Archive pour le Tag 'Conflit'

Dupond-Moretti à la justice : le gros coup de com et conflit en perspective

Dupond-Moretti à la justice : le gros coup de com et conflit en perspective

 

Il  n’y a pas vraiment de changement extraordinaire dans ce ;  on reprend surtout les anciens avec quelques nouveautés pour donner l’impression que ça bouge. La nomination de Gérald Darmanin à l’intérieur n’est pas vraiment une surprise car l’intéressé lui-même visait  depuis longtemps ce poste stratégique dans une carrière politique t. La surprise vient surtout de la nomination au gouvernement d’Eric Dupond-Moretti, avocat pénaliste spécialiste des causes difficiles, dont les Français connaissent le visage et la voix via les médias et des prises de position parfois détonantes.

D’une certaine manière, il y a même une provocation d’avoir choisi un avocat populiste et radical,  spécialiste des critiques de l’appareil judiciaire. Encore dernièrement, il venait de prendre l’initiative de déposer une plainte dans le cas de l’affaire du paquet  national financier pour avoir sans doute été écouté. Dupond Moretti n’a pas manifesté un grand état d’âme en retirant sa plainte si tôt sa nomination comme ministre de la justice.

Des convictions fortes mais qui évoluent selon les circonstances et les causes. La défense de la veuve ou du truand chaque fois que cela peut servir la réputation médiatique même si c’est complètement contradictoire. Il faudra prévoir des heurts avec l’appareil judiciaire qui voit venir en quelque sorte un étranger qui avance plutôt avec des gros sabots qu’avec des chaussons de danse classique.  On sera en particulier très attentif à la manière dont le parquet pourra plus ou moins enterrer  tel ou tel dossier politiquement sensible et il n’en manque pas.

« Un expert sans conflit d’intérêt est un expert sans intérêt. »

« Un expert sans conflit d’intérêt est un expert sans intérêt. »

Dans un livre de 2014 ,pour expliquer les difficultés de recrutement, Bernard Dalbergue expliquait déjà la mainmise de nombre d’industrie pharmaceutique sur les  » experts »

 

.la majorité des pontes préfèrent désormais l’argent des labos aux honneurs. »

En 2011, Bernard Dalbergue ne tombe sans doute pas de sa chaise en découvrant le pot au rose, puisqu’il connaît de longue date ces experts et les usages du secteur. Mais le Victrelis est pour lui la couleuvre de trop à avaler, le symbole d’une industrie décidément bien malade.

« Habitude a été prise d’enfumer les autorités de santé. Mais le lancement de notre nouveau médicament frôle la démesure, écrit Bernard Dalbergue. Durant toute ma carrière, jamais je n’avais été le témoin de telles liaisons dangereuses entre des toubibs et une entreprise privée. »

Si elles sont avérées, ces infractions pourraient coûter cher au laboratoire, y compris dans son pays d’origine, où les législateurs ne plaisantent pas avec les conflits d’intérêt. Le puissant Foreign Corrupt Practices Act (FCPA) leur permet de sanctionner, souvent lourdement, des entreprises américaines suspectées de corruption, quel que soit le pays où les faits ont eu lieu.

250 RÉCLAMATIONS DISSIMULÉES

Ironie du sort : au moment même où la direction française de Merck s’empêtre dans ses contradictions, la maison mère du laboratoire déploie dans le monde entier un logiciel supposé l’alerter sur le moindre conflit d’intérêt potentiel.

Deux autres « affaires » relatées dans l’ouvrage posent une question plus grave : certains laboratoires sont-ils prêts à sacrifier certains patients sur l’autel du business ? Pour Bernard Dalbergue cela ne fait aucun doute. La preuve ? Ce stylo injecteur lancé par Merck pour administrer un traitement contre l’hépatite C.Commercialisé en 2002, il n’a été retiré du marché qu’en 2013 alors que le laboratoire a été alerté dès son lancement de ses dysfonctionnements.

Entre-temps, dix ans de « com » bien orchestrée préservent bon an mal an les ventes de son blockbuster avec un argument imparable : ce n’est pas le stylo qui pose problème mais les patients qui ne savent pas s’en servir. Quoi qu’il en soit, sans le savoir, une partie d’entre eux n’a régulièrement pas reçu le dosage adéquat du médicament.

Avec quelles conséquences ? « Difficile de le dire, puisque les incidents étaient très peu reportés », regrette Bernard Dalbergue qui, avec le recul, se demande comment il a pu cautionner et couvrir cela pendant dix ans.

Il cite un chiffre inquiétant : Merck, dit-il, a admis lors d’une réunion à l’agence du médicament avoir dissimulé 250 réclamations. Selon lui, la pharmacovigilance est « une vraie passoire » : ni les médecins, ni les laboratoires ne signalent correctement les problèmes qu’ils constatent. « Seuls 1% des cas apparaissent dans le radar, donc quand on voit apparaître un ou deux morts, il est vraiment temps de s’inquiéter. »

« REGARDER DANS LA BASE DE DONNÉES DE L’ASSURANCE MALADIE »

L’enquête complémentaire menée par Anne-Laure Barret, revient de son côté sur l’affaire du Vioxx, un anti-inflammatoire lancé par Merck au tournant des années 2000 et brusquement retiré du marché en 2004. Pourtant soupçonné d’avoir causé 20 000 à 40 000 morts prématurées aux Etats-Unis, il n’a curieusement pas fait l’objet d’investigations poussées de ce côté de l’Atlantique, constate la journaliste.

Pis, son successeur, un anti-inflammatoire de la même famille, a obtenu une AMM en 2008 malgré de sérieux doutes sur son efficacité et des données très préoccupantes quant à ses effets secondaires. « Ce traitement, prescrit à 50 0000 personnes en 2011 est-il, comme son cousin, un produit dangereux ? », interroge la journaliste.

Elle rassemble en tout cas des éléments troublants : le rapport d’un épidémiologiste américain soulignant les biais des essais cliniques, le rapport mitigé de la Haute Autorité de Santé, l’instance qui note les médicaments, ou encore la volte-face de l’Agence du médicament qui rédige des conclusions pour le moins contradictoires avance de donner son feu vert.

« Pour savoir si ce médicament tue, il suffirait aux autorités d’aller regarder dans la gigantesque base de données de l’Assurance maladie. On y trouve toutes les prescriptions. En les analysant et en les recoupant avec d’autres sources, sur les décès ou les hospitalisations, on pourrait facilement repérer les effets secondaires des médicaments en vie réelle », souligne Bernard Dalbergue.

Ces informations ont été exhumées dans l’affaire Mediator, mais depuis, aucun suivi systématique n’a été mis en place. « Personne n’y a intérêt, c’est explosif », juge-t-il.

Au-delà de ces affaires emblématiques, qui finiront peut-être un jour sur le bureau d’un juge, le médecin met aussi en lumière des pratiques qui, sans être illégales, interpellent. C’est le cas des techniques de marketing employées par les laboratoires, parfois à la limite de la manipulation.

Bernard Dalbergue les connaît par cœur, pour avoir lui-même participé à ces séminaires de formation intensifs organisés dans des hôtels luxueux aux quatre coins du monde. Il raconte l’« embrigadement quasiment sectaire » des visiteurs médicaux chargés de « vendre » les médicaments dans les cabinets et les hôpitaux.

Une armée dont le discours parfaitement formaté conquiert d’autant plus facilement qu’il est difficile, voire impossible, pour les médecins de relativiser ou interroger les informations qui leur sont communiquées. « Les études cliniques – quand elles sont publiées – sont bien trop complexes à décrypter, avec des biais savamment dissimulés. Même les experts s’y perdent ! Dans ce domaine, nous sommes aux mains des laboratoires », estime Bernard Dalbergue.

Une dépendance savamment orchestrée, dont il livre les secrets. Comment obtenir ses entrées à l’hôpital, quels arguments employer pour inciter un médecin à prescrire le médicament maison même s’il est notoirement moins bon que celui du concurrent, que lui faire miroiter comme contrepartie s’il accepte de cautionner un essai…? Voilà toutes les ficelles maîtrisées par un bon visiteur médical. On est très loin de la science et du progrès.

Social- Conflit des Retraites : la légitimité de la CFDT est celle de la démocratie

Social- Conflit des Retraites : la légitimité de la CFDT est celle de la démocratie

 

Plusieurs responsables  gauchistes (de Sud ou de la CGT notamment), contestent le droit de la CFDT à s’immiscer dans la gestion de la question des retraites. Ils n’hésitent  pas d’ailleurs à utiliser des discours et des moyens de type stalinien pour tenter d’empêcher la CFDT de jouer son rôle.

 

La légitimité de la CFDT pourtant indiscutable. D’abord il faut signaler  à ces militants gauchistes que les organisations réformistes sont majoritaires en France et que la CFDT est devenue le premier syndicat. Le concept même de régime universel des retraites avec concurremment la suppression des régimes spéciaux est une idée de la CFDT qui milite pour davantage de justice sociale.

 

Les discours staliniens et les actions complètement irresponsables aussi bien des militants gauchistes que des organisations radicales sont en train de tuer encore un peu plus le syndicalisme. Un mouvement déjà largement discrédité précisément du fait de l’incompétence et de l’irresponsabilité de dirigeants qui systématiquement conduisent le mouvement social dans le mur.

 

En cause, aussi la personnalité des dirigeants dont beaucoup ignorent tout de la complexité des dossiers et qui masquent leur incompétence par le simplisme et la radicalité de leur position. La médiocrité de certains syndicats ne peut attirer que des militants médiocres , une sorte  de cercle non vertueux infernal.

 

Conflit des Retraites : la légitimité de la CFDT est celle de la démocratie

Conflit des Retraites : la légitimité de la CFDT est celle de la démocratie

 

Plusieurs responsables  gauchistes (de Sud ou de la CGT notamment), contestent le droit de la CFDT à s’immiscer dans la gestion de la question des retraites. Ils n’hésitent  pas d’ailleurs à utiliser des discours et des moyens de type stalinien pour tenter d’empêcher la CFDT de jouer son rôle.

La légitimité de la CFDT pourtant indiscutable. D’abord il faut signaler  à ces militants gauchistes que les organisations réformistes sont majoritaires en France et que la CFDT est devenue le premier syndicat. Le concept même de régime universel des retraites avec concurremment la suppression des régimes spéciaux est une idée de la CFDT qui milite pour davantage de justice sociale.

 

Les discours staliniens et les actions complètement irresponsables aussi bien des militants gauchistes que les organisations radicales sont en train de tuer encore un peu plus le mouvement syndical. Un mouvement déjà largement discrédité précisément du fait de l’incompétence et de l’irresponsabilité de dirigeants qui systématiquement conduisent le mouvement social dans le mur.

 

En cause, aussi la personnalité des dirigeants dont beaucoup ignorent tout de la complexité des dossiers et qui masquent leur incompétence par le simplisme et la radicalité de leur position. La médiocrité de certains syndicats ne peut attirer que des militants médiocres , une sorte  de cercle non vertueux infernal.

 

Conflit Iran-Etats Unis: la reculade des iraniens

Conflit Iran-Etats Unis: la reculade des iraniens  

 

 

Dans le conflit Iran États-Unis, il y a les déclarations grandiloquentes sur fond d’exaltation du nationalisme mais aussi la réalité. Trump à montré ses muscles et sa capacité à atteindre n’importe quel responsable iranien. De leur côté les oligarques chiites  iraniens mobilisent leurs partisans dans la rue de manière complètement irresponsable ( 50 morts par bousculade lors de funérailles général iranien Qassem Soleimani ). L’Iran se sert de son bras armé en Irak pour avoir l’air moins honteux.  L’imam chiite irakien Moktada Sadr qui avait réactivé sa milice après l’assassinat par les Etats-Unis du général iranien Qassem Soleimani annonce en fait un trêve de la part de l’Iran. L’Iran  met la pédale douce en matière de représailles, se contentant de quelques fusées contre des installations militaires américaines en Irak qui n’ont fait que des dégâts mineurs.

Le président américain veut montrer sa fermeté mais il ne veut pas non plus entraîner son pays dans l’escalade surtout à la veille d’élections présidentielles ou la volonté de retrait des Américains des théâtres internationaux des conflits doit être affirmée pour faire plaisir aux populistes et autres nationalistes. De leur côté, les responsables iraniens ont nettement pris peur devant le potentiel d’intervention des États-Unis. En outre, il y a la situation économique catastrophique du pays aussi les manifestations contre la politique de rigueur en Iran réprimé dans le sang. Un pays de plus en plus divisés entre les fanatiques qui profitent du régime site corrompu et une grande partie du pays qui ne peut plus supporter cette dictature religieuse minoritaire.

L’imam chiite irakien Moktada Sadr, a  estimé mercredi que la crise en Irak était terminée au vu des discours d’apaisement prononcés à la fois par l’Iran et Donald Trump. Dans un communiqué, Moktada Sadr a également réclamé la formation dans les deux semaines à Bagdad d’un gouvernement capable de protéger la souveraineté de l’Irak, tout en continuant d’exiger le départ des troupes étrangères du pays.

“J’appelle les groupes armés irakiens à se montrer patients, à ne pas engager d’actions militaires, et à faire taire les voix extrémistes de certains éléments incontrôlables jusqu’à ce que tous les recours politiques, parlementaires et internationaux aient été épuisés”, a-t-il dit.

Donald Trump a assuré mercredi qu’aucun Américain n’avait été blessé par les tirs de missiles iraniens de la nuit en direction de bases situées en Irak, ce qui, selon lui, démontre que Téhéran ne veut pas d’une escalade militaire.

Macron -Philippe: un conflit inévitable

Macron -Philippe: un conflit inévitable

Pour l’instant, l’opposition entre Macron et Édouard Philippe n’apparaît pas au grand jour. Reste qu’elle demeure latente dans la mesure où le chef de l’État voulait engager une grande réforme des retraites avec le maximum de soutien possible, ce qui supposait de la limiter aux aspects structurels. Édouard Philippe, lui , a nettement compliqué la réforme en y incluant des aspects conjoncturels qui ne paraissaient pas urgents : la fameuse réforme paramétrique avec notamment le totem de l’âge pivot. Dans son allocution de fin d’année, Macron a été très vague sur le sujet. Visiblement il s’est borné à renvoyer la patate chaude à son Premier ministre.

Ce dernier joue  une stratégie de pourrissement pour faire passer sa réforme. Certes aujourd’hui, la mobilisation sociale paraît s’essouffler mais est bien difficile d’imaginer les perspectives. La France pourrait  un effet s’engager à nouveau dans un climat social délétère, style gilet jaune, qui ferait plonger la crédibilité et la popularité de Macron. Le conflit ne peut pas durer éternellement et le chef de l’État pourrait alors trancher en défaveur d’Édouard Philippe qui serait conduit alors  à démissionner. L’hypothèse n’est pas encore envisagée officiellement mais au sein de la majorité nombre de députés s’inquiètent  de l’entêtement d’un Premier ministre qui avec son totem de l’âge pivot paraît engager une certaine concurrence avec Macron en matière de détermination et de fermeté réformatrice. Citant nommément Édouard Philippe, le président demande à celui-ci de « trouver un compromis rapide » avec les syndicats afin que le gouvernement puisse se sortir de la nasse de la réforme des retraites. Une première pour Emmanuel Macron, qui dans ses vœux présidentiels précédents se contentait de faire référence au « Premier ministre » et à son « gouvernement ».

Cet usage de l’impersonnel, symptôme de la pratique très présidentialiste pour laquelle a opté le chef de l’État depuis son élection, a cédé la voie à une personnalisation pleine et entière du locataire de Matignon. Certains y voient une mise sous pression, une épée de Damoclès qui, en cas de non résolution du conflit opposant le gouvernement aux syndicats, aboutirait in fine à un changement de Premier ministre.

« Ça ravive la théorie selon laquelle Édouard Philippe pense à 2022″, évoque tout de go un député de l’aile gauche de La République en Marche auprès de BFMTV.com. Une hypothèse que colportait l’entourage d’Emmanuel Macron avant les vacances .

D’après ses détracteurs, la mise au pied du mur du Premier ministre permettrait de solder le bras de fer qui se jouerait depuis plusieurs semaines entre l’Elysée et Matignon. Lequel se résume ainsi: Emmanuel Macron et ses soutiens entendent mettre l’accent sur l’aspect social de la réforme, sur l’universalité du système de retraites à points, tandis qu’Édouard Philippe veut à tout prix rééquilibrer les finances dudit système, notamment via l’instauration d’un « âge pivot » à 64 ans.

Ce clivage, mis en exergue à maintes reprises selon que l’on se place du point de vue de l’Elysée ou de Matignon, aurait-il incité Emmanuel Macron à laisser un délai intenable à son Premier ministre avant de le remercier? Pour certains de  LaREM, Édouard Philippe a eu le tort de ne « pas jouer franc-jeu » vis-à-vis du chef de l’État depuis le début de cette séquence. C’est incompréhensible qu’il ait inclus l’âge pivot dans son discours devant le Cese. C’est à se demander s’il avait vraiment envie que la réforme passe.

L’irresponsabilité et l’incompétence du Premier ministre vont prolonger le conflit

L’irresponsabilité et l’incompétence  du  Premier ministre vont  prolonger le conflit

Finalement il semble bien que le gouvernement n’ait pas retenu grand chose du conflit des gilets jaunes qui s’est complètement enlisé pendant des semaines et des mois. Pendant longtemps, le pouvoir s’est refusé d’abord à considérer ce mouvement puis à tenir compte des revendications avant de céder sur nombre d’entre elles. On a ainsi perdu des semaines et des mois avec des conséquences économiques sans parler de la détérioration de l’image du pays. Finalement, le même scénario recommence mais à la place des gilets jaunes on a désormais le mouvement des gilets rouges qui risquent de déborder bien au-delà du 1er janvier et sans doute de  s’étaler pendant des semaines voire des mois. Certes le pouvoir a fait quelques concessions mais il reste à les préciser, approfondir et concrétiser. En outre, elle n’en sont pas à la hauteur des enjeux. Et sur la question centrale du report de l’âge à 64 ans, le pouvoir est en train de perdre la bataille médiatique. D’une manière ou d’une autre, il devra lâcher mais il donne des raisons aux plus radicaux de prolonger l’agitation sociale voir même de susciter un mécontentement plus global concernant d’autres sujets par exemple sur les salaires.

Progressivement le gouvernement va qui m’a lâché compris sur les régimes spéciaux ce qui videra la réforme de son contenu. Mais pour l’instant les syndicats ont seulement obtenu la tenue de discussions début janvier sur quatre chantiers : pénibilité, transitions vers le futur système unique de retraites par points, minimum contributif et fins de carrière. Sur l’instauration progressive à partir de 2022 d’un âge pivot à 64 ans à l’échéance 2027, le chef du gouvernement a dit avoir pris acte de l’hostilité des syndicats, la CFDT au premier chef, mais maintient le principe de cette option “juste” selon lui pour rééquilibrer financièrement le système.

“Dès les premiers jours de janvier, nous consulterons les partenaires sociaux et je proposerai mi-janvier une méthode qui nous permettra soit d’atteindre un accord qui pourrait se substituer à la solution proposée, soit d’améliorer celle-ci en tenant compte des propositions des syndicats”, a-t-il précisé lors d’une déclaration à l’issue des discussions. “Ça ne veut pas dire qu’il n’y aurait que l’âge d’équilibre. Il y a des marges de manœuvre, elles ne sont pas immenses mais elles existent”, a-t-il ajouté, en se disant confiant en un accord avec, sans les nommer, les centrales réformistes de la CFDT et de l’Unsa, favorables au système par points.

“L’âge d’équilibre, ce n’est pas simplement demander à certains de partir un peu plus tard, c’est aussi pour beaucoup de permettre de partir beaucoup plus tôt”, a-t-il notamment plaidé alors que la CFDT reste fermement opposée à un scénario paramétrique “inacceptable”. Edouard Philippe a fait état d’”avancées” à l’issue de la discussion de jeudi, mais plusieurs d’entre elles figurent déjà dans le document de travail diffusé par ses services après son discours du 11 décembre, notamment sur la pénibilité, le forfait jours ou la retraite progressive. Il a en outre identifié des pistes d’amélioration pour le minimum contributif prévu par la réforme, parmi lesquelles une hausse “au-delà de 85% du smic” pour les carrières complètes. Tout en maintenant l’objectif d’une suppression des régimes spéciaux, il a indiqué que les discussions au sein de la SNCF et de la RATP avaient ouvert des voies d’aménagement. “En ce qui concerne les agents de SNCF au statut, le gouvernement confirme son accord pour la mise en place de mesures favorisant la progressivité de la mise en œuvre de la réforme et le respect des droits acquis”, a-t-il dit. Pour les agents de la RATP, “les derniers échanges ont permis d’aboutir à des avancées importantes sur la question des transitions, ces avancées sont sur la table, chacun les jugera.”

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, pour qui “rien n’a changé”, a appelé dès sa sortie de la réunion à une nouvelle journée d’actions interprofessionnelle le 9 janvier. Pour Yves Veyrier (FO), “le Premier ministre essaye de nous prendre dans une forme de piège”. “On nous propose des discussions très vite, mais avec une contrainte (…), le projet de loi est écrit”, a-t-il indiqué. “C’est au gouvernement d’appuyer sur le bouton pause”. “Il y a un désaccord sur la temporalité qui consiste à dire qu’il y aura besoin urgemment de mesures punitives pour les travailleurs et un désaccord sur la méthode elle-même”, a jugé Laurent Berger, tout en saluant “une volonté de dialogue” à l’issue de la réunion. “Si début janvier cet âge d’équilibre était toujours dans l’horizon, nous aurions des initiatives”, a ajouté le secrétaire général de la CFDT qui ne se joint pas à l’appel du 9 janvier.

L’irresponsabilité totale du Premier ministre va prolonger le conflit

L’irresponsabilité totale du  Premier ministre va prolonger le conflit

Finalement il semble bien que le gouvernement n’ait t pas retenu grand chose du conflit des gilets jaunes qui s’est complètement enlisé pendant des semaines et des mois. Pendant longtemps, le pouvoir s’est refusé d’abord à considérer ce mouvement puis à tenir compte des revendications avant de céder sur nombre d’entre elles. On a ainsi perdu des semaines et des mois avec des conséquences économiques sans parler de la détérioration de l’image du pays. Finalement, le même scénario recommence mais à la place des gilets jaunes on a désormais le mouvement des gilets rouges qui risquent de déborder bien au-delà du 1er janvier et sans doute de  s’étaler pendant des semaines voire des mois. Certes le pouvoir a fait quelques concessions mais il reste à les préciser, approfondir et concrétiser. En outre, elle n’en sont pas à la hauteur des enjeux. Et sur la question centrale du report de l’âge à 64 ans, le pouvoir est en train de perdre la bataille médiatique. D’une manière ou d’une autre, il devra lâcher mais il donne des raisons aux plus radicaux de prolonger l’agitation sociale voir même de susciter un mécontentement plus global concernant d’autres sujets par exemple sur les salaires.

Progressivement le gouvernement va qui m’a lâché compris sur les régimes spéciaux ce qui videra la réforme de son contenu. Mais pour l’instant les syndicats ont seulement obtenu la tenue de discussions début janvier sur quatre chantiers : pénibilité, transitions vers le futur système unique de retraites par points, minimum contributif et fins de carrière. Sur l’instauration progressive à partir de 2022 d’un âge pivot à 64 ans à l’échéance 2027, le chef du gouvernement a dit avoir pris acte de l’hostilité des syndicats, la CFDT au premier chef, mais maintient le principe de cette option “juste” selon lui pour rééquilibrer financièrement le système.

“Dès les premiers jours de janvier, nous consulterons les partenaires sociaux et je proposerai mi-janvier une méthode qui nous permettra soit d’atteindre un accord qui pourrait se substituer à la solution proposée, soit d’améliorer celle-ci en tenant compte des propositions des syndicats”, a-t-il précisé lors d’une déclaration à l’issue des discussions. “Ça ne veut pas dire qu’il n’y aurait que l’âge d’équilibre. Il y a des marges de manœuvre, elles ne sont pas immenses mais elles existent”, a-t-il ajouté, en se disant confiant en un accord avec, sans les nommer, les centrales réformistes de la CFDT et de l’Unsa, favorables au système par points.

“L’âge d’équilibre, ce n’est pas simplement demander à certains de partir un peu plus tard, c’est aussi pour beaucoup de permettre de partir beaucoup plus tôt”, a-t-il notamment plaidé alors que la CFDT reste fermement opposée à un scénario paramétrique “inacceptable”. Edouard Philippe a fait état d’”avancées” à l’issue de la discussion de jeudi, mais plusieurs d’entre elles figurent déjà dans le document de travail diffusé par ses services après son discours du 11 décembre, notamment sur la pénibilité, le forfait jours ou la retraite progressive. Il a en outre identifié des pistes d’amélioration pour le minimum contributif prévu par la réforme, parmi lesquelles une hausse “au-delà de 85% du smic” pour les carrières complètes. Tout en maintenant l’objectif d’une suppression des régimes spéciaux, il a indiqué que les discussions au sein de la SNCF et de la RATP avaient ouvert des voies d’aménagement. “En ce qui concerne les agents de SNCF au statut, le gouvernement confirme son accord pour la mise en place de mesures favorisant la progressivité de la mise en œuvre de la réforme et le respect des droits acquis”, a-t-il dit. Pour les agents de la RATP, “les derniers échanges ont permis d’aboutir à des avancées importantes sur la question des transitions, ces avancées sont sur la table, chacun les jugera.”

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, pour qui “rien n’a changé”, a appelé dès sa sortie de la réunion à une nouvelle journée d’actions interprofessionnelle le 9 janvier. Pour Yves Veyrier (FO), “le Premier ministre essaye de nous prendre dans une forme de piège”. “On nous propose des discussions très vite, mais avec une contrainte (…), le projet de loi est écrit”, a-t-il indiqué. “C’est au gouvernement d’appuyer sur le bouton pause”. “Il y a un désaccord sur la temporalité qui consiste à dire qu’il y aura besoin urgemment de mesures punitives pour les travailleurs et un désaccord sur la méthode elle-même”, a jugé Laurent Berger, tout en saluant “une volonté de dialogue” à l’issue de la réunion. “Si début janvier cet âge d’équilibre était toujours dans l’horizon, nous aurions des initiatives”, a ajouté le secrétaire général de la CFDT qui ne se joint pas à l’appel du 9 janvier.

Boris Johnson dans le viseur de la justice pour conflit d’intérêts

Boris Johnson dans le viseur de la justice pour conflit d’intérêts

 

 

 

Le donneur de leçons ultra libérales, Boris Johnson est pris dans la nasse de ses contradictions. Lui, qui ne cesse de contester les interventions de l’État, aurait mis les mains dans le pot de confiture publique pour en faire bénéficier (selon le Sunday Times), Jennifer Arcuri, ancienne mannequin américaine devenue femme d’affaires, aurait touché au total 126.000 livres sterling (141.000 euros) d’argent public ; sans parler des autres facilités offertes par Boris Johnson que l’intéressée développe son business. Bref quand l’ultralibéralisme est conseillé pour les autres mais pas pour ses propres combines. On peut évidemment comprendre que Johnson est entretenu des liens d’amitié solide avec l’ancien mannequin mais rien ne justifiait sans doute qu’on utilise des fonds publics pour continuer de nourrir cette amitié.

 

Le Premier ministre britannique, qui a essuyé depuis son arrivée au pouvoir fin juillet plusieurs revers cuisants de la part du Parlement comme de la justice face à sa volonté de réaliser coûte que coûte le Brexit au 31 octobre, était maire de Londres de 2008 à 2016.A la suite de la révélation de cette affaire, l’administration régionale du grand Londres a saisi le service compétent en la matière – l’Independent Office for Police Conduct (IOPC) – afin qu’il évalue s’il y a lieu d’ouvrir une enquête pénale contre l’ancien maire de Londres, a-t-elle annoncé vendredi dans un communiqué.

 

Il apparaîtrait que, grâce à ses liens d’amitié avec Boris Johnson, Jennifer Arcuri a pu participer à des missions commerciales et bénéficier de contrats de sponsoring dont elle et ses sociétés n’auraient pas pu bénéficier autrement, selon le texte.

En cause, un contrat de sponsoring en 2013 pour un montant de 10.000 livres sterling (11.200 euros) et un autre de 1.500 livres sterling (1.700 euros) en 2014 dont a bénéficié la société de Mme Arcuri, Innotech. Elle avait également pu avoir accès à des événements à Singapour ou en Malaisie, ou encore à New York.

Selon le Sunday Times, Jennifer Arcuri aurait également reçu 15.000 livres sterling (17.000 euros) de fonds gouvernementaux en 2014 dans le cadre d’un programme destiné à encourager les entrepreneurs étrangers à monter des sociétés au Royaume-Uni et réussi à décrocher 100.000 livres sterling (112.000 euros) cette année de fonds destinés aux entreprises britanniques, alors qu’elle s’est réimplantée aux Etats-Unis.

Conflit d’intérêts du secrétaire général de l’Élysée: affaire enterrée

Conflit d’intérêts du secrétaire général de l’Élysée: affaire enterrée

 

Elysée : Une nouvelle affaire politico- financière encore enterrée par la justice. Cette fois celle du secrétaire général de l’Élysée fonctionnaire qui a entretenu des liens sulfureux avec une entreprise de sa famille. En juin, Macron lui-même avait donné la tonalité à la justice en disculpant par avance l’intéressé. Il semble bien que la justice est été sensible à l’argumentaire en forme de défense de la part de Macron.

 

. Il y avait  soupçon d’ingérence parce  que le principal collaborateur de Macron a occupé des fonctions dans les ministères qui gérait la construction navale, chez le constructeur STX comme administrateur et comme directeur financier de MSC, le croisiériste client de STX ; En outre et surtout l’intéressé n’a pas explicité la nature de ses relations familiales avec les dirigeants de MSC.

Emmanuel Macron, qui avait refusé dans un premier temps de s’exprimer sur l’enquête pour prise illégale d’intérêt et trafic d’influence visant le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler, est sorti de son silence en juin  pour saluer la “probité exemplaire” de son conseiller. Reste à savoir si Kohler s’est effectivement joué de son influence pour par exemple avantager MSC.la défense globale de Macron concernant son équipe n’apporte pas d’éléments pertinents de ce point de vue.  Mon équipe “a toute ma confiance”, avait  dit le chef de l’Etat français à des journalistes à bord de l’avion le menant d’Ottawa à Montréal, au deuxième jour de sa visite au Canada. “Je connais chacun de ses membres, ce sont des gens d’une probité exemplaire et lui au premier chef”.

 

Un peu plus tôt, lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau, il s’était refusé à tout commentaire, invoquant la “procédure judiciaire en cours” et le fait qu’il ne parlait “jamais de sujets domestiques” lorsqu’il était à l’étranger. A l’origine de cette enquête, une plainte de l’association de lutte anticorruption Anticor pour prise illégale d’intérêt et trafic d’influence contre ce proche conseiller d’Emmanuel Macron qui a notamment représenté à partir de 2010 l’APE auprès des Chantiers de l’Atlantique/STX France, dont MSC est un client. ”.

 

 Au lendemain de perquisitions au ministère de l’Economie et des Finances, notamment à l’Agence des participations de l’Etat, dans le cadre de cette enquête, le gouvernement a fait front autour d’Alexis Kohler. “Aujourd’hui, on cherche à tout prix à chercher des problèmes quand il n’y en a pas”, avait  estimé sur LCI le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer qui evidemmenet n’en sait strictement rien ! “Je le connais bien Alexis Kohler, il est droit, c’est un homme intègre, c’est l’intérêt général personnifié, je sais très bien qu’il n’y a rien derrière ça”, a-t-il dit. le Premier ministre Edouard Philippe, en déplacement à Toulouse, a aussi apporté un soutien appuyé au secrétaire général de l’Elysée, tout en refusant de commenter la procédure en cours. “Je connais bien Alexis Kohler, depuis longtemps, et je travaille avec lui quasiment tous les jours. Je ne peux en dire que du bien”, a-t-il déclaré à LCI. “Il fait partie de ceux qui incarnent pour moi le mieux ce qu’est le sens de l’Etat”. Avec de tels appuis Alexis Kohler n’avait pas besoin d’avocat.  Ceci étend la justice demeure évidemment indépendante !

Conflit commercial Chine-USA : risques de chaos mondial ?

Conflit commercial  Chine-USA : risques de chaos mondial ?

Des médias s’interrogent ce matin sur les risques pouvant découler de l’amplification du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine. Les dernières évolutions ont vu les États-Unis décider de taxer 300 milliards supplémentaires d’importations chinoises. La réplique de la Chine a consisté à interdire l’importation de produits agricoles américains ; en outre, la banque centrale chinoise est accusée  par les États-Unis de manipuler sa monnaie pour la rendre plus compétitive. On peut penser que d’autres mesures de rétorsion seront prises par les deux parties. En tout cas, la perspective d’un accord d’ici la fin de l’année semble s’éloigner. Il est clair que ce conflit aura des conséquences sur l’ensemble de l’économie d’abord compte tenu du poids économique respectif de la Chine et des États-Unis, ensuite compte tenu du rôle que joue le dollar comme monnaie internationale enfin en raison de l’inflation qui risque de pénétrer d’abord en Chine puis de contaminer l’ensemble du monde. Ce qui est engagé entre les États-Unis et la Chine est une guerre commerciale, une guerre monétaire et une guerre technologique. Un conflit qui a déjà des conséquences notamment en pesant sur les échanges internationaux. En Europe,  l’industrie allemande est par exemple très touchée par le ralentissement de la croissance en Chine et craint un renchérissement des exportations d’automobiles aux États-Unis avec le risque de taxation supplémentaire évoquée à de nombreuses reprises le président américain.  la guerre monétaire, elle, est commencée depuis longtemps depuis que les banques centrales se sont engagées dans des politiques accommodantes pour remédier à la crise de  2007. Le fait de baisser sans cesse les taux d’intérêt et les rachats d’actifs constituent une manière de faire tourner la planche à billets et de dévaluer la monnaie dont la valeur ne représente plus alors la richesse d’un pays ou d’une zone monétaire. Cette stratégie dite accommodante et pratiquée par toutes les banques centrales. Elle ne pourra aboutir un jour qu’à un réajustement brutal des valeurs des monnaies voir à une crise du système financier international. La troisième conséquence est d’ordre technologique. Les Américains veulent  bloquer la progression technologique de la Chine qui pourrait mettre en dépendance nombre de secteurs. Voir à cet égard le conflit concernant la technologie 5G. Le problème,  c’est que c’est différent aspects  de la crise se déroulent sur un fond de ralentissement économique très dangereux. Les marges de manœuvre des Etats et des banques centrales se réduisent d’autant plus pour soutenir l’activité. Dans un climat très mouvant, les incertitudes s’accumulent ; les entreprises et les ménages choisissent plutôt l’attentisme. D’une certaine façon, la crise nourrit la crise. La première conséquence sera un nouvel affaiblissement de la croissance à la fin de l’année et en 2020. Dans nombre de pays on frôlera la récession.

Cachemire : un nouveau terrain de conflit mondial

Cachemire : un nouveau terrain de conflit

Dans la période,  le monde n’avait sans doute pas besoin d’un nouveau site de conflit susceptible de peser sur l’avenir de la paix. C’est pourtant ce qui vient d’arriver avec la décision de l’Inde de supprimer le statut d’autonomie du cachemire. Une région revendiquée depuis longtemps d’une part par le Pakistan d’autre part par l’Inde. Ce statut d’autonomie permettait une sorte de statu quo pour éviter un affrontement guerrier. Les autorités indiennes ont prétexté l’action d’autonomistes  pour prononcer  la révocation du statut d’autonomie dont bénéficiait jusque là le territoire du Cachemire

“La Constitution s’appliquera intégralement dans le Jammu-et-Cachemire”, a annoncé le ministre indien de l’Intérieur Amit Shah, privant l’Etat du nord de l’Inde du droit d’élaborer ses propres lois.

Dans un communiqué, les autorités pakistanaises ont condamné la décision du gouvernement indien, qualifée “d’illégale”, et ont prévenu qu’elles emploieraient “tous les moyens” pour la dénoncer.

“Partie prenante de ce contentieux international, le Pakistan emploiera tous les moyens possibles pour contrer cette démarche illégale”, a dit le ministère pakistanais des Affaires étrangères.

De nombreux responsables locaux avaient mis en garde les autorités de New Delhi contre leur volonté de supprimer le statut d’autonomie spécial en vigueur dans le Cachemire, disant redouter de nouvelles violences.

Mais le Premier ministre indien Narendra Modi et son parti nationaliste hindou Bharatiya Janata (BJP), reconduits au pouvoir aux législatives de mai dernier, militaient de longue date pour un changement radical dans le territoire, jugeant que son autonomie nuisait à son intégration au reste de l’Inde.

Le Cachemire est touché depuis la partition de 1947 par une vague interrompue de violences imputables notamment aux revendications territoriales du Pakistan et à l’insurrection de séparatistes musulmans, qui ont fait des dizaines de milliers de victimes.

Deux des trois guerres que se sont livrées les deux Etats voisins, qui appartiennent depuis vingt ans au club des puissances nucléaires, ont trouvé leur origine dans la question du Cachemire.

Les tensions s’y sont encore ravivées vendredi lorsque les autorités indiennes ont lancé un appel à la vigilance contre d’éventuels actes terroristes planifiés par des insurgés que New Delhi accuse d’être soutenus par Islamabad, ce que le Pakistan dément.

Chine : un État voyou qui se confirme dans le conflit avec le Canada

  • Chine : un État voyou qui se confirme dans le conflit avec le Canada

 

La Chine ne fait pas dans la dentelle ni sur le terrain économique ni sur le terrain politique. Les vieilles méthodes de la dictature sont toujours de mise. Pour riposter à l’arrestation au Canada de la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei Technologies,  la Chine a simplement arrêté trois ressortissants canadiens tout à fait au hasard. D’abord l’ancien diplomate Michael Kovrig et l’homme d’affaires Michael Spavor et très récemmen un troisième. Accusée d’avoir favorisé une violation des sanctions imposées par Washington à l’Iran, Meng a été libérée sous caution mais a l’interdiction de quitter le Canada dans l’attente d’une audience d’extradition vers les Etats-Unis fixée à février prochain. Les  diplomates occidentaux en poste à Pékin et d’anciens diplomates canadiens estiment qu’il s’agit de mesures de rétorsion prises par le gouvernement chinois. Donald Trump, qui a engagé une guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, a déclaré la semaine passée à Reuters qu’il pourrait intervenir dans ce conflit si cela servait les intérêts de la sécurité nationale américaine ou si cela aidait à conclure un accord commercial avec la Chine. Une manière aussi de mettre de l’huile  sur  le sur le feu. Mais ce n’est toutefois pas une raison pour donner la moindre légitimité au méthodes de l’État voyou qu’est la Chine qui ne se prive pas non seulement évidemment de réprimer toute opposition dans son pays mais de s’asseoir aussi sur tout concept de droits de l’homme pour servir ses intérêts économiques. Car l’enjeu c’est évidemment de faire pression sur les États-Unis dans le cadre de la future négociation commerciale sur les droits de douane. L’enjeu est également très stratégique concernant le géant chinois des télécoms Huawei car il s’agit d’imposer la technologie chinoise au monde entier non seulement dans un n’objectif économique mais aussi sociétal.

Soupçons de conflit: Alexis Kohler : ce n’est pas une affaire (Elysée)

Soupçons de conflit: Alexis Kohler : ce n’est pas une affaire (Elysée)

Pour le gouvernement ce n’est  est pas uen affaire «la hiérarchie, qui était informée de ses liens personnels, a naturellement veillé au conflit d’intérêt potentiel. C’est donc bien volontiers que Monsieur Kohler communiquera spontanément au parquet l’ensemble des documents qui prouvent sa conduite respectueuse du droit dans toutes les circonstances de son parcours professionnel et mettra ainsi un terme à bref délai au soupçon totalement infondé qui a été jeté sur lui, à l’évidence en raison de ses fonctions de secrétaire général de l’Elysée», assure la présidence. «Cette plainte s’appuie sur des articles de presse de Mediapart qui contiennent de nombreuses et graves erreurs factuelles», ajoute l’Elysée. Christophe Castaner, le secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement a d’abord indiqué que les associations comme Anticor «multiplient des initiatives… et les perd souvent».En attendant uen perquisition a été effectuée à Bercy par la PNF.  A suivre comme toutes les autres affaires qui n’en sont pas !

 

 

 

Sondage Conflit SNCF : poursuite en juillet pour 73%

Sondage Conflit SNCF : poursuite en juillet pour 73%

Selon un sondage IFOP, les français sont assez pessimistes sur l’évolution du conflit dont ils pensent qu’il se prolongera en juillet pour 73% des sondés. Cependant ils sont 80% à estimer que le gouvernement ira jusqu’au bout de sa réforme. Une majorité se dégage aussi pour appuyer cette volonté de réforme gouvernementale pour 64% ; Tout parait réuni pour que le conflit s’enlise m^me si la participation diminue de manière sensible.Sur le fond de la mobilisation, les positions de l’opinion semblent s’être cristallisées. 42% des Français disent trouver la contestation des cheminots justifiée, soit autant que la semaine dernière. Atteignant 47% le 11 avril, le soutien à la grève s’était légèrement effrité avant de se stabiliser depuis le début du mois de mai.  Le nombre de Français qui souhaitent que le gouvernement aille au bout de la réforme est également stable par rapport à la semaine dernière à 64%. Un chiffre qui est toutefois nettement plus élevé que fin mars où le soutien à la réforme atteignait à peine la majorité (51%). Enfin, 80% des Français affirment penser que le gouvernement ira au bout du projet de loi. C’est deux points de moins que la semaine dernière.

 

 

Le patron de la SNCF spectateur du conflit

 Le patron de la SNCF spectateur du conflit

 

Pepy tente d’exister dans le conflit en cours mais force est de constater qu’il ne joue qu’un rôle de spectateur. On objectera que les décisions visant l’entreprise nationale concernent la collectivité. Il n’empêche que le patron de la SNCF ne peut se limiter à un rôle de spectateur ou de commentateur. Ce qu’il lui a réussi dans le passé. Grand communiquant, le patron de la SNCF jusque là surtout compté sur cette qualité pour éviter d’engager des réformes trop significatives. En gros, il a avalé toutes les couleuvres du pouvoir considérant que toutes les orientations passées ou présentes allaient dans le bon sens. La dernière mascarade est sans doute celle de la fausse réforme de 2015 qui voulait faire croire qu’on avait séparé les différentes activités de la SNCF alors qu’elles dépendaient toutes du même holding toujours dirigé par…. Pepy. Impuissant face au confit qui se déroule, Pepy, comme madame soleil, fait des pronostics et pense qu’il n’y aura pas de grève durant l’été. On attendrait de lui autre chose, un plan d’entreprise par exemple pour prévoir les efforts de compétitivité, l’amélioration de la qualité et le redressement des comptes. Si la SNCF veut vraiment se reformer, il lui faudra un vrai patron, pas un énarque qui a fait toute sa carrière dans les cabinets. Pour l’instant, il se contente d’être la voix de son maitre du gouvernement :   « Parmi les Français, personne ne supporterait que la grève morde sur les grandes vacances, et je pense que les cheminots eux-mêmes n’ont pas envie de gâcher les vacances des Français », a déclaré Guillaume Pepy« Ça n’est pas imaginable », a même appuyé le patron, qui n’a pourtant pas le pouvoir de mettre un terme ou empêcher le mouvement social des cheminots en réaction à la réforme de la SNCF. En fait, comme souvent Pepy parle pour ne rien dire et surtout ne rien faire.

SNCF : 3 conditions pour sortir du conflit (Laurent Berger, CFDT)

SNCF : 3  conditions pour sortir du conflit (Laurent Berger, CFDT)

 

Laurent Berger dont le syndicat est largement impliqué dans le conflit SNCF est toutefois lucide ; Il ne le dit pas clairement mais pense que le gouvernement ne reviendra pas sur plusieurs aspects : le statut des cheminots, la concurrence et la transformation juridique de l’entreprise. Du coup pour lui, reste 3 conditions pour sortir des conflits : l’apurement de la dette, le financement des investissements et le contenu de la convention collective qui va se substituer aux statuts pour les nouveaux embauchés.  Laurent berger : «  Ce rendez-vous est pour moi un acte d’ouverture. J’en attends des engagements clairs sur la reprise de la dette, la politique d’investissement de l’Etat dans le ferroviaire et la garantie de l’Etat que l’Union des transports ferroviaires négociera une convention collective de haut niveau en matière notamment de protection sociale… ». Il n’est toutefois pas certain que le gouvernement veuille s’engager sur ces derniers point tellement sa réforme est mal préparée, souvent contradictoire et surtout idéologique. Macron veut en effet une victoire totale, en bref écraser l’entreprise, les cheminots et les syndicats pour montrer se muscles et sa posture de grand réformateur. De leur coté CGT et Sud ne céderont que par épuisement des troupes. Le conflit risque de durer et par parenthèse de tuer la croissance du second trimestre. Un enjeu que ni les uns, ni les autres ne semblent prendre en compte. Bref pour l’instant la radicalité vaut pour les eux camps sauf pour la CFDT qui préférait la négociation.

 

SNCF : le conflit va durer (Laurent Berger, CFDT)

SNCF : le conflit va durer (Laurent Berger, CFDT)

Contrairement à Air France (la CFDT recommande la reprise du travail), Laurent berger adopte une  ligne dure sur la SNCF. En cause, le fait qu’il ne constate aucune réelle ouverture de négociation. Cependant il a ouvert la porte sur les objectifs qui pourraient faire l’objet d’un compromis à savoir la dette, le financement des investissements et les garanties de la convection collective remplaçant le statut des cheminots. De fait le taux moyen des grévistes diminue mais la mobilisation reste pratiquement intacte chez les conducteurs avec toujours autour de 60% de grévistes, ce qui compte tenu des situations de repos et congés représente environ 80%. La grève tient donc même si le soutien populaire s’affaisse légèrement. Berger critique evidemmenet l’absence de négociation mais tout autant la volonté du gouvernemenet d’humilier les cheminots. “L’issue du conflit, c’est d’abord les trains qui circulent normalement mais c’est aussi que les cheminots ne se sentent pas humiliés”, a-t-il ajouté. Il a critiqué ceux qui avaient “fait croire” que les cheminots étaient “ultra-privilégiés” alors que “la moitié d’entre eux sont payés 1,3 fois le smic». Edouard Philippe a proposé mardi aux syndicats de la SNCF menant le mouvement de grève – CGT, l’Unsa, Sud et la CFDT – de les rencontrer le 7 mai, un rendez-vous qu’ils réclamaient, excédés par la tournure de la concertation avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne. Pour la CFDT, ce rendez-vous est “extrêmement important” car le gouvernement doit y préciser quel “financement (…) du système ferroviaire il propose”, que ce soit la reprise de la dette – 47 milliards d’euros pour la seule SNCF – ou encore des investissements. Le syndicat attend également des garanties dans la future convention collective remplaçant le statut des cheminots. Près de six Français sur dix (59%) jugent que la grève des cheminots n’est pas justifiée et 62% d’entre eux souhaitent que le gouvernement aille jusqu’au bout dans ce dossier, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche.

La dette, question centrale du conflit SNCF

La dette, question centrale du conflit SNCF

Le cœur de la réforme tourne autour de la reprise de la dette (ce qui a été fait en Allemagne) car depuis des dizaines et des dizaines d’années toutes les réformes ont mis cette question sous le tapis. Or aucune société ne peut partir avec un handicap de 55 milliards de dettes ou même de la moitié. Or il semble bien que le gouvernement ne veut pas s’engager sur ce terrain et préfère parler du statut. Au total, la dette annuelle de la SNCF s’élève à près de 55 milliards d’euros et c’est SNCF Réseau, selon le rapport Spinetta sur l’avenir du transport ferroviaire, qui en concentre l’essentiel avec une ardoise de près de 46 milliards d’euros en 2017. SNCF Mobilités affiche, de son côté, une dette commerciale de 7,9 milliards d’euros rapporte Le Monde, qui s’explique notamment par les pertes causées par l’ouverture du fret à la concurrence. Il faut ajouter des frais financiers de 1,5 milliard d’euros en 2017 qui correspondent au remboursement de cette même dette. La dette est ancienne, elle a pratiquement toujours existé car le fer n’est pas rentable sauf sur une ou deux lignes. Du coup la dette ne cesse de gonfler pour équilibrer les déficits d’exploitation, pour l’investissement et pour entretien d’un réseau qui en a bien besoins. Du coup c’est 1.5 milliards de frais financiers par an (et sans remboursement du capital). L’entreprise doit rembourser une dette toujours plus grande et, donc, de nouveaux intérêts liés à l’augmentation des emprunts.  Il n’y a pas d’autre issue » que la reprise de la dette par l’Etat  »parce que ce n’était pas la dette des cheminots, ni celle des usagers », a déclaré de son côté Laurent Berger de la CFDT.  De son côté, l’exécutif reste flou sur la question. Interrogée vendredi sur franceinfo, la ministre des Transports, Elisabeth Borne, a refusé de prendre un engagement clair, estimant qu’« on ne peut pas s’occuper de la dette aujourd’hui et qu’elle se reconstitue demain ». La ministre a également laissé entendre que l’Etat, s’il devait reprendre la dette, n’en reprendrait qu’une partie. Autant dire que le gouvernement se prépare à une demi réforme qui reproduira les m^me effets d’ici 10 ans. Faute de reprise totale de la dette la réforme juridique de l’entreprise n’aura aucun sens car l’entreprise sera bien contrainte d’avoir recours à l’emprunt pour boucler budget d’exploitation et investissement. Au total on peut attendre à une demi réforme, avec une demi reprise (ou moins à) de la dette et à un demi échec de la reforme.

SNCF : les vraies raisons du conflit (Guy Groux)

SNCF : les vraies raisons du conflit (Guy Groux)

 

par Guy Groux, directeur de recherche, associé au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Article sur Franceinfo


A la veille d’un conflit touchant la SNCF, la question du statut semble l’emporter sur bien des volets de la réforme proposée par le gouvernement, et pour cause. D’hier à aujourd’hui, des mineurs aux cheminots, le statut des personnels et des entreprises nationalisées ont toujours été au cœur de l’identité et des mobilisations revendicatives des salariés concernés. Dès lors, il était évident que sa mise en cause par la réforme actuelle ne pouvait déboucher que sur un conflit d’importance. Certes, les personnels en place sont assurés de conserver leur statut professionnel et les avantages qui lui sont liés, seuls les nouveaux embauchés étant concernés par un nouveau régime. Mais c’est précisément là que réside la force symbolique du statut du cheminot qui implique des capacités de mobilisation élevée dès lors que celui-ci est menacé, même de façon potentielle.

Néanmoins, une question se pose. Et si par-delà le statut et les raisons catégorielles de le défendre, d’autres raisons étaient à l’œuvre, dépassant le cadre même de l’entreprise ? Ne faut-il pas rechercher du côté des syndicats, mais aussi des pouvoirs publics, les raisons d’un conflit qui peut s’avérer long et difficile ?

Pour la CGT, un enjeu stratégique

Parmi les syndicats, c’est surtout la CGT et sa fédération de cheminots qui disposent d’une position à la fois particulière et éminente. Dès l’annonce des intentions gouvernementales initiales liées au rapport Spinetta, elle prônait une mobilisation d’ampleur, prédisant même une grève « d’au moins un mois ». Hormis Sud, elle était seule alors, mais depuis les autres organisations représentatives – l’Unsa et la CFDT – l’ont ralliée, et ceci sur des bases d’action bien plus radicales, le conflit étant programmé d’avril à juin prochain. Certes, outre l’attachement des cheminots à leur statut, la proximité des élections professionnelles prévues pour l’automne prochain explique en partie cette adhésion de tous les syndicats au mouvement de grèves à venir. Mais au-delà des intentions ou des spécificités propres à chaque organisation, c’est bien la situation actuelle de la CGT au niveau local mais aussi au niveau national qui permet de mieux comprendre l’éventualité d’un conflit annoncé comme très dur.

Paradoxe d’aujourd’hui comparé au passé. Durant les « Trente glorieuses », c’est au nom de sa puissance et de son hégémonie que la CGT appelait à de vastes mobilisations ou à des grèves très revendicatives.

A présent, tout se passe comme si la détermination de la CGT constituait une réponse aux divers reculs et à l’affaiblissement qu’elle subit depuis de longues années.Guy Groux, directeur de recherche au Cevipof

En ce sens, nous sommes très loin d’une situation à la « 95″ et du mouvement contre les mesures du plan d’Alain Juppé. Comme dans d’autres « bastions », l’influence de la CGT à la SNCF est en net recul. En 1996, elle disposait lors des élections d’entreprise d’une majorité quasi-absolue, près de 48% des suffrages ; en 2006, son score était de près de 40% ; désormais, elle représente à peine un peu plus du tiers des suffrages (34,33%).

Au niveau national, la situation est également très critique. Fait sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la CGT n’est plus la première organisation syndicale française, la CFDT l’ayant devancée en 2017. Ces reculs et déboires électoraux s’accompagnent aussi de lourds revers sur le terrain des luttes sociales et des grandes mobilisations nationales contre les diverses réformes voulues par le pouvoir politique au cours des dernières années. Les mouvements d’opposition à la loi El Khomri ou aux « ordonnances Macron » ont débouché sur des échecs patents. Aujourd’hui, un nouvel échec des luttes des cheminots pour la défense de leur statut entraînerait la CGT dans une spirale de plus en plus infernale.

Pour le gouvernement, une réforme symbolique

Cet échec n’est pas impossible, il est même fort probable, le gouvernement semblant déterminé à mener à bien la réforme de la SNCF comme l’a récemment affirmé Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie. En fait, par-delà les initiatives gouvernementales, c’est surtout du côté du président de la République que beaucoup de choses se jouent. Pour diverses raisons, celui-ci ne peut pas renoncer à la réforme engagée et notamment au niveau de ce qui symbolise celle-ci, à savoir le fameux statut des cheminots.

Pour Emmanuel Macron, renoncer à cette réforme aurait un coût politique considérable du point de vue du programme qu’il s’est fixé dès la campagne présidentielle, mais aussi du point de vue de l’opinion ou des attentes européennes à l’égard des réformes entamées dans notre pays.Guy Groux, directeur de recherche au Cevipof

À l’évidence, la mise en cause totale ou partielle de la réforme de la SNCF interviendrait dans un contexte où d’autres réformes importantes sont à l’œuvre et où de nouvelles réformes sont prévues comme celle des retraites notamment. Dès lors, face aux multiples résistances que déclenchent tout mouvement global de réformes et tout changement, le pouvoir politique serait durablement affaibli et les réformes à venir bien plus difficiles à réaliser comme l’espèrent d’ailleurs beaucoup d’opposants de droite comme de gauche.

Le coût politique d’un recul du gouvernement se situerait aussi sur le terrain de l’opinion. La popularité d’Emmanuel Macron repose sur un ensemble composite allant d’une certaine gauche moderniste au centre-droit en passant par un électorat plus conservateur mais qui, pour diverses raisons, demeure soucieux de réformes surtout lorsqu’elles concernent le secteur public. Un recul sur un enjeu aussi symbolique que la réforme de la SNCF entraînerait auprès de l’opinion un recul qui, à l’instar de celui dû aux projets d’Alain Juppé en 1995, serait difficile à combler.

Enfin, se pose la question de l’Europe. Les attentes de l’Union européenne au sujet des réformes voulues par le gouvernement sont très élevées au regard retard pris par la France comparée à d’autres pays voisins.Guy Groux, directeur de recherche au Cevipof

L’image du « mauvais élève français » face aux critères européens a beaucoup coûté en terme de crédit et de leadership au sein de l’UE. C’est précisément ce contexte qu’Emmanuel Macron veut mettre en cause. Dès sa campagne pour l’élection présidentielle, il affirmait une ambition, celle de redonner une position centrale voire première à la France en Europe. Sans nul doute, cette ambition souffrirait beaucoup d’un renoncement total ou partiel à propos de la réforme de la SNCF.

Pour la France, une question : le pays est-il encore réformable ?

Ainsi, le scenario qui se met en place et les rôles impartis aux principaux acteurs de ce nouveau « drame à la française » peuvent laisser prévoir a priori un conflit dur et radical. Pour certains commentateurs, cette perspective n’est cependant pas évidente et peut être contredite par l’opinion des Français, 65% d’entre eux disant approuver les intentions du gouvernement. D’où les commentaires qui, dans la presse ou ailleurs, prédisent un essoufflement rapide des grèves après quelques premières manifestations de rue, réussies quant à elles. Clairvoyance ou optimisme exagéré ?

Il faut toujours prendre garde à la versatilité de l’opinion face aux grandes réformes et aux mouvements de protestation qui les accompagnent habituellement en France.Guy Groux, directeur de recherche au Cevipof

Simple exemple : à l’annonce du « Contrat première embauche » conçu par Dominique de Villepin à propos des jeunes non qualifiés, plus de 60% des Français disaient y adhérer. Quelques semaines plus tard, le même pourcentage disait soutenir les immenses mouvements qui réunissaient les syndicats et la jeunesse et s’opposaient au CPE de façon si efficace que celui-ci fut délaissé. En réalité, rien n’est écrit aujourd’hui et l’hypothèse d’un conflit très dur ne peut être écartée ni sous-évaluée. Rien n’est écrit à l’exception d’un fait : le contexte de défiance et de conflits qui caractérise depuis longtemps en France, le dialogue social et tout mouvement de réformes. La France est-elle irréformable ? D’ici peu, d’ici à deux ans, on devrait le savoir.

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