Archive pour le Tag 'ligue'

Foot PSG et ligue des champions : toujours la même rengaine pour expliquer les défaites

Foot PSG et ligue des champions : toujours la même rengaine pour expliquer les défaites

 

C’est maintenant un rituel qui ne change guère chaque année : on reprend les mêmes arguments pour tenter d’expliquer le nouvel échec de l’équipe parisienne en ligue des champions. Pourtant tout cela était encore cette année largement prévisible. Les facteurs des faiblesses françaises sont en effet structurels. Il y a d’abord un championnat qui n’est pas du tout à la hauteur de celui des voisins britanniques, espagnols, allemands voire italiens. Pour schématiser on a l’impression que le championnat de France est en quelque sorte en deuxième division européenne avec une qualité technique et surtout un engagement nettement en dessous de ce de nos voisins. Du coup quand les équipes françaises sont confrontées à des partenaires européens,  ils ont des difficultés à faire le poids. C’est le facteur explicatif dominant. Le championnat de France n’est pas à la hauteur !

S’ajoutent évidemment des facteurs spécifiques pour le Paris Saint-Germain qui n’a jamais été réellement un club mais plutôt une espèce d’assemblage hétéroclite de mercenaires qui font un  passage à Paris surtout pour encaisser les salaires exceptionnels du club. Depuis toujours le recrutement est complètement baroque et pour preuve 80 % des recrutés à grands frais échouent  à Paris quand ils réussissent ailleurs. Même chose pour les entraîneurs. Paris n’est pas réellement un club, il n’y a pas de culture du maillot, pas d’attachement et en plus des batailles internes de superstructure de responsables plus ou moins qualifiés. Les médias tentent vainement de justifier encore la défaite et décrivent l’avenir du club;  le problème c’est que les trois quarts des effectifs sont à changer avec le départ de Mbappé. En effet l’attaque va se trouver grandement fragilisée comme la défense l’est déjà et un meilleur terrain insipide.

PSG-Ligue des champions : Comme les hommes , les femmes aussi éliminées

PSG-Ligue des champions : Comme les hommes , les femmes aussi éliminées

Comme les hommes, les femmes du Paris Saint-Germain ont été éliminées prématurément de la ligue des champions ; elle ne sont pas parvenues à renverser la tendance sur la pelouse de Wolfsburg (1-1).

À l’aller déjà, les Parisiennes avaient dominé la rencontre avant d’être punies contre le cours du jeu, après avoir subi deux décisions de la VAR défavorables. Bis repetita en Allemagne. Après une grosse entame, le club de la capitale a cru ouvrir le score par l’intermédiaire de Kadidiatou Diani (10e), but finalement annulé pour une position de hors-jeu. Huit minutes plus tard, sur sa première incursion dans le camp parisien, la formation allemande a trouvé le chemin des filets grâce à Felicitas Rauch (18e).

L’égalisation de la tête de Kadidiatou Diani (29e) n’aura finalement pas donné le regain d’énergie nécessaire à des Parisiennes trop maladroites dans le dernier geste pour espérer se qualifier.

FOOT PSG: « ILS NE VONT JAMAIS GAGNER LA LIGUE DES CHAMPIONS »( DANIEL ALVES )

FOOT PSG: « ILS NE VONT JAMAIS GAGNER LA LIGUE DES CHAMPIONS »( DANIEL ALVES )

Comme trop souvent au printemps européen, le Paris Saint-Germain a quitté précocement la Ligue des champions cette saison. Les hommes de Christophe Galtier ont été sortis en 8es de finale par le Bayern Munich. Le PSG a été sorti dès ce stade de la compétition pour la cinquième fois lors des sept dernières éditions.
. Invité ce jeudi de Rothen s’enflamme sur RMC, Patrice Evra a livré une étonnante confidence que lui avait fait Daniel Alves.

« Tu ne vois pas des Bernard Lama, mais des Kardashian »

Joueur du PSG entre 2017 et 2019, le Brésilien avait affiché, auprès de l’ancien Mancunien, sa certitude de voir Paris ne pas remporter la Ligue des champions. « J’ai un seul problème à Paris : on déballe le tapis rouge à tout le monde, explique Evra. T’arrives, certains joueurs n’ont même pas dix matchs de Ligue des champions…

C’est Dani Alves à l’époque qui me disait : ‘Mais Pat, ils ne vont jamais gagner la Ligue des champions. T’arrives, on est des rockstars’. Dans les tribunes, tu ne vois pas des Bernard Lama, mais des Kardashian et compagnie. C’est un club show business. Le football n’est pas la priorité, non. Après Nasser (Al-Khelaïfi) adore le club, ils font un boulot énorme. Mais la communication, quand je vais voir un match de Paris, c’est pour voir un concert. Je suis en VIP, champagne, petits fours… Mais les gars, où sont les anciens? Quand tu vas à United, sur le siège il y a écrit Évra, le nom de légendes… Il n’y a pas Leonardo Di Caprio qui va venir voir le match, on n’est pas à Hollywood. »

Darmanin demande la dissolution de la Ligue de défense noire africaine (LDNA).

Darmanin demande la dissolution de la Ligue de défense noire africaine (LDNA).

 

 

Suite aux violences enregistrées au Val de Rueil, le ministre de l’intérieur a engagé une procédure visant la dissolution de la ligue de défense noire africaine.

 

LDNA se définit comme un « mouvement révolutionnaire pour la défense des droits des Afro-descendants et des Africains ». Près de 300.000 personnes sont abonnées à sa page Facebook. Son fondateur, Egountchi Behazin, assène que l’État est « totalitaire, terroriste, esclavagiste, colonialiste ». Il appelle au « renommage (sic) des rues, places et lycées », ainsi qu’au déboulonnage de statues de personnalités jugées racistes. « Le monde a changé !, proclamait ainsi la LDNA, le 30 mai, sur Twitter. La France de Clodion le Chevelu, de Jeanne d’Arc, de Philippe Pétain ou de Charles de Gaulle n’est plus ! Aujourd’hui, c’est la France de la LDNA. » Plusieurs politiques demandaient sa dissolution, notamment depuis une manifestation contre les violences policières, en juin 2020, devant l’ambassade des États-Unis, où les militants scandaient : « La France, assassin ! »

Foot : Monaco déjà out pour la ligue des champions

Foot : Monaco déjà out pour la ligue des champions

Une preuve supplémentaire de la très grande faiblesse du foot français avec l’élimination de Monaco pour la qualification en ligue des champions. Monaco jouera donc la deuxième division européenne c’est-à-dire la ligue Europa. C’est d’ailleurs le lot de la plupart des clubs français qui en général ne dépassent pas décembre en ligue des champions. Sauf évidemment pour le PSG seul club à soutenir une comparaison internationale.

Il y a un vrai problème pour le niveau du foot français sans doute lié au management des clubs et aux entraîneurs. Une situation curieuse parce que les jeunes joueurs français sont particulièrement appréciés à l’étranger, ce qui n’est pas le cas des entraîneurs dont très peu réussissent au plan international. Pire le championnat semble condamné à recruter des entraîneurs étrangers.

Monaco a donc concédé mercredi le match nul sur la pelouse du Shakhtar Donetsk (2-2), après s’être incliné 0-1 la semaine dernière au stade Louis-II en barrage de Ligue des champions.

Foot-Ligue des champions : la revanche de Tuchel avec Chelsea

Foot-Ligue des champions : la revanche de Tuchel avec Chelsea

 

 

Licencié du PSG une finale manquée, l’entraîneur allemand du Shell prend sa revanche avec un succès de Chelsea contre Manchester City. Un succès mérité en raison de la cohésion de Chelsea et comme d’habitude d’un exceptionnel Kanté qui semble disposer d’un don d’ubiquité.

La victoire de Chelsea tient beaucoup à l’abattage de Kanté, désigné homme du match.

Super Ligue Foot : pour une élite autoprotégée ?

 

 

Frank McCourt, « propriétaire » de l’Olympique de Marseille estime qu’il  ne faut pas laisser des intérêts puissants fausser la concurrence, souligne, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune Ces derniers jours, le monde du football a assisté à la tentative d’un groupe de clubs d’élite décidés à prendre le contrôle de ce sport. Leur volonté affichée était de s’arroger le pouvoir, de multiplier leurs revenus en dressant des barrières pour protéger leurs membres contre la concurrence ouverte et la participation démocratique. Devant la réprobation des autres équipes, des responsables politiques et, surtout, des supporteurs, la Super Ligue européenne s’est effondrée.

Ce que montre ce projet ne concerne pas seulement le football. Il s’agit du capitalisme et de la démocratie. La question posée est de savoir si nous nous dressons contre les tentatives de concentration de la richesse et du pouvoir. Cette question est d’une importance cruciale, car si le tollé contre cette tentative de coup d’Etat dans le football a été immédiat et bénéfique, nous avons déjà assisté, dans un autre secteur, à la manière dont un groupe d’intérêts privés, puissant et fortuné, peut truquer le système pour le soumettre à son bon vouloir, sans opposition.

Truquer le système

En moins de deux décennies, quelques grandes entreprises de la Silicon Valley ont progressivement pris le contrôle des systèmes que nous utilisons pour partager des informations, transmettre des données et interagir avec nos proches. Elles l’ont fait avec un succès alarmant, en accédant à des quantités colossales d’informations et en imposant leurs règles au marché. Bien que des utilisateurs, des organisations ou des responsables publics aient tenté, de manière isolée, de mettre un frein aux excès anticoncurrentiels et antidémocratiques de l’industrie technologique, des entreprises comme Google et Facebook continuent d’exercer une influence presque sans entrave sur le marché.

 

Ce n’est pas la moindre menace. A une époque où nos vies se développent de plus en plus en ligne, les entreprises et les infrastructures technologiques sont au centre de tout ce que nous faisons, leurs activités alimentent notre économie. Leurs fonctions dans les réseaux sociaux définissent les termes de notre espace public.

Les protocoles techniques, qui régissent le fonctionnement de ces entités, finissent par bénéficier aux entreprises privées monopolistiques plutôt qu’aux utilisateurs eux-mêmes. Ils excluent la concurrence économique et exploitent nos données afin de maintenir leur emprise économique. Ils empoisonnent notre participation à la conversation citoyenne en offrant aux utilisateurs un flux constant de théories du complot, de radicalisme et d’idéologie violente pour faire le buzz et en tirer un profit commercial.

Foot-Projet de Super Ligue : le triomphe de l’argent ?

Projet de Super Ligue : le triomphe de  l’argent ? 

Un papier du Monde souligne la tyrannie du fric dans le football. 

Pour augmenter leurs revenus, douze clubs de football européens veulent créer une compétition concurrente de la Ligue des champions, organisée par l’UEFA. Cette intention purement mercantile réduit les amateurs de football à de simples clients.

 

Editorial du « Monde ». En 1990, l’attaquant anglais Gary Lineker définissait ainsi le football : « Un jeu simple : vingt-deux joueurs se disputent un ballon pendant quatre-vingt-dix minutes, et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne. » La formule a vieilli et pourrait évoluer avec le projet de création d’une Super Ligue européenne qui menace de dynamiter l’organisation des compétitions sur le Vieux Continent. Le football se jouerait toujours à onze contre onze, mais avec l’argent, désormais, en éternel vainqueur.

 

Que la finance soit au cœur de ce sport n’est pas une nouveauté. Contrats mirifiques, droits de retransmission astronomiques… voilà bien longtemps que le ballon rond est une histoire de gros sous. Néanmoins, un palier est sur le point d’être franchi avec l’initiative annoncée, lundi 19 avril, par douze clubs très puissants. Leur but : faire sécession d’avec l’Union européenne des associations de football (UEFA), le « gouvernement » du football continental, en créant une compétition en lieu et place de la Ligue des champions, une compétition insuffisamment lucrative à leurs yeux.

A ce stade, trois clubs espagnols (Real Madrid, FC Barcelone, Atlético Madrid), six anglais (Manchester United, Arsenal, Chelsea, Liverpool, Manchester City et Tottenham) et trois italiens (Juventus, Milan AC, Inter Milan) entendent devenir à la fois acteurs et organisateurs d’un spectacle censé générer davantage de revenus, que se partageront un plus petit nombre de bénéficiaires. Les Français et les Allemands manquent à l’appel, le Paris – Saint-Germain et le Bayern Munich ayant refusé de participer à la fronde.

Elite autodésignée

En restreignant encore davantage l’accès à l’élite continentale, la Super Ligue donnerait naissance à un entre-soi qui ferait perdre à la compétition l’un de ses attraits : la possibilité qu’un faible puisse se mesurer à un puissant. Elle signifierait la fin de la qualification au mérite, en excluant 99 % des clubs européens au profit d’une élite autodésignée sur le seul critère de l’argent. L’organisation pyramidale du football, qui garantit un certain degré de solidarité entre le sommet et la base, serait déstabilisée.

Dès lors, quel intérêt auraient les clubs d’une seconde zone qui ne dit pas son nom à continuer de financer un centre de formation, à recruter de nouveaux joueurs, à faire appel à des investisseurs pour les aider à rêver d’une ascension désormais impossible ?


Les promoteurs de ce barnum élitiste se sont visiblement inspirés des Etats-Unis. Ce n’est pas un hasard si quatre frondeurs (Manchester United, Arsenal, Liverpool et Milan AC) ont des propriétaires américains et si c’est une banque de Wall Street, JPMorgan, qui assurera le financement. Leur Super Ligue serait un calque des franchises de basket ou de football américain, des équipes richissimes qui s’affrontent sans risque de relégation. Contrairement au sport, le business déteste le suspense et l’imprévisibilité, et préfère les revenus récurrents.

Alors qu’une négociation demeure possible dans les mois à venir, un espoir subsiste, tant ce projet est contesté par certains joueurs, de nombreux clubs et bien des responsables politiques. Surtout, il est rejeté par une large majorité des supporteurs, y compris dans les clubs concernés, par exemple à Liverpool. En Angleterre comme partout, ceux qui vont au stade de génération en génération aiment ce sport pour sa part d’incertitude et de rêve. Ce projet, ils le savent mieux que personne, se fait au mépris du public, plus que jamais réduit au simple rôle de « client », et ne doit donc pas voir le jour.

La Super Ligue, foot : terminé pour l’instant du moins pour l’instant

La Super Ligue, foot : terminé pour l’instant du moins pour l’instant

 

 

Il est clair que ce sont surtout les clubs langues anglais et leurs supporters qui ont fait capoter ce projet de Super liguent du foot qui prévoyait une sorte de championnat européen pour une vingtaine de clubs les plus huppés et les plus prestigieux. La réplique des institutions officielles et des gouvernements contre ce projet a été forte puisqu’on a même envisagé l’exclusion de toute compétition des clubs impliqués dans ce projet de Super ligue.

 

Reste cependant que ce projet mis entre parenthèses renaîtra un jour ou l’autre. L’enjeu est sportif mais peut-être encore davantage financier. Depuis que les clubs appartiennent à peu près tous à des capitaux privés, les investisseurs veulent rentabiliser leurs activités. Pour cela ils acquièrent des joueurs à prix d’or pour des centaines de millions. Des joueurs ensuite payés 2à 3 millions par mois. Au total la masse salariale dépasse la totalité des autres dépenses. D’où l’impérieuse nécessité trouvait plus en plus de ressources financières pour faire face à cette dérive des dépenses.

 

Du coup l’union européenne du football entre parenthèses UE FA) a aussi promis une grande réforme pour moderniser et rendre plus attrayante la compétition actuelle qui concerne environ 70 clubs.

 

De toute manière quoiqu’on en dise le football de l’élite n’a rien à voir avec le football de base des nombreux petits clubs qui ne fonctionnent que grâce bénévolat. Le football de l’élite est engagé dans une spirale financière folle où tout est démesure. De plus en plus les grands clubs ne sont que des équipes de mercenaires et l’amour du maillot est bien relatif. Les présidents, les entraîneurs et les joueurs valsent au gré des humeurs, des résultats et des difficultés financières.

Les organisations internationales auraient intérêt à prendre en compte aussi le fait que les jeunes de 15 à 25 ans s’intéressent beaucoup moins au football que les autres générations en raison peut-être du caractère un peu insipide de nombre de rencontres où les joueurs passent davantage leur temps à passer le ballon en arrière qu’à le diriger vers le but adverse.

 

Projet Super ligue de foot. Le patron de l’UEFA condamne

Projet Super ligue de foot. Le patron de l’UEFA condamne

On comprend que le patron de l’union européenne du football ( UEFA) condamne le projet de super ligue du foot européen qui remettrait évidemment en cause le fonctionnement voir même l’existence de l’institution actuelle. Il faut dire que c’est institution européenne n’a pas fait montre d’une grande innovation, sans parler des affaires financières parfois pas très claires ( comme celle de l’organisation internationale FIFA);  c’est aussi un excellent lieu de pantouflage bien rémunéré pour nombre de dirigeants en mal existentiel.

Lors d’une conférence de presse, le président de l’UEFA a condamné et menacé clairement les initiateurs du projet de ligue de foot européen. ( Notons que sur le plan juridique les institutions européennes auront du mal à contester le bien-fondé de l’initiative des 12 clubs vis-à-vis de ce projet élitiste). Interview du président de l’UEFA.

Quelle est votre réaction à l’annonce d’un projet de Super Ligue ?
Le plateau de la Ligue des champions est déterminée par la qualification des uns et des autres au mérite, et non selon la voracité de quelques privilégiés. C’était notre décision depuis le départ. Chaque club, et donc chaque fan de football doit pouvoir rêver un jour disputer cette compétition basée sur les résultats obtenus sur la pelouse. Le monde du football doit donc rester uni face à cette honteuse tentative de s’approprier à des fins purement personnels et mercantiles. Certains dirigeants ont montré leurs vrais visages, dictés uniquement par la recherche du profit et rien d’autre. Et il n’y a pas que le monde du football qui est uni, mais toute la société, les gouvernements…  Ce projet est un non-sens. Toutes les ligues professionnelles, y compris la Premier League, la Liga et la Serie A, s’opposent à ce projet cynique. C’est aussi le cas de la Fifa. Nous estimons que notre réforme des compétitions européennes, à commencer par celle de la ligue des champions, possède tout ce dont a besoin le football pour évoluer dans le bon sens. Le nouveau format respecte toutes les valeurs que l’UEFA défend depuis toujours, ainsi que toutes les structures qui composent le football sur le plan européen. Et pour moi, ce projet de Super Ligue est un crachat au visage de tous les amoureux du football, et à notre société. Nous ne les autoriserons pas à nous ôter toutes nos valeurs.

L’UEFA peut-elle organiser une Ligue des champions sans ces 12 clubs dissidents ?
Oui, bien entendu. Il y a beaucoup d’excellents clubs en Europe, et beaucoup de fans d’autres clubs. En 2024, nous organiserons la Ligue des champions avec son nouveau format, avec ou sans ces 12 clubs.

La joie du vestiaire parisien après avoir éliminé le Bayern Munich en quart de finale de Ligue des champions le 13 avril dernier

A quelles sanctions s’exposent ces clubs dissidents et à partir de quand ?
Nous continuons à évaluer la question avec notre équipe juridique. C’est un peu tôt pour vous répondre clairement car le communiqué a été rendu public cette nuit et nous n’avons pas forcément une solution dès le lendemain. Mais nous allons réfléchir à toutes les sanctions possibles et qui relèvent de nos compétences. A mon avis, le plus tôt possible, il faudra que ces équipes soient exclues de toutes nos compétitions, et leurs joueurs aussi.

Une exclusion est-elle réellement envisageable d’un point de vue juridique ?
Déjà, je tiens à préciser qu’il s’agit d’une exclusion de nos compétitions. Après, si aujourd’hui il y a quelque chose qui va à l’encontre de tout ce qui existe, c’est bien la Super Ligue. Donc je crois que c’est d’abord à eux de régler leurs problèmes juridiques. Après, en ce qui nous concerne, nous verrons… Peut-être avons-nous été de grands naïfs. Nous ne savions pas que nous avions des menteurs parmi nous, mais désormais nous le savons et nous allons prendre rapidement des mesures juridiques.

 

Il y a deux semaines encore, vous avez décalé l’annonce du nouveau format car vous négociez encore avec les clubs, notamment les 12 dissidents. Vous sentez-vous trahi, notamment par Andrea Agnelli, le président de la Juventus Turin et membre du comité exécutif de l’UEFA ?
J’ai vu bien des choses dans ma vie d’avocat pénaliste pendant 20 ans. Mais je n’ai jamais vu des gens se comporter de cette manière. Par exemple, j’ai eu jeudi dernier au téléphone Ed Woodward ( le directeur général de Manchester United) qui m’a dit la semaine dernière qu’il était très satisfait de la réforme des compétitions, qu’il y était totalement favorable, et qu’il voulait simplement évoquer le fair-play financier. Mais de toute évidence, il avait déjà signé autre chose. Pour ce qui est d’Andrea Agnelli, je dois dire que c’est sans doute ma plus grande déception. Je ne veux pas faire de remarque personnelle, mais je n’ai jamais vu une personne qui ment de manière aussi persistante. C’est incroyable, je lui ai parlé samedi après-midi. Il m’a dit de ne pas m’inquiéter, que ce n’était que des rumeurs, qu’il ne se passait rien et il m’a ensuite dit qu’il me rappellerait plus tard. Et le lendemain, on a vu paraitre le communiqué. Je n’avais jamais vécu cela dans ma vie. Visiblement, leur cupidité est tellement forte qu’elle écrase toutes les valeurs humaines. Mais maintenant, je sais qui est qui, et le monde entier le sait. Ces gens-là adhéraient à nos réformes vendredi, et je n’ai pas besoin d’en dire plus à leur sujet…

Après une telle trahison, pensez-vous encore pouvoir faire confiance à quelqu’un dans le monde du football ?
Attention, j’ai aussi rencontré énormément de personnes formidables dans le monde du football. Il y a des personnes en qui j’ai toute confiance. Par exemple, j’ai une totale confiance dans les clubs français et allemands, qui ont résisté aux sirènes financières de cette Super Ligue. J’ai confiance en mon équipe. Le monde du football n’est pas entièrement corrompu et pourri. Il s’agit d’une petite partie de ce milieu qui est guidée par l’appât du gain au détriment de toute autre considération. Ces personnes n’ont aucun intérêt pour les fans, ni pour le jeu lui-même d’ailleurs. Certains propriétaires de clubs changent d’équipe dirigeante comme vous et moi nous changeons de chemise. Ils ont les yeux fixés sur leur chiffre d’affaires, pas sur leur nombre de points au classement. C’est un monde curieux. Mais encore une fois, j’ai aussi rencontré beaucoup de personnes très bien.

Connaissez-vous la position du président de la FIFA, Gianni Infantino ?
J’ai parlé à M. Infantino et il a apporté son soutien total à l’UEFA. Il sera là ce mardi pour le congrès de l’UEFA et il affirmera publiquement son opposition à ce projet de Super Ligue.

Quelle peut être la suite désormais ? Le divorce est-il définitif avec ces 12 clubs ?
Nous n’allons pas entamer de négociations avec les membres de ce projet fantôme. Ils voulaient discuter avec nous de manière urgente, mais cela n’a rien d’urgent. Je ne dis pas qu’ils sont bannis à jamais du football européen. La façon dont ils ont agi est totalement déplacée, et tout le monde le sait. Mais s’ils veulent revenir très bien. J’ai lu un entretien de M. Agnelli dans la presse et il évoquait notre réforme de la Ligue des champions comme étant «un projet fantastique». S’il veut revenir dans ce projet fantastique, il est le bienvenu.

Que faut-il qu’ils vous disent pour qu’ils soient les bienvenus ? Que voulez-vous entendre de leur part ?
Il n’y a rien de personnel, même si ce n’est pas un secret que je suis proche d’Agnelli (il est le parrain de sa fille). Je n’exige pas qu’ils reviennent vers nous à genoux, en implorant notre pardon. Pas du tout. Je demande à ce qu’ils respectent l’institution et les autres. Personnellement, je n’aime pas les querelles, et je n’en veux pas. Mais comme je l’ai dit, s’ils veulent revenir à «un projet fantastique», ils seront les bienvenus.

 

Combien remportera le vainqueur de la Ligue des Champions en 2024 ? Et quel impact la crise sanitaire a-t-elle eu selon vous sur ce projet de Super Ligue ?
Je ne veux pas parler de chiffre, mais il y a une chose que je peux vous dire : ce projet de super Ligue a commencé bien avant l’apparition du Covid-19. Ce projet mijote depuis de nombreuses années. Les dirigeants de ces clubs auraient pu en parler avec nous. Nous sommes toujours ouverts au dialogue. Nous avions même eu des échanges intéressants. Mais après, quand vous vous heurtez à l’égoïsme et au narcissisme de certains, que voulez-vous faire ?

Que répondez-vous à ceux qui estiment que l’UEFA poursuit le même objectif financier que les 12 clubs dissidents ?
L’UEFA distribue quasiment 90% de ses revenus au jeu, non pas seulement aux professionnels mais au football amateur également, au football féminin, aux équipements sportifs… Nous avons une fondation qui réalise des grandes actions. La super Ligue est un projet qui ne s’intéresse qu’à l’argent. Ce n’est pas le cas de l’UEFA. L’UEFA veut développer le football et veut financer ce qui doit l’être. Certaines personnes ne le comprennent pas. Pour certains, la solidarité n’existe pas. L’unité n’existe pas. La seule chose qui existe, ce sont leurs poches pleines. Le football est devenu le sport numéro 1 au monde en s’appuyant sur des compétitions ouvertes, intègres et basées sur le mérite. Nous n’autoriserons aucun changement sur le sujet, jamais.

Super ligue de foot : un projet incontournable dès lorsque les clubs sont détenus par des capitaux privés

Super ligue de foot : un projet incontournable dès lorsque les clubs sont détenus par des capitaux privés

 

 

Il n’est pas certain que le projet de super ligue de foot aboutisse rapidement compte tenu des fortes oppositions des superstructures internationales de football mais aussi de certains pays. Reste que le foot, première activité sportive, suivie par les supporters du monde entier a changé de visage quand les capitaux privés ont mis la main sur les clubs. Beaucoup de ces clubs d’ailleurs sont maintenant cotés en bourse.

Dès lors  juridiquement il paraît impossible de s’opposer à la liberté dont disposent des acteurs du secteur privé d’organiser les activités. Certains objecteront qu’il s’agit surtout d’une affaire financière et c’est effectivement aussi le cas même si l’intérêt sportif est également présent.

Comment en effet maintenir le précis des grands clubs condamnés à recruter les meilleurs joueurs et à les payer entre 1 et 2 millions voire davantage par mois. La masse salariale des clubs en général dépasse même la moitié des dépenses globales. En outre, la crise sanitaire a opéré une ponction significative des ressources habituelles du football qu’il faut compenser.

Concernant la France qui semble pour l’instant ne semble pas favorable à cette perspective, elle ne pourra s’opposer longtemps à ce projet. En effet,  le foot national est souvent insipide quant à son niveau et n’est rehaussé que qu’à l’occasion de confrontation internationale soit des clubs soit de l’équipe de France.

Si ce projet devait voir le jour ,la France pourrait tout au mieux être présente dans la super ligue avec 2 clubs à savoir Paris et Lyon. Tous les autres sont loin d’être du niveau européen. De toute manière,  l’organisation du football européen devra sérieusement évoluer dans la mesure où il est démontré que les plus jeunes de 15 à 25 ans s’intéressent beaucoup moins que leurs aînés avec spectacle footballistique souvent trop soporifique.

 

Super Ligue de football : soutien de la Bourse

Super Ligue de football : soutien de la Bourse

 

Le projet de super ligue de football est bien entendu un projet sportif tout autant qu’un projet financier. Cela d’autant plus que la crise sanitaire a porté un rude coup aux ressources des clubs. Les grands du football européen veulent créer des spectacles qui attirent l’audience mondiale, celle de l’Europe bien sûr mais aussi et surtout celle de l’Asie. Il s’agit d’augmenter l’assiette des contributions notamment des télévisions et la répartir de manière plus favorable au club. Des grands clubs qui pour maintenir leur niveau sont contraints de payer des stars plus d’un million par mois parfois deux voir trois.

Une sorte de course folle car le salaire des joueurs dans ces clubs dépassent de loin les autres dépenses. De son côté ,l’union européenne UEFA veut garder la mainmise sur l’organisation qui intègre actuellement environ 70 clubs pour la compétition européenne.

Ce projet suscite l’intérêt des financiers et de la Bourse. Les cours boursiers de la Juventus de Turin et de Manchester United se sont envolés lundi après l’annonce de la création d’une Super Ligue, lucrative compétition privée fondée par douze clubs dissidents et vouée à supplanter la Ligue des champions.

Le cours de la Juventus de Turin, cotée à la Bourse de Milan, a pris 17,85% à 0,9110 euros à la clôture des échanges. Coté à la Bourse de New York, le titre de Manchester United a pris 6,74% dollars à 17,26 dollars. Les autres clubs dissidents ne sont quant à eux pas cotés en Bourse.

À l’inverse, les principaux clubs européens cotés mais non membres de ce club privé, ont eux clôturé entre stabilité et baisse: l’Olympique Lyonnais, coté à la Bourse de Paris, a perdu 2,10% à 2,33 euros, et l’AS Roma, cotée à Milan, a pris 0,17% à 0,2870 euros.

 

Après des décennies à agiter le spectre d’un schisme, les grands  du continent, Real Madrid, Liverpool ou Manchester United en tête, ont franchi le pas en créant une société privée, baptisée «Super League», quasi fermée et comparable aux championnats nord-américains de basket (NBA) ou de football américain (NFL). En contrepartie de leur engagement, «les clubs fondateurs recevront un versement en une fois de l’ordre de 3,5 milliards d’euros destinés uniquement à des investissements en infrastructures et à compenser l’impact de la crise du Covid-19», affirment les organisateurs.

 

 «L’incitation financière pour ces clubs est évidente, avec une enveloppe de plusieurs milliards de dollars au coeur du projet», commente dans une note l’analyste en chef de Markets.com, Neil Wilson.

 

De plus, «les ventes de billets, les sponsors et les produits dérivés devraient aussi en bénéficier, étant donné la large audience de ces clubs», estime Alberto Francese, responsable de la recherche en courtage pour entreprises pour la banque italienne Intelsat Sanpaolo. Mais, tempère-t-il, «l’UEFA et la FIFA réagissent de manière très véhémente» avec la potentielle exclusion de tout club dissident des compétitions nationales et internationales, ainsi que l’interdiction pour les joueurs d’évoluer en équipe nationale.

 

Football : la ligue de football brade les droits de diffusion à Canal

  • Football : la ligue de football brade les droits de diffusion à Canal
  • Le fiasco de Médiapro qui a oublié de payer les droits de TV profite finalement à Canal plus qui revient à ses premières amours. En outre, les droits ont été bradé à moitié prix tellement les offres  possibles des autres candidats étaient basses.
  • Pour Canal+ c’est un retour aux fondamentaux en quelque sorte car lorsque la chaîne diffusait  le football la moitié de ses abonnés était motivés par la diffusion du football. Depuis Canal+ a pris des virages particulièrement dangereux. Son  audience s’est écroulée du fait des censures successives pour excès d’humour de la part du très réactionnaire Bolloré. ( Qui a encore récemment sanctionné un humoriste de la chaîne C news).
  • Il ne s’agit cependant que d’un accord provisoire jusqu’à la fin de la saison et le problème se reposera sans doute cette fois avec un appel d’offres pour les exercices suivants. De toute manière ,la ligue  de football professionnel ne retrouvera pas ses ressources précédentes car le football français est très dévalorisé par rapport à la qualité des matchs des pays voisins comme en Grande-Bretagne, en Espagne, en Italie ou encore en Allemagne. Ce provoquera nécessairement un grave problème d’équilibre des finances de nombre de clubs dont beaucoup pourraient passer dans les mains d’investisseurs étrangers notamment américains.

FOOT: la Ligue 1 en clair sur TF1?

FOOT:  la Ligue 1 en clair sur TF1?

 

La lutte fait rage pour reprendre le foot de la ligue 1 après le désastre financier de Mediapro qui détenait les droits. Canal+ est sur les rangs et essaye de négocier au meilleur prix. Mais il y a aussi M6 et maintenant TF1 qui propose de diffuser en clair les confrontations.

De quoi faire mal évidemment à Canal+ qui se réjouissait déjà de récupérer les matchs de ligue1 mais une diffusion cryptée bien entendu. Canal+ non sans raison a d’ailleurs insisté sur la perte d’intérêt et de valeur du football professionnel français. De fait en dépit de l’appel d’offres, les prix devraient évoluer nettement à la baisse tellement le foot français est souvent devenu insipide.

La diffusion par TF1 porterait un rude coup au groupe Canal+ déjà fortement secoué depuis des années par la politique un peu suicidaire de Bolloré qui préfère la censure à l’audience en particulier lorsqu’il s’agit d’émissions humoristiques.

«TF1 est un partenaire historique du foot français et même si nous n’avons pas vocation à acheter le championnat, nous sommes tout à fait disposés à discuter avec la LFP pour les aider à trouver une solution dans cette période difficile» explique la filiale du groupe Bouygues.

 

TF1 c’est, depuis toujours, la chaîne du football événement avec la Coupe du Monde, l’Euro et les matchs de l’Équipe de France. La Une a aussi été jusqu’en 2011, la chaîne des grandes compétitions annuelles comme la ligue des Champions. D’ailleurs, le 23 août 2020, TF1 a diffusé en clair la finale de cette compétition prestigieuse entre le PSG et le Bayern Munich

« Les musulmans doivent respecter les lois » (secrétaire général de la Ligue islamique mondiale)

  »Les musulmans doivent respecter les lois » (secrétaire général de la Ligue islamique mondiale)

Mohammad Abdelkarim Alissa, secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, déclare que les musulmans doivent respecter les lois y comprises en France.

Interview du JDD

 

Il y a un peu plus d’un mois, le professeur d’histoire-géographie Samuel Paty était assassiné pour avoir montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet parues dans le magazine satirique Charlie Hebdo. Quelle est votre position à ce sujet?  
L’assassinat du professeur d’histoire et de géographie Samuel Paty est un horrible crime terroriste, et en aucun cas un musulman digne de ce nom ne pourrait commettre un tel acte. Cet extrémiste qui a commis ce meurtre ne représente en rien l’Islam, il est plutôt le porteur d’une idéologie terroriste qui l’a incité à commettre ce crime. En plus d’avoir commis l’irréparable en ôtant la vie à ce pauvre professeur, ce terroriste a porté préjudice à l’image de l’Islam. Nous avons l’ultime conviction que la valeur des prophètes est beaucoup trop importante pour pouvoir être atteinte par de simples dessins aussi irrespectueux soient-ils.

Les séparatistes se sont en premier isolés des sociétés musulmanes avant de s’isoler dans les autres types de sociétés comme en France ou ailleurs

Les musulmans vivant en France doivent-ils reconnaitre que la caricature du prophète fait partie d’un droit au blasphème? 
Il faut bien comprendre que lorsque vous offensez le prophète Mohamed (paix sur lui), c’est la susceptibilité de près d’un milliard huit cents millions de musulmans que vous heurtez, et lorsque vous offensez Jésus, (paix sur lui), vous offensez ce même nombre de musulmans ainsi que les chrétiens. Les libertés ont un sens profond qui ne doit pas être source de division. L’ensemble des savants et des penseurs avec qui nous avons échangé à la Ligue Islamique mondiale ont unanimement reconnu le droit aux libertés, sans aucune équivoque, à ceci près que le principe essentiel est qu’elles ne doivent pas servir de prétextes pour attiser la haine des uns envers les autres, auquel cas ces libertés seraient dénudées de leurs sens profond. Nombreux ont été les dessins et les écrits allant parfois de la simple critique jusqu’à la moquerie, et pourtant les musulmans ne leur ont pas donné plus d’importance que cela. En revanche, bien que nous ne soutenions nullement les caricatures offensantes, nous sommes tout autant opposés à toute forme de violence, comme au fait de leur répondre par la haine. Si finalement ce journal a le droit d’exprimer son point de vue, il est plus que certain que nous avons tout autant le droit d’exprimer notre point de vue sur ces caricatures. Nous ne sommes pas contre les libertés, c’est une évidence, seulement nous appelons à leur bonne utilisation, c’est notre point de vue.

 

Comment comprenez-vous la politique annoncée par le président Macron pour lutter contre ce qu’il appelle le « séparatisme », qui est une forme de combat contre le « communautarisme »?  
Nous avons toujours appelé les Français musulmans ainsi que les résidents musulmans en France à respecter la Constitution, les lois et les valeurs de la République française au même titre que nous, dans le monde musulman, nous attendons des autres qu’ils respectent nos constitutions et nos valeurs. Nous continuons d’en appeler au « dialogue civilisationnel et culturel » entre les nations et les peuples et nous mettons en garde contre les concepts du choc des civilisations. Les séparatistes se sont en premier isolés des sociétés musulmanes avant de s’isoler dans les autres types de sociétés comme en France ou ailleurs. Vous avez fort heureusement dans votre pays une grande majorité des musulmans qui aiment la France, cette France pour laquelle beaucoup se sont sacrifiés, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale et dont les noms sont écrits sur les murs de la Grande Mosquée de Paris. Les musulmans de France qui expriment le désir d’être enterrés en France disent ainsi clairement leur fidélité à la France. On trouve également des milliers de français musulmans dans l’armée, dans la police et la gendarmerie. En opposition à ces honnêtes patriotes, vous avez ceux qui veulent vivre séparés de leur société française alors qu’ils doivent respecter la cohésion française. Personne n’est obligé de rester dans un endroit où il ne veut pas vivre.

Est-ce à dire que vous respectez cette notion presque unique au monde de « laïcité » en France?  
La France a le droit de choisir les idées, les philosophies constitutionnelles et juridiques voulues par son peuple. Pour ce qui est des pays à forte diversité comme c’est le cas pour la France, seul le concept de laïcité peut les régir. Il n’y a pas véritablement d’autre choix, car elle est le garant de la neutralité des institutions de la République tout comme elle garantit la liberté de culte pour toutes les religions.

Que dites-vous aux musulmans vivant en France sur l’interdiction du port du voile ou de la burqa, de la polygamie ou des mesures visant à ce que les filles musulmanes aillent aux cours de natation mixtes ou visitent des musées où sont exposés des nus? 
Celui qui vit dans un pays quel qui soit, en France ou ailleurs, doit obligatoirement en respecter les lois ou quitter ce pays. Et si dans les lois concernant ce pays il y a dans le cadre de la loi des possibilités juridiques de pouvoir bénéficier de spécificités religieuses ou autres, au niveau individuel ou collectif, c’est par la voie législative qu’il faut en demander les droits.

L’Islam est par essence la religion de la tolérance

Des philosophes, comme Bernard-Henri Levy ou des écrivains comme Kamel Daoud espèrent la renaissance d’un « Islam des Lumières et de la tolérance ». Pourquoi est-ce si difficile à organiser? 
L’Islam est par essence la religion de la tolérance. J’en veux pour preuve le rassemblement en décembre 2018 à la Mecque de près de 1.200 muftis et 4.500 intellectuels lors d’un congrès international organisé par la Ligue islamique mondiale sur le thème du « Danger de la classification et l’exclusion ». Ou encore lors du congrès qui a permis d’établir « La Charte de La Mecque » qui stipule l’obligation de respecter les particularités des pays, les lois ainsi que les cultures, en soulignant l’importance du dialogue positif et constructif avec toutes les composantes de la société afin de créer une vraie cohésion sociale plutôt que de partir dans une logique de conflits et de choc de civilisation.

Souhaitez-vous que les musulmans vivant en France puissent être représentés par une institution, comme le souhaite le gouvernement français, qui fasse fonctionner un « Islam de France », respectueux de la laïcité et de la République? 
Le terme « Islam de France » vise à prendre en compte le contexte local dans les décisions de la jurisprudence islamique. C’est un fondement essentiel. Car l’un des principes de loi islamique c’est la tolérance prônée par l’Islam. La fondation « Islam de France » est dirigée par mon ami Ghaleb Bencheikh. C’est pour moi une personnalité française très inspirante. Il a d’ailleurs participé à la conférence de la Mecque que je viens d’évoquer. Il fait partie selon moi des personnalités françaises musulmanes qui peuvent faire bloc contre les musulmans voulant s’isoler dans la société française. Il a permis de diffuser une bonne compréhension de l’Islam et présenter la modération de l’Islam tout en défendant les valeurs françaises.

 

Pendant des décennies, votre pays, ainsi que d’autres, ont financé le culte musulman en France à travers des envois ou des formations d’imams ou des constructions de mosquées. Est-ce normal? 
D’abord, je rappelle que je représente la Ligue islamique mondiale. Mes propos sur ce sujet ne représentent pas la position du gouvernement du Royaume saoudien. Mais le Royaume a récemment décidé que ces centres et lieux de culte devraient être gérés par les musulmans de chaque pays sans aucune intervention extérieure, et le Royaume a officiellement remis la gestion des centres et des mosquées aux responsables locaux sans envoyer d’imams ou de prédicateurs et sans former d’imams en France. Selon un rapport publié par le Sénat français en 2016, le nombre d’imams en France venus de l’étranger était de 301, et aucun d’entre eux n’est saoudien ou soutenu par le Royaume. J’ai été ravi d’apprendre la décision du président français de créer un comité national pour les imams de France, tout comme ce serait une chose très constructive s’il pouvait y avoir un fonds global pour financer les mosquées et les centres religieux. Nous sommes convaincus que tout financement partiel vers telle ou telle communauté ne servira pas l’intégration nationale. Au contraire, il pourrait être une cause de séparatisme au détriment de l’unité de la société française.

En quoi le wahhabisme est-il une réponse à l’islam politique des Frères musulmans, ou au djihadisme d’Al-Qaïda ou Daech?   
Premièrement, il n’existe pas de doctrine wahhabite. Deuxièmement, à la Ligue islamique mondiale, ainsi qu’en Arabie saoudite, nous sommes contre les idées des « Frères musulmans ». Ils ont été officiellement classés dans le Royaume comme un groupe terroriste, car l’islam politique réduit l’Islam à des objectifs politiques extrémistes. D’ailleurs, nous espérions que la France franchirait un pas significatif pour criminaliser l’islam politique par la loi, seul représentant porteur de cette idéologie terroriste et des partis qui en dérivent, à savoir la confrérie des « Frères musulmans ». Le retard de la France pour empêcher les financements étrangers destinés à la formation d’imams étrangers a été source de problèmes et pourrait avoir de lourdes conséquences.

 

N’est-ce pas pourtant en vertu de la Charia et au nom de la religion que la peine de mort existe dans votre pays, ainsi que l’amputation pour les voleurs ou le fouet pour l’adultère ? En quoi cet islam-là est-il si différent de celui de Daech?  
La peine de mort n’a pas fait de consensus international, car il y a de grands pays qui la pratiquent en dehors des pays musulmans comme les États-Unis, la Chine ou l’Inde. La France, avant 1981, pratiquait encore la peine de mort. Il y a malgré tout aujourd’hui un grand nombre de français qui sont pour la peine de mort. Au XVIIIe siècle, le grand philosophe et écrivain Voltaire s’opposa à la peine de mort alors qu’au cours du même siècle, Montesquieu soutenait ce châtiment. Les textes religieux qui sont venus fixer ces peines spécifiques représentent la croyance de plus d’un milliard huit cents millions de musulmans, et quand vous exigez leur abolition, c’est comme si vous demandez indirectement d’abolir le Saint Coran. Nos sanctions pénales sont proportionnelles à la gravité du crime commis et l’Islam ne fait pas preuve d’indulgence vis-à-vis des criminels. Cependant, l’Islam, même dans les peines sévères, cherche une justification pour les réduire et la loi islamique accorde une grande place à la contrition pour atténuer leur application.

Le sort qui a été réservé au journaliste Jamal Khashoggi au sein du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul ne mérite-t-il pas un acte de contrition de la part des autorités saoudiennes dont vous avez été l’un des ministres? 
Le Royaume d’Arabie saoudite a officiellement déclaré que le meurtre de M. Jamal Khashoggi était un crime odieux. Des décisions de justice sévères ont été rendues contre les criminels impliqués dans ce meurtre.

12



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol