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Programme PS : Réconcilier l’écologie et le social avec des taxes !

 Programme PS : Réconcilier l’écologie et le social avec des taxes !

 

 

Le philosophe Raphaël Glucksmann, la tête de liste du Parti socialiste et de Place Publique se propose de réconcilier l’écologie et le social avec des taxes. Finalement il reprend les thèses des écolos et des socialistes concernant leur transition écologique mise en place d’ailleurs par François Hollande et repris à son compte avec les déboires que l’on sait  par Emmanuel Macron.  On voit mal comment la réconciliation pourrait avoir lieu entre les couches sociales défavorisées qui subissent principalement les effets d’une hausse de la fiscalité et la gestion d’une transformation environnementale. On sait en effet que l’impôt ne résout rien, qu’il va rejoindre le puits sans fond du budget. À peine 20 % des nouvelles taxes dites environnementales vont effectivement en direction des actions écologiques. L’axe majeur de la transition doit passer par une politique de l’offre et de normes. Pour parler clair, par exemple en transport il faut imposer des normes qui réduisent de manière drastique les émissions polluantes et parallèlement offrir des solutions de transport alternatives. Et ce n’est pas parce que la taxe aura une dimension européenne qu’elle sera pour autant plus pertinente.  En vue des élections européennes, le candidat socialiste a détaillé  son programme dans le JDD et défend, entre autres, l’idée d’une fiscalité européenne au service de la transition écologique. Un impôt européen sur les bénéfices des sociétés et une taxe sur le kérosène sur les vols intra-européens doivent ainsi permettre de dégager « 1.000 milliards d’euros sur cinq ans ». « Assumons d’augmenter largement le budget de l’Europe, nous sommes les seuls à le faire, martèle le candidat. Tant pis si c’est impopulaire. » En gros toujours la philosophie socialiste des impôts, encore des impôts. Certes élargir certaines problématiques au plan européen peut être utile voire indispensable mais le transfert de gestion à l’Europe peut aussi traduire en vérité l’incapacité des dirigeants de ce pays à gérer les réformes. Pour preuve la déclaration du candidat du PS aussi générale que confuse, Raphaël Glucksmann propose en effet   »donner à l’Europe les moyens de faire ». Sur la question démocratique, il plaide ainsi pour « un budget conséquent et un service public européen élargi ». Tout cela sent l’approximation et les vieilles recettes qui ont tué les socialistes pour s’être coupé des couches populaires qui subissent les folies de l’emballement fiscal. Notons que ces propositions sont faites au moment où le carburant retrouve les niveaux les plus hauts qui ont déclenché le mouvement des gilets jaunes. Et le PS propose d’y ajouter encore des taxes !

Un conseil national de l’écologie tiré au sort! une escroquerie intellectuelle et démocratique

Un conseil national de l’écologie tiré au sort! une escroquerie intellectuelle et démocratique 

Le ministre de l’environnement a confirmé la surprenante proposition de Macron de créer un conseil national de 150 citoyens tirés au sort pour redéfinir les désorientations écologiques. Une véritable fumisterie quand on sait déjà que dans nombre d’institutions nombre de participants sont incompétents pour articuler la problématique écologique avec la dimension économique, sociale, technologique. Nombre de conseils de tous poils traite de l’environnement tant au niveau national qu’au plan local et souvent dans la plus grande incohérence. Pour schématiser,  il y a les écolos purs et durs qui militent pour casser la croissance de manière brutale. De l’autre des productivistes (agriculteurs, industriels, financiers) qui considèrent les préoccupations environnementales comme une foutaise. Rares sont ceux qui sont  qui ont une réelle connaissance scientifique en matière d’environnement et encore plus rares sont ceux qui en plus de cette compétence possèdent également des connaissances économiques et techniques. Bref la plupart du temps les discussions sont proches de propos de bistrot avec parfois même des arrière-pensées politiques. Que penser d’une assemblée de 150 citoyens tirés au sort dont peut-être à peine 10 % parleront avec pertinence des problématiques posées. L’objectif est évidemment de contourner une nouvelle fois les organisations intermédiaires qui connaissent le sujet. C’est la confirmation du caractère autocratique de ce pouvoir qui en permanence veut établir un lien direct entre le monarque républicain et le peuple. Malheureusement c’est précisément cette pratique qui a conduit à l’émergence du mouvement des gilets jaunes. Notons aussi qu’on a pris la précaution de rattacher ce fameux conseil de 150 personnes tirées au sort au conseil économique et social et environnemental déjà ignoré par le pouvoir. Ce conseil de personnes tirées au sort est une véritable escroquerie intellectuelle et démocratique

Macron et l’Ecologie : le grand vide

Ecologie : le grand vide

 

Pour résumer, le président de la république n’a annoncé aucune mesure concrète, aucune orientation précise concernant la prise en charge de la question environnementale. Globalement, il s’est contenté de bla-bla avec la création de deux nouveaux « machins » qui viendront s’ajouter à nombreux institutions qui ne servent t déjà pas à grand-chose. D’une certaine manière Nicolas Hulot avait raison d’anticiper les propos des manuelles macros lors de sa conférence de presse. L’ancien ministre de l’environnement avait en effet annoncé le risque de voir l’écologie passer sous la table de mesures catégorielles destinées à calmer un peu la colère des mécontents « Ce qui a fuité dans les médias laisse craindre que l’exécutif se contente d’acheter la paix sociale (…) mais sans engager le début d’une politique de transition écologique et solidaire« . Ainsi s’exprimait l’ancien ministre de la transition écologique Nicolas Hulot la semaine dernière dans un entretien à Libération. En fait,  le président a fait très peu référence aux questions de transition écologique, de climat ou de biodiversité. C’est un peu comme si depuis le départ de Nicolas Hulot la question était résolue et qu’elle ne posait qu’elle ne se posait plus. Il faut dire que le nouveau ministre de l’environnement François de Rugy  est encore plus accommodant que Hulot vis-à-vis de l’immobilisme environnemental du gouvernement. De Rugy, c’est  la langue de bois personnifiée, pas un mot de travers mais pas non plus la moindre originalité où le moindre volontarisme. Macron s’est contenté dans son intervention  de reprendre quelques phrases bateau comme « L’état d’urgence climatique il est là, notre jeunesse nous le dit à chaque instant et nos concitoyens veulent agir », ajoutant : « il y a une conscience citoyenne sur ces sujets qui s’est profondément transformée ces dernières années et qui va beaucoup plus vite que nombre de politiques publiques ». Le pire, c’est évidemment cette annonce assez surprenante de création d’une convention citoyenne composée de 150 citoyens tirés au sort et rattachés   au Conseil environnemental, économique et social (CESE) qui devra dès le mois de juin « redessiner toutes les mesures concrètes d’aides aux citoyens sur la transition climatique dans le domaine des transports, de la rénovation des logements pour les rendre plus efficaces », définir, si besoin était, d’autres mesures incitatives ou contraignantes et le cas échéant définir des ressources supplémentaires et proposer des financements pour se faire.  On imagine immédiatement que ces 150 Français tirés au sort vont s’engager dans des discussions de bistrot qui déboucheront forcément sur rien. La problématique environnementale est en effet relativement complexe comme la plupart des autres questions. Elle exige aussi une articulation avec les dimensions technologiques, économiques, sociales. Les experts eux-mêmes ont bien du mal souvent à effectuer la prise en compte complexe de cette problématique globale. On voit mal des citoyens en quelques semaines être capables de sortir des analyses et des perspectives un peu pertinentes. Quand au conseil de défense écologique c’est évidemment uniquement une création sémantique vide de tout contenu car il existe déjà un ministère de l’environnement sans parler d’autres institutions qui ne serrent pas grand-chose comme  le CNTE (Conseil National de la Transition Ecologique (CNTE), instance multi-acteurs de dialogue environnemental issue du Grenelle de l’environnement (2007) qui a instauré ce dialogue à 5 collèges de représentants de la société civile et, depuis plus récemment, des parlementaires ; le Haut Conseil pour le Climat (HCC), annoncé en 2018, est en cours de constitution et regroupe 10 experts indépendants chargés d’évaluer l’action climat, notamment la cohérence des politiques publiques.




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