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Dette publique :  » le débat sans issue »

Dette publique :  » le débat sans issue »

Les deux économistes Eric Monnet et Shahin Vallée renvoient dos à dos, dans une tribune au « Monde », les partisans de « l’absolution » et ceux de la « rédemption » financière, suggérant de modifier radicalement le cadre budgétaire européen pour sortir d’un faux dilemme.(Extrait)

Tribune. Le débat sur la dette publique française a pris une tournure religieuse, opposant les partisans de l’absolution à ceux de la rédemption.

Le pardon prendrait la forme de l’annulation de la dette accumulée par la Banque centrale européenne (BCE), ou plus exactement par l’Eurosystème des banques centrales européennes, qui a acheté les trois quarts de la dette publique émise depuis le début de la pandémie.

Ceux qui défendent la rédemption souhaitent au contraire cantonner cette dette et réduire les déficits publics futurs pour la rembourser.

Ces deux options ont pour point commun de « sacraliser » le stock de dette, alors que, à l’inverse de celle d’un ménage ou d’une entreprise, la soutenabilité de la dette d’un Etat dépend de sa capacité à lever l’impôt et de la confiance en sa monnaie – ce qui lui permet de se réendetter pour rembourser.

Mais au lieu de considérer les taux négatifs comme une opportunité de diminuer mécaniquement la charge de la dette, nos dirigeants se soumettent à l’obsession morale pour le stock de dette, au risque de menacer la transition écologique et la relance de l’économie européenne. Et de gommer également les enjeux distributifs du financement de la dette, pourtant essentiels au débat démocratique.

Si l’annulation de la dette détenue par la BCE est possible, elle n’est pas un simple jeu d’écritures. Elle pose la question du traitement réservé aux autres créanciers, puisque tous doivent en principe bénéficier d’un traitement égal. Elle nécessiterait une modification des traités européens qui paraît héroïque, sinon hors de portée.

Une caisse d’amortissement

Ce combat n’est ni politiquement illégitime ni intellectuellement inutile, mais on ne peut présenter les ruptures profondes qu’il entraînerait comme un jeu comptable sur lequel échafauder tout un programme politique. Et quel serait vraiment le gain de cette annulation ? Elle réduirait d’un seul coup le stock de dette mais n’assurerait en rien les conditions de financement à long terme de l’Etat.

En échange d’une annulation, nos partenaires européens, Allemagne en tête, exigeraient sans doute des règles plus contraignantes hypothéquant la politique budgétaire future. Par ailleurs, rien ne dit que les investisseurs seraient dupes et apprécieraient plus la dette française à la faveur d‘une telle réduction de son stock.

La rédemption est quant à elle l’option privilégiée par le gouvernement et a motivé la création d’une « Commission sur l’avenir des finances publiques ». Son objectif est double : rassurer les créanciers en affectant une ressource budgétaire propre au remboursement de la dette (lui procurant ainsi une forme de séniorité), et d’autre part, signaler par un enregistrement comptable spécifique que cette dette est traitée différemment par l’Etat et son remboursement assuré.

Dette : la France emprunte encore sur 50 ans !

Dette : la France emprunte encore sur 50 ans !

 

Encore une maturité de 50 ans pour 7 milliards d’emprunts de la France. Un véritable record encore atteint. Sans doute une manière d’étaler le poids de la dette pour la rendre supportable mais aussi une sorte de manipulation pour reporter sur les générations ultérieures les extravagances financières des responsables actuels.

 

En réalité la France fait exploser l’ingénierie d’emprunts en sollicitant toutes les formes et toutes les maturités. Ainsi parallèlement à cet emprunt de 7 milliards sur 50 ans, la France aura  emprunté plus de 300 milliards la seule année 2020. La France étant  le pays qui en Europe emprunte le plus mais évidemment rembourse le moins ( avec l’Italie) puisque la dette qui était de 100 % du PIB fin 2019 atteindra 120 % du PIB  en 2021. Une sorte de fuite en avant dont on peut comprendre une partie lorsqu’elle vise à gérer la situation découlant de la pandémie.

Le problème est que l’endettement de la France est structurel st bien antérieur à cette pandémie. La France a émis ce mardi une nouvelle obligation à cinquante ans, la quatrième de cette durée, à laquelle les investisseurs ont massivement souscrit puisque 7 milliards d’euros ont été levés, un record pour cette maturité.

 

 «Le marché nous a fait un beau cadeau en souscrivant massivement à cette nouvelle OAT de maturité 2072», commente auprès de l’AFP Anthony Requin, directeur de l’Agence France Trésor (AFT), chargée de négocier la dette française sur les marchés. Les investisseurs ont été au rendez-vous avec une demande atteignant 75 milliards d’euros, soit plus de dix fois supérieure au montant de 7 milliards d’euros finalement servi, à un taux de 0,593%. «Il y a une demande particulière pour ce type de produits, comme le succès de l’opération d’aujourd’hui le démontre», relève Anthony Requin.

Dette : la France en tête avec plus de 300 milliards dans l’union européenne en 2020

Dette : la France en tête avec plus de 300 milliards dans l’union européenne en 2020

 

 

Il est évident que la faiblesse des taux favorise les emprunts d’État. Reste qu’il faudra bien les rembourser d’une manière ou d’une autre. Apparemment la France a fait une bonne affaire en empruntant plus de 300 milliards en 2020 un taux moyens de 0,30 %.

 

Fin 2019 l’endettement français représentait 100 % du PIB environ, au cours de l’année 2021 on devrait rapidement atteindre les 120 %. Face à cette embolie, certains experts inconséquents ont proposé que cette dette soit permanente et illimitée (quand d’autres encore plus irresponsables proposent de ne plus la rembourser !).  Une manière ainsi d’assurer une rente permanente au système bancaire, en tout cas pendant 50 ans voire un  siècle. Pour l’instant ,la question du remboursement de la dette est plutôt mise entre parenthèses mais la problématique reviendra forcément au premier retour de la croissance avec la hausse de l’inflation et des taux d’intérêt.

 

En zone euro, les émissions nettes de dette ont atteint 1 116 milliards d’euros en six mois entre mars et août dernier, «soit le montant des émissions nettes réalisées en un an et demi après la crise financière, entre septembre 2008 et février 2010», note l’économiste Olivier Sirello, dans un billet du blog de la Banque de France.

Dans cet environnement sous haute tension, la France s’est une nouvelle fois distinguée par son goût pour la dette. «Si l’on rapporte au PIB les émissions nettes au cours de cette période, la France occupe la première place dans la zone euro (13,0 %), suivie par les Pays-Bas (12,9%)», avance ainsi l’expert.

Dette: Pour 10 ans encore au-dessus de 100 % du PIB d’après Moscovici

Dette:  Pour 10 ans encore au-dessus de 100 % du PIB d’après Moscovici

 

 

Encore un qui risque d’aller jusqu’à la retraite dans son poste de président de la Cour des Comptes. Pourtant plusieurs de ses prédécesseurs n’ont pas hésité à mettre les pieds dans le plat des incohérences de la gestion financière de l’État.

Mais cette fois Moscovici ne fait pas d’étincelles. Il affirme seulement que la France va demeurer au-dessus d’un endettement de 100 % du PIB pendant 10 ans. Pas vraiment une découverte. On sait en effet que l’endettement de la France atteignait 100 % du PIB  fin 2019. En 2020, cet endettement sera passé à 120 %. On voit donc mal comment 500 milliards de dettes supplémentaires pourraient être amortis en moins de 10 ans. On pourrait plus vraisemblablement parler de 20 ans en additionnant le prolongement des mesures de soutien économique et financière en 2021 lié à  la prolongation de la pandémie.

 

C’est une des conséquences du coronavirus. La dette publique française restera supérieure à 100% du PIB pendant « dix ans au moins », a estimé dimanche le premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici, ajoutant que l’enjeu était de s’assurer qu’elle reste « soutenable »« Nous allons vivre pendant dix ans au moins avec une dette publique supérieure à 100% du PIB. Nous allons vivre pendant au moins 5 ans, 4 à 5 ans, avec des déficits budgétaires supérieurs à 3% du PIB », a affirmé l’ancien commissaire européen invité de Radio J.

La France a dépensé sans compter depuis le printemps 2020 pour faire face à la crise sanitaire et économique, avec plus de 86 milliards d’euros déboursés pour soutenir les entreprises et le secteur de la santé. Le pays devrait ainsi avoir terminé l’année 2020 avec une dette d’environ 120% du PIB, qui devrait encore gonfler à 122,4% cette année du fait de nouvelles dépenses pour soutenir l’économie, prévoit le gouvernement.

« Il faut se demander, avant tout, à quoi sert la dépense publique? Est-ce que l’argent public est bien dépensé? Est-ce qu’il va au bon endroit? », a encore affirmé Pierre Moscovici ; des lapalissades Moscovicienne qui ne font guère avancer le Schmilblick.

Dette : augmenter les impôts ?

Dette : augmenter les impôts ?

 

 

Les nombreux médecins fiscalistes qui se penchent sur la maladie de la dette envisagent parfois des remèdes utopiques.

 

Les plus extrémistes ont trouvé la martingale : il suffit de ne pas rembourser la dette. Rappelons que la dette initiale de la France était de leur de 2400 milliards en 2019 qu’elle va tourner autour de 2800 milliards soient 120 % du PIB en 2020 et que la plupart de cette dette est détenue par des prêteurs étrangers.

 

Ne pas la rembourser serait faire défaut. Et il y aurait alors  impossibilité pour la France de faire le moindre emprunt qui pourtant permet de faire tourner l’État, de payer les fonctionnaires notamment y compris ceux des très radicalisés qui prônent de ne pas rembourser la dette.

 

D’autres au contraire en général plutôt à droite et même très adroite proposent d’augmenter de façon significative les impôts. Or les recettes fiscales totales de l’État sont de leur de 430 milliards par an, il faudrait d’un coup si on voulait amortir la dette en un an doubler les impôts. De quoi tuer définitivement l’économie.

 

Une telle dette accumulée pour la seule crise sanitaire ne peut raisonnablement être amortie que sur une vingtaine d’années pour ne pas plomber la compétitivité et le pouvoir d’achat des consommateurs. Il faudra évidemment avoir le courage d’affecter une ressource pour que cet amortissement ne soit pas aléatoire et reporté à plus tard.

 

L’idée de la dette perpétuelle et sans limite servirait les intérêts des banques qui alors  maîtriserait la souveraineté politique des Etats emprunteurs. Une vision particulièrement libérale et suicidaire. Il faudra sans doute une sorte de mix pour amortir cette dette avec une progression de la richesse nationale, donc de la croissance, un amortissement progressif de la tête et une justice fiscale.

Olivier Dussopt : «la dette se rembourse »….. Ah bon !

Olivier Dussopt : «la dette se rembourse »….. Ah bon !

Olivier Dussopt, sur Europe 1 a fait une découverte d’importance : la dette se remplace a-t-il déclaré. Une découverte sans doute parce que cet élu sur liste PS s’est  converti à l évidence mathématique économique depuis qu’il a rejoint Macron, bien qu’élu sur une liste PS.

 

Le 18 juin 2017, il est réélu député de la deuxième circonscription de l’Ardèche avec 56,30 % des suffrages exprimés face à la candidate de La République en marche !9. Il est l’un des rares députés PS à être réélus face à un candidat LREM. Ce qui ne l’empêchera pas de rejoindre Macron. Il est vrai que chez les socialistes on a toujours été un peu fâché avec les concepts mathématiques et économiques.

 

La  France va bien rembourser sa dette liée au Covid, et ceux qui avancent le contraire tiennent des propos relevant d’une «forme d’irresponsabilité ou d’illusion», a martelé ce samedi matin le ministre délégué chargé des Comptes publics, converti depuis peu à l’orthodoxie financière. On voit mal en effet comment il pourrait en être autrement sachant que la dette de la France est passée de 100 % du PIB  22 019 à 120 % fins 2020. La France doit bien évidemment rembourser sa dette sinon elle sera privée des emprunts qui lui sont nécessaires pour sa gestion courante et même ses investissements. «La dette se rembourse, c’est un principe», a-t-il ajouté, rappelant que le dernier défaut tricolore en la matière datait de 1812. «Il peut y avoir des discussions sur le cantonnement de la dette, sur le délai de remboursement, mais une dette, ça se rembourse», a répété le bras droit de Bruno Le Maire

 

.Le sous ministre des comptes avait pourtant soutenu des opinions contraires lorsqu’il était au PS. Avec des déclarations en forme d’évidence, l’intéressé fera encore une grande carrière et il est à prévoir qu’il fera encore parti de la majorité future ce champion du slalom politique.

Économie–La dette divise économistes et idéologues

Économie–La dette divise économistes et idéologues

Le pays est engagée dans un débat assez surréaliste quant à la nécessité ou pas de rembourser la dette sanitaire et même la totalité de la dette.

 

C’est oublier un peu vite que la France qui serait privée d’emprunt pour faire tourner l’état tomberait immédiatement en faillite. En effet une majorité de la dette est détenue par l’étranger. On voit mal les investisseurs étrangers consentir à prêter à nouveau la France sans être assuré d’être remboursés.

 

Dans tous les cas d’une manière ou d’une autre,  cette dette  devra être remboursée. Les extrémistes de gauche et ceux  qui restent du parti socialiste proposent la solution idiote et populiste de ne plus rien rembourser. Une proposition idéologique qui méconnaît totalement les mécanismes du système financier.

 

Ceux-là  même qui proposent cette solution, souvent fonctionnaires ou assimilés, perdraient immédiatement leur source de revenus. La dette était de 100 % du PIB  à 120 % 2019. En gro,s elle se montra à 2700 milliards fins 2020. Schématiquement, la dette sanitaire par ailleurs difficile à évaluer serait de l’ordre de 500 milliards. Il est clair qu’on ne peut amortir cette dette avec l’impôt en quelques années. Le plus vraisemblable, c’est de cantonner au moins la dette dans une structure spécifique pour l’amortir progressivement avec une recette affectée.

 

Une autre solution serait un dérèglement brutal système financier avec une forte inflation, une hausse des taux d’intérêt et de fait  une dévalorisation de la monnaie. Un processus longtemps appliqué par la France avant l’euro mais qui fait payer le consommateur et l’épargnant. Les experts s’étendent peu sur le sujet pour l’instant car l’hypothèse la plus sérieuse pour l’instant est une crise du système financier.

La dette divise économistes et idéologues

La dette divise économistes et idéologues

la France est engagée dans un débat assez surréaliste quant à la nécessité ou pas de rembourser la dette sanitaire et même la totalité de la dette.

 

C’est oublier un peu vite que la France qui serait privée d’emprunt pour faire tourner l’état tomberait immédiatement en faillite. En effet une majorité de la dette est détenue par l’étranger. On voit mal les investisseurs étrangers consentir à prêter à nouveau la France sans être assuré d’être remboursés.

 

Dans tous les cas d’une manière ou d’une autre,  cette dette  devra être remboursée. Les extrémistes de gauche et ceux  qui restent du parti socialiste proposent la solution idiote et populiste de ne plus rien rembourser. Une proposition idéologique qui méconnaît totalement les mécanismes du système financier.

 

Ceux-là  même qui proposent cette solution, souvent fonctionnaires ou assimilés, perdraient immédiatement leur source de revenus. La dette était de 100 % du PIB  à 120 % 2019. En gro,s elle se montra à 2700 milliards fins 2020. Schématiquement, la dette sanitaire par ailleurs difficile à évaluer serait de l’ordre de 500 milliards. Il est clair qu’on ne peut amortir cette dette avec l’impôt en quelques années. Le plus vraisemblable, c’est de cantonner au moins la dette dans une structure spécifique pour l’amortir progressivement avec une recette affectée.

 

Une autre solution serait un dérèglement brutal système financier avec une forte inflation, une hausse des taux d’intérêt et de fait  une dévalorisation de la monnaie. Un processus longtemps appliqué par la France avant l’euro mais qui fait payer le consommateur et l’épargnant. Les experts s’étendent peu sur le sujet pour l’instant car l’hypothèse la plus sérieuse pour l’instant est une crise du système financier.

Covid : «la dette se rembourse »….. Ah bon !

Covid : «la dette se rembourse »….. Ah bon !

Olivier Dussopt, sur Europe 1 a fait une découverte d’importance : la dette se remplace a-t-il déclaré. Une découverte sans doute parce que cet élu sur liste PS s’est  converti à l évidence mathématique économique depuis qu’il a rejoint Macron, bien qu’élu sur une liste PS.

 

Le 18 juin 2017, il est réélu député de la deuxième circonscription de l’Ardèche avec 56,30 % des suffrages exprimés face à la candidate de La République en marche !9. Il est l’un des rares députés PS à être réélus face à un candidat LREM. Ce qui ne l’empêchera pas de rejoindre Macron. Il est vrai que chez les socialistes on a toujours été un peu fâché avec les concepts mathématiques et économiques.

 

La  France va bien rembourser sa dette liée au Covid, et ceux qui avancent le contraire tiennent des propos relevant d’une «forme d’irresponsabilité ou d’illusion», a martelé ce samedi matin le ministre délégué chargé des Comptes publics, converti depuis peu à l’orthodoxie financière. On voit mal en effet comment il pourrait en être autrement sachant que la dette de la France est passée de 100 % du PIB  22 019 à 120 % fins 2020. La France doit bien évidemment rembourser sa dette sinon elle sera privée des emprunts qui lui sont nécessaires pour sa gestion courante et même ses investissements. «La dette se rembourse, c’est un principe», a-t-il ajouté, rappelant que le dernier défaut tricolore en la matière datait de 1812. «Il peut y avoir des discussions sur le cantonnement de la dette, sur le délai de remboursement, mais une dette, ça se rembourse», a répété le bras droit de Bruno Le Maire

 

.Le sous ministre des comptes avait pourtant soutenu des opinions contraires lorsqu’il était au PS. Avec des déclarations en forme d’évidence, l’intéressé fera encore une grande carrière et il est à prévoir qu’il fera encore parti de la majorité future ce champion du slalom politique.

La problématique de la dette

La problématique de la dette

Régis de Laroullière, ancien délégué général de Médéric, conseil en stratégie et gestion des risques évoque dans l’Opinion la problématique de la dette.

 

 

 

« La santé n’a pas de prix. Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies. Quoi qu’il en coûte… Tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises, quoi qu’il en coûte, là aussi », déclarait le président de la République dans son allocution télévisée du 12 mars 2020.

Rassurés sur cet aspect du dispositif mis en place pour reprendre le contrôle de l’épidémie, nous pouvions rester chez nous, et contribuer à un confinement efficace de nature à faire retomber rapidement la vague épidémique de la Covid-19. La formule a fait effet.

Mais en même temps émergeait une double inquiétude : cette formulation ne risquait-elle pas de conduire au coût maximal ? Et qui d’autre que nous pourrait bien payer à la fin ? Nous fûmes rapidement rassurés : les hausses d’impôts étant rapidement écartées, ce serait la dette.

Pourtant, l’inquiétude demeure. Certes l’encours de la dette coûte de moins en moins avec les effets de la baisse des taux d’intérêt, et la nouvelle dette ne coûte actuellement quasiment rien. Mais si les taux d’intérêt venaient à remonter un jour ? Si avec la baisse des taux, la dette est de moins en moins un boulet, elle est devenue une épée de Damoclès. Et elle grossit particulièrement vite chez nous.

Sur qui pèse cette menace ? Chacun sait que l’Etat ne peut emprunter que parce qu’il a la capacité de lever l’impôt. Si cela doit coûter un jour, c’est à nous tous, contribuables, que reviendra la charge. Naturellement, les plus riches paieront davantage. Mais il suffit de regarder l’importance des impôts payés par tous dans les ressources de l’Etat, et les efforts faits à de nombreuses reprises depuis quarante ans pour faire payer davantage les riches, aux limites de l’exode fiscal pour les très riches, sans arriver pour autant à enrayer la croissance de la dette de l’Etat, pour se convaincre que la répartition de l’effort ne pourra pas être sensiblement modifiée.

Augmenter progressivement la quantité travaillée totale et la production en résultant de 12 % environ ramènerait à dépense publique et transferts constants le ratio prélèvements obligatoires pré-Covid de 44,1 % en 2019 à 39,4 %

Menace. Alors, que faire pour nous protéger de cette menace ? Car il est peu probable que les taux d’intérêt demeurent perpétuellement nuls. D’urgence, éviter d’accroître le risque, en gérant mieux la suite de l’épidémie, pour éviter une troisième vague en attendant la protection qu’apporteront, d’ici l’été prochain nous l’espérons, les vaccins. Ensuite, réduire la dépense publique, et/ou augmenter la base contributive.

Depuis des décennies, nous essayons de réduire la dépense publique. Mais celle-ci est largement proportionnelle à la population : éducation, justice et ordre public, défense, équipements publics, santé, transferts sociaux, ces derniers représentant plus de la moitié. Au moment où chômage et pauvreté augmentent rapidement, ce qui sera fait ne pourra suffire. Faut-il alors, pour ne pas hypothéquer davantage l’avenir, envisager d’augmenter la base contributive, en produisant et travaillant davantage ?

La durée du travail annuel rapportée à la population globale est de 634 heures par an en France, 709 heures en Espagne et 713 en Italie (+12 %), 729 en Allemagne, 752 pour la moyenne européenne, et 830 pour les USA. Augmenter progressivement la quantité travaillée totale et la production en résultant de 12 % environ ramènerait à dépense publique et transferts constants le ratio prélèvements obligatoires pré-Covid de 44,1 % en 2019 à 39,4 %. La dépense publique passerait de 55,6 % du PIB à 49,6 %. La quantité de biens et services marchands ainsi produits à se partager augmenterait très sensiblement, améliorant d’autant le pouvoir de vivre. Et le ratio dette sur PIB serait mécaniquement réduit de 120 % à 107 %.

Si ceci ne règle pas tout, ce serait une contribution majeure, et d’autant plus acceptable qu’elle se ferait au moyen d’un vaste effort pour rendre le marché du travail plus inclusif, alors qu’il est souvent devenu très inhospitalier. Cette perspective figurera-t-elle parmi les recommandations de la Commission sur l’avenir des finances publiques que le Premier ministre vient d’installer ?

Régis de Laroullière, ancien délégué général de Médéric, conseil en stratégie et gestion des risques.

La problématique de la dette

La problématique de la dette

«Les gouvernements auront un jour à prendre des décisions difficiles quant à l’arrêt de ces aides pour les entreprises non viables, ce qui dans certains pays, prendra du temps» explique dans l’Opinion James McCormack , responsable mondial de la notation des souverains chez Fitch Ratings.

 

 

En 2008, le Congrès américain avait d’abord hésité avant d’adopter la loi de stabilisation économique d’urgence pour aider les banques en difficulté. La stabilité des marchés financiers était en jeu et les conséquences économiques d’un effondrement auraient été graves : les politiques avaient donc accepté le niveau plus élevé de dette publique qui accompagnait cette décision.

Douze ans plus tard, en pleine crise du coronavirus, la stratégie politique aux Etats-Unis et dans la plupart des autres pays a radicalement changé. Ce ne sont plus les banques qui sont en difficulté, mais les systèmes de santé, les ménages et les entreprises qui subissent de plein fouet les effets de la crise. Le soutien budgétaire est arrivé rapidement et massivement, en particulier dans les pays développés. L’intervention massive des l’États dans l’économie a été presque universellement saluée et jugée nécessaire. La question des conséquences de l’augmentation de la dette publique est reportée.

Une réponse politique acceptée en temps de crise, surtout si elle s’avère efficace, devient plus facile à envisager après la crise. Ainsi, il semble y avoir désormais un a priori favorable à l’idée d’un Etat plus interventionniste dans les années à venir

Une réponse politique acceptée en temps de crise, surtout si elle s’avère efficace, devient plus facile à envisager après la crise. Ainsi, il semble y avoir désormais un a priori favorable à l’idée d’un Etat plus interventionniste dans les années à venir.

Il y a trois raisons qui devraient amener à penser que les gouvernements continueront à jouer un rôle plus important même après un retour de la croissance.

Récession. Tout d’abord, la récession de cette année – même si elle est de courte durée, n’est pas un ralentissement cyclique classique et ne sera pas suivie d’une reprise cyclique classique. Certains secteurs, tels que les services en contact avec les clients et demandant beaucoup de main-d’œuvre, sont susceptibles de connaître des niveaux de croissance et d’emploi en deçà de la normale sur longue période, en particulier si le confinement est suivi de changements structurels de comportement continuant à affecter la demande. Avec le temps, une part plus importante de l’aide publique destinée à aider ces secteurs servira surtout à éviter les fermetures et les faillites d’entreprises. Les gouvernements auront un jour à prendre des décisions difficiles quant à l’arrêt de ces aides pour les entreprises non viables, ce qui dans certains pays, prendra du temps.

Ensuite, les dépenses publiques resteront probablement plus élevées après la pandémie car, avant même le virus, la question des inégalités sociales et de revenus et les préoccupations climatiques et environnementales avaient émergé dans le débat public. Ces questions conduisent inévitablement à une plus grande intervention de l’État et ont été amplifiées par le coronavirus, qui a également révélé des insuffisances dans les systèmes de santé publique. L’augmentation des préoccupations de politique publique dans certains domaines et celle des dépenses publiques dans d’autres constituent deux tendances convergentes. Cela sera encore plus vrai si les réponses des gouvernements à la pandémie sont considérées comme efficaces. Des mesures similaires devraient être appliquées à d’autres priorités sociétales.

Le troisième facteur contribuant à l’augmentation du poids du gouvernement dans la société est la disponibilité d’un financement bon marché. Les contraintes budgétaires sont assouplies grâce à des marchés de capitaux conciliants et influencés à leur tour par des banques centrales conciliantes. Aujourd’hui, contrairement à la dernière crise, les Etats sont désormais les premiers destinataires de l’essentiel des interventions des banques centrales.

Quelles sources de financement ? Les sources de financement de la dépense publique ont fait l’objet de débats animés sur les dernières années, bien avant la crise du coronavirus. Jusqu’à présent, les gouvernements disposaient de deux sources conventionnelles, tous deux faisant appel au secteur privé qui soit paye l’impôt pour financer les dépenses publiques soit prête pour financer le déficit public. Mais comme la plupart des gouvernements n’ont pas d’autres revenus que les impôts, le paiement des intérêts sur les emprunts antérieurs finit par nécessiter davantage d’emprunts à mesure que la dette augmente, remettant en question la viabilité à long terme du modèle. Sans parler d’une éventuelle augmentation des taux d’intérêt.

Une troisième option de financement, non conventionnelle, consiste à s’appuyer directement sur la banque centrale, en contournant entièrement le secteur privé. Il faudra néanmoins prouver que cette approche, efficace en temps de pandémie (avec le quantative easing), l’est également en temps normal.

La combinaison de décisions politiques difficiles liées à la fin des aides économiques, la résurgence de plusieurs questions sociétales nécessitant l’intervention de l’État et la disponibilité de financements bon marché sont autant d’indices pointant dans la direction d’un interventionnisme étatique accru. Comme ce changement sera probablement progressif et largement soutenu au regard de crise traversée, la controverse qu’il suscitera devrait rester modérée. Il s’agit néanmoins d’un changement de taille qui mérite d’être clairement explicité pour pouvoir articuler les décisions politiques actuelles et à venir dans une perspective de long terme.

James McCormack est responsable mondial de la notation des souverains chez Fitch Ratings.

Dette: le gouvernement met en place une commission tartempion

Dette: le gouvernement met en place une commission tartempion

Une commission assez hétéroclite a été mise en place par le gouvernement pour tenter de définir les conditions d’amortissement de l’énorme dette française amplifiée par le Coronavirus. Présidée par le centriste Jean Arthuis, ancien ministre des Finances sous Chirac, la commission accueille également la socialiste Marisol Touraine, ministre de la Santé sous François Hollande. L’équilibre est aussi respecté entre le privé et le public. Y siègent l’ancienne présidente du Medef, Laurence Parisot et le PDG d’ADP, Augustin de Romanet, mais aussi les hauts fonctionnaires Jean-Luc Tavernier, patron de l’Insee, et le magistrat à la Cour des comptes Raoul Briet. Côté économistes, c’est également la diversité qui s’impose avec, l’Italo-Suisse Beatrice Weder Di Mauro, ex-conseillère des chanceliers allemands Gerhard Schroeder et Angela Merkel, l’Américano-Autrichien Thomas Wieser, qui travaille pour l’Union européenne, la professeur à la London Business School Hélène Rey, et Natacha Valla de Sciences Po.

 

Notons qu’au 31 octobre le déficit budgétaire s’est élevé à 160 milliards contre 108 à la même période. Par ailleurs 2020 la dette sera passée de 100 % du pipe à 120 %. En clair, on a hypothéqué plus d’une année de richesse nationale . Les solutions sont bien connues;  le remboursement de cette dette pourra se faire via l’inflation qui diminuera le pouvoir d’achat, par l’impôt mais en amortissant la fiscalité de cette dette sur de très nombreuses années et partiellement par les fruits de la croissance. La dernière solution étant de faire défaut, c’est-à-dire de ne plus rembourser la dette mais en même temps de ne plus pouvoir emprunter. Bref une sorte de faillite.

 

«Comment rembourser la dette : par l’impôt ou l’inflation ? »

 «Comment rembourser la  dette : par l’impôt ou l’inflation ? »

 

 

« qui va rembourser les énormes dettes découlant de la crise ? Comme souvent face à cet enjeu central, le gouvernement vient de mettre en place une commission. C’est la question à laquelle s’efforce de répondre aussi -timidement par rapport à l’inflation- – l’ancienne Ancienne associée-gérante de la banque Rothschild, Anne-Laure Kiechel dans un interview de l’Opinion ; elle a conseillé le gouvernement grec dirigé par Alexis Tsipras dans le cadre du suivi du plan d’aide financière à la Grèce. Elle a lancé sa structure indépendante Global Sovereign Advisory, qui compte une vingtaine de mandats de différents gouvernements, et la première chaire en Europe consacrée à la dette souveraine, à Sciences Po.

Que pensez-vous du résultat du dernier Conseil européen?

 

Le Fonds de relance européen a fait l’objet d’un consensus dans son principe lors du dernier Conseil européen. Il n’exclut pas a priori les propositions italienne et espagnole portant respectivement sur l’émission de coronabonds ou d’une dette perpétuelle et s’ajoutera aux 540 millions d’euros déjà mobilisés via le Mécanisme européen de stabilité, la Banque européenne d’investissement et la Commission. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont ainsi chargé, jeudi dernier, la Commission européenne d’analyser avec précision les besoins afin de proposer dès que possible des modalités techniques pour ce fonds (montant, financement, répartition) permettant une relance commune à la hauteur des enjeux de la crise. Si le plan atteint les 1 000 à 1 500 milliards, la Commission ou un autre véhicule devront lever de la dette sans se limiter au seul budget européen et selon des modalités qui ne sont pas encore arrêtées.

La proposition de la France de mélanger aux prêts des subventions pour les régions les plus touchées, notamment dans les pays du sud, doit également encore faire son chemin. La proposition espagnole de dette perpétuelle pour financer un fonds de relance de 1 500 milliards a également été remarquée.

 

Voyez-vous l’Italie comme une bombe à retardement politique et économique pour l’UE?

L’Italie fait nation durant cette crise. La cote de confiance des Italiens en leur gouvernement a ainsi gagné plus de 15 points. En revanche, l’Italie a le sentiment d’être délaissée par ses partenaires européens, et les excuses de la présidente de la Commission européenne n’y ont rien changé. Dans un contexte de très faible croissance l’an dernier (0,2 %), la dette italienne, qui est déjà de plus de 134 % du PIB et qui atteindra très vite cette année 156 points de PIB, est un sujet croissant d’inquiétude. Certes, la BCE rachètera massivement cette dette, au moins jusqu’à la fin de l’année. Mais pour l’avenir, le Fonds de relance européen devra aider à assurer la soutenabilité de l’économie italienne et à répondre à cette attente forte de solidarité.

«Si chaque pays est confronté à des situations particulières car chaque économie est différente, on distingue une séquence commune de réponse à la crise»

Quels conseils donnez-vous actuellement aux pays qui sont vos clients?

Nous travaillons actuellement avec une vingtaine de pays sur tous les continents. Leur première priorité est évidemment sanitaire. Pour le reste, si chaque pays est confronté à des situations particulières car chaque économie est différente, on distingue une séquence commune de trois phases de réponse à la crise.

Tout d’abord, une phase de liquidité, c’est-à-dire de soutien direct aux acteurs économiques pour qu’ils ne disparaissent pas, ainsi qu’aux ménages pour préserver leurs revenus. Cette phase implique parfois des mesures de contrôles des prix, des soutiens massifs aux entreprises comme dans le secteur aérien en France, voire des plans de nationalisations. Le recours au chômage partiel et les prêts garantis par l’État sont évidemment emblématiques de cette phase, tout comme le revenu universel qui va être lancé en Espagne ou la « monnaie hélicoptère ​» utilisée aux États-Unis.

Ensuite, une phase de solvabilité qui s’attachera à assurer ou à rétablir la soutenabilité des dettes – donc une phase de transition. Les mesures d’urgence seront progressivement à adapter tandis que les entreprises reprendront leur activité. L’Etat devra les accompagner avec un filet de sécurité pour limiter, autant que faire se peut, les licenciements dont certains seront malheureusement inévitables. L’Etat devra accompagner les citoyens dans cette situation précaire en travaillant à amorcer le troisième temps, créateur d’emplois, le plus rapidement possible.

Enfin, le temps de la reprise viendra. Ce sera aussi celui des choix qui seront à arrêter en fonction de la société que nous voulons. Quelles activités relancer et quelles chaînes de valeur relocaliser pour assurer plus d’autonomie stratégique dans un monde toujours plus incertain ? Faudra-t-il développer de nouveaux métiers, par exemple dans le domaine du soutien aux personnes âgées à domicile ou du numérique ​?

Les instruments de dettes et les entités qui les émettront devront être adaptés aux différentes étapes, de même que les plans de relance qui devront être cohérents pour créer durablement plus d’emplois.

«Le temps de la reprise viendra. Ce sera celui des choix à arrêter en fonction de la société que nous voulons. Quelles activités relancer, quelles chaînes de valeur relocaliser?»

Qui va payer les dettes demain?

La question de la dette mondiale mérite une mise en perspective. La dette était déjà difficilement soutenable avant la crise. Début 2020, elle dépassait 320 % du PIB mondial, soit 257 000 milliards de dollars, ce qui représente 50 % de plus qu’en 2008 en raison de taux d’intérêt anormalement bas. Or, les premières mesures budgétaires adoptées par les Etats dans le monde viennent d’ajouter, en seulement quelques semaines, 8 000 milliards de dollars à ce niveau déjà élevé de dette mondiale.

 

(Après un record à 322% du produit intérieur brut (PIB) fin 2019, la dette mondiale devrait atteindre 277 000 milliards de dollars fin 2020, soit 365% du PIB, selon l’Institute of International Finance (IIF) NDLR)

 

Dans ce contexte, l’accord trouvé par le G20   ne peut être que salué car le remboursement de cette dette ne doit pas passer avant les mesures d’urgence dans les pays en développement. Il prévoit une suspension des échéances de dette pour les pays à bas revenus jusqu’à la fin de l’année et a marqué une avancée historique puisqu’il concerne le Club de Paris comme la Chine, les autorités gouvernementales comme les créanciers privés. Cependant, ses modalités pratiques demandent encore à être clarifiées et nous accompagnons en ce moment de nombreux Etats afin qu’ils puissent bénéficier de ces mesures pour consacrer plus de moyens à leur lutte contre la pandémie.

Il faudra aussi, le moment venu, d’une manière ou d’une autre, se poser la question de l’opportunité de l’effacement d’une partie de ces dettes qui seront devenues, après la crise, probablement dans au moins une quarantaine de pays émergents ou en développement, insoutenables.

Est-ce que dans les autres pays, on remboursera par l’inflation, par l’impôt ? Sur quels agents cela pèsera-t-il ? Il faudra décider du partage de ce fardeau et ne pas le faire derrière des portes closes.

 

Endettement : l’Italie veut effacer la dette Covid !

Endettement : l’Italie veut effacer la dette Covid !

 

L’Italie a trouvé la solution financière pour boucher le trou de l’endettement. Il suffit tout simplement de supprimer la dette  Corona virus. Même la France dans la gestion n’est pas exemplaire n’appuie pas évidemment cette proposition fantaisiste de l’Italie. La dette structurelle était déjà très importante mais avec la crise sanitaire elle va encore gonfler pour atteindre environ 160 % du PIB italien soit 2700 milliards.

 

Il est clair que cette dette ne pourra être apurée en quelques années mais de la à faire défaut il y a un pas pourrait affecter la crédibilité de la monnaie européenne. S’il Italie et d’autres devaient s’engager dans cette voie, il est clair que cela provoquerait une chute conséquente et brutale de la monnaie européenne avec ses conséquences en termes d’inflation et de taux d’intérêt. Bref une position irresponsable qui ne risque pas d’être appuyée par d’autres pays même si effectivement il faudra le moment venu convenir des dispositions pour amortir sur une très longue période les énormes liquidités accordées par la banque centrale ( et les banques bien sûres). Le système financier italien est déjà très fragile et cette position politique pourrait signifier l’écroulement complet du système financier italien

Dette mondiale : 277.000 milliards de dollars

Dette mondiale : 277.000 milliards de dollars 

Selon l’Institut international de la finance (IIF), l’endettement mondial devrait atteindre un niveau sans précédent de 277.000 milliards de dollars (233.400 milliards d’euros) à la fin de l’année en raison des montants colossaux empruntés par les Etats et les entreprises pour faire face à la crise du coronavirus, conclut l’Institute of International Finance (IIF) dans une étude publiée mercredi.

L’IFF, qui regroupe plus de 400 banques et institutions financières du monde entier, estime que la dette globale avait déjà augmenté de 15.000 milliards de dollars fin septembre, à 272.000 milliards, une progression imputable pour près de la moitié aux Etats, principalement développés.

La dette globale des pays développés a ainsi bondi à 432% du produit intérieur brut (PIB) à la fin du troisième trimestre contre environ 380% fin 2019. Pour les pays émergents, ce ratio était proche de 250% fin septembre, et de 335% pour la Chine.

« Il y a d’importantes incertitudes sur la manière dont l’économie mondiale pourra se désendetter à l’avenir sans conséquences négatives importantes pour l’activité économique », estime l’IIF.

 

L’institut pourrait ajouter qu’une grande incertitude va peser sur l’avenir du système bancaire. En effet nombre d’établissements qui ont largement prêté à l’économie mais aussi aux états vont se retrouver face à une montagne d’actifs pourris.

 

La dette Coronavirus annulée en 2025 ? (Castex)

 

 

On se demande bien par quel miracle le Premier ministre assure que la dette contractée de la crise sanitaire de 2020 sera annulée en 2025. En effet, au cours de l’année 2020, la dette déjà considérable (autour de 100 % du PIB) est passé à 120 % du PIB. Soit autour de 450 milliards en plus. Cela supposerait une croissance exceptionnelle combinée un plan de réduction des dépenses publiques permettant ainsi de rembourser les emprunts contractés.

D’après l’INSEE, au 1er trimestre 2020 la dette publique française au sens que l’entendent les accords de Maastricht, s’élève à  2 438,5 milliards d’euros

 

La dette publique de la France se compose de 2 grands ensembles : la dette négociable et non négociable. La négociable comprends des titres émis sur les marchés obligataires par l’Agence France Trésor, qui peuvent être revendus sur un marché secondaire.

 

D’après l’Agence France Trésor, l’encours de la dette négociable de l’État au 31 mai 2020 se montait à plus de 1 929 milliards d’euros

.Au 31 mai 2020 la France a souscrit sa dette publique pour un taux moyen pondéré de -0,06 %. Au total global qui représente 120 % du PIB.

Au-delà des 40 milliards d’euros issus du plan de relance européen, le gouvernement compte sur la reprise de l’activité pour redresser la situation. Le seul problème c’est qu’il faudra déjà plusieurs années pour retrouver le niveau de fin 2019 concernant l’activité. C’est-à-dire en 2022 août 2023. Ensuite on risque de retrouver une croissance relativement mal comme celle constatée dans la tendance déjà de fin 2019.

D’après l’INSEE, au 1er trimestre 2020 la dette publique française au sens que l’entendent les accords de Maastricht, s’élève à  2 438,5 milliards d’euros.

La dette publique de la France se compose de 2 grands ensembles : la dette négociable et non négociable. La négociable comprends des titres émis sur les marchés obligataires par l’Agence France Trésor, qui peuvent être revendus sur un marché secondaire.

 

D’après l’Agence France Trésor, l’encours de la dette négociable de l’État au 31 mai 2020 se montait à plus de 1 929 milliards d’euros

 

 

« Une crise de la dette à grande échelle évitable ? »

« Une crise de la dette à grande échelle évitable ? »

Les analystes financiers Terry Chan et Alexandra Dimitrijevic estiment, dans leur chronique, que l’envolée de l’endettement mondial n’affecte que partiellement la solvabilité des agents économiques. Ils fondent  leurs pronostics sur l’hypothèse du maintien de taux d’intérêt bas. Or c’est le risque majeur quand la masse de liquidités est complètement décalée de la richesse réelle. En outre,  la certitude d’une reprise rapide même progressive n’est pas assurée car il faut prendre en compte les facteurs structurels d’évolution des modes de production et de consommation.

Chronique.

 

 Alors que les Etats, les entreprises et les ménages sont confrontés aux conséquences économiques de la pandémie de Covid-19, de nombreux observateurs tirent la sonnette d’alarme sur l’augmentation rapide de la dette à travers le monde. Le ratio dette/PIB de ces trois types d’emprunteurs devrait augmenter de 14 % en 2020, pour atteindre le niveau record de 265 %.

L’agence Standard & Poor’s (S&P) a abaissé la notation de crédit d’environ un cinquième des émetteurs de dette d’entreprise et de dette souveraine. Le nombre d’entreprises insolvables va probablement augmenter si, avant l’arrêt des mesures extraordinaires de relance budgétaire, les trésoreries et les bénéfices ne reviennent pas à leur niveau précédant la pandémie.

Le monde devrait toutefois connaître une reprise économique progressive, mais irrégulière, à condition que les facilités de financement soient maintenues dans un contexte de taux d’intérêt bas sur une longue période. Si l’on ajoute à cela le développement d’un vaccin d’ici à la mi-2021, la réduction des mesures de relance par les Etats, la réparation progressive des bilans des entreprises et la baisse des dépenses des ménages, l’endettement mondial devrait se stabiliser vers 2023.

Il faut également – et surtout – tenir compte de la capacité de remboursement des emprunteurs. Aujourd’hui, des mesures de relance budgétaire et monétaire sans précédent permettent de garder le robinet des liquidités ouvert pour les entreprises. Le coût du crédit est très favorable, et va probablement le rester longtemps, au moins jusqu’en 2023. Les écarts de crédit, resserrés par rapport à leur pic de mars, sont plus sensibles aux risques spécifiques des entreprises qu’aux risques du marché.

Pour l’essentiel, l’augmentation de la dette vise à créer les conditions d’une reprise économique qui améliore la capacité future de remboursement des emprunteurs. C’est particulièrement vrai pour les Etats qui cherchent à réduire l’impact économique de la pandémie par des mesures de relance budgétaire.

Solvabilité maintenue

A l’issue de la pandémie, l’endettement de tous les Etats aura augmenté, en particulier dans les pays développés. Néanmoins, ceux-ci ont maintenu jusqu’à présent leur solvabilité grâce à leur richesse, à la solidité de leurs marchés financiers et à leur flexibilité monétaire. Jusqu’à présent, S&P n’a abaissé la note d’aucun pays du G7. La plupart des déclassements de ces derniers mois ont touché les Etats de catégorie spéculative.

 

La dette publique à 120% du PIB….. Pour l’instant ( Le Maire)

La dette publique 120% du PIB….. Pour l’instant ( Le Maire)

En 2019 nous étions autour de 100 % du PIB pour la dette. Avec la crise sanitaire et le soutien ,  le gouvernement a d’abord envisagé 110 %. En fait,  on va passer à 120 % mais pour l’instant car rien n’indique qu’on pourra mettre fin rapidement au dispositif de sauvegarde socio- économiques. Le produit intérieur brut se monte à environ 2500 milliards or il convient d’ajouter 30 à 50 milliards supplémentaires décidés récemment au plan de soutien. D’autres mesures pourraient être encore nécessaires en novembre et en décembre et surtout début 2021 pour éviter un une vague de faillites. En 2021, on pourrait frôler les 130 à 140 % de dette par rapport aux produit intérieur brut.

Pour l’instant cet endettement n’a pas beaucoup d’incidence budgétaire puisse qu’on empreinte pratiquement à taux zéro. Le problème se posera nécessairement quand les taux d’intérêt vont reprendre. Pendant le confinement,  les pertes de richesse nationale atteignent de l’ordre de 60 à 90 milliards. La problématique est de trouver l’équilibre très fragile entre ce qui est tolérable comme endettement et comme perte de richesse nationale. Les quinze milliards d’euros supplémentaires annoncés jeudi par l’exécutif pour le seul mois de novembre “vont augmenter le niveau de la dette française”, avertit le ministre de l’Economie et des Finances dans cet entretien publié en ligne vendredi.

“Nous avions prévu pour 2020 un niveau d’endettement de 117,5% du PIB. Ce chiffre va passer à 119,8%”, ajoute-t-il. Un chiffre très provisoire sans doute car le ministre de l’économie lui-même ne connaît pas l’évolution de la crise sanitaire et l’ampleur des conséquences économiques.

La dette publique : à 114,1% du PIB

La dette publique :  à 114,1% du PIB

La dette publique française a gonflé fin juin à 114,1% du produit intérieur brut (PIB), soit 2.638,3 milliards d’euros, en hausse de 12,7 points par rapport à fin mars. C’est la plus forte augmentation trimestrielle depuis que l’Insee publie cet indicateur, en 1995, a-t-il rapporté vendredi.

« Une part de la progression de la dette (…) alimente la trésorerie des administrations publiques en forte augmentation », notamment pour répondre « à des besoins de financements futurs liés à la crise sanitaire », a expliqué l’Institut national de la statistique dans un communiqué.

La dette de l’Etat a notamment progressé de 113,4 milliards d’euros, détaille l’Insee, pour financer les mesures de chômage partiel, les reports de charges et compenser la baisse des recettes fiscales du fait de la chute de l’activité économique.

La dette des administrations de sécurité sociale (Acoss, Cades, Unédic, hôpitaux et Cnaf) augmente aussi fortement de 84,9 milliards d’euros, du fait des mesures de chômage partiel et des reports et des annulations de cotisations sociales décidées pour soutenir les entreprises en difficulté durant le confinement.

Enfin, la dette des administrations publiques locales (Apul) est également en hausse (+2,7 milliards), mais de façon moins importante.

Du fait de la crise du Covid-19 et des dépenses engagées, le gouvernement s’attend à ce que la dette s’envole à 117,5% du PIB cette année.

 

Economie– Dette : danger ou pas pour l’avenir ?

Economie– Dette : danger ou pas pour l’avenir ?

 

Trois étudiants de Sciences Po Lille répondent dans le Monde à trois jeunes diplômés d’HEC et de Sciences Po Paris s’inquiétant de la dette publique dont ils hériteraient. Cette inquiétude relèverait d’une mauvaise compréhension du rôle et des implications macroéconomiques de la dette. La preuve en tout cas que l’analyse économique n’est pas une science exacte et qu’elle est  aussi sans doute soumise à certaines approches idéologiques et au vent des modes. Notons qu’en dépit de taux très bas la France doit rembourser 40 milliards par an pour environ 2500 milliards d’endettement ( 100% du PIB).

Tribune. C’est par une phrase démontrant une grande méconnaissance de l’Etat que débute la tribune de nos trois camarades (« La génération confinement paiera pour les boomers », par Emmanuel Blézès, Yama Darriet, Charles Mazé, Le Monde du 6 septembre) : « Imaginez qu’on vous demande, à partir de vos 20 ans, de rembourser l’emprunt qui a permis à vos grands-parents d’acheter leur appartement. »

Cette logique comptable, applicable à juste titre au cas du ménage ou de l’entreprise mais pas à l’Etat, fait de lui un agent économique comme un autre, un « bon père de famille » qui doit s’endetter le moins possible.

Or la logique économique de l’Etat est tout autre, il n’a pas la même nature – là où les revenus d’un ménage déterminent ce qu’il peut dépenser, le monopole fiscal de l’Etat lui permet d’anticiper ses revenus futurs, et ses dépenses contribuent indirectement à la constitution de ses propres revenus −, ni les mêmes finalités –, ses leviers macroéconomiques doivent lui permettre de servir l’intérêt commun −, ni le même horizon temporel.

Ce dernier, chez les entreprises et les ménages, est limité à celui des individus qui les composent : c’est un horizon temporel fini. Or, dans le cas de l’Etat, il est théoriquement infini, une dette publique arrivant à son terme peut être remboursée en en contractant une autre sans crainte que l’Etat disparaisse entre-temps et fasse défaut, diminuant ainsi son impératif de remboursement.

En réalité, l’idée reçue courante selon laquelle les générations futures paieront pour les précédentes est fausse, et ce pour au moins deux raisons.

D’abord, l’Etat s’endette sur les marchés financiers en faisant « courir » ses créances : le remboursement de celles-ci n’incombera pas aux « générations futures » qui – luxe de ce bijou macroéconomique qu’est l’Etat – ne feront que contracter de nouvelles dettes pour rembourser les précédentes. Les contribuables de demain, comme ceux d’aujourd’hui, ne paieront, par l’intermédiaire du budget de l’Etat, que les intérêts de ces créances. »

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