Archive pour le Tag 'énergies'

Energies- Nucléaire, gaz russe, charbon : l’Allemagne fait marche arrière

Energies- Nucléaire, gaz russe, charbon : l’Allemagne fait marche arrière

 

 

L’Allemagne envisage désormais de prolonger la durée d’exploitation des trois dernières centrales en activité dans le pays. De même pour le charbon: Berlin compte augmenter le recours à cette énergie fossile très polluante qui devait pourtant disparaître du pays en 2030.

L’Allemagne dépendait à plus de 50 % du gaz russe qui constitué l’axe stratégique de sa politique énergétique. Aujourd’hui ce gaz russe représente plus que 30 % et devrait tomber à 10 % voire à zéro. Du coup, l’Allemagne remet  complètement en cause le contenu de sa politique énergétique. En plus du gaz russe, l’Allemagne comptait sur les énergies alternatives qui constituent un véritable fiasco notamment les éoliennes. Forcé de trouver une solution - au-delà de demander aux ménages d’adopter des habitudes de sobriété énergétique en prenant, en prenant par exemple des douches plus courtes et plus froides (!), Olaf Scholz a justifié les réflexions en cours sur le sujet du nucléaire par le fait que le développement des énergies renouvelables, censées remplacer l’énergie nucléaire et le charbon, est plus lent que prévu. Et il est « très différent d’une région à l’autre en Allemagne », a-t-il dit, pointant du doigt l’énergie éolienne .  Du coup l’Allemagne développe surtout des centrales à charbon. Pire l’Allemagne à travers des propos de son chancelier n’exclut plus de recourir davantage au nucléaire !

En effet,’une des pistes actuellement envisagées par le gouvernement est de se tourner de nouveau vers le nucléaire. Une énergie que l’Allemagne avait pourtant décidé d’abandonner à la fin de l’année. Néanmoins, ce mercredi, le chancelier allemand a estimé que cela « peut faire sens » de prolonger la durée d’exploitation des trois dernières centrales nucléaires en activité en Allemagne même si elles « ne sont pertinentes que pour la production d’électricité et seulement pour une petite partie de celle-ci ».

La consommation de charbon était pourtant déjà en hausse avant le déclenchement de la guerre en Ukraine et la flambée des prix qui s’en est suivie. L’Allemagne s’était davantage appuyée sur cette énergie fossile pour pallier la sortie du nucléaire et en attendant que les énergies renouvelables se développent suffisamment. En 2021, la production d’électricité à partir de charbon avait crû de près de 18%. De même, 28,9% de l’électricité injectée dans le réseau du pays provenait encore de centrales à charbon au premier trimestre 2021, « contre 13% en moyenne dans l’Union européenne », selon une note de l’Institut Jacques Delors sur le sujet. La demande de ce combustible a toutefois été divisée par trois depuis 1990 en Allemagne.

 

Métavers: Le nouveau Far-West ?

Métavers: Le nouveau Far-West ?

 

OPINION.

.Par Bhagwat Swaroop, président et directeur général de One Identity, spécialiste de la sécurité unifiée des identités ( la Tribune, extraits )

 

Compte tenu de la diversité des moyens par lesquels les particuliers et les entreprises peuvent accéder au métavers, y compris les canaux numériques et physiques, l’énorme quantité de données recueillies dans le métavers crée à elle seule une nouvelle génération de problématiques de sécurité.

L’un des plus grands défis inhérents à cette nouvelle frontière des communications sera le développement exponentiel des identités numériques, qui ouvrira de nouvelles portes aux cybercriminels potentiels. Le problème est que les professionnels de l’informatique cherchent encore à maîtriser la sécurisation des identités dans ce monde axé sur le Cloud. Dès lors, bon nombre d’entre eux ne sont pas préparés à gérer l’explosion des identités numériques, qui va découler de l’avènement du métavers. Mais heureusement, il existe une voie à suivre pour y parvenir. En appréhendant le concept d’identité numérique tel qu’il se présente aujourd’hui, et son impact sur le nouveau paysage virtuel, les entreprises peuvent faire face au spectre croissant de ces menaces et tendre vers la résilience numérique.

 

La portée du concept d’identité est aujourd’hui phénoménale, et c’est précisément ce dont tirent parti les cybercriminels. Mais il est un facteur négligé par de nombreux professionnels de l’informatique : la façon dont la prolifération des identités rend les organisations plus vulnérables. En raison de l’évolution de nos lieux et modes de travail, de la course au Cloud et de l’augmentation spectaculaire du recours à l’automatisation, la quantité d’identités connaît un essor très rapide.

Ces volumes élevés d’identités proviennent de sources multiples ; ils sont donc non seulement difficiles à gérer, mais constituent également une porte d’entrée idéale pour les cybercriminels, qui cherchent à exploiter les points faibles que les organisations auraient négligés. Selon le Rapport Data Breach 2022 de Verizon (DBIR 2022), 61 % des violations de sécurité constatées au cours de l’année dernière consistaient en des « exploits » sur des informations d’identification. Il est clair que les professionnels de l’informatique et de la sécurité ont du mal à maîtriser le paysage toujours plus vaste des identités. Malheureusement, l’avènement du métavers ne va faire qu’étendre davantage la surface d’attaque des identités.

Ainsi, avec un paysage actuel des identités déjà en équilibre précaire, le métavers va non seulement exacerber les problèmes existants, mais aussi en créer de nouveaux, notamment sur le plan des accès. Les utilisateurs du métavers seront incités à rallier le monde numérique par de nouveaux moyens, qu’il s’agisse d’ordinateurs portables, de smartphones, de casques de réalité virtuelle ou de consoles de jeux. Il en résulte de nouveaux usages, et de nouveaux points d’accès que les cybercriminels pourront exploiter. Les professionnels de l’informatique vont donc devoir faire preuve d’adaptabilité pour définir leurs stratégies de gestion des accès, à mesure que les identités migrent dans le métavers.

L’accès, le respect de la vie privée et la gestion des identités sont autant de facteurs qui vont s’avérer essentiels pour assurer le bien-être et la sécurité des individus et des organisations dans le monde numérique. Kurt Opsahl, avocat général d’Electronic Frontier Foundation, une ONG internationale de protection des libertés et de la confidentialité sur Internet, note qu’en matière de données générées par des technologies gravitant autour du métavers, « le potentiel de manipulation ou d’utilisation abusive de ces données est réel ». Et qui ne serait pas seulement du fait des employeurs, ou bien de collaborateurs naïfs, mais aussi de cybercriminels. Et si l’on se fie à nos antécédents sur le Cloud computing et la transformation numérique, chaque avancée portée par une innovation entraîne une hausse des tentatives d’exploitation frauduleuse, dans les mêmes proportions et avec des répercussions hélas diamétralement opposées.

 

 

Les énergies renouvelables, garantie de paix mondiale ? (Antonio Guterres)

 Les énergies renouvelables, garantie de paix mondiale ?  (Antonio Guterres)

 

La seule solution pour assurer la sécurité énergétique de tous passe par l’abandon des combustibles fossiles polluants et l’accélération de la transition énergétique, alerte le secrétaire général des Nations unies , Antonio Guterres, dans une tribune au « Monde ».

 

Un appel intéressant pour l’abandon des énergies fossiles mais un peu court concernant la paix mondiale dont les conditions sont autrement plus complexes et plus nombreuses. Bref un appel sympathique mais un peu naïf qui pose d’ailleurs la question de l’ONU dans la période.  NDLR

 

Néron [37 apr. J.-C. - 68 apr. J.-C.] est tristement célèbre pour avoir joué du violon pendant que Rome brûlait. Aujourd’hui, certains dirigeants font pire. Ils mettent littéralement de l’huile sur le feu. Alors que les répercussions de l’invasion de l’Ukraine par la Russie se ressentent dans le monde entier, la réponse de certaines nations à la crise énergétique croissante a été de doubler la mise sur les combustibles fossiles – en injectant des milliards de dollars supplémentaires dans le charbon, le pétrole et le gaz, les matières mêmes qui sont à l’origine de l’aggravation de l’urgence climatique.

Pendant ce temps, tous les indicateurs climatiques continuent de battre des records, annonçant un avenir émaillé de tempêtes féroces, d’inondations, de sécheresses, d’incendies de forêt et de températures invivables sur de vastes étendues de la planète. Notre monde sombre dans le chaos climatique. Il est insensé de verser de nouveaux financements dans les infrastructures d’exploration et de production de combustibles fossiles. Les énergies fossiles ne sont pas la solution, et ne le seront jamais. Nous pouvons voir de nos propres yeux les dégâts que nous causons à la planète et à nos sociétés. On en parle tous les jours dans les médias, et personne n’est à l’abri.

Les combustibles fossiles sont précisément la cause de la crise climatique. Seules les énergies renouvelables constituent une réponse pour limiter les dérèglements climatiques et renforcer la sécurité énergétique. Si nous avions investi plus tôt et massivement dans les énergies renouvelables, nous ne nous retrouverions pas une fois de plus à la merci de l’instabilité des marchés des combustibles fossiles.

Les énergies renouvelables sont les garantes de la paix au XXIe siècle. Mais la bataille pour une transition énergétique rapide et juste ne se livre pas à armes égales. Les investisseurs continuent de soutenir les combustibles fossiles et les Etats continuent de distribuer des milliards de dollars de subventions pour le charbon, le pétrole et le gaz, soit quelque 11 millions de dollars (10,5 millions d’euros) par minute.

Il y a un terme pour désigner le fait de privilégier le soulagement à court terme au détriment du bien-être à long terme : l’addiction. Nous sommes encore dépendants aux combustibles fossiles. Pour la santé de nos sociétés et de notre planète, nous devons nous sevrer. Immédiatement. La seule solution pour parvenir à la sécurité énergétique, à la stabilité des prix de l’électricité, à la prospérité et pour que la planète reste habitable, c’est d’abandonner les combustibles fossiles polluants et d’accélérer la transition énergétique fondée sur les énergies renouvelables.

Supprimer tout ce qui freine le développement des énergies renouvelables !

Supprimer tout ce qui freine le développement des énergies renouvelables !

 

 

L’éphémère ministre de l’environnement, Corinne Lepage, observe, dans une tribune au « Monde », que la filière nucléaire ne suffira pas à renforcer notre indépendance énergétique et à réduire notre empreinte carbone.

Sa position consistant à supprimer  ce qui freine le développement de tous les renouvelables paraît cependant particulièrement simpliste et même démagogique. Il faut dire que l’avocate ne s’est jamais signalée par une grande compétence en matière de politique énergétique. Ce qu’elle affirme en particulier à propos du nucléaire témoigne de l’ignorance de l’intéressée concernant cette filière en même temps que sa mauvaise foi. NDLR

 

Dans le dernier quart du XXe siècle, en seulement vingt ans, la France a été capable de construire une cinquantaine de réacteurs nucléaires. Cet exploit, nous devons le renouveler aujourd’hui. Mais attention, il ne s’agit plus seulement de construire de nouveaux réacteurs nucléaires ; il s’agit avant tout de construire des infrastructures équivalentes pour produire de l’électricité, à partir des énergies renouvelables. C’est d’ailleurs la proposition communautaire en réponse à la crise ukrainienne.

Nous pouvons très certainement le faire, à la condition de supprimer tous les freins qui existent actuellement au développement des énergies renouvelables et de l’autoconsommation collective. L’Union européenne tend également à le penser, puisqu’elle a reconnu qu’investir massivement pour doter notre pays des entreprises capables d’améliorer les procédés, de construire les infrastructures et de les entretenir était un droit.

Et nous n’avons pas d’autres choix que de le faire aujourd’hui. En effet, tous les voyants sont au rouge sur la filière nucléaire. Même si nous voulions et pouvions réaliser dans les vingt ans à venir six réacteurs EPR, cela ne résoudrait en rien nos problèmes actuels et à venir. Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire a très clairement indiqué devant la représentation nationale, le 17 mai, que la prolongation à soixante ans de la durée de vie de nos centrales était plus qu’improbable, et que même la prolongation à cinquante ans était problématique.

 

Nos réacteurs les plus jeunes, mais aussi les plus puissants, sont pour l’essentiel à l’arrêt du fait d’un phénomène de corrosion dû à des problèmes de conception. En conséquence, les scénarios RTE basés sur le maintien d’une forte puissance nucléaire jusqu’à l’arrivée des nouveaux réacteurs sont remis en cause. Quant à la réalisation des EPR, elle se heurte manifestement à des problèmes de conception en ce qui concerne les réacteurs en cours de construction dont le retard s’accumule. Cela vaut pour Flamanville comme pour Hinkley Point, ce qui rend très aléatoire le calendrier envisagé. A ceci s’ajoutent deux problèmes immédiats, à la fois pratiques et juridiques.

Le premier est celui de l’indisponibilité de la moitié du parc nucléaire. L’Autorité de sûreté nucléaire a indiqué que cette indisponibilité pouvait être amenée à croître, ce qui pose réellement des problèmes d’alimentation en électricité et entraîne la surenchère des coûts due à notre importation massive. Dès lors, seuls la sobriété et un plan massif d’énergie renouvelable peuvent être des solutions immédiates.

Energies- Gaz et bilan carbone

Energies- Gaz et  bilan carbone

 

 

Comme l’Europe, la France consomme beaucoup de gaz… mais en produit peu. Or, les importations massives ont un coût environnemental important. Pourtant, il existe des gisements en France. Par Jacques Pironon, Université de Lorraine et Philippe de Donato, Université de Lorraine.

Tribune 

L’invasion russe en Ukraine et les tensions internationales qui en découlent nous rappellent qu’un quart de l’énergie mondiale est assurée par la combustion du gaz naturel. Une part qui reste à peu près constante dans les projections mondiales à l’échéance 2040, même pour des scénarios de transition énergétique optimistes.

Le gaz est d’ailleurs considéré comme une énergie de transition indispensable pour pallier l’intermittence du renouvelable, même si le contexte international actuel met en évidence les besoins de diversification d’approvisionnement en gaz naturel et la réduction de la consommation (-30 % en 2030). En effet, le gaz est une énergie fossile dont l’Europe veut se débarrasser pour atteindre la fin des émissions nettes de gaz à effet de serre d’ici à 2050 dans le cadre du « pacte vert pour l’Europe ».

Cet objectif de réduction se trouve néanmoins confronté à la réalité du marché. D’une part, par sa forte consommation : en 2019, l’Europe a consommé 123 Gigajoules d’énergie par habitant, alors que la moyenne mondiale est de 75 Gigajoules par habitant. D’autre part, l’Europe est un acteur mineur en termes de production d’énergie fossile (1,7 % des réserves mondiales).

La situation de l’UE s’applique également à la France. La production de gaz en France (gaz de mine et biogaz) était de 2,4 TWh PCS (milliards de kWh en pouvoir calorifique supérieur) en 2020, ce qui ne représente qu’environ 1 % de sa consommation. La majeure partie du gaz consommé par la France est donc importé, et provient de Norvège (36 %), de Russie (17 %), d’Algérie (8 %), du reste de l’UE (8 %), du Nigeria (7 %), du Qatar (2 %) mais également de sources dont l’état français ne précise pas la provenance (22 %).

Une situation qui ne va pas s’arranger. La France a en effet adopté en 2017 une loi mettant fin à la recherche et à la production de pétrole et de gaz d’ici 2040… sans pour autant interdire sa consommation.

La France se retrouve dès lors en pleine contradiction. Elle s’interdit depuis 2017 de produire des gaz de schistes, mais est devenue la première destination mondiale du gaz naturel liquéfié (ou GNL) américain.

Cette contradiction se retrouve aussi dans les mouvements associatifs, qui s’opposent fortement aux projets de production de gaz sur le territoire, mais sont très discrets sur nos importations. Ainsi, en Lorraine, un projet d’exploitation de gaz de charbon suscite la controverse, alors que le pipeline acheminant le gaz russe n’alimente pas d’oppositions. Ce comportement s’inscrit dans le réflexe NIMBY (« not in my backyard », ou « pas dans mon arrière-cour »), prédominant en Europe à l’échelle locale comme nationale.

Or, ces importations ont un coût environnemental et un bilan carbone loin d’être négligeables.

En effet, entre les phases exploratoires et de mises en production et l’utilisation finale, un certain nombre d’opérations viennent alimenter le budget carbone de la filière gazière. Ainsi, avant sa livraison au consommateur, le gaz subit des traitements pour le purifier, le pressuriser et le transporter (déshydratation, élimination des gaz pénalisants, traitement des résidus, pompage, compression, transport, liquéfaction…). Dans certains cas, viennent s’ajouter des fuites de gaz liées à des défaillances techniques et des manques de surveillance des installations.

Le calcul montre que pour une consommation française, un gaz hollandais conventionnel présente un bilan carbone 13 fois moins élevé qu’un gaz liquéfié provenant du Qatar, et 15 fois moins élevé qu’un gaz russe acheminé sur une très longue distance. Comme pour le secteur alimentaire, le choix du locavorisme s’impose donc.

Face à ce constat et à la crise ukrainienne qui rebat les cartes, face aussi au pragmatisme que nous impose la dépendance européenne aux énergies fossiles, les opportunités de production nationale de gaz doivent être considérées en imposant des technologies de surveillance et de traitement du CO2 émis. Trop vite oubliés, ce sont les objectifs que s’était fixée l’Europe à l’horizon 2020, à savoir un marché énergétique transfrontalier, une plus grande indépendance des régulateurs nationaux et une compétitivité accrue en faveur d’un marché de l’énergie intracommunautaire !

Le gaz de charbon lorrain : une solution locale ?

C’est dans cette optique que l’Université de Lorraine, le CNRS et La Française de l’Énergie se sont associés au sein du projet REGALOR. Ce projet vise à quantifier la ressource en gaz de charbon du bassin carbonifère lorrain, et à développer des technologies de surveillance, de récupération et de valorisation du méthane, tout en réduisant l’impact carbone en piégeant le CO2 émis. Cela doublé d’une absence de recours à la fracturation hydraulique, et à la production d’un méthane quasiment pur (97 %).

Les enjeux de REGALOR prennent tout leur sens dans le cadre de l’indépendance énergétique française. La ressource gazière en Lorraine est ainsi estimée comme étant équivalente à 370 milliards de m³, ce qui correspond à 8 ans de consommation nationale. Couplé à une réduction des émissions de CO2, ce gaz lorrain aurait de plus un bilan carbone bien inférieur à celui d’un gaz importé.

Oui, les pays européens, dont la France, ont des ressources pour contribuer à une indépendance énergétique à faible impact carbone. Cependant, la réorientation actuelle du marché gazier continue de maintenir notre dépendance extraeuropéenne, avec un bilan carbone encore plus défavorable.

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Par Jacques Pironon, Directeur de recherche au CNRS, Université de Lorraine et Philippe de Donato, Directeur de recherche au CNRS, Université de Lorraine.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Energies: Ce sera nucléaire et renouvelable (Pascal Canfin )….Avec une administration en plus

Energies: Ce sera nucléaire et renouvelable (Pascal Canfin )

 

Pascal Canfin, député européen et président de la Commission environnement du Parlement, qui a refusé le poste de ministres de l’environnement Reste député européen. Dans une interview JDD il affirme que la stratégie du gouvernement en matière de politique énergétique sera le nucléaire et le renouvelable. Rien de très nouveau dans cette déclaration sinon la perspective d’une administration supplémentaire avec la création du secrétariat général à la planification écologique ! ( Par parenthèse Cela vide un peu plus le ministère de l’environnement)

 

 

Pourquoi n’avez-vous pas souhaité incarner la planification écologique au gouvernement ?
Je pense être très utile là où je suis. J’ai un poste de clé de voute du Green Deal, le pacte vert européen, lancé à pleine vitesse. On modifie plus de 50 lois européennes en même temps ce qui est inédit et c’est ma responsabilité d’aller au bout de cette mission. J’ai beaucoup échangé avec Elisabeth Borne cette semaine et on travaillera en bonne intelligence pour amplifier l’impact de notre action, qui sera très complémentaire. Elle est la bonne personne pour mener à bien cette nouveauté institutionnelle majeure, et dont on ne mesure pas encore l’impact, qui est de confier directement au Premier ministre la charge du climat. On a franchi une étape très significative avec cette décision et avec la création du Secrétariat Général à la planification écologique, nouvel organe clé à Matignon. Ça crédibilise la capacité à concrétiser l’engagement pris par le candidat Macron de doubler le rythme de réduction des émissions de CO2 en actant la transversalité de l’action écologique.

Énergies russe -gaz : l’Italie retourne sa veste

Énergie russe -gaz : l’Italie retourne sa veste

 

L’Italie retourne sa veste concernant les conditions d’achat d’énergie russe (gaz). Le pays a décidé de se soumettre aux exigences de Poutine qui veut être payé en roubles Ce mardi, Eni, le groupe énergétique italien détenu à 30,3% par l’Etat italien, a annoncé sa décision d’ouvrir un compte en euros et un autre en roubles auprès de Gazprombank afin d’honorer ses paiements de fourniture de gaz russe livrables « dans les prochains jours ». Une exigence de Vladimir Poutine.Et pour contourner désorientation européenne, la péninsule a trouvé une combine très italienne

 

Cela consiste à « ouvrir un compte en devises prévu par le contrat, de faire un paiement dans cette devise et de faire une déclaration en disant que cela clôt le paiement pour la livraison de gaz concernée », a-t-il précisé.

Selon Eni, les autorités russes ont confirmé que « la facturation et le paiement continueront d’avoir lieu en euros » – la devise convenue par les contrats -, et « un opérateur de la Bourse de Moscou effectuera la conversion en roubles dans les 48 heures sans intervention de la Banque centrale de Russie ».

Un décret du Kremlin a introduit une nouvelle procédure de paiement en deux phases, avec d’abord un versement sur un compte de Gazprombank en euros ou dollars, puis la conversion en roubles sur un second compte ouvert auprès du même établissement. Dans un premier temps, ce mécanisme de conversion supposait une transaction avec la Banque centrale russe, que le régime des sanctions de l’UE interdit.

 

 

La guerre, un prétexte pour continuer les énergies fossiles

 La guerre, un prétexte pour continuer les énergies fossiles

 

Le conflit entre la Russie et l’Ukraine ne fait qu’amplifier la crise énergétique à l’œuvre depuis l’été 2021. Les Etats européens parent au plus pressé plutôt que d’enclencher une véritable transition énergétique, constate dans sa chronique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».

 

L’invasion de l’Ukraine par la Russie aurait pu faire coïncider l’agenda diplomatique avec la lutte contre le changement climatique. La nécessité de s’affranchir des hydrocarbures russes pour faire pression sur Vladimir Poutine afin de stopper le plus rapidement possible l’agression était l’occasion de joindre l’indispensable (la sécurisation des approvisionnements énergétiques) à l’essentiel (l’accélération de la transition énergétique).

Mais dix semaines après le début des hostilités, les mauvais réflexes demeurent. Les économies européennes parent au plus pressé. Il s’agit davantage de trouver d’autres fournisseurs d’énergies fossiles plus fréquentables que de commencer un sevrage qui, seul, permettrait de véritablement changer la donne.

Plutôt que de se focaliser sur l’urgence de la sobriété et de décréter une mobilisation générale pour produire davantage d’énergies vertes, les investissements dans le pétrole et le gaz repartent allégrement à la hausse, risquant de mettre en péril les engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris. A la guerre comme à la guerre, répondent en chœur industriels et dirigeants politiques. Mais ce conflit est un mauvais alibi pour continuer à miser sur les énergies fossiles.

Contrairement à un scénario répété à l’envi, la guerre russo-ukrainienne n’est pas le déclencheur de la crise énergétique actuelle. Elle ne fait qu’amplifier un phénomène qui s’est manifesté dès l’été 2021 avec une hausse brutale des prix du pétrole et du gaz. C’est à ce moment qu’il aurait fallu commencer à accélérer la transition énergétique.

Les Européens ont préféré faire le dos rond en misant sur un retour rapide à la normale. D’où les dispositions de court terme qui ont été prises pour préserver le pouvoir d’achat, sans profondément changer notre mode de consommation d’énergie. « La priorité a été donnée à des choix politiquement faciles mais qui sont économiquement coûteux et environnementalement désastreux », estime Thomas Pellerin-Carlin, directeur du Centre énergie de l’Institut Jacques Delors.

L’exemple du gaz naturel liquéfié (GNL) est emblématique de ces choix. Recourir à cette solution dans l’urgence pour diversifier l’approvisionnement et se rendre moins dépendant de la Russie peut se comprendre à court terme. Mais les options prises actuellement, qui s’inscrivent dans la durée, sont beaucoup moins justifiées. Sur le plan économique, le GNL se négocie sur un marché très instable et se révèle assez coûteux. Sur le plan écologique, la liquéfaction est un procédé extrêmement énergivore, sans compter les fuites de méthane tout au long de l’acheminement. Pris globalement, le cycle de production n’est pas beaucoup plus vertueux que celui du charbon.

Energies-Gaz et pétrole : réduire drastiquement la consommation en Europe

Energies-Gaz et pétrole : réduire drastiquement la consommation en Europe

 

Face à l’augmentation des risques pour la sécurité énergétique, les gouvernements européens doivent cesser de subventionner le pétrole et le gaz et demander aux citoyens de consommer moins, estime, dans une tribune au « Monde », l’économiste Simone Tagliapietra.

 

La décision de la Russie de couper l’approvisionnement en gaz naturel de la Pologne et de la Bulgarie marque une escalade sérieuse dans la tentative russe de se servir de l’énergie comme arme contre l’Europe. D’autres interruptions pourraient bientôt avoir lieu, transformant en réalité ce qui, jusqu’à présent, n’était qu’un scénario catastrophe théorique pour l’Europe.

Face à cette situation qui se détériore rapidement, les gouvernements européens doivent enfin prendre au sérieux la réduction de la demande de pétrole et de gaz et prendre deux mesures : cesser de subventionner le pétrole et le gaz de manière universelle et demander aux gens de consommer moins. Bien que politiquement difficiles, ces deux mesures sont désormais nécessaires de toute urgence, tant du point de vue de la sécurité énergétique que des finances publiques, et ne peuvent plus être reportées.

Car l’Europe doit s’atteler sérieusement à réduire sa consommation de pétrole et de gaz. Depuis le début de la crise énergétique en Europe à l’été 2021, les gouvernements européens ont fortement subventionné la consommation de pétrole et de gaz, par le biais d’une grande variété d’interventions allant des subventions directes aux réductions d’impôts. Initialement conçues pour apporter une solution rapide à ce qui était censé n’être qu’un problème temporaire de prix élevés de l’énergie, ces mesures sont désormais devenues structurelles et beaucoup plus importantes.

 

Depuis septembre 2021, de grands pays européens comme l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne ont dépensé chacun environ 20 à 30 milliards d’euros pour faire baisser artificiellement les factures de gaz et d’électricité, ainsi que les prix de l’essence et du diesel. D’aussi importantes subventions du pétrole et du gaz ne sont pas seulement insoutenables du point de vue des finances publiques. Elles sont également préjudiciables du point de vue de la géopolitique et de la sécurité énergétique, sans parler de l’environnement.

Comme l’Europe importe 40 % de son gaz et 25 % de son pétrole de Russie, il s’agit essentiellement de subventions à M. Poutine.

Politique des Energies renouvelables : Une planification pour remplacer la politique de gribouille

Politique des Energies renouvelables : Une planification pour remplacer la politique de gribouille

 

Trois membres de l’Académie des technologies, Yves Bamberger, Patrick Pélata et Pierre Veltz, suggèrent, dans une tribune au « Monde », de faire du déploiement de l’éolien et du solaire l’objet d’une planification nationale méthodique, mais ouverte aux territoires, aux acteurs économiques et aux citoyens.

 

Tribune.

 

La vitesse de décarbonation de notre système énergétique est la pierre angulaire de notre politique climatique. Le contexte actuel de la guerre en Ukraine montre combien les objectifs de souveraineté et les objectifs climatiques sont alignés. Deux stratégies se dessinent. La première consiste à acheter encore du temps pour réorganiser les approvisionnements en énergies fossiles. Elle est sans doute incontournable à très court terme. Mais il est crucial de ne pas remplacer une dépendance par d’autres.

La seule stratégie d’avenir consiste à aller le plus vite possible vers des solutions non fossiles. Or, pour cela, il ne suffit pas de disposer d’objectifs globaux ou de scénarios de référence. L’enjeu essentiel est celui du déploiement effectif, dans le temps et dans l’espace, de ces solutions non fossiles. Et à cet égard, il y a lieu d’être inquiet, car nous n’avons ni les méthodes, ni les instruments, ni les organisations permettant de piloter efficacement ce déploiement.

Tous les scénarios, à commencer par le plus fouillé, celui de Réseau de transport d’électricité (« Futurs énergétiques 2050 »), prévoient une augmentation forte de la part du vecteur électrique, et une croissance très importante des renouvelables. Nous nous focalisons ici sur l’éolien et le solaire, sans aborder les problématiques spécifiques du nucléaire.

Or, nous nous engageons dans la voie des énergies renouvelables de manière incrémentale et souvent chaotique. Des démarcheurs parcourent les campagnes pour proposer des solutions « agrovoltaïques », qui constituent des revenus d’appoint, et souvent davantage, pour les agriculteurs, sans que la compatibilité avec les usages agricoles ait été vraiment vérifiée. Ce n’est qu’un exemple. Ces démarches désordonnées vont accroître les blocages et les contestations, multiplier les recours et augmenter encore les délais administratifs d’autorisation des projets.

Un changement aussi profond appelle deux conditions.

La première est l’adhésion des citoyens. Pour cela, les objectifs doivent être clairs et fermes, les processus et les calendriers doivent être lisibles.

La deuxième est la mobilisation des investisseurs et des producteurs de technologies et de services. Pour ces acteurs, l’élément fondamental est que le chemin de décarbonation devienne beaucoup plus prévisible qu’aujourd’hui.

Il nous semble donc urgent de changer de méthode. Si nous n’accompagnons pas nos scénarios et nos stratégies, telles que la ststratégie nationale bas carbone, d’une véritable planification structurée et cohérente du déploiement, avec la gouvernance adaptée, nous continuerons à nous bercer de belles paroles.

Energies renouvelables : Une planification pour remplacer la politique de gribouille

Energies renouvelables : Une planification pour remplacer la politique de gribouille

 

Trois membres de l’Académie des technologies, Yves Bamberger, Patrick Pélata et Pierre Veltz, suggèrent, dans une tribune au « Monde », de faire du déploiement de l’éolien et du solaire l’objet d’une planification nationale méthodique, mais ouverte aux territoires, aux acteurs économiques et aux citoyens.

 

Tribune.

 

La vitesse de décarbonation de notre système énergétique est la pierre angulaire de notre politique climatique. Le contexte actuel de la guerre en Ukraine montre combien les objectifs de souveraineté et les objectifs climatiques sont alignés. Deux stratégies se dessinent. La première consiste à acheter encore du temps pour réorganiser les approvisionnements en énergies fossiles. Elle est sans doute incontournable à très court terme. Mais il est crucial de ne pas remplacer une dépendance par d’autres.

La seule stratégie d’avenir consiste à aller le plus vite possible vers des solutions non fossiles. Or, pour cela, il ne suffit pas de disposer d’objectifs globaux ou de scénarios de référence. L’enjeu essentiel est celui du déploiement effectif, dans le temps et dans l’espace, de ces solutions non fossiles. Et à cet égard, il y a lieu d’être inquiet, car nous n’avons ni les méthodes, ni les instruments, ni les organisations permettant de piloter efficacement ce déploiement.

Tous les scénarios, à commencer par le plus fouillé, celui de Réseau de transport d’électricité (« Futurs énergétiques 2050 »), prévoient une augmentation forte de la part du vecteur électrique, et une croissance très importante des renouvelables. Nous nous focalisons ici sur l’éolien et le solaire, sans aborder les problématiques spécifiques du nucléaire.

Or, nous nous engageons dans la voie des énergies renouvelables de manière incrémentale et souvent chaotique. Des démarcheurs parcourent les campagnes pour proposer des solutions « agrovoltaïques », qui constituent des revenus d’appoint, et souvent davantage, pour les agriculteurs, sans que la compatibilité avec les usages agricoles ait été vraiment vérifiée. Ce n’est qu’un exemple. Ces démarches désordonnées vont accroître les blocages et les contestations, multiplier les recours et augmenter encore les délais administratifs d’autorisation des projets.

Un changement aussi profond appelle deux conditions.

La première est l’adhésion des citoyens. Pour cela, les objectifs doivent être clairs et fermes, les processus et les calendriers doivent être lisibles.

La deuxième est la mobilisation des investisseurs et des producteurs de technologies et de services. Pour ces acteurs, l’élément fondamental est que le chemin de décarbonation devienne beaucoup plus prévisible qu’aujourd’hui.

Il nous semble donc urgent de changer de méthode. Si nous n’accompagnons pas nos scénarios et nos stratégies, telles que la ststratégie nationale bas carbone, d’une véritable planification structurée et cohérente du déploiement, avec la gouvernance adaptée, nous continuerons à nous bercer de belles paroles.

Energies : Une tarification pour éviter les gaspillages

 Energies : Une tarification pour éviter les gaspillages

 

 

Face au choc d’une hausse durable des prix, l’histoire montre que les Etats ont su recourir à un rationnement justement réparti, rappelle la sociologue Mathilde Szuba dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune. 

 

Faire payer les consommateurs, pourquoi pas, mais lesquels ? L’énergie n’est pas un produit comme les autres, car elle permet d’assurer des besoins de base (chauffage, hygiène, cuisine) que l’on peut qualifier sans hésiter d’essentiels. Aussi, quand une forte augmentation des prix de l’énergie menace de faire basculer de nombreux foyers dans la précarité, le blocage des prix du gaz et de l’électricité semble une solution d’urgence évidente. Sauf que l’énergie sert aussi à des usages nettement moins primordiaux : voyages d’agrément, voitures surdimensionnées, piscines, résidences secondaires… voire yachts de luxe ou tourisme spatial ! Or, on peut difficilement justifier le fait que le kilowatt/heure (kWh) soit subventionné à l’identique, qu’il s’agisse de chauffer l’eau d’une douche ou de chauffer l’eau d’une piscine. Et comment accepter que l’on paie collectivement pour venir au secours de pratiques énergétiques incompatibles avec nos engagements écologiques ?

C’est pourquoi il est capital de distinguer les consommations essentielles et les autres. Cette distinction peut s’appliquer via un tarif progressif, où les premiers kWh consommés sont peu chers, mais où le prix augmente ensuite par paliers (un système déjà appliqué dans quelques communes pour l’eau).

Cela correspond à une formule bien connue de l’écologie politique : « gratuité de l’usage, renchérissement du mésusage ». Un tarif progressif protège ainsi les besoins essentiels, tout en en faisant peser le coût sur les gros consommateurs. Comme la consommation d’énergie est fortement corrélée aux revenus (plus on est riche, plus on consomme d’énergie), un tarif progressif est aussi un tarif socialement progressiste.

Cependant, la hausse du prix des énergies n’est qu’une partie du problème, qui ne devrait pas masquer deux crises majeures qui se dessinent devant nous : la fragilité de notre approvisionnement énergétique (les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie sont pleines de points d’interrogation, sans parler d’un possible chantage au gaz de la Russie) et la nécessité, au nom du climat, d’organiser une révolution énergétique de grande ampleur, qui passera nécessairement par de la sobriété. Chercher à corriger le problème de la hausse des prix sans tenir compte de ces deux enjeux reviendrait à se contenter de corrections cosmétiques, tout en perdant des ressources et un temps précieux. Planifier, organiser et répartir la réduction des consommations serait autrement plus ambitieux pour affronter à la fois le problème des prix de l’énergie et celui de la quantité que nous en consommons. Impensable ? Infaisable ? Pas vraiment, et d’ailleurs nous l’avons déjà fait.

 

Mettre fin à l’addiction aux énergies fossiles

 

Mettre fin à l’addiction  aux énergies fossiles

L’abandon de cette énergie fossile aurait des répercussions environnementales, économiques et même géopolitiques, tandis que Moscou se nourrit de cette manne financière pour faire vaciller Kiev. Par Jean-François Moreau, ingénieur, spécialiste de la transition énergétique et de l’efficacité énergétique des bâtiments. ( la Tribune)

Dans leur ensemble, les membres du gouvernement français le reconnaissent volontiers: la guerre déraisonnable que livre, depuis quelques jours, Vladimir Poutine à l’Ukraine, a démontré la capacité des Européens à s’unir quand la crise frappe à leurs frontières. En prenant des sanctions économiques et financières jamais vues auparavant, Bruxelles s’est imposée, d’une seule et même voix, pour contrer l’avancée de l’autoritarisme russe, qui ne s’attendait vraisemblablement pas à trouver sur son chemin une Europe aussi unifiée.

Celle-ci peut, et doit à présent aller encore plus loin. Car il n’a échappé à personne que la crise en Ukraine – et les réponses de l’Union européenne (UE) à l’encontre de Moscou – pourrait mener à une interruption des livraisons de gaz naturel en provenance de la Russie, aujourd’hui le premier fournisseur de l’Europe, avec 160 milliards de mètres cubes d’hydrocarbures par an (plus de 40 % des importations européennes dans le secteur). Le moment est donc venu, pour Bruxelles, de réfléchir à une réorientation de sa politique énergétique, qui pourrait avoir de grandes (et bénéfiques) répercussions.

Un problème moral

Des répercussions géopolitiques, tout d’abord. Comme l’a rappelé l’eurodéputée progressiste Aurore Lalucq sur Twitter : « Financer le gaz [russe], c’est financer la guerre de Poutine ». Un constat qui n’est pas sans poser un problème moral aux Européens, certains, comme l’Allemagne, dépendant plus fortement que d’autres des importations russes – 50 % du charbon allemand provient de Russie. A l’inverse, un pays comme la France, par exemple, mise avant tout sur la Norvège pour ses importations de gaz (36 %), Moscou arrivant loin derrière (17 %).

Couper les robinets de gaz russe n’aurait pas qu’un impact diplomatique. Il en va de l’intelligibilité de la ligne de conduite européenne. Puisqu’il n’y a qu’à voir la frilosité de Berlin, au moment de discuter de l’exclusion de la Russie de SWIFT (le plus grand réseau de transactions financières au monde), pour se rendre compte à quel point la dépendance de l’Europe à l’égard du gaz russe est source de paradoxe. Tandis que Bruxelles, d’un côté, insistait pour prendre des mesures fortes à l’encontre de Moscou, certains membres, l’Allemagne en tête, hésitaient sur leur teneur et ce principalement pour des raisons énergétiques.

A ce titre, les États membres pourraient faire un grand pas vers la transition énergétique européenne en stoppant leurs importations de gaz russe. Pour reprendre l’exemple de l’Allemagne, modèle à ne surtout pas suivre si l’on veut conduire une politique favorable à l’environnement et au climat, ses importations de charbon russe sont une véritable épine dans le pied de la transition européenne. En décidant d’arrêter le nucléaire après l’accident de Fukushima, en 2011, Berlin ouvrait en réalité grand la porte aux énergies fossiles, extrêmement polluantes, et catastrophiques pour le climat.

L’Allemagne a d’ailleurs été contrainte de repousser de 15 ans sa sortie du charbon, initialement prévue en 2023, à 2038 donc, étant donné que la houille, tout comme le gaz russe, viennent en renfort des gigantesques parcs éoliens et solaires allemands, dont l’intermittence s’avère un réel problème en cas de pics de consommation (comme en hiver). Et Robert Habeck, ministre fédéral de l’Économie et vice-chancelier, de reconnaître d’ailleurs en décembre 2021 : « Nous allons rater nos objectifs de réduction du CO2 en 2022 et 2023 ».

Si Bruxelles veut tenir ses engagements liés à la transition énergétique européenne, elle doit clarifier son propos à l’égard du gaz russe, et l’imposer à l’ensemble de ses membres. A commencer par Berlin. L’UE doit prendre appui sur la crise énergétique qui pointe pour mettre en avant la nécessité de son autonomie stratégique en la matière. Une autonomie dont l’atome est une clé de voûte, qui possède le triple avantage d’être local, décarboné et économique, pour renverser la vapeur à tout point de vue : énergétique, financier et géopolitique.

En ce sens, on peut se féliciter des annonces faites par le président français Emmanuel Macron, qui a insisté, dans son discours de Belfort, sur la réindustrialisation de notre pays grâce aux énergies renouvelables et au nucléaire. Ce dernier s’est enfin vu attribuer une feuille de route à la hauteur du rôle qu’il a à jouer dans l’avènement d’un monde neutre en carbone, après des années d’affaiblissement et de renoncements. La transition énergétique est plus que jamais, aujourd’hui, l’axe principal de la politique européenne, qui doit se nourrir de la production d’énergie décarbonée pour faire de Bruxelles, non seulement, le leader mondial de la transition énergétique, mais également l’un des piliers de la défense du monde démocratique face à l’autoritarisme qui tente de pénétrer ses frontières à l’Est.

Energies label vert : le nécessaire compromis européen

Energies label vert  : le  nécessaire compromis européen

 

Un papier du Monde revient sur le probable accord concernant le label vert accordé par l’Europe aux énergies.

 

Il y aura donc bien plusieurs nuances de vert en Europe. Après des mois d’hésitation, la Commission européenne a enfin présenté un projet de labellisation des investissements nécessaires à la transition écologique. L’exercice est périlleux, car il n’existe pas de consensus au sein des Etats membres de l’Union européenne sur les moyens de parvenir en 2050 à la neutralité carbone, l’objectif que se sont fixé les Vingt-Sept dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat. Pour contourner l’obstacle, Bruxelles fait preuve de pragmatisme afin que chaque pays puisse tenir cet agenda en fonction de ses propres choix énergétiques.

Regroupée sous le terme rébarbatif de taxonomie, cette nomenclature européenne consiste à définir ce qu’est une activité économique durable afin de flécher les financements dans le cadre du Pacte vert pour l’Europe. Si une source d’énergie n’y figure pas, elle aura du mal à trouver les capitaux nécessaires à son développement et risque de se retrouver rapidement hors jeu. Ainsi, soixante-dix secteurs d’activité, représentant 93 % des gaz à effet de serre émis sur le territoire européen (construction, transport, industrie ou encore énergie), ont été passés au crible pour savoir s’ils peuvent bénéficier du précieux label.

Le projet peut être encore amendé d’ici sa publication définitive dans quelques jours. Même si cette taxonomie est loin d’être parfaite, elle permet malgré tout à l’Europe de renforcer son leadership environnemental, en définissant une norme en matière de finance « verte », qui pourrait devenir une référence pour le reste du monde.

Énergie : envolée du prix du gaz ….et des autres énergies à suivre

 

 

Énergie : envolée du prix du gaz ….et des autres énergies à suivre

 

Nouveau record du prix du gaz ce mardi en raison notamment des tensions géopolitiques entre la Russie et certains de ces pays clients

. Une hausse qui mécaniquement va se reporter sur les autres énergies et sur l’électricité. À noter par ailleurs que les énergies renouvelables actuellement loin d’apporter le complément nécessaire à une demande en hausse du fait de la baisse des températures. En particulier l’éolien qui se révèle effectivement très intermittent.

On sait qu’en France la tension est extrême sur la production d’électricité et que le gouvernement a même demandé à la ministre écolo Barbara Ponfilly de solliciter davantage l’électricité nucléaire. D’ordinaire la France et le premier pays producteur exportateur mondial d’électricité mais du faîte de l’arrêt de plusieurs réacteurs entretien la France doit importer de l’électricité. Cela d’autant plus que parallèlement on a fermé la centrale de Fessenheim dont la durée de vie pouvait être prolongée d’une vingtaine d’années !

Le cours européen de référence, le TTF néerlandais, est monté vers 13 heures de près de 20% à 175 euros le mégawattheure (MWh), battant son record précédent du 6 octobre, quand celui du gaz britannique pour livraison le mois prochain a culminé à 435 pence par thermie (une unité de quantité de chaleur), suivant une hausse par rapport à la clôture de la veille. Ces niveaux de prix au comptant sont près de huit fois supérieurs à ceux du début d’année.

Le regain de tensions à la frontière entre la Russie et l’Ukraine est régulièrement mis en avant par les observateurs du marché pour expliquer la flambée des prix. Les Occidentaux affirment que Moscou masse du matériel militaire à la frontière ukrainienne en vue d’une possible opération, des accusations rejetées par la Russie qui se dit au contraire sous la menace de l’Otan, qui arme l’Ukraine et multiplie les déploiements de moyens aériens et maritimes dans la région de la mer Noire.

 

Les énergies renouvelables intermittentes ne respectent pas les lois du marché

Les énergies renouvelables intermittentes ne respectent pas les lois du marché

 

L’expert en énergie Gilles David explique, dans une tribune au « Monde », qu’il faut développer le renouvelable intermittent en veillant à ce qu’il soit stockable et/ou substituable dans l’instant, et repenser notre mix énergétique dans le cadre de la transition énergétique.

L’experte estime que les énergies renouvelables en cause ne respectent pas les lois du marché du fait notamment des nombreuses subventions accordées.

Une observation pertinente mais qui vaudrait aussi pour EDF.  NDLR

Tribune.

 

L’actualité – COP26, hausse spectaculaire du coût de l’énergie – nous le rappelle chaque jour : la transition énergétique est en marche et doit encore s’accélérer. Pour autant, pour réussir, celle-ci ne pourra se faire que dans le respect des lois du marché.

Le marché de l’électricité en France, comme en Europe d’ailleurs, en est la parfaite illustration

 

Ainsi, depuis vingt ans, les énergies renouvelables intermittentes (éoliennes, panneaux solaires) bénéficient de conditions de rachat garanti – sur quinze ou vingt ans – et prioritaires. Ce qui a pour conséquence une forte distorsion du marché de l’électricité avec, pendant une décennie, des prix anormalement bas liés à une surcapacité combinée à un sous-investissement chronique dans des solutions et/ou des technologies qui devraient pourtant être moteur de la transition énergétique.

 

A cette compétitivité artificielle des énergies renouvelables intermittentes, décorrélée des lois du marché, répond un sous-investissement qui aujourd’hui se traduit par une forte hausse des prix de l’électricité mais aussi des black-out comme ceux survenus dernièrement au Texas (Etats-Unis).

Il faut revenir à un principe simple et universel, à savoir celui d’acheter l’électricité à un producteur indépendant qui garantit la fourniture

Il est temps de retrouver la raison et de revenir aux fondamentaux du marché. Il faut en finir avec le capitalisme de rente qui, à terme, joue comme un frein puissant à la transition énergétique que nous appelons tous de nos vœux.

Si les énergies renouvelables intermittentes étaient véritablement soumises aux lois du marché, ni éoliennes ni centrales solaires ne verraient le jour. Du moins sans être adossées à des équipements complémentaires capables d’apporter une garantie de fourniture (centrales à gaz ou centrales à hydrogène notamment).

Une situation qui n’est bien sûr pas souhaitable mais qui souligne l’importance de revenir à un principe simple et universel, à savoir celui d’acheter l’électricité à un producteur indépendant qui garantit la fourniture. En somme, développer le renouvelable intermittent oui, mais dans le respect du marché c’est-à-dire en veillant à ce qu’il soit stockable et/ou substituable dans l’instant.

 

La période « bénie » d’une électricité bon marché est bel et bien révolue. La hausse observée ces derniers mois sera durable pour tous – particuliers comme industriels – et probablement aggravée par une demande en forte progression dans les prochaines années. L’opportunité est donc bien de définir des conditions de marché saines basées sur une utilisation optimale des ressources et des solutions à notre disposition.

Arrêtons d’opposer énergies renouvelables et nucléaire

Arrêtons  d’opposer énergies renouvelables et nucléaire

 

« La crise de l’énergie française de 2021 ne provient pas d’une menace extérieure, comme celle de 1973, ni, comme l’affirme votre tribune, de « la conjoncture économique et géopolitique », mais de l’incurie des responsables de ce secteur depuis vingt ans », estime Jacques Peter en réaction à une tribune de l’historien Jean-Baptiste Fressoz.

 

Lecteur abonné au Monde depuis soixante ans, je suis étonné par les conclusions de la tribune de Jean-Baptiste Fressoz intitulée « La « crise énergétique », une invention atomique » (Le Monde du 4 novembre) et titrée « « Crise énergétique » et relance du nucléaire : un air de déjà-vu » sur Le Monde.fr. Lecteur engagé avec des amis dans des associations écologistes, désolé que les résultats obtenus par la France dans la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre dus à l’énergie soient décevants [...].

Selon l’analyse de Jean-Baptiste Fressoz, les porteurs des intérêts du nucléaire seraient machiavéliques au point de se féliciter des crises énergétiques afin de bousculer les décisions en leur faveur. L’historien rappelle qu’effectivement, la crise des années 1970 avait été profitable au nucléaire. Avec la crise de 2021, le nucléaire tiendrait-il sa revanche sur trente années de persécutions ?

Rappelons que l’objectif du pays, en 1973, était de réduire une dépendance au pétrole en lançant le programme nucléaire. La menace n’évoquait pas alors le climat, mais provenait du sursaut de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), le détonateur politique étant le conflit israélo-palestinien. Toute autre est la conjoncture énergétique de 2021 : la demande de pays gourmands comme la Chine et l’Inde explose et place la planète en manque de charbon, mais n’est qu’une cause très seconde du désastre français.

Pour la France, le dernier rapport de RTE (Réseau de transport d’électricité), chargé par le gouvernement de faire la synthèse de très nombreuses études et consultations, conclut que d’ici 2050, la France ne pourrait satisfaire qu’une augmentation de sa consommation d’électricité de 35 %. Et ce alors que la plupart des meilleurs observateurs estiment qu’une réelle efficacité de notre politique climatique exigerait une croissance beaucoup plus forte, de l’ordre de 70 à 100%, afin d’électrifier le transport et le bâti tout en faisant revenir en France des industries intensives et que le pays cesse d’importer batteries, panneaux solaires ou encore aluminium ou magnésium aujourd’hui fabriqués majoritairement à partir d’électricité chinoise produite par des centrales au charbon.

Pourquoi nos industriels de l’énergie ont-ils déçu nos espoirs en s’estimant avec réalisme incapables de produire plus ? RTE confirme que le scénario économiquement le plus performant, permettant d’obtenir une électricité très majoritairement décarbonée, comprend 50 % de nucléaire, scénario jugé également comme posant le moins de problèmes technologiques, pour les développements des réseaux ainsi que l’encombrement des sols par RTE.

Bref, pourquoi notre pays se découvre-t-il menacé par une crise électrique, craignant même de ne pas pouvoir passer les hivers prochains sans coupures, selon les dernières analyses de RTE ? Ces constats décrivent bien ce qu’il faut appeler une crise énergétique française. Qui a piloté depuis 2000 – et surtout ces quinze dernières années – le système énergétique français ? Plus le ministère de l’économie, mais celui de l’écologie, qui a placé aux postes de pouvoirs, tant dans l’administration que dans les organismes et sociétés énergétiques, des personnes formatées par des associations et mouvances antinucléaires.

Energies fossiles autorisées chez soi mais pas chez les autres !

Energies fossiles autorisées chez soi mais pas chez les autres !

Un curieux accord sur les énergies fossiles dont le développement ne devrait plus être encouragé à l’étranger mais qui pourront être exploité et utilisé nationalement. Cette déclaration ambiguë s’ajoute à une succession de promesses inédites formulées ces derniers jours à la COP26. Hier, la France avait notamment rejoint une autre coalition, baptisée Boga (Beyond oil and gas alliance). Portée par le Costa Rica et le Danemark, elle rassemble une quinzaine de pays et régions qui s’engagent à sortir progressivement à l’exploitation de gaz et de pétrole sur leur sol. Et jeudi dernier, presque 200 pays s’étaient engagés à sortir progressivement du charbon à partir de 2030, en stoppant tout « soutien à la création de nouvelles centrales ». Bref une succession d’engagements finalement assez contradictoire et peu contraignants. À noter que pour le charbon l’obligation d’abandon à terme a été remplacée par le mot réduction à la demande de la Chine et de l’Inde en particulier

Énergies fossiles : sur une tendance de doublement incompatibles avec l’accord de Paris

Énergies fossiles : sur une tendance de doublement incompatibles avec l’accord de Paris

 

D’après l’ONU qui a examiné les plans énergies des gouvernements, on s’oriente vers un doublement du volume d’énergie fossile. Une perspective totalement contradictoire avec l’accord de Paris et qui bien entendu va occuper le centre des discussions de la COP 26 qui va se tenir à Glasgow pendant une quinzaine de jours

Il se confirme donc que l’accord de Paris a été surtout une vache opération de communication qui en réalité n’est guère contraignante pour les signataires de cet accord. D’ailleurs dès le départ on a seulement retenu le principe que chaque État fixé librement ses objectifs et ses moyens.

D’une certaine manière on peut dire que les propos extrémistes des écolos ont contribué à lire le débat et les réalités. À écouter ses écolos souvent gauchistes la rupture énergétique était possible en quelques années seulement au plan mondial. C’était évidemment faire l’impasse totale les problématiques économiques, techniques sociales et même géopolitiques.

Les projets de ses écolos reposent en fait sur une décroissance brutale qui met en cause le développement économique et social de  nombre de pays avec  encore davantage de pauvreté. En outre, il y a une contradiction fondamentale concernant l’énergie électrique dont une grande partie est produite à partir du charbon. Et le volume de charbon utilisé ne va pas diminuer d’ici 2050. La transition énergétique sera très gourmande en électricité est forcément en énergie pour la produire

Sur la tendance actuelle, l’ONU constate que les plans des différents gouvernements conduiraient. à « une augmentation d’environ 240% du charbon, 57% du pétrole et 71% du gaz en 2030 par rapport à ce qui serait compatible avec une limitation du réchauffement climatique à 1,5°C

Le charbon, le pétrole et le gaz, sources de l’essentiel du réchauffement climatique du fait de leurs émissions, représentaient toujours 80,2% de la consommation d’énergie finale en 2019, contre 80,3% en 2009, notait le groupe de réflexion international REN21 en juin dernier. La part des énergies renouvelables, elle, est passée de 8,7% à 11,2% du total, avec une croissance annuelle de 5% en moyenne. Une croissance utile mais bien incapable de répondre aux doublement de la demande d’électricité d’ici une dizaine d’années.

Energies renouvelables : la hausse des prix aussi

Energies renouvelables : la hausse des prix aussi

Les énergies renouvelables vont également enregistrer une hausse des prix du fait en particulier de l’augmentation du coût des métaux (cuivre, de lithium, de cobalt et de métaux rares ). Une augmentation favorisée aussi par la croissance des coûts du charbon utilisé en Chine pour la construction des panneaux solaires. Les éoliennes seront aussi victimes de la hausse du prix des métaux.

De ce point de vue, c’est un peu le paradoxe environnemental. Certains pays dont la France se félicitent en effet du du développement des éoliennes qui permet une énergie renouvelable moins polluante. En réalité le bilan est moins favorable qu’on le dit si l’on intègre la construction, l’exploitation et la démolition. En outre les externalités négatives sont en quelque sorte délocalisées dans d’autres pays ( Chine, Espagne etc.). Le bilan comptable est également difficile à effectuer compte tenu du large soutien financier public.

D’après le rapport annuel de CapGemini sur les marchés mondiaux de l’énergie. «L’envolée des cours des métaux nécessaires à la transition énergétique pourrait effacer une partie de la baisse des coûts enregistrés dans le solaire et l’éolien ces dix dernières années », indique l’auteur du rapport et conseillère énergie auprès du président de CapGemini, Colette Lewiner.

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