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Méthode pour une stratégie de campagne politique gagnante

Méthode pour une stratégie de campagne politique gagnante

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Louis Perron, Conseiller en stratégie politique donne quelques axes structurants pour gagner une campagne électorale (dans l’Opinion, extrait)

 

En tant que conseiller politique, j’ai coaché et consulté plus d’une centaine de politiciens et de candidats dans plusieurs pays. Mes clients vont des conseillers municipaux aux membres de cabinet, vice-présidents et présidents. Voici quelques-unes des meilleures stratégies de campagne mises en œuvre par mes meilleurs clients.

1. Commencez tôt

Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles les hommes politiques hésitent souvent à lancer une campagne anticipée. Ils sont pris par les affaires courantes, ne veulent pas dépenser d’argent ou pensent que l’effet d’une campagne anticipée sera oublié jusqu’au jour de l’élection. La vérité est pourtant qu’aucun candidat n’a jamais perdu une élection parce qu’il avait commencé à planifier trop tôt. En revanche, de nombreux candidats et partis ont perdu parce qu’ils ont débuté trop tard ou parce qu’ils ont commencé tôt en faisant ce qu’il ne fallait pas faire.

2. Priorité au message plutôt qu’à l’argent

L’une des erreurs les plus courantes des candidats est de gaspiller leur argent pour du matériel de campagne sans message. Le pouvoir d’un message fondé sur la recherche, crédible et correspondant à la demande politique du public cible est pourtant souvent sous-estimé. La clé est d’avoir un plan de campagne convaincant, un message attrayant et puis suffisamment d’argent pour le communiquer et mettre en œuvre le plan. L’argent, aussi abondant soit-il, ne fait rien par lui-même. Vous souvenez-vous d’un slogan ou d’une publicité des campagnes présidentielles de Michael Bloomberg ou de Tom Steyer aux Etats-Unis ? Ils ont gaspillé des millions il y a tout juste un an.

3. Méfiez-vous des sondages précoces ou non scientifiques

Les sondages réalisés longtemps avant le jour de l’élection reflètent souvent le degré de familiarité des candidats. En ce sens, une avance des mois avant l’élection n’est en aucun cas une prédiction, mais peut en fait être un poison sucré qui endort les équipes de campagne. Une erreur typique des débutants est aussi de penser que l’on peut faire son propre sondage ou créer son propre groupe de discussion. Faire campagne, c’est comme marcher dans un labyrinthe. Si vous prenez un mauvais virage au début (c’est-à-dire si vous fondez votre stratégie sur des données erronées), tout ce qui suit sera également erroné.

4. Investir massivement dans les médias et les publicités payantes

Aujourd’hui, la plupart des campagnes sont menées et gagnées dans les médias. La publicité payante permet à une campagne de contrôler le message, d’influencer et de communiquer avec les électeurs qui ne s’intéressent pas directement à la politique, mais qui sont souvent ceux qui décident du résultat d’une élection.

5. La discipline remporte les élections

Les campagnes électorales sont des opérations chaotiques. Très souvent, les différentes ailes d’une équipe de campagne s’affrontent, et le candidat principal ou le chef de parti échoue à établir et à maintenir l’ordre interne. Pourtant, lui seul peut le faire et la discipline est un facteur clé. Un client m’a dit un jour : « Louis, notre campagne est un chaos complet. » Je lui répondis : « Faisons-en un chaos complet où au moins tout le monde se bat contre l’autre camp.»

6. La vitesse et l’intensité permettent de gagner les élections

Les élections sont comme une vente d’un jour. Elles sont donc caractérisées par une dynamique différente des campagnes commerciales (je discute régulièrement de cela avec les sociétés de relations publiques et de publicité). En politique électorale, tout est orienté vers ce jour unique, le jour de l’élection. Par conséquent, la vitesse et l’intensité sont d’une importance cruciale. L’ancien président français François Mitterrand avait coutume de dire que la France se donne à celui qui la veut le plus. C’est aussi vrai pour les autres pays.

Louis Perron est politologue, conseil en communication politique et conférencier TEDx de la Suisse.

Santé Covid France : L’urgence d’une stratégie pour protéger les scolaires

Santé Covid France : L’urgence d’une stratégie pour protéger les scolaires

 

Face à la propagation rapide du variant Delta chez les enfants, une trentaine de médecins, scientifiques, enseignants, chercheurs, dont les épidémiologistes Dominique Costagliola et William Dab, alertent, dans une tribune au « Monde », sur la nécessité d’une « action ferme » pour protéger la santé des élèves.(Extrait)

 

Tribune

 

deux semaines de la rentrée, face à un variant Delta fortement contagieux et circulant intensément chez les enfants et les adolescents, une action ferme est attendue pour protéger leur santé dans les établissements scolaires.

Le variant Delta se propage actuellement à grande vitesse chez les plus jeunes. Au Royaume-Uni, il s’est principalement diffusé à partir des enfants : plus d’un million d’élèves ont été absents au cours du dernier mois d’école. Aux Etats-Unis, 121 000 cas d’enfants et d’adolescents ont été rapportés la seule semaine dernière.

En France, dans les Landes, à la veille des vacances, le taux d’incidence en milieu scolaire dépassait déjà, de très loin, celui des adultes, même chez les 3-5 ans. Cet été, les clusters se sont multipliés de façon alarmante dans les centres aérés et les colonies de vacances. Le 2 août, le taux d’incidence chez les 0-9 ans était déjà très élevé, dépassant le seuil de 200 pour 100 000 dans trois régions, alors que leur taux de positivité est le double de celui de la population générale.

Le taux d’hospitalisation des 0-19 ans augmente dans les pays où le variant Delta est majoritaire. Aux Etats-Unis, jusqu’à 1,9 % des enfants testés positifs sont hospitalisés dans certains Etats. Dans celui de Géorgie, 7 enfants sur 100 000 sont actuellement à l’hôpital pour Covid-19. En France, au cours de l’année écoulée, 1,2 % des 0-9 ans testés positifs ont été hospitalisés et le nombre d’hospitalisations est aujourd’hui le double de celui de l’année dernière à la même date, celui des 10-19 ans, le quadruple.

Le Covid-19 peut aussi entraîner des complications à moyen terme. Selon la littérature scientifique et les données gouvernementales britanniques, entre 2 % et 8 % des enfants infectés présentent des symptômes persistants. Des séquelles ou des complications à long terme de la maladie, peut-être encore inconnues, ne peuvent en outre être exclues. Enfin, si les décès demeurent très rares, ils existent et sont autant de drames dont le nombre pourrait augmenter avec une circulation virale plus importante.

 

Les alertes se multiplient partout dans le monde. Aux Etats-Unis, au Canada, en Inde, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne… les pédiatres et les sociétés savantes appellent à protéger davantage les moins de 12 ans. A notre tour, aujourd’hui, de tirer la sonnette d’alarme.

Des mesures efficaces de prévention des contaminations doivent être adoptées dès la rentrée. Le protocole publié le 28 juillet définit un cadre de fonctionnement des établissements scolaires avec quatre niveaux de mesures : il faut, sans plus tarder, définir leur niveau territorial d’application, les indicateurs épidémiologiques, ainsi que les seuils déclenchant le passage d’un niveau à l’autre.

Covid France : L’urgence d’une stratégie pour protéger les scolaires

Covid France : L’urgence d’une stratégie pour protéger les scolaires

 

Face à la propagation rapide du variant Delta chez les enfants, une trentaine de médecins, scientifiques, enseignants, chercheurs, dont les épidémiologistes Dominique Costagliola et William Dab, alertent, dans une tribune au « Monde », sur la nécessité d’une « action ferme » pour protéger la santé des élèves.(Extrait)

 

Tribune

 

deux semaines de la rentrée, face à un variant Delta fortement contagieux et circulant intensément chez les enfants et les adolescents, une action ferme est attendue pour protéger leur santé dans les établissements scolaires.

Le variant Delta se propage actuellement à grande vitesse chez les plus jeunes. Au Royaume-Uni, il s’est principalement diffusé à partir des enfants : plus d’un million d’élèves ont été absents au cours du dernier mois d’école. Aux Etats-Unis, 121 000 cas d’enfants et d’adolescents ont été rapportés la seule semaine dernière.

En France, dans les Landes, à la veille des vacances, le taux d’incidence en milieu scolaire dépassait déjà, de très loin, celui des adultes, même chez les 3-5 ans. Cet été, les clusters se sont multipliés de façon alarmante dans les centres aérés et les colonies de vacances. Le 2 août, le taux d’incidence chez les 0-9 ans était déjà très élevé, dépassant le seuil de 200 pour 100 000 dans trois régions, alors que leur taux de positivité est le double de celui de la population générale.

Le taux d’hospitalisation des 0-19 ans augmente dans les pays où le variant Delta est majoritaire. Aux Etats-Unis, jusqu’à 1,9 % des enfants testés positifs sont hospitalisés dans certains Etats. Dans celui de Géorgie, 7 enfants sur 100 000 sont actuellement à l’hôpital pour Covid-19. En France, au cours de l’année écoulée, 1,2 % des 0-9 ans testés positifs ont été hospitalisés et le nombre d’hospitalisations est aujourd’hui le double de celui de l’année dernière à la même date, celui des 10-19 ans, le quadruple.

Le Covid-19 peut aussi entraîner des complications à moyen terme. Selon la littérature scientifique et les données gouvernementales britanniques, entre 2 % et 8 % des enfants infectés présentent des symptômes persistants. Des séquelles ou des complications à long terme de la maladie, peut-être encore inconnues, ne peuvent en outre être exclues. Enfin, si les décès demeurent très rares, ils existent et sont autant de drames dont le nombre pourrait augmenter avec une circulation virale plus importante.

 

Les alertes se multiplient partout dans le monde. Aux Etats-Unis, au Canada, en Inde, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne… les pédiatres et les sociétés savantes appellent à protéger davantage les moins de 12 ans. A notre tour, aujourd’hui, de tirer la sonnette d’alarme.

Des mesures efficaces de prévention des contaminations doivent être adoptées dès la rentrée. Le protocole publié le 28 juillet définit un cadre de fonctionnement des établissements scolaires avec quatre niveaux de mesures : il faut, sans plus tarder, définir leur niveau territorial d’application, les indicateurs épidémiologiques, ainsi que les seuils déclenchant le passage d’un niveau à l’autre.

Covid 19: L’urgence d’une stratégie pour protéger les scolaires

Covid 19: L’urgence d’une stratégie pour protéger les scolaires

 

Face à la propagation rapide du variant Delta chez les enfants, une trentaine de médecins, scientifiques, enseignants, chercheurs, dont les épidémiologistes Dominique Costagliola et William Dab, alertent, dans une tribune au « Monde », sur la nécessité d’une « action ferme » pour protéger la santé des élèves.(Extrait)

 

Tribune

 

deux semaines de la rentrée, face à un variant Delta fortement contagieux et circulant intensément chez les enfants et les adolescents, une action ferme est attendue pour protéger leur santé dans les établissements scolaires.

Le variant Delta se propage actuellement à grande vitesse chez les plus jeunes. Au Royaume-Uni, il s’est principalement diffusé à partir des enfants : plus d’un million d’élèves ont été absents au cours du dernier mois d’école. Aux Etats-Unis, 121 000 cas d’enfants et d’adolescents ont été rapportés la seule semaine dernière.

En France, dans les Landes, à la veille des vacances, le taux d’incidence en milieu scolaire dépassait déjà, de très loin, celui des adultes, même chez les 3-5 ans. Cet été, les clusters se sont multipliés de façon alarmante dans les centres aérés et les colonies de vacances. Le 2 août, le taux d’incidence chez les 0-9 ans était déjà très élevé, dépassant le seuil de 200 pour 100 000 dans trois régions, alors que leur taux de positivité est le double de celui de la population générale.

Le taux d’hospitalisation des 0-19 ans augmente dans les pays où le variant Delta est majoritaire. Aux Etats-Unis, jusqu’à 1,9 % des enfants testés positifs sont hospitalisés dans certains Etats. Dans celui de Géorgie, 7 enfants sur 100 000 sont actuellement à l’hôpital pour Covid-19. En France, au cours de l’année écoulée, 1,2 % des 0-9 ans testés positifs ont été hospitalisés et le nombre d’hospitalisations est aujourd’hui le double de celui de l’année dernière à la même date, celui des 10-19 ans, le quadruple.

Le Covid-19 peut aussi entraîner des complications à moyen terme. Selon la littérature scientifique et les données gouvernementales britanniques, entre 2 % et 8 % des enfants infectés présentent des symptômes persistants. Des séquelles ou des complications à long terme de la maladie, peut-être encore inconnues, ne peuvent en outre être exclues. Enfin, si les décès demeurent très rares, ils existent et sont autant de drames dont le nombre pourrait augmenter avec une circulation virale plus importante.

 

Les alertes se multiplient partout dans le monde. Aux Etats-Unis, au Canada, en Inde, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne… les pédiatres et les sociétés savantes appellent à protéger davantage les moins de 12 ans. A notre tour, aujourd’hui, de tirer la sonnette d’alarme.

Des mesures efficaces de prévention des contaminations doivent être adoptées dès la rentrée. Le protocole publié le 28 juillet définit un cadre de fonctionnement des établissements scolaires avec quatre niveaux de mesures : il faut, sans plus tarder, définir leur niveau territorial d’application, les indicateurs épidémiologiques, ainsi que les seuils déclenchant le passage d’un niveau à l’autre.

Covid: L’urgence d’une stratégie pour protéger les scolaires

Covid: L’urgence d’une stratégie pour protéger les scolaires

 

Face à la propagation rapide du variant Delta chez les enfants, une trentaine de médecins, scientifiques, enseignants, chercheurs, dont les épidémiologistes Dominique Costagliola et William Dab, alertent, dans une tribune au « Monde », sur la nécessité d’une « action ferme » pour protéger la santé des élèves.(Extrait)

 

Tribune

 

deux semaines de la rentrée, face à un variant Delta fortement contagieux et circulant intensément chez les enfants et les adolescents, une action ferme est attendue pour protéger leur santé dans les établissements scolaires.

Le variant Delta se propage actuellement à grande vitesse chez les plus jeunes. Au Royaume-Uni, il s’est principalement diffusé à partir des enfants : plus d’un million d’élèves ont été absents au cours du dernier mois d’école. Aux Etats-Unis, 121 000 cas d’enfants et d’adolescents ont été rapportés la seule semaine dernière.

En France, dans les Landes, à la veille des vacances, le taux d’incidence en milieu scolaire dépassait déjà, de très loin, celui des adultes, même chez les 3-5 ans. Cet été, les clusters se sont multipliés de façon alarmante dans les centres aérés et les colonies de vacances. Le 2 août, le taux d’incidence chez les 0-9 ans était déjà très élevé, dépassant le seuil de 200 pour 100 000 dans trois régions, alors que leur taux de positivité est le double de celui de la population générale.

Le taux d’hospitalisation des 0-19 ans augmente dans les pays où le variant Delta est majoritaire. Aux Etats-Unis, jusqu’à 1,9 % des enfants testés positifs sont hospitalisés dans certains Etats. Dans celui de Géorgie, 7 enfants sur 100 000 sont actuellement à l’hôpital pour Covid-19. En France, au cours de l’année écoulée, 1,2 % des 0-9 ans testés positifs ont été hospitalisés et le nombre d’hospitalisations est aujourd’hui le double de celui de l’année dernière à la même date, celui des 10-19 ans, le quadruple.

Le Covid-19 peut aussi entraîner des complications à moyen terme. Selon la littérature scientifique et les données gouvernementales britanniques, entre 2 % et 8 % des enfants infectés présentent des symptômes persistants. Des séquelles ou des complications à long terme de la maladie, peut-être encore inconnues, ne peuvent en outre être exclues. Enfin, si les décès demeurent très rares, ils existent et sont autant de drames dont le nombre pourrait augmenter avec une circulation virale plus importante.

 

Les alertes se multiplient partout dans le monde. Aux Etats-Unis, au Canada, en Inde, au Royaume-Uni, en Italie, en Espagne… les pédiatres et les sociétés savantes appellent à protéger davantage les moins de 12 ans. A notre tour, aujourd’hui, de tirer la sonnette d’alarme.

Des mesures efficaces de prévention des contaminations doivent être adoptées dès la rentrée. Le protocole publié le 28 juillet définit un cadre de fonctionnement des établissements scolaires avec quatre niveaux de mesures : il faut, sans plus tarder, définir leur niveau territorial d’application, les indicateurs épidémiologiques, ainsi que les seuils déclenchant le passage d’un niveau à l’autre.

INCENDIES DE FORÊTS: une stratégie européenne commune ?

INCENDIES DE FORÊTS: une stratégie européenne commune ?

les feux concernent presque tous les pays européens -cette année, ils ravagent surtout la Grèce et l’Italie- et  l’idée d’une flotte commune prend de l’ampleur. Non seulement elle permettrait de mutualiser les forces mais aussi de lisser les prix d’achat entre les Etats-membres alors que le prix d’un Canadair se chiffre en millions d’euros et que le coût horaire du vol dépasse les 15.000 euros.

« En 2050, la moitié des surfaces boisées métropolitaines pourrait être concernée par un niveau élevé d’aléa feux de forêt. Les sécheresses seraient plus intenses, plus fréquentes et concerneraient davantage de territoires, favorisant directement les incendies et apportant une extension géographique du risque vers l’ouest et le nord de la France », rappelait récemment le ministère de l’Intérieur, lors du lancement de la campagne de prévention des incendies.

 

BCE: La stratégie de l’immobilisme

BCE: La stratégie de l’immobilisme

Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC, contestent dans l’Opinion  la stratégie de la BCE

 

Tribune

 

La revue stratégique qui s’est achevée le 8 Juillet 2021 a été reçue avec une forme d’enthousiasme relatif entre les gouverneurs de banques centrales nationales filiales de la BCE selon leur positionnement « progressistes » ou « conservateurs ». En réalité, la réforme stratégique n’apporte pas de réponse à la question centrale et ne remet en cause aucun des deux camps même si elle penche plutôt vers le camp progressiste.

La principale mesure porte sur une redéfinition de la cible d’inflation de la BCE. Depuis 2005 elle avait défini sa cible comme « une inflation inférieure, mais proche de 2% à moyen terme ». La réforme modifie cet objectif en « une inflation de 2% à moyen terme ». Cette reformulation signifie qu’une inflation inférieure à 2% n’est pas plus désirable qu’une inflation supérieure à 2%, des écarts symétriques sont donc tolérables. Ce changement, qui va dans le sens des pays du Sud, était probablement nécessaire, car de toute évidence les marchés du travail, extrêmement rigides de ces pays, fonctionneraient mieux avec une inflation un peu plus élevée. Il confirme aussi une forme de victoire des progressistes du monde post-covid qui réclament un soutien plus fort à l’activité économique avec, de surcroit, un calcul cynique d’érosion des dettes publiques par l’inflation. Dans le contexte actuel, la politique monétaire ultra accommodante risque de durer plus longtemps puisque la cible d’inflation se trouve quelque peu augmentée.

Contrairement à de nombreux autres pays, l’indice des prix utilisé par la BCE pour le calcul de l’inflation ne tenait compte que des loyers, mais pas des services rendus par les maisons à leurs propriétaires. De ce fait, l’indice des prix donnait un poids faible aux prix des logements. La réforme de l’indice des prix proposée par la revue stratégique et prenant en compte les prix de l’immobilier est donc une bonne chose, car c’est une manière indirecte de surveiller la formation des bulles spéculatives dans ce secteur. Mais le poids de ce nouvel item sera très faible donc n’amènera pas de changement majeur.

La revue stratégique n’apporte aucune révolution sur les outils d’intervention dans un contexte de taux à zéro. Sans surprise, la BCE va continuer à utiliser les mesures non-conventionnelles qu’elle pratique depuis 7 ans – l’achat d’actifs, le Forward Guidance (engagement à long terme sur les taux) et les opérations de refinancement à long terme. En revanche, rien n’est dit sur la taxation des réserves. Ceci peut être un bon signe si la BCE envisage enfin de mettre un terme à cette mesure qui lamine la rentabilité des banques.

Enfin, les craintes selon lesquelles la posture pro-environnement affichée par Christine Lagarde allait pousser la BCE vers des absurdités mettant en péril la poursuite de la stabilité des prix se sont avérées infondées. La plupart des mesures nouvelles sont de l’ordre de la modélisation des risques et de l’obligation de communiquer la situation de l’entreprise selon les critères environnementaux en vigueur. Que la BCE dans sa mission de régulateur et garant de la stabilité financière aide les banques à mieux prendre en compte les risques climatiques est une bonne chose. Autoriser les obligations vertes privées comme collatéral pour le refinancement par la BCE dans le cadre des opérations normales, et des opérations de refinancement à plus long terme pose certains problèmes. L’ambition est de rendre plus liquide le marché des green bonds et de favoriser le financement par les banques de projets certifiés verts comme la génération d’énergie renouvelable. Le problème est, qu’en l’état, il y a un flou très important sur la certification verte et un très grand nombre d’obligations vertes ne financent pas le moindre projet de production d’énergie, mais reflètent un habile maquillage. Il serait plus logique de normaliser d’abord la certification et d’ensuite inclure ces titres comme collatéraux.

Il nous apparait que cette revue stratégique s’apparente plutôt à une note de service, en apportant des correctifs techniques plus ou moins utiles. Les solutions proposées ont omis les questions les plus importantes. La première est bien sûr la divergence notamment budgétaire entre les pays du Nord et du Sud alors que ceux-ci utilisent la même monnaie. La deuxième serait la façon avec laquelle la BCE peut aider l’UE à imposer des réformes structurelles aux pays qui n’en sont pas capables et posent systématiquement un risque sur l’euro. La troisième serait une évaluation du risque global d’un bilan de banque centrale dont la valeur a été multipliée par un facteur 7 en 15 ans. La quatrième nous semble être la question de l’inclusion du prix des actifs financiers dans la politique monétaire tout comme à ses débuts la BCE ciblait la croissance de l’agrégat monétaire M3. La cinquième est l’évolution de l’euro vers une vraie monnaie de réserve internationale, sachant que cet objectif imposerait de renforcer le fédéralisme fiscal et la discipline budgétaire au sein de la zone euro. Ce dernier point n’est pas que technique, mais relève du processus démocratique électoral.

Ainsi, si la revue stratégique a bien intégré la préoccupation environnementale de la société civile et a desserré subtilement la politique monétaire en élevant sa cible d’inflation, elle n’a rien apporté de nouveau concernant la politique monétaire à mener pour ramener l’inflation à 2%. Elle n’a pas non plus abordé la question majeure de l’interaction entre politique monétaire centralisée et politiques budgétaires décentralisées qui empoisonnent l’euro depuis sa création. Tout cela n’est pas très rassurant, et on peut se demander si la BCE a une stratégie prête pour faire face à la prochaine crise, qui ne devrait pas tarder.

Covid-Pour une stratégie vaccinale mondiale (Esther Duflo , Prix Nobel)

Covid-Pour une stratégie vaccinale mondiale (Esther Duflo , Prix Nobel)

 

La prix Nobel d’économie , Esther Duflo, estime que seule une stratégie vaccinale mondiale peut être efficace en même temps qu’équitable. (Interview dans le JDD, extrait)

 

 

 

Pourquoi faut-il immuniser la planète?
Il y a d’abord une raison morale. C’est une opportunité de sauver des vies. Ne pas vacciner, ne pas donner ces doses à ceux qui en ont besoin, et qui affrontent de fortes vagues épidémiques comme l’Afrique avec le variant Delta, c’est avoir du sang sur les mains. Je sais combien le développement est complexe. Mais cela ne s’applique pas au vaccin!

L’OMS réclame pour septembre 250 millions de doses aux pays qui ont un excédent. Pourquoi y a-t-il urgence?
Pour l’instant, aucun variant n’a passé la barrière du vaccin, mais ça pourrait venir. Ils surgissent lors de fortes recrudescences épidémiques. On l’a vu au Brésil, en Grande-Bretagne, en Inde… Laisser se propager ce virus si contagieux, qui mute si souvent, ce n’est pas rationnel du point de vue de notre santé ou de nos économies. En France, sauf à aller vers une obligation générale, 60 à 70% de la population éligible sera protégée. Or 30% de non-vaccinés, cela suffit pour avoir une grosse épidémie. Si le virus continue à circuler et si on veut vivre sans restriction, il faut vacciner au moins 60% de la population mondiale… Ou 100% des Français. La stratégie vaccinale de la France, comme des autres pays riches, doit être mondiale. Sauf à décider de ne jamais rouvrir les frontières.

 

Quelles occasions d’agir ont raté les pays riches?
Au tout début de la pandémie, une décision assez révolutionnaire a été prise, celle d’investir dans des capacités de production, de construire des usines pour la fabrication de vaccins même pas encore testés. Ce pari risqué s’est révélé gagnant. Mais les investissements – largement soutenus par des fonds publics – étaient juste dimensionnés pour la production des pays riches. C’est comme si on construisait une ville avec des tuyaux d’égouts trop étroits dès le départ ! Cette première erreur en a engendré beaucoup d’autres.

Pourquoi cet égoïsme est-il un mauvais calcul?
En mai, le FMI notait que vacciner 40% de la population mondiale en 2021 et 60% en 2022 coûterait 50 milliards de dollars, et estimait les bénéfices d’une telle vaccination pour les économies mondiales à 9.000 milliards de dollars ! Les présidents de toutes les organisations internationales -OMC, OMS, FMI, Banque mondiale…- se sont ralliés derrière ce plan. Mais les Etats-Unis ne se sont pas alignés, l’Europe non plus. C’est la deuxième opportunité manquée : 50 milliards de dollars, c’est une goutte d’eau par rapport aux trilliards investis dans les plans de relance américain ou européen.

 

Le dernier G7 n’a-t-il pas permis une avancée?
Non, c’est une très grande déception. La pression venait de toute part pour enfin accélérer et financer la production. Mais le G7 s’est contenté de la promesse, à la limite de la malhonnêteté, de donner 1 milliard de doses tout de suite aux pays en voie de développement. En réalité, il s’agit juste d’un « objectif » de livrer 870 millions de doses, dont 435 millions « d’ici 2022″… Largement insuffisant. Il en faudrait 7 à 10 milliards pour vacciner tout ceux qui en ont besoin. Par ailleurs, pendant qu’on se pose des questions, les Russes et les Chinois ont fait de la diplomatie vaccinale. D’un point de vue géostratégique, pourquoi leur laisser ce terrain? Contre une pandémie comme pour le climat, on doit agir pour un objectif commun. Cela ne rend pas optimiste pour la Cop26.

Parce que la tentation du repli national s’impose toujours?
Au début, les Etats-Unis ne voulaient pas partager leurs doses d’AstraZeneca. C’était une posture politique, leur population n’étant pas encore protégée. Ils ont désormais la capacité de produire 4,7 milliards de doses d’ici fin 2021. Ils auront des surplus. Mais ils les conservent pour les enfants de 2 à 12 ans et une éventuelle troisième dose. A l’heure où les campagnes patinent là-bas comme en Europe, nous avons une nouvelle occasion d’agir! Je le répète : la stratégie vaccinale du monde est celle de la France.

 

Le dispositif Covax devait fournir 2 milliards de doses aux pays en développement avant la fin de l’année. Il en a expédié moins de 100 millions. Est-ce un échec?
Oui, puisqu’elles n’ont pas été livrées. On a créé une coquille vide, et les dirigeants de Covax se sentent abandonnés à raison. Ils ne gardent pas les vaccins au frigo : ils ne les ont pas, parce qu’on ne leur a pas donné les sous! Les responsables des pays du G7, de Joe Biden à Emmanuel Macron, tiennent les bons discours mais n’ont jamais investi ni dans Covax ni dans une alternative.

La crise a révélé la vulnérabilité du système de production. Comment y remédier?
En 18 mois, l’Inde aurait eu le temps de se mettre en ordre de bataille pour fabriquer des vaccins à ARN. Mais ils n’ont pas eu les brevets, ont subi des restrictions des Etats-Unis sur les importations de composants et ont dû cesser la production. Ensuite, l’épidémie s’est abattue chez eux et priorité a été donnée aux livraisons nationales… La production, qui se concentre aux Etats-Unis, en Europe et en Inde, doit être mieux distribuée. Il pourrait y avoir un pays producteur par continent : Indonésie, Corée, Afrique du Sud. L’état de leur industrie pharmaceutique n’est pas inférieur à celle des Etats-Unis.

 

La levée des brevets serait-elle une solution?
Oui, à terme, ou les suspendre comme cela a été fait avec succès pour les trithérapies contre le Sida avec l’accord donné par Bill Clinton, entre l’industrie pharmaceutique et les pays africains, pour l’exportation et la production de génériques. Des centaines de milliers de vies ont été sauvées, et cela n’a pas découragé ces entreprises d’investir dans la recherche. Joe Biden n’y était pas opposé. L’Europe n’a pas suivi. Les fabricants, eux, ont en ligne de mire le marché de la troisième dose et des enfants. Ils préfèrent vendre 20 euros l’injection aux pays riches. Les pays pauvres, via Covax ou l’Union africaine, négocient des prix réduits, mais cela ne permet pas de décentraliser la fabrication. Et ils ne seront jamais prioritaires.

Les gouvernements ont-ils échoué à instaurer un rapport de force avec l’industrie?
Oui. Moderna n’existerait pas sans le gouvernement fédéral américain. La société avait le véhicule, mais pas la potion magique. C’est le gouvernement qui leur a donné la technologie, développée par les National Institute of Health ; qui a payé et réalisé les essais à grande échelle, et investi en capital risque. Le rapport de force devrait être du côté de l’administration! Ce n’est pas le cas. A l’inverse, pour le vaccin développé par Oxford, c’est Bill Gates qui a financé ces recherches avec AstraZeneca, en contrepartie de quoi il a exigé un prix réduit.

L’Inde, grand pays producteur, n’a vacciné que 5% de sa population. Comment améliorer aussi l’accès au niveau local?
L’Inde a d’abord tout exporté avant de vacciner sa population. Puis l’épidémie a semé le chaos dans les processus de production. Mais aujourd’hui, elle fabrique des doses et les achemine. Au niveau logistique, ce pays est capable de mener cette campagne avec son vaccin local et celui d’AstraZeneca. Comme dans presque tous les pays, il y a eu au départ des problèmes d’organisation, de tranches d’âge prioritaires etc. Mais la question se pose plus avec les vaccins à ARNm qui doivent être conservés au très grand froid. En Afrique, le frein essentiel reste l’absence de doses. Mais comme l’Inde, le continent ne sera pas exempt du problème de l’hésitation vaccinale.

 

Vous avez travaillé sur les réticences à la vaccination en Inde et en avez conclu que la solution la plus efficace est le recours à des « ambassadeurs » intégrés dans les communautés.
Ce travail portait sur la vaccination infantile, pour laquelle il n’y a aucune peur ou hésitation, plutôt une indifférence, une mauvaise perception de l’urgence. Avec le Covid, notre laboratoire a étudié l’hésitation vaccinale auprès de populations âgées d’Inde du sud que nous suivons depuis des années. Ils sont prioritaires mais moins de la moitié ont eu des injections. Beaucoup hésitent ou ont des craintes, peut-être car ils n’ont pas l’habitude de la vaccination des adultes. En Inde et en Afrique, une fois que les vaccins seront là, il restera à convaincre. Mais quand ce sera le seul problème, on aura déjà beaucoup avancé.

Faut-il proposer des incitations matérielles à la vaccination, comme le font les Etats-Unis?
Notre expérience en Inde a montré que cela fonctionne. Pour le Covid, tout dépend de la raison de la non-vaccination. S’il s’agit d’un problème logistique ou d’un manque de conscience de l’urgence, je n’ai rien contre de petites incitations. Si les jeunes sont rationnels, ils se disent que leur bénéfice individuel est insuffisant. Soyons pragmatiques : si ça marche, pourquoi ne pas leur proposer? Soit en rendant la vaccination plus ou moins obligatoire, avec un Covid pass donnant accès à des concerts ou des lieux qu’ils aiment, soit par des incitations plus rigolotes comme des bières ou une loterie. Face à des antivax, ça ne convaincra pas, voire cela aura un effet pervers menant tout droit à la théorie du complot.

Dans ce contexte, comment jugez-vous le débat sur l’obligation vaccinale en France?
Je le comprends. C’est logique : si on ne veut pas faire l’effort pour vacciner le reste du monde, avec des variants comme le Delta, il sera d’autant plus indispensable de vacciner toute la population en France.

Pour une stratégie vaccinale mondiale (Esther Duflo , Prix Nobel)

La prix Nobel d’économie , Esther Duflo, estime que seule une stratégie vaccinale mondiale peut être efficace en même temps qu’équitable. (Interview dans le JDD, extrait)

 

 

 

Pourquoi faut-il immuniser la planète?
Il y a d’abord une raison morale. C’est une opportunité de sauver des vies. Ne pas vacciner, ne pas donner ces doses à ceux qui en ont besoin, et qui affrontent de fortes vagues épidémiques comme l’Afrique avec le variant Delta, c’est avoir du sang sur les mains. Je sais combien le développement est complexe. Mais cela ne s’applique pas au vaccin!

L’OMS réclame pour septembre 250 millions de doses aux pays qui ont un excédent. Pourquoi y a-t-il urgence?
Pour l’instant, aucun variant n’a passé la barrière du vaccin, mais ça pourrait venir. Ils surgissent lors de fortes recrudescences épidémiques. On l’a vu au Brésil, en Grande-Bretagne, en Inde… Laisser se propager ce virus si contagieux, qui mute si souvent, ce n’est pas rationnel du point de vue de notre santé ou de nos économies. En France, sauf à aller vers une obligation générale, 60 à 70% de la population éligible sera protégée. Or 30% de non-vaccinés, cela suffit pour avoir une grosse épidémie. Si le virus continue à circuler et si on veut vivre sans restriction, il faut vacciner au moins 60% de la population mondiale… Ou 100% des Français. La stratégie vaccinale de la France, comme des autres pays riches, doit être mondiale. Sauf à décider de ne jamais rouvrir les frontières.

 

Quelles occasions d’agir ont raté les pays riches?
Au tout début de la pandémie, une décision assez révolutionnaire a été prise, celle d’investir dans des capacités de production, de construire des usines pour la fabrication de vaccins même pas encore testés. Ce pari risqué s’est révélé gagnant. Mais les investissements – largement soutenus par des fonds publics – étaient juste dimensionnés pour la production des pays riches. C’est comme si on construisait une ville avec des tuyaux d’égouts trop étroits dès le départ ! Cette première erreur en a engendré beaucoup d’autres.

Pourquoi cet égoïsme est-il un mauvais calcul?
En mai, le FMI notait que vacciner 40% de la population mondiale en 2021 et 60% en 2022 coûterait 50 milliards de dollars, et estimait les bénéfices d’une telle vaccination pour les économies mondiales à 9.000 milliards de dollars ! Les présidents de toutes les organisations internationales -OMC, OMS, FMI, Banque mondiale…- se sont ralliés derrière ce plan. Mais les Etats-Unis ne se sont pas alignés, l’Europe non plus. C’est la deuxième opportunité manquée : 50 milliards de dollars, c’est une goutte d’eau par rapport aux trilliards investis dans les plans de relance américain ou européen.

 

Le dernier G7 n’a-t-il pas permis une avancée?
Non, c’est une très grande déception. La pression venait de toute part pour enfin accélérer et financer la production. Mais le G7 s’est contenté de la promesse, à la limite de la malhonnêteté, de donner 1 milliard de doses tout de suite aux pays en voie de développement. En réalité, il s’agit juste d’un « objectif » de livrer 870 millions de doses, dont 435 millions « d’ici 2022″… Largement insuffisant. Il en faudrait 7 à 10 milliards pour vacciner tout ceux qui en ont besoin. Par ailleurs, pendant qu’on se pose des questions, les Russes et les Chinois ont fait de la diplomatie vaccinale. D’un point de vue géostratégique, pourquoi leur laisser ce terrain? Contre une pandémie comme pour le climat, on doit agir pour un objectif commun. Cela ne rend pas optimiste pour la Cop26.

Parce que la tentation du repli national s’impose toujours?
Au début, les Etats-Unis ne voulaient pas partager leurs doses d’AstraZeneca. C’était une posture politique, leur population n’étant pas encore protégée. Ils ont désormais la capacité de produire 4,7 milliards de doses d’ici fin 2021. Ils auront des surplus. Mais ils les conservent pour les enfants de 2 à 12 ans et une éventuelle troisième dose. A l’heure où les campagnes patinent là-bas comme en Europe, nous avons une nouvelle occasion d’agir! Je le répète : la stratégie vaccinale du monde est celle de la France.

 

Le dispositif Covax devait fournir 2 milliards de doses aux pays en développement avant la fin de l’année. Il en a expédié moins de 100 millions. Est-ce un échec?
Oui, puisqu’elles n’ont pas été livrées. On a créé une coquille vide, et les dirigeants de Covax se sentent abandonnés à raison. Ils ne gardent pas les vaccins au frigo : ils ne les ont pas, parce qu’on ne leur a pas donné les sous! Les responsables des pays du G7, de Joe Biden à Emmanuel Macron, tiennent les bons discours mais n’ont jamais investi ni dans Covax ni dans une alternative.

La crise a révélé la vulnérabilité du système de production. Comment y remédier?
En 18 mois, l’Inde aurait eu le temps de se mettre en ordre de bataille pour fabriquer des vaccins à ARN. Mais ils n’ont pas eu les brevets, ont subi des restrictions des Etats-Unis sur les importations de composants et ont dû cesser la production. Ensuite, l’épidémie s’est abattue chez eux et priorité a été donnée aux livraisons nationales… La production, qui se concentre aux Etats-Unis, en Europe et en Inde, doit être mieux distribuée. Il pourrait y avoir un pays producteur par continent : Indonésie, Corée, Afrique du Sud. L’état de leur industrie pharmaceutique n’est pas inférieur à celle des Etats-Unis.

 

La levée des brevets serait-elle une solution?
Oui, à terme, ou les suspendre comme cela a été fait avec succès pour les trithérapies contre le Sida avec l’accord donné par Bill Clinton, entre l’industrie pharmaceutique et les pays africains, pour l’exportation et la production de génériques. Des centaines de milliers de vies ont été sauvées, et cela n’a pas découragé ces entreprises d’investir dans la recherche. Joe Biden n’y était pas opposé. L’Europe n’a pas suivi. Les fabricants, eux, ont en ligne de mire le marché de la troisième dose et des enfants. Ils préfèrent vendre 20 euros l’injection aux pays riches. Les pays pauvres, via Covax ou l’Union africaine, négocient des prix réduits, mais cela ne permet pas de décentraliser la fabrication. Et ils ne seront jamais prioritaires.

Les gouvernements ont-ils échoué à instaurer un rapport de force avec l’industrie?
Oui. Moderna n’existerait pas sans le gouvernement fédéral américain. La société avait le véhicule, mais pas la potion magique. C’est le gouvernement qui leur a donné la technologie, développée par les National Institute of Health ; qui a payé et réalisé les essais à grande échelle, et investi en capital risque. Le rapport de force devrait être du côté de l’administration! Ce n’est pas le cas. A l’inverse, pour le vaccin développé par Oxford, c’est Bill Gates qui a financé ces recherches avec AstraZeneca, en contrepartie de quoi il a exigé un prix réduit.

L’Inde, grand pays producteur, n’a vacciné que 5% de sa population. Comment améliorer aussi l’accès au niveau local?
L’Inde a d’abord tout exporté avant de vacciner sa population. Puis l’épidémie a semé le chaos dans les processus de production. Mais aujourd’hui, elle fabrique des doses et les achemine. Au niveau logistique, ce pays est capable de mener cette campagne avec son vaccin local et celui d’AstraZeneca. Comme dans presque tous les pays, il y a eu au départ des problèmes d’organisation, de tranches d’âge prioritaires etc. Mais la question se pose plus avec les vaccins à ARNm qui doivent être conservés au très grand froid. En Afrique, le frein essentiel reste l’absence de doses. Mais comme l’Inde, le continent ne sera pas exempt du problème de l’hésitation vaccinale.

 

Vous avez travaillé sur les réticences à la vaccination en Inde et en avez conclu que la solution la plus efficace est le recours à des « ambassadeurs » intégrés dans les communautés.
Ce travail portait sur la vaccination infantile, pour laquelle il n’y a aucune peur ou hésitation, plutôt une indifférence, une mauvaise perception de l’urgence. Avec le Covid, notre laboratoire a étudié l’hésitation vaccinale auprès de populations âgées d’Inde du sud que nous suivons depuis des années. Ils sont prioritaires mais moins de la moitié ont eu des injections. Beaucoup hésitent ou ont des craintes, peut-être car ils n’ont pas l’habitude de la vaccination des adultes. En Inde et en Afrique, une fois que les vaccins seront là, il restera à convaincre. Mais quand ce sera le seul problème, on aura déjà beaucoup avancé.

Faut-il proposer des incitations matérielles à la vaccination, comme le font les Etats-Unis?
Notre expérience en Inde a montré que cela fonctionne. Pour le Covid, tout dépend de la raison de la non-vaccination. S’il s’agit d’un problème logistique ou d’un manque de conscience de l’urgence, je n’ai rien contre de petites incitations. Si les jeunes sont rationnels, ils se disent que leur bénéfice individuel est insuffisant. Soyons pragmatiques : si ça marche, pourquoi ne pas leur proposer? Soit en rendant la vaccination plus ou moins obligatoire, avec un Covid pass donnant accès à des concerts ou des lieux qu’ils aiment, soit par des incitations plus rigolotes comme des bières ou une loterie. Face à des antivax, ça ne convaincra pas, voire cela aura un effet pervers menant tout droit à la théorie du complot.

Dans ce contexte, comment jugez-vous le débat sur l’obligation vaccinale en France?
Je le comprends. C’est logique : si on ne veut pas faire l’effort pour vacciner le reste du monde, avec des variants comme le Delta, il sera d’autant plus indispensable de vacciner toute la population en France.

Mali- Barkhane: l’échec d’une stratégie

Mali- Barkhane: l’échec d’une stratégie

C’est fait, le gouvernement vient de décider de réduire environ par deux les effectifs de l’opération Barkhane. Un cruel échec pour la France qui n’a pas réussi davantage dans son opération militaire que dans son opération de coopération ( Coopération contestée par certains chefs militaires eux-mêmes !). Après l’annonce du retrait de la force militaire de lutte contre les groupes armés djihadistes, cinquante chercheurs, représentants d’ONG, de syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent, dans une tribune pour « Le Monde », à ouvrir le débat pour refonder, en concertation avec les populations, la politique française dans la région.

 

 

Tribune. Huit ans. Huit longues années d’opérations militaires au Sahel sans que la paix et la sécurité aient été au rendez-vous, et avec elles le décompte macabre par milliers des morts civils et militaires. En huit ans, l’opération « Barkhane », qui aura coûté la vie à 55 militaires français, aura fait l’objet de bien peu de débat public. Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère française au Sahel, qui reste largement dominée par une approche sécuritaire au détriment notamment des efforts de développement, comme le souligne la Cour des comptes, dans un récent rapport.

Convaincus qu’une autre approche est possible et nécessaire, cinquante associations, ONG, chercheurs, représentants de diasporas sahéliennes, syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent à préparer l’après-« Barkhane » de manière plus inclusive et à ouvrir le débat aux vues d’une refondation de la politique sahélienne de la France.

 

Ce débat est urgent car la militarisation du Sahel – à l’initiative notamment de la France – n’a rien réglé sur le plan sécuritaire ; on assiste même à une dégradation continue de la situation. Les « neutralisations » de quelques chefs de groupes armés que revendiquait régulièrement l’état-major français ne cachaient plus l’effroyable réalité : les incidents violents liés à ces mêmes groupes ont doublé chaque année depuis 2015. L’impact sur les populations civiles est dramatique : près de 2 millions de personnes ont dû fuir les violences au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et 13,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Cette spirale de la violence interroge d’autant plus quand elle est le fait des forces de sécurité étatiques avec lesquelles l’armée française collabore. Au Mali, en 2020, davantage de civils ont été tués par des militaires (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %). La Minusma [la force de maintien de la paix de l’ONU] a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021.

Terrible signal

Mais, en rejetant ces conclusions et en s’opposant à l’ouverture d’une enquête indépendante, la France a envoyé un terrible signal qui contribue à normaliser l’impunité. Dans un contexte sahélien profondément marqué par la défiance des populations envers les autorités et alors qu’elle ferme déjà trop souvent les yeux sur les déviances autoritaires dans la région, la France doit se montrer intransigeante face aux abus et violations des droits humains. Sans cela, elle ne peut qu’alimenter le sentiment anti-français dans la région.

Politique–Barkhane: l’échec d’une stratégie

Politique–Barkhane: l’échec d’une stratégie

Après l’annonce du retrait de la force militaire de lutte contre les groupes armés djihadistes, cinquante chercheurs, représentants d’ONG, de syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent, dans une tribune pour « Le Monde », à ouvrir le débat pour refonder, en concertation avec les populations, la politique française dans la région.

 

 

Tribune. Huit ans. Huit longues années d’opérations militaires au Sahel sans que la paix et la sécurité aient été au rendez-vous, et avec elles le décompte macabre par milliers des morts civils et militaires. En huit ans, l’opération « Barkhane », qui aura coûté la vie à 55 militaires français, aura fait l’objet de bien peu de débat public. Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère française au Sahel, qui reste largement dominée par une approche sécuritaire au détriment notamment des efforts de développement, comme le souligne la Cour des comptes, dans un récent rapport. 

Convaincus qu’une autre approche est possible et nécessaire, cinquante associations, ONG, chercheurs, représentants de diasporas sahéliennes, syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent à préparer l’après-« Barkhane » de manière plus inclusive et à ouvrir le débat aux vues d’une refondation de la politique sahélienne de la France.

 

Ce débat est urgent car la militarisation du Sahel – à l’initiative notamment de la France – n’a rien réglé sur le plan sécuritaire ; on assiste même à une dégradation continue de la situation. Les « neutralisations » de quelques chefs de groupes armés que revendiquait régulièrement l’état-major français ne cachaient plus l’effroyable réalité : les incidents violents liés à ces mêmes groupes ont doublé chaque année depuis 2015. L’impact sur les populations civiles est dramatique : près de 2 millions de personnes ont dû fuir les violences au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et 13,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Cette spirale de la violence interroge d’autant plus quand elle est le fait des forces de sécurité étatiques avec lesquelles l’armée française collabore. Au Mali, en 2020, davantage de civils ont été tués par des militaires (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %). La Minusma [la force de maintien de la paix de l’ONU] a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021.

Terrible signal

Mais, en rejetant ces conclusions et en s’opposant à l’ouverture d’une enquête indépendante, la France a envoyé un terrible signal qui contribue à normaliser l’impunité. Dans un contexte sahélien profondément marqué par la défiance des populations envers les autorités et alors qu’elle ferme déjà trop souvent les yeux sur les déviances autoritaires dans la région, la France doit se montrer intransigeante face aux abus et violations des droits humains. Sans cela, elle ne peut qu’alimenter le sentiment anti-français dans la région.

Barkhane: l’échec d’une stratégie

Barkhane: l’échec d’une stratégie

Après l’annonce du retrait de la force militaire de lutte contre les groupes armés djihadistes, cinquante chercheurs, représentants d’ONG, de syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent, dans une tribune pour « Le Monde », à ouvrir le débat pour refonder, en concertation avec les populations, la politique française dans la région.

 

 

Tribune. Huit ans. Huit longues années d’opérations militaires au Sahel sans que la paix et la sécurité aient été au rendez-vous, et avec elles le décompte macabre par milliers des morts civils et militaires. En huit ans, l’opération « Barkhane », qui aura coûté la vie à 55 militaires français, aura fait l’objet de bien peu de débat public. Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère française au Sahel, qui reste largement dominée par une approche sécuritaire au détriment notamment des efforts de développement, comme le souligne la Cour des comptes, dans un récent rapport. 

Convaincus qu’une autre approche est possible et nécessaire, cinquante associations, ONG, chercheurs, représentants de diasporas sahéliennes, syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent à préparer l’après-« Barkhane » de manière plus inclusive et à ouvrir le débat aux vues d’une refondation de la politique sahélienne de la France.

 

Ce débat est urgent car la militarisation du Sahel – à l’initiative notamment de la France – n’a rien réglé sur le plan sécuritaire ; on assiste même à une dégradation continue de la situation. Les « neutralisations » de quelques chefs de groupes armés que revendiquait régulièrement l’état-major français ne cachaient plus l’effroyable réalité : les incidents violents liés à ces mêmes groupes ont doublé chaque année depuis 2015. L’impact sur les populations civiles est dramatique : près de 2 millions de personnes ont dû fuir les violences au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et 13,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Cette spirale de la violence interroge d’autant plus quand elle est le fait des forces de sécurité étatiques avec lesquelles l’armée française collabore. Au Mali, en 2020, davantage de civils ont été tués par des militaires (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %). La Minusma [la force de maintien de la paix de l’ONU] a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021.

Terrible signal

Mais, en rejetant ces conclusions et en s’opposant à l’ouverture d’une enquête indépendante, la France a envoyé un terrible signal qui contribue à normaliser l’impunité. Dans un contexte sahélien profondément marqué par la défiance des populations envers les autorités et alors qu’elle ferme déjà trop souvent les yeux sur les déviances autoritaires dans la région, la France doit se montrer intransigeante face aux abus et violations des droits humains. Sans cela, elle ne peut qu’alimenter le sentiment anti-français dans la région.

Barkhane: l’échec d’une stratégie

Barkhane: l’échec d’une stratégie

Après l’annonce du retrait de la force militaire de lutte contre les groupes armés djihadistes, cinquante chercheurs, représentants d’ONG, de syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent, dans une tribune pour « Le Monde », à ouvrir le débat pour refonder, en concertation avec les populations, la politique française dans la région.

 

 

Tribune. 
Huit ans. Huit longues années d’opérations militaires au Sahel sans que la paix et la sécurité aient été au rendez-vous, et avec elles le décompte macabre par milliers des morts civils et militaires. En huit ans, l’opération « Barkhane », qui aura coûté la vie à 55 militaires français, aura fait l’objet de bien peu de débat public. Pas plus que l’ensemble de la politique étrangère française au Sahel, qui reste largement dominée par une approche sécuritaire au détriment notamment des efforts de développement, comme le souligne la Cour des comptes, dans un récent rapport. 

Convaincus qu’une autre approche est possible et nécessaire, cinquante associations, ONG, chercheurs, représentants de diasporas sahéliennes, syndicats et acteurs des sociétés civiles sahéliennes appellent à préparer l’après-« Barkhane » de manière plus inclusive et à ouvrir le débat aux vues d’une refondation de la politique sahélienne de la France.

 

Ce débat est urgent car la militarisation du Sahel – à l’initiative notamment de la France – n’a rien réglé sur le plan sécuritaire ; on assiste même à une dégradation continue de la situation. Les « neutralisations » de quelques chefs de groupes armés que revendiquait régulièrement l’état-major français ne cachaient plus l’effroyable réalité : les incidents violents liés à ces mêmes groupes ont doublé chaque année depuis 2015. L’impact sur les populations civiles est dramatique : près de 2 millions de personnes ont dû fuir les violences au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et 13,2 millions de personnes ont besoin d’assistance humanitaire.

Cette spirale de la violence interroge d’autant plus quand elle est le fait des forces de sécurité étatiques avec lesquelles l’armée française collabore. Au Mali, en 2020, davantage de civils ont été tués par des militaires (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %). La Minusma [la force de maintien de la paix de l’ONU] a également conclu à la responsabilité de l’armée française dans la mort de 19 civils lors d’une opération au Mali le 3 janvier 2021.

Terrible signal

Mais, en rejetant ces conclusions et en s’opposant à l’ouverture d’une enquête indépendante, la France a envoyé un terrible signal qui contribue à normaliser l’impunité. Dans un contexte sahélien profondément marqué par la défiance des populations envers les autorités et alors qu’elle ferme déjà trop souvent les yeux sur les déviances autoritaires dans la région, la France doit se montrer intransigeante face aux abus et violations des droits humains. Sans cela, elle ne peut qu’alimenter le sentiment anti-français dans la région.

Quelle stratégie industrielle de santé ?

Quelle  stratégie industrielle de santé ?

Nicolas Bouzou, économiste, auteur de Homo Sanitas (XO) et Olivier Bogillot, président de la Fédération française des industries de santé é voquent les perspectives d’une stratégie industrielle de santé innovante dans l’Opinion. (Une contribution intéressante mais avec un certain parfum de corporatisme assez contradictoire quand les labos Française ux-mêmes ont externalisé la plus grande partie de leur production l’étranger NDLR)) 

En France, le débat public sur la santé se focalise beaucoup sur la prise en charge des patients et peu sur la production des innovations en santé. Au début des années 2000, la France était le premier producteur de médicaments en Europe. Elle est aujourd’hui en 4e position. Ce déclassement est d’autant plus surprenant que la France pourrait, si elle s’en donnait les moyens, être à nouveau une terre d’innovation et de production enviée en matière de médicaments et de dispositifs médicaux.

Il faudrait pour cela définir ce que serait une politique industrielle volontariste et se donner les moyens de la faire appliquer. Le prochain Conseil stratégique pour les industries de santé (CSIS) qui rendra ses conclusions au gouvernement à la fin du mois, doit porter cette ambition. Evidemment, la prise de conscience sur la nécessité de muscler nos capacités d’innovation et de production en santé s’est largement faite à la faveur de la crise de la Covid-19. A ce titre, l’initiative portée par la France, l’Allemagne et l’Union européenne intitulée « Résilience de l’industrie médicale et pharmaceutique » annoncée le 31 mai dernier est une formidable opportunité.

Développer le secteur productif de la santé en France et en Europe est justifié car nous détenons au moins deux avantages compétitifs majeurs dans ces domaines. En amont, le capital humain européen en la matière est tout à fait exceptionnel, tant dans la recherche fondamentale qu’appliquée. Nous avons des chercheurs de très haut niveau en médecine, biologie, génétique, mais aussi en intelligence artificielle, informatique, mathématiques, qui sont les nouveaux outils pour développer des plus rapidement les innovations en santé.

Un grand nombre des chercheurs les plus demandés dans le monde ont été formés sur notre continent, y compris sur l’ARN messager révélé par la Covid-19, malheureusement, ils le quittent souvent, et nous devons tout faire pour les retenir. En aval, notre marché est attractif. Les pays européens accueillent des Etats providence dont le contrat social propose à chaque ressortissant les soins les plus adaptés, y compris quand ils sont innovants. Dans ce domaine, la France possède des atouts comme son système d’ATU (autorisations temporaires d’utilisation) qui permet à des patients souffrant de pathologies graves d’avoir accès à des traitements avant leur AMM (autorisation de mise sur le marché).

Qualité de la recherche, taille du marché, essais cliniques et autorisations temporaires d’utilisation sont autant d’actifs à valoriser

Avantages compétitifs. Malheureusement, nous n’exploitons pas suffisamment ces avantages compétitifs, comme en témoigne la désindustrialisation française en matière de santé mais aussi la relative faiblesse de l’implantation de grosses sociétés de biotechnologies. L’Allemagne possède 6 licornes en biotechnologie, dont 2 déca-cornes, la France aucune. Cette situation n’est pas inéluctable car notre pays possède deux domaines d’expertise exceptionnels dans lesquels elle peut développer des sociétés de biotech et acquérir des parts de marché significatives : la cancérologie et les thérapies géniques.

Nos centres de lutte contre le cancer, comme l’Institut Gustave Roussy ou l’Institut Curie, qui sont des structures privées (à but non lucratif), échappent en partie aux rigidités du public tout en se positionnant en pointe dans l’innovation. Ce sont dans leur discipline des pôles de référence mondiaux en matière de recherche et de soins. Dans les thérapies géniques, nos équipes de recherche sont réputées et une vingtaine d’entreprises françaises sont actives dans ce secteur.

Qualité de la recherche, taille du marché, essais cliniques et ATU sont autant d’actifs à valoriser. Dans ce domaine particulièrement innovant, l’excellence des soins découle de la localisation d’une chaîne de valeur (recherche, développement, production, commercialisation, parcours de soin, suivi des patients à long terme…) colocalisée à proximité des hôpitaux.

Co-investissement. Pour valoriser ces atouts, nous proposons trois solutions. Premièrement, les co-investissements entre secteur privé et pouvoirs publics doivent être généralisés avec des moyens conséquents, exactement comme les Etats-Unis l’ont fait il y a un an avec les vaccins. Les thérapies géniques ou les nouveaux médicaments en cancérologie, qui s’adressent à des cohortes de patient peu nombreux, se prêtent particulièrement bien à ce type de coopérations.

La France doit clairement revendiquer que c’est chez nous que les innovations sont lancées en premier au niveau international à un prix satisfaisant

Deuxièmement, la France doit s’appuyer sur le système des ATU, et clairement revendiquer que c’est chez nous que les innovations sont lancées en premier au niveau international à un prix satisfaisant. Un accès au marché rapide et une croissance attira les industriels du monde entier.

Troisièmement, la fixation des prix des innovations doit intégrer des incitations économiques à localiser recherche et production sur le sol français. Si la France redevient un marché en croissance pour les industriels, notre économie doit en tirer des contreparties en termes d’investissements et d’emplois. Après ce traumatisme collectif que fut cette crise, il serait formidable de faire de la France un phare pour l’innovation et la production en santé. Les avantages seraient économiques et symboliques. Et c’est possible !

Nicolas Bouzou, économiste, auteur de Homo Sanitas (XO) et Olivier Bogillot, président de la Fédération française des industries de santé.

Politique – Macron : la stratégie du coucou ; après le PS , LR !

Politique

Macron : la stratégie du coucou ; après le PS , LR !

 

Même au sein de la majorité on constate que Macron ne peut s’appuyer sur la république en marche qui demeure une organisation virtuelle sans vraie présence sur le terrain. D’où l’idée du chef de l’État qui n’a jamais disposé d’une véritable organisation de rentrer par la petite porte d’un parti, d’y faire son nid et de vider ses occupants.

 

Ce fut d’ailleurs d’abord le cas avec le parti socialiste complètement pompé et que Macon a largement contribué à faire éclater et à décliner. Désormais la cible est le parti républicain avec la même stratégie. Il s’agit de faire son nid, créer des divisions, faire éclater l’organisation en la pillant. Depuis 2017, Emmanuel Macron a constaté l’émergence de deux droites au sein de LR, celle qui a appelé à voter pour lui au soir du premier tour de la présidentielle et celle qui se montre plus ambiguë à l’égard du « front républicain ».

 

En tendant la main à LR dans certaines régions, le chef de l’Etat cherche donc à exposer ces divisions. « Il veut détacher les gens de droite modérés de leur parti, leur faire miroiter qu’ils peuvent être élus uniquement avec En marche », confirme Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à Lille 2.  »Son objectif, c’est de siphonner encore un peu plus la droite modérée et empêcher l’émergence d’une candidature de droite. »

 

Les responsables de LR ne sont pas naïfs. « On additionne les manigances de Macron aux turpitudes des grands élus locaux qui estiment qu’ils auraient dû être ministres plus longtemps, et on a ce cocktail. (…) Il devient assez clair que Macron a ciblé la droite et cherche à faire monter le RN pour installer un duel Macron/Le Pen en 2022″, fustige le député LR Pierre-Henri Dumont. « Macron veut nous dissoudre, il ne veut plus rien entre Marine Le Pen et lui », ajoute un dirigeant LR, joint par France 2.

 

Macron : la stratégie du coucou ; après le PS , LR !

Macron : la stratégie du coucou ; après le PS , LR !

 

Même au sein de la majorité on constate que Macron ne peut s’appuyer sur la république en marche qui demeure une organisation virtuelle sans vraie présence sur le terrain. D’où l’idée du chef de l’État qui n’a jamais disposé d’une véritable organisation de rentrer par la petite porte d’un parti, d’y faire son nid et de vider ses occupants.

 

Ce fut d’ailleurs d’abord le cas avec le parti socialiste complètement pompé et que Macon a largement contribué à faire éclater et à décliner. Désormais la cible est le parti républicain avec la même stratégie. Il s’agit de faire son nid, créer des divisions, faire éclater l’organisation en la pillant. Depuis 2017, Emmanuel Macron a constaté l’émergence de deux droites au sein de LR, celle qui a appelé à voter pour lui au soir du premier tour de la présidentielle et celle qui se montre plus ambiguë à l’égard du « front républicain ».

 

En tendant la main à LR dans certaines régions, le chef de l’Etat cherche donc à exposer ces divisions. « Il veut détacher les gens de droite modérés de leur parti, leur faire miroiter qu’ils peuvent être élus uniquement avec En marche », confirme Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à Lille 2.  »Son objectif, c’est de siphonner encore un peu plus la droite modérée et empêcher l’émergence d’une candidature de droite. »

 

Les responsables de LR ne sont pas naïfs. « On additionne les manigances de Macron aux turpitudes des grands élus locaux qui estiment qu’ils auraient dû être ministres plus longtemps, et on a ce cocktail. (…) Il devient assez clair que Macron a ciblé la droite et cherche à faire monter le RN pour installer un duel Macron/Le Pen en 2022″, fustige le député LR Pierre-Henri Dumont. « Macron veut nous dissoudre, il ne veut plus rien entre Marine Le Pen et lui », ajoute un dirigeant LR, joint par France 2.

 

«Contre les bombes artisanales, : revoir la stratégie militaire »

«Contre les bombes artisanales, : revoir la stratégie militaire »

 

L’ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, le général Denis Mercier sstime que la lutte contre les engins explosifs improvisés (IED) passe par des solutions numériques et des compétences développées par l’Otan pour l’ancien chef d’état-major de l’armée de l’air ( L’Opinion)

Tribune

 

 

Au Mali, entre le 28 décembre et le 2 janvier, cinq soldats français ont été tués dans l’explosion de leur véhicule blindé léger. Ces deux attaques, dues à engins explosifs improvisés (IED), ont fait passer le cap symbolique des 50 morts depuis le début de l’intervention française dans le pays, en 2013.

Emblématiques des récents conflits, de l’Afghanistan à la guerre d’Irak, du Sahel au Levant, les bombes artisanales sont des armes bon marché, menaçant nos soldats dans des guerres désormais asymétriques. Enfouis dans le sol, les IED se déclenchent au passage des convois et causent de lourdes et tragiques pertes humaines. Ces attaques contraignent la liberté de mouvement et poussent les états-majors à privilégier des déploiements sécurisés derrière les murs d’une emprise fortifiée, et à aller au contact de la population dans des convois fortement blindés.

Comment contrer cette menace à laquelle les armées françaises sont exposées depuis de longues années ? Nos alliés ont été confrontés à ce même défi et ont décidé de traiter cette menace en amont, avec l’aide des nouvelles technologies.

Arme du pauvre. Aucune des armées engagées actuellement dans des missions de maintien de la paix ou de gestion de crise n’est épargnée par cette menace. Fort de ce constat, l’Otan a développé un concept de lutte contre les IED en amont, fondé sur l’analyse de données hétérogènes, le partage d’expériences, les échanges et la coordination de l’information. Ainsi la lutte contre les engins explosifs improvisés agrège des données provenant des réseaux humains, financiers, techniques et logistiques, à l’œuvre dans la production de cette « arme du pauvre ».

Aujourd’hui, les armées françaises ne font pas assez appel aux compétences développées par l’Alliance atlantique et à l’expérience acquise par les alliés au sein d’un centre d’excellence dédié, qui permettraient d’assister la force Barkhane et d’améliorer ses capacités de lutte contre les menaces de type IED.

Les outils numériques demandent un partage de données qui peuvent venir de multiples capteurs déployés au Sahel, mais aussi des armées alliées

Deux grands axes dirigent la lutte contre ces engins : la réponse « sur le terrain » consistant à protéger les convois et à détecter les IED enfouis dans le sol, et celle, plus en amont, permettant de détecter les paramètres dans de nombreux domaines qui, une fois corrélés, identifient les filières de fabrication, de stockage et de mise en œuvre pour mieux les contrer avant qu’ils soient enfouis.

Pour le premier, la capacité à stocker et comparer les très nombreux renseignements sur les voies de communication permettrait d’anticiper le risque, et d’établir les moyens de protection adéquats ou de lancer des missions d’investigation sur les zones suspectes. S’il n’est pas possible d’avoir des hommes et des femmes qui surveillent ces zones H24 ou dissèquent les quantités d’informations disponibles sans aide, les outils numériques démultiplient les capacités d’analyse. Ils demandent un partage d’informations et une architecture numérique autorisant la corrélation de données qui peuvent venir de multiples capteurs déployés au Sahel, mais aussi de toutes les armées alliées qui voudront contribuer à cette mission.

Sur étagère. Sur le deuxième axe, il s’agit d’identifier les réseaux multiples (humains, techniques, logistiques, financiers et bien d’autres) entrant dans la réalisation des IED. Seuls des algorithmes puissants, capables de gérer de grands volumes de données hétérogènes permettront la détection des signaux faibles et leur corrélation pour modéliser les filières et les démanteler en amont.

Sur la base du concept développé par l’Alliance atlantique, et dans l’attente d’une capacité européenne crédible, l’acquisition de solutions numériques sur étagère pouvant être utilisées immédiatement pour organiser et corréler de très grandes quantités de données, comme cela a été le cas pour la lutte menée en France contre le terrorisme par la sécurité intérieure, permettrait une première réponse rapide et efficace. Avec un seul objectif : sauver des vies.

Le général Denis Mercier a été chef d’état-major de l’armée de l’air française, puis commandant suprême allié chargé de la transformation de l’Otan (ACT). Il a rejoint le groupe privé Fives en 2018.

LE CONSEIL SCIENTIFIQUE POUR UNE « STRATÉGIE RÉGIONALE »

LE CONSEIL SCIENTIFIQUE POUR UNE « STRATÉGIE RÉGIONALE »

 

Fortement bousculé par des prédictions jugées trop négatives par le milieu politique,  le conseil scientifique se fait désormais beaucoup plus discret. Pire, il tend à s’aligner sur la ligne du pouvoir qui veut transférer la responsabilité du confinement aux élus  locaux. La vérité c’est que le conseil scientifique se contredit complètement. Le seuil critique qu’il avait annoncé pour mars avril est en train de se confirmer. On voit mal quelle serait la vraie compétence des élus locaux pris entre les intérêts électoralistes et les nécessités sanitaires. Comme si finalement la circulation du virus s’arrêtait aux frontières des départements, des régions ou des zones urbaines.

 

Après avoir préconisé un « confinement strict » au mois de février, le Conseil scientifique considère désormais que la stratégie à adopter doit être celle de l’approche territorialisée, au cas par cas. Le journal Le Parisien révèle que dans un avis du 11 mars dernier, le Conseil scientifique recommandait au gouvernement d’opter pour une « stratégie anticipée, régionale, ajustée et ciblée » pour lutter contre le Covid-19.

Selon le quotidien francilien, les membres du Conseil scientifique écartent désormais l’idée de ne protéger que les publics fragiles afin d’épargner les plus jeunes. Ils écartent également la mise en place d’un confinement strict à l’échelle nationale, tout comme l’idée d’alterner périodes de confinement et de déconfinement.

États-Unis : une nouvelle stratégie environnementale

États-Unis : une nouvelle stratégie environnementale

L’exécutif américain, qui entend annoncer en avril un nouvel objectif national de réduction des émissions, met à contribution de nombreuses agences gouvernementales.(Article du Wall Street Journal)

 

 

L’administration Biden met les bouchées doubles pour finaliser d’ici le mois prochain une stratégie globale de lutte contre le changement climatique, en mobilisant diverses agences gouvernementales afin de concevoir un projet qui pourrait refaçonner l’économie américaine et bouleverser des secteurs de premier plan.

Joe Biden et ses hauts conseillers envisagent d’associer aux mesures de l’exécutif – durcissement des normes en matière de pollution, investissements ciblés ou modification des marchés publics à l’échelle fédérale – des initiatives du Congrès dans le but d’accélérer la transition vers les énergies à bas carbone. Cette offensive pourrait mettre en difficulté les entreprises pétrolières et gazières tout en donnant un coup de fouet aux spécialistes des énergies renouvelables, et contraindre pour la première fois le secteur financier à se plier à de stricts critères gouvernementaux en matière de politique climatique.

Les fonctionnaires de l’administration Biden présentent la stratégie comme un pilier de leur projet de relance de l’économie après la pandémie de coronavirus.

« Il y a vraiment beaucoup de choses que nous pouvons faire aujourd’hui concernant le climat, et qui nous permettront de véritablement rebondir après la Covid, a affirmé lors d’un entretien Gina McCarthy, la conseillère nationale de la Maison Blanche pour le climat. Si l’ensemble du gouvernement collabore, nous pourrons agir sans avoir à sacrifier quoi que ce soit. »

Les milieux d’affaires, y compris ceux qui se sont montrés plutôt favorables aux initiatives gouvernementales en matière climatique, craignent cependant une approche dirigiste préjudiciable à de vastes pans de l’économie. A l’instar de la Chambre de commerce américaine et de l’American Petroleum Institute, beaucoup soutiennent une législation pénalisant l’ensemble des émissions de carbone, par exemple, mais rejettent l’idée de mesures gouvernementales ciblant certains secteurs.

« Les entreprises ont besoin d’un instrument législatif, déclare Christopher Guith, qui suit les politiques publiques pour le compte d’une division de la Chambre du commerce en charge de l’énergie. Les réglementations qui changent radicalement d’une administration à l’autre créent trop d’incertitudes et paralysent toute planification à long terme. »

Selon les sources, les groupes reçus à la Maison Blanche ont présenté des modélisations d’après lesquelles un objectif de réduction des émissions de 50 % d’ici à 2030 par rapport au niveau de 2005 était réalisable s’il tenait compte des mesures déjà prises par les municipalités, les Etats, les entreprises et les gouvernements locaux

L’Accord de Paris sur le climat, dont les Etats-Unis s’étaient retirés sous la présidence Trump et que M. Biden a décidé de réintégrer dès les premiers jours de son mandat, exhorte les pays signataires à renforcer leurs engagements en termes de réduction des émissions tous les cinq ans. M. Biden et ses hauts conseillers se voient pressés par d’autres pays de fixer des objectifs ambitieux témoignant de la détermination des Etats-Unis à participer aux efforts de réduction des émissions qui, selon la plupart des scientifiques, sont la principale cause de l’augmentation des températures à travers le monde.

Les responsables de l’administration Biden ont annoncé leur intention de dévoiler, lors d’un sommet sur le climat prévu à Washington en avril, un nouvel objectif national de réduction des émissions pour les neuf prochaines années.

Durant des réunions privées qui ont eu lieu ces dernières semaines, selon des sources proches du dossier, des groupes extérieurs de défense de l’environnement et des analystes des données climatiques ont encouragé la Maison Blanche à doubler quasiment l’objectif de réduction des émissions qui avait été fixé en 2014 par le président Obama. A l’époque, celui-ci s’était engagé à ce que les Etats-Unis réduisent leurs émissions de 26 à 28 % d’ici à 2025 par rapport au niveau de 2005.

Selon les sources, les groupes reçus à la Maison Blanche ont présenté des modélisations d’après lesquelles un objectif de réduction des émissions de 50 % d’ici à 2030 par rapport au niveau de 2005 était réalisable s’il tenait compte des mesures déjà prises par les municipalités, les Etats, les entreprises et les gouvernements locaux. L’an dernier, le total des émissions américaines s’est inscrit en baisse de 21 % environ par rapport à 2005, en partie sous l’effet de la mise à l’arrêt de l’économie liée à la pandémie.

Mme McCarthy n’a pas souhaité donner d’indication quant à l’objectif à venir. « Il ne s’agira pas de ce que je préfère ou de ce que je souhaiterais… Nous laisserons les données guider les résultats », a-t-elle affirmé, en référence aux modélisations climatiques et à d’autres analyses sur lesquelles s’appuieront les responsables de l’administration pour décider des réductions possibles. Elle s’est également entretenue avec des entreprises de services collectifs et des constructeurs automobiles avant que la Maison Blanche ne décide des prochaines étapes.

A l’approche du sommet sur le climat prévu le 22 avril, «  Jour de la Terre  », la Maison Blanche a lancé une analyse transversale visant à déterminer un objectif qui soit à la fois ambitieux et réalisable, selon des fonctionnaires de l’administration.

Depuis son investiture en janvier, M. Biden a suspendu les nouvelles concessions pétrolières et gazières sur les terres fédérales, sa secrétaire à l’Energie a réactivé un programme de prêts de 40 milliards de dollars dédié aux énergies propres et l’administration a commencé à faire pression sur le Congrès en faveur de dépenses d’investissement se chiffrant en milliers de milliards de dollars.

M. Biden a par ailleurs pris rapidement des mesures pour mobiliser l’ensemble de l’exécutif, faisant appel à des agences fédérales qui ne jouaient jusqu’alors aucun rôle dans les politiques climatiques – comme les départements du Trésor et de l’Agriculture. Le nouveau président de la SEC (la commission américaine des opérations de Bourse) choisi par Joe Biden s’est engagé à rendre obligatoire des déclarations financières relatives aux risques climatiques, ce qui augmenterait probablement les coûts de financement de certains projets dans les énergies fossiles. En outre, le nouveau programme de la Représentante américaine au Commerce prévoit entre autres de taxer les importations en fonction de leurs émissions de dioxyde de carbone.

Un grand nombre des mesures prises jusqu’à présent sont de nature préliminaire, ou relatives à des processus. Cependant, l’administration n’a pas fait mystère de son ambition de frapper fort, recrutant des champions de la cause environnementale pour conseiller M. Biden et nommant de hauts responsables dédiés au changement climatique dans des agences gouvernementales clés.

L’ancien secrétaire d’Etat John Kerry, qui avait contribué aux négociations sur l’Accord de Paris, dirigera les discussions relatives au climat en tant que Représentant spécial de Joe Biden pour le climat. Il se rendra à Londres, Paris et Bruxelles cette semaine afin d’évoquer les enjeux climatiques mondiaux avec des responsables européens.

La politique climatique nationale reviendra à Mme McCarthy qui, en tant qu’administratrice de l’Agence pour la protection de l’environnement sous la présidence Obama, avait présidé à l’établissement de certaines des premières limites d’émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis.

M. Biden a mis en place un Groupe de travail national sur le climat, présidé par Mme McCarthy, en vue de produire des idées dans la lutte contre le réchauffement climatique à tous les niveaux du gouvernement. Mme McCarthy a indiqué que ce Groupe de travail s’était déjà étoffé, certaines agences (dont le département de l’Education, qui envisage d’intégrer le changement climatique dans les programmes scolaires) ayant demandé à le rejoindre.

La volonté de parvenir à un objectif dès le mois d’avril est ambitieuse. Selon des sources impliquées dans le processus, l’effort logistique requiert une coordination à tous les échelons administratifs, une analyse des données et une planification des politiques. L’administration Obama avait passé neuf mois environ à établir son objectif climatique en 2014, selon des sources qui y avaient pris part.

Dans le même temps, les groupes de défense de l’environnement, des scientifiques et des figures de premier plan comme l’ancien maire de New York, Michael Bloomberg, attendaient ce moment depuis des années. Ces derniers mois, plusieurs documents d’orientation politique faisant part de recommandations ont été publiés, et des écologistes se sont associés pour calculer l’impact global des politiques locales – et des nouvelles politiques fédérales potentielles – en termes d’émissions, dans l’espoir que leur analyse puisse aider un gouvernement démocrate à fixer un objectif climatique ambitieux.

En 2019, un rapport de défenseurs du climat indiquait que les entreprises, villes et Etats américains pourraient à eux seuls réduire les émissions des Etats-Unis de 37 % par rapport au niveau de 2005 d’ici à 2030. Ce chiffre pourrait être porté à 49 % si de nouvelles mesures fédérales étaient prises en faveur d’une baisse rapide des émissions du secteur de l’électricité et d’un large recours aux véhicules électriques, précisait le rapport.

« Parvenir à 50 % nécessitera un effort considérable et général de la part de l’ensemble de l’économie fédérale, ainsi que des municipalités, des Etats et des gouvernements locaux, soulignait Nathan Hultman, directeur du Center for Global Sustainability à l’Université du Maryland et coauteur du rapport. Nous pouvons y arriver, les tendances observées au cours des dernières années nous le montrent. Mais cela sera difficile. »

Dans ce contexte, l’administration envisage une vaste offensive secteur par secteur, examinant les tendances et projections actuelles pour déterminer le niveau possible des réductions d’émissions dans de larges pans de l’économie comme le transport, l’industrie lourde et les services aux collectivités.

Sur le plan politique, les obstacles ne manquent pas. Le Président, qui souhaite une coopération du Congrès, fera face au scepticisme des républicains, ainsi qu’aux craintes de dommages économiques et de destructions d’emplois.

Le président entend dévoiler dans les prochaines semaines un dispositif législatif qui pourrait atteindre plusieurs milliers de milliards de dollars, visant à améliorer les infrastructures nationales et lutter contre le changement climatique

L’administration est déjà critiquée par les républicains, et même par certains syndicats alliés des démocrates, pour avoir suspendu les nouvelles concessions pétrolières sur les terres fédérales et révoqué le permis de l’oléoduc Keystone XL dès l’entrée en fonction de Joe Biden. Le promoteur de l’oléoduc a immédiatement arrêté le projet et licencié 1 000 ouvriers.

« Nous devons réfléchir à la manière de préserver les emplois existants – des emplois bien rémunérés, qui font vivre des familles entières – pour qu’ils ne disparaissent pas tous d’un seul coup », a déclaré la sénatrice républicaine de l’Alaska Lisa Murkowski vendredi, lors d’une conférence sur l’énergie, en référence aux premiers décrets de Joe Biden sur le climat.

Mme McCarthy a reconnu la difficulté de trouver de nouveaux emplois pour les ouvriers licenciés. L’administration annonce la création d’une nouvelle agence pour l’emploi au sein du département de l’Energie et l’élaboration d’une stratégie globale de soutien aux travailleurs dans le pétrole, le gaz naturel et le charbon.

« Nous avons conscience du défi à relever, mais nous ne pensons pas qu’il est au-dessus de nos capacités », a déclaré Mme McCarthy, ajoutant espérer une collaboration avec le secteur des énergies fossiles.

Le président entend dévoiler dans les prochaines semaines un dispositif législatif qui pourrait atteindre plusieurs milliers de milliards de dollars, visant à améliorer les infrastructures nationales et lutter contre le changement climatique.

Les défenseurs du climat estiment que ce type d’investissement massif est probablement la manière la plus rapide de promouvoir les objectifs du Président, en faisant appel aux technologies de capture du carbone, en encourageant l’utilisation des véhicules électriques et en développant les sources d’énergies propres, ainsi que les systèmes de transmission permettant leur connexion à grande échelle.

« Le meilleur signal qu’ils puissent envoyer pour montrer que les Etats-Unis sont de retour est de faire adopter par le Congrès un projet de loi prévoyant l’investissement de plusieurs milliers de milliards de dollars dans les infrastructures, affirme Collin O’Mara, président de la National Wildlife Federation. Ce serait la preuve irréfutable d’un engagement inédit à l’échelle mondiale. »

(Traduit à partir de la version originale en anglais par Anne Montanaro)

« Pour une stratégie zéro Covid en évitant des confinements » (Anne Hidalgo)

 « Pour une  stratégie zéro Covid en évitant des confinements » (Anne Hidalgo)

Hostile à la stratégie du « stop and go », la maire de Paris plaide, dans une tribune au « Monde », pour une accélération de la vaccination contre le Covid-19 ainsi que pour une coopération renforcée entre les élus, la société civile et les acteurs économiques.

Tribune.

 

 

 Nous y sommes. Le variant dit « anglais », plus contagieux, est devenu majoritaire dans la plupart de nos régions et l’épidémie repart avec une augmentation de 15 % de nouveaux cas par semaine. Identifié en septembre 2020 au Royaume-Uni, ce variant y est devenu majoritaire le 26 novembre. En quelques semaines, il est passé de 25 % à 75 % des contaminations, semant le chaos chez nos voisins britanniques.

En France, cette progression inéluctable a été annoncée dès le 7 février par une équipe de l’Inserm. Une autre équipe de chercheurs du laboratoire de virologie du CHU de Montpellier signalait le 17 février que « les infections causées par le variant [anglais] seraient déjà majoritaires, pour la plupart des régions d’ici à la fin du mois de février 2021 ».

Il y a un an, nous étions dans une situation similaire, à la veille de la première vague. Il y a six mois, nous étions dans une situation similaire, à la veille de la deuxième vague. Cela fait désormais cent trente jours que nous vivons un semi-confinement avec de sévères mesures de restrictions de nos libertés : couvre-feu instauré le 17 octobre, confinement le 30 octobre, puis succession de couvre-feux depuis le 15 décembre.

Il faut se souvenir que, en octobre, l’objectif annoncé était de 5 000 cas par jour. Aujourd’hui, nous dépassons les 23 000 cas quotidiens. Le taux d’incidence par classe d’âge s’élève en moyenne à 219 cas sur 100 000 habitants en France, soit plus de 4 fois le seuil considéré comme acceptable.

Cette épidémie impose à tous l’humilité. Lors de la première vague, entre février et juillet 2020, nous avons enregistré 30 300 décès et, pour cette deuxième vague, nous déplorons 56 946 décès de plus. Plusieurs centaines de malades meurent chaque jour, 417 rien que le 2 mars. Nos services de réanimation sont proches de la saturation. Les Français comme les soignants sont épuisés et l’horizon semble bouché.

Vacciner avant la fin de l’été

Ma seule préoccupation est d’aider à trouver des solutions pour réduire le nombre de décès, accélérer le retour à une vie normale et répondre à la détresse de celles et ceux qui subissent de plein fouet la crise économique et sociale. Les étudiants, les familles qui vivent dans des logements exigus, les personnes isolées souffrant d’un état de santé fragile ont plus que jamais besoin d’un accompagnement ciblé. Quels sont les choix qui s’offrent à nous ? Que devons-nous dire à nos concitoyens ? Comment nous organiser collectivement ? Sur la vaccination, comment réussir ?

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