Archive pour le Tag 'hauteur'

Sondage Environnement : le gouvernement pas à la hauteur pour 85%

Sondage Environnement : le  gouvernement pas à la hauteur pour 85%

L’action du gouvernement en matière d’environnement n’est pas à la hauteur des enjeux, pour 85% des Français, et le départ de Nicolas Hulot n’y changera rien pour deux tiers d’entre eux, selon un sondage Elabe pour BFMTV diffusé mercredi. Seules 15% des personnes interrogées jugent favorablement l’action de l’exécutif pour l’écologie. large majorité de sondés (65%) considère par ailleurs que la démission de Nicolas Hulot « ne va rien changer » à l’importance de l’environnement dans l’action du gouvernement, contre 30% qui pensent qu’elle en sortira affaiblie. Le pouvoir d’achat (37%) est devant la santé (31%) et les retraites (28%) la principale préoccupation des Français (trois réponses possibles). Plus généralement, les Français doutent de la capacité du chef de l’État à transformer le pays, mais les oppositions n’en profitent pas. Pour un Français sur deux (50%, +2 en deux mois), il n’en aura modifié que « quelques aspects » à la fin de son quinquennat. Pour 35% (+4), il « n’aura pas changé le pays » et ils ne sont que 15% (-5) à penser qu’il l’aura « transformé en profondeur». Pour un sondé sur deux en moyenne, les partis d’opposition ne feraient « ni mieux ni moins bien » s’ils étaient au pouvoir. Seules 20% des personnes interrogées pensent que La France insoumise, 17% le Rassemblement national, 15% Les Républicains et 10% le PS, feraient mieux.

Enquête réalisée en ligne les 28 et 29 août auprès de 1.011 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

 

LREM : des députés pas à la hauteur

LREM : des députés pas à la hauteur

Ce qui surprend le plus dans la majorité, c’est l’indigence des députés. Aucun n’arrive réellement à émerger. La première raison est sans doute liée à la volonté de Macron d’imposer une discipline quasi militaire aux parlementaires. Mais la raison profonde tient à l’absence de personnalité politique de ces députés. Des députés qui comprennent quelques ralliés du parti socialiste et surtout d’autres recrutés par petites annonces qui n’ont aucune expérience en général de la vie politique, pas même sans doute une vision très claire de l’intérêt général. La plupart du temps des cadres sans doute compétent dans le métier qu’ils exerçaient mais bien ignorants des contraintes de la vie publique et de la démocratie. Dans les débats télévisés les chaînes cherchent en vain une personnalité qui émerge un peu. On voit se succéder des députés complètement inexpérimentés d’un point de vue médiatique qui se font balayer par leurs interlocuteurs ou à leurs choisissent de reprendre à leur compte la vieille dialectique partisane qui s’appuie sur la langue de bois. Leur message est toujours le même faute d’idéologie claire, c’est la célébration de la personnalité de Macron  . Le reste relève de la vieille politique. Un seul exemple le fait que le groupe parlementaire soit présidé par un cheval de retour ancien PS, s terni par l’affaire qui a permis à sa compagne de s’enrichir grâce aux responsabilités politiques de Richard Ferrand. Quant au parti lui-même la république en marche, c’est un parti virtuel, un parti de clics, sans aucun fonctionnement local. Bref un club d’élus nationaux.

LREM : des responsables surtout pas à la hauteur

LREM : des responsables surtout pas à la hauteur 

L’affaire Benalla  aura donné l’occasion de mesurer le relatif amateurisme de nombre de responsables de la république en marche, à commencer  même par le président de la république. Chez les députés de base on a surtout vu des courtisans paralysés par les enjeux et le risque de se mettre à dos le président. La plupart d’abord ont tenté d’éviter les questionnements des médias. Quand enfin ils ont été contraints de s’exprimer les balbutiements et les contradictions se sont multipliés. L’exemple le plus significatif par ailleurs très suivi par l’opinion constitue sans doute l’audience du ministre de l’intérieur visiblement perdu, affolé et agacé d’avoir à porter le chapeau de l’Élysée. Lui comme d’autres n’ont cessé de bafouiller sur le fond comme sur la forme. Même la responsable de la commission d’enquête s’est montrée en-dessous de tout pour animer des réunions de ce type. Du coup, elle a utilisé l’argument d’autorité puisque l’autorité de l’argument était complètement défaillante. En clair elle  a autoritairement mis fin  à la commission en refusant de nouvelles d’audience. Il y aura des leçons à tirer de cet événement qui a bien montré que Macron s’est surtout entouré de potiches et courtisans bien incapables en cas d’enjeux  majeurs d’être à la hauteur de responsabilité nationale.

2017 -11 candidats pour the « Voice politique » : pas à la hauteur

2017 -11 candidats pour the « Voice politique » : pas à la hauteur

Globalement, les grands médias se sont félicités du dernier débat télévisé des candidats à l’élection présidentielle. Certains considérant même que ce débat avait été d’une bonne tenue. Il faut évidemment se faire une piètre idée de la politique pour porter un jugement aussi positif sur une confrontation qui relève davantage du cirque médiatique que de la démocratie. Cette émission a surtout été l’occasion de porter des critiques sur tout et n’importe quoi. Certes la contestation sur certains points était pertinente mais manquait cruellement de perspectives crédibles et claires notamment en matière économique et sociale. Ou alors on entrait directement dans des détails qui ne relèvent pas de la responsabilité d’un président quand il s’agit de promettre à tous et à chacun une augmentation de revenu. On aurait évidemment attendu qu’on pose d’abord la problématique générale du pays, qu’on développe une vision  pour la France, l’Europe et le monde et qu’on définisse une stratégie non démagogique. Pour preuve on a peu parlé du bouclage financier, des grands équilibres. Bien entendu un débat à 11 rendait impossible un haut niveau de confrontation. Les candidats étaient condamnés  à la caricature, aux éléments de langage convenus et à la simplification. D’une certaine manière on aurait pu dire qu’il s’agissait de l’expression de candidats ayant  uniquement vocation d’opposants. . La  politique actuelle est  forcément contestable au regard des   médiocres résultats mais les propositions très pauvres et simplistes. En cause la qualité des prétendants. Parmi les plus inconséquents voire les plus nuls il faut citer Jean Lassalle, certes sympathique mais qui parvenait difficilement à articuler une seule phrase. Jacques Cheminade est un peu apparu comme un extra terrestre et les arguties  juridiques de François d’Asselineau étaient peu près incompréhensibles. Philippe Nathalie Arthaud et surtout Philippe Poutou se sont assez bien sortis de cet exercice mais en se limitant à une posture de dénonciation. Benoît  Ha mon s’est montré relativement transparent et hors sol. Sur la forme, Jean-Luc Mélenchon, grâce à ses talents de tribun, a dominé les débats sans pour autant rendre très crédible ses orientations. Marine Le Pen s’est montrée bien peu à l’aise et d’une certaine façon, déstabilisée elle  a abandonné son rôle de première opposante aux candidats gauchistes. Dupont Aignan a loué la mouche du coche, le rôle du roquet mordant surtout Macron avec nombre de faux chiffres et des faits approximatifs. Fillon a joué la défense et Macron s’est montré trop timoré par peur sans doute d’être attaqué. Bref contrairement à ce que pense nombre de politologues professionnels le débat n’a pas été à la hauteur. Un bon spectacle télévisuel mais  une médiocre confrontation sur le fond. Pas du niveau d’une élection présidentielle. D’ailleurs dans le classement effectué auprès des téléspectateurs très peu des participants obtiennent la moyenne. 

Terrorisme : la France pas à la hauteur

Terrorisme :  la France pas à la hauteur

 

 

Un terrible échec de la lutte contre le terrorisme surtout de la part du renseignement mais aussi en matière de coordination des moyens d’intervention. « Nous ne sommes pas à la hauteur de ceux qui nous agressent aujourd’hui », a déclaré Georges Fenech, le président Les Républicains de la commission d’enquête, lors d’une conférence de presse. « Nous devons élever la barre très haut dans la lutte contre le terrorisme international. » Si la « cible » du Bataclan aurait difficilement pu être anticipée par les services, malgré une menace contre cet établissement dès 2009, des auteurs des attentats du 13 novembre 2015 auraient pu être arrêtés, et leur suivi révèle les carences du renseignement français et européen, selon la commission. Elle recommande aussi la création d’une nouvelle direction du renseignement territorial, « pour traiter le bas et moyen spectre de la radicalisation », et une « accélération » de la mise en place d’un véritable bureau du renseignement pénitentiaire. Elle propose enfin la mise sur pied d’une agence nationale de l’antiterrorisme dépendante du Premier ministre ou du président, qui s’appuierait sur une base de données commune à tous les services. « Nous voulons une agence (…) qui analyse la menace, et mette en place une véritable stratégie opérationnelle de contre-terrorisme », a expliqué mardi Georges Fenech. Au niveau européen, les députés préconisent l’amélioration du fichier d’information Schengen, dit SIS 2, pour qu’il précise la menace terroriste éventuelle de chaque individu. Mohammed Zenak, dont la fille de 22 ans a été blessée le 13 novembre au Comptoir Voltaire, un bar, souligne par ailleurs que certaines questions restent en suspens. « On se demandera toujours pourquoi les militaires de Sentinelle n’ont pas pu intervenir » le 13 novembre, a-t-il dit à Reuters. Ce soir-là, huit soldats se trouvent devant le Bataclan. Mais ils ne reçoivent pas d’ordre d’intervenir et refusent de donner leurs fusils d’assaut à des policiers qui le demandent, un militaire ne pouvant se défaire de son arme, raconte Georges Fenech. « À quoi sert la force Sentinelle si elle ne peut pas intervenir? Cette question se pose », dit-il.

(Avec Reuters)

Croissance : on va dans le mur, l’action du gouvernement pas à la hauteur ( Rocard)

Dans une  interview à la tribune Rocard éclaire la nature de la crise et souligne les limites des politiques actuelles. Une contribution qui nous change des slogans réducteurs  habituels . 

 

LA TRIBUNE - Dans le livre que vous venez de publier, vous décrivez un monde occidental qui, à force d’inégalités croissantes, de spéculation financière et de destruction de la planète, court à sa perte. Mais quelles sont vos préconisations pour éviter ce « suicide » ?

MICHEL ROCARD – Avant de vous livrer mes préconisations, il faut d’abord comprendre ce qui se passe. Nous faisons face à une accumulation de menaces qui se conjuguent et s’aggravent mutuellement. Je veux d’abord parler de l’arrêt de la croissance, de la précarité, du chômage, des incivilités, tout un processus commencé il y a trente ans. Les gouvernements insistent sur le rebond de l’activité, mais avec 1% de croissance, on ne résout rien. Il faudrait près de 3%. Ensuite, il y a la spéculation financière et les crises qu’elle provoque, qui contribuent bien sûr au marasme économique. Enfin, n’oublions pas, bien sûr, la question écologique. La traiter exige de disposer de sommes importantes pour investir dans la transition énergétique. Or, en raison des problèmes économiques que je viens de mentionner, cet argent n’est plus disponible.

Beaucoup d’écologistes voient dans la baisse de l’activité économique, la « décroissance », une solution aux problèmes de la planète. Est-ce une piste à suivre ?

Nous sommes dans une situation d’aggravation extrême des inégalités. La pauvreté baisse dans le monde, en raison de l’émergence de nombreux pays, mais elle augmente chez nous un peu en moyenne, et surtout s’exacerbe beaucoup pour certains. Mon intuition, c’est que la décroissance commencerait par intensifier ces inégalités, et nous conduirait tout droit à quelque chose ressemblant à une guerre civile. Je ne comprends pas comment certaines personnes intelligentes, ayant une sensibilité écologique, n’ont pas intégré cela. La décroissance, ou bien on la subit, et c’est une catastrophe, ou on la provoque, et c’est pire. C’est donc exclu. Pour des raisons d’ordre public.

Il faut donc concilier croissance et préservation de la planète. N’est-ce pas l’optique du gouvernement ?

L’action du gouvernement est loin d’être à la hauteur des problèmes. Il manque d’une vision globale, d’un plan d’attaque de tous les sujets à la fois. La politique économique, aujourd’hui en France, revient à tenter de traiter des sous-subtilités, à essayer de réduire quelques rentes, et à gérer le moins mal possible la répartition de ressources qui deviennent rares. Je ne vois pas là de vraies solutions.

Que faut-il faire ?

D’abord, développer la réflexion sur l’origine de cette crise. Faire travailler ensemble les détenteurs du savoir économique, financier, écologique… Les « experts » travaillent beaucoup trop étroitement dans leur discipline, l’interdisciplinaire n’est toujours pas reconnu. Pourtant, il est plus que jamais nécessaire ! Fondamentalement, nous avons un problème de doctrine économique. Pendant trente ans, pendant les Trente Glorieuses, nous avons vécu sous la domination des doctrines économiques interventionnistes. Mais sous l’influence de deux prix Nobel des années 1970, Hayek (nobélisé en 1974) et Friedman (1976), l’idée d’un retour au laisser-faire, d’une déréglementation, s’est imposée, au cours des années 1980. D’abord dans le monde anglo-saxon, puis en Europe. Cette doctrine monétariste donne la priorité à la dérégulation, elle affirme que le profit fait la croissance… Les gouvernements l’ont effectivement mise en pratique. Des secteurs entiers ont été dérégulés [finance], des politiques en faveur du profit ont été mises en œuvre, au détriment des salaires. Il en est résulté une baisse de la part des salaires dans le PIB, passée de 67 ou 68% du PIB à 57%. Ne nous étonnons pas, dans ces conditions, que la consommation soit en berne. Aujourd’hui, non seulement les gouvernements mais aussi la presse, l’électorat, sont sous la domination de cette doctrine.

N’est-elle pas avant tout défendue aujourd’hui par l’Allemagne, la Commission européenne ?

Absolument. L’Allemagne, l’Autriche, les Pays Bas et, curieusement, aussi, la Finlande, défendent ardemment le monétarisme. La Commission reflète cette tendance. Mais les premiers défenseurs de cette doctrine sont les financiers, les banquiers, qui, partout, que ce soit en France ou ailleurs, contribuent à l’instiller dans l’esprit des gouvernants.

Pourtant, même la Commission européenne admet aujourd’hui les effets négatifs sur la croissance des politiques de restriction budgétaire…

Oui, mais cette leçon tarde à être comprise. Cela étant, si la prise de conscience de l’échec des politiques de retrait de l’État prendra du temps, elle finira par avoir lieu. Cela prendra cinq à six ans encore, mais les gouvernements, la Commission européenne, reviendront du monétarisme. Déjà, le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, est intellectuellement converti aux thèses d’un Stiglitz ou d’un Krugman, j’en suis convaincu. Il s’agit d’une pensée d’une grande rigueur, mais parfaitement keynésienne, qui dit ceci : quand un gouvernement se trouve face à un déficit public, l’essentiel est de produire de la croissance pour le résorber, ou vivre avec ce déficit aussi longtemps qu’on n’a pas atteint cette croissance. Mais il ne faut surtout pas tirer argument du déficit pour aggraver le retrait de l’État de la macroéconomie. Tout cela, Mario Draghi le pense, mais il ne peut pas le dire.

Cette politique de re-réglementation de la finance, de retour de l’État, peut-elle être conçue autrement que dans un cadre international ?

Déjà, dans un cadre européen, ce serait un grand progrès. 80 % de nos échanges sont intra-européens.

Mais il faudrait que naisse enfin un gouvernement économique européen ?

Bien sûr. C’est une condition nécessaire, une fois sortis du blocus de la pensée monétariste. Il faudra une demi-douzaine d’années pour le bâtir, et il y a une précondition : c’est que les Anglais s’en aillent, car ce sont les plus hostiles à l’idée d’un gouvernement économique en Europe. La seule présence des Anglais est un obstacle à tout le schéma que je développe ici, tant sur le plan de l’évolution de la pensée, que de l’institution et des procédures. Une fois nos voisins britanniques sortis de l’Europe, les pays européens devront se mettre au travail. Il y aura alors dans l’art de traiter l’économie une course de vitesse fatale entre la banque centrale qui aura plus de liberté, et la somme des gouvernements, qui ne seront pas encore institutionnellement obligés de produire de la décision commune, mais pouvant la négocier. Avec le départ du plus grand porteur de l’économie monétariste en Europe, les gouvernements se mettront beaucoup plus facilement d’accord. Le problème du gouvernement économique européen sera alors beaucoup moins aigu. Une fois ce problème de doctrine résolu, ce gouvernement mis en place, il faudra accepter une remontée lente de la masse salariale dans le PIB, ce qui implique un ralentissement, au besoin avec la pression de la loi, de l’augmentation relative des hauts revenus. C’est cette augmentation des revenus élevés, pas seulement des plus hauts, je pense à ceux de toute la bourgeoisie supérieure, qui bloque du pouvoir d’achat. Beaucoup d’économistes le montrent, Piketty mais aussi et surtout Stiglitz et Krugman.

Et la question écologique ?

C’est la deuxième orientation, qui allie économie et écologie, celle de l’investissement. Les investissements sont évidemment nécessaires à la croissance. Le champ de l’écologie s’impose tout d’abord. Faire passer des millions d’automobiles, dans le parc européen, de l’essence à l’hybride ou l’électrique, n’est pas improbable. C’est un marché qui s’ouvre, mais il faut injecter des dizaines de milliards d’euros. Il ne faut évidemment pas négliger le bâtiment : doubler tous nos vitrages est nécessaire… Combien d’emplois cela représentera-t-il, pour combien d’années ? Étanchéifier toutes nos charpentes, cela représente aussi beaucoup d’argent. Et donc beaucoup de consommation. L’inconvénient de la politique d’investissement est de donner des résultats lentement. Mais cela soulagerait assez vite le moral des électeurs. Et donc les affrontements sociaux.

Quid de la spéculation financière que vous évoquez comme une menace ?

C’est une question fondamentale. Avant de commencer à mettre cette politique d’expansion en œuvre, il faut traiter le sujet de la spéculation. En 2009, le G20 a pris une seule décision, mais fondamentale, celle de la garantie des bilans des banques par les États, afin d’empêcher la crise financière d’atteindre pleinement l’économie réelle. En fait, on a demandé aux contribuables de sauver le système financier, et on s’en est sorti à peu près, la récession n’a pas dégénéré en profonde dépression. Mais rien n’a été entrepris depuis. Une masse de liquidités mondiale disponible pour la spéculation a grossi depuis 2006, sans aucune nouvelle réglementation. Dans la logique monétariste, ce sont les banques privées qui émettent la monnaie : le chiffre total de la liquidité mondiale, c’est 800 trillions de dollars, soit trois fois, trois fois et demi  le PIB mondial. 2% de ces sommes servent à financer des échanges, 98% sont purement spéculatifs. Malgré l’heureuse décision de 2009, tout peut recommencer, un krach peut entraîner de nombreuses faillites bancaires. Or, le coup de demander aux contribuables de réparer la casse, on ne peut pas le faire deux fois. Il n’existe donc pas de garde-fou contre une nouvelle explosion financière, à mon avis probable, qui pourrait du coup, avoir un effet aussi dévastateur que la crise des années 1930. En 1930, les gouvernements ont été pris d’une telle panique qu’ils ont aggravé la crise, jusqu’à l’arrivée de Roosevelt. Il a mis en œuvre la politique de relance que l’on connaît. Mais surtout, il a commencé par briser la spéculation avec le Glass-Steagall Act, qui interdit à tout établissement financier de mélanger les métiers. Toute banque qui gère des dépôts a l’obligation absolue d’assurer la sécurité de ceux-ci, donc l’interdiction de prendre le moindre risque. N’importe quel investissement est déjà un risque : il est interdit. Et un établissement se spécialisant dans le risque – il en faut – doit le faire avec ses fonds propres, ou avec des capitaux dédiés explicitement à cette pratique. Cette loi nous a sortis de la crise. En 1945, le reste du monde développé a copié ce modèle. Cela explique largement les « Trente Glorieuses », et l’absence de crise financière pendant quelque cinquante ans… jusque dans les années 1980. C’est la dérégulation financière qui a mis fin à cette période propice à une croissance sans crise. L’Europe a alors commencé, et nous sommes revenus, progressivement, à la polyvalence des banques qui prévalait jusque dans les années 1930. Mon gouvernement (1988-1991) a été compromis dans cette affaire, parce que je n’avais sans doute pas tout compris : c’est en 1988 qu’a été parachevée la libération totale des mouvements de capitaux.

Sous l’impulsion du ministre des Finances Pierre Bérégovoy ?

Si j’avais eu l’information dont je dispose aujourd’hui, j’aurais demandé aussi une police contre la spéculation sur les marchés. Pierre Bérégovoy récusait cette stratégie, ne voulant pas froisser une Allemagne encore hésitante sur la création de l’euro. Il m’a trahi, négociant cela avec François Mitterrand. C’est ainsi que le Premier ministre que j’étais a découvert dans la presse la libération totale des mouvements de capitaux. Nous avons alors plié devant une doctrine idiote, illustrée par l’Allemagne. La crise financière de 2006-2008 impose à l’évidence de revenir à la loi Glass-Steagall Act, les macro-économistes compétents le comprennent. Le problème, c’est que dans tous les pays, à commencer par les États-Unis mais aussi en Europe, le pouvoir bancaire a pris la main sur des gouvernements qui n’ont pas de pensée. Des gouvernements qui adoptent donc la doctrine économique des banquiers, le tout dans l’acceptation de l’opinion et l’approbation enthousiaste de la presse financière, ce qui bloque ce retour à la séparation des banques.

On l’a vu en France avec cette loi bancaire vidée de toute substance…

Absolument. Malgré la phrase de François Hollande, « la finance est mon ennemie »… Il avait bien en tête l’idée de limiter la spéculation, mais une idée insuffisamment précise pour que cette phrase-slogan puisse lui servir d’appui dans l’action. Si bien que son injonction a été rognée, à l’intérieur du gouvernement, et même par des députés socialistes suffisamment incompétents pour en rester au monétarisme. Car c’était l’air du temps… Or, supposons le combat gagné contre le monétarisme, dans le domaine de la macro-économie… Il pourrait en résulter, en France et en Europe, une vision et une politique pour les quinze-vingt ans à venir, qu’on pourrait appeler un plan, une action de l’État programmée sur une longue période, qui nous amènerait à une réconciliation du combat économique et écologique, à travers une croissance intelligente, financée et éclairée par la protection de la nature. Le danger, c’est que cette politique cohérente soit menacée par des crises spéculatives. Aussi longtemps qu’on n’aura pas touché à la spéculation, la victoire que je viens d’évoquer sur le monétarisme sera insuffisante. Donc, la priorité des priorités devient l’affaire financière. C’est le danger spéculatif immédiat qui est le plus grand, qui pourrait provoquer une tornade récessive terrifiante, façon 1930.

Ecole : « pas à la hauteur » Najat Vallaud-Belkacem

Ecole : «  pas à la hauteur » Najat Vallaud-Belkacem

La ministre de l’éducation a reconnu devant l’assemblée nationale que l’école n’était pas à la hauteur. Elle a aussi reconnu que de nombreux incidents étaient intervenus lors de la minute de silence dans les établissements scolaires, officiellement 200 incidents. En réalité, des incidents beaucoup plus nombreux ; la précision du ministère est à cet égard significative de l’approximation : » Ces données sont déclaratives, avait indiqué précédemment un communiqué du ministère, et ne concernent que des incidents qui n’ont pas pu être réglés en classe par des enseignants des écoles, collèges et lycées. Elles ne constituent donc pas un recensement exhaustif de l’ensemble des difficultés qu’ont pu rencontrer les équipes éducatives ». En clair il faut multiplier ces incidents par 10 ou par 100 ! « L’école n’est pas à la hauteur dans cette mission éducative. « , a-t-elle estimé. Ce n’est pas faute d’enseignants qui souhaitent les transmettre, il faut « un sursaut », a-t-elle fait valoir. « La laïcité sera le préalable indispensable, a-t-elle ajouté, pour apprendre à nos jeunes à vivre ensemble, mais aussi pour se construire un esprit critique, une liberté de jugement, l’art du débat contradictoire qui leur permettra » de « faire le tri » entre l’information et la rumeur. En fait le débat ne fait que débuter. Il y a des années que le système éducatif est en perdition surtout dans les écoles des banlieues ghettoïsées où dans certaines classes, on se contente en fait de faire u  gardiennage pour les élèves qui veulent bien être présents. Contrairement à ce qu’affirment certains médias ou certaines institutions cela ne concerne pas seulement les très grandes villes, Paris, Lyon, Marseille, bien d’autres mais la plupart des villes jusqu’à 10 000 habitants. Dans toutes les villes même les plus petites certaines écoles constituent des lieux enfermés dans des ghettos culturels ou la dictature culturelle des extrémistes et des trafiquants de drogue dominent. En cause évidemment aussi le chômage, et certains quartiers ne vivent que de la drogue et bon gré mal gré doivent se plier à la gouvernance des délinquants qui trouvent aujourd’hui une légitimité religieuse à leurs actes criminels. Dès lors  la question posée est de savoir à qui incombe l’éducation de ces enfants enfermée dans un univers archaïque et anti républicain. Certains qui abordent la problématique en rondelles de saucisson considèrent que l’éducation nationale doit enseigner et que la mission d’éducation incombe aux parents. Evidemment une mauvaise réponse car la mission d’éducation en particulier par ce qui concerne le domaine civique incombe à tous. Si l’on entend par civisme le principe qui règle les relations entre les êtres humains civilisés. Or c’est toute la société qui a fait preuve de laxisme en matière de civisme et de civilités. Pas seulement l’école. Dans les banlieues la situation est dramatique, l’ignorance, l’intolérance et la violence façonnent  un environnement culturel d’un autre âge. Des zones de non droit où le seul service public demeure l’école. Des banlieues fragilisées par la misère sociale qui constitue d’extraordinaire terreau pour la criminalité et même la violence terroriste. Des lois ne suffiront pas, même sil en faut c’est une véritable réhabilitation sociale, économique culturelle et civique qu’il faut mettre en œuvre, trouver l’équilibre entre prévention, réhabilitation et sanction. Un travail qui demandera des années.  

Terrorisme : pour une politique à la hauteur de l’enjeu

Terrorisme : pour une politique à la hauteur de l’enjeu

 

( un article publié le 20 décembre)

 

Comme c’était prévisible les actes de terrorismes vont se développer sur le territoire et il faudra sans doute attendre un drame de grande ampleur pour prendre enfin la mesure de l’enjeu. La politique actuelle relève en effet de L’amateurisme et gagnerait par exemple à s’inspirer des politiques de pays infestés d’  extrémistes violents. De ce point de vue , l’organisation de nos services de renseignement souffre de deux maux, une insuffisance quantitative mais aussi qualitative ; et pour cause dans nombre de banlieues sensibles par exemple, il y a longtemps que la police a déserté les lieux. De la même manière les services n’ont pas la compétence pour détecter à temps les sites internet qui pratiquent le prosélytisme terroriste. Ce n’est pas le déplacement du ministre de l’intérieur sur chaque lieu d’un crime qui va changer la donne. Il  ferait mieux de rester dans son bureau et de mobiliser ses troupes. Il faut bien prendre en compte qu’il s’agit d’un phénomène sociétal tout à fait nouveau qui recrute parmi les populations asociales, violentes souvent délinquantes en mal  de repères, d’insertion sociale et culturelle. Des paumés, des malades, des criminels. Or l’entourage proche est souvent le plus à même pour détecter les terroristes potentiels du fait de l’évolution des comportements des intéressés. Certes des mesures dans ce sens ont été prises mais elles ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Faut-il rappeler que la France fournit le plus grand contingent d’islamistes radicalisés ( autour de 1000) et qu’il existe certaines des dizaines de fous susceptibles d’agir sur le territoire. Il faudrait une autre organisation, d’autres moyens pour endiguer le phénomène. Notamment mettre en place une véritable vigilance citoyenne pour quadriller tout le territoire et qui permette d’agir avant l’irréparable. A cet égard le dispositif juridique et opérationnel actuel  est obsolète face à cette nouvelle forme de criminalité  qui recrute  parmi les plus tarés.

Terrorisme : pour une politique à la hauteur de l’enjeu

Terrorisme : pour une politique à la hauteur de l’enjeu

 

Comme c’était prévisible les actes de terrorismes vont se développer sur le territoire et il faudra sans doute attendre un drame de grande ampleur pour prendre enfin la mesure de l’enjeu. La politique actuelle relève en effet de L’amateurisme et gagnerait par exemple à s’inspirer des politiques de pays infestés d’  extrémistes violents. De ce point de vue , l’organisation de nos services de renseignement souffre de deux maux, une insuffisance quantitative mais aussi qualitative ; et pour cause dans nombre de banlieues sensibles par exemple, il y a longtemps que la police a déserté les lieux. De la même manière les services n’ont pas la compétence pour détecter à temps les sites internet qui pratiquent le prosélytisme terroriste. Ce n’est pas le déplacement du ministre de l’intérieur sur chaque lieu d’un crime qui va changer la donne. Il  ferait mieux de rester dans son bureau et de mobiliser ses troupes. Il faut bien prendre en compte qu’il s’agit d’un phénomène sociétal tout à fait nouveau qui recrute parmi les populations asociales, violentes souvent délinquantes en mal  de repères, d’insertion sociale et culturelle. Des paumés, des malades, des criminels. Or l’entourage proche est souvent le plus à même pour détecter les terroristes potentiels du fait de l’évolution des comportements des intéressés. Certes des mesures dans ce sens ont été prises mais elles ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Faut-il rappeler que la France fournit le plus grand contingent d’islamistes radicalisés ( autour de 1000) et qu’il existe certaines des dizaines de fous susceptibles d’agir sur le territoire. Il faudrait une autre organisation, d’autres moyens pour endiguer le phénomène. Notamment mettre en place une véritable vigilance citoyenne pour quadriller tout le territoire et qui permette d’agir avant l’irréparable. A cet égard le dispositif juridique et opérationnel actuel  est obsolète face à cette nouvelle forme de criminalité  qui recrute  parmi les plus tarés.




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