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Dette publique: pourquoi ?

Dette publique: pourquoi ?

La France se débat face à une dette publique de plus en plus ingérable. Si d’autres pays comme l’Italie ou l’Espagne trouvent des solutions, pourquoi la France semble-t-elle paralysée ? Analyse des leviers possibles et des défis économiques à surmonter. Par Nicolas-Jean Brehon, Conseiller honoraire au Sénat, ancien membre de la commission des infractions fiscales.(dans la Tribune)

La France ne semble pas capable de réduire sa dette. Elle y est pourtant parvenue jadis. D’autres — le Portugal, l’Italie, la Grèce, l’Espagne —, y parviennent aujourd’hui. Mais la France est comme tétanisée, réduite aux appels à l’effort. Les engagements de trajectoires de redressement des finances publiques sont déclamés dans l’indifférence. Toutes les projections se sont révélées caduques sitôt publiées. La Cour des comptes a eu des phrases définitives dans son examen de la situation début 2025. « La dérive inédite des finances publiques s’est accentuée ». Pourquoi tant de difficultés ?

L’histoire économique enseigne qu’il y a plusieurs leviers pour faire baisser la dette. Agir sur le stock, sur le contexte, sur le flux. Tous ont été utilisés, mais très peu sont pertinents aujourd’hui.

Le levier le plus direct consiste à agir sur le stock, c’est-à-dire sur le montant.

Un levier lui-même divisé en trois moyens.

Rembourser la dette en vendant ses actifs. Vendre les biens du clergé et des émigrés pendant la Révolution, privatiser les grandes entreprises nationales ou les infrastructures aujourd’hui. C’est la solution qui vient spontanément à l’esprit et qui est venue aux experts du FMI, de la Banque centrale européenne (BCE) et de l’Union européenne imposant les privatisations à la Grèce en 2008. Pour un résultat plus que décevant. Privatiser un port ou un aéroport, passe encore, privatiser la distribution d’eau au profit d’un groupe étranger ne fait que provoquer des manifestations. Et puis, les privatisations rapportent très peu. On ne vend jamais bien lorsqu’on est obligé de vendre. En outre, la France a privatisé des dizaines de sociétés depuis 1986. Elle n’a presque plus rien à vendre.

Annuler la dette. La banqueroute fut jadis l’acte d’autorité du souverain qui ne s’en privait pas (une dizaine de banqueroutes sous la monarchie). La faillite des États existe toujours en Amérique latine. Mais elle n’est plus décidée arbitrairement et doit être négociée. Avec nos partenaires européens ? Sûrement ! Et puis la BCE a dit qu’elle cessait les rachats de dette.

Restructurer la dette. C’est la solution grecque de 2008 : les créanciers abandonnent une partie de leurs créances soit en effaçant la dette soit en allongeant sa durée ou en diminuant les taux. Une solution qu’il ne faut pas sous-estimer sous la forme d’un emprunt forcé qui permettrait de substituer des citoyens français aux prêteurs internationaux s’ils venaient à manquer. L’emprunt obligatoire a été utilisé en 1983 et concernait alors les contribuables qui payaient plus de 5000 francs d’impôt sur le revenu. Les Français ont un quasi-record d’épargne (avec un encours d’assurance vie de 2000 milliards d’euros) et beaucoup occupent même des appartements trop grands pour eux… Une curieuse étude de l’INSEE qui n’augure rien de bon (Un quart des ménages vivent dans un logement en sous-occupation très accentuée, Insee première 2064, 8 juillet 2025). Une clientèle toute trouvée pour un emprunt forcé ? De là à atteindre 3300 milliards…

Le levier le plus indirect est d’agir sur l’environnement économique.

Renouer avec la croissance. C’est évidemment le levier vertueux. Croissance signifie plus de rentrées fiscales et l’arrêt des emprunts. Une perspective illusoire en France comme dans la plupart des pays de l’UE tant la croissance est y atone depuis longtemps. Voilà vingt ans que les discours évoquent le retour de la croissance. Qui croira encore à ce genre de sornettes ? Les prévisions de croissance en France, revues à la baisse, sont parmi les plus mauvaises de l’UE (0,6 % annoncé en 2025)…

Accepter l’inflation. C’est le moyen le plus discret de faire baisser la dette. L’inflation ou l’euthanasie des rentiers disait Keynes. Une méthode insidieuse, mais très pratiquée après les guerres. Que pèsent les coupons et les remboursements lorsque les prix ont été multipliés par 10, 20, 50 ? 10, 20, 50 fois moins. En France, le retour de l’inflation est peu probable moins du fait du contrôle de la BCE qui a pour mission de maintenir la stabilité des prix, que sous l’effet de la concurrence internationale qui pèse sur les prix. Et puis c’est l’un des rares motifs de satisfaction avec une inflation globalement moins élevée en France qu’en Europe, un petit avantage par rapport aux concurrents dont les prix augmentent. Alors, l’inflation pour réduire la dette ? Oublions.

Reste le levier intermédiaire : agir sur le flux qui entretient la dette, c’est-à-dire sur le déficit annuel.

Réduire le déficit public, premier carburant de la dette, et plus précisément le déficit primaire, c’est-à-dire hors charge des intérêts (largement imposée par les marchés et accessoirement par les agences de notations). Un levier lui-même divisé en deux moyens.

Améliorer les recettes publiques. En France, pas question d’instituer de nouvel impôt. La hausse des taux de TVA (le choix de l’Espagne et du Portugal) qui offre un bon rendement budgétaire (relever le taux normal de 20 à 21 % représenterait 6,5 milliards d’euros) est trop conflictuelle. En revanche, il existe des pistes pour améliorer les rentrées fiscales sans bouleverser la législation : réduire les niches fiscales (les 474 dispositifs coûtent 85 milliards d’euros), supprimer l’abattement de 10 % des retraites les plus élevées, élargir l’assiette de l’impôt sur la fortune, supprimer un jour férié, mieux lutter contre la fraude fiscale, qui touche toutes les catégories sociales et professionnelles… La panoplie est large. Mais la réforme ne peut réussir que si chaque catégorie a l’impression que les autres payent aussi. La fiscalité est étroitement corrélée avec la justice et l’égalité, deux totems français.

Réduire la dépense. Cette fois, on arrive à l’os. Pas de réduction de dette sans coupes franches. Quelques exemples : gel (Espagne) voire réduction (Portugal, Irlande) des traitements des fonctionnaires, réduction des pensions (Grèce), réduction du nombre d’agents publics (Portugal), augmentation du temps de travail (Irlande), suppression des 13e mois (Portugal), durcissement des conditions des départs anticipés (Italie)… Quand certains y vont à la tronçonneuse, la France décide du rabot ou de la lime à ongles. Les centaines d’idées qui circulent dans tous les cafés de France sont sans rapport avec l’enjeu financier (les agences, les voitures et les gardes du corps des ministres, etc.). Les vraies pistes, les réformes « structurelles », exigent une force au sens propre comme au sens figuré qu’en France, aucun gouvernement ne pourra employer sans risque. La réforme de l’État s’est arrêtée à la suppression de l’ENA ! Une fanfaronnade démagogue (l’Ena supprimée comme une tête au bout d’une pique, Slate 2 mai 2019). Il faudrait oser réformer le statut de la fonction publique pour une partie des agents de l’État. Un statut qui engage les finances de l’État pour 60 ans (activité et pensions) est devenu absurde dans un grand nombre de cas. Recruter un agent public dont le traitement va augmenter automatiquement à l’ancienneté tous les deux ans (par le changement d’indice) et presque automatiquement tous les cinq ou sept ans (par le changement de grade) pour finir en apothéose avec des fonctionnaires anciens qui sont mieux payés sous prétexte qu’ils sont vieux et que cela va compter pour leur retraite ? Sans compter que le rendement baisse sérieusement dans les dernières années. L’armée a trouvé la solution des carrières courtes. Mais toucher au statut, c’est évidemment mettre des millions d’agents publics dans la rue. Qui osera affronter la rue ?

Le Premier ministre pyrénéen se voit attaquer l’Himalaya. Mais il risque de s’arrêter au premier camp de base du débat budgétaire. Face à la curée qui s’annonce, le président de la République quitterait ses fonctions avant le terme de son mandat. Le suivant, qu’il s’agisse de celui chargé de l’intérim ou du nouvel élu, ne peut être qu’un président de sacrifice. En politique, c’est plutôt rare. Mais la patrie serait reconnaissante.

Une part croissante de la dépense publique pour soutenir l’activité marchande

Une part croissante de la dépense publique pour soutenir l’activité marchande ?


« Une part croissante de la dépense publique soutient l’activité marchande plutôt que l’éducation, la santé, le logement ou l’environnement »; par Anne-Laure Delatte,Directrice de recherche au CNRS dans Le Monde

En France, les aides publiques aux entreprises ont triplé depuis 1979. A l’heure où le gouvernement cherche désespérément 40 milliards d’euros, elles sont l’angle mort du débat budgétaire, affirme l’économiste Anne-Laure Delatte, dans une tribune au « Monde ».

Alors que la commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux grandes entreprises a rendu ses conclusions mardi 8 juillet, la question de leur ampleur, de leur efficacité et de leur pilotage est loin d’occuper la place qu’elle devrait dans le débat budgétaire. Et pourtant, les auditions menées ces derniers mois ont confirmé un constat largement partagé par les chercheurs comme par les administrations : ces aides sont nombreuses, peu lisibles et rarement évaluées. Leur poids dans les finances publiques, comme leur rôle dans les orientations économiques du pays justifieraient un examen bien plus soutenu.

L’une des raisons tient à leur nature. Une grande partie des aides publiques aux grandes entreprises ne prend pas la forme de subventions directes, mais passe par des avantages fiscaux (comme les allègements d’impôt) ou des exonérations de cotisations sociales. Ces dispositifs ne donnent pas lieu à des versements : ce sont des recettes que l’Etat ou la Sécurité sociale choisissent de ne pas percevoir. Résultat : ils n’apparaissent pas comme des dépenses dans les documents budgétaires, et échappent en grande partie au débat public – alors même qu’ils représentent une forme de dépense à part entière.

Notre étude, publiée cette semaine dans la Revue d’économie politique (Abdelsalam, Delatte, Guillaume, 2025), propose pour la première fois une estimation globale et historique de ces aides indirectes. Elles n’avaient jusqu’ici jamais été rassemblées en un seul endroit, dans une perspective historique permettant d’en suivre l’évolution et d’en apprécier les tendances de long terme. En exploitant quarante-cinq ans d’archives économiques et financières, nous mettons en lumière trois faits marquants.

D’abord, leur ampleur : en moyenne, plus de 90 milliards d’euros d’avantages fiscaux et d’exonérations sociales sont accordés chaque année aux entreprises. En 2022, cela représentait plus de 110 milliards d’euros de recettes non perçues. Pour 100 euros d’impôt sur les sociétés théoriquement dus, seuls 70 sont effectivement collectés. Pour 100 euros de cotisations sociales dues, la Sécurité sociale n’en reçoit que 84. Ces soutiens indirects représentent désormais près de 60 % de l’ensemble des aides.

« Dette publique: le prix de l’inaction » (Michel Santi)

« Dette publique: le prix de l’inaction » (Michel Santi)


Face aux limites du financement public traditionnel, la France doit repenser en profondeur sa stratégie de soutenabilité de la dette. L’heure n’est plus à l’austérité aveugle, mais à l’investissement stratégique. En mobilisant une fraction de l’épargne longue, l’État pourrait financer sa transformation économique, préserver sa souveraineté et restaurer la confiance sans impôt nouveau ni contrainte brutale. Une réponse inédite à un défi historique. Par Michel Santi, économiste (*) dans la Tribune

Le débat sur la dette souveraine ne peut plus ignorer cette vérité simple, à savoir qu’une dette n’est soutenable que dans une économie capable de croître et de se moderniser. Rien n’est plus crédible qu’un pays qui investit pour éviter le déclin. En outre, que privilégier la qualité de la dépense plutôt que d’être sempiternellement braqué sur des objectifs chiffrés permet de relancer l’économie en préservant la soutenabilité de la dette publique. En effet, le choix n’est pas entre rigueur et laxisme, mais entre deux trajectoires budgétaires.

Une économie non transformée est une économie qui décroche, qui perd sa base productive, sa capacité à créer de la richesse. L’effet est mécanique sur les recettes fiscales, donc sur la capacité à honorer la dette publique. Toutes choses égales par ailleurs, une contraction durable du PIB entraîne à son tour une contraction équivalente des recettes publiques. Un pays peut respecter formellement les règles budgétaires tout en voyant sa dette devenir insoutenable, parce que son économie stagne ou décline. À cette aune, il devient urgent de revoir notre cadre de pensée, car le niveau de dette élevé n’est pas problématique en soi à condition qu’il soit au service de l’investissement productif. Ce n’est pas le chiffre qui importe, mais l’usage de la dépense, car il est impératif — et même vital — d’investir pour moderniser, pour protéger et pour renforcer l’économie, au lieu de se borner à réduire les ratios au prix d’un affaiblissement sans retour.

Notre choix, en France, n’est pas entre rigueur et laxisme, mais entre investissement stratégique et déclin assuré. Ce n’est pas la dette qui menace notre avenir, c’est notre incapacité à financer notre transformation collective. Redonner à l’action publique les moyens de jouer son rôle — y compris, et surtout, via des outils aujourd’hui écartés par principe — est une nécessité stratégique, car une dette élevée peut être soutenable dans une économie forte. L’inverse n’est pas vrai. Notre pays doit investir massivement dans deux objectifs cruciaux, autant l’un que l’autre : redresser sa compétitivité, préserver sa souveraineté. Estimés autour de 100 milliards d’euros par an, ces besoins dépassent les capacités des financements publics traditionnels, contraints par les règles européennes et par une dette publique déjà très élevée.

Les 2 000 milliards d’euros immobilisés dans les contrats d’assurance-vie, dont 1 400 milliards en fonds euros à faible rendement. Ce placement, peu productif, offre aux épargnants un rendement réel proche de zéro (environ 2 % face à une inflation de 2 % en 2024), majoritairement investi dans des obligations d’État, d’entreprises, voire sur des supports boursiers. Cette épargne doit pouvoir financer des projets stratégiques nationaux sur 10 à 15 ans. Contrairement aux livrets réglementés ou aux dépôts bancaires, l’assurance-vie est un placement de long terme, dont les souscripteurs acceptent et ont déjà intégré l’illiquidité relative.

Un emprunt national obligatoire, ciblant 5 % des encours d’assurance-vie chaque année, pendant 5 ans, permettra de mobiliser progressivement une part significative de cette épargne longue, soit au total 25 % des encours, soit environ 500 milliards d’euros. Cette mobilisation étalée dans le temps — environ 100 milliards d’euros par an — garantira une transition douce, sans brusquer les marchés ni les épargnants, tout en finançant des projets essentiels à la modernisation et à la souveraineté nationale.

Émis avec un rendement attractif de 4 % par an, garanti par l’État, absolument pas assimilable à un nouvel impôt ou à une ponction sur les revenus, cet emprunt réorientera temporairement une fraction limitée de l’épargne longue, sans affecter les liquidités des ménages. Ses modalités garantiront équité et sécurité, car des clauses permettront des retraits en cas de décès ou achat d’une résidence principale. Un fonds supervisé par un comité de professionnels, sélectionnés parmi le privé et le secteur public, assurera enfin l’affectation des fonds à des projets stratégiques. Comme l’urgence impose des solutions non conventionnelles, que la mobilisation volontaire est trop lente et incertaine dans un contexte où le temps joue contre l’intérêt public, que la solidarité nationale implique que l’effort soit réparti équitablement, sans ponction directe des revenus, sans impôt nouveau, sans casser les contrats d’épargne, une réorientation temporaire et obligatoire d’un pourcentage limité de ces contrats est de mise.

Le remboursement de cet emprunt national obligatoire reposera d’abord sur l’effet moteur des investissements réalisés. En finançant des infrastructures critiques, la modernisation industrielle, le numérique, l’intelligence artificielle et la défense, ces projets génèreront une croissance économique durable. Cette dynamique se traduira par une augmentation sensible des recettes fiscales — impôts sur les sociétés, TVA, impôt sur le revenu — qui permettront à terme de rembourser l’emprunt sans pression accrue sur les comptes publics. Par ailleurs, pour renforcer la sécurité des souscripteurs, une partie des retours économiques sera affectée à la création d’une réserve dédiée, qui constituera un matelas financier garantissant le remboursement anticipé, assurant confiance des épargnants et stabilité du dispositif. Enfin, une mesure innovante viendra compléter ces garanties : en échange de la mobilisation de 25 % des montants prêtés, l’État transmettra aux contrats d’assurance-vie une part minoritaire d’actions ou titres issus des entreprises financées. Ces titres bénéficieront d’un prix minimum de revente garanti, offrant aux épargnants une double sécurité — un rendement financier assuré via les coupons d’emprunt et une valorisation patrimoniale potentielle liée à la performance des actifs sous-jacents. Cette approche hybride permettra de renforcer l’attractivité du dispositif tout en alignant les intérêts des investisseurs privés avec la réussite économique des projets stratégiques financés.

La France a fait preuve par le passé de sa capacité à mobiliser sa population pour relever les défis historiques. Ce qui est en jeu aujourd’hui n’est pas simplement notre équilibre budgétaire, mais notre souveraineté économique, la résilience de notre modèle social, la capacité de notre pays à rester maître de son destin. Mobiliser 5 % par an des encours d’assurance-vie n’est ni une spoliation ni une mesure de contrainte aveugle. C’est un acte de raison, de justice et d’intérêt général. Refuser cette solution aujourd’hui, c’est accepter la dépendance extérieure de notre pays, nettement plus coûteuse à tous les niveaux.

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(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales, écrivain. Il publie aux Editions Favre « Une jeunesse levantine », Préface de Gilles Kepel. Son fil Twitter.

« Dette publique: le prix de l’inaction » (Michel Santi)

« Dette publique: le prix de l’inaction » (Michel Santi)


Face aux limites du financement public traditionnel, la France doit repenser en profondeur sa stratégie de soutenabilité de la dette. L’heure n’est plus à l’austérité aveugle, mais à l’investissement stratégique. En mobilisant une fraction de l’épargne longue, l’État pourrait financer sa transformation économique, préserver sa souveraineté et restaurer la confiance sans impôt nouveau ni contrainte brutale. Une réponse inédite à un défi historique. Par Michel Santi, économiste (*) dans la Tribune

Le débat sur la dette souveraine ne peut plus ignorer cette vérité simple, à savoir qu’une dette n’est soutenable que dans une économie capable de croître et de se moderniser. Rien n’est plus crédible qu’un pays qui investit pour éviter le déclin. En outre, que privilégier la qualité de la dépense plutôt que d’être sempiternellement braqué sur des objectifs chiffrés permet de relancer l’économie en préservant la soutenabilité de la dette publique. En effet, le choix n’est pas entre rigueur et laxisme, mais entre deux trajectoires budgétaires.

Une économie non transformée est une économie qui décroche, qui perd sa base productive, sa capacité à créer de la richesse. L’effet est mécanique sur les recettes fiscales, donc sur la capacité à honorer la dette publique. Toutes choses égales par ailleurs, une contraction durable du PIB entraîne à son tour une contraction équivalente des recettes publiques. Un pays peut respecter formellement les règles budgétaires tout en voyant sa dette devenir insoutenable, parce que son économie stagne ou décline. À cette aune, il devient urgent de revoir notre cadre de pensée, car le niveau de dette élevé n’est pas problématique en soi à condition qu’il soit au service de l’investissement productif. Ce n’est pas le chiffre qui importe, mais l’usage de la dépense, car il est impératif — et même vital — d’investir pour moderniser, pour protéger et pour renforcer l’économie, au lieu de se borner à réduire les ratios au prix d’un affaiblissement sans retour.

Notre choix, en France, n’est pas entre rigueur et laxisme, mais entre investissement stratégique et déclin assuré. Ce n’est pas la dette qui menace notre avenir, c’est notre incapacité à financer notre transformation collective. Redonner à l’action publique les moyens de jouer son rôle — y compris, et surtout, via des outils aujourd’hui écartés par principe — est une nécessité stratégique, car une dette élevée peut être soutenable dans une économie forte. L’inverse n’est pas vrai. Notre pays doit investir massivement dans deux objectifs cruciaux, autant l’un que l’autre : redresser sa compétitivité, préserver sa souveraineté. Estimés autour de 100 milliards d’euros par an, ces besoins dépassent les capacités des financements publics traditionnels, contraints par les règles européennes et par une dette publique déjà très élevée.

Les 2 000 milliards d’euros immobilisés dans les contrats d’assurance-vie, dont 1 400 milliards en fonds euros à faible rendement. Ce placement, peu productif, offre aux épargnants un rendement réel proche de zéro (environ 2 % face à une inflation de 2 % en 2024), majoritairement investi dans des obligations d’État, d’entreprises, voire sur des supports boursiers. Cette épargne doit pouvoir financer des projets stratégiques nationaux sur 10 à 15 ans. Contrairement aux livrets réglementés ou aux dépôts bancaires, l’assurance-vie est un placement de long terme, dont les souscripteurs acceptent et ont déjà intégré l’illiquidité relative.

Un emprunt national obligatoire, ciblant 5 % des encours d’assurance-vie chaque année, pendant 5 ans, permettra de mobiliser progressivement une part significative de cette épargne longue, soit au total 25 % des encours, soit environ 500 milliards d’euros. Cette mobilisation étalée dans le temps — environ 100 milliards d’euros par an — garantira une transition douce, sans brusquer les marchés ni les épargnants, tout en finançant des projets essentiels à la modernisation et à la souveraineté nationale.

Émis avec un rendement attractif de 4 % par an, garanti par l’État, absolument pas assimilable à un nouvel impôt ou à une ponction sur les revenus, cet emprunt réorientera temporairement une fraction limitée de l’épargne longue, sans affecter les liquidités des ménages. Ses modalités garantiront équité et sécurité, car des clauses permettront des retraits en cas de décès ou achat d’une résidence principale. Un fonds supervisé par un comité de professionnels, sélectionnés parmi le privé et le secteur public, assurera enfin l’affectation des fonds à des projets stratégiques. Comme l’urgence impose des solutions non conventionnelles, que la mobilisation volontaire est trop lente et incertaine dans un contexte où le temps joue contre l’intérêt public, que la solidarité nationale implique que l’effort soit réparti équitablement, sans ponction directe des revenus, sans impôt nouveau, sans casser les contrats d’épargne, une réorientation temporaire et obligatoire d’un pourcentage limité de ces contrats est de mise.

Le remboursement de cet emprunt national obligatoire reposera d’abord sur l’effet moteur des investissements réalisés. En finançant des infrastructures critiques, la modernisation industrielle, le numérique, l’intelligence artificielle et la défense, ces projets génèreront une croissance économique durable. Cette dynamique se traduira par une augmentation sensible des recettes fiscales — impôts sur les sociétés, TVA, impôt sur le revenu — qui permettront à terme de rembourser l’emprunt sans pression accrue sur les comptes publics. Par ailleurs, pour renforcer la sécurité des souscripteurs, une partie des retours économiques sera affectée à la création d’une réserve dédiée, qui constituera un matelas financier garantissant le remboursement anticipé, assurant confiance des épargnants et stabilité du dispositif. Enfin, une mesure innovante viendra compléter ces garanties : en échange de la mobilisation de 25 % des montants prêtés, l’État transmettra aux contrats d’assurance-vie une part minoritaire d’actions ou titres issus des entreprises financées. Ces titres bénéficieront d’un prix minimum de revente garanti, offrant aux épargnants une double sécurité — un rendement financier assuré via les coupons d’emprunt et une valorisation patrimoniale potentielle liée à la performance des actifs sous-jacents. Cette approche hybride permettra de renforcer l’attractivité du dispositif tout en alignant les intérêts des investisseurs privés avec la réussite économique des projets stratégiques financés.

La France a fait preuve par le passé de sa capacité à mobiliser sa population pour relever les défis historiques. Ce qui est en jeu aujourd’hui n’est pas simplement notre équilibre budgétaire, mais notre souveraineté économique, la résilience de notre modèle social, la capacité de notre pays à rester maître de son destin. Mobiliser 5 % par an des encours d’assurance-vie n’est ni une spoliation ni une mesure de contrainte aveugle. C’est un acte de raison, de justice et d’intérêt général. Refuser cette solution aujourd’hui, c’est accepter la dépendance extérieure de notre pays, nettement plus coûteuse à tous les niveaux.

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(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales, écrivain. Il publie aux Editions Favre « Une jeunesse levantine », Préface de Gilles Kepel. Son fil Twitter.

Sondage dette publique : 92% pour la réduction des dépenses de l’État

Sondage dette publique : 92% pour la réduction des dépenses de l’État


Selon un sondage CSA pour CNEWS, Europe 1 et le Journal du Dimanche, publié ce mercredi 28 mai, 92% des Français estiment que l’État doit diminuer son train de vie pour lutter contre le déficit budgétaire.

Alors que le Premier ministre, François Bayrou, doit présenter au début du mois de juillet un «plan pluriannuel» de redressement du budget de l’Etat qui «va demander un effort à tous les Français», un sondage* CSA pour CNEWS, Europe 1 et le JDD révèle que 92% des Français estiment que l’État doit d’abord diminuer son train de vie pour lutter contre le déficit budgétaire.

Cela supposerait sans doute une réduction assez drastique du nombre de fonctionnaires nationaux et locaux eu égard à la dérive des coûts que cela représente mais surtout eu égard aux complexités administratives et dépenses financières qu’ils génèrent. Bref une sorte de révolution copernicienne en France où la puissance publique se croit contrainte d’intervenir sur tout tant au plan national qu’au plan le plus local ( exemple avec les hordes d’employés et de structures dans les collectivités locales ).

« Dette publique: le prix de l’inaction » (Michel Santi)

« Dette publique: le prix de l’inaction » (Michel Santi)


Face aux limites du financement public traditionnel, la France doit repenser en profondeur sa stratégie de soutenabilité de la dette. L’heure n’est plus à l’austérité aveugle, mais à l’investissement stratégique. En mobilisant une fraction de l’épargne longue, l’État pourrait financer sa transformation économique, préserver sa souveraineté et restaurer la confiance sans impôt nouveau ni contrainte brutale. Une réponse inédite à un défi historique. Par Michel Santi, économiste (*) dans la Tribune

Le débat sur la dette souveraine ne peut plus ignorer cette vérité simple, à savoir qu’une dette n’est soutenable que dans une économie capable de croître et de se moderniser. Rien n’est plus crédible qu’un pays qui investit pour éviter le déclin. En outre, que privilégier la qualité de la dépense plutôt que d’être sempiternellement braqué sur des objectifs chiffrés permet de relancer l’économie en préservant la soutenabilité de la dette publique. En effet, le choix n’est pas entre rigueur et laxisme, mais entre deux trajectoires budgétaires.

Une économie non transformée est une économie qui décroche, qui perd sa base productive, sa capacité à créer de la richesse. L’effet est mécanique sur les recettes fiscales, donc sur la capacité à honorer la dette publique. Toutes choses égales par ailleurs, une contraction durable du PIB entraîne à son tour une contraction équivalente des recettes publiques. Un pays peut respecter formellement les règles budgétaires tout en voyant sa dette devenir insoutenable, parce que son économie stagne ou décline. À cette aune, il devient urgent de revoir notre cadre de pensée, car le niveau de dette élevé n’est pas problématique en soi à condition qu’il soit au service de l’investissement productif. Ce n’est pas le chiffre qui importe, mais l’usage de la dépense, car il est impératif — et même vital — d’investir pour moderniser, pour protéger et pour renforcer l’économie, au lieu de se borner à réduire les ratios au prix d’un affaiblissement sans retour.

Notre choix, en France, n’est pas entre rigueur et laxisme, mais entre investissement stratégique et déclin assuré. Ce n’est pas la dette qui menace notre avenir, c’est notre incapacité à financer notre transformation collective. Redonner à l’action publique les moyens de jouer son rôle — y compris, et surtout, via des outils aujourd’hui écartés par principe — est une nécessité stratégique, car une dette élevée peut être soutenable dans une économie forte. L’inverse n’est pas vrai. Notre pays doit investir massivement dans deux objectifs cruciaux, autant l’un que l’autre : redresser sa compétitivité, préserver sa souveraineté. Estimés autour de 100 milliards d’euros par an, ces besoins dépassent les capacités des financements publics traditionnels, contraints par les règles européennes et par une dette publique déjà très élevée.

Les 2 000 milliards d’euros immobilisés dans les contrats d’assurance-vie, dont 1 400 milliards en fonds euros à faible rendement. Ce placement, peu productif, offre aux épargnants un rendement réel proche de zéro (environ 2 % face à une inflation de 2 % en 2024), majoritairement investi dans des obligations d’État, d’entreprises, voire sur des supports boursiers. Cette épargne doit pouvoir financer des projets stratégiques nationaux sur 10 à 15 ans. Contrairement aux livrets réglementés ou aux dépôts bancaires, l’assurance-vie est un placement de long terme, dont les souscripteurs acceptent et ont déjà intégré l’illiquidité relative.

Un emprunt national obligatoire, ciblant 5 % des encours d’assurance-vie chaque année, pendant 5 ans, permettra de mobiliser progressivement une part significative de cette épargne longue, soit au total 25 % des encours, soit environ 500 milliards d’euros. Cette mobilisation étalée dans le temps — environ 100 milliards d’euros par an — garantira une transition douce, sans brusquer les marchés ni les épargnants, tout en finançant des projets essentiels à la modernisation et à la souveraineté nationale.

Émis avec un rendement attractif de 4 % par an, garanti par l’État, absolument pas assimilable à un nouvel impôt ou à une ponction sur les revenus, cet emprunt réorientera temporairement une fraction limitée de l’épargne longue, sans affecter les liquidités des ménages. Ses modalités garantiront équité et sécurité, car des clauses permettront des retraits en cas de décès ou achat d’une résidence principale. Un fonds supervisé par un comité de professionnels, sélectionnés parmi le privé et le secteur public, assurera enfin l’affectation des fonds à des projets stratégiques. Comme l’urgence impose des solutions non conventionnelles, que la mobilisation volontaire est trop lente et incertaine dans un contexte où le temps joue contre l’intérêt public, que la solidarité nationale implique que l’effort soit réparti équitablement, sans ponction directe des revenus, sans impôt nouveau, sans casser les contrats d’épargne, une réorientation temporaire et obligatoire d’un pourcentage limité de ces contrats est de mise.

Le remboursement de cet emprunt national obligatoire reposera d’abord sur l’effet moteur des investissements réalisés. En finançant des infrastructures critiques, la modernisation industrielle, le numérique, l’intelligence artificielle et la défense, ces projets génèreront une croissance économique durable. Cette dynamique se traduira par une augmentation sensible des recettes fiscales — impôts sur les sociétés, TVA, impôt sur le revenu — qui permettront à terme de rembourser l’emprunt sans pression accrue sur les comptes publics. Par ailleurs, pour renforcer la sécurité des souscripteurs, une partie des retours économiques sera affectée à la création d’une réserve dédiée, qui constituera un matelas financier garantissant le remboursement anticipé, assurant confiance des épargnants et stabilité du dispositif. Enfin, une mesure innovante viendra compléter ces garanties : en échange de la mobilisation de 25 % des montants prêtés, l’État transmettra aux contrats d’assurance-vie une part minoritaire d’actions ou titres issus des entreprises financées. Ces titres bénéficieront d’un prix minimum de revente garanti, offrant aux épargnants une double sécurité — un rendement financier assuré via les coupons d’emprunt et une valorisation patrimoniale potentielle liée à la performance des actifs sous-jacents. Cette approche hybride permettra de renforcer l’attractivité du dispositif tout en alignant les intérêts des investisseurs privés avec la réussite économique des projets stratégiques financés.

La France a fait preuve par le passé de sa capacité à mobiliser sa population pour relever les défis historiques. Ce qui est en jeu aujourd’hui n’est pas simplement notre équilibre budgétaire, mais notre souveraineté économique, la résilience de notre modèle social, la capacité de notre pays à rester maître de son destin. Mobiliser 5 % par an des encours d’assurance-vie n’est ni une spoliation ni une mesure de contrainte aveugle. C’est un acte de raison, de justice et d’intérêt général. Refuser cette solution aujourd’hui, c’est accepter la dépendance extérieure de notre pays, nettement plus coûteuse à tous les niveaux.

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(*) Michel Santi est macro-économiste, spécialiste des marchés financiers et des banques centrales, écrivain. Il publie aux Editions Favre « Une jeunesse levantine », Préface de Gilles Kepel. Son fil Twitter.

Comptes publics: Dérapage des coûts de la fonction publique

Comptes publics: Dérapage des coûts de la fonction publique


Les fonctionnaires ont coûté quelque 107 milliards d’euros à l’État en 2024. Soit une masse salariale « en hausse de 6,7 % par rapport à 2023, alors que l’inflation en 2024 (2 %) a nettement reflué par rapport à 2023 », écrit Matignon, dans un courrier envoyé à tous les ministres ce jeudi 24 avril.Preuve supplémentaire que les dérapages des coûts de l’État ne sont maîtrisés par personne .

« En cohérence avec nos engagements en faveur du redressement des finances publiques, la maîtrise des dépenses de masse salariale doit donc impérativement être renforcée », avance la circulaire, qui en profite pour imposer une piqûre de rappel aux ministères quant aux « règles fondamentales qui doivent être respectées dans le cadre de l’exécution en matière d’emplois et de masse salariale ».

Dérapage des coûts de la fonction publique

Dérapage des coûts de la fonction publique


Les fonctionnaires ont coûté quelque 107 milliards d’euros à l’État en 2024. Soit une masse salariale « en hausse de 6,7 % par rapport à 2023, alors que l’inflation en 2024 (2 %) a nettement reflué par rapport à 2023 », écrit Matignon, dans un courrier envoyé à tous les ministres ce jeudi 24 avril.Preuve supplémentaire que les dérapages des coûts de l’État ne sont maîtrisés par personne .

« En cohérence avec nos engagements en faveur du redressement des finances publiques, la maîtrise des dépenses de masse salariale doit donc impérativement être renforcée », avance la circulaire, qui en profite pour imposer une piqûre de rappel aux ministères quant aux « règles fondamentales qui doivent être respectées dans le cadre de l’exécution en matière d’emplois et de masse salariale ».

Dette publique : toujours un nouveau record

Dette publique : toujours un nouveau record

Il est compréhensible que la dette publique française ne cesse d’augmenter pour atteindre encore un nouveau record de 3305 milliards d’euros soit 113% du PIB, annonce l’Insee. En trois mois, la dette a augmenté de près de 4 milliards d’euros, contre 71,7 milliards d’euros sur la période précédente.

L’augmentation de la dette est d’une certaine masse façon mécanique et va continuer compte tenu des déficits budgétaires qui viennent l’alimenter. Un déficit budgétaire en 2024 qui aura atteint près de 6 % quand il ne devrait pas dépasser 3 %. Un objectif qu’on espère seulement atteindre en 2029.

Tout dépendra évidemment des résultats budgétaires, de la croissance, des recettes fiscales et du niveau de dépenses. L’environnement géopolitique risque de rendre encore plus difficile l’objectif de 3 % de déficit budgétaire avec la nécessité d’augmenter de façon sensible les moyens consacrés à la défense.

Fonction publique : encore mouvement fourre-tout ?

Fonction publique : encore mouvement fourre-tout ?

La CGT notamment promet un mouvement le 3 avril des fonctionnaires.

La CGT, l’Unsa, la FSU et Solidaires «refusent que les services publics et les agents publics soient sacrifiés sous le joug de contraintes budgétaires qui seraient appelées par la mise en œuvre d’une possible “économie de guerre” sur le dos des personnels et des usagers», peut-on lire dans un communiqué commun.

Ce mouvement se veut une «alerte» lancée au gouvernement. «D’autres choix sont possibles, nécessaires et finançables» ! estiment les quatre organisations sur les huit représentatives au sein dans la fonction publique.

Encore un mouvement qui vraisemblablement compte tenu de toutes les contradictions dont il est porteur qui ne sera guère suivi et ne renforcera pas la crédibilité des organisations syndicales

Royaume-Uni : réduction des coûts de la fonction publique

Royaume-Uni : réduction des coûts de la fonction publique


La ministre des Finances du Royaume-Uni s’engage à réduire de 15 % les coûts de fonctionnement du gouvernement d’ici la fin de cette législature en 2029.

Réduire le nombre de fonctionnaires de 10.000, c’est l’objectif que s’est fixé la ministre des Finances du Royaume-Uni qui doit présenter ce mercredi sa « déclaration de printemps », une mise à jour économique et budgétaire.

« Nous nous engageons, d’ici la fin de cette législature (2029, ndlr), à réduire de 15 % les coûts de fonctionnement du gouvernement », a déclaré la ministre sur la BBC.
Selon la BBC, cette mesure permettrait d’économiser 2,2 milliards de livres sterling par an (2,6 milliards d’euros). Le Royaume-Uni compte environ 500 000 fonctionnaires. « Nous allons réduire les fonctions administratives et la bureaucratie, a ajouté Rachel Reeves. Je préfère que les gens travaillent en première ligne dans nos écoles, nos hôpitaux, notre police, plutôt que dans des emplois administratifs », a-t-elle expliqué sur Sky News.

Le gouvernement de Keir Starmer, arrivé au pouvoir en juillet, fait face à une situation économique morose. Les dernières données font état d’une croissance en recul de 0,1 % et d’une inflation à 3 % en janvier.

Politique : Bayrou joue l’opinion publique contre les frondeurs de l’assemblée

 En engageant deux 49-3, Bayrou joue clairement l’opinion publique contre les frondeurs de l’assemblée. Mathématiquement , les frondeurs de gauche et de droite sont majoritaires. Cependant l’opinion publique ulcérée par l’attitude des députés risque d’annihiler les intentions de faire tomber toute suite le gouvernement. En clair les projets de loi de finances devraient passer et les motions de censure devraient être rejetées sauf revirement de dernière minute.

« Nous voici à l’heure de vérité. Aucun pays ne peut vivre sans budget », a justifié celui qui dirige le gouvernement depuis le 13 décembre en décidant l’adoption sans vote du texte issu des travaux de la Commission mixte paritaire (CMP), que Matignon n’a pas modifié.

« Est-ce que ce budget est parfait ? Non. (…) Mais c’est un équilibre. Nous sommes tous ensemble désormais devant notre devoir », a fait valoir François Bayrou.

Après avoir longuement négocié avec le gouvernement, le Parti socialiste (PS) a décidé de ne pas voter la censure promise par La France insoumise sur le PLF, écornant gravement l’alliance avec le parti de Jean-Luc Mélenchon au sein du Nouveau Front populaire (NFP), aux côtés des communistes et des écologistes.

« Nous sommes opposés au budget 2025 de François Bayrou mais la France a besoin d’un budget. Nous ne voterons donc pas la censure sur le budget Bayrou », écrit dans un communiqué le parti doté de 66 députés.

Le camp présidentiel veut croire que le besoin de stabilité exprimé par les Français empêchera toute censure, au moins pour l’instant.

« C’est un encouragement, pas un soulagement », a dit à Reuters le député MoDem Erwan Balanant à l’annonce de la « non-censure » du PS. « Il suffit d’aller dans nos campagnes, les gens en ont marre du bordel, ils veulent de la stabilité ».

Du côté de La France insoumise, la colère était palpable à l’image de la réaction du président de la Commission des Finances de l’Assemblée, Eric Coquerel.

« C’est extrêmement grave et j’espère que les députés socialistes ne suivront pas l’avis de leur parti », a-t-il dit à la presse dans les couloirs du Palais-Bourbon.

 

 

Dette publique : soutenable jusqu’à quand ?

 Dette publique : soutenable  jusqu’à quand ?

 

L’économiste Maxime Menuet revient dans une tribune au « Monde » sur les débats que soulève la dette publique française. A partir de quand devient-elle trop lourde ? Les spécialistes du sujet ne s’entendent pas. Réduire les dépenses devient cependant inévitable.

 

En abaissant, le samedi 14 décembre, la note de la dette souveraine française d’un cran, l’agence Moody’s s’est-elle prise pour un empereur romain baissant le pouce lors des jeux pour déclarer l’insoutenabilité de nos finances publiques ?

Fort heureusement, Moody’s n’a pas ce pouvoir impérial sur les marchés. Comme souvent, sa décision aura peu d’effet sur les taux d’intérêt, les agences de notation validant généralement des anticipations déjà intégrées par les investisseurs. Mais cette dégradation soulève une vraie question : la France pourra-t-elle honorer ses engagements et refinancer sa dette ? En clair, la dette publique française est-elle réellement soutenable ?

Certains y voient une exigence comptable, comme si la soutenabilité dépendait uniquement de calculs savants sur la croissance et le déficit, dans le but de respecter des règles strictes. Mais soyons honnêtes, les prévisions budgétaires de Bercy sont à peu près aussi fiables que les prévisions météo d’autrefois.

D’autres y voient un argument moral, affirmant qu’une dette insoutenable pèserait lourdement sur les générations futures, ou la présentent comme un prérequis pour assurer l’efficacité des politiques économiques et protéger l’économie des crises. En réalité, la soutenabilité est devenue un mantra, un concept fourre-tout que chacun brandit pour servir sa cause : prôner la rigueur budgétaire, légitimer des règles comptables ou jouer la carte de la morale intergénérationnelle.

Les économistes eux-mêmes peinent à s’accorder. Certes, ils s’entendent sur les dangers d’une dette publique qui deviendrait incontrôlable – le fameux effet boule de neige –, mais ils ne parviennent pas à en définir les contours…

Nouvelle dette publique record à 3303 milliards d’euros

Nouvelle dette publique record à  3303 milliards d’euros

La dette publique ne cesse de battre des records pour atteindre plus de 3300 milliards milliards; un chiffre complètement abstrait pour les Français -pas très forts en mathématiques- dont la dérive se fera sentir un jour ou l’autre quand les institutions financières l’auront décidé. ( La France par exemple est obligée d’emprunter des maintenant 300 milliards pour boucler son budget, les financeurs sont majoritairement étrangers et la charge financière représente pour les seuls intérêts 50 à 60 milliards).En moins de dix ans, la dette publique a grimpé de plus de 1000 milliards d’euros. Elle atteint 113,7 % du PIB et a augmenté de plus de 71 milliards d’euros en trois mois.

Sur les trois mois qui viennent de s’écouler, la dette a augmenté de « 71,7 milliards d’euros », contre 69 milliards d’euros au second trimestre, calcule l’Insee. Une hausse principalement due à la dette de l’État, qui a bondi de près de 60 milliards d’euros, selon les statisticiens nationaux. Parallèlement, la dette des administrations de Sécurité sociale a aussi augmenté, de même que celle des administrations publiques locales, « légèrement ». Pour rappel, au premier trimestre, elle s’élevait déjà à 3 159,7 milliards, puis à 3 228,4 milliards au deuxième, soit 112 % du PIB.

La e dette publique a plus que triplé en vingt ans. Et le rythme s’accélère : en seulement sept années sous la présidence d’Emmanuel Macron, elle s’est alourdie de plus de 1 000 milliards d’euros. La crise du Covid et le « quoi qu’il en coûte » sont bien sûr passés par là, cependant la France est le seul pays d’Europe qui n’a pas réduit sa dette depuis, a rappelé en guise d’avertissement le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau dans Le Figaro . Seules la Grèce et l’Italie font pire, lorsque l’on mesure la dette rapportée au PIB, selon les données Eurostat.

 

Dette publique : La France va emprunter un record de 300 milliards

Dette publique : La France va emprunter un record de 300 milliards

 

L’Agence France Trésor (AFT) vient d’annoncer ce jeudi qu’elle lèverait 300 milliards d’euros de dette sur les marchés financiers tout au long de l’année 2025. Du jamais vu. En 2024 elle avait levé le montant déjà inédit de 285 milliards, qui suivait le record précédent de 270 milliards en 2023.Notons que le coût des emprunts est actuellement autour de 50 milliards ( pour le seul remboursement des intérêts).

Les 300 milliards d’euros d’emprunt annoncés pour 2025 équivalent précisément au montant indiqué dans le projet de loi de finances (PLF) présenté en octobre dernier par le gouvernement Barnier, lequel a pourtant été censuré début décembre. « Dès le premier lundi de l’année 2025, nous émettrons sous les offices de la loi spéciale qui garantit la continuité financière de l’État . Cette loi nous autorise à continuer à réaliser toutes les opérations de trésorerie et de dette, et ce jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi de finances pour 2025 », détaille Antoine Deruennes, directeur général de l’AFT.

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