Archive pour le Tag 'finance'

Société-Viande cellulaire : l’industrie chimique finance les organisations Végan

Société-Viande cellulaire : l’industrie chimique finance les organisations Végan

La chimie industrielle au service de la suppression de la viande animale classique avec le financement d’organisations végan. Ou la viande artificielle pour remplacer la viande animale classique. Bon appétit !

 

 

D’après France Info, L214 a reçu un important don d’une fondation américaine : Open Philanthropy Project. Elle a notamment été créée par l’un des fondateurs de Facebook, Dustin Moskovitz, 146e fortune mondiale selon Forbes en 2019 avec plus de neuf milliards de dollars. La fondation investit dans la santé, les universités, la recherche, mais aussi dans le bien-être animal. Depuis trois ans, elle a versé plus de 125 millions de dollars à diverses associations de défense animale, et notamment L214, via un versement de 1,14 million d’euros en 2017 (495 000 euros imputés aux comptes 2018, 645 000 euros dans ceux de 2019). Dans les comptes 2019 de l’association, cela représente 8% de son budget.

D’après Brigitte Gothière, ce sont les Américains qui sont venus vers l’association. « On ne les connaissait pas, c’est eux qui ont remarqué notre travail, explique-t-elle. Ils sont venus vers nous en disant qu’ils finançaient des actions humanitaires, environnementales et de défense des animaux et qu’il ne fallait pas qu’on hésite à leur soumettre des projets. On les a sollicités sur une campagne publique et à destination des entreprises sur les poulets de chair. Et ils n’ont pas eu de mot à dire sur comment on voulait dépenser cet argent. »

Pour Gilles Luneau, un journaliste qui a enquêté sur cet organisme de philanthropie, ce don est sous tendu par des arrière-pensées. Cette fondation a, dit-il, un double objectif. « D’une part, elle soutient un certain nombre de start-up qui travaillent sur la nourriture végan. Et d’autre part, elle finance la recherche, le développement et la quasi-mise en industrie de viande à partir de cultures de cellules souches. À leurs yeux, la filière d’avenir, c’est de changer la manière dont se nourrit le monde. Ils veulent s’emparer du marché mondial de l’alimentation, tout simplement. »

 

Pour l’instant, on utilise des cellules de fœtus de veau mais l’objectif à moyen terme, c’est de remplacer ce sérum par un extrait de champignon. Pour l’instant, cette fausse viande cellulaire suppose donc un donneur de cellules, mais ensuite, un seul échantillon va permettre de produire jusqu’à 20 000 tonnes de viande. La start-up Mosa Meat nous dit même que 150 vaches à l’échelle mondiale seraient suffisantes pour satisfaire la demande actuelle de viande. »

 

Bref la chimie alimentaire au service de la suppression de la viande animale classique. Bon appétit !

Finance-Le mirage Facebook à plus de 1.000 milliards de capitalisation

Finance-Le mirage Facebook à plus de  1.000 milliards de capitalisation 

Facebook vient de franchir les 1000 milliards de capitalisations. Un phénomène assez extraordinaire car la vérité c’est que Facebook contrairement à d’autres GAFA  ne produit pas grand-chose. C’est évidemment différent par exemple pour Microsoft , Apple ou même Amazon qui offrent un réel service, une réelle production et une vraie technicité. Le miracle de Facebook, c’est que cette production est surtout fournie par les utilisateurs et pour 80 % d’entre eux repose sur des selfies  et des commentaires totalement idiots! Bref la technologie au service de la bêtise et de l’inutilité.

Et pourtant ça marche évidemment puisque c’est surtout grâce aux recettes publicitaires que Facebook s’engraisse via l’échange d’informations insignifiantes des utilisateurs ( Aussi sur la revente de données personnelles). On objectera que Facebook offre aussi d’autres services et qu’il peut être utile parfois pour des échanges d’informations intéressantes et pertinentes mais c’est très marginal.

La cote de Facebook a ainsi encore bondi de 4,4 % quelques instants après l’annonce par un juge fédéral américain du rejet de deux plaintes déposées en 2020 par l’autorité américaine de la concurrence et les procureurs généraux de nombreux Etats américains accusant Facebook de pratiques anticoncurrentielles.

Depuis le début de l’année, les actions de la firme de Mark Zuckerberg ont progressé de 29 %, tirant profit de la pandémie de Covid-19, qui a accru la dépendance du public envers les applications de Facebook pour rester en contact avec son entourage personnel et professionnel. Un phénomène qui a entraîné une croissance régulière du nombre d’utilisateurs et une forte demande de publicités numériques.

En dépassant ce cap, Facebook rejoint un club très fermé, près de trois ans après qu’Apple est devenu la première entreprise à franchir ce palier des 1.000 milliards de dollars. Depuis, seules Microsoft, Amazon et la maison mère de Google, Alphabet, avaient réussi cette performance. Si Facebook est donc le dernier des GAFAM à rejoindre ce club, elle est l’entreprise la plus jeune à avoir atteint ce niveau, après seulement 17 ans d’existence.Mais elle pourrait aussi être l’entreprise la plus récente à s’écrouler tellement sa production repose sur du vent.

 

Finance verte: Un collectif pour une démarche davantage sociale

Finance verte: Un collectif pour une démarche davantage sociale

 

Le réseau d’acteurs de la finance durable de Paris Europlace, Finance for Tomorrow, a annoncé mercredi 30 juin la création d’une plateforme collaborative qui vise à promouvoir une «transition socialement acceptable vers des économies bas-carbone» dans l’Opinion

 

 

Finance for Tomorrow veut œuvrer pour une « transition juste ». Mercredi 30 juin, le réseau d’acteurs privés, publics et institutionnels de la Place de Paris, engagés dans la finance durable, a annoncé le lancement de sa coalition, « Investors for a Just Transition ». Une « première mondiale », qui réunit des gestionnaires et détenteurs d’actifs de l’écosystème financier français, et qui vise à promouvoir une « transition socialement acceptable vers des économies bas-carbone », précise le communiqué publié sur le site du réseau, et relayé par Les Echos.

Une ambition que les membres de la coalition comptent concrétiser en menant « des actions d’engagement auprès des entreprises » pour les inciter à développer des stratégies en faveur de la transition environnementale et intégrer de « meilleures pratiques dans différents secteurs ». La « question sociale », sans laquelle « la transition ne sera pas possible », sera ainsi au cœur des échanges entre les différentes parties prenantes de cette plateforme collaborative. « Le secteur financier a un rôle à jouer dans cette démarche en intégrant pleinement la dimension sociale dans ses politiques de financement », plaide Jean-Jacques Barbéris, vice-président de Finance for Tomorrow, cité dans le communiqué. D’autant plus dans ce contexte de crise économique et sociale, liée à la pandémie de Covid-19.

 

Finance for Tomorrow souligne par ailleurs que la Place financière de Paris a été « la première à définir la transition juste et à prendre position en faveur de son intégration dans les stratégies d’investissement ». Pour autant, si cet écosystème financier fait office de pionnier, le réseau rappelle que l’urgence de mettre en œuvre une transition socialement acceptable vers des économies bas-carbone reste une « problématique mondiale », qui nécessite les ressources et les actifs de tous les acteurs à l’international, « pour soutenir l’émergence de méthodologies, d’indicateurs et d’outils financiers autour de la transition juste ».

Parmi ses principaux champs d’action, la coalition permettra notamment de former un partenariat académique avec une université ou un institut de recherche français de premier plan, et de créer un « Hub Transition Juste », un outil interactif qui permettra aux investisseurs « d’évaluer la performance des entreprises sur l’aspect social de leur transition ».

Classement France : Les pires notes en mathématiques mais les meilleures formations Mondiales en masters de finance

Classement France : Les pires notes en mathématiques mais les meilleures formations Mondiales en masters de finance

 

Sans doute le signe de l’éclatement de la société française avec en moyenne une place dramatique pour le niveau mondial des élèves en mathématiques et paradoxalement les meilleures formations en Master de finance

 

Dans son classement annuel des masters en finance 2021, publié dimanche 20 juin par le quotidien économique et financier britannique Financial Times, les grandes écoles de management françaises conservent leur leadership. Ainsi, depuis 2018, HECESCP, l’EdhecSkema et l’Essec se situent aux cinq premières places.

Le cru 2021 classe 55 masters de finance d’écoles du monde entier. Les informations servant à établir le classement sont basées sur des sondages adressés aux écoles et aux anciens élèves diplômés en 2018.

Classement FT des masters en finance 2021

1- HEC Paris (France)

2- ESCP (France)

3- Skema (France)

4- Essec (France)

5- Edhec (France)

6. University of St Gallen (Suisse)

6. Università Bocconi/SDA Bocconi (Italie)

8. IE Business School (Espagne)

8. London Business School (Espagne)

10. University of Oxford (Grande-Bretagne)

À VOIR AUSSI - Écoles de commerce: histoire, admission, objectifs…

 

Les principaux critères retenus pour élaborer cette hiérarchie sont les suivants: le salaire moyen trois ans après l’obtention du diplôme, la mobilité internationale des étudiants, le taux d’emploi trois mois après l’obtention du diplôme, le rapport entre le coût des études, le salaire des étudiants à la sortie de l’école ou encore le pourcentage d’étudiantes au sein de la formation.

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Cryptomonnaies : Retour au Far-West de la finance

 Cryptomonnaies : Retour au Far-West de la finance

Par James MackintoshDans le Wall Street Journal

Pour comprendre les points faibles des stablecoins tels que Tether, il faut suivre une rapide leçon d’histoire sur la finance américaine d’avant la Guerre de Sécession

 

 

Les adeptes des cryptomonnaies affirment que le bitcoin et ses homologues vont supplanter les monnaies « fiduciaires » émises par les gouvernements, alors que l’objectif du système innovant de la blockchain, sur laquelle elles reposent, est de surmonter ce que Satoshi Nakamoto — le pseudonyme de l’inventeur du bitcoin — appelait « les faiblesses inhérentes au modèle basé sur la confiance ».

Pourtant, les stablecoins et notamment le plus important d’entre eux, Tether, sont en plein essor. Avec 60 milliards de dollars en circulation, ce dernier se positionne à la troisième place sur le marché des cryptomonnaies, derrière le bitcoin et l’ethereum. Il en existe aussi des dizaines d’autres, et le Libra de Facebook, rebaptisé Diem l’année dernière, d’intégrer ce groupe en lançant des stablecoins couvrant plusieurs devises.

Les stablecoins sont des cryptomonnaies ayant une parité unitaire avec le dollar, ou avec une autre monnaie traditionnelle, dont la valeur repose sur la confiance accordée à leur émetteur.

Les stablecoins sont l’incarnation même du « free banking », le système peu réglementé et marqué par de nombreuses fraudes, qui comptait nombre de petits émetteurs de billets de banque en dollars et dominait la finance américaine jusqu’à l’intervention du gouvernement après la Guerre de Sécession

Ils sont également devenus un élément central de l’infrastructure financière des cryptomonnaies. Selon le fournisseur de données Crypto Compare, il y a plus de trading entre le tether et le bitcoin qu’entre le bitcoin et l’ensemble des monnaies fiduciaires. Au moins pour les traders en cryptomonnaies, les stablecoins sont un outil essentiel, en raison de la rapidité avec laquelle ils peuvent être utilisés pour transférer de l’argent d’une bourse d’échange de cryptomonnaies à une autre, et parce qu’ils offrent un moyen pratique de placer temporairement des liquidités dans ce qui est, au fond, censé être des dollars.

Mais cette situation constitue une vulnérabilité majeure pour les cryptomonnaies. Au lieu de construire un nouveau système financier imperméable aux problèmes de l’ancien, ces stablecoins font réapparaître des dysfonctionnements atténués depuis longtemps par les régulateurs de la finance traditionnelle.

Pour bien comprendre cette faiblesse, une rapide leçon d’histoire s’impose. Les stablecoins sont l’incarnation même du « free banking », le système peu réglementé et marqué par de nombreuses fraudes, qui comptait nombre de petits émetteurs de billets de banque en dollars et dominait la finance américaine jusqu’à l’intervention du gouvernement après la Guerre de Sécession. Le papier-monnaie était alors adossé aux actifs de ces banques, et la confiance en ces actifs déterminait l’éventualité et l’ampleur de la décote à appliquer à la valeur faciale d’un billet de banque donné. Parallèlement aux banques réglementées, des milliers d’émissions de reconnaissances de dette de faible montant, comme par exemple celle provenant d’un barbier du Michigan, étaient utilisées comme monnaie dans les villes frontalières à court de liquide.

Mais ce n’est pas un hasard si ces stablecoins d’antan ont fini par disparaître. Les utilisateurs de monnaie — c’est-à-dire à peu près tout le monde — devaient se tenir informés de la situation, ou du sentiment général, de dizaines d’émetteurs de billets de banque pour éviter de se retrouver floués lors de transactions. Les coûts engendrés par cette seule contrainte étaient incalculables, sans compter les défaillances et les fraudes à grande échelle.

Les deux dangers qui menacent les dizaines de stablecoins récemment créés sont les mêmes que ceux qui planaient sur ces titres convertibles avant la Guerre de Sécession : ces actifs peuvent se révéler avoir moins de valeur que prévu ou les gens peuvent finir par croire que tel est le cas, ce qui est susceptible de déclencher des mouvements de panique.

Les plus grands stablecoins — ceux de Tether, Circle et Paxos — publient des rapports comptables attestant que leurs actifs correspondent au montant de leurs émissions, dans le but de maintenir la confiance. Jusqu’à présent, tous trois ont réussi leur monnaie restant remarquablement stable autour d’un dollar.

Jeter un coup d’œil sur l’époque du free banking devrait rappeler aux traders les risques qu’ils encourent. Dans les années 1830, les banques trompaient les commissaires aux comptes en envoyant les mêmes coffres de pièces d’une banque à l’autre afin qu’ils soient comptabilisés plusieurs fois, ou recouvrant d’une couche d’argent la surface d’un baril en réalité rempli de clous, comme le raconte Joshua Greenberg dans son passionnant livre sur cette époque, Bank Notes and Shinplasters.

Le parallèle est évident à la lecture des détails de l’accord à 18,5 millions de dollars conclu entre Tether et le procureur général de New York en février. Ce dernier assurait que Tether mentait en affirmant disposer d’assez d’actifs pour garantir la totalité de ses émissions. Lorsque Tether a tenté de faire taire les rumeurs sur sa situation financière en ayant recours à un commissaire aux comptes pour certifier ses actifs, l’argent n’a été versé sur son nouveau compte que le jour de l’expertise. Tether a également prêté 475 millions de dollars à Bitfinex pour l’aider à surmonter une crise de liquidités, cette fois le lendemain de la présentation du solde d’un nouveau compte bancaire aux Bahamas. C’est, en somme, la version moderne des coffres d’argent itinérants.

Stuart Hoegner, conseiller juridique de Tether, assure que l’entreprise « prend des mesures pour faire établir des audits sur plusieurs exercices » et qu’elle les publiera. « Pour être clair, ces types de transferts ne se produisent pas », a-t-il répondu par e-mail lorsqu’on lui a demandé si des actifs étaient déplacés juste avant ou après une expertise.

Tether n’a pas d’activité aux Etats-Unis, à quelques exceptions près, et a accepté dans son règlement de février de ne pas accepter de clients à New York. Circle dispose, lui, d’une « BitLicense » délivrée par l’Etat de New York, tandis que Paxos est soumis au régime des trusts dans cette ville, afin de renforcer la confiance. Etant donné qu’il s’agit de cryptomonnaies, il existe bien sûr aussi un stablecoin entièrement en cryptomonnaies, appelé Dai, qui donne à chaque utilisateur un « coffre-fort » pour stocker des nantissements ; ceux-ci seront liquidés par les « gardiens » si leur valeur tombe trop bas pour soutenir le dai émis en contrepartie de ces garanties.

Mais je crains qu’il ne suffise pas d’être réglementé, transparent et solvable, comme l’ont montré les vagues de panique sur les fonds du marché monétaire en 2008 et l’année dernière. En fin de compte, rien ne vaut l’accès aux prêts de la Réserve fédérale lorsqu’un grand nombre de déposants demandent à récupérer leur argent. Contrairement aux banques et aux fonds, il n’y a aucune chance que la Fed vienne en aide aux stablecoins en cas de crise. Cela signifie que les actifs qu’ils détiennent sont vitaux, de même que leurs caractéristiques. La certification des comptables de Paxos montre que la société détient des liquidités et des bons du Trésor sur des comptes ouverts dans des banques américaines non mentionnées, tandis que Circle affirme disposer « de liquidités, d’équivalents de trésorerie et d’actifs de qualité à court terme ».

D’une certaine manière, Tether est mieux protégé contre un mouvement de panique qu’une banque ordinaire en cas de problème : ses statuts lui permettent de suspendre les paiements ou de rembourser ses clients avec une partie de ses actifs plutôt que directement avec des dollars

Dans le cadre de son arrangement avec la justice, Tether a donné plus de détails sur ses actifs, montrant une forte exposition aux billets de trésorerie, une catégorie de prêts à court terme aux entreprises. M. Hoegner assure que la société emploie des traders en interne pour investir dans les billets de trésorerie, « en s’assurant toujours que nous disposons d’un montant adéquat de liquidités pour faire face à d’éventuelles demandes de retrait ».

Josh Younger, stratège taux d’intérêt chez JPMorgan, souligne que la taille de Tether le place aux côtés des plus grands fonds monétaires et entreprises en tant que grand détenteur de billets de trésorerie.

D’une certaine manière, Tether est mieux protégé contre un mouvement de panique qu’une banque ordinaire en cas de problème : ses statuts lui permettent de suspendre les paiements ou de rembourser ses clients avec une partie de ses actifs plutôt que directement avec des dollars. Mais il est peu probable que de telles dispositions rassurent les utilisateurs.

Je suis surpris que Tether connaisse une telle popularité compte tenu des révélations tirées du dossier new-yorkais, de la facilité avec laquelle il peut suspendre les paiements et de l’inquiétude des régulateurs, y compris la Fed, au sujet des stablecoins. Mais il existe une différence essentielle par rapport à l’époque précédente, qui leur permet d’éviter les dépréciations dont pâtissaient les billets de banque du Far West.

A l’époque, la complexité pour se rendre dans une agence bancaire afin d’échanger ses billets contre des dollars en argent massif rendait difficile l’arbitrage concernant les décotes, en particulier pour les billets émis par des banques lointaines. Dans le monde numérique, il n’est pas très compliqué d’encaisser un stablecoin, de sorte que toute dépréciation se volatilise rapidement.

Du moins tant que l’émetteur du stablecoin a l’argent pour rembourser les créances réclamées par ses clients.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Grégoire Arnould)

Finance : le phénomène des Spac

Finance : le phénomène des Spac

 

Les « blank-check companies », des entreprises sans activité dont l’objectif est d’acheter une société et de l’introduire en Bourse, également appelées Spac, ont levé plus de 70 milliards de dollars cette année. Leur co-créateur a longtemps pensé qu’elles ne gagneraient pas les faveurs de Wall Street (article du Wall Street Journal)

 

La tendance qui fait actuellement fureur dans le secteur de la finance est apparue il y a une trentaine d’années, lorsque deux vieux compères de faculté de droit ont commencé à travailler dessus. Aujourd’hui, ils en récoltent enfin les fruits.

Le banquier d’affaires David Nussbaum et l’avocat David Miller — respectivement surnommés « Nuss » et « Miller » — ont inventé la « special purpose acquisition company » (Spac) en 1993 pour fournir aux entreprises non cotées un autre moyen d’accéder aux investisseurs ordinaires. Pendant une grande partie de la carrière des deux hommes, les Spac ont peu été utilisées et sont restées méconnues. Mais aujourd’hui, elles connaissent leur heure de gloire et attirent les plus grands noms de la finance, de la tech et du divertissement. MM. Nussbaum et Miller n’ont jamais été aussi occupés.

« Il m’a fallu attendre vingt-sept ans pour connaître un succès foudroyant », déclare M. Nussbaum, 66 ans, originaire de Roslyn, un village situé sur Long Island (New York), qui a cofondé EarlyBirdCapital, une banque d’investissement spécialisée dans les Spac.

Même si les actions de nombreuses Spac et des sociétés qui ont fusionné avec elles ont connu leur lot de difficultés ces derniers temps, DraftKings et d’autres actions de sociétés connues — comme QuantumScape qui est spécialisée dans les batteries pour voitures électriques — ont gagné 55 % ou plus au cours des six derniers mois

Egalement appelées « blank-check companies », les Spac sont des coquilles vides cotées en Bourse dont le seul objectif est de s’associer à une société et de l’introduire sur le marché. Elles sont devenues un moyen apprécié par les start-up pour accéder aux investisseurs individuels et une poule aux œufs d’or pour les personnes fortunées qui les créent. Parmi les fondateurs de Spac, on trouve aujourd’hui des personnalités aussi diverses que le gestionnaire de fonds spéculatifs William Ackman ou l’ancien joueur de baseball Alex Rodriguez.

Les Spac ont levé près de 75 milliards de dollars cette année et représentent désormais plus de 70 % du total des introductions en Bourse, contre 20 % il y a deux ans et un pourcentage négligeable au cours de la majeure partie des vingt dernières années, selon Dealogic.

Leur soudaine omniprésence a fortement décontenancé MM. Nussbaum et Miller, qui ont vu ce type de sociétés connaître des difficultés pendant près de trois décennies. A Wall Street, beaucoup se méfiaient des Spac car leurs prédécesseurs, appelés « blind pools », avaient été associés à la fraude concernant les « penny stocks » (des actions cotées moins d’un dollar) dans les années 1980.

MM. Nussbaum et Miller se sont rencontrés à la faculté de droit de l’université de New York à la fin des années 1970 avant de travailler dans des cabinets d’avocats. M. Nussbaum a décidé d’ouvrir sa propre maison de courtage à la fin des années 1980, puis a participé à un deal impliquant un « blind pool », ce qui l’a incité à commencer à plancher sur les Spac.

Au début des années 1990, les deux David ont passé plus d’un an à travailler avec les organismes de réglementation afin d’instaurer des mécanismes de protection des investisseurs et d’autres mesures destinées à prévenir les fraudes avant de créer leur première « blank-check company ». Parmi ces dispositifs figurait le droit pour les investisseurs d’une Spac de récupérer leur argent avant qu’une fusion avec une société non cotée ne soit réalisée. Ils ont également renforcé les exigences de transparence en amont de ces opérations. Ces caractéristiques sont aujourd’hui mises en avant par les champions des « blank-check companies ».

Pourtant, les Spac ont longtemps eu du mal à concurrencer les introductions en Bourse traditionnelles et les autres méthodes de levée de fonds. Mais, ces dernières années, des entreprises en vogue comme la société de paris sportifs DraftKings ont commencé à y recourir pour rejoindre la cote et des start-up s’en servent pour établir des prévisions destinées aux investisseurs — ce qui n’est pas autorisé dans le cadre d’une introduction en Bourse classique.

« Personne n’imaginait un tel succès », reconnaît M. Miller, 66 ans, originaire du Queens (New York), qui est associé gérant du cabinet d’avocats Graubard Miller. Il possède encore des piles de documents réglementaires des premières Spac, créées avant la numérisation des dossiers de la Securities and Exchange Commission (SEC, gendarme américain de la Bourse).

Même si les actions de nombreuses Spac et des sociétés qui ont fusionné avec elles ont connu leur lot de difficultés ces derniers temps, DraftKings et d’autres actions de sociétés connues — comme QuantumScape qui est spécialisée dans les batteries pour voitures électriques — ont gagné 55 % ou plus au cours des six derniers mois. Un indice des sociétés récemment cotées affiche, lui, un gain de plus de 30 % sur cette période.

Graubard Miller dispose d’un service dédié au droit des sociétés composé de dix personnes et a participé à des transactions impliquant des Spac pour un montant de 6,3 milliards de dollars cette année, selon le fournisseur de données Spac Research. Ce total dépasse déjà celui de 2020 et l’installe comme l’un des dix plus gros consultants du secteur, en compagnie des cabinets d’avocats beaucoup plus importants à Wall Street.

Les détracteurs du boom des Spac avertissent que le volume élevé de transactions réalisées par de petites banques est le signe que cette vague est montée trop haut, car ces opérations sont souvent réalisées par des investisseurs et des sociétés peu réputés

Les banquiers et les avocats perçoivent des commissions lorsqu’ils créent des Spac et lorsqu’ils concluent des deals ayant pour objet d’introduire en Bourse des sociétés non cotées. Ils peuvent également gagner de l’argent en aidant des Spac à lever des fonds supplémentaires pour acquérir des start-up.

La banque d’investissement de M. Nussbaum, qui emploie 25 collaborateurs, profite également du rôle de son co-fondateur dans l’invention des Spac. La quasi-totalité des activités d’EarlyBird provient de « blank-check companies », et elle la valeur des entreprises qu’elle a participé à créer a atteint 2,3 milliards de dollars cette année, ce qui dépasse son total de l’année dernière et permet de maintenir la société parmi les quinze banques les plus importantes du secteur. Chaque fois qu’EarlyBird effectue une transaction impliquant une Spac, chaque employé perçoit une prime, précise M. Nussbaum.

Les détracteurs du boom des Spac avertissent que le volume élevé de transactions réalisées par de petites banques est le signe que cette vague est montée trop haut, car ces opérations sont souvent réalisées par des investisseurs et des sociétés peu réputés.

Parmi les entreprises qui ont récemment vu leur valorisation atteindre des milliards de dollars après avoir été associé à une Spac via MM. Nussbaum et Miller figurent la société de technologie agricole AppHarvest et le fabricant de batteries pour voitures électriques Microvast. Les deux hommes affirment que leur expérience les aide à conclure davantage de fusions.

« Je suis vraiment heureux pour eux », déclare Arthur Spector, un investisseur en capital-risque qui a dirigé la première Spac sur laquelle MM. Nussbaum et Miller ont travaillé en 1993. « Ils ont fourni un travail énorme et ont dû faire face à bien des problèmes. »

L’opération concernant un « blind pool » qui a incité M. Nussbaum à commencer à travailler sur les Spac dans les années 1990 avait permis la cotation du fabricant de jouets THQ. Les actions de ce dernier ont d’abord grimpé en flèche grâce à la popularité d’un jeu lié au film Maman j’ai raté l’avion, mais la société a finalement fait faillite plusieurs années plus tard — ce qui a incité M. Nussbaum à examiner de plus près la structuration des « blind-pools ».

Peu de temps après le deal sur THQ, il a contacté M. Miller pour mettre en place des mesures renforçant la protection des investisseurs. Ces ajustements ont, au bout du compte, donné naissance, en 1993, à SPAC-Information Systems Acquisition Corp. Cette société a levé 12 millions de dollars et s’est finalement associée à une entreprise de logiciels, par la suite rachetée par HP.

MM. Nussbaum et Miller avaient initialement apposé un « trademark » sur le nom « Spac », ce qui avait poussé certains à créer des véhicules d’investissement similaires sous des acronymes différents comme « Sparc » et « TAC ». Les deux hommes ont finalement laissé d’autres acteurs utiliser le terme « Spac », et de nouvelles sociétés de ce type ont été créées, mais le boom des valeurs technologiques de la fin des années 1990 a accru la popularité des introductions en Bourse traditionnelles et les « blank-check companies » ont perdu les faveurs de Wall Street.

A cette époque, M. Miller se demandait si les Spac n’étaient pas que des « fusils à un coup » susceptibles de finir aux oubliettes. Avec M. Nussbaum, ils ont continué à travailler sur les introductions en Bourse traditionnelles et d’autres opérations. En 2000, M. Nussbaum a cofondé EarlyBird Capital.

Après l’éclatement de la bulle Internet, M. Spector a demandé à MM. Nussbaum et Miller de créer la première Spac du nouveau millénaire.

Les « blank-check companies » ont connu une brève résurgence au milieu des années 2000, lorsque les grandes Bourses ont commencé à coter les Spac et que les investisseurs ayant pignon sur rue comme Nelson Peltz les ont utilisées comme outils de négociation, mais la crise financière a de nouveau interrompu la croissance de ce marché volatile.

Les rendements obtenus par les investisseurs dans les Spac étaient modestes jusqu’à ce que des entreprises à forte croissance, comme la société de tourisme spatial Virgin Galactic, commencent à fusionner avec elles en 2019. Ce virage décisif a permis aux « blank-check companies » de retrouver leur vocation d’origine, indiquent MM. Nussbaum et Miller

Les deux hommes expliquent prévoir, désormais, de travailler avec jusqu’à ce que ce ne soit plus intéressant. Comme d’autres à Wall Street, ils reconnaissent que le rythme actuel de création des Spac n’est pas viable. Mais pour le moment, ils se réjouissent d’avoir traversé ces années de difficultés.

« Le handicap des Spac en matière de réputation s’est dissipé de façon spectaculaire », conclut M. Nussbaum.

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Grégoire Arnould)

Un RSA  » jeunes » financé par les aînés riches ?

Un RSA  » jeunes » financé par les aînés riches ?

Collectif

Un collectif d’universitaires, parmi lesquels Thomas Piketty ou Camille Herlin-Giret, propose, dans une tribune au « Monde », de financer un RSA jeunes par une réforme de l’impôt sur les successions.

Tribune.

 

Les files de jeunes devant les épiceries solidaires ont fait douloureusement entrer la question de la précarité étudiante dans le débat public. Le cumul emploi-étude a longtemps permis à l’Etat de repousser la nécessaire refonte du système de bourses. Mais 36 % des étudiants salariés ont perdu leur emploi depuis mars 2020 et la situation des jeunes travailleurs qui ont basculé dans le chômage est tout aussi préoccupante : un jeune sur deux a réduit ses dépenses alimentaires ou sauté un repas au cours des six derniers mois.

Cela vient nous rappeler l’évidence : la place d’un étudiant ou d’une étudiante est sur les bancs de l’université, pas dans l’arrière-salle d’un restaurant. La pandémie n’a joué qu’un rôle d’exhausteur : la situation matérielle de nombreux jeunes était précaire, elle est désormais critique.

Il faut d’urgence étendre le revenu de base à la jeunesse, par le financement d’un RSA jeune ou, plus ambitieux, par la mise en place d’une allocation d’autonomie universelle. Durant cette crise, nous avons demandé des sacrifices immenses à notre jeunesse afin de sauver nos aîné(e)s. Il est temps que les plus fortuné(e)s de ces aîné(e)s contribuent à leur tour.

La majorité présidentielle a cru bon de défiscaliser toujours plus les donations du vivant, suivant une logique en apparence implacable : pour que le patrimoine circule plus tôt et que la jeunesse en profite, il faut rendre les donations particulièrement attractives sur le plan fiscal.

Elle oublie, ce faisant, qu’une telle mesure avantage uniquement la jeunesse qui échappe déjà largement à la précarité, et bénéficie également plus aux hommes – qui reçoivent plus souvent des donations – qu’aux femmes. Elle augmente donc les inégalités au sein d’une même génération plutôt que de les réduire. Plus largement, les règles d’imposition actuelles, par la multiplication des régimes dérogatoires, permettent à celles et ceux qui maîtrisent le mieux les rouages de l’impôt sur les successions de le contourner aisément.

Les ménages riches qui savent anticiper leur succession peuvent ainsi transmettre à leur progéniture plus de 1 million d’euros sans verser 1 centime à l’Etat.

Pourtant, si les inégalités de revenus sont grandes, les inégalités de patrimoine le sont bien plus. Le rapport entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres, mesuré par le rapport interdécile, est de 5 en matière de revenus, mais il atteint 211 pour les patrimoines, le fossé continuant actuellement de se creuser.

Environnement-Pour une finance durable et sociale

Environnement-Pour une finance durable et sociale

 

Philippe Zaouati ,directeur général de la société de gestion Mirova ,milite pour une finance durable et sociale dans une tribune à l’Opinion.

 

 

Tribune

 

Après une année 2020 marquée par une crise sanitaire aussi inattendue que violente, il est assez aisé de comprendre l’adhésion croissante à la philosophie et aux sujets de la finance durable.

Pourtant, en se concentrant au cours des dernières années sur le thème de la préservation de l’environnement et de la biodiversité, la finance durable n’a-t-elle pas mis au second plan le rôle des entreprises sur la question des fractures sociales, fiscales et probablement des fractures politiques et démocratiques ? Je suis convaincu que le traitement des inégalités sera dans les prochaines années un déterminant essentiel de la finance durable.

La crise sanitaire a montré que l’entreprise n’était pas une île, à distance du tumulte ambiant. Les questions sociales sont évidemment de son ressort. Loin de l’insularité, l’entreprise se trouve au cœur de la mêlée sociale. C’est d’ailleurs sur les actions des entreprises, autant que sur celles des gouvernements, que se concentrent les débats : précarisation des employés, voire recours à des indépendants non-salariés, creusement des écarts de revenus, inégalités entre les femmes et les hommes, discriminations raciales et sociales, évasion ou optimisation fiscales… Il est clair que la société en attend davantage des entreprises, et à raison.

Dans un contexte où les entreprises bénéficient d’un pouvoir plus important que jamais, face à des Etats limités dans leur capacité d’action, elles doivent prendre leur part de responsabilité. D’autant plus que l’accentuation des inégalités dans les pays développés est directement liée à une concentration de la valeur boursière aux mains d’un très petit nombre d’entreprises. Faut-il rappeler qu’à la fin de l’année 2020, cinq entreprises américaines représentaient à elles seules un quart de la capitalisation du S&P500 ?

Des entreprises de plus en plus puissantes, ayant des impacts de plus en plus grands sur nos modes de vie et notre cohésion sociale, ne peuvent pas s’écarter de l’intérêt général en réduisant leur contribution collective

Pacte démocratique. Cette polarisation sociale est un sujet que la finance durable ne peut plus mettre au second plan. La pandémie que nous traversons a permis une prise de conscience sur des problématiques portées depuis longtemps par les acteurs de l’investissement durable : lien entre économie et santé publique, gestion des infrastructures et des services publics, maîtrise des chaînes d’approvisionnement et risques induits par leur fragmentation, dégradation rapide de la biodiversité et déforestation… L’accroissement des inégalités, les fractures sociales et territoriales, les ruptures du pacte démocratique qui s’ensuivent, restent quant à elles, pour le moment, insuffisamment prises en compte. Pourtant, la crise sanitaire de 2020 n’a fait qu’aggraver une situation déjà explosive.

Cette fracture sociale peut sembler loin des questions économiques. C’est tout l’inverse. La baisse tendancielle de la taxation des grandes entreprises est, je crois, au cœur de cette problématique. Des entreprises de plus en plus puissantes, ayant des impacts de plus en plus grands sur nos modes de vie et notre cohésion sociale, ne peuvent pas s’écarter de l’intérêt général en réduisant leur contribution collective.

C’est un enjeu difficile pour la finance durable qui doit se préoccuper de la question sociale, la lutte contre les inégalités et l’évasion fiscale. Pour reconnecter création de valeur financière et traitement de ces fractures, il faudra « convaincre » les marchés que les entreprises performantes sont celles qui contribuent à l’intérêt général.

Philippe Zaouati est directeur général de Mirova.

Pour une finance durable et sociale

Pour une finance durable et sociale

 

Philippe Zaouati ,directeur général de la société de gestion Mirova ,milite pour une finance durable et sociale dans une tribune à l’Opinion.

 

 

Tribune

 

Après une année 2020 marquée par une crise sanitaire aussi inattendue que violente, il est assez aisé de comprendre l’adhésion croissante à la philosophie et aux sujets de la finance durable.

Pourtant, en se concentrant au cours des dernières années sur le thème de la préservation de l’environnement et de la biodiversité, la finance durable n’a-t-elle pas mis au second plan le rôle des entreprises sur la question des fractures sociales, fiscales et probablement des fractures politiques et démocratiques ? Je suis convaincu que le traitement des inégalités sera dans les prochaines années un déterminant essentiel de la finance durable.

La crise sanitaire a montré que l’entreprise n’était pas une île, à distance du tumulte ambiant. Les questions sociales sont évidemment de son ressort. Loin de l’insularité, l’entreprise se trouve au cœur de la mêlée sociale. C’est d’ailleurs sur les actions des entreprises, autant que sur celles des gouvernements, que se concentrent les débats : précarisation des employés, voire recours à des indépendants non-salariés, creusement des écarts de revenus, inégalités entre les femmes et les hommes, discriminations raciales et sociales, évasion ou optimisation fiscales… Il est clair que la société en attend davantage des entreprises, et à raison.

Dans un contexte où les entreprises bénéficient d’un pouvoir plus important que jamais, face à des Etats limités dans leur capacité d’action, elles doivent prendre leur part de responsabilité. D’autant plus que l’accentuation des inégalités dans les pays développés est directement liée à une concentration de la valeur boursière aux mains d’un très petit nombre d’entreprises. Faut-il rappeler qu’à la fin de l’année 2020, cinq entreprises américaines représentaient à elles seules un quart de la capitalisation du S&P500 ?

Des entreprises de plus en plus puissantes, ayant des impacts de plus en plus grands sur nos modes de vie et notre cohésion sociale, ne peuvent pas s’écarter de l’intérêt général en réduisant leur contribution collective

Pacte démocratique. Cette polarisation sociale est un sujet que la finance durable ne peut plus mettre au second plan. La pandémie que nous traversons a permis une prise de conscience sur des problématiques portées depuis longtemps par les acteurs de l’investissement durable : lien entre économie et santé publique, gestion des infrastructures et des services publics, maîtrise des chaînes d’approvisionnement et risques induits par leur fragmentation, dégradation rapide de la biodiversité et déforestation… L’accroissement des inégalités, les fractures sociales et territoriales, les ruptures du pacte démocratique qui s’ensuivent, restent quant à elles, pour le moment, insuffisamment prises en compte. Pourtant, la crise sanitaire de 2020 n’a fait qu’aggraver une situation déjà explosive.

Cette fracture sociale peut sembler loin des questions économiques. C’est tout l’inverse. La baisse tendancielle de la taxation des grandes entreprises est, je crois, au cœur de cette problématique. Des entreprises de plus en plus puissantes, ayant des impacts de plus en plus grands sur nos modes de vie et notre cohésion sociale, ne peuvent pas s’écarter de l’intérêt général en réduisant leur contribution collective.

C’est un enjeu difficile pour la finance durable qui doit se préoccuper de la question sociale, la lutte contre les inégalités et l’évasion fiscale. Pour reconnecter création de valeur financière et traitement de ces fractures, il faudra « convaincre » les marchés que les entreprises performantes sont celles qui contribuent à l’intérêt général.

Philippe Zaouati est directeur général de Mirova.

Croissance Italie: un plan de relance non financé

Croissance Italie: un plan de relance non financé  

 Un immense plan de relance de plus de 220 milliards vient d’être décidé par l’Italie pour soutenir la machine économique. Le problème c’est que l’endettement de ce pays atteint déjà 160 % du PIB, record européen.

Ce plan de relance n’est absolument pas financé, il reposera donc sur l’emprunt dont les taux d’intérêt sont très accessibles grâce à la politique accommodante de la banque centrale européenne

Mais cette politique de fuite en avant risque de faire éclater le fragile équilibre politique du gouvernement.

 

Il n’est pas du tout certain par ailleurs que l’union européenne approuve ce plan de relance car l’endettement ainsi accumulé pourrait rapprocher un jour la situation du pays de celle de la Grèce.

 

En effet l’Italie a déjà été bénéficiaire du méga-plan de 750 milliards d’euros adopté à l’été 2020 par les dirigeants européens, l’Italie est très attendue sur ses projets qu’elle doit soumettre à Bruxelles d’ici fin avril, à l’instar des autres pays en attente de fonds. Rome suscite des inquiétudes car le pays a été accusé dans le passé d’utiliser à mauvais escient les fonds européens. «L’Italie aura un rôle déterminant dans le succès ou l’échec» de cette première expérience de dette commune de l’Union européenne, avait prévenu dès le mois d’août le commissaire européen à l’Economie, et ancien chef du gouvernement italien, Paolo Gentiloni.

 

Le plan de relance risque d’alourdir la dette colossale de Rome, qui devrait atteindre 158% du PIB, le deuxième ratio plus élevé dans la zone euro derrière Athènes.

Finance : 20% des Français régulièrement à découvert

Finance : 20% des Français régulièrement à découvert

 

Selon une enquête du comparateur de frais bancaires en ligne Panorabanques.com pour Le Parisien , un Français sur six est à découvert au moins une fois dans l’année et deux sur dix le sont tous les mois. L’étude précise également que le découvert autorisé s’élève à «235 euros en moyenne sur dix jours par mois, cinq fois par an».

 

 

L’année dernière, ils étaient six sur dix à se retrouver dans le rouge au moins une fois par an et 21% des sondés dépassaient leur découvert autorisé, toujours selon une étude de Panorabanques. Une situation qui touchait souvent plutôt les foyers modestes sans pour autant épargner les plus aisés puisque 47% des personnes qui gagnent plus de 3000 euros par an connaissaient un découvert au moins une fois par an. Le comparateur dresse le même constate cette année : «les jeunes de 18 à 34 ans et les personnes avec un revenu inférieur à 1500 euros par mois restent les plus touchés», explique sa directrice générale, Laure Prenat au Parisien. Ces derniers ont été particulièrement touchés par la crise économique provoquée par l’épidémie de coronavirus.

Viande cellulaire : l’industrie chimique finance les organisation Végan

Viande cellulaire : l’industrie chimique finance les organisation Végan

La chimie industrielle au service de la suppression de la viande animale classique avec le financement d’organisations végan. Ou la viande artificielle pour remplacer la viande animale classique. Bon appétit !

 

 

D’après France Info, L214 a reçu un important don d’une fondation américaine : Open Philanthropy Project. Elle a notamment été créée par l’un des fondateurs de Facebook, Dustin Moskovitz, 146e fortune mondiale selon Forbes en 2019 avec plus de neuf milliards de dollars. La fondation investit dans la santé, les universités, la recherche, mais aussi dans le bien-être animal. Depuis trois ans, elle a versé plus de 125 millions de dollars à diverses associations de défense animale, et notamment L214, via un versement de 1,14 million d’euros en 2017 (495 000 euros imputés aux comptes 2018, 645 000 euros dans ceux de 2019). Dans les comptes 2019 de l’association, cela représente 8% de son budget.

D’après Brigitte Gothière, ce sont les Américains qui sont venus vers l’association. « On ne les connaissait pas, c’est eux qui ont remarqué notre travail, explique-t-elle. Ils sont venus vers nous en disant qu’ils finançaient des actions humanitaires, environnementales et de défense des animaux et qu’il ne fallait pas qu’on hésite à leur soumettre des projets. On les a sollicités sur une campagne publique et à destination des entreprises sur les poulets de chair. Et ils n’ont pas eu de mot à dire sur comment on voulait dépenser cet argent. »

Pour Gilles Luneau, un journaliste qui a enquêté sur cet organisme de philanthropie, ce don est sous tendu par des arrière-pensées. Cette fondation a, dit-il, un double objectif. « D’une part, elle soutient un certain nombre de start-up qui travaillent sur la nourriture végan. Et d’autre part, elle finance la recherche, le développement et la quasi-mise en industrie de viande à partir de cultures de cellules souches. À leurs yeux, la filière d’avenir, c’est de changer la manière dont se nourrit le monde. Ils veulent s’emparer du marché mondial de l’alimentation, tout simplement. »

 

Pour l’instant, on utilise des cellules de fœtus de veau mais l’objectif à moyen terme, c’est de remplacer ce sérum par un extrait de champignon. Pour l’instant, cette fausse viande cellulaire suppose donc un donneur de cellules, mais ensuite, un seul échantillon va permettre de produire jusqu’à 20 000 tonnes de viande. La start-up Mosa Meat nous dit même que 150 vaches à l’échelle mondiale seraient suffisantes pour satisfaire la demande actuelle de viande. »

 

Bref la chimie alimentaire au service de la suppression de la viande animale classique. Bon appétit !

Un joueur de foot BRYAN SOUMARÉ, finance une banque alimentaire pour les plus démunis

Un joueur de foot BRYAN SOUMARÉ, finance une banque alimentaire pour les plus démunis  

 

De quoi réconcilier certains avec le foot qui considèrent  les salaires de certaines stars COMME INDECENTS

 Le jeune milieu de terrain (21 ans), BRYAN SOUMARÉ,  prêté à Sochaux cette saison, s’est proposé de venir en aide aux gens dans le besoin, notamment d’offrir des denrées alimentaires aux plus démunis. Il explique son geste à RMC Sport. 

 

Bryan Soumaré, cette initiative d’aider les gens dans le besoin, d’où est-elle partie ?

En fait, j’étais sur Facebook. J’ai vu un post de mon ancien coéquipier et capitaine (ndlr, Rachid Mourabit, de l’Olympique Saint-Quentin) à l’époque où j’étais amateur. J’ai souhaité relayer son message sur Twitter et Facebook, lui montrer mon soutien. A partir de là, cette initiative a pris une ampleur énorme.

Vous ne vous y attendiez pas du tout ?

Je ne m’y attendais pas du tout, pas à ce niveau-là en tout cas. Je ne pensais pas que tout le monde allait me soutenir comme ça. Après, tant mieux, cela donne de la visibilité à la publication. Certains pourraient s’en inspirer. 

Vous êtes un joueur de football professionnel certes, mais qui n’a pas les émoluments les plus clinquants. Votre démarche est touchante de sincérité. C’est peut-être cela aussi qui a touché ?

C’est peut-être ça, surtout que je suis très sincère dans cette démarche, je tiens absolument à ce projet. C’est peut-être pour ça, aussi.

Si dans la situation où nous vivons tu ne peux pas travailler et que tu n’as pas à manger, n’hésite pas et n’aie pas honte de m’écrire en privé.
Pâtes, riz, oeufs, lait ou quelque chose comme ça je peux t’offrir…
Ne vas pas au lit et encore moins avec tes enfants, sans manger.

— Soumaré Bryan (@Bryan_Smr) November 9, 2020

De quelle manière cette démarche va-t-elle se concrétiser ?

Actuellement, je suis à Belfort, à côté de Sochaux. Celui qui est vraiment dans le besoin à côté de Sochaux, Belfort, voire les alentours, je serais prêt à lui donner ce dont il a besoin. Pour ceux qui sont un peu plus loin, parce que j’ai reçu énormément de messages, le but serait de créer une cagnotte pour récolter un maximum de fonds et ensuite se rapprocher d’une association qui vient en aide aux plus démunis.

C’est quelque chose que vous aviez déjà fait, aller au soutien des associations, aider les gens dans le besoin?

Pas à cette échelle. Je sais que j’ai déjà rendu beaucoup de services à des gens, des amis, mais pas à cette échelle, dans une initiative de cette ampleur. J’ai relayé le message de mon ami parce que ça me tenait à coeur. J’ai connu des galères aussi quand j’étais plus petit, je sais ce que c’est que de manquer de quelque chose. Voir des gens qui n’ont rien dans leur assiette en France, en 2020, ça me touche énormément.

Le contexte très particulier, très pesant, de la crise sanitaire, qui plonge certains de nos concitoyens dans la détresse, comment le vis-tu ?

Cela me touche énormément. Il y a des gens qui n’ont pas trop les moyens. Si en plus de cela, on les empêche de travailler… Je n’imagine même pas une famille de quatre enfants qui essaye tant bien que mal de les nourrir… Pour moi, c’est le pire du pire.

Les personnes qui ont choisi de t’écrire ce lundi soir, à la suite de ton message, sont-elles nombreuses ?

Quand je vous dis très, très nombreux, c’est vraiment très, très nombreux. Après, il n’y a pas que des appels à l’aide, il y aussi des messages de soutien, de footballeurs professionnels notamment. Des footballeurs très, très connus comme Jules Koundé, qui m’a envoyé un message. Hassane Kamara, Théo Sainte-Luce et Kévin Fortuné également. Ils m’ont proposé leur aide si j’en avais besoin, qu’ils seraient là pour moi. Ils m’ont dit qu’ils me soutenaient à fond dans cette démarche. Franchement, ça m’a vraiment touché de leur part.

Coronavirus : la France pour un fonds européen financé par la dette !

Coronavirus : la France pour un fonds  européen financé par la dette !

 

L’ingénierie budgétaire française continue de fonctionner avec une nouvelle proposition pour mutualiser la dette au plan européen. On sait que les pays du nord  et l’Allemagne en particulier refusent le concept de mutualisation d’emprunts  communs Eurobonds). Du coup, le ministre de l’économie française propose la création d’un fonds commun européen lui aussi mutualisé et financé…. par la dette ! une manière détournée de faire payer aux  pays rigoureux la dette de pays à la gestion plus laxiste comme l’Italie, l’Espagne, la France ou la Grèce.. Comme si la dette pouvait constituer un moyen sérieux de financement. Il est clair que la France va dépasser et de loin le déficit prévu initialement à 2,2 % pour 2020.

Avec moins de rentrées fiscales et davantage de dépenses, le dérapage budgétaire de la France pourrait atteindre 7 % du PIB. Pour l’empêcher Bruno le maire propose donc une solution qui permettrait de faire supporter une partie de cette dette par toute l’Europe. Dans une interview accordée au Financial Times, le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire a donc  indiqué que la France allait proposer le lancement d’un fonds de sauvetage européen, qui serait financé par de la dette commune pour une durée limitée à cinq ou dix ans.

« Nous réfléchissons à un fonds qui serait limité dans le temps avec une possibilité d’endettement comme réponse de long terme à la crise », a déclaré le ministre français au quotidien économique. « Une solution pourrait être d’avoir un fonds pour disons cinq ou dix ans – limité dans le temps – avec la possibilité d’avoir de la dette commune mais seulement dans le cadre de ce fonds. Ce pourrait être plus acceptable pour d’autres pays », a-t-il ajouté.

 

Ses propos ont été confirmés par Bercy. La semaine dernière, neuf pays européens, dont la France et l’Italie, avaient appelé à lancer des obligations communes à toute l’Union européenne pour faire face au coronavirus. Un outil surnommé « Coronabonds ». Le principal avantage d’un tel instrument financier est de mutualiser la dette et d’empêcher la spéculation sur les Etats en difficulté, dont les taux d’intérêts des obligations sont beaucoup plus élevés.

 

Cette proposition a mis une pression sur l’Allemagne, qui refuse toute mutualisation des dettes dans la zone euro, mais s’est déclarée « prête » à « faire jouer la solidarité européenne ».  M. Le Maire a précisé au Financial Times que « s’il était difficile pour de nombreux Etats membres d’envisager de faire un emprunt commun » dans le cadre du budget pluriannuel de l’UE, il fallait le faire en dehors de ce cadre et pour une période limitée dans le temps. Selon un responsable français cité par le quotidien, le fonds proposé par la France pourrait « compléter » le budget de l’UE et serait géré comme lui par la Commission européenne et non par le Mécanisme européen de stabilité (MES).

Ce dernier est doté d’une force de frappe de 410 milliards d’euros et peut fournir des prêts à taux bonifiés aux Etats dans le besoin, mais ils ont jusqu’ici toujours été assortis de conditions précises, comme d’entreprendre des réformes du marché du travail, ou d’objectifs budgétaires.

Le virus de la spéculation contamine la Finance

Le virus de la spéculation contamine la  Finance

 

 

Il y a longtemps que le virus de la spéculation a contaminé la finance avec des rendements financiers tout à fait irresponsables et complètement déconnectés  à la fois de l’économie et des résultats financiers des entreprises. Ainsi les actions en France  par exemple ont pris 25 % en une seule année. En outre comme d’habitude,  la France a accordé de très larges dividendes  bien supérieurs à ce qui pratique en général ailleurs. Bref, il y a longtemps que tous les experts s’attendaient à une sévère correction de la bourse en général et à des problèmes graves système financier. Un système largement alimenté par l’inondation  de liquidités délivrées par les banques centrales. Ce lundi, la descente aux enfers s’est  accélérée avec une chute de près de 8 % à New York. Depuis des semaines, ce site et bien d’autres indiquent que les indices ne peuvent pas monter au ciel et que la correction sera brutale. Pire, elle pourrait même mettre en difficulté le système financier dont les actifs sont souvent hypothéqués par des fragilités d’entreprises portées à bout de bras par des facilités financières.

En clair, certains établissements financiers notamment des banques pourraient connaître de graves difficultés. Certes, le Coronavirus exrece un rôle vis-à-vis de la détérioration des marchés financiers mais ces derniers étaient largement malades avant et chacun s’attendait un facteur exogène qui provoquerait une grande rectification. Pour la seule journée de lundi à New York l’indice Dow Jones a cédé 2.013,76 points à 23.851,02. Le S&P-500, plus large, a perdu 225,81 points, soit 7,60%, à 2.746,56. Le Nasdaq Composite lâche de son côté 7,29% (624,94 points) à 7.950,68 points.

Il faut remonter au 1er décembre 2008, en pleine crise financière, pour retrouver un recul en pourcentage des trois indices vedette de Wall Street aussi marqué sur une seule séance.

L’ampleur de la chute des principaux indices new-yorkais a conduit en tout début de séance à une suspension des transactions pendant un quart d’heure, les autorités de marché activant les “coupe-circuits” mis en place après la crise financière de 2008-2009; la baisse du Dow Jones avait en effet dépassé 2.000 points dans les premières minutes d’échanges et celle du S&P avait dépassé les 7%.

A la clôture, les dégâts sont manifestes.

Ce lundi noir s’écrit certains analystes par la seule décision de l’Arabie saoudite de baisser ses prix de vente et d’augmenter sa production, conséquence de l’échec des discussions entre l’Opep et la Russie la semaine dernière à Vienne pour tenter de soutenir les cours. Certes c’est un facteur négatif mais il y a bien d’autres imputables notamment marchés financiers lui-même

“En un peu plus de deux semaines, le sentiment des investisseurs a basculé de la complaisance à la panique. Ce qui avait débuté par une diminution de l’exposition au risque liée au virus s’est transformé en capitulation généralisée sur de nombreux actifs.” Indique un expert. Ce confirme en effet que les conséquences affectent certains secteurs économiques fragilisés mais aussi le secteur financier lui-même

Les onze grands indices sectoriels du S&P 500 ont tous terminé largement dans le rouge, le plus gros recul affectant les valeurs de l’énergie et de la finance, celles-ci étant particulièrement sensibles à la chute des rendements obligataires.

Sur le Dow Jones, l’action Boeing est la plus affectée, perdant 13,4%: au marasme ambiant est venu s’ajouter le rejet par l’agence fédérale de l’aviation (FAA) d’une proposition de l’avionneur concernant son 737 MAX toujours cloué au sol.

Parmi les valeurs technologiques, Apple perd 7,9%: des statistiques ont montré que la marque avait vendu, coronavirus oblige, moins de 500.000 smartphones en Chine au cours du mois de février.

Politique: finance, scandale, lobby……la France vers le modèle américain

 

 

Avec retard mais sûrement,  la démocratie en France se dirige vers un modèle démocratique  à l’américaine. Pendant longtemps,  la France avait fait exception. D’abord en refusant de mélanger vie privée et de vie publique. Une exception dont par exemple Mitterrand a largement profité et à juste titre. Ensuite progressivement, les plus hauts responsables ont exhibé leur vie personnelle et familiale afin de satisfaire le voyeurisme des  certains électeurs friands de médias et télés- réalité.  Mais en retour, certains de ces dirigeants ont été victimes de cet exhibitionniste. Le second aspect et pas des moindres, c’est celui de l’importance de la finance dans les principales élections. Avec des campagnes   de plus en plus conçues comme des produits de publicité avec tous les moyens y afférents.

Du coup,  le coût des campagnes est monté de manière vertigineuse. Désormais des dizaines et des dizaines de millions sont nécessaires pour occuper l’espace médiatique, le saturer  même et étouffer ses adversaires avec la communication. Car c’est bien le drame,  la communication a pris le pas sur le fond. Pour preuve les slogans idiots de la plupart des candidats,  sans véritable contenu, comme celui d’un soda ou d’une marque de lessive. Les experts de la com. ont pris le pouvoir dans les équipes de campagnes sur les experts et les politiques. Un exhibitionnisme aussi bien  les campagnes électorales  que pendant un mandat. Ainsi un président de la république comme Macron s’inflige-t-il des représentations thématiques ou géographiques permanentes presque tous les jours pour uniquement les  médias.

Dernier exemple en date quand Macon, pour reverdir sa politique, s’affiche en doudoune Rossignol au Mont-Blanc. Une doudoune aux couleurs nationales. L’ennui c’est que la doudoune a été conçue dans un pays de l’Est à partir de tissus italiens et que la marque Rossignol est maintenant dans les mains d’un fonds scandinave. Ces déplacements et exhibitions désacralisent aussi la fonction d’un président qui doit pourtant prendre de la distance pour orienter le pays et non se mêler de tout sans savoir exactement  ce qu’il fait. La finance dans les campagnes a forcément un rôle essentiel car il n’y a aucun candidat disposant des 30 ou 50 millions nécessaires. Initialement, le total ne doit pas dépasser 10 millions mais les candidats utilisent différents biais pour dépasser et de loin cette limite. Et la commission de contrôle des comptes des candidats, pratiquement sans moyens, ferme les yeux.

Évidemment pour résoudre cette équation financière, les lobbys jouent  un rôle primordial. Des lobbys nationaux internationaux. Aussi des financements douteux venant de l’étranger.  . Pour Macon, c’est clairement le lobby financier et économique dominant qui a financé la campagne.

Le  candidat n’aurait jamais pu financer sa campagne sans une infime fraction de donateurs fortunés. 48 % de ces 16 millions d’euros, ont été récoltés grâce à « seulement » 1 212 dons de 4 500 euros et plus. Ces gros chèques ont été d’autant plus essentiels qu’ils ont longtemps représenté l’essentiel des ressources dont disposait le candidat. En fait, ce sont surtout 800 gros donateurs de Paris qui ont financé la campagne de Macron. Il faut ajouter à cela les faciliter accorder par certains lors de la campagne. Une affaire qui a fait l’objet une procédure judiciaire et qui a été récemment enterré. Comme sera sans doute aussi enterrer l’origine des fonds de la campagne de Macon.

La France s’oriente donc bien vers une sorte de modèle américain.  il faut d’abord aligner les dollars, être soutenu par les lobbies et afficher sa vie personnelle à la Une des journaux à scandale dont raffolent certains électeurs qui ne comprennent pas grand-chose aux enjeux politiques mais qui font la différence souvent à partir d’aspects complètement anecdotiques. Une réflexion mériterait d’être engagée sur cette perversion de la démocratie et pas seulement au niveau national également au niveau local où les barons reproduisent à leur niveau le même système.

Affaire Tapie: la collusion entre la politique et la finance

Affaire Tapie: la collusion entre la politique et la finance

 

 

 

 

Tapie est sans doute l’un des plus grands enfûmeurs politicards de la période. Son bagout de camelot ne peut laisser insensible, selon les cas il amuse et/ou scandalise. En effet l’affaire Adidas est typiquement une magouille politicienne qui a impliqué plusieurs présidents de la république. Première observation, tapi n’a jamais eu le premier sous pour acheter Adidas. C’est grâce à ses amitiés particulières avec Mitterrand qu’on a réussi à convaincre la direction du Crédit Lyonnais de financer l’opération d’achat. Une opération revendue assez rapidement mais qui aurait spolié Tapie qui se dit victime de la banque. En réalité,  la banque n’a fait que récupérer son argent car tapie  n’a jamais pris le moindre risque financier. La suite est un long  feuilleton judiciaire qui dure maintenant depuis 25 ans ou tapie d’une part et le crédit lyonnais n’ont cessé de solliciter la justice pour faire valoir ce qu’ils considèrent comme leur droit. Mais Tapie a continué d’entretenir des liens sulfureux avec la politique en apportant notamment un soutien à Sarkozy. Lequel a autorisé sa ministre des finances Christine Lagarde a créé un pseudo groupe d’arbitrages pour accorder 400 millions (une paille) à Tapie. Un groupe d’arbitrage qui s’est révélé une véritable magouille et dont les acteurs sont maintenant avec Tapie devant le tribunal pour rendre compte de ce qui est une escroquerie. Après avoir épuisé tous les recours, Tapie est maintenant face à la justice. Mais l’intéressé sait encore joué de son influence politique. Ainsi il n’a cessé de manifester des signes de soutien à l’égard de Macron déclarant même qu’il le considérait comme le plus grand président de la république. Sans doute pour obtenir la bienveillance du pouvoir et de la justice, Tapie s’est même immiscée dans l’affaire des gilets jaunes en leur offrant un support logistique et surtout en leur conseillant de présenter une liste européennes qui permettrait de nuire au rassemblement national ce dont profiterait la république en marche. De toute manière, si Tapie devait perdre devant une justice manifestant enfin son indépendance face à la des plus grands scandales du siècle, Tapie pourrait toujours se reconvertir dans le théâtre. Ce qu’il envisage déjà. Comme quoi l’intéressé a toujours une corde de réserve à son arc.

Affaire Tapie: typique des relations sulfureuses de la finance et du politique

 

Affaire  Tapie: typique des relations sulfureuses de la finance et du politique

L’histoire Tapie Adidas est typiquement un exemple des relations sulfureuses entre la finance et le pouvoir politique. Cette affaire est très complexe juridiquement et même financièrement. Pas étonnant, elle traîne maintenant depuis 25 ans devant les tribunaux. L’enjeu est de savoir si tapie  a touché frauduleusement plus de 400 millions, ce qui semble démontré ;  aussi s’il remboursera réellement. Pour simplifier à outrance l’entreprise Adidas n’a pu être acheté par Tapie que grâce à ses amitiés politiques avec Mitterrand qui a alors sollicitée le Crédit Lyonnais pour lui prêter la plus grande partie de l’argent. Au moment de la revente deux ans plus tard Tapie a estimé être floué par le Crédit Lyonnais. Une procédure bidon a donc été mise en place qui a abouti à la fameuse indemnisation de plus de 400 millions accordés à Yapie. La réalité, c’est que dans cette affaire tapie n’a strictement rien perdu puisqu’il n’a pas mis un sou dans l’achat d’Adidas. Par contre il a ramassé le pactole quand sous Sarkozy on a mis en place un petit arrangement pour lui accorder 400 millions (+ 50 millions et intérêts record du monde !). Cet arrangement n’a été permis que grâce aux relations de Tapie avec Sarkozy car les conditions de cet arrangement défient tous les principes juridiques. Bernard Tapie et d’autres personnes impliquées vont  donc être jugés pour détournement de fonds et escroquerie en bande organisée. Il serait temps car le contentieux dure  depuis plus de 25 ans st la justice a montré plus que de la bienveillance vis-à-vis de cette affaire qui montre notamment les liens entre le système politique et le milieu économique. L’avocat de Tapie, Hervé Temime, espère trouver cependant l’innocence de son client. “ Si un procès public devait avoir lieu, ce serait enfin le moment de mettre toute la vérité sur la place publique pour déterminer où se situe le vrai scandale d‘Etat”, a ajouté Hervé Temime, qui dénonce par ailleurs de “graves manquements de procédure” au cours de l‘instruction. En mars dernier, le parquet de Paris a requis le renvoi en correctionnelle des six personnes mises en examen dans cette enquête au long cours, parmi lesquelles Bernard Tapie et le PDG d‘Orange, Stéphane Richard. Le parquet souhaite que Bernard Tapie soit jugé pour escroquerie en bande organisée et détournement de fonds publics et que Stéphane Richard soit poursuivi pour escroquerie en bande organisée et complicité de détournement de fonds publics, a-t-on alors appris de source judiciaire. En 2008, un arbitrage à 403 millions d‘euros en faveur de Bernard Tapie a soldé un litige vieux de 15 ans qui opposait l‘homme d‘affaires au Crédit Lyonnais, qu‘il accuse de l‘avoir floué lors de la revente d‘Adidas. Désormais entaché de fraude, l‘arbitrage a été définitivement annulé au civil et la justice a condamné Bernard Tapie à rembourser les sommes versées. La décision finale sur la tenue éventuelle d‘un procès appartient désormais aux juges. Le 19 décembre dernier, la directrice générale du Fonds monétaire international, Christine Lagarde, a été condamnée (mais symboliquement !) dans cette affaire pour avoir renoncé, en tant que ministre des Finances, à exercer un recours contre la sentence. Stéphane Richard, qui était son directeur de cabinet à l’époque des faits, est soupçonné d‘avoir “dissimulé” à sa ministre de tutelle “des éléments essentiels du dossier”, d‘avoir participé à des réunions à l‘Elysée “à son insu”, et d‘avoir donné “sans droit” des instructions relatives à cet arbitrage. Le PDG d‘Orange conteste fermement ces accusations, et assure n‘avoir fait qu‘exécuter une décision politique prise par Christine Lagarde. Le problème c’est qu’on a pratiquement exonéré de responsabilité Christine Lagarde en raison notamment de son rôle  au FMI. Par ailleurs qu’on ne peut prouver le rôle de l’Elysée où Tapie a été reçu plus d’une dizaine de fois pour cette affaire. Enfin il sera difficile de déstabiliser l’actuel patron Dornage Stéphéne Richard. Cerise sur le gâteau, Tapie s’est rapproché de Macron en déclarant que c’était l’un des meilleurs présidents de a république et en s’immisçant dans uen transformation des gilets jaunes en pari politique qui arrange Macron. Notons que l’arbitrage de 404 millions d’euros a été annulé au civil pour «fraude». En décembre 2015, Bernard Tapie a été condamné à rembourser cette somme par la cour d’appel de Paris. Quelques jours avant cette décision, l’homme d’affaires avait placé ses sociétés – groupe Bernard Tapie (GBT) et financière Bernard Tapie (FIBT) – en sauvegarde, rendant ses actifs inaccessibles. Fin janvier, le tribunal de commerce parisien a placé ces entreprises en redressement judiciaire, laissant six mois d’observation aux administrateurs de GBT et FIBT pour trouver un plan viable.

La politique de Macron correspond aux intérêts de ceux qui l’ont financé » (Julia Cagé)

La  politique de Macron correspond aux intérêts de ceux qui l’ont financé » (Julia Cagé)

L’’économiste Julia Cagé analyse les ressorts de cette campagne, en déduit des conséquences sur la politique du Président et fait ses propositions pour réinventer la démocratie. 

 

Le JDD a révélé dimanche que la campagne d’Emmanuel Macron avait été financée essentiellement par de riches donateurs. Est-ce un phénomène isolé?
Les partis politiques font campagne auprès de ceux qui les financent. J’ai montré dans mon livre Le prix de la démocratie (Fayard) que plus un parti a de moyens plus il a de chances d’emporter une élection. Le financement des partis politiques a toujours été un phénomène de classe : ce sont principalement les plus riches qui financent les campagnes politiques et très souvent à la hauteur du plafond légal (7.500 euros par an et par personne pour les dons aux partis, 4.600 euros pour les dons aux campagnes). Ce n’est pas propre à Emmanuel Macron, ni à la France. Les plus modestes donnent moins par manque de ressources. Mais le financement de la campagne d’En Marche est tout de même un cas particulier. Macron a été candidat pour un nouveau parti et ne pouvait donc pas toucher d’argent public. Il a fait encore plus d’efforts que les autres partis pour lever des fonds privés. Il n’a  pas arrêté de dire qu’il n’utilisait pas l’argent des contribuables mais c’est faux. Depuis le début de sa création, En Marche a perçu 13 millions d’euros mais 8,6 millions proviennent de l’argent de l’ensemble des contribuables suite aux exonérations d’impôts sur les dons qui sont mises en place par l’Etat. Au total, seuls 4,5 millions d’euros ont été véritablement à la charge des donateurs.

Les partis de droite bénéficient-ils d’autant de dons privés que les partis de gauche?
Il existe une constante quels que soient les pays et les différences de plafond : les partis les plus à droite et les plus conservateurs économiquement reçoivent systématiquement plus de dons privés que les partis les plus à gauche. De ce point de vue, en France, c’est assez frappant à quel point En Marche apparaît comme un parti de droite.

Vous établissez une corrélation entre la politique mise en place par Emmanuel Macron et l’origine du financement de sa campagne
Oui, Emmanuel Macron a principalement fait campagne auprès des Français les plus riches et tout particulièrement des Parisiens. Et ce sont les mêmes qui l’ont financé. Il a mis en place une politique qui correspond à leurs intérêts. Ce qui a eu un impact direct sur les décisions qu’il a prises, notamment fiscales. Il a fait des cadeaux fiscaux aux personnes les plus aisées et a instauré le prélèvement forfaitaire unique sur le capital. Des mesures qui coûtent près de 8 milliards d’euros par an à l’Etat. Or après avoir dépensé de tels montants pour les plus favorisés, l’Etat n’en a plus pour la majorité des citoyens, il a donc diminué les APL, gelé un certain nombre de prestations sociales, reporté l’exonération de la taxe d’habitation, etc.

Dans d’autres pays, notamment aux Etats-Unis, il n’y a pas de somme maximum légale pour les dons aux candidats. Pour que les campagnes soient plus équitables, vous avez théorisé la mise en place d’un plafond de versement aux partis à 200 euros par personne contre 7.500 euros actuellement. Pourquoi?
7.500 euros, c’est la moitié du salaire annuel d’une personne qui gagne le SMIC. Il faut limiter le plafond des dons pour ré-égaliser les citoyens devant le financement des partis. 7500 euros, c’est une somme tellement élevée que cela créé une réelle inégalité politique, entre la minorité qui peut contribuer avec un montant élevé et la grande majorité des Français qui ne peut pas  participer. Ce n’est pas parce qu’on a un système qui marche sur la tête aux Etats-Unis qu’on peut ne pas instaurer un plafond moins élevé en France. Les élections présidentielles américaines en 2016 étaient les premières financées sans aucun argent public depuis 1974. On ne peut pas établir un rapport de cause à effet direct entre ces financements et l’élection de Trump mais c’est néanmoins symptomatique ; toute la vie démocratique américaine est désormais capturée par l’argent privé.

Vous souhaitez également la mise en place de « bons pour l’égalité démocratique ». En quoi cela consiste-t-il?
Tous les ans, en cochant une case sur sa feuille d’imposition, chaque personne aura la possibilité d’allouer 7 euros d’argent public au mouvement politique de son choix. Il ne s’agit pas d’un apport personnel mais d’argent public. Si le citoyen ne souhaite pas financer un parti, la somme sera répartie entre les différents partis en fonction des résultats obtenus aux dernières législatives. Ce système permettrait à tout le monde de participer. Actuellement moins d’ 1% des ménages financent un parti chaque année. Or, parmi les 0,01% des Français aux revenus les plus élevés, ils sont 10%. Rendre égaux les citoyens devant le financement de la démocratie, c’est le seul moyen de résoudre la crise de la représentation des Français, que l’on retrouve actuellement dans le mouvement des gilets jaunes. Aujourd’hui nous ne sommes plus dans un système 1 personne=1 voix mais dans un système 1 euros=1 voix. Il est temps de rétablir un peu de démocratie.

Sondage : trop de pouvoir pour la finance

Sondage : trop de pouvoir pour la finance

Dans un sondage Ifop pour Ouest France, ils sont 54% à estimer que les marchés financiers détiennent le pouvoir contre 49% pour le président de la République et son gouvernement (deux réponses pouvaient être données à cette question). Selon les Français les multinationales ont d’ailleurs autant de pouvoir que le gouvernement, alors que les médias (13%), et les citoyens et les électeurs (8%) pèsent peu. Pour 78% des sondés, ces mêmes marchés financiers ont trop de pouvoir tout comme les multinationales (74%). S’ils estiment que les médias ont peu de pouvoir, 52% des Français pensent qu’ils en ont malgré tout trop. Enfin, ils estiment à 85% que les électeurs et les citoyens, « n’ont pas assez de pouvoir ».

« La France et le pouvoir », un sondage Ifop pour Ouest France réalisé auprès de 1006 personnes, interrogées les 16 et 17 octobre.

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