Archive pour le Tag 'Nouvelles'

Le processus d’émergence des nouvelles technologies

Le processus d’émergence des nouvelles technologies

 

    • Un article du Wall Street Journal (extrait)
    • Des recherches éécentes pourraient nous aider à comprendre à quel rythme les technologies existantes s’améliorent. S’ils s’avèrent efficaces, ces algorithmes de prédiction de l’innovation bénéficieront aux investisseurs, aux chefs d’entreprise et aux organes de planification des pouvoirs publics. L’objectif est de nous permettre de prendre des décisions plus éclairées quant aux domaines auxquels il est judicieux de consacrer des moyens financiers, du temps et de l’attention. Qu’il s’agisse de déterminer le contenu d’un portefeuille d’investissement ou de décider quelle voie il convient de suivre dans la recherche et développement (R&D) pour résoudre un problème urgent, ces systèmes peuvent être utiles, affirme Christopher Magee, professeur émérite d’ingénierie au Massachusetts Institute of Technology (MIT), et l’un des auteurs d’un article à paraître sur le sujet.
    • « Lorsque j’étais chez Honda, nous cherchions la réponse à la question, “sur quoi allons-nous travailler ensuite ?” Pour beaucoup, la robotique et l’intelligence artificielle allaient changer le monde, mais nous n’avions pas de moyen de savoir si la robotique progressait effectivement aussi vite qu’on le pensait – et il s’est avéré que ce n’était pas le cas »
    • Le professeur Magee, qui a passé 35 ans chez Ford Motor à travailler dans des domaines comme la stratégie technologique, explique que l’une des raisons qui l’ont conduit à se lancer dans ces recherches est qu’il avait toujours eu le sentiment, en tentant avec d’autres analystes de prédire ce dans quoi une entreprise devrait investir, d’en être réduit à deviner. Il avait également l’impression que ces suppositions étaient fortement influencées par des partis pris personnels.
    • Ancien chercheur du MIT dans la conception et la gestion de systèmes, Anuraag Singh, qui a dirigé les recherches dans le cadre du projet sur l’innovation, a gardé le même type de frustration de son expérience en tant qu’ingénieur travaillant sur des avancées censées produire une rupture technologique pour la division de R&D de Honda.
    • « Lorsque j’étais chez Honda, nous cherchions la réponse à la question, “sur quoi allons-nous travailler ensuite ?”, raconte M. Singh. Pour beaucoup, la robotique et l’intelligence artificielle allaient changer le monde, mais nous n’avions pas de moyen de savoir si la robotique progressait effectivement aussi vite qu’on le pensait – et il s’est avéré que ce n’était pas le cas. »
    • Aujourd’hui, MM. Singh et Magee peuvent indiquer en une fraction de seconde à quel rythme progresse une technologie donnée. Et tout le monde peut en faire autant en tapant le nom de la technologie en question dans un moteur de recherche que les chercheurs ont créé sur le modèle de Google. Ainsi, la robotique s’améliore au rythme de 18,5 % par an, ce qui paraît rapide, mais le taux moyen d’amélioration de plus de 1 700 technologies étudiées par les chercheurs s’établit à 19 % par an.
    • L’explication sous-jacente de cette progression tient au fait que toutes les technologies, y compris les logiciels, sont régies en définitive par les lois de la physique, qui, sur le long terme, déterminent jusqu’à quel point et à quelle vitesse ces technologies peuvent évoluer.
    • Les pourcentages d’amélioration technologique reposent sur de nombreux facteurs, dont l’analyse des brevets. La base de données mise à disposition par les chercheurs regroupe plus de 97 % des brevets américains déposés entre 1976 et 2015. Ils ont fondé leurs travaux sur des décennies de recherches antérieures concernant la manière dont certains aspects des brevets peuvent permettre de prédire le rythme auquel une technologie progresse.
    • Il en ressort que le nombre de brevets auquel un domaine technologique spécifique donne lieu n’est que faiblement corrélé au rythme de progression de ce domaine. Un bien meilleur instrument de prédiction réside dans un indicateur mesurant à quel point une technologie brevetée s’inspire d’autres technologies apparemment sans lien avec elle. Il s’avère que l’innovation peut éclore n’importe où, et que les avancées majeures sont liées à l’interpénétration des technologies.
    • En s’appuyant sur ces observations ainsi que sur un ensemble de données empiriques, minutieusement recueillies, concernant les taux d’amélioration de 30 des technologies figurant dans leur base de données, les chercheurs ont développé un algorithme de prédiction capable de déterminer le rythme de progression de l’ensemble des technologies actuellement recensées par le Bureau américain des brevets et des marques et ayant donné lieu à au moins 100 brevets.
    • « Ils ont vraiment fait du bon travail, leurs recherches comblent un vide dans la littérature », estime J. Doyne Farmer, professeur de mathématiques à l’Université d’Oxford sans lien avec les recherches.
    • Les travaux de l’équipe du MIT montrent que « ce qui compte réellement, c’est la physique de ces technologies », ajoute-t-il.
    • « Il ne s’agit pas des compétences des dirigeants d’entreprise ou de la sagesse guidant les investissements des capitalistes. Il s’agit de miser sur le bon cheval, et de s’y tenir »
    • Ainsi, les chercheurs du MIT ont observé, en consultant la littérature sur les brevets, qu’un moteur essentiel de la réduction régulière des circuits de microprocesseurs était l’amélioration de la technologie du laser. Cette découverte répond d’une certaine manière à la question de savoir si la « Loi de Moore » constitue une prophétie autoréalisatrice énoncée par le cofondateur d’Intel, Gordon Moore, ou un phénomène qui se serait produit y compris en l’absence de sa fameuse prédiction, les lasers s’améliorant indépendamment de la production de microprocesseurs, note le professeur Magee.
    • Les travaux réalisés par l’équipe du professeur Farmer à Oxford étayent l’une des principales conclusions de ces recherches et d’études antérieures : lorsqu’on les considère sur le temps long, les technologies évoluent chacune à un rythme étonnamment régulier. Celui-ci est lié aux principes physiques sous-jacents à toute technologie, et n’est pas attribuable à un génie particulier ou à une avancée spécifique, comme nous pouvons avoir tendance à le penser avec les progrès technologiques.
    • « Il ne s’agit pas des compétences des dirigeants d’entreprise ou de la sagesse guidant les investissements des capitalistes, note M. Farmer. Il s’agit de miser sur le bon cheval, et de s’y tenir. »
    • Cette vision de l’innovation en tant que processus déterministe, quasiment mécanique, n’est probablement pas aussi romantique que les innombrables récits mettant en scène des inventeurs ou entrepreneurs héroïques, prenant des risques considérables pour nous faire bénéficier de progrès révolutionnaires, de l’ampoule à la fusée spatiale. C’est toutefois un moyen beaucoup plus fiable de parvenir aux résultats dont la plupart des gens ont besoin, et qu’ils attendent des investissements dans la technologie, avancent les chercheurs.
    • Bill Buxton, qui fait partie de l’équipe de recherche de Microsoft et a été l’un des créateurs de l’interface sur laquelle se fondent les écrans tactiles, a formulé en 2008 une théorie qui réunit dans un concept simple certaines des idées produites par ces recherches. Cette théorie, nommée par le chercheur le « long nez de l’innovation » (long nose of innovation), renvoie à un graphique illustrant le rythme d’amélioration, et souvent d’adoption, d’une technologie : une période de gains apparemment négligeables, suivie d’une croissance exponentielle.
    • « Ces travaux [du MIT] sont précieux parce qu’ils montrent que, si les éclairs de génie existent et que des modifications sont apportées progressivement, on ne fait généralement que s’appuyer sur quelque chose qui était là auparavant, observe M. Buxton. Si l’on abandonne l’idée du héros et que l’on examine le processus réel d’innovation, on s’aperçoit que celui-ci peut être appris, tout comme on peut apprendre à jouer du piano. »
    • Pour le professeur Magee, le principal mérite des travaux de son équipe est de permettre pour la première fois de poser la question du rythme d’amélioration d’une technologie, et d’obtenir une réponse, sans recourir à des anecdotes ou de grandes théories sur l’innovation.
    • C’est une bonne nouvelle si vous vous intéressez aux logiciels, ces derniers étant de loin la technologie progressant le plus vite parmi toutes celles analysées par l’équipe. C’est une mauvaise nouvelle en revanche si vous espérez une amélioration dans le domaine de l’épilation mécanique – le plus lent à progresser sur les 1 757 couverts par l’étude.
    • (Traduit à partir de la version originale en anglais par Anne Montanaro)
    • Traduit à partir de la version originale en anglais

Comment naissent et se développent les nouvelles technologies

  • Comment naissent et se développent les nouvelles technologies

 

    • Un article du Wall Street Journal (extrait)
    • Des recherches éécentes pourraient nous aider à comprendre à quel rythme les technologies existantes s’améliorent. S’ils s’avèrent efficaces, ces algorithmes de prédiction de l’innovation bénéficieront aux investisseurs, aux chefs d’entreprise et aux organes de planification des pouvoirs publics. L’objectif est de nous permettre de prendre des décisions plus éclairées quant aux domaines auxquels il est judicieux de consacrer des moyens financiers, du temps et de l’attention. Qu’il s’agisse de déterminer le contenu d’un portefeuille d’investissement ou de décider quelle voie il convient de suivre dans la recherche et développement (R&D) pour résoudre un problème urgent, ces systèmes peuvent être utiles, affirme Christopher Magee, professeur émérite d’ingénierie au Massachusetts Institute of Technology (MIT), et l’un des auteurs d’un article à paraître sur le sujet.
    • « Lorsque j’étais chez Honda, nous cherchions la réponse à la question, “sur quoi allons-nous travailler ensuite ?” Pour beaucoup, la robotique et l’intelligence artificielle allaient changer le monde, mais nous n’avions pas de moyen de savoir si la robotique progressait effectivement aussi vite qu’on le pensait – et il s’est avéré que ce n’était pas le cas »
    • Le professeur Magee, qui a passé 35 ans chez Ford Motor à travailler dans des domaines comme la stratégie technologique, explique que l’une des raisons qui l’ont conduit à se lancer dans ces recherches est qu’il avait toujours eu le sentiment, en tentant avec d’autres analystes de prédire ce dans quoi une entreprise devrait investir, d’en être réduit à deviner. Il avait également l’impression que ces suppositions étaient fortement influencées par des partis pris personnels.
    • Ancien chercheur du MIT dans la conception et la gestion de systèmes, Anuraag Singh, qui a dirigé les recherches dans le cadre du projet sur l’innovation, a gardé le même type de frustration de son expérience en tant qu’ingénieur travaillant sur des avancées censées produire une rupture technologique pour la division de R&D de Honda.
    • « Lorsque j’étais chez Honda, nous cherchions la réponse à la question, “sur quoi allons-nous travailler ensuite ?”, raconte M. Singh. Pour beaucoup, la robotique et l’intelligence artificielle allaient changer le monde, mais nous n’avions pas de moyen de savoir si la robotique progressait effectivement aussi vite qu’on le pensait – et il s’est avéré que ce n’était pas le cas. »
    • Aujourd’hui, MM. Singh et Magee peuvent indiquer en une fraction de seconde à quel rythme progresse une technologie donnée. Et tout le monde peut en faire autant en tapant le nom de la technologie en question dans un moteur de recherche que les chercheurs ont créé sur le modèle de Google. Ainsi, la robotique s’améliore au rythme de 18,5 % par an, ce qui paraît rapide, mais le taux moyen d’amélioration de plus de 1 700 technologies étudiées par les chercheurs s’établit à 19 % par an.
    • L’explication sous-jacente de cette progression tient au fait que toutes les technologies, y compris les logiciels, sont régies en définitive par les lois de la physique, qui, sur le long terme, déterminent jusqu’à quel point et à quelle vitesse ces technologies peuvent évoluer.
    • Les pourcentages d’amélioration technologique reposent sur de nombreux facteurs, dont l’analyse des brevets. La base de données mise à disposition par les chercheurs regroupe plus de 97 % des brevets américains déposés entre 1976 et 2015. Ils ont fondé leurs travaux sur des décennies de recherches antérieures concernant la manière dont certains aspects des brevets peuvent permettre de prédire le rythme auquel une technologie progresse.
    • Il en ressort que le nombre de brevets auquel un domaine technologique spécifique donne lieu n’est que faiblement corrélé au rythme de progression de ce domaine. Un bien meilleur instrument de prédiction réside dans un indicateur mesurant à quel point une technologie brevetée s’inspire d’autres technologies apparemment sans lien avec elle. Il s’avère que l’innovation peut éclore n’importe où, et que les avancées majeures sont liées à l’interpénétration des technologies.
    • En s’appuyant sur ces observations ainsi que sur un ensemble de données empiriques, minutieusement recueillies, concernant les taux d’amélioration de 30 des technologies figurant dans leur base de données, les chercheurs ont développé un algorithme de prédiction capable de déterminer le rythme de progression de l’ensemble des technologies actuellement recensées par le Bureau américain des brevets et des marques et ayant donné lieu à au moins 100 brevets.
    • « Ils ont vraiment fait du bon travail, leurs recherches comblent un vide dans la littérature », estime J. Doyne Farmer, professeur de mathématiques à l’Université d’Oxford sans lien avec les recherches.
    • Les travaux de l’équipe du MIT montrent que « ce qui compte réellement, c’est la physique de ces technologies », ajoute-t-il.
    • « Il ne s’agit pas des compétences des dirigeants d’entreprise ou de la sagesse guidant les investissements des capitalistes. Il s’agit de miser sur le bon cheval, et de s’y tenir »
    • Ainsi, les chercheurs du MIT ont observé, en consultant la littérature sur les brevets, qu’un moteur essentiel de la réduction régulière des circuits de microprocesseurs était l’amélioration de la technologie du laser. Cette découverte répond d’une certaine manière à la question de savoir si la « Loi de Moore » constitue une prophétie autoréalisatrice énoncée par le cofondateur d’Intel, Gordon Moore, ou un phénomène qui se serait produit y compris en l’absence de sa fameuse prédiction, les lasers s’améliorant indépendamment de la production de microprocesseurs, note le professeur Magee.
    • Les travaux réalisés par l’équipe du professeur Farmer à Oxford étayent l’une des principales conclusions de ces recherches et d’études antérieures : lorsqu’on les considère sur le temps long, les technologies évoluent chacune à un rythme étonnamment régulier. Celui-ci est lié aux principes physiques sous-jacents à toute technologie, et n’est pas attribuable à un génie particulier ou à une avancée spécifique, comme nous pouvons avoir tendance à le penser avec les progrès technologiques.
    • « Il ne s’agit pas des compétences des dirigeants d’entreprise ou de la sagesse guidant les investissements des capitalistes, note M. Farmer. Il s’agit de miser sur le bon cheval, et de s’y tenir. »
    • Cette vision de l’innovation en tant que processus déterministe, quasiment mécanique, n’est probablement pas aussi romantique que les innombrables récits mettant en scène des inventeurs ou entrepreneurs héroïques, prenant des risques considérables pour nous faire bénéficier de progrès révolutionnaires, de l’ampoule à la fusée spatiale. C’est toutefois un moyen beaucoup plus fiable de parvenir aux résultats dont la plupart des gens ont besoin, et qu’ils attendent des investissements dans la technologie, avancent les chercheurs.
    • Bill Buxton, qui fait partie de l’équipe de recherche de Microsoft et a été l’un des créateurs de l’interface sur laquelle se fondent les écrans tactiles, a formulé en 2008 une théorie qui réunit dans un concept simple certaines des idées produites par ces recherches. Cette théorie, nommée par le chercheur le « long nez de l’innovation » (long nose of innovation), renvoie à un graphique illustrant le rythme d’amélioration, et souvent d’adoption, d’une technologie : une période de gains apparemment négligeables, suivie d’une croissance exponentielle.
    • « Ces travaux [du MIT] sont précieux parce qu’ils montrent que, si les éclairs de génie existent et que des modifications sont apportées progressivement, on ne fait généralement que s’appuyer sur quelque chose qui était là auparavant, observe M. Buxton. Si l’on abandonne l’idée du héros et que l’on examine le processus réel d’innovation, on s’aperçoit que celui-ci peut être appris, tout comme on peut apprendre à jouer du piano. »
    • Pour le professeur Magee, le principal mérite des travaux de son équipe est de permettre pour la première fois de poser la question du rythme d’amélioration d’une technologie, et d’obtenir une réponse, sans recourir à des anecdotes ou de grandes théories sur l’innovation.
    • C’est une bonne nouvelle si vous vous intéressez aux logiciels, ces derniers étant de loin la technologie progressant le plus vite parmi toutes celles analysées par l’équipe. C’est une mauvaise nouvelle en revanche si vous espérez une amélioration dans le domaine de l’épilation mécanique – le plus lent à progresser sur les 1 757 couverts par l’étude.
    • (Traduit à partir de la version originale en anglais par Anne Montanaro)
    • Traduit à partir de la version originale en anglais

Anti-pass: nouvelles manifestations

Anti-pass:  nouvelles manifestations

Nouvelles manifestations en France ce samedi en réaction à la loi Covid  qui devrait s’appliquer à partir du 9 août. D’après les autorités,  environ 150 000 manifestants pourraient participer aux défilés qui vont se dérouler dans toute la France.

Dimanche dernier, au lendemain des manifestations qui ont rassemblé plus de 160.000 personnes.

Le Parlement a adopté définitivement, par un ultime vote de l’Assemblée, le projet de loi qui prévoit l’obligation du pass sanitaire mais aussi l’obligation vaccinale pour les soignants.. Le Conseil constitutionnel, saisi par Matignon mais aussi par des députés de gauche, tranchera sur la loi controversée le 5 août.

Passe sanitaire obligatoire: des nouvelles inégalités

 Passe sanitaire obligatoire: des nouvelles inégalités

Les nouvelles mesures sanitaires annoncées par Emmanuel Macron lors de son allocution du 12 juillet vont contribuer à renforcer les inégalités territoriales, générationnelles et sociales, analyse le géographe Sébastien Leroux dans une tribune au « Monde ».(extrait)

 

 

Tribune. 
Les décisions prises par Emmanuel Macron le 12 juillet, en particulier la mise en place du passe sanitaire obligatoire, vont continuer de creuser les inégalités au sein de la population. Ce phénomène sera d’autant plus accentué que le calendrier proposé est particulièrement tendu. Une personne ayant respecté la loi en enclenchant le parcours vaccinal début juin peut se retrouver exclue des lieux de vie sociale à la fin juillet, en raison des délais entre les deux doses et des sept jours d’attente nécessaires après la seconde injection. Si le parcours vaccinal a été enclenché plus tard, la période de carence sociale risque de s’avérer encore plus longue. Et le calendrier proposé n’est pas le seul problème car nous ne partons pas tous égaux face à ces mesures qui s’avèrent injustes, au moins à trois niveaux.Selon le site de l’Assurance-maladie, au 11 juillet 2021, soit la veille des annonces présidentielles, les disparités entre départements sont grandes. 34,7 % de la population de Haute-Savoie a réalisé un parcours de vaccination complet, 37,5 % en Ille-et-Vilaine contre 48,4 % à Paris ou 49,1 % dans l’Allier. Les approvisionnements, la réactivité des uns et des autres, l’état d’esprit de la population vis-à-vis de la vaccination autant de facteurs ayant pu creuser des différences d’un territoire à un autre.

Ces inégalités sont aussi générationnelles : les 75 ans et plus sont 78,7 % à avoir finalisé leur parcours vaccinal contre 29,2 % pour les 20 à 39 ans. C’est logique puisque les personnes les plus âgées ont bénéficié d’une priorisation dans la vaccination. Néanmoins cela leur donne un véritable droit d’accès aux lieux sociaux cet été dont une part importante des jeunes adultes risque d’être exclue. A moins qu’ils ne fassent un test PCR toutes les quarante-huit heures !

Recoupant une partie des disparités territoriales, les inégalités sociales sont là aussi criantes. Les départements les plus pauvres sont ceux où la population est la moins vaccinée. Les classes populaires sont celles qui ont à la fois le moins accès à la vaccination et le plus de doutes sur cette dernière. L’effet est radical. La Seine-Saint-Denis dénombre 30 % de parcours vaccinal complet pour un taux de pauvreté de 28,4 % (chiffre de l’Insee) contre 44,4 % de vaccinés et un taux de pauvreté de 11,9 % dans le département pourtant voisin des Hauts-de-Seine. La corrélation n’est pas aussi nette mais des départements moins urbains sont aussi dans cette situation : avec un taux de pauvreté à 17 % les habitants du Tarn-et-Garonne sont couverts par le vaccin à 37,3 %. Les outre-mer cumulent aussi fort taux de pauvreté et faible vaccination.

NOUVELLES MESURES SANITAIRES : les préfets « sollicités » par Darmanin

NOUVELLES MESURES SANITAIRES : les préfets « sollicités » par Darmanin

 

Gérald Darmanin a écrit dimanche aux préfets pour leur demander de la fermeté dans l’application des nouvelles mesures anti-Covid,

 

Le ministre demande également aux préfets de veiller à ce que les Français puissent avoir une « offre vaccinale adaptée pendant l’ensemble de la période estivale ».

Le ministre réclame aussi un « renforcement des dispositifs d’accompagnement et d’isolement » des cas positifs et cas contacts, avec notamment des « offres de relogement » pour les personnes ne pouvant pas s’isoler à domicile.

Des incitations très générales qui ne mangent pas de pain mais qui ne feront pas augmenter la capacité de vaccination qui dépend des doses disponibles. Sans parler des modalités de contrôle !

Nouvelles technologies–Numérique : Pour une gouvernance internationale transatlantique

Nouvelles technologies–Numérique : Pour une gouvernance internationale transatlantique

 

Spécialiste des enjeux de l’économie numérique, Asma Mhalla plaide, dans une tribune au « Monde », pour la mise en place par les Etats-Unis et l’Union européenne d’une alliance numérique transatlantique.

 

Tribune.
Economie numérique et intelligence artificielle ont brutalement reconfiguré l’échiquier géopolitique mondial. Une nouvelle politique de puissance (power politics) s’installe entre la Chine et les Etats-Unis, avec, comme ambition, la domination des normes technologiques du nouveau système international. Pour fixer nos propres règles, il nous faut rapidement créer une instance de gouvernance numérique euroatlantiste. 

Le défi est grand. L’Europe rêve d’une troisième voie indépendante, les Etats-Unis, de maintenir le statu quo. Mais la conflictualité croissante du monde et l’interdépendance de nos économies appellent à une communauté de destin. Donc de valeurs. Plutôt qu’un repli souverainiste crispé, nous gagnerions à sortir de dogmes anachroniques pour dessiner les contours d’une forme nouvelle de souveraineté élargie et collaborative autour d’une alliance numérique transatlantique.

 

Sur un plan purement technique, l’innovation, relativement homogène, n’est plus un critère suffisamment différenciant entre les forces en présence. Le combat technologique est surtout idéologique. Les socles technologiques et algorithmiques ne sont en effet pas un simple empilement de fonctionnalités neutres. Leur conception, les arbitrages qui les précèdent, les finalités qu’ils poursuivent sont porteurs d’une certaine vision du monde.

Dans la course mondiale aux normes, les lignes de clivage entre les blocs portent donc désormais sur les valeurs, les projets de société, l’architecture politique et technologique associée. Mises sous pression par les puissances concurrentes, les démocraties occidentales, Europe et Etats-Unis en tête, doivent se positionner rapidement, en clarifiant la singularité de notre modèle éthique, technologique et politique.

Or, jusqu’à présent, l’absence d’une gouvernance numérique articulée de part et d’autre de l’Atlantique nous a fait perdre la première partie de la bataille normative internationale tout en fragilisant le pacte démocratique sur le plan national. Plutôt que de se démarquer, nos Etats ont massivement convergé vers le modèle techno-sécuritaire chinois, combinant démocratie et autoritarisme dopé aux algorithmes prédictifs.

 

Nous avons inextricablement enchevêtré les technologies numériques, par nature duales, dans la toile du capitalisme de surveillance. Outrepassant toute considération éthique et démocratique, marqueurs historiques du bloc occidental. A ce compte-là, quelle différence y aura-t-il demain entre le modèle chinois, russe ou occidental ? Pour exister face aux nouvelles puissances, nous allons devoir renouveler rapidement nos modes de gouvernance.

Sondage nouvelles mesures sanitaires : 67 % pour

Sondage nouvelles mesures sanitaires : 67 % pour

Selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro, plus de deux tiers des Français (67%) soutiennent les quatre principales mesures contraignantes annoncées hier soir.

 

Les trois quarts des Français (75%) soutiennent par exemple la vaccination obligatoire pour les personnels des établissements de santé et six sur dix approuvent l’extension du pass sanitaire obligatoire (61%) et le fait de rendre payants les tests PCR sans prescription médicale (59%).

Par ailleurs, une majorité des sondés estime également que ces mesures sont efficaces sur le plan sanitaire (62%) sans être pour autant trop contraignantes (52%).

 

Foot : les paris sportif, nouvelles drogues des pauvres

Foot : les paris, nouvelles drogues des pauvres

 

 Dans une tribune pour « Le Monde », la présidente de l’Autorité nationale des jeux s’inquiète de cette envolée et des enjeux de santé publique qui en découlent.

 

 

Tribune. 
Le 5 juillet dernier, l’équipe de France est sortie de l’Euro de football en huitièmes de finale. Et pourtant, les Français ont continué de parier. Certes, les sommets de mises enregistrées pour France-Suisse – 28 millions d’euros – ne seront probablement pas atteints, mais le championnat d’Europe devrait, au total, susciter environ 600 millions d’euros de mises auprès des opérateurs en ligne agréés sur le marché français. Parier est devenu un sport national ! Face à cette évolution, des voix s’élèvent pour dénoncer les dangers pour les jeunes, en particulier ceux des quartiers, qui seraient les premières cibles des opérateurs. Que faut-il en penser ? 

Il est clair que le marché des paris sportifs en ligne est devenu un eldorado, en progression constante depuis plusieurs années : 700 000 joueurs en 2010, presque 4 millions aujourd’hui. Cette tendance de long terme s’est accélérée récemment, pour deux raisons principales : la numérisation des pratiques de jeux, notamment pendant la crise sanitaire, et la tenue d’événements sportifs très attractifs. Au premier trimestre 2021, ce marché a connu une croissance des mises de 79 %.

Promesse d’argent facile

Les parieurs sportifs sont en grande majorité des hommes de moins de 35 ans, dont un tiers est âgé de 18 à 24 ans. Cette appétence s’explique par les différents attributs associés au pari sportif : une pratique numérique depuis un smartphone, y compris en live, un sentiment d’appartenance à une communauté, une référence appuyée aux figures héroïques des footballeurs, une valorisation de l’ego avec une scénographie de la victoire et, enfin, une utilisation des codes urbains dans les campagnes de publicité. Le pari sportif s’inscrit donc pleinement dans la culture des générations Y [nés entre 1980 et 1995] ou Z [nés entre 1995 et 2010].

Ce ciblage a été identifié depuis de nombreux mois par l’Autorité nationale des jeux [ANJ] comme problématique. Pourquoi ? Par ce que les jeunes sont plus vulnérables aux émotions et à la promesse de l’argent facile. Selon une étude Harris Interactive pour l’ANJ, portant sur le deuxième confinement, les jeunes semblent bien plus touchés par une perte de maîtrise du jeu. Ce sentiment est encore plus flagrant chez les « nouveaux » joueurs, qui étaient plus de 400 000 en 2020.

 


 

L’Euro de football vient souligner ces tendances et questionner de façon éclatante le modèle de régulation mis en place depuis dix ans. En 2010, lors de l’ouverture à la concurrence du marché des jeux en ligne, la France a en effet choisi un encadrement strict. Les paris sont en principe interdits, sauf exception dans un cadre contrôlé par le régulateur afin que le jeu reste récréatif.

Covid Espagne : nouvelles restrictions

Covid Espagne : nouvelles restrictions

La situation sanitaire s’est en effet brutalement détériorée ces derniers jours en Espagne. Le pays, où le Covid a déjà fait près de 81.000 morts, recense le 5 juillet 225 contaminations sur un million de personnes, contre 74 deux semaines plus tôt, soit un nombre de cas multiplié par trois en quinze jours, selon les données d’Our World in Data.

 

La région du nord-est de l’Espagne fait en effet face à une augmentation « exponentielle » des cas de Covid-19 ces derniers jours, principalement chez les jeunes. d’après a porte-parole du gouvernement autonome catalan, Patricia Plaja, lors d’une conférence de presse.

« La situation épidémiologique en Catalogne est extrêmement compliquée », a-t-elle dit, car « le nombre des cas croît à un rythme exponentiel, très supérieur à ce que nous pouvons tolérer ».

« La pandémie n’est pas terminée, les nouveaux variants sont très contagieux et nous avons encore des pans importants de la population qui ne sont pas vaccinés. Nous ne pouvons pas prétendre avoir vaincu le virus », a mis en garde Mme Plaja.

La porte-parole est également favorable au retour du port du masque, dont l’obligation n’est plus effective dans le pays depuis le 26 juin, soulignant néanmoins que cette décision ne relevait pas des compétences du gouvernement autonome catalan.

« Au vu des chiffres que nous avons aujourd’hui, nous pensons que le masque doit à nouveau être obligatoire en Catalogne, mais seul le gouvernement espagnol peut le décréter », a-t-elle déclaré.

En France, le ministre de la Santé Olivier Véran alerte sur une quatrième vague de l’épidémie qui pourrait frapper la France dès la fin juillet du fait de la propagation du variant Delta.

« Depuis 5 jours, le virus ne baisse plus, il réaugmente. A cause du variant Delta qui est très contagieux. L’exemple anglais montre qu’une vague est possible dès la fin juillet », a-t-il écrit.

Nouvelles technologies–La nouvelle guerre entre Apple et Microsoft

Nouvelles technologies–La nouvelle guerre entre Apple et Microsoft

par Tim Higgins  Dans le Wall Street Journal

 

Un nouveau choc des titans de la tech se profile, alors qu’Apple et Microsoft sont en train de raviver une querelle qui remonte aux premiers jours de l’ère des ordinateurs personnels.

Les cofondateurs des deux entreprises, Steve Jobs chez Apple et Bill Gates chez Microsoft, se sont affrontés au début de leur histoire, avant d’enterrer la hache de guerre. Ces derniers mois, les deux sociétés ont ressorti les armes, lors d’une escarmouche qui a mis en émoi leurs clients et d’autres entreprises de la tech.

Apple, lors de son conflit juridique avec Epic Games, a accusé Microsoft de tirer les ficelles dans l’affaire impliquant le développeur de jeux vidéo. Epic Games a attaqué le fabricant de l’iPhone pour pratiques anticoncurrentielles, alors que Microsoft reprochait à ce dernier de restreindre ses possibilités d’atteindre des clients via son propre service dédié aux jeux vidéo.

Jeudi, lors du lancement de Windows 11, le président-directeur général de Microsoft, Satya Nadella, a fait ce qui a largement été perçu comme une pique à Apple et au contrôle qu’il exerce sur l’App Store de son iPhone, sans toutefois mentionner directement son rival. Les deux entreprises placent actuellement leurs pions en vue de la bataille imminente qui se prépare sur le marché de la réalité augmentée et virtuelle, considérée comme la prochaine évolution majeure de l’informatique.

« Le monde a besoin d’une plateforme plus ouverte, qui permette aux applications de devenir des plateformes à part entière », a asséné M. Nadella jeudi dernier lors de l’événement qui se tenait sous forme virtuelle.

Apple justifie le contrôle strict qu’il exerce sur son App Store en affirmant qu’il offre à ses utilisateurs une meilleure protection de leur vie privée et une cybersécurité accrue. D’autres entreprises, dont Facebook et Epic Games, affirment que la société exerce de manière inéquitable son pouvoir de contrôle sur un accès à plus d’un milliard d’utilisateurs d’iPhone.

M. Nadella présente Microsoft comme le défenseur des développeurs et un bon partenaire pour eux. La société s’est par exemple associée à Amazon, pour proposer aux utilisateurs de Windows 11 de télécharger les versions Android (le système de Google) des applications du géant du commerce électronique, alors qu’Apple a renforcé le verrouillage de ses appareils et de ses applications.

Il s’agit d’une certaine manière d’une inversion des rôles. Dans le passé, Apple était considéré comme le petit chouchou des créateurs de contenu, qui luttait contre un monopole aux méthodes musclées.

Fondés au milieu des années 1970, Apple et Microsoft sont les plus anciens géants de la tech moderne. Jeunes, MM. Jobs et Gates se sont disputés pendant des années. A une époque, M. Jobs a accusé Microsoft de voler les idées d’Apple et de proposer un produit mal conçu. Ils ont publiquement conclu une trêve aux alentours de 1997, peu après le retour de M. Jobs à la tête de l’entreprise qu’il avait contribué à créer. Cette année-là, M. Gates a investi 150 millions de dollars dans Apple, ce qui a permis d’injecter les liquidités dont M. Jobs avait cruellement besoin pour écrire son deuxième acte à la tête de la société.

Depuis, les passes d’armes entre les deux entreprises se sont, à l’occasion, poursuivies. Apple a par exemple diffusé des spots télévisés se moquant des utilisateurs de PC, ce qui a poussé Microsoft à lancer une contre-campagne.

A un moment, M. Jobs a estimé que cette rivalité était devenue malsaine. « Si le jeu était un jeu à somme nulle, où pour qu’Apple gagne, Microsoft devait perdre, alors Apple allait perdre », analysait-il ainsi au cours d’une interview conjointe avec M. Gates lors d’une conférence du Wall Street Journal en 2009, à une époque où le géant des logiciels était beaucoup plus important. « Nous avons essayé d’arranger les choses », déclarait alors M. Jobs.

Jusqu’à récemment, la nouvelle génération de dirigeants des deux entreprises semblait désireuse de préserver publiquement la paix. Tim Cook a succédé à M. Jobs chez Apple en 2011, et M. Nadella est devenu le PDG de Microsoft en 2014. L’une des premières grandes mesures prises publiquement par M. Nadella a été d’intégrer les applications de bureautique Office développées par son entreprise sur l’iPad, la tablette d’Apple.

« Microsoft et Apple sont souvent passés d’ennemis acharnés à meilleurs ennemis, il y a eu une succession de hauts et de bas », détaille Patrick Moorhead, président de la société technologique Moor Insights & Strategy. « Désormais, ils sont à nouveau ennemis. »

Aujourd’hui, les deux adversaires sont devenus les deux grandes superpuissances du monde des affaires aux Etats-Unis. Elles sont les deux seules sociétés américaines à être évaluées à au moins 2 000 milliards de dollars. Elles emploient toutes deux plus de 140 000 personnes et leur chiffre d’affaires annuel combiné dépasse les 400 milliards de dollars.

Le pouvoir de contrôle qu’Apple exerce sur ce qui est mis sur l’iPhone et par qui est au cœur du conflit actuel. Microsoft n’hésite pas à critiquer ces restrictions, qu’il considère comme un obstacle à la croissance de ses activités dans les jeux vidéo, en plein essor.

Cette année, Microsoft a soutenu le créateur de jeux vidéo Epic Games lorsqu’il a intenté un procès à Apple pour pratiques anticoncurrentielles. Des allégations que la société de Cupertino (Californie) réfute. Apple prélève jusqu’à 30 % sur les transactions réalisées sur les applications lorsqu’elles sont téléchargées via l’App Store.

Epic Games a demandé la comparution de Lori Wright, vice-présidente du développement commercial de Microsoft pour les jeux, les médias et le divertissement, afin qu’elle décrive sa tentative avortée d’introduire sur l’App Store d’Apple un service de streaming comportant un bouquet de jeux vidéo appelé Game Pass Ultimate. Selon elle, Apple a traité ce produit Microsoft différemment des services de streaming fournis par d’autres sociétés, par exemple Netflix.

Dans un mémoire déposé devant les tribunaux, Apple a tenté de discréditer le témoignage de Lori Wright, et de semer le doute sur les motivations d’autres témoins cités par Epic, laissant entendre que Microsoft tirait les ficelles de cette action en justice.

« Un observateur raisonnable pourrait se demander si Epic ne sert pas de cheval de Troie à Microsoft », a ainsi indiqué Apple dans un document transmis au tribunal. « Pourtant, Microsoft s’est protégé de toute exposition significative dans ce litige en n’apparaissant pas comme une partie ou en n’envoyant pas de représentant de l’entreprise pour témoigner. »

Un juge devrait se prononcer sur l’ensemble de l’affaire dans les semaines à venir.

Si Microsoft a indiqué réduire la commission qu’il prélevait sur le contenu vendu sur sa nouvelle boutique d’applications, la société continuera à prendre 30 % sur les jeux achetés sur sa console Xbox.

Apple et Microsoft sont tous deux en conflit avec d’autres entreprises. Apple est en désaccord avec Facebook sur le suivi des données des utilisateurs, tandis que Microsoft est en conflit avec le service cloud d’Amazon et des sociétés telles que Zoom et Slack.

Mais aucun de ces litiges n’a la même résonance historique.

Les choses s’accélèrent également car Apple et Microsoft se préparent à conquérir le marché encore émergent de la réalité augmentée, qui consiste à superposer des informations numériques au monde réel. Microsoft vend déjà son casque HoloLens, et Apple devrait dévoiler son dispositif dès l’année prochaine.

« Nous partons du principe que [ce marché] sera ouvert », déclare Alex Kipman, Microsoft Technical Fellow. « Ce ne sera pas : “vous devez passer par notre magasin d’applications et payer une taxe”, a-t-il affirmé le mois dernier dans le cadre du festival The Future of Everything organisé par The Wall Street Journal.

Les responsables du secteur s’attendent à ce qu’Apple transpose les règles de son App Store dans le monde virtuel. Apple n’a pas fait de commentaires sur ses projets.

« C’est définitivement en train de chauffer », résume Gene Munster, un observateur expérimenté des deux entreprises, qui est directeur associé de Loup Ventures, une société de capital-risque spécialisée dans la recherche technologique. « La réalité augmentée est vraiment importante, et c’est la prochaine opportunité pour Microsoft de repasser en mode croissance… et Apple, lui, veut évidemment défendre son territoire dans le domaine du mobile. »

Traduit à partir de la version originale en anglais

Environnement–La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

Environnement–La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

 

Alain Savary , directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole Estime que la transition agro-écologique se fera via les machines agricoles. Un point de vue intéressant y compris écologiquement mais un peu trop réducteur et pour tout dire un peu trop lobbyiste. Car ce qui est en cause ce n’est pas seulement la manière de cultiver mais aussi le contenu.

 

 

Alain Savary est le directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole. Ce secteur, très large, est méconnu du grand public : il inclut ceux qui fabriquent, conçoivent, importent et vendent des équipements pour le secteur agricole. Tracteurs, machines à vendanger, semoirs, pulvérisateurs, moissonneuses, robots, systèmes d’alimentation animale, stabulations, serres, irrigation, mais aussi les tondeuses et les tronçonneuses des professionnels des espaces verts ! Un secteur crucial car c’est aussi sur des équipements de bon niveau que repose la transition agro-écologique. Il recouvre une grande diversité d’entreprises, des grands groupes mondiaux très connus comme John Deere aux ETI et PME françaises, mais aussi des TPE et des start-up, qui emploient 26 000 salariés. Cela reflète la grande évolution en cours dans l’agriculture mondiale. Axema regroupe 203 de ces entreprises qui servent 90 % du marché français.

A la différence des autres secteurs, l’agriculture ne s’est pas vraiment arrêtée pendant la crise. Comment se portent les fournisseurs d’agro-équipements après la crise sanitaire ?

Le secteur a terminé 2020 au même niveau que 2019 – c’est-à-dire environ 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ce qui est le niveau depuis trois ans. Il anticipe une petite croissance en 2021. La France est le premier ou le second marché européen du secteur, selon les années, cette place se jouant souvent avec l’Allemagne. Notre problème n’est pas la demande ! Elle reste soutenue, autant pour l’agriculture des plantes que pour celle de l’élevage, car la transition agro-écologique nécessite des équipements adaptés, nouveaux. Notre problème, c’est la capacité à produire ! Nous nous heurtons à de très importantes difficultés d’accès aux matériaux de base, aux composants électriques et électroniques, à l’acier. En 2018, un dispositif européen de quotas par produits, dans le cadre de tensions commerciales avec les Etats-Unis, s’est traduit par une majoration des frais de douane de 25 %. Or, les industries mécaniques ont besoin de ces importations, car l’acier européen est insuffisant ! Nous notons une multiplication par deux ou trois des prix depuis fin 2020. Et au cours du dernier mois et demi, ils ont pris 20 %. Dans un cadre de demande forte au niveau mondial, la réglementation européenne est une aberration. Elle nous conduit à ralentir les productions et à en doubler le coût de revient. Plus grave, nous anticipons des manques de fournitures pour le second semestre 2021. Il y aura des arrêts de production…

Le secteur fait souvent état d’une pénurie de main-d’œuvre. Cela s’arrange-t-il ?

Non, la pénurie d’employés formés demeure. Jusqu’à ce nouveau problème de pénurie de matières première industrielles, c’était notre premier facteur limitant. On ne manque pas de bras seulement chez les fabricants que nous sommes, mais à tous les étages de la filière, qui concentre en tout 150 000 emplois ! Cela vaut pour les industriels, mais aussi chez les concessionnaires, dans les coopératives de matériel (cuma), pour la réparation, chez les artisans ruraux… Il y a des dizaines de milliers d’emplois de bon niveau à pourvoir.

«Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper»

Ces goulets d’étranglement ne risquent-ils pas de handicaper les mises en application des décisions politiques ?

Si. C’est vrai pour ce qui concerne la sortie du glyphosate, notamment en viticulture et en arboriculture, par exemple. Nous allons avoir du mal à fournir les équipements mécaniques qui seront nécessaires pour désherber avec précision entre les rangs de vigne ou au pied des arbres. C’est fait, jusqu’ici, à 90 % avec du glyphosate, il faut bien une alternative ! Nous avons identifié 60 entreprises européennes capables de fournir des solutions adaptées. Nous les avons sondées. Elles nous ont dit qu’il leur faudrait au moins trois ans après l’entrée en vigueur de l’interdiction du produit, qui était prévue début 2021, pour que le maillon industriel soit capable de fournir suffisamment de machines… Et encore. Quand on passe du glyphosate une fois, il faut passer trois fois avec les machines. La France n’a pas les conducteurs pour le faire.

Quelles leçons en tirer pour la suite ?

Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper. Deux exemples : dans les itinéraires culturaux de demain, on sera sans doute amené à cultiver simultanément des protéagineux et du blé, pour ramener de l’azote dans le sol avec moins d’engrais. Mais il faut réfléchir dès maintenant et de façon concertée aux équipements nécessaires… Sinon, on ne pourra pas récolter et moissonner correctement des plantes aussi différentes sans les mélanger. Même chose pour le développement du bio-contrôle. Il y a une limite à son développement faute de technologies adaptées aux applications. Une solution de chimie, ça marche, on sait faire, et avec précision… Mais des larves, des spores de champignons pour lutter contre des maladies, on ne sait pas forcément comment s’y prendre. Il y a beaucoup à imaginer en fonction des exigences de demain, des solutions complètes plus que les équipements, mais nous avons besoin de réfléchir de façon transversale, avec les développeurs de ces solutions, les instituts techniques, les organismes de recherche, les utilisateurs… Il faut aussi bien prendre en compte le fait que toutes les nouvelles technologies, si elles sont prometteuses, doublent le prix des équipements ! Bien sûr, le coût va diminuer avec les amortissements des investissements industriels et de la R & D… Mais le moment que nous vivons est crucial. A ce jour, ces technologies représentent un surcoût que les agriculteurs ne peuvent payer.

«La totalité du plan de relance a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements»

Le plan de relance prévoit des soutiens à l’achat d’agro-équipements. Une bonne nouvelle ?

C’était une bonne idée… Mais la mise en œuvre est difficile ! En fait, la totalité du budget a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements. Les demandes ont atteint 60 millions en quelques jours alors que le plan devait durer deux ans. Il enveloppe de 10 millions a été ajoutée, elle a duré deux jours. Ces politiques d’incitations spot désorganisent la filière… Nous ne pouvons pas produire autant en si peu de temps. Des politiques de long terme seraient peut-être plus efficaces pour accompagner les agriculteurs. Des crédits d’impôts permettant le suramortissement non de la totalité de l’équipement, mais des options technologiques, numériques permettant une montée en gamme, plus de précision pour réduire les intrants, cela aurait vraiment du sens. Un pulvérisateur, c’est un pulvérisateur. Si on lui ajoute un guidage GPS ou des technologies de détection qui permettent de n’appliquer un produit que là où c’est précisément nécessaire, de voir précocement les maladies, de cibler les zones qui manquent d’eau… C’est déjà tout autre chose.

Vous vous réjouissez de la spécificité de cet écosystème français de l’agroéquipement. Qu’a-t-il de si particulier ?

Il est intéressant de le comparer avec l’écosystème allemand, qui repose sur des ETI industrielles, sur une puissance mécanique. La France incarne la créativité et l’inventivité. En témoigne, par exemple, l’existence de Robagri, une association qui compte 60 membres engagés pour la robotique agricole. La France est aux avant-postes de l’agriculture de précision, de la numérisation et de l’automatisation du secteur. Elle compte des entreprises prometteuses comme NaioVitibotVitirover, qui développement par exemple des robots désherbeurs… Des start-up d’imagerie, comme Bilbery, qui a inventé une technologie qui, grâce à des capteurs et algorithmes de reconnaissance des végétaux, permet des usages très variés allant du tri des pommes de terre ou des grains de raisin à la reconnaissance optique des bonnes et des mauvaises plantes, des carences des cultures, de la détection précoce des maladies par analyse multispectrale. Ce ne sont que quelques exemples de technologies qui concourent à la réduction des intrants agricoles. Depuis cinq ans, il y a une accélération ahurissante de ces progrès et c’est en France que cela se passe ! Cela intéresse le monde entier.

La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

La transition agro-écologique via de nouvelles machines ?

 

Alain Savary , directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole Estime que la transition agro-écologique se fera via les machines agricoles. Un point de vue intéressant y compris écologiquement mais un peu trop réducteur et pour tout dire un peu trop lobbyiste. Car ce qui est en cause ce n’est pas seulement la manière de cultiver mais aussi le contenu.

 

 

Alain Savary est le directeur général d’Axema, le syndicat français des industriels des agroéquipements – autrement dit le machinisme agricole. Ce secteur, très large, est méconnu du grand public : il inclut ceux qui fabriquent, conçoivent, importent et vendent des équipements pour le secteur agricole. Tracteurs, machines à vendanger, semoirs, pulvérisateurs, moissonneuses, robots, systèmes d’alimentation animale, stabulations, serres, irrigation, mais aussi les tondeuses et les tronçonneuses des professionnels des espaces verts ! Un secteur crucial car c’est aussi sur des équipements de bon niveau que repose la transition agro-écologique. Il recouvre une grande diversité d’entreprises, des grands groupes mondiaux très connus comme John Deere aux ETI et PME françaises, mais aussi des TPE et des start-up, qui emploient 26 000 salariés. Cela reflète la grande évolution en cours dans l’agriculture mondiale. Axema regroupe 203 de ces entreprises qui servent 90 % du marché français.

A la différence des autres secteurs, l’agriculture ne s’est pas vraiment arrêtée pendant la crise. Comment se portent les fournisseurs d’agro-équipements après la crise sanitaire ?

Le secteur a terminé 2020 au même niveau que 2019 – c’est-à-dire environ 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ce qui est le niveau depuis trois ans. Il anticipe une petite croissance en 2021. La France est le premier ou le second marché européen du secteur, selon les années, cette place se jouant souvent avec l’Allemagne. Notre problème n’est pas la demande ! Elle reste soutenue, autant pour l’agriculture des plantes que pour celle de l’élevage, car la transition agro-écologique nécessite des équipements adaptés, nouveaux. Notre problème, c’est la capacité à produire ! Nous nous heurtons à de très importantes difficultés d’accès aux matériaux de base, aux composants électriques et électroniques, à l’acier. En 2018, un dispositif européen de quotas par produits, dans le cadre de tensions commerciales avec les Etats-Unis, s’est traduit par une majoration des frais de douane de 25 %. Or, les industries mécaniques ont besoin de ces importations, car l’acier européen est insuffisant ! Nous notons une multiplication par deux ou trois des prix depuis fin 2020. Et au cours du dernier mois et demi, ils ont pris 20 %. Dans un cadre de demande forte au niveau mondial, la réglementation européenne est une aberration. Elle nous conduit à ralentir les productions et à en doubler le coût de revient. Plus grave, nous anticipons des manques de fournitures pour le second semestre 2021. Il y aura des arrêts de production…

Le secteur fait souvent état d’une pénurie de main-d’œuvre. Cela s’arrange-t-il ?

Non, la pénurie d’employés formés demeure. Jusqu’à ce nouveau problème de pénurie de matières première industrielles, c’était notre premier facteur limitant. On ne manque pas de bras seulement chez les fabricants que nous sommes, mais à tous les étages de la filière, qui concentre en tout 150 000 emplois ! Cela vaut pour les industriels, mais aussi chez les concessionnaires, dans les coopératives de matériel (cuma), pour la réparation, chez les artisans ruraux… Il y a des dizaines de milliers d’emplois de bon niveau à pourvoir.

«Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper»

Ces goulets d’étranglement ne risquent-ils pas de handicaper les mises en application des décisions politiques ?

Si. C’est vrai pour ce qui concerne la sortie du glyphosate, notamment en viticulture et en arboriculture, par exemple. Nous allons avoir du mal à fournir les équipements mécaniques qui seront nécessaires pour désherber avec précision entre les rangs de vigne ou au pied des arbres. C’est fait, jusqu’ici, à 90 % avec du glyphosate, il faut bien une alternative ! Nous avons identifié 60 entreprises européennes capables de fournir des solutions adaptées. Nous les avons sondées. Elles nous ont dit qu’il leur faudrait au moins trois ans après l’entrée en vigueur de l’interdiction du produit, qui était prévue début 2021, pour que le maillon industriel soit capable de fournir suffisamment de machines… Et encore. Quand on passe du glyphosate une fois, il faut passer trois fois avec les machines. La France n’a pas les conducteurs pour le faire.

Quelles leçons en tirer pour la suite ?

Les évolutions de l’agriculture doivent se prévoir, se concerter. Le mouvement européen qui va exiger la réduction de moitié des intrants doit s’anticiper. Deux exemples : dans les itinéraires culturaux de demain, on sera sans doute amené à cultiver simultanément des protéagineux et du blé, pour ramener de l’azote dans le sol avec moins d’engrais. Mais il faut réfléchir dès maintenant et de façon concertée aux équipements nécessaires… Sinon, on ne pourra pas récolter et moissonner correctement des plantes aussi différentes sans les mélanger. Même chose pour le développement du bio-contrôle. Il y a une limite à son développement faute de technologies adaptées aux applications. Une solution de chimie, ça marche, on sait faire, et avec précision… Mais des larves, des spores de champignons pour lutter contre des maladies, on ne sait pas forcément comment s’y prendre. Il y a beaucoup à imaginer en fonction des exigences de demain, des solutions complètes plus que les équipements, mais nous avons besoin de réfléchir de façon transversale, avec les développeurs de ces solutions, les instituts techniques, les organismes de recherche, les utilisateurs… Il faut aussi bien prendre en compte le fait que toutes les nouvelles technologies, si elles sont prometteuses, doublent le prix des équipements ! Bien sûr, le coût va diminuer avec les amortissements des investissements industriels et de la R & D… Mais le moment que nous vivons est crucial. A ce jour, ces technologies représentent un surcoût que les agriculteurs ne peuvent payer.

«La totalité du plan de relance a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements»

Le plan de relance prévoit des soutiens à l’achat d’agro-équipements. Une bonne nouvelle ?

C’était une bonne idée… Mais la mise en œuvre est difficile ! En fait, la totalité du budget a été consommée en un temps record. Les mesures de développement de la filière protéine représentaient 100 millions d’euros, dont 10 millions pour les agro-équipements. Les demandes ont atteint 60 millions en quelques jours alors que le plan devait durer deux ans. Il enveloppe de 10 millions a été ajoutée, elle a duré deux jours. Ces politiques d’incitations spot désorganisent la filière… Nous ne pouvons pas produire autant en si peu de temps. Des politiques de long terme seraient peut-être plus efficaces pour accompagner les agriculteurs. Des crédits d’impôts permettant le suramortissement non de la totalité de l’équipement, mais des options technologiques, numériques permettant une montée en gamme, plus de précision pour réduire les intrants, cela aurait vraiment du sens. Un pulvérisateur, c’est un pulvérisateur. Si on lui ajoute un guidage GPS ou des technologies de détection qui permettent de n’appliquer un produit que là où c’est précisément nécessaire, de voir précocement les maladies, de cibler les zones qui manquent d’eau… C’est déjà tout autre chose.

Vous vous réjouissez de la spécificité de cet écosystème français de l’agroéquipement. Qu’a-t-il de si particulier ?

Il est intéressant de le comparer avec l’écosystème allemand, qui repose sur des ETI industrielles, sur une puissance mécanique. La France incarne la créativité et l’inventivité. En témoigne, par exemple, l’existence de Robagri, une association qui compte 60 membres engagés pour la robotique agricole. La France est aux avant-postes de l’agriculture de précision, de la numérisation et de l’automatisation du secteur. Elle compte des entreprises prometteuses comme NaioVitibotVitirover, qui développement par exemple des robots désherbeurs… Des start-up d’imagerie, comme Bilbery, qui a inventé une technologie qui, grâce à des capteurs et algorithmes de reconnaissance des végétaux, permet des usages très variés allant du tri des pommes de terre ou des grains de raisin à la reconnaissance optique des bonnes et des mauvaises plantes, des carences des cultures, de la détection précoce des maladies par analyse multispectrale. Ce ne sont que quelques exemples de technologies qui concourent à la réduction des intrants agricoles. Depuis cinq ans, il y a une accélération ahurissante de ces progrès et c’est en France que cela se passe ! Cela intéresse le monde entier.

Terrorisme : les nouvelles promesses de Darmanin (interview)

Terrorisme : les nouvelles promesses de Darmanin (interview)

Suite notamment à l’attentat de Rambouillet le ministre de l’intérieur dans une interview au JDD, affiche de nouvelles promesses

Interview

 

 

Une attaque terroriste a tué vendredi une policière au commissariat de Rambouillet. Une nouvelle manifestation de la menace islamiste?
Oui. Les mots sont importants. C’est une attaque islamiste. Mais, avant toute chose, je veux dire aux agents de la police nationale, policier et personnel administratif, qui ont tous été endeuillés par cette terrible attaque, mon affection et mon soutien total. Au-delà du ministère de l’Intérieur, c’est le pays tout entier qui a été touché par cet odieux assassinat. Nous savons que la lutte contre la menace islamiste sera longue, mais nous voulons que l’on puisse dire à nos enfants que l’on a mis fin à cela. J’y déploie toute mon énergie.

Comment lutter?
À la demande du président de la République et du Premier ministre, je présenterai mercredi un projet de loi consacré au renseignement et à la lutte contre le terrorisme. Depuis 2017, des efforts très importants ont été accomplis : 36 attentats ont été déjoués, 1.900 agents supplémentaires sont recrutés dans les services de renseignement territoriaux et à la DGSI [Direction générale de la sécurité intérieure], chef de file de la lutte antiterroriste qui a vu par ailleurs son budget doubler. Mais, comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, la menace reste forte : nous avons subi depuis 2017 14 attentats provoquant la mort de 25 personnes. L’hydre islamiste est toujours très présente. C’est pour cela que nous avons porté la loi séparatisme et que nous continuons à renforcer nos moyens pour lutter contre une menace qui évolue.

 

Quelles sont ces évolutions?
Nous avons désormais affaire sur notre sol à des individus isolés, de plus en plus jeunes, inconnus des services de renseignement avant leur passage à l’acte et sans forcément de lien avec des réseaux islamistes constitués. Leur usage systématique d’Internet et des réseaux sociaux plutôt que des moyens téléphoniques classiques rend difficile leur repérage. C’était le cas de l’assassin du professeur Samuel Paty : il avait des contacts réguliers avec la Syrie qui avaient échappé à la vigilance puisqu’ils passaient par la messagerie d’Instagram. La loi doit nous permettre d’être plus efficaces, en nous renforçant sur le terrain de la technologie qu’utilisent les terroristes. Le texte prévoit ainsi d’actualiser et de pérenniser le recours aux algorithmes, c’est-à-dire le traitement automatisé des données de connexion, par la DGSI. Nous n’oublions pas pour autant le suivi humain puisque nous continuons à recruter. Par ailleurs, les mesures de contrainte administrative qui visent les personnes condamnées pour des faits de terrorisme à leur sortie de prison pourront aller jusqu’à deux ans (contre un an aujourd’hui), ce qui est une mesure extrêmement importante. Concrètement, nous pourrons suivre jusqu’à deux ans après l’exécution de leur peine les personnes condamnées pour terrorisme. Enfin, nous améliorons le suivi socio psychiatrique des personnes potentiellement dangereuses.

Ce renforcement de la surveillance des données n’est-il pas un danger pour les libertés individuelles?
Non. Arrêtons avec cette naïveté. Toutes les grandes entreprises utilisent des algorithmes. Et il n’y aurait que l’État qui ne pourrait pas les utiliser? Pour mettre en œuvre ces techniques, il existe des garanties, comme par exemple la nécessité d’avoir quatre visas, dont ceux du Premier ministre, du ministre de l’Intérieur et de la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement. Ces garanties sont encore renforcées dans le texte et le Conseil d’État comme le Parlement jouent aussi leur rôle de contre-pouvoir.

Mia, enfant de 8 ans, a été enlevée par des survivalistes. Est-ce une nouvelle menace terroriste?
Je le répète, l’islamisme demeure le plus grand péril et notre main ne tremble pas : depuis 2017, 575 personnes fichées pour radicalisation ont été expulsées de France, dont près de 300 depuis un an, et une vingtaine d’écoles clandestines ont été fermées à la demande du président de la République. Mais un autre type de menace est effectivement là, celle de l’ultra droite, complotiste, survivaliste. Cinq projets d’attentat venant de ces groupes ont été déjoués, dont trois visaient des lieux de culture ou de culte musulmans. Nous surveillons ces individus, comme ceux du commando qui a enlevé Mia, déjà repérés par la DGSI, ce qui a sûrement permis de sauver la fillette. Un autre danger vient de l’ultragauche, dont un passage à l’acte criminel a été empêché en décembre.

Faut-il placer les personnes fichées en rétention administrative, comme le propose Guillaume Peltier, vice-président des Républicains (LR)?
On assiste malheureusement au concours Lépine de la mesure la plus démagogique, qui consiste à dire « tout le monde en prison et même des innocents ». Être fiché, cela ne veut pas dire être coupable. Ça veut dire être suivi. Vous pouvez figurer sur le fichier parce que vous êtes en relation avec une personne suspecte mais n’avoir commis aucune infraction. Si rien ne peut vous être reproché, on vous retire du fichier. Par ailleurs, il est important de pouvoir suivre ces personnes sans qu’elles s’en rendent compte. Je regrette qu’une partie de la classe politique soit devenue populiste, au lieu de construire un parti de gouvernement.

À droite et à l’extrême droite, le gouvernement est régulièrement mis en cause pour son « laxisme ». Que répondez-vous?
Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, nous avons augmenté comme personne les effectifs de police et de gendarmerie (10 000 postes supplémentaires). Le chef de l’État a naturalisé 30 % de moins que ses prédécesseurs. Nous avons multiplié par deux les effectifs de police aux frontières. Lors de la présidence française de l’Union européenne au premier semestre 2022, j’engagerai, à la demande du président de la République, une réforme des accords de Schengen avec nos partenaires. La circulation libre des citoyens dans l’Union doit être garantie, mais nous voulons créer de véritables frontières extérieures de l’UE. Et sur la drogue le discours clair est du côté du gouvernement. Il l’est moins du côté des oppositions. Quand je vois le président des députés LR, Damien Abad, ou Robin Reda, le bras droit de Valérie Pécresse, prôner la légalisation du cannabis, je me demande où est le laxisme?

Cette ligne répressive contre l’usage du cannabis est dénoncée comme inefficace par les médecins… Ne faut-il pas une autre méthode?
Le cannabis est devenu une drogue dure. Tout le monde sait que le niveau de THC a augmenté de manière considérable et crée une dépendance très forte. Le cannabis est responsable de 500 morts sur les routes. Depuis janvier, nous avons conduit plus de 1 300 opérations de démantèlement des points de deal. Nous effectuons des saisies importantes et régulières. Mais notre stratégie est aussi de s’attaquer aux consommateurs : plus de 70 000 amendes pénales leur ont été délivrées depuis le 1er septembre. Et il faut dire la vérité, c’est souvent le bourgeois du 16e arrondissement parisien qui fait vivre le point de deal de Sarcelles. Nous allons nous attaquer encore plus à la livraison à domicile et lutter contre le soft power des prolégalisation mené sur certaines plateformes Internet qui réunissent plusieurs millions de personnes. Mais il faut aussi agir sur la prévention : la dernière campagne de sensibilisation contre la drogue date de trente ans ! Le gouvernement en lancera une nouvelle avant la fin de l’été sous l’autorité du Premier ministre.

La Cour de cassation vient de décider que le meurtrier de Sarah Halimi ne serait pas jugé. Faut-il rendre impossible la déclaration d’irresponsabilité pénale en cas de consommation de drogues?
D’abord, je constate que, dans le meurtre ignoble de Sarah Halimi, la drogue est là aussi en cause. Prenons nos responsabilités plutôt que de se réfugier derrière de fausses excuses : oui, en cas d’absorption volontaire de drogue, la responsabilité pénale doit s’appliquer et je suis favorable à une évolution de la loi. Cette affaire nous touche tous, ce n’est pas uniquement la peine « de la communauté juive », comme l’a dit de façon extrêmement choquante Julien Bayou. Il y a une forme de banalisation de l’antisémitisme par quelques responsables politiques…

Comment lutter face à l’augmentation des violences contre les personnes?
Elles concernent avant tout nos forces de l’ordre et nos pompiers. Le ministère de l’Intérieur a perdu l’an dernier onze de ses fonctionnaires en mission et a dénombré la même année près de 9 000 blessés. La violence est contre les forces de l’ordre. C’est révélateur de notre difficulté à vivre ensemble et d’une crise de l’autorité qui vient de loin. C’est pour ça que nous devons incarner cette autorité, tranquille mais ferme. La moitié de cette augmentation des violences contre les personnes est aussi due à la libération de la parole des victimes de violences intrafamiliales, encouragée par le Grenelle auquel a fortement contribué Marlène Schiappa. Nous travaillons à y répondre : avec la préplainte en ligne, la brigade numérique de la gendarmerie et moncommissariat.fr, la saisie d’armes systématisée en cas d’accusation de violences conjugales, le bracelet antirapprochement, le « téléphone grand danger » pour contacter immédiatement la police. Nous dénombrons aujourd’hui 276 brigades de protection des familles et nous renforçons les structures adaptées à l’écoute des enfants victimes. Il suffit d’aller voir le travail des policiers de Lens avec la structure d’accueil dédiée « Mélanie » pour se rendre compte de la beauté du métier de policier.

Certains policiers pointent l’inefficacité de la réponse pénale dans leur lutte contre l’insécurité…
L’opposition caricaturale entre la police et la justice ne fonctionne pas. Voilà trente ans que les gouvernements opposent systématiquement justice et police. Pour quels résultats? Notre réponse, c’est le renforcement des moyens de la justice et les réformes essentielles que mène le garde des Sceaux pour accélérer le jugement des mineurs, encadrer les enquêtes préliminaires, supprimer les remises de peine automatiques que des gouvernements précédents avaient mises en place. De la même façon, si on veut des condamnations justes, il faut aider les forces de l’ordre à faire de bonnes enquêtes. D’où le renforcement de la formation initiale et continue des policiers, les nouveaux moyens que nous leur accordons, comme les drones et caméras-piétons, votés dans la loi sécurité globale ou encore la revalorisation du métier d’officier de police judiciaire. Je souhaite également que nos enquêteurs puissent être appuyés par des agents administratifs – des « greffiers de police » – afin qu’ils puissent exclusivement se concentrer sur le travail d’enquête. Chacun voit l’importance des agents administratifs dans le travail de la police et de la gendarmerie.

Vous avez reçu samedi les policiers blessés en 2016 à Viry-Châtillon. Comprenez-vous la colère des syndicats face à la condamnation de cinq accusés sur 13 dans cette affaire?
J’ai reçu samedi les policiers victimes pour leur faire part de tout mon soutien. Dans l’heure d’échange que nous avons eue, ils ont montré une grande dignité. C’est un moment que je n’oublierai jamais et qui justifie mon engagement : protéger ceux qui nous protègent.

Les avocats de la défense mettent en cause le travail des enquêteurs dans cette affaire. Que leur répondez-vous?
Chercher un bouc émissaire n’est jamais une bonne solution. Ces enquêteurs sont des policiers comme les autres qui ont fait leur travail honnêtement, j’ai demandé au directeur de la police nationale de les rencontrer pour les assurer de notre soutien.

Xavier Bertrand, candidat à la présidentielle, veut proposer s’il est élu « une peine de prison d’un an non aménageable » et automatique en cas d’attaque des forces de l’ordre, pompiers, maires. Qu’en pensez-vous?
Cette proposition n’a malheureusement aucun rapport avec l’affaire de Viry-Châtillon puisqu’il serait absurde de condamner automatiquement à un an de prison ceux qui ont été déclarés innocents par une cour d’assises. Par ailleurs, ceux qui ont été condamnés l’ont été à des peines largement supérieures à un an (de six ans à dix-huit ans ferme). De manière générale, sur des sujets comme le terrorisme ou la sécurité, je crois que les dirigeants politiques de notre pays devraient soutenir l’action du président de la République, qui, avec des positions courageuses et héritant d’une situation difficile, protège notre pays.

Voyez-vous l’enjeu sécuritaire devenir prioritaire dans la campagne présidentielle de 2022?
Les Français doivent difficilement comprendre que l’on soit déjà en campagne électorale, en pleine crise sanitaire, à un an de l’élection présidentielle… Et puis il y a d’abord les campagnes régionales et départementales, où tout semble annoncer un haut score du Rassemblement national. Notre combat pour tous les démocrates et tous les républicains doit être la mobilisation pour éviter qu’une Région bascule dans le parti de la famille Le Pen.

Covid: Nouvelles règles de pratique sportive

Covid: Nouvelles règles de pratique sportive

 

 

Pour déroger à la règle des 10km, le gouvernement fait désormais une distinction entre la pratique sportive sur la voie publique et celle au sein d’équipements sportifs en plein air. Voici les nouvelles règles qui vont rythmer les jours à venir. France Info précise ses dispositions :

♦ Est-ce que je peux aller au-delà de 10km pour faire mon jogging ?

Non. Si la pratique sportive individuelle est effectuée dans l’espace public (c’est à dire les plages, les lacs, les parcs, les montages, les forêts, etc.), elle ne doit pas excéder un rayon de 10 km autour du domicile. C’est le cas, par exemple, des joggeurs ou des cyclistes. Les rassemblements de plus de six personnes sont proscrits et une distance de deux mètres entre les participants (excluant toute pratique collective) doit être observée. Un justificatif de domicile suffit en cas de contrôle, la durée n’étant pas limitée. 

♦ Si les activités sportives en plein air mises en place par mon club se trouvent à plus de 10km de mon domicile, ai-je le droit de m’y rendre ? 

Ça dépend. Si l’activité encadrée (par un club ou une structure commercial) se tient sur l’espace public à plus de 10km de chez vous, vous n’êtes pas autorisé à vous y rendre. En revanche, si l’activité est pratiquée dans un équipement sportif de plein air, la limite s’étend au département ou à 30km de votre domicile. Par exemple, si les entraînements de votre club de football ont lieu sur un terrain situé à 23km de chez vous, vous avez tout à fait le droit d’y prendre part. Mais si votre club de trail organise une course à 23km de chez vous dans la montagne, vous n’avez pas l’autorisation de vous y rendre.

♦ Ai-je le droit d’aller jouer au tennis avec un ami à plus de 10km de chez moi ? 

Tout à fait. À condition, toutefois, que la pratique du tennis s’effectue sur un court de tennis extérieur. C’est également le cas, par exemple, si on veut aller jouer au golf ou dans un stade. À noter que la pratique doit se faire sans contact et entre 6h et 19h. Il n’y a pas de dérogation possible au couvre-feu. 

♦ Est-ce que j’ai le droit de réunir plus de six personnes pour faire du sport ? 

Ça dépend. Si l’activité a lieu dans l’espace public (dont plages, lacs, rivières, montagnes, etc.), les rassemblements sont limités à six personnes. En revanche, si l’activité se tient au sein d’un équipement sportif de plein air, c’est possible (la pratique doit toujours se faire sans contact entre les participants). 

♦ Est-ce que j’ai le droit de pratiquer la natation ? 

Oui, mais pas n’importe où. Seules les piscines découvertes sont autorisées à ouvrir. Comme il s’agit d’un établissement de plein air, vous avez le droit à franchir la limite des 10km.

♦ Est-ce que je peux aller à la mer pour faire du sport si elle est à plus de 10km de chez moi ? 

Non. La mer fait partie de l’espace public et n’est donc pas considérée comme un équipement sportif de plein air. Si vous résidez à plus de 10km du littoral, vous n’avez pas l’autorisation de vous y rendre.

♦ Ai-je le droit de faire du sport à l’intérieur ? 

Toujours pas. Le sport en intérieur reste proscrit pour les sportifs amateurs. Seuls les sportifs de haut-niveau et professionnels, les publics en formation professionnelle, ainsi que les autres publics prioritaires (personnes disposant d’une prescription médicale, personnes à handicap reconnu) y sont autorisés. 

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Nouvelles mesures Covid-: les Français pour mais pas pour les appliquer

Nouvelles mesures Covid-: les Français pour mais pas pour les appliquer

Plus de 7 Français sur 10 approuvent les mesures annoncées mercredi par le chef de l’État, dont la limitation des déplacements (71%), selon un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro et France Info. Mais près de la moitié (46%) pensent s’autoriser quelques écarts (39%), voire bafouer ces règles ou s’y opposer (7%).

 

«La lassitude d’une année de crise sanitaire, conjuguée au sentiment général que les nouvelles contraintes annoncées sont à la fois trop pénibles et inefficaces, conduit de plus en plus de Français à vouloir s’affranchir des règles», relève le président d’Odoxa, Gaël Sliman. Les jeunes sont les plus nombreux à ne pas vouloir s’y plier (63% des 18-24 ans et des 25-34 ans, contre 26% des 65 ans et plus).

La  fermeture des crèches, écoles, collèges et lycées, pour trois à quatre semaines selon les établissements, est soutenue par 72% des Français. Les parents d’élèves se montrent beaucoup plus critiques devant cette mesure, qui devrait de nouveau freiner l’économie. Astreints, dans certains cas, à une nouvelle organisation pour garder leurs enfants, 60% d’entre eux jugent cette fermeture «trop contraignante». Quelque 40% doutent même de son efficacité sanitaire.

 

Malgré le nouveau tour de vis opéré, une majorité de Français jugent «insuffisantes» les nouvelles contraintes, compte tenu de la situation épidémique.

Covid: Les nouvelles mesures d’Emmanuel Macron ?

Covid:  Les nouvelles mesures d’Emmanuel Macron ?

 

 

  • Quatre semaines de déplacements limités dans toute la France. Les règles déjà appliquées dans 19 départements s’étendent. Elles comportent la fermeture de certains commerces et l’interdiction de se déplacer à plus de 10 km, sauf dans certaines conditions permettant d’aller jusqu’à 30 km de chez soi. Le couvre-feu à 19 heures est maintenu.
  • Une tolérance pour Pâques.  »Qui souhaite changer de région pour aller s’isoler pourra le faire durant ce week-end de Pâques », a assuré Emmanuel Macron. Cette tolérance « s’achève lundi soir », a ensuite précisé le ministère de l’Intérieur, ajoutant qu’elle « ne concerne que les déplacements en journée ».
  • Le calendrier vaccinal précisé. La vaccination contre le Covid-19 sera élargie à toutes les personnes âgées de plus de 60 ans le 16 avril, puis à toutes celles de plus de 50 ans le 15 mai. « Un numéro spécial sera mis à disposition pour prendre un rendez-vous », a-t-il précisé. « A partir de la mi-juin, les rendez-vous seront ouverts à l’ensemble des Françaises et des Français de moins de 50 ans », a ajouté le chef de l’État.

Coronavirus France : toujours haut plateau avec 22.046 nouvelles contaminations

Coronavirus France : toujours haut  plateau avec 22.046 nouvelles contaminations

22.046 nouveaux cas de Covid-19 ont été dépistés, contre 22.371 la veille et 16.546 dimanche dernier, a indiqué l’agence Santé Publique France.

Le taux de positivité des tests (pourcentage de personnes testées positives sur l’ensemble des personnes testées), qui s’établissait à 5,9% de lundi à mercredi, poursuit sa remontée, à 6,3%. La pression hospitalière reste élevée, avec 25.464 patients atteints du Covid-19 hospitalisés (contre 25.269 samedi), dont 3.392 en réanimation (contre 3.369 la veille).

Au cours des sept derniers jours, 9.362 personnes positives au coronavirus ont été admises à l’hôpital, dont 1.807 dans les services de réanimation. Le Covid-19 a fait 160 morts à l’hôpital en 24 heures en France, portant le nombre total de décès depuis le début de l’épidémie à 84.306.

Coronavirus France : toujours un plateau assez haut , 22.000 nouvelles contaminations

Coronavirus France : toujours un plateau assez haut , 22.000 nouvelles contaminations

En dépit d’une campagne de vaccination jour aussi misérable en France avec seulement 2,5 millions de vaccinés à comparer aux 15 millions au Royaume-Uni, la France enregistre une stabilisation sur un plateau assez haut. On envisage en effet des reconfinements locaux comme à Nice.

 Plus de 22.000 nouvelles contaminations par le coronavirus ont été enregistrées dans les dernières 24 heures, tandis que le nombre de personnes hospitalisées a légèrement diminué, selon les chiffres diffusés ce samedi par Santé publique France. Depuis vendredi, 22.371 nouveaux cas ont été dépistés, contre 24.116 la veille et 21.231 samedi dernier, a indiqué l’agence sanitaire.

Le taux de positivité des tests (pourcentage de personnes testées positives sur l’ensemble des personnes testées) progresse légèrement, à 6,1%. La pression hospitalière reste élevée, avec 25.269 patients atteints du Covid-19 hospitalisés (pour 25.506 vendredi), dont 3.369 en réanimation (contre 3.380 la veille).

Au cours des sept derniers jours, 9.395 personnes positives au coronavirus ont été admises à l’hôpital, dont 1.770 dans les services de réanimation.

Le Covid-19 a fait 183 morts à l’hôpital en 24 heures en France, portant le nombre de décès depuis le début de l’épidémie à 84.147.

De nouvelles conflictualités mondiales secrètes, invisibles et déstabilisatrices

De nouvelles conflictualités mondiales secrètes, invisibles et déstabilisatrices

 

 

Le directeur de l’Institut français des relations internationales (Ifri) invite l’Europe à actualiser son logiciel géopolitique et géoéconomique et à consentir des efforts dans le domaine de la défense, notamment du renseignement. Il publie Guerres invisibles. Nos prochains défis géopolitiques (Éditions Tallandier).

 

La pandémie sanitaire récente dont on ignore encore l’origine démontre en tout cas qu’il est possible de paralyser une partie de l’activité mondiale et de menacer la santé de millions voire 2 milliards d’individus. Certains experts imaginent par exemple déjà une pandémie numérique qui viendrait paralyser une grande partie de l’économie . Autant de questions que se posent Thomas Gomart interrogé dans le Figaro :.

 

Qu’appelez-vous les guerres invisibles?

Thomas GOMART.- Les militaires n’ont pas le monopole de la guerre. Ce titre traduit l’enchevêtrement des conflits économiques, militaires et technologiques. Guerres invisibles est une tentative de réponse à La Guerre hors limites, un ouvrage publié en 1999 par deux officiers chinois qui listaient 24 types de guerres différentes, allant de la guerre environnementale à la guerre médiatique. Les Européens n’ont voulu voir dans la mondialisation qu’une intensification des flux et une interpénétration des sociétés au détriment de la conflictualité.

 

 

 

Quels sont les prochains défis géopolitiques du siècle ?

La pandémie mondiale a modifié les équilibres entre Asie et Occident et scellé la rupture entre la Chine et les États-Unis, accentuant le basculement du monde vers l’Est. Sur cet échiquier polarisé, deux lignes de fracture convergent : la dégradation environnementale et la propagation technologique où se jouent désormais les principales rivalités stratégiques et économiques.

 

Dans cet essai captivant, Thomas Gomart décrit les grands mouvements qui se déroulent sous nos yeux : le retour d’une compétition agressive des puissances, une accentuation des inégalités et des échanges débridés. Il met également en lumière les mécanismes invisibles qui transforment notre planète en profondeur : marchés financiers, paradis fiscaux, mafias, incubateurs technologiques, plateformes numériques, multinationales, services de renseignement…

Pour nous aider à mieux comprendre le monde qui surgit, il analyse enfin pour chaque sujet les « intentions cachées » des États-Unis, de la Chine et de l’Europe, et réfléchit au rôle que la France pourrait jouer dans ces nouvelles « guerres invisibles ».

 

Thomas GomartGuerres invisibles – Nos prochains défis géopolitiques, Paris, Éditions Tallandier, 317 pages.

Vaccination MACRON: nouvelles contradictions

Vaccination MACRON: nouvelles contradictions

Deux contradictions principales sont apparues lors de l’intervention mardi de Macron sur TF1. D’abord il promet que tous les Français pourront être vaccinés d’ici la fin de  l’été et dans le même temps il réduit le calendrier ne prévoyant plus que 8 millions de vaccinations d’ici fin mars.

 

Et comme pour s’expliquer par avance, il déclare

« ce n’est pas la campagne de vaccination qui permettra de répondre à la pression sur les hôpitaux et les réanimations ». 

Le raisonnement n’est pas faux; toutefois, le chef de l’État se trouve en nouveau en contradiction sur sa décision de non confinement. Il constate en effet la dégradation de la situation qui s’appuie sur effectivement des chiffres objectifs. Pour autant, le président choisit l’immobilisme pendant une période qui pourrait durer 8 à 15 jours. En effet les chiffres étant têtus, il  faudra bien d’une manière ou d’une autre décider d’un reconfirment pour tenter de faire face à l’évolution exponentielle de la pandémie.

En réalité, les éléments sur lesquels se fonde la non décision de Macon ne sont pas sanitaires mais plutôt politiques. Le président craint surtout des réactions négatives dans l’opinion publique avec la perspective d’un reconfinement  qui de toute façon sera incontournable d’ici  la fin du mois de février.

En attendant d’une certaine façon, le président renvoie la responsabilité aux Français eux-mêmes. « J’ai confiance dans notre capacité à nous mobiliser. Nous avons une part de la réponse dans nos mains, dans notre responsabilité individuelle et collective », a répété le chef de l’État, avant d’appeler les Français à « lui faire confiance ».

« J’essayerai de prendre à chaque étape les décisions les plus adaptées pour tenir ensemble tous ces objectifs pour notre pays », a-t-il conclu. Sans doute pour préparer aussi l’opinion un nouveau revirement dans les semaines qui viennent.

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