Archive pour le Tag 'Victoire'

Inde: Narendra Modi remporte une victoire mais moins forte

 

Inde: Narendra Modi remporte une victoire mais moins forte

 
Le premier ministre a remporté les élections législatives et reste aux commandes du pays pour un troisième mandat, mais avec une majorité moins forte qu’attendu.

 

Le premier ministre sortant, après dix ans de pouvoir ininterrompus, a emporté, mardi 4 juin, les élections législatives, avec une courte majorité, à l’issue d’un marathon de six semaines. Les résultats sont en cours de consolidation. Quelque 642 millions d’Indiens se sont déplacés, bravant la canicule qui s’est abattue sur le pays.

Il égale son illustre prédécesseur, Jawaharlal Nehru, le premier ministre de l’indépendance, élu à trois reprises. Mais sa victoire n’est pas à la hauteur de ses espérances. Narendra Modi avait demandé aux Indiens de lui accorder 370 sièges, 400 avec sa coalition, soit la majorité des deux tiers de la Lok Sabha, la Chambre basse du Parlement, requise pour modifier la Constitution. Il a échoué,.

Modi n’aura pas les moyens d’opérer de grands changements constitutionnels.
L’Etat de l’Uttar Pradesh, le plus peuplé d’Inde et l

Présidentielle américaine : Une victoire déjà inquiétante Trump dans l’Iowa

Présidentielle américaine : Une victoire déjà inquiétante Trump dans l’Iowa

L’ancien président américain a remporté, lundi 15 janvier, dans l’Iowa la première des primaires républicaines, ont annoncé les médias américains à peine une demi-heure après le début du vote, consolidant son statut de grand favori de la droite pour la présidentielle de novembre. Le magnat de 77 ans, quatre fois inculpé au pénal, laisse loin derrière lui ses principaux rivaux Nikki Haley et Ron DeSantis, même si les résultats sont encore provisoires et que les estimations continuent d’évoluer.

Une première victoire forcément inquiétante compte tenu du profil très caractériel de l’intéressé à la fois inculte, provocateur et imprévisible.

Loi immigration: La victoire pour qui ?

Loi immigration: La victoire pour qui ?

Dans les jours et les semaines à venir on va longtempss’ interroger pour savoir qui sort vainqueur du vote de la loi immigration. On pourra épiloguer pendant longtemps. En effet, il faut rappeler que les Français à 70 à 80 % souhaitaient un durcissement des conditions de l’immigration sans doute pour favoriser une intégration plus homogène vis-à-vis des valeurs et de la société. Curieusement hormis la gauche de plus en plus hors-sol y compris sur des questions sociétales, tous les partis revendiquent la victoire.

Il y a évidemment d’abord le gouvernement avec Darmanin qui ne cesse de crier d’autant plus fort que les chiffres ne lui donnent pas raison. Contrairement à ce qu’il affirme, la loi n’aurait pas pu être voté sans les voix du « front national ». 25 % des députés de la majorité n’ont pas voté le texte du gouvernement et de la commission mixte paritaire du Parlement. Plusieurs ministres ont d’ailleurs parlé de démissionner. De nombreux responsables ont critiqué cette loi considérant qu’elle était surtout inspirée par la droite. La victoire est aussi revendiquée par les « républicains » qui ont réussi à imposer une grande partie du texte déjà voté par le Sénat.

L’objectif des républicains était de montrer leur différence avec le pouvoir. Il n’est pas certain qu’ils aient vraiment réussi car dans les faits ils se sont alliés avec le parti de Macron et si le texte est effectivement durci on aura du mal à distinguer l’origine du durcissement entre l’influence de la majorité, des « républicains » et du Front National. Le Front National qui lui aussi réclame une victoire idéologique en affirmant que les principes et la démarche s’inspire largement du programme du parti de Marine Le Pen, ce qui fondamentalement n’est pas complètement faux.

Reste que cette loi et ses dispositions sont encore très loin des propositions du front national et que c’est autant par tactique par conviction que le Front National a acceptée de joindre ses voix à celle de la majorité. Finalement on compte donc que trois vainqueurs qui revendiquent le résultat de la loi immigration. Il n’est pas certain que les Français fassent les subtiles distinctions entre le poids des un et des autres.

Il n’est pas certain non plus que les vainqueurs d’aujourd’hui ne soient pas les perdants de demain en effet si ce nouveau texte ( le 20e !) Ne donne pas rapidement des résultats ceux qui ont voté pour auront des comptes à rendre à l’opinion quant à la sincérité et à l’efficacité des orientations qu’ils ont soutenues

Succès l’extrême droite aux Pays-Bas : une victoire surtout contre le laxisme

Succès l’extrême droite aux Pays-Bas : une victoire surtout contre le laxisme

Un véritable choc que cette victoire surprise de l’extrême droite aux législatives aux Pays-Bas. le populiste Geert Wilders pourrait devenir le prochain premier ministre. Cependant encore une victoire par défaut pour condamner l’immobilisme de la classe politique habituelle au pouvoir depuis si longtemps. Pour les néerlandais le thème de l’immigration a été déterminant.

La lutte contre ce qu’il nomme une «invasion islamique» de l’Occident constitue l’ADN De l’extrême droite qui a gagné les élections. En témoigne le programme du PVV : «Nous voulons moins d’islam aux Pays-Bas et nous y parviendrons grâce à moins d’immigration non occidentale et un arrêt général de l’asile». «Pas d’écoles musulmanes, de Corans et de mosquées, précise le document, qui prévoit l’interdiction de porter le foulard islamique dans les bâtiments gouvernementaux.»

Le PVV propose un «gel de l’asile» et «une politique d’immigration généralement plus restrictive», ainsi qu’une dérogation aux règles européennes en matière d’asile et de migration. Le parti souhaite rétablir les contrôles aux frontières néerlandaises, en refoulant les demandeurs d’asile qui tentent d’entrer aux Pays-Bas en provenance de «pays voisins sûrs». Les immigrants illégaux seront arrêtés et expulsés, les Syriens titulaires de permis d’asile temporaires se verront retirer leur permis car «certaines parties de la Syrie sont désormais sûres». Les réfugiés titulaires d’un permis de séjour le perdront «s’ils partent en vacances dans leur pays d’origine». Les ressortissants de l’UE auront besoin d’un permis de travail et le nombre d’étudiants étrangers sera réduit, promet le manifeste.

En matière de politique étrangère, le PVV affirme d’emblée que «notre propre pays passe avant tout». Pour le reste, le document souligne son amitié pour Israël, «la seule véritable démocratie du Moyen-Orient».

Sur les questions de climat et d’énergie, le PVV affirme qu’il ne faut pas craindre le réchauffement et bâtir un mix énergétique fondé à la fois sur les énergies fossiles et le nucléaire. «Cela fait des décennies qu’on nous fait craindre le changement climatique (…) Nous devons arrêter d’avoir peur», déclare le manifeste du parti. Le document balaie la question de la montée du niveau de la mer et appelle à davantage d’extraction de pétrole et de gaz de la mer du Nord et au maintien des centrales électriques au charbon et au gaz ouvertes. «Le PVV est également favorable à la construction rapide de nouvelles centrales nucléaires.»

Hamas-Gaza: la victoire de l’Iran

Hamas-Gaza: la victoire de l’Iran

Depuis 1979 et l’accession au pouvoir du régime de l’ayatollah Khomeini, les Occidentaux n’ont jamais manqué une occasion de sous-estimer les capacités de l’Iran, oubliant régulièrement qu’il s’agissait de l’Empire perse et que, malgré sa forte dominante religieuse, il savait s’en souvenir. En résistant à la guerre qui lui avait été opposée par le biais de son frère ennemi irakien, et en gagnant peu à peu sa domination sur les milices chiites locales, en déclenchant attentats et opérations spéciales tout le long de l’arc chiite (Liban et Yémen, avec succès, Bahreïn sans y parvenir), en étendant son influence grâce à ses comptoirs africains, en enrôlant sous le drapeau du jihad le Hamas (renouant ainsi avec la protection accordée par les Frères musulmans égyptiens à l’ayatollah Khomeiny avant son exil en France), le régime iranien a su tenir, malgré la détestation de sa propre population, et devenir un acteur majeur du chaos mondial.

par Alain Bauer* dans l’Opinion

Si l’Occident, les pays arabes limitrophes et Israël, ont tout fait, entre l’assassinat de Yitzhak Rabin et la mort d’Ariel Sharon, pour détruire les accords d’Oslo et le plan Wolfensohn qui prévoyait de créer un « Dubaï sur Gaza », la normalisation relative entre l’Etat hébreu et ses voisins arabes — tout en mettant de côté la question palestinienne, devenue une simple variable d’ajustement — et la signature des accords d’Abraham — auxquels ne manquait que le paraphe saoudien — permettaient d’imaginer un processus de paix durable par le haut.

Depuis qu’il a réussi à enfumer ses partenaires au nom d’une réconciliation dont on mesure désormais le côté factice, le joueur d’échec iranien a réussi une opération d’une exceptionnelle complexité en se gardant des critiques diplomatiques, tout en lançant une opération militaro-terroriste dont il ne peut être que le bénéficiaire, quels qu’en soient les résultats.

Depuis 1973, Israël avait promis de ne plus être surpris. Les divisions intérieures, l’arrogance hier face au Hezbollah, aujourd’hui face au Hamas, ont ruiné pour longtemps la confiance qui faisait l’unité du pays.

En mettant fin à la prétendue supériorité absolue d’Israël sur son territoire, en ruinant la confiance qui existait entre le peuple juif, Tsahal et le gouvernement Netanyahu, en utilisant la crise politique interne inventée par le Premier ministre d’Israël pour éviter des poursuites judiciaires personnelles au prix de la sécurité de son propre pays, l’Iran a ouvert la voie à une opération combinée, préparée, entraînée et en partie supervisée par ses forces spéciales, qui a permis de briser la ligne Maginot installée à Gaza, de prendre le contrôle d’installations militaires et du renseignement majeures pendant plusieurs dizaines d’heures, de massacrer des civils dans un pogrom moderne, rappelant Oradour, Boutcha ou le Bataclan, et de s’enfuir avec plus de deux cents otages.

L’Iran a détruit un mythe. Depuis 1973, Israël avait promis de ne plus être surpris. Les divisions intérieures, l’arrogance hier face au Hezbollah, aujourd’hui face au Hamas, ont ruiné pour longtemps la confiance qui faisait l’unité du pays.

L’attaque du 7 octobre n’a rien réglé. Les désaccords militaires, politiques, entre militaires et politiques, la dégradation du moral et des moyens de Tsahal, le fétichisme technologique, ont interdit pendant trois semaines de définir une politique qui dépasse vengeance et revanche. Le réveil de l’opinion publique sur la question des otages et de leur sauvetage, le poids des enjeux moraux, ont perturbé le pouvoir politique hésitant entre négociation impossible, incursions nécessaires, invasion potentielle et occupation intenable.

Les bombardements ont longtemps servi de masque à ces hésitations impensables dans l’histoire militaire des armées israéliennes. Le déclenchement d’opérations lourdes à compter du 27 octobre, malgré la médiation plutôt efficace — mais au compte-gouttes — du Qatar, les alarmes de l’Egypte et de la Jordanie, les inquiétudes du parrain américain et des Occidentaux, indique que ce qui reste du pouvoir en place a choisi la fuite en avant, pensant, grâce à un réseau de renseignement partiellement reconstitué qu’il vaut mieux appliquer la directive « Hannibal » (selon laquelle il faudrait mieux sauver une nation qu’un ou des individus pris en otage) que de jouer le temps.

Comme il n’existe pas vraiment, dans la logique du Hamas, de zones civiles ou de zones de combat, que tout peut servir de cache ou de paravent à des installations souterraines structurées, les frappes israéliennes contre Gaza ne pouvaient, à court terme, que révulser bien au-delà de la rue arabe. Un enfant mort, juif ou palestinien, reste insupportable. Et le Hamas le sait mieux que quiconque.

Israël n’a pas su, sur les brasiers de la haine allumés depuis si longtemps à Gaza, en Cisjordanie, dans le monde arabe, mais aussi un peu partout dans le monde, obtenir plus que quelques instants de compassion. Les résultats du vote de l’amendement canadien à la résolution présentée pour obtenir un cessez-le-feu à Gaza sans aucune mention de ce qui a précédé les opérations militaires de Tsahal, en constitue une démonstration qui éclaire la position traditionnelle d’Israël, considérant que le pays ne peut, en définitive, compter que sur lui-même.

Si la résolution principale a obtenu 120 voix contre 14 et 45 abstentions (avec un vote des Européens totalement illisible, la France, l’Espagne ou la Belgique ont voté pour le texte, l’Allemagne, l’Italie et la Finlande se sont abstenues, tandis que l’Autriche, la République tchèque et la Hongrie ont voté contre), le texte canadien, qui ciblait le Hamas n’a obtenu que 88 voix contre 55….

Le temps du consensus sur la lutte contre les terrorismes et les crimes de l’humanité est bien loin. L’immense travail qui avait permis aux consciences du monde d’établir le Tribunal de Nuremberg contre le nazisme ou la Cour pénale internationale ont, eux aussi, été victimes du 7 octobre. Tout le monde a perdu. L’ONU, Israël, les juifs, les Occidentaux, les Arabes, les Palestiniens, le peuple de Gaza, l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, les signataires présents ou pressentis des accords d’Abraham, l’humanité.

La Chine regarde.

L’Iran a gagné.

*Alain Bauer est professeur au Conservatoire national des arts et métiers. Il est l’auteur d’« Au Commencement était la guerre » (nouvelle édition augmentée à paraître le 31 octobre, chez Fayard).

« Victoire électorale » de Poutine dans les territoires envahis !

« Victoire électorale » de Poutine dans les territoires envahis !

Comme en Russie, le résultat de la consultation électorale dans les territoires occupés était bien sûr connu d’avance. Poutine obtiendrait 70 % des suffrages dans ces régions en guerre.

Un scrutin qui évidemment n’a aucun sens aussi bien dans les territoires dupés qu’à l’intérieur de la Russie puisque l’opposition est complètement muselée, interdite voire mise en prison. Sans parler des ukrainiens qui ont fui les territoires occupés du fait de la guerre et qui évidemment n’ont pas pu voter. Bref, une sorte d’inversion du processus démocratique : on fixe d’abord les résultats et le vote intervient ensuite !

Italie: enjeux et risques après la victoire de la droite

Italie:  enjeux et risques  après la victoire de la droite

 

Une victoire indiscutable de la coalition de droite mais une coalition très composite qui devra gérer ses propres contradictions notamment ses rapports à l’Europe et des promesses financières populistes qui pourraient faire basculer le pays dans une crise grave . Par Edoardo Secchi, Président fondateur d’Italy-France Group et fondateur du Club Italie-France, et Alexandre Del Valle, politologue, essayiste.( La tribune, Extrait)

 

 

Du point de vue des milieux européens et d’affaires, et pas seulement pour la gauche sociale-démocrate euroLes enjeux politiques après la victoire de l’extrême droitepéenne, la fin du gouvernement de Mario Draghi a été une grave défaite non seulement pour l’Italie, mais pour toute l’Europe. En renvoyant Mario Draghi chez lui, nombre d’observateurs européens pensent que l’Italie a fait un gigantesque pas en arrière, peu de temps après avoir été enfin promue par le monde des institutions, par des marchés qui, qu’on le veuille ou non, existent et qui, par nature, sont voués à déraper chaque fois qu’il y a un élément d’incertitude, difficile à ranger dans une catégorie prédictive bien précise. Et si l’Italie de Draghi semblait rimer avec diligence, respect des règles, initiative, vision, compétence, cette Italie du « centre-droit » de Meloni-Salvini-Berlusconi, en réalité très très à droite et en partie « populiste », vainqueur du scrutin du 25 septembre, ressemble pour certains à une Italie découragée, feuilletée, à la merci des populistes et donc des spéculateurs financiers. Le chef de la gauche italienne, Enrico Letta, a martelé dans ses meetings qu’il s’agissait de la droite du passé, de la nostalgie et des divisions. Il est vrai que le problème du populisme est souvent le même : soit il crée d’énormes dégâts économiques, soit il tourne à la dictature. Partout où il est apparu, ou presque – car Trump a plutôt bien géré l’économie américaine redevenue fleurissante et Orban semble être apprécié par son peuple -, il a causé d’énormes dégâts : au Venezuela, en Argentine, en Turquie. Pour beaucoup d’analystes européens et occidentaux, qui ne connaissent d’ailleurs pas forcément bien la complexité des droites italiennes, l’Italie serait également menacée. Ils rappellent que ce sont justement les populistes à la Meloni, à la Salvini et à la M5S (Mouvement Cinq Etoiles) qui, en conquérant le pouvoir, finissent par jouer le jeu des spéculateurs financiers contre lesquels ils disent vouloir se battre. Si gouverner, c’est prévoir, on accuse les populistes d’être incapables de prédire les scénarios et menaces futurs et de n’avoir aucune expérience de gouvernement. Voire d’être totalement incompétents en économie. On nous dit ainsi qu’aucun des trois principaux partis populistes italiens n’a de parcours significatif, ni professionnel, ni gouvernemental. Toutes ces accusations, à tort ou à raison, sapent la crédibilité de la nation italienne, dont l’énorme dette inquiète les marchés de la zone euro qui pourrait imploser, jusqu’à offrir une belle opportunité aux spéculateurs.

En réalité, les trois composantes du « centro-Destra » italien, le parti des Libertés de Berlusconi, la Ligue de Salvini et Fratelli d’Italia de Meloni (FDI), ne sont pas monolithiques et inexpérimentés. Meloni a été ministre de gouvernements de centre-droit sous la présidence du Conseil du Cavaliere; Salvini et d’autres membres plus consensuels de la Ligue ont été ministres ou vice-Premiers ministres, et la Ligue gouverne assez bien plusieurs régions, provinces et villes du nord depuis 30 ans, et le parti de Berlusconi, maintes fois président du Conseil, compte des poids-lourds comme Tajani, commissaire européen, européiste convaincu, et nombre de ministres, sénateurs, députés, présidents de collectivités locales et maires. Certains membres de la Ligue sont même réputés pour leur modération comme l’ex-ministre de l’Intérieur Roberto Maroni ou Giancarlo Giorgetti, ex-ministre de l’Économie du gouvernement Draghi et ex-secrétaire d’État à la présidence du Conseil des ministres dans le gouvernement de Giuseppe Conte. On est loin d’être en face d’une bande monolithique de radicaux inexpérimentés. Et la terrible Giorgia Meloni mérite, comme l’a étonnement déclaré Hillary Clinton elle-même, une chance, de sorte qu’il convient de la juger en temps et en heure et « sur pièce » avant de la condamner par avance. Bref, pourquoi ne pas faire le pari de respecter les règles de l’alternance démocratique et donc la souveraineté populaire, d’autant que Giogia Meloni a énormément échangé ces dernières semaines avec Mario Draghi lui-même qui lui a suggéré des noms de personnalités modérées et rassurantes comme possibles ministres de l’Économie et des Affaires étrangères, deux postes clefs.

Une chose est sûre : le problème de Giorgia Meloni se situe dans sa coalition de droite mais aussi à gauche avec le M5S de Giuseppe Conte. Si l’on regarde en effet de près Matteo Salvini et Giuseppe Conte, on peut dire qu’ils représentent deux formes de populismes et qu’au final, ils se ressemblent beaucoup plus qu’on ne le pense, tout en étant aux antipodes. Matteo Salvini joue toujours sur la peur et la provocation verbale, tandis que son programme économique incohérent semble pour le moins irréalisable. Quant à Giuseppe Conte, il a joué sa « remontada » politique dans le sud de l’Italie en poursuivant le modèle de clientélisme basé sur revenu de citoyenneté : promettre à tous de l’argent public et sans contrôle. Aucun des deux dirigeants n’a expliqué comment ils résoudront les vrais problèmes du pays, tels que la faible productivité, la lutte contre l’évasion fiscale, la lutte contre le chômage et la précarité. Giorgia Meloni, qui semble avoir beaucoup écouté les conseils économiques de Berlusconi, dont elle fut ministre, et Mario Draghi, devra faire très attention à son allié Salvini et trouver un modus vivendi entre son propre étatisme d’origine et le libéral-poujadisme de la Ligue. Matteo Salvini, qui a déjà fait imploser une majorité il y a quelques années, pourrait certes créer de nombreux problèmes à sa propre majorité et poser de sérieux problèmes à l’Union européenne… et vice-versa… Le plus grand risque que court le leader de Fratelli d’Italia est celui faire accuser l’Italie d’être le cheval de Troie en Europe de Poutine – en raison des liens de certains membres de la Ligue avec la Russie (affaire judiciaire de Gian Luca Savoini, par exemple) – et d’Orban. Cela créerait une situation inédite avec de fortes répercussions négatives tant sur le plan économique que diplomatique. Toutefois, il convient de répondre qu’à l’heure actuelle, et depuis que Giogia Meloni est devenue la plus grande atlantiste défeuseur de l’Ukraine et de leur armement, ce n’est pas elle et son « centre-droit » qui est accusable d’être anti-atlantiste et pro-russe, mais bel et bien le mouvement Cinq Etoiles, qui a pourtant gouverné, après la chute de Salvini et de l’alliance Giallo-verde (« jaune-verte » (Ligue-M5S), avec le parti démocrate italien qui chasse les sorcières pro-russes… Rendons à César ce qui est à César.

Le ralentissement de l’économie italienne va limiter les ressources disponibles pour la prochaine loi de finances. La dette publique repart à la hausse. Le nouveau gouvernement devra aider l’industrie et les entreprises à faire face à la hausse des coûts de l’énergie. Il va falloir trouver 3,5 milliards d’euros pour réduire la pression fiscale de 2% sur les revenus allant jusqu’à 35.000 euros annuels. Il faudra également résoudre deux problèmes financiers et industriels importants : tout d’abord, la cession de la société nationale ITA (ex-Alitalia), ensuite celle du réseau très haut débit. Enfin, ce sont les milliards du PNRR qui sont en jeu, étroitement liés aux réformes. Rappelons que l’Italie a déjà payé très cher son retard de réformes au cours des vingt dernières années en réduisant le PIB par habitant de 0,8 % sur la période 2000-2019, avec la circonstance aggravante qu’en 2000 le PIB italien par habitant dépassait la moyenne de l’UE de 20 % et en 2019, elle était inférieure de 7 % ; en 2000, le PIB italien par habitant dépassait de 3 % la moyenne de la zone euro et en 2019, il était inférieur de 15 %.

 

Ukraine : la paix négociée ou la fragile victoire?

Ukraine : la paix négociée ou la fragile victoire?

 

La double contre-offensive de l’Ukraine dans le sud et dans le nord-est du pays est pour l’instant un succès. Mais a-t-elle les moyens de remporter une victoire militaire décisive et incontestable ? Par Cyrille Bret, Sciences Po

 

 

Six mois après le déclenchement de l’« opération militaire spéciale » russe en Ukraine, le 24 février 2022, le gouvernement de Kiev a engagé, fin août-début septembre, une contre-offensive dans le sud et le nord du pays. Dans la région méridionale de Kherson et dans la zone nord-orientale de Kharkiv, les soldats ukrainiens ont commencé à reprendre du terrain aux troupes russes. Remarquées pour leur rapidité, leur agilité et leur efficacité, ces deux contre-attaques inquiètent en Russie, rassurent en Occident et suscitent l’espoir en Ukraine.

En effet, les troupes russes ont quitté les villes de Balakliia, Izioum et Koupiansk dans l’est du pays. L’armée ukrainienne semble ainsi inverser la tendance : désormais, les armées russes sont en difficulté dans la région de Donetsk, pourtant sous contrôle des séparatiste pro-russes.

Malgré les succès tactiques qu’elles semblent promettre, ces initiatives suscitent toutefois plusieurs questions : pourquoi maintenant, et pourquoi précisément dans ces zones ? Comment l’Ukraine parvient-elle à bousculer les forces armées russes, en pleine réorganisation ? Surtout, cette contre-attaque présage-t-elle d’une reconquête complète des 20 % du territoire ukrainien occupés par la Russie ?

Saisir l’opportunité de la « rentrée diplomatique »

Les deux mouvements ont été lancés à un moment essentiel du calendrier stratégique international et régional. En effet, l’action sur Kherson a été déclenchée au moment de la commémoration de la fête nationale ukrainienne, le 24 août, et juste avant la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Prague, le 31 août (le fameux Gymnich). L’avancée dans la région de Kharkiv a démarré quelques jours plus tard.

Il était essentiel pour la présidence Zelensky d’éviter l’érosion de son soutien populaire à l’intérieur et de manifester sa détermination à l’extérieur. Élu le 21 avril 2019 pour cinq ans, le président Zelensky aborde en effet le dernier tiers de son mandat : face aux risques d’usure à l’intérieur et de « fatigue » à l’extérieur, il se devait de prendre l’initiative.

Son projet est également de parvenir à des résultats militaires tangibles avant la 77ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, qui aura lieu du 20 au 26 septembre 2022. L’Ukraine veut s’y présenter non seulement comme victime de la Russie mais également comme État souverain capable d’assurer sa sécurité, pour peu qu’il bénéficie des soutiens internationaux nécessaires.

L’enjeu de cette Assemblée générale des Nations unies sera triple pour Kiev :

  • premièrement, rallier des soutiens au-delà du camp occidental, car l’Ukraine dépend très largement des financements extérieurs (Banque mondiale, FMI, Union européenne, États-Unis) pour continuer à fonctionner ;
  • deuxièmement, essayer d’isoler davantage la Fédération de Russie, puisque les politiques de sanctions sont peu suivies en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud ;
  • enfin et surtout, faire reconnaître sa détermination à recouvrer son intégrité territoriale dans le temple des États-nations, l’ONU. En février 2022, le but de la Russie était en effet de faire apparaître l’Ukraine comme un « État failli » à l’identité nationale illusoire et au gouvernement incapable. Les deux contre-offensives qui viennent d’être lancées réduiront la portée de ces éléments de langage de Moscou.

Quels que soient leurs résultats militaires (durables ou fugaces, concrets ou symboliques), ces initiatives militaires démontrent que l’Ukraine a bien survécu, comme État et comme nation, à l’invasion russe. Avec ces contre-attaques, l’Ukraine saisit à pleines mains l’opportunité de la « rentrée diplomatique ». Reste à évaluer les chances de succès et, surtout, la finalité de ces actions.

Un « Valmy ukrainien » ?

Ces opérations ne répondent pas seulement à un timing soigneusement pensé, elles se déploient aussi dans des champs géographiques et à travers des modes d’action hautement symboliques. Dans les deux opérations, c’est en effet le « peuple en armes » (une armée qui compte environ 40 % de conscrits) de l’Ukraine qui reconquiert des régions essentielles du territoire national. À bien des égards, ces batailles sont comparables, dans leur portée politique, avec celle de Valmy où, le 20 septembre 1792, l’armée populaire française avait défait les troupes étrangères.

Dans les deux actions se manifestent les ressorts qui ont permis aux forces armées ukrainiennes de répliquer à la tentative de conquête russe : rapidité, agilité, utilisation des informations de terrain et mobilisation de soldats motivés. Les troupes ukrainiennes tirent en effet parti de leurs blindés pour fondre rapidement sur des nœuds logistiques essentiels de l’armée russe au nord ; pour mener la campagne du Donbass au sud-est de Kharkiv ; et enfin, au sud, près de la Crimée, pour bloquer les troupes russes qui continuent à se diriger vers la région d’Odessa. Encore une fois, les forces armées ukrainiennes ont mis en évidence la fatigue des troupes russes, le niveau discutable de leurs équipements et la qualité médiocre de leurs tactiques.

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Par-delà leur intérêt tactique, les zones dans lesquelles les troupes ukrainiennes agissent ont une valeur politique et symbolique essentielle pour les opinions ukrainienne comme russe. Contre-attaquer dans la région de Kherson, c’est, pour les Ukrainiens, tout à la fois essayer de reprendre une des villes les plus importantes conquises par l’armée russe, bloquer l’avancée russe vers la région essentielle d’Odessa (sud-ouest) et surtout tenter de débloquer un verrou vers la Crimée. Longuement préparée, cette opération n’est pas une « action surprise » à proprement parler car Kiev a toujours affiché son refus d’abandonner le sud du pays.

En revanche, la contre-offensive conduite dans le nord du pays a, quant à elle, fait jouer au maximum l’effet de surprise. Là encore, la zone a une valeur majeure à de multiples points de vue : proche de la Russie, peuplée d’un grand nombre de russophones, capitale économique du nord du pays, la ville de Kharkiv (Kharkov en russe) est un enjeu fondamental pour la Russie : si le gouvernement de Kiev réussit à renforcer ses positions dans cette région, Moscou pourrait devoir se résoudre à abandonner l’idée, sérieusement envisagée, consistant à l’annexer ou à y créer un État fantoche.

Reste à savoir si ces batailles déboucheront sur des victoires (Valmy) ou sur des points de fixation meurtriers (Verdun).

La paix ou la victoire ?

Ces contre-offensives manifestent de façon éclatante la détermination des Ukrainiens à sauver leur État, à défendre leur territoire et à préserver leur souveraineté. Mais elles sont circonscrites dans l’espace et dans leurs résultats. Elles posent donc avec acuité la question de la finalité stratégique que poursuit l’Ukraine.

Dans de nombreux forums politiques, les représentants officiels de l’Ukraine affirment que leur but est la victoire complète contre la Russie. Et ils considèrent tout compromis d’armistice et de paix comme une véritable « trahison » de l’idée nationale ukrainienne.

Autrement dit, leur objectif stratégique est de reconquérir non seulement les zones prises par les Russes depuis le 24 février 2022 mais également les régions sécessionnistes (Républiques autoproclamées de Lougansk et Donetsk) et les zones annexées (Crimée) depuis 2014.

Ces objectifs sont-ils militairement et économiquement réalistes ? L’Ukraine est-elle en capacité de mener une contre-offensive de grande ampleur pour reprendre le cinquième de son territoire actuellement occupé par les troupes de la Fédération de Russie ? Si elle est dans son droit au regard des normes internationales, l’Ukraine doit-elle s’engager résolument dans un conflit nécessairement très long pour reconstituer son territoire ? En conséquence, les soutiens de l’Ukraine doivent-ils également assumer cet objectif de « victoire » ? C’est la position que plusieurs voix influentes défendent aux États-Unis.

L’Ukraine doit-elle plutôt chercher un rapport de force militaire suffisamment favorable pour engager ensuite des négociations ? Doit-elle donc multiplier les contre-offensives pour conduire ensuite une Russie épuisée à la table des négociations ? Et les soutiens de l’Ukraine doivent-ils la soutenir dans cette stratégie comme la France et l’Allemagne l’envisagent mezza voce ?

Si les succès tactiques actuellement constatés se confirment et se multiplient, les autorités ukrainiennes seront placées devant un véritable dilemme : la victoire complète à très long terme ou la paix insatisfaisante à moins longue échéance.

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Par Cyrille Bret, Géopoliticien, Sciences Po

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Poutine : Victoire pour le pétrole russe ?

Poutine : Victoire pour le pétrole russe !

Ils se sont tous lourdement trompés, ceux qui avaient prédit un effondrement de la production russe de pétrole. Par Michel Santi dans la Tribune

 

Poutine a déjoué tous les pronostics car, avec 10,8 millions de barils/jour (mb/j) pompés en juillet dernier, la production russe de pétrole est quasiment au niveau des 11 mb/j de janvier dernier, soit avant la guerre. En fait, voilà trois mois que cette production s’est nettement redressée du trou d’air subi les mois ayant suivi le déclenchement du conflit, car la Russie a remplacé ses bons clients raffineurs européens par d’autres marchés. ( Des marchés où toutefois les prix sont sacrifiés NDLR)

L’Asie de manière générale et l’Inde en particulier, mais également le Moyen-Orient et la Turquie représentent les nouveaux débouchés, même si certains acheteurs européens persistent dans leurs emplettes en pétrole russe en attendant le point de non retour des sanctions européennes devant intervenir en novembre prochain. Moscou ne se donne désormais même plus la peine d’offrir des réductions – qui furent massives pendant l’hiver afin de séduire de nouveaux clients – tant le pays semble aujourd’hui sûr de sa trajectoire, il est vrai dans un contexte global très tendu en termes d’approvisionnement énergétique dont les dirigeants russes profitent largement. Pour ce faire, les exportateurs russes peuvent compter sur l’émergence de nouveaux «traders» basés au Moyen-Orient et dans certains pays asiatiques qui écoulent – moyennant de juteuses marges – le brut russe vers des acheteurs empressés.

Pour autant, ce que l’honnêteté oblige de qualifier de succès russe n’est pas tant économique et financier que surtout politique. L’Ouest – pour sa part – a complètement échoué à convaincre l’OPEP+ (l’Organisation des pays exportateurs et ses alliés) de se retirer de leur alliance avec la Russie puisque c’est même le contraire qui s’est passé. Emmenée par les grands alliés supposés de l’Occident, à savoir l’Arabie Saoudite et les Emirats-Arabes Unis, cette organisation n’a relevé que symboliquement la production pétrolière de ses nations membres, et en guise de désaveu cinglant et humiliant au Président Biden qui avait exprès pris son bâton de pèlerin pour aller à Ryad rendre un hommage autant contesté que contestable à MBS.

Au final, ce robinet de liquidités de rente pétrolière qui s’est bien redressé, donne de la marge à Poutine qui peut dès lors se permettre de sacrifier une partie importante de ses revenus gaziers en restreignant ses ventes en direction de l’Europe. C’est simple : la Russie engrange depuis peu tant de revenus pétroliers, elle vend tant de pétrole, qu’elle peut se permettre des mesures de rétorsion sur le gaz naturel à l’encontre des Européens qui – bien que restant déterminés – sont néanmoins à peine conscients des désastres qui les attendent. Nos tarifs de consommation électrique seront immanquablement appelés à flamber de l’ordre de 60 à 80%, voire à doubler dans certains pays européens. Très prochainement, nos dirigeants seront confrontés à des choix impossibles car les ravages causés aux différentes économies européennes par cette escalade sans précédent des prix de l’énergie seront extraordinairement douloureux.

Quelque que soit l’angle d’analyse, Vladimir Poutine est en passe de remporter cette guerre de l’énergie. Sa victoire est difficilement contestable sur de multiples fronts, et ce pendant que les centaines de millions perçus quotidiennement par la Russie sur ses ventes pétrolières lui assurent le soutien de la population.

Salman Rushdie: La victoire de la plume sur le couteau

 Salman Rushdie: La victoire de la plume sur le couteau

 

Lui-même par trois fois agressé, l’écrivain égyptien Alaa El Aswany  constate, dans une tribune au « Monde », que si le wahhabisme a privé son pays, et plus largement le monde arabe, de son atmosphère de tolérance, il ne peut rien contre la diffusion des idées.

 

« Je suis athée… Les causes qui m’y ont conduit sont nombreuses : scientifiques, philosophiques, ou bien personnelles, mais je vous assure que l’athéisme me procure une paix spirituelle aussi totale que celle de la foi dans l’esprit des croyants. » Cela n’a pas été écrit par un Occidental, mais dans un article publié en 1937 par un mathématicien égyptien, Ismaïl Adham (1911-1940), sous le titre « Pourquoi je suis athée ? ».

Ismaïl Adham, qui a ensuite réuni ses articles dans un livre, n’a été ni arrêté ni traduit en justice ; il n’a pas subi de menaces ni d’agressions et a continué à vivre normalement, à donner des conférences, à fréquenter les cafés et les clubs et à discuter avec les gens.

Des écrivains croyants ont répondu à son livre dans plusieurs ouvrages intitulés : Pourquoi je suis croyant ? ou Pourquoi je suis musulman ?. Le lecteur égyptien pouvait ainsi acheter dans une même librairie le livre d’Ismaïl Adham prônant l’athéisme et un autre défendant la foi pour se faire son opinion personnelle.

Ce cas n’était pas unique : Chebli Chemayel, un penseur et médecin libanais vivant au Caire, a débattu, dans les pages de la revue Al-Manar, avec Mohamed Rachid Reda, un penseur de l’islam. Des milliers d’Egyptiens ont suivi ce dialogue respectueux et de haut niveau entre l’athée et le musulman. Il est impossible de citer tous les exemples de la tolérance de la société égyptienne de cette époque. Il suffit de regarder n’importe quel film égyptien des années 1930 à 1960 pour voir une Egypte différente de celle d’aujourd’hui. Il n’y avait alors ni hidjab ni niqab, et toutes les femmes étaient dévoilées, y compris les étudiantes de l’université religieuse d’Al-Azhar.

Ukraine : l’amère victoire russe

Ukraine : l’amère victoire russe

 

Les évènements actuels qui embrasent l’Ukraine ont plongé l’Occident dans la perplexité : pourquoi une guerre que toute l’Europe jugeait improbable, car parfaitement irrationnelle, à l’exception du renseignement américain nourri d’observations satellitaires, d’écoutes et, probablement, d’informations confidentielles fournies par quelques « taupes » infiltrées au sein même de l’appareil politico-militaire russe ? Par André Yché, Président du conseil de surveillance chez CDC Habitat.(La Tribune)

 

« La Russie est un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme ». – Winston Churchill

Les évènements actuels qui embrasent l’Ukraine ont plongé l’Occident dans la perplexité : pourquoi une guerre que toute l’Europe jugeait improbable, car parfaitement irrationnelle, à l’exception du renseignement américain nourri d’observations satellitaires, d’écoutes et, probablement, d’informations confidentielles fournies par quelques « taupes » infiltrées au sein même de l’appareil politico-militaire russe ? En effet, si le « Cirque » doit à John Le Carré la réputation d’être perméable aux « honorables correspondants » du « Centre » de Moscou, à la Loubianka, les « services » français, bien qu’ayant fait oublier l’affaire Georges Pâques et le réseau « saphir », ne sauraient prétendre à l’exclusivité des sources du type « Farewell » !

Et surtout, comment l’Armée rouge s’est-elle enlisée dans une « opération militaire spéciale » qui, de l’avis général, devait être réglée dans la semaine ?

À la première question, la réponse paraît devoir résider dans l’isolement personnel du Président Poutine, entouré de collaborateurs terrorisés, aux poitrines bardées de décorations, engoncés dans des uniformes rappelant fâcheusement les apothéoses staliniennes de la Place Rouge.

Il serait inconséquent de s’en tenir à cette explication superficielle qui inspire la conviction d’aucuns que la disparition du dirigeant actuel réglerait le problème, sans même envisager que le profil d’un éventuel successeur risquerait fort de faire regretter, à bref délai, celui de son prédécesseur.

Celui-ci bénéficie aujourd’hui, quoiqu’on en ait, d’une popularité certaine dans son pays, car il est pénétré de l’histoire et de la culture russes, et recueille un large soutien symbolisé par l’appui ostensible du patriarche de la « Troisième Rome » dont il faut se souvenir qu’aux pires moments de l’été 1941, alors que les divisions de « panzers » déferlaient dans les plaines d’Ukraine et de Biélorussie, l’ancien séminariste Joseph Staline avait jugé bon, selon la légende, d’extraire le Métropolite de sa résidence surveillée pour l’envoyer survoler Moscou muni d’icônes sacrées, chargé de bénir les défenseurs de la Sainte Russie ! Ajoutons que la passion du successeur de Boris Eltsine pour l’histoire et la géopolitique fait qu’il se remémore encore aujourd’hui ces périodes où l’Ukraine, déchirée entre Occident et Orient, était largement soumise au « Royaume des deux nations » polono-lituanien et où, dans les années 1920, les Cosaques Zaporogues, alliés à l’armée de Dénikine, envisageaient de reconquérir Moscou à partir de Kiev. C’était avant que certains d’entre eux n’accueillent sans trop d’hésitations les descendants des Chevaliers teutoniques revenus, comme au temps de la première bataille de Tannenberg, envahir la Moscovie.

Enfin, les cours d’enseignement supérieur du FSB n’ont certainement pas omis d’inculquer au jeune officier quelques principes essentiels, comme celui de l’importance du « couloir stratégique » reliant la Baltique à la Mer Noire, et dont la Crimée, au XIX° siècle, constituait la pointe avancée en direction de Constantinople, du Bosphore et des mers chaudes ; au point qu’il fallut une action franco-britannique pour préserver l’Empire ottoman, intervention dont le seul avantage durable que nous ayons conservé par-devers nous depuis lors, hormis le prestige des zouaves, consiste dans les noms d’un pont et d’un boulevard parisiens.

Sans doute s’agissait-il d’évènements lointains et, pour la plupart, oubliés du plus grand nombre, à l’exception toutefois de ceux datant de la Grande Guerre patriotique, sans pour autant qu’une méfiance traditionnelle envers l’Occident, teintée de fascination, ne subsiste au-delà du Niémen en dépit de la Glasnost et de la Perestroïka.

Le malheur voulut que tout au long des deux décennies qui suivirent la chute du Mur de Berlin, en dépit de la clairvoyance d’un François Mitterrand conscient de la nécessité de reconstruire une organisation continentale dédiée à la sécurité en Europe et malgré le prestige de son successeur, épris de culture slave, aux yeux du nouveau Tsar venu de Saint-Pétersbourg, l’Occident ne sut jamais adresser les signes de respect et de considération qu’attendait le peuple russe. Et subrepticement, la doctrine américaine du « containment » imposée en 1945 par George Kennan s’est trouvée supplantée par celle du « Roll Back » défendue par George Patton et le clan des « faucons », favorisée par la régression culturelle de l’Amérique.

Et c’est ainsi que la méfiance réciproque a fini par reléguer aux oubliettes l’esprit de « détente, entente et coopération » prôné par le Général de Gaulle que nos propres élites tenaient pour définitivement acquis.

Donc, l’ « opération militaire spéciale » est déclenchée le 24 février 2022, et quatre mois plus tard, l’Armée rouge, ou du moins son avatar contemporain, se bat toujours pour tenter de conquérir intégralement les provinces russophones de l’Est ukrainien, devenues républiques autoproclamées, et pour assurer leur liaison avec la Crimée de manière à imposer une continuité géographique entre les anciens protectorats russes. Les autres objectifs initiaux, Kiev et Odessa, ne sont plus à l’ordre du jour.

Que s’est-il donc passé ? D’évidence, la volonté et la capacité de résistance des Ukrainiens, pourtant bien connus des Russes, ont été sous-estimées. En termes opérationnels, l’emploi massif des missiles anti-chars et anti-aériens dans l’évaluation du rapport de forces n’a pas été suffisamment pris en compte, syndrome du conservatisme pour ainsi dire viscéral de l’État-Major russe, plus accentué encore que celui, assez inévitable, de tout État-Major influencé par les indispensables « RETEX » qui valorisent souvent le passé, plus que l’avenir.

D’autres facteurs ont joué : l’hétérogénéité des systèmes d’armes, cauchemar logistique (4 générations de chars de combat en service), une difficulté évidente dans la coordination des feux sur le champ de bataille, s’agissant notamment de l’appui aérien visiblement assez peu efficace, alors qu’il est essentiel pour les armées occidentales. Enfin, les faiblesses congénitales des unités d’appelés à l’époque actuelle, alors que les référentiels universels modernes ne prédisposent guère les contingents de jeunes recrues à l’action militaire, comme les américains en ont fait la cruelle expérience au Viêt-Nam.

Plus fondamentalement, il existe assurément une tendance à la surévaluation de l’armée russe, de l’accord conjoint des parties : les Russes, pour « intoxiquer » l’adversaire, selon une doctrine bien connue de « Maskirovka », ou « dissimulation » ; les occidentaux, et tout particulièrement le Pentagone, pour justifier un effort d’armement soutenu, quelles que soient les circonstances. Rappelons, pour mémoire, que des travaux récents ont mis en lumière, semble-t-il, que la prétendue « crise des missiles » à Cuba n’en était pas vraiment une, Kroutchev ayant d’emblée informé le Politburo qu’il allait devoir céder pour éviter une confrontation inégale. Mais une habile mise en scène permit alors au clan Kennedy de faire oublier le désastre de la « Baie des Cochons ». Bis repetita…

De marine de « haute mer », point, sinon une flotte sous-marine démystifiée par la catastrophe du Koursk ; une aviation nombreuse mais dont les Migs et les Sukhois les plus récents n’ont jamais surclassé les F14, F15, F16 et F18.

Certes, il existe des domaines d’excellence dans lesquels la Russie affiche orgueilleusement son savoir-faire : les nouveaux chars, les missiles « hypersoniques » en sont l’illustration. Mais il ne s’agit guère que d’un arsenal d’échantillons, sans véritable portée stratégique. Rappelons que les États-Unis eux-mêmes ont limité à une présérie la production des intercepteurs furtifs F22, en dépit d’un budget militaire annuel de l’ordre de 750 milliards de dollars, qui alimente notamment les « black programs » de la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) à l’image de l’avion de combat hypersonique SR72, dont l’expérimentation serait en cours ou sur le point de débuter à partir de Nellis AFB et du polygone d’essais de White Sands.

Il serait bien sûr fort hasardeux d’en conclure que l’armée russe n’est qu’un « tigre de papier ». D’abord parce qu’il est quasiment constant, dans tous ses engagements, qu’elle essuie des revers initiaux avant de retourner la situation. Napoléon en reçut, bien tardivement, la dure leçon.

En second lieu, depuis la « Grande Guerre patriotique », et le tournant de la bataille de Koursk à l’été 1943, la stratégie n’a guère évolué : c’est l’artillerie qui prépare le terrain, les masses blindées opèrent la percée selon la doctrine Joukov, et l’infanterie motorisée exploite la situation. À ceci près que de nos jours, et comme à Stalingrad, le combat urbain réserve de mauvaises surprises à l’assaillant et que de surcroit, la vidéo « grand public » tend à devenir « la reine des batailles ».

Enfin, il reste, « Ultima ratio regnum », le feu nucléaire tactique. Rappelons que les Occidentaux eux-mêmes ont développé un arsenal particulièrement sophistiqué en la matière, envisageant, dans les années 80, de déployer une nouvelle munition « anti-forces », la « bombe à neutrons », plus facilement utilisable et que de nos jours, l’armée américaine est supposée disposer, par ailleurs, de « mini nukes » particulièrement étudiés pour pénétrer et détruire les bunkers les plus profondément enfouis.

Depuis 1945, en dépit des tentations de Mac Arthur en Corée, le « tabou » nucléaire a été respecté. Il serait souhaitable qu’à l’occasion de la crise actuelle, un retour rapide à la table des négociations évite à quiconque de se reposer cette question.

Législatives: Une victoire pour Marine Le Pen (Gilles Ivaldi)

Législatives: Une victoire pour Marine Le Pen (Gilles Ivaldi)

 Le RN a obtenu 90 sièges lors de ce second tour dimanche. Pour Gilles Ivaldi, chercheur spécialiste de l’extrême droite, ce résultat est « une victoire personnelle pour Marine Le Pen ».( Franceinfo)

 

 

 

Gilles Ivaldi, chargé de recherche au CNRS et au Cevipof (Sciences Po) et auteur de la note « Marine Le Pen, Éric Zemmour : social-populisme contre capitalisme populaire » (en PDF) en mars, analyse cette percée historique du RN après une présidentielle où Marine Le Pen avait déjà progressé au second tour.

Franceinfo : comment expliquez-vous le résultat du Rassemblement national pour ce second tour des élections législatives ?

Gilles Ivaldi : Pour moi, il y a trois explications principales à ce séisme politique que personne n’avait vu venir. La première, c’est que Marine Le Pen et le Rassemblement national ont mené une campagne discrète et furtive, mais sur une thématique qui était au cœur des préoccupations des Français : le pouvoir d’achat. Ses sorties sur la sécurité en fin de campagne après les incidents du Stade de France ont aussi sans doute convaincu son électorat.

Le deuxième élément est que la stratégie de dédiabolisation du RN n’a jamais eu autant d’effets, tout comme le renouvellement progressif de ses cadres qui sont parvenus à s’ancrer localement dans de nombreux territoires partout en France.

La tripolarisation de la politique française a, enfin, bénéficié au parti d’extrême droite en lui ouvrant un véritable espace à droite. Emmanuel Macron est victime d’un retour de flamme. Avec sa stratégie d’occuper l’espace central et le vote de rejet contre sa politique, il a laissé s’engouffrer la Nupes à gauche et le RN à droite. Avec cette victoire, le parti de Marine Le Pen prend, pour la première fois, l’ascendant sur Les Républicains et donc sur la droite. Quelque chose me dit qu’elle va devoir réfléchir très vite à cette stratégie de l’union des droites, défendue jusque-là par Eric Zemmour.

« Le vote RN est un vote contestataire et donc difficilement prévisible par les sondages. Pour ma part, jamais je n’aurais imaginé qu’il puisse constituer un groupe de cette taille à l’Assemblée nationale. »

Est-ce que l’ambiguïté de la majorité présidentielle autour des consignes de vote en cas de duels RN-Nupes au second tour n’a pas bénéficié à l’extrême droite ?

Oui, il faudra regarder les circonscriptions concernées dans le détail, mais il est vrai que l’absence de consignes de vote claires de la part d’Ensemble ! n’a pas permis au barrage républicain de fonctionner totalement. Le « ni-ni » de la droite sarkozyste avait déjà creusé les premières brèches, mais cette fois, la très grande ambiguïté de la majorité a sans doute permis au Rassemblement national de remporter de précieux sièges.

Cette entrée en force du RN au Palais-Bourbon renforce-t-elle Marine Le Pen en vue de l’élection présidentielle de 2027 ?

C’est une victoire personnelle pour Marine Le Pen. Elle a accompli quelque chose que son père n’avait jamais réussi à mettre en place avant elle. Je ne sais pas quelles sont ses intentions pour la suite de sa carrière, mais ce qui est désormais certain, c’est qu’elle emmène le RN à un niveau jamais atteint. Après, il va quand même falloir faire vivre ce groupe de députés et le gérer. Beaucoup de ces derniers ont très peu d’expérience politique et le parti devra évoluer culturellement : de la contestation à un parti d’alternative. Ce soir, c’est un vrai succès pour Marine Le Pen, mais c’est aussi un vrai défi.

Irlande du Nord – Sinn Fein : Victoire en trompe-l’œil

Irlande du Nord - Sinn Fein : Victoire en trompe-l’œil

 

L’écrivain nord-irlandais Glenn Patterson explique, dans une tribune au « Monde », pourquoi, compte tenu du statut institutionnel particulier du pays, la première place du parti nationaliste aux élections législatives constitue un triomphe en trompe-l’œil.

 

En voilà une nouvelle ! Pour la première fois depuis la partition de l’Irlande, en 1921, un parti nationaliste favorable à la réunification de l’île est arrivé en tête des élections en Irlande du Nord. Et pas n’importe quel parti nationaliste : le Sinn Fein, longtemps considéré par beaucoup comme la branche politique de l’IRA provisoire.

Le Sinn Fein est désormais en droit de s’attribuer le poste de chef de l’exécutif bicéphale créé par l’accord de paix de 1998, dit du Vendredi saint, tandis que son principal rival, le Parti unioniste démocrate (DUP) − qui est aussi, pour compliquer les choses, son partenaire de coalition depuis quinze ans −, devra se contenter de celui de vice-premier ministre. En réalité, les deux postes se valent. Les titres de premier ministre et de vice-premier ministre étaient pour les unionistes un artifice destiné à masquer le fait que, avec le partage du pouvoir, ils ne gouvernaient plus seuls. Le Sinn Fein n’a jamais manqué une occasion de rappeler que ces postes étaient équivalents, mais à présent qu’il est arrivé premier, il semble vouloir croire lui-même à cet artifice.

Le Sinn Fein est arrivé premier, mais il n’a pas progressé en nombre de sièges. Il est devenu le premier parti parce que le DUP, qui avait quitté l’exécutif sortant pour protester contre le protocole nord-irlandais du Brexit [qui maintient la province britannique dans le marché unique et l’union douanière européenne], a reculé de près de 7 % et a perdu trois députés à l’Assemblée législative, ce qui lui fait deux sièges de moins que le Sinn Fein, contre un siège de plus lors de la précédente législature.

En nombre de sièges, le grand gagnant a été le parti non confessionnel Alliance, qui a plus que doublé le nombre de ses élus, passés de huit à dix-sept. Certains sondages réalisés dans les derniers jours de la campagne donnaient Alliance à égalité avec le DUP, mais, même si cette formation était arrivée deuxième, elle n’aurait pas pu prétendre à l’un des deux postes-clés de l’exécutif. En vertu de l’accord de Saint-Andrews de 2006 − négocié entre les gouvernements britannique et irlandais, le Sinn Fein et le DUP −, les partenaires de coalition ne peuvent être issus que des rangs des principales formations classées comme « nationaliste », « unioniste » ou « autre ». Le parti Alliance s’enorgueillit de figurer dans la catégorie « autre », mais il ne dispose pas des sièges ou des alliés nécessaires pour constituer une majorité.

Un esprit cynique pourrait dire que les ennemis jurés que sont le Sinn Fein et le DUP ont décidé à Saint-Andrews de s’octroyer un avantage permanent.

Irlande: victoire du parti nationaliste irlandais Sinn Fein sur Boris Johnson

Irlande: victoire du parti nationaliste irlandais Sinn Fein sur Boris Johnson

 

Le succès du parti nationaliste irlandais Sinn Fein, lors des élections à l’Assemblée locale d’Irlande du Nord, illustre une nouvelle fois l’irresponsabilité des promoteurs du Brexit.(Un papier du « Monde »)

 

En 1921, les Britanniques ont partagé l’île d’Irlande et tracé les frontières de l’Irlande du Nord de façon à y assurer une majorité protestante et unioniste, c’est-à-dire partisane du maintien au sein de la couronne britannique. Depuis lors, l’exécutif mis en place à Belfast a toujours été contrôlé par un parti unioniste. C’est dire si le qualificatif d’« historique » n’est pas excessif pour décrire la victoire du Sinn Fein, jeudi 5 mai, aux élections à l’Assemblée locale d’Irlande du Nord. Depuis sa fondation en 1905, la raison d’être du parti nationaliste irlandais est l’indépendance de la totalité de l’île vis-à-vis de Londres. L’organisation, qui milite de fait pour la dissolution de l’Irlande du Nord, accède au pouvoir dans ladite province.

Ce basculement apparaît d’autant plus inouï qu’il est indirectement lié à un événement souhaité et défendu par l’actuel pouvoir britannique : le Brexit. Le divorce d’avec l’Union européenne, qui avait été rejeté au référendum de 2016 par 56 % des électeurs nord-irlandais, a enclenché un mouvement d’éloignement de la Grande-Bretagne, marqué par l’essor des échanges entre les deux parties de l’île, au détriment de ceux avec la Grande-Bretagne.

 

Le séisme est d’autant plus fort que le Sinn Fein a longtemps été la vitrine politique légale de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), impliquée dans les violences durant les trente années de la guerre civile qui, à partir de 1969, a fait plus de 3 500 morts. Depuis l’accord de paix de 1998 qui a instauré un partage du pouvoir, l’exécutif local était entre les mains des partis unionistes, le Sinn Fein se contentant du poste au pouvoir équivalent mais moins prestigieux de « premier ministre adjoint ». La situation inverse va désormais prévaloir.

La victoire électorale du Sinn Fein signe le succès de la mue d’une organisation sulfureuse devenue un parti de gauche mobilisé sur les questions sociales qui a rompu avec son europhobie et voit le Brexit comme un accélérateur de sa revendication centrale : la réunification de l’île. Elle traduit d’autre part la déconfiture du Democratic Unionist Party (DUP) jusqu’ici majoritaire, favorable au Brexit, dont l’intransigeance et les errements ont sapé la popularité.

 

Pour Boris Johnson, le défi est double : à court terme, l’exécutif nord-irlandais, déjà dysfonctionnel, risque d’être paralysé par le refus du DUP de jouer les seconds rôles derrière le Sinn Fein, et l’impasse du jeu démocratique pourrait favoriser les tensions. Mais le premier ministre britannique, affaibli par le revers qu’il subit simultanément aux élections locales dans le reste du pays, par le scandale des fêtes arrosées pendant le confinement et par les difficultés économiques, va devoir gérer les conséquences de la victoire, à Belfast, d’un parti qui a aussi le vent en poupe dans le sud de l’île et prévoit un référendum sur la réunification de l’Irlande – autrement dit l’amputation du Royaume-Uni – dans les cinq à dix ans à venir.

Pareille perspective est loin d’être évidente. La réunification reste une revendication minoritaire au Nord, et les citoyens de la République d’Irlande, bien que majoritairement favorables, se méfient de son coût.

Surtout, il s’agit d’un dessein lourd de menaces de violences. Le succès du Sinn Fein illustre d’abord, une nouvelle fois, l’irresponsabilité des promoteurs du Brexit. Boris Johnson, leader du Parti conservateur, voué au maintien d’une Irlande du Nord britannique, pourrait être l’homme qui en aura favorisé la perte pour le royaume.

SONDAGE « POLITIQUE » de BFM -: Un Français sur deux prévoit la victoire de Macron !

SONDAGE « POLITIQUE » de BFM  -: Un Français sur deux prévoit la victoire de Macron !

 

 

Un sondage d’une nouvelle nature. On connaissait déjà les très discutables enquêtes sur les intentions de vote méthodologiquement  et politiquement très critiquable. Maintenant on passe à l’idée que se font les Français du résultat du vote. Un sondage encore davantage ésotérique surtout quand on sait que plus de la moitié des Français n’ont pas son instant l’intention d’aller voter. Ainsi Emmanuel Macron resterait  le grand favori puisque près d’un Français sur deux pronostique une victoire du président sortant, Emmanuel Macron, selon  Elabe Opinion 2022 pour BFMTV. Aucun autre candidat ne s’approche de ce score.

Ainsi, 14% des interrogés seulement voient une victoire à venir de Valérie Pécresse, invitée ce mardi soir de l’émission La France dans les yeux sur BFMTV. Marine Le Pen obtient le même score. Derrière, 6% des Français voient une victoire d’Éric Zemmour, et 5% imaginent Jean-Luc Mélenchon s’imposer. Tous les autres candidats sont sous la barre des 3%.

Si les sympathisants de LaREM et du Modem croient à 91% en une victoire d’Emmanuel Macron, et que ceux du RN sont 65% à être confiants dans la victoire de leur camp, les autres partis se montrent partagés. Ainsi, 52% des proches des Républicains voient une victoire de leur candidate Valérie Pécresse. Une faible confiance également perçue chez Reconquête (54%).

À gauche, l’espoir semble plus que jamais avoir quitté les rangs. Les sympathisants de La France Insoumise ne croient qu’à 39% dans la victoire de Jean-Luc Mélenchon. Un chiffre qui tombe à 16% pour les électeurs socialistes en ce qui concerne Anne Hidalgo ou Christiane Taubira. Enfin, 11% seulement des écologistes croient en une victoire de Yannick Jadot, pourtant mieux classé dans les sondages que la maire de Paris ou l’ancienne garde des Sceaux.

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