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« Pour une stratégie zéro Covid en évitant des confinements » (Anne Hidalgo)

 « Pour une  stratégie zéro Covid en évitant des confinements » (Anne Hidalgo)

Hostile à la stratégie du « stop and go », la maire de Paris plaide, dans une tribune au « Monde », pour une accélération de la vaccination contre le Covid-19 ainsi que pour une coopération renforcée entre les élus, la société civile et les acteurs économiques.

Tribune.

 

 

 Nous y sommes. Le variant dit « anglais », plus contagieux, est devenu majoritaire dans la plupart de nos régions et l’épidémie repart avec une augmentation de 15 % de nouveaux cas par semaine. Identifié en septembre 2020 au Royaume-Uni, ce variant y est devenu majoritaire le 26 novembre. En quelques semaines, il est passé de 25 % à 75 % des contaminations, semant le chaos chez nos voisins britanniques.

En France, cette progression inéluctable a été annoncée dès le 7 février par une équipe de l’Inserm. Une autre équipe de chercheurs du laboratoire de virologie du CHU de Montpellier signalait le 17 février que « les infections causées par le variant [anglais] seraient déjà majoritaires, pour la plupart des régions d’ici à la fin du mois de février 2021 ».

Il y a un an, nous étions dans une situation similaire, à la veille de la première vague. Il y a six mois, nous étions dans une situation similaire, à la veille de la deuxième vague. Cela fait désormais cent trente jours que nous vivons un semi-confinement avec de sévères mesures de restrictions de nos libertés : couvre-feu instauré le 17 octobre, confinement le 30 octobre, puis succession de couvre-feux depuis le 15 décembre.

Il faut se souvenir que, en octobre, l’objectif annoncé était de 5 000 cas par jour. Aujourd’hui, nous dépassons les 23 000 cas quotidiens. Le taux d’incidence par classe d’âge s’élève en moyenne à 219 cas sur 100 000 habitants en France, soit plus de 4 fois le seuil considéré comme acceptable.

Cette épidémie impose à tous l’humilité. Lors de la première vague, entre février et juillet 2020, nous avons enregistré 30 300 décès et, pour cette deuxième vague, nous déplorons 56 946 décès de plus. Plusieurs centaines de malades meurent chaque jour, 417 rien que le 2 mars. Nos services de réanimation sont proches de la saturation. Les Français comme les soignants sont épuisés et l’horizon semble bouché.

Vacciner avant la fin de l’été

Ma seule préoccupation est d’aider à trouver des solutions pour réduire le nombre de décès, accélérer le retour à une vie normale et répondre à la détresse de celles et ceux qui subissent de plein fouet la crise économique et sociale. Les étudiants, les familles qui vivent dans des logements exigus, les personnes isolées souffrant d’un état de santé fragile ont plus que jamais besoin d’un accompagnement ciblé. Quels sont les choix qui s’offrent à nous ? Que devons-nous dire à nos concitoyens ? Comment nous organiser collectivement ? Sur la vaccination, comment réussir ?

Santé–Une stratégie de vaccination illisible

 

Santé–Une stratégie de vaccination illisible

 

Généraliste à Ifs (Calvados), le docteur Jacques Battistoni, président du syndicat MG France, détaille les enjeux de l’ouverture de la vaccination aux médecins de ville.( Interview dans l’Opinion)

Cette semaine, près de 30 000 généralistes volontaires vont pouvoir vacciner dans leur cabinet médical avec le produit d’AstraZeneca. Comment cela va se passer ?

Les patients vont pouvoir se faire vacciner par leur médecin jeudi et plus probablement vendredi. Nous devions participer à la campagne vaccinale quelques jours plus tôt mais la distribution en lots des vaccins aux 11 000 pharmacies qui vont fournir les médecins de ville est complexe. Les flacons de 10 doses sont conditionnés en paquet de dix et chaque médecin a le droit, pour cette semaine, à un flacon. Or, un pharmacien va alimenter en doses trois ou quatre médecins, pas davantage. Il faut donc séparer les paquets pour éviter de perdre des vaccins en route. Tout cela prend du temps.

Le patient doit-il aller chercher son vaccin chez le pharmacien ?

C’est plutôt le médecin qui se rend chez le pharmacien auprès de qui il s’est fait connaître comme vaccinateur volontaire pour récupérer les doses. Il les ramène ensuite à son cabinet en les transportant bien droit dans un sachet ou une boîte isotherme. La plupart des confrères vont consacrer une demi-journée de travail jeudi ou vendredi à vacciner les patients qu’ils auront sélectionnés.

«Les médecins ont besoin d’un document à opposer à leurs patients, leur expliquant pourquoi une personne diabétique de 65 à 74 ans n’a droit à rien, mais pourquoi la même entre 50 et 64 ans peut être vaccinée avec l’AstraZeneca»

Un peu plus d’un médecin généraliste sur deux s’est engagé dans la démarche vaccinale. Pourquoi si peu ?

Je dirai au contraire qu’il s’agit là d’un beau succès au regard des handicaps qui sont les nôtres. Le premier est circonstanciel : ce sont les vacances et certains médecins sont en congés. Ils ont aussi des enfants. Tous ne sont pas disponibles.

Ensuite, le vaccin d’AstraZeneca a souffert d’une mauvaise réputation auprès des médecins avant que la science ne démontre une efficacité de 80 %, soit bien plus que le vaccin contre la grippe. Cette petite musique a pu avoir un effet dissuasif.

Autre souci : les effets indésirables. On sait maintenant que ce type de syndromes grippaux, pas dramatiques mais inconfortables, sont plus fréquents chez les personnes les plus jeunes. Les médecins vont pouvoir informer leurs patients sur ce point.

La vaccination est conditionnée à un dispositif de priorisation des patients avec sept profils et 16 sous-profils. Est-ce que les Français s’y retrouvent ?

En l’état, la stratégie de vaccination est illisible pour les patients. Il ne se passe pas une réunion au ministère de la Santé sans que je réclame une clarification. Les médecins ont besoin d’un document à opposer à leurs patients, leur expliquant pourquoi une personne diabétique de 65 à 74 ans n’a droit à rien mais pourquoi la même entre 50 et 65 ans peut être vaccinée avec l’AstraZeneca. Cette création d’exceptions entre différentes tranches d’âge crée des tensions dans les centres de santé et des conflits entre médecins et patients. Certains font des pieds et des mains pour se faire vacciner et ont recours au système D bien français pour arriver à leurs fins.

 

Le professeur Alain Fischer a laissé entendre que le prochain vaccin du laboratoire Janssen pourrait convenir aux 65-74 ans. Est-ce une bonne idée ?

Je n’ai pas assez d’informations pour répondre par oui ou par non. Une chose est sûre : c’est plus facile pour un médecin généraliste de s’organiser avec un vaccin monodose que multidose, de le conserver dans son frigo et de vacciner au fil de l’eau. Nous voyons 100 patients par semaine, on peut sans problème en piquer la moitié. Sans contrainte, notre puissance de vaccination peut monter à plus de deux millions de Français piqués par semaine. Aujourd’hui, notre cible vaccinale est très étroite et les doses arrivent au compte-gouttes (10 doses cette semaine par médecin volontaire, puis 20 à 30 hebdomadaires ensuite, selon la demande, N.D.L.R.). Sur trois ou quatre semaines, chaque généraliste est en mesure de vacciner entre 40 et 80 personnes. Ça ne va pas assez vite.

2,4 millions de personnes de plus de 75 ans vivent seules, certaines sont très isolées. Comment amener la vaccination à elles ?

Certains de ces patients ne peuvent pas prendre rendez-vous sur Internet. Moi, ce qui me semble le plus simple, ce serait de réserver dans chaque centre de vaccination un quota de doses que les médecins passeraient prendre avant chaque tournée à domicile. Au centre, le généraliste les inscrirait sur un registre puis une fois sur place, entrerait dans le système de traçabilité l’identité du patient et son accord, la réalisation de la consultation, de l’acte vaccinal et le numéro du lot.

« Vacciner ne réclame pas uniquement un médecin pour superviser et une infirmière pour piquer. Il faut gérer les rendez-vous, l’approvisionnement, le retour d’informations aux ARS »

En Meurthe-et-Moselle, des médecins et infirmiers libéraux ont avancé 8 000 euros de leurs poches pour faire tourner leur centre de vaccination. Est-ce un cas isolé ? Les soignants de ville sont-ils suffisamment accompagnés par les agences régionales de santé (ARS) ​?

Je connais des cas similaires et c’est aussi ma situation. Je travaille dans une maison de santé et nous ouvrons un centre la semaine prochaine. Nous n’avons pas les fonds nécessaires. Vacciner ne réclame pas uniquement un médecin pour superviser et une infirmière pour piquer. Il faut gérer les rendez-vous, les agendas, l’approvisionnement, le retour d’informations aux ARS, etc. C’est du temps de travail salarié. Et sincèrement, nous n’avons pas, sur le terrain, les moyens de travailler correctement. Les médecins retraités sont rémunérés sous forme de vacation, je ne vois pas pourquoi les gestionnaires de centre ne seraient pas eux aussi payés pour leur contribution à l’effort vaccinal.

Les pharmaciens pourront prendre part à la stratégie vaccinale en mars, a annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran. Cette idée ne plaît pas à tous les médecins, loin de là. Qu’en pense MG France ?

Tant que les vaccins ne sont pas en nombre suffisant, tant qu’il reste des patients vulnérables à repérer et à vacciner en priorité, c’est logique de ne pas multiplier le nombre de vaccinateurs. Cela n’apporte rien et entraîne de la confusion.

Je ne suis pas sûr que les pharmaciens aient le temps, l’espace et la logistique nécessaires. Quand la vaccination sera accessible à l’ensemble de la population de plus de 18 ans et que les doses suivront, nous en reparlerons. Quand le moment sera venu, MG France ne s’opposera pas à la vaccination en pharmacie. Mais nous n’en sommes pas là.

Une stratégie de vaccination illisible

Une stratégie de vaccination illisible

Généraliste à Ifs (Calvados), le docteur Jacques Battistoni, président du syndicat MG France, détaille les enjeux de l’ouverture de la vaccination aux médecins de ville.( Interview dans l’Opinion)

Cette semaine, près de 30 000 généralistes volontaires vont pouvoir vacciner dans leur cabinet médical avec le produit d’AstraZeneca. Comment cela va se passer ?

Les patients vont pouvoir se faire vacciner par leur médecin jeudi et plus probablement vendredi. Nous devions participer à la campagne vaccinale quelques jours plus tôt mais la distribution en lots des vaccins aux 11 000 pharmacies qui vont fournir les médecins de ville est complexe. Les flacons de 10 doses sont conditionnés en paquet de dix et chaque médecin a le droit, pour cette semaine, à un flacon. Or, un pharmacien va alimenter en doses trois ou quatre médecins, pas davantage. Il faut donc séparer les paquets pour éviter de perdre des vaccins en route. Tout cela prend du temps.

Le patient doit-il aller chercher son vaccin chez le pharmacien ?

C’est plutôt le médecin qui se rend chez le pharmacien auprès de qui il s’est fait connaître comme vaccinateur volontaire pour récupérer les doses. Il les ramène ensuite à son cabinet en les transportant bien droit dans un sachet ou une boîte isotherme. La plupart des confrères vont consacrer une demi-journée de travail jeudi ou vendredi à vacciner les patients qu’ils auront sélectionnés.

«Les médecins ont besoin d’un document à opposer à leurs patients, leur expliquant pourquoi une personne diabétique de 65 à 74 ans n’a droit à rien, mais pourquoi la même entre 50 et 64 ans peut être vaccinée avec l’AstraZeneca»

Un peu plus d’un médecin généraliste sur deux s’est engagé dans la démarche vaccinale. Pourquoi si peu ?

Je dirai au contraire qu’il s’agit là d’un beau succès au regard des handicaps qui sont les nôtres. Le premier est circonstanciel : ce sont les vacances et certains médecins sont en congés. Ils ont aussi des enfants. Tous ne sont pas disponibles.

Ensuite, le vaccin d’AstraZeneca a souffert d’une mauvaise réputation auprès des médecins avant que la science ne démontre une efficacité de 80 %, soit bien plus que le vaccin contre la grippe. Cette petite musique a pu avoir un effet dissuasif.

Autre souci : les effets indésirables. On sait maintenant que ce type de syndromes grippaux, pas dramatiques mais inconfortables, sont plus fréquents chez les personnes les plus jeunes. Les médecins vont pouvoir informer leurs patients sur ce point.

La vaccination est conditionnée à un dispositif de priorisation des patients avec sept profils et 16 sous-profils. Est-ce que les Français s’y retrouvent ?

En l’état, la stratégie de vaccination est illisible pour les patients. Il ne se passe pas une réunion au ministère de la Santé sans que je réclame une clarification. Les médecins ont besoin d’un document à opposer à leurs patients, leur expliquant pourquoi une personne diabétique de 65 à 74 ans n’a droit à rien mais pourquoi la même entre 50 et 65 ans peut être vaccinée avec l’AstraZeneca. Cette création d’exceptions entre différentes tranches d’âge crée des tensions dans les centres de santé et des conflits entre médecins et patients. Certains font des pieds et des mains pour se faire vacciner et ont recours au système D bien français pour arriver à leurs fins.

Le professeur Alain Fischer a laissé entendre que le prochain vaccin du laboratoire Janssen pourrait convenir aux 65-74 ans. Est-ce une bonne idée ?

Je n’ai pas assez d’informations pour répondre par oui ou par non. Une chose est sûre : c’est plus facile pour un médecin généraliste de s’organiser avec un vaccin monodose que multidose, de le conserver dans son frigo et de vacciner au fil de l’eau. Nous voyons 100 patients par semaine, on peut sans problème en piquer la moitié. Sans contrainte, notre puissance de vaccination peut monter à plus de deux millions de Français piqués par semaine. Aujourd’hui, notre cible vaccinale est très étroite et les doses arrivent au compte-gouttes (10 doses cette semaine par médecin volontaire, puis 20 à 30 hebdomadaires ensuite, selon la demande, N.D.L.R.). Sur trois ou quatre semaines, chaque généraliste est en mesure de vacciner entre 40 et 80 personnes. Ça ne va pas assez vite.

2,4 millions de personnes de plus de 75 ans vivent seules, certaines sont très isolées. Comment amener la vaccination à elles ?

Certains de ces patients ne peuvent pas prendre rendez-vous sur Internet. Moi, ce qui me semble le plus simple, ce serait de réserver dans chaque centre de vaccination un quota de doses que les médecins passeraient prendre avant chaque tournée à domicile. Au centre, le généraliste les inscrirait sur un registre puis une fois sur place, entrerait dans le système de traçabilité l’identité du patient et son accord, la réalisation de la consultation, de l’acte vaccinal et le numéro du lot.

« Vacciner ne réclame pas uniquement un médecin pour superviser et une infirmière pour piquer. Il faut gérer les rendez-vous, l’approvisionnement, le retour d’informations aux ARS »

En Meurthe-et-Moselle, des médecins et infirmiers libéraux ont avancé 8 000 euros de leurs poches pour faire tourner leur centre de vaccination. Est-ce un cas isolé ? Les soignants de ville sont-ils suffisamment accompagnés par les agences régionales de santé (ARS) ​?

Je connais des cas similaires et c’est aussi ma situation. Je travaille dans une maison de santé et nous ouvrons un centre la semaine prochaine. Nous n’avons pas les fonds nécessaires. Vacciner ne réclame pas uniquement un médecin pour superviser et une infirmière pour piquer. Il faut gérer les rendez-vous, les agendas, l’approvisionnement, le retour d’informations aux ARS, etc. C’est du temps de travail salarié. Et sincèrement, nous n’avons pas, sur le terrain, les moyens de travailler correctement. Les médecins retraités sont rémunérés sous forme de vacation, je ne vois pas pourquoi les gestionnaires de centre ne seraient pas eux aussi payés pour leur contribution à l’effort vaccinal.

Les pharmaciens pourront prendre part à la stratégie vaccinale en mars, a annoncé le ministre de la Santé Olivier Véran. Cette idée ne plaît pas à tous les médecins, loin de là. Qu’en pense MG France ?

Tant que les vaccins ne sont pas en nombre suffisant, tant qu’il reste des patients vulnérables à repérer et à vacciner en priorité, c’est logique de ne pas multiplier le nombre de vaccinateurs. Cela n’apporte rien et entraîne de la confusion.

Je ne suis pas sûr que les pharmaciens aient le temps, l’espace et la logistique nécessaires. Quand la vaccination sera accessible à l’ensemble de la population de plus de 18 ans et que les doses suivront, nous en reparlerons. Quand le moment sera venu, MG France ne s’opposera pas à la vaccination en pharmacie. Mais nous n’en sommes pas là.

Sanofi : les actionnaires institutionnels doivent peser sur la stratégie

Sanofi : les actionnaires institutionnels doivent peser sur la stratégie

L’économiste Stéphanie Villers explique, dans une tribune au « Monde », qu’en misant sur l’Investissement socialement responsable (ISR), les actionnaires de Sanofi, notamment les investisseurs institutionnels, pourraient utilement peser sur les choix stratégiques de l’entreprise dont ils détiennent la majeure partie du capital.

Tribune. A l’annonce de la distribution de 40 % de ses bénéfices réalisés en 2020 sous forme de dividendes, nombreux sont ceux à avoir poussé des cris d’orfraie contre Sanofi. Un scandale dans un contexte de crise Covid sur fond d’échec à l’innovation et de suppression de postes. Comment notre fleuron pharmaceutique peut-il distribuer près de 4 milliards d’euros à ses actionnaires alors qu’il a échoué dans l’élaboration d’un vaccin efficace contre le Covid-19 et qu’il s’apprête à licencier ?

On comprend, vu de loin, que ces décisions puissent choquer. Se permettre de se montrer à la fois dispendieux après un échec industriel et socialement brutal paraît choquant. Pour autant, rappelons la mécanique boursière. Elle peut se résumer en une confrontation de l’offre et de la demande. Ainsi, face à un tel revers sur sa capacité à innover et à entrer dans le jeu de la concurrence internationale, la meilleure défense à court terme pour le groupe est de montrer patte blanche en matière de gestion financière, pour apaiser les craintes des actionnaires sur l’intérêt de conserver l’action Sanofi en portefeuille.

 

Ne rien faire et ne rien proposer risquerait, à l’inverse, de déclencher une désaffection des marchés pour le titre Sanofi et, in fine, une sanction sur sa valeur pouvant aller jusqu’à l’effondrement de son cours. La stratégie boursière qu’ont conduite les dirigeants de Sanofi en annonçant cette distribution conséquente de dividendes vise ainsi à ménager leurs actionnaires. 

Les investisseurs institutionnels, acteurs incontournables

Mais il reste une marge de manœuvre qui demeure entre les mains de ces derniers pour rectifier le tir. Un changement de comportement des actionnaires pourrait se révéler décisif et adresser un signal apaisant à toutes les personnes réticentes à la finance. L’ère de l’après-Covid oblige à revoir collectivement notre modèle économique et financier. Or les investissements éthiques ne doivent pas être réduits en outils marketing, ils doivent impliquer concrètement le versement de dividendes responsables.

Il faut en effet mettre les actionnaires face à leurs responsabilités, qu’elles soient en matière de gouvernance, d’environnement ou de stratégie de long terme. En mai, l’assemblée générale de Sanofi aura lieu pour décider du montant et du paiement des dividendes. Une occasion pour l’ensemble des actionnaires de faire entendre leur voix. 1.7 % du capital est détenu par les salariés. Leur poids n’est pas assez important pour peser dans la balance.

«Covid: Pour une stratégie coordonnée au plan européen

«Covid: Pour une stratégie coordonnée au plan européen

« A l’heure où partout en Europe, des mesures plus strictes sont prises pour tenter d’endiguer la propagation du virus et de ses nouveaux variants, il est fondamental que les pays européens continuent à coordonner leurs mesures ​»(Manfred Weber est député allemand). (Papier dans l’Opinion)

 

Il y a un an, les images de la mise sous cloche de la région de Wuhan nous parvenaient de Chine et nous découvrions, dans un mélange de curiosité et de perplexité, cette nouvelle maladie qui nous paraissait bien exotique et bien lointaine.

Rien ne pouvait laisser présager l’ampleur de la crise qui allait arriver. En un an, la pandémie de coronavirus aura profondément endeuillé nos pays, chamboulé nos vies, durement touché nos économies et transformé nos sociétés.

La crise nous aura aussi une nouvelle fois apporté la preuve que dans le monde actuel, l’appartenance à l’Union européenne est notre assurance-vie : en finançant la recherche médicale, l’UE a rendu possible le développement des vaccins contre le coronavirus ; en investissant dans différents vaccins avant même que ceux-ci n’existent, elle a anticipé la course aux vaccins et augmenté les chances pour les Européens d’obtenir des vaccins rapidement ; en privilégiant l’approche collective, elle a pu garantir un approvisionnement en vaccins suffisant pour tous les Européens. Enfin, en décidant d’un plan de relance d’une ampleur inédite, les Vingt-sept ont fait preuve de solidarité pour atténuer les effets de la crise sur l’économie.

Trois volets. A l’heure où partout en Europe, des mesures plus strictes sont prises pour tenter d’endiguer la propagation du virus et de ses nouveaux variants, il est fondamental que les pays européens continuent à coordonner leurs mesures et qu’ils s’accordent sur une stratégie commune en trois volets : les restrictions de voyage, le recours systématique aux tests et l’intensification des efforts de vaccination.

Pour les voyages, les gouvernements des Vingt-sept doivent résister à la tentation de fermer complètement leurs frontières intra-européennes. Si les voyages non essentiels doivent être réduits au maximum, les travailleurs essentiels pour le secteur des soins de santé, par exemple, ou encore les transporteurs de marchandises devraient garder la possibilité de circuler. Les contrôles aux frontières doivent en revanche être nettement renforcés. J’appelle donc les Vingt-sept à se mettre d’accord sur un régime de tests standardisés aux frontières.

Afin d’éviter la multiplication des documents et des formats, j’appelle à la mise en place d’un système européen commun de certificats de vaccination

Nous devons par ailleurs intensifier nos efforts pour vacciner, au plus vite, le plus grand nombre de personnes possible. A ce titre, l’Union européenne a un rôle essentiel à jouer pour rappeler les laboratoires à leurs engagements en matière d’approvisionnement.

Dans le même temps enfin, et même si cette perspective paraît encore lointaine, les Etats européens doivent préparer l’avenir, dès maintenant.

A moyen terme, nous devons ouvrir la possibilité pour les personnes vaccinées de retrouver leur liberté de circulation en Europe. Afin d’éviter la multiplication des documents et des formats, j’appelle à la mise en place, dans les meilleurs délais, d’un système européen commun de certificats de vaccination qui soient reconnus dans tous les Etats membres et permettent aux personnes vaccinées de voyager. Ainsi nous donnerons aux Européens une perspective et un espoir : celui d’un retour, pas si lointain finalement, à une vie quasi « normale ​».

Manfred Weber est député allemand au Parlement européen, président du groupe Parti populaire européen (PPE). Retrouvez sa chronique le dimanche sur lopinion.fr et le lundi dans l’Opinion, en alternance avec celle de Dacian Ciolos, président du groupe Renew Europe.

Covid : une absence de stratégie vaccinale

Covid : une absence de stratégie vaccinale

 

 

Christian Lehmann , médecin et écrivain, dénonce l’absence de stratégie vaccinale du gouvernement dans Libération.

Chronique

Pour beaucoup de personnes vulnérables, la vaccination, c’est la lumière au bout du tunnel. Y accéder, c’est commencer à entrevoir une issue à un confinement auto-imposé et le retour à une vie moins anormale.

Alors que les vaccins commencent à arriver, plus rapidement qu’on l’aurait imaginé à la mi-2020, mais dans un certain désordre, ce sont moins les aléas du démarrage de la vaccination, le ralentissement momentané de production de l’usine belge de Pfizer, qui inquiètent, que l’absence criante d’une stratégie vaccinale cohérente. On l’avait pressenti quand le professeur Alain Fischer, deuxième «monsieur vaccin» (le premier ayant sombré sans bruit une fois que le gouvernement s’était aperçu que ses liens passés avec les firmes pharmaceutiques risquaient de poser un problème de communication), avait benoîtement assumé ne pas «du tout être un spécialiste de ces questions de logistique», alors que la campagne fin décembre était en France au point mort.

On l’avait pressenti quand, après l’ouverture des centres vaccinaux arrachée par des élus et des soignants de ville volontaristes, avec l’appui des autorités régionales de santé (ARS) et des préfets, l’exécutif avait à plusieurs reprises changé la notion de publics prioritaires, puis encouragé l’ouverture de centres bien au-delà des capacités de doses disponibles.

On avait eu confirmation du pilotage en mode automatique quand Olivier Véran, conscient de ne pas avoir assuré une logistique permettant le rappel du vaccin Pfizer dans le délai de 21 à 28 jours, avait évoqué un allongement à 42 jours, aujourd’hui validé par la HAS «pour accélérer la vaccination», alors que ni la Food and Drug Administration (FDA, l’autorité américaine du médicament) ni le fabriquant ne valide cette décision, toutes les études ayant été réalisées avec un rappel à trois semaines.

Il existe en effet un risque théorique que des personnes primo-vaccinées, et donc temporairement insuffisamment protégées, infectées par le coronavirus au-delà des 21 à 28 jours, entraînent une sélection de mutants ayant intégré une certaine résistance au vaccin. Mais nous payons la politique du chiffre du gouvernement, et l’absence de logistique cohérente de la vaccination. «Accélérer la vaccination» en s’exonérant des contraintes scientifiques validées, c’est ouvrir la porte au grand n’importe quoi, une fois de plus : mieux vaut vacciner correctement 1 million de personnes, que vacciner 1,5 million de personnes n’importe comment. Faut-il avoir fait l’ENA ou émarger dans une boîte de conseil privé pour comprendre ce concept basique ? La Haute Autorité de santé, transformée en agence de communication du gouvernement, bégaie dans son communiqué en affirmant par deux fois appuyer sa décision sur «l’absence de position consensuelle des autres pays sur la question du schéma vaccinal dans le contexte épidémiologique actuel».

Au milieu de ce marasme, les équipes sur le terrain avaient tenté de faire au mieux, malgré des difficultés techniques qu’on n’imagine pas : mauvaises seringues, aiguilles inadéquates. Cela peut prêter à sourire, quand on n’est pas confronté au problème. Ce n’est pas un sujet de franche hilarité quand on se rend compte que la reconstitution du vaccin et son injection dans des conditions optimales nécessitent une minutie particulière.

Pour le spécialiste Covid sur YouTube, pourtant, tout est simple. Le flacon contient plus de 2 millilitres de vaccin une fois celui-ci reconstitué. Chaque injection délivre 0,3 millilitre de vaccin. Donc on pourrait en théorie constituer jusqu’à sept doses avec une seule fiole. C’est compter sans les caractéristiques du produit, huileux, et sans «l’espace mort» des seringues et des aiguilles, notion qui a échappé à la plupart d’entre nous pendant des années parce qu’elle n’a en général aucune traduction pratique.

Lorsqu’on injecte un produit, une partie de celui-ci n’est en réalité pas injectée, il reste dans l’aiguille. Pour être précis, le «fond» du produit reste dans le chas de l’aiguille, et selon la longueur et le diamètre de celle-ci, sur de très petits volumes, cela est problématique. Chaque fois qu’on injecte 0,3 millilitre, on a donc utilisé jusqu’à 0,33 millilitre de vaccin dont une partie sera «captive» dans la seringue. Les équipes vaccinales ont étudié le problème et, par tâtonnements, perfectionné leur technique pour «gratter» une sixième dose dans une fiole de cinq. Elles l’ont fait savoir, essentiellement sur les réseaux sociaux, afin de partager avec leurs collègues cette trouvaille qui permettait, certes de manière aléatoire, de vacciner quelques personnes supplémentaires dans cette course contre le virus.

Qu’à cela ne tienne ! Confronté à une probable insuffisance de doses stockées, l’exécutif a officiellement acté que chaque fiole contenait six doses, ce qui est faux et dépend de la livraison de matériel adéquat. Matériel sur lequel, comme sur le stock de vaccins, nous n’avons aucune visibilité, malgré la transparence constamment vantée par le ministre de la Santé.

Cette validation officielle d’une prouesse technique, muée en obligation, a immédiatement amené Pfizer à réduire le nombre de fioles fournies aux Etats, arguant que les commandes ont été faites en nombre de doses et pas en nombre de fioles. Mais devant le tollé, la firme BioNTech a assuré livrer à prix coûtant les aiguilles… qui sont aujourd’hui en rupture de stock.

Ainsi va la campagne vaccinale en France. Ce qui devrait être un début de sortie de crise se mue en casse-tête.

Nous attendons de nos gouvernements qu’ils sécurisent la fabrication de seringues à espace mort intermédiaire et d’aiguilles 25G 25 millimètres – les plus adaptées. A défaut de pouvoir imposer la fabrication sous licence par des usines européennes à l’arrêt (pour cause de vaccin Sanofi en carafe…) du vaccin Pfizer, l’Europe doit au moins être capable de mettre sur la table l’argent nécessaire pour démultiplier la capacité de fabrication d’aiguilles et de seringues adaptées… Nous attendons aussi la transparence sur le nombre de doses stockées, de matériel d’injection disponible, et une sécurisation des délais de rappel du vaccin Pfizer pour les primo-vaccinés.

Nous sommes une nation de «66 millions de procureurs», fustige Emmanuel Macron. Reste que, pour plaider le droit à l’erreur constructive, il faut d’abord savoir reconnaître ses erreurs. Et depuis le début de cette pandémie, entre éloge de l’amateurisme et déni persistant sur les manques et les mensonges, on est, hélas, très loin du compte.

Christian Lehmann médecin et écrivain

Numérique : une stratégie à définir pour le logiciel libre

 Numérique : une stratégie à définir pour le logiciel libre

 

Tribune dans le Monde de:

 

 

Roberto Di Cosmo,Directeur de Software Heritage, professeur d’informatique à l’Inria et à l’université de Paris

Stefane Fermigier,Entrepreneur du logiciel libre et co-président du Conseil national du logiciel libre/CNLL

Cedric Thomas Economiste et directeur général de l’organisation Open source OW2.

 

 

Tribune.

 

Le 1er janvier 2022, pendant que la campagne électorale des présidentielles battra son plein, la France prendra la présidence tournante de l’Union européenne (UE) pour six mois, et aura à cœur de catalyser la collaboration entre les Etats membres. Il sera alors attendu de chaque ministre un programme ambitieux.

Pour aller dans le sens de l’histoire, la France devra promouvoir la collaboration entre Etats dans le domaine du numérique et se hisser à la hauteur des enjeux en plaçant les valeurs d’ouverture, de transparence, d’inclusivité et d’autonomie du logiciel libre au cœur de sa stratégie numérique.

Pour cela, nous appelons dès aujourd’hui à la création au sein de l’Etat d’une « mission logiciel libre » dépendant du premier ministre, avec les moyens nécessaires et la volonté de travailler avec les acteurs de l’écosystème du logiciel libre, ses communautés et ses entreprises. Nous rejoignons en cela une des recommandations fortes du rapport du député Eric Bothorel sur « la politique publique de la donnée, des algorithmes et des codes sources », remis au premier ministre le 23 décembre 2020.

L’ouverture comme moteur d’innovation

Le logiciel libre (aussi appelé logiciel open source, c’est-à-dire couvert par des licences qui garantissent le droit de l’utiliser, de l’étudier, de le modifier et de le redistribuer librement) et l’ouverture des données sont deux enjeux majeurs du numérique moderne dont les administrations publiques prennent de plus en plus conscience.

En novembre 2020, la Commission européenne a rendu publique sa stratégie pour le logiciel libre. Celle-ci met clairement l’accent sur l’ouverture comme moteur d’innovation, d’autonomie numérique et de respect des citoyens et des utilisateurs. La Commission constate que l’open source permet à des organisations entières de facilement « se connecter de manière transparente au-delà des silos organisationnels et des frontières » pour améliorer l’efficacité de leurs processus.

Pour la Commission, les effets du paradigme d’ouverture de l’open source vont au-delà du logiciel, au point de « définir une vision pour encourager et exploiter le pouvoir de transformation, d’innovation et de collaboration de l’open source, ses principes et ses pratiques de développement ».

Intérêt du logiciel libre pour les administrations publiques

Plus récemment, en décembre 2020, le Conseil européen appelait dans sa Déclaration de Berlin à « promouvoir le développement, le partage et la réutilisation des normes, solutions et spécifications open source par-delà les frontières ». Enfin, la nomination par le président américain Joe Biden de David Recordon, un spécialiste de l’open source, au poste de directeur de la technologie de la Maison Blanche est un autre signe de l’intérêt que représente le logiciel libre pour les administrations publiques.

 

Vaccination : Une stratégie mais sans tenir compte de la logistique !

Vaccination : Une stratégie mais sans tenir compte de la logistique !

Par Aurélien Rouquet, Neoma Business School (*) les problèmes initiaux tiennent plutôt à la stratégie retenue, dont on va voir que mécaniquement, elle induisait une logistique complexe et une vaccination plus lente à démarrer.( Chronique dans la Tribune)

 

Ce qui est donc ici en cause, c’est ainsi le fait qu’en amont, le gouvernement n’a pas intégré suffisamment les contraintes logistiques, et qu’en aval, il n’a pas réussi à expliquer au grand public pourquoi la logistique vaccinale démarrait plus lentement que chez nos voisins, et notamment en Allemagne. Bref, ce n’est pas tant un problème logistique, qu’un problème de stratégie et de marketing !

1ᵉʳ temps : la conception de la stratégie vaccinale

Pour le comprendre, il faut repartir du point de départ, qui est l’élaboration de la stratégie vaccinale. Au cours de la deuxième moitié de l’année 2020, la Haute Autorité de Santé charge un groupe de travail de formuler des recommandations. Composé de plusieurs médecins et d’un sociologue, celui-ci passe en revue la littérature médicale pour élaborer sa stratégie.

Alors que l’on sait par définition que les quantités de doses seront initialement limitées, l’enjeu principal est de déterminer qui vacciner en priorité. Pour cela, les experts se fondent sur deux critères de priorisation : « le risque de faire une forme grave de la Covid-19 et le risque d’exposition au virus ». Cela les conduit à proposer une stratégie fondée sur cinq phases successives.

La première doit selon eux cibler les résidents et personnels des Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), ce qui représente environ un million de personnes. La seconde phase prévoit ensuite d’étendre la vaccination aux plus de 75 ans, aux personnes de 65 à 74 ans, ainsi qu’à certains soignants. Enfin, trois autres phases sont prévues afin d’étendre peu à peu la vaccination, qui devrait se conclure avec le public le moins à risque : les plus de 18 ans sans comorbidité. De manière générale, ce phasage répond à un objectif explicitement formulé par les experts, qui est de se servir de la vaccination d’abord pour diminuer les formes graves et faire baisser la pression sur les hospitalisations.

À ce stade, on peut noter qu’aucune considération logistique ne semble avoir été prise en compte par les experts, qui s’appuient sur une stricte vision médicale. Le terme n’est ainsi mentionné qu’une fois, et encore, pour souligner que des clusters ont pu se développer dans des « services logistiques ». Les experts ont cependant intégré dans leur stratégie le rapport difficile des Français à la vaccination, et insistent sur la « nécessité d’une information claire et accessible ».

2ᵉ temps : la logistique après la stratégie

Partant des recommandations de la Haute Autorité de Santé, le gouvernement va alors travailler à la mise en place de la logistique qui permet de soutenir la stratégie définie. Quel est ici l’enjeu ? Amener le vaccin dans les milliers d’Ehpad qui sont disséminés partout en France, car on ne peut évidemment pas demander aux résidents de se déplacer dans des centres de vaccination.

Pour les approvisionner, deux flux sont alors prévus, qui s’appuient sur les circuits logistiques traditionnels. Environ 25% des Ehpad sont approvisionnés par une centaine de pharmacies d’hôpitaux dont elles dépendent. Il est donc décidé de charger ces pharmacies hospitalières d’organiser la livraison des vaccins. Pour cela, il est prévu de doter celles-ci, quand elles n’en possèdent pas, de congélateurs pour stocker le seul vaccin disponible : celui de Pfizer/BioNtech qui doit être conservé à -70°C.

Par ailleurs, 75 % des Ehpad sont approvisionnées par une pharmacie référente. Sachant qu’il est matériellement impossible de doter ces milliers de pharmacies des fameux congélateurs, l’État choisit alors logiquement de passer par des dépositaires. Six plates-formes logistiques sont prévues pour centraliser les stocks et toucher toute la France.

Ces plates-formes, qui disposeront elles aussi de congélateurs en vue de stocker les vaccins de Pfizer/BioNtech, auront ensuite la charge dans un second temps d’approvisionner par le biais de tournées les pharmacies référentes situées dans leur zone, qui elles-mêmes pourront enfin approvisionner les Ehpad.

 

Pour ce qui est du calendrier, le gouvernement, alors qu’une incertitude existe sur la date de validation par l’Agence européenne du médicament du vaccin Pfizer/BioNTech, qui doit intervenir entre fin décembre et début janvier, prévoit un démarrage réel de la campagne début janvier.

3ᵉ temps : le lent déploiement de la logistique

Cependant, sous la pression de l’Allemagne, l’Europe autorise le déploiement de la vaccination avec une semaine d’avance, dès le 21 décembre, et la présidente de la Commission européenne lance officiellement la campagne européenne le 27 décembre. Ces annonces prennent alors un peu de court la France, qui n’est alors pas tout à fait prête : comme l’a révélé Mediapart, les congélateurs, s’ils ont été livrés avant Noël, ne sont pas encore tous installés et qualifiés.

De plus, cette période des fêtes n’est évidemment pas très propice pour lancer les vaccinations dans les Ehpad. Entre Noël et le jour de l’An, alors que le nombre de vaccinés augmente rapidement chez la plupart de nos voisins européens, le compteur reste ainsi bloqué à quelques centaines en France. Alors qu’ils ont commencé en même temps que nous, ce retard sur nos voisins suscite l’incompréhension et conduit beaucoup de commentateurs à pointer du doigt la logistique.

La cause de ce retard à l’allumage tient d’une part, comme on vient de le souligner, à l’accélération du calendrier européen, qui prend de court la France. Mais comme on va le voir, elle s’explique d’autre part aussi et surtout par le fait que nos voisins ont choisi d’autres stratégies vaccinales, qui ont induit des logistiques distinctes !

Ainsi de l’Allemagne, qui dans une première phase, a prévu à la fois de toucher les résidents et personnels des Ehpad, comme la France, mais aussi le public à risque : les personnes très âgées, les personnels soignants et les personnes atteintes de pathologies à risque. Pour cela, au côté d’une logistique ciblant ses Ehpad, dont on peut supposer qu’elle suit peu ou prou les mêmes étapes que la logistique mise en place en France, l’Allemagne a dès l’origine prévu le déploiement de « vaccinodromes ». Par nature, ce second schéma logistique permet aux Allemands de très vite augmenter le nombre de personnes vaccinées.

Avec ces vaccinodromes, on supprime d’abord certains maillons qui sont nécessaires pour atteindre les Ehpad. Ce sont en effet ici les personnes qui viennent au vaccin, et on comprend que le temps d’écoulement entre le moment où un vaccin entre dans la chaîne logistique, et le moment où il atteint le patient est ici plus court.

Par ailleurs, pour vacciner en Ehpad, la difficulté est de déterminer avant l’expédition depuis les lieux de stockage, combien il faut exactement envoyer de doses de vaccins dans chaque Ehpad, ce qui est loin d’être simple. Il faut en effet obtenir en amont le consentement des résidents, ce qui suppose de se coordonner avec les médecins des Ehpad (sachant que tous les Ehpad n’en ont pas), d’interagir éventuellement avec la famille de ces résidents (cas des résidents ayant Alzheimer, pour lequel il faut parler à la tutelle, etc.), dans une période des fêtes qui est peu propice (absence éventuelle de certains soignants en vacances, difficulté à joindre les familles de certains résidents sous tutelle, etc.).

L’enjeu est pourtant crucial, car il ne faut surtout pas décongeler trop de doses, au risque de les perdre et alors qu’on en possède un nombre limité ! À l’inverse, un tel problème ne se pose évidemment pas dans le cadre d’un vaccinodrome. En effet, s’il y a des anti-vaccins, il y a aussi de très nombreuses personnes désirant être vaccinées, et la demande dans ces lieux est pour l’instant très supérieure au nombre de doses disponibles, comme l’illustrent les queues que l’on peut constater un peu partout dans le monde.

Il y a d’autant moins de risque de perdre des doses, que les vaccins sont soit stockés sur place dans les congélateurs, soit livrés plusieurs fois par semaine depuis un stock qui n’est pas très loin, et qu’on peut dans ces structures bien plus facilement ajuster la quantité nécessaire à la demande. Au bilan, la logistique qui sous-tend un vaccinodrome est donc bien plus rapide à démarrer !

La communication est d’autant plus difficile que dans les médias, personne ne connaît grand-chose à la logistique, et qu’au sein du gouvernement, nul n’est capable de venir donner de telles explications. Pire, le monsieur Vaccin du gouvernement a même reconnu dans une interview accordée à LCI qu’il ne connaissait rien à la logistique !

5ᵉ temps : une révision de la stratégie vaccinale

Alors qu’à la suite du cas des masques, puis des tests, la logistique étatique derrière la gestion de l’épidémie a fait l’objet de nombreuses critiques, et que la confiance dans les capacités logistiques de l’État reste bien faible, la bataille de la communication apparaît comme clairement perdue. Le gouvernement n’a alors d’autre choix que de remettre en cause toute sa stratégie vaccinale et de chercher par tous les moyens à faire augmenter rapidement le nombre de personnes vaccinées.

Pour cela, le ministre de la Santé Olivier Véran étend dès le 31 décembre la vaccination aux soignants de plus de 50 ans, puis le 5 janvier annonce qu’elle sera bientôt ouverte à toutes les personnes de plus de 75 ans. Alors qu’il avait exprimé ses réserves sur les vaccinodromes, au vu du désir fort de vaccin d’une partie de la population, il annonce également l’ouverture de centres de vaccinations.

Sur le plan opérationnel, il est demandé aux hôpitaux pivots qui disposent de congélateurs de mettre rapidement sur pied des centres de vaccination pour pouvoir commencer à vacciner les soignants de plus de 50 ans. Progressivement, ces centres et d’autres qui sont mis en place en lien avec des collectivités locales se déploient un peu partout dans toute la France. Cela permet ainsi dès la première semaine de janvier de faire augmenter le nombre de personnes vaccinés. Le vendredi 8 janvier, ce sont ainsi selon le site Vaccin Tracker 34 305 personnes qui ont été vaccinées en une journée.

Construire la stratégie avec la logistique

Que retenir finalement de cette séquence et quelles leçons le gouvernement doit-il en tirer ? Que dans cette crise, les éléments et contraintes logistiques sont déterminants et doivent être pris en compte en amont (formulation des stratégies) et en aval (communication).

Ainsi, ce dont est coupable le gouvernement, c’est d’avoir pensé sa stratégie vaccinale d’abord, puis d’avoir organisé ensuite la logistique de cette stratégie. Cela a été une erreur car, comme je viens de l’expliquer, cela a conduit à opter pour la stratégie qui était la plus complexe logistiquement à mettre en place. Cette stratégie induisait nécessairement un démarrage lent, alors pourtant que de nombreux Français qui croient aux vaccins n’attendent qu’une chose : que cela aille vite. En termes d’image, un tel choix était ainsi mauvais politiquement.

 

 

L’erreur a été d’autant plus remarquée que le gouvernement, alors pourtant que la lenteur du départ était parfaitement prévisible, n’a pas réussi à communiquer sur le sujet. La faute au fait qu’en dépit du rôle clef de la logistique dans cette crise, le gouvernement n’a pas jugé bon de mettre en avant une personne chargée de la logistique capable d’en faire la pédagogie auprès du grand public (on peut cependant noter que le gouvernement a nommé à la suite de cette crise un nouveau responsable de la logistique de la vaccination).

La performance logistique, un impact sanitaire

Mais sur le fond ce qui reste pour moi le principal problème de cette logique séquentielle (1) élaboration de la stratégie vaccinale puis 2) mise en place de la logistique, tient au fait qu’elle a conduit le gouvernement à ne pas considérer dans sa stratégie le critère de la « performance logistique », alors pourtant que ce critère me semble clef sur le plan sanitaire.

Dans un contexte où les doses de vaccin sont reçues au compte-gouttes et au fil de l’eau, du fait des capacités de production limitées, l’enjeu sur le plan médical est non seulement de déterminer qui en priorité doit recevoir les vaccins, mais aussi d’être capable d’administrer le plus vite, sans perdre de doses, les vaccins dès qu’ils sont reçus !

Plus vite on transforme les doses réceptionnées en personnes vaccinées, plus vite on pourra en effet évidemment faire reculer l’épidémie, diminuer les hospitalisations, les morts, etc., faire repartir l’économie et profiter enfin à nouveau des bars, restaurants, théâtres et cinémas !

Pour cela, il s’agit d’une part sur le plan logistique de perdre le minimum de doses de vaccins, et d’avoir d’autre part une stratégie vaccinale en flux tendus qui permette que le temps d’écoulement entre le moment où l’on reçoit les doses et le moment où elles sont injectées soit le plus court possible. La stratégie développée par la Haute Autorité de Santé aurait ainsi clairement du prendre en compte ces aspects qui ont été totalement oubliés…

S’ils avaient été intégrés, une conclusion logique aurait alors été qu’il fallait dès le départ, en plus du flux à destination des Ehpad, mettre en place des vaccinodromes pour pouvoir au plus vite utiliser les doses disponibles. Car au vu du temps nécessaire pour démarrer la campagne dans les Ehpad, il y avait bien suffisamment de doses en stock pour dans le même temps commencer à vacciner d’autres segments de la population. Ainsi, rien ne légitimait que les doses dorment dans les congélateurs sur des plates-formes !

De plus, s’appuyer d’entrée de jeu sur deux circuits logistiques aurait permis d’avoir plus d’agilité logistique. Or une telle agilité parait ici cruciale, au vu des incertitudes qui existent tant sur les approvisionnements (quels vaccins vont finalement être autorisés et quand ? Combien de doses les fabricants vont-ils pouvoir livrer ?), que sur les bonnes pratiques en termes de vaccination (faut-il deux doses espacées de 3 semaines ? De six semaines ? Une seule dose ? faut-il utiliser le flacon pour faire six doses au lieu des cinq prévues ?).

Quelle évaluation ?

Pour conclure, si l’on sort du temps présent et qu’on se projette dans les prochains mois, un enjeu va être d’évaluer collectivement et sereinement la stratégie vaccinale française. Pour cela, il est clair qu’il faut absolument aller au-delà du seul indicateur simple actuellement utilisé consistant à compter le nombre de personnes vaccinées.

Précisément, un enjeu va être de regarder deux indicateurs qui sont familiers de tous les responsables logistiques et autres supply chain managers : les délais et la qualité. Combien de temps en moyenne met la France, une fois que des vaccins ont été livrés par les usines pharmaceutiques dans ses plates-formes logistiques, pour vacciner la population ? Quelle est la proportion de doses reçues que l’on perd, parce que l’on n’a pas respecté la chaîne du froid, cassé un flacon, etc. ?

Il serait dans cet esprit intéressant que les journalistes qui suivent le sujet demandent des comptes au gouvernement, et que les indicateurs correspondants puissent faire l’objet d’une communication. Dans le même ordre d’idée, l’État devrait aussi communiquer sur le nombre de personnes qu’il a vacciné au sein de chacune des tranches prioritaires de population qui avaient été identifiées dans sa stratégie vaccinale. Car l’urgence est bien sûr de vacciner d’abord certaines personnes en priorité, urgence qui semble elle aussi avoir été oubliée par la folie médiatique consistant simplement à compter le nombre de personnes vaccinées ! Quoi qu’il arrive, il est clair que l’on va continuer de parler de logistique dans les mois prochains…

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(*) Par Aurélien Rouquet, Professeur de logistique et supply chain, Neoma Business School

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

4ᵉ temps : un déficit de pédagogie logistique

Alors que ce retard au démarrage peut notamment s’expliquer par l’accélération du calendrier et le choix stratégique qui a été fait de cibler d’abord les seules Ehpad, face aux critiques qui se multiplient, le gouvernement tente entre Noël et le jour de l’An de défendre sa stratégie. Il explique que son objectif consistant à cibler en priorité les résidents des Ehpad se justifie par le fait que les résidents représentent 30 % des morts.

Cependant, une telle explication ne peut pas suffire pour faire comprendre le retard au démarrage. Pour y parvenir, il faut rentrer dans les détails logistiques, et suivre le long déroulé que je viens de présenter plus haut. Ce long déroulé reste peu compatible avec le temps médiatique, les critiques des différents partis politiques qui tous s’engouffrent dans la brèche, et surtout avec les cartes qui circulent sur Twitter et comparent le nombre de personnes vaccinées dans les différents pays avec la France qui n’aurait vacciné jusqu’à présent que « Mauricette ».

Coronavirus : 35 Français tirés au pour décider de la stratégie vaccinale !!!

Coronavirus : 35 Français tirés au pour décider de la stratégie vaccinale !!!

 

Encore un collectif de citoyens bidon qui seraient tirés au hasard pour contribuer à la définition de la stratégie vaccinale. Comme s’il n’existait pas déjà nombre d’organismes particulièrement compétents et représentatifs. Pourquoi pas aussi choisir un collectif de fidèles des bistrots qui ont sûrement des idées en matière médicale surtout après trois ou quatre tournées d’apéritif.

On peut se demander si Macron n’est pas complètement fou de prendre des personnes au hasard sur un sujet aussi complexe.

Pourquoi pas aussi un collectif de citoyens pour décider de l’avenir de l’hydrogène ou des ordinateurs quantiques. Une pratique macronienne particulièrement opportuniste et hypocrite.

Coronavirus France : une stratégie mais sans moyens !

Coronavirus France : une stratégie mais sans moyens !

 

La colère monte dans le personnel médical et d’une façon générale dans l’opinion à propos de la lenteur de la stratégie française en matière de vaccins. Le bilan est cruel puisque par exemple l’Allemagne a déjà vacciné 42 000 personnes, le Royaume-Uni 900 000 et la France seulement 200 “ la Russie, elle, aura vacciné 1 million de personnes avant la fin 2020 et les États-Unis plusieurs millions. “Après les masques, les tests et l’isolement, un nouvel échec serait terrible”, ajoute-t-il, demandant au gouvernement de dévoiler le calendrier de vaccination des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) par département.

Le gouvernement prévoit dans une première phase de vacciner environ un million de personnes très âgées. Viendront ensuite les personnes de plus de 75 ans et les membres du personnel de santé, avec en priorité les plus vulnérables, puis le reste de la population. Le problème c’est qu’à ce rythme il sera impossible de vacciner 35 millions de Français nécessaires pour tendre vers l’immunité collective. En moyenne il faudrait près de 5 millions de vaccinations en France par mois pour atteindre l’objectif prévu

La priorité donnée aux personnes dépendantes vivant en maisons de retraite a également pour conséquence de ne pas mettre en oeuvre, comme en Allemagne par exemple, des grands centres de vaccinations ou vaccinodromes.

Pour Philippe Juvin, chef des urgences à l’hôpital Georges Pompidou à Paris et maire LR de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), ces questions logistiques cachent le fait que le gouvernement “n’a pas de stratégie vaccinale”.

“C’est une stratégie de lenteur subie parce que nous ne sommes pas prêts”, a-t-il déploré mercredi sur CNews.

De son côté, le généticien Axel Kahn a critiqué sur Europe 1 l’avancée à “tout petit pas” de la vaccination susceptible d’alimenter la méfiance des Français envers les vaccins.

“Ça n’est pas en avançant à tout petit pas qu’on arrivera à les convaincre, au contraire. On va les convaincre qu’en effet, si on va si lentement, c’est qu’on n’est pas sûr de soi et qu’il y a un danger”, a-t-il déclaré, regrettant une “très importante erreur stratégique de communication”.

La stratégie de Facebook: tuer la concurrence

 La stratégie de Facebook: tuer la concurrence

Le professeur de communication Charles Cuvelliez et le cryptographe Jean-Jacques Quisquater analysent, dans une tribune au « Monde », la nouvelle approche de la concurrence que manifeste la plainte déposée par

Tribune. Le 9 décembre, la Federal Trade Commission (FTC), la puissante agence américaine de concurrence et de protection des consommateurs, a déposé une plainte contre Facebook pour atteinte à la concurrence. Elle n’y va pas par quatre chemins : considérant que les réseaux sociaux constituent un nouveau marché, elle déclare Facebook en abus de position dominante. Elle ne réclame rien de moins que le démantèlement de Facebook en lui retirant Instagram et WhatsApp.

Les Etat-Unis brûlent ainsi les étapes de la politique de la concurrence, passant directement des amendes salées mais sans grand effet au grand soir du démantèlement des monopoles, mesure qui n’a été appliquée que deux fois au XXe siècle, contre le pétrolier Standard Oil (1911) puis contre la compagnie de téléphone AT&T (1984).

Certes, Facebook répondra que rien de ce qu’il fait ne porte préjudice au consommateur puisque son service est gratuit ! Car tout l’arsenal des lois anti-trust repose sur le fait qu’il y ait préjudice pour les consommateurs… Mais la FTC assimile bien le rachat d’Instagram en 2011, et celui de WhatsApp en 2014 comme des initiatives contraires à la concurrence, car n’ayant comme objectif, à une époque où Facebook craignait de rater le virage du mobile, que d’empêcher ces concurrents potentiels d’occuper le terrain.

Une conception élargie des infractions à la concurrence

Aujourd’hui, Facebook les maintient en vie sous son contrôle, dans le même but. Les sévères restrictions imposées aux développeurs qui veulent bénéficier de l’écosystème Facebook complètent le tableau : bannissement des fonctionnalités qui font de l’ombre à Facebook, interdiction de renvoyer à des réseaux sociaux concurrents (s’il y en a). La FTC est ainsi passée des (modestes) amendes infligées pour le mauvais usage des données privées à une conception beaucoup plus large des infractions aux règles de la concurrence.

Le rapport de la Commission anti-trust du Congrès américain aura préparé le terrain. Il identifie bien deux barrières à l’entrée pour des concurrents : les données que Facebook a accumulées, mais aussi le coût social élevé à quitter Facebook. Quitter ce réseau n’est pas juste se priver de ses « amis », c’est se priver de l’accès à des groupes professionnels, et parfois aux administrations pour interagir avec elles.

Or, Facebook ne peut pas sérieusement prétendre que Twitter, Snapchat et Pinterest sont des concurrents, ni même YouTube, pour accéder à de tels services. Passer chez un concurrent est d’ailleurs quasiment insurmontable : les autres réseaux sociaux, quand ils osent exister, ne sont pas interopérables avec Facebook.

 

 

Coronavirus Suède : changement de stratégie

Coronavirus Suède : changement de stratégie

Face au bilan de plus en plus lourd de la deuxième vague dans le pays, la Suède a effectué ce vendredi un nouveau revirement dans sa stratégie atypique face au coronavirus, en recommandant pour la première fois le masque dans les transports publics.

Si un confinement ou des fermetures complètes des bars, restaurants et magasins ne sont pas à l’ordre du jour, le Premier ministre Stefan Löfven a présenté une nouvelle série de mesures et de recommandations plus strictes face à une deuxième vague qui a déjà emporté 2000 vies dans ce pays d’un peu plus de 10 millions d’habitants.

Introduction de jauges de visiteurs dans les commerces et club de gyms, limitation des tablées à quatre personnes maximum dans les restaurants, contre huit jusqu’à présent, et – encore plus symboliquement – recommandation de porter le masque dans les transports publics, notamment aux heures de pointe lorsque la distanciation est impossible.

Stratégie France défense : un ou deux porte-avions ou…. rien du tout !

Stratégie France défense  : un ou deux porte-avions ou…. rien du tout !

Noé Hirsch, analyste dans le secteur de la Défense et fondateur fondé d’East is Red, considère que la France doit tenir compte de la mise en service d’un second porte-avions chinois pour définir la suite du Charles De Gaulle. La question est de  savoir si la France disposera de deux porte-avions pour assurer la continuité maritime, d’un seul,  voire de rien du tout.( article de la Tribune -extraits)

 

« Le 17 décembre dernier, la livraison d’un second porte-avion, baptisé Shandong, à la marine chinoise, le premier de fabrication entièrement nationale, marquait un nouvelle avancée dans la volonté chinoise de développer une marine capable d’asseoir sa suprématie régionale en étendant sa capacité de projection en haute mer.

Si sa mise en service a fait grand bruit dans la presse chinoise, le nouveau porte-avion, équipé d’un simple STOBAR (dispositif permettant de faire décoller les aéronefs grâce à un tremplin), fait pâle figure face à son concurrent le Charles de Gaulle (équipé d’une catapulte – dite CATOBAR, qui fonctionne à vapeur), sans parler de l’USS Gerald R. Ford (le CVN-78), le nouveau porte-avion américain livré en 2017 et dont le premier déploiement est prévu pour cette année. Ce dernier est doté d’une toute nouvelle catapulte électromagnétique (EMALS), qui permet de projeter à moindre coût énergétique à une fréquence plus importante. Le Gerald R. Ford vient par ailleurs d’entamer une série de tests à la mer dans l’objectif de certifier la compatibilité du pont d’envol aux différents aéronefs, du drone à l’avion de chasse, qui seront amenés à opérer à partir de sa catapulte.

Consciente, comme l’énonçait Sir Walter Raleigh, que la domination mondiale repose sur le commerce, que commande le contrôle des mers, la Chine cherche à protéger ses « routes de la soie maritimes », ainsi que l’approvisionnement en matière première du pays (80% du pétrole chinois importé transite par la mer, en particulier à travers le détroit de Malacca). Mais elle veut également imposer son contrôle sur la mer de Chine, une zone turbulente, peuplée d’îlots, de récifs et d’atolls que chevauchent les revendications de la plupart des acteurs de la région. Pékin, qui y convoite les ressources halieutiques et énergétiques, se montre insatiable : son tracé de revendication dit « en langue de buffle » y englobe sans partage la quasi-totalité des terres émergées, au préjudice des pays riverains (Japon, Vietnam, Philippines…). Cette intransigeance, qui vise également à sécuriser un espace pour les sous-marins lanceurs l’engins (SNLE) chinois, menace gravement la paix régionale au point que le Global Times, porte-parole de l’aile gauche du gouvernement de Pékin, n’hésitait pas à publier : « en mer de Chine, la guerre est inévitable ».

… la nécessité d’une présence militaire française crédible dans la région ne se réduit pas à la défense des ZEE nationales. La Chine viole le droit international de la mer par une politique du fait accompli et une militarisation des récifs contestés (quitte à les agrandir, au détriment de l’environnement) ; elle boycotte également les décisions de justice qui lui sont défavorables, comme celle de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye de 2016 donnant raison aux Philippines sur la question de souveraineté des îles Paracels et Spratley. Enfin, sa flotte ambitionne d’inclure au moins 3 porte-avions supplémentaire dans les dix ans. Au regard des volontés d’expansion de Pékin, et de son manque d’égard vis-à-vis de la souveraineté des Etats et du droit international, il semble indispensable de disposer des outils de possibilité d’un rapport de force, à commencer par la question du porte-avion, premier moyen de projection de puissance….. la question est donc : nous doterons-nous d’une disponibilité opérationnelle permanente en construisant deux porte-avions capables de se relayer dans l’année (un sistership) ? Où nous préparons-nous à entériner notre impuissance dans cette région du monde ? »

Covid-19 : un manque de stratégie à long terme

Covid-19 : un manque de stratégie à long terme

 

Dans une tribune au « Monde », sept médecins estiment que le port du masque en extérieur est discutable scientifiquement, mais que les pouvoirs publics doivent conserver une ligne rouge : éviter la saturation du système de santé.

Al ‘heure où la dynamique épidémique s’accélère, représentant une menace sérieuse pour certaines régions, se pose la question, difficile, des nouvelles mesures à prendre. Devant l’imprévisibilité de l’évolution de cette pandémie, le principe de précaution paraît séduisant. Il faut cependant se prémunir de la tentation d’un covido-centrisme, qui consisterait à penser qu’absolument toute mesure visant à réduire la circulation du virus est bonne à prendre, indépendamment des conséquences à court et long termes qu’elle risque d’avoir sur l’ensemble de la population.

Au fond, chaque nouvelle mesure doit être prise en respectant le même principe de précaution, lequel n’envisage pas uniquement le risque sanitaire, mais aussi les risques économiques et sociaux. Il faut s’assurer que de nouvelles mesures contraignantes − en particulier le recours à un nouveau confinement, même partiel − ne risquent pas d’exposer une partie de la population à une plus grande précarité sociale fragilisant leur état de santé et pouvant aboutir, dans certains cas, à une mort prématurée.

Des mesures discutables

On a observé de manière frappante lors du grand confinement que les différentes classes sociales n’ont pas été également impactées par les mesures de restriction : les plus précaires en ont subi les conséquences de plein fouet. C’est un paradoxe, mais des mesures sanitaires visant à préserver la vie de certains peuvent, par leur impact social, surexposer la frange la plus précaire de la population.

Même avec l’espoir d’une vaccination disponible et efficace dans les six prochains mois, il semble acquis que le Covid-19 est là pour durer, et il faut accepter que cette maladie fasse désormais partie de notre monde.

Le conseil scientifique a récemment souligné que le gouvernement allait devoir prendre des décisions difficiles. Certaines mesures déjà mises en œuvre sont efficaces et ont été bien suivies : les limitations de rassemblements massifs, le port du masque en lieu clos, le lavage des mains et la stratégie test-isolement-traçage étaient des mesures raisonnables et indispensables. Elles ont permis que la reprise de l’épidémie soit beaucoup plus lente que la première vague, et de limiter les contaminations des personnes à risque.

Mais d’autres décisions, comme l’obligation du port du masque en extérieur, sont discutables scientifiquement. Elles risquent de générer le doute et de limiter l’adhésion d’une partie de la population aux recommandations sanitaires en général, y compris celles qui, pourtant, restent indiscutables.

 

Coronavirus : une absence de stratégie de dépistage en France

Coronavirus : une absence de stratégie de dépistage en France

 

À l’étranger la stratégie de dépistage française est très critiquée, en France également. « On n’a pas de stratégie de dépistage en France », a déploré lundi 7 septembre sur franceinfo Martin Blachier, médecin épidémiologiste, spécialiste en santé publique, alors que plus de 4 000 nouveaux cas de Covid-19 ont été comptabilisés en France ces dernières 24 heures. « Le gouvernement répond à une demande populaire qui est de se faire tester massivement », constate Martin Blachier.

 

Pour l’épidémiologiste, la bonne stratégie « serait une stratégie basée sur le risque. Il faudrait évaluer le risque réel des gens quand ils ont eu un contact avec quelqu’un testé positif, et tester en priorité les gens qui sont à haut risque. Mais cela nécessiterait de faire une vraie évaluation du risque avant de tester les gens, ce qui n’est pas fait aujourd’hui. » Martin Blachier estime qu’actuellement, « n’importe qui peut avoir un test, peu importe si c’est un risque, peu importe si c’est pour se rassurer, s’il n’y a même aucune raison, il passe avec le même niveau de priorité que n’importe qui. » 

Jusqu’à présent, la France « s’est vantée du nombre de tests qu’on faisait. Donc on était dans une rhétorique de volume », souligne le médecin. « Je pense qu’il serait de bon ton d’être dans une rhétorique stratégique et de prioriser. » Les autorités n’auront « de toutes façons, pas le choix », ajoute Martin Blachier. « Les laboratoires d’analyse sont au bord de l’explosion, les résultats sont donnés beaucoup trop tard. Et là où c’est important de tester, on n’a pas l’effet bénéfique du test puisque les résultats sont beaucoup trop tardifs. » 

 

Dépistage du Covid-19 : une stratégie incohérente

Dépistage du Covid-19 : une stratégie incohérente

Pour contrôler l’épidémie, il faut chercher systématiquement les porteurs du virus en testant massivement la population, plutôt que cibler les « clusters » comme le font les autorités françaises, explique l’épidémiologiste Catherine Hill dans une tribune au Monde.

Tribune.

 

Les autorités françaises ont enfin compris que le port du masque est utile, mais l’essentiel, à savoir l’identification rapide et généralisée des porteurs du virus par test PCR, n’est toujours pas à l’ordre du jour. La plupart des personnes infectées ne sont contagieuses que pendant une dizaine de jours ; pour réduire la transmission du virus, il faut donc les trouver dans cette période et les isoler.

Au lieu de chercher systématiquement les porteurs de virus, les autorités sont actuellement concentrées sur les foyers. Un foyer (ou cluster) est défini comme « la survenue d’au moins trois cas confirmés ou probables, dans une période de sept jours, et qui appartiennent à une même communauté ou ont participé à un même rassemblement de personnes, qu’ils se connaissent ou non ».

On voit bien qu’une partie de la circulation du virus échappe à cette surveillance : une personne contagieuse qui se déplace peut contaminer d’autres personnes ici où là, sans que ces contaminations correspondent à un foyer identifiable. C’est d’ailleurs pour cela que les foyers identifiés rassemblent des personnes repérables par leur appartenance à un groupe : rassemblements familiaux, entreprises privées et publiques, établissements de santé…

Le nombre de cas connus, la proportion de tests positifs, le taux d’incidence de la maladie et le nombre de reproduction effectif du virus sont des indicateurs calculés à partir du nombre de tests PCR positifs. Ils dépendent donc de la stratégie de test : si on teste plus largement la population, le nombre de cas cliniques connus et le nombre de tests positifs augmentent, mais la proportion de tests positifs diminue. Au début de l’épidémie en France, environ un tiers des tests étaient positifs, alors qu’aujourd’hui 2,5 % des tests sont positifs. Pour contrôler l’épidémie, il faut tester suffisamment pour que la proportion de tests positifs devienne très faible.

Le taux d’incidence, défini comme le nombre de personnes testées positives rapporté au nombre d’habitants, dépend aussi beaucoup de la proportion de la population testée. Cet indicateur n’estime l’incidence de la maladie, c’est-à-dire la fréquence des nouveaux cas dans la population, que si on teste un échantillon représentatif de la population. En dehors de cette situation, il n’est pas vraiment utile.

Enfin, le nombre de reproduction du moment est estimé à partir d’un modèle mathématique sur la base du nombre de tests positifs par semaine, il dépend donc lui aussi de l’intensité du dépistage par test PCR. Pour mesurer directement l’intensité du dépistage, on peut calculer la proportion de la population testée par PCR. Du 6 au 12 août, on a testé 610 000 personnes, donc moins de 1 habitant sur 100.

 

 

«Macron: la stratégie du sauve qui peut ?

«Macron: la stratégie du sauve qui peut ?

 

Chloé Morin, analyste de l’opinion, est experte associée à la Fondation Jean-Jaurès analyse les risques que prend Macron en se nommant de fait à Matignon.

 » Les heures qui ont suivi la nomination de notre nouveau Premier ministre se sont muées en chasse au trésor pour les commentateurs : quel sens pouvait avoir ce remaniement ? Pourquoi remplacer un Premier ministre populaire, somme toute efficace, et qui a toujours dit sa loyauté au Président ?

A ce stade, il faut avouer que cela n’est pas encore très clair.

Parmi les hypothèses qui semblent se dégager, il en est une qui intrigue : l’idée serait de nommer un « gaulliste » certes, mais « social » et proche des territoires. L’accent, ici, n’est pas une anecdote, c’est même un personnage central de l’histoire qui va s’écrire : il vient mettre du soleil et de la couleur sur le costume gris, conférer une certaine bonhomie au « technicien ». On imagine déjà l’homme bon vivant, « proche des gens », « enraciné » comme on dit. Ayant « l’esprit ouvert », comme l’a dit son prédécesseur dans un hommage appuyé, le sens du dialogue.

Bref, l’inverse de nombreux traits de caractère prêtés au Président depuis plusieurs mois : « déconnecté » du quotidien, et surtout de celui des « provinciaux », appartenant à une élite parisienne et intellectuelle un peu trop arrogante, et séducteur – mais le problème des séducteurs c’est qu’ils s’aiment davantage que ceux qu’ils cherchent à séduire…

Ici, le pari semble être celui de la complémentarité. Une complémentarité bénéfique au Président, s’entend.

C’est un pari qui, dans un passé qui commence à s’éloigner, a pu fonctionner. Surtout en période de cohabitation. En réalité, compte tenu de la configuration institutionnelle imposée par les réformes des années 2000 – passage du septennat au quinquennat, et inversion du calendrier électoral, qui font que tout découle du Président et que plus aucune cohabitation n’est possible -, il est fort probable que ce pari de la complémentarité soit illusoire.

Illusoire, car tout procède, aux yeux des Français, du Président. Ils ont, de ce point de vue, parfaitement intégré que le Premier ministre et le gouvernement rendent des comptes au Président, décideur en dernier ressort. Et que les députés de la majorité sont des « obligés », car élus dans la foulée de l’élection du Président, sur son nom plus que sur l’étiquette de leur parti (c’est encore plus vrai de Macron, évidemment, que du PS et de LR), et lui devant leurs perspectives de réélections.

Il y a donc de grands risques que, au lieu de « rééquilibrer » les perceptions, le Jean Castex décrit plus haut – si telle devait être l’image qu’en adopteront les Français – ne vienne simplement confirmer, en creux, les critiques préexistantes adressées à Emmanuel Macron. Et rien n’empêche même que, comme son prédécesseur, il en vienne à être populaire. Justement par contraste.

Parce qu’il serait stable, là où Macron est considéré comme flottant ou zigzaguant.

Parce qu’il serait proche, là où Macron semble parfois planer loin des contingences du quotidien, humble là où l’audace Présidentielle passe de plus en plus souvent pour de l’arrogance.

Mais surtout, parce que les Français continueront à se dire que le Président décide de tout, et qu’il est donc responsable, seul, de tous les maux du pays.

En réalité, si c’était réellement la complémentarité que le Président recherchait, alors il eût mieux fait d’engager une réforme institutionnelle permettant un meilleur partage des pouvoirs – notamment en faveur d’un Parlement qui perd chaque jour un peu plus de son utilité aux yeux des Français, alors même que nous n’avons jamais tant eu besoin de dialogue, de compromis, d’inscription dans le temps long. Au lieu de cela, le Président va au bout de la logique présidentialiste.

Il faut donc sans doute lire ce choix comme un pari à pile ou face sur les 18 mois qui viennent : s’il gagne, il sera seul à emporter la mise ; s’il perd, il sera vu comme seul et unique responsable. »

 

Nouvelles tecnologies- 5G: une stratégie de défense des intérêts américains.

Nouvelles tecnologies- 5G: une stratégie de défense des intérêts américains.

 

 

Les États-Unis seraient prêts à envisager une alliance notamment avec Ericsson, Nokia et Samsung pour renforcer leurs compétences et leur maîtrise de la technologie 5G menacée par le chinois Huawai. Ce que révèle le journal l’opinion. Fort d’une présence dans des réseaux mobiles allant de l’Asie à l’Allemagne, Huawei est le numéro un mondial des équipements télécoms. Le géant chinois a capté 28 % des dépenses mondiales en la matière au premier trimestre 2020, selon la société d’analyse de marché Dell’Oro Group. Et peut proposer des produits moins chers que ses concurrents parce qu’il bénéficie du soutien de l’Etat chinois, a révélé le Wall Street Journal.

Les équipementiers américains sont trop petits pour concurrencer Huawei, ce qui signifie que les grands opérateurs mobiles qui ne veulent pas acheter chinois dépendent de trois multinationales : Ericsson, Nokia et Samsung Electronics.

« Pour la première fois de l’histoire moderne, ce ne sont pas les Etats-Unis qui mènent l’essor d’une technologie essentielle », déplore un rapport diffusé à la Maison Blanche et rédigé l’an passé par des experts des télécoms, dont Daniel Goldin, ex-patron de la NASA, et Hossein Moiin, ancien responsable de la technologie de Nokia.

Ils militent pour la création d’un fournisseur « sous bannière américaine » capable de combler les vides laissés depuis plusieurs années par le rachat ou la disparition de champions américains tels que Lucent Technologies.

En début d’année, un autre groupe a présenté aux responsables de l’administration et du Congrès l’idée d’un investissement direct d’un consortium public dans Nokia ou Ericsson, selon des sources proches du dossier. La proposition bénéficiait du soutien de spécialistes du capital-investissement menés par Cerberus Capital Management, mais la progression du cours de Bourse des équipementiers ces dernières semaines a mis un coup d’arrêt au projet. Le porte-parole de Cerberus n’a pas répondu aux demandes de commentaire.

En février, le procureur général, William Barr, s’est dit favorable à l’idée que des fournisseurs européens passent sous pavillon américain, public ou privé, estimant dans un discours que cela pourrait donner naissance « à un concurrent plus redoutable et dont la résistance ne ferait aucun doute. »

Il a ensuite défendu le concept de « réseaux ouverts intégrés », qui permettrait aux opérateurs de téléphonie mobile de choisir, à la carte, des éléments de réseaux de plusieurs fournisseurs. A l’heure actuelle, pour une ville donnée, les opérateurs achètent en général tous les logiciels et les équipements auprès du même fournisseur, ce qui éclipse la concurrence.

La porte-parole du département de la Justice n’a pas souhaité commenter.

D’autres entreprises se sont ralliées à l’Open RAN Policy Coalition, qui défend la concurrence sur le marché des équipements pour antennes-relais. Sous la houlette de l’opérateur AT&T, ce groupe récemment créé rassemble des fabricants américains de logiciels qui souhaitent s’implanter dans les réseaux mobiles, ainsi que des acteurs de plus grande envergure, dont Nokia.

« Pour certains, cela pourrait favoriser la création d’une base industrielle aux Etats-Unis, estime Brian Hendricks, directeur des affaires publiques et des politiques de Nokia pour le continent américain. Les Etats-Unis sont sur la touche depuis un certain temps. »

Selon Brian Hendricks, les activités américaines de recherche et développement de la firme finlandaise joueront un rôle dans la future filière, mais un accroissement de la concurrence est inévitable.

Les dirigeants d’Ericsson ont pour leur part indiqué qu’ils ne pensaient pas rejoindre la coalition. Selon le directeur technologique de l’équipementier suédois, Erik Ekudden, l’Etat ne doit pas intervenir dans les aspects techniques que le secteur privé est tout à fait en mesure de gérer.

Alok Shah, responsable de la stratégie de Samsung, a déclaré que le géant technologique sud-coréen fabriquait déjà certains composants 5G aux Etats-Unis, notamment des puces pour les stations de base dans son usine d’Austin, au Texas.

La porte-parole d’AT&T a indiqué que la diversification et la sécurisation de la chaîne logistique étaient une priorité pour son entreprise.

Les grands opérateurs mobiles américains ont renoncé à acheter des équipements à Huawei depuis qu’en 2012, une commission parlementaire a estimé que le groupe chinois constituait une menace pour la sécurité nationale. A l’époque, la commission avait affirmé que les composants vendus par Huawei et son concurrent et compatriote ZTE pourraient être utilisés pour espionner ou perturber les communications américaines, des accusations démenties par les deux groupes.

La quasi-totalité des commandes s’est donc reportée sur Nokia, Ericsson et Samsung. Mais les dirigeants de plusieurs opérateurs mobiles s’inquiètent de la santé financière de Nokia et Ericsson, qui tentent depuis des années de restructurer leur activité. Nokia a suspendu le versement de son dividende l’an passé et annoncé, en mars dernier, le départ de son PDG. Ericsson a renoué avec la rentabilité après des années de restructuration.

Certains opposants à la Chine et dirigeants des sociétés américaines de télécoms redoutent que, sans concurrence digne de ce nom, Huawei étende son emprise sur les réseaux télécoms au point qu’elle en devienne irréversible.

En février, l’un des dirigeants de Huawei, Vincent Pang, a estimé dans un entretien que créer de toutes pièces un équipementier était plus facile à dire qu’à faire. « Dans la 5G, il ne suffit pas d’investir six milliards de dollars et de se dire que c’est bon, il faut des années de travail. Donc la solution la plus rapide serait peut-être de s’approvisionner auprès des fournisseurs qui existent déjà. »

Chuck Robbins, PDG de Cisco, a évoqué la possibilité de racheter tout ou partie d’un équipementier européen l’an passé avec Larry Kudlow, le conseiller économique de Donald Trump. Mais, selon des sources proches du dossier, la discussion était plutôt d’ordre patriotique et ne traduisait pas nécessairement les ambitions de Cisco en matière de fusion.

Chuck Robbins « ne voulait pas que les Etats-Unis soient distancés », précise cette source, mais l’entreprise, qui fabrique des équipements pour les réseaux informatiques, ne souhaitait pas particulièrement investir dans une entreprise moins rentable telle que Nokia ou Ericsson sans bénéficier, d’une manière ou d’une autre, d’un appui financier. La porte-parole de Cisco n’a pas souhaité commenter.

Larry Kudlow a estimé que la question du rachat d’une entreprise étrangère par un groupe américain n’était plus réellement à l’ordre du jour. « Nokia, Samsung et Ericsson sont toujours dans la course et renforcent leur présence aux Etats-Unis, a-t-il déclaré. Nous voulons qu’ils viennent ici et nous pourrions les aider » par des mesures fiscales. « Nous pourrions participer aux frais de déménagement, ce qui n’est pas la même chose que prendre une participation », a-t-il ajouté.

Nokia et Ericsson se sont opposés à des demandes plus radicales, par exemple une ouverture totale des normes télécoms, selon des sources proches du dossier. Les groupes préfèrent demander aux autorités américaines de soutenir leur activité grâce à des dispositifs tels que l’Exim Bank, l’agence américaine de crédit à l’exportation, ou la DFC, l’agence américaine de financement pour le développement international.

Née en 2018 de la fusion, par le Congrès, de trois agences de développement, la DFC est la réponse américaine au projet chinois de Nouvelle route de la soie, qui sert les intérêts de Pékin par des investissements en infrastructures à travers le monde.

Le patron de la DFC, Adam Boehler, a expliqué que l’agence préfère les investissements dans les entreprises américaines, mais peut soutenir des groupes étrangers. « Nous ne sommes pas là pour défendre, a-t-il déclaré. Nous sommes là pour passer à l’offensive. »

Même si les opérateurs mobiles ont accès à un panel de fournisseurs plus large, rien ne dit qu’ils feront appel aux nouveaux acteurs. Certaines technologies américaines ont fait leur apparition dans des réseaux étrangers, notamment au Japon et en Inde, mais ces évolutions ne datent que de quelques mois.

De leur côté, des start-up américaines, dont Airspan Networks, Altiostar Networks, Blue Danube Systems, Mavenir Systems et Parallel Wireless, ont développé de nouvelles technologies. Leurs dirigeants affirment qu’ils ont fait des progrès, mais qu’ils sont très loin d’avoir mis la main sur les milliards de dollars de commandes passées chaque année par les opérateurs mobiles américains aux équipementiers historiques.

Pour certaines sociétés américaines, une loi récente ordonnant aux opérateurs de supprimer les équipements Huawei « non fiables » pourrait ouvrir une brèche potentiellement synonyme de plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires. La mesure n’est toujours pas financée.

Thierry Maupilé, directeur de la stratégie d’Altiostar, explique que les responsables politiques ne se sont jamais intéressés d’aussi près aux méandres de la technologie mobile, mais qu’il faudrait davantage de coordination. Pardeep Kohli, patron de Mavenir, estime pour sa part que la volonté de Washington de contrer Huawei a fait connaître les entreprises américaines, surtout au cours de l’année écoulée, mais que cet intérêt ne s’est pas traduit par des mesures favorables aux sociétés nationales.

« On parle beaucoup, mais sans rien de concret », déplore-t-il.

5G: une stratégie de défense des intérêts américains.

5G: une stratégie de défense des intérêts américains.

Les États-Unis seraient prêts à envisager une alliance notamment avec Ericsson, Nokia et Samsung pour renforcer leurs compétences et leur maîtrise de la technologie 5G menacée par le chinois Huawai. Ce que révèle le journal l’opinion. Fort d’une présence dans des réseaux mobiles allant de l’Asie à l’Allemagne, Huawei est le numéro un mondial des équipements télécoms. Le géant chinois a capté 28 % des dépenses mondiales en la matière au premier trimestre 2020, selon la société d’analyse de marché Dell’Oro Group. Et peut proposer des produits moins chers que ses concurrents parce qu’il bénéficie du soutien de l’Etat chinois, a révélé le Wall Street Journal.

Les équipementiers américains sont trop petits pour concurrencer Huawei, ce qui signifie que les grands opérateurs mobiles qui ne veulent pas acheter chinois dépendent de trois multinationales : Ericsson, Nokia et Samsung Electronics.

« Pour la première fois de l’histoire moderne, ce ne sont pas les Etats-Unis qui mènent l’essor d’une technologie essentielle », déplore un rapport diffusé à la Maison Blanche et rédigé l’an passé par des experts des télécoms, dont Daniel Goldin, ex-patron de la NASA, et Hossein Moiin, ancien responsable de la technologie de Nokia.

Ils militent pour la création d’un fournisseur « sous bannière américaine » capable de combler les vides laissés depuis plusieurs années par le rachat ou la disparition de champions américains tels que Lucent Technologies.

En début d’année, un autre groupe a présenté aux responsables de l’administration et du Congrès l’idée d’un investissement direct d’un consortium public dans Nokia ou Ericsson, selon des sources proches du dossier. La proposition bénéficiait du soutien de spécialistes du capital-investissement menés par Cerberus Capital Management, mais la progression du cours de Bourse des équipementiers ces dernières semaines a mis un coup d’arrêt au projet. Le porte-parole de Cerberus n’a pas répondu aux demandes de commentaire.

En février, le procureur général, William Barr, s’est dit favorable à l’idée que des fournisseurs européens passent sous pavillon américain, public ou privé, estimant dans un discours que cela pourrait donner naissance « à un concurrent plus redoutable et dont la résistance ne ferait aucun doute. »

Il a ensuite défendu le concept de « réseaux ouverts intégrés », qui permettrait aux opérateurs de téléphonie mobile de choisir, à la carte, des éléments de réseaux de plusieurs fournisseurs. A l’heure actuelle, pour une ville donnée, les opérateurs achètent en général tous les logiciels et les équipements auprès du même fournisseur, ce qui éclipse la concurrence.

La porte-parole du département de la Justice n’a pas souhaité commenter.

D’autres entreprises se sont ralliées à l’Open RAN Policy Coalition, qui défend la concurrence sur le marché des équipements pour antennes-relais. Sous la houlette de l’opérateur AT&T, ce groupe récemment créé rassemble des fabricants américains de logiciels qui souhaitent s’implanter dans les réseaux mobiles, ainsi que des acteurs de plus grande envergure, dont Nokia.

« Pour certains, cela pourrait favoriser la création d’une base industrielle aux Etats-Unis, estime Brian Hendricks, directeur des affaires publiques et des politiques de Nokia pour le continent américain. Les Etats-Unis sont sur la touche depuis un certain temps. »

Selon Brian Hendricks, les activités américaines de recherche et développement de la firme finlandaise joueront un rôle dans la future filière, mais un accroissement de la concurrence est inévitable.

Les dirigeants d’Ericsson ont pour leur part indiqué qu’ils ne pensaient pas rejoindre la coalition. Selon le directeur technologique de l’équipementier suédois, Erik Ekudden, l’Etat ne doit pas intervenir dans les aspects techniques que le secteur privé est tout à fait en mesure de gérer.

Alok Shah, responsable de la stratégie de Samsung, a déclaré que le géant technologique sud-coréen fabriquait déjà certains composants 5G aux Etats-Unis, notamment des puces pour les stations de base dans son usine d’Austin, au Texas.

La porte-parole d’AT&T a indiqué que la diversification et la sécurisation de la chaîne logistique étaient une priorité pour son entreprise.

Les grands opérateurs mobiles américains ont renoncé à acheter des équipements à Huawei depuis qu’en 2012, une commission parlementaire a estimé que le groupe chinois constituait une menace pour la sécurité nationale. A l’époque, la commission avait affirmé que les composants vendus par Huawei et son concurrent et compatriote ZTE pourraient être utilisés pour espionner ou perturber les communications américaines, des accusations démenties par les deux groupes.

La quasi-totalité des commandes s’est donc reportée sur Nokia, Ericsson et Samsung. Mais les dirigeants de plusieurs opérateurs mobiles s’inquiètent de la santé financière de Nokia et Ericsson, qui tentent depuis des années de restructurer leur activité. Nokia a suspendu le versement de son dividende l’an passé et annoncé, en mars dernier, le départ de son PDG. Ericsson a renoué avec la rentabilité après des années de restructuration.

Certains opposants à la Chine et dirigeants des sociétés américaines de télécoms redoutent que, sans concurrence digne de ce nom, Huawei étende son emprise sur les réseaux télécoms au point qu’elle en devienne irréversible.

En février, l’un des dirigeants de Huawei, Vincent Pang, a estimé dans un entretien que créer de toutes pièces un équipementier était plus facile à dire qu’à faire. « Dans la 5G, il ne suffit pas d’investir six milliards de dollars et de se dire que c’est bon, il faut des années de travail. Donc la solution la plus rapide serait peut-être de s’approvisionner auprès des fournisseurs qui existent déjà. »

Chuck Robbins, PDG de Cisco, a évoqué la possibilité de racheter tout ou partie d’un équipementier européen l’an passé avec Larry Kudlow, le conseiller économique de Donald Trump. Mais, selon des sources proches du dossier, la discussion était plutôt d’ordre patriotique et ne traduisait pas nécessairement les ambitions de Cisco en matière de fusion.

Chuck Robbins « ne voulait pas que les Etats-Unis soient distancés », précise cette source, mais l’entreprise, qui fabrique des équipements pour les réseaux informatiques, ne souhaitait pas particulièrement investir dans une entreprise moins rentable telle que Nokia ou Ericsson sans bénéficier, d’une manière ou d’une autre, d’un appui financier. La porte-parole de Cisco n’a pas souhaité commenter.

Larry Kudlow a estimé que la question du rachat d’une entreprise étrangère par un groupe américain n’était plus réellement à l’ordre du jour. « Nokia, Samsung et Ericsson sont toujours dans la course et renforcent leur présence aux Etats-Unis, a-t-il déclaré. Nous voulons qu’ils viennent ici et nous pourrions les aider » par des mesures fiscales. « Nous pourrions participer aux frais de déménagement, ce qui n’est pas la même chose que prendre une participation », a-t-il ajouté.

Nokia et Ericsson se sont opposés à des demandes plus radicales, par exemple une ouverture totale des normes télécoms, selon des sources proches du dossier. Les groupes préfèrent demander aux autorités américaines de soutenir leur activité grâce à des dispositifs tels que l’Exim Bank, l’agence américaine de crédit à l’exportation, ou la DFC, l’agence américaine de financement pour le développement international.

Née en 2018 de la fusion, par le Congrès, de trois agences de développement, la DFC est la réponse américaine au projet chinois de Nouvelle route de la soie, qui sert les intérêts de Pékin par des investissements en infrastructures à travers le monde.

Le patron de la DFC, Adam Boehler, a expliqué que l’agence préfère les investissements dans les entreprises américaines, mais peut soutenir des groupes étrangers. « Nous ne sommes pas là pour défendre, a-t-il déclaré. Nous sommes là pour passer à l’offensive. »

Même si les opérateurs mobiles ont accès à un panel de fournisseurs plus large, rien ne dit qu’ils feront appel aux nouveaux acteurs. Certaines technologies américaines ont fait leur apparition dans des réseaux étrangers, notamment au Japon et en Inde, mais ces évolutions ne datent que de quelques mois.

De leur côté, des start-up américaines, dont Airspan Networks, Altiostar Networks, Blue Danube Systems, Mavenir Systems et Parallel Wireless, ont développé de nouvelles technologies. Leurs dirigeants affirment qu’ils ont fait des progrès, mais qu’ils sont très loin d’avoir mis la main sur les milliards de dollars de commandes passées chaque année par les opérateurs mobiles américains aux équipementiers historiques.

Pour certaines sociétés américaines, une loi récente ordonnant aux opérateurs de supprimer les équipements Huawei « non fiables » pourrait ouvrir une brèche potentiellement synonyme de plus d’un milliard de dollars de chiffre d’affaires. La mesure n’est toujours pas financée.

Thierry Maupilé, directeur de la stratégie d’Altiostar, explique que les responsables politiques ne se sont jamais intéressés d’aussi près aux méandres de la technologie mobile, mais qu’il faudrait davantage de coordination. Pardeep Kohli, patron de Mavenir, estime pour sa part que la volonté de Washington de contrer Huawei a fait connaître les entreprises américaines, surtout au cours de l’année écoulée, mais que cet intérêt ne s’est pas traduit par des mesures favorables aux sociétés nationales.

« On parle beaucoup, mais sans rien de concret », déplore-t-il.

 » La stratégie anti-écolo de LREM est bête et inutile » (Daniel Cohn-Bendit)

 » La stratégie anti-écolo de LREM est bête et inutile » (Daniel Cohn-Bendit)

Emmanuel Macron, qui répondra le 29 juin, aux citoyens de la convention pour le climat, a-t-il terminé sa mue écolo? (AFP)
La difficulté pour Macron, et pour une partie de la société, c’est de comprendre que l’écologie est une nouvelle pensée politique et sociétale, un changement de modèle économique », estime Daniel Cohn-Bendit, qui échange avec le Président. A une semaine du second tour des municipales, l’écologiste dit ne pas comprendre la stratégie menée par La République en marche : « Face à une vague verte, c’est vraiment idiot de construire un rempart anti-écolo, de marcher main dans la main avec la droite conservatrice et avec des ringards.

Vous souvenez-vous de la première fois où vous avez parlé d’écologie avec Emmanuel Macron?
Au début de la campagne présidentielle de 2017, il m’a avoué franchement que la réflexion sur l’écologie n’était pas dans son ADN. Mais en trois ans, grâce à Nicolas Hulot, Pascal Canfin et d’autres, il a commencé à comprendre que la transition écologique était un changement radical de paradigme politique. Ça a mis du temps, mais ce n’est facile pour personne. Personne ne naît écologiste! Petit à petit, on apprend, on comprend. La plupart des militants des années 1960, même de gauche, ont longtemps été productivistes. Or la pensée écologiste remet en question une partie du dogme productiviste dans lequel tout le monde a baigné, y compris Emmanuel Macron. Aujourd’hui, la majorité des citoyens est souvent d’accord sur le constat : il faut faire la transition écologique. Mais ils ne comprennent pas forcément toutes les conséquences de ce changement radical.

A-t‑il pris en compte certains de vos conseils?
Ce n’est pas comme ça qu’on fonctionne. Macron ne demande pas des conseils : on discute. Il me laisse parler, mais ce n’est pas : «  Dany, explique-moi.  » Ensuite, il se fait son propre avis. La difficulté pour Macron, et pour une partie de la société, c’est de comprendre que l’écologie est une nouvelle pensée politique et sociétale, un changement de modèle économique. Cette évolution de la société a une composante politique : ce sont les écolos.

Au regard des municipales, son parti, LREM, semble pourtant avoir du mal avec les écologistes…
Au niveau national, je pousse pour un rapprochement entre Macron et les écologistes, avec peu de succès… Les écolos n’en ont pas envie, car ils sont dans l’hu bris des succès électoraux qui les confirment en tant que force politique. Mais surtout, localement, je ne comprends pas la stratégie du parti LREM : «  tous contre les écolos  ». C’est bête, c’est inutile et c’est contre-productif. Cette folie antiécolo ne tient pas la route. Est-ce que la ville de Grenoble s’est effondrée avec Éric Piolle? Bien sûr que non! Si j’étais à Strasbourg, Lyon, Bordeaux ou Metz, je voterais écolo. Partout où les écologistes sont en position de prendre la mairie, je voterais écolo. Ils seront alors en capacité de se coltiner les contradictions de la société et pourront comprendre la difficulté de la changer.

La convention pour le climat peut-elle rebattre la donne?
Vous avez dans la convention pour le climat des propositions très intéressantes. Si elles sont reprises, En marche et les écolos feront campagne ensemble pour les défendre. Face à une vague verte, c’est vraiment idiot de construire un rempart anti-écolo, de marcher main dans la main avec la droite conservatrice et avec des ringards, comme Gérard Collomb, qui sont politiquement finis. La stratégie de la LREM est en contradiction avec ce que Macron promettait pendant la campagne : faire primer l’éthique sur la politique. On ne peut pas faire d’alliances avec n’importe qui uniquement pour grappiller des mandats.

Les écolos n’ont pas non plus envie de se rapprocher de LREM…
Yannick Jadot aussi a peur de son ombre. Il est face à un dilemme. Il a compris qu’il ne peut pas rester sur la posture qui consisterait à attendre 2022 ; mais s’il collaborait avec Emmanuel Macron sur des points précis pour faire avancer la transition écologique, il serait tout de suite traité de traître par ses amis! Il ne peut pas non plus dire : « Attendons 2022, le monde de demain arrivera avec moi à l’Élysée.  » Ce serait une folie totale. Face à la crise, ce serait mettre en danger l’avenir de la France. Aucun dirigeant politique ne peut s’enfermer dans cette posture. Et cette convention peut être un moment pour trouver des compromis ensemble.

Le cœur de ce que formule la convention, Macron doit le reprendre

Beaucoup de tournants écologistes ont été annoncés sans jamais arriver. Cette fois, c’est la bonne?
L’initiative de la convention citoyenne vient de Macron. Ça peut changer beaucoup de choses. Il devra rester fidèle à cette partie de lui-même qui a lancé cette convention. Le cœur de ce que formule la convention, il doit le reprendre. Il doit soumettre à référendum la réforme de la Constitution pour y intégrer un volet écologique,.

En dépit de ses contradictions notoires Cohn-Bendit reste macroniste y compris sur les positions les plus tordues, tout cela commence à sentir l’EPHAD

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