Archive pour le Tag 'mal !'

La violence contre les élus révélateur du mal démocratique ?

La violence contre les élus révélateur du  mal démocratique ?

L’un des défis de la démocratie française sera de réfléchir aux conditions de la légitimité effective des élus, soumis aujourd’hui à une violence qui fait suite à la défiance envers la politique. Par Jean-Baptiste Juillard, Sorbonne Université dans la « Tribune ». 

À la fin du XIXe siècle, la France connut une vague d’attentats anarchistes, dont les deux événements paroxystiques furent la bombe lancée par Auguste Vaillant le 9 décembre 1893 dans la Chambre des députés, qui ne fit aucun mort, et l’assassinat du président de la République Sadi Carnot à Lyon le 24 juin 1894, par Sante Geronimo Caserio. Si la radicalité de cette violence paraît lointaine, et l’anarchisme moins en vue, les représentants politiques sont encore la cible de violences.

Dans le contexte du débat sur le passe vaccinal, nous avons ainsi assisté à une « multiplication » de menaces extrêmement violentes proférées contre des parlementaires de la majorité, à une échelle rarement observée par le passé. La députée LREM Aurore Bergé a de ce fait appelé à la constitution d’un « front commun contre la violence dans le débat public ». Quelque temps auparavant, à l’été 2019, le maire de Signes, Jean-Mathieu Michel, trouvait la mort, renversé par la camionnette d’un maçon qui avait été rappelé à l’ordre par l’élu alors qu’il déposait illégalement sur la voie publique des encombrants.

Un an après cet événement tragique, c’est le maire de Portbail, Francis d’Hulst, qui fut victime d’une agression physique alors qu’il rappelait l’interdiction de campement sauvage. Ces faits interpellent et étonnent d’autant plus que le mandat de maire est le seul à bénéficier d’un niveau de confiance supérieur à 50 % dans la population française, d’après les données du baromètre de la confiance politique Sciences Po – Cevipof.

En réaction à ces événements, plusieurs parlementaires se sont emparés du sujet. En octobre 2019, le sénateur Philippe Bas a remis un rapport d’information « Sur les menaces et agressions auxquelles sont confrontées les maires », à partir de la consultation de 10,90 % des maires de France ou assimilés, soit 3812 élus, lesquels déclarent à 92 % avoir été victimes de violences physiques ou verbales, allant de l’incivilité à l’agression physique caractérisée.

En avril 2021, les députés Naïma Moutchou et Philippe Gosselin ont été rapporteurs d’une mission sur les « entraves opposées à l’exercice des pouvoirs de police des élus municipaux » dans le but d’améliorer la sécurité des élus locaux. D’après les chiffres du rapport, issus du ministère de l’Intérieur, en 2020, 1 276 agressions ont eu lieu sur des élus locaux en France, dont 505 agressions physiques, ce qui représente un triplement du volume des faits par rapport à l’année précédente. Les autres agressions courantes sont des outrages, des atteintes au domicile ou encore des dégradations de véhicules.

S’il convient de réagir rapidement avec des mesures juridiques adéquates et opérationnelles, il est aussi nécessaire de comprendre cette augmentation massive à la lumière de l’évolution de la place de l’élu et des transformations de la légitimité en démocratie. S’agit-il d’un problème conjoncturel ou structurel, amené à se déployer encore à l’avenir ?

La violence envers les élus est non seulement inacceptable sur le plan moral et répréhensible sur le plan pénal, mais elle est aussi et surtout difficilement compréhensible sur le plan politique.

Comment en effet peut-il y avoir violence sur la personne qui a reçu l’onction du suffrage universel dans une démocratie ? L’élu est le pivot du système représentatif, dont Benjamin Constant a montré dans un fameux discours sur la « Liberté des Anciens comparée à celle des Modernes » (1819) qu’il était historiquement le mieux à même de préserver nos libertés.

Élire, c’est choisir et investir une personne d’un pouvoir, certes limité et temporaire, mais réel et effectif, exercé au nom de l’intérêt général. Ce faisant, le statut d’élu, dans l’imaginaire culturel et symbolique, est nécessairement associé à un respect spécifique, qu’illustre notamment le port cérémoniel de l’écharpe, aux couleurs du drapeau. Les parlementaires jouissent d’une immunité, qui vaut pour les opinions et les votes exprimés dans le cadre de leur mandat, et n’est bien évidemment pas une protection pour les infractions qu’ils commettraient dans leur vie privée. Les mandats locaux ont été de plus en plus encadrés à la faveur de la décentralisation.

Légitimé par l’histoire, protégé par un statut, assisté par des collaborateurs, entretenu par des indemnités, l’élu devrait pouvoir exercer son mandat en toute tranquillité, au-delà des contestations et controverses qui animent la vie démocratique. Comment expliquer dès lors cette forme de désacralisation de l’élu ?

Dans un livre intitulé La Contre-démocratie Pierre Rosanvallon, historien et ancien professeur au Collège de France, s’intéresse à « la politique à l’âge de la défiance ». Nous serions entrés dans une démocratie de sanction, où le rejet se manifesterait plus visiblement et directement que l’adhésion à un projet.

C’est en effet un véritable changement de nature de l’élection auquel nous assistons selon Pierre Rosanvallon, puisqu’il ne serait plus désormais tant question de choisir que « de procéder à des éliminations », d’où le terme employé de « désélection » (II, 3. La politique négative). Analyser le système politique exige de prendre en considération les actes d’empêchement, dans la mesure où le corps civique se scinde en plusieurs groupes qui portent la contestation par des actions ciblées. En parallèle de l’apathie politique qui produit un « consentement par défaut », il y aurait à l’œuvre un « pouvoir d’empêchement » exercé par un « citoyen négatif », c’est-à-dire un citoyen qui s’oppose et dit non. La participation à la vie politique serait désormais devenue « essentiellement hostile », dominée par le désaveu et ses expressions diverses.

Le président du Sénat Gérard Larcher a contribué à la popularité d’une formule selon laquelle un bon élu local est « à portée d’engueulade » et doit en un sens le rester pour être au plus près des réalités. L’expression, très parlante, a même été reprise par le président de la République après la gifle qu’il a reçue en juin 2021 lors d’un déplacement dans la Drôme. Le chef de l’État appelait alors à distinguer l’expression d’une colère légitime, de la haine et de la violence qui n’ont pas leur place en démocratie.

Il existe bien un combat politique, comme le veut l’expression commune, mais trouve-t-il encore véritablement à s’exprimer ? La philosophe Chantal Mouffe considère que le triomphe d’une vision libérale excessivement et illusoirement consensuelle du politique se fait au détriment des oppositions parfois radicales qui devraient pouvoir s’exprimer en démocratie. Elle défend ainsi une vision « agonistique » du politique, terme issu du grec agôn qui renvoie au conflit et à la lutte.

Cela suppose de reconnaître une véritable légitimité à son adversaire. Dans une démocratie plurielle, reposant sur de véritables oppositions, l’opposant est à la fois combattu et reconnu, celui-ci « ne sera pas considéré comme un ennemi à abattre mais comme un adversaire dont l’existence est légitime et doit être tolérée. » A-t-on encore des ennemis ? Oui, répond la philosophe, qui propose de réserver le terme pour désigner ceux qui « mettent en question les bases mêmes de l’ordre démocratique », comme elle l’écrit dans La politique et ses enjeux (1994).

De l’adversaire à l’ennemi ?

Abattre l’ennemi (2021) est le titre, explicite, d’un ouvrage de l’avocat et pamphlétaire Juan Branco où il cible sans nuance :

« la caste représentative et intermédiante – journalistes, élus, intellectuels et autres « décideurs » et « commentateurs » – qui étouffe notre démocratie et ne conçoit pas que cette dernière puisse exister sans eux ».

Dans une vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube, qui compte près de 100 000 abonnés, sous le titre « Prendre Paris », il imagine la conquête révolutionnaire de la capitale. Le choix des mots semble ici dépasser la vision précédemment exposée, pour entrer dans un véritable combat à mort avec un adversaire érigé en un ennemi absolu. Sans rejeter par ailleurs toute forme d’élection, l’auteur souhaite un plus grand contrôle des élus par le peuple, associé à la possibilité d’organiser des référendums d’initiative citoyenne.

En 2019, dans Crépuscule, il s’employait à dévoiler au grand jour les coulisses « sanglants » du pouvoir et plus précisément les ressorts de l’ascension des hommes politiques contemporains, qu’il assimile à de la corruption pure et simple.

Mélangeant faits, interprétations et aspects plus personnels, sans « témoignage sourcé », l’ouvrage a quoi qu’il en soit donné le ton d’un discours acerbe, radical et violent envers la grande majorité des représentants politiques actuels.

Comment redonner de la légitimité aux élus ? En mettant en place un contrôle renforcé de la délégation de pouvoir, par exemple la procédure de révocation en cours de mandat, portée par La France insoumise. On se souvient que Rousseau, au chapitre VII de ses Considérations sur le gouvernement de Pologne, plaidait déjà pour le mandat impératif, qui consiste à demander aux élus d’agir conformément à des instructions prédéfinies, comme remède au « mal terrible de la corruption ». Or, la Constitution de la Ve République rejette le mandat impératif (article 27) au profit du mandat représentatif.

Une autre piste de réflexion de fond est l’amélioration de la représentativité, comme le propose Pierre Rosanvallon dans Le Parlement des invisibles (2014). En intégrant les discours et vécus des citoyens les plus éloignés de la vie politique, il serait possible de dépasser le sentiment d’abandon et le rejet des élus qui s’y associe. L’idée d’introduire une dose de proportionnelle aux élections législatives, afin d’offrir une meilleure représentation politique, est d’ailleurs fréquemment évoquée dans le débat public, mais toujours pas réalisée.

Dans L’ange et la bête. Mémoires provisoires (2021), le ministre de l’Économie et des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, décrit le mouvement des « gilets jaunes » comme une véritable « crise de régime », révélant « l’obsolescence de nos institutions », source de colère et de contestation. D’où l’idée d’entreprendre un travail de refondation de celles-ci, afin de répondre à ce nouveau malaise démocratique.

Quoi qu’il en soit, l’un des défis à venir de la démocratie française sera assurément de réfléchir aux conditions de la légitimité effective des élus, au-delà du vote même, afin de retrouver le chemin d’une démocratie animée mais apaisée.

_______

Par Jean-Baptiste Juillard, Professeur agrégé de philosophie, doctorant en philosophie et théorie politique, Sorbonne Université

L’auteur effectue sa thèse sous la direction de Pierre-Henri Tavoillot.

Gouvernement et inflation : les mesures coûteuses, mal ciblées et inefficaces

Gouvernement et inflation : les mesures coûteuses, mal ciblées et inefficaces

 

Le gouvernement a pris des mesures surtout dirigées vers les plus entreprises mais aussi vers les particuliers. D’une façon générale, ces mesures sont jugées coûteuses, mal ciblés et inefficaces. Il faut en effet les mettre  en rapport avec les perspectives de dérive des prix.Les économistes de l’Insee ont révisé à la hausse leurs prévisions d’inflation la semaine dernière dans leur dernière note de conjoncture. Entre avril et juin, la poussée de fièvre des prix de l’énergie pourrait faire grimper l’indice des prix à la consommation entre 4% et 4,5% au cours du printemps. L’inflation poussée jusque- là par la flambée des prix de l’énergie pourrait s’installer dans la durée. En effet, la guerre en Ukraine a ravivé de nombreuses tensions sur les prix des matières premières et ceux de l’énergie.

La multiplication des chèques et des aides à l’approche de la présidentielle a suscité des vagues de critiques de la part de l’opposition depuis l’automne dernier. certains ont  accusé Emmanuel Macron de « cramer la caisse ». Sur les 25 à 26 milliards d’euros évoqués par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, 10 milliards d’euros sont consacrés au plafonnement du prix du gaz, 8 à 10 milliards d’euros pour le plafonnement des tarifs réglementés de l’électricité, 2,8 milliards d’euros pour la ristourne de 15 centimes par litre de carburant, 3 milliards d’euros pour l’indemnité inflation et 25 millions d’euros pour l’aide aux entreprises très dépendantes de l’énergie.

Les économistes s’accordent à dire cependant que ces mesures sont de relatif court terme car il faut prendre en compte les perspectives structurelles de dérive des prix. Il convient aussi de répondre par une politique très volontariste d’indépendance énergétique et de maîtrise.

Notons aussi que les recettes liées à la TVA notamment contribuent  à augmenter avec les prix de l’énergie. D’ores et déjà le budget prévu de 2002 aurait en tout cas obsolète et insuffisant pour faire face à l’ampleur de la crise notamment énergétique mais pas seulement

Obésité: Un mal de société

Obésité: Un mal de société

Il est désormais scientifiquement établi que des polluants chimiques interviennent dans le développement de cette maladie dont la prévalence a doublé en vingt-cinq ans, rappellent, dans une tribune au « Monde », une quarantaine d’associations membres du Collectif interassociatif pour la santé environnementale.

 

Tribune.

 

Chaque année en France, ce sont 180 000 personnes qui meurent de l’obésité, plus que le nombre de victimes de cancers. Au-delà des multiples complications cardio-vasculaires liées à cette maladie, la crise du Covid-19 a révélé le danger que représentait le fait de souffrir d’obésité face au SARS-CoV-2, avec un risque deux fois plus élevé d’hospitalisation ou de décès, alors que, selon la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), nous entrons dans « l’ère des pandémies », avec l’émergence croissante de virus animaux.

L’obésité affecte 8,5 millions de personnes, soit 17 % de la population française, contre seulement 8,5 % de la population en 1997. La prévalence de l’obésité a doublé en vingt-cinq ans. En juin 2021, pour la première fois, des chiffres sur l’obésité infantile ont été publiés : 18 % des enfants de 2 à 7 ans et 6 % de ceux de 8 à 17 ans sont en situation d’obésité. Ces chiffres sont d’autant plus inquiétants que l’on constate l’apparition d’une obésité chez des enfants de moins de 5 ans, ce qui n’était pas observé il y a vingt ou trente ans.

L’ONU a repris les objectifs du millénaire pour le développement, en particulier l’arrêt de la progression de l’obésité et du diabète d’ici à 2030, et pourtant l’OMS annonce que d’ici quinze ans, 28 % des femmes et 24 % des hommes pourraient souffrir de surpoids et d’obésité en France, soit le quart de la population, avec une prévalence deux fois plus forte chez les catégories socioprofessionnelles les plus modestes.

Si la nourriture industrielle, trop grasse, trop sucrée, est un facteur bien identifié, la sédentarité, le stress, les troubles du sommeil, les accidents de vie, les régimes à répétition et la qualité du microbiote intestinal jouent également un rôle dans le développement de l’obésité.

De plus, il est désormais scientifiquement établi que des polluants chimiques interviennent dans le développement de cette maladie chronique, ces substances obésogènes pouvant même interférer sur la descendance des individus sur plusieurs générations. Aussi cette épidémie ne peut être imputée à la seule responsabilité des individus, la présence de ces différents facteurs relevant en grande partie de choix politiques.

Or l’obésité ne relève que du programme national nutrition santé (PNNS), dont les seuls objectifs « manger, bouger » traitent uniquement l’aspect comportemental sans considérer l’aspect environnemental. Ce message est maladroit et stigmatisant pour les personnes obèses, laissant croire au grand public que, si le comportement de ces personnes s’améliorait, elles ne seraient plus malades. On ne peut pas dire qu’un enfant de 5 ans ne se dépense pas ! Faire reposer la lutte contre l’obésité sur la seule responsabilité des individus est une ineptie.

 

Politique-Manipulation de l’opinion : les instituts de sondage se défendent….mal !

 

 Politique-Manipulation de l’opinion : les instituts de sondage se défendent….mal !

Dans une tribune au « Monde », les responsables des principaux instituts d’études s’inscrivent en faux contre les critiques qui leur sont faites, notamment sur la représentativité des enquêtes d’opinion. Ils rappellent qu’elles sont « un élèment essentiel du débat démocratique ».

Ils oublient cependant d’indiquer qui les financent et pour quels intérêts .

La plupart des médias qui commandent ces sondages appartiennent en effet à des financiers qui ont à peu près tous en commun de soutenir Macron ( sauf Bolloré qui soutient Zemmour).

On pourrait par ailleurs largement mettre en cause la méthodologie de ces sondages qui reposent désormais sur des enquêtes assez aléatoires sur Internet. Surtout les sondeurs n’indiquent n’a pas qu’ils ne peuvent pas prendre en compte qu’un Français sur deux n’ira pas voter. La question étant de savoir lesquels.  Or ce qui caractérise le corps électoral,c’est à la fois sa déception des politiques et son indécision.

Il est clair que le matraquage chaque jour de sondages qui affirment que Macron a déjà gagné dans toutes les hypothèses constitue un instrument de propagande pour influencer l’opinion.

NDLR

 

Tribune.

 

Chaque grande échéance électorale provoque deux phénomènes paradoxalement indissociables : d’un côté, une présence importante des sondages dans la campagne, avec une focalisation sur les intentions de vote ; de l’autre, une avalanche de critiques des sondages et de leur utilisation… parfois de la part des mêmes, mais c’est le charme des périodes électorales !

La profession, rassemblée au sein de Syntec Conseil, s’était déjà exprimée dans Le Monde en 2016 pour la campagne de 2017. Ces lignes gardent leur actualité. Aujourd’hui pourtant, la place donnée à une critique radicale, parfois au nom de la science, de la plupart des sondages mérite qu’on s’y arrête. Rappelons que nous travaillons avec des universités, des centres de recherche, des instituts d’études politiques, et mobilisons des méthodologies issues des sciences humaines, et de décennies d’expérience.

Faut-il jeter à la poubelle les sondages et les méthodes qui les fondent, les quotas, la représentativité, les panels en ligne ? A l’évidence, non. La notion d’échantillon représentatif définit les sondages depuis une loi de 2016 et, contrairement à ce qu’on lit ici ou là, la représentativité est bien définie, notamment par la norme ISO 20252:2019.

La méthode des quotas, validée depuis longtemps par des études scientifiques, correctement utilisée, fiabilise la représentativité de l’échantillon. Enfin, les recherches universitaires n’ont montré aucune détérioration de la précision des sondages à travers le temps, au contraire.

 

Non, les sondages ne racontent pas n’importe quoi : pour de nombreuses élections, ils ont permis de détecter des dynamiques conduisant au résultat final. S’il y a eu des échecs historiques, et c’est le cas, chacun a été et doit être l’occasion de nous remettre en question, d’adapter nos méthodes aux nouveaux comportements. Nous nous y sommes efforcés, ces dernières années, avec le développement des panels en ligne.

S’ils comportent des risques de biais, comme les interviews en face-à-face ou par téléphone, ceux-ci sont traités en combinant plusieurs sources de recrutement et, comme y invite notamment le référentiel de l’organisation internationale des études Esomar (European Society for Opinion and Market Research), par la vérification des profils et des comportements, la fréquence de mobilisation des profils… Internet n’est certes pas parfait mais il est, aujourd’hui, le mode de recueil qui permet d’assurer la meilleure représentativité.

 

Surtout, ne nous trompons pas sur le sens des sondages d’intention de vote. Leur vocation est d’abord de comprendre l’opinion des Français à un moment donné, de suivre leurs fluctuations dans le temps, les porosités entre les électorats, le moment où les intentions se cristallisent en fonction de l’évolution de la campagne. Ils sont à lire comme un film et non comme une photo fixe et définitive, et l’influence d’éléments exogènes sur le vote des citoyens comme leur mobilité accrue rendent le résultat incertain jusqu’au jour du scrutin.

Le mal français du déficit commercial

Le mal   français du déficit commercial

 

 

 

La sortie de crise en France a réservé des bonnes surprises. Le fort rebond de la croissance, des créations d’emplois à un niveau historique, un chômage en baisse sensible et des Français qui n’ont jamais créé autant d’entreprises. En revanche, il n’y a pas eu de miracle pour le commerce extérieur. Bien au contraire, le déficit a continué de se creuser, inexorablement explique un papier du Monde.

Le sujet n’est pas nouveau. Depuis plus de vingt ans, nous importons beaucoup plus que ce que nous exportons. Notre balance commerciale n’est que le reflet de nos choix économiques. La croissance reste dépendante de la consommation, tandis que la production sur notre sol a été négligée. En 2021, le déficit s’est élevé à 84,7 milliards d’euros. En trente ans, la part des produits français dans les exportations mondiales a chuté de 60 %. Ce « mal français » pèse sur le rythme de la croissance, il a mité le tissu industriel et a fragilisé les bassins d’emploi.

Inutile de chercher à se retrancher derrière des causes conjoncturelles. Elles ont joué un rôle. Mais la forte hausse des prix du pétrole et du gaz que nous importons massivement ou encore la crise du secteur aéronautique, l’un de nos principaux postes d’exportation, n’ont fait qu’accentuer une tendance structurelle.

L’une des causes tient à la désindustrialisation de notre économie. La part de la valeur ajoutée du secteur manufacturier est tombée de 15,7 % en 2000 à 11,2 % aujourd’hui. Sur cette période, la production automobile a été divisée par deux. Il y a quelques semaines, le Haut-Commissariat au plan a dressé un constat accablant. Sur 9 000 produits du quotidien (fruits, légumes, vêtements, électroménager, équipements professionnels), les deux tiers contribuent au déficit commercial, pour un montant total de 266 milliards d’euros. Nos Airbus, Rafale, parfums et sacs de luxe sont loin de compenser ce déséquilibre.

Lire aussi  Article réservé à nos abonnés Un rapport parlementaire propose 76 solutions contre la désindustrialisation en France

La mondialisation n’est pas la cause principale de la situation. L’essentiel de notre déficit commercial vient de nos échanges avec le reste de la zone euro. Par ailleurs, la monnaie unique n’empêche ni l’Allemagne, ni l’Espagne, ni l’Italie de dégager des excédents. 

Les raisons sont plutôt à chercher dans la structure de notre économie. Celle-ci souffre principalement d’un problème de spécialisation en restant trop focalisée sur une production de milieu de gamme, qui subit de plein fouet la concurrence des pays dont les coûts sont inférieurs. L’enjeu n’est pas tant de réduire les prix de revient pour vendre moins cher que d’améliorer la qualité et le positionnement de ce qui est fabriqué en France.

Trois leviers peuvent être actionnés. La réindustrialisation d’abord. Bonne nouvelle : sa nécessité ne fait plus débat, la crise ayant provoqué une prise de conscience de nos vulnérabilités. En 2021, la France a compté deux fois plus d’ouvertures de sites industriels que de fermetures et, depuis 2015, l’emploi dans ce secteur s’est stabilisé. Ce sont des signes encourageants.

L’innovation, ensuite. Le plan France 2030 est censé donner un nouvel élan dans ce domaine, alors que la montée en puissance de notre écosystème de start-up au cours des dix dernières années commence à porter ses fruits. L’élévation des compétences de la main-d’œuvre, enfin. Notre système éducatif et de formation professionnelle n’est pas assez efficace. Au-delà des moyens, c’est toute son organisation qui doit être repensée.

Pour venir à bout de ce « mal français », il faut poursuivre et accentuer les efforts qui ont commencé à être engagés. Mais le retour à un excédent commercial sera de toute façon un chantier de longue haleine.

Quel remède au mal démocratique contemporain ?

Quel remède  au mal démocratique contemporain ? 

 

Dans un contexte de crise de la représentation politique, le dispositif de l’assemblée citoyenne, déjà mis en œuvre avec succès à l’étranger ou localement en France, doit s’institutionnaliser, préconise le professeur de science politique Loïc Blondiaux dans une tribune au « Monde ».

 

Une réflexion intéressante mais qui met sous le boisseau toutes les organisations intermédiaires pour leur  substituer une espèce de démocratie du hasard particulièrement hypothétique.Une forme de démocratie directe très réduite qui peut conduire à toutes les dérives. NDLR 

 

 

Tribune.

 

Montée de l’abstention, défiance croissante envers les représentants, brutalisation du débat politique, hypertrophie du pouvoir exécutif, régression des libertés publiques, succès en France, comme un peu partout dans le monde, des discours et des mouvements autoritaires : autant de symptômes d’un processus d’effondrement de notre modèle politique. Toutes nos institutions (élections, Parlement, partis) sont fragilisées au point que l’on doive s’interroger sur la capacité de notre démocratie à produire la légitimité nécessaire au gouvernement de nos sociétés. Car la représentation politique est une fiction qui a besoin d’être crue pour produire des effets.

Que se passe-t-il quand la plupart des citoyens d’un pays ne se sentent plus représentés par leurs élus ou quand ils ne veulent plus être représentés et souhaitent participer directement au pouvoir de décision ? Il est temps, aujourd’hui, de prendre cette question au sérieux. De prendre acte de ce que l’élection ne suffit plus à fonder la légitimité des gouvernants.

Il existe pourtant aujourd’hui de nombreuses propositions visant à faire advenir d’autres modalités de représentation démocratique : tirage au sort, initiative citoyenne, budget participatif, mécanismes variés de démocratie participative ou délibérative, dont beaucoup sont déjà mis en œuvre avec succès à l’étranger ou à l’échelle locale en France. Parmi ceux-ci, les assemblées citoyennes, à l’image de la convention citoyenne pour le climat française, se multiplient aujourd’hui à travers le monde. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dans un comptage récent, recense ainsi 574 dispositifs délibératifs associant des citoyens ordinaires au processus de représentation au cours de ces dernières années.

Leur logique est simple et peut être déclinée : permettre à un collectif de citoyens tirés au sort de s’informer et de délibérer, avec un temps et des moyens suffisamment importants, sur une question politique complexe. Il peut s’agir du climat mais aussi de questions constitutionnelles comme en Islande ou en Irlande. Ces assemblées ont un pouvoir de proposition. Elles ne font pas la loi, et c’est aux assemblées parlementaires ou au peuple lui-même par référendum qu’il revient, in fine, de trancher.

L’introduction de ce type de mécanismes à toutes les échelles de gouvernement permettrait de se rapprocher d’un modèle de démocratie plus inclusive et plus délibérative, dans laquelle les citoyens auraient la possibilité d’être mieux associés au pouvoir de décision. L’expérience de la convention citoyenne pour le climat française a cependant montré qu’il ne suffisait pas de les mettre en place pour qu’ils obligent les gouvernants et parviennent à traduire leurs propositions en actions. Il convient dès lors de réfléchir aux modalités précises de leur possible institutionnalisation : articulation entre le travail des parlementaires et celui des citoyens ; périodicité ; modalités d’organisation ; garanties de réponse de la part du pouvoir…

Les assemblées citoyennes ne suffiront sans doute pas à elles seules à sauver notre démocratie. Il faudra pour cela des mobilisations citoyennes importantes ainsi sans doute qu’un processus constituant participatif à l’image de ce qui se joue aujourd’hui au Chili et qui devrait nous inspirer. Mais elles invitent d’ores et déjà à réfléchir à des changements profonds dans notre conception et dans notre pratique du pouvoir, afin de les rendre plus authentiquement délibératives et plus respectueuses de la complexité des problèmes et de la société, à rebours de celles qui dominent aujourd’hui et dont la Ve République nous donne chaque jour l’exemple.

Loïc Blondiaux est spécialiste des théories de la représentation. Il a participé à l’ouvrage collectif Inventer la démocratie du XXIe siècle. L’Assemblée citoyenne du futur (Les liens qui libèrent, 2017).

Enfants-Addiction aux écrans: le mal du siècle ?

Enfants-Addiction aux  écrans: le mal du siècle ? 

 

 

A l’initiative de Caroline Janvier, députée LRM, un collectif de parlementaires transpartisans et de personnalités, dont Gaspard Koenig, Nicolas Sirkis et Benoît Hamon, appelle à l’élaboration collective d’une proposition de loi visant à la prévention et la sensibilisation des parents

 

Tribune.

 

Sept cent vingt-huit heures. C’est la durée moyenne d’exposition annuelle aux écrans des enfants âgés de 3 à 10 ans. Il en faut soixante-trois pour regarder l’intégralité de la série Game of Thrones – et les amateurs vous diront que ce n’est pas une mince affaire. Sept cent vingt-huit heures, cela revient à regarder 11 fois les huit saisons de Game of Thrones en l’espace d’une année. C’est dire combien les écrans sont présents dans la vie de nos enfants : deux heures par jour, c’est long.

Un tiers des enfants de 0 à 3 ans prend ses repas devant un écran. 0 à 3 ans, c’est une période de la vie où les enfants ont des défis vitaux à relever : apprendre à marcher, parler, nouer des liens et interagir, reconnaître et réguler ses émotions, développer sa faculté de concentration, sa motricité, s’étonner du monde qui nous entoure, commencer à comprendre les lois physiques et biologiques qui le régissent.


Pour cela, l’enfant a besoin d’être stimulé et accompagné par son environnement physique, sensoriel, cognitif et affectif. Les écrans sont alors non seulement des loisirs limitatifs à une période cruciale pour le développement, mais aussi et surtout des entraves à l’acquisition du langage, à la mémorisation des savoirs. Ils ont aussi une influence néfaste sur le sommeil, l’alimentation, ou encore la gestion des émotions.

La question de l’aliénation numérique

Alors qu’il y a encore vingt ans les télévisions restaient fermement accrochées au salon familial, les téléphones et tablettes suivent aujourd’hui nos enfants partout. Tous les parents contemporains ont un jour ou l’autre connu la tentation de placer un écran entre les mains de leur progéniture pour faire cesser des pleurs dans le train, pour détourner leur attention d’une égratignure douloureuse ou pour les occuper trois minutes le temps de mettre un plat au four.

« Regarder un écran le matin avant l’école est associé à trois fois plus de risques de présenter un trouble primaire du langage »

Beaucoup cèdent à la tentation, y compris parmi nous. Le problème réside en la systématisation de cette exposition précoce aux outils numériques avec des conséquences souvent méconnues. L’enjeu est donc avant tout de les prendre en compte. Il ne s’agit pas, bien entendu, de condamner l’usage des écrans, car ils peuvent être d’excellents outils pour éveiller la curiosité et développer les connaissances.


La question est celle de l’aliénation numérique, notamment sur les plates-formes interactives. Regarder un écran le matin avant l’école est associé à trois fois plus de risques de présenter un trouble primaire du langage. Le faire sans discuter des contenus visionnés avec son entourage, à six fois plus de risques. Quand on sait combien la maîtrise du langage est un élément central dans le développement cognitif et socio-émotionnel, très logiquement, sa dégradation peut être une entrave à la réussite des enfants et à leur adaptation scolaire et sociale.

« France « : Un film sur les médias mal reçu !

« France », un film que ne semblent  guère apprécier les grands médias car il porte un regard très critique sur  le rapport des journalistes à l’actualité.

Bruno Dumont présentait cette année France, avec Léa Seydoux, Blanche Gardin et Benjamin Biolay, un pamphlet satirique sur le traitement de l’information dans les chaînes en continu. Mais ses cordes un peu grosses on fait huer le film lors de sa projection de presse estime France Info ! ( Normal,  le public était composé essentiellement de journalistes relativement complaisants vis-à-vis de l’ordre en place).

France est une star de la télé, à la fois animatrice d’une émission d’information et grand reporter de guerre. Elle joue consciemment de son sex-appeal en plateau et se met en scène sur le terrain. Une valorisation qui va lui jouer des tours, entre un vedettariat envahissant mais plaisant, et des critiques sur sa trop grande auto-valorisation dans ses reportages. Son couple bat de l’aile et un drame va la remettre en cause dans l’exercice de sa profession.

Un  film qui brocarde les journalistes.  Et des médias qui considèrent Que le film en fait beaucoup trop dans ce domaine

 

France Info estime que le film France est réducteur, et colle à la superficialité et au sensationnalisme des médias qu’il accuse. Un excès de cohérence en quelque sorte !

 

L’économie française ira plus mal au quatrième trimestre déclare l inutile Banque de France

L’économie française ira plus mal au quatrième trimestre déclare l’inutile Banque de France

On pourrait sans doute utilement remplacer  les avis de la Banque de France par ceux d’un concierge d’ immeuble qui permettrait par parenthèses de sérieuses économies compte tenu des rémunérations faramineuses des cadres de l’établissement public financier.

On peut légitimement se demander pourquoi subsistent des banques nationales alors que c’est la banque centrale européenne qui désormais gère la monnaie. La Banque de France veut aussi traditionnellement un rôle de prévisions économiques. Et la dernière sortie du gouverneur de l’établissement, c’est d’annoncer que le dernier trimestre enregistrera une croissance moins forte qu’espéré. En clair qu’il y aura  une récession. Ce que tout le monde sait évidemment depuis toutes les enquêtes menées depuis un mois au moins.

“Le Covid a provoqué une chute sans précédent du PIB français aux premier et deuxième trimestres et sa deuxième vague déclenchera une nouvelle contraction au quatrième trimestre, moins grave espérons-le”, a dit le gouverneur de la Banque de France .

Merci madame soleil !

30 % du territoire mal couvert en téléphone mobile de qualité?

30 % du territoire mal couvert en téléphone mobile de qualité?

Officiellement le territoire couvert à 99 % par la téléphonie mobile. En fait, la qualité est très différente selon qu’on est couvert par la 2G, la 3G ou la 4 G. Ce concept de couverture est très approximatif car dans nombre de régions, il peut varier en qualité jusqu’à devenir inexistant selon notamment les conditions météorologiques. En réalité, 30 % du territoire est mal couvert. Cette couverture est à distinguer du taux de possession des smartphones et autres téléphones mobiles qui atteint 95 %. « On observe néanmoins un léger ralentissement de la croissance du taux de pénétration du smartphone depuis 2016″, note une étude, ce qui laisserait entendre que « cet équipement entre dans sa phase de maturité, caractérisée par une évolution plus lente dans les prochaines années ».

Cette stabilisation s’explique notamment par le fait que les personnes âgées de 70 ans et plus détentrices d’un autre type de téléphone « ne voient pas forcément l’utilité d’un smartphone par rapport à un téléphone mobile ‘classique’ », ce qui limite l’accès à de nouveaux consommateurs. Un peu moins de la moitié (44%) de cette tranche d’âge est équipée.

Le Baromètre numérique souligne que la taille de l’agglomération de résidence joue sur le taux d’équipement en smartphone et que les disparités entre les communes plus petites et les grandes pourraient « potentiellement s’expliquer par des différences dans la qualité du réseau Internet mobile ». Il est clair qu’on ne voit pas l’intérêt d’un Smartphone dans les zones où on a déjà de la peine à recevoir de simples communications téléphoniques. Le développement de la 5G devrait encore accroître les inégalités dans la mesure où le nombre d’antennes devra être multiplié par trois par rapport à la situation présente. Un investissement qui sera forcément privilégié dans les zones denses.

LE MAIRE EELV DE GRENOBLE mal placé pour défendre les maires écolos dingos

LE MAIRE EELV DE GRENOBLE mal placé pour défendre les maires écolos dingos 

Éric Piolle, maire EELV de Grenoble, qui avait déclaré que la 5G servirai surtout à regarder des vidéos pornos dans l’ascenseur se fait l’avocat des maires écolos de Bordeaux et de Lyon qui eux aussi ont largement dérapé avec des propos invraisemblables contre des événements populaires. À noter que l’intéressé a conservé une toute petite partie dans sa société de gestion financière ( aux dimensions mondiales) mais que son épouse assume toujours un poste de directrice. D’après Wikipédia,  en 2001, il a co-fondé l’entreprise Raise Partners avec François Oustry7’, une société spécialisée en gestion de risques financiers.

Le site de Millenium Gobal, société d’investissement, précise que Raise Partner est une société de Technologie financière qui propose des solutions d’analyse de risque et d’optimisation de portefeuille, type Gestion alternative pour des investisseurs et des banques privées dans le monde entier.

La société Raise Partners, basée à Grenoble, dispose de filiales situées à Londres et à Singapour. Les opposants à Éric Piolle lui reprochent d’avoir accepté des clients recourant aux paradis fiscaux. À l’occasion d’une interview, celui-ci indique avoir conservé uniquement 0,5 % du capital2. Selon l’information publiée par le site efinancialcareers publiée en janvier 2016, la société Raise Partner, dirigée désormais par Sophie Echenim, compte toujours comme directrice de la recherche et du conseil, madame Piolle

 

Piolle a donc contre-attaqué ce dimanche, dans une vidéo publiée sur son compte Twitter, après les polémiques épinglant ses homologues de Lyon et de Bordeaux.

Selon l’élu isérois, les attaques répétées à l’encontre des écologistes ne sont qu’une conséquence de l’arrivée au pouvoir d’élus écolos dans les grandes villes, contre le « système ».

« Ce qui déclenche [les attaques, NDLR]« , dit-il, « ce ne sont pas les petites phrases, c’est le cap qui a été porté par les écologistes, un cap qui a été choisi par un grand nombre de Français et Françaises dans les grandes villes et villes moyennes (…) Pour eux, c’est un modèle qui attaque la logique néo-libérale productiviste d’exploitation de la terre et des humains. La meilleure défense c’est l’attaque, donc ils attaquent de tout ce qu’ils peuvent », explique-t-il.

LREM-Castaner mal élu à la tête d’un parti malade

LREM-Castaner mal élu à la tête d’un parti malade

 

Finalement Castaner a été élu de peu à la tête du parti. Un parti en pleine crise avec environ 40 députés qui ont déjà démissionné. La république en marche connaît une véritable crise d’identité tiraillée notamment entre ses tendances droitières et les courants de gauche. Sans parler des petites manœuvres personnelles. Par exemple de Rugy, écolo qui a soutenu Aurore Bergé. Un duel qui avait d’ailleurs une drôle d’allure entre le vieux routier Christophe Castaner, supposé de gauche et la transparente Aurore Bergé, elle de droite assumée mais surtout tellement inconsistante. Bref le combat des nuls dans un groupe parlementaire insignifiant sur le fond. Pas tellement étonnant puisque les députés ont pour la plupart été choisis au hasard via Internet. En outre, le responsable du groupe a surtout pour mission de museler les députés pour à tout prix éviter une éventuelle fronde. Avec 145 voix, il arrive devant la députée des Yvelines Aurore Bergé (120 voix). Au premier tour, seules 16 voix les séparaient et l’appel de François de Rugy (59 voix) à voter pour Aurore Bergé a rendu l’issue du scrutin incertain jusqu’au bout.

Unmute

Municipales: installation ici fin mai de conseillers municipaux très mal élus

Municipales installation ici fin mai de conseillers municipaux très mal élus

 

L’installation des nouveaux conseillers municipaux ayant recueilli la majorité nécessaire sera en place fin mai. On se demande de quelle légitimité démocratique ils vont disposer puisque le taux d’abstention a atteint de l’ordre de 56 %. De fait  nombre de ses conseils pourront avoir été élus avec seulement 25 % des voix. Une vraie pantalonnade démocratique qui aurait sans doute mérité de reconsidérer non seulement le second  tour mais aussi le premier .

Dans quelque 30.000 communes (sur 35.000), 431.739 élus avaient vu leur investiture reportée en raison de la crise sanitaire, comme le second tour des municipales. Le mandat des équipes sortantes avait été prolongé.

Les nouveaux élus municipaux entreront en fonction lundi 18 mai, a annoncé le premier ministre mardi, à l’Assemblée nationale. Entre le 23 et le 28 mai, ils choisiront leur maire et leurs adjoints. Le 28 mai à minuit, l’immense majorité (86%) des communes auront donc à leur tête des dirigeants renouvelés pour la mandature 2020-2026. De leur côté, les 154 intercommunalités déjà pourvues d’élus au complet désigneront leur exécutif au plus tard le 8 juin.

Coronavirus : « La zone euro mise à mal »

Coronavirus : « La zone euro mise à mal »

Le professeur d’économie Moritz Schularick, explique, dans un entretien au « Monde », en quoi l’union économique européenne pourrait être mise à mal par la crise sanitaire.

Professeur d’économie à l’université de Bonn (Allemagne), membre de l’Académie des sciences de Berlin, Moritz Schularick a également été titulaire de la Chaire Alfred-Grosser à Sciences Po Paris en 2015-2016. Il analyse les spécificités d’une crise mondiale qui n’a pas de précédent dans l’histoire. Et met en garde : l’euro pourrait ne pas s’en remettre.

Existe-t-il d’autres exemples, par le passé, d’une telle crise économique provoquée par une crise sanitaire ?

Il existe divers exemples de crise économique provoquée par une pandémie. La peste au XIVe siècle, les épidémies de choléra au XIXe siècle, la grippe espagnole au début du XXe siècle. Cette dernière, en particulier, présente des similitudes avec la situation actuelle. La pandémie avait alors frappé une économie mondiale qui avait déjà intégré des échanges commerciaux et des migrations, quoique moins qu’aujourd’hui. Environ 500 millions de personnes ont été infectées et une sur dix est décédée. Cependant, durant la grippe espagnole, comme lors des crises sanitaires précédentes, les principaux effets économiques sont venus directement des infections et des décès.

 

Coronavirus: on connait mal l’immunité et la contagion

Coronavirus: on connait mal l’immunité et la contagion

Patrick Zylberman est professeur émérite d’histoire de la santé à l’Ecole des hautes études en santé publique. Il a été membre du Haut Conseil de la santé publique de 2009 à 2016. Il est notamment l’auteur de Tempêtes microbiennes (Gallimard, 2013). Il souligne qu’on connaît mal l’immunité et les conditions de contagion ( interview le monde )

La très grande majorité des personnes atteintes par le coronavirus survit. Pourquoi cette épidémie suscite-t-elle autant d’inquiétude ?

Certes, 85 % des personnes contaminées guérissent. A cette aune, le coronavirus n’est donc pas très dangereux. Mais c’est la rapidité avec laquelle le virus se propage qui est particulièrement inquiétante.

Chaque personne infectée peut transmettre la maladie à deux à trois autres individus. Comparativement, la grippe a un pouvoir contaminant d’une à deux personnes.

Il y a par ailleurs tant de choses que nous ignorons. Chez les patients qui résistent à la maladie, on connaît encore très mal l’immunité et les anticorps développés par leur organisme. C’est pourtant un élément essentiel. En outre, qu’en est-il du pouvoir de transmission des enfants ? On ne le sait pas non plus précisément.

Pour le moment, les autorités s’appuient sur le schéma utilisé pour faire face aux pandémies de grippe et considèrent les enfants comme des super transmetteurs, atteints de façon bénigne par la maladie, mais qui propagent le virus entre l’école et la maison. Mais est-ce le bon schéma ? Faudrait-il davantage se préoccuper de la santé des enfants ?

Que pensez-vous de la façon dont le gouvernement français gère la crise ?

Comparativement à ce qui avait été fait en 2009 pour faire face au virus grippal H1N1, la méthode employée aujourd’hui me semble bien plus appropriée.

Le gouvernement a placé en première ligne le directeur général de la santé, Jérôme Salomon. C’est lui qui transmet les éléments d’informations à la population et qui gère la crise dans sa dimension technique, ce qui a pour effet de la dépolitiser. Les décisions sont prises de façon plus apaisée, en évitant les mesures d’affichage : la France n’a pas fermé ses frontières. Cette manière de faire semble convenir à nos concitoyens qui, en dépit de leurs inquiétudes, ne basculent pas dans la psychose.

En 2009, le gouvernement avait plutôt choisi la méthode inverse en envoyant au front la ministre de la santé, Roselyne Bachelot. Le chef du gouvernement, François Fillon, avait même intimé l’ordre au directeur général de la santé, qui était pourtant délégué interministériel à la grippe aviaire, de ne pas s’exprimer. La gestion politique avait donc pris le pas sur la gestion technique et la population a donc réagi comme on pouvait s’y attendre, en fonction de ses opinions politiques. Si vous n’aimiez pas Nicolas Sarkozy, il y avait de bonne chance que vous rejetiez l’action du gouvernement dans ce dossier.

 

Sondage Coronavirus: la France mal préparée pour 52% des Français

Sondage Coronavirus: la France mal préparée pour 52% des Français

Selon un  Elabe ,  52% estiment que la France est mal préparée au risque du Coronavirus. Tandis que les autorités politiques et administratives ne cessent de délivrer des discours d’une complaisance irresponsable à propos du virus chinois, les Français sont beaucoup plus interrogatifs sur la capacité du pays à faire face à la situation. Il est vrai que la plupart des responsables affirment  que la situation est sous contrôle et même que la France fait exception compte tenu de l’extraordinaire qualité de son système de santé.

Certes,  ce système de santé soutient largement la comparaison avec d’autres pays développés, il n’empêche qu’on sous-estime sans doute la puissance et la vitesse de propagation du Coronavirus. Pour preuve,  hier les responsables affirmaient qu’il n’y avait plus aucun cas en France. Des propos immédiatement contredits par de nouveaux cas qui sont apparus en plus avec une inquiétude particulière concernant des personnes infectées sans qu’on connaisse la manière dont ils l’ont été. On sait maintenant que le virus se déploie sur les cinq continents et qu’il atteint des pays très voisins de la France en Europe. Évidemment la France ne peut pas être à l’abri. Reste que l’identification de la maladie reste difficile sans une analyse. En effet des malades peuvent être infectés sans déclaration infectieuse pendant des périodes allant jusqu’à presque trois semaines, sans parler de ceux  qui ne seront jamais identifiés comme tels mais qui sont des vecteurs de transmission. L’identification tardive peut être grave. L’inquiétude des Français sans doute à relier à la crise grave des urgences pourrait recevoir ses malades potentiels. Les Français sont donc une majorité à se déclarer « inquiets ». 

Selon un  sondage Elabe pour BFMTV diffusé ce mercredi, pour 52% des Françis , le pays n’est pas prêt à faire face à une éventuelle propagation, dont 13% jugent qu’elle ne l’est « pas du tout ». A l’inverse, 47% posent que l’Hexagone est prêt pour la confrontation avec la maladie, dont 7% le décrivant comme « tout à fait » prêt. 

Les moins de 50 ans sont les plus pessimistes: 57% d’entre eux pensent que la France n’est pas en état d’affronter le péril. Pour les plus de 50 ans, en revanche, l’optimisme demeure majoritaire: 51% assurent que le pays est prêt. Les lignes de fracture autour du sujet sont aussi sociales. Quand 54% des cadres tranchent en faveur d’une préparation suffisante, 60% des employés ainsi que 57% des ouvriers pointent son insuffisance. 

Personnels soignants et institutions suscitent toutefois une plus grande bienveillance. 88% des Français déclarent ainsi pouvoir s’en remettre aux chercheurs, 87% aux médecins, 84% aux hôpitaux plus généralement et 72% à l’organisation mondiale de la Santé. 

Elabe a aussi sondé son panel pour connaître la proportion des Français gagnés par l’inquiétude devant le coronavirus. Ils sont 53% à se dire inquiets, dont 13% « très inquiets » contre 47% affirmant ne pas l’être. Les catégories les plus angoissées sont les parents, avec un taux d’inquiétude montant à 61%, les Français âgés de 18 à 24 ans, avec 63%, et les personnes âgées de 35 à 49 ans, avec 57%. Alors que la majorité des morts dues au coronavirus concernent des seniors, les personnes âgées gardent la tête froide: elles ne sont que 53% à signifier leur inquiétude. 

Capture BFMTV -Sondage réalisé par Internet du 25 au 26 février 2020 sur un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Retraites : Une réforme précipitée et mal évaluée (Raymond Soubie, Président d’Alexio )

Retraites : Une réforme précipitée et mal évaluée  (Raymond Soubie, Président d’Alexio )

 

Raymond Soubie, Président d’Alexio et ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy, a estimé lors du club de l’économie du monde du 19 décembre que la réforme avait été mal préparée et qu’on avait surtout mal évalué ses conséquences.

« Depuis vingt ans, toutes les réformes des retraites ont eu les mêmes objectifs et les mêmes conséquences sociales. Le premier objectif consiste à trouver les ressources nécessaires à l’équilibre financier des régimes. La réforme de 2002 a porté sur l’allongement de la cotisation. Celle de 2010 a reporté l’âge de départ de 60 à 62 ans, la réforme de Marisol Touraine, en 2013, toujours en cours, a été un allongement de la durée de cotisation jusqu’en 2035. L’autre objectif a été de rapprocher progressivement les régimes de retraite entre eux.

Aujourd’hui il y a deux sujets. L’un était voulu, l’autre ne l’était pas. Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a été séduit par la réforme systémique portée par quelques économistes. Elle présentait le mérite d’être universelle et d’une certaine manière hégélienne. Elle portait en elle la fin de l’histoire et promettait le basculement dans un système idéal. Emmanuel Macron a eu un coup de foudre intellectuel. Entre parenthèses, la CFDT a eu ce même coup de foudre. Et, déjà, en 2010, son secrétaire général, François Chérèque, prédécesseur de Laurent Berger, a défendu devant moi ce système.

La réforme a été très étudiée par le haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, mais il n’y a pas eu d’analyse suffisamment précise des conséquences sur les différentes catégories professionnelles. Le gouvernement a été précipité dans ce sujet sans l’avoir préparé. Dorénavant, sa priorité absolue est d’arrêter le mouvement à la RATP et la SNCF. L’âge pivot est un sujet intéressant, mais ce n’est pas là que se joue le conflit.

Le mouvement n’est pas parti des syndicats, mais de la base. Le problème de Laurent Escure, secrétaire général de l’UNSA, comme de Laurent Berger, est de savoir jusqu’où ils peuvent s’engager. Ils ne sont pas certains que les bases l’acceptent. Certains prétendent que les négociations sont à Matignon. C’est inexact. Elles se passent entre les dirigeants des entreprises et les syndicats de la SNCF et de la RATP. C’est le cœur du sujet. »

 

Retraite enseignants : déjà mal payés les enseignants vont perdre jusqu’à 1000 € par mois

 

 On sait que les salaires des enseignants sont déjà dérisoires au regard de leur formation et de leur responsabilité  (2 308 euros en moyenne par mois dans le premier degré et 2 781 euros dans le second). Par exemple par rapport à l’Allemagne ils sont payés moitié moins ! En compensation partielle en quelque sorte , il bénéficie d’une retraite calculée sur en gros 75% de  leur dernier salaire  (Leur pension est en moyenne de 2 603 euros brut par mois (2 054 euros dans le premier degré et 2 850 euros dans le second degré) et ils partent à la retraite à 61,3 ans en moyenne dans le premier degré et à 62,4 ans dans le second degré. Avec le régime envisagé  par Macron, ils risquent  d’être les principaux dindons de la farce ( avec les femmes salariées en carrière courte).

En effet la pension ne sera calculée sur le dernier salaire mais sur tous les salaires de la carrière. Or les salaires de début sont particulièrement bas et il faut atteindre la fin de carrière pour obtenir des rémunérations à pie satisfaisantes. Le calcul pour les enseignants est semblable à celui des autres fonctionnaires  avec cette différence notable est que la plupart des autres fonctionnaires touchent des primes importantes  qui pourront être intégrées dans la rémunération et donc compter dans le calcul de la retraite . Du coup, la perte subie par des enseignants pourrait atteindre de 600 à 1000 € par mois de pension. Le gouvernement face à la colère légitime assure qu’il va régulariser les salaires des enseignants mais cela représenterait de 10 milliards environ par an  (sans compter le coût des revendications d’autres fonctionnaires pourraient aussi se réveiller).

« Mais la montée en charge sera très progressive. Tous les droits acquis seront préservés et le nouveau régime ne sera applicable que pour les années qui restent à travailler avant la retraite, soit pour une très faible part de la pension globale ​», explique une source gouvernementale. Du coup, les revalorisations de primes seront étalées sur quinze ou vingt ans.

Réforme des retraites : mal engagée et trop tard

Réforme des retraites : mal engagée et trop tard

 

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette réforme des retraites est à la fois mal engagée et trop tardive. Elle est mal engagée car ce type de réforme complexe et délicate doit en général être mise en œuvre dès le début de mandat et non dans une période qui compte tenu du quinquennat s’inscrit dès maintenant dans une campagne  électorale. La réforme est également mal engagée car elle contredit une promesse de Macron qui lors  de la campagne électorale de 2017 avait promis de ne pas toucher à l’âge  la retraite. Or dans les faits, l’âge réel de départ sera bien prolongé d’environ deux ans,  pour commencer. En effet pour équilibrer les retraites, le pouvoir propose de rallonger la durée de cotisation à 43 ans. En moyenne les Français entrent sur le marché  du travail à 21 ans, on aboutit donc à l’âge de 64. Encore une fois, ce n’est qu’un début, il y aura d’autres reports. Le gouvernement a aussi nettement sous-estimé la complexité de cette réforme en masquant son incompétence derrière des slogans de type un euro égale un euro, un régime universel pour tous, la retraite universelle. Autant de slogans qui ne veulent pas dire grand-chose quand on ne précise pas les modalités concernant l’essentiel, à savoir le niveau de la retraite et l’âge auquel on peut y prétendre. Comme d’habitude le gouvernement a voulu s’asseoir sur les corps intermédiaires en tentant de pratiquer la démocratie directe.

 

Du coup, il a mis dans une situation ingérable le négociateur Delevoye  en intervenant de façon maladroite sur les négociations en cours. Le gouvernement doit s’attendre évidemment à rencontrer l’opposition des syndicats marqués à l’extrême gauche mais aussi d’autres catégories comme les travailleurs libéraux qui ne veulent pas voir liquidé leurs régimes. On a bien noté que le gouvernement était très fébrile désormais dans la mesure où le mécontentement risque de pourrir le climat de la majorité. Le Premier ministre a commencé à désamorcer la colère en indiquant que la réforme pourrait être reportée aux calendes grecques elle ne s’appliquerait qu’à partir de 2025 et pourrait s’étaler qu’en 2040 ou 2050, le temps nécessaire pour les régimes spéciaux de s’intégrer progressivement dans le régime général. D’ici ces échéances,  de l’eau aura coulé sous le pont et de nombreux gouvernements pourront revenir sur la question comme ils le font d’ailleurs à peu près régulièrement tous les cinq ans !

 

Après la RATP, c’est au tour du collectif SOS Retraites, emmené par les avocats et représentant pas moins de 14 professions libérales en colère (sans parler des pilotes de ligne et autres stewards ou hôtesses de l’air qui se sont joints au mouvement), de battre le pavé à Paris. Leur message? «Ne touchez pas à nos retraites», comme ils l’ont encore martelé ce dimanche dans le JDD, refusant que leurs régimes soient fondus dans le «régime universel à points» préconisé par le haut-commissaire aux Retraites, Jean-Paul Delevoye, dans son rapport.

Le classement universités de Shanghai : la France toujours mal classée

 Le classement universités de Shanghai : la France toujours mal classée

 

Ce classement, distingue depuis 2003 les 500 meilleurs établissements d’enseignement supérieur du monde. Pour cette édition 2019, elle publie le classement de 1 000 universités. Le top 10 est identique à l’an dernier, avec 8 universités américaines et 2 britanniques occupant le haut du classement.

Harvard est en tête pour la dix-septième année consécutive, devançant sa compatriote Stanford. L’université britannique Cambridge conserve la troisième place du podium. On trouve ensuite les américaines MIT (4e), Berkeley (5e) et Princeton (6e).

 

Comme en 2018, seules quatre universités non américaines atteignent le top 20 : les britanniques Cambridge, Oxford (7e place) et University College de Londres (15e, + 2 places), tandis que l’Institut fédéral de technologie de Zurich pointe à la 19e place (inchangé).

Le classement de Shanghai prend en compte six critères, dont le nombre de Nobel et médailles Fields parmi les étudiants diplômés et professeurs, le nombre de chercheurs les plus cités dans leur discipline, ou encore le nombre de publications dans les revues Science et Nature. Si le cabinet présente ce classement comme « le plus fiable », ces critères sont dénoncés par de nombreux responsables européens comme un biais dommageable pour leurs établissements.

 

Alain Sarfati, président de l’université Paris-Sud, qui se distingue comme la première université française du classement 2019 de Shanghai explique son classement sur France info

 

Est-ce un motif de fierté d’être la première université française de ce classement ? Qu’est-ce que ça vous apporte d’être bien classé ?

Alain Sarfati : C’est un sentiment de fierté bien sûr. Mais il faut prendre tout ça avec beaucoup de recul. Les classements se basent sur un certain nombre de critères qui sont plus ou moins pertinents. Le classement de Shanghai s’appuie sur des données qui sont relativement objectives. Il est plutôt pertinent sur le domaine de la recherche. Il n’a pas vocation à juger la qualité d’une université sur l’ensemble de ses missions, mais sur l’avancée des connaissances, qui est quand même un des points les plus importants pour les universités.

Il y aura des choses à redire, mais en tout cas il y a une certaine pertinence et une cohérence dans ce classement d’une année sur l’autre. Ça nous apporte une visibilité. Qu’on soit d’accord avec les critères ou pas, c’est un classement qui est vu et ausculté par beaucoup de monde.

Lorsqu’il s’agit de choisir une université, les étudiants regardent-ils ce genre de classement ?

Les étudiants internationaux, oui très certainement. Pour les Français, je pense que ça commence à se faire, parce que c’est la force des médias de communiquer sur tel ou tel type de données. En l’occurrence le classement de Shanghai est un classement qui est vu. Je pense que pour les étudiants internationaux et en premier lieu les Chinois, être dans une université bien classée, ça ouvre des portes, ne serait-ce qu’en termes de bourses.

Faut-il se battre pour grimper dans ce classement ? Ou est-ce que la domination anglo-saxonne est inéluctable ?

Je crois qu’il est important de ne pas faire des classements un outil pour notre stratégie. La stratégie de l’université doit se baser sur des éléments au-delà du classement, parce qu’un classement se base sur un certain nombre de critères, et ce ne sont pas forcément les bons. Il faut avoir du recul.

Maintenant il faut regarder ça de façon attentive, ne pas se pénaliser, et il faut que la France apparaisse dans les radars internationaux. Mais si un classement a une trop grande visibilité et qu’il est très clairement basé sur des critères qui ne sont pas les bons, il faudra se battre pour faire évoluer les choses.

Paris-Sud fait partie du regroupement d’établissements d’enseignement supérieur Paris-Saclay. Ces rapprochements sont-ils de nature à favoriser votre poids à l’international ?

Très clairement. Ce regroupement à Saclay n’est pas fait uniquement pour ça, comme parfois je l’entends. Il y a beaucoup d’autres objectifs qui sont bien plus importants. Mais effectivement la transformation de Paris-Sud en Paris-Saclay doit avoir comme conséquence de grimper dans différents classements, et en particulier dans le classement de Shanghai.

 

 

 

Les 10 meilleures universités du monde (en 2019) :

Rang Etablissement
1 Université d’Harvard
2 Université de Stanford
3 Université de Cambridge
4 Massachusetts Institute of Technology
5 Berkeley
6 Université de Princeton
7 Oxford
8 Université Columbia
9 California Institute of Technology
10 Université de Chicago

Le top 10 n’a pas évolué entre 2018 et 2019.

Les universités françaises dans le Top 200 (en 2019) :

Rang Etablissement
37 Université Paris-Sud (Paris 11)
44 Université Sorbonne Université
79 Ecole Normale Supérieure (Paris)
101-150 Aix-Marseille Université
101-150 Université de Grenoble-Alpes
101-150 Université de Strasbourg
101-150 Université Paris Diderot (Paris 7)
151-200 Université de Montpellier
151-200 Université Paris Descartes (Paris 5)

Les universités françaises dans le Top 200 (en 2018) :

Rang Etablissement
36 Université Sorbonne Université
42 Université Paris-Sud (Paris 11)
64 Ecole Normale Supérieure (Paris)
101-150 Aix-Marseille Université
101-150 Université de Strasbourg
101-150 Université Paris Diderot (Paris 7)
151-200 Université Joseph Fourier (Grenoble 1)
151-200 Université Paris Descartes (Paris 5)

Les universités en tête du classement mondial les années précédentes :

Année Etablissement le mieux classé
2018 Université d’Harvard
2017 Université d’Harvard
2016 Université d’Harvard
2015 Université d’Harvard
2014 Université d’Harvard
2013 Université d’Harvard
2012 Université d’Harvard
2011 Université d’Harvard
2010 Université d’Harvard

 

1234



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol