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Mondialisation: Les limites des sanctions économiques

Mondialisation: Les limites des sanctions économiques

ANALYSE.

 

La logique suivie par les Occidentaux face au conflit russo-ukrainien ne garantit cependant pas tout : dans l’histoire, seul un tiers des sanctions décidées ont connu un succès total. Décryptage. Par Rodolphe Desbordes, SKEMA Business School et Frédéric Munier, SKEMA Business School.

 

 

Au moins 1 275 sanctions nouvelles, avec en particulier l’exclusion de la Russie du système financier international. Telle est la riposte de nombre de pays du globe à la reconnaissance par Vladimir Poutine des républiques séparatistes ukrainiennes, puis à l’invasion armée.

La crise actuelle s’avère un exemple frappant d’usage de ce que l’on appelle la « géoéconomie ». Elle peut être définie, dans le cadre de la politique étrangère, comme l’utilisation d’instruments économiques pour influencer les objectifs politiques d’un autre pays.

 

Déjà en 1989, dans un article prophétique, le spécialiste de la stratégie militaire américaine Edward Luttwak prophétisait sa généralisation. Selon lui, dans le double contexte de mondialisation et de fin de la guerre froide, les rapports de force allaient davantage reposer sur l’économie que sur les moyens militaires.

L’avènement de la « globalisation » avait, lui, été annoncé dès 1983 par Theodore Levitt, économiste à la Harvard Business School dont il fut rédacteur en chef de la revue 4 ans durant. Il pointait le fait que les marchés entraient dans une dynamique croissante d’interconnexion à l’échelle du monde. Le phénomène n’a pas faibli depuis : à en croire l’indice KOF créé par un institut économique suisse, l’intensité de la mondialisation des échanges commerciaux et financiers a doublé au cours des 50 dernières années.

Dans le même temps et dans le contexte de la fin de la guerre froide, nous avons assisté à une évolution spectaculaire des formes de la guerre. Tandis que les conflits entre plusieurs États se sont faits plus rares, les tensions et conflits au sein d’un seul ont plus que doublé.

 

En 2020, on ne relevait ainsi que trois conflits interétatiques dans le monde contre une cinquantaine de guerres civiles. Parmi elles, la Syrie, l’Éthiopie, la Birmanie ou encore le Mali. Dans tous ces pays, l’État est aux prises avec des composantes de la société civile qui s’opposent entre elles et/ou à lui. Il s’agit de l’un des marqueurs de notre époque : la guerre, longtemps expression de la (sur)puissance des États, est aujourd’hui le plus souvent le signe de son effondrement.Cette diminution du nombre de conflits interétatiques ne signifie pas pour autant que les États, notamment les plus riches et les plus puissants, aient renoncé à défendre ou à imposer leurs intérêts. Ils ont simplement tendance à recourir à d’autres outils de puissance, plus économiques que militaires.

Ce glissement de la géopolitique militaire à la géoéconomie découle en grande partie de l’interdépendance engendrée par la mondialisation économique. Certes, la géopolitique traditionnelle n’a pas disparu, mais son exercice repose sur les armes de notre temps : moins d’acier et plus de capitaux, moins d’obus et plus de sanctions. Comme l’affirme Joseph Nye, grand théoricien américain de la puissance souvent considéré comme l’homologue libéral du plus conservateur Samuel Huntington, avec la mondialisation, les acteurs politiques ont tendance à substituer à la menace de sanctions militaires celle de sanctions économiques.

La raison en est double : les rapports de force géoéconomiques ciblent les fondements mêmes de la mondialisation, c’est-à-dire la création de la valeur, sans détruire durablement le capital, les infrastructures, les villes, ou tuer directement des personnes, comme le fait la guerre classique.

Sous le coup de sanctions, le jeu à somme positive de la mondialisation libérale devient un jeu à somme nulle : tout le monde n’est pas gagnant lorsque la géoéconomie entre en jeu !

L’examen quantitatif et structurel de la nature des sanctions imposées par des États à d’autres montre à quel point la grammaire de la conflictualité a évolué. Non seulement le nombre de sanctions a plus que doublé depuis 1990, mais, surtout, leur nature s’est modifiée.

Les sanctions classiques, comme les embargos sur les armes ou sur le commerce, subsistent aujourd’hui. Celles qui ont toutefois connu le plus grand essor sont directement liées à l’essor de la mondialisation financière et de la mobilité des personnes. L’intégration financière, un meilleur traçage des paiements, l’extraterritorialité du droit américain associé à la prévalence de l’usage du dollar américain, et une volonté d’utiliser des sanctions ciblées ont contribué à cette diversification des instruments de la géoéconomie.

 

Le nouvel âge des sanctions concerne aussi leurs objectifs. Aujourd’hui, la majorité est l’initiative des États-Unis et de l’Union européenne, soit des pays qui disposent d’un fort pouvoir de marchandage économique. Ils ont souvent pour but de faire respecter leurs principes fondateurs à l’étranger tels que les droits de l’homme et la garantie de l’État de droit. En témoignent les données agrégées au sein de la Global Sanctions database.

 

Les sanctions n’atteignent cependant pas toujours leurs objectifs. En moyenne, on peut considérer qu’elles ne rencontrent un succès total que dans à peine plus d’un tiers des cas. Pour l’Ukraine, on peut alors craindre que la géoéconomie laisse la place à une géopolitique classique, notamment si la Russie parvient à renforcer ses échanges avec des partenaires économiques restés neutres, comme la Chine. Les alliés de Kiev s’orientent d’ailleurs déjà vers un soutien militaire à long terme, avec l’envoi d’armes lourdes.

 

Il semble important, enfin, de ne pas oublier que les sanctions économiques peuvent ne pas générer les objectifs escomptés tout en entraînant des conséquences terribles pour les populations les subissant. Les travaux de l’historien Nicholas Mulder sur la Première Guerre mondiale et les empires coloniaux, par exemple, sont là pour le rappeler.

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Par Rodolphe Desbordes, Professeur d’Economie, SKEMA Business School et Frédéric Munier, Professeur de géopolitique, SKEMA Business School.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Rodolphe Desbordes et Frédéric Munier

Quelles conséquences économiques de la guerre en Ukraine pour l’Europe

Quelles conséquences  économiques de la guerre en Ukraine pour l’Europe 

L‘aspect le plus caractéristique de cette crise pourrait bien être une envolée de l’inflation du fait d’un choc d’offre.

La guerre menée par Vladimir Poutine contre l’Ukraine et la réponse apportée par l’Europe et l’Amérique sous forme de sanctions redistribuent les cartes sur le plan économique pour l’ensemble des pays européens. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC.( dans la Tribune) 

L’invasion de l’Ukraine par la Russie est un acte de guerre d’une violence inouïe dont nul ne peut encore prédire la durée. Notre propos est de nous cantonner strictement à notre domaine de compétence et de ne traiter que les perspectives macroéconomiques de cette guerre pour l’économie européenne.

En premier lieu, cette guerre va profondément modifier les vieux arbitrages budgétaires en termes de dépenses militaires dans de nombreux pays européens. En effet, la relative faiblesse des forces armées des pays européens a été mise en lumière ainsi que le coût géopolitique de cette faiblesse. Le réarmement général est à l’ordre du jour, tout comme la réindustrialisation était une priorité en 2020. En particulier, l’Allemagne a d’ores et déjà annoncé un objectif budgétaire de dépenses militaires de l’ordre de 2% de son PIB, comparé à 1,2% par an dans la décennie 2010-2020 (Données SIPRI). Ce passage à une économie de préparation à la guerre renforce le poids de l’État dans l’économie via la redirection de ressources directement vers la base industrielle de défense. 

Sur plan strictement macroéconomique, les conséquences économiques d’une guerre s’apparentent aux conséquences économiques d’une pandémie mortelle. Comme la guerre contre le Covid-19, la guerre en Ukraine va générer à la fois un choc de demande et un choc d’offre.

Le choc de demande vient principalement de la réaction des consommateurs et des investisseurs à la forte montée de l’incertitude.  La consommation des ménages diminue au profit de l’épargne. L’investissement diminue également, les entreprises passant dans une posture prudente et attentiste, excepté dans les secteurs liés à la défense. L’évolution des bourses européennes depuis le début du conflit reflète bien ce climat. La demande nette de l’étranger risque également de se détériorer. Côté exportations, la détérioration est portée par la même logique que la baisse de la demande intérieure. Côté importations, l’augmentation des prix de l’énergie, des minerais et de certains produits agricoles va fortement augmenter la facture.

Le choc d’offre vient essentiellement de la hausse des coûts de l’énergie, le pétrole ayant déjà augmenté de 20% contre 80% pour le prix du gaz depuis une semaine. Le Brent est passé de 91 dollars à 111 dollars et le prix spot du gaz en Allemagne est passé de 95 euros/MWh à 175 euros/MWh. Il en va de même avec un certain nombre de métaux pour lesquels la Russie est un producteur majeur comme le palladium, le vanadium ou le titane, des métaux indispensables notamment pour les industries automobiles et aéronautiques. L’Ukraine est un gros exportateur de blé et 36% des échanges mondiaux de blé (et 80% de l’huile de tournesol) passent par la Mer Noire. Les chaînes d’approvisionnement vont subir de nouvelles désorganisations qui vont générer la hausse de coûts de production.

En effet, de nombreux sous-équipementiers de l’industrie d’Europe de l’Est sont installées en Ukraine et ne peuvent plus fournir leurs clients européens. Les filiales d’entreprises européennes installées en Russie (de même que les filières installées en Europe d’entreprises russes) vont fermer, la Russie se retrouvant confinée. Enfin, les coûts de transport devraient augmenter également, notamment le fret aérien avec l’Asie du fait des interdictions de survol de la Russie mais aussi le fret maritime.

Ces deux chocs – offre et demande – vont se renforcer mutuellement dans leur impact négatif sur l’activité économique. En revanche, l’effet net sur les prix va dépendre de leur taille relative l’un par rapport à l’autre. En effet, un choc de demande a un effet dépressif sur les prix alors qu’un choc d’offre à un impact inflationniste. Notre intuition serait que le choc d’offre va être plus important.

Les dirigeants européens se trouvent confrontés à une situation économique complexe, car un choc d’offre amène toujours avec lui le difficile arbitrage entre l’inflation et le chômage. Le problème est que les options sont maintenant réduites par les conséquences des arbitrages passés en faveur du chômage pendant la crise du Covid-19. C’est dans un contexte d’inflation déjà galopante à 5,8% dans la zone euro et un endettement public élevé (100% du PIB dans la zone euro) que ce nouveau choc d’offre se présente. En revanche, les pays européens sont revenus à leur niveau de production et de chômage relativement bas d’avant la crise du Covid-19.

La situation externe et interne ne permet pas d’envisager une baisse des dépenses publiques dans le court terme mais plutôt une hausse, et cela devrait conduire à une augmentation de l’endettement des États. Elle ne permet pas non plus d’envisager un changement de l’objectif de stabilité des prix de la Banque centrale européenne (BCE). Celle-ci doit s’attaquer à l’inflation sans plus attendre pour empêcher les anticipations d’inflation de se dégrader de manière permanente. Il serait aventureux pour la BCE de chercher à soutenir un peu plus l’activité et l’endettement en maintenant son taux directeur à zéro et son programme de rachat d’actifs. Laisser filer l’inflation pose un danger structurel trop grand et représente un poids trop élevé sur le pouvoir d’achat des classes moyennes et des classes populaires, phénomène qui empoisonne actuellement la présidence américaine. Cet arbitrage pourrait néanmoins changer si la situation de conflit avec la Russie devait s’étendre et tourner à la course aux armements. La priorité politique deviendrait alors le soutien à l’activité économique et à la défense, « quoi qu’il en coûte ».

Il ne nous parait pas judicieux de limiter par restrictions administratives la hausse des prix du gaz, pétrole et l’énergie dans la mesure où celle-ci ne serait pas une situation provisoire mais malheureusement une situation durable. Une telle mise en place de subventions pour l’énergie serait bien trop couteuse pour les finances publiques du fait même de son aspect non-transitoire. De même, cette limitation stimulerait la consommation de gaz et pétrole, au moment où stratégiquement il serait bon de la stabiliser voire la réduire.

Emmanuel Macron a pris les devants et a commencé à préparer l’opinion publique en évoquant le coût substantiel qu’aura la guerre en Ukraine sur notre société.

Si ce conflit avec la Russie est bien destiné à se prolonger, les gouvernements européens ne pourront pas faire l’économie d’une réflexion sur l’augmentation de la fiscalité. Qui dit guerre, dit effort de guerre et contributions de guerre. Une telle mesure qui va détourner des ressources de la consommation privée vers la consommation et l’investissement public aura par ailleurs un effet plutôt déflationniste.

Pour nous, il est préférable d’augmenter les impôts et de répartir équitablement la charge de la guerre sur l’ensemble des Français plutôt que faire peser la charge sur les catégories les plus pauvres par le biais de l’inflation ou des éventuelles pénuries liées aux prix administrés.

 

Marc Guyot et Radu Vranceanu 

Impacts économiques de la guerre en Ukraine pour l’Europe

Impacts économiques de la guerre en Ukraine pour l’Europe 

 

La guerre menée par Vladimir Poutine contre l’Ukraine et la réponse apportée par l’Europe et l’Amérique sous forme de sanctions redistribuent les cartes sur le plan économique pour l’ensemble des pays européens. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC.( dans la Tribune) 

L’invasion de l’Ukraine par la Russie est un acte de guerre d’une violence inouïe dont nul ne peut encore prédire la durée. Notre propos est de nous cantonner strictement à notre domaine de compétence et de ne traiter que les perspectives macroéconomiques de cette guerre pour l’économie européenne.

En premier lieu, cette guerre va profondément modifier les vieux arbitrages budgétaires en termes de dépenses militaires dans de nombreux pays européens. En effet, la relative faiblesse des forces armées des pays européens a été mise en lumière ainsi que le coût géopolitique de cette faiblesse. Le réarmement général est à l’ordre du jour, tout comme la réindustrialisation était une priorité en 2020. En particulier, l’Allemagne a d’ores et déjà annoncé un objectif budgétaire de dépenses militaires de l’ordre de 2% de son PIB, comparé à 1,2% par an dans la décennie 2010-2020 (Données SIPRI). Ce passage à une économie de préparation à la guerre renforce le poids de l’État dans l’économie via la redirection de ressources directement vers la base industrielle de défense.

Sur plan strictement macroéconomique, les conséquences économiques d’une guerre s’apparentent aux conséquences économiques d’une pandémie mortelle. Comme la guerre contre le Covid-19, la guerre en Ukraine va générer à la fois un choc de demande et un choc d’offre.

Le choc de demande vient principalement de la réaction des consommateurs et des investisseurs à la forte montée de l’incertitude.  La consommation des ménages diminue au profit de l’épargne. L’investissement diminue également, les entreprises passant dans une posture prudente et attentiste, excepté dans les secteurs liés à la défense. L’évolution des bourses européennes depuis le début du conflit reflète bien ce climat. La demande nette de l’étranger risque également de se détériorer. Côté exportations, la détérioration est portée par la même logique que la baisse de la demande intérieure. Côté importations, l’augmentation des prix de l’énergie, des minerais et de certains produits agricoles va fortement augmenter la facture.

Le choc d’offre vient essentiellement de la hausse des coûts de l’énergie, le pétrole ayant déjà augmenté de 20% contre 80% pour le prix du gaz depuis une semaine. Le Brent est passé de 91 dollars à 111 dollars et le prix spot du gaz en Allemagne est passé de 95 euros/MWh à 175 euros/MWh. Il en va de même avec un certain nombre de métaux pour lesquels la Russie est un producteur majeur comme le palladium, le vanadium ou le titane, des métaux indispensables notamment pour les industries automobiles et aéronautiques. L’Ukraine est un gros exportateur de blé et 36% des échanges mondiaux de blé (et 80% de l’huile de tournesol) passent par la Mer Noire. Les chaînes d’approvisionnement vont subir de nouvelles désorganisations qui vont générer la hausse de coûts de production.

En effet, de nombreux sous-équipementiers de l’industrie d’Europe de l’Est sont installées en Ukraine et ne peuvent plus fournir leurs clients européens. Les filiales d’entreprises européennes installées en Russie (de même que les filières installées en Europe d’entreprises russes) vont fermer, la Russie se retrouvant confinée. Enfin, les coûts de transport devraient augmenter également, notamment le fret aérien avec l’Asie du fait des interdictions de survol de la Russie mais aussi le fret maritime.

Ces deux chocs – offre et demande – vont se renforcer mutuellement dans leur impact négatif sur l’activité économique. En revanche, l’effet net sur les prix va dépendre de leur taille relative l’un par rapport à l’autre. En effet, un choc de demande a un effet dépressif sur les prix alors qu’un choc d’offre à un impact inflationniste. Notre intuition serait que le choc d’offre va être plus important.

Les dirigeants européens se trouvent confrontés à une situation économique complexe, car un choc d’offre amène toujours avec lui le difficile arbitrage entre l’inflation et le chômage. Le problème est que les options sont maintenant réduites par les conséquences des arbitrages passés en faveur du chômage pendant la crise du Covid-19. C’est dans un contexte d’inflation déjà galopante à 5,8% dans la zone euro et un endettement public élevé (100% du PIB dans la zone euro) que ce nouveau choc d’offre se présente. En revanche, les pays européens sont revenus à leur niveau de production et de chômage relativement bas d’avant la crise du Covid-19.

La situation externe et interne ne permet pas d’envisager une baisse des dépenses publiques dans le court terme mais plutôt une hausse, et cela devrait conduire à une augmentation de l’endettement des États. Elle ne permet pas non plus d’envisager un changement de l’objectif de stabilité des prix de la Banque centrale européenne (BCE). Celle-ci doit s’attaquer à l’inflation sans plus attendre pour empêcher les anticipations d’inflation de se dégrader de manière permanente. Il serait aventureux pour la BCE de chercher à soutenir un peu plus l’activité et l’endettement en maintenant son taux directeur à zéro et son programme de rachat d’actifs. Laisser filer l’inflation pose un danger structurel trop grand et représente un poids trop élevé sur le pouvoir d’achat des classes moyennes et des classes populaires, phénomène qui empoisonne actuellement la présidence américaine. Cet arbitrage pourrait néanmoins changer si la situation de conflit avec la Russie devait s’étendre et tourner à la course aux armements. La priorité politique deviendrait alors le soutien à l’activité économique et à la défense, « quoi qu’il en coûte ».

Il ne nous parait pas judicieux de limiter par restrictions administratives la hausse des prix du gaz, pétrole et l’énergie dans la mesure où celle-ci ne serait pas une situation provisoire mais malheureusement une situation durable. Une telle mise en place de subventions pour l’énergie serait bien trop couteuse pour les finances publiques du fait même de son aspect non-transitoire. De même, cette limitation stimulerait la consommation de gaz et pétrole, au moment où stratégiquement il serait bon de la stabiliser voire la réduire.

Emmanuel Macron a pris les devants et a commencé à préparer l’opinion publique en évoquant le coût substantiel qu’aura la guerre en Ukraine sur notre société.

Si ce conflit avec la Russie est bien destiné à se prolonger, les gouvernements européens ne pourront pas faire l’économie d’une réflexion sur l’augmentation de la fiscalité. Qui dit guerre, dit effort de guerre et contributions de guerre. Une telle mesure qui va détourner des ressources de la consommation privée vers la consommation et l’investissement public aura par ailleurs un effet plutôt déflationniste.

Pour nous, il est préférable d’augmenter les impôts et de répartir équitablement la charge de la guerre sur l’ensemble des Français plutôt que faire peser la charge sur les catégories les plus pauvres par le biais de l’inflation ou des éventuelles pénuries liées aux prix administrés.

 

Marc Guyot et Radu Vranceanu 

Guerre Ukraine : des conséquences économiques graves pour l’Afrique

Guerre Ukraine : des conséquences économiques graves pour l’Afrique

L’économiste Rabah Arezki met en garde contre un « choc majeur » pour les ménages du continent, du fait des répercussions de l’offensive russe sur les marchés.

 

Tribune. Les prix de l’énergie et des produits alimentaires connaissent une envolée spectaculaire. Le baril de pétrole brent a franchi la barre des 100 dollars, seuil qu’il n’avait pas atteint depuis 2014. Les prix des produits céréaliers, laitiers et des huiles alimentaires sont à des niveaux records, proches de ceux de l’année 2011, laquelle avait été marquée par des périodes de soulèvements populaires en Afrique et au Moyen-Orient.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a accentué la tendance à la hausse, déjà bien prononcée, des prix de l’énergie et des produits alimentaires. En plus d’être producteurs de gaz naturel et de pétrole, la Russie et l’Ukraine comptent ensemble pour à peu près 30 % de la production globale de blé et 80 % de l’huile de tournesol.

 

Du point de vue macroéconomique, les balances courantes des pays africains sont très vulnérables à l’évolution des marchés des produits de base, même s’ils ne sont pas tous logés à la même enseigne. Par exemple, les pays dépendant des importations d’huile alimentaire et de blé ont été beaucoup plus touchés que les pays importateurs de riz, comme la Côte d’Ivoire, du fait du différentiel de prix entre ces produits.

Les exportateurs de pétrole et de gaz naturel, de plus en plus nombreux sur le continent, bénéficient de la hausse des prix de leurs exportations, qui a contribué à atténuer le choc négatif sur les termes de l’échange découlant de l’augmentation des prix des denrées alimentaires.

Les pays importateurs à la fois d’énergie et de produits alimentaires sont, eux, dans une situation difficile, car leurs déficits extérieurs se creusent de façon abyssale. Au-delà de l’accélération de la hausse des prix liée à la guerre, les pays d’Afrique du Nord comme l’Egypte, la Tunisie et l’Algérie, qui dépendent de l’importation de blé venant directement de l’Ukraine et de la Russie, risquent des ruptures d’approvisionnement.

Au niveau microéconomique, l’impact de la hausse des prix des produits énergétiques et alimentaires sur les populations africaines est sévère. Le continent, qui abrite 67 % des plus pauvres du monde, y est grandement vulnérable. D’autant que les pénuries de produits alimentaires liées aux événements météorologiques extrêmes, comme la sécheresse dans la Corne de l’Afrique et à Madagascar, viennent aggraver les conditions de vie, en particulier pour les groupes économiquement marginalisés.

Guerre en Ukraine : des conséquences économiques pour la France

Guerre en Ukraine : des conséquences économiques pour la France

Il est clair que la France comme d’autres pays dans le monde sera affectée par la guerre en d’Ukraine. La première conséquence sera une entrave au commerce international. La seconde concernera l’envolée supplémentaire de l’inflation du fait de l’augmentation des prix des matières premières et de l’énergie. La France pourrait perdre 1 à 2 % de croissance au lieu des 4%prévus initialement. Il s’agit évidemment des scénarios très approximatifs car  personnes aujourd’hui n’est en état de mesurer l’extension possible de la guerre en Ukraine et ses conséquences. Officieusement, les experts espèrent que le conflit sera contenue en Ukraine. Mais aucune certitude n’est possible tellement est imprévisible la réaction du dictateur Poutine aujourd’hui isolé au plan international et même contesté dans son pays même si toute contestation est complètement muselée.

 

Le bricolage des théories économiques à des fins politiques

Le bricolage des théories économiques à des fins politiques

 

Prenant en exemple le retour de l’interventionnisme économique, l’historien Eric Monnet montre, dans une tribune au « Monde », que les références à la théorie pour légitimer un changement de cap imposé par la réalité sont souvent opportunistes.

 

Tribune.

 

La politique macroéconomique ne cesse d’étonner. Les prêts garantis par l’Etat, l’explosion de la dette publique achetée par la banque centrale, les appels à un renouveau de la politique industrielle ou au protectionnisme semblent plus nourris par le Keynes de Comment payer la guerre (1940) que par des références au libéralisme économique dont se targuent par ailleurs nos dirigeants.

Sous des formes singulières, reviennent de vieilles idées : le financement de la dette publique ne doit pas être dicté par les marchés financiers ; l’Etat est légitime à réguler des flux commerciaux et financiers pour développer ou protéger certains secteurs. Au-delà de la justification en termes de pragmatisme de court terme, et malgré quelques rappels à l’ordre, ces évolutions majeures auront nécessairement des conséquences à long terme sur les finances publiques et les entreprises.

Ce retour de l’interventionnisme économique n’est pourtant pas la conséquence d’un renversement électoral porté par la critique du capitalisme ou des inégalités. Le déplacement de la norme des politiques macroéconomiques ne gomme pas les dissensions politiques. En France, le protectionnisme commercial était défendu tout autant par la monarchie de Juillet (1830-1848) que par le socialiste Louis Blanc (1811-1882), la politique industrielle rassemblait à droite comme à gauche après 1945, la libéralisation financière fut un dénominateur commun des gouvernements de gauche comme de droite dans les années 1980.

Comment peut-on alors qualifier le basculement actuel ? Validerait-il une lecture de l’histoire comme succession de moments correspondant à la prédominance d’une doctrine économique : mercantilisme, libéralisme, keynésianisme, monétarisme et néolibéralisme, etc. ?

Victoire du « keynésianisme technocratique »

Le philosophe et économiste néerlandais Jens van ’t Klooster qualifie l’évolution de la politique européenne au cours des dix dernières années de victoire du « keynésianisme technocratique » (« Technocratic Keynesianism : a paradigm shift without legislative change », New Political Economy, 2021). Il caractérise ainsi le passage d’une conception où primaient l’interdiction du financement de la dette publique par la banque centrale et la faible régulation du crédit privé, à un nouveau paradigme où la banque centrale est un acteur-clé du soutien budgétaire et où les régulateurs bancaires souhaitent orienter les financements en adéquation avec les objectifs d’émission de carbone.

Les avis divergent sur l’ampleur et le sens de ce mouvement, mais des tabous ont certainement été brisés. Or il s’agit avant tout d’une évolution tirée par l’administration, quelquefois orientée par les gouvernements, mais pas d’un changement radical de cadre législatif, ni d’un bouleversement assumé de la théorie macroéconomique !

 

Croissance Allemagne: prévisions économiques 2022 en baisse

Croissance Allemagne: prévisions économiques 2022 en baisse

 

Pour une fois les résultats économiques de la France en tout cas en ce qui concerne le PIB dépassent  ceux de l’Allemagne en 2021. Pour la France, il s’agit cependant pour une large part d’un phénomène de rattrapage. En outre ,l’indicateur le plus pertinent de la performance de l’économie à savoir la balance commerciale accuse toujours des records en France en matière de déficit : près de 80 milliards en 2021. Sur longue période le déficit français tourne toujours entre 50 et 60 milliards quand l’Allemagne dégage un bénéfice moyen de 200 milliards.

Après une hausse décevante du PIB de 2,7% en 2021, le gouvernement allemand s’apprête à ramener sa prévision de croissance économique pour cette année à 3,6%, contre 4,1% attendu en octobre, selon l’hebdomadaire Der Spiegel. Cette révision à la baisse s’explique par les goulets d’étranglement) qui pèsent sur l’activité de plusieurs secteurs (dont celui des semi-conducteurs, et par l’impact de la quatrième vague de Covid-19, précise le magazine allemand. Du côté des pénuries de matériaux et de composants qui affectent depuis plusieurs mois l’industrie allemande, le tableau est en effet contrasté : les commandes industrielles et les exportations sont reparties à la hausse ces derniers mois mais certains secteurs, notamment l’automobile, s’attendent encore à des mois difficiles. Citant une source gouvernementale, l’agence Reuters a également annoncé cette révision à la baisse de la croissance.La prévision de croissance de l’Allemagne est à peu près du même ordre qu’en France (4 % espérés en France pour 3,6 % en Allemagne)

Mesures d’isolement allégées pour des motifs économiques

Mesures d’isolement allégées pour des motifs économiques

C’est moins pour les questions sanitaires que pour des questions économiques que le gouvernement vient d’assouplir très nettement les mesures d’isolement. L’objectif n’est donc pas d’empêcher la circulation du virus mais plutôt d’éviter le développement d’un absentéisme susceptible de paralyser les activités du pays. Le gouvernement a en effet annoncé dimanche un assouplissement des règles d’isolement des positifs et de leurs contacts, mais uniquement pour les personnes ayant un schéma vaccinal complet. L’isolement pour une personne positive durera sept jours au lieu de dix, quel que soit le variant, et pourra être levé au bout de cinq jours en cas de test négatif. Et il n’y aura plus de quarantaine pour les personnes cas contact disposant d’un schéma vaccinal complet.

 

Avec la pandémie une remise en cause de toutes les prévisions économiques

Avec la pandémie une remise en cause de toutes les prévisions économiques

 

 

Récemment l’OCDE avait légèrement revu à la baisse sa prévision de croissance mondiale pour 2021 en raison de la montée de la pandémie.

Il est clair cependant que toutes les projections économiques avancées par les différents instituts seront remises en cause du fait des incidences du variant omicron qui touche toutes les zones mondiales.

Pour l’année 2021 la percée du variant omicron aura peu d’influence sur les prévisions puisque l’année est pratiquement faite; par contre; il faudra compter entre un point et deux  de croissance en moins en 2022 selon les zones. Ainsi par exemple en France on compte sur une croissance de 4,2 % d’après l’OCDE mais la perspective pourrait être seulement de 3 %.

D’après les prévisions revues en baisse début décembre par l’OCDE L’économie mondiale pourrait croître de 5,6% cette année, , soit un recul de 0,1 point comparé aux précédentes prévisions de septembre. Elle évoque «des réalités économiques très différentes» entre régions et estime que «la reprise restera précaire» tant que l’on ne distribuera pas les vaccins partout dans le monde.

. Selon elle, ces écarts de croissance sont le reflet des inégalités dans les systèmes de santé, les politiques publiques, les pénuries de travailleurs dans certains secteurs, et une hausse des prix «plus durable qu’anticipé». Pour la zone euro, l’OCDE prévoit un léger recul de sa prévision de croissance 2021 à 5,2%.

Elle table par contre sur une amélioration pour la France avec un PIB en progression de 6,8% cette année (+0,5 point) et 4,2% l’an prochain (+0,2), et pour l’Italie respectivement en progression de 6,3% (+0,4 point) et 4,6% (+0,5). L’Allemagne subit de son côté «des pénuries de matériaux clés» pour son industrie et voit sa prévision reculer de 0,5 point l’an prochain à 4,1% mais se stabiliser à 2,9% cette année.

Concernant les Etats-Unis, l’OCDE a de nouveau révisé ses attentes en baisse, cette fois à 5,6% de croissance cette année et 3,7% l’an prochain.

 

L’OCDE insiste sur le fait que toutes les conséquences négatives de l’embellie de la pandémie ne peuvent être pris en compte à ce stade mais qu’elles auront forcément un impact sur l’activité. La vérité sans doute ce qu’il est aujourd’hui impossible de quantifier les éventuels conséquences d’une pandémie dans le développement pourrait devenir incontrôlable en tout cas qui pourrait affecter durement la croissance.

Perspectives économiques 2022 : Priorité à la santé, à l’éducation et au climat (OCDE)

Perspectives économiques 2022  : Priorité à la santé, à l’éducation et au climat (OCDE)

 

Laurence Boone, économiste en chef de l’OCDE affirme estime « qu’il y a une réforme en profondeur des finances publiques à faire en faveur de la santé, de l’éducation et du climat. »  dès l’année 2022 ( intreview dans la Tribune)

Comment se caractérise la reprise économique heurtée par le variant Omicron à l’échelle mondiale ? A quoi faut-il s’attendre en 2022 ?

LAURENCE BOONE - La reprise continue mais il y a beaucoup de déséquilibres partout dans le monde, que ce soit entre les pays et à l’intérieur des pays. Ces déséquilibres peuvent se manifester dans les chaînes de production et dans l’inflation. Cette année 2022 va être un exercice d’équilibre. En 2021, le rebond du PIB a été très fort au niveau mondial à 5,6%. La croissance devrait passer à 4,5% en 2022 et 3,2% en 2023. Si des déséquilibres existent entre les différentes régions du monde, la dynamique est globalement la même à cet horizon.

La croissance rapide du variant Omicron nous rappelle qu’on est loin d’être sortis de la crise sanitaire. Néanmoins, avec la vaccination qui progresse, le soutien de la politique monétaire et budgétaire dans le monde, la reprise se poursuit et devrait atteindre un pic au tournant de 2021, puis revenir de manière assez graduelle au type de croissance d’avant crise. D’ici fin 2023, le monde devrait être revenu sur le sentier de croissance que l’on connaissait avant cette crise sanitaire. On est prudemment optimistes.

Quelles sont les principales divergences entre les Etats-Unis et la zone euro dans cette reprise ?

Il y a un certain nombre de déséquilibres à commencer par la façon dont les pays ont reconquis la croissance. La reprise est contrastée entre les Etats-Unis et la zone euro. En zone euro, beaucoup d’efforts ont été faits pour maintenir les personnes dans l’emploi et pour soutenir l’emploi. Cela se traduit par une situation sur l’emploi qui est revenue à son niveau d’avant-crise. Elle devrait continuer de s’améliorer dans les mois à venir.

Aux Etats-Unis, le taux d’emploi est à la traîne et ne devrait pas retrouver avant fin 2023 son niveau d’avant-crise. Le recul du PIB a été un peu plus limité en 2020 aux Etats-Unis par rapport à l’Europe. Et le rebond a été fort outre-Atlantique. Ce qui signifie qu’en cas de choc, l’emploi risquerait de souffrir aux Etats-Unis alors qu’en Europe, c’est plutôt la croissance.

Vous êtes particulièrement vigilante sur la reprise dans les économies émergentes.

La pandémie a encore ralenti le processus de rattrapage des économies de marché émergentes. Depuis 2014, ce rattrapage avait commencé à stagner. Avec la pandémie, l’écart de niveau de vie entre les pays avancés et les pays émergents a tendance à s’accroître. Ce déséquilibre mondial se forme car il y a moins de vaccins, moins de soutiens monétaires et budgétaires dans les pays émergents. Cela n’est pas très favorable pour leur niveau de vie et pour la demande qu’ils adressent aux pays avancés.

Que devrait-on faire pour limiter ces déséquilibres ?

La première chose à faire pour réduire ces déséquilibres économiques est la vaccination. Il

Avec Omicron une remise en cause de toutes les prévisions économiques

Avec Omicron une remise en cause de toutes les prévisions économiques

 

 

Récemment l’OCDE avait légèrement revu à la baisse sa prévision de croissance mondiale pour 2021 en raison de la montée de la pandémie.

Il est clair cependant que toutes les projections économiques avancées par les différents instituts seront remises en cause du fait des incidences du variant omicron qui touche toutes les zones mondiales.

Pour l’année 2021 la percée du variant omicron aura peu d’influence sur les prévisions puisque l’année est pratiquement faite; par contre; il faudra compter entre un point et deux  de croissance en moins en 2022 selon les zones. Ainsi par exemple en France on compte sur une croissance de 4,2 % d’après l’OCDE mais la perspective pourrait être seulement de 3 %.

D’après les prévisions revues en baisse début décembre par l’OCDE L’économie mondiale pourrait croître de 5,6% cette année, , soit un recul de 0,1 point comparé aux précédentes prévisions de septembre. Elle évoque «des réalités économiques très différentes» entre régions et estime que «la reprise restera précaire» tant que l’on ne distribuera pas les vaccins partout dans le monde.

. Selon elle, ces écarts de croissance sont le reflet des inégalités dans les systèmes de santé, les politiques publiques, les pénuries de travailleurs dans certains secteurs, et une hausse des prix «plus durable qu’anticipé». Pour la zone euro, l’OCDE prévoit un léger recul de sa prévision de croissance 2021 à 5,2%.

Elle table par contre sur une amélioration pour la France avec un PIB en progression de 6,8% cette année (+0,5 point) et 4,2% l’an prochain (+0,2), et pour l’Italie respectivement en progression de 6,3% (+0,4 point) et 4,6% (+0,5). L’Allemagne subit de son côté «des pénuries de matériaux clés» pour son industrie et voit sa prévision reculer de 0,5 point l’an prochain à 4,1% mais se stabiliser à 2,9% cette année.

Concernant les Etats-Unis, l’OCDE a de nouveau révisé ses attentes en baisse, cette fois à 5,6% de croissance cette année et 3,7% l’an prochain.

 

L’OCDE insiste sur le fait que toutes les conséquences négatives de l’embellie de la pandémie ne peuvent être pris en compte à ce stade mais qu’elles auront forcément un impact sur l’activité.

La France a bradé ses champions économiques

La France a bradé ses champions économiques

 

Après la planification stratégique dans les années 1960, la place de l’Etat dans les grandes entreprises nationales ou européennes s’est peu à peu muée en actionnariat impuissant, explique l’économiste, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

La Chine et ses puissantes entreprises menaceraient, semble-t-il, de gouverner l’ensemble des secteurs industriels mondiaux. Afin d’affronter ces nouveaux géants, il est tentant de s’en remettre à la concentration industrielle afin de voir émerger des champions nationaux, voire européens. Dans les industries à fortes économies d’échelle, obtenir une taille critique est une condition nécessaire pour augmenter les capacités d’investissement et relever les défis numériques et environnementaux : c’est l’argument invoqué pour les fusions récentes entre Alstom et Bombardier dans le rail, PSA-Opel puis PSA-FCA dans l’automobile, Safran et Zodiac Aerospace dans l’aéronautique, ou en cours entre Suez-Veolia dans l’eau et les déchets, TF1 et M6 dans les médias.

Les « champions nationaux » sont ainsi censés réaliser concrètement des politiques gouvernementales de développement de l’économie nationale et de protection de la souveraineté. Mais dans une économie mondialisée et dérégulée, des grands groupes autonomes peuvent-ils se muer en « champions nationaux » en l’absence de vision et de planification stratégique ?


Une politique de « champions nationaux » émerge au tournant des années 1960. Il s’agissait alors pour l’Etat de choisir des firmes, publiques ou privées, qui seraient capables de tirer l’industrie vers le haut. Airbus s’est ainsi progressivement constitué à coups de fusions, Renault a été de fait le champion national de l’automobile en tant qu’entreprise nationalisée, d’autres ont été créées de toutes pièces, comme dans l’aérospatiale autour du rôle coordinateur du Centre national d’études spatiales. Appuyées par un Etat dirigiste (mais non despotique) et des fonctionnaires formés dans les prestigieuses écoles d’ingénieurs capables de travailler avec le privé, ces entreprises réalisaient non seulement les objectifs économiques (emplois, commerce extérieur) de la France, mais aussi ses objectifs politiques et sociaux.

A partir des années 1980, la puissance publique abandonne progressivement ses champions, dont les destins vont diverger. Certains s’en tireront par le biais de la privatisation, comme Renault et plus tard Airbus, dans le but de se « banaliser » aux yeux des investisseurs privés. D’autres, comme le géant de l’électronique Thomson-CSF, seront démantelés pour être revendus en petits morceaux. Dans les deux cas, ces grands groupes s’émancipent de la politique étatique.

L’Etat actionnaire change de doctrine. Plutôt que de diriger le développement de la firme, il l’accompagne, c’est-à-dire valide la politique de l’entreprise. C’est un retournement complet de la relation entre l’Etat et ses « champions ». Compter l’Etat parmi les actionnaires n’est donc plus pour les salariés une garantie d’avoir au conseil d’administration un allié capable de s’opposer aux destructions d’emplois ou aux coupes dans les budgets de recherche et développement (R&D).

Croissance mondiale : révisions en baisse des prévisions économiques du FMI

Croissance mondiale  : révisions   en baisse des prévisions économiques du FMI

 

Le FMI avait déjà revu en baisse ses prévisions après avoir constaté un certain tassement dans certaines zones . Le Fonds monétaire international envisage de réviser à nouveau en baisse ses prévisions de croissance mondiale en raison du nouveau variant Omicron qui se répand dans le monde, a indiqué vendredi la directrice générale de l’institution.

Compte tenu des risques les prévisions du FMI avait déjà été modifiées le 12 octobre 2021 .

Le  FMI avait  abaissé la prévision de croissance 2021 de la première économie du monde à 6%, contre 7% en juillet. Mais elle l’a révisé en hausse pour 2022, à 5,2%, en prenant en compte les projets de dépenses pharaoniques prévues par l’administration Biden, de plusieurs milliers de milliards de dollars.

À l’inverse, le Fonds a révisé en hausse sa prévision de croissance 2021 pour la zone euro (+0,4 point à 5%). Mais là encore, les disparités sont grandes avec une hausse de son estimation de croissance pour la France qui a accéléré la vaccination de sa population (+0,5 point à 6,3%) et une baisse pour celle de l’Allemagne qui pâtit de la pénurie des semi-conducteurs (-0,5 point à 3,1%).

Pour 2022, le FMI prévoyait sur une croissance mondiale inchangée à 4,9%. Devant les risques du nouveau variant omicron, la directrice du FMI a prévenu hier que l’organisation internationale était susceptible de réviser encore à la baisse ces différentes prévisions. Selon certaines hypothèses, la révision pourrait être d’un point en baisse en moyenne.

Croissance mondiale : révisions des prévisions économiques du FMI

Croissance mondiale  : révisions   des prévisions économiques du FMI

 

Le FMI avait déjà revu en baisse ses prévisions le 12 octobre après avoir constaté un certain tassement dans certaines zones . Le Fonds monétaire international envisage de réviser à nouveau en baisse ses prévisions de croissance mondiale en raison du nouveau variant Omicron qui se répand dans le monde, a indiqué vendredi la directrice générale de l’institution.

Compte tenu des risques les prévisions du FMI avait déjà été modifiées le 12 octobre 2021 .

Le  FMI avait  abaissé la prévision de croissance 2021 de la première économie du monde à 6%, contre 7% en juillet. Mais elle l’a révisé en hausse pour 2022, à 5,2%, en prenant en compte les projets de dépenses pharaoniques prévues par l’administration Biden, de plusieurs milliers de milliards de dollars.

À l’inverse, le Fonds a révisé en hausse sa prévision de croissance 2021 pour la zone euro (+0,4 point à 5%). Mais là encore, les disparités sont grandes avec une hausse de son estimation de croissance pour la France qui a accéléré la vaccination de sa population (+0,5 point à 6,3%) et une baisse pour celle de l’Allemagne qui pâtit de la pénurie des semi-conducteurs (-0,5 point à 3,1%).

Pour 2022, le FMI prévoyait sur une croissance mondiale inchangée à 4,9%. Devant les risques du nouveau variant omicron, la directrice du FMI a prévenu hier que l’organisation internationale était susceptible de réviser encore à la baisse ces différentes prévisions. Selon certaines hypothèses, la révision pourrait être d’un point en baisse en moyenne.

Croissance : : remise en cause des prévisions économiques du FMI

Croissance : : remise en cause des prévisions économiques du FMI

 

Le FMI avait déjà revu en baisse ses prévisions le 12 octobre après avoir constaté un certain tassement dans certaines zones . Le Fonds monétaire international envisage de réviser à nouveau en baisse ses prévisions de croissance mondiale en raison du nouveau variant Omicron qui se répand dans le monde, a indiqué vendredi la directrice générale de l’institution.

Compte tenu des risques les prévisions du FMI avait déjà été modifiées le 12 octobre 2021 .

Le  FMI avait  abaissé la prévision de croissance 2021 de la première économie du monde à 6%, contre 7% en juillet. Mais elle l’a révisé en hausse pour 2022, à 5,2%, en prenant en compte les projets de dépenses pharaoniques prévues par l’administration Biden, de plusieurs milliers de milliards de dollars.

À l’inverse, le Fonds a révisé en hausse sa prévision de croissance 2021 pour la zone euro (+0,4 point à 5%). Mais là encore, les disparités sont grandes avec une hausse de son estimation de croissance pour la France qui a accéléré la vaccination de sa population (+0,5 point à 6,3%) et une baisse pour celle de l’Allemagne qui pâtit de la pénurie des semi-conducteurs (-0,5 point à 3,1%).

Pour 2022, le FMI prévoyait sur une croissance mondiale inchangée à 4,9%. Devant les risques du nouveau variant omicron, la directrice du FMI a prévenu hier que l’organisation internationale était susceptible de réviser encore à la baisse ces différentes prévisions. Selon certaines hypothèses, la révision pourrait être d’un point en baisse en moyenne.

Croissance et Omicron: : remise en cause des prévisions économiques du FMI

Croissance et Omicron: : remise en cause des prévisions économiques du FMI

 

Le FMI avait déjà revu en baisse ses prévisions le 12 octobre après avoir constaté un certain tassement dans certaines zones . Le Fonds monétaire international envisage de réviser à nouveau en baisse ses prévisions de croissance mondiale en raison du nouveau variant Omicron qui se répand dans le monde, a indiqué vendredi la directrice générale de l’institution.

Compte tenu des risques les prévisions du FMI avait déjà été modifiées le 12 octobre 2021 .

Le  FMI avait  abaissé la prévision de croissance 2021 de la première économie du monde à 6%, contre 7% en juillet. Mais elle l’a révisé en hausse pour 2022, à 5,2%, en prenant en compte les projets de dépenses pharaoniques prévues par l’administration Biden, de plusieurs milliers de milliards de dollars.

À l’inverse, le Fonds a révisé en hausse sa prévision de croissance 2021 pour la zone euro (+0,4 point à 5%). Mais là encore, les disparités sont grandes avec une hausse de son estimation de croissance pour la France qui a accéléré la vaccination de sa population (+0,5 point à 6,3%) et une baisse pour celle de l’Allemagne qui pâtit de la pénurie des semi-conducteurs (-0,5 point à 3,1%).

Pour 2022, le FMI prévoyait sur une croissance mondiale inchangée à 4,9%. Devant les risques du nouveau variant omicron, la directrice du FMI a prévenu hier que l’organisation internationale était susceptible de réviser encore à la baisse ces différentes prévisions. Selon certaines hypothèses, la révision pourrait être d’un point en baisse en moyenne.

Résultats économiques de la France : cocorico ?

Résultats économiques de la France : cocorico ?

 

 

Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde s’étonne  que la France ne célèbre pas par un cocorico national les résultats économiques du pays qui a ses yeux sont exceptionnels. Un enthousiasme sans doute qui mériterait d’être davantage mesuré ;par exemple; la forte croissance correspond en 2021 à un rattrapage sur 2020 notamment.. 2021 nous serons à peu près au niveau d’activité de fin 2019. Pour 2022 on prévoit d’ailleurs un retour à la croissance molle d’environde 2 %. Deux grandes faiblesses sont négligées dans ce papier d’une part la dégradation constante-Et aggravée– de la balance commerciale véritable indicateur de la compétitivité française et l’ampleur des dérives financières dont le danger réapparaîtra immédiatement avec le relèvement des taux d’intérêt. Le redressement de l’emploi découle directement évidemment à l’augmentation de l’activité est corrélé au niveau duPIB. Bref, une analyse davantage socio-politique qu’économique.Quant à la croissance du cac40 , il est directement lié la politique accommodante -qui ne pourra durer- de la banque centrale européenne.

 

L’édito du « monde »

 

Jamais depuis 1969 la France n’a connu un chiffre de croissance aussi fort. La politique, consensuelle, du « quoi qu’il en coûte » a fonctionné au-delà des espérances. Sans empêcher pourtant que ses résultats soient interprétés comme une parenthèse à prendre avec circonspection, analyse, dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

Tout est hors norme dans ce qu’il se passe en ce moment dans le pays. A commencer par la pluie de bons indices économiques, qui surprend de jour en jour. La croissance ? On se dispute pour savoir si elle restera aux alentours de 6,3 % ou si elle finira par « tangenter » les 7 % cette année. Il faut remonter à 1969 pour trouver un chiffre aussi haut.

 

Le chômage ? Au sortir du troisième confinement, on craignait le pire au regard de ce qui s’était produit au lendemain de la crise des subprimes. Entre la mi-2008 et la mi-2014, le nombre de chômeurs (au sens du Bureau international du travail) avait grimpé de 40 % pour toucher 2,8 millions de personnes, soit 10,2 % de la population active. Rien de tel aujourd’hui : le nombre de demandeurs d’emploi a chuté de plus de 200 000 cet été, et beaucoup d’entreprises se plaignent de ne pas parvenir à recruter la main-d’œuvre dont elles ont besoin. Estimé aux alentours de 7,6 %, le taux de chômage devrait enregistrer en 2021 son niveau le plus bas depuis quinze ans.

Vendredi 5 novembre, le CAC 40, l’indice-phare de la Bourse de Paris, a franchi, pour la première fois de son histoire, le seuil des 7 000 points après un envol de plus de 25 % depuis le début de l’année. Le secteur du luxe a supplanté les télécoms comme moteur de l’indice.

Un jour plus tôt, l’Insee avait indiqué que, selon ses calculs, le taux de pauvreté était resté stable en 2020. Pas de quoi pavoiser quand on sait que le pays compte 9,3 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, soit 14,6 % de la population active. Mais il y a un an, les associations redoutaient un million de pauvres en plus, en évoquant les dégâts qu’était en train de causer la plus grave crise économique que la France ait traversée depuis la seconde guerre mondiale : le recul du PIB (– 7,9 %) était de fait bien supérieur à celui qui avait été enregistré en 2009 (– 2,9 %).

Rien décidément ne se passe comme prévu. Avec sa croissance molle et son chômage de masse, la France avait pris l’habitude de figurer parmi les élèves moyens du classement européen. Cette fois, elle caracole en tête et détrône les champions comme l’Allemagne dans le rythme de la reprise économique.

Au vu de ces performances, le pays serait en droit de pousser un franc cocorico, d’autant que, pour la première fois depuis bien longtemps, la politique qui a produit ces résultats a bénéficié d’un large consensus politique. Le « quoi qu’il en coûte » qui a vu l’Etat se transformer pendant des mois en premier employeur de la maison France n’a guère été questionné au plus fort de la crise sanitaire. A juste titre, car non seulement ce choix a permis d’éviter un drame social de grande ampleur, mais il s’est révélé économiquement efficace au moment où le pays a cessé d’être sous cloche. Le financement massif par l’Etat de l’activité partielle a en effet permis aux entreprises d’être très rapidement opérationnelles, contrairement à ce qui s’était produit en 2008.

Perspectives économiques 2022 : Le double handicap d’une forte inflation et d’une faible croissance ?

Perspectives économiques 2022 : Le double handicap d’une forte inflation et d’une faible croissance ?

 

En parfaite conformité avec les théories libérales de Milton Friedman, l’économiste Laurence Daziano analyse, dans une tribune au « Monde », la montée d’un risque inflationniste croissant qui menace les économies occidentales, dont la France.

 

Tribune.

Contre toute attente, la crise sanitaire du Covid a entraîné, après le déploiement de plans de relance massifs, une croissance spectaculaire en l’espace de quelques semaines. Aux Etats-Unis ou en France, la croissance pourrait atteindre plus de 6 % en 2021. Cette forte reprise explique notamment les pénuries multiples et la reprise de l’inflation, qui avait, depuis vingt ans, disparu des pays développés.

L’inflation atteint près de 5 % aux Etats-Unis et près de 3 % en Europe, dont 4 % en Allemagne. Pour l’heure, la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque centrale européenne (BCE) ou la Banque d’Angleterre ont refusé de relever leurs taux, considérant que ce regain d’inflation était temporaire et lié au contexte très particulier de la reprise post-Covid qui est, elle-même, conjoncturelle.

 

La consommation est largement portée par le surcroît d’épargne généré pendant la crise sanitaire ainsi que par les plans de relance. Or, ces deux mécanismes vont progressivement s’effacer durant l’année 2022. Les hausses de prix se concentrent dans certains secteurs particuliers tels que l’énergie, les biens industriels et l’alimentation. Dans ces domaines, les entreprises devraient ajuster dans les prochains mois l’offre à la demande, éteignant les hausses de prix constatées actuellement.

Une inflation sous-jacente dans le monde

Certes, ces mécanismes sont conjoncturels et exceptionnels. Mais ils dévoilent, en réalité, des problèmes structurels qui n’avaient pas été traités jusqu’à présent, notamment le maintien de taux bas en période expansionniste, l’alimentation ininterrompue des marchés financiers en liquidités par les banques centrales ou la hausse des prix immobiliers.

 

Milton Friedman (1912-2006), fondateur de l’école de Chicago, a parfaitement expliqué avec la théorie quantitative de la monnaie qu’un accroissement monétaire se termine, tôt ou tard, par une hausse de l’inflation avec ce résumé limpide : « L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire en ce sens qu’elle est et qu’elle ne peut être générée que par une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production », de sorte que l’afflux de liquidités sur les marchés génère mécaniquement des tensions inflationnistes.

Lire aussi  Article réservé à nos abonnés A travers le monde, les banques centrales commencent à resserrer leur politique monétaire

L’inflation sous-jacente augmente partout dans le monde, avec des tensions sur les matières premières, l’énergie et désormais les salaires. Plusieurs enquêtes annoncent que les anticipations inflationnistes des acteurs économiques vont s’ajuster sur le niveau de la hausse des prix.

Cop 26 : pas d’avancée sans couplage des intérêts environnementaux et économiques

Cop  26 : pas d’avancée sans couplage des intérêts environnementaux et économiques

 

 

Bertrand Piccard, président de la Fondation Solar Impulse, explique dans la Tribune qu’il est nécessaire de coupler les intérêts environnementaux et économiques.

 

Tribune

 

Il n’y a rien de plus important que de réunir les décideurs du monde entier autour des enjeux climatiques. Il n’y a rien de plus frustrant aussi. La conférence de Glasgow qui s’ouvre aujourd’hui offre une opportunité ultime de définir une feuille de route qui permettra de sortir de la crise climatique.

En habitué de ces conférences internationales, je sais aussi que l’on passera beaucoup de temps à s’écharper sur des virgules, et que des pays majeurs refuseront les choix qui s’imposent pourtant de manière flagrante. Même si le contexte des catastrophes naturelles, de la mobilisation des jeunes et des effets de la pandémie ont accéléré la prise de conscience d’un destin commun, les facteurs économiques vont rester prioritaires dans la prise de décision des pays participants.

Le premier enjeu majeur de cette COP26 consiste à réévaluer à la hausse les engagements de lutte contre le réchauffement des 196 Etats signataires de l’Accord de Paris. C’est indispensable pour parvenir à l’objectif fixé, soit une réduction de 45% des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2030. La trajectoire actuelle est mauvaise, et son infléchissement nécessite des mesures fortes et des investissements importants.

La première bonne nouvelle, c’est que l’objectif reste atteignable. La seconde, c’est que les mesures ne seront pas seulement bonnes pour l’environnement et la qualité de vie des citoyens, mais aussi pour l’économie, car elles offrent de formidables opportunités dans le développement de nouveaux débouchés et dans la mise en place d’infrastructures rentables permettant de décarboner le monde. C’est de cela que les négociateurs doivent tenir compte. S’ils pensent que des engagements ambitieux seront préjudiciables à leur développement économique, ils continueront à résister à tout changement.

Si les négociateurs de Glasgow arrivent à percevoir que c’est le contraire, que la protection de l’environnement est devenue la plus grande force motrice pour l’économie, j’entrevois une chance que cette COP26 devienne un succès.

Des mécanismes de marché pour le carbone

Le deuxième enjeu vise à instaurer des mécanismes de marché pour le carbone. Si un pays a du mal à atteindre seul ses objectifs, il pourra mener une action de réduction (par exemple installer des panneaux solaires) dans un autre pays. L’Etat investisseur tirera de cette action des «crédits carbone» qu’il pourra inscrire à son propre bilan. L’objectif de ce mécanisme est d’atteindre le plus vite possible la neutralité carbone au niveau mondial, car il est souvent plus efficace et moins onéreux d’investir dans un pays en développement où, avec un faible investissement, dont on peut réduire fortement les émissions.

Ce système comporte cependant plusieurs effets pervers: les pays développés pourront être tentés de réaliser une partie de leurs objectifs à l’étranger, ce qui fera prendre du retard à des investissements nécessaires chez eux. L’autre problème vient de la comptabilisation: normalement, c’est le pays investisseur qui doit inscrire l’action à son bénéfice. Mais certains Etats souhaitent mettre à leur compte tout investissement étranger réalisé sur leur sol… C’est pour éviter un double comptage qu’il faut établir des règles strictes dans la traçabilité des projets, ce qui promet d’occuper les négociateurs pendant de longues nuits.

Le troisième enjeu de cette COP26 est atteindre l’objectif de 100 milliards de dollars d’investissement dans les pays pauvres chaque année à travers le Green Climate Fund jusqu’en 2025. Pour l’instant, ces montants n’ont pas été atteints mais, selon les organisateurs, cet objectif est atteignable et il est évidemment souhaitable. Ces investissements offrent en plus de formidables opportunités pour mettre en œuvre les 1’300 solutions labellisées par la Fondation Solar Impulse.

Turquie: les Européens mettent des conditions économiques

Turquie: les Européens mettent des conditions économiques

Il est clair qu’Erdogan est peu sensible aux critiques qui peuvent intervenir sur le terrain démocratique et des libertés par contre son pays est actuellement enfoncé dans une crise redoutable à la fois une crise sanitaire mais aussi et surtout plus durablement dans une crise économique et financière grave. Du coup, Erdogan est condamné à abandonner au moins une partie sa posture d’agitateur international et de rechercher des accommodements avec l’union économique car il a un besoin urgent d’aide financière.

 

Ce qu’a laissé comprendre l’union économique en posant ses conditions. Les dirigeants de l’UE ont laissé entrevoir à Recep Tayyip Erdogan les bénéfices qu’il pourrait tirer d’un climat durablement apaisé – des bénéfices essentiellement économiques. Il s’agit d’une corde sensible pour le président turc, à l’heure où son économie est empêtrée dans l’inflation, le chômage, les difficultés monétaires et l’extrême méfiance des investisseurs étrangers. L’UE se dit prête à moderniser l’union douanière avec Ankara, alors que cette réforme était jugée «inenvisageable» à l’automne 2020. À l’époque, Erdogan envoyait des navires de recherche d’hydrocarbures dans des zones maritimes revendiquées par la Grèce et multipliait les affronts, notamment à l’égard d’Emmanuel Macron. Depuis, ses bateaux sont rentrés au port, le ton est nettement plus cordial, et les discussions ont repris avec Athènes. «Cette désescalade est un développement positif. Elle doit être soutenue et renforcée», a résumé Charles Michel, rappelant l’approche «progressive, conditionnelle et réversible» vis-à-vis d’Ankara. Parmi les mesures d’aide économique figurent aussi le soutien financier européen aux 4 millions de réfugiés installés en Turquie.

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