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Affaire Tapie: la collusion entre la politique et la finance

Affaire Tapie: la collusion entre la politique et la finance

 

 

 

 

Tapie est sans doute l’un des plus grands enfûmeurs politicards de la période. Son bagout de camelot ne peut laisser insensible, selon les cas il amuse et/ou scandalise. En effet l’affaire Adidas est typiquement une magouille politicienne qui a impliqué plusieurs présidents de la république. Première observation, tapi n’a jamais eu le premier sous pour acheter Adidas. C’est grâce à ses amitiés particulières avec Mitterrand qu’on a réussi à convaincre la direction du Crédit Lyonnais de financer l’opération d’achat. Une opération revendue assez rapidement mais qui aurait spolié Tapie qui se dit victime de la banque. En réalité,  la banque n’a fait que récupérer son argent car tapie  n’a jamais pris le moindre risque financier. La suite est un long  feuilleton judiciaire qui dure maintenant depuis 25 ans ou tapie d’une part et le crédit lyonnais n’ont cessé de solliciter la justice pour faire valoir ce qu’ils considèrent comme leur droit. Mais Tapie a continué d’entretenir des liens sulfureux avec la politique en apportant notamment un soutien à Sarkozy. Lequel a autorisé sa ministre des finances Christine Lagarde a créé un pseudo groupe d’arbitrages pour accorder 400 millions (une paille) à Tapie. Un groupe d’arbitrage qui s’est révélé une véritable magouille et dont les acteurs sont maintenant avec Tapie devant le tribunal pour rendre compte de ce qui est une escroquerie. Après avoir épuisé tous les recours, Tapie est maintenant face à la justice. Mais l’intéressé sait encore joué de son influence politique. Ainsi il n’a cessé de manifester des signes de soutien à l’égard de Macron déclarant même qu’il le considérait comme le plus grand président de la république. Sans doute pour obtenir la bienveillance du pouvoir et de la justice, Tapie s’est même immiscée dans l’affaire des gilets jaunes en leur offrant un support logistique et surtout en leur conseillant de présenter une liste européennes qui permettrait de nuire au rassemblement national ce dont profiterait la république en marche. De toute manière, si Tapie devait perdre devant une justice manifestant enfin son indépendance face à la des plus grands scandales du siècle, Tapie pourrait toujours se reconvertir dans le théâtre. Ce qu’il envisage déjà. Comme quoi l’intéressé a toujours une corde de réserve à son arc.

Affaire Tapie: typique des relations sulfureuses de la finance et du politique

 

Affaire  Tapie: typique des relations sulfureuses de la finance et du politique

L’histoire Tapie Adidas est typiquement un exemple des relations sulfureuses entre la finance et le pouvoir politique. Cette affaire est très complexe juridiquement et même financièrement. Pas étonnant, elle traîne maintenant depuis 25 ans devant les tribunaux. L’enjeu est de savoir si tapie  a touché frauduleusement plus de 400 millions, ce qui semble démontré ;  aussi s’il remboursera réellement. Pour simplifier à outrance l’entreprise Adidas n’a pu être acheté par Tapie que grâce à ses amitiés politiques avec Mitterrand qui a alors sollicitée le Crédit Lyonnais pour lui prêter la plus grande partie de l’argent. Au moment de la revente deux ans plus tard Tapie a estimé être floué par le Crédit Lyonnais. Une procédure bidon a donc été mise en place qui a abouti à la fameuse indemnisation de plus de 400 millions accordés à Yapie. La réalité, c’est que dans cette affaire tapie n’a strictement rien perdu puisqu’il n’a pas mis un sou dans l’achat d’Adidas. Par contre il a ramassé le pactole quand sous Sarkozy on a mis en place un petit arrangement pour lui accorder 400 millions (+ 50 millions et intérêts record du monde !). Cet arrangement n’a été permis que grâce aux relations de Tapie avec Sarkozy car les conditions de cet arrangement défient tous les principes juridiques. Bernard Tapie et d’autres personnes impliquées vont  donc être jugés pour détournement de fonds et escroquerie en bande organisée. Il serait temps car le contentieux dure  depuis plus de 25 ans st la justice a montré plus que de la bienveillance vis-à-vis de cette affaire qui montre notamment les liens entre le système politique et le milieu économique. L’avocat de Tapie, Hervé Temime, espère trouver cependant l’innocence de son client. “ Si un procès public devait avoir lieu, ce serait enfin le moment de mettre toute la vérité sur la place publique pour déterminer où se situe le vrai scandale d‘Etat”, a ajouté Hervé Temime, qui dénonce par ailleurs de “graves manquements de procédure” au cours de l‘instruction. En mars dernier, le parquet de Paris a requis le renvoi en correctionnelle des six personnes mises en examen dans cette enquête au long cours, parmi lesquelles Bernard Tapie et le PDG d‘Orange, Stéphane Richard. Le parquet souhaite que Bernard Tapie soit jugé pour escroquerie en bande organisée et détournement de fonds publics et que Stéphane Richard soit poursuivi pour escroquerie en bande organisée et complicité de détournement de fonds publics, a-t-on alors appris de source judiciaire. En 2008, un arbitrage à 403 millions d‘euros en faveur de Bernard Tapie a soldé un litige vieux de 15 ans qui opposait l‘homme d‘affaires au Crédit Lyonnais, qu‘il accuse de l‘avoir floué lors de la revente d‘Adidas. Désormais entaché de fraude, l‘arbitrage a été définitivement annulé au civil et la justice a condamné Bernard Tapie à rembourser les sommes versées. La décision finale sur la tenue éventuelle d‘un procès appartient désormais aux juges. Le 19 décembre dernier, la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a été condamnée (mais symboliquement !) dans cette affaire pour avoir renoncé, en tant que ministre des Finances, à exercer un recours contre la sentence. Stéphane Richard, qui était son directeur de cabinet à l’époque des faits, est soupçonné d‘avoir “dissimulé” à sa ministre de tutelle “des éléments essentiels du dossier”, d‘avoir participé à des réunions à l‘Elysée “à son insu”, et d‘avoir donné “sans droit” des instructions relatives à cet arbitrage. Le PDG d‘Orange conteste fermement ces accusations, et assure n‘avoir fait qu‘exécuter une décision politique prise par Christine Lagarde. Le problème c’est qu’on a pratiquement exonéré de responsabilité Christine Lagarde en raison notamment de son rôle  au FMI. Par ailleurs qu’on ne peut prouver le rôle de l’Elysée où Tapie a été reçu plus d’une dizaine de fois pour cette affaire. Enfin il sera difficile de déstabiliser l’actuel patron Dornage Stéphéne Richard. Cerise sur le gâteau, Tapie s’est rapproché de Macron en déclarant que c’était l’un des meilleurs présidents de a république et en s’immisçant dans uen transformation des gilets jaunes en pari politique qui arrange Macron. Notons que l’arbitrage de 404 millions d’euros a été annulé au civil pour «fraude». En décembre 2015, Bernard Tapie a été condamné à rembourser cette somme par la cour d’appel de Paris. Quelques jours avant cette décision, l’homme d’affaires avait placé ses sociétés – groupe Bernard Tapie (GBT) et financière Bernard Tapie (FIBT) – en sauvegarde, rendant ses actifs inaccessibles. Fin janvier, le tribunal de commerce parisien a placé ces entreprises en redressement judiciaire, laissant six mois d’observation aux administrateurs de GBT et FIBT pour trouver un plan viable.

La politique de Macron correspond aux intérêts de ceux qui l’ont financé » (Julia Cagé)

La  politique de Macron correspond aux intérêts de ceux qui l’ont financé » (Julia Cagé)

L’’économiste Julia Cagé analyse les ressorts de cette campagne, en déduit des conséquences sur la politique du Président et fait ses propositions pour réinventer la démocratie. 

 

Le JDD a révélé dimanche que la campagne d’Emmanuel Macron avait été financée essentiellement par de riches donateurs. Est-ce un phénomène isolé?
Les partis politiques font campagne auprès de ceux qui les financent. J’ai montré dans mon livre Le prix de la démocratie (Fayard) que plus un parti a de moyens plus il a de chances d’emporter une élection. Le financement des partis politiques a toujours été un phénomène de classe : ce sont principalement les plus riches qui financent les campagnes politiques et très souvent à la hauteur du plafond légal (7.500 euros par an et par personne pour les dons aux partis, 4.600 euros pour les dons aux campagnes). Ce n’est pas propre à Emmanuel Macron, ni à la France. Les plus modestes donnent moins par manque de ressources. Mais le financement de la campagne d’En Marche est tout de même un cas particulier. Macron a été candidat pour un nouveau parti et ne pouvait donc pas toucher d’argent public. Il a fait encore plus d’efforts que les autres partis pour lever des fonds privés. Il n’a  pas arrêté de dire qu’il n’utilisait pas l’argent des contribuables mais c’est faux. Depuis le début de sa création, En Marche a perçu 13 millions d’euros mais 8,6 millions proviennent de l’argent de l’ensemble des contribuables suite aux exonérations d’impôts sur les dons qui sont mises en place par l’Etat. Au total, seuls 4,5 millions d’euros ont été véritablement à la charge des donateurs.

Les partis de droite bénéficient-ils d’autant de dons privés que les partis de gauche?
Il existe une constante quels que soient les pays et les différences de plafond : les partis les plus à droite et les plus conservateurs économiquement reçoivent systématiquement plus de dons privés que les partis les plus à gauche. De ce point de vue, en France, c’est assez frappant à quel point En Marche apparaît comme un parti de droite.

Vous établissez une corrélation entre la politique mise en place par Emmanuel Macron et l’origine du financement de sa campagne
Oui, Emmanuel Macron a principalement fait campagne auprès des Français les plus riches et tout particulièrement des Parisiens. Et ce sont les mêmes qui l’ont financé. Il a mis en place une politique qui correspond à leurs intérêts. Ce qui a eu un impact direct sur les décisions qu’il a prises, notamment fiscales. Il a fait des cadeaux fiscaux aux personnes les plus aisées et a instauré le prélèvement forfaitaire unique sur le capital. Des mesures qui coûtent près de 8 milliards d’euros par an à l’Etat. Or après avoir dépensé de tels montants pour les plus favorisés, l’Etat n’en a plus pour la majorité des citoyens, il a donc diminué les APL, gelé un certain nombre de prestations sociales, reporté l’exonération de la taxe d’habitation, etc.

Dans d’autres pays, notamment aux Etats-Unis, il n’y a pas de somme maximum légale pour les dons aux candidats. Pour que les campagnes soient plus équitables, vous avez théorisé la mise en place d’un plafond de versement aux partis à 200 euros par personne contre 7.500 euros actuellement. Pourquoi?
7.500 euros, c’est la moitié du salaire annuel d’une personne qui gagne le SMIC. Il faut limiter le plafond des dons pour ré-égaliser les citoyens devant le financement des partis. 7500 euros, c’est une somme tellement élevée que cela créé une réelle inégalité politique, entre la minorité qui peut contribuer avec un montant élevé et la grande majorité des Français qui ne peut pas  participer. Ce n’est pas parce qu’on a un système qui marche sur la tête aux Etats-Unis qu’on peut ne pas instaurer un plafond moins élevé en France. Les élections présidentielles américaines en 2016 étaient les premières financées sans aucun argent public depuis 1974. On ne peut pas établir un rapport de cause à effet direct entre ces financements et l’élection de Trump mais c’est néanmoins symptomatique ; toute la vie démocratique américaine est désormais capturée par l’argent privé.

Vous souhaitez également la mise en place de « bons pour l’égalité démocratique ». En quoi cela consiste-t-il?
Tous les ans, en cochant une case sur sa feuille d’imposition, chaque personne aura la possibilité d’allouer 7 euros d’argent public au mouvement politique de son choix. Il ne s’agit pas d’un apport personnel mais d’argent public. Si le citoyen ne souhaite pas financer un parti, la somme sera répartie entre les différents partis en fonction des résultats obtenus aux dernières législatives. Ce système permettrait à tout le monde de participer. Actuellement moins d’ 1% des ménages financent un parti chaque année. Or, parmi les 0,01% des Français aux revenus les plus élevés, ils sont 10%. Rendre égaux les citoyens devant le financement de la démocratie, c’est le seul moyen de résoudre la crise de la représentation des Français, que l’on retrouve actuellement dans le mouvement des gilets jaunes. Aujourd’hui nous ne sommes plus dans un système 1 personne=1 voix mais dans un système 1 euros=1 voix. Il est temps de rétablir un peu de démocratie.

Sondage : trop de pouvoir pour la finance

Sondage : trop de pouvoir pour la finance

Dans un sondage Ifop pour Ouest France, ils sont 54% à estimer que les marchés financiers détiennent le pouvoir contre 49% pour le président de la République et son gouvernement (deux réponses pouvaient être données à cette question). Selon les Français les multinationales ont d’ailleurs autant de pouvoir que le gouvernement, alors que les médias (13%), et les citoyens et les électeurs (8%) pèsent peu. Pour 78% des sondés, ces mêmes marchés financiers ont trop de pouvoir tout comme les multinationales (74%). S’ils estiment que les médias ont peu de pouvoir, 52% des Français pensent qu’ils en ont malgré tout trop. Enfin, ils estiment à 85% que les électeurs et les citoyens, « n’ont pas assez de pouvoir ».

« La France et le pouvoir », un sondage Ifop pour Ouest France réalisé auprès de 1006 personnes, interrogées les 16 et 17 octobre.

«Réorienter l’épargne des Français vers la finance verte »

 «Réorienter l’épargne des Français vers la finance verte »

Philippe Zaouati, le directeur général de Mirova (Natixis AM)  décrit  la dynamique  en faveur de l’investissement durable mais regrette que le projet de loi Pacte n’ait rien prévu dans ce domaine. (Interview la Tribune)

 

Six mois après le « One Planet Summit », où en est le plan d’action de l’Europe pour la finance verte ?

Philippe Zaouati : Ce sujet avance très bien. La Commission européenne a présenté le 24 mai son « paquet législatif » sur la finance durable, dont les principales mesures sont la définition d’une taxonomie des actifs verts et de règles sur les obligations d’information des investisseurs institutionnels, la création d’indices de référence bas carbone et la prise en compte des préférences environnementales des clients [par les entreprises d'investissement et les distributeurs d'assurance, ndlr]. Ces mesures devraient être adoptées d’ici à mai 2019. Les choses suivent donc leur cours au niveau européen.

Où en est la proposition du « Green Supporting Factor », la carotte réglementaire demandée par certaines banques, notamment françaises ?

D’un point de vue prudentiel, il serait plus logique de pénaliser les actifs « bruns ». D’un point de vue politique, il est plus facile de donner un avantage aux actifs verts. Jamais l’Europe ne saura trouver un accord sur une définition des actifs « bruns », les Polonais, les Tchèques voire les Allemands seraient contre l’inclusion du charbon par exemple. Le « Green Supporting Factor » ne fait pas partie du paquet législatif de la Commission sur la finance durable. Cela reste pour l’instant une idée présentée par le commissaire Valdis Dombrovskis, à laquelle le président de la République Emmanuel Macron a apporté son soutien. Les régulateurs y sont opposés, beaucoup de banques y sont favorables, la Fédération bancaire française, mais la Deutsche Bank aussi. Chez Natixis, nous avons décidé de l’appliquer d’ores et déjà en interne, comme l’avait annoncé au One Planet Summit Laurent Mignon [l’ex-directeur général qui vient de prendre la présidence de la maison-mère BPCE]. Nous allons appliquer un bonus aux actifs verts et un malus aux actifs bruns de notre portefeuille pour démontrer que cela est faisable.

Votre ouvrage s’intitule « La finance verte commence à Paris ». Cependant, depuis le début de l’année, le leader mondial  des arrangeurs de green bonds n’est plus le Crédit Agricole, mais l’Américain Bank of America Merrill Lynch…

Le début de 2017 avait été marqué par l’obligation verte géante de la France (7 milliards d’euros), qui avait bénéficié au Crédit Agricole l’an dernier. Ceci dit, il n’y a pas tellement de secteur où deux acteurs français apparaissent dans les quatre premiers des League Tables [BNP Paribas est 2ème et Crédit Agricole CIB 4ème, ndlr]. La France garde une très bonne place. La compétition internationale est là et c’est une bonne nouvelle. A l’étranger, que ce soit à Francfort, à Madrid ou à Stockholm, où se tenait le 29 mai la conférence franco-suédoise sur la finance verte, la France est perçue comme le pays en pointe, il n’y a pas de débat. La finance verte permet de créer des liens forts entre la place de Paris et d’autres places financières.

Depuis trois ans, depuis l’élan donné par la COP21, les choses ont radicalement changé en France : la finance durable est devenue un sujet business, dont se saisissent les plus hauts dirigeants des entreprises. Notre initiative Finance for Tomorrow n’intéresse plus seulement les responsables du développement durable mais des dirigeants de grands groupes, qui ont un vrai poids en interne. L’enjeu aujourd’hui est de savoir si l’on peut recréer de la compétitivité pour la place de Paris, dans un monde post-Brexit, autour du sujet de la finance durable. Il y a encore une certaine inertie et des résistances. On n’ira nulle part en essayant de copier-coller la City. Il faut se montrer innovant pour créer la place financière de demain.

La Bourse de Paris doit-elle avoir un compartiment dédié à la finance verte pour la mettre en valeur ?

Je ne suis pas sûr qu’un compartiment dédié soit nécessaire, pour les « green bonds » par exemple, c’est surtout du marketing. Euronext, qui est membre de Finance for Tomorrow, n’a pas forcément intérêt à imiter ce qu’a fait le Luxembourg. En revanche, nous travaillons avec Euronext sur la mise en avant de la Fintech verte. Euronext pourrait aussi avancer sur le sujet des indices bas carbone, une des mesures prévues dans le paquet de la Commission européenne.

N’êtes-vous pas déçu de l’absence de mesures en faveur de la finance verte dans le projet de Loi Pacte ?

Il y a des choses intéressantes dans la future loi Pacte, sur l’objet social de l’entreprise  notamment, ce qui est très positif du point de vue de l’investissement responsable. En revanche, je reste sur ma faim en matière de fléchage de l’épargne. Après la remise du rapport Ducret-Lemmet sur la stratégie française de la finance verte en décembre, il y a eu quelques annonces sur les produits labellisés dans les contrats d’assurance, mais c’est très nettement insuffisant.

Il faut une stratégie pour réorienter l’épargne des Français vers les produits verts et responsables. Les labels existants en France ne sont pas assez efficaces, il faut les clarifier et leur attribuer un vrai budget de promotion : le label TEC (transition énergétique et climat) porte à confusion avec la technologie et mériterait d’être rebaptisé. Il faudrait un label de base « responsable » ISR (Investissement Socialement Responsable) puis des labels de fléchage, l’un green et l’autre solidaire. Se pose aussi la question de la distribution : il faut que les conseillers bancaires aient l’obligation de proposer dans les contrats d’assurance vie des produits responsables. La part de marché des produits verts et responsables est de 2% à 3% c’est extrêmement faible. Elle est de 30% dans l’épargne salariale. Il y a une marge de progression ! C’est là que l’on attend un objectif politique.

Les professionnels du capital-investissement ont récemment communiqué sur leur engagement dans la croissance durable. En font-ils assez ?

Le capital-investissement est un maillon important car il agit directement dans les entreprises et les aide à se transformer. Il y a une prise de conscience des enjeux ESG [Environnementaux, Sociaux et de bonne Gouvernance, ndlr], mais le private-equity français pourrait faire beaucoup plus. A l’étranger, on a vu la création de grands fonds à impact dont certains à plus d’un milliard de dollars : The Rise Fund (mené par le fonds américain TPG), celui de Partners Group [PG Life], ou encore celui d’Ambienta en Italie (635 millions d’euros), avec un objectif global dans la transition énergétique. Il existe peu de fonds thématiques en France, à part Demeter qui est labellisé TEC, et quelques sociétés de gestion dans les énergies renouvelables. Les acteurs français craignent d’être cantonnés à un secteur, à une niche. Ils pourraient aller plus loin et porter ce discours plus fort : c’est tout l’enjeu du « mainstreaming » de la finance durable, comment rendre ce sujet plus grand public.

Le dumping social et fiscal financé par les fonds structurels de l‘Europe (Macron)

Le dumping social et  fiscal financé par les fonds structurels de l‘Europe (Macron)

« On ne peut pas laisser se développer un business model de dumping fiscal et social financé par les fonds européens », a déclaré Emmanuel Macron au  sommet social européen de Göteborg, Macon a fortement critiqué le dumping social et fiscal qui est encouragé par les aides européennes aux pays les moins développés. Des aides qui représentent 50 à 60 milliards par an. Macron vise évidemment certains pays de l’Est qui font de l’optimisation fiscale et sociale un argumentaire pour attirer les investissements et les entreprises. En arrière en arrière-plan aussi le fait que ces pays soutenus par l’Europe privilégient parfois le choix d’investissement provenant de pays non européens pour leurs équipements notamment militaires. La problématique de l’harmonisation sociale n’est pas nouvelle, pas davantage que l’harmonisation fiscale. Jusque-là il faut bien convenir que les textes européens comme les philosophies politiques des principaux responsables avaient contribué à mettre ces questions entre parenthèses. Macron a au moins le mérite de les remettre sous les feux de l’actualité. Il n’est cependant pas certain qu’on progresse beaucoup concrètement sur ce sujet. En effet pour l’instant,  on s’est surtout contenté de libéraliser les marchés. Pour modifier la doctrine,  il faudrait convenir que les progrès de libéralisation ne peuvent être acceptés que s’il y a parallèlement les mêmes progrès en matière sociale et fiscale. On a bien vu lors  de la dernière discussion concernant les travailleurs détachés les limites de l’exercice. Finalement,  Macon a dû se contenter d’un texte de compromis peu contraignant Le président français a cependant plaidé ce vendredi, au sommet social européen de Göteborg, pour que les subventions européennes soient conditionnées à l’adoption par les pays bénéficiaires de certaines normes sociales et fiscales. Comment éviter que l’Union européenne ne finance par les aides européennes un système de dumping social ou fiscal sur son territoire? C’est le sujet clivant mais d’actualité qu’a tenu à aborder Emmanuel Macron, lors du sommet social européen qui se tient en Suède (à Göteborg) ce vendredi 17 novembre. « Je suis pour conditionner les fonds structurels à la convergence sociale. On ne peut pas laisser se développer un business model de dumping fiscal et social financé par les fonds européens », a déclaré Emmanuel Macron lors d’une table ronde. L’objectif est d’encourager « une convergence sociale » entre les pays de l’UE », a-t-il précisé. La question de la conditionnalité des fonds européens -environ 50 à 60 milliards par an, distribués notamment aux régions les plus pauvres- sera abordée lors de la discussion budgétaire européenne de l’an prochain. Plus encore que les normes sociales, « le débat fiscal est compliqué mais il faut l’ouvrir », a commenté l’entourage d’Emmanuel Macron, en citant l’exemple de la Hongrie qui a « baissé son impôt sur les sociétés d’exactement le même montant que la hausse des fonds structurels qu’elle reçoit ». Si le principe de conditionner les aides commence à se répandre dans l’UE, la bataille se sera sur la définition des critères, selon l’Élysée. Il s’agirait d’un ou deux critères, comme l’existence d’un salaire minimum ou encore le respect d’une référence d’impôt sur les sociétés, a expliqué l’Élysée, qui évoque un système de bonus-malus ou de limitation des aides par pays. L’entourage du chef de l’État souligne d’ailleurs que cette décision ne requiert pas un accord à l’unanimité mais seulement à la majorité.  Concernant le dumping social, on s’est contenté d’une grande déclaration, baptisée « Socle européen des droits sociaux », un ensemble de principes symboliques qui montre l’attachement de l’UE à des droits sociaux fondamentaux mais pour l’instant sans aucune obligation

 

Trump : le mur avec le Mexique financé avec des panneaux solaires

Trump : le  mur avec le Mexique financé avec des  panneaux solaires

 

Plus c’est gros, plus ça passe avec Trump qui annonce que le fameux mur qui doit séparer les États-Unis du Mexique sera financé avec des panneaux solaires. Il fait en quelque sorte d’une pierre deux coups avec une annonce écolo qui contrebalance son retrait de l’accord de Paris sur le climat et propose un mode de financement. Mode de financement nécessaire puisque le Mexique refuse la proposition de Trump qui consiste à imposer au Mexique le coût de l’ouvrage. Un ouvrage cependant très hypothétique compte tenu de son ampleur et de sa longueur. Une longueur de plus de 1000 km et une hauteur de 12 à 15 m !  Après avoir longtemps accusé les énergies renouvelables d’être trop peu rentables, et suite à la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, cette solution «écolo» proposée par le président a surpris de nombreux Américains. Selon Donald Trump, l’énergie générée par ces panneaux solaires devrait permettre de contribuer au financement des coûts faramineux de construction et de maintenance du mur. L’idée avait initialement été soumise lors des appels d’offre lancés en mars dernier, au cours desquels deux sociétés avaient proposé des modèles avec des panneaux solaires recouvrant la séparation. Les compagnies choisies pour la construction de prototypes devraient être désignées ce mois-ci, d’après le site d’information Axios. L’idée n’est pas nouvelle aux Etats-Unis. Plusieurs panneaux solaires recouvrent déjà le sol de plusieurs prisons californiennes, afin de réduire les coûts liés à la consommation d’électricité. Les détenus de ces centres travaillent eux-mêmes à la construction des panneaux, pour moins d’un dollar par heure. Toutefois, ce nouveau projet du président américain a suscité de vives critiques. Après avoir rappelé les enjeux humanitaires et sécuritaires sous-jacents à cette construction, plusieurs experts se sont interrogés sur la faisabilité d’une telle initiative. Dans une interview pour The Guardian, Nezar Alsayyad, Professeur d’architecture et de planification à l’Université de Californie à Berkeley, explique qu’en l’absence de fermes à panneaux solaires aux alentours, il serait inefficace de disperser les panneaux de cette façon. Par ailleurs, très peu d’Américains vivent actuellement à moins de 60 kilomètres de la frontière avec le Mexique. Des investissements de grande envergure seraient donc nécessaires pour construire une ligne à haute tension capable de transporter l’énergie générée jusqu’aux consommateurs. Donald Trump aurait aussi profité de cette réunion pour insister sur sa détermination à faire payer la construction de son mur par le Mexique, qui a de son côté toujours refusé de contribuer à son financement. Le président américain a néanmoins reconnu que les contribuables américains devraient probablement contribuer au financement initial du projet, assurant qu’ils seraient remboursés par la suite.

L’Afrique a toujours financé la droite (Robert Bourgi)

L’Afrique a toujours  financé la droite (Robert Bourgi)

 

D’après Robert Bourgi, la Françafrique a toujours financé la droite de l’UDR à l ‘UMP en passant le RPR.  et sans doute les Républicains aussi puisque Bourgi est cet ami généreux  a réglé la facture des costumes de Fillon. Des dizaines de millions sont passés dans des valises grâce à ses intermédiaires et par son prédécesseur Jacques Foccart. L’avocat Robert Bourgi révèle, dans une interview au JDD,  vingt-cinq ans de ces pratiques occultes sous Chirac. Pour la première fois, un homme avoue des financements occultes en provenance d’Afrique.

 

Pourquoi prendre la parole aujourd’hui?
Avant toute chose, je veux dire que je parle en mon nom personnel, je ne suis mandaté par personne. Pierre Péan, que je connais depuis vingt ans, est venu me voir pour son enquête sur Alexandre Djouhri et, de fil en aiguille, nous avons un peu parlé de quelqu’un que je connais bien, Dominique de Villepin. Depuis quelques jours, j’observe, je lis et j’entends les commentaires de ce dernier sur l’enquête de Pierre Péan. Trop, c’est trop. À 66 ans, j’en ai assez des donneurs de leçon et des leçons de morale… J’ai décidé de jeter à terre ma tunique de Nessus, cet habit qui me porte malheur et que je n’ai jamais mérité.

Dans le livre de Pierre Péan, vous racontez comment Villepin vous a déçu… 
J’ai travaillé avec Dominique pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d’un ami, de quelqu’un que l’on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m’a chassé. Oui, il m’a déçu. N’est pas de Gaulle qui veut. L’entendre donner des leçons, lui que je connais de l’intérieur, m’exaspère.

À quand remonte votre première rencontre?
En mars 1997, le jour de l’enterrement de mon maître, Jacques Foccart, Dominique de Villepin m’appelle et me dit qu’il m’attend le soir même dans son bureau. Ce soir-là, à l’Elysée, il y a Jacques Chirac. Le président me demande de reprendre le flambeau avec Villepin… Et souhaite que je l’initie à ce que nous faisions avec le « Doyen », comme j’appelais Foccart.

C’est-à-dire?
Pendant trente ans, Jacques Foccart a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d’État africains et Jacques Chirac. Moi-même, j’ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris.

Directement?
Oui, bien sûr. C’était toujours le soir. « Il y a du lourd? » demandait Chirac quand j’entrais dans le bureau. Il m’installait sur un des grands fauteuils bleus et me proposait toujours une bière. Moi qui n’aime pas la bière, je m’y suis mis. Il prenait le sac et se dirigeait vers le meuble vitré au fond de son bureau et rangeait lui-même les liasses. Il n’y avait jamais moins de 5 millions de francs. Cela pouvait aller jusqu’à 15 millions. Je me souviens de la première remise de fonds en présence de Villepin. L’argent venait du maréchal Mobutu, président du Zaïre. C’était en 1995. Il m’avait confié 10 millions de francs que Jacques Foccart est allé remettre à Chirac. En rentrant, le « Doyen » m’avait dit que cela s’était passé « en présence de Villepinte », c’est comme cela qu’il appelait Villepin. Foccart ne l’a jamais apprécié… Et c’était réciproque.

Pourquoi?
En 1995, Juppé et Villepin se sont opposés à ce que Foccart occupe le bureau du 2, rue de l’Élysée, qui était son bureau mythique du temps de De Gaulle et Pompidou. Le « Doyen » en avait été très amer. Il avait continué à apporter les fonds, mais il avait été humilié.

À combien évaluez-vous les remises d’argent de Foccart venant d’Afrique?
Incalculable! À ma connaissance, il n’y avait pas de comptabilité. Plusieurs dizaines de millions de francs par an. Davantage pendant les périodes électorales.

Jacques Chirac, accusé par Jean- Claude Méry dans sa fameuse cassette d’avoir vu une remise de 5 millions de francs, a toujours démenti tout cela…
Je sais ce que je dis. Je sais ce que j’ai fait.

Que faites-vous donc à partir de 1997, à la mort de Foccart, avec Dominique de Villepin?
Je l’ai présenté aux chefs d’État africains. Au début, ils se sont étonnés de devoir traiter avec Villepin, qui avait déjà son discours officiel sur la « moralisation »… Je leur ai dit que c’était une décision du « Grand », autrement dit de Chirac. Je dois dire que Villepin s’y est bien pris avec eux. Que le courant est bien passé. Il a su y faire… Il m’appelait « camarade » et s’est mis à m’offrir du whisky pur malt de 1963.

Et les remises de valises ont continué?
Elles n’ont jamais cessé. À l’approche de la campagne présidentielle de 2002, Villepin m’a carrément demandé « la marche à suivre ». Il s’est même inquiété. C’est sa nature d’être méfiant. Je devais me présenter à l’Élysée sous le nom de « M. Chambertin », une de ses trouvailles. Pas question de laisser de traces de mon nom. Par mon intermédiaire, et dans son bureau, cinq chefs d’État africains – Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d’Ivoire), Denis Sassou Nguesso(Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) – ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002.

Alors que ces fonds en liquide ne figurent sur aucun compte officiel, que les fonds secrets avaient été supprimés par Lionel Jospin, que l’affaire Elf avait mis en lumière les fortunes occultes des chefs d’État africains… 
C’est l’exacte vérité. Un exemple qui ne s’invente pas, celui des djembés (des tambours africains). Un soir, j’étais à Ouagadougou avec le président Blaise Compaoré. Je devais ramener pour Chirac et Villepin 3 millions de dollars. Compaoré a eu l’idée, « connaissant Villepin comme un homme de l’art », a-t-il dit, de cacher l’argent dans quatre djembés. Une fois à Paris, je les ai chargés dans ma voiture jusqu’à l’Élysée. C’est la seule fois où j’ai pu me garer dans la cour d’honneur! C’était un dimanche soir et je suis venu avec un émissaire burkinabais, Salif Diallo, alors ministre de l’Agriculture. Je revois Villepin, sa secrétaire, Nadine Izard, qui était dans toutes les confidences, prendre chacun un djembé, devant les gendarmes de faction… Les tams-tams étaient bourrés de dollars. Une fois dans son bureau, Villepin a dit : « Blaise déconne, c’est encore des petites coupures! »

Comment écoulait-il ces fonds? Pierre Péan a demandé à Éric Woerth, trésorier de la campagne de 2002, qui n’a jamais eu vent de ces espèces…
Je ne sais pas ce que Chirac et Villepin en faisaient. C’est leur problème.

Vous dites que Laurent Gbagbo aussi a financé la campagne de Jacques Chirac en 2002…
Oui. Il m’avait demandé combien donnait Omar Bongo, et j’avais dit 3 millions de dollars. Laurent Gbagbo m’a dit : « On donnera pareil alors. » Il est venu à Paris avec l’argent. Nous nous sommes retrouvés dans sa suite du Plaza Athénée. Nous ne savions pas où mettre les billets. J’ai eu l’idée de les emballer dans une affiche publicitaire d’Austin Cooper. Et je suis allé remettre le tout à Villepin, à l’Élysée, en compagnie d’Eugène Allou, alors directeur du protocole de Laurent Gbagbo. Devant nous, Villepin a soigneusement déplié l’affiche avant de prendre les billets. Quand on sait comment le même Villepin a ensuite traité Gbagbo, cela peut donner à réfléchir…

Jacques Chirac était-il au courant de toutes les remises d’espèces?
Bien sûr, tant que Villepin était en poste à l’Élysée. Lors des grandes remises de fonds, j’étais attendu comme le Père Noël. En général, un déjeuner était organisé avec Jacques Chirac pour le donateur africain, et ensuite, la remise de fonds avait lieu dans le bureau du secrétaire général. Une fois, j’étais en retard. Bongo, qui m’appelait « fiston » et que j’appelais « papa », m’avait demandé de passer à 14h 45. Nadine, la secrétaire de Villepin, est venue me chercher en bas et m’a fait passer par les sous-sols de l’Élysée. J’avais un gros sac de sport contenant l’argent et qui me faisait mal au dos tellement il était lourd. Bongo et Chirac étaient confortablement assis dans le bureau du secrétaire général de l’Élysée. Je les ai salués, et je suis allé placer le sac derrière le canapé. Tout le monde savait ce qu’il contenait. Ce jour-là, j’ai pensé au Général, et j’ai eu honte.

Après la réélection de 2002, Villepin a quitté l’Élysée pour le ministère des Affaires étrangères. Avec qui traitiez-vous?
Toujours avec lui. Cela a continué quand il est passé au Quai d’Orsay, à l’Intérieur, et aussi quand il était à Matignon. Place Beauvau, un nouveau « donateur », le président de Guinée équatoriale Obiang NGuéma, a voulu participer. J’ai organisé un déjeuner au ministère de l’Intérieur, en présence du président sénégalais Abdoulaye Wade et son fils Karim, au cours duquel Obiang NGuéma a remis à Villepin une mallette contenant un million et demi d’euros. Parfois, Dominique sortait directement l’argent devant nous, même si je venais accompagné d’un Africain, et, sans gêne, il rangeait les liasses dans ses tiroirs. Pour l’anecdote, je lui laissais parfois la mallette sans qu’il l’ouvre en lui donnant le code de la serrure… Une autre fois, lorsqu’il était à Matignon, Villepin s’impatientait parce que l’ambassadeur du Gabon était en retard. Il est finalement arrivé tout essoufflé avec un sac contenant 2 millions d’euros. « C’est lourd », disait-il… en frôlant l’infarctus.

À cette époque, en pleine affaire Clearstream, Dominique de Villepin a toujours évoqué les consignes présidentielles de « moralisation de la vie publique »…
Oui, en public, il a toujours eu ce discours. Dominique est quelqu’un de double. Un individu à deux faces. Pendant toute la période Clearstream, à plusieurs reprises, il était euphorique. « On va bourrer le nabot », disait-il en parlant de Nicolas Sarkozy. Il était certain, pendant des mois, que l’affaire Clearstream allait tuer politiquement son rival. Au total, après qu’il eut quitté l’Élysée, j’estime avoir remis à Villepin, en direct, une dizaine de millions de dollars. Et, outre cet argent liquide, je lui ai remis des « cadeaux »…

Quel genre?
Je me souviens d’un bâton du maréchal d’Empire, qui lui avait été offert par Mobutu. Bongoet Gbagbo lui ont aussi offert de superbes masques africains. Bongo lui a offert des livres rares, des manuscrits de Napoléon… Chirac a reçu des cadeaux splendides, aussi. Je me souviens d’une montre Piaget offerte par Bongo, qui devait réunir environ deux cents diamants. Un objet splendide, mais difficilement portable en France…

Comment savez-vous cela?
J’avais accès au gestionnaire du compte parisien d’Omar Bongo, et il m’est arrivé d’aider certaines personnes proches de Dominique, qui en avaient besoin. Avec « papa », nous avions un code: entre nous, nous appelions Villepin « Mamadou », parce qu’autrefois un secrétaire général du président gabonais se prénommait ainsi. Il me suffisait de dire : « Papa, ‘Mamadou’ a besoin de quelque chose. » Et Omar Bongo me disait de faire le nécessaire.

 

Vous disiez que les remises d’espèces ont continué quand Villepin était à Matignon…
Bien sûr. Les présidents africains avaient dans la tête que Villepin allait préparer la présidentielle. Omar Bongo, place Beauvau, lui avait dit : « Dominique, entends-toi avec Nicolas. » Et Villepin lui avait ri au nez et lui avait répondu : « J’irai à Matignon, puis à l’Élysée. » Il avait un sentiment de toute-puissance à cette époque. Je me souviens d’un jour, au Quai d’Orsay, où sa secrétaire m’appelle en urgence. « Camarade, un double whisky aujourd’hui, la ration John Wayne », me lance Dominique dans son bureau. Il avait quelque chose à me dire : « Aujourd’hui, j’ai atteint l’âge du général de Gaulle le jour de l’appel du 18 juin, j’ai 49 ans, Robert! Je serai l’homme du recours! » Il a prononcé plusieurs fois cette phrase – « Je serai l’homme du recours » – en imitant la voix du Général. En rentrant chez moi, j’ai dit à ma femme qu’il y avait peut-être un problème…

Comment cela s’est-il arrêté et pourquoi?
Fin 2005, la dernière semaine de septembre. Nadine, sa secrétaire, m’appelle selon le code : « Nous allons acheter des fleurs. » Cela voulait dire que l’on se retrouve devant le Monceau Fleurs du boulevard des Invalides. Elle venait me chercher en voiture pour m’amener à Matignon. Ce jour-là, elle m’a fait entrer par l’arrière et m’a laissé dans le pavillon de musique. Villepin m’a fait attendre une demi-heure. J’ai tout de suite eu l’intuition qu’il y avait un problème.

Que s’est-il passé?
Il est arrivé et a lancé un drôle de « Alors, camarade, ça va? », avant de m’expliquer : « L’argent de Sassou, de Bongo, de tous les Africains, sent le soufre. C’est fini », a-t-il poursuivi… Je me souviens de sa phrase : « Si un juge d’instruction vous interroge, vous met un doigt dans le cul, cela va mal finir. » Il parle exactement comme cela. Je l’ai bien regardé. Je lui ai dit qu’il m’emmerdait et je suis parti en serrant la mâchoire. Il m’a couru après en disant « camarade, camarade! », m’a rappelé cinq ou six fois dans les jours qui ont suivi. J’avais décidé que ce n’était plus mon problème. Grâce à son ingratitude, je suis allé voir Nicolas Sarkozy.

Comment cela?
Nicolas Sarkozy m’a écouté, je lui ai raconté tout ce que je vous raconte aujourd’hui. Même lui, il m’a paru étonné. Je l’entends encore me demander : « Mais qu’est-ce qu’ils ont fait de tout cet argent, Robert ? » Il m’a dit aussi : « Ils t’ont humilié comme ils m’ont humilié, mais ne t’inquiète pas, on les aura. » Je l’ai revu la semaine suivante. Nicolas Sarkozy m’a dit : « Robert, là où je suis, tu es chez toi », et m’a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par « valises ».

 

Les financements africains auraient-ils cessé pour la campagne de 2007? Difficile à croire… D’autant que Sarkozy, à peine élu, s’est rendu au Gabon et a annulé une partie de la dette gabonaise…
Je dis ce que je sais. Ni Omar Bongo ni aucun autre chef d’État africain, par mon intermédiaire, n’a remis d’argent ni à Nicolas Sarkozy ni à Claude Guéant.

Vous étiez proche de Laurent Gbagbo, vous n’avez pas été invité à l’intronisation d’Alassane Ouattara…
Laurent Gbagbo est un ami de trente ans. Il m’a raccroché au nez la dernière fois que je l’ai appelé. J’étais dans le bureau de Claude Guéant et c’était dans les derniers jours avant sa destitution… Il ne voulait plus prendre ni Sarkozy ni Obama au téléphone. Il ne voulait rien entendre et m’a dit : « C’est la dernière fois que je te parle. » Par la suite, tout le monde le sait, Alain Juppé m’a fait enlever de la liste des invités pour l’intronisation de Ouattara.

Vous en voulez à Alain Juppé…
Lui aussi me fait sourire quand je l’entends donner des leçons de morale. Je vais finir par cette histoire qui remonte à 1981. Alain Juppé a pris la tête du Club 89, un cercle de réflexion de chiraquiens qui s’est installé dans de superbes locaux de l’avenue Montaigne. C’est moi qui ai signé le bail du loyer, qui était de 50.000 francs mensuels, une somme pour l’époque. D’ailleurs, le téléphone du 45, avenue Montaigne était à mon nom! L’argent d’Omar Bongo a payé le loyer pendant des années, entre 1981 et 1992. Les espèces du président gabonais ont fait vivre les permanents pendant des années… Le secrétaire général du Club 89, Alain Juppé, ne pouvait pas l’ignorer. Je sais qu’aujourd’hui tout le monde a la mémoire qui flanche. Moi, pas encore.

 

Brexit: un accord avec la finance britannique ?

Brexit: un accord avec la finance britannique ?

C’est une hypothèse que laisse entendre un document européen dans  un compte-rendu non publié d’un échange entre Michel Barnier et des parlementaires européens, consulté par le quotidien britannique The Guardian. Une hypothèse pas totalement invraisemblable et/ou qui peut constituer un moyen de pression sur le gouvernement britannique en prévision des négociations d’après brexit. On sait que la City était très majoritairement contre le brexit, on sait aussi que la première ministre Theresa May a les plus grandes difficultés à définir une stratégie pour ses négociations hésitant entre une rupture totale avec l’union (donc seulement avec les règles de l’OMC)  et une position plus accommodante qui consisterait à conserver des échanges privilégiés avec l’union européenne. En se déclarant près à négocier avec les financiers britanniques, Michel Barnier fait ainsi pression sur les plus radicaux comme Boris Johnson par exempleMichel Barnier aurait en effet déclaré à des parlementaires européens qu’ils devaient conclure un accord « spécial » avec le secteur financier britannique afin que le crédit continue d’irriguer le continent. Le Français aurait précisé qu’il voulait garantir aux banques, aux entreprises et aux gouvernements des 27 autres membres de l’Union européenne un accès à la City après la sortie du Royaume-Uni du bloc.  Un porte-parole de la Commission européenne a toutefois assuré samedi à l’AFP que le compte-rendu révélé par le journal britannique ne reflétait « pas correctement ce que Michel Barnier a dit ». D’ailleurs, dans un message publié sur son compte Twitter, Michel Barnier a précisé samedi qu’il ne parlait pas d’un accord avec la City de Londres, le quartier d’affaires de la capitale britannique.  »L’UE doit avoir une vigilance particulière quant au risque sur la stabilité financière, pas un accord spécial pour avoir accès à la City », a-t-il tweeté. Les dirigeants européens considèrent le secteur financier londonien comme une faiblesse potentielle dans les négociations pour les Britanniques, qui auront à cœur de défendre jusqu’au bout le joyau de leur économie et de maintenir des échanges transfrontaliers avec le continent.  »Il va falloir faire un travail très spécifique dans ce domaine », aurait déclaré Michel Barnier, selon le Guardian, citant le compte-rendu non publié. « Il y aura une relation spéciale/spécifique. Il faudra travailler en-dehors du cadre des négociations (…) pour éviter l’instabilité financière ». La Commission parlementaire sur le Brexit a réclamé samedi que la première ministre Theresa May publie d’ici mi-février son plan pour quitter l’UE. Les plans du gouvernement seront présentés « d’ici la fin mars », date butoir que s’est fixée la Première ministre conservatrice Theresa May pour activer l’article 50 du Traité de Lisbonne, a répété un porte-parole du gouvernement.

Sarkosy financé par Khadafi (MEDIAPART)

Sarkosy financé par Khadafi (MEDIAPART)

Mediapart révèle de nouvelles informations concernant les soupçons de financement illégal, par la Libye, de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. Selon le site d’investigation, le juge d’instruction parisien Serge Tournaire et les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF) ont récupéré, des mains de la justice norvégienne, une copie du carnet noir d’un ancien ministre de Mouammar Kadhafi, où il est consigné une série de versements au profit de l’ancien chef de l’Etat, dont le montant avoisinerait 6,5 millions d’euros. Choukri Ghanem, ancien chef du gouvernement (2003-2006) et ancien ministre du pétrole libyen (2006-2011), a rédigé en arabe, le 29 avril 2007, une semaine avant le premier tour de l’élection présidentielle, le compte-rendu d’une réunion avec plusieurs autres personnalités du pouvoir libyen. L’un deux, Bachir Saleh, directeur de cabinet de Kadhafi et patron de l’un des fonds souverains du pays, y affirme avoir transféré 1,5 millions d’euros à Nicolas Sarkozy.

La finance c’est comme le cholestérol (Montebourg)

La finance c’est comme le cholestérol (Montebourg)

 

 

Sans doute pour contredire Hollande qui réactualise son fameux slogan « l’ennemi c’est la finance » Montebourg considère que la finance c’est comme le cholestérol, il y a le bon côté et le mauvais côté. La finance « ce n’est pas un adversaire », a affirmé mardi Arnaud Montebourg (PS), candidat à l’Elysée pour 2017, parodiant une célèbre formule prononcée par François Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012. « La finance ce n’est pas un adversaire. La finance, il y a la bonne et la mauvaise, c’est comme le cholestérol », a déclaré l’ancien ministre de l’Economie sur BFM Business. « Il y a celle qui spécule, qui est sur les marchés, qui ne s’intéresse pas au long terme, qui est trop gourmande. Et puis il y a celle qui est patiente, qui est sur le long terme, qui s’intéresse à l’économie réelle, à l’industrie, à la production, celle-là, on en a besoin. » Pour Arnaud Montebourg, « il faut juste faire changer les comportements de la finance ». Bref changer le changement !

Hollande : « retour de l’ennemi de la finance »

Hollande : « retour de l’ennemi  de la  finance »

 

 

 

Depuis son fameux discours du Bourget l’ennemi de la finance avait disparu du vocabulaire de François Hollande. Avec la période pré électorale retour de la dialectique guerrière contre l’ennemi. Une déclaration de guerre faite lors  du G20 en Chine. De quoi faire rire évidemment où plutôt pleurer. À moins qu’il ne s’agisse d’une flèche lancée à Emmanuel Macron  son ancien conseiller devenu maintenant son principal concurrent. Emmanuel Macron, ancien banquier, pourrait bien effectivement être désormais son premier ennemi politique. Le chef de l’État François Hollande a donc  indiqué sur BFMTV être « encore mobilisé (…) dans la lutte contre la finance ». Il a fait cette déclaration en arrivant au G20 en Chine.   »C’est le dernier G20 du quinquennat donc je suis encore plus mobilisé pour ce que j’avais dit dès le début : la lutte contre la finance, la priorité à la croissance et une mondialisation qui soit régulée », a-t-il dit en arrivant au G20. On ne peut bien sûr que rester pantois face à une telle déclaration dans la mesure où par exemple François Hollande n’a jamais été capable ouvrir la parenthèse pas plus que Sarkozy d’ailleurs) de faire bouger Merkel sur l’évolution de l’Europe et en particulier en matière de relance de l’économie. Son intention de s’attaquer finance internationale paraît encore plus illusoire.

Kadhafi aurait bien financé Sarkozy d’après un document officiel

Kadhafi aurait  bien financé Sarkozy d’après un document officiel

La justice a reconnu l’authenticité d’un document faisant état d’un financement de Sarkozy par Kadhafi pour la campagne de 2012 à hauteur de 50 millions d’euros. Nicolas Sarkozy avait porté plainte pour faux et usage de faux contre Mediapart qui avait dénoncé l’affaire en juillet 2013.Mais selon les juges René Cros et Emmanuelle Legrand, en charge de cette plainte, ce document est authentique. « Indépendamment de son contenu », il n’a pas pu être démontré qu’il s’agit d’ « un support fabriqué par montage » ou « altéré par des falsifications », indique une source proche de l’enquête. L’Agence France Presse (AFP) a eu confirmation de cette information.  Nicolas Sarkozy, qui est partie civile, a la possibilité de faire appel du non-lieu, qui est conforme aux réquisitions du parquet de Paris. Sollicité par l’AFP, son avocat Thierry Herzog n’a pas donné suite. Dans leur ordonnance, les juges soulignent que les investigations n’ont pas porté « sur la réalité ou la fausseté des faits dont ce document était censé établir l’existence, c’est-à-dire un financement allégué de la campagne électorale de 2007 de Nicolas Sarkozy par la Libye ». Une information judiciaire distincte est toujours en cours sur ces accusations, formulées par l’homme d’affaires Ziad Takieddine et d’anciens dignitaires libyens, tandis que d’autres ont démenti. Dans cette procédure, l’ancien secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant a été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale, à cause d’un virement suspect de 500.000 euros qu’il a justifié par la vente de deux tableaux, sans convaincre les juges. D’après le document diffusé par Mediapart, les 50 millions d’euros correspondaient à un « accord de principe » lors d’une réunion qui se serait tenue le 6 octobre 2006 en présence, côté français, de Brice Hortefeux et Ziad Takieddine. Les deux protagonistes ayant démenti, l’enquête s’est attachée à vérifier si une telle réunion pouvait avoir eu lieu et a épluché l’emploi du temps de l’ancien ministre. Pour les juges, qui ont retrouvé plusieurs traces de la présence de Brice Hortefeux en France entre les 5 et 7 octobre, « l’hypothèse de sa participation, hors de France, à la réunion mentionnée sur le document argué de faux apparaît difficilement envisageable ». Et les juges estiment peu crédible qu’une telle réunion ait eu lieu en France, car l’un de ses participants libyens supposés, l’ancien chef des services de renseignement Abdallah Senoussi, y faisait l’objet d’un mandat d’arrêt.Au final, d’après les juges, « l’hypothèse de (la) participation (de Brice Hortefeux) à une telle réunion semble fragile » mais ils ne concluent pas « formellement à l’impossibilité d’une telle réunion ».

Source AFP

L’ex-président de l’IAAF n’a pas financé la campagne de Sall ?

L’ex-président de l’IAAF n’a pas  financé la campagne de Sall ?

Un président d’organisation sportive internationale soupçonné de corruption, comment y croire ? C’est en effet la défense choisie par le clan de l’ancien président de la fédération internationale d’athlétisme qui sans doute comme la plupart de ses autres collègues des autres fédérations sportives a dû mettre les doigts dans le pot de confiture ;  pas étonnant la plupart de ces organisations internationales sportives offrent une opacité totale quand à leur gestion à la fois sur le plan comptable et sur le plan fiscal.  Une raison fondamentale à cela elles font toutes l’objet d’une association type O.N.G. (sur le modèle association loi 1901 en France). Localisées soit en Suisse, soit à Monaco ;  de pays très accueillants pour des pratiques borderline non seulement de milieux sportifs mais des milieux économiques voire politiques. Le Sénégalais, âgé de 82 ans, a été mis en examen en novembre pour corruption passive et blanchiment aggravé, des accusations jugées « excessives et insignifiantes » par sa famille.  Il est soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin pour passer sous silence des résultats de tests antidopage positifs d’athlètes russes.  Le Monde a rapporté vendredi, sur la base de procès-verbaux de son audition du mois dernier par les magistrats en charge du dossier, que Lamine Diack aurait avoué qu’il avait réclamé fin 2011 des fonds pour l’opposition sénégalaise à Valentin Balakhnichev, alors président de la fédération russe d’athlétisme. «  Quand j’ai sollicité une aide de la part de Balakhnichev, je lui ai dit que pour gagner les élections, il me faudrait environ 1,5 million d’euros », aurait-il déclaré selon Le Monde. « A ce moment il y avait ces problèmes de suspension des athlètes russes à quelques mois des championnats du monde en Russie. Nous nous sommes entendus, la Russie a financé. C’est Balakhnichev qui a organisé tout ça », aurait déclaré Lamine Diack aux enquêteurs. Contacté par Le Monde, Valentin Balakhnichev a démenti toute implication dans une telle négociation.   »Toute contribution qui serait venue de Russie au Sénégal n’a aucun lien avec les fonctions ni avec les actions de M. Lamine Diack en sa qualité de président de l’IAAF », indiquent encore les avocats de Lamine Diack.

Kerviel : le procès de la finance folle ( Joly)

Kerviel : le procès de la finance folle ( Joly)

La députée européenne Eva Joly (EELV) réagit pour leJDD.fr aux révélations de Mediapart.

Comment accueillez-vous les nouvelles révélations de Mediapart dans l’affaire Kerviel?
J’ai toujours pensé que la vérité finirait par sortir. Le témoignage de la policière chargée de l’enquête, Nathalie Le Roy est à prendre au sérieux. Son intégrité et son honnêteté ne peut être mises en doute. Elle a d’abord été convaincue de la version de la Société générale. Mais quand elle a commencé à enquêter sur les dossiers de constitution de partie civile (faux et usage de faux), déposé par l’avocat de Jérôme Kerviel, elle a changé d’opinion. Elle a vu qu’elle rencontrait des obstacles. Par exemple, elle n’a jamais réussi à obtenir les courriels échangés par la direction de la Société Générale. Elle a constaté des graves dysfonctionnements du parquet. Elle a fini par se rendre compte – et cela a dû être très douloureux pour elle – qu’on ne cherchait pas à établir la responsabilité globale dans ce dossier.

Pourquoi très douloureux?
C’est une femme très dévouée dans son travail. Se rendre compte qu’on a été manipulé n’est jamais agréable.

Appelez-vous à une révision du procès?
La justice ne doit pas s’arrêter là et il faut maintenant aller au bout du chemin. La justice s’honorerait si le procureur général ou la ministre de la Justice saisissait la commission de révision. Cela serait une occasion de montrer que la justice est indépendante.

Selon vous, la justice a complètement failli dans cette affaire?
La justice a été borgne. Elle a vu la responsabilité, qui n’est pas contestée, de Jérôme Kerviel mais elle a refusé de voir qu’il n’était pas seul. On ne peut pas se contenter des affirmations de la banque concernant ses pertes. Je déplore qu’il n’y ait toujours pas eu d’expertise indépendante dans ce dossier.

Jean-Luc Mélenchon demande l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire. Vous en pensez quoi?
Cela serait tout à fait utile. Même si ce qui doit primer, c’est la révision du procès Kerviel.

Cela vous étonne de voir des gens aussi différents que Georges Fenech (UMP), Jean-Luc Mélenchon (FDG) ou vous-même se battre pour la révision du procès Kerviel?
Peu importe qui le demande. En tout cas, pour moi c’est une évidence depuis que je me suis plongé dans le dossier l’année dernière. J’ai regardé les comptes de la Société générale et je me suis rendu compte que la banque avait dégagé 7 milliards d’euros l’année de la catastrophe bancaire grâce aux produits dérivés. Il fallait voir ce qu’il s’était passé dans le dossier Kerviel, cela m’a paru comme une évidence. On n’a pas encore fait le procès de la finance folle.

 

Affaire Jouyet- Politique finance justice : la promiscuité malsaine

Affaire Jouyet-Politique finance  justice : la promiscuité malsaine

 

Les affaires ne finissent pas d’occuper le terrain politique, en fait elles  ne sont qu’une modeste illustration des liens qui unissent finance, politique et justice. Il faut bien comprendre que le pays (pas seulement la France)  est dirigée par une oligarchie qui se partage les pouvoirs et qui nécessairement dans nombre de cas utilise ce pouvoir dans son  intérêt propre. C’est évidemment le cas de ces professionnels de la politique qui passent des cabinets ministériels à la tête des entreprises en s’octroyant avantages et privilèges voire en détournant la richesse de leur société. Dès lors il faut bien se protéger et la meilleure protection est d’arroser les responsables politiques en place soit pour leur campagne électorale soit encore à titre personnel. L’affaire Jouyet n’est  rien d’autre qu’un épisode de la saga des mafieux de la politique prêts à tout pour conserver leurs pouvoirs. Sarkozy par exemple qui sait bien que les affaires risquent de lui couter très cher et qui revient pour redevenir président de la république afin de bénéficier de l’immunité de chef de l’Etat, ce qui lui laissera le temps d’enterrer définitivement ces affaires. Avec le temps et quelques pressions, tout s’oublie. Comme ce fut le cas avec Chirac par exemple. Autre exemple on peut s’étonner que le dossier Cahuzac train e autant ? Pour quoi ? Par ce qu’il mettrait auusi en cause d’autres personnalités ?  En réalité c’est tout un système qui est en cause. Ainsi pourquoi la plupart des entreprises du CAC 40 ne payent-elles pas dimpôts sur les sociétés ? Parce qu’elles bénéficient évidemment de la clémence des services fiscaux pilotés par des politiques complices. Dernier exemple en date, l’affaire du scandale fiscal au Luxembourg qui met en cause nombre de multinationales y compris français et le nouveau président de la commission européenne Juncker. Moscovici – qui n’y était pas obligé- s’est précipité pour défendre Juncker. Au delà de ces relations malsaines entre finances et politique, c’est la démocratie qui est en cause, le mode de reproduction des élites et tout simplement la justice.

Hollande : une table ronde avec l’ennemi, la Finance !

Hollande : une table ronde avec l’ennemi, la Finance !

Fini le temps de « l’ennemi c’est la finance », ça c’était avant, comme les lunettes, désormais Hollande s’est fait une tête de banquier(ou d’huissier), visage encore plus grassouillet, cheveux plus rares encore, et lorgnons aux montures épaisses pour montrer le sérieux de homme trop considéré comme une rigolo dans les médias et l’opinion. En plus il veut maintenant réunir la finance. Quand il ne sait pas quoi faire Hollande fait une table ronde, des assises ou une maga concertation. Ce qu’il va faire pour relancer l’  investissement  (Un conseiller a dû lui glisser dans l’oreille que l’investissement véritable moteur de la future croissance ne repartait pas). « Je réunirai les assises avec toutes les banques, tous les établissements financiers, pour investir davantage », a annoncé François Hollande lundi 14 juillet.  Toutefois, le président de la République, qui s’exprimait à l’occasion de la fête nationale, n’a pas précisé la date de ces « assises de l’investissement ». Selon lui, « l’investissement est la condition de la croissance. Il y a aujourd’hui des financements qui n’arrivent pas à l’investissement. Combien d’entreprises nous disent: ‘je voudrai bien investir’. Ce n’est pas simplement un problème de coût, c’est un problème d’accès au crédit ». Bref des propos-assez justes- mais  du café du commerce !  Le chef de l’Etat s’est aussi expliqué sur ses rapports avec la finance. « Nous avons aussi besoin de la finance pour l’investissement », a-t-il assuré lors d’une interview sur TF1 et France 2.  Mais il a aussi souligné les mesures de régulation prises: « la finance? Nous avons créé une taxe sur les transactions financières. Nous avons fait une loi qui sépare les activités à risque des banques, des activités d’épargne et d’investissement ».     Il a ajouté: « la finance, c’est celle qui nous contraint, celle qui nous soumet. Quand je suis arrivé aux responsabilités, les taux d’intérêt étaient relativement élevés. C’est cela, le poids de la finance: quand elle vous fait payer le coût du capital. Aujourd’hui, les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas ».  Enfin, interrogé sur le recrutement à l’Elysée de la banquière Laurence Boone, il a répondu: « qu’une femme qui est cadre dans une grande banque internationale vienne ici, cela prouve qu’elle a aussi le sens de l’intérêt général, qu’elle aime son pays, qu’elle préfère être au service de l’Etat qu’au service d’une entreprise, fut-elle une grande banque ».

 

Sapin: « Notre amie c’est la bonne finance », ben voyons, comme le bon chômage !

Sapin: « Notre amie c’est la bonne finance », ben voyons, comme le bon chômage !

Il ne manque pas d’humour Sapin à défaut d’efficacité. Il a en en effet pris le contrepied de Hollande pour revendiquer l’amitié de la finance mais la « bonne finance ». Nuance de taille évidemment. Normal sapin n’est plus en campagne électorale avec Hollande, il est en situation de gestion et là il faut changer de lunettes.  Comme Hollande qui vienet d’ailleurs de changer ses lorgnons roses pour des modèles plus gestionnaires de comptable. Sapin, ancien ministre du travail,  qui tout au long de l’année 2013 s’était fait le porte voix de Hollande pour chanter l’hymne de «  l inversion du chômage » revient aux réalités comme ministre des finances. Pas sûr que les électeurs qui ont voté pour Hollande comprennent bien des ces revirements hasardeux qui témoignent à la fois d’une démagogie et d’une impréparation à la direction de l’Etat. Pour pousser encore un peu plus loin le bouchon Sapin aurait pu aussi affirmé que le « bon chômage » était son ami.   Le ministre des Finances, Michel Sapin, a donc  déclaré dimanche que la finance était l’ »amie » du gouvernement et de l’économie française, précisant « la bonne finance », dans une intervention aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.  Nous avons à répondre à une très belle question: +y a-t-il une finance heureuse, au service d’investissements heureux ‘+ Je l’exprimerai autrement et vous verrez ma part de provocation. Notre amie c’est la finance: la bonne finance« , a-t-il lancé, déclenchant des rires dans la salle. Il n’est pas certain que les Français, eux,  apprécient cet humour aussi  douteux !

 

La Sécu finance les coiffeurs ! Pourquoi pas les maçons ou les couvreurs ?

La Sécu finance  les coiffeurs ! Pourquoi pas les maçons  ou les couvreurs ?

On peut comprendre qu’il faille protéger les conditions de travail mais pourquoi aider les coiffeurs, certes l’ergonomie doit y être améliorée mais est-ce bien à la sécu de fi,ancer ? Pourquoi pas les maçons, les couvreurs et autres métiers manuels ? Un détail, le déficit de la sécu sera de 14 milliards en 2013 au lieu de 11 prévus !La politique de prévention mise en œuvre par la Sécu traite de sujets auxquels on ne pense pas forcément. Il en va ainsi des coiffeurs. Après examen des maladies professionnelles, la Sécurité sociale s’apprête à verser une prime allant jusqu’à 5000 euros, soit 50 % des montants investis, aux salons de coiffure qui achèteront du matériel ergonomique. Pas loin de 40.000 salons peuvent participer à ce programme ouvert par la branche Risques professionnels de l’Assurance-maladie pour quatre ans, avec un budget qui pourra atteindre plusieurs millions d’euros. Objectif: aider les coiffeurs français à combattre leur mal de dos et leurs douleurs dans les articulations des poignets ou dans le bras. Les figaros pourront découvrir samedi, lors du Salon mondial de la coiffure à Paris, la liste des outils ouvrant droit à la prime: ciseaux évitant de se tordre le poignet, sèche-cheveux légers – moins de 370 grammes – ou encore bacs à shampoings réglables. La profession est loin d’être la plus affectée en France par les troubles musculosquelettiques, mais 15 % du personnel en souffre, explique Jacques Minjollet, directeur des «Institutions de la coiffure», qui regroupe les organismes paritaires de la profession et s’intéresse à la prévention de ses problèmes de santé. Un souci de plus en plus partagé par la Sécurité ­sociale. Afin de prévenir les accidents de la circulation, celle-ci a lancé une opération similaire il y a un an en proposant une prime de 2500 euros pour l’achat, par les PME, de véhicules utilitaires neufs ­dotés d’équipements de sécurité satisfaisants.

 

Travail : un compte pénibilité encore flou et pas financé

Travail : un compte pénibilité encore flou et pas financé

Chaque mois, l’employeur pourrait devoir indiquer dans sa déclaration de données sociales tout salarié ayant été exposé à un ou plusieurs facteurs de pénibilité. A la fin de sa vie professionnelle, celui-ci  pourrait obtenir des trimestres de retraite, des temps partiels mieux rémunérés ou bénéficier de congés de formation pour une reconversion. Mais qui paiera ? Selon certaines sources  le dispositif pourrait coûter 2 milliards d’euro en rythme de croisière. Trop cher pour le gouvernement aux vues de l’état des finances publiques. Le patronat s’inquiète déjà car parmi les pistes de financement  il pourrait être question de mettre à contribution les employeurs via un « forfait pénibilité ». Toutes les entreprises seraient concernées. De plus une « sur-cotisation » serait appliquée à celles qui exposent leurs salariés à des conditions pénibles, par ex dans la métallurgie ou les industries chimiques. Le Medef à déjà regretté que ce « compte pénibilité n’ai fait pour le moment aucune étude d’impact ». François Hollande et Jean-Marc Ayrault doivent rendre leurs derniers arbitrages sur ce point comme sur les autres à la fin du mois.  Certes les partenaires sociaux se sont mis d’accord sur la définition et sur certains facteurs objectif de pénibilité: le travail de nuit, l’utilisation de produits cancérigènes, le port de charges lourdes, les gestes répétitifs… Mais comme souvent le diable est dans le détail. A partir de combien de nuit travaillées peut-on définir la pénibilité? Quel taux pour les produits toxiques? En fonction de quelle force d’un salarié faut-il définir des charges maximales? Comment contrôler la masse des déclarations des salariés et des employeurs? Bref, on a peut-être là une future usine à gaz en puissance. Un casse tête pour le gouvernement. Surtout quand on connait déjà la complexité et l’épaisseur du droit du travail Français.

 

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