Archive pour le Tag 'stratégie'

Stratégie économique: L’aéroport de Vatry vendu aux Chinois ?

Stratégie économique: L’aéroport de Vatry vendu aux Chinois ?

 Incroyable mais vrai, Christian Bruyen, le président du Conseil départemental de la Marne a annoncé que la collectivité comptait vendre l’aéroport de Vatry aux Chinois. Après avoir développé des infrastructures aériennes inutiles maintenant on envisage de le solder au chinois. Notons évidemment qu’il est interdit aux capitaux étrangers d’investir dans de telles infrastructures en Chine. Ou la démonstration de l’incompétence de ces structures politiques intermédiaires que constituent  notamment les départements. 

« La Chine veut investir pour maîtriser toute la chaîne logistique, un aéroport les intéresse donc », a-t-il exposé. Reste à voir si Vatry échappera à la polémique qui avait eu lieu à Toulouse quand l’aéroport était passé aux mains d’investisseurs chinois de 2015 à 2019.

L’aéroport de Vatry n’a rien à voir avec son homologue du sud-ouest de l’Hexagone, mais une infrastructure aéroportuaire reste toujours un actif stratégique pour les territoires.

Mis en service en 2000 avec l’ambition de transporter quelque 125.000 tonnes de fret par an, l’aéroport de Vatry, implanté à 30 kilomètres de Châlons-en-Champagne, n’a jamais atteint cet objectif et connaît depuis des difficultés financières, malgré le développement du transport de passagers.

Si le potentiel du parc Euro Disney est réel pour une « clientèle import » à Vatry, ce dernier sera toujours en concurrence avec l’aéroport parisien d’Orly (mais aussi de Roissy) plus proche du parc d’attractions que Vatry (à 136 kilomètres d’Euro Disney), sur lequel est implanté un grand nombre de low-cost. De même, à l’export, il est difficile d’attirer à Vatry la clientèle parisienne (150 kilomètres les séparent) qui dispose déjà d’une offre low-cost consistante à Orly, Roissy mais aussi à Beauvais.

 

Écologie et violence : une stratégie contre-productive de bobos

Écologie et violence : une stratégie contre-productive de bobos

Il est évident que la problématique de la transition énergétique est particulièrement complexe car elle articule des préoccupations bien sûr environnementales mais aussi économiques, sociales voire sociétales. Il faudra d’un côté engager des mesures structurelles concernant les modes de production et de distribution, ce qui demandera du temps et de la détermination; Parallèlement, engager des sensibilisations des citoyens et des consommateurs sur la nécessité du changement d’un modèle de développement et de consommation. Là encore du temps devra être accordé au yemps. Il faudra beaucoup de pédagogie et surtout ne pas recourir à la violence qui aurait l’effet inverse du but recherché. En effet consommateurs et ménages ne sont pas idiots et savent distinguer dans les actions radicales ce qui relève réellement de la lutte environnementale et ce qui relève au fond de la lutte pseudo révolutionnaire.

La stratégie de la violence et de la provocation choisie par les écolos ultra constitue donc une erreur stratégique et d’une certaine manière, elle est contre-productive. En effet, l’ objectif de ces écolos bobos serait de faire prendre conscience à la population de l’urgence environnementale. Or la population n’a nullement besoin de ces coups d’éclat pour comprendre quels sont les enjeux du moment. Il vérifient chaque jour les dérèglements climatiques et les dégâts parfois dramatiques.

La question n’est pas celle de la prise de conscience car la population a bien pris la mesure des dérèglements. La question est essentiellement politique et économique.

Sur le plan politique on assiste encore à deux nombreuses contradictions en dépit des discours. Pour parler clair en France en particulier, il manque une stratégie cohérente permettant de gérer la transition écologique. Exemple sur le concept de la voiture, sur la date de la transition en 2035 dans le ministre des transports vient de demander le report ! Rien d’étonnant à cela; Macron lui-même reconnaît que la voiture électrique atteindra une production de 2 millions en 2030 alors que le parc comprend 40 à 50 millions de véhicules. L’échéance de 2035 est une illusion.

En outre, pratiquement rien n’a été fait pour engager une profonde évolution du concept de l’automobile beaucoup trop lourde, beaucoup trop grande, beaucoup trop consommatrice d’énergie. Enfin et peut-être surtout , la véritable évolution dans ce domaine dépendra d’une politique des transport globale rééquilibrant la part des modes. Cette problématique exige une réflexion autrement plus profonde que celle des écolos exhibitionnistes. Sa prise en compte réelle demandera du temps compte tenu de l’ampleur des mutations évoquées.

En vérité, les provocations politiques des écolos ultra- qui cachent mal d’ailleurs une stratégie gauchiste plus globale- ne font qu’irriter la population et renforcent même les convictions anti environnementales de certains.

Le pire , c’est qu’on retrouvera sans doute d’ici une dizaine d’années les jeunes radicaux bobos comme cadres dans de grandes sociétés qui oublieront leurs convictions de jeunesse et exploiteront sans état d’âme salariés et environnement. Comme ceux de 1968 qui sont passés de la révolution à la bourgeoisie bien traditionnelle.

Écologie radicale : une stratégie de bobos contre-productive

Écologie radicale : une stratégie de bobos contre-productive

Il est évident que la problématique de la transition énergétique est particulièrement complexe car elle articule des préoccupations bien sûr environnementales mais aussi économiques, sociales voire sociétales. Il faudra d’un côté engager des mesures structurelles concernant les modes de production et de distribution, ce qui demandera du temps et de la détermination; Parallèlement, engager des sensibilisations des citoyens et des consommateurs sur la nécessité du changement d’un modèle de développement et de consommation. Là encore du temps devra être accordé au yemps. Il faudra beaucoup de pédagogie et surtout ne pas recourir à la violence qui aurait l’effet inverse du but recherché. En effet consommateurs et ménages ne sont pas idiots et savent distinguer dans les actions radicales ce qui relève réellement de la lutte environnementale et ce qui relève au fond de la lutte pseudo révolutionnaire.

La stratégie de la violence et de la provocation choisie par les écolos ultra constitue donc une erreur stratégique et d’une certaine manière, elle est contre-productive. En effet, l’ objectif de ces écolos bobos serait de faire prendre conscience à la population de l’urgence environnementale. Or la population n’a nullement besoin de ces coups d’éclat pour comprendre quels sont les enjeux du moment. Il vérifient chaque jour les dérèglements climatiques et les dégâts parfois dramatiques.

La question n’est pas celle de la prise de conscience car la population a bien pris la mesure des dérèglements. La question est essentiellement politique et économique.

Sur le plan politique on assiste encore à deux nombreuses contradictions en dépit des discours. Pour parler clair en France en particulier, il manque une stratégie cohérente permettant de gérer la transition écologique. Exemple sur le concept de la voiture, sur la date de la transition en 2035 dans le ministre des transports vient de demander le report ! Rien d’étonnant à cela; Macron lui-même reconnaît que la voiture électrique atteindra une production de 2 millions en 2030 alors que le parc comprend 40 à 50 millions de véhicules. L’échéance de 2035 est une illusion.

En outre, pratiquement rien n’a été fait pour engager une profonde évolution du concept de l’automobile beaucoup trop lourde, beaucoup trop grande, beaucoup trop consommatrice d’énergie. Enfin et peut-être surtout , la véritable évolution dans ce domaine dépendra d’une politique des transport globale rééquilibrant la part des modes. Cette problématique exige une réflexion autrement plus profonde que celle des écolos exhibitionnistes. Sa prise en compte réelle demandera du temps compte tenu de l’ampleur des mutations évoquées.

En vérité, les provocations politiques des écolos ultra- qui cachent mal d’ailleurs une stratégie gauchiste plus globale- ne font qu’irriter la population et renforcent même les convictions anti environnementales de certains.

Le pire , c’est qu’on retrouvera sans doute d’ici une dizaine d’années les jeunes radicaux bobos comme cadres dans de grandes sociétés qui oublieront leurs convictions de jeunesse et exploiteront sans état d’âme salariés et environnement. Comme ceux de 1968 qui sont passés de la révolution à la bourgeoisie bien traditionnelle.

Violence écologique : une stratégie de bobos urbains contre-productive

Violence écologique : une stratégie de bobos urbains contre-productive

La stratégie de la violence et de la provocation choisie par les écolos ultra constitue une erreur stratégique et d’une certaine manière, elle est contre-productive. En effet, l’ objectif de ces écolos bobos serait de faire prendre conscience à la population de l’urgence environnementale. Or la population n’a nullement besoin de ces coups d’éclat pour comprendre quels sont les enjeux du moment. Il vérifient chaque jour les dérèglements climatiques et les dégâts parfois dramatiques.

La question n’est pas celle de la prise de conscience car la population a bien pris la mesure des dérèglements. La question est essentiellement politique et économique.

Sur le plan politique on assiste encore à deux nombreuses contradictions en dépit des discours. Pour parler clair en France en particulier, il manque une stratégie cohérente permettant de gérer la transition écologique. Exemple sur le concept de la voiture, sur la date de la transition en 2035 dans le ministre des transports vient de demander le report ! Rien d’étonnant à cela; Macron lui-même reconnaît que la voiture électrique atteindra une production de 2 millions en 2030 alors que le parc comprend 40 à 50 millions de véhicules. L’échéance de 2035 est une illusion.

En outre, pratiquement rien n’a été fait pour engager une profonde évolution du concept de l’automobile beaucoup trop lourde, beaucoup trop grande, beaucoup trop consommatrice d’énergie. Enfin et peut-être surtout , la véritable évolution dans ce domaine dépendra d’une politique des transport globale rééquilibrant la part des modes. Cette problématique exige une réflexion autrement plus profonde que celle des écolos exhibitionnistes. Sa prise en compte réelle demandera du temps compte tenu de l’ampleur des mutations évoquées.

En vérité, les provocations politiques des écolos ultra- qui cachent mal d’ailleurs une stratégie gauchiste plus globale- ne font qu’irriter la population et renforcent même les convictions anti environnementales de certains.

Ecologie et violence : une stratégie de bobos contre-productive

Ecologie et violence : une stratégie de bobos contre-productive

La stratégie de la violence et de la provocation choisie par les écolos ultra constitue une erreur stratégique et d’une certaine manière, elle est contre-productive. En effet, l’ objectif de ces écolos bobos serait de faire prendre conscience à la population de l’urgence environnementale. Or la population n’a nullement besoin de ces coups d’éclat pour comprendre quels sont les enjeux du moment. Il vérifient chaque jour les dérèglements climatiques et les dégâts parfois dramatiques.

La question n’est pas celle de la prise de conscience car la population a bien pris la mesure des dérèglements. La question est essentiellement politique et économique.

Sur le plan politique on assiste encore à deux nombreuses contradictions en dépit des discours. Pour parler clair en France en particulier, il manque une stratégie cohérente permettant de gérer la transition écologique. Exemple sur le concept de la voiture, sur la date de la transition en 2035 dans le ministre des transports vient de demander le report ! Rien d’étonnant à cela; Macron lui-même reconnaît que la voiture électrique atteindra une production de 2 millions en 2030 alors que le parc comprend 40 à 50 millions de véhicules. L’échéance de 2035 est une illusion.

En outre, pratiquement rien n’a été fait pour engager une profonde évolution du concept de l’automobile beaucoup trop lourde, beaucoup trop grande, beaucoup trop consommatrice d’énergie. Enfin et peut-être surtout , la véritable évolution dans ce domaine dépendra d’une politique des transport globale rééquilibrant la part des modes. Cette problématique exige une réflexion autrement plus profonde que celle des écolos exhibitionnistes. Sa prise en compte réelle demandera du temps compte tenu de l’ampleur des mutations évoquées.

En vérité, les provocations politiques des écolos ultra- qui cachent mal d’ailleurs une stratégie gauchiste plus globale- ne font qu’irriter la population et renforcent même les convictions anti environnementales de certains.

Le pire , c’est qu’on retrouvera sans doute d’ici une dizaine d’années les jeunes radicaux bobos comme cadres dans de grandes sociétés qui oublieront leurs convictions de jeunesse et exploiteront sans état d’âme salariés et environnement. Comme ceux de 1968 qui sont passés de la révolution à la bourgeoisie bien traditionnelle.

Écologie et violence : une stratégie de bobos contre-productive

Écologie et violence : une stratégie de bobos contre-productive

La stratégie de la violence et de la provocation choisie par les écolos ultra constitue une erreur stratégique et d’une certaine manière, elle est contre-productive. En effet, l’ objectif de ces écolos bobos serait de faire prendre conscience à la population de l’urgence environnementale. Or la population n’a nullement besoin de ces coups d’éclat pour comprendre quels sont les enjeux du moment. Il vérifient chaque jour les dérèglements climatiques et les dégâts parfois dramatiques.

La question n’est pas celle de la prise de conscience car la population a bien pris la mesure des dérèglements. La question est essentiellement politique et économique.

Sur le plan politique on assiste encore à deux nombreuses contradictions en dépit des discours. Pour parler clair en France en particulier, il manque une stratégie cohérente permettant de gérer la transition écologique. Exemple sur le concept de la voiture, sur la date de la transition en 2035 dans le ministre des transports vient de demander le report ! Rien d’étonnant à cela; Macron lui-même reconnaît que la voiture électrique atteindra une production de 2 millions en 2030 alors que le parc comprend 40 à 50 millions de véhicules. L’échéance de 2035 est une illusion.

En outre, pratiquement rien n’a été fait pour engager une profonde évolution du concept de l’automobile beaucoup trop lourde, beaucoup trop grande, beaucoup trop consommatrice d’énergie. Enfin et peut-être surtout , la véritable évolution dans ce domaine dépendra d’une politique des transport globale rééquilibrant la part des modes. Cette problématique exige une réflexion autrement plus profonde que celle des écolos exhibitionnistes. Sa prise en compte réelle demandera du temps compte tenu de l’ampleur des mutations évoquées.

En vérité, les provocations politiques des écolos ultra- qui cachent mal d’ailleurs une stratégie gauchiste plus globale- ne font qu’irriter la population et renforcent même les convictions anti environnementales de certains.

Le pire , c’est qu’on retrouvera sans doute d’ici une dizaine d’années les jeunes radicaux bobos comme cadres dans de grandes sociétés qui oublieront leurs convictions de jeunesse et exploiteront sans état d’âme salariés et environnement. Comme ceux de 1968 qui sont passés de la révolution à la bourgeoisie bien traditionnelle.

Écologie : la stratégie de la violence est contre-productive

Écologie : la stratégie de la violence est contre-productive

La stratégie de la violence et de la provocation choisie par les écolos ultra constitue une erreur stratégique et d’une certaine manière, elle est contre-productive. En effet, l’ objectif de ces écolos serait de faire prendre conscience à la population de l’urgence environnementale. Or la population n’a nullement besoin de ces coups d’éclat pour comprendre quels sont les enjeux du moment. Il vérifient chaque jour les dérèglements climatiques et les dégâts parfois dramatiques.

La question n’est pas celle de la prise de conscience car la population a bien pris la mesure des dérèglements. La question est essentiellement politique et économique.

Sur le plan politique on assiste encore à deux nombreuses contradictions en dépit des discours. Pour parler clair en France en particulier, il manque une stratégie cohérente permettant de gérer la transition écologique. Exemple sur le concept de la voiture, sur la date de la transition en 2035 dans le ministre des transports vient de demander le report ! Rien d’étonnant à cela; Macron lui-même reconnaît que la voiture électrique atteindra une production de 2 millions en 2030 alors que le parc comprend 40 à 50 millions de véhicules. L’échéance de 2035 est une illusion.

En outre, pratiquement rien n’a été fait pour engager une profonde évolution du concept de l’automobile beaucoup trop lourde, beaucoup trop grande, beaucoup trop consommatrice d’énergie. Enfin et peut-être surtout , la véritable évolution dans ce domaine dépendra d’une politique des transport globale rééquilibrant la part des modes. Cette problématique exige une réflexion autrement plus profonde que celle des écolos exhibitionnistes. Sa prise en compte réelle demandera du temps compte tenu de l’ampleur des mutations évoquées.

En vérité, les provocations politiques des écolos ultra- qui cachent mal d’ailleurs une stratégie gauchiste plus globale- ne font qu’irriter la population et renforcent même les convictions anti environnementales de certains.

Economie-Les insuffisances de la stratégie industrielle d’Emmanuel Macron

Economie-Les insuffisances de la stratégie industrielle d’Emmanuel Macron

Par Anaïs Voy-Gillis, Experte en réindustrialisation souligne les insuffisances de la politique de Macron (dans le Figaro, extrait).

Anaïs Voy-Gillis est docteur en géographie de l’Institut Français de Géopolitique et chercheuse associée à l’IAE de Poitiers. Ses recherches portent sur l’industrie et les enjeux de la réindustrialisation de la France, ainsi que sur la montée des nationalismes en Europe. Elle a notamment publié Vers la renaissance industrielle, co-écrit avec Olivier Lluansi, Ed. Marie B, juin 2020.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a accordé lundi dernier, en marge du Mondial de l’automobile 2022, une interview au journal Les Échos où il clarifie en partie sa vision de l’avenir de l’industrie française et européenne. Si l’exercice apporte des éclairages sur la question du véhicule électrique, des questions majeures restent sans réponse surtout dans un contexte d’inflation forte. En premier lieu, il affirme que «la clé pour nous est de mettre en cohérence nos objectifs climatiques, industriels et de souveraineté» et met l’accent sur la transition du véhicule thermique au véhicule électrique. Or, justement dans ce domaine-là, la souveraineté est nécessairement conditionnelle au regard des points de la chaîne de valeur maîtrisée en Europe. Quatre remarques peuvent être réalisées à cet égard:

1. La nécessité de développer des filières d’approvisionnement en matières premières et matières premières critiques en Europe.
À lire aussi«Comment réindustrialiser la France dans une économie mondialisée ?»
2. La nécessité de développer et de renforcer les filières de recyclage de matières premières, tout en trouvant des leviers pour que les matières recyclées soient à un prix aussi compétitif que les matières neuves. Pour qu’il y ait recyclage il convient également de concevoir des produits qui peuvent l’être facilement et qui permettent un usage de la matière recyclée similaire et éviter ainsi un phénomène de sous-cyclage. Enfin, il faut garder à l’esprit que si ce sujet est clé, le volume de produits recyclables disponibles sur le marché est insuffisant pour répondre à la demande croissante sur certaines matières comme le lithium.

3. Le besoin d’inscrire la question de l’automobile dans une approche plus large qu’est celle de la mobilité, en travaillant sur le développement des transports en commun, notamment dans les zones rurales, et la mobilité douce. La préservation de l’environnement appelle à penser des alternatives aux voitures, et cette réflexion est également à porter dans le domaine du fret avec des réflexions autour d’alternatives au transport routier.
4. Le maintien de la recherche d’alternatives aux véhicules électriques où nous aurions le moyen d’être réellement souverain, ce qui n’est pas le cas des batteries actuelles, et d’avoir un bilan environnemental mieux disant par une plus faible consommation de ressources et de matières.
Il est annoncé un accroissement du déploiement des bornes de recharge, mais on peut se questionner sur la capacité du réseau à fournir l’électricité pour accompagner cette montée en puissance.

Enfin pour améliorer le bilan environnemental des véhicules électriques des réflexions sont à porter sur la taille et le poids des véhicules, ainsi que sur le lieu de production. Il est également dit dans cette interview que «la transition vers l’électrique est créatrice de valeur et d’emplois en France». C’est certainement vrai, mais elle nécessite un effort d’anticipation et de planification pour accompagner les sous-traitants pénalisés par cette conversion. En outre, les destructions et les créations d’emplois ne se feront pas forcément dans les mêmes territoires, ce qui fait que si le bilan global est positif, il peut cacher des bilans locaux plus lourds. Si le président aborde la notion de filière, il convient d’insister que la capacité de la filière à faire preuve de solidarité est clé pour assumer cette transition. Or, les cas récents de fermetures de fonderie peuvent questionner sur la solidarité des grands donneurs d’ordre à l’égard de leurs sous-traitants et sur leur volonté de les accompagner dans ces mutations.

D’autres questions se posent sur la partie infrastructure. Ainsi, il est annoncé un accroissement du déploiement des bornes de recharge, mais on peut se questionner sur la capacité du réseau à fournir l’électricité pour accompagner cette montée en puissance.

Sur les batteries, une filière 100 % française autonome ne sera possible que sur les dernières étapes. L’extraction et le raffinage sont des domaines maîtrisés principalement par la Chine et des entreprises chinoises, sans oublier les ressources que le pays a en interne. Sur les cathodes, les anodes et l’électrolyte, les leaders mondiaux ne sont pas français. Si pour la partie cathode, il y a des grands acteurs européens comme BASF ou Umicore, pour les deux autres il s’agit principalement d’acteurs asiatiques.

Il est également nécessaire de s’inquiéter de l’arrivée sur le marché européen de véhicules électriques chinois qui pourront bénéficier des aides à l’achat. De plus, de potentielles acquisitions de marques européennes sont une possibilité non négligeable. Par ailleurs, la Chine dispose d’une avance technologique sur l’ensemble du bloc batterie. Le contrôle des matières premières sur son territoire ou à l’étranger lui permet de venir prendre des positions clés dans les chaînes de valeur industrielles. Ses réserves en graphite et en lithium lui donnent des capacités industrielles pour la production des anodes et de l’électrolyte des batteries. Ce pays ne concentre pas uniquement sur le produit fini, mais recherche l’autonomie sur l’ensemble des filières industrielles. En la matière, la France et les États membres de l’Union européenne ont encore du chemin à parcourir.

Pour soutenir le développement de l’industrie française et d’éventuelles relocalisations, un des leviers pourrait être un soutien à la demande avec un fléchage vers des produits nationaux et/ou européens. Or, l’Union européenne ne le permet pas aujourd’hui car cela reviendrait à fausser le principe de concurrence libre et non faussée. Une autre mesure serait d’envisager de restreindre l’accès au marché européen avec des conditions sociales ou environnementales avec l’idée qu’on ne peut pas mettre des contraintes sur notre territoire et accepter d’importer des produits non soumis aux mêmes contraintes. Les mesures anti-dumping mises en place par la Commission européenne sont efficaces. Elles ont, par exemple, permis de soutenir l’industrie du vélo en Europe. Sans elles, il n’y aurait certainement pas un renouveau de la production de vélos sur le continent, même si les composants continuent à venir de Chine.

Emmanuel Macron rappelle qu’il plaide pour la souveraineté européenne. Or, au-delà du fait que la souveraineté européenne est une fiction, le cas récent du «bouclier anti-aérien européen» montre toute la difficulté des États européens à adopter une stratégie commune. Le couple franco-allemand, s’il a existé un jour, semble battre de l’aile, ce qui n’est pas de nature à renforcer la cohésion entre les États membres. Or, la guerre économique entre la Chine et les États-Unis, avec l’épisode récent des semi-conducteurs, rappelle toute la nécessité pour l’Union européenne d’avoir une vision industrielle commune, pour réduire sa dépendance.

Les insuffisances de la stratégie industrielle d’Emmanuel Macron

Les insuffisances de la stratégie industrielle d’Emmanuel Macron

Par Anaïs Voy-Gillis, Experte en réindustrialisation souligne les insuffisances de la politique de Macron (dans le Figaro, extrait).

Anaïs Voy-Gillis est docteur en géographie de l’Institut Français de Géopolitique et chercheuse associée à l’IAE de Poitiers. Ses recherches portent sur l’industrie et les enjeux de la réindustrialisation de la France, ainsi que sur la montée des nationalismes en Europe. Elle a notamment publié Vers la renaissance industrielle, co-écrit avec Olivier Lluansi, Ed. Marie B, juin 2020.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a accordé lundi dernier, en marge du Mondial de l’automobile 2022, une interview au journal Les Échos où il clarifie en partie sa vision de l’avenir de l’industrie française et européenne. Si l’exercice apporte des éclairages sur la question du véhicule électrique, des questions majeures restent sans réponse surtout dans un contexte d’inflation forte. En premier lieu, il affirme que «la clé pour nous est de mettre en cohérence nos objectifs climatiques, industriels et de souveraineté» et met l’accent sur la transition du véhicule thermique au véhicule électrique. Or, justement dans ce domaine-là, la souveraineté est nécessairement conditionnelle au regard des points de la chaîne de valeur maîtrisée en Europe. Quatre remarques peuvent être réalisées à cet égard:

1. La nécessité de développer des filières d’approvisionnement en matières premières et matières premières critiques en Europe.
À lire aussi«Comment réindustrialiser la France dans une économie mondialisée ?»
2. La nécessité de développer et de renforcer les filières de recyclage de matières premières, tout en trouvant des leviers pour que les matières recyclées soient à un prix aussi compétitif que les matières neuves. Pour qu’il y ait recyclage il convient également de concevoir des produits qui peuvent l’être facilement et qui permettent un usage de la matière recyclée similaire et éviter ainsi un phénomène de sous-cyclage. Enfin, il faut garder à l’esprit que si ce sujet est clé, le volume de produits recyclables disponibles sur le marché est insuffisant pour répondre à la demande croissante sur certaines matières comme le lithium.

3. Le besoin d’inscrire la question de l’automobile dans une approche plus large qu’est celle de la mobilité, en travaillant sur le développement des transports en commun, notamment dans les zones rurales, et la mobilité douce. La préservation de l’environnement appelle à penser des alternatives aux voitures, et cette réflexion est également à porter dans le domaine du fret avec des réflexions autour d’alternatives au transport routier.
4. Le maintien de la recherche d’alternatives aux véhicules électriques où nous aurions le moyen d’être réellement souverain, ce qui n’est pas le cas des batteries actuelles, et d’avoir un bilan environnemental mieux disant par une plus faible consommation de ressources et de matières.
Il est annoncé un accroissement du déploiement des bornes de recharge, mais on peut se questionner sur la capacité du réseau à fournir l’électricité pour accompagner cette montée en puissance.

Enfin pour améliorer le bilan environnemental des véhicules électriques des réflexions sont à porter sur la taille et le poids des véhicules, ainsi que sur le lieu de production. Il est également dit dans cette interview que «la transition vers l’électrique est créatrice de valeur et d’emplois en France». C’est certainement vrai, mais elle nécessite un effort d’anticipation et de planification pour accompagner les sous-traitants pénalisés par cette conversion. En outre, les destructions et les créations d’emplois ne se feront pas forcément dans les mêmes territoires, ce qui fait que si le bilan global est positif, il peut cacher des bilans locaux plus lourds. Si le président aborde la notion de filière, il convient d’insister que la capacité de la filière à faire preuve de solidarité est clé pour assumer cette transition. Or, les cas récents de fermetures de fonderie peuvent questionner sur la solidarité des grands donneurs d’ordre à l’égard de leurs sous-traitants et sur leur volonté de les accompagner dans ces mutations.

D’autres questions se posent sur la partie infrastructure. Ainsi, il est annoncé un accroissement du déploiement des bornes de recharge, mais on peut se questionner sur la capacité du réseau à fournir l’électricité pour accompagner cette montée en puissance.

Sur les batteries, une filière 100 % française autonome ne sera possible que sur les dernières étapes. L’extraction et le raffinage sont des domaines maîtrisés principalement par la Chine et des entreprises chinoises, sans oublier les ressources que le pays a en interne. Sur les cathodes, les anodes et l’électrolyte, les leaders mondiaux ne sont pas français. Si pour la partie cathode, il y a des grands acteurs européens comme BASF ou Umicore, pour les deux autres il s’agit principalement d’acteurs asiatiques.

Il est également nécessaire de s’inquiéter de l’arrivée sur le marché européen de véhicules électriques chinois qui pourront bénéficier des aides à l’achat. De plus, de potentielles acquisitions de marques européennes sont une possibilité non négligeable. Par ailleurs, la Chine dispose d’une avance technologique sur l’ensemble du bloc batterie. Le contrôle des matières premières sur son territoire ou à l’étranger lui permet de venir prendre des positions clés dans les chaînes de valeur industrielles. Ses réserves en graphite et en lithium lui donnent des capacités industrielles pour la production des anodes et de l’électrolyte des batteries. Ce pays ne concentre pas uniquement sur le produit fini, mais recherche l’autonomie sur l’ensemble des filières industrielles. En la matière, la France et les États membres de l’Union européenne ont encore du chemin à parcourir.

Pour soutenir le développement de l’industrie française et d’éventuelles relocalisations, un des leviers pourrait être un soutien à la demande avec un fléchage vers des produits nationaux et/ou européens. Or, l’Union européenne ne le permet pas aujourd’hui car cela reviendrait à fausser le principe de concurrence libre et non faussée. Une autre mesure serait d’envisager de restreindre l’accès au marché européen avec des conditions sociales ou environnementales avec l’idée qu’on ne peut pas mettre des contraintes sur notre territoire et accepter d’importer des produits non soumis aux mêmes contraintes. Les mesures anti-dumping mises en place par la Commission européenne sont efficaces. Elles ont, par exemple, permis de soutenir l’industrie du vélo en Europe. Sans elles, il n’y aurait certainement pas un renouveau de la production de vélos sur le continent, même si les composants continuent à venir de Chine.

Emmanuel Macron rappelle qu’il plaide pour la souveraineté européenne. Or, au-delà du fait que la souveraineté européenne est une fiction, le cas récent du «bouclier anti-aérien européen» montre toute la difficulté des États européens à adopter une stratégie commune. Le couple franco-allemand, s’il a existé un jour, semble battre de l’aile, ce qui n’est pas de nature à renforcer la cohésion entre les États membres. Or, la guerre économique entre la Chine et les États-Unis, avec l’épisode récent des semi-conducteurs, rappelle toute la nécessité pour l’Union européenne d’avoir une vision industrielle commune, pour réduire sa dépendance.

Covid: Pour une stratégie sanitaire de long terme

Covid: Pour une stratégie sanitaire de long terme

 

Pour limiter les risques liés à l’épidémie, il faut abandonner l’approche d’une gestion vague par vague et mettre en place une politique autour de cinq grands axes, détaille l’épidémiologiste Mahmoud Zureik, dans une tribune au « Monde ».

 

Après le vote hier  d’ une nouvelle loi complètement creuse, la contribution de l’épidémiologiste paraît pertinente d’autant qu’il faut se préparer à affronter le virus pendant de très nombreuses années compte tenu de l’évolution des variants. Par ailleurs,  il y a urgence a engagé cette réflexion en raison notamment de la montée exponentielle des contaminations qui approchent les 200 000 cas par jour et laisse supposer une situation particulièrement dangereuse à la rentrée NDLR

 

Les vagues du Covid-19 se succèdent inexorablement. Depuis le début de la crise sanitaire, nous déplorons chaque année plus de 50 000 décès directement liés au virus sans parler de l’impact des Covid longs et des dégâts collatéraux considérables : sanitaires, sociaux, psychologiques et économiques. L’espoir d’un virus qui deviendrait « saisonnier » ou « endémique » s’éloigne de plus en plus. Le SARS-CoV-2 est là et le sera encore dans les prochains mois et, très probablement, dans les prochaines années. Nous vivrons donc avec lui. Mais si nous devons vivre avec le virus, nous ne devons pas lui faciliter la vie pour qu’il ne gâche pas les nôtres. Les infections répétées n’apportent pas l’effet protecteur escompté et, malgré la vaccination, les personnes immunodéprimées, les personnes atteintes de maladies chroniques et les personnes âgées sont condamnées à une double peine : vivre avec leurs pathologies et voir leurs risques de mourir augmenter à cause du Covid-19. Une société solidaire doit protéger tous ses concitoyens. Ces personnes doivent recevoir la plus grande attention. Les protéger, c’est protéger la société.

Pour vivre avec le virus, nous devons donc limiter durablement les risques et, pour ce faire, sortir d’une gestion de crise à court terme, vague après vague, mesure après mesure et dose de vaccin après dose de vaccin.

Cette crise qui dure depuis deux ans et demi nous apprend qu’il est nécessaire de développer une stratégie sanitaire globale, cohérente, coordonnée et de long terme, s’inscrivant dans un horizon de plusieurs années. Cette stratégie doit être débattue, adoptée de façon transparente pour être partagée par le plus grand nombre. Elle se décline en cinq axes : surveillance de l’épidémie, prévention des contaminations, diagnostic et dépistage, vaccination et, enfin, adaptation du système de soins.

 

L’échec de la stratégie attrape-tout de Macron

L’échec de la stratégie attrape-tout de Macron

 Bruno Jeanbart, vice-président de l’institut de sondages OpinionWayConstate l’échec de la stratégie attrape-tout de Macron dans l’Opinion

Au regard du résultat du premier tour des élections législatives, quelles sont les chances qu’Emmanuel Macron obtienne une majorité absolue à l’Assemblée nationale ? « A peu près une chance sur deux, répond Bruno Jeanbart, vice-président de l’institut de sondages OpinionWay. Quand on regarde les projections, on est entre 260 et 300 députés. Il a une chance sur deux car, évidemment, le second tour est une autre élection et il y a des dynamiques qui peuvent se déclencher en sa faveur. Et, si l’union de la gauche lui a permis de qualifier beaucoup de candidats au premier tour, au second tour cette union empêche d’aller chercher des réserves de voix. »

Ce premier tour ne constitue-t-il pas un vrai tournant dans ce qu’Emmanuel Macron a essayé de construire depuis ces cinq dernières années, à savoir un centre attrape-tout et deux extrêmes qui s’y opposent ? « C’est un tournant car on voit les limites de cette stratégie, confirme Bruno Jeanbart. Ça fonctionne très bien si vous êtes capable d’aspirer les camps intermédiaires. Mais quand la droite résiste mieux qu’à la présidentielle, il y a une difficulté qui se pose, à savoir que votre base centrale devient un peu trop faible et devient en difficulté par rapport aux deux forces radicales situées aux extrêmes. »

Mais le grand vainqueur de cette élection reste l’abstention. Ce n’est pas la première fois qu’un premier tour des législatives voit la barre des 50% d’abstention être dépassée, mais cette fois, c’est encore plus qu’il y a cinq ans. Quels enseignements doit-on en tirer ? « Cela dit d’abord quelque chose sur cette élection qui a un problème et qu’il va falloir résoudre pour le prochain quinquennat, explique Bruno Jeanbart : comment positionne-t-on cette élection et comment faire en sorte que les Français comprennent cette élection ? Les Français ne comprennent plus que, deux mois après une élection présidentielle, on leur redemande de voter pour une majorité pour gouverner le pays. »

Poutine et Xi Jinping : Même stratégie des dictateurs

Poutine et Xi Jinping Même stratégie des dictateurs

Les discours russe et chinois sur l’Ukraine et Taiwan ont beaucoup en commun, aussi bien sur les plans identitaire et stratégique qu’au niveau politique. Par Pierre-Yves Hénin, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

La guerre engagée par la Russie pour soumettre ou démembrer l’Ukraine est venue alimenter l’inquiétude d’un prochain recours à la force par la République populaire de Chine à l’encontre de Taiwan afin de réaliser le « rêve chinois de réunification nationale ». Une inquiétude d’autant plus grande que, trois semaines avant l’invasion de l’Ukraine, Vladimir Poutine et Xi Jinping avaient publié une déclaration de totale solidarité lors de la visite du président russe à Pékin. Alors, Ukraine et Taiwan, même combat ?

La Russie et la Chine sont aujourd’hui toutes deux des États autoritaires et révisionnistes, au sens où ils entendent remettre en cause l’ordre mondial existant. Certes, la situation de Taiwan est bien différente de celle de l’Ukraine en termes de droit international, mais les discours de justification de Vladimir Poutine et Xi Jinping convergent pour l’essentiel.

En effet, les « narratifs » russe et chinois reposent sur deux piliers communs : d’une part, l’affirmation d’une identité nationale partagée, puis déchirée, qu’il convient de restaurer ; d’autre part, une préoccupation géostratégique causée par une présence militaire des États-Unis ou de leurs alliés potentiellement hostile dans leur étranger proche, synonyme de menace d’encerclement et de contestation de leur sphère d’influence légitime sur leur « pré carré ».

À ces arguments s’ajoute un autre aspect de première importance : la volonté de ces systèmes autoritaires de se protéger face au « contre-modèle » démocratique qu’incarnent à leurs frontières l’Ukraine et Taïwan.

Comme celui de la Chine, le régime russe actuel peut être qualifié de national-capitalisme autoritaire. Dans ce type de régime, la légitimation de l’autoritarisme mobilise en particulier un discours national identitaire.

Il n’est pas étonnant que cette logique figure au premier plan du narratif russe pour justifier le démembrement de l’Ukraine, objectif proclamé de son action militaire. Vladimir Poutine s’est chargé personnellement de produire ce discours dans un long document intitulé « Sur l’unité historique des Russes et des Ukrainiens », dans lequel l’histoire se trouve instrumentalisée à l’appui de sa politique révisionniste), ce que de nombreux historiens n’ont pas manqué de dénoncer.

Rappelant l’histoire longue et compliquée d’une Ukraine ballottée entre les sphères d’influence russes et lituano-polonaises, Poutine affirme que le mouvement de revendication d’une identité nationale ukrainienne – d’abord culturelle et linguistique -, qui s’est particulièrement manifesté à la fin du XIXe, siècle était manipulé par le mouvement national polonais – l’étranger, déjà – qui luttait à l’époque contre l’annexion de la Pologne dite « du Congrès » par l’empire russe. Plus intéressante est sa dénonciation de la politique soviétique des nationalités dans le devenir de l’espace hérité de l’URSS.

L’agression russe n’a fait que renforcer la vision de l’Histoire partagée par la majeure partie des Ukrainiens, d’après laquelle leur identité nationale aurait été édifiée des siècles durant, en particulier dans l’opposition à l’empire autoritaire des tsars puis des autorités communistes. Toujours réprimé par le pouvoir soviétique, ce programme de réflexion historique renaît à la fin des années 1980, avec la pérestroïka, à l’initiative du Parti communiste d’Ukraine, comme le rapporte un historien de Kiev qui a participé à ce renouveau.

On relèvera au passage que le rattachement de la Crimée à l’Ukraine par décision du Soviet suprême le 19 février 1954 – présenté à l’époque par Moscou comme un don généreux du grand frère à l’occasion du 300e anniversaire du Traité de Pereïaslav, et aujourd’hui comme une lubie de Khrouchtchev - visait en réalité à renforcer le poids de l’élément russe dans une république où les mouvements de contestation de l’ordre russo-soviétique n’étaient pas éteints.

Le discours chinois de justification de la nécessaire « réunification » avec Taiwan revêt certes une certaine légitimité a priori en termes de droit international, puisque les États-Unis eux-mêmes ne contestent pas l’appartenance de principe de l’île à la Chine. Pour autant, cette réunification est présentée comme la dernière survivance des « traités inégaux » à effacer pour réaliser le « grand rêve chinois ».

Certes, c’est bien par le Traité de Shimonoseki en 1895 que le Japon s’est approprié l’ile de Taiwan. Pourtant, les différents gouvernements chinois ne revendiqueront pas le retour de Taiwan à la mère patrie avant plusieurs décennies. Jusqu’en 1942, alors que la restitution de la Mandchourie est exigée, Taiwan n’apparaît que comme un territoire qui doit être libéré de l’occupation japonaise, au même titre que la Corée et l’Annam, également anciennes colonies chinoises. Rarement évoqué, ce point est bien documenté par l’historien états-unien Alan M. Wachman. En 1937, lors de ses entretiens avec le journaliste Edgar Snow, Mao considère que le Parti communiste doit aider les Taiwanais à lutter pour leur indépendance, position réitérée par Zhou Enlai en juillet 1941. En 1938, le président nationaliste Tchang Kai-chek exprime la même position :

« Nous devons permettre à la Corée et à Taiwan de restaurer leur indépendance, ce qui bénéficiera à la défense nationale de la République de Chine. »

La rupture viendra d’un acteur inattendu, Franklin Delano Roosevelt. Le 14 août 1941, la Charte de l’Atlantique prévoit le retour de Taiwan à la République de Chine. Informé par ses relations états-uniennes, le Kouo-Min-Tang (le parti de Tchang Kai-chek) intégrera ce point de vue en 1942. Dans le même temps, le Parti communiste chinois opère le même changement de posture, qu’il présente comme une initiative des communistes taiwanais.

Comme le remarque Alan Wachman, cet affaiblissement de l’argument de la légitimité historique conduit à privilégier l’argument géostratégique.

Nous ne reprendrons pas ici la longue controverse sur la légitimité de l’élargissement de l’OTAN à d’anciennes démocraties populaires, puis aux États baltes, libérés de l’annexion soviétique voire, un jour, à la Géorgie et à l’Ukraine. En tout état de cause, cet élargissement amène aux frontières de la Fédération de Russie une coalition potentiellement opposée à ses projets révisionnistes de restauration, si besoin par la force, de la sphère d’influence héritée de l’Empire des tsars et de l’URSS. La vidéo suivante a été publiée par une diplomate chinoise, signe révélateur de l’alignement des positions de Pékin et Moscou sur cette thématique de l’encerclement.

Alliance défensive, l’OTAN ne risque pas d’engager d’action offensive contre la Russie, dont les préoccupations sur ce point sont pour le moins surfaites. Il reste que, à défaut de constituer une menace pour la Russie elle-même, l’élargissement de l’OTAN aura incontestablement limité sa capacité d’action dans des pays relevant à ses yeux de son « étranger proche » (sans toutefois l’empêcher de soutenir militairement des « républiques séparatistes » contrôlées par des minorités russophiles et russophones, de la Transnistrie à l’Abkhazie, en passant par le Donbass). Sans la présence militaire occidentale dans les pays limitrophes, on voit mal comment l’armée ukrainienne aurait pu résister avec autant d’efficacité à l’offensive russe de février 2022.

Employant une terminologie qui n’est pas sans rappeler le discours allemand d’avant la Première Guerre mondiale, la Russie affirme que la présence militaire occidentale vise à « encercler » son territoire. De manière similaire, l’autonomie de Taiwan sous protection états-unienne constitue, aux yeux des autorités chinoises, le point d’ancrage d’une barrière fermant les mers de Chine le long de la « première chaine des iles ». Le manuel sur la géographie militaire du Détroit de Taiwan publié en 2013 par l’Académie de défense de Pékin comporte une présentation très explicite de l’enjeu géostratégique que constitue la possession de Taiwan : le contrôle de l’île est vital pour se prémunir d’un blocus, en même temps qu’il permettrait de menacer les communications du Japon ; et il offrirait à la marine de l’Armée populaire un accès libre à l’océan Pacifique et un moyen de pression décisif sur les États de la région, rapportent les chercheurs William Murray et Ian Easton.

Aussi réels que soient les enjeux stratégiques et géopolitiques en cause, il nous semble qu’une dimension supplémentaire intervient dans la motivation russe et chinoise de mettre fin aux statuts respectifs de l’Ukraine et de Taiwan.

La dénonciation commune des « révolutions de couleur » par Poutine et Xi Jinping attire l’attention sur le fait que ces dirigeants de régimes autoritaires voient une menace dans les démocraties situées à leur porte. La démocratie fonctionne certes mieux à Taiwan qu’en Ukraine, mais dans les deux cas, ces petits pays, de droit ou de fait, montrent qu’ex-Soviétiques comme Chinois peuvent parfaitement vivre autrement qu’en dictature.

Si, depuis des années, Moscou s’attache aussi systématiquement à dénigrer la démocratie ukrainienne, c’est que ce régime, par son existence même, contrarie le narratif du Kremlin. Comme le dit le journaliste Jean-François Bouthors, « pour Vladimir Poutine, laisser l’Ukraine avancer dans cette direction [démocratique] est impossible. Comment tenir d’un côté que c’est en raison d’une spécificité civilisationnelle russe que se justifie l’autocratie qu’il impose au pays et de l’autre que, comme il le prétend, les Ukrainiens ne se différencient pas des Russes, alors qu’eux ont opté pour la démocratie ? [...] De son point de vue, le pouvoir à Moscou était effectivement menacé par l’expérience démocratique ukrainienne ».

Parallèlement, les universitaires Kelly Brown et Kalley Wu Tzu-Hui soulignent que Taiwan présente désormais un modèle alternatif de modernité et de démocratie dans le monde chinois ; c’est selon eux la principale raison pour laquelle Pékin a un problème avec Taiwan – « Trouble with Taiwan », expression retenue comme titre de leur ouvrage publié en 2019.

S’il se fait discret dans la communication à destination du « Nord », cet argumentaire est bien accueilli dans nombre de pays « du Sud », pour lesquels la posture russe et chinoise a le mérite de rompre avec un système libéral démocratique dominé par les États-Unis, prompt à sanctionner des dérives dont le front des régimes de national-capitalisme autoritaire s’accommode par nature.

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Par Pierre-Yves Hénin, Professeur émérite en économie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

France Stratégie pour une Planification écologique « soutenable »

 France Stratégie pour une Planification écologique « soutenable »

 

En attendant la nomination du prochain gouvernement dans les  jours à venir, France Stratégie ( rattaché  à Matignon) a dévoilé  dans un volumineux rapport de près de 300 pages, ses principales propositions en matière de planification. Fruit d’une série de séminaires sur les soutenabilités et de deux années de travaux, ce document vise à proposer des outils aux politiques. « Le point de départ de notre réflexion est la crise des Gilets jaunes. Elle est révélatrice d’une triple crise (écologique, sociale et démocratique). Elle a également révélé un épuisement de la société qui s’est traduite par de nombreux mouvements de contestation. On ne peut plus faire de politique publique comme avant. Si on fait une taxe carbone sans prendre en compte les enjeux sociaux, on va droit dans le mur », a expliqué à La Tribune, Hélène Garner, directrice du département Emploi et travail à France Stratégie. Les experts proposent de changer d’approche en matière de politique publique. « Les politiques publiques doivent être durables, systémiques et légitimes. Ce sont les trois piliers de la soutenabilité », complète Johanna Barasz, cheffe de projet « Action publique, société, participation ».

L’organisme rattaché à Matignon préconise de mettre en place une stratégie nationale en début de législature qui pourrait prendre la forme d’une loi de programmation quinquennale pour apporter une force contraignante à cette planification. La première étape pourrait passer par la planification écologique définie comme une priorité par le chef de l’Etat. France Stratégie propose notamment de s’appuyer sur les objectifs de développement durable (ODD) faisant aujourd’hui l’objet d’un consensus. Ces 17 objectifs inscrits dans l’agenda 2030 des Etats membres de l’organisation des Nations unies constituent la feuille de route pour parvenir à un modèle soutenable. Ils recouvrent un spectre assez large de thèmes en passant de la pauvreté à l’éducation, de l’alimentation à l’égalité ou encore les énergies propres.  »Les indicateurs et modèles soutenables existants sont utilisés marginalement dans les politiques publiques.  Il faut aller plus loin », déclare à La Tribune Johanna Barasz,

Plan d’investissement d’avenir (PIA), plan de relance, plan de résilience, plan France 2030….la liste des plans n’a cessé de s’allonger ces dernières années pour ce concept qui semblait enseveli depuis la chute de l’URSS au tournant des années 90.  »On manque d’une coordination entre tous ces plans. Il y a une dilution des efforts et des moyens avec un manque d’efficacité au final. Il peut y avoir un épuisement des agents publics aussi à multiplier ces processus. Notre objectif est d’avoir une meilleure articulation pour éviter la multiplication des plans et favoriser la transversalité », indique  Hélène Garner.

France Stratégie plaide pour une instance rattachée au Premier ministre en charge d’assurer la coordination et la cohérence des politiques publiques en matière de planification.

« Du point de vue administratif, il faut créer un orchestrateur. Il peut s’agir d’une institution ou d’un réseau d’institutions rattachés au Premier ministre. L’orchestrateur doit être aussi là pour conseiller le gouvernement et pour s’assurer de la soutenabilité des textes et garantir la bonne coordination et exécution des feuilles de route ministérielles. Il doit pouvoir alimenter le débat avec de la prospective par exemple. L’idée n’est pas de constituer un mastodonte », explique Johanna Barasz.

Pendant longtemps, l’idée de développement a été associée à la croissance et au bien-être. L’expansion de l’économie française pendant les « 30 glorieuses » a permis des gains de productivité et le financement de l’État-Providence mis en œuvre au sortir de la Seconde guerre mondiale. Avec la multiplication des catastrophes climatiques partout sur la planète, la notion de croissance liée aux énergies fossiles est de plus en plus contestée par les économistes.

L’épuisement des ressources naturelles pourrait rapidement rendre la terre inhabitable.  « Cette alliance entre croissance économique et progrès social semble aujourd’hui avoir atteint ses limites », soulignent les auteurs du rapport. Ils plaident dans le document de synthèse pour s’engager sur la voie étroite d’un modèle d’une croissance verte et d’une plus grande sobriété.

Énergie : pour une stratégie cohérente

Énergie : pour une stratégie cohérente

« Il n’existe pas à ce jour de carte de déploiement des énergies renouvellables. Chaque filière se développe indépendamment, de façon anarchique et pas toujours rationnelle » estime Pierre Veltz économiste et membre de l’Académie des technologies (interview dans l’Opinion)

Qui dit transition énergétique dit neutralité carbone. Faisable ?

Il y a de nombreux scénarios sur les mix de production énergétique qui permettraient d’atteindre la neutralité carbone en 2050. L’Ademe ou l’association négaWatt ont planché sur le sujet. Le dernier exercice prospectif a été mené par RTE (Réseau de transport d’électricité) dans son étude sur les « Futurs énergétiques 2050 ». RTE donne la priorité à l’électricité, car c’est le vecteur le plus facile à décarboner. Des efforts d’efficacité énergétique, voire de sobriété, permettront de réduire la demande en énergie. Mais dans le même temps, la part de l’électricité progressera fortement, puisqu’elle se substituera progressivement aux énergies fossiles. Elle passerait ainsi de 25% à 55% entre 2020 et 2050. On peut conserver une part de nucléaire, mais, dans tous les cas, il faudra développer massivement les EnR (énergies renouvelables), principalement éolienne, solaire et géothermique. Les besoins énergétiques restants, soit 45%, seraient satisfaits grâce à la biomasse et aux énergies biosourcées.

Ce scénario est-il réaliste ?

Mon interrogation ne porte pas sur le scénario, car si on veut aller vers la neutralité carbone on n’a pas d’autre choix, même si les parts du mix peuvent varier. Je m’interroge sur la façon dont on pilote ce processus, et en particulier le déploiement des EnR sur le territoire français. Aujourd’hui, nucléaire mis à part, on a une énergie dont les infrastructures de base sont très largement en dehors du territoire national. On n’héberge que les terminaux, pétroliers et gaziers. Alors que là, on va vers un système où l’ensemble de la production énergétique est rapatrié sur le territoire. Ça aura un impact très important sur les consommations d’espace et les paysages, largement sous-estimé. Par ailleurs, la question ne porte pas seulement sur les points de production des EnR. Ces énergies ont le défaut d’être intermittentes, avec une synchronisation complexe entre l’offre et la demande. L’énergie solaire qui est produite à un endroit et un moment donnés doit être transportée ailleurs. Il faut donc travailler sur le stockage et les réseaux, la solution étant d’interconnecter à grande échelle ces différentes sources. C’est l’équivalent d’un grand projet industriel à l’échelle du pays et on n’en a pas pris la mesure.

Comment planifier ce déploiement ?

Il n’existe pas à ce jour de carte de déploiement des EnR. Chaque filière se développe indépendamment, de façon anarchique et pas toujours rationnelle. De la même façon, les énergies issues de la biomasse (bois, biogaz et biocarburants) vont consommer des surfaces énormes, qui entreront en conflit avec les autres usages, notamment alimentaires. On a donc besoin d’une vision coordonnée, interrégionale, et pas seulement d’une addition de politiques régionales. Il faut organiser un dialogue entre des approches qui partent des territoires et une instance nationale qui coordonne leur action. On a besoin de reconstruire des visions globales du territoire, avec une planification montante et descendante.

Pour une stratégie énergétique cohérente

Pour une stratégie énergétique cohérente

« Il n’existe pas à ce jour de carte de déploiement des énergies renouvellables. Chaque filière se développe indépendamment, de façon anarchique et pas toujours rationnelle » estime Pierre Veltz économiste et membre de l’Académie des technologies (interview dans l’Opinion)

Qui dit transition énergétique dit neutralité carbone. Faisable ?

Il y a de nombreux scénarios sur les mix de production énergétique qui permettraient d’atteindre la neutralité carbone en 2050. L’Ademe ou l’association négaWatt ont planché sur le sujet. Le dernier exercice prospectif a été mené par RTE (Réseau de transport d’électricité) dans son étude sur les « Futurs énergétiques 2050 ». RTE donne la priorité à l’électricité, car c’est le vecteur le plus facile à décarboner. Des efforts d’efficacité énergétique, voire de sobriété, permettront de réduire la demande en énergie. Mais dans le même temps, la part de l’électricité progressera fortement, puisqu’elle se substituera progressivement aux énergies fossiles. Elle passerait ainsi de 25% à 55% entre 2020 et 2050. On peut conserver une part de nucléaire, mais, dans tous les cas, il faudra développer massivement les EnR (énergies renouvelables), principalement éolienne, solaire et géothermique. Les besoins énergétiques restants, soit 45%, seraient satisfaits grâce à la biomasse et aux énergies biosourcées.

Ce scénario est-il réaliste ?

Mon interrogation ne porte pas sur le scénario, car si on veut aller vers la neutralité carbone on n’a pas d’autre choix, même si les parts du mix peuvent varier. Je m’interroge sur la façon dont on pilote ce processus, et en particulier le déploiement des EnR sur le territoire français. Aujourd’hui, nucléaire mis à part, on a une énergie dont les infrastructures de base sont très largement en dehors du territoire national. On n’héberge que les terminaux, pétroliers et gaziers. Alors que là, on va vers un système où l’ensemble de la production énergétique est rapatrié sur le territoire. Ça aura un impact très important sur les consommations d’espace et les paysages, largement sous-estimé. Par ailleurs, la question ne porte pas seulement sur les points de production des EnR. Ces énergies ont le défaut d’être intermittentes, avec une synchronisation complexe entre l’offre et la demande. L’énergie solaire qui est produite à un endroit et un moment donnés doit être transportée ailleurs. Il faut donc travailler sur le stockage et les réseaux, la solution étant d’interconnecter à grande échelle ces différentes sources. C’est l’équivalent d’un grand projet industriel à l’échelle du pays et on n’en a pas pris la mesure.

Comment planifier ce déploiement ?

Il n’existe pas à ce jour de carte de déploiement des EnR. Chaque filière se développe indépendamment, de façon anarchique et pas toujours rationnelle. De la même façon, les énergies issues de la biomasse (bois, biogaz et biocarburants) vont consommer des surfaces énormes, qui entreront en conflit avec les autres usages, notamment alimentaires. On a donc besoin d’une vision coordonnée, interrégionale, et pas seulement d’une addition de politiques régionales. Il faut organiser un dialogue entre des approches qui partent des territoires et une instance nationale qui coordonne leur action. On a besoin de reconstruire des visions globales du territoire, avec une planification montante et descendante.

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