offre des taux.

BCE : un risque d’éclatement?

BCE : un risque d’éclatement?

 

L’économiste Jézabel Couppey-Soubeyran souligne, dans sa chronique au Monde , les  risques pour la BCE :  lutter à la fois contre l’inflation et les écarts de taux entre pays membres.

Les achats de titres de la Banque centrale européenne (BCE) ont surtout servi à maintenir bas et à resserrer les écarts de taux (spreads) auxquels les Etats de la zone euro empruntent sur les marchés financiers. La fin des programmes d’achats, annoncée le 9 juin, signifie que la BCE ne pourra plus contrôler aussi directement les taux souverains. Certes, elle s’est engagée à « contrer la résurgence de risques de fragmentation » à l’issue d’une réunion exceptionnelle, le 15 juin. Il lui sera néanmoins difficile de lever son bouclier contre l’inflation sans abaisser celui avec lequel elle repoussait, jusqu’ici, le risque de crise des dettes souveraines.

Jusqu’au resserrement annoncé de sa politique monétaire, la BCE pouvait discrètement pallier l’une des failles de la zone euro : celle d’être une zone monétaire sans union budgétaire. Les dix-neuf Etats membres ont tous la même monnaie, mais empruntent chacun individuellement.

Même si les marchés sont friands de dette souveraine, perçue comme un actif plus sûr, les conditions de taux sont, en l’absence de dette mutuelle, inégales d’un pays à l’autre : des taux bas pour ceux jugés les plus sûrs, plus hauts pour les autres. Les écarts peuvent devenir explosifs, jusqu’à dégénérer en crise des dettes souveraines. Celle qui avait éclaté en 2010 dans la zone euro menaçait d’être fatale jusqu’à ce que Mario Draghi trouve les mots, le 26 juillet 2012, promettant aux détenteurs de titres souverains que la BCE serait là pour leur racheter leurs titres en tant que de besoin.

Sa promesse avait suffi à resserrer les spreads. Sans regagner le mouchoir de poche dans lequel ils tenaient avant la crise financière, ils ont ensuite continué d’être contenus par les achats de titres que la BCE a commencé à pratiquer de manière effective à partir de 2015. L’écart entre le taux des emprunts souverains de l’Italie et celui de l’Allemagne, par exemple, même pendant la tourmente politique de 2018-2019, n’a guère dépassé les 300 points de base, assez loin du pic des 550 points de base de 2012.

Avec le resserrement de sa politique monétaire, la BCE ne va plus pouvoir faire comme si l’absence d’union budgétaire n’était pas un problème. Le 9 juin, à l’instant même où elle annonçait qu’elle mettrait un terme à ses achats de titres à compter du 1er juillet, le spread italien est passé de 197 à 215 points de base, et augmente depuis (le taux à dix ans des obligations italiennes a franchi les 4 % le 13 juin, pour la première fois depuis 2014). Encore assez loin du pic de 2012 mais assez pour provoquer des dévalorisations substantielles d’actifs : mécaniquement, lorsque les taux des emprunts obligataires montent, la valeur actualisée de ce qu’ils rapporteront dans le futur baisse.

Inflation : une guerre volontairement perdue par la BCE ?

Inflation : une guerre volontairement perdue par la BCE ?

 

Un papier de la Tribune s’interroge pour savoir si les banques centrales n’ont pas déjà perdu la bataille de l’inflation. Il est clair que ce n’est pas à coup de 0.25 ou 0.50 point qu’on va juguler une inflation qui monte à 7 ou 8 %. D’une certaine manière, on peut même dire que les Banques Centrales entretiennent volontairement l’inflation pour amortir l’énorme endettement mondial faisant suite notamment à la crise sanitaire. Un endettement dont par ailleurs des financiers se sont gavés permettant ainsi à des entreprises de réaliser des profits records et à la bourse de se régaler. Certes des plans d’aide économique et sociaux étaient nécessaires pour faire face à la vague sanitaire mais les aides ont été distribuées  sans discernement notamment à ceux qui n’en avaient pas besoin. Notons d’ailleurs que nombre d’entreprises en France  qui ont sollicité prêts aidés ne les ont jamais utilisés. Tous les verrous d’endettement ont sauté. La France en particulier passant d’un taux d’endettement déjà record à 100 % du PIB à environ 120 % du PIB. Et pour amortir cet endettement, on reprend la recette traditionnelle à savoir l’inflation comme mode d’amortissement. En quelque sorte un transfert de poids de la dette sur la masse des consommateurs et des épargnants. Maintenant il est trop tard pour réagir car la conjoncture économique mondiale particulièrement dégradée ne supporterait pas sans doute une remontée significative du taux de l’argent. Conclusion la facture continuera d’être réglée par les ménages et les petits épargnants qui vont perdre 3 à 4 % de pouvoir d’achat. Le problème c’est que cette perte de pouvoir d’achat va aussi contribuer à plomber la croissance ! Bref un vrai cercle vicieux qui témoigne du piège dans lequel se trouve l’économie. 

 

Tribune

 

Le problème avec la guerre, c’est qu’on sait quand ça commence – le 24 février pour l’invasion de l’Ukraine – mais jamais quand et comment cela finit. Personne ne sait dire quand Poutine aura atteint les objectifs de sa désormais fameuse « opération militaire spéciale » en Ukraine. Ni d’ailleurs qui de la Russie ou de l’Ukraine gagnera cette guerre. Et donc impossible de prédire quand l’impact à double tranchant des sanctions notamment l’embargo sur le pétrole (peut-être bientôt sur le gaz) russe cessera de faire monter les prix de l’énergie. Selon Robert Jules, des prévisions à plus de 150 dollars le baril sont en train de faire leur apparition, un scénario catastrophe pour les économies occidentales.

Pour l’inflation, c’est un peu la même chose. On a beau tenter d’en prédire le pic, celui-ci a de fortes probabilités d’être reporté dans le temps parce que des éléments imprévus en allongent l’horizon. Ainsi, après l’avoir qualifiée de « temporaire », puis de « danger majeur » pour l’économie, les banques centrales sont peut-être en train de perdre le contrôle de l’inflation, faute de savoir ou de pouvoir agir avec suffisamment de force et à temps. Taper trop vite et trop fort, c’est risquer de faire plonger l’économie en récession ; mais le faire avec retard, ou trop mollement, peut faire perdre le contrôle dans une spirale prix-salaires sans fin. Tel est le dilemme dans lequel nous allons nous enfermer.

À défaut de pouvoir bloquer les prix, l’arme anti-inflation par excellence, c’est le resserrement des politiques monétaires. La Réserve fédérale américaine (Fed), qui a déjà relevé de 0,25 point en mars puis de 0,50 point en mai son principal taux directeur, programme deux hausses de 0,50 point en juin et juillet. Malgré cela, la hausse des prix a accéléré en mai aux Etats-Unis, et rien ne dit que l’action de la Fed sera suffisante, même si commence à poindre la crainte d’une récession américaine.

En Europe, Christine Lagarde, la présidente française de la BCE, a enfin décidé de donner un calendrier pour mettre fin au crédit facile et quasi gratuit. Outre l’arrêt de sa politique de rachats d’actifs, le fameux « Quantitative Easing » mis en place lors de la crise financière de 2008 et amplifié à l’occasion de celles des dettes souveraines, qui a fait gonfler son bilan de 1.200 à près de 9.000 milliards d’euros, l’institution monétaire européenne a durci le ton et programmé une série de hausse des taux : 0,25 point en juillet, pour la première fois depuis onze ans, un autre tour de vis en septembre qui pourrait atteindre le double en fonction du niveau de l’inflation, puis, probablement, une hausse des taux régulière jusqu’à la fin du premier trimestre de 2023 lorsque serait atteint, selon ses prévisions, le fameux pic d’inflation.

Cela suffira-t-il ou bien la BCE est-elle déjà en retard, sachant que l’Europe est beaucoup plus exposée à une inflation par la hausse des prix de l’énergie en raison de sa dépendance plus forte, en particulier en Allemagne, aux hydrocarbures russes ? Coline Vazquez fait le point en six questions clefs.

Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que ce tournant dans les politiques monétaires change la donne pour l’économie mondiale et les marchés financiers. Pour l’économie française, la hausse des taux intervient néanmoins comme une assurance anti-dérive budgétaire, sauf à organiser un « Frexit » plus ou moins implicite, ce que n’exclut pas Jean-Luc Mélenchon prêt à un bras de fer avec l’Europe pour imposer son plan de relance à 250 milliards d’euros. Mais une victoire de la coalition de la gauche unie autour de la Nupes aux Législatives est improbable. La hausse des taux de la BCE va réduire les marges de manœuvre d’Emmanuel Macron pour soutenir le pouvoir d’achat et risque de porter un coup à la promesse de retour au plein emploi, une promesse qui apparaît de plus en plus comme un mirage, souligne Fanny Guinochet.

L’été sera-t-il meurtrier sur les marchés ? s’interroge Eric Benhamou. Pour les marchés financiers, la hausse des taux de la BCE est aussi un coup dur avec une forte chute des bourses européennes et du CAC 40 et surtout la crainte d’un krach obligataire qui pourrait par contrecoup affecter l’épargne investie dans l’assurance-vie. Face au risque d’une rapide remontée des taux, les épargnants pourraient être tentés de faire des arbitrages en faveur du Livret A dont la rémunération pourrait être relevée vers les 2% en août. Des experts commencent déjà à réclamer au gouvernement des mesures conservatoires pour éviter un blocage des fonds en euros comme le prévoit la loi Sapin 2.

Et le pire est peut-être à venir avec le risque de coupures d’électricité, voire de gaz cet hiver. Contrairement à ce qu’affirme Emmanuel Macron, qui dit que cela n’arrivera pas, de nombreux experts de l’énergie s’attendent à de possibles coupures organisées auprès des industriels, et même auprès des particuliers, ce qui n’est pas arrivé depuis le début des années 1950, écrit Juliette Raynal.

Alors que l’OCDE et le FMI noircissent leurs prévisions pour l’économie mondiale, les économistes de l’OFCE ont révisé en baisse à 2,4% contre 2,7% la croissance attendue en France cette année, explique Grégoire Normand. Le plongeon brutal de la consommation au premier trimestre, la croissance économique moins forte que prévu en 2021 (6,8% au lieu de 7%) et l’inflation élevée ont amené les économistes à assombrir leurs projections.

Le virage va être assez difficile à négocier et il est plus que temps que la France sorte de son interminable séquence électorale pour se mettre à agir. D’après un grand industriel allemand, on en est déjà outre-Rhin à prévoir un plan de résilience « What if » au cas où la guerre en Ukraine s’aggraverait et conduirait à un nouveau durcissement des sanctions avec des coupures de gaz. Un plan secret, mais qui prévoit quelles usines seront mises à l’arrêt, avec chômage partiel, ou maintenues en priorité.

 

Taux BCE: Un petit pas pour ne pas casser la croissance

Taux BCE: Un petit pas pour ne pas casser la croissance

Jeudi la BCE devrait procéder à un relèvement des taux de 25 points de base dès le mois prochain.

Les taux de la BCE vont augmenter d’un quart de point  début juillet soit 25 % autant dire pas grand-chose quand on sait que l’inflation a atteint plus de 8 % sur un an en mai.

La vérité c’est que la banque centrale est  contrainte de relever ses taux du faie du resserrement monétaire opéré par la banque centrale américaine.

Plus que jamais sans doute la gestion des taux se révèle particulièrement délicate voire dangereuse. Certes l’inflation assez exceptionnelle pourrait  justifier un relèvement du coût de l’argent. En même temps ,  nous sommes désormais inscrits dans une tendance de croissance quasi nulle. Et le relèvement significatif des taux pourrait contribuer encore à accentuer la dépression et nous conduire même vers la stagflation.

« Nous nous attendons à ce que la BCE annonce la fin de son programme d’achats d’actifs nets et s’engage à augmenter ses taux de 25 points de base en juillet, sa première hausse en 11 ans. Pendant ce temps, tous les yeux seront rivés sur le recalibrage des orientations prospectives de la BCE en matière de normalisation de sa politique monétaire, y compris sur le rythme envisagé et sur l’objectif de taux », indique Katharina Utermöhl, économiste chez Allianz Trade.

La BCE reste l’une des rares banques centrales à ne pas avoir enclenché une hausse des taux. « Avec des pressions inflationnistes qui continuent de se renforcer et un contexte

Inflation : l’ incompétence de Christine Lagarde (BCE)

Inflation : l’ incompétence de Christine Lagarde (BCE)

 

À juste titre Alain Minc  a plusieurs fois déclaré que la grande qualité de Christine Lagarde était de lire les notes de ses collaborateurs. La vérité c’est qu’elle n’a aucune formation en économie, aucune compétence et qu’elle pratique à merveille la langue de bois. Ainsi contre tous les avis des experts, elle nie l’état de stagnation dans laquelle la France trouve, elle n’y le caractère durable de l’inflation. La vérité sans doute c’est qu’elle se réjouit de faire payer par les ménages la facture des milliards délivrés sans compter dans l’économie mais surtout à la bourse. En niant le caractère structurel de l’inflation, la présidente de la banque centrale européenne s’oppose en même temps à toute réévaluation du pouvoir d’achat des ménages, des salariés et des épargnants. L’intéressé ne connaît strictement rien ne aux questions économiques et financières mais elle sait cependant servir les intérêts des puissants. Même à l’intérieur de la banque centrale européenne des voix contestent l’hypocrisie de Christine Lagarde. Surtout elle milite pour éviter à tout prix une réévaluation des revenus des ménages.

 

Le scénario de « stagflation » n’est « pas actuellement notre référence » A déclaréChristine Lagarde. Certes le choc pétrolier avait aussi fait s’effondre l’économie, mais l’inflation était bien plus élevée qu’en ce moment. D’autant qu’à la différence d’il y a cinquante ans, « nous ne voyons pas (…) aujourd’hui » d’augmentation de salaires en réponse à l’inflation.

Cette guerre « est avant tout une tragédie humaine » qui a aussi des « conséquences économiques au-delà de l’Ukraine » : elle « pèse sur la croissance et alimente l’inflation », a insisté l’ancienne ministre de l’Economie de Nicolas Sarkozy.

Elle ne dit pas non plus si l’institution européenne située à Francfort en Allemagne va relever ses taux directeurs. Et ce même s’il y a une timide croissance de 0,2% au premier trimestre 2022, l’économie européenne « stagne de facto », a affirmé Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, dans une interview au quotidien italien La Stampa le 5 mai dernier.

Ce contexte de croissance molle et de poussée des prix « complique les choix » des gardiens de l’euro, car « un resserrement monétaire visant à contenir l’inflation finirait par freiner une croissance déjà affaiblie », a prévu ce dernier, rangé parmi les « colombes » adeptes d’une politique soutenant l’économie, en opposition aux « faucons » qui sont, eux, favorables à une politique peu accommodante.

Des propos qui tranchent avec ceux plus volontaristes de deux des plus éminents membres du directoire de la Banque centrale européenne, soulignant les divergences d’appréciation en son sein. « Une augmentation des taux est à mon avis possible en juillet », avait soutenu Isabel Schnabel dans une interview au quotidien Handelsblatt publiée le 3 mai.

BCE: augmenter les taux ou soutenir la croissance

BCE: augmenter les taux ou soutenir la croissance

 

 

La BCE est écartelée entre la nécessité de relever les taux comme d’autres banques centrales afin de lutter contre l’inflation et la nécessité de ne pas casser une croissance insignifiante au premier trimestre 2022 puisqu’elle qu’elle n’a pas dépassé 0,2 %.. Dans le même temps l’inflation, elle dépasse les 5 %.

« La croissance du PIB a ralenti en Espagne, s’est arrêtée en France et s’est contractée en Italie », tandis qu’en « Allemagne, la dynamique de croissance est basse et s’affaiblit depuis fin février, le moment où tout a basculé », explique-t-il. L’activité ralentit pendant que l’inflation a atteint, elle, un niveau historique de 7,4% en mars, bien au-dessus de l’objectif de 2% visé par la BCE à moyen terme.

De son côté, la banque centrale américaine, la Fed, a de nouveau opté pour une hausse de ses taux directeurs pour tenter de contrôler l’inflation qui est au plus haut depuis 40 ans, mercredi 4 mai.

Côté britannique, la Banque d’Angleterre (BoE), a relevé ses taux ce jeudi 5 mai, pour la quatrième fois consécutive depuis fin 2021. Pour l’institut monétaire, l’enjeu est d’empêcher que la hausse de l’inflation (+7% sur un an en mars, bien au delà de l’objectif de 2% de la BoE) ne se traduise par des hausses des prix et des salaires à long terme. La hausse décidée est d’un quart de point ce qui porte le taux de la BoE à 1%, son plus haut niveau depuis 2009, au moment de la crise financière.

BCE: relever les taux ou soutenir la croissance

BCE: relever les taux ou soutenir la croissance

 

 

La BCE est écartelée entre la nécessité de relever les taux comme d’autres banques centrales afin de lutter contre l’inflation et la nécessité de ne pas casser une croissance insignifiante au premier trimestre 2022 puisqu’elle qu’elle n’a pas dépassé 0,2 %.. Dans le même temps l’inflation, elle dépasse les 5 %.

« La croissance du PIB a ralenti en Espagne, s’est arrêtée en France et s’est contractée en Italie », tandis qu’en « Allemagne, la dynamique de croissance est basse et s’affaiblit depuis fin février, le moment où tout a basculé », explique-t-il. L’activité ralentit pendant que l’inflation a atteint, elle, un niveau historique de 7,4% en mars, bien au-dessus de l’objectif de 2% visé par la BCE à moyen terme.

De son côté, la banque centrale américaine, la Fed, a de nouveau opté pour une hausse de ses taux directeurs pour tenter de contrôler l’inflation qui est au plus haut depuis 40 ans, mercredi 4 mai.

Côté britannique, la Banque d’Angleterre (BoE), a relevé ses taux ce jeudi 5 mai, pour la quatrième fois consécutive depuis fin 2021. Pour l’institut monétaire, l’enjeu est d’empêcher que la hausse de l’inflation (+7% sur un an en mars, bien au delà de l’objectif de 2% de la BoE) ne se traduise par des hausses des prix et des salaires à long terme. La hausse décidée est d’un quart de point ce qui porte le taux de la BoE à 1%, son plus haut niveau depuis 2009, au moment de la crise financière.

Cryptomonnaies : la BCE pour une régulation mondiale

Cryptomonnaies : la BCE pour une régulation mondiale

 

Pour la BCE,  la régulation des cryptomonnaies est nécessaire pour éviter que la croissance de ce secteur ne crée un risque systémique.

La Banque centrale européenne (BCE) a appelé lundi à réglementer les crypto-actifs, dont la dynamique est telle qu’ils atteignent une taille de marché désormais supérieure à celle des prêts hypothécaires à risque à l’origine de la dernière grande crise financière. «Nous devons déployer des efforts coordonnés au niveau mondial pour faire entrer les crypto-actifs dans le champ de la réglementation», a déclaré Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, dans un discours prononcé à New York.

Cet appel fait écho à celui de la Banque d’Angleterre (BoE) qui a estimé en mars que la régulation des cryptomonnaies devait être accrue pour éviter que la croissance de ce secteur ne crée un risque systémique. La demande croissante pour les actifs numériques et les paiements instantanés a fait émerger un écosystème avec des «mineurs» qui créent des cryptomonnaies et une kyrielle d’intermédiaires. Autour du bitcoin, la plus célèbre des cryptomonnaies, la taille du marché des crypto-actifs «est désormais plus importante que ne l’était le marché des prêts hypothécaires à risque» lorsque ce dernier «a déclenché la crise financière mondiale (de 2008) avec une valeur de 1.300 milliards de dollars», a souligné Fabio Panetta.

Ces actifs «engendrent instabilité et insécurité», a critiqué le banquier italien. C’est pourquoi «nous devons veiller à ce (que ces actifs) soient soumis à des normes conformes à celles appliquées au système financier», a argué Fabio Panetta. Pour cela les régulateurs sur la planète doivent «progresser plus rapidement» pour s’assurer que les crypto-actifs «ne déclenchent pas une frénésie de prise de risque anarchique», synonyme de «bulle». Mais réguler ne suffit pas: «si le secteur officiel -pouvoirs publics et intermédiaires- ne satisfait pas» la demande forte en crypto, «d’autres interviendront», a prévenu Fabio Panetta. Il a ainsi plaidé pour que les banques centrales s’engagent dans l’innovation numérique, à l’image de la BCE qui a lancé son chantier d’euro numérique. Cette innovation doit permettre aux citoyens d’utiliser la monnaie unique pour effectuer des paiements partout dans la zone euro.

 

BCE : Trois hausses de taux en 2022

BCE : Trois hausses de taux en 2022

Avec une inflation galopante sur une tendance de 7,5 %, il est clair que la Banque Centrale Européenne ne pouvait rester sur ses positions d’immobilisme à matière de taux d’intérêt même si elle doit tenir compte évidemment du ralentissement mondial lié en particulier à la crise en Ukraine mais aussi à celle de la Chine

La présidente de la Banque centrale  européenne (BCE) Christine Lagarde a évoqué une « forte probabilité » que l’institution de Francfort relève ses taux directeurs d’ici à la fin de l’année si l’inflation reste élevée, la banque centrale européenne pourrait relever ses taux dès juillet, selon l’agence de presse Reuters .

« Les responsables de la Banque centrale européenne (BCE) sont disposés à mettre fin le plus tôt possible à son programme de rachats d’actifs et à relever dès juillet ses taux d’intérêts », écrit ce dimanche Reuters.

Si les banques centrales dans le monde comme la Fed et la Banque centrale d’Angleterre, ont largement commencé à relever leurs taux directeurs, afin d’essayer de ralentir l’inflation qui a été exacerbée par la guerre en Ukraine, la BCE s’y est jusqu’ici refusée et est sous pression pour elle aussi amorcer le mouvement. La BCE veut toutefois avoir, au préalable, mis fin à son programme d’achat net de dettes, qui avait soutenu l’économie pendant la crise provoquée par le Covid-19.

L’échéance de ce programme a été fixée au troisième trimestre, et Christine Lagarde a précisé vendredi qu’il y avait de « fortes chances » pour que cela soit fait « tôt » au troisième trimestre.

La BCE a racheté pour près de 5.000 milliards d’euros de dette publique et privée depuis 2014 dans le cadre de sa stratégie d’ »assouplissement quantitatif » visant à soutenir le crédit mais aussi à relancer l’inflation, qui a très longtemps été inférieure à son objectif de 2% par an. Mais la donne a changé ces derniers mois puisque l’envolée des prix de l’énergie et de nombreuses matières premières a porté l’inflation dans la zone euro à 7,5%, un niveau sans précédent dans l’histoire de la monnaie unique.

La BCE a mis du temps à admettre que cette poussée inflationniste n’était pas simplement temporaire mais elle doit désormais répondre aux craintes d’un ancrage prolongé de l’inflation, exprimées y compris par certains membres du Conseil.

Certains membres du Conseil des gouverneurs reprochent à la BCE de sous-estimer le niveau de l’inflation et jugent que les nouvelles projections sont un pas vers un retour à la réalité.

 

Economie- L’inflation « temporaire » qui va durer pour Christine Lagarde (BCE) !

Economie- L’inflation « temporaire » qui va durer pour  Christine Lagarde (BCE) !

 

 

Il aura fallu des mois et des mois pour que la Banque centrale européenne convienne que l’inflation dite temporaire allait en fait se prolonger longtemps. Les institutions officielles européennes et françaises ont pendant longtemps soutenu que l’inflation se tasserait en deuxième partie de 2022 et en 2023. C’est à peu près l’inverse qui va se produire et pas seulement pour les questions conjoncturelles évoquées.

La plupart des experts complaisants ont en effet expliqué que l’inflation nettement réapparue provenait d’un de choc de la croissance. En réalité, il n’y a pas eu vraiment de choc de croissance mais simplement un phénomène de rattrapage de sorte que la plupart des pays en ce début 2022 retrouve leur niveau d’activité de 2019. On a volontairement ou non oublier de prendre en compte des données structurelles caractérisées par une modification des processus de production et de distribution.

Certaines de ces modifications seront durables, elles sont même souhaitables mais à court et moyen terme vont générer des coûts supplémentaires alimentant l’inflation. Il y a surtout aussi l’énorme problème  la dette générée pendant la crise sanitaire.. Or on a déversé des montagnes de liquidités, sorte de fausse monnaie, qu’on va amortir comme souvent par l’inflation .

Alors que la hausse des prix dans la zone euro a pulvérisé son record en février, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a donc  prévenu que la hausse « pourrait durer un certain temps ». Surtout, le niveau des prix ne devrait pas revenir à ce qu’il était avant le début de l’offensive russe en Ukraine, ni avant la pandémie de Covid-19. Pour faire face, les banques centrales doivent désormais ajuster leur politique monétaire.Les taux d’intérêt vont grimper

 « Nous sommes de plus en plus convaincus que la dynamique de l’inflation à moyen terme ne reviendra pas au schéma que nous avons connu avant la pandémie », quand l’indicateur restait durablement sous l’objectif de 2% visé par la BCE, a déclaré Christine Lagarde.

L’institution monétaire vient de relever ses prévisions d’inflation pour 2022 à 5,1% en zone euro. La hausse des prix a atteint 5,8% sur un an en février, poussée par la flambée des prix d’énergie et les goulots d’étranglement dans les chaînes logistiques. Un niveau record depuis que l’office européen des statistiques la mesure en 1997.

La BCE doit « gérer un choc qui, à court terme, pousse l’inflation au-dessus de notre cible et réduit la croissance », a prévenu la présidente de la BCE. La prévision de croissance en zone euro a été revue à la baisse la semaine dernière, à 3,7% pour 2022, en raison des répercussions du conflit armé en Ukraine sur l’activité mondiale.

En France, l’inflation existante est « attisée » par la guerre en Ukraine d’après l’Insee. Elle a atteint 3,6% en février (soit une hausse de 0,8 point sur ce seul mois), un niveau plus vu depuis 2008. Cela vient confirmer les dernières estimations de la Banque de France qui annonçait dimanche 13 mars entre 3,7 et 4,4 % d’inflation pour 2022 en France. Plus de doute : alors que la guerre en Ukraine fait rage et que la Chine se reconfine, promettant de perturber encore notre économie mondiale, l’inflation est partie pour durer.

 

L’Insee prévoit par ailleurs qu’elle dépassera les 4% en mars, puis tournera autour de 4,5% durant le deuxième trimestre, tirée par les prix de l’énergie, des matières premières et alimentaires. Ces prévisions reposent toutefois sur l’hypothèse d’un prix du baril de pétrole à 125 dollars, soit son niveau atteint au tout début du mois de mars, mais qui a reculé depuis, précise l’Insee.

 

Economie: L’inflation temporaire va durer pour Christine Lagarde (BCE) !

Economie: L’inflation temporaire va durer pour  Christine Lagarde (BCE) !

 

 

Il aura fallu des mois et des mois pour que la Banque centrale européenne convienne que l’inflation dite temporaire allait en fait se prolonger longtemps. Les institutions officielles européennes et françaises ont pendant longtemps soutenu que l’inflation se tasserait en deuxième partie de 2022 et en 2023. C’est à peu près l’inverse qui va se produire et pas seulement pour les questions conjoncturelles évoquées.

La plupart des experts complaisants ont en effet expliqué que l’inflation nettement réapparue provenait d’un de choc de la croissance. En réalité, il n’y a pas eu vraiment de choc de croissance mais simplement un phénomène de rattrapage de sorte que la plupart des pays en ce début 2022 retrouve leur niveau d’activité de 2019. On a volontairement ou non oublier de prendre en compte des données structurelles caractérisées par une modification des processus de production et de distribution.

Certaines de ces modifications seront durables, elles sont même souhaitables mais à court et moyen terme vont générer des coûts supplémentaires alimentant l’inflation. Il y a surtout aussi l’énorme problème  la dette générée pendant la crise sanitaire.. Or on a déversé des montagnes de liquidités, sorte de fausse monnaie, qu’on va amortir comme souvent par l’inflation .

Alors que la hausse des prix dans la zone euro a pulvérisé son record en février, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a donc  prévenu que la hausse « pourrait durer un certain temps ». Surtout, le niveau des prix ne devrait pas revenir à ce qu’il était avant le début de l’offensive russe en Ukraine, ni avant la pandémie de Covid-19. Pour faire face, les banques centrales doivent désormais ajuster leur politique monétaire.Les taux d’intérêt vont grimper

 « Nous sommes de plus en plus convaincus que la dynamique de l’inflation à moyen terme ne reviendra pas au schéma que nous avons connu avant la pandémie », quand l’indicateur restait durablement sous l’objectif de 2% visé par la BCE, a déclaré Christine Lagarde.

L’institution monétaire vient de relever ses prévisions d’inflation pour 2022 à 5,1% en zone euro. La hausse des prix a atteint 5,8% sur un an en février, poussée par la flambée des prix d’énergie et les goulots d’étranglement dans les chaînes logistiques. Un niveau record depuis que l’office européen des statistiques la mesure en 1997.

La BCE doit « gérer un choc qui, à court terme, pousse l’inflation au-dessus de notre cible et réduit la croissance », a prévenu la présidente de la BCE. La prévision de croissance en zone euro a été revue à la baisse la semaine dernière, à 3,7% pour 2022, en raison des répercussions du conflit armé en Ukraine sur l’activité mondiale.

En France, l’inflation existante est « attisée » par la guerre en Ukraine d’après l’Insee. Elle a atteint 3,6% en février (soit une hausse de 0,8 point sur ce seul mois), un niveau plus vu depuis 2008. Cela vient confirmer les dernières estimations de la Banque de France qui annonçait dimanche 13 mars entre 3,7 et 4,4 % d’inflation pour 2022 en France. Plus de doute : alors que la guerre en Ukraine fait rage et que la Chine se reconfine, promettant de perturber encore notre économie mondiale, l’inflation est partie pour durer.

 

L’Insee prévoit par ailleurs qu’elle dépassera les 4% en mars, puis tournera autour de 4,5% durant le deuxième trimestre, tirée par les prix de l’énergie, des matières premières et alimentaires. Ces prévisions reposent toutefois sur l’hypothèse d’un prix du baril de pétrole à 125 dollars, soit son niveau atteint au tout début du mois de mars, mais qui a reculé depuis, précise l’Insee.

 

L’inflation temporaire va durer pour Christine Lagarde (BCE) !

L’inflation temporaire va durer pour  Christine Lagarde (BCE) !

 

 

Il aura fallu des mois et des mois pour que la Banque centrale européenne convienne que l’inflation dite temporaire allait en fait se prolonger longtemps. Les institutions officielles européennes et françaises ont pendant longtemps soutenu que l’inflation se tasserait en deuxième partie de 2022 et en 2023. C’est à peu près l’inverse qui va se produire et pas seulement pour les questions conjoncturelles évoquées.

La plupart des experts complaisants ont en effet expliqué que l’inflation nettement réapparue provenait d’un de choc de la croissance. En réalité, il n’y a pas eu vraiment de choc de croissance mais simplement un phénomène de rattrapage de sorte que la plupart des pays en ce début 2022 retrouve leur niveau d’activité de 2019. On a volontairement ou non oublier de prendre en compte des données structurelles caractérisées par une modification des processus de production et de distribution.

Certaines de ces modifications seront durables, elles sont même souhaitables mais à court et moyen terme vont générer des coûts supplémentaires alimentant l’inflation. Il y a surtout aussi l’énorme problème  la dette générée pendant la crise sanitaire.. Or on a déversé des montagnes de liquidités, sorte de fausse monnaie, qu’on va amortir comme souvent par l’inflation .

Alors que la hausse des prix dans la zone euro a pulvérisé son record en février, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a donc  prévenu que la hausse « pourrait durer un certain temps ». Surtout, le niveau des prix ne devrait pas revenir à ce qu’il était avant le début de l’offensive russe en Ukraine, ni avant la pandémie de Covid-19. Pour faire face, les banques centrales doivent désormais ajuster leur politique monétaire.Les taux d’intérêt vont grimper

 « Nous sommes de plus en plus convaincus que la dynamique de l’inflation à moyen terme ne reviendra pas au schéma que nous avons connu avant la pandémie », quand l’indicateur restait durablement sous l’objectif de 2% visé par la BCE, a déclaré Christine Lagarde.

L’institution monétaire vient de relever ses prévisions d’inflation pour 2022 à 5,1% en zone euro. La hausse des prix a atteint 5,8% sur un an en février, poussée par la flambée des prix d’énergie et les goulots d’étranglement dans les chaînes logistiques. Un niveau record depuis que l’office européen des statistiques la mesure en 1997.

La BCE doit « gérer un choc qui, à court terme, pousse l’inflation au-dessus de notre cible et réduit la croissance », a prévenu la présidente de la BCE. La prévision de croissance en zone euro a été revue à la baisse la semaine dernière, à 3,7% pour 2022, en raison des répercussions du conflit armé en Ukraine sur l’activité mondiale.

En France, l’inflation existante est « attisée » par la guerre en Ukraine d’après l’Insee. Elle a atteint 3,6% en février (soit une hausse de 0,8 point sur ce seul mois), un niveau plus vu depuis 2008. Cela vient confirmer les dernières estimations de la Banque de France qui annonçait dimanche 13 mars entre 3,7 et 4,4 % d’inflation pour 2022 en France. Plus de doute : alors que la guerre en Ukraine fait rage et que la Chine se reconfine, promettant de perturber encore notre économie mondiale, l’inflation est partie pour durer.

 

L’Insee prévoit par ailleurs qu’elle dépassera les 4% en mars, puis tournera autour de 4,5% durant le deuxième trimestre, tirée par les prix de l’énergie, des matières premières et alimentaires. Ces prévisions reposent toutefois sur l’hypothèse d’un prix du baril de pétrole à 125 dollars, soit son niveau atteint au tout début du mois de mars, mais qui a reculé depuis, précise l’Insee.

 

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