Archive pour le Tag 'Américains'

France – Impact de droits de douane américains faible ?

France – Impact de droits de douane américains faible ?


L’appréciation de l’euro a un effet similaire à un droit de douane. Entre 2001 et 2005, l’euro s’est apprécié d’environ 50 % par rapport au dollar, une évolution qui a mécaniquement renchéri le prix des produits européens aux États-Unis. Les droits de douane de 15 % imposés par le président Trump agissent d’une manière similaire sur la compétitivité-prix des produits européens sur le marché américain (mais ils n’ont pas d’effet direct sur la compétitivité des produits américains en Europe). Ainsi, en termes de compétitivité-prix sur le marché américain, l’appréciation de l’euro au début des années 2000 a eu un effet environ trois fois plus fort que les droits de douane imposés par Donald Trump.

Par Sylvain Bersinger, économiste, fondateur du cabinet Bersingéco dans La Tribune

Les exportations européennes ont résisté à l’appréciation de l’euro
Les exportations européennes vers les États-Unis ont légèrement progressé entre 2001 et 2005, malgré l’effet défavorable du taux de change. Le taux de change n’est évidemment pas le seul déterminant des exportations, la croissance poussive des États-Unis sur cette période a également pu peser sur les ventes européennes (et, entre autres, expliquer l’appréciation de l’euro). Par exemple, la crise des subprimes de 2008-2009 a conduit à une baisse marquée des exportations européennes du fait d’une chute de la consommation américaine. Si l’on s’en réfère à l’expérience des années 2001-2005, il est peu probable que des droits de douane de 15 % conduisent à une baisse sensible des exportations européennes vers les États-Unis.

Les exportations françaises vers les États-Unis ont baissé de 13 % entre 2001 et 2005, soit la période pendant laquelle l’appréciation de l’euro a pénalisé la compétitivité des produits tricolores. La baisse a cependant été plus marquée lors de la crise des subprimes, ce qui indique que, plus que leur compétitivité prix, c’est la vigueur de la demande aux États-Unis qui impacte les flux commerciaux. Des droits de douane de 15 % devraient donc rogner les exportations françaises d’environ 4 % si l’on se base sur une proportionnalité entre l’effet change de 2001-2005 et la situation actuelle (estimation maximale puisque l’aéronautique est exempté de droits de douane). Avec des exportations françaises vers les États-Unis de 47 milliards d’euros en 20241, la perte ne serait que d’environ 2 milliards d’euros, soit moins de 0,1 point de PIB.

Une analyse détaillée par secteur montre que, parmi les principaux produits exportés par la France aux États-Unis, ce sont les ventes de machines2et d’aéronautique qui ont le plus souffert au début des années 2000. L’aéronautique étant exempté de droits de douane, ce secteur ne sera pas pénalisé par la guerre commerciale en cours. La maroquinerie, les vins et spiritueux ou les cosmétiques ne semblent pas avoir été pénalisés par l’appréciation de l’euro entre 2001 et 2005, probablement parce que les consommateurs de ces produits sont peu sensibles au prix. L’expérience du début des années 2000 laisse prévoir que ce sont surtout les exportations de machines qui souffriraient des droits de douane.

(1) D’après l’ITC
(2) Intitulé exact dans les données ITC: « Nuclear reactors, boilers, machinery and mechanical appliances; parts thereof »

Droits de douane américains : un accord lamentable comme Von der Layen

Droits de douane américains : un accord lamentable comme Von der Layen

Un accord lamentable obtenu par le mafieux Trump avec l’aval de l’inconsistante présidente de la commission européenne qui s’est littéralement couchée devant le président américain

La première responsabilité de cet accord catastrophique pour l’économie européenne mais aussi mondiale incombe évidemment à Trump qui utilise ses méthodes de mafieux avec chantage, mensonges et menaces délictueuses. En clair, Trump fait sauter toutes les règles internationales relatives au commerce mondial. Mais l’Europe a aussi ses propres responsabilités qui se nourrissent de ses propres faiblesses. La première consiste à donner un pouvoir de négociation stratégique à une technocratie bruxelloise qui ne dispose d’aucune légitimité politique et souvent ignore tout des réalités. ( La majorité des experts sont des fonctionnaires des différents pays).

Faute de vrai pouvoir politique l’Europe est divisée et parvient difficilement à déterminer des axes stratégiques communs. En clair, chaque pays défend sa propre boutique quitte à démolir les politiques européennes communes. Une critique qui sera partagée par les extrêmes à gauche comme à droite en s’appuyant sur les 10 % « seulement » obtenus par le Royaume-Uni. Une différence de taille toutefois les exportations britanniques ne représentent pas grand-chose vers des États-Unis et sont très déficitaires. L’impact sera donc faible contrairement à l’union économique européenne dont la balance commerciale était jusque-là très positive.

La troisième responsabilité est liée à la fragilité interne de certains pays comme la France par exemple. Un pays dont l’autorité internationale comme nationale est largement mise en cause en raison d’un président complètement déconsidéré, d’une absence de majorité et d’une situation financière dramatique. Macron porte aussi une grave responsabilité car il a accepté de soutenir Von der Layen contre -le très efficace et très compétent Thierry Breton. Von der Layen, une présidente de la commission complètement inconsistante et qui a surtout passé son temps à éliminer autour d’elle les compétences contestataires. Son attitude lamentable devant Trump témoigne à la fois de sa faiblesse et de sa veulerie.

Les responsabilités sont donc multiples et peut-être que la principale est celle de situation politique, économique et démocratique très fragiles dans nombre de pays d’Europe; notamment en France aujourd’hui pratiquement sans véritable gestion stratégique et avec des responsables politiques largement discrédités, incompétents mais aussi ou sans courage. Voir par exemple ce débat lamentable autour du retour d’un service militaire d’une journée de « volontaires » quand il faudrait mobiliser une classe d’âge pour former de vrais soldats pendant deux à trois mois au minimum. Au mieux la France peut mobiliser 50 000 soldats quand la Russie peut compter sur plus d’un million disponibles immédiatement.

La trahison des élites laissera des traces historiques compte tenu des bouleversements économiques et financiers qu’elle va provoquer. Dans le commerce international en général ou désormais les systèmes de production sont tellement imbriqués et d’abord aux États-Unis avec l’envolée conjointe de l’inflation et de l’endettement. Heureusement cet accord ne tiendra pas longtemps mais aura provoqué des séismes économiques, politiques voire démocratiques durables notamment en Europe.

Droits de douane Américains: la méthode Trump en cause

Droits de douane Américains: la méthode Trump en cause

Faute d’obtenir les accords bilatéraux qu’elle souhaite, l’administration américaine ne cesse de reporter ses ultimatums et de modifier les modalités d’application de ses taxes. Des changements de pied qui entament fortement sa crédibilité et maintiennent le commerce international dans une grande incertitude. Papier du Monde

Le « jour de la libération » proclamé par Donald Trump le 2 avril est en passe de se transformer en un « jour sans fin ». Sa politique commerciale, censée infliger des droits de douane prohibitifs aux pays récalcitrants à la signature d’accords favorables aux Etats-Unis, peine à trouver une issue, entretenant une incertitude qui pèse sur l’économie mondiale.

Ses annonces tonitruantes du printemps avaient provoqué un début de panique sur le marché obligataire, le contraignant à accorder à ses partenaires commerciaux un délai de grâce de 90 jours. Alors que l’ultimatum est arrivé à échéance, mercredi 9 juillet, l’administration américaine, faute d’avoir obtenu des accords bilatéraux en nombre comme elle l’espérait, s’est résolue à fixer une nouvelle date au 1er août, assortie de menaces de droits de douane supplémentaires sur une vingtaine de pays ainsi que sur le cuivre, les produits pharmaceutiques ou les semi-conducteurs.

Si les reports successifs et les modalités changeantes entament la crédibilité de la stratégie de Donald Trump, ces flottements ne constituent pas une surprise. L’administration américaine apparaît divisée sur la marche à suivre en se heurtant à la complexité d’un processus qu’elle a sous-estimé. Après avoir promis que le président obtiendrait « 90 accords en 90 jours », seulement trois signatures ont été arrachées à ce stade : celles du Royaume-Uni, du Vietnam et de la Chine.

Mais, alors que les accords commerciaux traditionnels comptent des centaines de pages et prennent des années à négocier, Donald Trump s’est contenté avec le Royaume-Uni d’un document de quelques feuilles, comportant de nombreuses promesses qui restent à concrétiser. Avec le Vietnam, aucun texte n’a été publié et les détails de l’accord n’ont pas été divulgués. Quant à la Chine, c’est Xi Jinping qui a renversé le rapport de force à son avantage en obligeant son homologue à battre en retraite pour parvenir à une trêve très fragile.

L’Union européenne pourrait être sur le point de conclure un accord, mais les négociateurs peinent à obtenir un allégement immédiat des droits de douane ainsi qu’un engagement à ne pas introduire de nouvelles mesures. Quelles garanties offre Donald Trump que dans trois ou neuf mois, il ne va pas doubler la mise sous tel ou tel prétexte ou réclamer des concessions supplémentaires ? C’est toute la limite de son approche : en faisant voler en éclats le cadre du multilatéralisme et du droit international pour le remplacer par des méthodes d’extorsion, la parole des Etats-Unis se retrouve démonétisée.

« Les accords sont essentiellement mon accord avec eux [les pays signataires] », avoue Donald Trump, qui brandit les droits de douane au gré de ses humeurs et de ses obsessions, au-delà de toute rationalité économique. Il envisage ainsi d’appliquer des taxes de 50 % au Brésil, à qui il reproche d’avoir accusé son allié politique, l’ancien président Jair Bolsonaro, de tentative de coup d’Etat.

Le commerce international se retrouve plongé dans un maelström inquiétant. Au prix d’une nouvelle période de confusion, l’administration américaine cherche à démontrer sa fermeté tout en évitant de déclencher une nouvelle panique financière. Mais, au fur et à mesure que les annonces se succèdent de façon anarchique et que les délais s’étirent, le risque ne fait qu’être reporté. Le jour où les menaces seront mises à exécution, la réaction des marchés pourrait être aussi brutale qu’en avril. A ce stade, la Bourse mise sur le fait que « Trump always chickens out » (« Trump finit toujours par se dégonfler »). Jusqu’à quand ?

Droits de douane américains sur le Canada : 35 %

Droits de douane américains sur le Canada : 35 %

Trump annonce 35% de surtaxes douanières sur les produits canadiens à partir du 1er août. Un chiffre qui pourrait éclairer les prochaines orientations américaines concernant la taxation des importations de l’union européenne vers les USA.

Lee président américain a également annoncé jeudi qu’il comptait envoyer une missive du même ordre à l’Union européenne «aujourd’hui ou demain».

Donald Trump a annoncé jeudi 10 juillet qu’il comptait imposer 35% de surtaxes douanières sur les produits canadiens à partir du 1er août, dans la plus récente de sa vingtaine de lettres adressées à des partenaires commerciaux à travers le monde depuis lundi.

Le président américain a précisé que ces droits de douane viendront s’ajouter à ceux imposés à des secteurs d’activité particuliers, tels que l’acier et l’aluminium ou l’automobile. Il s’agit de deux des principales exportations canadiennes vers les États-Unis, premier partenaire commercial d’Ottawa.

Chine : Droits de douane américains de 55 %

Après de longues discussions les droits de douane américains seront autour de 55 % tandis que les droits de douane chinois seront eux de 10 %.

L’accord aboutit à des taxes douanières de 55% à l’encontre des importations chinoises, et à l’inverse, la Chine appliquerait des tarifs douaniers de 10% envers les importations américaines.

Selon un responsable de la Maison Blanche, ce chiffre de 55% n’est pas nouveau et comprend les droits de douane généraux américains de 30% sur la Chine, auxquels s’ajoutaient les droits de douane de 25% déjà en vigueur sur certains produits. Selon le secrétaire d’État au commerce Howard Lutnick, cité par CNBC, ces surtaxes ne devraient désormais plus bouger.

Donald Trump a également assuré que la Chine fournirait davantage de terres rares et d’aimants créés à partir de ces terres rares, composants essentiels pour la fabrication d’éoliennes, de batteries de voitures électriques et d’équipements clefs des trains à grande vitesse ou des avions de chasse.

Taxes douanières : l’UE menace de taxer automobiles et avions américains

Taxes douanières : l’UE menace de taxer automobiles et avions américains

Bruxelles a menacé ce jeudi 8 mai de taxer pour 95 milliards d’euros d’importations américaines, dont les voitures et avions, en cas d’échec des négociations pour mettre fin aux droits de douane de Donald Trump sur les produits européens.

L’exécutif européen a annoncé avoir lancé «une consultation publique» sur une longue liste de produits fabriqués aux États-Unis, qui seraient potentiellement touchés par des droits de douane européens.

Cette liste inclut aussi des équipements électriques, batteries, appareils électroménagers, ainsi que des produits agricoles (fruits, légumes) ou agroalimentaires comme les spiritueux, dont les vins et le bourbon. Ces importations «pourraient faire l’objet de mesures de rétorsion» si les États-Unis maintiennent les surtaxes visant les exportations de l’UE au terme des négociations en cours.

Au cours des derniers mois, l’Union européenne a été frappée à trois reprises par des droits de douane de l’administration américaine : 25% sur l’acier et l’aluminium, annoncés mi-mars, 25% sur les automobiles, puis 20% sur tous les autres produits européens, en avril. Cette dernière surtaxe a été suspendue jusqu’en juillet pour tenter de rechercher une issue négociée au différend commercial. Mais des droits de douane de 10% restent tout de même appliqués sur la plupart des biens exportés aux États-Unis par les Vingt-Sept.

Mi-mars, l’Union européenne a choisi de montrer les muscles en réplique aux mesures sur l’acier et l’aluminium. Elle a alors annoncé des droits de douane jusqu’à 25% sur une première liste d’importations américaines pour 26 milliards d’euros. . Les surtaxes européennes restent suspendues aux négociations en cours, prévues jusqu’en juillet, ne seront appliquées qu’en cas d’échec des discussions.

Dépendance technologique aux services américains : 265 milliards d’euros

Dépendance technologique aux services américains : 265 milliards d’euros

D’après une étude inédite sur la dépendance technologique de l’Europe, commandée par le Cigref pour nourrir la réflexion de la deuxième édition des Rencontres Numérique de Strasbourg, Le coût de la dépendance numérique serait de l’art de 265 milliards.

À l’occasion de ces rencontres, l’économiste Nicolas Bouzou, directeur du cabinet Asterès a dévoilé et commenté les résultats de l’étude. Celle-ci propose une première estimation de l’impact économique des achats de logiciels et services cloud américains par les entreprises européennes. Cette analyse novatrice met en lumière d’une part le manque de transparence des données concernant les flux commerciaux internationaux et appelle d’autre part à une mobilisation renforcée pour réduire cette dépendance.

3 constats principaux sont à retenir de l’étude :

80% du total des dépenses liées aux logiciels et services cloud à usage professionnel en Europe est passé auprès d’entreprises américaines, ce qui représente un volume de 265 milliards d’euros.

Ces dépenses concernant exclusivement le périmètre des logiciels et services cloud à usage professionnel représentent aux USA environ 2 millions d’emplois directs, indirects et induits.

L’étude se projette également sur des scénarios d’avenir. Si, en 2035, 15% de ces dépenses étaient retenues au sein de l’économie européenne, elles entraîneraient la création d’environ 500 000 emplois directs, indirects et induits au profit de celle-ci.

Douze États américains contestent les droits de douane de Trump

Douze États américains contestent les droits de douane de Trump

Une alliance de douze États américains a contesté mercredi en justice les droits de douane imposés par Donald Trump, car leurs responsables démocrates estiment que le président ne pouvait pas les instituer sans l’accord du Congrès.

«Le plan de droits de douane insensé du président Trump est non seulement imprudent sur le plan économique, mais il est également illégal», a dénoncé la procureure générale d’Arizona, Kris Mayes, dans un communiqué. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a fait chuter les bourses mondiales en remettant en cause des décennies de libre-échange.

«En revendiquant le pouvoir d’imposer des droits de douane considérables et en constante évolution sur tous les produits entrant aux États-Unis qu’il choisit, pour toute raison qu’il juge commode de déclarer comme urgence, le président a bouleversé l’ordre constitutionnel et plongé l’économie américaine dans le chaos», détaille la plainte, déposée devant le tribunal de commerce international des États-Unis.«

Droits de douane. « Taxer les produits américains stratégiques »

Droits de douane. « Taxer les produits américains stratégiques »

Face aux menaces de Donald Trump d’imposer des droits de douane sur les produits européens, l’Union européenne se prépare à une riposte. Une série de mesures sont envisagées, visant à augmenter les tarifs douaniers sur les produits américains, tout en cherchant à limiter les effets négatifs sur les consommateurs européens. Par Michael Landesmann, Oliver Reiter et Louise Curran dans La Tribune (*)

Même si les guerres commerciales ne font généralement que des perdants, l’Union européenne ne se laissera pas faire. Après l’annonce par Donald Trump d’une avalanche de droits de douane sur les produits du Vieux Continent, l’heure est à la préparation de la riposte, avec une volonté d’augmenter en retour les tarifs douaniers sur les produits américains. Mais quels produits américains viser prioritairement ?

On a parlé ces dernières semaines d’augmenter les droits de douane sur des biens iconiques, qui représentent des archétypes de l’Amérique, ou qui proviennent majoritairement d’États pro-Trump, constituant ainsi des outils de lutte politique. Ces produits ont l’avantage d’avoir une valeur symbolique. Par ailleurs, et ce n’est pas un détail, la hausse de leurs prix aura peu d’impact sur le portefeuille de la majorité des consommateurs européens, ne risquant donc pas d’entraîner des mouvements sociaux d’ampleur. On peut se passer de Bourbon sans grande difficulté.

Les gains financiers que pourrait procurer à l’Europe une augmentation des taxes sur ce type de produits est cependant très faible et l’impact sur l’économie américaine assez minime. On peut craindre également des effets délétères pour certaines industries européennes frappées en représailles, notamment les producteurs d’alcool dépendant de l’export comme le cognac français.

S’attaquer aux services, surtout numériques, comme il en est question désormais est-il la solution ? Une partie de la solution, très certainement, mais frapper l’Amérique industrielle en son cœur est également nécessaire pour jouer la dissuasion. La Commission en est bien consciente et le sujet est au cœur des débats à Bruxelles.

Les travaux que nous avons menés dans le cadre du projet de recherche européen TWIN SEEDS, peuvent être utiles dans ce contexte. Ils indiquent comment il serait possible de peser davantage face à Donald Trump, en mettant sous pression l’industrie américaine, en levant des taxes significatives, tout en minimisant les désavantages pour l’Europe.

Il s’agit de frapper là où cela fait le plus mal, dans des secteurs où les produits américains arrivent en masse en Europe, mais en préservant autant que possible le bien-être des Européens, donc en générant des hausses de prix qui soient soutenables pour les consommateurs, ce que notre algorithme prend en compte.

Les biens qui semblent les meilleures cibles dans cette perspective sont parfois des biens intermédiaires, vendus à l’industrie et peu identifiés par le grand public, ou des biens standards qui n’ont pas une image de marque spécialement américaine.

Les taxes devraient ainsi viser les importations de produits chimiques, métallurgiques, électroniques, les machines-outils, les véhicules et les équipements de transport… Des produits peu évoqués actuellement dans les débats, mais pour lesquels l’industrie européenne pourrait monter en puissance assez rapidement et prendre le relais des importations américaines.

Prenons les équipements de transport fabriqués aux États-Unis. Augmenter leurs taxes de 20% à leur entrée dans l’Union permettrait de réduire leurs achats en Europe de plus de 40%. Cela correspond à une diminution du montant des importations américaines de plus de 7 milliards d’euros. Ces équipements seraient selon nos estimations remplacées à hauteur de 5 milliards, par des équivalents produits dans l’Union.

Une hausse similaire des tarifs douaniers sur les produits chimiques aurait également des conséquences globalement positives : de la même manière une diminution des achats européens de produits américains de 40%, ce qui représente une perte pour l’industrie américaine de 5,5 milliards d’euros, avec, en Europe, une hausse de la consommation de produits locaux à hauteur de plus de 4 milliards.

Accroître les droits sur les produits alimentaires et les boissons est par comparaison beaucoup moins impactant, avec une balance commerciale améliorée de moins de 1,5 milliard par la diminution des importations américaines.

En raisonnant ainsi, en optimisant le choix des produits américains taxés, il devient possible de diminuer très significativement l’impact négatif pour l’Europe des mesures tarifaires annoncées par Donald Trump. Un atout clé dans de futures négociations.

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(*) Michael Landesmann et Oliver Reiter, économistes au Vienna Institute for International Economic Studies (WIIW), et Louise Curran, professeur de stratégie à TBS Education, tous participants au projet de recherche européen TWIN SEEDS

Droits douaniers américains. Ils vont assommer l’économie mondiale

Droits douaniers américains. Ils vont assommer l’économie mondiale

Trump vient sans doute de lancer un processus qui risque de tuer la croissance mondiale avec une hausse généralisée des taxes douanières. Des droits de douane d’au moins 10% sur tous les produits importés mais qui peuvent aller jusqu’à 49 % pour certains pays.

La conséquence immédiate est évidemment la réaction des bourses mondiales qui risquent de plonger durablement non seulement en raison du renchérissement du coût des échanges mais tout autant des incertitudes que cela créent chez les acteurs économiques. Tout n’est pas en effet totalement joué car nombre de pays vont réagir et Trump peut encore évoluer. Il restera aussi à persuader le parlement américain car les oppositions à cette politique de matraquage douanier rencontrent de plus en plus d’adeptes mêmes chez les républicains.

Le président républicain a annoncé que les biens en provenance de Chine seraient désormais assortis de droits de douane fixés à 34%, contre 20% pour ceux en provenance des pays de l’Union européenne. Les taux ont été fixés à 24% pour le Japon, 26% pour l’Inde, 31% pour la Suisse ou encore 46% pour le Vietman. « Depuis des décennies, notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, des alliés comme des ennemis », a asséné Donald Trump, vantant un « âge d’or » à venir pour l’économie américaine.

Droits de douane américains :ils vont assommer économie mondiale

Droits de douane américains :ils vont assommer économie mondiale

Trump vient sans doute de lancer un processus qui risque de tuer la croissance mondiale avec une hausse généralisée des taxes douanières. Des droits de douane d’au moins 10% sur tous les produits importés mais qui peuvent aller jusqu’à 49 % pour certains pays.

La conséquence immédiate est évidemment la réaction des bourses mondiales qui risquent de plonger durablement non seulement en raison du renchérissement du coût des échanges mais tout autant des incertitudes que cela créent chez les acteurs économiques. Tout n’est pas en effet totalement joué car nombre de pays vont réagir et Trump peut encore évoluer. Il restera aussi à persuader le parlement américain car les oppositions à cette politique de matraquage douanier rencontrent de plus en plus d’adeptes mêmes chez les républicains.

Le président républicain a annoncé que les biens en provenance de Chine seraient désormais assortis de droits de douane fixés à 34%, contre 20% pour ceux en provenance des pays de l’Union européenne. Les taux ont été fixés à 24% pour le Japon, 26% pour l’Inde, 31% pour la Suisse ou encore 46% pour le Vietman. « Depuis des décennies, notre pays a été pillé, saccagé, violé et dévasté par des nations proches et lointaines, des alliés comme des ennemis », a asséné Donald Trump, vantant un « âge d’or » à venir pour l’économie américaine.

Ces droits de douane seront imposés à partir des 5 et 9 avril, a annoncé la Maison Blanche dans la foulée : le 5 avril pour les droits de douane d’au moins 10% sur tous les produits entrant aux Etats-Unis, et le 9 avril pour les droits de douane majorés visant des géants comme la Chine et l’Union européenne.

Les surtaxes présentées par Donald Trump sont calculées de manière à refléter les droits de douane que les pays imposent aux produits américains, mais aussi les barrières dites non tarifaires mises par ces pays à l’entrée de produits américains. Par exemple : des réglementations sanitaires et des normes environnementales, ou encore la TVA.

Les dirigeants étrangers espèrent donc qu’une fois passé les annonces « chocs », les négociations pourront commencer avec l’ancien promoteur immobilier, qui se présente comme un spécialiste du « deal ». Et pour cause, si le républicain a déjà augmenté les droits de douane sur des produits venant de Chine, de même que tout l’acier et l’aluminium entrant aux Etats-Unis, il a aussi déjà fait marche arrière .

Coût des Droits de douane américains : 0,5% de PIB » à la France ?

Coût des Droits de douane américains : 0,5% de PIB » à la France ?

Dans un entretien au « Parisien », Bayrou estime que l’augmentation considérable des droits de douane américain devrait coûter au moins 0,5 % de PIB à la France. Une évaluation sans doute tout à fait approximative , personne n’est en effet en capacité de décrire avec précision les conséquences économiques de la formidable augmentation des taxes douanières de Trump sur l’économie mondiale.

L’hypothèse d’une récession internationale à commencer par les aux États-Unis est possible. Du coup la France qui tutoie déjà la stagnation verrait son activité plonger aussi dans le rouge. La décision du président américain est d’une telle ampleur que bien peu d’experts seraient en capacité d’apprécier les conséquences à court terme mais aussi à moyen terme car on pourrait assister à une transformation profonde de la nature et de l’ampleur des échanges. Pour les meilleurs on peut seulement prévoir une envolée de l’inflation aux États-Unis d’abord et qui va affecter le pouvoir d’achat et la croissance

Le Premier ministre François Bayrou estime que les hausses de droits de douane décidées par Donald Trump peuvent coûter « plus de 0,5% du PIB » à la France, dans un entretien au Parisien dimanche(Nouvelle fenêtre) mis en ligne samedi 5 avril. « Le risque de pertes d’emplois est absolument majeur, comme celui d’un ralentissement économique, d’un arrêt des investissements », juge le chef du gouvernement. « La déstabilisation qu’il a fait naître fragilisera pour longtemps l’économie mondiale », ajoute François Bayrou, dont la volonté est « de tenir l’objectif du retour aux 3% [de déficit public] en 2029. Mais la crise peut tout changer », admet-il.

Economie-Droits de douane américains : les conséquences pour l’industrie automobile mondiale

Economie-Droits de douane américains : les conséquences pour l’industrie automobile mondiale

Donald Trump, le président des États-Unis, a mis sa menace à exécution en annonçant mercredi 26 mars des droits de douane de 25 % sur les véhicules automobiles qui ne sont pas produits aux États-Unis. Les constructeurs chinois mais aussi européens pourraient être lourdement touchés. Mais aussi l’industrie automobile mexicaine et canadienne. Quels pays et quels constructeurs sont les plus exposés ?

par Vincent Vicard
Économiste, adjoint au directeur, CEPII

Pauline Wibaux
Économiste, CEPII

Thierry Mayer
Professeur d’économie à Sciences-Po, conseiller scientifique, CEPII

Déclaration d’intérêts dans The Conversation

Le secteur automobile tient une place centrale dans les déclarations de Donald Trump sur les déficits commerciaux et les menaces de mesures protectionnistes à l’encontre de l’Union européenne (UE) comme du Canada ou du Mexique. S’élevant à 270 milliards de dollars en 2023, soit près du quart du déficit commercial total des États-Unis, le déficit sur les échanges de véhicules automobiles est en effet l’un des principaux postes du déficit commercial américain après les biens de consommation.

Les droits de douane annoncés par Donald Trump avant son élection couvrent un spectre beaucoup plus large de produits puisqu’il a menacé d’instaurer des droits de douane de 10 voire 20 points de pourcentage supplémentaires sur l’ensemble des importations américaines. Depuis son élection, les pays visés explicitement constituent d’importants pays d’origine des véhicules automobiles vendus sur le marché américain : Mexique et Canada, sous la menace de droits de 25 %, et l’Union européenne menacée de 10 % de droits de douane supplémentaire. À eux seuls, le Mexique et le Canada ont exporté 2,6 millions de véhicules particuliers vers les États-Unis en 2023, soit 21 % des ventes totales du marché (l’UE représente 6 %), sans compter les pièces et composants qui peuvent traverser plusieurs fois les frontières.

De tels niveaux de droits de douane auraient assurément un impact majeur sur les tissus industriels « automobile » des pays visés, mais aussi par ricochet sur les constructeurs automobiles opérant dans ces pays. Le secteur automobile se caractérise en effet par sa dimension locale ou continentale, de telle sorte que les constructeurs investissent dans des unités de production proches de leurs marchés de consommation. Soit, pour les consommateurs américains, des usines aux États-Unis ou en Amérique du Nord.

Volkswagen, par exemple, ne produit que 40 % de ses véhicules vendus aux États-Unis en Allemagne, contre près des deux tiers en Amérique du Nord. Son usine de Chattanooga dans l’État du Tennessee, où sont produites les Passat, Atlas et ID4, lui assure un accès aux consommateurs américains sans droits de douane. Alors que celle de Puebla, au Mexique – la plus grande du pays, produit des modèles comme la Jetta, la Tiguan ou la Taos. La mise en place de droits de douane sur les importations en provenance du Mexique affecterait donc directement les ventes des modèles produits dans l’usine de Puebla, et incitera Volkswagen à modifier ses décisions d’approvisionnement pour le marché américain.

Pour étudier ces réactions, nous utilisons un modèle de choix de production et de localisation de l’activité des entreprises multinationales dans le secteur automobile. Celui-ci considère les décisions de production et d’approvisionnement au niveau de chaque entreprise multinationale. Il évalue aussi comment l’instauration et le maintien de barrières tarifaires sur le moyen terme modifient le niveau des ventes et le lieu de production de chaque modèle pour un marché national donné (à plus long terme, les entreprises sont susceptibles de fermer et d’ouvrir des usines). Les simulations effectuées s’appuient sur les flux observés en 2023 pour les véhicules particuliers (excluant notamment les pick-ups).

Sans surprise, l’impact des annonces récentes de Donald Trump (droits de douane de 25 % sur le Canada et le Mexique et droits de douane additionnels de 10 % pour l’UE, soit 12,5 % en ajoutant les droits de douane de 2,5 % existant aujourd’hui sur les importations de véhicules particuliers par les États-Unis) serait massif pour les industries automobiles canadiennes et mexicaines, qui connaîtraient des baisses de production de 71 % et de 57 % respectivement.

Les pays européens moins exposés que le Canada et le Mexique
Plusieurs pays européens seraient également touchés, la Suède et l’Italie en tête avec des baisses de production supérieures à 7 % et 4 % respectivement. La Slovaquie, la Hongrie et l’Allemagne connaîtraient également une baisse de leur production, bien que plus limitée.

De l’autre côté, la production automobile américaine progresserait de 26 %. Cette hausse se ferait cependant au détriment des consommateurs qui verraient les prix augmenter. À noter que la mise en œuvre de représailles tarifaires des pays visés par les mesures américaines aurait peu d’impact sur la production du Mexique ou du Canada mais réduirait la hausse de la production sur le territoire des États-Unis de 7 points de pourcentage, à + 19 %.

Les effets sur les constructeurs ne recoupent pas nécessairement ceux sur leur pays d’origine. Leur exposition au conflit commercial en cours dépend de leurs lieux de production et de leur capacité à allouer à nouveau leur production à destination des consommateurs américains dans des usines non ciblées par des droits de douane.

Volkswagen, Stellantis, et dans une moindre mesure Honda, qui importent aujourd’hui plus du tiers de leurs véhicules particuliers vendus aux États-Unis du Mexique ou du Canada, serait les plus touchés, avec des baisses de ventes d’environ 152 000 véhicules pour Volkswagen et 90 000 pour Stellantis (tableau 2, plus bas). Au sein de ces constructeurs, certaines marques seraient particulièrement affectées. Par exemple, Chrysler (une marque de Stellantis), dont l’ensemble des véhicules particuliers vendus aux États-Unis sont produits au Canada, verrait ses ventes sur le marché américain chuter de près de 50 %.

De manière intéressante, certains constructeurs perdraient particulièrement à la mise en place de représailles commerciales, comme Ford, Stellantis ou BMW. Non seulement ces constructeurs exportent des États-Unis vers les pays ciblés mais leurs importations de biens intermédiaires de leur pays d’origine seraient également affectées par les représailles commerciales.

Plusieurs constructeurs bénéficieraient en revanche des droits de douane imposés par le gouvernement Trump. Parmi les marques américaines, General Motors et Tesla verraient leur production augmenter de 42 000 et 81 000 véhicules. Des gagnants également parmi les constructeurs asiatiques – Hyundai, Subaru et Toyota – qui produisent largement aux États-Unis ou importent du reste du monde pour servir les consommateurs américains.

Les résultats de nos simulations confirment que la mise en place de droits de douane sur les importations en provenance du Canada et du Mexique aurait des impacts dramatiques sur la production automobile des deux pays s’ils étaient maintenus sur le long terme. Pour l’UE, la menace de droits additionnels de 10 % aurait un impact plus limité sur la production. Certains constructeurs européens (Volkswagen et Stellantis), qui produisent au Canada et au Mexique, seraient cependant particulièrement exposés au conflit commercial en cours. Les mesures réellement mises en place par l’administration américaine sont susceptibles de largement évoluer, comme le montrent ces premières semaines de présidence de Donald Trump, et nécessiteront d’en réévaluer les conséquences pour les pays ciblés et les constructeurs.

Droits de douane américains : les conséquences pour l’industrie automobile mondiale

Droits de douane américains : les conséquences pour l’industrie automobile mondiale

Donald Trump, le président des États-Unis, a mis sa menace à exécution en annonçant mercredi 26 mars des droits de douane de 25 % sur les véhicules automobiles qui ne sont pas produits aux États-Unis. Les constructeurs chinois mais aussi européens pourraient être lourdement touchés. Mais aussi l’industrie automobile mexicaine et canadienne. Quels pays et quels constructeurs sont les plus exposés ?

par Vincent Vicard
Économiste, adjoint au directeur, CEPII

Pauline Wibaux
Économiste, CEPII

Thierry Mayer
Professeur d’économie à Sciences-Po, conseiller scientifique, CEPII

Déclaration d’intérêts dans The Conversation

Le secteur automobile tient une place centrale dans les déclarations de Donald Trump sur les déficits commerciaux et les menaces de mesures protectionnistes à l’encontre de l’Union européenne (UE) comme du Canada ou du Mexique. S’élevant à 270 milliards de dollars en 2023, soit près du quart du déficit commercial total des États-Unis, le déficit sur les échanges de véhicules automobiles est en effet l’un des principaux postes du déficit commercial américain après les biens de consommation.

Les droits de douane annoncés par Donald Trump avant son élection couvrent un spectre beaucoup plus large de produits puisqu’il a menacé d’instaurer des droits de douane de 10 voire 20 points de pourcentage supplémentaires sur l’ensemble des importations américaines. Depuis son élection, les pays visés explicitement constituent d’importants pays d’origine des véhicules automobiles vendus sur le marché américain : Mexique et Canada, sous la menace de droits de 25 %, et l’Union européenne menacée de 10 % de droits de douane supplémentaire. À eux seuls, le Mexique et le Canada ont exporté 2,6 millions de véhicules particuliers vers les États-Unis en 2023, soit 21 % des ventes totales du marché (l’UE représente 6 %), sans compter les pièces et composants qui peuvent traverser plusieurs fois les frontières.

De tels niveaux de droits de douane auraient assurément un impact majeur sur les tissus industriels « automobile » des pays visés, mais aussi par ricochet sur les constructeurs automobiles opérant dans ces pays. Le secteur automobile se caractérise en effet par sa dimension locale ou continentale, de telle sorte que les constructeurs investissent dans des unités de production proches de leurs marchés de consommation. Soit, pour les consommateurs américains, des usines aux États-Unis ou en Amérique du Nord.

Volkswagen, par exemple, ne produit que 40 % de ses véhicules vendus aux États-Unis en Allemagne, contre près des deux tiers en Amérique du Nord. Son usine de Chattanooga dans l’État du Tennessee, où sont produites les Passat, Atlas et ID4, lui assure un accès aux consommateurs américains sans droits de douane. Alors que celle de Puebla, au Mexique – la plus grande du pays, produit des modèles comme la Jetta, la Tiguan ou la Taos. La mise en place de droits de douane sur les importations en provenance du Mexique affecterait donc directement les ventes des modèles produits dans l’usine de Puebla, et incitera Volkswagen à modifier ses décisions d’approvisionnement pour le marché américain.

Pour étudier ces réactions, nous utilisons un modèle de choix de production et de localisation de l’activité des entreprises multinationales dans le secteur automobile. Celui-ci considère les décisions de production et d’approvisionnement au niveau de chaque entreprise multinationale. Il évalue aussi comment l’instauration et le maintien de barrières tarifaires sur le moyen terme modifient le niveau des ventes et le lieu de production de chaque modèle pour un marché national donné (à plus long terme, les entreprises sont susceptibles de fermer et d’ouvrir des usines). Les simulations effectuées s’appuient sur les flux observés en 2023 pour les véhicules particuliers (excluant notamment les pick-ups).

Sans surprise, l’impact des annonces récentes de Donald Trump (droits de douane de 25 % sur le Canada et le Mexique et droits de douane additionnels de 10 % pour l’UE, soit 12,5 % en ajoutant les droits de douane de 2,5 % existant aujourd’hui sur les importations de véhicules particuliers par les États-Unis) serait massif pour les industries automobiles canadiennes et mexicaines, qui connaîtraient des baisses de production de 71 % et de 57 % respectivement.

Les pays européens moins exposés que le Canada et le Mexique
Plusieurs pays européens seraient également touchés, la Suède et l’Italie en tête avec des baisses de production supérieures à 7 % et 4 % respectivement. La Slovaquie, la Hongrie et l’Allemagne connaîtraient également une baisse de leur production, bien que plus limitée.

De l’autre côté, la production automobile américaine progresserait de 26 %. Cette hausse se ferait cependant au détriment des consommateurs qui verraient les prix augmenter. À noter que la mise en œuvre de représailles tarifaires des pays visés par les mesures américaines aurait peu d’impact sur la production du Mexique ou du Canada mais réduirait la hausse de la production sur le territoire des États-Unis de 7 points de pourcentage, à + 19 %.

Les effets sur les constructeurs ne recoupent pas nécessairement ceux sur leur pays d’origine. Leur exposition au conflit commercial en cours dépend de leurs lieux de production et de leur capacité à allouer à nouveau leur production à destination des consommateurs américains dans des usines non ciblées par des droits de douane.

Volkswagen, Stellantis, et dans une moindre mesure Honda, qui importent aujourd’hui plus du tiers de leurs véhicules particuliers vendus aux États-Unis du Mexique ou du Canada, serait les plus touchés, avec des baisses de ventes d’environ 152 000 véhicules pour Volkswagen et 90 000 pour Stellantis (tableau 2, plus bas). Au sein de ces constructeurs, certaines marques seraient particulièrement affectées. Par exemple, Chrysler (une marque de Stellantis), dont l’ensemble des véhicules particuliers vendus aux États-Unis sont produits au Canada, verrait ses ventes sur le marché américain chuter de près de 50 %.

De manière intéressante, certains constructeurs perdraient particulièrement à la mise en place de représailles commerciales, comme Ford, Stellantis ou BMW. Non seulement ces constructeurs exportent des États-Unis vers les pays ciblés mais leurs importations de biens intermédiaires de leur pays d’origine seraient également affectées par les représailles commerciales.

Plusieurs constructeurs bénéficieraient en revanche des droits de douane imposés par le gouvernement Trump. Parmi les marques américaines, General Motors et Tesla verraient leur production augmenter de 42 000 et 81 000 véhicules. Des gagnants également parmi les constructeurs asiatiques – Hyundai, Subaru et Toyota – qui produisent largement aux États-Unis ou importent du reste du monde pour servir les consommateurs américains.

Les résultats de nos simulations confirment que la mise en place de droits de douane sur les importations en provenance du Canada et du Mexique aurait des impacts dramatiques sur la production automobile des deux pays s’ils étaient maintenus sur le long terme. Pour l’UE, la menace de droits additionnels de 10 % aurait un impact plus limité sur la production. Certains constructeurs européens (Volkswagen et Stellantis), qui produisent au Canada et au Mexique, seraient cependant particulièrement exposés au conflit commercial en cours. Les mesures réellement mises en place par l’administration américaine sont susceptibles de largement évoluer, comme le montrent ces premières semaines de présidence de Donald Trump, et nécessiteront d’en réévaluer les conséquences pour les pays ciblés et les constructeurs.

Les Français pour le boycott des produits américains

Les Français pour le boycott des produits américains

Près d’un tiers des Français (32 %) déclare actuellement boycotter des produits d’une marque ou d’une entreprise des États-Unis. Un rejet en signe de protestation contre Donald Trump .

D’après une étude Ifop réalisée pour le site de tourisme NYC.fr* près d’un tiers (32 %) déclare déjà boycotter actuellement des produits d’une marque ou d’une entreprise basée outre-Atlantique.

Il ressort de cette étude que Coca-Cola est la marque la plus boycottée par les Français (citée par 48 % des personnes interrogées). Suivie par McDonald’s (44 %) et Tesla (19 %), le constructeur automobile détenu par Elon Musk en pleine zone de turbulences. Une autre de ses entreprises, le réseau social X, fait également l’objet d’un rejet (10 % des sondés). Tout comme les enseignes de restauration rapide Starbucks (15 %) et KFC (12 %).

Interrogé sur le devenir de cette mobilisation, plus d’un Français sur deux (57 %) affirme avoir l’intention de boycotter des produits ou services de marques américaines dans les mois à venir.

*Étude Ifop pour NYC.fr réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 14 au 17 mars 2025 auprès d’un échantillon national de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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