Archive pour le Tag 'des'

Page 3 sur 159

Dangers des ponts en France … aussi des autres infrastructures

Danger  des ponts en France … aussi des autres infrastructures

À l’occasion de la manifestation de souvenir concernant l’écroulement du pont de Gênes en Italie, un  sénateur centriste lance un cri d’alarme sur l’état des ponts français dont 10 % seraient dangereux. Il faudrait ajouter que d’une façon générale les infrastructures routières (comme les infrastructures ferroviaires d’ailleurs) se sont particulièrement dégradées depuis 10 ou 15 ans. La chance de la France, c’est que le pays n’a pas connu de forts gels depuis plusieurs années donc de dégel qui sont mortifères pour les routes. L’ensemble des infrastructures routières sont dans un état très critique notamment certaines routes dites de secondaires qu’on répare depuis des années avec des rustines. Pour les ponts, Hervé Maurey, sénateur centriste de l’Eure, président de la mission d’information sur la sécurité des ponts,

« À peu près 10% de ces ponts, soit 25 000 ponts qui sont en mauvais état », a-t-il affirmé. La situation est encore plus inquiétante lorsque les ponts sont gérés par les communes ou intercommunalités, plutôt que par l’État. (Interview Franceinfo)

 

Quel constat global dressez-vous, alors que les résultats d’une enquête du Sénat seront bientôt publiés ?

Hervé Maurey : Le premier constat, c’est le fait que l’on ne sait même pas exactement combien il y a de ponts en France. C’est assez révélateur de la méconnaissance de l’état de notre patrimoine. Les ponts ne sont pas dans notre culture un élément de patrimoine. Que ce soit l’État, les départements ou a fortiori les communes, il n’y a jamais eu une approche patrimoniale qui consiste à savoir combien de ponts on a, dans quel état ils sont, et de programmer un entretien ou une restauration.

On arrive simplement à évaluer le nombre de ponts : à peu près entre 200 000 et 250 000. On est arrivé à la conclusion qu’il y avait à peu près 10% de ces ponts (…) qui sont en mauvais état. 7% des ponts qui appartiennent à l’État risquent de s’effondrer, alors que ce sont les mieux entretenus. La situation est bien plus inquiétante concernant les 100 000 ponts qui relèvent des communes ou des intercommunalités. Elles n’ont pas l’ingénierie, les moyens humains et les moyens financiers d’assurer une surveillance et une remise à niveau quand c’est nécessaire.

Qu’est-ce que vous préconisez pour y remédier ?

On préconise que l’État mette les moyens nécessaires, c’est-à-dire qu’il mette en place un véritable plan Marshall sur son réseau. Aujourd’hui, il consacre 45 millions d’euros par an à l’entretien des ponts qui relèvent de l’État, mais l’État considère qu’il faudrait vraisemblablement mettre près du triple, c’est-à-dire près de 120 millions.

On préconise aussi la mise en place d’un fond spécial destiné aux collectivités locales pour qu’elles dressent un constat. Cela coûte très cher parce qu’un diagnostic d’un pont simple, c’est au minimum 5 000 euros. En Normandie, sur mon territoire, il y a une communauté de communes qui a compté ses ponts et il y en a 80. Cela veut dire qu’il faut mettre sur la table 400 000 euros pour faire un simple diagnostic. Ensuite, les travaux sont souvent très importants. Pour un pont de petite envergure, cela peut très vite atteindre 500 000, voire un million d’euros.

Vous imaginiez un tel sous-investissement au moment de débuter cette enquête sur les ponts en France ?

Non, c’est vrai qu’on a été extrêmement surpris, par l’ignorance du nombre de ponts et par celle de leur état. Plus on tarde, plus la situation sera préoccupante. On sait très bien que si on n’augmente pas les crédits dans dix ans, il y aura deux fois plus de ponts dangereux. C’est une évolution naturelle. Et plus on tarde, plus il faudra mettre beaucoup d’argent pour se mettre à niveau (…) C’est à l’État de remettre en l’état son propre réseau et d’aider les communes qui n’ont pas la capacité financière de le faire seules. Je sais que la situation budgétaire est compliquée mais je crois qu’on ne peut pas faire d’économies sur la sécurité de nos compatriotes.

Recul des investissements chinois : tant mieux !

Recul des  investissements  chinois : tant mieux !

La chute des investissements chinois en Europe, plus de 80 % sur une année, peut effectivement constituer une mauvaise nouvelle à court et moyen terme. Par contre à plus long terme, on ne peut que s’en réjouir car le cœur de cible des Chinois est d’investir dans des sociétés pour en récupérer les capacités technologiques. Et l’Europe de ce point de vue a fait preuve d’une très grande naïveté avant de commencer à réagir comme en Allemagne. On a même autorisé en France des investissements chinois dans les infrastructures stratégiques ou dans les éoliennes subventionnées par l’État. On notera surtout la différence entre la possibilité pour les Chinois de devenir majoritaire dans les sociétés européennes alors  que les Européens ne peuvent monter jusque-là que des coentreprises en Chine où ils sont minoritaires. (Une situation qui pourrait changer car la Chine a compris que ce verrou constituait  un obstacle à la venue de capitaux étrangers). (

Le recul a été particulièrement marqué en Allemagne, qui a cédé à la Grande-Bretagne sa place de destination favorite des investisseurs du géant asiatique, avec 17 rachats ou prises de participation entre janvier et juin de cette année, contre 11 en Allemagne et 7 en Italie et en France. En volume, les investissements chinois en Allemagne sont passés de 10,1 à 0,5 milliard de dollars sur la même période, toujours selon EY qui relève toutefois que le niveau des transactions est resté stable par rapport au deuxième semestre 2018.

Outre-Rhin, l’appétit chinois pour l’acquisition de technologies européennes a aussi soulevé des résistances, comme en Allemagne après le rachat en 2016 du fabricant de robots Kuka par le groupe chinois Midea, qui a amené Berlin à se doter l’année suivante d’un droit de veto sur les acquisitions d’entreprises étrangères.
    

 

L’info des grands médias en vacances pendant deux mois

L’info des  grands médias en vacances pendant deux mois  

 

Comme d’habitude, l’information des grands médias est en vacances pendant environ deux mois. Cela vaut pour la presse écrite, les sites Internet ou encore la télé. Pour s’en persuader, il suffit de lire les sommaires à peu près tous identiques pour la simple raison que la ligne éditoriale se compose essentiellement des principales pages des agences de presse. Peu d’analyses, pas de travail d’investigation et surtout la place centrale aux faits divers. Certains grands sites ne changent même pas une ligne pendant les week-ends. On comprend évidemment que les grands médias vivent une grave crise économique. L’enjeu c’est la baisse du lectorat avec la rentabilité qui s’écroule. Du coup,  la qualité de l ‘information se réduit mais c’est un cercle vicieux qui fait encore diminuer l’audience. Dans la grande presse écrite ou à la télévision,  pour remplacer les vedettes en vacances pendant deux mois, on a recours aux deuxièmes ou troisièmes couteaux. Il est clair que ces intervenants ne veulent pas trop se mouiller pour ne pas fragiliser un peu plus leur fragile position dans les rédactions. Du coup, encore davantage que l’habitude par exemple dans les télés on assiste à de véritables discussions de bistrot, pas celle du café de Flore mais celle du troquet du quartier d’autant plus que les intervenants habituels sont également en congé. Même médiocrité pour les articles de la presse écrite, les sites Internet. La France à cette particularité de s’arrêter presque totalement au mois d’août sur le plan économique et d’être au ralenti en juillet. Une différence de taille avec la plupart des autres pays où les congés distribués sur six mois voire sur l’année. C’est tellement vrai que nombre d’entreprises sont complètement fermés en août, cela en plus en raison de la fermeture aussi de réseaux de transport. Une situation qui sans doute coûteux de l’ordre de 0,3 à 0,5 % du PIB car on ne rattrape pas certaines absences de production pendant l’été.

Santé : services des urgences ou cour des miracles

Santé : services des urgences ou cour des miracles

 

 Régulièrement la crise des urgences réapparaît dans les médias. Une crise indiscutable si l’on se fie aux délais d’attente des patients. Mais une crise à plusieurs facettes. Une crise de l’organisation du système sanitaire, aussi une crise de société et une crise du fonctionnement de l’État.

Entamée mi-mars, la grève des urgences s’intensifie. En ce début du mois d’août, 213 services sont toujours mobilisés sur l’ensemble du territoire pour protester contre le manque de moyens face à l’engorgement des urgences, alors que la fréquentation des services a doublé en dix ans. Plus de 21,4 millions de passages y ont été recensés en 2017, un chiffre en hausse de 2,1% sur un an. Inédit par son ampleur, le mouvement démarré mi-mars à Paris après une série d’agressions n’a cessé de s’étendre. Le personnel des urgences réclame 10.000 emplois supplémentaires, une augmentation de salaire de 300 euros et l’arrêt des fermetures de lits dans les hôpitaux. Il est indiscutable que les conditions de travail dans les services d’urgence sont devenues intenables et que parfois elles  mettent même la vie des patients en danger. Ceci étant, c’est la conséquence de l’organisation du système sanitaire caractérisé notamment par l’affaiblissement du nombre de généralistes non seulement dans les zones denses mais aussi en zone rurale. Il n’y a plus de généralistes susceptibles d’intervenir et du coup, les patients sont orientés de façon systématique vers les urgences qui doivent traiter de vraies  pathologies, aussi des dérèglements psychiques et sociaux. La responsabilité en incombe à l’État qui a réduit le nombre de médecins, aussi aux médecins eux-mêmes qui  dans nombre de cas n’acceptent désormais les malades que sur rendez-vous et certains jours de la semaine. Des médecins qui se comportent pour certains comme des fonctionnaires. D’ailleurs nombre d’entre eux  choisissent la fonction publique. D’autres préfèrent opter pour des spécialités qui ménagent le temps de travail et les congés par rapport à des généralistes  à l’ancienne qui  travaillent  10 ou 12 heures par jour. La responsabilité en incombe aussi aux patients eux-mêmes et à leurs familles. Souvent au moindre petit bobo par exemple dans les maisons de retraite (là aussi on  manque d’infirmières et de médecins), on oriente vers le service des urgences. Un service des urgences devenue une véritable cour des miracles : des victimes de brutalité, des ivrognes, des clochards, des blessés légers et de vraies pathologies graves. Le système de santé est en cause, la société également mais l’organisation des hôpitaux aussi. En effet, ce n’est pas parce que le service des urgences est débordé qu’il faut s’interdire de faire un audit sur le fonctionnement d’un hôpital devenu une sorte d’usine sans cohérence de gestion où les difficultés du personnel soignant cachent trop souvent l’improductivité de nombre d’autres services, d’autres agents.

 

Permanences des députés LREM vandalisées : les raisons

Permanences des députés LREM vandalisées : les raisons  

 

 

Chaque jour de nouvelles permanences de députés LREM sont agressées et ce n’est certainement pas terminées avec la montée de la colère notamment dans le secteur agricole. Les responsables politiques de la majorité et les députés en  particulier s’offusquent que les permanences des élus de l’Assemblée nationale soient souvent vandalisées. Au nom de la démocratie, il condamne avec fermeté ces actions. Le problème c’est qu’ils oublient les facteurs explicatifs qui sont à l’origine de ces manifestations de colère à l’égard des élus. Observons d’abord que la plupart de ces députés n’ont aucune légitimité et expérience sociale qu’en outre ils se permettent parfois des provocations naïves qui sont une sorte de mépris à l’égard des réalités économiques et sociales. Non seulement certains sont inexpérimentés mais en plus ce sont parfois des grandes gueules comme la députée LREM Claire O ‘Petit qui justifie tout et n’importe quoi dans la politique gouvernementale. Nombre de députés de la république en marche se comporte comme dans une cour d’école. Ils ont été élus, ce qui est incontestable. Juridiquement,  on ne peut donc discuter leur légitimité. Mais  la sociologie des députés de la république en marche est essentiellement composée de cadres supérieurs et de petits bourgeois idéologiquement plutôt à droite. Pour ne pas être injurieux, on parle de centre-droit ! En outre il faut aussi constater de nombreuses contradictions entre les propos de Macron lors de sa campagne électorale et les mesures antisociales voir anti économiques prises depuis par le gouvernement. Dernier aspect,  la politique globale de Macron est un échec. D’abord un échec économique là où se vantait de réussir. Le problème c’est que Macon n’est pas un économiste mais un littéraire, aussi un poète comme beaucoup d’autres. Ainsi quand on regarde les résultats économiques,  on s’aperçoit que la croissance sera encore très maladive en 2019 avec autour de 1,2 % de croissance pour le Pib. Pas de quoi faire bouger le chômage encore moins de rétablir les équilibres financiers. Enfin Macron n’a aucune vision sur la politique industrielle qui fout le camp ; il faut par exemple constater  -encore le recul de la production  industrielle de plus de 2 % en juin. Pire,  Macron brade ce qui reste de l’industrie comme chez Alstom par exemple. La politique agricole n’est pas dans le meilleur état et il faut s’attendre au pire avec d’une part avec le CETA,  d’autre part le Mercosur et cette année sera particulièrement catastrophique pour le résultat des importations agricoles (sauf pour les céréales). Les députés de la république en marche feraient bien de mettre en veilleuse leurs discours prétentieux et  provocateur et d’approfondir leur connaissance des réalités sociales et économiques au lieu de jouer aux vierges effarouchées par quelques tags et autres dépôts de fumier.

 

Des élus mal aimés : pourquoi ?

Des élus mal aimés : pourquoi ?

38 % seulement de la population ont une bonne image des lithiques et ce chiffres peut descendre jusqu’à 20 % dans les partis extrêmes. En cause, évidemment certaines affaires mais aussi le contenu général de la politique dans les domaines économique, social, sociétal et culturel. En réalité c’est le contenu même de la démocratie qui est critiqué. Avec d’une part un mode d’élection qui repose trop sur l’argent, les lobbys et les réseaux d’influence ensuite et surtout par le décalage entre les intentions manifestées lors  des campagnes électorales et les orientations prises après élection. La démocratie se limite trop souvent au dépôt d’un bulletin dans l’urne ensuite les élus se comportent  comme dans la monarchie au plan national comme dans les baronnies au niveau plus local. La concertation et le contrôle par les citoyens pendant un mandat est à peu près inexistant. Certes heureusement encore la liberté d’expression n’est pas entravée mais cela ne change rien du fait des majorités dont disposent les décideurs. L’autre phénomène qui peut expliquer le désamour vis-à-vis des élus c’est peut-être leur origine sociologique pour une grande majorité presque tous formatés de la même manière en provenance d’instituts politiques, souvent des fonctionnaires ou des barons dont la notoriété repose sur le clientélisme. Enfin trop nombreux sont les élus qui ont transformé le mandat politique en métier.

Les Français estiment d’abord que « les carrières politiques sont trop longues » (70%), que les élus « gagnent trop d’argent » (66%), qu’ »ils ont trop de pouvoirs ». Ils ne sont que 30% à penser que les élus sont compétents, 26% qu’ils sont « proches des préoccupations des citoyens », et 20% qu’ils sont honnêtes.

Concernant les actes de vandalisme commis contre des permanences d’élus de la majorité, 47% les condamnent, 44% les comprennent mais ne les approuvent pas, 9% les approuvent.

Le sondage a été réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1006 personnes, selon la méthode des quotas, réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 8 au 9 août 2019.

Sondage image des maires : une bonne opinion mais quand même contestée

Sondage image des maires : une bonne opinion mais quand même contestée

 

Globalement un sondage de l’IFOP montrerait que 83% des Français ont une bonne opinion des maires.  Une opinion nettement plus favorable que celle vis-à-vis d’autres élus notamment nationaux. Un sondage réalisé à l’occasion de violences ou d’insultes dont sont victimes environ 300 maires sur 35 000. Des violences évidemment à condamner sans réserve mais à mettre en parallèle avec le nombre global d’élus locaux. La conviction générale consiste à considérer que les maires font un travail particulièrement apprécié par les citoyens. Une vue un peu idyllique d’abord parce que dans les grandes agglomérations la plupart de ces maires sont à peu près inconnus sauf précisément si parallèlement ils occupent des fonctions nationales en vue. La plupart des urbains seraient bien incapables de dire qu’il est exactement l’action de leur maire. Il en est différemment dans les petits villages dans la mesure où ces mères ne disposent pas d’infrastructures technocratiques pour gérer les affaires municipales hormis un secrétaire de mairie. Ceci étant,  la gestion de la plupart de ces maires n’est guère plus démocratique que celle des élus nationaux, guère plus efficaces non plus. Régulièrement ces élus se plaignent de l’insuffisance de moyens financiers. En vérité, les moyens financiers ne manquent pas mais ils sont dépensés dans la plupart des cas sans évaluation cohérente de leurs conséquences économiques et sociales. Pire chaque maire s’efforce de marquer son passage avec la création d’un bâtiment ou d’une autre infrastructure sollicitant béton et bitume pour l’investissement sans parler ensuite des frais de fonctionnement. La vérité, c’est que bien peu de maires agissent  en faveur d’une politique de développement économique et de l’emploi. Sur le plan démocratique c’est aussi catastrophique qu’  au plan national. Certes des commissions, des comités sur des  questions un peu sensibles sont composés souvent avec des  copains favorables au projet étudié. D’une certaine manière, on peut dire au moins qu’il y a une cohérence entre les insuffisances démocratiques du plan national au plan local. Certains jouent  dans la cour royale à Paris,  d’autres se comportent comme des barons locaux. On objectera qu’il y a des exceptions mais elles ne sont pas représentatives de l’État démocratique réel du pays.

Pourquoi les permanences des députés LREM sont vandalisées

Pourquoi les permanences des députés LREM sont vandalisées  

Les responsables politiques de la majorité et les députés en  particulier s’offusquent que les permanences des élus de l’Assemblée nationale soient souvent vandalisées. Au nom de la démocratie, il condamne avec fermeté ces actions. Le problème c’est qu’ils oublient les facteurs explicatifs qui sont à l’origine de ces manifestations de colère à l’égard des élus. Observons d’abord que la plupart de ces députés n’ont aucune légitimité et expérience sociale qu’en outre ils se permettent parfois des provocations naïves qui sont une sorte de mépris à l’égard des réalités économiques et sociales. Non seulement certains sont inexpérimentés mais en plus ce sont parfois des grandes gueules comme la députée LREM Claire O ‘Petit qui justifie tout et n’importe quoi dans la politique gouvernementale. Pas étonnant elle fait de la politique un métier après être passée par le PS, l’UDF, le Modem et LREM. Une sorte de grande gueule, sans vraie conviction au profil de marchande de poissons.  Nombre d’autres  députés de la république en marche se comportent de façon moins vulgaire mais  comme dans une cour d’école. Ils ont été élus, ce qui est incontestable. Juridiquement,  on ne peut donc discuter leur légitimité. Mais  la sociologie des députés de la république en marche est essentiellement composée de cadres supérieurs et de petits bourgeois idéologiquement plutôt à droite. Pour ne pas être injurieux, on parle de centre-droit ! En outre il faut aussi constater de nombreuses contradictions entre les propos de Macron lors de sa campagne électorale et les mesures antisociales voir anti économiques prises depuis par le gouvernement. Dernier aspect la politique globale de Macron est un échec. D’abord un échec économique là où se vantait de réussir. Le problème c’est que Macron n’est pas un économiste mais un littéraire, aussi un poète comme beaucoup d’autres. Ainsi quand on regarde les résultats économiques,  on s’aperçoit que la croissance sera encore très maladive en 2019 avec autour de 1,2 % de croissance pour le Pib. Pas de quoi faire bouger le chômage encore moins de rétablir les équilibres financiers. Enfin Macron n’a aucune vision sur la politique industrielle qui fout le camp ; il faut par exemple constater  -encore le recul de la production  industrielle de plus de 2 % en juin. Pire,  Macon brade ce qui reste de l’industrie comme chez Alstom par exemple. La politique agricole n’est pas dans le meilleur état et il faut s’attendre au pire avec d’une part avec le CETA,  d’autre part le Mercosur et cette année sera particulièrement catastrophique pour le résultat des importations agricoles (sauf pour les céréales). Les députés de la république en marche feraient bien de mettre en veilleuse leurs discours prétentieux et  provocateur et d’approfondir leur connaissance des réalités sociales et économiques au lieu de jouer aux vierges effarouchées par quelques tags et autres dépôts de fumier.

L’influence des sites marchands est en réalité un phénomène commun (Stéphane Laurens)

 L’influence des sites marchands  est en réalité un phénomène commun   (Stéphane Laurens)

Le professeur de psychologie Stéphane Laurens réfute, dans une tribune au « Monde », l’idée d’un « danger » de manipulation par les algorithmes des sites marchands, alors qu’il s’agit de pratiques aussi vieilles que le commerce. Elle considère que c’est un phénomène très ancien dans le commerce. La seule différence qu’oublie  Stéphane Laurens  c’est que les outils d’influence sont autrement plus puissants. Rien n’avoir entre les effets d’une politique commerciale d’une marque en 1920 par exemple et les effets marketing d’aujourd’hui. Avant quelques centaines voire  au mieux quelques milliers de clients potentiels étaient touchés maintenant ce sont des millions voire des milliards comme Facebook. Le phénomène de masse écrase tout, la puissance de distribution étouffe toute autre concurrence.

 

Tribune. Dans le compte rendu d’une étude américaine sur l’influence des moteurs de recommandation sur nos choix et nos goûts, le chercheur Charles Cuvelliez mettait en garde ses lecteurs : « Nos goûts et préférences pourraient être manipulables par des outils. Un site peu scrupuleux peut donc nous amener à payer pour des biens de consommation qui ne nous plaisent pas forcément ou qui ne nous correspondent pas. Pis, ces mêmes outils nous inciteront aussi à payer plus cher pour des biens parce qu’ils nous font croire qu’on les aime ». (« Les moteurs de recommandation font plus qu’influencer nos choix : ils modifient nos goûts ! »Le Monde du 11 mai 2019).

Dans trois expériences, ces chercheurs américains manipulaient la notation de morceaux de musique, les présentant accompagnés de 1 à 5 étoiles, précisant aux participants que cette notation était calculée à partir de leurs préférences passées. Les résultats montraient que plus il y avait d’étoiles, plus les participants étaient disposés à acheter le morceau (« The Hidden Side Effects of Recommendation Systems », Gediminas Adomavicius, Jesse Bockstedt, Shawn P. Curley, Jingjing Zhang et Sam Ransbotham, MIT Sloan Management Review, hiver 2019). Adomavicius et ses collègues mentionnaient bien dans cet article le « côté obscur » des moteurs de recommandation et leur capacité à manipuler nos préférences sans que nous en ayons conscience.

Mais ce texte est lui-même un compte rendu d’une étude que ces mêmes auteurs ont publié en 2017. Or, dans l’étude initiale, le propos est bien différent : alors que le texte est dix fois plus long, il n’est jamais fait mention du moindre danger et les auteurs se contentent très brièvement de parler de biais dans les prises de décision des consommateurs (« Effects of Online Recommendations on Consumers’ Willingness to Pay », Gediminas Adomavicius, Jesse Bockstedt, Shawn P. Curley, et Jingjing Zhang, Information Systems Research n° 29/1, 2018).

Passons sur cet étrange cheminement qui voit les résultats d’une étude scientifique simplifiés et exagérés par les auteurs de cette même étude, et où un compte rendu est effectué non à partir de l’étude elle-même, mais de sa version écourtée et « colorée ».

Permanences des députés LREM vandalisées : pourquoi ?

Permanences des députés LREM vandalisées : pourquoi ?

Les responsables politiques de la majorité et les députés en  particulier s’offusquent que les permanences des élus de l’Assemblée nationale soient souvent vandalisées. Au nom de la démocratie, il condamne avec fermeté ces actions. Le problème c’est qu’ils oublient les facteurs explicatifs qui sont à l’origine de ces manifestations de colère à l’égard des élus. Observons d’abord que la plupart de ces députés n’ont aucune légitimité et expérience sociale qu’en outre ils se permettent parfois des provocations naïves qui sont une sorte de mépris à l’égard des réalités économiques et sociales. Non seulement certains sont inexpérimentés mais en plus ce sont parfois des grandes gueules comme la députée LREM Claire O ‘Petit qui justifie tout et n’importe quoi dans la politique gouvernementale. Nombre de députés de la république en marche se comporte comme dans une cour d’école. Ils ont été élus, ce qui est incontestable. Juridiquement,  on ne peut donc discuter leur légitimité. Mais  la sociologie des députés de la république en marche est essentiellement composée de cadres supérieurs et de petits bourgeois idéologiquement plutôt à droite. Pour ne pas être injurieux, on parle de centre-droit ! En outre il faut aussi constater de nombreuses contradictions entre les propos de Macron lors de sa campagne électorale et les mesures antisociales voir anti économiques prises depuis par le gouvernement. Dernier aspect la politique globale de Macron est un échec. D’abord un échec économique là où se vantait de réussir. Le problème c’est que Macon n’est pas un économiste mais un littéraire, aussi un poète comme beaucoup d’autres. Ainsi quand on regarde les résultats économiques,  on s’aperçoit que la croissance sera encore très maladive en 2019 avec autour de 1,2 % de croissance pour le Pib. Pas de quoi faire bouger le chômage encore moins de rétablir les équilibres financiers. Enfin Macron n’a aucune vision sur la politique industrielle qui fout le camp ; il faut par exemple constater  -encore le recul de la production  industrielle de plus de 2 % en juin. Pire,  Macon brade ce qui reste de l’industrie comme chez Alstom par exemple. La politique agricole n’est pas dans le meilleur état et il faut s’attendre au pire avec d’une part avec le CETA,  d’autre part le Mercosur et cette année sera particulièrement catastrophique pour le résultat des importations agricoles (sauf pour les céréales). Les députés de la république en marche feraient bien de mettre en veilleuse leurs discours prétentieux et  provocateur et d’approfondir leur connaissance des réalités sociales et économiques au lieu de jouer aux vierges effarouchées par quelques tags et autres dépôts de fumier.

Remise en cause des théories économiques et monétaires ?

Remise en cause des   théories économiques et monétaires  ?

Olivier Passet, Xerfi   dans la Tribune estime que nombre de théories économiques sont  remises en question par les réalités. Un questionnement intéressant mais qui n’évacue pas l’hypothèse cependant d’un éclatement de bulle financière à moins  d’imaginer l’obsolescence totale de la théorie ;  un pari intellectuel (et financier) qu’il vaut mieux ne pas prendre.

«  La déroute paraît totale. C’est tout l’appareillage théorique des économistes qui sombre tel le Titanic après l’impact de la crise de 2007-2008. L’orchestre des experts continue à jouer durant le naufrage. Mais quel que soit le marché vers lequel on se tourne, les anomalies, les paradoxes s’accumulent. Un à un, chacun de ces phénomènes peut trouver éventuellement une explication a posteriori. Mais mises bout à bout, ces explications partielles forment un puzzle qui défie les cohérences doctrinales habituelles.

En numéro un des bizarreries : les taux longs négatifs. Ce régime de taux très bas dans lequel s’installent les économies développées bouscule bien des préconçus. Il se produit alors même que l’endettement des États a bondi avec la crise. Il s’amplifie en France au moment même où le gouvernement annonce une nouvelle dérive du déficit. Au moment même aussi où a volé en éclat l’idée selon laquelle les États étaient à l’abri du risque de défaut. Où est donc cette fameuse remontée des taux que pronostiquaient tant d’économistes, la pointant comme un risque majeur en sortie de crise. Un retour à la normale inévitable, puisque l’économie a vocation à revenir sur ses valeurs centrales à long terme. Une vision de la normalité qui oublie au passage qu’historiquement des taux d’intérêt inférieurs au taux de croissance nominale sont la normalité. Et que la fameuse règle d’or, qui veut qu’à l’équilibre le taux d’intérêt s’égalise au taux de croissance, n’est qu’un mythe.

Ces taux historiquement faibles ne seraient que le reflet d’un déséquilibre plus profond entre l’épargne mondiale et le besoin d’investissement. La loi de l’offre et de la demande vient toujours à la rescousse des économistes. Et les raisons d’imaginer les sources d’un tel déséquilibre ne manquent pas. Ben Bernanke les a énumérées dans son célèbre discours global saving glut de 2005, pointant notamment la prégnance du vieillissement et du ralentissement démographique.

Certes, mais comment se fait-il que le régime devienne permanent. La baisse des taux aurait dû modérer la propension à épargner des agents. Rétablissant l’équilibre à terme. Sauf à imaginer que le rendement du capital productif est tellement faible en face, que la baisse des taux ne crée aucune opportunité d’investissement. Panne du progrès technique, baisse de la productivité marginale du capital, ce sont les tentatives d’explications avancées par les tenants de la stagnation séculaire. Mais, il y a deux gros hic à cette version des choses. Si tel est le cas, comment se fait-il que le rendement moyen du capital soit aussi élevé ? Autrement dit, les bénéfices rapportés aux immobilisations des entreprises ? Comment expliquer aussi le ralentissement de la productivité, alors même que la robotisation et la digitalisation créent tant d’opportunités d’automatisation.

Face à cela, les tombereaux de monnaie injectés par les banques centrales n’ont réanimé ni la croissance ni l’inflation. L’équation de Fisher et la doxa monétariste sont à ranger au magasin des antiquités. Trappe à liquidité nous répondent les keynésiens. L’activisme des banques centrales a fait baisser les taux à un plancher. À ce niveau, plus personne ne prend le risque de s’exposer sur des titres dont la valeur dégringolera inévitablement dès que les taux remonteront. L’interprétation est séduisante. Et la préférence pour les encaisses liquides est forte aujourd’hui. À cela près que cette liquidité n’est pas thésaurisée. Elle alimente les marchés d’actifs, mobiliers et immobiliers, sur lesquels les perspectives de plus-values demeurent l’aiguillon de l’activisme des acteurs financiers. Et au final, l’environnement de taux zéro produit un rendement des actifs financiers et mobiliers élevé, par le truchement des plus-values. Bref, les bribes d’explication sont soit non démontrables, soit partiellement convaincantes.

Sur le marché du travail, même constat. La courbe de Phillips est à l’agonie. Les salaires restent étrangement inertes. Les tensions sont elles-mêmes de plus en plus difficilement identifiables, tout comme le concept de plein emploi. Les taux de chômage refluent, enfoncent leurs planchers dans certains pays, sans explication convaincante. Les taux d’emplois battent des records, au moment même où se déploie tout le discours sur la fin du travail. La productivité tendancielle ralentit, ce qui devrait augmenter le taux de chômage d’équilibre de long terme, selon les approches les plus orthodoxes… Mais rien de tel n’est observé.

Que dire encore de l’approche ricardienne du commerce international. De ce credo si largement partagé selon lequel l’ouverture des échanges ne peut que déboucher sur un jeu gagnant-gagnant pour toutes les nations. Le credo commençait à être sévèrement écorné avec la prise en compte des phénomènes d’agglomération industrielle. Avec le constat de l’impact des échanges sur les inégalités.

Mais voici que les États passent à l’acte. Un acte de défiance, à la hauteur de la crise de crédibilité des économistes, et du défi qui les attend pour refonder leur science.

 

BCE : un retour financier aux banques du fait des taux négatifs

BCE : un retour financier aux banques du fait des taux négatifs  

Pour compenser les taux négatifs qui pénalisent les dépôts de banques auprès de la BCE, (autour de Sept milliards d’euros par an), la banque centrale envisage de ristourner une partie de ce cout aux banques.

Mais on ne sait pas pour l’instant comment fonctionnerait le mécanisme de modulation évoqué par la BCE.

Si la BCE exemptait les banques de la zone euro à hauteur de dix fois les réserves obligatoires, elles économiseraient 5,3 milliards d’euros par an par rapport à la situation actuelle et 6,6 milliards par rapport à l’hypothèse d’une application intégrale d’un taux de -0,5%.

La BCE  pourrait exempter du taux négatif une partie des réserves excédentaires des banques, comme le fait déjà la Banque du Japon.

Dans l’hypothèse où cette exemption porterait sur la moitié de ces réserves, elle se traduirait par des économies de 2,6 milliards d’euros par rapport à la situation actuelle et de 4,4 milliards par rapport à une application du taux à la totalité des réserves excédentaires.

Mais cette option est elle aussi susceptible d’être « détournée «par les banques si elles parviennent à augmenter artificiellement leurs liquidités excédentaires, en réduisant les crédits qu’elles accordent ou en émettant davantage de dette à court terme. D’où l’idée de ne faire bénéficier du dispositif que les banques  dont les dépôts à la BCE dépassent les emprunts à la banque centrale.

 

Donald Trump veut une guerre des taux

Donald Trump veut une guerre des taux

 

 

 

Donald Trump a pris note évidemment de la décision chinoise de manipuler artificiellement le taux de change du Yuan. En réplique,  il souhaite donc que la banque centrale américaine soit encore beaucoup plus accommodante sur les taux d’intérêt. On se souvient que récemment la Fed avait seulement diminué de 0,25 % ses taux directeurs. Mais le président américain insiste pour que la Fed aille plus vite et plus loin surtout en constatant que d’autres banques centrales s’engagent aussi dans cette guerre des taux d’intérêt ; En effet  trois banques centrales mercredi (Inde, Nouvelle-Zélande et Thaïlande) ont abaissé leurs taux ce qui a entraîné une chute des rendements obligataires.

 

La Banque centrale de Nouvelle-Zélande a réduit son taux d’intérêt principal à 1%, un plus bas historique. La Banque centrale indienne a abaissé son principal taux directeur de 35 points de base, à 5,4% tandis que la Thaïlande a diminué le sien de 0,25 point, à 1,50%.

Depuis un an, Donald Trump ne cesse de critiquer la Fed. Malgré le geste d’assouplissement monétaire intervenu le 31 juillet, quand la Fed a baissé les taux d’un quart de point de pourcentage, l’hôte de la Maison Blanche a redoublé ses pressions vu les difficultés dans les négociations commerciales.

Ces nouvelles invectives sur Twitter interviennent au lendemain de la parution d’une tribune dans le Wall Street Journal signée des quatre anciens présidents de la Fed - Paul Volcker, Alan Greenspan, Ben Bernanke et Janet Yellen – demandant de respecter l’indépendance de la Banque centrale.

 

Au Brésil : quatre fois plus de déforestation et des pesticides en masse.

Au Brésil : quatre fois plus de déforestation et des pesticides en masse.

 

Le nouveau président  brésilien, Bolsonaro se lance dans une folle course à l’ultralibéralisme notamment dans le domaine agricole. Ainsi par exemple,  il a permis une accélération considérable de la déforestation qui a été multipliée par quatre. De la même manière, il a autorisé plus de 250 nouveaux produits chimiques de type insecticide et déclassifié nombreux de produits précédemment considérés comme dangereux. Bref c’est avec ce pays que la France a accepté l’accord commercial CETA pour  gouverner les relations commerciales entre l’union économique d’une part et le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et Uruguay d’autre part. Les conceptions environnementales et sanitaires sont pourtant très différentes entre la France et le Brésil. Pour le gouvernement de Bolsonaro, climatosceptiques notoire, ces chiffres de déforestation  ne « correspondent pas à la réalité« . Les dernières données de l’INPE faisaient état d’une augmentation de 88% de la déforestation au Brésil en juin par rapport à ce qui avait été recensé pour le même mois l’année dernière. Les zones déforestées atteignent 6.833 kilomètres carrés sur les 12 mois écoulés, en augmentation de 40%, selon le même organisme.

Le gouvernement Bolsonaro a limogé récemment le directeur de l’INPE, Ricardo Galvao, accusé de fournir de fournir des chiffres « mensongers » pour « faire le jeu des ONG ». Pour le chef de l’Etat, climato-sceptique notoire, les données montrant une augmentation récente de la déforestation « ne correspondent pas à la réalité » et « portent préjudice à l’image du Brésil ».

La déforestation au Brésil en juillet a été quasiment quatre fois supérieure au même mois de 2018, selon des chiffres officiels publiés mardi. Cela confirme un état des lieux préoccupant mais mis en cause de façon régulière par le président d’extrême droite Jair Bolsonaro.

L’Institut national de recherche spatiale (INPE) brésilien, l’organisme public chargé de mesurer la déforestation en Amazonie, a fait état de 2.254 kilomètres carrés de zones déforestées dans le pays le mois passé, contre 596,6 kilomètres carrés en juillet 2018, soit une augmentation de 278% sur un an.

La manipulation des algorithmes de Facebook pour influencer l’opinion

La manipulation des algorithmes de Facebook pour influencer l’opinion

Jennifer Grygiel, Professeure en information-communication à l’Université de Syracuse , décrypte les manipulations des algorithmes de Facebook pour orienter l’information.

« L’algorithme du fil d’actualités de Facebook détermine ce que les utilisateurs voient sur la plateforme – des memes amusants aux commentaires d’amis. La société met régulièrement à jour cet algorithme, ce qui peut considérablement modifier les informations consommées.

À l’approche des élections de 2020, l’opinion publique craint qu’il n’y ait de nouveau une « ingérence de la Russie», à l’instar de l’élection présidentielle de 2016. Mais ce qui n’attire pas assez l’attention, c’est le rôle que jouent les modifications de l’algorithme de Facebook, intentionnellement ou non, dans ce genre d’ingérence.

Un contrepoint essentiel à la campagne de désinformation en Russie a été le journalisme factuel de sources fiables - qui a touché nombre de leurs lecteurs sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. En tant que chercheur et enseignant en médias sociaux, je constate que les modifications apportées à l’algorithme du fil d’actualités de Facebook ont ​​supprimé l’accès des utilisateurs à un journalisme crédible dans la perspective de l’élection de Donald Trump.

Les acteurs politiques savent que Facebook joue un rôle de gatekeeper de l’accès à l’information de plus de 200 millions d’Américains et de deux milliards d’utilisateurs dans le monde. Les actions et les abus perpétrés sur les plateformes ont suscité beaucoup d’inquiétude et de débats publics, notamment sur la quantité de désinformation et de propagande que les Américains ont vue avant les élections. On n’a pas suffisamment parlé de l’effet des changements algorithmiques de Facebook sur l’accès aux informations et la démocratie.

Changer le système

À la mi-2015, Facebook a introduit un changement d’algorithme majeur qui a favorisé les contenus partagés par les amis des utilisateurs plutôt que ceux des médias et des journalistes. Facebook a expliqué que ce changement avait pour vocation d’assurer aux utilisateurs de ne pas manquer les histoires de leurs amis. Mais les données ont montré que l’un des effets de ce changement a été de réduire le nombre d’interactions entre les utilisateurs de Facebook et les médias crédibles.

Quelques mois avant les élections de 2016, un changement d’algorithme encore plus important visant les posts d’amis et des membres de la famille a eu un deuxième impact négatif sur le trafic des éditeurs. Un grand nombre d’éditeurs de presse ont constaté que leur contenu était nettement moins visible pour les utilisateurs de Facebook.

 

Dans mes recherches, je me suis concentrée sur l’engagement sur Facebook auprès des principaux médias lors de l’élection de 2016. Mes conclusions confortent celles des autres : l’algorithme de Facebook a fortement réfréné l’engagement du public auprès de ces éditeurs.

Les données de CrowdTangle, une société de veille des médias sociaux, montrent que le trafic sur Facebook a sensiblement diminué chez CNN, ABC, NBC, CBS, Fox News, le New York Times et le Washington Post après que la société a mis à jour ses algorithmes pour favoriser les amis et la famille en juin 2016.

Cela prouve que l’algorithme a fonctionné conformément à la manière dont il avait été conçu, mais je crains que ce ne soit pas le cas pour les grands éditeurs américains. L’intérêt des électeurs pour l’élection présidentielle était plus élevé en 2016 que dans les deux décennies précédentes et la désinformation était généralisée. Les changements apportés par Facebook ont ​​rendu plus difficile la communication des informations crédibles liées à l’élection des principaux organes de presse reflétant l’ensemble du spectre politique.

Facebook était au courant des problèmes de son algorithme avant même la tenue des élections. Un des ingénieurs de Facebook a signalé ces effets potentiels des modifications de l’algorithme de Facebook en juillet 2015. Trois mois plus tard, le mentor de Mark Zuckerberg, Roger McNamee, tentait également d’alerter Mark Zuckerberg et les dirigeants de Facebook que la plateforme était utilisée pour manipuler des informations concernant les élections.

Juste après les élections, les recherches du journaliste de BuzzFeed Craig Silverman ont montré que les fausses informations électorales avaient sur performé par rapport aux « vraies informations ». Fin 2018, une déclaration officielle de Facebook révélait des problèmes quant à la manière dont son algorithme récompensait un «contenu limite» sensationnel et provocateur, comme beaucoup d’informations hyper-partisanes qui émergeaient avant les élections.

Des recherches plus récentes menées par le Shorenstein Center de Harvard ont montré que le trafic de Facebook a continué de diminuer de manière significative pour les éditeurs après le changement d’algorithme de Facebook en janvier 2018.

 

À ce jour, les recherches sur le fonctionnement de l’algorithme de Facebook ont ​​été limitées par le manque d’accès à son fonctionnement interne exclusif. Il ne suffit pas d’enquêter sur les effets des modifications apportées au fil d’actualités de Facebook. Je pense qu’il est important de comprendre pourquoi cela s’est passé et d’examiner plus directement les décisions commerciales de Facebook et leur incidence sur la démocratie.

Un aperçu récent des processus internes de l’entreprise montre que Facebook commence à comprendre l’étendue de son pouvoir. En juillet 2019, Bloomberg News a révélé que la société avait déployé des logiciels sur sa propre plateforme afin de rechercher des messages décrivant Facebook lui-même de manière potentiellement trompeuse, réduisant ainsi leur visibilité afin de préserver la réputation de la société.

Certains juristes internationaux ont commencé à demander des lois pour protéger les démocraties contre la possibilité que la manipulation algorithmique puisse générer des victoires électorales. Il n’existe aucune preuve que les changements de Facebook avaient des intentions politiques, mais il n’est pas difficile d’imaginer que la société pourrait modifier ses algorithmes à l’avenir si elle le souhaitait.

Pour se prémunir contre ce risque, de nouvelles lois pourraient interdire toute modification de l’algorithme au cours des périodes précédant les élections. Dans le secteur financier, par exemple, des « périodes de calme » précédant les annonces importantes d’entreprises visent à empêcher les efforts de marketing et de relations publiques d’influencer artificiellement le prix des actions.

Des protections similaires pour les algorithmes contre les manipulations des entreprises pourraient aider à s’assurer que les dirigeants de Facebook politiquement actifs et à la recherche de pouvoir- ou de toute autre société ayant un contrôle important sur l’accès des utilisateurs à l’information – ne peuvent pas utiliser leurs systèmes pour façonner l’opinion publique ou le comportement de vote.

 

Billet originellement publié en anglais sur The Conversation et republié sur Méta-Media avec autorisation. Version également disponible en français sur The Conversation.

 

 

 

La manipulation des algorithmes de Facebook pour influencer l’opinion

Jennifer Grygiel, Professeure en information-communication à l’Université de Syracuse , décrypte les manipulations des algorithmes de Facebook pour orienter l’information.

« L’algorithme du fil d’actualités de Facebook détermine ce que les utilisateurs voient sur la plateforme – des memes amusants aux commentaires d’amis. La société met régulièrement à jour cet algorithme, ce qui peut considérablement modifier les informations consommées.

À l’approche des élections de 2020, l’opinion publique craint qu’il n’y ait de nouveau une « ingérence de la Russie», à l’instar de l’élection présidentielle de 2016. Mais ce qui n’attire pas assez l’attention, c’est le rôle que jouent les modifications de l’algorithme de Facebook, intentionnellement ou non, dans ce genre d’ingérence.

Un contrepoint essentiel à la campagne de désinformation en Russie a été le journalisme factuel de sources fiables - qui a touché nombre de leurs lecteurs sur Facebook et d’autres plateformes de médias sociaux. En tant que chercheur et enseignant en médias sociaux, je constate que les modifications apportées à l’algorithme du fil d’actualités de Facebook ont ​​supprimé l’accès des utilisateurs à un journalisme crédible dans la perspective de l’élection de Donald Trump.

Les acteurs politiques savent que Facebook joue un rôle de gatekeeper de l’accès à l’information de plus de 200 millions d’Américains et de deux milliards d’utilisateurs dans le monde. Les actions et les abus perpétrés sur les plateformes ont suscité beaucoup d’inquiétude et de débats publics, notamment sur la quantité de désinformation et de propagande que les Américains ont vue avant les élections. On n’a pas suffisamment parlé de l’effet des changements algorithmiques de Facebook sur l’accès aux informations et la démocratie.

Changer le système

À la mi-2015, Facebook a introduit un changement d’algorithme majeur qui a favorisé les contenus partagés par les amis des utilisateurs plutôt que ceux des médias et des journalistes. Facebook a expliqué que ce changement avait pour vocation d’assurer aux utilisateurs de ne pas manquer les histoires de leurs amis. Mais les données ont montré que l’un des effets de ce changement a été de réduire le nombre d’interactions entre les utilisateurs de Facebook et les médias crédibles.

Quelques mois avant les élections de 2016, un changement d’algorithme encore plus important visant les posts d’amis et des membres de la famille a eu un deuxième impact négatif sur le trafic des éditeurs. Un grand nombre d’éditeurs de presse ont constaté que leur contenu était nettement moins visible pour les utilisateurs de Facebook.

 

Dans mes recherches, je me suis concentrée sur l’engagement sur Facebook auprès des principaux médias lors de l’élection de 2016. Mes conclusions confortent celles des autres : l’algorithme de Facebook a fortement réfréné l’engagement du public auprès de ces éditeurs.

Les données de CrowdTangle, une société de veille des médias sociaux, montrent que le trafic sur Facebook a sensiblement diminué chez CNN, ABC, NBC, CBS, Fox News, le New York Times et le Washington Post après que la société a mis à jour ses algorithmes pour favoriser les amis et la famille en juin 2016.

Cela prouve que l’algorithme a fonctionné conformément à la manière dont il avait été conçu, mais je crains que ce ne soit pas le cas pour les grands éditeurs américains. L’intérêt des électeurs pour l’élection présidentielle était plus élevé en 2016 que dans les deux décennies précédentes et la désinformation était généralisée. Les changements apportés par Facebook ont ​​rendu plus difficile la communication des informations crédibles liées à l’élection des principaux organes de presse reflétant l’ensemble du spectre politique.

Facebook était au courant des problèmes de son algorithme avant même la tenue des élections. Un des ingénieurs de Facebook a signalé ces effets potentiels des modifications de l’algorithme de Facebook en juillet 2015. Trois mois plus tard, le mentor de Mark Zuckerberg, Roger McNamee, tentait également d’alerter Mark Zuckerberg et les dirigeants de Facebook que la plateforme était utilisée pour manipuler des informations concernant les élections.

Juste après les élections, les recherches du journaliste de BuzzFeed Craig Silverman ont montré que les fausses informations électorales avaient sur performé par rapport aux « vraies informations ». Fin 2018, une déclaration officielle de Facebook révélait des problèmes quant à la manière dont son algorithme récompensait un «contenu limite» sensationnel et provocateur, comme beaucoup d’informations hyper-partisanes qui émergeaient avant les élections.

Des recherches plus récentes menées par le Shorenstein Center de Harvard ont montré que le trafic de Facebook a continué de diminuer de manière significative pour les éditeurs après le changement d’algorithme de Facebook en janvier 2018.

 

À ce jour, les recherches sur le fonctionnement de l’algorithme de Facebook ont ​​été limitées par le manque d’accès à son fonctionnement interne exclusif. Il ne suffit pas d’enquêter sur les effets des modifications apportées au fil d’actualités de Facebook. Je pense qu’il est important de comprendre pourquoi cela s’est passé et d’examiner plus directement les décisions commerciales de Facebook et leur incidence sur la démocratie.

Un aperçu récent des processus internes de l’entreprise montre que Facebook commence à comprendre l’étendue de son pouvoir. En juillet 2019, Bloomberg News a révélé que la société avait déployé des logiciels sur sa propre plateforme afin de rechercher des messages décrivant Facebook lui-même de manière potentiellement trompeuse, réduisant ainsi leur visibilité afin de préserver la réputation de la société.

Certains juristes internationaux ont commencé à demander des lois pour protéger les démocraties contre la possibilité que la manipulation algorithmique puisse générer des victoires électorales. Il n’existe aucune preuve que les changements de Facebook avaient des intentions politiques, mais il n’est pas difficile d’imaginer que la société pourrait modifier ses algorithmes à l’avenir si elle le souhaitait.

Pour se prémunir contre ce risque, de nouvelles lois pourraient interdire toute modification de l’algorithme au cours des périodes précédant les élections. Dans le secteur financier, par exemple, des « périodes de calme » précédant les annonces importantes d’entreprises visent à empêcher les efforts de marketing et de relations publiques d’influencer artificiellement le prix des actions.

Des protections similaires pour les algorithmes contre les manipulations des entreprises pourraient aider à s’assurer que les dirigeants de Facebook politiquement actifs et à la recherche de pouvoir- ou de toute autre société ayant un contrôle important sur l’accès des utilisateurs à l’information – ne peuvent pas utiliser leurs systèmes pour façonner l’opinion publique ou le comportement de vote.

 

Billet originellement publié en anglais sur The Conversation et republié sur Méta-Media avec autorisation. Version également disponible en français sur The Conversation.

 

 

 

Brésil: risque d’empoisonnement par des productions agricoles

Brésil: risque d’empoisonnement par des productions agricoles

Le Brésil se défend d’intoxiquer les populations avec ses productions agricoles consommées dans le pays et exportées. Pourtant force est de constater que depuis l’élection de l’ultra libéral président Bolsonaro au plus de 250 pesticides ont été autorisés pour industrialiser encore un peu davantage les productions. Il faut noter que que l’Assemblée nationale française vient de ratifier l’accord commercial dit CETA  qui implique  le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Or précisément le monde agricole s’inquiète du différentiel de concurrence avec des pays comme le Brésil  qui ont largement recours à des produits interdits dans l’union économique. Le deuxième aspect de la distorsion de concurrence tient à la différence des contrôles. Autant les contrôles sont parfois tatillons dans l’union économique et particulièrement en France autant en Argentine et au Brésil ils sont laxistes.  La ministre de l’Agriculture du Brésil Tereza Cristina a défendu ce mardi sa politique d’extension des autorisations d’usage de pesticides, se disant injustement «dénigrée» par ceux qui l’accusent de vouloir «empoisonner» la population. «Je suis indignée. Dire à la population que l’on veut mettre du poison dans les assiettes, c’est faux (…). Ça porte atteinte à l’image du Brésil», a-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse à Brasilia.

Pourtant  semaine dernière, de nouvelles normes de l’Agence de veille sanitaire Anvisa ont redéfini le classement des pesticides, seuls ceux qui risquent d’entraîner la mort étant définis comme «extrêmement toxiques».

Après ce changement de réglementation, le site d’informations G1 a recensé près de 600 produits se trouvant jusqu’ici dans cette catégorie et qui ne devront plus porter la mention «attention poison» en lettres noires sur fond rouge sur leur emballage. Par ailleurs, pas moins de 262 pesticides ont été homologués entre janvier et juillet, depuis le début du mandat du président Jair Bolsonaro, un record pour ce laps de temps.

Mais selon la ministre, seuls sept d’entre eux sont vraiment nouveaux dans le marché brésilien, les autres étant des produits génériques ou présentant des substances déjà utilisées dans le pays, a-t-elle indiqué en substance mardi. L’un des nouveaux produits est un insecticide à base de sulfoxaflor, substance controversée pour son impact sur des colonies d’abeilles.

Guerre des monnaies-Baisse des taux et dévaluation

Guerre des monnaies-Baisse des taux et dévaluation

 

En dévaluant sa monnaie la Chine répond aux États-Unis qui ont engagé une baisse des taux et plus généralement une nouvelle étape de politique monétaire accommodante. L’objectif est le même : agir sur le plan monétaire pour obtenir davantage de compétitivité à court terme. D’une certaine manière, la décision de la banque centrale américaine est paradoxale et dangereuse. Certes,  la baisse des taux limités à un quart et non  reconductible ne va pas bouleverser le paysage financier. Ceci étant, il s’agit d’un acte de supplémentaire pour  faire tourner la planche à billets. En clair,  faire de la fausse monnaie comme en font d’ailleurs toutes les banques centrales qui inondent le marché de liquidités avec lesquels les investisseurs entretiennent la spéculation notamment sur le marché des actions. Un marché qui s’écroulerait sans doute sans cette masse de liquidités tellement maintenant le décalage est grand entre le résultat des entreprises et le cours des actions. En faite, le marché les actions est sous perfusion comme l’est  d’une façon générale l’endettement (endettement des Etats, des entreprises mais aussi des particuliers avec le risque d’un éclatement de la bulle immobilière. Cette baisse des taux d’un point de vue orthodoxe n’avait pas lieu d’être car si le tassement économique est constaté au États-Unis, la croissance est encore très satisfaisante (autour de 2 % en 2019). Par ailleurs on est loin de l’objectif des 2 % d’inflation. Ce qui se joue en fait aujourd’hui, c’est une guerre monétaire qui ne dit pas son nom et provoquera un jour une flambée d’inflation et sans doute une crise financière générale. Le geste de la banque centrale n’a d’ailleurs  pas satisfait non plus le président américain Donald Trump qui avait plaidé pour une baisse d’une toute autre ampleur.

 

États-Unis : tassement de la croissance des services

États-Unis : tassement de la croissance des services

La croissance des services américains est encore dynamique mais elle se tasse sous l’effet sans doute de l’affaiblissement de l’activité mondiale sur fond de guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.  La croissance de l’activité dans le secteur américain des services a décéléré en juillet à son rythme le plus faible depuis trois ans, conséquence là encore des tensions commerciales internationales, montre lundi l’enquête mensuelle de l’Institute for Supply Management (ISM).

L’indice ISM des services, ces derniers représentant plus des deux tiers du produit intérieur brut (PIB) américain, est redescendu à 53,7 contre 55,1 en juin. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne un indice en légère hausse à 55,5.

Il reste au-dessus de la barre des 50 qui délimite croissance et contraction de l’activité.

Remise en cause de la durée des concessions d’autoroutes ?

Remise en cause de la durée des concessions d’autoroutes ?

 

Il est clair que les gouvernements successifs ont fait une erreur stratégique monumentale en privatisant les autoroutes dont la rentabilité est tout à fait exceptionnelle. Pire non seulement ces gouvernements ont privatisé les autoroutes mais ils n’ont cessé de prolonger les concessions. En cause aussi, l’incapacité de l’administration à calculer la rentabilité potentielle exacte de ces infrastructures. L’argumentaire des sociétés d’autoroute et du gouvernement était toujours les mêmes. En compensation de la prolongation des concessions, les sociétés d’autoroute engageront des travaux et développeront de nouveaux axes « Plus les sociétés d’autoroute déploient des trésors d’imagination pour nous expliquer à quel point on a intérêt à le faire, plus ça me convainc que, si c’est leur intérêt, ce n’est pas l’intérêt de l’État. Et cela quelles que soient les promesses alléchantes » assène la ministre des Transports dans un entretien au quotidien Le Parisien.

Sans la citer nommément, la ministre fait indirectement allusion à certaines sollicitations récentes de sociétés d’autoroutes. La Sanef qui exploite les autoroutes du Nord et de l’Est de la France (A1, A4, notamment) a récemment proposé aux pouvoirs publics de rénover la portion gratuite de l’A1 au nord de Paris jusqu’à l’aéroport de Roissy, à la place de l’État, et ce avant les Jeux olympiques de 2024, en échange d’une rallonge de la durée de sa concession.

« Aujourd’hui, nous sommes dans une situation bancale où le réseau concédé fait l’objet de nombreux plans d’investissement successifs, justifiant des allongements de la durée de concession, ou des augmentations de péages, pendant que l’autre partie du réseau, les routes nationales, souffre de sous-investissement » constate Élisabeth Borne.

« Au terme des concessions, les autoroutes reviendront naturellement dans le champ de l’État. Ensuite, il faudra se poser la question sur la façon dont on les gérera demain, on n’a pas encore décanté suffisamment le sujet » ajoute-elle. Ce qui n’est pas pour rassurer les sociétés d’autoroutes (très rentables!), qui commencent à anticiper l’arrivée à échéance de leurs concessions, dans 15 à 20 ans.

Régime universel des retraites : enfumage conceptuel sur l’âge et le montant

 

 Régime universel des  retraites : enfumage conceptuel sur l’âge et le montant 

 

On a promis un régime universel pour des motifs louables d’égalité, un régime à point où chaque euro aura la même valeur. Le problème justement, c’est la valeur de cette retraite au delà des slogans de marketing politique. De toute manière,  ce régime ne pourra être totalement universel et le plus grand doute plane sur l’âge de départ. Le premier enfumage concerne en effet l’âge de départ à la retraite. Certes l’âge légal à 62 ans n’est pas modifié  mais on baisse en fait le montant pour inciter à partir à 64 ans et plus. Un malus de 5 % par année d’écart sera instauré, par contre un bonus de 5 % par rapport à cet âge pivot devrait être aussi décidé. Le problème c’est que par définition l’âge d’équilibre devrait évoluer avec le temps en fonction des évolutions démographiques, du rapport actif retraité et du montant des retraites. Aujourd’hui l’âge pivot est fixé à 64 ans mais il pourrait rapidement être fixé à 65 ans et l’avantage en fonction des paramètres évoqués ci-dessus. Conclusion,  il n’y a plus d’âge de départ à la retraite assuré. Parmi les autres préconisations, le rapport Delevoye propose de garantir dans le futur « système universel » un minimum de retraite égal à 85% du Smic net, contre 81% pour les salariés et 75% pour les agriculteurs actuellement. Il envisage que les pensions de réversion versées aux conjoints survivants, le plus souvent des femmes, leur assurent 70% du total des retraites perçues par le couple. Il suggère en outre de majorer les droits à la retraite de 5% par enfant dès la première naissance, contre 10% actuellement pour les parents de trois enfants et plus, afin d’adapter les droits familiaux « aux évolutions de la société » et de favoriser les femmes, dont la pension moyenne est aujourd’hui « inférieure de 42% » à celle des hommes. Ces préconisations devraient servir de base à un projet de loi maintes fois repoussé et attendu en Conseil des ministres à l’automne, avant un examen au Parlement probablement après les municipales de mars. L’autre grande interrogation concerne ce concept de retraite à points. Jusque-là on parlait en euros et en pourcentage par rapport aux six derniers mois pour la fonction publique et aux 25 meilleures années pour le privé. Maintenant on parle en points. Une référence qui n’a pas beaucoup de sens sans rapport à la valeur du point. Justement le gouvernement pourrait bien se servir de ce nouveau concept pour peser sur cette valeur, par exemple pour geler voir diminuer les retraites. A la CFDT, Laurent Berger souligne que  « Ce rapport est un point d’étape, il y a encore des dizaines et des dizaines de questions à se poser (…) la CFDT se prononcera sur ce projet de loi lorsqu’il y aura un projet de loi (…) nous jugerons sur pièces à l’issue du processus. » « Si nous notons positivement dans ce rapport un certain nombre d’avancées – je pense notamment au fait que ce soit un système plus redistributif qui privilégiera d’abord ceux qui ont des carrières hachées ou encore à l’extension des droits familiaux dès le premier enfant -, il y a aussi des mesures qu’il faudra continuer à pousser, comme la question de la pénibilité, l’extension aux agents du public. » Du côté de la CGT, le secrétaire général Philippe Martinez a déclaré que  ce système, c’est d’abord beaucoup d’enfumage avec des titres pompeux – système universel des retraites – qui ne règle en rien un certain nombre de problèmes qui sont liés au manque d’emploi, à la précarité, etc. »

« Qui va définir la valeur du point? M. Delevoye est très optimiste, il nous assure qu’il ne baissera jamais, mais quand on entend le discours ambiant où il faut réduire les dépenses publiques, on peut tout à fait imaginer que la valeur du point sera définie par le ministère de l’Economie et, quand on se fera tirer les oreilles par Bruxelles, c’est vers ce genre de choses qu’on fera des économies. »

 

Les propositions de Jean-Paul Delevoye visent à guider la future réforme des retraites promise par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, en 2017. Rien ne dit toutefois que le gouvernement ne reprendra toutes les pistes proposées par le haut-commissaire. Une concertation avec les partenaires sociaux s’ouvre afin de définir le projet de loi à proprement parler. Le projet final devrait être présenté en conseil des ministres d’ici la fin de l’année, pour un examen au Parlement après les élections municipales de mars 2020.

12345...159



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol