Archive pour le Tag 'intérêts'

Nouvelles tecnologies- 5G: une stratégie de défense des intérêts américains.

Nouvelles tecnologies- 5G: une stratégie de défense des intérêts américains.

 

 

Les États-Unis seraient prêts à envisager une alliance notamment avec Ericsson, Nokia et Samsung pour renforcer leurs compétences et leur maîtrise de la technologie 5G menacée par le chinois Huawai. Ce que révèle le journal l’opinion. Fort d’une présence dans des réseaux mobiles allant de l’Asie à l’Allemagne, Huawei est le numéro un mondial des équipements télécoms. Le géant chinois a capté 28 % des dépenses mondiales en la matière au premier trimestre 2020, selon la société d’analyse de marché Dell’Oro Group. Et peut proposer des produits moins chers que ses concurrents parce qu’il bénéficie du soutien de l’Etat chinois, a révélé le Wall Street Journal.

Les équipementiers américains sont trop petits pour concurrencer Huawei, ce qui signifie que les grands opérateurs mobiles qui ne veulent pas acheter chinois dépendent de trois multinationales : Ericsson, Nokia et Samsung Electronics.

« Pour la première fois de l’histoire moderne, ce ne sont pas les Etats-Unis qui mènent l’essor d’une technologie essentielle », déplore un rapport diffusé à la Maison Blanche et rédigé l’an passé par des experts des télécoms, dont Daniel Goldin, ex-patron de la NASA, et Hossein Moiin, ancien responsable de la technologie de Nokia.

Ils militent pour la création d’un fournisseur « sous bannière américaine » capable de combler les vides laissés depuis plusieurs années par le rachat ou la disparition de champions américains tels que Lucent Technologies.

En début d’année, un autre groupe a présenté aux responsables de l’administration et du Congrès l’idée d’un investissement direct d’un consortium public dans Nokia ou Ericsson, selon des sources proches du dossier. La proposition bénéficiait du soutien de spécialistes du capital-investissement menés par Cerberus Capital Management, mais la progression du cours de Bourse des équipementiers ces dernières semaines a mis un coup d’arrêt au projet. Le porte-parole de Cerberus n’a pas répondu aux demandes de commentaire.

En février, le procureur général, William Barr, s’est dit favorable à l’idée que des fournisseurs européens passent sous pavillon américain, public ou privé, estimant dans un discours que cela pourrait donner naissance « à un concurrent plus redoutable et dont la résistance ne ferait aucun doute. »

Il a ensuite défendu le concept de « réseaux ouverts intégrés », qui permettrait aux opérateurs de téléphonie mobile de choisir, à la carte, des éléments de réseaux de plusieurs fournisseurs. A l’heure actuelle, pour une ville donnée, les opérateurs achètent en général tous les logiciels et les équipements auprès du même fournisseur, ce qui éclipse la concurrence.

La porte-parole du département de la Justice n’a pas souhaité commenter.

D’autres entreprises se sont ralliées à l’Open RAN Policy Coalition, qui défend la concurrence sur le marché des équipements pour antennes-relais. Sous la houlette de l’opérateur AT&T, ce groupe récemment créé rassemble des fabricants américains de logiciels qui souhaitent s’implanter dans les réseaux mobiles, ainsi que des acteurs de plus grande envergure, dont Nokia.

« Pour certains, cela pourrait favoriser la création d’une base industrielle aux Etats-Unis, estime Brian Hendricks, directeur des affaires publiques et des politiques de Nokia pour le continent américain. Les Etats-Unis sont sur la touche depuis un certain temps. »

Selon Brian Hendricks, les activités américaines de recherche et développement de la firme finlandaise joueront un rôle dans la future filière, mais un accroissement de la concurrence est inévitable.

Les dirigeants d’Ericsson ont pour leur part indiqué qu’ils ne pensaient pas rejoindre la coalition. Selon le directeur technologique de l’équipementier suédois, Erik Ekudden, l’Etat ne doit pas intervenir dans les aspects techniques que le secteur privé est tout à fait en mesure de gérer.

Alok Shah, responsable de la stratégie de Samsung, a déclaré que le géant technologique sud-coréen fabriquait déjà certains composants 5G aux Etats-Unis, notamment des puces pour les stations de base dans son usine d’Austin, au Texas.

La porte-parole d’AT&T a indiqué que la diversification et la sécurisation de la chaîne logistique étaient une priorité pour son entreprise.

Les grands opérateurs mobiles américains ont renoncé à acheter des équipements à Huawei depuis qu’en 2012, une commission parlementaire a estimé que le groupe chinois constituait une menace pour la sécurité nationale. A l’époque, la commission avait affirmé que les composants vendus par Huawei et son concurrent et compatriote ZTE pourraient être utilisés pour espionner ou perturber les communications américaines, des accusations démenties par les deux groupes.

La quasi-totalité des commandes s’est donc reportée sur Nokia, Ericsson et Samsung. Mais les dirigeants de plusieurs opérateurs mobiles s’inquiètent de la santé financière de Nokia et Ericsson, qui tentent depuis des années de restructurer leur activité. Nokia a suspendu le versement de son dividende l’an passé et annoncé, en mars dernier, le départ de son PDG. Ericsson a renoué avec la rentabilité après des années de restructuration.

Certains opposants à la Chine et dirigeants des sociétés américaines de télécoms redoutent que, sans concurrence digne de ce nom, Huawei étende son emprise sur les réseaux télécoms au point qu’elle en devienne irréversible.

En février, l’un des dirigeants de Huawei, Vincent Pang, a estimé dans un entretien que créer de toutes pièces un équipementier était plus facile à dire qu’à faire. « Dans la 5G, il ne suffit pas d’investir six milliards de dollars et de se dire que c’est bon, il faut des années de travail. Donc la solution la plus rapide serait peut-être de s’approvisionner auprès des fournisseurs qui existent déjà. »

Chuck Robbins, PDG de Cisco, a évoqué la possibilité de racheter tout ou partie d’un équipementier européen l’an passé avec Larry Kudlow, le conseiller économique de Donald Trump. Mais, selon des sources proches du dossier, la discussion était plutôt d’ordre patriotique et ne traduisait pas nécessairement les ambitions de Cisco en matière de fusion.

Chuck Robbins « ne voulait pas que les Etats-Unis soient distancés », précise cette source, mais l’entreprise, qui fabrique des équipements pour les réseaux informatiques, ne souhaitait pas particulièrement investir dans une entreprise moins rentable telle que Nokia ou Ericsson sans bénéficier, d’une manière ou d’une autre, d’un appui financier. La porte-parole de Cisco n’a pas souhaité commenter.

Larry Kudlow a estimé que la question du rachat d’une entreprise étrangère par un groupe américain n’était plus réellement à l’ordre du jour. « Nokia, Samsung et Ericsson sont toujours dans la course et renforcent leur présence aux Etats-Unis, a-t-il déclaré. Nous voulons qu’ils viennent ici et nous pourrions les aider » par des mesures fiscales. « Nous pourrions participer aux frais de déménagement, ce qui n’est pas la même chose que prendre une participation », a-t-il ajouté.

Nokia et Ericsson se sont opposés à des demandes plus radicales, par exemple une ouverture totale des normes télécoms, selon des sources proches du dossier. Les groupes préfèrent demander aux autorités américaines de soutenir leur activité grâce à des dispositifs tels que l’Exim Bank, l’agence américaine de crédit à l’exportation, ou la DFC, l’agence américaine de financement pour le développement international.

Née en 2018 de la fusion, par le Congrès, de trois agences de développement, la DFC est la réponse américaine au projet chinois de Nouvelle route de la soie, qui sert les intérêts de Pékin par des investissements en infrastructures à travers le monde.

Le patron de la DFC, Adam Boehler, a expliqué que l’agence préfère les investissements dans les entreprises américaines, mais peut soutenir des groupes étrangers. « Nous ne sommes pas là pour défendre, a-t-il déclaré. Nous sommes là pour passer à l’offensive. »

Même si les opérateurs mobiles ont accès à un panel de fournisseurs plus large, rien ne dit qu’ils feront appel aux nouveaux acteurs. Certaines technologies américaines ont fait leur apparition dans des réseaux étrangers, notamment au Japon et en Inde, mais ces évolutions ne datent que de quelques mois.

De leur côté, des start-up américaines, dont Airspan Networks, Altiostar Networks, Blue Danube Systems, Mavenir Systems et Parallel Wireless, ont développé de nouvelles technologies. Leurs dirigeants affirment qu’ils ont fait des progrès, mais qu’ils sont très loin d’avoir mis la main sur les milliards de dollars de commandes passées chaque année par les opérateurs mobiles américains aux équipementiers historiques.

Pour certaines sociétés américaines, une loi récente ordonnant aux opérateurs de supprimer les équipements Huawei « non fiables » pourrait ouvrir une brèche potentiellement synonyme de plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires. La mesure n’est toujours pas financée.

Thierry Maupilé, directeur de la stratégie d’Altiostar, explique que les responsables politiques ne se sont jamais intéressés d’aussi près aux méandres de la technologie mobile, mais qu’il faudrait davantage de coordination. Pardeep Kohli, patron de Mavenir, estime pour sa part que la volonté de Washington de contrer Huawei a fait connaître les entreprises américaines, surtout au cours de l’année écoulée, mais que cet intérêt ne s’est pas traduit par des mesures favorables aux sociétés nationales.

« On parle beaucoup, mais sans rien de concret », déplore-t-il.

5G: une stratégie de défense des intérêts américains.

5G: une stratégie de défense des intérêts américains.

Les États-Unis seraient prêts à envisager une alliance notamment avec Ericsson, Nokia et Samsung pour renforcer leurs compétences et leur maîtrise de la technologie 5G menacée par le chinois Huawai. Ce que révèle le journal l’opinion. Fort d’une présence dans des réseaux mobiles allant de l’Asie à l’Allemagne, Huawei est le numéro un mondial des équipements télécoms. Le géant chinois a capté 28 % des dépenses mondiales en la matière au premier trimestre 2020, selon la société d’analyse de marché Dell’Oro Group. Et peut proposer des produits moins chers que ses concurrents parce qu’il bénéficie du soutien de l’Etat chinois, a révélé le Wall Street Journal.

Les équipementiers américains sont trop petits pour concurrencer Huawei, ce qui signifie que les grands opérateurs mobiles qui ne veulent pas acheter chinois dépendent de trois multinationales : Ericsson, Nokia et Samsung Electronics.

« Pour la première fois de l’histoire moderne, ce ne sont pas les Etats-Unis qui mènent l’essor d’une technologie essentielle », déplore un rapport diffusé à la Maison Blanche et rédigé l’an passé par des experts des télécoms, dont Daniel Goldin, ex-patron de la NASA, et Hossein Moiin, ancien responsable de la technologie de Nokia.

Ils militent pour la création d’un fournisseur « sous bannière américaine » capable de combler les vides laissés depuis plusieurs années par le rachat ou la disparition de champions américains tels que Lucent Technologies.

En début d’année, un autre groupe a présenté aux responsables de l’administration et du Congrès l’idée d’un investissement direct d’un consortium public dans Nokia ou Ericsson, selon des sources proches du dossier. La proposition bénéficiait du soutien de spécialistes du capital-investissement menés par Cerberus Capital Management, mais la progression du cours de Bourse des équipementiers ces dernières semaines a mis un coup d’arrêt au projet. Le porte-parole de Cerberus n’a pas répondu aux demandes de commentaire.

En février, le procureur général, William Barr, s’est dit favorable à l’idée que des fournisseurs européens passent sous pavillon américain, public ou privé, estimant dans un discours que cela pourrait donner naissance « à un concurrent plus redoutable et dont la résistance ne ferait aucun doute. »

Il a ensuite défendu le concept de « réseaux ouverts intégrés », qui permettrait aux opérateurs de téléphonie mobile de choisir, à la carte, des éléments de réseaux de plusieurs fournisseurs. A l’heure actuelle, pour une ville donnée, les opérateurs achètent en général tous les logiciels et les équipements auprès du même fournisseur, ce qui éclipse la concurrence.

La porte-parole du département de la Justice n’a pas souhaité commenter.

D’autres entreprises se sont ralliées à l’Open RAN Policy Coalition, qui défend la concurrence sur le marché des équipements pour antennes-relais. Sous la houlette de l’opérateur AT&T, ce groupe récemment créé rassemble des fabricants américains de logiciels qui souhaitent s’implanter dans les réseaux mobiles, ainsi que des acteurs de plus grande envergure, dont Nokia.

« Pour certains, cela pourrait favoriser la création d’une base industrielle aux Etats-Unis, estime Brian Hendricks, directeur des affaires publiques et des politiques de Nokia pour le continent américain. Les Etats-Unis sont sur la touche depuis un certain temps. »

Selon Brian Hendricks, les activités américaines de recherche et développement de la firme finlandaise joueront un rôle dans la future filière, mais un accroissement de la concurrence est inévitable.

Les dirigeants d’Ericsson ont pour leur part indiqué qu’ils ne pensaient pas rejoindre la coalition. Selon le directeur technologique de l’équipementier suédois, Erik Ekudden, l’Etat ne doit pas intervenir dans les aspects techniques que le secteur privé est tout à fait en mesure de gérer.

Alok Shah, responsable de la stratégie de Samsung, a déclaré que le géant technologique sud-coréen fabriquait déjà certains composants 5G aux Etats-Unis, notamment des puces pour les stations de base dans son usine d’Austin, au Texas.

La porte-parole d’AT&T a indiqué que la diversification et la sécurisation de la chaîne logistique étaient une priorité pour son entreprise.

Les grands opérateurs mobiles américains ont renoncé à acheter des équipements à Huawei depuis qu’en 2012, une commission parlementaire a estimé que le groupe chinois constituait une menace pour la sécurité nationale. A l’époque, la commission avait affirmé que les composants vendus par Huawei et son concurrent et compatriote ZTE pourraient être utilisés pour espionner ou perturber les communications américaines, des accusations démenties par les deux groupes.

La quasi-totalité des commandes s’est donc reportée sur Nokia, Ericsson et Samsung. Mais les dirigeants de plusieurs opérateurs mobiles s’inquiètent de la santé financière de Nokia et Ericsson, qui tentent depuis des années de restructurer leur activité. Nokia a suspendu le versement de son dividende l’an passé et annoncé, en mars dernier, le départ de son PDG. Ericsson a renoué avec la rentabilité après des années de restructuration.

Certains opposants à la Chine et dirigeants des sociétés américaines de télécoms redoutent que, sans concurrence digne de ce nom, Huawei étende son emprise sur les réseaux télécoms au point qu’elle en devienne irréversible.

En février, l’un des dirigeants de Huawei, Vincent Pang, a estimé dans un entretien que créer de toutes pièces un équipementier était plus facile à dire qu’à faire. « Dans la 5G, il ne suffit pas d’investir six milliards de dollars et de se dire que c’est bon, il faut des années de travail. Donc la solution la plus rapide serait peut-être de s’approvisionner auprès des fournisseurs qui existent déjà. »

Chuck Robbins, PDG de Cisco, a évoqué la possibilité de racheter tout ou partie d’un équipementier européen l’an passé avec Larry Kudlow, le conseiller économique de Donald Trump. Mais, selon des sources proches du dossier, la discussion était plutôt d’ordre patriotique et ne traduisait pas nécessairement les ambitions de Cisco en matière de fusion.

Chuck Robbins « ne voulait pas que les Etats-Unis soient distancés », précise cette source, mais l’entreprise, qui fabrique des équipements pour les réseaux informatiques, ne souhaitait pas particulièrement investir dans une entreprise moins rentable telle que Nokia ou Ericsson sans bénéficier, d’une manière ou d’une autre, d’un appui financier. La porte-parole de Cisco n’a pas souhaité commenter.

Larry Kudlow a estimé que la question du rachat d’une entreprise étrangère par un groupe américain n’était plus réellement à l’ordre du jour. « Nokia, Samsung et Ericsson sont toujours dans la course et renforcent leur présence aux Etats-Unis, a-t-il déclaré. Nous voulons qu’ils viennent ici et nous pourrions les aider » par des mesures fiscales. « Nous pourrions participer aux frais de déménagement, ce qui n’est pas la même chose que prendre une participation », a-t-il ajouté.

Nokia et Ericsson se sont opposés à des demandes plus radicales, par exemple une ouverture totale des normes télécoms, selon des sources proches du dossier. Les groupes préfèrent demander aux autorités américaines de soutenir leur activité grâce à des dispositifs tels que l’Exim Bank, l’agence américaine de crédit à l’exportation, ou la DFC, l’agence américaine de financement pour le développement international.

Née en 2018 de la fusion, par le Congrès, de trois agences de développement, la DFC est la réponse américaine au projet chinois de Nouvelle route de la soie, qui sert les intérêts de Pékin par des investissements en infrastructures à travers le monde.

Le patron de la DFC, Adam Boehler, a expliqué que l’agence préfère les investissements dans les entreprises américaines, mais peut soutenir des groupes étrangers. « Nous ne sommes pas là pour défendre, a-t-il déclaré. Nous sommes là pour passer à l’offensive. »

Même si les opérateurs mobiles ont accès à un panel de fournisseurs plus large, rien ne dit qu’ils feront appel aux nouveaux acteurs. Certaines technologies américaines ont fait leur apparition dans des réseaux étrangers, notamment au Japon et en Inde, mais ces évolutions ne datent que de quelques mois.

De leur côté, des start-up américaines, dont Airspan Networks, Altiostar Networks, Blue Danube Systems, Mavenir Systems et Parallel Wireless, ont développé de nouvelles technologies. Leurs dirigeants affirment qu’ils ont fait des progrès, mais qu’ils sont très loin d’avoir mis la main sur les milliards de dollars de commandes passées chaque année par les opérateurs mobiles américains aux équipementiers historiques.

Pour certaines sociétés américaines, une loi récente ordonnant aux opérateurs de supprimer les équipements Huawei « non fiables » pourrait ouvrir une brèche potentiellement synonyme de plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires. La mesure n’est toujours pas financée.

Thierry Maupilé, directeur de la stratégie d’Altiostar, explique que les responsables politiques ne se sont jamais intéressés d’aussi près aux méandres de la technologie mobile, mais qu’il faudrait davantage de coordination. Pardeep Kohli, patron de Mavenir, estime pour sa part que la volonté de Washington de contrer Huawei a fait connaître les entreprises américaines, surtout au cours de l’année écoulée, mais que cet intérêt ne s’est pas traduit par des mesures favorables aux sociétés nationales.

« On parle beaucoup, mais sans rien de concret », déplore-t-il.

La politique de Macron correspond aux intérêts de ceux qui l’ont financé » (Julia Cagé)

La  politique de Macron correspond aux intérêts de ceux qui l’ont financé » (Julia Cagé)

L’’économiste Julia Cagé analyse les ressorts de cette campagne, en déduit des conséquences sur la politique du Président et fait ses propositions pour réinventer la démocratie. 

 

Le JDD a révélé dimanche que la campagne d’Emmanuel Macron avait été financée essentiellement par de riches donateurs. Est-ce un phénomène isolé?
Les partis politiques font campagne auprès de ceux qui les financent. J’ai montré dans mon livre Le prix de la démocratie (Fayard) que plus un parti a de moyens plus il a de chances d’emporter une élection. Le financement des partis politiques a toujours été un phénomène de classe : ce sont principalement les plus riches qui financent les campagnes politiques et très souvent à la hauteur du plafond légal (7.500 euros par an et par personne pour les dons aux partis, 4.600 euros pour les dons aux campagnes). Ce n’est pas propre à Emmanuel Macron, ni à la France. Les plus modestes donnent moins par manque de ressources. Mais le financement de la campagne d’En Marche est tout de même un cas particulier. Macron a été candidat pour un nouveau parti et ne pouvait donc pas toucher d’argent public. Il a fait encore plus d’efforts que les autres partis pour lever des fonds privés. Il n’a  pas arrêté de dire qu’il n’utilisait pas l’argent des contribuables mais c’est faux. Depuis le début de sa création, En Marche a perçu 13 millions d’euros mais 8,6 millions proviennent de l’argent de l’ensemble des contribuables suite aux exonérations d’impôts sur les dons qui sont mises en place par l’Etat. Au total, seuls 4,5 millions d’euros ont été véritablement à la charge des donateurs.

Les partis de droite bénéficient-ils d’autant de dons privés que les partis de gauche?
Il existe une constante quels que soient les pays et les différences de plafond : les partis les plus à droite et les plus conservateurs économiquement reçoivent systématiquement plus de dons privés que les partis les plus à gauche. De ce point de vue, en France, c’est assez frappant à quel point En Marche apparaît comme un parti de droite.

Vous établissez une corrélation entre la politique mise en place par Emmanuel Macron et l’origine du financement de sa campagne
Oui, Emmanuel Macron a principalement fait campagne auprès des Français les plus riches et tout particulièrement des Parisiens. Et ce sont les mêmes qui l’ont financé. Il a mis en place une politique qui correspond à leurs intérêts. Ce qui a eu un impact direct sur les décisions qu’il a prises, notamment fiscales. Il a fait des cadeaux fiscaux aux personnes les plus aisées et a instauré le prélèvement forfaitaire unique sur le capital. Des mesures qui coûtent près de 8 milliards d’euros par an à l’Etat. Or après avoir dépensé de tels montants pour les plus favorisés, l’Etat n’en a plus pour la majorité des citoyens, il a donc diminué les APL, gelé un certain nombre de prestations sociales, reporté l’exonération de la taxe d’habitation, etc.

Dans d’autres pays, notamment aux Etats-Unis, il n’y a pas de somme maximum légale pour les dons aux candidats. Pour que les campagnes soient plus équitables, vous avez théorisé la mise en place d’un plafond de versement aux partis à 200 euros par personne contre 7.500 euros actuellement. Pourquoi?
7.500 euros, c’est la moitié du salaire annuel d’une personne qui gagne le SMIC. Il faut limiter le plafond des dons pour ré-égaliser les citoyens devant le financement des partis. 7500 euros, c’est une somme tellement élevée que cela créé une réelle inégalité politique, entre la minorité qui peut contribuer avec un montant élevé et la grande majorité des Français qui ne peut pas  participer. Ce n’est pas parce qu’on a un système qui marche sur la tête aux Etats-Unis qu’on peut ne pas instaurer un plafond moins élevé en France. Les élections présidentielles américaines en 2016 étaient les premières financées sans aucun argent public depuis 1974. On ne peut pas établir un rapport de cause à effet direct entre ces financements et l’élection de Trump mais c’est néanmoins symptomatique ; toute la vie démocratique américaine est désormais capturée par l’argent privé.

Vous souhaitez également la mise en place de « bons pour l’égalité démocratique ». En quoi cela consiste-t-il?
Tous les ans, en cochant une case sur sa feuille d’imposition, chaque personne aura la possibilité d’allouer 7 euros d’argent public au mouvement politique de son choix. Il ne s’agit pas d’un apport personnel mais d’argent public. Si le citoyen ne souhaite pas financer un parti, la somme sera répartie entre les différents partis en fonction des résultats obtenus aux dernières législatives. Ce système permettrait à tout le monde de participer. Actuellement moins d’ 1% des ménages financent un parti chaque année. Or, parmi les 0,01% des Français aux revenus les plus élevés, ils sont 10%. Rendre égaux les citoyens devant le financement de la démocratie, c’est le seul moyen de résoudre la crise de la représentation des Français, que l’on retrouve actuellement dans le mouvement des gilets jaunes. Aujourd’hui nous ne sommes plus dans un système 1 personne=1 voix mais dans un système 1 euros=1 voix. Il est temps de rétablir un peu de démocratie.

Intérêts de la dette grecque : rendus par l’Allemagne …et la France ?

Intérêts de la dette grecque : rendus par l’Allemagne …et la France ?

Les intérêts perçus depuis 2010 ont rapporté autour de 8 milliards dont 3 milliards à l’Allemagne mais aussi 2 milliards à la France. L’Allemagne vient de promettre de reverser les bénéfices de ses intérêts à la Grèce.  Le montant des bénéfices de la Bundesbank, grande acheteuse d’obligations grecques à côté d’autres banques centrales, dans le cadre du programme de rachat de la dette de la Grèce, mené entre 2010 et 2011, a été confirmé par un rapport parlementaire allemand dont l’AFP avait obtenu copie en juin. « Personne ne veut profiter de la crise grecque. En réalité, l’objectif est que tous les bénéfices des banques centrales soient régulièrement rendus à l’Etat grec », affirme M. Scholz ministre des fiances allemand.   »C’est ce que nous avons décidé à l’Eurogroupe (réunion des ministres des finances de la zone euro, ndlr), lors de la fin du troisième programme grec », a-t-il ajouté. Reste avoir si la France en délicatesse avec son budget va aussi rembourser ces intérêts !

 

La fin des prêts avec intérêts par les partis

La fin  des prêts avec intérêts par les partis

 

Un amendement voté à l’assemblée interdit désormais les prêts des partis avec intérêt. Visé évidemment surtout le FN qui fait des profits sur le dos des candidats alors que les frais de campagne lui sont remboursés par l’Etat. Les députés ont donc adopté un amendement porté par le député REM Paul Molac, et destiné à interdire les prêts avec intérêts de la part de partis politiques. Une référence claire aux pratiques prêtées au FN et qui lui valent des ennuis judiciaires. «Les partis jouent un rôle essentiel dans le financement des campagnes électorales, toutefois ce n’est pas dans leur rôle de faire des bénéfices avec cette mission», a fait valoir Paul Molac, qui n’était pas soutenu par le gouvernement. Ce dispositif s’est trouvé renforcé par un texte déposé par Valérie Rabault (PS), lui aussi adopté. Il supprime cette fois la possibilité pour une personne morale de garantir le prêt souscrit par un parti politique ou un groupement politique. Le MoDem souhaitait encore mettre fin à toute activité d’ordre «bancaire» assurée par des partis, mais ce dernier point a été rejeté. Dommage ! Il s’agit pour les députés d’empêcher de nouvelles affaires similaires à celle dite des «kits de campagne», pour laquelle le FN est poursuivi. La cour d’appel de Paris a en effet validé au début du mois de juillet le renvoi en correctionnelle du Front national, en conséquence de soupçons d’escroquerie aux frais de l’État, à des fins d’enrichissement. Lors des législatives de 2012, le FN avait insisté pour que 525 de ses candidats fassent appel à la société Riwal, pour acquérir ces offres «tout inclut» vendues à 16 650 euros, afin de pouvoir mener campagne. Pour payer de telles sommes, les candidats étaient invités à contracter un emprunt auprès du micro-parti de Marine Le Pen, Jeanne, également visé par des poursuites.

 

Sondage Européennes: l’UE ne protège pas ses intérêts économiques pour 85%

Sondage Européennes: l’UE ne protège pas ses intérêts économiques pour 85%

Selon ce sondage Ipsos/Stéria) réalisé pour Le Monde, le Cevipof (Sciences Po) et Terra Nova, 32% affirment même être « tout à fait d’accord » avec cette idée et 53% « plutôt d’accord ». Pour 65%, l’UE « devrait rétablir des contrôles aux frontières entre les États membres » et, pour 63%, l’UE « est un gaspillage de l’argent des contribuables ».  73% des sondés pensent que « sur le principe, la monnaie unique (l’euro) est une bonne idée » et 72% que l’Union européenne « est une garantie pour la paix et la justice en Europe ». Mais une majorité assez étroite (54% contre 46%) estime que  »globalement, l’euro présente plus d’inconvénients que d’avantages pour la France ». Toutefois, une forte majorité (73%) souhaite que « la France reste dans la zone euro dans les années qui viennent », 27% prônant au contraire la sortie de l’euro et le retour au franc.  Une majorité de citoyens se sentent cependant « plus Français qu’Européen » et se disent favorables à un renforcement du pouvoir de décision national, même aux dépens de l’Union européenne. Selon cette enquête publié ce lundi 19 mai, 46% des sondés déclarent se sentir « plus Français qu’Européen ». 19% affirment même se sentir « seulement Français ». Ils ne sont que 32% à se dire « autant Français qu’Européen ». 2% se sentent « plus Européen que Français » et 1% « seulement Européen ». 43% des personnes interrogées pensent que « l’Union européenne est une menace pour notre identité nationale », 57% étant d’un avis contraire . 18% seulement sont d’accord pour que « à long terme », la Turquie fasse partie de l’UE, et 17% pour que l’UE puisse prélever des impôts. Enfin, 67% des sondés (soit 2 sur 3) jugent que, « pour faire face efficacement aux grands problèmes des années à venir », il faut « renforcer les pouvoirs de décision de notre pays, même si cela doit conduire à limiter ceux de l’Europe ».

 

Syrie- Assad : menaces sur les intérêts de la France

Syrie- Assad : menaces sur les intérêts de la France

Interviewé par le journal Le Figaro, le président syrien affirme qu’il y aura des répercussions « négatives » sur la France en cas d’intervention de l’armée française dans le conflit syrien.  « Il y aura des répercussions, négatives bien entendu, sur les intérêts de la France ». Dans une rare interview donnée au Figaro à paraître demain, mardi 3 septembre, le président syrien Bachar el-Assad aborde l’hypothèse d’une intervention française en Syrie. « Le peuple français n’est pas notre ennemi, mais la politique de son État est hostile au peuple syrien », déclare-t-il au journaliste Georges Malbrunot. Alors que le gouvernement doit mettre en ligne, ce soir, sur les sites Internet de l’Elysée et de Matignon une note confirmant l’usage d’armes chimiques par le régime syrien, qui ont fait des centaines de morts, le 21 août dernier, à Damas (lire ci-dessous), Bachad el-Assad assène: « Quiconque accuse doit donner des preuves. Nous avons défié les États-Unis et la France d’avancer une seule preuve. MM.Obama et Hollande en ont été incapables, y compris devant leurs peuples ». Le président syrien ne dément pourtant pas formellement détenir des armes chimiques : « Je ne dis nullement que l’armée syrienne possède ou non de telles armes. Supposons que notre armée souhaite utiliser des armes de destruction massive: est-il possible qu’elle le fasse dans une zone où elle se trouve elle-même et où des soldats ont été blessés par ces armes, comme l’ont constaté les inspecteurs des Nations unies en leur rendant visite à l’hôpital où ils sont soignés ? Où est la logique ? », ajoute-t-il. Questionné sur les répercussions d’une intervention militaire française et américaine, Bachar el-Assad décrit: « Le Moyen-Orient est un baril de poudre, et le feu s’en approche aujourd’hui. Il ne faut pas seulement parler de la riposte syrienne, mais bien de ce qui pourrait se produire après la première frappe. Or personne ne peut savoir ce qui se passera. Tout le monde perdra le contrôle de la situation lorsque le baril de poudre explosera. Le chaos et l’extrémisme se répandront. Le risque d’une guerre régionale existe. » Lors d’une conférence de presse donnée ce soir, Jean-Marc Ayrault a affirmé qu’il n’était « pas question pour la France d’agir seule » dans le conflit syrien.

 

Chine : l’Allemagne pense à ses intérêts pas à ceux de l’Europe

 

Chine : l’Allemagne pense à ses intérêts pas à ceux de l’Europe

A peine hypocrite : « L’Allemagne a toujours clairement dit que nous, le gouvernement, privilégions le dialogue et non la confrontation », a déclaré sur la chaîne de télévision allemande ARD le ministre allemand de l’Economie, Philipp Rösler, qualifiant la mesure provisoire de Bruxelles de « grave erreur ».  L’objectif devrait être d’ »empêcher dans tous les cas une guerre commerciale, qui s’étendrait à bien davantage de secteurs que le seul secteur du photovoltaïque », a-t-il ajouté.  Le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert, a réaffirmé que l’Allemagne était sur la même longueur d’onde que le gouvernement chinois et qu’elle « aspirait à une solution à l’amiable », au cours d’un point presse régulier.  En recevant à Berlin fin mai le Premier ministre chinois Li Keqiang, la chancelière Angela Merkel avait en effet déclaré vouloir « tout (faire), pour trouver une solution par la discussion ».   »Ce n’est ni l’intérêt de l’Europe, ni celui de l’Allemagne, ni de la Chine de tendre vers un tassement des échanges commerciaux », a ajouté M. Seibert, appelant à ce que les mois à venir soient utilisés par la Commission pour nouer « un dialogue étroit avec la Chine à la recherche d’une solution amiable » et éviter d’inscrire ces taxes dans la durée.  « Les opposants à des taxes douanières ont eu deux années pour trouver une solution au problème », a réagi le vice-président du groupe parlementaire d’opposition social-démocrate, Ulrich Kelber, sur le site internet du quotidien économique Handelsblatt.  Le responsable SPD se réjouit au contraire de la décision de Bruxelles, estimant qu’ »elle devait réagir » au « dumping » de la Chine. L’Allemagne compte quelque 10.000 entreprises dans le secteur solaire, employant au total 120.000 personnes. Mais parmi celles-ci, seules 350 sont des producteurs de panneaux, les autres étant plutôt des revendeurs ou des installateurs qui profitent des panneaux chinois bon marché.




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