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Affaire du Burkini : la stratégie subversive des islamistes ( Mezri Haddad)

Affaire du Burkini : la stratégie subversive des islamistes ( Mezri Haddad)

 

De nouveaux incidents dus au Burkini ont entraîné la fermeture d’une piscine à Paris ce week-end. C’est l’occasion de se référer à un article de   Mezri Haddad,philosophe et directeur du Centre International de Géopolitique et de Prospective Analytique (CIGPA),  qui dénonce la stratégie des islamistes.

« Du débat byzantin sur l’interdiction du voile dit islamique dans les écoles, à la controverse récente sur le port du burkini au bord des plages, que de chemin parcouru dans le « féminisme » islamiste, que de progrès politique et philosophique au pays des Lumières éteintes! Interdire ou autoriser à certaines femmes grenouilles de la « diversité » de se baigner aux côtés des femmes émancipées et décomplexées de la France profonde, est en effet une question hautement philosophique et éminemment politique, qui aurait passionné Jean-Paul Sartre et son Castor, non sans affliger Raymond Aron. Pour le moment, cette question mobilise le Conseil d’Etat, qui va devoir se prononcer sur la légalité des arrêtés municipaux l’interdisant.  Cette régression intellectuelle et politique vertigineuse est inversement proportionnelle à la progression fulgurante de l’islamisme en France et de façon plus générale en Europe. Mieux encore, l’affaire du burkini, comme celles du voile, de la burka, des piscines exclusivement réservées aux vierges effarouchées, des caricatures de Mohamed, de la conférence du pape Benoît XVI à Ratisbonne, de la viande halal dans les cantines scolaires…, toutes ces affaires sont autant de batailles idéologiques et politiques engagées contre la République par les islamistes et plus exactement par les Frères musulmans. Ces affaires obéissaient à la même logique subversive et s’inscrivaient dans le combat contre la laïcité et contre la civilisation occidentale en général, selon une stratégie graduelle de conquête de la France, l’ex-fille aînée de l’Eglise que certains polygames voudraient marier au calife. Dans cette guerre de l’obscurantisme contre les Lumières conduite par les Frères musulmans, qui est consubstantiellement et idéologiquement liée à l’autre guerre terroriste que mène Daech contre l’Occident, la stratégie de l’ennemi de l’intérieur est à la fois simple et redoutable: susciter le scandale, provoquer le débat pour en récolter les bénéfices médiatiques ou symboliques et éventuellement les acquis politico-juridiques. Déjà dans le bras de fer qui avait opposé les zélotes du voile aux gouvernants, ce sont les premiers qui avaient gagné la bataille et ce, malgré la loi votée sur l’interdiction du voile dans les établissements scolaires. Ce fut plus exactement une victoire à la Pyrrhus, puisqu’interdit dans les collèges et les lycées, le voile aggravé par la burka afghane a proliféré dans les rues, les établissements privés et même dans les universités, nonobstant la proscription de cette burka venue du fond des âges. Même ponctuellement et conjoncturellement défait, l’islamisme progresse donc et rien ne semble dissuader ses tenants enturbannés, qui dictent leurs lois dans les cités, ou en costume-cravate, qui font du marketing et de la communication sur les plateaux de télévision.  Comble de la subversion et du cynisme, cette guerre à la fois symbolique, idéologique et politique n’est pas faite au nom de l’islam, ni même d’une prétendue réappropriation identitaire. Elle est déployée sous la double imposture de la liberté de conscience et des sacro-saints droits de l’homme dans lesquels Jean-Louis Harouel voit à juste titre « un avatar de la religion de l’humanité » devenue « mortelle aux Européens ». Ces droits de l’homme sont surtout une arme dissuasive que l’islamisme aseptisé par la Turquie et financé par le Qatar utilise pour islamiser la France.  On ne le dira jamais assez, l’islamisme, si « modéré » soit-il, n’est pas l’islam mais sa déviance théocratique et néofasciste. L’islamisme n’est pas la religion quiétiste pratiquée par la majorité des musulmans de ce pays, mais une « religion séculière » dans le sens que Raymond Aron assignait à ce terme en pensant au national-socialisme hitlérien et au communisme stalinien, à savoir une doctrine totalitaire et génocidaire. Que dit précisément l’islam sur la prétendue obligation coranique de porter le voile? Rien de plus que ce que n’a prescrit le judaïsme antique ou le christianisme primitif. Dans la première Epître aux Corinthiens, Paul écrit que «Toute femme qui prie ou prophétise, le chef non voilé, fait honte à son chef (Dieu); c’est exactement comme si elle était une femme rasée. Si donc une femme ne se voile pas, qu’elle se tonde aussi! Mais s’il est honteux pour une femme d’être tondue ou rasée, qu’elle se voile !» En phase avec l’enseignement paulinien, Tertullien, l’auteur du De virginis velandi (Du voile des vierges), recommandait aux fidèles chrétiennes de porter le voile. Idem pour saint Augustin. Dans le Coran, la question du voile n’est évoquée qu’en deux occurrences: primo, « Dis aux croyantes de baisser les yeux et de contenir leur sexe ; de ne pas faire montre de leurs agréments, sauf ce qui émerge, de rabattre leur fichu sur les échancrures de leur vêtement… » (sourate XXIV, 31); secundo, « Prophète, dis à tes épouses, à tes filles, aux femmes des croyants de revêtir leurs mantes: sûr moyen d’être reconnues (pour des dames) et d’échapper à toute offense » (sourate XXXIII, 59). Comme l’indiquait l’illustre Jacques Berque, à l’origine, « le port du voile distingue la femme libre des femmes de condition inférieure ».   L’égyptien Ashmawy a précisément consacré un ouvrage au problème du voile dit islamique, intitulé Vérité du voile et validité du Hadith, où on lit cette phrase troublante: « Ce n’est pas l’islam qui a imposé le voile à la femme, mais c’est plutôt le voile qui a été imposé et à l’islam et à la femme. » Dans son magistral Notre femme. Dans la loi coranique et la société (1930), le tunisien Tahar Haddad écrivait: « Si l’usage du voile en était formellement ordonné et appuyé par le Prophète lui-même, il n’y aurait pas eu des controverses à ce sujet entre les jurisconsultes de l’islam parmi lesquels des contemporains du Prophète. » C’est en profitant de cette brèche que Bourguiba, pour lequel « le voile n’est qu’un affreux torchon », a pu faire adopter dès 1956 un code du statut personnel révolutionnaire et résolument féministe. Caprice de l’Histoire, depuis l’irruption du « printemps arabe » et l’arrivée au pouvoir en Tunisie des Frères musulmans, voile et burka se sont métastasés, écoles et crèches islamistes ont proliféré et plusieurs cas de polygamie ont même été relevés.  La bataille juridique qui se joue aujourd’hui devant le Conseil d’Etat sera déterminante, non seulement pour les valeurs dont est porteuse la France mais également pour l’avenir des musulmans dans ce pays. Dans leur écrasante majorité, ces derniers ne se reconnaissent ni dans le voile dit islamique, ni encore moins dans la burka ou le burkini, qui ne sont pas « un vêtement comme un autre », selon la fatwa islamo-trotskyste d’Edwy Plenel, mais les panneaux publicitaires ambulants de l’idéologie théocratique et totalitaire des Frères musulmans et la bannière noire de Daech. Consciemment ou involontairement, par cynisme ou par ignorance, des femmes acceptent d’être le vecteur de cette idéologie mortifère, néofasciste et résolument antiféministe, qui profite des lois libérales pour les phagocyter à moyens termes et les annihiler à long termes.  Etant donné que le port du voile en général et de la burka ou du burkini en particulier procède beaucoup plus d’une recommandation islamique conjoncturelle que d’une obligation coranique immuable, attendu que le port du voile relève soit du prosélytisme islamiste, soit de l’exhibitionnisme identitaire, le législateur français doit l’interdire, pas seulement sur les plages mais dans tous les lieux publics. En République et même en Islam, la pudeur discrète est nettement préférable à la pudibonderie ostentatoire. En cela, Jean-Pierre Chevènement, qu’on ne peut accuser de réaction ou d’islamophobie, a eu raison de recommander aux musulmans la discrétion.   Devant le dilemme suivant lequel interdire le burkini serait une atteinte à la liberté de conscience et l’autoriser serait une offense à la laïcité, une maxime de Lacordaire serait à méditer: « C’est la loi qui libère et parfois c’est la liberté qui opprime. » Autant le dire clairement: si le Conseil d’Etat, pour des considérations droit-de-l’hommistes et des ratiocinations juridiques, invalide les arrêtés municipaux, ce serait une défaite des Lumières devant l’obscurantisme, une victoire symbolique, idéologique et politique des Frères musulmans et de leurs alliés daéchiens en terre « mécréante »…comme ils disent!

(Huffington)

Chine: Trump, la stratégie de la carotte et du bâton

Chine: Trump, la stratégie de la carotte et du bâton 

 

Récemment Trump  s’est félicité de l’avancée des négociations commerciales avec la Chine mais hier il a brutalement décidé de surtaxe de  10 % sur les 300 milliards de dollars d’importations chinoises jusque-là épargnées. La vérité c’est que les discussions progressent mais de manière particulièrement lente. Pékin ne lâche qu’au compte-gouttes dans tous les domaines. Au plan économique, c’est une stratégie d’envahissement progressive aux États-Unis bien sûr mais aussi en Europe ou en Afrique. La Chine investit partout dans l’industrie, dans les services et dans l’agriculture. Elle investit aussi dans les infrastructures en Italie par exemple mais aussi en France. Au plan politique et idéologique, le président Xi Jinping agit de plus en plus comme un dictateur nationaliste. Il a réussi à devenir comme Mao président  à vie. Comme Mao, il est en train de resiniser la Chine par exemple en débaptisant le nom de rue, en accentuant la répression à Hong Kong, en interdisant la religion chrétienne ou musulmane. Sans parler du scandale des camps de réinsertion pour les nombreux dissidents. Trump  n’a pas d’état d’âme vis-à-vis de la Chine, il sait que seule la force peut l’emporter sur des régimes de dictature insensible aux arguments de l’Occident.

Avec ces nouvelles taxes, ce sont près de la quasi-totalité des importations chinoises qui se retrouvent concernées, après les 25% de taxes imposés déjà sur 250 milliards de produits. Mais cette fois, les droits de douane supplémentaires concernent des biens de consommation courante, tels que l’électroménager et les produits agroalimentaires, laissant ainsi présager une hausse des prix dans les mois à venir.

 

Pour autant, Donald Trump a aussi déclaré  que les négociations commerciales entre les deux pays reprendraient comme convenu à Washington en septembre, ajoutant « pressentir que le futur entre les deux pays sera radieux ».

. Donald Trump a également assuré qu’il pourrait augmenter «bien plus encore» les tarifs douaniers si Pékin n’acceptait pas les exigences américaines. Il a notamment évoqué la possibilité d’aller «bien au-delà de 25%».

Intelligence artificielle : l’esquisse d’une stratégie

Intelligence artificielle : l’esquisse d’une stratégie

 

 

Comme on le sait, la mode n’est pas aux réflexions stratégiques dans ce gouvernement qui lui préfère une sorte de l’idéologie du court terme. Pourtant pour certains grands sujets industriels ou autres, la complexité de la problématique et l’ampleur des moyens à mettre en œuvre exigent  nécessairement une vision à long terme et la mise en place de synergies entre les acteurs concernés. Faute de ce type de démarche, la France et l’Europe ont perdu la maîtrise de la technologie 5G  au profit seulement des Chinois et des Américains. Concernant l’intelligence artificielle là aussi chinois et américains ont engagé des moyens considérables pour maîtriser cette révolution technologique. On peut donc se réjouir que Huit  grands groupes industriels français de secteurs aussi variés que l’aérospatiale, l’énergie et l’automobile aient  annoncé mercredi avoir signé un manifeste pour préparer l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans leurs activités respectives. Air Liquide, Dassault Aviation, EDF, Renault, Safran, Thales, Total et Valeo précisent dans un communiqué commun vouloir définir d’ici la fin d’année un “plan d’action coordonné avec l’écosystème français de l’IA». Les groupes industriels ont signé ce manifeste avec le ministère de l’Economie et des Finances dans le cadre de la stratégie “AI for Humanity” du gouvernement. “L’objectif est d’atteindre plus rapidement une masse critique sur les sujets de recherche prioritaires”, soulignent-ils pour expliquer leur volonté de coopérer, tout en invitant d’autres acteurs publics ou privés à les rejoindre. Le groupe de télécoms Orange, le fabricant de semi-conducteurs STMicroelectronics, le groupe de services pétroliers Schlumberger et l’éditeur de jeux vidéo Ubisoft ont déjà franchi le pas ces derniers jours en participant eux aussi au manifeste, a précisé Marko Erman, directeur technique de Thales. “La rupture technologique fondatrice pour les économies du 21e siècle, ce sera l’intelligence artificielle”, a souligné lors d’un discours le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire. “C’est pour ça qu’il est absolument impératif (…) que ce soit une technologie que nous maîtrisions et non pas une technologie que nous subissions”, a-t-il ajouté. On peut cependant regretter que le rapprochement des compétences et les moyens de recherche sur le sujet n’ait  pas une dimension européenne

Une autre stratégie pour l’éducation des jeunes (Ross Hall)

Une autre stratégie pour l’éducation des jeunes (Ross Hall)

C’est l’avis de  Ross Hall, directeur de la stratégie pour l’éducation à Ashoka Londres dans une interview à la Tribune.

 

On parle de plus en plus de solutions glocales, de quoi s’agit-il exactement ? Ross Hall, vous dirigez actuellement la stratégie pour l’éducation chez Ashoka. Quelles sont vos ambitions ?

ROSS HALL - Nous pensons que chacun, et notamment les jeunes, peut devenir un acteur du changement dans un monde qui se définit de plus en plus par sa complexité et son hyperconnectivité. Nous incitons à développer cette ambition ainsi que les compétences nécessaires, dont l’empathie, la créativité et l’habilité à travailler en équipe.

Pour expliquer vos actions, en particulier auprès des marginalisés et des jeunes, vous utilisez très souvent le verbe anglais « empower », que l’on peut traduire en français par « autonomiser ». Parce qu’il définit votre vision et votre approche, pourriez-vous le préciser ?

« To empower » signifie créer un environnement qui permette à l’individu de découvrir et développer ses compétences, et ce, dans le but de contribuer de manière positive au monde, en essayant de le comprendre, en étant attentif à soi et aux autres, en prenant des responsabilités, en pensant par soi-même, en collaborant… Il ne s’agit pas de donner quelque chose à quelqu’un. La notion d’autonomie est effectivement très importante.

Qu’est-ce qui peut inciter les jeunes à devenir ces acteurs du changement ?

Nous nous intéressons à l’environnement dans lequel les enfants évoluent, au cours de leur enfance et de leur adolescence. Avec qui passent-ils du temps ? Quelles sont leurs activités ? À quoi sont-ils exposés ? Tout cela détermine leur capacité à développer leurs compétences, telles que l’empathie, et à devenir ou non acteur du changement. Selon le proverbe swahili, « il faut tout un village pour élever un enfant ». Dans les villes, les sources d’influence sont nombreuses et ne se cantonnent pas à l’école. Le modèle traditionnel de l’école en tant qu’unique système éducatif est dépassé. Ce sont les membres d’une famille, leurs pairs, les membres d’une école, les médias, les leaders religieux, les travailleurs sociaux. Mais aussi de manière plus indirecte, les instituts de formation des enseignants, les responsables politiques, les éditeurs, les services d’admission des universités.

Il faut un écosystème entier pour élever et permettre à un enfant de découvrir ses compétences afin qu’il contribue de manière positive au monde. Il faut donc changer les mentalités de l’ensemble des acteurs. Et pour aller encore plus loin que le proverbe swahili, il faut créer un écosystème collaboratif efficace, global, dont le but unique est d’autonomiser ces individus et de leur donner les ressources nécessaires pour devenir acteurs du changement.

Quels sont les moyens que se donne Ashoka pour atteindre un tel objectif ?

Nous identifions les leaders du changement, ceux dont l’objectif explicite est de permettre à tout le monde de participer à la transformation des mentalités. Dans le domaine des écoles, ce sont ceux qui développent des pédagogies innovantes, qui proposent d’autonomiser les expériences d’apprentissage, qui essayent de transformer les politiques, les évaluations des élèves. Nous les rassemblons afin de créer des équipes autour de thématiques spécifiques et d’aligner leurs visions. Nous les aidons à collaborer de manière plus efficace, à partager leurs ressources, leurs processus. Et enfin, nous favorisons le développement d’approches systémiques. Se focaliser, par exemple, sur la manière de changer les politiques plutôt que sur ce que nous ne pouvons faire. L’ambition est de créer un impact majeur à long terme.

Quel est leur profil ?

En janvier dernier à Lyon, nous avons rassemblé 250 leaders de 50 pays, dont une majorité d’Europe et des pays du Nord, mais aussi d’Amérique du Sud, d’Afrique, d’Asie. Leurs méthodes d’apprentissage sont très variées. Tout autant que la population à laquelle ils s’intéressent. Certains se focalisent sur les gens marginalisés, d’autres travaillent avec les élites ou les classes moyennes. Certains travaillent avec de très jeunes enfants, d’autres avec des adultes ou des personnes âgées. Certains utilisent les sciences et les technologies, d’autres la nature, la créativité, la culture ou la lecture en dehors de l’école… Chaque individu étant différent, nous avons besoin d’expériences d’apprentissage différentes et personnalisées. Or la majorité des systèmes pédagogiques dans le monde sont semblables. Les élèves sont assis face au professeur, écrivent ce qu’il dit pour le répéter lors d’un examen.

Il existe des pédagogies innovantes comme celles développées par vos leaders : les pédagogies de projets, les pédagogies inversées…

Tout à fait. Il y a aussi les apprentissages multigénérationnels ou par le jeu. Avec l’émergence des tutorats entre pairs, les jeunes sont aussi en train de comprendre qu’ils ont la capacité de s’entraider et d’apprendre par eux-mêmes. Ils deviennent des mentors. Tout comme les professeurs qui, d’experts dispensant des savoirs, deviennent des facilitateurs, des guides. Et ouvrent leurs portes à d’autres mentors. Il faut créer des écosystèmes d’apprentissage localisés, des micro-systèmes locaux, des modèles non standardisés dont l’objectif commun est de vivre dans un monde meilleur.

L’ambition pédagogique de l’éducation traditionnelle est donc complètement différente de celle des pédagogies innovantes actuelles…

Exactement. Nous devons justement questionner la notion de succès. Si elle représentait jusqu’à présent la réussite académique et professionnelle – aller dans les meilleures universités pour travailler dans les meilleures entreprises -, elle doit maintenant définir ce désir et cette capacité à participer à la création d’un monde meilleur. Or, prenons l’exemple de l’apprentissage personnalisé [conception de la pratique éducative et de sa politique qui se focalise sur l'individu apprenant, ses appétences, ses motivations et sur le nouveau rôle de l'enseignant en tant que facilitateur, ndlr]. S’il est utilisé pour développer les compétences académiques, telles que les maths, il ne provoque aucun changement par rapport à l’éducation traditionnelle. De la même manière, si les technologies ne sont pas utilisées pour nous autonomiser, elles participent et supportent l’idée traditionnelle de succès, sans la repenser.

Quelles sont d’ailleurs leurs potentialités, sachant, comme me le précisait le chercheur français François Taddei, « qu’elles n’ont pas de valeur intrinsèque. Elles ont les valeurs que les humains y mettent » ?

Tout à fait. Même s’ils en sont à leurs débuts, je vois trois mouvements majeurs dans l’exploration et l’utilisation des nouvelles technologies. Elles peuvent tout d’abord permettre de développer les compétences humaines profondes, telles que l’empathie. C’est ce que fait Parag Mankeekar avec le jeu RealLives. Ou Alexandra Ivanovitch qui développe une application utilisant la réalité virtuelle pour réduire les préjugés racistes, en collaboration avec la police de Los Angeles. Mais pour cela, nous ne devons pas nous focaliser sur les compétences des machines. Car nous serions alors en compétitivité avec elles, au lieu de collaborer, et nous perdrions à coup sûr. La technologie doit aussi permettre aux gens de se connecter plus efficacement au sein d’écosystèmes d’apprentissage collaboratifs.

Elle doit aider les enseignants, étudiants, responsables politiques, employeurs à communiquer plus fréquemment et plus en profondeur.

Comment favoriser ces connexions ?

Si nous acceptons l’idée que nous devons plus collaborer, plus communiquer entre parents, professeurs, médias, responsables politiques, nous devons introduire un nouvel élément que nous appelons le weaver, le tisseur en français. Cette personne tisse des liens entre les différents acteurs, les conversations, les objectifs, les ressources… Nous avons aussi besoin de ces êtres humains, ces tisseurs, afin de maintenir ces échanges et faciliter ces collaborations et ces approches écosystémiques. Nous ne devons pas nous reposer uniquement sur les technologies.

Vous prônez donc la collaboration au détriment de la compétition ?

Exactement. Le système éducatif actuel repose entièrement sur la compétition. Les jeunes gens sont en compétition, les professeurs, les écoles, les parents, les universités, les employeurs, tout le monde est en compétition. Cela divise les gens et empêche toute discussion entre les différents acteurs. Si vous mettez les élèves au cœur de cet écosystème, vous vous rendez compte que pour les autonomiser, il faut que l’ensemble de ses membres collaborent. Au bout du compte, la compétition ne sert pas les élèves.

Quelle est la troisième utilisation positive des technologies ?

Elles peuvent libérer du temps. Imaginez si les élèves passaient une partie de leur études à travailler sur des projets qui améliorent la qualité de vie de leur environnement. Imaginez si, au lieu d’être assis à étudier pour passer leurs examens, vous libériez leurs ressources, vous ouvriez les portes des écoles afin que ces jeunes puissent collaborer avec et dans la communauté, qu’ils contribuent positivement au monde, qu’ils apprennent et deviennent de meilleurs citoyens. Imaginez ce que cela leur apporterait, à eux et à leur entourage ! Or l’éducation traditionnelle est chronophage. Les étudiants et les enseignants subissent une énorme pression. Les uns étudient pour réussir leurs examens. Les autres les aident à les préparer, tout en devant faire face à un accroissement des tâches administratives. En automatisant les tâches et en aidant les étudiants à acquérir des compétences plus efficacement, de l’espace sera libéré pour collaborer sur des projets dans le monde réel et ainsi agir positivement pour la communauté.

C’est une manière de responsabiliser les gens, de montrer que le changement doit venir d’initiatives individuelles, que l’impulsion doit aussi être donnée par les acteurs et non pas uniquement par les décideurs. Mais pourquoi n’est-ce pas le cas ?

Plusieurs facteurs empêchent pour l’instant cette action. Il y a l’histoire du système éducatif. Fondé sur le modèle industriel, il a été conçu pour produire des ouvriers économiquement efficaces et non pour aider les gens à devenir des citoyens autonomes qui œuvrent pour le bien commun. Il faut développer un écosystème beaucoup plus organique qui, comme je le précisais auparavant, place les jeunes au centre de ses préoccupations. Il doit s’adapter à leurs besoins.

Le deuxième facteur, peut-être plus profond, est le manque de confiance ou la méfiance face aux jeunes. On croit à tort qu’ils ne peuvent pas contribuer positivement à la société. Seuls les adultes le pourraient. Cette vision très limitée est limitante. À Ashoka, nous montrons qu’il existe des jeunes gens incroyables qui font des choses fantastiques à travers le monde. Le dernier facteur est lié à la question du pouvoir. Les gens au pouvoir sont très nerveux à l’idée d’autonomiser les autres. Ils pensent qu’ils vont perdre leur pouvoir et que cela va engendrer l’anarchie. Malheureusement, le système éducatif actuel, lourd et hiérarchique, les soutient. Il ne s’intéresse pas au développement de l’empathie. Il n’aide pas les jeunes à s’autonomiser, à trouver leur propre but, à se découvrir, à découvrir et exprimer leurs potentialités. Il y a heureusement des exceptions, et leur nombre augmente. Ces esprits innovants sont des exemples qui peuvent donner l’impulsion, donner confiance et ainsi inciter plus de monde à adopter cette vision et attitude. Mais nous ne pouvons pas encore mesurer l’impact de ces innovations. Combien de temps cela prendra ? Trois ans, dix ans, cinquante ans ?

Un mot de conclusion ?

Mon objectif est de transformer le système éducatif afin de créer une nouvelle civilisation. Cela peut sembler un peu arrogant, mais c’est ce que nous commençons à voir émerger.

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BIO EXPRESS

Après plus de dix années dans la conception et le développement stratégique de projets internationaux, Ross Hall, Novocastrien de naissance, Londonien d’adoption, intègre en 2006 Pearson PLC, une maison d’édition britannique spécialisée dans l’éducation, dont il devient vice-président. Il découvre à cette occasion le système éducatif international. En 2012, il crée le Better World Programme, à destination des enfants marginalisés de Tanzanie et du Zimbabwe. Il a rejoint l’ONG Ashoka Londres au cours de l’année 2014.

Ashoka est une ONG fondée en 1980 par Bill Drayton et lancée en Inde en 1981. Elle agit en faveur de l’innovation sociale en soutenant les entrepreneurs sociaux (plus de 3.500 à ce jour dans 90 pays). Son rôle : les identifier et les intégrer à un réseau, le Fellowship Ashoka, afin de les soutenir. Depuis 2005, elle se focalise sur la stratégie « Everyone a Changemaker » qui vise une action collective en garantissant que chaque enfant maîtrise la compétence de l’empathie, que les jeunes deviennent acteurs du changement et que le reste de la société participe de manière collaborative et ouverte à soutenir ces changements.

Réduction de la Dépense publique : propositions radicales de France Stratégie

Réduction de la Dépense publique : propositions radicales de France Stratégie 

France Stratégie propose de tailler prioritairement dans les retraites, la maladie  et le soutien à l’économie qui représente les coûts les plus importants du budget.

 

Dans le cadre du grand débat une note est destinée aux organisateurs de réunions  indique que pour 1000 € de dépenses publiques en France 575 € sont consacrés à la protection sociale dont 268 € pour les retraites, 191 € pour l’assurance maladie, 42 € pour les allocation familiales, 35 € pour le chômage, 17 € pour l’aide au logement et 22 € pour d’autres (par exemple RSA) viennent ensuite les dépenses sectorielles qui représentent 143 € dont 53 € pour les affaires économiques ( crédits d’impôts etc.), 43 € pour le transport et les équipements collectifs, 22 € pour la culture, 16 € pour l’environnement, 9€ comme l’éclairage public. Concernant les services publics régaliens le total est de 60 € dont 31 € pour la défense, 25 € pour la sécurité, 4 euros pour la justice. L’éducation compte 96 €. La recherche 23 €. Le fonctionnement (partiel)  des administrations publiques 66 €. Enfin la charge de la dette 37 €. On note évidemment que la principale dépense concerne les retraites suivies de l’assurance maladie. Ce que n’indique pas par contre cette note c’est le rendement des dépenses. En effet les 1000 € ne sont pas entièrement redistribués et une partie disparaît dans les frais de fonctionnement qui pourrait atteindre presque 400 €. France Stratégie a établi  une comparaison européenne. En 2016, les dépenses publiques représentaient 55,7% du PIB en France (dont 0,8 point de CICE). « C’est 8,1 points de plus que la moyenne des pays retenus dans l’échantillon (et 13 points de plus que la moyenne des pays de l’Union européenne), mais seulement 3,2 points de plus que la moyenne des pays nordiques » souligne l’organisation rattachée au Premier ministre. Parmi les grands postes retenus apparaissent les prestations de redistribution monétaire (retraites et vieillesse, aides sociales) qui peuvent expliquer une bonne partie de l’écart avec les autres pays. En France, les dépenses de retraite représentent « près de 14 points de PIB et se situent 3,4 points au dessus de la moyenne. (Avec des degrés de socialisation différents

L’autre poste de dépense qui permet d’expliquer un tel écart concerne les dispositifs de soutiens à l’économie. L’ensemble des subventions et transferts et des investissements (hors social et régalien) représente environ 7% du PIB contre 4,5% en moyenne dans les autres pays pris en compte dans l’étude et 4,9% dans les pays du Nord. Outre le poids important du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), les rédacteurs mentionnent le crédit d’impôt recherche (plus de 5 milliards), le soutien aux énergies renouvelables (plus de 5 milliards), les crédits d’impôts pour l’emploi à domicile.la critique du soutien à l’économie rejoint celle de conseil d’analyse économique dans le rôle est d’éclairer le gouvernement. On sait que le gouvernement a décidé de transformer le crédit impôt sur la compétitivité emploi (CICE) en diminution pérenne de la fiscalité. Pour l’année 2018 le coup serait de leur de 40 milliards l’année 2019 environ 60 milliards. Ces réductions de fiscalité vit surtout les bas salaires puisque on aura supprimé toute cotisation sur le salaire au niveau du SMIC à la fin de 2019. Le problème c’est que c’est bas salaire ne se trouve pas nécessairement en tout cas majoritairement dans les secteurs soumis à concurrence internationale. Elle bénéficie surtout à des entreprises qui finalement ne sont pas concurrencées par des entreprises étrangères. Le conseil d’analyse économique mais en question la pertinence de ces aides fiscales par rapport à l’influence qu’ils peuvent avoir sur la compétitivité de l’économie française Dans l’industrie, le coût horaire moyen en France est désormais inférieur à celui de l’Allemagne (38,8 contre 40,20 euros en 2017) rappelle le CAE. Si les experts ne pointent pas forcément une dépense en particulier, ils rappellent que « des dispositifs de subventions sur les produits ou à la production peuvent être perçus comme le moyen de compenser une fiscalité trop élevée sur les facteurs de production ». Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron a régulièrement relancé le débat sur les impôts de production. Mais face aux dépenses supplémentaires engendrées notamment par la transformation du CICE en baisse de cotisations sociales pérenne ou les annonces du 10 décembre dernier destinés à soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs à bas salaires et des retraités aux revenus modestes, les marges de manoeuvre semblent limitées. Déjà au printemps 2018, le Premier ministre Edouard Philippe avait écarté de nouvelles baisses d’impôts de production pour les entreprises avant 2020. Il avait justifié cette annonce en exprimant « un environnement budgétaire contraint » et la nécessité d’une concertation avec les collectivités locales. Pour parvenir à l’objectif de réduction de la dépense publique de trois points à la fin du quinquennat, France stratégie propose de  réduire de manière drastique les dépenses de soutien à l’économie (investissements, soutiens et transferts) et les dépenses des collectivités locales. . La deuxième proposition repose sur des coupes dans les dépenses de santé sans toucher à celles consacrées aux hôpitaux., le troisième position , présentée comme « plus équilibrée », suppose  »d’élargir les économies aux prestations sociales en espèces » (retraites, chômage, famille, pauvreté, logement), ainsi qu’à « l’accueil et l’aide aux personnes » (petite enfance, handicap, dépendance). A ce sujet, la note de France Stratégie considère que « les décisions prises par le  gouvernement de désindexer partiellement les retraites en 2019 et 2020, de même que la volonté de mieux maîtriser les dépenses d’assurance-chômage, vont dans ce sens ». 

 

Diplomatie Trump : la stratégie du camelot slalomeur

Diplomatie Trump : la stratégie du camelot slalomeur

Après les vives protestations aux Etats Unis suite à l’attitude très complaisante de Trump face à Poutine (pas étonnant ce denier l’a sans doute aidé pour la campagne électorale),  on discerne encore un peu mieux la stratégie de Trump en matière de communication. Une communication de petites phrases souvent par tweets toujours contradictoires ? Trump dit tout et son contraire. Une chose pour faire plaisir à  la frange populiste de ses soutiens, le contraire le lendemain pour satisfaire la superstructure, l’intelligentzia ou ses autres interlocuteurs. Ainsi, il peut affirmer un jour que Theresa May est nulle pour négocier le Brexit et le lendemain dire que sa rencontre avec la Première Ministre a été formidable. Ce qu’il a fait aussi avec Macron, Poutine et les autres ; de quoi décontenancer la plupart des observateurs voire les décideurs. La question qui se pose surtout est de savoir si Trump sait lui-même où il va. Ce n’est pas certain tellement sa connaissance aussi bien de l’économie que des questions géopolitiques est approximative. Dire et se contredire, c’est la dialectique de Trump. Mais pour l’affaire Poutine, ses explications paraissent peu crédibles voire complètement tordues.  . Il a formulé le démenti le moins vraisemblable qu’on puisse trouver, afin que ses supporteurs ne soient pas dupes. «Je voulais dire: je ne vois aucune raison pour laquelle ce ne serait PAS la Russie», a déclaré le président. «On se demande bien qui a pensé à ça, mais peu importe», ironisait mercredi le Wall Street Journal dans son éditorial. «Cette excuse défie toute crédibilité, estime Jonathan Lemire, le correspondant de l’Associated Press dont la question avait provoqué le dérapage. Pour admettre que sa langue ait fourché dans cette phrase, il faudrait ignorer tout le reste de sa conférence de presse» avec le président russe. Même en lui faisant crédit de rectifier le tir, «cette déclaration a été faite avec 24 heures de retard et au mauvais endroit», a déclaré le sénateur démocrate Chuck Schumer.

Bien peu, chez ses partisans comme parmi ses adversaires, ont pris cette mise au point pour argent comptant. Car Donald Trump l’a lue ostensiblement devant les caméras avec le ton mécanique de quelqu’un qui accomplit une formalité, et en s’écartant deux fois du script préparé par ses collaborateurs. D’abord pour s’exclamer: «Il n’y a pas eu de collusion du tout!», une phrase qu’il avait rajoutée à la main. Ensuite pour atténuer le démenti tout juste formulé: «J’accepte la conclusion de notre communauté du renseignement selon laquelle l’interférence de la Russie dans l’élection de 2016 a eu lieu «Trump a mis au point une méthode d’excuses composée à parts égales de retraite et de réaffirmation», analyse Marc Fisher dans le Washington Post, pointant «le changement de ton quand il exprime ses véritables sentiments». Selon lui, on assiste au même «processus» que l’été dernier lors des incidents racistes de Charlottesville: «Insulte, excuses réticentes, signal clair qu’il croit vraiment ce qu’il avait dit au départ, répétition.» De fait, le correctif de mardi ne vise pas à clore la polémique, il lui offre seulement la protection d’avoir dit une chose et son contraire.

Industrie : l’absence de stratégie

Industrie : l’absence de stratégie

 

 

Le déficit des produits manufacturés s’est encore creusé en 2017 alors que la conjoncture est restée très favorable. Le redressement du commerce extérieur de la France constitue un véritable défi pour les années à venir. Force cependant est de constater l’absence de stratégie pour redresser l’industrie. Il ya certes un problème de compétitivité mais encore davantage une insuffisance qualitative de l’offre. Les gouvernements successifs, Macron compris, se refusent à envisager des stratégies par filières comme par le passé. , des stratégies  pourtant grâce auxquels on exporte (exemple matériel de transport, aérospatial,  armement, agriculture).  Il y a sans doute de nombreuses raisons pour comprendre le déclin industriel de la France notamment le manque de compétitivité, la complexité des normes et des règlements administratifs, l’insuffisante productivité. Mais le pays manque depuis longtemps de vision. Par crainte de l’étatisme le mot plan est tabou et le mot stratégie n’a guère de contenu opérationnel. Le commissariat général au plan a disparu déjà depuis longtemps et il n’y a même plus de ministère de l’industrie. Quand ce ministère existait il était totalement sous la coupe de Bercy. Du coup la stratégie industrielle de la France est surtout défensive pour tenter de sauver des entreprises en difficulté par exemple comme chez Alstom, Alcatel, Arcelor  plus récemment j’ai MGS ou ST X. Encore une fois c’est la crainte de l’étatisme qui a étouffé toute vision industrielle et on a confié au marché le soin de combler le vide. Une confusion évidemment car si le marché est incontournable pour réguler l’équilibre entre l’offre et la demande par contre certains projets de long terme mérite une réflexion de l’État et son soutien. Ce qui est fait par exemple au États-Unis ou les GAFA ont largement profité de la recherche militaire pour se développer, ils en profitent d’ailleurs toujours. La politique industrielle ne peut se réduire à la seule prise en compte de l’informatisation des processus de production. Le plan informatique ne peut répondre à tout. Le digital, c’est incontournable mais ne peut dispenser de stratégie par grand marché du futur. De la même manière l’allégement de la fiscalité, indispensable lui aussi, ne peut non plus seul constituer le seul vecteur du redressement industriel. Le slogan made in France manque sérieusement de contenu. Pour preuve la dégradation de l’industrie se constate y compris avec les pays de l’union européenne.   Le solde commercial en produits manufacturés avec les autres pays de l’Union européenne s’est creusé de 10,7 milliards d’euros en 2017 pour atteindre -42,9 milliards d’euros. Cette dégradation repose notamment sur le creusement du déficit avec l’Allemagne de -3 milliards d’euros (à -17 milliards d’euros) avec une vraie contraction des exportations. Les exportations à destination du Royaume-Uni ont également ralenti en raison des incertitudes liées au Brexit, la dépréciation de la livre sterling et le ralentissement de la demande intérieure britannique. La baisse du solde a également concerné bien d’autres pays européens tels que l’Autriche, les Pays-Bas, l’Italie et l’Espagne.

Une stratégie industrielle défensive et tardive

Une  stratégie industrielle défensive et tardive

 

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Il y a sans doute de nombreuses raisons pour comprendre le déclin industriel de la France notamment le manque de compétitivité, la complexité des normes et des règlements administratifs, l’insuffisante productivité. Mais le pays manque depuis longtemps de vision. Par crainte de l’étatisme le mot plan est tabou et le mot stratégie n’a guère de contenu opérationnel. Le commissariat général au plan a disparu déjà depuis longtemps et il n’y a même plus de ministère de l’industrie. Quand ce ministère existait il était totalement sous la coupe de Bercy. Du coup la stratégie industrielle de la France est surtout défensive pour tenter de sauver des entreprises en difficulté par exemple comme chez Alstom, Alcatel, Arcelor  plus récemment j’ai MGS ou ST X. Encore une fois c’est la crainte de l’étatisme qui a étouffé toute vision industrielle et on a confié au marché le soin de combler le vide. Une confusion évidemment car si le marché est incontournable pour réguler l’équilibre entre l’offre et la demande par contre certains projets de long terme mérite une réflexion de l’État et son soutien. Ce qui est fait par exemple au États-Unis ou les GAFA ont largement profité de la recherche militaire pour se développer, ils en profitent d’ailleurs toujours. La politique industrielle ne peut se réduire à la seule prise en compte de l’informatisation des processus de production. Le plan informatique ne peut répondre à tout. Le digital, c’est incontournable mais ne peut dispenser de stratégie par grand marché du futur. De la même manière l’allégement de la fiscalité, indispensable lui aussi, ne peut non plus seul constituer le seul vecteur du redressement industriel. Le slogan made in France manque sérieusement de contenu.

Burkini : la stratégie subversive des islamistes ( Mezri Haddad)

 

 


Dans un article d’Huffington post  Mezri Haddad
, Philosophe et directeur du Centre International de Géopolitique et de Prospective Analytique (CIGPA),  dénonce la stratégie des islamistes.

 

Du débat byzantin sur l’interdiction du voile dit islamique dans les écoles, à la controverse récente sur le port du burkini au bord des plages, que de chemin parcouru dans le « féminisme » islamiste, que de progrès politique et philosophique au pays des Lumières éteintes! Interdire ou autoriser à certaines femmes grenouilles de la « diversité » de se baigner aux côtés des femmes émancipées et décomplexées de la France profonde, est en effet une question hautement philosophique et éminemment politique, qui aurait passionné Jean-Paul Sartre et son Castor, non sans affliger Raymond Aron. Pour le moment, cette question mobilise le Conseil d’Etat, qui va devoir se prononcer sur la légalité des arrêtés municipaux l’interdisant.  Cette régression intellectuelle et politique vertigineuse est inversement proportionnelle à la progression fulgurante de l’islamisme en France et de façon plus générale en Europe. Mieux encore, l’affaire du burkini, comme celles du voile, de la burka, des piscines exclusivement réservées aux vierges effarouchées, des caricatures de Mohamed, de la conférence du pape Benoît XVI à Ratisbonne, de la viande halal dans les cantines scolaires…, toutes ces affaires sont autant de batailles idéologiques et politiques engagées contre la République par les islamistes et plus exactement par les Frères musulmans. Ces affaires obéissaient à la même logique subversive et s’inscrivaient dans le combat contre la laïcité et contre la civilisation occidentale en général, selon une stratégie graduelle de conquête de la France, l’ex-fille aînée de l’Eglise que certains polygames voudraient marier au calife. Dans cette guerre de l’obscurantisme contre les Lumières conduite par les Frères musulmans, qui est consubstantiellement et idéologiquement liée à l’autre guerre terroriste que mène Daech contre l’Occident, la stratégie de l’ennemi de l’intérieur est à la fois simple et redoutable: susciter le scandale, provoquer le débat pour en récolter les bénéfices médiatiques ou symboliques et éventuellement les acquis politico-juridiques. Déjà dans le bras de fer qui avait opposé les zélotes du voile aux gouvernants, ce sont les premiers qui avaient gagné la bataille et ce, malgré la loi votée sur l’interdiction du voile dans les établissements scolaires. Ce fut plus exactement une victoire à la Pyrrhus, puisqu’interdit dans les collèges et les lycées, le voile aggravé par la burka afghane a proliféré dans les rues, les établissements privés et même dans les universités, nonobstant la proscription de cette burka venue du fond des âges. Même ponctuellement et conjoncturellement défait, l’islamisme progresse donc et rien ne semble dissuader ses tenants enturbannés, qui dictent leurs lois dans les cités, ou en costume-cravate, qui font du marketing et de la communication sur les plateaux de télévision.  Comble de la subversion et du cynisme, cette guerre à la fois symbolique, idéologique et politique n’est pas faite au nom de l’islam, ni même d’une prétendue réappropriation identitaire. Elle est déployée sous la double imposture de la liberté de conscience et des sacro-saints droits de l’homme dans lesquels Jean-Louis Harouel voit à juste titre « un avatar de la religion de l’humanité » devenue « mortelle aux Européens ». Ces droits de l’homme sont surtout une arme dissuasive que l’islamisme aseptisé par la Turquie et financé par le Qatar utilise pour islamiser la France.  On ne le dira jamais assez, l’islamisme, si « modéré » soit-il, n’est pas l’islam mais sa déviance théocratique et néofasciste. L’islamisme n’est pas la religion quiétiste pratiquée par la majorité des musulmans de ce pays, mais une « religion séculière » dans le sens que Raymond Aron assignait à ce terme en pensant au national-socialisme hitlérien et au communisme stalinien, à savoir une doctrine totalitaire et génocidaire. Que dit précisément l’islam sur la prétendue obligation coranique de porter le voile? Rien de plus que ce que n’a prescrit le judaïsme antique ou le christianisme primitif. Dans la première Epître aux Corinthiens, Paul écrit que «Toute femme qui prie ou prophétise, le chef non voilé, fait honte à son chef (Dieu); c’est exactement comme si elle était une femme rasée. Si donc une femme ne se voile pas, qu’elle se tonde aussi! Mais s’il est honteux pour une femme d’être tondue ou rasée, qu’elle se voile !» En phase avec l’enseignement paulinien, Tertullien, l’auteur du De virginis velandi (Du voile des vierges), recommandait aux fidèles chrétiennes de porter le voile. Idem pour saint Augustin. Dans le Coran, la question du voile n’est évoquée qu’en deux occurrences: primo, « Dis aux croyantes de baisser les yeux et de contenir leur sexe ; de ne pas faire montre de leurs agréments, sauf ce qui émerge, de rabattre leur fichu sur les échancrures de leur vêtement… » (sourate XXIV, 31); secundo, « Prophète, dis à tes épouses, à tes filles, aux femmes des croyants de revêtir leurs mantes: sûr moyen d’être reconnues (pour des dames) et d’échapper à toute offense » (sourate XXXIII, 59). Comme l’indiquait l’illustre Jacques Berque, à l’origine, « le port du voile distingue la femme libre des femmes de condition inférieure ».   L’égyptien Ashmawy a précisément consacré un ouvrage au problème du voile dit islamique, intitulé Vérité du voile et validité du Hadith, où on lit cette phrase troublante: « Ce n’est pas l’islam qui a imposé le voile à la femme, mais c’est plutôt le voile qui a été imposé et à l’islam et à la femme. » Dans son magistral Notre femme. Dans la loi coranique et la société (1930), le tunisien Tahar Haddad écrivait: « Si l’usage du voile en était formellement ordonné et appuyé par le Prophète lui-même, il n’y aurait pas eu des controverses à ce sujet entre les jurisconsultes de l’islam parmi lesquels des contemporains du Prophète. » C’est en profitant de cette brèche que Bourguiba, pour lequel « le voile n’est qu’un affreux torchon », a pu faire adopter dès 1956 un code du statut personnel révolutionnaire et résolument féministe. Caprice de l’Histoire, depuis l’irruption du « printemps arabe » et l’arrivée au pouvoir en Tunisie des Frères musulmans, voile et burka se sont métastasés, écoles et crèches islamistes ont proliféré et plusieurs cas de polygamie ont même été relevés.  La bataille juridique qui se joue aujourd’hui devant le Conseil d’Etat sera déterminante, non seulement pour les valeurs dont est porteuse la France mais également pour l’avenir des musulmans dans ce pays. Dans leur écrasante majorité, ces derniers ne se reconnaissent ni dans le voile dit islamique, ni encore moins dans la burka ou le burkini, qui ne sont pas « un vêtement comme un autre », selon la fatwa islamo-trotskyste d’Edwy Plenel, mais les panneaux publicitaires ambulants de l’idéologie théocratique et totalitaire des Frères musulmans et la bannière noire de Daech. Consciemment ou involontairement, par cynisme ou par ignorance, des femmes acceptent d’être le vecteur de cette idéologie mortifère, néofasciste et résolument antiféministe, qui profite des lois libérales pour les phagocyter à moyens termes et les annihiler à long termes.  Etant donné que le port du voile en général et de la burka ou du burkini en particulier procède beaucoup plus d’une recommandation islamique conjoncturelle que d’une obligation coranique immuable, attendu que le port du voile relève soit du prosélytisme islamiste, soit de l’exhibitionnisme identitaire, le législateur français doit l’interdire, pas seulement sur les plages mais dans tous les lieux publics. En République et même en Islam, la pudeur discrète est nettement préférable à la pudibonderie ostentatoire. En cela, Jean-Pierre Chevènement, qu’on ne peut accuser de réaction ou d’islamophobie, a eu raison de recommander aux musulmans la discrétion.   Devant le dilemme suivant lequel interdire le burkini serait une atteinte à la liberté de conscience et l’autoriser serait une offense à la laïcité, une maxime de Lacordaire serait à méditer: « C’est la loi qui libère et parfois c’est la liberté qui opprime. » Autant le dire clairement: si le Conseil d’Etat, pour des considérations droit-de-l’hommistes et des ratiocinations juridiques, invalide les arrêtés municipaux, ce serait une défaite des Lumières devant l’obscurantisme, une victoire symbolique, idéologique et politique des Frères musulmans et de leurs alliés daéchiens en terre « mécréante »…comme ils disent!

(Huffington)

 

 

Arabie Saoudite pétrole : quel changement de stratégie

Arabie Saoudite pétrole : quel changement de stratégie

 

Dans une interview à challenges l’économiste Thomas Porcher considère qu’il ne faut pas s’attendre à une stratégie de réduction de production

 

Le départ d’Ali Al-Naïmi va-t-il avoir un impact sur la politique pétrolière saoudienne?

Il incarnait depuis une vingtaine d’années la politique pétrolière du royaume [Ali Al-Naïmi est devenu ministre du pétrole en 1995 après avoir présidé le géant pétrolier Aramco, Ndlr] et avait laissé entendre il y a quelques mois son désir de quitter son poste. Il menait une politique conforme à la volonté royale. Et de ce point de vue la stratégie pétrolière de Riyad devrait rester inchangée. Jusqu’en 2014, l’Arabie saoudite a produit par quotas pour faire augmenter les prix. La demande était forte, et en choisissant de raréfier l’offre, l’Arabie saoudite, qui possède les réserves pétrolières les plus importantes au monde, faisait bondir les prix. Puis en 2014, les producteurs de schiste aux États-Unis sont arrivés. Riyad a alors choisi d’inonder le marché pour conserver ses parts et affaiblir les pétroliers américains. Les prix ont alors baissé en raison de cette stratégie agressive des Saoudiens et d’une demande qui faiblissait (le prix du baril qui était de 100 dollars début 2014 est tombé à environ 45 dollars actuellement après être descendu sous les 30 dollars en janvier, Ndlr).

Cette baisse des prix est moins douloureuse pour l’saoudite puisque son pétrole est rentable à partir de 20 dollars le baril contre environ 50 dollars pour le pétrole de schiste américain. Et même si cette baisse creuse le déficit budgétaire saoudien (Riyad a enregistré en 2015 un déficit budgétaire record de 89 milliards d’euros, Ndlr), le royaume peut s’appuyer sur des réserves importantes (environ 650 milliards de dollars, Ndlr). Le départ d’Ali Al-Naïmi ne devrait ainsi pas déboucher sur un changement de stratégie. C’est d’ailleurs ce qu’a expliqué son successeur. Il ne faut donc pas s’attendre à une hausse rapide du prix du baril.

Quelles conséquences ce départ peut-il avoir sur l’OPEP?

La stratégie baissière saoudienne a eu pour conséquence de rendre la vie impossible à d’autres pays concurrents, et membre de l’OPEP, comme le Venezuela [au bord de la faillite, le pays augmenté le prix de l'essence de 6.000%, Ndlr], l’Algérie ou le Nigeria dont environ 90% des exportations sont des hydrocarbures. Le pétrole pour ces pays n’est rentable qu’à partir de 80 voire 120 dollars le baril. Les Saoudiens veulent faire en sorte que le pétrole qui coûte le plus cher à produire (schiste, sables bitumeux) sorte du marché. Ils font ainsi face à de plus en plus de critiques au sein de l’OPEP. Leur stratégie est solitaire et non collective comme cela a pu être le cas par le passé. L’échec de la réunion de Doha mi-avril a été l’illustration de cela. Cette réunion a fait la démonstration que l’OPEP ne fonctionne plus. Il y a un vrai risque de scission de l’organisation si les prix bas se poursuivent, ce qui devrait être le cas encore un an et demi.

 

A côté de cette stratégie agressive, Riyad vient également d’adopter un plan, appelé « vision 2030″, pour diversifier son économie et atténuer sa dépendance vis-à-vis du pétrole. Cela vous surprend-il ?

Ce qui me surprend est la privatisation partielle (moins de 5%) d’Aramco annoncé par les Saoudiens dans le cadre de ce plan. Cette compagnie nationale est historiquement le bras armé de la politique saoudienne. Elle est surpuissante. Et cette décision, même si elle va rapporter beaucoup d’argent, va à rebours de ce que fait l’Arabie saoudite depuis plusieurs années. Riyad envoie deux signaux qui sont presque un aveu de faiblesse au sein de l’OPEP: il y a un après pétrole et surtout l’saoudite semble être disposée à ne plus jouer son rôle de leader au sein du cartel. Si Aramco devient une compagnie privée, ce qui est encore très loin d’être le cas, elle n’aura alors aucun intérêt à réduire sa production. Elle voudra gagner un maximum d’argent tout de suite. Ce sont de signaux qui annoncent un marché mondial plus concurrentiel et surtout une OPEP plus éclatée, sans véritable gendarme

Multinationales : une stratégie du dividende qui menace le long terme (BlackRock)

Multinationales : une stratégie du dividende qui menace le long terme (BlackRock)

C’est le patron de la société de gestion d’actifs la plus importante au monde, BlackRock, qui le dit :  beaucoup trop de multinationales sacrifient l’avenir au profit des actionnaires. Le patron du puissant gestionnaire Blackrock, qui affiche quelque 4645 milliards de dollars d’actifs au compteur, vient d’envoyer aux dirigeants des plus grandes sociétés cotées aux États-Unis et en Europe sa traditionnelle missive. Et comme l’an dernier, il met en garde leurs dirigeants contre les stratégies à courte vue. Plus étonnant de la part d’un investisseur institutionnel, Larry Fink s’insurge contre … la rémunération des actionnaires! Plus précisément, il conteste la priorité donnée aux dividendes et aux actions quand ils se font au détriment des investissements, de l’innovation, si stratégiques quand les business models sont confrontés au risque de «disruption» venu des nouveaux acteurs de la Silicon Valley. Bref, le court terme ne doit pas prendre le pas sur la «création de valeur à long terme», le vrai totem de Larry Fink. Le patron de Blackrock s’inquiète des excès de notre époque, qui voit les dividendes d’envoler au plus haut depuis 2009 pour les sociétés de l’indice S&P 500, et les rachats d’actions, à la fin du troisième trimestre 2015, en hausse de 27% sur un an. La leçon de long-terme délivrée par Blackrock n’est pas que théorique. Le gestionnaire d’actifs, que toutes les entreprises cotées espèrent avoir à leur capital, expose ses recommandations en forme d’exigences. Larry Fink enjoint les dirigeants destinataires de son courrier – ils sont environ 200 en Europe – à élaborer des «plans stratégiques de création de valeur à long terme», dont les actionnaires devraient être informés chaque année et que les conseils d’administration devraient viser, comprendre, et challenger. Un remède, selon le patron de Blackrock, à «l’hystérie du résultat trimestriel».

Syrie : Hollande change de stratégie et veut une grande coalition

Syrie : Hollande change de  stratégie et veut une grande coalition

 

C’est évidemment un changement stratégique assez fondamental de la part de Hollande. Précédemment il ne voulait  pas entendre parler d’une alliance avec les Russes encore moins avec l’armée d’Assad. Certes Hollande prend des précautions oratoires pour rappeler ses exigences vis-à-vis d’Assad, mais la nouvelle priorité devient maintenant la constitution d’une alliance de toutes les forces. La question de l’avenir Assad et renvoyé à plus tard. D’où cette annonce par Hollande d’une rencontre prochaine avec Obama et Poutine. En fait Hollande reprend la les propositions de la droite et il s’appuie sur le fait que les attentats ont été commandités en Syrie par l’État islamique.  La France a en effet  identifié le commanditaire présumé des attentats de Paris grâce aux progrès de l’enquête sur un drame qui a incité François Hollande à prôner la création d’une grande coalition avec la Russie pour éradiquer la menace de l’Etat islamique. »Les actes de guerre de vendredi ont été décidés et planifiés en Syrie, organisés en Belgique, perpétrés sur notre sol avec des complicités françaises », a-t-il dit devant les députés et sénateurs réunis pour l’entendre présenter sa stratégie sur les plans militaire, européen et sécuritaire. D’une certaine manière c’est aussi la reconnaissance des limites de l’intervention française voir de son impuissance face à l’État islamique. En réplique aux attentats la France a largué 20 bombes dimanche. Mais en quatre jours la Russie a procédé à autant d’attaques aériennes que la France en 14 mois. Ce qui témoigne bien de l’État du rapport de force et de la nécessité de cette coalition que Hollande refusait jusque-là Des chasseurs-bombardiers français ont en effet  lancé dimanche soir leur raid le plus massif jusqu’ici en Syrie, visant Rakka, bastion de l’EI. Le raid a impliqué 12 avions français, dont 10 avions de chasse, et 20 bombes ont été larguées. François Hollande a donc  annoncé qu’il rencontrerait Barack Obama et Vladimir Poutine « dans les prochains jours » pour construire une grande coalition visant à détruire Daech.

 

La stratégie suicidaire de l’Etat islamiste

La stratégie suicidaire de l’Etat islamiste

 

Une nouvelle fois l’Etat islamique utilise une vidéo pour menacer de décapitation un orage américain. En faiat le chantage pour stratégie mais une stratégie suicidaire car elle ne faiat que renforcer la conviction qu’il faut  complètement éradiquer ce mouvement terroriste. Un mouvement par ailleurs hétéroclites de détraqués, d’assassins et de mafieux. Pour preuve cette stratégie de terreur médiatisée qui va se retourner contre eux alors que sans cela ils auraient pu continuer tranquillement d’occuper une partie de l’Irak et de la Syrie. «Un nouveau message à l’Amérique et à ses alliés», annonce la macabre vidéo diffusée le 3 octobre par le groupe djihadiste EI (Etat islamique). Cette fois, la victime est l’otage britannique Alan Henning. «A cause de la décision de notre Parlement d’attaquer l’Etat islamique, moi, en tant que membre du public britannique, je vais aujourd’hui payer le prix de cette décision», dit l’homme condamné dans un adieu scénarisé. La vidéo s’achève par un avertissement à l’intention du président Obama: si les frappes aériennes américaines contre l’EI se poursuivent, c’est un otage américain, Peter Kassig, qui sera la prochaine victime. Moralement, ces vidéos sont des meurtres. Politiquement, ce sont des suicides. Par ce moyen, l’EI précipite sa propre destruction. Pendant des mois, l’EI s’est déchaîné en Irak, accaparant territoires, richesses et armes. Aucune puissance capable d’arrêter cette milice ne voulait lui barrer la route. Les Etats-Unis, las de faire la guerre, espéraient ne pas s’en mêler ou tout au moins en faire le moins possible. Même après le 7 août, lorsque le président américain a annoncé de futures frappes aériennes en Irak, les Américains opposés à ces frappes étaient plus nombreux que ceux qui les soutenaient fermement.  Les vidéos ont tout changé. Les mots prononcés devant la caméra délivrent ce message de façon explicite: partez et ne revenez pas, ou nous tuerons d’autres des vôtres. Mais les vidéos n’ont pas refroidi le soutien à une action militaire américaine, britannique ou française. Elles l’ont affermi.

 

Hollande : une stratégie voulue pour virer Trierweiler

Hollande :  une stratégie voulue pour virer Trierweiler

 

Contrairement aux apparences Hollande n’a pas été surpris en flagrant délit, en fait il s’est volontairement mis en scène pour virer Trierweilller ; Nombre de spécialistes des medias people connaissait l’idylle du président avec Gayet et  ses rencontres rue du Cirque à Paris. Forcément compte tenu de la présence affichée de Hollande et de celle des forces de sécurité ; d’autant que la rue était parfois bloquée toute la nuit par la police. Hollande savait évidemment que la presse diffuserait un jour ou l’autre l’information. Ce qu’il espérait et a même provoqué. Cela pour mettre plus vite fin à sa relation avec Trierweilller. La manière dont il a congédié son ex compagne ; à la fois brutale et sans aucune dignité témoigne du fait que sa décsion de rompre était irrévocable et qu’elle était surtout prise depuis longtemps ; En clair Hollande a mis en scène sa rupture pour ne pas avoir à la gérer de manière privée. Une attitude significative du personnage.

Le Foll : « L’axe du président, c’est toujours le chômage » ; oui mais on change de stratégie !

Le Foll : « L’axe du président, c’est toujours le chômage » ; oui mais on change de stratégie !

 Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, très proche de Hollande démine la conférence de presse du président. Il affirme que la lutte contre le chômage est toujours la priorité. Il pourrait cependant préciser que Hollande change totalement de stratégie en faisant succéder au matraquage fiscal l’allégement des charges. Encore qu’il faudra concrètement vérifier ce nouvel engagement et surtout son ampleur. Il est vraisemblable que Hollande ne voudra pas expliciter sa politique et son virage. Du coup on risque de demeurer dans l’ambigüité « hollandaise » habituelle  ; Le Foll  a voulu remettre la  politique et l’économie au cœur des débats, avant la conférence de presse de François Hollande mardi 14 janvier. L’objectif de la conférence de presse » de François Hollande mardi, « c’est de parler de la France, de la croissance, du chômage, de l’investissement », a déclaré Stéphane Le Foll sur RTL dimanche. « Elle n’a pas pour objectif de parler de ce qui a pu être publié dans un magazine et qui concerne, comme le Président l’a dit, la vie privée », a-t-il précisé. Le ministre de l’Agriculture a refusé de commenter davantage la liaison supposée par Closer entre François Hollande et l’actrice Julie Gayet. « L’axe du président de la République, c’est toujours la lutte contre le chômage et c’est en même temps un redressement productif d’un pays qui connait des déficits de sa balance commerciale », a-t-il expliqué. Stéphane Le Foll a ensuite évoqué le « modèle social » de la France, « qu’il faut à tout prix défendre ». « Et ce modèle, c’est l’accès à la santé pour tous, la question des retraites ». Mais il doit selon lui « être financé ». Il faut donc « lutter contre les abus », tout en essayant de « préserver » le système en place. « C’est vrai que la crise est plus profonde que ce que nous avions pu imaginer » Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture . L’ancien député de la Sarthe a conclu en évoquant « l’exercice du pouvoir », qu’il a jugé « difficile ». « C’est vrai que la crise est plus profonde que ce que nous avions pu imaginer », a concédé le ministre. « On doit être d’autant plus fier de ce que l’on fait car on le fait dans la difficulté », a-t-il estimé.

 

Austérité européenne : la mauvaise stratégie

Austérité européenne : la mauvaise stratégie

 

“La politique d’austérité a atteint ses limites”, assure José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne. C’est la première fois que Bruxelles remet en cause cette politique. Il était temps de s’apercevoir qu’une seule voie pour des pays si différents ne fonctionne pas, commente la Süddeutsche Zeitung.    Les responsables politiques se gargarisent régulièrement de la diversité européenne. Ils se réfèrent dans ces cas-là aux traditions culturelles – pour la plupart jugées intéressantes et enrichissantes – qui se sont développées au-delà de leurs frontières nationales. Ils se réjouissent de ces différences et ne demandent qu’à les préserver. Il est toutefois intéressant de noter que toute forme de ravissement, et même de tolérance, disparaît de leur esprit dès lors qu’il s’agit de diversité économique. En matière de politique budgétaire, les responsables européens sont pour l’unité monolithique. Tous les pays membres, et notamment ceux de la zone euro, doivent remplir exactement les mêmes conditions, et les performances économiques de chaque pays doivent être mesurées selon les mêmes critères. Et qu’importe si les traditions économiques européennes sont très différentes entre pays. Dans le contexte de crise actuelle, l’idée selon laquelle il faudrait tous fonctionner selon le même modèle est arrivée à ses limites. Le Portugal, l’Espagne, la Grèce et l’Irlande ont adopté de vastes programmes d’économies et de réformes afin d’assainir leurs finances et de satisfaire aux critères européens imposés à tous. Mais ils n’arrivent pas à atteindre ces objectifs. Et les dettes s’accumulent. D’un point de vue purement économique, il est parfaitement censé de vouloir d’abord réduire son endettement et de lancer des réformes pour renouer avec une croissance solide. Le problème est que, dans les faits, cette stratégie ne marche pas. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, n’a pas tort quand il admet qu’une idée politique ne doit pas seulement être valable mais que les citoyens doivent l’accepter, sans quoi elle restera inapplicable. Les sociaux-démocrates européens ont immédiatement réagi en félicitant Barroso d’être enfin sorti de son coma de cinq ans. Cela paraît peut-être démagogue mais ça n’en est pas moins vrai. Cela fait déjà longtemps que l’on sait que les pays les plus aux prises avec la crise ne voient pas leur situation s’arranger: ils réduisent leurs dépenses et votent des réformes pendant que les faillites d’entreprises se multiplient et que le chômage augmente. L’appareil d’Etat est à l’arrêt, les décisions des tribunaux ne sont plus notifiées parce que les photocopieuses sont en panne, les employés doivent apporter leurs propres stylos et rouleaux de papier toilette au travail, les hôpitaux n’ont plus de réserve de médicaments. En Espagne, un habitant sur huit vit dans la pauvreté aujourd’hui. On parle ici de situations que les habitants d’autres pays peuvent à peine imaginer. De ce constat, on peut tirer deux conclusions. Il est évident que les pays de la zone euro ne peuvent pas faire une croix sur leurs programmes d’économies et de réformes du jour au lendemain. Cela ébranlerait trop la confiance dans la monnaie européenne. Certains aménagements sont toutefois nécessaires: la commission européenne peut assouplir les règles du pacte de croissance et de stabilité pour donner beaucoup plus de temps aux pays en crise pour atteindre leurs objectifs. A terme, il faudra également s’interroger sur la pertinence de ce pacte (hier porté aux nues) et de ses règles strictes et indifférenciées. La crise le montre bien: malgré la monnaie unique, c’est la diversité économique qui domine en Europe.

 

Fiscalité : le MEDEF pour une véritable stratégie, type pacte de compétitivité

Fiscalité : le MEDEF pour une véritable stratégie, type pacte de compétitivité

 

La présidente de l’organisation patronale, Laurence Parisot, a estimé que ce cadre était nécessaire pour traiter aussi de questions comme les réformes des retraites et du financement de la protection sociale mais aussi de la transition énergétique. S’agissant de la réforme des retraites, à laquelle le gouvernement s’attaquera au deuxième semestre, elle a déclaré devant la presse qu’il n’était « pas question » pour les entreprises d’accepter « la moindre hausse de cotisations, que ce soient des cotisations employeurs ou des cotisations salariés ». Elle a estimé en outre que considérer que la solution passera par une baisse des pensions via une désindexation, une hypothèse évoquée par certains après l’accord en ce sens conclu sur les retraites complémentaires, relevait « d’une illusion, pour ne pas dire une tromperie à l’égard de tous les Français. » Au moment où le gouvernement s’apprête à remettre son programme de stabilité à l’Union européenne et commence à préparer le budget 2014, Laurence Parisot a tiré le signal d’alarme sur le poids des prélèvements pesant sur les entreprises. Y voyant la première raison qui explique que leur taux de marge soit tombé à des plus bas inquiétants, elle a pressé les pouvoirs publics d’adopter une véritable « stratégie » en matière de prélèvements obligatoires dans le cadre du pacte de compétitivité lancé fin 2012. Les enjeux de compétitivité ne doivent de même pas être oubliés dans le traitement des questions énergétiques, a encore dit la présidente du Medef. « Si la question du mix énergétique, de la transition énergétique n’est regardée que sous l’angle du choix des innovations pour être un peu plus orienté développement durable, alors on commettra des erreurs, on s’empêchera de retrouver des éléments pour une croissance forte et pérenne », a-t-elle déclaré. Pour cette raison, le Medef avancera des propositions lors d’une conférence de presse le 24 avril au cours de laquelle il entend remettre sur la table le dossier de l’exploration des gaz de schiste. Laurence Parisot a encore demandé instamment au gouvernement de ramener la fiscalité sur les plus-values de cessions d’actions au niveau de la moyenne européenne. « Il faut que le gouvernement, la majorité et tant qu’à faire l’opposition aussi comprennent qu’il n’y aura pas de retour possible à la croissance (…) si un signal clair, fort, dépourvu d’ambiguïté n’est pas donné aux entrepreneurs. Ce signal passe par une révision drastique de la fiscalité » sur les actions, a-t-elle dit. Interrogée sur le sujet, elle a jugé « triste et révélateur » que les patrimoines divulgués lundi par les membres du gouvernement comprennent peu d’investissements en actions. « Les politiques ont compris qu’il y avait un enjeu de financement de l’économie (…), je pense que la BPI (Banque publique d’investissement) est une institution tout à fait pertinente et prometteuse mais la vraie réponse au financement de l’économie est que chacun devienne actionnaire, que chaque Français investisse dans les entreprises françaises’, a-t-elle déclaré.

 

Borloo : Hollande doit changer de stratégie

Borloo : Hollande doit changer de stratégie

 

Jean-Louis Borloo ne voit pas bien comment François Hollande parviendra à « inverser la courbe du chômage », comme le chef de l’Etat l’a souhaité lors de ses vœux présidentiels. Sens de la formule oblige, Jean-Louis Borloo argue ainsi que « le président de la République vient de découvrir que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel et que, forcément, un jour, la courbe du chômage va se stabiliser, voire s’inverser ». Mais pour ce faire, encore faut-il « mettre en œuvre les bonnes mesures », tance-t-il. Or, d’après lui, les choix de l’exécutif « aggravent encore la situation » sur le front du chômage. Et le président de l’UDI enfonce le clou, brandit du « concret ». Et conseille: « On aurait pu s’attendre à une politique de relance fiscale, budgétaire normative du secteur du bâtiment », lâche-t-il. Mais le gouvernement a fait « exactement l’inverse », fusille-il, citant notamment « l’arrêt des aides dispositifs sur la construction privée ». Il évoque aussi « le coup d’arrêt porté aux chèques emploi service universel », qualifié de « saccage pour le secteur des services à la personne ». Bref, pour Jean-Louis Borloo, François Hollande doit faire le ménage. Et de manière radicale: « De grâce, changez de stratégie, d’état d’esprit, de logiciel. Changez d’équipe, s’il le faut. » Même s’il affirme ne pas être adepte « de l’opposition pour l’opposition », il affirme assure qu’aujourd’hui, « huit mois après la présidentielle, tout nouveau chômeur est de la responsabilité de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault ». Les intéressés apprécieront

A défaut de stratégie, la com. contre le chômage

A défaut de stratégie, la com. contre le chômage

Une dizaine de séminaires gouvernementaux sont prévus cette année. Vendredi, le premier d’entre eux concernait l’emploi et les mesures pour lutter contre le chômage. A la fin de cette réunion, qui s’est déroulée à Matignon, Jean-Marc Ayrault et les ministres concernés ont communiqué sur le sujet, réexpliquant, voire répétant les dispositifs déjà annoncés ou en cours de mises en œuvre. Le message du Premier ministre à son gouvernement était d’ailleurs limpide vendredi matin : il a demandé à chacun « d’aller à la rencontre des forces vives du pays pour leur dire ‘voilà la politique du gouvernement’ ». Les ministres « le font déjà mais nous allons le faire de façon systématique », a-t-il affirmé devant la presse. Du coup, tous les ministres se sont mis à répéter les messages, déjà bien relayés par Matignon et l’Elysée, sur la « bataille pour l’emploi » et « l’inversion, coûte que coûte, de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année ». « Nous ne faisons jamais assez de pédagogie lorsque nous sommes en crise, lorsqu’il y a des difficultés », s’est justifié Bernard Cazeneuve (ministre délégué aux Affaires européennes) devant des journalistes vendredi. Interrogé sur cette ultra-communication lors de la matinale d’Europe 1, Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement, a reconnu que « la communication, c’est la pédagogie de la répétition ». « On dit beaucoup qu’il faut davantage communiquer », a-t-elle ajouté. Jeudi soir, l’UMP Roger Karoutchi a vu dans cette stratégie un angle d’attaque. L’élu des Hauts-de-Seine a ainsi qualifié François Hollande et Jean-Marc Ayrault d’ »adeptes de la méthode Coué ». Or, selon lui, ils devraient « accepter les réalités économiques et sociales et changer de politique ». Mais, pour leur part, les sondeurs ne voient pas en ce positionnement une erreur de stratégie. Au contraire, il s’agit, pour le gouvernement, d’occuper le terrain en attendant de pouvoir présenter des résultats. « C’est nécessaire et utile : là, le sens est clair, c’est l’emploi. Sur cette séquence, on ne peut pas reprocher au gouvernement de ne pas être dans la cohérence », affirme ainsi Frédéric Dabi de l’Ifop. Avec 3,13 millions de demandeurs d’emplois fin novembre, l’emploi reste la préoccupation majeure des Français dans les sondages. De ce fait, « cela paraît logique et cohérent que ce soit mis en avant à ce point » par le pouvoir, estime Brice Teinturier d’Ipsos. Mais, s’il est d’accord avec ce constat, Bruno Jeanbart d’Opinionway relève que le pari de Jean-Marc Ayrault peut être « risqué à court terme ». En effet, « il y a peu de chances pour le gouvernement d’avoir de bons résultats » dans l’immédiat. Il va donc falloir tenir.

 




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