Archive pour le Tag 'Violences'

Montée des violences contre la démocratie virtuelle

 

Montée des violences contre la démocratie virtuelle

 

Les violences contre la démocratie virtuelle peuvent prendre plusieurs aspects. L’aspect le plus courant consiste à installer des formes d’autocratie et même de dictature. Cela au nom de l’ordre, de l’efficacité et de l’intérêt nationaliste.

Il faut dire que les démocraties se sont déconsidérées d’elles-mêmes avec des responsables non seulement peu compétents  mais parfois aussi grotesques comme c’est le cas avec Trump aux États-Unis, Erdogan en Turquie, Boris Johnson au Royaume-Uni ou encore le Coréen fou à la tête du pays.

 Beaucoup d’autres sont beaucoup moins caricaturaux mais la plupart entretiennent des rapports assez approximatifs avec la démocratie et sont surtout motivés par leur intérêt personnel et celui de des lobbys qui les soutiennent.

On objectera que la démocratie est historiquement encore jeune- un peu plus de deux siècles seulement- qu’il faut lui pardonner ses balbutiements et qu’elle progresse quand même un peu partout. Reste qu’une grande partie de la population subit encore le joug de régimes autocratiques ou de dictature.

Dans les sociétés libérales,  la situation démocratique est évidemment loin d’être satisfaisante. Il y a partout presque la constitution d’  une sorte de caste qui se partage argent et prérogatives princières. Des sortes de monarchies républicaines qui se sont substituées aux anciens régimes. Le prince élu a remplacé le roi et les institutions dites républicaines ont remplacé la cour. Et les experts techniques et les juristes ont remplacé les fous du roi.

Le vice de  la démocratie virtuelle actuelle se nourrit d’abord de l’escroquerie du système d’émergence des candidats à la responsabilité. Une escroquerie car il est pratiquement impossible d’être élu sans le soutien d’un lobby financier, politique ou corporatiste. Du coup, n’importe quel chèvre peut être élue si elle fait allégeance au prince dominant du moment. En même temps qu’il faut faire allégeance aux lobbys qui soutiennent le prince et ou à son idéologie.

La deuxième grande faiblesse -et le mot est faible -de la démocratie virtuelle est l’absence de considération du citoyen. Une fois élu; le responsable décide seul en fonction de sa seule vision et de son seul intérêt. La démocratie participative demeure un slogan à usage exclusif des campagnes électorales. La démocratie vivante qui suppose confrontations, compromis et propositions est une illusion . De ce point de vue, la plupart des commissions, comités, conseils et autres conventions constituent des institutions inutiles en plus d’être non représentatives.

Dès lors,   il ne faut pas s’étonner que face aux frustrations démocratiques émergent d’abord souvent l’indifférence, ensuite le réflexe populiste pour déboucher finalement sur des régimes de type césariste . Sans parler  d’autres formes de violences individuelles ou collectives contre une  démocratie malade.

Violences: Après la Corse, Le Front de Libération de la Bretagne !

Violences: Après la Corse, Le Front de Libération de la Bretagne ! 

 

 

Le moins que l’on puisse dire est que le bilan sécurité de Macron constitue une véritable catastrophe aussi bien concernant la grande criminalité, l’islamisme radical , la drogue dans les banlieues ou encore les violences dans certaines régions.

Ces déclarations sont assez surréalistes et irresponsables, il n’en reste pas moins vrai qu’elles sont aussi d’une certaine manière le produit d’un centralisme étatique qui n’a jamais été en capacité d’accorder des responsabilités réelles aux régions et autres structures qui ne servent qu’à créer des postes d’élus dans les territoires.

Le  front de libération de la Bretagne veut s’inspirer de la Corse pour faire valoir ses revendications. Leurs revendications se présentent à la suite des récents évènements en Corse. Jugeant que le gouvernement ne prête attention «qu’à la suite d’actions violentes», ils menacent de s’engager à leur tour dans une lutte armée, qu’ils considèrent comme «un complément à la lutte politique». Si les référendums n’ont pas été réalisés d’ici le 31 décembre 2022, ils garantissent que l’Armée révolutionnaire bretonne «passera à l’action». Ces derniers mois, des militants du FLB ont manifesté, aux côtés de centaines de personnes, pour obtenir gain de cause. Le dernier rassemblement en date est celui de février, où le «plus grand drapeau breton du monde» a été dressé.

 

 

 

Historique de violences

En 2021, le Front de Libération de la Bretagne avait revendiqué une série «d’attaques de résidences secondaires ou de profiteurs de l’industrie touristique». Dans un courriel, ils détaillent une quinzaine de lieux concernés, associés à des dates. Pour certaines des localisations, il s’agit, d’après France Bleu, d’incendies de maisons secondaires -dont on ignore s’ils étaient volontaires.

Depuis leur création dans les années 1960, les groupes FLB et ARB ont usé massivement de la violence. Des centaines d’attentats matériels ont été commis, dont des dizaines à la bombe, entre vague d’arrestations et reformations des groupes. Les plus célèbres d’entre eux restent l’endommagement d’une aile du château de Versailles, l’attaque de la cité judiciaire de Rennes, de la mairie de Belfort, ou encore d’un engin d’aviation. Néanmoins, les groupes activistes de la région ne semblaient plus user de tels procédés depuis l’attentat du MacDonald de Quévert où une jeune femme avait perdu la vie en avril 2000.

Violences contre les élus: pas la solution ( B. Cazeneuve)

Violences contre les élus: pas la solution ( B. Cazeneuve)

  • La violence contre les élus de la République doit cesser estime Bernard Cazeneuve dans l‘Opinion qui en même temps constate  que la faiblesse du débat public et des réponses attendues par les Français aux maux qu’ils vivent et aux inquiétudes qu’ils éprouvent entretient immanquablement la violence contre les élus.

 

 

Les faits de menaces graves et les atteintes volontaires à leur intégrité physique ont doublé en un an et prennent désormais d’inquiétantes dimensions : insultes publiques à caractère raciste, misogyne et antisémite, intimidations devant le domicile privé des représentants du suffrage universel, saccages des permanences et agressions caractérisées des personnes, menaces d’exécution par balle et de décapitation… La liste est longue des manquements aux valeurs de respect et de concorde qui ont constitué la source à laquelle notre Nation a puisé son inspiration, pour affirmer son ambition humaniste et universelle.

En passe de devenir les cibles de tous les ressentiments et des colères accumulées au fil du temps, les serviteurs de l’intérêt général se trouvent démunis face au déchaînement de la violence. Faut-il demeurer silencieux, au risque de devenir complice de ce profond délitement démocratique ? C’est que l’idée même de représentation est désormais frontalement contestée et à travers elle la pérennité de l’Etat de droit, puisque la banalisation de la violence contre les élus laisse à penser qu’elle serait devenue « légitime ».

Cette violence appelle une réaction forte de l’ensemble du peuple français. Il serait illusoire de penser qu’elle épargnera les citoyens eux-mêmes et ne débouchera pas à terme sur l’affrontement de tous contre tous

Disons-le sans détour, la cote d’alerte est largement dépassée pour notre démocratie. Notre communauté nationale se nourrit du pluralisme et du débat qui doit en résulter. Notre République ne vit que parce que des citoyens parmi tous les autres sont prêts à assumer des fonctions publiques d’intérêt général et à assurer partout sur le territoire national l’indispensable dialogue quotidien avec leurs compatriotes.

Les réseaux dits « sociaux » ne peuvent pas devenir l’incubateur de la haine ni le nombre des « followers » servir d’encouragement à la propagation de la violence extrême et décomplexée. Comme le courage n’est pas toujours la modalité de ces appels à la transgression, c’est dans l’anonymat et dans l’ivresse de la communication virtuelle qu’ils trouvent à s’épanouir.

Cette violence exige une réponse ferme de la part des services compétents de l’Etat. Elle appelle également une réaction forte de l’ensemble du peuple français. Il est de notre devoir individuel et collectif de lutter contre cette agressivité lancinante qui présage d’une grave impasse démocratique. En outre, il serait illusoire de penser que la violence épargnera les citoyens eux-mêmes et ne débouchera pas à terme sur l’affrontement de tous contre tous. Tel est le sens de l’appel au retour à l’éthique de la responsabilité, que nous devons avoir en partage, car cette tension délibérément entretenue commande un sursaut de la part des responsables politiques, notamment à l’approche de l’échéance présidentielle.

Les partis n’arrivent plus à produire une pensée articulée. Les égos contribuent à déstabiliser un débat public sans repères et à démonétiser encore un peu plus une parole publique désormais sans boussole

La faiblesse du débat public et des réponses attendues par les Français aux maux qu’ils vivent et aux inquiétudes qu’ils éprouvent entretient immanquablement la violence contre les élus. Profondément affaiblis,les partis n’arrivent plus à produire une pensée articulée et à proposer des projets de société structurés. Les égos sont bien trop marqués et uniquement obsédés par le son de leur propre écho, contribuant à déstabiliser un débat public sans repères et à démonétiser encore un peu plus une parole publique désormais sans boussole.

C’est sur ce terreau dangereusement appauvri que se déroule la campagne pour l’élection présidentielle. Trop de candidats ont fait le choix de l’outrance, préférant les postures calculatrices aux positions claires, n’employant que des mots tranchants et blessants dans un débat anémié où l’écoute, l’échange et la recherche du compromis n’ont plus leur place.

La disparition des corps intermédiaires à laquelle ils ne sont pas étrangers, faute d’une résistance suffisante à l’air du temps, fait la part trop belle à la verticalité. L’absence d’espaces de délibération où pourrait se déployer une discussion apaisée et rationnelle risque d’engendrer un grave court-circuit démocratique et laisser à la foule le soin de trahir une nouvelle fois le peuple, en l’abandonnant à ses passions tristes.

L’irruption du « Convoi de la liberté » au cœur de cette campagne déjà affaissée laisse craindre – comme au moment du mouvement des Gilets jaunes et à la suite des agitations antivax – une nouvelle poussée de fièvre hexagonale dont les élus et les citoyens ne manqueront pas de faire les frais. Surfer sur cette tension serait d’un cynisme coupable et constituerait une menace lourde et potentiellement grave pour la paix civile.

Ainsi, la France souffre d’un trop-plein de violence et d’une insuffisance de débat. L’élection présidentielle est pourtant le moment de la confrontation des idées. Seule une délibération républicaine digne et respectueuse permettra de faire reculer la brutalisation rampante des rapports sociaux et d’évoquer enfin les sujets qui comptent, les politiques publiques qui font la Nation, qu’il s’agisse du pouvoir d’achat, de l’urgence climatique, de la centralité de l’école dans le contrat social, des fractures territoriales ou des inégalités qui minent notre pays. Seul un échange respectueux de la diversité des points de vue permettra aux Français de reprendre leur destin en main, en d’autres termes de regagner leur pouvoir d’agir.

Le temps est sans doute venu de prendre conscience que la banalisation de la violence contre nos élus marquerait la fin de la démocratie. De même qu’il est certain que l’abaissement du débat et les provocations inutiles marqueraient la fin du vivre ensemble, qui constitue pourtant le sens profond de notre Nation.

Bernard Cazeneuve est ancien Premier ministre.

Violences dans le football : enfin de vraies sanctions contre Paris FC-et Lyon

Violences dans le football : enfin de vraies sanctions contre Paris FC-et Lyon

 

 

C’est sans doute la première fois que les autorités sportives prennent enfin devraient sanction vis-à-vis des violences inqualifiables dans le football à propos des événements entre le Paris FC et Lyon, La commission de discipline de la Fédération française de football a éliminé les deux clubs de la coupe de France. Il pourrait être exclu définitivement à l’avenir.

Le Paris FC a par ailleurs écopé de cinq matches de suspension de terrain (Stade Charléty) et de 10.000 euros d’amende. L’Olympique Lyonnais, lui, s’est vu signifier la fermeture de son espace visiteur jusqu’à la fin de la saison en Ligue 1 et se retrouve sous la menace d’une exclusion de la Coupe de France à partir de la saison 2022-2023 en cas de récidive.

Il serait sans doute temps que le bouillonnant président du club de Lyon se taise un peu pour ne pas ajouter à l’ambiance délétère. De ce point de vue, il pourrait prendre exemple sur les présidents de clubs anglais qui laissent seulement aux entraîneurs et managers le soin de s’exprimer. Le président Aulas lui ne manque pas une occasion de critiquer un jour les arbitres, un autre ses adversaires et même ses entraîneurs ! De quoi légitimer les réactions violentes des supporters les plus abrutis. La recommandation vaut aussi pour d’autres présidents. On pourrait sans doute dans le football s’inspirer un peu plus du fair-play qui caractérise d’autres sports notamment le rugby où le respect de l’adversaire e des arbitres est tout à fait exemplaire.

Nouveaux incidents OL–Paris FC -Le football professionnel complice des violences

Nouveaux incidents OL–Paris FC -Le football professionnel complice des violences

 

Après les récents incidents dans les stades, l’ancien président de l’Olympique de Marseille Christophe Bouchet et le journaliste Eric Champel proposent, dans une tribune au « Monde », la création d’une « supercommission de discipline », indépendantes des institutions officielles.

 

Après l’arrêt de la rencontre entre Lyon et Marseille, dimanche 21 novembre à Lyon, en raison d’un jet de bouteille sur un joueur marseillais, et après plusieurs incidents dans les stades, le foot français doit sortir de sa consanguinité pour trouver des solutions adaptées.

Les catastrophes ne sont jamais le fruit d’un hasard. Elles surviennent toujours après s’être engouffrées dans des failles dont on n’a pas su – voulu – percevoir l’importance sur le moment. La multiplication des incidents dans les stades français est la conséquence d’un lent effritement structurel des clubs de Ligue 1. Ils sont aujourd’hui confrontés à un désespérant mouvement de balancier.

Sportivement, la « Ligue des talents » n’a jamais été aussi performante et attractive, ses résultats sur la scène européenne le prouvent. Mais, dans le même temps, elle n’a jamais été aussi fragile et vulnérable. Elle a brutalement perdu le contrôle de son équilibre financier après avoir été confrontée, coup sur coup, à deux impondérables.

D’abord, l’arrêt définitif de la saison 2019-2020, en avril 2020, en raison de la crise sanitaire. Sans doute trop docile et trop vite résignée, elle a été le seul grand championnat européen à se retrouver dans un tel cas de figure, ce qui a eu de lourdes conséquences économiques.

Huit mois plus tard, la défaillance du groupe audiovisuel espagnol Mediapro, incapable d’honorer le chimérique contrat à 762 millions d’euros annuels concernant l’acquisition des droits télévisuels domestiques de la Ligue 1 pour la période 2020-2024, a été un autre coup d’arrêt. Cette somme est encore en deçà des pertes cumulées du foot français, qui dépassent largement le milliard d’euros.

Depuis le début de la saison, dans un pernicieux effet domino qui tient de la loi des séries, le foot professionnel s’est aussi laissé déborder par une partie de ses supporteurs, et ses stades ne sont plus des lieux sûrs ni recommandables.

Ce problème de sécurité publique s’inscrit dans une interminable partie de ping-pong engagée il y a plusieurs années. Pouvoirs publics et clubs s’y renvoient inlassablement la balle dans un conflit stérile et inutile qui repose sur une ambiguïté : le club est responsable de la sécurité à l’intérieur du stade et l’Etat à l’extérieur.

Pourtant, il ne fait aucun doute que, s’il y a des incidents graves à l’intérieur du stade, il y en aura aussi à l’extérieur. La première urgence consiste donc à sortir de cette guerre froide et malsaine. Il faut élaborer une véritable doctrine du maintien de l’ordre dans les tribunes et en dehors, et définir des règles strictes et incontournables pour décréter l’arrêt d’une rencontre. Cela permettrait d’éviter une scène ubuesque et burlesque, comme celle qui s’est déroulée à Lyon, le 21 novembre. Au point d’en arriver au comble de l’hypocrisie et du sens de l’irresponsabilité et de faire croire que l’arbitre de la rencontre pouvait être le seul fautif d’un tel chaos.

Société-Le football professionnel complice des violences

Société-Le football professionnel complice des violences

 

Après les récents incidents dans les stades, l’ancien président de l’Olympique de Marseille Christophe Bouchet et le journaliste Eric Champel proposent, dans une tribune au « Monde », la création d’une « supercommission de discipline », indépendantes des institutions officielles.

 

Après l’arrêt de la rencontre entre Lyon et Marseille, dimanche 21 novembre à Lyon, en raison d’un jet de bouteille sur un joueur marseillais, et après plusieurs incidents dans les stades, le foot français doit sortir de sa consanguinité pour trouver des solutions adaptées.

Les catastrophes ne sont jamais le fruit d’un hasard. Elles surviennent toujours après s’être engouffrées dans des failles dont on n’a pas su – voulu – percevoir l’importance sur le moment. La multiplication des incidents dans les stades français est la conséquence d’un lent effritement structurel des clubs de Ligue 1. Ils sont aujourd’hui confrontés à un désespérant mouvement de balancier.

Sportivement, la « Ligue des talents » n’a jamais été aussi performante et attractive, ses résultats sur la scène européenne le prouvent. Mais, dans le même temps, elle n’a jamais été aussi fragile et vulnérable. Elle a brutalement perdu le contrôle de son équilibre financier après avoir été confrontée, coup sur coup, à deux impondérables.

D’abord, l’arrêt définitif de la saison 2019-2020, en avril 2020, en raison de la crise sanitaire. Sans doute trop docile et trop vite résignée, elle a été le seul grand championnat européen à se retrouver dans un tel cas de figure, ce qui a eu de lourdes conséquences économiques.

Huit mois plus tard, la défaillance du groupe audiovisuel espagnol Mediapro, incapable d’honorer le chimérique contrat à 762 millions d’euros annuels concernant l’acquisition des droits télévisuels domestiques de la Ligue 1 pour la période 2020-2024, a été un autre coup d’arrêt. Cette somme est encore en deçà des pertes cumulées du foot français, qui dépassent largement le milliard d’euros.

Depuis le début de la saison, dans un pernicieux effet domino qui tient de la loi des séries, le foot professionnel s’est aussi laissé déborder par une partie de ses supporteurs, et ses stades ne sont plus des lieux sûrs ni recommandables.

Ce problème de sécurité publique s’inscrit dans une interminable partie de ping-pong engagée il y a plusieurs années. Pouvoirs publics et clubs s’y renvoient inlassablement la balle dans un conflit stérile et inutile qui repose sur une ambiguïté : le club est responsable de la sécurité à l’intérieur du stade et l’Etat à l’extérieur.

Pourtant, il ne fait aucun doute que, s’il y a des incidents graves à l’intérieur du stade, il y en aura aussi à l’extérieur. La première urgence consiste donc à sortir de cette guerre froide et malsaine. Il faut élaborer une véritable doctrine du maintien de l’ordre dans les tribunes et en dehors, et définir des règles strictes et incontournables pour décréter l’arrêt d’une rencontre. Cela permettrait d’éviter une scène ubuesque et burlesque, comme celle qui s’est déroulée à Lyon, le 21 novembre. Au point d’en arriver au comble de l’hypocrisie et du sens de l’irresponsabilité et de faire croire que l’arbitre de la rencontre pouvait être le seul fautif d’un tel chaos.

Société-Le football professionnel complice des violences

Société-Le football professionnel complice des violences

 

Après les récents incidents dans les stades, l’ancien président de l’Olympique de Marseille Christophe Bouchet et le journaliste Eric Champel proposent, dans une tribune au « Monde », la création d’une « supercommission de discipline », indépendantes des institutions officielles.

 

Après l’arrêt de la rencontre entre Lyon et Marseille, dimanche 21 novembre à Lyon, en raison d’un jet de bouteille sur un joueur marseillais, et après plusieurs incidents dans les stades, le foot français doit sortir de sa consanguinité pour trouver des solutions adaptées.

Les catastrophes ne sont jamais le fruit d’un hasard. Elles surviennent toujours après s’être engouffrées dans des failles dont on n’a pas su – voulu – percevoir l’importance sur le moment. La multiplication des incidents dans les stades français est la conséquence d’un lent effritement structurel des clubs de Ligue 1. Ils sont aujourd’hui confrontés à un désespérant mouvement de balancier.

Sportivement, la « Ligue des talents » n’a jamais été aussi performante et attractive, ses résultats sur la scène européenne le prouvent. Mais, dans le même temps, elle n’a jamais été aussi fragile et vulnérable. Elle a brutalement perdu le contrôle de son équilibre financier après avoir été confrontée, coup sur coup, à deux impondérables.

D’abord, l’arrêt définitif de la saison 2019-2020, en avril 2020, en raison de la crise sanitaire. Sans doute trop docile et trop vite résignée, elle a été le seul grand championnat européen à se retrouver dans un tel cas de figure, ce qui a eu de lourdes conséquences économiques.

Huit mois plus tard, la défaillance du groupe audiovisuel espagnol Mediapro, incapable d’honorer le chimérique contrat à 762 millions d’euros annuels concernant l’acquisition des droits télévisuels domestiques de la Ligue 1 pour la période 2020-2024, a été un autre coup d’arrêt. Cette somme est encore en deçà des pertes cumulées du foot français, qui dépassent largement le milliard d’euros.

Depuis le début de la saison, dans un pernicieux effet domino qui tient de la loi des séries, le foot professionnel s’est aussi laissé déborder par une partie de ses supporteurs, et ses stades ne sont plus des lieux sûrs ni recommandables.

Ce problème de sécurité publique s’inscrit dans une interminable partie de ping-pong engagée il y a plusieurs années. Pouvoirs publics et clubs s’y renvoient inlassablement la balle dans un conflit stérile et inutile qui repose sur une ambiguïté : le club est responsable de la sécurité à l’intérieur du stade et l’Etat à l’extérieur.

Pourtant, il ne fait aucun doute que, s’il y a des incidents graves à l’intérieur du stade, il y en aura aussi à l’extérieur. La première urgence consiste donc à sortir de cette guerre froide et malsaine. Il faut élaborer une véritable doctrine du maintien de l’ordre dans les tribunes et en dehors, et définir des règles strictes et incontournables pour décréter l’arrêt d’une rencontre. Cela permettrait d’éviter une scène ubuesque et burlesque, comme celle qui s’est déroulée à Lyon, le 21 novembre. Au point d’en arriver au comble de l’hypocrisie et du sens de l’irresponsabilité et de faire croire que l’arbitre de la rencontre pouvait être le seul fautif d’un tel chaos.

Le football professionnel complice des violences

Le football professionnel complice des violences

 

Après les récents incidents dans les stades, l’ancien président de l’Olympique de Marseille Christophe Bouchet et le journaliste Eric Champel proposent, dans une tribune au « Monde », la création d’une « supercommission de discipline », indépendantes des institutions officielles.

 

Après l’arrêt de la rencontre entre Lyon et Marseille, dimanche 21 novembre à Lyon, en raison d’un jet de bouteille sur un joueur marseillais, et après plusieurs incidents dans les stades, le foot français doit sortir de sa consanguinité pour trouver des solutions adaptées.

Les catastrophes ne sont jamais le fruit d’un hasard. Elles surviennent toujours après s’être engouffrées dans des failles dont on n’a pas su – voulu – percevoir l’importance sur le moment. La multiplication des incidents dans les stades français est la conséquence d’un lent effritement structurel des clubs de Ligue 1. Ils sont aujourd’hui confrontés à un désespérant mouvement de balancier.

Sportivement, la « Ligue des talents » n’a jamais été aussi performante et attractive, ses résultats sur la scène européenne le prouvent. Mais, dans le même temps, elle n’a jamais été aussi fragile et vulnérable. Elle a brutalement perdu le contrôle de son équilibre financier après avoir été confrontée, coup sur coup, à deux impondérables.

D’abord, l’arrêt définitif de la saison 2019-2020, en avril 2020, en raison de la crise sanitaire. Sans doute trop docile et trop vite résignée, elle a été le seul grand championnat européen à se retrouver dans un tel cas de figure, ce qui a eu de lourdes conséquences économiques.

Huit mois plus tard, la défaillance du groupe audiovisuel espagnol Mediapro, incapable d’honorer le chimérique contrat à 762 millions d’euros annuels concernant l’acquisition des droits télévisuels domestiques de la Ligue 1 pour la période 2020-2024, a été un autre coup d’arrêt. Cette somme est encore en deçà des pertes cumulées du foot français, qui dépassent largement le milliard d’euros.

Depuis le début de la saison, dans un pernicieux effet domino qui tient de la loi des séries, le foot professionnel s’est aussi laissé déborder par une partie de ses supporteurs, et ses stades ne sont plus des lieux sûrs ni recommandables.

Ce problème de sécurité publique s’inscrit dans une interminable partie de ping-pong engagée il y a plusieurs années. Pouvoirs publics et clubs s’y renvoient inlassablement la balle dans un conflit stérile et inutile qui repose sur une ambiguïté : le club est responsable de la sécurité à l’intérieur du stade et l’Etat à l’extérieur.

Pourtant, il ne fait aucun doute que, s’il y a des incidents graves à l’intérieur du stade, il y en aura aussi à l’extérieur. La première urgence consiste donc à sortir de cette guerre froide et malsaine. Il faut élaborer une véritable doctrine du maintien de l’ordre dans les tribunes et en dehors, et définir des règles strictes et incontournables pour décréter l’arrêt d’une rencontre. Cela permettrait d’éviter une scène ubuesque et burlesque, comme celle qui s’est déroulée à Lyon, le 21 novembre. Au point d’en arriver au comble de l’hypocrisie et du sens de l’irresponsabilité et de faire croire que l’arbitre de la rencontre pouvait être le seul fautif d’un tel chaos.

France-Violences dans les stades de foot: Enfin la pénalisation ?

France-Violences dans les stades  de foot: Enfin la pénalisation ?

 

La violence dans les stades de football notamment à l’occasion des matchs professionnels a atteint un niveau inadmissible remarquédans le monde entier. En cause le laxisme des clubs vis-à-vis de leurs supporters et la paralysie des autorités sportives aussi bien de la ligue de football professionnel que de la fédération. Or les coupables peuvent être facilement repérés par les systèmes de caméras qui équipent les stades et par les chaînes de télévision.

Observons cependant que ce phénomène est plus global et qu’il affecte d’une façon générale les rassemblements dans le pays. Le signe d’un État particulièrement défaillant incapable de faire régner l’ordre et d’une justice très laxiste »Personne n’a vu arriver cette violence ». La ministre déléguée chargée des Sports Roxana Maracineanu s’est dite prête à prendre des mesures pour endiguer les violences de plus en plus nombreuses entre supporters en Ligue 1. Au micro de RTL ce vendredi 24 septembre, la ministre appelle « tout le monde à se mettre autour de la table » pour trouver des solutions.

Une déclaration finalement assez molle car la seule solution est une réponse pénale mettant en cause les individus coupables de violence et non la masse de supporters pacifiques.

 

Violences en Haïti : une tradition de mafia et de corruption

 

Haïti souvent victime de catastrophes en tous genres a pourtant vu des pluies de milliards s’abattre sur l’île. Pour autant, le pays est demeuré l’un des plus pauvres au monde et des plus violents. Témoin l’assassinat récent du président haïtien, Frédéric Thomas, docteur en sciences politiques et chargé d’études pour l’ONG Centre tricontinental (Cetri), explique le contexte dans le JDD.

Interview (extrait )

L’assassinat du président Jovenel Moïse était-il prévisible?
Malheureusement, oui. Cela reste un choc, mais il y avait un environnement d’insécurité, d’impasse politique, de recrudescence de gangs armés, de « gangstérisation » de l’Etat qui rendait le scénario du pire possible. Jovenel Moïse est victime d’une violence dont il est largement responsable.

Que voulez-vous dire?
En Haïti, il y a une tradition d’instrumentalisation des bandes armées par la classe politique. Mais la violence a explosé ces derniers mois, avec des affrontements très violents au mois de juin dans le quartier populaire de Martissant, à Port-au-Prince. Ils ont provoqué 150 morts, dont 15 en une seule nuit, parmi lesquels le journaliste Diego Charles et la militante féministe Antoinette Duclair. Plus de 10.000 personnes ont été déplacées. L’assassinat du président s’inscrit dans cette recrudescence des bandes armées, qui contrôlent une large partie du territoire de Port-au-Prince, coupant même l’accès à la partie sud de l’île. Or ces violences se sont développées à partir de la fin 2018, en réponse aux contestations populaires contre la vie chère et la corruption. Cela a été une manière de contrôler ces contestations sociales et de s’assurer le pouvoir. Cette instrumentalisation est documentée par des enquêtes, qui montrent l’implication de policier, de fonctionnaires. Il y a une impunité totale qui permet ce cycle de violence. Et l’obstination de Jovenel Moïse à se maintenir au pouvoir n’a fait qu’alimenter cette violence, catalysée par la perspective des prochaines élections. En effet, ces bandes armées cherchent à assoir leur contrôle sur des territoires de la capitale afin d’assurer les votes à ceux qui les payent le plus.

Comment pourrait-on qualifier la vie politique haïtienne?
Il y a une vie politique de débat d’idées très active au sein de la société civile : des organisations sociales et syndicales, des mouvements de femmes, de paysans, mais avec des partis politiques peu représentatifs et peu institutionnalisés. Ce sont souvent des partis centrés autour d’une personne, qui se constituent en vue des élections pour mener campagne, mais qui n’ont pas une durée de vie très longue. Aux dernières élections, Jovenel Moïse a été élu avec un taux de participation autour de 20%. Il y a un discrédit très fort des partis politiques, qui ont un fonctionnement très clientéliste. Il y a quelques partis d’opposition, mais ils ont peu de poids face à une population qui témoigne d’une très grande défiance envers la classe politique, et plus généralement l’élite au pouvoir.

Ariel Henry avait été nommé lundi pour organiser des élections. Que devient ce calendrier électoral avec le meurtre du président?
Les seuls à croire à ces élections ce sont les Etats-Unis, la communauté internationale et le gouvernement. Il n’y a aucune conditions juridique, sécuritaire, politique ni même technique – toute une partie de la population n’est pas inscrite sur les listes électorales – pour que ces élections aient lieu dans moins de 100 jours. Par ailleurs, la majorité de la population ne veut pas de ce scrutin, parce qu’elle se défie du pouvoir. Le conseil électoral provisoire en charge de ces élections n’est pas légitime, il y a des irrégularités, des accusations de corruption… Ces élections sont une manière de reconduire l’impunité et le système dont la population ne veut plus. Elles ne sont portées que par le pouvoir et par la communauté internationale. Les Etats-Unis viennent de faire une déclaration pour appeler à maintenir le calendrier électoral. C’est aussi illusoire qu’absurde.

En attendant, Claude Joseph, Premier ministre sortant, a repris la gouvernance par intérim. Que peut-on dire de cet homme?
Les personnes autour de Jovenel Moïse sont ses dauphins. Aussi bien Claude Joseph, qu’Ariel Henry n’ont pas de parti politique derrière eux : ce sont des personnes de pouvoir qui ne représentent rien. Ils ne portent pas de projets différents, ils ne bénéficient pas de la confiance de la population et ne sont pas garants d’une transition, d’un renforcement démocratique. Nous sommes à nouveau dans une forme de rivalité au sein d’une même clique. Les enjeux de démocratie et de liberté se jouent ailleurs. Les organisations de la société civile ne croient pas du tout à ces hommes politiques. Ils ne sont là que pour reconduire le système, le mener à des élections qui seront une farce et se maintenir au pouvoir pour avoir accès à des ressources économiques et de pouvoir.

L’Etat de siège a été déclaré, est-ce que cela signifie que la police, l’exécutif vont reprendre le pouvoir?
Théoriquement oui, mais la police a été totalement absente au cours des derniers mois pour affronter les bandes armées. Que veut dire un état de siège alors qu’une partie de Port-au-Prince est aux mains de gangs armés qui agissent en toute impunité? Il y a une forme aussi de déliquescence, d’affaiblissement, de captation et de privatisation de toutes les institutions publiques qui font qu’il est difficile de faire la part des choses entre les effets d’annonce et ce qui va se dérouler sur le terrain. Mercredi, la plupart des gens à Port-au-Prince ne sont pas sortis parce qu’ils sont dans la crainte d’une fuite en avant, d’une dérive mafieuse et autoritaire encore plus accélérée, mais pas parce qu’il y a un état de siège. Le gouvernement gouverne très peu en réalité.

Puissances étrangères craignent une « spirale de violence », pensez-vous que la situation peut encore s’aggraver?
Le pays brûle déjà. Au moins de juin, les affrontements ont déplacé 10.000 personnes, réfugiées dans des écoles, des gymnases. Dans leurs quartiers, les commissariats sont tenus par les bandes armées. Il faut plutôt voir dans l’assassinat de Jovenel Moïse le retour du bâton de la communauté internationale qui ne veut pas regarder en face la situation et qui en appelle toujours aux même types de solutions faussées : des élections menées par un gouvernement illégitime dans un contexte de violence et de contrôle des gangs armés.

Violences France : la France sur le chemin de Chicago

Violences France : la France sur le chemin de Chicago

 

 

Tous les indicateurs de violence sont au rouge, la violence dans les quartiers avec des règlements de compte mortels entre bandes, la violence contre la police et plus généralement contre les services publics, la violence ordinaire banalisée qui sert désormais de régulation des conflits sociaux et sociétaux. En face un pouvoir politique ectoplaste composé de personnalités qui n’ont jamais mis les pieds dans les zones concernées et où n’ont jamais vécu près des catégories sociales concernées.

 

Ainsi encore

quatre morts dans la seule nuit de lundi à mardi. La bouffée sanglante a commencé dès minuit, quand des riverains du quartier Monclar, à Avignon, appellent la police après avoir entendu des coups de feu. Sur place, les policiers découvrent le corps inanimé de Saber B., connu pour trafics de drogue. Il allait fêter ses 20 ans ce mercredi. Touché par plusieurs balles, le jeune homme est décédé à l’hôpital à 2 heures du matin. Dans une rue parallèle à la première fusillade, les policiers ont retrouvé la dépouille de Karim O., 33 ans. Fiché pour importation de stupéfiants et meurtre, il a été abattu d’une balle dans la tête. Partout en France régulièrement même en plein jour les vendent s’affrontent au tir réel. Toute réponse on va barricader les commissariats comme on a barricadé les gendarmeries. Une version totale de la prise en compte de la problématique de sécurité.

Violences en Irlande du Nord : la faute au brexit

Violences en Irlande du Nord : la faute au brexit  

C’est l’affaire des barrières douanières qui a mis le feu aux poudres de la résurgence des velléités d’indépendance en Irlande d’une Nord . 

 

Après que Londres ait quitté l’orbite de l’Union européenne (UE) au début de cette année, des contrôles et des tarifs ont été introduits sur certaines marchandises transitant de la Grande-Bretagne continentale vers l’Irlande du Nord, la province étant désormais frontalière du bloc via l’Irlande, membre de l’UE.

Le Premier ministre Boris Johnson avait promis qu’il n’y aurait pas de frontière rigide entre l’Irlande et l’Irlande du Nord à la suite du Brexit, et des échanges sans entraves entre la province et le reste du Royaume-Uni.

Mais les critiques du protocole d’Irlande du Nord de l’accord de départ affirment qu’une frontière est désormais en vigueur dans la mer d’Irlande, laissant les syndicalistes se sentir trahis par Londres.

Johnson a envoyé jeudi son ministre d’Irlande du Nord Brandon Lewis à Belfast pour des entretiens avec des dirigeants politiques et communautaires dans le but de calmer la situation.

«Je comprends parfaitement les défis … que les gens de la communauté unioniste ont ressentis autour du protocole» et d’autres problèmes, a déclaré Lewis aux journalistes après les pourparlers. Mais « il n’y a pas de légitimation ou d’excuse pour aller à la violence. »

Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, a déclaré qu’un certain nombre de facteurs étaient responsables de la colère et que les accords commerciaux post-Brexit en faisaient clairement partie.

Une grande partie de l’Irlande du Nord reste profondément divisée 23 ans après l’accord du Vendredi saint. De nombreux nationalistes aspirent à l’unification avec l’Irlande tandis que les autres  veulent rester au Royaume-Uni.

La police a déclaré jeudi que dans certains cas, des adultes s’étaient levés pour applaudir et crier leur soutien pendant que des jeunes commettaient des crimes de violence.

Mercredi, des groupes nationalistes irlandais et loyalistes pro-britanniques se sont lancés des feux d’artifice, des briques et des bombes à essence de part et d’autre de l’un des soi-disant «murs de la paix» de Belfast qui ont divisé les deux communautés dans certaines parties de la ville depuis l’Irlande du Nord. Les «troubles» ont commencé.

Des centaines de jeunes de Belfast, la capitale de la province britannique, ont mis le feu à un bus détourné et ont attaqué la police avec des pierres mercredi dans des scènes ravivant des souvenirs de décennies de conflits sectaires et politiques qui ont coûté la vie à quelque 3600 personnes avant un accord de paix de 1998.

Violences jeunes : La médiatisation aussi responsable

Violences jeunes  : La médiatisation aussi responsable

 

 

Gérard Mauger , auteur du livre « La sociologie de la délinquance juvénile », décrypte pour franceinfo les récentes rixes qui se sont multipliées en Ile-de-France.

Franceinfo : Y a-t-il, actuellement, une recrudescence des violences entre bandes rivales ou est-ce un phénomène qui a toujours existé ?
Gérard Mauger : Je n’en sais rien, parce que c’est très difficile de compter ce genre d’événements. C’est une impression si on écoute la radio et qu’on lit le journal, mais disons que cela retient spécialement l’attention des médias en ce moment parce qu’il y a eu des événements graves et successifs dans la même zone. Est-ce, pour autant, quelque chose de nouveau ? Je peux répondre catégoriquement que non. C’est très, très ancien. C’est un phénomène aussi ancien que les bandes. Les bandes, si tant est qu’il soit facile de les définir et que l’on s’en tient à un horizon historique relativement récent, remontent aux blousons noirs, dans les années 1950. Puis, il y a les loubards sur lesquels j’ai travaillé à la fin des années 1970 et aujourd’hui les jeunes des cités depuis le début des années 2000. Ce qui m’a frappé à travers mes enquêtes et ce que j’ai lu, c’est le caractère structurel ancien d’un même phénomène qui se répète à intervalles réguliers, qui attire plus ou moins l’attention.

Comment définiriez-vous une bande ?

Pour les définir, il faut dire un mot sur le recrutement, parce que c’est à peu près toujours le même. Ce sont des garçons des classes populaires en général, plutôt précarisés, très souvent en échec scolaire et qui se retrouvent en quelque sorte disqualifiés scolairement. Ils sont disqualifiés de ce fait aussi familialement comme des mômes turbulents, que les parents ont toutes les peines à contrôler. Ils tendent à se regrouper entre eux parce qu’ils ont ces différents éléments en commun, outre le voisinage ou le même établissement scolaire. Ils se regroupent sur la base de leur proximité sociale et de leur proximité géographique.

Et qu’est-ce qu’ils font ? On peut le résumer en disant qu’il s’agit au fond de cultiver collectivement les ressources dont ils disposent : la force physique et les valeurs de virilité.

« Il s’agit d’être costaud, de pas avoir peur, d’être capable de faire face, d’être un homme, dans la définition qu’en font ces jeunes. C’était vrai avec les blousons noirs et avec les loubards, c’est vrai pour les jeunes des cités aujourd’hui. C’est la constante de longue durée. »

C’est ce que j’ai appelé « le capital agonistique », la capacité à faire face et à se battre. Ce capital se mesure et se manifeste dans les affrontements au sein des bandes, mais l’exercice principal pour en faire preuve est collectif, en se bastonnant avec la bande d’à côté. Les prétextes sont plus ou moins futiles. Ce sont toujours les mêmes d’ailleurs : « il m’a regardé de travers »« il a dragué ma sœur ou ma copine »… C’est la guerre de Troie : des prétextes futiles, mais l’objectif principal, c’est de savoir qui est le plus costaud et le plus fort.

L’autre affrontement privilégié, ce sont les affrontements avec la police. La police est perçue comme une bande rivale, qui fonctionne avec la même ressource qu’eux : du capital agonistique et les valeurs de virilité. C’est une histoire très ancienne. De ce point de vue là, je crois que c’est toujours la même chose, mais cela ne veut pas dire que rien ne change.

Justement, quelles évolutions avez-vous observées ?

La première, sans doute essentielle, c’est que les blousons noirs et la plupart des loubards de la fin des années 1970 travaillaient. Ils sortaient de l’école mais ils travaillaient dans des métiers sous-qualifiés, avec une prédilection pour les métiers de force, qu’ils exerçaient systématiquement. Pour parler comme Karl Marx, la force de travail simple valait encore quelque chose sur le marché de l’emploi. Aujourd’hui, sans diplôme, sans aucun capital scolaire, quand on n’a que ses bras, c’est difficile de trouver un boulot. Donc ils se retrouvent au chômage, dans de petits boulots, des stages de faible durée et donc aussi sans un rond.

Ce qui veut dire – deuxième changement – que dès qu’ils sont assez grands, très souvent, ils sont investis dans le « business », le trafic de drogue essentiellement, à des fins économiques et de subsistance. Un changement majeur se produit avec la connexion entre le monde des bandes et le milieu de la délinquance professionnelle.

Il y a une troisième évolution, qui est sans doute plus récente et que je connais mal, mais qui est, je suppose, vraie à travers ce que j’entends dire en ce moment : la présence des réseaux sociaux. Pendant longtemps, dans ces bagarres entre bandes, l’arbitre des élégances, c’était Le Parisien. Apparaître dans le journal, c’était un titre de gloire. Je pense que cette fonction est aujourd’hui remplacée par les réseaux sociaux. Ils peuvent se mettre en scène eux-mêmes et montrer leurs faits d’armes et leur suprématie pour tenter de la faire reconnaitre par d’autres. Je pense que cela est sans doute un facteur d’accélération.

Un autre changement est régulièrement évoqué, celui d’un niveau de violence qui serait supérieur. Qu’en pensez-vous ?

Il y a une distinction, à mon avis, à faire avec les règlements de comptes à l’arme à feu, qui sont un autre type de conflits. Des kalachnikovs, on n’en a pas encore vu dans les rixes entre bandes. Cela peut venir, je n’en sais rien, mais c’est pour les plus grands pour l’instant. Ce qu’on voit, ce sont les armes blanches, mais ce n’est pas une nouveauté. Les blousons noirs s’étaient fait connaître pour l’usage des chaînes de vélo ou de mobylette, qui étaient quand même relativement dangereuses.

Vous parliez de la focalisation des médias sur ces affrontements en ce moment. Est-ce que cette médiatisation joue un rôle ?

La médiatisation encourage le phénomène parce que ça le met en scène comme valant quelque chose. Ce sont des garçons qui sont socialement, scolairement, professionnellement disqualifiés et les voilà qualifiés comme un phénomène intéressant. Cela va, d’une certaine façon, au devant de leurs enjeux, des enjeux symboliques dont je vous parlais à propos du Parisien. C’est un des effets produits par la médiatisation. Je pense qu’on peut se demander si la prolifération, la multiplication de ces faits récents en Ile-de-France n’a pas à voir avec la médiatisation.

Il y aurait donc une logique d’imitation ?

Oui, c’est la gloire de passer à la télé, d’être dans les journaux. C’est un titre de gloire, perçu comme tel, même si c’est tragique et pas drôle. Donc, on peut se demander si, en tout cas, cette extrême médiatisation n’est pas un encouragement involontaire de ce genre d’événements.

Comment faire pour juguler ce phénomène, selon vous ?

Les solutions sont là aussi extrêmement banales. Cela fait toujours un peu incantatoire de dire cela, mais c’est important : il faut lutter contre l’échec scolaire, lutter contre la paupérisation et la dislocation des familles, le chômage endémique… C’est la mobilisation de l’Etat social, une chose évidemment fondamentale pour leur permettre d’avoir une vie de jeunes normaux : un boulot à peu près stable, se marier, avoir des enfants. Se ranger, c’était l’avenir très classique des blousons noirs. Ils faisaient le service militaire et c’était fini. A ce propos, les médias disent souvent – mais c’est faux – qu’ils sont de plus en plus jeunes et de plus en plus violents. Le plus frappant, c’est qu’ils sont au contraire de plus en plus vieux.

« Vous voyez se prolonger le stationnement dans la bande sous une forme ou une autre, faute de pouvoir réaliser cet avenir à la fois professionnel et matrimonial banal parce qu’ils n’y arrivent pas. Cela me semble être un phénomène tout à fait important. »

Il y a le travail social en général, avec des expériences intéressantes qui consistent à tenter de détourner, de canaliser et de valoriser les ressources dont disposent ces jeunes. C’est-à-dire de ne pas invalider la force physique et la virilité mais, au contraire, les utiliser à des fins moins nocives pour eux-mêmes et pour les autres que celles de la baston. Il y a le sport, évidemment. Je me souviens également que lorsque la gauche était arrivée au pouvoir avec François Mitterrand en 1981, des opérations dites « anti-été chaud » avaient été mises en place. L’une d’elle, particulièrement amusante, avait été instaurée par les CRS, qui proposaient des stages de moto. Ça avait marché du tonnerre de Dieu, parce que c’était la mobilisation de ressources qui étaient les leurs, qui permettaient de se valoriser en n’étant pas des cancres et des bons à rien. Ce type d’opérations qui mobilise les ressources dont ils disposent et qui les intéressent, dans lesquelles ils peuvent s’investir, sont bonnes à prendre en termes de travail social. C’est tout à fait utile si elles sont intelligentes et bien faites.

Que pensez-vous de la logique, suivie en Essonne par le ministre de l’Intérieur, du renforcement des effectifs de police ?

Malheureusement, cela ne sert à rien, sinon à aggraver les choses. C’est-à-dire le risque de déclencher ce qu’on appelle des violences urbaines, des rixes entre les bandes de jeunes et les flics. Je ne dis pas qu’il ne faut pas mettre des policiers. Mais pour ces faits là, à mon avis, non. Car cela supposerait qu’ils puissent identifier sur le terrain les bandes, les affrontements possibles. Bon courage. Comment les entraver ? Qu’est-ce que vous voulez qu’ils fassent ? Ils ne vont pas les surveiller indéfiniment 24 heures sur 24, c’est tout simplement impossible. Ça me semble totalement vain, et même risqué. Je ne veux pas tenir un discours bêtement anti-flics, mais j’ai peur que ce genre de remède soit pire que le mal.

Manifestation sécurité globale : 50 000 participants et violences

Manifestation sécurité globale : 50 000 participants et violences

 

D’après les chiffres officiels,  la manifestation organisée à l’appel de la coordination #StopLoiSécuritéGlobale à réuni de l’ordre de 50 000 participants en France, ( à Paris et dans des grandes villes).

Des incidents ont éclaté dans la manifestation parisienne vers le milieu de l’après-midi lorsque des centaines de personnes cagoulées ont lancé des projectiles sur la police anti-émeute, brisé des vitrines et incendié des voitures, des motos et des barricades, entraînant une riposte des forces de l’ordre sous la forme de gaz lacrymogènes.

Selon la police, quelque 500 “casseurs” ont infiltré le cortège et sont à l’origine de ces violences et dégradations de biens publics et privés.

Le projet de loi de “sécurité globale”, qui devrait finalement être réécrit au cours du processus législatif, est vivement dénoncé par les syndicats de journalistes et les mouvements de défense des droits de l’homme, selon lesquels le texte constitue une grave atteinte à la liberté de la presse.

La coordination #StopLoiSécuritéGlobale demande le retrait “réel” de certains articles de la proposition de loi jugés particulièrement problématiques.

L’article 24 interdisant la diffusion d’images des membres des forces de l’ordre dans l’intention de nuire est particulièrement visé.

Violences policières : Macron dénonce

Violences policières : Macron dénonce

Il est clair que Macron a été contraint de réagir rapidement pour condamner sans réserve les violences policières notamment celles relatives à Michel Zecler, le producteur de musique. Au-delà même, il a invité le premier ministre a engagé une réflexion pour mettre fin aux discriminations. Le chef d’État est en quelque sorte pris au piège dans sa volonté légitime de rétablir une sécurité menacée en particulier dans les quartiers sensibles , aussi par l’islamisme et son souci d’égalité de traitement par la police. Un équilibre difficile entre liberté et sécurité depuis la loi sécurité très contestée et notamment l’article 24 qui prévoit des poursuites éventuelles des journalistes.

«La France ne doit jamais laisser prospérer la haine ou le racisme», a souligné le chef de l’Etat dans une déclaration sur les réseaux sociaux, en demandant «une police exemplaire avec les Français» mais aussi «des Français exemplaires avec les forces de l’ordre». «Ceux qui font appliquer la loi doivent respecter la loi. Je n’accepterai jamais que la violence gratuite de quelques-uns entache le professionnalisme de femmes et d’hommes qui, au quotidien, assurent notre protection avec courage», insiste-t-il.

 

D’une certaine façon, la condamnation des dernières violences par Macron vont sans doute sonner la mise sous le tapis de l’article 24 de la loi sécurité voire de la loi tout entière en fonction du degré de mobilisation.

 

 le président affirme en effet être le  «garant» des libertés, en particulier la liberté d’expression et de la presse. «Je n’accepterai jamais que ces libertés puissent être reniées», dit-il, en pleine polémique sur l’article 24 qui veut sanctionner la diffusion malveillante d’images de policiers en opération.

 

Le chef de l’Etat souligne aussi vouloir défendre la liberté de manifester. «Chaque citoyen doit pouvoir exprimer ses convictions et revendications à l’abri de toute violence et de toute pression». «La France est un pays d’ordre et de liberté, pas de violence gratuite et d’arbitraire», poursuit le président. Il faut «conduire avec détermination, calme et respect les débats qui sont aujourd’hui ceux de notre société. Ni l’invective, ni l’opprobre, ni les manipulations ne sauraient y contribuer», conclut-il en appelant à «la concorde».

Société– Le squatter de Théoule-sur-Mer arrêté pour violences !

 

 

Une affaire incroyable avec un scénario imprévisible pour les squatter qui avaient occupé le logement de modestes retraités, lesquels se sont retrouvés à la rue. Le pire, c’est que les squatters disposaient en fait d’un logement en région parisienne et qu’ils s’étaient installés tranquillement dans une villa non occupés au bord de la mer. Les autorités politiques se sont interrogées jusqu’au plus haut niveau de l’État sur la manière et la légitimité de l’expulsion. Une manière de confirmer la déliquescence de l’État incapable d’imposer l’occupation illégale d’une propriété privée. Le plus cocasse et le plus dramatique en même temps, c’est que l’expulsion a été réalisée au motif d’un conflit violent à l’intérieur de la famille. Les Radicaux qui avaient abondamment soutenu les squatters en seront pour leurs frais avec le ridicule en supplément. Les squatteurs de Théoule-sur-Mer ont enfin vidé les lieux. Le père de famille, Abdellah Z., a même été placé, lundi soir, en garde à vue à Mandelieu, dans les Alpes-Maritimes. Mais ce n’est pas une ordonnance d’expulsion qui a permis d’obtenir le départ de cette famille qui, avec deux enfants, avait élu domicile depuis trois semaines chez un couple de retraités: ce n’est qu’à la faveur d’une dispute que les gendarmes ont pu interpeller le mari, pour violences conjugales.

«La gendarmerie a évacué leurs affaires et repris les clefs, raconte le maire de Théoule, Georges Botella. L’épouse, elle, a été conduite à Nice, dans un foyer pour femmes battues, avec ses enfants. Mais moi je suis encore obligé de mobiliser des gendarmes pour protéger la maison: d’autres squatteurs pourraient venir… Oui, on est chez les dingues!»

 

Le squatteur de Théoule-sur-Mer arrêté pour violences !

Le squatteur de Théoule-sur-Mer arrêté pour violences !

 

Une affaire incroyable avec un scénario imprévisible pour les squatter qui avaient occupé le logement de modestes retraités, lesquels se sont retrouvés à la rue. Le pire, c’est que les squatters disposaient en fait d’un logement en région parisienne et qu’ils s’étaient installés tranquillement dans une villa non occupés au bord de la mer. Les autorités politiques se sont interrogées jusqu’au plus haut niveau de l’État sur la manière et la légitimité de l’expulsion. Une manière de confirmer la déliquescence de l’État incapable d’imposer l’occupation illégale d’une propriété privée. Le plus cocasse et le plus dramatique en même temps, c’est que l’expulsion a été réalisée au motif d’un conflit violent à l’intérieur de la famille. Les Radicaux qui avaient abondamment soutenu les squatters en seront pour leurs frais avec le ridicule en supplément. Les squatteurs de Théoule-sur-Mer ont enfin vidé les lieux. Le père de famille, Abdellah Z., a même été placé, lundi soir, en garde à vue à Mandelieu, dans les Alpes-Maritimes. Mais ce n’est pas une ordonnance d’expulsion qui a permis d’obtenir le départ de cette famille qui, avec deux enfants, avait élu domicile depuis trois semaines chez un couple de retraités: ce n’est qu’à la faveur d’une dispute que les gendarmes ont pu interpeller le mari, pour violences conjugales.

«La gendarmerie a évacué leurs affaires et repris les clefs, raconte le maire de Théoule, Georges Botella. L’épouse, elle, a été conduite à Nice, dans un foyer pour femmes battues, avec ses enfants. Mais moi je suis encore obligé de mobiliser des gendarmes pour protéger la maison: d’autres squatteurs pourraient venir… Oui, on est chez les dingues!»

Ligue des champions: violences de « supporters » abrutis

Ligue des champions: violences de « supporters » abrutis

 

Comme c’était prévisible l’incohérence des mesures de prévention de la préfecture de Paris ont d’une certaine manière favorisé les violences de supporters de plus en plus abrutis- en réalité pas vraiment des supporters mais des individus qui saisissent n’importent quelle occasion de regroupement pour s’attaquer aux biens publics privés et aux forces de l’ordre. En laissant ouvert les Champs-Élysées, les autorités ont pris une grave responsabilité car ces événements étaient largement prévisibles.

Ces autorités se caractérisent par un décalage de plus en plus manifeste entre des propos d’autorité et des actions complètement laxistes. Certes des interpellations ont eu lieu mais dans la plupart des cas elles ne seront pas suivies de sanctions judiciaires. Les forces de l’ordre ont en effet procédé dans la nuit de dimanche à lundi à 158 interpellations pour des dégradations, des violences ou des jets de projectiles à Paris après la défaite 1-0 du Paris-Saint-Germain face au Bayern Munich en finale de la Ligue des champions de football à Lisbonne, a annoncé lundi la préfecture de police.

En raison de ces événements qu’elle qualifie d’”inacceptables”, la préfecture de police interdit les défilés et les rassemblements consécutifs à cette finale, partout dans Paris, jusque mardi matin. Dans le secteur du Parc des Princes, les bars vont en outre devoir rester fermés et la consommation d’alcool sera interdite dans la rue, également jusque mardi matin.

Dénonçant “la sauvagerie de certains délinquants”, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a pour sa part fait état de 16 agents des forces de l’ordre blessés, de 12 magasins attaqués et d’une quinzaine de véhicules dégradés après la défaite du PSG.

La préfecture de police a aussi signalé 404 verbalisations dans la nuit de dimanche à lundi pour non port du masque de protection sanitaire dans des secteurs où il est obligatoire.

Violences du 14 juillet: deux ou trois jeunes mis en examen !

Violences du 14 juillet: deux ou trois jeunes mis en examen !

Une nouvelle fois le 14 juillet a donné lieu à un déferlement de violence notamment d’atteinte aux biens privés et publics. On sait que depuis 2019, le ministère de l’intérieur ne veut plus par exemple fournir de  chiffre concernant le nombre de voitures brûlées qui tournent autour de 1000 chaque année pour la fête nationale. En fait,  l’État tourne vite la page de ces violences ou alors n’inquiète que quelques personnes quand évidemment des centaines et des centaines ont été impliquées. Par exemple Le parquet de Nanterre annonce plusieurs mises en examen et condamnations après des violences en marge des festivités du 14-Juillet, rapporte France Bleu Paris samedi 18 juillet. Un jeune de 17 ans connu de la justice a été notamment mis en examen et écroué pour « destruction par un moyen dangereux pour les personnes » et « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences et de dégradations ou destruction de bien », après l’incendie d’un bus de la RATP à Nanterre (Hauts-de-Seine) dans la nuit du 13 au 14 juillet.

Trois individus ont été condamnés à huit mois de prison et placés sous bracelet électronique, après avoir jeté des cailloux et donné des coups de barres de fer à deux bus de la RATP à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Ils sont également coupables de jets de projectiles et de tirs de mortiers. Quelques condamnations sans doute aussi ailleurs mais très peu nombreuses et qui vont demeurer très symboliques  ou quand la barbarie se substitue progressivement à l’État républicain.

14 Juillet: feux d’artifice, violences urbaines et voitures brûlées dans toute la France

14 Juillet: feux d’artifice, violences urbaines et voitures brûlées dans toute la France

 

 

Traditionnellement on a assisté–parfois d’un peu plus loin– aux feux d’artifice des 13 et 14 juillet. Des moments de convivialité, de joie mais aussi un prétexte pour la violence. En effet encore davantage cette année des débordements, des mises en danger d’autrui et des destructions de matériel ont été signalées. Des biens publics mais aussi des biens privés en ont été les victimes. Celà concerne bien sûr des quartiers sensibles notamment de banlieue et aussi même des centres-villes avec aussi une volonté d’affronter les forces de l’ordre.

Notons d’ailleurs que depuis 2019, le ministère de l’intérieur pour étouffer ce phénomène a décidé de ne plus établir le moindre bilan de ces violences du 14 juillet. Ainsi par exemple on a décidé qu’on ne signalerait plus le nombre de voitures brûlées, un chiffre qui tournait autour de 800 en 2018 et qui sans doute doit aujourd’hui être proche de 1000.

Un phénomène devenu tellement banal que plus personne n’en parle. Un phénomène tellement habituel puisqu’en  moyenne ,pour un jour normal ,une centaine de voitures au moins sont brûlées en France. La presse locale, les élus et autres institutionnels s’entendent largement pour mettre un voile pudique sur un phénomène de société dont ils sont en partie responsable pour leur collusion plus ou moins tacite avec les auteurs de ces délits.

 

Un peu partout en France, les témoignages abondent d’occupants d’appartements ayant essuyé de tels tirs. Une menace d’autant plus présente que les jeunes délinquants ont pris l’habitude de commencer leurs «activités» plusieurs jours avant la fête nationale, à la grande exaspération de beaucoup d’habitants de leurs quartiers.

Les banlieues des grandes villes, en l’occurrence les régions parisienne, lyonnaise et lilloise, ont été les plus touchées. Des voitures ont ainsi été brûlées à Roubaix (Nord). Des feux d’artifice sauvages ont été observés dans plusieurs arrondissements lyonnais. Des feux, incendies de voitures et tirs de mortiers ont eu lieu à Villeurbanne, Vaulx-en-Velin et Vénissieux. À Rillieux-la-Pape, des groupes de jeunes se sont opposés aux forces de l’ordre avec jets de projectiles et ripostes de gaz lacrymogènes.

Mais c’est comme toujours en région parisienne que l’on a déploré le plus grand nombre de faits. Avec, outre le gymnase, un bus incendié à Nanterre dans la cité Pablo-Picasso, connue pour son trafic de drogue. Selon la préfecture des Hauts-de-Seine, «un ou plusieurs individus ont fait sortir un chauffeur de son bus avant de mettre le feu au véhicule». Toujours dans les Hauts-de-Seine, Suresnes et Villeneuve-la-Garenne, marquées par des violences urbaines pendant le confinement, ont notamment été touchées. Comme Saint-Denis, Villetaneuse, Aubervilliers ou Bobigny en Seine-Saint-Denis ou encore les 12e, 14e, 15e, 18e, 19e et 20e arrondissements de Paris.

 

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