Archive pour le Tag 'Victoire'

Irlande du Nord – Sinn Fein : Victoire en trompe-l’œil

Irlande du Nord - Sinn Fein : Victoire en trompe-l’œil

 

L’écrivain nord-irlandais Glenn Patterson explique, dans une tribune au « Monde », pourquoi, compte tenu du statut institutionnel particulier du pays, la première place du parti nationaliste aux élections législatives constitue un triomphe en trompe-l’œil.

 

En voilà une nouvelle ! Pour la première fois depuis la partition de l’Irlande, en 1921, un parti nationaliste favorable à la réunification de l’île est arrivé en tête des élections en Irlande du Nord. Et pas n’importe quel parti nationaliste : le Sinn Fein, longtemps considéré par beaucoup comme la branche politique de l’IRA provisoire.

Le Sinn Fein est désormais en droit de s’attribuer le poste de chef de l’exécutif bicéphale créé par l’accord de paix de 1998, dit du Vendredi saint, tandis que son principal rival, le Parti unioniste démocrate (DUP) − qui est aussi, pour compliquer les choses, son partenaire de coalition depuis quinze ans −, devra se contenter de celui de vice-premier ministre. En réalité, les deux postes se valent. Les titres de premier ministre et de vice-premier ministre étaient pour les unionistes un artifice destiné à masquer le fait que, avec le partage du pouvoir, ils ne gouvernaient plus seuls. Le Sinn Fein n’a jamais manqué une occasion de rappeler que ces postes étaient équivalents, mais à présent qu’il est arrivé premier, il semble vouloir croire lui-même à cet artifice.

Le Sinn Fein est arrivé premier, mais il n’a pas progressé en nombre de sièges. Il est devenu le premier parti parce que le DUP, qui avait quitté l’exécutif sortant pour protester contre le protocole nord-irlandais du Brexit [qui maintient la province britannique dans le marché unique et l’union douanière européenne], a reculé de près de 7 % et a perdu trois députés à l’Assemblée législative, ce qui lui fait deux sièges de moins que le Sinn Fein, contre un siège de plus lors de la précédente législature.

En nombre de sièges, le grand gagnant a été le parti non confessionnel Alliance, qui a plus que doublé le nombre de ses élus, passés de huit à dix-sept. Certains sondages réalisés dans les derniers jours de la campagne donnaient Alliance à égalité avec le DUP, mais, même si cette formation était arrivée deuxième, elle n’aurait pas pu prétendre à l’un des deux postes-clés de l’exécutif. En vertu de l’accord de Saint-Andrews de 2006 − négocié entre les gouvernements britannique et irlandais, le Sinn Fein et le DUP −, les partenaires de coalition ne peuvent être issus que des rangs des principales formations classées comme « nationaliste », « unioniste » ou « autre ». Le parti Alliance s’enorgueillit de figurer dans la catégorie « autre », mais il ne dispose pas des sièges ou des alliés nécessaires pour constituer une majorité.

Un esprit cynique pourrait dire que les ennemis jurés que sont le Sinn Fein et le DUP ont décidé à Saint-Andrews de s’octroyer un avantage permanent.

Irlande: victoire du parti nationaliste irlandais Sinn Fein sur Boris Johnson

Irlande: victoire du parti nationaliste irlandais Sinn Fein sur Boris Johnson

 

Le succès du parti nationaliste irlandais Sinn Fein, lors des élections à l’Assemblée locale d’Irlande du Nord, illustre une nouvelle fois l’irresponsabilité des promoteurs du Brexit.(Un papier du « Monde »)

 

En 1921, les Britanniques ont partagé l’île d’Irlande et tracé les frontières de l’Irlande du Nord de façon à y assurer une majorité protestante et unioniste, c’est-à-dire partisane du maintien au sein de la couronne britannique. Depuis lors, l’exécutif mis en place à Belfast a toujours été contrôlé par un parti unioniste. C’est dire si le qualificatif d’« historique » n’est pas excessif pour décrire la victoire du Sinn Fein, jeudi 5 mai, aux élections à l’Assemblée locale d’Irlande du Nord. Depuis sa fondation en 1905, la raison d’être du parti nationaliste irlandais est l’indépendance de la totalité de l’île vis-à-vis de Londres. L’organisation, qui milite de fait pour la dissolution de l’Irlande du Nord, accède au pouvoir dans ladite province.

Ce basculement apparaît d’autant plus inouï qu’il est indirectement lié à un événement souhaité et défendu par l’actuel pouvoir britannique : le Brexit. Le divorce d’avec l’Union européenne, qui avait été rejeté au référendum de 2016 par 56 % des électeurs nord-irlandais, a enclenché un mouvement d’éloignement de la Grande-Bretagne, marqué par l’essor des échanges entre les deux parties de l’île, au détriment de ceux avec la Grande-Bretagne.

 

Le séisme est d’autant plus fort que le Sinn Fein a longtemps été la vitrine politique légale de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), impliquée dans les violences durant les trente années de la guerre civile qui, à partir de 1969, a fait plus de 3 500 morts. Depuis l’accord de paix de 1998 qui a instauré un partage du pouvoir, l’exécutif local était entre les mains des partis unionistes, le Sinn Fein se contentant du poste au pouvoir équivalent mais moins prestigieux de « premier ministre adjoint ». La situation inverse va désormais prévaloir.

La victoire électorale du Sinn Fein signe le succès de la mue d’une organisation sulfureuse devenue un parti de gauche mobilisé sur les questions sociales qui a rompu avec son europhobie et voit le Brexit comme un accélérateur de sa revendication centrale : la réunification de l’île. Elle traduit d’autre part la déconfiture du Democratic Unionist Party (DUP) jusqu’ici majoritaire, favorable au Brexit, dont l’intransigeance et les errements ont sapé la popularité.

 

Pour Boris Johnson, le défi est double : à court terme, l’exécutif nord-irlandais, déjà dysfonctionnel, risque d’être paralysé par le refus du DUP de jouer les seconds rôles derrière le Sinn Fein, et l’impasse du jeu démocratique pourrait favoriser les tensions. Mais le premier ministre britannique, affaibli par le revers qu’il subit simultanément aux élections locales dans le reste du pays, par le scandale des fêtes arrosées pendant le confinement et par les difficultés économiques, va devoir gérer les conséquences de la victoire, à Belfast, d’un parti qui a aussi le vent en poupe dans le sud de l’île et prévoit un référendum sur la réunification de l’Irlande – autrement dit l’amputation du Royaume-Uni – dans les cinq à dix ans à venir.

Pareille perspective est loin d’être évidente. La réunification reste une revendication minoritaire au Nord, et les citoyens de la République d’Irlande, bien que majoritairement favorables, se méfient de son coût.

Surtout, il s’agit d’un dessein lourd de menaces de violences. Le succès du Sinn Fein illustre d’abord, une nouvelle fois, l’irresponsabilité des promoteurs du Brexit. Boris Johnson, leader du Parti conservateur, voué au maintien d’une Irlande du Nord britannique, pourrait être l’homme qui en aura favorisé la perte pour le royaume.

SONDAGE « POLITIQUE » de BFM -: Un Français sur deux prévoit la victoire de Macron !

SONDAGE « POLITIQUE » de BFM  -: Un Français sur deux prévoit la victoire de Macron !

 

 

Un sondage d’une nouvelle nature. On connaissait déjà les très discutables enquêtes sur les intentions de vote méthodologiquement  et politiquement très critiquable. Maintenant on passe à l’idée que se font les Français du résultat du vote. Un sondage encore davantage ésotérique surtout quand on sait que plus de la moitié des Français n’ont pas son instant l’intention d’aller voter. Ainsi Emmanuel Macron resterait  le grand favori puisque près d’un Français sur deux pronostique une victoire du président sortant, Emmanuel Macron, selon  Elabe Opinion 2022 pour BFMTV. Aucun autre candidat ne s’approche de ce score.

Ainsi, 14% des interrogés seulement voient une victoire à venir de Valérie Pécresse, invitée ce mardi soir de l’émission La France dans les yeux sur BFMTV. Marine Le Pen obtient le même score. Derrière, 6% des Français voient une victoire d’Éric Zemmour, et 5% imaginent Jean-Luc Mélenchon s’imposer. Tous les autres candidats sont sous la barre des 3%.

Si les sympathisants de LaREM et du Modem croient à 91% en une victoire d’Emmanuel Macron, et que ceux du RN sont 65% à être confiants dans la victoire de leur camp, les autres partis se montrent partagés. Ainsi, 52% des proches des Républicains voient une victoire de leur candidate Valérie Pécresse. Une faible confiance également perçue chez Reconquête (54%).

À gauche, l’espoir semble plus que jamais avoir quitté les rangs. Les sympathisants de La France Insoumise ne croient qu’à 39% dans la victoire de Jean-Luc Mélenchon. Un chiffre qui tombe à 16% pour les électeurs socialistes en ce qui concerne Anne Hidalgo ou Christiane Taubira. Enfin, 11% seulement des écologistes croient en une victoire de Yannick Jadot, pourtant mieux classé dans les sondages que la maire de Paris ou l’ancienne garde des Sceaux.

Sondage Présidentielle : 21 % souhaitent la victoire de Le Pen, 8 % celle de Zemmour

 

Sondage Présidentielle : 21 % souhaitent la victoire de Le Pen, 8 % celle de Zemmour

D’après le sondage Kantar Public pour franceinfo et « Le Monde », la candidate du RN est donc perçue comme moins extrême que l’ancien journaliste. Le nombre de Français qui souhaitent la victoire de Marine Le Pen à la présidentielle est limité (21 %) mais nettement supérieur à la proportion qui exprime le même souhait s’agissant du polémiste (8 %). Par ailleurs, 29 % des Français jugent probable que Marine Le Pen soit élue présidente de la République, alors que 10 % font le même pronostic pour Éric Zemmour.

La moitié des Français (50 %) considèrent la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen comme « un danger pour la démocratie », contre 62 % pour le candidat de « Reconquête! » Éric Zemmour, selon le baromètre annuel de l’image du Rassemblement national réalisé par Kantar Public pour franceinfo et Le Monde, publié lundi 17 janvier.

À moins de trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, 40 % des Français, soit 9 points de moins qu’en février 2019, considèrent Marine Le Pen comme la représentante d’une « extrême droite nationaliste et xénophobe », alors qu’ils sont 64 % des Français à considérer Éric Zemmour comme tel.

Sur  les idées politiques, la part de Français qui estiment qu’il y a « trop d’immigrés en France » (47 %, +1 point depuis mai 2021) ou « qu’on ne se sent plus vraiment chez soi en France » (39 %, -1 point depuis mai 2021) restent stables et inférieurs aux niveaux observés dans le passé. La présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, défendue par Marine Le Pen dans cette campagne, suscite un certain intérêt (53 % sont d’accord), mais la suppression de l’aide médicale d’Etat (32 %) ou la suppression du droit du sol (30 %) convainquent beaucoup moins.

 

Ce sondage a été réalisé en face-à-face, entre le 5 et le 11 janvier, au domicile de 1 016 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. La marge d’erreur est de 3,1 %.

La victoire de la social-démocratie allemande: pourquoi ?

La victoire de la social-démocratie allemande: pourquoi ?

 

Un article qui pourrait faire réfléchir la social-démocratie française républicaine concernant le succès de la social-démocratie allemande.

La victoire du nouveau chancelier social-démocrate Olaf Scholz réside dans le fait d’avoir su renouer avec l’électorat populaire, en mettant en avant les questions économiques et sociales, de nouveaux engagements européens et une politique audacieuse en matière de transition écologique, analyse, dans une tribune au « Monde », l’historien et germaniste Jacques-Pierre Gougeon.

 

Tribune.

A un moment où un social-démocrate, Olaf Scholz, incarnation du « centre gauche », va diriger l’Allemagne, alors que l’Europe du Nord et une partie de l’Europe du Sud sont dirigées par des sociaux-démocrates et que, en contraste, la gauche française semble à la peine, il peut être intéressant de revenir sur les raisons du succès de la social-démocratie allemande.

Balayons d’abord une analyse que l’on a pu trouver ici ou là et qui est un peu facile : la victoire d’Olaf Scholz serait due à la faiblesse du candidat chrétien-démocrate. Certes, ce dernier a multiplié les maladresses et est apparu en « décalage » et finalement peu à la hauteur, d’autant que, dès le début, sa candidature a été contestée par une partie de son camp. Mais pour qui analyse les choses avec plus d’attention, les raisons de la victoire sociale-démocrate, courte certes (25,7 % pour le Parti social-démocrate, SPD, contre 24,1 % pour l’Union chrétienne-démocrate, CDU), sont plus profondes. Cela n’a pas été suffisamment relevé, le Parti social-démocrate a, lors de cette élection, renoué avec l’électorat populaire dont il avait commencé à perdre les faveurs aux élections fédérales de 2009, alors qu’il recueillait encore, en 2005, 44 % du vote des ouvriers et 35 % du vote des employés.

 

Lors des dernières élections fédérales, 26 % des ouvriers et 24 % des employés ont voté pour le SPD soit un gain respectif de 3 et 4 points par rapport à 2017. En outre, 32 % des salariés syndiqués ont fait ce choix. Ce constat est à mettre en parallèle avec le fait que le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) avait dû son résultat élevé de 2017 en grande partie à une percée parmi les ouvriers (21 % soit un gain de 15 points par rapport à 2013), se déclarant depuis « parti ouvrier ». Cette évolution tangible en 2021 est à mettre en relation avec la volonté du Parti social-démocrate et d’Olaf Scholz lui-même d’un positionnement clairement social de sa campagne qui correspondait par ailleurs au glissement de son parti ces dernières années.

 

Cette mutation a été marquée par une prise de distance, voire une rupture, sur certains sujets, avec l’ère de l’ancien chancelier Gerhard Schröder dont Olaf Scholz avait pourtant été l’un des acteurs comme secrétaire général du SPD. Les analyses de l’historien Mark Lilla sur l’élection américaine de 2018 ont été observées de près par les sociaux-démocrates allemands : selon cet universitaire, la campagne libertaire d’Hillary Clinton, trop tournée vers les questions liées à la diversité et les interrogations des libéraux des grandes villes, a fini par oublier les enjeux économiques et sociaux, poussant une large partie des ouvriers des régions industrielles à voter en faveur de Donald Trump

Rugby -victoire française contre les blacks . On a oublié la victoire des féminines ?

Rugby -victoire française contre les blacks . On a oublié la victoire des féminines ?

La victoire de l’équipe masculine a été saluée justement dans tous les médias. Une victoire significative et historique par son ampleur. A deux ans de la Coupe du monde, l’équipe de France réalise un énorme exploit en battant les All blacks 40 à 25, plus grosse victoire de l’Histoire face aux Neo Z ! Les Bleus ont fait tomber les ogres néo zélandais en leur passant 5 essais et en les réduisant (presque) au silence tout le match. Ils terminent leur Tournée automnale avec 3 victoires en autant de rencontres, les Blacks connaissent leur 2e défaite d’affilée face à des nations de l’Hémisphère Nord !

Mais les mêmes médias, pourtant parfois sensibles aux déviations sociétales du wokisme ont presque tous oubliés que la victoire de l’équipe féminine était aussi méritoire. En effet,  leur victoire la semaine dernière à Pau, les Bleues ont signé un bis repetita plein de maîtrise à Castres, pour battre la Nouvelle-Zélande (29-7). Les Tricolores ont inscrit quatre essais aux Black Ferns.

Il faudrait que les journalistes prennent enfin conscience que le rugby et le sport en général n’est pas qu’une affaire de mecs ! Et nul besoin des théories fumeuses wokisme américain pour revendiquer cette égalité.

Politique-Afghanistan : les raisons de la victoire foudroyante des talibans

Politique-Afghanistan : les raisons de la victoire foudroyante des talibans

Spécialiste de l’Afghanistan, Bernard Dupaigne, directeur émérite au Musée de l’Homme et professeur au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), analyse les causes du retour fulgurant des talibans au pouvoir. (Dans le JDD, extrait)

 

  • Tribune

Alors que le monde entier a les yeux braqués sur l’Afghanistan et s’interroge sur les raisons de la rapide victoire des talibans, un retour sur l’histoire récente et plus ancienne du pays s’impose. On ne saurait, en effet, bien comprendre les récents développements sans avoir une vue d’ensemble de l’évolution qu’a connue ce territoire au cours des dernières décennies. Une évolution qui l’a vu successivement se rapprocher de l’URSS, être envahi par celle-ci, sombrer dans la guerre civile, être dominé une première fois par les talibans, puis subir, vingt ans durant, l’intervention américaine qui vient de s’achever…

L’Afghanistan, pays enclavé, a bénéficié au XIXe siècle des subsides britanniques. Puis sont venues les attentions soviétiques et, ensuite, américaines. Durant la guerre froide, les massives aides étrangères ont abouti à l’apparition à Kaboul d’une caste de privilégiés coupés des réalités des provinces.

Dans les années 1960, Soviétiques et Américains ont rivalisé de financements pour attirer l’Afghanistan dans leur zone d’influence. À ce jeu, les Soviétiques ont gagné. Des milliers de bourses d’études en URSS ont été offertes aux jeunes Afghans. Ingénieurs et officiers prirent goût à la vodka et aux blondes russes, ce qui était pour eux le comble de la modernité. Beaucoup se sont mariés sur place, et sont restés après 1980. Surtout, les Soviétiques ont fourni en armes l’armée afghane et ont gagné les officiers à leur cause. Ce sont ces officiers convaincus qui ont organisé le coup d’État de 1978.

Face à l’URSS, les Etats-Unis ont financé les plus extrémistes

Répressions contre les religieux et propriétaires terriens s’ensuivirent, conduisant à des révoltes populaires, vite contrôlées par des partis hostiles aux communistes dont les responsables s’étaient installés au Pakistan voisin.

Dans l’idée d’affaiblir l’URSS, les Américains ont fourni une assistance considérable à ces partis. Leurs commandants locaux, qui se déplaçaient à moto, ont vite pris l’habitude des 4×4 japonais offerts par Washington. Toute l’aide américaine transitait par les généraux pakistanais et leurs services secrets. Malgré les mises en garde des Occidentaux connaisseurs du terrain, ce sont les partis extrémistes et les plus anti-américains (à commencer par le Hezb-e-islami, « parti de Dieu ») qui ont été les mieux financés. Après le départ des Soviétiques en 1989, dépités de s’être fait surprendre par Ahmed Chah Massoud pour la conquête de Kaboul en 1992, ils ont longuement bombardé la capitale et lui ont fait subir un blocus rigoureux.

En 2001, après les attentats du 11 septembre, organisés par Oussama Ben Laden depuis l’Afghanistan, où il avait été accueilli en 1979 en échange d’importants subsides, les États-Unis ne pouvaient pas ne pas réagir. La décision fut, dans un premier temps, de ne pas envoyer d’hommes sur le terrain. Ils se sont donc appuyés sur les commandants de la supposée « Alliance du Nord », aux intérêts déjà divergents. Des valises de dollars ont été distribuées pour inciter les chefs de guerre au combat.

Dans ce pays ultra-conservateur, les Occidentaux ont voulu imposer leur propre vision du monde

Les talibans une fois tués ou repliés dans leurs bases du Pakistan, les États-Unis – et la communauté internationale, sous l’égide des Nations unies – se sont mis en tête de reconstruire l’État afghan, faisant du « Nation building » tout en s’en défendant. Une Constitution à l’américaine, avec un président (et non pas à l’européenne avec un président et un premier ministre) fut adoptée en 2004, et violée en 2014 par les Américains eux-mêmes, avec la création, non prévue et imposée par eux, d’un poste de « chef de l’exécutif », pour contenter le candidat malheureux aux élections tenues cette année-là, Abdollah Abdollah ; ce chef tadjik, se présentant comme héritier du commandant Massoud, contrebalançait ainsi le président pachtoune Ashraf Ghani. Dans un pays ultra-conservateur, les Occidentaux ont voulu imposer leur propre vision du monde ; des ONG féministes scandinaves proposaient la parité hommes/femmes à tous les niveaux de conseils et de représentation, jusqu’aux villageois.

Les députés n’avaient aucun pouvoir… sauf celui d’accumuler de l’argent le plus vite possible. Une disposition de la Constitution demandait leur accord à la nomination des ministres. Ceux-ci devaient acheter le vote des députés, puis se dépêcher, par une intense corruption, de rentrer dans leurs frais. Des ministères importants restaient des mois sans titulaire, faute de compromis. Aucun des services de l’État ne fonctionnait. Les États-Unis payaient les fonctionnaires et les corrompus. De fausses embuscades étaient lancées sur les routes pour que soient payées des sociétés de sécurité possédées par des ministres ou chefs de guerre. Quelque 80 % du budget de l’État afghan venait de l’étranger.

Dans ce cadre de désillusion et de corruption généralisée, les talibans ont vite repris des forces dans les campagnes, instaurant une administration qui, quoique dure, était vue comme préférable au chaos.

L’Amérique payait des troupes afghanes inexistantes

Une fois le retrait américain annoncé, l’avancée des talibans a été fulgurante. Souvent, la paie des soldats du gouvernement de Kaboul était saisie par leurs officiers, l’équipement était déplorable, les soutiens logistiques inexistants. L’armée paraissait nombreuse, mais beaucoup de régiments n’existaient que sur le papier : les États-Unis payaient des troupes inexistantes.

Des notables du régime afghan ont acquis des résidences sur la nouvelle île artificielle créée à Dubaï, à partir d’un million de dollars, réglés cash, en liquide. Tout cela aux frais des contribuables américains. Pourquoi les soldats afghans, mal payés et abandonnés, se seraient-ils fait tuer pour permettre à leurs supérieurs de continuer à mener grande vie?

En 1996, les talibans d’alors avaient également vite conquis les provinces, sans rencontrer de résistance. La population s’était alors largement ralliée à eux, pour retrouver l’ordre et la sécurité. Ce qui a le plus surpris cette année, c’est leur progression très rapide, dès juin 2021, dans les provinces du nord du pays, peuplées surtout d’Ouzbeks. Les Ouzbeks, a priori opposés aux Pachtounes talibans d’aujourd’hui, ont également pensé retrouver la sécurité en s’alliant aux plus forts.

Les talibans et Daech sont incompatibles

On s’étonne également du nombre des combattants talibans, qui se sont révélés capables de prendre simultanément les postes de douanes, synonymes de rentrées financières, et les principales capitales provinciales. Leurs armements semblent inépuisables ; ils sont de modèle soviétique, et non américain. Certes, il y a eu des prises de guerre dans les postes gouvernementaux abandonnés, mais aussi, forcément, des apports extérieurs : du Pakistan, de l’Iran?

À présent, avec la fin probable des financements américains, toute une partie de la société de Kaboul, qui en profitait directement ou indirectement, se retrouvera sans emploi. Les femmes, qui avaient gagné des libertés dans cette atmosphère occidentale, se retrouveront contraintes, comme il y a cent ans. Beaucoup de femmes de Kaboul regrettent le temps du roi Zaher Châh (1963-1973) quand les citadines s’émancipaient, puis la brève période communiste (1978-1979), quand la libération des femmes était prônée et que les miliciennes se promenaient cheveux au vent à fouiller les paysannes voilées. Mais, finalement, « les femmes à la maison », ce n’est pas pour tant déplaire aux bons phallocrates villageois.

Les talibans se disent nationalistes ; ils veulent reprendre le pouvoir dans leur propre pays, le diriger à leur guise. En cela, ils se différencient des extrémistes de Daech, qui se veulent internationalistes. Pour les talibans, il s’agit de diriger la nation afghane ; pour Daech, c’est d’exporter partout un régime qu’ils appellent « islamiste ». Les deux mouvements sont incompatibles ; d’ailleurs, ils se sont affrontés pour la conquête de territoires, et les talibans ont gardé la supériorité. Les talibans sont là pour longtemps. Aucune opposition n’est prête à les affronter, aucun pays étranger non plus.

 

Afghanistan : les raisons de la victoire foudroyante des talibans

Afghanistan : les raisons de la victoire foudroyante des talibans

Spécialiste de l’Afghanistan, Bernard Dupaigne, directeur émérite au Musée de l’Homme et professeur au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), analyse les causes du retour fulgurant des talibans au pouvoir. (Dans le JDD, extrait)

 

  • Tribune

Alors que le monde entier a les yeux braqués sur l’Afghanistan et s’interroge sur les raisons de la rapide victoire des talibans, un retour sur l’histoire récente et plus ancienne du pays s’impose. On ne saurait, en effet, bien comprendre les récents développements sans avoir une vue d’ensemble de l’évolution qu’a connue ce territoire au cours des dernières décennies. Une évolution qui l’a vu successivement se rapprocher de l’URSS, être envahi par celle-ci, sombrer dans la guerre civile, être dominé une première fois par les talibans, puis subir, vingt ans durant, l’intervention américaine qui vient de s’achever…

L’Afghanistan, pays enclavé, a bénéficié au XIXe siècle des subsides britanniques. Puis sont venues les attentions soviétiques et, ensuite, américaines. Durant la guerre froide, les massives aides étrangères ont abouti à l’apparition à Kaboul d’une caste de privilégiés coupés des réalités des provinces.

Dans les années 1960, Soviétiques et Américains ont rivalisé de financements pour attirer l’Afghanistan dans leur zone d’influence. À ce jeu, les Soviétiques ont gagné. Des milliers de bourses d’études en URSS ont été offertes aux jeunes Afghans. Ingénieurs et officiers prirent goût à la vodka et aux blondes russes, ce qui était pour eux le comble de la modernité. Beaucoup se sont mariés sur place, et sont restés après 1980. Surtout, les Soviétiques ont fourni en armes l’armée afghane et ont gagné les officiers à leur cause. Ce sont ces officiers convaincus qui ont organisé le coup d’État de 1978.

Face à l’URSS, les Etats-Unis ont financé les plus extrémistes

Répressions contre les religieux et propriétaires terriens s’ensuivirent, conduisant à des révoltes populaires, vite contrôlées par des partis hostiles aux communistes dont les responsables s’étaient installés au Pakistan voisin.

Dans l’idée d’affaiblir l’URSS, les Américains ont fourni une assistance considérable à ces partis. Leurs commandants locaux, qui se déplaçaient à moto, ont vite pris l’habitude des 4×4 japonais offerts par Washington. Toute l’aide américaine transitait par les généraux pakistanais et leurs services secrets. Malgré les mises en garde des Occidentaux connaisseurs du terrain, ce sont les partis extrémistes et les plus anti-américains (à commencer par le Hezb-e-islami, « parti de Dieu ») qui ont été les mieux financés. Après le départ des Soviétiques en 1989, dépités de s’être fait surprendre par Ahmed Chah Massoud pour la conquête de Kaboul en 1992, ils ont longuement bombardé la capitale et lui ont fait subir un blocus rigoureux.

En 2001, après les attentats du 11 septembre, organisés par Oussama Ben Laden depuis l’Afghanistan, où il avait été accueilli en 1979 en échange d’importants subsides, les États-Unis ne pouvaient pas ne pas réagir. La décision fut, dans un premier temps, de ne pas envoyer d’hommes sur le terrain. Ils se sont donc appuyés sur les commandants de la supposée « Alliance du Nord », aux intérêts déjà divergents. Des valises de dollars ont été distribuées pour inciter les chefs de guerre au combat.

Dans ce pays ultra-conservateur, les Occidentaux ont voulu imposer leur propre vision du monde

Les talibans une fois tués ou repliés dans leurs bases du Pakistan, les États-Unis – et la communauté internationale, sous l’égide des Nations unies – se sont mis en tête de reconstruire l’État afghan, faisant du « Nation building » tout en s’en défendant. Une Constitution à l’américaine, avec un président (et non pas à l’européenne avec un président et un premier ministre) fut adoptée en 2004, et violée en 2014 par les Américains eux-mêmes, avec la création, non prévue et imposée par eux, d’un poste de « chef de l’exécutif », pour contenter le candidat malheureux aux élections tenues cette année-là, Abdollah Abdollah ; ce chef tadjik, se présentant comme héritier du commandant Massoud, contrebalançait ainsi le président pachtoune Ashraf Ghani. Dans un pays ultra-conservateur, les Occidentaux ont voulu imposer leur propre vision du monde ; des ONG féministes scandinaves proposaient la parité hommes/femmes à tous les niveaux de conseils et de représentation, jusqu’aux villageois.

Les députés n’avaient aucun pouvoir… sauf celui d’accumuler de l’argent le plus vite possible. Une disposition de la Constitution demandait leur accord à la nomination des ministres. Ceux-ci devaient acheter le vote des députés, puis se dépêcher, par une intense corruption, de rentrer dans leurs frais. Des ministères importants restaient des mois sans titulaire, faute de compromis. Aucun des services de l’État ne fonctionnait. Les États-Unis payaient les fonctionnaires et les corrompus. De fausses embuscades étaient lancées sur les routes pour que soient payées des sociétés de sécurité possédées par des ministres ou chefs de guerre. Quelque 80 % du budget de l’État afghan venait de l’étranger.

Dans ce cadre de désillusion et de corruption généralisée, les talibans ont vite repris des forces dans les campagnes, instaurant une administration qui, quoique dure, était vue comme préférable au chaos.

L’Amérique payait des troupes afghanes inexistantes

Une fois le retrait américain annoncé, l’avancée des talibans a été fulgurante. Souvent, la paie des soldats du gouvernement de Kaboul était saisie par leurs officiers, l’équipement était déplorable, les soutiens logistiques inexistants. L’armée paraissait nombreuse, mais beaucoup de régiments n’existaient que sur le papier : les États-Unis payaient des troupes inexistantes.

Des notables du régime afghan ont acquis des résidences sur la nouvelle île artificielle créée à Dubaï, à partir d’un million de dollars, réglés cash, en liquide. Tout cela aux frais des contribuables américains. Pourquoi les soldats afghans, mal payés et abandonnés, se seraient-ils fait tuer pour permettre à leurs supérieurs de continuer à mener grande vie?

En 1996, les talibans d’alors avaient également vite conquis les provinces, sans rencontrer de résistance. La population s’était alors largement ralliée à eux, pour retrouver l’ordre et la sécurité. Ce qui a le plus surpris cette année, c’est leur progression très rapide, dès juin 2021, dans les provinces du nord du pays, peuplées surtout d’Ouzbeks. Les Ouzbeks, a priori opposés aux Pachtounes talibans d’aujourd’hui, ont également pensé retrouver la sécurité en s’alliant aux plus forts.

Les talibans et Daech sont incompatibles

On s’étonne également du nombre des combattants talibans, qui se sont révélés capables de prendre simultanément les postes de douanes, synonymes de rentrées financières, et les principales capitales provinciales. Leurs armements semblent inépuisables ; ils sont de modèle soviétique, et non américain. Certes, il y a eu des prises de guerre dans les postes gouvernementaux abandonnés, mais aussi, forcément, des apports extérieurs : du Pakistan, de l’Iran?

À présent, avec la fin probable des financements américains, toute une partie de la société de Kaboul, qui en profitait directement ou indirectement, se retrouvera sans emploi. Les femmes, qui avaient gagné des libertés dans cette atmosphère occidentale, se retrouveront contraintes, comme il y a cent ans. Beaucoup de femmes de Kaboul regrettent le temps du roi Zaher Châh (1963-1973) quand les citadines s’émancipaient, puis la brève période communiste (1978-1979), quand la libération des femmes était prônée et que les miliciennes se promenaient cheveux au vent à fouiller les paysannes voilées. Mais, finalement, « les femmes à la maison », ce n’est pas pour tant déplaire aux bons phallocrates villageois.

Les talibans se disent nationalistes ; ils veulent reprendre le pouvoir dans leur propre pays, le diriger à leur guise. En cela, ils se différencient des extrémistes de Daech, qui se veulent internationalistes. Pour les talibans, il s’agit de diriger la nation afghane ; pour Daech, c’est d’exporter partout un régime qu’ils appellent « islamiste ». Les deux mouvements sont incompatibles ; d’ailleurs, ils se sont affrontés pour la conquête de territoires, et les talibans ont gardé la supériorité. Les talibans sont là pour longtemps. Aucune opposition n’est prête à les affronter, aucun pays étranger non plus.

 

Afghanistan : victoire des talibans

Afghanistan : victoire des talibans

«Les talibans ont gagné», a reconnu dimanche 15 août au soir le président afghan Ashraf Ghani, en fuite à l’étranger, tandis que les insurgés criaient victoire dans le palais présidentiel à Kaboul. Presque 20 ans après avoir été chassés du pouvoir, la victoire militaire des talibans est totale, les forces gouvernementales s’étant effondrées sans le soutien américain.

Régionales : une victoire de la droite avec 38 %

Régionales : une victoire de la droite avec 38 %

 

 

Même si indéniablement le vainqueur des élections régionales est l’abstention, autour de 66 % autant qu’au premier tour, le parti public et ses alliés ressort également gagnant avec 38 % des voix.- Les perdants dans l’ordre sont la démocratie puisque nombreux d’élus n’auront recueilli que de l’ordre de 10 % des inscrits (sans parler des non inscrits), le Front National qui recule enfin la république en marche qui connaît une véritable débâcle et montre sa quasi inexistence sur le plan local. Bref une élection qui d’une certaine manière bat aussi les cartes des rapports de force entre les différents courants politiques en France et permet même d’envisager beaucoup d’hypothèses pour 2022.

Écosse : une victoire des indépendantistes

Écosse : une victoire des indépendantistes

 

Une victoire des indépendantistes qui va peser pour renforcer la demande de référendum sur l’indépendance en Écosse. Les indépendantistes écossais arrivent en effet en tête des élections pour le Parlement local en remportant 64 sièges, juste sous la majorité absolue de 65 sièges, leur permettant de remporter un quatrième mandat à la tête de cette nation britannique, selon les résultats officiels diffusés samedi 8 mai, deux jours après le scrutin.

Les écologistes, également en faveur d’une séparation du Royaume-Uni, remportent huit sièges, permettant la formation d’une majorité en faveur de l’indépendance, tandis que les conservateurs de Boris Johnson arrivent en deuxième position avec 31 députés envoyés au Parlement d’Holyrood, à Edimbourg.

Présidentielle-2022 : l’éventualité d’une victoire de Marine Lepen existe (Jerôme Sainte-Marie, politiste)

Présidentielle-2022 : l’éventualité d’une victoire de Marine Lepen existe (Jerôme Sainte-Marie, politiste)

 

 

Le politiste  Jerôme Sainte-Marie estime que jusque-là le rejet de Marine peine était suffisamment fort pour exclure toute perspective de victoire du front national. Cependant on ne peut plus exclure une hypothèse de victoire de l’intéressé en 2022. (Interview Le Figaro)

 

 

Il n’est donc pas évident de dessiner ce que pourrait être un «front républicain» dans l’hypothèse d’un second tour Macron – Le Pen. Il semblerait qu’un tiers des électeurs de François Fillon, très sensibles aux thématiques de la sécurité et l’identité culturelle, choisissent désormais Marine Le Pen au second tour. Ce thème si souvent entonné risque d’être frappé d’obsolescence pour de nombreux électeurs.

La présidente du RN serait-t-elle désormais en mesure de l’emporter en 2022?

Cela fait assez longtemps, depuis au moins l’automne 2018, qu’il m’apparaît que si Marine Le Pen avait lors de la dernière élection présidentielle très peu de chances de l’emporter, désormais cette éventualité existe. Non seulement le chef de l’État pâtit de l’inévitable usure du pouvoir, mais en outre il a suscité par certains de ses propos et de ses réformes une détestation sociale immense, que cela soit justifié ou non.

C’est pourquoi, et sans même évoquer les effets incertains de la crise sanitaire, le scrutin de 2022 sera atypique, car même si le duel de second tour opposait les deux concurrents de 2017, ses conditions seraient bien différentes. Emmanuel Macron comme Marine Le Pen dispose chacun d’une base sociale importante, aux propriétés symétriquement opposées, consolidée au fil des ans.

Le chef de l’Etat bénéficie d’une position en tous points dominante mais les aléas de l’abstention, surtout du côté de la gauche, et des transferts de voix, plutôt du côté de la droite, crée, en gardant toujours à l’esprit que nous sommes encore à plus d’un an du scrutin, une réelle incertitude sur l’issue de l’élection présidentielle.

 


FIGAROVOX.-Une enquête Harris interactive attribue une intention de vote record à la présidente du RN, 48% contre 52% à l’actuel président au second tour de la présidentielle 2022. Le match Macron-Le Pen est-il inéluctable ou un autre candidat peut-il encore tirer son épingle du jeu?

Jerôme SAINTE-MARIE.- L’ensemble des sondages d’intentions de vote réalisés depuis deux ans indiquent un second tour opposant Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pourtant, on a beaucoup glosé sur un chiffre publié en septembre dernier par l’IFOP, indiquant que seuls 32% des Français souhaitaient une telle perspective. A y regarder de près, ce pourcentage ne signifiait pas ce que d’aucun souhaitait lui faire dire.

Tout d’abord, très logiquement, tous les sympathisants des courants politiques autres que le RN ou LREM préfèreraient une autre issue. Cela fait déjà près de la moitié des électeurs de premier tour. Ensuite, Marine Le Pen incarnant tout ce que détestent les partisans d’Emmanuel Macron, la majorité d’entre eux ne souhaient pas qu’elle soit présente au second tour. Enfin, l’essentiel est qu’au même moment où 68% des Français déclaraient ne pas vouloir un duel Macron-Le Pen, leur choix de premier tour empêchait que soit publiée une autre hypothèse.

Veolia: une victoire provisoire à la Pyrrhus

Veolia: une victoire provisoire à la Pyrrhus

Veolia vient de gagner devant la cour d’appel de Paris mais devra attendre environ au moins un mois et demi concernant la nouvelle enquête de l’autorité des marchés financiers. En outre Veolia devra se situer par rapport à la proposition du ministre de l’économie qui souhaite la nomination d’un médiateur entre Veolia et Suez. Une proposition acceptée par Suez.

Bref une sorte de victoire à la Pyrrhus pour Veolia.  La cour d’appel de Paris a confirmé que Veolia n’était donc pas en situation de préoffre lorsque la société a racheté auprès d’Engie une participation de 29,9 % dans le capital de son concurrent Suez. Ce dernier estimait que le projet de Veolia, l’achat de la participation d’Engie dans Suez suivi d’une offre publique, était un montage suffisamment précis pour le qualifier de préoffre. L’AMF avait battu en brèche cette interprétation dans sa décision du 24 septembre, considérant que l’offre était loin d’être finalisée. Suez avait porté l’affaire devant la cour d’appel de Paris, qui a donc une nouvelle fois donné raison à Veolia.

C’est un coup dur pour Suez, car un avis différent aurait tout simplement annulé la transaction de vente des titres Suez. Il s’agit de la deuxième victoire importante de Veolia depuis le début du mois. Le 3 février, le tribunal de commerce de Nanterre a estimé que Veolia n’avait pas à mener à bien une procédure d’information- consultation auprès des salariés de Suez. Ce qui a permis au groupe dirigé par Antoine Frérot de récupérer ses droits de vote, même s’ils restent encadrés par les autorités de la concurrence. Et de lancer son projet d’OPA dimanche 7 février. Cependant  le gendarme français de la Bourse ne pourra probablement pas se prononcer sur la conformité de l’offre publique d’achat de Veolia sur Suez « avant un mois et demi, deux mois », a dit vendredi son président Robert Ophèle.

Pendant ce temps-là le gouvernement ne restera pas non plus inactif et poussera ses pions pour geler les hostilités de Veolia vis-à-vis de Suez.

 

2022 : l’éventualité d’une victoire de Marine Lepen existe (Jerôme Sainte-Marie, politiste)

2022 : l’éventualité d’une victoire de Marine Lepen existe (Jerôme Sainte-Marie, politiste)

 

 

Le politiste  Jerôme Sainte-Marie estime que jusque-là le rejet de Marine peine était suffisamment fort pour exclure toute perspective de victoire du front national. Cependant on ne peut plus exclure une hypothèse de victoire de l’intéressé en 2022. (Interview Le Figaro)

 

 

Il n’est donc pas évident de dessiner ce que pourrait être un «front républicain» dans l’hypothèse d’un second tour Macron – Le Pen. Il semblerait qu’un tiers des électeurs de François Fillon, très sensibles aux thématiques de la sécurité et l’identité culturelle, choisissent désormais Marine Le Pen au second tour. Ce thème si souvent entonné risque d’être frappé d’obsolescence pour de nombreux électeurs.

La présidente du RN serait-t-elle désormais en mesure de l’emporter en 2022?

Cela fait assez longtemps, depuis au moins l’automne 2018, qu’il m’apparaît que si Marine Le Pen avait lors de la dernière élection présidentielle très peu de chances de l’emporter, désormais cette éventualité existe. Non seulement le chef de l’État pâtit de l’inévitable usure du pouvoir, mais en outre il a suscité par certains de ses propos et de ses réformes une détestation sociale immense, que cela soit justifié ou non.

C’est pourquoi, et sans même évoquer les effets incertains de la crise sanitaire, le scrutin de 2022 sera atypique, car même si le duel de second tour opposait les deux concurrents de 2017, ses conditions seraient bien différentes. Emmanuel Macron comme Marine Le Pen dispose chacun d’une base sociale importante, aux propriétés symétriquement opposées, consolidée au fil des ans.

Le chef de l’Etat bénéficie d’une position en tous points dominante mais les aléas de l’abstention, surtout du côté de la gauche, et des transferts de voix, plutôt du côté de la droite, crée, en gardant toujours à l’esprit que nous sommes encore à plus d’un an du scrutin, une réelle incertitude sur l’issue de l’élection présidentielle.

 


FIGAROVOX.-Une enquête Harris interactive attribue une intention de vote record à la présidente du RN, 48% contre 52% à l’actuel président au second tour de la présidentielle 2022. Le match Macron-Le Pen est-il inéluctable ou un autre candidat peut-il encore tirer son épingle du jeu?

Jerôme SAINTE-MARIE.- L’ensemble des sondages d’intentions de vote réalisés depuis deux ans indiquent un second tour opposant Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Pourtant, on a beaucoup glosé sur un chiffre publié en septembre dernier par l’IFOP, indiquant que seuls 32% des Français souhaitaient une telle perspective. A y regarder de près, ce pourcentage ne signifiait pas ce que d’aucun souhaitait lui faire dire.

Tout d’abord, très logiquement, tous les sympathisants des courants politiques autres que le RN ou LREM préfèreraient une autre issue. Cela fait déjà près de la moitié des électeurs de premier tour. Ensuite, Marine Le Pen incarnant tout ce que détestent les partisans d’Emmanuel Macron, la majorité d’entre eux ne souhaient pas qu’elle soit présente au second tour. Enfin, l’essentiel est qu’au même moment où 68% des Français déclaraient ne pas vouloir un duel Macron-Le Pen, leur choix de premier tour empêchait que soit publiée une autre hypothèse.

La victoire de Biden confirmée aujourd’hui

La victoire de Biden confirmée aujourd’hui

 

Le collège électoral s’apprête à confirmer la victoire de Biden, malgré les protestations de Trump

Les 538 grands électeurs devraient confirmer la nette victoire de Biden.

Biden a remporté le nombre record de 81,28 millions de voix, soit 51,3%, contre 74,22 millions et 46,8% au président républicain sortant. Cependant Trump conteste toujours l’élection qu’il considère comme truquée.

.«Comment des États et des responsables politiques peuvent-ils confirmer une élection où la fraude et les irrégularités ont été démontrées?», a-t-il même demandé. Or, son camp n’a pas été en mesure d’apporter le moindre élément probant pour étayer ses accusations, et ses recours en justice ont quasiment tous été rejetés.

Chauffage logement neuf : victoire d’EDF sur Engie

Chauffage logement neuf : victoire d’EDF sur Engie

Engie  a perdu la bataille du chauffage des logements neufs au gaz au profit d’EDF et l’électricité.

 

D’une certaine façon , Engie paye sa stratégie un peu brouillonne de diversification tous azimuts. Une image floue entre fournisseurs d’énergie traditionnelle et promoteur d’énergie verte. EDF devrait surtout profiter de l’obligation désormais pour les logements neufs de se chauffer à l’électricité. Reste à savoir cependant si EDF conservera à moyen terme sa fonction de producteur et celle de distributeur. Une réforme est en cours sur ce sujet pour confiner EDF à sa seule activité de producteur et libéraliser la fonction de distribution. Une réorganisation par ailleurs contestée . Mardi 24 novembre, Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement, ont présenté la nouvelle réglementation thermique qui va s’appliquer à partir de l’année prochaine aux constructions de logements neufs. Baptisée «RE2020» elle vise à exclure le chauffage au gaz des nouvelles maisons dès l’été prochain et des immeubles en 2024.

«La RE2020 concentre les attentions et crispe beaucoup, même si le bâtiment neuf ne représente chaque année que 1% du parc immobilier, reconnaissait il y a quelques jours un acteur de l’électricité.

Joe Biden : Marine Le Pen ne reconnaît «absolument pas» la victoire

Joe Biden : Marine Le Pen ne reconnaît «absolument pas» la victoire

 

«Je fais partie de ceux qui ne félicitent pas le futur président des États-Unis, parce que je ne considère pas que le match est joué tant qu’on n’a pas terminé les prolongations», a déclaré à la presse la députée du Pas-de-Calais, en marge de la cérémonie du 11-Novembre à Hénin-Beaumont.

Interrogée sur les accusations de fraude lors du scrutin, lancées par Donald Trump, Mme Le Pen a dit «attendre de savoir ce que la justice américaine dira.» «Ce que je note, c’est qu’un certain nombre de décomptes ont été effectués et que des décomptes donnent, pour ceux qui sont terminés, des résultats qui sont différents de ceux qui avaient été annoncés», a-t-elle poursuivi.

Interrogée sur CNews mercredi 4 novembre, la présidente du Rassemblement national a soutenu la réélection de Donald Trump, «meilleure pour la France» selon elle. Elle s’est félicitée d’un «retour des nations» durant son mandat.

L’ancien président George W. Bush félicite Biden pour sa victoire

L’ancien président George W. Bush félicite Biden pour sa victoire

 

Il est probable que progressivement les responsables politiques de poids du camp républicain vont abandonner les excentricités de Trump et son déni de démocratie. Plusieurs responsables républicains ont déjà reconnu la victoire de Biden. Dernièrement , l’ex-président républicain George W. Bush, dont la victoire en 2000 avait été arrachée devant les tribunaux, a téléphoné dimanche 8 novembre à Joe Biden pour le féliciter de sa victoire et salué son  »discours patriotique »« Le président Trump a le droit de demander des recomptages et de déposer des recours en justice et tous les problèmes en suspens seront tranchés », a-t-il écrit dans un communiqué. Mais, a-t-il ajouté, « les Américains peuvent avoir confiance dans cette élection honnête, dont l’intégrité sera confirmée et dont le résultat est clair ».

Joe Biden : une victoire aussi écologiste ?

Joe Biden : une victoire aussi écologiste ?

La victoire de Joe Biden est aussi apprécié par les écologistes du fait que l’intéressé a promis de rejoindre l’accord de Paris d’où s’était retiré Trump et qu’il a déclaré lancer un programme de 1700 milliards pour une neutralité carbone en 2050. Certains experts tout en se félicitant de la victoire de Biden se montre circonspects sur les capacités des États-Unis et du monde en général,  à  respecter des engagements de Paris. Aux États-Unis les freins pourraient venir des lobbys bien sûr mais aussi du Sénat.

Notons aussi que des pays très favorables sur le papier comme la France sont encore loin des objectifs qu’ils est supposés atteindre.

« Ne vous y trompez pas. La sombre réalité est que même si chaque Etat américain respecte ses engagements en vertu de l’Accord de Paris (et beaucoup, dont les Etats-Unis et l’UE ne sont aujourd’hui pas à la hauteur), cela nous mènera à moins de la moitié du chemin » pour limiter le réchauffement à +2°C, a mis en garde sur Twitter le climatologue Michael Mann, de la Pennsylvania State University, « prudemment optimiste » après la victoire de Joe Biden.

 

Pour ne pas dépasser +1,5°C et limiter l’ampleur des catastrophes climatiques qui se multiplient déjà à travers la planète, il faudrait en effet réduire de presque 50% les émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2030, selon les experts climat de l’ONU (Giec). Une baisse qui nécessite des réformes radicales de l’économie mondiale. Mais une ambition qui serait un peu moins hors de portée avec Joe Biden à la Maison Blanche, estiment certains experts.

Certains experts tout en se félicitant de la victoire de Biden se montre circonspect sur les capacités des États-Unis et du monde en général de respecter des engagements de Paris. Aux États-Unis les freins pourraient notamment

Pour le groupe Climate Action Tracker, cette victoire pourrait ainsi être un « point de bascule » pour se rapprocher  »tout près » de l’objectif de +1,5°C. Il faudrait pour cela que la promesse de neutralité carbone des Etats-Unis d’ici 2050 soit tenue, tout comme les récents engagements chinois, européens et japonais en la matière.

« Si les Etats-Unis adoptent l’objectif de neutralité carbone pour 2050, les quatre plus grandes puissances économiques du monde seront en phase avec la science et montreront la voie vers un avenir sûr, propre et moderne », a de son côté commenté Pr Johan Rockström, co-directeur du Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK).

Sans majorité au Sénat, Joe Biden pourra toujours compter sur les milliers d’entités non fédérales (Etats, villes, entreprises…) dont l’engagement ces dernières années devrait permettre aux Etats-Unis d’atteindre malgré tout leurs anciens engagements en vertu de l’Accord de Paris (26 à 28% de baisse des émissions d’ici 2025 par rapport à 2005), selon Climate Action Tracker.

TRUMP joue AU GOLF à l’annonce de la victoire de Biden

TRUMP joue  AU GOLF à l’annonce de la victoire de Biden

 

Il y a évidemment quelque chose de surréaliste dans les réactions de Donal Trump complètement imprévisible dans tous les domaines qu’il s’agisse de l’économie, des relations internationales ou encore de la crise sanitaire. Par exemple sur ce dernier terrain,  il a longtemps contesté la réalité de la pandémie avant d’en être lui-même victime. Du coup, la crise sanitaire affecte de manière assez considérable les États-Unis (comme la France d’ailleurs).

 

Trump n’a pas hésité à annoncer qu’un vaccin serait opérationnel avant les élections présidentielles comme si les milieux politiques pouvaient être garants du calendrier des  avancées scientifiques. De la même manière, il avait annoncé la création d’un mur avec le Mexique pour stopper l’immigration. Un mur jamais construit en tout cas seulement de façon très partielle et qui  n’a rien empêché. Pourtant trump a affirmé que cet ouvrage avait permis de stopper non seulement les migrations mais aussi le virus !

 

Ses grandes déclarations concernant la Chine n’ont pas produit les effets escomptés si l’on tient compte de l’augmentation à nouveau de l’excédent commercial chinois en hausse  de 20 % encore cette année, un record ! Et pour cause sans doute, les États-Unis eux-mêmes qui ont délocalisé leur industrie.

 

Au plan politique international, 30 n’a cessé de procéder par provocation complètement contradictoire. Au plan interne , il s’est discrédité. Pour preuve au moment le plus crucial des élections, Trump a choisi d’aller jouer au golf alors que se  jouait le résultat de la présidentielle. Contrairement à ce qu’avancent nombre de commentateurs, le trumpisme ne s’est pas implanté dans la société. Certes l’opposition républicaine est importante, le populisme aussi mais Trump  sera rapidement rattrapé par ses choix stratégiques et même par ses opérations personnelles douteuses. En clair il pourrait a fait avoir à faire rapidement à la justice.

 

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