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Croissance : : remise en cause des prévisions économiques du FMI

Croissance : : remise en cause des prévisions économiques du FMI

 

Le FMI avait déjà revu en baisse ses prévisions le 12 octobre après avoir constaté un certain tassement dans certaines zones . Le Fonds monétaire international envisage de réviser à nouveau en baisse ses prévisions de croissance mondiale en raison du nouveau variant Omicron qui se répand dans le monde, a indiqué vendredi la directrice générale de l’institution.

Compte tenu des risques les prévisions du FMI avait déjà été modifiées le 12 octobre 2021 .

Le  FMI avait  abaissé la prévision de croissance 2021 de la première économie du monde à 6%, contre 7% en juillet. Mais elle l’a révisé en hausse pour 2022, à 5,2%, en prenant en compte les projets de dépenses pharaoniques prévues par l’administration Biden, de plusieurs milliers de milliards de dollars.

À l’inverse, le Fonds a révisé en hausse sa prévision de croissance 2021 pour la zone euro (+0,4 point à 5%). Mais là encore, les disparités sont grandes avec une hausse de son estimation de croissance pour la France qui a accéléré la vaccination de sa population (+0,5 point à 6,3%) et une baisse pour celle de l’Allemagne qui pâtit de la pénurie des semi-conducteurs (-0,5 point à 3,1%).

Pour 2022, le FMI prévoyait sur une croissance mondiale inchangée à 4,9%. Devant les risques du nouveau variant omicron, la directrice du FMI a prévenu hier que l’organisation internationale était susceptible de réviser encore à la baisse ces différentes prévisions. Selon certaines hypothèses, la révision pourrait être d’un point en baisse en moyenne.

Croissance et Omicron: : remise en cause des prévisions économiques du FMI

Croissance et Omicron: : remise en cause des prévisions économiques du FMI

 

Le FMI avait déjà revu en baisse ses prévisions le 12 octobre après avoir constaté un certain tassement dans certaines zones . Le Fonds monétaire international envisage de réviser à nouveau en baisse ses prévisions de croissance mondiale en raison du nouveau variant Omicron qui se répand dans le monde, a indiqué vendredi la directrice générale de l’institution.

Compte tenu des risques les prévisions du FMI avait déjà été modifiées le 12 octobre 2021 .

Le  FMI avait  abaissé la prévision de croissance 2021 de la première économie du monde à 6%, contre 7% en juillet. Mais elle l’a révisé en hausse pour 2022, à 5,2%, en prenant en compte les projets de dépenses pharaoniques prévues par l’administration Biden, de plusieurs milliers de milliards de dollars.

À l’inverse, le Fonds a révisé en hausse sa prévision de croissance 2021 pour la zone euro (+0,4 point à 5%). Mais là encore, les disparités sont grandes avec une hausse de son estimation de croissance pour la France qui a accéléré la vaccination de sa population (+0,5 point à 6,3%) et une baisse pour celle de l’Allemagne qui pâtit de la pénurie des semi-conducteurs (-0,5 point à 3,1%).

Pour 2022, le FMI prévoyait sur une croissance mondiale inchangée à 4,9%. Devant les risques du nouveau variant omicron, la directrice du FMI a prévenu hier que l’organisation internationale était susceptible de réviser encore à la baisse ces différentes prévisions. Selon certaines hypothèses, la révision pourrait être d’un point en baisse en moyenne.

Résultats économiques de la France : cocorico ?

Résultats économiques de la France : cocorico ?

 

 

Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde s’étonne  que la France ne célèbre pas par un cocorico national les résultats économiques du pays qui a ses yeux sont exceptionnels. Un enthousiasme sans doute qui mériterait d’être davantage mesuré ;par exemple; la forte croissance correspond en 2021 à un rattrapage sur 2020 notamment.. 2021 nous serons à peu près au niveau d’activité de fin 2019. Pour 2022 on prévoit d’ailleurs un retour à la croissance molle d’environde 2 %. Deux grandes faiblesses sont négligées dans ce papier d’une part la dégradation constante-Et aggravée– de la balance commerciale véritable indicateur de la compétitivité française et l’ampleur des dérives financières dont le danger réapparaîtra immédiatement avec le relèvement des taux d’intérêt. Le redressement de l’emploi découle directement évidemment à l’augmentation de l’activité est corrélé au niveau duPIB. Bref, une analyse davantage socio-politique qu’économique.Quant à la croissance du cac40 , il est directement lié la politique accommodante -qui ne pourra durer- de la banque centrale européenne.

 

L’édito du « monde »

 

Jamais depuis 1969 la France n’a connu un chiffre de croissance aussi fort. La politique, consensuelle, du « quoi qu’il en coûte » a fonctionné au-delà des espérances. Sans empêcher pourtant que ses résultats soient interprétés comme une parenthèse à prendre avec circonspection, analyse, dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

Tout est hors norme dans ce qu’il se passe en ce moment dans le pays. A commencer par la pluie de bons indices économiques, qui surprend de jour en jour. La croissance ? On se dispute pour savoir si elle restera aux alentours de 6,3 % ou si elle finira par « tangenter » les 7 % cette année. Il faut remonter à 1969 pour trouver un chiffre aussi haut.

 

Le chômage ? Au sortir du troisième confinement, on craignait le pire au regard de ce qui s’était produit au lendemain de la crise des subprimes. Entre la mi-2008 et la mi-2014, le nombre de chômeurs (au sens du Bureau international du travail) avait grimpé de 40 % pour toucher 2,8 millions de personnes, soit 10,2 % de la population active. Rien de tel aujourd’hui : le nombre de demandeurs d’emploi a chuté de plus de 200 000 cet été, et beaucoup d’entreprises se plaignent de ne pas parvenir à recruter la main-d’œuvre dont elles ont besoin. Estimé aux alentours de 7,6 %, le taux de chômage devrait enregistrer en 2021 son niveau le plus bas depuis quinze ans.

Vendredi 5 novembre, le CAC 40, l’indice-phare de la Bourse de Paris, a franchi, pour la première fois de son histoire, le seuil des 7 000 points après un envol de plus de 25 % depuis le début de l’année. Le secteur du luxe a supplanté les télécoms comme moteur de l’indice.

Un jour plus tôt, l’Insee avait indiqué que, selon ses calculs, le taux de pauvreté était resté stable en 2020. Pas de quoi pavoiser quand on sait que le pays compte 9,3 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, soit 14,6 % de la population active. Mais il y a un an, les associations redoutaient un million de pauvres en plus, en évoquant les dégâts qu’était en train de causer la plus grave crise économique que la France ait traversée depuis la seconde guerre mondiale : le recul du PIB (– 7,9 %) était de fait bien supérieur à celui qui avait été enregistré en 2009 (– 2,9 %).

Rien décidément ne se passe comme prévu. Avec sa croissance molle et son chômage de masse, la France avait pris l’habitude de figurer parmi les élèves moyens du classement européen. Cette fois, elle caracole en tête et détrône les champions comme l’Allemagne dans le rythme de la reprise économique.

Au vu de ces performances, le pays serait en droit de pousser un franc cocorico, d’autant que, pour la première fois depuis bien longtemps, la politique qui a produit ces résultats a bénéficié d’un large consensus politique. Le « quoi qu’il en coûte » qui a vu l’Etat se transformer pendant des mois en premier employeur de la maison France n’a guère été questionné au plus fort de la crise sanitaire. A juste titre, car non seulement ce choix a permis d’éviter un drame social de grande ampleur, mais il s’est révélé économiquement efficace au moment où le pays a cessé d’être sous cloche. Le financement massif par l’Etat de l’activité partielle a en effet permis aux entreprises d’être très rapidement opérationnelles, contrairement à ce qui s’était produit en 2008.

Perspectives économiques 2022 : Le double handicap d’une forte inflation et d’une faible croissance ?

Perspectives économiques 2022 : Le double handicap d’une forte inflation et d’une faible croissance ?

 

En parfaite conformité avec les théories libérales de Milton Friedman, l’économiste Laurence Daziano analyse, dans une tribune au « Monde », la montée d’un risque inflationniste croissant qui menace les économies occidentales, dont la France.

 

Tribune.

Contre toute attente, la crise sanitaire du Covid a entraîné, après le déploiement de plans de relance massifs, une croissance spectaculaire en l’espace de quelques semaines. Aux Etats-Unis ou en France, la croissance pourrait atteindre plus de 6 % en 2021. Cette forte reprise explique notamment les pénuries multiples et la reprise de l’inflation, qui avait, depuis vingt ans, disparu des pays développés.

L’inflation atteint près de 5 % aux Etats-Unis et près de 3 % en Europe, dont 4 % en Allemagne. Pour l’heure, la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque centrale européenne (BCE) ou la Banque d’Angleterre ont refusé de relever leurs taux, considérant que ce regain d’inflation était temporaire et lié au contexte très particulier de la reprise post-Covid qui est, elle-même, conjoncturelle.

 

La consommation est largement portée par le surcroît d’épargne généré pendant la crise sanitaire ainsi que par les plans de relance. Or, ces deux mécanismes vont progressivement s’effacer durant l’année 2022. Les hausses de prix se concentrent dans certains secteurs particuliers tels que l’énergie, les biens industriels et l’alimentation. Dans ces domaines, les entreprises devraient ajuster dans les prochains mois l’offre à la demande, éteignant les hausses de prix constatées actuellement.

Une inflation sous-jacente dans le monde

Certes, ces mécanismes sont conjoncturels et exceptionnels. Mais ils dévoilent, en réalité, des problèmes structurels qui n’avaient pas été traités jusqu’à présent, notamment le maintien de taux bas en période expansionniste, l’alimentation ininterrompue des marchés financiers en liquidités par les banques centrales ou la hausse des prix immobiliers.

 

Milton Friedman (1912-2006), fondateur de l’école de Chicago, a parfaitement expliqué avec la théorie quantitative de la monnaie qu’un accroissement monétaire se termine, tôt ou tard, par une hausse de l’inflation avec ce résumé limpide : « L’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire en ce sens qu’elle est et qu’elle ne peut être générée que par une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production », de sorte que l’afflux de liquidités sur les marchés génère mécaniquement des tensions inflationnistes.

Lire aussi  Article réservé à nos abonnés A travers le monde, les banques centrales commencent à resserrer leur politique monétaire

L’inflation sous-jacente augmente partout dans le monde, avec des tensions sur les matières premières, l’énergie et désormais les salaires. Plusieurs enquêtes annoncent que les anticipations inflationnistes des acteurs économiques vont s’ajuster sur le niveau de la hausse des prix.

Cop 26 : pas d’avancée sans couplage des intérêts environnementaux et économiques

Cop  26 : pas d’avancée sans couplage des intérêts environnementaux et économiques

 

 

Bertrand Piccard, président de la Fondation Solar Impulse, explique dans la Tribune qu’il est nécessaire de coupler les intérêts environnementaux et économiques.

 

Tribune

 

Il n’y a rien de plus important que de réunir les décideurs du monde entier autour des enjeux climatiques. Il n’y a rien de plus frustrant aussi. La conférence de Glasgow qui s’ouvre aujourd’hui offre une opportunité ultime de définir une feuille de route qui permettra de sortir de la crise climatique.

En habitué de ces conférences internationales, je sais aussi que l’on passera beaucoup de temps à s’écharper sur des virgules, et que des pays majeurs refuseront les choix qui s’imposent pourtant de manière flagrante. Même si le contexte des catastrophes naturelles, de la mobilisation des jeunes et des effets de la pandémie ont accéléré la prise de conscience d’un destin commun, les facteurs économiques vont rester prioritaires dans la prise de décision des pays participants.

Le premier enjeu majeur de cette COP26 consiste à réévaluer à la hausse les engagements de lutte contre le réchauffement des 196 Etats signataires de l’Accord de Paris. C’est indispensable pour parvenir à l’objectif fixé, soit une réduction de 45% des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2030. La trajectoire actuelle est mauvaise, et son infléchissement nécessite des mesures fortes et des investissements importants.

La première bonne nouvelle, c’est que l’objectif reste atteignable. La seconde, c’est que les mesures ne seront pas seulement bonnes pour l’environnement et la qualité de vie des citoyens, mais aussi pour l’économie, car elles offrent de formidables opportunités dans le développement de nouveaux débouchés et dans la mise en place d’infrastructures rentables permettant de décarboner le monde. C’est de cela que les négociateurs doivent tenir compte. S’ils pensent que des engagements ambitieux seront préjudiciables à leur développement économique, ils continueront à résister à tout changement.

Si les négociateurs de Glasgow arrivent à percevoir que c’est le contraire, que la protection de l’environnement est devenue la plus grande force motrice pour l’économie, j’entrevois une chance que cette COP26 devienne un succès.

Des mécanismes de marché pour le carbone

Le deuxième enjeu vise à instaurer des mécanismes de marché pour le carbone. Si un pays a du mal à atteindre seul ses objectifs, il pourra mener une action de réduction (par exemple installer des panneaux solaires) dans un autre pays. L’Etat investisseur tirera de cette action des «crédits carbone» qu’il pourra inscrire à son propre bilan. L’objectif de ce mécanisme est d’atteindre le plus vite possible la neutralité carbone au niveau mondial, car il est souvent plus efficace et moins onéreux d’investir dans un pays en développement où, avec un faible investissement, dont on peut réduire fortement les émissions.

Ce système comporte cependant plusieurs effets pervers: les pays développés pourront être tentés de réaliser une partie de leurs objectifs à l’étranger, ce qui fera prendre du retard à des investissements nécessaires chez eux. L’autre problème vient de la comptabilisation: normalement, c’est le pays investisseur qui doit inscrire l’action à son bénéfice. Mais certains Etats souhaitent mettre à leur compte tout investissement étranger réalisé sur leur sol… C’est pour éviter un double comptage qu’il faut établir des règles strictes dans la traçabilité des projets, ce qui promet d’occuper les négociateurs pendant de longues nuits.

Le troisième enjeu de cette COP26 est atteindre l’objectif de 100 milliards de dollars d’investissement dans les pays pauvres chaque année à travers le Green Climate Fund jusqu’en 2025. Pour l’instant, ces montants n’ont pas été atteints mais, selon les organisateurs, cet objectif est atteignable et il est évidemment souhaitable. Ces investissements offrent en plus de formidables opportunités pour mettre en œuvre les 1’300 solutions labellisées par la Fondation Solar Impulse.

Turquie: les Européens mettent des conditions économiques

Turquie: les Européens mettent des conditions économiques

Il est clair qu’Erdogan est peu sensible aux critiques qui peuvent intervenir sur le terrain démocratique et des libertés par contre son pays est actuellement enfoncé dans une crise redoutable à la fois une crise sanitaire mais aussi et surtout plus durablement dans une crise économique et financière grave. Du coup, Erdogan est condamné à abandonner au moins une partie sa posture d’agitateur international et de rechercher des accommodements avec l’union économique car il a un besoin urgent d’aide financière.

 

Ce qu’a laissé comprendre l’union économique en posant ses conditions. Les dirigeants de l’UE ont laissé entrevoir à Recep Tayyip Erdogan les bénéfices qu’il pourrait tirer d’un climat durablement apaisé – des bénéfices essentiellement économiques. Il s’agit d’une corde sensible pour le président turc, à l’heure où son économie est empêtrée dans l’inflation, le chômage, les difficultés monétaires et l’extrême méfiance des investisseurs étrangers. L’UE se dit prête à moderniser l’union douanière avec Ankara, alors que cette réforme était jugée «inenvisageable» à l’automne 2020. À l’époque, Erdogan envoyait des navires de recherche d’hydrocarbures dans des zones maritimes revendiquées par la Grèce et multipliait les affronts, notamment à l’égard d’Emmanuel Macron. Depuis, ses bateaux sont rentrés au port, le ton est nettement plus cordial, et les discussions ont repris avec Athènes. «Cette désescalade est un développement positif. Elle doit être soutenue et renforcée», a résumé Charles Michel, rappelant l’approche «progressive, conditionnelle et réversible» vis-à-vis d’Ankara. Parmi les mesures d’aide économique figurent aussi le soutien financier européen aux 4 millions de réfugiés installés en Turquie.

Perspectives économiques : la BCE maintient son optimisme excessif

Perspectives économiques : la BCE maintient son optimisme excessif

 

 

Difficile pour la Banque centrale européenne d’être à la fois crédible économiquement et d’entretenir en même temps le climat des affaires. La Banque centrale a décidé de ne pas modifier ses perspectives de croissance en 2021.

Pourtant, les institutions internationales de prévisions prévoient à peine 3 % d’augmentation de la croissance en 2021, soit un point de moins que précédemment. On est loin du niveau de fin 2019 et à ce rythme, il faudra plusieurs années pour retrouver une activité au volume équivalent à celui d’avant la crise sanitaire. « Ce qui serait un motif d’inquiétude, ce serait qu’après la fin mars, ces Etats membres aient encore besoin de mesures de confinement et que, par exemple, les programmes de vaccination avancent au ralenti », a expliqué Christine Lagarde.

Plusieurs économistes indépendants ont déjà revu à la baisse leurs prévisions de croissance; Bank of America n’attend ainsi plus que 2,9% de rebond du PIB de la zone euro, soit un point de moins qu’auparavant.

Christine Lagarde a réaffirmé qu’en cas de besoin, la BCE pourrait encore augmenter son programme de rachats de titres sur le marché lancé en mars dernier, le PEPP (programme d’achats d’urgence face la pandémie), dont le montant a été porté le mois dernier à 1.850 milliards d’euros et la durée prolongée jusqu’en mars 2022.

Mais elle a aussi évoqué l’hypothèse que cette enveloppe ne soit pas utilisée en totalité.

Powell (Fed): difficultés économiques pendant environ 9 à 12 mois en attendant le vaccin

Powell (Fed): difficultés économiques pendant environ 9 à 12 mois en attendant le vaccin

 

Les médias et les bourses sont sans doute emballés un peu vite avec l’annonce par Pfizer de la prochaine sortie d’un vaccin efficace à 90 %. Première observation, le caractère opérationnel de ce vaccin n’est pas pour demain. Il ne commencera  à être vraiment employé qu’à partir du milieu de 2021. Il subsiste en effet un certain nombre de doutes quant à sa durabilité aussi quand à ses contre-indications. Il faudra ensuite le diffuser de façon suffisamment massive. En attendant l’économie va encore souffrir indique déjà le gouverneur de la banque centrale américaine.

La probabilité croissante de la mise au point d’un vaccin efficace contre le coronavirus est une bonne nouvelle pour l’économie à moyen terme mais des risques subsistent dans l’immédiat, a déclaré jeudi Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale.

“C’est assurément une nouvelle bienvenue pour le moyen terme”, a-t-il dit dans une allocution en ligne lors d’un forum organisé par la Banque centrale européenne (BCE).

Mais “de notre point de vue, il est trop tôt pour évaluer de manière fiable les implications de cette nouvelle pour l’évolution de l’économie, particulièrement sur le court terme”, a-t-il ajouté.

« les bonnes nouvelles concernant un vaccin contre le COVID-19 ne devraient pas avoir un grand impact économique à court terme. “Les prochains mois pourraient être difficiles”, a-t-il prévenu.

Les indicateurs économiques américains publiés avant l’ouverture ont en outre montré que les inscriptions au chômage, certes en baisse plus forte que prévu la semaine dernière, restaient à un niveau très élevé et que l’inflation avait ralenti en octobre.

“La réalité, c’est que nous ne savons pas à quoi va ressembler la nouvelle normalité, ni même quand nous nous rétablirons du coronavirus, et il y a encore du chemin à faire”, a dit Tom Martin, gérant de portefeuilles chez Global Investments.

“C’est le scénario classique d’un marché comptant sur quelque chose qui est à un horizon de neuf à 12 mois et puis qui n’y compte plus parce que ça ne s’est pas encore produit”, a-t-il ajouté.

Hydrogène : les enjeux économiques

Hydrogène : les enjeux économiques

Stefan Ambec, Directeur de Recherche INRAE et Claude Crampes, Professeur émérite, Toulouse School of Economics analysent notamment les enjeux économiques de la filière hydrogène.

Pour l’instant, on en est aux pétitions de principe sur le fait que ce sera un jour un vecteur d’énergie « propre, sûre et abordable ». Il reste encore à trouver la plus rentable des diverses méthodes utilisables pour sa production et sa distribution, et dans quel type d’usage il peut remplacer avec profit les autres formes d’énergie.

La vedette de l’été 2020 sur la scène énergétique est sans conteste l’hydrogène. En juin, l’Allemagne annonçait que sur les 130 milliards d’euros de son plan de relance post-Covid, 9 milliards seraient dédiés aux investissements dans les technologies de l’hydrogène, avec pour objectif affiché de devenir leader mondial dans ce secteur. Le plan français de 2018 et ses 100 millions d’euros par an font pâle figure en comparaison. De nombreuses voix se sont élevées pour que le gouvernement français suive l’exemple allemand, voire que les deux pays fassent alliance dans ce secteur.

En juillet, c’était au tour de la Commission européenne de faire connaitre sa stratégie. On sait que la politique de l’Union européenne est de donner la priorité aux sources d’énergie non émettrices de CO2. La Commission veut donc développer la part de l’hydrogène produit à partir de sources renouvelables. Partant de 1GW d’électrolyseurs déjà installés dans l’Union européenne, mais alimentés surtout par des sources carbonées (charbon ou au gaz naturel), il s’agit de porter le parc à au moins 6 Gigawatt d’électrolyseurs utilisant des énergies renouvelables d’ici à 2024 pour produire 1 million de tonnes « d’hydrogène renouvelable », puis entre 2024 et 2030, produire 10 millions de tonnes grâce à l’installation de 40 Gigawatt de capacité. Pour appuyer son plan qui nécessitera des centaines de milliards d’euros de financement, la Commission lance l’Alliance européenne pour l’hydrogène propre qui doit associer les acteurs privés et publics, nationaux et locaux, pour coordonner les investissements dans ce nouveau secteur : quel calendrier, quelle technologie, quelle puissance d’électrolyseurs ?

Le 3 septembre 2020, l’hydrogène remontre le bout de son numéro atomique dans le plan de relance présenté par le Premier ministre français qui prévoit une enveloppe de deux milliards d’euros pour des investissements au cours des deux prochaines années, 7 milliards d’ici 2030. A cette politique d’offre s’ajoute un soutien à la demande par des prix de rachat garantis similaires à ceux dont ont bénéficié les électrons issus des énergies éoliennes et solaires.  Un mécanisme qui s’est avéré couteux mais efficace tant pour développer un parc de production d’éoliennes et de panneaux photovoltaïque que pour réduire le coût de ces sources d’énergie.

Ces programmes publics ont plusieurs objectifs : i) décarboner la production pour les industries qui ne peuvent se passer d’hydrogène (raffinage du pétrole, production de fertilisants), ii) élargir les usages aux transports, à la construction immobilière, à la production électrique et, dans les aciéries, en complément ou remplacement du gaz naturel et iii) développer un leadership mondial sur les technologies liées à l’hydrogène. Mais tous ces milliards ne vont-ils pas tomber dans un nouveau tonneau des Danaïdes?

L’hydrogène, vous ne pouvez pas le manquer : c’est le premier, en haut à gauche quand vous entrez dans la table de Mendeleïev.  C’est l’élément le plus important dans l’univers, en masse et en nombre d’atomes. Sur la Terre, il est surtout présent à l’état d’eau, vapeur ou glace après combinaison avec l’oxygène, d’où le nom de « formeur d’eau » donné par Lavoisier. Pour le récupérer, la solution la plus immédiate devrait donc être la séparation du dioxygène et du dihydrogène gazeux par électrolyse de l’eau. Mais, pour l’heure, plus de 90% de l’hydrogène industriel est produit par extraction chimique d’hydrocarbures fossiles, donc avec émission de gaz à effets de serre. En ce qui concerne l’électrolyse, sa propreté environnementale dépend de l’énergie utilisée. Les combustibles fossiles sont donc à proscrire. Une fois produit, l’hydrogène peut être transporté sous forme gazeuse (plus ou moins comprimée) ou liquide (à alt=equation.pdf v:shapes= »_x0000_i1025″>252°C) et être transformé en électricité ou en méthane pour un large éventail d’usages (1). Mais il présente l’inconvénient de corroder les alliages, ce qui peut conduire à des défaillances catastrophiques et représente donc un frein à sa production, son transport, son stockage et son usage.

Pour faire court, l’hydrogène n’existe (quasiment) pas à l’état naturel, donc il faut de l’énergie pour le produire, il est très encombrant à l’état gazeux et a un très faible pouvoir énergétique, donc il faut le comprimer, voire le liquéfier, puis le distribuer et le retransformer pour en faire une énergie utilisable. Avec les technologies disponibles aujourd’hui, le rendement de la double conversion électricité -> hydrogène -> électricité est très faible : il faut injecter près de 5kWh pour en récupérer 1.

 

Pour l’heure l’hydrogène renouvelable (2,5-5,5 euros/kg) n’est pas compétitif face à celui qui est produit en utilisant des ressources fossiles (environ 1,5 euro/kg, hors coût du CO2). Même si on ajoute la capture et la séquestration du carbone, ces dernières arrivent à environ 2 euros/kg (2). Le pari d’un développement d’une filière hydrogène propre repose sur la chute du coût des électrolyseurs. Ils ont déjà baissé de 60% sur les dix dernières années, et la Commission européenne attend une division par deux d’ici 2030 grâce aux économies d’échelle.

L’avantage de l’hydrogène par rapport à l’électricité est qu’on peut le mettre dans des citernes, voire l’injecter dans des réseaux. Donc on peut le déplacer dans le temps (stockage) pour les moments difficiles, le transporter vers les lieux en manque d’énergie, et s’en servir pour faire tourner les moteurs de tous les véhicules. Examinons ces différents usages.

  • Stockage : Pour rendre profitable la double conversion électricité/hydrogène il faut de fortes différences de prix, suffisantes pour que l’écart entre les ventes à prix élevés et les achats à prix faibles couvrent les coûts d’installation et de maintenance. Sur un cycle journalier, ce peut être rentable pour répondre aux pointes de début et fin de journée si elles sont fortes. Mais là où l’hydrogène peut faire une différence avec les batteries c’est pour le stockage à plus long terme, hebdomadaire, mensuel ou saisonnier. Il fait partie des solutions pour se passer des énergies fossiles dans un mix électrique 100% renouvelable, à condition que le différentiel de prix entre stockage et déstockage soit suffisamment rémunérateur.
  • Transport d’énergie : Les lieux les plus fortement ventilés ou ensoleillés ne sont pas forcément les plus peuplés. L’hydrogène et les carburants à base d’hydrogène permettraient de transporter l’énergie des renouvelables sur des milliers de kilomètres entre les lieux de production (à faible demande, donc bas prix) et les lieux de consommation (à faible production, donc prix élevés), par exemple en Australie, en Amérique latine, ou entre l’Afrique du nord et l’Europe. Mais ici encore le coût de l’infrastructure à installer et entretenir, les pertes dans le transport et celles de la double conversion restent plus élevés que ceux de la construction de lignes à haute tension (3).
  • Carburant : Le moteur à hydrogène est soit un moteur à combustion interne utilisant le dihydrogène comme carburant, soit un moteur électrique branché sur une pile à combustible. Dans les deux cas, en combinant l’hydrogène avec l’oxygène de l’air on produit de l’énergie et de l’eau. La propreté de cette conversion en fait la solution rêvée pour le transport urbain, à supposer que l’hydrogène ait été produit par des sources propres. Par rapport aux véhicules électriques «tout batterie », le gros avantage de ceux qui sont équipés d’un moteur à hydrogène est la rapidité de la recharge, à supposer qu’il existe un réseau dense de stations. L’inconvénient, non négligeable, est le volume et le poids du réservoir bien supérieurs à ceux des réservoirs d’essence et gasoil.

Les électrolyseurs sont une chose, leur alimentation en électricité verte en est une autre. Les plans évoqués semblent faire l’impasse sur les investissements en éoliennes et panneaux photovoltaïques nécessaires pour séparer l’hydrogène et l’oxygène, en moyens de stockage et de distribution, puis en équipements de reconversion aux points de consommation stationnaires ou mobiles. En France, l’alimentation des électrolyseurs par les centrales nucléaires est une solution qui, à défaut d’être ‘verte’, est décarbonée. Mais à terme, la multiplication des unités de production renouvelable décentralisées de faible puissance va créer des tensions pour l’occupation de l’espace, terrestre et maritime (4).

Après avoir soutenu les énergies renouvelables et les voitures électriques, l’Allemagne et la France parient sur l’hydrogène pour concilier décarbonation de l’économie et progrès technique. C’est un pari coûteux et risqué. Un des gains serait le leadership technologique sur une ressource essentielle du mix énergétique, à condition que les tarifs d’achats garantis ne favorisent pas le développement d’une filière à bas coût hors d’Europe comme cela a été le cas pour les panneaux photovoltaïques en Chine. Mais l’urgence climatique exige aussi que les pays émergents sortent rapidement des énergies fossiles, donc qu’on y diffuse largement les technologies décarbonées.

1 Agence internationale de l’énergie,  »The Future of Hydrogen. Seizing today’s opportunities« , June 2019.
2 Source : Commission européenne.

3 Sur l’hydrogène comme moyen de transport de l’énergie électrique, voir l’article de J.O’.M. Bockris « The hydrogen economy: Its history», International Journal of Hydrogen Energy (2013), 38, p. 2579-2588.
4 Un sujet que nous avions évoqué dans  « 100% d’énergies renouvelables : le climat dans le prétoire ».

 

Perspectives économiques France : un manque de confiance économique et politique

Perspectives économiques France : un manque de confiance économique et politique

 

La plupart des experts considèrent que la reprise mondiale dépendra surtout des consommations intérieures lesquelles vont nourrir en même temps les échanges internationaux. Certes, on parle de relocalisation mais il faudra du temps pour que soit refondée les systèmes de production, d’échange et de distribution.

La  France a subi une dépression nettement plus importante que les pays équivalents avec une baisse de l’activité d’environ 14 % au second trimestre. Pour l’ensemble de l’année, on sera proche d’une diminution de l’activité de l’ordre de 10 %.  La consommation ne repart pas vraiment en France du fait de l’attentisme des ménages qui préfèrent épargner ( ceux  qui le peuvent évidemment);  une épargne qui représente de l’ordre de 450 milliards sur les livrets et à peu près la même somme sur les comptes courants.

La responsabilité en incombe largement pouvoir politique dans lesquels les Français n’ont aucune confiance en France, en particulier en ce moment où Macron se traîne avec autour de 60 à 70 % d’opposition. De ce point de vue, la crise sanitaire, champ normalement plus consensuel n’a strictement rien changé. Les Français de manière très majoritaire n’ont aucune confiance dans un gouvernement à la stratégie trop floue. Or précisément ce flou est alimenté par la crainte du gouvernement de contrarier telle ou telle partie des électeurs. Une sorte de cercle vicieux : la peur du gouvernement alimente la crainte des ménages qui elle-même nourrit l’incertitude politique et économique.

D’une certaine manière, Macron est le pire ennemi de l’économie. Il n’inspire aucune confiance et cela depuis longtemps. Non seulement dans le domaine économique mais aussi dans d’autres champs comme celui de l’insécurité et même concernant la situation sanitaire Tout montre  jusqu’à maintenant que les ménages sont très dubitatifs quant à la dynamique de reprise.  La confiance dans l’économie ne pourra repartir que s’il y a confiance dans le pouvoir politique. Or la confiance du pouvoir politique est complètement hypothéquée par un triste bilan au plan économique, social et même sociétal. Le pire pour le pays, c’est que le pouvoir est tellement discrédité qu’il peut y compris annoncer des mesures pertinentes sans provoquer la moindre adhésion, ne pouvant susciter que l’indifférence voire le rejet. Le retour de la confiance économique n’est pas demain dans un pays où le pouvoir politique est à ce point disqualifié.

Encore un comité d’experts économiques …..ou électoraux à l’Élysée

Encore un comité d’experts économiques …..ou électoraux  à l’Élysée

On se souvient que Jean Pisani-Ferry  avait été la tâte pensante de Macron pour son programme électoral. Ensuite, il a été mis sur la touche par  Macron lui-même.  Il ne manque pas en France de comités, d’institutions, de conseils chargés d’éclairer la politique socio- économique du gouvernement. Mais comme pour le Coronavirus, il semble bien que pouvoir ait  choisit le parapluie des experts pour faire avaler d’éventuelles mesures qu’il  ne veut pas assumer. Pour conférer une grande crédibilité à un nouveau comité d’économie placée auprès de l’Élysée, on a choisi deux grands économistes français, le Prix Nobel 2014 Jean Tirole, et l’ancien chef économiste du FMI Olivier Blanchard, ce cénacle va devoir se mettre rapidement au travail. Il rendra un rapport à la fin de l’année et quelques travaux intermédiaires entre-temps. Ses préconisations «alimenteront l’action publique sur ces sujets», selon l’Élysée.

 

Alors que Bruno Le Maire sollicite de son côté à Bercy un groupe d’économistes pour réfléchir aux modalités de la relance suite à l’effondrement de l’activité, l’instauration de cette commission parallèle peut surprendre. «C’est une idée du président qui remonte au G7 de Biarritz, en août dernier, précise-t-on à l’Élysée. Même si l’objectif est de réfléchir sur le long terme à ces thématiques fondamentales, les travaux prendront bien sûr en compte le contexte de crise. Ils ont vocation à éclairer la décision publique à partir de l’automne prochain

Ce cénacle rappelle ainsi la commission Stiglitz, lancée en grande pompe par Nicolas Sarkozy en 2008, mais dont les travaux n’avaient connu qu’une faible postérité.

En plus des deux rapporteurs, la commission compte 24 autres économistes académiques européens et américains. Tous ont été choisis par Jean Tirole et Olivier Blanchard, précise l’Élysée. Parmi ces experts figurent quelques stars américaines comme Lawrence Summers ou Paul Krugman, mais aussi de nombreux Français tels Christian Gollier, Stefanie Stantcheva, Philippe Aghion, Laurence Boone, Daniel Cohen, Emmanuel Farhi, Thomas Philippon ou encore Jean Pisani-Ferry. La commission sera aussi l’occasion pour l’Élysée de tenter d’inciter ceux qui enseignent à l’étranger de revenir sur le territoire. Notons que Jean Pisani ferry avait été choisi comme conseiller privilégié de Macron pour les questions économiques lors de sa campagne mais il a rapidement été mis au rancart.

 

4,2 milliards d’euros pour sauver les bijoux économiques… et les autres?

4,2 milliards d’euros pour sauver les bijoux économiques… et les autres?

La BPI affirme avoir réuni un peu plus de 4 milliards pour sauver les bijoux économiques de la France. Reste à savoir si cette somme sera suffisante car nombreux de société sont à l’agonie. Ainsi Renault qui valait il n’y a pas si longtemps environ 30 milliards et n’en vaut plus que cinq. On pourrait multiplier les exemples d’entreprises de dimension nationale qui ne valent plus qu’une bouchée de pain si l’on se réfère aux critères financiers. Le risque c’est que des fonds spéculatifs rachètent nombre d’entreprises, pas forcément les plus grandes pour rapidement ensuite les revendre quitte à les dépecer. Avec le fonds mis en place par la BPI on va peut-être sauver des pépites mais pas forcément des entreprises de taille intermédiaire ou des PME pourtant stratégiques pour la souveraineté économique. Notons par exemple que l’Allemagne compte investir 9 milliards pour le seul sauvetage de la Lufthansa.

Ce nouvel outil de la BPI doit renforcer l’arsenal de la France pour protéger ses pépites face à l’appétit de fonds internationaux aux moyens financiers colossaux et à la montée en puissance des fonds activistes.

“Dans la période actuelle, un grand nombre de sociétés performantes, internationalisées et innovantes souhaitent stabiliser leur capital en s’appuyant sur des investisseurs de long terme prêts à accompagner leur transformation (…)”, déclare Nicolas Dufourcq, directeur général de bpiFrance, cité dans un communiqué.

Aux côtés de Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dhabi, qui a investi un milliard d’euros, le fonds a collecté des fonds auprès d’assureurs institutionnels français et internationaux dont Covea, Axa, CNP Assurances, Crédit Agricole Assurances, BNP Paribas Cardif, Groupe VYV, Société Générale Assurances, le groupe Caisse des Dépôts, Natixis, Aviva France, Scor, Groupama, AG2R La Mondiale, Generali et CCR.

Lac 1 a également rallié de grands groupes ainsi que des “family office” parmi lesquels Orange, Unibel et Financière Dassault.

Le fonds, qui a pour ambition d’atteindre à terme une capacité d’investissement de 10 milliards d’euros,( là où il en faudrait 5 ou 10 fois plus) cible les entreprises françaises cotées avec le double objectif de stabiliser leur capital tout en dégageant des rendements attractifs.

Lagardère: menacé par ses mauvais choix économiques et….. politiques

Lagardère: menacé par ses mauvais choix économiques et….. politiques

Lagardère pourrait bien aujourd’hui être bousculé lors de son assemblée générale par le fonds activiste Amber capital qui souhaite en fait prendre le pouvoir. Pour se défendre, Lagardère a tenté de renforcer ses alliés et compte en particulier sur Vivendi aussi sur des participations de pays arabes et autres institutionnels français. La bataille risque d’être dure car les résultats ne sont pas brillants pour le groupe qui ne cesse de réduire la voilure. En cause de mauvais choix économiques, aussi de piètres résultats de certaines activités qui ne cessent de régresser comme par exemple les relais H, Paris-Match, le JDD encore Europe un. Des médias qui se sont sans doute un peu trop engagé dans la politique avec des lignes éditoriales un peu trop partisane sans doute responsable des pertes de l’audience. Au-delà de ses mauvais choix ,Lagardère s’est un peu trop engagé politiquement. D’abord auprès de Sarkozy ensuite en devenant l’un des principaux promoteurs de l’arrivée de Macron. À l’avant-veille de l’assemblée générale du groupe Lagardère, l’ambiance est tellement délétère que, fait rarissime, l’Autorité des marchés financiers (AMF) s’est fendue d’un communiqué dimanche 3 mai à midi pour taper du poing sur la table. Le gendarme de la Bourse a intitulé son communiqué: «L’AMF rappelle le droit fondamental des actionnaires d’exprimer leur vote en assemblée générale». Sans jamais nommer le groupe Lagardère, il rappelle que «si un dialogue actionnarial, et notamment des échanges entre les dirigeants sociaux (ou leurs mandataires) d’un émetteur et des actionnaires, peut naturellement intervenir en amont d’une assemblée générale, de telles démarches ne sauraient se traduire par des pressions de nature à compromettre la sincérité du vote ou à entraver la libre expression du vote des actionnaires, ou intervenir en violation du règlement». Or, le groupe Lagardère a appelé les grands investisseurs institutionnels à se mobiliser pour tenter de se sauver des griffes du fonds activiste Amber. Pour assurer le sauvetage Lagardère a aussi recruté Nicolas Sarkozy au conseil d’administration notamment pour ses liens avec les pays arabes.

Après le Coronavirus: des conséquences économiques et sociales considérables

Après Coronavirus: des conséquences économiques et sociales considérables 

C e qui caractérise la compétence des politiques, c’est leur capacité à anticiper les événements et la pertinence de leurs décisions en cas de crise. De ce point de vue, le gouvernement actuel ne répond à aucun de ces deux critères.

Pour la crise sanitaire, il est clair qu’il a toujours environ trois semaines de retard. Pour preuve en est toujours dans l’incapacité dans une situation de guerre de produire et de fournir les masques nécessaires. Pour l’instant à la fin du mois de mars la France peut produire au maximum 8 000 masques  quand il en faudrait près de 40 000 par semaine. Deux mois après le début de la crise sanitaire mondiale, la France ne peut annoncer que des commandes  dont on attend désespérément la venue.

Le Premier ministre s’est  même refusé à toute réquisition. Ne parlons pas de la carence en matière d’appareils respiratoires, de médicaments de traitement et surtout de personnel. Ce que Macron a été capable d’annoncer, c’est une prime et plus tard c’est-à-dire à la saint-glinglin un plan massif pour l’hôpital sans rien préciser de son contenu.

 Sur le plan économique, l’impréparation du gouvernement est peut-être encore plus dramatique. En effet, la France va connaître une dépression inconnue depuis la seconde guerre mondiale voire depuis 1929. Nombre d’entreprises ne pourront pas résister à cette crise en dépit des prêts qu’on leur propose. On va assister à des défaillances massives surtout de PME mais pas seulement ( les dégâts seront terribles dans le transport aérien, dans le tourisme dans la restauration notamment). Les hypothèses de baisse de croissance évoquée par le gouvernement comme par des experts sont ridicules.

 Il y a encore quelques jours, Bruno Lemaire évoquait une baisse du PIB de l’ordre de 1 % annulant ainsi l’objectif de 2020. Ensuite, il a parlé d’une baisse du PIB de 1 %. Certains experts qui ne veulent pas désespérer les acteurs économiques et les ménages ont parlé de 5 %. Des hypothèses complètement fantaisistes et irresponsables car elles ne permettent pas de préparer la sortie de crise.

Sur la tendance nous perdons actuellement environ 3 % de croissance du PIB par mois. Au minimum la baisse sera de 20 % à condition de relancer la dynamique économique à la rentrée. Pour l’instant, il n’y a pas la moindre esquisse d’un plan de sortie. Comme il ne faut pas trop compter sur une reprise à l’identique du commerce international qui va mettre du temps à se restructurer et à se réveiller, il convient évidemment de relancer un plan sans précédent d’investissements en direction des équipements collectifs et des activités de la vie et de l’environnement. Parallèlement, il convient aussi de soutenir le pouvoir d’achat des ménages pour que ce dernier -qui soutient la croissance française- ne s’écoule pas brutalement .

 Pendant la crise en effet nombre de dépenses ont été reportées par les ménages mais beaucoup ont été simplement et purement annulées. La crainte de l’avenir, avec la vague de défaillance d’entreprise et la montée  du chômage, rendra ses ménages encore très prudents. Il faudra aussi prévoir une crise de l’immobilier car nombre de ménages ayant emprunté de manière excessive au regard de l’évolution des revenus ne pourront faire face à leurs charges financières. Bref si l’on veut mieux faire face à la crise économique qu’on a fait face à la crise sanitaire, il est grand temps de s’en préoccuper afin d’essayer de relancer la machine dès la rentrée voir dès l’été si le Coron virus est maîtrisé d’ici là.

Les conséquences économiques graves du coronavirus

Les conséquences économiques graves  du coronavirus

 

Jusque là, il y avait  une quasi unanimité des responsables politiques et économiques pour complètement minimiser l’impact du Coronavirus. Pire certain responsable et grand média n’ont cessé de caricaturer la gravité de la situation. L’objectif évidemment était de ne pas porter atteinte à une croissance déjà très déficiente. On sait en effet que la croissance dans nombre de pays qui auront du mal à atteindre 1 %, que la Chine va passer de 6 à 5 % et que les mêmes les États-Unis passeront de 3 à 2 % à peine. Bref, la tendance est très nettement orientée à la baisse. Avec le Coronavirus qui va peser à la fois sur la consommation des ménages et sur les processus de production et de distribution,  les échanges internationaux seront donc fortement perturbés. Théoriquement on considère que lorsque la Chine perd 1 % de croissance la répercussion mondiale sur l’activité et de 0,2 %. Cette fois il pourrait bien se situer bien au-delà au point que beaucoup de pays risquent de tutoyer l’installation voir la récession. Quelques experts commencent donc à sortir de cette hypocrisie générale par ailleurs complètement contre-productive “Il y aura un impact significatif sur la croissance chinoise au premier trimestre et sur l’activité du secteur manufacturier chinois également”, a déclaré jeudi Mike Biggs, stratégiste macro et gérant spécialisé dans la dette émergente pour la société de gestion.

Les indices PMI officiels chinois, attendus pour samedi, devraient le confirmer avec un indice manufacturier pour le mois de février attendu à 38, soit en très forte contraction, a-t-il dit lors d’un point de presse à Paris.

En janvier, le PMI manufacturier chinois est ressorti à 50, juste à la limite entre expansion et contraction de l’activité. Les indicateurs à venir devraient témoigner en outre du dérèglement des chaînes d’approvisionnement globales entraîné par le virus apparu en Chine, selon lui.

“Il faut s’attendre à des mauvais chiffres pendant au minimum deux mois”, a-t-il dit. La propagation du virus hors de Chine ces derniers jours a entraîné de fortes perturbations sur les marchés financiers, qui pourraient durer si le nombre de contaminations continue de grimper, estime le gérant.

Ce risque sanitaire imprévu bouleverse les prévisions des sociétés de gestion, qui misaient en début d’année sur un contexte favorable pour les actifs risqués avec un rebond modéré de la croissance, une inflation contenue et une posture accommodante de la part des grandes banques centrales.

Les instituts d’émission devraient une nouvelle fois faire preuve de réactivité et l’optimisme pourrait revenir sur les marchés, à la condition que l’épidémie ne dure pas trop longtemps, selon Mike Biggs.

“Tout dépendra de l’ampleur de la propagation et de la durée de l’épidémie”, a-t-il dit. “Si c’est juste l’histoire du premier trimestre, ce ne sera pas la fin du monde.”

Elections Iran: risques politiques et économiques

Elections Iran: risques politiques et économiques

Sébastien Abis , directeur du Club Demeter et chercheur associé à l’Iris, l’Institut de relations internationales et stratégiques s’inquiète des risques politiques et économiques susceptibles d’intervenir après les prochaines élections en Iran. (Tribune dans l’Opinion )

 

 

Dans la géopolitique effervescente du Moyen-Orient, l’évolution sociale de l’Iran pèse de tout son poids. Des élections législatives s’y tiennent ce 21 février dans un contexte caractérisé par l’affaiblissement du camp des modérés. Son premier représentant, le Président Hassan Rohani, peine à transformer l’essai de son pari diplomatique en résultats économiques. L’accord sur le nucléaire (Jappa), signé en juillet 2015 à Vienne, n’aura donné qu’une bouffée d’espoir conjoncturelle, vite tarie par l’unilatéralisme américain. En rétablissant des sanctions financières contre Téhéran, dès mai 2018, l’administration Trump cherche à maintenir l’Iran en dehors de la communauté internationale et à mettre la République islamique sous pression maximale. La croissance s’est contractée de 5 % en 2018 et de 10 % en 2019.

Si, de leur côté, les Européens tentent de sauver ce qu’il reste du Jappa, sachant que la majorité des conservateurs iraniens considèrent qu’il est désormais caduc, le bilan du mécanisme dit Instex, déployé il y a un an par l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, se révèle famélique. Créé pour favoriser le commerce et les affaires, il demeure inopérant et sert tout au plus à préserver un canal de discussion entre ces pays et le pouvoir iranien. Les débats se polarisent donc sur le politique, le diplomatique et le sécuritaire, ce que l’assassinat, sur décision de la Maison Blanche en janvier 2020, de Ghassem Soleimani, alors chef des Gardiens de la Révolution et protagoniste de l’activisme extérieur iranien, vient implacablement renforcer.

Or les conditions de vie des 85 millions d’Iraniens se dégradent. Etouffés par la rigidité d’un régime autoritaire et religieux, privés d’insertion dans la mondialisation, ils subissent un double enfermement. Deux-tiers de la population a moins de quarante ans. Elle est donc née après la révolution de 1979. Eduquée, fière de son identité iranienne, elle aspire aux changements. Le Jappa, au-delà des tractations nucléaires, était considéré comme un chemin de développement et de progrès pour de nombreux Iraniens. Ces derniers demandent des comptes au gouvernement et aux autorités, leur reprochant tout autant le manque de réformes politiques, l’absence de perspectives en termes d’emploi que le coût des opérations militaires à l’étranger. La récurrence de troubles publics s’est accentuée récemment.

L’inflation sur les denrées de base — pain, œuf, riz, poulet — s’élève à 30 % depuis un an. Bien que la nourriture et les médicaments sont censés ne pas être concernés par les sanctions, la réalité des faits, dans un pays si complexe, tranche avec les textes. En outre, l’agriculture iranienne, seule, ne subvient pas à l’ensemble des besoins nationaux. La croissance démographique (1 million de personnes en plus chaque année), l’urbanisation et les contraintes géographiques plongent l’Iran dans une terrible équation.

Il lui faut accéder aux marchés internationaux pour s’approvisionner et éviter que la société ne soit encore plus insatisfaite et turbulente en cas de pénuries alimentaires. Mais si ce levier est entravé par les blocages que provoque sa mise au ban du commerce mondial et des circuits officiels, l’Iran recours à deux ressources stratégiques : l’économie informelle et transfrontalière, qui rappelle que l’alimentaire rime souvent avec la géopolitique ; l’eau des nappes phréatiques pour irriguer davantage les cultures et assurer le maximum de sécurité nationale. C’est sans doute là l’une des faces cachées de la sismicité iranienne à moyen terme : le pays est menacé de déshydratation. Les crises de l’eau se multiplient et cette ressource se raréfie. Il s’agit là d’un élément de stress pour les agriculteurs et de nombreuses couches de la société. Sécheresses, désertifications et défis environnementaux seront des épreuves politiques intérieures redoutables. Mais ne nous trompons pas : la bombe hydrique iranienne pourrait aussi avoir des répercussions mondiales.

Le FMI: risques économiques

Le FMI:  risques économiques

Le FMI qui ne veut pas désespérer les acteurs économiques prévoit paradoxalement un petit rebond économique cette année tout en revoyant  ses anciennes estimations en baisse ! Paradoxalement, le FMI estime que la croissance 2019 aurait été plus faible d’un demi-point sans les multiples baisses de taux d’intérêt décidées par les banques centrales ; en même temps , le FMI  considère que de nouveaux assouplissements monétaires seraient susceptibles de contribuer à accroître les faiblesses financières et de peser sur la croissance à moyen terme. Pour résumer une position assez contradictoire qui constate qu’il est difficile de sortir d’une politique accommodante sans menacer une activité déjà bien faiblarde  mais qui signale en même temps les dangers de bulles notamment concernant l’endettement. La traduction sans doute d’un certain immobilisme des banques centrales pour cette année 2020 lesquelles envisagent d’éventuels durcissements mais pour beaucoup plus tard.

Amplifier encore l’assouplissement monétaire à ce stade du cycle économique et dans un contexte de montée des faiblesses financières pourrait menacer la croissance à moyen terme, estiment Tobias Adrian, directeur du département des politiques monétaires et des marchés de capitaux, et Fabio Natalucci, son adjoint, sur un blog du Fonds.

“Si l’on adopte une vision à plus long terme (…), l’assouplissement des conditions financières mondiales si tard dans le cycle économique et l’accumulation continue des vulnérabilités financières – parmi lesquelles la hausse des valorisations des actifs à des niveaux tendus sur certains marchés et dans certains pays, la hausse de l’endettement et les importants flux de capitaux vers les marchés émergents – pourraient menacer la croissance à moyen terme”, écrivent-ils.

Ils notent que les taux de défaut ont déjà augmenté sur le marché de la dette à haut rendement (“high yield”) aux Etats-Unis comme sur les marchés obligataires chinois même s’ils restent bas et que certaines dettes de marchés émergents se traitent à des niveaux tendus.

Si le mouvement synchronisé d’assouplissement monétaire observé l’an dernier a contribué à limiter les risques, les autorités doivent désormais envisager de recourir à d’autres outils, comme les coussins de capitaux contracycliques, afin d’”empêcher la montée des vulnérabilités de mettre en danger la croissance à moyen terme”, ajoutent-ils.

Retraites: des hypothèse économiques hypothétiques

Retraites:  des hypothèse  économiques  hypothétiques

 

 

Les hypothèses économiques de la réforme des retraites paraissent particulièrement hypothétiques pour ne pas dire ésotérique. En effet, qui peut savoir quelle sera l’évolution du PIB  d’ici 20 ou 30 ans. Fixer un  pourcentage pour les retraites n’a guère de sens quand on  connait pas le volume du PIB. Si ce PIB est en régression, un pourcentage de 12,9 % en 2050 sera très difficile à atteindre à moins de s’enfoncer encore davantage dans le déséquilibre budgétaire et la dette. À l’inverse, si le PIB est en forte augmentation, on pourra diminuer la part consacrée aux retraites. La seule variable à peu près certaine dans l’évaluation des perspectives du régime de retraite est l’augmentation du nombre de bénéficiaires proportionnellement à la population. Pour le reste, c’est le plus grand flou y compris concernant la productivité qui pourrait contribuer à alimenter la croissance. La vérité sans doute c’est que face à toutes les incertitudes, il est particulièrement illusoire de prévoir les modalités précises du régime de retraite pour un horizon aussi lointain. Aussi aurait-il été préférable de laisser en état la réforme décidée par Marisol Touraine qui prévoyait un report très progressif de l’âge moyen de la retraite. De toute manière, on serait arrivé au même résultat à savoir à terme 43 ans de cotisation en sachant que l’âge de départ actuel est de 63 ans et demi et que par ailleurs l’âge  moyen d’entrée sur le marché du travail est de 23 ans. Ce qui nous amène tout doucement vers 66 ans. Une moyenne bien sûr car ensuite il est impératif pour des questions d’équité d’adapter l’âge  départ en fonction des critères de pénibilité. Un âge qui pourrait varier de 55 ans à 66 et plus. Encore une fois compte tenu de l’incertitude des paramètres, les pouvoirs publics seraient bien avisés de remettre sur le métier la réforme des retraites tous les cinq ans. En pratique ce qui se fait et se fera sans doute encore dans l’avenir. Prévoir que le système de retraite un déficit de l’ordre de 0,2 ou 0,3%  % comme l’indique l’évaluation du système actuel relève de l’approximation.

Actuellement, la retraite représente 13,8 % de PIB et devrait baisser à 13,3 % en 2040 (contre 13,5 % sans réforme) puis 12,9 % en 2050 (contre 13 % sans réforme). « Soit des niveaux très proches des masses qui auraient été versées hors réforme », indique l’étude, citée par Les Echos.

La gauche et les syndicats sont vent debout contre ces mesures. Certes, le système actuel n’est plus équilibré, puisque le nombre d’actifs pour financer une retraite a diminué. Pour autant, les opposants refusent un recul de l’âge de départ à 64 ans, qui implique un malus s’il est anticipé. Celui-ci pourrait même s’établir à 65 ans, pour assurer la stabilité financière à partir de 2037. « Cet âge (65 ans), purement conventionnel, correspond à l’âge de départ au taux plein pour une personne ayant débuté son activité professionnelle à 22 ans et ayant validé toute sa vie 4 trimestres par an, soit 43 années, la durée exigée pour le taux plein pour la génération née en 1975 », précise l’étude.

Malgré ces mesures, l’équilibre financier pourrait ne pas être atteint d’ici 2037, détaille encore l’étude. Le déficit du système de retraite serait de 0,2 % à 0,3 % de PIB entre 2035 et 2040, au lieu de 0,5 % sans réforme.

 

Perspectives économiques 2020-2021: le monde s’installe dans la croissance molle

Perspectives économiques: le monde s’installe dans la croissance molle

 

 

Un ralentissement conjoncturel dans le cadre de mutations davantage structurelles explique l’installation dans une croissance mondiale  très molle. La dette, l’atonie de la demande ou les tensions commerciales vont en effet faire stagner la croissance d’après la chef économiste de l’OCDE. En outre des facteurs géopolitiques pourraient venir faire émerger le risque de récession . ( Interview la Tribune)

 

Existe-t-il un risque de récession ?

Nous projetons une stagnation de la croissance en 2020 et 2021, puisque celle-ci serait de 2,9 % l’an prochain comme cette année et 3 % l’année suivante. Ce sont les taux les plus faibles depuis la crise financière, et les risques sont nombreux. Par exemple, il y a un large volume de dettes d’entreprises sur les marchés qui pourraient souffrir de ce ralentissement prolongé de la croissance, et dont un défaut pourrait entraîner des ventes massives. Il y a également une résurgence de produits structurés, dont le montage rappelle ceux de l’avant-crise, aux États-Unis notamment. Un ralentissement accru ou plus brutal de la Chine pèserait sur la croissance mondiale. Des tensions géopolitiques pourraient s’aggraver. Enfin, même en année électorale américaine, on ne peut exclure une résurgence des tensions commerciales.

Comment les prévisions macroéconomiques de l’OCDE ont-elles évolué pour les années 2020 et 2021 ?

Nous pensons maintenant que le ralentissement est aussi bien structurel – avec des facteurs touchant aux fondamentaux économiques de long terme – que cyclique. Au-delà du ralentissement et du rééquilibrage de la croissance en Chine, qui sont là pour longtemps, il y a les défis posés par la transformation numérique, l’urgence accrue du changement climatique et l’anxiété suscitée par les mutations du marché du travail, qui est parfois à l’origine de ce repli sur l’économie domestique. Ces facteurs sont structurels et ne peuvent être résolus avec des taux d’intérêt plus bas ou un stimulus budgétaire (du moins, pas seulement). Ils affectent les conditions de développement des entreprises, la nature et le nombre des emplois. Ils vont demander une réponse forte et active des politiques économiques. C’est ainsi que, pour la première fois dans nos prévisions, nous avons mis l’accent sur le changement climatique et les réponses à y apporter.

Quels seront les grands défis pour l’économie internationale en 2020 ?

Il s’agit, d’une part, de recréer de la confiance, un environnement plus prévisible pour les entreprises, et, d’autre part, de lancer et de bâtir les conditions d’un rebond de l’investissement, public comme privé. Pour retrouver la confiance, l’OCDE agit sur deux fronts : elle accroît la transparence en matière commerciale et elle œuvre à un nouveau système de taxation internationale, pour que chaque entreprise paie sa part juste d’impôts sur le territoire où elle réalise des profits.

Pour l’investissement, nous recommandons de créer des fonds d’investissement publics destinés aux transitions numérique et énergétique. Ces fonds doivent servir notamment à financer les infrastructures comme les autoroutes de l’information, les réseaux de distribution d’électricité indispensables au déploiement du renouvelable, et à soutenir des projets innovants dans ces deux secteurs. La gouvernance doit être rigoureuse, car il s’agit d’argent public. Il faut que cela soit contrôlé par le parlement lors du processus budgétaire tout en préservant des conditions de concurrence saine entre les entreprises, car c’est de là que vient l’innovation. On peut s’inspirer de l’agence Darpa du département de la Défense aux États-Unis, ou des PIA (programmes d’investissement d’avenir) à la française.

Quels seraient les principaux leviers à activer pour répondre à l’urgence climatique ?

Il y a plusieurs types d’instruments, dont on doit prendre en compte l’impact redistributif, c’est-à-dire notamment les effets sur les emplois, et le coût pour les ménages et les PME les plus exposées. Prenons le prix du carbone : des régions comme la Colombie-Britannique (Canada) ont réussi à l’augmenter progressivement, mais en redistribuant les recettes aux personnes et aux entreprises les plus affectées. Ainsi, on modifie leur comportement, sans les pénaliser financièrement ou dans leur quotidien. On peut également inciter les investisseurs à diriger leurs fonds vers des financements verts avec la régulation ou des tests qui mettent en évidence à quel point leurs revenus seraient menacés par des chutes de prix d’actifs, comme les actions dans des entreprises d’énergie fossile. Enfin, des investissements publics demeurent nécessaires, comme vient de le souligner la Commission européenne avec la publication de son « Green Deal ».

Les banques centrales (FED, BCE) ont-elles encore des marges de manœuvre pour répondre au ralentissement ? Les taux bas représentent-ils une menace ou une opportunité ?

Les banques centrales ont toujours des marges de manœuvre, la question à se poser est de savoir si les défis que l’on vient d’évoquer relèvent bien du domaine des banques centrales. La réponse est : « Pas vraiment. » En revanche, elles ont lancé le signal qu’elles maintiendraient des taux bas longtemps, ce qui permet d’avoir de la visibilité pour financer les investissements et effectuer des réformes qui, parfois, peuvent avoir un effet transitoire négatif. Profitons-en. Quant à la question d’une « menace », laissez-moi soulever deux points. D’une part, les politiques macroprudentielles et la supervision doivent contrôler et corriger les risques financiers plus que la politique monétaire. D’autre part, la majorité des récessions ont été déclenchées par des hausses de taux. Mais l’économie mondiale n’est pas suffisamment solide pour que les taux remontent tant que la politique budgétaire ne reprendra pas le relais de façon structurée et significative.

Les États disposent-ils encore de marges de manœuvre budgétaires ?

Les positions varient d’un pays à l’autre. Il y a des moyens d’agir pour ceux qui ont une dette élevée : s’attaquer à la composition des dépenses et vérifier que l’argent est utilisé au mieux pour la croissance et le bien être. Trop souvent, les dépenses ont été empilées sans véritable évaluation au cours du temps et ne touchent plus ni les populations qui en ont le plus besoin, ni les investissements qui sont les plus nécessaires.

Prospective-les enjeux économiques ne se réduisent pas aux startups (Fabrice Le Saché, Medef)

Prospective-les enjeux économiques ne se réduisent  pas aux startups (Fabrice Le Saché, Medef) 

 

Un  rappel utile au réel   de la part du   vice-président du Medef, Fabrice Le Saché. En effet, la mode vise à réduire l’ensemble de l’économie au développement des start-up et des licornes spécialisées dans le numérique. Or l’enjeu est sans doute encore plus important s’il s’agit de faire pénétrer davantage le numérique dans les entreprises traditionnelles. À noter que le vice président du Medef souligne aussi les inégalités des réseaux numériques dans le pays et pose finalement la question de l’aménagement du territoire et de la désertification de certaines zones

« Le numérique d’une façon générale provoque un basculement de l’économie traditionnelle vers une économie dématérialisée. Mais ces deux économies ne sont pas antinomiques. Le numérique est un prolongement de l’économie traditionnelle et doit venir en appui. On ne peut pas ignorer que beaucoup d’entreprises sont des pure players et disposent donc de plus d’agilité. Comme on ne peut pas ignorer que pour certaines entreprises traditionnelles, le numérique soit plus complexe« , pointe le vice-président du MEDEF.

Qui du coup embraye sur l’aspect encadrement législatif. Le sujet fait débat, taxation des GAFA en première ligne. « Les règles qui sont fondées sur une économie physique ont du mal à évoluer pour s’adapter à une économie numérique. Parfois même, elles créent des distorsions de concurrence. Or nous avons besoin des deux économies, nous avons besoin qu’elles s’appuient mutuellement« . Donc, « pour éviter cette distorsion, nous avons besoin que le législateur trouve un point d’équilibre« , afin d’éviter que les uns soient soumis à des charges fiscales quand ce n’est pas le cas pour les autres, une réactivité dans la remise à l’équilibre législatif qui doit être maximale.

Mais ce que dit surtout Fabrice Le Saché, c’est « qu’au-delà de toutes règles de concurrence saines et loyales, la transition numérique doit toucher tous les territoires et tous les types d’entreprises« . Certes, les « startups constituent une force pour le pays, mais cette élite numérique n’est pas l’alpha et l’omega. Au MEDEF, nous regardons aussi ce qu’il se passe dans les TPE/PME, dans les ETI et les régions« . Des entreprises – de taille, face à des croissances diverses mais qui parfois ont un point commun, celui de ne pas aller vers cette transition. « Certaines entreprises sont en retard car elles font face à des problèmes de marge, liés à une fiscalité qui représente tout de même un niveau de prélèvement le plus élevé d’Europe ». Et de rajouter que par exemple « l’industrie 4.0 ne se fait pas en un claquement de doigts, l’intelligence artificielle, les données à valoriser… tout cela coûte« .

A cela, s’ajoute la problématique de la fracture numérique, tous les territoires n’étant pas égaux face aux infrastructures de débit. Ce qui empêche bien sûr certaines entreprises installées dans ces territoires dépourvus, de basculer pleinement vers le numérique.

 

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