Archive pour le Tag 'stratégie'

«Macron: la stratégie du sauve qui peut ?

«Macron: la stratégie du sauve qui peut ?

 

Chloé Morin, analyste de l’opinion, est experte associée à la Fondation Jean-Jaurès analyse les risques que prend Macron en se nommant de fait à Matignon.

 » Les heures qui ont suivi la nomination de notre nouveau Premier ministre se sont muées en chasse au trésor pour les commentateurs : quel sens pouvait avoir ce remaniement ? Pourquoi remplacer un Premier ministre populaire, somme toute efficace, et qui a toujours dit sa loyauté au Président ?

A ce stade, il faut avouer que cela n’est pas encore très clair.

Parmi les hypothèses qui semblent se dégager, il en est une qui intrigue : l’idée serait de nommer un « gaulliste » certes, mais « social » et proche des territoires. L’accent, ici, n’est pas une anecdote, c’est même un personnage central de l’histoire qui va s’écrire : il vient mettre du soleil et de la couleur sur le costume gris, conférer une certaine bonhomie au « technicien ». On imagine déjà l’homme bon vivant, « proche des gens », « enraciné » comme on dit. Ayant « l’esprit ouvert », comme l’a dit son prédécesseur dans un hommage appuyé, le sens du dialogue.

Bref, l’inverse de nombreux traits de caractère prêtés au Président depuis plusieurs mois : « déconnecté » du quotidien, et surtout de celui des « provinciaux », appartenant à une élite parisienne et intellectuelle un peu trop arrogante, et séducteur – mais le problème des séducteurs c’est qu’ils s’aiment davantage que ceux qu’ils cherchent à séduire…

Ici, le pari semble être celui de la complémentarité. Une complémentarité bénéfique au Président, s’entend.

C’est un pari qui, dans un passé qui commence à s’éloigner, a pu fonctionner. Surtout en période de cohabitation. En réalité, compte tenu de la configuration institutionnelle imposée par les réformes des années 2000 – passage du septennat au quinquennat, et inversion du calendrier électoral, qui font que tout découle du Président et que plus aucune cohabitation n’est possible -, il est fort probable que ce pari de la complémentarité soit illusoire.

Illusoire, car tout procède, aux yeux des Français, du Président. Ils ont, de ce point de vue, parfaitement intégré que le Premier ministre et le gouvernement rendent des comptes au Président, décideur en dernier ressort. Et que les députés de la majorité sont des « obligés », car élus dans la foulée de l’élection du Président, sur son nom plus que sur l’étiquette de leur parti (c’est encore plus vrai de Macron, évidemment, que du PS et de LR), et lui devant leurs perspectives de réélections.

Il y a donc de grands risques que, au lieu de « rééquilibrer » les perceptions, le Jean Castex décrit plus haut – si telle devait être l’image qu’en adopteront les Français – ne vienne simplement confirmer, en creux, les critiques préexistantes adressées à Emmanuel Macron. Et rien n’empêche même que, comme son prédécesseur, il en vienne à être populaire. Justement par contraste.

Parce qu’il serait stable, là où Macron est considéré comme flottant ou zigzaguant.

Parce qu’il serait proche, là où Macron semble parfois planer loin des contingences du quotidien, humble là où l’audace Présidentielle passe de plus en plus souvent pour de l’arrogance.

Mais surtout, parce que les Français continueront à se dire que le Président décide de tout, et qu’il est donc responsable, seul, de tous les maux du pays.

En réalité, si c’était réellement la complémentarité que le Président recherchait, alors il eût mieux fait d’engager une réforme institutionnelle permettant un meilleur partage des pouvoirs – notamment en faveur d’un Parlement qui perd chaque jour un peu plus de son utilité aux yeux des Français, alors même que nous n’avons jamais tant eu besoin de dialogue, de compromis, d’inscription dans le temps long. Au lieu de cela, le Président va au bout de la logique présidentialiste.

Il faut donc sans doute lire ce choix comme un pari à pile ou face sur les 18 mois qui viennent : s’il gagne, il sera seul à emporter la mise ; s’il perd, il sera vu comme seul et unique responsable. »

 

Nouvelles tecnologies- 5G: une stratégie de défense des intérêts américains.

Nouvelles tecnologies- 5G: une stratégie de défense des intérêts américains.

 

 

Les États-Unis seraient prêts à envisager une alliance notamment avec Ericsson, Nokia et Samsung pour renforcer leurs compétences et leur maîtrise de la technologie 5G menacée par le chinois Huawai. Ce que révèle le journal l’opinion. Fort d’une présence dans des réseaux mobiles allant de l’Asie à l’Allemagne, Huawei est le numéro un mondial des équipements télécoms. Le géant chinois a capté 28 % des dépenses mondiales en la matière au premier trimestre 2020, selon la société d’analyse de marché Dell’Oro Group. Et peut proposer des produits moins chers que ses concurrents parce qu’il bénéficie du soutien de l’Etat chinois, a révélé le Wall Street Journal.

Les équipementiers américains sont trop petits pour concurrencer Huawei, ce qui signifie que les grands opérateurs mobiles qui ne veulent pas acheter chinois dépendent de trois multinationales : Ericsson, Nokia et Samsung Electronics.

« Pour la première fois de l’histoire moderne, ce ne sont pas les Etats-Unis qui mènent l’essor d’une technologie essentielle », déplore un rapport diffusé à la Maison Blanche et rédigé l’an passé par des experts des télécoms, dont Daniel Goldin, ex-patron de la NASA, et Hossein Moiin, ancien responsable de la technologie de Nokia.

Ils militent pour la création d’un fournisseur « sous bannière américaine » capable de combler les vides laissés depuis plusieurs années par le rachat ou la disparition de champions américains tels que Lucent Technologies.

En début d’année, un autre groupe a présenté aux responsables de l’administration et du Congrès l’idée d’un investissement direct d’un consortium public dans Nokia ou Ericsson, selon des sources proches du dossier. La proposition bénéficiait du soutien de spécialistes du capital-investissement menés par Cerberus Capital Management, mais la progression du cours de Bourse des équipementiers ces dernières semaines a mis un coup d’arrêt au projet. Le porte-parole de Cerberus n’a pas répondu aux demandes de commentaire.

En février, le procureur général, William Barr, s’est dit favorable à l’idée que des fournisseurs européens passent sous pavillon américain, public ou privé, estimant dans un discours que cela pourrait donner naissance « à un concurrent plus redoutable et dont la résistance ne ferait aucun doute. »

Il a ensuite défendu le concept de « réseaux ouverts intégrés », qui permettrait aux opérateurs de téléphonie mobile de choisir, à la carte, des éléments de réseaux de plusieurs fournisseurs. A l’heure actuelle, pour une ville donnée, les opérateurs achètent en général tous les logiciels et les équipements auprès du même fournisseur, ce qui éclipse la concurrence.

La porte-parole du département de la Justice n’a pas souhaité commenter.

D’autres entreprises se sont ralliées à l’Open RAN Policy Coalition, qui défend la concurrence sur le marché des équipements pour antennes-relais. Sous la houlette de l’opérateur AT&T, ce groupe récemment créé rassemble des fabricants américains de logiciels qui souhaitent s’implanter dans les réseaux mobiles, ainsi que des acteurs de plus grande envergure, dont Nokia.

« Pour certains, cela pourrait favoriser la création d’une base industrielle aux Etats-Unis, estime Brian Hendricks, directeur des affaires publiques et des politiques de Nokia pour le continent américain. Les Etats-Unis sont sur la touche depuis un certain temps. »

Selon Brian Hendricks, les activités américaines de recherche et développement de la firme finlandaise joueront un rôle dans la future filière, mais un accroissement de la concurrence est inévitable.

Les dirigeants d’Ericsson ont pour leur part indiqué qu’ils ne pensaient pas rejoindre la coalition. Selon le directeur technologique de l’équipementier suédois, Erik Ekudden, l’Etat ne doit pas intervenir dans les aspects techniques que le secteur privé est tout à fait en mesure de gérer.

Alok Shah, responsable de la stratégie de Samsung, a déclaré que le géant technologique sud-coréen fabriquait déjà certains composants 5G aux Etats-Unis, notamment des puces pour les stations de base dans son usine d’Austin, au Texas.

La porte-parole d’AT&T a indiqué que la diversification et la sécurisation de la chaîne logistique étaient une priorité pour son entreprise.

Les grands opérateurs mobiles américains ont renoncé à acheter des équipements à Huawei depuis qu’en 2012, une commission parlementaire a estimé que le groupe chinois constituait une menace pour la sécurité nationale. A l’époque, la commission avait affirmé que les composants vendus par Huawei et son concurrent et compatriote ZTE pourraient être utilisés pour espionner ou perturber les communications américaines, des accusations démenties par les deux groupes.

La quasi-totalité des commandes s’est donc reportée sur Nokia, Ericsson et Samsung. Mais les dirigeants de plusieurs opérateurs mobiles s’inquiètent de la santé financière de Nokia et Ericsson, qui tentent depuis des années de restructurer leur activité. Nokia a suspendu le versement de son dividende l’an passé et annoncé, en mars dernier, le départ de son PDG. Ericsson a renoué avec la rentabilité après des années de restructuration.

Certains opposants à la Chine et dirigeants des sociétés américaines de télécoms redoutent que, sans concurrence digne de ce nom, Huawei étende son emprise sur les réseaux télécoms au point qu’elle en devienne irréversible.

En février, l’un des dirigeants de Huawei, Vincent Pang, a estimé dans un entretien que créer de toutes pièces un équipementier était plus facile à dire qu’à faire. « Dans la 5G, il ne suffit pas d’investir six milliards de dollars et de se dire que c’est bon, il faut des années de travail. Donc la solution la plus rapide serait peut-être de s’approvisionner auprès des fournisseurs qui existent déjà. »

Chuck Robbins, PDG de Cisco, a évoqué la possibilité de racheter tout ou partie d’un équipementier européen l’an passé avec Larry Kudlow, le conseiller économique de Donald Trump. Mais, selon des sources proches du dossier, la discussion était plutôt d’ordre patriotique et ne traduisait pas nécessairement les ambitions de Cisco en matière de fusion.

Chuck Robbins « ne voulait pas que les Etats-Unis soient distancés », précise cette source, mais l’entreprise, qui fabrique des équipements pour les réseaux informatiques, ne souhaitait pas particulièrement investir dans une entreprise moins rentable telle que Nokia ou Ericsson sans bénéficier, d’une manière ou d’une autre, d’un appui financier. La porte-parole de Cisco n’a pas souhaité commenter.

Larry Kudlow a estimé que la question du rachat d’une entreprise étrangère par un groupe américain n’était plus réellement à l’ordre du jour. « Nokia, Samsung et Ericsson sont toujours dans la course et renforcent leur présence aux Etats-Unis, a-t-il déclaré. Nous voulons qu’ils viennent ici et nous pourrions les aider » par des mesures fiscales. « Nous pourrions participer aux frais de déménagement, ce qui n’est pas la même chose que prendre une participation », a-t-il ajouté.

Nokia et Ericsson se sont opposés à des demandes plus radicales, par exemple une ouverture totale des normes télécoms, selon des sources proches du dossier. Les groupes préfèrent demander aux autorités américaines de soutenir leur activité grâce à des dispositifs tels que l’Exim Bank, l’agence américaine de crédit à l’exportation, ou la DFC, l’agence américaine de financement pour le développement international.

Née en 2018 de la fusion, par le Congrès, de trois agences de développement, la DFC est la réponse américaine au projet chinois de Nouvelle route de la soie, qui sert les intérêts de Pékin par des investissements en infrastructures à travers le monde.

Le patron de la DFC, Adam Boehler, a expliqué que l’agence préfère les investissements dans les entreprises américaines, mais peut soutenir des groupes étrangers. « Nous ne sommes pas là pour défendre, a-t-il déclaré. Nous sommes là pour passer à l’offensive. »

Même si les opérateurs mobiles ont accès à un panel de fournisseurs plus large, rien ne dit qu’ils feront appel aux nouveaux acteurs. Certaines technologies américaines ont fait leur apparition dans des réseaux étrangers, notamment au Japon et en Inde, mais ces évolutions ne datent que de quelques mois.

De leur côté, des start-up américaines, dont Airspan Networks, Altiostar Networks, Blue Danube Systems, Mavenir Systems et Parallel Wireless, ont développé de nouvelles technologies. Leurs dirigeants affirment qu’ils ont fait des progrès, mais qu’ils sont très loin d’avoir mis la main sur les milliards de dollars de commandes passées chaque année par les opérateurs mobiles américains aux équipementiers historiques.

Pour certaines sociétés américaines, une loi récente ordonnant aux opérateurs de supprimer les équipements Huawei « non fiables » pourrait ouvrir une brèche potentiellement synonyme de plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires. La mesure n’est toujours pas financée.

Thierry Maupilé, directeur de la stratégie d’Altiostar, explique que les responsables politiques ne se sont jamais intéressés d’aussi près aux méandres de la technologie mobile, mais qu’il faudrait davantage de coordination. Pardeep Kohli, patron de Mavenir, estime pour sa part que la volonté de Washington de contrer Huawei a fait connaître les entreprises américaines, surtout au cours de l’année écoulée, mais que cet intérêt ne s’est pas traduit par des mesures favorables aux sociétés nationales.

« On parle beaucoup, mais sans rien de concret », déplore-t-il.

5G: une stratégie de défense des intérêts américains.

5G: une stratégie de défense des intérêts américains.

Les États-Unis seraient prêts à envisager une alliance notamment avec Ericsson, Nokia et Samsung pour renforcer leurs compétences et leur maîtrise de la technologie 5G menacée par le chinois Huawai. Ce que révèle le journal l’opinion. Fort d’une présence dans des réseaux mobiles allant de l’Asie à l’Allemagne, Huawei est le numéro un mondial des équipements télécoms. Le géant chinois a capté 28 % des dépenses mondiales en la matière au premier trimestre 2020, selon la société d’analyse de marché Dell’Oro Group. Et peut proposer des produits moins chers que ses concurrents parce qu’il bénéficie du soutien de l’Etat chinois, a révélé le Wall Street Journal.

Les équipementiers américains sont trop petits pour concurrencer Huawei, ce qui signifie que les grands opérateurs mobiles qui ne veulent pas acheter chinois dépendent de trois multinationales : Ericsson, Nokia et Samsung Electronics.

« Pour la première fois de l’histoire moderne, ce ne sont pas les Etats-Unis qui mènent l’essor d’une technologie essentielle », déplore un rapport diffusé à la Maison Blanche et rédigé l’an passé par des experts des télécoms, dont Daniel Goldin, ex-patron de la NASA, et Hossein Moiin, ancien responsable de la technologie de Nokia.

Ils militent pour la création d’un fournisseur « sous bannière américaine » capable de combler les vides laissés depuis plusieurs années par le rachat ou la disparition de champions américains tels que Lucent Technologies.

En début d’année, un autre groupe a présenté aux responsables de l’administration et du Congrès l’idée d’un investissement direct d’un consortium public dans Nokia ou Ericsson, selon des sources proches du dossier. La proposition bénéficiait du soutien de spécialistes du capital-investissement menés par Cerberus Capital Management, mais la progression du cours de Bourse des équipementiers ces dernières semaines a mis un coup d’arrêt au projet. Le porte-parole de Cerberus n’a pas répondu aux demandes de commentaire.

En février, le procureur général, William Barr, s’est dit favorable à l’idée que des fournisseurs européens passent sous pavillon américain, public ou privé, estimant dans un discours que cela pourrait donner naissance « à un concurrent plus redoutable et dont la résistance ne ferait aucun doute. »

Il a ensuite défendu le concept de « réseaux ouverts intégrés », qui permettrait aux opérateurs de téléphonie mobile de choisir, à la carte, des éléments de réseaux de plusieurs fournisseurs. A l’heure actuelle, pour une ville donnée, les opérateurs achètent en général tous les logiciels et les équipements auprès du même fournisseur, ce qui éclipse la concurrence.

La porte-parole du département de la Justice n’a pas souhaité commenter.

D’autres entreprises se sont ralliées à l’Open RAN Policy Coalition, qui défend la concurrence sur le marché des équipements pour antennes-relais. Sous la houlette de l’opérateur AT&T, ce groupe récemment créé rassemble des fabricants américains de logiciels qui souhaitent s’implanter dans les réseaux mobiles, ainsi que des acteurs de plus grande envergure, dont Nokia.

« Pour certains, cela pourrait favoriser la création d’une base industrielle aux Etats-Unis, estime Brian Hendricks, directeur des affaires publiques et des politiques de Nokia pour le continent américain. Les Etats-Unis sont sur la touche depuis un certain temps. »

Selon Brian Hendricks, les activités américaines de recherche et développement de la firme finlandaise joueront un rôle dans la future filière, mais un accroissement de la concurrence est inévitable.

Les dirigeants d’Ericsson ont pour leur part indiqué qu’ils ne pensaient pas rejoindre la coalition. Selon le directeur technologique de l’équipementier suédois, Erik Ekudden, l’Etat ne doit pas intervenir dans les aspects techniques que le secteur privé est tout à fait en mesure de gérer.

Alok Shah, responsable de la stratégie de Samsung, a déclaré que le géant technologique sud-coréen fabriquait déjà certains composants 5G aux Etats-Unis, notamment des puces pour les stations de base dans son usine d’Austin, au Texas.

La porte-parole d’AT&T a indiqué que la diversification et la sécurisation de la chaîne logistique étaient une priorité pour son entreprise.

Les grands opérateurs mobiles américains ont renoncé à acheter des équipements à Huawei depuis qu’en 2012, une commission parlementaire a estimé que le groupe chinois constituait une menace pour la sécurité nationale. A l’époque, la commission avait affirmé que les composants vendus par Huawei et son concurrent et compatriote ZTE pourraient être utilisés pour espionner ou perturber les communications américaines, des accusations démenties par les deux groupes.

La quasi-totalité des commandes s’est donc reportée sur Nokia, Ericsson et Samsung. Mais les dirigeants de plusieurs opérateurs mobiles s’inquiètent de la santé financière de Nokia et Ericsson, qui tentent depuis des années de restructurer leur activité. Nokia a suspendu le versement de son dividende l’an passé et annoncé, en mars dernier, le départ de son PDG. Ericsson a renoué avec la rentabilité après des années de restructuration.

Certains opposants à la Chine et dirigeants des sociétés américaines de télécoms redoutent que, sans concurrence digne de ce nom, Huawei étende son emprise sur les réseaux télécoms au point qu’elle en devienne irréversible.

En février, l’un des dirigeants de Huawei, Vincent Pang, a estimé dans un entretien que créer de toutes pièces un équipementier était plus facile à dire qu’à faire. « Dans la 5G, il ne suffit pas d’investir six milliards de dollars et de se dire que c’est bon, il faut des années de travail. Donc la solution la plus rapide serait peut-être de s’approvisionner auprès des fournisseurs qui existent déjà. »

Chuck Robbins, PDG de Cisco, a évoqué la possibilité de racheter tout ou partie d’un équipementier européen l’an passé avec Larry Kudlow, le conseiller économique de Donald Trump. Mais, selon des sources proches du dossier, la discussion était plutôt d’ordre patriotique et ne traduisait pas nécessairement les ambitions de Cisco en matière de fusion.

Chuck Robbins « ne voulait pas que les Etats-Unis soient distancés », précise cette source, mais l’entreprise, qui fabrique des équipements pour les réseaux informatiques, ne souhaitait pas particulièrement investir dans une entreprise moins rentable telle que Nokia ou Ericsson sans bénéficier, d’une manière ou d’une autre, d’un appui financier. La porte-parole de Cisco n’a pas souhaité commenter.

Larry Kudlow a estimé que la question du rachat d’une entreprise étrangère par un groupe américain n’était plus réellement à l’ordre du jour. « Nokia, Samsung et Ericsson sont toujours dans la course et renforcent leur présence aux Etats-Unis, a-t-il déclaré. Nous voulons qu’ils viennent ici et nous pourrions les aider » par des mesures fiscales. « Nous pourrions participer aux frais de déménagement, ce qui n’est pas la même chose que prendre une participation », a-t-il ajouté.

Nokia et Ericsson se sont opposés à des demandes plus radicales, par exemple une ouverture totale des normes télécoms, selon des sources proches du dossier. Les groupes préfèrent demander aux autorités américaines de soutenir leur activité grâce à des dispositifs tels que l’Exim Bank, l’agence américaine de crédit à l’exportation, ou la DFC, l’agence américaine de financement pour le développement international.

Née en 2018 de la fusion, par le Congrès, de trois agences de développement, la DFC est la réponse américaine au projet chinois de Nouvelle route de la soie, qui sert les intérêts de Pékin par des investissements en infrastructures à travers le monde.

Le patron de la DFC, Adam Boehler, a expliqué que l’agence préfère les investissements dans les entreprises américaines, mais peut soutenir des groupes étrangers. « Nous ne sommes pas là pour défendre, a-t-il déclaré. Nous sommes là pour passer à l’offensive. »

Même si les opérateurs mobiles ont accès à un panel de fournisseurs plus large, rien ne dit qu’ils feront appel aux nouveaux acteurs. Certaines technologies américaines ont fait leur apparition dans des réseaux étrangers, notamment au Japon et en Inde, mais ces évolutions ne datent que de quelques mois.

De leur côté, des start-up américaines, dont Airspan Networks, Altiostar Networks, Blue Danube Systems, Mavenir Systems et Parallel Wireless, ont développé de nouvelles technologies. Leurs dirigeants affirment qu’ils ont fait des progrès, mais qu’ils sont très loin d’avoir mis la main sur les milliards de dollars de commandes passées chaque année par les opérateurs mobiles américains aux équipementiers historiques.

Pour certaines sociétés américaines, une loi récente ordonnant aux opérateurs de supprimer les équipements Huawei « non fiables » pourrait ouvrir une brèche potentiellement synonyme de plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires. La mesure n’est toujours pas financée.

Thierry Maupilé, directeur de la stratégie d’Altiostar, explique que les responsables politiques ne se sont jamais intéressés d’aussi près aux méandres de la technologie mobile, mais qu’il faudrait davantage de coordination. Pardeep Kohli, patron de Mavenir, estime pour sa part que la volonté de Washington de contrer Huawei a fait connaître les entreprises américaines, surtout au cours de l’année écoulée, mais que cet intérêt ne s’est pas traduit par des mesures favorables aux sociétés nationales.

« On parle beaucoup, mais sans rien de concret », déplore-t-il.

 » La stratégie anti-écolo de LREM est bête et inutile » (Daniel Cohn-Bendit)

 » La stratégie anti-écolo de LREM est bête et inutile » (Daniel Cohn-Bendit)

Emmanuel Macron, qui répondra le 29 juin, aux citoyens de la convention pour le climat, a-t-il terminé sa mue écolo? (AFP)
La difficulté pour Macron, et pour une partie de la société, c’est de comprendre que l’écologie est une nouvelle pensée politique et sociétale, un changement de modèle économique », estime Daniel Cohn-Bendit, qui échange avec le Président. A une semaine du second tour des municipales, l’écologiste dit ne pas comprendre la stratégie menée par La République en marche : « Face à une vague verte, c’est vraiment idiot de construire un rempart anti-écolo, de marcher main dans la main avec la droite conservatrice et avec des ringards.

Vous souvenez-vous de la première fois où vous avez parlé d’écologie avec Emmanuel Macron?
Au début de la campagne présidentielle de 2017, il m’a avoué franchement que la réflexion sur l’écologie n’était pas dans son ADN. Mais en trois ans, grâce à Nicolas Hulot, Pascal Canfin et d’autres, il a commencé à comprendre que la transition écologique était un changement radical de paradigme politique. Ça a mis du temps, mais ce n’est facile pour personne. Personne ne naît écologiste! Petit à petit, on apprend, on comprend. La plupart des militants des années 1960, même de gauche, ont longtemps été productivistes. Or la pensée écologiste remet en question une partie du dogme productiviste dans lequel tout le monde a baigné, y compris Emmanuel Macron. Aujourd’hui, la majorité des citoyens est souvent d’accord sur le constat : il faut faire la transition écologique. Mais ils ne comprennent pas forcément toutes les conséquences de ce changement radical.

A-t‑il pris en compte certains de vos conseils?
Ce n’est pas comme ça qu’on fonctionne. Macron ne demande pas des conseils : on discute. Il me laisse parler, mais ce n’est pas : «  Dany, explique-moi.  » Ensuite, il se fait son propre avis. La difficulté pour Macron, et pour une partie de la société, c’est de comprendre que l’écologie est une nouvelle pensée politique et sociétale, un changement de modèle économique. Cette évolution de la société a une composante politique : ce sont les écolos.

Au regard des municipales, son parti, LREM, semble pourtant avoir du mal avec les écologistes…
Au niveau national, je pousse pour un rapprochement entre Macron et les écologistes, avec peu de succès… Les écolos n’en ont pas envie, car ils sont dans l’hu bris des succès électoraux qui les confirment en tant que force politique. Mais surtout, localement, je ne comprends pas la stratégie du parti LREM : «  tous contre les écolos  ». C’est bête, c’est inutile et c’est contre-productif. Cette folie antiécolo ne tient pas la route. Est-ce que la ville de Grenoble s’est effondrée avec Éric Piolle? Bien sûr que non! Si j’étais à Strasbourg, Lyon, Bordeaux ou Metz, je voterais écolo. Partout où les écologistes sont en position de prendre la mairie, je voterais écolo. Ils seront alors en capacité de se coltiner les contradictions de la société et pourront comprendre la difficulté de la changer.

La convention pour le climat peut-elle rebattre la donne?
Vous avez dans la convention pour le climat des propositions très intéressantes. Si elles sont reprises, En marche et les écolos feront campagne ensemble pour les défendre. Face à une vague verte, c’est vraiment idiot de construire un rempart anti-écolo, de marcher main dans la main avec la droite conservatrice et avec des ringards, comme Gérard Collomb, qui sont politiquement finis. La stratégie de la LREM est en contradiction avec ce que Macron promettait pendant la campagne : faire primer l’éthique sur la politique. On ne peut pas faire d’alliances avec n’importe qui uniquement pour grappiller des mandats.

Les écolos n’ont pas non plus envie de se rapprocher de LREM…
Yannick Jadot aussi a peur de son ombre. Il est face à un dilemme. Il a compris qu’il ne peut pas rester sur la posture qui consisterait à attendre 2022 ; mais s’il collaborait avec Emmanuel Macron sur des points précis pour faire avancer la transition écologique, il serait tout de suite traité de traître par ses amis! Il ne peut pas non plus dire : « Attendons 2022, le monde de demain arrivera avec moi à l’Élysée.  » Ce serait une folie totale. Face à la crise, ce serait mettre en danger l’avenir de la France. Aucun dirigeant politique ne peut s’enfermer dans cette posture. Et cette convention peut être un moment pour trouver des compromis ensemble.

Le cœur de ce que formule la convention, Macron doit le reprendre

Beaucoup de tournants écologistes ont été annoncés sans jamais arriver. Cette fois, c’est la bonne?
L’initiative de la convention citoyenne vient de Macron. Ça peut changer beaucoup de choses. Il devra rester fidèle à cette partie de lui-même qui a lancé cette convention. Le cœur de ce que formule la convention, il doit le reprendre. Il doit soumettre à référendum la réforme de la Constitution pour y intégrer un volet écologique,.

En dépit de ses contradictions notoires Cohn-Bendit reste macroniste y compris sur les positions les plus tordues, tout cela commence à sentir l’EPHAD

«La stratégie sanitaire est incompréhensible» (Philippe Douste-Blazy)

 «La stratégie sanitaire est incompréhensible» (Philippe Douste-Blazy)

 

À juste titre l’ancien ministre trouve particulièrement incompréhensible la stratégie de déconfinement par exemple concernant la réouverture programmée des écoles qui risquent d’être une source de transmission du virus dans les familles. Philippe Douste-Blazy prône évidemment le port de masques aussi le développement de tests massifs en privilégiant les tests par famille. Notons aussi que Philippe Douste-Blazy avait soutenu le traitement du Professeur de Marseille avec la chloroquine.( interview)

. Qu’avez-vous retenu des annonces présidentielles?

Philippe DOUSTE-BLAZY. - Si j’ai apprécié le ton du président, humble et grave, je dois reconnaître ne pas comprendre la stratégie sanitaire. Je suis déçu: il ne peut y avoir de stratégie sanitaire sans stratégie de santé publique forte et affirmée. Si j’applaudis les prouesses des hôpitaux et des soignants qui ont montré que notre système de santé résiste avec brio, nous faisons fausse route en matière d’épidémiologie d’intervention. Une fois de plus, nous sommes excellents dans la médecine curative et individuelle mais faibles dans la médecine préventive et communautaire.

Profitons de ce confinement pour dépister les personnes y compris non symptomatiques

Pourquoi défendez-vous le dépistage massif par foyer plutôt que le dépistage par individus à symptômes, annoncé par le chef de l’État?

Parce que nous ne pouvons plus attendre. L’épidémie continue. Plus de 2000 cas par jour! Si le confinement ne sert qu’à diminuer le nombre de lits hospitaliers occupés, c’est très utile mais cela ne suffit pas.

Coronavirus : la stratégie sanitaire française critiquée

Coronavirus : la stratégie sanitaire française critiquée

Un papier du monde synthétise les interrogations et les critiques de la stratégie sanitaire française.

« Sur quelles bases scientifiques, médicales, épidémiologiques, la stratégie actuelle de lutte contre l’épidémie de coronavirus a-t-elle été mise en œuvre en France et, plus généralement, en Europe ? Pourquoi les autorités sanitaires ont-elles, dans ces pays, décidé de ne suivre ni les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ni l’exemple chinois de lutte contre l’épidémie ? En décidant de laisser l’épidémie suivre son cours et d’attendre samedi 14 mars pour tenter de l’arrêter en fermant tous les lieux publics non indispensables, les pouvoirs publics français ont, sans le dire, accepté l’idée qu’une part importante de la population va être, dans les prochains mois, infectée par le coronavirus. Avec à la clé, à tout le moins, probablement, des dizaines de milliers de personnes décédées dans l’Hexagone. Une telle stratégie, encore une fois non avouée mais de facto mise en œuvre, ne devrait-elle pas être au minimum discutée ?

On sait aujourd’hui pas mal de choses sur la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19), maladie infectieuse causée par le coronavirus SARS-CoV-2. Son taux de mortalité est de 20 à 30 fois supérieur à celui de la grippe saisonnière. Très contagieux, le SARS-CoV-2 est sensible aux désinfectants usuels. En France, le diagnostic spécifique de la Covid-19 est réalisé actuellement par une méthode de biologie moléculaire (RT-PCR spécifique) sur un écouvillonnage nasopharyngé dont le résultat est obtenu en 24 heures. Aucun test commercial simple n’est actuellement disponible.

Le SARS-CoV-2 infecte toutes les classes d’âge, mais de façon différenciée. 87 % des patients ont entre 30 et 79 ans, alors que moins de 1 % sont dans la classe d’âge inférieure à 10 ans. La fréquence des formes sévères et le taux de mortalité augmentent avec l’âge (15 % chez les patients de plus de 80 ans et 8 % chez les patients entre 70 et 79 ans). »

L’UE: quelle stratégie numérique

L’UE: quelle  stratégie numérique

La Commission européenne a commencé à définir ses premières orientations en matière de politique numérique incluant le développement de l’intelligence artificielle, les technologies proprement dites et leur régulation.  Il était temps ! Il faudra rattraper notre retard qui se caractérise notamment par la domination des grandes multinationales numériques américaines et chinoises. Par la tentation de mettre les économies en tutelle de certaines de ces grandes sociétés, d’imposer enfin des technologies qui risquent de mettre sous contrôle l’ensemble de la société. “Notre stratégie englobe des domaines aussi variés que la cybersécurité, les infrastructures critiques, la formation numérique, les compétences, la démocratie et les médias”, a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, citée dans un communiqué. “Je tiens à ce que cette Europe numérique reflète le meilleur de notre continent: l’ouverture, l’équité, la diversité, la démocratie et la confiance.”

Alors que la première phase de développement de l’industrie numérique a donné naissance aux Etats-Unis à des géants comme Google ou Amazon, les Vingt-Sept espèrent que leur puissance industrielle, leurs capacités de recherches et leur volonté de régulation leur permettront cette fois de ne pas se laisser distancer dans la nouvelle ère qui s’ouvre, où l’exploitation des données et l’intelligence artificielle devraient modifier tous les aspects de la vie quotidienne des citoyens, des loisirs à la santé en passant par le travail, le maintien de l’ordre ou les transports.

La Commission compte présenter un projet définitif d’ici la fin de l’année après avoir recueilli les réactions des différents acteurs concernés par ses premières propositions.

Le coeur de cette stratégie est la création d’un “marché unique des données” qui serait complété par des mesures spécifiques pour certains secteurs comme l’industrie manufacturière, la mobilité ou la santé.

“Nous allons créer un marché unique pour les données au sein de l’UE et nous voulons susciter 4 à 6 milliards d’euros d’investissements dans les espaces de données et les infrastructures de cloud de l’UE”, a dit Ursula von der Leyen au cours d’une conférence de presse.

La Commission propose de définir de nouvelles règles pour harmoniser l’utilisation des données et le recours à l’intelligence artificielle dans des domaines comme le secteur manufacturier, le changement climatique, l’automobile, l’énergie, les soins de santé, les services financiers ou l’agriculture.

Face aux critiques sur le pouvoir détenu par les géants du numérique, l’exécutif envisage aussi d’instaurer des mesures pour empêcher ces plates-formes d’imposer unilatéralement des conditions d’accès et d’utilisation des données ou d’en bénéficier de manière disproportionnée.

La stratégie suicidaire de la CGT

La stratégie suicidaire de la CGT

 

La confédération syndicale voudrait devenir complètement marginale qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Finalement,  le même processus de désagrégation et de quasi extinction que  le parti communiste. La CGT renoue en effet avec les pratiques gauchistes staliniennes qui  l’ont discrédité auprès d’une opinion notoirement plus éduquée qu’ au début du XXe siècle. Une majorité de Français sait faire la différence entre la protestation stérile et l’action syndicale responsable. Visiblement c qui échappe  à certains syndicats et à certains dirigeants  staliniens de la CGT . Ce qui leur échappe , c’est l’évolution de la société dans ses différentes dimensions sociales , sociétales,  économiques.  il fallait entendre hier le secrétaire général de la fédération énergie de la CGT ( en réalité de l’EDF) justifier des coupures de courant. Outre le caractère primaire des explications, réapparaissait dans ses propos la stratégie stalinienne des années 50. Ces dérives et ces dérapages qui s’inscrivent d’ailleurs dans la durée la CGT pour  devenir une organisation relativement secondaire y compris si elle conserve cependant un pouvoir de représentation dans la rue. Faut-il rappeler qu’au début du XXe siècle la CGT était quasi hégémonique. Elle rassemblait 70 à 80 % des voix des salariés. En 1948, elle regroupée autour de 5 millions d’adhérents pour maintenant moins de 600 000 aujourd’hui. La CGT a été constamment en régression non seulement dans le secteur privé mais aussi dans le secteur public. L’organisation historique est aujourd’hui minoritaire face aux  syndicats réformistes. En effet, les syndicats réformistes sont aujourd’hui dominants et la CFDT en particulier est devenue le premier syndicat français. L’invasion du siège de la CFDT par des syndicats EDF est un peu surréaliste et témoigne de la politique de terre brûlée de la CGT qui a perdu tout sens stratégique et même toute  référence démocratique et républicaine;  Des pratiques de de groupes extrêmistes. En plus venant d’EDF qui n’est pas réellement un modèle de productivité ni de gestion précisément du fait de la chape de plomb qu’impose encore la CGT pour empêcher toute évolution de l’entreprise. Certes, des évolutions sont en cours, d’autres syndicats progressent mais EDF affiche une lamentable productivité; ce qui   conduit l’entreprise progressivement à sous-traiter nombre de ses activités. Pour l’avenir EDF pourrait être cantonné à la simple production d’énergie nucléaire et le reste privatisé pour achhaper  à la chape de plomb de la CGT qui tue l’entreprise. De ce point de vue, la CGT sera largement responsable de l’éclatement d’EDF  et probablement un jour de sa disparition ( le même phénomène sans doute que dans l’autre bastion qu’à la SNCF dont la privatisation est beaucoup plus avancée et pour les mêmes motifs ) . La CGT va payer très cher auprès de l’opinion publique et lors des élections professionnelles sa politique suicidaire.

Quelle stratégie de défense pour la France ?

 

 

Avec notamment  l’intensification des attentats au Sahel, il est légitime de s’interroger sur la nature de la politique de défense, ses objectifs et ses modalités. Une interrogation qui doit d’ailleurs être permanente  car la nature des dangers et des risques évolue. En général, la problématique militaire reste du  domaine réservé des spécialistes , surtout depuis la professionnalisation de l’armée. Elle est aussi surtout orientée par les industries de la défense qui représente en France un poids économique non négligeable. La France fait partie, certes loin derrière les États-Unis et la Russie, des plus grands exportateurs au monde d’armements. L’industrie de l’armement représente donc un poids incontestable dans l’économie française. En 2017, l’industrie de l’armement réalise 6,9 milliards d’euros de vente à l’international et emploie 200 000 personnes. La dissuasion nucléaire représente l’axe central de la politique de défense mais elle est forcément complétée par des forces opérationnelles qui interviennent  dans les territoires extérieurs ou en France.  L’effort de la France en matière de défense est assez considérable même s’il est en recul régulier par rapport au PIB. La question qui se pose est de savoir si cette stratégie militaire est bien adaptée aux enjeux  du moment. Ce qui caractérise les conflits en cours, c’est en quelque sorte leur délocalisation dans les pays en développement d’où l’importance donnée aux opérations extérieures comme au Sahel ou au Levant. Avec la professionnalisation, les armes et la logistique se sont considérablement sophistiquées  utilisant notamment toutes les technologies de pointe; le  problème c’est que la plupart des opérations extérieures sont   le plus souvent par des luttes contre le terrorisme. Et la suprématie technologique devient illusoire. En fait il s’agit de contre un ennemi difficilement identifiable qui se mêle à la population locale. On a bien vu en Syrie que les satellites, drones, chasseurs et autres moyens d’artillerie étaient loin d’être insuffisants pour anéantir Daesh. Ceux  qui se sont montrés les plus efficaces par exemple en Syrie, ce sont  les kurdes qui maison par maison ont nettoyé le terrain de la présence islamiste. Par parenthèse, ce qui n’a pas empêché les occidentaux de les abandonner ensuite! Au sahel  la situation est encore plus complexe car les territoires en cause  sont immenses. Dès lors  se pose la question de savoir si les effectifs de l’armée, environ 200 000 militaires d’active, sont bien adaptés aux missions qu’  on leur demande aujourd’hui. Par exemple, on peut sérieusement s’interroger sur la mobilisation militaire  qui peut atteindre 10 000 hommes dans l’opération Vigipirate Sentinelle en France dans la mesure il s’agit essentiellement d’une mission de police. D’une certaine façon, les forces de dissuasion des grandes puissances se neutralisent et les grands pays conduisent leurs conflits par procuration dans des pays pauvres vulnérables à la propagande terroriste. On peut se demander  quelle peut être l’efficacité par exemple de l’opération Barkhane qui repose sur l’intervention d’environ 3000 hommes pour contrôler un territoire cinq fois grand comme la France qui va de la Mauritanie au Tchad. C’est un peu comme si sur un territoire comme la France,  on ne disposait que de six hommes par département ! Objectera que cette opération Barkhane  va maintenant être soutenue par certains pays européens toutefois les effectifs risquent d’être encore très insuffisants par rapport à l’enjeu. Si la France voulait vraiment faire face avec efficacité à ses engagements, il faudrait au moins cinq fois plus de militaires et la question du service militaire obligatoire se poserait. Pour l’avenir les prochains conflits se caractériseront  surtout par des opérations de surveillance, de maintien de l’ordre et d’affrontement sporadique avec des troupes terrestres et des groupes ou individus terroristes.  La suprématie technologique ne suffira pas !

Quelle stratégie de défense ?

Quelle stratégie de défense ?

 

Il est légitime de s’interroger sur la nature de la politique de défense, ses objectifs et ses modalités. Une interrogation qui doit d’ailleurs être permanente  car la nature des dangers et des risques évolue. En général, la problématique militaire reste du  domaine réservé des spécialistes , surtout depuis la professionnalisation de l’armée. Elle est aussi surtout orientée par les industries de la défense qui représente en France un poids économique non négligeable. La France fait partie, certes loin derrière les États-Unis et la Russie, des plus grands exportateurs au monde d’armements. L’industrie de l’armement représente donc un poids incontestable dans l’économie française. . En 2017, l’industrie de l’armement réalise 6,9 milliards d’euros de vente à l’international et emploie 200 000 personnes. La dissuasion nucléaire représente l’axe central de la politique de défense mais elle est forcément complétée par des forces opérationnelles qui interviennent  dans les territoires extérieurs ou en France.  L’effort de la France en matière de défense est assez considérable même s’il est en recul régulier par rapport au PIB. La question qui se pose est de savoir si cette stratégie militaire est bien adaptée aux enjeux  du moment. Ce qui caractérise les conflits en cours, c’est en quelque sorte leur délocalisation dans les pays en développement d’où l’importance donnée aux opérations extérieures comme au Sahel ou Levant. Avec la professionnalisation, les armes et la logistique se sont considérablement sophistiqués  utilisant notamment toutes les technologies de pointe; le  problème c’est que la plupart des opérations extérieures se caractérisent  le plus souvent par des luttes contre le terrorisme. Et la suprématie technologique devient illusoire. En fait il s’agit de contre un ennemi difficilement identifiable qui se mêle à la population locale. On a bien vu en Syrie que les satellites, drones, chasseurs et autres moyens d’artillerie étaient loin d’être insuffisants pour anéantir Daesh. Ceux  qui se sont montrés les plus efficaces par exemple en Syrie, ce sont  les kurdes qui maison par maison ont nettoyé le terrain de la présence islamiste. Par parenthèse, ce qui n’a pas empêché les occidentaux de les abandonner ensuite! Au sahel  la situation est encore plus complexe car les territoires en cause  sont immenses. Dès lors  se pose la question de savoir si les effectifs de l’armée, environ 200 000 militaires d’active, sont bien adaptés aux missions qu’  on leur demande aujourd’hui. Par exemple, on peut sérieusement s’interroger sur la mobilisation militaire  qui peut atteindre 10 000 hommes dans l’opération Vigipirate Sentinelle en France dans la mesure il s’agit essentiellement d’une mission de police. D’une certaine façon, les forces de dissuasion des grandes puissances se neutralisent et les grands pays conduisent leurs conflits par procuration dans des pays pauvres vulnérables à la propagande terroriste. On peut se demander  quelle peut être l’efficacité par exemple de l’opération Barkhane qui repose sur l’intervention d’environ 3000 hommes pour contrôler un territoire cinq fois grand comme la France qui va de la Mauritanie au Tchad. C’est un peu comme si sur un territoire comme la France,  on ne disposait que de six hommes par département ! Objectera que cette opération Barkhane  va maintenant être soutenue par certains pays européens toutefois les effectifs risquent d’être encore très insuffisants par rapport à l’enjeu. Si la France voulait vraiment faire face avec efficacité à ses engagements, il faudrait au moins cinq fois plus de militaires et la question du service militaire obligatoire se poserait. Pour l’avenir les prochains conflits se caractériseront  surtout par des opérations de surveillance, de maintien de l’ordre et d’affrontement sporadique avec des troupes terrestres et des groupes ou individus terroristes.  La suprématie technologique ne suffira pas !

 

Mali: Daesh fait 54 morts , la stratégie de la France en cause

Mali: Daesh fait  54 morts , la stratégie de la France en cause

 

Le terrible attentat perpétré par Daesh qui a fait 54 morts dans le nord-est du Mali doit évidemment nous interroger sur la situation particulièrement gangrénée au Sahel. par ailleurs au Burkina , cinq gendarmes et au moins cinq civils ont été tués lundi matin lors d’une attaque contre le détachement de gendarmerie de Oursi (province de l’Oudalan, nord). Cette fois il s’agit de victimes maliennes et burkinabaises mais régulièrement on compte aussi des victimes parmi les forces internationales et les forces françaises en particulier. Au Mali, au Burkina Faso au Niger Daesh  se montre de plus en plus agressif et présent. Les attaques contre des objectifs militaires ou civils se multiplient. Il faut bien constater une certaine impuissance des forces internationales et en particulier de la force Barkhane qui paraît actuellement bien mal adaptée pour lutter contre le terrorisme. Pire, cette force est de plus en plus critiquée par la population locale qui constate aussi l’impuissance totale des autorités publiques, leur corruption et leur irresponsabilité. La France est en train de s’enliser dans un conflit dont elle risque de porter la responsabilité pour n’avoir pas su impliquer davantage les acteurs locaux. De ce point de vue il serait temps de réexaminer une situation qui devient particulièrement dangereuse et de réadapter la stratégie.

Au moins 53 soldats et un civil ont en effet été tués lors d’une attaque contre un poste de l’armée dans le nord-est du Mali, a annoncé le gouvernement malien samedi, dans l’une des attaques les plus meurtrières de ces dernières années contre l’armée dans le pays. Le groupe djihadiste Etat islamique a revendiqué l’attaque dans la soirée, via son organe de propagande Amaq. “Des inconnus lourdement armés ont attaqué vers midi. L’attaque a commencé par des tirs d’obus… Puis ils se sont retirés vers le Niger”, a déclaré à Reuters le porte-parole du gouvernement, Yaya Sangaré.

Il a ajouté que le nombre de victimes restait encore provisoire alors que les cadavres étaient en cours d’identification. L’armée a opéré une opération de ratissage dans le secteur avec le soutien des forces internationales, notamment des troupes françaises de l’opération Barkhane et des casques bleus de l’ONU.

“Les renforts dépêchés sur place ont trouvés 54 corps dont un civil, 10 survivants et trouvé des dégâts matériels considérables”, avait déclaré plus tôt dans la journée Yaya Sangaré sur Twitter. Par ailleurs, l’Elysée a de son côté annoncé dans un communiqué le décès d’un militaire français de l’opération Barkhane. Le militaire, qui appartenait au 1er régiment de Spahis de Valence, a succombé à ses blessures après le déclenchement d’un engin explosif au passage de son véhicule blindé près de la ville de Ménaka.

 

dégradé, la mort du brigadier Ronan Pointeau nous montre que le combat contre les groupes terroristes qui sévissent au Sahel n’est pas terminé”, a souligné dans un communiqué Florence Parly, la ministre française des Armées.

 

Affaire du Burkini : la stratégie subversive des islamistes ( Mezri Haddad)

Affaire du Burkini : la stratégie subversive des islamistes ( Mezri Haddad)

 

De nouveaux incidents dus au Burkini ont entraîné la fermeture d’une piscine à Paris ce week-end. C’est l’occasion de se référer à un article de   Mezri Haddad,philosophe et directeur du Centre International de Géopolitique et de Prospective Analytique (CIGPA),  qui dénonce la stratégie des islamistes.

« Du débat byzantin sur l’interdiction du voile dit islamique dans les écoles, à la controverse récente sur le port du burkini au bord des plages, que de chemin parcouru dans le « féminisme » islamiste, que de progrès politique et philosophique au pays des Lumières éteintes! Interdire ou autoriser à certaines femmes grenouilles de la « diversité » de se baigner aux côtés des femmes émancipées et décomplexées de la France profonde, est en effet une question hautement philosophique et éminemment politique, qui aurait passionné Jean-Paul Sartre et son Castor, non sans affliger Raymond Aron. Pour le moment, cette question mobilise le Conseil d’Etat, qui va devoir se prononcer sur la légalité des arrêtés municipaux l’interdisant.  Cette régression intellectuelle et politique vertigineuse est inversement proportionnelle à la progression fulgurante de l’islamisme en France et de façon plus générale en Europe. Mieux encore, l’affaire du burkini, comme celles du voile, de la burka, des piscines exclusivement réservées aux vierges effarouchées, des caricatures de Mohamed, de la conférence du pape Benoît XVI à Ratisbonne, de la viande halal dans les cantines scolaires…, toutes ces affaires sont autant de batailles idéologiques et politiques engagées contre la République par les islamistes et plus exactement par les Frères musulmans. Ces affaires obéissaient à la même logique subversive et s’inscrivaient dans le combat contre la laïcité et contre la civilisation occidentale en général, selon une stratégie graduelle de conquête de la France, l’ex-fille aînée de l’Eglise que certains polygames voudraient marier au calife. Dans cette guerre de l’obscurantisme contre les Lumières conduite par les Frères musulmans, qui est consubstantiellement et idéologiquement liée à l’autre guerre terroriste que mène Daech contre l’Occident, la stratégie de l’ennemi de l’intérieur est à la fois simple et redoutable: susciter le scandale, provoquer le débat pour en récolter les bénéfices médiatiques ou symboliques et éventuellement les acquis politico-juridiques. Déjà dans le bras de fer qui avait opposé les zélotes du voile aux gouvernants, ce sont les premiers qui avaient gagné la bataille et ce, malgré la loi votée sur l’interdiction du voile dans les établissements scolaires. Ce fut plus exactement une victoire à la Pyrrhus, puisqu’interdit dans les collèges et les lycées, le voile aggravé par la burka afghane a proliféré dans les rues, les établissements privés et même dans les universités, nonobstant la proscription de cette burka venue du fond des âges. Même ponctuellement et conjoncturellement défait, l’islamisme progresse donc et rien ne semble dissuader ses tenants enturbannés, qui dictent leurs lois dans les cités, ou en costume-cravate, qui font du marketing et de la communication sur les plateaux de télévision.  Comble de la subversion et du cynisme, cette guerre à la fois symbolique, idéologique et politique n’est pas faite au nom de l’islam, ni même d’une prétendue réappropriation identitaire. Elle est déployée sous la double imposture de la liberté de conscience et des sacro-saints droits de l’homme dans lesquels Jean-Louis Harouel voit à juste titre « un avatar de la religion de l’humanité » devenue « mortelle aux Européens ». Ces droits de l’homme sont surtout une arme dissuasive que l’islamisme aseptisé par la Turquie et financé par le Qatar utilise pour islamiser la France.  On ne le dira jamais assez, l’islamisme, si « modéré » soit-il, n’est pas l’islam mais sa déviance théocratique et néofasciste. L’islamisme n’est pas la religion quiétiste pratiquée par la majorité des musulmans de ce pays, mais une « religion séculière » dans le sens que Raymond Aron assignait à ce terme en pensant au national-socialisme hitlérien et au communisme stalinien, à savoir une doctrine totalitaire et génocidaire. Que dit précisément l’islam sur la prétendue obligation coranique de porter le voile? Rien de plus que ce que n’a prescrit le judaïsme antique ou le christianisme primitif. Dans la première Epître aux Corinthiens, Paul écrit que «Toute femme qui prie ou prophétise, le chef non voilé, fait honte à son chef (Dieu); c’est exactement comme si elle était une femme rasée. Si donc une femme ne se voile pas, qu’elle se tonde aussi! Mais s’il est honteux pour une femme d’être tondue ou rasée, qu’elle se voile !» En phase avec l’enseignement paulinien, Tertullien, l’auteur du De virginis velandi (Du voile des vierges), recommandait aux fidèles chrétiennes de porter le voile. Idem pour saint Augustin. Dans le Coran, la question du voile n’est évoquée qu’en deux occurrences: primo, « Dis aux croyantes de baisser les yeux et de contenir leur sexe ; de ne pas faire montre de leurs agréments, sauf ce qui émerge, de rabattre leur fichu sur les échancrures de leur vêtement… » (sourate XXIV, 31); secundo, « Prophète, dis à tes épouses, à tes filles, aux femmes des croyants de revêtir leurs mantes: sûr moyen d’être reconnues (pour des dames) et d’échapper à toute offense » (sourate XXXIII, 59). Comme l’indiquait l’illustre Jacques Berque, à l’origine, « le port du voile distingue la femme libre des femmes de condition inférieure ».   L’égyptien Ashmawy a précisément consacré un ouvrage au problème du voile dit islamique, intitulé Vérité du voile et validité du Hadith, où on lit cette phrase troublante: « Ce n’est pas l’islam qui a imposé le voile à la femme, mais c’est plutôt le voile qui a été imposé et à l’islam et à la femme. » Dans son magistral Notre femme. Dans la loi coranique et la société (1930), le tunisien Tahar Haddad écrivait: « Si l’usage du voile en était formellement ordonné et appuyé par le Prophète lui-même, il n’y aurait pas eu des controverses à ce sujet entre les jurisconsultes de l’islam parmi lesquels des contemporains du Prophète. » C’est en profitant de cette brèche que Bourguiba, pour lequel « le voile n’est qu’un affreux torchon », a pu faire adopter dès 1956 un code du statut personnel révolutionnaire et résolument féministe. Caprice de l’Histoire, depuis l’irruption du « printemps arabe » et l’arrivée au pouvoir en Tunisie des Frères musulmans, voile et burka se sont métastasés, écoles et crèches islamistes ont proliféré et plusieurs cas de polygamie ont même été relevés.  La bataille juridique qui se joue aujourd’hui devant le Conseil d’Etat sera déterminante, non seulement pour les valeurs dont est porteuse la France mais également pour l’avenir des musulmans dans ce pays. Dans leur écrasante majorité, ces derniers ne se reconnaissent ni dans le voile dit islamique, ni encore moins dans la burka ou le burkini, qui ne sont pas « un vêtement comme un autre », selon la fatwa islamo-trotskyste d’Edwy Plenel, mais les panneaux publicitaires ambulants de l’idéologie théocratique et totalitaire des Frères musulmans et la bannière noire de Daech. Consciemment ou involontairement, par cynisme ou par ignorance, des femmes acceptent d’être le vecteur de cette idéologie mortifère, néofasciste et résolument antiféministe, qui profite des lois libérales pour les phagocyter à moyens termes et les annihiler à long termes.  Etant donné que le port du voile en général et de la burka ou du burkini en particulier procède beaucoup plus d’une recommandation islamique conjoncturelle que d’une obligation coranique immuable, attendu que le port du voile relève soit du prosélytisme islamiste, soit de l’exhibitionnisme identitaire, le législateur français doit l’interdire, pas seulement sur les plages mais dans tous les lieux publics. En République et même en Islam, la pudeur discrète est nettement préférable à la pudibonderie ostentatoire. En cela, Jean-Pierre Chevènement, qu’on ne peut accuser de réaction ou d’islamophobie, a eu raison de recommander aux musulmans la discrétion.   Devant le dilemme suivant lequel interdire le burkini serait une atteinte à la liberté de conscience et l’autoriser serait une offense à la laïcité, une maxime de Lacordaire serait à méditer: « C’est la loi qui libère et parfois c’est la liberté qui opprime. » Autant le dire clairement: si le Conseil d’Etat, pour des considérations droit-de-l’hommistes et des ratiocinations juridiques, invalide les arrêtés municipaux, ce serait une défaite des Lumières devant l’obscurantisme, une victoire symbolique, idéologique et politique des Frères musulmans et de leurs alliés daéchiens en terre « mécréante »…comme ils disent!

(Huffington)

Chine: Trump, la stratégie de la carotte et du bâton

Chine: Trump, la stratégie de la carotte et du bâton 

 

Récemment Trump  s’est félicité de l’avancée des négociations commerciales avec la Chine mais hier il a brutalement décidé de surtaxe de  10 % sur les 300 milliards de dollars d’importations chinoises jusque-là épargnées. La vérité c’est que les discussions progressent mais de manière particulièrement lente. Pékin ne lâche qu’au compte-gouttes dans tous les domaines. Au plan économique, c’est une stratégie d’envahissement progressive aux États-Unis bien sûr mais aussi en Europe ou en Afrique. La Chine investit partout dans l’industrie, dans les services et dans l’agriculture. Elle investit aussi dans les infrastructures en Italie par exemple mais aussi en France. Au plan politique et idéologique, le président Xi Jinping agit de plus en plus comme un dictateur nationaliste. Il a réussi à devenir comme Mao président  à vie. Comme Mao, il est en train de resiniser la Chine par exemple en débaptisant le nom de rue, en accentuant la répression à Hong Kong, en interdisant la religion chrétienne ou musulmane. Sans parler du scandale des camps de réinsertion pour les nombreux dissidents. Trump  n’a pas d’état d’âme vis-à-vis de la Chine, il sait que seule la force peut l’emporter sur des régimes de dictature insensible aux arguments de l’Occident.

Avec ces nouvelles taxes, ce sont près de la quasi-totalité des importations chinoises qui se retrouvent concernées, après les 25% de taxes imposés déjà sur 250 milliards de produits. Mais cette fois, les droits de douane supplémentaires concernent des biens de consommation courante, tels que l’électroménager et les produits agroalimentaires, laissant ainsi présager une hausse des prix dans les mois à venir.

 

Pour autant, Donald Trump a aussi déclaré  que les négociations commerciales entre les deux pays reprendraient comme convenu à Washington en septembre, ajoutant « pressentir que le futur entre les deux pays sera radieux ».

. Donald Trump a également assuré qu’il pourrait augmenter «bien plus encore» les tarifs douaniers si Pékin n’acceptait pas les exigences américaines. Il a notamment évoqué la possibilité d’aller «bien au-delà de 25%».

Intelligence artificielle : l’esquisse d’une stratégie

Intelligence artificielle : l’esquisse d’une stratégie

 

 

Comme on le sait, la mode n’est pas aux réflexions stratégiques dans ce gouvernement qui lui préfère une sorte de l’idéologie du court terme. Pourtant pour certains grands sujets industriels ou autres, la complexité de la problématique et l’ampleur des moyens à mettre en œuvre exigent  nécessairement une vision à long terme et la mise en place de synergies entre les acteurs concernés. Faute de ce type de démarche, la France et l’Europe ont perdu la maîtrise de la technologie 5G  au profit seulement des Chinois et des Américains. Concernant l’intelligence artificielle là aussi chinois et américains ont engagé des moyens considérables pour maîtriser cette révolution technologique. On peut donc se réjouir que Huit  grands groupes industriels français de secteurs aussi variés que l’aérospatiale, l’énergie et l’automobile aient  annoncé mercredi avoir signé un manifeste pour préparer l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans leurs activités respectives. Air Liquide, Dassault Aviation, EDF, Renault, Safran, Thales, Total et Valeo précisent dans un communiqué commun vouloir définir d’ici la fin d’année un “plan d’action coordonné avec l’écosystème français de l’IA». Les groupes industriels ont signé ce manifeste avec le ministère de l’Economie et des Finances dans le cadre de la stratégie “AI for Humanity” du gouvernement. “L’objectif est d’atteindre plus rapidement une masse critique sur les sujets de recherche prioritaires”, soulignent-ils pour expliquer leur volonté de coopérer, tout en invitant d’autres acteurs publics ou privés à les rejoindre. Le groupe de télécoms Orange, le fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics, le groupe de services pétroliers Schlumberger et l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft ont déjà franchi le pas ces derniers jours en participant eux aussi au manifeste, a précisé Marko Erman, directeur technique de Thales. “La rupture technologique fondatrice pour les économies du 21e siècle, ce sera l’intelligence artificielle”, a souligné lors d’un discours le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire. “C’est pour ça qu’il est absolument impératif (…) que ce soit une technologie que nous maîtrisions et non pas une technologie que nous subissions”, a-t-il ajouté. On peut cependant regretter que le rapprochement des compétences et les moyens de recherche sur le sujet n’ait  pas une dimension européenne

Une autre stratégie pour l’éducation des jeunes (Ross Hall)

Une autre stratégie pour l’éducation des jeunes (Ross Hall)

C’est l’avis de  Ross Hall, directeur de la stratégie pour l’éducation à Ashoka Londres dans une interview à la Tribune.

 

On parle de plus en plus de solutions glocales, de quoi s’agit-il exactement ? Ross Hall, vous dirigez actuellement la stratégie pour l’éducation chez Ashoka. Quelles sont vos ambitions ?

ROSS HALL - Nous pensons que chacun, et notamment les jeunes, peut devenir un acteur du changement dans un monde qui se définit de plus en plus par sa complexité et son hyperconnectivité. Nous incitons à développer cette ambition ainsi que les compétences nécessaires, dont l’empathie, la créativité et l’habilité à travailler en équipe.

Pour expliquer vos actions, en particulier auprès des marginalisés et des jeunes, vous utilisez très souvent le verbe anglais « empower », que l’on peut traduire en français par « autonomiser ». Parce qu’il définit votre vision et votre approche, pourriez-vous le préciser ?

« To empower » signifie créer un environnement qui permette à l’individu de découvrir et développer ses compétences, et ce, dans le but de contribuer de manière positive au monde, en essayant de le comprendre, en étant attentif à soi et aux autres, en prenant des responsabilités, en pensant par soi-même, en collaborant… Il ne s’agit pas de donner quelque chose à quelqu’un. La notion d’autonomie est effectivement très importante.

Qu’est-ce qui peut inciter les jeunes à devenir ces acteurs du changement ?

Nous nous intéressons à l’environnement dans lequel les enfants évoluent, au cours de leur enfance et de leur adolescence. Avec qui passent-ils du temps ? Quelles sont leurs activités ? À quoi sont-ils exposés ? Tout cela détermine leur capacité à développer leurs compétences, telles que l’empathie, et à devenir ou non acteur du changement. Selon le proverbe swahili, « il faut tout un village pour élever un enfant ». Dans les villes, les sources d’influence sont nombreuses et ne se cantonnent pas à l’école. Le modèle traditionnel de l’école en tant qu’unique système éducatif est dépassé. Ce sont les membres d’une famille, leurs pairs, les membres d’une école, les médias, les leaders religieux, les travailleurs sociaux. Mais aussi de manière plus indirecte, les instituts de formation des enseignants, les responsables politiques, les éditeurs, les services d’admission des universités.

Il faut un écosystème entier pour élever et permettre à un enfant de découvrir ses compétences afin qu’il contribue de manière positive au monde. Il faut donc changer les mentalités de l’ensemble des acteurs. Et pour aller encore plus loin que le proverbe swahili, il faut créer un écosystème collaboratif efficace, global, dont le but unique est d’autonomiser ces individus et de leur donner les ressources nécessaires pour devenir acteurs du changement.

Quels sont les moyens que se donne Ashoka pour atteindre un tel objectif ?

Nous identifions les leaders du changement, ceux dont l’objectif explicite est de permettre à tout le monde de participer à la transformation des mentalités. Dans le domaine des écoles, ce sont ceux qui développent des pédagogies innovantes, qui proposent d’autonomiser les expériences d’apprentissage, qui essayent de transformer les politiques, les évaluations des élèves. Nous les rassemblons afin de créer des équipes autour de thématiques spécifiques et d’aligner leurs visions. Nous les aidons à collaborer de manière plus efficace, à partager leurs ressources, leurs processus. Et enfin, nous favorisons le développement d’approches systémiques. Se focaliser, par exemple, sur la manière de changer les politiques plutôt que sur ce que nous ne pouvons faire. L’ambition est de créer un impact majeur à long terme.

Quel est leur profil ?

En janvier dernier à Lyon, nous avons rassemblé 250 leaders de 50 pays, dont une majorité d’Europe et des pays du Nord, mais aussi d’Amérique du Sud, d’Afrique, d’Asie. Leurs méthodes d’apprentissage sont très variées. Tout autant que la population à laquelle ils s’intéressent. Certains se focalisent sur les gens marginalisés, d’autres travaillent avec les élites ou les classes moyennes. Certains travaillent avec de très jeunes enfants, d’autres avec des adultes ou des personnes âgées. Certains utilisent les sciences et les technologies, d’autres la nature, la créativité, la culture ou la lecture en dehors de l’école… Chaque individu étant différent, nous avons besoin d’expériences d’apprentissage différentes et personnalisées. Or la majorité des systèmes pédagogiques dans le monde sont semblables. Les élèves sont assis face au professeur, écrivent ce qu’il dit pour le répéter lors d’un examen.

Il existe des pédagogies innovantes comme celles développées par vos leaders : les pédagogies de projets, les pédagogies inversées…

Tout à fait. Il y a aussi les apprentissages multigénérationnels ou par le jeu. Avec l’émergence des tutorats entre pairs, les jeunes sont aussi en train de comprendre qu’ils ont la capacité de s’entraider et d’apprendre par eux-mêmes. Ils deviennent des mentors. Tout comme les professeurs qui, d’experts dispensant des savoirs, deviennent des facilitateurs, des guides. Et ouvrent leurs portes à d’autres mentors. Il faut créer des écosystèmes d’apprentissage localisés, des micro-systèmes locaux, des modèles non standardisés dont l’objectif commun est de vivre dans un monde meilleur.

L’ambition pédagogique de l’éducation traditionnelle est donc complètement différente de celle des pédagogies innovantes actuelles…

Exactement. Nous devons justement questionner la notion de succès. Si elle représentait jusqu’à présent la réussite académique et professionnelle – aller dans les meilleures universités pour travailler dans les meilleures entreprises -, elle doit maintenant définir ce désir et cette capacité à participer à la création d’un monde meilleur. Or, prenons l’exemple de l’apprentissage personnalisé [conception de la pratique éducative et de sa politique qui se focalise sur l'individu apprenant, ses appétences, ses motivations et sur le nouveau rôle de l'enseignant en tant que facilitateur, ndlr]. S’il est utilisé pour développer les compétences académiques, telles que les maths, il ne provoque aucun changement par rapport à l’éducation traditionnelle. De la même manière, si les technologies ne sont pas utilisées pour nous autonomiser, elles participent et supportent l’idée traditionnelle de succès, sans la repenser.

Quelles sont d’ailleurs leurs potentialités, sachant, comme me le précisait le chercheur français François Taddei, « qu’elles n’ont pas de valeur intrinsèque. Elles ont les valeurs que les humains y mettent » ?

Tout à fait. Même s’ils en sont à leurs débuts, je vois trois mouvements majeurs dans l’exploration et l’utilisation des nouvelles technologies. Elles peuvent tout d’abord permettre de développer les compétences humaines profondes, telles que l’empathie. C’est ce que fait Parag Mankeekar avec le jeu RealLives. Ou Alexandra Ivanovitch qui développe une application utilisant la réalité virtuelle pour réduire les préjugés racistes, en collaboration avec la police de Los Angeles. Mais pour cela, nous ne devons pas nous focaliser sur les compétences des machines. Car nous serions alors en compétitivité avec elles, au lieu de collaborer, et nous perdrions à coup sûr. La technologie doit aussi permettre aux gens de se connecter plus efficacement au sein d’écosystèmes d’apprentissage collaboratifs.

Elle doit aider les enseignants, étudiants, responsables politiques, employeurs à communiquer plus fréquemment et plus en profondeur.

Comment favoriser ces connexions ?

Si nous acceptons l’idée que nous devons plus collaborer, plus communiquer entre parents, professeurs, médias, responsables politiques, nous devons introduire un nouvel élément que nous appelons le weaver, le tisseur en français. Cette personne tisse des liens entre les différents acteurs, les conversations, les objectifs, les ressources… Nous avons aussi besoin de ces êtres humains, ces tisseurs, afin de maintenir ces échanges et faciliter ces collaborations et ces approches écosystémiques. Nous ne devons pas nous reposer uniquement sur les technologies.

Vous prônez donc la collaboration au détriment de la compétition ?

Exactement. Le système éducatif actuel repose entièrement sur la compétition. Les jeunes gens sont en compétition, les professeurs, les écoles, les parents, les universités, les employeurs, tout le monde est en compétition. Cela divise les gens et empêche toute discussion entre les différents acteurs. Si vous mettez les élèves au cœur de cet écosystème, vous vous rendez compte que pour les autonomiser, il faut que l’ensemble de ses membres collaborent. Au bout du compte, la compétition ne sert pas les élèves.

Quelle est la troisième utilisation positive des technologies ?

Elles peuvent libérer du temps. Imaginez si les élèves passaient une partie de leur études à travailler sur des projets qui améliorent la qualité de vie de leur environnement. Imaginez si, au lieu d’être assis à étudier pour passer leurs examens, vous libériez leurs ressources, vous ouvriez les portes des écoles afin que ces jeunes puissent collaborer avec et dans la communauté, qu’ils contribuent positivement au monde, qu’ils apprennent et deviennent de meilleurs citoyens. Imaginez ce que cela leur apporterait, à eux et à leur entourage ! Or l’éducation traditionnelle est chronophage. Les étudiants et les enseignants subissent une énorme pression. Les uns étudient pour réussir leurs examens. Les autres les aident à les préparer, tout en devant faire face à un accroissement des tâches administratives. En automatisant les tâches et en aidant les étudiants à acquérir des compétences plus efficacement, de l’espace sera libéré pour collaborer sur des projets dans le monde réel et ainsi agir positivement pour la communauté.

C’est une manière de responsabiliser les gens, de montrer que le changement doit venir d’initiatives individuelles, que l’impulsion doit aussi être donnée par les acteurs et non pas uniquement par les décideurs. Mais pourquoi n’est-ce pas le cas ?

Plusieurs facteurs empêchent pour l’instant cette action. Il y a l’histoire du système éducatif. Fondé sur le modèle industriel, il a été conçu pour produire des ouvriers économiquement efficaces et non pour aider les gens à devenir des citoyens autonomes qui œuvrent pour le bien commun. Il faut développer un écosystème beaucoup plus organique qui, comme je le précisais auparavant, place les jeunes au centre de ses préoccupations. Il doit s’adapter à leurs besoins.

Le deuxième facteur, peut-être plus profond, est le manque de confiance ou la méfiance face aux jeunes. On croit à tort qu’ils ne peuvent pas contribuer positivement à la société. Seuls les adultes le pourraient. Cette vision très limitée est limitante. À Ashoka, nous montrons qu’il existe des jeunes gens incroyables qui font des choses fantastiques à travers le monde. Le dernier facteur est lié à la question du pouvoir. Les gens au pouvoir sont très nerveux à l’idée d’autonomiser les autres. Ils pensent qu’ils vont perdre leur pouvoir et que cela va engendrer l’anarchie. Malheureusement, le système éducatif actuel, lourd et hiérarchique, les soutient. Il ne s’intéresse pas au développement de l’empathie. Il n’aide pas les jeunes à s’autonomiser, à trouver leur propre but, à se découvrir, à découvrir et exprimer leurs potentialités. Il y a heureusement des exceptions, et leur nombre augmente. Ces esprits innovants sont des exemples qui peuvent donner l’impulsion, donner confiance et ainsi inciter plus de monde à adopter cette vision et attitude. Mais nous ne pouvons pas encore mesurer l’impact de ces innovations. Combien de temps cela prendra ? Trois ans, dix ans, cinquante ans ?

Un mot de conclusion ?

Mon objectif est de transformer le système éducatif afin de créer une nouvelle civilisation. Cela peut sembler un peu arrogant, mais c’est ce que nous commençons à voir émerger.

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BIO EXPRESS

Après plus de dix années dans la conception et le développement stratégique de projets internationaux, Ross Hall, Novocastrien de naissance, Londonien d’adoption, intègre en 2006 Pearson PLC, une maison d’édition britannique spécialisée dans l’éducation, dont il devient vice-président. Il découvre à cette occasion le système éducatif international. En 2012, il crée le Better World Programme, à destination des enfants marginalisés de Tanzanie et du Zimbabwe. Il a rejoint l’ONG Ashoka Londres au cours de l’année 2014.

Ashoka est une ONG fondée en 1980 par Bill Drayton et lancée en Inde en 1981. Elle agit en faveur de l’innovation sociale en soutenant les entrepreneurs sociaux (plus de 3.500 à ce jour dans 90 pays). Son rôle : les identifier et les intégrer à un réseau, le Fellowship Ashoka, afin de les soutenir. Depuis 2005, elle se focalise sur la stratégie « Everyone a Changemaker » qui vise une action collective en garantissant que chaque enfant maîtrise la compétence de l’empathie, que les jeunes deviennent acteurs du changement et que le reste de la société participe de manière collaborative et ouverte à soutenir ces changements.

Réduction de la Dépense publique : propositions radicales de France Stratégie

Réduction de la Dépense publique : propositions radicales de France Stratégie 

France Stratégie propose de tailler prioritairement dans les retraites, la maladie  et le soutien à l’économie qui représente les coûts les plus importants du budget.

 

Dans le cadre du grand débat une note est destinée aux organisateurs de réunions  indique que pour 1000 € de dépenses publiques en France 575 € sont consacrés à la protection sociale dont 268 € pour les retraites, 191 € pour l’assurance maladie, 42 € pour les allocation familiales, 35 € pour le chômage, 17 € pour l’aide au logement et 22 € pour d’autres (par exemple RSA) viennent ensuite les dépenses sectorielles qui représentent 143 € dont 53 € pour les affaires économiques ( crédits d’impôts etc.), 43 € pour le transport et les équipements collectifs, 22 € pour la culture, 16 € pour l’environnement, 9€ comme l’éclairage public. Concernant les services publics régaliens le total est de 60 € dont 31 € pour la défense, 25 € pour la sécurité, 4 euros pour la justice. L’éducation compte 96 €. La recherche 23 €. Le fonctionnement (partiel)  des administrations publiques 66 €. Enfin la charge de la dette 37 €. On note évidemment que la principale dépense concerne les retraites suivies de l’assurance maladie. Ce que n’indique pas par contre cette note c’est le rendement des dépenses. En effet les 1000 € ne sont pas entièrement redistribués et une partie disparaît dans les frais de fonctionnement qui pourrait atteindre presque 400 €. France Stratégie a établi  une comparaison européenne. En 2016, les dépenses publiques représentaient 55,7% du PIB en France (dont 0,8 point de CICE). « C’est 8,1 points de plus que la moyenne des pays retenus dans l’échantillon (et 13 points de plus que la moyenne des pays de l’Union européenne), mais seulement 3,2 points de plus que la moyenne des pays nordiques » souligne l’organisation rattachée au Premier ministre. Parmi les grands postes retenus apparaissent les prestations de redistribution monétaire (retraites et vieillesse, aides sociales) qui peuvent expliquer une bonne partie de l’écart avec les autres pays. En France, les dépenses de retraite représentent « près de 14 points de PIB et se situent 3,4 points au dessus de la moyenne. (Avec des degrés de socialisation différents

L’autre poste de dépense qui permet d’expliquer un tel écart concerne les dispositifs de soutiens à l’économie. L’ensemble des subventions et transferts et des investissements (hors social et régalien) représente environ 7% du PIB contre 4,5% en moyenne dans les autres pays pris en compte dans l’étude et 4,9% dans les pays du Nord. Outre le poids important du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), les rédacteurs mentionnent le crédit d’impôt recherche (plus de 5 milliards), le soutien aux énergies renouvelables (plus de 5 milliards), les crédits d’impôts pour l’emploi à domicile.la critique du soutien à l’économie rejoint celle de conseil d’analyse économique dans le rôle est d’éclairer le gouvernement. On sait que le gouvernement a décidé de transformer le crédit impôt sur la compétitivité emploi (CICE) en diminution pérenne de la fiscalité. Pour l’année 2018 le coup serait de leur de 40 milliards l’année 2019 environ 60 milliards. Ces réductions de fiscalité vit surtout les bas salaires puisque on aura supprimé toute cotisation sur le salaire au niveau du SMIC à la fin de 2019. Le problème c’est que c’est bas salaire ne se trouve pas nécessairement en tout cas majoritairement dans les secteurs soumis à concurrence internationale. Elle bénéficie surtout à des entreprises qui finalement ne sont pas concurrencées par des entreprises étrangères. Le conseil d’analyse économique mais en question la pertinence de ces aides fiscales par rapport à l’influence qu’ils peuvent avoir sur la compétitivité de l’économie française Dans l’industrie, le coût horaire moyen en France est désormais inférieur à celui de l’Allemagne (38,8 contre 40,20 euros en 2017) rappelle le CAE. Si les experts ne pointent pas forcément une dépense en particulier, ils rappellent que « des dispositifs de subventions sur les produits ou à la production peuvent être perçus comme le moyen de compenser une fiscalité trop élevée sur les facteurs de production ». Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron a régulièrement relancé le débat sur les impôts de production. Mais face aux dépenses supplémentaires engendrées notamment par la transformation du CICE en baisse de cotisations sociales pérenne ou les annonces du 10 décembre dernier destinés à soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs à bas salaires et des retraités aux revenus modestes, les marges de manoeuvre semblent limitées. Déjà au printemps 2018, le Premier ministre Edouard Philippe avait écarté de nouvelles baisses d’impôts de production pour les entreprises avant 2020. Il avait justifié cette annonce en exprimant « un environnement budgétaire contraint » et la nécessité d’une concertation avec les collectivités locales. Pour parvenir à l’objectif de réduction de la dépense publique de trois points à la fin du quinquennat, France stratégie propose de  réduire de manière drastique les dépenses de soutien à l’économie (investissements, soutiens et transferts) et les dépenses des collectivités locales. . La deuxième proposition repose sur des coupes dans les dépenses de santé sans toucher à celles consacrées aux hôpitaux., le troisième position , présentée comme « plus équilibrée », suppose  »d’élargir les économies aux prestations sociales en espèces » (retraites, chômage, famille, pauvreté, logement), ainsi qu’à « l’accueil et l’aide aux personnes » (petite enfance, handicap, dépendance). A ce sujet, la note de France Stratégie considère que « les décisions prises par le  gouvernement de désindexer partiellement les retraites en 2019 et 2020, de même que la volonté de mieux maîtriser les dépenses d’assurance-chômage, vont dans ce sens ». 

 

Diplomatie Trump : la stratégie du camelot slalomeur

Diplomatie Trump : la stratégie du camelot slalomeur

Après les vives protestations aux Etats Unis suite à l’attitude très complaisante de Trump face à Poutine (pas étonnant ce denier l’a sans doute aidé pour la campagne électorale),  on discerne encore un peu mieux la stratégie de Trump en matière de communication. Une communication de petites phrases souvent par tweets toujours contradictoires ? Trump dit tout et son contraire. Une chose pour faire plaisir à  la frange populiste de ses soutiens, le contraire le lendemain pour satisfaire la superstructure, l’intelligentzia ou ses autres interlocuteurs. Ainsi, il peut affirmer un jour que Theresa May est nulle pour négocier le Brexit et le lendemain dire que sa rencontre avec la Première Ministre a été formidable. Ce qu’il a fait aussi avec Macron, Poutine et les autres ; de quoi décontenancer la plupart des observateurs voire les décideurs. La question qui se pose surtout est de savoir si Trump sait lui-même où il va. Ce n’est pas certain tellement sa connaissance aussi bien de l’économie que des questions géopolitiques est approximative. Dire et se contredire, c’est la dialectique de Trump. Mais pour l’affaire Poutine, ses explications paraissent peu crédibles voire complètement tordues.  . Il a formulé le démenti le moins vraisemblable qu’on puisse trouver, afin que ses supporteurs ne soient pas dupes. «Je voulais dire: je ne vois aucune raison pour laquelle ce ne serait PAS la Russie», a déclaré le président. «On se demande bien qui a pensé à ça, mais peu importe», ironisait mercredi le Wall Street Journal dans son éditorial. «Cette excuse défie toute crédibilité, estime Jonathan Lemire, le correspondant de l’Associated Press dont la question avait provoqué le dérapage. Pour admettre que sa langue ait fourché dans cette phrase, il faudrait ignorer tout le reste de sa conférence de presse» avec le président russe. Même en lui faisant crédit de rectifier le tir, «cette déclaration a été faite avec 24 heures de retard et au mauvais endroit», a déclaré le sénateur démocrate Chuck Schumer.

Bien peu, chez ses partisans comme parmi ses adversaires, ont pris cette mise au point pour argent comptant. Car Donald Trump l’a lue ostensiblement devant les caméras avec le ton mécanique de quelqu’un qui accomplit une formalité, et en s’écartant deux fois du script préparé par ses collaborateurs. D’abord pour s’exclamer: «Il n’y a pas eu de collusion du tout!», une phrase qu’il avait rajoutée à la main. Ensuite pour atténuer le démenti tout juste formulé: «J’accepte la conclusion de notre communauté du renseignement selon laquelle l’interférence de la Russie dans l’élection de 2016 a eu lieu «Trump a mis au point une méthode d’excuses composée à parts égales de retraite et de réaffirmation», analyse Marc Fisher dans le Washington Post, pointant «le changement de ton quand il exprime ses véritables sentiments». Selon lui, on assiste au même «processus» que l’été dernier lors des incidents racistes de Charlottesville: «Insulte, excuses réticentes, signal clair qu’il croit vraiment ce qu’il avait dit au départ, répétition.» De fait, le correctif de mardi ne vise pas à clore la polémique, il lui offre seulement la protection d’avoir dit une chose et son contraire.

Industrie : l’absence de stratégie

Industrie : l’absence de stratégie

 

 

Le déficit des produits manufacturés s’est encore creusé en 2017 alors que la conjoncture est restée très favorable. Le redressement du commerce extérieur de la France constitue un véritable défi pour les années à venir. Force cependant est de constater l’absence de stratégie pour redresser l’industrie. Il ya certes un problème de compétitivité mais encore davantage une insuffisance qualitative de l’offre. Les gouvernements successifs, Macron compris, se refusent à envisager des stratégies par filières comme par le passé. , des stratégies  pourtant grâce auxquels on exporte (exemple matériel de transport, aérospatial,  armement, agriculture).  Il y a sans doute de nombreuses raisons pour comprendre le déclin industriel de la France notamment le manque de compétitivité, la complexité des normes et des règlements administratifs, l’insuffisante productivité. Mais le pays manque depuis longtemps de vision. Par crainte de l’étatisme le mot plan est tabou et le mot stratégie n’a guère de contenu opérationnel. Le commissariat général au plan a disparu déjà depuis longtemps et il n’y a même plus de ministère de l’industrie. Quand ce ministère existait il était totalement sous la coupe de Bercy. Du coup la stratégie industrielle de la France est surtout défensive pour tenter de sauver des entreprises en difficulté par exemple comme chez Alstom, Alcatel, Arcelor  plus récemment j’ai MGS ou ST X. Encore une fois c’est la crainte de l’étatisme qui a étouffé toute vision industrielle et on a confié au marché le soin de combler le vide. Une confusion évidemment car si le marché est incontournable pour réguler l’équilibre entre l’offre et la demande par contre certains projets de long terme mérite une réflexion de l’État et son soutien. Ce qui est fait par exemple au États-Unis ou les GAFA ont largement profité de la recherche militaire pour se développer, ils en profitent d’ailleurs toujours. La politique industrielle ne peut se réduire à la seule prise en compte de l’informatisation des processus de production. Le plan informatique ne peut répondre à tout. Le digital, c’est incontournable mais ne peut dispenser de stratégie par grand marché du futur. De la même manière l’allégement de la fiscalité, indispensable lui aussi, ne peut non plus seul constituer le seul vecteur du redressement industriel. Le slogan made in France manque sérieusement de contenu. Pour preuve la dégradation de l’industrie se constate y compris avec les pays de l’union européenne.   Le solde commercial en produits manufacturés avec les autres pays de l’Union européenne s’est creusé de 10,7 milliards d’euros en 2017 pour atteindre -42,9 milliards d’euros. Cette dégradation repose notamment sur le creusement du déficit avec l’Allemagne de -3 milliards d’euros (à -17 milliards d’euros) avec une vraie contraction des exportations. Les exportations à destination du Royaume-Uni ont également ralenti en raison des incertitudes liées au Brexit, la dépréciation de la livre sterling et le ralentissement de la demande intérieure britannique. La baisse du solde a également concerné bien d’autres pays européens tels que l’Autriche, les Pays-Bas, l’Italie et l’Espagne.

Une stratégie industrielle défensive et tardive

Une  stratégie industrielle défensive et tardive

 

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Il y a sans doute de nombreuses raisons pour comprendre le déclin industriel de la France notamment le manque de compétitivité, la complexité des normes et des règlements administratifs, l’insuffisante productivité. Mais le pays manque depuis longtemps de vision. Par crainte de l’étatisme le mot plan est tabou et le mot stratégie n’a guère de contenu opérationnel. Le commissariat général au plan a disparu déjà depuis longtemps et il n’y a même plus de ministère de l’industrie. Quand ce ministère existait il était totalement sous la coupe de Bercy. Du coup la stratégie industrielle de la France est surtout défensive pour tenter de sauver des entreprises en difficulté par exemple comme chez Alstom, Alcatel, Arcelor  plus récemment j’ai MGS ou ST X. Encore une fois c’est la crainte de l’étatisme qui a étouffé toute vision industrielle et on a confié au marché le soin de combler le vide. Une confusion évidemment car si le marché est incontournable pour réguler l’équilibre entre l’offre et la demande par contre certains projets de long terme mérite une réflexion de l’État et son soutien. Ce qui est fait par exemple au États-Unis ou les GAFA ont largement profité de la recherche militaire pour se développer, ils en profitent d’ailleurs toujours. La politique industrielle ne peut se réduire à la seule prise en compte de l’informatisation des processus de production. Le plan informatique ne peut répondre à tout. Le digital, c’est incontournable mais ne peut dispenser de stratégie par grand marché du futur. De la même manière l’allégement de la fiscalité, indispensable lui aussi, ne peut non plus seul constituer le seul vecteur du redressement industriel. Le slogan made in France manque sérieusement de contenu.

Burkini : la stratégie subversive des islamistes ( Mezri Haddad)

 

 


Dans un article d’Huffington post  Mezri Haddad
, Philosophe et directeur du Centre International de Géopolitique et de Prospective Analytique (CIGPA),  dénonce la stratégie des islamistes.

 

Du débat byzantin sur l’interdiction du voile dit islamique dans les écoles, à la controverse récente sur le port du burkini au bord des plages, que de chemin parcouru dans le « féminisme » islamiste, que de progrès politique et philosophique au pays des Lumières éteintes! Interdire ou autoriser à certaines femmes grenouilles de la « diversité » de se baigner aux côtés des femmes émancipées et décomplexées de la France profonde, est en effet une question hautement philosophique et éminemment politique, qui aurait passionné Jean-Paul Sartre et son Castor, non sans affliger Raymond Aron. Pour le moment, cette question mobilise le Conseil d’Etat, qui va devoir se prononcer sur la légalité des arrêtés municipaux l’interdisant.  Cette régression intellectuelle et politique vertigineuse est inversement proportionnelle à la progression fulgurante de l’islamisme en France et de façon plus générale en Europe. Mieux encore, l’affaire du burkini, comme celles du voile, de la burka, des piscines exclusivement réservées aux vierges effarouchées, des caricatures de Mohamed, de la conférence du pape Benoît XVI à Ratisbonne, de la viande halal dans les cantines scolaires…, toutes ces affaires sont autant de batailles idéologiques et politiques engagées contre la République par les islamistes et plus exactement par les Frères musulmans. Ces affaires obéissaient à la même logique subversive et s’inscrivaient dans le combat contre la laïcité et contre la civilisation occidentale en général, selon une stratégie graduelle de conquête de la France, l’ex-fille aînée de l’Eglise que certains polygames voudraient marier au calife. Dans cette guerre de l’obscurantisme contre les Lumières conduite par les Frères musulmans, qui est consubstantiellement et idéologiquement liée à l’autre guerre terroriste que mène Daech contre l’Occident, la stratégie de l’ennemi de l’intérieur est à la fois simple et redoutable: susciter le scandale, provoquer le débat pour en récolter les bénéfices médiatiques ou symboliques et éventuellement les acquis politico-juridiques. Déjà dans le bras de fer qui avait opposé les zélotes du voile aux gouvernants, ce sont les premiers qui avaient gagné la bataille et ce, malgré la loi votée sur l’interdiction du voile dans les établissements scolaires. Ce fut plus exactement une victoire à la Pyrrhus, puisqu’interdit dans les collèges et les lycées, le voile aggravé par la burka afghane a proliféré dans les rues, les établissements privés et même dans les universités, nonobstant la proscription de cette burka venue du fond des âges. Même ponctuellement et conjoncturellement défait, l’islamisme progresse donc et rien ne semble dissuader ses tenants enturbannés, qui dictent leurs lois dans les cités, ou en costume-cravate, qui font du marketing et de la communication sur les plateaux de télévision.  Comble de la subversion et du cynisme, cette guerre à la fois symbolique, idéologique et politique n’est pas faite au nom de l’islam, ni même d’une prétendue réappropriation identitaire. Elle est déployée sous la double imposture de la liberté de conscience et des sacro-saints droits de l’homme dans lesquels Jean-Louis Harouel voit à juste titre « un avatar de la religion de l’humanité » devenue « mortelle aux Européens ». Ces droits de l’homme sont surtout une arme dissuasive que l’islamisme aseptisé par la Turquie et financé par le Qatar utilise pour islamiser la France.  On ne le dira jamais assez, l’islamisme, si « modéré » soit-il, n’est pas l’islam mais sa déviance théocratique et néofasciste. L’islamisme n’est pas la religion quiétiste pratiquée par la majorité des musulmans de ce pays, mais une « religion séculière » dans le sens que Raymond Aron assignait à ce terme en pensant au national-socialisme hitlérien et au communisme stalinien, à savoir une doctrine totalitaire et génocidaire. Que dit précisément l’islam sur la prétendue obligation coranique de porter le voile? Rien de plus que ce que n’a prescrit le judaïsme antique ou le christianisme primitif. Dans la première Epître aux Corinthiens, Paul écrit que «Toute femme qui prie ou prophétise, le chef non voilé, fait honte à son chef (Dieu); c’est exactement comme si elle était une femme rasée. Si donc une femme ne se voile pas, qu’elle se tonde aussi! Mais s’il est honteux pour une femme d’être tondue ou rasée, qu’elle se voile !» En phase avec l’enseignement paulinien, Tertullien, l’auteur du De virginis velandi (Du voile des vierges), recommandait aux fidèles chrétiennes de porter le voile. Idem pour saint Augustin. Dans le Coran, la question du voile n’est évoquée qu’en deux occurrences: primo, « Dis aux croyantes de baisser les yeux et de contenir leur sexe ; de ne pas faire montre de leurs agréments, sauf ce qui émerge, de rabattre leur fichu sur les échancrures de leur vêtement… » (sourate XXIV, 31); secundo, « Prophète, dis à tes épouses, à tes filles, aux femmes des croyants de revêtir leurs mantes: sûr moyen d’être reconnues (pour des dames) et d’échapper à toute offense » (sourate XXXIII, 59). Comme l’indiquait l’illustre Jacques Berque, à l’origine, « le port du voile distingue la femme libre des femmes de condition inférieure ».   L’égyptien Ashmawy a précisément consacré un ouvrage au problème du voile dit islamique, intitulé Vérité du voile et validité du Hadith, où on lit cette phrase troublante: « Ce n’est pas l’islam qui a imposé le voile à la femme, mais c’est plutôt le voile qui a été imposé et à l’islam et à la femme. » Dans son magistral Notre femme. Dans la loi coranique et la société (1930), le tunisien Tahar Haddad écrivait: « Si l’usage du voile en était formellement ordonné et appuyé par le Prophète lui-même, il n’y aurait pas eu des controverses à ce sujet entre les jurisconsultes de l’islam parmi lesquels des contemporains du Prophète. » C’est en profitant de cette brèche que Bourguiba, pour lequel « le voile n’est qu’un affreux torchon », a pu faire adopter dès 1956 un code du statut personnel révolutionnaire et résolument féministe. Caprice de l’Histoire, depuis l’irruption du « printemps arabe » et l’arrivée au pouvoir en Tunisie des Frères musulmans, voile et burka se sont métastasés, écoles et crèches islamistes ont proliféré et plusieurs cas de polygamie ont même été relevés.  La bataille juridique qui se joue aujourd’hui devant le Conseil d’Etat sera déterminante, non seulement pour les valeurs dont est porteuse la France mais également pour l’avenir des musulmans dans ce pays. Dans leur écrasante majorité, ces derniers ne se reconnaissent ni dans le voile dit islamique, ni encore moins dans la burka ou le burkini, qui ne sont pas « un vêtement comme un autre », selon la fatwa islamo-trotskyste d’Edwy Plenel, mais les panneaux publicitaires ambulants de l’idéologie théocratique et totalitaire des Frères musulmans et la bannière noire de Daech. Consciemment ou involontairement, par cynisme ou par ignorance, des femmes acceptent d’être le vecteur de cette idéologie mortifère, néofasciste et résolument antiféministe, qui profite des lois libérales pour les phagocyter à moyens termes et les annihiler à long termes.  Etant donné que le port du voile en général et de la burka ou du burkini en particulier procède beaucoup plus d’une recommandation islamique conjoncturelle que d’une obligation coranique immuable, attendu que le port du voile relève soit du prosélytisme islamiste, soit de l’exhibitionnisme identitaire, le législateur français doit l’interdire, pas seulement sur les plages mais dans tous les lieux publics. En République et même en Islam, la pudeur discrète est nettement préférable à la pudibonderie ostentatoire. En cela, Jean-Pierre Chevènement, qu’on ne peut accuser de réaction ou d’islamophobie, a eu raison de recommander aux musulmans la discrétion.   Devant le dilemme suivant lequel interdire le burkini serait une atteinte à la liberté de conscience et l’autoriser serait une offense à la laïcité, une maxime de Lacordaire serait à méditer: « C’est la loi qui libère et parfois c’est la liberté qui opprime. » Autant le dire clairement: si le Conseil d’Etat, pour des considérations droit-de-l’hommistes et des ratiocinations juridiques, invalide les arrêtés municipaux, ce serait une défaite des Lumières devant l’obscurantisme, une victoire symbolique, idéologique et politique des Frères musulmans et de leurs alliés daéchiens en terre « mécréante »…comme ils disent!

(Huffington)

 

 

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