Archive pour le Tag 'ses'

La France empêtrée dans ses contradictions : le coup de gueule de Nicolas Dufourcq (Bpifrance)

La France empêtrée dans ses contradictions : le coup de gueule de Nicolas Dufourcq (Bpifrance)

 

-« La France macère » : c’est, en résumé, le sens du véritable « coup de gueule » que Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, la banque publique d’investissement, décide de partager en exclusivité pour La Tribune. Coup de gueule contre cette France gagnée par la « paresse de l’histoire », une France que le « sens du tragique », la « culture de la responsabilité » et la « sagesse » ont fui. Une France « envahie de certitudes », inconsciente de la valeur et du coût du filet social qui la protège, une France qui confie aux extrêmes du spectre politique le soin de panser ses angoisses. Une France – et donc des Français – « déconnectée du réel », trop gâtée, une France fragilisée par le virus anticapitaliste et punie par l’entrave bureaucratique qui décourage d’entreprendre et d’innover. Le directeur général de Bpifrance livre la radiographie d’une France qu’il voudrait obsédée par « plus » : « plus d’entreprises, plus d’emplois privés, plus d’entrepreneurs, plus d’heures travaillées, plus de risques. En un mot plus d’économie », condition d’un nouveau « contrat de civilisation ». Accomplir bien davantage ses devoirs que consommer aveuglément ses droits : voilà à quoi l’auteur exhorte, faisant écho à son essai La désindustrialisation de la France (Odile Jacob, 2022) dans lequel sont décortiquées au prisme de l’histoire les causes économiques, sociales, sociétales, politiques et culturelles de l’effondrement industriel de la France.

 

Une interview particulièrement intéressante sur les facteurs explicatifs  de la désindustrialisation en France. Par contre , l’auteur épargne relativement l’État et le pouvoir politique par rapport à ces choix stratégiques ( sauf en matière de couverture sociale). NDLR

 

 

LA TRIBUNE- Votre ouvrage révèle combien l’histoire de l’industrialisation (et, en l’occurrence, sa décrépitude) offre une grille de lecture singulière de l’histoire économique, sociale, politique, éducationnelle, territoriale et bien sûr sociétale de la France. Dans tous ces domaines, la « santé de la France » est-elle aussi moribonde que celle de son industrie ?

NICOLAS DUFOURCQ- Ce livre est une histoire intellectuelle de la France, dans son rapport à l’économie, dans les années 1995-2010. Les générations qui ont été à la manœuvre à l’époque ne sont pas celles des Trente Glorieuses mais plutôt celles de mai 68 et des années Giscard. Elles considèrent les victoires des décennies cinquante et soixante comme des acquis définitifs. Elles sont les premières d’après-guerre à perdre d’une certaine manière le sens du tragique. Or, à perdre ce sens du tragique, à quoi s’expose-t-on ? A estimer, par exemple, que le libre échange ne provoquera jamais de victimes, que l’État-providence est une rente et ne fera jamais faillite, que l’implosion de l’URSS est une spécificité à laquelle aucun autre grand pays ne succombera jamais, etc. Alors on fait sienne une paresse de l’histoire, par la faute de laquelle on se repose sur des certitudes et une confiance aveugle. « La France est riche, ce n’est pas grave, on va y arriver », réagit-on à chaque épreuve. Et alors d’engager la société sur la voie de risques inconsidérés. Voilà les dangers vers lesquels emportent les générations qui n’ont pas eu à pleurer quand Dien Bien Phu est tombé, si je puis dire.

La psyché de la société française porterait donc une part de responsabilité.  Dans votre récit, la désindustrialisation apparaît comme la conséquence d’une non-volonté de voir le côté potentiellement sombre de la mondialisation, d’en reconnaître l’inéluctabilité puis de s’y adapter avec les moyens massifs qui s’imposaient. Il existerait un biais historique et culturel, politique et entrepreneurial, spécifique à la France. Ainsi, le désamour des Français pour leur industrie serait, dans ce domaine également, un symptôme de leur psyché…

J’en suis convaincu. Un entrepreneur que je questionnais sur l’origine et les causes précises ayant conduit à ce marasme, m’a répondu « la sagesse ». Plus précisément le délitement de la sagesse, cette sagesse inhérente aux enseignements de la guerre et qui décline au fur et à mesure qu’on s’éloigne de cette dernière. Or, la mondialisation était une vraie guerre, et sa concomitance avec la monnaie unique supposait un aggiornamento complet du mode de gestion des équilibres de la société française. On ne pouvait plus dévaluer et on ouvrait les frontières en même temps. Cette sagesse peu à peu perdue, la société française se laisse entraîner dans des situations périlleuses, extraordinairement coûteuses pour la collectivité, pour ses enfants et ses petits-enfants, où l’Etat compense par l’endettement le déficit de préparation aux chocs extérieurs. Bientôt, dominent des univers mentaux tout à fait imaginaires, l’illusion qu’une main invisible va surgir et réparer les dégâts, toujours. Or il ne suffit pas de s’échapper dans le monde virtuel et de recourir aux chimères pour espérer conjurer la réalité.

Tout le monde a ses empreintes digitales sur la désindustrialisation du pays », énoncez-vous. Tout le monde, et notamment les exécutifs successifs, responsables d’avoir rigidifié le droit du travail, fait flamber les cotisations patronales, rédigé la loi sur les 35 heures (« symbole que la France n’a rien compris à la mondialisation »), bref coupables d’une inflammation du coût du travail par la faute de laquelle la compétitivité de la France s’est désalignée de celle de l’Allemagne. Quelle part de responsabilité attribuez-vous également : aux partenaires sociaux, y compris patronaux – ont-ils compris trop mal ou trop tard ce qui gangrénait l’industrie ? -, et à la société française – plus précisément : le modèle social, très redistributeur, qu’elle réclame est-il incompatible avec l’exigence de compétitivité ?

Là aussi, l’analyse historique est riche d’enseignements. La création de la Sécurité sociale en 1945 accélère un mouvement qui avait démarré à la fin du XIXᵉ siècle, autour de l’économie caritative et du mutualisme, qui donnèrent naissance aux caisses de secours puis aux mutuelles et aux caisses d’épargne, notamment. Cette organisation sécrétait une éthique aigüe de la responsabilité. D’ailleurs, du Crédit Mutuel au Crédit Agricole, aucune de ces banques mutualistes n’a jamais connu de problème en France, pas plus que les mutuelles d’assurance. La Sécurité Sociale de 1945 contient cette valeur de « responsabilité pure », au nom de laquelle tout déficit est vécu comme un traumatisme. J’étais un jeune fonctionnaire en charge des finances de la Sécurité Sociale juste après la guerre du Golfe, à l’automne 1992. Le plus gros « trou » depuis 1945 se creuse alors sous nos yeux car la Sécurité sociale, essentiellement financée par les salaires, était plombée par la conjoncture. Les recettes reculent, les dépenses croissent, et au final un abîme de 23 milliards de francs de déficit se forme, qui conduira Pierre Bérégovoy, incarnation de cette sensibilité extrême à la préservation des équilibres, à refuser de recourir à l’endettement et à augmenter la CSG quelques mois avant les élections législatives. Il avait une culture de la responsabilité, encore appuyée par le monde syndical paritaire dans ces années, dont j’ai le sentiment qu’elle n’a jamais cessé de reculer, depuis les décisions prises par le gouvernement Balladur d’endetter la Sécurité Sociale puis par Jacques Chirac de ne pas revenir sur les 35 heures quand il était encore temps. Entre-temps, la Sécurité sociale a été étatisée et pourtant les administrations publiques en charge de sa régulation ont perdu en prestige et en qualité. Aujourd’hui je ne reconnais plus le ministère des affaires sociales que j’ai connu, celui de Philippe Séguin, de Simone Veil. On s’habitue au déficit comme on s’habitue à celui, abyssal du commerce extérieur. Pour autant, notre modèle social n’est pas en soi incompatible avec la compétitivité, pour peu qu’il soit équilibré ! Le Danemark, l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas, sont aussi généreux que nous et pourtant leur industrie est florissante. C’est la manière de gérer notre modèle social qui pose problème. On ne peut protéger autant que si l’on travaille plus. Et nos voisins travaillent plus que nous.

Et votre examen n’épargne pas le monde syndical…

Rappelons-nous des lois Auroux. Au début nécessaires et bien pensées, elles ont très vite cristallisé des positions syndicales dures, notamment dans les grandes filières industrielles dominées par la CGT et FO. Certains dans le livre disent qu’elles ont été dévoyées. Toute réforme d’ampleur sociétale exige d’être explicitée, accompagnée avec pédagogie. Celle-ci ne le fut pas et, en protégeant à l’excès les représentants du personnel, elle a provoqué un divorce entre patronat des PME/ETI et syndicats. Comment faire admettre à une ETI familiale d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires qu’elle doit salarier 55 employés protégés qui n’ont pas vu un atelier depuis des années ? Par ailleurs, oui, je reproche aux syndicats d’avoir lutté pied à pied pour éviter la baisse des charges sur les bas salaires et la réforme du code du travail, qui étaient les deux conditions législatives majeures d’un espoir de réindustrialisation. Cela nous a fait perdre 10 ans.

Au soir du second tour des législatives, lorsque vous avez vu le pôle LFI et son opposé RN surgir, vous êtes-vous dit : « Voilà un symptôme et une traduction supplémentaire de la désindustrialisation française » ?

J’ai pensé qu’au cœur de la société française domine une amertume, en macération depuis une trentaine d’années, qui pour partie, vient de cette désindustrialisation. Mais pas seulement. Nos rapports à l’identité, à l’histoire, à nos défaites stratégiques, y compris dans le domaine du numérique, la situation des quartiers dits sensibles dans le contexte des pressions migratoires, la crise des grands services publics de l’école et de l’hôpital donnant une impression de paupérisation de la France, etc., tout ceci écrase la réalité de la progression constante et importante des protections apportées par l’Etat à nos concitoyens, financée par la dette. Il se crée au contraire des points de cristallisation d’angoisse collective qui sont autant de lieux de fermentation d’idées extrêmes. Il n’est pas étonnant que les partis contestataires triomphent dans ces parties de l’Hexagone qui sont le plus exposées à ces angoisses.

De fil en aiguille, quantité de Français se sont de facto déconnectés du réel. Or le réel, comme l’exprimait Lacan, c’est ce qui « dit non », « c’est quand on se cogne ». C’est le réel qui nous dit qu’on ne pourra plus continuer pendant un certain temps à rajouter de nouvelles couches de protection, pourtant au cœur des programmes vers lesquels vont beaucoup d’électeurs. C’est l’oubli du réel qui fait que la France est un havre dont les habitants se croient en enfer. L’histoire de la progression des protections sociales est révélatrice. Celles dont les jeunes Français bénéficient aujourd’hui n’ont jamais été aussi copieuses et bien plus élevées que celles de leurs parents au même âge. Au début des années 1990 dominait le ticket modérateur, il n’y avait pas de mutuelle universelle étudiante, il n’existait pas de couverture d’Etat en cas de pensions alimentaires non versées, les montures de lunettes n’étaient pas remboursées, le RMI était strictement cantonné, il n’y avait pas de prime d’activité, les prestations comme l’allocation adulte handicapé n’étaient pas déconjugalisées, jamais la crise du covid-19 n’aurait été prise en charge de manière aussi généreuse, etc. Je ne dis pas qu’il faut revenir sur ces conquêtes, mais juste être clair : pour financer tout cela, il faut plus d’activité économique. C’est l’activité économique qui finance l’Etat-providence. Donc plus d’entrepreneurs, plus de valeur créée par le secteur privé et plus de travail. Je n’ai pas vu cela dans les programmes extrêmes.

Une partie de la jeunesse se dit en quête de sens, aspire à la cohérence entre ses valeurs personnelles et l’objet ou le comportement de l’entreprise, réclame de mieux équilibrer ses sphères professionnelle et intime. Ce qui n’est pas sans constituer un immense défi de recrutement, de management et de fidélisation au sein des entreprises. Le contexte que vous dénoncez a-t-il favorisé l’émergence de cet état d’esprit ?

La « grande démission » montre que le rapport de force s’est largement inversé. Plus personne n’arrive à recruter. La pression sur les entreprises pour qu’elles fassent un saut quantique dans la manière de motiver les gens est là, énorme. Prenons-le comme une bonne nouvelle. La grande démission, c’est la preuve des grandes espérances de notre jeunesse. La quête de sens est bonne, je la considère comme en résonance avec une éthique de liberté entrepreneuriale, à condition toutefois qu’elle soit productive et ne pèse pas sur la collectivité par un taux d’emploi trop faible. A la fin, il faut bosser !

Jugez-vous les Français coupables d’« ingratitude » ?

Je n’emploierais pas forcément ce mot, car il est culpabilisant et ça n’est pas le sujet.

De cécité, alors ?

Disons plutôt de manque de culture sur le mode de fonctionnement de notre modèle social. Un État providence, tel qu’il régit notre vie quotidienne, c’est très complexe. L’articulation des instances politiques, institutionnelles, administratives, syndicales et privées qui la font fonctionner nécessiterait d’être racontée et expliquée simplement aux Français pour qu’ils prennent conscience de sa formidable richesse… mais aussi de ses vulnérabilités. Si chacun comprenait comment fonctionnent l’assurance maladie, les allocations familiales ou le régime de retraite, cela aiderait beaucoup à adopter des prises de positions réalistes, responsables. Et sages. Ainsi, par exemple, admettre de manière très factuelle que la croissance de l’espérance de vie n’est ni cohérente ni compatible avec un abaissement de l’âge de la retraite, sauf à créer beaucoup plus de richesses, ce que nous ne faisons pas.

La France alors victime de son « inculture économique » chronique ?

A commencer par la compréhension que c’est bien l’entreprise qui finance l’État-providence et que la société ne se résume pas à un face-à-face entre les « riches » et l’Etat. Entre les deux, il y a plusieurs millions de petites entreprises et de salariés qui sont la masse fiscale sur laquelle on prélève pour financer les prestations. Mais le problème est plus profond. Il y a me semble-t-il une incompréhension sur le fondement même de notre civilisation de la protection universelle. Ce fondement, c’est l’équilibre. Selon cette règle, nous n’avons pas le droit d’endetter les caisses de la protection sociale et de demander à nos enfants et petits-enfants de financer les prestations dont nous bénéficions aujourd’hui. La dette finance l’investissement, pas les prestations. Elle finance l’invention d’un médicament, mais pas son remboursement quand je le consomme. Sinon c’est ma petite fille qui me paie mon Solupred. C’est immoral. Jusqu’où ira l’accumulation des déficits de la Sécurité sociale, donc de l’État-providence ? Notre civilisation est enfermée dans une spirale : elle produit une demande de protection infinie. Ces protections sont toujours légitimes et ce qui est acquis ne pourra pas être réduit.  Alors que faire ? Il faut, j’y reviens, plus d’entreprises, plus d’emplois privés, plus d’entrepreneurs et plus d’heures travaillées. En un mot plus d’économie. Ce récit est bien sûr celui de la Bpifrance. Il consiste même à dire ceci, qui est essentiel : Français, plus on vous protège, plus vous êtes normalement en position de prendre des risques. Donc prenez-les ! L’Etat-providence a besoin que vous preniez vos risques. On peut appeler ça un « contrat de civilisation », ou un nouveau contrat social. Mettons-nous en déséquilibre en proportion des protections que nous recevons. J’y crois personnellement, et cela suppose un récit élogieux sur le risque, sur le progrès, et une héroïsation médiatique des audacieux qui doit être renforcée, à due proportion de la demande proliférante de protections additionnelles.

Vous êtes laudateur à l’égard des industriels et des entrepreneurs. Vous les présentez victimes des injonctions de l’Etat et plus généralement de la société, déplorez que la réalité de leur combat a été pendant longtemps injustement négligée. Aujourd’hui, leur cause est mieux considérée, et d’ailleurs les PME figurent dans le trio de tête des institutions en lesquelles les Français manifestent le plus de « confiance ». Cela étant, les sacraliser, c’est oublier qu’une entreprise entrepreneuriale est un collectif. C’est aussi négliger une réalité : tout entrepreneur n’est pas un « modèle » – les errements en matière de compétences, de comportement, de gouvernance, l’attestent. Le fait d’être entrepreneur ne suffit pas pour revendiquer d’être vertueux. On peut citer nombre de grands et petits entrepreneurs dont l’objet entrepreneurial ou la manière d’entreprendre sont loin d’être éthiques. Enfin, il n’est pas adéquat de fantasmer, comme d’aucuns s’y emploient, une « société des entrepreneurs » ; tout le monde n’est pas prédisposé, éduqué et armé pour être entrepreneur et le risque serait même de dévaloriser ceux qui ne le sont pas.

C’est vrai, il faut être vigilant et n’essentialiser personne. Il existe mille manières d’être entrepreneur. Il y a des entrepreneurs rogues comme il y a des salariés abusifs. Ni plus ni moins. Pourquoi parler plus des uns que des autres ? Humain, trop humain, nous vivons avec cela. Cela étant, dans les années dont je parle, beaucoup d’entrepreneurs n’avaient pas compris que la culture d’autorité descendante, celle qu’ils retrouvaient en Europe de l’Est ou en Asie, n’était plus adaptée à la France.  Ils se sont depuis largement adaptés.

Par ailleurs, je ne clame pas que tout le monde doit être entrepreneur. Et bien sûr il existe moultes entraves à la mobilité (géographique, professionnelle, etc.) et à la prise de risque entrepreneuriale, en premier lieu les blocages anthropologiques, sociaux, familiaux et mentaux. En revanche, chacun peut et doit être entrepreneur de sa vie. Chacun peut et doit « naviguer sa vie ». Il faut être agile, réactif, audacieux. Bâbord, tribord, tourner quand ça ralentit, aller chercher le vent. Et en cela, l’Etat qui nous protège est un formidable allié. Il couvre ou désamorce nombre de risques que nous pouvons prendre : la santé est gratuite, l’éducation est gratuite, l’université est gratuite, les allocations d’aide sont multiples, les transports subventionnés, la couverture chômage est conséquente, une retraite minimum est assurée, le compte personnel de formations vous suit où que votre vie vous emmène, etc. Les conditions sont réunies pour que nous rendions à l’Etat ce qu’il nous accorde. On pourrait même parler d’écologie de l’Etat-providence, car il est un bien commun à protéger, comme la nature. N’abusons pas de lui.

Quelles sont les particularismes de l’entrepreneur ?

Il a à la fois une grande part d’imaginaire et les pieds sur terre, il est animé par ce « grain de folie » qui le convainc de prendre des risques, et il possède une propriété fondamentale pour accomplir des choses dans sa vie, que j’appelle l’autohypnose – « je vais le faire, je vais y arriver, il n’y a aucune raison pour que ce ne soit pas moi ». Bref, la confiance en soi. Pour autant il est en permanence confronté au réel, il est même un professionnel du réel. Il a un tableau Excel dans la tête, pour lui l’argent magique n’existe pas. Ce rapport au réel, quantité de bénéficiaires de protections l’ont perdu.

Quelle est, justement, votre définition de l’éthique entrepreneuriale ?

Cette éthique est variable et propre à chaque individu. Disons que l’entrepreneur est singulier et libertaire. Comme l’artiste. Il a de grandes capacités de résilience, qui l’arment pour défier les échecs et rebondir. Il a décidé très tôt de ne pas être « un employé ». De quiconque. Par son accomplissement personnel, il veut tenter d’affirmer sa différence, faire sa vie à sa manière, et communiquer ses propres valeurs à ses employés. Il veut progresser dans la société et autant que possible se placer un peu au-dessus des autres, uniquement par les vertus de l’effort solitaire. C’est sa fierté. Alors on peut comprendre qu’il vive mal qu’on lui retire (par les taxes ou le mépris) ce qui a composé sa spécificité, sa richesse. Il veut s’élever dans le monde par la liberté, et n’admettra jamais qu’on le lui reproche.

Vous-même, vous rêvez-vous encore entrepreneur, comme ceux que vous accompagnez aux manettes de Bpifrance ?

J’ai réglé la question très jeune. Entre 20 et 30 ans, j’ai créé cinq entreprises. Toutes sauf une, la dernière, ont connu l’échec. Apprentissage de terrain, immenses souvenirs, culture du rebond. Je sais donc de quoi je parle !

En miroir de votre examen critique de la situation industrielle, psychique, sociale et sociétale de la France, faites-vous le constat que la valeur travail est en danger ?

Je n’emploie pas cette notion de « valeur travail ». Les gens ultra-motivés ne travaillent pas, ils s’accomplissent. On peut s’accomplir comme astrophysicien ou comme charcutier. Soit on est investi du sentiment que la vie est courte et on s’incarne pleinement voire passionnément dans un métier sans compter ses heures, soit on se considère être un « passager de la vie » qui n’a de relation au travail qu’utilitaire afin de maximiser ses plaisirs pendant ce transit éphémère qu’est notre passage sur terre. Ces « passagers de la vie » font le choix d’une trajectoire professionnelle où l’on initie peu, commande peu, s’investit peu, rayonne peu, risque peu, obéit et subit beaucoup. Ce choix de vie doit être respecté, après tout. Les gens ont plus ou moins d’énergie, et plus ou moins d’aptitude à aller chercher leur chance. En revanche, il ne faut pas chercher de boucs-émissaires quand on est en déficit de sens dans sa vie. Les carcans pour « naviguer sa vie » étaient nombreux dans les années soixante, mais aujourd’hui où sont-ils ? Où sont les entraves pour entreprendre et risquer librement ? Dans le « contrat social » de l’État providence, on ne peut pas concomitamment refuser de participer au système et en exploiter les bienfaits.

… ce qui nécessite toutefois un préalable : distinguer l’assistance de l’assistanat, reconnaître la réalité de l’(invisible) injustice de l’égalité des chances à la naissance, et admettre que deux personnes nourries d’une même volonté ne sont pas équitablement armées pour accomplir leur devoir de citoyen.

Il y a inégalité des chances à la naissance, y compris à l’intérieur d’une famille. L’un va réussir, l’autre non. A tous les niveaux de la société. Mais je réfute l’idée que l’ascenseur social français est bloqué. Les études récentes de l’Insee le montrent. Les parcours républicains sont innombrables. Posez-vous la question de l’origine sociale des patrons du CAC40 et vous verrez la proportion importante de ceux qui viennent de très loin.

Les dogmes de la compétitivité et de la croissance sont naturellement très présents dans votre essai et sont omniprésents lorsqu’on raisonne économie. Mais ne souffre-t-on pas d’économisme, et d’un biais laissant supposer qu’il n’existe aucune possibilité de penser autrement l’économie et la société ? Sommes-nous pour toujours ligotés à ce dogme – qui est l’une des causes principales de la dévastation écologique mais aussi participe au chaos civilisationnel ?

Le monde est en train de changer radicalement et avec lui l’ensemble des paradigmes le déterminant. Le thème de notre grand événement cette année – la 8e édition du Bpifrance Inno Génération – est « la métamorphose », donc je ne nie pas qu’il faille s’engager sur un sentier radical de transformation. Pour autant, j’en veux à ceux qui nient les conséquences de ce qu’ils proposent, c’est-à-dire des couches nouvelles de protection qui ont un coût collectif. Celui d’un déficit et d’une dette publics abyssaux. Or l’argent magique n’existe pas, et la civilisation du quoi qu’il en coûte a ses limites ! Celle, d’abord, de faire payer notre protection aux enfants et petits-enfants. Chaque jeune qui a voté pour des formations politiques promettant la retraite à 60 ans doit connaître la vérité : pendant toute sa vie il va payer pour cette généreuse retraite de ceux qui partent aujourd’hui, mais lui n’y aura pas droit.  Sur la croissance, elle n’est pas un dogme, mais la conséquence fatale des demandes de protection de la société française. Les prophètes de la décroissance doivent dire la vérité : il faudra « dé-protéger ». Qui y est prêt ? Le chaos civilisationnel, il serait là, pour le coup, certain.

Emmanuel Macron a donc selon vous raison d’insister sur la réforme du système de retraite ?

Evidemment

Quand bien même le contexte social pourrait être durablement éruptif et dégrader plus encore la conjoncture économique et la situation des entreprises ?

De toute façon, l’imaginaire collectif devra « atterrir » quoiqu’on pense. En général l’histoire n’est pas écrite mais celle-là l’est. Cet inéluctable atterrissage, il faut simplement le souhaiter le moins violent possible. Il le sera d’autant moins que l’économie, grâce aux entrepreneurs, grâce à l’action de l’Etat aussi, grâce à l’action des Français, sera florissante.

L’industrie (énergies fossiles, voiture, plastique, etc.) est communément associée à la dévastation écologique. Dans votre essai, peu est consacré, d’une part à l’enjeu écologique qu’exige l’état du climat et de l’environnement, mais aussi à cette RSE à laquelle une part exponentielle de la population conditionne désormais son engagement professionnel. Faut-il considérer la RSE (ses règles, ses injonctions, son image) comme un obstacle à la réindustrialisation ?

Non, au contraire. Nous soutenons la réindustrialisation de la France à partir d’usines nativement décarbonées. Effectivement, dans mon livre je n’évoque pas l’impact RSE puisque la question climatique n’exerce aucun rôle dans l’histoire de la désindustrialisation, et c’est un livre sur le passé. En revanche, lorsque je traite les anciennes méthodes de management et de commandement, d’un autoritarisme militaire devenu anachronique, je n’élude pas le sujet. La RSE est un impératif cardinal.

Revenons à cette jeunesse. Au sein d’AgroParisTech, de HEC, de Polytechnique, et ailleurs, des étudiants fustigent l’industrie coupable d’anéantir climat et environnement. Plus encore, ils blâment l’organisation contemporaine du capitalisme, du libéralisme et de la finance mondialisés, qui selon eux sert de support à cette prise de pouvoir irréversible de l’industrie fossoyeur. Que leur répondez-vous ? Notamment à ceux qui estiment que frugalité et sobriété ne sont pas les ennemis du Progrès ?

Suis-je anticapitaliste ? Pas du tout. J’ai été numéro deux du cabinet de conseil Capgemini, présent dans quarante pays et instrument de puissance pour la France. Le capitalisme inclut une dimension de « force vitale » fondamentale, dont nous continuons d’avoir besoin. Avec du capital, on féconde une activité, et on part en conquête de terres inconnues. A mes yeux, il n’y a pas de modèle alternatif. Dès lors, même si je comprends leurs angoisses et les partage, je m’oppose à ces jeunes diplômés militants d’un modèle radicalement alternatif, qui ne boucle pas avec les demandes collectives légitimes de la société. La décroissance ne permettrait pas de financer les protections qu’ils consomment déjà aujourd’hui et qu’ils consommeront plus encore lorsqu’ils seront vieux. En revanche, la frugalité ne fait pas débat. Elle est indispensable à chaque instant, à chaque minute. Elle fait partie de l’équation du progrès.  En ce sens, je suis convaincu que plus d’économie ne veut pas dire plus d’émissions de carbone et d’atteintes à l’environnement. Une voie, dont il ne faut pas rater l’embranchement, se dessine aujourd’hui qui permettra de concilier croissance de l’activité, respect de l’environnement et adaptation au changement climatique. Et d’une certaine manière, le sentiment de révolte qui anime la jeune génération est fécond : il est l’énergie de l’adaptation de notre appareil productif et de notre société à ce nouvel état du monde.

Vous regrettez, à raison, la lutte des classes dans les entreprises. Mais est-elle illégitime lorsque l’amplitude des rémunérations (hors accumulation de patrimoine et actions) peut dépasser un rapport de 1 à 300 ? Lorsque la gouvernance, le dialogue social, le management déresponsabilisent ou réduisent l’individu à trop peu ?

En effet, l’ambiance de lutte des classes a été terrible dans les PME et ETI industrielles dans la période que je couvre dans le livre. Les PME avaient peur des syndicats, disons-le. Tous les témoignages le disent : le patron était toujours le vilain. On venait d’un monde paternaliste qui, s’effondrant, a laissé le patron de PME complètement vidé de son aura et jugé coupable des conséquences d’une mondialisation non préparée et non accompagnée.

Sur les rémunérations, on est dans un sujet irrationnel.  Prenons l’exemple de Bpifrance. Nous faisons la démonstration que nous pouvons être aussi performants qu’une banque privée pratiquant des échelles de rémunération plus élevées. Nos ratios de profitabilité sont identiques à ceux des acteurs du marché alors que nous menons une mission d’intérêt ­général. Nous ­recrutons exclusivement dans le privé.  Bien sûr certains de nos cadres franchissent à nouveau la porte du privé lorsqu’ils nous quittent, après des années d’engagement et d’expertise chez nous. Pourquoi sont-ils restés entre-temps ? Pour la culture, l’impact, la mission, les valeurs, le sentiment d’être utile. La question de la rémunération et des excès du capitalisme financier trouve son antidote, en fait, dans une certaine manière de gérer son entreprise. Et de donner à chaque salarié un sens à la responsabilité qu’on lui confie, avec la bonne dose de liberté. Un salarié ultra motivé ne part habituellement pas que pour une augmentation de salaire. Le distinguo est également valable pour les banques mutualistes versus les établissements cotés et/ou anglo-saxons : elles rémunèrent moins bien, mais le niveau de performance individuel et collectif n’est pourtant pas inférieur. Et que dire du monde de l’industrie ? Des PME ou des ETI familiales pilotées par des entrepreneurs beaucoup moins payés que dans les grands groupes performent très bien. Inversement, les salariés de Stellantis reprochent-ils sa rémunération à son CEO, sur laquelle je me suis abstenu en conseil ? Non, car ils le respectent. L’équation argent-motivation est parfois obscure. La raison d’être d’une entreprise et les conditions d’accomplissement personnel et professionnel ne peuvent pas être réduites à l’envergure de la fiche de paye.

Un groupe comme Bpifrance a-t-il pour objet de participer, à son niveau, au rétablissement d’un capitalisme responsable – si tant est que les deux items ne forment pas un oxymore ?

Absolument. De notre vocation à notre fonctionnement en passant par les critères d’affectation de nos crédits, de nos investissements, de notre accompagnement, nous essayons d’honorer cette exigence.

Dans votre analyse, l’Etat apparaît être davantage un ennemi des entreprises qu’un facilitateur. Pourtant, vous êtes bien placé pour savoir que sur une planète à ce point dérégulée, anarchique – que sont devenues les instances de gouvernance internationale ? -, la régulation par les Etats est déterminante. Quel est, à vos yeux, le « juste » rôle de l’Etat en matière économique ?

Dans l’industrie, la dérégulation a consisté à ouvrir les frontières. Ça n’a pas du tout empêché l’Etat de continuer de faire tomber en pluie des couches nouvelles d’exigences et de contrôle préalable entravant de facto la PME industrielle, plus que ce n’était le cas dans le reste de l’Europe et surtout pas en Europe de l’Est. C’est cela que je dénonce, car le jeu était biaisé. Pour le reste, le capitalisme n’est pas destructeur par nature, mais comme toute liberté, il doit être encadré. Le rôle de l’Etat est donc majeur. Il l’est d’autant plus maintenant que s’engage la décarbonation de l’ensemble de notre appareil productif.

L’une des faiblesses des entreprises françaises réside, constatez-vous, dans leur soumission aux logiques anglo-saxonnes (via leurs banques, leurs consultants, leurs actionnaires), favorables aux fabless, aux délocalisations, à la maximisation des marges, et aux fameux LBO. Autre sujet primordial sur lequel le tropisme anglo-saxon produit des effets désastreux : les territoires, puisque l’industrie est dans les territoires alors que ce tropisme ne considère que les grandes capitales. Ces territoires auxquels Bpifrance est très attaché sont les victimes du diktat jacobin et ont fait l’objet d’un mépris, d’un abandon dont là encore le Rassemblement national se nourrit largement. Peut-on se sortir de cette quasi-tutelle – Bain, les Big Four, Mckinsey… continuent de dominer, y compris la culture des écoles de commerce qui forment les futurs managers ?

Au temps de Tony Blair en Grande-Bretagne et de Bill Clinton aux Etats-Unis, la domination idéologique anglo-saxonne dans les milieux d’affaires français était plus qu’hégémonique : elle était totale. Ce moment est révolu. Certes, les grands acteurs anglo-saxons de la finance, de la banque, de la stratégie se sont durablement implantés et sont puissants. Ils occupent des parts de marché très importantes et recrutent une bonne part de nos élites. Des acteurs français considérables comme Capgemini (275 000 salariés) ont aussi grandi et leur disputent le marché avec détermination, sans parler de nouvelles pépites émergentes, comme SIA créé par Matthieu Courtecuisse. Nous avons des leaders français à capacité de projection mondiale.  Tout est un combat et ces combats sont livrés.

Par ailleurs, par rapport aux années 1995-2010, la France commence à tirer profit de sa décentralisation. Le pays a profondément changé et l’image ultra jacobine n’est plus le reflet de la réalité. Les métropoles de province sont rutilantes, les Régions sont des institutions puissantes et on peut dire aujourd’hui que les écosystèmes locaux ne laisseraient plus faire ce qui s’est passé au début des années 2000. Au total, il me semble que la France est aujourd’hui mieux protégée de la radicalité des influences anglo-saxonnes, qui de surcroît sont en recul du fait même de leur échec aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, deux pays aujourd’hui obnubilés par la réindustrialisation.

Qu’attendez-vous concrètement du nouveau mandat présidentiel, du gouvernement, également de cette assemblée législative d’une bigarrure inédite, au profit de la réindustrialisation de la France ?

Le sujet central pour construire une usine tient aux délais d’autorisation. Ces délais, entravés par les recours, l’obligation de dépollution des friches et les conditions de délivrance de permis de construire, peuvent aujourd’hui s’étendre sur plusieurs années. Il est impératif de les réduire drastiquement, car cette situation est incompatible avec le vœu de revitalisation industrielle. Et cela vaut tout autant pour les futures centrales nucléaires. Si quantité de délais administratifs ne sont pas abaissés, la possibilité de voir fonctionner rapidement sur notre sol le blanc manteau de nouvelles usines décarbonées dont on a parlé, est illusoire. Plus généralement, l’entreprise est otage d’un excès de bureaucratie. Pas seulement en France, mais particulièrement chez nous. A force de stigmatiser le capitalisme, on l’a cuirassé d’entraves administratives et on l’a rendu plus lent. Or sa vertu, c’est son énergie cinétique, sa capacité à « déplacer des montagnes ». Or il va falloir déplacer des montagnes pour réindustrialiser, décarboner et changer le mix énergétique de notre pays. Le capitalisme ne peut pas être empoisonné par la maladie de la bureaucratie au moment où on demande aux acteurs de changer le monde. Il serait aujourd’hui impossible de construire la tour Eiffel en quelques années et elle ne pourrait pas être aussi belle. Tout chef d’entreprise peut faire la démonstration que sa liberté d’entreprendre, d’innover, de bâtir, inhibée par une multitude de normes est plus faible que celle d’« hier ». Nombreux vous disent : cette usine, cet hôtel, je ne pourrais plus les refaire aujourd’hui. Si la vitalité entrepreneuriale est asphyxiée, comment va-t-on trouver les solutions aux immenses défis énergétiques, alimentaires, climatiques, de santé, de mobilité, etc. qui concernent l’avenir de notre société ? Songez qu’il faut 18 mois pour avoir le permis de construire d’une usine de batterie dans le nord de la France dans laquelle l’Etat a pourtant décidé d’investir 700 M€ d’argent du contribuable… Qu’il faut plus de dix ans pour faire monter un parc éolien offshore en France… L’Etat fait beaucoup pour les entrepreneurs, mais s’il y a un point d’amélioration, c’est celui-ci : le rapport au temps. Avec sur le terrain une administration qui accompagne le business plutôt qu’une administration gendarme. Pour dresser un parallèle, l’évolution de la posture de l’administration fiscale dans sa relation avec les particuliers au cours des 10 dernières années montre d’ailleurs qu’une telle transformation est possible. Cela demande que le cap soit tenu avec constance.

Le 3 octobre à Lyon, dans le cadre du forum de débats Une époque formidable (La Tribune), vous débattrez avec le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger. Sujet : le travail. Un banquier et un leader syndical peuvent-ils s’entendre sur une même philosophie du travail ?

Je pense que oui…

… même si sur nombre de points développés dans cet entretien (35 heures, retraite, financement de la protection sociale) la discorde apparaît frontale ?

Absolument. Je critique les 35 heures pour la manière dont elles ont été imposées aux PME, au pire moment de la bataille de la mondialisation et la direction éthique qu’elles ont alors donnée aux Français sur la question de la centralité de la vie professionnelle dans leur existence, alors que la guerre faisait rage à l’extérieur. Pour le reste, je crois qu’on peut travailler plus en France, oui. Le décrochage en PIB par tête de la France par rapport à l’Allemagne et par rapport aux Etats-Unis est directement lié au nombre d’heures travaillées sur une vie professionnelle, notamment en début et en fin de vie. Travailler plus tôt, travailler plus longtemps, travailler plus tout court sont des priorités me semble-t-il. Est-ce si dramatique ? D’ailleurs, mon ami Laurent travaille-t-il 35 heures par semaine ? Je ne crois pas. Simplement parce qu’il est passionné par son métier, investi dans une cause qui a du sens. Donne-t-on du sens au travail lorsque celui-ci doit être limité à 35 heures ? L’ébéniste concentré sur la réparation de son meuble, le joaillier qui achève le sertissage d’un bijou, le chercheur immergé dans son innovation, vont-ils vouloir interrompre leur tâche ou comptabiliser des heures supplémentaires ? Les cadres ou employés qui décident de créer leur entreprise n’ont-ils pas parfaitement intégré le fait qu’ils devront travailler 70 heures par semaine ? Et ça ne leur pose pas de problème. Car travailler beaucoup est tout sauf un problème quand on aime ce que l’on fait. La question du temps de travail se pose essentiellement pour les métiers pénibles, et tout particulièrement pour tous ceux qui engendrent des troubles physiques, musculo-squelettiques. Elle n’est pas un impératif de civilisation commun à toutes les couches de la société française. Il en va de même pour la retraite, bien sûr.

Je vais plus loin : il me semble que la France n’est pas au niveau de son potentiel. Notre pays peut faire des miracles, et sous nos yeux il macère. Trop de Français ne sont juste pas motivés par ce qu’ils font et la grande démission le montre. Remotivons la France et instantanément elle voudra d’elle-même travailler plus. La France n’est pas nativement asthénique. Simplement, beaucoup de concitoyens ne voient pas d’intérêt à ce qu’ils font ou à ce qu’on leur propose. D’entendre ces jeunes diplômés recommander de recourir au retrait existentiel et à l’ennui pour espérer réparer la planète, me rend donc dubitatif. L’ennui n’est pas la solution, il est le problème. A l’Etat et aux entrepreneurs de proposer aux Français des aventures exaltantes, elles existent. La réindustrialisation des territoires en est une.

La Chine baisse ses taux d’intérêt pour relancer la croissance

La Chine baisse ses taux d’intérêt pour relancer la croissance

La Chine englué dans sa politique anti covid prend le contre-pied des autres banques centrales en diminuant ses taux d’intérêt. Lundi 15 août, la Banque centrale chinoise a abaissé plusieurs de ses taux directeurs. L’objectif : accroître les liquidités de ces dernières afin de les pousser à accorder davantage de prêts, et ainsi soutenir l’activité économique du pays.

Dans le détail, la Banque centrale a fixé son taux de refinancement des banques à sept jours à 2% (contre 2,10%), et son taux de refinancement à un an à 2,75% (contre 2,85%).

La deuxième économie mondiale est t surtout victime de sa politique zéro covid et son corollaire le confinement obligatoire qui affecte grandement l’économie.

Conséquence de cette politique, en juillet, les ventes de détail et la production industrielle en Chine ont connu un ralentissement inattendu sous l’effet d’un rebond du covid. Et ce, alors que les analystes attendaient une accélération. La situation sanitaire ne semble pas s’arranger : le pays est confronté ces dernières semaines à un rebond épidémique, limité en termes de cas mais qui touche de nombreuses provinces.

Principal indicateur des dépenses des ménages, les ventes de détail ont enregistré une hausse de 2,7% sur un an, contre 3,1% en juin, a annoncé le Bureau national des statistiques (BNS). De son côté, la production industrielle s’est affichée en hausse de 3,8% sur un an, mais ce rythme est inférieur à celui de juin (+3,9%) et aux prévisions des analystes (+4,6%). Ces indicateurs « décevants » sont le reflet d’une « perte de vitesse » de la reprise post-pandémie, souligne à l’AFP Ken Cheung, analyste pour la banque japonaise Mizuho.

Ces rebonds épidémiques viennent s’ajouter aux difficultés qui pesaient déjà sur l’économie chinoise: consommation atone, tour de vis de Pékin contre plusieurs secteurs dynamiques dont celui de la tech, incertitudes liées à l’Ukraine mais aussi à une forte crise de l’immobilier.

De son côté, l’investissement en capital fixe a encore ralenti en juillet (à 5,7%).

Covid: Élisabeth Borne déjà à côté de ses pompes

Covid: Élisabeth Borne déjà à côté de ses pompes

 

Les contaminations s’envole avec par exemple plus de 147 000 cas nouveaux en 24 heures hier mardi 28 juin 2022, la première ministre décide de ne pas envisager de mesure coercitive.

Elle réagit évidemment avec un mois de retard quand la situation sanitaire s’améliorait au point qu’on envisageait de ne plus fournir de statistiques relatives à la progression de la Covid .

 

Le gouvernement prendra donc des mesures minimales , il a besoin de faire adopter un projet de loi avant le 31 juillet pour pouvoir prolonger certaines mesures. Le dispositif de veille sera ainsi maintenu jusqu’au 31 mars 2023, tout comme la possibilité d’organiser un contrôle sanitaire aux frontières si besoin.

Notons aussi irresponsabilité totale de l’opposition.

La France Insoumise (LFI), qui ne comptait que 17 députés dans la précédente législature (contre 75 aujourd’hui) et le Rassemblement national (89 députés contre une poignée entre 2017 et 2022) s’étaient élevés contre le passe vaccinal, tandis que Les Républicains étaient très divisés sur la question.

Évidemment tout ce petit monde politique criera au scandale quand la pandémie reprendra de manière dangereuse à la fin d’été.

Une France fracturée dans ses territoires et sa société

Une France  fracturée dans ses territoires et sa société

La victoire d’Emmanuel Macron montre aussi un pays divisé et sans élan. Avec de nombreux défis à relever pour le président réélu. Par Claude Patriat, Université de Bourgogne – UBFC

 

Étrange climat au soir de ce deuxième tour de l’élection présidentielle française : nulle explosion de ferveur, de joie collective, d’enthousiasme ni de violente colère. Comme un profond et grave soupir de soulagement poussé par une large majorité, juste contrebalancé par la déception des vaincus qui ne perdent pourtant pas l’espoir d’une prochaine revanche.

La France a eu peur. La France s’est fait peur. Le front républicain a beau avoir vécu : il reste de nombreux républicains résolus à faire barrage qui ont rejoint le camp d’Emmanuel Macron, l’aidant à remporter une belle victoire, nette et sans appel avec 18 779 641 suffrages. 17 points d’écart séparent les deux candidats, le président sortant emportant 5 482 000 voix de plus que son adversaire.

Dans un pays profondément fracturé, les clivages n’ont pas empêché les reports de jouer leur rôle de rééquilibrage : Emmanuel Macron recueille 8 994 063 de suffrages de plus qu’au premier tour (soit une progression de 92 %), Marine Le Pen, 5 161 391(+63,44 %). Certes, le président sortant n’atteint pas les 139 % de progression de 2017 ; mais on relèvera qu’à cette date, Marine Le Pen n’avait amélioré son score du premier tour que de 34,55 %.

D’où provient alors ce paysage en demi-teinte qui se dessine aujourd’hui ? Le président réélu a lui-même modestement choisi le ton de la modération et assuré le service minimum dans son allocution au champ de Mars : un étonnamment bref discours de remerciements à ses soutiens et à ses électeurs, une réaffirmation de sa volonté de représenter tous les Français. Et une confirmation de sa volonté de changement de méthode : « Cette ère nouvelle ne sera pas la continuité du quinquennat qui s’achève… ».

C’est que ce scrutin, pour historique qu’il soit, n’a pas dissipé les brumes dans lesquelles notre pays est plongé. D’abord, il faut rappeler que pour la troisième fois en 20 ans, l’élection a été acquise contre une candidature d’extrême droite – à la différence de 1981 et 2012, où le sortant avait été battu par un adversaire inscrit dans les valeurs et la tradition républicaines.

Le choix, pour nombre d’électeurs n’était donc pas seulement entre deux projets politiques, mais entre deux visions de la République. Ce qui introduit un biais dans la lecture du résultat et devrait inciter à la prudence quant aux comparaisons hâtives.

Ce choix contraint en forme de refus vient grossir le phénomène de l’abstentionnisme : avec 28 %, son taux augmente de 3 points par rapport au second tour de 2017, et atteint presque le niveau du premier tour de 2002 (28,40 %). Sans toutefois égaler le record de 1969, où il avait été de 31,15 % pour le second tour opposant George Pompidou à Alain Poher. Contrairement, en effet, à ce qu’affirme Jean-Luc Mélenchon, « le plus mal élu des présidents de la République » n’est pas Emmanuel Macron, mais Georges Pompidou qui n’avait obtenu que 37,51 % des inscrits.

Outre son caractère récurrent depuis 20 ans, cette baisse tendancielle de la participation ne pouvait que se confirmer dans une France où l’écrasante majorité des électeurs déclarait depuis cinq ans qu’elle ne voulait plus d’un duel Macron/Le Pen et qui a dû aller boire de nouveau à cette fontaine.

Le rapprochement avec 1969 est d’ailleurs intéressant de ce point de vue : le deuxième tour se déroulait sans candidat de gauche et sous le signe du « bonnet blanc et blanc bonnet » proclamé alors par les communistes.

Autre symptôme de cette sorte de malaise face au vote : la formidable progression des votes blancs et nuls qui augmentent de plus de 286 % entre les deux tours, s’élevant à plus de 3 millions. Et qui viennent s’ajouter en soustraction des exprimés aux 831 974 abstentionnistes supplémentaires.

Concomitant de la relative désaffection des urnes, et venant corroborer la défiance vis-à-vis de la représentation politique, il y a la progression régulière de l’extrême droite. De 17,90 % au premier tour de la présidentielle de 2012, elle passe avec la seule Marine Le Pen à 21,30 % en 2017 avant d’atteindre 33,90 % avec le renfort d’Éric Zemmour ; on passe ainsi la barre remarquable des 30 % au premier tour, et Marine Le Pen finit à 41,46 % au second. On assiste donc à une ascension en forme d’enracinement, confirmée par un irrésistible grignotage du territoire profond.

La cartographie du second tour de l’élection présidentielle confirme l’érosion de territoires auparavant dévolus aux vieux partis de gouvernement. Dans 21 départements continentaux, Marine Le Pen franchit la barre des 50 % : elle consolide ses bastions dans le nord de la France, s’adjugeant le Pas-de-Calais et les trois départements de l’ancienne Picardie (avec un record au-delà de 59 % dans l’Aisne) ; dans l’Est rural également, elle confirme ses points forts (en Haute-Marne et en Haute Saône, par exemple) ; même réussite dans le Sud-Est et le pourtour méditerranéen. On la voit même circonvenir des départements du Sud-Ouest jusque-là rebelle au FN, comme le Tarn-et-Garonne ou le Lot-et-Garonne.

Vu des régions, l’enracinement se confirme : Marine Le Pen est en tête dans toutes les régions d’Outre-mer et en Corse (avec un record en Guadeloupe où elle devance Emmanuel Macron de 39 points !). Elle l’emporte également dans deux régions continentales : Hauts-de-France, où elle devance Emmanuel Macron de 4,5 points, et PACA (+1point). Si le président sortant l’emporte très nettement en Ile-de-France (+47 points) et en Bretagne (+33), l’écart devient plus mince en Bourgogne-Franche-Comté (+5,5), dans le Grand Est (+7) ou en Occitanie (+8).

Tout dans ce résultat laisse à penser que la fracture territoriale et sociale reste entière, et ne laisse guère planer d’illusion sur la possibilité d’un état de grâce pour le président réélu. D’autant qu’à écouter les oppositions, nous sommes entrés dans une nouvelle phase, « l’entre-trois tours ». Voici que des deux côtés du bloc central, on trouve désormais des mérites au respect de la constitution de la Ve République : on semble découvrir que le texte permet le fonctionnement d’un vrai régime parlementaire, où le gouvernement gouverne sous le contrôle du Parlement : étrange et tardive conversion à un fait juridique qu’il y a 20 ans, nous avions analysé à un moment crucial, dans le livre Voter cohabitation ? La fin de la monarchie républicaine.

Car, sous l’épaisse couche de vernis qu’on a superposée au dispositif initial, notre régime politique est un régime parlementaire rationalisé tempéré par un président de la République doté de puissants moyens d’arbitrage. Et voilà donc que l’on se prend à rêver d’une cohabitation, tant décriée naguère, qui permettrait de juguler la toute-puissance présidentielle. Faute de proportionnelle, et compte tenu de la force maintenue des vieux appareils politiques dans les circonscriptions, il va falloir constituer des blocs solides pour pouvoir s’imposer sur l’ensemble du territoire, en surmontant la logique réductrice du scrutin majoritaire.

Jean-Luc Mélenchon s’est déjà clairement engagé dans cet exercice, tandis que Marine Le Pen compte bien constituer à l’Assemblée nationale une force d’opposition à la mesure de son résultat du 24 avril. Dans les deux cas, cela va nécessiter des alliances parfois improbables et une surmobilisation de l’électorat, tant le mode de scrutin en vigueur, bipolaire par nature, s’accommode mal d’un jeu à trois.

Quoiqu’il en soit, les deux prétendants malheureux devront compter avec le délai dont dispose Emmanuel Macron, d’ici les législatives, pour tracer les contours d’une pratique présidentielle élargie, seule susceptible de court-circuiter les tentatives de ses opposants. Là aussi, le chemin est étroit… et le moment est venu de se remémorer la belle phrase de Lessing : « La victoire est un résultat, ce n’est pas une preuve. »

______

Par Claude Patriat, Professeur émérite de Science politique Université de Bourgogne, Université de Bourgogne – UBFC.

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Pétrole russe : Total arrête ses achats

Pétrole russe : Total arrête ses achats

TotalEnergies a annoncé mardi après Bourse sa décision d’arrêter tout achat de pétrole ou produits pétroliers russes, « au plus tard à la fin de l’année 2022″. Néanmoins, le groupe tricolore refuse pour l’heure de céder ses participations dans ses actifs gaziers, ceux-ci étant éminemment stratégiques.

FILLON DÉMISSIONNE DE SES MANDATS RUSSES

 FILLON DÉMISSIONNE DE SES MANDATS RUSSES

 

Sous pression, Fillon démissionne de ses pantouflages dans les entreprises russes.

L’ancien Premier ministre s’était vu reprocher sa présence depuis décembre dernier au sein du conseil d’administration du géant russe Sibur, l’entreprise étant notamment contrôlée par Leonid Mikhelson, l’un des hommes les plus riches de Russie, et par Guennadi Timtchenko, un proche du président Poutine, et visé par de récentes sanctions du Royaume-Uni.

Il avait auparavant rejoint en juin 2021 la même instance de Zarubezhneft, une entreprise spécialisée dans le développement et l’exploitation des gisements d’hydrocarbures notamment à l’étranger, détenue par l’Etat russe.

 

Ukraine : la France rapatrie ses ressortissants

Ukraine : la France rapatrie ses ressortissants

A près l’envahissement de régions du Donbass par les troupes russes en Ukraine, la France rapatrie ses ressortissants. En cause les incertitudes relatives aux intentions de Poutine qui pourrait être conduit à poursuivre sa politique de reconquête guerrière. Les réactions du dictateur russe sont en effet assez imprévisibles et personne ne s’attendait à ce qu’il déclare illégale historiquement l’Ukraine. Le dictateur de plus en plus isolé dans sa paranoïa pourrait être tenté d’étendre la guerre pour masquer notamment son terrible échec économique et démocratique.Sous la direction de Poutine, la Russie a fortement régressé économiquement. Par exemple PIB est quatre fois inférieur par habitant à celui de la France. En clair, la Russie demeure un pays sous-développé sans parler de l’inexistence des libertés démocratiques. Les ressortissants français se trouvant en Ukraine doivent donc quitter le pays « sans délai », a déclaré le ministère français des Affaires étrangères vers 23 heures ce mercredi, citant notamment les vives tensions provoquées par le déploiement massif de soldats russes à la frontière et l’état d’urgence décrété en Ukraine.

Taubira lâché par ses soutiens ?

Taubira lâché par ses soutiens ?

 

 

La candidature de Christiane Taubira semble avoir du plomb dans l’aile. D’abord parce que politiquement elle peine à exister ensuite parce qu’elle ne parvient pas à recueillir les parrainages nécessaires. Sans parler des moyens financiers qui font défaut.  Libération révélait en effet ce vendredi qu’une partie du mouvement «ne supporte plus de soutenir une candidate qui ne parvient ni à unir la gauche, ni à monter dans les sondages».

La candidate de la Primaire populaire précise n’avoir «absolument eu aucun message sous aucune forme de ce contenu et de cette nature», et rappelle que «le sujet c’est le processus démocratique de la Primaire populaire», dont le principe est le suivant : «tout faire pour le rassemblement de la gauche et porter le socle commun».

Christiane Taubira est cependant en difficulté. Elle stagne autour de 3% d’intentions de vote dans les sondages, et n’a pour l’instant réuni que 86 parrainages d’élus, à moins de deux semaines de l’échéance. Le Parti radical de gauche, qui avait porté sa candidature en 2002, lui a également retiré son soutien.

Trump dénoncé par ses comptables !

Trump dénoncé par ses comptables !

 

 

La société comptable de Trump  ,le cabinet Maszars, a dénoncé l’insincérité des comptes des entreprises de l’ancien président américain.

La semaine dernière, le groupe Mazars a informé la Trump Organization dans une lettre qu’il ne travaillerait plus pour l’entreprise, qui fait l’objet d’une enquête pour une possible fraude fiscale. Le document a été présenté au tribunal par la procureure de l’État, Letitia James, qui demandait à un juge d’obliger Donald Trump à se plier aux invitations à témoigner dans le cadre de l’investigation. Letitia James a annoncé le mois dernier que son équipe avait découvert des preuves de fraude, notamment de l’évaluation frauduleuse d’actifs.

Selon Mazars, les découvertes de la procureure l’ont conduit à considérer que la comptabilité de Trump de l’année terminant le 30 juin 2011 à celle s’achevant le 30 juin 2020 «ne devrait plus être jugée fiable». Le cabinet a ajouté que sa propre enquête et «des informations reçues de sources interne et externe» ont également pesé dans son choix. «Bien que nous n’ayons pas conclu que les différents bilans, dans leur ensemble, contenaient des irrégularités notables, étant donné les circonstances, nous pensons que notre conseil de ne plus vous fier à ces documents financiers est justifié», indique la lettre. En partie à cause de cette décision, Mazars «n’est plus en mesure de fournir un nouveau produit à la Trump Organization», lit-on encore.

Présidentielle 2022: Taubira à côté de ses pompes !

Présidentielle 2022: Taubira à côté de ses pompes !

Une nouvelle fois  Lucienne Taubira a affiché son incompétence totale sur des questions économiques et sociales. L’intéressée, sortie de nulle part, et qui a mangé dans toutes les gamelles politiques y comprises en faisant perdre Jospin  en 2002 démontre à l’évidence l’incongruité de sa candidature. On avait déjà noté dans ses déclarations la nullité de ses orientations. Interrogée comme d’autres candidats, sur le dossier du mal-logement, l’ex-garde des Sceaux est apparue incertaine, et même en difficulté pour répondre à certaines questions techniques, bafouillant à plusieurs reprises.

Le résultat évidemment de cette fameuse consultation dite populaire sans débat, sans organisation, sans programme et qui permet seulement à une exhibitionniste de se montrer pendant quelques semaines à la télévision. Le pire c’est que la fameuse consultation populaire a fait appel à une bourgeoise gauchisant qui a déjà tué une première fois la gauche en 2002. Avec cette candidature, ce pourrait être la mort définitive de toute la gauche en tout cas celle du parti socialiste mais aussi des écologistes et même du parti de Mélenchon lesquels vont réaliser des scores encore plus ridicules qu’avant la déclaration de Taubira

La présidente de la commission européenne refuse de fournir ses mails avec Pfizer

La présidente de la commission européenne refuse de fournir ses mails avec Pfizer

 

On se souvient évidemment que la confusion a régné pendant un temps à propos des conditions de fourniture du vaccin avec plusieurs laboratoires. Des interrogations sont nées en particulier à propos des commandes réellement passées, des livraisons réelles et des prix consentis.

Ces différents éléments ont été notamment traités par la présidente de la commission européenne le plus souvent avec des mails pour gagner du temps. Comme une enquête est en cours,  la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est épinglée par la médiatrice européenneca elle  refuse  de dévoiler ses échanges de SMS avec Pfizer.Il s’agit pourtant de messages strictement passés dans le cas de ses fonctions politiques qui juridiquement d’ailleurs ne lui appartiennent pas personnellement. Une curieuse conception de la démocratie à vrai dire !

Rappelons que dans l’urgence dans certains cas des vaccins ont été négociés en fonction du plus offrant et parfois même sur le tarmac des aéroports !

 

Vaccination obligatoire: Le gouvernement n’assume pas ses responsabilités

Vaccination obligatoire: Le gouvernement n’assume pas ses responsabilités

«Le pass vaccinal est une forme déguisée d’obligation vaccinale», adéclaré Olivier Véran. Pour le sénateur Alain Houpert et le député Philippe Gosselin, il devrait en assumer les éventuels conséquences juridiques et pécunières. (Figaro) 

 

TRIBUNE -

De petits pas en petits pas, de dénégations en aveux à demi-mots, l’Etat finira par arriver à ses fins inavouées depuis le début de la séquence covidienne: imposer -mais «à titre volontaire»- une vaccination généralisée -mais «à titre facultatif – à l’ensemble de la population, à partir de douze ans (officiellement). Le projet de loi «renforçant les outils de gestion de la crise sanitaire» qu’il présente au pas de charge entre deux réveillons n’a qu’un objectif: instituer la vaccination obligatoire de facto. Pourquoi cette volonté masquée? Cette politique sanitaire de gribouille a de nombreuses causes, à l’image de la gestion calamiteuse de la crise depuis le «nous sommes en guerre», mais nous en retiendrons deux concernant la question vaccinale:

1° L’État ne veut pas assumer devant des instances juridictionnelles des droits de l’homme, ni aujourd’hui ni demain, les conséquences pour «toute la population» du caractère «obligatoire» d’être vacciné contre la covid-19 et ses variants, de gré ou de force, c’est-à-dire sous peine de sanctions punitives. Aux yeux de ses experts juridiques comme de nombreux juristes universitaires indépendants, de trop lourdes incertitudes contentieuses pèseraient, au regard des droits de l’homme, du point de vie de la liberté individuelle, de l’ingérence dans le droit au respect de la vie privée et de la liberté de conscience, à décréter l’obligation vaccinale avec un vaccin n’offrant pas tout le recul de la science ni de l’expérience clinique. La circonstance que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) ait rejeté le 24 août dernier une requête de 672 pompiers martiniquais contre l’obligation vaccinale contre la Covid-19 qui leur était prescrite par la loi du 5 août 2021 ne change rien, cette irrecevabilité étant d’ordre procédurale, les requérants prenant à tort et à travers cette Cour pour un «juge des référés», ce qu’elle n’est pas. Voilà la première raison non assumée par l’Etat devant les Français.

Toute vaccination à caractère obligatoire par la loi aurait une conséquence : l’Etat devrait en assumer les éventuels préjudices qui pourraient en résulter.

2° Ce que craint l’Etat dans l’ordre international, il le craint ensuite au titre de la protection mesquine de ses finances publiques. Toute vaccination à caractère obligatoire par la loi aurait une conséquence: l’Etat devrait en assumer les éventuels préjudices qui pourraient en résulter. C’est le principe à la fois de Solidarité nationale, lorsqu’une sujétion est imposée à tous par l’autorité de la loi, comme aussi le principe de responsabilité de l’État du fait des lois. Ces grands principes ont trouvé à se traduire dans la reconnaissance, grâce à l’œuvre législative sous le général De Gaulle, avec la loi n°64-643 du 1er juillet 1964, du principe de réparation de tout dommage imputable directement à une «vaccination obligatoire». Puis, en 2004, cette obligation assumée par l’État fut confiée par lui à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM). En rendant «obligatoire» pour tous, et non plus seulement les personnels d’établissements de santé, médico-sociaux ou assimilés (cas du personnel de SDIS) la vaccination contre la Covid-19, l’Etat serait dès lors tenu, par application des règles codifiées désormais à l’article L. 3111-9 du code de la santé publique, de garantir à chaque Français la réparation intégrale des préjudices directement imputables à cette vaccination obligatoire par l’intermédiaire de l’ONIAM, si, hélas, une personne en subissait des effets indésirables, immédiatement ou à terme. C’est d’ailleurs ce que l’État n’a pas pu faire autrement que de concéder, par l’article 18 de sa loi du 5 août 2021, en étendant le droit à la prise en charge par l’ONIAM mais aux seules personnes vaccinées à titre, cette fois, «obligatoire» contre la Covid-19 (cas des personnels de santé et assimilés). Laissant ainsi sur le bas-côté des exclus environ 70 % de la population, vaccinée, mais…à titre «volontaire».

C’est parce que l’État ne veut pas assumer cette conséquence, pour des raisons de mesquineries de Bercy, qu’il se défausse en bricolant le montage juridique scabreux d’un « passe vaccinal » pour tous

C’est parce que l’État ne veut pas assumer cette conséquence, pour des raisons de mesquineries de Bercy, qu’il se défausse en bricolant le montage juridique scabreux d’un «passe vaccinal» pour tous, mais seulement à titre pseudo-volontaire pour tous ceux qui veulent continuer d’avoir potentiellement accès aux activités de loisirs, aux restaurants et débits de boisson, aux foires, séminaires et salons professionnels ou encore aux transports interrégionaux! Bref, la vaccination ou la mort sociale, choisissez, volontairement. Cette politique de discrimination honteuse doit être corrigée par une mesure de justice absolue: que l’Etat assume les conséquences de son obligation vaccinale de facto en étendant à tous ceux qui, depuis la loi du 31 mai 2021 instituant le «passe sanitaire» avec schéma vaccinal complet, comme demain avec ce «passe vaccinal», n’ont eu ou n’auront d’autre choix prétendument «libre et éclairé» que de se faire vacciner, en étendant la compétence de l’ONIAM à toute vaccination contre la Covid-19 effectuée dans le cadre de l’un ou l’autre de ces «Passes». Alors l’État, assumant enfin devant tous les Français sa responsabilité sanitaire au lieu de se défausser sur leur civisme contraint, redonnera confiance à la Nation dans la politique vaccinale qu’il «conduit». A moins que le Gouvernement n’amende son texte mal ficelé en garantissant ce droit pour tous à l’ONIAM, c’est le sens de l’amendement que défendrons lors des «débats» devant la Représentation nationale. On verra bien si le masque tombe.

La France a bradé ses champions économiques

La France a bradé ses champions économiques

 

Après la planification stratégique dans les années 1960, la place de l’Etat dans les grandes entreprises nationales ou européennes s’est peu à peu muée en actionnariat impuissant, explique l’économiste, dans une tribune au « Monde ».

 

Tribune.

 

La Chine et ses puissantes entreprises menaceraient, semble-t-il, de gouverner l’ensemble des secteurs industriels mondiaux. Afin d’affronter ces nouveaux géants, il est tentant de s’en remettre à la concentration industrielle afin de voir émerger des champions nationaux, voire européens. Dans les industries à fortes économies d’échelle, obtenir une taille critique est une condition nécessaire pour augmenter les capacités d’investissement et relever les défis numériques et environnementaux : c’est l’argument invoqué pour les fusions récentes entre Alstom et Bombardier dans le rail, PSA-Opel puis PSA-FCA dans l’automobile, Safran et Zodiac Aerospace dans l’aéronautique, ou en cours entre Suez-Veolia dans l’eau et les déchets, TF1 et M6 dans les médias.

Les « champions nationaux » sont ainsi censés réaliser concrètement des politiques gouvernementales de développement de l’économie nationale et de protection de la souveraineté. Mais dans une économie mondialisée et dérégulée, des grands groupes autonomes peuvent-ils se muer en « champions nationaux » en l’absence de vision et de planification stratégique ?


Une politique de « champions nationaux » émerge au tournant des années 1960. Il s’agissait alors pour l’Etat de choisir des firmes, publiques ou privées, qui seraient capables de tirer l’industrie vers le haut. Airbus s’est ainsi progressivement constitué à coups de fusions, Renault a été de fait le champion national de l’automobile en tant qu’entreprise nationalisée, d’autres ont été créées de toutes pièces, comme dans l’aérospatiale autour du rôle coordinateur du Centre national d’études spatiales. Appuyées par un Etat dirigiste (mais non despotique) et des fonctionnaires formés dans les prestigieuses écoles d’ingénieurs capables de travailler avec le privé, ces entreprises réalisaient non seulement les objectifs économiques (emplois, commerce extérieur) de la France, mais aussi ses objectifs politiques et sociaux.

A partir des années 1980, la puissance publique abandonne progressivement ses champions, dont les destins vont diverger. Certains s’en tireront par le biais de la privatisation, comme Renault et plus tard Airbus, dans le but de se « banaliser » aux yeux des investisseurs privés. D’autres, comme le géant de l’électronique Thomson-CSF, seront démantelés pour être revendus en petits morceaux. Dans les deux cas, ces grands groupes s’émancipent de la politique étatique.

L’Etat actionnaire change de doctrine. Plutôt que de diriger le développement de la firme, il l’accompagne, c’est-à-dire valide la politique de l’entreprise. C’est un retournement complet de la relation entre l’Etat et ses « champions ». Compter l’Etat parmi les actionnaires n’est donc plus pour les salariés une garantie d’avoir au conseil d’administration un allié capable de s’opposer aux destructions d’emplois ou aux coupes dans les budgets de recherche et développement (R&D).

Eric Zemmour, un historien qui tord l’histoire au service de ses obsessions

Eric Zemmour, un historien qui tord  l’histoire au service de ses obsessions

 

Le chercheur en relations internationales Benjamin Haddad analyse, dans une tribune au « Monde », la manière dont le candidat d’extrême droite à la présidentielle 2022 envisage la politique étrangère, à la lumière de son ouvrage « Mélancolie française », paru en 2010.

 

Tribune. 

 

Sur quelle lecture de l’histoire de France se fonde la politique étrangère d’Eric Zemmour ? Dans Mélancolie française (Fayard-Denoël), une méditation sur l’histoire diplomatique française parue en 2010, Zemmour dresse un portrait constamment décliniste, et souvent incohérent, de l’histoire de notre pays. Pas de grandeur gaullienne, l’histoire de France de Zemmour est jalonnée d’« échecs » et de « renoncements ». Les dirigeants franhttps://lemonde.sirius.press/articles/3249822/revisionsçais se trompent continuellement de combats, manipulés par leur propre aveuglement et par des dirigeants étrangers perfides, plus intelligents en somme.

Le déclassement n’a pas commencé il y a quarante ans – date à laquelle démarre son Suicide français (Albin Michel, 2014) –, ni en 1940, voire en 1815 ou en 1789. Dans l’œuvre de Zemmour, ce déclassement est inscrit dans l’ADN de notre pays depuis le « désastreux » traité de Verdun de 843, qui a partagé l’éphémère Empire carolingien entre les petits-fils de Charlemagne.

Toute l’histoire de France se résume en un échec : l’ambition frustrée de reconstituer cet empire – « Rome », comme l’écrit Zemmour –, sous l’égide de Paris. Mise en échec par des « Carthage » [l’ennemi héréditaire de l’Empire romain] successives, en particulier les puissances maritimes commerciales – l’Angleterre, puis les Etats-Unis –, la France de Zemmour ne parvient jamais à reconstituer ses frontières naturelles et voit le monde se construire sans elle.

Lire Zemmour, c’est découvrir une obsession pour le déclin qui confine à la haine de soi, y compris lors d’épisodes victorieux de notre histoire. Le traité d’Utrecht de 1713, qui acheva la guerre de Succession d’Espagne et mit fin à l’encerclement Habsbourg de la France entre l’Autriche et l’Espagne, qui menaçait notre pays depuis Charles Quint ? Une aubaine pour l’Angleterre, qui émergera de ces divisions continentales comme la puissance dominante des mers.

La première guerre mondiale ? Une erreur : il eût fallu s’allier avec l’Allemagne contre la véritable ennemie, l’Angleterre.

Ce constat l’amène à des considérations stupéfiantes, comparables à sa réhabilitation de Vichy. Il en vient à regretter la victoire française lors de la première guerre mondiale contre une Allemagne qui aurait pu reconstituer l’unité carolingienne de l’Europe face au libéralisme anglo-saxon : « Notre plus grande “erreur” fut sans doute notre victoire héroïque de la bataille de la Marne. Alors nous aurions économisé un million et demi de vies (…). En cas de défaite française dès 1914, pas de révolution russe, pas de fascisme, pas de nazisme, pas d’holocauste des juifs, pas d’intervention américaine en 1917 ou en 1944. La pax germanica aurait régné sur le continent. » A noter que les interventions américaines sont mises au même rang que le nazisme ou la révolution russe…

Émission CO2 : la France atteint ses objectifs de réduction

Émission CO2 : la France atteint ses objectifs de réduction

 

Selon des chiffres inédits de l’Observatoire climat-énergie dévoilés par le JDD, la France a tenu ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Les résultats complets seront présentés mardi à l’Assemblée nationale à Paris lors des 24 Heures du climat.

Mais le Réseau action climat (RAC), qui pilote cet observatoire dont les travaux sont basés sur les données publiques du ministère de la Transition écologique, met en garde contre « une baisse en trompe-l’œil », en raison de la pandémie qui a ralenti les activités en 2020.

Concernant les émissions nettes – émissions globales du pays auxquelles on soustrait la quantité de carbone absorbée par les forêts ou les sols –, la France a respecté sa feuille de route.

En raison du Covid, ce sont les émissions dans les transports qui diminuent le plus : l’objectif carbone prévoyait l’émission de 132 millions de tonnes équivalent CO2 ; 113 millions de tonnes ont été émises. « Mais en dehors de 2020, c’est le seul secteur où les émissions ont augmenté depuis 1990″, rappelle Zélie Victor, experte au RAC. Du côté de l’agriculture, le seuil a tout juste été respecté, avec 83 millions de tonnes ; et l’industrie a, elle, émis 75,8 millions de tonnes, quand le budget lui autorisait 74 millions.

Passe sanitaire et allocations-chômage : Élisabeth borne encore complètement à côté de ses pompes

Passe sanitaire et allocations-chômage : Élisabeth Borne encore complètement à côté de ses pompes

 

 

Non seulement Élisabeth Borne s’est complètement plantée à propos de l’annonce de licenciement en  cas d’absence de passe sanitaire  ( elle a été désavouée par le Parlement et le conseil constitutionnel) mais elle récidive en annonçant que les salariés dont le salaire sera suspendue ne pourront pas prétendre aux allocations de chômage.

Juridiquement, politiquement et socialement, une position qui démontre une posture psychorigide, injuste évidemment et  très malhabile. Pas étonnant, l’intéressée a surtout goûté au statut de fonctionnaire (ou équivalent ) et ne connait pas grand-chose des réalités du monde privé. Et ce n’est pas son passé de militant « de gauche » qui pourrait compléter son CV. L’intéressé est en effet passé directement de la technocratie à la politique.

Juridiquement cette décision ne tient pas. Il suffit de prendre l’exemple de ceux  qui ont bénéficié du chômage partiel pour cause covid alors que leur contrat de travail n’était nullement rompu. D’une certaine manière, on peut s’étonner que les syndicats ne réagissent pas avec davantage de vigueur contre les atteintes répétées au code du travail avec lequel Élisabeth Borne entretien des liens ésotériques.

Le concept d’entropie de l’Univers et ses paradoxes

Le concept d’entropie de l’Univers et ses paradoxes

 

 

 

L’entropie, censée rendre compte de la complexité d’une situation physique, n’est pas commensurable si elle s’applique au contenu d’une bouteille de gaz ou à celui de l’Univers, soulignent les physiciens Wiebke Drenckhan et Jean Farago dans leur carte blanche au « Monde ».

 

Quand le monde était encore jeune, les sociétés humaines se dotaient de druides et de bardes. Leur fonction, tenter d’extraire un peu d’intelligibilité du chaos apparent du monde, en faisait les interprètes des dieux auprès des hommes ordinaires.

Aujourd’hui que nous obéissons à des représentations de l’Univers beaucoup plus rationnelles, la figure du barde n’a pourtant pas disparu : elle s’est réinventée sous les traits contemporains du vulgarisateur philosophe, souvent médiatique, qui se pose en intermédiaire entre l’homme et l’Incompréhensible. Seulement, le mystérieux a de nos jours une déclinaison totalement scientifique, et s’incarne à travers des noms empreints de magie, boson de Higgs, saveur des quarks, entropie de l’Univers…

Ces concepts recouvrent en fait un appareil théorique redoutablement difficile, ce qui tombe bien pour le poète scientifique car, comme dans toute liturgie, le but est aussi de ne pas tout dévoiler. Prenez l’entropie de l’Univers, un concept plein de paradoxes. L’entropie est une mesure de la complexité d’une situation physique quelconque et correspond à peu près à compter le nombre de configurations que le système peut possiblement adopter.

Il s’agit donc d’une grandeur informationnelle, assez loin d’une caractéristique physique intrinsèque comme l’énergie d’une particule ou sa charge. Sa pertinence physique se révèle quand la dynamique chaotique d’un système isolé le conduit à visiter quasiment aléatoirement et sans préférence les différentes configurations qui lui sont accessibles. Dans ce cas, le système atteint après un certain temps un état macroscopique stable, appelé état d’équilibre et caractérisé comme étant celui représenté par les états microscopiques « les plus fréquents », c’est-à-dire celui dont l’entropie est maximale.

Pour un gaz dans une bouteille, une répartition homogène est toujours observée, car les états de ce type sont infiniment plus nombreux que tous les autres réunis, ceux où le gaz n’est pas homogène. On voit que la notion n’a de sens que si le système dispose de temps pour « visiter » ses différentes configurations.

Quand on essaie d’appliquer ce raisonnement aux échelles stellaires et au-delà, quand l’attraction gravitationnelle n’est plus négligeable, il se passe un phénomène paradoxal : à cause de la longue portée de la force gravitationnelle, un immense nuage de poussières et de gaz n’augmente pas son entropie en se dilatant comme le gaz dans la bouteille, mais en faisant exactement le contraire, et en se fragmentant en globules qui se densifient et chauffent, conduisent à l’allumage des réactions thermonucléaires des étoiles, à la vie…

Engie condamné pour ses pratiques commerciales

Engie condamné pour ses pratiques commerciales

Le géant de l’énergie a été condamné pour «pratiques commerciales trompeuses» car une de ses offres promettant 30% de réduction des tarifs d’électricité le week-end n’informait pas suffisamment les clients, a annoncé jeudi l’association de défense des consommateurs CLCV.

Pour la CLCV, le fournisseur d’électricité «n’informait pas loyalement les consommateurs sur la réduction tarifaire associée à son offre et ses conditions», et «n’informait pas suffisamment que cette offre nécessitait le compteur Linky, qui était encore assez peu fréquent à l’époque».

 

Climat : l’Allemagne revoit ses ambitions à la hausse

Climat : l’Allemagne revoit ses ambitions à la hausse

Sur fond d’élections en septembre et sous la pression des écologistes mais aussi de la Cour constitutionnelle au nom des « générations futures , l’Allemagne revoit  la hausse ses objectifs environnementaux. ».

 

L’Allemagne prévoit de réduire de 65 % au lieu de 55 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990, selon un accord conclu mercredi par les partis de la coalition gouvernementale menée par Angela Merkel.

«Les jeunes nous ont rappelé que nous allons trop lentement plutôt que trop vite», a commenté la Chancelière mercredi, la Cour «nous a dit de penser non seulement aux générations présentes mais aussi aux libertés des générations futures»

Le projet de loi qualifié « d’ambitieux » par le ministre des Finances, Olaf Scholz, sera présenté la semaine prochaine par le gouvernement. « Chaque génération prend maintenant ses responsabilités », a assuré le ministre, qui est également tête de liste SPD pour les élections de septembre prochain.

L’accord avance de cinq ans les échéances. Il prévoit une réduction de 88 % des gaz à effet de serre en 2040 et la « neutralité » climatique en 2045.

Alors que l’implantation des éoliennes fait toujours débat outre-Rhin, le nouveau plan doit notamment accélérer le développement des énergies renouvelables. Un autre point reste litigieux dans un pays où l’énergie est chère : l’évolution du prix du C02 sur l’essence et le fioul domestique.

« Fadettes » : les magistrats renvoient Castex à ses fadaises

« Fadettes » : les magistrats renvoient Castex à ses fadaises

Une belle claque encore de la part du conseil supérieur de la magistrature pour le premier ministre dont l’image n’avait pas besoin de cela. On reproche surtout au premier ministre ses approximations juridiques. Le Premier ministre est donc renvoyé à ses fadaises dont il s’est fait une spécialité à peu près dans tous les domaines de ses responsabilités notamment en matière de crise sanitaire.

Le premier ministre avait saisi le 26 mars dernier l’autorité indépendante, lui demandant de poursuivre au disciplinaire deux magistrats du parquet national financier dans l’affaire des fadettes. Cette enquête préliminaire d’une durée de cinq ans qui avait exploré les relevés téléphoniques de plusieurs avocats pénalistes dont Éric Dupond-Moretti. Au titre des responsables,Éliane Houlette qui a dirigé le parquet national financier entre 2014 et 2019. Mais aussi Patrice Amar, premier vice-procureur financier.

Dans une délibération rendue publique ce vendredi 16 avril, le CSM a jugé qu’il n’avait pas de raison de poursuivre Patrice Amar dans la mesure où le «premier ministre ne dénonce pas de faits motivant des poursuites disciplinaires (…) au sens de l’article 63 de l’ordonnance statutaire» de 1958. Il est vrai que lors de sa saisine, le premier ministre avait bien pris soin de préciser, reprenant l’enquête de l’inspection générale de la justice, que «les magistrats du PNF ont, dans la conduite et le suivi de l’enquête préliminaire concernée, agi dans le cadre de la loi».

En revanche, le chef du gouvernement estimait qu’il existait «dans les documents portés à sa connaissance, différents éléments susceptibles de faire naître un doute sérieux quant au respect de ses obligations déontologiques». Et «que les appréciations en cause méritaient d’être portés à la connaissance du Conseil supérieur de la magistrature afin que celui-ci, usant des pouvoirs d’investigation qu’il tient de l’article 52 de l’ordonnance du 22 décembre 1958, puisse, le cas échéant, en tirer des conséquences de nature disciplinaire».

 

Il demandait au CSM de réaliser des investigations complémentaires «aux fins d’examiner si les comportements de l’intéressé pourraient, si le Conseil les corroborait, être passibles de suites disciplinaires», rappelle la délibération des sages du boulevard Haussmann. Or analyse le Conseil supérieur de la magistrature dans sa délibération «ces investigations, qui se situent nécessairement en amont de l’exercice des poursuites disciplinaires (….) n’entrent pas dans les attributions du Conseil et n’apparaissent pas compatibles avec les principes régissant la répartition des compétences entre l’autorité de poursuite et celle chargée d’apprécier la caractérisation et la qualification des faits dénoncés». Autrement dit, le Conseil supérieur de la magistrature s’estime incompétent pour réaliser des investigations complémentaires, renvoie Matignon dans ses cordes et clôt sans détour ce dossier qui incarne, depuis la nomination d’Éric Dupond-Moretti à la chancellerie en juillet dernier, le hiatus entre le politique et la magistrature.

 

Céline Parisot, présidente de l’Union syndicale des magistrats, rappelle que «la délibération du Conseil supérieur de la magistrature a été rendue par une formation comptant une minorité de magistrats. Il n’y a donc pas d’entre-soi. Ce dernier rappelle que pour activer des poursuites disciplinaires contre un magistrat il faut pouvoir articuler des faits susceptibles de constituer des fautes. Or ces faits ne sont pas réunis. Le CSM n’est pas un organe d’enquête. Cette compétence relève de l’inspection générale de la justice. Et ce n’est pas parce que l’enquête de l’inspection a déplu au premier ministre que ce dernier peut en demander une autre à quelqu’un d’autre. Quand on fait du droit il faut être précis«, conclut-elle.

12345...9



L'actu écologique |
bessay |
Mr. Sandro's Blog |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | astucesquotidiennes
| MIEUX-ETRE
| louis crusol